Critique d'Aftermath

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Lod Dorz
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Critique d'Aftermath

Message par Lod Dorz » 01 novembre 2015, 18:33

Le roman ayant fait l'objet de critiques incendiaires, j'ai décidé de poster ma critique, sans spoil, du roman Aftermath de Chuck Wendig.
Bonne lecture pour les courageux ;)


Critique d’Aftermath de Chuck Wendig
Aftermath a la dure tâche d’établir un lien entre les films Le Retour du Jedi et Le Réveil de la Force, dans un Univers Etendu en pleine réécriture. Pour éviter que des critiques terriblement dures parues sur un célèbre site internet de vente en ligne ne viennent dégouter les éventuels futurs lecteurs, j’ai choisi de présenter le roman de Chuck Wendig en dissociant le fond et la forme, tout en donnant une vision objective.
Il serait trop facile de se cantonner à des critiques sur le style de l’auteur : allons voir le récit plus en détail avant de tirer des conclusions trop hâtives.

Le récit se situe quelques mois après la destruction de la Seconde Etoile de la Mort et prend pour thème principal la Guerre dans sa plus simple définition, développant ses causes et conséquences, à travers les évolutions de divers et nombreux personnages, bourreaux ou victimes, mais tous concernés par le conflit qui fait rage.

Le récit principal est porté par les aventures de Norra Wexley, pilote rebelle revenue sur Akiva, planète de seconde zone, à la recherche de son fils. On assistera rapidement à leurs retrouvailles, puis aux rencontres de protagonistes aux passés différents, n’ayant en commun qu’une chose : être pris dans les rouages d’une guerre qui les dépassent.
En parallèle, nous faisons la connaissance de la déterminée Amirale Impériale Rae Sloane, en partance pour la même planète Akiva pour animer un sommet secret ayant pour objet la restructuration de l’Empire.
Les personnages principaux sont tous différents mais n’ont pas tous un côté assez accrocheur et certains seront vite oubliés, quand d’autres appelleront à de futures aventures (du moins on l’espère).

Cette histoire principale n’est pas sans rappeler celle de Rebels : une bande hétéroclite qui met des bâtons dans les roues de l’Empire, sans se douter qu’ils font partie d’un système qui les dépasse. Les deux œuvres se situent à des époques différentes et sur des planètes différentes, mais la vraie différence primordiale est l’absence de Jedi.
En effet, dans Aftermath, nous nous situons à un tournant dans l’histoire de la Galaxie où les Jedi sont quasiment oubliés : le commun des mortels de la Galaxie ne connait pas la Force, et le seul Jedi connu serait un certain Luke Skywalker. A cela s’ajoute la Propagande Impériale visant à démentir la mort de Palpatine et les victoires Rebelles : le peuple de la Galaxie n’est plus sûr de rien et encore moins de l’existence de la Force.
C’est donc dans un récit dépourvu de Jedi et résolument réaliste que nous plonge l’auteur. Pas de côté mystique : la dure réalité d’un Univers en guerre, un point c’est tout.
Wendig appuie fortement sur ce côté réaliste des ravages de la guerre : cauchemars, flashs et chocs post-traumatiques rythment le quotidien de nos héros, dans un Univers violent, parfois même sanglant.
C’est naturellement que l’auteur choisi un style très saccadé, rythmé, dépouillé pour décrire les phases d’actions.
C’est à mon sens une riche idée, mais Wendig, malheureusement n’a pas su tenir la barre et pour contrebalancer les moments durs, l’auteur à jugé bon d’opter pour un style enfantin, usant de manière abusive de métaphores et figures de style à redondances phonétiques. Ces tournures alourdissent passablement le récit, le rendant par moment totalement ridicule.
Objectivement, le style narratif de l’auteur n’est pas toujours agréable à lire, et la où la brièveté de ses phrases ajoute de la rapidité au récit, les figures de style l’alourdisse littéralement.

Pour ce qui est de l’intégration d’Aftermath dans l’Univers Star Wars, on ressort également sceptique.
On trouve en effet de nombreuses références aux autres œuvres, servant à cimenter l’Univers Officiel : les deux Trilogie, les séries animées Rebels et The Clone Wars et enfin Le Réveil de la Force.
Si certaines de ces références sont justifiées et adroites, d’autres semblent forcées, comme rajoutées sur commande. Mais sur ce point l’auteur a su correctement positionner son roman dans l’Univers Officiel.
Cependant, l’utilisation excessive de connotations réalistes, quand il aurait pu employer des équivalents est très décevante. Par exemple : « se faire tirer comme des pigeons » aurait aisément pu devenir « se faire tirer comme des mynocks ».
C’est à mon sens une erreur grossière et évitable, que beaucoup d’autres auteurs n’ont jamais commise.
Il faut donc bien comprendre que le style tant critiqué de l’auteur est en effet particulier, mais surtout incohérent et inégal. Il est à espérer que ces prochains romans se feront plus sobres et que Wendig aura su apprendre de ces erreurs.

Mais si on parle des erreurs commises, il faut également souligner un point fort du roman : les interludes.
Car ce qui fait aussi l’originalité de ce roman, et sa force en un sens, c’est la présence d’interludes, qui viennent s’intercaler entre les chapitres de l’histoire principale, à la manière d’un « Et pendant ce temps… ». C’est ainsi que l’on suit brièvement les aventures de personnages secondaires, sur différentes planètes. On passe ainsi de l’évasion d’esclaves, aux réflexions de Mon Mothma, en passant par l’adoption de jeunes orphelins de guerre.
A travers ces interludes, on distingue l’Univers Etendu Officiel qui se profile au sens large, et certain passage se montre d’un très grand intérêt pour la suite.
L’intérêt de ces courts épisodes (parfois trop courts) est encore une fois de nous plonger dans les conséquences de la Guerre, avec une vision plus large. Les conflits ne s’arrêtent pas aux personnages principaux du roman : l’auteur veut nous montre à quel point toute la Galaxie est concernée et portera les cicatrices des conflits.
On pourrait reprocher à la multiplication de ces courts récits, sans liens entre eux, la perte du fil de l’histoire principale. Mais que l’on apprécie où non ces interludes, il serait logique de penser que l’auteur préservera ces inclusions, qui font partie intégrante de son style narratif.

De la lecture d’Aftermath, le lecteur pourra sortir sceptique, tant la forme de ce roman de Chuck Wendig est déroutante. L’auteur s’est montré inégal à la fois dans son style, ses références et la profondeur de certains de ses personnages. Cependant l’histoire est intéressante dans son ensemble avec un final et quelques personnages très prometteurs, auxquels s’ajoutent des interludes captivants.
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Re: Critique d'Aftermath

Message par LuapBassman » 22 août 2016, 20:42

Chuck Wendig a l'air bien décidé à poursuivre sa lancée j'ai l'impression puisqu'on lui doit la série Aftermath qui regroupe actuellement "Riposte" et "Life Debt". Pour le moment on doit se cantonner du premier puisque Life Debt n'a pas encore eu sa traduction française mais ça ne saurait tarder je pense.

J'ai lu de bonnes critiques sur Riposte, notamment la tienne, mais également de très bonnes sur Life Debt !

J'ai également vu qu'on allait devoir patienter l'année prochaine pour avoir droit à un troisième opus dans cette série Aftermath avec "Empire's End" qui cible une nouvelle fois une période dont je suis particulièrement fan, à savoir la fin de l'Empire et tout ce qu'elle a entraînée... ! :)

J'apprécie de voir quelqu'un d'autre s'intéresser à la même série de livres que moi, je saurais avec qui partager comme ça... ! :D

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Re: Critique d'Aftermath

Message par Lod Dorz » 24 août 2016, 09:02

LuapBassman a écrit :J'apprécie de voir quelqu'un d'autre s'intéresser à la même série de livres que moi, je saurais avec qui partager comme ça... !
Pareil pour moi !
J'essaie de suivre au maximum les sorties romans du nouvel UE. Dès que je le peux, je poste des petites critiques sur les romans que j'ai lu dans le post "Les romans Star Wars [Canon]".

La dernière en date est justement celle de Life Debt que j'ai lu pendant mes vacances :D et je confirme les bonnes critiques : ce deuxième opus est largement meilleur que Aftermath malgré quelques faux pas.
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