Corsaires


Etude des Corsaires à travers l'histoire galactique moderne

  A la différence des pirates, qui sont de véritables hors-la-loi, les corsaires sont censés opérer pour une organisation officielle, généralement un gouvernement. Le recours à des navires corsaires pour déstabiliser un ennemi en s'attaquant à ses routes de commerce et à ses approvisionnements était une pratique déjà fort répandue sur bien des mondes avant que leurs habitants ne se lancent dans l'espace, et à part le théâtre d'opérations, les principes qui définissent et organisent une telle activité n'évoluèrent quasiment pas au fil de l'Histoire.

  Un navire corsaire n'est fondamentalement rien d'autre qu'un pirate opérant pour un gouvernement ou une corporation. On remet à son capitaine une Lettre de Marque et de Prise, c'est-à-dire un document qui atteste que le corsaire est employé contre un ennemi bien précis et avec des objectifs également précis. La Lettre est en quelque sorte le contrat qui lie le corsaire et son employeur. Le capitaine corsaire engage son nom et son équipage dans cet accord par lequel il déclare vouloir livrer bataille contre des navires affiliés à l'ennemi de son employeur. Celui-ci de son côté fournit généralement un ou plusieurs ports sûrs au corsaire, et éventuellement des facilités techniques et financières pour l'entretien de son navire. Ce document n'a en fait aucune valeur légale et ne protège en rien le corsaire s'il est capturé, mais lui permet de prouver à divers officiels qui travaillent également pour son employeur qu'il est de leur côté, et peut bénéficier de leurs installations, renseignements et éventuellement combattre à leurs côtés.

  Certains corsaires opèrent uniquement de manière offensive, détruisant des cibles précises ou frappant tout objectif qui entre dans leurs paramètres de contrat. La plupart procèdent cependant de manière différente et plus polyvalente. On le sait, aucun conflit potentiel ou réel ne peut perdurer sans approvisionnements et sans économie. Un belligérant ruiné ou endetté ne peut espérer mener longtemps une guerre d'usure. De même, il y a des personnages importants qui peuvent être capturés pour être échangés contre une rançon ou des concessions. Ainsi, la plupart des corsaires se livrent donc à des actes de piraterie qui visent à s'emparer de cargaisons ennemies et si possible à capturer les personnes intéressantes. L'employeur d'un corsaire négocie normalement dès le départ quel pourcentage des cargaisons saisies - ou des rançons payées - il récupère à son propre compte, le reste demeurant le butin des corsaires.

  Du point de vue de l'employeur, un corsaire s'avère plus rentable sur le plan économique qu'un vaisseau militaire. Former et entretenir son équipage ne coûte rien, pas plus qu'équiper le navire. On peut donc employer un vaisseau de guerre possédant un équipage expérimenté durant un conflit sans avoir à former cet équipage ou à payer sa pension de retraite. Contrairement à des mercenaires, les corsaires ne touchent aucun salaire et se servent directement sur leurs proies en guise de paiement, ceci garantissant qu'ils feront un minimum d'efforts pour survivre, mais aussi pour remplir leur contrat. Pendant ce temps, les forces spatiales régulières peuvent s'engager dans des opérations proprement militaires et l'on peut éventuellement recruter des mercenaires ou proposer un contrat ponctuel à des corsaires sur certaines opérations lourdes. De plus, quand peu de corsaires sont présents dans les parages, en employer un s'accompagne de la garantie qu'il ne frappe pas vos propres vaisseaux comme pirate ou au service de l'ennemi.

  Du point de vue du corsaire, travailler pour un certain temps avec un gouvernement offre plusieurs intérêts. Certaines pièces et certains équipements qui coûtent très cher sur le marché noir deviennent parfois plus accessibles quand les autorités se montrent complaisantes... et disposer d'un port d'attache sûr n'est jamais à négliger non plus quand on est un hors-la-loi. Enfin, bien que les conditions de revente des cargaisons saisies soient généralement moins intéressantes que lorsque l'on passe pas les circuits criminels, les risques de double jeu sont également très réduits. Évidemment, le corsaire s'engage à ne frapper que les cibles définies par son employeur et les navires les plus sérieux possèdent un règlement intérieur assez rigide concernant la discipline, le traitement des prisonniers et ainsi de suite. A l'inverse, d'autres corsaires ne sont en fait que de vulgaires pirates qui tentent de se racheter momentanément une conduite ou ont besoin de nouveaux circuits d'approvisionnement et de revente des cargaisons suite à certaines "complications" avec leurs partenaires habituels. Dès que le temps s'est calmé, ces gens-là disparaissent sans prévenir, et souvent en vous poignardant dans le dos au passage.

  Il va sans dire que certains corsaires se livrent donc en douce à des actes qui sortent du cadre de leur Lettre de Marque et de Prise, attaquant des navires neutres ou appartenant à leur employeur, trichant sur la valeur des cargaisons saisies, revendant les équipages vaincus à des esclavagistes etc. Employer comme corsaires des pirates avérés n'est pas sans risque. A l'inverse, les équipages militaires d'un gouvernement tiers vaincu par votre ennemi, des opposants politiques ou religieux représentent d'excellents candidats : ils ont des raisons personnelles de vouloir s'en prendre à votre adversaire et guère d'intérêt à poursuivre quelqu'un d'autre. Malheureusement, ce cas de figure idéal est plutôt rare et l'on a plus souvent affaire à des déserteurs d'une armée régulière, des mutins en cavale ou des pirates authentiques.

  Durant l'histoire galactique, l'usage de vaisseaux corsaires perdura jusqu'au dernier millénaire de l'Ancienne République. Avant cette période, les conflits avec des gouvernements voisins ou entre membres de la République se réglaient souvent dans un cadre militaire, et priver l'ennemi de voies d'approvisionnement s'avérait souvent crucial. Les derniers siècles de la République se caractérisèrent pas la diminution notable des conflits militaires et paramilitaires. Des entités comme la Fédération du Commerce avaient suffisamment d'influence et d'actifs militaires pour établir elles-mêmes un blocus légal ou briser leurs adversaires dans les cours de justice. La piraterie progressa fortement, mais les navires corsaires quant à eux eurent de plus en plus de mal à trouver du travail, si ce n'est sur des missions de courte durée qu'un vaisseau mercenaire classique était également capable d'accomplir.

  La Guerre des Clones permit une résurgence aussi brève que discrète des corsaires, chaque camp employant plusieurs navires indépendants contre son ennemi. Par la suite, la dictature impériale rendit à nouveau l'usage de groupes corsaires inutile ou délicat. Tout en assurant Palpatine de leur fidélité, ses alliés préférèrent le plus souvent régler leurs comptes par le biais de mercenaires ou agents clandestins qui ne se promenaient pas avec un document aussi gênant qu'une Lettre de Marque et de Prise.
  C'est au Ministre des Approvisionnements de l'Alliance Rebelle Ral Rai Muvunc que l'on doit le retour en force des corsaires dans la galaxie. Et ce malgré les réticences de Mon Mothma et l'opposition de principe de l'amiral Ackbar. L'Alliance affrontait un ennemi considérablement plus puissant qu'elle à tous points de vue, et souffrait dans le même temps d'un problème chronique de ravitaillement et d'approvisionnement. Employer des corsaires permettait à la fois d'occuper encore davantage les forces impériales tout en récupérant des tonnes de matériel ou de denrées indispensables. Il suffisait de bien choisir les employés et de calculer soigneusement les pourcentages qui garantiraient aux deux partenaires un intérêt maximal à poursuivre leur petite affaire. Instaurer un programme d'activités corsaires ne se fit donc pas sans mal, et nombre de dirigeants de l'Alliance s'y opposèrent farouchement.

  Parmi les premiers vaisseaux corsaires recrutés, la frégate impériale Orbite Lointaine, devenue un vaisseau renégat, s'avéra être un excellent choix et contribua largement à populariser cette initiative. Malgré divers incidents avec des corsaires peu scrupuleux, l'Alliance rebelle, puis la Nouvelle République, continuèrent à employer des corsaires jusqu'à l'arrivée des Yuuzhan Vong, bien que l'apaisement des tensions entre la Nouvelle République et les Vestiges de l'Empire ait fini par rendre ce genre de mesure moins populaire et moins utile. L'activité corsaire diminua notablement et se cantonna principalement à des navires employés par les seigneurs de guerre impériaux indépendants ou certains gouvernements qui venaient d'obtenir leur autonomie. La Nouvelle République continua à employer une poignée de vaisseaux corsaires, et les Vestiges quant à eux préférèrent sponsoriser discrètement des groupes pirates pour déstabiliser leurs ennemis plutôt que d'admettre l'existence d'un véritable programme corsaire.

  Durant ces dernières décennies, on peut donc considérer que "l'âge d'or" des corsaires commença avec l'engagement de la frégate Orbite Lointaine peu après la Bataille de Yavin et perdura à peu près jusqu'au retour de l'Empereur ressuscité une dizaine d'années plus tard. Durant cette période, l'Alliance, puis la Nouvelle République, furent les principales sources de Lettres de Marque et de Prise. Quelle que soit l'époque, les grandes corporations eurent toujours des corsaires à leur service contre certains concurrents, mais leur intérêts dans ce domaine ne furent jamais aussi significatifs que ceux des militaires ou des rebelles de tous poils. Les procédures de l'Alliance et du gouvernement néo-républicain qui suivirent demeurèrent à peu de choses près identiques : la candidature d'un capitaine souhaitant opérer comme corsaire faisait l'objet d'un examen minutieux de la part des Renseignements, qui vérifiaient que le vaisseau n'était pas en fait affilié à l'Empire ou ne dissimulait pas des activités incompatibles avec les principes des rebelles/néo-républicains. Les navires esclavagistes, les pirates responsables d'actes de torture, de raids sur des civils sans défense, de massacres d'équipages captifs, voyaient systématiquement leur candidature rejetée.

  Les vaisseaux acceptés comme corsaires se voyaient quant à eux attribuer un Observateur, un officier généralement vétéran des Renseignements ou des Forces Spéciales qui servait d'agent de liaison avec l'Alliance/La Nouvelle République, mais surveillait également au quotidien certaines choses dans la routine du vaisseau corsaire. On cherchait également par ce biais à s'assurer que le corsaire ne trichait pas sur la nature, les circonstances et la valeur d'une prise. Dans un premier temps, l'Observateur restait passif et ne disait rien. Si jamais le vaisseau corsaire se révélait indigne de confiance, il quittait discrètement le bord à la première escale ou arrangeait une "rencontre" dans un port "sûr" via certains codes qui indiquaient à ses supérieurs qu'il fallait rompre l'arrangement passé avec le capitaine corsaire, neutraliser son navire ou le détruire. Bien évidemment, la mort ou la disparition de l'Observateur entraînait automatiquement une suspension temporaire de la Lettre de Marque et de Prise ainsi qu'une enquête. A plusieurs reprises, l'Alliance ou la marine de la Nouvelle République n'hésitèrent pas à faire des exemples rapides et sanglants de navires corsaires qui avaient eu la mauvaise idée de trahir sa confiance et de tuer des gens sans défense.

  A l'inverse, si théoriquement le corsaire pouvait compter sur le soutien de son employeur, ce soutien dépendait surtout de leurs bonnes relations, notamment durant l'époque de la Guerre Civile Galactique. Dans un premier temps, il était hors de question d'attribuer à un navire corsaire la priorité sur les réparations alors que la marine de l'Alliance devait déjà consentir des sacrifices importants afin d'optimiser aux mieux ses ressources réduites. De même, divulguer des informations confidentielles à un corsaire ou lui donner les coordonnées d'une base secrète n'était pas dépourvu de risques. Le double jeu, la désertion de membres d'équipage ou la capture d'un vaisseau corsaire représentaient après tout des possibilités bien réelles. Faire ses preuves aux yeux de l'Alliance était donc crucial pour les corsaires rebelles. Par la suite, les corsaires affiliés à la Nouvelle République purent opérer dans des conditions sensiblement meilleures, un gouvernement officiel et stable offrant bien plus de possibilités et de sécurités qu'une organisation dissidente et illégale.
Informations encyclopédiques
Corsaires
Nom
Corsaires
Type
Organisation militaire
Fonctions
Piraterie "légale"

Informations administratives
Auteur principal

Date de création
avant 2006

Date de modification
15/09/2014

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