Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 19 octobre 2017, 21:33

Bonsoir voilà la suite!

Oreste Tissan suivit de ses yeux verts et gris le sentier sableux qui rampait jusqu'au sommet du Pic Sombre. La pointe déchiquetée par les éléments et le temps se dressaient devant lui comme un sombre augure, un défi inaccessible.
Il allait relever ce défi, il allait s'emparer du Bâton Obscur. Et dompter son pouvoir, chose qu'Alan Tissan avait échoué à faire.
Je ne suis pas aussi faible que toi, Alan. L'Empire le verra bien assez tôt.
Une voix tentatrice traversa alors ses pensées.
Tu es prometteur, je t'attends avec impatience. Nous nous verrons bientôt, très bientôt.
Dark Rivan l'appelait à travers la Force.
-Moi aussi, j'attends notre rencontre avec impatience, murmura le jeune corellien.
Une main délicate l'agrippa par le coude.
-Oreste, tu le sens?
Les yeux bleus de Tzipah trahissaient de l'inquiètude. Il s'efforça de le rassurer, car il se doutait qu'elle écoutait ce souffle qui parasitait son crâne.
-Le Bâton Obscur ne sera plus un problème.
-Je maintiens que je dois venir avec toi, insista la jeune Sorcière des Chutes Brumeuses.
-Je maintiens que non.
Il tourna la tête par dessus l'autre épaule pour observer les deux guerrières de la Montagne Qui Chante qui demeuraient impassibles derrière eux deux.
-Où est Orcheron? Demanda Oreste.
-Elle est rentrée aux Chutes Brumeuses avec trente Soeurs de la Montagne Qui Chante.
-Quoi? S'écria-t-il. Seulement trente?
Il plongea son regard dans le sien et il la surprit en train de se mordre la lèvre.
-Tu peux m'expliquer ce que ça veut dire?
-Nous en reparlerons aux Chutes Brumeuses.
Il n'obtiendrait rien de plus. Il était temps d'accomplir sa quète. Il se tourna vers les remparts de la cité qu'il laissait derrière lui.
-Je reviendrai aussi vite que possible, promit-il à son amie.
Celle-ci l'embrassa sur les lèvres et ce bref contact lui donna l'impression de savourer un miel sucré qui se déversa dans sa gorge.
Par pudeur, elle s'écarta de lui et reprit son masque impassible. Le coeur lourd, il se résigna à entamer son ascension, escortée de ses deux némesis.


Tout au long du parcours, Oreste ne cessait de ressentir ce picotement qui courait sur sa nuque. Les expressions fermées des deux Sorcières qui le couvraient montraient qu'elles étaient au moins tout autant indisposées.
Une sombre énergie les entourait et s'intensifiait à mesure qu'ils se rapprochaient. Une énergie qui tourmentait les flux de la Force, qui ne pouvait provenir que du Bâton Obscur. Le Jedi posait la main sur la crosse de son sabre laser, pour conjurer sa nervosité.
Viens à moi.
Rivan l'appelait comme dans ses rêves.
L'entrée d'une caverne marqua tout à coup le terme de leur périple. Des miasmes opaques convulsaient la Force en un torrent d'obscurité qui déferlait sur leurs perceptions sensorielles par cascades.
Contrairement aux deux Sorcières de la Montagne Qui Chante qui grimaçaient sous l'effet d'une nausée instinctive, Oreste se sentait grisé comme s'il était chez lui. Il dégaina son sabre laser et l'activa, laissant un néon crépitant vert émeraude se déployer devant son visage fin.
-Attendez-moi ici.
Aucune ne protesta, cela leur semblait convenir de ne pas s'aventurer au-delà. Élevant son sabre au-dessus de lui pour éclairer le chemin, il trébucha au bout de quelques mètres. Le halo illumina des reflets de squelettes émiettés, mélangés les uns aux autres en un amas sinistres.
Certainement les restes des infortunés qui avaient tenté avant lui de s'emparer du Bâton Obscur.
Viens à moi.
Au bout d'une vingtaine de pas où il piétina malgré lui d'autres fossiles, ce qu'il convoitait apparut enfin devant lui.
L'artefact flottait au-dessus du sol, de manière irréelle. Un halo bleuté sinistre cernait ses contours tandis que le pommeau brillait d'un éclat mauve presque éteint. Il n'avait qu'à tendre la main pour s'en saisir.
Prends le.
-Je ne vais pas me gêner, railla Oreste.
Malgré ce picotement désagréable qui continuait d'électriser sa nuque, le corellien ne voyait aucune raison d'être méfiant.
À l'instant où il étreignit le Bâton Obscur entre ses doigts, sa conscience explosa. Tout lui semblait clair, limpide. Il était destiné à vivre ce moment. Tout comme pour Alan, le Bâton Obscur devait lui revenir.
Des images issues d'un lointain passé défilèrent dans son esprit. Dathomir.. Rivan lui raconta son histoire.
Les Sith y possédaient jadis une académie, à l'endroit même où le clan de la Montagne Qui Chante s'était installé. Kaan ordonna peu avant la défaite de Ruusan d'enfouir le Bâton Obscur au sommet du Pic Sombre. Pour que personne ne le trouve. Car cet imbécile craignait son pouvoir.. au lieu de tenter de le comprendre.
Il vit une femme encapuchonnée entrant dans la caverne et fixant l'artefact qui lévitait devant son visage. Avant de s'en détourner.
Allya, exilée par l'Ordre Jedi, ne l'a pas davantage compris. Tout comme ton ancêtre.
Un chevalier Jedi corellien entra à son tour et sans aucune approche prudente et réfléchie, agrippa le Bâton avant de s'échapper de la grotte en courant. Oreste revit sa fuite éperdue à travers la forêt, sa confrontation avec Yoda.
Il l'entendit exposer les raisons de ses actes au Grand Maître qui les réfutait. Il le vit tenter d'user du Bâton Obscur, prêt à libérer une puissance qu'il ne comprenait pas. Il le vit mourir, avec la certitude d'avoir fait ce qui lui semblait juste.
Il se promettait de ne pas échouer.
Il ramena le Bâton Obscur à lui, pour l'admirer. Le pommeau qui le surmontait se mit à étinceler d'un éclat plus aveuglant. Une énergie le traversa en un ruisseau fluide avant qu'il ne s'effondra à genoux, le crâne perclus de douleur. Comme si ce dernier était transpercé simultanément de plusieurs coups de vibrolame.
Pensais-tu vraiment qu'il n'y aurait pas de contrepartie?
La souffrance disparut et des images du passé apparurent de nouveau. L'image d'un Sith zélosien en chair et en os.
J'étais tellement plus autrefois. J'avais des adeptes, une forteresse à Almas. J'avais une armée à mon service. Je détenais le pouvoir de distordre la Force, d'aborber la vie de mes ennemis. Mais les Jedi m'ont attaqué et m'ont tout pris.
Les mots dans sa tête résonnaient de colère.
J'ai du m'enfuir comme un voleur. J'ai traversé le temps et l'espace pour mourir sur un maudit champ de bataille.
-Mais vous avez réussi à transférer votre esprit dans le Bâton Obscur.
Survivre ne me suffit pas.
Oreste devina la teneur du marché que Rivan voulait conclure avec lui. Une répulsion instinctive étreignit son estomac à cette idée.
Je veux redevenir ce que j'ai été, acquérir l'immortalité qui me revient de droit. Et tu vas m'y aider, jeune homme.
-Jamais.
J'ai voulu conclure le même marché avec ton ancêtre. Mais je n'ai pas été assez persuasif, j'ai eu le temps de méditer mon erreur.
-Pourquoi le ferai-je?
Je sais que tu ne crains ni la douleur ni la colère. Tu as au contraire appris à les étreindre pour en tirer ta force. Ton instinct de survie m'impressionne.
-Venant d'un Sith, j'imagine que ce n'est pas un mince compliment.
Mais ce n'est pas suffisant pour ce que tu as l'intention de faire.
-Mes projets ne regardent que moi. Si vous pouvez m'aider, tant mieux.
Je sais ce que tu veux et tu sais ce que je veux. Que décides-tu?
-J'ai besoin d'y réfléchir.
Peut-être as-tu besoin d'être encouragé.
De nouveau Oreste fut jeté à terre par les dizaines de dagues invisibles qui perforaient son cerveau de part et d'autre. Il ne put retenir les beuglements qui se repercutèrent dans toute la grotte, ce qui ne suscita aucune pitié chez Rivan.
Maintenant, décide. Veux-tu finir comme Alan?
-Jedi?
Les deux Sorcières venaient de surgir et assistèrent au spectacle, en tentant de comprendre ce qui s'y passait. Oreste surmontant son calvaire, lut la confusion et l'effarement sur leurs traits.
Elles te voient et bientôt elle sauront.
La douleur s'effaça et le corellien se redressa sur ses appuis, titubant comme un ivrogne. Il s'aperçut que les deux guerrières le menaçaient avec leurs lances.
Si tu les laisses raconter ce qu'elles ont vu, tu auras perdu leur confiance. Et tu ne pourras plus te venger.
-Lâche ça et reviens avec nous.
L'une des Sorcières s'approcha lentement et la pointe de sa lance s'arrêta à quelques centimètres de sa poitrine.
Que choisis-tu? Insista l'esprit du Sith zélosien.
-J'accepte votre offre.
Alors tue les.
Oreste sentit ses dernières entraves se dissoudre, il n'avait plus à se retenir. Il fit face aux deux dathomiriennes qui s'étaient séparées, qui remarquèrent une étrange flamme funeste irriguer ses iris verts et gris.
-Oui, maître.
Des éclairs fourchèrent du pommeau et les frappèrent de plein fouet. Elles se tordirent en lâchant des glapissements aïgus, leur énergie vitale drainée par le Bâton Obscur. Tout ce qu'elles avaient été, tout ce qu'elles auraient pu devenir.
Tout cela appartenait maintenant à Rivan.
C'était cela le marché qu'il avait conclu. Il le comprit à l'instant où les corps s'étendirent à ses pieds. En échange de sa vengeance contre l'Empire, il lui offrirait des âmes. Mais il répugnait à l'aider à devenir immortel.
Quelque part, enfoui parmi sa noirceur, il demeurait persuadé d'agir en Jedi. Cependant, force lui était de reconnaître qu'il était allé plus loin que son ancêtre. Il avait pactisé avec l'esprit malveillant d'un Seigneur Sith. Une conduite qui s'éloignait des enseignements de Neeja Halcyon et de Ki Adi Mundi. Pire, cela les contredisait. Il en tira la conclusion logique.
Il était devenu le Jedi Noir de Dathomir.
Il aurait du en ressentir de la gêne, une once de honte. Mais rien de tout de cela, seulement un vague sentiment de fatalisme.


Le coeur de Tzipah bondit de joie lorsqu'elle vit réapparaître la silhouette du jeune corellien plus haut qui descendait rapidement le sentier. La guerrière zabrak qui patientait à ses cotés ne partageait pas cet enthousiasme.
-Quelque chose s'est mal passé, grogna Magash entre ses dents.
La jeune amie dathomirienne l'accompagna lorsque la non humaine s'avança de quelques mètres à la rencontre d'Oreste.
-Qu'est-il arrivé à Siem et Kilym? Demanda brusquement Magash.
-Mortes en faisant leur devoir, répondit-il.
Les deux femmes fixèrent un instant le sceptre qu'il détenait dans sa main gauche. Leurs perceptions sensorielles furent attisées par l'électricité obscure qui s'en dégageait.
-Comment sont-elles mortes? Insista Magash suspicieuse.
-Le Bâton Obscur les a tuées.
Je les ai tuées pour sceller le pacte avec Rivan, pensa-t-il pour lui-même. Il pourrait le dire à voix haute, si cela lui chantait mais il ne voulait pas que Tzipah se détourne de lui. Il ne le supporterait pas.
-Je ne te crois pas, cracha la zabrak qui crispa ses doigts sur sa lance.
-Moi je le crois, intervint Tzipah.
-Parce que tu aimes cet homme, tu manques d'objectivité.
L'amie d'Oreste se plaça entre lui et la non humaine.
-J'ai appris à lui faire confiance, se défendit-elle. Tu devrais en faire autant au lieu de continuer à le détester.
-La confiance est une question de patience, lança Augwynne Djo.
La matriarche de la Montagne Qui Chante considéra le Jedi et les deux femmes qui commençaient à se disputer.
-C'est un diamant précieux aussi difficile à préserver que facile à perdre.
-Que suis-je censé comprendre? Fit le jeune corellien qui remarqua qu'elle s'adressait à lui.
Augwynne soutint son regard perplexe.
-Au nom du clan, je vous suis reconnaissante de nous avoir délivré de la malédiction. C'est pourquoi Magash vous raccompagnera aux Chutes Brumeuses avec trente autres de nos combattantes.
-Mère? S'écria la zabrak qui n'approuvait pas.
-J'ai pris ma décision.
-Soixante, c'est toujours mieux que trente, déclara Oreste. Mais cela demeure insuffisant, vous devez vous engager totalement à nos cotés si vous voulez remporter cette guerre.
-Votre guerre, Jedi.
La matriarche adoptait un ton distant.
-N'oubliez pas ce que je viens de vous dire sur la confiance. Que la bénédiction d'Allya vous accompagne.

Voilà ce sera tout! J'espère que cela vous plaira, à la prochaine :mrgreen: !

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 24 octobre 2017, 14:11

Bonjour c'est l'heure de la suite ;) !

Leur retour en fin de journée au clan de Tzipah souleva un soulagement bien plus important que lors du retour d'Orcheron. Même si certains doutes n'étaient pas dissipés.
Remora A'alta les accueillit dans le grand hall, avec à ses cotés Gelfran et Climber. Le contrebandier demanda au corellien avec le sarcasme qui le caractérisait:
-Alors cette petite escapade s'est passé comment?
-À merveille, grinça l'autre.
La chef de clan salua Magash.
-Merci d'être venue avec du renfort supplémentaire. Vous et vos Soeurs êtes les bienvenues aux Chutes Brumeuses.
-Merci Mère de clan. Notre Mère espère que vous ferez bon usage des renforts.
La zabrak ne put s'empêcher de glisser un regard défiant vers le Jedi Noir corellien. Ce qui n'échappa pas à la matriarche.
-J'y veillerai.
Magash partit coordonner les patrouilles avec des combattantes des Chutes Brumeuses tandis que Tzipah et Oreste se présentèrent devant la matriarche.
-Je vois que vous n'êtes pas revenus les mains vides.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon lui montra le Bâton Obscur. Nul doute qu'elle ressentait le pouvoir en émanait.
Elle en a peur, elle le redoute. Elle me redoute, ricana Rivan dans sa tête.
-La ferme, chuchota Oreste.
Tzipah et la matriarche l'interrogeaient du regard suite à cet éclat indiscret.
-Hum, je réfléchissais à voix haute.
-Vous voudriez nous faire part de vos réflexions, peut-être?
-Pour mettre fin à la malédiction qui pesait sur la Montagne Qui Chante, nous avons payé le prix fort, avoua-t-il.
-Oreste, nous ne sommes pas obligés d'en parler.
Tzipah lui enserra le coude avec sa main gauche.
-Ce sacrifice en valait la peine.
-Ou pas, trancha la doyenne du clan. Cet objet empeste le mal, vous auriez du le détruire.
Le Jedi Noir ne baissa pas les yeux.
-En temps normal, je l'aurais fait. Mais dans une guerre, nous devons mettre toutes les chances de notre coté.
-J'espère que nous n'aurons pas à subir les conséquences de votre choix.
Ils s'apprêtaient à se retirer tous les deux lorsque la chef de clan rappela la jeune femme.
-Tzipah, un instant s'il te plait.
Le corellien promena ses iris verts et gris de la matriarche à son amie.
-Je te rejoins tout de suite, le rassura-t-elle.
-D'accord, accepta-t-il.
Il s'éloigna et quitta le hall suivis de Climber et Gelfran tandis que Tzipah fit de nouveau face à sa supérieure qui affichait une gravité de circonstance.
-Tu es amoureuse de cet homme.
Ce n'était pas une question et Tzipah ne chercha pas à se dérober. Elle déglutit avant de s'éclaircir la gorge.
-C'est vrai, Mère.
-Souhaites-tu faire de cet homme ton compagnon? Le père de tes enfants?
-Oui, si c'est la volonté d'Allya. Et s'il le souhaite aussi.
-Éprouve-t-il les mêmes sentiments à ton égard?
-J'en suis persuadée.
La matriarche lui accorda finalement un sourire presque maternel.
-Ne laisse pas tes émotions influencer ton jugement.
La mise en garde fit bondir la jeune femme.
-Mère, il y a de la bonté en lui.
-Depuis son retour, les ténèbres se sont épaissies en lui. Je te demande d'être vigilante.
Tzipah crut déceler une lueur d'inquiètude dans son regard. Pour la première fois depuis longtemps. Cela constituait une alarme assez sérieuse.
-La longue nuit approche.
La matriarche l'autorisa finalement à prendre congé sur cette phrase sybilline. Lorsque Tzipah se rangea à la hauteur du jeune corellien, celui-ci la sentit préoccupée.
-Eh, ca va?
Elle plongea ses yeux bleus dans les siens. Elle désirait savoir quel homme se tenait face à elle. Si elle devait le repousser ou l'accepter. Elle ne prit pas en compte le Bâton Obscur qu'il tenait fermement dans son poing comme s'il avait peur de le perdre.
Oui, l'obscurité avait grandi en lui. Il semblait plus mystérieux, plus secret. Bien plus que lorsqu'il avait commencé l'ascension du Pic Sombre. Ce qu'il avait trouvé l'avait changé, aucun doute là-dessus.
Oreste, j'ai besoin de te faire confiance.
Dans ces iris verts et gris, la douleur d'avoir perdu des êtres chers demeurait présente. C'était ce qui l'avait rapproché de lui. Et il avait de l'intérêt pour elle, Tzipah le sut lorsqu'il lui prit la main. Il tenait à elle et ne lui ferait jamais de mal.
Voilà une certitude à laquelle elle pouvait s'accrocher.
Elle lui serra la main à son tour. Elle se moquait de savoir si les tensions avec les Soeurs de la Nuit dégénereraient en guerre ouverte avec l'Empire. Cela n'avait pas d'importance.
-Tout va très bien, lui répondit-elle. Je dois patrouiller.
-Je vais méditer chez toi.
À regrets il l'observa s'éloigner tandis que Gelfran et Climber se plaçèrent dans son champ de vision.
-On ne voulait pas gâcher ce moment, ironisa le clone.
-Merci.
-Ce jouet va te servir à quoi au juste? Demanda le contrebandier qui montra de l'index le Bâton Obscur.
-À gagner la guerre.
Gelfran, le visage plus sombre que jamais, se rapprocha davantage.
-Gagner la guerre n'est ce qui m'inquiète le plus. C'est plutôt la façon dont tu veux la mener. Tu n'es plus le même depuis Corellia.
-Vous me l'avez déjà fait comprendre.
-Jusqu'où es-tu prêt à aller pour gagner?
Comme le Jedi Noir demeurait muet, il insista.
-Tu serais prêt à la sacrifier?
Oreste, mu par un simple réflexe, se tourna un instant là où Tzipah avait disparu.
-Elle serait prête à le faire pour moi.
-Les gens n'acceptent de se sacrifier que pour celles ou ceux en qui ils ont une totale confiance, fit le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark.
-Grâce au Bâton Obscur, je suis plus puissant. Je le suis assez pour empêcher tous ceux qui comptent pour moi de se sacrifier pour moi.
-Je ne sais pas grand chose de la Force mais lorsqu'on acquiert du pouvoir ou quelque chose que l'on n'est pas censé posséder, il y a un prix à payer. Alors je vais te poser la question; quel prix as-tu payé pour avoir ce fichu bâton?
Si seulement s'il savait, souffla Rivan. Toi et moi, savons ce qu'il en est vraiment, n'es-ce pas Oreste?
-Vous n'avez pas à le savoir, éluda le Jedi Noir.
-Peut-être bien, fit Gelfran.
Le contrebandier s'écarta finalement, Oreste regrettant tout de même qu'ils se quittent temporairement sur des mots aussi intransigeants. Climber allait passer devant lui en l'ignorant mais le corellien attira son attention.
-Comment se passent les exercices?
-Les Sorcières apprennent vite. Avec un peu de chance, cela permettra de sauver des vies.
Le clone avait marqué un sous entendu explicite, mais Oreste ne le releva pas. Il en avait assez de se quereller pour aujourd'hui.
Il se retira dans la demeure de Tzipah et en chemin commanda le dîner auprès de Topaze.


La nuit recouvrait le territoire des Chutes Brumeuses et cette fois Oreste ne bénéficiait pas d'une vue dégagée sur l'infinie forêt de pins. Il n'entendait que les gémissement des troncs qui se courbaient sous le souffle du vent.
Depuis la fenêtre de la maison de Tzipah, il percevait néanmoins ce qui rodait aux alentours.
La tempête approche, lui dit Rivan. Les Soeurs Sombres lanceront bientôt leurs attaques.
-C'est inévitable, appuya Oreste.
Comme l'est toute mort dans toute guerre. Tu le sais mieux que personne. Sauf que tu ne l'acceptes pas vraiment.
-Et je ne l'accepterai jamais.
C'est ta faiblesse. Les Jedi disent que la mort fait partie du cycle de la vie, de la Force. Nous les Sith pensons que la perte d'êtres chers permet l'accomplissement ultime.
-Ne commencez pas ce baratin. Tenez vous en à notre marché.
J'y compte bien. J'ose espérer que tu n'oublieras pas tes obligations, sinon je ne me priverai pas de te les rappeler.
Le corellien se mordit la lèvre, ne supportant pas que Rivan le traite à peine mieux qu'un enfant. Comme s'il lui était redevable. Et il n'avait pas oublié de sitôt le souvenir cuisant que l'esprit de l'antique Seigneur Sith lui avait laissé lorsqu'il avait hésité à se décider..
-Je n'ai pas la mémoire courte. Mais je compte agir.
Je pensais que tu voulais cette guerre.
-Je ne veux pas en perdre le contrôle.
Pendant un court instant, il crut entendre un rire résonner dans son crâne.
Intéressant, tu veux rallier les Soeurs de la Nuit. Je ne suis pas sûr que les clans de Sorcières soient d'accord avec ça.
-Avec un peu de temps, elles comprendront.
Tu es plus intriguant que je ne le pensais, Oreste Tissan. Tes maîtres n'approuveraient pas.
-Mes maîtres sont morts. Plus personne n'a de leçons à me donner.
Comment comptes-tu convaincre tes nouvelles alliées de t'aider?
-Je ne sais pas encore, mais je trouverai.
Oreste glissa un regard par dessus son épaule vers Tzipah endormie paisiblement, tout comme Climber. Il s'étonnait vraiment de leur absence apparente d'inquiètude. La guerre menaçait Dathomir et il souhaitait l'étendre au reste de la galaxie, comment rester serein?
Il fixa pensif le Bâton Obscur qu'il éleva à hauteur de son visage. Le pommeau brilla d'un éclat tentateur, comme s'il l'encourageait à l'utiliser. Comme il l'avait fait pour se débarrasser des deux Sorcières de la Montagne Qui Chante.
Le Bâton Obscur possédait-il d'autres pouvoirs que de tuer? Il en aurait bientôt le coeur net.
-Aidez-moi à les trouver.
Volontiers.
Il se força à ralentir les battements de son coeur pour entrer en connexion avec l'esprit qui habitait le Bâton Obscur.
J'ai découvert jadis que ce qui était impossible devenait possible. Laisse-moi te montrer.
Et Dark Rivan le lui montra.
Une clairière éclairée par des foyers vivement entretenus, remplie et gardée de magiciennes encapuchonnées, à la figure défigurée par des stigmates de vaisseaux éclatés. Le campement improvisé était silloné de sentinelles montées sur des rancors et la frénesie qui régnait semblait indiquer que leur présence ici n'était que temporaire. Des chefs de groupes traçaient sur le sol des schémas, certainement des plans d'attaque contre les positions des Chutes Brumeuses.
Et leur assaut était imminent. Avec ces premiers morts à venir..
Si les impériaux se mélaient à cet assaut avant le ralliement des autres clans à celui de Tzipah, le désastre les guettait.
Il ne le permettrait pas. Il n'avait pas d'autre choix que de parlementer, sans que quiconque ne le sache. Y compris ses propres amis.
Emmenez-moi là-bas, pria-t-il à Rivan.
Avec joie, accepta ce dernier. Cela pourrait m'amuser de te voir entretenir des secrets. Concentre-toi sur le lien qui existe entre moi et le Coté Obscur.
Alors Oreste puisa dans la profondeur de son chagrin, cette blessure toujours à vif d'avoir perdu sa famille. De ne plus sentir les caresses de Beliem.. il s'alimenta de cette peur de perdre l'attachement que commençait à lui porter Tzipah.
Avant que l'environnement ne se troubla autour de lui, son dernier regard fut accordé à la jeune dathomirienne toujours endormie. Puis il fut aspiré dans un vortex, se mettant à haleter lorsque l'air vint à lui manquer. Il invoqua un bouclier de Force pour se préserver de l'asphyxie et quelques secondes après il atterrit sur un sol meuble, dont le parfum épicé lui rappela précisément où il se trouvait en cet instant.
En pleine forêt.
Il tituba sur ses appuis, complètement vidé par la débauche d'énergie que cette téléportation lui avait couté. Il éprouvait même le besoin de vomir son dernier dîner. Il mit quelques secondes à retrouver les idées claires.
Il projeta sa conscience autour de lui et des dizaines d'échos déterminés, teintés de soif de sang résonnaient dans la Force. Proches de lui.
Elles étaient sur le point de lever le camp lorsqu'elles se raidirent devant l'irruption d'un homme grand et maigre armé d'un sabre laser et d'un sceptre inconnu. Baritha fendit les rangs pour l'apostropher sèchement:
-Tu es assez stupide pour venir jusqu'à nous, merci de nous épargner tous ces efforts.
-Je suis venu parler.
La Soeur de la Nuit laissa un sourire cruel étirer ses lèvres ternes.
-Tu es venu négocier ta reddition, petit sorcier?
-Non, négocier une alliance, répliqua-t-il sans hésiter.
Plusieurs magiciennes sombres échangèrent des regards surpris et indécis avant d'éclater de rire en choeur. Seule Baritha demeura impassible, ordonnant le silence en élevant une main impérieuse.
-J'admire ton audace, Jedi. Surtout après que tu aies tué Mialyn dans le dos. Nous ne concluons pas d'alliance avec un être inférieur, encore moins avec un meurtrier.
Elle lança un regard de connivence envers une des siennes qui s'apprêtait à projeter sa lance sur le Jedi Noir. Sans que celui-ci ne remua le petit doigt, un éclair jaillit du pommeau du Bâton Obscur et la frappa, la rejetant plusieurs mètres en arrière sous les yeux de Baritha et de ses consoeurs.
-Je comprends votre ressentiment, nuança Oreste. Mais elle m'avait prévu de me tuer, je n'ai fait que la devancer.
-Les Jedi n'assassinent pas, fit observer Baritha.
-Je change simplement de méthode. Maintenant on peut discuter?
Après une brève hésitation, la Soeur de la Nuit acquiesça finalement.
-Je t'écoute, nous pourrons toujours te tuer après.
-Vous n'avez pas encore conclu d'alliance avec l'Empire? S'enquit le jeune homme.
-Nous venons de le faire tout à l'heure, alors tu as intérêt à te montrer bien plus convaincant. Plusieurs de leurs soldats vont arriver en renfort.
-Je n'ai pas l'intention de m'attarder plus que nécessaire.
Il s'avança au milieu d'elles, prenant le risque de s'exposer à leurs coups s'il échouait à les convaincre.
-Quoiqu'ai pu vous promettre l'inquisitrice Soia Tenn, elle ne tiendra pas parole et saisira la première occasion de vous trahir.
-Pourquoi te ferions-nous davantage confiance, après ce qui est arrivé à Mialyn? Et après que tu aies tué plusieurs des nôtres aux cotés des mécréantes?
-Parce que j'ai bien plus à perdre que vous si je ne respecte pas les termes de notre futur accord.
Baritha demanda deux coupes de yeague, un alcool fort local avant d'en offrir une au Jedi qui l'accepta de bonne grâce.
-Qu'as-tu à nous offrir?
-Ma protection et celle du Seigneur Rivan.
La réponse d'Oreste suscita de nouveaux rires moqueurs.
-Quelle générosité, ironisa Baritha. Peut-on savoir qui est ce Seigneur Rivan?
Il tendit dans sa direction le pommeau du Bâton Obscur.
-Il n'est pas présent au sens où on l'entend mais vous pouvez sentir son pouvoir, n'es-ce pas?
Des murmures parcoururent les lignes des Soeurs de la Nuit lorsque plusieurs d'entre elles usèrent d'un sort pour évalueur la source de pouvoir qui électrisait leurs sens. Le visage défiguré de Baritha affichait une grande concentration, caractérisée cette fois par une absence de mépris qui avait ponctué le début de leur conversation.
-Tu dis vrai, mais ce n'est pas suffisant.
-Que voulez-vous d'autre?
-Quelque chose de bien plus concret qu'une protection.
Oreste eut le sentiment que la suite ne serait pas vraiment plaisante.
-La prison impériale contient des détenus, dont certaines de nos Soeurs. Et des hommes. Ces hommes, nous les voulons comme esclaves, comme reproducteurs.
-J'en ai besoin moi aussi, contra le corellien. Comme soldats.
-Notre clan et les autres clans n'accepteront jamais de se battre aux cotés d'hommes libres. C'est contre les traditions.
-Je ne viens pas remettre en cause les traditions locales, je veux seulement gagner la guerre. Il faut savoir faire preuve de pragmatisme.
-C'est évident. Mais tout le monde n'est pas prêt à faire des concessions aussi facilement que toi.
Elle ponctua sa pique verbale d'un sourire sarcastique. Malgré son intransigeance apparente, le corellien la devinait prête à quelques concessions.
-Alors répartissons nous les prisonniers. Partageons, proposa-t-il.
Baritha approuva d'une inclinaison du menton.
-Je prendrais soin de désigner ceux qui seront aptes à porter les armes, ajouta-t-il.
-Il vaudrait mieux que ce soient nous qui désignons ceux qui seront assez endurants pour survivre à un accouplement, déclara-t-elle avec un sourire entendu.
Le Jedi Noir ne masqua pas une crispation au coin des lèvres.
-Cela vous arrangerait de me laisser que des rebuts dont vous ou moi ne saurions que faire.
-J'allais te le dire.
Oreste doutait que les Soeurs de la Nuit respectent leur part du marché. Mais il n'avait pas le luxe de réfléchir à d'autres options viables.
-Alors, choisissons ensemble ceux qui satisferont à nos critères respectifs.
-Cela me paraît équitable, avoua-t-elle.
Elle lui tendit la main et il la serra prudemment entre ses doigts pour sceller l'accord. Puis elle leva devant elle la coupe de yeague à hauteur de ses lèvres.
-Buvons à notre partenariat.
-Volontiers, accepta-t-il.
Il avala lentement mais elle n'avait pas d'intérêt à l'empoisonner. De toute façon, Rivan l'en aurait averti. Il rendit la coupe vide, retenant un haut le coeur devant ce goût infect qu'il peinait à digérer.
-Les impériaux qui doivent vous rejoindre seront nombreux? Demanda-t-il.
-Au moins une centaine, indiqua-t-elle. Ils auront des rancors de métal avec eux.
La Soeur de la Nuit faisait surement référence aux bipodes bien plus adaptés à ce genre de terrain que les trop imposants quadripodes.
-Laissez-les passer et se diriger vers les Chutes Brumeuses. Lorsque leur attaque sera repoussée, vous achèverez ceux qui tenteront de s'échapper. Il ne doit y avoir aucun survivant, c'est très important.
Baritha comprit évidemment pourquoi. L'Empire ne devait pas être au courant de ce renversement d'alliance, en tout cas le plus tardivement possible.
-Nous ferons ce qui est nécessaire, lui assura-t-elle.
Il est temps de rentrer, ton absence a du être remarquée, le pressa Rivan.
Le jeune corellien la salua d'un hochement de tête et elle demanda à ses consoeurs de le laisser partir. Il parcourut quelques mètres puis s'arrêta, certain qu'il ne pourrait pas être observé. Il ferma les yeux puis visualisa dans sa tête le foyer de Tzipah. Avant de se connecter à l'aide du Coté Obscur à l'esprit de Rivan.

Et voilà, j'espère que cela vous plaira! à la prochaine :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 28 octobre 2017, 22:41

Bonsoir c'est l'heure de la suite!

Il prit la précaution de s'entourer d'un bouclier de Force au moment où ce vortex l'aspira pour le faire retourner à son point de départ. Ce qui le frappa d'abord au bout de ce voyage était l'absence de Tzipah et de Climber.
Il devait aller les retrouver pour mettre fin à leur inquiètude. Ils étaient certainement à sa recherche, en chemin il lui faudrait trouver une excellente excuse. Il descendait les escaliers pour aboutir dans le hall, lorsqu'une main ferme lui tira brusquement l'épaule au risque de la déboîter.
-Où étais-tu passé? Nous te cherchions partout, s'écriait une voix familière aigue.
Tzipah l'obligea malgré lui à lui faire face. Elle le dévisageait à la fois avec soulagement et sévérité. Le clone mutin de Murkhana apparut dans son sillage.
-Cela vous arrivait souvent pendant la dernière guerre de disparaître sans prévenir? Ironisa-t-il.
-Je suis sorti me promener, c'est tout. J'avais besoin de prendre l'air.
Les yeux bleus de la Sorcière brune tentaient de dénouer les mensonges de la vérité.
-Où es-tu allé?
-Un peu partout, répondit-il vaguement.
Il exhiba le Bâton Obscur devant eux.
-Et grâce à ça, j'ai réussi à être discret.
-C'était une sorte d'expérience? Lança Gelfran derrière lui.
Le contrebandier se plaça aux cotés de la jeune femme. Vexé une enième fois par son sarcasme ordinaire, Oreste lui répliqua sèchement:
-On peut dire ça. J'avais besoin de le tester, ca vous suffit comme explication ou vous voulez prolonger l'interrogatoire?
-Non, reprit l'ancien milicien de Ranulph Tarkin avec sérieux. Mais la prochaine fois que tu veux le tester, préviens-nous avant. Je n'apprécie pas d'être réveillé en pleine nuit et Sira non plus.
Gelfran avait parfois le don d'exprimer tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas.
-Désolé, reconnut le corellien.
Tout ce petit monde s'apprêtait à se séparer en bons termes pour terminer la nuit lorsqu'une jeune guerrière blonde vint trouver Tzipah, essouflée.
Orcheron.
La compagne d'Oreste lui demanda en dialecte local ce qui se passait, percevant son alarme.
Aucun des trois hommes ne comprit évidemment la réponse. Mais ils en déduisirent que ce n'était pas un bon présage.
-Que se passe-t-il? S'enquit Gelfran.
-Une de nos patrouilles a été attaquée, il n'y a eu qu'une survivante.
-Les Soeurs de la Nuit?
L'amie du corellien eut un mouvement de menton de dénagation. Elle emboîta le pas à Orcheron pour aller aux nouvelles, suivie par les trois hommes.
À l'extérieur, aux abords de la forêt, plusieurs Sorcières de la Montagne Qui Chante et des Soeurs Brumeuses entouraient une des leurs étendue sur le sol. Lorsqu'elles s'écartèrent à l'intention de Tzipah et d'Orcheron, Oreste étudia les blessures qui noircissaient son abdomen. Des lésions cautérisées vraisemblablement causées par des tirs de blaster lourds, peu utilisés par les Soeurs de la Nuit.
L'éclaireuse rescapée expliquait ce qui s'était passé, entre deux gémissements étouffés. Tzipah se chargea de la traduction. D'après ce que les trois hommes comprirent, l'attaque avait été soudaine et fatale preuve que l'embuscade avait été bien préparée. Aucun sort, aucune magie n'avait été utilisée sauf peut-être pour masquer leur approche.
-Les impériaux, souffla Climber.
-Dans le mille, l'homme éprouvette, grinça le contrebandier. Si l'Empire s'en mèle, ce sera pire que ce que nous croyons.
-Il faut riposter, proposa le Jedi Noir qui éleva la voix pour se faire entendre par tout le monde. Sur le champ.
Tous les regards se tournèrent vers Oreste.
-Je vous avais dit que l'Empire se montrerait implacable. Vous devez mobiliser toutes vos forces et contre attaquer immédiatement.
-Cette décision ne vous revient pas, trancha la matriarche Remora A'alta qui s'approchait, escortée par ses gardes.
-Je connais l'Empire et j'ai convaincu le clan de la Montagne Qui Chante de se rallier aux Chutes Brumeuses. Et je bénéficie de l'expérience acquise pendant la dernière guerre, je commandais une armée. Cela me rend légitime pour prendre les choses en main.
-Vous avez du mérite mais vous n'avez pas les qualités pour commander.
-D'après quels critères? Je possède le Bâton Obscur et vous n'avez pas idée de ses capacités.
-À quoi accordez-vous le plus d'importance? Le Bâton Obscur ou vos amis?
Le corellien se mura dans le mutisme, se contentant de soutenir le regard de la doyenne du clan qui fixa ensuite Tzipah.
-Si la Montagne Qui Chante a envoyé des Soeurs à notre rescousse, c'est parce que Augwynne Djo me fait confiance. Tzipah, Sira et Magash assureront le commandement. Amenez Soeur N'mion à nos prêtresses.
Le Jedi Noir avança d'un pas pour protester mais Tzipah le fit taire en lui attrapant le poignet. Il attendit que la blessée soit emmenée et que la matriarche se soit retirée.
-Alors que fait-on? Demanda Climber.
-Nous devons absolument connaître le nombre et la positions des hors monde impériaux, indiqua Tzipah. Je vais demander à Sira et Magash d'envoyer des éclaireuses, pour recueillir des informations.
-Au risque de d'autres morts? Je peux t'épargner ça, Tzipah.
La jeune dathomirienne le considéra avec curiosité.
-Comment?
-Grâce au Bâton Obscur, je peux repérer la position de chacun des soldats impériaux, proposa l'ancien apprenti de Neeja Halcyon.
-Eh gamin, tu es sûr de pouvoir faire ça? S'écria Gelfran sceptique.
Oreste plongea ses yeux verts et gris dans ceux de Tzipah, une prière silencieuse mais éloquente.
-Tu me fais confiance?
La Sorcière lui accorda un sourire généreux.
-Oui Oreste.
Le Jedi Noir et allié de Rivan fixa avec une intensité sauvage l'ombre des pins enfouis dans la profondeur dans la nuit qui dissimulaient la menace pesante. Personne ne surprit la flamme sinistre danser au fonds de ces yeux verts et gris.
-Alors lançons la riposte.

Et voilà, la guerre d'Oreste et des Sorcières de Dathomir contre L'empire commence! et ce n'est que le début :twisted: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 01 novembre 2017, 20:36

Bonsoir c'est l'heure de la suite!

Il était à l'origine la simple copie génétique d'un chasseur de primes mandalorien. Élevé dans un utérus artificiel puis dans une crèche où il était melé à d'autres copies de lui-même. Avant d'apprendre très tôt les rudiments du combat au corps à corps, comment ôter une vie précieuse de plusieurs manières différentes. Il maîtrisait le maniements des armes et les conceptions basiques de la tactique sur les champs de bataille.
Les cloneurs kaminoens n'avaient cessé de leur expliquer à lui et à tous ses frères d'armes qu'ils devaient vouer leur vie à la défense de la République, sans la moindre hésitation et la moindre retenue. Mettre de coté les sentiments de peur et de compassion lorsqu'il fallait presser la gachette. Ne garder à l'esprit que la fierté d'accomplir son devoir.
Il avait été numéroté par ses impitoyables concepteurs kaminoens comme étant BH-4055. Mais ses camarades l'appelaient Beskar, comme ce métal forgé par les mandaloriens eux-mêmes pour fabriquer leurs armures indestructibles. Il était résistant, endurant, insensible au feu, au sang et au climat.
Il ne se laissait vibrer par la moindre émotion, une faiblesse qu'il s'interdisait en permanence. Ce qui lui avait permis de survivre à l'enfer de Teragan 5, aux multiples embuscades tendues par les autochtones, d'exercer les repressions adéquates contre les villageois. Et d'appliquer sans état d'âme l'Ordre 66 contre ses commandants Jedi qu'il avait pourtant appris en tenir en haute estime. Cela avait été le test ultime de sa loyauté.
La mutinerie de certains de ses camarades contre l'éxécution de ces traîtes adeptes de la Force l'avait à peine ébranlé. Car ils avaient tout simplement échoué au test et ne méritaient donc pas de servir dans la Grande Armée de la République. Ce fut sans état d'âme qu'il les traqua aux cotés du Seigneur Vador, qui était devenu un modèle de fidèlité et d'inflexibilité. Un modèle qui l'inspirait, qui devait les inspirer tous.
-Hé, Beskar!
Appuyé contre une souche, un de ses camarades l'appelait. Beskar ne connaissait pas son nom, encore moins son matricule. À vrai dire, il s'en moquait pas mal.
-Quoi? Grogna-t-il.
-C'était plutôt facile, sur ce coup, t'as vu?
Il semblait s'en réjouir contrairement à Beskar qui grimaça sous son casque. Depuis qu'il avait été affecté sur ce monde perdu, isolé du reste de la galaxie, ils avaient subi beaucoup de pertes. Ce troufion plein d'assurance mal placée faisait partie des renforts envoyés par le Poing d'Acier du capitaine Zsinj.
-Trop facile.
Ils avaient pu décimer la petite troupe de Sorcières sous des tirs croisés à cause de leur manque de vigilance. Mais elles devaient savoir maintenant qu'ils approchaient. Ils avaient perdu l'effet de surprise.
Beskar après avoir répondu, se tourna vers les deux bipodes qui manoeuvraient derrière lui entre les pins. Et qui se faisaient remarquer par un boucan infernal, ponctué de craquements de branches qui résonnaient au loin.
-Fierfek! T'es rabat joie, toi.
N'y tenant plus, le clone vétéran de Teragan 5 alla le trouver et lui ordonna sèchement:
-Debout le bleu. Faut que je t'explique un truc.
De mauvaise grâce, l'intéressa s'éxécuta en prenant son temps. Il affichait une nonchalance exaspérante.
-Bon alors, tu vas m'expliquer quoi vieux débris?
Il se plia en deux le souffle coupé lorsque le poing ganté de Beskar s'enfonça dans son estomac malgré l'armure. Le vétéran le plaqua sans ménagement contre le tronc juste derrière lui, le maintenant avec le coude appuyé contre la poitrine.
Un sous officier clone s'approcha pour calmer le jeu.
-Eh, Beskar! Doucement.
En réponse, le vétéran braqua dans sa direction son DC-15 d'une seule main en vociférant.
-Que personne ne s'en mèle.
-Si tu as quelque chose à régler, tu n'as que le faire après. Samon vient de donner l'ordre de faire mouvement.
-Quoi déjà?
-Les éclaireurs viennent de rentrer et Samon ne veut pas laisser aux mégères le temps de préparer une contre attaque.
Il baissa le canon de son fusil avant de foudroyer le débutant qui n'en menait pas large. Il le libéra de sa poigne.
-On règlera ça après, le bleu. Passe devant.
-Pourquoi tu veux me tirer dans le dos?
-Ouais, si tu t'avises de déserter. En tout cas, pas avant que tu n'aies vu à quoi ça ressemble la vraie guerre.
-Sur Kamino, on a été préparés à ça.
Beskar ricana sous son casque.
-Ouais le bleu, c'est ce que je croyais aussi. Avant qu'on ne m'envoie sur Jabiim.
Quelqu'un lança sur la fréquence générale, l'ordre de se mettre en marche. Aussitôt des silhouettes en armure, d'autres clones impériaux s'animèrent au milieu des pins et se rangèrent sur trois colonnes après avoir ôté le cran de sûreté.
Les bipodes se plaçèrent sur les flancs, leurs senseurs actifs. À l'abri dans l'un d'entre eux, le commandant Samon rappela de rester sur leurs gardes.
-Sérieusement le vieux, tu as été sur Jabiim? J'ai lu les rapports, on a pris une sacrée déculottée.
-C'est rien de le dire, affirma Beskar. On a été balayés de l'hémisphère nord jusqu'à l'hémisphère sud.
-Vous avez fait partie des évacués? J'ai entendu dire que toutes les troupes avaient été perdues et tous les Jedi tués.
-Presque. Là-bas, j'ai vu la mort dans la boue et les tripes. Je peux t'assurer qu'après ça, tu ne vois plus les choses de la même façon.
Beskar était satisfait du silence du bleu. Celui-ci commençait à le respecter.
-Je m'appelle..
-Tu me diras ton nom si tu es encore vivant dans un mois, le bleu.
-Pourquoi? S'étonna son camarade.
-J'ai en ai marre d'essayer de me souvenir des noms des autres macchabées.
-Har'chak, pesta le bleu. T'es pas commode, Beskar.
-Je m'en porte pas plus mal.
Quelqu'un ouvrit un canal secondaire et beugla dans son oreille.
-Silence dans les rangs! On approche!
Tout les clones impériaux se raidirent, serrant entre leurs mains ce fusil blaster qui était la garantie de leur survie. Tous les scanners intégrés dans leurs casques passèrent en mode thermique.
-Déployez-vous, intervalle quinze mètres.
Beskar s'écarta du bleu qu'il veilla à néanmoins à garder dans son champ de vision. Il ignorait pourquoi il voulait qu'il survive. Alors qu'il s'était toujours moqué de la survie de ses propres camarades, qu'ils fassent leur boulot ou pas.
Fierfek, je deviens sentimental.
-Contact!
La voix qui criait à l'intérieur de son casque se métamorphosa en râle d'agonie qui disparut dans des parasites.
Et bientôt d'autres alertes se succédèrent sur le même canal. La mort surgissait et les frappait silencieusement. Un par un.
Le calme de la nuit auparavant harmonieux et paisible fut dechiqueté par les rafales de fusils blasters qui se rapprochaient de Beskar et du bleu. Ce dernier commençait à être fébrile, ce que l'autre clone ne manqua pas de remarquer.
-Rapproche-toi de moi, vite! Lui lança-t-il.
Le bleu commença à reculer vers lui avant de s'affaisser tout à coup, transpercé par une lance venue de nulle part. Dommage, il commençait à l'apprécier.
Grâce au scanner, il crut voir du mouvement. Il épaula sans hésiter et lâcha plusieurs salves. Sans savoir s'il avait fait mouche.
-Es-ce que quelqu'un voit quelque chose?
Lorsqu'il tourna les yeux de tous cotés, il s'aperçut que tous ceux devant lui gisaient en tas de cadavres hérissés de javelines grossières. Ceux encore debout reculaient précipatemment vers les bipodes.
-Ici, Samon! Chefs de section, au rapport!
Beskar activa son comlink intégré.
-Ici BH-4055. Nous subissons de lourdes pertes, nous devons nous replier.
-Vous n'êtes pas chef de section, BH-4055 et ce n'est pas vous qui donnez les ordres.
Si Samon se trouvait face à lui, nul doute qu'il lui aurait expliqué la situation à sa façon. C'est-à-dire.. un peu rudement.
-Vous êtes engoncé dans une boîte de duracier, vous ne voyez pas ce qui se passe. Nous avons des hommes à terre et ils sont pas prêts de se relever.
Beskar reculait méthodiquement avec ses camarades vers le blindé le plus proche qui se mit à aboyer avec ses deux canons laser. Sans viser une cible précise, visiblement.
-Repliez-vous, bande de di'kut! Hurla-t-il à travers son casque. Repliez-vous!
À peine l'avait-il crié qu'une masse informe arracha plusieurs pins sur son passage en poussant un mugissement grave. Un monstre compact, tassé sur lui-même, à la large gueule emplie de crocs acérés qui agitait ses bras décharnés pour tenter de les saisir.
Une silhouette perchée sur son dos semblait le diriger. Instinctivement il leva son fusil blaster pour la viser alors que les autres clones arrosaient copieusement la carapace écailleuse du rancor qui se redressa avant de les charger. Ce qui eut autant d'effet sur lui que des piqures de moustiques des cavernes.
Beskar pressa deux fois la détente mais une force invisible arracha son arme des mains tandis que le rancor piétina plusieurs de ses camarades avant de s'intéresser au bipode qui tenta de pivoter ses deux canons.
Trop lentement.
-Courez!
Les clones encore indemnes s'écartèrent et fuirent sans demander leur reste. Beskar n'aurait cru un jour donner un ordre pareil. La fuite était pour les lâches, les indignes. Le devoir avant tout..
Mais il avait assez vu de boucheries inutiles à Jabiim, Teragan 5. Il ne pouvait plus le supporter.
Le rancor renversa le bipode et le concassa en une coquille broyée, broyant à l'intérieur de l'épave l'équipage qui ne put s'en extirper.
Il ramassa un fusil blaster et courut lui aussi. Il entrevoyait par intermittence les silhouettes floues de ses autres compagnons qui le devançaient. Des lances sifflèrent dans l'air et en projeta plusieurs à terre.
Lui et les survivants rallièrent un autre groupe qui luttait pied à pied contre des combattantes athlétiques qui les engageaient au corps à corps. Ils se figèrent en entendant les glapissements de douleur étouffés qui leur parvinrent. Beskar vit les cadavres qui jonchaient en masse le sol et la plupart étaient revêtus de l'armure des stormtroopers.
Personne ne pouvait les aider. Ils devaient fuir.
-Qui veut mourir en premier? Lança une voix moqueuse dans leur dos.
Beskar et les autres firent volte face vers ce qui ressemblait étrangement à un Jedi. Un homme jeune grand et maigre qui brandissait un sabre laser à lame verte émeraude crépitante et un sceptre dont le pommeau brillait d'un éclat peu naturel.
Par réflexe le survivant de Jabiim braqua dans sa direction son fusil blaster mais un éclair craqua, jaillissant du pommeau et le frappa au torse, le catapultant au sol plusieurs mètres en arrière. Étourdi, il se redressa sur les coudes et frissonna sous les cris ininterrompus de ses camarades qui se mirent à se contorsionner lorsqu'une tempête d'éclairs les enveloppa subitement dans une nasse de douleur indescriptible.
Beskar surprit les traits tordus du Jedi qui semblait jubiler. Il semblait prendre du plaisir à les faire souffrir et ce spectacle funeste se prolongea pendant des secondes interminables. Le soldat clone endurci croyait avoir tout vu de l'horreur de la guerre, dans la boue de Jabiim et les combats fratricides de Teragan 5. Mais ça, cela dépassait son entendement. Il n'oublierait jamais les cris de ses infortunés compagnons jusqu'à son dernier souffle.
S'il avait survécu à la dernière guerre, ce n'était pas parce qu'il était le meilleur soldat. Non, il avait survécu grâce à son instinct de survie. Il avait tué pour ne pas être tué. Il comprit en cet instant que s'il tentait d'abattre le Jedi, il ne gagnerait qu'à se faire tuer.
Alors mû par son instinct trivial de conservation, il bondit sur ses appuis et courut loin de ce massacre. Les hurlements de ses camarades s'estompèrent au fur et à mesure qu'il s'en éloignait.
Cours, Beskar. Cours.
Il ignora combien de temps durant son échappée. Il ne s'arrêta seulement que lorsque des lueurs de torches déchirèrent l'obscurité oppressante.
Enfin, le salut. Du moins il l'espérait.
Des femmes dathomiriennes au visage déchiré par des vaisseaux éclatés sous l'épiderme le dévisageaient d'un air narquois. Les Soeurs de la Nuit, alliées à l'Empire. Du moins elle étaient censées l'être.
-Qu'es-ce que vous fichez là? On se fait massacrer, aidez-nous!
Une d'entre elles s'approcha, un sourire large et calme qui déformait ses traits inhumains.
-Nous sommes déjà en train de vous aider à ne pas souffrir, lui répondit Baritha.
La confusion désarçonna Beskar qui abaissa le regard à ses pieds et vit cinq corps de stomtroopers qui y étaient étendus.
Il la menaça avec son fusil blaster.
-Vous nous avez trahis, espèce de sale..
Elle éleva la main et le clone se sentit tracter au-dessus du sol. Beskar porta ses doigts autour du cou pour desserrer cet étau invisible qui l'empêchait de respirer.
-C'est vrai, nous avions conclu un accord. Mais l'Empire que tu sers ne désire que nous asservir, petit mâle.
Elle lui brisa le cou d'une simple pensée et le laissa retomber au milieu des autres cadavres.
-Et les véritables Filles d'Allya ne se laisseront asservir par personne.
-Baritha?
Elle se tourna vers sa consoeur qui l'avait interpellée.
-Aucun impérial ne s'est échappé, Milka?
-Non, mais les Chutes Brumeuses approchent.
La Soeur de la Nuit et ancienne membre de la Montagne Qui Chante guetta avec ses sens l'arrivée de leurs ennemies.
-Laissez les morts là où ils sont. On se retire, ordonna-t-elle.
-Tu penses que ce Jedi tiendra sa part de marché, Baritha?
-Oui, il la tiendra.
-Il a pourtant tué Mialyn.
Baritha fixa sa consoeur Milka alors qu'elle se regroupèrent pour évacuer les lieux.
-Nous obtiendrons justice pour Mialyn quand le moment sera venu. Nous libérerons d'abord Gethzerion et l'informerons de ce qui lui est arrivé.
Elle daigna jeter un dernier ragard vers les cadavres des impériaux qu'elles abandonnaient.
-Ensuite, nous règnerons sur les cendres de nos ennemis.

Et voilà ce sera tout! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 06 novembre 2017, 21:12

Elles ont respecté l'accord que tu as passé avec elles.
Oreste éclairait avec le halo de son sabre laser les armures des clones morts qui renvoyaient un pâle éclat neige. Concentré, il prit à peine attention aux mots de Rivan qui trottaient dans sa tête. Il se figea lorsqu'il écouta un faible gémissement.
Un vivant pas encore mort qui tendait une main vers lui. Le Jedi Noir se pencha au-dessus de lui et leva le Bâton Obscur.
Laisse-moi prendre son âme, comme toutes les autres que tu m'as offertes cette nuit.
-Vous l'aurez, lui promit le jeune corellien.
Sans aucune hésitation, il se connecta à l'esprit de l'antique Seigneur Sith zélosien et dirigea la puissance du Bâton contre le soldat mourant qui se convulsa lorsqu'un éclair l'entoura pour aspirer son essence vitale.
Il savoura son long hurlement empli de souffrance, une torture ultime qui le rassasia.
-Oreste?
Ce spectacle répugnait Tzipah qui ne le cacha pas au jeune corellien. Ce dernier, gêné, s'empressa de faire comme si de rien n'était.
-Tu es blessée?
-Non mais j'apprécierais si tu n'utilisais pas le Bâton pour torturer les gens surtout ceux qui ont un pied et demi dans la tombe.
-C'est compliqué.
Les yeux bleus de son amie le transperçèrent malgré l'obscurité profonde.
-Le Bâton Obscur a besoin d'être..hum..alimenté.
-Alimenté?
-Plus il absorbe d'âmes, plus je deviens puissant.
Elle lui posa fermement la main sur l'épaule.
-Tu devrais éviter de le faire, ce n'est bon pour personne. Surtout pour toi.
Magash fit alors son apparition, montée sur son rancor. La zabrak échangea de brèves salutations avec la compagne du corellien, peu de temps avant que Sira, Gelfran et Climber ne les rejoignent.
-Si un seul de ces imps a réussi à s'échapper, grogna le contrebandier, ils reviendront dix fois plus nombreux.
-Ce ne sera peut-être pas le cas si on en finit avant le lever du jour, insista le Jedi Noir.
Il sentit tous leurs regards peser sur lui.
-Vous voulez attaquer la prison? Demanda le mutin de Murkhana. C'est de la folie.
-Il a raison, le soutint Sira. Les Soeurs de la Nuit pourraient nous tendre des embuscades.
-Elles ne seront pas un problème, lui assura le Jedi Noir.
Celui-ci perçut leur stupéfaction. Tzipah en vint même à se demander s'il n'avait pas perdu la raison. Les yeux verts et gris se braquèrent sur lui en une supplication muette.
-Tzipah, dis-moi si je te mens.
La Sorcière s'efforça de laisser de coté ses sentiments, comme le lui avait conseillé la matriarche de son clan. Les ténèbres qui émanaient de son homme ne lui permettaient pas de le cerner avec évidence.
Mais ses traits démontraient une force de conviction inébranlable. Sa franchise sur ce point ne pouvait être mise en doute.
-Je te crois.
-Comment sais-tu qu'elles ne nous poseront pas de problème? Grâce à ton joujou?
Gelfran ne paraissait vraiment pas décidé à lui accorder le bénéfice du doute, bien plus encore depuis son récent retour du territoire de la Montagne Qui Chante.
-Vous ne comprenez pas la Force comme je le comprends, Gelfran.
-Ouais, c'est évident.
-Vous avez fait confiance à des Jedi lorsque vous étiez dans la milice de Ranulph Tarkin. Alors faites-moi confiance.
Le contrebandier lâcha seulement un grognement d'approbation.
-C'était en d'autres temps et il s'agissait de d'autres Jedi, fit-il observer. Mais pour l'instant, je te suis. Pour l'instant.
Leur relation n'était plus la même depuis qu'ils avaient échoué sur Dathomir. Et le Bâton Obscur n'avait fait qu'élargir le gouffre qui s'était creusé entre eux. Oreste en était chagriné et il songea à se débarrasser de l'artefact de Rivan.
Tu es sur le point de remporter une éclatante victoire cette nuit, chuchota l'esprit du zélosien. Tu n'en serais pas là si nous ne nous étions pas rencontrés.
Non il ne pourrait pas s'en débarrasser. Et si cela signifiait sacrifier l'amitié de Gelfran, il accepterait de payer ce prix.
-Sira, Magash, fit Tzipah. Nous devons rassembler toutes nos Soeurs, nous allons en finir avec les hors monde impériaux avant que l'aube ne se lève.
-Et les détenus? Intervint Climber.
-Nous libèrerons ceux qui méritent de l'être, répondit seulement Oreste.
Le Jedi Noir ignora le regard interrogateur que Gelfran et les autres lui avaient lancé sur ces mots évasifs.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 12 novembre 2017, 21:47

Bonjour, c'est l'heure de la suite :twisted: ! Dans cet extrait, Oreste tissan règle enfin ses comptes avec une inquisitrice chiss..

Prison impériale

-Lieutenant, aucune nouvelle du commandant Samon?
-Aucune, madame.
Soia Tenn réalisa que cela faisait quatre heures que le commandant de la base était parti avec une centaine de soldats et une demi douzaine de bipodes pour aller attaquer les Sorcières des Chutes Brumeuses et ramener Oreste Tissan.
La non humaine croisa les bras devant sa poitrine, pour masquer une nervosité croissante. Il ne lui restait plus que deux cents soldats pour garder et protéger la prison et ce n'étaient pas les plus aguerris. Soit des clones victimes d'un vieillissement accéléré, tout juste bons à la maintenance et aux tours de garde. Soit des jeunots tout juste sortis des simulations de Kamino, peu avant l'Ordre 66.
Sans parler des bipodes encore présents, tout juste bons à envoyer à la casse. Bref elle serait vulnérable en cas d'attaque. Mais ce n'était pas censée arriver grâce à l'alliance qu'elle avait conclu avec les Soeurs de la Nuit qui devaient soutenir le raid de Samon.
Et elle avait tout de même quelques motifs de satisfaction. Le capitaine Zsinj lui avait affirmé que de nouveaux renforts atterriraient dans trois jours avec de plus des quadripodes qui renforceraient la protection de la base.
Dans trois jours, la présence impériale sur Dathomir deviendra incontestable, raffermie par l'appui local des Soeurs de la Nuit. Et Oreste Tissan serait entre ses mains, vivant.. ou presque, qu'elle pourrait ramener triomphalement sur Coruscant, aux pieds de Dark Vador et de l'Empereur. À condition que les Soeurs de la Nuit respectent leur pacte.
C'était la seule incertitude qui la tenait presque éveillée.
-Tenez-moi informée, ordonna-t-elle.
-Bien, madame.
-Et activez les senseurs longue portée.
Le jeune officier impérial fit preuve de diligence, en évitant la paire de rubis sanglants qui dardaient toute son attention sur lui.
-C'est fait, annonça-t-il. Toute personne ou objet non identifié sera répéré dans un rayon de mille cinq cents mètres.
Elle le remercia d'un hochement de tête, sans parvenir à se départir de ce malaise persistant. Elle décida d'attendre dans la salle de contrôle. Plus d'une heure s'écoula avant qu'une alarme ne retentit brièvement.
-Intrusion signalée au secteur D-15, à l'ouest de la base.
-Envoyez une patrouille.
-Oui, madame.
Le lieutenant saisit son comlink et transféra l'ordre. Ils ne patientèrent que quelques minutes avant que la patrouille n'envoya son rapport.
-Ils rentrent, madame. Avec une Soeur de la Nuit et un prisonnier, un Jedi paraît-il.
-Je vais les accueillir, merci lieutenant.
L'inquisitrice chiss ne retint pas un sourire satisfait lorsqu'elle se déplaça dans la cour devant les soldats clones parfaitement alignés. De l'autre coté du champ énergétique, elle vit arriver six strormtroopers encadrant un jeune homme grand et maigre vêtu de la tenue des Jedi corelliens et une dathomirienne encapuchonnée, aux traits défigurés par les stigmates atypiques des Soeurs de la Nuit.
Elle savourait l'expression piteuse d'Oreste Tissan aux mains liées par devant, celui qu'elle n'avait cessé de traquer pendant des semaines. Sa capture lui permettrait de rentrer sur Coruscant, dans les bonnes grâces de l'Empereur. Elle ne prit pas vraiment attention à la jeune Soeur de la Nuit qui le traînait par le coude et qui n'était autre que.. Tzipah.
Celle-ci tenait dans son autre main, le sabre laser du captif et un étrange sceptre.
-Je suis ravie que les Soeurs de la Nuit aient tenu parole, fit-elle. Quand Baritha m'a promis qu'elle m'offrirait plus qu'un Jedi, elle ne mentait pas.
L'éclat de ses iris embrasés d'un feu écarlate trahissait sa convoitise lorsqu'elle perçut le pouvoir du Bâton Obscur.
-Quand arrivera le commandant Samon? Demanda-t-elle à Tzipah.
-Bientôt, mentit l'autre.
La compagne d'Oreste grimaçait sous ce maquillage improvisé qui irritait son épiderme. Heureusement pour elle, la chiss ne tentait pas de la percer à jour. Elle s'approcha au contraire du jeune corellien qui demeura cette fois impavide.
-Lorsque je t'amènerai à l'Empereur, Oreste Tissan, j'obtiendrai de nouveau ses faveurs. Tous les torts que tu m'as causés seront effacés.
La joie de la non humaine atteignait des sommets jamais inégalés jusqu'ici.
-Dans trois jours, des renforts débarqueront et nous quitterons pour toujours ce monde pourri. D'ici là, tu seras mon hôte.
Cette perspective la ravissait. N'importe qui aurait dégluti mais pas le Jedi Noir qui affichait un étrange sourire.
-Vous ne quitterez jamais Dathomir, Tenn. Vous allez rejoindre ceux que j'ai perdu, ceux que vous avez tués.
La chiss fronça les sourcils une fraction de seconde avant qu'une sentinelle ne beugla au-dessus d'eux.
-À couvert! À couvert!
Une fracas plus assourdissant que le tonnerre déchira le calme qui pesait sur la prison. Les deux clones qui tenaient un canon blaster sur l'une deux tours qui dominaient le mur d'enceinte disparurent dans l'éboulis qui s'étala à quelques mètres d'eux. Écrasant au passage une dizaine de clones.
La confusion troubla la raideur des stormtroopers avant qu'un sous officier hurla à travers son casque:
-Remuez-vous le shebs! À vos postes de combat!
L'inquisitrice non humaine dégaina son sabre laser après avoir ordonné:
-Emmenez-le!
Deux clones poussèrent le corellien par les épaules pour le forcer à avancer. À peine avait-il fait trois pas qu'il invoqua la Force pour les soulever et les rejeter loin en arrière. Il attrapa au vol la crosse de son sabre laser que lui avait lancé Tzipah et se débarrassa aisément de ses entraves l'instant d'après.
Il faucha dans la foulée les deux clones qui avaient ouvert le feu sur lui puis se mit dos à dos avec Tzipah qui brandissait son épée électrique.
Elle embrocha un clone impérial avant de chanter un sort de télékinésie qui en propulsa cinq autres dans les airs. Le Jedi la couvrait en repoussant tous les tirs avec sa lame crépitante lorsqu'il s'alarma en voyant débouler d'autres clones depuis le bâtiment principal.
-Le bâton, vite! Cria-t-il par dessus son épaule.
Tzipah le lui glissa dans la main gauche et une voix familière se mèla de nouveau à ses pensées.
Enfin nous voici de nouveau réunis. Tu peux déchaîner ta haine. Et la mienne.
Le pommeau étincela avant que les pouvoirs du Bâton Obscur ne se libérèrent en une vague destructrice. Les clones les plus proches furent stoppés net par les éclairs qui les traversèrent et les dévorèrent de l'intérieur.
D'autres tombèrent sous les tirs qu'Oreste leur renvoya avec son sabre laser. Le reste de la garnison se déploya pour tenir l'enceinte alors que leur artillerie avait été réduite au silence par des pierres jetées de loin par les rancors.
Plusieurs dizaines de ces derniers galopaient à grandes foulées, insensibles aux tirs de barrage des blasters. Des Sorcières les pilotaient, juchées sur leur nuque, dont Sira et Magash. Depuis la forêt où elles avaient concentré leurs forces, il ne leur couta que deux minutes pour arriver au contact de leurs ennemis.
Soia devait faire face d'abord à la menace la plus immédiate pour elle. Tzipah et Oreste avaient fait le vide autour d'eux, la chiss croisa le regard du jeune homme qui avait soif de revanche. Une braise incandescente irriguait ses iris.
-Je m'en charge, dit-il à son amie.
La chiss ne put retenir un rire cassant.
-Durant tous nos affrontements, tu n'as jamais compris que tu n'étais pas assez fort pour me battre.
-Eh bien, ca va changer.
Il avança et frappa de haut en bas avec son sabre laser. Elle bloqua facilement avec sa lame crépitante mais ce n'était qu'une feinte. Sa machoîre l'élança lorsqu'il la frappa avec le pommeau du Bâton Obscur. Elle le repoussa avec une savate, mais la douleur ne se dissipa que partiellement. Elle comprit qu'elle avait deux dents cassées.
Aucune importance, elle canaliserait cette douleur et la frustration d'avoir exilée sur cette planète perdue pour alimenter sa colère. Après tout, elle était passée experte dans ce domaine bien plus que son adversaire.
Elle le chargea en levant son sabre au-dessus de la tête mais elle fut interceptée par un éclair qui la percuta au thorax et lui coupa le souffla. Elle recula en titubant avant de parer successivement deux frappes latérales la visant aux jambes.
Elle crut pouvoir briser l'artefact d'un simple coup de taille mais cet effort se révéla vain. Et écopa d'un retour de bâton qui émietta deux autres dents.
-Vous n'êtes pas capables de faire mieux? La railla-t-il.
En réponse elle se fendit en avant mais ne parvint pas à le prendre en défaut. Son comportement au combat avait changé. Certes de Coruscant jusqu'à Corellia, il avait appris à se hausser à son niveau mais cela n'expliquait pas l'issue certaine qui se dessinait de plus en plus.
Dans le moindre de ses mouvements, sur son expression, tout concordait à penser qu'il était devenu plus impitoyable. Plus implacable, peut-être plus qu'elle en cet instant.
Il était devenu son reflet dans le miroir. Il avait choisi depuis leur dernière confrontation sur Corellia quand elle avait tué toute sa famille, d'être comme elle. D'être elle. Elle comprit cette vérité tout comme elle comprit qu'elle ne survivrait pas si elle ne parvenait pas à le raisonner.. ou du moins à le distraire.
-Alors tu as enfin accepté de t'abandonner au Coté Obscur. Je savais que tu avais le potentiel pour devenir ce que tu es destiné à être.
-Pour l'instant, je suis destiné à vous tuer.
Il l'attaqua simultanément au visage et aux hanches et elle ne para qu'avec une difficulté croissante. Elle siffla entre ses dents.
-Je peux t'aider à devenir tellement plus.
Il se figea et elle vit danser de l'intérêt dans ses yeux.
-Que voulez-vous dire?
-Je peux t'aider à détruire l'Empire.
Elle parvint à s'approcher de lui suffisamment près sans éveiller sa méfiance.
-Et comment comptez-vous y prendre?
Il avait à peine terminé sa question qu'elle se fendit en avant aussi vive que l'éclair. Oreste bondit en arrière mais il ne fut pas assez prompt.
Quelque chose d'ardent s'était logé dans son flanc, la souffrance fut suffisante pour le flanquer un genou à terre et elle le fut débarassa de son sabre laser d'un coup de pied bien placé. Elle se redressa triomphante.
-Imbécile, cracha-t-elle. Tu as peut-être acquis un grand pouvoir mais l'Empereur me récompensera pour avoir ramené le Bâton Obscur. Tu ne nous es pas indispensable.
Elle leva son sabre laser pour l'achever mais ne frappa que le vide. Elle se figea, totalement incrédule sur ce qui venait de se passer.
Il avait.. disparu. Mais elle sentait toujours sa présence dans les courants de la Force. Comment était-ce possible?
Quelque chose de brûlant la frappa entre les omoplates, lui coupant le souffle. Les yeux agrandis par l'engourdissement qui la paralysait peu à peu lui permirent cependant d'observer une lame crépitante verte émeraude qui avait poussé au niveau du sternum.
Elle perdit toute sensation dans ses membres, ses bras et ses jambes et ses perceptions de la fureur des combats se brouillèrent. Pendant son agonie, elle parvint tout de même à saisir les dernières brides de paroles de son existence.
-Vous ne m'êtes pas indispensable et vous n'avez pas compris le pouvoir que j'ai acquis. Votre mort rachète celle de ma famille que vous avez exterminé sur Corellia. Mais ce n'est qu'une première étape.
Il retira la lame de son corps qui s'effondra à ses pieds. Oreste sentit le soulagement caresser sa conscience, emplie de la satisfaction du devoir accompli. À cet instant, les défenses de la garnison impériale volèrent en éclats.
À plusieurs endroits le mur de permabéton qui cernait la prison s'écroula laissant entrer les rancors dans la cour. Tzipah se rangea à ses cotés alors que les clones impériaux tentèrent vainement de les ralentir. Autour des deux jeunes gens, le carnage ne fit que commencer, plusieurs soldats moururent instantanément, réduits en purée sous leurs pattes ou bien déchiquetés par leurs griffes. La panique commençait à les gagner.
Certains refluèrent même à l'intérieur du bâtiment principal qui abritait les prisonniers. Oreste et Tzipah fauchèrent avec leurs épées ceux qui passaient à leur portée. Le jeune corellien usa ensuite du Bâton Obscur pour surcharger le champ de protection et le détruire.
Deux hommes entrèrent à leur tour, armés de fusils blasters. Gelfran et Climber. Ils remarquèrent que le corellien plaquait son avant bras contre une plaie calcinée.
-Vous êtes blessé, commenta le clone.
-C'est superficiel. Allez libérer les prisonniers. Tzipah, va avec eux.
-Je reste avec toi, insista-t-elle.
-Aide-les à libérer les prisonniers avant que les impériaux ne les tuent!
Elle se résigna à le laisser alors qu'il resta à observer la fin de la bataille. Après la mort de l'inquisitrice Soia Tenn, la résistance de la garnison devint symbolique. Au bout de vingt minutes standart, tout fut terminé.

Voilà ce sera tout! J'espère que cela vous a plu, à la prochaine 8-) !

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 17 novembre 2017, 23:44

Bonsoir, voilà la suite ;) !

Le jour se leva et permit de mieux illustrer l'ampleur de la débâcle que l'Empire venait d'essuyer. Certes Oreste se doutait que cette victoire indiscutable ne renverserait pas l'Empire du jour au lendemain.
Les soldats impériaux qui avaient survécu furent regroupés par les Sorcières contre le mur du bâtiment principal, évacué des détenus rassemblés de l'autre coté. Sur les visages de ces derniers marqués par les privations et les brimades, se lisaient le soulagement. La moitié d'entre eux étaient des non humains, tous étaient des prisonniers politiques. Au milieu de la cour avaient été constitué le butin de guerre, un amas hétéroclite de blasters, d'armures de stormtroopers intactes récupérées sur les cadavres qui n'avaient pas été piétinées par les rancors et de droïdes d'interrogatoire.
Comme Baritha l'avait expliqué à Oreste, des Soeurs de la Nuit avaient été effectivement retenues par les impériaux. Dont Gethzerion Djo, la proche amie de Baritha. À la demande du jeune corellien, Tzipah les laissa partir retrouver leurs consoeurs. Lorsque son amie lui avait demandé des explications, il avait éludé en lui disant qu'il ne saurait pas quoi en faire.
En dehors de la prison, sous le couvert de la forêt, les prêtresses des Chutes Brumeuses s'occupaient de soigner les rancors et les Sorcières blessées durant l'affrontement. Sira et Magash étaient reparties au siège des Chutes Brumeuses faire leur rapport à la matriarche Remora A'alta.
Gelfran se rangea à ses cotés.
-Nos pertes ont été minimes, tu peux être fier de toi.
Le contrebandier garda une expression fermée et maussade. Cette fois Oreste lui était reconnaissant d'avoir laissé de coté le sarcasme.
-Mais l'Empire n'en restera pas là. Quand ils apprendront ce qui s'est passé..
-J'y compte bien, trancha le Jedi Noir. De toute façon, ils ne le sauront pas avant au moins deux jours, nous aurons le temps de nous préparer.
-Ca mettra beaucoup de temps avant de pouvoir en faire des soldats. Certains d'entre eux ont peut-être tenu une arme dans les mains, mais d'autres non.
-Dans ce cas, je compte sur vous et Climber pour leur faire suivre des cours intensifs.
-Ils ne seront pas vraiment prêts.
-Je suis d'accord avec l'ancien, appuya le clone qui vint les rejoindre. Au mieux, ils serviront de chair à canon.
Oreste se retint de répliquer. Pendant la dernière guerre, les clones avaient servi de chair à canon pour la gloire de la République, pour l'ascension de l'Empire. D'un certain point de vue, leur utilité avait été prouvée.
Lui-même en tant que commandant, les avait envoyés au purgatoire sans sourciller. Il se mit à compter les prisonniers qui s'étaient agglutinés. Quelques centaines.. il en avait espéré plus.
-J'en ai répéré quelques-uns qui sortent du lot, tempéra cependant Climber.
Le clone s'écarta pour laisser un homme à l'âge indéterminé. Il n'était plus tout jeune certes mais sa posture et son regard trahissait la vigueur de celui qui avait survécu à l'épreuve du feu. Ses haillons et sa barbe grisonnante lui conféraient une apparence de vagabond.
-Je suis le commandant Morgan Vandrack de la Milice Populaire de Chelloa, se présenta-t-il.
-Séparatiste? Fit Gelfran.
-Comme tous mes hommes, enfin ceux qui sont encore en vie. Merci de nous avoir délivrés.
-De rien.
Le chelloan regarda autour de lui.
-Vous pourriez peut-être nous éclairer sur vos intentions. Beaucoup ici pensent qu'ils ne feront que troquer un emprisonnement contre un autre. Nous sommes au courant des traditions matriarcales des Sorcières de Dathomir.
-Cela n'arrivera pas si vous me rejoignez, déclara Oreste. Avec tous vos hommes et les autres qui souhaitent se battre à mes cotés.
Morgan hocha la tête d'un air entendu.
-Je vais leur parler.
Climber, Gelfran et le corellien l'observèrent retourner vers le groupe de prisonniers. S'il ne faisait aucun doute que les chelloans suivraient leur chef sans broncher, il se révéla plus ardu de convaincre les autres.
C'étaient dans leur grande majorité d'anciens partisans de la Confédération des Systèmes Indépendants qui ne cessaient de jeter des regards distants envers le Jedi Noir et le clone mutin de Murkhana. Malgré le traitement infligé par les impériaux, certaines rancoeurs demeuraient vivaces. La confiance ne serait pas facile à instaurer.
Il fallut de longues palabres au chelloan pour arracher leur adhésion. Finalement Morgan Vandrack revint pour leur annoncer le résultat.
-Ils vous suivront, fit-il à Oreste.
-Merci.
Des Sorcières de Dathomir s'animèrent subitement en agrippant leurs armes lorsque des sentinelles vinrent les prévenir de l'intrusion de nouvelles venues. Tzipah vint trouver les trois hommes.
-Des Soeurs de la Nuit arrivent avec la lance blanche. Je vais les empêcher de..
-Laisse-les passer, lui demanda le Jedi Noir.
Des regards déconcertés le fixaient intensément. Oreste garda sa contenance.
-Ayez confiance.
Après une hésitation, la jeune Sorcière alla donner des ordres brefs à ses consoeurs qui se préparaient à une confrontation violente. Et bientôt une trentaine de sombres magiciennes conduites par Baritha vinrent se présenter devant l'ancien apprenti de Neeja Halcyon et détenteur du Bâton Obscur.
Celui-ci soutint le regard de la Soeur de la Nuit.
-Nous te remercions d'avoir libéré les nôtres et nous sommes venues prendre ce qui nous revient de droit, réclama-t-elle sans préambule.
-Je vous attendais.
Le jeune corellien ignora les échanges de regards perplexes entre Gelfran, Climber et Tzipah. Il se concentra sur le rictus cruel de Baritha qui commençait à inspecter de loin les détenus fraîchement libérés.
-Tous les prisonniers sont là, lui affirma-t-il.
-Les non humains n'ont aucun intérêt pour nous, fit-elle avec une moue dédaigneuse. Quant aux autres, ils tiennent à peine debout.
-C'est parce que vous n'avez pas regardé tous les prisonniers.
D'un geste courtois de la main, il l'invita à observer de l'autre coté les soldats impériaux capturés, tenus en respect par les gardiennes de la Montagne Qui Chante et des Chutes Brumeuses. Celles-ci s'écartèrent de mauvaise grâce lorsque Baritha envoya Milka et cinq autres compagnes les inspecter un par un.
Gelfran et certains des prisonniers masquèrent une répulsion instinctive lorsqu'elles les tatèrent comme s'ils n'étaient que des conteneurs de marchandises. La Soeur de la Nuit Milka revint voir Baritha, dont les traits défigurés s'éclairèrent de satisfaction.
-Ils feront de parfaits étalons.
-Vous pouvez tous les emmener avec vous, l'autorisa Oreste. Ce qui leur arrivera ne m'intéresse pas du tout.
Elle gloussa discrètemment.
-J'ignorais qu'un sorcier venu des étoiles pouvait aussi être sans pitié. Tu es plus intéressant que je ne le pensais.
Je suis d'accord avec elle, ricana Rivan dans sa tête.
Il se retint de la décapiter avec son sabre laser lorsqu'elle lui effleura sa joue d'un index aguicheur.
-Notre marché tient toujours? Demanda-t-il avec froideur.
-Ce sera toujours un plaisir de faire affaire avec toi, lui assura-t-elle avec insolence.
Tout dans son attitude laissait à penser qu'elle avait conclu une bonne affaire et que le Jedi Noir était le Nerf de la farce. Le reste des Soeurs des Nuits entoura les stormtroopers captifs et les escorta hors de la prison.
Il se tourna ensuite pour faire face à ses amis. Leur silence trahissait leur désapprobation.
-Je peux expliquer.
-Y a intérêt, grogna le contrebandier qui semblait bouillir de l'intérieur. C'était quoi ce podoo?
-J'ai conclu un marché avec elles et je n'ai fait que le respecter.
-Pourquoi?
Le ton calme de Gelfran ne l'impressionna pas.
-Nous n'avions pas le choix. Les Soeurs de la Nuit allaient se joindre aux impériaux pour mener un assaut commun contre les Chutes Brumeuses cette nuit. Combien aurions-nous eu de morts si je n'avais pas pris cette initiative?
Climber sembla se ranger à son argument tout comme Tzipah. Seul le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark continuait de ne pas en démordre.
-Tu aurais pu ne pas en arriver là. On aurait pu en discuter.
-Gelfran a raison sur ce point, appuya Tzipah. On ne peut pas faire confiance aux Soeurs de la Nuit, elles n'ont pas d'ailleurs pas participé aux combats.
-Elles ont abandonné l'Empire, c'est ce qui compte.
-Comment avez-vous quitté le territoire du clan sans vous faire remarquer? Interrogea Climber.
En réponse il leur montra seulement le Bâton Obscur qu'il tenait à la main.
-Tu es en train d'essayer de nous dire que ce machin t'a téléporté? Demanda le contrebandier incrédule.
-Exact.
Un silence lourd succèda à cette réponse nette et honnête.
Les faibles d'esprit ne comprendront jamais la philosophie de la Force, lui murmura Rivan. Et la puissance qu'elle peut conférer.
Malgré leurs différents respectifs, Gelfran était tout sauf un faible d'esprit. Celui-ci secoua la tête, son expression teintée d'amertume et de lassitude.
-Schutta, tu as tout à fait le droit de haïr l'Empire pour ce qu'il t'a fait. Mais là ce que tu viens de te rabaisser à faire, je ne l'aurais jamais infligé à mon pire emmeni. Si tu avais tué tous ces imps, cela aurait été plus clément de ta part.
-Je n'aurais jamais envers mes ennemis la moindre clémence.
-Par tous les trous noirs, Oreste! Qu'es-ce qui t'arrive, comment peux-tu..
Le contrebandier se détourna finalement sans achever sa pensée. Le jeune corellien s'en voulut un peu de lui infliger autant de peine. Ce n'était seulement de sa part que l'ombre d'un vague remord. Rien de plus.
-Climber, vous devriez commencer leur entraînement.
-Vu leur état, je ne pourrais pas en faire grand chose. Mais je peux déjà d'abord leur expliquer les bases et en quoi vont consister leurs exercices. Ensuite je vais repertorier les armes, les munitions et les explosifs que nous avons récupérés.
Le clone le salua pour commencer sa tâche tandis que le Jedi Noir réfléchissait au moyen de convaincre les Sorcières d'accepter de se battre ou de s'entraîner aux cotés des hommes, qu'elles devaient considérer d'après leurs coutumes héritées de la pensée d'Allya comme des êtres inférieurs. Restait à savoir si les Chutes Brumeuses ou la Montagne Qui Chante accepterait de les héberger hors de la prison. Cela n'était pas certain.
-Oreste, que comptes-tu faire d'eux? Lui demanda Tzipah qui restait seule avec lui.
-Des soldats, répondit-il simplement.
Bien que demeurant impassible, la gêne de la jeune femme troublait les courants de la Force.
-Tu n'approuves pas? Insista-t-il.
-Je sais que la guerre demande parfois certains sacrifices. Je te demande simplement de veiller à ménager notre mode de vie.
Cet avertissement amical fit prendre conscience à Oreste que cette alliance ne se ferait peut-être pas sans heurts.
-Aucun clan ne les recueillera donc, devina-t-il.
-J'ai bien peur que non, confirma-t-elle. Je suis désolée.
Tous les détenus humains et non humains s'étaient alignés en rangs devant Climber qui commençait à se présenter. À ses cotés se tenaient Gelfran et Morgan Vandrack disposés à le seconder.
-Alors ils resteront ici, trancha finalement Oreste.
-Je pense que c'est le mieux. Je demanderai à la matriarche de prendre les dispositions contre tout ennui éventuel. Et d'assurer le ravitaillement.
Le jeune corellien se doutait que nombre d'entre eux ne seraient guère enthousiastes à l'idée de devoir rester dans un endroit où les impériaux leur en avaient fait voir de toutes les couleurs. Cela risquerait de cristalliser de nouvelles tensions.
Pour le moment, il ne pouvait rien accomplir de plus ici. Il ne lui restait plus qu'à rentrer avec Tzipah.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 21 novembre 2017, 21:52

Bonsoir voilà la suite!

Orbite de Dathomir, deux jours plus tard

Le Poing d'Acier émergea de l'hyperespace tandis que le capitaine Zsinj observa droit devant lui depuis la passerelle principale, le disque qui flamboyait de couleurs symbolisant la vigueur de la nature qui régnait sur ce monde perdu.
Dathomir.
L'officier impérial put à loisir distinguer plus précisement les contours montagneux qui se dessinaient sur un fonds azur et chlorophyle. Mais ce n'était pas la raison de la venue de cet homme au physique ingrat, caractérisé par une taille enflée et petite, signe d'un embonpoint très prononcé. Si prononcé que les coutures de son nouvel uniforme menaçaient de craquer. Il soupira, regrettant son ancien mais confortable habit de lieutenant major qu'il portait au début de la bataille de Teragan 5. Sa promotion pendant les combats avait récompensé le rôle qu'il avait joué dans la défaite séparatiste.
L'attribution du Poing d'Acier, le destroyer Venator sur lequel il servait, avait récompensé la détermination qu'il avait joué dans l'écrasement de la mutinerie de la moitié des troupes clones contre l'éxécution de l'Ordre 66. Il avait notamment instauré un blocus efficace autour de la planète, empêchant toute fuite des deux Jedi traqués jusqu'à l'arrivée de Dark Vador et de la 501ème Légion. Il lissa sa moustache d'un air pensif, une marque d'élégance pour rehausser la paleur de son teint et le double menton qui pendait sous sa machoîre.
Son affectation dans le Secteur de Quelii l'avait surpris, voire contrarié. Avant de comprendre que cela n'avait pas été décidé par sa propre hiérarchie dans la Marine Impériale, mais par l'Empereur lui-même.
-Contactez la prison.
-Oui, monsieur, répondit le subalterne chargé des transmissions.
Alors que la communication était sur le point d'être établie, il se demanda encore ce qui pouvait motiver l'Empereur à l'envoyer dans un secteur aussi insignifiant. Depuis des siècles, Dathomir n'était qu'un bagne quelconque. Les Jedi y avaient même exilé l'une des leurs, celle qui avait donné naissance aux Sorcières de Dathomir.
-Monsieur, nous ne recevons aucune réponse.
Avec une agilité surprenante pour un homme de sa corpulence, Zsinj vint se ranger aux cotés du sous officier.
-Essayez encore, fit-il vivement.
Le subalterne déglutit car il avait appris à ne plus se fier à son expression affable et débonnaire, surtout depuis Teragan 5. Des rumeurs racontaient même qu'il aurait orchestré la chute de son ancien supérieur pour prendre sa place à la tête du Poing d'Acier.
Il s'empressa d'obéir avant de se résigner à avouer:
-Aucune réponse, monsieur.
Zsing fixa quelques instants la surface de Dathomir.
-Déployez tous les escadrons de chasseurs et levez les boucliers. Mettez les transports de troupes en attente.
-Bien, monsieur.
-Scannez la prison et les alentours. Recherchez toute forme de vie.
Il patienta quelques minutes avant que les premiers résultats ne tombent.
-Formes de vie organique signalées, monsieur. Mais la prison semble avoir subi des dégats, le mur d'enceinte semble s'être effondré en plusieurs endroits.
Zsinj examina les holo images que lui matérialisa le sous officier au milieu du pont. Tout laissait à croire que la prison sous la surveillance de l'inquisitrice Soia Tenn avait subi une attaque. Conjuguée peut-être à une évasion de détenus.
-Devons-nous faire atterrir les renforts, monsieur?
-Non. Essayez encore de contacter la prison.
Après cette troisième tentative, le sous officier annonça:
-Nous réceptionnons un signal sur le canal principal.
-Initialisez-le.
Bientôt la silhouette tridimensionnelle d'un homme grand et maigre, au visage camouflé par un capuchon ample, naquit sous ses yeux. Ses habits étaient caractéristiques de ceux des Jedi. Il portait un long sceptre dans la main.
-C'est un enregistrement.
-Démarrez-le.
L'hologramme se brouilla une fraction de seconde.
-Je m'appelle Oreste Tissan et je suis celui qui a anéanti votre prison de Dathomir, balayé votre garnison et libéré ceux que vous déteniez.
-Faites-en une copie et transmettez aux archives du Centre Impérial, ordonna Zsinj.

Coruscant, Palais impérial, une semaine après le coup d'état de Gentis

Dark Vador mit un genou à terre devant l'Empereur assis dans son large trône. Celui-ci l'autorisa à se relever d'un geste de la main.
-Les manifestations pour la libération des partisans de Gentis sur Brentaal IV ont été réprimées, maître. Les agitateurs ont été arrêtés et seront interrogés par le BSI.
-Bien, se félicita Palpatine. Quelques exécutions permettront de tempérer les plus hardis, l'Ordre Nouveau sera établi.
-Il reste encore des Jedi. Jax Pavan..
-Aucun Jedi ne nous arrêtera, trancha son supérieur.
Vador ne put se retenir de frisonner. Palpatine avait conservé ce ton doucereux mais y avait instillé subtilement une dose d'autorité inflexible ponctué d'un sourire large. Un rictus qui paraissait sénile au premier abord.
-Vous l'avez vous même démontré sur Vaklin, Seigneur Vador. Il suffira d'effacer lentement mais inexorablement, les souvenirs et les vestiges qu'ils ont légué en héritage. Tous les survivants de l'Ordre ne pourront plus au risque d'être découverts, continuer à enseigner leurs pratiques dépassées de la Force.
-Ils constituent encore de sérieux troubles, maître. Dois-je vous rappeler ce que Roan Shryne a tenté de faire sur Kashyyk ou le conclave de Kessel?
-Leurs échecs ne font qu'amplifier l'ampleur de leur faillite. Où en êtes-vous de la traque de ce Jax Pavan?
-L'inquisiteur Tesla ne tardera pas à lui mettre dessus.
Une alarme provenant de l'un des bras du large fauteuil indiqua à l'Empereur qu'il recevait un appel urgent. Celui-ci ouvrit un canal et demanda d'une voix impatiente.
-Qu'y a-t-il?
-Monseigneur, un officier de la Marine Impériale opérant dans le Secteur de Quelii souhaite vous faire son rapport.
-Très bien, passez-le moi.
L'hologramme du capitaine Zsinj flotta entre les deux Seigneurs Sith. Dark Vador fixait avec une curiosité distante la silhouette rondelette du natif de Fondor qui avait servi à ses cotés lors de la repression de Teragan 5. L'ancien Chevalier Jedi avait appris à ne pas se fier à cette allure aimable et inoffensive qui camouflait un individu qui n'hésitait pas à être machiavélique et implacable. Il le soupçonnait d'avoir intrigué pour écarter son supérieur et prendre sa place sur le Poing d'Acier.
Un homme qu'il respectait mais qu'il évitait de sous estimer.
En cet instant, Zsinj malgré un sourire débordant, masquait une légère préoccupation.
-J'espère que votre appel est important, capitaine.
-Sa majesté le trouvera certainement indispensable, susurra le fondorien d'une voix mielleuse qui avait trompé bon nombre de ses rivaux sur sa réelle dangeurosité. Il s'est passé sur Dathomir un événement sérieux, je dirais même grave. Permettez-moi de vous visionner un enregistrement qui vous éclairera.
L'hologramme du capitaine obèse disparut pour laisser place au physique opposé d'un homme à la silhouette fine et élancée. Qui semblait vêtu de la tête aux pieds à la manière des Jedi et serrait dans son poing un sceptre inconnu.
-Je m'appelle Oreste Tissan et je suis celui qui a anéanti votre prison de Dathomir, balayé votre garnison et libéré ceux que vous déteniez. Vous avez dissous la République, renié ses idéaux démocratiques et poignardé lâchement l'Ordre Jedi. Vous avez tué mon maître sur Mygeeto, exterminé ma famille sur Corellia et assassiné la femme que j'aimais.
Sa voix posée dictait un discours murement réfléchi, exprimant l'amertume, la douleur, la culpabilité du survivant. La colère, la haine, la soif de revanche et de vengeance.
-Je me suis juré d'honorer leur mémoire, de ne plus me cacher face à la tyrannie et à vos exactions. Je ne fuirai plus et je ne tournerai plus le dos à ceux et à celles qui méritent d'être aidés. Je dispose maintenant du pouvoir de vous faire chuter de votre piédestal. Vous avez semé la peur et votre Empire connaître aussi la peur.
Par dessus l'hologramme, Vador étudia les traits blafards et profondément parcheminés de son maître. Celui-ci semblait presque détendu.
-Aujourd'hui, je vous annonce que la reconquète de la liberté commence maintenant. Oreste Tissan terminé.
Sa silhouette disparut dans un flash et Vador ne tarda pas à réagir.
-Soia Tenn a donc échoué.
-Nous devrions la présumer morte, résuma l'Empereur. Ce Jedi corellien nous a rendu service en mettant fin à son inutilité.
-Maître, ce Jedi nous défie.
Les yeux jaunes de Palpatine brillèrent d'une intensité plus ardente devant l'indignation de son apprenti.
-Et nous allons répondre à sa provocation. Donnez l'ordre au commandant Appo d'embarquer les meilleurs éléments de la 501ème Légion sur le Devastator et rejoignez le Poing d'Acier du capitaine Zsinj.
-N'es-ce pas le capitaine Shonn Volta qui commande le Dévastator?
L'Empereur gloussa doucement.
-Tout à fait et je me suis arrangé pour qu'elle apprenne ce qui est arrivé à l'amiral Laurita Thom, confia-t-il avec un large sourire.
Dark Vador se souvenait de ce jeune officier de l'académie de Raithal, à moitié défiguré et amputé du bras gauche. Son rôle dans l'échec du coup d'état de Gentis avait été crucial et il avait été promu amiral.
L'Empereur avait fait comprendre à son apprenti que ses qualités faisaient de lui un sucesseur potentiel. Voilà pourquoi il l'avait jeté dans le vide, comme on se débarasse d'un outil devenu encombrant.
Quant à Shonn Volta.. il n'oubliait pas de sitôt cette rancoeur palpable lorsqu'il lui avait annoncé la nouvelle de sa tragique disparition. Elle était sensible à la Force, elle l'avait senti jusque dans son âme. Elle avait éprouvé de l'amour pour cet homme.
-Vous voulez tester sa loyauté, devina-t-il. Savoir si elle sera assez forte pour nous servir sans restriction.
-Et éprouver votre instinct de conservation si elle ne l'est pas.
La respiration de l'ancien Jedi devint plus rauque à travers le vocodeur. L'irritation commençait à le gagner.
-Ne m'avez-vous pas suffisamment mis à l'épreuve, maître?
-Je veux m'assurer que votre vigilance ne se relâchera pas, mon ami. La pitoyable tentative de Gentis a certainement laissé des traces et les rumeurs courent que parmi les officiers du Devastator, certains auraient éprouvé une grande sympathie pour sa cause.
-Et vous nommez Shonn Volta à leur tête. N'es-ce pas risqué?
De nouveau un sourire infantilisant flotta ses lèvres.
-Dans le pire des cas, vous vous chargerez de purger ce qu'il reste de la sédition de Gentis. Mais gardez d'abord à l'esprit que vous devez écraser cette rébellion de Dathomir avant qu'elle ne se répande.
-Ce sera fait, maître.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :mrgreen: !

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 27 novembre 2017, 13:10

Bonjour, voici la suite!

Dathomir, six jours après la capture de la prison

Oreste ne quittait pas des yeux la lointaine silhouette triangulaire du destroyer Venator qui croisait au large de la planète et instauré un blocus inexpugnable depuis hier soir. Son apparition brusque avait provoqué un grand émoi au sein des Chutes Brumeuses.
Depuis tout le monde demeurait en éveil et le jeune corellien n'avait pas fermé l'oeil de la nuit, obnubilé par le grand affrontement qui ne tarderait pas à se concrétiser. Il serrait dans son poing le Bâton Obscur, l'esprit de Rivan demeurant muet après l'attaque de la prison et la libération des prisonniers.
Il longeait le bord du lac lorsqu'il croisa le chemin d'une rattataki encapuchonnée.
-Préoccupé? Lui demanda Asajj Ventress avec un sourire en coin.
-Avec un Venator au-dessus de la tête, il y a de quoi.
-Tu le seras bien plus quand d'autres viendront.
Il s'impatienta devant le ton de la Dame du Pardon qui suintait le reproche.
-Pourquoi êtes-vous ici? J'ai cru comprendre que vous ne vouliez pas vous battre.
-Gelfran m'a raconté que tu avais envoyé un message à l'Empire depuis la prison. Tu comptais en parler à qui que ce soit?
-Tout le monde l'aurait su bien assez tôt. Vous n'avez pas répondu à ma question, lui fit-il remarquer.
L'ancienne Jedi Noire ôta son capuchon avant de s'approcher, son oeil bionique braqué sur sa figure creuse.
-Dathomir est devenu mon foyer. Qui ne se battrait pas pour son foyer? Expliqua-t-elle.
-Vous ne m'avez pourtant pas soutenu.
-J'espérais que cela te dissuaderait de partir en guerre mais cela n'a pas marché.
-Ravi que vous soyez de mon coté. Nous aurons besoin de toutes les forces disponibles pour la bataille.
-Tu parles comme si cette guerre n'était pas la tienne.
À cet instant, le Jedi Noir sentit la présence de Tzipah troubler ses perceptions sensorielles. La jeune femme n'était pas seule. Cinq autres Sorcières l'accompagnaient, qui provenaient d'un clan autre que les Chutes Brumeuses ou la Montagne Qui Chante.
-Voici les Soeurs de la Rivière Rêveuse. Elles souhaitent nous rejoindre mais non sans conditions, précisa-t-elle au corellien.
-Ont-elles parlé à la matriarche?
-Nous venons de le faire, répondit l'une des hôtes, une femme plus âgée que Tzipah qui portait une balabre le long de sa joue gauche.
-C'est à moi que vous voulez parler?
-Elle s'appelle Lehiem, ajouta Tzipah qui s'écarta à son intention.
Oreste l'étudia de haut en bas. Sa posture et ses traits lisses mais fatigués traduisaient d'une guerrière sculptée par Dathomir et ses dangers.
-Nous avons entendu parler des prouesses du sorcier des étoiles dans les combats contre les Soeurs de la Nuit et les hors monde impériaux. Nous acceptons de rejoindre les Chutes Brumeuses, la Montagne Qui Chante et les Collines Rouges si tu acceptes de nous rendre un service.
-Quel service?
-Depuis qu'Allya a écrit le Livre de la Loi, les hommes sont sous notre tutelle. La plupart l'ont toujours accepté, mais pas tous. Ceux qui parviennent à nous échapper se constituent en groupes qui survivent difficilement.
L'ancien apprenti de Nejaa Halcyon commença à deviner la teneur du service qui allait lui être demandé mais il la laissa poursuivre.
-Depuis plusieurs printemps, un hors monde du nom de Farron a unifié ces groupes en un clan. À la fois constitué d'hommes et de Parias.
-De Parias? Fit Oreste.
-Des femmes incapables de maîtriser la magie d'Allya, lui expliqua Tzipah.
-Ce clan peu après sa création a commencé à lancer des raids sur notre clan et d'autres pour nous voler de la nourriture, du matériel et des armes. Occasionnant parmi nos rangs des pertes inadmissibles.
-Vous avez tenté de négocier avec eux? Demanda-t-il.
-Non, nous ne négocions pas avec des inférieurs, trancha Lehiem inflexible. Surtout lorsqu'ils représentant une menace pour notre sécurité ou nos coutumes. Nous avons de les localiser et de les mettre hors d'état de nuire sans y parvenir.
Il ne put s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres bien qu'il connut d'avance la réponse.
-Que dois-je faire?
-Détruire le clan Farron, asséna Lehiem sans équivoque. Et nous souhaitons que la Dame du Pardon vienne soigner immédiatement nos malades. Les Soeurs de mon clan se battront à tes cotés à ces conditions.
-Permettez qu'on en discute, intervint Asajj en enroulant son bras autour de celui d'Oreste pour l'entraîner à l'écart.
Lorsqu'ils furent certains d'être hors de portée de voix, il l'interrogea:
-Cela vous pose un problème d'aller les soigner?
-Non, c'est de l'autre problème dont il s'agit. Celui que tu es chargé de résoudre.
L'inquiètude de l'ancienne séparatiste imprégnait les courants de la Force. Il s'empressa de l'apaiser.
-Je ferai ce qu'il faut, affirma-t-il.
-C'est justement ce qui me fait peur.
Ils revinrent finalement vers le groupe de plénipotentiaires.
-Nous serons honorés de vous aider, ponctua la rattataki avec un sourire engageant. Montrez-moi le chemin de votre clan.
-Mes Soeurs t'accompagneront, accepta Lehiem.
-Où se trouve le clan Farron?
La Sorcière de la Rivière Rêveuse lui montra de l'index l'horizon lointain où se confondait la mer de pins et le ciel nuageux.
-Vois-tu ces collines?
Oreste plissa les yeux et parvint à discerner quelques bosses irrégulières qui émergeaient du manteau verdâtre.
-C'est là qu'ils ont été aperçus la dernière fois par nos éclaireuses, ajouta Lehiem.
-Je serai revenu avant la fin de la journée.
Il vérifia l'état de son sabre laser et fixa de nouveau le Bâton Obscur qu'il tenait entre ses doigts. Avant de s'adresser à Tzipah qui s'était rangée à sa hauteur. Elle souhaitait évidemment venir avec lui, cela ne faisait aucun doute.
-Je ne crois pas qu'ils apprécieraient de voir une Sorcière avec moi. Ils n'auraient pas envie de me recevoir, lui fit-il remarquer.
Elle masqua sous un sourire amical, sa déception.
-Tu as raison. J'espère que tout se passera bien.
-Il n'y a pas de raison pour cela se passe mal.
La jeune guerrière des Chutes Brumeuses perçut que le ton de son compagnon manquait de légèreté insouciante. Comme s'il craignait lui-même que le pire arrive. Elle lui serra le coude, pour exprimer la chaleur de ses sentiments à son égards et endiguer sa nervosité. Puis elle le laissa s'éloigner non sans émotion.
Alors qu'il passait devant les sentinelles, devançant Asajj escortée par les émissaires de la Rivière Rêveuse, son chemin croisa celui de Gelfran.
-Eh gamin, où vas-tu comme ça? L'interpella abruptement le contrebandier.
-Me promener, lui répondit-il d'une voix égale. Je serai de retour aux Chutes Brumeuses avant la tombée de la nuit. Comment se passe l'entraînement à la prison?
-Sans histoires, grogna Gelfran.
Il ne semblait pas vouloir prolonger la conversation plus de temps que nécessaire.
-Te fais pas piétiner par un rancor, lui souhaita-t-il.
-Vous non plus.
Il reprit sa marche et après quelques mètres tourna la tête par dessus l'épaule. Il aperçut brièvement la rattataki appeler Gelfran pour lui parler. Il haussa finalement les épaules, persuadé que cela ne le regardait en rien.


Il lui fallut toute la matinée pour arriver à destination des collines. Il commençait à distinguer entre les troncs des pins des tentes en peaux de reptile installées sur les pentes faiblement inclinées. Ça et là, des fumerolles de foyers non ravivés s'élevaient en fins panaches blancs.
Il vit des silhouettes passer et repasser, principalement des hommes. Certains étaient armés, d'autres non. Le jeune corellien était étonné de ne pas voir de sentinelles, ce qu'il interpréta comme une négligence de leur part.
Jusqu'à ce qu'il entendit un craquement presque imperceptible, au-dessus de sa tête. Sans réfléchir, il se jeta sur le sol en avant. Après avoir accompli sa roulade, il pivota sur ses appuis pour faire face sabre laser allumé et Bâton Obscur brandi à celui qui venait de tomber dans son dos.
Une créature félinoïde à peine plus petite que lui, le toisait avec une hostilité latente. Sa fourrure claire et argentée recouvrait tout son corps, qui ne comportait comme habit qu'un simple short. Lors de sa formation au Temple de Coruscant, Oreste avait montré un interêt certain pour l'études des félinoïdes.
C'était un trianii qui lui faisait face, une espèce originaire du Secteur Corporatif.
-Je suis venu discuter, lui fit le jeune corellien. Avec Farron.
-Tu n'es pas d'ici, miaula doucement le non humain en exibant ses mains griffues.
Je ne suis pas sûr que cela ne soit une bonne idée de leur dire ce que tu es devenu maintenant, ricana Rivan.
-Je dois parler avec Farron, maintenant, insista le jeune homme en levant son sabre laser. Menez-moi à lui.
-Eski ne vous fera pas de mal si vous ne lui donnez pas de raison de le faire.
Un humain à la peau sombre chauve, grand et athlétique venait de surgir sur sa droite. Ses vêtements simples et usés étaient faits en peaux de reptile et étaient composés d'une veste déchirée; d'une chemise à peine en meilleure état tout comme le pantalon et les bottes. Ses traits étaient ceux d'un leader de quarante ans, fatigué par les conditions de vie d'un monde rude et les injustices de coutumes strictes d'une société matriarcales en place depuis plusieurs siècles.
Oreste le vit ranger son blaster lorsque lui-même éteignit son sabre laser.
-Ce sont les Sorcières qui vous envoient?
Le Jedi Noir hocha la tête avant que Farron ne l'invita à le suivre d'un geste courtois de la main.
-Reste à l'affut, Eski.
-Oui, Farron.
Le félinoïde s'éclipsa la seconde d'après avec une vitesse et une agilité surprenante. Tandis que le chef du clan rebelle l'amena au milieu de leur campement. Le corellien eut l'occasion de constater la famine et la paupérisation qui frappait ceux et celles qui avaient choisi de suivre Farron. Cela se voyait non seulement à l'état de leur tenue mais aussi à leur maigreur. Plusieurs dizaines s'approchèrent d'eux et étudièrent Oreste avec crainte et fascination.
Contrairement à Farron.
-Je ne suis pas le premier Jedi que vous rencontrez.
-Des Jedi ont servi avec nous à Troïken, pendant la Guerre Hyperspatiale de Stark. Sous les ordres de Ranulph Tarkin.
-Je suis étonné que nous n'ayez pas posté de sentinelles autour de votre camp. C'est plutôt imprudent de la part d'un vétéran, lui fit observer le rescapé de l'Ordre 66.
Farron lui accorda seulement un sourire malicieux.
-Eski suffit à cette tâche.
Oreste étendit ses perceptions vers les femmes qui l'entouraient, certaines tenant par la main des enfants chétifs. Toutes lui renvoyaient un écho presque absent. Comme Tzipah le lui avait affirmé, aucune n'était sensible à la Force. Toutes les dathomiriennes présentes avaient été rejetées par leurs clans respectifs pour cette raison.
Une devaronnienne au visage creusé appela Farron.
-Il est venu nous aider? Demandait-elle à propos du corellien.
-J'espère pouvoir le convaincre de le faire.
Farron avait tort de se faire des illusions sur les intentions d'Oreste. La demande de la Rivière Rêveuse avait été on ne peut plus explicite et les autres clans souhaitaient également la fin de ce clan renégat même si les Chutes Brumeuses ne l'avaient jamais formulé.
-Comme vous pouvez le vérifier de vos yeux, nous ne possédons presque rien, commença Farron. Nous tentons de survivre par tous les moyens.
-Y compris en tuant? En pillant?
Le chef des insoumis garda son calme.
-Les Sorcières disposent de la Force pour accomplir tout ce qu'elles veulent. Nous non, alors nous sommes obligés de nous adapter. Et d'employer des moyens radicaux pour nous assurer un semblant d'avenir.
D'une certaine manière, l'ancien apprenti de Nejaa Halcyon le comprenait et même l'estimait pour le dévouement dont il semblait faire preuve envers sa communauté. Il avait le souci du bien être des siens.
-Je conçois que vous soyez prêts à tout pour des raisons louables. Mais vos attaques contre la Rivière Rêveuse et les autres clans doivent cesser.
-Nous serions prêts à le faire si les Sorcières acceptaient de nous offrir une partie de leurs ressources. Mais elles ne le feront jamais. À moins que vous ne les persuadiez de se résoudre à quelques concessions.
-Malheureusement le temps manque pour ça. Je ne peux pas vous aider mais vous vous rendrez service en cessant vos raids.
-C'est impossible, vous le savez bien. Nous vivons libres et nous ne sommes pas prêts à y renoncer.
La tristesse appesantait le coeur du jeune corellien qui percevait la détermination de Farron. Il pensait ce qu'il disait et cela aurait pour conséquence de futures attaques contre les clans de Sorcières. Y compris contre celui de Tzipah.
Peut-être que Tzipah elle-même risquait d'en payer le prix. Jamais il ne l'accepterait.
-Alors, il ne me reste plus qu'une chose à faire.
Un néon vert crépitant se déploya et faucha Farron sous les yeux horrifiés de tous les membres de son clan. La victime entaillée profondément au niveau du diaphragme fixait intensément le Jedi Noir de ses yeux sombres agrandis par l'agonie avant de s'effondrer sur le dos d'une seule pièce. Tous reculèrent devant Oreste qui brandissait son sabre laser.
L'instant de stupéfaction passé, certains réagirent tandis que d'autres restaient pétrifiés sous le choc de ce meurtre. Une femme ramassa une pierre pour la lui lancer au visage, il la devança en lui broyant la gorge à l'aide d'un étranglement de Force.
Des blasters, des lances improvisés et des gourdins enflammés apparurent dans les poings rageurs des exilés.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir. Je fais ce qui est juste.
C'est ce qui le poussa à agiter sa lame de feu pour repousser un à un les tirs désordonnés, démembrer ceux qui se portaient au contact. Une étrange lueur enflammée dansait dans ses iris verts et gris. Annonçant la mort qui s'abattait comme une tempête, incarnant les tourments d'une âme perdue et persuadée d'être dans son bon droit.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir.
Il ne les tuait pas par plaisir mais parce qu'il devait le faire, pour rendre à la galaxie son harmonie. Pour s'assurer que d'autres familles ne souffriraient pas. S'assurer que d'autres familles ne seraient pas détruites comme sa famille l'avait été sur Corellia. Et comme d'autres de sa propre main..
Beliem, il le faisait pour Beliem. Et il devait assurer l'avenir de Tzipah, car une part de lui ne supporterait pas que son bonheur soit entaché.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir.
Et il devait mettre fin à leur existence, parce qu'il avait besoin des Sorcières de la Rivière Rêveuse pour augmenter leurs chances de victoire contre l'Empire. Voilà pourquoi il s'avançait pas à pas, indifférent aux cris de douleur et aux hurlements déchirants des enfants qui voyaient leur père, leur mère tomber en un seul morceau ou en plusieurs à la fois.
Au bout de deux minutes, il avait fait le vide autour de lui. Ne se trouvait plus face à lui qu'une meute d'enfants en bas âge, apeurés. Protégés par quelques mères qui faisaient barrage de leur corps. L'une d'elles, la devaronnienne, lui cria d'une voix brisée par le désespoir.
-Tuez-nous si vous voulez! Mais laissez vivre nos enfants! Le supplia-t-elle.
Les larmes perlaient de ses yeux mais n'émouvaient pas vraiment Oreste. Il avait déjà vu tant de morts pendant la dernière guerre, tant de familles brisées. Des veufs, des veuves et des orphelins. Son coeur s'était fermé depuis longtemps devant ces drames. Sa compassion s'était tarie puis asséchée.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir.
Mais il n'était pas un monstre pour autant.
-Je ne séparerai jamais un enfant de ses parents, asséna-t-il en levant son sabre laser. Vous n'aurez plus rien à craindre des Sorcières et elles n'auront plus rien à craindre de vous.
Il abattit son arme d'un coup sec, abrégeant sa vie. Et fit de même pour les trois autres femmes qui s'étaient jetées vainement pour tenter de le désarmer. Il les enjamba leurs cadavres, faisant reculer la vingtaine d'enfants qui se serraient les uns contre les autres.
Leur terreur collective saturait ses sens alors que l'esprit de Dark Rivan s'en nourrissait. Amplifiant sa joie et par la même occasion l'omniscience du jeune corellien. Celui-ci ne pouvait s'empêcher d'être grisé malgré lui.
-Ce sera bientôt fini, vous ne souffrirez plus. Vous serez en sécurité.
Il fit danser la crosse dans sa paume et acheva le sale travail. D'un certain point de vue, il avait tenu la promesse qu'il venait de leur faire. Il contemplait les petits corps chétifs fumants dont il avait ôté la vie lorsqu'une masse s'abattit sur son dos, le flanquant au sol et lui faisant lâcher son sabre laser.
-Meurtrier! Feula à ses oreilles une voix enragée.
Il sut de qui il s'agissait, lorsque des griffes labourèrent ses omoplates en le soulevant comme une brindille. Puis il fut projeté en l'air à plusieurs mètres de là, avant de se réceptionner sur ses appuis d'un élégant salto arrière.
Pour faire face au trianii Eski dont l'ouïe extrêmement fine lui avait permis de surprendre le vacarme du massacre.
-Tu aurais du sauver ta peau.
-Farron était un ami, lui expliqua le félinoïde qui lui montrait ses griffes, prêt à lui arracher les tripes. Il m'a délivré des Sorcières après tout ce qu'elles m'ont fait.
Il lui montra les poils abîmés de sa fourrure, signe des maltraitances qu'il avait subi. Visiblement, le clan de la Rivière Rêveuse faisait partie des clans les plus conservateurs et des plus rudes concernant le traitement de leurs hommes.
Surtout envers les non humains. Oreste sentit le doute le saisir insinueusement. Avait-il vraiment fait ce qu'il fallait? Devait-il s'assurer l'alliance des Sorcières à n'importe quel prix?
Il était trop tard pour reculer, il ne parviendrait pas à calmer le trianii.
-J'avais une dette d'honneur envers lui. Je n'ai pas su le protéger mais je vais le venger.
D'un bond, il se jeta sur le Jedi Noir pour le dépecer. Oreste savait que son sabre laser était hors de portée mais il lui restait le Bâton Obscur.
Offres-moi son âme, lui demanda Rivan.
Le pommeau du sceptre étincela de nouveau et un éclair en jaillit en un arc mauve sinistre qui s'enroula autour du félinoïde et le flanqua rudement au sol. Il se convulsa en tentant de se relever, faisant preuve d'une grande robustesse physique.
Mais il ne put empêcher son essence vitale d'être aspiré. Au grand plaisir de Dark Rivan qui l'absorba.
Tous les sacrifices que tu as accepté te rendent plus fort, ils te permettront d'accomplir ta vengeance contre tous ceux qui t'ont opprimé. Et d'oublier ceux qui t'ont menti.
-C'est bien pour ça que je le fais. Apprenez-moi des trucs utiles et arrêtez d'enfoncer des portes déjà ouvertes.
Il invoqua la Force et le sabre laser bondit dans sa main avant qu'il ne le rangea à la ceinture.
-J'ai trouvé ce spectacle très distrayant, s'éleva une voix harmonieuse et cristalline dans son dos.
Il se raidit lorsqu'il se tourna vers une jeune femme blonde qui n'était pas Orcheron. Il reconnut la chef des Soeurs de la Nuit, l'amie de Baritha, qu'il avait délivré de la prison impériale quelques jours auparavant.
-Gethzerion Djo. Que venez-vous faire ici?
-J'avais déjà entendu parler de ce clan Farron par une de nos soeurs qui avaient appartenu à la Rivière Rêveuse. J'avais pensé à le démanteler et à emmener les survivants comme esclaves. Nous sommes très soucieuses de préserver les traditions.
-Vous n'aimez pas le changement, je l'avais compris.
Lorsqu'elle s'approcha jusqu'à ce qu'il renifla son haleine, il put remarquer les deux vaisseaux sanguins éclatés sous la peau qui couraient le long de ses tempes jusqu'à la machoîre, ternissant sa grande beauté.
-Et tu nous as rendu un grand service. J'avais hâte de te rencontrer, de voir de mes propres yeux le mâle sorcier dont Baritha n'a cessé de me parler. Qui aurait pu penser qu'un étranger serait le meilleur gardien de nos coutumes?
Elle lui effleura le menton d'un index aguicheur, avec un sourire sournois. Il s'efforça de demeurer stoïque.
-J'ai conclu un marché avec votre amie Baritha.
-Et nous te savons gré de nous avoir offert les nouveaux esclaves. Baritha m'a informée de ce marché.
-Es-ce qu'il tient toujours?
-Bien sûr, susurra-t-elle. Les véritables Filles d'Allya n'ont qu'une parole.
-Cela j'en doute, vous êtes des adeptes du Coté Obscur.
Elle gloussa l'espace d'un instant tout en soutenant son regard.
-Et toi, non?
Elle se réjouit de voir son expression s'assombrir surtout lorsqu'elle enfonça le clou.
-Tu refuses peut-être de l'admettre, mais tu nous ressembles. Je me demande quelle opinion nos autres Soeurs égarées ont de toi.
-Ca suffira pour aujourd'hui, la discussion a assez duré, coupa-t-il sèchement. Je vous recontacterai pour vous communiquer mon plan de bataille et vous préciser le rôle que vous y tiendrez.
Elle le toisa de haut en bas avec une suffisance presque agaçante.
-J'attends notre prochaine rencontre avec impatience.
Elle passa derrière lui en claquant sa main sur ses hanches en signe de provocation. Il garda le contrôle de lui-même bien qu'il ressentait une furieuse envie de la décapiter avec son sabre laser. Il l'entendit s'éloigner avec un rire léger.
À son tour, il reprit le chemin du retour vers le clan de Tzipah. En réfléchissant bien aux mots qu'il devait choisir judicieusement pour ne pas dévoiler trop précisement ce qui s'y était passé.

Voilà j'espère que cela vous plaira! à la prochaine :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 03 décembre 2017, 20:16

Bonsoir voilà la suite!

Lorsqu'il revint aux Chutes Brumeuses, il s'attendait évidemment à être attendu. Et il ne fut pas vraiment déçu.
Tzipah, Gelfran et la dénommée Lehiem patientaient dans le hall de la forteresse troglodyte du clan. Le contrebandier fut le premier à s'enquérir de son état.
-Content de te revoir en vie.
Oreste perçut que son ton était encore plus bourru et abrupt que d'habitude, comme s'il était au courant de quelque chose de nouveau. Par constraste Tzipah l'accueillait avec une mine chaleureuse, ce qui ne manqua pas de le rassurer. Lehiem gardait une expression fermée, se contentant de le fixer avec sévérité.
-Eh bien? Fit celle-ci.
-Ils ne seront plus une menace, lui assura-t-il.
Subitement préoccupée Tzipah lui saisit la main, en plongeant ses yeux bleus azur.
-Qu'as-tu fait précisement, Oreste?
-Ils sont en sécurité, il n'y aura plus de problème.
La jeune Sorcière inspira un grand coup. Une étrange ombre de culpabilité avait figé les traits du jeune corellien, bien qu'il faisait preuve d'un calme impressionnant, voire serein. Elle murmura un sort visant à le sonder dans la Force.
Elle percevait sa sincérité, une fois encore. Elle lui accorda un nouveau sourire puis s'écarta alors que Lehiem ne masquait pas sa perplexité.
-Qui nous garantit qu'il n'y aura plus de problème?
-Ma parole devrait vous suffire, répliqua le Jedi Noir irrité.
-Je me porte garant de lui, intervint Tzipah. Au nom des Chutes Brumeuses.
Lehiem se mordit la lèvre avant d'accepter la version présentée par le corellien. Une heure plus tard, Climber rentra lui aussi aux Chutes Brumeuses, précédé de peu par des dizaines de guerrières des Collines Rouges qui venaient honorer l'amitié avec le clan de Tzipah. Plusieurs d'entre elles furent reçues à l'écart par Remora A'alta à qui elles présentèrent leurs hommages.
Celle qui les commandait vint se ranger à leur hauteur, une Sorcière du nom de Yalion. Elle planta sa lance dans le sol alors qu'Oreste étudiait du coin de l'oeil, les épais tatouages écarlates qui cachaient ses joues.
Climber s'éclaircit la gorge.
-Les nouvelles recrues devraient avoir acquis les bases assez rapidement. Après pour en faire de vrais soldats..
-Morgan Vandrack et ses miliciens nous aident comme ils peuvent, plaida Gelfran. Mais il nous faudrait une aide extérieure.
-L'aide extérieure ne sera pas un souci, assura Oreste. Quand nous aurons remporté la victoire, la galaxie entière se soulèvera.
-Après une guerre de trois ans? Cracha le contrebandier. Ca m'étonnerait beaucoup mais après tout l'espoir fait vivre.
-Nous aurons le temps d'en reparler si nous survivons à la prochaine bataille, suggéra le clone mutin de Murkhana.
Il s'avança au milieu du cercle et posa un disque holographique au sol. Aussitôt, une carte en trois dimensions de la planète flotta au-dessus d'eux.
-Gelfran et moi l'avons récupéré dans les archives de la prison. L'Ancienne République avait déjà commencé à cartographier les environs plusieurs siècles avant. Je dirais même bien avant l'apparition des Sorcières de Dathomir.
La sphère bleutée représentant la planète disparut pour laisser place à une représentation d'un terrain faisant penser à une cuvette.
-La clé de la victoire contre l'Empire est le choix du terrain. À quinze kilomètres standart, je me suis intéressé au lit d'une rivière asséchée qui se situe au milieu du vallon adossé contre le flanc d'une montagne. De part et d'autre de ce lit, les bois peuvent idéalement masquer plusieurs de nos forces à l'ennemi.
-Sauf si l'Empire utilise ses scanners, fit remarquer le contrebandier. Cela m'étonnerait que les imps soient assez stupides pour s'engager à la légère sur un terrain qu'ils ne connaissent pas.
-Les scanners peuvent être brouillés à l'aide de la Force, affirma le Jedi Noir. Ce sont les Sorcières qui s'en chargeront donc.
-Cela ne nous posera problème, appuya Tzipah. Comment comptez-vous les attirer jusqu'à ce terrain-là?
-Il ne fait aucun doute que lorsque les impériaux atterriront, expliqua Climber, ils tenteront de reprendre la prison. Ne serait-ce que pour y établir leur base d'opérations. Ensuite lorsqu'ils enverront des patrouilles, il faudra leur tendre des embuscades ou lancer des raids sur leur campement et leur infliger des pertes significatives.
-Pour éroder leur moral et les pousser à se lancer à notre poursuite, ajouta Gelfran. Les attirer là où nous le voulons.
Tous gardèrent un silence réfléchi. Et montrèrent ainsi une approbation unanime au plan proposé par Climber.
-Vous avez un dispositif tactique? Demanda Oreste.
Le clone montra alors le sommet de la carte.
-Comme vous pouvez le constater, le lit de la rivière se rétrécit en remontant vers la montagne en une sorte de goulot d'étranglement. J'ai prévu de faire construire quatre tranchées, la suivante surplombant la précédente en pointe de flèche dirigée vers la montagne, de manière à prendre l'ennemi sous des tirs croisés.
-L'avantage est que l'ennemi ne pourra pas contourner notre position, déclara Gelfran. Même en faisant atterrir des troupes spécialisées. Morgan Vandrack pense qu'ils privilégieront un assaut frontal massif à renforts de blindés et de navettes d'assaut. De part et d'autre des tranchées et sur les hauteurs, des canons blasters seront installées pour contrer les menaces aériennes.
-Si ça tourmait mal, l'inconvénient de notre position est que personne ne pourra battre en retraite. Nos gars se battront dos au mur. Mais je pense qu'ils ont accepté l'idée qu'ils préféreraient mourir plutôt que de se rendre.
Cette fois, les visages arborèrent une gravité à la hauteur du sacrifice qu'ils devraient consentir face à des troupes aguerries par des années de combat.
-Alors ceux que vous avez entraînés avec Gelfran seront encadrés par Vandrack et ses miliciens et encaisseront le gros de l'attaque, résuma Oreste. Et les Sorcières les attaqueront de flanc lorsqu'ils seront pleinement engagés.
-Nos Soeurs patienteront jusqu'au signal, accorda Tzipah.
-Et quel sera ce signal? Fit le Jedi Noir.
Gelfran répondit seulement par un sourire énigmatique.
-Disons qu'on a concocté une petite surprise à nos amis impériaux, dit Climber.
-Quand allez-vous commencer à creuser les tranchées? Fit Lehiem.
-Nous avons commencé il y a deux heures standart. D'autres questions?
-Une, intervint Oreste. D'autres clans de Sorcières ont-ils prévus de nous rejoindre?
Le jeune corellien fixa alternativement Tzipah, Lehiem et Yalion. Ce fut celle-ci qui répondit finalement:
-Pas pour le moment.
Le clone qui présidait le briefing, guetta de nouvelles questions qui ne vinrent pas. Il y mit un terme et chacun s'éloigna de son coté. Lehiem de la Rivière Rêveuse et Yalion des Collines Rouges allèrent rejoindre Sira et Magash pour leur faire part du plan de Climber qui était reparti avec Climber vers la prison.
Tzipah prit alors la main de son compagnon pour l'entraîner dans son sillage. Et le ramener chez elle, où le droïde Topaze les attendait.
-Maîtresse Tzipah, le dîner est prêt.
Deux écuelles tenaient dans ses mains mécaniques.
-Merci Topaze, fit-elle en les saisissant. Tu peux disposer.
Ils furent tous les deux laissés seuls et ils s'installèrent sur le sol même face à face. Le dîner fut avalé en silence, Oreste se forçant à avaler les tripes de kwa qu'il peinait à digérer. Il avait espéré s'y habituer depuis le temps..
Les deux écuelles furent ramassées par Topaze et le jeune corellien alla se pencher à la fenêtre. La jeune Sorcière l'y rejoignit, après avoir ravivé les braises éteintes à l'aide d'un sort invoqué par chant.
La nuit brillait grâce aux reflets des quatre croissants de lunes dont les reflets éclairaient les sommets des pins. Tzipah observa le regard du sorcier des étoiles qui se perdait au-delà des astres, ses yeux verts et gris embués d'une lointaine nostalgie.
-Comment s'appelle le monde d'où tu viens? Lui demanda-t-elle.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon fit face à ses yeux bleus azur.
-Corellia, répondit-il.
-Es-ce que ça ressemble à notre foyer?
Malgré lui, il se souvint des premières années de son enfance. Les parfums des jardins et des parcs naturels lors des promenades en familles hanteraient à jamais sa mémoire. Cette époque lui paraissait tellement irréelle.
-Un peu, avoua-t-il.
Il s'accorda une pause.
-Mais j'ai connu surtout la ville, que ce soit Corellia ou ailleurs.
-Ville? Fit-elle devant ce mot dont elle ne saisissait pas le sens.
-Disons un village beaucoup plus grand, plus haut et beaucoup plus peuplé que le tien.
Elle hocha la tête pour marquer sa compréhension.
-Là-bas, es-ce les femmes ou les hommes qui dirigent?
-Eh bien ça dépend. Les gens choisissent qui ils veulent pour les gouverner.
-Votre système est juste?
-Il l'était à peu près jusqu'à la fin de la dernière guerre. Maintenant, c'est devenu une tyrannie à la solde de l'Empire.
-Tu voudrais rentrer chez toi, un jour?
Oreste détourna le regard et elle regretta d'avoir remué une corde sensible. Mais elle décela néanmoins au fonds de ces yeux verts et gris cette fêlure qui n'avait pas cicatrisé.
-Je n'ai plus de chez moi, lui rappela-t-il. L'Empire l'a détruit.
-C'est pour cela que tu fais tout ça.
Il ne sentit aucun reproche dans sa voix. Elle ne semblait pas le juger mais au contraire essayer de comprendre sa complexité. Comme Beliem..
Beliem ne l'avait jamais jugé pour ce qu'il était mais seulement pour le bien qu'il pouvait accomplir. Il fut tenté un instant d'ouvrir son coeur, de s'immerger pleinement dans la Force pour que Tzipah découvre tout ce qu'il est, tout ce qu'il avait été. Peut-être même tout ce qu'il pourrait redevenir..
Mais il ne pouvait pas le faire sans la laisser découvrir ce qui était arrivé au clan Farron. Sans prendre le risque qu'elle ne le rejette.
-Oui, avoua-t-il.
-Ta Beliem serait-elle d'accord?
Il accrocha ses yeux bleu azur.
-Beliem est morte et tout ce que je pouvais espérer devenir est mort avec elle. Les morts ne donnent pas leur avis.
-Alors écoute les vivants, le pressa-t-elle.
Elle attrapa sa nuque d'une main délicate mais convaincue pour rapprocher son visage du sien. Pendant un moment furtif, il crut voir Beliem en face de lui. Beliem qui ne l'avait pas oublié pendant toute sa formation au Temple de Coruscant, pendant toute la durée de la guerre. Beliem qui avait trépassé sous ses yeux, qui lui avait été arrachée en même temps que la joie, la paix, la bienveillance.
L'espoir.
Lorsqu'il réalisa qu'elle voulait l'embrasser comme il l'avait laissé faire la dernière fois, il la repoussa un peu brusquement.
-Désolé.. je ne peux pas, s'excusa-t-il.
Tzipah garda son calme tout en lui déclarant.
-Je n'ai pas peur de mes sentiments, aie le courage d'affronter les tiens.
Il avait été sur le point d'expliquer qu'en tant que Jedi, il devait s'interdire d'éprouver quoi que ce soit. Mais il s'était autorisé à ressentir des sentiments certains pour la jeune Sorcière.
Comme autrefois pour Beliem.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir. Je suis libre maintenant de ne plus brider mes émotions.
Tout à fait, appuya l'esprit de Rivan dans le Bâton Obscur qu'il tenait toujours dans la main. C'est la véritable voie des adeptes de la Force.
Oui, il était maintenant débarrassé de toute entrave. Fort de cette vérité nouvelle, il se permit de sourire.
-Tu as raison, reconnut-il.
Il laissa la jeune dathomirienne coller ses lèvres contre les siennes. Il ferma les yeux comme elle, se laissant enivrer par ce moment d'innocence que la guerre imminente amenée par l'Empire ne leur accorderait plus de sitôt.
Lorsqu'ils s'écartèrent, Tzipah semblait ravie.
-J'espère que tu auras moins de secrets à me cacher à l'avenir.
Le corellien masqua son trouble, provoqué par ces mots. Qu'avait-elle vu en lui? Il ne saurait y répondre.. mais elle semblait résolue à se fier à lui malgré ses propres doutes à cause de l'obscurité qui gagnait du terrain en lui.
Il la vit s'allonger sur le dos pour passer la nuit sur la paillasse. Il guetta le sommeil qui l'envahit peu à peu en l'espace de quelques minutes et tourna de nouveau son regard vers l'horizon nocturne. Là où se camoufllaient et attendaient les Soeurs de la Nuit.
Il crispa un peu plus ses doigts sur le Bâton Obscur et se noya un peu plus dans le raz de marée de ténèbres que concentrait l'esprit de Rivan.
Cherche-les, cherche-les.
Et il les vit comme s'il les regardait de ses propres yeux verts et gris. Un groupe de sombres magiciennes, réunies autour d'un brasier vif et étincelant qui leur permettait de contenir la fraîcheur de la nuit.
Parmi elles, Gethzerion Djo..
Il se plongea un peu plus dans la Force et tenta de sonder son esprit pour insuffler dans ses pensées ces mots.
Nous avons besoin de parler.
La chef des Soeurs de la Nuit tressauta comme si une vipère kodashi l'avait piquée. Avant de se ressaisir et de prendre congé en avertissant la Sorcière qui se tenait à sa droite, Baritha. Celle-ci ne broncha pas bien que la surprise s'exprimait sur ses traits défigurés par l'usage de la magie sombre d'Allya.
Grâce à la vision procurée par le Bâton Obscur, Oreste suivit Gethzerion jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à s'isoler du reste de ses consoeurs.
C'est le moment, l'encouragea l'antique Sith zélosien.
Le jeune corellien se sentit aspiré dans un maelström d'énergie concentrée et déformée jusqu'à se retrouver nez à nez avec la Soeur de la Nuit. Celle-ci le regarda vaciller comme pris d'un vertige avant de retrouver sa contenance. Il répondit à son sourire sarcastique par une froideur certaine et peu engageante.
-Venons-en au fait, je n'ai pas le temps d'échanger des amabilités, commença-t-il sans tact. Vous savez pourquoi je suis ici.
-Tu vas droit au but, minauda-t-elle. Cela me plaît.
Le compliment s'émoussa sur ses traits fins durcis par les circonstances.
-L'Empire va bientôt atterrir en force sur la planète dans les jours qui suivent. Leur premier objectif sera la reprise de la prison. Je veux m'assurer que vous jouerez le rôle que vous accepterez de jouer.
En d'autres moments, la Soeur de la Nuit n'aurait guère apprécié qu'on lui parle sur ce ton péremptoire pour elle. Mais ce sorcier n'était pas un homme comme les autres, elle le sentait grâce aux Arts d'Allya.
L'ancien apprenti de Nejaa Halcyon détailla alors le plan mis au point par Climber et Gelfran. Elle fut attentive jusqu'à ce qu'il eut terminé.
-Donc la bataille aura lieu à l'Enclos des Murmures, résuma-t-elle. Vous avez bien choisi le terrain.
Cette fois, Oreste se força à sourire.. pour la forme, bien entendu.
-Vous devez attendre que les impériaux aient engagé pleinement leurs réserves pour les attaquer dans le dos ce qui entraînera chez eux un encerclement et une désorganisation dont nous tirerons profit.
Elle hocha la tête avant de demander.
-Si toi et les autres clans ainsi que les esclaves que tu as armés remportez la victoire, as-tu prévu de faire des prisonniers?
Il était le Jedi Noir de Dathomir et c'est pourquoi sa réponse fut sans équivoque.
-Pour ma part, je n'ai pas prévu d'en faire. Le sort de ceux qui tomberont entre vos mains vous appartient pleinement.
-Ravi que nous nous comprenions.
L'essentiel avait été dit. Continuer cette conversation serait devenu futile, le sourire mauvais de la Soeur de la Nuit en disait long devant l'éventuelle perspective de nouveaux esclaves qu'elle trouvait alléchante.
Elle le salua d'une inclinaison du menton et revint sur ses pas. Rejoignant près du feu de camp Baritha qui l'interrogea d'un bref regard en biais.
-Tout va bien, Gethzerion?
Sa vieille amie contempla les flammes dansantes qui éclairèrent ce qu'elles avaient toutes deux autrefois. Deux Sorcières estimées et respectées dans leur clan d'origine, celui de la Montagne Qui Chante.
Gethzerion avait tenté de détroner sa mère Augwynne de sa position de matriarche. Son bannissement avait renforcé son ambition.
-Oui, Baritha. Maintenant notre destin nous appartient.

Voilà ce sera tout, à la prochaine! Pour rappel, cette fan fic a été publiée en intégralité ici: http://swinv.com/v2/fanfics/?p=viewfanf ... empire#385

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 10 décembre 2017, 20:56

Bonsoir à tous! Voilà la suite de cette longue fan fic 8-) !

Le Bâton Obscur transporta Oreste instantanément jusqu'à son point d'origine. Il avait espéré que son départ serait passé inaperçu mais son expression se renfrogna lorsqu'il s'aperçut que ce n'était pas le cas.
Une jeune Sorcière brune l'observait avec défiance les bras croisés. Elle ne semblait pas surprise outre mesure que le Jedi Noir se soit subitement matérialisé sous son nez. Dans sa propre demeure.
-Où étais-tu passé?
Malgré son flegme apparent, il devina sa contrariété qui électrisait ses perceptions.
-Le plan de Climber n'était pas parfait, je suis parti corriger ses défauts.
-Non, tu ne t'en tireras pas cette fois avec des demis vérités, trancha-t-elle sans concession. Je veux la vérité pleine et entière.
Il comprit que cette fois il ne pourrait se défiler. S'il refusait de s'expliquer plus précisement, elle n'aurait plus accepté de l'héberger et elle lui retirerait sa confiance.
-Je suis allé trouver les Soeurs de la Nuit, pour être certain qu'elles joueraient un rôle décisif dans la bataille et..
Une gifle énergique le coupa dans son élan.
-Je t'avais prévenu pourtant qu'elles n'étaient pas dignes de confiance! Pourquoi ne m'écoutes-tu pas?
La Force était nimbée de sa colère et de sa déception et l'ancien padawan de Neeja Halcyon fut soudainement soucieux de la mènager.
-Nous n'avons pas le choix, reprit-il avec douceur. Nous avons besoin de tout le monde si nous voulons gagner.
Il prit alors l'initiative d'étreindre ses doigts entre les siens.
-J'ai besoin de toi, Tzipah.
Il accrocha son regard et fut ému d'entendre la tendresse embuer le soupir de la dathomirienne. Elle ne retira pas sa main.
-Je ne suis pas sûre de pouvoir continuer ainsi, Oreste, ajouta-t-elle cependant.
-Tu veux savoir pourquoi j'ai survécu à l'Ordre 66?
Elle reprit espoir lorsqu'elle perçut qu'il voulait se confier à elle, il semblait le prendre cette fois très à coeur.
-Lorsque la purge a été lancée par l'Empire contre les Jedi, j'avais perdu pied à cause de la mort de mon maître. Je me suis réfugié dans ma douleur, ma peine pour en tirer ma colère, une force de survivre à une fin imminente. Je pensais me laisser mourir, à ne plus me battre lorsque je me suis rappelé qu'il me restait quelque chose dans cette galaxie qui n'était plus aussi accueillante pour moi. Ma famille et Beliem.
Il tentait de parler d'une voix monocorde mais l'émotion brisait ce rythme.
-Elle n'avait jamais cessé d'être l'espoir que je pouvais devenir meilleur que je ne l'ai jamais été, que je ne le suis en ce moment. Quand elle est morte, j'ai perdu cet espoir et tu ne sais pas ce que cela peut me faire.
-Je ne cherche pas à te comprendre, je veux seulement t'aider Oreste. Et je ne le ferai qu'à une seule condition.
Malgré sa bonté, il comprit que cette condition ne serait pas négociable.
-Que tu cesses d'user de ce Bâton Obscur jusqu'à la bataille.
Il baissa la tête, accompagnant ce mouvement d'un soupir.
-D'accord, accepta-t-il. Prends-le.
Tzipah hésita, soulagée qu'il tienne finalement à elle plus qu'elle ne l'espérait elle-même. Mais elle était consciente de l'influence néfaste que l'artefact pourrait avoir sur elle si elle acceptait de s'en saisir. Elle soulagerait le fardeau du jeune corellien tout en prenant le risque de devenir une autre personne.
Il était mieux armé qu'elle pour empêcher le Bâton Obscur de corrompre qui que ce soit d'autre.
-Non, fit-elle. Garde-le.
Elle posa sur son épaule une main réconfortante.
-Allons dormir.
Il la rejoignit pour s'allonger à ses cotés. Elle trouva le sommeil plus rapidement que lui, tandis qu'il fixait le plafonds rocheux.
Tu perdras son amour, ricana Rivan à l'intérieur de son crâne.
-Pourquoi? Murmura-t-il entre ses lèvres.
Parce c'est le prix à payer pour aller au bout de toi-même.
-Non, je ne la trahirais pas cette fois.
Cesse de te mentir à toi-même. Elle ne sait pas qui tu es réellement. Si c'était le cas, voudrait-elle rester avec toi?
-Sortez de ma tête tout de suite.
Le silence succèda à cette intrusion mentale ce qui lui procura un grand soulagement et ses paupières se fermèrent mécaniquement.

Deux jours plus tard, Devastator

-Nous venons d'entrer dans le secteur de Quelii. Nous serons en vue de Dathomir dans deux minutes standarts, capitaine Volta.
-Merci lieutenant.
Le capitaine Shonn Volta continua de fixer le vortex de l'hyperespace qui semblait être un tunnel lumineux sans fin, congédiant l'autre officier impérial d'un geste de la main qui pouvait paraître dédaigneux.
Un geste qui ne trahissait seulement qu'une frustration récente depuis que le Seigneur Vador avait emmenagé sur son destroyer Venator pour accomplir la volonté de l'Empereur. Elle ne connaissait pas toute l'histoire mais elle savait seulement que des rebelles avaient lancé un message provocant au Poing d'Acier qui stationnait en orbite de la planète mutinée.
Ce n'était pas la perspective de mener une campagne de répression qui la contrariait le plus. Elle connaissait maintenant les circonstances de la mort de son amant Laurita Tohm, révélées de la bouche même de l'Empereur.
Elle croupissait dans cette maudite Prison Jedi inconnue de tous, dans le système de Diab, depuis qu'elle avait été capturée lorsqu'elle avait tenté d'assassiner un sénateur de la République. Elle n'avait pas vu le temps s'écouler avant que Gentis depuis son académie militaire de Coruscant ne déclencha son coup d'état. Lorsque le Seigneur Vador et le Moff Trachta libérèrent les prisonniers du Prisme pour les pousser à s'entretuer dans une arène improvisée, elle se rangea instinctivement aux cotés de ce lieutenant manchot à moitié défiguré qui s'était retrouvé pris dans la melée, malgré lui.
Il s'appelait Laurita Tohm.
Et ce fut le début de leur éphémère histoire commune. Grâce à son lien certain avec la Force qui avait fait d'elle une redoutable tireuse d'élite, elle l'avait sauvé d'une mort certaine lui permettant de gagner sa confiance. Elle lui avait tout de même confié que ce n'était que de l'opportunisme car elle avait besoin de lui vivant.
Il s'appelait Laurita Tohm.
Il l'avait convaincue de se rallier à la cause de l'Empereur, en échange de la liberté. Supervisant son entraînement, elle s'était confiée à lui et lui à elle. Leur lien intime s'était développé et renforcé durant leur séjour au Prisme avant qu'ils n'aidèrent l'Empereur à reprendre les rênes de Coruscant du traître Gentis. Il avait obtenu pour elle comme récompense sa grâce et le grade de capitaine alors que l'Empereur l'avait nommé amiral. Elle était réjouie à l'idée de servir à ses cotés au sein de la flotte qu'il était destiné à commander.
Jusqu'à ce qu'il fut convoqué par Vador pour une raison indéterminée et qu'elle n'ait plus eu de ses nouvelles depuis.
Il s'appelait Laurita Tohm.
Et l'Empereur lui avait appris la veille de son départ ce qui lui était arrivé. Vador l'avait balancé dans le vide, l'envoyant s'écraser au fonds des canyons de duracier de Coruscant. Une mort ignoble et incompréhensible. Elle avait songé à démissionner sous le coup de l'émotion puis elle s'était ravisée. Elle commandait un destroyer Venator et c'était une occasion unique de s'en servir pour rendre justice.
Surtout lorsque le bourreau se trouvait à bord de votre vaisseau pour diriger les opérations sur Dathomir. Une présence qui ne constituait qu'une insulte à son deuil. Mais elle avait pris des dispositions en l'espace de quelques heures, le temps de s'assurer de la loyauté de chaque membre de son équipage. Dont certains avaient éprouvé justement un sentiment de sympathie pour la cause de Gentis lorsqu'il avait déclenché son coup d'état.
Lorsque Dark Vador était monté à bord de son vaisseau en maintenance aux chantiers navals de Kuat, elle lui a vait fait comprendre à quel point il n'était pas le bienvenu à bord. Ce qui l'avait à peine impressionné.
Dans les courants de la Force, elle sentit sa sombre noirceur avant qu'elle n'entendit cette respiration hachée mécanique qui percait à travers le vocodeur dans son dos. Elle ne daigna pas se tourner dans sa direction fixant les étoiles qui reprirent leur position lointaine et figée lorsque le Devastator réintégra l'espace normal.
Vador observa Dathomir qui emplit leur champ de vision avant d'ordonner.
-Établissez le contact avec le capitaine Zsinj.
-Oui, monseigneur, fit quelque part un officier de pont.
C'en fut trop pour la jeune femme chauve, au crâne zébré d'étranges stigmates qui martela sèchement.
-Quel est l'intérêt de me confier le commandement de ce vaisseau si vous piétinez mes prérogatives? Demanda-t-elle.
-C'est hors de propos, capitaine Volta. Seul compte l'intérêt de l'Empire.
-Ce vaisseau est sous mon commandement, Seigneur Vador. Si vous avez des ordres à donner, cessez de vous comporter comme si j'étais absente.
Le masque de mort se braqua sur le visage de Shonn Volta, qui ne cilla pas. Ce n'était pas la première fois qu'elle le défiait.
-Je m'assure que la volonté de l'Empereur soit appliquée sur Dathomir ou ailleurs. Dans votre intérêt, ne piétinez pas mes prérogatives capitaine Volta.
Peu après cet avertissement proféré par l'ancien Chevalier Jedi, la communication fut établie avec le Poing D'acier. Le Venator du capitaine Zsinj apparut derrière l'une des quatre lunes où il était placé en embuscade et l'hologramme de son commandant flotta devant eux. Volta ressentit un mépris impulsif devant cet homme enflé et à la bedaine prononcée.
-Seigneur Vador, capitaine Volta, quel réel plaisir de vous voir vous joindre à nous.
Volta ne se fiait pas à ce ton mielleux qui tromperait aisément les moins avertis. Dark Vador lui-même avait appris sur Teragan 5 que Zsing n'était pas ce qu'il paraissait être. Les victimes de ses intrigues l'avaient découvert à leurs dépens.
-Quelle est l'importance de l'activité ennemie à la prison?
-Quasi inexistante d'après nos scans, monseigneur. Il est probable que les rebelles se cachent dans la forêt et attendent le débarquement de nos forces pour lancer des embuscades.
-J'ai reçu des ordres clairs de mon maître, capitaine Zsinj. Bombardez la zone autour de la prison puis commencez le débarquement. Vos troupes se placeront ensuite sous mon commandement et celui du général Appo qui dirige la 501ème Légion.
Volta surprit la crispation au coin des lèvres de son homologue du Poing d'Acier. Elle se satisfaisait que celui-ci ne supportait pas non plus la mainmise du Seigneur Sith.
-Bien sûr, monseigneur. Poing d'Acier, terminé.
Dark Vador se doutait que Zsinj nourrissait une ambition latente. Il ne se pencherait que sur son cas particulier plus tard et avec la bénédiction de l'Empereur. Hors de question que le capitaine du Poing d'Acier devienne un nouveau Gentis.
-Capitaine Volta, la passerelle est à vous. Vous devriez être heureuse.
-Pas encore, Seigneur Vador, répliqua-t-elle. Je ne le serai que lorsque vous aurez débarrassé le plancher.
-Quand j'aurai écrasé la rébellion de ce Jedi, je vous apprendrai où est votre place. Je ne suis pas aussi tolérant que Laurita Tohm.
-Que vous avez tué.
Il s'approcha à quelques centimètres d'elle pour la dominer de toute sa taille. Elle demeura impassible.
-J'espère qu'il ne vous arrivera rien de fâcheux sur Dathomir, lui souhaita-t-elle.
Son ton indiquait évidemment tout le contraire.
-C'est ce que j'allais vous dire, capitaine Volta. Ne commettez pas de faute ou vous subirez une agonie plus longue que celle de Tohm.
Il rabattit sèchement sa cape le long de son dos lorsqu'il tourna les talons pour quitter le pont principal.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 17 décembre 2017, 22:21

Bonsoir, voici la suite!

Dathomir

Depuis l'exil d'Allya et l'écriture du Premier Livre de la Loi, un mythe transmis par les Sorcières jusqu'à aujourd'hui affirmait que l'Enclos des Murmures contenait les âmes de celles qui avaient eu le privilège d'avoir instruites par Allya en personne.
Pendant la nuit, leurs fantômes auraient erré longtemps pour dispenser aux futures héritières de la magie d'Allya des conseils sur l'usage même de la Force. On prétend que leur esprit habitait maintenant la nature elle-même. Qu'il résiderait à l'intérieur même des troncs d'arbres et qu'il s'exprimait par le craquement des branches bercées par le vent. Créant une mélodie qui planait au-dessus de ce lit de rivière désséché jusqu'au sommet des montagnes qui se dressaient en amont de ce vallon sans prétention.
Oreste pour sa part était convaincu qu'il ne s'agissait que d'un conte comme un autre, ni plus ni moins. En posant la question à Tzipah qui lui avait raconté cette légende, la jeune Sorcière des Chutes Brumeuses lui avait confié qu'elle-même n'y prêtait que d'importance. Comme certaines de ses consoeurs mais pas toutes. La forêt répartie dans l'Enclos des Murmures n'était qu'une forêt quelconque.
De toute façon, personne ne pensait à en débattre car la bataille était imminente. Autour de lui, les Sorcières des Chutes Brumeuses et des Collines Rouges contenaient l'impatience des rancors qu'elles chevauchaient grâce à leur emprise psychique. Dans le ciel, ils avaient pu observer les barges de débarquement impériales qui avaient survolé l'horizon pour aller déverser leurs troupes à la prison, comme Climber l'avait pressenti.
Deux heures plus tard, l'écho des explosions lointaines retentit jusqu'à eux. Comme prévu Morgan Vandrack avait envoyé ses miliciens lancer ses attaques contre les éclaireurs clones, infligeant des pertes avant de se replier en direction de l'Enclos des Murmures pour attirer les impériaux jusqu'ici. Le jeune corellien échangea un regard avec Tzipah qui était perchée sur son rancor.
-Oreste? L'appella-t-elle.
-Oui?
-Ce serait un honneur pour moi que tu te battes à mes cotés.
Perplexe, il fronça les sourcils comprenant qu'il s'agissait d'une demande.
-Bien sûr, nous l'avons déjà fait non?
Elle lui montra alors de la main, la place qu'elle lui réservait derrière elle sur sa monture. C'était une faveur qu'elle lui accordait et il ne la déclina pas. À l'aide de la Force, il se réceptionna à ses cotés tandis que les Sorcières les observaient avec une désapprobation silencieuse.
Désapprobation qu'une consoeur de Tzipah vint exprimer en déplaçant son rancor devant le sien. Le couple soutint le regard distant d'Orcheron.
-Ce que tu fais là est contre nos coutumes, Tzipah.
-Eh bien, il est temps que les coutumes évoluent, Orcheron.
Les deux jeunes femmes rivales se défièrent du regard avant qu'Orcheron ne se détourna. Plus que jamais, Oreste admirait la tenacité de son amie qui prenait le risque de se couper de son clan.
-Il est temps pour moi d'aller rejoindre Gelfran et Climber, fit une rattataki encapuchonnée au pied de la monture de Tzipah. Ils doivent avoir terminé leurs préparatifs.
-Bonne chance. Que la Force soit avec vous, Asajj.
La Dame du Pardon le salua d'un hochement de tête.
-N'oublie pas, le pire dans une guerre ce n'est pas de mourir. C'est de perdre son identité. Je sais de quoi je parle.
Le ton de sa voix interpella l'intuition du Jedi Noir. Elle lui avait parlé comme si ils se voyaient pour la dernière fois ou comme si elle savait quelque chose à son sujet. Il la regarda s'éloigner, pris d'un doute pernicieux.
Il l'évacua et saisit son comlink.
-Je vais demander des nouvelles de Vandrack, signala-t-il à Tzipah.
Un instant après, il appela Gelfran qui lui fit d'un ton bourru:
-Ouais?
-Où est Vandrack?
-Il devrait bientôt arriver avec ses hommes. Et avec les impériaux aux fesses, ajouta le contrebandier de son ton grinçant.
-Au signal, les Sorcières les attaqueront de flanc.
-Je ne sais pas si ce sera suffisant, objecta le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark. J'en ai discuté avec l'homme éprouvette et il est d'accord avec moi.
-J'ai prévu le coup, Gelfran. Faites-moi confiance.
-Te faire confiance? S'exclama le contrebandier. S'il y a une chose que je regrette, c'est de t'avoir fait confiance trop longtemps.
-Qu'es-ce que vous voulez dire? S'étonna l'ancien apprenti de Neeja Halcyon qui avait perçu soudainement l'amertume acide de son ami.
-Si on survit à cette bataille, on s'expliquera après. Gelfran, terminé.
Celui-ci rompit la communication sans ménagement et le corellien comprit enfin les sous entendus agressifs de son compagnon.
Le clan Farron, il sait ce qui s'est passé, pensa-t-il.
L'esprit de Rivan contenu dans le Bâton Obscur renchérit à l'intérieur de son crâne.
Oui il sait. Et cela pourrait t'empêcher d'atteindre ton objectif, il pourrait même faire voler en éclats cette alliance que tu es parvenu à constituer non sans difficultés.
Oreste ne pouvait se résoudre à tuer un homme de sang froid, quelqu'un qui l'avait secondé et même secouru sur Corellia après la destruction de sa famille. Quelqu'un qu'il tenait en haute estime malgré les différents qui les séparaient. Et malgré leur amitié tout juste reniée par le contrebandier.
S'il le révèle à celle que tu aimes, tu la perdras aussi.
Rien ne m'oblige à l'éliminer de mes propres mains, suggéra le jeune corellien.
Rivan ne répondit rien, preuve qu'il l'approuvait. Si Gelfran était touché durant la bataille, il devait veiller à ce qu'il n'y survive pas.
Qu'il en soit ainsi. Il était le Jedi Noir de Dathomir.. et nul obstacle ne devait l'arrêter.

-Seigneur Vador, les rebelles se replient.
-Continuez de les poursuivre, commandant Appo. Et faites avancer ces blindés plus vite, nous ne devons pas les laisser nous échapper.
-Le terrain est difficile, monseigneur.
Au moment où le clone se justifia, un crissement de duracier froissé déchira leurs tympans. Un bipode qui flanquait la colonne principale, se renversa sur le flanc manquant d'aplatir plusieurs stormtroopers impériaux qui s'étaient heureusement écartés assez vite. Leur équipage fut dégagé et évacué vers la prison.
-Ce n'est pas une excuse, trancha le Seigneur Noir des Sith. Continuez d'avancer.
-J'ai donné l'ordre d'envoyer des escadrons aériens pour reconnaître la zone de concentration de troupes ennemies et la pilonner.
Dark Vador jugeait cela en partie d'un intérêt discutable. Même muni de scanners appropriés, les navettes d'assaut ne pourraient jamais les repérer à cause de l'épaisseur de cette forêt de pins qui se densifiait par intermittence. Cette caractéristique rendait la progression malaisée et l'irritait d'autant plus que l'ennemi demeurait insaisissable. Nul doute que celui-ci évoluait dans un environnement familier qui lui conférait un avantage tactique conséquent.
Les rapports qui lui parvenaient signalaient des attaques isolées qui les étiraient involontairement. Les patrouilles lancées à la poursuite des assaillants revenaient bredouilles ou bien ne revenaient pas.
-Commandant Appo, le gros de l'ennemi a-t-il été repéré?
-Oui, monseigneur. À sept kilomètres standart de notre position, dans le creux d'un vallon.
Des chasseurs stellaires ARC-170 les survolèrent, emplissant l'air des rugissements de leurs moteurs ioniques.
-Commandant Appo, faites converger toutes nos forces vers leurs positions. Que toutes les unités ignorent les prochaines embuscades.
-Bien, monseigneur. Cependant je dois vous avertir que nous subirons des pertes encore plus sévères.
Sur leur chemin, ils croisèrent les blessés et les morts qui étaient ramenés à l'arrière. La plupart affichaient sur leur armure des brûlures de blaster mais d'autres étaient hérissés de morceaux de lances.
-Veillez à maintenir la cohésion, faites accélerer les retardataires.
Appo entendit beugler dans le comlink intégré de son casque:
-Contact à l'avant!
-Au rapport, soldat, lui fit le commandant clone.
-Des femmes autochtones souhaitent négocier, monsieur.
Indécis, Appo croisa le regard du Seigneur Sith qui lui donnait l'impression d'avoir parfaitement entendu ce qui venait d'être dit.
-Amenez-les jusqu'à nous, fit ce dernier.
Peu après, un groupe d'une dizaines de dathomiriennes s'approcha, sévèrement gardées par des clones méfiants. Dark Vador remarqua leur particularité commune qui se résumait à ces étranges stigmates faciaux qui les défiguraient. Il comprit grâce à la Force qui était présente en elles, que cela avait été provoqué par leur usage exarcerbé du Coté Obscur.
-Que voulez-vous?
-Je suis Gethzerion Djo.
Celle qui venait de lui répondre était une jeune femme blonde athlétique qui retira son capuchon de la tête. Un examen plus minutieux lui permit de discerner les vaisseaux sanguins éclatés qui couraient de la tempe jusqu'au bas de sa joue.
-Mes Soeurs et moi avons conclu une alliance avec le sorcier hors monde, un homme du nom d'Oreste Tissan.
-Vous êtes donc des ennemies de l'Empire, trancha le Sith.
Un sourire narquois flotta sur les lèvres de la Soeur de la Nuit.
-Et nous souhaitons devenir vos amies.
-Vous n'êtes pas dignes de confiance, objecta-t-il. Vous ne servez que vos propres intérêts.
-Et vous non, répliqua Gethzerion d'un rictus malicieux.
La Soeur de la Nuit glissa un bref regard vers deux blessés clones qui repartaient en boîtant en se soutenant l'un l'autre.
-Si nous avons choisi de venir discuter, c'est parce que nous savons que votre Empire est très puissant. Et pourrait nous apporter beaucoup.
-Et qu'avez-vous à nous offrir?
-La certitude que l'Empire n'aura plus d'ennemis sur ce monde. Concrètement, nous vous guiderons à travers la forêt et vous aiderons à éviter ou à déjouer les traquenards. Nous assurerons la garde des prisonniers après votre victoire jusqu'à ce que leur sort soit fixé. En échange, nous souhaitons élargir notre compréhension de la Magie d'Allya.
Perplexe, Vador attendit qu'elle poursuive avant de réaliser qu'elle avait terminé.
-C'est tout? Fit-il avec suspicion. Vous souhaitez seulement élargir votre compréhension de la Force?
-Cela suffira à combler nos attentes.
Le Seigneur Noir des Sith se doutait qu'il ne pouvait se contenter de cette apparente générosité. Son instinct lui criait d'éviter ces sorcières sombres comme la peste. Mais il avait besoin de leur aide, il pourrait toujours aviser ensuite.
-Très bien, annonça-t-il après une courte hésitation. Je vais réfléchir à votre proposition, en attendant guidez mes hommes. Et restez ensuite en dehors de la bataille.

Voilà, ce sera tout! à la prochaine!

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 25 décembre 2017, 22:42

Bonsoir, voici la suite!

-Vandrack et les autres, que fichent-ils? Grogna Gelfran.
-Ils arrivent bientôt, l'ancien.
Penché sur le détonateur qu'il achevait de monter, le contrebandier à l'abri dans la deuxième tranchée au milieu de l'Enclos des Murmures n'avait pas relevé la tête lorsque Climber lui avait répondu. Lorsqu'il se redressa, il lâcha le détonateur en s'exclamant:
-Dis donc, l'homme éprouvette, c'est une plaisanterie!? Tu veux que tous ces gars te tirent dans le dos, c'est ça?
En face du vétéran se tenait en effet un soldat clone vêtu de son armure de la tête aux pieds. Celui-ci retira son casque pour laisser transparaître un sourire goguenard.
-Je vous ai fait une belle frayeur?
-Évite moi ça, je ne suis plus un jeunot. Bon sérieusement, explique moi à quoi ça rime ce poodoo?
Climber recouvra une expression neutre, empreinte de gravité.
-Du temps où je servais Roan Shryne, cette armure symbolisait beaucoup de choses pour moi et pour mes frères. L'honneur, le courage, la fierté d'accomplir son devoir et de donner tout ce que nous possédions pour un idéal.
Avec nostalgie, le mutin de Murkhana fixa le casque qu'il tenait dans ses mains tout en basculant le fusil blaster DC-15 en bandoulière dans son dos.
-Je me suis battu sous une armure semblable qui incarnait ces valeurs. Mais l'Empire les a bafouées et je veux leur montrer qu'ils ont eu tort de le faire.
-Et c'est quoi ce dessin?
Le contrebandier montra de l'index le symbole peint sur son torse. Qui réprésentait le crâne d'un animal légendaire.
-C'est l'emblème de nos instructeurs mandaloriens qui nous ont formé sur Kamino.
Il surprit la moue sceptique de Gelfran, qui s'était penché de nouveau sur son détonateur.
-Vous trouvez cela insignifiant, l'ancien?
-Eh, se défendit l'autre, j'ai pas dit ça!
Devant son insistance muette, le contrebandier soupira tout en jetant des coups d'oeil vers les anciens détenus qui occupaient la tranchée de part et d'autre.
-Tu as trouvé une raison de te battre. Je n'aurais jamais cru cela de toi.
-On valait à peine que des droïdes avant que nous nous rencontrions, n'es-ce pas? Demanda Climber en remettant son casque.
-Ouais, reconnut Gelfran.
-Et vous, vous savez pourquoi vous vous battez?
L'expression de Gelfran s'assombrit de tristesse devant la question.
-Je pensais le savoir, maintenant je ne sais plus.
Il posa à ses pieds le détonateur qu'il avait terminé de confectionner et s'appuya sur le bord de la tranchée pour fixer l'horizon lointain. Une bourrade virile mais amicale l'arracha à ses vagues à l'âme.
-Va falloir se motiver le vieux. On va bientôt se battre.
-Ne me donne pas de leçons, grogna l'ancien soldat de Ranulph Tarkin. Aussitôt cette baston terminée, je tire ma révérence.
-Qu'es-ce ca veut dire? Vous désertez?
Le casque du clone masquait sa surprise.
-Déserter signifie qu'on part sans prévenir. Si j'y survis, j'irais voir Oreste et je lui dirais mes quatre vérités. Ensuite je retrouverai Sira pour construire un projet commun.
Climber comprit à l'air grave de son ami que celui-ci pensait ce qu'il disait. Comme il l'a toujours fait la plupart du temps.
-Mes félicitations.
-Merci, elle et moi nous arrivons à nous comprendre. Elle me considère un peu plus comme une personne contrairement aux autres Sorcières et sa fille Neami m'a accepté.
-Alerte! hurla quelqu'un depuis la première tranchée.
Le cri se répercuta jusqu'à la dernière position et un silence succèda aux discussions. Dans le ciel, apparurent des oiseaux de duracier de mauvais augure qui fondirent droit sur eux. Climber reconnut une douzaine de navettes d'assaut TIO-BA escortés par des chasseurs stellaires ARC-170. Par un réflexe qu'il acquis grâce à la dernière guerre, il beugla par dessus les hoquets d'effarement.
-À couvert! À couvert!
Aussitôt la majorité des rebelles se tassèrent au fonds de leurs tranchées respectives tandis que d'autres se recroquevillèrent derrière la crosse de canons blasters reconvertis en batterie anti aérienne de secours. Les missiles ioniques furent vomis par les TIO-BA appuyés par les salves des ARC-170 et explosèrent un peu partout, soulevant des geysers de poussière calcinée et de rochers fracassés qui dévalèrent la pente.
Le pilonnage intense et bref les assourdit tous avant que les vaisseaux ne s'éloignèrent pour regagner l'espace. Gelfran et Climber se redressèrent prudemment pour évaluer les dégats. Bientôt des gémissements de douleur se firent entendre tandis que quelques cadavres commenèrent à être extirpés de leurs semis tombeaux. Sans compter la moitié des canons blasters qui avaient été soufflés et mis hors d'usage.
-Rien de cassé?
Une femme encapuchonnée borgne au teint pâle venait de se réceptionner à coté de Gelfran qui apostropha rudement Asajj Ventress.
-Vous n'étiez pas censée rester en première ligne?
-Tôt ou tard nous y serons tous bientôt, répondit-elle calmement. Je suis venue m'enquérir de votre état.
-Vous vous faites appeler la Dame du Pardon, non? Je n'ai pas besoin de vous, rendez-vous plutôt utile aux autres.
Elle soutint son regard avant de s'éclipser. Il la vit s'accroupir au chevet d'une twi lek couchée sur le dos qui maintenait son bras ensanglanté contre son thorax. Pour masquer une entaille profonde due à un éclat de schrapnel.
La fumée se dissipa alors que Climber s'éclaircit les bronches encommodées par la poussière dense, malgré le casque qui le recouvrait.
-Ce n'était que le début.
-Ouais, appuya Gelfran. Combien d'entre nous y passeront?
Le contrebandier devina plus qu'il ne l'entendit le grognement de l'ancien soldat d'élite de la Grande Armée de la République. Il sut ce que cela voulait dire.
Beaucoup trop. Trop de gens mourront.
Et ils mourront non pas pour recouvrer la liberté mais parce qu'ils n'avaient plus rien à perdre. En fin de compte, il ne leur resterait plus que leur dignité ce qui n'était que bien peu de choses. La dignité de ne plus être qu'un monceau de cadavres broyés par la poigne impériale. Car c'était cela qui les attendait tous en fin de compte.
Ils se battraient seuls car la galaxie ne les aiderait pas. Oreste avait tenté de les persuader et de se persuader du contraire. Mais ce pauvre gosse de vingt huit ans était aveuglé par sa vengeance.
Climber fut assez perspicace pour détecter ses doutes.
-Si vous flanchez, autant vous griller le crâne au lieu de saper le moral.
Piqué au vif par la remarque acerbe du clone, Gelfran se résolut à affronter son regard. Et à accepter le fait qu'il n'avait jamais été un soldat même à Troiken contre le cartel de Stark. Il n'avait été bon la plupart du temps qu'à apporter un maigre réconfort à ses camarades agonisants loin de chez eux. À cause d'un homme, Ranulph Tarkin qui ne servait que sa propre ambition.
Climber était un guerrier dans l'âme parce que les instructeurs mandaloriens l'avaient forgé pour cela. Et parce que la guerre avait achevé de l'endurcir. Jamais il ne pourrait l'égaler mais il ferait de son mieux.
Gelfran souleva son fusil blaster et l'arma.
-Je ne laisserai tomber personne.
Climber approuva.
-C'est ce que je voulais entendre.
Un nautolan à quelques mètres tendit subitement l'index droit devant lui.
-Regardez! S'écria-t-il.
Cela attira tous les regards qui convergèrent vers une dizaine de silhouettes qui venait de surgir de la forêt à cinq cent mètres d'eux avant de se précipiter vers leurs positions. Immédiatement, tous épaulèrent leurs fusils blasters avant qu'Asajj ne se fit entendre de la première tranchée grâce à sa voix portée par la Force.
-C'est Vandrack!
Tout le monde se détendit et laissa passer le commandant chelloan et ses miliciens ex-séparatistes qui affichaient une mine défaite.
Climber interpella Morgan Vandrack qui s'était laissé tomber dans la même tranchée que lui et Gelfran, pour reprendre son souffle.
-Que s'est-il passé? Pourquoi êtes-vous si peu à être revenus?
Le chelloan releva la tête et ses traits tirés trahissaient une profonde amertume.
-J'ai déployé les hommes comme cela été prévu. Au début tout se passait bien, nous étions invisibles pour eux. Puis tout à coup, ils ont su exactement où nous trouver.
-Comment? Insista Gelfran.
-Les Soeurs de la Nuit. Je les ai vues de mes propres yeux guider les impériaux à travers les forêts. Nous n'avons pas eu d'autre choix que de décrocher. Moi et les quelques gars qui nous restent avons eu beaucoup de chance.
-Et les impériaux?
-Ils étaient sur nos talons.
Les deux amis d'Oreste échangèrent un regard grave.
-Prenez place dans la tranchée derrière nous, Vandrack. Vous formerez la réserve en groupant vos hommes avec les autres, intima Climber.
Le chelloan le salua d'une inclinaison du menton. Son arrivée et celle des rares survivants avait soulevé des murmures inquiets et provoqué un flottement. Maintenant l'arrivée de l'armée impériale clone dans l'Enclos des Murmures n'était pas seulement attendue.
Elle était aussi redoutée.
Rapidement la terreur qu'elle inspirait s'immisca peu à peu dans les esprits de tous et risquait de faire voler en éclats leur cohésion. Climber ne pouvait laisser faire cela. Pris d'une inspiration salutaire, il se hissa hors de la tranchée.
Puis il enleva son casque et les harangua.
-Ils ont tué plusieurs de nos camarades et ce n'est pas le seul crime qu'ils ont commis contre nous. Vous avez été exilés ici, privés de vos droits et de votre liberté. Tous ceux qui sont arrivés en prison avec vous et ne sont plus parmi vous, n'ont pas eu la chance de réchapper de leur captivité. Mais vous pouvez les venger.
Le silence respectueux qui l'entourait prouva que son discours commençait à porter.
-Si je suis ici avec vous, expliqua le clone mutin, c'est parce que l'Empire a volé mon honneur. Je veux le leur faire payer, allez-vous me laisser seul contre eux?
Des clameurs spontanées retentirent autour de lui.
-Non! Non!
Climber reprit place auprès de Gelfran qui ne put retenir un maigre sourire.
-Joli discours, ils sont prêts à mourir pour toi, l'homme éprouvette.
-Ce n'est pas ce que je leur demande.
-C'est pourtant ce qu'ils feront.
Le clone coiffa de nouveau sa tête du casque de stormtrooper récupéré et vérifia une ultime fois l'état de son fusil blaster. Il interpella sèchement une zabrak qui entreposait des munitions, les unes sur les autres.
-Eh toi! Ne laisse pas ces foutues caisses à découvert! Tu veux tous nous faire sauter ou quoi? Lui hurla-t-il.
La non humaine s'excusa piteusement et entreprit d'aligner les réserves comme Climber le lui suggérait. Gelfran le sentait nager dans son élément.
-C'est comme ça que tu parlais aux bleus dans la Grande Armée de la République? Lança le contrebandier avec ironie.
Au moment où le mutin de Murkhana s'apprêtait à lui répondre, une voix hurla par dessus la melée:
-Ennemi en vue! Les imps arrivent!
Le fleuve disparu et imposant qui parcourait l'Enclos des Murmures suivait un cours irrégulier entrecoupé de coudes dont l'un d'eux deux kilomètres plus loin en partie camouflé par la végétation disparaissait derrière les pins.
C'est à cet endroit que l'avant garde de l'armée impériale surgit, un amas dense de soldats en armure blanche à l'éclat blafard. Qui avançait au pas, couvert par une demi douzaine de bipodes qui avaient pu traverser la forêt sans encombre.
Tous les rebelles savaient cependant que ce n'était que la partie émergée de l'iceberg. Le gros des troupes suivait certainement les plus avancés de près, de très près. Comme Climber l'avait prévu, ce serait un assaut massif frontal pas vraiment subtile. Mais assez efficace pour écraser toute opposition insurgée locale à condition d'en avoir les moyens.
-C'est l'heure, l'ancien, fit sobrement Climber. Que la Force soit avec vous.
-Bonne chance, l'homme éprouvette.
Non sans émotions, ils se serrèrent la main probablement pour la dernière fois.
-Tout le monde au poste de combat! S'exclama Climber. Vous connaissez le plan, laissez-les s'approcher et même s'ils sont à portée, ne tirez que si l'ordre est donné!
Personne ne répondit mais Gelfran interpréta cela comme un bon signe. Il surprit certes de la peur en croisant quelques regards. Mais il s'agissait d'une peur maîtrisée, qui était canalisée en une résolution farouche.
Les clones impériaux couvrirent en une poignée de minutes la moitié de la distance qui les séparait des récalcitrants à l'Ordre Nouveau et commençèrent à alimenter un tir de barrage soutenu. Auquel s'jouta les salves de canons lasers des bipodes qui soulevèrent des mottes rocailleuses brûlées. Immédiatement tous se recroquevillèrent dans leurs tranchées respectives sauf Gelfran qui se risqua à jeter un coup d'oeil à découvert en direction d'un amas bigarré qui traversait le creux du vallon sur toute la largeur jusqu'à la lisière de la forêt.
Où il avait dissimulé la fameuse surprise qu'il réservait aux clones stormtroopers, que ces derniers enjambèrent à l'instant.
Il ramassa le détonateur qu'il avait au bord de la tranchée et le serra contre lui, fixant le casque de Climber qui lui intima de patienter d'un geste posé de la main. Le clone se redressa ensuite de toute sa hauteur, se risquant à être exposé aux coups de l'ennemi.
-Tout le monde en position de tir! Ordonna-t-il.
Aussitôt les rebelles se couchèrent et épaulèrent leur fusil, ciblant soigneusement chacun leur ennemi dont ils avaient choisi d'ôter la vie. Dont ils se sentaient capables d'ôter la vie, tout autant que les clones se savaient compétents pour éradiquer leur existence sans retenue.
Le tir de barrage impérial roulant se fit plus précis à mesure que les clones se rapprochaient inexorablement de leurs positions. Autour d'eux, Gelfran et Climber virent plusieurs de leurs camarades être fauchés nets.
Comme ce mirialan exilé et égaré loin de chez lui qui s'effondra aux pieds de Gelfran, celui-ci croisant une dernière fois son regard désemparé qui trahissait son hébétude alors que la mort le prenait dans ses bras pour l'emmener avec lui.
Beaucoup trop mourront, pensa le contrebandier.
Et peut-même qu'ils allaient tous mourir, que tout ceci était vain. Qu'il était futile de lutter..
Reprends-toi Gelfran, c'est pas le moment. Au diable tes états d'âme..
-Feu à volonté! Lâcha subitement Climber.
Ces mots libérèrent alors toute la tension vengeresse des victimes de l'oppression impériale et leurs rafales de fusils blasters martelèrent alors les rangs serrés des clones. Pendant un bref instant, Gelfran caressait l'espoir que cela briserait leur progression et les obligerait à entamer un combat de position usant.
Mais pour chaque impérial qui s'effondrait, deux autres...Non, trois autres les remplaçaient, sans cesser de vider leur cellule d'énergie comme des machines implacables et insensibles. Des robots de chair, de sang, d'os et de nerf qui avançaient mécaniquement.
C'en était terrifiant, ils ne paraissaient pas du tout se soucier de leurs pertes. Ils évoquaient cette marée d'armures blanches d'une pâleur funeste qui roulait lentement comme un mastodonte pataud pour mieux les avaler.
Un dragon Krayt à peine indisposé par des piqures de kouhun.
Le contrebandier guettait fébrilement le signal de Climber, qui était occupé jusqu'à ce qu'il lui hurla par dessus le vacarme:
-Eh, l'homme éprouvette!
-Quoi, vieux débris!?
Frénétiquement il lui exhiba sous le nez le détonateur qu'il tenait comme un diamant précieux. Le mutin de Murkhana se souvint de l'étape suivante du plan de bataille puis observa les bipodes évoluer lentement.
-Maintenant!
L'ancien milicien de Ranulph Tarkin activa les explosifs et l'apocalyse se déchaîna, comme si Dathomir elle-même avait décidé à son tour de se dresser contre l'envahisseur. Un mur de terre et de flammes s'éleva derrière les premières lignes de clones, avant de recouvrir les soldats ennemis et les bipodes les plus proches.
L'écho de l'explosion se répercuta au-delà de l'Enclos des Murmures tandis que l'onde de choc balaya quelques clones encore debout et réduisit leurs tripes en miasme visqueux à l'intérieur de leurs armures. Des hourrahs triomphants soulevèrent les poitrines des rebelles dont les visages s'illuminèrent d'une joie carnassière.
Gelfran lui-même en fut grisé. Pendant un laps de temps, la poussière masqua leurs ennemis brutalement stoppés par ce coup du sort, procurant un répit salvateur aux défenseurs. Le signal venait d'être donné et il n'était plus question de se cacher.
Ces rebelles menaient pour beaucoup d'entre eux, le combat de leur vie. Il surprit deux néons crépitants jaillir de la première tranchée brandis par la rattataki encapuchonnée, entraînant à sa suite plusieurs rebelles pour engager les clones impériaux indemnes encore sonnés par l'explosion.
À son tout, il s'élança accompagné de Climber tandis que Morgan Vandrack et les autres se chargeaient de les couvrir.
De part et d'autre du vallon, des mugissements familiers s'élevèrent en un choeur sinistre avant que ne surgirent de l'ombre des pins des silhouettes féminines athlétiques qui chargèrent avec leurs lances et des vibro épées les clones pris de court. Elles étaient suivies de rancors dont l'apparition provoqua un effroi général y compris chez des stromtroopers pourtant éprouvés par trois années de guerre civile galactique.
Sur l'un d'eux, il reconnut Tzipah guidant le sien droit sur un bipode qui ne tarda pas à être renversé.
Oreste brandissait en évidence son sabre laser et le Bâton Obscur juste dans son dos, une image iddylique des sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Gelfran regretterait de mettre fin à leur concorde, en révélant ce qu'Oreste était vraiment devenu.
S'il survivait lui-même à cette bataille.
Les clones tentèrent de se regrouper pour faire face à la nouvelle menace mais leurs fusils blaster se révélèrent incapables de percer l'épaisse peau écailleuse des rancors. Même en y parvenant, cela ne les rendit que plus enragés, une frénésie que les Sorcières parvinrent à brider pour ne pas perdre le contrôle.
La melée devint générale, les rancors se faufilant au milieu des clones, piètinant ou fauchant ceux qui traînaient sur leur passage.
L'Enclos des Murmures devint un enclos de sang.

Voilà j'espère que cela vous plaira! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 02 janvier 2018, 20:42

Bonsoir voilà la suite!

La Force se convulsa lorsqu'une onde de choc fit trembler le sol sous le rancor de Tzipah. La jeune guerrière des Chutes Brumeuses usa de son pouvoir psychique pour calmer sa monture qui commençait à se cabrer.
Oreste sentit toutes les autres Sorcières se raidir instinctivement. Il avait précisé à Sira, Tzipah et Yalion d'attendre le signal. Sans leur définir ce que ce serait..
À quelques mètres des deux jeunes gens, Sira sonna le rassemblement et bientôt les rancors s'ébranlèrent en une meute d'apparence pataude. Tandis que d'autres combattantes du clan les précédaient à pied.
Ils parcoururent la distance qui les séparaient du champ de bataille et percutèrent de plein fouet les impériaux qui connaissaient un moment de flottement. Les Sorcières des Chutes Brumeuses et des Collines Rouges firent leur jonction avec les hommes de Gelfran et de Climber qui avaient engagé un féroce corps à corps avec l'ennemi.
De l'autre coté, les Soeurs de la Rivière Rêveuse et de la Montagne Qui Chante menées par Lehiem et Magash ajoutèrent le chaos au chaos. D'autres clones affluaient et commençèrent à viser les autochtones qui compensaient leur absence d'armes modernes par l'usage intensif de la Magie d'Allya. Ce ne fut pas suffisant toutefois pour empêcher les premières à tomber au champ d'honneur.
Un bipode impérial commença à retourner ses canons jumelés vers le rancor de Tzipah qui encouragea sa monture à charger avant que le blindé ne soit en position. Le frêle blindé fut renversé puis cabossé à coups de poings assénés par la créature qui l'aplatit sans aucune considération pour l'équipage piégé à l'intérieur. Oreste sentit non sans plaisir farouche leur présence s'effilocher dans la Force et disparaître.
Le jeune corellien distingua ses deux amis qui s'illustraient au milieu de cette mélée sanglante. Climber possédait une armure semblable à ses anciens camarades d'armes mais y avait peint des motifs destinés à le différencier pour ne pas être victimes de tirs amis. Un à un, il éliminait ses adversaires au corps à corps dont il semblait maîtriser les arcanes.
À deux mètres derrière lui, Gelfran s'était accroupi, la crosse du fusil blaster calé contre son épaule. Il le soutenait en abattant méthodiquement tous ceux qui se jetaient sur lui. Et Asajj Ventress..
Celle qui était connue comme la Dame du Pardon faisait le vide autour de sa silhouette grande et athlétique à l'aide de ses sabres lasers à crosse recourbée qui avaient nourri sa réputation auprès de la République lorsqu'elle servait comme Jedi Noir le comte Dooku. Elle n'avait rien perdu au cours de son exil depuis Boz Pity de ses impressionnantes qualités de combattante experte dans le maniement de la Force.
Elle lui donnait même l'impression de baigner dans son élément même si elle n'était plus la même personne pétrie de haine pendant la guerre des Clones. D'une main ferme, elle repoussa à l'aide de la Force une demi douzaine de clones avant de dévier des tirs de barrage vers leurs expéditeurs. Elle ne tentait pas de s'infiltrer à travers leurs lignes mais se contentait de les attendre.
Oreste Tissan décida alors de participer plus activement à la fête. Il avait sa guerre, maintenant il voulait ses morts.
Tzipah l'interpella au moment où il s'apprêtait à se réceptionner au sol:
-Oreste!
Il ne l'entendit pas alors qu'il atterrit au pied du rancor, tombant nez à nez avec deux clones qui s'étaient rapprochés pour trouver le talon d'achille de la bête. Il les faucha d'un revers sec de sa lame verte ardente avant de se jeter au coeur des combats.
Il était le Jedi Noir de Dathomir et il avait obtenu ce qu'il cherchait.
Il attira immédiatement l'attention des clones les plus proches dont l'intention évidente était de continuer à appliquer scrupuleusement l'Ordre 66. L'esprit de Rivan contenu dans le Bâton Obscur palpita dans ses perceptions sensorielles.
Offre-moi leurs âmes.
Le pommeau du sceptre s'alluma d'une lueur mauve familière alors que l'ancien padawan de Neeja Halcyon se laissa encercler par les stromtroopers qui le braquèrent avec leur fusil à bout portant. Des éclairs en jaillirent aussitôt, chacun d'eux frappant chaque soldat impérial. Les victimes se mirent à danser comme des ivrognes et leurs hurlements de douleur furent une source de jouissance pour le jeune homme dont les yeux verts et gris se mirent à s'enflammer d'une braise sinistre.
Le Bâton Obscur aspira leur essence vitale, les clones marquèrent une hésitation certaine avant d'ouvrir le feu.
Une présence puissante agita tout à coup les courants de la Force. Emplie d'une noirceur rare, autant abyssale que l'esprit de Rivan.
Pendant un court instant, il eut la vision d'une machine bipède brandissant un sabre laser écarlate, évoquant une machine infernale. La mort incarnée, le poing de l'Empire.
Dark Vador..
C'était un signe du destin pour Oreste, la Force était avec lui. Il ne vengerait plus seulement sa famille mais aussi ses anciens frères et soeurs morts sur Kessel..
Il n'avait même plus espéré que l'Empereur se soit résigné à envoyer son bras droit en personne. Mais en fin de compte, c'était ce qu'il souhaitait. Vador l'avait terrifié dans les visions qu'il avait eu de lui mais il avait l'occasion rêvée de faire changer la peur de camp. Il avait trop sacrifié, y compris une part de lui-même et son amitié avec Gelfran pour échouer.
Pour le trouver, il lui faudrait d'abord passer à travers les dizaines, voire les centaines de clones qui le séparaient de lui. Cela, ce ne serait pas un problème.
Il ne retint pas un sourire sinistre lorsqu'il s'avança lentement vers les stormtrooper qui avaient l'intention de s'opposer à lui.

Devastator, Orbite de Dathomir

Shonn Volta faisait les cent pas sur le pont principal, sans quitter des yeux les hologrammes qui étaient transmis depuis le champ de bataille. La résistance opposée par les insurgés aux troupes impériales se révélait plus sérieuse que prévu.
Elle avait suivi la laborieuse progression des hommes de Vador depuis la prison jusqu'à cet endroit nommé l'Enclos des Murmures. Leur avance avait été ralentie par les embuscades tendues sur leur chemin et leur avant garde avait attaqué les positions ennemies adossées au flanc abrupt de la chaîne de montagnes.
Elle avait compris que les rebelles sur Dathomir jouaient à quitte ou double. Ou ils gagnaient et s'offraient une chance d'ébranler l'Empire en étendant leur révolte à travers la galaxie ou ils échouaient et perdaient tout.
Ils lui inspiraient en partie de la sympathie mais cela s'arrêtait là. À vrai dire, l'issue même de la bataille ne l'intéressait pas. Une seule chose comptait pour elle.
Faire payer à Vador la perte de Laurita Tohm. Et pour accomplir cette quète, elle allait employer les grands moyens car on ne se débarrassait pas facilement d'un Seigneur Noir des Sith de cette trempe, qui avait survécu aux multiples affrontements avec des Jedi.
Elle savait se battre et avait une sensibilité certaine à la Force mais elle ne ferait pas le poids en cas de confrontation directe. Elle n'était pas stupide.
-Informez-moi quand le Seigneur Vador sera présent à l'Enclos des Murmures, fit-elle à un subalterne installé devant les consoles tactiques.
-Bien madame.
-Et tenez-vous prêt à distribuer le paquet à mon signal.
Si ces derniers mots ne suscitèrent aucune réaction chez l'enseigne qui avait été formé à l'académie de Coruscant et influencé par Gentis, ce ne fut pas le cas d'un officier de pont suspicieux qui s'approcha de l'ancienne tireuse d'élite séparatiste. Un de ceux dont elle avait l'intention de se débarrasser avant d'entamer son plan.
-Distribuer le paquet? S'écria-t-il. Vous allez employer une tactique contre les rebelles, capitaine Volta?
Elle lui décocha un énigmatique sourire glacial.
-Vous verrez bientôt, lieutenant.

Voilà, j'espère que cela vous plaira! à la prochaine :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 08 janvier 2018, 21:58

Bonsoir! c'est l'heure de la suite de la bataille de Dathomir entre les clone troopers de Dark Vador et l'alliance hétéroclite des Sorcières de Dathomir et de prisonniers politiques menées par Oreste Tissan
qui a basculé du Coté Obscur
J'espère que ce passage vous plaira particulièrement car c'est mon préféré :roll:

Dathomir, Enclos des Murmures

Vous vous appelez Climber.
Toute votre vie, vous n'aviez connu que les simulations de combat, les entraînements inhumains des instructeurs mandaloriens appelés les Cuy'val Dar et le calvaire des champs de bataille de la dernière guerre.
Vous vous appelez Climber.
Pendant longtemps, vous vous n'êtes jamais posé la question du bien fondé de vos actes. Car vous aviez été conditionné depuis votre enfance à une obéissance absolue et à une loyauté sans faille. Vous n'aviez été autorisé qu'à développer des sentiments de camaraderie, rien de plus. Car il était vital que vous ne deviez vous concentrer que sur le devoir, pour remporter la victoire. L'entraînement impitoyable des Cuy'Val Dar était censé vous le rappeler à chaque instant de votre vie, à chacun de vos souffles, de vos soupirs et de vos pensées
Vous vous appelez Climber.
Et vous aviez failli à ce devoir de loyauté envers la République et envers le Sénat pour avoir fait confiance en un seul homme, le général qui commandait votre escouade au sein de la 22ème armée: l'escouade Ion. Il s'appelait Roan Shryne et il était Maître Jedi. Cet homme vous a considéré un égal et non comme un outil tout juste bon à être sacrifié au nom d'une soi disant cause supérieure. Cet homme était devenu votre ami et vous aviez traversé les combats ensemble. Cet homme que vous aviez considéré comme un vulgaire dar'manda est devenu un vod. Un frère.
Jusqu'à Murkhana.
Vous vous appelez Climber.
Alors que la bataille sur le bastion du Techno Syndicat touchait à sa fin, vous aviez reçu l'ordre d'abattre tous les Jedi qui auraient trahi la République en tentant de renverser le Chancellier Suprême Palpatine. Malgré votre scepticisme et sous la pression de votre commandant Salvo, vous aviez décidé de tendre une embuscade avec votre escouade contre les Jedi qui traquaient les poches de résistance séparatiste. Car vous étiez malgré vos doutes, un soldat de la Grande Armée de la République qui souhaitait accomplir son devoir.
Vous vous appelez Climber.
Vous aviez braqué votre fusil blaster DC-15 en direction de votre général Roan Shryne. Vous aviez croisé son regard, celui d'un homme surpris mais qui possédait une force de conviction inébranlable. Celle de quelqu'un qui possédait la foi et qui ne vous aurait jamais trahi, qui n'aurait jamais trahi les principes de la République pour laquelle il se battait. Vous saviez à cet instant que vous aviez raison de lui avoir fait confiance. Il s'appelait Roan Shryne et vous aviez décidé de le laisser s'enfuir avec les autres Jedi qui l'accompagnaient.
Vous vous appelez Climber.
Vous aviez pensé un instant que cela avait été une faiblesse de votre part de ne pas l'avoir achevé. Mais vous demeuriez convaincu que c'était la meilleure chose à faire. Et vos camarades de l'escouade Ion vous ont suivi.
Vous vous appelez Climber.
Vous aviez compris tout de suite que cet acte de compassion ne resterait pas sans conséquences comme Salvo vous l'avait fait comprendre. Mais vous n'en mesuriez pas la gravité car vous ne connaissiez pas encore la véritable nature de cet Empire qui avait remplacé la République agonisante. Vous ne l'avez découvert qu'un mois plus tard lorsque vous êtes trouvé face à face avec Dark Vador, venu rappeler à vos semblables à qui ils devaient obéir.
Vous vous appelez Climber.
Vous et vos camarades avez défié cette machine inhumaine qui tentait de vous intimider après vous avoir ordonné de sortir des rangs, en revendiquant et en assumant vos actes. Avec la foi et la dignité de ceux qui avaient vu la mort de près. Puis vous avez tenté de prendre la fuite avec le reste de vos camarades sans succès. Vous avez appris qu'on n'échappait pas facilement à la colère de l'Empire lorsque vous avez été repris et vos compagnons tués. Vous avez été enfermés dans cette prison d'Agon 9 dans l'attente de votre éxécution publique, une mascarade de propagande destiné à assurer l'obéissance inconditionnelle des sujets de l'Empire.
Vous vous appelez Climber.
Vous êtes le dernier survivant de l'escouade Ion.
Vous avez accepté la mort et vous vous apprêtiez à la laisser vous bercer dans ses bras lorsque ce Jedi corellien grand et maigre, survivant de la Purge, vous avait délivré. Avec l'aide de ce contrebandier, qui ne cessait de vous affubler de ce surnom d'homme éprouvette. Qui résumait grossièrement tout ce que vous représentiez pour lui. Mais aujourd'hui, Gelfran Delen était un vod et plus seulement un vieux débris. Un vod qui se battait à vos cotés tout comme Roan Shryne autrefois.
Vous vous appelez Climber.
Et aujourd'hui, vous vous battez en homme libre comme tous ceux que vous avez délivrés de cette prison de Dathomir. Qui ont désiré prendre les armes et reprendre ce que l'Empire leur avait volé. Ce que l'Empire avait aussi volé à Oreste Tissan. Ce que l'Empire vous a volé.
Vous vous appelez Climber.
En cet instant, vous vous n'êtes jamais senti aussi vivant. Pour la première fois, vous avez le sentiment que vous pouvez inspirer un espoir meilleur même si cela signifait de combattre pour un Jedi dont les motivations vous sont apparues de moins en moins idéalistes. Vous avez vu de vos propres yeux les liens d'amitié se dénouer progressivement entre Gelfran et Oreste. Ce dernier n'avait cessé d'ailleurs de susciter la méfiance chez les Sorcières de Dathomir, pas seulement parce qu'il était un homme libre qui maîtrisait la Force. Mais aussi parce qu'il était devenu plus distant, plus secret.
Vous vous appelez Climber.
Et depuis le début de la bataille, vous avez appris à mettre vos doutes de coté. Pour garder toute votre attention sur votre survie, comme vous aviez su le faire. Il vous fallait tuer afin de ne pas être tué, c'était aussi basique que cela. Sans aucun état d'âme, vous épaulez posément avec calme votre fusil blaster pour viser le clone qui s'apprêtait à vous balancer un détonateur thermique. Sans hésitation vous pressez la détente et observez sans aucune émotion, le stormtrooper basculer en arrière. Vous vous protégez instinctivement des éclats de schrapnel qui vous frolent la carcasse.
Vous vous appelez Climber.
La mort vous accompagne et vous lui offrez son dû. Chaque ancien frère était devenu un ennemi et cela vous soulageait de les abattre un à un. Vous vous éclairez le chemin et arpentez cet enfer où vous vous sentez chez vous. Le champ de bataille était votre foyer et vous vous montrez insensible aux cris de douleur, aux pleurs et aux appels à l'aide de ceux ou celles qui gisaient agonisants et tendaient une main suppliante. Vous ne pouvez pas les aider, c'est la loi de toute guerre. Vous ne souvenez plus du nombre de vods que vous avez laissé mourir dans la boue, de ceux dont vous avez agrippé la main pour accompagner leur dernier soupir.
Vous vous appelez Climber.
Et vous voyez surgir à cent mètres devant vous cette sombre silhouette armée d'un sabre laser sanglant qui avançait pesamment. Des Sorcières de Dathomir tentaient de l'arrêter mais elles n'étaient rien face à cette calamité. Elles tombaient en un ou plusieurs morceaux à la fois, ralentissant à peine ce cyclone lent mais dévastateur. Un frisson, celui de la panique, court le long de votre moelle épinière. Vous avez déjà affronté cette chose et vous aviez échoué.
Dark Vador.
Vous restez planté là où vous êtes, indifférent aux explosions qui ponctuaient l'intensité du pillonage impérial. Indifférent à ce rebelle, un stupide bleu qui se jeta impétueusement sur le Seigneur Noir des Sith et fut abattu par les autres clones qui le flanquaient de près. Indifférent aux autres Sorcières qui renversaient à l'aide de leurs rancors des bipodes ou piétinaient d'autres clones, indifférent à celles qui furent désarçonnées leur monture tuée par les canons des blindés qui en remplaçaient d'autres.
Vous vous appelez Climber.
Dark Vador et les soldats en renfort perçaient vos lignes et vous êtes le seul en mesure de les arrêter. Vous êtes seul mais il n'est pas question pour vous de fuir. Car comme sur Murkhana, vous n'avez nulle part où vous enfuir de toute façon. Alors posément, vous épaulez votre arme et viser cette cible en apparence facile.
En apparence, seulement. Car vos tirs n'atteignent pas votre ennemi qui réagissait à une vitesse inimaginable telle que ses mouvements étaient flous. Vous êtes déconcerté quand vous sentez ce regard sous ce casque de mort peser sur vous. Sur vos épaules et votre conscience même. Vous avez le sentiment que Vador sait qui vous êtes vraiment.
Vous jetez alors votre fusil blaster déchargé et dégainez votre blaster de secours, l'arrosant copieusement de tirs tout en le chargeant. À cet instant, vous pensez que vous ne survivrez pas à cette folie. Vous espérez seulement que votre ennemi sera surpris suffisamment longtemps pour pouvoir l'achever avec cette vibrolame que vous avez dissimulé dans votre jambière. Une force invisible arrache votre blaster de la main mais c'était ce que vous attendiez. De l'autre main vous lancez sur le Sith le détonateur thermique dont le compte à rebours avait été réglé au minimum. Vous vous jetez au sol pour éviter le souffle de l'explosion et les flammes qui enveloppaient la silhouette de Vador.
Puis vous vous relevez, la vibrolame brillant dans votre poing droit. Et vous vous précipitez à travers la fumée pour poignarder le Sith au coeur, enfin là où vous espérez en trouver un. Mais une main de duracier bloque votre poignet et vous éprouvez une sensation de chaleur inhabituelle au niveau de votre estomac. Vous baissez le regard et comprenez qu'un sabre laser avait été plongé jusqu'à la garde dans vos tripes. Puis vous fixez le casque de Vador qui n'était plus qu'à quelques centimètres de votre visage.
-Nul traître n'échappe à l'Empire.
Les mots qui perçaient à travers le vocodeur en une mélopée glaciale, vous parvenaient à peine. Vos sens commençaient à fléchir, la perception de votre environnement se brouillait. Vous vous sentez à peine tomber dans un gouffre et ne ressentez pas vraiment la douleur lorsque vous vous affaissez sur le dos. Vous voyez votre vie toute entière défiler à une vitesse fulgurante, vos premiers souvenirs de Kamino que vous croyiez avoir oubliés ressurgissaient dans vos dernières pensées. Après un temps indéfini, une main secourable vous soulève par la nuque et vous revoyez la lumière du jour lorsqu'on retire votre casque.
Un homme aux contours que vous ne parvenez plus à définir vous appelle pour vous arracher du sommeil éternel dans lequel vous sombrez inexorablement. Mais vous reconnaissez cette voix bourrue, empreinte de panique. Il s'appelait Gelfran Delen et il est maintenant votre dernier ami. C'était un vod qui tenait votre main et dans un dernier effort vous parvenez à la lui serrer entre vos doigts. Vous l'entendez crier votre nom.
Vous fixez les cieux embrasés et souriez, en réussisant à ouvrir les lèvres pour le remercier de lui avoir rendu votre identité.
Vous vous appelez Climber.
Et vous êtes mort.

J'espère que ce passage vous aura plu et ému 8-) ! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 13 janvier 2018, 23:52

Bonsoir, c'est l'heure de la suite de la bataille de Dathomir :twisted: ! Où les morts s'accumulent..

Gelfran tentait de se préserver comme il le pouvait alors qu'il se démenait pour sauver d'autres vies. Mais ses efforts étaient aussi futiles que de tenter de s'extirper d'un trou noir dans lequel on était tombé.
Des renforts ennemis arrivaient et les combats s'intensifièrent davantage. Le contrebandier voyait de plus en plus de camarades et de Sorcières s'écrouler à un rythme plus effréné après avoir emporté néanmoins un grand nombre d'ennemis avec eux.
Troïken, c'est pire que sur Troïken, pensa-t-il.
Il se rappella cette fameuse bataille décisive menée dans les cavernes du Mont Avos contre le cartel de Iaco Stark au nom de la République, enfin plutôt pour l'ambition d'un homme qui se prétendait se battre pour la République. La défaite les avait guettés mais ils l'avaient emporté grâce aux Jedi. Cette fois il doutait sérieusement que l'issue leur soit aussi favorable. La fébrilité commençait à le gagner. Il pensait qu'il n'aurait plus peur de mourir mais c'était pourtant le cas. Il pensait à Sira, celle qui menait les Chutes Brumeuses au combat avec Tzipah. Il l'avait brièvement aperçu puis l'avait perdu de vue.
Il aimerait la retrouver et l'emmener avec lui loin de cet enfer mais il ne le pouvait pas.
Arrête de penser, Gelfran, c'est pas le moment.
Il abattit un enième clone puis s'extirpa du trou d'obus pour sauter dans le suivant qui lui donnerait un meilleur angle de tir. À peine s'y était-il réfugié qu'il surprit une silhouette sombre comme la nuit fendre les rangs impériaux, amenant dans son sillage plusieurs clones. Le nouveau venu brandissait un néon sanglant au halo sinistre qu'il agita lorsque des Sorcières tentèrent de s'interposer pour l'arrêter.
Il le vit s'en débarrasser comme si elles ne représentaient rien du tout. La puissance et l'assurance qui émanaient de son aura l'horrifiaient autant qu'elles le fascinaient. Il avait entendu des rumeurs sur Dark Vador et il avait cru que ce n'étaient que des foutaises. C'était avant qu'il ne voie le Seigneur Noir des Sith en personne de ses propres yeux.
Tout à coup un clone surgit des rangs rebelles pour se mettre en travers de son chemin. Un clone qui portait sur son armure des motifs peints.
Climber..
Shutta, jura Gelfran intérieurement. L'homme éprouvette est cinglé, il va se faire découper!
Il aurait voulu hurler par dessus les détonations de s'enfuir, de sauver sa peau. Mais ses cordes vocales étaient paralysées. Impuissant, il observa le mutin de Murkhana charger le Sith tout en vidant son blaster en vain. Il l'observa en train de balancer un détonateur thermique puis profiter de la confusion pour se ruer sur Vador, vibro lame au poing. La fumée se dissipa et il se figea ne pouvant croire ce qui se déroulait sous ses yeux.
Vador enfonçant sa lame dans le corps du mutin de Murkhana puis la retirant d'une saccade dédaigneuse. Climber s'effondrant à terre, grièvement blessé voire pire..
-Non! Ne put se retenir de crier Gelfran.
Une femme encapuchonnée armée de deux sabres laser atterrit à pieds joints, juste à coté du Sith qui para de justesse une frappe d'estoc visant sa poitrine puis une frappe de taille au niveau des hanches. Asajj Ventress, la Dame du Pardon, invoqua ensuite la Force pour le rejeter violemment en arrière. Gelfran choisit ce moment pour courir vers elle et Climber qu'elle protégeait en faisant barrage de son corps contre les clones dont elle repoussait les tirs avec ses deux lames crépitantes. Alors que le contrebandier se penchait au-dessus de son camarade inanimé, elle s'offrit un moment de répit en les balayant avec une Vague de Force.
-Eh l'homme éprouvette, c'est pas le moment de pioncer! S'écria l'ancien milicien de Ranulph Tarkin.
Gelfran le soutint par les aisselles pour lui enlever son casque et il croisa le regard hagard de Climber qui eut néanmoins la force de sourire. Un dernier sourire sur son visage cadavérique.
-Accroche-toi, Climber! Tu vas t'en sortir!
Le contrebandier savait objectivement qu'il avait tort de s'illusionner. Il avait eu sa part de morts sur Troïken..
Une main encore empreinte d'une fermeté vacillante lui empoigna la sienne.
-Merci de m'avoir appelé par mon nom.. Gelfran.
Le contrebandier sentit les doigts du mourant se détendre, ses yeux à jamais figés vers le ciel. Il comprit qu'il venait de perdre le meilleur ami qu'il ait eu le privilège de rencontrer. Un homme d'honneur comme il en existait si peu dans la galaxie.
Il demeura prostré, prenant la mesure de cette perte qui l'ébranlait profondément. Cette guerre, cette bataille n'avait pas plus de sens que celle de Troïken. Tout lui semblait absurde, il ne possédait plus la force de continuer.
Jusqu'à ce qu'un Jedi apparut devant lui.
-Réveillez-vous, Gelfran! Rendez-vous utile!
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark se releva, une lueur de fureur couvant au fonds de son regard.
-Ne t'avise pas de me dire ce que j'ai à faire. J'ai les idées bien plus claires que les tiennes, foutu morveux.
Il s'exprimait avec une hostilité plus franche que jamais. Une détermination mortelle l'animait et Oreste se raidit malgré lui.
-Vous feriez mieux de vous reprendre si vous ne voulez pas finir comme lui, asséna-t-il d'un ton tranchant.
-C'est une menace? Grogna le contrebandier qui avait de nouveau empoigné son fusil blaster.
Asajj Ventress les ramena tous les deux à la raison, sans cesser de se démener avec ses deux épées lumineuses.
-Vous réglerez cela après.
En effet, Vador s'était relevé et des clones s'étaient regroupés autour de lui, braquant leurs armes sur le trio improvisé. Oreste et la rattataki s'acharnèrent à renvoyer les tirs alors que le Seigneur Noir des Sith restait en arrière, se contentant de les étudier. Il ne semblait pas pressé d'en finir comme s'il était sûr de sa victoire.
Asajj surprit du coin de l'oeil, le jeune corellien brandir le Bâton Obscur se préparant à l'utiliser. Couverte par Gelfran, elle dévia un rayon mortel dans la tête du stormtrooper le plus proche avant de lui lancer:
-Je me charge de ça, va aider ton amie!
Il protesta alors que ses yeux verts et gris se noyèrent dans le brasier de la haine.
-Pas question, c'est à moi de le tuer! Ne t'en mèle pas!
Guidé soudainement par son instinct, il se tourna vers Tzipah trônant sur son rancor et isolée du reste de ses Soeurs par un flot d'ennemis qui l'encerclaient. Il demeura pétrifié, à la croisée des chemins. Il devait choisir..
Et il ne pouvait rester indécis longtemps car un bipode s'approchait à portée de tir de la jeune Sorcière qui maniait sa monture, lui ordonnant par la pensée de faire le vide autour de lui. Elle ne semblait pas consciente du danger pressant. L'esprit de Rivan entra alors dans la danse pour mettre fin à son hésitation.
C'est inutile de la sauver maintenant si ton ennemi est encore en vie. Détruis Vador, tu as le pouvoir de le faire, de libérer la galaxie. De régner à la place de l'Empereur.
C'est vrai, Oreste avait oeuvré dans le but de provoquer la chute de l'Empire. Mais régner? Cela était un objectif qu'il n'avait pas envisagé. Il voulait seulement mettre fin à cette douleur secrète, ce sentiment d'abandon qui le rongeait depuis trop longtemps. Et il comprit alors que Tzipah incarnait l'espoir tout comme Beliem avant elle.
Les sentiments qu'elle éprouvait pour lui représentaient une source de chaleur qu'il ne supporterait jamais de voir s'éteindre. Il devait la sauver..
-Elle a raison, insista Gelfran. Va l'aider.
Ses mots pouvaient être traduits par: fais une bonne chose pour une fois. Le corellien croisa une dernière fois le regard de son aîné où se mélaient la lassitude, le dégout et la pitié. Il ignorait s'il le reverrait après la bataille.
Peut-être était-ce la dernière fois qu'ils se parlaient.
Oreste fonça alors à travers le champ de bataille pour porter secours à la dathomirienne en mauvaise posture. Subissant au passage la vindicte du Sith zélosien qui méprisait son choix.
Imbécile, l'injuria Rivan.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon le rejeta sans considération dans un coin de sa tête. Gelfran le vit disparaître non sans un vague remord. Il avait espéré pouvoir aider Oreste à combattre ses démons mais il avait échoué. Il n'avait jamais été peut-être en mesure de l'aider et par conséquent il n'avait pas réussi à tenir la promesse qu'il avait faite à son amie zeltronne Aamei. Il lui avait promis d'empêcher Oreste de commettre l'irréparable.
Le clan Farron avait payé sous ses yeux le prix de ses erreurs. S'il survivait, il n'hésiterait pas à tout avouer à Tzipah, quitte à provoquer une rupture brutale. Pour le moment, son premier devoir était de seconder la Dame du Pardon qui s'était jetée dans la mélée et se confrontait aux stormtrooper. Sous les yeux de Dark Vador immobile et impassible.
Le contrebandier l'aligna dans sa ligne de mire avant que l'air ne se contracta autour de lui. Il fut soulevé comme un fétu de paille et rejeté plusieurs mètres en arrière. Il se reprit rapidement, se redressant mais des clones se mirent à le mitrailler avant que des Sorcières de Dathomir ne s'interposèrent. Il reconnut Yalion des Collines Rouges qui menait la contre attaque, engageant les ennemis au corps à corps.
Malgré leur détermination, les impériaux furent décimés et Gelfran se joignit aux guerrières pour les appuyer et les aider à les repousser. C'est alors qu'il surprit le reflet d'un détonateur qui brillait dans le poing de l'un d'eux.
-À terre! Hurla-t-il.
Certaines réagirent très vite, d'autres non. Comme Yalion qui mourut sur le coup, les tripes déchiquetées. Il se précipita alors pour la couvrir lorsqu'un tir de fusil blaster le frappa à l'abdomen, le stoppant net.
Il plaqua sa main contre la blessure alors qu'un clone surgit dans son champ de vision. Une Sorcière des Chutes Brumeuses se glissa derrière lui pour le transpercer de sa lance tandis que des rebelles encore en état de se battre reculaient pied à pied pour se protéger des nouveaux bipodes qui affluaient sur le champ de bataille.
Celle qui venait de sauver Gelfran n'était autre que Sira, qui s'accroupit auprès de lui, ses traits nobles déformés par l'angoisse.
-Gelfran? Appela-t-elle.
Celui-ci toussa et du sang fut ejecté en goutelettes sur sa chemise qu'elle dégrafa pour l'aider à respirer.
-Ne meurs pas.
À l'entendre, cela ressemblait plus à un ordre qu'à une prière. Il ne put s'empêcher de lui accorder un sourire pâle. Il connaissait ce genre de blessure, il en avait vu tellement à Troïken. Il savait que cela ne pardonnait jamais.
-J'aurais du mourir il y a longtemps et tellement de fois. La chance a fini par me quitter mais je ne regrette pas de t'avoir rencontré. Tu es la première du coin à m'accepter tel que j'étais.
-J'ai besoin de toi.
Comme toutes les dathomiriennes, la fierté et l'orgueil l'empêchaient de verser des larmes aussi facilement qu'un être normal. Le contrebandier sérieusement amoché vit cependant la tristesse qui embuait ses yeux.
-Je vais te mettre à l'abri pour que nos prêtresses puissent te soigner, lui proposa-t-elle.
-Elles ne pourront pas faire grand chose.
Sa voix n'était plus qu'un râle et il sentit à peine la guerrière athlétique qui le souleva pour l'évacuer et lui murmura:
-Neami a aussi besoin de toi.
Il trouva la force de souffler avant de s'évanouir:
-Alors dis lui...seulement... que je serai en retard... pour le dîner..

Voilà, j'espère que cela vous aura plu! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 20 janvier 2018, 23:50

Bonsoir! Voilà la suite de la bataille de Dathomir, centré sur
Asajj Ventress :twisted:
Asajj Ventress avait espéré qu'elle en avait définitivement fini avec la guerre, les massacres, le sang versé. Mais la Force en avait décidé autrement comme s'il s'agissait d'une dernière épreuve pour tester sa volonté de se racheter.
Jusqu'aux derniers mois de la Guerre des Clones, une terrible réputation la précédait. Son parcours jonché de cadavres et de haine impitoyable avait pris vie dans un monde dévasté par les flots de sang versés.
Rattatak.
Une planète insignifiante, ignorée de la défunte République qui ne connaissait depuis des millénaires, qu'un seul horizon. La guerre et les calamités qui l'accompagnaient. Elle avait baigné dès son enfance dans cet enfer jusqu'à sa rencontre avec le Maître Jedi Ky Narec qui la recueillit après le meurtre de ses parents et fut le premier à la former aux voies de la Force. Mais la compassion ne s'improvisait pas dans la violence.
Ce fut sa première leçon, son premier apprentissage de la haine lorsqu'il tomba dans un traquenard tendu par des chefs de guerre rivaux dont ils menacaient la puissance. À laquelle elle succomba lorsqu'elle se lança dans une vendetta contre les seigneurs de guerre qu'elle détruisit ou captura un à un jusqu'au plus redouté d'entre eux, Osika Kirske. Après sa victoire totale, elle installa des arènes pour y défier ses ennemis l'un après l'autre.
Un adversaire différent des autres atterrit alors sur son fief et la défit aisément avant de lui proposer de rejoindre la Confédération des Systèmes Indépendants et de parfaire sa formation. Le Comte Dooku.
Elle apprit à le respecter et à le craindre. Elle devint sa plus fidèle servante et espérait pouvoir un jour l'égaler. Ses attentes furent cependant déçues quand elle comprit qu'elle n'était qu'un pion qu'il manipulait à sa guise dans la conduite de la guerre. Elle avait crue longtemps qu'il l'estimait comme une pupille destinée à lui succèder.
Mais ce n'était qu'une amère illusion qui vola en éclats le jour où il l'abandonna à son sort sur Boz Pity en la faisant blesser grièvement par un des magna gardes du général Grievous. Elle comprit au seuil de la mort qu'elle s'était trompée, qu'elle s'était égarée grâce à ce Jedi qui lui permit de retrouver la paix.
Il s'appelait Obi Wan Kenobi et elle avait pourtant haï cet homme dont la mort était devenue son obsession. Elle avait fait de lui son ennemi juré car il incarnait à lui seul l'abandon de Ky Narec par l'Ordre Jedi tout entier. Sur Boz Pity alors que ses forces l'abandonnaient, elle apprit une chose essentielle. Lâcher prise.
Abandonner son passé pour se laisser porter par la Force. Mais quelque chose en elle de primitif n'acceptait pas la mort et elle parvint à émerger de son inconscience pour détourner la navette médicale dans laquelle elle était soignée. Elle persuada ses pilotes de l'aider à s'exiler pour rompre avec ce passé, se détourner de la guerre. Pour toute la galaxie, Asajj Ventress était morte et devait le rester.
Ils s'écrasèrent sur Dathomir et fut la seule survivante du crash. Elle redécouvrit la pureté de la Force qui scintillait tout autour d'elle et cela lui procura pour la première fois de sa vie un réconfort qui n'avait pas de prix. Elle décida de ne plus se consacrer au combat mais à la méditation et à la guérisson.
Elle devint alors la Dame du Pardon. Sentant sa présence, plusieurs Sorcières de Dathomir vinrent la trouver pour lui proposer d'intégrer leurs clans respectifs. Mais elle avait refusé lorsqu'elle avait découvert que cette société matriarcale ne respectait pas la vision d'une servante de la Force. Alors elles l'attaquèrent.
La Dame du Pardon déjoua leurs assauts et les épargna, faisant grandir d'autant plus sa renommée auprès de tous les clans. Une ermite discrète mais respectée. Asajj s'était résolue fermement à mener cette vie jusqu'à la fin de ses jours. Jusqu'à l'irruption d'un jeune Jedi tourmenté, guetté par l'obscurité.
Il s'appelait Oreste Tissan et elle vit en lui le reflet de ce qu'elle avait été autrefois. Elle avait tenté de lui faire entendre raison, de lui montrer à travers elle ce qu'il était en train de devenir. Mais elle avait échoué. Il était parvenu de plus à rallier à sa cause quatre des plus importants clans de Sorcières dont la Montagne Qui Chante qui ne s'était pas pourtant pas engagée pleinement à ses cotés.
Beaucoup allaient mourir pour lui, pas pour leur liberté. C'est pourquoi elle s'était résignée à se battre dans le même camp que le sien, il lui fallait sauver ce qu'elle pouvait. Il leur fallait remporter la victoire.
C'était ce qui la motivait à se débarasser des clones qui la séparaient de cet ennemi plus redoutable qui l'attendait de pied ferme. Elle percevait la noirceur de son âme, un écho sinistre très familier. Trop familier.
Elle fit danser ses deux sabres laser dans ses mains, tronçonnant les trois derniers soldats qui tentaient de l'abattre. Elle enjambea leurs cadavres démembrés encore chauds pour enfin jauger cette chose qui la dépassait d'une tête. Elle s'appelait Asajj Ventress et elle repoussa cette peur instinctive qui s'insinuait en elle comme un vil poison. Car elle avait laissé la peur guider ses actes pendant trop longtemps. Il était pour elle de rendre hommage aux enseignements de son maître Ky Narec pour la première fois depuis longtemps. De prouver à Obi Wan Kenobi qu'il avait eu raison de croire en elle.
À travers ce souffle rauque qui transerçait son vocodeur, la chose cracha son nom:
-Ventress. Je suis étonné de voir que vous avez survécu.
Elle masqua sa surprise.
-Vous semblez bien me connaître alors que c'est la première fois que nous nous rencontrons.
-Ce sera en tout cas la dernière. Sauf si vous me rejoignez et que vous vous engagez à servir l'Empereur.
Le ton mécanique était étrangement proche, presque compatissant. La rattataki se sentit perturbée par un malaise inexplicable.
-Non, fit-elle avec conviction. Votre Empire sème le mal et être la domestique du Comte Dooku m'a suffit.
-J'espérais cette réponse.
Elle ne se laissa pas démonter et se lança aussitôt à l'attaque. Ses deux sabres lasers tracèrent des sillons ardents devant elle, obligeant le Seigneur Noir des Sith à céder du terrain. Son style de combat n'avait pas varié depuis la fin la guerre à ceci près qu'il ne se basait plus sur la haine qui l'avait tant aveuglé.
Maintenant la fluidité de ses gestes et la complexité évoquaient un ballet gracieux faisant écho à l'harmonie de la Force. Elle n'était plus le fléau dont usait Dooku selon son bon vouloir, elle était la Dame du Pardon.
Vador était lui-même impressionné de constater qu'elle n'avait rien perdu de son mordant.
-Intéressant, concéda-t-il. Mais votre pouvoir n'est rien par rapport à la compréhension que j'ai acquise.
Asajj fut instantanément soufflée par une onde de choc qui la renversa au sol. Son agilité la sauva de l'empalement et elle bloqua sa lame flamboyante en croisant les siennes devant elle. Ses muscles commençèrent à chauffer lorsqu'elle tenta de l'écarter d'elle. Mais cela équivalait à desserrer les machoîres d'une pince géante.
Presque sans efforts, il la maintenait un genou à terre et semblait s'amuser de ses vaines tentatives de se dégager.
-Vous avez tué beaucoup de Jedi pendant la guerre et vous avez failli tuer mon ancien maître plusieurs fois. Mais je suis devenu aujourd'hui plus puissant que lui. Bien plus puissant que vous.
Dans un effort plus prononcé, elle parvient à soulever ses deux lames et se jeta pour passer sous la garde du Sith qui trébucha en avant. Puis celui-ci beugla comme un nexu enragé lorsqu'elle se dressa dans son dos pour l'entailler profondément au flanc. Elle pensait avoir pris un avantage décisif mais une savate brutale dans l'estomac lui prouva le contraire.
Et ce fut elle qui recula à son tour sous les coups brutaux qui la déséquilibrèrent en arrière. Ce n'était pas un Jedi ni même un Sith qu'elle affrontait. Non, c'était plutôt une machine infernale dont le carburant était une haine d'une profondeur inégalée.
Même elle, elle ne se rappelait pas d'avoir pu tirer de sa colère, de ses émotions négatives autant d'énergie. Elle réalisa assez vite qu'elle ne résisterait pas longtemps à ce déferlement de coups de massue qui mettait à rude épreuve son endurance.
Elle bondit sur le coté avant de considérer la situation. Dark Vador jubilait silencieusement, la victoire lui serait bientôt acquise.
-Nous soumettrons Dathomir comme nous le ferons pour le reste de la galaxie, déclara-t-il à la rattataki. Les Sith sont appelés à régner.
-Vous dites cela parce que vous ignorez un détail fondamental. Je ne suis pas seule car la Force est avec moi.
Indécis, Vador surprit la Proche Humaine borgne clore les paupières et se fondre entièrement dans les courants de la Force. Il sentit clairement son écho d'une aura lumineuse écoeurante avant que celui-ci ne s'amplifia graduellement.
Il ne comprit pas ce qui se passait au début avant de se souvenir à quel point ses perceptions sensorielles avaient été électrisées lorsqu'il avait atterri sur la planète. Dathomir était un foyer de Force et irradiait de cette énergie à un niveau phénoménal. Et Asajj Ventress faisait appel à cette énergie.
Il n'hésita pas plus longtemps et se précipita pour l'achever, le sabre haut. Il abattit sèchement son arme de haut en bas lorsqu'il arriva à portée, dans sa hâte d'en finir. Mais sa lame crépitante ne frappa que le vide.
Juste à temps, il se contorsionna lorsqu'elle se redressa pour le transpercer de sa lame gauche. Il la dévia en l'enroulant autour de la sienne avant de bloquer l'autre épée ardente dans l'instant qui suivit. Elle invoqua la Force pour soulever des pierres et les lui projeter dans la figure. Vador tenta de se protéger comme il le put, conscient que son armure ne suffirait peut-être pas. Son corps ou plutôt ce qu'il en restait depuis sa défaite de Mustaphar face à son ancien maître, fut meurtri par les impacts rugueux des projectiles improvisés.
L'ouragan cessa lorsqu'il fit appel à sa haine profondément ancrée en lui. Une haine nourricière, contre ce qu'il avait perdu, contre les Jedi. Contre sa faiblesse d'antan, contre l'homme qu'il avait été et contre ce qu'il était devenu.
Personne ne détestait Vador autant que lui-même. Et c'est ce qui lui permit de canaliser sa passion en un raz de marée. Il hurla d'un cri inhumain désincarné, faisant voler en éclats les rocs et les dispersant aux quatre vents.
Mais la Dame du Pardon ne se laissa pas prendre au dépourvu par sa démonstration, bien qu'elle dépassait tout ce qu'elle avait connu ou presque. Elle avait déjà vu cette puissance à l'oeuvre pendant la dernière guerre chez un Jedi qui l'avait vaincu. Un Jedi qui se repaissait de la haine.
Elle bondit pour en finir et le Seigneur Noir des Sith recula à nouveau sous sa vivacité et les multiples angles d'attaque qu'elle adoptait pour le déborder. Elle paraissait anticiper à l'avance et même plus que ça, ses moindres ébauches de contre attaques. Dathomir tout entier s'était liguée avec elle contre lui.
Elle le toucha successivement aux avants bras et aux jambes mais elle fut cependant surprise de voir que cela ne l'affectait pas plus que ça.
Mais en quoi était-il fait? Se demanda-t-elle.
Elle ne relâcha pas la pression et parvint à lui faire sauter le sabre laser d'un coup de pied sauté avant de lui érafler la cuisse ce qui le fit vaciller sur ses appuis. Il resta cependant debout, et à travers son masque de mort concéda un compliment.
-Je vous ai sous estimée, je dois le reconnaître. Vous n'avez pas perdu la main depuis Boz Pity, Ventress.
Elle se montra imperméable à ce compliment, se contentant de le tenir en respect.
-Je suis différente de celle que j'ai été pendant la guerre. Je suis la Dame du Pardon et je n'achève pas un ennemi désarmé.
Elle ne cessa de le scruter avec son oeil valide, tout en baissant ses deux sabres vers le sol. Indifférente au chaos de la bataille toujours en cours, autour d'elle. Où les morts s'ammoncellaient des deux cotés.
-Partez de Dathomir avec votre armée et ne revenez plus.
-Vous savez très bien ce que cela implique. Si nous partons, ce ne sera que partie remise.
Ventress demeura flegmatique devant l'ironie cassante de Vador. Cette impression de le connaître la tenaillait.
-Qui êtes-vous donc et quel maître vous a formé? Demanda-t-elle subitement.
Le calme de Vador l'inquiétait plus qu'il ne la rassurait.
-Je suis l'ombre qui vous a combattu sur Ohma Dun, qui vous a poursuivi sur Yavin 4. Qui vous a vaincu sur Coruscant et vous a achevé sur Boz Pity. Mon ancien maître était votre ennemi juré et il a pourtant cru que vous pouviez revenir à la lumière.
Asajj fronça les sourcils, perplexe. Elle ne percevait pas de duplicité et elle écarquilla les yeux lorsqu'elle comprit que le Jedi qu'elle avait cru balayé par la purge se tenait devant elle, sous l'apparence de cette monstruosité.
Elle ne prit pas garde au sabre laser qu'il rappela dans son poing, aveuglée par sa confusion.
-Non.., soufflait-elle. C'est impos..
Elle émit un hoquet lorsqu'une lame sanglante s'enfonça dans son abdomen. Elle tituba sur ses appuis, lâchant ses deux crosses recourbées qui rebondirent sur le sol. Elle plaqua sa paume contre la plaie béante alors qu'elle murmura:
-Sky..walker..
D'une voix impitoyable et sans remords, le Seigneur Noir des Sith la toisait alors qu'elle s'effondrait sur ses genoux.
-Anakin Skywalker est mort, affirma-t-il, je l'ai détruit. Je suis Dark Vador et je détruirai tous les ennemis de l'Empire. Vous allez rejoindre maintenant les fantômes du passé.

Voilà, j'espère que ca vous a plu! à la prochaine!

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 27 janvier 2018, 23:59

Bonsoir voilà la suite de cette longue fan fic (pas trop longue j'espère? :? ). Dans ce passage un héros déchu rescapé de l'Ordre 66 va tenter de se venger d'un monstre à cause duquel il a tant perdu: Dark Vador.
Il n'y aura pas de quartier! :twisted:

Tzipah remarqua qu'elle était coupée du soutien de ses consoeurs et des volontaires rebelles qui tentaient de maintenir leurs positions à tout prix. La situation devenait critique et pas seulement pour elle.
Les hors monde amenaient des renforts toujours plus nombreux, sans se soucier de leurs pertes. Un luxe qu'évidemment les Filles d'Allya ne pouvaient se payer. Chacune d'elles qui tombait au champ d'honneur était un crève coeur pour la guerrière des Chutes Brumeuses. Elle domina son chagrin pour se concentrer sur le combat.
Elle ne put retenir une volonté de faire payer à l'ennemi le prix du sang. Pour la première fois de son existence, elle ressentait la fureur. Une électrisait surnaturelle picotait son épiderme, comme si la foudre menaçait de s'abattre sur tous. Le coté sombre de la Magie d'Allya était en train de prendre le dessus.
Mais elle s'en rendait à peine compte car des stromtroopers commençaient à l'entourer et la visaient avec leurs fusil blaster pour la désarçonner, morte ou vive. D'autres concentraient leurs tirs sur son rancor qui agitait ses bras courbés devant lui pour tenter de les déchiqueter avec ses griffes. Sa monture dont les écailles commençaient à brûler sous les impacts, continuait d'avancer et elle s'efforça de le rediriger vers le front principal.
C'était une mission impossible car elle relâchait son emprise sur lui et sur ses instincts primaires pour chanter un sort de télékinésie incessamment pour repousser les hors monde impériaux qui s'amassaient autour d'elle.
Concentrée sur sa survie, elle ne prit pas garde au principal danger. Lorsqu'elle releva la tête vers l'horizon, elle se figea en voyant le rancor de métal qui s'approchait pour la cibler avec ses canons lanceurs de feu.
Au dernier instant, elle cabra sans réfléchir son rancor en arrière au moment où le blindé ouvrit le feu. Sa monture émit un mugissement plaintif grave lorsque son torse fut perforé avant de basculer sur le flanc, renversant sans ménagement la jeune femme.
Elle fut de nouveau debout, sa vibro épée au poing pour faucher le hors de monde le plus proche qui n'eut pas le temps de se retourner contre elle. Elle était saisie d'une frénésie presque bestiale, qui la transformait en quelque chose d'autre de plus terrible. Es-ce la mort de son rancor, une créature qu'elle avait dompté puis choyé au point de s'y attacher qui causait ce basculement?
Toujours est-il qu'elle tranchait maintenant dans le vif du sujet sans restriction jusqu'à ce qu'un détonateur thermique ne se désintégra à quelques mètres d'elle. L'onde de choc la sonna, l'étourdissant sur le coup.
Elle vacilla sur ses pieds comme ivre tandis qu'elle peinait à réagir lorsqu'un stormtrooper la mit en joue. Cette apparition lui semblait irréelle alors que la mort autour d'elle l'était. Elle s'y était pourtant préparée à ce jour fatidique mais la sérénité lui manquait. Cela arrivait bien plus tôt qu'elle ne l'escomptait. Trop tôt.
-Tzipah!
La tête du soldat clone se détacha du reste du corps lorsqu'Oreste surgit pour lui sauver la mise. Un grand soulagement la réchauffa lorsqu'elle surprit l'intensité qui se dégageait de ses yeux verts et gris. Il tenait à elle.
Elle émergea de son hébètement pour lui demander lorsqu'il se précipita à sa hauteur:
-Es-tu blessé?
Il était surpris par sa question.
-Non et toi?
Elle lui accorda seulement un sourire fin avant qu'ils ne se mirent dos à dos pour faire face aux clones. Ceux-ci se massèrent concentrant leurs tirs sur le couple, bien plus sur le jeune corellien que sur la dathomirienne. Oreste s'appliqua à dévier les salves avec son sabre laser et brandissait de l'autre main le Bâton Obscur qu'il tenait prêt à l'emploi tandis que Tzipah en usant de la Force à l'aide de chants.
Abandonne la et tue Vador.
Une fois encore, il rejeta l'appel de Rivan qui revenait à la charge. Il était maître de lui-même, il tuerait Vador et seulement au moment où il l'aurait choisi. Rivan n'était qu'un outil entre ses mains et il en userait autant qu'il le souhaiterait.
Comme en cet instant où il se connecta avec l'esprit du Sith zélosien pour activer l'artefact. Les éclairs jaillirent du pommeau en une cascade incontrôlable et vidèrent les stormtroopers les plus proches de leur essence. C'étaient en de pareils moments qu'il était le plus vulnérable, car immergé dans le Coté Obscur.
Il ne prit pas garde aux deux clones qui s'étaient avancés dans son dos pour l'abattre à bout portant. Tzipah réagit heureusement à temps, fondant sur eux pour les éxécuter avec sa vibro épée. Elle considéra à peine leurs cadavres, se préoccupant coûte que coûte de la survie de son compagnon.
Malgré ce qu'il était devenu, malgré ce qu'il faisait. Elle espérait pouvoir l'aider à se libérer de cette malédiction. Au fonds d'elle-même, elle pensait qu'il le méritait malgré les avertissement de la Mère de Clan.
Je n'échouerai pas, se promit-elle alors qu'elle l'observait semer la désolation à l'aide du sceptre redouté.
Quant à Oreste, il ne s'intéressait plus vraiment au déroulement de la bataille en cours. Sans cesser de se battre avec un acharnement au-delà de leurs moyens, les rebelles pliaient sans rompre sous le rouleau compresseur impérial. L'issue de la bataille devenait de plus en plus claire.
Tue Vador avant qu'il ne soit trop tard.
Rivan n'abandonnait pas mais le corellien n'était pas prêt à lui céder. Tzipah.. il n'abandonnerait pas Tzipah comme il l'avait laissé Beliem mourir.
Va au diable, jura-t-il à l'adresse du Sith zélosien.
Tout à coup une lueur de bonté qui étincelait au milieu de l'obscurité palpable et ambiante, chancella dans les courants de la Force. Il releva la tête dans la direction de la perturbation et remarqua une jeune rattataki à terre gravement blessée aux pieds du Seigneur Noir. Asajj Ventress, la Dame du Pardon, venait de tomber.
Tue Vador.
Cette fois, ce n'était plus Rivan qui l'encourageait. C'était son subsconscient.. il était le Jedi Noir de Dathomir et il devait éradiquer cet ennemi.
Alors il traversa les rangs impériaux, s'ouvrant un chemin sanglant suivi de prés par Tzipah qui tentait de le tempérer en lui criant:
-Oreste, attends!
Mais il ne l'écouta pas. Et il l'entendit encore moins pester entre ses dents contre son impulsivité naturelle.


Dark Vador releva son sabre pour donner le coup de grâce à son adversaire agonisante qui le fixait sans trembler. Un picotement courut le long de sa colonne vertébrale et il eut seulement le temps d'apercevoir un jeune homme armé d'un sabre laser et d'un étrange sceptre qui fonçait sur lui. Il se détourna pour lui faire face mais ne put contrer la jambe tendue qui le percuta à la poitrine et le rejeta au loin à une dizaine de mètres.
Oreste voulut en profiter mais Tzipah le rappela à d'autres priorités:
-Nous devons l'aider!
Elle soutenait par les épaules la rattataki dont elle prit la main.
-Tzipah.. je suis désolée de n'avoir pu t'enseigner mon art..
-Vous avez aidé les Filles d'Allya, Dame du Pardon. Nous vous honorerons pour toujours.
Le corellien s'accroupit à son tour. La voir dans cet état le bouleversa malgré lui, autant que son amie dathomirienne.
-Je vais faire payer le responsable, lui promit-il seulement.
-Tissan..
Dans un dernier effort, Asajj le retint par la manche. Elle le considérait avec sévérité de son oeil valide.
-Tu dois retrouver la voie des Jedi, ne deviens pas ce qu'il est, le pressa-t-elle. Ne deviens pas comme Vador. Il y a encore de la lumière en toi.
Elle faisait allusion à Tzipah.
-Oreste, écoute la, insista celle-ci.
La guerrière des Chutes Brumeuses le fixa avec une une résolution qui fit le plier. Alors il se pencha davantage au-dessus de la rattataki.
-Renonce à l'obscurité comme j'ai réussi à le faire.. rachète mes fautes et les tiennes.
Il se figea lorsqu'il comprit qu'elle savait pour le clan Farron. Et cela devint plus clair lorsqu'elle ajouta:
-Pour tout le mal que tu as répandu ici, je te pardonne..
Sur ces paroles de bonté, elle ne fit plus qu'un avec la Force. Elle rejoignit Ky Narec, son mentor défunt qui avait marqué sa jeunesse tourmentée.
Tue Vador, venge la.
Au milieu des clameurs et des explosions, des cris de fureur et de souffrance, une respiration hachée et mécanique lui parvint.
-Je suis ici pour finir ce qui a commencé. L'extermination des Jedi.
L'ancien apprenti de Nejaa Halcyon revit à travers lui tout ce qu'il avait perdu. L'Ordre Jedi, la République, sa famille sur Corellia. Beliem..
Il revit à travers lui tout ce qu'il pourrait encore perdre. Tzipah..
-Moi aussi, j'ai quelque chose à finir.
Il se redressa, la haine enflammant de nouveau ses iris verts et gris. Il ne souciait plus de respecter les dernières volontés de la Dame du Pardon. Ce n'était plus primordial, une seule chose lui importait.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir et je dois tuer Vador.
Alors il le chargea à l'aide d'un Saut de Force qui le fit atterrir nez à nez avec le Seigneur Noir des Sith qui bloqua sa première attaque avant qu'Oreste ne le frappa avec le manche du sceptre. Vador tituba en arrière avant de se reprendre.
Il ne remarqua pas qu'une jeune Sorcière s'était glissée dans son dos pour le surprendre. Il perçut cependant sa présence juste à temps pour éviter un coup fatal et la repousser d'un brutal coup de coude dans le plexus solaire.
-Tzipah, va-t-en! S'écria Oreste.
La Sorcière se rangea à sa hauteur, n'appréciant visiblement pas qu'il lui donne des ordres.
-Souviens-toi de ce que t'a dit la Dame du Pardon, n'en fais pas une affaire personnelle!
-Je sais ce que je fais mais il le faut que je le fasse seul!
Ils se mesurèrent du regard et la jeune femme s'inclina devant son farouche entêtement. Elle choisissait de lui faire confiance une fois de plus. Une fois de trop?
Toujours est-il qu'elle s'éloigna pour se confronter à d'autres clones.
-On perd toujours ce qu'on essaie de protéger, ricana le Seigneur Noir des Sith.
-Vous n'avez pas idée de ce que j'ai perdu. Vous avez lâché Soia Tenn à mes trousses, vous l'avez envoyé détruire toute ma famille, tué sous mes yeux la femme que j'aimais.
-Tu l'as tuée par vengeance, tu as obtenu ce que tu voulais.
-Non, pas tout ce que je voulais. J'ai compris que le véritable responsable, c'était vous. L'Empereur, l'Empire tout entier. Je ne m'arrêterais pas avant de causer votre chute.
-Tu ne peux pas nous freiner, Jedi. Regarde ce que tu es devenu. Tu es consumé par la peur, la colère et la haine. Et je sens le pouvoir qui émane du sceptre que tu tiens dans la main. Un pouvoir que tu as appris à utiliser.
En voilà un qui est peut-être plus méritant que toi.
L'esprit de Rivan sentait sans aucun mal le potentiel de Dark Vador. Et faisait comprendre au passage à Oreste qu'il pourrait jeter son dévolu sur lui. Le corellien se figea en comprenant les possibles implications.
Si Vador s'emparait du Bâton Obscur, cela le rendrait bien plus puissant et il n'aurait aucun scrupule à traiter avec le fantôme d'un Sith zélosien. Peut-être même qu'il l'aiderait à ressusciter, à devenir immortel. Libre de renforcer l'étreinte de l'Empire ou d'en tirer profit.
Il était le Jedi Noir de Dathomir et il n'avait pas l'intention de laisser faire cela.
-Tu pourrais apprendre à maîtriser un pouvoir plus grand encore. Devenir tellement plus.
-JAMAIS!
De nouveau, il se jeta à l'attaque. Libéré de tous ces scrupules de Jedi, il le frappait de son sabre laser et du sceptre successivement. Vador recula pied à pied, contenant ses assauts vifs et désaccordés qui l'empêchaient de reprendre la main.
La progression inexorable des clones fut brusquement stoppée lorsque Morgan Vandrack et ses hommes qui formaient la réserve, s'élancèrent de leurs tranchées pour mener la charge de la dernière chance. Celle qui devait permettre de faire basculer l'issue de la bataille. Les chelloans qui encadraient cet assaut firent jonction avec les Sorcières elles-mêmes débordées sous le feu de l'ennemi.
Il n'y avait plus à tergiverser, l'Empire n'aurait pas la moindre pitié. C'était un combat à mort, tout comme celui qu'il menait en personne contre Vador.
-Tu es le dernier Jedi qui reste, lui lança-t-il. Quand je t'aurai tué, ma tâche sera accomplie et la galaxie sera enfin en paix.
Le dernier Jedi. Ces mots résonnèrent dans la tête du corellien, un écho à la pire crainte qu'il ne désirait pas se voir réaliser.
Il ne pouvait pas échouer car il sentait tout le poids d'un héritage sur ses épaules qu'il devait faire perdurer. C'était un héritage auquel il ne pouvait prétendre, il avait trahi la voie des idéaux de l'Ordre Jedi.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir. Tout ce que j'ai connu appartient à l'oubli.
Il n'était plus qu'une âme errante, en perdition. Il ne possédait plus le moindre repère, peu lui importait de vivre.
Il devait tuer Vador.

Voilà j'espère que cela vous plaira!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 03 février 2018, 23:56

Bonsoir à tous! voici la suite de ma fan fic! Dans ce passage, la bataille de Dathomir qui fait rage entre les stormtroopers clones de Vador et l'alliance hétéroclite de rebelles et des Sorcières de Dathomir menée par le Jedi Noir Oreste Tissan va prendre une tournure inattendue et .. sanglante :twisted: !

Oreste Tissan corrompu par le Coté Obscur pourrait gagner une chance de continuer la guerre ou tout perdre!

Orbite de Dathomir, Devastator

Pour Shonn Volta, il devenait clair que les rebelles n'avaient plus aucune chance. Dos à la montagne, toute possibilité de retraite leur était ôtée alors que les troupes de l'Empire les submergeaient par le nombre et la puissance de feu.
Le moment d'agir était venu. Elle se détourna des consoles tactiques qui trônaient au milieu de la passerelle principale puis porta son comlink à ses lèvres.
-Commencez la distribution du paquet dans soixante secondes. Que tout le monde se tienne prêt pour l'exercice.
Elle croisa le regard de l'officier de pont qui la surveillait étroitement. Elle compta mentalement jusqu'à cinquante avant d'exhiber un masque respiratoire de sous son uniforme et d'en couvrir sa figure, englobant soigneusement nez et bouche.
-Capitaine, que faites-vous?
-Cela fait partie de l'exercice, lieutenant.
Celui-ci se tourna dans toutes les directions et constata que tout le monde portait le même appareil sauf lui.
-Et pourquoi suis-je le seul à ne pas en porter?
L'ancienne snipeuse séparatiste lui répliqua tout en le dardant d'un regard glacial:
-Vous n'en avez pas besoin.
Un sifflement funeste se répercuta d'un bout à l'autre du pont et des fumerolles vertes sinistres s'échappèrent des bouches d'aération.
-Ne tentez pas de retenir votre respiration ou vous mettrez plus de temps à passer dans l'autre monde, lui conseilla-t-elle. Les effets de l'Aorth-6 sont immédiats.
-L'arme chimique de Gentis.
Il dégaina son blaster pour la menacer.
-Arrêtez cette folie!
Vive comme un serpent kodashi, elle lui aggripa le poignet de la main droite et l'écarta vers le plafonds. Il parvint à presser la détente deux fois avant qu'elle ne le désarma d'une brusque torsion de la paume, lui fracturant le coude.
Puis elle le mit à terre d'un revers dans la trachée. Avant de le relever en l'immobilisant avec une prise d'étranglement.
-Ce sera bientôt terminé pour vous.
Le malheureux sous officier devint livide, comprenant ce qui l'attendait. Il connaissait très bien les symptomes d'une exposition à l'Aorth 6 même brève. Il s'agissait d'un virus nécrotique qui liquéfiait les poumons.
Dans sa poitrine, une chaleur ardente commençait à l'indisposer et il sentit un liquide poisseux engluer ses narines avant de couler sur ses lèvres. Elle le libéra tout d'un coup et il s'écarta d'elle pour s'éponger avec la manche de son uniforme. Tâché d'un rouge hémoglobine sombre.
Shonn Volta le fixait d'un regard distrait et elle ressentait grâce à son lien avec la Force la souffrance de son agonie.
Le sang cascadait de ses yeux, de ses oreilles et de sa gorge et il tendit une main pour tenter d'arracher son masque. Elle contra sa tentative désespérée sans aucun mal, se contentant de faire un pas de coté et il trébucha en avant. Il porta la main à son cou, s'étouffant dans sa propre hémorragie interne qui obstruait ses voies respiratoires irritées.
Ses membres se raidirent et elle donna un coup de pied à son cadavre pour s'assurer qu'il ne réagirait plus.
-À toutes les unités, au rapport.
Bientôt des réponses calmes affluèrent de tout le destroyer Venator.
-Hangar principal sécurisé.
-Sections 7, 8 et 11 sécurisées. Le pont inférieur est dégagé.
-Sections 13, 14 et 15 sécurisées. Les batteries principales sont sous notre contrôle.
Satisfaite du bon déroulement de l'exercice, Volta ponctua:
-Passerelle de commandement sécurisée. Accès principal?
-Sécurisé, nous contrôlons les turbo ascenseurs.
-Sabotez les, ordonna-t-elle. Et isolez les hangars secondaires.
-Bien reçu.
Elle fixa le cadavre devant elle avant de demander qu'on l'en débarasse dans le broyeur à ordures.
-Relevez les écrans déflecteurs et que les batteries principales se tiennent prêtes. Cible principale: le Poing d'Acier.
Elle traversa le pont pour étudier la silhouette de l'autre Venator dont elle avait programmé la destruction.
-Nous sommes en position, capitaine.
-Visez d'abord le hangar principal puis l'artillerie. Et pour finir la passerelle.
Elle devinait la quiétude de l'équipage qui somnolait à quelques centaines de mètres, ne se doutant pas de ce qui pendait au-dessus de leur tête. Elle faisait tout cela pour l'homme qu'elle avait aimé.
Il s'appelait Laurita Tohm.
-Feu.
Alors que les salves frappaient la coque du Poing d'Acier faisant jaillir des sphères de flammes et de duracier en poussière, elle était persuadée d'accomplir un acte de foi.
C'est pour toi que je le fais, Laurita. C'est pour toi que je le fais.

Poing d'Acier

-Capitaine?
Zsinj qui étudiait le déroulement de la bataille à la surface de Dathomir, jeta par dessus son épaule un coup d'oeil curieux en direction de l'officier qui gardait une distance de sécurité confortable.
-Oui? Fit-il de sa voix mélodieuse.
-Vous m'aviez demandé de vous signaler toute anomalie provenant du Devastator, même insignifiante.
Le commandant du Poing d'Acier se permit un sourire malicieux.
-Comme j'aime les esprits serviables et capable de faire preuve d'initiative.
Le subalterne préféra ne rien montrer de sa réaction indécise, ignorant s'il devait prendre cela comme une moquerie.
-Nous scannons le vaisseau et notamment les formes de vie et il y a eu une évolution.
-Une évolution?
Montrant une agilité peu attendue pour un homme de sa corpulence, Zsinj vint se ranger devant les instruments de détection.
-Hum, lâcha-t-il d'un air dubitatif. Il y a beaucoup moins de formes de vie qu'il y a cinq minutes, n'es-ce pas?
-Oui, monsieur. Il pourrait s'agir d'une défaillance de nos systèmes.
-Oh, je ne crois pas.
-Une épidémie?
-Je ne connais pas de maladie qui puisse décimer l'équipage d'un croiseur interstellaire dans un laps de temps aussi court. À moins que..
Le subalterne se pencha pour l'expression impavide du capitaine dont le regard s'illuminait d'une subite compréhension.
-Je viens de me rappeler que plusieurs stocks d'une arme nécrotique utilisée par Gentis sont portés manquants.
-Devons-nous contacter le Devastator?
Zsinj haussa les épaules, jugeant la question peu importante.
-Ils ne répondront pas. Relevez les boucliers.
Cette fois, la voix contenait de l'urgence. Il ne s'agissait pas d'un caprice ou d'une démonstration impérieuse. Zsinj s'était taillé une réputation d'homme implacable sur Teragan 5 contre la mutinerie des clones. Un homme implacable et rusé qui avait évincé son supérieur à la tête du Poing d'Acier. Un homme dangeureux, le mieux placé pour détecter une éventuelle menace.
-Oui, monsieur.
-Préparez les escadrons de chasseurs et...
Une alarme stridente hulula soudainement après qu'une voix paniquée s'était élevée:
-Impact! Impact!
Le sol trembla sous les pieds de Zsinj lorsque les tirs de turbo lasers du Devastator se fracassèrent contre les boucliers déflecteurs du Poing d'Acier. Le capitaine ne perdit pas son sang froid et réclama sans sourciller:
-Rapport des dégats!
La réponse ne tarda guère.
-Boucliers abaissés à 65%! Le hangar principal a été touché, monsieur!
-Batteries principales, ripostez! Montrez-moi les images du hangar!
Ce qui fut fait dans l'instant. Alors que les deux Venators s'engageaient dans une canonnade intense, Zsinj se pencha sur les images des holocams qui renvoyaient une scène macabre figée. Des corps et des équipements flottaient au milieu des ARC-170 et des V Wings en pleine maintenance. Et encore tous n'étaient pas présents.
D'autres images funestes lui montrèrent que certains d'entre eux avaient été aspirés dans le vide sidéral, suite à la perte d'atmosphère et de gravité consécutive à la depressurisation brutale et subite. Le capitaine posa la question dont il connaissait déjà la réponse.
-Aucun signe de vie?
-Non, monsieur. Et nous avons perdu tous nos chasseurs.
Au fonds de lui-même, le boucher de Teragan 5 ne possédait aucune considération pour la vie humaine. Il l'avait d'ailleurs largement montré par le zèle qu'il manifestait à l'égard de l'Ordre Nouveau.
Il se sentait seulement blessé dans son orgueil, il avait sous estimé la dangeurosité du capitaine Shonn Volta et la force de l'amour qu'elle portait à un ambitieux qui avait menacé de faire de l'ombre à Vador lui-même. Il ne faisait aucun doute qu'elle avait usé de l'Aorth 6 pour prendre le contrôle du Devastator en éliminant les loyalistes sans exception. Elle n'avait plus rien à perdre.
-Contactez le Centre Impérial, ordonna-t-il. Envoyez un signal de détresse..
Un nouveau séisme ébranla la passerelle avant qu'une voix laconique ne lâcha:
-Antenne de transmission détruite, nous sommes coupés monsieur.
-Eloignez-nous du Devastator, nous sommes trop exposés. Envoyez toute l'énergie dont nous disposons dans les boucliers latéraux.
Zsinj savait que Volta ne cesserait pas ce pilonnage intense qui mettait ses écrans déflecteurs à rude épreuve. D'une certaine façon, il la respectait pour cela. Il l'admirait même, elle lui ressemblait beaucoup.
Maintenant il savait ce que cela faisait d'être pris au piège mais il ferait tout pour y échapper. Il méditerait cette leçon, on ne l'y reprendrait plus. Il se ferait sa propre place sans se mettre en situation de dépendance.
Il ne serait plus la proie, plus jamais.
-Monsieur, ils s'en prennent à nos batteries!
Les tirs de barrage ennemis étaient ciblés et concentrès et l'artillerie principale du Poing d'Acier fut bientôt réduite au silence. Le rancor avait perdu ses crocs et ses griffes.
-Nous ne pourrons pas encaisser ce genre de frappes très longtemps.
Le natif de Fondor surveillait l'état des boucliers qui s'affaiblissaient au fur et à mesure des instants qui s'écoulaient.
-Repliez nous derrière l'une des lunes, celle qui est la plus proche.
-Monsieur, nous privons de soutien les troupes au sol en faisant cela.
Zsinj soutint sans sourciller le regard de son subalterne.
-Si le Poing d'Acier est détruit, ils n'auront plus de soutien du tout. Exécutez l'ordre, insista-t-il lourdement. Nous ne pouvons pas lutter.
-Oui, monsieur.
Les moteurs du Poing d'Acier rugirent, sans que les tirs de turbo laser ne s'interrompirent une seule seconde. Le destroyer s'arracha finalement à l'orbite de Dathomir, malgré l'acharnement du Devastator dont les batteries ciblaient la passerelle principale.
Zsinj fixait le précaire refuge derrière lequel il s'abriterait jusqu'aux renforts. Qui tarderaient certainement à arriver. Quelques minutes, le sol sous ses pieds cessa de vibrer et un enseigne lui signala.
-Monsieur, le Devastator a cessé le feu et ne nous poursuit pas.
Personnellement, le fondorien ne s'en plaignit pas tout en pensant que c'était dommage pour les troupes bloquées au sol. Et qui ignoraient ce qui venait de se produire.
La cible de la vengeance de Volta n'était pas lui, il s'en doutait bien.

-Cessez le feu, ordonna Volta.
-Nous ne les poursuivons pas?
Elle se détourna de la baie de transparacier et du Venator qui accélerait pour se mettre à l'abri derrière l'une des quatre lunes. Le Poing d'Acier avait subi des dommages qui l'empêcheraient de nuire à son projet.
-Non, répondit-elle.
Je dois punir le véritable responsable qui m'a enlevé Laurita. Vador.
-Vous avez un visuel de l'Enclos des Murmures?
-Un instant.
Les hologrammes se succèdèrent rapidement, montrant les stormtroopers bloqués par une ultime contre attaque rebelle.
-Montrez-moi Vador.
Bientôt, des holoimages précises du Seigneur Noir des Sith aux prises avec un jeune homme armé d'un sabre laser. Certainement le Jedi qui avait lancé sa provocation sur les canaux impériaux. Elle fixa longuement la silhouette sombre qui courbait sous les assauts furieux de son antagoniste direct, celui-ci maniant un étrange sceptre en plus de son épée ardente.
Elle pensa un bref instant laisser le duel se poursuivre, en espérant une issue victorieuse en faveur du Jedi. Puis elle se rappela qu'elle n'éprouvait pas spécialement une grande sympathie pour ce dernier et qu'elle ne souhaitait pas risquer de voir Vador en réchapper.
Le meurtrier de Laurita Tohm devait mourir. Et si cela signifiait qu'elle devait éradiquer l'armée clone impériale dans sa totalité et aussi le Jedi rescapé de l'Ordre 66 avec les autochtones qui le soutenaient..
Elle ne reculerait pas.
-Ciblez l'Enclos des Murmures et tenez-vous prêt à raser toute la zone à mon commandement, indiqua-t-elle aux artilleurs.
-Les rebelles?
-Ce ne sont pas des amis. Au mieux des outils.
Tous ceux qui l'entouraient et qui étaient autrefois les protégés de Gentis avaient encore certains scrupules. Mais ils la suivraient jusqu'au bout.
Elle scruta la surface de Dathomir, un monde à l'apparence si paisible. Elle allait bientôt le plonger dans le brasier de la destruction.
-Feu à volonté.

Voilà, j'espère que vous aurez trouvé exquis la trahison du capitaine impérial Shonn Volta, un personnage repris de la BD La Prison Fantôme :roll: ! à la prochaine, les amis!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 10 février 2018, 22:49

Bonsoir, voici la suite de ma fan fic!

Enclos des Murmures

Oreste avait pris maintenant un avantage décisif depuis une trentaine de secondes, même si le Seigneur Noir des Sith demeurait coriace. Ce dernier assénait de temps à autre des coups de masse dans le style du Djem So qui l'obligeaient à reculer avant de revenir à la charge. Mais grâce au pouvoir du Bâton Obscur qui servait le corellien, Vador ne faisait que retarder l'inévitable.
Par intermittence, celui-ci tentait de l'atteindre.
-Rejoins l'Empire et tu deviendras bien plus que ce que tu n'as jamais été. Ou je t'éliminerai et le Bâton Obscur sera mien.
-Ce que vous me proposez n'a pas d'importance. Je veux vous tuer et si cela signifie la perte de Dathomir, qu'il en soit ainsi.
Le Sith se dégagea en écartant sa lame après avoir émis un ricanement grave.
-Je suis tout aussi prêt à détruire Dathomir et la femme que tu aimes.
Magré lui, Oreste poussa un hurlement de rage qui vibra depuis le fonds de son âme souillée par les ténèbres. Et la braise de la haine flamboya dans ses iris verts et gris.
Tue Vador.
La Force se convulsa et Oreste Tissan.. disparut. Le Sith se figea, se demandant ce qui se passait car il le percevait toujours proche de lui. Dans son dos..
Le bras armé de l'Empire poussa un mugissement à demi étouffé lorsqu'un sabre laser lui transperça le flanc et il comprima impulsivement la Force en lui avant de la libérer en une vague invisible qui jeta le corellien en arrière.
Oreste bondit sur ses pieds et exécuta un salto avant lorsqu'il surprit le Sith enragé se précipiter pour l'empaler sur le sol. Il atterrit souplement à quelques mètres, une distance de sécurité qui lui permit de surprendre le Sith, se pencher légèrement en avant pour palper sa blessure. Il le pensait affaibli et que le moment était venu.
Offre moi son âme, le pria Rivan.
Le pommeau du Bâton Obscur brilla d'un éclat plus aveuglant avant que des éclairs sinistres n'entourèrent le corps de Vador pour tenter de drainer son énergie. Le Sith chancella tout en lâchant un hurlement animal. Un rire résonna dans les méandres de sa conscience.
Rejoins-moi, quitte ton enveloppe mortelle.
Pendant un bref instant, le Sith eut la tentation d'écouter, d'obéir. Ce serait une façon pour lui de se libérer de son armure, de cette prison mouvante qui l'empêchait de voir la lumière du jour. De se libérer de ses propres tourments, de sa haine.
Mais il était Vador, il incarnait l'Empire et l'Ordre Nouveau. Il avait appris à user de sa souffrance pour alimenter sa colère. L'Empereur lui avait montré la voie et un jour il prendrait sa place, il ne serait pas éternellement un laquais.
-Tu n'es qu'un perdant du passé, Rivan. Nous sommes les nouveaux Sith, moi et mon maître.
Par la force de son esprit, il repoussa l'emprise psychique du zélosien déchu qui murmura comme s'il se penchait à son oreille.
Meurs donc si tu refuses de me rallier.
La douleur s'accentua tel qu'il mit un genou à terre. Il se rappela de cette sensation infecte d'être dévoré vivant par les flammes de Mustafar, sous les yeux de son ancien mentor et ami qui n'avait pas tenté de l'aider.
Ce qui avait brûlé était devenu Vador. Toute ce qui avait été Anakin Skywalker, sa futilité, sa médiocrité. Sa faiblesse..
Il en avait été purgé, c'était son accomplissement. Une étape qu'Oreste Tissan n'avait jamais franchi, ce corellien était resté prisonnier de ses états d'âme, de sa colère. Au lieu de la maîtriser. Voilà pourquoi il était destiné à perdre.
Oreste le vit lentement mais inexorablement se relever de toute sa hauteur. Aspirer la souffrance infligée par le Bâton Obscur pour alimenter sa fureur.
-Tu as basculé du Coté Obscur, Jedi. Mais tu n'as pas le pouvoir de me détruire, Rivan t'a dupé, martela-t-il.
-C'est parce que je ne me suis pas donné à fond.
Alors le corellien s'investit plus profondément qu'il ne l'avait fait dans le Coté Obscur. Il était le Jedi Noir de Dathomir et il ne pouvait pas échouer.
Il devait tuer Vador, toute sa détermination, toute sa colère tendait vers ce but. De nouveau, le Sith fut jeté à genoux, gémissant à travers son vocodeur d'un chapelets de grognements rauques et mécaniques.
Ce serait bientôt terminé, Oreste avait maintenant le sentiment d'avoir eu raison de faire tout ce qu'il avait fait. La trahison, la manipulation.. tout ce qu'il avait accompli contre les principes du code Jedi et les enseignements de Halcyon et de Mundi, tout cela en valait la peine.
Tout à coup le sol trembla sous leurs pieds. À quelques dizaines de mètres d'eux, un bipode qui chargeait les hommes de Vandrack disparut dans une nova instantanée à l'éclat aveuglant. Une onde de choc se propagea aux alentours et renversa quiconque qui se trouvait trop proche de l'épicentre. Instinctivement, Oreste et Vador levèrent la tête vers les cieux. Pour constater que des traits ardents leur tombaient littéralement sur la tête.
Plus exactement, ils pleuvaient indistinctement tant sur les clones, leurs blindés que sur les rebelles et les Sorcières. Les salves de turbo lasers fracassaient et émiettaient la surface rocailleuse du lit asséché aveuglément, vaporisant en un battement de cils tout ce qui était composé de chair d'os de nerfs, de muscles et de duracier.
Sauf que ce n'était guère l'impression que Vador en avait. Celui qui avait ordonné ce pilonnage dévastateur sans son autorisation savait ce qu'il faisait. Ce n'était pas son armée qui était visée, c'était lui.
Volta..
Cela ne pouvait être qu'elle, bien entendu. Il aurait du le prévoir, il l'avait sous estimée. Il s'était débarrassé de Laurita Tohm, son amant ambitieux qui aurait été un candidat potentiel pour prendre sa place.
À lui de prouver que sa place auprès de son maître n'était pas usurpée. Il lui fallait maintenant survivre à un Jedi Noir armé d'un artefact Sith et à un bombardement orbital. Et rallier ce qui restait de ses troupes.
-Vous ne m'échapperez pas, Vador. Si je dois mourir, ce sera avec l'assurance que vous m'accompagnerez.
La puissance déchaînée du Bâton Obscur s'accentua jusqu'à ce qu'un tir de turbo laser s'écrasa non loin d'eux. Le souffle les éjecta tous deux loin l'un de l'autre. Le Sith se releva en vacillant, libéré de la chape de plomb. Il distingua son adversaire qui semblait hésiter un bref instant avant de s'enfuir, protégé par un mur de flammes qui venait de se hérisser entre eux deux.
-Commandant Appo? Vous me recevez?
-Monseigneur, nous sommes bombardés par les nôtres!
-Je sais, évacuez les troupes et ramenez les à la prison.
-Et vous monseigneur?
Vador jeta un regard autour de lui. Son ennemi avait disparu et ne reviendrait pas. Le bombardement quadrillait chaque mètre carré de terrain, veillant à ne rien laisser de viable dans son sillage ardent.
-Je me débrouille pour vous rejoindre, commandant.
Il se fraya un chemin, au milieu des explosions et des soldats hébétés qui couraient pour échapper au carnage. La plupart ne faisaient que se précipiter à leur purgatoire infernal. Ils ne devinrent plus que des cendres anonymes dans un bûcher géant.
L'Enclos des Murmures n'était plus qu'un enclos de flammes.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 17 février 2018, 22:33

Bonsoir, c'est l'heure de la suite :) ! La bataille de Dathomir touche à sa fin et sera lourde de conséquences pour Oreste Tissan..

Oreste Tissan était désappointé pour ne pas dire furieux. Il tenait le Sith à sa merci et il l'aurait tué si ce capitaine impérial stupide n'avait pas décidé de rayer l'Enclos des Murmures de la carte. Le souffle de l'onde de choc l'avait projeté loin de son ennemi affaibli.
Achève-le.
Rivan le pressait de finir le travail mais il se souvint que quelqu'un comptait pour lui. Cette guerrière des Chutes Brumeuses qui le comprenait mieux que personne. Il l'avait perdue de vue mais il la savait vivante, la Force le lui disait.
Elle n'a pas d'importance.
-Pour moi, si.
Il tourna le dos au Seigneur Noir des Sith qu'il aurait pu achever d'un simple coup de sabre laser. Sans hésitation, il avait choisi.
Je suis le Jedi Noir de Dathomir et je vais protéger Tzipah. Vador ne perd rien pour attendre.
Sans prendre garde au zélosien qui pestait à l'intérieur de son crâne, il chercha la présence de sa compagne dans les flux de la Force. Elle brillait comme un phare lumineux au milieu d'une marée de désespoir et d'agonie. Au milieu des tourments de vies soufflées.
Il la détecta à une centaine de mètres, percevant sa détermination à aider autrui et sa résignation devant une mort plus proche, plus certaine. Il ne l'abandonnerait pas comme il l'avait fait pour les rebelles muuns de Mygeeto, pour sa famille sur Corellia. Pour Beliem..
Il se connecta à l'esprit de Rivan malgré la fureur de ce dernier. Il lui imposa sa volonté et un vortex s'ouvrit à son intention pour le transporter instantanément juste à ses cotés. La jeune femme ne fut pas surprise lorsqu'il lui prit la main pour attirer son intention.
Elle se tourna vers lui, son regard l'implorant:
-Oreste, il faut les aider!
Le corellien fixa sans ne laisser paraître la moindre émotion, les silhouettes hagardes des rares infortunés temporairement épargnés par le bombardement qui parcourait l'Enclos des Murmures de part en part.
Un rancor privé de cavalière passa à coté d'eux, sa peau écailleuse fondant à cause des flammèches qui le dévoraient sur la moitié de son dos. Rendu fou furieux par la douleur, la bête piétina les quelques survivants qui se trouvaient sur son passage.
-On dois d'abord se mettre à l'abri, répondit-il. Ou on ne sera utile à personne.
-Oreste..
-Fais-moi confiance.
La jeune Sorcière étudia au fonds de ces yeux verts et gris, l'inquiétude qui le tenaillait. Il lui montra le Bâton Obscur qu'il avait l'intention d'utiliser. Elle s'accrocha fermement à son épaule tandis que le pommeau commençait à briller.
Elle fut prise de vertige lorsqu'elle fut transportée avec lui à travers le temps et l'espace dans la forêt. Ils avaient abouti dans une clairière où reposaient des corps et des blessés sur lesquels veillaient des prêtresses qui se penchaient à leur chevet. Les gémissements couraient de part et d'autre, des Sorcières et des rebelles indemnes montaient la garde ou réconfortaient les blessés pour entretenir leur moral.
-Je vais trouver Vador et en finir, annonça-t-il.
En fait il ne supportait pas de voir les conséquences de ses actes. Tous ces morts et ces souffrances, c'est tout ce qui avait réchappé à la bataille. Tout ce qui était en état de se battre n'était plus qu'une poignée de Sorcières et d'ex prisonniers qui ne souhaitait peut-être plus se battre.
Cette prise de conscience lui causa un choc abyssal.
J'ai échoué.
Parce que tu ne m'écoutes pas, rugit l'esprit de Rivan.
-Il a du s'échapper, lui fit remarquer Tzipah. Et des gens ont besoin de nous ici.
-Je ne suis pas un guérisseur.
-Je te demande d'essayer. Pour moi.
Il acquiesça finalement d'un hochement et ils commencèrent à déambuler parmi les blessés. Tzipah s'attarda auprès de Sorcières encore conscientes, demandant aux prêtresses si elle pouvait être d'une aide quelconque.
Oreste fit de même pour les rebelles. Il s'accroupit auprès de l'un d'eux, un chagrien dont le ventre était déchiré par des brûlures de blaster lourd. Son teint bleuté avait pali et le corellien l'appela pour vérifier qu'il n'était pas en train de dormir.
-Eh, ca va?
Le non humain ouvrit les paupières.
-Je vais vous aider, proposa le Jedi.
-Pas envie qu'on m'aide, grogna-t-il d'un ton dédaigneux. Surtout pas par quelqu'un comme vous.
Il parvint à se redresser péniblement et un crachat consistant et ensanglanté aveugla le jeune homme pendant quelques instants.
Il s'épongea la figure avant que le chagrien ne reprit.
-On va tous crever à cause de vous. Les impériaux vont venir ici et tous nous massacrer.
-Ils ont battu en retraite, plaida le corellien. On a gagné.
-Tu parles.
Le chagrien pencha la tête sur le coté, détournant son regard du Jedi qui préféra s'éloigner, gené. Tous les regards qui convergeaient dans sa direction traduisaient à la fois du respect mais aussi du ressentiment. Tous les anciens détenus pensaient sincèrement qu'il les aiderait dans leur quète de liberté mais c'était la mort qui les attendait au bout du chemin.
Quant aux Sorcières, bien qu'elles demeuraient impavides, c'était le même sentiment qui prédominait. Auquel s'ajoutait un abattement, du aux pertes qu'elles avaient encaissé. Ce n'étaient pas seulement des camarades qui avaient été perdues, c'étaient surtout des amies dont l'absence pèserait durablement. Certes comparables à celles des anciens détenus, chacune des pertes avait saigné les clans qui s'étaient joints à lui.
Les clans de Sorcières formaient le ciment de la société matriarcale sur Dathomir, tout en contenant l'influence des Soeurs de la Nuit. Mais au vu des pertes, cet équilibre avait été fragilisé dans le meilleur des cas.
Et il se souvint alors qu'il n'avait pas du tout vu les Soeurs de la Nuit intervenir dans la bataille. Si l'accord qu'il avait conclu avec elles venait à s'ébruiter, il perdrait définitivement la main.
Il décida d'aller voir Gelfran. Et il le découvrit allongé au milieu des blessés, sérieusement amoché. Le contrebandier plaquait sa main sur son abdomen, cachant une plaie béante. Le genre de blessure dont on ne réchappait pas. À ses cotés, la Sorcière Sira accroupie tenait sa main et se tourna à peine lorsqu'elle perçut la présence du Jedi.
Gelfran s'anima lorsqu'il s'agenouilla auprès de lui.
-Ben, t'en fais une tête! Tu as eu ta guerre, ce n'est pas ce que tu voulais? Le railla le vétéran.
-Je ne savais pas que vous étiez blessé.
Oreste soutint son regard hostile.
-Gelfran? Fit sa compagne.
-Ca ira, ma douce. Le gamin et moi avons des choses à nous dire, d'homme à homme.
Ils guettèrent tous deux son départ avant que Gelfran ne lui demanda:
-La Dame du Pardon?
-Vador l'a tuée, répondit le jeune homme. Je suis désolé.
-Tu n'as pas l'air si désolé que ça. Elle était au courant de ce que tu as fait au clan Farron.
-Parce que vous le lui avez rapporté.
Le contrebandier exhiba un sourire. Empli de tristesse.
-Tu vas faire quoi? M'achever?
-Vous serez bientôt mort, je ne prendrai pas cette peine.
-Tu crois vraiment que je vais emporter ce secret dans ma tombe? Non, tout le monde doit savoir ce que tu es.
Les derniers mots avaient été prononcés avec une intonation croissante, ce qui finit par attirer l'attention de celles ou de ceux qui étaient les plus proches. Dont Sira qui pouvait les entendre.
-C'étaient des enfants, des mômes qui savaient à peine marcher.. et tu les as tués..
Une force nouvelle, celle de la conviction d'un homme qui avait cotoyé la mort et s'apprêtait à y succomber, lui donna la possibilité de se redresser sur ses coudes.
-Tu les as tous tués! Salopard de Sith, t'es devenu pire qu'un impérial! Toi.. et ton fichu Bâton.
Le corellien voulut lui répondre qu'il pensait que c'était la meilleure chose à faire. Il n'aurait pu les laissé livrés à eux-mêmes après avoir tué leurs parents. Mais maintenant il n'en était plus aussi sûr et voilà que Gelfran tentait de lui faire réaliser la portée de ses actes.
-Et je ne parlerai pas... de tout ce que tu as fait d'autre! .. c'est trop tard..
Le sang s'écoula de sa bouche, étouffant sa hargne et il s'écroula, son expression figée qui n'exprimait plus que du dégoût. Sira se précipita pour le soulever par la nuque tout en sachant que plus personne ne pouvait faire quoique ce soit pour lui.
-C'était mon ami.
La Sorcière Sira lui rétorqua sèchement sans daigner le regarder.
-Et tu l'as trahi. Tu nous as tous trahi.
Elle pointa alors sa lance sur sa poitrine et il recula d'un pas, se raidissant instinctivement sans saisir son sabre laser.
-Je peux m'expliquer.
Un attroupement s'était formé autour de lui et il quémanda alors du regard le soutien de son amie qui s'y était mélé. Celle-ci affichait une distance froide.
-Tzipah..
-Explique-moi pourquoi les Soeurs de la Nuit n'ont pas honoré l'alliance que tu avais conclu avec elles, martela-t-elle.
La révélation provoqua des clameurs stupéfaites et les regards se durcirent davantage. Une jeune sorcière blonde – Orcheron - s'écria:
-Ce sorcier n'était pas digne de confiance! Et nos Soeurs sont mortes pour lui!
Les détenus eux-mêmes dont certains avaient eu affaire aux Soeurs de la Nuit, braquaient leurs blasters dans sa direction. Et les Sorcières l'encerclèrent, tous clans confondus, à l'exception de Tzipah qui continuait de le dévisager comme s'il n'était qu'un étranger.
Un gouffre irrémédiable venait de se creuser entre elle et lui.
-Le clan Farron. Que s'est-il passé?
-Je te l'ai dit. Ils sont en sécurité.
La jeune dathomirienne brune s'approcha et l'intensité de ses yeux bleus s'accrut.
-J'ai senti la sincérité de Gelfran. Pourtant je ne parviens pas à croire que l'homme en qui nous avons cru, en qui j'ai cru et à qui j'ai confié mes sentiments, ait pu faire une telle chose.
-Tzipah, j'ai fait beaucoup de choses.. et tout que j'ai pu faire ici, je l'ai fait pour toi.
-Je ne t'ai jamais demandé de faire ça!
Elle chanta un sort dans son dialecte et l'air se contracta autour de lui. Projeté au sol, il y fut maintenu par la guerrière enragée qui s'installa sur sa poitrine et lui bourra la figure de furieux coups de poing.
Le corellien ne chercha pas à se défendre. Il ne chercha pas à user ni du Bâton Obscur ni de son sabre laser. Car la dernière chose qu'il souhaitait dans cette galaxie, était de faire du mal à Tzipah. Cétait au-dessus de ses forces.
Au bout de quelques instants, il ne sentait plus les coups qui maltraitaient sa figure. Il perdit toute conscience de son environnement jusqu'à ce que la chaleur d'un sabre laser activé ne fut passé en travers de la gorge, irritant son épiderme.
Il lut dans ses yeux bleus toute la déception qu'il avait engendré chez elle. Et son envie de meurtre.
-Vas-y, fais-le.
Elle battit vivement des paupières, surprise de sa requète.
-Comme ça mes cauchemars s'arrêteront.
-Non, cracha-t-elle.
Elle se releva au-dessus de lui, reprenant son calme.
-Jamais je ne deviendrai comme toi.
Elle jeta son sabre au sol, tout en le laissant se remettre sur ses appuis.
-Par ta faute, il y a eu assez de morts comme cela. Moi et les autres Soeurs allons rentrer avec les blessés et je demanderai à notre matriarche si elle accepte de recueillir ces hommes. Nous n'avons plus qu'à espérer que l'Empire ne s'intéresse pas à nous.
Sira, Magash et Lehiem se rangèrent à la hauteur de Tzipah qui effaça d'un revers de la main, la larme qui coulait le long de sa joue.
-Oreste Tissan, commença-t-elle d'une voix solennelle.
Elle avait pris une décision difficile.
-Au nom des Chutes Brumeuses et des autres clans, tu es banni. Au nom des vies que tu as enlevées et des innombrables morts que tu as causé, aucun clan ne t'accordera l'asile ou la moindre protection. Nous te condamnons à la repentance à vie jusqu'à ce que tu aies expié tes crimes. Tu ne pourras approcher personne jusqu'à ce que le pardon te soit accordé.
Le choc pour le jeune homme fut d'autant plus grand que c'était sa compagne qui avait prononcé elle-même ce désaveu. La sentence ne fut contestée par personne. Bientôt Sira, Magash et Lehiem ne tardèrent pas à ordonner que les derniers rancors soient assemblés pour y transporter les blessées les plus graves. Les autres seraient déplacés à l'aide de brancards improvisés.
Oreste voyait tout cela sans le voir vraiment. Il surprit Tzipah en train de discuter avec Morgan Vandrack dont la moitié de la figure était recouverte par un bandage bacta, contre l'un de ses yeux.
Quelques minutes plus tard, tout le monde était prêt au départ. Seuls les morts étaient laissés derrière. Ainsi qu'un vivant que l'on considérait à peine mieux qu'un mort.
-Tzipah.. je t'en prie..
Il tentait une dernière fois d'attirer son attention pour lui dire combien il regrettait. Mais ses mots restaient bloqués au fonds de sa gorge et seuls ses verts et gris parlaient pour lui. Alors elle le regarda cette fois avec une pointe de miséricorde.
-Si tu deviens celui que j'espère que tu sois, alors peut-être nous reverrons-nous. D'ici là, ne tente pas de me retrouver ou je devrai te tuer.
Elle l'abandonna en contenant son chagrin. Oreste se retrouva seul avec l'unique compagnie d'un esprit Sith malfaisant. Il se souvint de ce que Gelfran lui avait dit le jour de leur rencontre.
Quand on croit avoir tout perdu, il reste toujours quelque chose à perdre.
Il n'avait pas retenu la leçon.
Lorsqu'il a cru avoir être égaré peu après le lancement de la purge, Gelfran lui avait rappelé qu'il lui restait une famille qui l'attendait sur Corellia. Lorsque l'inquisitrice Soia Tenn l'avait exterminé avec la femme qu'il aimait, il lui restait encore un ami.
Gelfran. Mort tout comme Climber.
Lorsqu'ils s'étaient échoués sur Dathomir, il avait trouvé Tzipah. Et il venait de la perdre parce qu'il avait eu peur de la perdre. Il s'était condamné lui-même à la solitude. À pas lourds il quitta la clairière, ne sachant ce qu'il pouvait ou ce qu'il voulait devenir.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 24 février 2018, 22:25

Bonsoir, voici la suite!

Le soleil commençait à décliner lorsque Dark Vador parvint enfin devant l'entrée de la prison. Le commandant Appo l'accueillit dans la cour en personne. Autour de l'officier clone, des brancards accueillaient par dizaines les blessés qui avaient pu être évacués du champ de bataille avant le bombardement orbital fatidique.
Tous les soldats encore en état de se battre se résumaient à une centaine, tout au plus. Cétait tout ce qu'il restait de l'armée qui avait atterri quelques heures auparavant pour écraser la rebellion.
-Monseigneur, nos capacités opérationnelles sont compromises.
-Je sais.
Le ton de Vador devint plus acéré à travers le vocodeur. Il fixa la silhouette du destroyer Venator qui verrouillait jalousement l'orbite de Dathomir.
-Monseigneur, comment expliquer la bavure des nôtres?
-Ce n'était pas une bavure, commandant.
Le clone ne vit pas son supérieur serrer les poings.
-C'était un crime contre l'Empire. Les responsables doivent payer. Avez-vous tenté de contacter le Centre Impérial?
-Le Devastator brouille nos transmissions.
La respiration du Seigneur Noir des Sith devint plus rauque. Un signe qu'il était déterminé à remettre les choses en ordre. Ce Jedi corellien qui lui avait échappé pouvait attendre.
-Commandant, faites monter tous les blessés à bord des navettes médicales. Tous les hommes encore en état de se battre se regrouperont dans les autres.
-Et les vaisseaux qui ne seront pas utilisés?
Dark Vador n'hésita pas une fraction de seconde.
-Détruisez-les pour que les rebelles et les Sorcières ne puissent en avoir l'usage.
-Bien monsieur.
Les ordres furent exécutés avec zèle et bientôt ce qui restait des troupes embarquèrent dans les navettes en quelques minutes. Des équipes spécialisées dans les explosifs s'affairèrent autour des autres vaisseaux laissés derrière.
Peu après, des explosions retentirent un peu partout dans la cour, les réduisant en des épaves tordues de duracier enflammé.
Sans remords, les débris de l'armée impériale clone s'arrachèrent du sol pour foncer vers le Devastator toujours immobile en orbite.

La colonne menée par Tzipah et Sira progressait lentement à travers la forêt. Trop lentement au goût de Sira qui jetait un regard inquiet aux alentours et tentait d'attirer l'attention de sa jeune consoeur.
-Tzipah, tu le sens?
Celle-ci sortit de sa ruminance silencieuse alors qu'elle avait conservé pendant le trajet une mine fermée. Elle entendit l'urgence dans le ton de son aînée et écarta de ses pensées le jeune sorcier des étoiles avec lequel elle avait rompu.
Elle chanta un sort et détecta dans ses perceptions sensorielles une multitude d'échos sinistres qui ricochaient non loin d'eux.
-Je les sens, elles sont en train de nous encercler.
La Sorcière jeta un regard inquiet sur la fragile colonne qui s'étirait d'avant en arrière. S'ils étaient attaqués, ils ne seraient pas en état de se défendre surtout avec autant de blessés et si peu de combattants valides. Surtout en comptant l'absence de leurs Soeurs de la Montagne Qui Chante, des Collines Rouges et de la Rivière Rêveuse qui rentraient dans leurs territoires respectifs.
Tzipah s'apprêtait à retourner à l'arrière pour conserver la cohésion lorsque leurs plus terribles ennemies surgirent en masse de derrière les pins. Son sang se glaça ainsi que celui de Sira lorsqu'elles comprirent que ce n'était pas qu'une simple démonstration de force.
Les Soeurs de la Nuit étaient armées pour la guerre. L'une des leurs, une jeune femme blonde aux stigmates naissants qui saillaient le long de ses tempes se détacha de leurs rangs.
-Salutations, Soeur Tzipah et Soeur Sira.
-Que nous veux-tu, Getzherion? Fit l'aînée des Chutes Brumeuses.
L'obscure magicienne laissa flotter un sourire sur ses lèvres ternes.
-Vous présenter mes condoléances pour les pertes que vous avez subies.
-Belle hypocrisie de ta part, éructa Tzipah. Tu étais censée te battre à nos cotés.
La chef des Soeurs de la Nuit arbora une expression ennuyée et infantilisante.
-Ma petite, je n'ai fait qu'agir dans l'intérêt de mon clan. Et nous n'avons aucun intérêt à nous opposer à l'Empire. Quant aux illusions ou aux promesses que le Jedi ait pu te faire, tu as eu tort d'y croire.
Tzipah dégaina sa épée électrique pour la menacer mais elle fut à son tour tenue en respect par cinq Soeurs de la Nuit qui entouraient leur chef. Sira posa la main sur son épaule, l'encourageant à reculer prudemment.
-Comme je le disais au début, nous sommes navrées pour les pertes que vous avez subies. Et nous connaissons le véritable responsable, n'es-ce pas? Le même qui a assassiné Mialyn dans le dos alors qu'elle était prisonnière des Chutes Brumeuses. Toutes les Soeurs qui ne suivent pas la véritable voie d'Allya, demeurent néanmoins nos Soeurs.
Tzipah repensa à celles qui n'avaient pas survécu aux confrontations avec leurs ennemies de toujours et dévisagea celles de son clan qui les avaient rejointes. Elle se retint d'exprimer toute la répugnance que cela lui inspirait.
-Nous vous laissons donc toutes repartir vers les Chutes Brumeuses. Mais sans les hommes.
-Tu ne peux pas faire ça! Protesta Tzipah avec cette fois une pointe de fébrilité dans la voix. Je leur ai donné ma parole qu'il ne leur arriverait rien et que mon clan les hébergerait.
À cet instant, certains hommes s'agitèrent et commençèrent à braquer nerveusement leur fusil blaster sur les nouvelles venues les plus proches.
-Tu aurais du t'en abstenir, déclara sans chaleur Getzherion. Laisser se promener des hommes libres et armés est non seulement contraire aux enseignements d'Allya mais aussi une menace pour la sécurité des Soeurs.
-Qu'allez-vous leur faire? S'inquièta Sira.
La réponse fut sans équivoque.
-Ce que le sorcier des étoiles a fait au clan Farron.
Les visages des deux Sorcières des Chutes Brumeuses perdirent toute couleur lorsqu'il devint évident que Getzherion ne bluffait pas. Cette dernière avait d'ailleurs cessé de sourire et sa figure n'était plus qu'un masque rigide.
Toute la conversation s'était déroulée en dialecte local dont le sens échappait totalement aux hommes menés par Vandrack.
-Je m'y opposerai! Trancha fermement la jeune femme.
Elle se raidit en position de combat mais le canon froid d'un blaster qui se colla contre sa nuque l'empêcha de faire quoi que ce soit. Elle entendit Sira s'écrier:
-Que fais-tu Orcheron?
-Ce qui est nécessaire, répondit celle-ci. Il est hors de question que nous mourrions pour ces hommes.
Tzipah tourna la tête par dessus son épaule en direction de ses autres consoeurs dont elle espérait le secours. Mais elle surprit sur leurs traits le découragement et la lassitude. Elles avaient été durement éprouvées par leurs pertes et avaient perdu toute envie de se battre. Même si cela ne signifiait qu'elles adhéraient aveuglément à Orcheron.
Toutes pointaient leurs armes vers le sol de même que les hommes malgré la volonté de Vandrack. Ils se laissèrent déposséder de leurs armes et furent regroupés dans un cercle restreint, serrés les uns contre les autres, blessés compris.
Sur un geste de Gethzerion, les Soeurs de la Nuit exhibèrent des armes blanches et commençèrent à poignarder les prisonniers impitoyablement dans le tas. Morgan Vandrack qui menait le groupe fut le premier à succomber d'un coup au coeur suivis par les autres malheureux dans la mort.
Quelques uns d'entre eux eurent le temps de glapir avant d'être mortellement touchés.
-Non! Pitié!
Leurs vaines suppliques se noyèrent dans des râles étouffés et le mutisme des Soeurs de la Nuit qui enfonçaient méthodiquement leur lame dans leurs entrailles.
Tzipah ferma les yeux juste avant le début de la mise à mort et lorsqu'elle les rouvrit à contre coeur, elle ne fixait plus qu'un empilement de corps sanguinolents. Involontairement elle croisa le regard vide d'un jeune homme.
Elle ne lui donnait pas plus de quinze printemps.
Les Soeurs de la Nuit s'écartèrent, leur macabre besogne scrupuleusement accomplie. En un battement de cils, les lames tâchées de sang disparurent sous les capes en peau de reptile et Gethzerion conclut peu après à l'adresse des Sorcières des Chutes Brumeuses impuissantes et choquées:
-Laisser des hommes en liberté et armés est une trahison ignoble. Nous espérons que vous ne l'oublierez plus.
Les utilisatrices des arts sombres d'Allya disparurent sous le couvert des pins, sans craindre d'être poursuivies. Il fallut de longues minutes pour que les guerrières du clan de Tzipah émergent de l'abattement qui les avaient englouties.
Sira fut la première à clamer:
-Nous rentrons.
Orcheron rangea son blaster et soutint le regard glacial de Tzipah qui avait posé la main sur la garde de sa vibro épée.
-Il n'y avait pas d'autre solution, Tzipah.
La jeune femme brune retint une grimace méprisante.
-Peut-être. Mais cela ne veut pas dire que tu ne dois pas en assumer toute la responsabilité. Maintenant je sais ce que tu es.
Elle passa devant elle sans lui accorder un regard de plus.

Enclos des Murmures

Oreste contemplait les blessures béantes du champ de bataille, le coeur lourd. Lorsqu'il s'approcha pour le traverser, ses narines furent aussitôt irrités par cette odeur pestilentielle de chair brûlée melée à la putréfaction des tripes pourrissant à l'air, qui n'avaient pas été vaporisées par le bombardement.
Autrefois, l'Enclos des Murmures respirait l'harmonie et berçait la mélancolie de celles qui survivaient difficilement. Maintenant ce n'était plus qu'un champ de ruines qui achevaient de se consumer.
Il ne tentait pas de retrouver des survivants, c'était d'ores et déjà peine perdue. Le bombardement orbital avait été chirurgical et d'une ampleur mortelle. Il comprit que ce n'était pas un acte aveugle de brutalité mais réfléchi et prémédité. Il leva les yeux vers le Venator dont la silhouette triangulaire défigurait le ciel. Quoiqu'il avait pu s'y passer, cela ne changeait rien à ce qui s'était passé dans ce vallon paisible.
Il était le premier responsable de tous ces morts. Il avait amené l'Empire sur Dathomir, il l'avait laissé s'y abattre les malheurs de la guerre. Il avait amené Dark Vador.. et tout cela pour quoi?
Pour soulager cette douleur qui le rongeait depuis la tragédie de Corellia. Cette insupportable amertume qui l'avait déshumanisé au point de parfois souhaiter inconsciemment que les personnes n'aient jamais existé.
Il aurait parfois souhaité n'avoir jamais connu Beliem. Malgré toute la paix et le bonheur qu'elle avait pu lui donner. Mais ses rires et ses pitreries avaient disparu pour toujours, remplacés par le silence.
Il ressentait un vide au fonds de lui. Que rien ne semblait pouvoir combler.
Tu dois continuer à suivre mes enseignements, c'est ta seule chance de te relever. Tzipah ne reviendra pas vers toi, elle t'a renié. Tout le monde t'a renié.
-Non, laissa-t-il échapper entre ses dents.
Tu n'as pas le choix.
-On a toujours le choix, Rivan. Ma plus grave erreur a été de ne pas le comprendre quand j'ai perdu ma famille sur Corellia. J'ai choisi de me laisser aveugler par ma haine. Et je vous ai laissé en user à votre guise.
Tu es allé si loin sur ce chemin, tu ne peux plus revenir en arrière.
-Je ne peux réparer les morts que j'ai causés ni celles que j'ai otées de ma propre main. Mais je peux choisir maintenant qui je veux être.
Le corellien serra entre ses doigts le Bâton Obscur contenant l'esprit maléfique du zélosien qui tentait de l'influencer à nouveau. Mais il n'avait plus d'emprise sur le jeune homme.
-Et je ne vous laisserai plus me corrompre.
Te corrompre? S'indigna Rivan. Je t'ai ouvert les yeux sur de nouvelles possibilités.
-Je mets fin à notre partenariat.
Oreste joignit le geste à la parole et éleva le sceptre au-dessus de sa tête. Comprenant ses intentions, le zélosien hurla à l'intérieur de son crâne, pris de panique.
Non, attends! Tu ne peux faire ça, tu as besoin de moi!
Le corellien demeura sourd et frappa le sol pour briser l'artefact. Celui-ci résista au premier choc et il se prépara pour une nouvelle tentative.
Non! Non!
Cette fois le pommeau émit un gémissement éloquent, un craquement d'os brisé qui l'encouragea de plus belle alors que Rivan hurlait de nouveau, d'un cri peu naturel. Le corellien eut l'impression que sa boîte crânienne allait enfler puis éclater.
Au troisième essai, le Bâton Obscur se brisa en deux par le milieu et la Force se tordit violemment lorsque l'esprit de Rivan s'évapora purement et simplement dans un dernier rugissement strident. Il vacilla sur ses appuis, son âme délivrée d'un fardeau dont il n'avait pas mesuré le poids.
Il savoura de nouveau son intégrité pleine et entière. Il était libre et il avait aussi brisé une malédiction qui pesait sur les Sorcières de Dathomir. Il cessa de haleter au bout de quelques secondes, son horizon venait de s'éclaircir.
Sur son destin, sur ce qu'il avait l'intention de faire. Il voulait honorer l'apprentissage de ses maîtres Jedi qu'il n'avait pas égalé en sagesse. Il ne voulait plus être l'esclave de sa colère. La question qui lui taraudait l'esprit concernait ses projets dans l'avenir.
À cause de ses errements, il avait durablement affaibli les clans de Sorcières dont celui de Tzipah. Et avait favorisé du même coup un nouvel essor pour les Soeurs de la Nuit. Il n'était pas le Jedi qui devait délivrer Dathomir des ténèbres comme l'avait suggéré la prophétie de Rell. Il était celui qui avait amené ces ténèbres ici même.
Il ne lui restait plus qu'à redonner espoir dans cette galaxie dominée par l'Empire. Le vent léger lui rapporta alors l'écho d'explosions lointaines, puis des sombres panaches de fumées s'élevèrent dans l'horizon camouflant en partie plusieurs vaisseaux impériaux qui décollaient pour regagner l'orbite. Ils avaient pris soin de détruire le matériel qu'ils ne pouvaient transporter afin qu'ils ne tombent jamais en d'autres mains.
Il eut la certitude qu'il devait aller là-bas. La Force lui montrait la voie à suivre. Une nouvelle sérénité naquit en lui et fort de cette assurance tranquille, il se dirigea vers la prison.
Il s'appelait Oreste Tissan et il se sentait prêt à arpenter de nouveau le chemin des Jedi.

Voilà j'espère que ca vous aura plu! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 03 mars 2018, 22:26

Bonsoir voici la suite! Dans ce passage, Vador va mettre un terme à la trahison d'un capitaine impérial :twisted: ..

Devastator, Orbite de Dathomir

Après avoir ordonné le cessez le feu, Shonn Volta avait ordonné de scanner la surface de la planète pour répérer les éventuels survivants qui avaient réchappé du bombardement. Elle voulait être certaine de la mort de Vador.
Et elle doutait d'avoir réussi à l'éliminer. Elle passait et repassait nerveusement devant les instruments de détection plusieurs dizaines, plusieurs centaines de fois. Quelques heures s'étaient écoulés depuis la fin brutale de la bataille à l'Enclos des Murmures jusqu'à ce qu'elle entendit à coté d'elle:
-Madame, plusieurs navettes en approche.
Elle se pencha pour étudier leur trajectoire et rapidement elle sut qu'ils provenaient de la planète même. Et qu'ils ne tentaient pas de s'enfuir, bien au contraire. Ils se rapprochaient du destroyer dans l'évidente intention de l'aborder.
-Détruisez-les.
Son ordre fut relayé.
-Pont principal aux batteries. Ciblez les vaisseaux et ouvrez le feu.
Volta se précipita ensuite vers les consoles tactiques pour suivre la progression de ses ennemis. Ces derniers étaient encadrés de près par les salves de turbo lasers et d'autres batteries légères vouées à la protection du navire stellaire. Sur les neufs vaisseaux qui fonçaient sur eux, trois furent détruits dans les premiers instants.
Les autres redoublèrent d'adresse pour louvoyer et parvenir à atteindre le hangar principal sains et saufs. Mais elle avait l'intention de ne pas leur faciliter la tâche.
-Madame, nous recevons un appel entrant.
Elle esquissa un sourire carnassier. Sûrement un pilote paniqué qui demanderait de cesser les tirs, elle s'amuserait peut-être à l'entendre la supplier même si c'était un clone.
-Initialisez-le.
Son sourire disparut pour de bon lorsqu'elle entendit résonner d'un bout à l'autre de la passerelle.
-Capitaine Volta.
Elle se figea, ayant reconnu ce timbre monocorde sans chaleur soufflant à travers un vocodeur.
-Seigneur Vador, vous savoir en vie me ravit beaucoup.
-Cessons ce petit jeu. Vous avez laissé passer votre chance.
Un frisson d'effroi courut le long de sa moelle épinière alors que la plupart de ceux qui avaient accepté de la suivre pour venger Gentis avaient pali.
-Monseigneur, dois-je comprendre que vous m'accusez..
-Je suis venu vous voir pour appliquer la sentence, vous ne tarderez pas à rejoindre Laurita Tohm.
La communication fut brutalement interrompue et Volta comprit que personne ne devait attendre de pitié de la part du Sith. Ils n'avaient plus rien à perdre désormais.
Elle se servit de sa connexion à la Force pour repérer la présence de Vador dans l'un des vaisseaux encore en un seul morceau. Elle se laissa guider par sa précieuse expérience de la dernière guerre où elle avait éprouvé ses talents de tireuse d'élite.
-Là! Fit-elle en montrant un point sur les consoles tactiques qui se tenait en retrait par rapport aux autres. Détruisez ce vaisseau en priorité!
-Et les autres vaisseaux?
-Ils ne comptent pas. Nous nous débarrasserons de ces laquais lorsque nous en aurons fini avec Vador.
-Madame, si nous concentrons nos tirs sur un seul vaisseau, ils investiront le hangar principal.
À bout de patience, Volta dégaina son blaster et pressa la détente à bout portant sur la tête de l'ancien élève de Gentis qui tentait de la raisonner. Tous virent le cadavre s'affaler de travers sur son siège, la tête renversée en arrière.
Elle le poussa sur le coté avant de saisir son comlink.
-Batteries principales, voici les coordonnées du vaisseau que vous devez abattre.
Elle s'approcha de la baie de transparacier pour observer le vaisseau de Vador se frayer à travers les tirs rapprochés du Devastator. Elle rugit silencieusement lorsque un tir de turbo laser frola la coque de la navette du Sith qui perdit une de ses ailes arrachée, endommageant au passage l'un de ses moteurs principaux.
Le navire désemparé se mit à dériver, promis à une destruction imminente lorsque les alarmes de proximité retentirent. Ses sens aiguisés repérèrent deux autres vaisseaux qui avaient changé de cap et se dirigeaient droit sur la passerelle. Comme s'ils cherchaient à la percuter.
-Relevez les boucliers! S'écria-t-elle avec frénésie.
Elle eut seulement le temps d'apercevoir les traînées ionisées de deux torpilles larguées au moment où les deux navettes virèrent subitement pour passer au large. Une onde de choc ébranla ses appuis tandis que les instruments de bord s'affolèrent subitement.
Elle parvint à garder son équilibre.
-Rapports des dégats!
Un officier de pont se hissa pour observer les paramètres.
-Depressurisation au niveau du couloir d'accès 2. Boucliers principaux abaissées à quarante pour cent. Les batteries principales...
Il marqua une hésitation qui fit frémir la jeune femme chauve.
-Eh bien?
-Hors service, madame.
-Les vaisseaux?
De nouveau, il se pencha sur son pupitre.
-Ils ont atteint le hangar principal.
Shonn Volta calma son stress pour considérer clairement sa situation. L'ennemi avait trouvé la faille mais elle avait encore des ressources.
Elle s'assura que son masque respiratoire collait bien avec son visage.
-Montrez-moi les images du hangar.
Elle se plaça au milieu de la passerelle pour étudier ce que les holocams lui transmettaient. Une navette était couchée sur le travers, en flammes tandis que d'autres avaient atterri sans dommages et ne tardaient pas à déverser des clones en armes.
-Diffusez les derniers stocks d'Aorth 6 et fermez la passerelle. Envoyez toutes les unités disponibles au hangar principal.
Elle resserra sa prise sur la crosse de son blaster.
-Tirez pour tuer.


Dark Vador se dégagea de son siège de pilote pour se diriger vers l'écoutille qu'il déverouilla à l'aide de la Force. Il bondit hors de l'épave, sabre laser activé rejoignant le commandant Appo qui rassemblait déjà tous ses hommes.
Il appréciait l'efficacité de ce commandant qui l'avait secondé dans l'opération visant à s'emparer du Temple Jedi de Coruscant. Et dans la répression menée avec férocité contre les mutins de Teragan 5. Il était fier de travailler avec lui.
D'autres clones s'étaient écartés pour sécuriser les lieux, montrant avec des geste de la main plusieurs corps jonchant le sol ici et là, des mécaniciens, des pilotes et de simples soldats. Tous clones.
Les cadavres affichèrent une paleur cadavérique, le sang coagulé s'étalant sur leurs traits tordus par la dureté de leur agonie. Une horreur qui aurait fait vomir le plus endurci des vétérans. Une horreur auquel Vador avait déjà été confronté lors du coup d'état manqué de Gentis. Il ne connaissait que trop bien les effets de cette arme virale qui les avait fauchés.
L'Aorth 6.
Un méfait signé Shonn Volta. Une femme aussi dangeureuse ne pouvait avoir épuisé toutes ses ressources.. l'urgence de la situation le fit réagir promptement surtout lorsque le commandant Appo lui signala à bon escient:
-Monseigneur, nous ne possédons aucune combinaison contre les attaques bactériologiques.
-Alors hâtons-nous d'atteindre la passerelle.
Les clones se déployaient avant de quitter le hangar lorsqu'un sifflement de vapeur éjectées parvint à leurs tympans. Tous se figèrent et étudièrent fébrilement les bouches d'aération qui laissaient échapper une vague brume couleur marécage qui s'évaporait au-dessus de leurs têtes.
-Retour aux vaisseaux! S'exclama Appo.
Au moment où il lança cet ordre, plusieurs dizaines silhouettes armées de fusils blasters et possédant des masques respiratoires firent irruption et ouvrirent le feu sur les premières lignes de clones.
Des stormtroopers pris au dépourvu par ce concours de circonstance s'écroulèrent sans avoir pu se défendre ou se mettre à couvert. Les assaillants étaient deux fois plus nombreux et ils possédaient l'avantage tactique de l'Aorth 6. En l'espace de quelques instants et malgré la présence de Vador préservé de l'attaque virale, les rangs des loyaux serviteurs furent rapidement décimés. Ceux qui n'avaient pas été touchés par les rafales de blasters, se plièrent en deux sous l'effet du virus qui dissolvait leurs bronches et leurs faisaient cracher leurs propres boyaux.
À cause du casque qui recouvrait leur crâne, le Seigneur Noir les entendit à peine mourir. Appo et les derniers survivants s'étaient réfugiés dans les navettes pour se protéger plus des ravages de l'Aorth 6 que des mutins de Volta. Vador demeurait seul..
Les assaillants s'étirèrent en demi cercle tout en cessant le feu puis la voix de l'ancienne tireuse d'élite séparatiste fut renvoyée par les hauts parleurs.
-Peu m'importe l'Empire et l'Empereur. Peu m'importe la rébellion de ce Jedi que vous êtes chargé de mater, commençait-elle. S'il y a une seule personne que je souhaite voir mourir plus que tout au monde, c'est vous.
Vador usa de la Force qui lui permit de se faire entendre de tous.
-Vous avez eu tort de vous dresser contre l'Empire, Volta. Je vais d'abord exterminer tous ceux que vous envoyez contre moi et je viendrai ensuite vous trouver.
-Je vous attends.
L'instant qui suivit la rupture de transmission fut troublé par les salves de fusils blasters qui convergeaient vers Vador. Aucun d'eux ne l'atteignit vraiment, alors qu'il commençait à accumuler en lui toute sa volonté de revanche. Il libéra la Force en une vague dévastatrice, un souffle qui brisa les os de ses ennemis les plus proches et repoussa loin en arrière les autres.
Leur cohésion brisée, il avança pesamment et lentement à travers leurs lignes, tranchant avec son sabre laser tout ce qui passait à sa portée. Le crépitement de son épée au halo rouge écarlate ponctuait à chaque frappe, les râles d'agonie et les cris de douleur de ceux qui commettaient l'imprudence de ne pas s'écarter de sa fureur.
Ceux qui tentaient de reculer pour y échapper furent soulevés par sa puissance télékinétique et broyés sans pitié. Il ne laissa aucun survivant dans son sillage, seulement des morceaux de cadavres cautérisés. Comme cet homme qu'il saisit en élevant la main et attira jusqu'à lui grâce à la Force. Emprisonné dans un filet invisible, ce dernier se fit arracher son masque respiratoire tandis que le Sith l'observa respirer contre sa volonté l'air vicié par l'Aorth 6. Le virus nécrotique ne tarda pas à faire son oeuvre.
Le visage de ce cadet de l'académie de Gentis se décolora rapidement et toussa du sang qui s'éparpilla en fines goutelettes sur son uniforme. Dans un ultime effort, il se débattit vainement pour s'arracher de l'étreinte invisible du Sith qui savourait son agonie. Les holocams ne manquaient pas de filmer la scène et Vador espérait que Volta n'en manquerait pas une miette.
Il laissa retomber le cadavre et l'emjamba avant de contacter le commandant Appo:
-Commandant?
-Monseigneur?
-Rapport de la situation.
-Quelques de nos hommes ont été touchés par le virus. Et nous manquons de moyens pour soulager leur souffrances ou améliorer leur état.
-Restez à couvert.
Il s'avança vers le sas qui bloquait l'entrée du hangar et affirma d'un ton abrupt.
-Je vais terminer cela, seul.

Shonn Volta suivait la progression de Vador à travers les couloirs du Devastator. Les holocams lui montraient distinctement l'assassin de son amant comme une tempête que rien ne semblait pouvoir arrêter. Un monstre insubmersible qui traversait les lignes de défense comme si elles n'existaient pas.
Cela ne la surprenait pas, elle avait vu de quoi il était capable lorsque le coup d'état de Gentis avait été écrasé. Aucun des hommes qu'elle envoyait ne l'arrêterait. Les nids de résistance montés stratégiquement au niveau des intersections étaient balayés, soufflés, réduits en miettes. Aucune importance, car elle était prête à le recevoir.
Les derniers membres de l'équipage présents autour d'elle sur la passerelle principale se déployèrent pour couvrir tous les angles, leurs regards concentrés sur le sas qui ne tarderait pas à voler en éclats. La jeune femme ne se mit pas à couvert, gardant une posture droite et fière, le blaster maintenu le long du corps. À l'aide de la Force, elle ressentait sa présence, un brasier dont elle suivait la signature à chaque instant.
Les lourds battants se plièrent vers elle sous l'effet d'une déflagration vomie par la puissance du Seigneur Noir. Ce qui la fit à peine ciller, alors qu'il passa le seuil sabre au clair renvoyant les tirs vers leurs expéditeurs.
Ces derniers tombèrent un à un sous les yeux de Shonn Volta indifférente qui ne tenta rien pour l'instant. Elle l'observa sans émotion visible écraser la trachée du dernier de ses partisans sans lui accorder la moindre considération.
Le Sith freina à deux mètres d'elle.
-Shonn Volta, il est temps de répondre de votre trahison.
-Tout ce que j'ai accompli contre vous n'a rien d'une trahison, affirma-t-elle froidement sous son masque respiratoire. C'est vous qui m'avez trahi en jetant Tohm dans le vide sur Coruscant.
-Je l'ai tué dans l'intérêt de l'Empire.
-Dans votre intérêt, martela-t-elle.
Vive comme un battement de cils, elle leva son arme à hauteur de visage pour l'abattre. Il bloqua les deux premiers tirs mais le troisième guidé par la Force se logea dans son épaule. Sous le coup de la douleur, il canalisa sa rage impulsive en énergie qu'il libéra contre elle.
Avec agilité, elle esquiva en se jetant sur le coté sans cesser de l'arroser copieusement. Elle parvint une nouvelle fois à le toucher, à la cuisse cette fois. Il poussa un hurlement mécanique bestial tout en vacillant sur ses appuis.
Elle lui envoya un détonateur thermique qui lui explosa quasi instantanément au visage. Lorsque la fumée se dissipa, elle fut surprise de le voir toujours debout bien que plié en deux à cause de l'onde de choc. C'était sa chance, elle n'en aurait pas d'autre. Elle se précipita alors pour l'achever.
Alors qu'elle allait lui coller le canon de son blaster contre le casque pour l'abattre à bout portant, elle perdit subitement toute sensation en dessous de son avant bras droit. Une fulgurante douleur traversa le long de son bras pour engourdir son cerveau. Elle baissa les yeux vers son moignon cautérisé, incrédule de constater que le Sith était parvenu à l'amputer.
Sans aucune douceur, ce dernier l'empoigna par le col et la souleva du sol comme si elle n'était qu'une brindille.
-Je vous ai promis une mort plus lente que celle de Tohm. Et je tiens toujours ce genre de promesses.
Il lui arracha son masque respiratoire de la figure et comprenant ce qui l'attendait, l'anciennne séparatiste le frappa plusieurs fois au visage avec son poing valide. Motivée par le désespoir et ce secret instint de survie, elle serait sans doute parvenue à se libérer de n'importe qui.
Mais pas de Vador.
L'inflexible bras droit de l'Empereur se nourrissait de sa terreur devant la perspective d'une mort peu clémente. Le sang perlait des yeux, des narines et de ses lèvres en de fin ruisseaux écarlates sur ses traits tordus par une agonie de plus en plus douloureuse à mesure que la mort la prenait dans son étreinte.
Il la laissa s'étouffer dans sa propre hémorragie qui gonflait ses voies respiratoires rongées et digérées par le virus de l'Aorth 6 alors que les coups de poings qu'elle lui assénait perdaient de plus en plus de leur vigueur. Son poing gauche finit alors par se balancer le long de son corps qui fut secoué d'ultimes convulsions avant de se détendre.
Il la jeta sur le sol du pont principal comme un vulgaire chiffon imbibé de gaz tibanna et considéra le cadavre de celle qui aurait pu devenir l'une des plus représentantes les plus redoutées de l'Ordre Nouveau. Elle possédait toutes les qualités d'un officier prometteur. Brillante tacticienne, d'un courage physique éprouvé par les épreuves de la dernière guerre, elle avait été capable de se montrer implacable.
Elle possédait toutes les qualités sauf une. La discipline.
Elle n'avait pas réussi pas à surmonter la faiblesse de ses liens affectifs avec Laurita Tohm pour se consacrer exclusivement aux besoins suprêmes de l'Empire. Elle n'était pas parvenue à écarter sa volonté de vengeance pour se dévouer entièrement à l'ordre et à la sécurité des citoyens. Cela avait été sa seule et dernière erreur.
Peut-être était-ce la leçon que l'Empereur souhaitait réapprendre à son apprenti, en l'affectant sur son propre vaisseau de guerre. Il ne l'oublierait pas.
Il s'approcha des instruments de transmission et ouvrit un canal avec le Poing d'Acier. L'hologramme d'un homme tassé et à l'emboupoint prononcé s'afficha.
-Monseigneur? Fit le capitaine Zsinj qui semblait feindre la surprise. Je suis heureux que vous ayez survécu à la traîtrise du capitaine Volta..
-J'y ai mis un terme définitif, capitaine. Le Devastator a besoin d'un nouvel équipage.
-Je vais vous fournir toute l'assistance que je pourrai, monseigneur. Bien que nous ayons de nombreux morts et blessés à déplorer à cause de cette mutinerie.
-Fournissez-la sans perte de temps et sans vous réfugier derrière de fausses excuses. Veillez à ce que le personnel affecté soit vêtu de combinaisons antibactériologiques.
Malgré lui, il contempla la surface de Dathomir qui semblait ne pas se soucier de cette purge interne. Il avait menée celle-ci à son terme mais il lui restait encore une dernière chose à régler. Le Jedi corellien.
À cause de l'état de leurs pertes, il était impossible pour le moment de mener une action quelconque contre lui. Il devait veiller à ce que le Jedi ne s'échappe pas.
Profite de ton répit, Oreste Tissan.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!

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mat-vador
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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 10 mars 2018, 23:32

Bonsoir voilà la suite!

Dathomir

Oreste ne perçut pas de menace immédiate lorsqu'il parvint devant la prison désertée par les impériaux. Les vaisseaux qui achevaient de se consumer étaient la seule trace de leur présence toute fraîche sur la planète.
Lorsqu'il entra dans la cour, un silence pesant l'accueillit. Celui de la solitude, d'un désert privé de bruits qui rendait ce symbole de l'oppression bien plus intimidant encore que lorsqu'il était en activité.
J'ai renforcé la tyrannie au lieu de l'affaiblir. L'Empire reviendra sur Dathomir et les clans de Sorcières deviendront l'ombre d'eux-mêmes.
Il prit conscience peu à peu des implications de ses actes, de tout ce qu'il avait pu commettre pendant la Guerre des Clones. Lors de sa fuite pendant l'application de l'Ordre 66 et ici même sur ce monde perdu où il s'était égaré dans ses certitudes. Sans n'avoir laissé de place au doute ni concédé le moindre recul.
-Jedi.
La voix qui s'éleva tout à coup derrière lui était teintée d'une sourde hostilité et il sut que ce timbre rugueux n'appartenait pas à Tzipah. Il se retourna vers cinq Soeurs de la Nuit dont le regard brillait d'une froideur déshumanisée.
Elles étaient parvenues à se glisser dans son dos sans éveiller de soubresauts suspects dans les courants de la Force. Il comprit l'unique but de leur venue.
-Quelque soit la raison qui vous a amenée ici, les prévint-il, vous devriez partir.
-Nous sommes ici pour rendre justice à Mialyn. Nous savons comment tu l'as tuée par traîtrise alors qu'elle avait accepté de se rendre à toi.
Celle qui menait le groupe s'avança d'un pas et rabattit sèchement son capuchon en peaux de reptile sur ses épaules robustes. Dévoilant un visage défiguré par des stigmates bien plus profondes qu'à l'ordinaire, encadré par des tresses qui avaient perdu tout éclat non à cause du temps mais à cause de l'usage excessif du Coté Obscur.
Il ne servirait à rien de la raisonner mais il voulut tenter cet effort.
-J'ai cru avant l'avoir fait pour de bonnes raisons mais je sais maintenant que j'ai eu tort de le faire.
Cela n'émut pas davantage pas la sombre dathomirienne.
-Tes belles paroles sont trop tardives. Je suis Ayil et je serai celle qui ramènera ta tête à Gethzerion.
-Beaucoup de sang a coulé aujourd'hui. Et me tuer ne ramènera pas Mialyn, ajouta-t-il en saisissant la crosse de son sabre laser.
-Le sang de nos autres Soeurs égarées a coulé par ta faute. Tu vas regretter bientôt de ne pas avoir conservé le Bâton maudit avec toi.
Elle lança une imprécation cassante en dialecte local et ses quatres compagnes se déployèrent en éventail pour encercler le jeune corellien. Celui-ci les oberva en train de dégainer leurs armes blanches bricolées sommairement pour le menacer.
La dénommée Ayil ne bougea pas d'un cil, se contentant de sourire. Elle pensait qu'il serait plus vulnérable sans le Bâton Obscur. Elle demeurait dubitative devant l'absence de peur ou de tout autre sentiment en lui.
Il paraissait si calme, si serein. C'était déconcertant.
-Je vous le demande encore une fois. Partez et ne revenez pas.
Il activa son sabre laser une fraction de seconde avant que les deux Soeurs de la Nuit sur sa droite ne s'élancèrent de concert sur lui. Il laissa alors la Force couler en lui pour la laisser guider le moindre de ses mouvements, détaché de toute émotion. Concentré sur l'instant présent, et non sur les erreurs du passé ou les craintes de l'avenir.
Son sabre laser lui-même semblait être influencé par une volonté propre. Transperçant sans aucun effort leur abdomen, leur accordant une mort rapide et indolore. Leur permettant de se fondre définitivement dans la Force.
Elle s'écroulèrent sur le sol avant que les deux autres consoeurs qui accompagnaient Ayil ne partagent leur destin. Celle-ci fixa longuement le Jedi alors que les quatre corps commençaient à refroidir à ses pieds.
Durant la courte échauffourée, ses pieds n'avaient pas bougé et étaient restés ancrés au sol. Cela suscita en elle une grande incertitude.
-Partez, vous n'êtes pas obligée de mourir.
Ayil poussa un jappement furieux et étendit ses mains dans sa direction. Il absorba sans mal avec la lame verte émeraude de son sabre laser les éclairs de Force qu'elle chanta. Elle se comportait comme si elle n'avait rien à perdre. Ou plutôt comme si elle craignait plus de devoir affronter la colère de Gethzerion en cas d'échec que le Jedi lui-même.
Une vibro épée brilla dans sa main alors qu'elle bondissait pour l'engager dans un furieux corps à corps qui ne dura pas plus de quatre secondes. D'un simple revers il brisa sa garde avant de la faucher d'un coup oblique.
Lorsqu'il éteignit son arme et la rangea, il se sentit le coeur lourd mais son esprit apaisé. Il était convaincu qu'il n'y avait pas d'autre issue. Il était seulement las d'en arrivé à cette extrémité alors qu'il étudiait les cadavres.
Il ne pouvait les laisser ainsi même si elles étaient des ennemies. Il usa de sa puissance télékinétique pour les entreposer les uns sur les autres et fouilla la forteresse à l'abandon pour dénicher du combustible. Par chance, il débusqua des réserves de gaz tibanna qu'il ramena pour arroser copieusement les corps.
Puis il les incendia à l'aide d'une torche qu'il avait confectionné sommairement. Il regarda les flammes s'élever et envelopper les Soeurs de la Nuit défuntes dans un linceul incandescent. Il murmura:
-Allez en paix.
Il finit par se détourner du bûcher improvisé car son esprit n'était pas en paix. Pas encore. Il savait qu'il devait arriver jusqu'ici mais il ignorait ce qu'il devait y faire. Après une brève hésitation, il résolut à s'assoire en tailleur pour commencer une méditation.
Il appréhendait de le faire à juste titre car cela ne lui avait pas réussi. Et il se résolut à surmonter ses craintes pour s'y plonger de nouveau.
Je dois me vider de toute pensée, de toute émotion. Laisser la Force guider mon avenir. Être le calme au coeur de la tempête.
Il vit une planète verdoyante dominée par des chaînes de montagnes coiffées de neiges éternelles et immuables. Dans le creux d'une vallée, aux bords d'un immense lac, prospérait une ville moderne et paisible dont les infrastructures aux silhouettes harmonieuses s'accordaient aisément avec l'écosystème local.
Des familles insouciantes promenaient leur progéniture sur les grandes avenues piétonnes, dans une parfaite coexistence. Tout n'était que joie et félécitée. Dans le ciel dégagé et trzaversé par de fins lambeaux nuageux, une sombre lune apparut ternissant le tableau. Sa présence ne manquait pas d'être déroutante.
Tout à coup un flash vert funeste embrasa l'horizon, frappant la surface de ce monde inconnu dans un temps indéterminé. Certainement l'avenir.
Et tout disparut dans une nova galopante qui dévora montagnes, paturages, forêts, lacs et océans. La cité tranquille et ses habitants, qui pouvaient être estimées à plusieurs millions ou même des milliards fut engloutie..
Et la Force lui chuchota ce nom. Alderaan..

La planète natale du sénateur Bail Organa, l'un des plus fervents opposants à Palpatine et à l'Ordre Nouveau. Annihilée en un éclair..
Oreste se redressa sur ses appuis, secoué par l'une des prémonitions les plus terrifiantes qu'il ait eu à expérimenter. Il parvint à reprendre son souffle après avoir haleté durant plus d'une dizaine de secondes.
Je dois faire quelque chose. Je ne peux laisser faire ça! S'écria-t-il dans sa tête.
-As-tu perdu ton chemin, Oreste?
La voix qui l'interpellait semblait provenir d'outre tombe alors que sa conscience était rongée par cette vision de l'avenir. Le corellien aperçut dans son champ de vision le sceptre d'un céréen reconnaissable à son crâne conique qui l'étudiait avec bienveillance.
Le visage du jeune homme s'éclaira d'un fol espoir lorsqu'il reconnut Ki Adi Mundi, qui avait pris la forme d'un fantôme de Force.
-Maître, balbutia-t-il. L'Empire.. l'Empire va détruire Alderaan!
Il crut voir passer une ombre dans le regard de l'humanoïde qui demeura flegmatique.
-Es-ce une nouvelle vision que tu viens d'appréhender?
Le corellien hocha la tête de manière affirmative.
-Maître je dois les aider. Dites-moi comment faire, le pria-t-il.
Imperturbable, le céréen lui fit remarquer.
-Qu'est-il arrivé lorsque tu as voulu empêcher tes visions de se réaliser?
Les épaules d'Oreste se voutèrent alors sous le poids du découragement.
-Je n'ai apporté que le malheur, reconnut-il d'une voix sourde. J'ai commis des actes que je n'aurai jamais cru moi même pouvoir accomplir.
Le fantôme du vénérable céréen le fixait avec un détachement neutre.
-J'ai tué des enfants, en pensant que c'était une bonne chose.
-Parce que tu t'es laissé dominer par la peur, fit une autre voix. Et par l'égoïsme.
Un autre sceptre translucide se matérialisa aux cotés du non humain. Un homme barbu vêtu d'une tunique verte marécage dans la force de l'âge. Nejaa Halcyon.
-Oui, avoua le jeune homme. Je n'ai été à l'écoute que de moi même et non de ceux qui m'entouraient. Mais je ne veux plus être cet homme.
-Alors que comptes-tu faire? Insista son mentor corellien.
-Je veux aider les gens comme devrait le faire un Jedi. Je veux sauver Alderaan.
-Encore une fois Oreste, tu te laisses guider par ta peur, lui rappela sentencieusement Ki Adi Mundi. Tu n'es pas certain que cette destruction arrivera.
-Mais, cela ne m'a jamais paru aussi réel.
Ce fut Nejaa Halcyon qui orienta doucement Oreste vers la bonne voie.
-Même si cela devait arriver bientôt, serais-tu prêt à abandonner Dathomir à la fureur de l'Empire?
Son ancien élève ne pouvait pas contester la pertinence de cette question. Une fois de plus, il se trouvait à faire un nouveau choix. Peut-être le dernier qu'il lui serait permis de trancher. L'avenir n'était pas écrit et il ne pouvait plus laisser les démons de son passé continuer de le ronger comme un acide.
Il devait se libérer du fardeau d'Alan Tissan et honorer enfin le nom de sa famille. Il devait racheter les fautes de son ancêtre et les siennes comme Asajj Ventress le lui avait demandé dans ses derniers instants.
Il laissa ses yeux verts et gris errer vers la silhouette sombre du destroyer Venator qui planait en orbite. Il pouvait sentir la présence de Vador, un volcan de haine et de noirceur qui n'attendait qu'une occasion de se déchaîner. Il pouvait sentir son impatience, deviner son obsession..
Le Seigneur Noir des Sith était venu pour lui et il ne repartirait jamais sans lui avoir mis la main dessus. Nul doute qu'il était prêt à tout pour y parvenir, y compris à oblitérer toute vie qui peuplait la surface de la planète.
Même s'il s'échappait, Dark Vador n'abandonnerait pas sa traque. Rien ni personne ne serait épargné.
Il avait provoqué tout cela et c'était à lui d'y mettre un terme. Il ne laisserait plus personne se sacrifier pour lui.
-Non, je n'abandonnerai pas Dathomir, maître.
Cependant un dernier doute subsistait en lui. À cause de ce que le Sith lui avait proféré lors de la bataille.
-Mais Vador a dit que j'étais le dernier des Jedi.
Il guetta leurs réactions lorsqu'il les interrogea:
-Dit-il vrai?
Seul le sourire énigmatique de Halcyon lui répondit.
-C'est au coeur des ténèbres que nait et renait la lumière.
Puis les deux sceptres s'évaporèrent, laissant un Oreste Tissan perplexe devant ces mots sybillins. Il se prit le menton à deux mains d'un air soucieux. Tout en étant certain que l'apparition de Nejaa Halcyon ne bluffait pas.
Au coeur des ténèbres renaît la lumière.
S'il était le dernier représentant d'une confrérie pluri millénaire, qui le remplacerait? Des êtres simples ne maîtrisant pas la Force mais unis par une cause commune, celle de la liberté, pourraient donc suffire à renverser l'Empire.
Cela signifiait que ce n'était pas à un Jedi de le faire. La fin des Jedi pourrait donc marquer le début d'un renouveau. C'était à la fois terrible mais aussi porteur d'espoir. La lumière pouvait être incarnée par d'autres individus.
Comme les Sorcières de Dathomir, comme cette doyenne Rell qui conservait l'héritage du Chu'unthor. Comme Tzipah..
Il ne lui en voulait pas de l'avoir rejeté, au contraire. Il comprenait qu'il avait déçu toutes les attentes qu'elle avait placées en lui. Il voulait de nouveau qu'elle soit fière de lui même s'il n'était plus certain de la revoir.
Le soleil disparaissait derrière les pins et les ombres s'étendaient aux alentours de la prison. Le crépuscule assombrissait les contours distants de la prison désaffectée, un crépuscule devant lequel se courbait la lumière de l'espoir. Un crépuscule devant lequel le corellien ne s'inclinerait plus jamais. Il tourna ses pas pour pénétrer à l'intérieur de l'édifice et se diriger vers le centre de transmissions.
Il allait affronter Dark Vador pour la dernière fois, tout devait prendre fin ce soir.

Voilà j'espère que cela vous plaira! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 17 mars 2018, 22:21

Bonsoir voilà la suite! on s'approche de la fin!

Forteresse des Chutes Brumeuses

Tzipah était seulement rentrée une heure auparavant à la demeure de son clan. Et elle commençait à peine à sécher ses larmes lorsque le droïde protocolaire Topaze entra chez elle.
-Maîtresse Tzipah, souhaitez-vous diner?
Elle s'éclaircit la gorge, ses yeux bleus azur humides tournés vers l'horizon du soleil couchant.
-Non, je n'ai pas faim, finit-elle par répondre.
-Aurez-vous besoin de mes services, ce soir?
-Non, je veux que tu me laisses seule.
Elle pensait éprouver un semblant de soulagement en baignant de nouveau dans ce cocon familier près du foyer qu'elle avait ranimé. Mais elle sentait à peine sa chaleur car un vide glacé la tourmentait.
Force lui était de reconnaître qu'elle avait fini par s'habituer à la présence de ce jeune étranger à qui elle s'était ouvert comme lui avait fini par le faire. Elle avait appris à apprécier cette mélancolie qui sommeillait en lui et ressortait par vagues à travers l'éclat de ses iris verts et gris. Cette tristesse qui le rongeait et le faisait paraître plus âgé qu'il ne l'était.
Un homme hanté par le souvenir de ceux qui avaient disparu. Par la mort de cette autre hors monde qu'il avait aimée avant leur rencontre.. comment s'appelait-elle déjà? Ah oui, Beliem.
Un homme corrompu par sa haine envers l'Empire et son désir de vengeance. Un homme dont le nom ne suscitait plus que du mépris parmi ses consoeurs. Elle avait aimé cet homme mais il ne faisait plus partie de sa vie.
L'aimait-elle encore quelque part au fonds d'elle-même?
-Tzipah?
Une voix maternelle l'appelait et la silhouette de la matriarche apparut sur le seuil, cette dernière ne se départissant pas de la compassion qui illuminait ses traits sages.
-Tu ne t'es pas présentée au rapport.
-J'avais besoin de réfléchir Mère de Clan.
La jeune Sorcière autorisa sa supérieure à entrer d'une inclinaison discrète du menton.
-Je sais, Sira m'a raconté ce qui s'est passé.
-Je n'ai pas été à la hauteur de la confiance que vous aviez placé en moi.
Remora A'alta se plaça devant elle pour la dévisager plus attentivement avec une tendresse plus prononcée.
-Aucune parmi nous n'aurait pas pu prendre de meilleures décisions, tu as fait preuve de discernement, lui assura-t-elle.
-Sauf sur un point.
Tzipah se força à soutenir son regard patient.
-Oreste Tissan. Vous m'aviez mis en garde contre mes sentiments et je ne vous ai pas écoutée. Je l'ai laissé me duper, m'aveugler sur lui.
-Je regrette que tu en ai été réduite à cette extrémité. Nous avons tous perdu quelqu'un de cher, aujourd'hui. Ne sois pas trop dure avec toi-même.
Mais les plaie internes de la jeune dathomirienne demeuraient ardentes. Et pas seulement à cause d'Oreste.
-Ces hommes que nous avons abandonné.. Les Soeurs de la Nuit les ont massacrés comme s'ils n'étaient que du bétail alors qu'ils se sont battus courageusement à nos cotés. Je leur ai donné ma parole de les protéger au nom des Chutes Brumeuses et je n'ai pas tenu mon serment.
-Tu n'aurais pas pu le tenir même si tu les avais amenés ici sains et saufs.
Choquée par cet aveu spontané, la jeune femme ne put d'abord trouver ses mots. Elle fut désemparée par la tristesse de la doyenne de son clan.
-Quoi? Que voulez-vous dire?
Mais Tzipah avait deviné la réponse avant de poser la question fatidique. Et elle frémit d'effroi lorsque Remora A'alta lui annonça ce qu'elle craignait d'entendre.
-Les hommes libres sont contraires à nos traditions. Aucune de tes soeurs ne les aurait accepté pas plus que les autres clans.
-Pourquoi? Parce que ce sont des hommes? Protesta-t-elle plus vivement.
La matriarche choisit de clore le débat avant même qu'il n'ait commencé.
-Il en a toujours été ainsi depuis qu'Allya a écrit le Livre de Loi.
-C'est bien cela le problème, il n'y a jamais eu la moindre remise en question, fit observer Tzipah d'un ton plus acerbe.
-Tu as toujours pourtant pensé comme nous toutes.
La jeune femme acquiesça d'un hochement de tête.
-C'était avant que je rencontre Oreste. J'ai découvert à travers lui que les hommes pouvaient discuter, se battre pour une cause qu'ils estiment justes. Qu'ils pouvaient aimer..
-Cet homme t'a trahi.
-Cela ne signifie pas qu'il était entièrement mauvais. Tout comme ses deux compagnons.
-Tu continues de te laisser influencer par tes sentiments envers lui.
Tzipah soutint son regard inflexible alors que le silence ne fut troublé que par les craquements du bois qui se tordait dévoré par les flammes.
-Et je vous ai laissé m'influencer.
-As-tu oublié que je t'ai recueillie après le meurtre de tes parents par les Soeurs de la Nuit? Lui rappela sa supérieure.
-Je n'ai pas oublié ce que je vous dois. Mais je ne serai plus aveugle.
Avec dignité, elle se saisit de son casque pour le mettre sur sa tête et vérifia que sa vibro épée était rangée dans son fourreau.
-Je dois prendre mon tour de garde.
C'est ainsi qu'elle prit congé de la matriarche, la saluant à peine lorsqu'elle la contourna. Cette dernière la regarda s'éloigner avec une résignation marquée. La jeune dathomirienne respira beaucoup mieux lorsqu'elle s'extirpa de la forteresse pour croiser d'autres Sorcières qui revenaient de patrouille.
Elle eut une idée des sentiments qu'elle inspirait chez ses consoeurs. Du respect certes mais aussi pas mal de ressentiment appuyé par des regards défiants. Le récit de la bataille avait couru sur tout le territoire du clan et il était évident pour elles que le Jedi venu des étoiles était entièrement responsable du bain de sang qui avait décimé leurs rangs.
D'autres pensaient en outre que Tzipah avait aussi sa part de responsabilité. À cause de cette proximité intime qu'elle avait nourrie avec lui. Les avis les plus tranchés concluaient que sa place au sein du clan pouvait être contestée. Même si toutes s'accordaient à reconnaître qu'elle avait adopté la bonne décision en le bannissant au nom du clan.
Elle ne pouvait leur en vouloir, il lui faudrait bien assumer les conséquences de ses erreurs d'une façon ou d'une autre. En attendant, elle continuerait de faire son devoir aux Chutes Brumeuses. Elle rejoignit finalement son poste à la lisière de la forêt, où Sira et deux autres Soeurs attendaient. Celles-ci s'éloignèrent après l'avoir accueillie d'une brève inclinaison de la tête. Son tour de garde en compagnie de Sira commençait alors que la nuit tombait.
Elle réprima un frisonnement lorsqu'une brise fraîche coula des contreforts montagneux qui s'élevaient derrière elles. Malgré elle, Tzipah ne put se retenir de penser à Oreste. Elle l'imaginait tenter de trouver un précaire refuge pour la nuit contre le froid, les charognards et d'autres dangers qui peuplaient les alentours.
Aurait-il réussi à trouver de quoi manger? Malgré elle, le remords commença à la hanter. Elle était même tentée de se reprocher d'avoir été cruelle de l'abandonner sans ressources. Mais c'était comme cela que l'on traitait les Soeurs qui s'égaraient dans les arts sombres de la Magie d'Allya. Elle n'aurait pu le traiter différemment.
Survis Oreste et rachètes-toi.
Aussitôt après cette prière silencieuse, elle tendit son esprit vers le sien en murmurant discrètement un sort à l'insu de son aînée impassible. Pour le réconforter, ne pas le laisser aux prises du désespoir et de ce sentiment de solitude qui doivent lui peser. Elle ferma les yeux, espérant secrètement qu'il entendrait son appel.
Soudain, des images se bousculèrent dans son crâne. Confusément et intensément. Elle parvint à dompter ce flux pour en deviner le sens.
Oreste brandissait devant son corps maigre son épée ardente à la lame verte émeraude, combattant avec acharnement une abomination qui maniait une lame rouge sang funeste. Une abomination qu'ils avaient déjà affronté lors de la bataille d'aujourd'hui.
Elle pouvait voir le visage de son homme crispé à cause des efforts qu'il devait fournir devant cette cadence de coups de masse que lui assénait son adversaire qui le faisait reculer. Une cadence auquel il ne pouvait pas résister longtemps.
La chose écarta brutalement sa garde avant de le faucher d'une frappe sèche oblique. Horrifiée, elle vit son homme tituber avant de s'écrouler aux pieds de son bourreau.

Non, s'entendit-elle crier dans sa tête.
-Tzipah?
Sira s'était penchée pour constater l'hébètement qui brillait dans les yeux bleus de la jeune femme. Celle-ci balbutia:
-Je dois aller voir quelqu'un.
Une lueur de compréhension passa dans le regard de son aînée.
-Si tu le fais, tu sais ce qui t'arrivera.
-Je prends le risque, affirma la jeune Sorcière. Si c'était Gelfran, tu n'hésiterais pas non plus.
Sira se mordit la lèvre inférieure, tiraillée entre le devoir envers son clan et sa camaraderie avec sa consoeur.
-Vas-y, cèda-t-elle finalement. Mais fais attention aux patrouilles.
-Merci, Soeur.
Tzipah vérifia que personne d'autre ne la regarderait partir, puis s'engouffra entre les pins sous le regard inquiet de Sira. Après quelques mètres, la Sorcière chanta un sort de détection pour repérer les échos des patrouilleuses qui quadrillaient la forêt, non loin d'elle.
Elle se concentra puis progressa lentement pour les éviter. Peu après, elle fut sur le point de réussir lorsqu'une voix sèche claqua dans son dos.
-Halte.
Une autre Sorcière des Chutes Brumeuses la menaçait de son blaster. Orcheron.
-Où vas-tu ainsi? Lui demanda celle-ci.
-Je monte la garde, répondit-elle sans hésiter.
Sa jeune consoeur blonde plissa les yeux, suspicieuse.
-Tu me donnes plutôt l'impression de fuir.
-Je dois retrouver quelqu'un.
Orcheron émit un rire cassant.
-Ce sorcier qui nous a tous trahi et que tu as toi-même banni? Tu as perdu la raison.
-Je sais ce que je fais.
-Si tu pars le retrouver, je devrais prévenir notre Mère de clan, l'avertit Orcheron. Et elle t'exclura des Chutes Brumeuses.
-Alors va donc la prévenir et ne t'approche plus jamais de moi, la défia Tzipah.
Elle s'attendait à ce qu'Orcheron baisse son arme mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, celle-ci raffermit sa prise sur la crosse.
-Tu reviens avec moi, intima-t-elle sèchement.
-Tu devras me tirer dessus.
-Je n'hésiterai pas à le faire si tu n'obéis pas.
Tzipah sentait sa détermination mais elle n'était pas prête à céder.
-Et cela ne me surprendrais pas de ta part, cracha-t-elle avec mépris. Tu serais digne de rejoindre les Soeurs de la Nuit après la trahison dont tu as fait preuve en abandonnant ces hommes à leur mort.
-Ce n'étaient que des mâles, je n'ai fait que me soucier des intérêts du clan.
-De tes propres intérêts. J'ai senti ton ambition de prendre la place de notre Mère de clan.
-Je suis la mieux placée pour diriger les Chutes Brumeuses.
-Ce ne sera pas pour aujourd'hui.
Alors qu'Orcheron s'apprêtait à lui répliquer sèchement, elle psalmodia un sort de télékinésie et un souffle invisible souleva sa rivale pour la projeter contre le pin le plus proche et la faire s'écrouler complètement sonnée.
Tzipah s'enfuit ensuite sans demander son reste. Tandis qu'elle courait à travers les bois sans se soucier de ce qui pouvait lui arriver, ses pensées étaient braquées uniquement sur un homme dont la survie lui importait plus que tout le reste.
Il s'appelait Oreste Tissan et elle voulait le sauver de la mort.

Devastator, Orbite de Dathomir

Bien que l'atmosphère du destroyer de l'ex capitaine Volta ait été purgée des effets de l'Aorth 6, le personnel de maintenance et les stormtroopers affectés par Zsinj sur le Devastator conservaient leur combinaison anti virale pour se préserver du moindre risque de contamination et d'exposition. Dark Vador, après s'être reposé dans sa chambre de stase et avoir prévenu Coruscant de la mutinerie de Shonn Volta, déambulait à travers les couloirs du Venator croisant sur son chemin ceux qui sécurisaient les lieux ou évacuaient les corps vers le broyeur à ordures.
Il était essentiel que le silence soit maintenu sur tout ce qui venait de se passer. Après le coup d'état de Gentis, le reste de la galaxie n'avait pas à connaître l'état des pertes qui avaient éclairci leurs rangs au cours de la bataille dont l'issue avait été piteuse. Il en allait de la stabilité de l'Empire.
Le Seigneur Noir avait mis sa fierté de coté en demandant l'envoi de renforts tandis que l'Empereur lui avait rappelé l'importance de sa mission principale. Écraser la rébellion de ce Jedi corellien. Il contint son agacement devant l'ampleur de la tâche qu'il avait jugé au premier abord comme basique.
Il manquait d'hommes et d'armes pour mener une traque efficace digne de ce nom. Même en s'appuyant sur les Soeurs de la Nuit dont il n'était pas certain de la loyauté. Si elles tentaient quoi que ce soit de toute façon, il ne se priverait pas de leur apprendre qu'il n'était pas bon de s'attirer le courroux de l'Empire.
Il retourna sur le pont principal où un technicien lui annonça:
-Monseigneur, un appel a été réceptionné depuis la planète.
Le Sith usa de la Force pour activer l'hologramme, qui matérialisa devant son masque la silhouette familière grande et maigre d'un homme encapuchonné.
-Tissan.
-Seigneur Vador, répondit le corellien.
-Tu ne pourras pas te cacher éternellement, même au milieu des Sorcières.
Sans paraître désarçonné par sa remarque, Oreste déclara:
-Je suis d'accord. Sachez que vous n'aurez plus rien à craindre des Sorcières, elles se sont retirées du jeu.
-Tu es donc seul.
-Un Jedi est toujours accompagné par la Force.
Alors que le bras droit de l'Empereur ricana derrière son vocodeur, le rescapé de l'Ordre 66 ajouta:
-Nous avons eu beaucoup de morts et vous en avez eu au moins autant. Nous pouvons éviter d'autres morts à venir.
-Tu souhaites te rendre?
Sous le capuchon, Vador devina un sourire malicieux.
-Epargnez Dathomir et je vous offre une chance de me tuer en personne. En terrain neutre, devant la prison.
Le Sith ne mit que peu de temps à hésiter car il ne perçut aucune duplicité qui proviendrait du Jedi. Et il n'attendrait pas les renforts qui devaient parcourir une bonne partie de la galaxie avant d'arriver à bon port.
-Marché conclu, Tissan. Je viens te tuer. Terminé.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 24 mars 2018, 22:24

Bonsoir à tous, voici la suite! Dans cet extrait, Oreste Tissan revenu du Coté Obscur va affronter Dark Vador en duel!

L'enjeu n'est autre que la survie de Dathomir..

Dathomir

Oreste ferma le canal de transmission et respira longuement, empli d'un sentiment de bien être. Il n'avait pas éprouvé une telle sensation depuis.. en fait c'était sans nul doute la première fois de sa vie qu'il était devenu aussi serein.
Il avait accompli l'unique chose qui lui restait à faire, tout ce qu'il pouvait encore faire. Préserver Dathomir, préserver l'espoir. Une mission digne d'un chevalier Jedi.
Il quitta le bâtiment principal, traversa la cour avant de franchir l'enceinte de la prison. Il s'arrêta après quelques mètres, promenant ses yeux verts et gris sur les pins plongés dans la nuit qui apposait sa main sur la forêt qui l'encerclait.
Le vent se leva et apporta jusqu'aux narines ce parfum boisé dont il appréciait la senteur épicée. Un parfum qui lui évoquait les moments passés en compagnie de Tzipah, l'odeur de la compassion qui avait éclairé la fin du tunnel au bout de son chemin d'errance.
Tzipah lui rappelait la joie qui l'avait transporté lorsqu'il avait retrouvé la compagnie de Beliem, la paix qu'elle lui avait apporté. Toute ce qui avait constitué un avenir radieux, une lumière de la vie qui aurait écarté les pinces de l'oppression impériale.
Mais il n'aurait pas droit à ce bonheur puisqu'il l'avait ôté à tant de gens. Ce serait son expiation qu'avait réclamé la Dame du Pardon.
La Force circulait sur Dathomir en un torrent d'harmonie primale mais authentique. Dathomir qu'il avait livrée à l'obscurité des Soeurs de la Nuit et à qui il allait maintenant promettre l'espoir. Il propagea sa conscience pour détecter la présence du Sith.
Il se plongea dans les courants de la Force pour se préparer à ce qui l'attendait. Lorsqu'il perçut une présence toute proche accourir dans sa direction.
Il se raidit instinctivement, la main posée sur la crosse de son sabre laser. Puis il vit surgir de la forêt une jeune autochtone athlétique essouflée dont les mèches brunes s'échappaient sous ce casque épais qui lui couvrait le crâne. Malgré l'absence de luminosité, il reconnut ses traits familiers tordus par l'angoisse.
-Tzipah? S'écria-t-il de surprise imprégnée d'une joie certaine.
La dathomirienne se rangea face à lui, sans masquer son soulagement. Pendant un laps de temps interminable, ils se fixèrent un long moment sans trouver les mots. Tzipah décida finalement d'aller au plus court.
-Oreste tu dois fuir! Lui lança-t-elle.
Elle le vit froncer les sourcils d'incertitude.
-Pourquoi? Fit-il avec perplexité.
-Parce qu'il vient te tuer! Je l'ai vu..
Elle termina la phrase qu'elle redoutait de lui avouer.
-Je l'ai vu te tuer.
Sa voix était enrouée par sa fébrilité qui ne fit s'accroître lorsqu'elle remarqua son absence totale de panique.
-Tout va bien se passer, tenta-t-il même de la rassurer. Parce que c'est moi qui l'ai fait venir.
L'aveu la prit de court. Avant qu'elle n'insista en se rapprochant de lui.
-Tu ne peux pas le vaincre, tu dois fuir!
-La Force en décidera.
Elle réalisa rapidement qu'elle ne le ferait pas fléchir mais elle s'obstina de plus belle.
-Oreste, viens avec moi. Des gens ont besoin de toi, j'ai besoin de toi!
Cette fois il lui accorda un sourire détaché lorsqu'elle lui prit la main pour l'entraîner avec lui.
-C'est justement pour ça que je dois le faire. Je te remercie pour les risques que tu as pris en voulant me rejoindre. Je ne crois pas que ton clan approuverait.
Sans lâcher sa main, elle rétorqua:
-Ce n'est plus mon clan.
-Je n'ai donc cessé d'attirer des malheurs sur toi et sur beaucoup de gens.
Elle secouait la tête, comme pour lui prouver que plus rien n'avait désormais la moindre importance pour elle.
-Mais je ne regrette pas de t'avoir rencontré, lui avoua-t-il. Grâce à toi, j'ai enfin compris que la lumière pouvait continuer d'exister sans l'aide des Jedi. À travers chacun d'entre nous, les sentiments qui nous lient.
-Je ne regrette pas de t'avoir rencontré, lui répondit-elle.
Elle rapprocha son visage du sien. Si près qu'Oreste ne vit plus que ses yeux bleus dont l'éclat transperçait la pénombre.
-Malgré toutes les choses horribles que tu as pu faire ensuite.
-Je ne me suis pas montré à la hauteur, reconnut-il. Mais maintenant, mon chemin est clair. Je ne suis pas celui qui rendra sa liberté à Dathomir. Lorsqu'un autre Jedi viendra, raconte lui tout ce que j'ai fait. Sans omettre le pire.
Une pierre roula dans la gorge de Tzipah, la jeune femme acceptant l'idée qu'elle lui parlait pour la dernière fois.
-Je le ferai, lui promit-elle.
Un déchirement de moteurs ioniques déchira leurs tympans lorsqu'une navette impériale les survola avant de disparaître derrière les pins. Aucun des deux n'eut besoin de recourir à la Force pour détecter cet écho sombre qui pilotait le vaisseau.
-J'aimerai combattre à tes cotés.
-Non tu dois partir, affirma-t-il fermement mais doucement. Et si tu m'emmenais avec moi, cela n'empêchera pas Vador de me retrouver et de tuer tous ceux qui se trouveront sur son chemin jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut.
Tzipah passa une main derrière sa nuque pour l'attirer davantage à elle.
-Tu n'es peut-être pas le Jedi que nous attendions mais tu es l'homme que j'attendais.
Elle pressa ses lèvres contre les siennes et il s'abandonna cette fois pleinement à elle, déversant dans cet ultime baiser toute la lumière qu'il lui avait refusé à elle et à d'autres. Et qu'il allait maintenant distribuer à tous ceux qui pourraient en jouir.
Après des secondes de fusion intense, elle s'écarta de lui.
-Qu'Allya t'accompagne, lui souhaita-t-elle.
-Que la Force soit avec toi.
Elle tourna les talons, pour regagner l'abri de la forêt. Lorsqu'elle se tourna une dernière fois, il surprit les larmes qui coulaient sur ses joues. Lorsqu'il s'épongea la figure pour chasser l'humidité poisseuse qui imprégnait ses pommettes creuses, il s'aperçut que lui aussi pleurait légèrement.
En d'autres circonstances, il aurait tellement souhaité pouvoir envisager une nouvelle vie à ses cotés. Mais cette galaxie ne l'avait pas épargné, l'Empire avait continué à le hanter. Il avait fait des choix radicaux qui l'avaient écarté trop longtemps du droit chemin.
Qui l'avaient écarté de Tzipah.
Certaines choses ne pourraient être jamais réparées, mais d'autres pouvaient encore l'être. Il pouvait encore incarner l'espoir. Dans une galaxie régie par le joug des Sith et de leur Empire, cela était une mission digne d'un Jedi.
Une mission digne d'un Tissan.
Voilà pourquoi il attendait. Il retira rapidement sa bure verdâtre pour la déposer sur le sol rocailleux avant de déchirer sa tunique pour laisser son maigre torse fin à découvert. Il ne frissonna pas lorsque le vent fouetta de sa claque glaciale son dos et sa poitrine nus. Il vérifia l'état de son sabre laser accroché à la ceinture et continua de patienter.
La présence de Dark Vador brillait de cette noirceur dont l'appétit ne demandait qu'à être comblé. Une fureur qui ne demandait qu'être rasssasiée, la mort en marche qui réclamait un nouveau trophée à son tableau de chasse.
Sa respiration mécanique et régulière précéda son apparition funeste. L'ombre accroissait les contours de sa silhouette surgissant de la forêt au lieu de les dessiner, lui donnant l'illustration d'un gigantesque sceptre qui flottait au-dessus du sol. Oreste réprima ce frisson de l'intimidation instinctive qui l'avait gagné malgré lui.
Il se força à se rappeler des premières leçons de maître Halcyon sur la manière d'appréhender la Force.
Vois au-delà des apparences. Si tu observes ton ennemi pour ce qu'il paraît et non pour ce qu'il est réellement, tu le grandis et tu le renforces. Et cela te rend faible.
Dark Vador s'immobilisa enfin et toisa le jeune corellien qui ne fit aucun geste pour tenter de l'attaquer. Tous deux se faisaient donc face devant la prison. Le temps se figea sur cette scène qui semblait se dérouler ailleurs, indépendamment de la marche de la galaxie.
La voix mécanique et inhumaine du Sith brisa le silence.
-Je devrais te remercier de te présenter devant moi. Tu m'épargnes la tâche de te courir après.
-Je n'ai pas l'intention de vous faciliter les choses.
Vador masqua le rire qui faillit transparaître à travers le vocodeur.
-Je constate que tu ne possédes plus le Bâton Obscur.
-C'était un objet maléfique, je devais le détruire, se justifia Oreste. Pour l'empêcher de tourmenter d'autres innocents et ne pas le voir tomber dans les mains de l'Empire.
-Tu vas peut-être regretter de l'avoir détruit.
Intérieurement, il jubilait de la stupidité du Jedi qui avait manqué de le tuer de peu sur le champ de bataille grâce au sombre artefact.
-Car nous savons toi et moi que tu n'as aucune chance de me battre. Le Bâton Obscur aurait pu t'aider à y parvenir mais puisque tu l'as détruit.. autant que tu me laisses t'achever sans avoir à t'humilier.
-Je vous ai dit que je ne vous faciliterai pas la tâche. Quelque soit l'issue de notre explication, vous ne parviendrez jamais à étouffer les aspirations des peuples. Beaucoup d'entre eux n'oublieront jamais ce qu'a été la République.
-C'est exact, accorda le Sith. C'est pourquoi ils accepteront l'Empire et sa justice bien plus parfaite que celle de la République.
-Ils n'accepteront jamais votre tyrannie.
-Le temps des Jedi est révolu, ils n'auront pas d'autre alternative.
-Il existe toujours un autre chemin à arpenter, soutint le corellien. J'ai été aveugle trop longtemps pour le voir.
Vador comprit qu'il ne faisait plus face à un homme rongé par le Coté Obscur mais à un croyant dont les mots se suivaient avec un naturel de sincérité.
-Tout comme vous êtes aveugle maintenant, à cause de votre haine.
-Tu me fais perdre mon temps, gronda Vador à court d'arguments.
-Je suis d'accord, commençons.
Sur ces mots, une lame créptitante naquit et son halo vert émeraude déchira les ténèbres. Lorsque Oreste le releva à la verticale près de sa poitrine, sa lumière paisible se confondait aisément avec l'éclat vert et gris de ses iris.
Vador était satisfait de passer enfin aux choses sérieuses.
-Non, trancha-t-il impitoyablement. Finissons-en.
Dans un sifflement sinistre, une lame écarlate funeste se déploya à son tour et sa lumière aussi pâle qu'un coucher de soleil éclaira son masque de mort. Le grésillement bas de son arme battit au même rythme que sa respiration robotique.
Le sort de Dathomir et du reste de la galaxie étaient maintenant en balance. L'enjeu était de savoir s'il était permis de croire encore à la lumière, à l'espoir.
Au coeur des ténèbres renaît la lumière.
Elles se lièrent plus étroitement lorsque les deux duellistes se portèrent simultanément au contact l'un de l'autre. Un dernier sacrifice serait peut-être accompli.

Voilà j'espère que cela vous plaira! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 31 mars 2018, 21:42

Bonsoir! voici le duel final au sabre laser entre Oreste Tissan le Jedi revenu du Coté Obscur et Dark Vador..

Découvrez l'issue du combat!

Oreste contra frontalement la première attaque brusque du Seigneur Sith dont la puissance le déséquilibra momentanèment. Il se baissa juste à temps pour éviter la décapitation mais ne put bloquer la savate qui le propulsa en arrière, en lui coupant le souffle.
Il retomba souplement sur ses appuis et attendit le prochain assaut qui ne tarda pas. Vador accomplit un Saut de Force pour atterrir sous son nez, espérant le prendre au dépourvu. Mais il ne frappa que le vide, le Jedi s'étant dérobé d'un bond sur le coté.
La suite fut autant identique.. le jeune homme ne fit qu'éviter les coups que lui portait le Sith avec acharnement.
-Ce n'est pas comme cela que tu me battras, le railla finalement Vador.
Le corellien qui était placé hors de portée de sa lame, le dévisagea avec intensité. Comme s'il tentait de déceler la moindre faille. À vrai dire, il n'en voyait aucune.. tout en réalisant que le Sith disait vrai sur un point.
Ce n'est pas comme ça qu'il aurait une chance de le battre.
-Très bien, répondit-il. Changeons de méthode.
Il ferma les paupières et se laissa envahir par la Force. Son énergie pure et basique, dépourvue d'émotion négativesn le transcendait et le baignait. Ses pensées n'étaient plus tourmentées par les regrets, l'illusion que tout ne dépendait que de lui et la certitude qu'il se devait d'être infaillible.
Non, il était maintenant un Jedi. Bien plus en cet instant qu'il ne l'avait jamais été au cours de toute sa vie.
Ce fut au tour de Vador d'être surpris. Le Jedi corellien prit de l'élan, usant de la Force pour s'abattre sur lui comme la foudre. Ses mouvements étaient devenus cette fois vifs, fluides et d'une grande imprévisibilité. La lame de son sabre laser déchirait le voile de la nuit enveloppant le bras droit de l'Empereur qui reculait précipatemment sous cette avalanche de frappes.
Jusqu'à ce que Oreste parvint à se glisser sous sa garde et à se fendre pour l'atteindre sous l'aisselle. Le Sith poussa un rugissement de surprise sous le coup de la blessure et lança impulsivement son poing cybernétique ganté dans la figure du corellien plus pour le repousser que pour le blesser.
Oreste chancella, ayant l'impression qu'une masse l'avait à moitié assommé. Avant d'être culbuté par une vague invisible qui l'envoya au tapis à vingt mètres de son ennemi.
Il se releva, épongeant le sang qui coulait de son nez en un mince ruisseau sombre puis étudia l'attitude de Vador, pour déterminer comment il supportait la blessure qu'il lui avait infligé. En temps normal, une telle blessure aurait handicapé un adversaire de sa trempe.
Mais il constata que Vador semblait à peine ankylosé, tel une chose faite de duracier et non de chair et d'os. Il ne fut plus étonné qu'Asajj Ventress ait pu être vaincue et cela ne rendit que plus complexe la tâche qui l'attendait.
-Tu as laissé passer ta chance, grinça le Sith.
Celui-ci ricanait à travers les mots qu'il prononçait. Alors le corellien se jeta de nouveau dans la melée et le duel devint plus disputé, plus acharné. Ils tournèrent l'un autour de l'autre, se rendant instantanément coup pour coup.
Oreste alternait avec dextérité attaque et défense, déviant les attaques en pratiquant le Soresu. Tout en cherchant à éprouver quand il en avait l'occasion, la vigilance de Dark Vador. Il sentait que tout Dathomir le regardait se battre.
Il sentait que Tzipah l'observait. Il perçut par intermittence son admiration pour le courage dont il faisait preuve en ayant accepté de livrer ce combat. La Force était avec lui, la lumière le guidait à travers chacun de ses gestes.
Mais Vador..
Dark Vador était tout simplement beaucoup plus fort que lui. C'était une réalité qui devint de plus en plus évidente à mesure que leur combat durait. Imperceptiblement mais inexorablement, la Force ne put compenser ses faiblesses techniques face à un bretteur hors pair pour qui le combat au sabre laser semblait n'avoir que peu de secrets.
À chaque instant, son arme pesait de plus en plus sur ses bras et Vador le submergea peu à peu sous une pluie de coups brutaux qui accèlérèrent son épuisement chronique. Le corellien finit par se dégager d'un saut de Force qui l'abrita temporairement de son adversaire.
Celui-ci savourait sa supériorité.
-As-tu cru seulement que tu parviendrais à me surpasser? Nous savons maintenant qui est le maître, tu n'aurais pas du te séparer du Bâton Obscur.
Oreste ne répondit rien, l'expression fermée. Il n'ignorait pas qu'il ne pourrait l'emporter et il commençait à douter du bien fondé de ce duel. S'il mourrait, cela servirait-il à quelque chose? Il n'en était plus aussi sûr à cet instant.
-La République n'est plus.
Le Sith n'affichait plus qu'une arrogance narquoise.
-Et il n'y aura bientôt plus de Jedi.
À peine acheva-t-il cette pique qu'Oreste se jeta impétueusement sur lui, aveuglé par sa rage. Il obligea son ennemi à cèder du terrain grâce à ces frappes complètement désaccordées. Vador parvint ensuite à le contenir sans s'empêcher d'exacerber sa furie.
-L'obscurité est plus forte que la lumière, c'est dans l'odre des choses. Accepte cette vérité, accepte de reconnaître que la chute des tiens était inévitable. Rejoins l'Empire comme d'autres l'ont fait avant toi ou meurs ignoré de tous.
Et il fut tenté de l'écouter comme il avait écouté Rivan. Il fut tenté de se laisser gagner et emporter par cette haine familière.
De nouveau à la croisée des chemins..
Puis il pensa à Tzipah à qui il avait fait promettre de ne pas interférer. Son regard et son angoisse reposaient sur ses épaules. Elle avait vu de ses propres yeux le monstre qu'il avait pu être, comme cette chose qu'il affrontait maintenant. Et il avait décidé de ne plus être ce genre d'homme.
Il était un Jedi, il se battrait en Jedi. Et s'il le fallait, il mourait en Jedi..
Il parvint à bloquer la lame écarlate contre la sienne.
-Vous avez peut-être raison, lâcha-t-il contre le casque de Vador. Peut-être que le temps de l'Empire est venu et que l'épopée des Jedi est révolue. L'idéal que nous avons tant incarné n'existera sans doute plus pendant des décennies.
Le Sith aperçut cette étincelle de confiance briller dans le regard du rescapé de la Purge. Celui d'un homme qui acceptait de se battre malgré sa lassitude.
-Peut-être que ce n'est pas à moi d'ébranler la tyrannie que vous installez dans la galaxie. Mais quoique qu'il advienne, vous ne parviendrez jamais à étouffer la lumière. Car c'est au coeur des ténèbres que renait la lumière.
-Idiot, cracha le Sith.
Imperturbable, Oreste poursuivit sur sa lancée, plus inspiré que jamais.
-Je suis maintenant plus libre que vous ne le serez jamais car je n'ai pas oublié qui je suis. Parce que vous n'oublierez jamais l'homme que vous avez été avant.
Il prononça le nom, un nom que Vador ne s'attendait pas à entendre de nouveau après avoir tué Asajj Ventress.
-Skywalker.
Le nom résonna dans les pensées du bras droit de l'Empereur comme une marque d'infamie suprême. Une blessure indélébile au fer rouge qui avait exprimé les faiblesses, ses faiblesses qu'il tentait de surmonter.
Skywalker.. ce nom lui rappela la défaite cinglante que lui avait infligé son ancien maître sur Mustafar. Ce dernier l'avait abandonné à une mort certaine, alors que les flammes carbonisaient le moindre centimètre de peau, le réduisant en monceaux de charpies à peine humain. Obi Wan Kenobi lui avait tourné le dos, indifférent à son sort.
Désormais, il traçait sa propre voie. Il ne serait plus faible, il annihilerait les vestiges de ce qu'il fut autrefois.
Il poussa un hurlement qui ne possédait rien d'humain. Un hurlement d'automate qui se révoltait contre ses tiraillements, ses doutes. Son conflit interne. Il libéra la Force en une déflagration irrésistible qui aurait broyé n'importe qui.
Mais pas Oreste qui parvint à s'envelopper d'un bouclier de Force et fut seulement catapulté au loin.
-J'ai détruit Anakin Skywalker! S'exclama Vador. J'ai détruit le Temple Jedi et anéanti votre sédition, vos complots!
Transporté par ce puits de haine qui l'alimentait, il fondit tel un rapace affamé sur le jeune corellien qu'il destabilisa avec de puissantes frappes verticales.
-Tout comme j'ai détruit la Dame du Pardon. Tout comme je te détruirai, toi.
Le Jedi tenta à plusieurs reprises de reprendre un semblant d'initiative mais cet objectif était autant accessible que d'empêcher le sable de s'écouler entre ses doigts. Sa provocation avait libéré la colère d'un volcan.
Rien ne pouvait endiguer un tel raz de marée qui drainait le Coté Obscur à travers cette machine incontrôlable. À chaque coup de masse qui lui était infligé, une crampe envahissait ses membres échauffant ses muscles jusqu'à les rendre totalement engourdis. Contre cela, même la Force n'y pouvait rien.
Même un serviteur de la Force ne pouvait résister éternellement à la tempête. Dark Vador parvint à franchir ses défenses malmenées et le jeune homme ne ressentit plus tout à coup la moindre sensation au-delà de son poignet droit.
À la place de sa main qui atterrit au sol, une douleur fulgurante se propagea dans son bras jusqu'à son cerveau. Une brûlure si ardente et si instantanée qu'il recula comme un homme ivre alors que Vador se précipitait pour l'achever.
La douleur n'existait pas car la Force était lui.
L'air se comprima autour du Sith qui fut rejeté en arrière à plusieurs mètres de son adversaire mutilé. Ce dernier tenait son moignon cautérisé avec son poing gauche, tout en serrant les dents pour surmonter sa souffrance.
-C'est terminé, lui lança Vador néanmoins surpris par son instinct de conservation qui l'avait poussé à invoquer la Force malgré la gravité de sa blessure.
Le jeune corellien se redressa finalement, et un étrange sourire sur ses lèvres traversa les ombres. Car il était au-delà de toute peur.
-Si vous êtes si sûr de votre victoire, venez donc m'achever.
Il avait dicté ses mots avec un flegme insubmersible, celui d'un homme au seuil de la mort et de la délivrance. Devant le Seigneur Noir des Sith déconcerté, il rappela à lui son sabre laser avec la main gauche.
La lame verte crépitante reprit vie entre ses doigts fermes alors qu'il s'accroupit un genou à terre en montrant délibérement son dos à son antagoniste. Et il demeura immobile, dans l'attente.
Dark Vador ne sut d'abord quoi penser. Puis il se persuada que si le Jedi tenait tant à mourir, rien ne le retenait de lui rendre ce service. Ce petit jeu avait assez duré, il était temps de terminer le travail pour lequel l'Empereur l'avait envoyé.
Il bondit d'un Saut de Force sur le jeune corellien apparemment inconscient de la mort qui s'apprêtait à le frapper.
Mais Oreste était tout sauf inconscient. Bien que tournant le dos à l'ancien Jedi voué à la voie des Sith, il demeurait clairvoyant. Il guettait seulement le bon moment pour frapper. La Force le lui montrerait.
Le temps tournait au ralenti lorsque Vador se réceptionna sur ses appuis et il entendit distinctement son souffle mécanique et le grésillement du sabre laser qu'il avait levé au-dessus de sa tête. Puis tout se déroula très vite dans les instants qui suivirent.
Vador s'attendait à trancher aussi facilement dans ce misérable tas de chair, de sang et d'os qui osait le défier mais une lame verte ardente bloqua la sienne, mue par une volonté supérieure à celle d'Oreste. Puis celui-ci avait bondi dans les airs par dessus le Seigneur Sith pour retomber avec grâce sur ses pieds juste derrière lui.
Guidé par la Force, il pivota sur son pied d'appui accomplissant un tour complet sur lui-même, accompagnant en même temps les mouvements du Sith qui s'était tourné pour lui faire face. Il frappa sans peur et sans colère.
Il frappa en Jedi.
Un rugissement de bête blessée déchira le silence de la nuit qui les recouvrait de son sombre linceul. Les tenèbres vacillèrent d'incertitude lorsque Vador s'écroula grièvement blessé aux pieds du jeune corellien. Ce dernier fixait l'horizon de la nuit claire et étoilée, en direction de Tzipah qui avait tout suivi du début à la fin.
Il ressentait sa joie de l'avoir vu mettre son ennemi à terre contre toute attente, une joie qu'il partageait. Il s'était battu comme ses anciens maîtres l'auraient souhaité. Et un Jedi n'achevait pas un ennemi désarmé et vaincu.
Il n'acheva donc pas Vador qui rampait, plaqué contre le sol rocailleux par la gravité de sa blessure au flanc. Ses râles étouffés lui parvenaient par intermittence alors qu'il lui tournait le dos, figé dans une posture d'attente pendant quelques secondes. Il se décida finalement à ranger son sabre laser à la ceinture.
Alors qu'il allait l'y accrocher, les doigts de sa main valide ne lui obéirent subitement plus. Son arme éteinte claqua sur le sol avec un bruit sinistre. Malgré lui, il baissa ses yeux verts et gris vers son abdomen zébré d'une profonde entaille cautérisée. Un froid glacial se propageait des tripes jusqu'aux extrémités de ses membres.
Ce doit être ce qu'on ressent lorsqu'on est en train de mourir, pensa-t-il.
Il se plia en deux, crachant du sang par cascades avant de s'affaler rudement sur ses genoux. Une voix lointaine l'appella:
-Oreste.
Il releva la tête et fixa une silhouette translucide, le fantôme de Force de Nejaa Halcyon qui lui souriait.
-Maître?
-Ceci n'est pas la fin, mais le commencement.
Le commencement? S'interrogeait le corellien alors que la perception de son environnement se brouillait. Le commencement de quoi?
Des flots d'images se déversèrent dans son esprit, ignorant au début s'il s'agissait du passé ou de l'avenir.
Sur une planète lointaine, il vit un temple ancien, une ziggourat se dressant au milieu d'une jungle épaisse et impénétrable. Au pied de ce vestige, des dizaines de jeunes gens humains et non humains répétaient des séquences de mouvement de combat au sabre laser, avec des épées d'entraînement. Entre les rangs, circulait un instructeur vêtu d'une bure sombre, un homme blond de petite taille qui ralentissait pour corriger telle posture ou prodiguer des conseils.
La Force murmura ce nom à Oreste dans ses derniers instants.
Luke Skywalker..
Le Jedi sombrait dans une joie confuse à l'évocation de cette révélation. Luke, le fils d'Anakin Skywalker dont il avait racheté les erreurs. Luke, le fondateur d'un nouvel Ordre Jedi. Luke dont le nom même avait évoqué chez la Sorcière Rell beaucoup d'attente. Il comprit que c'était lui le sauveur qui délivrerait Dathomir des ténèbres.
Cette tâche ne lui avait jamais appartenu.
Au coeur des ténèbres, renaît la lumière. Il n'y a pas de mort, seulement la Force. Aux portes de la fin de son existence, il sut combien cela était vrai. Il était peut-être le dernier Jedi de l'Ancienne République mais ce qu'il avait accompli ici ce soir, permettrait de montrer la voie aux nouveaux Jedi.
Et c'était au tour de Tzipah de transmettre cet héritage, ce souvenir lorsque le moment serait venu. C'est pourquoi ce fut à elle qu'il accorda ses dernières pensées. Il parvint à lancer un ultime appel à travers la Force avant que sa tête ne heurta le sol en rendant son dernier soupir.
Tzipah..
Il se figea couché sur le flanc, sombrant dans un éternel repos bien mérité. Il s'appelait Oreste Tissan et il ne faisait désormais plus qu'un avec la Force.

Voilà j'espère que cela vous aura plu! on approche de la fin de la fan fic! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 07 avril 2018, 22:24

Bonsoir, voici la suite et bientôt la fin!

Installée au sommet d'une colline qui lui permettait de surplomber la prison et les bois alentours, une jeune dathomirienne suivait fébrilement le duel entre cette abomination du nom de Dark Vador nimbée d'une aura sinistre et un Jedi qui le bravait la tête haute.
Le coeur de Tzipah battait à tout rompre pour cet homme qui acceptait de donner sa vie, sans espérer en réchapper. Elle aimait Oreste Tissan et elle fut fière de le voir combattre pour une cause qui dépassait sa simple personne.
Malgré la distance qui le séparait d'elle, elle pouvait discerner grâce à la magie d'Allya les traits de son visage fin comme si elle se trouvait devant lui. Un masque de sérénité inflexible devant la mort personnifiée.
Son sang se glaça lorsqu'elle le vit reculer en vacillant, et sa lame verte émeraude s'éteindre brutalement. Elle le vit se tenir l'avant bras droit et comprit que le Sith lui avait tranché la main. Ce dernier s'approcha pour l'achever. Tzipah à sa grande surprise, le vit soudainement projeté au sol sans ménagement par le corellien.
Et de nouveau, le néon chlorophylle réapparut suscitant de nouveau l'espoir en elle. Avant de s'interroger déconcertée lorsqu'il s'accroupit un genou à terre en tournant délibérement le dos à son ennemi impitoyable. Celui-ci se rua pour donner le coup de grâce, pressé d'en terminer enfin.
Mais que fait Oreste? Se révolta la Sorcière. Il va se faire tuer s'il reste..
La suite devint alors confuse mais une joie irrésistible la transporta quand le Sith s'écroula d'une pièce aux pieds d'Oreste qui se tenait debout dos à dos immobile en majesté.
Il a réussi! Il l'a vaincu!
Elle pourrait le retrouver, l'étreindre dans ses bras. Envisager de vivre avec lui et trouver la paix qu'ils méritaient tous deux.
Elle demeura incrédule lorsqu'il se laissa tomber sur les genoux après avoir lâché son sabre laser. Sa lumière couleur de vie s'évapora et peu après elle l'entendit lui parler dans la Force.
Tzipah, nous serons toujours ensemble.
Elle réalisa avec lucidité la portée de cet appel.
-Oreste..
Non elle n'était pas résolue à le perdre. Impétueuse, elle dévala la colline à grandes foulées, manquant de trébucher sur les souches et de se rompre le cou.

La douleur qui torturait ses entrailles était semblable à celle qu'il avait ressentie sur Mustafar lorsque les laves l'avaient dévoré miettes par miettes avant que l'Empereur ne vienne à sa rescousse pour le sauver de l'agonie.
Il se souvint de la table d'opération où des droïdes sans âme avaient arrachée ses vêtements fusionnées avec sa chair calcinée pour le purger de la gangrène et lui permettre de revêtir cette armure infernale dans laquelle il était condamné à vivre. Cela avait été son épreuve ultime, embrasser le bûcher de sa haine pour en tirer la source de son nouveau pouvoir.
Il était Dark Vador et il n'était pas destiné à mourir sur cette planète insignifiante, il le savait au plus profond de son âme sombre. Il se relèverait et en finirait avec ce maudit Jedi qui avait réussi à le pièger.
Il tourna prudemment la tête et aperçut un corps maigre et élancé gisant non loin de lui. Il rappela à lui son sabre laser qui l'éclaira de ses funestes reflets sanglants lorsqu'il parvint à s'ancrer solidement sur ses appuis pour poursuivre le combat. Qui était terminé avant qu'il ne puisse accomplir quoique ce soit.
Il considéra le corps d'Oreste avec circonspection et projeta à l'aide de ses sens, la Force qui ne lui renvoya aucun écho en retour. Il fut un instant tenté de profaner le cadavre comme pour se venger de la blessure infligée. Avant de se raviser en réalisant le respect qu'il éprouvait pour ce Jedi corellien qui était plus faible que lui mais qui avait manqué de très peu de le tuer.
Tant qu'il resterait des Jedi dispersés dans toute la galaxie, il se promettait solennelement de ne plus les sous estimer à l'avenir. L'emprise de l'Empire sur la galaxie n'était pas encore totalement assurée, la moindre erreur pouvait couter cher.
Il ne commettrait plus cette erreur. Il se pencha au-dessus du cadavre du jeune corellien et crut apercevoir un sourire figé. Cela ne manqua pas de le faire douter encore, bien qu'il ne s'étonnait plus de voir les Jedi heureux de mourir, la plupart en tout cas.
Sa mission ici était enfin terminée. Il lui fallait retourner au Devastator et prévenir son maître de son succès.
Lentement il se traîna à cause de sa blessure au coeur de la forêt pour rejoindre son vaisseau qu'il avait garé dans une clairière. Il sentit leur présence avant qu'elles ne surgissent autour de lui. Le halo de son sabre laser éclaira une vingtaine de silhouettes aux traits défigurés par l'usage intensif du Coté Obscur.
-Même affaibli, je ne suis pas facile à tuer, les prévint-il.
-Baissez votre arme, Seigneur Vador.
Gethzerion Djo se présenta devant lui avec un geste apaisant de la main. À la fois à son égard mais aussi envers les autres Soeurs de la Nuit qui s'écartèrent de lui. Il demeura néanmoins sur ses gardes.
-Pourquoi?
-L'accord que nous avons conclu avec vous avant la bataille tient toujours en ce qui nous concerne, expliqua-t-elle. Nous souhaitons maintenant que vous transmettiez notre offre à votre maître.
-L'Empereur a d'autres sujets de préoccupation, fit-il observer.
-Rien ne presse, monseigneur. Nous attendrons sa venue aussi longtemps qu'il le faudra.
Elle ponctua sa nonchalance apparente d'un bref sourire entendu.
-Nous verrons, admit-il en éteignant son arme.
-En gage de bonne foi, plusieurs de nos Soeurs vont vous raccompagner à votre vaisseau. Elles veilleront à votre sécurité tout au long du trajet.
Le Seigneur Noir des Sith s'apprêtait à répliquer qu'il n'avait pas besoin de protection mais il se retint de froisser de potentiels soutiens de l'Empire. Il ne doutait que l'Empereur se montrerait clairvoyant quant à leur sincérité et leur utilité.
La moitié des Soeurs de la Nuit se détacha pour escorter Vador jusqu'à sa navette, sous le regard satisfait de Gethzerion.
Baritha se rangea à ses cotés pour lui demander:
-Et maintenant?
Son amie lui glissa un coup d'oeil empli d'assurance.
-Maintenant, notre règne peut commencer Baritha. Un jour viendra où Allya nous fera accèder aux étoiles.
-L'Empire se laissera-t-il duper?
Baritha n'obtint pas vraiment pas de réponse explicite.
-Envoie une patrouille récupérer ce qui reste du Jedi, obtint-elle seulement.

Voilà j'espère que cela vous aura plu! à la prochaine, les amis :mrgreen: !

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 14 avril 2018, 22:14

Bonsoir, voici la suite! Après le duel final entre Oreste Tissan et Dark Vador, voici ce qui se passe sur Dathomir..

Ce qui frappa d'abord Tzipah lorsqu'elle déboucha de la forêt, était ce cadavre maigre torse nu étendu de travers devant la prison. Elle usa de la Force espérant ressentir la vie palpiter quelque part en lui. Mais elle ne sonda que le néant.
Elle se pencha et souleva le corellien mort par les épaules pour le retourner et étudier fébrilement sa figure. Il semblait si paisible, si endormi. Un sourire illuminait ses traits livides, reflété par l'éclats des quatre lunes.
Comme si Allya daignait enfin le baigner de sa lumière. Tzipah ne put s'empêcher de l'embrasser sur le front avant de clore ses paupières. Puis elle fut prise de sanglots irrésistibles, murmurant son nom comme si elle pensait le faire revenir à elle.
-Oreste.. pourquoi me laisses-tu seule?
-Tu ne seras jamais seule.
Elle se retourna subitement, fixant incrédule le sceptre translucide qui venait d'apparaître derrière elle. Celui d'un jeune hors monde aux yeux verts et gris si familiers. Si sereins. Il était revêtu d'une tenue Jedi intégrale à couleur marécage.
-Oreste?
-La Force sera toujours avec toi. Laisse-la guider ton chemin.
Malgré elle, Tzipah baissa les yeux vers la poignée du sabre laser qui gisait au sol. Sans effort apparent, l'arme bondit dans sa paume lorsqu'elle étendit la main. Sans qu'elle n'eut besoin de psalmodier le moindre sort.
-Tu veux que je te venge? Demanda-t-elle perplexe.
-Non, ne suis pas le même chemin que moi. Ne te laisse pas aveugler par ta haine.
Elle acquiesça en silence avant de l'interroger.
-Es-ce que nous serons réunis?
-Nous ne serons jamais séparés.
Cette fois le fantôme de Force lui accorda un sourire bienveillant.
-Promets-le moi, insista-t-elle.
-Je te promets seulement que nous serons ensemble lorsque ton heure viendra.
Elle lui rendit son sourire avant de tendre le sabre laser comme si elle souhaitait s'en défaire. Le fantôme d'Oreste semblait surpis par ce geste.
-Je n'en suis pas digne.
-Tu as montré que tu en serais plus digne que je ne l'aurais jamais été. Tu es le nouvel espoir de Dathomir, Tzipah. L'espoir qu'un jour les Sorcières de Dathomir suivront la voie de la Force et cesseront l'asservissement des hommes. L'espoir que les Soeurs de la Nuit seront vaincues.
-Si ce Jedi dont tu m'as parlé vient ici un jour, je lui confierais ton sabre laser et je lui raconterais ton histoire.
Le fantôme s'évapora lorsqu'ils échangèrent un dernier regard entendu. Tzipah sentit le poids du chagrin cesser de peser sur son coeur. Elle respira beaucoup mieux et considéra de nouveau le cadavre d'Oreste.
Elle alla chercher la tunique verte pour l'envelloper dans un linceul improvisé et elle s'apprêtait à le soulever pour lui rendre un dernier hommage lorsqu'elle fut apostrophée sèchement par cinq Soeurs de la Nuit qui surgirent de la forêt pour l'entourer.
-Toi, fit l'une d'entre elles. Donne ce sabre laser et va-t-en.
-Rien de ce qu'il possède ne vous appartient, répliqua-t-elle.
Elle recula lègèrement tout en resserrant ses doigts sur la crosse du sabre laser qu'elle n'était pas prête à lâcher sous aucun prétexte.
-Pauvre idiote, ce monde appartient aux Véritables Filles d'Allya, cracha la Soeur de la Nuit qui l'invectivait. Tout ce qu'il contient est à nous, notre heure est venue.
-Vous ne règnerez pas pour toujours, affirma Tzipah. Moi et les autres Soeurs vous en empêcheront.
-Non, elles nous rejoindront. Et toi, tu nourriras les charognards aux cotés de ton sorcier.
Les sombres magiciennes sursautèrent lorsqu'une lame verte émeraude réapparut dans un sifflement inattendu.
-L'Empire ne vous laissera pas accèder aux étoiles, les avertit Tzipah.
-Ce n'est pas ton problème.
La compagne d'Oreste frissonna lorsqu'elles se rapprochèrent en brandissant leurs lances. Elle pensait que l'arme Jedi les impressionnerait mais ce n'était pas le cas. Elle n'avait jamais appris à la manier et ses ennemies le savaient.
Elle fixa le corps d'Oreste, si paisible. S'il était de ce monde, elle lui aurait avoué qu'elle était désolée d'être sur le point d'échouer.
Tzipah..
Elle se figea lorsqu'elle l'entendit lui parler depuis les profondeurs de la Force..
Il n'y a pas d'émotion, seulement la paix. Pour un Jedi, la peur n'existe pas, continuait-il à lui déclarer.
Il parlait comme s'il était à ses cotés comme lors de tous les combats qu'ils avaient menés ensemble. Où ils avaient veillé l'un sur l'autre.
Vide toi de toute pensée. Un Jedi ne peut agir que s'il a l'esprit libre.
Oreste continuait de veiller sur elle en lui prodiguant ses conseil. Alors en échange, elle veillerait à ce que son héritage perdure.
-Je t'écoute, murmura-t-elle.
Elle baissa sa garde, la pointe de sa lame ardente effleurant les cailloux. Fermant les yeux pour voir clairement où chacune des Soeurs de la Nuit étaient placées. Pour celles-ci, Tzipah était une proie facile sans défense.
Mais ce n'était pas le cas car la Force coulait en elle. Et se convulsa lorsqu'une Soeur de la Nuit redressa sa lance à l'horizontale pour la transpercer au niveau du sternum.
Frappe.
La Force pilotait les gestes de Tzipah et non Tzipah elle-même. Ce fut la Force qui fit reculer ses deux pied, accomplir un tour complet sur elle puis abattre son sabre laser sur le dos de la Soeur de la Nuit emportée par son élan.
Elle ouvrit les paupières, incrédule devant le corps étendu de la Soeur de la Nuit à ses pieds. Oreste venait de lui montrer un autre aspect de la Magie d'Allya. Dont elle n'avait jamais eu conscience avant leur rencontre.
Dont les autres Sorcières n'avaient aucunement conscience. Un jour, de grands bouleversements surviendraient dans le monde qui l'avaient vu naître. L'épopée Oreste n'était que le premier soubresaut.
Les autres Soeurs de la Nuit reculèrent intimidées avant de prendre la fuite. Tzipah se détendit avant d'éteindre le sabre, de nouveau plongée dans l'obscurité. Il lui restait encore une chose à faire à propos d'Oreste.
Elle souleva son corps pour l'amener dans la cour de la prison. Là, elle y trouva du carburant et une torche que le corellien avait précédemment utilisés pour incinérer les corps des Soeurs de la Nuit qu'il avait précédemment tués.
Elle l'allongea au milieu de la cour prinicipale, lui caressa une ultime fois ses pommettes creuses et saisit la torche. Les flammes s'élevèrent vers la nuit étoilée, emmenant chaque cendre qui appartenait jadis à un homme qui représentait tout pour elle.
Maintenant, elle devait poursuivre son chemin seul. Où devait-elle aller, que devait-elle faire?
-Oreste, guide moi.
Protège l'héritage, lui répondit-il.
L'héritage...
-Rell.
Elle devait veiller sur la gardienne des savoirs, et s'assurer que ce qu'elle gardait serait en sécurité. Elle ne doutait pas que la matriarche Augwynne Djo accepterait de lui donner asile au sein de la Montagne Qui Chante.
Mais elle n'était pas certaine que ce clan tolèrerait sa présence, malgré la bénédiction de la matriarche. Qu'importe, elle reposait sur deux certitudes. Oreste même s'il n'était plus de ce monde demeurerait toujours avec elle. Et un jour, un Jedi les délivrerait des Soeurs de la Nuit.
Ses pas la firent s'enfoncer dans la forêt en direction des chaînes montagneuses qui protégeaient le territoire du clan.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!

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Re: Les origines de Jedi corellien: le Jedi Noir de Dathomir

Message par mat-vador » 21 avril 2018, 22:17

Bonsoir c'est l'heure de la suite! Et c'est la fin!!!

Coruscant, trois jours plus tard

-J'ai reçu le rapport du capitaine Zsinj bien avant que vous ne daigniez m'envoyer le vôtre.
Dark Vador qui avait ployé le genou devant l'Empereur Palpatine attendit que celui-ci lui permit de se relever. Il contint son irritation devant la condescendance de son maître qui lui adressait un sourire glacé.
-J'ai connu quelques difficultés mais l'objectif a été atteint.
-Certes mais il est décevant que vous n'ayez pu anticiper la trahison de Shonn Volta. Votre mission sur Dathomir a manqué de tourner au désastre.
-Oreste Tissan est mort de ma main et sa rébellion avec lui, s'insurgea le Sith. Les Sorcières se terrent dans les montagnes et leurs forêts. Gentis n'a plus de partisans..
Vador s'apprêtait à ajouter qu'il avait éliminé Asajj Ventress. Que dans son passé de chevalier Jedi, il avait cru avoir éliminé sur Boz Pity.
-Vous souhaitiez ajouter quelque chose, Seigneur Vador? Demanda l'Empereur qui avait perçu son hésitation.
-Les Soeurs de la Nuit veulent nous rejoindre.
-Intéressant. Mais je suppose qu'il leur faut une contrepartie.
-Elles veulent acquérir une plus grande maîtrise du Coté Obscur de la Force. Elles ne peuvent pas être dignes de confiance.
-Moi seul en déciderai, trancha son supérieur.
Dark Vador contint son irritation et s'inclina brièvement pour prendre congé. À peine avait-il tourné les talons qu'il fut rappelé.
-Je vous sens contrarié.
Son apprenti se tourna à demi.
-J'ai accompli ce que vous m'avez demandé et j'espérais plus de reconnaissance de votre part.
-Vous êtes destiné à obtenir bien plus que de la reconnaissance, Seigneur Vador. Mais peut-être ai-je surestimé votre importance.
Le ton de l'Empereur ne perdait rien de sa douceur mais sa voix se répercutait maintenant dans toute la salle du trône.
-Maître?
-Vous pensez avoir réussi mais ce n'est pas le cas. Vous n'avez pas écrasé ce Jedi en combat singulier comme vous semblez le sous entendre. Le capitaine Zsinj m'a informé des graves blessures que vous auriez reçu.
-Zsinj n'est qu'un ambitieux qui cherche à gagner vos faveurs.
-Peut-être n'est-il qu'un ambitieux parmi tant d'autres. Mais je le crois assez intelligent pour ne ne pas tenter de me mentir.
Alors Vador reconnut à contre coeur.
-J'ai sous estimé ce Jedi.
-Vous avez été négligent, résuma Palpatine. Car vous êtes tenaillé par le doute.
Vous n'oublierez jamais l'homme que vous avez été avant.. Skywalker. Ces mots prononcés par Oreste Tissan dans ses derniers instants continuaient en effet de le poursuivre. Mais il choisit de nier l'évidence.
-Il n'y a pas de doute en moi, maître. Seul compte l'avenir, pas le passé.
L'Empereur s'autorisa un sourire paternel.
-Il ne suffit pas de le réciter, vous devez en être convaincu. Et vous ne l'êtes pas.
Il fit un geste las de la main signifiant que leur conversation était terminée. Vador s'apprêtait à franchir le seuil lorsque son maître lui lança:
-Vous féliciterez de ma part le capitaine Zsinj de sa brillante conduite.
Son apprenti croisa son regard avant de sortir. Il passa devant les gardes royaux tout en serrant les poings d'une fureur difficilement contenue. Car il refusait de reconnaître qu'il existait une faille dans son armure.
Une faille qu'Oreste Tissan avait mis à jour.
Vous n'oublierez jamais l'homme que vous avez été avant.. tout ce que vous avez perdu pour devenir ce que vous êtes maintenant.
L'esprit de ce Jedi corellien continuait de résonner à l'intérieur de son crâne, continuait de le narguer. Alors se laissant emporté par sa frustration, il lança son poing ganté dans le mur espérant le faire taire. Il ne réussit qu'à y laisser un cratère discret.
-Tu n'es plus rien, je t'ai tué.
La mort n'est pas la fin. Quand le moment sera venu, la vérité sur vous-même vous sera révélée.
Puis la voix disparut enfin, Vador savoura de nouveau l'écho de ses propres pensées. Mais le doute demeurait ancré dans sa conscience.
Les faiblesses d'Anakin Skywalker le rattraperaient-ils? Quand aurait-il la réponse à cette question et était-il certain de vouloir la connaître un jour?
Le doute le taraudait et n'était pas prêt à lâcher prise. Oreste Tissan n'était plus mais il avait remporté cette victoire.

Épilogue

Dathomir, quatre ans après la bataille d'Endor

Luke Skywalker détacha enfin son regard du ciel empli des silhouettes difformes des Dragons de combats hapiens qui occupaient l'orbite de Dathomir après la furieuse bataille qui marquait la fin du règne de Zsinj, l'un des derniers seigneurs de guerre impériaux.
Un des missiles lancés par le Faucon Millenium s'était fracassé contre la passerelle de son vaisseau amiral le Poing d'Acier, abrégeant son existence.
Cette même bataille avait vu aussi la fin des Soeurs de la Nuits, de sombres adeptes du Coté Obscur qui dominaient Dathomir et les autres clans de Sorcières qui n'étaient plus devenus que l'ombre d'eux-mêmes. Une nouvelle ère s'ouvrait et Luke espérait que les choses changeraient, notamment concernant le traitement des hommes par les femmes autochtones.
Avant de rejoindre sa soeur Leia et son ami Han qui s'apprêtaient à se marier, il lui restait une dernière chose à accomplir au clan de la Montagne Qui Chante. La matriarche Augwynne Djo l'avait prévenu que quelqu'un connu sous le nom de Soeur Solitaire, souhaitait lui parler. Voilà pourquoi il patientait en compagnie de R2-D2, le droïde astromech devant l'entrée de la forteresse du clan.
Son fidèle compagnon l'avertit par une série de piépiements aigus que quelqu'un approchait. Luke plissa les yeux pour mieux discerner la silhouette féminine athlétique qui apparut sur le sentier devant eux.
-Oui R2. Je la vois.
La premier chose qui frappa le Chevalier Jedi était le sabre laser qui se balançait à sa ceinture. Cela l'intrigua au point qu'il devina aisément que cette visite n'était pas le fruit du hasard. Il repensa aux artefacts du Chu'unthor que la doyenne Rell s'était engagée à lui rendre, comme Maître Yoda le lui avait demandé.
La visite de Soeur Solitaire constituait la dernière pièce du puzzle.
Elle freina devant lui et soutint sans ciller son regard alors qu'il étudiait sa tunique écailleuse qui laissait transparaître ses cuisses et ses bras musclés. Elle gardait dans une posture nonchalante, sa main sur la garde de sa vibro épée, rangée contre sa hanche.
Les premières rides qui tombaient sous ses ses papières indiquaient l'état robuste d'une guerrière dans la force de l'âge.
Il rompit la glace le premier.
-Vous avez combattu aux cotés de Damaya lorsque les Soeurs de la Nuit ont attaqué votre clan, commença-t-il.
-Je n'ai fait que mon devoir.
-Vous n'avez pas utilisé votre sabre laser, pourquoi?
Sa réponse fut nette.
-Cela me répugnait de faire couler le sang comme j'ai pu le faire jadis. Si j'ai voulu vous rencontrer, c'était pour vous le remettre afin que cela n'arrive plus jamais. Et aussi pour tenir une promesse.
Elle détacha le sabre laser pour le remettre à Luke. Celui-ci palpa sa surface qui n'avait pas connu l'usure du temps.
-Je ne suis pas le premier Jedi que vous rencontrez.
Elle secoua le tête.
-L'homme à qui il appartenait s'appelait Oreste Tissan.
Il remarqua la tristesse qui embuait ses yeux.
-Vous l'avez aimé?
-Je n'ai jamais pu aimé d'autres hommes que lui, expliqua-t-elle. Malgré toutes les erreurs, les crimes qu'il a commis. Les morts dont il est responsable.
Le Jedi demeura silencieux.
-Mais il a sacrifié sa vie pour notre liberté, à la toute fin. Je l'ai vu se battre et mourir pour une cause qui dépassait plus que sa simple personne. C'est pourquoi je suis fière d'avoir gardé ce sabre laser pour pouvoir vous le confier.
-Vous avez attendu avant de venir me parler.
-Je voulais savoir si vous étiez digne de confiance.
Il lui accorda un sourire cordial.
-Je comprends. Maintenant, j'aimerais en savoir plus sur ce Jedi.
-Je serai honorée.
Il glissa un regard vers R2.
-Démarre l'enregistrement.
Les couinements lui confirmèrent qu'il pouvait avoir toutes les réponses à ses questions.
-Racontez-moi comment il est mort.
Avec un bref sourire nostalgique, Tzipah laissa ses yeux bleus azur errer vers l'horizon.
-Je vais d'abord vous raconter comment il a vécu.


Je m'appelle Oreste Tissan et j'ai été longtemps à l'image de cette galaxie.
Tourmenté.
J'ai été longtemps guidé par mes propres démons, ma haine et ma colère. J'ai blessé et tué des gens pour satisfaire cette passion qui m'aveuglait. J'ai causé la mort d'innombrables innocents à cause de la peur de perdre tout ce qui me définissait.
Mais au coeur de la Force, de cette lumière.. je ne crains plus rien.
Je m'appelle Oreste Tissan et je connais enfin la paix.


FIN

Voilà j'espère que cette fan fic vous a beaucoup plu! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques! et à la prochaine!

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