Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

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mat-vador
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Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 26 novembre 2019, 21:45

Attention, arrivée de la deuxième partie en approche... :sournois:

Bonjour à tous, très chers et très chères :D !

Alors, une annonce: le synopsis de la seconde partie sera posté mardi, histoire de satisfaire un peu votre appétit et le premier extrait sera posté vendredi prochain :whistle: !

Il vous faudra patienter un peu :transpire: .

Voici un rappel des périodes du Pius Dea que j'ai l'intention de traiter:


-L'ascension du Pius Dea à la tête de la République en 11987 BBY ( Ca c'est fait, voir ici: http://www.starwars-holonet.com/forum/v ... =29&t=2494 )

-Le Premier massacre commis par les fanatiques du Pius Dea contre les non humains sur Coruscant en 11966 BBY (thème abordé dans la deuxième partie ici même!)

-La première croisade du Pius Dea lancée contre les Hutts en 11965 BBY (thème abordé dans la troisième partie à venir!)

Quant aux autres thèmes ci-desous:
-Le Schisme entre l'Ordre Jedi et la République en 11933 BBY
-La Grande Croisade du Nord contre les Zabraks et les Ithoriens
-Le génocide de Zarracine III en 11600 BBY
-La sixième guerre Alsakan réunissant une première coalition visant à renverser le Pius Dea
-L'apparition d'une foi religieuse appelée le Renoncement, visant à contrecarrer la doctrine idéologique du Pius Dea à l'intérieur même de la République.
-La bataille d'Uquine qui vit la chute finale du Pius Dea et l'emprisonnement de Contispex XIX en 10967 BBY durant la septième guerre Alsakan

Ces thèmes là, j'ai l'intention de les aborder dans de très courtes histoires, des sortes de chronique si vous préférez. Exception faite du dernier thème que j'écrirai dans un roman, qui serait une sorte de quatrième partie finale :wink: !

Voilà si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas :cute: !

Allez à bientôt :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 02 décembre 2019, 22:07

Il est temps de vous poster le synopsis de cette deuxième partie! Attention roulement de tambour...

Plus de vingt ans après l’élection de Julius Contispex comme Chancelier Suprême de la République…

Une ère sombre a débuté pour la République Galactique qui cherche à s’étendre. La peur a gagné les cœurs et gangrené les esprits. Derrière le pouvoir de plus en plus despotique de Julius Contispex, se dissimule l’influence d’un culte fanatique qui contrôle peu à peu les instruments de pouvoir. Les adeptes de ce culte connu sous le nom de Pius Dea, semblent bien décidés avec la bénédiction de Contispex, leur Sage Suprême, à éliminer sur Coruscant et dans l’espace républicain, ceux qu’ils considèrent comme impurs selon leur foi.

Leur cible favorite : les communautés non humaines discriminées et parquées dans des ghettos, peu à peu privées de leurs droits.

Face à l’oppression grandissante, des résistants s’organisent pour sauver ce qu’il reste de la République qu’ils idéalisent. Seront-ils assez forts et assez unis pour contrer, voire renverser, le Pius Dea et le Chancelier despotique qui projettent un massacre de grande envergure au cœur même de la capitale ?

Découvrez la suite de l’histoire de la secte Pius Dea et de la dynastie des Contispex !



Voilà, voilà! Pour rappel la deuxième partie traitera l'histoire en 11966 avant la bataille de Yavin IV! Pour terminer en beauté, voici le titre de cette deuxième partie:

La Lune Pourpre

Le premier extrait sera publié bientôt!

En attendant, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos questions!

à bientôt :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 05 décembre 2019, 15:27

Bonjour à tous, le moment tant attendu est arrivé!

Il est temps de vous publier le début de cette nouvelle partie :sournois: !

Découvrez la République sous la poigne du Chancelier Contispex! Bonne lecture!

2Ème Partie : La Lune Pourpre

Coruscant, monde capitale de la République Galactique
11966 ans avant la bataille de Yavin IV


-La Déesse est mère de toutes choses.
En ce début d’après-midi, dans cette partie de la Cité Galactique, le soleil au zénith laissait percer ses rayons ardents à travers les nuages blafards, baignant cette large avenue bondée qui menait à la grande place devant le bâtiment du Sénat Galactique.
Le Chevalier Jedi Bekan Kalad avait choisi de se préserver de cette foule compacte et effrénée qui vaquait à ses occupations. Mais l’humain originaire d’Alsakan qui courait sur sa quarantième année n’était pas dupe de leur attitude.
Les gens se croisaient sans se regarder, la mine fermée. Le rythme de leurs pas suggérait soit que le temps leur manquait, soit qu’ils ne souhaitaient pas s’attarder davantage. À l’ombre d’une des échoppes à laquelle il patientait adossé, les mains enfouies dans les larges manches de sa tunique beige de Jedi, il avait repéré à trente mètres de lui, de l’autre coté du boulevard, ce prédicateur du culte Pius Dea. Une femme chauve et svelte drapée d’une toge pourpre se tenait sur une barge flottante, entourée de cinq autres coreligionnaires – chauves – en toge sombre et à l’expression farouche, peu avenante.
Elle étendait les bras en direction de badauds, humains pour la plupart, qui s’étaient regroupés pour l’écouter. Beaucoup l’avaient choisi de leur plein gré, partageant l’idéologie de la secte obscure, notamment sur la question des non humains. Mais d’autres avaient été interceptés par des dizaines d’adeptes en toge sombre, à l’air bestial, qui menaçaient les plus récalcitrants de leur martinet électrique.
-Notre Sœur vous apporte la parole de la Déesse ! Écoutez-la ! Écoutez la ! S’écriaient-ils.
Ceux ou celles qui avaient pu échapper à cette profession de foi, passèrent de l’autre coté du boulevard, en allongeant la foulée. Les rares non humains, qui étaient la cible des prédications radicales du culte, couraient plus qu’ils ne marchaient.
Ceux-là étaient privilégiés, par rapport à leurs semblables qui avaient été pour la plupart cloîtrés dans des ghettos, sous le coup de lois iniques censés protéger les humains contre le danger présumé ou réel de non humains.
Pour combien de temps ?
-Au commencement était le néant, raconta alors la femme.
Son regard fixe s’égarait de passion, épris d’une conviction absolue en sa foi.
-La Déesse naquit et étendit sa main pour le déchirer. Une grande lumière apparut et notre galaxie fut créée.
Elle ouvrit ses bras davantage vers ceux qui l’écoutaient, bon gré mal gré, avant de les ramener vers elle. Ses mains jointes donnaient l’impression qu’elle se recueillait.
-Tout ce qui appartenait aux ténèbres fut soudainement illuminé par sa bonté. Elle embrassa le néant et donna ainsi naissance à ses quatre Enfants, les quatre Prophètes. Deux pour la lumière divine, deux pour l’obscurité maléfique.
En d’autres contextes moins oppressants, nul doute que n’importe qui dans la foule amassée à ses pieds se serait gaussé en la prenant pour une illuminée. Mais la présence de ces adeptes en toge sombre surveillant le moindre égarement, dissuadait toute audace de ce genre. Bekan Kalad, en quelques années, avait appris que la réputation sinistre de ces Disciples de Hapos – du nom du Prophète de la Violence – n’était pas surfaite.
Sur Coruscant et sur d’autres systèmes de la République, ils avaient essaimé, imposant leur foi aux populations locales par la brutalité. Ils inspiraient la crainte et les forces de sécurité planétaires étaient tenues de leur obéir. Ils orchestraient des arrestations arbitraires et beaucoup de malheureux furent amenés dans leurs temples d’où ils ne ressortaient que brisés avant d’avoir à subir une humiliation publique et un jugement expéditif auprès des tribunaux sous leur influence.
Ils étaient exilés, déchus et leurs biens confisqués.
Les Disciples de Hapos étaient en résumé le bras armé de la secte, donc par extension celui du Chancelier Suprême. Ce dernier le niait publiquement bien sûr mais personne n’était dupe, surtout les Jedi.
Dont Bekan qui passait la main dans sa barbe fournie accroissant l’expression réfléchie de ses traits basanés.
-Frères et Soeurs ! S’exclama la prédicatrice. Buvez le savoir du Prophète Acalas, soyez éclairés par la sagesse de la Prophétesse Kasili ! Qu’ils puissent vous guider sur la voie de la Pureté…
Au milieu de la phrase, le Jedi alsakani tourna un instant la tête pour apercevoir son padawan à deux échoppes de lui, en train d’acheter ce qui restait d’une vieille machine sphérique, remontant à des temps immémoriaux. C’était un alien d’une dizaine d’années, à la peau mauve. Son visage pointait vers l’avant laissant une moitié de dents exposés dehors.
Un jeune draethos, originaire d’une contrée lointaine et découvert par un Jedi posté à l’enclave d’Ossus, doté de capacités télépathiques hors normes pour son jeune âge. Il s’appelait Oriko. La plupart des humains ne faisaient pas attention à lui, même si certains éprouvant des préjugés xénophobes le dardaient de regards hostiles.
Pour ces derniers, la place d’un alien, d’un inférieur, ne pouvait être que dans un des ghettos de la Cité Galactiques. Peu importe qu’il s’agisse d’un enfant.
Pour le moment, les Jedi étaient épargnés par ces mesures coercitives radicales. Le Chancelier Suprême les ménageait dans le souci de ne pas susciter la moindre hostilité de leur part. De son coté, le Haut Conseil ne prenait pas position contre lui.
Une neutralité tacite s’était de facto instaurée entre ces deux factions au sein même de la République. Jusqu’à quand ? De nombreux Jedi ne pouvaient plus supporter en effet de ne pouvoir venir en aide à ceux qui souffraient de cette tyrannie.
-… et qu’ils vous gardent à jamais des tentations d’Amaleth, la Prophétesse de la Débauche, et de Hapos, le Prophète de la Violence ! Au-delà de tout, vous devez craindre et adorer la Grande Déesse, notre bienfaitrice miséricordieuse ! Que sa lumière vous encourage à arpenter le chemin de la Vertu ! Priez-la, faites-lui don de votre dévotion et le salut vous sera promis ! Croyez en elle pour ne jamais désespérer dans les ténèbres ! Croyez en elle pour vous libérer de vos péchés ! Louée soit la Grande Déesse !
Le silence tomba sur la foule lorsqu’elle eut terminé sa harangue et un Disciple de Hapos reprit d’une voix forte :
-Louée soit la Grande Déesse !
À quinze mètres de la prédicatrice, un de ces adeptes agita son martinet électrique pour menacer un coruscanti, un jeune homme frêle qui déglutit avant de hurler d’une voix perçante :
-Lou… louée soit la Grande Déesse !
La clameur fut reprise par le reste de l’assistance muselée.
-Louée soit la Grande Déesse ! Louée soit la Grande Déesse ! Que sa bonté nous rende purs !
Ils scandèrent sans discontinuer, les Disciples de Hapos parcourant les rangs à la recherche du moindre signe de mauvaise volonté. Bekan, grâce à son acuité auditive conférée par la Force, entendit le cri d’une femme fouettée pour ne pas avoir clamé assez distinctement. Il serra les dents, brûlant d’intervenir.
Mais il devait continuer à surveiller la transaction de son padawan avec le ferrailleur. Le jeune draethos exhibait quelques crédits mais continuait de négocier avec le vendeur humain qui semblait se prendre au jeu.
Par affection ? Une attitude dangereuse par les temps qui courent. Au moins il restait quelques îlots de bonté dans cette République.
La prédicatrice lança une dernière fois à la foule.
-Accordez un don aux déshérités et aux orphelins ! Ce que vous donnerez aujourd’hui, la Déesse vous le rendra demain par l’absolution de vos fautes ! Soyez bénis et que la Déesse vous garde sur le chemin de la Pureté !
D’autres adeptes en toge blanche firent leur apparition et traversèrent les rangs des coruscantis, présentant une petite corbeille en osier. Les croyants qui arboraient des expressions candides et juvéniles s’arrêtèrent à leur hauteur pour quérir l’aumône au nom de leur divinité. Sous la pression des Disciples de Hapos zélés, tout le monde accepta de se délester de quelques crédits. Surtout les quelques non humains pris dans la nasse, les rares non humains autorisés à circuler hors de leur ghettos pour aller travailler.
Comme ce couple de chagriens qui se serraient l’un contre l’autre, alors qu’un Disciple de Hapos les foudroyait du regard pendant qu’un des croyants en toge blanche freina devant eux pour leur soutirer aimablement une partie de leur porte-monnaie.
Les non humains glissèrent quelques crédits dans la corbeille mais le Disciple de Hapos – une brute épaisse – semblait considérer que ce n’était guère assez. Il se rangea devant eux, affichant une expression farouche intimidante.
-La Déesse exige un plus grand don de votre part.
Le chagrien indigné ne put s’empêcher de répliquer :
-Et pourquoi cela, monsieur ?
-Parce que vous êtes des aliens, des inférieurs. Vos péchés sont par conséquents bien plus grands et il vous faut donner plus pour que la Déesse soit bienveillante.
-Je vous assure que nous venons de donner tout ce que nous possédons sur nous, intervint la congénère du non humain.
-Ah oui ?
Deux autres Disciples de Hapos fendirent la foule et bloquèrent le couple chagrien, leur coupant toute retraite. La femme se serra contre son amant et les martinets électriques qui crachotaient des arcs de mauvais augure s’élevèrent vers le ciel avant de s’abattre sur eux. Les électrocutions les projetèrent au sol sous le regard de tous les autres témoins pétrifiés et effarés.
Ils furent séparés l’un de l’autre et la chagrienne fut aussitôt relevée sans ménagement par un des Disciples alors que les deux autres s’acharnèrent sur le malheureux qui se mit à hurler de douleur, les lanières électrifiés déchirant ses vêtements puis sa peau.
-Arrêtez ! Les supplia-t-elle.
La main de Bekan glissa par réflexe vers son sabre laser accroché à la ceinture sous sa bure. Il retint son geste, invoquant la Force pour recouvrer son calme. Il devait s’en tenir aux instructions du Haut Conseil.
Il ne devait pas intervenir. Parce qu’il ignorait comment cela tournerait, et qu’il n’était pas sûr de pouvoir garantir la sécurité de son élève.
-Nous vous donnerons ce que vous voulez !
Les bourreaux cessèrent leur traitement à ces mots et elle s’empressa de fouiller dans ses poches pour arracher quelques crédits supplémentaires qu’elle déposa dans la corbeille. L’adepte en toge blanche la remercia :
-Que la Déesse soit miséricordieuse avec vous.
Les Disciples de Hapos s’écartèrent pour les laisser partir et la chagrienne releva son compagnon qui se voûtait, la tête entre ses mains. Ses queues crâniennes cornues portaient de sombres meurtrissures tout comme ses vêtements abîmés.
Ils avaient servi d’exemple et personne ne songea à protester. Au contraire, tous ceux qui y avaient assisté, s’empressèrent de se délester de la majorité voire de la totalité de leurs crédits pour s’assurer qu’ils ne subiraient pas le même sort.
Bekan ne se préoccupait maintenant que d’une seule chose. Que son padawan n’ait pas assisté à cette scène.
-Maître…
Le Chevalier Jedi soupira lorsqu’il entendit la petite voix fluette du draethos qui fixait la foule, juste à ses cotés. Le petit non humain enfouissait à moitié sous sa cape, l’étrange sphère métallique qu’il avait négocié âprement avec son acheteur.
Même s’il avait raté le lynchage, son élève avait du certainement le ressentir grâce à son hypersensibilité télépathique. Face à cela, il ne pouvait pas s’en sortir en lui prétendant seulement que ce n’était rien.
Dans une galaxie aussi dure, il ne pourrait pas le préserver éternellement. Il devait y être confronté s’il devait devenir un jour un grand Jedi. Cette épreuve ne serait pas évidente. Réflexion faite, il préféra éluder ce qui venait de se passer.
-Allons-y, Oriko. Nous ne devrions pas être en retard.
-Oui maître, fit le garçon.
Ils longèrent tous deux les échoppes, s’éloignant du lieu du rassemblement qui était en train de se disperser. Ce genre d’évènements était devenu banal depuis l’accession au pouvoir du Chancelier Suprême Contispex.
Les adeptes du culte dont celui-ci était le leader incontesté, pullulaient pour ainsi dire à tous les coins de rue, assurant une présence visible et étouffante, resserrant peu à peu leur carcan sur tous les aspects de la vie quotidienne des coruscantis et de d’autres citoyens sur les autres mondes de la République.
Ils avaient immiscé le moindre de leurs tentacules dans toutes les institutions, y compris dans la Marine et l’Armée. Chaque jour, des citoyens en étaient écartés voire chassés sous prétexte d’un écart de conduite. La plupart des malchanceux avaient le malheur d’appartenir à une ethnie non humaine.
Bekan et tous ceux qui avaient réalisé la situation, savaient que la doctrine du Pius Dea était teintée d’un humanocentrisme latent. Ceux qui y adhéraient le revendiquaient ouvertement et bénéficiaient de nombreux supporters chez les suprémacistes humains.
Ils arpentèrent la grande avenue rebaptisée sous le nom d’Allée de la Foi. De grandes statues avaient été érigées au fil des années suivant l’élection de Contispex, de part et d’autre de la large chaussée où circulaient les landspeeders.
Ils se tenaient au coeur névralgique de la Cité Galactique et ne furent pas étonnés de voir les couloirs aériens encombrés d’airspeeders.
Mais c’étaient les statues hautes de plusieurs dizaines de mètres qui intriguaient le plus le jeune draethos. C’était sa première sortie hors du Temple Jedi.
-Qu’est-ce qu’elles représentent ? Demanda-t-il.
Ils ralentirent tandis que son mentor alsakani prit le temps de les étudier du regard. Il fixa de l’index le monument le plus proche, juste devant eux à cinq mètres. Représentant ce qui ressemblait à un professeur tenant contre son flanc un ouvrage indéterminé.
-Voici Acalas, le Prophète du Savoir.
Puis il déplaça son index vers la statue érigée de l’autre coté du boulevard. Qui illustrait la silhouette d’une femme dévote, raide comme un piquet, les mains jointes et la tête inclinée vers le ciel.
-Ceci est la Prophétesse de la Sagesse, Kasili.
Ils dépassèrent la statue du Prophète du Savoir pour étudier une troisième statue qui figeait la pose d’une femme en tenue provocatrice, dont les traits semblaient afficher un sourire démoniaque et qui tendait ses griffes, comme un démon tentateur.
-Amaleth, La Prophétesse de la Débauche.
Face à celle-ci, à coté de la représentation de Kasili, une dernière effigie dressée sur son socle montrait un guerrier brandissant une épée antique dans une main et la tête tranchée d’un serpent géant mythologique dans l’autre.
-Et enfin, Hapos, le Prophète de la Violence.
-Je trouve ces statues laides, maître.
Bekan sourit devant ce commentaire innocent. À vrai dire, laid n’était pas le premier qualificatif qui lui venait à l’esprit.
Terrifiant plutôt en ce qui concernaient les statues d’Hapos et d’Amaleth. Mais ce n’était pas le pire. Ils approchaient maintenant de la grande place devant le Sénat, baptisée par les membres du culte, la Place du Pardon.
La fin du grand boulevard était encadrée par deux statues de femmes encore plus gigantesques que celles des Prophètes. Deux statues radicalement différentes l’une de l’autre. Si celle à leur droite laissait paraître l’image d’une jeune femme aux traits épanouis à la tête portant une couronne de marbre dorée, sa sœur à gauche revêtait un aspect hideux et repoussant.
-Maître ? Fit le jeune draethos.
L’alsakani ne prononça pas un seul mot. Ce double maléfique se contorsionnait comme pris de démence furieuse, ses bras et ses jambes étaient décharnés et les extrémités de ses phalanges et de ses orteils nus étaient prolongés par des tentacules grossiers, qui pendaient tels les branches tombantes d’un arbre agonisant.
Quant au visage… il ne possédait plus rien d’un visage. Les lèvres et les pommettes semblaient avoir disparu pour laisser transparaître cette rangée de dents d’un bout à l’autre de la mâchoire. Cela lui donnait l’impression de sourire.
Bekan voulait croire que les croyances du culte se basaient sur des faits imaginaires mais se demandait tout de même ce que cela signifiait cette apparence répugnante. S’agissait-il d’un cauchemar de l’artiste dérangé qui l’avait matérialisée ou cela provenait-il d’une expérience qui avait marqué fortement l’initiateur de cette religion ?
Peut être serait-il intéressant de se pencher sur la question mais en des temps aussi incertains, les Jedi ne possédaient pas ce luxe. Ils avaient d’autres préoccupations comme les tensions qui s’intensifiaient la République et les kadijics de l’Espace Hutt.
-Ne restons pas là, Oriko.
Le professeur jeta un regard méfiant en direction de la place devant le Sénat qui s’ouvrait devant eux deux. Des adepte du culte commençaient à se rassembler par dizaines devant le bâtiment où siégeait l’assemblée, et d’autres arrivaient encore depuis les avenues avoisinantes pour se déployer et encercler les centaines de badauds qui s’y attardaient.
Il le sentait dans les courants de la Force, quelque chose de déplaisant allait se produire ici. Son padawan en avait assez vu aujourd’hui et il voulait lui épargner le spectacle qui allait suivre. Le garçon draethos n’était pas encore prêt pour cela. Ils empruntèrent sans tarder la première avenue sur leur gauche qui s’offrait à eux.

Voilà, j'espère que ce début vous a plu! n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé!

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 11 décembre 2019, 21:56

Bonsoir, chers amis, c'est l'heure de la suite!

Un extrait aux petits opinions sur un prêtre haranguant ses fidèles :sournois: ! Oui, convertissez-vous, mécréants :o !

Je vous laisse découvrir ça!

Peu de temps après le départ des deux Jedi, le culte Pius Dea avait investi la place toute entière devant le Sénat. Preuve éclatante de leur impunité devant le symbole prestigieux d’une République qu’ils pliaient à leur volonté.
Ils étaient devenus le nouveau visage de la République… ils étaient devenus la République. Ils devaient cette puissance à leur leader, le Sage Suprême de leur confrérie qui n’était autre que le Chancelier Suprême en exercice, celui-ci venant d’entamer son cinquième mandat. L’impitoyable et retors Julius Contispex leur avait permis de contrôler cette République en installant leurs membres dans son gouvernement, dans les commissions sénatoriales et au sein même du Sénat, chassant peu à peu ceux qui osaient les défier.
Il n’existait plus de presse indépendante digne de ce nom. Les tribunaux et les cours de justice n’étaient plus qu’une farce visant à se débarrasser des gêneurs sous le couvert de la légalité, votée par un Sénat de plus en plus affaibli.
Les entreprises, les conglomérats, le système éducatif, les universités et les académies militaires étaient elles aussi infiltrées. Certes le contrôle du culte n’était pas encore total mais son emprise se resserrait chaque jour un peu plus. Aujourd’hui encore, ses adeptes fanatisés allaient montrer une nouvelle fois à quel point ils étaient devenus incontournables.
Ceux qui tentèrent de quitter la place furent rejetés en arrière sans ménagement par les Disciples de Hapos à coups de martinets électriques. Quelques uns dans la foule, vêtus d’un sinistre uniforme paramilitaire grisâtre – des suprémacistes humains – saluèrent cependant les adeptes sans restriction, avec force enthousiasme.
Un croyant bénéficiant visiblement d’une position privilégiée au sein du culte, à en juger par la toge couleur soleil qu’il revêtait, traversa la foule de ses coreligionnaires en toge pourpre qui s’inclinèrent à son passage en joignant leurs mains devant la poitrine.
Cet individu humain à l’expression sévère et au port austère grimpa les marches de l’escalier qui menait à l’entrée principale du Sénat, close à cause d’une session en cours. Il s’arrêta au sommet des marches et fit volte face au moment où des hologrammes géants du Sage Suprême Contispex s’élevèrent au-dessus de la communauté spirituelle et de la foule paralysée.
Il leva les mains vers les cieux, pour recueillir la lumière éclatante du soleil qui les baignait tous en cet instant.
Il proclama :
-Citoyens de la République, frères et sœurs, bienvenue. Nous sommes réunis pour éprouver notre foi en montrant le chemin que chacune des créations de la Déesse miséricordieuse doit suivre pour accéder à la Vertu.
D’un geste de la main droite, il montra un échafaudage qui trônait au milieu de la place, évoquant un gibet funeste. Il invita par ce geste les citoyens anonymes à le fixer et l’effroi déforma les traits, car ils avaient compris son usage.
-Frères et Sœurs, la Déesse qui nous a crée voit à travers nous tous. Aucun de nos actes ne peut échapper à sa clairvoyance car elle est omnisciente. Elle connaît nos péchés et nous devons nous élever vers elle, en les extirpant de notre âme pour la rendre pure. Nous devons la prier pour lui demander son pardon car c’est en les expiant que nous pourrons accéder à la Vertu. C’est ainsi que nous pourrons purifier la République et le reste de l’univers des mécréants, des hérétiques et des apostats. Oui, nous la purgerons des criminels, des débauchés et de tous ceux qui cherchent à tirer profit des malheurs du peuple ! Louée soit la Grande Déesse !
Sur cet éclat passionné, le prêtre donna ainsi implicitement l’autorisation à certains adeptes en toge pourpre de circuler dans la petite foule prisonnière, et de distribuer des datapads à chacun d’eux. Évidemment, il aurait été malvenu sous le regard des Disciples de Hapos de refuser ce cadeau généreux.
-Frères et Soeurs ! Reprit le prêtre à nouveau. La Déesse a accordé ses faveurs à notre République en élevant notre Sage Suprême, le premier de ses serviteurs, l’homme le plus pur que cette galaxie ait jamais connu, au rang de Chancelier Suprême. Bénissez Frère Contispex, que la Déesse lui accorde sa protection et qu’il nous sauve tous de la décadence, du vice et du mal ! Qu’il nous préserve à jamais des opinions malheureuses et des pensées déviantes !
Sur un nouveau geste du prêtre, une dizaine d’autres adeptes se rassembla devant le gibet et érigea un bûcher sommaire. Cela fait, ils y jetèrent des livres anciens, des manuscrits en flimsi et des datapads.
-Ces prétendus objets de savoir ne servent qu’à nous corrompre et sont l’œuvre d’Amaleth, l’ignoble Prophétesse de la Débauche ! Nous devons nous en prémunir, pour ne pas dévier du chemin menant à la Vertu !
Des flammes s’élevèrent et commencèrent à lécher les ouvrages qui avaient été frappés d’anathème par le culte. Certains de ces ouvrages possédaient une valeur inestimable historique et la plupart avaient été rédigés par des non humains. S’ils subissaient cette purification par le feu, c’était parce qu’ils étaient considérés comme déviants.
-Kasili, Prophétesse de la Sagesse, nous apporte la vérité ! Lisez notre livre de Foi et cette vérité vous éclairera sur la bonté de la Déesse ! Fiez-vous à notre Sage Suprême, il est son messager et n’écoutez pas les langues de serpents qui prétendent le contraire ! Un jour viendra où tous ces mécréants répondront de leurs crimes et de leur hérésie devant la justice divine ! Un jour viendra où la galaxie sera purgée de leur souillure immonde et où ils finiront noyés dans les flammes de l’enfer qui les consumeront jusqu’au pardon que la Déesse accordera enfin à ces misérables ! Cette République, cette galaxie, l’univers tout entier deviendra le paradis de tous les véritables enfants de la Déesse ! Nous devons la protéger de tous ses ennemis, nos ennemis, les ennemis de la Foi !
Il étendit les bras vers les fidèles qui scandèrent :
-Louée soit la Grande Déesse !
Il les arrêta d’un nouveau geste de la main et adressa une inclinaison du menton discrète en direction d’un groupe de Disciples de Hapos. Ces derniers s’éclipsèrent rapidement.
-C’est pourquoi, mes frères et mes sœurs, il est important que vous répandiez la bonne parole autour de vous ! Vous avez renié autrefois tout ce qui vous liait à votre ancienne existence, vos amis et votre communauté, votre monde natal hors de Coruscant. Retrouvez-les et convertissez-les ! Montrez-leur la force de votre foi et ils vous suivront, car les banthas égarés auront toujours besoin d’un pasteur pour les mener à de verts pâturages !
Il avait adressé ces mots aux adeptes du culte qui se mirent à prier silencieusement. Dans peu de temps, la moitié d’entre eux quitteront le temple pour renouer le contact avec leur famille, leurs amis et pourquoi pas d’anciens collègues de travail. Ils leur parleraient, tenteraient de les persuader de se soumettre à la Volonté de la Déesse ou du moins surveilleraient leurs moindres faits et gestes. Combien de familles avaient été brisées par des frères, des sœurs, des fils, des filles, des cousins ou des cousines tombés sous l’influence du culte ? Combien d’amitiés avaient été trahies ? Les infortunés finissaient par être convoqués dans le Grand Temple érigé en l’honneur de la Déesse, à quelques centaines de mètres du Sénat.
Ils réapparaissaient humiliés et chassés comme Proscrits ou bien comme nouveaux adeptes du culte, après avoir subi tortures et privations.
L’autre moitié qui ne souhaitait pas retourner dans leur ancien cocon choisissait de mener une carrière administrative en tant que simple fonctionnaire, ou militaire dans l’Armée, la Marine et les Forces de Sécurité.
C’est ainsi que le Pius Dea renforçait sa poigne par une mainmise de plus en plus forte. Seul le Sénat n’était pas encore sous leur contrôle, même si les sénateurs subissaient une pression constante et récurrente. Les germes du mal devenaient de plus en plus difficiles à extraire.
Bientôt des Disciples de Hapos se rapprochèrent de l’échafaud, traînant derrière eux quatre prisonniers pieds nus, vêtus d’une tunique grise déchiquetée. Un garçon cathar et sa mère, deux créatures félinoides, suivis d’une jeune et jolie femme twi lek à la peau bleue puis d’un humain âgé à la forte bedaine. La coiffure débrayée grisonnante de celui-ci suggérait toutefois un port luxueux qui témoignait d’une haute stature sociale, celle d’un dignitaire de la République.
Peut-même un sénateur… alors que tout indiquait que les trois non humains provenaient d’un des ghettos de la Cité Galactique.
Les quatre captifs enchaînés aux poignets et aux chevilles portaient sur leur visage, les stigmates de privations et de mauvais traitements, visant certainement à les purifier au nom du panthéon du culte radical.
À leur apparition, le prêtre du culte interrompit impérieusement les prières silencieuses des croyants.
-Mes frères et mes sœurs, des âmes égarées se présentent à vous. Nous devons leur montrer la voie du pardon, la seule qui puisse les amener sur le chemin de la Vertu. Aidez-les par vos prières à retrouver la lumière !
Alors que les badauds bloqués par les Disciples de Hapos ne savaient quoi faire, les adeptes du culte se mirent à déclamer :
-Grande Déesse, pardonne-leur leurs péchés ! Donne-leur la force d’expier, qu’ils puissent être absous pour arpenter le chemin de la Pureté !
-Priez tous pour votre salut et le leur ! Cria le prêtre du culte.
Oui, ils devaient prier tous sans exception. Ceux qui dans la foule ne l’avaient pas compris, furent battus à coups de martinet avant d’obéir.

Allez à la prochaine :hello: !

Pius Dea :diable: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 18 décembre 2019, 20:13

Bonsoir à tous, chers amis!

Voici la suite immédiate de l'extrait précédent! J'espère que cela vous plaira!

Découvrez-le :sournois: !

La Place du Pardon résonnait comme un orchestre sinistre, aussi monocorde qu’un instrument de musique désaccordé et sans âme. Deux Disciples de Hapos détachèrent l’humain pataud du reste du groupe pour le faire grimper sur l’échafaud. Ils durent le soutenir fermement par les bras car il trébuchait à chaque pas.
Ses poignets liés furent suspendus au-dessus de sa tête, avant que les deux Disciples de Hapos ne s’écartèrent, empoignant le manche de leur martinet électrique, prêt à l’usage. L’infortuné tenta de se redresser, les chaînes râpant sur son épiderme flasque.
Personne ne l’entendit murmurer :
- Je… suis… un Sénateur de la République.
Le prêtre du culte abaissa vers lui un index accusateur.
- Frères et sœurs, le Sénateur Vemus d’Anaxès se présente devant vous car ses péchés ont été immenses ! Non content de dénigrer la clairvoyance du Sage Suprême, il n’a cessé depuis son entrée en fonctions de blasphémer contre la Déesse, d’insulter nos croyances et notre piété indéfectible ! Mais le plus grave de ses crimes est de s’être abandonné aux plaisirs de la débauche et de la luxure !
Le dignitaire déchu baissa la tête, apathique et résigné. Nul doute que la dernière accusation était infondée, sans qu’il soit possible de nier qu’il ait pu s’opposer politiquement au Chancelier Suprême. Et que ce dernier ne se serve du culte pour le faire tomber et ostraciser.
Sujet de l’opprobre, Vemus tenta de se redresser mais cet effort lui coûta. Il se laissa pendre mollement par ses chaînes.
Le prêtre ne cessa pas ses invectives pour autant.
- Est-ce ce que l’on attend d’un haut représentant de la République ?
- Non !
- Est-ce digne de la Déesse ?
- Non !
- Est-ce digne de nos croyances !
- Non ! Non !
Bientôt les adeptes du culte se tournèrent vers le paria pour le conspuer. Ce dernier releva la tête et rassembla son énergie pour leur lancer :
- Je suis sénateur de la République ! Je réclame la justice du Sénat !
Ses protestations furent noyés sous les hurlements des fanatiques.
- Silence, impur ! Silence, mécréant !
Le prête calma le tumulte ambiant.
- Cet égaré a avoué comme tous les autres, ses crimes dans la demeure de la Déesse, des crimes qui lui pesaient tant sur la conscience qu’il a exprimé le désir de les expier pour que lui soit accordé le pardon de notre Mère miséricordieuse. Nous devons encourager cette volonté de rachat mais nous devons nous assurer que le mal que Amaleth a implanté en lui, ne souille plus son âme ! Nous devons l’exorciser !
- Oui ! Oui !
- Comment peut-on l’aider à se libérer du péché ?
- Par l’expiation ! Par l’expiation !
Sur un signe de leur supérieur spirituel, les deux Disciples de Hapos qui le gardaient étroitement, agrippèrent sa tunique pour la déchirer verticalement et laisser son dos à découvert.
- Je réclame la justice du Sénat ! C’est mon dr..Aaarghh !!
Sa protestation s’étrangla dans les cris de douleur qu’il laissa échapper lorsque les martinets électriques se mirent à cingler son dos. Les lanières énergétiques laissèrent alors de sombres cicatrices fumantes sur sa peau, lui causant une douleur atroce, au-delà des limites du supportable. Il se mit à hoqueter à chaque coup infligé.
Ses gémissements furent étouffés par les clameurs des croyants :
- Déesse, libère ce pécheur du mal ! Accorde-lui ton absolution !
La mélopée roula comme une vague qui se formait et grossissait jusqu’à s’étendre dans les avenues avoisinantes, ponctuées par les coups de martinet. Le sénateur déchu perdit ses appuis en même temps qu’il perdit connaissance.
Voyant cela, le prêtre prolongea son tourment d’une vingtaine de seconde avant de lever la main, intimant aux bourreaux de s’écarter de leur victime. Il donna ensuite l’ordre de le ranimer. Ce que les deux Disciples de Hapos firent en lui jetant un seau d’eau glacée à la figure. Ils l’agrippèrent par l’épaule pour le forcer à se tenir droit.
Le prêtre descendit alors les escaliers du Sénat pour fendre les rangs des fidèles et la foule paralysée d’effroi. Il grimpa sur l’échafaud et se rangea à hauteur de l’ancien dignitaire. Il se pencha vers lui pour l’appeler :
- Frère Vemus, m’entendez-vous ?
Le souffle de celui-ci lui parvint enfin.
- Je… vous… entends.
- Êtes-vous prêt à faire pénitence ?
-… suis prêt.
- Pardonnez moi d’insister, frère Vemus mais votre réponse n’est pas audible. Je crains que la Déesse elle-même ne puisse saisir distinctement vos paroles.
Le supplicié baissa la tête, pour réprimer une grimace d’impuissance fataliste.
- Je suis prêt à faire pénitence, mon père.
- Criez-le à nos frères et sœurs ! Lui intima le prêtre, le regard brillant d’une fièvre passionnée.
Il tira alors ses chaînes pour se hisser davantage sur ses appuis.
- Je suis prêt à faire pénitence ! Je reconnais tous mes péchés, j’implore le pardon de la Déesse ! J’implore sa miséricorde !
Le prêtre brandit les paumes vers le ciel, accordant sa bénédiction.
- L’avez-vous entendu ? Notre frère égaré reconnaît ses fautes et il a demandé la grâce divine ! Que devons nous répondre à cela ?
- Que le pardon de la Déesse lui soit accordé ! Scandèrent ses partisans. Que notre Mère l’aide à retrouver la voie de la Pureté !
Le prêtre abaissa les bras et se tourna vers le déchu qui se laissait pendre de nouveau à ses chaînes. L’aveu qui lui coûtait sa dignité, l’avait épuisé.
- Les voies de la Déesse sont impénétrables mais sa volonté s’exprime à travers chacun des enfants qui ont foi en elle.
Il se tourna de nouveau vers l’ancien sénateur.
- Frère Vemus, au nom de la Déesse, le pardon vous est accordé ! Remerciez la Déesse !
- Oui… merci… merci.
Constatant que sa réponse ne suffisait pas, il s’empressa d’ajouter :
- Je prierai la Déesse de m’aider à trouver la voie de la Pureté et à y rester à jamais.
- Voilà de sages paroles, frère Vemus, le félicita le supérieur spirituel. Mais vos fautes anciennes exigent de votre part, des gages de bonne volonté. Vous devez prouver votre foi nouvelle en notre Mère généreuse !
Cette fois, le silence tomba. Tous attendaient, y compris les simples citoyens anonymes dans l’expectative, la réponse décisive de l’ancien membre du congrès.
- Pour prouver à la Déesse ma foi renforcée, je renoncerai à la vie politique et aux plaisirs futiles de ce monde pour me consacrer entièrement à elle. Je me retirerai sur mon monde natal d’Anaxès et je donnerai tous mes biens au peuple, aux enfants de la Déesse.
Le prêtre acquiesça en silence.
- Devons nous le considérer comme un des nôtres ? Lança-t-il aux croyants.
- Il est désormais notre frère ! Fut-il répondu avec spontanéité.
D’un geste raide, le prêtre ordonna aux deux Disciples de Hapos de détacher le prisonnier et de l’emmener.
- Ainsi soit la Volonté de la Déesse ! Elle accorde sa miséricorde à frère Vemus pour lui donner l’opportunité de se racheter de ses fautes. Désormais la demeure de notre Mère sur Anaxès l’accueillera en son sein pour qu’il puisse lui consacrer entièrement son dévouement.
Derrière ces mots compatissants, se cachait purement et simplement un exil politique permanent. Le sénateur Vemus issu d’une famille aristocratique influente avait chuté de son piédestal et le Chancelier Suprême s’assurerait qu’il ne lui nuirait plus, faisant de lui un exemple pour les opposants encore en place. Encore en sursis.
Il fallait frapper les esprits, quotidiennement. Inlassablement, jusqu’à ce que tous se résignent à l’idée que les enfants de la Déesse étaient destinés à régir cette République jusqu’à la fin des temps. Le culte sapait peu à peu cette volonté de résistance, tous devaient se plier à leur religion monothéiste. S’incliner devant la Déesse et ses quatre Prophètes, écouter dans les rues les prêtres et les prédicateurs, assister aux condamnations publiques.

Voilà, désolé pour le cliffhanger :transpire: ! J'espère que vous ne m'en voulez pas trop :whistle: !

Un mot pour résumer cet extrait: Martinet!! :x

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 24 décembre 2019, 20:36

Bonjour, c'est l'heure de la suite!

J'ai mis cet extrait en balise spoiler pour ménager les âmes sensibles.
Alors que Vemus était traîné jusqu’au Temple du culte pour y être de nouveau enfermé avant son expulsion de la capitale, le prêtre ordonna que l’on amena la jeune twi lek bleue sur l’échafaud. Celle-ci tout comme l’ancien sénateur, fut peu après suspendue par les poignets et son dos dénudé quand sa tunique fut déchirée par les deux Disciples de Hapos assistant leur supérieur. Des frissons la firent trembler, quand elle devina l’impatience des martinets électriques prêts à s’abattre sur sa chair.
Elle avait tenté de ne pas flancher lorsque Vemus fut châtié mais beaucoup de badauds comprirent à ses yeux embués qu’elle était à la limite de la rupture. L’hostilité des adeptes du culte attachés aux idées xénophobes pesait maintenant de tout son poids sur elle.
- Frères et sœurs, c’est maintenant une pécheresse qui est face à vous ! Ne vous laissez pas abuser par son apparence paisible car la Prophétesse de la Débauche l’a crée à son image, pour corrompre les âmes faibles et naïves, et tenter les plus purs d’entre nous !
Le prêtre passa derrière elle et attrapa brutalement l’un de ses lekkus, la faisant pousser un gémissement aigu. Il l’obligea à relever la tête vers la foule.
- Regardez ceci ! Clamait-il en montrant l’appendice crânien qu’il tenait par l’extrémité. Voyez les instruments que Amaleth lui a conférés pour mettre à l’épreuve notre dévotion et nous pousser à commettre l’infâme péché de la chair ! En vérité, frères et sœurs, cette inférieure non humaine est l’expression même de la fourberie de la Prophétesse de la Débauche !
Cette fois, la jeune twi lek éclata en sanglots.
- Pitié… je ferais tout ce que vous voudrez…
Elle fut giflée par le prêtre qui lui cracha :
- Silence, vile créature !
Les chaînes qui la suspendaient l’empêchèrent de tomber. Il avait lâché son lekku, lui permettant de baisser la tête pour camoufler ses larmes abondantes de terreur.
- Cette pécheresse s’est échappée de son ghetto, là où elle était parquée avec les autres impurs, loin des purs et des élus. Elle s’est échappée de là où elle ne pouvait tenter un seul d’entre nous ! Ses projets sont une hérésie suprême à la bonté que la Déesse cherche à insuffler en chacun de nous ! Allons-nous la laisser impunie ?
Et les fidèles répondirent :
- Non ! Elle doit expier !
Elle s’anima subitement, sachant ce qui l’attendait :
- Ayez pitié… je ferai tout ce que vous voudrez… je veux revoir ma famille ! S’il vous plaît !
- Écoutez-la, mes frères et mes sœurs ! Ne voyez vous pas qu’elle cherche à attendrir vos cœurs pour mieux vous berner ? C’est la preuve qu’elle est de la chair d’Amaleth et qu’à défaut de l’en guérir, nous devons lui réapprendre sa juste place !
- Oui ! Oui !
- Ainsi soit la Volonté de la Déesse ! Qu’elle soit châtiée et que la Déesse lui accorde son pardon ! Priez pour son âme impure !
La non humaine exaltée par le désespoir, cria :
- Non… Pitié !
Les lanières des martinets électriques effleurèrent sa peau des omoplates jusqu’aux hanches. Sans doute à cause de sa nature non humaine, les deux bourreaux mirent plus d’acharnement dans l’accomplissement de leur besogne. Peut-être aussi pour terroriser les deux cathars, le garçon et sa mère, qui attendaient leur tour au bas de l’échafaud.
Terrifié par les glapissements hachés de la malheureuse twi lek, l’enfant se serra contre sa génitrice qui le prit dans ses bras, malgré les chaînes qui paralysaient leurs mouvements..
- Ne regarde pas, lui intima-t-elle.
- Maman, j’aurais mal moi aussi ?
Elle plaqua ses mains contre sa petite tête poilue, pour couvrir ses oreilles équines et l’empêcher d’écouter encore les cris.
Elle lui murmura :
- Tu es fort, Malk. Tu auras juste l’impression de ressentir une petite piqûre.
Elle était consciente de n’avoir rien de mieux à lui offrir que de pieux mensonges. Le petit cathar n’était pas dupe.
- Pourquoi tu mens, maman ?
Elle s’accroupit à sa hauteur.
- Malk, écoute moi. Quoiqu’ils feront, promets moi que tu ne pleureras pas.
- Je te le promets, tu seras fier de moi, maman.
- Je sais que tu seras courageux.
Elle l’enlaça longuement avant qu’une Disciple de Hapos ne les força à se séparer de plusieurs coups de martinets.
Le calvaire de la pauvre twi lek se prolongea et du sang commençait à ruisseler des plaies sombres qui déchiraient son dos. Ses genoux s’étaient dérobés, elle n’était plus soutenue que par ses poignets enchaînés au-dessus d’elle.
Elle ne pleurait plus car elle avait perdu connaissance.
- Que le supplice de la chair lave l’âme de cette impure ! Scandaient les autres fidèles. Que le pardon de la Déesse lui soit accordé !
Pendant ce temps, un des adeptes de la sinistre garde prétorienne du culte avait plongé une tige de duracier dans le bûcher improvisé et sans cesse alimenté par de nouveaux ouvrages et parchemins de flimsi indésirables, qui se tordirent grignotées par le feu.
Il la tint ainsi pendant un long moment, s’assurant que l’extrémité en forme de croix acérée soit chauffée à blanc.
Sur un nouvel ordre du prêtre, les deux tortionnaires s’éloignèrent de leur victime inanimée qui pendait au bout de ses chaînes. Elle revint à elle après plusieurs seaux d’eau jetés à la figure et elle s’appuya sur ses appuis maladroitement.
Le prêtre réclama le silence puis fit face à la jeune non humaine.
- Pécheresse, souhaites-tu faire pénitence ?
- O..u..i
Il se pencha vers elle.
- Crie le à la face de la Déesse, que tous ses enfants dignes d’elle puissent t’entendre !
- Oui ! Je souhaite faire pénitence, mon père ! Je reconnais mes péchés !
- Et quels sont-ils ? La République toute entière doit les connaître, car nous sommes le tribunal du peuple !
Elle fut secouée de nouveaux sanglots, des larmes pleuvant sur ses traits défaits.
- Je… j’ai…
- Plus fort ! Crie tes péchés et la Déesse soulagera ton âme souillée ! Ta conscience connaîtra la paix, si tu te confesses ! L’exhorta-t-il avec virulence.
Elle se redressa et ferma les yeux embués, ses réticences balayées.
- J’ai… j’ai séduit des humains. Des maris sans histoire.
Des murmures désapprobateurs se firent entendre parmi la foule – les suprémacistes humains – qui grandirent rapidement.
- Tu les as donc poussés à trahir leur épouse, leur famille ? Quels vils moyens as-tu employés pour parvenir à tes fins ?
- Je… je leur ai fait des avances et je m’habillais de façon indécente.
- Les as-tu encouragés à commettre le péché de la chair ? As-tu forniqué ?
- Oui…
Il se détourna d’elle, effondrée, afin de prendre la foule à témoin. Il était fort probable que cette twi lek avait été réduite aux dernières extrémités pour survivre dans son ghetto là où régnait la famine, la misère la plus complète, le désespoir, la promiscuité.
Là où régnait la loi du plus fort.
Des femmes non humaines comme elles devaient trouver le moyen d’assurer leurs besoins vitaux et c’est pour cela que certaines n’hésitaient pas à monnayer leur corps contre quelques précieux crédits. Leur précarité était telle qu’elles sortaient de leur ghetto, sans permis de travail temporaire délivré par les autorités coruscantis.
Ce qui les exposait aux risques d’être raflé lors d’une patrouille des Forces de Sécurité. L’influence du culte fut telle que des agents acquis à leur doctrine xénophobe n’eurent aucun scrupule à les livrer à la secte.
- Tout comme la Déesse, vous avez entendu cette inférieure se confesser solennellement à vous ! Quel est votre verdict, mes frères et mes soeurs ?
Les adeptes huèrent la non humaine prostrée et recroquevillée, avant d’entonner distinctement en choeur :
- Que la Déesse la marque de son courroux !
À ses mots, la twi lek reprit vie, gagnée par l’affolement.
- Non, non ! Pas ça !
Elle tira sur ses chaînes pour s’en libérer vainement puis elle fut fermement maintenue par les deux Disciples de Hapos tandis qu’une troisième montait les marches de l’échafaud, tenant dans sa main la tige de duracier qu’elle avait retiré du bûcher.
L’extrémité luisait d’un halo écarlate sinistre fumant, excitant la panique de la jeune femme qui l’aperçut.
- Non ! Je vous en supplie !
Elle se débattit encore mais elle était immobilisée par la poigne de ses deux bourreaux. La femme du culte se plaça face à elle, l’expression impersonnelle. Elle brandit la tige devant sa victime, dont les yeux étaient agrandis par l’effroi.
- Que cette créature d’Amaleth porte à jamais la marque de son infamie ! Clama le prêtre au-dessus de tous.
- NOONN !
La croyante fanatique se fendit en avant, apposant la croix ardente sur le front de la prisonnière qui poussa un long hurlement de chose désincarnée. Le fer fut retiré, laissant la marque sombre fumante qui déformait l’épiderme de la twi lek.
Celle-ci s’évanouit d’un coup, ayant encaissé une douleur trop forte et trop soudaine pour elle.
- La Déesse a exprimé sa Volonté ! S’exclama le prêtre.
- Louée soit-elle ! Répondirent les autres en retour.
- Cette créature diabolique servira les enfants de la Déesse dans la demeure qui lui est consacrée, jusqu’à ce que le pardon lui soit accordé !
La twi lek fut ranimée et comprit qu’elle croupirait dans le temple de ces fanatiques orthodoxes à vie. Elle ne pourrait jamais recevoir la moindre visite amicale ou familiale, voilà ce que signifiait cette sentence.
Elle était condamnée à l’oubli, un sort plus terrible que la mort en définitive.
- Je me repentirai mais laissez moi voir ma famille, c’est pour eux que j’ai fait tout ça, supplia-t-elle dans un souffle.
- Seule la Déesse en décidera, inférieure ! Lui répliqua l’impitoyable dévot.
Il ordonna qu’elle soit ramenée au temple de la Déesse, sa nouvelle résidence permanente. Il attendit qu’elle soit traînée jusqu’en bas de l’échafaud avant de tendre l’index menaçant en direction des deux cathars.
- D’autres créatures d’Amaleth sont présentes pour subir le châtiment de la Déesse ! Amenez-les à la lumière afin qu’elles reçoivent ce qu’elles méritent !
J'espère que cela vous aura plu!

Allez à la prochaine!

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 07 janvier 2020, 22:08

Bonsoir à tous!

Comme pour le précédent extrait, j'ai décidé de publier ce passage en balise spoiler. Histoire d'essayer de ménager les sensibilités.

Je tenais à montrer à quel point le Pius Dea tentait de s'imposer au sein de la République par tous les moyens, y compris par une violence extrême visant à inspirer une terreur absolue à d'éventuels opposants, d'où la mise en scène macabre. Ceci étant dit, il n'y aura pas d'autre extrait de ce genre jusqu'à la fin de ce tome 2 que j'ai prévu aussi long que le tome 1 .

Ces extraits me paraissaient indispensables pour illustrer un contexte très sombre de cette période de l'Ancienne République.

J'espère néanmoins que vous trouverez la lecture de cet extrait tout de même intéressante.

La mère et son fils furent amenés à la même place que la twi lek. Ils se tenaient côte à côte, et elle en profita pour l’encourager.
- Sois courageux, Malk.
Elle le suppliait presque.
- Oui, maman.
Ses oreilles équines étaient couchées vers l’arrière, signe de l’effroi qui tenaillait son estomac. À leurs pieds, l’autodafé était toujours alimenté par de nouveaux combustibles. Des ouvrages de flimsi, des datapads, encore et encore. La fumée sombre continuait de s’élever en un translucide panache vers les cieux dégagés.
La femme du culte dégagea une épée de sa longue manche noire et plongea la lame dans le brasier, ce qui n’échappa aux deux non humains, encore moins rassurés.
- Nous serons toujours ensemble, Malk.
- Silence !
Le prêtre les foudroya du regard et ils baissèrent la tête, craignant de le provoquer encore. Les deux Disciples de Hapos amenèrent la cathar et suspendirent ses mains au-dessus de sa tête, conspuée par les adeptes du culte.
- Engeance de démon ! Criaient les uns.
- Créature satanique ! S’exclamaient d’autres.
Les suprémacistes humains, tentèrent d’entraîner le reste de la foule à leur suite. Ils brandirent le poing.
- Oui, punissez cette racaille et renvoyez-les d’où ils viennent !
Le petit cathar fut conduit à hauteur de sa mère, qui tourna la tête dans sa direction.
- Il faut que tu sois fort pour moi, Malk.
- Maman…
Des larmes coulaient de ses joues velues alors que les martinets électriques s’agitèrent dans les poings des fanatiques derrière elle. Sa tunique fut déchirée dans le dos et ils ne se quittèrent pas des yeux lorsque le châtiment commença.
Les lanières électrifiées déchirèrent son pelage, grillant ses poils et creusant des sillons fumants dans sa chair. Grâce à sa constitution robuste, la cathar serra les dents sans émettre le moindre son. Cependant, chacun possédait des limites à une telle souffrance. Celles de la non humaine furent atteintes deux minutes plus tard.
Elle émit des grondements de plus en plus forts, mais elle eut le mérite de ne laisser souffler aucune plainte. Si elle le faisait, ils s’en prendraient sans doute à son petit. Celui-ci tirait sur ses propres chaînes en balbutiant sans cesser de pleurer :
- Sois… sois forte, maman.
Après un temps indéfini, le prêtre leva la paume pour interrompre son calvaire.
- Frères et Sœurs, sans doute vous demandez-vous ce que ces deux créatures inférieures ont commis comme crimes. Eh bien, je vais vous le révéler. Il y a deux semaines standard, fit-il en désignant l’enfant, cette engeance d’Amaleth à l’air angélique a volé un fruit sur l’étal d’un honnête commerçant humain, qui travaille dur quotidiennement pour subvenir aux besoins de sa famille et remercie fréquemment la Déesse de sa bonté. Les Forces de Sécurité sont intervenues fort à propos, malgré l’intervention de cette autre vile femelle qui s’est opposée à son arrestation. Car le vol est l’un des pires péchés honnis par la Déesse miséricordieuse. Il est inadmissible et intolérable de s’approprier le labeur d’un honnête travailleur, d’un croyant sincère qui arpente durement le Chemin de la Vertu. Et il ne peut être toléré davantage que quelqu’un d’autre œuvre pour qu’un tel péché puisse être commis !
- Qu’ils expient ! Qu’ils expient !
Deux autres Disciples de Hapos fendirent la foule de leurs coreligionnaires, portant à bout de bras un lourd billot de bois. Ils l’amenèrent en haut de l’échafaud juste devant le petit garçon apeuré. Celui-ci n’eut pas le temps de comprendre de quoi il en retournait que le prêtre s’écria de nouveau :
- Il est temps de punir la main qui a péché !
- C’est la Volonté de la Déesse ! Approuvèrent les adeptes du culte.
Sur ces mot, la femme qui patientait en bas de l’échafaud retira l’épée de la fournaise ardente. La moitié de la lame avait rougi, chauffée à ébullition. Elle grimpa les marches, l’expression atone pendant l’un des bourreaux agrippait la main chétive pour la poser sur le billot apporté par ses deux camarades.
Malk paniqua lorsqu’il surprit l’épée fumante entre les mains de la croyante.
- Maman ! Maman ! Appela-t-il fébrilement.
La cathar émergea de sa léthargie et réalisa ce qui se passait. Les intentions du culte à leur égard lui devinrent évidentes lorsque la femme humaine se plaça face à son condisciple, l’épée brandie à deux mains au-dessus du poignet du petit non humain qui pleurait de détresse.
- Non ! s’écria sa mère. Vous ne pouvez pas faire ça ! Prenez-moi à sa place ! Prenez-moi à sa place !
- Que la main du pêcheur soit tranchée ! Clama le prêtre.
- Non, vous n’avez pas le droit !
Certains dans la foule détournèrent les yeux, pour ne pas voir l’horrible et l’inévitable survenir.
- Maman !! Hurla la voix aiguë de Malk qui fixait horrifié la lame immobile au reflet sinistre.
- C’est mon fils, il est innocent ! Laissez-le !
Les clameurs cessèrent subitement puis un sifflement déchira le silence. La lame rougie fendit l’air et les cris de Malk se métamorphosèrent en un long glapissement de douleur, sa main droite détachée de son avant bras. Le petit qui versait encore de chaudes larmes sous le coup de la souffrance incandescente, s’écroula à genoux lorsqu’il fut relâché. Il gémissait en serrant son moignon cautérisé dans son poing gauche alors que sa mère poussa un rugissement bestial.
- Monstres ! Proféra t elle avec haine. Monstres ! Vous l’avez mutilé ! Je vais vous tuer, je vais tous vous tuer !
Un des Disciples de Hapos s’avança pour la frapper du poing et la faire taire. Mais il avait sous estimé sa rage, malgré la gravité de ses lésions. D’une inclinaison brusque de la tête, la non humaine plongea ses crocs dans le cou de l’humain et lui trancha net la carotide d’une simple morsure.
L’adepte recula, tituba en arrière, les yeux révulsés et s’effondra aux pieds du prêtre qui réagit avec véhémence en la désignant de l’index.
- Expédiez cette créature en enfer !
Les deux tortionnaires effleurèrent le manche de leur martinet électrique et les arcs blafards qui crépitaient autour des lanières brillèrent d’une plus grande d’intensité. Le martyr de la cathar reprit de plus belle. Elle eut cependant le temps de hurler entre deux cris de douleur.
- Monstres !
Vingt secondes suffirent pour lui faire perdre connaissance et vingt autres la firent définitivement passer de vie à trépas. Bientôt, son corps pendit inerte au bout des chaînes qui lui retenaient les bras, sous le regard de son fils qui avait oublié temporairement sa blessure grave.
- Maman ! Maman !
Il se redressa sur ses pieds, appelant celle qui ne pouvait plus lui répondre. Tous ceux réunis sur la place l’observèrent en train de se serrer contre le corps de sa mère, en sanglotant. Ceux qui n’appartenaient pas au culte demeuraient atterrés sans pouvoir réagir, hormis les suprémacistes humains qui criaient à gorge déployée :
- Bravo ! Bravo ! Acclamaient-ils.
À l’arrière plan de tout cela, un homme de taille moyenne et à l’allure quelconque, vêtu de robes Jedi, avait observé toute la scène. S’il ne trahissait aucune réaction sous son capuchon, quelqu’un de plus attentif aurait remarqué ses traits crispés.
Ce Chevalier Jedi du même âge que Bekan Kalad, se nommait Kotil Marek. Il avait mordu sa lèvre inférieure après le châtiment du sénateur Vemus devenu Proscrit, enfoncé ses ongles à l’intérieur de ses paumes quand il avait serré les poing devant celui de la twi lek.
Et il avait blêmi, devant l’inqualifiable commis sur ce pauvre petit cathar, amputé d’une main et devenu maintenant orphelin.
La première envie de Kotil Marek avait été de dégainer son sabre laser et de tailler dans le vif pour faire payer cela aux responsables. Mais il était un Jedi et il était censé maîtriser ses émotions. Ce qui ne signifiait pas pour autant qu’il allait rester impassible.
Il tourna brusquement les talons pour rentrer au Temple Jedi. Là, il préviendrait tous ceux qui le croiseraient de ce qui venait de se passer. Il leur raconterait.
Il était temps pour l’Ordre Jedi de s’opposer enfin à cette secte. D’en finir avec la peur et l’horreur que ces actes abjects inspiraient à beaucoup.
Voilà, nous passerons à autre chose!

De la politique par exemple :whistle: ... cela vous permettra de revoir un certain Contispex :sournois: ! Quelqu'un que vous avez eu l'occasion d'apprécier dans le tome 1 :diable: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 14 janvier 2020, 21:33

Bonsoir à tous!

Comme je l'avais annoncé, après les séances de torture, vous allez avoir droit à de la politique avec un certain monsieur Contispex :diable: ! Hihihihi :diable: !

Place au Sénat et aux sénateurs, que le rideau se lève!

Siège du Sénat Galactique

Enler Mansur rajusta ses lourdes tuniques avant de reprendre sa place en haut des gradins, au milieu de d’autres collègues. Les débats concernant la politique planétaire de Coruscant et de la Cité Galactique avaient été suspendus pour cette journée. Le sénateur humain de Commenor épongea la sueur de son front de quadragénaire vigoureux avant d’accepter le verre d’eau que lui offrit aimablement un droïde.
- Rude matinée, hein ? Lui lança la sénatrice d’Alderaan, Tali Organa, qui se tenait une rangée au-dessus de lui, sur sa droite.
Il rendit le verre au robot avant d’échanger un sourire avec cette femme plus âgée, à l’expression maternelle et digne. Ses traits ridés avec harmonie et ses chignons grisonnants qui encadraient sa tête en disaient long sur sa noblesse d’âme. Drapée dans une toge fine bleue marine qui évoquait le reflets des lacs bordant Aldera, la tension ambiante qui avait électrisé les débats sur les nouvelles lois de sécurité locales visant les non humains, n’avait eu aucune prise sur elle.
- Le plus intéressant arrive, lui confia-t-il.
Elle hocha discrètement la tête, comprenant qu’il faisait allusion aux nombreux sénateurs absents. Le Grand Hall était en effet à moitié vide, mais les retardataires seraient immanquablement présents pour les sujets épineux concernant la politique générale de la République menée par le Chancelier Suprême.
- Nous avons remporté une victoire, se félicita-t-elle.
- Éphémère, sénatrice Organa.
Ils évoquaient ce décret qui restreignait encore davantage les libertés de déplacement des non humains hors de leurs ghettos, qui réduisait notamment la durée de validité des permis de travail et des tickets de rationnement. Soit disant pour lutter contre la criminalité hors des ghettos – baptisées officiellement zone de sécurité – et endiguer divers trafics mais tous deux savaient ce qu’il en était vraiment.
Ils prirent soin d’éviter les regards haineux lancés par les partisans de Contispex, installés sur les gradins en face contre lesquels ils avaient bataillé âprement pour empêcher ce décret de passer. Ils n’oublieraient pas qu’ils avaient perdu cette manche et se montreraient revanchards. Malgré les dissensions qui pouvaient exister entre eux, notamment entre les suprémacistes humains et les adeptes de ce fameux culte Pius Dea.
Tôt ou tard, ce décret serait voté par le Sénat ou promulgué par une ordonnance arbitraire, comme cela était souvent le cas. Trop souvent.
Voilà comment la démocratie s’érodait quotidiennement.
- Cela reste une victoire, sénateur Mansur.
- Si vous le dites, j’espère seulement que je ne finirais pas comme mon père.
Il arborait cette mine sombre lorsqu’il fut hanté par le souvenir de son paternel, qui était passé d’opposant virulent à valet soumis du Chancelier.
- Vous avez une grande force en vous, le réconforta Organa. Vous êtes d’une autre trempe. Sans vous, l’Honorable Fraternité perdrait tout sens.
Le commenorien qui souffrait d’une légère calvitie, caressa ses mèches de cheveux blonds qui saillaient encore du haut de son crâne. Il pensa l’espace d’un instant au nom qui désignait cette faction de sénateurs humains résolument opposés aux idées humanocentristes du Chancelier et aux dévots fanatiques qu’il dirigeait.
- Je pourrais en dire autant de chacun de nous, Tali. Sans vous, l’Honorable Fraternité n’aurait jamais vu le jour.
- Vous les inspirez plus que moi, Enler.
- Contispex ne nous laissera pas continuer éternellement. Aujourd’hui ou demain, l’un d’entre nous pourrait être mis en accusation. Comme ce pauvre Vemus. Ils n’hésiteront pas à exploiter la moindre de nos erreurs ou égarements pour les retourner contre nous.
Elle acquiesça d’une inclinaison du menton.
- Je doute qu’ils osent s’en prendre ouvertement à vous, nuança-t-elle. Cela déclencherait des émeutes sur votre propre monde.
- Comme si cela allait les arrêter.
Il se redressa avant de se contorsionner pour faire face à sa collègue.
- Nos ennemis ne se tiennent pas seulement face à nous, ils complotent aussi dans nos systèmes d’origine pour nous discréditer, ajouta-t-il. J’ai bien peur en ce qui me concerne que mes erreurs finissent par me rattraper.
- Enler, ne vous laissez pas tourmenter par le passé.
- Tali, insista-t-il, je ne peux pas oublier que j’ai été un des leurs. Et ils ne me pardonneront jamais de leur avoir tourné le dos.
-C’est pourquoi le combat que nous menons contre eux n’en est que plus important.
Elle se pencha pour lui agripper le poignet avec sa main frêle et douce. Enler sentit l’abattement qui le paralysait disparaître comme par enchantement. Il se battrait encore et il ne serait pas seul. Face à cette faction de sympathisants de Contispex connus sous le nom de Défenseurs de la Vertu, la résolution l’habitait pleinement.
- Alors nous soutiendrons les doléances que les bothans et les lannik déposeront devant le Chancelier quand il arrivera.
Tali Organa en profita pour se retourner vers la délégation bothane réunie autour de la sénatrice Naite’fya et des secrétaires lanniks – créatures humanoides de petite taille et aux larges oreilles pointues – groupés près du sénateur Iyulk. Ils se tenaient à quelques mètres seulement sur la gauche, sans vouloir se mêler à l’Honorable Fraternité.
- Serions-nous trop humains pour eux ? Souffla Mansur.
- Ne leur en veuillons pas d’être prudents, le rassura-t-elle. À leur place, vous vous fieriez à n’importe qui ?
Les bothans et les lannik n’avaient pas participé aux débats de ce matin, mais ils brûlaient de prendre la parole devant le Sénat.
- Non, c’est vrai.
Sur ces mots, les larges portes qui verrouillaient l’entrée du Grand Hall, s’ouvrirent à l’intention des autres dignitaires du Sénat humains et non humains qui se distinguèrent par des conversations animées avant de se diriger vers leurs places respectives.
Évidemment, la plupart des sénateurs humains rejoignirent leurs collègues de la faction Défenseurs de la Vertu tandis que les non humains – comme les Herglics ou les Duros – et les rares humains démocrates s’installèrent du même coté que l’Honorable Fraternité.
Beaucoup vinrent saluer chaleureusement Tali Organa et Enler Mansur, et pendant ces accolades prolongées, personne ne prêta attention au vieux sénateur humain au teint mat et à l’expression tendue qui prit place de l’autre coté des gradins, juste à coté des Duros. Il était accompagné d’une jeune femme, probablement sa secrétaire.
Tali attira l’attention de son homologue commenorien sur eux.
- Regardez.
Ils fixèrent les deux nouveaux venus avant que le sénateur au teint mat ne croisa leur regard et inclina discrètement le buste en signe de salut.
- Hassan Kalad nous honore donc de sa présence, confia Mansur. C’est plutôt inattendu.
La présence du sénateur d’Alsakan les interpellait car celui-ci se faisait plutôt discret. Il donnait ainsi l’impression de se désintéresser complètement de toutes les questions politiques de la République.
Ce ne pouvait être qu’une simple façade, bien entendu.
Après tout, beaucoup de sénateurs présents dans l’assemblée ne prenaient pas la chose très à cœur, se contentant bêtement de se laisser porter par le mouvement, surtout ceux de la faction opposée. Surtout les suprémacistes humains.
- Ces derniers temps, il s’oppose de plus en plus aux décisions du Premier Régent, confirma la sénatrice alderaanienne.
- Si leurs relations viennent de s’apaiser, cela expliquerait sa présence.
- Je n’ai pas eu vent d’une quelconque amélioration de leurs relations.
- Alors que fait-il ici ?
Il fronça les sourcils, perplexe.
- Nous finirons par le savoir bientôt, répondit-elle. Si vous le voulez, je peux le surveiller pour vous, Enler. Cela vous permettra de vous concentrer sur les prochains débats.
- Je vous en suis reconnaissante, Tali.
Il respira mieux, soulagé en partie de ses doutes. La sénatrice Organa ne disposait peut-être pas de son charisme mais elle se rendait utile de bien d’autres manières. Sa discrétion et son apparence chétive et inoffensive l’autorisaient à approcher des sénateurs de l’autre faction pendant l’entracte et à surprendre leurs conversations à leur insu.
Ce qui leur avait permis maintes fois d’anticiper les intentions de leurs adversaires politiques. Une précaution élémentaire en ces temps difficiles.
Un chambellan au crâne rasé – un adepte du culte – entra dans le hall et réclama le silence. Les conversations baissèrent avant de s’éteindre.
- Honorables membres du congrès galactique, chers frères et sœurs, veuillez accueillir son Excellence, le Chancelier Suprême de la République, notre guide éclairé par la sagesse de Kasili… Frère Contispex ! Que la lumière de la Déesse resplendisse sur les débats à venir !
Et les Défenseurs de la Vertu de répondre :
- Louée soit la Grande Déesse !
Bien entendu, les rangs de sénateurs face à eux répliquèrent par un silence assourdissant. Voilà qui promettait beaucoup pour la suite. Les débats seraient plus que passionnés, ils seraient tranchés. Une image des dissensions qui continuaient de déchirer la République depuis l’accession au pouvoir de Contispex.
Celui-ci fit peu de temps après son apparition devant les pairs du Sénat. Vêtu d’un pantalon fin de lin blanc et d’une tunique de soie aux rubans austères qui entouraient son cou, un grand manteau de cérémonie mauve lui drapait le tronc, des épaules jusqu’aux hanches. Un collier soutenait un grand bijou palpitant contre sa poitrine à chacun de ses pas, symbole de la fonction prestigieuse qu’il occupait. Il se dressait tel un tribun sûr de sa force, le menton relevé vers le haut, et l’expression froide et méprisante qui grimait ses traits en disait long sur le tempérament d’un personnage destiné à s’imposer malgré toutes les oppositions qui hérissaient son chemin.
Deux Disciples de Hapos encapuchonnés l’escortaient jusqu’à la tribune au milieu de l’amphithéâtre, lui permettant de dominer en partie l’assemblée.
En réaction à son irruption, les Défenseurs de la Vertu se levèrent en signe de respect. Contrairement au camp d’en face. Hormis le sénateur d’Alsakan qui prit à contre-pied le reste de ses collègues.
- Vous avez vu ? Glissa la sénatrice d’Alderaan à son collègue commenorien.
Ce dernier fixa sévèrement le dignitaire alsakani, qui se distinguait d’eux tous en se tenant débout.
- Eh bien, nous savons au moins dans quel camp il est. Et j’ai bien peur que ce ne soit pas le nôtre, lâcha-t-il avec fatalisme.
- Ne soyez pas aussi hâtif dans votre jugement. S’il était dans leur camp, il serait parmi eux.
- Je crois que les alsakanis suivent leur propre partition. La première chose qui doit les préoccuper est de conserver coûte que coûte leur statut autonome.
- Tout comme les Herglics qui nous soutiennent pourtant sans réserve.
Peu convaincu, Mansur fit la moue.
Les Défenseurs de la Vertu se rassirent sur un signe discret du chambellan qui donna l’ordre de refermer les portes. Laissant néanmoins entrer une sénatrice Selkath aux vêtements fripés, essoufflée, qui s’empressa de gravir les gradins pour s’installer parmi ses collègues. La non humaine salua au passage Mansur et Organa, qui l’interpella :
- Par les étoiles ! Que vous est-il arrivé, sénatrice B’lsak ?
Les vêtements de cette dernière étaient déchirés et salis.
- J’ai été prise à partie par des suprémacistes humains, répondit-elle vivement.
- Racontez-nous, la pria le commenorien.
- Pas maintenant, pas ici.
Les bajoues de la Selkath étaient agités de frissons, un signe de stress. Les deux sénateurs n’insistèrent pas et la laissèrent s’asseoir deux rangées plus bas. Ils se promirent cependant d’aller la retrouver sitôt la séance achevée.
Ils tenaient à savoir ce qui lui était arrivé.
Le chambellan s’avança au milieu de tous et annonça :
- Je déclare la session ouverte. Les sénateurs sont maintenant libres de commencer les débats sur la politique de la République à l’égard des systèmes membres.

Voilà, j'espère que cette petite mise en bouche vous aura plu :wink: ! J'espère que vous aimez les noms des deux factions opposées dans l'enceinte du Sénat!

Promis, les chose sérieuses débuteront la semaine prochaine! Contispex est là, il est parmi nous :x !

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 21 janvier 2020, 08:29

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

On reste donc au Sénat et ça va chauffer :diable: !!

Découvrez ça!

Des murmures parcoururent les gradins autour des deux dignitaires opposés à la politique de Contispex.
La sénatrice bothane Naite’fya se leva promptement en même temps que le sénateur lannik Iyulk. Elle leva la main pour attirer l’attention sur elle et se décala pour saisir le micro. Par courtoisie, le sénateur lannik se rassit finalement.
- S’il plaît à son Excellence et aux membres du Sénat, je souhaiterais prendre la parole.
Le chambellan se tourna alors vers le Chancelier Suprême, qui conféra son approbation d’un simple hochement de tête.
- La parole vous est accordée, sénatrice.
- Merci, chambellan.
Mansur et Organa avaient détecté cette once de raideur dans le ton soyeux de la félinoide originaire de Bothawui.
- Vous avez envoyé une partie de la Quatrième Flotte stationner aux lisières de notre espace, pour lutter contre des raids de pirates en provenance des territoires Hutt, il y a plusieurs mois de cela. Le Conseil des Clans s’interroge sur l’efficacité de vos vaisseaux de guerre, car l’activité de ces pirates ne semble pas avoir diminué, loin de là.
Le Chancelier Suprême s’éclaircit la gorge avant de répondre. Il activa à son tour son micro.
- J’étudie régulièrement les rapports d’activité de la Quatrième Flotte, qui laisse entendre une version différente. Selon ces rapports, les abordages et arraisonnements de ces vaisseaux criminels restent fortement élevés.
- Sans vouloir vous offenser, Chancelier Suprême, la plupart de ces vaisseaux criminels que vous vous vantez de faire arraisonner ne sont pour la plupart que de simples cargos de fret inoffensifs qui participent aux échanges commerciaux entre nous et les autres systèmes de la République. Non seulement, vos marins et vos soldats imposent à leurs équipages des contrôles drastiques et humiliants mais ils se permettent de confisquer arbitrairement leur cargaison sans fournir le moindre motif valable.
- Ce qui est autorisé dans l’espace bothan, ne l’est pas forcément dans le reste de la République, sénatrice. Il a été avéré que beaucoup de ces cargaisons étaient des marchandises illicites dont le commerce est depuis prohibé dans l’espace de la République.
- Illicites ? Comment pouvons-nous être certains qu’elles le sont vraiment ? Nous avons tenté de contacter à plusieurs reprises, l’amiral Hisku mais celui-ci a refusé de nous répondre en se réfugiant derrière le secret défense.
Mansur et Organa avaient noté l’expression hautaine et satisfaite de Contispex devant les protestations de la sénatrice bothane. Celle-ci n’était autre que la nièce de feu le Chancelier Suprême Pers’lya, un rival politique de l’actuel Chef d’État. Il ne serait pas étonnant qu’il prenne un malin plaisir à vouloir la rabaisser.
- Quelle requête souhaitez-vous soumettre au sénat ? Demanda le chambellan.
- La requête du Conseil des Clans est simple, martela Naite’fya. Soit la Quatrième Flotte joue le rôle qu’elle est censée accomplir, soit vous la rappelez et nous nous chargerons nous-mêmes d’assurer la sécurité de nos frontières si la République n’en est pas capable.
Les derniers mots déclenchèrent des murmures hostiles de la part des Défenseurs de la Vertu. Quelques sifflets traversèrent le Grand Hall.
- Pour qui elle se prend, cette inférieure ?
- Elle et toute son engeance mériteraient qu’on les remette à leur place !
Le calme revint peu après.
- Votre requête est enregistrée et sera envoyée à l’amiral Hisku, annonça le Chancelier Suprême.
- Votre Excellence, quelles garanties avons-nous…
- Ce sera tout, il est temps de passer au point suivant.
À l’aide d’une télécommande, le chambellan coupa son micro à distance avant qu’elle ne puisse ajouter quoique ce soit d’audible. Furieuse d’avoir été ainsi éconduite, la bothane manqua d’arracher le micro de son socle d’une poigne rageuse.
Elle se résigna à reprendre sa place non sans lâcher des jurons dans son dialecte natal. Ses assistants parvinrent finalement à la calmer. C’est alors que le sénateur lannik se dressa pour réclamer la permission de s’exprimer.
Cette faveur lui fut accordée, non sans qu’elle ne suscita quelques moqueries de la part d’un Défenseur de la Vertu.
- Il ressemble à la croupe d’un rat womp qu’on aurait épilé.
Cela fit esclaffer quelques uns de ses collègues suprémacistes humains. Le petit non humain ne leur prêta aucune attention.
- La parole est au sénateur de Lannik.
- Merci, fit Iyulk au chambellan. Nous avons appris la semaine dernière que les Guildes Marchandes envisageaient de se retirer de notre système et de revendre toutes les actions qu’elles détiennent dans nos entreprises locales. Au prix le plus bas, ce qui provoquerait la ruine complète de notre économie.
Le Chancelier Contispex possédait là aussi l’attitude de quelqu’un qui ne montrait que peu d’intérêt à l’affaire, bien qu’il eut la décence de sauver un peu les apparences.
- Vous souhaitez donc que les Guildes Marchandes continuent de financer votre économie ? Intervint-il avec une pointe de condescendance.
- C’est notre requête, en effet.
- Vous n’êtes pas sans savoir, sénateur Iyulk, que la liberté d’entreprendre est un droit garanti par la Constitution. Les Guildes Marchandes étant une corporation commerciale à financements privés, je crains que cette affaire ne soit pas de notre ressort. Seule la Commission des litiges économiques est compétente en la matière.
- Votre Excellence, la Commission n’a pas répondu à nos sollicitations. Voilà pourquoi nous avons décidé de porter cette affaire devant le Sénat et devant vous, car tout le monde sait que vous êtes le trésorier des Guildes Marchandes.
Beaucoup de dignitaires s’agitèrent lorsque le lannik rappela ainsi un potentiel conflit d’intérêt suite à la position qu’occupait toujours l’actuel Chef d’État au sein de la corporation. Julius Contispex se pencha et son regard vers le lannik contenait du venin.
- Je tiens à vous rappeler que je suis avant tout Chancelier Suprême et que je représente les intérêts de la République toute entière. Je ne souhaite en aucun cas m’ingérer dans votre problème local. Vous devez déposer un nouveau recours devant la Commission. Il est temps de passer au point suivant.
- Votre Excellence…
Tout comme sa camarade bothane, il fut lui aussi censuré par la désactivation du micro. Enler Mansur échangea un regard déterminé avec Tali Organa. La même passion de la justice embrasait ses prunelles sombres.
L’heure de s’interposer était venue. Une nouvelle fois.
Sans hésiter, il se leva.
- S’il plaît à son Excellence, je souhaiterais prendre la parole.
Son intervention suscita subitement une bronca hostile à son encontre, de la part des Défenseurs de la Vertu qui l’invectivèrent avec virulence, les traits déformés par la haine et le poing brandi vers le plafonds.
- Les traîtres n’ont pas le droit à la parole !
- Chassez-le d’ici ! Ne le laissons pas parler !
- Faites-le taire ! Faites-le taire !
Mansur refusa de se laisser intimider, comme d’habitude. Combien de fois avait-il essuyé les accusations d’apostasie de ses anciens coreligionnaires. ? À travers le regard ardent du Chancelier Suprême, il pouvait sentir la haine de toute une confrérie qu’il avait choisi de renier. Il était si facile de plier devant cette tempête de quolibets, de renoncer…
Combien de fois y avait-il songé ?
C’est alors qu’il sentit la main douce de la sénatrice Organa sur son épaule. La doyenne lui souhaita :
- Courage, mon ami.
Ce fut le signal qu’attendait l’Honorable Fraternité pour se dresser à son tour et défendre son meilleur représentant.
- Laissez-le parler ! Vive la démocratie !
- Hérétiques ! Vous subirez le même sort que cet apostat ! S’écrièrent les Défenseurs de la Vertu. Vous êtes indignes de la bonté de la Déesse !
- C’est vous et votre fichue Déesse qui êtes indignes de la République !
Sur ces mots, des Défenseurs de la Vertu – des suprémacistes humains qui n’appartenaient pas à la secte mais soutenaient son idéologie – bondirent de leurs bancs de granit et descendirent des gradins pour venir provoquer leurs adversaires de plus près.
Ni le chambellan, ni le Chancelier Suprême n’intervinrent pour empêcher une poignée d’entre eux de s’approcher des rangs adverses et de les insulter ouvertement.
- Retournez chez vous, bande d’inférieurs et d’impurs !
Ils recherchaient la confrontation, cela ne faisait aucun doute. Tout autant désireux d’en découdre, des dignitaires non humains parmi lesquels des Herglics, humanoïdes à l’apparence de cétacés géants hauts de plus de trois mètres, vinrent se porter à leur rencontre accompagnés de collègues humains de l’Honorable Fraternité.
Lorsqu’ils furent au contact, des bousculades eurent lieu et des coups furent échangés. Un Herglic saisit un Défenseur de la Vertu par le col de sa toge et le projeta rudement au sol deux mètres en arrière.
Un député humain de l’Honorable Fraternité recula en titubant, sa lèvre inférieure fendue par un coup de poing lancé par un Défenseur de la Vertu, une sénatrice petite et courtaude aux cheveux coupés courts.
Contispex décida qu’il en avait assez vu et demanda au chambellan de ramener la paix.
- Gardes ! Gardes ! Clama celui-ci.
Il mit plusieurs secondes à se faire entendre au-dessus des cris et des vociférations échangées entre les deux camps, puis les lourdes portes s’ouvrirent enfin pour laisser passer un peloton de gardes sénatoriaux. Ceux-là parvinrent à s’interposer et à séparer les deux groupes antagonistes. Celui qui les commandait, cria d’une voix autoritaire :
- Du calme ! Retournez immédiatement à vos places !
Le chambellan insista lui aussi :
- Ca suffit, il est temps de reprendre la séance !
Enler Mansur, Tali Organa et les autres sénateurs qui étaient restés à l’écart, avaient observé cette foire d’empoigne sans bouger. Ce n’était pas la première fois qu’ils assistaient à ce genre de scène navrante.
Ce n’était qu’une illustration parfaite des tensions qui menaçaient de scinder la République. De part et d’autre, les passions étaient exacerbés au point que les opinions divergentes devenaient impossibles à concilier. L’avenir de la République se jouait de façon décisive, ces derniers temps, dans un climat de méfiance, de peur et de violence.
Après un flottement de quelques minutes, le chambellan annonça enfin :
- La parole est au sénateur de Commenor.
Les applaudissements encourageants et les sifflets injurieux saluèrent le sénateur Mansur qui saisit le micro installé devant lui.
- Il est de mon devoir de rappeler ceux de cette auguste assemblée et de tous mes collègues. Depuis la création de la République, le Sénat a été instauré non seulement pour débattre des problèmes opposant des systèmes membres à d’autres ou à des corporations politiques ou commerciales, mais aussi pour y apporter des solutions durables qui doivent satisfaire toutes les parties. Or, j’ai le sentiment depuis un certain temps que le Sénat ne remplit plus cette prérogative et préfère laisser l’actuel Chancelier Suprême le soin de régler les problèmes à sa façon. Et regardez où nous en sommes ! Nous avons sur les bras une crise diplomatique avec l’Espace Hutt qui pourrait dégénérer en guerre ouverte au point où vont les choses ! Et nous choisissons d’abandonner ou de discriminer sciemment des membres éloignés du centre de la République, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’intérêt économique ou qu’ils sont majoritairement peuplés de non humains !
- Ne calomniez pas le Chancelier Suprême, espèce de parvenu !
Les derniers mots avaient été lancés par la sénatrice de Kuat, qui cherchait évidemment à l’interrompre pour le déstabiliser mais il n’était pas né de la dernière pluie. Il demeura inébranlable, y compris lorsque d’autres Défenseurs de la Vertu reprirent pour soutenir cette femme fine et l’air austère, le crâne étroit parfaitement rasé pour montrer sa dévotion à sa religion :
- Elle a raison !
Il laissa passer cette averse pour les dominer de sa voix forte :
- La République a-t-elle perdu son chemin ? Avons-nous perdu à ce point le sens des responsabilités ? Poursuivait il avec conviction.
- Comment ose-t-il nous donner des leçons ? Répliqua la kuati.
Quelques Défenseurs de la Vertu voulurent forcer le barrages de gardes pour s’approcher de nouveau de leurs adversaires mais ils furent contenus efficacement.
- Allons, silence ! Tonna le chambellan.
Enler Mansur en profita pour étudier le comportement du Chancelier Suprême. Celui-ci demeurait impavide.
- Le Chancelier Suprême qui nous honore de sa présence, néglige les lannik et les bothans alors qu’ils font partie de la République à part entière. Les lannik sont sur le point de subir une grave crise économique à cause du retrait des investisseurs des Guildes Marchandes et le commerce des bothans est entravé à cause du comportement vexatoire de la Quatrième Flotte qui ignore les raids pirates lancés depuis l’Espace Hutt.
- Eh bien, laissons-les se débrouiller ! Beugla un Défenseur de la Vertu dont l’intervention provoqua des rires gras parmi ses camarades.
- Si le Chancelier Suprême Contispex refuse de se pencher sur ces problématiques, nous devrions changer de présidence et de gouvernance pour que le Sénat remplisse enfin le rôle pour lequel il est dévolu. Je dépose au nom de l’Honorable Fraternité, une motion de censure contre le Chancelier !


Voilà, cliffhanger :x ! Oh oui, je sais que vous détestez ça, venez donc me punir :paf: :lol: ! Plus sérieusement, j'espère que cela vous a plu!

Allez à la prochaine, pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 28 janvier 2020, 22:20

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

La politique, toujours la politique :diable: !



Les Défenseurs de la Vertu se dressèrent vent debout contre cette proposition, conspuant Mansur, qui fut soutenu hardiment par ses collègues de l’Honorable Fraternité et bon nombre de délégués non humains.
Pendant de longues minutes, les gardes sénatoriaux s’efforcèrent de retenir les deux factions qui voulaient de nouveau en venir aux mains tout en s’échangeant des noms d’oiseaux ou des remarques pas très flatteuses sur leurs origines.
Personne hormis Organa et Mansur ne remarqua le sénateur d’Alsakan glisser quelques paroles à l’oreille de sa jeune compatriote qui semblait acquiescer quelques secondes après, à ce qu’il venait de lui dire. Le commenorien décida de prendre le temps de jauger les forces en présence. La grimace discrète de sa camarade alderaanienne lui indiqua qu’elle partageait le même constat que lui.
Sur le papier, les Défenseurs de la Vertu étaient moins nombreux que leurs rangs. Mais le passage de la motion de censure à l’encontre de Contispex n’était pas certaine de passer. Certes les non humains le soutiendraient mais Mansur n’était pas aussi affirmatif quant aux membres exclusivement humains de sa propre faction, l’Honorable Fraternité. Certains d’entre eux demeuraient persuadés que Contispex était un garant de la stabilité de la République, malgré la répugnance que leur inspirait la confrérie radicale qu’il dirigeait en sous-main.
La jeune alsakanie traversa alors les gradins pour transmettre des instructions aux autres membres des délégations affiliées historiquement aux alsakanis, comme les sénateurs d’Axum, de Contruum, de Esseles, de Brentaal, de Raithal, de Borleias ou de Tanaab..
Le vote d’Alsakan serait alors décisif, car il ferait pencher la balance de son côté mais les deux sénateurs n’étaient pas sûrs des intentions de Hassan Kalad.
Tali Organa lui serra le bras.
- Nous ne pouvons pas reculer, Enler.
- Alors que la providence soit avec nous, souhaita-t-il.
Le tumulte diminua et chacun des sénateurs rejoignit sa place. Le chambellan et le Chancelier Suprême étaient en train de se concerter à voix basse au sommet de la tribune. Contispex affichait un sourire décontracté, ne paraissant pas redouter quoi que ce soit au sein de l’assemblée. Le chambellan descendit de la tribune et lança à tous les dignitaires :
- Nous allons procéder au vote à main levée, vos excellences. Qui soutient la motion du sénateur Mansur ?
Enler se leva, ayant inspiré un grand coup, imité par Tali Organa. Ils brandirent l’index vers le plafonds, avant que des sénateurs non humains ne se dressèrent à leur tour, comme les bothans, les lannik, les Herglics ou les neimodiens.
Le moment de vérité.
Il serra les dents lorsqu’il constata que le sénateur d’Alsakan et les représentants des autres mondes vassaux ne bougeaient pas d’un cil. Il comprit qu’il n’obtiendrait pas gain de cause et il ne jugea pas nécessaire de compter.
C’était bien là le problème des coalitions hétéroclites, elle étaient fragiles par nature.
- Qui s’oppose à la motion ?
Sans surprise aucune, les Défenseurs de la Vertu se levèrent avec enthousiasme, unis derrière leur leader.
Le chambellan annonça plus tard le résultat avec une jubilation non dissimulée car il appartenait lui aussi au culte.
- La motion est rejetée.
Les Défenseurs de la Vertu ne se privèrent de démontrer leur joie débordante aux rangs adverses, lançant des hourras provocateurs.
- Louée soit la Grande Déesse ! S’écrièrent certains.
Enler Mansur ne put se retenir de croiser les yeux de Contispex qui laissa flotter sur ses lèvres, un sourire suffisant.
Le chambellan réclama de nouveau le calme.
- Le Chancelier Suprême souhaite s’exprimer pour aborder le prochain point. Votre Excellence, fit-il en direction de Julius Contispex.
- Merci, chambellan. Sénateurs, j’aimerais vous faire part d’une annonce importante avant de débattre du thème suivant.
Le sang de Mansur se glaça lorsqu’il sentit le regard du Chef d’État peser sur lui. Il le dévisagea attentivement et crut discerner sur ses traits légèrement ridés, de la satisfaction emplie de cruauté. Ce n’était pas un présage favorable.
- Le Tribunal de la Foi a confirmé la destitution du sénateur Vemus d’Anaxès, appartenant à l’Honorable Fraternité. À l’instant où je vous parle, notre confrère est en train d’expier ses lourds péchés sur la Place du Pardon pour demander la miséricorde de la Déesse, devant le peuple uni de la République. Selon la loi d’Ostracisme, ses biens seront confisqués pour qu’ils puissent bénéficier aux enfants de la Déesse et aux déshérités. Ses proches, sa famille seront frappés d’inéligibilité jusqu’à la troisième génération incluse et ne pourront pas prétendre aux plus hautes fonctions au sein de la République.
La mine sombre de Mansur et de ses partisans de l’Honorable Fraternité traduisaient leur impuissance. Ils ne pouvaient rien faire pour secourir leur infortuné collègue. Tout comme ils n’avaient rien pu faire pour s’opposer à sa destitution votée par le même Sénat dans lequel ils siégeaient.
À cause de l’absence trop régulière du sénateur d’Alsakan et de ceux des autres mondes inféodés. l’alderaanienne surprit Kalad toujours en train de discuter avec la jeune femme alsakanie à ses cotés. Tali Organa doutait qu’il fasse quoi que ce soit pour s’y opposer. Mansur avait suivi le regard de sa meilleure amie.
- Nous ne pourrons pas compter sur lui, fit-il avec amertume.
Le commenorien fulminait devant l’étrange attitude passive de l’alsakani qui ne semblait pas se soucier plus que cela de l’état de la République. Il se demandait pourquoi il avait pris la peine de se déplacer aujourd’hui.
Qu’est-ce que cela cachait ?
Les Défenseurs de la Vertu acclamaient le Chancelier et certains prièrent même en joignant leurs paumes devant la poitrine.
- Louée soit la Déesse !
Julius Contispex laissa cette démonstration se prolonger, pour mieux savourer la déconfiture de ses ennemis.
- Il va de soi que le siège de sénateur d’Anaxès ne peut rester vacant éternellement, expliqua-t-il. Par conséquent, Anaxès nommera un nouveau représentant digne de lui que nous serons ravis d’accepter parmi nous !
Le message était clair pour l’Honorable Fraternité. Vemus serait remplacé par un pantin qui renforcerait les rangs de leurs adversaires, ce qui les affaiblirait eux-mêmes d’autant. Vemus n’était que le dernier en date d’une longue liste de sénateurs frappés d’indignité par le Tribunal de la Foi, à l’origine une commission sénatoriale créée unilatéralement à l’initiative du Chancelier Suprême pour lutter contre la corruption au sein de la République et de ses institutions.
Le Tribunal de la Foi avait pris de plus en plus d’importance au fil des années jusqu’à devenir une autorité pleinement sous contrôle du culte et de son impitoyable leader.
Les applaudissements cessèrent peu à peu jusqu’à ce que le silence fut total.
- Représentants de cette République que j’ai l’honneur de diriger avec humilité, reprit-il, nous avons accompli beaucoup de chemin ensemble. Certains d’entre vous doivent se souvenir de cette période décadente qui a précédé mon élection. Peut-être même que vous vous souvenez de mon prédécesseur, le Chancelier Pers’lya.
À l’évocation de ce nom tombé peu à peu dans l’oubli pour le commun des mortels, des moqueries fusèrent comme des rafales de blasters.
- J’espère qu’il pourrit bien là où il réside !
Les oreilles équines de la sénatrice Naite’fya se couchèrent sous le coup de l’indignation, puisqu’elle n’était autre que la nièce de l’ancien Chef d’État. Il était évident que Contispex la ciblait pour la déstabiliser.
- Pers’lya était l’incarnation de la décadence et de l’incompétence qui souillait la crédibilité de la République. Peut-être avez-vous oublié la Crise Alsakanie qui a mis en évidence les carences de sa gouvernance. Si un autre avait été élu à ma place, où en serait la République, aujourd’hui ?
- Aux mains de ceux qui ne la méritent pas ! Répondit un de ses partisans.
Il fur bruyamment approuvé par ses semblables. L’Honorable Fraternité riposta par des clameurs éloquentes.
- C’est vous que la République ne mérite pas, bande de fanatiques !
Les Défenseurs de la Vertu se redressèrent encore une fois.
- N’interrompez pas le Sage Suprême ! Ses mots sont sacrés !
- Silence ! Intervint le chambellan.
Son vœu fut exaucé et Julius Contispex put poursuivre.
- Oui, beaucoup de chemin a été parcouru mais il reste encore beaucoup à accomplir. J’aimerais tant faire encore pour cette République qui doit inspirer l’exemple pour tous les peuples. Continuer d’arracher les racines du mal, de la corruption encore profondément implantés dans notre société et dans le reste de la galaxie !
Les applaudissements des Défenseurs de la Vertu ponctuèrent sa déclaration.
- C’est pour cela que nous montrerons aux Hutts que leurs crimes et manigances ne resteront pas impunies. Nous savons que les lannik et les bothans résident à la lisière de leurs systèmes, comme tant d’autres peuples ! Et nous n’accepterons pas que ces gangsters infâmes plantent leurs griffes pour y semer les graines de leur hérésie !
Mansur et Organa échangèrent un regard dubitatif. Ils percevaient une intention cachée derrière son discours… mais laquelle ?
- C’est pour cela que je persuaderai l’amiral Hisku de prendre en compte les réclamations des bothans et de consacrer la Quatrième Flotte aux raids lancés par les pirates manipulés par ces ignobles barons du crime ! Et que je convaincrai la Commission des litiges économiques de faire pression sur les Guildes Marchandes afin que les lannik ne soient pas abandonnés face à leurs appétits !
- Oui, oui ! Bravo, bravo ! Loué soit le Sage Suprême !
La sénatrice Naite’fya et le sénateur Iyulk semblaient être partagés devant ces annonces inattendues. S’agissait-il de paroles en l’air ou de véritables déclarations d’intention ? Mansur et Organa avaient le même avis sur la question.
Ils doutaient de la sincérité de Contispex.
- La corruption est un mal profondément ancré au cœur de notre République, à cause de plusieurs décennies de laxisme et de laisser aller. Du travail a été accompli, et notre République devient de plus en plus assainie. Chaque mois, chaque semaine, chaque jour, sur Coruscant et sur d’autres mondes de la République, parmi ceux qui se prétendent être les plus dignes défenseurs des aspirations des peuples et de leurs droits, nombreux sont les menteurs à être démasqués par la lumière de la Grande Déesse et à se prosterner à ses pieds devant les citoyens pour implorer son pardon ! Chaque jour, des citoyens convaincus par notre juste combat nous rejoignent et nous soutiennent ! Ils croient en nous, les véritables défenseurs d’une République juste et sage !
- Loué soit le Sage Suprême ! La Déesse nous absoudra de nos péchés !
- Nous sommes destinés à arpenter le chemin de la Pureté pour accéder à la Vertu et pour cela nous devons montrer l’exemple, inspirer tous les citoyens !
Il interrompit l’élan de d’autres applaudissements.
- Mais tous ici dans cette assemblée, sont loin d’être des représentants vertueux. L’exemple du sénateur Vemus est une démonstration du péché présent parmi nous, nous ne pouvons plus longtemps le tolérer !
- Nous exigeons justement de voir les pièces à conviction qui accablent Vemus, cela appartient aux prérogatives des sénateurs ! Se lança courageusement Mansur.
Le commenorien nourrissait l’espoir de pouvoir faire annuler la condamnation de leur éminent confrère. Avant cela, il lui fallait affronter l’hostilité de ses anciens coreligionnaires toujours autant rancuniers.
- Comment ose-t-il interrompre le Chancelier sans y être autorisé ?
- Que ce chien Akk d’apostat s’étouffe dans son arrogance !
L’Honorable Fraternité répondit.
- Vous ne nous ferez pas taire !
- Nous sommes une démocratie ! Le sénateur Mansur a le droit de prendre la parole et de contester le Chancelier Suprême !
Une énième fois, les visages trahissaient une férocité bestiale presque débridée, traduite par des huées et des sifflets.
Le Chancelier reprit après quelques minutes d’interruption :
- La demande concernant les pièces à conviction accablant l’ex sénateur Vemus doit être soumise au Tribunal de la Foi.
- Et combien d’entre nous seront mis en accusation et traduits devant ce tribunal, avant que cette demande ne soit satisfaite ? Intervint la sénatrice B’lsak de Manaan.
Les traits de Contispex s’empourprèrent sensiblement de rage lorsqu’il reconnut la selkath qui avait tenté de s’opposer à son élection au plus fort de la Crise Alsakanie. Elle avait été désavouée publiquement, accusée même de trahison et elle s’était donc faite discrète, laissant au fil des années de nouveaux opposants émerger.
Elle était devenue l’un des plus grands soutiens non humains de l’Honorable Fraternité.
- Faites taire cette impure ! Cria un des supporters du Chancelier. Qu’on l’expulse !
Contispex leva un bras impérieux.
- La question de la sénatrice de Manaan montre le peu de confiance qu’elle possède dans l’impartialité du Tribunal de la Foi.
- Elle n’est pas la seule ! Renchérit Tali Organa. Comment pouvons-nous nous fier à un tribunal qui condamne arbitrairement sans respecter les droits élémentaires de la défense, et qui ne dépend plus de l’autorité du Sénat ?
Le Chancelier se dota alors de son sourire le plus agréable.
- Tout cela résulte seulement de la volonté des citoyens, sénatrice Organa. Des citoyens qui souhaitent voir leurs représentants répondre de leurs actes quand c’est nécessaire.
- Et c’est cela qui vous permet de promulguer des ordonnances à tout va, sur le fonctionnement de n’importe quelle commission. Pour qui nous prenez-vous ?
Les protestations véhémentes des Défenseurs de la Vertu s’élevèrent pour recouvrir les voix des défenseurs d’une démocratie aux pieds d’argile.
Le chambellan perça de sa voix :
- Sénateurs, laissez parler le Chancelier !
Mansur frissonna quand il le surprit en train de se parer d’une expression cruelle.
- Comme je le disais, tous les sénateurs prétendant défendre les intérêts des citoyens humbles et travailleurs, ne sont pas vertueux. Si la Grande Déesse le veut, nous démasquerons les imposteurs un à un pour qu’ils soient traduits en justice ! C’est pour cela que je propose de soumettre au vote la mise en accusation du sénateur… Enler Mansur de Commenor !
Un silence de mort accueillit cette annonce détonante et tous les regards convergèrent vers l’intéressé pour guetter sa réaction. Le moins que l’on puisse dire, est que celui-ci avait été frappé en plein coeur.
Il mit du temps à se reprendre, se nourrissant de sa propre combativité.
- Pourquoi une mise en accusation, je vous prie ?
Julius Contispex ne répondit que par un mutisme froid et inhumain, se délectant de l’angoisse visible de son plus sérieux rival politique. L’Honorable Fraternité, un instant frappée de stupéfaction, réagit enfin avec virulence.
- C’est de l’abus de pouvoir !
- Le vote ! Nous exigeons le vote ! Destituons enfin cet apostat et faisons-le expier comme les autres sur la Place du Pardon !
Le commenorien, fortement ébranlé, sentit la main douce de sa camarade alderaanienne serrer son épaule.
- Nous ne les laisserons pas faire, lui souffla-t-elle.
Il se doutait qu’elle cherchait à le réconforter, elle n’était sans doute pas en mesure de tenir cette promesse. Le sénateur d’Alsakan s’agita subitement et glissa quelques mots à la jeune femme. Celle-ci alla trouver comme précédemment les autres dignitaires affiliés, leur transmettre les consignes.
À peine était-elle revenue à sa place, que le chambellan lança :
- Qui est pour la destitution et la mise en accusation devant le Tribunal de la Foi, du sénateur Enler Mansur ?
À l’unanimité, les Défenseurs de la Vertu élevèrent la main, tous souriant aux éclats, certains de la chute de leur ancien coreligionnaire.
- Qui est contre ?
L’Honorable Fraternité se dressa pour soutenir son porte parole. Tout comme les sénateurs non humains. Mansur se cacha la figure entre ses mains pour ne rien laisser paraître de son accablement. Il savait que cela ne serait pas suffisant pour le sauver.
De nouveau, la main douce de Organa secoua son épaule.
- Regardez ! Fit-elle vivement.
Son éclat fut accompagné de d’autres exclamations de surprise lorsque Hassan Kalad se dressa dignement pour lever la main. Imité sans restriction par les autres sénateurs des autres mondes alliés à Alsakan.
Le coeur du commenorien devint plus léger, libéré d’un étau oppressant. Le nombres de votes négatifs était supérieur à celui de votes positifs. Des grognements furent émis des rangs d’en face et un Défenseur de la Vertu lança à la volée :
- Peuh ! Cela ne m’étonne pas des alsakanis !
Le regard de Julius Contispex dériva vers le sénateur d’Alsakan qui lui décocha en retour un sourire poli. Le Chancelier Suprême n’allait pas oublier ce camouflet de sitôt, il était même possible qu’il fasse part de son ressentiment à l’égard du Premier Régent Orin Melok.
C’était le cadet des soucis de Mansur qui exprima son soulagement à sa collègue.
- Je devrais aller sans doute le remercier.
- Il ne nous a pas aidé de manière désintéressée, confia-t-elle prudemment.
Le chambellan annonça à regrets :
- La motion est rejetée.
L’Honorable Fraternité acclama à tout rompre, histoire de titiller davantage la susceptibilité des Défenseurs de la Vertu, visiblement pris de court par l’intervention du sénateur d’Alsakan. C’était une victoire, certes provisoire.
Une victoire inattendue contre Contispex, qui la ruminerait pendant un certain temps. Les traits de ce dernier étaient fermés et Mansur pouvait sentir le poids de sa colère. Lui-même savait fort bien que ce n’était que partie remise.
Il n’était pas bon de s’attirer les foudres d’un tel homme. Il leur fallait craindre une riposte, ils devaient rester sur leurs gardes.
Peu de temps après, le chambellan ajourna la séance et les débats furent suspendus jusqu’à demain.
Mansur tenta d’accrocher le regard de Hassan Kalad qui l’évita soigneusement.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire part de vos retours, concernant par exemple le nom des deux factions opposées au Sénat :sournois: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 04 février 2020, 20:21

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite!

On continue encore et toujours sur la politique :sournois: !

Héhé... :diable:

Les sénateurs se dispersèrent dans le large corridor qui menait à la sortie, débouchant sur la Place du Pardon. Les Défenseurs de la Vertu ne s’attardèrent pas, pressés de rentrer chez eux ou d’assister à des cérémonies religieuses.
L’Honorable Fraternité et des sénateurs non humains ne ressentaient pas la même hâte, éprouvant un sentiment de sécurité relatif à l’intérieur de l’édifice. Ils occupèrent le couloir, par grappes, engloutis dans de vives discussions à propos de tout ce qui s’était passé.
Bien qu’ils bénéficiaient de l’immunité parlementaire, les chuchotements dans divers dialectes suggéraient qu’ils appréhendaient que les murs eux-mêmes les épient. Mansur et Organa avaient rejoint la sénatrice B’lsak, qui tentait de lisser sa longue tunique trouée et crasse. Les bajoues de la Selkath continuaient d’être agités de tremblements.
Tali Organa confirma au commenorien qu’elle avait activé le brouilleur portatif enroulé discrètement autour de son poignet. Une précaution élémentaire en cette période dangereuse. Mansur encouragea la non humaine à lui raconter ce qui lui était arrivé. Cet appareil filtrerait leurs paroles en une symphonie désaccordée et inaudible au-delà d’un rayon de deux mètres, à moins que les troubles fêtes ne disposent d’appareils pour passer outre le brouillage.
- Ils organisaient encore une de leurs cérémonies sur la Place du Pardon, expliqua-t-elle. Les Disciples de Hapos bloquaient toutes les avenues, il m’a fallu les contourner.
- Et des suprémacistes humains vous sont tombés dessus, devina Organa.
La Selkath tourna la tête vers les autres groupes de sénateurs.
- Mes deux gardes du corps ont réussi à m’exfiltrer jusqu’à l’entrée du Sénat. J’ai bien cru ma dernière heure arrivée. Je n’avais jamais fait face avant à un tel déchaînement de haine contre moi.
- Nous vous ferons appeler un véhicule pour que vous puissiez rentrer en sécurité, lui proposa le commenorien.
Elle s’inclina respectueusement.
- Je vous en suis très reconnaissante mais je crains fort par les temps qui courent, que personne parmi nous ne soit vraiment en sûreté.
Elle faisait bien évidemment allusion à la tentative de destitution avortée dont il avait fait l’objet.
- Oui, je l’ai échappé belle.
- À votre place, beaucoup auraient jeté l’éponge ou démissionné.
Le commenorien secoua la tête.
- Si je m’abaisse à cette extrémité tout comme l’ensemble de l’Honorable Fraternité, quel message enverrions-nous à ceux qui espèrent une alternative à la dictature en cours ?
La Selkath secoua ses bajoues, pour traduire toute son estime.
- Nous avons de la chance de pouvoir compter sur vous, sénateur Mansur, sénatrice Organa. Il n’est pas facile d’être une non humaine.
- Croyez-moi, sénatrice B’lsak, il n’est pas plus évident d’être des humains amis avec des non humains, renchérit l’alderaanienne.
La Selkath retroussa ses lèvres montrant ses rangées de dents de cétacés parfaitement alignées et cristallines, en guise de sourire. La créature aquatique prit finalement congé de ses deux collègues, qui la regardèrent contourner les autres groupes de dignitaires.
- J’espère qu’il ne lui arrivera rien sur le chemin du retour, pria le commenorien.
- L’orage ne frappe jamais deux fois au même endroit.
- Sur Alderaan, peut-être, s’amusa Mansur. Sur Coruscant, j’ai des doutes.
- L’orage est considéré dans certaines cultures comme la manifestation de la colère divine, lança tout à coup une voix derrière eux.
Avant même de daigner pivoter vers le nouveau venu, les deux amis avaient identifié cette tonalité suave empreinte d’une roublardise savamment distillée.
- Chancelier Suprême, vous me pardonnerez volontiers si je ne partage pas votre vision mystique de l’interprétation des éléments naturels.
Julius Contispex escorté des deux Disciples de Hapos, freina face à eux, les mains croisées dans le dos. Il bomba le torse et les darda de son regard d’airain, espérant sans doute les faire fléchir et leur faire détourner les yeux.
Peine perdue, ses deux opposants refusaient de s’incliner.
- Vous l’avez partagée jadis, sénateur Mansur. Peut-être le pourriez-vous à nouveau.
- N’y comptez pas, répliqua l’autre fermement. J’ai compris qui vous étiez et ce que vous représentiez vraiment.
Le Chef d’État abandonna son masque avenant pour arborer une expression glaciale et son regard luit d’une férocité calculatrice.
- Si tel est le cas, vous auriez pris la même décision avisée que votre père qui a eu la sagesse de se retirer au bon moment.
Il tentait de le déstabiliser, c’était manifeste. Mansur avait compris le but de la manœuvre mais il ne put se retenir de serrer les dents lorsqu’il songea à son paternel retiré dans la grande ville familiale, voûté et brisé par un homme impitoyable et avide de pouvoir.
Le même auquel il faisait face.
- Je n’abandonnerai pas aussi facilement que lui.
Contispex accorda un sourire hypocrite à son opposant.
- Soit, sénateur. Vous devriez tout de même envisager cette option avec beaucoup de sérieux, surtout après ce qui vient de se passer. Il aurait été fort dommage que vous subissiez le même sort que Vemus. Saviez-vous à ce propos, que j’ai assisté à son expiation sur la Place du Pardon avant d’arriver ? C’était un spectacle de toute beauté, quel dommage que vous l’ayez raté, vous auriez apprécié.
- Nous ne goûtons pas ce genre de spectacle navrant, répliqua la sénatrice Organa. Vous contribuez à donner une piètre image de la République.
- Vous seriez étonnée, sénatrice Organa, de voir beaucoup de citoyens apprécier que ceux qui les dirigent ne sont pas si intouchables que cela. Nous n’abaissons pas la République, nous la relevons en l’extirpant de la décadence dans laquelle les dirigeants précédents l’ont plongé. C’est ce que les citoyens approuvent et je comprends que cela vous déplaise.
- Vous manipulez ceux qui peuvent être trompés et terrorisez les autres, ce n’est pas cela gouverner avec sagesse, trancha le commenorien.
- Et c’est pour cela que l’Honorable Fraternité continuera de s’opposer à vous, ajouta Organa. Nous montrerons que la République mérite mieux que vous.
Julius Contispex haussa les épaules puis les dépassa sans leur adresser plus d’attention que cela. Au bout d’un mètre, il lança par-dessus son épaule.
- Bien entendu, vous ferez comme vous l’entendrez. Prenez garde cependant à ne pas trébucher, vous pourriez ne pas vous en relever. J’espère pouvoir compter sur votre soutien lors des prochains débats sur les mesures coercitives que nous imposerons aux Clans Hutt suite à leurs incursions indésirables dans l’Espace Bothan.
- Incursions que vous avez sciemment provoquées avec le déploiement de la Quatrième Flotte. Alors pourquoi êtes-vous si convaincu que nous vous soutiendrons ? L’interrogea Mansur.
- Parce que beaucoup au Sénat, y compris vos partisans, pourraient croire que vous entretiendriez des liens de familiarité avec pareille vermine. Cela entamerait durablement votre crédit, vous ne pensez pas ?
Sans qu’il ne se retourna vers eux deux, il laissait poindre une intense satisfaction. Organa d’une pression discrète au niveau du coude, dissuada son collègue de répondre.
- Que la Déesse vous bénisse et vous absout de vos péchés. Cette conversation était plaisante.
Plaisante. Ce n’était certainement pas le sentiment dominant qu’éprouvaient les deux membres de l’Honorable Fraternité à cet instant, tandis que le Chancelier Suprême s’éloignait d’eux, forçant les autres sénateurs à s’écarter de son chemin.
Les regards à la dérobée traduisait leur terreur instinctive devant un individu si nauséabond qui usait et abusait de menaces et de moyens de pression à volonté. Mansur maîtrisa finalement la rage qui le faisait bouillonner après avoir fait l’objet de ses menaces.
- Je donnerais la consigne à l’Honorable Fraternité de voter contre la moindre mesure d’embargo à l’encontre des Hutt, asséna-t-il avec fermeté.
- Je suis d’accord, répondit l’alderaanienne.
Le sénateur d’Alsakan franchit le rayon de brouillage à leur insu puis leur déclara pour attirer leur attention.
- Je pense au contraire que vous devriez suivre son conseil.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :wink: !

Allez à la prochaine pour la suite!

Et ce sera encore de la politique pour un bout de temps :sournois: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 10 février 2020, 21:29

Bonsoir c'est l'heure de la suite!

(Encore) de la politique!!!!! :sournois:

Héhé, il est temps de découvrir ce que le sénateur Kalad a à dire aux deux autres opposants de Contispex!

Tous deux se tournèrent de concert vers Hassan Kalad qui les salua de son sourire le plus amical, malgré ses traits sévères. Il était accompagné comme toujours de la jeune femme alsakanie vêtue de ce qui ressemblait à un uniforme militaire des Forces de Défense de son monde natal. Ses cheveux frisés retombaient en queue de cheval derrière sa nuque, et son sourire éclaira à son tour ses traits finement ciselés pendant qu’elle se tenait fièrement face à eux.
Hassan tendit la main et les deux membres de l’Honorable Fraternité sentirent leurs doigts broyés par une poigne solide. Malgré ses soixante dix ans dépassés, le vieil alsakani manifestait encore une certaine vigueur.
Il invita sa compatriote à s’approcher.
- Sénateur Mansur, sénatrice Organa. Permettez-moi de vous présenter Tina Ap Token, Conseillère de l’Archaiad, détachée auprès de moi comme assistante par le Premier Régent. Elle possède également le privilège d’être l’aide de camp de l’amirale Carmina Delinki.
Tina Ap Token inclina le buste.
- C’est un honneur, fit-elle avec simplicité.
- Ne seriez-vous pas la fille de l’amiral Bilel Ap Token ? Demanda Ogana.
- C’est exact, sénatrice.
La vieille femme se pencha alors pour lui serrer chaleureusement la main, ce que la jeune alsakanie accepta sans réserve.
- J’ai rencontré votre père à un colloque sur Alderaan, des années avant la Crise. Il possédait un sens aigu de l’honneur. J’ai été peinée d’apprendre sa disparition.
- Merci, sénatrice. J’espère pouvoir marcher sur ses traces, c’était un homme dévoué à son peuple.
- Je suis heureuse de vous l’entendre dire, son héritage doit vous tenir très à coeur.
Le sénateur d’Alsakan profita pour rebondir sur cette remarque.
- Tout comme l’avenir de la République importe à l’Honorable Fraternité.
Le commenorien fronça les sourcils, pour masquer sa perplexité.
- Certainement plus à nous qu’à vous, sénateur Kalad.
L’alsakani soutint son regard perçant.
- Je vous demande pardon ?
- Vous n’avez pas soutenu ma motion contre le Chancelier.
Kalad hocha la tête, d’un air désolé.
- C’est vrai, je vous l’accorde. Tout comme il est vrai, que j’ai contribué à faire recaler la motion visant à vous destituer et à vous mettre en accusation devant le Tribunal de la Foi.
Mansur se mordit discrètement la lèvre inférieure.
- Veuillez m’excuser, concéda-t-il de bon coeur.
- Je vous en prie.
- Cependant, pourquoi m’avoir aidé ? Ce n’est pas dans vos habitudes de vous opposer ouvertement au Chancelier Suprême.
La réponse du vieil alsakani soulignait sa force de conviction.
- Parce que vous incarnez mieux que personne, avec Tali Organa, la République. Ce qu’elle a été jadis et ce qu’elle pourrait redevenir, ce qu’elle doit redevenir. Pour le bien de tous.
Le compliment réconforta Enler Mansur, qui se demandait s’il n’avait pas trop vite jugé le représentant d’Alsakan.
- Vous vous rendez compte que le Chancelier Suprême gardera une rancune tenace contre vous ? Fit remarquer l’alderaanienne.
- Eh bien, c’est l’avantage d’être le père d’un Chevalier Jedi. Cela m’octroie certains privilèges, sans parler du fait que notre peuple bénéficie d’une certaine autonomie au sein de la République. Je doute que Contispex soit assez stupide pour lancer de quelconques représailles contre nous.
- Il a des alliés comme le Premier Régent qui est loin d’être votre ami, releva le commenorien.
- Tous sur Alsakan ne soutiennent pas le Premier Régent, le souvenir de l’amiral Ap Token et de la Crise reste présent dans notre mémoire.
Kalad glissa alors la main gauche dans la longue manche de sa tunique flottante vert marécage, avec un coup d’oeil appuyé.
- Je sais que votre brouilleur est activé, sénatrice Organa, lui fit-elle. Me permettrez-vous d’allumer le mien ?
Elle s’inclina pour lui accorder son autorisation.
- Deux précautions valent mieux qu’une, sénateur Kalad.
- Je vous en sais gré.
Mansur et Organa pressentirent que la suite de la conversation allait se révéler plus intéressante encore et que personne dans le quatuor n’avait intérêt à ce qu’un autre tiers douteux ne l’intercepte et en comprenne la moindre bribe. Tina Ap Token se détacha légèrement du groupe et commença à déambuler au hasard dans le grand corridor, entre les amas modestes de sénateurs toujours affairés à échanger leurs points de vue.
Dans une tension palpable, il fallait le reconnaître.
L’intention de la jeune femme n’était pas tant d’écouter leurs paroles que d’espionner ceux ou celles qui manifestaient trop de curiosité envers le trio de sénateurs, alsakani, alderaanien et commenorien. Mansur fut le premier à jeter le morceau de duracier dans la mare.
- Pourquoi êtes-vous venu aujourd’hui, Kalad ? Je doute que ce soit le fruit du hasard.
Son confrère exprima sur ses traits la malice d’un garnement incorrigible.
- Je savais que Contispex allait tenter de vous destituer aujourd’hui ou dans les jours prochains. Je ne pouvais pas laisser faire ça.
- Je ne suis pas si indispensable que ça, se défendit l’intéressé. Je ne suis qu’un défenseur parmi tant d’autres de la démocratie.
- Que vous le vouliez ou non, vous êtes devenu un symbole. Vous avez appartenu au culte Pius Dea et vous avez crée l’Honorable Fraternité, voilà pourquoi vous êtes maintenant une cible à abattre.
- Les symboles sont dangereux par les temps qui courent.
Le regard de Kalad arbora une intensité insistante.
- Pour les citoyens, vous symbolisez l’espoir de temps meilleurs à venir. C’est pour cela que je n’ai pas soutenu votre motion.
- Mais cela aurait permis justement de sauver la République ! S’écria le commenorien, excédé de ne pas avoir compris l’abstention de l’alsakani sur cette question.
Les brouilleurs permettaient de métamorphoser les mots en un chapelet strié de parasites, mais pas d’enfouir les éclats de ce genre. Voilà pourquoi Organa lui agrippa vivement le poignet pour lui intimer de garder son calme.
- Doucement.
Le commenorien reprit le contrôle de ses nerfs.
- Le destituer était la meilleure chose à faire.
- Vraiment ? Ponctua sévèrement son interlocuteur. Savez-vous au moins à qui vous avez affaire ? Pensez-vous que Contispex soit le genre de politicien à se laisser destituer sans broncher ?
Devant son silence, il enfonça le clou.
- Je sais que que vous siégiez tous les deux au Sénat depuis ce matin mais je peux vous affirmer que des centaines d’adeptes se sont rassemblés sur la Place du Pardon pour exécuter leurs sentences en public. Les Disciples de Hapos.
À la mention de ce nom qui désignait le bras armé du culte, le chef de file de l’Honorable Fraternité sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale.
- Vous voulez dire que si la motion contre Contispex avait abouti, celui-ci les aurait appelés à l’aide, commença Organa qui ne souhaitait pas envisager la pire hypothèse.
- Des centaines de fanatiques auraient envahi le Grand Hall et votre motion aurait été noyée dans un bain de sang.
Mansur secoua la tête, réalisant la sincérité des propos de son homologue.
- On aurait du s’attendre à une telle réaction de la part de Contispex, avoua Tali Organa. Vous nous avez donc sauvés deux fois.
- Inutile de me remercier, s’empressa d’ajouter l’alsakani d’un ton affable.
Le commenorien pratiquait cependant la politique depuis bien trop longtemps, pour pressentir que leur nouvel ami gardait certaines de ses pensées pour lui. Dans un milieu comme le Sénat, les secrets étaient une arme à double tranchant.
- Comment étiez-vous certain que Contispex demanderait ma tête au Sénat ? L’interrogea-t-il avec insistance.
- Disons que je possède mes propres sources, en coopération avec une amie commune, la sénatrice Lonleth B’lsak.
Instinctivement, les deux compères de l’Honorable Fraternité se tournèrent un instant vers la direction dans laquelle ils avaient vu disparaître la selkath. Mansur dévisagea de nouveau les traits de Kalad mais le sourire courtois de celui-ci signifiait qu’il ne souhaitait pas s’étaler sur le sujet.
- Ne croyez pas que je ne vous fais pas confiance, tenta-t-il de tempérer.
- Ce n’est rien, Kalad. Nous aurions fait de même à votre place mais j’aimerais comprendre une dernière chose.
- Je vous écoute.
Les sourcils de Mansur s’arquèrent sensiblement, il souhaitait obtenir une réponse satisfaisante.
- Pourquoi agir maintenant ?
Il avait asséné ce dernier mot et Hassan Kalad le perçut aisément. Cette fois, il ne pourrait pas le contenter avec une demi-vérité.
- Quelque de chose de terrible se trame.
- Quoi donc ? S’enquit l’alderaanienne qui vérifia que son brouilleur fonctionnait toujours.
- Nous y travaillons.
- Attendez, vous êtes en train de nous dire que vous avez réussi à infiltrer un agent dans l’entourage proche du Chancelier ?
- Je ne peux pas répondre à cette question.
Les deux sénateurs le comprirent évidemment pour des raisons de sécurité. Kalad en avait déjà trop dit dans un lieu si public et il serait bientôt l’heure de se séparer pour ne pas attirer l’attention plus que cela.
- Nous nous reverrons très prochainement, leur promit-il.
- Devons-nous vous recontacter dans ce cas ? Lui proposa le commenorien.
- C’est moi qui vous recontacterai.
- Par quel moyen ?
Encore une fois l’alsakani se fendit d’un sourire malicieux.
- Comme je vous le disais, il y a des avantages à être le père d’un Jedi. Portez-vous bien jusqu’à notre prochaine discussion.
- Et que devons-nous faire jusque là ?
- Continuez à venir au Sénat comme d’habitude, continuez à dénoncez la politique du Chancelier mais ne vous opposez pas aux mesures qui seront prises contre les Hutts.
- Pourquoi ?
Le sourire de Kalad s’évapora.
- Mon peuple a un dicton. Pour ne pas se faire mordre par l’aigle à deux têtes, il faut endormir sa méfiance.
- Vous nous demandez de le soutenir ? Éructa Mansur.
- Je vous demande seulement de faire preuve de finesse, répliqua Kalad. L’orage approche et nous devons nous y préparer.
À cet instant, Tina Ap Token revint à sa hauteur pour lui signaler à voix basse :
- Rien à signaler.
D’un hochement de tête, les deux alsakanis prirent congé de leurs camarades. Mansur les observa s’éloigner avant de se pencher vers Organa.
- Vous pensez qu’il est digne de confiance ?
- Si ce qu’il prétend est avéré, nous le saurons bien assez vite, affirma-t-elle.

Voilà, j'espère que cela vous aura plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :cute: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

Pius Dea!!!

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 19 février 2020, 20:43

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Et on termine donc par de la politique :sournois: !

Héhéhé, Contispex! :diable:

Tina Ap Token attendit qu’il soient suffisamment éloignés pour poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Il suivra votre conseil ?
Kalad la fixa un bref moment avant de hausser les épaules.
- Avec réticence, se contenta-t-il d’affirmer.
Le regard de la jeune femme embrassa la largeur du corridor au fur et à mesure de leur progression, comme si elle craignait une attaque quelconque. Ils croisèrent sur le chemin des Défenseurs de la Vertu qui s’étaient attardés et qui ne se privèrent pas d’exprimer leur mépris et leur hostilité au vieil homme.
- Traître ! Lança l’un d’eux.
- C’était une erreur de vous avoir intégré dans la République, bande d’ingrats ! Déclara un second. Après tout ce que le Chancelier a fait pour vous !
Kalad les ignora royalement tandis que sa compatriote se plaça derrière lui pour le préserver de toute atteinte à son intégrité physique. Une précaution qui s’avéra heureusement inutile.
- Sénateur…
- Allons, Tina, ils ne nous feront rien, la rassura-t-il. Et ce n’est pas d’eux dont nous devrions le plus nous inquiéter dans l’immédiat.
La Conseillère de l’Archaiad comprit à qui ils faisaient allusion lorsqu’ils débouchèrent de l’entrée principale qui leur permettait de dominer depuis les escaliers, la Place du Pardon. Un échafaud sinistre y trônait toujours, bien que les Disciples de Hapos aient visiblement terminé pour aujourd’hui leur cérémonie. Les adeptes de sinistre réputation commençaient à chasser les badauds de la place à coups de martinets électriques pour les forcer à s’écarter du chemin du Chancelier Suprême.
Entouré de plusieurs dizaines de Défenseurs de la Vertu, le maître impitoyable de la République et pourfendeur de la démocratie reçut les hommages du prêtre du culte, qui avait mené la cérémonie de bout en bout.
Si on pouvait qualifier de cérémonie, cette terrifiante mascarade visant à châtier les soit disant ennemis de la République et de son peuple, pour mieux terroriser ceux ou celles qui songeraient à se rebiffer contre la clairvoyance du Sage Suprême.
Le Chef d’État salua à son tour le prêtre et prit ses mains dans les siennes.
- Encore une fois, la Déesse a éclairé le chemin vers la Vertu aux égarés et aux impurs, Sage Suprême.
- Comme toujours, Prêtre Imesais, votre zèle honore tous nos frères et sœurs. Grâce à vos efforts, nous créerons une société parfaite, délivrée du vice et de l’immoralité.
- C’est notre vœu le plus cher.
Le sénateur et son assistante échangèrent un regard anxieux.
- Nous devrions attendre à l’intérieur, le temps qu’ils se dispersent, lui proposa-t-elle.
Tina Ap Token fut prise au dépourvu lorsqu’il lui répondit.
- Non, allons-y.
- Mais ils vont nous tomber dessus ! Protesta-t-elle.
Il lui serra le coude avec une tendresse paternelle.
- Faites-moi confiance, la pria-t-il.
- Que les Lunes de Cristal soient avec nous, soupira-t-elle finalement.
Elle vérifia un instant que le mini blaster qu’elle dissimulait dans sa manche était prêt à l’emploi avant de confirmer :
- Je suis prête.
Ils descendirent les marches avec circonspection, conscients que sur Coruscant même, ils piétinaient les plates bandes des démons. Ils tentèrent de se frayer un passage à travers la Place du Pardon, dépassant un à un les Disciples de Hapos qui ne leur témoignaient que peu d’intérêt. Il n’était pas évident pour Tina de garder son calme.
Chez le sénateur qu’elle escortait, seule une discrète crispation de la mâchoire au coin des lèvres trahissait sa nervosité.
Les deux alsakani sentaient dans l’atmosphère ce mélange d’effroi silencieux et de haine profonde qui ne demandait qu’à se changer en bestialité aboutie. Leur peau se hérissait à cause de cette tension électrique qui palpitait autour d’eux.
Les vautours multak somnolaient mais un brin d’herbe suffirait à les réveiller. Ils parvinrent néanmoins à atteindre leur landspeeder garé au croisement de deux avenues à gauche de l’édifice du Sénat.
Les deux gardes du corps alsakanis postés devant, parurent soulagés de revoir le dignitaire sain et sauf. La main sur le holster, ils l’encadrèrent aussitôt pour lui permettre de monter dans le véhicule. Ce qu’il s’apprêtait à faire quand une voix suave et terriblement familière coupa son élan.
- Sénateur Kalad, puis-je m’entretenir avec vous ?
l’alsakani se tourna à regrets vers le Chancelier Suprême qui l’avait rattrapé subrepticement, escorté de cinq Disciples de Hapos. Il n’en serait pas inquiété outre mesure si des centaines d’autres adeptes du culte orthodoxe ne traînaient pas encore sur la place devant le siège du Sénat.
- Bien entendu, votre excellence. Je suis au service de la République.
- Ah oui ? s’étonna l’intéressé. Je n’en suis pas si convaincu après que vous vous soyez opposé à la destitution du sénateur Mansur.
- Être au service de la République implique de savoir faire partager des opinions divergentes pour rendre les débats constructifs.
Les yeux du Chef d’État se plissèrent d’une irritation accrue.
- Votre présence au Sénat m’a beaucoup surpris, Kalad, mais vous vous doutez que ce n’est pas ce qui m’a le plus désappointé.
- Vous m’en voyez fort navré.
- Cessez cette hypocrisie et ces platitudes.
Le ton de Contispex devenait bien plus tranchant et le vieil alsakani quitta cette affabilité de façade pour afficher une résolution distante et inébranlable. Il ne prononça pas un seul mot, le laissant poursuivre.
- Vous avez commis une erreur en me défiant, le prévint-il. Vous pouvez être certain que j’en informerai le Premier Régent.
Hassan Kalad arbora une fausse moue.
- Allons, évitons de monter sur nos grands banthas, voulez-vous ? Quel dommage si on n’a plus le droit de s’amuser.
- Je vous demande pardon ? s’exclama son interlocuteur.
L’alsakani savoura son incertitude devant sa déclaration en apparence hors de propos. Il sentit aussi l’étonnement de Tina Ap Token à travers le regard interrogateur qu’elle lui lança.
- Je suis un vieil homme éloigné de son monde natal et même sur Coruscant, je n’ai malheureusement pas beaucoup de distractions. Alors je tue le temps comme je peux, et mes quelques passages au Sénat m’ont convaincu que le sénateur Mansur est un homme qui me distrayait beaucoup.
Comprenant que le vieux sénateur se payait sa tête, Contispex rugit entre ses dents :
- Vous trouvez ça drôle, espèce de vieux fou ? Eh bien, croyez-moi, vous rirez beaucoup moins quand le Premier Régent vous aura rappelé et dépossédé de votre charge. Vous deviendrez ainsi ce que vous étiez destiné à être… un parasite insignifiant ! Et ne croyez pas un seul instant que votre fils Jedi vous sera d’un quelconque secours !
Kalad arqua un sourcil vers le haut, prenant l’expression de quelqu’un de choqué par une telle virulence.
- Voilà un emportement qui n’est pas digne de votre charge, se permit-il avec une once de condescendance. Et pour revenir au sujet que vous venez de soulever, il serait fort intéressant de voir dans les jours qui suivront si le Premier Régent Orin Melok satisfera votre vœu de me voir redevenir un parasite insignifiant.
- Vous apprendrez que j’obtiens toujours ce que je veux, sénateur Kalad. La Déesse vous fera chuter de votre piédestal et ce jour-là, vous vous en repentirez.
- Oh, je vous crois mais je doute que cela arrive aujourd’hui.
Le Chef d’État serra les dents, dépité d’être ainsi contrecarré sans parvenir à prendre le dessus sur son adversaire. Un instant, Tina Ap Token crispa les doigts sur son arme de poing, dissimulée dans sa manche, croyant qu’il allait autoriser ses adeptes à lui tomber dessus.
- Nous n’en avons pas fini, lâcha-t-il finalement avant de se détourner avec ses partisans.
Les quatre alsakanis restèrent sur leurs positions, voulant s’assurer qu’ils ne risqueraient plus rien. Puis ils montèrent dans le landspeeder, qui démarra et s’enfonça dans l’une des grandes avenues de la Cité Galactique.
Kalad ordonna au conducteur.
- Amenez-nous au statioport le plus proche.
- Bien, monsieur.
Tous étaient soulagés de s’éloigner de la Place du Pardon, même si la secte continuait de manifester sa présence oppressante par des rassemblements aléatoires et impromptus en plein milieu de la chaussée, afin de maintenir une pression visible et constante sur la population.
Ils furent obligés de les contourner et de perdre du temps.
- Vous voulez que je rentre sur Alsakan.
Kalad accrocha le regard de la jeune femme qui avait émis cette observation, assise à coté de lui, à l’arrière du véhicule.
- Julius Contispex, pour notre plus grand malheur et celui de la République, appartient à ceux qui pensent ce qu’ils disent et font ce qu’ils disent. En tant que Conseillère de l’Archaiad, j’ai besoin de vous là-bas pour me couvrir. N’hésitez pas à demander l’assistance de l’amirale Delinki si le besoin s’en fait sentir.
Elle n’eut pas besoin d’une explication approfondie, elle avait compris quelle était sa mission. Influencer l’Archaiad suffisamment pour empêcher le vote de la déchéance de Hassan Kalad qui serait inévitablement proposée par le Premier Régent, au conseil aristocratique.
- Et cela vous permettrait de revoir votre mère ainsi que quelques uns de vos amis proches.
Elle esquissa un sourire entendu.
- Merci, sénateur.
- Les amis sont une denrée précieuse en ces temps difficiles. Tout comme la famille.
- Vous êtes devenu ma deuxième famille après la mort de mon père, lui concéda-t-elle avec une reconnaissance appuyée.
- Il doit vous manquer beaucoup, fit-il remarquer.
Une lointaine tristesse embua les prunelles sombres dorées de la jeune alsakanie. Ils ralentirent devant l’entrée du statioport et il se pencha pour lui prodiguer encore quelques consignes alors qu’elle observait des cargos de fret et des transports de voyageurs atterrir sur les quais, et d’autres qui les croisaient en décollant dans les rugissements de propulseurs ioniques.
Pourquoi le soleil resplendissait-il au-dessus du cœur battant d’une République paralysée par la peur et empêtrée dans le carcan d’une secte obscure ?
Ce n’était pas juste, pensait-elle.
- Tina ?
- Sénateur ?
Elle s’aperçut qu’il lui tendait une large cape magenta surmontée d’un capuchon. Elle descendit du landspeeder et s’en revêtit, camouflant son crâne pour plus d’anonymat. Il lui tendit une bourse de crédits à son étonnement.
- Sénateur, je peux emprunter le vaisseau consulaire pour gagner du temps.
- Non, décida-t-il fermement. Il ne servira à rien de gagner du temps si vous atterrissez sur Alsakan en attirant l’attention. Le Premier Régent sera sur ses gardes et déclenchera le vote sans que nous ne puissions faire quoique ce soit pour l’empêcher. Nous vivons une époque dangereuse et la moindre imprudence peut nous coûter cher. Vous devez embarquer sur le premier transport qui décollera.
- Oui, sénateur.
Elle s’apprêta à se détourner avant de se raviser.
- Sénateur ?
- Conseillère ?
- Si je fais tout cela, ce n’est pas seulement pour vous.
Perspicace, il devina sa pensée aux larmes qui s’écoulaient sur ses joues fines. Depuis qu’il l’avait recueilli avec sa mère dans sa maison, il avait appris à la considérer comme sa fille. Mais rien ne pourrait lui faire oublier de son défunt père, le regretté amiral Ap Token.
Jamais.
Il le sut lorsqu’il surprit cette flamme de détermination briller au fonds de son regard. Il sentait brûler en lui, cette braise semblable.
- Votre père était mon ami, nous obtiendrons justice le moment venu, lui promit-il avec ferveur.
- Merci, sénateur.
Elle sécha ses larmes et tourna abruptement les talons pour se diriger vers l’entrée du satioport, se faufilant entre les véhicules personnels, les airspeeders officiels et les taxis qui avançaient au rythme d’un escargot Yilm.
D’un geste de la main, Kalad intima au chauffeur de démarrer. Celui-ci contourna l’embouteillage puis demanda :
- Nous retournons à l’ambassade ?
- Pas encore, allons au Temple Jedi.
Le garde alsakani manifesta une légère surprise.
- Ils ne vous laisseront jamais entrer facilement, monsieur.
L’autre glissa un sourire malicieux.
- Vous découvrirez vite qu’il y a quelques avantages à être le père d’un Jedi. Ils n’oseront pas me refuser de me laisser voir mon fils.
Il se détendit dans son siège, fixant distraitement les quelques nuages sombres qui s’amoncelaient au loin, vers le sanctuaire de l’Ordre Jedi.
Il était temps de convaincre certaines factions en dehors de l’arène du Sénat, d’entrer dans la danse. Car comme il l’avait dit à Enler Mansur et à Tali Organa, l’orage approchait.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Les Jedi vont-ils enfin se décider à agir :whistle: ?

Réponse euh plus tard :transpire: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 06 avril 2020, 20:24

Bonsoir à tous!

C'est l'heure de la suite que j'ai préféré mettre sous balise spoiler :transpire: .

Pour résumer: Eh bien, les enfants sont parfois pires que leurs parents :siffle: !

Faites place à Contispex Junior!

Cité Galactique, domicile de la famille Contispex

La journée était bien avancée mais Naha n’avait pas encore terminé son service. Pourtant elle avait été convoquée, il y a quelques minutes, dans l’antichambre du démon. Ou plutôt du fils du démon, Ethan Contispex, le rejeton du Chancelier Suprême.
La jeune twi lek bien proportionnée à la peau d’un vif éclat rouge se demandait pour quelle raison il l’avait fait demander, elle et deux autres camarades non humaines qui se tenaient comme elle pétrifiées face au mur.
Ce n’était guère important, car Ethan Contispex les convoquait arbitrairement selon son bon plaisir. Il tenait à montrer plus que ses propres parents, qui menait la maison. Il tyrannisait tous les domestiques non humains par ses caprices d’enfant gâté, protégé et flatté par des parents qui tenaient à ce que rien ne lui soit refusé.
Si les parents Contispex avaient accepté la présence de ménagères non humaines comme Naha, c’est parce que leur fils chéri le voulait à tout prix. Pas par pure bonté de coeur, bien évidemment. Selon ses propres dires, elles seraient bien plus agréables à regarder que de fichus droides, froide mécanique bien huilée au pas lent et à la démarche pataude.
Surtout si elles étaient à son goût.
Naha aurait peut-être du s’en sentir flattée mais ce n’était pas le cas. Elle avait compris quel immonde personnage il était réellement, sous ses airs de poupon blond inoffensif à la bedaine naissante et au visage grassouillet.
Les trois non humaines se tenaient face au mur. La jeune twi lek se risqua à lorgner du coté gauche, guettant le comportement de ses deux camarades dont les tremblements des mains trahissaient la terreur en présence de ce fils à papa dont elles avaient appris la cruauté. Naha avait réussi à contrôler ces tremblements.
Beaucoup de ceux qui ne la connaissaient, se seraient déclarés impressionnés par son calme apparent alors qu’elle était aussi effrayée que la zeltronne et la mirialan qui étaient avec elle. Et ce fichu fils de kath s’en délectait tout comme l’autre jeune humaine, une jolie rouquine au sourire carnassier qui demeurait assise sur un tabouret derrière lui, une cravache à la main.
Maquillée à la mode coruscantie, son visage angélique dissimulait une cruauté aussi égale à celle de son compagnon.
- Mes jolies, je voulais vous faire part de mon mécontentement. L’une de vous trois a bâclé son travail dans ma chambre pas plus tard qu’hier soir.
Ses pas exagérément lents résonnaient dans le dos de Naha, ponctuant un rythme de tambour inquiétant qui annonçait la tempête, agitant le martinet qu’il tenait à la main. Sa voix suave pourrait tromper les moins avertis mais les trois non humaines savaient à quoi s’en tenir.
- Une de vous, misérables inférieures, a mal plié mes chemises avant de les ranger dans l’armoire, martela-t-il avec force. J’en ai parlé à ma mère qui semblait fort contrariée et je ne suis pas de bonne humeur quand elle est contrariée. Cela gâche mes journées, vous comprenez ?
À l’unisson, d’une voix étouffée, elles soufflèrent :
- Oui… maître…
- Pardon, j’ai mal entendu.
Naha pouvait sentir sa respiration effleurer sa nuque, celle d’un fauve qui était impatient de bondir sur ses proies sans défense. Et c’était bien le cas… que pouvaient donc espérer trois jeunes femmes non humaines issues de ghettos misérables contre le fils de l’homme le plus puissant de la République, sans doute même de toute la galaxie ?
Elles ne pouvaient pas espérer d’aide. Elle devaient plier, se soumettre… subir.
- Oui, maître !
- C’est mieux, apprécia-t-il à la façon d’un précepteur qui évaluait ses élèves. Il est très important que vous n’oubliez pas où est votre place, c’est bien compris ?
- Oui, maître ! Crièrent-elles encore à l’unisson.
Il continua de passer et de repasser encore derrière elles, afin d’accroître leur malaise. Naha voulut déglutir mais ce simple mouvement de glotte fut gêné par l’étroit collier qui lui serrait le cou. Une marque de servitude à laquelle avaient droit tous les non humains de la résidence des Contispex, due à un énième caprice de ce fils à papa, qui avait commencé à l’imposer à ses esclaves non humaines.
De même les misérables robes rapiécées dont elles étaient vêtues, visaient à les rabaisser davantage encore.
- Donc j’aimerai savoir laquelle d’entre vous s’est occupée si mal de ma chambre, afin qu’elle reçoive son juste châtiment.
À ces mots, le sourire de la jeune rouquine s’élargit imperceptiblement. La cravache serrée dans son poing semblait elle-même s’impatienter.
- Toute confession permettra d’amoindrir la punition de la fautive.
La voix était mélodieuse, séduisante, en tout cas suffisamment pour émoustiller un débris froid d’astéroïde. Ce qui rendait sa propriétaire bien plus dangereuse que son compagnon.
- Tout à fait, Leli. Alors, qui souhaite se confesser à son maître et recevoir l’absolution de la Déesse ? Renchérit-il.
Bien entendu, elles ne se bousculèrent pas pour lui donner satisfaction. C’était le moment que Naha redoutait. qu’elle avait appris à redouter.
Si seulement, le temps pouvait s’écouler plus vite. Un vœu pieux et vain dans un tel endroit.
Ethan Contispex continua de déambuler jusqu’à s’arrêter derrière la mirialan, celle qui se tenait la plus à gauche.
- Toi.
Naha surprit la Proche Humaine au teint vert olive et aux traits constellés de tatouages géométriques, sursauter.
- M...maître ? Balbutia-t-elle.
- Tourne-toi.
Elle hésita avant d’obéir, évitant soigneusement son regard en gardant la tête baissée alors qu’il la toisait.
- Est-ce toi ? Lui demanda-t-il un peu plus rudement.
- N...non, m...maître.
Il se pencha vivement pour la saisir par les cheveux mi longs qui tombaient raidement derrière sa nuque. La jeune native de Miriala poussa un hennissement étouffé alors qu’il assénait d’un ton triomphant.
- Aucun mensonge n’est toléré dans la demeure des serviteurs de la Grande Déesse. N’est-ce pas, Leli ? Ajouta-t-il en observant sa compagne rousse.
- Absolument, trésor.
Elle caressait le manche de sa cravache, en dévorant la mirialan des yeux. Elle était impatiente de participer à la fête. Ensuite, elle montra une holocaméra qui s’éleva du creux de sa main pour léviter près du visage du fils du Chancelier Suprême.
- Action, mon chéri.
- Parfait, se réjouit-il.
Il fixait d’un air béat l’objectif avant d’agripper le menton de sa victime pour la forcer à être filmée.
- Es-tu une servante de la Déesse ? Lui cracha-t-il d’une voix mortellement calme.
- O..oui, maître.
- Mensonge !
Naha s’empressa de maîtriser les tremblements de ses mains. Car c’était bien elle la fautive, quelqu’un d’autre allait payer à sa place… devait-elle venir en aide à sa camarade pour être épargnée ou se dénoncer pour la soustraire aux mauvais traitements ? Dans ce cas, était-ce certain que cela serait d’une quelconque utilité ?
Face à un tyran qui prenait exemple sur son propre père, despote qui soumettait la République sous une emprise croissante, rien n’était acquis d’avance.
Tourmentée par ce dilemme, elle restait simplement à sa place, fixant le mur devant elle.
- Tu n’es pas digne de la Déesse, tu n’es qu’une imperfection car tu n’es pas humaine ! Penses-tu pouvoir la servir ?
- Non… maître.
- C’est bien ce que je pensais. Vous les non humains, n’êtes que de la vermine infecte et stupide ! Mon père a été trop généreux de vous avoir parqués dans des ghettos, il aurait du débarrasser depuis longtemps la Cité Galactique de votre souillure !
Il lui tira les cheveux en arrière de façon brutale tandis que les traits de son bourreau étaient tordus affreusement.
- Ce ne peut être que toi qui a mal rangé mes chemises, hein ?
- Non, maître, ce n’était pas moi ! Glapit-elle en sanglotant.
- Alors, qui est la responsable ? Éructa-t-il. Dis-le-moi !
- Je...je ne sais pas !
- Menteuse !
Il lui lança son pied derrière les rotules et elle s’effondra à genoux, sans douceur alors qu’il la retenait toujours par sa chevelure.
Il la lâcha enfin sans lui permettre de se relever. Elle demeura ainsi, assise sur ses jambes pliées, attendant le bon vouloir de son maître.
- Si tu veux que je traite bien, reprit-il, il faut que tu me donnes quelque chose en retour, tu as compris ?
Les yeux mouillés de la non humaine trahirent sa répugnance, elle savait ce qu’il attendait d’elle et elle voulait s’y soustraire.
- Pitié… maître… je ferai ce que vous voudrez… mais pas ça !
- Comment ? Tu oses me dire non ? s’indigna-t-il. Nous t’offrons l’hospitalité et c’est ainsi que tu nous remercies ? Par l’ingratitude !
Elle joignit les mains pour le faire fléchir mais il n’était pas disposé pour cela.
- Les animaux domestiques doivent apprendre à obéir à leur maître ! Allez, à quatre pattes, esclave ! Je vais te dompter, maudite impure !
Il la gifla lorsqu’elle se montra trop lente à obéir. Sans que ces larmes ne cessèrent de ruisseler, elle apposa finalement ses paumes sur le sol.
Les yeux d’Ethan Contispex laissa transparaître une joie féroce, c’était certainement l’un de ses moments préférés.
- Quand j’en aurai fini avec toi, tu auras apprise à ranger correctement mes affaires.
Il secoua le martinet dans sa main droite et effleura le manche de son instrument avec ses doigts. Aussitôt, les lanières se mirent à crépiter dans l’air, secouées d’arcs électriques angoissants. Naha se demandait à quelle puissance il les avait réglés.
À la puissance minimale, sa camarade se remettrait longuement de ses lésions. À la puissance maximale, elle n’y survivrait tout simplement pas.
La twi lek ne pouvait plus hésiter longtemps. Elle pivota à moitié dans sa direction.
- Maître, c’est moi ! Hurla-t-elle pour attirer son attention.
Son éclat eut l’effet magique escompté, Ethan relevant sa figure bouffie vers elle et suspendant son bras au-dessus de sa tête, la mirialan à ses pieds.
- Que viens-tu de dire, Tête de Ver ?
- C’est moi la responsable, maître.
Naha s’efforça de ne le pas défier trop ouvertement, en soutenant son regard. Après une brève hésitation, il écarta la malheureuse Proche Humain d’un coup de pied dédaigneux dans le flanc, avant d’intimer à Naha de s’avancer d’un mouvement d’index impérieux.
- Approche.
De nouveau, il avait adopté un ton suave alors que la mirialan toujours frissonnante avait battu en retraite contre le mur, prostrée.
La native de Ryloth lui obéit. Elle contint son effroi en obliquant ses yeux dans le vide mais n’eut pas la chance de pouvoir éviter le sourire de l’inquiétante Leli. La rouquine aux formes envoûtantes retroussa ses lèvres pulpeuses pour dévoiler ses rangées de dents blanches parfaitement alignées, tel un prédateur savourant son repas tout juste servi.
Ethan obligea la twi lek à redresser la tête, en lui collant l’index sous son menton.
- Répète-moi ce que tu as dis.
- J’ai mal rangé vos affaires, maître.
Il demeura impavide, ne laissant paraître aucune émotion visible. Il semblait réfléchir.
- Tu me déçois, Naha.
Il l’appelait par son prénom, comme pour conférer à cet instant, une once d’intimité entre lui et elle. Ses narines furent obstruées par sa respiration rauque, presque animale. Lentement ses doigts palpèrent sa joue, en une caresse soyeuse.
Cela la terrifiait plus encore, la faisant déglutir.
- Tu te souviens quand je t’ai trouvée errante, en dehors de ton ghetto sordide et puant ?
- Oui, maître.
- Que te serait-il arrivée si tu étais tombée entre de mauvaises mains ? Les Forces de Sécurité t’auraient raflée ou pire, des trafiquants t’auraient enlevée pour te livrer aux esclavagistes, comme ces limaces de Hutt.
Naha aurait souhaité que cela lui arrive, au moins elle aurait su à quoi s’en tenir dès le début.
- C’est vrai...maître.
- Je t’ai donc ramenée dans notre demeure familiale, le plus grand privilège que l’on puisse accorder à une impure de ton espèce. Réalise un peu la chance qui t’a souri. N’ai-je pas persuadé mes parents de te garder alors que ta présence leur était indésirable ?
- C’est vrai, maître.
- Grâce à moi, ta famille ne survit-elle pas grâce aux gages que nous te versons avec une générosité magnanime ?
- C’est exact, je vous dois beaucoup, maître.
- J’attendais donc de toi, que tu prennes soin de tout ce qui m‘appartient pour me témoigner ta reconnaissance.
- Cela fait partie de mes devoirs, maître, en effet.
Naha s’étonnait du calme dont elle faisait preuve, alors qu’elle risquait gros. Elle s’efforça d’occulter le martinet électrique qu’il détenait toujours dans son poing droit, alors que ses doigts de la main gauche passaient derrière sa nuque pour effleurer les deux lekkus qui ronflaient sur ses épaules délicates.
- Pourquoi ai-je l’impression que ta reconnaissance est déficiente ?
C’était le moment fatidique. Si elle ne soignait pas ses mots, il le lui ferait payer.
- Maître, je suis prête à subir tout châtiment que vous jugerez adéquat.
Elle regretta l’instant d’après sa réponse. Elle se demandait ce qui lui avait pris de l’encourager à faire d’elle ce que bon lui semblait, sans chercher à opposer la moindre résistance. Elle ne fut guère rassurée par son rictus narquois.
- Leli, appela-t-il par dessus son épaule.
- Oui, mon chou.
Oh non, pensa la jeune twi lek qui n’avait pas encore atteint ses vingts ans.
L’intervention de l’amante du rejeton Contispex marquait le clou du spectacle. Elle se distinguait par son imagination à humilier et à faire souffrir autrui. Bref, qu’il apprécie de faire appel à son… expertise, n’était pas un bon présage.
Avec une grâce féline, elle se leva de son tabouret sans quitter la non humaine des yeux. Elle se rangea aux cotés de son homme et Naha se sentit subitement oppressée d’être prise entre deux feux. Certes, Ethan Contispex avait affirmé qu’elle était sa préférée. Il ne la tuerait donc pas et ne la blesserait donc pas au point de l’envoyer au centre médical.
Mais cela ne signifiait pas pour autant qu’elle passerait un moment agréable.
- Alors, qu’en dis-tu ? Demanda-t-il à l’humaine.
Leli paraissait réfléchir intensément à la question.
- Elle a avoué son péché, reconnut-elle.
- Nous devrions donc faire preuve de miséricorde.
Leli s’écarta de lui puis passa derrière Naha avant de revenir sur ses pas et de repasser dans son champ de vision.
- C’est ce que nous enseigne la Prophétesse Kasili. Lorsque nous avouons nos péchés à la Déesse, Kasili nous encourage à la compassion.
Sa main fine souleva un des lekkus de Naha, pour le renifler.
- Cependant, toute faute doit être expiée.
- Ce qui nous amène ? Fit le jeune humain enveloppé.
Ce dernier laissait transparaître une expression béate, qui suintait l’impatience de passer aux choses sérieuses, à l’étape suivante.
Leli n’avait pas relâché le lekku de sa victime, qui frissonnait de plus belle.
- Pour satisfaire la volonté de la Déesse, nous devrons user à la fois de douceur et de douleur.
Cette fois, Ethan exhiba un sourire empli de fourberie.
- Parfait, parfait.
Leli glissa tout à coup l’extrémité de l’appendice crânien dans sa bouche avant d’y planter tout à coup ses dents sans crier gare. Naha prise de court, lâcha un gémissement plaintif.
- Nous allons donc traiter cette catin comme telle, conclut férocement l’humaine. Elle est peut-être ta préférée mais n’oublie pas que le jugement de la Déesse prévaut sur tout le reste.
Les deux amants semblaient aux anges, ce qui n’était pas le cas de l’infortunée.
- Alors allons-y.
Ethan Contispex la saisit par le collier pour l’attirer avec lui vers le tabouret. Instinctivement, la twi lek voulut s’arc bouter mais elle se souvint des risques. Ce pervers sadique pouvait s’en prendre à sa famille dans le ghetto.
Il avait tous les pouvoirs, le clan tout entier était le maître de la République, du moins il ne tarderait pas à l’être.
Il s’assit sur le tabouret et la força à prendre place sur ses cuisses. Elle serra les dents quand la cravache de Leli claqua sur ses hanches.
- Allez, la Tête de Ver ! Siffla l’humaine avec hargne. Écarte les jambes, comme une bonne catin !
Ethan rapprocha sa figure de crapaud gâté contre la sienne, la non humaine manqua de s’évanouir lorsque son haleine rauque boucha ses narines.
- On dit que les Hutt apprécient les femmes twi lek, on peut comprendre pourquoi. Il est temps que tu honores cette réputation, Naha.
Leli se pencha vers elle pour lui murmurer :
- Et si tu ne le fais pas, ma jolie… je t’arracherai les lekkus et j’en ferai des steak. Ton maître t’a fait une faveur, rends-lui le bien.
- Quand mon père remettra ces limaces de Hutt à leur place, nous deviendrons enfin les maîtres absolus ! s’exclama Ethan. Dis-toi qu’en restant parmi nous, tu seras beaucoup mieux lotie qu’eux et ta famille aussi sera préservée, avec de la chance.
- Ce qui ne sera pas le cas des autres non humains dont nous débarrasserons Coruscant, ricana la rouquine.
La jeune twi lek ne savait quoi penser de ces derniers propos. Ils les lui répétaient à loisir, peut-être dans le but de l’impressionner pour la persuader qu’elle n’aurait rien à gagner en leur tenant tête. Mais tout mensonge recelait un fonds de vérité, ce qui l’inquiétait beaucoup. C’était pour en avoir le coeur net, qu’elle avait fouillé la chambre du fils du Chancelier Suprême, dérangeant ses affaires au passage.
Elle s’en sortirait à bon compte si elle faisait passer cela pour de la négligence passagère, à condition que personne ne découvre qu’elle avait été envoyée approcher le clan Contispex par le réseau de résistance opérant dans son ghetto.
Sa situation serait bien pire si ce secret était trahi. Elle devait tout endurer pour que personne ne le découvre.
Personne ne devait savoir, y compris les autres jouets de Ethan Contispex.
- Maintenant, montre-moi l’étendue de tous tes talents, déclama celui-ci. Comme d’habitude.
Douceur et douleur, comme l’avait dit Leli.
De la douleur, il y en aurait certainement. De la douceur, il n’y en aurait point. Naha savait tout cela depuis son arrivée ici.
Dans ce huit clos étouffant, elle avait découvert qu’il n’y avait pas d’idéal, seulement de la survie. L’humain face de crapaud sournois apposa ses mains sur son cou puis les fit descendre lentement, très lentement le long de son corps.
Elle réprima ses tremblements.
- Oui, tu es ma préférée, Naha, dit-il ce qu’il lui répétait souvent. Te sens-tu honorée ?
- Oui… m… maître.
Ses mains avaient atteint ses hanches et elle leva les yeux au plafonds pour un fixer un point quelconque, n’importe lequel qui lui permettrait d’imaginer qu’elle se trouvait ailleurs, que tout ceci n’était pas réel.
Les doigts de son tourmenteur soulevèrent le bas de sa robe et retirèrent sa culotte, tandis que l’autre humaine lui agrippa les poignets.
- Mains derrière le dos, la catin !
Des menottes de duracier se refermèrent dans un claquement inhumain, puis Ethan l’attrapa par la nuque pour l’embrasser.
- Aimes-tu ton maître, Naha ? M’es-tu dévouée ?
Il la forçait à le regarder sans pouvoir détourner les yeux. Elle devait dire oui, elle n’avait pas le choix.
- Oui, maître.
- Dis-le.
Elle rassembla toute son énergie pour ne pas défaillir. Elle souhaitait que cela prenne fin, vite.
- Je vous suis dévouée, maître.
- Bien, reçois alors l’absolution de la Déesse.
Puis elle le sentit s’insérer en elle, la douleur naquit et grandit alors qu’il accomplissait le dernier outrage. Elle serra les dents avant de lâcher des halètements étouffés. Les grognements satisfaits de son bourreau les couvrirent, avant que la zeltronne et la mirialan n’éclatèrent en sanglots derrière le trio.
- Ne vous inquiétez pas, mes jolies, gloussa Leli à leur adresse. Ce sera votre tour après.
Elle s’en prit de nouveau à Naha :
- Maintenant, petite catin Tête de Ver, tu peux crier pour que la Déesse t’entende !
Elle leva le bras et la cravache qu’elle agitait luit d’un halo électrique à son extrémité. Elle cingla le dos de la twi lek qui sentit les larmes s’amasser au coin de ses yeux, sous le coup de la douleur.
Ne pas crier, ne pas crier.
- Je veux t’entendre hurler ! Hurle ! Clamait la rouquine à chaque coup qu’elle assénait.
Ne pas crier, ne pas crier. Sinon elle la frapperait encore plus fort. Cependant, elle ignorait combien de temps elle tiendrait.
Son calvaire prit fin moins d’une minute après, de façon inattendue lorsque le battant coulissa sur la gauche dévoilant sur le seuil, la silhouette d’une matrone à l’expression sévère qui lança d’une voix mesurée mais ferme :
- Ethan.
Les jeunes humains interrompirent la séance devant l’irruption de Linza Contispex, vêtue d’une simple tunique de lin, par-dessus une robe ample et pratique de couleur écarlate. La sobriété de ses habits accentuait la sévérité de ce regard qu’elle leur décochait.
Son fils écarta précipitamment la twi lek qui masqua tant que bien que mal son soulagement. Il rajusta fébrilement son pantalon avant de balbutier :
- Oh, tu es là depuis longtemps, maman ?
Elle le toisa sans répondre pendant quelques instants, avant de seulement lui accorder :
- Ton père vient de rentrer, il t’attend.
Il s’éclaircit la gorge pour afficher une contenance correcte tandis que les yeux de sa mère dévièrent vers sa compagne.
- Quant à vous, mon époux tolérera votre présence à condition que vous restiez à votre place.
Leli perdit de sa superbe devant la femme la plus puissante de la République.
- Oui, madame.
À regrets, elle ôta les menottes à Naha à qui elle glissa avec sournoiserie :
- Dommage, on commençait à peine à s’amuser. Mais ce n’est que partie remise.
Linza Contispex patienta jusqu’à ce que les deux amants quittent la pièce. Elle s’adressa ensuite aux domestiques non humaines.
- Vous trois, reprenez le service.
Elles répondirent l’une après l’autre.
- Oui, madame.
Bien entendu, la matrone de la maison se moquait bien de leur état psychique. En tant que Contispex et adepte du culte Pius Dea, ces innocentes non humaines n’étaient que des impures, des pécheresses innées qui ne méritaient nulle considération.
Elle se détourna pour retourner à ses devoirs. La zeltronne fut d’abord la première à quitter la pièce à pas vifs, suivie de la mirialan. Naha traîna les pieds, tentant de se rhabiller avec dignité. Elle s’effondra subitement sur le seuil à genoux, en larmes.
Le démon avait marqué sa chair et même son âme. Elle resta ainsi, prostrée, incapable de se remettre debout pour aller accomplir ses tâches quotidiennes.
Voilà, une belle ordure ce Contispex Junior, n'est-ce pas?

Il y a des chances pour qu'il succède à son père :shock: ... le futur Contispex II !
Cette République est vraiment dans un sale état :grrr: !

Allez, je vous dis à la prochaine pour un extrait plus réjouissant avec au programme: la famille Contispex au grand complet, un ambassadeur Hutt et ... deux Jedi :idea: !

Portez-vous bien!

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 12 avril 2020, 19:36

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite!

Et tout de suite après l'éprouvant extrait de la semaine dernière, nous retrouvons Papa et Maman Contispex en train d'accueillir dans leur humble demeure, Deux Jedi :sournois: ! Oui, deux Jedi :x !

Allez je vous laisse découvrir leurs interactions!

Julius Contispex avait été accueilli chaleureusement par son épouse qui l’avait dépossédé de son manteau dans le salon.
- Comment s’est passée ta journée ? S’enquit-elle en laissant le manteau à une servante nautolane, qui s’empressa de se retirer.
Le Chancelier Suprême de la République émit un grondement et ses traits demeuraient fermés alors qu’il fixait la fontaine au milieu de la pièce qui reflétait doucement la lumière du soleil qui déclinait sur les sommets de la Cité Galactique.
Comme il voudrait tant que ses ennemis s’y noient.
Il se laissa tomber dans un divan face à elle avant de croiser son regard.
- L’Honorable Fraternité m’a mis des bouses de Nerfs dans les propulseurs, cracha-t-il avec hargne.
- Ce n’est pas surprenant de leur part. Mais ce n’est pas cela qui t’a rendu le plus furieux.
Il hocha la tête. Depuis toujours, la Déesse lui avait permis de compter sur son soutien indéfectible pour surmonter les obstacles et faire déjouer tous ses ennemis. Linza n’avait cessé de le guider et d’amplifier son ambition.
Car elle possédait une foi égale à la sienne. Leur pouvoir n’était pas absolu mais il le deviendrait, à condition de pouvoir faire face à certains imprévus.
Ces mêmes imprévus qui plongeaient le patriarche de la famille Contispex, le Sage Suprême du Pius Dea, dans une colère noire.
- J’ai tenté de mettre en accusation le sénateur Mansur.
- Qui s’y est opposé ? Demanda-t-elle.
- Nos opposants habituels : l’Honorable Fraternité, les sénateurs non humains…
Il sentit la bile encombrer sa gorge.
- Et les alsakanis.
Elle fronça les sourcils.
- Hassan Kalad était présent ? C’est étonnant.
- Il n’a pas soutenu la motion de censure que Mansur a déposée contre moi mais son vote a permis ensuite de le sauver.
- Tu avais prévu de longue date de le faire destituer, étrange que Kalad soit tombé du ciel.
- Ce n’est pas un hasard, il a été prévenu !
- La question est de savoir par qui. Nous en avons parlé trois jours avant au dîner. Et tu as averti certains Défenseurs de la Vertu.
- Cela représente beaucoup de suspects.
Après un court silence pesant, il ajouta :
- Et je ne parle pas de ces saletés d’impures aliens que mon fils a cru bon de ramener dans notre maison.
Il foudroya du regard la nautolane qui s’était attardée pour nettoyer un vase et une partie du mobilier. Se sentant indésirable, elle se voûta un peu plus avant que Linza ne souffla à mi voix :
- Nous en reparlerons plus tard.
Il acquiesça.
- Je suppose que Ethan est en train de s’amuser avec ses jouets ?
Elle arbora une gravité soucieuse, car elle devinait ce que son mari insinuait, à propos des passe temps de leur cher fils.
- C’est ce qu’il préfère le plus, appuya-t-elle.
- Qu’avons-nous raté dans son éducation ? Siffla-t-il. Si nos ennemis s’emparent de cela, notre pouvoir sera fragilisé.
- Si nos ennemis tentent de retourner les défauts de notre fils contre nous, nous les accuserons de calomnie puis nous les réduirons au silence grâce au Tribunal de la Foi. Nous en triompherons comme toujours.
- Si les alsakanis se dressent contre nous, tous nos ennemis se rallieront derrière eux. Nos Défenseurs de la Vertu ne sont pas la majorité absolue au Sénat. Nous avons su tirer parti de leurs divisions mais jusqu’à quand ?
Linza caressa ses cheveux grisonnants pour les ramener derrière sa nuque et ses traits ridés mais dignes exprimèrent une conviction inflexible. Elle se pencha pour prendre les mains de son mari dans les siennes.
À ce contact intime, celui-ci se détendit.
- Nous avons les faveurs de la Déesse, Julius. En temps voulu, le bras d’Hapos s’abattra sur tous ceux qui ne seront pas de notre coté. Et nous réussirons à guider notre fils sur la voie des Élus, nous le rendrons digne de la famille, de la Déesse.
- Puisse-tu avoir raison, concéda-t-il. Puisse la Déesse le remettre sur le droit chemin.
Un adepte du culte, une femme chauve en toge pourpre les rejoignit. Elle les salua, les paumes jointes devant sa poitrine.
- Sage Suprême, l’ambassadeur Hutt Gaarba demande audience.
Il se souvint qu’il avait en effet rendez-vous.
- Faites-le patienter, Soeur.
Elle se retira pour retourner à l’entrée.
- Appelle Ethan, ordonna-t-il à son épouse.
- Dois-je convier aussi son amie ? Répliqua-t-elle avec un mépris non dissimulé.
Il soupira en levant la tête au plafonds. Leli officiait au Temple de la Grande Déesse en tant que Servante de Kasili et le bruit circulait qu’elle prenait plaisir à tourmenter ses victimes non humaines dans les cachots, avec la bénédiction du prêtre Imesais qui la chargeait d’emplir l’âme des pécheurs de la vérité de la Prophétesse de la Sagesse.
Il avait songé à la chasser lorsqu’il s’était aperçu de l’influence qu’elle exerçait sur son fils. Mais Linza lui avait rappelé qu’elle bénéficiait de… l’affection du prêtre, grâce à son charme naturel. Un tel acte aurait semé le doute chez ses propres adeptes et il ne pouvait pas se le permettre, pas dans un contexte politique aussi tendu.
- Soit, à condition qu’elle se tienne tranquille et qu’elle évite tout écart. Si nous ne pouvons l’éloigner de notre fils ou qu’il refuse de renoncer à elle, il faudra bien l’accepter dans notre famille.
- Je vais la prévenir aussi.
Elle s’éclipsa, le laissant seul. Il s’autorisa à se détendre dans le divan, promenant son regard sur les marques de son pouvoir et de sa richesse. Plusieurs meubles avaient déjà appartenu à ses ancêtres, d’illustres marchands qui avaient acquis les monopoles de certains marchés des Mondes du Noyau depuis la création de la République.
C’étaient les Contispex qui avaient engagé des explorateurs duros et corelliens pour ouvrir des voies hyperspatiales majeures, essentielles au développement de leurs activités. Il songea à son arrière grand-père, si ambitieux qu’il s’était lancé avec un Jedi désavoué par son ordre dans une expédition à la destination inconnue.
Les moins chanceux y avaient trouvé la mort, les plus chanceux avaient sombré dans la démence, une schizophrénie qui leur faisait croire que les gens qu’ils côtoyaient n’étaient pas réels. Julius se rappela le visage terrifié de son père défunt, lorsqu’il évoquait ce souvenir particulièrement tragique.
Quoiqu’il ait pu se passer, il ne pouvait rien y faire. De nouveau l’adepte du culte le tira hors de ses pensées.
- Le Chevalier Jedi Bekan Kalad et son padawan viennent d’arriver.
- Faites-les entrer, Soeur. Veillez à ce qu’ils soient installés confortablement.


Bekan Kalad retira le capuchon de sa figure lorsque la femme chauve revint vers eux devant l’entrée du domicile du Chancelier Suprême. L’alsakani passa les mains dans ses cheveux sombres mi longs qui flottaient autour de sa tête, tandis que son élève draethos triturait toujours la sphère métallique dans ses mains.
Tout le long du trajet, le garçon non humain s’était concentré sur cette tâche et cela lui avait permis d’ignorer l’hostilité ambiante à son égard, lorsqu’ils avaient franchi l’enceinte et s’étaient engagés dans l’allée grouillant de Disciples de Hapos.
Bekan leva les yeux pour tenter de discerner les sommets de l’immeuble dans lequel ils pénétrèrent l’instant d’après.
Ils entraient dans l’antre du démon. Son odorat fut frappé par cette odeur repoussante, évoquant un cadavre en putréfaction embourbé dans un marécage putride, dans le hall. Il en devina la provenance lorsqu’il fixa la grosse limace longue de trois mètres, vautrée sur le sol et agitant ses petits bras courtauds impatients à dix mètres de lui.
Avec une agilité surprenante, le Hutt Gaarba qui portait autour de sa large tête de grenouille obèse une ridicule couronne de diamants, se rapprocha de la femme chauve. Le droïde traducteur qui l’accompagnait, manqua d’être renversé par les balancements de sa queue.
Gaarba se mit sur le chemin de l’adepte et se mit à éructer des jurons en huttese, un dialecte guttural et bas.
- Son Énormité trouve insultant que le Chancelier Suprême le fasse attendre.
- Le Sage Suprême est navré de ce retard impromptu mais il prend les dispositions que Son Excellence l’ambassadeur des Clans Hutt soit le mieux reçu possible.
Le droïde traduit la réponse et Gaarba tonna une nouvelle dans son dialecte.
- Qu’il se dépêche !
- Son Énormité fait savoir…
- Inutile, j’ai compris l’idée, se hâta de déclarer l’adepte.
Bekan grâce à ses perceptions aiguisées par la Force, l’entendit soupirer. Pas étonnant avec les Hutt, ils faisaient rarement des hôtes agréables.
- Suivez-moi, Maître Jedi.
Ils s’engouffrèrent dans le turbo ascenseur qui s’éleva jusqu’au quarantième étage, là où résidait le démon et sa famille.
Le couloir était gardé par une dizaine de Disciples de Hapos, groupés deux par deux, qui leur jetaient des regards défiants. Les deux Jedi furent menés devant une large entrée et ils aboutirent finalement dans le salon, où les attendait le maître des lieux.
Julius Contispex se leva pour les accueillir, avec un grand sourire affable. Bekan accomplit une révérence avant de lui serrer la main tendue.
- Jedi Kalad, c’est un plaisir de vous recevoir comme d’habitude.
L’alsakani devina l’hypocrisie qui se cachait dans ses paroles mielleuses. Les flux de la Force lui transmettaient la malice, la détermination, la conviction d’un homme persuadé d’avoir raison, d’incarner la perfection.
Il ressentait sa froideur et l’absence de tout sentiment, envers tout le monde, hormis sa propre famille.
C’était l’homme que la République avait choisi pour la mener. L’homme à laquelle la République avait choisi de se soumettre, sacrifiant peu à peu ses libertés et les principes sur lesquels ils avaient été bâtis.
- Et ce…
Contispex ne termina pas sa phrase immédiatement lorsqu’il accepta de considérer le petit non humain bricolant l’étrange sphère métallique, qui se tenait aux cotés de son instructeur. Il n’en laissa rien paraître mais sa répulsion instinctive troubla les flux de la Force.
- Il s’agit de mon padawan, Oriko, expliqua Bekan.
- J’ai pensé que vous choisiriez un humain.
C’était le chef du culte Pius Dea et non le chef d’État qui s’exprimait.
- Je l’ai choisi car la Force nous a permis de nous trouver, Chancelier Suprême.
- Oui, évidemment… la Force, bien sûr.
Il les invita finalement à s’asseoir finalement face à lui.
- Souhaitez-vous un rafraîchissement ?
- Non merci, déclina poliment le Jedi alsakani. Inutile de vous déranger.
- Fort bien.
Le silence pesant qui commençait à s’installer fut rapidement évacué.
- Le Haut Conseil Jedi me charge de vous assurer de son soutien le plus absolu dans la résolution de la crise diplomatique avec les Hutt.
- Et je vous en sais gré, Jedi Kalad. Nous vivons une période délicate et il est rassurant de pouvoir compter sur des amis sûrs.
- Guider la République est une tâche difficile, le Haut Conseil en a conscience.
Un claquement métallique résonna lorsque Oriko parvint à enlever le clapet recouvrant les circuits intégrés de l’objet qu’il ne cessait de bricoler. Bekan surprit le rictus méprisant de son interlocuteur envers le draethos.
- J’ai entendu dire que bon nombre de Jedi ne partageaient pas le bien fondé de ma politique.
- Tout comme bon nombre de sénateurs, releva Bekan.
Contispex lui accorda un sourire entendu.
- Il va de soi que je suis disposé à aider le Haut Conseil à maîtriser ses Jedi récalcitrants les plus turbulents. En contrepartie, je verrai d’un bon œil à ce que votre Ordre persuade les sénateurs comme ceux de l’Honorable Fraternité du bien fondé de ma politique. Un échange de bons procédés entre amis indéfectibles, en résumé.
Bekan lui rendit son sourire. L’alsakani n’était pas dupe des intentions du Chancelier Suprême qui souhaitait tout soumettre à sa volonté, y compris l’Ordre Jedi. Ce que le Haut Conseil avait réussi à éviter pour le moment.
- Les Jedi récalcitrants comme vous dites, relèvent exclusivement de la compétence de notre Ordre. En bref, c’est une affaire interne. Vous avez suffisamment de problématiques à résoudre, mais nous restons à votre disposition pour vous permettre de trouver entre vous et les sénateurs de l’Honorable Fraternité un terrain d’entente. Tout comme je m’apprête à le faire, lors de la discussion que vous aurez avec l’ambassadeur Hutt.
Julius conserva un masque indéchiffrable mais la Force transmit au Jedi alsakani, la rage d’un homme qui n’acceptait pas d’être défié, y compris à mots couverts. Même si un tel homme avait requis sa diplomatie pour son rendez-vous avec l’ambassadeur Gaarba.
- Je suis satisfait que vous me proposiez vos services de médiateur, Jedi Kalad. Même si certains pensent préférable que les Jedi demeurent cantonnés à l’enseignement de la Force.
- C’est ce que certains Jedi eux-mêmes pensent.
Julius ne parvint pas à déterminer le fonds de la pensée de son visiteur sur ces derniers mots. Il s’était satisfait jusque là que les Jedi dans leur ensemble ne se soient pas mêlés aux dissensions politiques qui secouaient le Sénat. Soit parce qu’ils s’en désintéressaient, soit parce qu’ils craignaient que cela ne se retourne contre eux.
Il pencha pour la seconde hypothèse, ce qui était à son avantage.
Bekan perçut la présence de Linza Contispex avant qu’elle n’apparut dans le dos de son mari. Elle posa une main tendre sur l’épaule de son époux puis croisa le regard de l’alsakani.
- Maître Jedi, fit-elle.
En ce qui la concernait, Bekan ne se fiait pas à ses excellentes manières. Une aura tout aussi glaciale se dégageait d’elle, embrumant ses sens. Pour un homme de la trempe de Julius Contispex, elle était l’épouse idéale.
- Madame, la salua-t-il.
- Êtes-vous confortablement installés, vous et votre… protégé ?
Le jeune draethos plongé dans la manipulation de son dernier achat, avait sorti de la poche de sa tunique, un scalpel pour démêler les fils électriques. Il ne paraissait pas ressentir ou prendre conscience de son dédain à son égard.
- Oui, je vous remercie, fit Kalad.
L’instant d’après, une lueur rouge se mit à clignoter au sommet de la sphère, qui se mit à léviter devant la figure du non humain. Une paire de photo récepteurs s’anima face à lui et des pattes fines se déplièrent sous sa carapace.
Oriko manifesta son enthousiasme.
- Maître, vous avez vu ? J’ai réussi !
Si les époux Contispex ne trahirent que de l’indifférence, Bekan laissa s’afficher un bonheur certain. Dans une époque aussi sombre pour la République, les moments de joie devraient être savourés d’autant plus que les occasions étaient rares.
- C’est bien, Oriko. Maintenant éteins-le, que nous puissions nous concentrer sur notre mission, lui rappela-t-il.
- Oui, maître.
La machine reposa paisiblement contre l’abdomen du non humain, au moment où la femme du culte s’introduisit dans le salon.
- L’ambassadeur est ici.
- Faites-le entrer, Soeur.

Voilà, encore désolé pour ce cliffhanger :whistle: ! J'adore vous frustrer :diable: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 19 avril 2020, 13:00

Bonjour à tous, c'est l'heure de la suite!

Et dans cet extrait, y aura du monde et du beau :diable: ! Comme Précédemment, nous retrouvons deux jedi, monsieur et madame Contispex rejoints par leur adorable fiston ( si, il est adorable :o ) et sa toute aussi adorable amie ( adorable je vous dis :o !) et..... un ambassadeur Hutt :sournois: !

que du beau monde!

Deux autres humains les rejoignirent et se rangèrent à droite du couple Contispex. Les deux jeunes nouveaux venus semblaient nourrir des liens affectifs, à la manière dont ils se tenaient par la main. La Force se teinta d’une essence encore plus glaciale.
Gagné par un certain malaise, Bekan glissa sa main droite sous sa bure, là où se trouvait la poignée de son sabre laser.
- Ah, permettez-moi de vous présenter mon fils, Ethan.
Le jeune humain blond ne possédait pas le physique de quelqu’un d’athlétique. Une bedaine naissante alourdissait son abdomen et son visage bouffi ne trompait pas un Jedi expérimenté et âgé de quarante ans.
Tout comme l’apparence séduisante de sa compagne aux cheveux roux, qui le regardait avec insolence.
- Et sa charmante amie, Leli.
Les deux jeunes gens restèrent muets jusqu’à ce que Ethan Contispex lâcha d’un ton narquois :
- Vous ressemblez à un ermite miteux.
- On pourrait croire que vous vivez dans les bois plutôt que dans un Temple, gloussa l’humaine rousse.
Bekan n‘en fut pas perturbé, il avait connu pire comme insultes. Mais il ne voulait pas rater l’occasion de remettre à leur place ces impertinents, surtout que les parents ne semblaient pas vouloir les inhiber.
- Servir la Force exige des sacrifices et un dévouement qui dépassent votre compréhension. Mais comme nous ne recevons pas beaucoup de visiteurs, votre ignorance est tout à fait pardonnable dans votre cas.
La colère déforma les traits de Leli et de Ethan, avant que Julius Contispex ne s’éclaircit la gorge.
- Hum, Ethan, tu devrais montrer plus de respect si tu désires prendre en main les affaires importantes plus tard.
- Oui, papa.
- Et cela vaut aussi pour vous.
Il s’adressait à Leli, qui s’inclina.
- Oui, monsieur.
Sur ces remises au point, l’ambassadeur Hutt pénétra dans le salon. Bekan surprit Linza Contispex se pincer le nez, agressée par les effluves putrides qui se dégageaient des pores de la peau écailleuse du représentant des kadijics de Nal Hutta.
Le droide qui l’escortait, annonça solennellement :
- Son Énormité, l’ambassadeur Gaarba Hestilic Uruth, représentant des honorables kadijics de Nal Hutta auprès du Sénat, adresse ses hommages les plus respectueux à son Excellence, le Chancelier Suprême de la République.
Ethan Contispex se permit un commentaire médisant à voix basse.
- Représentant des marais fétides, ce serait plus exact.
Ce qui ne fut pas du goût de son père, qui le foudroya du regard.
- Nous saluons chaleureusement l’ambassadeur des kadijics de Nal Hutta, commença le patriarche, et espérons que l’accueil au sein de ma propre famille lui sied beaucoup. J’aimerais vous présenter ma femme Linza…
Le Hutt l’interrompit de sa voix profonde et gutturale, qui traduisait son impatience.
- Son Énormité vous prie d’excuser son empressement, prononça l’interprète, mais il souhaiterait aborder sans tarder l’objet de sa visite qui l’a amené au sein de votre honorable famille.
- Bien entendu, fit Linza Contispex. nous louons le professionnalisme de l’ambassadeur Gaarba et la sagesse des kadijics qui l’ont choisi pour les représenter parmi nous.
Gaarba, rasséréné par ces compliments, fit part de son approbation.
- Son Énormité transmettra les louanges de madame Contispex aux kadijics sans faute. D’inestimables cadeaux de valeur lui seront envoyés pour la remercier de sa bonté exemplaire.
- Parfait, coupa le Chef d’État. Maintenant discutons du sujet qui vous amène, ambassadeur.
Les yeux reptiliens démesurés du Hutt se plissèrent avant qu’il ne tonna de nouveau de sa voix caverneuse.
- Son Énormité demande au nom des kadijics de Nal Hutta des explications quant aux récentes incursions de la Flotte Républicaine à proximité de la Nébuleuse d’Oktos et le long de l’Ootmian Pabol.
Gaarba faisait allusion au stationnement de la Cinquième Flotte dont les éléments les plus proches de l’Espace Hutt étaient positionnés dans le système d’Ubrikkia, qui constituait un emplacement stratégique sur l’Ootmian Pabol, une route commerciale ouverte des siècles auparavant pour rallier les territoires Hutts aux mondes de la République.
Les Hutt avaient commencé à réagir lorsque l’amirale Amicia Amukos avaient déployé des unités pour mener des patrouilles, proches des frontières. Des escadrons de chasseurs et des frégates avaient mené des manœuvres intimidantes contre des vaisseaux de contrebande appartenant à des seigneurs Hutt, suscitant leur colère. En riposte, les kadijics avaient envoyé leur flotte pour surveiller les secteurs frontaliers.
- Je n’ai pas lu les derniers rapports de l’amirale Amukos, peut-être auriez-vous l’obligeance de m’éclairer sur ce point.
Julius Contispex avait lu les derniers rapports mais son mensonge éhonté avait pour objectif d’user la patience de l’ambassadeur par simple plaisir mesquin.
- Son Énormité vous fera l’honneur de vous résumer les derniers incidents fâcheux pour suppléer à votre défaillance.
- Défaillance ? Est-ce que cette grosse limace répugnante sait à qui elle parle, au moins ? Réagit Ethan Contispex avec virulence.
Gaarba le dévisagea avec sévérité et émit un grondement.
- Son Énormité pardonnera volontiers l’insolence de votre progéniture, à condition qu’elle se taise à jamais.
- Cela n’arrivera plus, lui promit Julius. Revenons à notre affaire.
Bekan observa que le fils évitait le regard furieux de son père. Cette fois, l’ambassadeur chargea son interprète de relater les faits.
- Il y a environ quatre jours standard, deux escadrons de chasseurs stellaires républicains de classe Typhon ont fait irruption dans le système de Tol Amn, tentant d’arraisonner illégalement un vaisseau de commerce du kadijic Besadii. Ils ont ouvert le feu et tenté de détruire le cargo sans sommations. Une de nos patrouilles a intercepté le signal de détresse et est intervenue à temps. Les pilotes refusant de se retirer, le combat a été engagé. Une de nos corvettes a été endommagée et doit subir des réparations, deux appareils ennemis ont été détruits et leurs pilotes capturés. Ceux-ci ont prétendu qu’ils avaient été attaqués par ce vaisseau, une version qui nous paraît bancale.
- Ah oui, cet incident-là, fit le Chancelier dont la mémoire semblait revenir. L’amirale Amukos m’a remis son rapport à ce sujet. Mais je vous en prie, je serais curieux de connaître la position des kadijics.
Gaarba s’éclaircit la gorge, un bruit qui évoquait le raclement d’une canalisation encrassée. De nouveau, il répondit en des termes peu amènes, traduits dans les instant suivants.
- Son Énormité déclare que les kadijics considèrent que cette intrusion dans un système frontalier est une agression délibérée contre leurs intérêts. Ils ne libéreront les deux pilotes que si la République retire ses forces du système d’Ubrikkia et garantit que le libre échange commercial ne sera plus menacé.
- De quelles garanties parlons nous, au juste ?
- Les kadijics demandent le versement d’une forte indemnité en compensation du préjudice moral subi suite à cette intrusion illicite, ainsi que des dommages et intérêts en rapport avec les troubles causés par cette dispersion de la main d’œuvre causée par ladite intrusion. L’ambassadeur Gaarba a l’intention de déposer cette requête devant le Sénat lui-même.
Le Hutt parut satisfait du petit effet que produisirent ses exigences. L’impassibilité du clan Contispex masquait une rage froide.
- Je vois, fit le patriarche.
Bekan ne pouvait s’empêcher de penser que les exigences des Clans Hutt étaient à la limite de l’outrance. La main d’œuvre qu’ils auraient perdu lors de l’incident de Tol Amn ne désignait rien de moins que les esclaves chargés de récolter la terre sur ce monde brumeux et orageux.
Aux lisières de l’Espace Hutt, la République avait concentré des forces militaires importantes le long du Tube de Trax, une voie hyperspatiale qui courait de Daalang jusqu’à Randon. Des rapports sur l’état des défenses des kadijics envoyés au Haut Conseil, montraient clairement qu’ils n’auraient pas les moyens de résister à une offensive d’envergure coordonnée, à moins de faire appel à des alliés.
Étant donné leur réputation sulfureuse de seigneurs du crime, l’alsakani doutait que quiconque prenne le risque de les soutenir directement. Il se demandait si les Hutt avaient conscience de leur infériorité.
Leurs exigences ressemblaient à du bluff, pour faire croire qu’ils bénéficiaient d’une puissance de feu importante. À moins qu’il ne s’agisse d’une tragique inconscience… dans ce cas ils sous estimaient gravement la détermination du Chancelier Suprême. Car il ne faisait aucun doute pour le Chevalier Jedi, que le maître de la République se savait en position de force et qu’il ne se laisserait guère impressionner par les rodomontades de son invité.
- L’amirale Amukos nous a fait part d’une toute autre version, qui sera évidemment relayée au Sénat si vous persistez dans votre démarche peu constructive pour les relations entre vos Clans et mon gouvernement.
Sûr de son fait, Julius Contispex se laissa aller dans le divan, toisant son antagoniste avec une certaine morgue.
- Le vaisseau pourchassé par nos pilotes appartenait à des esclavagistes se livrant à du trafic d’être humains des Mondes du Noyau jusqu’aux mondes périphériques de la République, et possédant des liens étroits avec le clan Besadii, l’un des clans les plus importants de Nal Hutta si ma mémoire ne me trompe pas.
Il se pencha en avant, les yeux luisant d’une intensité particulière.
- Des esclavagistes qui n’hésitent pas à briser des vies, à déchirer des familles entières… tout cela dans le but d’alimenter un commerce ignoble, dont les clans Hutt tirent un bénéfice substantiel.
Le droide traduisit l’indignation de Gaarba.
- Son Énormité aimerait savoir sur quelles preuves reposent vos accusations iniques.
- Je les exposerai si l’ambassadeur persiste à vouloir se plaindre devant le Sénat.
Les yeux reptiliens du Hutt s’agrandirent sous le coup de la fureur.
- Son Énormité met en garde le Chancelier Suprême de subir le même sort que Xim le despote, si la République persiste dans ses dangereuses provocations.
- L’ambassadeur Gaarba se permettrait-il de menacer le Chef d’État de la République en personne ? Rétorqua l’intéressé.
Bekan jugea bon d’intervenir.
- Vos Excellences, il serait opportun de ne pas succomber à la tentation de l’escalade. Cela ne serait dans l’intérêt de personne.
Tous les regards convergèrent vers lui.
- Il va de soi que les activités de l’Espace Hutt ne regardent en rien la République tout comme il est évident que leurs activités doivent être réglementées dans les systèmes régis par les lois de notre gouvernement.
- Que proposez-vous, Maître Jedi ? Fit Linza Contispex.
- Le Haut Conseil a pris position sur le sujet et ne souhaite pas de guerre, avant que toutes les options n’aient été usées. Les Jedi se portent volontaires pour aider les deux parties à régler les différents.
- Attendez un peu, l’ermite ! s’écria Ethan Contispex. Vous n’êtes pas censés servir la République, c’est-à-dire, mon père ?
Bekan lui répondit comme s’il avait en face de lui, un enfant.
- Les Jedi sont avant tout au service de la paix et c’est pourquoi je propose en leur nom un compromis temporaire visant à désamorcer un peu la crise.
Gaarba signifia son approbation.
- Son Énormité vous écoute, Maître Jedi.
- Je propose que les Hutt rendent à la République les deux pilotes capturés et coopèrent activement aux enquêtes lancées par le Sénat sur les trafics divers qui essaiment dans les systèmes de la République, afin de déterminer l’identité des responsables véritables. En échange, la Cinquième Flotte doit être rappelée et des indemnités doivent être versées en compensations des dommages subis par la planète Tol Amn.
Le mutisme éloquent général indiquait que chaque partie pesait scrupuleusement les avantages et les inconvénients que pouvait leur offrir un tel accord.
- Son Énormité considérera plus acceptable que la Cinquième Flotte se retire du système d’Ubrikkia avant de relâcher les deux pilotes, fut-il annoncé par le robot interprète.
- Pardonnez-nous ambassadeur Gaarba, fit remarquer le Chancelier Suprême, mais quelles garanties nous offrez-vous ? Vous vous doutez bien que le Sénat ne se fiera pas qu’à votre seule parole.
Avec un nouveau grondement de la part du Hutt :
- Son Énormité offre d’aider immédiatement à la stabilité durable des frontières de l’Espace Bothan en détruisant les bases de pirates qui troublent la tranquillité des systèmes avoisinants. Les kadijics sont prêts à accorder à la République une coopération sans condition sur ce thème.
- C’est un bon début, concéda Julius Contispex. Qu’en pensez-vous, Jedi ?
Bekan passa la main dans sa barbe, l’air pensif. La roublardise était une seconde nature chez les Hutt, tout comme chez le Chef d’État actuel de la République. Il tenta de se projeter dans les flux de la Force pour discerner leurs réelles intentions et l’avenir proche. Mais un flou obstruait ses perceptions.
Il était donc forcé de supposer que les deux parties feraient preuve de bonne volonté, sans en avoir la totale certitude.
- Je ne doute pas que le Haut Conseil approuve cette démarche, quand je leur rendrai mon rapport, répondit-il finalement.
- Alors, c’est entendu. Quand les Hutt enverront des éléments militaires aider la Quatrième Flotte de l’amiral Hisku à pacifier les frontières de l’Espace Bothan, nous envisagerons avec beaucoup d’intérêt, le retrait de la Cinquième Flotte.
Gaarba renchérit, par l’intermédiaire de son droide :
- Son Énormité souhaite au nom de tous les kadijics une prospérité nouvelle des relations entre nos gouvernements.
L’entretien était ainsi conclu et tous ceux qui demeuraient assis, se levèrent pour saluer l’ambassadeur Hutt qui fit volte face. Bekan Kalad et son padawan lui emboîtèrent le pas, laissant le clan Contispex au complet seuls dans le salon.
Ethan renifla lorsqu’il remarqua sur le sol marbré la traînée malodorante, vestige du passage de l’ambassadeur.
- Pouah ! Il faudra penser à nettoyer par ici !
Leli appuya son dégoût d’un pincement de nez.
- C’est bien la dernière fois que nous acceptons ce genre d’impurs dans notre maison.
Julius se tourna pour la fixer avec sévérité.
- Notre maison ? s’exclama-t-il. Vous n’appartenez pas encore à notre famille, Leli. Vous n’avez pas à me dire ce que je dois faire chez moi.
- Pardon, monsieur. J’ai parlé trop vite.
- C’est bien cela votre problème, martela Linza. Vous parlez trop et vous ne réfléchissez pas assez, tous les deux.
Les jeunes gens dansèrent nerveusement sur leurs pieds.
- Maintenant, laissez-nous. Ma femme et moi devons discuter de la façon dont vous devrez apprendre à servir la famille et la Grande Déesse.
Ethan et sa dulcinée ne protestèrent pas davantage devant l’intransigeance du patriarche. Celui-ci s’assit de nouveau sur le divan, sa femme à ses cotés. Elle l’enlaça avec vigueur avant de lui demander :
- Tu vas vraiment retirer la Cinquième Flotte du système d’Ubrikkia ?
Il lui accorda un sourire sournois.
- Bien sûr que non. Qu’importe les concessions que les Hutt nous feront.
- Nous allons maintenir la pression, approuva-t-elle. Mais tu devrais suggérer à l’amirale Amukos de suspendre toute opération aux frontières de leur Espace. Si les Hutt capturent encore des pilotes et décident de les exécuter pour l’exemple, l’Honorable Fraternité pourrait s’en servir contre toi pour dénoncer ton bellicisme et leurs conséquences. N’oublie pas que tu dois être vu comme le garant de la paix.
- Mais je dois aussi montrer ma détermination…
-...et c’est pour cela que tu feras voter au Sénat un embargo total qui les soumettra et les affaiblira durablement.
- Je pense que l’ambassadeur Gaarba aura une mauvaise surprise quand il déposera ses doléances devant le Sénat.
Une satisfaction cruelle éclaira leurs traits avant qu’ils ne se laissèrent aller à une fervente effusion.


Bekan Kalad jeta un dernier regard en direction de l’ambassadeur Hutt qui s’éloignait pour prendre un turbo ascenseur plus adapté à sa corpulence. Son padawan avait de nouveau allumé la sphère qu’il avait réparé et la machine flottait devant lui en émettant un bourdonnement bas. Le Jedi alsakani repoussa d’un geste de la main le dévouement de l’adepte qui les avait escortés.
- Inutile de nous raccompagner, madame, nous connaissons le chemin.
- Comme vous voudrez, Maître Jedi. Que la Déesse vous absout de vos péchés et vous guide sur le chemin de la Vertu.
Elle le salua en joignant les paumes devant la poitrine, un salut auquel il ne répondit pas. Il attendit ensuite que les battants du turbo ascenseur se refermèrent derrière lui pour interroger le jeune draethos.
- Qu’as-tu ressenti, Oriko ?
L’élève non humain se détourna un instant de la sphère pour croiser le regard de son maître. Ce dernier surprit ses petites mains griffues en train de trembler alors que son malaise troublait la sérénité de la Force.
- Je… hésita-t-il.
- Ne crains rien, tu es avec moi, le rassura son instructeur en posant une réconfortante main paternelle.
L’alsakani lui transmit des ondes de calme par le biais de la Force, qui apaisa peu à peu l’enfant. À seulement dix ans, Oriko démontrait une exceptionnelle faculté télépathique à déceler les pensées les plus enfouies et les onces d’émotion les mieux dissimulées avec un rare talent. Le revers de la médaille était une hypersensibilité d’autant plus accrue.
Ses sens étaient démultipliés ce qui pouvait le déséquilibrer. Il devait donc rester auprès de lui, anticiper les moindres fluctuations d’émotions pour que sa formation continue de se dérouler de manière optimale.
- J’ai perçu de la colère, de la peur et aussi beaucoup… beaucoup de malheur, de tristesse.
Des larmes coulaient sur ses joues lisses comme du cuir poli avant que Bekan ne le prit dans ses bras.
- Ça ira, Oriko. Concentre-toi sur mes pensées, tu es en sécurité. Nul mal ne peut t’atteindre, laisse-toi baigner au coeur de la Force.
- Oui, maître.
Le petit non humain sécha ses larmes avant qu’il ne le relâcha. Il redevint un enfant espiègle lorsqu’il tenta d’attraper les petites pattes du robot qui esquiva ses tentatives. Oriko laissa cependant l’ombre du doute ternir son humeur.
- Maître. Si des gens souffrent ici, on pourra les aider ?
Les yeux bruns du natif d’Alsakan errèrent dans le vide. Il devinait que des secrets sordides hantaient la demeure des Contispex.
- Si la Force le veut, Oriko. Pour le moment nous rentrons au Temple, tu as besoin de parfaire ta maîtrise dans l’art du sabre.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :cute: !

Et on se retrouve à la prochaine! ciao :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 26 avril 2020, 08:55

Bonsoir à tous!

Tout d'abord, je voudrais vous adresser mes plus sincères félicitations pour votre fidélité ! bravo à tous :jap: !

Sur ce, voici la suite!

Dans cet extrait, il est temps de retrouver une certaine twi'lek à la peau rouge (non, ce n'est pas Talon :whistle: !) et découvrir un peu plus ce qu'est devenue la République au quotidien :sournois: .


Le soleil jetait ses derniers feux sur l’immeuble qui abritait la résidence de la famille Contispex, quand Naha sortit dehors et arpenta l’allée qui menait vers la rue principale. Elle avait rangé sa robe rapiécée de domestique réduite à l’avilissement, dans un sac grossier qu’elle maintenait en bandoulière contre son flanc gauche. Elle flottait maintenant dans des vêtements civils anonymes et confortables. Une ample et épaisse tunique brune recouvrait son corps, surmonté d’une veste à capuchon du même ton, qui lui recouvrait la figure. Elle avait enroulé ses lekkus autour de son cou gracile pour qu’ils retombent derrière sa nuque et ne dévoilent donc pas trop ouvertement sa nature de twi lek.
Un pantalon étroit la dissimulait des hanches jusqu’aux chevilles, ses pieds chaussés de bottes à talon proéminent. Elle avait pris aussi des précautions pour recouvrir ses mains de gants en peau de rewack, au reflet magenta.
Ainsi emmitouflée, rien n’aurait pu la distinguer des autres femmes humaines de son âge, sauf si quelqu’un l’observait longtemps avec insistance. Son déguisement s’était aiguisé rapidement au fur et à mesure de ses trajets quotidiens entre son ghetto et le domicile des Contispex. Elle n’attirait plus autant l’attention que la première fois. Et cela lui épargnait les ennuis, en tout cas la plupart du temps.
Car il n’était pas bon d’être non humain au cœur de la Cité Galactique, sous la République de Contispex.
Avant de sortir de l’enceinte, elle contourna trois Disciples de Hapos qui la foudroyaient de leurs yeux haineux. Elle s’efforça de garder la tête baissée, alors que l’un d’eux cracha à son passage.
- Dégage, l’impure !
Elle ne freina pas d’un pouce, respirant mieux lorsqu’elle foula le trottoir avant de traverser vivement la chaussée, klaxonnée par un landspeeder dont le conducteur humain l’invectiva avec véhémence sans heureusement soupçonner sa véritable nature.
Hors de question de s’arrêter pour se retourner, pour vérifier qu’elle n’était pas suivie. Elle avait quitté l’antre du démon mais elle n’était pas en sécurité pour autant. Elle ne le serait qu’en arrivant au ghetto, chez elle.
Le vent se leva un peu et elle dut user de sa main droite pour éviter que son capuchon ne soit arrachée de sa tête. Il lui fallait parcourir dix kilomètres standard avant d’arriver chez elle, avant de sortir de cette marée d’humains, qu’elle croisait sur son chemin. Elle frôla les murs et elle avait remarqué que bon nombre d’entre eux en faisaient autant.
Même ici, la peur imprégnait les esprits. Certes, les humains étaient mieux traités que les non humains mais cela ne signifiait guère qu’ils bénéficiaient d’une sécurité plus probante, surtout s’ils étaient ne serait-ce suspectés de s’opposer au régime autoritaire qui étranglait la République depuis deux décennies.
Naha n’avait rien connu d’autre que cette dictature qui s’installait de plus en plus solidement et influençait de façon croissante, les pensées et les modes de vide. Si la plupart des humains s’habillaient sans se distinguer particulièrement, elle remarquait avec le temps que de plus en plus de badauds portaient des vêtements sombres et austères, soit parce qu’ils adhéraient à l’idéologie du culte Pius Dea, soit pour se protéger.
La foule se densifiait sensiblement lorsqu’elle s’approcha d’une des places de ce quartier huppé d’humains. Malgré elle, elle dut ralentir le rythme de ses pas pour ne pas heurter qui que ce soit ou ne pas être heurtée.
C’était l’un des moments délicats qu’elle appréhendait le plus. Elle avait heureusement appris à conserver son calme au milieu de la ruche. Elle prenait garde à ne pas croiser le moindre regard, et resserrait le capuchon sur son crâne. Elle était livrée à elle-même, elle n’avait pas d’autre choix que de tout faire pour se rendre invisible.
Une femme d’un certain âge, qui arborait un air distant plissa les yeux en face d’elle, lorsqu’elle surprit l’éclat de son teint rouge vif, qui trahissait sa nature de twi lek Lethan. L’épaule de Naha l’élança lorsqu’elle fut volontairement bousculée en tentant de l’esquiver.
- Sale Catin d’alien !
La jeune paria ne répondit pas car elle se doutait que c’était ce que l’autre recherchait. La provoquer pour la pousser hors de ses gonds et lui attirer ainsi les pires ennuis. Elle ne pouvait pas se le permettre, il y avait bien trop à perdre.
Elle poursuivit sa marche, ne cessant de maintenir son capuchon large sur la tête.
Elle déboucha alors sur une des places importantes de la capitale. Une foule imposante était massée autour d’une barge antigrav qui soutenait un groupe de supporters de l’actuel Chancelier Suprême. Trois jeunes humains au crâne rasé – un homme et deux femmes – vêtus de ce qui ressemblait à un informe paramilitaire d’un gris terne, haranguaient cette masse du haut de ce promontoire flottant. Ces jeunes fanatiques appartenaient à un groupe qui se faisait appeler les Gardiens de la Pureté, un mouvement extrémiste humanocentriste qui n’hésitait pas à recourir aux mêmes méthodes que les Disciples de Hapos, dont ils partageaient les convictions. Ils sévissaient dans les quartiers humains où ils imposaient leur loi, avec la complicité tacite des autorités
L’un des trois humains, une femme petite et frêle, les traits tordus par une haine xénophobe, brandissait un poing serré vers les cieux illuminés par un soleil déclinant.
- Camarades ! S’écriait-elle. Notre Chancelier Bien Aimé Contispex a plus que jamais besoin de notre soutien face à cette vermine qui hante nos rues et que l’on tente de parquer dans des zones de sécurité là où ils ne pourront nuire à personne ! Je parle de cette racaille d’aliens de tout acabit qui ne savent que voler, saccager, piller, attenter à la dignité de nos pères et de nos frères, à l’honneur de nos mères et de nos sœurs ! Chacun d’entre nous est le pilier qui soutiendra la République et la rendra plus forte et plus pure que jamais ! Rejoignez-nous, adhérez à notre cause ! Soutenez le culte des Enfants de la Déesse !
Des applaudissements roulèrent vers elle. La jeune twi lek avait déjà assisté à ce genre de spectacle sinistre qui visait à exciter et à orienter la colère et les frustrations de citoyens égarés vers les boucs émissaires habituels.
Eux, les non humains.
- Oui, bravo ! Bravo ! À bas la vermine, à bas les inférieurs !
- Nous les humains, sommes la race supérieure ! Cette galaxie nous appartient à tous et nous commencerons par purifier la République de ces rats womps immondes ! Renchérissait de plus belle l’oratrice.
- Nous sommes les purs ! Oui, nous sommes les plus dignes !
En marge de ce rassemblement, Naha surprit de rares non humains qui tentaient de contourner cet amas qui leur était hostile, le plus discrètement possible. Ils marchaient tous d’un pas vif et même empressé comme si un démon était à leurs trousses, promesse de mort et du plus terrible des enfers. À certaines extrémités des rues, elle étudia les véhicules des Forces de Sécurité, dont les agents à bord – humains – surveillaient le bon déroulement de la manifestation. Si elle ou un autre non humain était pris dans une rixe, elle doutait cependant qu’ils interviennent en sa faveur. Ils étaient eux aussi des instruments du régime en place.
Ils gardaient les entrées et sorties des ghettos dispersés dans la Cité Galactique, maintenaient prisonniers les infortunés résidents. Naha ne leur faisait aucune confiance, elle avait entendu de funestes histoires qui les accusaient de laisser les Disciples de Hapos et les Gardiens de la Pureté mener des expéditions punitives contre les habitants du ghetto. Et même d’y participer à leurs cotés…
Et les Jedi se faisaient discrets. La République était donc tombée si bas, qu’elle s’asseyait sur les principes qui l’avaient fondé.
Le regard de la jeune twi lek se porta sur un nautolan à sa droite dont le couvre chef fut arraché par un rebelle coup de brise. Les Gardiens de la Pureté les plus proches poussèrent des clameurs sauvages en le montrant de la main.
- Regardez ! C’est un de ces criminel ! Disaient-ils.
L’oratrice le repéra à son tour et brandit un index menaçant dans sa direction.
- Attrapez-le ! Montrons-lui que la racaille n’est pas tolérée dans la société nouvelle que nous sommes en train de bâtir !
Le nautolan affolé, tenta de se dérober à cette folie soudaine et de s’échapper en direction de la rue face à lui. Mais il ne fut pas assez rapide et cinq Gardiens de la Pureté le rattrapèrent sans mal, le saisissant par le col, par ses manches, et par ses appendices crâniens.
Il tenta de se débattre pour se dégager mais les coups de poings plurent sur son visage et sur son torse, le faisant choir au sol.
Tout cela sous le nez de deux agents des Forces de Sécurité qui ne bronchèrent pas.
Le nautolan tenta de se relever, en vain. Ses bourreaux continuèrent de le tourmenter et usèrent de leurs bottes de cuir pour caresser ses entrailles et lui piétiner toutes les autres parties du corps qu’il ne parvenait pas à préserver avec ses bras et ses mains. Personne n’intervint, tout le monde laissa faire… surtout les autres Gardiens de la Pureté qui applaudissaient bruyamment.
- À mort, la racaille ! À mort !
La jeune twi lek battit en retraite vivement, sans pouvoir détacher les yeux de ce funeste spectacle. À ce rythme là, le nautolan était condamné. Un Gardien de la Pureté, une jeune humaine adolescente, recula pour saisir une matraque accrochée à sa ceinture. Ses traits juvéniles exprimaient le ravissement cruel de quelqu’un qui s’apprêtait à commettre un acte terrible. Ses autres camarades reculèrent à leur tour, s’écartant du nautolan qui gémissait en position fœtale. Celui-ci roula sur le dos, la figure couverte de bleus et d’entailles sanglantes, pour tenter de se redresser, puis ses yeux sans facette s’agrandirent soudainement lorsqu’elle se pencha au-dessus de lui.
- Alors, l’inférieur, tu oses souiller notre quartier de ta puanteur ? Tu aurais du rester dans ton ghetto infect !
- Non, attendez ! La supplia-t-il.
Elle leva le bras et il hurla lorsqu’elle le frappa au niveau du flanc à plusieurs reprises. Il s’appuya sur les coudes pour se mettre hors de portée mais elle ne cessait de l’assaillir et il se plia en deux lorsque sa matraque maltraita son abdomen.
C’est alors que les deux agents des Forces de Sécurité se décidèrent enfin à intervenir. Un humain grand et massif s’interposa et leur lança :
- Ça suffit ! Circulez !


Voilà désolé pour ce cliffhanher :paf: ! J'espère néanmoins que cela vous aura plu et notamment les Gardiens de la Pureté :sournois: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 11 mai 2020, 13:03

Bonjour, c'est l'heure de la suite!

On continue donc sur la jeune twi'lek Naha et les Gardiens de la Pureté :sournois: !

Vous allez voir de nouveau à quel point cette République est démocratique, fraternelle où tout le monde s'aime avec amour :roll: !
Comment ça, je suis sarcastique :P ?

Allez bonne lecture!

Les Gardiens de la Pureté ne protestèrent pas, preuve de la connivence qui existait entre eux et les autorités locales. L’impartialité n’existait pas, la justice n’était qu’une illusion qui ne dupait que les plus aveugles des imbéciles.
Les cinq humains retournèrent vers le rassemblement, continuer d’écouter la harangue de l’oratrice de leur mouvement, qui vantait les mérites de la supériorité de la race humaine sur tous les non humains.
Naha vit le nautolan réussir à se remettre sur ses appuis, entouré des agents qui le considéraient avec sévérité. La natif de Nautola vacillait voûté, se tenant les côtes, sérieusement mal en point. Avec morgue, le grand humain massif comme un lutteur lui asséna :
- C’est dangereux de se promener par ici, pour quelqu’un qui n’est pas humain.
Le nautolan qui respirait difficilement, le fusilla du regard.
- Vous avez vu ce qui s’est passé ! Leur reprocha-t-il. Vous attendez une invitation pour les arrêter ?
La collègue de l’autre homme, le reprit sèchement.
- Surveillez votre langage, ou nous vous emmenons au poste pour outrage, fit-elle d’un ton monocorde.
- C’est quoi, votre problème ? Vous êtes trop lâches ou vous êtes leurs complices ? Rétorqua la victime.
- Tout le monde dira ce qui s’est vraiment passé, déclara l’homme. Que vous avez glissé et êtes tombé par terre.
-… et que nous sommes venus nous enquérir de votre état, acheva la femme.
Ulcéré tout comme Naha qui ne perdait rien de cette scène absurde, l’extraterrestre fulmina :
- C’est une plaisanterie !
- Eh bien, la prochaine fois, faites attention où vous mettez les pieds, lui conseilla la policière coruscantie avec condescendance. Peut-on savoir ce que vous faites là ?
- Je rentre chez moi, au ghetto. J’ai terminé ma journée de travail.
- Vous avez votre permis ? Lui demanda l’autre agent.
À cette question, la twi lek plaqua instinctivement sa main contre son flanc, là où elle dissimulait son propre permis de travail, une demi feuille de flimsi plastifiée pliée en quatre, comportant une photo d’identité et un datacode spécifique. Ce document était signé et tamponné par un officier des Forces de Sécurité.
Le nautolan obtempéra sans cesser de maugréer. La femme déplia le permis et l’examina attentivement.
- Ce document n’est pas valable, fit-elle remarquer.
- Quoi ? Protesta le non humain. Ce n’est pas possible, j’ai remis mon permis à jour pas plus tard que la semaine dernière !
- On ne voit pas très bien la signature en aurebesh du collègue, ajouta-t-elle en se penchant vers son camarade.
- Tu as raison, renchérit l’autre. La signature est presque effacée.
Il scanna le permis avec détecteur qu’il portait à la ceinture.
- Le datacode est correct, reconnut-il.
- Mais cela peut être un faux bien imité, appuya-t-elle. Il faudrait s’en assurer.
- Ce serait une sage précaution. D’autant que les faux et usages de faux sont un délit puni de cinq ans de réclusion sur une colonie pénitentiaire.
Le nautolan complètement indigné, craqua.
- Vous m’accusez de falsification pour une fichue signature que vous n’êtes pas capable de distinguer ! Vous êtes de mèche avec eux, fascistes !
Les deux policiers échangèrent un regard.
- Nous avons affaire maintenant à un cas d’outrage à agent, commenta l’agent humain.
- Emmenons-le au poste, acquiesça la femme.
Le nautolan fut agrippé solidement par l’épaule.
- C’est de l’abus de pouvoir ! Vous n’avez pas le droit de m’emmener ! S’exclama t il auprès de l’humain qui le poussait vers le véhicule.
- Vous préféreriez qu’on vous laisse à vos nouveaux amis ?
Les Cinq Gardiens de la Pureté se tenaient une distance raisonnable du trio mais ils gardaient un œil attentif sur cette scène. Autour d’eux, les gens s’écartaient raisonnablement pour ne pas se trouver sur leur trajectoire, il leur arrivait en effet de s’en prendre aux humains qu’ils suspectaient – la plupart du temps à tort – d’être trop proches des non humains.
Lorsque les victimes protestaient avec trop de vigueur contre leur injuste arrestation, il arrivait aux agents de police peu scrupuleux de les relâcher intentionnellement dans la rue pour qu’ils finissent aux mains d’agresseurs suprémacistes liés à la secte Pius Dea.
Histoire de faire comprendre au plus grand nombre et devant témoins, que l’ordre et le régime établis ne devaient être en aucun cas contestés ouvertement.
- À votre avis, vous survivrez combien de temps si on les laissait s’occuper de votre cas ? Renchérit la femme.
- Ouais, on peut dire que ces types là préfèrent ne pas s’encombrer de paperasse et de procédure.
Les paroles des agents eurent l’effet escompté sur le non humain qui se calma aussitôt et se laissa embarquer.
Naha ne sut quoi penser de tout cela. Sous couvert de sévérité et d’un traitement discriminatoire, les agents de sécurité tentaient-ils de préserver leur prisonnier de la violence des fanatiques xénophobes à la botte du Chancelier ? Cela prouverait qu’il restait un peu d’humanité dans cette République, à moins que la destination finale ne se révéla bien pire.
D’inquiétantes rumeurs circulaient en effet à propos d’aliens embarqués arbitrairement dans la rue et ne donnant plus de signe de vie à qui que ce soit dans leur entourage proche. Bien entendu, tous ceux ou celles qui étaient arrêtés ne disparaissaient pas dans la nature et les plus chanceux étaient même relâchés rapidement.
La jeune twi lek ne pouvait pas en savoir plus, inutile de s’attarder davantage. Elle se mélangea parmi les humains alors que l’oratrice des Gardiens de la Pureté reprit sa vindicte offensive. Discrètement des Disciples de Hapos avaient rejoint la masse favorable aux extrémistes et furent évidemment bien accueillis par leurs amis.
- Camarades, accueillez nos frères et sœurs du culte respectable des Enfants de la Déesse ! Ils appartiennent à notre famille et nous appartenons à la leur ! Ensemble, nous apporterons la lumière et la civilisation à toute la galaxie ! Nous repousserons les frontières de notre République pour étendre notre espace vital ! Rejetons les idoles du passé et tournons nous vers l’avenir, vers notre guide éclairé, le Chancelier Suprême !
Elle claqua subitement des talons, raidie dans une posture de garde à vous et tendit le bras droit à hauteur du visage. Un geste qui fut aussitôt repris par tous les Gardiens de la Pureté qui scandèrent en cœur comme un troupeau obéissant.
- Salut à toi, Contispex ! Sous ton étendard de lumière, nous verserons notre sang pour défendre notre dignité et notre honneur ! Humains, nous sommes au-dessus de tous les autres ! Les inférieurs méritent l’éducation, pas la compassion !
Ce chant martial et dépourvu de bonté, glaça le sang de Naha.
- Salut à toi, Contispex ! Sous ton étendard de lumière, nous garderons la foi et nous remporterons la victoire ! À jamais, nous voilà les maîtres et les autres, nos esclaves ! Nous ferons la fierté de nos mères, l’orgueil de nos pères ! Nous creusons les sillons emplis du sang des impurs pour qu’ils y soient noyés pour l’éternité ! Salut à toi, Contispex !
Elle en avait assez vu et entendu pour le moment. Il était temps de rentrer au ghetto.
Sans lâcher son capuchon, elle s’engouffra dans une nouvelle avenue pour couper au plus court. Cette fois, la présence des adeptes du culte devint plus visible. Un mélange de toges blanches et pourpres envahissait les trottoirs, forçant les piétons majoritairement humains à mordiller la chaussée et à gêner la circulation des landspéeeders. Les croyants les interpellaient pour mettre à l’épreuve leur foi… et les dénoncer s’ils n’en étaient pas convaincus.
- La Déesse est notre Mère protectrice et nourricière, nous devons avoir tous foi en elle !
La délation était devenue une valeur sûre. Fort heureusement, Naha avait acquis le talent de passer entre les gouttes, contrairement au jeune humain maigre devant elle qui ne put éviter les sollicitations d’une fervente religieuse à l’air candide. Celle-ci l’interrogeait :
- Connais-tu les sages paroles de la Déesse, frère ?
Naha les dépassa et entendit à peine la réponse hésitante et peu assurée du jeune homme. Celui-ci devait craindre à juste titre d’être convoqué par les Forces de Sécurité ou pire dans le Temple de la Grande Déesse si ses convictions étaient jugées vacillantes.
Au bout de cette avenue longue de plusieurs kilomètres, elle serait beaucoup plus tranquille. Du moins elle l’espérait.
Quelques minutes après, elle traversa une petite rue et entendit tout à coup des sifflets racoleurs depuis l’autre coté de la chaussée.
- Eh, matez-moi ça !

Voilà, encore un cliffhanger! Il y a des chances pour que Naha se fasse embêter par de stupides humains :whistle: ! Bon sinon, vous tenez le coup?

pas trop scandalisés par cette République :P ?

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

PS: Je pense que le chant des Gardiens de Pureté va vous interpeller, notamment le " Salut à toi, Contispex "

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 17 mai 2020, 22:26

Bonsoir, c'est l'heure de la suite :) !

Allez on retrouve Naha qui n'est pas au bout des ennuis mais pour vous faire plaisir, il y aura un peu de justice dans la pire des Républiques!

Je vous laisse découvrir ça :sournois: !

Elle tourna la tête vers trois jeunes humains aux postures arrogantes qui traversèrent la chaussée vingt mètres devant elle pour l’intercepter. Ils occupèrent le trottoir sur toute la largeur, montrant qu’ils étaient bien décidés à lui bloquer le passage.
Elle hésita avant de se résoudre à rebrousser chemin pour emprunter une rue adjacente qui lui permettrait de les contourner. Elle fit volte face et manqua de percuter deux autres humains qu’elle n’avait pas sentis arriver dans son dos.
Elle tenta de passer mais les deux nouveaux venus, un brun à la carrure intimidante et un blond aux tâches de rousseur la repoussèrent en arrière.
- Tiens, tiens ! Qu’est-ce qu’on a là ? Fit Tâches de Rousseur.
L’étau se referma sur Naha, encerclée par les cinq humains aux figures narquoises. À première vue, ceux ci ne ressemblaient pas à des sympathisants de Contispex et paraissaient plutôt banals. Mais il était clair qu’ils ne lui voulaient pas que du bien.
Ce fut encore plus clair quand elle renifla l’haleine fétide des deux inconnus face à elle. Ils empestaient l’alcool, ce devait être aussi le cas des trois hommes.
- Laissez-moi passer, je voudrais rentrer chez moi, tenta-t-elle en demeurant calme.
Ils éclatèrent de rire et elle sursauta lorsque quelqu’un lui arracha par surprise, son capuchon de sa tête, révélant ses deux lekkus qui serpentaient derrière sa nuque. L’humain chauve à la peau sombre qui la tenait par son capuchon, s’exclama :
- Alors là, on a tiré le gros lot ! Une Tête de Ver !
- Et plutôt bien gaulée ! Intervient le quatrième à sa droite.
- Mouais, je suis pas fan de ses lekkus ! Avoua le cinquième.
- On s’en moque, railla Taches de Rousseur, tant que le reste tient la route.
Elle laissa passer les jacassements moqueurs avant de reprendre la diplomatie.
- Écoutez, j’ai beaucoup à faire…
- C’est pas prudent pour une jolie non humaine comme toi de se balader hors de son ghetto. À moins que tu ne fasses le tapin pour quelques privilégiés, dit la grande brute épaisse.
- Çà c’est vrai ! Pourquoi on n’aurait pas droit à notre part ? Intervint Peau Sombre.
Les sourires s’élargirent, devant la perspective alléchante pour ces cinq malandrins de passer à table.
- Je ne veux pas chercher les ennuis, si on partait chacun de son coté ?
- Quand tu auras payé ton péage, Tête de Ver, répliqua celui qui la tenait toujours par son capuchon.
- Et si tu n’as pas de monnaie sonnante et trébuchante…, fit la brute épaisse.
- Il te faudra payer en nature, se réjouit Taches de Rousseur.
Les deux individus qui encadraient Peau Sombre empoignèrent ses bras pour l’empêcher de se débattre. Et le reflet inquiétant d’une vibrolame dégainée par Taches de Rousseur devant sa figure, la fit déglutir d’angoisse. Personne ne l’aiderait à s’en sortir, elle surprit des passants changer de trottoir et s’éloigner à vive allure de la scène.
C’était le règne de l’impunité.
- Maintenant, enlève tout ça ou tu seras si défigurée que ta mère ne te reconnaîtra pas, la menaça la brute épaisse.
- Pourquoi lui demander ? Fit observer Taches de Rousseur. On n’a qu’à s’en charger nous-mêmes, on gagnera du temps.
Les traits de son complice s’éclairèrent d’une avidité cruelle.
- T’as raison.
Naha sentit les larmes lui venir. Elle était prête à subir beaucoup de choses de la part de son tourmenteur habituel contre de l’argent pour nourrir sa famille mais pas… ça. Pas ce déshonneur public, à la vue de tous.
Ses épreuves n’étaient elles pas assez éprouvantes ? Aux yeux de la Déesse, visiblement, non.
Taches de Rousseur lui attrapa le col et glissa la lame au niveau de sa trachée pour déchirer sa tunique de haut en bas.
Une voix sèche et cristalline s’éleva tout à coup dans son dos avant qu’il n’ait pu entamer sa triste besogne.
- Lâchez-la, bouses de wampa.
Naha écarquilla les yeux, étonnée en étudiant par-dessus l’épaule de Taches de Rousseur, la silhouette élancée et athlétique d’une femme aux traits sévères et aux cheveux roux coupés courts, à la militaire.
Elle était vêtue comme une commerçante itinérante indépendante, mais il était probable à la façon dont elle fixait les agresseurs, que ce n’était pas son métier. Son regard acéré traduisait sa détermination et une force de caractère affirmée.
La grande brute épaisse fut le premier à réagir, en pivotant alors qu’elle se tenait à un mètre de lui.
- Tu veux quoi, toi ?
L’étrangère humaine ne se démonta pas.
- Oh, pardon, tu es sourd ? Je vais donc répéter. Laissez-la tranquille ou vous ne serez plus en état de secouer vos petits engins.
À leur tour, Taches de Rousseur et Peau Sombre l’invectivèrent, relâchant la twi lek qui respira mieux.
- Tu sais pas à qui t’as affaire. Mon cousin est un Gardien de la Pureté, se vanta le premier.
- Et un de mes oncles appartient au culte des Enfants de la Déesse, fanfaronna le second.
Autant dire que l’autre femme ne fut pas plus impressionnée que cela.
- Parfait, je leur rendrai visite quand j’en en aurai fini avec vous, leur répondit-elle d’une voix glaciale.
Histoire d’appuyer ses propos, elle fit craquer ses doigts avec insolence. Les cinq larrons échangèrent des regards indécis avant de se raffermir.
La brute épaisse avança d’un pas et lui lança son poing dans la figure. Elle s’écarta seulement de quelques centimètres et lui agrippa le poignet tout en le frappant au foie avec son poing droit. L’autre s’effondra en lâchant un mugissement étouffé, plié en deux par la douleur saillante. Son complice, Taches de Rousseur, s’élança vivement, la vibrolame levée au-dessus de sa tête pour la poignarder au cœur.
Elle bondit à sa rencontre pour anticiper son attaque et lui saisit promptement le poignet pour le tordre vigoureusement dans son dos. Avec un glapissement puéril, Taches de Rousseur lâcha son arme avant d’être assommé du tranchant de la main à la nuque. Elle l’enjamba pour intercepter Peau Sombre, qui tentait de l’immobiliser en la tirant par ses vêtements. Elle se débattit sèchement, s’arrachant à son étreinte et enchaîna sous les yeux de Naha stupéfaite, une série de crochets saccadés qui mit groggy son adversaire.
Peau Sombre ne s’en releva pas.
Les deux derniers complices avaient assisté à la scène sans réagir, pétrifiés de voir leurs camarades neutralisés en quelques secondes par cette inconnue qui ne payait pas de mine. Elle les fixa avec une certaine morgue.
- Vous voulez votre part ? Fit-elle avec sarcasme.
Ils déguerpirent sans demander leur reste. Aussitôt l’humaine se rangea à hauteur de la twi lek pour la dévisager attentivement.
- Ca va aller ?
Naha reprit sa contenance, soulagée.
- Oui, merci.
Elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance. Pourrait-elle lui raconter qu’elle était l’esclave d’un démon qui l’avait réduit au rôle de jouet ? Ce qu’il lui faisait subir ?
- On ne devrait pas rester là, ils vont alerter les Forces de Sécurité ou bien pire encore, lui expliqua son ange gardien.
La twi lek fut entraînée vers un véhicule décapotable garé le long du trottoir de l’autre coté de la chaussée.
Elle s’installa sur le siège passager avant, fixant l’autre femme qui démarra les moteurs sans tarder davantage.
- Je m’appelle Senya Torred, se présenta alors l’inconnue.
- Moi, c’est…
- Naha, je sais. Wils m’a parlé de toi, ponctua Senya d’un sourire franc.
La jeune twi lek rabattit son capuchon pour dissimuler ses lekkus tremblant d’une peur qui tardait encore à se dissiper. Elle commençait néanmoins à se sentir en sécurité en sa compagnie.
- Comment connaissez-vous Wils ?
- Il nous arrive parfois de coopérer, même s’il n’aime pas du tout les humains. Ce que je peux comprendre cependant.
Naha intriguée, insista :
- Pourquoi ne m’a-t-il jamais parlé de vous ?
- Moins on détient de secrets, moins on en trahit.
Éprise d’un doute subit, Naha tenait à découvrir ce qu’elle savait d’elle.
- Il vous a parlé de mon travail ?
- Il n’est pas entré dans les détails, avoua Senya.
La non humaine éprouva un malaise moindre avant de se rappeler comment ses harceleurs avaient été éconduits.
- Où avez-vous appris à vous battre comme ça ?
- J’ai servi dans la Marine comme pilote de chasse. Escadron Nimbus, précisa l’humaine.
Naha devina l’orgueil de sa conductrice lorsqu’elle avait prononcé le nom de cet escadron de pilotes d’élite auquel elle avait appartenu.
- C’est un milieu où j’ai appris à envoyer balader les lourds dans leur genre. Et à gagner la tranquillité.
Au bout de deux kilomètres, elle obliqua dans une rue à droite d’un coup sec du manche, les engouffrant dans une rue. Naha distingua à regrets à son extrémité l’entrée principale du ghetto dans lequel elle résidait.
Connu officiellement sous le nom poétique de Zone de Sécurité Prioritaire numéro trois. L’accès était gardé par quatre agents des Forces de Sécurité de Coruscant, lourdement armés et protégés. Ils portaient en effet une armure intégrale et maniaient un lourd fusil blaster qui les conférait un air de machine de guerre décérébrée et intimidante.
Senya Torred freina son véhicule à une centaine de mètres d’eux. Les environs et les habitations semblaient déserts autour des deux femmes, une sensation oppressante d’être épiées commençait déjà à les tenailler.
C’est ce qui décida peut-être l’ancienne vétéran de la Marine Spatiale Républicaine à abréger les effusions.
- Je pense que tu es maintenant en sécurité, Naha. Enfin relativement, nuança-t-elle.
La twi lek lui offrit un sourire reconnaissant.
- Merci pour tout, cela me rassure de savoir que tous les humains ne sont pas pareils.
Senya hocha la tête.
- Bien plus que tu ne le crois, Naha. Passe le bonjour à Wils et prends soin de toi.
Elle ralluma les moteurs avant de lui lancer.
- L’orage approche.
La non humaine ressentit une certaine lassitude avant de souffler :
- Je sais.
Le landspeeder recula avant d’amorcer un demi tour. Il disparut dans un rugissement énergique sous les yeux de Naha qui espérait la revoir en de meilleures circonstances. Le soleil disparaissait derrière les quelques tours lointaines et bientôt le jour ferait place à la nuit. Un manteau sombre qui plongerait le ghetto dans les ténèbres de l’angoisse de lendemains de plus en plus incertains. Naha rejeta enfin le capuchon en arrière et ses lekkus libérés flottèrent autour de son cou.
Elle était proche de chez elle et n’avait plus de raisons de se cacher pour aujourd’hui.
Il était temps de rentrer.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Allez on va laisser Naha retourner à son ghetto après une dure journée de labeur... et on va retrouver pour les prochains extraits, les Jedi!

Oui, il serait temps peut-être qu'ils interviennent!

Allez à plus :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 23 mai 2020, 22:38

Bonsoir à tous!

Comme promis, il est temps de retrouver les Jedi :sournois: ! Vont-ils réagir enfin après 20 ans de tyrannie?

Début de réponse ci-dessous!

Temple Jedi

À l’écart de la tension qui mettait à l’épreuve les nerfs des citoyens de la Cité Galactique en des temps si troublés, la demeure de l’Ordre Jedi se dressait avec majesté de sa silhouette pyramidale tronquée et aplanie bien au-dessus des habitations qu’elle dominait sereinement, les abritant de son ombre bienveillante et inébranlable.
La maître Jedi twi lek Ri’ila Terka n’ignorait pas à quel point certains citoyens de la République plaçaient leurs espérances chez les serviteurs de la Force, pour rendre leur quotidien moins invivable. Une mission qui était loin d’être évidente à accomplir malgré tous les efforts de son ancien padawan Bekan Kalad qui conseillait le Chancelier Suprême Contispex lorsque ce dernier daignait faire appel à son opinion.
Elle n’était pas vraiment rassurée de savoir que le Chef d’État ne les sollicitait pas aussi fréquemment que le Haut Conseil le souhaiterait. L’attitude qu’il adoptait face aux problèmes et aux réclamations de systèmes éloignés peuplés principalement de non humains montrait son inflexibilité intransigeante.
Cependant l’opposition qu’il rencontrait au Sénat, notamment de la part de cette faction d’humains démocrates connue sous le nom d’Honorable Fraternité, l’obligeait à faire preuve de souplesse dans la crise qui opposait la République aux Hutt. Ri’ila Terka était justement impatiente d’entendre le rapport de son ancien padawan sur la réunion qui avait du avoir lieu entre l’ambassadeur Hutt et Contispex.
En attendant son retour, elle devait régler d’abord une petite affaire dans la salle du Haut Conseil en compagnie des autres Maîtres Jedi présents avec elle. Ils étaient tous réunis dans cette pièce circulaire, située au coeur du temple. Les douze sièges étaient disposés en demi cercle face à la grande porte qui barrait l’entrée.
La twi lek à la peau verte était assise au milieu juste à coté de maître Treski, un Houk qui se distinguait par une corpulence massive. Elle promena lentement ses yeux d’un siège à l’autre, la séance n’ayant pas encore commencé.
À l’extrémité gauche, elle distinguait la togruta Elani Yam, qui supervisait les Archives Jedi, ses longs tentacules latéraux retombant souplement devant sa poitrine alors que son troisième appendice pendait sagement derrière sa nuque. Maître Yam échangea quelques mots discrets avec Maître Salesu, un gotal qui inclina son pelage facial surmonté de deux cornes, réputées sensibles aux ondes électromagnétiques. Sous les regards de Maître Okepo, une kiffar à la peau sombre et le visage strié de tatouages d’un jaune ocre montrant son affiliation à son clan natal, et de maître Tlir, humain entre deux âges originaire d’Axum.
Maître Giutt se désintéressait complètement de cet échange, il était évident que l’ithorien paraissait anxieux. La twi lek le ressentait dans la Force.
Du coté de Maître Treski, les échanges allaient bon train. Le Houk fixait successivement les cinq autres maîtres débattant à voix basse de politique. Trois humains, maître Qeto, maître Igelm et maître Doek n’étaient pas d’accord avec leurs deux homologues chagrien et devaronnien, maître Huhol et maître Adlis sur le degré d’implication que les Jedi devaient adopter dans les affaires de la République.
Si les humains prônaient fermement une stricte neutralité, le chagrien et la devaronnienne proposaient de déposer un recours devant le Sénat pour interpeller les dignitaires sur les activités du culte qui s’infiltrait dans les rouages administratifs au point de ne plus pouvoir en être extirpé.
Le débat traduisait bien l’état d’esprit de certains Jedi qui souhaitaient s’impliquer en politique, notamment contre les lois et décrets spoliant et discriminant les populations non humaines dans l’espace républicain.
À cet instant, Ri’ila Terka propagea sa conscience et perçut grâce aux flux de la Force, la présence de la chevalier Jedi lorrdienne Zeri Baltwo. La twi lek le signala à maître Treski d’une inclinaison du menton et celui-ci éleva alors sa main épaisse pour réclamer le silence.
Les murmures cessèrent aussitôt et il put déclarer :
- Maîtres du Haut Conseil, nous pouvons commencer. Que la Force nous guide et nous éclaire.
Le houk hocha la tête en direction de la twi lek qui toucha ensuite l’esprit de Zeri Baltwo. Elle sentit celle-ci s’éloigner dans la Force avant qu’elle ne revienne moins d’une minute après, en compagnie d’un padawan humain qu’elle introduisit auprès des membres les plus illustres et les plus respectés de l’Ordre.
L’adolescent malingre et timide du nom de Loran Efir s’avança de quelque pas au milieu du demi-cercle de maîtres qui allait décider de manière définitive, de son avenir de Jedi. La chevalier Jedi lorrdienne de quarante ans se rangea contre la porte, l’air impassible. Mais au fonds d’elle-même, Zeri ne pouvait s’empêcher de ressentir de la pitié pour ce jeune homme qui allait être jugé pour ses méfaits.
Les lekkus de Ri’ila Terka tremblèrent lorsqu’elle se pencha en avant pour mieux le fixer. Malgré son âge avancé, elle avait conservé une noblesse magnifique sur sa figure, et une aura rayonnante qui lui valait le respect de tous ses pairs.
- Présente-toi, padawan.
Elle possédait un ton à la fois posé et distant, autoritaire mais doux. Le jeune Jedi brun dont la tresse caractéristique à son rang courait sur sa clavicule, s’éclaircit la gorge.
- Lo..Loran Efir, maître. Je suis l’apprenti de Maître Giutt, affecté aux Archives Jedi.
L’ithorien émit seulement un grondement bas à la mention de son nom.
- Sais-tu pourquoi tu es convoqué ? l’interrogea Treski.
- Oui, maître.
Loran palissait, visiblement mal à l’aise sous les regards sévères des douze membres du Haut Conseil.
- As-tu la force de l’avouer ou préfères-tu que l’un de nous le rappelle à tous ceux qui sont présents ? Intervint la togruta, Maître Yam.
La détresse du jeune humain était palpable dans la Force mais il eut assez de cran pour répondre :
- Je n’ai pas la force de l’avouer, maître.
Il baissa la tête, honteux.
- Tu es accusé d’avoir volé des manuscrits et des parchemins en flimsi pour le compte de croyants du culte Pius Dea, lui martela la twi lek.
- De précieux vestiges de l’histoire des Jedi qui remontent aux premiers temps de la République lors du schisme de Xendor, précisa la kiffar Okepo. À cet instant, nous pensons qu’ils ont été réduits aujourd’hui en cendres dans l’autodafé sur la Place du Pardon, lors de l’expiation du Sénateur Vemus.
Face à cette nouvelle, l’accusé s’agita subitement.
- Maîtres, ils m’avaient promis qu’ils me les rendraient après les avoir examinés !
- Tu reconnais donc les avoir dérobés des Archives, lança Maître Edei Qeto, une femme blonde à la figure balafrée d’un tir de blaster qui lui avait brûlé la joue droite.
Comprenant trop tard que son éclat valait aveu, le padawan ne put que s’incliner.
- Je… oui maître.
- Nous te rappelons que ta tâche était d’assister Maître Giutt à tenir les Archives à jour et à t’assurer de l’état des pièces, déclara Igelm, un homme à la barbe blanche fournie et à la calvitie fortement prononcée.
- Et en t’abaissant à pareil forfait, tu as failli à tes obligations, asséna sans retenue Gisal Doek, un Jedi humain plus jeune et imberbe.
- Tu as trahi la confiance de ton maître, ajouta le chagrien Adlis.
- Et donc notre confiance à tous, dit la devaronnienne Huhol.
Le silence permit au padawan de digérer ces remarques et à l’ensemble du Haut Conseil de jauger ses réactions.
Ri’ila Terka brisa la glace.
- As-tu quelque chose à dire pour ta défense, padawan ?
L’intéressé secoua la tête, le visage crispé.
- Non, maître. Je reconnais seulement que je n’ai pas fait honneur à maître Giutt, qui m’a pourtant recueilli alors que j’étais orphelin. J’aurais du me montrer plus fidèle que cela à l’Ordre, ma seule famille.
Zeri sut que les maîtres se concertaient à l’aide de la Force, l’utilisant pour partager leurs pensées et s’accorder à l’unanimité sur un verdict juste.
Ri’ila Terka accrocha le regard de l’accusé.
- Serais-tu prêt à livrer le nom des coupables, quelque soit notre décision ?
Le visage osseux de Loran Efir s’éclaira alors d’un mince espoir de se voir épargner une exclusion définitive de l’Ordre.
- Oui, maître. Je suis prêt à coopérer.
La twi lek recula contre son siège sans se départir de son impassibilité. La lorrdienne devina cependant qu’elle était satisfaite de sa réponse spontanée.
- J’ai terminé, quelqu’un d’autre souhaite prendre la parole ? Demanda-t-elle.
Le silence de chacun d’eux valut toutes les réponses.
- Maître Treski ?
Il appartenait en effet au houk de prononcer le verdict. Le non humain fixa le jeune homme qui attendait avec anxiété les prochains mots.
- Loran Efir, nous savons que tu n’as pas de famille proche ou apparentée depuis que maître Giutt t’a recueilli dans les rues de Coronet sur Corellia. T’exclure de l’Ordre te condamnerait à une errance cruelle. Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux sur tes fautes. Tu seras banni sur Ossus et suspendu de ton statut de padawan jusqu’à ce que nous décidions du contraire. Tu serviras maître Yulko dans les Archives de l’Enclave.
Les traits de l’adolescent corellien se tordirent sous le coup de la tristesse. Son avenir comme Chevalier Jedi semblait sérieusement compromis.
- Tu partiras dans deux jours.
Ébranlé par le jugement, il mit du temps à recouvrer sa contenance.
- Acceptes-tu notre décision, padawan ? Lui demanda la twi lek.
Il déglutit.
- Oui, je l’accepte.
- Tu peux disposer.
Il s’inclina avant d’être raccompagné par la Jedi lorrdienne. Les douze maîtres gardèrent le silence après leur départ avant que la togruta Elani Yam ne reprit :
- Si seulement il était le seul à subir la mauvaise influence du culte.
- Je crains qu’il ne soit la face émergée d’un problème beaucoup plus sérieux pour nous, approuva la kiffar Okepo.
Lisaka Huhol s’anima.
- Depuis combien de temps, Contispex est-il Chancelier Suprême ? Vingt ans, si l’on compte en année standard. L’un d’entre vous a-t-il mis les pieds récemment hors du Temple dans les rues de la Cité Galactique ?
La devaronienne reçut le soutien de son collègue chagrien.
- Il n’est pas nécessaire de sortir du Temple pour sentir ce qui se passe dehors. La question est de savoir quand nous réagirons enfin pour mettre un terme aux persécutions du Pius Dea.
- Nous avons déjà eu cette discussion, maître Adlis, tempéra le houk. Trop de fois.
- Ou plutôt pas assez. Nous avons prêté serment de servir la République, les citoyens. Et nous avons failli.
- Combien de padawans humains considèrent que Contispex est la meilleure chose qui soit arrivée à la République ? Beaucoup trop, persifla la devaronnienne.
- Que suggérez-vous, Maître Huhol ? Intervint Gisal Doek. Que nous excluions tous les apprentis humains, sous prétexte qu’ils seraient des agents infiltrés du Chancelier ? Oserions-nous nous rabaisser à son niveau ?
- Bien sûr que non, nous devons simplement les surveiller et prendre garde à ce qu’ils ne se détournent pas de nos enseignements.
- Une telle initiative se retournerait à terme contre nous, jugea Ri’ila Terka. Si le Chancelier Suprême en a vent, il s’en servira comme d’une arme politique pour nous isoler davantage et nous rendre vulnérables.
- Donc nous resterons passifs, à contempler les souffrances des citoyens que nous refusons de protéger contre les discriminations et les abus de cette secte ? Fit observer le gotal Salesu.
- Le Haut Conseil envisagera d’agir si nous trouvons des alliés puissants qui aient à cœur les intérêts de la République, trancha Maître Treski. Il est trop hasardeux que nous tentions seuls quoique ce soit contre le Chancelier.
- Je suppose que c’est effectivement une bonne raison de rester les bras croisés, lâcha avec amertume Maître Tlir. Nous pourrions tout de même accorder l’asile à ceux qui ont besoin d’un refuge mais nous gardons les portes comme si nous craignions une épidémie de peste.
- Maîtres, nous reprendrons ce sujet plus tard. Nous n’allons pas tarder à être interrompus, avertit Maître Terka.
Tous projetèrent leur conscience hors de la salle du Haut Conseil et détectèrent la signature d’un Chevalier Jedi qui approchait à grand pas vers eux. Une concentration d’indignation qui irradiait leur sens.
La grande porte se déroba en glissant sur le coté, révélant la silhouette d’un homme encapuchonné qui courait sur sa quarantième année. De taille moyenne, sa figure mal rasée lui conférait un farouche, rendu plus intimidant par cette fureur que ses yeux bleus déversaient. Ses poings le long de son corps étaient serrés comme ceux d’un pratiquant de Teras Kasi, sur le point d’entrer sur le ring.
Avec un zeste d’insolence, il se planta devant les douze maîtres qui exprimèrent leur désapprobation muette devant cette nonchalance arrogante. Derrière lui, Zeri Baltwo apparut en se rangeant à sa hauteur.
- Maîtres, je suis désolée, je n’ai pas pu l’arrêter, s’excusa-t-elle.
- Ce n’est rien, Jedi Baltwo, la rassura le houk.
Elle recula et usa de la Force pour refermer la grande porte.
- Jedi Kotil Marek, vous n’êtes pas cité à l’ordre du jour, lui signala Maître Okepo.
- Et pourtant vous allez m’écouter, répliqua sèchement l’intéressé.
Sa colère palpitait comme les artères de son corps, un volcan sur le point d’entrer en éruption.
- Nous le ferons, comme d’habitude, tempéra maître Treski.
- Comme d’habitude, vous vous contenterez de m’écouter sans agir. Et je continuerai de le faire jusqu’à ce que vous nous donniez l’ordre de brandir nos sabres laser pour sauver la République de ce tyran et de la clique de fanatiques qui le suivent.
- Nous devons traiter d’autres affaires importantes. Si vous avez quelque chose à dire, dites-le Jedi Marek, l’intima Ri’ila Terka.
Kotil croisa les mains devant sa poitrine, le feu de la passion idéaliste embrasant toujours son regard.
- J’ai assisté sur la Place du Pardon à l’expiation du Sénateur Vemus. À l’heure qu’il est, son transfert vers Anaxès est en cours pour qu’il soit enfermé dans le Temple du culte pour réparer ses fautes. J’ai vu une jeune twi lek d’un des ghettos, réduite à la prostitution pour survivre et nourrir sa famille, marquée au fer à rouge.
Il avait repris une voix calme et posée.
- Et ils ont coupé la main à un enfant cathar avant de battre à mort sa propre mère sous ses yeux. Leur seul tort était d’avoir volé de la nourriture pour apaiser leur faim.
Les flux de la Force furent troublés par l’effroi des maîtres, et il était permis d’espérer qu’ils esquissent un semblant d’indignation. Du moins Kotil Marek l’espérait.
- Voilà tout ce que j’avais à vous dire, Maîtres. Je souhaiterais savoir ce que le Haut Conseil compte faire pour éviter à d’autres citoyens le même sort.
- Notre réponse à votre question récurrente est la même que la dernière fois, déclara Maître Yam. Nous continuons d’évaluer la situation.
Il foudroya la togruta.
- Cela fait des années que vous évaluez la situation, Maître Yam. Combien d’innocents ont payé le prix et combien d’autres seront morts, mutilés, amputés et proscrits avant que vous n’ayez terminé votre évaluation ?
- Nous vous avons déjà expliqué la position du Haut Conseil, répondit patiemment Maître Treski. Toute action contre la secte est prématurée.
- Il faudrait donc que ces fanatiques s’en prennent à nos apprentis non humains pour que vous acceptiez de vous réveiller ?
L’éclat déplut aux douze Maîtres.
- Vous vous adressez au Haut Conseil, lui rappela Ri’ila Terka. Maîtrisez mieux vos émotions.
Il demeura sourd à cet avertissement.
- Si vous refusez de faire ce qui est nécessaire pour le bien du plus grand nombre, d’autres le feront pour vous.
- La voie que vous prônez est dangereuse, êtes-vous certain d’en avoir mesuré les conséquences ?
Le Chevalier Jedi répliqua avec sarcasme.
- Croyez-moi, j’ai eu le temps de mesurer les conséquences de votre inertie. Cette fois j’ai l’intention d’agir, tout comme d’autres Jedi.
- Devons-nous comprendre que vous désobéissez à nos instructions, Jedi Marek ?
Il se redressa en s’avançant d’un pas. Les douze représentants se raidirent devant cette nouvelle provocation.
- Je défie le Haut Conseil de m’en empêcher, asséna-t-il. J’en ai terminé.
Sans attendre la permission des Maîtres de le congédier, il fit volte face et rouvrit la grande porte à l’aide de la Force.
Ri’ila Terka la referma derrière lui avant que quelqu’un n’osa poser la question qui les préoccupait tous.
- Devons-nous l’empêcher de commettre cette folie ?
Tous se taisaient car personne ne détenait la réponse. Personne parmi les plus illustres maîtres ne savait ce qu’il convenait de faire.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Alors point positif: Les Maîtres du Haut Conseil semblent à peu près d'accord sur une chose :oui: !

Point négatif: en fait, ils sont d'accord... pour ne pas agir :transpire: .

Allez à la prochaine pour un nouvel extrait sur les Jedi et l'entrée en jeu d'un certain Kalad (le père ou le fils? :diable: ).

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 30 mai 2020, 22:40

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite!

On continue sur l'Ordre Jedi :diable: !

Héhé!


Bekan Kalad leva la tête vers l’escalier qui menait à l’entrée du Temple Jedi. La présence des sentinelles qui la protégeaient farouchement était l’illustration des tensions qui secouaient une République soumise par un tyran.
Peu de temps après la fin de la Crise Alsakan qui avait mené à l’élection de Julius Contispex, des croyants de la secte avaient commencé à s’amasser autour du sanctuaire des utilisateurs de la Force pour pratiquer leur prosélytisme forcené. À haute voix, d’une seule clameur, ils les exhortaient à s’ouvrir à leur Foi et à se convertir.
Les Jedi avaient tenté de les éloigner et de les disperser mais cela avait provoqué des incidents graves avec des Jedi non humains, si graves que le Chancelier Suprême dut intervenir pour calmer les esprits échauffés de ses partisans et les rappeler. En échange de cette paix de facto, les Jedi n’intervenaient pas dans les affaires du culte.
Une situation de plus en plus inconfortable à cause de ce qui se passait quotidiennement dans les rues de la Cité Galactique et sur d’autres mondes de la République. De plus en plus de serviteurs de l'Ordre trouvaient de plus en plus insupportable l’emprise du culte fanatique sur les strates de la société et brûlaient d’agir.
Sans parler des quelques condisciples humains chez qui le Chancelier Suprême trouvait grâce. Bekan pour sa part, avait choisi de se consacrer à l’Ordre à défaut de pouvoir se consacrer librement à la République. Comme la majorité de ses camarades.
Toujours accompagné de son padawan draethos, le natif d’Alsakan salua rapidement les sentinelles sur son chemin qui lui répondirent d’une inclinaison du menton, sous leur capuchon. Il grimpa les marches jusqu’à arpenter le grand hall.
Beaucoup de Jedi y étaient présents, pris dans de vifs échanges à propos des leçons du jour prodiguées par les instructeurs. Ou de sujets bien différents, comme la politique. Alors qu’il contournait ces groupes, il surprit un dialogue vif entre deux padawans, un humain et une falleen.
Le jeune homme disait ceci :
- Je trouve que les gens sont plutôt injustes avec le Chancelier Contispex. C’est vrai qu’il n’est pas parfait, mais il a quand même accompli de bonnes choses.
La falleen, créature aux traits reptiliens, réprimait son agacement sous un masque stoïque.
- On peut savoir lesquelles ?
- Eh bien pour commencer, les rues sont plus sûres.
- Plus sûres ? S’étrangla-t-elle. Pour les humains certainement, pour les autres j’ai de sacrés doutes !
- Mes parents me racontent quand je leur rend visite que les rues étaient dangereuses avant l’élection de Contispex. Tu pouvais te prendre un coup de vibrolame si la racaille voyait que tu portais des bijoux trop voyants ou des vêtements trop luxueux pour te les voler.
- Ceux qui souffrent de la pauvreté ont rarement le choix, tu sais.
- Certains non humains semblent très bien s’en accommoder et même en jouir. C’est une très bonne chose de les avoir enfermés au ghetto.
- Sauf que les autorités enferment tous les non humains, criminels et gens honnêtes, sans aucune distinction. Tu appelles ça, de la justice ?
- Je suis sûr que le Chancelier le fait pour le bien de toute la société. Il est nécessaire de prendre des mesures drastiques.
- Et ces Disciples de Hapos, les Gardiens de Pureté ? Tu trouves cela normal qu’ils agressent des humains qui ne pensent pas comme eux ou des non humains qui disposent d’un permis de travail ?
- Ces incidents sont regrettables, certains font parfois de l’excès de zèle. Mais je suis prêt à parier que d’autres usent parfois de provocation, en se présentant en des lieux où ils ne devraient pas se trouver. Rien de tel que la victimisation pour retourner l’opinion publique contre l’ordre établi.
- Qu’en sais-tu ? Tu t’y trouvais ?
- Permets-moi de te retourner la question.
Elle soupira.
- Il a mis fin à la corruption au Sénat et a mis au pas des dignitaires qui se croyaient supérieurs aux intérêts de la République. Comme le sénateur Vemus d’Anaxès.
- Vemus n’est peut-être pas irréprochable mais ce qui lui est arrivé, n’est rien de plus qu’une parodie. Il n’a même pas eu droit à un avocat pour se défendre ! Lui fit-elle remarquer.
- Il a peut-être passé un accord avec les juges pour avoir une remise de peine.
- Ma parole, on croirait que tu as assisté à son procès ! Répliqua la falleen, non sans sarcasme.
- Je reconnais que je n’ai pas eu cet honneur, tout comme toi. Mais si le Sénat l’a réélu, c’est pour une bonne raison. Contispex est efficace dans ce qu’il entreprend.
- La peur est une excellente raison.
Bekan kalad était déjà bien hors de portée de voix pendant ce temps, laissant leurs paroles se perdre dans le brouhaha des autres conversations. Mais cela illustrait l’épineux problème qui commençait à poindre au sein de l’Ordre Jedi. Le Haut Conseil tentait de rester uni malgré les pressions exercées par des Jedi désireux d’agir contre le culte et des Jedi – minoritaires et humains – soutenant indiscutablement le Chancelier en exercice car celui-ci représentait la République et les citoyens. Quand ils ne partageaient pas une partie de sa doctrine idéologique.
- Oriko, attends-moi à la Salle d’Armes, ordonna-t-il à son padawan.
- Oui, maître.
Le draethos obliqua au couloir de droite, suivi de la machine qu’il avait réparée tandis que l’alsakani prenait la direction du Haut Conseil. Alors qu’il était sur le point d’arriver, la porte du Haut Conseil s’ouvrit pour laisser passer un Jedi humain, la mine sombre et les poings humains, qui manqua de le bousculer.
Il s’écarta pour ne pas être percuté alors que l’autre le salua en marmonnant entre ses dents.
- Bekan.
- Kotil, répondit l’ancien padawan de Ri’ila Terka.
Il entrevit le sourire de Zeri Baltwo qui vint l’accueillir en personne. La lorrdienne pour qui il ressentait une affectation plus qu’amicale lui frôla la main, discrètement. Il lui rendit ce contact chaleureux.
- Comment s’est passé la réunion avec le Chancelier et l’ambassadeur Hutt ?
- Ils ne se sont pas entre-tués. Mieux, ils ont même passé un accord.
Elle esquissa un sourire.
- Les maîtres seront heureux de l’entendre. Ils sont tendus, Kotil Marek a encore fait des siennes.
- Cela ne me surprend pas de sa part.
La position de Kotil Marek concernant la situation actuelle était bien connue de tous, ce n’était un secret pour personne. Il menait ceux qui prônaient une rébellion ouverte contre la neutralité du Haut Conseil – certains n’hésitèrent pas à la qualifier de lâcheté – et pourquoi pas contre la politique du régime en cours.
Cela ne faisait qu’accentuer la précarité de la situation. Pendant combien de temps encore, le Temple Jedi demeurerait-il un havre de paix ?
- Ne les faisons pas attendre, le pressa-t-elle.
- Cela vaut mieux.
Elle l’introduisit dans la salle puis referma le lourd battant dans son dos. Le Jedi alsakani se redressa, les mains croisées devant lui, s’inclinant devant ses supérieurs.
- Maîtres, je reviens à l’instant de la réunion entre l’ambassadeur Hutt et le Chancelier Suprême.
- Le Conseil t’écoute, Bekan.
L’humain éprouva un certain plaisir face à la familiarité maternelle que lui accorda la vénérable twi lek à la peau verte. Il se considérait comme son fils spirituel.
- Merci, maître Terka.
Il commença le résumé de l’entretien riche en enseignements entre le Chef d’État de la République et le représentant des kadijics de Nal Hutta.
- En conclusion, les deux parties ont trouvé un compromis, achevait-il. Les Hutt s’engagent à libérer les deux pilotes capturés et à coopèrent aux enquêtes lancées par les autorités sur les trafics douteux qui essaiment dans les systèmes de la République. En outre, ils soutiendront la Quatrième Flotte de l’amiral Hisku afin de pacifier les frontières de l’Espace Bothan, En échange, la République doit rappeler la Cinquième Flotte du système Ubrikkia et doit verser des indemnités en compensations des dommages subis par la planète Tol Amn.
Sur ces mots, les douze maîtres se penchèrent les uns vers les autres, dans des murmures agités. Les flux de la Force se convulsèrent sous le coup de l’optimisme et d’un doute prégnant. La kiffar fut la première à se redresser.
- Jedi Kalad, nous aimerions avoir votre avis. Pensez-vous que le Chancelier Suprême et les Hutt tiendront parole ?
- C’est difficile à dire, Maître Okepo. Les Hutt, comme vous le savez, ne sont pas très ouverts aux suggestions mentales et je ne suis pas certain de leur bonne volonté. Cependant, maître Terka m’a remis un rapport d’un des agents de l’Ordre qui opère dans leur Espace et a estimé l’état de leur force militaire. Selon ce rapport, les kadjics ne seraient pas en état de faire face à une offensive d’envergure bien coordonné sur plusieurs fronts. Pour être plus précis, j’ignore s’ils seront en mesure de contenir une seule attaque concentrée le long d’une de leur routes commerciales. Cela monopoliserait la quasi totalité de leurs unités.
- Nous sommes au fait que les Hutt ne sont pas en ballottage favorable sur le plan militaire, acquiesça Edei Qeto. Donc il est fortement probable qu’ils n’auront pas d’autre choix que d’honorer leur engagement pour éviter l’escalade.
L’approbation de ses confrères fut unanime.
- Il est donc autant probable que le Chancelier Suprême n’impose aux Hutt d’autres conditions, fort de son avantage, avança Maître Tlir.
- Il n’aurait aucun mal à le faire, étant donné que les Hutt traînent une réputation sulfureuse méritée, y compris dans les systèmes non humains de la République, déclara Maître Giutt.
- Les Hutt ne sont pas stupides, ils chercheront sans doute le soutien des sénateurs comme ceux de l’Honorable Fraternité, observa Maître Salesu.
- Cela m’étonnerait que l’Honorable Fraternité prenne le risque de frayer avec ces criminels. Ils perdraient tout crédit politique, répliqua Maître Huhol.
Le houk Treski leva la main pour mettre un terme au débat en cours. Il gronda en direction de l’alsakani.
- Jedi Kalad ?
Celui-ci comprit que le houk désirait l’entendre. Il s’éclaircit la gorge.
- Le Chancelier Contispex est un homme difficile à cerner, j’en ai acquis la certitude. Il est suffisamment intelligent pour ne pas ignorer les avantages des tensions en cours avec les Hutt. Cela lui permet de passer pour un vertueux souhaitant lutter contre le crime organisé. Jouer l’apaisement lui conférerait une image de pacifiste tandis que accentuer la pression ne ferait qu’augmenter sa popularité déjà solidement installée. Il est évident que les citoyens respectent et même apprécient la poigne.
- Pour être clair, quelle option privilégiera-t-il ? S’enquit Elani Yam.
Le regard de Bekan biaisa vers la togruta.
- La fermeté. Bien entendu, ce n’est qu’une hypothèse, car comme je vous le rappelle, Contispex est un homme difficile à cerner.
Les douze maîtres perçurent la sincérité dans la réponse de Bekan. La Force laissa échapper une onde de satisfaction.
- Ce sera tout. Merci pour votre rapport, Jedi Kalad. Nous en avons terminé pour aujourd’hui, conclut Treski en se levant de son siège.
À l‘unisson, les onze autres maîtres se remirent sur leurs appuis et Bekan les devança en quittant la salle le premier. Il bifurqua vers Zeri, à qui il demanda :
- On se retrouve au réfectoire, tout à l’heure ?
- D’accord, accepta la lorrdienne.
Ils perçurent la présence de Ri’ila Terka qui se rangea à leur hauteur.
- Bekan, je peux te parler en privé ? Lui demanda son ancienne instructrice twi lek.
Ses deux lekkus s’agitèrent sur ses épaules lorsqu’elle lui indiqua d’une torsion du menton la salle du Haut Conseil. Le quadragénaire alsakani soupira devant son amie et amant, avant d’emboîter le pas à la non humaine.
La grande porte étincelante d’ivoire se referma derrière eux deux et la native de Ryloth passa devant les douze sièges vides des maîtres, le regard songeur. Les mains derrière le dos, elle revint lentement sur ses pas pour se planter face à son ancien élève. Elle conservait une impassibilité de façade, comme si elle s’apprêtait à le réprimander. Ou plutôt quand elle s’apprêtait à le réprimander, du temps où il était son apprenti.
Il espérait avoir passé ce stade depuis son accession au titre de Chevalier, mais il n’en finirait jamais de réapprendre quelques leçons.
- Tu n’approuves pas la position du Haut Conseil.
Ce n’était pas une question et elle ne lui en tenait pas ombrage d’une opinion qu’il n’avait jamais exprimé à voix haute, hormis dans la Force. Kotil Marek était loin d’être isolé au sein de l’Ordre, beaucoup de Chevaliers et de padawans sur le point de passer les Épreuves pensaient comme lui. Ce qui à terme se révélerait être comme un facteur de déstabilisation, voire même de scission.
- Non, maître, reconnut-il.
Dans la Force, il devina qu’elle appréciait son honnêteté.
- Tu penses que Kotil Marek a raison.
- Disons que je comprends ses motivations, répondit-il. Il n’a pas tort d’affirmer que le culte Pius Dea sévit depuis trop longtemps à la tête de la République. Ni que le Haut Conseil tarde trop à réagir face à leurs exactions.
La twi lek hocha la tête.
- Tu ne le suis pourtant pas, remarqua-t-elle.
- Disons que je ne l’ai jamais beaucoup apprécié personnellement. Il a tendance à se laisser guider par la passion et à faire preuve d’une certaine suffisance. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il a tort sur tout.
- T’a-t-il proposé de le rejoindre ?
- Pas encore.
Bekan eut le pressentiment qu’ils en étaient arrivés à la raison principale de sa convocation par son ancien mentor.
- Nous vivons une époque dangereuse, Bekan, affirma-t-elle. Nous avons choisi de coopérer avec le Chancelier mais nous ignorons ses véritables projets à l’avenir. C’est pourquoi il est important que l’Ordre demeure soudé.
- Ce qui nous amène ?
- Nous ne pouvons pas permettre que plusieurs des nôtres prennent des initiatives hasardeuses. Kotil Marek étant le chef de file des dissidents, nous avons besoin d’être informés de ses moindres faits et gestes. Le Conseil pense que tu es le plus à même de remplir cette mission.
La réponse de l’alsakani fut nette et sans équivoque.
- Non.
- Bekan…
- C’est donc à cela que nous en sommes réduits ? S’indigna-t-il. À nous épier les uns les autres, parce que le Haut Conseil est incapable de prendre une position claire et de l’assumer ?
- Je suis navrée de te mettre dans cette situation, tu sais que je suis de ton coté, tenta-t-elle de le tempérer.
La twi lek soutint son regard acerbe empli d’une profonde amertume.
- Alors pourquoi acceptez-vous de vous rabaisser ?
Elle demeura muette et il répondit alors pour elle.
- Parce que vous avez peur.
- Bekan, tu oublies à qui tu t’adresses.
L’alsakani avait gardé une profonde estime pour la twi lek qui l’avait amené de son monde natal. Il avait aspiré à suivre son exemple.
- Pardon, maître. Mais cela ne change rien à ce que je pense de tout ceci. Je ne suivrai pas Kotil mais vous lui donnez raison en osant me demander ce que vous me demandez au nom du Conseil.
- J’avais prévenu les autres maîtres que tu t’y opposerais et je leur ferai part de ta réponse. Je sais cependant que nous pourrons compter sur ta loyauté, le moment venu.
Elle posa la main sur son épaule, pour sceller de nouveau leur entente.
- Vous me connaissez mieux que personne.
Elle le prit dans ses bras, comme le ferait une mère pour son fils. Zeri Baltwo les surprit ainsi, accompagné d’un inconnu encapuchonné.
Elle appela son camarade.
- Bekan, ton père est là.

Voilà, j'espère que cela vous a plu :wink: ! N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez du cliffhanger avec l'arrivée de Kalad senior :sournois: !

Allez, à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 07 juin 2020, 18:38

Bonsoir, c'est l'heure de vous publier la suite :cute: !

On continue sur l'Ordre Jedi avec la rencontre entre deux Kalad :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça!

Il s’écarta de maître Terka et pivota pour accueillir le sénateur d’Alsakan qui découvrit son visage ridé et bienveillant.
- Papa ?
- Bonjour, mon fils.
- Sénateur, salua à son tour la twi lek. Vous devez savoir que les visiteurs doivent informer préalablement le Haut Conseil avant d’être acceptés au Temple.
- Je ne suis pas ici en tant que sénateur, maître Terka, mais en tant que père, se justifia-t-il. Me refuseriez-vous ce droit ?
Hassan Kalad était un politicien trop chevronné pour se réfugier derrière une motivation aussi personnelle. Aucun des Jedi présents n’était dupe.
- Nous allons vous laisser, accepta cependant Ri’ila Terka. Venez, Jedi Baltwo.
La grande porte sépara Bekan de ses deux coreligionnaires avant qu’il ne dévisagea son père avec sévérité.
Le vieil alsakani mit fin à cette gêne en rompant le silence pesant.
- Tu manques beaucoup à ta mère, tu sais.
- N’essaie pas de m’avoir par les sentiments, papa.
- Je suis sérieux, Bekan. Cela fait des mois que tu n’es pas passé la voir, tout comme tes deux sœurs et ton neveu.
- Bon, d’accord, je passerai les voir. Qu’est-ce qui t’amène vraiment ?
Hassan soupira, comprenant que la patience d’un Jedi n’était pas inépuisable, y compris celle de son fils.
- J’ai besoin des Jedi.
- Pourquoi ?
- Pour sauver la République.
- Tu me pardonnes si je ne te crois pas sur parole.
Le Jedi fut pris au dépourvu lorsque son père le saisit par le coude.
- Je reste ton père, l’as-tu oublié ? Ou les Jedi t’ont-ils si bien éduqué que tu as renié ta propre famille ?
Bekan leva la main et une puissance invisible repoussa son paternel en arrière.
- Je n’ai rien renié du tout, rétorqua le fils. Tu me demandes de sauver une République dont tu ne t’es jamais inquiété jusqu’ici.
- On ne peut pas dire que les Jedi aient fait quoique ce soit pour s’opposer à la politique de Contispex, lui fit observer son père.
- Ce ne sont pas les Jedi qui l’ont élu Chancelier lors de la Crise Alsakan.
- Je n’étais pas encore sénateur quand c’est arrivé. On peut cesser ces futiles prises de bec mesquines ?
Bekan leva alors les yeux au ciel.
- Très bien, se résigna t il. Tu disais vouloir l’aide des Jedi pour sauver la République. Je ne suis que Chevalier, je ne vois pas en quoi je pourrais t’être utile.
- Ta formatrice fait partie du Haut Conseil, je pensais que tu pourrais intercéder en ma faveur à défaut de pouvoir te convaincre.
Bekan tenta de conserver son calme à l’idée qu’il n’était qu’un pion entre les mains de son géniteur.
- J’ignore comment les sénateurs agissent dans les coulisses du Sénat mais cela ne fonctionne pas ainsi dans l’Ordre. Les maîtres ne te parleront pas, le Haut Conseil ne veut pas se mêler à vos querelles politiques.
- Il ne s’agit pas de querelles, Bekan.
- Je sais ce qui se passe dans les rues, je sais ce que le culte Pius Dea inflige quotidiennement à la population. J’aimerais pouvoir aider.
- Et tu ne le feras pas, conclut Hassan.
- Personne ne t’aidera ici.
Le sénateur soutint son regard avant de remettre en place son capuchon.
- Tout cela n’a donc été qu’une perte de temps, déplora-t-il avec animosité.
- Prends soin de toi, papa.
- Tu fais partie de la famille, Bekan. J’espère que tu t’en souviendras avant qu’il ne soit trop tard.
Il lança alors qu’il atteignait la grande porte.
- L’orage approche.
À l’aide de la Force, le Jedi alsakani fit coulisser le lourd battant pour laisser partir son père. Ses traits basanés s’assombrirent davantage devant l’avertissement de son père.
L’orage approche.
Oui, il le sentait dans la Force.



Hassan Kalad regagnait à grandes enjambées la sortie du Temple Jedi, signe de son irritation. Il pestait contre lui-même, il aurait du le prévoir. Si les Jedi n’avaient pas osé lever le petit doigt pour défier le Chancelier Contispex, pourquoi en auraient-ils eu le courage aujourd’hui ?
Il avait pourtant espéré que rencontrer son fils aurait permis de débloquer la situation et de retourner l’opinion des Jedi en sa faveur.
Un échec complet.
Alors qu’il traversait le hall toujours encombré de Jedi, quelqu’un se mit en travers de son chemin. Un homme à l’âge indéfini encapuchonné, au regard de braise passionnée. Hassan recula instinctivement, craignant cette apparition inopinée. L’intrus affichait en effet un visage si farouche qu’il en était presque intimidant.
- Sénateur Kalad ?
L’alsakani se mordit la lèvre. Il espérait bénéficier de l’incognito à son arrivée comme à son départ. Il ne souhaitait pas que son nom s’ébruite trop ici.
- À qui ai-je l’honneur ? Répondit-il avec calme.
Le Jedi éluda sa question pour lui demander abruptement.
- Que faites-vous ici ?
- Je suis venu voir mon fils.
Il n’existait aucune trace d’animosité ou d’hostilité dans le regard du Jedi inconnu. Ses yeux perçants luisirent d’une intensité emplie de doute, de curiosité.
- C’est la seule raison de votre venue au Temple ?
Il était décidément vain de tenter de cacher la vérité à un Jedi.
- Non, avoua-t-il.
Avant qu’il ne put ajouter quoique ce soit, l’autre le devança.
- Vous avez tenté de quérir le soutien du Haut Conseil pour qu’ils s’impliquent contre le Chancelier Suprême.
- Admettons que vous ayez raison – et je ne dis pas ce que c’est forcément le cas –, pourquoi souhaitez-vous me parler ?
Le Jedi semblait sourire de la méfiance du dignitaire.
- Moi et mes amis savons qu’une faction de sénateurs connue sous le nom d’Honorable Fraternité s’oppose ouvertement aux partisans du Chancelier. Nous attendons depuis longtemps l’occasion de leur parler, d’échanger nos points de vue.
Hassan Kalad devina l’appât qu’on lui tendait. Mais le Jedi possédait un masque flegmatique si impénétrable qu’il ne savait que penser.
Il paraissait sincère, ce qui n’excluait pas évidemment l’hypothèse d’un jeu trouble.
- Nous voulons la même chose que vous et votre présence est la chance de faire converger les points de vue.
- Comment êtes-vous aussi certain de cela ? Demanda l’alsakani, intrigué par la tournure de la conversation.
- La Force.
La réponse évasive de son interlocuteur persuada le vieil homme de la conviction qui l’habitait profondément.
- Je pourrais organiser une rencontre à l’occasion de festivités à mon ambassade, concéda-t-il. Lors de la Danse du Vautour Multak.
Au nom de l’une des fêtes spécifiques aux alsakanis, le Jedi arqua les sourcils sous le coup de la perplexité.
- Une couverture intéressante, accorda-t-il. Quand ?
- Dans cinq jours. Échangeons nos fréquences de comlink que je puisse vous fournir des détails ultérieurement.
Il accepta et l’échange se déroula avec célérité.
- J’ai été ravi de faire votre connaissance, Maître Jedi.
- Moi de même, sénateur.
- Je ne vous ai pas demandé votre nom, se ravisa Kalad alors qu’il reculait vers la sortie.
- Marek. Kotil Marek. Je vais parler à votre fils, en espérant que je pourrais le convaincre de se rallier à nous.
Le dignitaire eut une grimace sarcastique.
- Vous pouvez toujours essayer, répliqua-t-il du ton de quelqu’un qui ne se faisait guère d’illusions sur un fils qui l’avait éconduit.

Voilà, j'espère que cet extrait vous aura plu! Un Jedi a donc accepté de s'allier avec un sénateur :sournois: ! De bon augure?

Vous le saurez plus tard, à la prochaine :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 14 juin 2020, 21:50

Bonsoir à tous :wink: !

On continue sur l'Ordre Jedi :sournois: !


Bekan était assis en tailleur, observant la prestation de son élève draethos qui s’exerçait avec son épée d’entraînement contre un droide gladiateur au milieu de la Salle d’Armes. À cette heure tardive, l’instructeur alsakani était certain qu’il ne serait dérangé par personne. Enfin, il l’espérait.
Oriko faisait preuve de vivacité, tournant autour de la machine pataude, pour la contourner et tenter de la prendre en défaut.
Le droide leva alors sa vibro hache très haut et découvrit son torse aux attaques potentielles du garçon non humain. Bekan sentit fugacement la joie de son apprenti qui était avide de remporter une victoire éclatante afin d’épater son maître.
Mais ce n’est pas ce qui se produisit.
Le draethos passa sous la garde et voulut le frapper d’estoc avec la pointe de l’épée. Tout à coup, un champ d’énergie enveloppa le tronc du gladiateur et un flash lumineux éblouit les yeux du natif d’Alsakan lorsque l’arme d’Oriko percuta le bouclier activé.
L’épée de duracier trempé fut cassée en deux et le padawan fut projeté en arrière. Sonné et à terre, il reprit pleinement conscience alors que le gladiateur se figea sur l’ordre vocal de Bekan qui lui lança sans hésitation :
- Arrêt mode combat !
- Mode combat désactivé, confirma le robot qui s’immobilisa, la vibro hache baissée.
Le draethos se releva alors que son mentor fit flotter jusqu’à lui une autre épée d’entraînement. Bekan devina sa frustration qui brillait comme une étoile vive dans les courants de la Force.
- Maître Kalad, pourquoi avez-vous réactivé le bouclier ?
Bekan n’était pas étonné de son acuité télépathique. Si ce don était encadré et aiguisé, Oriko était promis à un grand avenir au sein de l’Ordre. Avant cela, il faudrait corriger certaines faiblesses. S’il disposait d’une très grande sensibilité due à ses exceptionnelles facultés télépathiques, il souffrait d’une arrogance émergente par intermittence.
- Bonne question, padawan.
Il passa la main gauche dans sa barbe fournie et frisée, restant volontairement évasif pour laisser le soin à son padawan de trouver la réponse.
- Vous voulez me mettre en garde.
- Exact, confirma l’alsakani. Sais-tu contre quoi ?
- Non, maître.
- Contre les victoires qui te tendent les bras.
L’irritation du draethos cessa tout à coup pour laisser place à la compréhension qui filtrait dans son regard.
- Je dois me méfier des victoires faciles.
Satisfait, l’alsakani lui accorda un sourire malicieux.
- Souviens-toi que beaucoup d’adversaires dangereux peuvent potentiellement user de ta naïveté pour te tendre un piège. Ils peuvent te faire croire que tu es position favorable pour leur porter un coup décisif.
- Comment pourrais-je le savoir ?
- En restant en phase avec la Force, qui te permet d’anticiper les actions de ton adversaire. Tu ne dois en aucun cas la bloquer ou entraver son cours. C’est l’erreur que tu viens de commettre à l’instant quand tu t’es précipité trop vite sur le droïde. Il est important que tu ne répètes pas cette imprudence.
Le draethos acquiesça, tandis que son maître lui offrit une autre épée.
- Je dois écouter la Force pour m’assurer la victoire.
- Ou du moins pour éviter une défaite.
Le non humain se raidit de nouveau en position de combat, un pied devant l’autre. Bekan jugea qu’il était apte à reprendre l’exercice.
- Activation mode combat.
- Mode de combat réinitialisé, répondit le robot.
Ce dernier avança d’un pas et frappa de taille avec sa vibro hache d’un coup oblique. Le padawan usa d’une séquence de Soresu basique, pour présenter le plat de la lame de son épée sur laquelle glissa l’arme du gladiateur qui percuta le sol dans un éclat d’énergie. Oriko continua de parer en faisant des pas chassés, à gauche puis à droite, avant de revenir à sa position initiale. Le gladiateur ne cessa de s’avancer vers lui pour lui porter des coups lourds répétitifs destinés à le déséquilibrer. Le draethos demeura concentré, s’appliquant à ne pas trop s’offrir à ses attaques qui l’épuiseraient s’il tentait de les contrer.
Cet exercice avait pour but de travailler ses postures et ses mouvements défensifs mais aussi à lui apprendre à gérer sa frustration.
La patience.
Il s’en sortait bien, Bekan était plutôt satisfait dans l’ensemble. Il se demandait à cet âge, si Maître Terka ne l’avait pas amené plus tôt au Temple Jedi, comment il se serait débrouillé. Peut-être aussi bien que Oriko, peut-être moins.
Ses pensées cessèrent de dériver et il étudia de nouveau scrupuleusement les efforts de son protégé. Celui-ci quitta subitement son attitude attentiste pour repasser à l’offensive, se mettant à harceler le gladiateur. La machine réagit en poussant un rugissement presque animal, une astuce visant à déconcerter les bretteurs peu aguerris.
Oriko battit en retraite, une feinte qui lui évita d’être touché par le manche de la vibro hache. Il se fendit l’instant d’après pour le toucher au bras. Le droïde n’en fut nullement affecté et voulut gifler le garçon d’un revers de main inattendu. Oriko se pencha pour l’esquiver et reprit du champ pour préparer une nouvelle série d’attaques.
Bekan fut fier de constater qu’il avait intégré la leçon. Il le sentait en symbiose avec la Force, qui aiguisait son instinct.
Il décida qu’il en assez vu pour aujourd’hui.
- Fin du mode combat, déclara-t-il.
- Mode combat désactivé, répéta le droïde qui se figea et dont les photorécepteurs rouges sang s’éteignirent.
Oriko laissa son instructeur reprendre l’épée de duracier à l’aide de la Force, qui fut accrochée au mur à coté de d’autres armes blanches de divers acabit. L’alsakani se rapprocha de son padawan qui guettait son appréciation.
- C’était bien, Oriko.
Le draethos s’inclina devant lui.
- Merci, maître.
- N’oublie jamais que la Force est un instrument que nous devons honorer. En aucun cas, tu ne dois en abuser ou la rejeter au gré de ton humeur. Être un Jedi implique de savoir quand invoquer la Force et quand utiliser d’autres options.
- Oui, maître.
Dans un élan affectueux, il étreignit sa petite épaule.
- Va au réfectoire et n’oublie pas de terminer tes devoirs avant de te coucher. Je crois savoir que tu dois bientôt rendre ton exposé à maître Giutt sur l’exploration d’Ithor et les arbres Baffor.
- Je l’ai presque terminé, maître Kalad. Je passerai aux Archives après dîner.
- Alors bon courage, Oriko. À demain.
- À demain, maître.
Il s’éloigna sous son regard avant que Bekan ne revint s’asseoir en tailleur au milieu de la Salle d’Armes. Il eut à peine le temps de plonger en méditation qu’une présence perturba ses perceptions sensorielles.
Il fronça les sourcils lorsqu’il devina la signature de l’intrus qui venait de faire irruption.
- Je n’ai pas de temps à te consacrer, Kotil.
La silhouette du Jedi se détacha des ombres qui s’étendaient, écartés par les faibles lueurs des cristaux qui alimentaient l’éclairage ambiant, suspendu au plafonds. Les traits de Kotil Marek en partie masqués par son capuchon, laissaient apparaître l’identique sévérité qui caractérisait son tempérament.
Bekan rouvrit les paupières en soupirant, devinant que Kotil ne le laisserait pas méditer tranquillement.
- Je viens de croiser ton padawan, j’en ai déduit que vous en aviez terminé pour aujourd’hui.
- La journée a été harassante. Ce n’est pas le bon moment.
Marek laissa échapper un grognement dédaigneux, alors qu’il se plaçait face à lui.
- Je suis persuadé du contraire, Bekan. Je ne crois pas pouvoir m’entretenir avec toi à un meilleur moment que celui-ci. Le destin s’est mis en marche.
- Que veux-tu dire ?
L’alsakani se redressa sur ses appuis, alerté par l’angoisse qui assombrissait les traits de son condisciple controversé.
- Des choses terribles se préparent, tu l’as senti comme moi dans la Force, n’est-ce pas ?
- Oui, je l’ai senti aussi.
- Tout le monde, y compris nos propres maîtres du Haut Conseil qui restent pourtant les bras croisés. Parce qu’ils ont peur d’assumer les conséquences.
- Je sais qu’ils ne te font pas confiance.
Un rictus entendu ponctua la réponse de Kotil.
- Et toi, Bekan ?
- Je n’ai pas confiance en toi non plus.
La réponse catégorique ne sembla pas choquer outre mesure son interlocuteur.
- Je vois. Alors tu préfères rester aveugle à ce qui se passe, à ce que les citoyens subissent tous les jours de la part de cette secte. Je sais que tu arpentes les rues de la Cité Galactique comme moi, nous connaissons tous les deux la vérité. Nous devons agir !
- As-tu mesuré les conséquences si nous défions le Pius Dea ? C’est-à-dire aussi le Chancelier Suprême ?
- Je me moque des conséquences, c’est notre honneur qui est en jeu !
- Tu penses qu’il ne s’agit que d’une question d’honneur ? Que crois-tu qu’ils nous feront, à nos padawan, à ces enfants que nous serons obligés de garder barricadés dans le Temple ?
Bekan se souvint lors de la Crise Alsakan avoir posé la question de maître Terka. Celle-ci lui avait prodigué une réponse identique à celle qu’il vint de faire.
- Lorsque nous lancerons la révolte, les citoyens se soulèveront. Les sénateurs qui n’ont pas de sympathie pour Contispex, se rallieront à l’Honorable Fraternité et destitueront le tyran. La démocratie sera restaurée.
- Combien de Jedi entraîneras-tu dans ta folie ? Demanda l’alsakani.
- Suffisamment pour qu’ils m’aident à faire ce qui doit être fait.
- Le Haut Conseil ne vous appuiera pas. Et moi non plus.
Il essuya comme réaction un rire railleur.
- Ta réaction ne me surprend pas. Tu as toujours été le toutou de Maître Terka, depuis qu’elle t’a amené ici. Quand nous étions padawans, j’ai bien vu comment tu la regardais. C’est là que j’ai compris pourquoi tu avais accepté de la suivre.
Les joues de l’alsakani s’empourprèrent de gêne devant les paroles vénéneuses de son condisciple, qui arborait une satisfaction réjouie.
-Un padawan qui tombe amoureux de son maître. Ce n’est pas banal, je le reconnais. Il ne manquerait plus que ton draethos ait le béguin pour toi. Une relation interraciale ferait jaser par les temps qui courent.
-Cette conversation a assez duré, trancha sèchement Bekan. Je ne supporterai pas un instant de plus tes insultes.
Il le contourna pour quitter la Salle d’Armes mais l’autre humain se décala pour lui bloquer le passage, décidé à ne pas lui accorder le moindre répit.
- Je t’ai toujours trouvé hypocrite, toi qui prônais la droiture. Je suis certain que même ton père doit te trouver décevant.
- Est-ce lui qui t’a envoyé pour me convaincre ?
- Lui au moins a le courage de faire ce qui doit être fait.
- Assez !
Bekan tendit subitement le bras et l’air se comprima autour de Kotil, qui fut flanqué à terre à cinq mètres de lui. Il se releva prestement dans l’instant qui suit et toisa avec mépris l’alsakani qui l’observait avec circonspection.
- J’ai toujours pensé que tu avais besoin d’une petite leçon de savoir vivre, Bekan. À vrai dire, j’attendais ça depuis longtemps.
Marek glissa la main sous sa bure et exhiba la crosse d’un sabre laser. Bekan se raidit en position de combat et posa à son tour la paume sur la poignée de son arme.
- Est-ce vraiment ce que tu veux, Kotil?
En guise de réponse, ce dernier alluma son épée et une lame d’énergie pure verte émeraude se déplia dans un sifflement familier.
- Défends-toi, Bekan. Je ne te ménagerai pas.
- C’est ridicule.
- Si tu n’es pas avec moi, tu dois en assumer les conséquences.
L’alsakani arracha finalement le sabre laser de sa ceinture, vérifiant l’état du fil qui le reliait à la batterie accrochée à ses hanches dans son dos. Un néon aussi aveuglant qu’une étoile en plein essor vit le jour à son tour, illuminant sa silhouette.
- Un Jedi ne parle pas ainsi, Kotil.
- Peut-être est-il temps que les Jedi changent pour sauver la République.
- Tu serais prêt à passer du Coté Obscur pour le prouver ?
Marek poussa un cri de rage et accomplit un impressionnant Saut de Force pour atterrir aux pieds de l’instructeur d’Oriko. Bekan recula aussitôt de deux pas pour atténuer le coup puissant de son adversaire qu’il s’appliqua à dévier vers le sol.
Marek se dégagea aussitôt, ne lui laissant pas le temps d’amorcer un début de réplique. Son regard brillait d’une intensité bestiale lorsqu’il engagea sa lame verte contre celle de Bekan, qui releva sa garde pour repousser un coup oblique. Kotil avait pris de l’élan et il s’appuya sur sa lame pour repousser le natif d’Alsakan.
Celui-ci manqua de trébucher en arrière, suscitant des railleries de la part de l’autre Jedi.
- Entraîner ton padawan te fait négliger ta propre pratique.
Marek leva son sabre au-dessus de sa tête mais il ne frappa que le vide lorsque Bekan bondit sur le coté pour passer dans son dos. L’alsakani le bourra entre les omoplates pour le déséquilibrer. Il lança ensuite son talon pour balayer ses chevilles mais Marek sauta pour l’esquiver.
Les lames s’entrechoquèrent dans des jaillissement d’étincelles mortes nées, lorsque le Jedi dissident frappa d’estoc à la gorge, une frappe mortelle qui fit comprendre à Bekan que Kotil était en train de flirter avec les limites qui définissaient un Chevalier Jedi.
La passion que ce dernier ressentait, le faisait glisser vers l’obscurité, sans doute à son insu. Il était temps que ce combat prenne fin rapidement.
- Par la Force, Kotil ! Tu ne vois pas que… humph !!
Le dissident venait de lui lancer son talon dans l’estomac. Bon, la discussion ne serait qu’une perte de temps, Bekan n’avait plus le choix.
Son antagoniste prenait ce duel au sérieux et était bien décidé à le vaincre. Peut-être même à le tuer.
L’équilibre de la Force en lui était sur le point de se rompre. Il l’attaquait maintenant sur tous les angles à la fois.
Bekan recula pas à pas, sans laisser Kotil l’acculer dans un espace restreint. Bien qu’ayant l’avantage, Marek ne parvenait pas à le prendre en défaut. Au cours de son entraînement avec Ri’ila Terka et même bien après son accession au grade de Chevalier, l’alsakani avait continué de perfectionner sa technique de Soresu.
Il donnait l’impression à son antagoniste de frapper du sable qu’il émiettait à peine. L’agacement de Kotil devint de plus en plus palpable, ce qui ne le rendait que plus hargneux, que plus dangereux encore.
La lame verte traversa sa garde et lui frôla la joue gauche. Bekan manqua d’être déconcentré par la brûlure incandescente qui déchira son épiderme et grilla quelques poils de sa barbe fournie. Sa lame soleil bloqua finalement celle de Kotil.
Qui en profita pour le railler.
- Peut-être que ton padawan aurait besoin d’un nouveau maître.
Piqué au vif, Bekan le repoussa avec vigueur.
- Tu ne mérites pas de l’être.
L’instructeur d’Oriko abandonna la défensive et adopta la posture de l’Ataru qui se distinguait par des séries de frappes vives et acrobatiques. Cette fois il prit l’avantage et fut satisfait de voir les grimaces déformer le visage de Kotil.
Certes, celui-ci était un combattant d’un niveau égal au sien mais il eut le sentiment d’avoir partie gagnée. Marek cédait du terrain sans pouvoir saisir la moindre opportunité de le reprendre à son rival.
Bekan voulut forcer la décision mais il ne lui facilitait pas la tâche. À son tour, il eut cette désagréable impression de frapper dans des sables mouvants, Marek déviant ses coups sans s’y offrir.
C’est à ce moment-là qu’il surprit un sourire étirer ses lèvres. Le sourire d’un combattant qui ne croyait pas à la défaite.
Les flux de la Force s’agitèrent subitement au moment où il entendit dans son dos :
- Mode de combat activé, identification cible.
Tout en parant les coups de Bekan, Kotil avait profité du fait qu’il soit distrait pour allumer le gladiateur à l’aide de sa télékinésie.
- Cible hostile identifiée, attaque enclenchée.
Le gladiateur chargea l’alsakani, sa vibro hache levée. Bekan se tourna pour lui faire face, dédaignant Kotil. Ce fut une erreur qui faillit lui être fatale. Marek allongea son bras et parvint à le toucher au-dessus de l’épaule.
Kalad maîtrisa sa douleur et chassa sèchement la lame verte avant d’invoquer la Force. Marek fut jeté au sol et il put centrer son attention sur la machine menaçante. Il bloqua aisément une frappe de taille puis une autre avant de fracasser la vibro hache en deux.
Marek s’était redressé sur ses appuis et étendait la main vers son condisciple, qui ressentit peu après la Force s’électriser autour de lui. Une tempête sembla se tordre sur son flanc et l’alsakani surprit les diverses armes d’entraînement fuser vers lui pour le percuter ou le transpercer. Il rabattit sa lame jaune couleur soleil vers son torse et fouetta l’air à plusieurs reprises lorsque les projectiles improvisés passèrent à sa portée.
Les armes d’apprentissage tombèrent une à une en plusieurs tronçons calcinés.
-Marek ! Ça suffit !
Kotil demeura sourd à cet appel, et son regard déterminé exprimait un début de démence. Il fit léviter les débris pour assaillir de plus belle l’alsakani, qui parvint cependant à découper le gladiateur en deux verticalement du sommet du crâne jusqu’aux hanches. Le droïde tomba en deux morceaux distincts avant que Bekan ne fit face aux assauts de Kotil. Celui-ci revint au contact et les lames ardentes déchirèrent l’air, traçant des sillons enflammés.
Kotil frappa successivement Bekan au cou, à la poitrine et aux jambes. Toutes ses attaques furent parées et Bekan lui rendit aussitôt la pareille. Aucun des deux ne paraissait décider à céder quoique ce soit.
Ils s’écartèrent pour reprendre leur souffle après ce round intense. Puis Bekan remarqua que sa lame vacillait comme si elle était sur le point de s’éteindre. Sa batterie était presque à plat et cela n’échappa pas au dissident qui lui décocha, sournois.
- Tu es moins prévoyant que je ne le pensais. Décevant.
L’alsakani éteignit son sabre, résigné.
- Très bien, tu as gagné. Restons-en là.
Il comprit que son camarade avait prévu cette entrevue.
- Je ne vais pas me contenter de ça, insista Marek. Agenouille-toi devant moi.
- Je te demande pardon ?
- Tu as très bien entendu. Agenouille-toi et rallie-toi à ma cause.
Bekan comprit qu’il ne s’agissait pas d’une plaisanterie. Il espérait que Marek ne serait pas tombé si bas.
Avait-il changé au point d’humilier un Jedi ? Un de ses propres frères ? Jusqu’à quel point s’était-il éloigné des idéaux de son Ordre ?
- Non. Un Jedi ne s’abaisse pas à ça.
- Les Maîtres du Haut Conseil s’abaissent à obéir à Contispex. Et ils méritent d’être traités comme tels. Tu as choisi de les suivre, tu mérites donc d’être traité comme tel ! Au nom de tous ceux qui souffrent de cette tyrannie, dont les cris se font entendre ! Au nom de tous ceux qui ont choisi de résister pour sauver la République !
- Nous ne sommes pas Contispex. Tous les Jedi sont frères.
- Alors rallie-toi.
- Pas comme cela. Il n’est pas digne d’un Jedi d’abuser de la faiblesse d’autrui, pour atteindre son objectif.
- Dixit celui qui jappe comme un chien Akk aux pieds de Maître Terka ?
Kotil se précipita comme pour l’achever. Bekan se jeta pour l’éviter et dans le même mouvement réactiva son sabre laser. La lame ardente au halo pâle vieillissant trancha le fil reliant la batterie au sabre de Kotil, l’éteignant définitivement.
Marek s’écarta mais pas assez rapidement. Il grogna de douleur lorsque l’épée lui érafla la cuisse, mordant légèrement la peau. Le pied de Kalad se logea dans son foie et le fit basculer en arrière. L’alsakani le tint en respect jusqu’à ce que la lame soleil se replia, privée de batterie.
Kotil soupira.
- Tu es en droit de me tuer.
- Je ne m’abaisserai pas à ça, malgré nos différents, Kotil. Je te demande seulement de réfléchir à ce qui vient de se passer. À ce que cela a révélé sur toi.
Il le laissa se remettre debout.
- Mon choix est fait depuis longtemps, Bekan.
- J’en suis certain. Mais tu devrais t’interroger sur les conséquences que cela entraîne sur ta confiance en nos enseignements.
- Je l’ai fait des centaines de fois. Trop de fois.
Marek passa devant l’alsakani sans échanger un regard de plus.
- Si tu es décidé à nous aider, Bekan, contacte ton père.
L’intéressé hocha seulement la tête.
- J’ai fait mon choix, il y a longtemps, Kotil.
- Que la Force aie pitié de nous.
Marek s’arrêta une dernière fois sur le seuil.
- L’orage se prépare et l’Ordre devra assumer ses responsabilités. Un jour viendra où tous les Jedi s’uniront contre le tyran. J’espère seulement qu’il ne sera pas trop tard pour la République.
Les ombres l’enveloppèrent alors qu’il quitta la Salle d’Armes. Cette même obscurité était prête à ensevelir la République toute entière, à noyer les derniers espoirs. Kotil Marek s’y était perdu, même s’il n’en était pas conscient.
L’orage approchait.

Voilà, j'espère que cet extrait vous a plu! C'était le dernier sur les Jedi :whistle: ... oui je sens votre tristesse :whistle: ! Nous retrouverons dans les prochains extraits une certaine twi'lek de retour dans son ghetto :sournois: !

Ciao, les amis :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 21 juin 2020, 16:48

Bonjour à tous, c'est l'heure de la suite!

De quoi s'agit-il, maintenant ? Nous allons retrouver une twi lek dans son ghetto, après une journée de travail pas évidente :transpire: ...

Je vous laisse découvrir ça!


Coruscant, Zone de Sécurité Prioritaire numéro trois

Naha s’approcha des agents des Forces de Sécurité et l’un d’eux se décala pour lui indiquer de freiner.
- Halte ! Votre permis de travail, s’il vous plaît !
La jeune twi lek Lethan se pencha pour saisir le document plastifié en question à l’intérieur de sa veste. Elle lui tendit et il le déplia pour l’examiner. Il colla un scanner contre le datacode qui clignota avant qu’il ne lui rendit le permis.
- Votre bras.
Naha allongea le poignet et il lui saisit vivement pour lui retrousser la manche de sa veste jusqu’au coude. Il effleura la peau de son avant bras avec le scanner avant d’annoncer, la voix étouffée par son casque.
- Matricule LK 33876, identité confirmée.
Voilà à quoi Naha et les autres non humains étaient réduits. Des numéros qui niaient leur identité, leur personnalité. Leurs rêves et leurs espoirs étaient confinés dans cette infernale Zone de Sécurité Prioritaire numéro trois.
Cette série de chiffres était gravée au laser sur l’avant-bras de chacun des habitants du ghetto, un de ceux qui parsemaient la Cité Galactique. Comme on le faisait pour un bétail que l’on répugnait à nourrir.
Le garde s’écarta et dans son comlink intégré dans le casque, ordonna que le champ d’énergie autour du ghetto soit abaissé. Naha le contourna et fixa le mur d’enceinte de gauche à droite qui enserrait dans un carré géant une partie de la capitale réquisitionnée pour les non humains. Devant elle, un large portail se sépara en deux.
Elle franchit le seuil, le cœur battant. Elle était maintenant en sécurité tout comme lui avait dit Senya Torred. Enfin relativement.
Face à elle, s’étendait une avenue large jonchée de déchets, d’épaves de landspeeders en décomposition que les autorités ne prenaient pas la peine de débarrasser. De part et d’autre de la chaussée effritée au permabéton moisi, gisaient des dizaines de mendiants, des non humains de divers espèces qui avaient atterri dans ce cloaque, condamnés à dépérir lentement. Plusieurs se redressèrent à son approche, pour la solliciter.
-L’aumône, s’il vous plaît !
Elle pressa le pas. Les quartiers sous l’emprise de la secte et des partisans de Contispex possédaient ses dangers. Les Zones de Sécurité Prioritaire en cachaient d’autres bien différents.
Comme ce gang qui surgit d’une ruelle. Deux rodiens, un gotal et un weequay en guenilles et qui montraient en évidence les armes blanches accrochées en travers de leur poitrine. Sans perdre de temps, la twi lek se glissa derrière l’angle d’un mur effondré pour ne pas se faire repérer. Les relations entre les gangs qui essaimaient et les mouvements de résistance qui quadrillaient les ghettos, se révélaient fluctuantes.
Par la force de l’habitude, elle avait appris à les éviter. On ne savait jamais… sur un malentendu, un tir de blaster ou un coup de vibrolame était vite parti.
Ils la dépassèrent sans lui prêter attention et elle sortit de sa cachette. Il lui tardait de rentrer chez elle. De revoir sa famille qui habitait dans un de ces blocs empilés les uns sur les autres, au confort spartiate délabré.
Pour les autorités qui avaient entassé sans distinction tous ceux qui possédaient le tort de ne pas appartenir à l’espèce humaine, il ne suffisait pas de les avoir entassés. Il fallait les traiter en criminels potentiels ou avérés, ou du moins les traiter comme s’ils étaient destinés à l’être de par leur nature non humaine.
Voilà pourquoi ils subissaient des restrictions, des rationnements, un couvre feu à chaque tombée de la nuit jusqu’au lever du jour. Des restrictions qui les poussaient à l’égoïsme au lieu de renforcer une solidarité inter espèces.
Naha savait de quoi ce ghetto était capable. Elle en eut la preuve lorsqu’un mendiant elomin – humanoïde à tête cornue – cracha sur ses bottes à son passage.
- Sale catin !
Elle serra les dents, beaucoup n’ignoraient pas qu’elle travaillait comme domestique à la résidence des Contispex. Ce qui lui valut d’être considérée comme une opportuniste, voire une traîtresse, par une partie du ghetto.
Tout à coup une bande de quatre enfants à l’allure miséreuse et l’un d’eux – un togruta – brailla subitement en la montrant de l’index.
- Regardez, c’est le jouet de Contispex !
Oh non, ça va encore recommencer, se lamenta la jeune twi lek. Visiblement, ce n’était pas suffisant d’être tourmenté par ses employeurs qui abusaient de sa faiblesse, pas suffisant d’affronter les dangers quotidiens de la rue, de soutenir le mépris du ghetto. Non, il lui fallait supporter la cruauté des progénitures.
Les quatre petits non humains se mirent à tourner autour d’elle, en chantant :
- Elle aime copuler, c’est le jouet du constipé ! Il la tient en laisse, c’est le jouet de Contispex !
Elle les contourna mais ils continuaient de la harceler, en répétant ce refrain. N’y tenant plus, elle commença à s’agacer.
- Laissez-moi tranquille ! Rentrez chez vous !
Chaque fois qu’elle s’exclamait, leurs cris aigus recouvraient sa voix.
- C’est le jouet de Contispex ! C’est le jouet de Contispex !
Un sakiyan, humanoïde de petite taille à la peau noire cuivrée, surgit alors pour les chasser.
- Allez ouste, du balai !
Les enfants coururent sans demander leur reste, et le sakiyan se plaça face à la jeune non humaine avec un sourire qui se voulait élégant. Cette dernière répondit seulement par une froideur sévère, preuve qu’elle n’était pas spécialement ravie de sa présence.
- Ma chère Naha, puis-je t’escorter jusqu’à chez toi ?
Ce sakiyan ressemblait à un lutin sournois.
- Non merci, Skanor.
Skanor ne se départit pas de son sourire insupportable, persistant dans son approche. Les gens du ghetto le surnommaient le Mouchard ou le Cafard, selon leur humeur du moment.
- Tu sais, je peux t’être d’une compagnie très agréable.
- Pas intéressée. Bonne journée.
Elle passa devant lui et sentit une paume indésirable s’attarder sur son postérieur. Elle fit volte face et se retint au dernier moment de le gifler.
- Tu ferais mieux de me laisser tranquille ! Le prévint-elle.
- Dis-moi, ta relation avec Wils est-elle seulement personnelle ? Parce que j’ai remarqué que vous vous voyiez très souvent ces dernières semaines.
- Oui, c’est juste un ami. Et alors ?
Le sakiyan continuait de découvrir toutes ses dents.
- Je dirais seulement qu’il est soupçonné de mener des activités très douteuses et qu’il ne serait pas prudent de ta part de continuer à le fréquenter.
La jeune twi lek ressentit un frisson glacial parcourir sa colonne vertébrale. Elle percevait une menace implicite. Skanor le Mouchard était en effet suspecté de vendre des informations aux autorités, sur les mouvements contestant le régime en place.
- Je fréquente qui je veux.
- Oui, bien entendu. Je pense seulement à ton bien être, Naha. Je pourrais même me montrer très bien disposé à ton égard si tu consentais à venir chez moi et à me laisser profiter hum du plaisir de ta compagnie.
Ce n’était pas la première fois qu’il lui faisait ces avances, il revenait régulièrement à la charge.
- Sans façon. Je préfère coucher avec un porc zucca.
- Tu ne sais pas ce que tu rates.
- Elle vient de te dire de la laisser tranquille, parasite, s’éleva une voix derrière le sakiyan.
Une mirialan à l’air farouche apparut dans le champ de vision de la twi lek sur sa gauche, au grand dam de Skanor qui grogna avec verve.
- Irren Dugol, toujours à te mêler de ce qui ne te regarde pas.
- J’allais te retourner le même compliment, lui rétorqua la nouvelle venue.
Naha connaissait trop bien la mirialan pour deviner que sa venue n’était pas le fruit du hasard. Elle paraissait l’attendre puis elle s’aperçut qu’elle possédait une démarche semblable à celle de cette humaine qui lui avait porté secours, Senya Torred.
Dugol avait du servir dans l’Armée Républicaine, elle aussi.
- Je sais pour qui tu travailles, Dugol, persifla son interlocuteur.
Avec une agilité désarmante, elle fondit tout à coup sur le sakiyan. Une vibrolame s’était glissée en travers de la gorge du Mouchard.
- Et tout le monde sait ici à qui tu t’es vendu, Skanor. N’oublie pas que tu n’as pas tous les droits, il pourrait t’arriver un accident regrettable.
- J’essaie de gagner ma vie, c’est tout. Et je m’assure que tout le monde ne fasse pas de bêtises, pour le bien de tous. La dernière chose que nous souhaitons serait une descente des Forces de Sécurité ou de bien pire encore.
- Une descente de tes amis, tu veux dire. Tu n’es qu’un misérable rat womp et tu te moques bien de savoir ce qui pourrait se passer pour tous les autres.
Elle appuya un peu plus sa lame contre sa trachée, de manière à ce que le message soit parfaitement compréhensible. Autour d’eux, personne n’intervint pour aider Skanor, preuve éclatante qu’il était détesté et méprisé par la majeure partie du ghetto.
- Ce n’est pas de ma faute s’il y a des rafles hors du ghetto et des invités aux cérémonies d’expiations publiques.
- Sauf quand tu y as trempé, trancha-t-elle froidement. C’est toi qui as vendu Malk et sa mère. Le neveu et la sœur de Wils.
Le sakiyan gloussa, certain de l’impunité dont il bénéficiait encore. Si la mirialan voulait l’achever, elle l’aurait fait depuis longtemps.
- Tiens, moi qui croyais qu’ils ne faisaient que mendier.
Il déglutit lorsqu’elle commença à entailler sa peau.
- Hé, attends ! J’ai rien à voir là-dedans, je te jure !
- Beaucoup souffriront à cause de toi, si ce n’est déjà fait.
La jeune twi lek fut désappointée lorsque la mirialan rangea finalement sa vibrolame sous son ancienne veste militaire de la Marine, couleur brune.
- Pour l’instant, tu es épargné. Nous ne le faisons pas pour toi, mais pour tous ceux que nous voulons protéger.
Le sakiyan en profita pour prendre du champ lorsque Irren martela :
- Maintenant, dégage !
Le Mouchard disparut sans demander son reste tandis que la mirialan pivota vers la jeune femme avec un sourire.
- Il ne devrait plus t’importuner pour l’instant.
- Merci, fit la jeune twi lek. Vous tombez à pic.
- Senya m’a demandé de veiller à ce qu’il ne t’arrive rien.
- Vous la connaissez ?
- Nous avons servi ensemble, dans la Marine.
Irren Dugol vérifia que personne ne les écoutait avant de se pencher vers Naha.
- Va retrouver ta famille puis fais ton rapport à Wils avant le couvre-feu, lui intima-t-elle. Bonne fin de journée.
Elle la fixa pour s’assurer qu’elle avait intégré ces instructions avant de prendre congé. Naha la regarda s’éloigner à regrets avant de recouvrer sa détermination. Sa famille lui manquait, elle avait hâte de la retrouver.

Voilà, j'espère que cet extrait vous aura intéressé! Même dans le ghetto, cette pauvre Naha n'a pas que des amis! N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de Skanor... et de la comptine des petits bambins :paf: !

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 28 juin 2020, 18:50

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :wink: !

Ca y est, Naha retrouve enfin sa petite famille :cute: !

Un peu de trêve dans ce monde dur...


Ses proches résidaient au cœur du ghetto, un endroit que les habitants qualifiaient de Ruche. De part et d’autre de l’avenue encombrée de mendiants et de familles entières, abandonnée aux épidémies et à la malnutrition, s’élevaient des blocs d’habitation à l’aspect terne dont la salubrité laissait visiblement à désirer.
Il n’existait pas d’infrastructure viable, les turbo ascenseurs tombaient fréquemment en panne faute d’entretien régulier. Naha dut se résoudre à emprunter les escaliers de secours puis la passerelle collée à la paroi des blocs, permettant d’accéder au logement familial.
Lorsque le battant s’écarta à son intention, des cris aigus se firent entendre depuis l’intérieur du bloc.
- Naha ! Naha ! L’appelait-on.
Elle sourit à l’adresse de deux enfants twi lek, son frère cadet et sa sœur cadette, Essol et Hisi, qui se précipitèrent pour l’étreindre dans leurs petits bras. Ils étaient ce quoi elle était prête à tout endurer, y compris les sévices de ceux qui l’employaient quotidiennement. Elle les serra à son tour contre elle.
- Comment se portent les petits voyous ?
- Tu nous as rapporté quelque chose ? Firent-ils en chœur.
S’accroupissant, elle fouilla au fonds de sa besace qui se balançait contre son flanc. Au garçon, elle offrit un droïde miniature récupéré et recyclé, et à la fillette, un collier de perles usagées rattachée à une ficelle bricolée.
- Voilà pour vous.
Ils contemplèrent leur cadeau, visiblement ravis. Sur leur figure, brillait cette innocence qu’elle avait elle-même perdue. Elle priait pour qu’ils ne subissent ce qu’elle subissait ou ce que d’autres subissaient d’encore pire.
Une voix leur intima ;
- Essol, Hisi ! Laissez donc votre grande sœur respirer, par les tempêtes ardentes !
Ils regagnèrent leur chambre, se taquinant l’un l’autre sur quel cadeau de Naha était le plus beau. Celle-ci rejoignit sa mère dans la cuisine, tout de suite sur sa gauche.
- Maman.
- Comment s’est passée ta journée ?
La matrone twi lek qui terminait de laver la vaisselle dans l’évier, fixa sa fille. Naha évita soigneusement son regard.
- Sans histoire.
- Tu sembles contrariée.
Naha ne tenait pas à ce que la veuve sache ce qu’elle endurait. Elle se força à adopter un ton léger, pour lui mentir, lui dissimuler la sordide vérité.
- Ça va aller, assura-t-elle. Ce qui compte le plus, c’est ça.
Sur ces mots, elle déposa la bourse de crédits sur la petite table au milieu de la pièce. Sa mère jeta un œil distrait avant de lâcher.
- J’espère que cet argent en vaut la peine.
Naha lui avait caché la vérité mais l’instinct maternel ne pouvait ^pas être abusé.
- Je veux que tout le monde mange à sa faim. C’est une responsabilité que j’assume depuis que papa a disparu.
La matrone hocha simplement la tête avant d’interrompre sa tâche pour lancer à pleine voix.
- Miscal !
La voix d’un autre twi lek en pleine adolescence, répondit.
- Ouais ?
Il se présenta peu de temps après.
- Ta sœur est revenue. Tu peux aller au marché noir, faire quelques courses ?
Les lekkus de Miscal tressautèrent sur ses épaule lorsqu’il accepta de considérer sa sœur aînée avec une distance ordinaire, depuis qu’elle travaillait comme domestique des Contispex.
- Heureux que tu sois rentrée en un seul morceau.
Il n’en pensait pas un mot, elle n’était pas dupe.
- Merci, voilà qui me réconforte beaucoup, petit frère.
Il fronça les sourcils et croisa négligemment les bras, malgré la désapprobation de sa mère.
- Frère ? Je préfère oublier que j’ai encore une sœur qui se fait tripoter par le fils Contispex sans qu’elle-même n’y trouve rien à redire.
Ce n’était pas la première fois qu’elle avait droit à ce genre de remarque. Elle avait pensé qu’il avait peut-être raison de la traiter ainsi mais cette fois, elle ressentait seulement de la colère. Ces mots sonnaient comme une humiliation supplémentaire.
- En tout cas, c’est ce que tout le monde ne cesse de dire.
Elle se força à conserver son impassibilité.
- Je fais ce qui est nécessaire pour assurer notre subsistance et notre dignité, tenta-t-elle d’expliquer.
- Depuis quand te préoccupes-tu de la dignité ? Je n’ai pas l’impression que tu en ai quelque chose à faire, de la dignité. Tu as jeté la honte sur notre famille. Moi au moins, j’essaie de réparer cela en m’étant engagé dans la résistance de Wils. Tu devrais faire pareil au lieu de jouer la prostituée pour grappiller quelques crédits de plus que la moyenne.
Voilà pourquoi Naha sentait la brûlure de l’injustice la ronger plus que jamais. Elle travaillait pour Wils et seuls lui-même et quelques autres leaders bien placés au sein du mouvement de résistance clandestin, crée dans ce ghetto, étaient parfaitement au fait de sa situation. Son rôle véritable s’élevait bien plus qu’à un simple objet livré à la perversité de celui qui se comportait en maître absolu.
Sa mère avait bien quelques doutes mais sa fratrie n’était au courant de rien. Elle préférait qu’il en soit ainsi. Si cela s’ébruitait, elle aurait certes regagné le respect de Miscal mais les aurait tous mis en danger.
Elle ne pouvait sacrifier cela. Elle devait donc se taire et endurer. Quitte à laisser ce démon d’Ethan Contispex continuer de marquer profondément son âme. Elle espérait seulement avoir le temps de l’expliquer à son frère quand elle aurait rempli son rôle.
Si elle ne mourait pas avant.
- Ravie de savoir que tu essaies de te montrer utile.
- Au moins, j’essaie de redorer le blason de la famille.
Leur mère intervint pour mettre à cet échange houleux.
- Assez vous deux ! La situation est déjà suffisamment précaire sans que l’on ait besoin de s’entre dévorer comme des tuzal des Terres Illuminées ! Miscal, prends les crédits que Naha nous a rapportés et va au marché noir.
- Oui, maman.
L’adolescent twi lek se pencha pour ramasser le sac de crédits et s’éclipsa sans demander son reste. Naha se détendit peu après son départ.
- Aide-moi à préparer le dîner.
- D’accord, maman.
Elle se rangea à sa hauteur et se baissa pour ouvrir le placard sous l’évier, et saisit la pile d’assiette et les couverts rangés.
Elle les disposa rapidement avant d’allumer la vibro plaque, alimentée avec du gaz tibanna de contrefaçon. Elle plissa les narines, incommodée par cette ordinaire haleine de fioul frelaté, puis posa dessus une casserole remplie d’eau.
Peu de temps après, elle versa dedans des rouleaux de spaghetti Solna au moment même où ses deux cadets surgirent dans la cuisine, comme des diablotins.
- Essol, rends-moi ça ! Criait Hisi qui courait éperdument après son frère, ce dernier brandissant dans son poing le collier qu’il lui avait dérobé.
Ils tournèrent autour de la table, au centre de la pièce, bousculant les chaises grinçantes et causant un raffut incroyable. Auquel la mère excédée mit un terme.
- Calmez-vous ou je vous tire les lekkus !
Les petits galopins cessèrent lorsque Naha allongea le bras pour agripper son turbulent petit frère par l’épaule.
- Ca suffit, Essol ! Fit la jeune non humaine. C’est à ta sœur que j’ai offert ce collier, pas à toi ! C’est vilain d’être aussi gourmand.
Naha se demandait où elle trouvait la force de se comporter normalement, avec ce qui ressemblait à de l’affabilité enjouée, après ce qu’elle subissait quotidiennement de la part de son bourreau. La terreur, les abus… les viols.
Pourquoi jouait-elle la comédie à ce point ? Elle avait en effet l’impression de fracturer son âme, de jouer une autre personne.
Il ne s’agissait que de survie.
Le twi lek arbora un air renfrogné et boudeur.
- J’en voudrais un pareil, avoua-t-il.
- Rends d’abord ce collier à ta sœur.
Il s’exécuta sans discuter et Hisi le remit autour de son cou lorsqu’il le lui rendit.
- Promets que tu m’en donneras un qui soit plus beau que celui de Hisi.
Elle s’accroupit à sa hauteur.
- Si tu me promets que tu ne voleras plus les affaires de Hisi.
Son visage s’éclaira.
- Promis ! s’écria-t-il avant de sortir de la cuisine à la suite de sa sœur.
Naha s’attela de nouveau à la tâche. Une demi-heure plus tard, Miscal revint avec un sac de victuailles, contenant des légumes frais. Il les posa avec fracas sur la table puis sortit sans dire un mot.
La mère de famille les prit pour les découper et les mélanger dans une autre casserole remplie d’eau. Peu de temps après, elle appela tous ses enfants pour annoncer que le dîner était prêt. Tous débarquèrent et ce petit monde s’installa autour de la table.
Le dîner se déroula en silence, seulement troublé par les éclats des deux chenapans qui s’étaient lancés dans un concours épique de grimaces, ce qui contribua à apaiser quelque peu l’atmosphère lourde.
Ils aidèrent la matrone à débarrasser les couverts avant que Naha n’annonça :
- Je dois aller voir quelqu’un, expliqua-t-elle.
- Ah oui, qui ça ? S’enquit Miscal, d’un ton suspicieux.
Elle n’apprécia pas qu’il se montre aussi chaleureux qu’un chien de garde Akk.
- Quelqu’un que tu n’as pas besoin de connaître, répliqua-t-elle cassante.
- N’oublie pas de rentrer avant le couvre-feu, prévint sa génitrice.
Naha se pencha pour l’embrasser tendrement sur la joue.
- Je serai rentrée à temps.
Hisi lança d’une petite voix fluette.
- Tu vas voir ton amoureux ?
Elle ne put se retenir de lui sourire.
- Oui, quelqu’un à qui je tiens beaucoup.
Elle les laissa tous pour aller s’habiller rapidement dans sa chambre. Elle choisit une longue robe qui aérait ses bras et de recouvrir de son ordinaire manteau à capuchon. La Lethan arrangea ses lekkus pour les dissimuler. Elle sortit du bloc pour rejoindre la rue en contre bas.
Il y avait foule, majoritairement des gens pressés de rentrer chez eux, puisque le soleil commençait à disparaître derrière les habitations au loin.
Elle se fondit dans la masse, le capuchon rabattu sur sa tête, prenant la direction du marché noir. Sans remarquer le sakiyan sournois qui lui emboîtait discrètement le pas, pour la filer. Skanor le Mouchard.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire, ce que vous en avez pensé :sournois: !

Sur ce, à la prochaine et bon confinement :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 05 juillet 2020, 16:45

Bonsoir à tous!

Naha entre en contact avec la résistance :love: :love: :love: !!!

Je vous laisse savourer ça, les amis!

Bonne lecture :oui: !


Le marché noir était devenu le centre névralgique du ghetto après l’instauration des Zones de Sécurité Prioritaire et des tickets de rationnement. De part et d’autre de la rue principale, des magasins, des étals et des échoppes restaient ouverts car c’était à ce moment de la journée que les bénéfices étaient les plus importants.
Ces commerces étaient gérés pour la plupart par les gangs criminels affiliés aux cartels Hutt, ce qui expliquait les prix scandaleux pratiqués par ces derniers, afin de générer davantage de bénéfices sur le dos des plus malheureux. Malheureusement, personne n’y pouvait grand-chose. Dans cette République tyrannique, il fallait bien que les ennuis des uns profitent à quelques rares privilégiés. La présence de ces gangs était tolérée par les Forces de Sécurité et les Hutt veillaient à ce qu’un pourboire conséquent soit versé aux agents en exercice, pour garantir une tranquillité certaine.
La jeune twi lek marchait au milieu de la chaussée, ignorant les cris et les interpellations des clients et des commerçants véreux qui marchandaient avec acharnement. Naha remarqua qu’entre les commerces, de nombreuses femmes non humaines dont certaines portant un bébé ou tenant des enfants par la main, réclamaient une aumône.
Certaines plus jeunes s’enhardissaient pour proposer des services particuliers. Quand d’autres ne préféraient pas tenter leur chance hors du ghetto, auprès de riches humains, courant le risque d’être prises à partie par les Gardiens de la Pureté, les Disciples de Hapos ou d’être raflés par les Forces de Sécurité.
C’était le rôle dangereux qu’elle-même avait accepté de jouer, à la demande de la résistance locale qui avait eu vent des habitudes du fils Contispex et qui estimait qu’elle avait de grandes chances d’être appréciée.
Et c’était le cas, pour son malheur. Infiltrée au cœur de l’ennemi, elle côtoyait la peur et les sévices quand ce n’était pas son tour de les subir.
Elle esquiva les sollicitations des marchands et de d’autres mendiants misérables avant d’entrer dans ce qui ressemblait à une taverne sans distinction, L’entrée était encadrée par deux étals, elle s’y engouffra et frappa vigoureusement.
La voix rauque d’un Besalisk résonna à travers le vocodeur, juste en face de sa figure.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
- Parce que l’orbe noircit, répondit-elle.
Après deux secondes d’attente, le battant s’écarta à son intention. Elle entra et promena son regard curieux autour d’elle. Elle avisa l’énorme créature reptiloide à quatre bras qui tenait le bar. Ses membres supérieurs nettoyaient un verre et et les deux derniers épongèrent le support devant lui.
Un droide se présenta à elle.
- Maître Hax vous souhaite la bienvenue à la Taverne de l’Oubli. Je suis prêt à prendre votre commande.
- C’est bon, tas de ferraille ! Grogna le Besalisk. Je m’occupe d’elle.
Il lui fit signe d’approcher et elle s’assit prenant appui sur ses coudes, face à lui. Il rangea qu’il avait nettoyé avant de demander d’un ton bourru.
- Je te sers quoi ?
Elle soupira en retirant son capuchon.
- Par les tempêtes de sables, Hax ! Jus de pak’pah, comme d’habitude.
- Essaye l’alcool, ça te détendrait. La bière jawa, par exemple.
- Non merci, je dois réussir à retrouver le chemin jusqu’à chez moi et si possible avant le couvre-feu.
Il secoua son énorme tête et lui déposa un jus de fruit sous son nez. Elle voulut déposer un crédit sur le comptoir mais il refusa.
- C’est la maison qui offre.
- Merci, fit-elle après avoir bu une gorgée.
- Ta journée s’est passée comment ?
Le bar était vide, contrairement à l’habitude. C’était le cas quand la résistance de Wils demandait au patron la réservation de ce bar pendant une réunion, pour plus de confidentialité. Naturellement, le Besalisk qui menait un gang affilié aux Hutt, acceptait moyennant un pourboire conséquent. Il appartenait à ceux qui acceptaient de collaborer ponctuellement avec les opposants de Wils, si ces derniers consentaient à lui laisser une latitude pour ses petits trafics, qui se résumaient à de la contrebande d’épices ou d’autre chose.
- C’était éprouvant, répondit-elle enfin.
Bien qu’il possédait une apparence intimidante, elle croisa son regard sans ciller.
- Comme d’habitude, en fait.
- Oui, concéda-t-elle.
Il épongea le comptoir sans la quitter des yeux. Cela ne faisait que quelques semaines qu’ils se connaissaient mais elle lui faisait confiance car il s’était pris d’affection pour elle.
- Alors ces histoires sur Contispex Junior sont vraies ?
- Quelles histoires ?
- Le bruit court que c’est un tordu qui s’amuse à ramasser de jolies non humaines, en compagnie d’une autre humaine. Et qu’ils s’abaissent à jouer à des trucs glauques.
Elle fut si déconcertée qu’il aborde ce sujet frontalement, qu’elle ne tenta pas de se dérober.
- C’est vrai.
Il respira si profondément qu’elle en tremblait malgré elle.
- Écoute, Naha. Tu m’as l’air d’être une brave fille et tu ne mérites pas cela. Laisse tomber la résistance, et viens bosser pour moi. On n’est jamais à court de serveuses ici. Tu ne gagneras peut-être pas autant de crédits que ce que te donne ce murglak de Contispex mais suffisamment pour mettre ta famille à l’abri. Je te donnerai même des tickets de rationnement en bonus, si ça peut te motiver.
Elle esquissa un sourire, touchée par cette proposition.
- Cela m’étonne que tu fasses ça pour moi, surtout en sachant pour qui tu travailles.
Il ne fut pas contrarié par cette remarque, comme s’il s’y attendait.
- Je travaille pour les Hutt seulement parce que c’est bon pour mon business. Seulement de la contrebande et du recel de contrebande. Ils me paient moi et ma bande pour cela. Mais ce n’est pas ce que je te propose, j’ai bien plus d’estime pour toi que tu ne le crois.
- Merci Hax, mais je ne peux pas accepter ça. Si je laissais tomber, Wils enverrait quelqu’un d’autre auprès des Contispex. Quelqu’un qui subira ce que je subis et qui craquera plus facilement que moi, expliqua-t-elle.
- Je te plains, tu sais.
- Je fais ce qui est nécessaire même si je préférerais être ailleurs.
Même si je préférais être morte après tout ce que le fils Contispex m’a fait, pensa-t-elle pour elle-même.
- Tu as beaucoup de courage, peu de gens oseraient un tel sacrifice.
Elle vida son jus de fruit au moment où une sonnerie retentit. Quelqu’un venait se présenter à l’entrée. Hax vérifia les images de son holocam de sécurité avant de se pencher vers un micro, incrusté dans le comptoir.
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
- Parce que l’orbe noircit, répondit le nouveau venu.
Satisfait, le Besalisk ouvrit la porte à l’aide d’un bouton qu’il pressa sous le comptoir, laissant passer un jeune cathar encapuchonné du même âge que Naha. La jeune twi lek pivota à moitié sur son tabouret haut, pour le fixer.
Le cathar repoussa son capuchon gris terne, montrant des tresses exotiques qui se balançaient autour de son visage de félin. Il possédait une stature fine et athlétique et Naha ne doutait pas que son allure malingre dissimulait une impressionnante force physique, en tout cas supérieure à celle d’un humain standard.
- En retard, Wils, grogna le Besalisk.
- Quelques complications. Rien d’insurmontable à gérer, heureusement.
Ses oreilles équines étaient dressées raidement, signe d’une grande contrariété pour Naha qui avait appris à interpréter ses postures.
- Je te sers quoi ?
- Brandy corellien.
Il avança quelques crédits qui disparurent, happés par l’une des grandes mains du Besalisk qui glissa un verre d’alcool devant lui.
- Je te laisse la bouteille, je vais faire un tour dans l’arrière boutique. Répertorier les stocks, ce genre de banalités. Vous avez certainement des choses à vous dire, tous les deux.
- C’est aimable à toi, Hax.
Le cathar guetta son départ alors que l’imposant alien prit congé. Les jeunes gens restèrent immobiles sans échanger un mot avant que Naha ne se jeta dans ses bras. Le félinoide l’étreignit avec vigueur, un lien fort semblait exister entre eux.
Sans préambule, il lui demanda après avoir pris place à ses cotés.
- Tu as du nouveau ?
- Rien de plus que la dernière fois, avoua-t-elle à contre cœur.
Il semblait contrarié.
- Naha, je sais que que nous te demandons tant et que tu prends beaucoup de risques pour accomplir ta mission. Mais quelqu’un d’important doit venir tout à l’heure et avait besoin de preuves pour tenter de faire bouger les lignes au plus haut niveau de la République.
- Je fais pourtant l’impossible.
La twi lek se sentait gagnée par la colère.
- Je sais. Mais cette personne importante ne sera sans doute pas de cet avis.
- Alors je lui expliquerai moi-même à cette personne importante la terreur qui me paralyse, chaque fois que je l’entends me renifler lorsqu’il me frôle !
Le cathar tourna la tête à droite et à gauche, craignant que l’éclat de sa camarade n’ait percé à travers les murs de la cantina.
- C’est impossible, pour sa sécurité et la tienne. Elle sait que quelqu’un est infiltré dans l’entourage du Chancelier mais elle ignore que c’est toi. Il doit en rester ainsi.
Cela l’apaisa quelque peu.
- Cette ordure de Contispex junior a laissé échapper quelque chose ?
- La même idée, comme toujours. Ils veulent se débarrasser de tous les non humains sur Coruscant, la purger de la souillure. Ils me l’ont répété encore aujourd’hui.
Sa voix commençait à se fêler et elle vola le verre de Wils pour boire une gorgée d’alcool et se donner du courage.
- C’est pour ça que j’ai fouillé dans sa chambre pendant que j’y faisais le ménage, pour trouver de quoi étayer leurs dires. Mais j’ai failli être démasquée quand elle est arrivée.
- Sa mère ?
- Non, cette autre humaine, Leli. Elle m’est tombée dessus et j’ai réussi à détourner son attention.
- Comment ?
Les yeux de Naha se voilèrent et elle baissa la tête, presque honteuse.
- Je… je l’ai laissé faire de moi ce qu’elle voulait.
Les oreilles équines de Wils se couchèrent en avant sous le coup de l’angoisse. D’une voix de plus en plus hachée, la twi lek poursuivit.
- Elle… elle m’a plaquée contre le mur, et avec ses doigts elle a…
Elle laissa sa phrase mourir dans des sanglots soudains et Wils l’observa se cacher la figure avec ses paumes, sans d’abord pouvoir réagir. Elle lui paraissait en cet instant si fragile, si perdue. Il se leva pour la serrer dans ses bras et elle pleura longuement sur son épaule.
Elle se calma un peu lorsqu’elle l’entendit, pour tenter de la soulager.
- Ça va aller, tu es en sécurité.
Le cathar se maudit de la candeur de ces paroles. Dans ce ghetto, la sécurité était toute relative. Comment serait-il en mesure de tenir ce serment ? Il ne le pouvait pas. Mais les mensonges dans cette galaxie plongée dans les ténèbres étaient plus réconfortantes que la dure vérité.
Naha ferma les yeux, elle voulait croire qu’il pouvait la protéger.
Elle inspira profondément.
- Le lendemain, il nous a convoquées moi et deux autres domestiques pour nous demander qui avait mal rangé ses affaires dans sa chambre. Il s’en pris à une mirialan et j’ai du me dénoncer.
- C’est très courageux de ta part, lui accorda-t-il.
- Il m’a pardonné et en échange il m’a… prise.
Elle pleura de nouveau en gémissant. Wils la garda contre lui, éprouvant une haine croissante contre les sévices qu’elle avait essuyé, contre les injustices qu’ils subissaient tous, à l’exception de quelques profiteurs.
Cela ne pouvait plus durer. Il devait faire quelque chose.
- Écoute, je vais en parler à mon père. Il enverra quelqu’un d’autre à ta place et nous te trouverons une autre tâche…
- Non.
Elle avait cessé de pleurer et son ton laissait transparaître une fermeté intransigeante.
- Je suis devenue sa préférée, celle qu’il appelle uniquement par son nom, de temps en temps. Si je ne viens plus travailler chez lui, il me fera chercher. Je le pense être capable de ravager tout le ghetto pour me retrouver. Et qui garantit que celle qui prendra ma place pourra tenir le coup ?
Le cathar ne trouva rien à opposer à ces arguments.
- Il n’y a que moi qui puisse le faire, Wils.
- Tu as peut-être raison, Naha. Mais cela ne veut pas dire que cela me réjouisse de te savoir auprès de cette ordure, après que tu m’aies avoué ce qu’il te faisait.
- Il ne me tuera pas s’il ne découvre pas l’essentiel.
- Ce n’est pas cela qui me fait le plus peur.
Avec émotion, la twi lek détourna le regard.
- Ce ne sera pas pire que d’habitude.
Fataliste, Wils haussa finalement les épaules.
- Fais attention à toi.
Il la serra dans ses bras et elle se laissa aller, se permettant de baisser sa garde. Cela faisait des instants qu’elle appréciait le plus en sa compagnie. Elle s’écarta de lui, il était temps de rentrer avant le couvre-feu.
- Bonne chance, lui souhaita-t-elle en retour.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Cette pauvre Naha n'a vraiment pas la vie facile!

On va rester dans le ghetto pour vous présenter d'autres membres de la résistance! Indice : Certains ont été introduits dans le tome 1 :oui: :oui: :oui: !!! :diable:

Allez à la prochaine :hello: et portez-vous bien!

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 19 juillet 2020, 16:48

Bonsoir, c'est l'heure de la suite :wink: !

Nous continuons donc sur la résistance dans le ghetto! Place à des figures connues, enfin celles qui apparaissent dans le tome 1 :sournois: !

Allez je vous laisse découvrir ça!


Il la regarda remettre son capuchon et quitter la taverne. Le Besalisk revint peu de temps après, pour lâcher sobrement :
- Si tu tiens à elle, fais-la sortir de cet enfer et fais-lui quitter le Noyau.
- Je le ferai quand elle aura accompli sa mission, marmonna le félinoide qui repoussa son verre vide. Beaucoup de choses dépendent d’elle.
- Et beaucoup de gens dépendent de toi et de ton mouvement. T’attends peut-être qu’elle soit morte pour commencer à réagir ?
Sa question piqua au vif le jeune résistant.
- Tout le monde sait par qui tu es payé, Hax.
- Parce que tu crois que tous ceux qui bossent pour les Hutt, sont aussi dénués de sentiments qu’eux ? Gronda le patron. Il y a des gens auxquels je tiens dans ce fichu ghetto dans lequel nous n’avons aucun avenir. Tu ferais mieux de t’en souvenir avant de me mettre en rogne, fichu morveux.
Le cathar enfonça ses griffes à l’intérieur de ses paumes, regrettant d’avoir mis le propriétaire des lieux en colère contre lui.
- Tu veux boire autre chose ?
- Non, je n’ai plus soif.
- Tant mieux parce ma générosité a des limites. N’oublie pas je fais toutes ces concessions par respect pour Thrag, ton père.
Hax saisit le verre vide du jeune cathar pour le nettoyer puis le ranger. Wils l’observa sans rien dire. Le droide signala de nouveaux visiteurs. Le tenancier demanda le mot de passe habituel et un autre cathar plus âgé, suivie d’une nautolan, fit son apparition.
Thrag, le père de Wils, et l’ancienne journaliste du Quotidien Galactique, Helem Siki. Les deux nouveaux venus saluèrent le Besalisk avant de s’installer au comptoir. Hax fit glisser deux verres à leur intention.
- Salut Thrag, Helem. Comme d’habitude ?
- Avec plaisir, mon ami, répondit le père de Wils.
Wils serra son épaule et Thrag le lui rendit. Helem se contenta de lui serrer la main avant de secouer sa chevelure de tentacules derrière sa nuque.
- Naha a appris quelque chose de nouveau ?
- Ils rembobinent la même rengaine. Coruscant doit appartenir aux seuls humains et le fils Contispex semble persuadé qu’ils passeront à l’action.
- A-t-elle récupéré des preuves concrètes ?
- L’occasion ne s’est pas présentée, répondit prudemment Wils.
Il ne vit pas la moue que laissa filtrer la nautolan, alors que le Besalisk alla fouiller dans ses réserves dans l’arrière boutique.
- Nous comptions pourtant sur ces renseignements, nous devions savoir ce soir au plus tard ce que le culte projette de faire aux communautés non humaines.
- Je sais, Helem. Mais je vous assure que Naha fait ce qu’elle peut.
- Ce n’est pas suffisant, visiblement.
La réplique de son père le mit hors de lui. Il se hissa vivement de son tabouret pour les apostropher durement.
- Si vous pensez faire mieux qu’elle, ne vous gênez pas pour prendre sa place ! S’exclama-t-il. Avez-vous la moindre idée des sacrifices et des risques qu’elle doit consentir pour mener cette tâche sans se trahir ? Sans nous trahir ? Sans qu’elle ne puisse se révolter ?
- Calme-toi, fils.
La voix de Thrag résonna avec une mélodie qui invitait à la modération. Mais ce n’était pas ce que Wils avait en tête.
- Si vous en aviez, ne serait-ce qu’une vague idée, vous ne parleriez pas d’elle ainsi.
Son père qui arborait une expression grave, se leva pour apposer une main griffue sur sa vigoureuse épaule.
- Je n’ai pas forcé Naha et je lui ai exposé les risques et les contraintes que cette mission pourrait lui imposer.
- Qui me dit que tu ne l’as pas manipulée ?
Les oreilles équines de Thrag se couchèrent vers l’avant, exprimant sa peine et son désarroi.
- Je sais que tu tiens à elle, mais je te demande de rester concentré. Là où Naha se rend chaque jour, elle ne peut s’aider qu’elle-même.
- Tu veux dire qu’elle ne peut que subir sans broncher. Tout le monde dans ce ghetto et dans les autres ghettos ne fait que ça depuis des années. À quoi sert-il de se réfugier dans la clandestinité si ce n’est pas pour se battre ?
- Nous aidons les gens qui n’ont rien, à se nourrir, à se vêtir et à se loger. Nous les soulageons comme nous pouvons.
- Je ne t’ai jamais vu si énervé auparavant, intervint la nautolan.
Wils était d’un certain point de vue, ravi qu’elle lui permette de crever l’abcès.
- Irren m’a appris tout à l’heure ce qui est arrivé à Malk et à Thira sur la Place du Pardon, lors de leur expiation.
Thrag et sa compagne échangèrent un bref regard. Thira et Malk n’étaient autres que la sœur et le neveu de Wils.
- Nous savons ce qui leur est arrivé, lâcha Helem.
- Et vous comptiez m’en informer le plus rapidement possible, je suppose ?
- Ce que ces fanatiques leur ont fait subir a été terrible, nous voulions t’épargner cela, tenta d’expliquer Thrag.
- Ils ont enfermé Malk dans leur temple, après avoir pendu le corps de sa mère dans l’Allée de la Foi, raconta-t-elle.
Wils laissa couler des larmes et se mit à pousser des feulements bestiaux. Thrag le prit dans ses bras pour l’aider à supporter sa peine mais il le repoussa brusquement en arrière. Son fils tendit vers lui un index accusateur.
- Tout ça, c’est de ta faute !
- Wils…
- C’est toi qui les a envoyés tous les deux hors du ghetto ! Tu les as condamnés !
Son père conserva un calme impressionnant devant la colère de son fils.
- Je pensais qu’ils ne courraient aucun risque, plaida-t-il. Je me suis trompé.
- Grand bien leur fasse.
- Ce qui s’est passé, m’accable autant que toi.
- Si c’était le cas, tu serais parti les venger ! Mais peut-être n’en as-tu rien à faire…
C’en fut trop pour Thrag qui le saisit par le col.
- Maîtrises-toi, lui intima-t-il sévèrement. Tu ne fais honneur à personne en me manquant de respect de cette façon. Tu fais honte à notre mouvement.
D’une poigne de duracier, Wils le força à le lâcher.
- Cela fait trop longtemps que l’on est humilié, rabaissé ! Le ghetto, le rationnement, la misère, la surpopulation, les difficultés d’approvisionnement… c’est cela, la République en laquelle nous sommes censés continuer à croire ?
- Nous ne sommes pas seuls, lui rappela Helem.
- Si, nous le sommes, lâcha le jeune cathar. Ces sénateurs de l’Honorable Fraternité, qu’attendent-ils pour destituer ce despote ?
- Ce n’est pas simple, ils font tout leur possible. Tout ce que nous pouvons faire est de guetter les opportunités, tempéra son père.
- Moi je vous propose de faire mieux que de gagner du temps. Il est temps de rendre les coups ! Ajouta Wils en frappant du poing sur le comptoir.
Ce geste attira l’énervement de Hax, depuis l’arrière boutique.
- Eh, fais gaffe avec le matériel, morveux !
Le jeune résistant se maîtrisa avant de reprendre.
- Il est temps que le mouvement Justice et Diversité devienne plus audacieux. Distribuer des tracts et des pamphlets ne suffit plus !
- Que proposes-tu ? S’enquit la nautolan.
- Nous procurer des armes et attaquer tout ce qui symbolise le pouvoir de Contispex et de son maudit culte !
Helem et Thrag ne masquèrent pas leur effarement devant ce plan hasardeux, pondu par une impulsivité qu’ils jugeaient mal avisée.
- Rassure-moi, c’est une plaisanterie ?
- Non, père. Mais si vous refusez de prendre les bonnes décisions, je n’hésiterai pas à les prendre à votre place !
Avec une puissance inattendue, Thrag saisit sa progéniture par les épaules et le plaqua sur le comptoir. Il feula, empli d’indignation.
- Combien sommes-nous à être enfermés dans ce ghetto ? Lui cracha-t-il.
- Beaucoup trop, répondit succinctement l’ancienne journaliste nautolan.
Wils, pris au dépourvu, ne tenta pas cette fois de se débattre.
- As-tu pensé à ce qui nous arriverait si nous nous attaquons aux Forces de Sécurité, aux Disciples de Hapos ou même aux Gardiens de la Pureté ? Nous leur donnerions le prétexte idéal pour lancer des représailles contre tous les ghettos… les rafles, les exécutions sommaires d’otages et les cérémonies d’expiation ! Comme celle qui ont tué ma fille et mutilé mon petit fils ! Ta sœur et ton neveu ! L’as-tu déjà oublié ? Qui pourra les défendre contre ces chiens Akk enragés et fanatisés de ce culte et leurs partisans suprémacistes ?
- Je suis prêt à me sacrifier pour eux ! Réagit son fils qui tenta de se libérer de son emprise. C’est pour cela que je te suis !
Thrag le dévisagea longuement avec sévérité, son visage de félin tordu par la tension qui électrisait le débat. Il le relâcha finalement pour lui permettre de se redresser. Wils s’épousseta, le souffle court.
- Je veux rendre justice à Thira et à Malk.
Thrag posa ensuite une main affectueuse sur sa joue.
- Et je te promets que nous le ferons, mon fils. Mais l’heure n’est pas encore venue. Pour l’instant, je te demande de me faire confiance.
Après un silence lourd, Wils acquiesça d’un hochement de tête. Il serra enfin son père dans ses bras, sous le regard ému de Helem. La carillon sonna à cet instant et le Besalisk annonça au trio :
- On a de la compagnie. Peut-être le visiteur que tu attendais, Thrag.
- C’est fort possible mais assurons-nous en.
Lorsque le tenancier demanda au visiteur bloqué à l’entrée pourquoi les pèlerins rentraient chez eux, la réponse attendue fut émise par le vocodeur sous le comptoir. Le Besalisk ouvrit pour laisser entrer une non humaine encapuchonnée. Lorsque celle-ci se découvrit, elle révéla son apparence aquatique originaire de Manaan.
- Tout s’est bien passé, sénatrice B’lsak ?
La Selkath dévoila ses canines de cétacé en guise de sourire, secouant ses bajoues.
- Très peu de personnes résistent au pouvoir des crédits, Helem. Néanmoins je ne pourrais pas m’éterniser longtemps à cause du couvre-feu qui va bientôt tomber.
- Alors allons à l’essentiel, proposa la nautolan.
- Attendez, fit Thrag. Le sénateur Kalad ne devait pas vous accompagner ?
- Il vous prie de l’excuser pour son absence et m’a prié de s’exprimer en son nom. Il a du rester à son ambassade pour couvrir ses arrières.
Les trois membres de la résistance échangèrent des regards indécis, déçu de l’absence du dignitaire alsakani.
- Nous comprenons la prudence du sénateur Kalad, déclara avec diplomatie Helem Siki. Nous pouvons poursuivre.
La Selkath demanda alors :
- Avez-vous les informations que nous pourrions exploiter contre notre ennemi commun ?
Wils s’avança alors pour répondre.
- Non, mais notre agent fait tout ce qu’elle peut pour y parvenir.
La sénatrice de Manaan lâcha d’un ton laconique.
- C’est ennuyant, nous comptions les obtenir ce soir. Nous savons tous ce qui est en jeu.
- Vous n’avez pas besoin de nous le rappeler, sénatrice, répliqua vivement Thrag. Les habitants des ghettos comptent sur vous, les sénateurs, pour infléchir la politique de Contispex à notre égard.
- On ne peut pas dire que ce soit un franc succès, railla son fils.
Les bajoues de la Selkath frémirent de gêne. Sans doute gardait-elle en mémoire la destitution et l’expiation de ce membre de l’Honorable Fraternité, le sénateur Vemus. Personne n’avait pu l’empêcher.
- Croyez-moi, nous tentons l’impossible mais cela devient de jour en jour plus périlleux pour nous, expliqua-t-elle. Voilà pourquoi nous comptions exposer les méfaits de la secte en avertissant le congrès des projets du Chancelier à l’égard des communautés discriminées. Des éléments concrets nous auraient permis de rallier les indécis et les moins courageux pour destituer par la force des voix, le tyran.
- Vous n’avez pas tenté de le faire avant ? s’étonna la nautolan.
- Bien sûr que si et pas plus tard que tout à l’heure, lors de la séance au Sénat. Mais l’initiative du sénateur Mansur a failli se retourner contre lui, le sénateur Kalad est heureusement intervenu pour sauver la situation. Cet équilibre ne durera pas.
- Alors que proposez-vous ? S’impatienta Thrag.
La Selkath retint sa respiration.
- Dans cinq jours standard, une fête sera organisée à l’ambassade d’Alsakan, un évènement cher au cœur des alsakanis. La Danse du Vautour Multak. Le sénateur Kalad espère réunir suffisamment d’invités afin que la soirée soit inoubliable.
- Des invités importants ? Fit Wils.
- Des invités intéressants, appuya la non humaine. Le sénateur Kalad compte bien faciliter un premier contact fructueux entre eux et le mouvement Justice et Diversité. Une discussion approfondie qui permettra d’aborder des options que n’avions pas envisagés jusque-là.
- Quelles options ?
Lonleth B’lsak botta en touche.
- Nous vous recontacterons très bientôt si vous êtes d’accord pour rencontrer ces invités importants.
Les leaders de la résistance se concertèrent du regard avant que Thrag ne fit connaître leur opinion.
- Nous soupçonnons les alsakanis de viser un objectif autre que l’éviction de Contispex. C’est pourquoi nous acceptons cette rencontre, sénatrice. Histoire de rappeler à vos invités importants que nous n’avons pas l’intention d’être utilisés comme des pions sacrifiables et que nous défendrons la République telle qu’elle doit être.
- Nous veillerons aux intérêts de la République et de tous ses citoyens.
- Il serait temps, décocha Wils avec sarcasme. Mieux vaut tard que jamais.
- Nous possédons un objectif commun. La chute du tyran.
La selkath remit son capuchon sur la tête, avant de reculer vers la sortie.
- L’heure est venue de sauver ce qui importe le plus avant qu’il ne soit trop tard.
Les trois résistants regardèrent la sénatrice quitter la Taverne de l’Oubli sur cette vague promesse d’intention. Le jeune cathar fut le premier à réagir.
- C’est du poodoo, tout ce qu’elle vient de déblatérer. Aucun sénateur, y compris ceux de l’Honorable Fraternité n’a eu le courage de faire ce qu’il fallait. Pourquoi l’auraient-ils maintenant ?
- C’est ce que nous découvrirons, Helem et moi, lorsque le sénateur Kalad nous introduira à l’ambassade lors de cette fête.
La nautolan acquiesça.
- Nous devrions rentrer avant le couvre-feu, proposa-t-elle. Nous commencerons à préparer cette réunion dès demain.
Les deux cathars n’y trouvèrent rien à redire et cela marqua la fin de leur discussion.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :cute: !

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 16 août 2020, 19:11

Bonsoir à tous :wink: !

Dernier extrait sur la résistance :sournois: !

Héhé :diable:


Skanor le Mouchard avait remarqué que Naha était entrée dans cette taverne sans prétention dont le patron avait des liens avérés avec certains kadijic Hutt. Le sakiyan n’ignorait pas qu’il ne pouvait pas entrer dans cette Taverne de l’Oubli, même en connaissant le mot de passe. Le patron Besalisk, Hax, le flanquerait dehors dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, il le réduirait en compote à l’aide de ses quatre bras massifs.
Il s’était abrité sous la bâche d’un épicier weequay qui vendait des fruits exotiques à des tarifs au-delà du raisonnable. Pour ne pas se faire repérer, il faisait mine de vouloir acheter quelque chose ou du moins d’examiner la marchandise. L’étal sur lequel il prenait puis reposait les produits se situait à vingts mètres de l’entrée du bar.
Une position idéale qui lui permettait d’épier les allées et venues, tout en restant discret. Enfin, jusqu’à ce que le weequay s’agace de son petit manège.
- Eh toi !
- Oui ?
- T’as l’attention d’acheter quelque chose ou quoi ?
Son éclat mit mal à l’aise Skanor qui tourna la tête dans plusieurs directions et constata que plusieurs passants freinaient pour les regarder. Là, il commençait trop à attirer l’attention. Cela en devenait embarrassant.
- Je ne fais que regarder, c’est tout.
- Eh ben, ça fait trop longtemps que tu regardes sans acheter. Je veux pas de voleurs à la tire, moi ! Ajouta le weequay avec virulence.
Skanor devait se démêler de cette situation et au plus vite.
- Ne nous énervons pas, je m’en vais.
- Ouais, ça vaut mieux !
Le sakiyan fut persuadé que rester traîner au même endroit n’était pas la meilleure des idées. Il se mit donc à déambuler dans la rue, repassant régulièrement devant la porte de la Taverne de l’Oubli. Il ne mit pas longtemps à patienter, lorsque un jeune cathar aux tresses agités par son allure dynamique sous son capuchon se présenta devant la porte.
Le sakiyan s’était empressé d’exhiber hors de sa poche, un scanner facial courte portée. Il l’éleva rapidement à hauteur de son visage pour voler quelques images précieuses qui lui permettaient d’identifier ses cibles.
Le jeune cathar vérifia qu’il n’était pas suivi et il put ainsi voler quelques images vitales. Skanor dissimula sa satisfaction. Il s’agissait ni plus ni moins de Wils, membre de la résistance dans le ghetto.
Le félinoide disparut à l’intérieur et il s’écoula plusieurs minutes avant que Naha ne ressortit de la taverne, seule. Le sakiyan fut indécis, résigné à l’idée qu’il ne pourrait rien tirer d’exploitable. Alors qu’il s’apprêtait à quitter la rue et son poste d’observation, deux nouveaux venus s’arrêtèrent devant l’entrée d’un établissement.
Il brandit son engin devant lui et retint une joie palpable. Il avait reconnu le père de Thrag et la nautolan Helem Siki, deux autres membres de la résistance locale. Il lui paraissait évident que le mouvement Justice et Diversité tenaient une réunion pour décider certainement de leurs prochaines actions à venir.
Ah, si seulement il pouvait réussir à écouter ce qu’ils se disaient, cet officier des Forces de Sécurité le récompenserait comme il le méritait. Que de crédits perdus à cause d’occasions qui n’avaient pas pu se présenter à lui.
Les gens pressaient de plus en plus le pas autour de lui et certains commerçants braillaient plus fort, pour tenter de vendre leurs produits qu’ils voulaient refourguer aux plus naïfs ou plus désespérés. Le couvre-feu approchait et la rue commençait à se vider. C’est alors que le sakiyan surprit une nouvelle silhouette devant l’établissement.
Son appareil reconnut l’apparence d’une selkath, une espèce originaire de Manaan. Il ne se souvint pas en avoir rencontré dans ce ghetto, les natifs n’étant pas réputés pour être de grands baroudeurs. Et la façon dont elle était habillée, suggérait qu’elle n’était pas une prolétaire mais au contraire quelqu’un de haut placé dans la hiérarchie sociale. Quelqu’un d’important, probablement de très important.
Là, cela devenait très intriguant.
Le sakiyan fut gagné par l’excitation, se demandant s’il s’agissait de la sénatrice B’lsak. Les probabilités que ce n’était une selkath différente se révélaient plutôt faibles. Skanor Le Mouchard devait en avoir la certitude absolue.
Son salaire n’en serait que plus élevé.
Il fut plus déterminé à se rapprocher de la taverne, il courrait le risque d’être détecté plus aisément. Il traversa la rue et longea d’autres étals, se rapprochant graduellement de son objectif. Il fit mine de s’intéresser vaguement aux marchandises.
Lorsqu’il fut devant l’entrée, il repéra l’holocam juste au-dessus de l’enseigne éclairée de nano projecteurs ternes. Il s’abrita hors de son champ d’action et commença à fouiller sous sa veste, pour exhiber un appareil d’écoute.
Mince, où avait-il fichu ce…
Ses pieds quittèrent le sol lorsqu’une puissante main velue, accompagnée d’un grondement intimidant, le tracta comme un vulgaire conteneur entreposé sur le quai d’un astroport. La main le fit pivoter jusqu’à ce que son visage se colla à celui d’un wookie qui ne bénéficiait pas d’une grande patience.
- Hoho, hoqueta le sakiyan.
Une série de jappements agressa ses délicats tympans. Le natif de Kashyyyk s’interrogeait évidemment sur la raison de sa présence. Fort heureusement, Skanor comprenait aisément son dialecte, le Shryywock.
- [Que fais-tu ici ?]
- Eh bien, je comptais faire appel à la générosité abondante des clients de cet établissement honorable pour m’aider à supporter les tourments actuels de mon existence.
Le wookie continua de gronder, preuve de sa méfiance instinctive.
- [Tu ne ressembles pas à un mendiant.], lui fit-il observer.
- Disons que mes revers de fortune sont très récents, sans entrer dans les détails.
L’imposant non humain décida que la discussion avait assez duré.
- [Décampe avant que je ne t’arrache les bras.]
- Fort bien, honorable et puissant guerrier.
Skanor s’éloigna à pas vifs, dépité. Il aurait du mal à confirmer son intuition, il devrait s’y prendre autrement pour étayer sa théorie. Il se perdit dans la foule, faisant mine de rentrer chez lui pour de bon. Mais il était aussi tenace qu’un rat womp affamé qui n’était pas prêt à renoncer à une pitance succulente. Et ce que cachait la Taverne de l’Oubli se révélait être bien plus que succulent.
À cinquante mètres, il disparut derrière l’étal d’un marchand wronnien, occupé à négocier le prix d’un sac de Pommes Osik avec ce qui semblait être un père de famille devaronnien désemparé.
- S’il vous plait, faites-moi un prix ! Suppliait celui-ci.
- Eh je fais pas crédit, moi ! J’ai aussi une famille à nourrir !
Skanor connaissait bien ce wroonien et savait que ce qu’il prétendait n’était qu’un mensonge éhonté. Il tentait seulement de profiter de la misère du devaronnien, qui céda à ce chantage classique. Cela ne choqua pas le Mouchard outre mesure, après tout il en aurait fait autant. C’était comme ça dans le ghetto, il existait des gagnants et des perdants.
Skanor avait bien l’intention de continuer à faire partie des gagnants. Être un perdant ne s’avérait pas être intéressant.
Pour cela, il lui fallait mériter son salaire. Découvrir si cette selkath était bien la sénatrice à laquelle il pensait.
Il observa le wookie qui s’éloigna de l’entrée sans cesser de surveiller la rue. Il ne pourrait plus approcher la taverne et il opta pour une attente longue et frustrante. À moins que ces clients ne se montrent raisonnables en rentrant chez eux avant le couvre-feu.
Le sakiyan l’espérait beaucoup. À vrai dire, la plupart des agents des Forces de Sécurité qui patrouilleraient dans le ghetto, la nuit tombée, n’étaient pas censés savoir qu’il travaillait pour eux. Ce secret gardé lui éviterait des complications.
Il retint un cri de joie lorsque la selkath sortit finalement de la taverne. Aussitôt le wookie qui avait chassé l’espion, se rangea à sa hauteur. Il jouait probablement le rôle de garde du corps, en tout cas à l’intérieur du ghetto. A l’extérieur, sa présence ne serait pas passée inaperçue et la selkath tenait certainement à sa discrétion.
La non humaine resserra son capuchon sur la tête et se dirigea inconsciemment vers le sakiyan, suivie de près par le wookie. Il n’aurait pas d’autre occasion.
Il sortit de sa cachette en glapissant :
- L’aumône, s’il vous plaît, ma brave dame ! L’aumône !
La selkath s’écarta d’un bond, surprise de son irruption avant de reprendre sa contenance. Le wookie ne modéra pas son énervement, ayant reconnu le sakiyan. Il agita son épaisse main poilue pour le rejeter brusquement vers l’étal.
La selkath l’arrêta d’une main impérieuse.
- Doucement Livbacca.
Le wookie se lança dans une série d’aboiements frénétiques. Parmi les mots incompréhensibles et décousus, Skanor discerna l’un d’eux qui voulait dire Sénatrice.
Bingo.
Livbacca expliquait qu’il avait déjà chassé ce sakiyan de l’entrée de la taverne et qu’il le soupçonnait d’épier.
- Allons, Livbacca, tu vois le mal partout. Certes la période n’est pas propice au rapprochement mais nous devons considérer tous les non humains comme nos amis.
Le wookie répliqua en lui faisant observer que tous les non humains qui travaillaient pour les Hutt, n’étaient que des opportunistes charognards.
- Nous n’avons rien à craindre de celui-ci.
Le wookie rendit les armes.
- [Comme vous voudrez, sénatrice].
Elle exhiba une bourse et versa quelques crédits dans la paume présentée par le sakiyan. Elle n’aperçut pas un seul instant, l’objectif d’une holocam trouant la poche de sa veste à hauteur de poitrine, qui enregistrait son visage.
- Que la fortune vous sourit de nouveau, mon ami, lui souhaita-t-elle.
Il murmura pour lui-même :
- Mieux que vous ne le pensez, madame.
Il les salua avant qu’ils ne s’éloignèrent à grands pas. Skanor était très satisfait, sa soirée n’avait pas été perdue.
Maintenant il ne lui restait plus qu’à transmettre ses informations le plus rapidement possible.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! La semaine prochaine, nous retrouverons les Contispex, toute la famille sera au grand complet :diable: :x mouhahaha!!!

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 23 août 2020, 16:48

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Bon, c'est bien beau de suivre la conf SWU en live, mais il faut pas que je manque à mes obligations!

Il est temps de revoir votre famille préférée : Contispexxxxx :x :x !



Coruscant, Résidence des Contispex

La nuit laisser peser sa main et les incertitudes de l’avenir sur une bonne partie de la Cité Galactique, tenaillée par l’angoisse.
Dans la salle à manger, Julius Contispex mâcha distraitement un haricot Crochet alors qu’un droïde serveur le dépassa pour aller remplir de vin le gobelet de son épouse. Celle-ci congédia l’automate d’un geste vague de la main avant de se pencher vers lui.
Toute la petite famille était réunie pour le dîner, y compris la charmante Leli qui gloussait en s’amusant à envoyer dans la bouche de son amant, des morceaux de fruits confits qu’il s’empressait d’avaler avec gloutonnerie.
Le maître incontesté des lieux regardait les deux tourtereaux avec une impassibilité à laquelle sa compagne de toujours mit fin en lui prenant la main gauche.
- Qu’est-ce que te préoccupe ? Lui demanda-t-elle.
- Nous en parlerons après le dîner, lui glissa-t-il dans l’oreille.
Elle n’insista pas, comprenant sa discrétion. Linza jeta un coup d’œil méfiant vers la jeune domestique zeltronne apeurée qui tenait une carafe pleine dans ses mains tremblantes derrière les deux jeunes gens.
Cette non humaine n’avait pas eu la chance de pouvoir terminer son service comme pour sa camarade Naha, désignée arbitrairement par Ethan Contispex pour satisfaire le moindre de ses caprices.
Le rejeton du Chancelier Suprême tordit le cou dans sa direction, tout en s’enfonçant dans son fauteuil.
- Toi, sers-nous !
La zeltronne sursauta.
- Ou… ui, maître.
Elle se plaça entre lui et son amie rousse, qui la lorgnait avec une fixité effrayante. La zeltronne ne put se retenir de renverser une partie de la carafe qu’elle penchait au-dessus des verres tant sa terreur était grande.
- Tu as osé salir notre table, impure, épela Ethan avec une lenteur de mauvais augure.
- Par… pardon, maître.
- Tu n’oublieras pas de nettoyer, hein ma jolie ? Fit Leli en attrapant le collier qui ceignait le cou de la pauvre non humaine.
La jeune humaine passa sa langue sur ses lèvres avec une expression de sadisme qui ne demandait qu’à être assouvie.
- Oui… oui, maîtresse, répondit sa victime.
- Bien. Alors, nettoie.
Avec célérité, la domestique attrapa la serviette tendue par Leli pour éponger le vin renversé. Elle hoqueta lorsque les doigts de sa tortionnaire s’engouffrèrent sous sa robe déchirée pour remonter jusqu’à l’entrejambe.
- Mon homme et moi avons des besoins vitaux à satisfaire, tu es invitée dans notre chambre.
- Oh oui, de gros besoins même, renchérit Ethan qui afficha un très grand sourire.
- Si tu refuses de venir, nous rendrons visite à ta famille dans la Zone de Sécurité Prioritaire numéro deux.
La zeltronne déglutit sous la menace.
- Je viendrai après le dîner, maîtresse.
Leli la relâcha.
- C’est parfait.
- Oh oui, on va s’amuser, ricana Ethan Contispex.
Celui-ci tressauta sur sa chaise, excité à l’idée de pouvoir s’amuser très bientôt avec son jouet. Une attitude qui suscita la désapprobation de sa mère.
- Ethan, tiens-toi mieux à table.
- Euh, oui maman.
Le reste du dîner se passa sans histoire et Julius donna l’ordre de débarrasser la table. Ethan et Leli prirent congé des parents et empoignèrent rudement par son collier la zeltronne au passage. Celle-ci, entraînée de force, tentait d’implorer du regard le patriarche qui demeura insensible à sa détresse.
Qu’espérait-elle vraiment obtenir de la part de celui qui voulait faire de la République, un nouvel Éden pour les humains ?
Le chef de famille avait mieux à faire que de se préoccuper du sort d’une misérable impure. Julius prit la main de sa tendre et chère pour l’inviter à l’accompagner dans le salon. Ils prirent place sur le divan, là même où ils avaient accueilli l’ambassadeur Hutt. Linza patienta, pour laisser à son époux le loisir de formuler ses pensées.
Mais ce dernier demeurait dans un mutisme profond.
- Eh bien ?
Il s’anima, sans lui lâcher la main.
- Kalad et l’Honorable Fraternité préparent quelque chose.
- Raconte-moi.
Il se pencha vers elle, craignant d’être trop aisément entendu.
- Peu après notre discussion, il a été vu, entrant dans le Temple Jedi.
- Certainement, pour voir son fils.
Julius exprima une moue peu convaincue.
- Tu y crois vraiment, après qu’il ait osé me défier au Sénat, en empêchant la destitution de Mansur ?
- Donc il tente de rallier les Jedi. Tu penses qu’il a réussi ?
- Je l’ignore mais j’ai l’intention d’en discuter avec son fils pour une mise au point. Lui expliquer ce que les Jedi risquent s’ils s’opposent ouvertement à moi.
- Veille dans ce cas, à ne pas trop les braquer. Fais-leur bien comprendre qu’ils ont beaucoup plus d’intérêt à sauvegarder une relation cordiale plutôt que de se risquer à une association hasardeuse. Fais-leur miroiter les avantages substantiels d’un statu quo.
Il hocha la tête.
- Je m’y efforcerai, lui promit-il.
- Tu penses que l’Honorable Fraternité va soutenir le sénateur Kalad ?
- Il a parlé avec Organa et Mansur mais la teneur de leur conversation n’a pas pu être percée à jour. Ils avaient activé leurs brouilleurs.
- Ils n’ont pas du débattre de simples mondanités.
- C’est aussi mon avis. Il reste un dernier point.
- Lequel ? Fit-elle.
- La sénatrice Lonleth B’lsak.
Les traits de Linza Contispex se tordirent en signe de mépris à l’évocation de ce nom.
- Celle qui s’est opposée à ton élection pendant la Crise Alsakan ?
Julius n’avait pas oublié cette selkath qui s’était dressée contre lui lorsqu’il avait tenté d’emporter l’adhésion du Sénat suite à l’offensive alsakanie contre Coruscant… qu’il avait lui-même planifié en sous-main.
Elle avait échoué mais il s’était promis de ne pas l’oublier. Malgré la discrétion plus grande dont elle faisait preuve, laissant la vedette à l’Honorable Fraternité. Discrétion ne signifiait pas pour autant inaction.
- Oui, reconnut-il.
- Seule, elle ne peut rien.
- Tout porte à croire qu’elle n’agit pas seule. Tu te souviens de ce sakiyan qui travaille pour nous dans la Zone de Sécurité Prioritaire numéro trois ?
- Celui qui se fait appeler le Mouchard ou le Cafard selon l’humeur des autres inférieurs ? Je le soupçonne d’aider Ethan à collecter ses jouets.
- Tes soupçons sont avérés.
- J’ose espérer que tu n’as pas de nouveau invité cette vermine méprisante sous notre toit. Lors de sa dernière visite, il empestait le rat womp en décomposition et sa figure de démon ne me revenait pas.
Cette fois, il parut gêné.
- Je pensais que tu serais curieuse d’entendre ce qu’il avait à nous dire. Tu pourrais ainsi te faire ton opinion.
Elle ne manifesta pas un enthousiasme probant.
- Très bien, accepta-t-elle.
Julius éleva alors son comlink à hauteur de ses lèvres, pour appeler un des Disciples de Hapos qui gardaient sa résidence.
- Frère, le Mouchard est-il arrivé ?
- Oui, Sage Suprême.
- Faites-le entrer.
Le croyant pénétra dans l’appartement, poussant devant lui le sakiyan qui trébuchait à chaque pas. Le non humain vêtu d’un manteau protesta au moment d’entrer dans le salon.
- Eh, vous devriez mieux traiter vos amis !
En guise de réplique, le Disciple de Hapos à l’expression glaciale le bourra subitement pour le faire tomber à genoux au pied du couple qui se mit à le toiser sévèrement.
- Le Chancelier Suprême de la République, mon époux, a pris la peine de vous tirer de votre ghetto pestilentiel alors n’oubliez pas de rester à votre place, le prévint-elle.
- Je n’avais pas l’intention de vous manquer de respect, madame Contispex.
- Parlez-nous de la sénatrice B’lsak, Skanor, enchaîna son époux.
Le sakiyan agenouillé étira ses lèvres, découvrant ses dents en guise de rictus.
- N’oubliez pas que mes paroles sont cousues de crédits, votre excellence.
Julius maîtrisa son agacement devant l’avarice de son hôte et se résigna à jeter une bourse pleine de sous trébuchants et sonnants. Le sakiyan se pencha pour la ramasser, ses yeux débordant d’une faim carnassière lorsque ses doigts s’introduisirent à l’intérieur pour vérifier qu’on ne le payait pas en monnaie de chien Akk.
- Vous tenez parole, acquiesça-t-il.
- À votre tour, maintenant.
- Oui, bien sûr.
La bourse disparut sous son manteau avant que le non humain ne reprit.
- Une selkath est venue à la Taverne de l’Oubli, elle possédait l’apparence d’une personne importante, très importante.
Pour appuyer ces propos, un disque holographique se mit à scintiller dans sa paume noire cuivrée. Et bientôt le buste tridimensionnel d’une femme originaire de Manaan flotta devant les deux Contispex.
- Cette selkath ressemble à une personne importante mais avez-vous la preuve qu’elle est celle qui nous intéresse ? S’enquit Linza.
- Elle était accompagnée d’un garde wookie, un certain Livbacca, qui appartient au mouvement Justice et Diversité. Ce Livabacca l’a appelée sénatrice. Votre excellence connaît-elle beaucoup de selkath qui soient sénateurs sur Coruscant ?
- Ravalez votre insolence, lui conseilla Julius d’un ton tranchant.
Skanor manipula son disque holographique pour faire apparaître la silhouette d’un wookie, circulant au milieu d’une foule de non humains, sur les traces de la selkath.
- À qui a-t-elle parlé dans cette taverne ? Le pressa-t-elle.
- La Taverne de l’Oubli appartient à un Besalisk du nom de Hax, qui travaille pour les Hutt.
- Venez-en au fait.
Néanmoins, le couple se promit de garder cette information comme les autres. Toute arme contre les Hutt se révélerait utile. Ils étaient parfaitement au fait que certains hommes de main des clans de Nal Hutta collaboraient avec des mouvements subversifs non humains pour s’assurer une relative tranquillité dans les ghettos.
- Deux chefs importants de Justice et Diversité y sont entrés avant elle et en sont ressortis après elle, avoua le sakiyan.
La lueur de curiosité s’enflamma dans les iris de Julius Contispex.
- Qui ?
- Thrag Hiskayor et Helem Siki.
Les deux époux échangèrent un regard convenu, estimant qu’ils en savaient assez. Le Disciple de Hapos força le sakiyan à se relever en l’agrippant par le col, manquant de l’étrangler au passage.
- Renvoyez cette créature dans son ghetto puant et faites qu’elle n’en sorte pas sans l’accord de notre volonté et de celle de la Déesse, intima le Chef d’État.
Le croyant dévoué à ses maîtres avait dégainé une vibrolame, pour la glisser sous la gorge de son prisonnier.
- Hé, doucement ! Glapit celui-ci, subitement terrifié.
- Inutile de le brutaliser, frère, souligna Linza. Cet inférieur pourrait encore nous être utile.
- Je suis d’accord.
Tout à coup, des cris aigus se firent entendre depuis la chambre à coucher d’Ethan. Ses parents se fixèrent perplexes, avant de comprendre que les hurlements entrecoupés de sanglots provenaient de la zeltronne emmenée de force par ses tourmenteurs.
Skanor le Cafard rebondit sur ce fait inattendu.
- Votre fils a l’air de beaucoup apprécier les jouets que je lui envoie. C’est toujours un honneur pour moi d’être agréable avec votre famille, excellence.
N’y tenant plus, la matrone bondit de son divan et gifla le sakiyan.
- Silence !
Ses traits tordus par l’indignation montraient une envie féroce de répandre le sang de cet impur. Mais elle se reprit en se rappelant que ce n’était pas opportun, pas encore.
- Encore un seul mot, et je vous fais couper la langue ! N’oubliez pas que nous sommes les maîtres et que vous n’êtes pas notre égal, déclara-t-elle, la respiration haletante. Expulsez cette vermine d’ici ! S’écria-t-elle à l’encontre du Disciple de Hapos.
Le sakiyan fut traîné sans ménagement à l’extérieur, laissant les Contispex à leur intimité. Julius patienta avant de s’éclaircir la gorge.
- Je dois reconnaître que ton éclat m’a surpris, ma chérie.
- Je n’aurais pas du perdre mon sang froid, c’était indigne de moi.
Elle avait repris un ton posé.
- Je comprends ton courroux et je le partage, fit-il en se levant pour la rejoindre et la prendre dans ses bras. Tu as voulu défendre notre famille et notre honneur.
Elle accepta de se blottir contre lui.
- Je ne cesserai jamais de le faire, lui promit-elle.
Il la sentait tendue et lui caressa les joues, tandis qu’elle sifflait entre ses dents :
- Cet impur doit mourir, comme tous les autres. Ils doivent être frappés par le bras de Hapos, le Prophète de la Violence !
- Je te promets qu’ils mourront tous, assura son mari. Ce sera pour bientôt. Si nos ennemis conspirent contre nous…
Dans la pénombre, il la vit sourire.
- …, ce sera le prétexte idéal pour lancer la purification. Si la Déesse le veut, conclut-elle dans un élan de ferveur.
Ils s’embrassèrent avec passion, ne prêtant pas attention aux nouveaux cris de la zeltronne martyrisée.

Voilà, j'espère que ça vous a plu ! Toujours aussi sympa, la famille...

Allez à la prochaine pour la suite !!

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 30 août 2020, 16:35

Bonsoir à tous, comment ça va :cute: ?

Allez c'est l'heure de la suite!

Il est temps d'aller voir ce qui se passe sur Alsakan, la planète natale de nos deux Kalad, un certain sénateur et un certain Jedi :sournois: ... place à la poollliittiiqqueeeee!!!!


Le lendemain
Planète Alsakan, sur la Route Commerciale Perlemienne

- Amirale Delinki ? La Conseillère Tina Ap Token sollicite une audience.
L’amirale Carmina Delinki leva la tête de son bureau, en direction de son secrétaire qui l’avait interrompu dans la lecture de son datapad. Elle éteignit l’écran qui lui détaillait l’ordre de bataille de la Flotte de Défense.
Elle le posa devant elle sur la table au moment où une jeune alsakanie vêtue d’une tenue de voyage entra dans la pièce. Tina Ap Token, fille du défunt amiral et héros de toute nation, retira son capuchon pour saluer celle qui avait servi son père avec honneur sous la Crise Alsakan. Carmina congédia son aide.
- Je n’ai pas été prévenue de votre retour, je vous croyais aux cotés du sénateur Kalad sur Coruscant, reconnut-elle.
- Simple précaution, nous ne voulions pas risquer une indiscrétion.
L’amirale drapée dans son élégant uniforme, rajusta le chignon grisonnant derrière sa nuque avant de s’approcher pour lui serrer la main.
- Comment se porte le sénateur ?
La jeune alsakanie jeta un regard méfiant vers la sortie et la militaire réagit :
- Activation brouillage.
Elles pouvaient maintenant discuter sans crainte d’être écoutées.
- Le sénateur a défié hier le Chancelier Contispex en empêchant une motion de destitution du chef de l’Honorable Fraternité, Enler Mansur.
- Cela n’a pas du lui plaire.
- C’est le moins que l’on puisse dire. Le Chancelier l’a menacé d’en informer le Premier Régent en représailles.
Delinki hocha la tête, indiquant discrètement qu’elle était sur le point de partager une nouvelle particulièrement déplaisante.
- Nous pouvons supposer que le Chancelier a prévenu Melok de ce qui s’est passé et qu’il lui aura demandé de rendre un service, en souvenir de son accession.
- C’est la nature de l’appel que j’ai reçu tout à l’heure, confia la jeune femme. Le Premier Régent a convoqué l’Archaiad en session extraordinaire, demain, aux premières lueurs de l’aube.
- Si tôt ? Nous n’avons donc que qu’une dizaine d’heures devant nous pour préparer au mieux cette séance.
L’amirale arbora une expression soucieuse alors qu’elle se rangea devant la baie de transparacier qui lui offrait une vue splendide sur Rucapar, la capitale planétaire et fief des alsakanis. Son bureau se situait au dernier étage du quartier général de la Marine, à quelques centaines de mètres du palais gouvernemental qui abritait le Premier Régent.
Le reflet du soleil renvoyait ses traits ridés, signe qu’elle courait sur ses cinquante ans. Mais elle affichait une forme athlétique étincelante qu’elle entretenait avec soin, en parcourant plus fréquemment les passerelles des navires de guerre spatiaux, plutôt que les couloirs remplis d’espions et flagorneurs douteux, à la clique du Premier Régent.
- Le moment est venu, amirale.
- Alors nous n’avons pas intérêt à échouer, Tina. Voilà trop longtemps que Melok est le laquais de Contispex, trop longtemps que nous sommes les laquais de la République.
- Vous êtes sûre de vos équipages ?
- Je me suis assuré de la loyauté de tous mes officiers, y compris ceux qui soutenaient le Premier Régent par intérêt.
- Les Forces de Sécurité ?
- Je suis moins catégorique. Vito Velcaz ne le trahira jamais.
- Il faudra le mettre sur la touche.
Delinki acquiesça avant de reprendre.
- Nous avons un problème plus urgent à régler. Si l’Archaiad a été convoqué, c’est pour destituer le sénateur et le rappeler à la capitale pour l’emprisonner ou l’assigner à résidence.
- Nous devons l’empêcher. Le problème étant que que les Conseillers ont une humeur plus versatile que les aléas météorologiques, souligna Tina. C’est pour cela que le sénateur m’a conseillé de venir vous voir.
- Comment pourrais-je vous aider ? En tant qu’amirale, je n’ai pas le droit d’assister aux séances de l’Archaiad. Je ne pourrais pas influencer le vote des Conseillers.
- Officiellement, non. Mais officieusement…
La dignitaire laissa sa phrase en suspens, pour transmettre une requête aussi claire que la surface d’un des cristaux qui jonchaient la Place de la Mémoire.
- Officieusement, je suis prête à secouer quelques cages dorées pour que le vote bascule en votre faveur.
- Merci, amirale.
De sous son manteau, elle lui montra un datapad.
- Ceci contient les noms des dix Conseillers les plus influents de l’Archaiad. Leur prise de position entraînera d’autres Conseillers dans leur sillage.
- Très bien, je m’en occupe, affirma Delinki en prenant la tablette. Tenez-moi au courant après la séance.
Personne n’ajouta quoique ce soit d’autre, la cause était entendue. Tina Ap Token s’inclina puis recula vers la sortie.
Dans le couloir qui menait au turbo ascenseur, elle tomba nez à nez avec une autre femme dont elle était le portrait craché, avec vingt ans d’écart.
- Maman, que fais-tu ici ?
Hessia Ap Token, veuve de l’amiral défunt, serra sa fille dans ses bras. Elle desserra le voile sombre et fin de sa figure, pour montrer sa tendresse maternelle qui s‘étalait sur ses traits ridés. La digne matrone, en large robe sombre, s’était jurée de perpétuer le deuil de son époux, Bilel Ap Token, tué lors d’une tentative de coup d’État contre le Premier Régent actuellement en place.
- Je suis venue voir l’amirale Delinki, tout comme toi visiblement.
- Ce n’était pas prudent de venir ici, maman.
Une lueur de compréhension passa dans les yeux de Hessia.
- Alors, cela signifie que le moment est venu.
- Maman…
Hessia agrippa les poignets de sa fille.
- Dis-moi que tu es prête à venger Bilel. Ton père.
La détermination et la haine brillèrent dans l’expression de la jeune femme à l’évocation de celui qui mourut en agissant pour son peuple, sa famille. Tina ne se rappela que trop bien le jour où on lui avait apporté la nouvelle de sa disparition.
Cela avait déchiré le cœur de sa mère.
- Je suis prête à faire payer Melok et à exposer sa tête sur la Place de la Mémoire, devant notre peuple.
- Ne le sous-estime pas, ne commets pas les mêmes erreurs que ton père, le supplia sa mère. Ne lui laisse aucune chance.
- Je ferai ce qu’il faut, promit Tina.
La Conseillère de l’Archaiad avide de revanche contre la marionnette de Contispex, força doucement sa génitrice à libérer ses poignets.
- Viendras-tu honorer ton père à la Stèle de la Mémoire ?
- Oui, je viendrai.
- Le peuple doit te voir, te reconnaître.
Tina approuva, comprenant ce qui était en jeu. Elle ne pouvait plus reculer depuis que le sénateur Kalad avait défié le Chancelier.
L’orage approchait.

Voilà, j'espère que cela vous a plu ! J'espère que vous entreposez un peu mieux les enjeux qui vont se jouer sur Coruscant et ailleurs :sournois: ... vous la sentez venir, la grande partie d'échecs qui va se jouer :diable: ?


Allez à la prochaine !

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