Secteur Corporatif


Zone politico-commerciale située dans le Bras de Tingel

  Autrefois pôle de développement économique sauvage laissé aux grandes compagnies, le Secteur Corporatif est devenu la deuxième puissance de la galaxie durant le règne de Palpatine, et si la Nouvelle République a succédé à l'Empire, cette partie de la galaxie n'est jamais passée sous son contrôle et a profité de la Guerre Civile et des conflits qui suivirent pour accroître son indépendance.

  Avant toute chose, il est important de saisir la nature unique de cette entité appelée Autorité du Secteur Corporatif qui régente la région homonyme et sort sensiblement des cadres habituels. En résumé, l'ASC est un gouvernement interstellaire formé par des représentants de diverses compagnies et également une corporation à part entière.
  L'espace contrôlé par l'Autorité est gigantesque comparé à celui de l'ancien Secteur Corporatif. Au moment de la Guerre des Clones, le Secteur Corporatif s'était sensiblement étendu au delà des 10.000 systèmes stellaires qui avaient longtemps constitué ses "frontières naturelles" mais son expansion depuis lors a été proprement exponentielle et inclut désormais près de 30.000 systèmes stellaires.

  Si au départ le "Secteur Corporatif" était surtout une zone géographique, c'est (comme on le verra dans la partie Historique) avec l'avènement de l'Empire que les intérêts présents dans cette région de la galaxie eurent l'opportunité d'en faire une véritable entité politique.

  En tant que gouvernement semi-autonome allié à l'Empire, l'Autorité du Secteur Corporatif justifia son existence et ses frontières par le biais d'une Charte, analogue à une constitution dans son fonctionnement. Bien avant la naissance de l'Autorité du Secteur Corporatif, cette région de la galaxie apparaissait comme le pôle du libéralisme économique, de la libre entreprise et de l'opportunisme social de la galaxie. Dans l'imaginaire collectif, le Secteur Corporatif était l'endroit ou l'on pouvait partir de rien et réussir une ascension fulgurante. L'ASC veilla à ce que cette image flatteuse demeure et dépensa même des sommes considérables pour l'entretenir.

  1. Une opération de relations publiques : la vérité a toujours été sensiblement différente et la naissance de l'ASC n'a fait que la rendre encore plus éloignée de cette fiction qui n'a dans le fond qu'un seul et unique but : capter la force de travail et les ressources du reste de la galaxie afin d'augmenter la richesse des maîtres du Secteur Corporatif. De bien des manières, l'Autorité a œuvré sans état d'âme afin que les choses se passent comme ses dirigeants le souhaitent et ce avant même qu'elle n'ait une existence officielle.

  A titre d'exemple, il est totalement impossible que près de 30.000 systèmes stellaires dans un volume d'espace donné se révèlent à la fois riches en ressources exploitables et totalement dépourvus d'espèces intelligentes. Officiellement, c'est pourtant le cas. Plusieurs peuples situés à la périphérie de l'espace contrôlé par l'ASC (comme les félins Trianii par exemple) s'opposent parfois violemment aux vaisseaux de l'ASC qui tentent d'établir de nouveaux avant-postes mais à l'intérieur des frontières du Secteur Corporatif, il n'y a conformément à la vérité officielle et en dépit des statistiques et de certains documents illégaux absolument aucune civilisation indigène... les gens mieux informés pensent qu'au grand minimum, au moins une dizaine de races indigènes ont été totalement réduites en servitude par l'Autorité.
  
  Autre exemple parlant, un grand nombre de compagnies étrangères au Secteur Corporatif qui ont tenté de s'y implanter ont pu constater à leur dépens qu'il existe bel et bien au niveau fiscal et administratif un distinguo subtil entre les entreprises qui ont investi dans l'ASC et celles qui sont simplement installées dans l'espace que l'ASC contrôle... des milliers de sociétés se sont ainsi retrouvées au bord de la faillite jusqu'à ce qu'elles soient miraculeusement rachetées par des compagnies membres de l'ASC ou qu'elles quittent le Secteur Corporatif.

  Enfin, le nouvel arrivant dans le Secteur Corporatif découvrira rapidement une vérité toute simple : bien que l'Autorité du Secteur Corporatif soit un gouvernement, il s'agit d'un gouvernement sans citoyens. Les habitants du Secteur Corporatif sont des "consommateurs" et ils n'ont pas de droits mais des "privilèges". Les termes peuvent sembler flatteurs mais nous allons voir qu'ils dissimulent à peine une machine à opprimer peut-être moins brutale mais tout aussi efficace et inhumaine que celle de l'Empire. Bien des gens l'oublient mais avant toute chose, l'ASC est une entreprise qui vise à faire des profits...

  2. La Charte du Secteur Corporatif : le texte fondateur qui définit l'existence, les raisons d'être et les pouvoirs de l'Autorité du Secteur Corporatif est la seule "constitution" dont dispose la plus grande entreprise de la galaxie. Toutes les corporations qui sont membres de l'ASC ou qui s'installent sur son territoires doivent adhérer à cette Charte et elle s'applique également à tous les individus qui vivent dans le Secteur Corporatif. Ce que les corporations membres font en dehors des territoires contrôlés par l'ASC n'intéresse qu'elles et (éventuellement) certaines autorités locales ou galactiques mais s'il existe une loi dans l'espace du Secteur Corporatif, c'est celle qui découle de la Charte.

  La Charte du Secteur Corporatif considère que l'ASC est une entreprise dirigée par des représentants de compagnies membres qui investissent à travers elle pour accroître leurs bénéfices. L'ASC en tant que compagnie à part entière a également pour but de générer ses propres bénéfices indépendamment des profits que récoltent ses membres et il s'agit même de sa priorité fondamentale. Bon nombre des dirigeants des compagnies membres ont d'ailleurs l'intelligence de posséder des titres boursiers de l'Autorité du Secteur Corporatif en plus des parts de leurs propres compagnies.
  Dans la perspective qui vient d'être énoncée, l'ASC reconnaît trois types de statut aux corporations installées dans ses frontières.

  - Investisseurs : les corporations qui ont le statut d'Investisseurs sont en quelque sorte le "club privé" du Secteur Corporatif. On trouve dans leurs rangs une bonne partie des sociétés membres de l'ancienne Ligue Corporatiste Pan Galactique qui oeuvra pour permettre la naissance de l'ASC ainsi qu'un certain nombre de compagnies qui parvinrent à rejoindre leurs rangs par la suite. A l'heure actuelle, trente sept compagnies possèdent ce statut des plus enviables. Chaque corporation de cette catégorie possède un siège dans le Direx, l'instance dirigeante de l'ASC et bénéficie d'un traitement de faveur dans tous les domaines. Les corporations fondatrices obtinrent leur statut en échange des locaux et des employés qu'elles possédaient dans le Secteur Corporatif et qui formèrent l'ossature de la corporation "Autorité du Secteur Corporatif". Par la suite, les autres corporations qui rejoignirent les rangs des Investisseurs firent des sacrifices similaires pour y parvenir. De plus, les nouveaux candidats devaient également recevoir l'aval du Direx, donc des Investisseurs déjà en place et ceux-ci ont bien évidemment toujours pris garde à ne pas donner ainsi à leurs concurrents directs la possibilité de mettre un pied dans leur jardin réservé.

  - Contributeurs : les entreprises qui ont ce statut sont également actionnaires du Secteur Corporatif mais ne disposent ni des informations, ni du traitement de faveur des Investisseurs qui sont impliqués directement dans ses rouages et dans son fonctionnement. Leur participation à l'ASC est généralement limitée à l'achat de titres boursiers et diverses autres opérations financières. Elles sont membres à part entière du Secteur Corporatif mais n'ont aucun impact direct sur sa politique et sur les décisions prises par le Direx bien qu'à tour de rôle, elles puissent siéger à titre consultatif dans cette instance. Une centaine de corporations bénéficient actuellement du statut de Contributeurs aux yeux de l'ASC.

  - Hôtes : les corporations hôtes sont celles qui ont obtenu la permission de s'installer dans le Secteur Corporatif mais n'ont pas souhaité ou n'ont pas la possibilité d'acquérir suffisamment de titres pour devenir de véritables actionnaires et rejoindre ainsi les rangs des Contributeurs. Officiellement, elles peuvent bénéficier de diverses réglementations et spécificités administratives bien plus favorables que dans le reste de la galaxie puisque le Secteur Corporatif est après tout le paradis de la libre entreprise. Dans la pratique, leurs dirigeants découvrent rapidement qu'ils doivent consentir des efforts conséquents afin de naviguer parmi les multiples réglementations et taxes destinés à les dépouiller petit à petit. Ceux qui y parviennent peuvent effectivement réaliser des profits très substantiels même si leur position demeure précaire tant qu'ils n'acquièrent pas le statut de Contributeur. Ils sont cependant assez nombreux à y parvenir pour que bien d'autres entrepreneurs de toutes tailles décident de s'installer dans le Secteur Corporatif. Comme dit le proverbe, tous les gagnants ont tenté leur chance et dans le Secteur Corporatif, personne ne s'intéresse jamais aux perdants, sauf pour en récupérer les morceaux. Parmi les corporations hôtes, celles qui tentent de créer de simples filiales dans l'espace contrôlé par l'ASC et disposent d'actifs conséquents hors des frontières du Secteur Corporatif demeurent moins vulnérables que les firmes entièrement "locales" mais par un curieux hasard, elles souffrent de tracasseries administratives plus fréquentes…

  3. L'Autorité, La Charte et le reste de la galaxie : en tant qu'entité politique à part entière, l'Autorité du Secteur Corporatif dispose de plusieurs pouvoirs typiques d'un gouvernement et qu'elle peut appliquer à sa guise dans l'espace qu'elle contrôle. Au nombre de ses pouvoirs, l'ASC peut donc :
  - battre sa propre monnaie
  - entretenir une armée
  - entretenir une force de police
  - posséder des installations pénitentiaires
  - établir et faire appliquer un code légal
  - subsister sur des taxes et prélèvements réalisés dans son espace ou à ses frontières
  
  Placer près de 30.000 systèmes stellaires sous la coupe d'une seule entité possédant ces pouvoirs n'est pas une décision anodine et si l'Empereur Palpatine accepta la naissance de l'Autorité du Secteur Corporatif, il ne le fit qu'en échange de certaines contreparties. Outre la présence d'un de ses représentants au sein du Direx, l'Empereur a donc obtenu que le Secteur Corporatif se montre très très complaisant envers son "protecteur", notamment sur le plan économique :
  - près de 3% de la fiscalité de l'ASC étaient donc directement reversés au trésor impérial indépendamment de toutes les taxes sur ses marchandises.
  - environ 9% de la production de l'ensemble du Secteur Corporatif (matières premières et biens manufacturés à usage militaire essentiellement) étaient directement offerts à l'Empire sans qu'il lui soit nécessaire de débourser un seul crédit pour les acquérir.
  - enfin, près de 20% des matières premières d'importance stratégique (gaz Tibanna, minerai de Baradium ou de Quadrinium par exemple) extraites ou produites par le Secteur Corporatif allaient directement au complexe militaire impérial, là encore de manière totalement gratuite et gracieuse.

  Et bien évidemment, le fait que l'ASC doive se débrouiller toute seule pour policer 30.000 systèmes stellaires libérait autant d'armées et d'escadres impériales que l'on pouvait affecter ailleurs...
  Ponctuellement, divers dons faits aux instances impériales ou aux hauts responsables permettaient de huiler un peu plus les rouages afin d'éviter les incidents de parcours qui auraient pu amener Palpatine à décider de nationaliser l'ASC afin qu'elle passe directement sous son contrôle.

  Après la mort de l'Empereur à Endor, l'ASC décida d'elle-même que toutes ces généreuses contributions aux finances impériales n'avaient plus de raison d'être. Comme on pouvait s'y attendre, cette décision déclencha la fureur des différents responsables impériaux mais l'Empire était déjà en train de se désagréger et aucune faction ne pouvait espérer intimider l'ASC par une démonstration de force sans devenir vulnérable. Les corporations de l'ASC et l'Autorité elle-même surent jouer sur tous les tableaux pour conclure une multitude d'arrangements ponctuels avec les successeurs déclarés de l'Empereur, les seigneurs de la guerre et la Nouvelle République. Lorsque l'Empereur Ressuscité frappa, le Direx s'en inquiéta et commença à envisager de faire amende honorable afin de ménager ses arrières avec le "nouvel" Empereur qui semblait bien parti pour reprendre le pouvoir, mais fort heureusement tout rentra bientôt dans l'ordre et l'autonomie apparente de l'ASC sous le règne de Palpatine est devenue une réalité qui fait d'elle la deuxième puissance de la galaxie après la Nouvelle République.
  
  Durant le conflit contre les Vong, les succès des envahisseurs et le fait qu'une partie de l'espace du Secteur Corporatif soit incluse dans le Vecteur Prime ne cessa de causer des soucis au Direx. Finalement, conscients qu'une fois qu'ils auraient brisé la Nouvelle République plus puissante que l'ASC, les Vongs fanatisés s'en prendraient directement au plus gros complexe industriel de la galaxie, les dirigeants du Secteur Corporatif décidèrent d'adopter une autre ligne de conduite pour gagner du temps. Ils abandonnèrent à la fois la Nouvelle République et leurs systèmes périphériques tombés aux mains des envahisseurs avant de proposer aux Vongs une trêve en échange de laquelle ils s'engageraient à remettre aux envahisseurs tous les Jedi qui s'aventureraient dans leur espace.
  
  Désireux eux aussi de gagner du temps et d'éviter une guerre sur plusieurs fronts contre des ennemis puissants, les envahisseurs acceptèrent cette proposition. Les deux camps savaient très bien que dés que la Nouvelle République serait brisée le Secteur Corporatif deviendrait le nouveau champ de bataille mais les envahisseurs furent finalement défaits et les membres du Direx purent recommencer à respirer.
  
  Il reste cependant à savoir ce que les survivants de l'Alliance Galactique qui ont vaincu les Vongs comptent faire maintenant qu'ils savent que l'ASC a trahi non seulement les Jedi mais également la Nouvelle République qui aurait eu bien besoin d'un allié de poids supplémentaire dans cette guerre...

  4. Vivre dans le Secteur Corporatif : le Secteur Corporatif, paradis du capitalisme et de la libre entreprise, apparaît comme un foyer d'opportunités où tout un chacun peut s'enrichir s'il tente sa chance et travaille assez dur. Il n'y a pas de familles nobles ni d'anciennes dynasties régnantes et les campagnes de relations publiques usent et abusent du terme "méritocratie" pour définir le régime de l'Autorité. Il n'y a pas de citoyens puisqu'il n'y a pas de classes sociales, pas d'élus et pas d'assemblée ou de souverain héréditaire. Dans le Secteur Corporatif, tout le monde est un Consommateur et sur le plan officiel, tous les Consommateurs sont égaux devant les privilèges qui leur sont accordés : travailler, s'enrichir, produire et surtout consommer. Le Secteur Corporatif est l'endroit où les forces vives de la galaxie, les entreprises les plus compétitives, les décideurs les plus performants, les travailleurs les plus efficaces se rassemblent et œuvrent à la fois pour leur enrichissement personnel, celui du Secteur Corporatif et plus généralement celui de la galaxie toute entière par le biais des denrées, produits et services que les efforts collectifs permettent de distribuer. Le terme de Consommateurs a été choisi pour mettre en avant l'aspect le plus positif de la justification du Secteur Corporatif : les gens y consomment davantage qu'ailleurs, donc c'est qu'ils sont plus aisés qu'ailleurs... le travail est ce qui donne à chaque Consommateur plus de richesses, de biens et de services que ne peuvent espérer en posséder à rang équivalent le simple "travailleur" que l'on peut trouver ailleurs dans la galaxie. Le Consommateur n'est pas un "citoyen" puisqu'il ne participe pas aux décisions de l'Autorité et donc n'a aucun droit mais des privilèges. En termes très flatteurs, on peut donc le considérer comme membre d'une minorité favorisée et on se charge bien de faire en sorte qu'il ne l'oublie jamais.
  
  Dans la pratique, bien évidemment, les choses sont tout autres et le Secteur Corporatif n'est pas très différent de toutes les "utopies" capitalistes créées avant lui, si ce n'est qu'il fait les choses à une échelle jamais atteinte de la même manière que de son côté l'Empire n'est pas la première dictature militaire de la galaxie mais celle dont l'influence est la plus vaste. Il y a bien sûr quelques heureux élus qui partent de quasiment rien et finissent au sommet des tours des grands conglomérats ou de l'Autorité mais pour la plupart des gens, tous les efforts investis ne payent pas forcément de retour.

  Au sommet de la pyramide sociale du Secteur Corporatif, les membres du Direx ont la belle vie. Ils sont l'équivalent de chefs d'état et disposent d'un gouvernement bien huilé qui incite les gens à accepter toujours plus de contraintes dans la perspective d'être plus "rentables" sachant que ce sont leurs supérieurs qui bénéficient le plus des conséquences de cette rentabilité. La vie de ces élus n'est pas totalement oisive car ils ont des responsabilités et des décisions à prendre mais l'un dans l'autre, leurs objectifs communs n'ont rien de très original et ils n'ont guère à craindre à titre individuel que les inimitiés personnelles, les paris idiots ou les coups du sort qui n'épargnent personne, grand ou petit. Pour le reste, leur quotidien est surtout fait de rapports synthétiques maintes fois remaniés avant de leur parvenir, d'inaugurations, de cocktails, de réceptions, de loisirs et de réunions où l'on décide sur la base d'informations rassemblées, compilées et prédigérées par d'autres.

  Les VicePrexes sont les véritables décideurs dans le sens ou ils sont responsables de leurs divisions respectives et du fonctionnement de celles-ci. Il leur faut toujours veiller à ce que le Direx soit satisfait de leur travail. L'utilisation de leur budget spécifique, les investissements et amortissements réalisés, l'évolution des effectifs de leurs divisions sont pris en compte mais dans le fond, seules les bourdes les plus gigantesques ou les dysfonctionnements les plus dramatiques peuvent leur poser de réels problèmes vis à vis du Direx, à moins qu'ils ne déplaisent à un de ses membres... Les VicePrexes ont tout pouvoir sur leurs divisions respectives et ne se gênent généralement pas pour en abuser car ils savent ou se trouvent leurs véritables ennemis. Chaque VicePrex sait en effet que ses subordonnés les plus proches sont à la fois indispensables pour la continuité de sa propre carrière et en même temps ceux qui convoitent sa place et sont prèts à beaucoup de choses pour l'obtenir.

  Les Cadres (qui incluent les capitaines de navires civils, les administrateurs et les officiers de la Police de Sécurité) sont la couche sociale au sein de laquelle l'opportunisme et l'efficacité ont le plus de chances de porter leurs fruits. Les places les plus intéressantes sont relativement rares (le système ayant après tout besoin des gens là où ils sont et pas forcément là où ils veulent arriver) et la compétition est donc exacerbée. Devenir directeur de département proche d'un Viceprex ou éventuellement Viceprex soi-même représente le summum de la réussite au sein des Cadres. Ils doivent se montrer vigilants envers leurs collègues et subordonnés ainsi qu'à l'affut des erreurs de ces mêmes personnes et de tous ceux qui se trouvent sur les barreaux de l'échelle immédiatement supérieurs à eux. Le moindre faux pas est synonyme de licenciement ou de destitution avec des chances très faibles de pouvoir un jour remonter la pente.
  
  Du point de vue de l'Autorité et d'une façon plus générale des corporations qui opèrent dans le Secteur Corporatif, les Cadres ont également comme intérêt de servir de référents en matière de consommation pour les masses des classes sociales plus modestes. Leurs véhicules, leurs vêtements, leurs loisirs, leurs logements représentent pour les Cadres un moyen de se renouveler et se distinguer des autres alors qu'ils sont autant de rêves de consommation et de succès à destination des masses qui les regardent et travaillent sous leur supervision.

  Les Masses forment la grande majorité de la population du Secteur Corporatif. Ouvriers, employés, réceptionnistes, manœuvres, techniciens, conducteurs, secrétaires, vigiles, infirmières et ainsi de suite. Comme il en va souvent dans l'histoire des civilisations, les Masses sont le véritable garant de la productivité et de la démographie de l'entité à laquelle elles appartiennent. Dans le Secteur Corporatif, tous ces gens sont non seulement cela mais aussi et même avant toute chose des Consommateurs. Ce sont eux qui non content de produire les biens et les services les plus divers en sont les principaux destinataires. Pour l'Autorité et les corporations, les Masses du Secteur Corporatif sont un gigantesque marché protégé des ingérences extérieures. La seule concurrence qui existe est purement interne et relève bien plus des relations publiques que de réelles disparités entre les prix ou la qualité des biens et services offerts aux Masses. Tout est prétexte à campagne publicitaire pour inciter à davantage d'achats, de consommation.
  
  Un équilibre délicat aussi vieux que la civilisation galactique est constamment mis à l'épreuve par deux impératifs contradictoires qui s'appliquent aux Masses :
  - d'un côté, il est nécessaire que les Masses disposent d'argent pour consommer puisque la consommation permet d'écouler une partie de la production et que la production est censément le moyen d'augmenter les richesses
  - de l'autre, moins ces mêmes richesses sont redistribuées aux masses et plus elles atterrissent directement dans les poches de leurs dirigeants sans avoir besoin de passer par la consommation.

  Là encore, l'Autorité du Secteur Corporatif n'a pas fait preuve d'une grande originalité et s'est attachée à appliquer à fond les schémas classiques pour augmenter la consommation sans augmenter le revenu des consommateurs : crédits, prêts, "promotions" et "démarques" meublent le quotidien des habitants du Secteur Corporatif qui sont beaucoup plus sollicités sur le plan commercial que les citoyens de l'Empire. Ces mesures s'accompagnent de nombreuses et constantes publicités subliminales ainsi que d'autres stratégies pour multiplier encore les mailles du filet et créer la dépendance.
  En voici deux exemples parmi d'autres :
  
  - les landspeeders : en proportion, il existe à peu près cinq fois plus d'habitants possédant un landspeeder dans le Secteur Corporatif que sur n'importe quel monde du reste de la galaxie à l'exception de certaines planètes comme Coruscant. Les speeders sont présentés comme des symboles de prospérité individuelle et dans le même temps, l'Autorité veille à ce que les réseaux de transports en commun soient le plus inefficaces possible. Il est impossible de trouver un modèle de speeder "basique" dans le Secteur Corporatif et l'engin le plus modeste est bardé d'options en tous genre que le simple consommateur peut s'offrir grâce à des crédits aux conditions "très avantageuses" d'après les brochures. La tendance en la matière est d'acheter plus que ce que l'on peut vraiment se permettre et de remplacer son véhicule tous les trois ou quatre ans, histoire de se distinguer des collègues et des voisins. Un consommateur se doit de participer pleinement à l'effort collectif, il fait partie d'une élite et combien de gens avec son emploi en dehors du Secteur Corporatif pourraient se payer d'aussi belles machines ? N'est ce pas la preuve de sa réussite sociale ?

  - les programmes et divertissements holo : sports violents, émissions à la limite de l'obscène, feuilletons ineptes, documentaires truqués et bulletins d'information qui n'ont rien à envier à ceux qui passent entre les mains de la censure impériale forment la totalité de ce que l'on peut voir sur les écrans du Secteur Corporatif. Pas de courants alternatifs, pas de "chaine de la culture" qui n'appartienne à une corporation, pas d'émissions traitant de problèmes de société puisqu'il n'y a aucun problème de société à part les déviances que l'on peut constater chez les individus qui manquent de volonté et d'intégrité pour oeuvrer pleinement au sein de la grande communauté du Secteur Corporatif... de bien des manières, le public du Secteur Corporatif sert de test grandeur nature à toutes ces émissions et tous ces "artistes" que les grandes corporations et l'ASC vont ensuite tenter de vendre au reste de la galaxie. Impossible de passer une seule heure devant un écran sans une dizaine de spots publicitaires et au moins deux sondages en direct pour connaître "l'opinion du consommateur" sur le déroulement de l'émission, sur l'évolution de l'histoire du feuilleton et ainsi de suite dans le but final de cerner et identifier tout ce qui anime les Masses avant de noyer tout cela derrière une multitudes d'images et de termes visant à l'homogénéiser encore davantage. Bon nombre de concepteurs d'émission du Secteur Corporatif agissent d'ailleurs également comme consultants auprès de divers gouverneurs impériaux ainsi que des propagandistes sur les mondes ou la dictature juge préférable de ne pas agir par la force.

  Officiellement, bien que l'esclavage soit légalement encadré et cautionné par l'Empire, il n'y a pas d'esclaves dans le Secteur Corporatif. Sur le plan de la propagande, seule la rentabilité compte et tout individu quelle que soit sa race mérite son salaire ou sa promotion s'il contribue à accroitre la richesse produite. Cette fiction ne tient pas à un examen plus poussé, notamment en ce qui concerne plusieurs populations indigènes asservies par le Secteur Corporatif dans la plus grande clandestinité. En dehors de ces cas, il existe aussi un certain nombre de populations déplacées massivement vers le Secteur Corporatif depuis d'autres régions de la galaxie grêce à des accords avec leurs gouvernements d'origine ou à des campagnes de recrutement bien orchestrées. Ces travailleurs sont souvent placés dans des secteurs d'activité bien spécifiques dont il leur est difficile de sortir car les contrats sont extrêmement contraignants.
  
  Pour être plus précis, un salarié qui ne peut pas changer d'emploi, qui ne peut pas négocier son salaire, qui ne peut pas choisir son logement, qui ne peut pas démissionner, qui ne peut pas faire évoluer ses conditions de travail et qui doit se contenter des biens et services que l'on veut bien lui vendre aux tarifs qui intéresse ses employeurs est bel et bien techniquement un esclave. Ces gens font partie des Masses mais la grande majorité d'entre eux est obligée de travailler jusqu'à un âge très avancé dans des mines ou sur des chaines de montage en étant en partie alimentés par des perfusions pour accroitre encore leur efficacité. Bien peu vivent assez vieux pour bénéficier d'une retraite et de toute manière, toutes catégories sociales confondues le Secteur Corporatif fonctionne dans ce domaine et dans celui de la santé selon le principe du "celui qui paye plus reçoit plus", ce qui laisse automatiquement sur le carreau ceux qui n'ont ni les moyens, ni la possibilité de choisir...

  Les Entrepreneurs sont la dernière classe sociale du Secteur Corporatif et celle qui contribue bien plus que les cadres à son image de paradis du capitalisme galactique. Une fois de plus, l'apparence et la réalité divergent notablement mais en dehors des grandes corporations et des divisions de l'ASC qui absorbent l'essentiel des Cadres, le secteur de la libre entreprise est encore le meilleur moyen de s'enrichir… ou de disparaître sans laisser la moindre de trace. Les Entrepreneurs sont les fondateurs et les propriétaires de la multitude de petites entreprises légales ou non qui opèrent dans le Secteur Corporatif, multitude sans laquelle l'illusion soigneusement entretenue par l'Autorité disparaitrait.
  
  Dans la pratique, il est bien évident aux yeux des maîtres du Secteur Corporatif que les Entrepreneurs doivent surtout servir à apporter des idées innovantes en dehors des structures de l'Autorité. Les concepteurs, les ingénieurs, les inventeurs de ces entreprises se voient alors proposer des postes prestigieux au sein de l'ASC ou d'un grand groupe une fois qu'ils ont fait leurs preuves (et que les maîtres du Secteur Corporatif peuvent juger du résultat sans avoir eu besoin de financer leurs travaux au préalable). L'autre intérêt essentiel de la présence des Entrepreneurs est d'entretenir le mirage de la concurrence en multipliant les prestataires et les fournisseurs auxquels peut s'adresser le consommateur.
  
  L'Autorité exerce en fait un contrôle presque absolu sur les flux de matières premières et de produits finis. Il lui est donc facile de créer des tracasseries administratives, des retards, des blocages ou des erreurs pour mettre à genoux n'importe quel Entrepreneur quand le besoin s'en fait sentir, c'est à dire surtout s'il remporte trop de succès au détriment de l'Autorité et de ses principaux supporters. Les principaux contrôles sont exercés au niveau des normes de qualité et des prix pratiqués. Ceux qui parviennent à naviguer à travers les méandres du filet de l'Autorité parviennent parfois à des gains plus que significatifs et sur plusieurs générations, une minorité d'Entrepreneurs peut se retrouver dans une situation des plus confortables, voire même à terme fonder une corporation de taille respectable qui rejoindra les rangs des actionnaires du Secteur Corporatif. Tant que cette minorité de gens qui réussissent existera (et l'Autorité en est très consciente) le Secteur Corporatif continuera à générer des profits considérables et à vampiriser une bonne partie des forces vives de la galaxie.

  5. L'industrie touristique : le tourisme est une activité soigneusement surveillée par l'Autorité dans la mesure ou elle présente un triple intérêt :
  - celui d'amener des gens extérieurs au Secteur Corporatif à y dépenser leur argent
  - en tant qu'outil promotionnel de ses produits
  - plus généralement comme un outil de relations publiques

  On prend donc grand soin des touristes dans le Secteur Corporatif au point qu'ils bénéficient même d'un traitement de faveur par rapport aux Consommateurs. En effet, dans la plupart des "packages" touristiques offerts par les agences de voyage à destination du Secteur Corporatif, on inclut des cartes spéciales qui permettent au touriste de bénéficier d'une réduction de 20% sur tous ses achats dans des boutiques, établissements et franchises de l'ASC. Et bien évidemment, toutes ces marchandises ne sont pas non plus taxées par les services de l'Autorité lorsque le touriste s'en retournera chez lui. De savants calculs ont montré que cette remise en apparence très intéressante générait en fait sur l'ensemble du volume de transactions réalisées un profit supplémentaire, sans parler du fait que de nombreux acheteurs se vantent ensuite de leurs acquisitions à leurs proches et incitent ceux-ci à faire des achats similaires soit en se rendant dans le Secteur Corporatif, soit en achetant ses produits près de chez eux (donc sans les 20% de remise...).
  Ce traitement de faveur n'est pas sans générer une certaine convoitise de la part des Consommateurs résidents et il existe de juteux trafics de cartes de remises (vraies ou fausses) visant à satisfaire cette demande.
  
  Du point de vue du touriste, le Secteur Corporatif n'est qu'une gigantesque machine à consommer où l'on peut trouver environ quatre fois plus de commerces et d'enseignes publicitaires que dans la plupart des villes du Noyau. La vie est trépidante, les incitations à la consommation incessantes, l'activité permanente, et l'on prend bien garde à ce que les visites guidées et séjours organisés ne montrent que les facettes les plus séductrices du Secteur Corporatif.

  6. Le Crime Organisé  : durant les années du règne de Palpatine, l'Autorité du Secteur Corporatif déploya de considérables efforts pour que les grands cartels du crime (le Soleil Noir, les Kajidics Hutts...) ne puissent renforcer leur influence dans son espace. Malgré les efforts de la Police de Sécurité, le crime organisé ne fut jamais éradiqué mais les principaux groupes criminels éprouvèrent effectivement de nombreuses difficultés à maintenir une présence rentable dans l'espace du Secteur Corporatif. A contrario, le vide laissé par ces grandes organisations permit à un certain nombre "d'entrepreneurs locaux" de créer leurs propres structures.

  Bien que cela puisse sembler paradoxal, la situation était bien plus favorable aux organisations criminelles dans l'espace contrôlé par l'Empire que dans celui que régentait l'Autorité. L'Empereur avait en effet clairement fait comprendre aux maîtres du Secteur Corporatif qu'il ne cautionnerait l'existence de l'Autorité que dans la mesure où elle policerait son propre espace de manière satisfaisante. Ainsi, les dirigeants du Secteur Corporatif durent souvent inciter leurs subordonnés à faire du zèle pour éviter d'avoir l'air laxistes et encourager ainsi l'Empereur à prendre directement le contrôle de leur domaine.

  Qu'il s'agisse de branches locales d'organisations basées dans l'espace impérial ou de cartels purement indigènes, le crime organisé dans le Secteur Corporatif opère donc de manière sensiblement différente de ce que l'on peut observer dans le reste de la galaxie. Les organisations criminelles déploient leur activité de manière plus furtive et souvent plus détournée que dans l'espace impérial. Le fait que la législation du Secteur Corporatif réprime très sévèrement la fraude, l'escroquerie et autres crimes en col blanc complique également beaucoup la tâche des cartels du crime qui ne sauraient fonctionner sans des officines de blanchiment et des paravents légaux. De bien des manières, la situation dans le Secteur Corporatif ressemble en surface à celle des mondes du Noyau : il n'y a pas de grand parrain du crime publiquement reconnu (comme Jabba l'était dans la Bordure Extérieure) et les syndicats du crime n'ont que peu de liens avec les pirates et les tueurs à gages au profil trop voyant. Mais alors que l'économie et la politique de nombreux mondes apparemment "sains" sont en fait plus ou moins gangrenées depuis des générations par le crime organisé, la situation est très différente dans le Secteur Corporatif. L'Autorité veut exercer un contrôle absolu sur la vie économique du Secteur et il n'existe à proprement parler aucune "vie politique" puisque les seuls responsables de l'Autorité sont désignés par leurs supérieurs ou s'élisent eux-mêmes au sein des instances où ils siègent.
  
  Sur le plan économique, l'Autorité interdit le transport de marchandises dans son espace en dehors des transporteurs qui lui appartiennent ou qu'elle accrédite et si les responsables ferment souvent les yeux sur une cargaison occasionnelle transportée par un indépendant, ils surveillent étroitement tous ceux auxquels ils délivrent une licence.
  De fait, alors que le Soleil Noir par exemple pouvait compter dans l'espace impérial sur certains paravents comme Xizor Transport Systems et autres transporteurs officiels, dans le Secteur Corporatif il est impératif de passer par des contrebandiers indépendants ce qui revient plus cher et s'avère plus risqué donc dans l'ensemble moins rentable.
  
  Les seigneurs du crime locaux qui survivent dans le Secteur Corporatif sont peu nombreux et évitent soigneusement d'agir de manière trop ouverte. Ils s'intéressent à toutes les activités susceptibles de leur rapporter de l'argent mais veillent à éviter la notoriété des parrains dont on peut entendre parler hors de l'espace du Secteur Corporatif. A terme, bien que le Secteur Corporatif soit le paradis du libéralisme, ces seigneurs du crime sont souvent moins influents que leurs homologues installés ailleurs. Durant les années de la Guerre Civile, le plus connu et sans doute le plus puissant parmi eux était Ploovo "Deux Pour Un".


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Informations encyclopédiques
Secteur Corporatif
Nom
Secteur Corporatif
Situation
Bras de Tingel
Habitants
Consommateurs

Informations administratives
Auteur principal

Date de création
avant 2006

Date de modification
15/09/2014

Nombre de lectures
18 333


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Sources
  • Les Aventures de Yan Solo, Vol. 1 : Yan Solo au Bagne des Etoiles
  • Les Aventures de Yan Solo, Vol. 2 : La Revanche de Yan Solo

Langue française
La fiche a été validée par nos correcteurs.

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