Interview de Kevin J. Anderson - Les 20 ans de L'Académie Jedi

Article publié par Luuke (lu 20 424 fois)

Ce qui suit est un entretien entre Doug McCausland, rédacteur sur le site Alternative Nation, et Kevin J. Anderson, auteur vétéran de l’univers Star Wars. L’article original a été publié le 18 Novembre 2014 sur Alternative Nation, à l’occasion du vingtième anniversaire de la trilogie L’Académie Jedi, sorti en 1994. Cette traduction, réalisée par Luuke, a été aimablement autorisée par Doug McCausland.

Bien que la trilogie quintessentielle de Timothy Zahn soit créditée pour avoir propulsé l’Univers Etendu, c’est Kevin J. Anderson qui a réellement envoyé la mythologie Star Wars dans un million de nouvelles directions. En plus d’avoir co-écrit l’épopée favorite des fans de Dark Horse Comics, La Légende des Jedi, Kevin J. Anderson a aussi écrit en La Quête des Jedi, Sombre Disciple, et Les Champions de la Force (rassemblés dans la trilogie L’Académie Jedi) en 1994, Le Sabre Noir en 1995, et la série Les Jeunes Chevaliers Jedi plus tard dans la décennie. Anderson est aussi un éditeur expérimenté, ayant travaillé trois volumes des compilations Star Wars: Tales.

J’ai récemment eu la chance de parler avec M. Anderson, réalisant cette interview faisant office de célébration retardée du 20ème anniversaire de la trilogie de L’Académie Jedi (le troisième volume était sorti le 1 Octobre 1994). Pendant une demi-heure de conversation, nous avons eu l’opportunité de discuter d’une multitude de sujets, comprenant des controverses de fans de long court tel le cliché de la « super-arme de la semaine » du milieu des années 90, les personnages de Kyp Durron et de l’Amiral Daala, et le changement de nom de l’Univers Etendu en « Legends » non-canon. Vous apprendrez aussi quel personnage favori des fans a failli connaitre sa fin au début des années 90…

L’Académie Jedi a vraiment distancé les romans post-Le Retour du Jedi concernant l’influence du terme « Jedi » lui-même, lançant réellement les personnages dans une nouvelle ère de Star Wars. Etait-ce une décision consciente de votre part, ou était-ce un mandat de Lucasfilm ?

Une bonne chose à propos d’un 20ème anniversaire est qu’il me permet de me gratter la tête et de penser, « Wow, c’était il y a 20 ans ! » L’élément important était que quand L’Empire des Ténèbres est sorti chez Dark Horse, et que Tim Zahn était en train de faire la trilogie de Thrawn, tout cela était presque des tirs expérimentaux. A cette époque, il y avait pas mal de résistance de la part de la maison d’édition. « Pourquoi voulez-vous faire plus de Star Wars ? Star Wars est mort, il n’y a pas d’autres films. Pourquoi est-ce que vous voudriez faire ça ? » Quand les comics L’Empire des Ténèbres et les livres de Tim sont sortis, ils étaient plutôt indépendants.

Personne ne savait vraiment si oui ou non Star Wars allait s’envoler. Certaines des personnes derrières ces projets avaient une grande foi, évidemment. Tim a écrit une trilogie fantastique, et Tom Veitch et Cam Kennedy ont fait un travail formidable avec L’Empire des Ténèbres. Ils ont marqué l’histoire et ont permi à la licence de s'envoler. L’Héritier de l’Empire de Tim est arrivé numéro un sur la liste du New York Times Bestseller. Les fans de Star Wars l’ont follement supporté ! Ainsi nous étions dans la course. A partir de là ce n’était plus un livre isolé, ce n’était pas « allons faire des livres Star Wars et voir ce qui arrive ». C’était une chose réelle, de la même manière que les livres Star Trek que l’on trouvait partout.

J’étais la seconde personne à qui on a demandé de réaliser une trilogie, et nous étions dans une certaine position où nous savions que cela allait quelque part, il ne s’agissait plus de se demander si les gens s’intéresseraient à Star Wars. Lucasfilm et Bantam Books avaient de grands plans. Ils ont compris qu’il y aurait de nombreux livres. Tous ensembles nous avons fait ce choix consciemment. J’étais à une réunion au Skywalker Ranch quand cela a été discuté, si oui ou non dans le futur les livres Star Wars allaient raconter une histoire continue ou des aventures indépendantes les unes des autres que l’on pourait lire sans se préoccuper des autres. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas, les livres Star Trek ont pris cette dernière approche. Vous pouviez prendre un livre et c’est une aventure Star Trek, vous n’aviez pas à tous les lire pour savoir comment les uns étaient liés aux autres.

Pour Star Wars, nous avons décidé qu’il s’agissait d’une histoire. Chaque nouvelle devait prendre place dans une certaine période, ce qui se passait dans les précédents livres devait avoir un effet dans le tout dernier. La trilogie de Tim Zahn se déroule en fait avant que L’Académie Jedi ne commence, construisant un univers. Une fois que nous avions ce genre de prémisse, nous pouvions alors commencer à cartographier l’histoire. Il semblait être évident que si Luke avait été entrainé pour devenir Maître Jedi et que la plupart des Chevaliers Jedi avaient été massacrés, mais qu’il existait encore des personnes avec le potentiel pour utiliser la Force, alors il allait tenter de ramener l'Ordre Jedi. Bien sûr, cela changeait la donne, et nous avions l’occasion d’introduire de nombreux personnages Jedi à utiliser.

L’un de ses personnages était la jeune recrue Jedi ayant tourné apprentie Sith, Kyp Durron, controversé à la fois parmi les fans et parmi les personnages au sein de l’univers pour ses tactiques extrêmes afin d’éradiquer les fragments de l’Empire, volant le Broyeur de Soleil et en substance en se lançant dans une folie meurtrière. Cependant, au regard de comment il a discutablement raccourci la Guerre Civile Galactique de plusieurs années, voyez-vous Kyp comme une sorte de « mal nécessaire » ?

Il a été une démonstration nécessaire, parce que Luke avait été averti de la possibilité de sombrer dans le Côté Obscur. Yoda lui a dit que l’entrainement n’était pas facile et qu’il devait faire attention à certaines choses au sujet de l’exposition à ce genre de pouvoir… Evidemment, ce que l’on peut voir à travers Vador, Palpatine et d’autres. Si Luke était soudainement prêt à entrainer toute une poignée de personnes, il semblait nécessaire qu’il se rendre compte qu’il allait être débordé. Ce n’est pas à la portée de tous de pouvoir maitriser le pouvoir qu’il leur offrait. Kyp Durron a été une montée et une chute intéressantes, du genre « des haillons aux richesses ». Il était un garçon des rues paumé venant des plus bas niveaux de la société. Il n’avait rien pour lui au-delà de son potentiel pour utiliser la Force.

Quelqu’un provenant de cette partie de la société se retrouvant catapulté à une position de pouvoir et d’influence, réalisant qu’il peut faire ce qui est nécessaire… Certains peuvent penser qu’il est allé un peu trop loin. A cette fin, il est une démonstration que les Chevaliers Jedi doivent être contrôlés et surveillés, qu’ils ne peuvent pas juste aller où ils veulent, imposer leur pouvoir et prendre le dessus sur tout. Et bien sûr quand vous avez une personne avec autant de pouvoir dans la Force qui met ses mains sur une arme aussi surpuissante, le Broyeur de Soleil, c’est un mélange vraiment dangereux.

En même temps, qui sait ce qui serait arrivé si Kyp n’avait pas fait exploser la Nébuleuse du Chaudron et réduit à néant les forces de Daala. Elle se préparait à une attaque suicide sur Coruscant avec un Destroyer Stellaire kamikaze.

Et bien, je suppose que vous pouvez voir qu’il a fait de bonnes choses, mais qu’il a fait beaucoup de dommages. Il est passé du Côté Obscur et s’est racheté, et pour moi c’est un parfait arc narratif de personnage, où vous avez un personnage naïf, impuissant qui obtient son pouvoir, passe par-dessus bord, et se rachète de lui-même. Beaucoup de personnages de Star Wars, pas seulement Kyp, ont suivi ce chemin.

Toujours sur le sujet de Kyp et du Broyeur de Soleil… une partie intégrante de la littérature Star Wars des années 90 était le cliché de la « super-arme de la semaine ». Chaque année semblait voir apparaitre une nouvelle arme complétement folle : les Dévastateurs de Mondes, le Canon Galactique, le Broyeur de Soleil, et le Sabre Noir. Certains fans pensent en rétrospective que c’est ridicule. Cependant, de la façon d’où je vois les choses, vous avez travaillé dans un laboratoire gouvernemental pendant 12 ans…

J’ai travaillé dans un laboratoire (NdT : Il s’agit du Laboratoire national de Lawrence Livermore, USA) ou nous faisions des choses pour le gouvernement, nous construisions des armes nucléaires et des technologies de pointe… Je connais cette façon de penser ! Si vous aviez la technologie de l’Etoile de la Mort, vous continueriez d’en construire ! Si vous avez un gouvernement répressif comme l’Empire, ils ne vont pas se dire « Et bien, nous avons assez d’armes, nous n’en avons pas besoin de plus ! » Ils vont continuer à les concevoir. C’est ce sur quoi les fans se moquaient un peu, mais ils ne comprenaient pas.

Ce que j’ai écrit dans Le Sabre Noir se résume à ça : les Hutts mettent la main sur les plans de l’Etoile de la Mort et construisent la leur. Il ne s’agit pas d’une autre « super-arme de la semaine », ce roman est à propos de la prolifération des armes nucléaires. Si vous commencez à construire ces choses, qu’est-ce qui va arriver quand des mafieux russes ou des terroristes du Moyen-Orient vont prendre le contrôle d’armes nucléaires ?

Je m’explique. Durant la Guerre Froide, les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont construit ces armes nucléaires. Ce qui est arrivé après ça est qu’elles ont commencé à se retrouver dans la nature, et n’importe quel gangster/voyou pouvait mettre la main sur des plans d’armes nucléaires. C’est le sujet dans Le Sabre Noir : une fois que vous avez ces armes, elles commencent à proliférer et s’échapper. Ainsi c’était basé sur quelque chose sur lequel j’avais travaillé, quelque chose de politiquement réaliste, pas seulement « Allons construire un nouveau jouet qui dominera le précédent nouveau gros jouet ! » Je pense que des lecteurs ont lu le roman et se sont dit « Oh punaise, encore un autre laser de l’Etoile de la Mort. » Ce n’était pas le sujet du livre.

Est-ce que des employés de l’installation de la Gueule comme Bevel Lemelisk, Qwi Xux, et Tol Sivron sont basés sur de vrais collègues ?

Et bien, quand vous travaillez pendant douze ans pour le département de l’énergie et celui de la défense, vous êtes amené à travailler dans des laboratoires de recherche gouvernementaux traitant avec ce genre de personnes. Vous identifiez certaines personnalités. Je me suis moqué de certaines choses concernant la conformité rigide et la bureaucratie, que tout ce fait. Pas spécifiquement « ce personnage est basé sur cette personne avec laquelle j’ai travaillé… » Cependant, le twi’lek, Tol Sivron…

En fait, j’ai posé cette question à cause de la scène ou Tol Sivron se querelle avec ses employés à propos de paperasseries manquantes et du protocole alors que la flotte de la Nouvelle République est sur le point de les balayer.

Oui, c’était une référence spécifique à quelque chose qui est arrivé sur mon lieu de travail. L’installation de la Gueule est attaquée, il y a des explosions et le type à l’interphone empresse les employés à lire le plan d’urgence et à trouver ce qu’ils sont censés faire, comme s’ils allaient fouiller le fichier et trouver le plan ! Il nous est arrivé quelque chose de ce genre là où je travaillais… Nous avions ce grand plan d’urgence en cas de tremblement de terre. On nous avait dit que si un tremblement de terre survenait et que le bâtiment s’effondrait, nous étions supposés sortir notre document, feuilleter pour trouver la bonne page et lire le paragraphe pour comprendre ce que nous étions supposés faire, et je me souviens l’avoir lu en pensant… « Et bien, ce que je suis supposé faire est de prendre mes jambes à mon coup immédiatement ! » [rires]

C’était une blague basée sur une chose réelle de mon travail. Que des bureaucrates soient à ce point ignorants au sujet de ce que vont faire les gens dans une situation d’urgence me donnait envie de me frapper la tête. Je ne sais pas pour vous, mais la dernière chose que je ferai dans cette situation est de passer en revue mon étagère, en sortir mon manuel d’employé, trouver les pages concernant les réactions aux désastres, et lire le paragraphe m’indiquant comment j’étais sensé évacuer le bâtiment…

Alors que tout s’écroule autour de vous ! Passons à Daala. Avançons un peu dans la chronologie pour cette question, à propos de livres que vous n’avez pas écrits. Dans votre trilogie, Daala est motivée par une soif de sang, et rien d’autre en dehors d’infliger autant de dommages que possible à la Nouvelle République, rasant la colonie de Dantooine et tuant des milliers de Mon Calamari. Cependant, des auteurs de l’Univers Etendu ont décidé qu’elle devait devenir la Chef d’Etat de l’Alliance Galactique (NdE : le gouvernement qui a supplanté la Nouvelle République après la Guerre des Yuuzhan Vong) dans des romans plus récents. Pensez-vous qu’elle a les capacités mentales pour ce genre de pouvoir ?

Dans les livres que j’ai écrit, elle est une sorte d’électron libre impitoyable. Les fans se sont plaints qu’elle ne soit pas aussi bonne tacticienne que l’amiral Thrawn, mais elle ne l’est pas. Pas du tout. C’est un danger public, elle tire d’abord et pose les questions après. Cela signifie qu’elle a fait beaucoup de choses terribles et elle n’est pas devenue femme d’état avant plusieurs années. Après toutes les rudes épreuves qu’elle a traversées, les crises auxquelles elle a fait face, elle peut certainement s’améliorer et apprendre sa leçon. Nous avons certains politiciens en ce moment qui semblent être impétueux et qui parlent avant de réfléchir… Ils doivent devenir de meilleurs dirigeants.

Est-ce que vous aviez une fin/destinée en tête pour Daala ?

[rires] Assez étrangement, j’avais prévu de la tuer à la fin de Sombre Disciple ! Il y a une grosse explosion à la fin où la nébuleuse s’embrase et anéantie tout. Je pensais qu’elle allait être tuée, et c’est comme ça que je l’ai écrit. J’avais tout un groupe de lecteurs de test qui avaient lu La Quête des Jedi… J’avais tout arrangé, Lucasfilm l’avait approuvé, Daala était censée mourir à la fin du second livre ! Mais bon sang, les lecteurs de test voulaient m’enfermer dans une pièce tant que je n’avais pas réécrit tout ça parce qu’ils aimaient trop le personnage ! Nous l’avons faite revenir d’entre les morts et l’avons laissé continuer sa tâche. Oui, j’allais la tuer dans le second livre, donc elle déjà vécue bien plus longtemps que ce que je n’avais jamais imaginé !

J’ai comme l’impression que vous vouliez tuer Mon Mothma dans Les Champions de la Force, mais que l’idée a été soumise au veto de Lucasfilm.

J’ai suggéré de faire tuer Mon Mothma… Nous étions en train d’écrire des romans pour montrer aux lecteurs que les choses peuvent changer. Ce n’est pas l’une de ses choses où tout est pareil à la fin du livre comme au début. Nous étions en train d’écrire l’histoire de la Nouvelle République, des personnages qui évoluent, de personnes qui meurent. A ce moment, ils n’étaient pas prêts à tuer Mon Mothma, alors que si l’on regarde les films, elle n’a qu’une petite scène et une ligne. Toutefois, elle est importante pour le gouvernement de la Nouvelle République. J’ai proposé de la tuer, mais à l’époque ils ont décidé de la faire aller mieux, aussi l’ai-je écrit dans ce sens. Bien sûr, dans mon livre suivant, Le Sabre Noir, j’ai tué Crix Madine… Heureusement, je n’ai pas suggéré de faire tuer Chewbacca quand même. (NdR : Chewbacca a connu sa fin dans le roman controversé Vector Prime de 2001.)

[rires] Aviez-vous d’autres idées d’envergure qui ont été jetées à bas par Lucasfilm ?

Nous avons fait pas mal de remue-méninges… « Et si nous faisions ceci, et si nous faisions cela ? » Il semblait que nous allions peindre une cible dans le dos de Lando, que nous allions pouvoir nous en débarrasser… [Lucasfilm] a décidé de ne pas faire disparaitre Lando ! Je veux dire, du point de vue d’un auteur, c’est un personnage qui était à la fin de son parcours. Mais nous avons fait des choses supplémentaires avec lui depuis, aussi suis-je heureux qu’il soit toujours là. Je suis sûr que Billy Dee Williams (NdT : l’acteur ayant joué Lando Calrissian) est content qu’il soit toujours là. [rires]

Nous avions tellement de choses, tout plein de projets. J’avais un total de 54 projets pour Lucasfilm, si vous comptez les comics Dark Horse, les anthologies, les livres pop-up de la cantina… Ils m’ont vraiment laissé faire beaucoup de choses. Je n’arrive pas à me rappeler qu'il soit arrivé que je fasse une colère parce qu’ils ne me laissaient pas faire quelques choses. [rires] Si je suggérais quelque chose, et qu’il y avait un pouce vers le bas, je proposais quelque chose d’autre !

Vous avez beaucoup d’expériences des coulisses concernant la mise en place de cet univers…

A l’époque, nous étions une équipe d’auteurs. J’étais en contact avec Dave Wolverton, Kathy Tyers, Mike Stackpole, et Tim Zahn, de même que Tom Veitch en rapport avec les comics La Légende des Jedi. Nous étions comme une petite équipe échangeant des idées. Tim Zahn pouvait insérer quelque chose dans L’Ultime Commandement que j’allais faire revenir dans La Quête des Jedi, et nous faisions ce genre de choses. Je suis en dehors du circuit depuis un bon moment, je ne sais pas si les auteurs de Lucasfilm font la même chose maintenant, mais nous avions une petite équipé géniale qui était en train de construire l’histoire de cet univers. Nous étions comme les abeilles ouvrières construisant une fondation.

Je suis sûr que vous connaissez le statut de l’Univers Etendu à l’heure actuel, n’est-ce pas ?

Vous voulez dire l’ensemble « Legends ».

Exactement. Est-ce que cette nouvelle vous a affecté quand elle a été annoncée ?

Vous savez, c’est probablement la question que les fans de Star Wars me posent le plus souvent. Beaucoup d’entre eux ont une juste indignation et viennent à ma défense, ou à celle des autres, mais cela fait vingt ans, et je ne sais même pas à quelle impression nous sommes ? Nous sommes à une cinquantaine d’impressions de La Quête des Jedi !

Je n’ai jamais imaginé que s’ils faisaient des suites aux films, ils viendraient piocher dans mes romans et les porter à l’écran. Nous écrivions nos propres livres de l’Univers Etendu. Si vous étiez J.J. Abrams, vous ne voudriez pas avoir à travailler à partir de la centaine de livres qui ont été écrit, vous voudriez faire votre propre truc ! Et je suis tout à fait satisfait par cela. En tant qu’auteur de l’univers Star Wars, j’ai vu beaucoup de mes idées être ramassées et semées dans les dessins animés The Clone Wars et Rebels. Ils ont mis quelques idées des [auteurs de l’Univers Etendu] dans l’Edition Spéciale. C’est vraiment cool.

Quand vous voyez Dark Maul, quand il allume son double sabre laser, je peux le pointer du doigt et dire « Hey, c’est ce que nous avons créé dans les comics de La Légende des Jedi ! » C’est appréciable, du point de vue de l’auteur, je suis exalté de voir ce genre de chose. Lucasfilm possède tout cela, nous étions des plumes à louer, et peu importe ce que nous avons fait, ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec. Je ne me plaindrai certainement pas s’ils voulaient adapter La Quête des Jedi en film. Mais je ne m’y suis jamais vraiment attendu.

Certaines rumeurs faisaient état d’une arme de destruction de système solaire, de Yavin 4, avec possiblement une Académie Jedi qui apparaitraient dans les prochains films. Nous devons attendre de voir ce qu’il en advient !

Ça serait cool ! J’aimerai bien ça, mais je ne compte pas dessus.

J’aimerais revenir un peu en arrière avant de conclure, en reprenant une ligne de Sombre Disciple : Lando et Han sont en train de discuter l’usage pharmaceutique de l’épice glitterstim de Kessel, et Lando dit à Han quelque chose de ce genre « Je sais que tu n’aurais pas fait de la contrebande d’épice si tu n’avais pas connu les bénéfices de la substance. » Est-ce que Han n’est pas autant un scélérat que nous laissait à penser le film Star Wars original ?

C’est en fait quelque chose qui a été discuté avec les gens de Lucasfilm. J’étais en train d’écrire sur Han se rendant dans les mines d’épices de Kessel, ou il avait fait passer de l’épice en contrebande par le passé. Des personnes bienpensantes de Lucasfilm m’ont dit « L’épice ne peut pas être une drogue parce que Han en a fait de la contrebande… Ca ferait de Han un dealer de drogue ! » J’ai dit « C’est de l’épice, et il passe à travers des blocus impériaux, de quoi croyez-vous qu’il s’agit ? » Ils ont répondu « Et bien, il s’agit d’une sorte d'arôme alimentaire ! » Il n’allait quand même pas voler à travers des blocus impériaux avec un vaisseau rempli d’origan ! [rires] C’était une vraie conversation.

Ils ne voulaient pas que Han Solo passe en contrebande de la drogue parce qu’il était l’un des gentils. Je leur ai dit « Vous savez que c’était un scélérat, et qu’il s’est racheté lui-même et à rejoint l’Alliance Rebelle ? » Nous nous cognons la tête à telle point que nous avons envoyé une lettre à George Lucas pour exprimer notre conflit au sujet de l’épice : était-ce de l’épice ? Etait-ce un additif alimentaire ? Quelque chose d’autre ? George est revenu vers nous. J’adore sa réponse : il a écrit « Bien sûr que c’est une drogue ! » Le compromis a été de ne pas en faire quelque chose comme la crystal meth dont on pouvait mourir. Nous devions la rendre un peu plus décente, Han étant toujours notre personnage principal, on ne voulait pas en faire un Walter White vendant de la crystal meth !

Reviendrez-vous sur Star Wars si cela vous été demandé ?

Absolument. J’adore Star Wars ! Ca a fait ma carrière, et j’étais allé voir Star Wars dès sa première semaine de sortie. Oui, je suis aussi vieux que ça. Ca a eu une grande influence sur ma vie et j’aimerais le faire. Le vrai problème pour moi est double : je dirige une société d’édition, j’ai pas mal de livres sous contrat, je fais des séminaires et plusieurs salons professionnels durant l’année, donc faire rentrer ça en plus dans le planning serait difficile. La partie la plus compliquée à l’heure actuelle serait de reprendre le train en marche. Quand j’écrivais la trilogie de L’Académie Jedi, c’était une terre inexplorée, et nous pouvions faire beaucoup de choses. Maintenant, même en mettant les vieux livres de l’Univers Etendu de côté en les appelant « Legends », il y a trop de livres que je n’ai pas lus, trop de choses qui se sont passées, et il serait difficile pour moi de m’y remettre. Bien sûr on pourrait s’arranger s’ils veulent que j’écrive un épisode de Rebels

Ça pourrait être intéressant.

Il y a pas mal de potentiel ici sur lequel on pourrait travailler. Nous verrons. J’ai aimé mon passage sur Star Wars, je suis content avec ce que j’ai fait, et je suis émerveillé que les fans soient toujours là vingt ans après, des gens qui viennent faire signer leurs vieux livres cabossés en me disant que c’est le premier livre qu’ils ont lu. Ce me fait me sentir satisfait de toute cette expérience.

Avant que je n’y aille, je vais poser une question pour le compte d’Unicus, un membre du Jedi Council Forums, afin d’apporter un éclairage nécessaire sur ce point : Est-ce que le nom de Ludo Kreshh est un jeu de mot pour « ludicrous » ?!? (NdT : ludicrous peut être traduit par ridicule, grotesque, risible ou encore absurde)

Pas du tout. [rires] Pas du tout, désolé ! Je crois que ça m’est venu avec le film Labyrinthe, avec cette énorme créature poilue et croustillante s’appelant Ludo si je me souviens bien. Je ne sais pas d’où vient Kressh. [Unicus] lit un peu trop entre les lignes. [rires]

Merci beaucoup pour vous temps M. Anderson, c’était génial de pouvoir parler avec vous.

Mon plaisir, et si quelqu’un souhaite réagir, n’hésitez pas à me contacter sur WordFire, sur mon twitter ou sur Facebook.

Nous en profitons pour remercier Kevin J. Anderson pour ses réponses et anecdotes très intéressantes, ainsi que Doug McCausland pour ses questions pertinentes et son aimable autorisation de publication d’une traduction française de son interview.




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