Retours de l'équipe Holonet sur Rogue One : A Star Wars Story

Article publié par Night Alchemist (lu 32 265 fois)

Vous l'avez peut-être remarqué, Rogue One : A Star Wars Story sort en salle ce mercredi !

Comme l'année dernière pour Le Réveil de la Force, chez Star Wars Holonet nous n'avons pas souhaité passer à côté de l'événement, et nous avons donc demandé à ceux de nos staffeurs ayant vu ce nouveau et intriguant Star Wars de mettre par écrit leurs impressions du film.

Attention cependant, les différents avis entreront très certainement de manière très détaillée dans le vif du sujet et comporteront donc d'inévitables et nombreux spoilers. Vous voilà prévenus !

Quant à vous, vénérables lectrices et lecteurs, nous vous invitons chaleureusement à donner votre propre avis sur le film et à débattre dans le sujet dédié à Rogue One dans le forum. Tout le monde, y compris les nouveaux venus, y sont les bienvenus ! :)

Ceci étant dit, passons aux différents avis détaillés de l'équipe du site !

 

L'avis de Night Alchemist

Bon, nous voilà dans le délicieux espace où les langues peuvent enfin se délier et où tous les spoils peuvent être de sortie !

Comme je l'ai écrit dans mon avis sans spoilers sur le film, j'ai globalement apprécié Rogue One malgré ses défauts et en dépit du fait que les rumeurs m'avaient déjà mises au courant de plusieurs des surprises du scénario.

Donc oui, balançons d'entrée de jeu les gros dossiers : Tarkin ! Le Grand Moff est bien présent dans le film, peut-être même plus que Vador, et tant mieux puisque l'histoire de Rogue One tourne autour de l'Etoile de la Mort, et non autour de la famille Skywalker.

La présence respective de ces deux personnages ne fait toutefois pas de l'ombre au méchant principal qu'est Krennic, et paraît à chaque fois justifiée, notamment parce qu'elle nous permet de mieux apprécier les guerres d'ambition qui règnent au sommet de l'Empire.

Comme je l'ai dit dans mon avis sans spoils, certaines décisions de réalisation vont toutefois faire couler beaucoup d'encre, et je veux bien entendu parler du choix de représenter Tarkin en images de synthèse. C'est évidement très visible. Je ne suis pas un expert dans le domaine des effets visuels, mais son visage m'a paru bien réalisé, et donc crédible, même si globalement, je suis resté tout à fait conscient qu'il s'agissait d'une image de synthèse et non pas d'un miracle ayant fait revenir Peter Cushing parmi les vivants. L'illusion n'est donc pas parfaite, mais elle est suffisante.

Et surtout, en partant du principe qu'il fallait avoir Tarkin dans l'histoire, et en réfléchissant aux différentes alternatives, je pense préférer une image de synthèse bien réussie mais visible plutôt qu'un nouvel acteur, même si j'imagine qu'il a bien fallu dénicher quelqu'un pour lui donner voix à l'écran.

C'est aussi ce même choix de réalisation qui fera débat pour les toutes dernières secondes du film, avec une Princesse Leia toute droit sortie d'Un Nouvel Espoir grâce aux effets spéciaux. Avec la différence notable qu'il m'a semblé ici bel et bien entendre Carrie Fisher derrière l'illusion

Enfin, puisqu'on parle des guest stars du film, il est temps d'évoquer Dark Vador. Contrairement à ce que certains pouvaient craindre, il n'est donc pas omniprésent dans Rogue One. Il n'intervient au final qu'une première fois au milieu du film, face à Krennic, puis une seconde fois dans les derniers instants du film, face à des troupes rebelles qu'il réduit en charpie lors d'une scène vraiment fantastique.

Son entrée en scène donne à chaque fois des frissons, notamment parce que le personnage est bien utilisé, et apparaît comme une menace terrifiante dont la puissance, presque physiquement palpable, dépasse de loin celle de autres à l'écran. J'ai eu par contre un peu de mal à reconnaître la voix de James Earl Jones derrière le personnage, mais ce n'est peut-être juste qu'une question d'habitude.

En parlant de Vador, j'en profite aussi pour parler de ce plan très mystérieux du premier teaser où l'on voyait un personnage en capuche s'agenouiller devant une colonne lumineuse, dans une salle gardée par deux Garde Royales. Les toutes dernières rumeurs avaient vu juste en identifiant la colonne comme étant une cuve à bacta avec Vador dedans, mais on se demandait encore qui était le personnage en capuche. Un nouvel apprenti ? Un inquisiteur ? Et bien en fait … ce n'était juste qu'un banal larbin de Vador venant lui annoncer l'arrivée de Krennic ! On s'est bien fait avoir, bien joué Lucasfilm ! :)

Venons-en aux héros. Même sans avoir suivi les rumeurs, on pouvait pressentir que les nouveaux personnages principaux ne survivraient pas au film, et c'est donc effectivement ce qu'il se passe puisqu'ils passent tous au casse-pipe à différents moment de la bataille finale. Ce qui est très bien, avouons-le.

De manière plus précise, je n'ai détesté aucun des personnages, mais j'en adore vraiment aucun non plus, si ce n'est K-2SO qui est assez sympa, dans le genre droïde neurasthénique et bourrin. Je suis en tout cas très soulagé qu'on ne nous ait pas imposé une romance naze et forcée entre Cassian et Jyn ; certes ils se rapprochent considérablement à la fin du film, mais aucun bisou un peu niais ne vient conclure l'affaire. La mort des uns et des autres arrive en général d'une manière assez logique, à l'exception peut-être de celle de Saw Gerrera qui nous fait un peu le coup du capitaine qui veut mourir à la barre de son navire, à la fin du premier acte.

Je ne suis pas non plus très certain d'avoir compris la motivation, les enjeux et l'évolution de tous les héros, en particulier Cassian. Espion rebelle assez impitoyable au début de Rogue One, il décide de ne pas assassiner Galen Orso au milieu du film, en se découvrant soudainement une conscience, sans qu'on sache vraiment comment tout cela se goupille dans sa tête.

Du côté des autres nouveautés du film, les Shore Troopers et les Death Trooper ne sont pas spécialement mis en avant ou iconisés, ce qui est peut-être un peu dommage, surtout pour les Death Troopers qui, lorsque Krennic les fait intervenir vers la fin du film, ne semblent pas vraiment se démarquer dans les faits et dans la mise en scène, du reste de la piétaille impériale. Leur voix est cependant assez marquante et m'a instinctivement fait pensé aux soldats du Cartel, dans Half-Life 2.

Par ailleurs, si la réalisation est globalement très bonne, j'ai trouvé la manière de présenter le prologue du film assez bizarre (bien que le prologue en soit ne me pose pas de problème). Rogue One commence avec « A long time ago in a galaxy far far away ... » après quoi on entre de suite dans l'action, sans texte défilant et sans le thème de Star Wars, ce qui est osé, mais aussi assez déroutant d'entrée de jeu. A la fin du prologue, paf ! le titre « Rogue One » apparaît avec le thème du film (qui est franchement pas terrible, à la première écoute), puis ça enchaîne avec le premier acte. L'effet produit m'a donné un peu l'impression d'un pétard mouillé, en tout cas par comparaison aux introductions en fanfare des Star Wars classiques.

Sinon, le film reste assez généreux : on visite pas mal de planètes, notamment au début, on voit de nombreux aliens assez cools, il y a de fréquents passages du côté de l'Empire et un certain nombre de clins d’œils sympathiques, comme la mention d''un général Syndulla et un bref caméo du Ghost de Star Wars Rebels, ou encore la présence d'un vaisseau Hammerhead (initialement tiré de Knights of the Old Republic, et plus récemment canonisé dans Rebels).

Le revers de la médaille ? A force de faire plaisir aux fans, notamment en rattachant le film directement à l'Episode IV, Rogue One pourrait peut-être laisser de marbre un public moins investi dans la saga.

Donc voilà, je n'ai pas grand chose à rajouter ici que je n'aurait pas déjà mentionné dans mon avis sans spoilers. En bref, j'ai bien apprécié Rogue One. Si ce n'est pas le film du siècle, il reste un premier spin-off encourageant qui donne bien envie de s'intéresser aux projets suivants, à commencer par le film sur le jeune Han Solo prévu pour 2018.

Sur ce, je vais laisser la parole à mes camarades qui viendront partager ici leur avis dès qu'ils auront pu voir le film à leur tour dans les prochains jours.

 

L'avis de Darth Morgoth

Je ne ferais pas une analyse aussi poussée ni aussi détaillée que mon confrère, mais je commencerais par dire que je plussoie l’avis de Night Alchemist sur plusieurs points (mais sur d’autres non ^^).

D’entrée de jeu le thème du film, et par la suite les autres morceaux musicaux, m’ont laissé relativement pantois… Rien de bien transcendant et l’absence du thème générique Star Wars est presque perturbant, si ce n’est dommage. Pour moi la bande audio est la moins bien réussie (comprendre par là, la moins intéressante) de tous les films. D’une autre manière, j’ai été un peu déçu par les voix françaises qui semblent parfois manquer de profondeur et de spontanéité. 

J’ai été également quelque peu déçu par deux des personnages principaux du film (rien de bien méchant cependant). D’abord par Jyn Erso, qui s’éloigne de l’idée que laissaient filtrer les premiers teasers, à savoir quelqu’un de très effronté, de revêche et pour ainsi dire à la personnalité plus « sombre ». J’ai presque l’impression que Disney s’est rétracté en cours de route pour adoucir au maximum le personnage. Ensuite par le Directeur Krennic, à qui le scénario du film ne laisse la possibilité que de courir de droite à gauche et de devoir subir les aléas que le destin lui réserve. Si cela nous montre certes les luttes de pouvoir au sommet de l’Empire, Krennic me fait penser à un simple faire-valoir.

En revanche, on se prend très vite d’affection pour les membres de cette équipe hétéroclite qui va prendre le nom de Rogue One. De même que l’on apprécie les rencontres fortuites  et les coups du destin (pourrait-on presque dire que la Force y était pour quelque chose) qui vont les amener à devenir de véritables frères d’armes. Ils ont chacun un trait de caractère qui les rend attachant à leur manière. Le duo inséparable de Baze et Chirrut, K-2SO et son sens de l’humour particulier, Jyn qui espère retrouver son père, le capitaine Cassian et son côté mystérieux et enfin Bhodi qui semble légèrement à l’Ouest. Ce qui rend leur mort (par ailleurs bien mise en scène pour chacun d’entre eux comme cela a déjà été souligné) d’autant plus douloureuse… et d’autant plus douloureuse pour moi qui ai été naïf de ne pas avoir fait tout de suite le rapprochement entre l’intrigue principale du film et une histoire s’étant déroulée dans l’Univers Étendu et concernant une certaine Bria Tharen (à la finalité somme toute similaire…). C’est assez inattendu, comme l’a dit un jour Yoda… et je doute que les Bothans aient fait mieux plus tard, question sacrifice…

Parlons  aussi des clins d’œil que l’on rencontre tout au long du film. Je dois dire que j’ai été agréablement surpris. Que ce soit pour la brève apparition du Docteur Evazan et de Baba Ponda ou encore pour l’action héroïque d’une Corvette Hammerhead.  En vérité je trouve cela assez rafraîchissant, de voir ces petits rappels à l’Episode IV et ces piochage à l’Univers Étendu. De même, j’ai été bluffé par l’apparition du Moff Tarkin (et de la Princesse Leia), dans le sens où je me suis demandé plusieurs fois pendant le film s’il s’agissait là d’un sosie ou d’une image de synthèse. Maintenant que j’ai ma réponse, je peux dire que ces images de synthèses sont particulièrement bien réussies (et que je les préfère aussi au choix d’un énième acteur).

En revanche je suis plus mitigé sur le choix de  montrer les « impacts » des tirs de l’Etoile de la Mort. Certes l’effet cataclysmique est bluffant (à l’image d’un impact d’astéroïde) mais à mon sens l’enchaînement qui amène à la destruction de la planète en devient beaucoup trop lent. Un autre détail qui me chiffonne (mais qui n’a rien à voir avec le précédent) est l’aspect des Mon Calamaris qui semblent tous avoir abusés de la malbouffe galactique… 

Du reste, des lieux et des planètes, des populaces et des aliens, on en a pour notre argent. Je dirais même que l’on passe parfois trop vite dessus et qu’on en redemanderait bien encore quelques miettes. La Bataille de Scarif a quant à elle le mérite d’être très bien jouée, avec ses cruelles embrassades entre chasseurs, ses marmitages de bombardiers à toutes les sauces et ses combats sur la plage où l’on s’attend presque à voir surgir Jack Sparrow et le Black Pearl. Je regrette juste qu’il n’y ait pas vraiment eu de gros plans de canonnades entre vaisseaux capitaux. Mais dans tous les cas, c’est bien mieux que l’escarmouche qui a eu raison de la Base Starkiller dans le dernier épisode et qui nous laissait un peu sur notre faim.

Pour clore ma missive, je dirais que bizarrement, l’une des scènes qui a le plus retenue mon attention ne concerne ni la trame principale du film ni aucun des principaux protagonistes. Il s’agit de cette scène de fin où l’on voit Dark Vador arpenter le pont d’un vaisseau pour tenter de récupérer les plans de l’Etoile de la Mort. La façon dont il se débarrasse des soldats rebelles coincés sur cette coursive est à fois fascinante, tant elle est bien pensée et réalisée, mais aussi totalement sinistre… Rien que d’y penser j’en ai encore froid dans le dos…

Sur ce, je dirais simplement que j’ai apprécié Rogue One et je laisse volontiers la parole aux autres membres de l’équipe ;)

 

L'avis de Raventorn

Ne passons pas par quatre chemins, j'ai beaucoup aimé "A Star Wars Story - Rogue One". Là où un an plus tôt, jour pour jour, j'étais sorti déçu et frustré de "Star Wars VII - The Force Awakens", je suis ressorti de Rogue One plein d'un enthousiasme débordant. Je vais essayer d'expliquer pourquoi, en étant le plus concis possible, j'ai énormément aimé Rogue One, et je terminerai par quelques points négatifs.

Alors, les points positifs :

  • Un Star Wars différent des autres, c'est réussi! En un film, plusieurs choses nouvelles nous ont été présentées, ce qui sort de l'aspect manichéen auquel on est habitué : pas de Jedi ni de Sith, mais un être sensible à la Force qui en fait un usage particulier et unique. Des rebelles pas tous gentils, qui sont parfois extrémistes et se rapprochent trop de l'Empire dans leurs actions (le côté attentat de Saw Gerrera).

  • Des clins d'oeil subtils et nombreux à la trilogie originale (et même à l'UE Legends!), un film qui s'inscrit donc parfaitement dans la continuité du Nouveau Canon. Des références encore plus discrètes à Star Wars Rebels! On passera sur Saw Gerrera qui apparaîtra dans les prochains épisodes de Rebels, et qui était déjà présent dans The Clone Wars, je pensais plutôt à l'apparition de Chopper (eh oui!), du capitaine Syndulla qui est appelée dans le hangar sur Yavin IV, ou encore du Ghost qu'on aperçoit dans le hangar de Yavin IV et durant la bataille de Scarif. Pour les fans, ça je trouve que c'est extra, de mêler les différents médias.

  • De l'action, de l'action, et de l'action. La flotte rebelle qui attaque Scarif dans toute sa splendeur, des X-Wing au premier plan, des rebelles au sol contre les troupes d'élite de l'Empire... et j'en passe. Quelle joie de retrouver l'ambiance de la trilogie originale! Et mention spéciale à l'embuscade dans Jedha city qui est vraiment top (et je ne peux que vous suggérer d'écouter la bande son correspondant à l'embuscade dans Jedha ;) ).

  • Cette fin, avec Dark Vador au sommet de sa force. C'est court, intense, brutal, tout ce qu'on a tous rêvé de voir je pense. Combien de fois on s'est imaginé cette scène en lisant les livres Star Wars, combien de fois avons-nous admiré les planches de Vador aux prises avec les rebelles dans les nombreux comics dont il est le personnage principal ?! Là, ça devient réalité dans une scène épique!

  • Mention spéciale aux effets spéciaux qui ont redonné vie à Tarkin, Leia, et aux deux pilotes de X-Wing qui meurent dans l'épisode IV.

  • Tous les héros meurent à la fin, et ça c'était vraiment très important pour moi. De montrer que Disney et Lucasfilm n'ont pas peur de faire mourir des gentils pour respecter leur nouvelle continuité.

  • Il y a encore sûrement plein de points positifs que j'oublie, mais voici en tout cas les principaux, ceux qui me viennent en tête en premier. L'ambiance générale de guerre civile et de tension, la diversité des planètes, la multiplicité des héros, les cristaux Kyber pour l'Etoile de la Mort, le fait que Jyn et Cassian ne se fassent pas de bisou (=p), tout ça fait que j'ai vraiment apprécié le film! :)

Points négatifs :

  • Les Death Troopers ne sont à mon avis pas assez mis en avant. Je pensais les voir plus redoutables.

  • Chirrut Îmwe est un peu creux à mon avis, comme son ami Baze Malbus. Cependant, c'est important de les avoir, car ils meurent à la fin, et des héros qui meurent pendant la guerre c'est important. J'aurais tout de même apprécié de les voir faire quelque chose de différent, peut-être de plus important.

  • Une première moitié du film peut-être au rythme un peu lent. C'est un sentiment difficile à expliquer, car il se passe quand même beaucoup de choses... De manière générale, je dirais que peut-être l'intrigue n'est pas très bien amenée (pour les non-experts) et que l'introduction déroulante aurait eu son importance. Donc non, je ne suis pas fan du "Rogue One" qui pop d'un seul coup ^^

Comme vous avez pu le remarquer, je n'ai pas encore parlé (ou presque) de la musique.

Pour moi, la musique n'est pas nulle, elle est même plutôt pas mal. Pour en arriver à cette conclusion, j'ai écouté attentivement et plusieurs fois la bande son de Giacchino. Déjà, ce gars est un génie, car il a écrit la musique en 4 semaines... vous vous rendez compte ?! Quatre semaines pour composer un Star Wars. Donc de base, c'est impressionnant ce qu'il a fait. Maintenant, si on fait abstraction de cet élément majeur, et qu'on considère la musique en elle-même : le gros défaut, c'est qu'il n'y a pas de nouveaux thèmes forts! Pour Star Wars VII, on a le thème de Rey, le Scherzo des X-Wing, la Marche de l'Alliance, le thème final sur les Marches du Temple Jedi...

Là, non, pas de nouveau thème. Par contre, là où Giacchino est un génie, c'est qu'au lieu de reprendre les thèmes déjà existants et de les mettre dans Rogue One, il a proposé des variations subtiles et belles des thèmes existants (Imperial March, Across the Stars, et the Force Theme surtout). Je lui reproche tout de fois de n'avoir pas mis une putain d'explosion musicale quand la flotte rebelle sort de l'hyperespace au-dessus de Scarif ^^ Ce qui est remarquable, dans ses compositions, c'est que je retrouve le style de John Williams (et j'irais même jusqu'à dire le John Williams de l'épisode V) avec ses variations à lui! Dans mes musiques préférées, que je classe maintenant comme un "thème" de Rogue One (au même titre que le thème de Rey est un thème fort du VII), il y a "Imperial Suite", qui est une variation de Imperial March, associée en partie au personnage de Krennic. Ce morceau, que je vous conseille d'écouter (sur YouTube par exemple) est vraiment superbe. Il y a également le thème de Jyn, qu'on retrouve dans "Hope" et "Stardust" qui est vraiment émouvant. Et enfin, la bataille de Jedha ("Jedha Ambush" je crois, dont j'ai parlé plus haut), qui vous fera penser aux batailles de la trilogie originale ;)

Voilà! Je ne pense pas avoir des critiques très originales sur les points positifs et négatifs du film. J'espère en revanche avoir été constructif sur la musique, et vous avoir donné envie de ne pas dire juste que "c'est nul", mais d'aller écouter en détails la bande-son et de profiter de l'incroyable talent de Giacchino ;)

 

L'avis de Luuke 

Je ne vais pas le cacher, Rogue One m’a grandement satisfait et se retrouve exactement dans le spectre de ce à quoi je m’attendais. Je vais m’attarder sur les points qui m’ont le plus marqué ainsi que sur quelques éléments avec lesquels j’ai une certaine affinité.

Bien que Raventorn l’ai déjà abordé, je ne peux que souligner le problème relatif au thème musical principal du film, son seul grand défaut pour moi. A chacune de ses utilisations (écran titre, arrivée sur Yavin 4, bataille spatiale de Scarif, etc) il a le double inconvénient d’être anti-climatique de par son tempo lent et par conséquent parvient à l’exploit de briser l’immersion.

En second lieu, j’ai été particulièrement impressionné par l’imagerie de synthèse (CGI), que ce soit les effets auxquels nous sommes habitués, mais qui sont admirablement intégrés au film par ILM, ou par l’intégration de Tarkin et de la Princesse Leia. J’ai trouvé le premier particulièrement bien rendu et nombreux spectateurs n’ayant pas conscience qu’il s’agissait d’une représentation d’un acteur décédé n’y ont d’ailleurs vu que du feu. Ce procédé soulève des interrogations relatives à l’éthique, même si la famille de l’acteur a donné son autorisation à Lucasfilm. Quant à Leia, je la trouve cependant trop souriante, à la limite de l’uncanny valley.

Si je puis me permettre un parallèle en empruntant une notion issue des réflexions autour des intelligences artificielles et du transhumanisme : pour moi on a atteint ou sommes en passe d’atteindre le phénomène de singularité dans les effets produit par l’imagerie de synthèse. C’est-à-dire que nous ne sommes presque plus capables d’en discerner les limites avec le réel et qu’en même temps les possibilités sont infinies, allant jusqu’à faire intervenir des acteurs morts.

Je noterais aussi le fantastique travail de restauration et d’intégration de scènes coupés d’Un Nouvel Espoir que l’on peut brièvement observer pendant la bataille spatiale de Scarif lorsque apparaissent à l’écran les visages de Red et Gold Leader.

Ayant entendu ici et là des avis plus ou moins négatifs sur certains personnages, j’aimerais m’attarder sur leur cas. Tout d’abord, Saw Gerrera semble avoir déçu par son court développement et sa mort. Or selon moi, son rôle narratif me semble très juste. De par sa place active dans la narration, c’est un fil conducteur essentiel du premier acte, depuis son intervention sur Lah’mu, la planète d’accueil des Erso, à Jedha où sa mort marque de manière tangible la fin de l’acte. Il est l’élément qui vient lier ensemble chaque branche de l’arbre narratif du premier acte et c’est seulement en quittant son repaire que les protagonistes se retrouvent enfin ensemble.
De plus il nous apprend beaucoup de par son rôle narratif passif. Ses méthodes, son armure, ses implants, ses partisans, sa relation avec la Rébellion, tout cela raconte une histoire s’étalant sur de nombreuses années et mettant en avant son statut qu’on suppose de vétéran de l’insurrection contre l’Empire. C’est d’ailleurs ce qui me ferait dire que c’est le personnage dont on comprend le mieux l’arrière-plan narratif : presque tout dans l’acte 1 lui fait écho. Sa mort, qui est celle de quelqu’un qui en a trop vu, trop fait et qui en paye le prix fort tous les jours me semble tout à fait justifiée.

L’antagoniste principal, Orson Krennic, n’a pas convaincu tout le monde, semblerait-il. Pourtant je le trouve lui aussi très intéressant. Bien sur l’acteur et son costume (et, comme Ben Mendelsohn le dit lui-même, leur symbiose) donne une certaine saveur au personnage, mais j’irais plus loin dans mon propos.
Tout d’abord le personnage propose une certaine originalité au sein de la machine impériale et des personnages qu’on lui connait. Passons outre Vador et Palpatine, aux statuts exceptionnels. Tarkin représente la terreur que le pouvoir absolu de vie ou de mort peut avoir sur les masses, tel un Himmler, avec le dédain pour la vie humaine qu’on lui connait. Divers officiers allant de Veers à Jerjerrod en passant par Ozzel soulignent soit l’efficacité brutale de la machine militaire impériale, soit la bêtise d’individus imbus d’eux-mêmes et de leur pouvoir. Et on peut aller jusqu’à Hux, dans Le Réveil de la Force, qui représente une jeunesse manipulée par le totalitarisme et qui en devient son défenseur le plus efficace.
Krennic se démarque d’eux par un thème qu’il souligne : l’individualisme sous-jacent de l’Empire. En tant qu’institution, il n’y a pas plus holistique qu’un empire totalitaire, mais au sein de ses élites, il est souvent question de pouvoir individuel et de rivalité. Krennic est évidemment rival de Tarkin, dont il emprunte le principal trait, son dédain pour la vie humaine. Chez Tarkin cela exprime sa volonté d’assoir un pouvoir déjà acquis, tandis que Krennic voit les vies qui l’entourent comme des obstacles ou une aide à son ascension personnelle. Le personnage à une tendance importante à la manipulation, affirmant encore une fois sa moralité corrompu. Il convoite le pouvoir à tout prix et avec Tarkin, ils sont les facettes d’une même pièce, renforcée par le symbolisme du pouvoir destructeur de l’Etoile de la Mort.
Enfin, c’est le seul officier impérial à avoir jamais participé à un combat dans toute la saga, ce qui renvoie aussi à sa nature : il ne recule devient rien pour obtenir ce qu’il veut, pas même de se salir les mains.

Pour en finir avec les personnages, je veux examiner rapidement Baze Malbus et Chirrut Imwe. Comme avec Gerrera, pour certains, ce couple de personnage manquerait de profondeur. Et comme avec Gerrera, je répondrais qu’ils sont les produits d’une narration passive qui se découvre tout au long des scènes de Jedha City. On y observe un contexte particulier, fruit d’évènements suggérés et rapidement mentionnés dans les dialogues. Et c’est ce contexte qui donne naissance à Baze et Chirrut. A contrario, le personnage de Cassian Andor présente sa thématique (morale personnelle vs contexte) par une narration active (la scène de l’Anneau de Kafrene par exemple), mais aucun élément dans le film ne contribue à dire d’où il vient et pourquoi il est qui il est…
Cependant, j’ai une critique à formuler concernant ces deux personnages et leur mort. Le troisième acte, sur Scarif, voit chaque personnage s’orienter vers une mission et mourir après l’avoir réalisé. J’ai été touché par la mort de ses deux personnages que j’apprécie beaucoup, cependant c’est la réalisation de leur mission qui me pose problème et sa fonction déterministe dans le récit. Tous les autres personnages ont des rôles essentiels dans l’acquisition et l’expédition des plans de l’Etoile de la Mort. Et supposément, c’est aussi le cas de Baze et Chirrut, qui doivent abaisser un levier, au milieu d’une zone d’atterrissage. C'est quelque peu capilotracté à mon goût, tel un deus ex machina perverti au service d’un schéma narratif fixe (mission personnelle > réussite > mort). Leur mort, en essayant d’avoir du sens, en perd selon moi et j’aurais encore préféré que cette histoire de levier n’intervienne pas.

Ce n’est pas une nouveauté dans Star Wars, chaque personnage, chaque lieu, etc. suggère un univers complexe. Depuis la scène de la cantina de l’Episode IV jusque celle de l’opéra de l’Episode III, tout est fait pour que le spectateur se sente submergé, ou plutôt immergé dans une diversité. Rogue One continu cette tradition et on est constamment confronté à un monde riche, chaque plan méritant d’être décortiqué et étudié. Un guide visuel de 416 pages existe, pourtant on a l’impression de ne gratter que la surface tant le film est riche.


Au-delà de la nature visuelle de l’univers qui se présente à nous, Rogue One se connecte de nombreuses façons au reste de l’univers Star Wars. Tout d’abord, c’est un pont presque parfait entre l’Episode III et l’Episode IV. Mais c’est aussi un film clairement réfléchi au sein d’un écosystème d’œuvres multimédia. Si Le Réveil de la Force s’accompagnait d’une série d’œuvres visant à combler les trente années passées depuis l’Episode VI, Rogue One aborde la chose différemment, le film empruntant des éléments des séries animés The Clone Wars et Rebels : Saw Gerrera et la corvette Hammerhead (elle-même inspiré d’un jeu vidéo), sans compter les diverses références. Mais chose tout aussi importante. Le Lucasfilm Story Group est a remercié pour cette synergie narrative de plus en apparente et importante.




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