Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie) [FIN]

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 16 juin 2019, 20:56

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Suite de la féroce bataille spatiale entre Républicains et Alsakan toujours du point de vue des Nimbus!

Allez je vous laisse découvrir cela :sournois: ! Bonne lecture!

Il leur emboîta le pas et bientôt la silhouette du croiseur Atgeir emplit la verrière de transparacier. Il continuait de braquer sa proue vers la frégate désemparée.
-Relevez vos boucliers et armez vos torpilles! Lança Riyan. Nous devons trouver un moyen de l'empêcher de tirer!
Ils foncèrent droit sur le croiseur alsakani et décidèrent de le tester en ouvrant le feu à bout portant à l'aide de leurs canons lasers. Riyan scanna l'état des boucliers à l'aide de ses capteurs thermiques et ne constata aucune évolution majeure.
-Leader Nimbus, ici Nimbus 9, fit l'iktotchi. Je ne sais pas si nos torpilles suffiront à abaisser ces boucliers.
-Oui ca m'a l'air d'être du solide mais on doit essayer.
Ils effectuèrent un nouveau passage avant que Riyan ne donna des instructions.
-Nimbus 3 et 6 avec moi. Les autres, couvrez-nous.
Les batteries légères du croiseur ripostèrent et les trois pilotes cabrèrent leur appareil pour esquiver. Riyan manipula son écran et sélectionna la première torpille et l'ordinateur lui confirma: torpille 1 amorcée.
Feu.
Le Typhon vibra lorsque la torpille fut larguée et il suivit sa trajectoire en ligne droite à l'aide de la traînée ionisée qui s'effaçait dans son sillage. Il releva le nez de son appareil au moment où Zeya lui indiqua:
-Objectif atteint, leader.
-Nimbus 3 et 6, visez au même point que moi!
-Reçu leader!
À leur tour, les deux Nimbus passèrent à l'attaque et deux torpilles supplémentaires s'écrasèrent sur la coque du Souvenir de Rucapar. Sans résultat.
-Statut? Demanda Riyan.
-Négatif, leader, répondit Coxon le herglic. Les boucliers sont remontés, on l'a à peine égratigné.
Riyan jura en silence, indécis sur la conduite à suivre. Si les torpilles étaient inefficaces, comment pouvaient-ils espérer l'arrêter?
-J'ai peut-être une suggestion, leader, proposa Bekan sur le canal de l'escadron.
-Allez-y, Jedi. Au point où nous en sommes.
-Si nous ne pouvons pas pénétrer les boucliers, nous pouvons toujours neutraliser le canon. C'est notre seule chance.
Riyan se rangea à son argument.
-Très bien, c'est ce qu'on va faire.
-Yata en approche! Beugla Nimbus 7, le givin.
Des chasseurs en forme de delta apparurent brusquement de l'autre coté du croiseur Atgeir pour survoler les Nimbus.
Trois Yatagans terminèrent un passage avant de fondre sur eux tandis que les autres demeuraient en attente.
-Trouvez un moyen de neutraliser ce canon, demanda Bekan. Je m'occupe d'eux.
-Une minute, Jedi Kalad. Laissez un de mes gars vous aider, le pria Riyan.
-Ca ira pour moi, sergent major. Terminé.
Les Nimbus virent le Typhon du Jedi s'écarter de leur groupe et se porter à la rencontre de l'ennemi. Riyan entendit Nimbus 3 commenter:
-Je me demande si tous les Jedi sont aussi cinglés.
Malgré eux, les Nimbus restèrent inactifs pour observer comment leur nouveau camarade se débrouillait. En l'espace de quelques secondes, trois boules de feu éphémères avaient remplacé les trois chasseurs alsakani.
Ce qui suscita un sifflement d'admiration de la part de Nimbus 5 alors que les autre Yatagans se précipitèrent sur le Jedi esseulé.
-Ce pourrait être un sacré équipier!
Ils continuaient d'esquiver les tirs des canons lasers du Souvenir de Rucapar qui tentait de les chasser loin d'eux.
-Tu te lasses déjà de moi, le bleu?
-Hein? Euh non, Drya! Bien sûr que non!
-Allez on se concentre, les Nimbus! On a un boulot à faire!
Ils cessèrent le round d'observation et accélérèrent pour rattraper le croiseur Atgeir qui continuait de se rapprocher de la frégate Aiglon de Corusca. Les navettes d'évacuation avaient commencé leur ballet de va et vient avec les autres vaisseaux qui stationnaient dans les environs.
Les deux flottes commençaient à s'imbriquer l'une dans l'autre et les lignes se mélangèrent, certains vaisseaux n'hésitant à survoler ou à s'abaisser sous d'autres pour prendre leurs antagonistes sous des tirs croisés.
Bientôt des épaves commencèrent à encombrer l'horizon stellaire.
Les Nimbus dépassèrent le Souvenir de Rucapar et Riyan ne quitta pas des yeux le canon immobile qui commençait à briller d'une lueur funeste.
-Pic thermique en cours d'ascension, leader, affirma Nimbus 7. Ils sont en train de recharger.
-Merci, 7.
Cela signifiait que le temps commençait à leur manquer. La puissance des boucliers du croiseur ennemi suggérait à Riyan qu'il devait dénicher une idée et vite. Il réfléchit aux conséquences de ses premiers assauts et la réponse lui apparut clairement.
Le halo qui entourait l'affût du canon indiquait la présence d'un champ de protection. Pour l'abaisser, il suffirait... mais oui, c’était évident.
-Tous les Nimbus, ici leader. Lancez vos torpilles sur la coque de ce croiseur, couvrez le plus de surface possible. Ne tirez en même temps que sur mon ordre. Zeya tu restes avec moi, et tu lanceras tes torpilles après moi.
-Compris, leader.
Les Typhon se déployèrent par binômes et prirent de la distance avant de foncer sur le croiseur en coordination. Zeya et Riyan s'éloignèrent et virent que leurs camarades étaient passés à l'attaque. Au loin, le Jedi distrayait les Yatagans et de nouvelles explosions montrèrent qu'il continuait d'éclaircir leurs rangs.
Riyan lança son engin vers la proue, les tirs de répression l'encadrant de près. Les artilleurs alsakani ne parvenaient pas à le verrouiller lorsqu'il se mit à louvoyer et à rouler son Typhon dans des tonneaux acrobatiques.
Il arma ses deux torpilles suivantes, imité par la zeltronne. Les projectiles filèrent à l'instant où il arriva à portée de tir. Il surveilla sur ses écrans les données qui indiquaient l'état des boucliers sur toute la coque du croiseur.
Les torpilles lâchées par ses camarades percutèrent les champs déflecteurs à pleine vitesse et les paramètres indiquaient qu'ils avaient subitement baissé à des degrés divers. Pour les remonter, les alsakani devaient dévier l'énergie disponible ailleurs.
C'était ce qu'espérait Riyan. Le bouclier autour du canon de proue s'abaissa sensiblement une fraction de seconde avant que ses deux torpilles ne percutèrent l'objectif. Le bouclier devint hors service.
-Zeya, maintenant!
Il agrippa le manche et le tira vers lui férocement à l'instant où la non humaine décocha ses roquettes. À l'impact, des flammes illuminèrent cette fois l'avant du croiseur de bataille avant qu'elles ne disparurent, éteintes par le vide spatial.
Riyan consulta ses instruments et poussa un soupir de soulagement.
-Canon neutralisé. Bien joué, les Nimbus!
Les vivats et les félicitations résonnèrent dans le casque de leur leader. L'Aiglon de Corusca avait obtenu un sursis appréciable, voilà une mission menée à bien, sans aucune perte pour l'escadron. Vu l'intensité des combats en cours, ce ne devait pas être le cas de tous.
-On retourne vers l'Aiglon de Corusca, d'autres vaisseaux alsakani s'approchent. Jedi?
-J'arrive leader, ils ont décidé de laisser tomber de toute façon.
Bekan Kalad faisait référence aux trois derniers Yatagan qui amorcèrent leur repli. Un Typhon se détacha du groupe des Nimbus réunis autour de Riyan pour les poursuivre. Son équipier, le herglic Coxon, s'en aperçut et le signala.
-Mais que fiche Grevas?
Riyan vérifia ses écrans tactiques et vit le point représentant Nimbus 11 s'éloigner à grande vitesse d'eux. Il ouvrit un canal privé.
-Nimbus 11, qu'es-ce que tu manigances encore?
-Je ne manigance rien, je poursuis l'ennemi, répliqua l'autre froidement.
De nouveau, il mettait sa patience à rude épreuve avec son ton suffisant.
-On doit couvrir l'évacuation de l'Aiglon de Corusca, tu as oublié ce que je viens de dire?
-Non leader, c'est justement ce que je suis en train de faire.
-Ca suffit, tes conneries. Regagne ta place immédiatement!
-Désolé, je vous reçois mal, leader.
Riyan jura lorsqu'il rompit la communication. Avant d'aboyer d'un coup à tous ses équipiers:
-Demi-tour, on va ramener ce fils de bantha à la raison de gré ou de force!
-Il n'y a qu'à le laisser se faire descendre, s'il y tient, fit remarquer Ilmi Kliss la zabrak. On va quand même pas risquer notre peau au milieu des alsakani!
-On n'abandonne pas un membre de l'escadron même si c'est le pire des rejetons de sleemo, compris Nimbus 1?
-Compris leader, s'inclina-t-elle.
-Leader Nimbus, je couvre l'évacuation, proposa le Jedi. Ramenez votre équipier.
-Merci Jedi Kalad. Tous les autres avec moi!
Les douze Typhon s'écartèrent du Souvenir de Rucapar qui avait stoppé son avance et avait reculé derrière l'autre croiseur Atgeir toujours aux prises avec un cuirassé Gilagimar républicain. Les boucliers étaient tombés et des morceaux de coques commençaient à s'échapper de la coque du cuirassé répondant au nom de Scimitar Vaillant.
Le croiseur alsakani qui était dans un état aussi pire finit par se retirer non sans cesser d'échanger des bordées avec son homologue jusqu'à ce qu'il soit à l'abri derrière des frégates Hirken.
-Ici le Scimitar Vaillant, nous avons subi de sévères dommages et nous déplorons plusieurs dizaines de morts et de blessés graves. Les batteries principales 1 et 2 sont hors service.
-Bien reçu, Scimitar Vaillant, répondit le contrôle du Défenseur. Retirez-vous pour commencer les réparations, des frégates vont vous relayer.
Les échanges n'échappèrent pas à Riyan surtout quand l'ordre fut donné à tous les escadrons disponibles d'aider le cuirassé en difficulté. Il n'hésita pas longtemps.
-Ècoutez-moi, les Nimbus. Zeya et moi, nous nous chargeons de Grevas. Allez couvrir le Scimitar Vaillant.
-Bien reçu, leader.
Riyan tourna la tête pour guetter les appareils qui virèrent de bord pour foncer en direction du cuirassé républicain qui se retrouva assailli par une vingtaine de Yatagan. Droit devant lui, Grevas ouvrit le feu de ses canons et toucha l'une des ailes du Yatagan qui n'avait pas esquivé assez vite. Le pilote alsakani s'éjecta dans sa combinaison pressurisée, alors que son chasseur partit en plusieurs morceaux.
-Yata abattu, annonça Grevas. J'élimine le pilote.
-Quoi? S'écrièrent choqués, Riyan et Zeya.
Ils virent tous deux le Typhon de Grevas virer de bord, ignorant royalement les deux derniers Yatagan qui filaient sans demander leur reste. Le pilote alsakani lévitait au milieu de nulle part, ne prenant pas conscience de la mort qui allait s'abattre sur lui.
-Attends, s'indigna Riyan. Tu n'es pas sérieux?
-J'ai l'air de plaisanter? Répliqua l'autre froidement.
Le chef d'escadron ne doutait pas que son ancien ami pensait ce qu'il disait. Il ne le reconnaissait plus du tout.
Zeya intervint à son tour, tout aussi vainement.
-Il est hors de combat, tu n'as pas besoin de faire ça!
-Ce n'est pas une impure qui va me dire ce qui est juste de faire ou non!
-Comment oses-tu m'insulter, espèce de...
-Zeya, plus un mot! Intima son supérieur. Grevas, stoppe ta manœuvre et rejoins l'escadron! Nous avons des navires endommagés qui ont besoin d'être protégés!
Seul le silence lui répondit et Riyan continua.
-Si tu fais ce que tu as en tête, les alsakani tueront tous nos pilotes qui s'éjecteront! C'est cela que tu veux vraiment?
-Eh oui, c'est moche la guerre, sergent major. Content que vous le réalisiez enfin.
Le cynisme de Grevas manqua de lui faire perdre tout contrôle. Le croyant zélé du Pius Dea avait terminé sa manœuvre et fonçait droit sur le pilote alsakani immobile dans la nuit sidérale.
-Grevas, ne fais pas ça! Hurla encore Riyan.
Malgré lui, il ne pouvait détacher ses yeux de la scène d'horreur qui défilait au ralenti. Les extrémités des ailes du Typhon flamboyèrent et les traits ardents frappèrent la victime au niveau de l'abdomen.
La seconde d'après, l'appareil de Grevas dépassa les deux morceaux du corps de l'alsakani qui s'écartaient inertes.
-Non! Glapit Zeya.
Riyan sentit tout à coup une infinie tristesse l'envahir et embuer ses yeux. Il comprit que c'étaient les émotions de la zeltronne qui influençaient les siennes à cause des phéromones qu'elle secrétait.
-J'ai fini ce que j'avais à faire, je pense que les alsakani ont compris que nous sommes déterminés à ne pas les laisser passer.
Il déclarait d'un ton affable comme s'il ne s'était rien passé. Comme si quelqu'un ne venait pas d'être tué de la plus lâche des façons. La colère animait Riyan, tout comme Zeya qui réagit en voyant Grevas les croiser pour les saluer d'un air narquois.
-Je vais lui mettre un tir là où je le...
-Non Zeya, laisse-moi charger de lui.
Riyan se surprit à répondre d'un ton maîtrisé surtout après ce qu'il venait de voir.
-Tu es sûr?
-Oui, c'est personnel.
-Alors descends-le tout de suite, ce murglak!
-Pas comme ça, je vais avoir une discussion avec lui, sans doute la dernière.
Des alarmes lui signalèrent que des Yatagan s'approchaient. Nul doute que les alsakani savaient ce qui s'était produit, ils n'en deviendraient que plus féroces au combat.
Il n'y aurait probablement pas de quartier...
Oui, il se promettait d'avoir une sérieuse discussion d'homme à homme avec Grevas. S'il avait la chance de survivre à ça.
-Je suis le chef de cet escadron, nous ferons cela à ma manière.
-Reçu, leader, s'inclina la zeltronne. Si tu as besoin d'un blaster au cas où, n'hésite pas à demander.
Ils rebroussaient chemin à la suite de Grevas. Riyan fixa avec une dureté inflexible l'arrière de son engin, et les traînées de ses propulseurs ioniques.
-Je n'en aurais pas besoin, assura-t-il d'un ton glacial.

Voilà j'espère que cela vous a plu! vous l'aimez ou pas, ce fanatique du Pius Dea, hein? :sournois: ... c'est promis, nous passerons à d'autres points de vue au cours de cette bataille!

Et plus tard encore, vous reverrez monsieur Contispex :diable: !

Allez à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 23 juin 2019, 21:36

Bonsoir, voici la suite que vous désirez tant!

À bord de son vaisseau amiral le Cristal Brûlant, Bilel Ap Token observait fiévreusement le déroulement de la bataille. Comme il l'avait prévu, l'amirale Helder avait engagé la quasi intégralité de la Flotte du Noyau contre sa formation deux fois inférieure en nombre.
Les républicains mettaient maintenant à profit leur supériorité numérique pour amorcer un mouvement en tenaille dans le but d'envelopper la flotte alsakanie et de l'écraser lentement sous la puissance de leurs turbolasers.
Il avait ordonné au capitaine Delinki de faire replier les vaisseaux flanquant sa formation, de manière à étirer peu à peu les lignes républicaines pour affaiblir tactiquement le dispositif adverse. Les républicains mordirent à l'hameçon et accentuèrent la pression sur les croiseurs de bataille qui se rapprochaient les uns les autres pour se soutenir mutuellement alors que les unités ennemies s'isolaient les unes des autres en poursuivant leur assaut.
-Quel est le statut du Souvenir de Rucapar? Demanda-t-il subitement à la jeune femme qui venait de le rejoindre.
-Ils sont toujours opérationnels et ont mis hors de combat une frégate Sarbakan, répondit Carmina Delinki qui consultait un datapad. Leur canon avant a été cependant neutralisé par un escadron de Typhon.
-Faites-moi voir les images, je veux savoir comment ils ont réussi.
Il se détourna de la baie, délaissant temporairement les combats en cours. Il se dirigea vers un pupitre et son bras droit appuya sur quelques touches. L'image holographique du croiseur Atgeir se matérialisa au-dessus de lui et il put visionner l'attaque menée par l'escadron Nimbus. Il commenta peu après d'un sourire appréciateur.
-Voilà une tactique intéressante, veillez à en garder un enregistrement. J'étudierais cela plus en détail plus tard.
-Bien, monsieur.
Ils retournèrent vers la baie.
-Rapports des pertes? Interrogea-t-il.
Elle étudia les données sur le datapad avant de relever les yeux, une grimace crispant les traits de son visage.
-Six frégates Hirken ont été mises hors de combat ainsi que trois croiseurs Atgeir. Nous avons perdu une centaine de Yatagan mais la moitié des pilotes ont pu être récupérés. Les pertes ennemies sont dans l'ensemble plus élevées que les nôtres.
-Vous ne semblez pas satisfaite pour autant, capitaine.
Elle accrocha son regard perplexe.
-Nos pertes sont plus élevées que prévu à mon avis.
-Les pertes demeurent acceptables, capitaine, affirma-t-il calmement.
-Si vous le dites, monsieur.
Bilel décida de ne pas relever ces derniers mots car il y avait suffisamment de tension sur le pont principal. Lorsque la seconde flotte qu'il avait placé en embuscade dans l'ombre de la comète Grapta-T-56 surgirait sur le champ de bataille, les républicains réaliseraient enfin le réel objectif de leurs ennemis.
Coruscant.
Le temps commencerait à manquer et ils devraient impérativement mettre hors d'état de nuire la Flotte du Noyau avant l'arrivée des autres flottes de la République dispersées sur les différents fronts. Voilà pourquoi il y avait placé d'autres vaisseaux pour lancer des actions visant à les ralentir.
-Temps d'arrivée du groupe du capitaine Yakub?
-Temps estimé, H moins deux minutes, amiral. Dans les délais prévus.
-Merci capitaine. Continuez à me tenir informé.
Elle s'éloigna et il se plongea dans le spectacle fascinant des combats. Il se mordit la lèvre lorsqu'il surprit au loin une frégate Hirken touchée dans ses œuvres vives et se plier en accordéon, la carcasses déformée par les explosions qui vomissaient débris calcinés et des dizaines de cadavres. Un croiseur Atgeir se précipita pour stopper l'avance des deux frégates Sarbakan qui voulaient se ruer pour profiter de leur avantage. Il les obligea à battre en retraite avec de sévères avaries malgré l'appui d'un cuirassé Gilagimar.
Trop tard cependant pour sauver l'équipage qui sombra avec son navire.
La flotte alsakanie conservait sa cohésion mais la République accentuait la pression. Les secondes qui s'écoulèrent lui paraissaient interminables.
-Amiral, vous devriez voir cela.
Immédiatement il se rangea à la hauteur du capitaine Delinki qui l'avait appelée. La table hographique montrait de nouveau la silhouette d'un croiseur Atgeir.
-Le Souvenir de Rucapar vient de nous transmettre ces nouvelles images. Je viens de les visionner et je pense que c'est important.
Elle zooma et des hologrammes d'un chasseur Typhon poursuivant trois Yatagan défila devant eux. Un de ceux-ci fut touché et le pilote s'éjecta, puis ils virent le Typhon qui l'avait abattu revenir vers le pilote sans défense.
Des flash illuminèrent leurs yeux et ils virent le corps du pilote infortuné errer en deux parties. L'indignation s'empara de l'amiral. Puisque les républicains s'abaissaient à cela, très bien. Il n'y aurait plus de compromis.
-Transmettez ces images à tous les capitaines de vaisseau. Ils en tireront eux-mêmes les conclusions qui s'imposent.
-Bien monsieur.
Il retourna vers la baie de transparacier, s'efforçant de contenir la colère qui manquait de l'aveugler. Il devait rester calme et rationnel, ne pas perdre la face.
Tout à coup des vivats et des cris de joie se répercutèrent sur tout le pont principal et quelqu'un s'écria au milieu des clameurs.
-Le Ksarel Kebir est en position. Ils sont arrivés!
Ap Token sourit lorsque des dizaines de flash clignotèrent au-delà des vaisseaux des deux camps engagés dans la bataille.
La Destruction de Rucapar serait enfin lavée. Il était temps de rendre la pareille à la République.
-Capitaine Delinki, nous commencerons la contre attaque dès que le capitaine Yakub aura lancé contre le flanc de l'ennemi les cargos drones. Assurez-vous que tous les commandants de vaisseau connaissent leurs ordres respectifs.
-Je m'en occupe, monsieur.
Elle affichait cette fois le même sourire carnassier. Ils n'auraient pas d'autre occasion de mettre la République à genoux.


Bekan Kalad refit un énième passage le long de l'Aiglon de Corusca toujours en pleine évacuation. Le transfert de l'équipage se poursuivait à un rythme soutenu, bien que la menace du Souvenir de Rucapar ne se soit pas complètement écartée.
Le croiseur alsakani continuait de ferrailler avec les deux frégates Sarbakan qui voulaient le forcer à reculer mais il tenait la comparaison malgré la perte de son canon avant.
Le jeune Jedi était en compagnie de l'escadron Reek alors que l'escadron Nimbus était parti couvrir le Scimitar Vaillant, un cuirassé de classe Gilagimar alors que d'autres frégates républicaines se préparaient à relayer le vaisseau capital.
Il ralentit la vitesse de son chasseur et se mit à planer pour étudier la bataille dans son ensemble. La Flotte du Noyau s'étirait en éventail, ses deux extrémités prêtes à se refermer pour encercler la flotte alsakanie et lui couper la retraite.
L'amirale Ekia Helder paraissait avoir pris un avantage décisif dans l'attaque totale qu'elle avait lancé. Bekan ne parvenait pas à croire cependant que l'amiral Ap Token ait pu risquer tous ses vaisseaux ici présents dans une offensive frontale peu subtile. Cela ne collait pas à sa réputation flatteuse de tacticien réfléchi.
À moins que...
Il décida de se plonger dans la Force après avoir éloigné son chasseur de l'Aiglon de Corusca et l'avoir placé en pilotage automatique. Il prit une profonde inspiration et ferma les paupières. Il fit abstraction des échos qui résonnaient autour de lui, épris de sentiments comme la peur, la colère et l'espoir de survivre.
Il fit abstraction de d'autres échos qui se noyaient aspirés au fonds de l'abîme du néant et qui irradiaient de désespoir devant la certitude d'une mort instantanée.
Il devait voir la bataille dans son ensemble et anticiper son issue. Il sentit alors des milliers de balises emplies de détermination tapies quelque part dans le système et qui se rapprochaient à très grande vitesse.
Une seconde flotte allait leur tomber dessus, cela lui apparut comme une évidence irrévocable.
Fébrilement, il contacta le Défenseur.
-Ici le Jedi Kalad, vous me recevez, Défenseur?
-Nous vous recevons Jedi, répondit le capitaine Skyrim.
-Les alsakanis nous ont tendu un piège.
Il perçut le choc du capitaine duro qui s'était pourtant vite repris.
-Vous êtes sûr de ce que vous prétendez?
-La Force ne ment pas. Une seconde flotte va apparaître d'un instant à l'autre, au moins aussi importante que celle que nous affrontons en ce moment.
Un court silence suspendit l'échange.
-Je vais en informer l'amirale et nous allons prendre des dispositions.
-Merci, capitaine, lança un Bekan soulagé d'avoir été pris au sérieux.
Il reprit le contrôle manuel de son chasseur et les évènements se précipitèrent d'un coup. Tout commença par cet appel qu'il intercepta.
-Ici, l'Aiglon de Corusca, l'ennemi tire sur les navettes! Je répète, l'ennemi tire sur les navettes d'évacuation!
Le Souvenir de Rucapar avait manœuvré pour présenter son flanc tribord qui s'illumina lorsque ses batteries concentrèrent leur puissance de feu contre les navires de transports légers qui assuraient la liaison entre la frégate endommagée et les autres vaisseaux républicains.
Horrifié, le jeune alsakani assista impuissant à la désintégration des navettes les unes après les autres. Il percevait les dizaines de bougies de vie s'éteindre les unes après les autres. Surmontant les nausées que cela suscitait en lui, il empoigna le manche, propulsant son chasseur droit sur le croiseur alsakani.
Comment le peuple dont il est issu, pouvait-il s'abaisser à ces extrémités? La haine que Alsakan ressentait vis à vis de la République était-elle donc aussi forte?
Dans son sillage, suivirent d'autres Typhon, déterminés tout autant que lui à stopper cette boucherie. L'escadron Reek.
-Ici le capitaine Duvini de l'Aiglon de Corusca, nous continuons de couvrir l'évacuation en appuyant votre attaque.
-Négatif, répondit Reek leader, vous êtes trop endommagés! Laissez d'autres s'en charger pour vous!
-Il s'agit de mon équipage, Reek leader et je ne les laisserais pas sans défense. Aiglon de Corusca, terminé.
Utilisant ses propulseurs auxiliaires encore en fonctionnement, la frégate Sarbakan pivota pour présenter son flanc le moins abîmé au Souvenir de Rucapar et ouvrit le feu de ses batteries. Les tirs nourris se joignirent à ceux des deux autres frégates Sarbakan toujours engagées depuis le début contre ce croiseur.
Les salves martelaient les boucliers de celui-ci alors que quatre frégates Hirken se groupaient pour le soutenir. Dans l'autre camp, un cuirassé Gilagimar se rangea à hauteur de l'Aiglon de Corusca pour soulager ses efforts.
La frégate naufragée devenait l'épicentre de la bataille en cours alors que les ailes alsakanies continuaient de se replier vers le Cristal Brûlant, donnant l'impression que la flotte se contractait pour préparer un nouvel élan.
Bientôt, des messages d'alertes tombèrent sur tous les canaux.
-Ici le Défenseur, une seconde flotte alsakanie vient d'entrer en espace réel! Groupe de combat tribord, abandonnez l'attaque en cours et engagez l'ennemi!

Après avoir coupé la communication avec Bekan Kalad, le capitaine Skyrim se dépêcha de rejoindre l'amirale Helder au milieu du pont principal du Défenseur. Des images holographiques des combats en cours dansaient devant ses traits rongés par une angoisse de plus en plus croissante. Même si pour le moment, tout se déroulait plutôt bien.
Trop bien, même.
Le duro remarqua qu'elle s'intéressait notamment à ce qui se passait autour de l'Aiglon de Corusca. Il s'éclaircit la gorge et elle se tourna vers lui pour lui faire partager ses impressions.
-Je connais Bilel Ap Token et sa réputation, martela-t-elle nerveusement. Pourquoi risquerait-il la destruction de sa flotte dans une attaque aussi frontale? Cela ne lui ressemble pas.
-Je viens de parler avec le Jedi Kalad, lui confia-t-il. Il pense que nous sommes tombés dans un piège.
-Bien sûr que c'est un piège! Trancha-t-elle sèchement. Es-ce que Kalad sait au moins de quel piège il s'agit?
Le non humain déglutit.
-Une autre flotte alsakanie va nous attaquer, amirale.
Ses yeux s'agrandirent d'incompréhension.
-Impossible, vous avez fait scanner le système cinq minutes avant, lui rappela-t-elle.
-C'est exact, madame. Et je vous ai fait remarquer que des anomalies nous avaient empêché de cartographier les systèmes les plus proches.
-Vous voulez parler de cette comète qui est passée à plusieurs années lumière de nous.
-Oui, ce genre d'anomalies.
La corellienne blêmit sous le coup de cette révélation.
-Donc une autre flotte ennemie se dirige droit sur nous et nous ne serions même pas au courant?
-Nous devrions envisager en effet cette hypothèse.
De nouveau la résolution habita la commandante de la Flotte du Noyau.
-Confirmez-moi que la comète a quitté le système et lancez un nouveau scan.
-Madame, la bataille a déjà commencé, nous ne devrions pas nous disperser...
-Je ne veux pas céder à la panique, nous devons savoir si cette flotte est bien réelle. Lancez un scan dès que ce sera possible.
Elle avait adopté un ton intransigeant.
-Comme vous voudrez, madame.
-Lyram, écoutez-moi, fit-elle comme pour s'excuser. Je ne veux pas que vous pensiez...
Elle fut interrompue par le hurlement de d'autres sirènes et le lieutenant ho'din qui se tenait près d'eux, lança à leur intention:
-Des vaisseaux viennent d'émerger de l'hyperespace sur le flanc tribord de notre flotte, dans le quadrant Z 47-9.
-Identification et estimation des forces en présence, ordonna l'amirale.
-Évaluation en cours.
Immédiatement, la cartographie changea d'échelle et les représentations holographiques des vaisseaux de guerre s'évaporèrent, remplacés par des constellations dont chaque point indiquait la présence de chaque vaisseau, ennemi ou ami.
Les nouveaux venus étaient illustrés en un amas compact qui se mouvait vers la Flotte du Noyau.
-Evaluation terminée, madame, lui signala le lieutenant ho'din. Nous avons donc en résumé une flotte alsakanie au moins aussi importante que celle regroupée autour du Cristal Brûlant de l'amiral Ap Token. Nous avons identifié le transpondeur du croiseur Atgeir commandé par le capitaine Yakub, le Ksarel Kebir.
Il releva la tête, ses tentacules serpentins se balançant derrière sa nuque.
-Le groupe de combat tribord attend vos instructions, madame. Les alsakanis seront à portée de tir dans deux minutes.
-Qu'ils engagent l'ennemi.
Immédiatement le lieutenant ho'din envoya:
-Défenseur à Leskan, vous avez la permission d'engager l'ennemi. Bonne chance.
Le cuirassé immatriculé Leskan accusa réception avant que l'amirale Helder ne donna une autre instruction.
-Faites décoller tous les escadrons de Typhon que nous avons gardé en réserve. Nous devons empêcher les deux flottes de faire leur jonction.
Sur les écrans tactiques, le capitaine Skyrim observa le tiers de leur Flotte se détacher de la formation principale pour confronter les nouveaux arrivants. Il ne fallut pas longtemps avant que les premières bordées ne soient échangées.
-Ils ont seulement dépêché une autre flotte, je ne vois pas où est le piège, confia perplexe le duro.
-Moi non plus, capitaine.
La corellienne serrait la mâchoire, de moins en moins rassurée.


Voilà j'espère que cela vous a plu! Une nouvelle étape de la bataille vient de s'engager, quel est le piège qui a été réservé aux républicains?

Vous le saurez dans le prochain extrait :sournois: héhé!

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 30 juin 2019, 16:09

Bonsoir, voilà la suite :wink: !

Il est temps de découvrir le piège tendu à la flotte républicaine :sournois: ! Et ca va faire mal :diable: mouhahaha!

Allez savourez-moi ca :D !

Le capitaine sakiyan Thulo, un humanoide chauve de taille moyenne à la peau noire cuivrée, fixa silencieusement depuis le pont principal du Leskan la seconde flotte alsakanie qui s'étendait face à lui.
-Capitaine Thulo, le Défenseur vient de donner le feu vert pour attaquer l'ennemi.
Il remercia l'enseigne qui l'avait prévenu d'un simple hochement de tête.
-Alors allons y. Faites décoller tous nos Typhons laissés en réserve.
-À vos ordre, capitaine.
Les chasseurs stellaires républicains dépassèrent le cuirassé Gilagimar et filèrent par binômes vers la formation adverse. Malgré la distance importante qui se mesurait en kilomètres, le sakiyan parvenait à distinguer les croiseurs Atgeir des simples frégates Hirken qui les entouraient tel un cocon protecteur.
-Préparez les batteries principales, donnez des solutions de tir sur leur vaisseau amiral, le Ksarel Kebir.
-Vaisseau amiral identifié, capitaine. Nous envoyons ses coordonnées à nos artilleurs, nous serons à portée de tir dans une minute standard, indiqua son lieutenant, une snivvienne à l'apparence de rongeur.
Le capitaine Thulo secoua la tête puis fit preuve de patience, prévoyant qu'on lui signalerait l'arrivée des chasseurs ennemis Yatagan sur la zone. Pour le moment, l'irruption de cette nouvelle flotte ne constituait pas un basculement définitif de la bataille, même si les forces en présence étaient maintenant parfaitement équilibrées de part et d'autre.
Cela ne suffirait pas à l'amiral alsakani de remporter une victoire si c'était cela qu'il avait à l'esprit. Peut-être que la réputation de ce Ap Token avait été surestimée. Dans le pire des cas, l'amirale Helder demanderait un appui de la Deuxième Flotte pour l'aider à refouler les intrus.
Il lui faudrait juste contenir cette nouvelle flotte antagoniste et les bloquer là où ils étaient, sans prendre de risques inutiles.
Les Typhons s'éloignèrent et les premiers flash lointains éclairèrent la nuit stellaire lorsque les chasseurs républicain parvenus à portée de tir se mirent à harceler les vaisseaux alsakani les plus exposés.
-Des Yatagans? S'interrogea tout à coup le sakiyan.
La moitié des Typhons demeurait en attente à mi chemin pour couvrir leurs camarades qui s'attaquaient aux boucliers déflecteurs des croiseurs Atgeir dont ceux du Ksarel Kebir.
-Négatif, monsieur, aucun Yatagan n'a décollé, lui répondit l'enseigne.
-Quoi?
Le sakiyan ne put se retenir d'être déconcerté devant son propre équipage. Comment les alsakanis pouvaient-ils laisser leurs navires capitaux et les navires de soutien sans protection rapprochée contre les Typhons?
Cela apparaissait comme un non sens tactique, voire un suicide.
-C'est absurde.
-Si vous le dites monsieur, commenta l'enseigne.
Celui-ci consulta son ordinateur et s'écria de nouveau.
-Capitaine, des cargos viennent de décoller de leurs hangars! Nous en dénombrons une soixantaine!
À cet instant, Thulo se détourna de l'horizon illuminé par la disparition de deux frégates Hirken. Il accourut pour se pencher au-dessus de l'écran. Les schémas de vaisseaux en forme de losange arrondis pivotèrent devant ses yeux anxieux.
Il retourna vers la baie de transparacier avant de lancer à l'enseigne.
-Quelle est leur trajectoire?
Les Typhons concentrés sur l'attaque des croiseurs et des frégates alsakanies ne leur prêtèrent aucune attention. Peut-être les pilotes pensaient-ils à des navettes d'évacuation. Sauf que celles-ci ne fuyaient pas le champ de bataille.
-Ils se dirigent vers nous, capitaine.
-Scannez-les.
D'autres membres d'équipage reçurent la consigne et s'affairèrent fébrilement. Le lieutenant se présenta ensuite d'un pas pressé face à lui.
-Monsieur, nous ne détectons aucune forme de vie organique. En revanche nous avons repéré une importante signature thermique et énergétique très concentrée dans chacun des esquifs.
Le sakiyan de plus en plus perplexe plissa les yeux. Avant de réaliser ce que cela pouvait impliquer.
Des vaisseaux piégés.
-Capitaine, les premiers cargos alsakanis seront bientôt à portée de tir de nos Typhons en couverture.
-Merci lieutenant, fit-il d'un ton un peu cassant. Stoppez nos vaisseaux capitaux sur le champ, qu'ils restent en attente.
-Bien reçu.
Le sakiyan essaya de prendre une longue inspiration, une phase interrompue par l'enseigne qui l'interrogea en se levant de son siège pour le héler.
-Les chefs d'escadron attendent vos ordres, les cargos se rapprochent.
-Donnez leur l'ordre d'ouvrir le feu! Appuya-t-il tout à coup.
Les navires alsakanis avaient accéléré et trois d'entre eux s'étaient détachés du groupe compact, ayant pris de l'avance sur les autres. Les appareils républicains les plus proches achevèrent un dernier passage et fusèrent droit sur les trois cargos d'apparence inoffensive.
Les canons lasers transpercèrent les boucliers et les torpilles à guidage laser achevèrent le travail. Les trois cargos se désintégrèrent mais il se produisit un événement que le sakiyan n'avait pas prévu.
S'il s'agissait de charges de détonite standard, trois novas d'un éclat aveuglant auraient du étinceler comme de nouveaux astres éphémères. Mais ce ne fut pas le cas.
Non, à l'épicentre des explosions miniatures vite éteintes par le froid sidéral, jaillirent tout à coup des nuées d'éclairs tordus qui étendirent leurs bras décharnés multiples pour frapper les Typhons qui les avaient attaqués.
La seconde suivante, ces engins flottèrent dans l'espace privés de propulsion et tous leurs systèmes électriques courts circuités, les batteries vidées de leur énergie
-Capitaine, ce sont des bombes ioniques! Hurla tout à coup le lieutenant.
Le teint sombre cuivré du capitaine Thulo se décolora sous le coup de la panique qui l'étreignait de plus en plus.
Des bombes ioniques... une arme à double tranchant qui pouvait se retourner contre celui qui en usait. Mais d'une efficacité redoutable si elle était bien employée. On pouvait même avancer que son efficacité pouvait être plus dévastatrice que de simples explosifs.
-Les Typhons qui attaquaient les croiseurs et les frégates ennemies demandent du soutien! S'écria l'enseigne. Quels sont les ordres?
En effet, les Yatagan surgissaient maintenant en essaims pour harceler et décimer les chasseurs républicains qui se retrouvaient isolés des autres chasseurs occupés par les autres navettes. Thulo assistait à tout cela, paralysé.
-Monsieur, ils se font décimer!
-Eh bien rappelez-les, espèce d'idiot! S'emporta le sakiyan. Et empêchez ces navettes de s'approcher de nous!
L'ordre arrivait cependant trop tard et aucun des Typhons qui avaient engagé la formation alsakanie autour du Ksarel Kebir n'en réchappa. Les Yatagan qui avaient procédé à cette élimination avec une mécanique implacable se regroupaient par dizaines avant de s'élancer à vitesse modérée vers le groupe de combat tribord républicain.
Ils gardaient avec les cargos piégés une distance de sécurité.
Les Typhons qui restaient en couverture du Leskan et des autres navires s'agitèrent comme un essaim affolé et attaquèrent le reste des cargos qui arrivaient. Ceux-ci se déployèrent loin des uns des autres avant de subir la riposte.
Qui se retourna contre les pilotes républicains, ceux-ci se retrouvant enfermés dans des épaves privés de moteurs et d'armes qui dérivèrent impuissants. Moins d'une minute plus tard, tous les chasseurs stellaires sous le commandement de Thulo avaient été mis hors de combat. Le sakiyan n'avait plus de protection rapprochée pour couvrir ses navires.
-Capitaine, le reste des cargos alsakanis fonce droit sur nous!
Bientôt tous les membres d'équipage fixèrent avec une fébrilité paniquée leur commandant qui restait pétrifié, attéré de se retrouver en position précaire en l'espace de quelques minutes. Comment avait-il pu perdre ainsi le contrôle de la situation?
-Que le reste des chasseurs couvre le Leskan et les autres unités en première ligne!
-Capitaine, vous les aviez déjà déployés! Lui fit remarquer alors le lieutenant en montrant l'horizon constellé des formes menaçantes de vaisseaux alsakanis.
-Ils sont à portée de tir! Beugla l'enseigne.
Alors le sakiyan brailla:
-Feu à volonté! Et alertez le Défenseur de ce qui se passe ici!
L'ordre avait été lancé précipitamment sans réflexion et ce fut une nouvelle erreur de la part du sakiyan.
-Le Ksarel Kebir et le reste de la flotte ennemie font mouvement vers nous!
En effet, le vaisseau de commandement de Yasip Yakub s'ébranlait déjà vers la flotte de Thulo, suivis des autres vaisseaux capitaux. Le piège de Bilel Ap Token se refermait sur lui et sur la Flotte du Noyau.
Les salves de turbolaser déchirèrent l'obscurité de l'espace en direction des cargos qui avaient accéléré de plus belle pour être au contact au plus vite. Au lieu de retarder le péril imminent, les artilleurs ne firent que l'amplifier.
Les vaisseaux piégés se désintégrèrent l'un après l'autre et les décharges ioniques frappèrent de plein fouet les coques des navires républicains dont le Leskan. Bientôt l'enseigne hurla:
-Nous sommes touchés! Les boucliers sont en surcharge!
Les données sur son ordinateur s'affolèrent et indiquèrent des mesures complètement erronées. Avant de s'éteindre dans un flash comme tous les autres instruments de navigation.
-Nous avons perdu nos systèmes! Plus rien ne répond! Nous avons perdu le contact avec les autres vaisseaux!
Le capitaine Thulo resta immobile et silencieux alors que tout le monde s'agitait autour des instruments pour tenter de les démarrer à nouveau, sans succès. D'autres sinistres nouvelles s'accumulèrent par les canaux secondaires.
-Les moteurs, les boucliers et les batteries principales ne fonctionnent plus! Nous ne parvenons pas à communiquer avec les autres vaisseaux!
-Capitaine, quels sont vos ordres? S'écria le lieutenant.
Thulo s'extirpa de son apathie.
-Faites redémarrer les systèmes!
-Les Yatagan sont sur nous! Fit l'enseigne.
La silhouette triangulaire des chasseurs alsakanis emplit la baie de transparacier avant qu'ils ne virèrent sèchement à quatre vingt dix degrés, larguant dans leur sillage plusieurs missiles à bout portant.
Quelqu'un à proximité de Thulo eut seulement le temps de crier impact avant que les flammes ne ravagèrent le pont principal. Avant d'être consumé entièrement, le sakiyan se demandait encore comment il avait pu se tromper si lourdement.
En plein bûcher, il comprit qu'il avait commis une grave erreur. Il n'avait pas surestimé les alsakanis. Non au contraire, il les avait sous estimé.
Ils les avaient tous sous estimés.
Peu après, la flotte du commandant Yakub cibla la flotte désemparée de Thulo et les tirs massifs de turbolaser trouèrent la nuit sidérale pour dépecer les cuirassés Gilagimar, les frégates Sarbakan et les réduire à l'état de poussière insignifiante.
Le cours de la bataille venait de basculer en faveur de Alsakan.

Malgré l'irruption de la seconde flotte alsakanie et le détachement du groupe tribord commandé par Thulo pour les contrer, l'amirale Helder avait confirmé l'ordre de continuer l'assaut sur les forces de Ap Token.
Il leur fallait maintenir la pression coûte que coûte pour forcer Alsakan à renoncer bien que leurs ennemis avaient restauré l'équilibre des forces à leur avantage. L'issue de la confrontation devenait beaucoup moins certaine.
La corellienne penchée sur les hologrammes tactiques avisa son second.
-Vous avez alerté la Deuxième Flotte, capitaine Skyrim?
-Nous ne parvenons pas à déjouer le brouillage des alsakanis, leurs contre signaux sont très efficaces.
-Continuez d'essayer et si cela ne marche pas, vous demanderez au Jedi Kalad de quitter les lieux pour aller les avertir.
-Amirale, vous pensez que nous pouvons vraiment nous passer de lui?
La corellienne n'ignorait qu'il faisait référence aux hauts faits accomplis par le jeune Chevalier d'origine alsakanie à bord de son Typhon.
-J'adapterai ma décision en fonction des circonstances, concéda-t-elle.
Il hocha la tête pour marquer son assentiment et ils suivirent de nouveau les aléas du front. Les vaisseaux de Ap Token continuaient de se regrouper autour du Cristal Brûlant, assaillis de loin par leurs homologues républicains qui ne parvenaient pas à les accrocher d'assez près pour leur porter des coups de boutoir plus cinglants.
Helder admirait la discipline et le sang froid des équipages adverses. Elle admirait bien plus encore l'habilité de Ap Token qui parvenait à déjouer et à esquiver l'ennemi. Il faisait honneur pour l'instant à sa réputation.
Elle avait cependant le funeste pressentiment que ce n'était que le début.
Quel piège nous avez-vous préparé, Bilel? Une autre flotte ne sera pas suffisante pour vous permettre d'emporter la décision, pensait-elle en son for intérieur.
-Amirale, le Leskan nous a transféré un signal de détresse! La prévint le lieutenant ho'din.
Son instinct éveillé, la corellienne lança par dessus son épaule.
-Envoyez les images du groupe de combat de Thulo!
Avec une grande frénésie, elle et son second examinèrent les flux holographiques qu'ils firent défiler d'un simple contact tactile sur la console devant eux. En quelques instants, ils observaient les vaisseaux du commandant Yakub face à ceux de Thulo.
-D'où provenait le signal de détresse?
-D'un Typhon d'un des chefs d'escadron engagé contre les alsakanis, madame, répondit le ho'din.
Ils agrandirent les hologrammes des croiseurs Atgeir et des frégates Hirken et virent des chasseurs républicains tournoyer autour d'eux pour les harceler et abattre leurs boucliers. Au milieu des explosions confuses, ils apercevaient les Yatagan surgir des hangars et les prendre à partie. Ils assistèrent impuissants à la destruction méthodique et impitoyable des Typhons isolés des vaisseaux capitaux républicains.
-Ils ont envoyé des cargos!
Le cri du capitaine duro attira son intention des vaisseaux étranges en forme de losange arrondi.
-Armement? Interrogea le non humain.
-Rien à signaler, répondit le ho'din.
Le visage sans relief de Skyrim masquait sa perplexité alors que les hologrammes montraient les Typhons restés en couverture de leurs camarades maintenant disparus, virer pour attaquer les cargos.
-Mais cela n'a pas de sens! Pourquoi enverraient-ils contre nous des vaisseaux désarmés?
Ekia Helder, quant à elle, gardait le silence. Puis elle cessa de respirer lorsqu'elle vit les conséquences des attaques des chasseurs républicains. Depuis l'épicentre de la destruction de plusieurs cargos ennemis, elle vit des chaines d'éclairs traverser les chasseurs de part en part. Sous ses yeux hébétés, ils se mirent à errer sans but.
-Des bombes ioniques! S'exclama Skyrim.
-Ils se dirigent vers le Leskan et les autres vaisseaux! Avertit le ho'din.
-Contactez le capitaine Thulo et donnez lui l'ordre de se replier vers le groupe de combat central! Intervint l'amirale.
Le commandant sakiyan ne put jamais y répondre. Les éclairs chargés d'ions frappèrent sa flotte, immobilisant ses vaisseaux capitaux en l'espace d'une minute. Le groupe de combat tribord fut ainsi neutralisé, à la merci de la formation alsakanie menée par Yakub.
Les Yatagan se jetèrent à la curée et plusieurs de ces appareils bombardèrent la coque du Leskan, qui fut enveloppé par des halos flamboyants mêlant débris de duracier et cadavres. Les autres vaisseaux subirent le même sort lorsque le Ksarel Kebir s'approcha à portée de tir. Les tirs de turbolasers et de missiles strièrent l'horizon, des astres morts nés illuminèrent la position des navires républicains, les transformant au mieux en épaves déformées, au pire en débris insignifiants.
-Envoyez des frégates couvrir leur évacuation! Intima Helder horrifiée.
-C'est trop tard, madame, souffla Skyrim.
La destruction éclair de la flotte de Thulo laissa l'équipage du pont principal du Défenseur sans voix. Avant que le lieutenant ho'din n'enfonça des portes ouvertes en confirmant:
-Nous... nous avons perdu le groupe de combat du capitaine Thulo.
-Des rescapés? Insista Skyrim.
L'amirale Helder décida de laisser son second gérer cela et de se préoccuper de nouveau de l'ensemble de la situation. Elle avait recouvré son sang froid malgré l'angoisse qui la tenaillait. Avec les pertes qu'elle avait subi, elle était maintenant en nette infériorité numérique.
Le duro se rapprocha du ho'din alors que la corellienne contournait les hologrammes tactiques pour lancer le rappel de tous les autres vaisseaux de la Flotte du Noyau engagés dans des combats à distance avec ceux de Ap Token.
-Six frégates Sarbakan ont répondu, capitaine.
Le duro examina les frêles silhouettes des navires de soutien qui avaient miraculeusement échappé au désastre. Les rescapés s'extirpèrent des débris de la force commandée par le défunt Thulo mais l'ennemi était bien décidé à ne pas les laisser en paix.
Des escadrons de Yatagans les poursuivaient, car les épaves empêchaient les croiseurs Atgeir de les viser.
-Envoyez l'escadron Nimbus!
-Oui, monsieur.
De son coté, Ekia Helder suivait fiévreusement les mouvements des forces de Ap Token qui jouaient jusqu'ici l'usure.
Elle constata avec inquiétude qu'en voulant presser son avantage, elle avait exagérément fait étirer ses lignes. Ce qui allait l'exposer dangereusement à une virulente contre offensive, qui n'avait pas encore été lancée.
Elle s'était montrée imprudente.
-Que toutes les unités se regroupent autour du Défenseur! Faites accélérer le mouvement, nom d'un bantha!
Les cuirassés Gilagimar et les frégates Sarbakan avaient annulé leur attaque et reculaient vers le vaisseau amiral de la Flotte du Noyau.
Helder espérait qu'il n'était pas trop tard et qu'elle ne serait pas prise de court.

Et voilà, j'espère que cela vous a plu! En particulier le petit piège concocté par notre cher amiral Bilel :sournois: ! à votre avis, qu'en penserait Thrawn :sournois: lui-même?

Les républicains prennent cher et ce n'est que le début :diable: !

pour l'anecdote, les bombes ioniques sont une tactique employée par Gar Stazi dans Legacy contre une flotte Sith impériale... oh merde j'ai spoilé peut-être ceux qui n'ont pas lu la série encore :paf: !

Euh allez à la prochaine :hello: :transpire: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 07 juillet 2019, 17:18

Bonsoir!

La suite!

Les doutes de Carmina Delinki furent levés lorsqu'elle suivit du début à la fin l'attaque éclair de Yakub contre le groupe de combat tribord républicain.
De nouvelles étoiles constellèrent l'horizon lointain avant de s'éteindre puis elle pivota vers l'amiral qui affichait une sérénité plus affirmée.
-Toutes mes félicitations, monsieur.
Bilel Ap Token esquissa un rictus malicieux.
-Attendez que cela soit fini pour me féliciter, capitaine Delinki.
-Je tenais à vous assurer que c'est un honneur de servir avec vous. Vous faites la fierté d'Alsakan, notre fierté à tous.
L'amiral alsakani croisa le regard de ses compatriotes qui affichait le respect et la certitude absolue en une victoire glorieuse historique.
-Merci à tous, leur lança-t-il. Aujourd'hui, nous laverons la destruction de Rucapar dans l'humiliation de la République. Nous allons détruire la Flotte du Noyau et partirons assiéger l'arrogante Coruscant. Nous imposerons la paix sur le marbre de la Grande Salle du Sénat, nous leur dicterons les conditions d'une paix durable à notre avantage. L'heure d'Alsakan est venue, que l'Histoire nous contemple à jamais!
Les vivats, les clameurs et les applaudissements retentirent sur le pont principal en un choeur irrésistible où son nom fut scandé.
-Ap Token! Ap Token! Gloire à Alsakan! Que les Lunes de Cristal nous bénissent!
D'un geste impérieux, Bilel mit un terme à cette démonstration de dévotion. Immédiatement, les autres s'affairèrent à leur poste, dans une ambiance empreinte de détermination et d'un moral au plus haut.
-Monsieur, les républicains ont cessé leur attaque et se replient, lui signala Delinki.
-Trop tard pour eux, trancha Bilel d'un ton implacable. Ils ont commis l'erreur d'étirer leurs lignes, fit-il en montrant de l'index à l'horizon le reste de la Flotte du Noyau en deux amas distincts, le premier plus petit que celui assemblé autour du Défenseur. Lancez la contre attaque, donner l'ordre au Minotaure d'isoler le groupe de combat bâbord ennemi et de le détruire intégralement.
-Cela les poussera à battre en retraite.
-Ce qu'ils ne feront pas, assura-t-il.
À travers la baie de transparacier, les deux officiers remarquèrent le croiseur Minotaure suivi de plusieurs équivalents Atgeir et de frégates Hirken les dépasser pour s'élancer dans la brèche et isoler irrémédiablement le groupe de combat bâbord républicain.
Pris de vitesse, leurs ennemis ripostèrent pour tenter de s'extirper de la souricière. Cela ne suffirait pas à les sauver.
-Parce qu'ils savent très bien qu'ils sont les seuls entre nous et Coruscant, dit-elle.
-N'importe qui en ferait autant.
-Ils appelleront des renforts, monsieur.
L'alsakani sourit en pensant au brouillage qui empêchait toute communication de la Flotte du Noyau à l'extérieur.
-Je ne doute pas qu'ils essaieront. S'ils y parvenaient, leurs renforts arriveraient trop tard de toute façon. Je m'en suis assuré.
Carmina Delinki savait qu'il faisait allusion aux vaisseaux qui menaient des actions de retardement contre les autres flottes républicaines dispersées sur les autres fronts chauds. Y compris pour la Deuxième Flotte, la plus proche d'être en mesure d'aider l'amirale Helder.
-C'est brillant, monsieur.
Un cuirassé Gilagimar se fractura en deux par le milieu sous les salves puissantes du Minotaure, qui avait désorganisé la flottille républicaine prise au piège, loin de ce qui restait de la Flotte du Noyau. Sur le front principal, les alsakani avaient relancé l'attaque sur le centre républicain qui tenait bon pour le moment.
-Vous proposerez à Helder de se rendre? Demanda-t-elle.
-Les républicains ont-ils proposé aux habitants de Rucapar de se rendre avant de les anéantir? Répliqua-t-il.
Elle garda le silence.
-Le temps de la diplomatie est passé, capitaine.
-Je comprends, monsieur.


L'Aiglon de Corusca s'était finalement retiré à l'abri des attaques du Souvenir de Rucapar, derrière le cuirassé Gilagimar soutenu par les deux frégates Sarbakan qui tenaient leur position. À son tour le croiseur alsakani se replia, relayé par les frégates Hirken qu'il continuait cependant de couvrir de sa longue silhouette cylindrique.
Les échanges d'artillerie diminuèrent sensiblement d'intensité et Bekan profita de cette accalmie pour évaluer la situation sur l'ensemble du front. L'escadron Nimbus s'était porté au secours du Scimitar Vaillant qui avait battu en retraite pour panser ses plaies à un kilomètre de là. Les pilotes gardaient leurs fréquences ouvertes tout en faisant le tour du cuirassé endommagé pour le protéger d'éventuelles incursions de Yatagans.
Le jeune Jedi entendit le bleu, Nimbus 5, commenter.
-On dirait qu'ils se sont calmés, ils doivent commencer à en avoir marre.
-Connaissant la réputation de Ap Token, n'y compte pas, rétorqua la voix de la twi lek Drya. Tu as oublié la deuxième flotte qui vient d'apparaître sur le flanc tribord?
-Ca pourrait représenter un problème? Intervint 8.
-Plus pour eux que pour nous, releva le givin, Nimbus 7.
-7 a raison, appuya le herglic Coxon, Nimbus 4. Nous avons l'avantage, nous ne sommes pas les assaillants. Il va leur falloir plus de vaisseaux s'ils veulent assiéger Coruscant.
-Vous avez de la bave de mynock dans le cerveau, leur lança la zabak Ilmi Kliss. Vous avez oublié que c'est Ap Token aux commandes?
-Nous allons suivre la situation et rester en attente des ordres, tempéra leur chef Riyan Lix d'une voix posée. Compris, les Nimbus?
-Reçu, leader, s'écrièrent-ils tous.
Bekan ferma tous les canaux et effectua un virage tout en étudiant sur ses écrans la position d'une formation dépêchée par l'amirale Helder pour bloquer la formation antagoniste. Il contacta la frégate qu'il escortait.
-Aiglon de Corusca, vous avez besoin que je reste avec vous?
-Ce n'est plus la peine, Jedi Kalad, répondit le capitaine Duvini.
-Très bien, je retourne vers le Défenseur. Prévenez-moi si vous avez besoin de quelque chose.
Par précaution, le capitaine Duvini était resté à bord en compagnie de d'autres officiers et du personnel indispensable au fonctionnement du navire qui avait entamé des réparations de fortune en attendant de pouvoir bénéficier d'un quai des Chantiers Orbitaux de Kuat.
-C'est noté, bonne chance Jedi Kalad.
Le jeune alsakani poussa les moteurs pour regagner le centre de la Flotte du Noyau, saluant au passage l'escadron Reek qui avait essuyé des pertes. Il se dirigea vers le vaisseau amiral avant de se signaler au Contrôle.
-Défenseur, ici le Jedi Kalad. Pouvez-vous me mettre en contact avec l'amirale Helder ou du moins le capitaine Skyrim? J'aimerais savoir s'ils ont d'autres corvées pour moi.
-Un instant, répondit la voix d'une soldate affectée aux communications.
Il fut mis en attente avant qu'elle ne répondit.
-Jedi Kalad, je suis désolée mais ni l'amirale ni le capitaine Skyrim ne sont disponibles pour le moment. Vous souhaitez leur laisser un message?
-Non merci, laissez tomber. Je les rappellerai.
Il contourna l'imposante silhouette du cuirassé Gilagimar pour se déplacer aléatoirement parmi les autres vaisseaux.
Il remarqua notamment ceux qui constituaient le flanc tribord de la Flotte du Noyau se déployer en ordre de bataille face à leurs antagonistes alsakanis qui venaient de faire irruption et les imitèrent.
-Identification et position du vaisseau amiral du deuxième groupe ennemi, demanda-t-il à son ordinateur de bord.
La réponse ne tarda pas à s'afficher devant sa figure concentrée.
Identification du croiseur Atgeir alsakani aux coordonnées 75-12-37, dont le transpondeur correspond à celui du Ksarel Kebir. Commandant: capitaine Yasip Yakub.
-Merci.
Il décida de se plonger dans une transe légère, histoire d'anticiper l'avenir proche murmuré ou suggéré par les courants de la Force. Il trembla, ressentant les amas d'émotions contradictoires qui subjuguaient le champ de bataille.
De la tension, de la détermination. De la colère et de la peur. De ceux qui couvraient leurs camarades exposés au danger, des officiers qui adressaient leurs ordres d'attaque ou de repli tactique. Dans les deux camps, tout cela formait un maelstrom impossible à démêler, à trier. Un miasme parmi lequel il devait trouver le calme.
C'était son épreuve.
Tout à coup, la Force s'agita, laissant affluer un nouveau torrent d'émotions négatives. La panique et la terreur s'emparaient tout à coup de plusieurs équipages. Les paupières de Bekan s'ouvrirent en un battement de cils et il reporta sa conscience vers le groupe de combat tribord républicain.
Des explosions entrecoupées de jaillissements d'éclairs étranges se propageaient parmi ses lignes et il fallut du temps au jeune alsakani pour comprendre ce qui arrivait alors qu'il ouvrit un canal général pour surprendre les conversations.
-Des bombes ioniques! À couvert, repliez-vous! Hurla un pilote avant que les parasites ne remplacèrent ses paroles.
À cause d'une arme inédite, les vaisseaux qui couvraient le flanc tribord de la Flotte du Noyau se faisaient étriller sans pouvoir se défendre. Leurs systèmes complètement hors service, leurs coquilles flottantes se firent ensuite fragmenter par les salves des navires alsakanis à l'offensive, menés par Yakub.
Sur le canal général, la voix d'un Nimbus tonna:
-Qu'es-ce qu'on attend pour intervenir? Ils sont en train de se faire démolir!
-Silence, Nimbus 9! Trancha Riyan Lix. Nous n'avons pas reçu d'ordres!
À la voix du leader, Bekan sentit néanmoins la tension qui l'habitait, cette envie réfrénée de voler au secours de ses camarades en train de mourir au loin.
Il décida d'appeler à nouveau le vaisseau amiral de la Flotte du Noyau.
-Ici le Jedi Kalad! Défenseur, vous me recevez? C'est urgent!
Celle qui avait reçu son précédent appel, lui répondit:
-Jedi, je suis désolée...
-Non, ne me mettez pas en attente! La situation est grave! Les alsakani viennent de faire une percée! Je dois connaître les ordres de l'amirale Helder!
La soldate hésita.
-Je transfère votre appel au pont principal.
-Merci, madame.
Il vira de bord pour longer de nouveau le cuirassé personnel de la commandante corellienne, immobile comme si la coquille de duracier éprouvait lui-même la peur et le doute qui rongeaient la Flotte du Noyau.
Sitôt le groupe de combat tribord détruit, un nouvel ordre tomba comme un couperet.
-Lyram Skyrim à toute la Flotte du Noyau! Ordre à tous les vaisseaux d'annuler l'attaque et de se regrouper autour du Défenseur en attente d'instructions! Claironna le capitaine duro.
La situation se dégradait, les alsakani étaient maintenant en position de force et ne manqueraient de mettre à profit leur supériorité numérique.
L'amirale Helder lui répondit enfin, après une attente interminable.
-Que voulez-vous, Jedi Kalad?
-Simplement savoir si je pouvais vous être d'une quelconque utilité, madame.
-Peut-être bien, concéda-t-elle avec moins de raideur. Six frégates sont toujours opérationnelles mais sont poursuivies par l'ennemi, dépourvues de couverture. Vous veillerez avec l'escadron Nimbus à ce qu'elles nous rallient en un seul morceau.
-C'est dans mes cordes, madame.
-Bonne chance alors, Jedi Kalad. Et merci.

Ekia Helder revint à ses préoccupations immédiates après sa conversation avec le jeune Chevalier Jedi.
-Les Nimbus sont en route, amirale, lui confirma le major gotal.
-Espérons que cela pourra aider, lâcha d'un ton las, le capitaine Skyrim sur les talons de la corellienne.
Le lieutenant ho'din les alerta depuis le centre du pont principal.
-Amirale, le groupe de combat bâbord est isolé par l'ennemi. Ils réclament du soutien!
Elle se jeta sur les écrans tactiques pour consulter les reflets tridimensionnels de cinq cuirassés Gilagimar et d'une dizaine de frégates Sarbakan, coupés de tout support possible provenant de la Flotte et qui avait tenté de déborder les vaisseaux de Ap Token à droite.
Lors de l'ordre de repli, les lignes républicaines avaient été si étirées par l'attaque générale qu'une brèche béante s'était creusée dans le dispositif tactique. Les alsakanis n'avaient pas perdu de temps pour en tirer profit et avaient injecté dans la brèche une dizaine de bâtiments lourds escortés d'autant de frégates Hirken.
Le Minotaure menait la tête de la nouvelle percée et faisait feu de tout bord contre leurs proies piégées et les vaisseaux républicains qui tentaient de leur porter secours.
-Les alsakani lancent la contre attaque au centre! Ils ciblent le Scimitar Vaillant! Annonça de nouveau le gotal.
Les évènements se précipitaient et la sueur perla du front de la corellienne, qui eut aussi l'impression que le col de son uniforme l'étouffait. Elle n'avait pas prévu que cela tournerait de cette façon.
Elle connaissait pourtant la réputation de Ap Token, elle était censée rester sur ses gardes. Mais face à Ap Token, cela demeurait insuffisant. Il le lui prouvait en cet instant, incontestablement.
Ce sont mes équipages, je ne peux pas en laisser d'autres mourir!
-Amirale? Vos ordres?
-Lancez tous nos vaisseaux opérationnels à la rescousse du groupe bâbord!
Skyrim s'interposa en lui agrippant le coude.
-Amirale, attendez! Vous ne pouvez pas faire ça!
-Mais ce sont les nôtres! Nous ne pouvons pas...
-Je sais, l'interrompit-il à regrets. Mais c'est justement ce que Ap Token espère que vous fassiez! Nous ne pouvons plus rien pour eux!
Elle cligna des yeux et recouvrit sa lucidité. L'amiral adverse anticipait ses actions et bénéficiait d'un coup d'avance depuis le début des engagements.
Si elle envoyait le reste de la Flotte du Noyau au secours du groupe de combat bâbord qui subissait un feu ennemi soutenu et supérieur, elle n'aurait pas les moyens de résister à l'attaque centrale qui l'aurait prise de flanc.
Ce qui aurait condamné sa flotte à un anéantissement total express.
-Que les vaisseaux qui ont pu se grouper autour du Défenseur, tiennent leurs positions! Intima-t-elle fermement.
Les traits sans relief de son second laissèrent transparaître un immense soulagement. Il hocha la tête pour lui signifier son approbation puis il prit le relais.
-Que le Scimitar Vaillant se range à notre hauteur et commence à faire évacuer le personnel non indispensable. Le Défenseur les accueillera.
Malgré elle, elle ne put se retenir de jeter un regard vers ses navires pris sous les salves croisées des Atgeir qui les assaillaient de près. Tout comme pour l'aile tribord commandée par Thulo, l'aile bâbord connut un sort tout autant tragique.
Seuls quelques dizaines de chasseurs Typhons parvinrent à les rallier sains et saufs, alors que les épaves lévitaient inertes et brisées.
-Lyram, je connaissais ces hommes.
-Moi aussi, Ekia.
Leur regard et leurs mots trahissaient leur émotion devant tant de pertes. Tant de connaissances, d'amis, de camarades, de frères et soeurs d'armes perdus à jamais dans le tombeau de l'espace. Un mausolée à jamais éternel.
Au bout de quelques instants, elle demanda au lieutenant ho'din:
-Estimation de l'équilibre des forces.
Le non humain consulta son ordinateur où s'affichaient la liste des vaisseaux perdus et de ceux encore en état de se battre.
-L'ennemi dispose maintenant d'une supériorité écrasante, environ deux contre un.
-Merci lieutenant.
-Madame, fit le duro, nous devrions battre en retraite vers Coruscant. Nous n'avons plus assez de vaisseaux pour retenir l'ennemi loin de la planète.
La corellienne prit le temps de réfléchir à la suggestion de son second. Tactiquement, cela se tenait... le repli en orbite de la planète capitale leur assurerait l'appui des défenses planétaires.
Mais l'issue d'une bataille décisive et donc d'une guerre ne dépendait pas que des simples forces en présence sur un champ de bataille.
L'issue de la Crise avec Alsakan et ses alliés dépendrait de la volonté des politiciens à continuer de se battre. Et Ekia doutait sérieusement que les sénateurs qui se déchiraient pour choisir le nouveau Chancelier suprême possèdent la capacité de continuer les hostilités.
Elle imaginait sans mal leur panique devant l'irruption d'une flotte alsakanie dans le ciel de la Cité Galactique, et la terreur de centaines de milliards d'habitants qui pousserait les politiciens décadents à négocier une paix désavantageuse sous la menace des missiles et des turbo lasers.
Certes un retrait sauverait dans l'immédiat ce qui restait de la Flotte du Noyau mais il restait trop d'inconnus à résoudre. Elle ne pouvait pas espérer un quelconque courage des politiciens d'une République qui avait sombré dans la décadence et irrémédiablement gangrenée par la corruption.
Elle refusait d'assumer ce risque.
Et les flottes républicaines, dispersées sur les fronts lointains, arriveraient-elles à temps?
-Capitaine, si les habitants de la capitale voient une flotte alsakanie au-dessus de leur tête, comment réagiront-ils?
Le non humain se figea, ses yeux sans facettes errant dans le vide.
-Ils paniqueront, amirale.
-Et les sénateurs qui n'ont peut-être pas encore choisi leur Chancelier Suprême, bien plus encore à mon avis, avança-t-elle.
Il ne la contredit pas.
-Alors nous devons tenir notre position, affirma-t-il.
-Tenir jusqu'à l'arrivée des renforts, appuya-t-elle.
Le duro et le reste de l'équipage sur le pont prinicipal virent de nouveau une commandante prête à assumer ses responsabilités. Jusqu'au bout.
-Les alsakanis continuent de brouiller nos communications, madame. Nous sommes toujours coupés de l'extérieur.
-Amirale! Appella le major gotal. Ils se rapprochent, ils entament les manœuvres d'encerclement!
En effet, les ailes des forces de Yakub et de Ap Token se refermaient telles des pinces géantes sur le grand amas de bâtiments républicains resserrés autour du Défenseur. Ekia était consciente de ne plus avoir assez de forces pour contrer ce mouvement.
La dernière et importante phase de la bataille allait commencer. Ce serait le jour le plus long de son existence si elle avait la chance d'en voir la fin.
-Capitaine Skyrim, détachez une frégate et envoyez la alerter la Deuxième Flotte et le Quartier Général de Coruscant.
-Mais nous allons avoir besoin de tous nos vaisseaux...
-Faites-le maintenant, Lyram. Ou nous n'aurons plus jamais l'occasion de le faire.
Le ton de l'amirale Helder était teinté d'une inflexibilité nouvelle. Une attitude plus que jamais inébranlable qui poussait le duro à se fier à elle. Pour résister et sauver ce qu'ils pouvaient.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! J'espère que cette bataille dans l'espace continue de vous fasciner, j'essaie de soigner tout ça :oui: !

Les Alsakani ont-ils abattu toutes leurs cartes? La République va-t-elle subir un magistral Trafalgar :shock: ?

Vous le saurez la semaine prochaine, chers amis! Allez à la prochaine et soyez sages :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 14 juillet 2019, 16:33

Bonsoir, voici la suite!

C'est toujours la grande bataille spatiale :diable: ! Hihihi!

Allez bonne lecture!

-Jedi Kalad, vous me recevez? Fit la voix de Riyan.
-Je vous reçois, leader. Je rejoindrai les Sarbakan au point 65-12 A-27.
Le jeune Jedi valida les coordonnées sur son ordinateur de bord tout en se concentrant sur son environnement proche qui ne tarderait pas à devenir chaotique.
-Temps d'arrivée sur zone estimé à quinze secondes, ajouta-t-il.
-Bien reçu, répondit Nimbus leader.
Peu après, il s'extirpa du gros de la Flotte du Noyau pour se glisser dans le sillage des douze pilotes de l'escadron qui accéléraient pour assister ce qui restait du groupe de combat tribord. Il signala sa présence sur leur canal.
-Je suis derrière vous, en queue de formation à six heures. Je vous couvre.
-Entendu, approuva Riyan.
Celui-ci intima à ses équipiers de rester en binômes avant de rejoindre les six frégates harcelées par l'ennemi. Derrière les fugitifs, la flotte du commandant Yakub les poursuivait se frayant un chemin à travers les débris des autres vaisseaux républicains, à coups de turbolasers.
Des chasseurs Yatagan sollicitaient leurs boucliers tandis que les Sarbakan se défendaient avec leurs batteries légères pour les tenir en respect.
Plusieurs des chasseurs alsakanis repérèrent alors les Typhons et se détournèrent des frégates pour se porter à leur rencontre.
Bekan tenta de mettre de coté son appréhension concernant la position de la Flotte du Noyau pour ne pas se laisser distraire. Il serra le manche, plongé dans la Force qui guida ses mains et son esprit de combat.
Les Nimbus plongèrent dans la mélée et le jeune Jedi esquiva à l'aide d'acrobaties audacieuses deux missiles décochés par le Yatagan qui fonçait droit sur lui. Il l'abattit dans une vrille, dépassa ses débris et mitrailla deux autres appareils qui s'en allèrent rejoindre le néant.
Leur action offrit un répit inespéré aux six frégates qui bénéficièrent bientôt de l'appui immédiat de deux cuirassés Gilagimar. Les pilotes alsakanis après avoir perdu huit des leurs s'empressèrent de se mettre hors de portée.
Le sursis ne durerait que quelques battement de cils, Bekan ne l'ignorait pas. Les bâtiments alsakanis traversaient le champ de débris et fondraient sur eux, une nouvelle tempête allait s'abattre.
Le jeune homme doutait qu'ils puissent y résister durablement.
Le salut de Coruscant ne dépendait plus que d'eux et de la Volonté de la Force. Bekan se réfugia derrière un Gilagimar qui ne cessait de bombarder les chasseurs ennemis de ses lourdes batteries et s'immergea dans les flux de la Force.
Il toucha l'esprit de son instructrice twi lek, affectée à la Deuxième Flotte de l'amiral Jehun. Il perçut le calme de ses pensées, l'apaisement d'un ruisseau qui trouvait son chemin malgré les obstacles.
Il instilla toute l'urgence qu'il pouvait enfouir dans cet appel psychique.
Maître Terka, notre position devient critique. Nous avons besoin d'aide.
Il frémit de soulagement lorsqu'une voix maternelle résonna dans sa tête.
Nous arrivons le plus vite possible Bekan. Garde confiance.
Il lui adressa en retour toute la reconnaissance qu'il éprouvait. Un appel se diffusa sur tous les canaux.
-Nous avons perdu le groupe de combat bâbord, annonça la voix du capitaine Skyrim. Que tous les vaisseaux maintiennent leurs positions autour du Défenseur! Nous devons arrêter les alsakani ici même! Battez vous pour vos vies et pour sauver vos familles, ce que vous avez de plus cher! Battez-vous!
Bekan sut que la détermination vacillante des républicains venait de se raffermir d'un coup. Il crispa alors davantage ses mains sur le manche de son Typhon.
Oui, il devait se battre.
Ils devaient tous se battre. Que la Force le leur permette.

Bilel Ap Token ne se délecta pas du spectacle de la destruction semée par le Minotaure et les autres croiseurs de sa flotte qui avaient isolé le groupe de combat bâbord républicain. Il ne ressentait que de la satisfaction minimale.
Son regard aussi ardent qu'un cristal d'une des Lunes d'Alsakan porté à ébullition restait obstinément braqué sur l'un des cuirassés Gilagimar, le Défenseur de son homologue Ekia Helder.
Je suis navré que nous ne soyons pas dans le même camp, Ekia. Mais la destruction de Rucapar doit être lavée. Si seulement vous pouviez le comprendre...
-Amiral, le Minotaure a rempli sa mission, annonça Carmina Delinki.
-Combien de cargos drones possèdent-ils?
Son second examina son datapad.
-Quatre, monsieur.
Bilel hocha la tête tout en guettant une réaction des républicains. Au lieu de se lancer éperdument au secours de leurs camarades, ils étaient restés sur leurs positions. Ils battaient même en retraite vers le Défenseur.
La noix serait plus dure à casser que prévu. Il avait escompté qu'une contre attaque précipitée de Helder lui permettrait de désorganiser ce qu'il restait de la Flotte du Noyau. Mais elle n'avait pas cédé à la panique.
Restait à savoir s'il aurait assez de temps pour mener à terme l'offensive sur Coruscant.
-Monsieur, une frégate tente de s'échapper. Devons-nous la poursuivre?
Il retourna vers les écrans tactiques, l'hologramme d'une frégate républicaine illuminant ses traits impassibles.
-Non, laissez la.
-Amiral, s'ils s'échappent, ils préviendront les renforts. Et Coruscant...
-Les défenses de leur capitale sont déjà actives depuis le début de notre opération, capitaine. Et leurs renforts n'arriveront pas à temps.
-C'est un gros risque.
Avec un calme désarmant, il répondit.
-Toute guerre comporte des risques. Mais je peux vous assurer que la victoire ne nous échappera pas même si cela doit nous couter davantage de vaisseaux que prévu. Les renforts que la République enverra contre nous ne seront que des flottilles hâtivement lancées. Cela nous ralentira peut-être mais cela ne nous arrêtera pas.
Les combats avaient repris avec une nouvelle intensité au niveau du Souvenir de Rucapar. Le croiseur alsakani menait la contre attaque au centre, ses boucliers absorbant vaillamment les ripostes républicaines.
Le Ksarel Kebir et le Minotaure faisaient de même, assaillant les flancs de la formation d'Helder et resserrant leur étau inexorable, leur coupant définitivement toute retraite.
-Que le Minotaure se tienne prêt à larguer ses cargos drones. Lancez l'attaque générale, capitaine.
-Avec joie, amiral.
Des centaines de Yatagan dépassèrent le Cristal Brûlant pour fondre sur la masse des vaisseaux ennemis acculés et recroquevillés autour du Défenseur.
-Tous les systèmes sont opérationnels, signala un enseigne au capitaine Delinki.
Elle transmit l'information à Ap Token qui acquiesça d'un hochement de tête.
-Amenez le Cristal Brûlant près du vaisseau amiral de la République. Le Poignard d'Archais et le Souvenir de Rucapar nous soutiendront. Préparez le canon de proue.
-Chargez le canon de proue! Aboya la jeune officier.
Bilel s'était trop engagé dans ce combat, il était trop tard pour éprouver le moindre scrupule. Trop tard pour reculer.
Il se persuada que Helder en aurait fait autant à sa place.
Il était temps d'en finir.

-Ici, Etoile de Cendres, nous ne pouvons maintenir notre position!
L'escadron Nimbus et Bekan reçurent l'appel de l'une des six frégates qu'ils étaient parvenus à escorter. Mais l'ennemi les avait rattrapés.
La frégate Sarbakan qui fermait la marche se retrouva tout à coup enveloppée par les Yatagan alors que trois croiseurs Atgeir dont le Ksarel Kebir se rapprochaient rapidement. Bekan frissonna en voyant leur canon de proue commencer à briller.
-Etoile de Cendres, ici le Jedi Kalad! Boostez vos boucliers!
Des parasites hachèrent la réponse du contrôle.
-Jed... Alad... veuill...répéter...
La proue du Ksarel Kebir luit tout à coup d'un halo aveuglant alors qu'un rayon plasma ricocha dans la seconde suivante contre la coque de la frégate. Des flammes sinistres se mirent à lécher l'épiderme et des débris commencèrent à se détacher pour flotter dans l'espace, sous les canons des Yatagan.
-Nous avons perdu nos boucliers! Fuite d'atmosphère et fracture de la coque dans la salle des moteurs, dépressurisation dans les hangars secondaires! Envoyez-nous du soutien!
Le soutien tant demandé n'arriva jamais à temps. Un deuxième croiseur Atgeir ouvrit le feu à son tour et la frégate en perdition fut sectionnée en deux, dévorée par les incendies. La Force perdit encore un peu de sa vitalité.
Les deux cuirassés Gilagimar chargés de couvrir les Sarbakan furent alors sous le feu de quatre frégates Hirken et après un intense duel d'artillerie, deux des assaillants se retirèrent après avoir encaissé de sévères avaries.
Les Yatagan contournèrent les vaisseaux républicains exposés face à ceux de Yakub, et les survolèrent en rase mottes, déversant dans leur sillage les missiles qui devaient faire tomber les boucliers déflecteurs.
Ceux de deux frégates lâchèrent avant que des appels au secours ne furent émis. L'escadron Nimbus y répondit. Bekan les suivit.
Riyan Lix vérifia sur son écran les munitions qui lui restaient. Il était bientôt à court de torpilles, ce devait être le cas de tous ses équipiers. Dans son champ de vision, trois Yatagan furent mis en pièces par les répliques d'une des frégates en difficulté.
-Couvrez l'évacuation!
-Reçu leader, répondirent tous les autres.
Nimbus 5 rajouta:
-Il y aura des renforts?
-N'y compte pas le bleu, trancha la voix de la twi lek Drya. Vu notre situation, ils sont pas prêts de venir.
Riyan accéléra et frappa de ses canons l'aile droite d'un appareil alsakani croisant son chemin, qui exécuta plusieurs tonneaux avant de se désagréger. Un autre Yatagan le prit en chasse, il évita ses tirs avant que Zeya ne l'acheva.
-C'est dégagé, Riyan.
-Merci, Zeya.
Il cibla trois Yatagans qui entamaient un virage avant de raser l'épiderme dentelé de l'une des frégates. Il les intercepta alors qu'ils s'apprêtaient à larguer leurs projectiles mortels. Ils n'eurent jamais le temps de les lancer.
-Ici, Nimbus 4! J'ai besoin d'aide!
Le herglic Coxon était poursuivi en effet par quatre alsakanis. Ceux-ci parvenaient à le garder dans leur ligne de mire.
-À Sept heures, Riyan, lui signala sa coéquipière zeltronne.
-Je l'ai en visuel.
Coxon entraînait ses ennemis derrière lui, comptant sur la maniabilité de son Typhon pour les semer ou les décourager. En vain. C'est alors que Riyan remarqua un détail qui l'intriguait depuis qu'il s'était déporté pour suivre les quatre pilotes alsakanis.
-Où est Grevas? Où est Nimbus 11?
-On doit aider Coxon d'abord. Grevas attendra, le persuada Zeya.
Ce fichu fils de kath était le coéquipier de Coxon. Il était censé le couvrir et ne le pas laisser seul face aux ennemis. De la part d'un pilote de la trempe de Grevas, c'était plus qu'une faute professionnelle, c'était une trahison.
En temps de guerre, cela pouvait être considéré même comme un crime.
Grevas attendra cependant.
-Ils sont sur moi! Ils sont sur moi!
-Tiens bon, Coxon! Glapit Nimbus 8.
L'humaine originaire d'Anaxès rejoignit Zeya et Riyan tandis que le reste de l'escadron tenait les autres Yatagan en respect. Riyan crispa ses doigts sur le manche et le Yatagan qu'il avait démembré se mit à dériver, son monoréacteur en flammes.
Zeya fracassa l'aile gauche du deuxième et la dernière pilote républicaine regarda le troisième Yatagan éclater en plusieurs morceaux.
Quant au quatrième, il eut assez de latitude pour verrouiller le herglic et décocher un missile. Celui-ci rattrapa le Typhon et explosa sous son aile droite. L'onde de choc emporta toute l'aile et l'appareil naufragé roula puis coula dans une vrille mortelle.
L'alsakani paracheva son œuvre par deux tirs de canons laser qui détruisirent le Typhon désemparé sans que Coxon n'ait pu s'éjecter. Sa disparition laissa coi Riyan et Zeya, Nimbus 8 abattit de rage le pilote ennemi.
-Nous... nous avons perdu Nimbus 4, déclara Zeya d'un ton cassé par l'émotion.
Elle ressentait de la tristesse. Riyan était dévoré par la colère.
Tu vas me payer ça, Grevas.
-Es-ce que Nimbus 11 est encore opérationnel? Gronda-t-il d'un ton féroce.
-Attends, lui fit la zeltronne.
Quelques instants plus tard:
-Son transpondeur émet toujours.
Oh oui, Grevas. Tu vas me le payer.

Vous vous appelez Grevas Eyl.
À l'insu de tous, vous avez abandonné l'escadron Nimbus et regagné le centre de ce qui restait de la Flotte du Noyau.
Vous avez abandonné vos camarades, vos équipiers. Vous avez déserté votre poste pour une cause qui en valait bien plus la peine.
Vous louvoyez avec votre Typhon entre les vaisseaux républicains encerclés et assaillis par des ennemis déterminés et supérieurs en nombre. Vous admirez le spectacle de la mort qui dansait, qui avalait dans sa grande gorge sombre et glacée, les illusions et les espoirs de ceux qui espéraient s'en tirer vivants.
Illusions et espoirs, vous êtes bien au-dessus de tout cela car vous êtes un Enfant de la Déesse. Vous serviez sa Volonté, c'était tout ce importait à vos yeux.
Vous ne vous lassez pas de ces langues enflammées qui calcinaient, déchiquetaient, mâchaient et déformaient en des amas indistincts de duracier et de chair, les navires de guerre de Helder soumis à un pilonnage incessant.
Autour de vous, les chasseurs Typhon virevoltaient pour tenter d'échapper aux Yatagan qui paraissaient être partout à la fois. Leurs utilisateurs luttaient pour rester en vie. Mais pourquoi donc?
Pourquoi cherchaient-ils à se dérober à l'inéluctable?
La vie était un don de la Déesse. Tout comme la mort ou plutôt l'accès à un meilleur monde délivré de toute impureté, de toute peur.
La Déesse offrait la délivrance à chacun de ceux et de celles qu'elle avait crée. Elle les emmenait vers la Vertu, un paradis délivré du péché originel. Étaient-ils si ingrats au point de ne pas accepter cette faveur?
La nuit sidérale engloutissait dans son estomac profond, tous leurs péchés. La médiocrité de leur condition.
C'était magnifique, tellement pur.
Vous écarquillez les yeux, émerveillé comme un enfant lorsque vous surprenez au loin cette frégate Sarbakan transformée en torche énorme qui percuta coup sur coup deux frégates Hirken et les entraîna dans sa destruction.
Une nova enfla comme une bulle avant de se rétracter. Toutes ces victimes républicaines et alsakanies furent baignées de la miséricorde de la Déesse.
C'était magnifique.
Les martyrs qui jonchaient le champ de bataille, cadavres figés flottant dans l'obscurité dans des positions incongrues servaient les desseins de la Déesse. Hapos, le Prophète de la Violence, devait être rassasié.
Vous vous appelez Grevas Eyl.
Vous apercevez à une vingtaine de mètres un pilote républicain qui vient de s'éjecter de son Typhon démantelé. Surgissant depuis le néant, un Yatagan fonçait droit sur lui. Les salves de canon laser le déchiquetèrent en plusieurs morceaux.
Vous auriez pu virer de bord et le secourir mais vous n'en faites rien. Vous pourriez le venger en poursuivant l'alsakani qui l'avait achevé mais vous n'en faites rien. Vous vous rappelez mot pour mot l'avertissement de Riyan.
Si tu fais ce que tu as en tête, les alsakani tueront tous nos pilotes qui s'éjecteront! C'est cela que tu veux vraiment?
Vous haussez les épaules, peu sensible à ce qu'il vous avait dit et à ce qui venait de se passer. La prédiction de Riyan s'était révélée juste mais c'était la Volonté de la Déesse.
Vous émergez du cours monotone de vos pensées et vérifiez que les holocaméras fixées sous vos ailes fonctionnaient discrètement. Vous émettez un signal crypté convenu en direction de Coruscant.
Vous ne tardez pas à recevoir une réponse positive.
Vous pouviez transmettre les images du désastre en cours. La peur étreindrait le coeur de la République. La peur amènerait les sénateurs à choisir le Sage Suprême Contispex, le premier serviteur de la Déesse.
Le seul en mesure de les sauver et de les guider sur la Voie.
D'abord, ils devaient être tourmentés par le désespoir.
Un cadeau de la Déesse.

Voilà j'espère que cela vous a plu comme d'hab :cute: ! N'hésitez pas à laisser un commentaire si le coeur vous en dit!

Allez à la prochaine et le prochain extrait sera Contispex :love: :love: :love: :love: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 21 juillet 2019, 16:21

Bonjour, voilà la suite ;) !

Dans cet extrait, il est temps de découvrir ce qui se passe au Sénat, alors que la République essuie une débâcle sévère! Ca risque d'être un peu la panique :sournois: !

Coruscant, Chambre du Sénat

-Ce qui arriva à mon père me persuada que je devais reprendre le flambeau, que je devais aspirer à de plus grandes responsabilités que celles d'un simple trésorier aux Guildes Marchandes. Que je devais cesser de me préoccuper de mon bien être pour m'élever à la hauteur des exigences de l'intérêt général.
L'ensemble des sénateurs conserva un silence recueilli hormis quelques uns qui commençaient à s'agiter sous le coup d'une impatience trop longtemps contenue devant le discours interminable de Julius Contispex. Ce fut le cas de la selkath Lonleth B'lsak qui tenta alors d'attirer l'attention du président par une toux discrète.
-C'est la raison qui me poussa à me présenter au poste de sénateur de Coruscant, trois ans auparavant.
-Hum hum.
D'un air courroucé, le président du Sénat la reprit.
-Sénatrice, vous n'avez pas la parole.
La native de Manaan se dressa et ne tint pas compte de l'avertissement.
-Pardonnez cette interruption, monsieur le président. Je ne doute pas que la vie de Julius Contispex, notre estimé collègue, soit d'un intérêt certain. Mais le moment est-il vraiment opportun? Il me semble que cette session a pour but l'élection du nouveau Chancelier Suprême, dans un contexte de grave crise avec Alsakan si je ne me trompe pas.
La perplexité parcourut les rangs des autres dignitaires dont certains partageaient l'opinion de la selkath. L'un d'eux s'écria même:
-Assez de discours! Procédons à l'élection maintenant!
Un brouhaha s'éleva tandis que d'autres se levaient subitement des gradins, se houspillant avec véhémence.
-Non, c'est anti constitutionnel! Soutenaient les uns. Le sénateur Contispex doit poursuivre son discours!
-Comment osez-vous invoquer la Constitution? Répliquaient les autres. C'est au président du Sénat de décider si le discours doit être abrégé ou non, selon l'amendement numéro A 256!
-Et que faites-vous donc de l'amendement numéro B 3157 qui précise que le sénateur Contispex peut y opposer son veto au nom de la liberté d'expression, une des libertés garanties par la Constitution?
-Ah, vous êtes d'une stupidité et d'une outrecuidance sans limites! Seule la commission électorale peut décider si les élections peuvent être précédées par des discours de présentation. Relisez donc l'amendement C 853!
-Une bouse de Nerf de votre acabit a sans doute entendu parler de l'amendement D 435 qui stipule que cette commission doit être convoquée par le Chancelier Suprême en exercice!
-La belle affaire! Vous comptez ramener le cercueil de Pers'lya depuis Bothawui pour lui demander son avis?
La chambre du Sénat devint une cacophonie désolante où chacun et chacune ne s'entendait plus parler. La sénatrice Lonleth B'lsak ne put masquer son atterrement et prit son visage entre ses mains tandis que Julius s'amusait de ces querelles sur de banales questions de procédure.
La non humaine se lamentait de constater à quel point la République était tombée bas. À voir ces sénateurs se disputer comme des enfants, si peu considérés par leurs propres concitoyens, elle se demandait si la République ne méritait pas ce qui lui arrivait.
Si les principes sur lesquels elle était fondée méritaient qu'elle les défende encore. Elle n'en était pas certaine.
Puis elle croisa le regard goguenard de cet homme, Julius Contispex. Elle fut convaincue qu'elle ne pouvait pas le laisser prendre le pouvoir. Pas sans se battre.
-Allons, silence tout le monde!
Le président du Sénat martela son pupitre de son marteau, manquant de rompre ce dernier sous ses assauts répétés. Après plusieurs minutes d'échange infantiles et houleux, le silence revint bien que la tension continuait d'électriser l'atmosphère.
-Sénateur Contispex, la remarque de la sénatrice B'lsak est pertinente. Veuillez abréger votre discours, que l'élection du nouveau Chancelier puisse être menée à son terme.
-Ceci est un déni de démocratie, monsieur le président! Vous devriez avoir honte! Ajouta un soutien de Contispex dans l'assemblée.
Le président lui répliqua en frappant avec son marteau.
-Encore une interruption et vous serez exclus des débats!
L'intéressé se le tint pour dit. La sénatrice selkath qui était bien décidée à gêner son adversaire politique se redressa alors.
-Monsieur le président, au nom du République, nous vous demandons de lancer le vote. Nous n'avons personne pour nous gouverner!
Personne ne prit garde au sénateur Contispex penché sur son comlink, ayant reçu un signal convenu. Personne ne détecta le sourire mauvais qui étirait ses lèvres lorsqu'il releva la tête.
-Nous avons à affronter la crise la plus grave depuis la création de la République. Honorables membres de cette assemblée, nous devons choisir maintenant!
Quelques uns surmontèrent la peur qu'ils éprouvaient envers Contispex.
-Le vote! Le vote!
Le calme fut de nouveau ramené à coups de marteau et tous les sénateurs se murèrent dans le silence, se préparant à vivre un moment décisif.
Un garde sénatorial entra dans la chambre du Sénat et courut droit vers le président du Sénat. Tous deux échangèrent à voix basse et aucun des sénateurs surpris par cette irruption ne put évidemment en saisir l'objet.
Les plus proches pouvaient cependant remarquer la fébrilité du garde sénatorial et l’inquiétude qui luisait peu après dans le regard du président du Sénat.
Celui-ci attendit le départ du garde pour reprendre la parole.
-Des nouvelles très graves viennent d'être communiquées par le Quartier Général de la Marine Républicaine. Une attaque majeure d'Alsakan est en cours contre la Flotte de Helder, l'issue est jugée incertaine. Le bouclier planétaire a été levé, toutes les communications avec l'extérieur sont coupées.
-La Flotte du Noyau est attaquée? S'étrangla un sénateur.
-Les alsakani vont arriver! Paniqua un deuxième.
La nouvelle terrible annoncée provoqua un flottement et la confusion s'empara de tout le monde. Alors que les spéculations commençaient à se propager, personne ne remarqua le Sénateur Contispex se lever des gradins et franchir les rangs de ses collègues pour descendre, rejoindre le président du Sénat qui tentait de ramener la sérénité.
-Monsieur le président, puis-je utiliser cet holoterminal?
Il désignait un tableau avec plusieurs interfaces contre le mur, derrière le président.
-Allez-y, l'autorisa celui-ci.
Il ne prit guère attention aux manipulations de Contispex tandis que les jacassements des sénateurs reprirent.
-Il faut rappeler toutes les autres flottes ou nous sommes perdus!
-Et comment voulez-vous que nous fassions, sans Chancelier Suprême élu?
-Nous devons réunir la commission de crise!
-Le temps qu'elle soit réunie, les alsakani auront bombardé la moitié de la Cité Galactique! Il faut voter l'état d'urgence!
-Seul le Chancelier peut prononcer l'état d'urgence et rappeler les autres flottes!
-Mais nous n'avons pas de Chancelier!
Les invectives stoppèrent brusquement lorsque des immenses images holographiques baignèrent la grande salle d'une lueur blafarde mais suffisamment claire pour que tous comprennent de quoi il en retournait.
Tous hormis Contispex qui manifestait un calme effarant, fixaient fascinés et stupéfaits les représentations holographiques de bâtiments de guerre spatiaux en détruisant d'autres. Les représentants de l'assemblée ne tardèrent pas à constater que c'étaient des vaisseaux alsakani qui réduisaient à l'état de carcasse inerte leurs homologues républicains.
La voix de la sénatrice B'lsak fut la première à rompre le mutisme pesant.
-Qu'est-ce que cela signifie? Comment vous êtes-vous procuré ces images, sénateur Contispex?
-S'agit-il de la Flotte du Noyau? Demanda à son tour, le sénateur Mansur.
Il s'était levé des gradins comme la majorité de ses collègues, les traits livides. Julius conserva un masque impavide.
-Pour répondre à votre question, sénateur Mansur, il s'agit bien de la Flotte du Noyau. Quant à votre question, sénatrice, elle n'est pas prioritaire.
-Vous vous croyez au-dessus du Sénat, Contispex? S'indigna-t-elle. Comment pouvons-nous être certains que ces images sont authentiques?
-Sénateur Contispex, veuillez répondre à la question, le pressa le président du Sénat.
Le dignitaire coruscanti soutint le regard acéré de la selkath.
-Je peux vous assurer que ces images sont authentiques et qu'elles ne sont pas diffusées en différé. La vraie question: que choisissons-nous de faire maintenant?
-Non, vous ne vous en sortirez pas aussi facilement! Protesta la non humaine en le pointant de sa main à trois doigts.
-Si vous ne me croyez pas, que ceux qui ont des proches au sein de la Marine et surtout de la Flotte du Noyau les contactent. Si vous y parvenez, bien sûr.
Il ponctua sa remarque avec une expression de mépris et de suffisance, certain que personne ne le contesterait.
-Mon fils sert dans la Flotte du Noyau! S'écria un dignitaire duro.
-Mes deux filles sont pilotes! Renchérit un autre.
Cette fois, l'hystérie collective se déchaîna et Julius la savoura comme un fruit mur qu'il venait de cueillir.
Le désespoir d'autrui était parfois tellement exquis.
-Mes chers collègues, ne cédons pas à la panique! Tenta vainement la sénatrice selkath.
Elle ne parvint pas à se faire entendre et des sénateurs descendirent des gradins, en scandant:
-Nous devons faire évacuer nos familles, nous devons nous mettre à l'abri!
Le président du Sénat appela les gardes sénatoriaux pour les contenir.
-Le Quartier Général a donné l'ordre aux sénateurs de rester à l'intérieur pour leur sécurité! Hurlait l'un des officiers.
Les soldats formèrent un rempart contre lequel s'écrasèrent les dignitaires incontrôlables. La sénatrice B'lsak se joignit aux gardes pour faire revenir ses collègues à la raison.
-Nous avons des devoirs envers la République et les citoyens! Nous devons élire le nouveau Chancelier et rouvrir les négociations avec Alsakan!
Ils ne l'écoutèrent pas tandis que les autres sénateurs pétrifiés sur les gradins guettaient la réaction de Contispex. Les images holographiques de la Flotte du Noyau en déroute s'évaporèrent et il s'écarta de l'holoterminal alors que le président du Sénat tentait de ramener la discipline à ce troupeau d'eopies effrayés.
-Retournez à vos places, sénateurs! Cette session n'est pas terminée!
Ceux qui avaient tenté de partir comprirent la vanité de leurs efforts sans que leur grimace d'effroi ne cesse de déformer leur visage. Ils s'écartèrent des gardes, ne sachant que faire.
-Que devons-nous faire?
-Nous devons élire le nouveau Chancelier qui doit convaincre Alsakan de cesser leur folie! Nous devons demander un cessez le feu! Proposait B'lsak.
-Sénateurs, écoutez-moi! Intervint Contispex. La sénatrice B'lsak a raison!
Le silence revint alors que tous les regards convergeaient vers le coruscanti.
-Nous devons élire le nouveau Chancelier! Je comprends votre angoisse, je la partage! Je suis moi-même papa d'un petit garçon, il s'appelle Ethan! Mais en tant que membres de cette assemblée, nous avons de lourdes charges à assumer!
-Il a raison! Il a raison! Scandèrent ses soutiens.
-Nous devons sauver la République mais pas de n'importe quelle façon! La sénatrice B'lsak veut partager son pain avec un ennemi qui menace nos concitoyens, nos familles! Moi, je vous dis qu'il faut combattre et nous unir!
De vifs applaudissement saluèrent cette harangue avant que la selkath ne le coupa.
-Chers collègues, une escalade ne nous mènera à rien!
Une bronca s'éleva contre elle, étouffant ses protestations.
-Silence, laissez continuer le sénateur Contispex!
-Vous parlez de désescalade alors que les alsakani veulent la guerre!
L'un des sénateurs humains, supporter fervent de Contispex, franchit une limite.
-Combien les alsakani vous ont-ils payée pour leur offrir la République sur un plateau?
-Quoi? Comment osez-vous me calomnier? Lui rétorqua-t-elle.
-Silence, traîtresse! Silence!
La selkath fut ainsi censurée et ses soutiens n'osèrent prendre sa défense, de peur d'être pris à partie eux aussi.
-Sénateurs, si vous avez le courage de m'élire Chancelier, reprit Contispex, je m'engage à décréter immédiatement l'état d'urgence et la mobilisation générale! En ce moment, nos vaillants marins et soldats tentent de stopper l'avancée de l'ennemi et nous ne pouvons pas déshonorer leur sacrifice!
-Oui! Oui!
-Il est temps de choisir entre la faiblesse et la fermeté! Il est temps de procéder au vote!
Il leva le poing en l'air et les acclamations se succédèrent en une vague interminable.
-Votons à main levée! Contispex Chan-ce-lier! Contispex Chan-ce-lier!
Le président du Sénat ramena le calme et procéda au vote. Il demanda à l'assemblée enfiévrée, qui désirait faire confiance à la sénatrice... une dizaine de mains se dressèrent vers le plafonds et leurs propriétaires furent aussitôt hués et sifflés du nom: traîtres, lâches!
Le président mit fin à ces insultes puis demanda, qui souhaitait élever le sénateur Julius Contispex au rang politique le plus élevé au sein de la République. Aussitôt des centaines de bras se levèrent enthousiastes et emplis d'espoir.
Ils scandèrent:
-Contispex Chan-ce-lier! Contispex Chan-ce-lier!
Pour le plus grand malheur de la galaxie, Julius Contispex devint le nouveau Chancelier Suprême de la République. Peu de temps après, la prestigieuse assemblée lui accorda les pleins pouvoirs pour résoudre la crise.
Sur les canaux militaires prioritaires, l'ordre de rappel fut envoyé à toutes les flottes de la République. L'état d'urgence et la mobilisation générale furent décrétés, Coruscant fut soumise à la loi martiale et déclarée zone de guerre.
Ainsi fut mise à bas la démocratie...

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Dites moi ce que vous en avez pensé... je ne sais pas pourquoi mais je me sens en transe tout à coup :x : Pius Dea! Pius Dea!

Contispex Chan-ce-lier! Contispex Chan-ce-lier!

Mais... mais qu'es-ce qui me prend de scander ça :transpire: ? Ce doit être à force de prendre des vapodouches :paf: !

Allez à la prochaine pour la suite!

Que commence l'ère des tyrans! Entendez mon rire démoniaque :diable: :diable: :diable: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ismaren » 21 juillet 2019, 22:24

Juste un message pour écrire que c'est sympa de continuer à poster sur le forum. Depuis plusieurs mois, c'est complètement mort, donc avoir ta fan fiction à rythme régulier comme ça à lire, c'est cool ;)
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 22 juillet 2019, 07:34

Salut Ismaren et merci de ton retour ;)!

N'hésite pas à faire part de tes impressions, surtout!

Petit rappel à tous: l'histoire se déroule dans l'univers Legends 12000 ans avant la bataille de Yavin IV! Oui, je sais que ca fait un sacré bond en arrière :mrgreen: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 28 juillet 2019, 22:20

Bonsoir à tous, c'est l'heure de vous publier la suite!

Après l'interlude du Sénat, retour à la bataille spatiale! La situation de la Flotte républicaine va-t-elle s'améliorer ou empirer :sournois: ?

Découvrez-le maintenant!

Système de Coruscant, sur la Route Comerciale Perlemienne

L'ennemi se rapprochait.
Ekia Helder se cramponnait à la console lui permettant de suivre la progression inexorable des alsakani qui mettaient en pièces ses vaisseaux. De part et d'autre du pont principal du Défenseur, les messages d'alertes et les demandes de soutien tombèrent en rafales.
Cela faisait plusieurs minutes que l'amirale ne suivait plus du tout les rapports de pertes que lui rapportait Lyram Skyrim.
Le duro se rangea à sa hauteur.
-Madame, commença-t-il, nous avons perdu...
Elle l'arrêta d'un geste de la main.
-Non Lyram. Je ne veux pas le savoir, cela ne m'aidera pas.
-Je comprends.
-Tenez-moi seulement informée de la position des vaisseaux ennemis, en particulier du Cristal Brûlant.
Elle s'écarta pour contempler le champ de bataille à travers la baie de transparacier. Rien ne l'obligeait à regarder sa Flotte du Noyau se faire dépecer par les tirs des bâtiments lourds alsakani, supérieurs en nombre et qui continuaient à bénéficier d'un rapport de force de plus en plus écrasant au fur et à mesure des minutes.
Rien ne l'obligeait à fixer les épaves de ses propres navires dériver dans le vide, laissant échapper par des plaies béantes et noircies, cadavres et débris. Rien ne l'obligeait à river ses yeux hagards sur les destructions de Typhon qui se sacrifiaient pour retarder l'ennemi.
Rien ne l'y obligeait.
Le capitaine Skyrim appella le major gotal.
-Des nouvelles de l'Eclat de Xim?
L'Eclat de Xim désignait la frégate Sarbakan que Helder avait expédié à l'intention de la Deuxième Flotte.
-Non, capitaine.
-Merci, major. Prévenez-moi quand vous en aurez.
-Oui, capitaine.
Le lieutenant ho'din l'avertit tout à coup:
-Ils ciblent l'Aiglon de Corusca!
Sous l'assaut conjugué de deux frégates Hirken qui avaient réussi à s'approcher au plus près des lignes républicaines, le vaisseau en question encaissait les tirs de turbolasers, sans pouvoir bénéficier de l'appui de d'autres vaisseaux, déjà fortement sollicités. Des morceaux de coque se détachaient dans le néant spatial alors que ses batteries continuaient de riposter.
-Donnez l'ordre au capitaine Duvini d'évacuer! Ordonna Skyrim.
Le ho'din contacta l'Aiglon de Corusca.
-Capitaine Skyrim, Duvini refuse d'évacuer!
-Passez-le-moi!
L'hologramme vacillant d'un jeune commandant humain flotte devant le duro qui insista:
-Évacuez votre vaisseau, capitaine Duvini! C'est un ordre!
-Négatif, capitaine Skyrim! Je dois continuer à tenir ma position et à nourrir les tirs jusqu'au bout!
La tristesse emplit le cœur du non humain, car il sentait la détermination de ce jeune commandant promis à un brillant avenir. C'était le seul être vivant qui restait à bord et il semblait décidé à sombrer avec son bâtiment.
-Pour la République... pour la Grande Déesse...
L'hologramme s'éteignit à l'instant où le canon de proue d'un croiseur Atgeir frappa la passerelle de la frégate Sarbakan. Brisée en deux, ce qui en restait lévita sous les yeux de Ekia Helder qui baissait la tête.
-Nous avons perdu l'Aiglon de Corusca, signala pour la forme le ho'din.
-Je sais.
Le capitaine duro ignorait ce qui lui était le plus douloureux. La perte du capitaine Duvini ou la révélation que celui-ci ait intégré une secte fanatique. Combien au sein de l'Armée et de la Marine avaient fait de même à l'insu des services de renseignement?
Cette question n'avait pas une quelconque importance... même s'il se rappela à l'instant qu'un des membres de l'escadron Nimbus y appartenait.
-Capitaine, nous détectons des vaisseaux en approche qui viennent d'intégrer l'espace réel! Fit le major gotal.
Après une vérification:
-Nous avons identifié le transpondeur de l'Eclat de Xim! Ce sont les nôtres! Ajouta-t-il avec enthousiasme.
Des cris de joie résonnèrent sur tout le pont principal et Skyrim se pencha sur les consoles tactiques. Il identifia les silhouettes de deux frégates Sarbakan qui venaient de surgir à gauche des vaisseaux de Bilel Ap Token.
Seulement deux frégates... insuffisant pour renverser la tendance. Le duro crispa le poing, son enthousiasme douché. Mais tous avaient retrouvé espoir.
-L'ennemi a largué des cargo drones! Quatre cargos drones! Je répète, quatre cargos drones ont été largués!
De nouvelles images holographiques défilèrent et Skyrim étudia avec angoisse les représentations tridimensionnelles des mêmes vaisseaux qui avaient provoqué l'anéantissement du groupe de combat du défunt capitaine Thulo.
-Quelle est leur trajectoire, major? Demanda-t-il.
Le gotal lut les données avec fébrilité et son expression se figea sous le coup de l'effroi.
-Ils se dirigent droit sur nous!
-Détruisez-les tout de suite! S'écria tout à coup Helder, qui venait de rejoindre son second. Nous ne pouvons pas les laisser approcher, donnez l'ordre aux chasseurs de s'en écarter!
Le duro comprit la nécessité de l'ordre qui venait de tomber. Les bombes ioniques neutraliseraient encore une partie des derniers vaisseaux de la Flotte du Noyau mais s'ils les laissaient s'approcher jusqu'au Défenseur, c'est toute la flotte qui se retrouverait désorganisée. Et le reste de la bataille ne serait plus qu'un massacre en masse. Comme pour les vaisseaux de Thulo...
-Que tous les vaisseaux remontent leurs boucliers! Ajouta le duro.
Les cargos piégés qui avaient jailli du hangar principal du Minotaure venaient de dépasser deux frégates Sarbakan et deux cuirassés Gilagimar qui flanquaient le Défenseur à bâbord. Lorsque les tirs de turbo lasers les désintégrèrent sous des tirs croisés, les éclairs d'énergie ionisée traversèrent la nuit spatiale pour frapper leur coque et traverser les entrailles. Les lumières et les moteurs qui éclairaient les silhouettes des quatre navires républicains s'éteignirent brutalement.
Les alsakani avaient ouvert une nouvelle brèche et ils s'empressèrent d'en profiter. Ekia Helder s'écarta des écrans tactiques pour se porter vers la baie de transparacier.
Le Minotaure couvert par trois frégates Hirken tournait son canon de proue sur le flanc exposé du cuirassé sans défense tandis que des dizaines de chasseurs Yatagan bombardaient les deux frégates hors de combat.
Les trois nouvelles épaves encombrèrent bientôt l'horizon.
-À toutes les unités du quadrant est, ordonna Skyrim, couvrez le Défenseur à tout prix! Les alsakani ont fait une nouvelle percée, refermez la brèche!
Malheureusement tous les vaisseaux de la Flotte du Noyau encore en état de se battre – et dont le nombre ne cessait de diminuer, au contraire des épaves qui encombraient et gênaient leurs mouvements – pouvaient difficilement sous la pression de l'ennemi satisfaire l'ordre du capitaine Skyrim.
Néanmoins un ordre même impossible à exécuter devait être exécuté. Tous les survivants de la Flotte de Helder avaient conscience que si le Défenseur s'effondrait, tous les autres suivraient aussitôt.
Alors sous le feu féroce des navires de Ap Token, les moitié des vaisseaux postés devant le Défenseur se déportèrent à bâbord. C'était justement l'ouverture qu'attendait l'amiral alsakani à bord du Cristal Brûlant.
Ce dernier fixa avec une impatience contenue le vaisseau de commandement républicain qu'il tenait à affronter et à éliminer en personne. Il demanda au capitaine Delinki de se tenir prête à donner l'ordre d'ouvrir le feu.
Le Défenseur détecta évidemment la poussée d'énergie qui grandissait au niveau du canon de proue.
-Ils nous prennent pour cible! Hurla le ho'din.
-Remontez les boucliers! Remontez-les! Réagit Skyrim.
-Yatagans en approche! Lança quelqu'un depuis l'autre extrémité de la passerelle.
Cinq chasseurs alsakani abordèrent le Défenseur par l'arrière passant sous ses défenses et larguèrent leurs missiles.
-Préparez-vous à l'impact! Impact!
Helder et Skyrim manquèrent de s'écrouler lorsque la passerelle fut ébranlée par l'onde de choc. L'amirale recouvrit son équilibre et interrogea:
-Les boucliers?
-Ils ont tenu! L'informa le major gotal.
À cet instant le Souvenir de Rucapar et le Poignard d'Archais surgirent pour briser la faible ligne de défense composée d'un cuirassé Gilagimar – le Scimitar Vaillant – et de deux frégates Sarbakan. Les deux croiseur alsakani qui couvraient le Cristal Brûlant de Ap Token, concentrèrent leur puissance de feu sur le cuirassé républicain déjà endommagé sérieusement depuis le début de la bataille.
Ses boucliers ne résistèrent pas longtemps et son artillerie fut rapidement submergée en une vingtaine de secondes, sous le regard impuissant de la commandante corellienne qui n'entendit pas les appels dé détresse.
-Ici le Scimitar Vaillant! Nous avons perdu nos boucliers et l'essentiel de nos batteries! Nous demandons du soutien! Je répète, nous demandons...
Le canon de proue du Poignard d'Archais réduisit en miettes le pont principal du cuirassé qui se détacha en plusieurs fragments enflammés. Les deux frégates Sarbakan ne tardèrent pas à subir le même sort.
Le Défenseur était maintenant à découvert et le Cristal Brûlant s'élançait pour l'éperonner. Le coup de grâce approchait.
-Amirale, éloignez-vous! Intervint son second qui l'agrippa par les épaules, pour la faire reculer.
Un halo aveuglant masqua l'avant du vaisseau amiral alsakani et un long filament de nectar lumineux concentré s'allongea pour caresser le flanc du cuirassé, juste au-dessus du pont principal.
Cette fois, tous ceux qui se tenaient debout furent violemment flanqués à terre avec une puissance inouïe.
Sonnée un instant, Ekia se redressa sur ses coudes et croisa le regard du duro, étendu sur le dos.
-Lyram! S'enquit-elle. Vous êtes blessé?
En réponse, le non humain tendit vers la main en s'égosillant:
-Ekia, attention!
La corellienne releva la tête pour apercevoir le plafonds craquelé qui se rapprocha d'elle à toute vitesse. Elle perdit ensuite toute conscience de son environnement alors qu'une violente douleur transperçait son crâne de part en part.
Elle sombra dans un abysse insondable.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez! Les renforts républicains sont très maigres pour l'instant et Alsakan poursuit son offensive!

Les républicains sont au bord du désastre! Bekan et les Pilotes de l'escadron Nimbus vont-ils en réchapper?

Vous le saurez plus tard, allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 04 août 2019, 22:35

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

La République est toujours en pleine débandade et il est temps de prendre des nouvelles des Jedi et de l'escadron Nimbus :wink: !

Découvrez cela!

Lyram Skyrim cria le nom de l'amirale, celle-ci gisant inerte sur le flanc au milieu du pont principal, recouverte en partie de débris de panneaux de duracier. Autour du capitaine duro désemparé s'élevaient des cris de détresse de blessés qui jonchaient le sol. Il saisit son comlink.
-Ici le capitaine Skyrim, le pont principal a été touché! Nous déplorons plusieurs blessés, envoyez des infirmiers et des droïdes!
Il se releva avec précaution, prenant garde à ne pas être électrocuté par les câbles flexibles sectionnés qui pendaient en émettant à leur extrémités de minuscules arcs. Une odeur de métal calciné irrita ses narines et une partie de l'équipage s'affairaient autour des extincteurs pour mettre fin aux débuts d'incendie.
Quelques autres se tenaient au chevet de ceux qui avaient besoin de soins immédiats... sauf ceux pour lesquels il était trop tard.
Le duro se pencha au-dessus du corps de l'amirale, écartant vivement les morceaux de plafonds qui s'étaient écroulés sur elle. Les paupières closes, des filaments de sang ruisselaient de son front jusqu'à sa mâchoire sur ses pommettes. Il glissa un index sur sa carotide et saisit un pouls faible mais régulier.
À cet instant deux brancardiers ho'din apparurent devant lui. L'un d'eux lui demanda:
-Quel est son statut?
-J'ai un pouls mais elle est inconsciente!
Une sphère artificielle flotta alors au-dessus de l'amirale et la scanna de son œil artificiel avant de déclamer:
-Priorité absolue. Pronostic vital engagé.
Sans perdre de temps les deux infirmiers la retournèrent sur le dos puis la soulevèrent avec précaution pour l'allonger sur le brancard.
-Chef médecin à infirmerie, nous avons une priorité absolue! Appela l'un d'eux. Pour information, il s'agit de l'amirale!
Lyram les regarder l'emporter avant de respirer un grand coup, averti par le major gotal.
-Monsieur, le vaisseau amiral ennemi se rapproche!
En effet, le Cristal Brûlant virait de bord pour présenter son flanc au Défenseur. Ses batteries latérales flamboyèrent, sollicitant les boucliers du cuirassé.
-Batteries principales, ripostez!
La passerelle vibra sous ses pieds lorsque les turbolasers du Défenseur s'animèrent à leur tour, s'écrasant sur les boucliers déflecteurs du croiseur Atgeir. Le Souvenir de Rucapar et le Poignard d'Archais tenaient à distance les autres vaisseaux républicains qui tentaient de porter assistance, bien que ceux-ci étaient déjà pris sous un feu ennemi implacable.
-Concentrez les tirs sur la passerelle! Ajouta le duro.
Le major bascula les instructions vers les artilleurs concernés.
-Major?
-Capitaine? Répondit le gotal.
Avec un sourire résigné, le duro lui dit:
-Vous serez mon second.


Bekan Kalad ressentit un frémissement dans la Force à l'instant où il s'écarta brusquement d'un Yatagan en flammes qu'il avait pris pour cible. Au milieu du chaos de lumière déchirant le manteau sombre cosmique, il tenta d'isoler les nouvelles présences qui venaient de surgir sur le champ de bataille.
Il entendit un appel dans la Force, une puissante Jedi qui tentait de toucher son esprit grâce au lien psychique qui les unissait. Un appel qui le réconforta et apaisa sa tension.
Son ancien mentor, la twi lek Ri'ila Terka.
Il ouvrit un canal avec elle.
-Content de vous voir, maître Terka, commença-t-il.
Il aperçut les deux frégates Sarbakan et les dizaines de chasseurs Typhon qui jaillirent des hangars et se confrontèrent à l'ennemi.
-Heureuse de voir que tu as réussi à survivre, mon ancien padawan, fit la voix soyeuse de la non humaine.
-On a besoin de vous, maître.
Un escadron de Typhon fonça entre les grands vaisseaux capitaux entremêlés étroitement, les traits ardents striant l'espace qui les séparaient. Le jeune alsakani projeta sa conscience et perçut leur présence certaine dans la Force.
Tous les pilotes de cet escadron étaient des Jedi.
-Nous arrivons, Bekan.
La motivation gonfla le moral du jeune Chevalier alors que ses pairs le ralliaient, lui et les autres pilotes Nimbus qui s'escrimaient avec acharnement contre des dizaines, voire des centaine des Yatagan qui tentaient de les abattre.
-Maître, où est le reste de la Deuxième Flotte? S'étonna-t-il finalement.
-Ils arrivent, affirma la non humaine. Mais ils ont été retardés.
Bekan se mordit la lèvre, effrayé à l'idée qu'ils n'arriveraient peut-être jamais à empêcher les alsakani d'annihiler ce qui restait de la Flotte du Noyau et de sauter vers Coruscant pour assiéger la capitale. Il n'osait pas en imaginer les conséquences.
La twi lek qui avait détecté son trouble, lui glissa:
-Garde confiance en la Force.
-J'ignore si cela nous aidera vraiment dans la situation actuelle.
-Il peut arriver beaucoup de choses dans une bataille.
Il se retint de répondre sarcastiquement qu'au vu des vaisseaux républicains qui rejoignaient les amas de débris les uns après les autres, il se passait effectivement beaucoup de choses. L'urgence et la précarité de leur position le força à se concentre sur sa survie immédiate, tout comme les autres pilotes de l'escadron Nimbus.
L'arrivée d'un escadron de Typhon Jedi les soulagea néanmoins d'un poids considérable et les rangs des alsakani se clairsemèrent quelque peu.
Ils ne pouvaient cependant empêcher le pilonnage incessant des croiseurs alsakani contre les positions républicaines qui succombaient les unes après les autres. Ils ne pouvaient que laisser échapper davantage encore de vies vers le néant qui les accueillait d'une étreinte froide et mordante.
Ils ne pouvaient que continuer de ressentir ces morts, de sentir leurs boyaux se tordre à chaque étincelle qui s'éteignait.
Ils ne pouvaient que se battre encore et encore. Ils ne pouvaient qu’espérer en réchapper mais cette espérance s'amenuisait au fil des secondes.
Cela fut confirmé lorsque Nimbus 9 – l'ikotchi – laissa échapper sur le canal.
-Je suis touché, les moteurs 1 et 2 ne répondent plus!
Un Yatagan le réduisit en poussière avant que quiconque ait pu le secourir. Un autre pilote républicain le vengea dans les instants qui suivirent avant que le jeune Jedi n'entendit grincer l'un des Nimbus sur le canal de leur escadron.
-Trop tard, Grevas, fit la voix féminine de Nimbus 8 sans dissimuler son mépris. Enfin mieux vaut tard que jamais. Dommage que tu n'aies pas été là pour couvrir Coxon quand il avait besoin de toi.
-Nimbus 9 aurait été encore de ce monde si toi, tu l'avais couvert efficacement, huit, rétorqua sèchement l'adepte du Pius Dea.
-Répète un peu, satané fanatique chauve!
-Fermez-la, vous deux! Intervint Riyan. On réglera ça après!
Bekan soupira, inquiet de la mésentente qui semblait croître entre les membres de l'escadron. Leurs tensions étaient à l'image de celles qui déchiraient la République sur Coruscant. Des tensions qui la faisaient vaciller sur son piédestal.
L'Éclat de Xim lança un appel général alors qu'il restait à distance avec une frégate Sarbakan pour détourner l'attention du plus grand nombre de vaisseaux ennemis possible.
-Nous avons perdu le Scimitar Vaillant! L'ennemi pilonne le Défenseur! Allez l'aider si c'est en votre pouvoir!
-Allez, les Nimbus, suivez-moi! Fit Riyan Lix.
Ri'ila Terka lui proposa:
-Leader Nimbus, attendez! Nous nous portons volontaires pour secourir le Défenseur! Tenez votre position ici, vous devez contenir l'ennemi et sécuriser le flanc tribord! Lança la Maître Jedi.
Un court silence indiqua que le sergent major ruminait la proposition.
-Très bien, maître Jedi! Bonne chance!
-Que la Force soit avec vous, leader Nimbus! Leader Sabre Vert, terminé!
Les Typhons Jedi virèrent de bord, Bekan compris. Leur trajectoire les amena droit sur le Défenseur violemment assailli par trois croiseur Atgeir. Non loin de là dérivaient les épaves de deux frégates Sarbakan et d'un cuirassé Gilagimar qui assuraient sa couverture.
À peine arrivèrent-ils à hauteur du vaisseau amiral républicain en péril, qu'un flash enveloppa la proue d'un des trois croiseur alsakani avant qu'un long filament d'énergie ionisée ardente ne percuta le flanc du Défenseur au niveau de la passerelle.
Bekan ne put en détacher ses yeux, horrifié. Il perçut la Force se tordre en un maelstrom de peur, de désespoir et de colère. La mort avait frappé au cœur de la Flotte du Noyau. Puis il fut soulagé de constater que le Défenseur tenait toujours en un seul morceau.
Les boucliers avaient encaissé la majorité de l'impact puissant. Mais cela n'empêcha pas les mauvaises nouvelles de s'accumuler encore comme le prouva cet appel lancé par le Défenseur.
-Ici le capitaine Skyrim! L'amirale Helder a été grièvement blessée lors de l'attaque ennemie! J'assume donc temporairement le commandement de la Flotte du Noyau! Le major Gesc Dosak sera mon second! Les ordres restent inchangés, nous devons tenir notre position! Coruscant doit être protégée à tout prix! Terminé.
À peine la nouvelle position hiérarchique fut-elle connue de tous que le Cristal Brûlant vira pour présenter ses batteries latérales au Défenseur. L'horizon se teinta d'éclats multicolores mortels, les salves de turbolasers s'écrasant à bout portant sur les champs de protection, les surchargeant de reflets éphémères.
Certains trouveraient ce spectacle magnifique, d'autres terrifiant. Les Typhons de l'escadron Sabre Vert ne tardèrent pas à être pris à partie par plusieurs Yatagan cinq fois plus nombreux qu'eux. La maîtrise de la Force des Jedi équilibrèrent cependant les débats. Ils s'étaient entraînés à agir en symbiose par le biais de leurs pouvoirs, sans avoir besoin de communiquer.
Bientôt des épaves brisés de chasseurs alsakanis jonchèrent les alentours du Défenseur mais les Jedi payaient aussi leur bravoure au prix fort. Deux d'entre eux avaient rejoint la Force à jamais et Bekan ressentit leur disparition comme une partie de ses propres tripes qu'on lui arrachait. Il abattit pour sa part cinq chasseurs Yatagan en une trentaine de secondes avant de surprendre une sensation de danger qui électrisait sa nuque.
Un danger qui menaçait le Défenseur.
L'avant d'un autre croiseur Atgeir à la gauche du Cristal Brûlant commença à s'illuminer d'une lueur sinistre. Cette fois, les boucliers du cuirassé amiral abordé et pris sous les salves des batteries du Cristal Brûlant n'y résisteraient pas.
Bekan devait prendre une décision, et vite...
En tant que Jedi, son choix fut moins difficile qu'il ne l'avait escompté. Il termina son passage et bascula dans une vrille pour foncer sur la proue du croiseur ennemi. Son ordinateur de bord afficha: risque de collision important, veuillez dévier de votre trajectoire.
-Non, pas question, rugit-il entre ses dents.
Il savait que ses torpilles ne suffiraient jamais à mettre hors de combat le canon de proue. Sauf si son engin était lui-même le projectile.
Non, il n'avait pas à hésiter. Même si cela impliquait de ne plus revoir Zeri.
Le grand cylindre emplit son champ de vision et son Typhon se cabra sous les puissantes décharges anti aéronefs décochées par le vaisseau capital alsakani. Les alarmes lui signalèrent que ses boucliers ne tarderaient pas à lâcher.
-Bekan, que fais-tu? S'alarma la voix de son ancienne instructrice twi lek à son oreille.
-Mon devoir, maître Terka.
-Éloigne toi de ce croiseur!
-Je n'ai pas d'autre option, le Défenseur doit tenir bon!
Il entendit alors ses paroles suivantes résonner dans sa tête alors qu'il accélérait vers son objectif.
Un Jedi a toujours le choix, Bekan.
Il usa comme elle de la Force pour répondre.
Un Jedi doit être prêt à sacrifier sa vie quand c'est nécessaire, maître.
Oui quand c'est nécessaire. Mais il n'a pas à le faire quand il n'y est pas obligé.

Le jeune alsakani soupira, sentant un poids s'ôter de son cœur. Son ordinateur de bord continuait d'écrire devant ses yeux: impact imminent! Évacuation fortement recommandée!
Il scella sa combinaison de vol et vérifia son étanchéité. Il activa la commande d'éjection en arrachant d'un coup sec la poignée au niveau de ses hanches. La verrière sauta dans l'espace, suivie par le siège du pilote auquel il demeurait attaché.
Son estomac se compressa, le vertige lui montant à la tête alors que les artilleurs alsakanis continuaient d'encadrer le Typhon désemparé qui perdit une aile avant de s'écraser sur le canon de proue.
Une sphère dorée boursoufla deux secondes l'avant du croiseur Atgeir avant de crever tel un abcès mourant.
Au milieu du chaos et de la destruction, il s'attendait à entendre un vacarme insupportable. Il n'eut droit qu'à un silence infini alors que trois chasseur Yatagan fonçaient pour l'achever. Ils disparurent dans des nuages de débris après que le Typhon de Ri'ila Terka se soit glissé dans leur sillage pour les abattre de quelques salves de canons.
Le jeune alsakani se sentait grisé par l’apesanteur.
Dans l'oeil du cyclone, il se sentait en paix.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Qu'avez-vous pensé du sacrifice de Bekan :sournois: ?

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 10 août 2019, 22:42

Bonsoir à tous, fidèles lecteurs et lectrices!

Il est temps... oui il est temps de découvrir la fin de cette sanglante bataille spatiale où la flotte républicaine se fait complètement démolir! vous aurez l'occasion de révoir le point de vue des alsakani et des républicains :sournois: !

Bonne lecture!

L'équipage du pont principal du Cristal Brûlant avait exulté de joie lorsque le canon de proue frappa de plein fouet la passerelle du Défenseur. Malgré les espoirs de Bilel et de sa capitaine, le cuirassé amiral conserva l'intégrité de sa structure et demeurait opérationnel.
Cependant il ne pourrait tenir sa position éternellement, le Défenseur finirait par être submergé. Le Poignard d'Archais approchait à son tour et son commandant avait prévenu Delinki qu'il chargeait son canon de proue pour abattre les boucliers.
Ceux-ci furent peu après malmenés lorsque le Cristal Brûlant s'approcha au plus près pour longer son flanc et le mitrailler de près. Simultanément, des Yatagans encerclèrent le vaisseau isolé, s'apprêtant à lâcher leurs torpilles.
L'amiral Ap Token savait qu'une phase importante de l'offensive vers Coruscant était sur le point de se terminer. La destruction du Défenseur entraînerait celle des derniers vaisseaux républicains encore en train de se battre désespérément dos au mur.
Une dizaine de chasseurs Typhons surgit tout au milieu de la mêlée et des rapports tombèrent, signalant des pertes brutales encaissées par les pilotes alsakanis.
Bilel tenta de rester concentré sur la silhouette du Défenseur qui emplissait à présent toute la baie de transparacier devant lui. Les bordées de turbolasers martelaient jusqu'à leur point critique les écrans de protection dont les reflets faiblissaient peu à peu.
La riposte républicaine fut au moins d'une égale intensité et l'amiral alsakani nota pour lui-même que les tirs ennemis convergeaient vers sa passerelle.
Il sourit. Ses ennemis étaient-ils donc à ce point désespérés qu'ils espéraient se sauver en essayant de le tuer, lui?
-Le Poignard d'Archais sera bientôt paré à utiliser son canon de proue, amiral.
-Merci, capitaine. Il est temps de battre le rappel de tous nos vaisseaux qui sont en train de faire diversion sur les autres fronts de la Route Commerciale Perlemienne et de la Passe Corellienne. Accordez le feu vert à la vice amirale Meraa Dovahkin. Nous frapperons bientôt aux portes de Coruscant.
La fierté illumina les traits de la jeune officier.
-Bien, monsieur.
Elle s'éloigna pour contacter les autres vaisseaux qui devaient appuyer l'avancée finale vers le monde capital de la République.
L'enseigne accourut tout à coup à sa hauteur, l'air préoccupé.
-Amiral, le Poignard d'Archais vient de perdre son canon de proue!
-Comment? S'écria-t-il, incrédule.
-Un chasseur républicain s'est écrasé dessus.
-Un accident?
L'enseigne hésita.
-Nous avons examiné les images et il semblerait que ce soit un acte délibéré, monsieur.
-Par les Lunes de Cristal!
La capitaine Carmina Delinki le rejoignit et il éprouva un frisson de mauvais augure lorsqu'il surprit sa mine sombre.
Il se força à rester calme lorsqu'elle lui annonça ce qu'il redoutait. Ce qu'il pensait redouter le plus.
-Monsieur, les vaisseaux de la vice amirale Dovahkin ont été rappelés sur Alsakan.
-Quoi? S'étrangla-t-il. Qui a pu lui donner un tel ordre?
Il sentait ses veines palpiter de rage devant une telle absurdité. Seul quelqu'un de plus haut placé que lui en était le responsable.
Certainement le Premier Régent avec la bénédiction de l'Archaiad, le nom donné à cette assemblée restreinte qui détenait les pleins pouvoirs politiques sur son monde natal. Or le chef d’État avait approuvé lui-même le plan d'attaque audacieux de Bilel devant l’État-major. La question était de savoir pourquoi celui-ci avait rappelé la flotte de Dovahkin.
-Si les vaisseaux ont été rappelés, commença-t-il...
-Cela veut dire que les républicains ont désormais le champ libre pour rapatrier leurs renforts sur Coruscant, termina la jeune femme. Devons-nous annuler l'assaut en cours et contacter Alsakan?
-Non, nous continuons comme prévu. Je les contacterais bien assez tôt.
-Monsieur, insista-t-elle. Si nous poursuivons l'offensive, nous risquons d'être coincés entre les défenses planétaires et toutes leurs autres flottes.
-C'est un risque à courir, continuez comme prévu, capitaine Delinki. Nous n'avons plus de temps à perdre, ce qui reste de la Flotte du Noyau doit être anéanti. Maintenant.
Son ton avait repris une inflexibilité stricte et elle s'inclina pour transmettre les ordres. Le Souvenir de Rucapar intervint dans la mêlée pour aider le Cristal Brûlant à submerger l'artillerie du Défenseur malmené.
Ce dernier ne tarderait pas à céder. La victoire était proche.
-Amiral! L'appela l'enseigne. Nous recevons un appel d'Alsakan!
-Dites-leur que je suis occupé!
-C'est le Premier Régent, monsieur.
Bilel réfléchit brièvement.
-Initialisez la transmission sur le pont, accepta-t-il finalement.
Quelques secondes après, l'hologramme d'un alsakani imberbe au crâne largement dégarni lévita devant l'amiral qui reconnut le visage suspicieux de l'ambassadeur basé sur Coruscant, Orin Melok. Les yeux plissés de celui-ci le fixaient avec sévérité.
-Où est le Premier Régent? S'étonna Bilel.
-Il est devant vous, amiral Ap Token. De fâcheuses circonstances sont survenues pendant que vous meniez campagne.
-De fâcheuses circonstances?
Un étrange sourire plissa les lèvres du nouveau chef d'Etat.
-Mon prédécesseur et certains membres de l'Archaiad nous ont quitté prématurément suite à un regrettable accident. Le contexte actuel m'a poussé à prendre les choses en main, au nom de notre peuple.
-Votre Excellence, je suis en pleine bataille. Mes marins et mes soldats sont en train de risquer leur vie...
-Votre flotte est rappelée tout comme celle de la vice amirale Dovahkin. L'Archaiad a trouvé un accord avec le nouveau Chancelier Suprême de la République.
L'instant de stupeur passé, l'indignation prit le pas.
-Vous me demandez de sacrifier une victoire pour un cessez le feu que la République ne respectera sans doute pas. Et dont vous venez de juger bon de ne m'en informer que maintenant.
-Ce n'est pas de votre ressort, amiral. Le cessez-le-feu prend effet immédiatement, annulez votre attaque et retirez-vous.
-Et comment vais-je justifier cette retraite à mes équipages? Protesta-t-il avec autant de véhémence.
-Ceci est de votre ressort, je ne doute pas que vous saurez les faire obéir de vous tout comme vous exécuterez l'ordre que vous avez reçu.
-Si vous refusez de me fournir une explication plus aboutie, je viendrai la chercher moi-même, votre excellence.
L'hostilité suintait dans le regard de l'amiral, ce qui suscita un froid mépris de Melok.
-Je serai ravi de vous fournir cette explication en personne, amiral. Mon bureau vous sera accessible à n'importe quel instant.
Les derniers mots du Premier Régent sonnaient comme une provocation.
-Alors nous nous verrons, conclut Bilel. Cette conversation n'est pas finie.
Il rompit sèchement la transmission holographique et son regard erra au loin avant que Carmina Delinki n'attira son attention.
-Monsieur?
Toute trace de colère avait disparu de ses traits alors qu'il se tourna vers elle. La jeune femme le sentait empli d'une féroce résolution.
-Allez-y, capitaine, accorda-t-il. Donnez les ordres.
-Bien, monsieur.
Elle s'éloigna d'un pas prompt et lança à travers le pont:
-Donnez l'ordre de désengagement immédiat à toutes les unités, l'attaque est annulée! Nous rentrons sur Alsakan, rappelez les Yatagan!
Le Cristal Brûlant et les deux autres croiseurs qui l'appuyaient, rompirent le duel avec le Défenseur dont les boucliers ne tenaient plus qu'à un fil. Bilel vit la forme massive du cuirassé républicain rapetisser au fur et à mesure qu'il s'en éloignait, les artilleurs ennemis soutenant toujours un feu intense.
-Nous avons rentré les coordonnées pour le saut, amiral.
-Merci capitaine. Vous me remettrez un rapport des pertes le plus vite possible.
-Ce sera fait.
Delinki fixa à son tour la silhouette du Défenseur qui continuait d'envoyer des bordées alors que des flash brillèrent au loin, plusieurs minutes après l'ordre de retrait. Les renforts de la République étaient arrivés.
-Cette bataille est terminée, capitaine, déclara-t-il. Il est temps d'en commencer une autre.
-Quelles sont vos intentions?
-Retrouvez-moi dans mes quartiers après le saut. Il y a beaucoup de choses que nous devons aborder.

Riyan abattit rageusement le Yatagan qui s'abîmait dans les flammes, après que son pilote soit parvenu à s'éjecter. Son Typhon fut aussitôt encadré par les ripostes de canons de d'autres ennemis qui le serraient de près.
Trois Yata.
-Ici, leader, j'ai besoin de soutien!
-On arrive, sergent major! Cria la voix de la twi lek Drya dans son casque.
Le chef de l'escadron Nimbus fit rouler son chasseur dans une succession de tonneaux ambitieux et compliqués pour se défaire de ses ennemis. Ses alarmes hurlèrent de plus belle lorsque les salves alsakanies frôlèrent la carcasse de son Typhon traqué de près.
À travers son cockpit, il voyait tourbillonner les silhouettes des épaves de cuirassés républicains hachées par l'artillerie des croiseurs alsakanis menés par le Ksarel Kebir qui resserraient l'étau. La situation devenait critique.
Et ce n'était pas l'arrivée de deux frégates Sarbakan qui allait y changer quoi que ce soit pour le moment.
Drya – Nimbus 6 – surgit avec Nimbus 5 à ses cotés pour porter assistance à leur supérieur. Deux Yatagans furent réduits en poussière de comète et le bleu Myco Dedhu reçut sur le canal de la part son équipière:
-Bien joué, le bleu! Joli tir!
-Merci Drya!
Le dernier Yatagan préféra rompre la poursuite mais il fut détruit par Zeya avant d'avoir pu se mettre à couvert.
Ils ne faisaient que retarder l'inévitable. Le cuirassé qu'ils escortaient se désagrégea, dévoré par les incendies. Tous les chasseurs républicains s'éloignèrent pour échapper à l'onde de choc, pourchassés par une multitude de Yatagan.
L'escadron Nimbus était chargé de verrouiller ce flanc mais leur position devenait intenable. Le sergent major Lix lorgna vers un autre vaisseau capital républicain qui stationnait en arrière et attirait maintenant sur lui l'essentiel du feu ennemi.
-On se replie vers le Vontor! Lança Riyan.
-Reçu, leader!
Les batteries du cuirassé Vontor entrèrent en action et endommagèrent deux frégates Hirken qui s'étaient enhardies alors que les Nimbus longeaient sa coque pour tenir à distance les pilotes alsakani.
Le Vontor surchauffa l'affût de ses canons jusqu'à ce que les deux frégates adverses finissent par dériver, embrasées. Il continua de nourrir les tirs jusqu'au maximum, bien au-delà de ses capacités avant de cesser le feu pour dévier l'énergie et remonter ses boucliers.
Les alsakani en profitèrent pour accélérer et surcharger d'un massif tir de barrage les écrans déflecteurs du cuirassé qui fit front courageusement. Mais à moins d'un miracle, son sort ne serait pas différent de d'autres cuirassés qui n'étaient plus que des coquilles brisées.
Riyan ne voyait pas de miracle en vue.
Il surprit seulement le Typhon de Zeya commencer à prendre feu au niveau d'un de ses deux moteurs ioniques. La zeltronne avait été surprise par un Yatagan qui avait volé sous son radar et l'avait prise en enfilade.
-Je suis touchée! L'entendit-il crier à ses tympans. Le réacteur 1 ne répond plus! Mes boucliers sont en train de lâcher!
Privée à moitié de sa motricité, elle tenta de s'embarquer dans des acrobaties mais l'alsakani s'accrocha derrière elle. Riyan réagit en les rattrapant tous les deux pour intercepter l'ennemi. Le temps lui manquerait cependant pour éviter la destruction du Typhon de son équipière.
-Ejecte-toi, Nimbus 2! Éjection!
La zeltronne répondit:
-Compris! Je m'éjecte!
Il vit la verrière sauter et la pilote non humaine jaillir hors de son cockpit attachée à son siège. Son Typhon se démembra sous les tirs du Yatagan avant que Riyan ne le liquida.
-Ils sont en train de la cibler! Prévint Nimbus 10.
Cinq silhouettes en forme de delta firent irruption dans le champ de vision de Nimbus leader. À cinq cent mètres de son équipière livrée à elle-même dans le vide de l'espace. Ses autres équipiers pris à partie n'étaient pas en mesure de la secourir.
Riyan fut lui-même aux prises avec deux Yatagan qui vinrent à sa rencontre à onze heures. Il les dépassa, esquivant leurs tirs de canons pour intercepter les cinq autres appareils alsakanis. Il accéléra pour foncer tête baissée.
-Amorçage de toutes les torpilles, ordonna-t-il.
Amorçage programmé, lancement conseillé avant mise à feu, répondit l'ordinateur de bord.
-Garde les tubes fermés quoiqu'il arrive.
Déconseillé, cela menacerait l'intégrité de votre vaisseau.
-Je m'en fiche!
Il scella sa combinaison après avoir vérifié son étanchéité. Il appuya sa paume sur son casque et sur son arrivée d'oxygène pour tester les jointures puis poussa sur le manche.
-Après éjection, lance les torpilles!
L'ordinateur de bord afficha sur son écran: impossible si les tubes de lancement sont fermés. Votre ordre absurde sera néanmoins exécuté.
-Merci, tas de circuits imprimés.
Il ralentit son Typhon lorsqu'il parvint à hauteur des cinq Yatagans qui arrivaient sur sa droite. La vitesse réduite permit aux deux autres Yatas de le rattraper à portée de tir. Et même mieux... ils lui collaient au shebs.
Parfait, pensa-t-il.
Il agrippa la poignée de sa main droite à coté du manche et inspira un grand coup. Il espérait ne pas mourir stupidement lorsque la verrière s'ouvrirait et qu'il ne serait pas projeté contre le toit du cockpit. Un accident qui était arrivé à plusieurs recrues de son académie plusieurs années auparavant lorsqu'ils s'entraînaient sur les derniers prototypes de Typhon.
Il tira la commande à lui et ferma les yeux instinctivement, en criant:
-Lancement des torpilles!
La fraction de seconde d'après, il fut aspiré par le vide cosmique et aperçut sous lui son chasseur Typhon privé de cerveau, qui se dirigeait droit sur les cinq chasseurs alsakanis. Trois d'entre eux se déportèrent brusquement sur le flanc lorsque leurs pilotes prirent conscience qu'ils allaient entrer en collision avec l'épave.
Cinq secondes s'écoulèrent avant que les torpilles n'explosèrent coincés dans le fuselage, oblitérant le Typhon et les sept Yatagan atteints par l'onde de choc. La vitesse d'inertie le rapprocha de Zeya qui tendit la main pour l'attraper par le poignet.
Ils lévitèrent sur eux-même, leur regard se croisant. À travers la visière de son casque, Riyan surprit la désapprobation qui s'échappait de ses yeux.
Leur comlink intégré continuait de fonctionner.
-Bon sang, Riyan! S'exclama-t-elle. Qu'est-ce qui t'a pris?
Elle lui tenait toujours fermement le poignet et il la prit alors l'épaule. Les mots lui vinrent naturellement.
Il sentait si serein, en totale intimité. C'était le moment, il doutait de pouvoir en bénéficier d'un autre tant que la bataille durerait.
-Ce qui m'a pris? Je t'aime, Zeya... voilà ce qui m'a pris.
Il lut sur ses traits de la surprise puis de la bienveillance.
-Je me demandais quand tu te déciderais, glissa-t-elle.
Elle se plaqua contre lui, ressentant des sentiments réciproques. Peut-être aussi pour se prémunir contre le froid de l'immense espace glacé.
Il lui rendit son étreinte et ils restèrent ainsi sans dire un mot de plus tandis que la mort les illuminait de ces éclairs à la fois proches et lointains. Au milieu du néant empli de carcasses de duracier rompues et calcinées, empli de ces cadavres congelés dont les expressions déformées trahissaient l'effroi dans leur dernier souffle, ces deux êtres s'aimaient.
Leur amour était la lumière déchirant les ténèbres, la bonté écartant la corruption. Ils s'abandonnèrent à cet instant de communion alors que le Vontor tentait de s'opposer à la progression du Ksarel Kebir et du reste de la formation menée par Yasip Yakub.
Rien ne pouvait retenir l'inévitable et ils ne pouvaient plus y participer, cela ne dépendait plus d'eux.
-Vontor, vous me recevez? Fit tout à coup la voix de Nimbus 6 dans leurs oreilles. Il se passe quelque chose d'étrange ici!
Les éclairs qui striaient la nuit cosmique baissèrent subitement d'intensité. Certains croiseurs alsakanis commençaient à rétrécir, s'éloignant inexplicablement des dernières lignes républicaines malmenées.
-Les Yatagans rompent l'engagement! Ils les rappellent! Signala le givin, Nimbus 7.
-Ici le Vontor! Les alsakanis ont cessé leurs attaques dans plusieurs secteurs, attendez les instructions du Défenseur!
Les canaux militaires républicains saturés quelques instants auparavant d'appels de détresse et de demande de soutien ou de repli, transmettaient maintenant les cris de surprise des équipages survivants qui s'étonnaient des nouvelles manoeuvres de l'ennemi.
-Ils battent en retraite! Lança un pilote qui n'appartenait pas à l'escadron Nimbus.
-Méfiez-vous, c'est peut-être un piège!
-Quelles sont les instructions?
La voix du capitaine Skyrim tomba peu après.
-Défenseur à toutes les unités, ordre de rester sur vos positions! Gardez les boucliers levés et continuez de nourrir les tirs jusqu'à épuisement de vos munitions! Les chasseurs doivent rester à proximité des vaisseaux capitaux! Lyram Skyrim, terminé.
Les vaisseaux alsakani se mirent hors de portée de tir de leurs antagonistes républicains qui ne cessèrent pas le feu pour autant. Ils ne furent inquiétés en aucun cas car la Flotte du Noyau avait tellement souffert qu'elle ne pouvait se lancer à leur poursuite.
-L'ennemi a cessé le feu et se regroupe pour sauter en hyperespace! Signala le Vontor.
-Maintenez votre position et attendez les ordres! Répliqua le Défenseur.
Les alsakani accéléraient jusqu'aux lisières du système lorsque d'autres flash apparurent à l'autre bout du champ de bataille.
Nimbus 10 s'écria:
-La Deuxième Flotte est arrivée!
Riyan et Zeya se détendirent soulagés, les navires alsakani clignotèrent un à un avant de passer en hyperespace.
Les vaisseaux de la Deuxième Flotte se déployèrent autour de ce qui restait de la Flotte du Noyau. Les deux pilotes naufragés évitèrent de regarder les épaves qui croisaient, les cadavres qui dérivaient dont celui de ce duro qui les dépassa en les frôlant.
La bataille était finie et la République avait été sauvée... à un prix exorbitant. La voix sarcastique d'un devaronnien leur parvint peu après:
-Eh les deux tourtereaux! Grinça Mulkar, Nimbus 3. Vous avez besoin que le Vontor vous envoie un taxi?
-C'est pas de refus, répliqua Zeya. On commence à geler ici.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! n'hésitez à dire ce que vous en avez pensé :sournois: !

On se dit, à la prochaine pour la suite :hello: !

PS: en résumé, qu'avez-vous pensé de cette grande bataille :sournois: ?

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 18 août 2019, 16:26

Bonjour tout le monde!

Oyez oyez gents dames, nobles messieurs! Voici donc la suite!

après la fin d'une intense bataille spatiale, il est temps pour nos républicains de panser leurs plaies!

Découvrez cela!

Plusieurs heures après la fin de la bataille, le chasseur de Maître Ri'ila Terka apponta dans le hangar principal du Défenseur. Le personnel s'écarta à son intention pour la laisser se poser au milieu d'une effervescence bouillante.
Après avoir bondi hors du cockpit, la Jedi twi lek considéra le spectacle devant elle. Des navettes se posaient et déchargeaient par leurs rampes d'accès, des lits anti grav poussés par des infirmiers et portant des blessés sérieux couverts de bandages au crâne, aux torses ou aux membres.
Leurs gémissements emplissaient ses sens auditifs et elle les absorba au fonds de son âme à l'aide de la Force. Des droides médicaux établissaient un diagnostic histoire de les classer par ordre de priorité.
Certains vaisseaux de la Flotte du Noyau avaient été si endommagés que leur infirmerie avait été mise hors service et que les blessés qui pouvaient être transportés étaient transférés le plus rapidement possible à bord de d'autres nefs.
La Deuxième Flotte s'était déployée pour protéger les survivants de l'amirale Helder, elle-même grièvement blessée au cours de la bataille et qui était prise en charge à bord de son propre vaisseau de commandement.
Elle secoua ses lekkus, sensible à la détresse ambiante puis se décida à hâter le pas pour rejoindre son ancien padawan qui devait se trouver au chevet de la commandante de la Flotte du Noyau. Elle franchit le sas et traversa des couloirs dans lequel s'affairaient des techniciens pour remettre en service des portions de corridors ou même des turbo ascenseurs secondaires.
Comme elle le pressentait, elle retrouva dans un coin isolé de l'infirmerie, un jeune chevalier alsakani penché au-dessus d'une femme inconsciente, allongée dans un lit médical. Le front entouré d'un bandage, des fils étaient incrustés dans son avant bras et ses poignets, reliés à des instruments de mesure qui mesuraient sa tension et son activité cognitive.
Ri'ila Terka le sentait puiser dans ses pouvoirs pour aider sa guérison.
Un officier duro le regardait faire de l'autre coté du lit, sa figure sans relief exprimant une grande angoisse.
Bekan Kalad, paupières closes et paumes jointes devant sa maigre poitrine, ne paraissait pas avoir remarqué sa présence jusqu'à ce qu'il lui dise.
-Bonjour, maître Terka.
Elle se contentait de se ranger à sa hauteur et de fixer l'officier non humain.
-Capitaine Skyrim? Je suis maître Terka du Haut Conseil.
-Enchanté, maître Terka, répondit sobrement le duro. Merci de nous avoir sauvé la mise.
-Je déplore que nous ne soyons pas arrivés à temps, tant de morts auraient pu être évitées, regretta-t-elle.
-Ce n'est pas de votre fait, ce sont les aléas de la guerre.
Le duro s'éclaircit la gorge.
-Maintenant il nous reste à déterminer quelles seront les prochaines intentions des alsakanis.
-Justement c'est la raison de ma présence, entre autres, dévoila la twi lek.
Bekan ouvrit à cet instant les yeux et émergea de sa transe. Lyram Skyrim crut voir la poitrine de l'amirale se soulever plus fermement, un bon signe.
Le jeune humain se tourna vers sa supérieure et s'inclina pour la saluer de façon plus cérémonieuse.
-Le Sénat a élu Contispex comme nouveau Chancelier Suprême et lui accordé les pleins pouvoirs pour résoudre la Crise avec Alsakan, raconta-t-elle, étant donné la gravité de la situation à quelques années lumière de Coruscant. Les derniers rapports sur la situation politique sur Alsakan semblent assez confus mais un nouveau Premier Régent a été désigné par l'Archaiad.
-C'est une coïncidence assez curieuse, fit remarquer Bekan soucieux. D'autant plus curieux le jour même de l'élection du nouveau Chancelier.
-Le Haut Conseil a trouvé cela étrange aussi. Nous ignorons pour le moment à quoi est du le changement de pouvoir là-bas. Toujours est-il que le Chancelier Suprême aurait ensuite pris contact avec le nouveau chef d’État d'Alsakan pour lui proposer un cessez le feu, en accédant à certaines de leurs revendications, émises avant la destitution de Pers'lya. Le Premier Régent aurait accepté ce cessez le feu.
-Cela explique pourquoi les alsakanis ont rappelé la flotte, déclara le duro. Je me demande si cela faisait partie de leur stratégie globale.
-Cela m'étonnerait, fit observer Bekan. Mon intuition me dit que quelqu'un de haut placé sur Alsakan ou Coruscant a manigancé ce manège.
Le silence succéda à cette idée soulevée par le jeune Chevalier et d'une simple pression télépathique, la non humaine lui intima de ne pas en dire plus.
-C'est une idée intéressante, jeune Jedi, souligna Skyrim. Dans l'immédiat, nous allons nous satisfaire du cessez le feu. Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'un traité de paix durable soit signé après tout cela.
-C'est notre souhait à tous, capitaine, appuya la twi lek.
Tous trois consultèrent de nouveau l'amirale Helder toujours inconsciente et inerte.

Dans la cantina du Vontor, un calme inhabituel y régnait. Cela s'expliquait sans mal par le contexte tendu qui suivait les batailles éprouvantes. Une bataille dans laquelle la République avait frôlé militairement de peu un désastre complet.
Le cuirassé amiral avait accepté de recueillir l'escadron Nimbus et les débris de l'escadron Reek – trois survivants sur douze – puisque les hangars du Défenseur étaient bondés de navettes de technicien et de vaisseaux médicaux de différents tonnages suite aux pertes sévères infligées à la Flotte du Noyau.
La nouvelle du cessez le feu qui prenait effet sur tous les fronts à travers la galaxie, hantait les pensées de Riyan Lix qui sirotait son verre empli de bière Polaris qu'il remuait avec une paille, du haut de son tabouret haut perché au bar.
Un droïde serveur nettoyait le comptoir, avec une expression absente. Riyan vêtu cette fois d'un uniforme standard correspondant à son grade, une tenue brune verte arborant son insigne de sergent major, jeta un regard vers Ilmi Kliss, la zabrak qui se tenait à un mètre de lui. Elle aussi juchée sur un tabouret penchée sur le comptoir, elle observa le fonds de son verre dans lequel baignait un liquide bleu.
Elle était revêtue aussi de son uniforme.
Quelqu'un racla tout à coup une chaise sur le sol avant de s’asseoir bruyamment dessus. Ilmi et Riyan contorsionnèrent la nuque pour voir leur équipier Myco Dedhu, le bleu de l'escadron répondant au matricule de Nimbus 5, étendre les jambes sous la table derrière eux, les bras croisés et le visage fermé. La tristesse assombrissait ses traits, la bataille avait du sérieusement l'ébranler.
Ilmi se mit sur ses appuis et adressa un regard interrogateur vers son supérieur. Riyan lui désigna Myco d'une inclinaison du menton.
-Va lui parler, lui intima-t-il.
-Oui chef, obtempéra-t-elle.
Son verre toujours dans la main, la jeune pilote non humaine à la chevelure cuivrée sauvage et au front hérissé de petites cornes se dirigea vers la table pour prendre place face au jeune homme. Celui-ci releva la tête et replia ses jambes pour la laisser prendre ses aises. Il s'éclaircit la gorge après avoir commandé une bière corellienne au droîde serveur qui la lui amena rapidement.
-J'ai pas besoin d'aide, plaida-t-il.
-Tu sembles pourtant en avoir besoin, insista Ilmi.
L'équipier de Drya écarta son verre de quelques centimètres.
-Je ne m'attendais à ce que cela se passe comme ça.
-C'est la guerre, le bleu. Tu t'attendais à quoi? Insista-t-elle.
Il se mordit la lèvre en se redressant.
-Pas à ça en tout cas, avoua-t-il. Tous ces morts... j'ai vu tellement de corps flotter dans l'espace... je me demande combien il y en a.
-Nous avons vu la même chose que toi.
Il se renversa en arrière sur sa chaise.
-Il doit y en avoir des centaines, peut-être des milliers. Si j'avais été plus rapide et plus réactif, j'aurais abattu plus d'alsakani, beaucoup de nos pilotes n'auraient pas été tués.
-Arrête de culpabiliser, tu as fait un super boulot. Tu as réussi à garder Drya en vie et elle a réussi à te garder en vie, c'est tout ce qui devrait t'importer.
Il soutint son regard tout en rapprochant son verre vers lui.
-Si j'avais fait mieux, on n'aurait pas perdu Nimbus quatre et Nimbus neuf.
Les yeux de la zabrak se voilèrent sous le coup de la peine.
-Coxon et Hrendi? Ils nous manqueront, j'ai fait l'académie avec eux, lui confia-t-elle.
-J'imagine pas ce que tu dois ressentir.
Elle lui accorda un sourire reconnaissant.
-Ce qui importe est de rester en vie pour le prochain combat, intervint Riyan qui réserva une chaise entre eux deux. Ce qui ne veut pas dire que nous devons les oublier, nous devons continuer à donner un sens à leur sacrifice, nous rappeler pourquoi ils sont morts.
-Ce n'est pas certain qu'il y ait un prochain combat, fit remarquer la zabrak. Je ne sais pas ce que le nouveau Chancelier a dit à leur Premier Régent mais je ne m'attendais pas à ce qu'un cessez le feu tombe en pleine bataille.
-Il a du employer les bons arguments alors que nous étions en pleine déroute, déclara Myco Dedhu.
-On peut dire que c'est un miracle, reste à savoir s'il durera.
À peine Ilmi avait achevé de formuler sa pensée que les autres membres de l'escadron Nimbus se présentèrent enfin à la modeste cantina. Drya la twi lek et Mulkar le devaronnien furent les premiers, bientôt suivis de Nimbus 7 et Nimbus 8, respectivement le givin Sokil Mayi et l'humaine aux cheveux roux courts Senya Torred.
Les quatre nouveaux venus saluèrent leurs deux camarades et leur supérieur et décidèrent de rapprocher une nouvelle table avec la première, trop petite pour accueillir tout le reste de l'escadron. Zeya arriva à son tour, accompagnée d'une mirialan, Nimbus 10 ou plutôt Irren Dugol. Tous se poussèrent pour les laisser s’asseoir parmi eux, la jeune zeltronne s'arrangeant pour se retrouver aux cotés de Riyan.
Tous avaient peu de temps après un verre à la main, servis avec diligence par le droîde serveur qui avait repris ses habituelles et monotones tâches ménagères. Tous se tenaient debout, les regards convergents vers Riyan.
Personne n'émit la moindre remarque sur l'absence de Grevas Eyl.
Riyan hésita encore un peu avant de se lancer enfin.
-Nous avons sûrement traversé le moment le plus dur de notre existence. J'ignore si nous aurons à subir d'autres épreuves de feu mais je tenais à profiter de ce moment de trêve, de ce cessez le feu pour vous dire que j'étais fier de vous commander. Et que je suis heureux de vous voir sains et saufs devant moi, bien que deux des nôtres n'aient plus cette chance.
Certains baissèrent la tête ou détournèrent les yeux un instant pour masquer le chagrin qui embuait leurs paupières. La main droite de Zeya serra celle de Riyan qui tressaillit à ce contact intime qui n'échappa à personne.
-Je n'ai pas la chance d'avoir connu Coxon et Hrendi aussi bien que certains d'entre vous qui les ont côtoyés à l'académie mais ils étaient d'excellents pilotes. Leur vaillance et leur sacrifice ont certainement permis de sauver beaucoup de vies, surtout les nôtres. Oui nous les regretterons car ils étaient de sacrés bons pilotes. Nous les regretterons aussi car nous ne pourrons plus leur parler, échanger un sourire ou une blague avec eux. Je vous demande de ne pas les oublier mais aussi de ne pas vous morfondre dans la tristesse car ce n'est pas le meilleur hommage que nous pourrions leur rendre en oubliant de vivre.
Il leva son verre à hauteur de son visage empreint de gravité.
-Nous devons continuer à avancer en profitant des moments que nous passons ensemble dans le présent et dans l'avenir. Car nous sommes les Nimbus.
Les autres équipiers secouèrent la tête, gonflés de fierté.
-À Coxon et Hrendi, que leur exemple continue de nous inspirer!
Les autres répétèrent le nom de leurs deux camarades tombés au champ d'honneur, en levant leur verre bien haut. Ils avalèrent une gorgée puis se murèrent dans un silence recueilli. Myco fut le premier à le rompre timidement.
-Que va-t-il se passer après? Le cessez-le-feu va tenir à votre avis?
Des regards perplexes furent décochés de part et d'autre.
-On va espérer que oui, après toutes les pertes qu'on a eus, répondit Drya en agitant ses lekkus.
-Avec ce nouveau Chancelier Contispex, nous ne sommes sûrs de rien, assura la mirialan Irren. Surtout avec ses stéréotypes sur nous, les non humains.
-Espérons qu'il saura faire preuve de pragmatisme politique, plaida Riyan. Je ne le crois pas assez stupide pour risquer de s'aliéner tous les peuples non humains de la République. Cela nous déchirerait et nous précipiterait dans une guerre civile.
-En admettant que nous parvenions à mettre fin à cette guerre là, ce qui n'est pas encore certain tant qu'un traité de paix n'aura pas été signé, souligna Senya d'Anaxès.
-Ce sont peut-être des ragots, mais j'ai entendu dire qu'il se passe des choses pas très nettes chez les alsakanis, fit observer Mulkar.
Le devaronnien fut alors l'objet de la curiosité de tous ses camarades.
-Du genre? L'encouragea Zeya.
-Un nouveau Premier Régent aurait été choisi au début de la bataille. Peu de temps avant que le Sénat ne désigne Contispex Chancelier. Je ne veux pas passer pour quelqu'un de paranoïaque, il n'y a peut-être aucun lien, mais vous ne trouvez pas ça bizarre?
Tous les pilotes échangèrent alors des regards vifs.
-Tu insinues que la bataille qui vient d'avoir lieu et qui a provoqué la destruction des trois quarts de la Flotte du Noyau serait le résultat d'une machination? Que la Crise d'Alsakan a été provoquée par quelqu'un qui tenterait d'en profiter? Martela la twi lek Drya.
-Cela a bien profité à Contispex, notre cher nouveau Chef d'Etat, pacifique et empreint du plus grand respect envers la diversité, fit remarquer ironiquement Mulkar.
-Je pense que nous en avons assez dit, coupa Riyan. Nous devrions passer à un autre sujet.
Les autres pilotes semblèrent surpris de cette intervention qu'ils ne surent comment interpréter.
-Vous avez peur de quelque chose, chef? Grinça le givin.
-Nous vivons une période tendue avec un Chancelier qui n'est pas réputé pour sa tolérance envers les non humains et envers quiconque ne pense pas comme lui. Coruscant est déchirée par des tensions entre communautés. Tout ce que nous pourrions dire sur Contispex et sur la politique en général pourrait se retourner contre nous et pourrait mettre en danger nos vies, nos carrières et même nos familles. Je n'ai pas l'impression que certains d'entre vous aient commencé à réaliser cela.
Ses paroles glacèrent l'ambiance et certains commencèrent à lorgner le fonds de leur verre, comme s'ils essayaient de déceler l'avenir.
-Et pour Grevas, qu'avez-vous décidé? L'interrogea le bleu.
-Son cas a été réglé, rétorqua Riyan d'une voix cassante.
À cet instant, l'intéressé entra dans la cantina, ostensiblement en retard. Il ne prit pas conscience du dégout qu'il inspirait maintenant au reste de tout l'escadron. D'un air détaché qui flirtait avec la provocation, il salua d'un hochement de tête ses camarades qui demeuraient froids.
Les lumières de la cantina reflétaient son crâne chauve luisant, signe de son endoctrinement forcené qui menait le moindre de ses actes.
-Tu n'as rien à faire ici, lui lança Ilmi Kliss.
Il fixa avec une condescendance marquée la jeune zabrak qui le toisait, les bras croisés.
-Ce n'est pas à toi d'en décider et je fais toujours partie des Nimbus.
-Après tout ce que tu as fait pendant la bataille, tu as un sacré culot de venir nous voir, déclara Mulkar les dents serrées.
-Heureux que vous ne commandiez pas l'escadron.
Devant son sourire narquois, Mulkar et Ilmi contournèrent leurs équipiers de concert pour le prendre en tenaille. Grevas Eyl ne sembla pas le moins du monde impressionné, ne reculant pas d'un seul pas.
Il paraissait sûr d'être intouchable. Il était après tout un adepte d'une secte fanatique et le nouveau Chef d'Etat de la République n'était autre que son guide spirituel. Fort de cette conviction, il poussa la provocation encore un peu plus.
-Je vous conseille de rester sages, les prévint-il.
-Ah oui? Rugit Ilmi.
-Les Enfants de la Déesse sont maintenant à la tête de la République et nous remettrons tous ceux qui se sont égarés, dans le droit chemin. Le Sage Suprême saura se montrer magnanime avec ceux qui sauront reconnaître leurs péchés. Tous ceux qui s'opposeront à la Volonté de la Déesse le paieront.
Riyan s'avança à son tour pour faire face au jeune croyant extrémiste. Il ordonna à Mulkar et Ilmi de reculer.
-Contispex n'est pas là pour prendre ta défense, Grevas. Si je ne t'ai pas viré de l'escadron jusque là, c'est parce que tu es un bon pilote et qu'il fut un temps où nous étions amis. Mais tu as franchi la ligne rouge.
Il espérait déclencher une réaction chez Grevas qui lui aurait montré qu'il avait conservé un coté humain. Mais son ancien ami demeurait impassible.
-Tu as donné un prétexte aux alsakani pour nous attaquer et Coxon est mort à cause de toi. Beaucoup trop de gens sont morts à cause de toi.
-Leurs morts serviront les desseins de la Déesse.
Riyan se fit violence pour rester calme.
-Tu auras le temps de dire cela à leurs familles, tu es viré des Nimbus. Le capitaine Skyrim approuve ma décision.
Dans le dos de Grevas apparurent deux soldats de la police militaire de la Marine en uniforme brun. Sentant leur présence, le pilote déchu pivota vers eux deux.
L'un d'entre eux, une falleen, demanda.
-Caporal chef Grevas Eyl?
-C'est moi.
La non humaine exhiba un datapad sous son nez.
-Vous êtes en état d'arrestation pour insubordination aggravée et mise en danger délibérée de la vie d'autrui. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz à partir de cet instant pourra être retenu contre vous. D'après l'article 3 du code de procédure militaire en vigueur dans la Marine et dans l'Armée, vous avez droit à un avocat civil de votre choix après un délai de 48 heures.
-Je peux passer un appel?
La falleen demeura inflexible.
-Je suis navrée caporal chef, mais le capitaine Skyrim a demandé que vous soyez placé en isolement pendant 48 heures.
-C'est de l'abus de pouvoir.
Elle secoua les épaules d'indifférence tandis que le second soldat, un gotal, se rangea à sa hauteur, une paire de menottes paralysantes dans la main.
-Veuillez vous tourner s'il vous plait, caporal chef.
Grevas réprima ses protestations et obtempéra. Alors que des étreintes d'acier se refermèrent dans un cliquetis mécaniques, il défia le regard de Riyan.
-C'est donc comme cela que ça se termine, hein? Ce n'est pas fini, Riyan!
-Pour aujourd'hui, si. Nous en avons tous fini avec toi.
Le chef d'escadron sentit la main de Zeya se contracter davantage autour de la sienne.
-On se reverra et vous me le paierez tous! Beugla tout à coup Grevas. Je le jure au nom de la Déesse, vous subirez son courroux!
-C'est ça, bon vent! Répliqua Mulkar avec dérision.
Les deux soldats emmenèrent par les coudes le prisonnier, qui disparut de leur champ de vision à leur grand soulagement.
Les ponts étaient désormais rompus avec Grevas Eyl.


[… ce n'était pas censé finir ainsi. Ce plan avait été si bien préparé avec minutie, dans ses moindres détails. Nous avons pris en compte toutes les interférences mais pas celles issues délibérément de nos rangs.
Nous n'aurions pas du rentrer bredouilles mais victorieux, forts d'une paix avantageuse pour notre peuple, pour les siècles à venir. Nous manquons ainsi une occasion d'être célébrés comme des héros mythiques dont le souvenir glorieux ne s'effacerait jamais. Tous nos morts auraient pu avoir leur nom inscrit sur la Stèle de la Mémoire, et honoré à jamais avec fierté par leur famille et leurs descendants.
Mais cela ne se produira pas. Peut-être que le moment est venu de crever l'abcès et de rendre justice à notre peuple.
Le Premier Régent et l'Archaiad ont prouvé depuis bien trop longtemps leur médiocrité, cette bande de tyrans aristocrates marchands mérite d'être foulé aux pieds par le peuple d'Alsakan, dont ils ont ignoré et bafoué trop longtemps les droits.
Ainsi soit-il, ma décision est prise.
J’œuvrerai pour mon peuple, comme j'ai toujours souhaité le faire. J'ignore ce qui s'est passé au moment où j'ai déclenché la bataille contre la Flotte du Noyau, comment ce parvenu d'Orin Melok, anciennement ambassadeur sur Coruscant, a accédé à la charge de Premier Régent. Y avait-il un lien quelconque avec l'élection de Contispex comme Chancelier Suprême de la République? Ce dernier l'avait-il appuyé en sous main?
J'ai l'intention de lui arracher la réponse, de changer les choses enfin. D'installer la démocratie que nous méritons tous.
Hessia, ma chérie, je ne sais pas si j'aurais l'occasion de te revoir mais j'espère que tu me feras confiance. Si j'échoue, je ferai en sorte d'être le seul à en payer le prix. Il est hors de question que nos compatriotes se déchirent dans une guerre civile.
Je t'aime, mon amour et tu embrasseras notre fille Tina pour moi, si nous ne nous revoyons pas d'ici là.
Que les Lunes de Cristal vous bénissent...
]

Extrait du message envoyé à sa famille par Bilel Ap Token, Amiral des Forces de Défense d'Alsakan



Voilà, j'espère que cela vous aura énormément plu! Qu'avez-vous notamment pensé de la conclusion? Cela a de quoi nourrir des spéculations pour la suite, non :sournois: ?

Voyez cela comme une dernière transition pour le dernier arc de cette première partie sur... Alsakan! Un monde et un peuple dont vous ignorez tout :diable: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 27 août 2019, 07:29

Bonjour à tous, c'est l'heure de la suite :wink: !

Cet extrait marque le début de l'arc spéciale Alsakan! Ouiii, Alsakan :diable: !

Après l'offensive avortée contre la République, un amiral alsakani rancunier fomente un complot au plus haut sommet de l'Etat!

Je vous laisse découvrir cela :sournois: !


Les Mondes du Noyau, Système d'Alsaka, le lendemain de l'accession au pouvoir de Julius Contispex


Bilel Ap Token relisait encore une fois le rapport remis par le capitaine Delinki, qui résumait l'état des pertes et des vaisseaux dans la flotte qu'il commandait. C'était une manière de passer le temps dans ses quartiers et de se concentrer ce qui l'attendait sur son monde natal.
Il se préparait à une confrontation vigoureuse avec le Premier Régent en personne. Il en avait discuté avec Carmina Delinki et avait pris des dispositions pour que les évènements ne dérapent pas.
C'était ce qui continuait de le préoccuper. Il posa finalement le datapad devant lui sur sa table de travail et se renfonça dans son siège, les sourcils sombres pliés et rapprochés, ce qui témoignait d'une crainte qui le rongeait.
Pas seulement celle d'échouer, mais aussi celle des conséquences qui découleraient de son échec. Un carillon le tira de ses pensées et il cria:
-Entrez.
Une jeune officier alsakanie franchit le seuil et le salua au garde-à-vous.
-Amiral, le prevint Delinki, nous allons réintégrer l'espace normal.
-Merci capitaine, je vous suis.
Son regard erra furtivement vers l'hologramme représentant son épouse et sa fille. La femme au port digne et chaleureux, la tête recouverte d'un bandeau, maintenait sa progéniture devant elle, une enfant qui atteignait dix ans standard.
Cet hologramme avait été immortalisé quelques années auparavant, peu après sa nomination au grade de commandant d'escadre au sein de la Flotte. Tina était maintenant une adolescente effrontée qui partageait cependant les mêmes convictions politiques que lui. Il sourit malgré lui, en imaginant les efforts que devait déployer Hessia pour maîtriser cette nature rebelle qui avait adopté le goût du risque.
Si les Lunes de Cristal l'accompagnaient, il aurait le temps de les serrer dans ses bras avant d'aller accomplir son devoir. Du moins, il l'espérait.
Il éteignit l'hologramme figé à regrets et rajusta son képi sur le crâne. Il vérifia le bon fonctionnement de son blaster avant de le ranger dans son holster à ses hanches. Enfin il emboîta le pas au capitaine Delinki.
Il la suivit jusque sur la passerelle principale du Cristal Brûlant où régnait une activité frénétique. Tous ses subordonnés se figèrent pour le saluer lorsque Carmina Delinki annonça d'une voix forte:
-Amiral sur le pont!
Bilel les autorisa à reprendre leur poste avant de se diriger vers les ordinateurs contrôlant les paramètres de son croiseur Atgeir et les instruments de navigation.
-Temps de sortie de l'hyperespace estimé à H moins 30 secondes, madame, signala le timonier.
-Merci, fit-elle.
Ils reculèrent au centre du pont et fixèrent tous les deux muets, l'infini vortex spatio temporel d'un halo laiteux aveuglant qui se désagrégea brusquement alors qu'ils titubaient sous l'effet de la brusque décélération.
Les étoiles avaient été recalées au loin, noyés dans le profond horizon cosmique tandis qu'un disque bleu azur envahit leur champ de vision.
Alsakan.
-Statut de la flotte, tous les vaisseaux sont sortis de l'hyperespace et sont opérationnels, souligna le timonier.
-Devons-nous garder les boucliers levés? Demanda Delinki.
-Non, abaissez-les capitaine. Personne ne doit se sentir menacé, surtout notre propre peuple. Nous devons inspirer confiance, insista Bilel.
-Très bien, amiral.
L'enseigne lança tout à coup d'une voix enfiévrée.
-Nous détectons des dizaines de signaux depuis l'orbite géostationnaire de la planète.
-Les Républicains?
-Négatif, monsieur. Ce sont les nôtres.
Par la baie de transparacier, les deux officiers devinaient les contours cylindriques de croiseurs de guerre Atgeir qui étaient déployés autour de la planète capitale.
-La flotte de Meraa Dovahkin, murmura Delinki.
-Envoyez lui un message crypté pour lui faire part de nos intentions.
Carmina accrocha son regard de duracier.
-Amiral, elle a des intérêts au sein de l'Archaiad. Elle les préviendra de nos intentions.
-Capitaine, Meraa Dovahkin a été sous mon commandement avant que je ne la recommande au poste de vice amirale. Je la connais très bien et je sais comment elle réagira. Je pense qu'elle n'aura pas oublié qu'elle m'est un peu redevable pour ça.
-Vous semblez si sûr de sa loyauté envers vous.
-Sa loyauté va avant tout à elle-même. C'est à notre avantage.
Carmina Delinki n'en était pas aussi convaincue. Elle avait étudié les positions des vaisseaux alsakanis face à eux, groupés autour du Missandei, le navire de commandement de Dovahkin. Celle-ci avait abrité sa flotte juste sous le bouclier planétaire, à la limite de portée de tir des défenses planétaires.
Si les choses ne tournaient pas comme prévu, si Dovahkin se dressait contre eux, l'affrontement serait sanglant et une issue victorieuse pour Bilel n'en serait pas vraiment une. Les pertes seraient telles que personne n'en tirerait profit.
Hormis peut-être la République.
Elle priait intérieurement que son commandant ait vu juste. Il commettait très rarement des erreurs, elle espérait que ce ne soit pas le cas.
Que Les Lunes de Cristal soient avec nous, respira-t-elle.
-Le Missandei a répondu, amiral, indiqua l'enseigne.
Ce dernier se tenait derrière une novice assise devant un ordinateur, pianotant un clavier. Elle imprima une feuille de flimsi que l'enseigne s'empressa d'apporter à ses supérieurs.
-Voici le message crypté de la vice amirale Dovahkin.
Delinki exhiba un datapad tandis que Bilel étira la feuille pour étudier les signes illisibles étalés sous ses yeux. Le fameux Code Hirken, inventé par l'amiral prestigieux du même nom qui avait mené des opérations contre la Marine Républicaine avec succès au début de la Cinquième Guerre Alsakan.
Le code devint un casse tête pour les services de renseignements de la République qui ne parvint pas à déchiffrer les messages alsakanis pour tourner la guerre à leur avantage.
Le message semblait bref. Delinki recopia sur son datapad les signes puis entra la clé de cryptage à l'aide d'une datapuce.
Le message véritable s'afficha quelques instants plus tard devant leurs yeux, dévoilé en Haut Alphabet Galactique – différent de l'aurebesh communément employé dans l'espace républicain – qui déclarait ceci:
Nous nous rallierons si vous réussissez.
Delinki surprit le sourire malicieux de son supérieur.
-Comme je vous le disais, capitaine, Dovahkin suit ses propres intérêts.
Elle hocha la tête, encore plus soucieuse.
-Alors vous avez d'autant plus intérêt à réussir, amiral.
Il acquiesça en silence.
-Bien, rendons les choses un peu plus officielles. Ouvrez un canal avec le Missandei, ordonna-t-il sans hésiter.
-Transmission initialisée, lui fut-il confirmé peu après.
L'hologramme de la vice amirale matérialisa le buste d'une robuste commandante alsakani aux traits fins qui auraient pu paraître séduisants si e n'était cette sévérité de circonstance qu'elle affichait avec raideur.
-Amiral Ap Token, salua-t-elle.
-Vice amirale Dovahkin, répondit-il à son intention.
-Le Premier Régent m'a chargée de vous accueillir, de m'assurer que vous étiez arrivé à bon port et de vous féliciter de la bataille que vous avez brillamment conduite jusqu'à votre rappel.
Bien entendu, Bilel n'était pas dupe. Le Premier Régent et l'Archaiad le craignaient au point d'avoir demandé à Dovahkin de déployer ses vaisseaux autour de la planète. Cela ne l'étonnait guère de leur part.
-Je suis honoré de l'attention que le Premier Régent me porte mais je ne mérite pas d'être accueilli par autant de vaisseaux, n'est-ce pas un peu excessif?
Dovahkin accorda un sourire discret.
-Le Premier Régent tenait à vous montrer l'étendue de tout son respect envers l'un des plus brillants commandants de notre peuple depuis Hirken.
-Est-il prêt à me recevoir?
-Il vous attend avec impatience.
Bilel ne laissa transparaître la moindre émotion.
-Je suis tout aussi impatient de lui parler en personne.
-Souhaitez-vous que je vous assigne une escorte?
Pour l'amiral, cela ressemblait à une question piège. Comme il le devinait, Dovahkin suivait ses propres intérêts.
Sa proposition avait peut-être pour but de lui tendre un traquenard. Les loyautés devenaient parfois si fluctuantes. Dans le doute, il préférait prendre le moins de risques possibles.
-Votre sollicitude me touche beaucoup, Dovahkin. Certains de mes soldats m'accompagneront pour présenter leurs hommages aux familles des disparus. Une escorte supplémentaire attirerait davantage l'attention. Ces familles auront besoin de discrétion et d'intimité pour se recueillir.
Un nouveau sourire de la vice amirale lui indiqua qu'elle avait compris sa réponse implicite qui déclinait sa proposition.
-Vous avez raison, amiral. Certains de vos équipages ont du être certainement éprouvés par la bataille récente contre la République. Un peu de calme est nécessaire au deuil de leurs proches. Je vais demander à ce que le bouclier planétaire soit abaissé et qu'un accès rapide au statioport principal de Xenvaer vous soit ouvert. J'espère que vous me donnerez rapidement des nouvelles de votre... entretien avec le Premier Régent.
-Merci, vice amirale. Cristal Brûlant, terminé.
La communication rompue, Bilel s'empressa de quitter le pont principal suivie par Carmina qui lui lança:
-Cela reste une mauvaise idée.
-Peut-être, concéda-t-il.
Ils empruntèrent un turbo ascenseur qui les descendit au hangar principal peuplé de techniciens bichonnant des Yatagans et quelques navettes de transport.
Bilel se dirigea vers l'une d'elles et il fut accueilli par un peloton de vingt quatre soldats menée par une femme qui le salua promptement, l'adjudant Asmaa Alduin.
-Nous sommes prêts à vous accompagner sur la planète, amiral.
-Merci, adjudant.
Les soldats qui portaient une armure de combat et arboraient des blasters lourds à leur ceinture, claquèrent des talons à l'unisson puis se mirent en rang deux par deux pour grimper la rampe d'accès et disparaître dans la soute.
-Si vous ne revenez pas, nous vous vengerons, affirma Delinki avec conviction.
Bilel soupira alors qu'il s'apprêtait à les suivre.
-Nous en avons déjà discuté, capitaine. Quoiqu'il advienne, les alsakanis ne doivent pas se déchirer dans une guerre intestine.
-Même si cela revient à laisser le Premier Régent en place?
-Oui, répondit-il sans équivoque. Si j'échoue, vous pouvez faire une dernière chose pour moi. Prendre soin de ma famille.
Les traits de la jeune officier se fermèrent.
-Je vous le promets.
-Merci, capitaine. À bientôt, j'espère.
-Que les Lunes de Cristal vous permettent de réussir.
Il lui sourit puis disparut à son tour à l'intérieur de la navette. À regrets, Carmina Delinki observa l'écoutille se refermer dans son dos.
Ce qui se passerait ensuite ne pouvait plus dépendre d'elle.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :jap: !

Sur ce, à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 01 septembre 2019, 16:39

Bonsoir, voilà la suite :wink: !

Dans ce passage, l'amiral Ap Token atterrit sur sa planète natale et prend la température :sournois: !

Allez je vous laisse découvrir ça!

Au milieu des soldats affectés à sa protection rapprochée, Bilel entendit le pilote déclarer à travers le haut-parleur:
-Paré pour le décollage.
Sans échanger un mot, les soldats se répartirent équitablement de part et d'autre pour prendre place sur des strapontins au confort spartiate. L'amiral s'assit parmi eux et il pouvait ressentir leur respect et leur confiance en lui.
Ils donneraient leur vie pour lui. Bilel espérait ne pas en arriver jusque là.
Les lumières vacillèrent lorsque le contrôle du Cristal Brûlant conféra l'autorisation de décollage.
-Nous approchons du bouclier planétaire, signala de nouveau le pilote quelques minutes plus tard.
Bilel se leva d'un pas vif pour gagner le poste de pilotage. Il se retint d'une main au siège du pilote pour contempler l'étrange spectacle qui s'étalait devant ses yeux attentifs. Les silhouettes peu accueillantes des vaisseaux de Meraa Dovahkin emplissaient son champ de vision, donnant l'impression qu'ils lui barraient la route.
-Ici contrôle de Xenvaer, annonça la voix d'une femme alsakanie. Veuillez patienter en orbite géostationnaire le temps qu'on vérifie que tout soit en ordre.
-Bien reçu, contrôle, répondit le pilote. Nous restons en attente.
La communication interrompue, la présence de l'amiral fut enfin remarquée.
-Pardon monsieur, je ne vous ai pas vu, s'excusa le pilote.
-Ce n'est rien, continuez de faire votre travail.
-Oui, monsieur.
Bilel trompa le temps en continuant de guetter anxieusement les croiseurs Atgeir de la vice amirale qui dérivaient autour de Alsakan. Leur navette se rapprochait inexorablement et lentement jusqu'à portée de tir.
Les secondes puis des minutes s'écoulèrent, faisant accroître sa peur de s'être trompé sur le compte de Dovahkin. L'avait-il mal jugée? Un seul tir de turbolaser et tout était fini, Delinki n'aurait pas eu le temps de lui porter secours.
-Navette Obsidienne L-26, annonça de nouveau le contrôle de Xenvaer, vous avez la permission d'atterrir au statioport principal quai numéro 14. Étant donné votre statut prioritaire, vous serez dispensé de toute formalité à votre arrivée.
-Merci contrôle, nous nous poserons quai numéro 14. Nous suivons la balise que vous venez de nous indiquer, terminé.
Bilel se détendit, Dovahkin n'était pas son ennemie. Son véritable ennemi l'attendrait sur Alsakan même. Comme il le prévoyait.
La navette entama sa descente, passant sous la flotte de Dovahkin et entra dans l'atmosphère du monde capital. Ils traversèrent les couches nuageuses avant de déboucher au milieu d'un champ vierge dégagé grâce auquel Bilel put discerner les reliefs dentelés d'une chaîne de montagnes, au loin.
Le soleil du système Alsaka brillait au firmament tandis que l'amiral admirait la beauté de son monde d'origine, constellé de champs, de forêts et de mines de cristaux au halo mauve reflété par les rayons ardents de l'astre. Ces mines de cristaux à ciel ouvert étaient exploitées par de puissantes corporations commerciales dirigés par les membres de l'Archaiad. Pour leur profit seul... encore une chose à laquelle il espérait mettre un terme.
Peu de temps, le pilote l'avertit:
-Amiral, nous allons survoler les Ruines de Rucapar.
Bilel avait déjà visité ces Ruines au sol dans une sorte de pèlerinage mémoriel avec sa famille. Il n'avait jamais eu l'occasion de les étudier depuis le ciel. Il se pencha au-dessus de l'épaule du pilote.
D'immenses cratères noircissaient la surface au milieu de vestiges encore vacillants d'une cité flamboyante.
En pleine Troisième Guerre Alsakan, Rucapar était le joyau de la planète Alsakan, abritant en son sein ce qui faisait la fierté de tout un peuple. Les Mosaïques.
Ce nom désignait les cinq voies dallées qui s'étiraient depuis la place centrale de l'antique cité jusqu'au sommet des cinq montagnes qui la surplombaient, formant un pentagone parfait. Bilel se souvint des récits de ce chroniqueur alsakani qui vantait l'éclat des rubis, qui pavaient ce moyeu jalousé de tous.
Ce chroniqueur racontait que les reflets renvoyés par Alsaka étaient vus à plusieurs systèmes à la ronde. Jusqu'à Coruscant même. Bon, ce type là devait peut-être exagérer un peu, mais le spectacle devait être magnifique.
Il n'en restait plus que des cendres ternes et vitrifiées.
Les Mosaïques appartenaient aux Vingt Merveilles de la Galaxie au même titre que la Flèche de Shawken ou la Balise de Belgoth détruite pendant le Second Conflit Alsakan.
Puis vint la Purification de Rucapar, le crime ignoble commis par la République perfide qui massacra sans pitié des millions de soldats et de civils. L'attaque fut menée avec une efficacité et une brutalité exemplaire.
Les citoyens de Rucapar n'avaient eu aucune chance face aux bombes incendiaires largués par la flotte ennemie depuis l'orbite.
La Purification de Rucapar ne devait pas être oubliée.
En cet instant, Bilel était néanmoins persuadé que la République n'était pas le pire ennemi qu'il allait devoir affronter. Son pire ennemi était à la tête du pouvoir sur Alsakan, terré dans la capitale Xenvaer.
Sa destination finale.
Ils dépassèrent finalement les Ruines de Rucapar, plongées désormais depuis des siècles dans un silence éternel.
-Nous approchons de Xenvaer, nous entamons la phase d'approche, signala le pilote.
Ils franchirent une nouvelle ligne montagneuse et découvrirent une cité opulente au fonds d'une gigantesque vallée.
Des aéronefs flottaient à quelques centaines de mètres au-dessus du sol, se dissimulant derrière les façades de hautes tours qui marquaient l'emplacement du centre névralgique de Alsakan. Là où le destin de tout un peuple allait peut-être se décider.
-Contrôle de Xenvaer, ici navette Obsidienne L-26. Nous achevons la phase d'approche, quai numéro 14.
-Bien reçu, navette Obsidienne L-26. Suivez la balise jusqu'à appontage, terminé.
Bilel rejoignit ses hommes dans la soute, ceux-ci s'étant levé de leurs strapontins, guettant fiévreusement ses ordres. Il accrocha le regard de chacun d'entre eux dont celui de l'adjudant Alduin.
-Vérifiez vos armes, leur fit celle-ci.
Ils s'exécutèrent promptement, leur silence seulement rompu par le claquement sec des cellules énergétiques qu'ils introduisirent dans la crosse de leur blaster.
Asmaa Alduin confirma:
-Nous sommes opérationnels, monsieur.
-Merci adjudant, répondit l'amiral.
Le vaisseau ouvrit son train d'atterrissage et décéléra brusquement avant de se poser délicatement à l'écart des autres navires stationnés.
La lumière du soleil agressa leur vision lorsque l'écoutille fut ouverte et que la rampe d'accès se déploya. Sur un ordre bref d'Alduin, les soldats descendirent la rampe au pas de course et s'alignèrent parfaitement en posture d'attente, raides comme des piquets, les bras croisés dans le dos. L'amiral et l'adjudant prirent place devant eux, accueillant l'un des officiers des forces de sécurité, un capitaine sur le point de partir à la retraite.
Le nouveau venu à la moustache grisonnante frisée les salua brièvement.
-Je suis le capitaine Aleskon, bienvenue à la maison, amiral.
-Merci, capitaine.
-Mon fils qui sert dans votre flotte m'a donné de ses nouvelles. Apparemment, la bataille contre les républicains ne s'est pas déroulée comme prévu.
L'adjudant s'avança d'un pas pour le remettre à sa place mais Bilel l'en empêcha d'un geste impérieux de la main. Il ne se formalisa pas sur le ton insolent du capitaine.
-La bataille se déroulait comme prévu, Aleskon. Mais quelque chose s'est mal passé ici et j'espère y remédier.
Aleskon déglutit, devinant sans peine, la tenace détermination de l'amiral.
-Le Premier Régent vous a appelé un aérotaxi, amiral. Je vais vous...
-Non, trancha Bilel. Amenez trois véhicules de vos forces de sécurité, mes hommes m'accompagnent.
La réquisition aurait soulevé une protestation véhémente en temps normal, mais le regard froid de Bilel dissuada Aleskon de porter une réclamation à son égard. Trois airspeeders militaires décapotables furent rangées peu après devant l'entrée du statioport et tous y grimpèrent à l'exception d'Aleskon.
Bilel s'assit sur la place de passager avant dans le premier véhicule, le pilote lui demandant:
-Nous allons au siège de l'Archaiad, monsieur?
Il échangea un regard avec Alduin installée dans le second airspeeder.
-Non, pas tout de suite, répondit-il enfin. Nous passerons d'abord par la Place de la Mémoire.
Ces mots furent prononcés suffisamment bas pour ne pas être entendus d'Aleskon, à qui Bilel n'accordait pas la moindre confiance. Il avait hâte de s'éloigner au plus vite de ce satané rat de cristal, semblable à ceux que les ouvriers exterminaient régulièrement au fonds des mines qu'ils infestaient.
Un à un, les airspeeders s'élevèrent dans le ciel d'Alsakan sous le regard d'Aleskon qui avait attrapé son comlink.
Certainement pour prévenir le Premier Régent de la venue d'un amiral revanchard.


La Place de la Mémoire était le carrefour d'où jaillissaient les plus grandes avenues de Xenvaer. Depuis l'airspeeder à bord duquel il naviguait, Bilel observa non sans émotion le gigantesque obélisque haut d'un kilomètre qui se dressait au milieu de la place, au centre d'un rectangle aussi étendu qu'un champ de cristal.
L'édifice érigé peu après la fin de la Première Guerre Alsakan contre la République, brillait d'un apaisant reflet ocre sous le soleil. Si intense qu'il en éclipsait les autres tours qui parsemaient ça et là la capitale planétaire.
Les trois airspeerders amorcèrent leur descente et l'amiral constata que la Place de la Mémoire était fortement animée en cette heure matinale. Des centaines... non... des milliers de compatriotes occupaient les lieux gardant cependant une distance respectueuse avec l'obélisque. Des bras se levèrent dans le ciel alors que les véhicules se rangèrent sagement le long des trottoirs pour déposer leurs passagers.
Les passants qui admiraient les silhouettes lointaines des vaisseaux de guerre stationnant en orbite, remarquèrent les uns après les autres l'amiral et son escorte. Les soldats encadraient étroitement leur supérieur, l'adjudant Alduin priant aux citoyens de s'écarter de leur passage.
Des murmures s'élevaient des rangs tandis qu'ils se frayaient un chemin jusqu'à l'obélisque.
-Regardez, c'est l'amiral Ap Token!
Bilel s'attendait évidemment à être reconnu. Voilà ce qui arrivait finalement quand il s'aventurait sur le terrain politique, notamment en critiquant la légitimité de l'Archaiad à représenter les aspirations du peuple.
Comme un raz de marée, son nom se répandit avant d'être scandé par des sympathisants:
-Ap Token! Ap Token!
Des acclamations et des vivats se firent entendre alors qu'il freina pour les saluer avant de parvenir devant l'obélisque même.
La Stèle de la Mémoire.
Sur les quatre faces de ce monument funéraire, étaient inscrits de haut en bas en Haut Alphabet Galactique, les noms de ceux et celles tombés contre la République, victimes civiles et militaires. Nul doute que le nom de chacun des martyrs de Rucapar devait être répertorié.
Avec la bataille qui venait d'avoir lieu, de nouveaux noms enrichiraient la Stèle de la Mémoire.
À ses pieds, des corbeilles étaient remplis de cristaux opaques. Les légendes locales racontaient que les âmes des défunts venaient se réfugier dans ces cristaux, comme un réceptacle éternel de leur esprit errant qui leur permettait de trouver enfin le repos.
Ces âmes roderaient autour de la Stèle de la Mémoire, voilà pourquoi les proches des défunts prenaient chacun un cristal pour le déposer au pied de l'obélisque. Cela expliquait le monticule multicolore qui s'étendait depuis le monument jusqu'à un rayon de deux mètres. Un chemin avait été aménagé pour permettre à chacun des visiteurs de s'approcher assez près de l'obélisque pour apposer la paume sur sa surface en signe de recueillement.
Bilel imité par certains de ses gardes, arracha un cristal d'une des corbeilles, un rubis nimbé d'une couleur chlorophylle qui lui rappelait les vertes prairies de la Grande Mer de Sérénité aux alentours de la ville d'Archais.
Un doux souvenir d'enfance qui ne l'avait jamais quitté.
Il murmura une prière silencieuse en hommage au repos des morts qu'il s'autorisait à troubler l'espace d'un instant, puis il le déposa sur le monticule, sous les applaudissements d'une partie de la foule.
Il arpenta l'accès à l'obélisque et posa la paume sur la Stèle de la Mémoire lorsqu'il fut assez proche. Il supplia les Lunes de Cristal, les esprits gardiens d'Alsakan de favoriser sa réussite dans ce qu'il allait bientôt entreprendre.
Lorsqu'il se détourna, les gardes menés par Alduin l'entourèrent de nouveau pour le préserver physiquement de ses compatriotes qui se massaient autour de lui, pour le héler:
-Amiral Ap Token! Quelles sont les nouvelles de la bataille?
-Combien de républicains sont morts?
-Vous avez bombardé Coruscant?
Tant de questions qui firent comprendre à Bilel que le black out des communications intrasystème n'avait pas été levé depuis le début de la bataille de la Flotte du Noyau. Alors que l'adjudant Alduin ne cessait de réclamer de céder le passage, il profita du silence momentané pour tonner d'une voix forte:
-La vérité est que nous avons été trahis. Par les mêmes qui depuis toujours mènent les destinées de notre peuple contre son gré.
Il leur avoua de but en blanc avoir été rappelé par le Premier Régent alors qu'il tenait la victoire à portée de main. Cela suscita des imprécations vigoureuses contre l'oligarchie marchande et son chef.
-À bas l'Archaiad! À bas les traîtres à Alsakan! Vive Ap Token!
Ce fut la preuve pour Bilel que le peuple le soutenait, et que celui-ci ne pleurerait pas la chute de l'Archaiad. Ces derniers ne tenteraient rien contre lui, sous peine de déclencher des émeutes.
Il savoura les effusions quelques instants encore puis se décida à regagner les airspeeders.
-Adjudant, je dois passer voir ma famille, m'assurer qu'ils vont bien.
-Bien, Amiral. On ne vous lâche pas, répondit la femme.
-J'y compte, adjudant.
C'était un moment périlleux que de traverser une telle foule animée. Des personnes guidées par l'argent de l'Archaiad pouvaient briser le rempart protecteur des gardes entourant l'amiral et le frapper d'un coup de vibrolame ou de blaster.
Mais les oligarques ne se risqueraient pas à faire de lui un martyr public, sous peine de déclencher une révolution débridée qui les renverserait. Bilel le savait.
Il fut tout de même soulagé de monter à bord et les trois airspeeders décollèrent pour quitter la Place de la Mémoire sous les acclamations d'une foule acquise à sa cause.
Personne ne prêta attention à ces deux individus mystérieux encapuchonnées, le visage masqué par un masque mortuaire sinistre. Traversant la place, ils fixaient l'amiral et son escorte s'éloignant dans les couloirs aériens avant que l'un d'eux ne s'empara d'un comlink pour avertir d'autres complices.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire de vos remarques :) !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 08 septembre 2019, 17:45

Bonsoir les amis, c'est l'heure de la suite!

Cet extrait est destiné à humaniser le personnage de l'amiral Ap Token avant l'heure des règlements de compte avec le Premier Régent :sournois: !

Sur ce, bonne lecture!

La famille de Bilel habitait à l'est de Xenvaer, dans un paisible quartier résidentiel connu sous le nom de Havre Doré. Un hommage aux jardins qui poussaient et s'épanouissaient sur les toits des habitations et minuscules immeubles, faisant penser à une plaine multicolore jonchée de crevasses de duracier.
L'amiral ne se lassa pas de ce spectacle jusqu'à ce qu'il parvint devant une maison élégante à l'entrée décorée de Roses Jelko. Quelques fleurs dépassaient du toit, semblant tomber vers lui alors qu'il levait les yeux pour les étudier.
Il descendit de l'airspeeder, rajustant son uniforme bleu, à peine troublé par les instructions que l'adjudant Alduin adressait aux soldats.
-Déployez-vous! Ordonnait-elle. On établit un périmètre de sécurité!
En silence, les fantassins se groupèrent par trinômes pour organiser des rondes autour de la maison familiale.
Il ôta le képi de sa tête et carillonna à la porte.
Au niveau de sa figure, un scan rétinien s'anima et flasha sa cornée avant qu'une voix mécanique ne déclara:
-Identification positive, entrée autorisée.
Le battant s'écarta à son intention et il s'empressa d'entrer. Il accéda rapidement au salon où sa femme l'attendait. Celle-ci s'était levée du divan au milieu de la pièce près d'une petite fontaine de marbre brun, écartant les pans de son châle qui coiffait sa chevelure sombre cuivrée. Il trouvait sa Hessia à l'aise dans cette tunique ample magenta qui mettait en valeur ses courbes harmonieuses.
Elle ouvrit les bras et il s'y blottit amoureusement.
-Je ne suis pas trop en retard pour le déjeuner? Fit-il d'un ton léger.
Elle répliqua en souriant.
-Je te préfère en retard plutôt que mort.
Il lui rendit son sourire, peu surpris de sa verve toujours aussi aiguisée qui traduisait toute l'affection qu'elle lui portait. Elle appela ensuite le droïde majordome après qu'elle l'ait invité à s’asseoir à ses cotés, ses mains dans les siennes.
-Apporte-nous du thé.
-Tout de suite, madame, brailla le robot.
Celui-ci s'éclipsa quelques instants dans la cuisine, le temps d'accorder un peu plus d'intimité au couple.
-Tu as reçu mon message? Demanda-t-il.
-Oui et tu as intérêt à me dire que cette idée de renverser l'Archaiad est du bluff.
Elle avait adopté un ton sévère, désapprouvant son idée.
-C'est très sérieux et c'est ce que tout le monde attend depuis longtemps, insista-t-il. Tu sais pourquoi ma décision a été motivée.
-Tu as confié que la bataille menée contre la République ne s'était pas terminée comme tu le voulais, Bilel.
À cet instant le droïde revint, portant un plateau fin argenté soutenant deux tasses fumantes. Tous deux s'en emparèrent sans attendre et l'automate fut de nouveau congédié.
-Ils m'ont rappelé, Hessia, confia-t-il avec une amertume profonde. Alors que je tenais la victoire!
-Je comprends ta colère, mais de là à penser que la nomination d'Orin Melok comme Premier Régent a un rapport avec celle du nouveau Chancelier Suprême Contispex.
-Contispex a la réputation d'avoir le bras très long. D'après les rapports des services de renseignements, les circonstances de son accession à la tête de la République sont assez floues. Sans parler de ce qui est arrivé à ses opposants comme Pers'lya. Je ne crois pas du tout au hasard.
-Tu penses que c'est quand même une raison suffisante de faire ce que tu as l'intention de faire?
-Je veux éclaircir cette affaire, découvrir la vérité et en informer le peuple. Je ne peux plus reculer, ma chérie.
-As-tu au moins pensé aux risques que cela pouvait nous faire courir?
-J'ai pris des précautions.
Il termina sa tasse et la posa sur la table basse devant eux.
-Je veux que toi et Tina fassiez vos bagages et alliez chez les Kalad. Ils n'oseront pas s'en prendre à vous là-bas.
Hessia soupira, maîtrisant mal son angoisse.
-Tu penses que cela suffira à nous protéger?
-Hassan est un vieil ami et il est respecté de tous. Sans parler de son fils qui est un Jedi. Donc si Melok l'attaque, les Jedi ne resteront pas sans réaction.
Plus rassurée, elle hocha la tête, se rangeant à ses arguments.
-Je vais envoyer quelqu'un ramener Tina à la maison, proposa Bilel.
-Non ce n'est pas la peine, lui répondit sa femme. Elle est dans sa chambre.
L'amiral fronça les sourcils.
-Que se passe-t-il? Elle est malade?
-Non, je lui ai interdite de se montrer.
Un éclair de compréhension passa dans le regard de son mari.
-Bon, qu'a-t-elle fait encore comme bêtise?
-Elle a participé hier à une manifestation devant le siège de l'Archaiad. Les forces de sécurité ont dispersé le rassemblement et ont procédé à des arrestations. Ils l'ont gardée au poste pendant trois heures puis l'ont relâchée sans retenir la moindre charge contre elle.
Il esquissa une grimace de désapprobation.
-Elle ne tient vraiment pas en place.
-Elle a hérité de toi en partie, lui glissa Hessia avec malice. Tu peux être fier.
Il leva les yeux au plafonds, sentant qu'il allait devoir accomplir peut-être ses obligations paternelles.
-Bon, je vais lui en toucher deux mots. Commence à te préparer.
Ils se levèrent pour se séparer momentanément. Il l'entendit appeler le droide tandis qu'il se dirigeait vers l'aile est de la maison. Il toqua deux fois à la porte de la chambre de sa fille, au fonds du couloir.
Devant l'absence de réaction, il finit par l'appeler:
-Tina? C'est papa!
Il entendit un grand remue ménage avant que le battant ne s'ouvrit. Une jeune alsakanie se précipita dans ses bras.
-Eh doucement, ne m'étouffe pas! S'écria-t-il, pris de court tout en lui rendant son étreinte.
-Tu es vivant!
Lorsqu'ils s'écartèrent, Bilel remarqua à quel point le soulagement de sa fille était manifeste. Elle passa sa main dans ses sombres cheveux tressés qu'elle ramena derrière la nuque.
-Je suis content de te revoir aussi, ma chérie. Malheureusement, il me reste beaucoup de choses à faire et il y a certaines choses dont nous devons discuter.
Le visage de Tina redevint grave devant le ton sérieux de son géniteur, preuve de sa grande maturité.
-Maman t'a raconté pour l'arrestation?
-Oui, tu te rends bien compte des risques que tu as pris? La sermonna-t-il. Surtout en ce moment?
-Tu es en colère parce que tu as du rentrer avant la fin de la bataille.
Il en déduisit qu'elle avait lu le message tout comme sa mère.
-Je suis contrarié mais je suis aussi inquiet. Des évènements importants vont se produire et je veux vous savoir en sécurité toutes les deux.
L'incertitude tordait les traits de la jeune fille.
-Tu vas vraiment le faire, papa? Tu vas renverser l'Archaiad?
-Je ferai ce que je crois juste, Tina.
Les larmes perlaient au coin de ses yeux, et cela émut Bilel qui la prit de nouveau dans ses bras. Il l'entendit pleurer en murmurant:
-N'y vas pas. On a besoin de toi.
-Quelqu'un doit le faire, insista-t-il. Tu sais pourquoi je dois le faire.
Tina partageait les mêmes opinions politiques que lui, elle le prenait en exemple lorsqu'il lui parlait de la liberté des peuples à pouvoir s'exprimer et à décider par eux-mêmes. Liberté dont ne bénéficiait aucunement le peuple d'Alsakan.
Voilà pourquoi elle avait participé à la manifestation d'hier devant le siège de l'Archaiad, qui confisquait tous les pouvoirs depuis la création de la République. Sa fille était prête à mener ce combat avec lui... ou après lui.
-C'est juste que...
Elle ne termina pas sa phrase.
-Oui? L'encouragea-t-il.
-La grand mère de Bekan est venue me voir après que les Forces de Sécurité m'aient relâché.
Il respira plus calmement lorsqu'il comprit de quoi il en retournait. Elle faisait allusion à Semina Kalad, une vieille femme gentille qui adoptait parfois cependant un comportement étrange. Il lui arrivait de prétendre d'avoir des visions de l'avenir.
Certaines s'étaient réalisées, d'autres s'étaient révélées être le plus souvent des canulars. Avec le temps, personne ne prêtait plus vraiment attention à ce qu'elle marmonnait. Enfin les gens les moins crédules.
Sa fille à en juger par le regard qu'elle lui adressait, semblait avoir été bouleversée.
-Bon, qu'est-ce que cette vieille folle a pu te raconter encore? Demanda-t-il d'un ton taquin.
Cela ne la détendit qu'à peine.
-Elle m'a dit t'avoir vu mort, poignardé dans le dos.
Malgré lui, Bilel se sentit glacé par cette révélation. Il n'en laissa cependant rien paraître sous son sourire.
-Elle divague, tu ne devrais pas l'écouter. Combien de fois a-t-elle prédit ce genre de choses qui se sont réalisées vraiment?
-Ben, quelques unes en fait.
-Ce qui n'est rien en comparaison de tout ce qui ne s'est pas produit.
Cette fois, elle semblait un peu moins anxieuse. Seulement, un peu moins.
-Tout se passera bien, d'accord Tina? Des soldats m'escortent, je ne serai pas tout seul. Promets moi que tu veilleras sur maman jusqu'à mon retour.
-C'est promis.
Il l'embrassa tendrement en signe d'affection.
-Prépare vite tes affaires, vous partez toutes les deux chez les Kalad. Je viendrai vous chercher là-bas, d'ici là vous y serez en sécurité.
Il la laissa repartir dans sa chambre et retourna dans le salon, l'air soucieux. Il était préoccupé par cette fichue prédiction de la vieille Kalad. Puis il se persuada finalement qu'elle devait radoter, surtout à un âge si avancé.
Dans tous les cas, il ne pouvait pas se laisser ronger par le doute, l'enjeu était devenu bien trop important.
Lorsqu'ils furent de nouveau réunis dans le salon, l'émotion et la tension étaient palpables. Bilel tentait d'effacer son expression fermée par des sourires chaleureux et assurés mais ni son épouse ni sa fille n'étaient dupes.
Tenant à la main quelques maigres sacs contenant leurs effets et du linge, aucune tout comme lui n'osait prononcer un seul mot. Jusqu'à ce qu'ils s'étreignirent tous les trois et qu'il leur accorda:
-Nous nous reverrons très vite, leur promit-il.
Puis ils sortirent dans la rue. À leur apparition, Asmaa Alduin sonna le rassemblement et les soldats se réunirent autour du trio sans cesser de surveiller tous les angles possibles. L'amiral se rangea à hauteur de l'adjudant.
-Alduin, désignez deux volontaires pour les escorter chez le Magistrat Kalad.
La jeune officier hocha la tête, laissant s'approcher les deux autres Ap Token. Les deux volontaires qu'elle choisit allèrent chercher le lanspeeder familial dans le garage, puis le garèrent dans la rue. Ils aidèrent l'épouse et la fille à monter à bord.
Bilel s'approcha d'eux.
-Quand vous les aurez amenées chez le Magistrat Kalad, foncez au statioport principal et attendez-nous là-bas. En cas d'imprévu, si notre absence se prolonge, rejoignez le Cristal Brûlant.
Il accorda de nouvelles effusions à ses proches avant de s'éloigner à regrets. Il regarda les larmes couler sur les visages de Hessia et Tina avant que le véhicule ne démarra pour disparaître à la première intersection.
-Allons-y, adjudant.
Tout le peloton prit place à bord des airspeeders et ils prirent de l'altitude après être passés devant deux individus encapuchonnés arborant un masque mortuaire de mauvais augure, blottis au fonds d'une impasse.
L'un d'eux décrocha son comlink pour signaler d'une voix étouffée par le masque:
-La cible est en mouvement.

Xenvaer, siège de l'Archaiad

Au-dessus de la capitale d'Alsakan, le ciel était dégagé pour laisser les silhouettes menaçantes des vaisseaux de guerre de la Flotte de Défense à découvert. Tous les alsakanis pouvaient admirer ce spectacle improbable, y compris ceux qui étaient enclavés entre deux grandes tours dans le quartier des affaires à proximité des bâtiments gouvernementaux.
Comme celui qui abritait le siège même de l'Archaiad.
Le Premier Régent posté devant la baie de transparacier qui filtrait la lumière du soleil éclairant son bureau, avait aussi droit à ce privilège.
Quelques uns de ses partisans à bord du Missandei de la vice amirale Dovahkin lui avaient confirmé l'arrivée de l'amiral Ap Token en orbite de la planète mère. La situation était potentiellement explosive, surtout avec autant de vaisseaux de guerre regroupés en orbite ou au-delà. Orin Melok se doutait que Bilel Ap Token chercherait à le rencontrer en personne.
Il sourit intérieurement car cet homme, un militaire plus que compétent certes, n'entendait rien aux subtilités de la chose politique. C'est ce qui causerait sa perte immanquablement. Un tel individu ne méritait que le mépris.
Maintenant qu'il était au sommet de l’État, il ne laisserait pas cet amiral obtus le détrôner de son piédestal, même s'il bénéficiait des faveurs du peuple.
Heureusement, il avait pris quelques mesures. Comme celles d'installer ses proches amis à des postes clés, à la tête de ministères ou des forces de sécurité locales.
La grande inconnue restait néanmoins la posture de la vice amirale Meraa Dovahkin. Si celle-ci possédait des relations privilégiées au sein de l'Archaiad, elle avait été l'élève spirituelle de Ap Token qui l'avait ensuite recommandée au poste le plus élevé auprès du ministère de la Défense.
Vers qui pencherait son allégeance?
Elle se préoccuperait avant tout de ses propres intérêts, ce qui ne répondait pas forcément à ses inquiétudes. Même s'il muselait Ap Token, il n'était pas certain que la flotte que celui-ci commandait se rallierait à l'Archaiad. Il avait su fidéliser ses équipages à sa personne, grâce à son charisme.
Après l'accord de cessez-le feu conclu avec le nouveau Chancelier Suprême de la République – envers lequel il demeurait redevable pour avoir favorisé son ascension – celui-ci l'avait assuré d'un soutien militaire important pour lui permettre de sauver la paix et d'écraser d'éventuelles mutineries ou rébellions au sein de la Flotte de Défense.
Peut-être Julius Contispex guettait-il l'occasion rêvée d'affermir son emprise sur les alsakanis. Melok n'était pas parvenu à cette position pour devenir le vulgaire pantin d'une puissance plurimillénaire rivale.
Non, il ne pouvait pas gâcher cela. Il lui faudrait jouer serré.
Chaque chose en son temps, d'abord il devait régler le cas d'un amiral rancunier. La première étape de la consolidation de son pouvoir.
Derrière lui, il entendit entrer le Ministre de la Défense et Conseiller de l'Archaiad, Skan Het.
-Excellence? Fit ce dernier.
-Quelles sont les nouvelles?
Orin surprit le plissement des lèvres, que son rictus sournois étirait.
-Aleskon a confirmé que l'amiral Ap Token n'a pas atterri seul. Une compagnie entière de soldats l'escorte et il vient de réquisitionner trois airspeeders des Forces de Sécurité. Il se dirige vers le centre ville.
-Les Assassins Malkites sont en place?
-Plusieurs d'entre eux suivent l'amiral à la trace et la majorité est prête à entrer en action sitôt que l'amiral et ses hommes investiront le bâtiment.
Melok opina du chef, satisfait.
-Bien, continuez à vous tenir informé de ses mouvements. Je dois passer un appel à notre ami commun de Coruscant.
Het accomplit une révérence respectueuse avant de se retirer. Le Premier Régent s'assit devant son pupitre au milieu de la pièce et composa une fréquence. L'hologramme d'une femme chauve recouverte d'une grande toge à capuche se matérialisa à échelle réduite devant sa figure concentrée.
-Je souhaite m'entretenir avec le Chancelier Suprême Contispex.
-Un instant, lui signala l'adepte du culte Pius Dea.
Elle disparut du champ de l'holoprojecteur avant de réapparaître peu de temps après.
-Le Grand Sage anime une session au Sénat. Voudriez-vous rappeler plus tard?
-Je dois lui parler, insista-t-il.
Une autre femme apparut aux coté de l'adepte qui s'inclina devant elle. Melok devina qui était cette nouvelle venue importante.
-Madame Contispex, je dois discuter avec votre mari.
-Je suis habilitée à parler en son nom, déclara Linza Contispex. Vous avez toute mon intention, Premier Régent Melok.
L'alsakani s'apprêtait à protester, ressentant l'impression d'être réduit à demeurer dans l'antichambre. Il se contint, se souvenant qu'il ne pouvait pas manquer d'estime à l'épouse même du nouveau Chef d'Etat de la République.
-Je souhaitais vous informer de la venue de l'amiral Ap Token sur Alsakan. Tout nous porte à croire qu'il veux s'entretenir avec moi en personne et accompagné.
Il avait martelé intentionnellement ce dernier mot et le sourire de Linza traduisit sa compréhension.
-Il réagit donc comme nous l'avions prévu.
-Avec votre bénédiction, je souhaite envoyer les Assassins Malkites l'intercepter avant même qu'il n'arrive jusqu'ici.
Elle trancha d'un ton ferme:
-Non, continuez à suivre notre plan.
-Votre plan, vous voulez dire. Je me demande vraiment s'il vaut la peine que nous risquions l'Archaiad tout entier, moi compris.
-Il est indispensable que les alsakanis règlent leurs différents dans les coulisses. Je ne crois pas qu'une embuscade au cœur de Xenvaer soit dans votre intérêt.
Il fronça les sourcils, n'appréciant guère de ne pas le maître de la situation, une situation qui lui glissait entre les doigts.
-Très bien, le cas de l'amiral sera donc réglé à l'abri des regards indiscrets.
-Pensez-vous pouvoir garder le contrôle de votre flotte sitôt Ap Token neutralisé? S'enquit l'épouse de Contispex.
-Je ne doute pas que Meraa Dovahkin nous demeurera loyale. Je n'en suis pas aussi certain concernant les équipages de Ap Token. Il a réussi à susciter en eux une véritable fidélité à sa personne, au point qu'ils le vénèrent. Il est à craindre que son bras droit, le capitaine Delinki et les autres commandants de vaisseau ne tentent une action désespérée et dangereuse contre nous.
Linza demeura impassible.
-C'est pour cela que je vous remercie, madame Contispex, ainsi que le Chancelier Suprême d'envoyer une de vos flottes nous prêter main forte.
-Nous avons un intérêt à votre maintien durable comme Premier Régent, monsieur Melok. Pour faciliter l'installation de la paix et de nouvelles relations entre nos gouvernements.
-Oui, je suis d'accord. Il faudrait que l'on discute des conditions d'un traité de paix...
-... après que la situation sur Alsakan se soit stabilisée durablement.
Elle avait conservé une voix douce tout en y instillant une plus forte dose de fermeté. Si Orin Melok n'apprécia pas de se faire couper dans son élan, il fut assez diplomate pour ne pas le laisser paraître.
-Bien évidemment, susurra-t-il.
-Alors c'est entendu, martela-t-elle. Si la situation échappe à votre contrôle ou si les vaisseaux de Ap Token se soulèvent contre votre autorité légitime, la 2ème Flotte de l'amiral Jehun interviendra pour sauver la paix.
-Le Sénat approuve cette action? Demanda l'alsakani, pris d'un doute.
-Le Sénat approuve le Chancelier.
Orin Melok n'était pas dupe, il n'était pas spécialement ravi de voir surgir dans le ciel de sa planète natale une flotte de combat républicaine.
-Je suis heureux de pouvoir compter sur votre soutien, Orin Melok terminé.
Il se renfonça dans son siège lorsque le buste de Linza Contispex s'éteignit dans un flash. Puis n'y tenant plus, il se leva et se mit à faire les cent pas. Il devait contenir une périlleuse poudrière, il était conscient de l'impopularité de l'Archaiad au sein des citoyens.
Si Bilel réussissait à renverser le régime, il serait acclamé comme un héros et la guerre contre la République serait certainement relancée. Beaucoup de choses, trop de choses étaient dans la balance, le moindre faux pas couterait si cher, que Alsakan se retrouverait en position de faiblesse vis-à-vis de Coruscant.
Cela ne devait pas arriver. Pas sous sa gouvernance.
À cet instant, le Ministre de la Défense Skan Het le dérangea à nouveau:
-Excellence?
-Oui?
-Les autres conseillers de l'Archaiad sont réunis dans la grande Chambre et me demandent pourquoi vous tardez à venir. Je leur ai déjà répondu maintes fois que vous étiez occupé à régler quelques affaires personnelles mais ils s'impatientent vivement et j'ai bien peur de ne pas pouvoir les maintenir.
-Ils ont bien attendu deux heures, ils patienteront quelques minutes de plus.
Le Premier Régent s'était bien privé de justifier la convocation de l'Archaiad à une heure aussi matinale. Il se doutait fort bien que les conseillers qui étaient pourtant ses alliés, n'apprécieraient guère d'apprendre qu'ils allaient servir de pions pour éliminer Ap Token de l'équation.
Il frissonna à la pensée que lui-même ne pouvait qu'être un simple pion pour le redoutable clan Contispex fermement installé à la tête de la République. Il aspirait à devenir bien plus que cela, et montrer à son allié républicain d'aujourd'hui qu'il n'était pas destiné à demeurer son faire valoir.
Skan Het s'apprêtait à rebrousser chemin quand son comlink bipa.
Il le décrocha, murmura à mi voix avant d'annoncer:
-Votre Excellence, l'amiral vient d'arriver.
Orin se permit un léger sourire suffisant.
-Donnez l'ordre aux gardes du palais de ne pas l'arrêter et de n'opposer aucune résistance.
-Premier Régent, êtes-vous certain...
-Oui, certain. Donnez le signal convenu aux Assassins Malkites, je crois qu'il est temps de rejoindre les autres conseillers de l'Archaiad.

Voilà, j'espère que cela vous aura plu! le prochain extrait promet d'offrir un moment décisif... qu'adviendra-t-il du coup d'Etat et quelles conséquences cela aura-t-il?

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 15 septembre 2019, 16:34

Bonsoir c'est l'heure de la suite :wink: !

Cette fois, ca y est! l'heure des règlements de comptes sur Alsakan a sonné!!! :diable:

je vous laisse découvrir ça!

La nervosité de Bilel Ap Token gagna du terrain lorsque les trois airspeeders ralentirent près de l'entrée d'un palais imposant, celui qui conservait le siège de l'Archaiad. Une grande arche de marbre cristallisée surplombait l'allée pavée qui menait jusqu'au bâtiment sur dix mètres. Les soldats descendirent puis s'alignèrent vivement sur deux lignes, encadrant étroitement l'amiral et l'adjudant Alduin, qui gardait un comlink à la main.
Bilel ne put se retenir de lui demander:
-Des nouvelles du Cristal Brûlant?
-Rien à signaler, monsieur. La situation demeure inchangée.
-Et ma famille?
-Mission accomplie, les deux soldats regagnent le statioport principal selon les ordres convenus.
Jusqu'ici, tout se passait bien. Bilel était prêt à parier que personne sur Alsakan ne soupçonnait ses projets.
Mais il ne commettrait pas cette erreur de jugement. Il n'ignorait pas qu'il foulait un terrain qui lui était étranger. La politique.
Voilà pourquoi il ne s'attarderait pas plus de temps ici nécessaire. Il procèderait à l'arrestation du Premier Régent et des conseillers de l'Archaiad qui lui étaient loyaux, puis les emmènerait à bord du Cristal Brûlant. Cela convaincrait la vice amirale Dovahkin de se rallier à lui, par opportunisme évidemment, pas par conviction.
Fort d'un total soutien militaire, il proclamerait à ses compatriotes la chute de cette oligarchie aristocratique inique et assurerait la tenue des premières élections démocratiques. Espérant au plus profond de lui-même, que de nouvelles figures politiques émergeraient pour jouer le jeu de la démocratie dont il se porterait garant pour tenir la République et ce nouveau Chancelier en respect.
La partie la plus délicate de son plan commençait.
Devant eux, deux gardes protégeaient l'entrée du palais. Recouverts d'une armure pourpre, celui de droite s'avança pour les arrêter:
-Attendez, vous ne pouvez pas entrer ainsi.
Bilel accrocha le regard de Alduin qui claironna d'une voix ferme:
-Rayons paralysants!
Immédiatement, deux soldats braquèrent leur blaster sur les gardes surpris, qui s'affalèrent inconscients. Alduin désigna les tireurs pour leur demander de faire bonne garde. Ils reçurent l'instruction de ne laisser entrer personne jusqu'à ce que tout soit terminé.
Le reste de la troupe déboucha dans un grand hall d'accueil, quelques civils qui patientaient assis sur des sièges, furent vivement priés d'évacuer les lieux. Ce qu'ils s'empressèrent de faire sans broncher. Les soldats alsakanis se déployèrent, laissant l'amiral et l'adjudant se diriger vers le guichet d'accueil tenu par un jeune homme.
Visiblement troublé par cette intrusion, celui-ci déglutit.
-Hum, euh... vous désirez?
-Nous souhaitons nous entretenir avec le Premier Régent, lança Bilel sans préambule.
-Vous euh... vous avez rendez-vous?
L'adjudant décida de le brusquer.
-Avez-vous oublié que vous êtes face à un amiral?
Le malheureux guichetier n'en menait pas large.
-Je... pardonnez-moi, amiral.
-Ce n'est rien, le rassura-t-il. Dites-moi seulement si le Premier Régent est là.
-Il a convoqué l'Archaiad dans la Grande Chambre.
L'amiral et son bras droit s'écartèrent du guichet avant que Bilel ne lança par dessus son épaule:
-Trouvez un abri.
-Euh oui, monsieur.
Le jeune alsakani s'éclipsa sans demander son reste avant que la troupe de conspirateurs ne se dirigea vers les turbo ascenseurs. Les trois gardes qui veillaient furent désarmés sans qu'ils n'opposèrent la moindre résistance.
Soit parce qu'ils n'avaient pas adhéré au nouveau Premier Régent, soit peut-être parce qu'ils en avaient reçu l'ordre. Certainement de quelqu'un de haut placé parmi l'Archaiad, voire le Premier Régent...
Celui-ci envisageait-il de recevoir l'amiral pour négocier ou le rallier à sa cause? Eh bien, il risquait d'être désagréablement surpris, car la négociation ne faisait pas partie des options dont il avait l'intention d'user.
Il ordonna que les trois sentinelles soient neutralisées par des tirs paralysants. Hors de question à la fois de les laisser donner l'alerte et de semer des cadavres derrière lui. Inutile d'endeuiller plus de familles que nécessaire.
Il ne serait pas le boucher de son propre peuple et il ne laisserait plus l'Archaiad envoyer à la mort des innocents pour défendre ses prérogatives et ses monopoles commerciaux. Il mettrait un terme à tout cela.
Le peloton se repartit en trois groupes, chacun s'engouffrant dans une cage de turbo ascenseur.
Quarante étages plus haut, en parfaite synchronisation, les soldats se déployèrent vivement et prirent de court cinq autres gardes qui n'opposèrent là aussi aucune résistance. Ils se laissèrent comme précédemment désarmer puis se faire paralyser.
Bilel se prit à croire que les Lunes de Cristal le bénissaient sans restriction. Les soldats à sa suite, il traversa le couloir vers l'entrée de la Grande Chambre. Celle-ci était un amphithéâtre moyen contenant l'Archaiad au grand complet.
Les trente membres qui composaient cette oligarchie élitiste, se figèrent d'effroi devant l'irruption des vingt soldats de Bilel qui investirent les lieux pour se poster équitablement devant les quatre accès.
La peur se lisait dans leurs yeux agrandis alors que l'amiral fixait froidement le Premier Régent que deux soldats encadrèrent aussitôt. Le chef d’État affichait une impassibilité étonnante, presque sereine.
-Amiral Ap Token, vous vous êtes fait attendre.
Sa voix affichait un calme désarmant, qui perturba Bilel. Celui-ci se demandait quelle fourberie il manigançait.
-Il est temps que nous reprenions la conversation là où nous l'avons laissé hier, votre excellence. Ensuite, je vous livrerai vous et l'Archaiad à la justice du peuple d'Alsakan.
Le sourire narquois de Melok flotta furtivement sur ses lèvres, nullement impressionné par les menaces de son antagoniste.
-Je dois avouer que votre idéalisme et votre franchise sont rafraîchissants et amusants.
-Qu'est-il arrivé à votre prédécesseur et à certains Conseillers?
Le rictus disparut.
-Comme je vous l'ai précisé, un accident fâcheux leur est survenu.
-Un accident? Railla Bilel. Vous voulez dire que vous les avez éliminés. Je suis curieux de savoir qui a bien pu vous aider.
-Ne craignez rien, vous le découvrirez assez tôt, amiral.
-Alors, dans ce cas, nos objectifs concordent. Car j'ai l'intention de faire éclater la vérité devant le peuple.
L'amiral dégaina son blaster et le pointa sur le Premier Régent, dont les traits se décolorèrent légèrement. Melok semblait appréhender la suite des évènements.
-Vous allez me tuer?
-Non, vous aurez droit à un procès équitable, dans une véritable démocratie, répliqua Bilel. Ce que vous n'avez jamais accordé au peuple d'Alsakan, devant lequel vous expliquerez pourquoi vous avez rappelé ma flotte, alors que nous étions sur le point de remporter une grande victoire sur la République.
-Cela ne signifie pas que vous auriez remporté la guerre.
-Qu'insinuez-vous?
Le Premier Régent qui avait recouvré son sang froid, arbora de nouveau une satisfaction méprisante.
-Vous avez une vision trop étroite des choses, vous n'avez aucune idée des véritables enjeux.
-Parfait, ce sera l'occasion de nous éclairer tous. En attendant, les conseillers de l'Archaiad et vous-mêmes êtes invités à bord du Cristal Brûlant d'où j'informerais les concitoyens de la transition politique en cours et de votre mise en accusation.
Melok le considérait avec une condescendance aussi égale.
-Vous commettez une grave erreur si vous pensez maîtriser la politique comme une flotte à la parade.
-Je sais mener une flotte au combat bien mieux que vous, lui fit remarquer Bilel. Nous poursuivrons cet entretien ailleurs.
-Vraiment? Qu'es-ce qui vous fait croire que vous sortirez de ce bâtiment, vivant?
L'assurance qui se dégageait de son adversaire, perturba l'amiral. Mais que manigançait-il donc?
Sur un ordre bref de l'adjudant Asmaa Alduin, les soldats du haut gradé mutin se mirent à bousculer les Conseillers de l'Archaiad pour les forcer à se levers de leur siège confortable et à se diriger vers la sortie, sous la menace des blasters.
Certains tentèrent de protester, pour les impressionner.
-Ne vous avisez pas de me toucher! S'écria l'un des dignitaires en haut de l'amphithéâtre.
L'adjudant traversa les rangs pour grimper à sa hauteur et lui asséner une claque vigoureuse.
-Aujourd'hui, plus personne n'est intouchable, affirma-t-elle.
Les deux soldats face à Bilel poussèrent le Premier Régent devant eux.
-Tout le monde dehors! Allez! Exigea Ap Token.
Il tira deux coups vers le plafonds et la panique transforma subitement la meute de Conseillers de l'Archaiad indignés en un troupeau d'eopies terrifiés et dociles. Quelques uns supplièrent même les soldats de les épargner.
Ceux-ci ne répondirent que par un mépris silencieux. Rapidement, la foule improvisée s'amassa devant les turbo ascenseurs et Alduin répartit ses hommes, remplissant les cages pleines à craquer.
Bilel avait conscience qu'il devait leur faire quitter la planète au plus vite. Même s'il bénéficiait d'un soutien populaire, le Premier Régent devait posséder quelques partisans dans la capitale. Un groupe de soldats emmenant de force des dignitaires de l'Archaiad ne pouvait pas passer inaperçu.
Les battants du turbo ascenseur qu'il avait emprunté s'écartèrent et des soldats se déployèrent autour de lui, envahissant de nouveau le hall cette fois désert. Les autres fantassins encadraient leurs précieux otages de près.
Alduin s'assura que personne ne manquait à l'appel.
-Tout le monde est présent, amiral.
-Merci, adjudant. Maintenant sortons d'ici.
Ils ouvrirent la marche tandis que la jeune officier murmura à son supérieur.
-Il nous faudra plus de véhicules pour nous embarquer tous.
-Nous en réquisitionnerons juste dans la rue, répondit-il simplement.
Elle se contenta de cela.
À la sortie, Bilel et ses partisans s'attendaient à retrouver les deux sentinelles qui leur confirmeraient que la voie était dégagée.
Mais ce furent seulement deux cadavres sanglants qu'ils contemplèrent avec stupéfaction. Ils gisaient de travers au milieu de l'allée. Le choc passé, Bilel serra plus fermement la crosse de son blaster tandis que Alduin aboya en brandissant à son tour, son arme de poing.
-Position défensive!
Sur ces mots, une dizaine de silhouettes encapuchonnées jaillirent de la rue, blasters à la main, la figure recouverte d'un masque mortuaire. Les premières salves fusèrent, touchant mortellement coup sur coup trois soldats alsakanis.
-Reculez! Ordonna l'amiral qui s'était ressaisi et avais mis un genou à terre pour viser et abattre deux des mystérieux antagonistes.
Les Assassins Malkites.
-Protégez l'amiral! Rugissait l'adjudant. Protég...
L'ordre qu'elle répétait mourut finalement lorsqu'une étoile de duracier, un shuriken, se logea dans sa gorge. Les fantassins tentèrent de s'organiser mais ils avaient été pris de court par l'embuscade. Tout comme certains conseillers de l'Archaiad, qui s'effondrèrent perforés de rafales perdues. Sous les yeux de Orin Melok et de Skan Het qui tentaient de se préserver comme ils le pouvaient.
Ils s'étaient accroupis dans une position ridicule, espérant y échapper.
Le Premier Régent comprit que son allié Contispex n'avait pas de scrupules à risquer sa peau et celle de ses autres partisans.
Cela lui ouvrit les yeux sur le peu de valeur qu'il représentait. Allié ne signifierait jamais ami.
Les Assassins Malkites subissaient des pertes mais cela les ralentissait à peine. Un soldat alsakani eut le temps de balancer une grenade avant d'être plaqué au sol par des tirs chirurgicaux qui trouèrent sa poitrine.
-Vite, à l'intérieur!
Ce qui restait des soldats loyaux à sa personne reflua à l'intérieur du palais, avec les précieux otages encore en vie. Non sans subir encore quelques pertes. Bilel et les conjurés n'étaient plus qu'une dizaine face à une meute de plus en plus croissante de mercenaires bien entraînés.
Il était acculé dans le hall.
Il croisa alors le regard du Premier Régent, alors que les ennemis se regroupaient pour forcer l'entrée.
-Pauvre imbécile! Rugit Melok. Pensiez-vous vraiment avoir la moindre chance?
Les traits de l'amiral piégé se convulsèrent d'impuissance et il brandit sans réfléchir son blaster sur le visage de Melok. Les yeux de celui-ci s'agrandirent sur le coup de la stupéfaction avant qu'il ne leva les bras pour se protéger vainement.
Fort heureusement pour lui, Bilel n'eut pas l'occasion de violer le serment qu'il avait fait au capitaine Delinki. Être le seul avec ses soldats à payer le prix de son échec.
Il eut le souffle coupé lorsqu'une douleur fulgurante naquit entre ses omoplates pour transpercer l'un de ses poumons. Il tituba sur ses appuis pour reprendre sa respiration mais il ne réussit qu'à accentuer davantage la souffrance qui le fit s'écrouler à genoux.
Devant le reste des soldats et des conseillers médusés, il tenta de passer le bras derrière sa nuque pour saisir la poignée d'une vibrolame plantée profondément au milieu de son dos.
Il frissonna malgré lui lorsqu'il comprit que la vision de cette vieille folle de Kalad était en train de se réaliser.
Mort... poignardé dans le dos.
Un de ses propres soldats passa dans son champ de vision, le visage baigné de larmes.
-Pardonnez-moi, amiral... j'ai été obligé de le faire... pour sauver ma famille.
Il voulut agripper son uniforme pour l'obliger à avouer pourquoi il l'avait trahi mais il n'avait plus assez de forces pour cela.
La perception de son environnement se brouilla alors qu'il s'affalait sur le flanc, sa vie s'échappant de son corps. Il entendit seulement une soldate alsakanie, s'écrier:
-Sale traître!
Elle braqua le soldat félon avec son arme mais un assassin Malkite la foudroya d'un tir bien placé. Le rictus triomphant de Melok fut la dernière chose qu'entraperçut l'amiral agonisant.
-Je sais que vous m'entendez encore, Ap Token, déclara le Premier Régent alors que les Assassins Malkite étaient sur le point d'envahir le hall, face à des soldats tétanisés. Vous êtes certainement l'un des plus grands commandants que Alsakan ait connu depuis l'amiral Hirken mais vous n'avez jamais été un politicien. Votre erreur est de ne pas avoir compris que tout le monde peut être acheté et que tout le monde peut trahir, s'il estime avoir une bonne raison de le faire.
Puis Melok lança au reste des conjurés:
-C'est terminé, jetez vos armes!
Les soldats de Bilel échangèrent des regards indécis et confus avant de laisser tomber leur blaster l'un après l'autre. Peu après, les Assassins Malkites investirent les lieux sans un mot, isolant les captifs qui se tenaient à genoux, les mains sur la tête.
Celui qui les menait fit face au Chef d’État et aux Conseillers de l'Archaiad. Skan Het exhiba une bourse pleine de crédits pour la lui donner.
-Merci pour vos services.
-C'est inutile, répondit le Malkite. Nous avons déjà été payés.
-Alors, vous pouvez faire encore quelque chose pour nous, proposa Melok.
L'assassin accepta finalement l'argent.
-Je vous écoute, excellence.
-Fouillez tout le palais et éliminez tous les témoins potentiels, personne ne doit savoir ce qui s'est passé. Faites disparaître tous les corps.
Bilel s'accrochait encore vainement à la vie et tout commençait à disparaître dans une pénombre grandissante. Ses dernières pensées se tournaient vers sa famille.
Adieu Tina, adieu Hessia.
-Déposez le corps de l'amiral dans une ruelle mal famée, nous ferons passer sa mort pour un crime crapuleux.
Melok fixait le corps inerte de Ap Token, dont le regard n'exprimait plus qu'un vide insondable.
-Très bien, excellence. Et ces prisonniers?
Le Premier Régent ne montra aucune considération pour les survivants de la conjuration, entourés des Assassins Malkites.
-Ah oui, je les avais oubliés. Eh bien, achevez-les.
Le soldat qui avait porté le coup fatal à l'amiral rebelle s'agita tout à coup.
-Attendez, vous avez promis...
-Je vous ai promis que votre famille serait épargnée, pas vous, trancha sans pitié le Premier Régent.
Sur un geste impérieux de leur chef, un Assassin Malkite se glissa derrière chaque prisonnier et glissa la lame d'un stylet sur leur trachée.
D'un mouvement sec, ils leur tranchèrent la gorge et les gargouillis répugnants emplirent l'air quelques instants avant que leurs cadavres sanglants ne s'étendirent aux pieds de leurs bourreaux. Des conseillers de l'Archaiad détournèrent le regard, choqués par la violence de l'exécution. Le regard de d'autres exprimait une désapprobation éloquente, celle de voir le sang de d'autres alsakanis continuer à être versé inutilement.
Orin Melok avait triomphé de cet ennemi, il ne lui restait plus qu'à affirmer son pouvoir à l'égard des militaires.
Et de la République.
Il souhaitait montrer à Contispex qu'il n'aurait pas besoin de son soutien. Jamais.


Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à vous servir dans le réservoir de kleenex :whistle: :D !

Allez à la prochaine pour la suite!

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 22 septembre 2019, 17:28

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Dans cet extrait, il est temps de voir comment vont réagir les équipages de la flotte de l'amiral Ap Token lorsqu'ils apprennent sa mort :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça!

Au large de la planète Alsakan

Le temps s'écoulait trop lentement au goût du capitaine Delinki. Elle arpentait la passerelle principale du Cristal Brûlant, luttant contre une anxiété qui lui tordait les boyaux. Elle avait chargé l'officier chargé des transmissions d'espionner tous les canaux ouverts depuis la planète mère depuis qu'elle avait eu confirmation de l'atterrissage de la navette de l'amiral, au statioport principal de Xenvaer.
D'après les dernières transmissions interceptées, elle savait que Bilel et son escorte avaient fait une escale à la Place de la Mémoire. Elle avait apprise ensuite qu'ils se dirigeaient vers le quartier Havre Doré, là où résidait la famille de son commandant.
Elle comprit aisément qu'il souhaitait la voir et la mettre à l'abri d'éventuelles réprésailles. Certainement chez le magistrat Hassan Kalad, un homme respecté pour son intégrité et intouchable du fait que l'un de ses fils était un Jedi. Une sage précaution.
Ses pas l'amenèrent de nouveau devant la baie de transparacier d'où elle pouvait admirer la position des vaisseaux de la flotte sous son commandement et ceux plus lointains menés par la vice amirale Meraa Dovahkin. Celle-ci n'avait pas tenté de la contacter et semblait guetter elle aussi la tournure que prendraient les évènements.
-Capitaine, la navette de l'amiral a décollé du statioport.
Elle retint son souffle, la tension se relâchant légèrement.
-Essayez de les contacter, je souhaite avoir des nouvelles de l'amiral et de ses invités.
-À vos ordres, répondit l'enseigne qui l'avait dérangé.
Elle patienta dans son dos, jusqu'à ce qu'il lui dise en se retournant avec une moue gênée.
-Ils ne répondent pas, capitaine.
Elle se mordit la lèvre, ne supportant pas d'être dans l'incertitude.
-Bon, n'insistez pas alors, se résigna-t-elle.
Sans doute l'amiral préférait-il demeurer discret pendant qu'il traversait la flotte de Meraa Dovahkin. C'était compréhensible.
-Madame, nous recevons un signal crypté du Missandei.
Le cerveau de Carmina Delinki chauffa à toute vitesse. Ils n'étaient censés contacter le Missandei que pour leur confirmer le retour de l'amiral Ap Token et la réussite de son coup d'Etat. Pas avant... cela ne signifiait qu'une chose.
De nouveau tendue, elle écarta ses hésitations.
-Imprimez le message, que je puisse le décrypter.
-Bien, madame.
Elle trouva que l'enseigne mettait trop de temps à imprimer le message codé. Elle arracha sèchement la feuille de flimsi qu'il lui tendait et exhiba un datapad pour recopier au signe près tout le contenu.
Elle inséra la clé de codage et son visage se décolora lorsqu'elle lut la traduction du message transmis par Meraa Dovahkin.
L'aigle à deux têtes a raté sa passe, le vautour multak est toujours accroché à son perchoir.
-Madame, l'amiral a réussi? S'enquit un lieutenant qui avait surpris sa réaction.
Elle reprit contenance, tout en demeurant ancrée dans le mutisme. Elle sentait tous les regards converger vers elle, emplis d'un fol espoir. Tous ceux présents sur le pont adoraient leur commandant, tout comme les autres équipages sur les autres navires. Bilel Ap Token avait soudé par son charisme et son souci envers chaque membre, chaque rouage, une flotte toute entière à sa personne. Un attachement qui surpassait sans doute le patriotisme envers Alsakan et ses institutions, comme l'Archaiad.
Elle avait compris ce qu'un tel attachement impliquait. Une confiance aveugle envers les décisions de son chef, une foi absolue en la victoire que celui-ci pouvait remporter contre vents et marées.
Un fanatisme jusqu'au boutiste en cas de capture ou de mort de son commandant.
Bilel lui-même avait pris conscience de ce danger lors de sa conversation en privée avec Delinki. Il avait aussi compris parfaitement ce que cela impliquait.
Voilà pourquoi il lui avait demandé de tout faire pour éviter à leur peuple le chaos d'une guerre civile qui ne pourrait que les fracturer davantage. Mais en était-elle en mesure d'empêcher cela d'arriver, avait-elle les épaules?
Il n'existait qu'un seul moyen de le savoir.
Elle inspira un grand coup.
-Ouvrez un canal avec le Missandei et je souhaite que tous les commandants de vaisseaux soient connectés pour écouter ce que nous avons à nous dire.
L'enseigne lui confirma:
-Transmission initialisée, tous les officiers supérieurs de la flotte sont connectés.
-Merci, le remercia-t-elle.
Le buste tridimensionnel de la vice amiral Dovahkin flotta au milieu du pont, attirant l'attention de tous.
-Carmina, fit celle-ci.
-Meraa, je n'irai pas par quatre chemins. Quel est le statut de l'amiral?
Le visage transparent laissa apparaître des rides gênées.
-Il est mort, capitaine Delinki. Comme tous ceux qui l'accompagnaient. Je suis désolée de vous l'apprendre.
Mort. Le mot fatidique la frappa, tel un tir de turbolaser en plein dans les tripes.
-Comment... comment est-ce arrivé?
-Il a été piégé par les partisans du Premier Régent au siège de l'Archaiad. Il a été pris au dépourvu.
Après avoir surmonté le choc de la nouvelle, Carmina Delinki se mit à réfléchir. Tout sentait le complot minutieusement préparé.
Le changement de pouvoir au plus fort de la bataille contre la Flotte du Noyau tant sur Coruscant que sur Alsakan, le rappel soudain et inexpliqué de leur flotte sur Alsakan et enfin la tentative avortée de coup d'état...
Cet enchaînement d'évènements devait bien profiter à une personne, peut-être le nouveau Premier Régent tout simplement.
-Carmina?
Elle revint à la réalité amère. Bilel Ap Token n'était plus et la situation était incertaine. Les prochaines décisions auraient un impact décisif.
-Oui, madame. Maintenant, j'aimerais connaître votre position.
-Vous devez bien vous en douter, lui affirma la vice amirale. Je servirai Alsakan, comme tout patriote.
-Vous voulez dire, servir le Premier Régent.
-N'es-ce pas la même chose? Je connais votre réputation, capitaine Delinki et je sais que vous êtes une fervente patriote.
-Tout comme l'amiral Ap Token. C'est pourquoi je dois prendre le temps de mesurer les conséquences de mon choix.
Meraa Dovahkin lui accorda un sourire courtois.
-Prenez alors le temps de la réflexion, capitaine Delinki tout comme vos autres homologues. Mais ne tardez pas trop, nous ignorons si le cessez le feu avec la République demeurera solide et débouchera sur un traité de paix durable. Nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés pour assurer les intérêts de notre peuple.
Elle eut l'impression d'entendre le Premier Régent parler à sa place.
-Je suis parfaitement consciente des enjeux, je vous rappellerai bientôt. Cristal Brûlant, terminé.
Le silence qui régnait autour d'elle fut aussitôt rompu par des murmures. La nouvelle de la mort de Ap Token avait secoué les esprits.
Les murmures s'accrurent et ne tardèrent pas à devenir des imprécations véhémentes.
-Ils ont tué l'amiral! S'exclama l'un d'eux.
-Ils ont trahi notre commandant, l'Archaiad nous a trahis! Renchérit un deuxième.
Carmina Delinki sentait elle-même ce bouillonnement brouiller le cours de ses pensées et sa lucidité. Oui, elle était indignée aussi à juste titre. Mais en tant que bras droit, la responsabilité de toute une flotte lui incombait désormais.
Elle devait respecter la dernière volonté de Bilel, contre celle des équipages s'il le fallait. Elle réagit immédiatement lorsque quelqu'un proposa à la volée:
-Vengeons sa mort, rasons le siège de l'Archaiad!
-Silence! Tonna-t-elle de sa voix cristalline.
Tout le monde sombra dans le mutisme en apercevant les yeux de la jeune officier qui paraissaient jeter des éclairs aussi aveuglants que des reflets de cristaux.
-Il revient au commandant de cette flotte de prendre une telle décision! Je comprends votre colère, je la partage! L'amiral Ap Token n'était pas seulement notre commandant, il était plus que cela! Il se dévouait et se préoccupait de chacun d'entre nous comme si nous le connaissions depuis notre naissance. Mais nous devons penser à ce qui est réellement en jeu, la défense de notre patrie. Certains d'entre vous voudraient forcer les défenses planétaires et en finir avec l'Archaiad, en les bombardant. Ce n'est pas ce que Bilel Ap Token voulait!
Tous échangèrent des regards sceptiques.
-Vous êtes convaincu que l'Archaiad est notre véritable ennemi. Mais l'amiral pensait comme moi que notre plus grand ennemi demeure la République! Le cessez-le feu est peut-être illusoire, les hostilités peuvent reprendre à tout moment. Si nous nous déchirons comme des vautours multak, la République sera la seule à en tirer avantage, contrairement à nous, à nos familles, à ceux qui nous sont chers!
Elle s'octroya une pause pour reprendre son souffle et sa voix animée devint plus apaisée.
-Je vous demande donc en tant que officier supérieur assumant le commandement de cette flotte à partir de maintenant, de rester à vos postes et de vous concentrer sur vos tâches respectives. Notre flotte ralliera les défenses de Meraa Dovahkin et nous servirons d'abord Alsakan avant de servir l'Archaiad.
Un soupir collectif semblait émaner de l'ensemble du pont regroupé autour de sa personne. Un subalterne lança alors un Rompez tonitruant et chacun reprit sa place comme s'il ne s'était rien passé. Ce qui n'était pas le cas.
Chacun avait désormais le coeur lourd suite à la perte de l'amiral Ap Token.
-Confirmez au Missandei que nos vaisseaux se joindront aux leurs dans l'attente d'instructions ultérieures. Donnez à l'ordre à chaque unité de se placer en orbite parmi la flotte de Dovahkin. Leur position exacte leur sera communiquée plus tard. Que chaque capitaine de vaisseau accuse réception de cet ordre dans les cinq minutes.
-Bien, madame.
Carmina Delinki se força à calmer sa respiration. Un moment critique venait de passer, il en arriverait sûrement d'autres. Elle priait les Lunes de Cristal d'être prête, le cas échéant. Elle ne pourrait pas bénéficier des conseils de son défunt commandant.
À elle seule lui revenait de porter sa destinée et celle des équipages sous son commandement. Le timonier sur le pont principal donna le cap, attendant de recevoir des coordonnées précises de la part du Missandei.
Les moteurs du Cristal Brûlant firent vibrer de leur puissance soutenue le sol sous ses pieds alors qu'elle longea la baie de transparacier pour observer son monde natal. Oui, la République demeurait l'ennemie, elle en restait persuadée.
Cela signifiait-il qu'elle soutiendrait l'Archaiad et ce Premier Régent sans conditions? Cela n'était pas certain.
Au bout de deux minutes, l'officier chargé des transmissions l'appela:
-Madame?
-Oui, major?
-Hum, nous avons un grave souci.
Carmina devina lequel avant qu'il ne poursuivit.
-Beaucoup de vaisseaux n'ont pas accusé réception.
-Combien? Le pressa-t-elle.
Le major alsakani semblait encore plus mal à l'aise.
-Presque toute notre flotte, madame.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé!

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 29 septembre 2019, 18:27

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Dans cet extrait, la situation dégénère complètement au-dessus la planète d'Alsakan! L'échec du coup d'état a décidément des conséquences :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça!

Choquée par cette révélation, Delinki se précipita vers les consoles tactiques. Et la gravité de la situation lui apparut pleinement.
Seule une flottille d'une dizaine de bâtiments lourds lui avait emboîté le pas. Les autres navires demeuraient immobiles, campés loin de l'orbite géostationnaire. Et de la flotte fidèle à la vice amirale Dovahkin.
-Le Souvenir de Rucapar et le Alsahim ont répondu et nous suivent de près, l'avertit le subalterne. Mais le Poignard d'Archais et le Minotaure sont restés autour du Ksarel Kebir, tout comme le reste des vaisseaux.
Elle fixa avec angoisse l'un des croiseurs Atgeir à la traîne.
Yakub.
Bien sûr, elle aurait du se douter qu'il réagirait ainsi. Mais elle n'aurait jamais pu se douter qu'il bénéficiait de bien plus d'influence qu'elle au sein de la flotte de Ap Token. Si elle voulait empêcher que la situation dégénère, c'était l'homme à persuader.
-Ouvrez un canal prioritaire avec le Ksarel Kebir! Ordonna-t-elle.
-Tout de suite, madame.
Le major se posta près du poste du centre de transmissions et secoua la tête de dénégation peu de temps après.
-Ils ne répondent pas.
-Essayez encore! Insista-t-elle.
Elle dissimula ses poings crispés dans son dos, pour masquer la tension qui l'habitait et la rongeait. Par les Lunes de Cristal, Yakub! Que préparez-vous?
-Le Ksarel Kebir a gardé tous ses canaux de transmission fermés, devons-nous contacter les autres vaisseaux?
-Allez-y, lui permit-elle sans enthousiasme.
Carmina ne nourrissait guère plus d'espoir au sujet des autres capitaines ralliés au Ksarel Kebir. Mais son commandant lui avait fait promettre de veiller aux intérêts de Alsakan. Le peuple devait rester uni contre la République.
Quelqu'un lança tout à coup à sur sa droite:
-Nous détectons une poussée d'énergie sur la proue du Ksarel Kebir!
De nouveau, Carmina fixa plus intensément l'avant du croiseur Atgeir qui sembla briller de plus en plus intensément. Tout à coup, les alarmes hurlèrent d'un klaxon angoissant.
-Ils se préparent à ouvrir le feu, madame! Ils nous visent!
Elle réagit instinctivement.
-Remontez les boucliers arrières!
Un flash déchira l'horizon stellaire lorsque le Ksarel Kebir tira en direction du Cristal Brûlant. Elle se raidit en fermant les yeux, s'attendant à être bousculée voire oblitérée. Mais ce fut finalement une frégate Hirken loyaliste qui en paya le prix.
Le vaisseau d'escorte se trouvait sur la trajectoire du puissant tir d'artillerie et à cause de ses boucliers abaissés, fut proprement fracassée en deux morceaux embrasés, perdus dans le vide cosmique.
Les cadavres de l'équipage de la frégate détruite se mirent à errer dans le néant profondément glacé, sous son regard horrifié.
Elle aurait voulu crier sa rage et son désespoir. Mais elle ne le pouvait pas, elle ne pouvait qu'encaisser ces pertes qui relevaient de sa responsabilité.
-Ils sont en train de se déployer! Quels sont les ordres, capitaine? Questionna le major.
-Que tous les vaisseaux loyaux relèvent les boucliers au maximum! Que les artilleurs se tiennent prêts! La cible principale est le Ksarel Kebir!
-Ils se mettent en position d'attaque, nous ne tiendrons pas!
Elle ordonna:
-Contactez le Missandei! Nous avons besoin de leur soutien tout de suite!
Le buste de Dovahkin flotta de nouveau à son grand soulagement.
-Meraa, Yakub s'est mutiné! Nous devons mettre un terme à cela! Insista-t-elle.
Les traits de la vice amirale montraient qu'elle partageait son inquiétude.
-Cela me semble clair, reconnut Dovahkin. Rejoignez l'orbite basse, nous allons vous couvrir en nous portant à votre rencontre.
-Compris, nous continuons sur notre trajectoire actuelle. Cristal Brûlant, terminé.
La flotte rebelle menée par Yakub s'ébranla lentement et les premiers vaisseaux s'élancèrent à la poursuite des loyalistes en fuite, Ksarel Kebir en tête.
Carmina Delinki donna l'ordre d'accélérer mais elle ignorait si cela serait suffisant. Elle et tous les équipages qui lui étaient restés fidèles, demeuraient exposés aux canons de proue des croiseurs Atgeir.
La conception du Cristal Brûlant et de ses boucliers devait lui permettre cependant de résister à plusieurs salves jusqu'à ce qu'ils puissent s'abriter derrière le Missandei et le reste de la flotte commandée par Dovahkin.
Plusieurs frégates Hirken du camp de Yakub commençaient à les rattraper. Leur vitesse et leur maniabilité leur permettaient de gagner du terrain sur la minuscule flottille de Delinki en fuite. Bientôt des messages d'alerte tombèrent sur le pont principal.
-Ici le Makal! Nous commençons à perdre les moteurs, nous sommes sous le feu ennemi!
Le Makal désignait l'une des frégates de Delinki qui couvrait le Cristal Brûlant à l'arrière et fermait la marche. Il était donc évidemment le plus exposé.
Il était à portée des turbolasers de quatres frégates Hirken de Yakub qui l'encadraient de près. Bientôt des fragments se détachèrent de la coque, ses boucliers faiblissant peu à peu, avant que ses moteurs ne lâchèrent.
-Nous avons perdu nos moteurs! Nous allons tenir notre position et couvrir votre retraite! Que les Lunes de Cristal vous bénissent!
Delinki ébranlée de voir cette frégate se détacher peu à peu de sa formation, se précipita vers le major.
-Ordonnez au Makal l'évacuation immédiate!
Le major tenta de transmettre l'ordre à temps, sans succès. Et bientôt le Makal, malgré sa résistance, succomba sous les assauts des quatre frégates antagonistes pour rejoindre à son tour le néant.
-Madame, je suis désolée. Nous avons perdu...
-Le Makal, je sais major.
De nouveaux cadavres emplissaient son champ de vision. Elle devait en faire abstraction, le destin d'Alsakan était en jeu.
-Nous avons reçu un message du Missandei! La flotte de la vice amirale Dovahkin est en approche, capitaine!
Le Missandei avait pris conscience du péril qui menaçait le Cristal Brûlant et avait décidé d'anticiper. À leur tour, les forces menées par Dovahkin s'élançaient à la rencontre des mutins et des fugitifs qu'ils traquaient.
La perspective de voir ces deux formations se jeter l'une sur l'autre terrifiait Delinki. Alors que sa position devenait plus précaire avec la perte de deux autres frégates.
-Le capitaine Yokin du Souvenir de Rucapar souhaite vous parler, capitaine! Annonça le major.
-Passez-le moi!
L'hologramme d'un capitaine alsakani corpulent et vif flotta en tremblant devant son visage.
-Capitaine Delinki, Yakub ne s'arrêtera pas tant qu'ile ne nous aura pas tous anéantis.
-Je ne peux pas croire qu'il soit aussi suicidaire, Yokin. Qu'espère-t-il en faisant cela? Se lamenta-t-elle.
-Il espère nous entraîner dans sa chute, c'est évident. C'est pourquoi nous devons le stopper tout de suite.
-Nous le ferons quand le Missandei arrivera jusqu'à nous.
-Capitaine Delinki, nous devons le faire maintenant.
Elle avait noté son ton tranchant
-J'ai parlé avec le commandant Terel du Alsahim et il m'a promis son soutien, reprit Yokin.
-Nous allons tous y passer, si nous faisons ça!
-Nous devons courir le risque.
L'hologramme de Yokin s'éteignit, la laissant perplexe sur la marche à suivre. Devait-elle continuer à fuir ou se retourner pour faire face?
Certains avaient choisi pour elle.
-Madame, le Souvenir de Rucapar et le Alsahim ont stoppé leurs moteurs!
Elle n'hésita plus.
-Stoppez les moteurs, préparez-vous au combat! Donnez des solutions de tirs sur les rebelles les plus proches!
La flottille loyaliste freina collectivement et les vaisseaux commencèrent à pivoter pour présenter leur flanc. Le Cristal Brûlant se trouvait au centre, couverts par le Souvenir de Rucapar et le Alsahim. Elle devait tenir bon jusqu'à l'arrivée imminente des forces de Dovahkin.
Elle concentra sur les frégates de Yakub qui accéléraient pour se porter au contact, quel serait le prix du sang versé aujourd'hui?
Tenait-elle vraiment à le deviner?
-Deux frégates au point V 15-4B sont en train de nous viser, signala le major.
-Verrouillez leurs coordonnées.
Le subalterne lui confirma:
-Cibles verrouillées et acquises, les artilleurs attendent vos ordres.
Delinki ne voulait pas songer un seul instant aux équipages adverses. Ses propres compatriotes, qui avaient sans doute une famille, des enfants... peut-être même que certains venaient de la même ville qu'elle, à Archais.
Peut-être que certains d'entre eux étaient ses voisins.
La distance qui séparait les deux flottes rivales se rétrécissait rapidement. Delinki et les siens allaient se retrouver au milieu d'un maelstrom infernal. Ce que craignait Bilel Ap Token était sur le point d'arriver.
Alsakan menaçait de sombrer dans la guerre civile.
Comment avait-elle pu laisser cela arriver? Comment avait-elle pu laisser son peuple se déchirer? Le seul point positif était que Bilel n'était plus de cette galaxie pour le voir.
Le Cristal Brûlant trembla sous les tirs de barrage des deux frégates mutinées.
-Feu à volonté! Lança-t-elle tout à coup.

Et voilà, j'espère que cela vous a plu :cute: !

Voilà, cela fait plus d'un an que j'ai commencé à publier et je tenais à vous remercier de m'avoir suivi et de continuer à me suivre! Félicitations à vous :jap: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 06 octobre 2019, 17:00

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :) !

Au passage, vous avez tous remarqué que j'ai changé le titre :roll: ! Qu'en pensez-vous?

Bref, la bataille fratricide d'Alsakan bat son plein!

Je vous laisse découvrir ça :sournois: !


-Nous venons de recevoir un appel de la vice amirale Dovahkin, signala le Ministre de la Défense Skan Het au Premier Régent.
Orin Melok qui étudiait depuis son bureau fiévreusement le panorama de Xenvaer, insouciante des récents évènements tragiques, se tourna vers lui. Il se détendit lorsque le ministre lui confirma ce qu'il espérait entendre.
-Delinki vient de se rallier à nous.
Melok se permit un sourire assuré.
-Elle agit comme nous le prévoyions, tout se passe sans anicroches.
-Mais comment pouviez-vous être certain qu'elle ne chercherait pas à venger la mort de l'amiral Ap Token? Interrogea Het, surpris.
Le Premier Régent se plaça face à son partisan.
-L'amiral Ap Token était un idéaliste candide mais aussi un patriote qui aime son peuple. Il souhaitait éviter de verser inutilement le sang et il a du donner de son vivant la consigne claire de nous rallier pour préserver un front uni face à la République.
-Si elle se rallie, il n'est pas certain que les autres vaisseaux le fassent. Bilel Ap Token possédait une très grande influence sur sa flotte.
Melok hocha la tête, estimant valable l'argument de son interlocuteur.
-Ils ne le feront pas de gaieté de cœur, c'est certain. Il nous faudra leur fournir quelques gages pour nous assurer de leur soutien définitif.
-Vous allez les décorer?
-Oui, je pense qu'il faudrait organiser une cérémonie pour rendre hommage à leur courage et à leur sacrifice. Nous devons gagner le cœur du peuple, ou du moins sa compréhension.
-À quel magistrat pensez-vous faire appel pour mettre au point les détails de cette cérémonie?
Le Premier Régent laissa paraître une satisfaction sournoise.
-Hassan Kalad, bien évidemment.
-Mais il n'acceptera jamais, c'est un ami proche de la famille Ap Token! Il héberge en ce moment, la veuve et la fille de l'amiral.
-C'est vrai, et nous allons tourner cela à notre avantage. Vous lui rendrez visite vous-même et lui ferez comprendre que s'il refuse de coopérer, de bien fâcheuses conséquences pourraient peser sur sa famille et sur celle du défunt amiral.
-Cela risquerait de le braquer.
-Rappelez-lui qu'il a beaucoup plus à gagner qu'à perdre. Beaucoup de nos concitoyens le soupçonnent de collusion avec la République à cause d'un de ses fils qui est devenu Jedi. Une collaboration active à cette cérémonie de décoration permettrait de lever les suspicions à son égard. Et d'offrir des garanties quant à la sécurité des proches de l'amiral Ap Token.
Le ministre de la Défense brandit un datapad sur lequel il pianota avant de le ranger.
-Très bien, j'irai le voir en personne. Dois-je inscrire cela à l'ordre du jour pour la prochaine session de l'Archaiad?
-Oui, j'y tiens absolument.
-Et ce traité de paix?
-Maintenant que Ap Token est hors jeu et que ces Assassins Malkites sont repartis vers la tanière de leur maître, j'ai bien l'intention de contacter le Chancelier Suprême après que nous nous soyons définitivement assurés que tous les vaisseaux de guerre se soient rangés de notre coté.
-Vous avez prévu de le contacter si cela dérapait?
-Oui, mais je préférerais éviter. Si le pire devait arriver, nous savons ce que cela impliquerait pour nous.
La mine grave de Het indiqua qu'il avait compris. Il accomplit une révérence, reculant pour se retirer.
Il n'en eut pas le temps car le Premier Régent reçut un appel sur un canal prioritaire sécurisé. Un hologramme prit vie, celui d'un haut gradé alsakani barbu à la bedaine consistante.
-Qu'y a-t-il de si important pour que vous me dérangiez, général Velcaz? S'agaça Melok d'une voix cassante.
-Je ne vous pas aurai appelé si ce n'était pas le cas, votre excellence, se défendit le général.
Le politicien examina les traits crispés du militaire et obtint ainsi la confirmation que l'appel était loin d'être anodin. Par dessus l'hologramme, il aperçut son ministre de la Défense fixer le général, intrigué.
-Il se passe quelque chose de grave et je pensais que vous deviez en être informé.
-Bon, venez-en au fait, s'impatienta le Premier Régent.
-La flotte de Bilel Ap Token s'est mutinée.
Melok s'arrêta de respirer un instant.
-Le capitaine Delinki?
-Non, le Cristal Brûlant et quelques navires seront rejoints par la force de la vice amiral Dovahkin. La mutinerie semble être à l'initiative du capitaine Yakub.
Melok était le Premier Régent et en aucun cas il ne souhaitait montrer la moindre panique. Non il ne devait rien montrer.
-Bon, ils refusent d'obéir aux ordres, en fait.
-Excellence, il ne s'agit pas d'une simple insubordination.
Cette fois, la patience de Melok commençait à être épuisée.
-Alors éclairez-moi, général.
-Des combats sont en cours, votre excellence.
Pris d'une inspiration subite, Melok se précipita vers la baie de transparacier. Au dessus de l'horizon, des flash multicolores déchiraient le ciel d'Alsakan.
-Le bouclier planétaire est actif et les défenses sont en alerte, excellence. Je vous suggère de trouver un abri.
-Je sais très bien ce que j'ai à faire, général. Ordonnez à Dovahkin d'écraser cette insurrection sur le champ! Rugit le chef d’État.
Il mit fin à la transmission tandis qu'il avisa du regard son subalterne.
-Nous devons rejoindre le centre de commandement!
-Oui, excellence, répondit Het. Je vais faire boucler le bâtiment et persuader l'Archaiad de nous accompagner.
Le chef d'Etat passa un nouvel appel alors que l'autre s'éclipsait pour amener les conseillers en sécurité.
-Capitaine, de graves évènements sont en train de se produire. Nous devons descendre au Complexe de Veille. Fournissez-moi une escorte conséquente!
-Tout de suite, votre excellence, répondit la voix de l'officier.

La posture critique du Cristal Brûlant fut enfin soulagée lorsque le Missandei de Meraa Dovahkin s'aligna derrière son croiseur, pour la couvrir avec ses batteries de turbolaser. Les quatre frégates rebelles qui l'assaillaient férocement durent se replier en vitesse.
L'une d'entre elles s'abîma dans les abysses de l'infini sidéral, ses boucliers dépassés par les puissantes bordées des loyalistes. Les trois autres navires de tonnage moyen parvinrent à se mettre derrière la portée des canons du Ksarel Kebir.
Yasip Yakub avait fait stopper net la progression de ses forces pour se préparer à un âpre duel d'artllerie en règle.
Dovahkin adopta la même approche et les deux flottes rivales restèrent campées sur leurs positions en deux amas de dimension et de puissance de feu égale, seulement séparées par un no man's land large de quelques centaines de mètres.
Ils en seraient réduits d'un coté comme de l'autre, à une confrontation frontale fatalement couteuse en vies et en vaisseaux. Exactement ce que craignait Bilel Ap Token. Carmina Delinki serra les poings, tentant de surmonter l'appréhension d'un éventuel bain de sang fratricide.
Elle devait trouver un moyen de faire cesser ce drame le plus vite possible.
-Madame, devons-nous faire décoller nos Yatagans?
-Négatif, major, répliqua-t-elle sans hésiter. Si nous les déployons, ils en feront autant en face. Nous ne pourrions pas distinguer nos Yatagans des leurs. En outre, les pilotes ne parviendraient pas à franchir leurs tirs défensifs.
-Oui, madame.
La jeune capitaine sentit que son subalterne souhaitait ajouter autre chose.
-Exprimez-vous major, l'encouragea-t-elle un peu abruptement.
-C'est que... j'ai des amis qui servent en face.
Elle échangea un regard navré avec lui.
-Moi aussi, major, avoua-t-elle.
Comment a-t-on pu en arriver là?
-Et on ne peut rien faire, capitaine? Insista-t-il.
Carmina ne voyait pas comment retourner la situation, qui avait atteint son point de non-retour.
-Il reste toujours quelque chose à faire, major. Essayez de contacter à nouveau le Ksarel Kebir, l'intima-t-elle.
-Merci, madame.
Elle surprit de la reconnaissance dans ses iris, alors que les combats s'intensifiaient. De part et d'autres, des épaves brisées commençaient à dériver, gênant les angles de tir des navires exposés en première ligne.
-Madame, le Ksarel Kebir accepte de nous répondre!
Le cœur de la jeune alsakanie bondit de joie. Voilà une nouvelle inespérée.
-Optimisez la fréquence!
Delinki guetta fébrilement l'apparition holographique du commandant Yasip Yakub. Le visage transparent de celui-ci montrait un homme à l'expression distante et austère. Une courte barbe ornait son épiderme de ses tempes jusqu'au menton.
-Que voulez-vous, capitaine Delinki? Demanda-t-il sèchement.
-Vous raisonner.
Il secoua la tête d'un air désabusé.
-Je crains qu'il ne soit trop tard pour cela. Ce qui a été déclenché ne peut pas être arrêté.
-Si, vous le pouvez encore! Insista-t-elle avec conviction. Laissez-moi vous expliquer...
Il leva une main lasse pour l'interrompre;
-Ne prenez pas cette peine, je sais ce qu'il faut. Je sais que l'amiral Ap Token est mort et nous savons ce que cela implique.
Carmina déglutit lorsqu'elle comprit qu'elle ne réussirait à le convaincre du moins pas à temps. La passerelle du Cristal Brûlant trembla lorsque son vaisseau ouvrit le feu sur un autre croiseur Atgeir qui couvrait deux frégates rebelles endommagées. Elle entendit confusément le major ordonner de remonter l'énergie des boucliers au maximum.
-Il a été assassiné par cet usurpateur de Premier Régent et les imposteurs de l'Archaiad. Ils l'ont assassiné parce que c'était l'ami du peuple. Et c'est le peuple d'Alsakan que je me suis juré de servir, affirma-t-il.
La colère tonnait dans sa voix hachée par les parasites.
-Je pensais que vous vous en tiendriez au même serment que moi, Delinki. Nous devrions nous battre côte à côte.
-Je sais quel serment j'ai prononcé, Yakub. Bilel Ap Token l'a aussi prononcé et il savait qui reste l'ennemi le plus dangereux pour nous tous. La République.
Il fronça les sourcils, suspicieux.
-Un cessez-le-feu a été conclu, rappela-t-il.
-Vous croyez vraiment que les républicains le respecteront scrupuleusement? Ils guetteront la première occasion de reprendre les combats, et cette fois à leur avantage. Vous devriez comprendre cela mieux que personne.
Elle éprouva un regain d'espoir lorsqu'elle surprit le doute tordre ses traits. Un espoir trop furtif pour être sérieux.
-Ce que j'ai compris, c'est que vous avez choisi le parti des tyrans, trancha-t-il finalement.
-Yasip, je vous le demande encore en tant qu'ami et en tant que compatriote. Cessez cette folie!
-Je rendrais justice à Alsakan en détruisant l'Archaiad.
Elle tenta de se maîtriser.
-Vous n'avez pas plus de forces que nous, vous ne pouvez pas gagner!
-Je n'ai pas encore abattu toutes mes cartes, Delinki. Ksarel Kebir, terminé.
-Capitaine Yakub! S'exclama-t-elle pour le retenir.
À son grand désespoir, l'hologramme de Yakub disparut dans un flash avant que le major ne lui confirma:
-Le Ksarel Kebir a fermé tous ses canaux de transmission, madame.

Et voilà, j'espère que cela vous a plu, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions!

Allez, à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 13 octobre 2019, 21:28

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Dans cet extrait qui est la suite immédiate du précédent, la bataille fratricide au large d'Alsakan va virer au carnage :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça!

Elle tenta de conserver une impassibilité de circonstance, qui lui coûtait un effort surhumain. Elle devait se concentrer sur les combats et décida d'aller consulter les écrans tactiques. Elle étudiait les représentations holographiques des vaisseaux de Yakub.
-Maintenez la position actuelle du Cristal Brûlant jusqu'à nouvel ordre. Détruisez tout mutin qui s'approchera trop près.
-Bien, madame.
Les échanges de tirs de barrage massifs strièrent l'espace pendant deux minutes avant de diminuer graduellement d'intensité à son étonnement.
-Que se passe-t-il, major?
Elle voyait pourtant ce qui se déroulait sous ses yeux mais elle préférait avoir une confirmation.
-Je crois qu'ils battent en retraite, madame.
Elle n'avait pas oublié sa conversation toute fraîche avec Yakub et les derniers mots qu'il avait prononcés. Je n'ai pas encore abattu toutes mes cartes.
Cela ne la rassurait pas.
-Appelez le Missandei immédiatement! Lança-t-elle. Que tous les vaisseaux maintiennent leur position!
Peu de temps après, la figure de Dovahkin flotta devant elle.
-On dirait que Yakub essaie de s'enfuir, commença cette dernière.
-Je ne suis pas certaine que cela soit son intention.
La vice amirale attendit le reste de l'explication avant de s'impatienter:
-Alors quelles seraient ses intentions, capitaine?
-Il cherche à nous attirer loin de la planète et de ses défenses, nous devons garder notre ligne et l'empêcher d'approcher d'Alsakan. En gardant nos forces là où nous le devons, nous préserverons notre avantage et laisserons ainsi le temps jouer en notre faveur. Plus longtemps nous le bloquerons loin de la capitale, et bien meilleures seront nos chances de rallier d'autre équipages qui se lasseront du statu quo.
Le regard intense de la vice amiral lui fit comprendre qu'elle n'entendrait pas ce qu'elle espérait.
-Je suis désolée, capitaine Delinki, mais je viens de recevoir l'ordre d'écraser l'insurrection au plus vite. Le Premier Régent ne peut pas attendre d'acquérir un avantage, nous devons en finir tout de suite.
-Vice-amirale...
-Je vous donne l'ordre de vous lancer à sa poursuite avec le reste des vaisseaux qui nous sont fidèles, poursuivit Dovahkin. Missandei, terminé.
Carmina frappa le pupitre de communication d'un coup de poing dépité. Elle savait exactement ce que Yakub mijotait, ou du moins elle en avait une idée. Le commandant du Ksarel Kebir avait appartenu bien plus longtemps à la flotte de Ap Token qu'elle. Il avait été en quelque sorte son premier enfant spirituel.
Elle était frustrée qu'on refuse de l'écouter. Ce nouveau Premier Régent méritait-il vraiment sa loyauté? Elle commençait sérieusement à en douter.
L'ordre de poursuite fut lancé à toute la flotte loyaliste et les vaisseaux qui la composaient s'ébranlèrent inégalement pour charger les rebelles. En constatant la rupture de la formation défensive, il devint évident pour la jeune officier alsakanie qu'il s'agissait bel et bien d'une erreur mortelle.
-Madame?
-Placez le Cristal Brûlant à l'arrière de la flotte de Dovahkin. Transmettez l'instruction au Souvenir de Rucapar et au Alsahim. Si les choses tournent mal, nous serons prêts à intervenir.
Elle arpenta le pont principal pour observer les magnifiques reflets de son monde natal déchiré par les passions.
Le major l'appela subitement.
-Des cargos viennent de décoller des hangars du Poignard d'Archais et du Minotaure!
Subitement anxieuse, elle le rejoignit.
-Combien? Le pressa-t-elle.
-Huit ont été largués par le Poignard d'Archais, cinq par le Minotaure.
Un hologramme tactique lui permit de reconnaître leur configuration. Les fameux cargos drones employés encore hier contre la Flotte du Noyau de la République...
-Ouvrez un canal avec toute la flotte loyaliste.
Elle savait qu'en temps normal, elle aurait du avertir sa supérieure directe pour respecter le circuit hiérarchique. Mais les circonstances n'étaient pas banales et la décision qu'elle avait prise ne pouvait l'être.
-Ici le Cristal Brûlant! L'ennemi vient de larguer des bombes ioniques, ordre à tous les vaisseaux d'interrompre l'offensive et de quitter la zone au plus vite!
Cet appel général suscita immédiatement la réaction furieuse du Missandei qui la contacta.
-Quel droit vous autorise à un donner un tel ordre sans mon consentement? Fulmina Dovahkin.
-Je tente de sauver la flotte! Ce sont des bombes ioniques! Protesta Delinki.
Les yeux de la vice amirale s'agrandirent sous le coup de la compréhension. Les écrans tactiques montrèrent à la commandante du Cristal Brûlant que les cargos piégés étaient déjà à mi chemin de leurs cibles.
Dovahkin réalisa le danger qu'ils représentaient.
-Missandei à tous les vaisseaux! Feu à volonté sur ces cargos!
La vitesse élevée des cargos drones ne permit guère aux artilleurs d'ajuster les canons. Les puissants traits ionisés se perdirent dans les méandres du vide cosmique. Cela permit à leurs cibles de se rapprocher plus près.
Beaucoup trop près.
-Ici le Cristal Brûlant! Que tous les vaisseaux se retirent et relèvent les boucliers!
Emportés par leur vitesse maximale, les cargos drones franchirent les tirs de barrage désordonnés et vinrent s'écraser sur le flanc de plusieurs croiseurs Atgeir.
Dont le Missandei.
Des éclairs sinistres naquirent et fourchèrent dans toutes les directions depuis l'épicentre du point d'impact.
Des messages de panique et de demande de soutien tombèrent aussitôt, émis par des commandants victimes du traquenard.
Dont le Missandei...
-Ici, la vice amirale Meraa Dovahkin! Nous avons besoin de soutien, nous sommes en train de perdre tous nos systèmes!
Les rebelles menés par Yakub profitèrent de la confusion de leurs adversaires pour les prendre au dépourvu. Suite aux effets des bombes ioniques détruites, plusieurs vaisseaux capitaux loyalistes venaient de tomber en panne.
Delinki remarquait avec inquiétude que les reflets de leurs propulseurs ioniques étaient éteints. Cela représentait environ le quart de leur flotte.
-Madame, le Missandei n'est plus opérationnel, lui signala le major. Ainsi que plusieurs de nos bâtiments lourds...
-Je connais la situation, le coupa-t-elle. Donnez l'ordre au timonier d'accélérer, le Souvenir de Rucapar et le Alsahim nous couvriront.
Les vaisseaux mis hors de combat par les cargos drones se concentraient dans une zone dense autour du Missandei. En première ligne, au cœur de la flotte loyaliste. Delinki comprit le danger pressant.
Yakub allait lancer le Ksarel Kebir et ses vaisseaux ralliés à sa cause contre ces proies vulnérables pour désorganiser les loyalistes et leur infliger des pertes maximales avant qu'ils puissent se reprendre.
Si personne ne l'en empêchait, il couperait leurs forces en deux. Une brèche qui deviendrait ensuite impossible à refermer. Plus rien ne retiendrait Yakub d’assiéger leur propre monde, de détruire le bouclier planétaire certainement à l'aide de d'autres cargos drones laissés en réserve puis de bombarder le siège de l'Archaiad.
Voire de raser la capitale entière.
Elle ne pouvait pas le laisser faire, cela serait pire que la Purification de Rucapar.
Le Ksarel Kebir mena la contre attaque, ses batteries de turbolaser aboyant pour frapper les coques des vaisseaux loyalistes inertes. Les deux frégates Hirken inertes devant le Missandei impuissant ne tardèrent pas à être déchiquetées par les salves impitoyables.
-Plus vite! Intima Delinki.
-Nous poussons déjà le Cristal Brûlant à sa vitesse maximale! L'avertit le major.
Ils dépassèrent les autres vaisseaux loyalistes opérationnels mais désemparés qui s'écartèrent du Missandei et des autres navires naufragés. Leur sort semblait scellé mais Delinki était déterminée à faire l'impossible pour sauver un maximum d'équipages.
-Que les batteries se tiennent prêtes. Relevez les boucliers.
-Oui, madame.
Derrière eux, le Souvenir de Rucapar et le Alsahim pivotèrent pour présenter leur flanc aux vaisseaux rebelles les plus proches qui profitaient du désordre pour tenter d'acquérir un avantage décisif.
Delinki se demandait si elle interviendrait à temps pour secourir le Missandei. Elle eut bientôt la réponse à cette question.
Le croiseur à la dérive fut bientôt frappé par des tirs massifs de turbolaser provenant de trois frégates et d'un croiseur adverses. Des débris se détachèrent puis le Souvenir de Rucapar et le Alsahim s'écartèrent du Cristal Brûlant pour arroser l'ennemi sous des tirs croisés.
La riposte des loyalistes forcèrent les rebelles à stopper leur avance et attendre les renforts. Delinki se doutait que sa position deviendrait intenable. Elle devait tenir et gagner du temps pour que les loyalistes puissent se reprendre.
Le Ksarel Kebir venait de disperser aux quatre vents l'épave d'un croiseur loyaliste et se lancerait à son tour dans la curée.
-Contactez le Missandei par tous les moyens! Pressa Delinki. Il me faut une liaison avec Dovahkin de toute urgence!
Un hologramme vacillant, une bougie blafarde prête à s'éteindre, illumina le visage tendu de la jeune alsakanie.
-Delinki...
-Vice amirale, quel est votre statut?
-Nous sommes hors de combat, nos boucliers, nos armes et nos moteurs sont hors service. Seuls les générateurs de secours permettant d'alimenter les transmissions.
-Êtes-vous en mesure de faire évacuer votre équipage?
Dovahkin secoua la tête, remplie de lassitude.
-J'ai bien peur que nous manquions de temps pour cela.
-Alors que dois-je faire? Comment puis-je vous secourir?
-Ne tentez pas de nous secourir, Alsakan est plus important que nous tous.
Le major tenta d'attirer son attention.
-Capitaine, le Ksarel Kebir est à portée de tir du Missandei.
Derrière les navires rebelles endommagés par les répliques du Souvenir de Rucapar et du Alsahim, se détachait les silhouettes de plusieurs croiseurs Atgeir antagonistes.
Le vaisseau de Yasip Yakub ouvrit le feu et l'hologramme de Dovahkin se mit à trembler de plus en plus.
-Prenez le commandement et défendez la capitale, intima la commandante en chef qui se savait condamnée irrémédiablement.
-À vos ordres, vice amirale. Que les Lunes de Cristal vous gardent à jamais.
La proue du Ksarel Kebir brilla d'une lueur sinistre avant que le pont principal du Missandei en perdition ne soit pulvérisé.
L'hologramme de Dovahkin disparut définitivement en même temps que son vaisseau qui se fractura sous l'effet des explosions qui le firent imploser. Le même sort s'abattit impitoyablement sur les autres navires neutralisés par les bombes ioniques.
-Destruction du Missandei confirmée, il n'y a pas de survivants. Aucune capsule de sauvetage n'a été éjectée, l'informa le major.
-Et pour les autres vaisseaux?
Cette fois le major se mura dans le silence. Delinki étudiait les minuscules navettes qui s'échappaient des hangars en louvoyant entre les salves ennemies. Pour la plupart, en pure perte.
La bataille n'était pas terminée et le prix du sang s'avérait déjà élevé.
-Les rebelles sont maintenant supérieurs en nombre, nous avons perdu le tiers de nos forces. Devons-nous maintenir notre position?
Carmina se détourna un instant de la baie de transparacier.
-Ordonnez la retraite jusqu'à Alsakan. Tous nos vaisseaux se retrancheront en orbite basse juste au-dessus de la capitale et nous bénéficierons de l'appui des défenses planétaires.
-Oui, madame.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Bataille à suivre donc :sournois: ...

Allez à la prochaine, pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 20 octobre 2019, 20:10

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Dans cet extrait, la République se lance à son tour dans la bataille :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça!

Xenvaer, siège de l'Archaiad, Salle de Veille

Orin Melok retrouva dans les sous sols du siège de l'Archaiad, le général Vito Velcaz. Le haut gradé alsakani à la bedaine imposante le salua d'une brève inclinaison du menton, alors qu'il se tenait au milieu de la Salle de Veille, à étudier les hologrammes tactiques flottant au-dessus d'une table imposante. Les deux gardes qui escortaient le Premier Régent restèrent postés à l'entrée tandis que celui-ci fit face à Velcaz.
Melok distingua deux amas de flottes de taille équivalente qui se faisaient face au-dessus de la capitale.
-Quelle est la situation?
Velcaz hésita avant de répondre.
-Telle que vous pouvez le constater, votre excellence, la situation est incertaine. Les rebelles ont au moins autant de vaisseaux que les nôtres. Même s'ils n'en ont pas assez pour prendre la planète ou nous assiéger, ils représentent une force redoutable.
-Nous verrons s'ils représenteront toujours une menace après quelques jours. Beaucoup de ces rebelles ont des familles à entretenir et n'auront pas d'autre choix que d'ouvrir les yeux. Ils abandonneront alors Yakub à ses illusions idéalistes et nous permettront de montrer un front uni face à la République et à son nouveau Chancelier Suprême.
Velcaz n'afficha pas un optimisme aussi affirmé.
-Il peut se passer des choses, beaucoup de choses en plusieurs jours, votre excellence.
-Je peux vous assurer que nous ne perdrons pas le contrôle de la situation, général.
Velcaz fronça les sourcils, perplexe et suspicieux. Il ne releva finalement pas la remarque.
-J'ai donné l'ordre de mobiliser les forces de sécurité. La moitié sont déployées autour des sites stratégiques, le statioport principal, les stations relais et le siège de l'Archaiad ici même.
-Excellente précaution, général. Je veillerai à ce que votre loyauté soit appréciée à sa juste valeur.
L'officier alsakani ne sembla pas impressionné par cette promesse.
-À condition que les rebelles ne l'emportent pas.
-Ils ne l'emporteront pas.
-Je vous crois, j'espère seulement que toute notre flotte de Défense ne va pas y passer. Nous nous retrouverions exposés aux incursions de la République. Nous pourrions même subir un blocus total sans pouvoir riposter si le cessez-le-feu était rompu.
Melok avait bien entendu envisager cette fâcheuse hypothèse, où il se retrouverait acculé à une paix imposée par une République opportuniste.
Il évacua cette pensée peu réjouissante.
-J'aimerais un peu plus d'optimisme de votre part, général. À moins que vous n’ayez oublié à qui vous deviez votre grade?
La mine du général se rembrunit.
-Non, je n'ai pas oublié.
À cet instant, le ministre de la Défense Skan Het s'introduisit à son tour dans la salle de Veille, suivi de tout l'Archaiad. Tout ce monde se pressa autour du Premier Régent et du général Velcaz, pour étudier le déroulement de la bataille spatiale.
Des inscriptions en Haut Alphabet Galactique permettaient d'identifier les vaisseaux positionnés dans un camp ou dans l'autre. Au bout d'un certain temps, dans un silence étouffant, l'une des flottes semblait vouloir reculer.
-Regardez, ce traître de Yakub s'enfuit avec les autres misérables! Se réjouit Melok.
Si tous les conseillers de l'Archaiad affichèrent une expression soulagée, ce ne fut pas le cas de Velcaz qui demeurait méfiant.
-Cette manœuvre ne lui ressemble pas, fit-il remarquer.
Melok le fusilla du regard.
-Donnez l'ordre au Missandei de les poursuivre, nous n'allons pas les laisser s'en tirer!
-Oui excellence, s'inclina l'autre.
Alors que le général s'écartait pour transmettre l'ordre, le Premier Régent croisait les bras devant lui avec une expression suffisante. La retraite de Yakub et de ses vaisseaux sonnait comme une victoire pour lui. Il en finirait avec cette rébellion sans l'aide de son secret allié républicain. Il ne serait pas un vassal minable de Contispex et lui parlerait d'égal à égal à propos de ce traité de paix qu'il avait l'intention de négocier en sa faveur.
Le général Velcaz revint à sa hauteur, conservant un air empli de concentration. Son exclamation arracha Melok à ses optimistes pensées.
-Excellence, regardez!
Agacé par ce qu'il considérait comme de la pusillanimité, Melok se força finalement à regarder la table tactique. Des hologrammes de navettes vomis des hangars de croiseurs insurgés illuminèrent la Salle de Veille.
-Oui et alors? Ce sont peut-être des marins qui fuient la folie de Yakub.
Les yeux de Velcaz trahissaient une consternation certaine.
-J'ai plus l'impression qu'ils foncent sur nos vaisseaux plutôt qu'ils fuient les leurs, votre excellence.
Le Premier Régent qui s'apprêtait à lâcher une réplique cinglante, préféra y renoncer. Il continua d'observer les navettes. Ces dernières semblaient accélérer... jusqu'à heurter les croiseurs loyalistes les plus avancés.
Melok agrandit les yeux sous le coup de la stupéfaction et certains des membres de l'Archaiad émirent des hoquets étouffés.
-Mais que s'est-il passé? S'écria l'un d'eux.
-Général? Glissa Melok en direction du commandant qui restait sans voix.
Ce dernier se reprit et plaqua sa paume contre l'oreillette logée dans son tympan gauche.
-Plusieurs de nos vaisseaux viennent d'enclencher leur balise de détresse. Ce qui représente le tiers de notre flotte
-Ce qui signifie?
-Que Yakub a maintenant l'avantage, excellence.
-Attendez une minute, général! Êtes-vous en train de me dire que les rebelles ont détruit le tiers de nos forces en quelques secondes?
Les hologrammes tactiques montraient à toute l'assistance que la flotte loyaliste semblait subitement désorganisée. Des vaisseaux – ceux percutés par les mystérieuses navettes – restaient inertes, privés de mouvements.
-Les vaisseaux ont été touchés par des bombes ioniques, dont le Missandei de la vice amirale Dovahkin. S'ils n'ont pas été détruits, ils ne tarderont pas à l'être.
-Appelez des renforts! Le pressa le chef d’État.
-Excellence, tous les vaisseaux de notre Flotte de Défense se trouvent au-dessus de nous! À moins que vous n'ayez des vaisseaux dont je n'aurais pas entendu parler, Yakub a maintenant l'initiative!
Des vaisseaux dont Velcaz n'aurait pas entendu parler... Melok songea malgré lui à la Deuxième Flotte de la République que Contispex avait dissimulée aux frontières du système à l'insu des senseurs alsakanis.
Il ne souhaitait pas la solliciter.
-Pouvons-nous gagner cette bataille, général?
Velcaz secoua la tête, réaliste.
-Difficilement, votre excellence. Pas sans subir de lourdes pertes, en tout cas.
Tout à coup plusieurs hologrammes de vaisseaux loyalistes disparurent les uns après les autres. Velcaz confirma d'une voix fataliste:
-Nous avons perdu le Missandei et le tiers de notre flotte. Yakub bénéficie d'un net avantage numérique sur nous.
-Alors, qui commande?
Velcaz hésita avant de répondre.
-D'après les transmissions qui me parviennent... le capitaine Carmina Delinki à bord du Cristal Brûlant.
Melok fit la grimace. Certes Delinki s'était rallié à lui mais elle avait été le bras droit de Ap Token. Ce genre d'affiliation pèserait peut-être lourd dans sa loyauté pas si solide envers le nouveau Premier Régent.
Dovahkin disparue, qui l'empêcherait de rejoindre à nouveau Yakub si elle n'était pas sûre de remporter la victoire?
-Le Cristal Brûlant et le reste de notre flotte battent en retraite vers la planète, lui signala le général.
Melok respira mieux. Finalement, Delinki lui restera fidèle et il ne devra pas oublier de la récompenser lorsque la victoire serait acquise. Ce qui, à ce stade, était loin d'être le cas.
-Général, quelle sera la tactique de Yakub après avoir repoussé nos navires contre le bouclier planétaire?
Velcaz réfléchit longuement alors que son regard ne quittait pas le mouvement des loyalistes qui reculaient vers le monde capital, pressés de près par les rebelles.
-Delinki positionnera sans doute ses vaisseaux en orbite basse pour tenter d'attirer ceux de Yakub à portée des défenses planétaires. Mais je pense que celui-ci ne se laissera pas prendre à ce traquenard. Si il a utilisé des bombes ioniques à l'instant, il en a peut-être d'autres en réserve pour faire sauter le bouclier planétaire.
L'angoisse étreignit les entrailles du chef d’État.
-Puis il nous bombardera, déduisit-il.
-Nous devrions songer à faire évacuer ce bâtiment du personnel administratif non indispensable et sans doute la ville entière par précaution.
-Prenez les dispositions.
À l'insu de Velcaz qui envoyait ses premières directives, Melok accorda un hochement de tête en direction de Skan Het. Ce dernier s'éclipsa discrètement en saisissant son comlink.
Pour le Premier Régent, il était temps de faire pencher l'équilibre définitivement en sa faveur. En recourant à un allié encombrant.

Aux lisières du territoire alsakani

L'amiral Jehun de la Deuxième Flotte de la République cessa d'arpenter le pont principal de son vaisseau de commandement, le cuirassé Gilagimar répondant au nom de Rêve des Zhells, lorsqu'on l'informa d'un appel depuis la capitale galactique.
-Un appel prioritaire de Coruscant, monsieur.
Gahir Jehun remercia d'une inclinaison raide du menton, l'enseigne qui était venu l'informer.
-Disposez, lui fit-il sèchement.
Jehun se savait à la fois craint et détesté au sein de la flotte sous son commandement. En tant que membre du culte Pius Dea, il n'avait jamais fait mystère de ses sentiments à l'égard de ces non humains qui peuplaient l'espace de la République. En particulier lorsque l'escadron de pilotes Nimbus avait été affecté à bord de son propre cuirassé, sur les ordres de l'amirale Ekia Helder qui se remettait de ses blessures reçues lors de la bataille de la veille.
D'une corpulence maigre et d'une taille moyenne, son visage osseux reflétait l'attitude d'une personne peu bienveillante, envers ceux et celles qu'il n'estimait pas dignes de servir dans la Marine. Il fusilla du regard, le dos de l'enseigne qu'il avait éconduit avec mépris, un elomin. Un inférieur comme tous les autres non humains.
Comme il lui tardait de pouvoir les éjecter de ses vaisseaux, quand la loi le lui permettrait. Maintenant que le Sage Suprême Contispex avait convaincu les faibles et pitoyables sénateurs de le choisir comme Chancelier, cela n'était plus qu'une question de temps. La volonté de la Grande Déesse et de ses Enfants, les quatre Prophètes, serait accomplie.
Il s'inclina avec révérence devant l'hologramme de Julius Contispex, le nouveau maître de la République.
-Chancelier Suprême.
-Amiral Jehun, comme nous le craignions, des troubles sérieux viennent d'éclater sur Alsakan, affirma le leader de l'obscure secte.
Dans le dos de l'amiral, un jeune chevalier Jedi au teint basané suivait cette conversation de loin. Bekan Kalad percevait à quel point il était indésirable. Sa présence ici avait été imposée par ses pairs auprès de la Marine, n'hésitant pas à court circuiter le Sénat et le nouveau Chancelier Suprême. Une façon d'exprimer leur défiance envers ce dernier.
L'amiral Jehun et d'autres officiers lui avaient de suite témoigné une grande hostilité et il préférait garder ses distances, tout en gardant ses sens en alerte.
Les Maîtres du Haut Conseil dont son ancienne instructrice Ri'ila Terka tenaient à être informés de ce qui se passait ainsi.
Bekan Kalad serait donc leurs yeux dans son propre système natal.
-Au nom de la République et en vertu du cessez-le-feu qui a été conclu avec les autorités légitimes alsakanies, le Sénat vous autorise à intervenir et à employer les moyens nécessaires dans le cadre de vos prérogatives pour garantir la paix et la stabilité politique dans ce système.
-Merci, monsieur le Chancelier.
-Toutefois, un malentendu reste à résoudre. Vous avez fait parvenir au Quartier Général de la Marine une demande expresse d’écarter le Chevalier Jedi Bekan Kalad.
-C’est exact.
-J’ai le regret de vous annoncer qu’étant donné le contexte général, votre demande a été rejetée. Au nom du Sénat, je vous prie d’accepter la pleine coopération du Jedi Kalad. Le Haut Conseil Jedi m’a garanti sa loyauté malgré ses origines.
-Votre excellence, tenta Jehun.
-Cette décision est irrévocable. Bonne chance amiral Jehun et puisse la Déesse vous accorder ses faveurs.
-Que la Grande Déesse vous guide sur le chemin de la Vertu, accorda l’amiral à mi voix pour ne pas être entendu du Jedi.
Jehun pivota vers lui, sans retenir la rancœur qui l’animait.
-Vous avez de la chance que le Chancelier Suprême vous octroie un semblant de crédit sans quoi je vous aurais renvoyé sur Coruscant dans une capsule de sauvetage.
Le jeune adepte de la Force conserva son impassibilité.
-Ce que mes maîtres n’auraient nullement apprécié, répliqua celui-ci.
-Je moque bien de leur opinion.
-Et je suis heureux que l’avis du Chancelier Suprême ait d’autant plus d’importance pour vous.
À en juger par ses traits convulsés, le jeune humain jugea que l’amiral avait envie d’exploser.
-Soyez cependant tranquille, je vais vous débarrasser de ma présence et rejoindre l’escadron Nimbus.
-Je pense que le plus tôt est le mieux.
Sur ces amabilités, l’ancien padawan de Ri’ila Terka laissa Jehun. Ce dernier le dédaigna pour laisser errer ses yeux de prédateur froid vers le vide cosmique.
-Transmettez les coordonnées d’Alsakan au reste de la flotte. Il est temps de porter secours à nos alliés et d’accomplir la Volonté de la Déesse.
Profitant de l’absence de Kalad, il lança sur le pont principal :
-La Grande Déesse le veut !
Son cri fut repris en chœur mais pas par tous.
Puis sur un nouvel ordre, les étoiles lointaines s’allongèrent en de longs filaments infinis d’une pâleur abyssale. La Deuxième Flotte venait de plonger en hyperespace.
Il était temps pour la République d’engager une dernière bataille et de mettre fin à la Crise. Peu importait le prix. Pour le Chancelier Contispex et l’amiral Jehun, seule comptaient les desseins de la Déesse.

Au-dessus de la planète Alsakan

D’un revers de main, Carmina Delinki épongea la sueur qui ruisselait de son front. Dans une ambiance tendue, les ordres et les rapports ne cessaient de fuser d’un bout à l’autre du pont principal du Cristal Brûlant.
-L’Anémone Hardie demande l’autorisation d’évacuer, ils ne peuvent plus poursuivre le combat ! Lança quelqu’un.
Delinki arrêta ses yeux sur l’hologramme d’un croiseur Atgeir en perdition couvrant les flancs de la flotte loyaliste qui accumulait les pertes une à une.
Pertes qui décimaient aussi la flotte rebelle de Yakub, qui conservait néanmoins une supériorité sensible. Si les combats se poursuivaient ainsi, Alsakan n’aurait plus de flotte, quelque soit le vainqueur.
Ceux qui y survivraient ne deviendraient plus que des vassaux insignifiants de Coruscant.
-Couvrez l’Anémone Hardie, qu’ils démarrent l’évacuation ! Ordonna-t-elle.
Le croiseur endommagé et ralenti par de sérieuses avaries bénéficia de la protection de deux autres croiseurs qui refoulèrent les rebelles les plus proches d’un feu nourri.
-Madame, vous m’aviez demandé de surveiller ce qui se passait dans la capitale.
-Oui, major ?
-Hum, nos scans détectent d’importants mouvements de foule.
Évidemment. Elle imaginait sans peine la stupéfaction de toute la population qui voyait les cieux se déchaîner au-dessus de leur tête, les nuages rougir des éclats de turbolasers et des braises des vaisseaux incendiés à la dérive.
Elle imaginait sans peine leur effarement, leur terreur. Les difficultés que les autorités devaient éprouver pour maintenir l’ordre.
-Je n’ai pas le temps de m’occuper de cela, pour le moment. Si ce sont des émeutes, laissons le Premier Régent se débrouiller avec ça.
-Ce ne sont pas des émeutes, c’est un exode, capitaine.
Delinki croisa son regard, les traits blêmes.
-Montrez-moi les images, major !
-Tout de suite, madame !
Bientôt les représentations de vaisseaux furent remplacés par celles d’avenues immenses et de couloirs aériens bondés de véhicules personnels, de piétons courant pour échapper à un danger imminent.
-Contactez la Salle de Veille, au siège de l’Archaiad.
Au bout de quelques instants, le major secoua la tête.
-Pas de réponse, capitaine.
-Ils nous ont contacté peu avant, pourtant.
-Eh bien, on peut en déduire qu’ils préfèrent nous parler selon leur bon plaisir.
Carmina se demanda si tel était bien le nouveau statut que le Premier Régent leur imposerait malgré eux, malgré leur loyauté dont ils payaient le prix maintenant. Seule la protection de la population les empêchait de reconsidérer ce point.
-Continuez de les appeler jusqu’à ce qu’ils répondent ! Dites-leur d’accélérer le mouvement, nous ne sommes pas en mesure de repousser les forces de Yakub.
Les vaisseaux loyalistes gagnèrent l’abri des défenses planétaires, alors que leurs rangs étaient de plus en plus clairsemés.
Les rebelles stoppèrent leur progression et une bataille de positions s’enclencha entre les deux parties antagonistes, à l’avantage de Yakub qui disposait d’une supériorité certaine. Pour Delinki, la situation semblait sans issue.
Ses forces étaient bloqués contre le bouclier planétaire que le Premier Régent n’abaisserait pas, de crainte d’endurer un bombardement planétaire dévastateur à l’image de la Purification de Rucapar, traumatisme que tout un peuple n’avait pas oublié.
Ce jour serait-il le jour le plus sombre que le peuple alsakani connaîtrait ?
-Capitaine, regardez ça ! La prévint le major.
Elle déporta ses yeux vers trois croiseurs Atgeir de la flotte de Yakub qui se détachaient de la formation compacte pour s’éloigner des combats féroces au-dessus de la capitale.
-Vous avez identifié leur transpondeur ?
-Oui, madame. Il s’agit du Minotaure, du Poignard d’Archais et du Ksarel Kebir.
Elle avait deviné le but de la manœuvre, cela lui sautait aux yeux. Yakub allait s’attaquer au bouclier planétaire puis à la capitale en pleine évacuation. Le sort de centaine de milliers d’autres personnes était en jeu.
Sa flotte était sous le feu d’un ennemi bien supérieur en nombre et en artillerie. Pouvait-elle se permettre de l’amputer pour empêcher le renégat de parvenir à ses fins ? Elle n’avait pas le choix, elle était dévouée au peuple d’Alsakan.
Comme l’était le défunt amiral Ap Token.
-Quelles sont leurs coordonnées ? Demanda-t-elle.
Le major lui donna un datapad qu’elle consulta.
-Transmettez-les au timonier. Le Souvenir de Rucapar nous couvrira, le Alsahim mènera le reste de la flotte au combat contre le gros des forces rebelles.
-Bien, madame.
-En avant !
Le Cristal Brûlant s’extirpa de la mêlée, laissant le Alsahim occuper sa place pour diriger l’intense bataille de positions. Avec le Souvenir de Rucapar, ils se lancèrent à la poursuite des trois vaisseaux insurgés.
Elle se concentra sur leur silhouette holographique, ignorant les épaves de plus en plus nombreuses qui encombraient l’orbite géostationnaire. Certaines d’entre elles attirées par l’attraction gravitationnelle de la planète s’écrasèrent sur le bouclier planétaire, mettant ce dernier à rude épreuve.
Elle se forçait à oublier que cela n’était qu’un massacre dont aucun alsakani ne profiterait. Hormis la République.
-Nous les rattrapons, ils ont stoppé les moteurs, lui signale le major.
Elle acquiesça d’un hochement de tête.
-Chargez le canon de proue ! Ordonna-t-elle.
Le Cristal Brûlant et le Souvenir de Rucapar fonçaient sur leurs trois homologues maintenant immobilisés. Des alarmes retentirent tout à coup sur la passerelle en ébullition.
-Signaux entrants détectés ! Des vaisseaux sont en train d’émerger de l’hyperespace ! Alerta son subalterne.
Delinki reconnut à travers la baie de transparacier, les silhouettes de navires de guerre sidéraux qu’elle aurait souhaité ne jamais voir au large de sa planète natale.
Une flotte de la République venait de surgir sur le champ de bataille.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques!

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 27 octobre 2019, 18:04

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

La République intervient donc pour aider son allié alsakani en difficulté face aux rebelles! Comment cela va-t-il se terminer :shock: ?

Je vous laisse découvrir ça! Bonne lecture!

Riyan Lix ne débordait pas d’enthousiasme excessif alors qu’il poussa le manche devant lui pour faire accélérer son chasseur Typhon suivi du reste de l’escadron Nimbus. Il s’arracha ainsi du Rêve des Zhells, jetant un regard vers sa coéquipière Zeya qui protégeait son flanc gauche. Le sergent major aurait donné au moins la moitié de sa solde annuelle pour être rapatrié sur le Défenseur et ne pas participer à la pacification de ce système stellaire.
Mais il était un soldat et il devait obéir aux ordres.
-Scans en cours d’analyse, souffla-t-il avec maints soupirs.
-Vous avez vu ça, leader Nimbus ?
Le devaronnien Mulkar ne cachait pas son effarement devant la scène qui se déroulait à quelques kilomètres d’eux. Des vaisseaux semblables les uns aux autres pris dans un furieux sanglant fratricide.
-Ils sont en train de se démolir, lâcha à son tour Nimbus 5, Myco Dedhu.
-C’est à se demander si nous sommes vraiment obligés d’intervenir ou même si nous y avons intérêt, déclara la twi lek Drya, Nimbus 6.
-On aurait du rester au Rêve des Zhells regarder le spectacle en buvant un caf, fit partager la mirialan Irren Dugol, Nimbus 10.
-Moi je commanderais plutôt une bière polaris, intervint Senya Torred, la jeune femme originaire d’Anaxès connue sous le matricule Nimbus 8.
-Bon, ça suffit on a du boulot, coupa sèchement Riyan.
Nimbus leader garda le canal de l’escadron ouvert et contacta le vaisseau amiral de la Deuxième Flotte.
-Rêve des Zhells, vous me recevez ?
-Nous vous recevons Nimbus leader.
-Nous aimerions connaître les ordres.
Un bref silence s’écoula :
-Nous vous envoyons les données sur vos écrans tactiques. Vous serez couverts par l’Escale des Ombres et le Spadassin.
-Merci, Rêve des Zhells. Nimbus leader, terminé.
Avant de mettre fin à la ronde stationnaire, Riyan Lix étudia les deux frégates Sarbakan qui leur avaient été affectées. Puis il consulta son écran tactique, ce qui lui permit d’étudier les positions des vaisseaux alsakanis désignés comme alliés d’une couleur grise et les vaisseaux ennemis d’une couleur écarlate.
Sur son tableau de bord, des coordonnées plus spécifiques défilèrent sous ses yeux. Nul doute que ses camarades de l’escadron Nimbus les avaient reçus aussi ainsi que le Jedi Bekan Kalad qui faisait équipe avec Mulkar sous le matricule Nimbus 4.
-Votre attention, s’il vous plait, les Nimbus. Nous sommes chargés de soutenir deux croiseurs Atgeir, le Cristal Brûlant et le Souvenir de Rucapar. Ils iront affronter trois autres croiseurs rebelles qui ont été identifiés comme étant le Ksarel Kebir, le Minotaure et le Poignard d’Archais. Nous serons couverts par deux frégates, l’Escale des Ombres et le Spadassin. Des questions ?
-Oui, fit la voix de Zeya, Nimbus 2.
-Je t’écoute, l’encouragea son amant.
-Qu’est-ce qui a bien se passer sur Alsakan pour qu’ils se retrouvent en train de s’entre-tuer ?
Il hésita brièvement :
-Je contacterai le Cristal Brûlant pour leur demander. D’autres questions ?
Seul un silence éloquent lui répondit.
-Alors c’est parti, les Nimbus. Relevez les boucliers et préparez les armes.
Un à un, les Typhons de l’escadron de pilotes républicains s’élancèrent vivement vers les cinq croiseurs Atgeir qui avaient engagé les hostilités en dehors du champ de bataille principal. Le reste de la Deuxième Flotte mené par le Rêve des Zhells porterait secours à la flotte loyaliste en prenant à revers les rebelles de Yakub.
Riyan Lix pensa subitement à ce que devait éprouver le Jedi alsakani qui volait à leurs cotés.
-Jedi Kalad, vous me recevez ? Demanda-t-il en ouvrant un canal personnel.
-Oui, leader ?
-Je voulais savoir si tout allait bien.
En d’autres termes, Bekan Kalad comprit le sens caché de cette question.
-Ma loyauté va à la République et je ferai ce qu’il faut pour sauver la paix.
Riyan devina son amertume.
-C’est votre monde natal, j’imagine ce que vous devez ressentir.
-Merci, leader. Au fait, ce verre à la cantina que vous m’aviez proposé la dernière fois, ça tient toujours ?
-Oui, bien sûr.
-C’est moi qui vous offrirai la tournée.
Riyan médita l’offre avant d’être averti par Nimbus 8.
-Leader, nous serons bientôt à portée de tir. Deux minutes standard.
-Reçu, 8.
Il bascula de nouveau de canal.
-Kalad, j’accepte votre offre.
-Bien reçu, leader. Kalad terminé.
Le sergent major ouvrit ensuite une nouvelle fréquence.
-Cristal Brûlant, ici le sergent major Riyan Lix de l’escadron Nimbus. Nous souhaitons informer l’amiral Bilel Ap Token que nous lui apportons notre soutien contre les rebelles au nom du Sénat et du Chancelier Suprême.
Seuls des parasites grésillèrent à l’intérieur du casque.
-Cristal Brûlant, vous me recevez ?
-Nous vous recevons, sergent-major Lix, répondit une femme. Je suis le capitaine Carmina Delinki.
Riyan connaissait bien ce nom, car elle n’était autre que le bras droit de Ap Token.
-Puis-je parler à l’amiral ?
-L’amiral Ap Token est mort, c’est donc moi qui assume le commandement de la flotte, affirma-t-elle. Votre soutien est le bienvenu.
-Que souhaitez-vous que nous fassions ?
-Notre cible principale est le Ksarel Kebir. La capitaine Yakub va tenter de neutraliser le bouclier planétaire pour ensuite bombarder la capitale. Nous devons l’en empêcher à tout prix.
-Devons-nous le détruire ?
-Tentez de le mettre hors de combat dans la mesure du possible.
-Nous essaierons, lui promit le républicain. Nous serons bientôt sur zone.
Il rompit le contact et leva la tête de ses écrans. Deux croiseur Atgeir rebelles venaient de faire volte face pour affronter leurs poursuivants. Le Minotaure et le Poignard d’Archais se retrouvèrent aux prises avec le Cristal Brûlant et le Souvenir de Rucapar. Les tirs de turbolasers échangés vigoureusement de part et d’autre se fracassèrent contre les boucliers déflecteurs relevés à leur niveau maximal. Ce qui donnait naissance à d’étranges halos éphémères autour des silhouettes cylindriques.
Les forces républicaines menées par les Nimbus et le Jedi Bekan Kalad convergeaient vers le Ksarel Kebir. Celui-ci se présenta de flanc face aux assaillants et Nimbus 6 hurla sur le canal général :
-Tirs défensifs ! Manœuvres d’évasion !
Les batteries légères du vaisseau mutin prirent les chasseurs stellaires pour cible, et la formation éclata lorsque les esquifs se dispersèrent pour esquiver les traits ardents mortels capables de les oblitérer en un seul coup.
Riyan s’embarqua dans des acrobaties risquées et complexes, s’éloignant d’abord du navire de guerre avant de piquer droit dessus. Le Typhon de Bekan Kalad le dépassa et il vit le sillage des deux torpilles larguées par celui-ci. Celles-ci explosèrent sans résultat probant contre la coque et Riyan décida à son tour de tester la puissance des boucliers ennemis.
Il n’eut pas plus de succès tout comme Zeya.
Il surveilla sur ses écrans l’approche des deux frégates Sarbakan qui devaient les appuyer.
-Par les trous noirs ! Jura Senya Torred, Nimbus 8. On mettra moins de temps à faire la toilette d’un Hutt qu’à abattre ces boucliers !
-Patience ! Tempéra Nimbus 10 avec qui elle faisait équipe. L’Escale des Ombres et le Spadassin seront bientôt à portée de tir.
-Eh bien, qu’ils se dépêchent !
Le vœu de la jeune femme originaire d’Anaxès fut exaucé lorsque les turbolasers des frégates républicaines entrèrent en action. Le Ksarel Kebir riposta promptement et ses batteries latérales vomirent toute la puissance de feu dont il était capable. Les frégates Sarbakan restèrent à bonne distance pour ne pas se risquer dans un corps à corps aventureux.
Il ne restait plus qu’aux Nimbus qu’à neutraliser ses boucliers et ses armes pour amener le capitaine Yakub à une reddition inévitable. Un flash illumina tout à coup le champ de bataille secondaire et quelqu’un s’écria dans les oreilles de Lix.
-C’était quoi ça ?
La voix de Mulkar.
Le dévaronnien comme tous ses camarades fut déconcentré avant que le Spadassin ne les informe.
-Le Cristal Brûlant vient d’ouvrir le feu sur le Poignard d’Archais.
-Statut de l’ennemi ? Demanda le chef d’escadron.
-Ils sont toujours opérationnels, leurs boucliers ont amorti la salve.
-Bien reçu, Spadassin.
Ces croiseurs alsakani étaient du solide, ne put s’empêcher de penser Riyan. Ils étaient difficiles à abattre, il en avait acquis la certitude lors de la bataille de la Flotte du Noyau.
Des alarmes stridentes éveillèrent davantage son attention, le forçant à consulter ses écrans tactiques.
-Ils ont largué leurs Yatagans ! L’avertit la zeltronne Zeya.
Les chasseurs monoplaces décollèrent des hangars, complexifiant la tâche de l’escadron Nimbus.
-Combien ? Demanda-t-il.
-Six escadrons, répondit-elle. Tout ce qu’ils ont de disponible, on dirait.
Les rebelles alsakanis avaient donc déployé environ soixante dix appareils. Ce qui leur conférait face aux Nimbus, un rapport favorable de sept contre un. Riyan grimaça devant une telle disproportion.
Ils furent bientôt entourés et assaillis de toute part. Yakub était bien décidé à déchaîner toutes ses ressources contre ses ennemis coalisés.
Riyan s’embarqua dans une vrille et abattit deux premiers Yatagans avant de stabiliser de nouveau l’assiette, imité par Zeya qui le suivait de près. Les capitaines des frégates Sarbakan réagirent en autorisant tous leurs escadrons gardés en réserve à décoller.
Peu de temps après, la mêlée devint confuse alors que les navires de soutien républicains continuaient d’arroser le Ksarel Kebir. Ce dernier continuait de tenir sa position.
-Pourquoi les loyalistes n’envoient pas leurs Yatagans nous soutenir ? Demanda Nimbus 5, Myco Dedhu.
-Parce qu’on aurait du mal à les différencier des rebelles, lui répondit Drya, sa coéquipière.
-Ouais, n’empêche que cela nous aiderait.
Bekan Kalad, quant à lui, échappa à deux missiles qui avaient été verrouillés sur lui puis mit hors de combat trois chasseurs alsakanis l’un après l’autre. Profitant d’un répit bref, il étudia le grand affrontement principal à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Les rebelles alsakanis étaient désormais pris entre deux feux, les loyalistes adossés au bouclier planétaire et la Deuxième Flotte menée par l’amiral Jehun. Certains capitaines pris de désespoir jetèrent leur vaisseau contre ceux des loyalistes pour les entraîner dans un corps à corps funeste.
Cette décision eut pour conséquence de les exposer aux défenses planétaires, qui les décimèrent plus rapidement.
L’issue de la bataille ne faisait plus de doute. Il ne restait plus qu’à arrêter Yakub.
-Ici le Cristal Brûlant ! Cria tout à coup la voix de Delinki dans son casque. Le Ksarel Kebir vient de larguer huit cargos drones !
Le jeune Jedi vira de bord, cabrant son appareil qui lui permit d’éviter les salves d’un Yatagan qui l’avait pris de flanc. Son écran tactique lui montra la silhouette de huit navettes qui s’échappaient des hangars du Ksarel Kebir et se dirigeaient vers la surface de la planète assiégée.
-Ici Nimbus 4, je les vois, confirma-t-il.
Les autres membres de l’escadron Nimbus accusèrent réception à leur tour.
-Nous les avons en visuel, affirma le chef d’escadron.
-Détruisez-les avant qu’ils n’atteignent le bouclier planétaire !
-Bien reçu, Cristal Brûlant! On fonce, les Nimbus !
Riyan contacta l’Escale des Ombres et le Spadassin pour demander un soutien local.
-Escadron Nimbus, l’escadron Reaper se tient prêt à vous appuyer, confirma le Spadassin.
-Merci monsieur.
Les pilotes Nimbus se dégagèrent des affrontements en cours pour se lancer à la poursuite des cargos piégés. Les Typhons de l’escadron Reaper s’interposèrent face aux Yatagans qui voulaient les retenir.
Les Nimbus dépassèrent le Ksarel Kebir, essuyant au passage les tirs de batteries légères qui frôlèrent leur coque.
-Y aller au canon, c’est risqué, fit observer la zeltronne Zeya.
-Exact, on va utiliser les torpilles, approuva son supérieur.
Riyan étudia sa position, celle de ses équipiers et celle des cargos qui devaient être détruits. Le timing sera à peine suffisant pour tous les détruire. Tous ceux qu’ils parviendraient à détruire suffiraient peut-être.
Ce n’était pas une certitude.
-Armez torpilles 1 et 2.
L’ordinateur de bord lui confirma : torpilles parées. Il respira un grand coup, puis sélectionna le cargo le plus à droite. Il libéra les projectiles puis il tira le manche à lui pour entamer un virage sec et s’éloigner de l’onde de choc de l’explosion.
Il avait assisté aux ravages des bombes ioniques une fois de trop et se souvenait de ce qui se passerait s’il restait dans cette zone dangereuse. Ses camarades de l’escadron ne l’avaient pas oublié non plus.
En l’espace d’une minute, cinq des huit cargos rejoignirent le néant. Les éclairs chargés de particules ioniques létales disparurent sans causer de dommages. Il restait encore trois cargos piégés qui étaient entrées dans les couches atmosphériques.
Il n’y avait plus de temps à perdre.
-Leader Reaper à Escadron Nimbus, vous avez des Yata aux shebs !
-Ferglutz, jura Zeya.
Les Reaper se retrouvèrent en effet par des pilotes alsakanis à qui l’action des Nimbus n’avait pas échappé. Yakub leur avait donné certainement l’instruction de les harceler pour les empêcher de remplir leur mission.
Riyan avait le choix entre poursuivre sa mission coûte que coûte au risque de tourner le dos à des ennemis hargneux jouant leur va-tout, et renoncer pour les confronter. Il choisit sans mal la seconde option.
Il avait perdu Coxon et Hrendi lors de la bataille de la Flotte du Noyau et il ne souhaitait plus perdre d’autres pilotes sous son commandement. Il se battrait pour que cela n’arrive pas.
Il se glissa dans le sillage d’un Yatagan qui pourchassait un Reaper tandis que Zeya manœuvrait pour échapper à deux appareils qui la ciblaient. Elle fut aidée par le Jedi Kalad tandis qu’il détruisit le Yatagan de deux tirs de canons.
Riyan ramena son Typhon bien plus au cœur de la mêlée. Il était difficile pour quiconque de fouiller et trier parmi les salves de canons lasers et les explosions de missiles, les débris de chasseurs alsakanis et républicains qui dérivaient dans le vide glacé de l’espace.
Il ne se préoccupait plus des trois cargos piégés qui explosèrent finalement contre le bouclier planétaire.
Il reçut un appel du Cristal Brûlant.
-Le bouclier planétaire est tombé, le Ksarel Kebir est en train de viser le siège de l’Archaiad ! Ils vont ouvrir le feu !
Bekan Kalad le contacta ensuite.
-Vous avez entendu, leader ?
-Oui, mais je suis occupé Jedi.
-Permettez-moi d’insister mais j’ai besoin de vous, sergent-major.
Riyan soupira avant d’admettre que le Jedi du fait de ses origines alsakanies devait se sentir concerné beaucoup plus émotionnellement que prévu. Il s’extirpa avec Zeya de la mêlée, suivi d’un autre Typhon, pour prendre la mesure de la situation.
-Zeya, tu détectes quelque chose au niveau du Ksarel Kebir ?
-Il y a une concentration d’énergie au niveau du canon de proue, lui affirma la zeltronne.
-Nous devons détruire ce canon, intima Bekan.
-Alors allons y, fit Riyan. Zeya, reste avec moi. Kalad, couvrez-nous.
-Bien reçu.
Les trois Typhons s’élancèrent à l’unisson vers la proue du Ksarel Kebir toujours aux prises avec les deux frégates Sarbakan qui le pilonnaient sans répit. Le croiseur rebelle parvenait cependant à pivoter pour pointer son imposant canon de proue vers la capitale privée de protection. Les défenses planétaires étaient dirigées en totalité vers le reste de la flotte rebelle qui se faisait maintenant sévèrement étriller par les loyalistes et la Deuxième Flotte de la République.
Yakub avait le champ libre.
Cinq Yatagans les repérèrent. Bekan les détecta grâce à ses perceptions dans la Force, ressentant la puissance de leur détermination.
-On a de la compagnie, signala-t-il à ses deux équipiers. Je m’en occupe.
-Merci, Jedi, répondit Riyan.
Celui-ci étudia sur ses écrans le Typhon qui se déporta pour affronter leurs poursuivants. Lui et Zeya reportèrent toute leur attention sur l’avant du Ksarel Kebir.
-Ces boucliers ne vont pas lâcher facilement, remarqua la zeltronne. Une idée ?
-Peut-être, je vais contacter le Cristal Brûlant.
Il ouvrit une fréquence avec le vaisseau amiral loyaliste.
-Ici le sergent-major Lix de l’escadron Nimbus, j’ai besoin de l’appui de votre artillerie.
Le croiseur du capitaine Delinki était toujours aux prises avec le Poignard d’Archais.
-Ici le Cristal Brûlant, nous ne sommes pas disponibles, sergent-major.
-Ma mission concerne le Ksarel Kebir, insista-t-il.
Un court silence lui indiqua que son appel venait d’être transféré à un grade plus influent.
-Ici le capitaine Delinki, que vous faut-il ?
-J’ai besoin que vous concentriez vos tirs sur l’avant du croiseur.
-Nous allons le faire. Que les Lunes de Cristal vous permettent de réussir, républicain.
Zeya et Riyan prirent du champ pour observer l’ensemble des combats intenses qui se déroulaient à quelques centaines de mètres d’eux. Ils distinguèrent au bout de l’horizon, les éclats d’étoile mortes nées qui illuminaient le principal champ de bataille.
Les rebelles aux abois livraient un baroud d’honneur inutile, la cause était déjà entendue. Mais ils ne semblaient pas s’y résoudre.
Peut-être la clé provenait-elle du Ksarel Kebir.
Le Cristal Brûlant opposé au Poignard d’Archais pivota pour offrir une vue dégagée à une partie de ses artilleurs. Des traits ardents déchirèrent la nuit pour frapper la coque du vaisseau de Yasip Yakub.
C’était le moment attendu. La zeltronne et son commandant poussèrent le manche et leurs Typhons bondirent sur le croiseur Atgeir dont les boucliers commençaient à flancher. Ceux qui protégeaient le canon de proue furent abaissés pour redistribuer l’énergie aux secteurs vitaux.
Un seul passage fut suffisant.
Les quatre torpilles qui avaient été lancées pénétrèrent les écrans déflecteurs et émiettèrent le canon dans une nova aveuglante.
Le Ksarel Kebir venait de perdre son croc le plus dangereux.
Mission accomplie.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Et n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez des noms des vaisseaux de guerre comme le Rêve des Zhells :sournois: ! Si jamais vous avez des remarques ou des questions... pensez-vous que je pourrais faire un sondage du nom ou des noms de vos vaisseaux de guerre préférés?

Sur ce, à la prochaine pour la suite :hello: !

PS: On se rapproche de la fin, on se rapproche!! Et je vois qu'on a dépassé les 10000 vues, merci et félicitations pour votre fidélité ;) !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 02 novembre 2019, 23:22

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite!

Suite et fin de la bataille d'Alsakan! Le Ksarel Kebir gravement endommagé livre un ultime baroud d'honneur :sournois: !

Je vous laisse découvrir ça!


Carmina Delinki se tourna vers le major après avoir accédé à la demande de soutien du chef de l’escadron de pilotes républicains Nimbus.
-Il est temps de nous occuper du Ksarel Kebir, fit-elle au major.
-Madame, nous sommes déjà engagés contre le Poignard d’Archais, lui signala-t-il.
-Ils ne perdent rien pour attendre, donnez une fenêtre de tir large à nos artilleurs. Prévenez-moi quand ils seront en position.
-À vos ordres.
Elle s’occupa d’étudier l’évolution des combats qui se déroulaient loin du Cristal Brûlant, concernant la majorité des vaisseaux de guerre en orbite. La flotte loyaliste adossée au bouclier planétaire était exsangue mais l’issue ne faisait plus de doute. Les rebelles acculés par l’irruption de la Deuxième Flotte de la République sur leurs arrières se battaient avec l’énergie du désespoir, assénant des pertes effroyables à leurs antagonistes.
Cette bataille fratricide durait beaucoup trop longtemps.
-Madame, nous sommes en position.
-Visez l’avant du croiseur de Yakub. Feu à volonté, ordonna-t-elle.
Le pont principal vibra lorsque les puissantes salves ébranlèrent le vaisseau pour frapper la cible. Peu après, une explosion secoua la proue du croiseur rebelle et le major confirma à sa supérieure ce que celle-ci souhaitait entendre.
-Le canon a été neutralisé, capitaine.
-Merci, major. Il est maintenant temps d’en finir.
La bataille touchait à son terme lorsque le Souvenir de Rucapar soutenu par des chasseurs républicains prit enfin le dessus sur le Minotaure. Ses boucliers cédèrent puis les salves de turbolasers le désossèrent section par section. Carmina ferma les yeux pour ne pas voir les cadavres expulsés dans le vide spatial.
Le croiseur rebelle Atgeir disparut dans les flammes puis une autre bonne nouvelle tomba.
-Les républicains nous ont faire part de la demande de reddition du Poignard d’Archais.
Delinki n’hésita qu’un bref moment. En ce qui la concernait, il était hors de question que les rebelles se rendent à la République et que leurs vaisseaux soient confisqués par leurs ennemis séculaires.
-Prévenez le capitaine du Poignard d’Archais que sa reddition est acceptée à condition qu’il se rallie à l’Archaiad, s’il ne veut pas que lui et ses équipages soient livrés comme prisonniers de guerre à la République. Envoyez le même message aux autres vaisseaux rebelles, il est temps de faire comprendre aux républicains que nous n’accepterons pas de nous trouver en position de faiblesse.
Elle était certaine que le Premier Régent approuverait. Plus ils rallieraient de navires rebelles encore en état de se battre, plus ils se sentiraient forts.
-Que le Poignard d’Archais évacue la zone, ils serviront de vaisseau médical pour nos blessés. Qu’ils rappellent les Yatagans qu’ils ont déployés.
Le major comprit aisément qu’elle ne pouvait leur demander de se retourner contre leurs camarades aux cotés desquels ils s’étaient battus, même pour une mauvaise cause. Le Poignard d’Archais s’éloigna des combats.
Il ne restait plus que le Ksarel Kebir à combattre.
-Ouvrez un canal avec Yakub, je dois le convaincre de se rendre.
Avant qu’il ne soit trop tard, pensa-t-elle.
Elle pria les Lunes de Cristal qu’il lui réponde, ce qu’il fit.
-Capitaine Yakub, nous devons cesser ce carnage maintenant.
Elle s’attendait au regard noir qu’il lui décochait par son hologramme, une déclaration intransigeante fanatique.
Il lui répondit d’une voix lasse :
-Je ne renoncerai jamais, capitaine Delinki. j’espère que ma position est très claire.
-Et je la regrette, je m’attendais à ce que vous ne vous ralliez pas au Premier Régent.
-Vous avez choisi son camp, j’ai choisi celui du peuple.
À bout de patience, elle tonna :
-Par les Lunes de Cristal, vous tenez vraiment à sacrifier tous ceux et celles qui sont en train de mourir pour vous ? Je vous demande au nom de notre peuple dont le sang a suffisamment coulé de vous rendre. Si vous ne le faites pas, faites-le au moins pour eux et pour leurs familles. Votre cause est perdue ! Ouvrez les yeux !
Yakub baissa la tête et elle se prit à espérer qu’il entendrait enfin raison.
-Je ne me rendrai pas, répondit-il en relevant la tête. Vous avez cependant raison sur un point, notre peuple a assez souffert. Je donne l’ordre de cessez-le-feu et l’ordre de démarrer l’évacuation, promettez-moi que vous recueillerez mes équipages et qu’ils ne seront pas considérés comme prisonniers de guerre.
-Ce sont les nôtres et nous les traiterons comme tels, lui promit-elle.
-Merci, capitaine Delinki.
L’hologramme disparut et elle ne ressentait plus que du soulagement. Enfin le cauchemar venait de se terminer.
-Nous recevons un message du Alsahim, madame. Les rebelles se sont rendus et tous leurs vaisseaux qui n’ont pas été détruits, se sont rangés de notre coté.
-Très bien.
-Les républicains ont cessé le feu à leur tour et sont en train de se regrouper autour du Rêve des Zhells, au-delà de l’orbite géostationnaire. Ils ont rappelé leurs Typhons.
La Deuxième Flotte se retirait et restait stationnée au large de la planète. Delinki était ravie de constater que leurs alliés opportunistes semblaient ne pas vouloir pousser plus loin dans la provocation.
Des navettes décollaient des hangars du Ksarel Kebir pour être récupérées par le Cristal Brûlant et le Souvenir de Rucapar. À peine le dernier membre des équipages rebelles avait-il posé le pied en sécurité, que le major alerta sa supérieure.
-Madame, nous détectons une poussée d’énergie au niveau des moteurs du Ksarel Kebir !
-Il tente de s’enfuir ?
-Négatif, on dirait qu’il en train de surcharger les propulseurs.
Les traits de la jeune alsakanie se crispèrent.
-Éloignez tout le suite le Cristal Brûlant et le Souvenir de Rucapar du Ksarel Kebir. Contactez le capitaine Yakub !
Alors que les deux croiseur Atgeir prirent aussitôt du champ pour se mettre hors de portée, l’hologramme du capitaine félon apparut de nouveau. Son visage dégageait cette fois une grande sérénité.
-Capitaine Yakub, que manigancez-vous ?
-Je vous avais prévenu que je ne me rendrai pas. Je ne servirai pas le nouveau Premier Régent et mon vaisseau non plus.
Elle ne pourrait pas le convaincre, elle n’aurait de toute façon pas assez de temps.
-Carmina…
La voix de Yakub avait adopté une douceur familière, empreinte de remords.
-N’oubliez pas pourquoi j’ai fait tout ceci.
Ses mots sonnaient comme une oraison funèbre et elle ne put se retenir d’être émue.
-Nous ne l’oublierons pas, Yasip. Que les Lunes de Cristal vous recueillent. Adieu.
Puis le Ksarel Kebir explosa. L’arrière du croiseur fut arraché de la structure principale et le reste de l’épave consumé par les incendies dériva, chutant peu à peu vers la surface d’Alsakan. Delinki sentit ses joues s’humidifier sous le coup du chagrin.
Ce qui restait du fier vaisseau de guerre s’écrasa contre le bouclier de nouveau en fonctionnement et les cendres furent dispersées dans les hautes couches atmosphériques.
-Des… destruction du Ksarel Kebir confirmée, souffla le major choqué.
Elle s’éclaircit la gorge mais sa voix demeura chevrotante lorsqu’elle répondit :
-Merci, major.
-Nous recevons un appel entrant du général Velcaz. Il souhaite un rapport de la situation.
Elle inspira un grand coup.
-Dites-lui que c’est terminé. Il est temps de rejoindre le Alsahim. Donnez les ordres au timonier.
-Bien, madame.
Elle s’apprêtait à quitter la passerelle pour rejoindre ses quartiers, écœurée par le massacre, le gâchis auquel elle avait participé lorsqu’elle fut avertie :
-Le Premier Régent souhaite vous parler.
-Initialisez la transmission.
Lorsque l’hologramme s’anima à nouveau, elle dissimula sa répugnance devant cette face de rapace affamé, ses traits emplis de roublardise inhumaine qui trahissaient l’ambition d’un homme qui vouait sa vie au pouvoir.
Elle fut cependant soulagée de voir les mêmes traits empreints d’angoisse palpable.
-Capitaine, confirmez-moi que la situation est maîtrisée.
-C’est le cas, votre excellence. La rébellion est matée et tous ceux à qui nous avons offert le choix se sont ralliés. L’intervention de la République a été décisive, bien qu’elle ne soit pas la bienvenue.
-C’est moi qui ai demandé cette intervention, capitaine Delinki, souligna Orin Melok piqué au vif. Et vous avez eu tort d’offrir la clémence aux rebelles.
La tristesse avait laissée place à une colère qu’elle tentait d’enfouir.
-Monsieur, ceux qui ont choisi de se battre pour vous à mes cotés, l’ont fait parce la République reste notre ennemie et que la paix n’est pas garantie. Nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés pour appuyer nos revendications territoriales.
Elle s’attendait à une réplique cinglante mais il semblait réfléchir. À sa grande surprise, elle le vit finalement sourire.
-Vous avez agi dans nos intérêts, vous avez bien fait, capitaine Delinki. Je n’aurais pas du vous juger hâtivement.
Bien évidemment, il se souviendrait qu’elle l’avait défié. Ce genre de vautour multak pouvait être rancunier.
-Ce n’est rien, excellence.
-La Flotte de la République est toujours présente ?
-Ils se sont mis hors de portée de nos armes, ils semblent pour le moment attendre.
-Gardez la flotte sur le pied de guerre, je vais contacter Coruscant.
Il se pencha, sûrement pour rompre la communication avant de se raviser.
-Au fait, Delinki…
-Monsieur ?
-Merci encore pour votre loyauté… amirale.
Le sourire qu’il lui accorda transpirait la perfidie. Leur coopération future reposerait sur une méfiance mutuelle. Quant à cette promotion, cela constituait une maigre consolation pour tout le sang versé aujourd’hui.
Cette victoire possédait le goût amer de la défaite.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! La bataille d'Alsakan est terminée et le Premier Régent a donc sauvé sa place... au prix fort! Mais il semblerait que Contispex soit le véritable vainqueur de cette sale affaire :sournois: !

Voilà, il ne reste plus que deux extraits à publier! On s'approche de la fin! ON S'APPROCHE DE LA FIN! :shock:

Et le prochain extrait sera donc....... roulement de tambour...... CONTISPEX!

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 09 novembre 2019, 22:29

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite!

Dans l'extrait suivant, il est temps de retourner sur Coruscant où un certain monsieur Contispex va récolter les fruits de la victoire de son allié (mais pas trop) alsakani :D ! Et aussi pour deux pilotes de l'escadron Nimbus de faire hum plus ample connaissance sous une vapodouche bien chaude :mrgreen: !

Je vous laisse découvrir ça!

Coruscant, appartement des Contispex

Le nouveau Chancelier Suprême de la République terminait de lire le compte rendu de l’amiral Jehun dont les vaisseaux demeuraient toujours stationnés au large de Alsakan. Il se renfonça dans son fauteuil au milieu de son bureau et croisa le regard de son épouse, debout en face de lui.
-Eh bien ? Lui demanda-t-elle.
-Le rapport de Jehun dépasse toutes nos espérances. Notre pantin a sauvé sa position et les forces dont il dispose sont suffisamment affaiblies pour qu’il ne puisse plus lancer la moindre opération d’envergure s’il avait l’idée saugrenue de nous défier.
-Mais suffisamment pour assurer la stabilité du système Alsaka et réprimer toute opposition provenant de son propre camp.
-Ainsi nos opposants qui s’élèveraient contre nos intérêts sur Alsakan et dans les systèmes alliés à eux seront muselés par procuration.
Linza Contispex fixa la nuit qui assombrissait la capitale assoupie, ajusta sa robe de nuit avant de tourner les yeux en direction de leur fils Ethan, endormi.
-Alors la Crise est terminée.
-À notre avantage, ajouta son époux avec malice. Mais un point dans le rapport de Jehun m’a intrigué.
-Lequel ?
-Un Jedi était présent pendant les combats. D’après l’amiral, il s’est bien comporté lors de la bataille d’Alsakan.
-Mais sa présence n’était pas désirable. Cela ne peut vouloir dire qu’une chose.
Arborant une expression soucieuse, Julius se leva finalement de son fauteuil et commença à faire les cent pas devant le paysage urbain nocturne.
-Les Jedi veulent me faire comprendre qu’ils ne nous font pas confiance. Si l’amiral Jehun s’est vu imposé la présence d’un Jedi à bord de son propre vaisseau de commandement, c’est parce le Haut Conseil Jedi a fait pression sur le Quartier Général de la Marine pour surveiller le déroulement des évènements.
-Penses-tu qu’ils aient compris que tu avais quelque chose à voir avec l’accession du Premier Régent ?
Il émit un grognement, subitement étreint par le doute.
-Avec cette fichue Force dont ils se vantent, admettons qu’ils ne soient pas dupes. Je dois trouver un moyen de m’assurer de leurs véritables intentions.
-Tu dois rencontrer le Haut Conseil, lui conseilla-t-elle.
Le silence permit au Chancelier de méditer la suggestion de sa femme. Il hocha la tête pour concéder son approbation.
-Très bien, je les rencontrerai. Avant cela, nous devons nous assurer que cette Crise sera bientôt résolue.
-Le Premier Régent ne nous a pas encore contacté.
-Il ne tardera pas à le faire, affirma-t-il. Quand il aura fini de cogiter.
À l’instant où il prononça ces mots, une alarme sonna et l’hologramme d’un des adeptes du culte Pius Dea flotta devant son visage.
-Sage Suprême, nous recevons un appel important d’Alsakan.
-Passez-le moi.
Le visage d’Orin Melok trahissait beaucoup d’attente et de défiance. Julius n’en était guère surpris, il éprouverait aussi beaucoup d’incertitude à sa place avec une flotte étrangère au-dessus de sa capitale.
-Bonsoir, Orin. Les choses sont-elles enfin rentrées dans l’ordre ? S’enquit-il.
-Oui, Julius. Vous pouvez rappeler maintenant votre Deuxième Flotte avec toute ma reconnaissance.
-Je le ferai quand nous nous serons mis d’accord sur les termes principaux des nouvelles relations entre nos deux gouvernements que je souhaiterais voir liés encore plus étroitement.
À ce dernier terme, les yeux du Premier Régent se plissèrent, mimant une hostilité plus prégnante.
-Il me semble que nous nous étions déjà mis d’accord le jour de la destitution de Pers’lya. Il n’a jamais été question que mon peuple se mette à genoux devant la République, ou intègre la République.
-C’est pourtant ce que je vous propose, appuya le nouveau maître de la République. Cela permettrait d’assurer une paix définitive dont tous les citoyens ont besoin. Vous bénéficierez d’une représentation au Sénat galactique où vous pourrez apporter vos réclamations et vos doléances. Nous serons disposés à vous accorder un Statut autonome particulier vous permettant de sauvegarder une politique fiscale adéquate et le droit de conserver un réservoir de forces militaires spatiales et terrestres, dans la limite du raisonnable, cela va de soi.
-Dans la limite du raisonnable ? Cela ressemble à un Diktat ! Protesta son interlocuteur. L’Archaiad n’acceptera jamais de tels termes ! Et nous accepterons à peine mieux les termes qui ont déjà été négociés avant, ou plutôt que vous nous avez précédemment imposés !
Linza se rangea aux cotés de son époux et posa une main attentive sur son épaule pour l’inciter à la patience.
-Je ne doute pas, Premier Régent, que vous trouverez avec du recul nos conditions acceptables et honorables pour votre peuple, intervint-elle. Une intégration au sein de la République avec un statut particulier avantageux est dans votre intérêt.
-Sinon, vous pouvez être assurés que nous saurons trouver quelqu’un à l’Archaiad disposé à prendre votre place et accepter les termes du futur traité.
Le Premier Régent écarquilla les yeux comme s’il venait d’être mordu. C’est en tout cas l’effet que lui fit les menaces du Chancelier Contispex.
Ce dernier en profita pour enfoncer le clou.
-Et vous savez très bien que nous en avons les moyens.
Melok déglutit avant de se racler la gorge.
-Hum, il me faut étudier votre proposition dont je prie de me faire parvenir les détails dans les plus brefs délais.
-Je vais demander à mon secrétaire de s’en occuper immédiatement.
-Je devrais en discuter avec l’Archaiad et les convaincre du bien fondé de ces termes.
-Bien entendu. Nous nous fions à vos talents de persuasion. Bonne soirée, conclut Julius avec une légère once de condescendance.
L’hologramme du Premier Régent disparut dans un flash, sans que ce dernier n’eut le luxe de pousser plus loin ses contestations. Julius Contispex demeura contemplatif avant de s’animer.
-Tu penses qu’il se pliera à nos conditions ?
-Pas de gaieté de cœur, mais il le fera. Il faudra tout de même nous méfier de lui, appuya-t-elle sentencieusement.
-Je me demande si je ne devrais pas laisser stationner la Deuxième Flotte plus de temps que prévu. Et pourquoi pas prévoir une occupation militaire durable pour nous assurer de leur obéissance dans la République qu’ils intégreront.
-Nous devrions laisser la Deuxième Flotte jusqu’à ce que nous soyons sûrs que Alsakan acceptera nos compromis. Mais nous n’avons aucun intérêt à une occupation militaire durable et à une spoliation économique trop prononcée. Cela radicaliserait à terme les alsakanis contre nous et le coût d’entretien d’une force d’occupation serait tellement élevé que le Sénat se retournerait contre nous et même une partie du peuple.
Elle se rapprocha de son mari puis le contourna pour passer dans son dos et étreindre ses épaules avec affection.
-Nous ne pouvons pas le permettre, tu le sais bien. Tu dois être vu comme le sauveur de la République mais aussi comme le garant d’une paix durable, non comme le germe d’un futur conflit. Nous devons jouer serré tant que nous n’aurons pas le contrôle absolu de la République.
Il hocha la tête.
-Tu as raison, reconnut-il finalement. Je rappellerai l’amiral Jehun et ses vaisseaux après que le Premier Régent ait confirmé qu’il approuverait le traité. En outre, je crois savoir comment soigner mon image de garant de la paix.
Il pivota pour faire face à sa tendre moitié et la prit dans ses bras.
-Je réunirai le Sénat et leur ferai valider le traité. Ensuite, j’inviterai le Premier Régent pour fêter la réconciliation et l’intégration de son système et ceux de ses alliés au sein de la République sur la place publique. J’organiserai à cette occasion un défilé militaire pour récompenser la bravoure de nos marins et soldats et rendre un hommage posthume à tous ceux qui sont tombés sur le champ de bataille.
-Ta légitimité sera d’autant plus consolidée. Je te suggère de convier aussi le Haut Conseil Jedi, tu pourras ainsi t’assurer des intentions de tous nos alliés et de tous nos ennemis potentiels.
-Les Jedi ne se mêlent pas vraiment de politique et cela est à notre avantage.
-Alors faisons en nos alliés, l’encouragea-t-elle.
-Et si ils ne deviennent pas nos alliés…
-… alors nous nous débarrasserons d’eux. Même s’il ne serait pas inutile de trier les Jedi qui adhèrent à notre doctrine des autres.
Ils s’embrassèrent avec ardeur. Oui, ils se débarrasseraient de tous ceux qui leur barreraient la route et s’opposeraient à la Volonté de la Déesse. Oui, ils prendraient peu à peu le contrôle total de la République pour la remodeler de manière parfaite. Ils en feraient de même pour l’univers tout entier au-delà de cette galaxie, si tout leur souriait.
Tout ce qu’ils auraient réussi à accomplir, ils le légueraient à Ethan lorsque l’heure serait venue. L’avenir appartenait aux Enfants de la Déesse. L’avenir leur appartiendrait à eux seuls et à leurs descendants, si la Déesse le voulait.

Deux jours après l’accession de Contispex au poste de Chancelier Suprême

Riyan Lix se frotta vigoureusement la peau avec le gant de toilette sous la vapodouche dans le quartier de l’escadron Nimbus, affecté au cuirassé le Vontor, en orbite de Coruscant. Il pensait que cela apaiserait la tension qui mettait ses nerfs à rude épreuve mais ce n’était vraiment qu’un soulagement éphémère. Il grogna lorsqu’il râpa l’épiderme sous son aisselle.
Il n’était pas à l’aise et ses équipiers bien moins encore, à l’idée d’être cité comme témoins dans le procès de Grevas Eyl, relevé de ses fonctions depuis son arrestation par la police de la Marine pour être jugé devant un tribunal militaire.
Il ne dormirait pas bien tout à l’heure, c’était certain. Il angoissait à l’idée de devoir faire face à son ancien équipier, son camarade de l’escadron. Son ancien ami. Comment avait-il pu se laisser contaminer par les doctrines radicales de ce culte, qui prônaient l’obéissance aveugle à une Déesse et la supériorité raciale des humains sur les autres espèces qui peuplaient la galaxie, y compris la République ?
Avec l’élection du nouveau Chancelier Suprême Contispex, les choses n’iraient pas en s’améliorant. Peu avant le début de l’opération de pacification sur Alsakan, plusieurs de ses coéquipiers avaient été pris à partie par certains membres des équipages du Rêve des Zhells lorsqu’ils avaient été briefés par l’amiral Jehun en personne.
Ils avaient été agressés en raison de leurs origines non humaines. Ce qui restait de l’escadron Nimbus à la fin de cette Crise se demandait si la République valait encore la peine d’être défendue.
Riyan comptait rester en service jusqu’au bout, le plus longtemps possible. Une démission équivalait à une défaite et à laisser le champ libre à un autre sous officier humain bien moins respectueux que lui. Tous s’étaient mis d’accord pour en parler avant l’ouverture du procès de Grevas sur la capitale.
Il comptait en discuter avec Zeya après sa toilette. Le savon lui glissa tout à coup des mains et il jura entre ses dents en le ramassant tant bien que mal. Il prit conscience peu après d’une présence toute proche de lui.
Il se contorsionna la tête par dessus l’épaule puis s’exclama :
-Zeya ?
Oui, c’était bien Zeya… entièrement dépouillée de tous ses vêtements, d’ailleurs. Elle sourit légèrement lorsqu’elle surprit son compagnon rougir malgré lui devant sa superbe plastique athlétique avantageuse. Elle aéra insolemment ses chevelure libérée derrière sa nuque. Sa peau rose et ses cheveux mauves étincelaient sous les lumières artificielles de la pièce.
-Permission d’entrer sous la vapodouche, sergent-major ?
Il reprit finalement sa contenance.
-Hum, toussa-t-il. Permission accordée euh première classe.
Sans hésiter, tout en accrochant son regard, elle entra. Les gouttes apparurent et glissèrent sur elle de haut en bas, la faisant luire.
-J’ai senti tes émotions depuis ma chambre et je me disais que tu avais peut-être besoin que je vienne te voir.
Comme toutes les zeltronnes, elle possédait en effet la capacité de capter comme une éponge les sentiments d’autrui et de les influencer. Ce qui pouvait en faire de redoutables manipulatrices pour ceux qui étaient sensibles à leurs phéromones.
Mais pas Zeya. Pas avec lui.
-Et ce qui me perturbe, te perturbe ?
-Pour ainsi dire. Je veux que tu te sentes à l’aise, surtout pour le procès de Grevas demain, lui souffla-t-elle.
Ils étaient maintenant très proches l’un de l’autre. Il lui tendit alors galamment le savon alors que son regard demeurait rivé sur lui.
-Nous n’avons pas besoin de ça, lui fit-elle remarquer en saisissant le savon et en le jetant négligemment par dessus son épaule. Nous avons seulement besoin l’un de l’autre.
Elle enroula subitement ses bras autour de sa nuque et pressa ses lèvres contre les siennes avec une fougue incroyable qui le bouscula contre le mur et les firent glisser sur le sol poisseux de la vapodouche.
Oui, il avait besoin d’elle. Besoin du goût de sa langue sucrée qui se glissa au fonds de sa bouche, besoin de ce corps cambré qui se frottait contre le sien. Besoin de ses cheveux longs et humides qui lui chatouillaient le visage. Besoin de ses cuisses qui enserraient ses hanches alors qu’elle l’enfourchait, pour le fusionner à elle.
Ils se mirent à haleter pendant de longues minutes pour accomplir cette besogne avant qu’ils ne firent une pause. Elle s’affala sur lui et colla son visage contre sa poitrine tandis qu’il enroulait amoureusement ses doigts dans ses mèches de cheveux mauves.
-J’ai peur de l’avenir, lui confia-t-il alors.
Elle se redressa vivement, le visage grave.
-Tu crois que ça ne marchera pas entre nous ?
-Non je ne parlais pas de ça.
Il ajouta peu après :
-Je pense que je ne reconnaîtrai plus du tout la République dans peu de temps.
-Alors concentrons-nous sur ce qui fonctionne encore bien, lui proposa-t-elle.
-Ah oui, quoi donc ?
-Eh bien, le tribunal militaire qui va juger Grevas, pour commencer.
Il s’esclaffa.
-J’admire ton optimisme.
Elle lui rendit son rire avant de lui demander :
-Au fait, tu as aimé ?
Il sut évidemment de quoi elle parlait.
-Bien sûr, répondit-il avec malice. Il en faut plus pour m’essouffler, première classe.
-Alors remettons ça, sergent-major.
Tandis qu’elle le chevauchait de nouveau, Riyan se persuadait que ce n’était pas une si mauvaise idée de reporter les discussions sérieuses à propos de leur avenir comme pilotes de la Marine. Oui, ils verraient ça plus tard.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Désolé, il fallait que j'honore ma réputation d'adepte du Coté coquin de la Force!

En tout cas, je vous promets que l'épilogue sera extra car on ne verra que du beau monde: Cet épilogue, messieurs dames, réunira donc ensemble le clan Contispex, des Jedi, des alsakani, des adeptes du culte Pius Dea, une foule coruscantie en folie et en pâmoison devant son nouveau Chancelier :sournois: .... Bref que du beau monde :diable: !

Allez à la prochaine pour l'épilogue de cette première partie :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 12 novembre 2019, 19:05

Bonsoir à tous :hello: ! Le grand moment est venu!

Je vous l'avais promis... voici donc l'épilogue de cette première partie :shock: !

Je vous laisse savourer cela! Bonne lecture :) !

Épilogue

Cinq jours après l’accession au pouvoir de Julius Contispex
Coruscant

Les fanfares militaires résonnaient dans l’une des plus grandes avenues de la Cité Galactique qui menait à la grande place devant le siège du Sénat Galactique. Des soldats en uniforme prestigieux de l’Armée et de la Marine Républicaine défilaient en pas cadencé, sous les applaudissements de la foule rassemblée en masse de part et d’autre des cordons de sécurité. Ils célébraient non seulement leurs héros mais aussi le retour d’une paix que tout le monde espérait cette fois durable.
Une tribune avait été installée au pied des marches du Sénat, réunissant les personnalités les plus importantes de la République, notamment des sénateurs humains et non humains de mondes influents comme Kuat ou Duro. Le comité comprenait aussi deux Jedi encapuchonnés, un humain et une twi lek à la peau verte.
Ri’ila Terka et Bekan Kalad observèrent le Chancelier Suprême s’avancer vers le pupitre, et des holocams flottèrent autour de lui pour retranscrire en différé son portrait et son discours dans tout l’espace républicain.
Disposés en une dizaine de rangs, les soldats pivotèrent vers lui et se mirent au garde-à-vous, engloutis sous des acclamations toujours aussi nourries. Julius Contispex se tourna pour appeler sa femme et son fils auprès de lui.
Puis il réclama le silence.
-Citoyens de la République, nous sommes réunis en ce jour pour célébrer le début d’une nouvelle ère pour nous tous. Je sais combien votre confiance a été ébranlée ces derniers temps, en nos institutions. Beaucoup parmi vous ont été excédés et lassés par les scandales de corruption à répétition qui ont jeté beaucoup de discrédit sur le Sénat. Et sur mon ancien prédécesseur, le Chef d’État Pers’lya.
Au nom du défunt bothan victime des machinations de son rival aujourd’hui à sa place, des huées furent lancées par nombre d’humains.
-Bien fait pour ce voleur ! S’exclama l’un d’eux.
Un observateur attentif aurait remarqué le rictus narquois du Chancelier, ravi de voir la réputation de son ex rival bothan égratigné par ces gens partageant les idées radicales et xénophobes du Pius Dea.
-Allons allons, tempéra-t-il avec la modération d’un père aimant exagérément ses enfants. Il ne sert à rien de continuer à maudire les morts. Nous valons mieux que cela, mes chers concitoyens.
Il patienta le temps que les clameurs s’essoufflent d’elles-mêmes. Les sens aiguisés des deux Jedi leur permirent de remarquer des individus au crâne rasé, recouvert d’une longue toge propre. Contispex avait donc déployé un second service de sécurité moins officiel que les gardes sénatoriaux qui encadraient la place.
-Vous les voyez, maître Terka ? Interrogea Bekan à son oreille.
La twi lek acquiesça discrètement.
-Oui, Bekan. Prions la Force qu’ils ne causent pas de problèmes.
-Je ne parierais pas trop là-dessus, confia le jeune alsakani. Vous m’avez raconté que ces adeptes ont failli vous attaquer au parc Zohen.
-C’est vrai mais le Chancelier Contispex n’aurait pas intérêt à ce que des troubles surviennent de leur fait.
-Faisons-lui confiance pour qu’il les maîtrise aujourd’hui, je n’ai pas envie de me faire remarquer en brandissant mon sabre laser.
La non humaine sourit et posa une main réconfortante sur l’épaule de son ancien padawan.
-Je suis certaine que tout se passera bien aujourd’hui, tu n’auras pas besoin d’épater la galerie et d’impressionner Zeri.
Ils reportèrent leur attention de nouveau sur le discours du Chef d’État entouré de sa proche famille.
-La République vient de connaître une crise, à la fois de confiance en elle-même mais aussi politique avec Alsakan. Mais nous l’avons surmonté et c’est grâce à vous qui m’avez témoigné votre confiance et votre soutien depuis le lancement de ma carrière politique. Vous êtes le peuple uni de la République !
Il recueillit l’enthousiasme des badauds – majoritairement des humains – pendant une longue minute et les holocams se resserrèrent sur son visage.
-Et il est temps pour nous de célébrer la vaillance et le sacrifice désintéressé de ceux et celles qui ont risqué leur vie pour défendre la République. Je fais allusion aux marins et soldats de la Flotte du Noyau qui ont sauvé Coruscant de l’offensive ennemie. Par conséquent et avec l’accord du Sénat, j’ai décidé en tant que Chancelier Suprême de décorer à titre posthume ceux qui sont tombés au champ d’honneur, d’accorder une distinction aux survivants et à l’amirale Helder dont j’ai appris qu’elle était en voie de guérison.
Des centaines de cercueils transportés sur des barges anti grav apparurent depuis l’avenue et les gardes repoussèrent la foule, tandis que les soldats rompirent les rangs pour libérer la place urbaine. Des officiers supérieurs et le Ministre de la Défense de la République se présentèrent munis d’un coffret contenant les fameuses décorations. Julius Contispex accompagné de sa femme et de son fils, descendirent les rejoindre. Il se présenta devant le premier cercueil, déclina l’identité du défunt aux holocams au-dessus de sa tête puis saisit une médaille pour la poser sur le cercueil.
Et ainsi de suite.
-Il va vraiment tous les passer en revue ? S’étonna Bekan à voix basse à l’adresse de son ancienne instructrice. Il tient vraiment à être populaire.
-Et il tient visiblement à ce que cela soit relayé dans toute la République, souligna Ri’ila Terka.
Les coruscantis semblaient être sous le charme de ce nouveau Chancelier qui gagnait la bataille des cœurs. On pouvait même avancer qu’il était bien parti pour s’en assurer le monopole. D’éventuels contestataires n’auraient eu aucun poids à cet instant.
Tout le monde prit son mal en patience le temps que la cérémonie posthume s’achève. Puis le Chancelier reprit sa place devant le micro.
-Oui, nous devons célébrer nos héros, poursuivit-il. Mais nous devons aussi nous réjouir de la paix revenue avec les alsakanis, qui font aujourd’hui officiellement partie de la République ! C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, souhaitons leur la bienvenue parmi nous !
Quelques huées et sifflets se firent entendre, vite coupés car… la délégation alsakanie venait d’arriver en landspeeder sur la place. Avec à leur tête, le Premier Régent en personne, Orin Melok. Ce compatriote de Bekan Kalad lui inspirait immédiatement de l’antipathie à cause de cette roublardise qui se dégageait de lui, mais aussi à cause des récents évènements qui avaient agité Alsakan et menacé de plonger tout un système dans le chaos d’une guerre civile.
Fort heureusement, cela avait été évité au prix fort. Cependant Melok avait du bénéficier de complicités pour accéder au pouvoir, il en avait la certitude.
Le Premier Régent et sa délégation furent accueillis par Contispex en personne avec force accolades pour illustrer la force des nouveaux liens unissant les alsakanis à la République. Les deux Jedi notaient que les sourires étaient plutôt forcés et semblaient masquer des arrières pensées.
Bien plus chez les alsakanis que chez Contispex, c’était du moins l’impression de Bekan lorsqu’il les sonda à l’aide de la Force. La twi lek avait du sans doute le deviner aussi.
Les lourdes pertes infligées aux alsakanis lors de la bataille d’Alsakan à cause de leur querelle fratricide y étaient vraisemblablement pour quelque chose. Le ressentiment de Melok troublait les flux de la Force.
Contispex amena les nouveaux venus à la tribune pour qu’ils puissent échanger les salutations avec les représentants républicains. Lorsque ce fut le tour de Bekan et de maître Terka, le Chancelier s’écria de façon théâtrale :
-Ah, Premier Régent, permettez-moi de vous présenter maître Ri’ila Terka déléguée du Haut Conseil Jedi et son ancien padawan le Chevalier Jedi Bekan Kalad, un de vos compatriotes.
Les deux utilisateurs accomplirent une révérence basique en signe de respect avant que Melok ne se planta face au jeune homme. Il lui tendit une main raide que Bekan serra avec retenue et prudence.
-Le nom des Kalad est connu et respecté chez nous. C’est une fierté pour notre peuple de voir un des nôtres faire une carrière prometteuse chez les Jedi.
-C’est une responsabilité dont j’espère être digne, répondit l’intéressé.
Contispex sollicita alors son attention. Une tentative discrète de s’attirer les faveurs des Jedi en vue de son règne ?
-Saviez-vous, jeune Jedi, que votre père le Magistrat Hassan Kalad a été nommé Sénateur par l’Archaiad ? Le Premier Régent a proposé son nom et l’assemblée des Magistrats a donné son accord. N’est-ce pas une nouvelle réjouissante ?
Bekan savait la vérité derrière ce beau miroir de la promotion. Son père en tant que Magistrat s’opposait à la politique de l’Archaiad depuis bien longtemps. Trop longtemps, à en juger au goût de certains conseillers de l’assemblée oligarchique. Bien que l’assemblée des Magistrats ne disposaient au plus haut sommet que d’un pouvoir consultatif très symbolique, son influence le rendait particulièrement gênant.
Cette nomination comme sénateur d’Alsakan sonnait comme un exil politique habilement orchestré qui l’éloignait de son monde natal, suffisamment pour ne plus entraver la prise de pouvoir du nouveau chef d’État alsakani.
Et cela permettrait au Chancelier Suprême de le faire surveiller de près au cas où il tenterait d’entraver sa politique.
-Vous pourrez le voir plus souvent, insistait celui-ci. Il arrivera demain.
-Oui, c’est une excellente nouvelle, même si les Jedi ne doivent pas s’impliquer émotionnellement.
La réponse du jeune Chevalier fut assez cinglante et cela déconcerta Contispex un bref instant, même s’il n’en laissa rien paraître.
-Les obligations auxquelles se soumettent les Jedi forcent notre respect, déclara-t-il cependant avec diplomatie. Vous représentez un modèle de vertu dont tout le monde voudrait s’inspirer.
-Tout de même, réagit le Premier Régent, je prévoyais que les Jedi se réjouissent plus que cela des bonnes nouvelles qui les concernent.
Bekan soutint sans ciller le regard goguenard de Melok.
-Il ne fait aucun doute, excellence, que vous vous êtes réjoui de la tournure des derniers évènements qui vous ont profité, comme la disparition troublante de l’amiral Ap Token. Dommage que notre peuple ait payé le prix fort.
Il regretta à moitié les mots qu’il venait de prononcer impulsivement. Il se reprocha intérieurement son manque de maîtrise. Les traits de Melok se tordirent d’irritation.
-Je n’aime pas vos insinuations, jeune homme, gronda-t-il. Si votre père sera en sécurité sur Coruscant, ce n’est pas le cas du reste de votre famille.
Ri’ila Terka intervint à propos en posant une paume apaisante sur l’épaule de son ancien protégé.
-Pardonnez-moi, Premier Régent, mais seriez-vous en train de menacer de représailles la famille de ce jeune Chevalier Jedi qui est mon ancien padawan ? Car si c’est le cas, le Haut Conseil de mon ordre vous fera savoir qu’il ne tolérera pas ce genre de comportement, même s’il provient d’un dignitaire d’un secteur semi-autonome au sein de la République.
Personne d’autre ne releva la remarque de la twi lek. Le Chancelier Suprême reprit la situation en main, soucieux de préserver la concorde entre toutes les parties.
-Allons, je sais que cette période a été assez agitée. Mais il est temps de faire preuve de civilité les uns envers les autres, n’êtes-vous pas d’accord, Premier Régent ?
Melok reprit une expression affable.
-Hum, oui, monsieur le Chancelier Suprême. Je vous présente mes excuses au nom du peuple d’Alsakan, fit-il aux deux Jedi.
-Nous les acceptons et nous vous présentons les nôtres, répondit la non humaine.
-Voilà qui est bien parlé, approuva le Chancelier. Premier Régent, mettez-vous à l’aise, je vous en prie. Je vous rejoins très bientôt.
Julius Contispex demeura face aux deux utilisateurs de la Force, attendant que le politicien alsakani soit hors de portée avec sa délégation.
-Je suis désolé pour cet incident regrettable, maître Terka.
-Oh, ce n’est rien, je vous assure, votre excellence.
-En ce qui me concerne, j’espère pouvoir bâtir des relations privilégiées avec les Jedi. Vous soutenez la République depuis sa création, et je souhaite que cela continue. Et même, pourquoi ne pas entretenir une amitié durable comme celle que vous avez nouée avec mon prédécesseur.
Cette remarque sentait le piège. La twi lek ne se départit pas de son sourire courtois.
-J’ai entendu dire que le Haut Conseil allait vous dépêcher prochainement sur Bothawui, à ses obsèques.
-J’y serai à titre personnel, corrigea Ri’ila Terka. N’y voyez donc aucune intention politique de notre part. Et le Haut Conseil Jedi sera ravi de coopérer avec vous et votre administration du moment que vous agirez dans l’intérêt de la République et de ses citoyens.
-C’est bon à savoir, maître Terka. Cela semble prometteur pour l’avenir de tous.
Bekan avait observé cette discrète passe d’armes en silence. Le ciel était dégagé, la joie illuminait tous les visages… mais ce n’était qu’une apparence. Entre les Jedi et le nouveau Chancelier, la méfiance teinterait leurs relations.
Pour le moment, ils s’engageaient dans une coopération cordiale. Contispex mènerait la République, et les serviteurs de la Force s’efforceraient d’en atténuer les effets indésirables. Une complémentarité tacite venait d’être décidée.
Pour le moment, les Jedi serviraient la République.
Contispex soutint le regard de la non humaine avant de se détourner pour rejoindre sa famille. Immédiatement, sa femme se pencha à son oreille.
-Eh bien ? Lui demanda-t-elle.
-Ils ne piétineront pas nos plates bandes, assura-t-il.
Ils serrèrent la main de leur fils pour le guider avec eux tandis que Linza conclut :
-Alors ils seront nos alliés.
De leur coté, les deux Jedi se concertèrent eux aussi.
-Vous croyez que nous pouvons lui faire confiance, maître ? Fit le jeune alsakani.
-Bien sûr que non. Mais nous ne pouvons rien faire contre lui et il le sait. Il est populaire auprès des citoyens, il tient le Sénat et une partie de l’armée et de la Marine, y compris parmi certains non humains qui sont dupes de ses opinions radicales. Il serait dangereux pour nous et pour la stabilité de la République de nous opposer ouvertement à lui car nous serions isolés et sans alliés.
-Dons nous allons le laisser faire ?
-Nous allons rester attentifs à la Force, Bekan. Ta responsabilité en tant que Chevalier en est donc plus lourde à assumer. Je te demande de veiller à préserver la paix entre nous et les autorités, comme chaque membre de l’Ordre Jedi, pour le bien de la République.
Elle le sermonnait pour l’incident qu’il avait provoqué avec le Premier Régent et il le comprit sans mal.
-Je vous promets que je tirerai les leçons de ce qui s’est passé, maître Terka.
Des éclats de rire leur parvinrent alors que le Premier Régent échangeait des plaisanteries avec plusieurs sénateurs. Au coeur de la République, il leur faudrait se méfier de l’eau qui dort.
-Merci Bekan, je n’en attendais pas moins de toi, répondit la twi lek avec reconnaissance.


[… l’amiral Ap Token était mort dans des circonstances troubles, tout comme l’ancien Chancelier Pers’lya. L’ombre du secret et de la peur garderait à jamais ces secrets, nous doutions que même la Force nous permette d’y déceler la vérité pleine et entière.
Aujourd'hui, au crépuscule de ma vie au service de la Force et de l’Ordre, j’ai la conviction que ces deux morts sont liés à un seul homme. Le seul homme qui pouvait tirer profit d’une telle opportunité pour ravir le pouvoir, le seul homme qui était devenu le maître absolu de la République en tyrannisant les citoyens et en brisant toute velléité d’opposition.
Je me rappelle encore de ce jour où beaucoup avaient fêté la fin de la Crise avec Alsakan. Nous aurions pu espérer que cela marquerait le début d’une nouvelle ère de prospérité, un renouveau pour une République qui avait perdu foi en elle-même.
Mais ce n’était pas arrivé.
Mon maître, moi et tous les autres Jedi lucides savions ce que ce jour signifiait vraiment pour la galaxie.
Le début des temps sombres
… ]


Extrait de l’holocron de Bekan Kalad, Maître Jedi et membre du Haut Conseil


FIN de la première partie


VOILAAAA!!! Ca y est, on y est... c'est donc fini pour cette première partie :cry: ... oh non pas déjà... allons allons séchez vos larmes car certes cette première partie est terminée mais il me reste bien des histoires à raconter sur cette périodes des Croisades Pius Dea :roll: !

Une deuxième partie est dans les cartons et le synopsis paraîtra donc la semaine prochaine :oui: ! Je n'en dis pas plus mais cela se déroulera vingt ans après la première partie! On reverra certains des personnages de la première partie et d'autres personnages apparaîtront :sournois: !

En attendant, FAITES LE BILAN! qu'avez- vous aimé, qu'avez-vous détesté... que pensez-vous du contexte, de l'intrigue, des péripéties, des personnages...? BREF, LÂCHEZ-VOUS :x !

Si vous avez des questions sur la première partie, n'hésitez pas :wink: ! Je serais présent pour vous répondre :jap: !

D'ici là, scandez tous avec moi: PIus Dea! Pius Dea! Ouiiii, convertissez-vous mécréants et vos âmes seront sauvées :x ... Ok ok je me calme....

Allez de gros bisous et à la prochaine pour de nouvelles aventures! Pius Dea :roll: !

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