Stéphane Roux


Stéphane Roux est un artiste français polyvalent qui a notamment travaillé sur les comics Star Wars Agent de l'Empire et Le destin de Xanatos.

  

I. Biographie [haut]



  Stéphane Roux est un artiste français qui a, dès sa jeunesse, beaucoup voyagé. Il fait ses études à Tahiti où il découvre Star Wars en 1979. Il revient en France quelques années plus tard, et étudie dans une école d'art, puis se tourne vers l'école Gobelins. Depuis, Stéphane Roux endosse diverses casquettes dans le monde de l'animation. Parmi ses travaux, Stéphane a aussi bien fait de l'animation que du storyboarding sur des projets de différentes nationalités, comme Dingo et Max ou encore Cédric. Il est également le réalisateur de la série animée française Foot 2 rue.

  À partir de la deuxième moitié des années 2000, Stéphane se tourne vers une nouvelle aventure : le comics. Il travaille notamment pour la maison d'édition Semic, où il fait la connaissance de Thierry Mornet et dessine Witchblade. Stéphane a participé à diverses œuvres pour DC comics, avec Zatanna ou actuellement la série Harley Quinn. Côté francophone, il signe une couverture du Garde Républicain (numéro 5b), un projet mené par Thierry Mornet.

  Stephane Roux est connu des fans de Star Wars pour avoir participé à plusieurs projets. Le plus connu est sans doute son travail de dessinateur sur le premier tome d'Agent de l'Empire (Agent of the Empire #1, 2, 5) de John Ostrander auquel participent deux autres français, Stéphane Créty et Julien Hugonnard-Bert, ainsi que toutes les couvertures du tome 2. Il s'occupe également de cinq couvertures du tome Le destin de Xanatos (Jedi : The Dark Side). Plus récemment, il a illustré le livre pour le compte de Disney.

Stéphane Roux

Couverture de Escape from Darth Vader.


II. Interview [haut]



  L'interview a été réalisée le dimanche 3 mai 2015, lors de « Génération Star Wars et Science Fiction », avec le chaleureux Stéphane Roux.

SWHolonet : D'abord merci d'avoir accepté cet interview !
Stéphane Roux : Et bien ça me fait plaisir !

SWH : Est-ce que tu peux nous faire une présentation rapide de toi ?
S.R. : On va faire bref, mais concis. Donc moi, j'ai grandi un peu partout dans le monde, mais, j'ai fait une bonne partie de mes meilleures années, l'adolescence, à Tahiti. Ça eut beaucoup d'avantages. Ça a eu des inconvénients mineurs, mais l'un deux - je ne prenais pas la mesure de ça à l'époque - c'est que j'ai découvert Star Wars en décalé par rapport à tout le monde parce que les cinémas là-bas recevaient les films un an après tout le monde. Et j'ai pris conscience de ce qu'était Star Wars en 1979. Parce qu'on avait un peu tout en décalé. Et sinon, pour mon parcours général, donc j'ai fait mes études là-bas. Je suis revenu en France dans la fin des années 1980 pour faire une école d'art, j'ai préparé les Gobelins, j'ai fait de l'animation pendant vingt ans. Je suis le créateur du personnage de Carlos, je préfère le dire tout de suite comme ça les casseroles sont évacuées. Le dessin animé de Carlos des années 1990, « Le tour du monde en 80 rêves » je crois, j'ai fait les designs, un peu de board, un peu de décors, ça m'a permis de me roder sur différentes techniques. J'ai travaillé chez Disney sur « Dingo et Max ». J'ai fait pas mal de séries, comme « Cédric », « Nanouk » - j'ai fait la réal' sur « Nanouk », la créa -, j'ai fait « Les aventures de fantômette » en dessin animé. Et puis tout récemment, enfin plutôt le dernier truc que j'ai fait avant de faire du comics, la création et la réalisation de Foot 2 Rue. Et puis en 2006-2007, j'ai changé carrément d'activité, j'ai commencé à faire du comics. Et depuis, je fais que ça. Et j'ai bougé aux États-Unis, je me suis installé là-bas depuis 5 ans maintenant.

SWH : Comment en es-tu venu à faire du Star Wars ?
S.R. : J'ai commencé à faire du SW parce que, quand j'ai commencé mes premières couvertures pour Semic, c'était par l'intermédiaire de Thierry Mornet qui à l'époque bossait pour eux. Et il m'avait fait faire des couvertures pour ses titres de poches. Et quand il est passé chez Delcourt et qu'il s'est occupé des titres SW en français, moi j'avais des contacts aux États-Unis et on a donc commencé à parler. Et dans la discussion certainement qu'il a dû avoir avec Randy Stradley à l'époque chez Dark Horse mon nom est sorti et quand ils ont réalisé que j'étais sur place c'était plus facile. Et puis je commençais à avoir un peu d'exposition médiatique avec les trucs que j'avais faits chez DC comics. Les gens de Dark Horse m'ont approché pour me demander si je voulais faire des cover, d'abord, pour le titre « Jedi » qui avait été dessiné par Mahmud Asrar, c'était la jeunesse de Qui Gon en fait. Et puis après j'ai fait les pages intérieures de Agent de l'Empire et puis les couvertures. Et donc c'est comme ça. Étant dans le circuit de comics américain, j'ai été approché par l'éditeur américain qui m'a demandé de faire un run sur une minisérie.

Stéphane Roux

Couverture de Jedi : The Dark Side #2.


SWH : Et ça fait quel effet de prendre part à Star Wars, la grande aventure ?
S.R. : Alors moi, j'ai eu de la chance parce que je voulais pas trop travailler sur la nouvelle trilogie, les origines, Jar Jar Binks et tout ça que je voulais éviter (rires), et ils m'ont apporté sur un plateau la période des épisodes 4-5-6. Donc ça se passe deux ou trois ans avant les films et c'est tout l'univers avec lequel moi j'ai grandi. Donc c'était génial. J'ai eu à dessiner Han Solo, Chewbacca, 6PO, le Faucon... C'était vraiment la période dans laquelle j'aurais voulu pouvoir m'épanouir et m'exprimer. J'étais super content. Après j'ai fait un bouquin, je ne sais pas s'il est sorti en France, peut-être, chez les livres jeunesse. J'ai fait, pour le coup pour des enfants, des petites illustrations qui retracent les épisodes des premiers films aussi. Donc là c'est la princesse Leia qui s'évade quand Vador essaie de lui mettre le grappin dessus. Et ça c'est le dernier truc que j'ai fait et pareil, c'était super exaltant, super intéressant.

SWH : En tant que Français spécifiquement, Star Wars étant quelque chose très américain…
S.R. : Nan, Star Wars appartient au monde maintenant…

SWH : Maintenant oui…
S.R. : Ça a touché tellement de gens que ça ne leur appartient plus. Ça appartient à la culture mondiale, mais oui je vois ce que tu veux dire.

SWH : Oui, en tant que Français, toi qui as connu Star Wars quand c'était encore « américain », y venir maintenant, est-ce que ça te fait quelque chose particulièrement ?
S.R. : Pour moi, il n'y a pas grand-chose qui me surprend dans le parcours que peuvent avoir les artistes français maintenant qui travaillent sur les choses avec lesquelles ils ont grandi. C'est -à-dire Marvel, DC, tout ça. Donc travailler sur du Iron Man ou sur du X-men ou du Avengers... Nos victoires personnelles, elles sont là. On se dit « Aaaah, ça y est ! », d'une certaine manière la boucle est bouclée. Il nous reste plein de choses à faire. On a encore envie de faire plein de choses et on va faire plein de choses. Mais de réaliser qu'un jour on nous dit : « Tiens ? Tu voudrais faire une BD Star Wars ? Tu voudrais faire une BD de Avengers ? Tu voudrais faire une BD de Batman ? ». Ah oui, là on se dit quand que c'est notre rêve de gosse qui se réalise quoi, c'est ça. Mais ça doit être quand même être la même chose pour un dessinateur philippin qui a grandi avec Star Wars, ou mexicain, chinois, etc. C'est pour ça que je dis que maintenant ça appartient au patrimoine mondial et que nous en tant qu'artiste ça nous parle et ça fait un bien fou. On nous appelle pour bosser là-dessus et continuer à écrire la légende. C'est génial, c'est un rêve de gosse.

SWH : D'ailleurs dans Agent de l'Empire, vous n'avez pas illustré tous les numéros du Tome 1, c'est pour quelle raison ? C'est vous qui avez choisi Stéphane Créty ou Julien Hugonnard-Bert pour travailler dessus ?
S.R. : En fait ce qui s'est passé, c'est à peu près ça à quelques différences près. Bon, la réalité est moins glamour que l'on s'imagine, j'étais en retard sur mes pages et donc il a fallu choisir quelqu'un pour livrer à temps les pages du numéro 2. Parce que dès qu'on annonce que le livre va être publié, ça enclenche un calendrier pour les imprimeurs, pour les distributeurs. Donc comme l'éditeur réserve une place dans ses ventes et dans ses livraisons auprès des distributeurs et des magasins de comics, et bien il faut que ce créneau soit occupé. Sinon ils perdent leur place sur les étalages. Donc ils ont fait appel à Stéphane. En fait, j'en parlais avec Julien, on essayait de trouver une solution, il m'a dit « mais moi je travaille avec Stéphane qui est rapide, qui est fan de Star Wars et qui rêve de bosser dessus ». Donc on lui en a parlé, on a parlé avec Randy qui était l'éditeur US qui a vu son travail qui a trouvé ça super et qui a dit « okay, d'accord, allez on y va, on fonce ». Et c'est comme ça que Stéphane s'est retrouvé raccordé au projet. Mais vraiment au départ, c'est une contrainte technique sur le projet qui fait que quand on est à la bourre on essaie de trouver quelqu'un qui peut combler le retard avantageusement.

Stéphane Roux

Une planche de Agent de l'Empire par Stephane Roux.


SWH : Et quels sont vos projets à l'heure actuelle ?
S.R. : Alors moi, en ce moment, je travaille pour DC comics. Je fais un Team Up entre Harley Quinn, l'assistante du Joker, son intérêt amoureux, qui a fait équipe dans sa série continue depuis deux mois, et qui fait équipe là avec Power Girl, qui est une avatar de Super Girl, qui aurait vieilli et qui aurait changé de nom de scène parce qu'elle a une force équivalente ou à peu près à celle de Superman. Pour ceux qui connaissent le personnage, elle a les cheveux courts, une coupe au carré, les vêtements blancs et une cape rouge. Et c'est un personnage comme Superman, elle est sérieuse, elle n'est pas là pour rigoler, elle prend tout presque au premier degré, elle a une espèce de rectitude morale. Elle n'est pas là pour la fantaisie, et elle est obligée temporairement de faire équipe avec Harley Quinn qui est une foldingue invétérée et donc l'interaction entre les deux donne lieu à des histoires assez rigolotes. C'est le chaud et le froid, c'est « Je t'avais dit de ne pas faire ça, on ne tue pas les gens sans raison ! - Ah bon ? Je ne savais pas !". L'autre a été influencée par le Joker donc il y a des séquelles. Et donc voilà, moi je fais ça en ce moment. Là je viens de finir un feal in sur Team Up entre les Avengers et les Gardiens de la Galaxie, mais c'était juste pour dépanner. Comme avec Stéphane et moi sur Star Wars, là je l'ai fait avec Arthur Adams qui faisait le premier numéro de Avengers Team Up avec les Gardiens, et il n'a pas eu le temps de faire le deuxième donc ils m'ont appelé à la rescousse pour faire le deux. Et je ne pouvais pas continuer après parce que j'avais déjà le Harley Quinn - Power Girl en route. C'est une minisérie de 6 épisodes qui sortira aux États-Unis en juin.

SWH : Quelle est ta relation avec tes fans ? Est-ce que ça change en fonction des pays ?
S.R. : Oui, de toute façon, quelque soit le projet ça change parce qu'aux États-Unis ils sont plus dans l'efficacité. C'est-à-dire, obtenir un maximum de dessin ou de signature, pour éventuellement les revendre sur Ebay. Alors qu'ici (NDR : la Convention de Cusset), par exemple, des passionnés. C'est des gens qui viennent et qui sont à fond Star Wars. J'ai fait une Star Wars Celebration ou c'est la même motivation qu'ici. Mais c'est parce que c'est des gens qui sont à fond dans Star Wars et qui aiment ça. Le reste des conventions plus classiques, aux États-Unis, c'est plus des gens qui collectionnent et qui vont soit collectionner par auteur, tout ce que va faire un dessinateur ils veulent à chaque fois un dessin du personnage qu'a fait ce dessinateur, ou alors ils veulent un dessin du personnage dont ils sont fans, mais dessiné par un maximum de gens. Donc ils veulent avoir le Punisher de Stéphane Créty, s'il est là, il veulent avoir le Punisher de Adams Youngs, celui de Marc Broughs. Ils vont toujours avoir leur personnage, mais dessiné par tellement d'artistes différents. Et ils visent plus l'efficacité, la rentabilité, éventuellement la valeur commerciale. Il y a quelques-uns des collectionneurs ou des fans qui sont devenus des amis là-bas, et eux après avec le temps, ils sortent du circuit « je vais te demander quelque chose », c'est une autre relation quoi, on se retrouve en convention pour passer un bon moment, boire des coups et c'est d'ailleurs assez marrant de voir qu'on est différent sur plein de choses avec les Américains alors qu'on croit qu'on a beaucoup de choses en commun. Mais vraiment dans le fond on a une grande différence. Mais par contre il y a une chose, dans lequel j'ai trouvé l'équivalent du banquet des Gaulois d'Astérix, en convention avec les gens qu'on retrouve après le show ou on fait des trucs qui sont équivalents, dans la manière de faire la fête, de déconner. Donc sur ça, on est assez similaire. Mais sinon, les fans sont aussi respectueux des deux côtés de l'Atlantique, ils font gaffe. On a toujours des phénomènes qui arrivent et qui sont un peu… Mais bon, c'est des cas isolés.

SWH : Et bien, pour finir est-ce que tu aurais un message pour les membres de l'Holonet ?
S.R. : Et bien, je suis désolé de ne pas faire partie des wagons qui ont été enquillés depuis que Marvel a repris Star Wars en BD, de ne pas faire partie du train. Ça me prive et ça les prive de certaines histoires que j'aurais pu dessiner. Mais on ne sait pas, l'Histoire n'est pas écrite encore complètement. Peut-être qu'un jour quand j'aurais fini mon run sur Harley Quinn et Power Girl, je vais peut-être quand même essayer de prospecter pour voir si je peux faire des bouquins Star Wars. Et j'espère que les fans du site les achèteront, les lirons et quand je viendrai en France pour faire des dédicaces n'hésiteront pas à venir.

SWH : Et bien, merci beaucoup !
S.R. : C'est moi !

Page de l'artiste : http://frenchbulldogstudio.com/stef.htm

Note des auteurs : Un grand remerciement à Stéphane Roux pour sa gentillesse et pour nous avoir consacré son temps.
Toute l'équipe de Star Wars HoloNet lui souhaite une bonne continuation pour ses différents projets !
Informations encyclopédiques
Stéphane Roux
Nom
Stéphane Roux
Nationalité
FR
Métier(s)
Illustration
Réalisation

Informations administratives
Auteur principal

Co-auteur(s)

Date de création
24/11/2015

Date de modification
13/12/2015

Nombre de lectures
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Sources
  • Site officiel de l'artiste

Langue française
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