Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 15 octobre 2018, 20:23

Salut, merci pour le retour ;) !
Ephasten a écrit :
15 octobre 2018, 17:41
Quand tu mentionnes son "regard d'airain", est-ce que ça veut dire qu'il a les yeux couleur airain (un peu comme les sith) ou c'est en rapport avec l'inflexibilité et l'intensité de son regard?
C'était une figure de style en rapport avec l'intensité de son regard.

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 21 octobre 2018, 16:20

Bonjour, je vous publie la suite!

Découvrez dans ce passage la famille Contispex déterminée à prendre le contrôle de la République :diable: !

Bonne lecture!

Peu après son départ, une jeune humaine du même âge que lui et à l'allure dynamique entra dans son bureau, accompagné d'un garçon blond qui arborait les mêmes traits que le sénateur. Cette fois la froideur de Julius Contispex fut balayé par une illumination de chaleur et de bonté qu'il ne montrait qu'en présence de sa famille proche.
Pour sa femme Linza et son fils Ethan, il n'était pas un Grand Sage du Pius Dea, ni même un sénateur retors de la République. En leur présence, il serait comme toujours et avant toute chose, le père de famille idéal.
Il excellait dans ce rôle, car il pouvait se permettre de se comporter en être humain à l'abri des regards. Un luxe qu'il ne pourrait plus se promettre lorsque tous les projecteurs se braqueraient sur lui. Le jour où il prendrait la place de Pers'lya.
Ce jour approchait.. le moment où il appliquerait enfin sa vision de l'ordre et de la moralité à cette République infectée par la corruption et le vice. Une République dans laquelle tous ceux qui comptaient pour lui, tous ceux qui partageaient sa vision pourraient s'épanouir.
Oui, ce jour approchait. Son objectif était enfin à portée de main.
Pour le moment, il pouvait s'accorder le droit de ne pas y penser.
Son fils Ethan Contispex se jeta dans ses bras qu'il avait ouvert à son intention. Il parvint à le soulever sans mal bien que le garçon avait atteint ses dix ans. Il embrassa tendrement sa femme qui demanda.
-Tu as terminé ta journée?
-Oui, je me suis arrangé que nous ne soyons plus dérangés pour aujourd'hui.
Tous se rangèrent devant la baie de transparacier, juchée à deux cents mètres au-dessus du sol. De leur regard, ils dominaient la surface de Coruscant, mer plate de duracier et d'autres matériaux composites.
La Cité Galactique s'étalait devant eux, insouciante mais prête à se soumettre à la volonté d'un homme ambitieux. Prête à se soumettre, comme l'ensemble de la République.
Le soleil déclinait peu à peu et ses rayons ardents se réverbéraient vers leurs figures. L'astre suprême qui dictait le quotidien de ses innombrables habitants, semblait lui aussi être sur le point de s'incliner devant la majesté du prochain Chef D’État de la République. Dans les prochains jours, le disque doré resplendissant de vie se lèverait sur le triomphe de Contispex.
-Nous nous approchons de notre but, commenta Linza.
Julius croisa son regard, pas seulement empli de tendresse à son égard. Les yeux de sa compagne brûlaient de la même flamme intérieure qui sommeillait dans son âme. Voilà pourquoi ils s'étaient unis l'un à l'autre.
-Oui, mon amour. Nous répandrons la Vertu à travers la République.
-À travers la galaxie, renchérit-elle.
Il glissa ses doigts entre les siens et les serra. Elle partageait sa vision et était devenue son plus grand soutien.
-Après ce qui s'est passé aujourd'hui devant le Sénat, le Conseil des Sages ne tolèrera pas davantage ton indépendance, lui confia-t-elle. Dommage que nos adeptes n'aient pas réussi à éliminer le bothan, cet impur corrompu.
Le front de Julius se plissa sous le coup de la contrariété.
-Si Pers'lya n'est pas stupide, il aura quitté Coruscant avant demain.
-Lorsqu'un bothan goûte au pouvoir, il n'y renonce pas facilement, fit-elle remarquer.
La voix de son mari ne devint plus qu'un souffle inhumain.
-Alors je le détruirai, car je suis allé trop loin pour renoncer.
-Nous nous sommes engagés trop profondément pour reculer. Le Conseil des Sages te convoquera pour que tu répondes de ce qui s'est passé. Tu risques l'excommunication.
-Ces imbéciles n'ont pas remarqué que le vent avait tourné en notre faveur. Notre détermination est la force de notre Foi et nos adeptes sont plus nombreux que les leurs. Nous aurons les faveurs de la Déesse et son fils Hapos, le Prophète de la Violence, sera notre bras armé.
Elle agrippa son fils, obnubilé par le paysage de la Cité Galactique. Julius posa la paume sur le crâne de Ethan.
-J'ai prévu ce qui arrivera. Je noierai dans leur sang, les autres Grands Sages et le Sage Suprême. Je les purgerai de leur médiocrité.
Il plongea son regard intense dans les yeux glacés de sa femme.
-Je serai le Pius Dea et je serai la République.
Puis il s'accroupit à hauteur de son fils, pour entourer ses épaules avec ses bras.
-As-tu une idée des autres candidats qui vont se présenter au poste de Chancelier? Interrogea sa femme.
-Aucun d'eux ne s'est manifesté pour l'instant.
-Avec l'aide de nos partisans infiltrés dans les commissions sénatoriales, je vais suivre cela de près, proposa-t-elle.
-Si Mansur de Commenor se présente, il sera le favori.
Linza acquiesça avec un sourire complice.
-Tout le monde a un point faible, Julius. Il suffit de trouver lequel et de l'utiliser à notre avantage. Mansur doit bien posséder un secret inavouable.
Julius se redressa, fronçant les sourcils.
-Tu as bien creusé la question, Linza.
-Je ne te serais utile à rien si ce n'était pas le cas.
-Et moi? Fit-il abruptement.
Elle le fixa déconcertée.
-Comment cela, toi?
-Ai-je un point faible? Insista-t-il.
De l'index, elle lui effleura les pommettes avant de l'embrasser sur les lèvres. Elle s'écarta peu après.
-Non, répondit-elle finalement. Car tu n'as aucun secret pour moi. Tu es un homme parfait, Julius. Tu as les faveurs de la Déesse. Tu es un homme pur.
Le sénateur étreignit son épouse avant de s'intéresser à son fils, son visage innocent collé contre la vitre de transparacier.
-Alors, tu apprécies le spectacle, Ethan?
L'enfant croisa le regard affectueux de son géniteur.
-J'ai une question, papa. Le soleil.. es-ce la Déesse?
Ce fut Linza qui commença à répondre. Elle posa sa paume derrière sa nuque.
-La Déesse est plus que le soleil, Ethan. Sa lumière est plus douce, bienveillante. Sa bonté est perpétuelle.
-Alors que les rayons du soleil peuvent être mortels si on n'y prend pas garde, ajouta son père. Contrairement à la bonté de la Déesse, le soleil est contraint de céder face à la nuit avant de reprendre le dessus.
-La lumière de la Déesse ne recule devant aucune ténèbre. Tant que ses serviteurs répandront leur foi en elle, autour d'eux.
-C'est pour ça que papa est devenu sénateur?
Ses parents lui sourirent, visiblement fiers de leur progéniture.
-Oui Ethan, répondit Julius. Car cela me permet de servir la Déesse au mieux.
-Devrai-je faire de même pour la servir?
-Si ce que c'est ce que souhaite la Déesse, appuya sa mère. Et si ce que c'est ce que tu souhaites, toi.
Le garçon fronça les sourcils.
-Et si je souhaite autre chose que ce que désire la Déesse? Je veux dire.. si je découvre un autre moyen de la servir?
-Ethan, tu es destiné à devenir un être pur, tout comme nous. Ta lumière finira par s'accorder à celle de la Déesse et ton chemin s'éclaircira alors. La vérité se révèlera à toi.
Julius l'observa accepter les propos de son épouse sans être totalement convaincu. Il décida de prendre l'initiative d'agripper les épaules de son fils pour le garder braqué vers l'horizon dégagé et éblouissant des derniers feux d'un crépuscule prochain.
-Regarde ce qu'a crée la Déesse, Ethan. Et ce que beaucoup ont crée à travers elle.
Alors Ethan Contispex regarda. Il se concentra sur les nuages qui croisaient dans les cieux de la capitale planétaire, masquant les rayons de l'astre royal. Il étudia fiévreusement les vaisseaux qui décollaient des statioports, les reflets de leur coque scintillants d’éclats blafards, transportant des marchandises ou des personnes du Noyau jusqu'aux mondes périphériques de la République. Voire au delà, jusqu'aux confins de la galaxie.
Il entendit la voix de son père lui parvenir d'un timbre passionné et fervent.
-La Déesse est à l'origine de toute chose. Elle a façonné l'univers, cette galaxie pour nous héberger, nous qui sommes ses enfants. Elle a crée les étoiles pour nous rappeler qu'elle veille sur nos actions, aussi lointaine qu'elle se trouve. Elle nous a modelè à son image, nous les humains.
-Et les non humains? Interrogea le garçon.
-Ils sont une imperfection qui doit être corrigée. C'est à nous de les guider sur le chemin de la pureté pour les aider à s'élever. C'est la volonté de la Déesse.
-Mais les professeurs à l'école disent qu'ils sont nos égaux en droits et en devoirs.
Julius ne se démonta pas.
-Tu es encore jeune, mon fils. Mais en grandissant, tu découvriras que certaines vérités que tu pensais incontestables sont à nuancer.
-Tant que ton cœur restera pur, la Déesse te montrera la voie, appuya de nouveau sa mère.
De nouveau, Ethan laissa son regard de jeune garçon curieux vers l'horizon, vers cette frontière lointaine mais nette entre les lumières du jour déclinant et les reflets artificiels de la Cité Galactique.
-La Déesse a crée la République.
C'était plus une affirmation qu'une question.
-Comme toute chose, Ethan. Mais certains de ses fils ont trahi son idéal et c'est à nous qu'il importe de réparer les injustices et d'améliorer le sort de tous ceux qui aspirent à la Vertu. C'est mon devoir et si la Déesse le souhaite, ce sera aussi le tien quand tu te sentiras prêt.
-Je veux être comme toi, papa.
Une lueur de joie passa dans les yeux du sénateur.
-Alors je t'aiderai à t'y préparer. N'oublie pas que la République ne se limite pas à Coruscant.
-Elle gouverne des milliers de mondes, insista Linza. Ce sera une tâche difficile mais la Foi en la Déesse permet de renverser des montagnes et de rendre possible ce qui semble impossible.
Tous trois ne se lassèrent pas de ce spectacle qui comblait temporairement leurs rêves les plus grandioses. L'avidité luisait dans leurs iris, baignés dans les derniers assauts ardents du soleil disparaissant au loin.
Mais le soleil ne se coucherait plus sur tout ce qu'ils posséderaient bientôt. La République était un fruit mûr et il ne restait plus qu'à Julius qu'à la cueillir pour la modeler.
La rendre parfaite, pure.
Ce serait sa mission puis celle de son fils, puis des enfants de son fils. Si la Déesse le veut.
-Tout ceci t'appartiendra, expliqua Julius à son enfant. Ceci sera l'héritage que je te lèguerai.
Il le força à se retourner pour plonger son regard dans le sien, lui faire prendre de son destin qui semblait écrit dans le marbre de la certitude.
-Car tu régneras, lorsque la Déesse me rappellera à elle.
-Oui, papa.
Cette fois la petite voix fluette d'Ethan traduisait une plus grande conviction. Un embryon de l'ambition qui croitrait en lui au fur et à mesure. Julius et Linza y virent un augure favorable, Ethan était leur fils.
Et ils le chériraient jusqu'à ce que son avenir soit assuré.
-Je suis fier de toi, Ethan.
-Nous le sommes tous les deux, appuya l'épouse du sénateur.

Voilà j'espère que cela vous aura plu! N'hésitez pas à hurler si ce n'est pas le cas :siffle: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 28 octobre 2018, 15:44

Salut!
Ce passage est très bien aussi. :) Tu as bien développé l'idéologie Pius Dea au travers des dialogues., Les comparaisons avec le panorama de Coruscant sont bien trouvées. Contispex est humanisé grâce à la visite de sa famille, toute aussi machiavélique et dérangé que lui d'ailleurs.
Très bon passage.
à plus.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 28 octobre 2018, 18:36

Merci pour le retour ;) !

voilà la suite!

Dans cet extrait, nous retrouvons nos deux Jedi :sournois: !

Coruscant, le lendemain

Ri'ila Terka remercia poliment le serveur gotal qui lui servit une limonade pétillante avant que son regard ne dériva vers les passants et les véhicules qui arpentaient l'avenue. Au milieu de la journée, elle parvenait à passer inaperçue sur la terrasse malgré sa tenue de Jedi qui lui valait des coups d’œil appuyés, trop curieux.
Elle agitait les doigts, usant de la Force pour endormir leur esprit et les pousser à se désintéresser d'elle. Elle renvoya poliment le droïde serveur qui s'apprêtait à lui fournir la liste des menus proposés par le restaurant.
Elle s'enfonça dans son siège et ses lekkus se tortillèrent sur ses épaules, sous l'effet de la concentration. Elle ne cessait de songer aux évènements émaillés d'incidents graves qui avaient tourné à la confusion puis à la tragédie. Selon son opinion, Pers'lya s'était montré imprudent en tentant de traverser la foule infiltrée par des adeptes d'une secte à la doctrine très orthodoxe axée sur la pureté et la vertu.
Des concepts abstraits qui autorisaient le Pius Dea de se livrer à de sombres extrémités, par le biais d'un prosélytisme actif.
Ri'ila Terka le sentait dans la Force. La peur gagnait du terrain, même si cela ne se voyait pas au premier abord. Le pas des gens était pressé car ils craignaient de s'attarder. Une brusque montée d'angoisse traversa l'avenue lorsqu'un groupe de cinq adeptes du Pius Dea arpentèrent dans leur longue toge couleur sang, le centre du boulevard. Armés d'un sentiment d'impunité, ils forcèrent les landspeeder à ralentir pour les contourner.
La twi lek remarqua qu'aucun conducteur ne protesta. L'incident devant le Sénat et la tentative d'assassinat du Chancelier bothan, encore en fonction pour un peu de temps, resterait gravé dans les mémoires pendant un moment. Nul doute que toute la Cité Galactique en avait eu vent. Le Pius Dea s'était dévoilé.
Les piétons décochaient des regards méfiants dans leur direction. Ri'ila nota cependant que beaucoup de citoyens les fixaient avec une fascination respectueuse. Visiblement les idées du Pius Dea bénéficiaient d'une caisse de résonance favorable grâce à leur discours plus politique que religieux, pour l'instant. Ses partisans semblaient une alternative acceptable à la corruption qui pourrissait les institutions de la République.
La Jedi se raidit instinctivement lorsqu'elle perçut leur haine concentrée dans les tréfonds de leur âme. La façon dont ils scrutaient la foule qui les entourait était pour ainsi dire effrayante, cela expliquait que les gens ne veuillent pas les approcher.
Les adeptes religieux guettaient tout ce qui pouvait constituer à leurs yeux, une hérésie de près ou de loin. Ils marchaient lentement, les mains croisées et enfouies dans les manches larges de leur unique vêtement.
Ils avaient à peine dépassé la twi lek qu'ils se mirent à scander d'une vois monocorde.
-Empruntez le chemin de la Vertu! La pureté vous allègera de vos péchés!
Ils disparurent, absorbés par la foule tandis que Bekan Kalad apparut dans son champ de vision, visiblement essoufflé.
Le jeune alsakani prit place face à elle, découvrant son capuchon et commanda à son tour une boisson fraîche après avoir salué son instructrice. Celle-ci sirota sa limonade avant de déclarer.
-L'important est d'arriver à point, Bekan. Pas de courir.
-Désolé de mon retard, s'excusa-t-il.
Elle jeta un coup d'oeil aux alentours.
-Tu n'es pas le seul à l'être, fit-elle remarquer.
-Les politiciens ne sont pas réputés pour leur ponctualité.
Terka toujours impavide, fixa son padawan avec un début de sévérité.
-C'est sans doute pour cela que tu n'as pas jugé bon de soigner ta ponctualité, Bekan?
-Je..
L'alsakani choisit de détourner le regard, gêné.
-Tu voulais dire quelque chose? Insista-t-elle avec un ton cette fois plus léger.
-Eh bien, je n'arrête pas de penser à ce qui s'est passé hier.
-Ta tentative de noyer le wampa était bien vue, apprenti. Pour le moment je n'ai pas encore décidé de t'affecter aux corvées de cuisine mais je le ferais sans doute à moins que tu n'avoues la raison de ton retard.
Elle adopta une pose plus détendue, jamais aussi ravie de taquiner le jeune humain. Ce dernier s'efforça de soutenir son regard perçant.
-J'ai aidé une autre apprentie.
Il crut bon d'ajouter:
-Une amie.
-Es-ce que c'est quelqu'un que je connais?
Bekan se mordit la lèvre, regrettant peut-être d'en avoir trop dit. Mais il était ferré.
-C'est l'apprentie de maître Wadu.
Sa curiosité piquée, Ri'ila s'appuya sur ses coudes. À l'affut de la moindre émotion que trahirait son élève.
-Ah tu veux parler de la lorrdienne? J'ai oublié son nom.
-Zeri, avoua Bekan.
L'alsakani se força à fixer un point lointain quelque part, derrière son mentor. Le regard intense de cette dernière devint peu à peu insoutenable.
-Bon qu'avez-vous fait, exactement?
-Je lui ai montré quelques techniques au maniement du sabre laser, déclara-t-il d'une voix posée.
-Et ensuite? Insista-t-elle avec une voix suave.
Le jeune homme tenta de maîtriser les tics nerveux qui agitaient ses doigts.
-Hum, nous sommes allés dans la bibliothèque. Pour étudier quelques manuscrits.
-Laisse-moi deviner. Elle t'a emmené dans un coin discret et vous en avez profité pour vous embrasser.
Cette fois Bekan laissa échapper un soupir d'aveu. Avant d'enfin croiser le regard de son maître et de laisser transparaître son courroux.
-Qu'es-ce.. vous avez lu dans mes pensées?
-Je n'en ai pas eu besoin, souligna-t-elle avec un sourire espiègle. Je suis allé au culot et j'ai étudié ta réaction. Ma foi, je n'ai pas été déçue.
-Je passe vraiment pour un bébé nexu, grogna-t-il.
La twi lek reprit son sérieux.
-Bekan, je ne veux pas t'interdire de ressentir le moindre sentiment pour qui que ce soit, bien au contraire. J'ignore comment ta relation avec Zeri va évoluer mais je vous souhaite tout le bien possible à vous deux, même si certains de nos camarades au sein de l'Ordre désapprouvent ce genre de comportement.
-Maître, vous êtes en train de me dire..
-Oui, je ne vois pas d'inconvénient à ce que tu développes une relation intime. À la condition que tu veilles à ne pas te laisser aveugler par l'attachement que tu lui portes, au moment où tu auras le plus besoin d'être en phase avec la Force. À condition que tu apprennes à maîtriser tes émotions pour servir au mieux la Force.
L'alsakani hocha la tête, digérant ce que son maître lui expliquait.
-Bon, je ne suis pas prêt d'être fait Chevalier.
-Bekan, regarde-moi.
Elle posa sa main sur son avant bras.
-Tu es prêt, affirma-t-elle avec conviction. Bien plus que tu ne le crois. Et je ne dis pas ça pour te faire plaisir.
Ému, le padawan balbutia.
-Je.. merci, maître.
Le serveur amena le verre qu'il avait commandé et il le saisit promptement, ragaillardi par les compliments de sa rigoureuse instructrice.
Des cris alertèrent subitement leur attention. Les deux Jedi tournèrent la tête en direction d'un couple de nautolan, qui se retrouva encerclé par les cinq adeptes du Pius Dea, aperçus par Ri'ila Terka quelques minutes auparavant. Ceux-ci étaient revenus sur leurs pas et avaient intercepté les deux aliens humanoides reconnaissables à leurs chevelure de tentacule crâniens. Leurs yeux sombres sans facettes cherchaient de l'aide mais les passants humains ou non demeuraient pétrifiés ou bien passaient leur chemin.
Une patrouille des Forces de Sécurité s'arrêta à dix mètres de la scène et Bekan vit alors le sous officier saisir un comlink.
Tandis que son homme fut projeté à terre à coups de martinets aux lanières électrifiées, sa compagne retenue par les bras de deux fanatiques se mit à hurler dans leur direction.
-S'il vous plait, aidez-nous!
Les agents attendirent que leur chef raccrocha son comlink. Au grand dam des Jedi, de la foule et surtout des deux victimes nautolan, la patrouille reprit sa ronde, dépassant les nautolan et leurs bourreaux comme si il ne s'agissait de rien.
Choqué puis indigné par cette impunité, Bekan repoussa sa chaise en arrière en posant la main sur la crosse de son sabre laser. Maître Terka fut bien plus réactive lorsqu'elle l'agrippa par le poignet pour le forcer à se rassoir alors qu'il était à moitié levé.
Déconcerté, l'alsakani croisa son regard.
-Maître, nous devons..
-Non, Bekan.
Les adeptes du Pius Dea n'avaient pas cessé leur besogne malgré l'irruption des forces de sécurité. Ils fouettèrent de plus belle le pauvre nautolan sur des cris scandés.
-Impur! Impur! Ton apparence est une insulte à la Déesse!
Bekan demanda à la twi lek qui le sentait prêt à bondir comme un fauve furieux, prêt à se jeter dans la mêlée:
-Pourquoi n'intervenons-nous pas?
-Ce sont les ordres du Haut Conseil, padawan.
Elle le relâcha après qu'elle fut certaine qu'il demeurerait tranquille.
-Nous sommes des Jedi, nous devons aider les citoyens! Insista-t-il.
Les lekkus de Ri'ila s'agitèrent brièvement au moment où elle invoqua la Force pour conférer à son élève une sérénité semblable à la sienne.
-Seulement si nous déclenchons une guerre que nous ne sommes pas prêts à mener.
-Je ne comprends pas.
Avec une infinie patience qui témoignait de son expérience, elle se pencha vers lui en arborant une expression soucieuse.
-Bekan, que crois-tu qu'il se passera si nous intervenons?
-Il y aura une bagarre, je suppose.
-Juste une bagarre?
Une étincelle de compréhension passa dans les yeux du jeune humain.
-Le Pius Dea nous considérera ouvertement comme ses ennemis.
-Tout à fait, enchaîna-t-elle. Pour certains d'entre eux, ils nous haïssent déjà rien que pour avoir sauvé Pers'lya hier.
-Mais nous sommes prêts à nous défendre.
-As-tu pensé aux enfants au Temple qui reçoivent les enseignements des maîtres et qui n'ont pas encore été choisis comme padawan? Que pense-tu qu'il leur arrivera si le Pius Dea nous déclare la guerre et qu'ils mettent le pied hors du Temple?
L'alsakani poussa un soupir de résignation.
-Cela ne me plait pas plus qu'à toi, Bekan, lui assura-t-elle. Mais nous devons nous fier à la sagesse du Haut Conseil.
-Je veux que vous sachiez que je continue de désapprouver. Mais je comprends les raisons du Haut Conseil.
La twi lek laissa transparaître un bref soulagement.
-Merci, Bekan.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me le dire sinon!

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 04 novembre 2018, 08:09

Salut,
bon passage au niveau du scénario :) , juste quelques petites réserves quant au style de la première dizaine de ligne.
avant que son regard ne dériva
il me semble que tu voulais employer le subjonctif imparfait et non le passé simple, auquel cas c'est plutôt "dérivât". Le subjonctif imparfait est super lourd à employer (ex: que nous dérivassions), je préfère souvent le remplacer par du subjonctif présent, même si ce n'est pas très correct ça passe mieux. La juste concordance des temps est souvent un casse-tête, j'en sais quelque chose :(
Ensuite j'ai l'impression que tu te contredis un peu. Tu dis que Ri'ila passe inaperçue, mais que sa tenue de jedi lui vaut tout de même "des coups d'oeil appuyés, trop curieux" Tu fournis ensuite l'explication en précisant que c'est grâce à l'emploi de la Force qu'elle parvient à distraire les gens; Cependant je pense qu'il manque un ou deux connecteurs logique pour faire passer ça de façon plus fluide et plus rationnel.
De même tu emploies de façon répété le pronom "elle" en peu de ligne. Ça fait saccadé. Tu aurait gagné à en enlever un je pense, ou le noyer dans une phrase plus longue(avec les virgules nécessaires ;) )

Pour revenir sur le scénario, il est très bien pensé. :)
tu introduit le thème des dilemmes moraux, ce qui est un piège parfait pour les jedi, car on les attend au détour. dilemme tant au niveau de la protection du peuple, que de celui très sensible de l'attachement personnel et du sentiment amoureux. On a vu ce que cela avait donné avec Anakin .
La relation maître/ padawan sonne juste, pas de soucis.

J'attend la suite, ça promet du bon :)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 05 novembre 2018, 21:58

Ephasten a écrit :
04 novembre 2018, 08:09
avant que son regard ne dériva
il me semble que tu voulais employer le subjonctif imparfait et non le passé simple, auquel cas c'est plutôt "dérivât". Le subjonctif imparfait est super lourd à employer (ex: que nous dérivassions), je préfère souvent le remplacer par du subjonctif présent, même si ce n'est pas très correct ça passe mieux. La juste concordance des temps est souvent un casse-tête, j'en sais quelque chose :(
Ensuite j'ai l'impression que tu te contredis un peu. Tu dis que Ri'ila passe inaperçue, mais que sa tenue de jedi lui vaut tout de même "des coups d'oeil appuyés, trop curieux" Tu fournis ensuite l'explication en précisant que c'est grâce à l'emploi de la Force qu'elle parvient à distraire les gens; Cependant je pense qu'il manque un ou deux connecteurs logique pour faire passer ça de façon plus fluide et plus rationnel.
De même tu emploies de façon répété le pronom "elle" en peu de ligne. Ça fait saccadé. Tu aurait gagné à en enlever un je pense, ou le noyer dans une phrase plus longue(avec les virgules nécessaires ;) )
Ok, je vais étudier ça, merci pour le retour 8-) !

En attendant, voilà la suite!

Dans cet extrait, vous allez en découvrir plus sur le Pius Dea :sournois: !

Bonne lecture!

Les adeptes du Pius Dea s'écartèrent finalement de leur victime, qu'ils laissèrent être relevé par sa compagne. Celle-ci le soutenait par les épaules tandis qu'il palpait son visage meurtri par de multiples contusions.
-Retrouvez le chemin de la pureté! Clamèrent les fanatiques tout en s'éloignant.
Le couple nautolan qui ne fut pas soulagé par le moindre signe de miséricorde depuis la foule, s'éloigna à son tour.
L'alsakani ne put se retenir d'éprouver de la pitié et de la colère. Il reprit néanmoins possession de ses moyens tout en interrogeant son maître:
-Ils les ont agressés car ils étaient non humains. Pourquoi?
-C'est la base de leur croyance, expliqua la twi lek.
-Cela-a-t-il été toujours le cas?
Il écarta le verre, bien décidé à obtenir la réponse avant d'avaler quoique ce soit.
-À vrai dire, nous ne savons que peu de choses sur les origines du Pius Dea. Cette secte œuvrait déjà dans la clandestinité bien avant ta naissance, peut-être même avant la mienne. Coruscant est depuis l'établissement de la République, le phare de la galaxie. La plupart de ceux qui ont aidé à sa création étaient humains.
Bekan commençait à comprendre où son maître voulait en venir.
-Continuez.
-Pendant son expansion, la République a intégré de nombreux systèmes plus ou moins pacifiquement. De nombreuses espèces non humaines se sont installées dans l'espace républicain et ici même sur Coruscant.
-Ce que beaucoup d'humains n'ont pas forcément accepté, devina l'apprenti.
La twi lek inclina le menton en signe d'approbation.
-La coexistence n'a pas été évidente et cela le reste encore aujourd'hui.
Sur ces mots, elle parvint à lui faire comprendre à son intonation qu'elle-même n'avait pas été considérée comme la bienvenue dans ce monde capital pourtant cosmopolite depuis des millénaires.
-La République a traversé beaucoup d'épreuves, notre Ordre lui-même a été déchiré par le schisme de Xendor et des Légions de Lettow. Aujourd'hui, nous vivons de nouveau des heures difficiles, et pas seulement à cause des tensions avec Alsakan.
-La corruption, ajouta Bekan.
De nouveau, elle marqua discrètement son accord.
-C'est l'origine même de tous nos problèmes actuels, padawan. Et cela ne date pas d'hier. À ton avis, qu'arrive-t-il lorsque les peuples perdent foi en leur gouvernement?
-Ils se résignent ou ils réagissent.
-Exact. Certains agissent pour changer le cours des choses que ce soit pour des raisons morales ou autres. Il y a plusieurs décennies de cela, des membres idéalistes des Guildes Marchandes se sont réunis pour créer une société secrète. Une confrérie basée sur la croyance en une divinité incarnant la perfection et la pureté. Voilà pourquoi ses adeptes prêchent souvent que tous se doivent de suivre son exemple, en se purgeant de tout vice.
-Le Pius Dea.
-Cela partait au début d'une bonne intention, pour encourager les dirigeants de la République de se pencher de nouveau sur les préoccupations des citoyens. Malheureusement, l'enfer est souvent pavé de bonnes intentions.
-Vous voulez dire que le Pius Dea a sombré de plus en plus vers l'extrémisme?
-Ceux qui sont victimes d'injustices et sont dédaignés par les élites, sont le plus souvent séduits par des discours tranchés et sans ambiguïtés. Cela engendre des violences comme celles dont nous avons été témoins aujourd'hui et hier.
-Ils n'arriveront à rien en semant la peur.
-L'avenir de la République n'est pas clairement écrit, padawan. Nous en saurons certainement plus à l'élection du prochain Chancelier dans les jours qui suivent.
-Ce sénateur Contispex serait un sérieux candidat, vous pensez?
L'expression de la non humaine ne trahissait aucune émotion.
-Il existe d'autres candidats plus en vogue au Sénat. Le sénateur Mansur de Commenor, par exemple. Comparé à Contispex, il serait un moindre mal.
-Je perçois votre inquiétude.
-Tu es perspicace, padawan.
Elle lui décocha un sourire chaleureux maternel.
-Merci, maître.
-J'ai le pressentiment désagréable que Contispex ne restera inactif, il fera tout pour accéder au pouvoir.
Bekan blêmit lorsqu'il songea que la destitution de Pers'lya par le Sénat avait été suivie ensuite de cette tentative de meurtre sur sa personne.
-Attendez, vous pensez que Contispex aurait manigancé cette émeute d'hier?
-C'est ce que me dit mon instinct. C'est un homme dangereux, bien plus que ne le laisse présumer son apparence quelconque.
L'alsakani ne pouvait être qu'en accord avec la remarque de son professeur. La Force avait résonné au Sénat de cette peur qui avait saisi la majorité des membres du Congrès lorsque Contispex avait vilipendé le Chancelier.
-Je vous crois sur parole, que sait-on de lui?
-D'après les médias, son père faisait déjà partie des membres haut placés à la fois au sein des Guildes Marchandes de Coruscant et du Pius Dea. Après sa mort, Julius Contispex en a évidemment hérité. Concernant ses liens étroits avec le Pius Dea, ce n'est une surprise pour personne puisqu'il ne s'en est jamais caché.
-Au sein du Pius Dea, est-il très influent?
-Nous n'avons pas la moindre idée de l'ampleur de son influence. Ce que nous savons seulement est que certains adeptes du Pius Dea lui obéissent directement, alors qu'il n'est pas le chef de sa confrérie.
-Je suppose qu'il ne prône pas le pacifisme.
-Il a la réputation d'être, comment dire, très exigeant sur sa définition d'individu honnête et vertueux. Si exigeant au point qu'on peut estimer qu'il n'est guère tolérant avec tous ceux qui ne correspondent pas à cette définition à la virgule près.
-Très orthodoxe, donc.
-C'est un euphémisme. Selon son point de vue, seuls les humains incarnent l'honnêteté la plus parfaite qui existe.
-Pas un bon signe pour les autres espèces, grogna le jeune homme lorsque son regard s'attarda sur un groupe de rodiens qui passait à coté de lui.
-Il n'y a donc plus qu'à prier pour qu'il n'accède jamais au pouvoir.
Bekan accompagna le vœu de son maître en levant son verre à hauteur de son visage.
-Prions la Force que cela n'arrive pas, ponctua-t-il.
L'alsakani étudia les traits de la non humaine qui laissait errer ses magnifiques yeux verts émeraudes en direction de la foule. Elle donnait l'impression de guetter l'arrivée de quelqu'un. Il posa la question qui lui brûlait les lèvres.
-Quel politicien attendons-nous, maître?
-Devine, padawan.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Mais quel politicien pourrait avoir rendez vous avec nos deux Jedi en cette magnifique journée? Vous le verrez dans le prochain extrait!
à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 13 novembre 2018, 20:46

Bonsoir, je vous publie la suite!

Dans cet extrait, nos deux Jedi ont donc rendez avec un politicien, un chancelier en sursis très revanchard :sournois: !

Bonne lecture!

Le jeune homme n'eut pas longtemps à attendre et à deviner. La matinée était bien avancée et l'avenue réchauffée par les caresses d'un soleil généreux ne désemplissait pas, malgré la scène choquante qui s'y était déroulée tout à l'heure.
Il avait terminé son verre et en commandait un autre lorsqu'une créature félinoïde massive revêtue d'un manteau fendit la foule pour se diriger vers leur table. Bekan posa instinctivement la main sur la garde de son sabre laser à la ceinture avant de se détendre lorsqu'il reconnut Pers'lya.
L'alsakani l'identifia avec certitude lorsqu'il surprit le bandage entourant son poignet, qui dépassait de la manche.
Le bothan s'installa entre eux deux et Bekan remarqua alors d'autres congénères discrètement habillés en civil mais dont les regards ne cessaient de scruter la foule, avec une suspicion qui frisait la paranoïa.
Des gardes du corps, provenant certainement du même clan d'origine que le Chancelier. Celui-ci serra la main des deux Jedi avec une crispation inhabituelle. Il n'était pas certainement pas prêt d'oublier la tentative de meurtre à son encontre, bien plus traumatisante que sa destitution par le Sénat.
-Vous avez pris des précautions, lui fit remarquer Ri'ila Terka.
Le bothan garda une mine fermée.
-À cause de ma destitution, je n'ai plus droit à la protection des gardes sénatoriaux. Et je tiens encore à la vie. Enfin du moins, un peu.
-Sur Bothawui, vous seriez à l'abri du Pius Dea, rappela Bekan.
-Je partirais pour mon monde natal quand je jugerais le moment venu.
Les deux Jedi perçurent l'inflexibilité de sa voix. Bekan crut déchiffrer de la perplexité dans le regard de son maître.
-Quoique que vous ayez décidé, Pers'lya, ce n'est pas une bonne idée.
La tristesse imprégna le ton du félinoïde lorsqu'il répondit à la non humaine.
-J'ai commis des erreurs, je n'ai pas servi la République aussi bien que j'aurais du le faire pendant mes deux mandats. Mais je veux me racheter avant qu'il ne soit trop tard.
Il se pencha plus en avant.
-Je veux sauver la République du monstre qu'elle a elle-même fait naître.
-Le Pius Dea vous a dans le collimateur. Vous avez déjà oublié ce qu'ils ont tenté de vous faire devant le Sénat, hier? S'écria l'alsakani.
-Bekan a raison. Si vous connaissez un moyen d'arrêter le Pius Dea, vous ne devriez pas vous impliquer personnellement, approuva-t-elle.
Le bothan repoussa les sollicitudes des serveurs tout en s'efforçant de conserver l'anonymat le plus strict possible. Il resserra son capuchon autour du crâne alors que ses congénères se rapprochèrent sensiblement sans cesser d'être aux aguets.
-Je ne peux plus reculer. Contispex et le Pius Dea ont juré ma perte et celle de tous ceux ou celles qui auraient le courage de s'opposer à eux. Que nous l'acceptions ou non, je suis déjà impliqué personnellement.
Les Jedi ne purent qu'afficher une mine sombre devant sa détermination.
-À cause de ma destitution votée par le Sénat, ma carrière politique est terminée. Les affaires de corruption dans lesquelles mon proche entourage est trempé a irrémédiablement écorné mon image publique. Plus aucun sénateur n'acceptera de soutenir ma candidature sans se voir lui aussi traîné dans la boue et la calomnie.
Un étrange sourire retroussa les lèvres du félinoïde, dévoilant ses crocs.
-Il ne me reste plus qu'une chose à faire.
-Laquelle? S'enquit le padawan.
-Entraîner Julius Contispex dans ma chute. Et tout le Pius Dea avec lui.
Le jeune homme croisa le regard de son maître dont les lekkus s'agitèrent sous le coup de l'incrédulité.
-Vous n'êtes pas sérieux, lâcha-t-elle.
-Je ne suis pas d'humeur à plaisanter malheureusement, répliqua-t-il un peu sèchement. Je suis certain qu'il a orchestré ma chute en réunissant les preuves contre tous ceux de ma famille qui avaient quelque chose à se reprocher. Des preuves véritables qui n'ont pas été fabriquées, bien entendu.
-Dans ce cas, je ne vois pas ce que vous pourriez faire contre lui, fit observer Bekan.
-Personne n'est intouchable. Si un Chancelier peut tomber, un sénateur le peut aussi.
-Comment comptez-vous y prendre? Interrogea la twi lek.
Le bothan tourna la tête dans toutes les directions pour s'assurer que personne ne l'épiait.
-Regardez bien ce qui se passe en ce moment. La République vit sa plus grave crise avec Alsakan depuis des siècles, je me retrouve discrédité à cause de ces accusations de corruption et de conflits d'intérêts et enfin le Sénat me destitue en convoquant de nouvelles élections. Coïncidence?
Les Jedi échangèrent un bref regard entendu.
-Vous insinuez qu'il existe un lien entre ces évènements, déclara Ri'ila Terka.
-Je n'insinue rien, je l'affirme. Tous ces évènements tournent autour de Contispex.
-Certains de vos ennemis prétendraient que vous êtes paranoïaque, fit l'alsakani.
-Jeune homme, vous apprendrez que la paranoïa est une qualité essentielle si on veut se précipiter dans l’arène politique et y survivre.
Le jeune humain n'apprécia pas le ton condescendant du bothan.
-Pour tout le bien que cela vous a fait, railla-t-il.
-Bekan, le rappela à l'ordre sa supérieure.
-Pardon, maître.
Pers'lya fixa la twi lek.
-Je vais rassembler des preuves et les utiliser à bon escient, avant que mon successeur ne soit désigné.
-Ca ne vous laisse pas beaucoup de temps, observa Bekan.
-C'est pourquoi j'aurais besoin de votre aide.
Bekan était tenté par l'idée mais le regard de son maître exprimait une conviction contraire et irrémédiable. Pers'lya soutint son regard et ses oreilles équines se couchèrent sous son capuchon, anticipant la déception prévisible.
-Je suis désolée mais les Jedi ne doivent pas prendre parti.
-Vous êtes pourtant au service de la République, vous avez prêté serment devant le Sénat.
-Nous avons juré de servir la Force et les citoyens de la République, pas d'intervenir dans un règlement de comptes personnel.
L'expression du félinoïde traduisait sa frustration.
-Vous pourriez sauver la République.
-Pas de cette manière, trancha Ri'ila.
-Je vous considérais comme une amie.
Elle posa doucement la main sur son poignet bandé.
-C'est toujours le cas. Suivez donc le conseil d'une amie. Vous venger du mal que vous a fait Contispex ne vous mènera à rien. Surtout que vous êtes encore au poste de Chancelier.
-Je veux seulement réparer les choses.
Le bothan poussa un soupir rauque et se leva de table. Il promena ses yeux de l'une à l'autre, les Jedi conservant le silence.
-Bonne journée, leur souhaita-t-il.
-Que la Force soit avec vous, lui accorda la twi lek.
Les utilisateurs de la Force l'étudièrent en train de fendre la foule, ses gardes du corps l'entourant de nouveau pour le préserver de la moindre atteinte à sa personne. Ri'ila patienta quelques secondes avant d'ordonner:
-Suis-le.
Bekan obtempéra sans discuter, sans omettre de plaquer son capuchon sur la tête. Ses traits juvéniles étaient marqués cette fois par une concentration crispée. Il passa devant son maître qui l'arrêta momentanément par le coude pour préciser ses instructions.
-Contente toi de le surveiller, ne prends pas de risques inutiles.
-Je ferais attention, maître.
Certaine de son sérieux, elle lui accorda une affection maternelle.
-Bien, padawan. Tu retourneras au Temple lorsque Pers'lya sera rentré chez lui.
Le jeune alsakani se fondit à son tour dans la masse des badauds, emboîtant discrètement le pas à Pers'lya et à son escorte.
Laissée seule, son mentor acheva son verre. Bekan était un padawan expérimenté et volontaire, il obéirait à ses ordres, même s'il n'était jamais à l'abri d'une erreur de jeunesse. Cette mission en apparence simple était une marque de confiance en ses capacités.
De ses missions précédentes, il avait tiré les enseignements de ses erreurs. De ses excès de confiance hasardeux.
Ri'ila Terka paya l'addition et quitta le modeste bar. Il était temps de rejoindre le Temple et de faire son rapport aux membres du Haut Conseil.

Bekan Kalad avait rattrapé en quelques foulées le groupe de bothans qui s'était resserré autour de leur prestigieux et controversé congénère. Les non humains de Bothawui conservaient la main posée sur le holster de leur blaster, prêts à en faire usage si les circonstances l'exigeaient. La foule se scinda d'elle-même à leur intention.
Pers'lya appela l'officier chargé de sa protection.
-Avec autant de discrétion, fit-il avec sévérité, le Pius Dea pourrait me tomber dessus.
-Bien excellence.
L'officier intima à ses hommes de se déployer. Les autres bothans s'exécutèrent sans broncher, se rendant plus invisibles dans la foule. Ils traversèrent ainsi plusieurs quartiers sans histoire, des rues fréquentées par des humains et des myriades d'espèces non humaines provenant des quatre coins de la République et même au-delà. Une telle diversité n'avait pas les faveurs de certains humains comme ceux qui avaient intégré le Pius Dea.
Sur leur chemin, des groupes d'adeptes en toge pourpre croisèrent leur chemin sans leur causer le moindre ennui. Même s'ils ne cessaient guère leurs activités prosélytes.
-Accèdez à la Pureté et la Déesse vous bénira! Répétaient-ils.
Inutile de rappeler que le public sensé préféra garder vis-à-vis d'eux une distance très raisonnable. Bekan les ignora, restant concentré sur le dos du Chancelier encore en exercice. Celui-ci continuait à s'enfoncer dans le dédale de rues rempli d'échoppes aussi bigarrées les une que les autres. Les commerçants hurlaient les mérites de leurs produits aux potentiels clients, un démarchage bruyant qui fortifiait l'ambiance locale.
La population de ce quartier là est composée principalement de non humains, comme les Herglic à l'apparence de cétacés, des Duros reconnaissables à leurs traits sans reliefs ou des twi lek natifs de Ryloth comme Maître Terka. Il existait une telle diversité d'espèce que l'alsakani crut que la galaxie avait été transposée en un seul endroit.
Ce n'était pas un hasard si Coruscant possédait un tel pouvoir d'attraction.
L'officier bothan courut tout à coup vers le Chancelier et se rangea à sa hauteur. Bekan usa de la Force pour accentuer ses sens et en particulier l'ouïe. À travers les cris et les interpellations en dialectes divers, il entendit Pers'lya marmonner:
-Pourquoi êtes-vous si agité, capitaine?
-Nous avons un souci, excellence.
Tout à coup et sans prévention, les bothans échangèrent rapidement dans leur langue natale à la place du basic, ce qui expliqua que l'alsakani n'en saisit un traître mot. Néanmoins, il perçut la surprise du Chancelier.
-Allons, reprit ce dernier en basic. Je ne crois pas qu'il représente un danger pour moi.
-Vous avez donné cependant l'ordre de ne pas être dérangé lors de votre rencontre avec cette adepte.
-Merci de le rappeler, capitaine, fit le dignitaire de nouveau dans son dialecte natal. Mais veillez à ne lui faire aucun mal.
-Je ferais le nécessaire, promit l'autre dans le même langage.
Bekan Kalad s'agita depuis qu'il avait entendu le mot adepte. Tout en se demandant ce que signifiait le il, mentionné par le bothan. Il ressentit un frisson désagréable courir le long de sa nuque pour descendre jusqu'au bas de sa colonne vertébrale.
Le padawan s'assura que son sabre laser demeurait accroché à la ceinture alors que le capitaine s'éloignait de nouveau de quelques mètres pour reprendre position derrière son congénère. Il ne perçut pas de menace le visant spécifiquement mais la Force l'avertissait tout de même que quelque chose était à l’œuvre.
Peu de temps après, ils quittèrent la frénésie de ce quartier marchand pour pénétrer dans un sanctuaire moins hospitalier. Bekan se demandait décidément ce qui pouvait amener le Chef d'Etat de la République dans un endroit pareil. Les rues devenaient plus étroites et moins entretenues, des êtres chétifs non humains – des enfants – étaient allongés sur le permabéton moisi tendant la main à l'aveugle vers ceux.
Bekan rasa les murs pour éviter de se heurter à un groupe peu avenant mené par un aqualish, une espèce réputée agressive. Concentré sur Pers'lya, il ne vit pas l'officier bothan l'arrêter en chemin et discuter vivement avec l'aqualish en lui tendant un sac de crédits.
Les trois autres gardes du corps bothans encerclèrent plus étroitement Pers'lya lorsque ce dernier se glissa dans un corridor à moitié sombre qui se terminait par un cul de sac au bout de trente mètres. Une silhouette féminine encapuchonnée patientait devant, le scrutant impassiblement. D'un geste impérieux de sa main griffue, Pers'lya ordonna à ses congénères de s'arrêter au milieu du chemin.
Bekan Kalad épia la scène depuis l'angle du mur où il se terrait tout en gardant l'usage de la Force pour ne rien perdre de ce qui allait se dire.
Il entendit la femme commencer:
-Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer, Pers'lya.
-Je me doute des risques que vous courrez en ayant accepté de travailler avec moi, Sœur Malen.
Sœur Malen, pensa Bekan. Mais que fait Pers'lya avec une adepte du Pius Dea?

Voilà, j'espère que cela vous a beaucoup plu! N'hésitez pas à me faire de vos remarques et/ou de vos questions!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 14 novembre 2018, 08:18

Salut,
tu as écrit deux très bons passages. J'ai pris plaisir à les lire. Tu as l'air d'avoir construit une intrigue intéressante.
Juste deux petites remarques dans le dernier passage
Des gardes du corps, provenant certainement du même clan d'origine que le Chancelier.
Je pense que tu n'aurais peut-être pas dû aller à la ligne pour cette phrase car elle est rattachée à celle du dessus. En allant à la ligne on peut croire qu'il s'agit d'autres personnages non liés à ce qu'il s'est passé avant.
. De ses excès de confiance hasardeux.
Je trouve cette phrase incomplète, ou alors mal liée à ce qui précédait. Quoiqu'il en soit je l'ai mal comprise.

Voilà, sinon je trouve que ton style s'est amélioré. Bravo!
J'attends la suite :)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 18 novembre 2018, 21:07

Merci pour le retour et les remarques Ephasten 8-) et ravi que l'histoire continue de te plaire!

Je vous publie la suite!

Dans cet extrait, nous retrouvons donc Bekan Kalad en mission d'espionnage pour le compte de l'Ordre Jedi :sournois: !

Bonne lecture!

Voilà qui intéresserait beaucoup Maître Terka et les membres du Haut Conseil. L'alsakani était décidé à ne rien perdre de cette conversation.
-Qu'avez-vous à m'apprendre?
-J'ai des preuves que l'incident diplomatique avec Alsakan était destinée au seul profit du Grand Sage. Hier, un représentant de l'ambassade l'a rencontré chez lui.
-Vous avez gardé un enregistrement?
-Le Grand Sage est prudent.
Bekan était trop éloigné pour surprendre la réaction du bothan mais il devina sa déception.
-Mais j'ai mis la main sur des transferts bancaires intéressants entre Alsakan et les Guildes Marchandes.
-Intéressants à quel point?
-Peu de temps avant le déclenchement de la crise, le Grand Sage s'est servi de sa position de trésorier chez les Guildes pour verser des fonds conséquents sur les comptes des plus hauts dignitaires d'Alsakan, le ministre de la Défense et le Premier Régent.
-Il les a corrompus pour les pousser à la guerre.
-C'est ce que tout le monde en déduira si cela se sait, déclara-t-elle.
-En effet, voilà qui promet d'être très intéressant. Vous avez autre chose?
-Pour le moment, non, Excellence. Je vous apporterai une copie de mes trouvailles.
-Votre contribution a été plus que suffisante, Soeur Malen. Retournez chez Contispex avant qu'il ne s'aperçoive de votre absence.
L'adepte du Pius Dea dont Bekan ne parvenait à déchiffrer l'expression, s'inclina en signe de déférence.
-Au sein de notre confrérie, beaucoup espèrent que les choses s'arrangeront et que le Grand Sage reviendra à de meilleurs sentiments.
-Pour ce que j'en sais, grogna le bothan, Contispex n'est pas un sentimental. Je n'approuve pas votre doctrine et je n'adhère pas à votre panthéon mais les intérêts du Conseil des Sages et les miens convergent. Je crois savoir que notre cher sénateur a été convoqué pour être excommunié, c'est bien cela?
-Il vient de recevoir sa convocation pour demain soir, lui confirma-t-elle.
-Le début de la fin pour lui, se réjouit le Chancelier.
-Sachez que chacun a droit à la rédemption, car la Déesse n'est que bonté.
-Oui, oui, bien sûr, fit hâtivement Pers'lya légèrement agacé par les croyances rabâchées par l'adepte. Bien, je crois avoir assez abusé de votre temps.
-Ce fut un plaisir. Le Sage Suprême vous transmet la bénédiction de la Déesse. Soyez absous de vos pêchés et que la Vertu vous …
-Oui, oui, vous aussi, coupa sèchement le bothan qui tourna les talons.
Bekan battit rapidement en retraite pour ne pas se retrouver nez à nez avec les non humains. Pers'lya n'apprécierait pas de constater que les Jedi dont il avait demandé l'aide, espionnaient ses moindres faits et gestes.
Il avait reculé de vingt mètres lorsqu'une voix brailla dans son dos.
-Eh, le morveux!
Par dessus son épaule, il surprit l'aqualish qu'il avait vu discuter avec le capitaine bothan peu de temps avant. Le non humain inhospitalier était accompagné de sa bande, un ramassis de racaille locale pas vraiment spécialisé dans le baby sitting.
-Oui?
-On doit te causer.
Le padawan de Ri'ila Terka se laissa encercler par les cinq malfrats, l'aqualish secondé par un herglic, un shivastanéen dont les représentants de son espèce étaient aussi surnommés les hommes loups, un duro borgne et un klatooinien. Et il ne se départit pas de son sang froid, bien qu'il devait rapidement trouver un moyen de se débarrasser d'eux sans se faire remarquer.
-Ce serait avec plaisir, répondit-il en agitant les doigts devant lui pour appuyer une suggestion mentale. Malheureusement je manque de temps, si vous voulez bien m'excuser.
Influencé télépathiquement, l'aqualish s'écarta à son intention mais la main massive du herglic s'abattit sur l'épaule frêle du jeune homme.
-Pas si vite, moucheron!
L'alsakani répliqua en agrippant le poignet large du non humain pour le tordre dans un angle absurde avant d'user de la Force pour le compresser contre le mur. L'herglic s'écroula assommé avant que Bekan ne dévia du coude un coup de vibrolame de la part du duro dont il fracassa la mâchoire à l'aide de sa paume.
Le borgne trébucha en gémissant et fut relayé par le shivastanéen qui se précipita griffes ouvertes pour éventrer le Jedi. Ce dernier recula pour esquiver ses attaques puis il lui décocha une savate dans l'abdomen et termina par un coup de pied sauté à la tempe qui l'envoya paître plusieurs mètres en arrière.
Le klatooinien déroula de son avant bras, la lanière d'un fouet électrique. Une arme peu aisée à esquiver y compris pour un Jedi. Bekan Kalad fut d'abord pris de court par un tel engin aux mouvements trop imprévisibles. Il se retira pour prendre du champ mais trop maladroitement. La lanière du fouet le frappa à l'épaule et il fut dérouté par cette sensation de douleur qui lui paralysa le bras gauche.
Sans hésiter, il laissa la Force couler en lui pour anesthésier la souffrance et lui permettre de conserver ses réflexes. Le klatooinien amorça une autre torsion de bras pour presser son avantage et en finir. Il visa les chevilles de Bekan mais celui-ci s'était dérobé, d'un Saut de Force qui le fit atterrir derrière son adversaire.
Celui-ci se tourna à moitié mais l'apprenti lui bloqua le bras avant de le frapper du tranchant de la main à la carotide. Le non humain à l'apparence de canidé vacilla avant de s'affaler inconscient. Le reflet de l'affût d'un blaster brilla dans son champ de vision.
L'aqualish pressa la détente mais Bekan fut bien plus prompt, activant son sabre laser. La lame énergétique couleur soleil se matérialisa, absorbant successivement trois tirs de laser avant qu'il n'éleva le bras dans sa direction.
L'aqualish sentit l'air se comprimer autour de lui et il fut projeté contre le sol. Le padawan le souleva à l'aide de la Force et l'attira jusqu'à lui, visage contre visage. Il le laissa reposer sur ses appuis et agita de nouveau les phalanges, invoquant la Force tout en accrochant son regard.
-Dormez, intima-t-il.
L'aqualish s'allongea sur le dos et sombra dans un profond sommeil. Bekan s'apprêtait à faire mouvement, se rappelant sa priorité lorsque quelqu'un retira le cran de sûreté de son blaster derrière lui.
-Pas de geste brusque, Jedi.
En signe de bonne volonté, le jeune homme éteignit son sabre tout en le gardant dans son poing. Il pivota à demi vers le bothan qui le tenait en respect avec son arme. Il reconnut sans mal l'officier chargé de la sécurité de Pers'lya.
Ce dernier considéra avec dédain les petits malfrats mal en point.
-Pas mal du tout, jeune humain.
-Merci pour le compliment. Que me voulez-vous?
Le bothan demeura impavide.
-Vous demander une chose très simple. Mêlez-vous de vos affaires.
-Vous les avez payés pour m'attaquer.
-Non, pour vous retarder, corrigea le non humain. Je savais très bien que ces amateurs ne seraient pas un problème pour vous.
-Et s'il m'était arrivé quelque chose?
-J'en aurais été le premier désolé, assura le bothan. Considérez ce qui vient d'arriver comme un avertissement sans frais.
-Je suis ici pour aider Pers'lya, pas pour l'espionner, plaida Bekan.
Les oreilles équines s'aplatirent vers l'avant, signe de la perplexité du non humain.
-Vraiment? Pourquoi avoir refusé de l'aider quand il vous l'a demandé?
-Officiellement, les Jedi se doivent de rester neutres.
Le bothan baissa son blaster avant de le ranger.
-Dans ce cas, restez neutres. Cela évitera un malentendu.
-Je peux parler à Pers'lya, pour l'informer que c'est maître Terka qui m'envoie.
-Non, inutile d'insister.
C'était une fin de non recevoir et Bekan préférait ne pas se mettre les bothans à dos. Dans l'intérêt de la République, du moins dans l'intérêt des Jedi.
-Restez en dehors de ça, lui lança une dernière fois son interlocuteur par dessus l'épaule alors qu'il s'en allait.
L'alsakani l'observa disparaître dans le dédale des ruelles inquiétantes et hésita avant de rebrousser chemin, convaincu qu'il ne pouvait rien faire de plus pour aujourd'hui.


Le Temple Jedi de Coruscant était presque aussi ancien que la République et l'Ordre Jedi. La meilleure façon pour les serviteurs de la Force de servir le régime central galactique était de demeurer accessibles.
L'établissement d'une académie majeure et d'un centre décisionnel au sein même de la Cité Galactique était seulement la preuve du bon sens. Le bâtiment qui abritait le sanctuaire le plus prestigieux de l'Ordre était une pyramide inachevée.
Des millénaires plus tard, pendant les derniers temps de la République, cinq tours avaient été érigées au sommet de pyramide. À l'aube de la dynastie Contispex, ces tours n'existaient pas encore mais le Temple dominait déjà d'une majestueuse sérénité les habitations, insensible aux troubles qui avaient traversé la capitale plurimillénaire depuis la création de la République.
L'imposant édifice ne tremblait pas davantage devant la crise actuelle qui faisait vaciller le gouvernement sur ses fondations.
Des rumeurs prétendaient même que les adeptes du Pius Dea se tenaient éloignés du Temple comme s'ils avaient peur d'être frappés par la foudre. Beaucoup de citoyens qui craignaient cette obscure secte considéraient l'Ordre Jedi comme le dernier rempart contre leur idéologie radicale. Voilà pourquoi Bekan Kalad respira beaucoup mieux lorsqu'il atteignit la grande entrée de l'édifice.
Depuis son départ d'Alsakan, le Temple était devenu sa deuxième maison et l'Ordre, sa deuxième famille.
Il salua rapidement les sentinelles qui gardaient les portes et ralentit le pas, lorsqu'il pénétra dans le hall. D'autres padawans humains et non humains flânaient ou couraient, selon l'importance de leur agenda.
Le jeune alsakani croisa alors le chemin d'une lorrdienne de son âge qui s'apprêtait à s'engager dans un corridor pour gagner les Archives du Temple.
-Eh, Zeri!
-Salut Bekan! Réagit la non humaine avec un large sourire.
Malgré lui, le jeune humain rougit lorsqu'il croisa le regard de son amie. Il était tombé des années plus tôt sous le charme de ces iris dorés comme des levers de soleils, de cette peau marbrée couleur bronze. Il s'attarda sur ses cheveux mauves qu'elle avait coiffés en de fines tresses délicates.
-Je voulais remercier pour ton aide de ce matin. Figure-toi que maître Wadu m'a demandé où j'avais appris ces nouvelles séquences lors de mon entraînement au sabre laser.
-Je suis heureux que cela t'ait pu être utile.
-Tout à l'heure, on pourrait déjeuner ensemble, proposa-t-elle.
-Bonne idée.
Il lui rendit son sourire.
-Je dois aller rejoindre maître Terka, avoua-t-il à regrets.
-Après le déjeuner, nous pourrions nous retrouver à la bibliothèque comme tout à l'heure. Dans un cadre strictement professionnel, ca va de soi, ajouta-t-elle avec un faux sérieux.
Bekan ricana discrètement, comprenant qu'elle faisait allusion à leur effusion très intime de ce matin.
-Bien sûr, affirma-t-il d'un ton égal. Nous n'aimerions pas attirer sur nous l'opprobre des maîtres.
Ils rirent aux éclats simultanément, attirant brièvement l'attention de leurs condisciples qui les contournaient et les fixaient étonnés.
-À bientôt, lui accorda-t-elle.
L'alsakani s'éloigna en lui adressant un signe de la main puis se fia à ses perceptions sensorielles pour trouver son maître. Il perçut immédiatement que sa présence émanait dans la Force de l'une des salles d'armes qui se situaient dans l'aile est du Temple.
La salle d'armes en question était une pièce perchée au deuxième étage, laissant filtrer par une gigantesque baie de transparacier la lumière du soleil au Zénith. L'instructrice se tenait au milieu de la pièce, assise en position de tailleur, les paupières closes.
Bekan remarqua les robots gladiateurs qui demeuraient immobiles comme des statues, dans un coin. Il se rappelait fort bien les séances d'entraînement où il était régulièrement confronté à ses machines au moins au début de son apprentissage. Sa formation avançant, il s'était escrimé contre d'autres apprentis ou son propre maître.
Ri'ila Terka paraissait plongée dans une profonde méditation. Immergée entièrement dans les flux de la Force, son aura emplissait toute la salle et semblait s'étendre au-delà des murs. Bekan se demandait pourquoi elle avait choisi une des salles d'armes au lieu de la cour de méditation, qui était bien plus adéquate à se genre d'exercices. À moins que cela ne soit une façon de montrer à son propre élève que la méditation pouvait se pratiquer en n'importe quel lieu.
Le jeune homme freina sur le seuil, ne souhaitant pas la déranger. Il sursauta malgré lui lorsqu'elle prononça:
-Je te sens perturbé, Bekan.
Il hésita avant de répondre.
-Cela ne s'est pas vraiment passé comme prévu.
-Raconte moi tout.
Elle ouvrit les yeux pour les braquer sur l'alsakani qui se décida à faire quelque pas vers elle et à commencer son rapport. Elle l'écouta attentivement et avec patience sans sourciller puis se remit sur ses appuis lorsqu'il eut terminé.
-Pers'lya et une adepte du Pius Dea travaillant ensemble pour faire tomber Contispex? La Force a un étrange sens de la dérision, commenta-t-elle.
-En tout cas, cela confirme que tous les adeptes du Pius Dea ne suivent pas aveuglément le sénateur, même s'ils partagent tous son idéologie.
-Si le Conseil des Sages de la secte qui répand une phobie contre les non humains, s'allie avec le Chancelier, cela en dit long sur le danger que Contispex représente pour eux deux.
-On peut même dire, pour la République toute entière.
-Tu m'as dit qu'il avait reçu une convocation du Sage Suprême en personne?
-Oui, maître. Et je doute que ce soit pour l'inviter à dîner ou lui proposer de jouer au sabacc.
La twi lek sourit devant la boutade de son apprenti.
-J'informerais tout à l'heure le Haut Conseil de ce que tu as appris.
-Et c'est tout? Insista l'alsakani.
Ri'ila Terka plongea son regard droit dans ses yeux.
-Précise ta pensée.
-Tel que nous connaissons Contispex, il ne restera pas sans réaction. Vous ne croyez pas sérieusement qu'il va se laisser destituer par les siens?
-Quand bien même, cela se passerait mal, les instructions du Haut Conseil demeurent valables, lui rappela-t-elle avec sévérité. Et nous nous y plierons.
-Très bien. Et pour Pers'lya?
-Visiblement, il nous a fait comprendre clairement qu'il ne souhaitait aucune interférence de notre part ou de qui que ce soit d'autre. Donc nous ne nous en mêlerons pas.
-C'est une directive du Haut Conseil, ça aussi? Répliqua l'élève d'un ton excédé.
Il comprit qu'il avait épuisé sa patience lorsqu'elle trancha:
-Non, ma directive. Nous ne ferons rien sans l'approbation du Conseil.
Le jeune homme fit une révérence, comprenant qu'il avait été trop loin.
-Oui, maître. Pardonnez mon insolence.
Satisfaite de son humilité, elle le rassura.
-Tu n'as jamais caché ce que tu pensais, c'est une qualité que j'apprécie chez toi. Mais veille à travailler un peu plus ton tact.
-J'y tacherais, promit-il.
Bekan ne put se retenir de penser néanmoins que le Conseil Jedi attendait des morts d'innocents pour esquisser un semblant de réaction contre les fanatiques religieux. Et nul doute que la twi lek se doutait de son opinion.
L'alsakani la salua avec respect avant de reculer pour se retirer.
-Bekan, l'arrêta-t-elle.
Il l'interrogea du regard et elle ajouta.
-Il reste encore une formalité.
Elle se décala sur le coté et l'invita d'un geste gracieux de la main à se placer face à elle. Il s'exécuta de plus en plus intrigué.
Il la vit se débarrasser de sa grande bure et poser ensuite la main nonchalamment sur la crosse de son sabre laser accrochée à sa ceinture. Les traits dénués de toute émotion. Bekan comprit enfin de quoi il en retournait.
Il l'imita, roulant sa bure pour la poser dans un coin de la salle avant de revenir face à elle. Il tendit ensuite la paume pour attraper par télékinésie une épée d'entraînement en duracier renforcé, accrochée au mur. Elle éleva de nouveau la voix.
-Non, les épées d'entraînement nous ne seront pas indispensables.
Il fronça les sourcils.
-Maître, vous voulez qu'on utilise nos sabres laser? S'écria-t-il.
-Cela t'effraie donc à ce point?
-Le principe d'un entraînement n'est-il pas de s'entraîner?
Elle le regarda avec cette tendresse coutumière.
-Tu ne me fais pas confiance, padawan?
-Je vous confierais ma propre vie, vous le savez bien. Mais ce pourrait être dangereux.
-Seulement si tu nourris des doutes sur le pouvoir de la Force et sur tes capacités. Et je ne te l'aurais pas proposé si je n'avais pas confiance en toi.
Bekan s'efforça d'effacer ces rides de crispation qui marquaient son front et trahissaient son appréhension. Le calme de son maître l'effrayait plus qu'il ne le détendait. Cette session d'entraînement ne serait pas une session ordinaire. Qu'es-ce que cela pouvait bien cacher?
Il évacua dans un coin de sa tête cette question lorsqu'elle saisit la poignée de son sabre. Elle vérifia l'état de sa batterie, plaquée contre son bassin jusque au-dessus des hanches dans son dos. Il fit de même et s'assura que le fil joignait bien la crosse de son sabre à sa source d'énergie. Il rejeta pendant ce temps, sa tresse de padawan derrière sa nuque.
-Il y a une consigne particulière, maître?
Elle se cala de profil devant lui et activa son épée. La lame verte émeraude se déplia, pointée vers le sol.
-Une seule, lui répondit-elle enfin. Donne tout ce que tu as.
Il ne put se retenir de frissonner, réalisant à peine que tout ceci était bel et bien réel. Ce serait un combat en conditions réelles et la moindre erreur serait potentiellement fatale pour celui qui la commettrait.
Mais elle avait confiance en lui et il devait lui montrer qu'elle avait raison. Et qu'il avait raison de garder confiance en lui.
À son tour, il alluma son arme et maintint la lame ardente à l'éclat de soleil droite devant son visage concentré. Il patienta, s'attendant à ce que la twi lek esquisse un mouvement. Au contraire, elle demeurait aussi imperturbable qu'une statue, attendant que ce soit lui qui fasse le premier pas.
-Après vous, maître.
-Non, Bekan. À toi l'honneur.

Voilà j'espère que cela vous a plu! n'hésitez pas à me faire part de vos impressions :cute: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 28 novembre 2018, 18:23

Bonsoir voilà la suite!

Découvrez dans cet extrait, le duel entre Bekan Kalad et sa sévère instructrice :sournois: !

Bonne lecture!

Il s'efforça de ne pas se laisser distraire par le sourire désarmant de la twi lek et commença à la contourner pour chercher le meilleur d'angle d'attaque. Dans la Force, il percevait sa sérénité acquise par l'expérience tandis qu'elle se contentait de décaler ses pieds pour ne pas le laisser dans son dos.
Au bout d'une minute, l'alsakani décida que le round d'observation avait duré assez longtemps comme ça. Il bondit brusquement pour se porter au contact, la pointe de son épée incandescente dirigée droit sur la poitrine de la Jedi. Au dernier moment, il abattit son arme vers le bas avant de la relever subitement vers le haut.
Une de ses feintes préférées qu'il avait appris à perfectionner au fur et à mesure de ses années de formation mais cela ne la surprit pas. Elle fit glisser imperceptiblement ses pieds de quelques centimètres en arrière pour amortir le coup avec sa lame. Le choc net des deux épées dégagea des étincelles embrasées qui éclaboussèrent leur tunique avant qu'elle ne détendit sa jambe pour le repousser d'une savate rugueuse.
Il accompagna l'impact, ce qui lui permit de garder l'équilibre tandis que la twi lek allongea la foulée pour l'empêcher de reprendre l'avantage. Elle frappa au niveau du bassin et du cou à l'aide de coups obliques pour déborder ses défenses. Pour un observateur, elle donnait l'impression d'attaquer de tous les cotés à la fois. N'importe qui à la place de Bekan se serait retrouvé désarmé et rapidement hors de combat.
Mais l'alsakani avait été formé à bonne école... elle l'avait instruite en personne. Il prouva la vivacité de ses réflexes en déviant avec sa lame crépitante chacun de ses assauts chirurgicaux, avant d'esquiver d'un saut élégant un balayage de chevilles destiné à le faire tomber. Ce mouvement l'avait rapproché de son maître qu'il frappa en abattant son épée de haut en bas.
Ri'ila Terka le décontenança en le contrant frontalement, démontrant une vigueur inaccoutumée. Bekan eut l'impression de s'être heurté brutalement à un mur. Lorsqu'il retomba sur ses appuis en déséquilibre, il ne put éviter cette fois le talon de son adversaire qui lui agrippa les chevilles.
Le sol se déroba sous ses pieds et il chuta sur le dos. Il roula immédiatement sur le flanc, bloquant la jambe de la twi lek du pied gauche puis lança son pied droit dans son abdomen pour la repousser, le temps qu'il se redresse en se cambrant.
Il para immédiatement une frappe de taille incisive puis encore deux autres, ce qui l'obligea à céder du terrain.
Pendant ses précédents entraînements au sabre laser, maître Terka ne s'était pas livré à fonds, se contentant de guider son apprenti et de lui prodiguer des conseils. Elle lui avait appris tout ce qu'il pouvait emmagasiner.
C'était maintenant qu'elle démontrait tout son savoir faire et toutes ses aptitudes patiemment acquises et durement travaillées. Bekan n'ignorait pas que de nombreuses années d'étude lui seraient nécessaires pour parvenir ne serait-ce qu'à la moitié de son niveau. Mais il compensait son manque expérience par la fougue de sa jeunesse. Et par un certain talent d'improvisation.
Il bloqua la lame de la twi lek contre la sienne puis se dégagea subitement avant d'entamer une série de contre attaques. Il privilégia des frappes courtes et sèches plutôt que des frappes allongées qui augmentaient l'amplitude de ses coups. Il n'était pas vraiment habitué à attaquer ainsi mais il espérait déconcerter son instructrice.
L'expression de cette dernière se crispa sous le coup de la surprise mais cela ne dura qu'une fraction de seconde. Elle recula pied à pied puis au moment où il s'y attendait le moins, elle appuya sur sa lame pour le forcer à abaisser sa garde.
Il bloqua de justesse avec son coude le talon qui fusait vers son foie mais il ne se douta pas que cela n'était qu'une feinte. Elle se fendit et enroula subitement sa lame autour de la sienne avant de tordre ses bras en arrière.
La pression savamment exercée fit sauter l'épée couleur soleil des mains de l'alsakani, qui ne s'avoua pas vaincu. Inexpérimenté peut-être, mais capable d'improviser.
Il se jeta au sol à une vitesse stupéfiante et prenant appui sur sa main droite, joignit les chevilles pour propulser ses jambes vers son instructrice. L'estomac comprimé brusquement, elle tituba en arrière puis se remit en position.
Bekan plia les genoux pour se remettre sur ses appuis et agrippa son sabre laser sans recourir à la Force puisque son arme restait toujours reliée à la batterie de sa ceinture. Dans le même mouvement, il tenta de frapper la non humaine aux hanches.
Celle-ci s'était dérobée et il leva les yeux vers sa silhouette en apesanteur qui chuta sur lui. Il releva de justesse la lame de son sabre laser au-dessus de la tête et dut mettre un genou à terre lorsqu'elle appuya de tout son poids sur son épée.
-Pas mal, padawan. Mais je suis certaine que tu peux improviser davantage.
Les dents serrées par l'effort, il lâcha:
-Je ferais de mon mieux, maître.
Il glissa légèrement le doigt sur la poignée de son arme et sa lame couleur soleil se replia sans crier gare. Surprise, la twi lek bascula en avant par dessus son apprenti, qui se redressa et recula pour prendre du champ. Ri'ila Terka avait amorti sa chute pour se relever dans l'instant qui suivit.
Leur regard se croisa avant que Bekan ne tendit la paume vers elle, invoquant la Force pour la soulever. Il observa son maître être catapultée vers le mur.
Il se figea, pétrifié par le remords. Craignant d'avoir été un peu trop motivé...
Il écarquilla les yeux de stupeur lorsque la non humaine accomplit un demi salto arrière pour atterrir les pieds sur le mur. Lorsqu'elle accrocha de nouveau son regard, l'alsakani découvrit le sourire qui courbait ses lèvres.
Évidemment une simple Poussée de Force ne pouvait avoir raison d'un Maître Jedi, cela eut été trop beau.
Elle plia les genoux et se propulsa plusieurs mètres en haut, s'apprêtant à atterrir sous le nez de son padawan. Ce dernier tendit son esprit vers les épées d'entraînement accrochées au mur. Secouées de convulsions, celles-ci s'arrachèrent de leur support pour se diriger droit vers la non humaine qui foulait de nouveau le sol de la salle d'armes.
La twi lek conservait son sourire et brusquement les deux épées de duracier emplirent le champ de vision de Bekan. Elle les avait seulement déviées de leur trajectoire.
Par les lunes de cristal d'Alsakan! Jura-t-il intérieurement.
L'épée la plus basse allait le frapper aux hanches, l'autre à la poitrine. Et elles arrivaient en même temps!
Il ne pourrait jamais s'en préserver.
Aie confiance en la Force, Bekan. Laisse-la te guider.
Il invoqua cette énergie lumineuse qui lui avait permis de se tirer du guêpier du Pius Dea pas plus tard que la veille. Il la sentit circuler dans les fibres de ses muscles, décupler ses sens. Il la laissa le faire léviter à un mètres du sol en position oblique et le faire s'accomplir un demi-tour sur lui-même.
Sa lame énergétique trancha net les armes de duracier qui retombèrent chacune en deux morceaux cautérisés. Il enchaîna dans l'instant qui suivit une frappe de taille qui visait l'épaule de son maître. Pas du tout décontenancée par son exploit tout frais, elle dévia l'assaut et contre attaqua par des mouvements amples et désordonnés.
L'alsakani choisit de la presser pour l'empêcher de terminer chacun de ses mouvements et ne pas lui laisser l'avantage. Le duel prit une tournure plus acharnée pendant une trentaine de secondes avant que l'épuisement chronique ne les força à un combat d'usure.
L'un et l'autre passèrent de l'attaque à la défense alternativement, sans prendre un ascendant décisif. Vert et jaune, jaune et vert.
Sans un mot, sans une parole, les sabres laser s'entrechoquèrent et se mêlèrent dans une danse de lumière mortelle..
Tout à coup, Bekan discerna une faille dans la garde de son maître après qu'elle eut repoussé une attaque latérale. Son flanc droit était à découvert.
Il se fendit en avant pour arracher la victoire, sa lame couleur soleil fusant comme l'éclair vers le torse. Jubilant d'avoir dépassé son maître. Il comprit subitement qu'il n'avait pas le droit de ressentir un tel sentiment. Par fierté ou par arrogance.
Il ne le pouvait pas.
Sa lame resta immobilisée à un centimètre de la peau de la twi lek. Celle-ci accrocha son regard et signifia que le duel était fini:
-Ce sera suffisant pour aujourd'hui.

Voilà, j'espère que cela vous aura plu! N'hésitez pas à me dire si ce n'est pas le cas :whistle: !

à la prochaine pour la suite!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 10 décembre 2018, 14:04

Salut,
excuses moi de ne pas avoir commenté plus tôt, j'ai eu pas de choses à faire.
Ces deux passages sont très bien. J'ai beaucoup aimé le duel jedi/padawan, de même que la confrontation avec les brutes dans le message précédent. L'action y est très bien décrite, aucun problème de visualisation, les techniques et mouvements sont originaux. Bravo! une très belle séquence, très bien chorégraphiée! 8-)
Je t'avoue que je trouve néanmoins la proposition de duel de Ri'ila Terka en se donnant à fond très dangereuse. il suffirait que son apprenti ait un éclair de lucidité dans la Force pour qu'elle y passe. Ou alors savait-elle déjà l'issue... Tu me diras.
Bonne inspiration pour la suite. ;)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 10 décembre 2018, 20:27

Merci pour le retour ;) !
Ephasten a écrit :
10 décembre 2018, 14:04
Je t'avoue que je trouve néanmoins la proposition de duel de Ri'ila Terka en se donnant à fond très dangereuse. il suffirait que son apprenti ait un éclair de lucidité dans la Force pour qu'elle y passe. Ou alors savait-elle déjà l'issue... Tu me diras.
Bonne inspiration pour la suite. ;)
Ce combat n'était pas un combat ordinaire et d'ailleurs il est temps de publier la suite ;) !

Dans cet extrait, Bekan reçoit la récompense suprême pour un padawan en fin de formation tandis que que Contispex s'apprête à affronter ses rivaux au sein du Pius Dea :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça! Bonne lecture!

Bekan recula et la salua, en relevant la lame à la verticale devant sa figure. Elle l'imita puis ils rangèrent tous deux leur arme éteinte à la ceinture. Ils revêtirent leur bure avant que Bekan ne s'apprêta à la contourner pour quitter la salle d'armes.
-Bon appétit, maître, lança-t-il d'un ton précipité.
-Bekan.
Elle avait anticipé en se décalant pour le retenir. Ses yeux vert émeraudes trahissaient une intensité bienveillante mais rugueuse.
-Pourquoi as-tu stoppé ta dernière attaque?
Il éprouva le pressentiment que son maître connaissait la réponse bien avant qu'elle ne l'ait lui posée. Les mots lui vinrent sans qu'il n'ait eu besoin de réfléchir.
-Parce qu'un Jedi doit savoir retenir ses coups.
Alors Ri'ila Terka laissa un sourire sans retenue éclairer ses traits.
-Ce n'est pas une leçon que je t'ai apprise récemment.
-Je viens de la réapprendre, maître. Grâce à vous.
Elle lui posa les deux mains sur les épaules, solennellement.
-Tu as toujours été un élève attentif. Ce fut un honneur pour moi de t'avoir formé.
-Et nous espérons que vous continuerez à honorer la Force et nos enseignements, s'éleva subitement une voix rocailleuse derrière la twi lek.
Un houk venait d'apparaître sur le seuil, un grand et massif humanoïde chauve à la peau écailleuse. Il écarta le capuchon de sa tête avant de s'incliner respectueusement face aux deux Jedi.
-Maître Treski? S'écria Bekan, visiblement étonné de sa présence.
Cela amusa le houk.
-Vous semblez perplexe, jeune homme. Un membre du Haut Conseil n'a-t-il pas le droit de mettre les pieds dans les salles d'armes?
-Non, maître. C'est seulement que j'ignorais que vous aimiez assister aux sessions d'entraînement.
-J'admets avoir un faible pour les sessions d'entraînement qui ne sont pas ordinaires.
Le jeune alsakani fronça les sourcils.
-C'était donc une mise à l'épreuve?
-Nous voulions nous assurer que tu serais prêt, padawan Bekan Kalad, déclara le houk.
-Prêt à passer les Épreuves?
Bekan faisait allusion à cette série de tests qui déterminaient le passage du statut d'apprenti à celui de Chevalier. Au fonds de lui, il appréhendait ces épreuves. Un échec serait comme une humiliation suprême même s'il arrivait que le Haut Conseil accorde une seconde chance.
-Tu les a déjà passées, répondit Ri'ila.
-Comment? Vous voulez dire que...
Il n'osa achever sa phrase, craignant de connaître un verdict défavorable. Le Jedi houk mit fin à son attente.
-Le Haut Conseil a décidé de vous élever au rang de Chevalier.
L'alsakani se figea, ne parvenant pas à y croire.
-Perplexe? Fit la twi lek pour le taquiner.
Le jeune homme se reprit.
-Maîtres, je vous remercie de l'honneur que vous m'accordez mais êtes-vous certains que j'en sois digne?
-Attention à ton excès d'humilité, Jedi Kalad.
Le ton de son instructrice était joyeux, car la promotion de son protégé constituait aussi la récompense de son travail patient et fructueux.
-Nous n'aurions pas cette conversation si ce n'était pas le cas, appuya maître Treski.
-Tu as réussi les Épreuves en tenant tête au Pius Dea hier à mes cotés, en accomplissant la mission que tu as effectué tout à l'heure et en me combattant à l'instant même en duel. J'ai fait part de mon appréciation au Haut Conseil et ils ont estimé que tu avais fait amplement tes preuves.
-Ce duel était votre dernière Épreuve, Bekan Kalad.
-Je t'ai enseigné tout ce que je pouvais t'enseigner, affirma Ri'ila. Tu devras maintenant aborder cette nouvelle étape de ton existence, en toute autonomie. Apprendre cette fois par toi-même, sans que personne ne te prenne par la main.
-C'est une lourde responsabilité, maîtres, et je l'assumerai.
Il s'inclina devant ses supérieurs avant que le houk ne recula pour se retirer.
-La cérémonie d'adoubement aura lieu dans six jours, conclut Maître Treski.
Il se détourna après les avoir salués et la twi lek resta avec son apprenti promu. Ils demeuraient silencieux, ne sachant quoi se dire. L'alsakani fut le premier à trouver ce silence trop pesant pour lui.
-Maître Terka, je...
Il s'apprêtait à exprimer toute sa reconnaissance mais il craignait de ne pas sélectionner les mots justes. Et de paraître d'une platitude navrante.
-Je sais, Bekan. J'ai connu le même sentiment que toi lorsque les Maîtres m'ont promue. Un mélange de fierté et de crainte.
-Aviez-vous eu envie tout de suite après, de prendre un padawan?
-Oui, mais j'ai du me montrer patiente. La plupart des Chevaliers choisissent leur futur élève lors des sessions d'entraînement, au sein même du Temple. C'est la Force qui m'a menée jusqu'à toi sur Alsakan, lors de mon voyage diplomatique.
Par l'épaule, elle l'entraîna vers le milieu de la salle d'armes.
-Et je ne regrette pas de t'avoir emmené avec moi, lui confia-t-elle avec une sincérité touchante. Tu m'as permis de devenir une meilleure Jedi.
-Cela vous a permis d'élargir votre compréhension?
-Cela m'a appris à mieux me connaître moi-même.
L'alsakani hocha la tête, intéressé par l'opinion de son instructrice et comprenant qu'elle tentait de l'encourager à prendre lui aussi, un apprenti. Bekan n'était pas opposé à cette idée, bien au contraire. Mais il souhaitait franchir le pas au bon moment.
-Je vais réfléchir à cette question, ne pas me précipiter.
-Tu fais preuve d'une grande sagesse.
Elle lui flanqua une bourrade amicale entre les omoplates avant d'étudier la salle autour d'elle.
-Un Chevalier Jedi ne peut laisser cet endroit dans un pareil état, fit-elle en désignant les débris des épées de duracier que Bekan avait brisées.
-Moi qui pensais être dispensé de corvée, soupira l'alsakani.
-Faux espoir, Jedi Kalad.
L'expression de la twi lek était plus radieuse que jamais.
-Je pourrais utiliser des droides?
-Accordé, et tu peux même t'occuper de cela après le déjeuner, lui répondit-elle. Considère cela comme ton premier pas sur le dur chemin de Chevalier, Bekan.
Le jeune homme lâcha un rire sarcastique.
-Voilà qui qui est très encourageant, grinça-t-il.
-Allez, dépêche toi de rejoindre Zeri et de lui annoncer la bonne nouvelle avant que je te corrige, vilain garnement.
Les traits de Bekan s'illuminèrent à la pensée que le déjeuner aurait un arrière goût festif avec son amie lorrdienne.
-Tout de suite, maître.
Il salua son instructrice et sur le chemin qui le menait à la cantine, respira bien plus librement que tout à l'heure. Un énorme fardeau avait soulagé sa conscience car son avenir était maintenant clairement dessiné.
Celui de la République ne l'était pas autant.

Deux jours après la destitution de Pers'lya par le Sénat

Il ne craignait pas la nuit. Car la flamme de la Déesse continuerait de le guider, tel un phare perçant à travers la tempête.
En temps voulu, même la nuit le craindrait. Car il s’appelait Julius Contispex et le pouvoir d'influencer la marche de la galaxie lui reviendrait bientôt. Tout d'abord, il lui restait des comptes à régler.
Revêtu de sa toge pourpre comme sa femme Linza, il fixait les cieux éteints de la Cité Galactique. Les éclats lumineux des étoiles inaccessibles, les lumières des habitations, les phares des véhicules qui approchaient puis disparaissaient au loin. Les époux étaient agenouillés côte à côte face à la grande baie de transparacier, dans le salon.
Les mains jointes, leur capuchon enveloppant la tête, ils se mirent à prier. Linza commença:
-La Déesse est Mère de toute chose.
Sa voix était calme et apaisait les inquiétudes du sénateur qui appréhendait la convocation du Conseil des Sages. Il avait pris des dispositions, certes, mais sait-on jamais?
-Sa bienveillance n'a d’égale que la pureté à laquelle les élus aspirent, enchaîna-t-il. Sa miséricorde guidera les égarés et les impurs sur le chemin de la rédemption. Tous ceux qui aspirent au bien trouveront la voie.
-Là où sa bonté resplendit, nous ne craignons nulle ténèbre. Nous continuons notre route de pèlerin et découvrirons ainsi sa sagesse. La Déesse nous inspire l'amour du prochain et nous encourage à l'aider.
-Nous prions la Déesse et ses Enfants, ses Prophètes. Nous honorons Acalas, le Prophète du Savoir et Kasili, la Prophétesse de la Sagesse.
Il ne put s'empêcher de jeter un regard en biais vers sa femme, toujours aussi concentrée.
-Nous nous gardons de Hapos, le Prophète de la Violence et d'Amaleth, la Prophétesse de la Débauche. Gardons-nous à jamais de la tentation qui nous détournerait de la Déesse et de son message, gardons-nous du péché qui nous souillerait, ajoutait-elle avec ferveur.
Elle croisa le regard de son mari. Ils avaient éteint les lumières de leur appartement car la nuit était déjà bien avancée mais les lueurs projetées par la capitale de la République leur permettait de savourer leurs traits respectifs.
-Ô Déesse, assure à tes véritables enfants, la victoire contre nos ennemis qui sont aussi les tiens. Que ta bonté lave cet univers du péché originel et permette à tous d’accéder à la Vertu, martelait-elle avec passion.
-Ainsi soit-il.
-Ainsi soit-il.
Elle attrapa la main de son mari et ils se levèrent tous les deux. Ils se firent face et restèrent ainsi, se tenant par les doigts. La Déesse les avait unis par les liens sacrés du mariage, seule sa volonté pouvait les séparer.
Pour l'instant, elle ne l'avait pas décidé.
-C'est l'heure, le prévint-elle.
-Je sais.
Elle lui lança un sourire complice.
-Tu veux voir Ethan avant de partir? Lui proposa-t-elle.
-Je ne veux pas le réveiller.
Elle lui caressa la joue et il frissonna à ce contact.
-Nous serons discrets, le rassura-t-elle.
-Très bien, allons-y.
Ils se dirigèrent vers la chambre de leur fils à pas légers. Ils l'étudièrent de leur regard de parents attentionnés, cet enfant innocent, endormi paisiblement sur le flanc et serrant contre lui son doudou, un bantha en peluche.
Ils contournèrent le lit lentement pour s'en approcher le plus près possible. Malgré les ombres épaisses, les lumières nocturnes de Coruscant éclairaient doucement son visage lisse, alors qu'il était plongé dans un sommeil paisible.
Julius résista à l'envie de le réveiller et de le prendre dans ses bras, Linza se contenta dans un geste d'affection maternelle de remettre sa couette en place, pour recouvrir son corps encore menu et chétif.
-Il est magnifique, n'es-ce pas?
-Oui, confirma-t-il en la prenant par les hanches.
Magnifique... et si fragile.
Il comprit subitement pourquoi elle l'avait amené ici. Pour qu'il n'oublie pas les enjeux, le motiver en lui rappelant ses obligations. Il devait assurer l'avenir de son fils à défaut d'assurer son propre avenir.
-Que la Déesse lui accorde une nuit paisible, déclara-t-il.
Un luxe que certains ne posséderont pas, pensa-t-il.
-Ne les faisons pas attendre, fit son épouse.
-D'accord.
Il la relâcha et le couple sortit de l'appartement pour être accueilli dans le couloir par une adepte de leur confrérie qu'ils reconnurent aisément, Soeur Malen. Celle-ci s'inclina pour les saluer.
-Grand Sage, Soeur Linza.
-Bonsoir, Soeur Malen, répondit Linza.
De la main, Malen montra la porte du turbo ascenseur.
-Un véhicule nous attend en bas de l'immeuble.
-Merci de votre diligence, le remercia Julius. Nous n'aurons pas besoin de vos services, cette nuit.
Sous son capuchon, leur guide esquissa un rictus.
-Pardonnez-moi d'insister mais le Sage Suprême m'a demandé de vous accompagner.
-Nous obéissons au Sage Suprême car nous sommes tous au service de la Déesse, affirma la femme du sénateur.
Les époux Contispex maîtrisèrent suffisamment leurs émotions pour ne rien laisser paraître. Mais lorsque Malen leur tourna le dos, ils échangèrent un regard de connivence qui signifiait: il faudra l'éliminer car nous savons à qui va sa loyauté.
Soeur Malen ne s'aperçut pas davantage de la dureté qui s'exprimait dans leurs yeux, traduisant leur détermination. Elle n'aperçut pas alors qu'elle appuyait sur le bouton pour appeler le turbo ascenseur, que Linza avait refermé sa main sur le poing de son mari serré.
Oui nous obéissons au Sage Suprême, mais plus pour longtemps.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé! Je ne sais pas pour vous mais j'ai un faible pour Hapos et Amaleth :sournois: :diable: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 17 décembre 2018, 19:09

Bonsoir! comme prévu, je vous publie la suite!

Dans cet extrait, Contispex se rend à sa convocation pour affronter le conseil des Sages du Pius Dea! Sans avoir oublié de préparer sa riposte :sournois: !

je vous laisse découvrir ça!

Ils montèrent dans le landspeeder qui leur avait été affrété, le conducteur étant un autre membre de leur ordre. Aucun mot ne fut échangé pendant le trajet, tandis qu'ils traversaient les quartiers de la Cité Galactique jusqu'à arriver devant l'entrée d'un parc, situé à cinq cent mètres au nord du siège du Sénat.
Les Contispex reniflèrent l'air empli de l'épice boisée après être descendus du véhicule. Ils s'engagèrent dans l'allée principale sans prendre le temps d'admirer les haies et les pavés de fleurs exotiques qui reposaient à l'ombre de la nuit.
Ce parc figurait parmi les plus populaires de la Cité Galactique et cela expliquait que le Pius Dea l'ait investi pour y tenir ses meetings enflammés exaltant leur propagande. La deuxième raison est qu'il était possible à partir de ce parc d’accéder aux souterrains de l'immense ville planétaire.
Ils ralentirent exprès tous deux pour ne pas être entendus de Soeur Malen et de leur autre guide.
-Les Forces de Sécurité? Demanda vivement Julius.
-Nous les avons payés pour que leurs patrouilles évitent le secteur. Ils ne nous gêneront pas.
Il approuva d'une inclinaison du menton.
-Et tes assassins Malkites? Fit sa femme.
-Ils sont en position, prêts à agir.
Il replia sa manche ample pour laisser à découvert, le collier attaché autour de son poignet gauche.
-Ils interviendront au signal.
-L'effet de surprise sera notre seule alternative, lui fit-elle remarquer.
-J'y compte bien.
Ils cessèrent de parler au moment où Soeur Malen s'était retournée, sa curiosité éveillée. Les deux époux lui répondirent par une impassibilité glaciale alors qu'ils s'arrêtèrent sous une arche en granit, marquée par des fresques symboliques d'animaux mythiques inconnus.
Deux gardes chauves qui portaient la toge du Pius Dea les accueillirent en joignant les paumes devant leur poitrine.
-Soyez absous de vos péchés et que la Vertu vous guide, Grand Sage et Soeur Linza.
-Soyez absous de vos péchés et puisse la Foi vous garder sur le chemin de la pureté, frère Beyan, répondit Soeur Malen.
-Le Sage Suprême et le conseil vous attendent.
Le chauffeur demeura avec ses coreligionnaires tandis que Malen précéda de nouveau le couple avant qu'ils n'atteignirent l'entrée d'une caverne, éclairée par des torches de part et d'autre fichées sur des piques grossières.
Soeur Malen empoigna un bâton lumineux pour éclairer le passage qui s'enfonça sous la surface de plus de vingt mètres de profondeur. Bien qu'humide, le couloir qui dépassait la hauteur de deux humains empilés était relativement bien entretenu. Julius Contispex savait que ce tunnel était l'une des nombreuses voies de ravitaillement qui ravitaillèrent les Zhells dans leur guerre contre les Taungs, pour le contrôle de la planète bien des siècles avant la création de la République. Pour leur confrérie, il était logique et symbolique d'utiliser ce qui avait été crée par les ancêtres des colons humains coruscantis.
Ceux-ci avaient montré la voie à la galaxie.
Il le considérait comme un bon présage pour la réussite de son projet, une croyance partagée par Linza.
Après une centaine de mètres, ils débouchèrent dans un hall où grouillaient des centaines d'adeptes, tous humains bien entendu. Si certains saluèrent le Grand Sage avec une chaleur respectueuse, d'autres manifestèrent une distance glaciale, allant jusqu'à les ignorer. Le couple ne faisait guère l'unanimité, loin de là.
Mais c'était le cadet de leurs soucis. Car bientôt ils inspireraient la crainte à tous, amis ou ennemis. Si la Déesse le voulait.
Soeur Malen les escorta jusqu'au seuil d'une vaste crypte, illuminée par des dizaines de torches également réparties qui permettaient une luminosité adéquate. À la lueur des flammes tremblantes, Julius distingua les silhouettes de huit condisciples à l'âge avancé et tous humains, entourant une table de granit demi circulaire.
Bien que portant la toge caractéristique de leur confrérie, ils se distinguaient par le port d'un collier de perles scintillant caractéristique de leur position élevée.
Ils se tenaient debout et leurs regards sévères convergèrent vers le sénateur de Coruscant et trésorier des Guildes Marchandes, celui-ci s'avançant de quelques pas à l'intérieur de la vaste salle. La voix du Sage Suprême, un grand homme au visage sec et aux cheveux dégarnis, placé au milieu de ses confrères, résonna comme un chœur d'orchestre.
-Bienvenue, Soeur Linza et Grand Sage Julius.
-Merci, Sage Suprême et Grands Sages. Je me présente humblement devant vous comme vous le souhaitiez, déclara le coruscanti.
Le Sage Suprême, connu sous le nom de Anrico Poka, inclina raidement le cou avant que la femme placée à sa droite, une femme aux rides prononcées et au ton cassé par l'usure du temps n'intervint.
-Cette convocation ne s'adressait qu'à vous, Julius.
-Mon épouse remplit seulement ses obligations conjugales, répliqua sèchement l'intéressé. Vous-même en auriez fait autant, Gheta.
Les yeux de la Grande Sage se plissèrent légèrement.
-Je n'ai jamais éprouvé l'envie d'être tenue par la main lorsque je fais mes courses, Julius.
Cela provoqua quelques ricanements discrets, qui furent aussitôt étouffés par le Sage Suprême après que Linza se soit retirée discrètement tout en restant à portée de voix.
-Il est temps d'aborder le sujet de votre convocation.
-Nous voudrions déterminer ce qui s'est passé devant le Sénat après la destitution de Pers'lya, commença un autre Sage qui se prénommait Lessad.
Julius se redressa sous les regards perçants de ses confrères.
-Pourquoi me poser une question dont vous connaissez la réponse? Fit-il avec un dédain certain.
-Vous ne niez pas avoir donné l'ordre à certains de nos frères et de nos sœurs d'attenter publiquement à la vie de ce bothan? S'étonna Gheta.
-J'ai recommandé à ceux qui écoutent la Volonté de la Déesse de montrer leur dévotion à la Déesse par des actes concrets.
-Ne jouez pas sur les mots, Julius, intervint avec véhémence une autre femme. Vous les avez montés contre lui. Savez-vous combien de nos frères et de nos sœurs sont morts par votre imprudence?
-Ce sont les Jedi qui leur ôté la vie, la Déesse en a voulu ainsi.
-Voilà trop longtemps que vous agissez en dehors de nos directives, s'agaça Lessad qui commençait à être excédé par l'arrogance du sénateur. Il est temps que cela cesse.
Tous ses collègues le soutinrent en silence et Julius ne fut pas dupe. Au conseil des Sages, il n'avait jamais disposé d'un soutien solide.
-Ou sinon? Le défia le sénateur.
-Sinon nous prendrons des mesures pour que vous ne puissiez plus nuire à qui que ce soit, répondit le Sage Suprême Poka. Soeur Malen?
La jeune humaine s'approcha de Contispex, qui lui concéda à peine un regard.
-Comment s'est passé votre entretien avec Pers'lya? Lui demanda le chef du Pius Dea.
-Fort bien, Sage Suprême. Je lui ai remis suffisamment de preuves pour qu'il puisse en faire bon usage.
-Traîtresse! Éructa Julius. Nous vous faisions confiance!
Ce n'était qu'une pure comédie car il avait commencé à deviner le véritable rôle de sa secrétaire.
-Je suis au service de la Déesse et cela n'a rien d'une trahison, Grand Sage.
-Quelles preuves avez-vous remis au bothan, Soeur Malen? Interrogea le Grand Sage Lessad.
-Les traces de transactions financières des comptes des Guildes Marchandes vers Alsakan, notamment parmi les personnalités les plus hauts placées dans la hiérarchie politique et militaire. Pour les pousser à menacer la République.
Contispex émit un rire méprisant.
-Alors c'est cela, servir la Déesse? En être réduit à pactiser avec un impur?
-Vous ne nous laissez pas le choix, Julius. C'est vous qui nous avez poussés à cette extrémité, expliqua Anrico Poka. La violence dont ont fait preuve vos partisans ces dernières semaine nous causent beaucoup de tort et nous discréditent alors que nos discours sur la corruption et la débauche qui règnent à l'intérieur de la République commençaient à porter leurs fruits. Tous ceux qui partagent nos convictions pourraient se détourner de nous.
-Vous êtes en train de faire voler en éclats un travail minutieux de longue haleine, enchaîna Gheta. Nous ne pouvons plus le permettre.
-Il est temps pour vous de rentrer dans le rang pour retrouver le pardon de la Déesse, souligna Lessad. Soeur Malen dispose de bien d'autres preuves contre vous qu'elle dévoilera au grand public si vous refusez de vous soumettre.
-Je ne suis pas un animal domestique que l'on tient en laisse, rugit Julius.
-Vous êtes dévoré par votre ambition, déplora Gheta. Nous vous avons permis de siéger parmi nous par respect envers la mémoire de votre défunt père..
-Ne me parlez pas de mon père, il était indigne de la Déesse! L'interrompit violemment le sénateur.
-Votre père était un homme guidé par Kasili, la Prophétesse de la sagesse. Vous avez perverti son héritage.
Les yeux de Contispex lancèrent des éclairs.
-Ce que vous appelez sagesse n'était que faiblesse. J'ai amélioré son héritage car le savoir d'Acalas et la sagesse de Kasili ne peuvent suffire à faire progresser notre cause. Nous devons nous appuyer sur la force que peut nous conférer Hapos.
-Blasphème! S'exclama Lessad. Comment osez-vous invoquer le nom du Prophète de la Violence en ce lieu sacré de délibération?
-Il suffit! Martela brutalement le Sage Suprême. J'en ai assez entendu!
Julius croisa les bras et effleura discrètement le collier fixé à son poignet, lançant à l'insu de tous le signal convenu.
-Nous avons tous appris ce que nous avions besoin de savoir, reprit le chef de la confrérie avec plus de calme. La Déesse nous a éclairé la voie.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :sournois: !

Et j'espère que le panthéon du Pius Dea vous intéresse beaucoup :whistle: !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 17 décembre 2018, 21:01

Salut,
deux bons extraits, toujours de bonne qualité.
Je comprend mieux la nature du combat Jedi/ padawan.
La complexification du panthéon du Pius Dea est une bonne idée ; surtout à ce point de l'histoire où on pensait tout savoir ou presque sur cette secte.
à bientôt. :)
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 19 décembre 2018, 08:34

Merci pour le retour et à bientôt ;) !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 25 décembre 2018, 22:39

Bonsoir voilà la suite!

Cet extrait est court mais je suis certain qu'il vous plaira :sournois: !

La suspicion de Frère Beyan s'accrut subitement lorsque deux silhouettes encapuchonnées surgirent de la brume, leurs contours éclairés par les reflets des torches sous l'arche où il montait la garde. Il glissa un regard entendu vers la Sœur qui était à ses cotés et étudia la tenue des intrus. Ils n'étaient en rien des membres du Pius Dea et leur allure traduisait plutôt celle d'individus qui pratiquaient des activités autres que des processions religieuses.
Il fronça les sourcils devant ce masque mortuaire qui recouvrait leur figure. Un symbole étrange brillait sur leur tunique au niveau du sternum. Un cercle d'or dans lequel baignait un poignard. Frère Beyan sut à qui il avait affaire.
Des assassins Malkites.
Sans hésiter, il se mit en travers de leur chemin.
-Halte, vous ne pouvez aller plus loin sans l'autorisation du Conseil des Sages ou du Sage Suprême lui-même.
-Nous sommes ici pour servir le Grand Sage Julius Contispex, répondit une voix de femme étouffée par le masque.
-Je regrette mais le Grand Sage a été convoqué par le conseil des Sages pour être jugé selon la volonté de la Déesse. Cela ne vous confère pas le droit d'entrer.
-C'est regrettable, mais nous tenons tout de même à vous féliciter pour votre dévouement.
L'acolyte de la visiteuse s'avança pour se placer sous le nez de Frère Beyan qui fut intrigué par ce dispositif étrange qui saillait de sa manche. Il crut distinguer un orifice minuscule.
Un sifflement de mauvais augure précéda l'apparition d'un nuage qui aspergea le visage de Frère Beyan. Ce dernier battit en retraite, tout en dégainant une vibrolame.
-Comment osez-vous?
Les Assassins Malkites demeurèrent stoïques, ne le craignant visiblement pas. À juste titre, car Beyan fut secoué de plusieurs quintes de toux quelques secondes après, crachant du sang. Se rendant compte du mal qui lui avait été infligé, il tenta de se redresser en brandissant son arme blanche.
-Soeur Hyem, nous devons les empêcher...
Une douleur lui paralysa le flanc et il hoqueta de surprise lorsque sa consœur au teint basané recula, tenant sa vibrolame tâchée de sang. Le sang de Beyan.
Il tituba avant de s'affaisser sur les fesses en tendant une main accusatrice vers celle qui le dévisageait avec une froideur effrayante.
-Pour..quoi?
-Seuls les véritables serviteurs de la Déesse méritent d'arpenter le chemin de la Vertu et d’accéder à la Pureté, se contenta-t-elle de répondre.
Elle se pencha et le frappa deux fois à la gorge. Beyan expira instantanément, la trachée ouverte et la carotide sectionnée. Ses yeux fixèrent à jamais le ciel étoilé, inexpressifs. Hyem l'ignora aussitôt pour se tourner vers les visiteurs qui furent rejoints par trois de leurs camarades.
-Nous devons faire vite, leur lança-t-elle. Suivez-moi.
Elle les guida, pleine d'assurance à travers le tunnel qui s'enfonçait sous terre et qui menait directement au hall des fidèles du Pius Dea qui étaient engagés dans des discussions vives et animées concernant l'issue de la réunion qui devait décider de l'avenir de Contispex au sein de leur ordre. Certains souhaitaient la clémence du Conseil des Sages à son égard, d'autres au contraire une sentence sans appel.
Ils mirent du temps à prendre conscience de leur présence, ce qui suscita un fort sentiment d'hostilité chez qui ne soutenaient pas Contispex. Les Assassins Malkites se déployèrent autour de Sœur Hyem, tandis qu'un coreligionnaire irrité se décala pour leur barrer le chemin.
-Cet endroit est réservé uniquement aux serviteurs de la Déesse, les menaça-t-il. Partez avant de profaner ce lieu!
Sans lui répondre, Hyem l'agrippa par le col de sa toge et lui enfonça sa vibrolame jusqu'à la garde dans l'abdomen puis dans la poitrine. Les cinq Assassins brandirent quant à eux des blasters qu'ils pointèrent aussitôt sur la foule des fidèles.
Lorsque Hyem lâcha le corps de sa victime sanguinolente sous les regards des témoins les plus proches pétrifiés, elle s'écria:
-Montrons notre Foi en la Vertu! Mort aux hérétiques, mort aux apostats!
À ce cri de ralliement, un tiers des fidèles levèrent aussitôt des vibrolames vers le plafonds du hall en répétant:
-Mort aux apostats! Pour la Déesse!
Les autres membres de l'ordre tournèrent la tête dans toutes les directions, s'apercevant que leur voisin était soudain devenu un ennemi mortel. Ils cherchèrent vivement une échappatoire, comprenant enfin que le piège se refermait sur eux.
Aucun signe distinctif ne permettait de discerner les partisans de Contispex des autres. Cependant les premiers semblaient savoir exactement qui n'était pas avec eux, à moins qu'ils ne furent aveuglés par un fanatisme bestial.
Des cris de panique se répercutèrent sur les murs avant que les premières victimes ne s'écroulèrent, poignardées avec une sauvagerie digne d'un rancor enragé. La terreur s'empara des fidèles visés par la trahison de leurs camarades ralliés à Contispex, et ils se bousculèrent pour tenter de gagner la sortie.
Le salut.
Ils jouèrent des coudes n'hésitant pas à se piétiner les uns les autres, alors que les Assassins Malkites crispèrent leur poing sur la crosse de leur blaster. Leur mission consistait à ce que personne ne réchappe de cet endroit, transformé en abattoir. Les tirs de blaster illuminèrent le hall, éblouissant par des flash éphémères les figures grimaçantes d'effroi devant la mort qui se répandait tel un cyclone infernal.
Ainsi cette femme au milieu du hall s'écroula sur ses genoux, touchée d'un coup de vibrolame aux hanches. Elle tenta de s'extirper de la foule en rampant à quatre pattes mais fut rattrapée par un partisan de Contispex qui lui glissa la lame sur sa gorge. Elle s'affala en agonisant, la trachée découpée. À quelques mètres de là, un autre coreligionnaire fut agrippé par derrière, sans avoir eu le temps de se défendre. Un bras se leva et le frappa trois de suite aux poumons. Son corps s'effondra et disparut sous les pieds des condisciples pris de panique.
Les vibrolames creusèrent dans les chairs, dans les muscles, déchiquetant les organes. Une symphonie macabre ponctuée par les beuglements de bêtes sacrifiées.
Mais certains ne se laissèrent pas abattre comme du bétail. Ceux-ci saisirent eux aussi des vibrolames voire des pierres arrachées des murs par l'érosion. Ils ne furent hélas pas assez nombreux pour changer l'issue de ce massacre prémédité.
Les corps étaient entrelacés les uns aux autres dans une mêlée caricaturale, le sang des infortunés – agrippés à leurs bourreaux - se confondant avec leur toge pourpre sous le halo blafard des torches. Pendant plusieurs minutes, les hurlements des suppliciés résonnèrent d'une mélopée funèbre avant que leur silence ne fut le seul maître.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques!

à la prochaine pour la suite!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 28 décembre 2018, 10:47

Salut,
j'aime surtout la fin de ce passage, la scène du massacre à proprement parlé est très bien rendue.
J'ai trouvé que frère Beyan n'était pas très malin. A partir du moment où il identifie les nouveaux arrivants comme étant des assassins, tirer sans le tas et/ou donner l'alarme aurait été plus avisé. A sa décharge il n'ait pas aidé par sa camarade de garde, c'est vrai.
Concernant le style, j'aurai quelques critiques à te faire (si tu permets) sur l'emploi du "qui".
La première, mineure, dans cette phrase:
Ils n'étaient en rien des membres du Pius Dea et leur allure traduisait plutôt celle d'individus qui pratiquaient des activités autres que des processions religieuses.
Employer un participe présent aurait donné à ta phrase un style moins oral, moins familier.
Par contre dans le passage suivant:
Elle les guida, pleine d'assurance à travers le tunnel qui s'enfonçait sous terre et qui menait directement au hall des fidèles du Pius Dea qui étaient engagés dans des discussions vives et animées concernant l'issue de la réunion qui devait décider de l'avenir de Contispex au sein de leur ordre. Certains souhaitaient la clémence du Conseil des Sages à son égard, d'autres au contraire une sentence sans appel.
Ils mirent du temps à prendre conscience de leur présence, ce qui suscita un fort sentiment d'hostilité chez qui ne soutenaient pas Contispex.
Il y a vraiment trop de "qui" en si peu de ligne, surtout dans la première phrase. Au delà de la répétition, cela multiplie les référents et à force le lecteur s'y perd ou va trouver cela confus ou mal dit. Je pense que tu y aurais gagné à faire plusieurs phrases, ou au contraire, zapper toutes ces références si tu juges que cela alourdirait trop le rythme de l'action.
Encore une fois, je te dis tout ça avec l'humilité d'un amateur, tu restes maître de ta plume (encore heureux, me diras-tu)
passes un bon réveillon, et à l'année prochaine pour la suite, je présume. :)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 30 décembre 2018, 23:18

Merci pour le retour ;) !

voilà la suite!

Contispex sort donc le grand jeu et ca va faire mal, très mal! :diable:

Julius inspira un grand coup car il sut à leur regard fuyant ce que le Sage Suprême et les conseillers avaient décidé à son encontre. Mais cela ne l'effrayait pas car cela était prévu... c'était même ce qu'il souhaitait, pour justifier ce qu'il ferait bientôt.
Son heure approchait et ces idiots l'ignoraient encore.
Anrico Poka reprit la parole quelques instants après avoir coupé court au débat. Son ton était celui d'un homme désolé.
-Sans doute avons-nous commis une erreur en vous confiant ce siège de conseiller et le titre de Grand Sage qui appartenaient à votre père, Indros. Nous aurions du vous laisser faire vos preuves avant de vous accorder cette faveur.
-J'ai fait mes preuves, ma Foi en la Déesse est bien plus éprouvée que la vôtre, répliqua le sénateur au pied du mur.
-Et vous l'avez démontré de manière éclatante, railla Gheta.
Il soutint son regard perçant.
-Vous croyez en la même chose que moi mais vous n'osez pas agir, vous n'êtes que des pleutres.
-Nous sommes les Enfants de la Déesse, y compris les non humains. C'est à nous les humains de les élever et de les faire accéder à la Vertu, dans la paix et en faisant preuve de compassion à leur égard.
-La paix? La compassion? En laissant les criminels, les impurs agir à leur guise, corrompre la société et terroriser les honnêtes citoyens?
-Terroriser les citoyens? s'esclaffa Lessad. Vous le faites bien à leur place, vous êtes même devenu un maître en la matière.
-Cela vous est facile de donner des leçons alors que vous restez assis...
-Le Conseil des Sages va prendre sa décision, l'interrompit Anrico Poka. Cette discussion a assez duré.
Le Sage Suprême s'assura que son autorité lui avait permis de rétablir le silence.
-Qui souhaite le maintien de frère Julius au rang de Grand Sage?
Sans surprise pour le sénateur, aucune main ne se leva en sa faveur. Et il considéra à peine les bras qui se levèrent à l'unanimité, lorsque la question opposée fut lancée par le chef de la confrérie.
-Qui est pour son exclusion du Conseil et de notre ordre?
Les bras retombèrent peu après et Julius serra les poings, prêt à frapper un grand coup. Ces imbéciles allaient découvrir de quoi il était capable.
-La Déesse nous illumine de sa sagesse et ce Conseil a décidé de vous excommunier jusqu'à ce que ce que le pardon vous soit accordé. Cette décision prend effet immédiatement. Souhaitez-vous ajouter quelque chose?
À ces mots, succédèrent des glapissements lointains qui glacèrent le sang de tous hormis de Julius qui esquissa un sourire sinistre. Sœur Malen se détacha du mur et proposa au Conseil des Sages, indécis.
-Je vais aller voir ce qui se passe au hall de l'Illumination.
-Allez-y, Sœur Malen, répondit le Sage Suprême qui avait repris contenance.
Julius l'entendit s'éloigner puis se redressa, une expression de triomphe et de cruauté éclairant ses traits.
-Vous m'avez demandé si je souhaitais ajouter quelque chose. Eh bien oui, j'ai une déclaration à vous faire.
Sœur Malen réapparut soudainement, les traits exprimant un affolement incontrôlable.
-Nous sommes trahis!
Une silhouette féminine se glissa dans son dos et elle poussa un gémissement étouffé lorsqu'une vibrolame s'enfonça entre ses reins, la faisant s'écrouler aux pieds de Linza Contispex. La Grande Sage Gheta glapit en réaction:
-Gardes, arrêtez-les tous les deux!
Deux adeptes de la secte surgirent dans la salle du Conseil, derrière Linza qui adressa un sourire réconfortant à son mari. Les nouveaux venus fixèrent froidement les Sages et le Sage Suprême, montrant ainsi à qui allait leur fidélité.
Les membres du Conseil comprirent enfin la gravité de leur situation, alors que les cris depuis le hall de l'Illumination ne cessaient de croître.
-Mon heure est venue et votre temps touche à sa fin, asséna Julius qui brandit à son tour une vibrolame. Voilà ce que je souhaitais ajouter.
-Vous êtes devenu fou! Beugla Lessad.
-Non, je suis clairvoyant et la Déesse est lasse des aveugles. Et comme vous pouvez le voir, bon nombre de nos frères et de nos sœurs sont las de votre médiocrité. Nous allons y mettre fin cette nuit.
Il devint clair en cet instant qu'il n'y aurait pas de quartier. C'est pourquoi le Sage Suprême exhiba de sous sa toge, un blaster. Il possédait le regard d'un homme qui n'avait plus rien à perdre.
-Vous allez le payer!
-Julius! S'écria Linza.
Le sénateur vif comme l'éclair se jeta en avant pour esquiver le trait mortel qui noircit la brique derrière lui. Il surprit son épouse agripper à son tour un blaster pour riposter. Elle obligea par de courtes rafales, le Sage Suprême et les autres Sages à se réfugier derrière la table de granit, qui absorba les tirs.
Anrico Poka lâcha des salves au jugé, obligeant les conjurés à se baisser à leur tour. Les époux Contispex échangèrent un bref regard tendu. Ils ne pouvaient rester ainsi à découvert, ils ne le savaient que trop bien.
Alors ils séparèrent pour les contourner et les attaquer par le flanc. Un des deux séides qui serrait de près Linza pour la protéger, fut renversé d'un tir de blaster à bout portant au cou. Il expira en silence tandis que Linza visa le Sage Suprême dont le blaster venait de se décharger.
De l'autre bout de la pièce, Julius lui cria:
-Laisse-le, il est à moi!
Sa femme s'occupa alors des Grands Sages les plus proches d'elle qu'elle foudroya méthodiquement, insensible à leurs suppliques et à leurs lamentations. Elle n'éprouvait aucune pitié à leur égard, les regardant tomber comme des tiques de bantha mortellement intoxiquées.
Julius surgit à son tour devant le reste de l'assemblée trop médusée pour opposer la moindre résistance. Il poignarda deux Grands Sages avant de faire face à Lessad qu'il empoigna avec rudesse par le col de sa toge.
-Non, non! Glapit celui-ci. La Déesse ne vous permettra pas de..
Julius lui enfonça la lame dans le cœur, faisant mourir les mots dans sa gorge. Derrière Lessad, Linza releva brutalement Gheta, pour l'égorger. Les râles étouffés de celle-ci les emplirent tous deux de joie.
-Un seul Sage sera suffisant, c'est tout ce que permettra la Déesse.
Il le relâcha et enjamba son cadavre pour achever le Sage Suprême, le dernier à se tenir debout, encerclé par ses ennemis implacables. Son visage sec affichait une pâleur plus blanche que la neige des Monts Manarai alors que Julius s'approchait, une expression farouche arborant ses traits. Dans un geste désespéré, Anrico Poka lui projeta au visage son blaster déchargé.
-Que Hapos vous foudroie!
-Hapos guide ma main, répondit le sénateur.
-Vous allez nous provoquer notre perte à tous! Beugla encore Anrico.
-Non, nous nous élèverons tous vers la Pureté. Nous purifierons la République du vice, de la corruption et nous la rendrons vertueuse. Il en sera de même pour toute la galaxie et l'univers.
Parvenu à portée de main, Julius l'agrippa par le milieu de sa toge.
-Et comme mon père indigne, vous ne serez plus là pour le voir.
La vibrolame qu'il tenait fouilla tout à coup les entrailles du Sage Suprême, qui gémit d'une souffrance indicible alors que Contispex continuait de lui murmurer avec une satisfaction cruelle.
-Je vous tue maintenant comme je l'ai tué. Car le fils doit tuer le père pour s'émanciper.
Pas un seul instant, ses yeux ne quittèrent ceux du Sage Suprême qui bascula finalement sur le flanc, ses iris hagards finalement privés de vie. La tension quitta un peu le corps de Julius qui s'enquit de la santé de sa femme.
-Tu n'as rien, ma chérie?
Elle s'approcha de lui et lui serra le coude, visiblement agitée par une semblable inquiétude.
-Non, mon cœur. Et toi?
Soulagés, ils s’enlacèrent vigoureusement en toute intimité. L'adepte qui les avait aidés, lança:
-Nous devrions rejoindre nos camarades au hall de l'Illumination.
-Très bien, frère. Allons leur prêter main forte, ordonna Julius. Linza, tu en as assez fait, tu devrais rentrer.
-Non, protesta-t-elle.
Elle était offensée par sa suggestion.
-La Déesse nous a liés à jamais. Ce que nous avons commencé ensemble, nous le finirons ensemble. Pour Ethan.
Les traits de son mari se convulsèrent sous le coup de l'émotion lorsqu'elle prononça le nom de leur fils. Oui, ils faisaient aussi cela pour Ethan.
Ce n'était que justice, après tout.
-Si la Déesse le veut, se résigna-t-il.
Tous trois se précipitèrent alors dans le couloir pour rejoindre le hall de l'Illumination. Abandonnant un tas de cadavres derrière eux, y compris celui de Sœur Malen dont les doigts frémirent pourtant pour enfoncer ses ongles dans le sol. Personne ne vit donc la survivante, la toge blanche ensanglantée, ramper jusqu'au mur et s'y adosser en tentant de reprendre son souffle.
Sur son visage livide, la jeune adepte laissait transparaître une volonté de vivre à tout prix.
De s'échapper de ce tombeau..

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou de vos questions!

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Typhoon_MkII » 31 décembre 2018, 17:23

Ça fait plaisir de voir ton style évoluer depuis le premier message jusqu'à celui-là, en tenant compte des remarques des autres membres! En effet, par rapport aux débuts de l'histoire, je comprends que c'est dur de raccourcir ses phrases quand on a envie de raconter plein de trucs. Ça m'arrive aussi bien trop souvent... Et résultat, on se retrouve à faire du Proust sous crack avec des phrases d'une demi-page!

Mais dans tous les cas, ton style s'affine, et l'histoire devient de plus en plus intéressante. C'est juste qu'il m'a fallu lire 2-3 des messages avant de comprendre que le "méchant" ne s'appelait pas Constipex... Mais là, je crois que c'est mon gosse de 8 ans intérieur qui ne me laisse pas tranquille...

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 01 janvier 2019, 18:45

Merci pour le retour Typhoon, et ravi de te compter parmi mes lecteurs ;) !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 04 janvier 2019, 07:53

Salut,
très bon passage, en effet.
J'ai bien aimé le sage suprême qui sort un blaster de sous sa toge :lol:
J'ai vu que tu as mis "1er partie". Va-t-il y avoir une ellipse temporelle?
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 04 janvier 2019, 22:39

Salut Ephasten et merci pour le retour ;)
Ephasten a écrit :
04 janvier 2019, 07:53
J'ai bien aimé le sage suprême qui sort un blaster de sous sa toge :lol:
:P
Ephasten a écrit :
04 janvier 2019, 07:53
J'ai vu que tu as mis "1er partie". Va-t-il y avoir une ellipse temporelle?
Oui il y aura un saut dans le temps :roll: !

à la prochaine pour la suite!

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 06 janvier 2019, 19:57

Bonsoir à tous! Voilà la suite :wink: !

Dans cet extrait, Contispex et ses partisans continuent la purge dans leurs rangs! Cette nuit sera décidément terrible :diable: !

Ils se raidirent instinctivement à cause des hurlements qui continuaient de résonner jusqu'à leurs tympans. Lorsqu'ils parvinrent au hall de l'Illumination, le carnage touchait à sa fin. Leurs regards furent attirés par les derniers survivants hébétés encore debout qui furent jetés au sol au milieu des cadavres tout frais, puis achevés sans pitié.
Les partisans de Contispex qui n'avaient subi que des pertes négligeables, quadrillèrent le hall avec une froide détermination, bien décidés à parachever le travail. Quelques monceaux de corps remuèrent, encore animés de vie, agitant une main ou un bras.
Immédiatement, un voire plusieurs adeptes se précipitèrent pour se pencher et frapper le ou la malheureuse jusqu'à ce que plus rien ne bouge. Les Assassins Malkites s'approchèrent guidés par Soeur Hyem qui s'inclina devant les époux Contispex.
-Sage Suprême, que la Déesse vous bénisse. Personne ne s'est échappé d'ici.
Julius sourit devant le titre qui lui était conféré. Il ne pouvait y avoir qu'un seul Sage pour servir la volonté de la Déesse et il était le seul à en être digne.
-Excellent Soeur Hyem, la félicita-t-il. Cela signifie que les loyalistes du Conseil des Sages ignorent encore ce qui s'est passé.
-Nous devons les frapper avant qu'ils ne l'apprennent, le pressa Linza.
-Je suis d'accord, je vais donner les ordres.
Linza ordonna aux impassibles Assassins.
-Nettoyez la salle du Conseil.
Les Malkites dépourvus d'émotion sous leur masque mortuaire, la contournèrent pour s'acquitter de leur tâche. Elle se plaça aux cotés de son mari qui fixait ses partisans qui s'agglutinaient, lui vouant visiblement une grande déférence.
-Frères et sœurs, commença-t-il. Vous avez démontré que votre amour pour la Déesse était bien plus élevé que celle de ces autres prétendus serviteurs. Votre loyauté envers nos croyances est le dernier rempart contre l’hypocrisie du Conseil des Sages et de ceux qui les soutiennent sans les contredire. Ce soir marque le début du renouveau de notre ordre, un moment décisif de notre histoire commune. Et vous en êtes les acteurs, les héros!
Les regards de ses partisans brillaient d'une fascination fiévreuse.
-Mais notre mission n'est pas terminée. À travers l'espace de la République et sur Coruscant même, le Conseil des Sages disposait de soutiens influents. Vous devez les rallier ou les éradiquer, vous devez les convaincre qu'ils ne peuvent plus laisser le vice et la corruption souiller la Pureté à laquelle nous aspirons tous. Il vous faudra aussi parler et vous assurer de la fidélité de ceux qui prétendent être les serviteurs de la Déesse au même titre que nous. Vous devez vous assurer de leur Foi véritable et les punir de leur apostasie si leur conviction se révèle être déviante. Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons nous montrer intraitables et rester vigilants. Des citoyens sont ouverts à nos convictions mais pas tous. Les banthas égarés ont besoin d'un pasteur pour les guider sur le chemin de la Vertu, loin des tentations d'Amaleth. Nous devons leur montrer qu'il n'existe pas d'autre voie à suivre! Vous devez le leur montrer! C'est votre mission sacrée!
-Oui! Oui!
Le hall des Illuminations devint un orchestre de clameurs de fidélité envers le nouveau chef du Pius Dea. Celui-ci savoura ce moment avant de réclamer le silence.
-Allez et répandez la Foi! Que la Déesse vous bénisse et que son fils Hapos vous donne la force de châtier ceux et celles qui le méritent!
Les adeptes commencèrent à se disperser tandis que les époux Contispex s’enlacèrent vivement.
-Rentrons chez nous, mon amour, proposa-t-elle.
-D'accord.
À cet instant, un assassin Malkite fit irruption, l'air empressé.
-Excellence, nous avons découvert un passage dérobé. Deux des nôtres sont en train de l'explorer.
Julius fixa inquiet le masque mortuaire.
-Un des Sages se serait échappé?
Cette éventualité lui déplaisait. Si un seul conseiller s'échappait, tout s'écroulerait.
-Non, aucun d'entre eux n'a survécu.
Les Contispex respirèrent mieux avant qu'une étincelle de compréhension ne luit dans les yeux de Linza.
-Soeur Malen, fit-elle.
-Je t'ai vue la tuer, assura son mari.
-J'ai omis de m'assurer de sa mort. Je vais aller rectifier cette erreur.
D'un ton déterminé, il appuya:
-Je t'accompagne.
-Non, tu es un personnage public. Tu ne dois pas te compromettre, personne ne doit te voir te salir les mains.
Il s'apprêtait à protester mais il se retint. Elle avait raison, il possédait une réputation d'intégrité à préserver.
-Et tu as des ordres à donner, à nos frères et sœurs sur Coruscant et dans le reste de l'espace républicain. Des listes de nom à transmettre.
-Tu as raison, chérie. Retrouve Malen et ne l'épargne pas.
-Je n'en avais pas l'intention.
Elle se détourna, brandissant fermement sa vibrolame et ordonnant à l'Assassin Malkite de la guider.


Malen, courbée par la souffrance qui torturait ses entrailles, émergea enfin à l'air libre. La main plaquée contre sa plaie béante, elle serrait les dents. Elle fixait les torches qui éclairaient l'allée et les corps de deux frères morts.
Elle se sentait incapable de courir à cause de la gravité de sa blessure. La végétation épaisse du parc lui permettrait de se camoufler. Elle quitta immédiatement le chemin, manquant de trébucher contre les souches puis ses jambes la trahirent.
Elle s'écroula sur le ventre, les branches la giflant sévèrement pendant sa chute. Elle étouffait ses propres gémissements lorsqu'elle entendit une voix cristalline percer le rideau de la nuit.
-Fouillez tout le parc!
Linza Contispex.
La peur de tomber entre ses mains impitoyables lui donna des ailes. L'adrénaline la fit se relever maladroitement et elle reprit sa course éperdue, ignorant la douleur et la mort qui la guettait. Le froid qui s'insinuait en elle.
Que la Déesse me donne la force.
Elle trébucha et s'écroula de nouveau au bout de deux minutes, cette fois elle ne se releva plus. Elle rampa alors jusqu'au mur d'enceinte qui cernait le parc. Elle tenta de s'y agripper puis elle comprit qu'elle ne pourrait jamais franchir cet obstacle.
Elle était condamnée.
Déesse, que dois-je faire? Que la sagesse de Kasili m'éclaire. Avant que je ne m'évanouisse.
Elle fouilla avec sa main tremblante les poches de sa tunique blanche, maculée de boue et de sang frais. Elle tint entre l'index et le majeur, la datapuce qui contenait les renseignements qu'elle avait discrètement récoltés sur les Contispex. Comme ces incitations claires à ces partisans, au meurtre de Pers'lya avant sa destitution...
Ils ne devaient pas mettre la main dessus. Elle devait leur cacher cette source précieuse, dont tant de choses dépendaient. De cette datapuce, dépendait peut-être le sort de la République.
Alors que les cris et les interpellations se rapprochaient inexorablement d'elle, elle détecta une fine interstice dans le mur entre deux briques mal scellées. Dans un dernier effort surhumain, elle parvint à se hisser à sa hauteur et glissa la datapuce dans la fente.
Épuisée par cet ultime sursaut de volonté, elle s'allongea sur le dos et porta à ses lèvres une balise minuscule. Elle composa une fréquence et murmura d'une voix engourdie par le froid qui envahissait ses membres.
-Pers'lya... si vous recevez ce...message... c'est que nous avons échoué... À présent.... c'est à vous qu'il... appartient d'en finir.
Elle fixait le ciel étoilé, se demandant comment lui faire parvenir une information capitale sans la dévoiler.
-La vérité... cachée dans l'antre du démon... doit être révélée.
Elle laissa tomber la balise dans l'herbe, elle espérait que le bothan en saurait assez pour découvrir ce qu'il doit découvrir. Elle avait fait tout ce qu'elle avait pu et elle se sentait soulagée. Le froid la paralysait peu à peu mais ce n'était pas une sensation si désagréable que ça.
Jusqu'à ce qu'elle entendit un murmure cristallin cruel et satisfait.
-Je vous ai enfin trouvée, chère Malen.
Le ciel étoilé nocturne de Coruscant fut aussitôt remplacé par les traits froids et sans compassion de Linza Contispex, qui se penchait au-dessus d'elle. Malen se sentit soulevée par le col, alors qu'elle était aux portes de la mort.
-Il est temps d'en finir, souffla Linza qui empoigna plus fermement sa vibrolame pour placer la pointe sur la gorge de la mourante.
D'une voix éteinte, Malen siffla:
-J'ai...toujours... servi la Déesse.
-Très bien, vous la rejoindrez donc plus tôt.
L'arme blanche pénétra le cou de sa victime qui expira dans l'instant qui suivit. Méthodiquement, Linza nettoya la lame avec un morceau de tissu avant de ranger l'arme sous sa manche ample. Un Assassin Malkite la rejoignit peu après.
-Nous en avons terminé, lui déclara-t-elle. Laissez son corps pourrir ici mais faites disparaître les cadavres du hall de l'Illumination. Personne ne doit savoir ce qui s'est passé.
-Bien, madame.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :sournois: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 08 janvier 2019, 22:30

Salut,
voilà un autre excellent passage. :D très bien écrit et prenant.
J'ai hâte de voir comment les jedi vont se mêler à tout ça.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 09 janvier 2019, 18:13

Ephasten a écrit :
08 janvier 2019, 22:30
Salut,
voilà un autre excellent passage. :D très bien écrit et prenant.
Salut et merci pour le retour 8-) !
Ephasten a écrit :
08 janvier 2019, 22:30
J'ai hâte de voir comment les jedi vont se mêler à tout ça.
Vont-ils s'en mêler?

à suivre ;)

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 10 janvier 2019, 12:30

Salut,
Vont-ils s'en mêler?
tu m'as mis le doute pendant un instant, je reconnais. Puis je me suis dis que tu n'avais pas écris tous ces passages avec Bekan pour rien. Donc je pense que oui, les jedi vont s'en mêler d'une façon ou d'une autre.
ET PUIS SI LES GENTILS DEFENDENT PAS LES FAIBLES CONTRE LES MECHANTS, OU VA LA GALAXIE? :shock:
Enfin, je te laisse gérer, je pense que tu as une idée bien précise en tête.
à+
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 13 janvier 2019, 20:28

Bonsoir, voici la suite et fin de la purge du Pius Dea!

Découvrez cela dans cet extrait :sournois: !

Aussitôt rentré, Julius se précipita vers son bureau, tout en prenant garde à ne pas réveiller Ethan. Son garçon ne devait pour le moment rien savoir de ce qu'il avait fait et de ce qu'il allait faire. Le sénateur activa son ordinateur et envoya plusieurs messages rapides à destination de ses partisans les plus fiables, sur Coruscant et sur d'autres planètes.
Cela fait, il se tourna vers la baie de transparacier pour admirer les lumières de la capitale endormie, inconsciente de ce qui se tramait. Il ne lui restait plus qu'à attendre les rapports et les résultats de son coup d'Etat.
Avant la levée du jour, si la Déesse le voulait, il serait le maître du Pius Dea.

Ce devait être une nuit paisible comme tant d'autres dans ce quartier de la Cité Galactique majoritairement peuplé d'humains. Une nuit où les innocents citoyens avaient le droit de goûter un sommeil bien mérité avant une nouvelle journée de labeur pour gagner leur pain quotidien.
Mais cette nuit, des ombres rôdaient, seulement trahies par les halos des nano réverbères qui éclairaient les rues désertes. Par groupe de quatre, les adeptes extrémistes en toge pourpre brandissant des torches se dispersèrent dans le quartier, sachant où aller. Sachant à quelle porte ils devaient toquer.
Connaissant ceux ou celles qu'ils devaient convaincre ou éliminer.
Bientôt le quartier s'anima, des familles entières furent arrachées de leur sommeil, prises au dépourvu par l'irruption soudaine de ces fanatiques acquis à la cause de Contispex, qui n'hésitèrent pas à entrer dans les domiciles sans demander la permission. Ignorant la peur qu'ils inspiraient à leurs coreligionnaires, ils interrogeaient ces derniers sur leur position vis-à-vis du nouveau Sage Suprême sans avoir omis de préciser la passation de pouvoirs – brutale – qui avait précédé son ascension.
Ainsi, en quelques instants, les soutiens les plus influents de l'ancien Sage Suprême se plièrent pour la plupart sans broncher à la loi du nouveau maître de leur confrérie. Rares furent ceux qui osèrent protester ouvertement, bravant ainsi les fanatiques. Rares furent ceux qui affichèrent leur sympathie indéfectible envers le Conseil des Sages.
Bientôt des témoins effarés, réveillés par les clameurs et l'agitation des partisans de Contispex, aperçurent quelques familles jetées au beau milieu de la rue ou de l'avenue principale. Ils remarquèrent depuis leur balcon, le père de famille ou la mère de famille s'interposant devant les partisans du sénateur pour les supplier d'épargner leurs proches, leurs époux et leurs enfants. Mais ils apprirent à leurs dépens que l'on ne défiait pas impunément un homme ambitieux et impitoyable. Un homme qui ne tolérait pas le moindre obstacle, la moindre contestation.
Le moindre doute.
Les témoins pétrifiés aperçurent les reflets aveuglants des vibrolames qui s'abattirent sur les victimes de la purge. Et des hurlements percèrent la nuit pesante et indifférente à la mort et à la peur.
La nuit recouvrit sous son linceul sombre, les sanglots et les pleurs des veufs, des veuves et des orphelins. Tous ceux-ci furent bientôt achevés sans miséricorde, victimes collatérales de l'épuration interne, et leurs corps furent laissés sans considération, à la vue de tous. Les partisans de Contispex partirent vivement à la traque de d'autres cibles.
Le choc passé, certains spectateurs se précipitèrent pour alerter les Forces de Sécurité. Mais ils se heurtèrent pour ainsi dire à un mur. Ils eurent droit à cette réponse récurrente:
-Ce n'est sûrement rien, leur répondait un agent qui recevait les appels. Retournez vous coucher.
Quelques uns insistèrent, indignés par cette situation absurde.
-Mais des gens sont attaqués et jetés dans la rue! Il y a des morts, des hommes, des femmes et même des enfants! Vous devez faire quelque chose!
-Très bien, nous enverrons des patrouilles à l'aube. D'ici là, verrouillez votre porte et ne sortez pas.
Ces scènes se répétèrent dans l'ensemble de la Cité Galactique, du moins sur la face nocturne. De l'autre coté du monde capital de la République, sur la face diurne, les partisans de Contispex passèrent aussi à l'action.
Les rares médias locaux qui n'étaient pas sous l'emprise de la secte, rapportèrent des scènes choquantes où des landspeeders furent renversés aux intersections et leurs occupants – humains – poignardés mortellement par des assaillants en toge pourpre.
Dans les couloirs aériens de circulation, des collisions entre airspeeders provoquèrent la chute mortelle des appareils au sol, notamment dans les quartiers financiers. Des témoins oculaires humains comme non humains rapportèrent que certaines collisions furent volontairement provoquées par des individus appartenant sans se cacher au Pius Dea. Là aussi, des citoyens diligents avertirent les Forces de Sécurité.
Celles-ci demeurèrent encore une fois passives, se contentant de rappeler à leurs interlocuteurs de rester en dehors de ça et de ne pas se mettre inutilement en danger. La plupart de ceux qui assistaient à ces scènes tragiques détournèrent le regard.
Sur Coruscant et sur d'autres planètes de la République, là où le Pius Dea était solidement implanté et installé, les partisans de Contispex mirent au pas l'ensemble de la confrérie, par l'intimidation, la violence et le meurtre.
En quelques heures, Julius Contispex contrôla le Pius Dea, purgé de ses éléments douteux voire hostiles. Une étape essentielle de son ascension était accomplie.

Voilà, c'était très court mais j'espère que cela vous a plu! n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 16 janvier 2019, 20:39

Salut,
passage bien écrit, mais je trouve qu'il sonne comme un épilogue.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 18 janvier 2019, 08:32

Salut 8-) !
Ephasten a écrit :
16 janvier 2019, 20:39
passage bien écrit, mais je trouve qu'il sonne comme un épilogue.
Disons que cela marque un moment important dans l'ascension du Pius Dea mais la première partie n'est pas terminée loin de là :twisted: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 20 janvier 2019, 17:12

Bonjour, voilà la suite!

Dans cet extrait, vous allez retrouver de nouveau un certain bothan :sournois: !

Pers'lya ne parvenait pas à trouver le sommeil. Cette nuit n'était pas une nuit comme les autres, il veillait nerveusement dans son bureau chez lui, une résidence secondaire camouflé dans l'un des quartiers les plus huppés de la ville. Ses gardes du corps quadrillaient le jardin sans relâche, pour éviter que l'on attente à sa vie. Mais ce n'était pas cette sombre éventualité qui le tenait éveillé.
Non, il attendait seulement l'appel de Sœur Malen qui devait lui confirmer que Contispex avait été excommunié de sa confrérie.
Pour combler son impatience, il se leva de son siège et se mit à faire les cent pas. Malgré lui, il ne put se retenir de songer à cette séance houleuse du Sénat qui avait signé son arrêt de mort politique, et même manqué de signer son arrêt de mort, tout court.
Il n'avait pas oublié les harangues agressives de son adversaire politique implacable, le dépôt de la motion de censure à son encontre et le mutisme des sénateurs censés le soutenir mais qui ne s'étaient pas opposés à sa destitution.
Il n'oublierait jamais ces visages haineux dans la foule infiltrée par le Pius Dea, ces regards mortels qui l'avaient fusillé avant que l'émeute n'ait éclaté et que maître Terka et son padawan ne lui aient sauvé la vie.
Il n'oublierait pas qu'il était devenu moins que rien par la faute d'un seul homme et de son ambition. Julius Contispex. Cet homme avait porté le coup de grâce à sa carrière politique et à sa réputation, grâce à de savantes manigances.
Le bothan qui était encore Chancelier en fonction jusqu'aux prochaines élections, attarda son regard sur un buste à l'effigie de son oncle, ramené de Bothawui. Le buste trônait au sommet d'une armoire en bois wroshyyr. Bien que plongé dans la pénombre, le regard de la statue semblait le juger sévèrement.
Tu n'as pas fait tout ce qu'il fallait, semblait lui dire son oncle depuis l'au-delà.
-C'est vrai, mon oncle, murmura Pers'lya.
Il se souvint de ses années d'insouciance sur son monde natal, où la politique lui était un univers étranger. Il se souvint lorsqu'il y entra de plein pied, sur les encouragements de son oncle, un dignitaire parmi les plus respectés.
Il avait appris à sourire en serrant des poignées de mains, à noyer sous des formules plates et hypocrites les sujets les plus importants pour masquer ses véritables pensées, aussi insaisissables que le vent qui soufflait. Il avait appris à jauger ses interlocuteurs, à étudier la moindre crispation de leurs traits, le moindre hérissement de leur pelage.
Il avait appris à mentir, à tromper.
Son oncle l'avait formé à bonne école... il était devenu un politicien roublard. Et pour quel résultat, finalement?
La République était sur le point de tomber sous la coupe d'une secte obscure, la démocratie était au bord du précipice. Il s'était empêtré si profondément dans la politique qu'il n'avait pas remarqué le mécontentement et la lassitude des peuples qui composaient le Sénat. Il avait ignoré l'hostilité et le mépris des citoyens ordinaires tant humains que non humains envers les institutions, le Sénat, ceux qui étaient censés les représenter et les servir.
Voilà comment le Pius Dea avait prospéré en quelques décennies, en surfant sur la corruption qui gangrenait le régime et sapait ses fondations. Voilà comment Julius Contispex avait été élu sénateur de Coruscant en faisant miroiter un programme de redistribution des richesses envers les plus humbles, sur fonds de populisme teinté d'un vague discours religieux.
C'est de ma faute, avait réalisé Pers'lya après son agression devant le Sénat. Ces adeptes du Pius Dea, à l'origine des individus standard embrigadés par un discours prosélyte contre le vice et prônant la vertu, n'éprouvaient plus à son égard qu'une envie de meurtre.
Il aurait pu inverser la tendance pendant ses deux mandats de Chancelier mais il n'en avait rien fait. C'était depuis peu qu'il avait ouvert les yeux.
Il se demandait comment il avait pu laisser les choses déraper à ce point. Lorsqu'il avait accédé au poste de chef d'Etat, la situation était critique, certes. Mais elle avait empiré depuis, jusqu'au point de non retour.
Tu n'as pas fait ce qu'il fallait, semblait l'accuser le buste de son oncle d'un nouveau regard lointain.
Pers'lya détourna les yeux de la statue de son mentor, de plus en plus agité. Etait-il trop tard pour sauver la République?
Il espérait que non.
Un bip attira subitement son attention et il contourna de nouveau sa table pour ouvrir un canal sécurisé.
-Oui?
-Excellence, lui répondit un autre bothan. Nous avons intercepté un signal codé, un message plus précisément.
-Pouvez-vous le décrypter puis me l'envoyer?
-Veuillez patienter, cela prendra un peu de temps.
Le Chancelier déchu éprouva une impatience insoutenable, une seule personne pouvait lui envoyer un message à une heure si tardive. Les responsables avaient sans doute pris une décision cruciale à propos de Contispex.
Mes erreurs vont être rattrapées, finalement.
-Excellence? L’appela de nouveau son congénère. Nous avons terminé le décryptage.
-Merci.
Des parasites emplirent la pièce d'un son monocorde avant qu'une voix cristalline enrouée ne commença:
-Pers'lya...
Il se figea en entendant la voix de Soeur Malen. Elle paraissait mal en point lorsqu'elle épela son nom et il comprit tout de suite que quelque chose ne s'était pas passé comme prévu. Ses griffes s'enfonçèrent dans sa paume lorsqu'il serra le poing, sous le poids de la tension qui le tenaillait.
-Si vous recevez ce... message... C'est que nous avons... échoué...
Elle s'exprimait comme une personne qui avait mis les deux pieds dans la tombe. Le sang du bothan se glaça en réalisant ce que cela impliquait.
Le Pius Dea n'avait pas réussi à neutraliser lui-même Contispex. Si le Conseil des Sages n'avait pas été capable de le faire, comment lui le pourrait-il?
Il était sans doute trop tard pour sauver la République.
-À présent, continuait Malen,... c'est à vous qu'il appartient... d'en finir.
Il s'appuya sur sa table, déprimé par les paroles ultimes de son alliée.
-La vérité... cachée dans l'antre du démon... doit être révélée.
Les oreilles équines du bothan se levèrent immédiatement lorsqu'il perçut que ses mots masquaient un sens caché. Son instinct aiguisé de politicien lui hurlait qu'il s'agissait peut-être d'un code. Ce n'était pas un appel au secours mais un indice qu'elle lui délivrait.
Le moyen de contrer Contispex.
Il saisit son comlink personnel pour appeler le chef de sa sécurité.
-Capitaine Gre'lku, venez me voir dans mon bureau, immédiatement.
-Bien, Excellence.
Quelques instants plus tard, un officier bothan en uniforme mauve et au pelage sombre nuit, pénétra dans la pièce. Pers'lya lui expliqua succinctement de quoi il en retournait.
-Pouvez-vous retracer l'origine du signal? Lui demanda le dignitaire.
-Oui, cela prendra quelques minutes.
-Tenez-moi informé.
Pers'lya le congédia et se tourna vers la fenêtre pour laisser son regard se perdre dans l'horizon étoilé. Il croisa les bras derrière le dos pour maîtriser l'impatience qui galopait en lui. Il espérait que Contispex aurait commis une erreur, quoiqu'il ait pu réussir cette nuit. Personne n'était infaillible, heureusement.
L'officier revint le trouver au bout de deux minutes.
-Le message que vous avez reçu a été émis depuis le parc Zohen.
Pers'lya se figea en entendant ce nom. Il s'agissait d'un endroit de détente, un espace de verdure prisé par de nombreuses familles... avant que le Pius Dea n'en fasse le lieu de ses rassemblements clandestins. Le parc Zohen était situé non loin du siège du Sénat.
-Nous partons tout de suite, là-bas. Rassemblez autant d'hommes que vous pourrez.
Il ouvrit un tiroir à la volée pour en extraire un blaster mais le capitaine de sa garde l'arrêta. Pers'lya croisa son regard et surprit ses poils faciaux se hérisser à cause de l'angoisse.
-Excellence, les rues ne sont peut-être pas sûres. Je dois d'abord m'assurer que la voie est libre.
-Très bien.
Encore une attente insoutenable. Le dignitaire bothan déchu fit de nouveau les cent pas après avoir posé son blaster sur la table. Chaque minute qu'il perdait ici, renforçait un peu plus l'emprise de Contispex.
Cependant il comprenait les inquiétudes du capitaine Gre'lku. Le Pius Dea, du moins les partisans de Contispex, l'avaient pris pour cible devant le siège du Sénat et ils pouvaient recommencer. L'officier bothan revint le trouver, la mine plus sombre que jamais.
-Que se passe-t-il? Une comète vient de s'écraser? S'enquit le dignitaire alarmé, qui ne se put se retenir de laisser transparaître un brin d'ironie.
-On peut dire ça, monsieur, répondit l'intéressé avec un ton sérieux. Vous devriez consulter les médias locaux.
-À quoi bon? Les médias de Coruscant ont tous été rachetés par les Guildes Marchandes.
Les deux non humains n'ignoraient pas que certains membres haut placés des Guildes Marchandes appartenaient à la secte Pius Dea.
-Pas tous les médias, insista le capitaine.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :cute: !

à la prochaine :hello: !

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