Impressions sur Star Wars - Le Code du Chasseur de Primes et Star Wars Origami

Article publié par Luuke (lu 19 862 fois)

Après une année d’absence sur la scène littéraire Star Wars française, les éditions Larousse reviennent en force avec trois volumes en 2014 : Le Code du Chasseur de Primes (160 pages, 16,50€), Star Wars Origami (260 pages, 16,90€) et Star Wars - 11 Scènes Cultissimes (24 pages, 15,90€). Si ce dernier ne sera pas traité dans le présent article, étant un simple livre en moiré, nous avons de nombreuses choses à dire aux sujets des deux autres volumes.

 

Le Code du Chasseur de Primes

Vous vous sentez décalé ? Bienvenue chez nous.

Après les volumes traitant des ordres d’utilisateurs de la Force (Le Manuel du Jedi et Le Livre des Sith), Daniel Wallace revient pour un troisième volume, secondé par les auteurs vétérans Ryder Windham et Jason Fry. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le principe de cette série d’œuvre, il s’agit de présenter un guide d’une faction en particulier de l’univers Star Wars sur un style narratif intra-diégétique, c’est-à-dire du point de vue de personnages au sein de l’univers Star Wars.

Outre l’intérêt de son style particulier, le livre est en lui-même une œuvre de collection avec sa couverture travaillée. Là où les autres guides et œuvres de références présentent habituellement une simple couverture souple, le Code du Chasseur de Primes présente une couverture épaisse, avec un effet cuir et un motif très légèrement en relief sur l’ensemble de sa surface. Comme pour les précédents tomes, un frappé « métal » vient donner un peu de relief à l’ensemble. Cependant, ce dernier n’est présent qu’à l’arrière de l’ouvrage et on aurait préféré voir le front de l’œuvre incrusté de la même manière, comme sur les autres. Je le préfère quand même au Manuel du Jedi, mais il n’en arrive pas pour autant à détrôner la magnifique couverture du Livre des Sith. Quant au papier, on retrouve toujours un papier légèrement épais, avec un grain marqué.

Mais plutôt que d’admirer l’objet, voyons voir ce que ses pages recèlent. Si le Manuel du Jedi était un guide d’un seul tenant destiné aux jeunes Jedi et que le Livre des Sith présentait six extraits d’œuvres compulsées par Dark Sidious, le Code du Chasseur de Primes vient offrir un compromis entre ces structures. On y trouve deux composantes : le Manuel de la Guilde des Chasseur de Primes (édition impériale), destiné aux nouveaux membres de la dites organisation, et le Ba’jurne Kyr’tsad Mando’ad, un manifeste fourni aux Chefs de Ralliement de la Death Watch. Les deux parties présentent une couleur de papier et une mise en page différente. L’introduction du livre nous apprend que ces deux œuvres appartiennent au célèbre Boba Fett et ont été récupérées par l’Alliance Rebelle sur son vaisseau, le Slave I, suite aux évènements (en 4 Ap. BY) de la Grande Fosse de Carkoon sur Tatooine.

Toujours dans la continuité des deux œuvres précédentes, l’ouvrage est parsemé d’annotations en marge faites par des personnages célèbres ayant eu le livre entre les mains. De nombreux lecteurs ont critiqué cette démarche par le passé du fait de son manque d’intérêt réel, avis que je ne partageais que de très loin jusqu’alors. Je trouve cependant que cette pratique va trop loin avec le Code du Chasseur de Primes. Si les annotions de Jango et Boba Fett sont sérieuses et professionnelles dans 90% des cas (j’ai quand même repéré deux occasions où des notes de Boba Fett m’ont fait sortir les yeux de la tête d’incrédulité…), le reste des intervenants m’a vraiment laissé perplexe. Du moins décevant au pire, nous avons : Dengar, professionnel et ayant un fort sentiment anti-impérial ; Aurra Sing et son cynisme agressif ; Hondo Ohnoka et son amour pour l’argent ; Bossk, qui ne sait exprimer qu’agressivité ; et Greedo, oui ce rodien minable, qui affiche à chaque phrase une stupidité sans nom. Alors certes, les personnages sont fidèles à ce qu’on connait d’eux et j’ai souri aux références à la trilogie de roman La Guerre des Chasseurs de Primes, mais définitivement, leurs remarques sont plus qu’inutiles et desservent le reste de l’œuvre (surtout Greedo !). Alors qu’elles sont là à l’origine pour donner un peu de légèreté, il en ressort un sentiment de lourdeur. L’œuvre n’en est pas pour le moins décevante dans son ensemble et les commentaires sont pour moi le seul point vraiment négatif.

Aussi, ne restons pas sur cette impression et jetons nous sur les textes eux-mêmes. Le Manuel de la Guilde des Chasseur de Primes est clairement le principal intérêt du livre, occupant un peu plus de trois quart de l’œuvre. Très complet, il est organisé en plusieurs chapitres, chacun écrit par un vétéran de la Guilde :

  • « Principes de Base » s’intéresse à la nature du chasseur de Primes et leur rôle au sein de la communauté galactique.
  • « Devenir Chasseur de Primes » présente les méthodes de recrutements de la Guilde ainsi que tout ce que doit savoir une recrue : le credo, les règles, les primes, les permis, etc. 
  • « Notre Histoire » examine l’origine de la Guilde et de la Profession de Chasseur de Primes. C’est une partie bien trop courte à mon avis et qui passe sous silence beaucoup de choses.
  • « La Chasse » traite de la partie active du métier de Chasseur de Primes : la sélection, l’évaluation, la préparation et l’exécution (SEPE) d’une chasse à la prime. C’est un chapitre un peu trop détaillé à mon goût, puisqu’il va jusqu’à nous expliquer étape par étape comme sauter d’un speeder en marche. Vous l’aurez compris, j’aurais préféré voir ce chapitre réduit et que celui qui le précède soit étendu.
  • « Les Outils de la Profession » décrit de nombreux équipements utiles aux chasseurs : gadgets de pistage, de piratage et de capture, véhicules, armes et armures.
  • « Affiliation à la Guilde » fait l’étendue des services que la Guilde propose à ses membres.
  • « Opportunités d’Emploi » est le contraire du précédent chapitre et se focalise sur les possibilités qui sont offertes aux chasseurs vétérans en dehors du giron de la Guilde.
  • « Guildes de Chasseurs de Primes Affiliés » est un peu le chapitre que j’attendais, un peu inquiet, jusqu’à ce que je le trouve enfin. Il liste et décrit neuf organisations annexes à la Guilde. Un chapitre qui rendra nostalgique les amateurs de jeu de rôle D6 de West End Games.

S’ensuit le Ba’jurne Kyr’tsad Mando’ad de la Death Watch, écrit par nul autre que son fondateur, Tor Vizsla. C’est d’ailleurs la première fois qu’on voit le lien entre la faction apparue pour la première fois dans le comic Jango Fett: Open Seasons, et sa représentation dans la série The Clone Wars, dont le texte fait clairement référence à plusieurs reprises en parlant de la préparation de la faction extrémiste aux évènements vus dans la série. C’est aussi une très bonne occasion pour parler des mandaloriens, très souvent liés aux chasseurs de primes dans l’imaginaire des fans (et à raison). De plus, rare sont les œuvres à atteindre les côtes françaises et traitant des mandaloriens et de leur histoire et qui plus est, depuis leur propre point de vue. Outre l’histoire de ces guerriers légendaires, on y trouve une description détaillée de la beskar’gam, l’armure traditionnelle mandalorienne (avec des schémas inédits), et des tactiques de la Death Watch.

Le style du Manuel de la Guilde est agréable à lire. On sent que c’est un guide, mais en même temps les auteurs laissent clairement transpirer le fait qu’il est rédigé par des vétérans et des professionnels d’un milieu plutôt dur, ayant leurs lots d’anecdotes à raconter (la palme revient pour moi à celle sur le droïde médical défectueux), et n’a rien à voir avec le style, un peu trop austère à mon goût, du Manuel du Jedi. Jedi d’ailleurs mentionnés à plusieurs reprises du point de vue des vétérans de la Guilde. Le manifeste de la Death Watch se lit un peu moins facilement du fait du ton fanatique employé, mais n’en reste pas moins intéressant.

De très nombreuses illustrations, presque sur toutes les pages en fait, parsèment l’ouvrage. Chose très agréable, on trouve différents styles, du fait de la participation d’une dizaine d’artistes. Pour l’œil attentif, on trouve de nombreuses références visuelles, notamment à Star Wars: The Old Republic. Malheureusement ce genre de clin d’œil peut poser problème quand il ne respecte pas la chronologie. je pense à une image en particulier, vers la fin, montrant des intercepteurs de classe Fureur du Second Empire Sith et des Croiseurs de classe Valeur (ainsi que deux autres types de vaisseaux de l’époque KOTOR, il me semble) au-dessus de Mandalore, plusieurs milliers d’années après la période effective de ses vaisseaux.

Profitons-en pour placer cette œuvre sous la lumière de la récente annonce de la révision du canon Star Wars. A l’époque de sa sortie originale aux Etats-Unis, l’année dernière, l’Univers Etendu était toujours d’actualité et cette œuvre en faisait clairement partie. Qu’en est-il maintenant ? Tout comme le guide impérial (The Imperial Handbook, quatrième volume de la série) qui est sorti le 20 Octobre, le Code du Chasseur de Primes doit être considéré comme une œuvre Legends et dans le plus simple des mondes, cela s’arrêterait là. Cependant, le manifeste de la Death Watch et les références faites à Ziro et Nuvo Vindi en font une œuvre liée à la série The Clone Wars, qui elle appartient au Canon. Le problème ici réside dans le flou artistique maintenu par Lucasfilm concernant les œuvres associées à The Clone Wars. L’HoloNet s’efforcera d’apporter une réponse à cet état de flottement dans les mois à venir ;) .

Pour finir, un mot sur les traductions. J’ai pu repérer quelques approximations, mais rien de majeur. Pour le lecteur lambda (c’est-à-dire qui ne passe pas son temps, comme votre serviteur, à lire du Star Wars en VO et VF), cela ne devrait pas être gêné par cela.

Le Code du Chasseur de Primes est, malgré quelques défauts plus apparents que ses prédécesseurs, une valeur sûre pour tout amateur de l’univers Star Wars. Si vous êtes en plus un amateur de la profession présentée ici ou même des Mandaloriens, alors vous serez plus que servi. En ce qui me concerne, je le place en seconde position dans mon classement personnel, devant le Manuel du Jedi et derrière le Livre des Sith.

 

Star Wars Origami

Ne vous inquiétez pas si vos premiers modèles ne ressemblent pas à ceux du livre ; froissez-les, dites à votre entourage que c’est un modèle de l’Etoile Noire (NdR : On dit Etoile de la Mort !!!) explosée et recommencez.

Abordons maintenant une œuvre très différente. Si le Code du Chasseur de Primes est une œuvre qu’on bichonne, Star Wars Origami est une œuvre qui est là pour être mise à l’épreuve de vos mains. Littéralement. Et si on a l’habitude de plier la réalité avec notre esprit en lisant des livres, ici c’est le livre (ou plutôt son contenu) que nous allons plier.

La première chose qui saute aux yeux avec ce volume est son épaisseur. Fait est de constater que la publicité est mensongère, et à notre bénéfice. Ce n’est pas juste 260 pages, mais plus de 330 pages qui constituent l’ouvrage, chiffre incluant les feuilles de pliages, au nombre de 72 (certaines sont en double, mais pas toutes). Outre ce détail, on voit que c’est un livre conçu pour l’usage et non pour venir rejoindre votre bibliothèque et prendre la poussière. La couverture est souple, le papier est léger et l’ensemble peut s’abîmer assez vite si on ne fait pas un minimum attention, mais on comprend que l’ouvrage ne pourrait se présenter autrement. Seule remarque, le côté brillant de la première de couverture est quelque peu gênant du fait de sa tendance à faire ressortir les salissures telles que les traces de doigts.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tenais à préciser que je n’avais JAMAIS fait d’origami de ma vie et que comme la plupart d’entre vous, je suis un novice en la matière. A peine quelques pages tournées, une préface vient me mettre en confiance, m'assurant que le livre a été conçu pour une introductions en douceur aux origamis. D’ailleurs, autre détail marquant l’aspect « utilitaire » du livre, les rares parties écrites le sont dans une police large, le reste étant constitué de schémas.

Quelques pages plus loin, on nous introduit rapidement au principe des origamis et à leur histoire. Juste assez pour vous donner envie d’ouvrir une page wikipédia plus tard (consommer une page wikipédia par jour est bon pour votre santé !). Au tour de l’auteur de se présenter et surtout de présenter sa vision de l’origami, qui s’écarte un peu des traditions puisqu’il inclut l’utilisation de ciseaux (et parfois de la colle, sacrilège ^^).

A partir de là, les choses sérieuses commencent. Pas question de nous mettre tout de suite les mains dans le cambouis cependant, il faut d’abord apprendre les rudiments de l’art. Les premiers schémas, fort bien expliqués, arrivent et on découvre le principe des plis vallée et montagne. Puis on passe à des formes géométriques simple : le carré, le triangle équilatéral, le pli zigzag… Arrêtez tout, je crois que j’ai déjà fait un pli de travers. Un coup d’œil rapide sur le schéma et c’est reparti. Car oui, l’origami c’est aussi de la pratique. Alors on faire, on rate, on recommence, comme nous le conseille le livre. Mais on avance. S’ensuive des formes plus complexes, mais faisant parti des bases et permettant de s’entrainer avant de mettre la main sur les feuilles à plier imprimées qui sont fournies avec le livre.

Une fois votre entrainement fini après maintes tentatives (en tout cas en ce qui me concerne…), vous allez pouvoir vous amuser à suivre les instructions des 36 modèles, avec leurs feuilles de pliages fournies. Et l’auteur a pensé à tout, en les divisant par difficultés, de Novice (7 origamis) à Maître Jedi (5), en passant par Padawan (14) et Chevalier Jedi (10). Seul bémol, les origamis ne sont pas classés par ordre de difficultés, mais bien heureusement, un index vient combler ce problème.

Le premier origami proposé est des plus emblématiques, puisqu’il s’agit d’un sabre laser (difficulté Novice). Enfin, pas juste un, mais 7 variantes, toutes disponibles sur les feuilles et comptant pour un seul et unique modèle. Ce modèle peut sembler ridicule à première vue, mais demande de faire des pliages précis en longueur sur de petites surfaces, ce qui n’est pas toujours évident. 9 étapes nous accompagnent pour un sabre « simple » comme celui de Dark Vador, mais le nombre de pliage double pour la réalisation du sabre laser courbé de Dooku.

Mais n’allez pas croire que le nombre de pliage détermine la difficulté. Le modèle nécessitant le plus d’étapes à sa réalisation n’étant que de difficulté Chevalier Jedi par exemple (le Slave 1, 54 étapes). Les vaisseaux sont les modèles les plus courants, avec une quinzaine d’origamis différents à faire, parmi lesquels le Faucon Millénium, le Destroyer Stellaire Impérial, le X-Wing et le Chasseur TIE. On trouve aussi de nombreux personnages, représentés en entier ou juste avec leur tête. On trouve aussi quelques véhicules, droïdes et une créature. A noter que chaque modèle est conçu pour tenir debout. Et si vous avez besoin de souffler entre deux modèles, le livre présente plusieurs mini-jeux testant vos connaissances sur les films.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié de parcourir cet ouvrage et surtout de m’initier à un univers qui m’était complétement inconnu jusqu’alors : celui des origamis. On est accompagné à chaque pas et j’ai trouvé le livre très bien conçu. Bon par contre, mes impressions sur mes talents dans cette activité seront gardées strictement confidentielles ^^. J’ajouterais aussi que ce livre semble être idéal pour des activités de types parents-enfants, surtout avec Noël qui approche.

Pendant qu’on y est, n’hésitez pas à nous envoyer vos photos d’origamis sur notre forum, Facebook ou bien Twitter ;) .




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