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MessagePublié: 03 Décembre 2016, 21:12 
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Bonjour à tous,

Je suis Darkliser, écrivain amateur, et je souhaite vous présenter ma Fanfiction 8-)

La saga, le Mystère de la Force, est composée de plusieurs tomes et se déroule dans un univers alternatif parallèle à l'époque de l'Ancienne République 4000 ans AV Yavin.
Les planètes, les factions... beaucoup de choses y sont semblables. L'Histoire diverge, les personnages sont différents et du coup les héros aussi.
Je compte poster chapitre par chapitre, au rythme d'un par semaine.
J'espère que vous aurez autant de plaisir à lire que moi à écrire :P



Pièce jointe:
photo_2016-11-25_21-22-54.jpg
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Le Prologue




Une guerre se prépare dans la Galaxie entre la République Galactique et les redoutables guerriers mandaloriens. Au pied du mur, l’Ordre Jedi, protecteur de la galaxie, envisage une alliance avec la République afin de juguler la menace de plus en plus pressante.

Le Padawan Den Liser et son Maître Kalin Notsun sont envoyés dans le système Y'Toub sur la planète Nar Shaddaa pour enquêter sur une possible rencontre entre l'organisation criminelle nommée l'Echange et les Mandaloriens, empêcher les envahisseurs de trouver de l'appui étant le seul moyen de préserver la paix dans la galaxie...




Chapitre 1:

Un Padawan différent des autres





Un cargo corellien d’un gris foncé sortit de l’Hyperespace et s’inséra dans le trafic spatial, en direction de Nar Shaddaa, la lune de Nal Hutta. À son bord, le Padawan Den Liser remontait d’un pas lourd la coursive centrale du bâtiment.
Tête basse, le jeune homme entra dans la salle circulaire où l’attendait son Maître, le sage et puissant Kalin Notsun. Plus ce dernier s’approchait du Jedi, plus naissait en lui la certitude d’une sévère réprimande. En effet, l’escroquerie ne faisait pas partie des préceptes de l’Ordre Jedi, mouvance entretenant paix et justice dans la Galaxie.
Fougueux et parfois émotionnellement instable, Den avait conscience de ne pas être l’archétype du Padawan idéal que tout Maître rêvait avoir. À sa décharge, le Padawan n’avait pas eu la vie facile lors de son adolescence passée à l’Académie Jedi d’Ossus.
Son estomac se noua au souvenir du combat qui l’avait opposé quelques mois auparavant à son meilleur ami, tombé dans le Côté Obscur de la Force. Dans cet affrontement, le sabre de Den et son cristal nommé « Kiishra », l’un des plus puissants de la galaxie, avaient été détruits. Or, le Padawan entretenait depuis ses onze ans, un lien étroit avec la précieuse pierre et suite à sa disparition, il avait perdu la moitié de sa connexion avec la Force. Pourquoi le cristal l’avait choisi à lui, un Novice médiocre, l’un des moins prometteurs de sa génération, restait un mystère lié à une très vieille prophétie concernant sa famille. Mais en l’égarant, sa vie avait été bouleversée.
Sage parmi les sages, Maître Viridia lui avait révélé une partie de cette prophétie multimillénaire, à l’aube de ses seize ans : « Voyageur né de l’Obscurité et de la Lumière, l’Élu cheminera au sein de la Force pour la sauver du néant. »
Le reste de la prédiction s’était perdu dans les limbes du temps. Dernier représentant de sa famille, Den demeurait le seul Élu potentiel et l’objet d’une surveillance attentive de l’Ordre Jedi.
– Den, l’interpella sereinement Kalin.

– Maître ? répondit le Padawan, arraché à ses songes.

– Assieds-toi, je te prie, nous avons beaucoup de sujets à débattre.

Den s’exécuta en se calant en face au Jedi encapuchonné et attendit dans un silence pesant. Au bout de quelques secondes, Kalin entama un de ses sermons tant craints par le Padawan :
– Je te sens très préoccupé depuis les événements d’Ossus...

Den ne souhaitait pas revenir une fois de plus sur ce sujet et voulait ardemment oublier le visage de haine de son ami.
– Un ami cher a trahi les Jedi et a manqué de me tuer. Si vous me sentez soucieux, c’est parce que je m’efforce de repousser ces souvenirs, grommela Den.

– Enfermer une réminiscence traumatisante au fond de soi est une réaction instinctive et tout à fait normale. Tu y parviendras avec le temps, crois-en mon expérience. Néanmoins tu me caches autre chose. Je le sens... Tu sais que je te considère à la fois comme un fils et un ami, Den. Tu peux me faire confiance en toute circonstance, confia Kalin, les yeux brillants.

Le Padawan acquiesça, et tenta d’orienter la conversation sur un autre sujet. Kalin n’abordait toujours pas les circonstances troubles ayant amené Den a « gagner » le cargo. Ce qui enjoignait ce dernier à poursuivre ses efforts pour détourner l’attention du Maître Jedi.
– Vous avez sans doute raison. Toutes ces longues années de souffrance passées avec moi ont dû vous apprendre que je ne suis pas ouvert à tous les sujets. Souvenez-vous de cette Twi-Lek aussi belle qu’un astre. Malgré tous vos efforts, vous n’êtes jamais parvenu à obtenir mes aveux sur notre... partenariat, déclara le Padawan sur un ton badin.

– Et crois-tu que tes histoires d’adolescents m’intéressent ?

– Eh bien à l’époque, vous vouliez absolument démêler le vrai du faux. Avais-je transgressé mon engagement envers l’Ordre ? Jusqu’à quel point ?

Kalin sourit, mais ne glissa pas dans cette voie. Den savait son Maître perspicace et se résigna à partager son fardeau. Peut-être ce dernier s’allégerait ou même disparaîtrait s’il s’en ouvrait à Kalin.
– Bon très bien ! Depuis la destruction de mon cristal Kiishra, j’ai du mal à ressentir la Force. Un vide s’est installé dans mon esprit comme si une partie de moi s’était définitivement envolée. Cette faiblesse... Je n’en retire qu’une grande source de honte que personne ne pourra jamais combler, confessa Den en se levant pour faire quelques pas.

– Je comprends, et je pressens que tu n’es pas prêt à rester ainsi toute ta vie, n’est-ce pas ?

– Personne ne le serait, souffla Den dans le regard duquel s’alluma une farouche lueur.

Dans un coin de sa tête, le Padawan recherchait le moyen de récupérer son lien et pour cela, il lui fallait trouver un autre cristal Kiishra.
– En attendant, je te conseille de t’immerger davantage dans la Force. La dégénérescence de ta connexion avec elle ralentira, peut-être même stoppera-t-elle, qui sait ? Les attributs d’un Jedi respectable ne sont ni sa puissance ni sa capacité à réaliser maintes prouesses, mais de savoir faire preuve de discernement et de prendre les bonnes décisions aux moments cruciaux. Un Jedi possède le courage, il domine ses peurs et ses craintes. À toi de les combattre, monologua Maître Notsun en posant les mains sur les épaules de son Padawan.

Il ajouta en raffermissant sa prise :
– Or Den, tu es un des Jedi les plus courageux que je connaisse... avec ou sans ton lien au Kiishra, il ne fait aucun doute pour moi que tu deviendras un grand Chevalier Jedi.

Un peu rassuré, Den répondit avec un petit sourire :
– Je suis flatté, Maître, mais si je suis ce que je suis et si je deviens ce que je dois devenir, ce sera grâce à vous et votre enseignement.

– Trêve d’éloges, l’interrompit Kalin en levant une main. Et je te prierais de ne plus essayer de noyer le poisson ! Ta pathétique tentative pour m’éloigner du véritable sujet montre cependant que tu as de la suite dans les idées, continua le Maître Jedi sur un ton amusé.

Discuter de son problème avec la Force ranimait un peu l’envie de vivre de Den, mais il pensait à tort que Kalin en oublierait ses remontrances sur la provenance du vaisseau cargo dans lequel ils voyageaient.
– J’escomptais gagner du temps pour trouver une meilleure justification à mon acte. J’aurais dû comprendre la futilité d’une telle manipulation, avoua Den, résigné.

– Bien ! J’espère qu’à l’avenir tu n’utiliseras plus tes pouvoirs pour ton profit personnel. Sans doute ce vaisseau était volé, sans doute cet homme, Jeth Gran, méritait son sort. Mais cela ne te donne pas le droit de t’abaisser à son niveau. Comprends-tu ? reprocha le Maître Jedi.

– Ce type martyrisait une jeune serveuse sans aucune raison. Je lui ai simplement donné une leçon en le corrigeant au Pazaak. Ce tricheur a perdu et ne souhaitait pas honorer notre pari. Il a même voulu me battre avec l’aide de ses sbires ! Je n’ai fait que me défendre en résumé, protesta Den avec véhémence.

Kalin se détourna du visage offensé de son disciple et fixa un instant l’appareil holographique situé au centre de la pièce.
– Den, Den... Tu as suivi ta propre justice sans penser une seconde qu’une autre voie s’ouvrait à toi. Il te suffisait d’aviser le gérant de la taverne du comportement obscène de Gran ! Alors tu n’aurais pas provoqué cette bagarre ni gagné ce vaisseau en sachant pertinemment que toute possession de bien est prohibée par le Code Jedi.

– Je... commença Den, l’air subitement contrit. Oui vous avez raison, comme toujours.

– À la bonne heure, la leçon est enfin rentrée dans ton crâne. Maintenant, va endosser ta bure. Nous sommes en vue de Nar Shaddaa et une mission délicate nous attend...

Le Jedi Kalin Notsun ôta la capuche de sa tête et observa son élève partir sans rien ajouter...
« Sa démarche est voûtée comme si la pesanteur avait doublé... être dans l’inconnue à cause d’une telle prophétie représente un fardeau difficilement imaginable... »
Pour le bien de son Padawan, Kalin espérait que cette prophétie ne se réaliserait pas, car rares étaient celles qui ne présageaient pas de dures épreuves.

Un faible remous dans la Force en la personne du Chevalier Jedi Siosk l’interrompit dans sa réflexion. L’alien le salua d’un geste de la main et poursuivit son chemin en direction de la salle des machines.
Siosk appartenait à la race des Quarrens, une espèce aquatique apparentée aux Mon Calamaris. Il dépendait du groupe des Jedi Consulaires connues pour leur pacifisme à toute épreuve et leurs capacités de négociateur. Chargé de régler un contentieux sur Kashyyyk entre les Wookies et les Trandoshans, Siosk y avait perdu sa navette, obligeant Kalin à le récupérer et à l’intégrer à la mission. Le Maître n’appréciait pas cette caste de Jedi à la vision de la galaxie diamétralement opposée à la sienne.
« Certaines personnes ne comprennent qu’un langage, le sabre laser sous la gorge. »
Soupirant de lassitude, Kalin se servit un Whisky corellien et commença à le siroter à petites gorgées.
Le liquide fruité et alcoolisé lui réchauffa le corps, atténuant quelque peu l’atmosphère fraîche du Crystal Obscur, leur cargo.
Malgré ses réserves, Siosk et lui travailleraient avec le même objectif en vue : découvrir le lien unissant l’organisation criminelle « l’Échange » et les Mandaloriens. Les rapports faisaient état d’une présence mandalorienne plutôt discrète, qualité pourtant peu caractéristique dans leur société. Kalin trouvait ce changement de comportement aussi étrange qu’inquiétant. Quant aux Hutts, souverains du système, leur profil bas sur cette affaire lui convenait parfaitement.
« Avoir à faire à un Hutt est toujours source de problèmes. »
– Nous sommes arrivés Maître Notsun, annonça le Quarren de retour de la salle des machines.

Aidé de la Force pour courir plus vite qu’un humain normal, Den Liser se précipita dans sa cabine, située à gauche de la coursive menant à la pièce centrale. Il enfila sa bure de Jedi en coup de vent, mais ne se dirigea pas vers la sortie du vaisseau. Il désirait tout d’abord s’entretenir avec Lyra Mayn, sa meilleure amie de dix-sept ans, dans la cabine adjacente. Dos à l’entrée, elle méditait paisiblement.
Sa cabine ressemblait à celle de Den car, hormis quelques objets sentimentaux que Lyra emmenait lors de ses missions, seuls une couchette et quelques gadgets tel le comlink posé sur la table de chevet, occupaient l’espace. Elle sentit sa présence et se retourna. Ses longs cheveux blonds virevoltèrent autour de son visage radieux, elle planta sur lui des prunelles émeraude.
– Tu es à ton aise à ce que je constate, remarqua Den en examinant les alentours.

– Ce nouveau vaisseau sera très utile pour des missions requérant plusieurs personnes. Félicitations pour ta victoire au Pazaak, alors que les jeux d’argent sont interdits par l’Ordre.

– C’était simplement pour rendre justice, résuma Den en souriant. Cette crapule arrogante a amplement mérité son sort.

– Je ne doute pas de la noblesse de tes intentions, mais Maître Notsun paraissait agacé, répliqua la jeune femme en posant les mains sur les hanches.

À son ton faussement sévère, Den comprit que son amie ne la réprimandait pas.
– Il était fort mécontent, mais tu me connais, j’ai évité le pire en l’amadouant, avoua-t-il en riant, avant de reprendre son sérieux.

Le jeune homme en arriva à la raison principale de sa visite :
– Nous venons d’atterrir et je pars en mission avec Maître Kalin dans l’instant...

- Alors, pourquoi restes-tu là ? demanda-t-elle d’un léger rire cristallin
L’air grave, Den répliqua en prenant une main dans la sienne :
– Je tenais à te voir avant de sortir, car... tu sais... je pourrais ne pas revenir après chaque mission.

– Mais qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Den Liser et de son insupportable confiance en lui ? plaisanta la jeune femme.

Le Padawan grimaça et se composa d’un faux sourire sadique :
– Cesse de te moquer de moi... ou tu le regretteras.

– Et comment ? Tu as toujours été doux comme un Kaadu apprivoisé, riposta-t-elle avec une touche d’humour.

Lyra ajouta plus gravement en le fixant droit dans ses yeux bruns :
– Ne t’inquiète pas Den, je suis sûre que tout ira bien. Nar Shaddaa n’est peuplée que de brigands et tu sais te défendre en cas d’échauffourée.

– Ton vote de confiance me touche. Cela dit, tu connais bien mal cette lune mal famée. Outre les truands de la pire espèce, des seigneurs de la pègre tels que les Hutts et l’Échange y sévissent sous couvert de légalité.

– Ne stresse pas pour une banale mission. Tu n’es décidément plus le même depuis la tragédie d’Ossus...

– Euh... Oui sans doute, convint maladroitement le Padawan.

La proximité de Lyra le troublait depuis quelques mois. Son parfum, ses longs cheveux dorés, ses yeux d’un vert intense et même sa démarche provoquaient chez Den d’étranges sensations dans ses entrailles. À dix-huit ans, il n’ignorait plus la signification de ce genre d’émotions ni ses possibles conséquences. Une idylle entre eux pourrait détruire des années de sincère amitié et les faire bannir de l’Ordre si le Conseil des Jedi l’apprenait.

Lyra perçut son trouble et fronça légèrement les sourcils, mais se contenta de l’embrasser sur la joue pour l’encourager.
– Va maintenant. Que la Force soit avec toi !

– Que la Force soit avec toi, mon amie, répéta Den en s’éloignant d’elle à regret.



A bientôt pour la suite !

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Dernière édition par darkliser le 12 Février 2017, 14:43, édité 2 fois au total.

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MessagePublié: 03 Décembre 2016, 23:40 
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Tiens tiens, Darkliser! Bizarre, ce nom me dit quelque chose où l'ai-je déjà vu :mrgreen: ?

Je suis heureux d'avoir lu ton premier extrait et j'espère bien que tu la publieras intégralement chapitre par chapitre.
car l'histoire de ce jeune Jedi traumatisé par une épreuve personnelle alors qu'il doit accomplir une mission importante m'intéresse beaucoup ;) !

J'attends donc la suite avec impatience!

Bienvenue donc sur le forum fans créations! En cherchant bien tu trouveras un topic que j'ai ouvert où tu pourras parler de toutes tes fan fic publiées ou non!

Bonne soirée.


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MessagePublié: 06 Décembre 2016, 20:50 
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Exeptionnellement, je poste le chapitre 2 en semaine pour me remettre à nveau vis à vis de la publication de la FF sur autre site. Le chapitre 3 viendra en fin de semaine comme convenu :).

Bonne lecture !



Chapitre 2
Nar Shaddaa






 Den Liser dévala la rampe du Crystal Obscur sous l’œil mi-agacé, mi-amusé de Kalin. Il jura intérieurement, car le temps avec Lyra avait filé trop vite.
– Es-tu familier avec le concept de départ immédiat ? Ou de ponctualité, de façon plus générale ? questionna le Maître.

– Veuillez m’excuser, je n’ai pas de raison valable à vous fournir, répliqua Den, contrit.

Une multitude de gratte-ciel emplissait l’espace et enveloppait toute la lune à la manière d’un manteau de métal. Pourtant, l’urbanisation de Nar Shaddaa ne pouvait rivaliser en hauteur avec celle de Coruscant, la planète capitale de la République. Avec l’approbation des souverains hutts du système, la corruption et les inégalités régnaient en maître depuis des siècles, attirant de nombreux contrebandiers et seigneurs du crime. S’il existait un refuge idéal pour disparaître, se fondre dans la masse, échapper aux lois républicaines, alors Nar Shaddaa la surpeuplée constituait un choix parfait. L’endroit était dangereux, car seules deux justices y avaient cours : celles des Hutts et de l’Échange.
Flanqué de son Maître, Den avança vers le guichet en laissant ses pensées dérivées une fois de plus vers Lyra. À travers la Force, il la localisa en compagnie de son Maître Zurth Draal, le grand ami de Kalin et de Qui-Gon Drakus, un Chevalier Jedi avec qui Den entretenait des rapports fraternels.
« Beaucoup trop de monde pour une seule mission... »

- Maître, était-il nécessaire de venir si nombreux ? demanda le Padawan.

Kalin grimaça, signe de sa gène.
– La situation presse alors le Conseil a fait au mieux. Nous pourrons ainsi suivre plusieurs pistes en parallèle. L’une d’elles sera forcément la bonne... Ah ! Siosk a réglé les frais d’appontage. Espérons que notre présence passera inaperçue dans le quartier des réfugiés.

Le jeune Padawan ne répondit pas mais selon lui, Siosk ne devrait pas les accompagner. Certes, il pouvait avoir son utilité dans ce lieu où la xénophobie des humains sévissait au-delà de toute mesure. Mais, trop pacifique, le Quarren hésiterait à sortir son sabre laser si cela s’avérait nécessaire.
« Erreur dangereuse sur cette lune... »


***************




Les trois Jedi arpentaient les rues sombres de Nar Shaadda et se frayaient un chemin au milieu de plusieurs races d’aliens comptant parmi les plus agressives. Duros, Twi-leks, Rodiens et Quarrens se méfiaient tous les uns des autres tandis qu’ils effectuaient leurs transactions irrégulières à l’abri des regards indiscrets. Quelques familles de réfugiés humains sans le sou se pressaient autour des poubelles ou mendiaient une maigre pitance aux passants. Rejetés du monde, ils étaient les sans-logis de Nar Shaddaa. Pris de compassion pour ces pauvres âmes, Den s’arrêta devant une famille frigorifiée.
– Comment la République peut-elle supporter l’absence d’humanité et la cruauté des Hutts ? Ma conscience me pousse à aider ces malheureux...

Kalin s’immobilisa et répliqua sereinement :
– Dans une société, les laissés pour compte existeront toujours. Cette analyse est aussi valable pour les mondes sous le giron de la République, et surtout à Coruscant. En tant que Jedi, il nous est impossible d’aider au cas par cas. Les missions mandatées par le Conseil, en revanche...

– Je comprends évidemment. Mais je peux au moins soulager leur souffrance pour quelques heures, l’interrompit le jeune Jedi en fouillant dans sa poche.

Il en retira quelques crédits républicains et les tendit aux trois personnes vainement pelotonnées entre elles comme une couvée de chiots Kath. Surpris, l’homme le remercia d’un murmure inaudible en lançant des regards inquiets aux alentours.
- Ne fais pas ça ! s’écria Notsun, courroucé.

Ayant remarqué le geste de Den, d’autres réfugiés accoururent pour dépouiller la famille paralysée de peur. Le Padawan s’interposa entre eux en brandissant les bras.
– Laissez cette famille tranquille ! Ils en ont plus besoin que vous !

Certains sortirent des matraques avec l’intention affichée de passer en force.
– T’as raison l’mioche ! T’as plus de thune qu’eux, cracha un homme à la carrure de boxeur et balafré au niveau de l’œil droit.
Den contra l’attaque maladroite du réfugié et le repoussa sur ses congénères d’une saccade de l’épaule.
« Ce serait une bonne idée d’employer la Force pour les impressionner », songea-t-il.
Des tirs de blaster fusèrent dans l’air, entraînant la chute de trois sans-logis. Les autres s’enfuirent à toutes jambes sans demander son reste.
– Dispersez-vous bandes de loques ! hurla l’un des meurtriers à l’adresse des réfugiés paniqués.

Den retint un juron en identifiant la race des tireurs. C’était des Trandoshans à l’air aussi teigneux que des Wookies enragés. Réputée pour sa violence et sa force surhumaine, cette espèce ignorait la pitié.
Entre temps, Kalin et Siosk s’étaient reculé et observaient discrètement la scène, tapis dans l’ombre. Les cinq Trandoshans braquèrent leurs fusils blasters vers le Padawan.
– Tu bouges, t’es mort. Tu parles, t’es mort. T’invoques ta magie, t’es mort. C’est ton jour de chance, pas vrai Jedi ? avertit l’un d’eux.

- Ah ? puis-je te répondre sans être criblé de lasers ? ironisa le Jedi. Je ne suis pas un Jedi, simplement un voyageur.

Le chef des Trandoshans ne releva pas le sarcasme et siffla dans sa langue étrange :
– Personne sur cette lune n’aiderait la vermine humaine... à part un Jedi. Dans le cas contraire, personne ne viendra pleurer ta mort. Sais-tu que l’Échange offre deux-mille crédits pour chaque Jedi tué ou capturé ? Il en marre de voir votre Ordre mettre son énorme nez dans ses affaires.

– Je suis peut-être un Jedi. Mais vous avez raison, c’est mon jour de chance, car je ne suis pas seul, lança Den avec assurance tandis que Kalin et Siosk surgissaient de l’ombre d’un bâtiment.

– Rendez-vous, somma Kalin sur un ton menaçant.

Nullement impressionné, le leader trandoshan embrassa les alentours du regard et siffla :
– Vous comptez mal, Jedi. La supériorité numérique est de notre côté et notre récompense n’en deviendra que plus grande.

– Inutile de se battre... commença Siosk en levant les bras en signe d’apaisement.

- Ferme là le poulpe ! ordonna le leader, sa langue dardant sans cesse de droite à gauche.

Sur un geste de lui, ses hommes rangèrent leurs blasters au profit de vibrolames, probablement renforcées de cortosis. Den comprit que ces types étaient des chasseurs de primes spécialisés dans la traque des Jedi.
– C’en ait assez ! Tuez-les !

« Enfin de l’action ! » se dit Den au moment où Kalin affichait une grimace de dépit. Pourtant, une détermination égale se lisait dans leur regard.
Le Maître et son Padawan activèrent leur sabre laser de concert et deux lames bleues jaillirent, éclairant faiblement l’obscure ruelle. Les Trandoshans les chargèrent en sifflant leur rage et leur envie de sang. Discret, Siosk s’approcha sans arme du leader des Trandoshans en retrait par rapport à ses sbires.

Aux prises avec deux lézards humanoïdes, Den cherchait une faille dans leur défense. Ses adversaires se distinguaient par une bonne coordination dans leurs attaques, mais leur intelligence laissait à désirer. Une simple feinte de corps suivie d’une taillade aux jambes lui suffit à mettre l’un des ennemis hors d’état de nuire.
Le second, une montagne de muscles de plus de deux mètres, se révéla plus coriace, car il combattait tel un animal sauvage. Parant attaques de vibrolame ou de griffes, Den asséna, avec son sabre, un puissant coup de manche dans la mâchoire du Trandoshan. Celui-ci recula d’un pas sous l’impact, sa garde grande ouverte. Un coup de pied retourné au niveau du ventre mit fin à toute velléité de sa part. L’adversaire s’effondra lourdement, plié en deux sous la douleur.
À quelques mètres de lui, les deux autres chasseurs de primes inconscients avaient subi les foudres de Kalin.
– Maître Notsun ! J’ai bien peur que notre ami ne détienne aucune information au sujet de Mandaloriens, annonça Siosk après avoir désarmé le Trandoshan sans utiliser son sabre. Il m’a juste confié qu’il regrettait que son équipe n’ait pu user de son mode opératoire habituel dans cette ruelle exiguë.

– Voilà qui explique pourquoi nous n’avons pas eu de mal à nous débarrasser d’eux au corps à corps. J’imagine qu’ils ont la coutume de prendre leurs proies au piège. Cela dit...

Kalin jeta un coup d’œil exaspéré au Quarren :
–… c’est tout un art que d’amener les brutes de ce genre à révéler des informations. Laisse-moi faire et prends-en de la graine.

– Il est vrai que j’ai plus l’habitude de déchiffrer les intentions cachées des politiciens que des malandrins, marmonna Siosk dans son étrange langue.

– Puis-je vous être utile, Maître ? Il nous avouera tout ce qu’il sait avec moi, se proposa Den.

– Tu es doué dans ce domaine, mais la Force ne représente pas toujours le seul moyen d’arriver à ses fins. De même que ta vantardise ne fait pas très Jedi.

Kalin s’agenouilla face au chasseur de primes et lui releva le buste en le prenant au niveau du col :
– Révèle-moi ce que tu sais des Mandaloriens sur Nar Shaddaa et je te permettrai de partir. Refuse et je t’emmène devant les douze plus puissants Maîtres Jedi de l’Ordre. Crois-moi, tu n’aimeras pas sentir ton esprit trituré dans tous les sens. Il sera même possible que tu en perdes la raison auquel cas, ton existence ne ressemblerait plus qu’à celle d’un légume, murmura le Maître Jedi.

Une goutte de sueur dégoulina le long du front du lézard humanoïde.
- Vous ne feriez pas ça, les Jedi ne tuent pas ! réagit-il, mal à l’aise.

– À quel moment ai-je mentionné ta mort, mon cher ? souleva Kalin dans un chuchotis.

Den admira l’intelligence avec laquelle son Maître manipulait le chasseur de primes. Personne n’ignorait que toute personne trahissant l’Échange devait en payer le prix fort. En général, les parjures étaient abattus, mais Kalin faisait apparaître ce sort plus enviable au fil de la discussion. Qui voudrait finir sa vie tel un légume ?
Se sentant piégé, le Trandoshan émit un sifflement résigné :
– Le chasseur de primes Prev Domban possède peut-être des informations sur ce sujet. L’Échange l’a récemment engagé...

– À quoi ressemble-t-il ? Où peut-on le trouver ?

– Je l’ignore... avoua l’alien dans un souffle.

Peu convaincu, Kalin feignit une voix cruelle :
– Tu mens ! Dois-je te livrer à l’Échange en leur révélant ta lâcheté ? Je suis sûr qu’ils te réserveront une mort lente...

– Ne me livrez pas à l’Échange ! Je vous en prie ! La mémoire me revient... je l’ai souvent vu traîner à la cantina « le Hutt Baveur » ! hurla le Trandoshan paniqué, sa langue fourchue se tortillant dans tous les sens. Et il porte une armure mandalorienne ! C’est tout ce que je sais ! Je le jure !

Les Jedi le relâchèrent comme promis, mais celui-ci les injuria et les menaça d’une future rencontre où ils n’en réchapperaient pas. Quant à Den, il n’avait jamais assisté à un tel interrogatoire de la part de Kalin.

– Vous m’avez impressionné, Maître. Ce chasseur de primes a tout avoué en moins de temps qu’il n’a fallu pour le dire, et sans utiliser la Persuasion de Force, s’extasia Den.

– Cette manière de menacer quelqu’un me révulse, Maître Notsun. Je refuse de cautionner de telles pratiques de la part d’un membre de l’Ordre, s’offusqua Siosk en levant la tête en signe de désapprobation.

Kalin le fixa froidement :
– Mes manières, comme vous dites, nous ont permis de remonter jusqu’à ce Prev Domban alors que vous m’aviez assuré que ce Trandoshan n’avait aucune information. Rentrez donc au cargo, prenez un thé et attendez notre retour si mes actes vous choquent.

– À vos ordres, Maître, acquiesça le Quarren avec défi.

Le Chevalier s’enveloppa dans sa bure et laissa les deux Jedi sans leur adresser le moindre regard. Le visage de Kalin s’adoucit lorsqu’il se tourna vers son disciple. Pourtant, Den fut consternée d’entendre la nuance de déception dans sa voix.
– Quant à toi, tu subiras le même sort si d’aventure tu désobéis encore à mes instructions. J’espère qu’un jour tu comprendras que la discipline est une qualité primordiale pour un Chevalier Jedi, à moins que tu ne désires rester Padawan pour l’éternité ?

– Non... mais je vous promets solennellement d’œuvrer en ce sens à l’avenir.

Tête basse, mine déconfite, il ne voulait plus jamais voir cette expression de honte dans les yeux de son Maître.
Tel était Den Liser... un jeune homme porté par ses instincts et sa propre vision de la justice. L’impétuosité prenait le pas sur la retenue, l’instant présent faisait loi et la puissance de son lien avec la Force le sauvait toujours des ennuis. Lors de sa courte vie, il avait développé une propension marquée à l’usage du sabre laser, s’enhardissant de sa maîtrise efficace de celle-ci. Il était peut-être le plus fort Padawan de l’Ordre l’arme à la main, voir le plus instinctif. Den réfléchissait rarement dans un affrontement, il se contentait d’agir en accord avec la Force canalisée à travers son cristal Kiishra, lui octroyant les fractions de seconde nécessaires pour vaincre. Den savait tout ça, et n’en tenait pas rigueur à Kalin de se sentir parfois dépassé.
Ses dispositions rendaient le feu de l’action simple à ses yeux. Mais c’était avant...
La destruction de la pierre précieuse amoindrissait nombre de ses capacités, une peur mortifère de perdre ses pouvoirs remplaçait son sentiment d’invincibilité. C’était l’angoisse de voir disparaître ses êtres chers qui rongeait le cœur de Den, depuis que son meilleur ami avait choisi le Côté Obscur.
Sa vie prenait un tournant inquiétant vers une route dont il ignorait tout des embûches.


**************


Par chance, le Hutt Baveur ne se trouvait qu’à quelques immeubles au sein d’une place regroupant des casinos et autres établissements de jeux d’argent. En se présentant devant l’entrée illuminée de la cantina, Kalin arrêta son disciple.
– Je vais avoir une petite conversation avec le barman. Dans l’intervalle, promène-toi discrètement et alerte-moi si tu repères notre homme. Et garde les ennuis à distance contrairement à ton habitude, prévint le Maître sur un ton sérieux.

Den acquiesça docilement, ayant à cœur de rattraper sa conduite, et pénétra dans le bar à la suite de Kalin.
Son nez protesta avec vigueur contre l’odeur âcre de transpiration mêlée de fumée qui s’infiltra dans ses poumons.
« Ce n’est pas surprenant... », se dit-il en fixant sa montre.
Le soleil s’était couché depuis quelques heures et la cantina bondée d’espèces diverses s’était muée en boîte de nuit. Den repéra même un Anzati attablé devant un narguilé et un couple de pacifiques Ithoriens en train de se tenir la main. Se frayant un chemin à travers la foule, il guetta les signes d’un éventuel homme en armure. La musique agressive lui vrillait aux tympans, l’obligeant à user de la Force pour réduire son intensité. Plus loin, Den examina un groupe de chasseurs de primes à l’air revêche, mais aucun ne portait une cuirasse mandalorienne. Étendre ses sens de Force à l’ensemble de la cantina ne marcherait pas. Il y avait trop d’émotions exacerbées ici, trop de sentiments forts dopés à l’alcool et à la drogue...
Den bouscula une jeune femme et s’excusa précipitamment. Découragé par le manque de succès de sa traque, il admira un instant les gracieuses courbes des danseuses humaines et twi-lek censées amener l’ambiance de la boîte à son comble.
« Il n’y a pas d’émotion, il y a la paix »
Difficile d’appliquer cette maxime du Code Jedi dans un tel endroit, surtout pour un jeune homme condamné au célibat à vie.

Son attitude triste s’évanouit lorsqu’une vision extatique s’imposa face à lui. Une superbe créature à la chevelure écarlate le fixait d’un regard de braise et l’enjoignait silencieusement à se rapprocher. Den la trouvait si envoûtante dans sa démarche féline qu’il resta sans réaction pendant quelques secondes. Les fêtards aux alentours l’ignoraient alors que pour lui, elle suscitait une admiration de tous les instants. Le Padawan réalisa vaguement l’étrangeté de cette impression, mais la proximité de la femme la gomma immédiatement.
Elle lui chuchota à l’oreille d’une voix sensuelle :
– Suis-moi... dans un endroit tranquille.

Pour toute réponse, Den accepta l’invitation d’un sourire niais. Quitter des yeux son adorable minois lui paraissait en cet instant une tâche impossible à accomplir et par ailleurs, il n’en éprouvait aucune envie.



**********************


Le jeune Jedi se retrouva, comme dans un rêve, derrière la cantina en compagnie de la femme dont les intentions laissaient planer peu de doute. Le parfum de sa peau fascinait son esprit à la manière d’une drogue et enivrait son corps, le rendant aussi lent qu’une tortue de Klatooine.
- Veux-tu t’amuser en ma compagnie, mon mignon ? susurra-t-elle en caressant du bout du doigt le nez du Padawan.

Son beau visage n’était plus qu’à quelques centimètres du sien, et Den amorça un mouvement pour l’embrasser. Soudain, une voix intérieure lui signala un danger imminent. La Force le prévenait ! Aussitôt, un éclair bleu jaillit entre lui et la femme pour trancher le blaster que celle-ci braquait vers le Padawan. Sous la surprise, elle tomba en arrière entre les deux morceaux rougeoyants de son arme.
– Habile manipulatrice... mais pas assez pour tromper un Jedi, annonça Den en grimaçant des yeux.

Il dirigea la pointe du sabre vers sa gorge pour la dissuader de toute fourberie.
- Comment as-tu pu résister à mon charme ? s’étonna-t-elle au comble de la stupéfaction.

 Les doigts de Den se crispèrent sur son arme et ses articulations blanchirent. Il interrogea sèchement :
– Qui es-tu et que m’as-tu fait ?

La chasseuse de primes n’avait pas bougé depuis sa chute, jambes écartées dans une position évocatrice.
– Je te dirais tout si tu viens me voir de plus près, mon mignon, souffla-t-elle en entreprenant de déboutonner le col de sa chemisette. Je ne suis plus armée et je me sens seule...

Ce petit jeu commençait à énerver Den. Sous l’effet d’une colère incontrôlée, il la saisit par le cou et la releva avant de la plaquer contre le mur.
– Avoue ! Pour qui travailles-tu ? s’écria le Jedi, la respiration saccadée.

Elle éclata de rire :
– L’étalage de tes pouvoirs ne m’intimide pas. Mon esprit est entraîné à résister aux influences extérieures et aux interrogatoires. Je n’ai jamais vu un Jedi céder à la colère aussi facilement que toi.

Sa réflexion calma Den. La femme avait raison : il s’était emporté. Pire, elle avait été l’exutoire de sa fureur et non la cause ! La frustration de perdre son pouvoir, la peur de ne plus être Jedi, l’incompréhension de la trahison de son ami sur Ossus, tout le rongeait de l’intérieur et lui faisait perdre pied.

– Pourquoi as-tu tenté de me tuer ? reprit le Padawan, retrouvant calme et lucidité.

– Mon contrat stipule ta capture en vie et mon blaster était réglé sur paralysant. Vérifie si tu veux.

– Tu es une chasseuse de primes, j’aurais dû m’en douter.

La jeune femme le fixa avec intensité et ajouta :
– Je sais que tu as les moyens de reconnaître ma sincérité.

Den ne décela aucun mensonge dans ses affirmations. Mais elle jouissait d'un esprit entraîné à résister à la Force. Seul des commandos, des espions ou des Jedi recevaient habituellement cette formation. Qui était donc cette femme ?
- Qui t’a enrôlé ? interrogea-t-il sur un ton radouci. Ta coopération pourrait commuer ta peine, c’est dans ton intérêt.

La jeune humaine resta aussi silencieuse qu’une tombe et se contenta d’afficher un petit sourire moqueur. Den la relâcha juste au moment où son Maître accourait.
- Que s’est-il passé ? interrogea Kalin, surpris. Je t’ai senti en danger, mais tu avais quitté la cantina.

À peine parvenu auprès de son élève, ses sens aiguisés de Jedi détectèrent un danger et il activa son sabre au moment précis où éclatait un tir de blaster. La lame de plasma intercepta le trait mortel juste devant le visage effarouché de la jeune femme.
Les deux Jedi levèrent les yeux en direction d’un homme en armure bleutée, posté sur le rebord d’un balcon. Repéré, il disparut sans demander son reste.

– Il visait la chasseuse de primes afin qu’elle ne révèle rien. Viens, Den, poursuivons-le ! commanda le Maître Jedi. Il y a fort à parier que nous sommes sur la bonne piste !

Den sortit des menottes magnétiques de sa bure et attacha une extrémité au poignet de la chasseuse de primes et l’autre à un réverbère.
– Même si quelqu’un tente de te libérer, je doute qu’il y parvienne avant notre retour.

– Je m’en souviendrai... Den, souffla-t-elle avec hargne.

Aidés d’une accélération de Force, le Maître et le Padawan s’élancèrent à une vitesse vertigineuse dans la ruelle bordant le Hutt Baveur. Kalin désigna un balcon au troisième étage d’un bâtiment :
– Je vais jeter un œil en haut pendant que tu surveilles les environs.

Mais au bout de quelques minutes de recherche, les deux Jedi se rejoignirent devant la cantina et se rendirent à l’évidence : le mystérieux tireur s’était volatilisé sans laisser de trace.
– Un Jedi n’abdique jamais, assura Kalin, optimiste. Il reste encore une chance de déceler sa présence dans ce monde.

– En supposant qu’il se soit effectivement fondu dans la masse. Si c’est le cas, il ne fait pas preuve d’une grande intelligence. Ce genre d’individu possède souvent un speeder pour mener à bien ses missions et je parie qu’il s’est enfui à bord d’un tel véhicule, raisonna Den.

– Analyse plausible... Cependant, je pense que la capture de cette chasseuse de primes l’a pris de court. Je les soupçonne de travailler en cheville.

Le Maître Jedi rabattit sa capuche et s’immergea profondément dans la Force dans le but de sonder la foule. Den détailla le visage de l’homme qu’il considérait comme son père d’adoption.
Kalin était grand, par rapport aux standards humains, avec de larges épaules et un visage d’une quarantaine d’années doté d’une barbe mi-longue, poivre et sel. Kalin avait fermé les yeux pour optimiser sa concentration, mais Den les savait bruns comme les siens.
Ses sens de Force fouillaient dans la cohue afin de localiser l’insaisissable homme en armure. Mais sentir une envie de fuir au sein d’une foule de Nar Shaddaa se révélait aussi simple que de repérer l’avidité au milieu de la Grande Rotonde du Sénat républicain. Elle était omniprésente et indissociable des êtres vivants formant la cohue devant eux.
Au bout d’un moment, Kalin relâcha son effort d’un air contrarié :
– Autant chercher une perle dans le ventre d’un Dragon Krayt. C’est impossible de le re...

Il s’interrompit brusquement.
- Vous aussi vous avez senti, Maître ? questionna Den d’une voix devenue tendue.

– Oui, une perturbation dans la Force... un futur proche annonçant un malheur s’est ouvert à nous, expliqua vivement Kalin.

Une personne de leur connaissance allait mourir.
« Mais qui ? Est-il possible de l’empêcher ? Où et quand cette prédiction se réalisera-t-elle ? »
De toutes les visions de Force, celles sur les proches avenirs avaient les plus grandes probabilités de se produire. Ni Den ni Kalin n’ignorait ce point important. Faisant écho à ce mauvais présage, le tonnerre gronda dans les rues surpeuplées de la lune de Nal Hutta précédant de peu la chute d’une pluie acide.

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MessagePublié: 09 Décembre 2016, 18:30 
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Bonjour à tous,

Après ce chapitre, je reprends un rythme hebdomadaire.




Chapitre 3
L'assaut









Depuis sa chambre de méditation située à la base du Temple Jedi d’Ossus, le Maître Jedi Viridia contemplait la Galaxie grâce à ses sens de Force aiguisés par des siècles d’expérience. Il sentait les puissantes ondes émises à travers la Force et l'espace par les Supernovas lors de leurs explosions titanesques. Ses compétences uniques de Jedi lui permettaient en outre d'observer les planètes alentours et de discerner une multitude d'événements futurs. En revanche, la présence du Côté Obscur dans une partie de la galaxie voilait ses perceptions. Il avait peur, malgré lui, d’une apparition des ténèbres ayant pour objectif l’extinction de toute lumière. Viridia pressentait cette imminence, mais ses perceptions ne lui permettaient pas d'éclaircir ce mystère.
L’alien vert aux longues oreilles s'arracha à sa méditation au prix d’un soupir et se releva pour étirer ses soixante centimètres. Malgré sa petite taille, il ne souffrait d’aucun rival au sein de l’Ordre tant au niveau des connaissances sur la Force que sur celles du maniement du sabre laser. Approchant les huit cents années standard, la crinière blanche au sommet de son crâne attestait de son âge trés avancé. Mais aucun Jedi n’ignorait sa vivacité hors norme lorsque son immersion de la Force était totale.
Viridia parcourut un corridor de deux cents mètres à une allure de sénateur pour se rendre dans la salle circulaire où se réunissaient les douze plus grands Maîtres Jedi de l'Ordre. Quelques Jedi s’inclinèrent devant lui avec respect, lui arrachant des sourires bienveillants. Un turboascenseur l'amena au sommet de la tour centrale du Temple.
Le vieux sage s'installa dans le dernier siège libre sur les douze présents. Broom Kom, le Kel Dor entama la séance :
– Les douze conseillers ont répondu à votre demande de session, Maître Taveel. Veuillez exposer votre problème à cette assemblée.

Maître Alastor Taveel, un homme noir originaire de Haruun Kal, joignit les mains, l’air inquiet :
– Les relations diplomatiques entre la République et les Mandaloriens se détériorent de jour en jour. Ma mission auprès de leur ambassadeur au Sénat a échoué sans que les négociations aient réellement débuté. À en croire le Mandalore, la paix ne l’intéresse pas et je crains fort qu’un conflit d’envergure galactique constitue la seule issue à cette crise.

La voix grave et charismatique de l’humain inspirait habituellement le respect chez ses pairs de même que ses capacités reconnues de négociateur. Maître Taveel entrait toujours rapidement dans le vif du sujet et défendait ses valeurs avec une logique froide et austère, comme l'expression actuelle de son visage. Viridia l’appréciait beaucoup, mais leurs points de vue respectifs ne convergeaient pas en permanence.

En écho aux pensées du vieux Jedi, Taveel révéla son avis sans fioriture :
– En ce qui me concerne, les Mandaloriens ne sont que des brutes sanguinaires uniquement préoccupées par leur désir de guerroyer, parfois même au détriment de leur propre survie. Tant qu’ils sévissaient dans la Bordure Extérieure, ils ne représentaient qu’une menace mineure pour la République. Mais quelqu’un les a poussés à modifier cet état de fait, j’en suis convaincu. D’après de récents rapports, les Jedi Obscurs les aideraient à trouver des alliés influents tels que l’Échange. Nous devons l’empêcher !

- Êtes-vous certain de l’implication des Jedi noirs dans cette affaire ? intervint d’un grognement la femelle wookie Wooryuh.

– Un binôme de Jedi a épié une de leur rencontre sur Serenno. Ce qui a coûté la vie au Chevalier Vodozim et à son Padawan Rosh, répondit Maître Taveel avec un air sombre.

Un silence pesant accueillit cette tragique nouvelle. Autrefois, Vodozim avait été la Padawan de Viridia. Son cœur s'alourdit comme à chaque annonce de décès.
– Voilà qui est fort regrettable, murmura Tima, un humain au visage ridé, décoré d’une barbe neigeuse et fournie.

– D’une manœuvre des Jedi Obscurs pour prendre le contrôle de la flotte mandalorienne, il s’agit probablement. Si elle s’avérait un succès, une attaque sur Ossus nous aurions à craindre, raisonna Maître Viridia d’une voix sereine.

Broom Kom s’adressa à la totalité des membres du Conseil :
– En cas de conflit et de défaite de la République, les Mandaloriens nous désigneraient comme cible suivante, contrôlés ou pas. Inutile de vous rappeler que les Jedi n’ont pas mené de guerre à grande échelle depuis la mort de l’Empereur Sith. En revanche, nous devrions entamer des négociations en vue d’intégrer des Jedi au sein de l’armée de la République. Notre soutien conduirait probablement à la défaite les Hommes en Armure.

– Votre opinion, je respecte profondément. Mais provoquer la chute de ces Jedi, cette guerre pourrait entraîner, prophétisa Viridia. Une menace encore plus grande que les Mandaloriens et les Jedi Obscurs, j’ai senti.

Chaque conseiller pesait les mots inquiétants de Viridia dans un silence assourdissant. Tous se posaient des questions sur la dernière phrase du membre le plus sage de l’Ordre.
- Et quelle est la nature de cette menace ? demanda enfin Maître Tima d’une voix étouffé.

Les Maîtres attendaient aussi que Viridia précise ses mots. La plupart se regardèrent avec embarras, cherchant un sentiment rassurant dans l’expression du voisin. Les longues oreilles de Viridia s'afaissèrent :
– Un retour prochain des Sith, je crains...

Le Conseil savait qu’une hypothétique vengeance des Sith traînerait derrière elle deux amis indissociables : le chaos et la destruction.
Maître Viridia se rappela les fondements de l’histoire des Sith.
Depuis le Grand Schisme durant lequel des milliers de Jedi avaient été bannis, ceux-ci avaient attendu leur heure, tapis dans l’ombre. Nul ne sut jamais sur quelle planète les renégats atterrirent, mais à leur retour quelques siècles plus tard, ils clamèrent leur nom : Les Sith de l’Empire. Insuffisamment préparés, les adversaires furent repoussés par les Jedi et leur Empereur perdit la vie. Depuis mille ans, les Sith devinrent une légende aux yeux de la galaxie mais l’Ordre n’oublia jamais ses ennemis jurés.



************



Prev Domban déambulait dans les rues détrempées de Nar Shaddaa, au milieu de ce qu’il qualifiait de vermines non humaines. Ses yeux, dissimulés par la visière en T de son casque, étincelèrent lorsqu’il croisa un Duro dont la race le répugnait particulièrement. Rien ne lui aurait fait plus plaisir que d’aider ses yeux globuleux à gicler de la tête. Pourtant, Prev s’abstint d'un tel acte car jamais il n’ôtait la vie gratuitement.
Il avait une mission urgente à accomplir et éliminer des Jedi représentait un défi à la hauteur de ses talents. Malheureusement, Kirax, la séduisante chasseuse de primes engagée en tant que partenaire, avait échoué dans sa tentative de capturer un simple Padawan. Il retiendrait la leçon de son échec.
« Son parfum, mélangé à des phéromones modifiées, ne pouvait pas duper un Jedi. Elle les a sous-estimés pour la dernière fois. Si je veux un travail bien fait, autant m’en occuper en personne. »
Ce petit contretemps ne l’empêcherait pas de mener à terme son contrat passé avec l’Échange. Celui-ci consistait à éliminer tout gêneur indiscret mais il existait une clause particulière en cas de présence Jedi. Prev ignorait les raisons qui poussaient le syndicat du crime à vouloir des Jedi vivants et il s’en moquer. La coquette prime offerte pour la prise d’un où plusieurs de leurs congénères était de nature à gommer ce genre de questions de son esprit. Mais s’il s’y sentait obligé, il n’hésiterait pas à les abattre.
À la suite de la capture de Kirax, Prev avait opté pour un repli stratégique devant les deux Jedi pour se concentrer sur un autre objectif : la plate-forme ED-58, où reposait leur cargo. Son plan fonctionnerait. Les Jedi, dans leur légendaire arrogance, ne s’attendraient pas à ce que quelqu’un d’aussi téméraire que lui prenne les devants.
L’humain approchait de son but. Il dégaina son blaster préféré doté d’une grande puissance avec l’intention de surprendre ses proies. Si par malchance ou grâce à leurs pouvoirs, ils avaient vent de son arrivée, sa mission deviendrait impossible à remplir.
« Un Jedi averti en vaut deux, alors plusieurs... »
Le dicton arracha une grimace amusée au chasseur de primes.
À l’entrée de la plate-forme, Prev distingua un Quarren vêtu en Jedi en pleine discussion avec un agent des docks et déclencha une rafale dans le dos de l’alien.
Dans un mouvement prémonitoire, le Quarren se baissa et évita d’extrême justesse le premier tir mais le second l’atteignit au bras avec un grésillement. Pourtant, le Jedi réagit au quart de tour et se retourna face à Domban, lame activée.
Prev ricana d’un rire bref à la vue de ce pauvre Quarren handicapé d’un membre et constata vite que sa maîtrise au sabre laser ne constituait pas son point fort. Le Jedi tenta d’attirer son blaster à l’aide de la Force mais l'humain xénophobe connaissait une parade à ce tour et s’accrocha de toutes ses forces à la crosse de son arme. Il déclencha les réacteurs de son jet-pack pour se propulsé en direction du Jedi. Le Quarren recula vivement sous la morsure du lance-flamme de Prev, fixé sur l’avant-bras. L’aubaine se révéla trop belle pour le chasseur de primes qui tira trois fois. Affaibli par sa blessure et les brûlures, l’ennemi dévia la première salve mais les deux suivantes perforèrent sa cage thoracique. L’alien s’effondra dans un bruit d’éclaboussures tandis que la pluie redoublait d’intensité.

Satisfait, Prev passa devant le réceptionniste, livide de peur, sans lui accorder un regard. Pour le prix d’un, un alien et un Jedi venaient d’expirer. D’après ses informations, deux personnes étaient restées à bord. Il retira deux mines soniques d’un compartiment de son armure et les plaça à la sortie de la rampe du vaisseau alors que des pas précipités martelaient déjà le sol à l’intérieur.
Quelques secondes plus tard, une jeune femme à la chevelure dorée jaillit du cargo corellien d’un impressionnant saut et évita les bombes au grand dam de Prev. Ce dernier pensa que son pouvoir mystique avait décelé le danger. Ou alors, un ange gardien avait veillé sur elle.
« Elle est esseulée pour l’instant et d’après ce que j’observe, ce n'est qu'une Padawan. Ce sera aussi facile que d'abattre des rats Womp... » jubila-t-il.
- Vous êtes le chasseurs de primes ! s’exclama-t-elle en pointant son sabre laser teinté d’ocre vers l’assassin.

– Je gage que tes amis t’ont prévenu mais j’ai peur qu’ils ne soient loin d’ici pour le moment, fillette.

La Padawan avait un esprit fort. Son bras ne tremblait pas et son visage concentré exprimait un dégoût. Prev essaya de la destabiliser :
- As-tu senti le destin tragique de ton ami ? railla le chasseur de primes en désignant le cadavre de Siosk.

L’expression de l’adolescente se durcit sous l’effet de la colère.
– Je vous trouverai une cellule tout confort en compagnie de mon Maître. Celui-ci se trouve derrière vous !

« Son Maître ? » paniqua Prev en se retournant.
Le piège, pourtant classique, se referma sur lui car personne ne le menaçait dans le dos. Le mercenaire maudit son relâchement lorsque la Force attira son blaster jusqu’à la lame scintillante de son adversaire. La rage l’envahit en même temps que le tintement des restes rougeoyants de son arme sur le sol.
Prev avait sous-estimé cette Padawan et cela lui coûtait son blaster favori. Il décrocha sa vibroépée de la ceinture avec un sourire cruel mais la Jedi para son coup vicieux d’un simple revers, à son grand étonnement. Pire, elle lui asséna un coup de pied dans la poitrine d’une vélocité qui le prit au dépourvu. Les plaques blindées de son armure mandalorienne amortirent la force de l’impact mais Prev en eut le souffle coupé. Bien que Padawan, la femme ne manquait pas de ressources.
Jouant sur sa longue expérience de guerrier, il reprit rapidement ses esprits, esquiva la lame de son adversaire et activa son bouclier personnel. L’adolescente reçut une décharge lorsqu’elle riposta à nouveau d’un coup de pied sauté. Mais le chasseur de primes n’eut pas le temps de se réjouir à la vue de la Jedi inconsciente sur le sol car le nouvel adversaire accourait du vaisseau. Heureusement pour Prev, le nouvel ennemi ignorait la présence des mines soniques. L’une d’elles explosa à ses pieds dans un horrible bruit aigu et endommagea les tympans de sa victime. La puissance des ondes projeta le Jedi sur plusieurs mètres et le laissa inconscient.
– Vous ne faites pas le poids devant le meilleur chasseur de primes de la galaxie, déclara Prev en faisant volte-face vers la Padawan.

Il leva sa lame dans le dessein de l’achever mais une voix gronda derrière lui.
– Reste immobile, assassin !

Prev se retourna vers le guichet de la plate-forme et scruta les trois Jedi avec une légère inquiétude. La situation se compliquait. Le mercenaire ne doutait pas de ses chances de victoire au corps à corps en cas de duel mais engager plusieurs Jedi à la fois relevait du suicide.
Il n’hésita pas une seconde à presser le bouton rouge de son poignet droit.

*******


Sur le chemin du retour, Den et Kalin rencontrèrent Zurth Draal, le Maître de Lyra. Ce dernier avait suspendu sa propre piste pour les aider à appréhender l’insaisissable chasseur de primes.
– Siosk m’a informé de l’avancée de votre enquête...

– Zurth, retournons au vaisseau ! J’ai un très mauvais pressentiment ! l’interrompit Kalin. Je crois que...

Le trio ressentit la mort du Quarren, semblable à une immense vague dans l’océan paisible de la Force, et se précipita aux docks en quelques minutes. Découvrant le corps inerte de Lyra aux pieds du chasseur de primes, Den éprouva une rage mêlée de panique prendre possession de son être et s’élança vers lui. Le Padawan ne pouvait imaginer la vie sans Lyra. Bien qu’inconsciente, celle-ci vivait peut-être encore et cette pensée apaisa la colère de Den.
Il activa son arme pour trancher la main de l’ennemi mais ce dernier neutralisa l’attaque du Jedi d’un geste expérimenté.
Den s’autorisa un rapide coup d’œil autour de lui en se repliant d’un pas.
Les deux Maîtres faisaient face à une douzaine de droïdes de guerre et leur tempête de lasers mais aucun ne pénétrait le bouclier formé par leurs sabres. Den supposa qu’il s’agissait de renforts appelés par le chasseur de primes. Plusieurs traits détournés retournèrent même à leur point d'origine.
Den reporta son attention sur le mercenaire et engagea le combat. Sa lame vibrait dans l’air et frappait les flancs de son adversaire avec dextérité, mais tout aussi habile, le chasseur de primes contrait et ripostait.
– Avoir la Force n’est pas synonyme de victoire ! J’ai beaucoup d’expérience des combats contre tes pairs. Abandonne, Padawan, déclara-t-il d’un ton moqueur.

– Avoir un grade n’est pas synonyme de valeur ! Si la vie de mes amis entre dans la balance, ma volonté s’accroît et alors tout devient possible, répondit froidement Den.

Ce dernier accéléra la cadence de ses attaques à mesure que le flot de Force se déversait en lui. Le mercenaire cessa de rire et recula sous la soudaine rapidité des coups du jeune homme. Cependant, le Padawan ne parvenait pas à trouver la faille dans la défense acérée de son vis à vis. Il le testait sous tous les angles possibles mais son sabre laser rencontrait toujours la vibrolame. Son Makashi ne suffisait pas pour vaincre les réflexes du chasseurs de primes dans son état actuel.
« Si seulement mon lien avec la Force était resté intact... »
La fatigue commençait à tétaniser ses muscles tandis que l’ennemi reprenait l’initiative. Sa capacité à faire appel à la Force se tarissait en parallèle. Den recula sous la pression et la nécessité de se donner plus de temps pour parer. Un éclair de lucidité lui traversa l’esprit et lui permit de voirbouger les yeux de Lyra.
« Elle vit encore, » frémit le Padawan, soulagé.
Ce bref instant de déconcentration lui coûta cher car le mercenaire asséna un coup de poignée sur sa tempe. Den chuta en lâchant son sabre et prit conscience de sa bévue. La douleur lui cinglait le crâne, ses pensées s’égaraient dans le désespoir jusqu'à l'apparition d'une image fugitive de Lyra.
« Je ne peux mourir avant de l’avoir mise en sécurité ! »
Accoudé sur le sol, il concentra la Force dans sa main et la relâcha au moment où le chasseur de primes se préparait à lui transpercer le cœur. Ce dernier fut violemment projeté sur les deux derniers droïdes de combat restants qui explosèrent sous la force de l'impact. La déflagration émergea avec une puissance telle que les Jedi durent se protéger les yeux de leurs bures. Lorsque la chaleur diminua, ils constatèrent que le bâtiment d’à côté avait pris feu.
Zurth Draal, le Maître de Lyra, étouffa les flammes à l’aide de la Force et découvrit les restes carbonisés des deux droïdes mais aucune trace du chasseur de primes. Il fronça les sourcils :
- Je serais curieux de savoir comment des droïdes peuvent provoquer une telle explosion.

– Il nous a eus en beauté, s’exclama Den en se relevant. Je l'ai vu sortir un détonateur thermique au dernier moment !

– Puis il a utilisé son propulseur dorsal pour s’enfuir dans la confusion, conclut Kalin tout en scrutant le ciel sans rien apercevoir.

Zurth se précipita vers Qui-Gon pour le soigner car le Chevalier Jedi semblait mal en point. Des filets de sang coulaient de ses oreilles endommagées par la mine sonique et il resta sans réaction aux premiers soins du Maître. De son côté, Den tentait aussi de réanimer Lyra en lui tapotant les joues. Elle reprit peu à peu conscience.
– Merci de m’avoir sauvé, marmonna-t-elle en grimaçant.

– C’est normal...

Lyra reprit de la contenance et dévisagea son ami.
– Cet homme savait comment nous combattre et tu as réussi là où j’ai échoué. En fin de compte, je te dois la vie une fois de plus.

– Elle n’est pas finie et notre agresseur s’est évanoui dans la nature... grinça Den en ravalant sa salive. J’ai cru t’avoir perdu un moment et ma colère a failli avoir le dessus sur ma raison. En tant que Jedi, je ne devrais pas dire cela. Tu es mon amie la plus intime. Si je venais à te perdre, mon univers brûlerait et ses cendres ne seraient que du chagrin et de la souffrance.

Lyra rougit devant l'étalage de sentiments du Padawan. Elle avait compris ce que ce dernier essayait de lui dire avec maladresse.
– N'entretiens pas de faux espoirs, Den. Des Jedi ont déjà essayé de s’aimer en secret et jamais leur histoire n’a connu un dénouement heureux. Nos destins reviendraient à souffrir, mentir à tout le monde et au bout du chemin, nous devrions choisir entre l’amour ou l’Ordre.

Den expira longuement, l’air abattu.
Elle avait totalement raison mais lui y songeait depuis longtemps. S’il perdait définitivement sa capacité à ressentir la Force, sa vie de Jedi arriverait à son terme et voir Lyra deviendrait impossible. Dans le meilleur des mondes, Den lui demanderait de quitter l’Ordre Jedi et elle accepterait. Les deux jeunes gens partirait ensuite dans la galaxie pour goûter à la saveur d'une vie normale. Mais cette chimère n'était qu'un vœu pieu, irréalisable.
– Mes intentions ne visent pas à trahir l’Ordre après qu’il a accueilli un orphelin tel que moi. Je désirais juste te faire part de mes sentiments à ton égard. Si tel est ton souhait, nous demeurerons de simples amis, concéda finalement Den.

Ses paroles avaient cependant un goût amer dans sa bouche mais il l’ignora.
Le duo de Padawan répondit à l’appel de Kalin au chevet de Qui-Gon. Les nouvelles à son sujet les rassurèrent.
– Il est bon de te voir en pleine forme Lyra... Les ondes soniques ont désorienté son cerveau et endommagé ses tympans. Rien qu’un médipack couplé à un peu de repos ne puisse guérir. Malheureusement, on ne peut en dire autant de Siosk...

– Notre prémonition est intervenue trop tard, jugea Den, amer.

Le regard du Maître s’assombrit.
– Je regrette de l’avoir renvoyé au vaisseau. Je l'admets, nos opinions divergeaient sur certains points mais Siosk usait de la Force pour résoudre pacifiquement les conflits et répandait la justice grâce à l’étendue de ses connaissances. C'était un bon Jedi... Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de mort, il y a la Force. Zurth s’occupe du corps et nous l’inhumerons en accord avec nos traditions, à notre retour sur Ossus.

– Aucun de nous ne pouvait deviner la tournure prise par les événements, répondit Den avant d’en revenir à la mission. Que faisons-nous maintenant ? J’opte pour l’interrogatoire de la femme.

Kalin acquiesça pensivement. Les Jedi rentrèrent dans le vaisseau et confinèrent la mercenaire dans la soute en la menottant à un conduit de ventilation.
Cette dernière se montra plus loquace suite à la tentative de meurtre de son partenaire.
– Je me nomme Kirax. Vous désirez sûrement des informations sur mon employeur.

Ce n’était pas une question, aussi Kalin lui proposa un marché.
– Très bien, Kirax. Votre coopération sera notée lors de votre jugement mais ne vous attendez pas à ce que je permette votre libération. Les Jedi vous protègeront de l'Echange sur Ossus, vous avez ma parole.

– Ais-je le choix, Jedi ? soupira-t-elle en faisant la moue.

– Pas vraiment. Quel est le nom de votre partenaire et de votre employeur ?

– Prev Domban, un ex-Mandalorien reconverti en mercenaire. Lui seul connaît l’identité du chef.

Kalin avait du mal à lire les émotions de la jeune femme mais son intuition lui soufflait qu’elle en savait plus.
– Vous allez me révéler toutes vos informations sur cet employeur.

Sa tentative d’influencer son esprit par la Force arracha un rire à Kirax.
– Votre Padawan a eu la même idée que vous, sans plus de succès. Je parlerai si ma peine se réduit à une année ferme. Sinon, j’ai peur que la torture soit la seule manière de me faire avouer. Ou alors, préférez-vous repartir de zéro ?

Surpris par la discipline de son esprit, le Maître Jedi jeta un coup d’œil à Den sans vraiment le voir. Il réfléchissait à un moyen de délier la langue de la chasseuse de primes mais aucune approche convenable ne lui venait à l’esprit. Les Jedi étaient connus pour leur respect des prisonniers et Kirax jouait cette carte à la perfection.
– Je ferais part de vos exigences aux tribunaux d'Ossus, concéda froidement le Jedi. Mais je ne vous garantis pas de résultats car nos juges sont avant tout impartiaux.

– Bien... nous avançons, vous voyez ? Mon employeur est lié à l’Échange mais ça, vous vous en doutiez déjà. J’ai surpris une conversation entre lui et Domban et d’après ce que j’ai compris, il se trouve actuellement dans un bastion de l’autre côté de la lune. Je vous communiquerai les coordonnées. La base est dirigée par un Duro, Arias Laut.

- Avez-vous une idée des forces en présence ? demanda Kalin.

Kirax afficha un sourire méprisant.
– Il n’y a qu’un seul établissement possible dans ce quartier. Je peux vous assurer que l’accueil sera des plus glacials. Vous aurez à faire avec des hordes de Gamorréens et des mercenaires de la pire espèce.

– Aucun mensonge ne transparaît dans vos paroles. Bon séjour dans la soute, mademoiselle, termina Kalin, impassible.

Il abandonna la chasseuse de primes et se dirigea vers le cockpit d’un pas vif, suivi de près par Den.
– J’espère que vous avez un plan, Maître. Même à nous quatre, cette succursale de l’Échange sera difficile à démanteler. Les Hutts pourraient aussi s’en mêler !

– Non, Den. Les Hutts seront trop heureux de voir leurs ennemis s’entre-déchirer. Eh oui, j’ai un plan ! rétorqua-t-il malicieusement.


PS : Petite dédicace à Jango et Boba Fett que tout le monde aura remarqué :mrgreen:

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MessagePublié: 09 Décembre 2016, 23:19 
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Le style est agréable à lire. c'est à la fois concis et incisif! Et à propos de dédicace, il y en a une à propos d'un certain Qui Gon, non? :roll:


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MessagePublié: 10 Décembre 2016, 10:22 
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mat-vador a écrit:
Le style est agréable à lire. c'est à la fois concis et incisif!


Disons que j'ai un maître en écriture qui préfère que les scènes d'action soit comme ça (concis et incisif). :mrgreen:



Une dédicace à Qui-Gon ? Seulement pour le prénom alors :)
Et une autre, minuscule, pour Yoda et Mace Windu !


Je te remercie d'avoir lu, j'espère pouvoir compter sur toi pour la suite ! Et aussi bonne continuation pour ta nouvelle lors de l'après Guerre des Clones !

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MessagePublié: 16 Décembre 2016, 17:37 
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Bonjour tout le monde, il est temps de mettre en ligne la suite...

Le chapitre 4 est assez petits alors j'en chaîne avec le 5 sur ce post :).





Chapitre 4
Un accueil glacial







 

Arias Laut réfléchissait à l’intérieur de son palais, le regard perdu dans le dense trafic de speeders. La forte ossature et la bedaine hors-norme du Duro étaient peu commun pour sa race. La pression exercée par son abdomen éprouvait chaque jour un peu plus la résistance des boutons de son veston soyeux. Arias appartenait à la caste d’individus qui ne se refusaient rien et pour qui rien n’était ni trop beau, ni trop coûteux. Son poste clé au sein de l’Échange expliquait l'étendue de sa richesse. Toutes les opérations du syndicat du crime, telles que le kidnapping, le commerce d’esclaves et la vente d’épices, passaient par lui et représentaient une importante rente d'argent.
L'alien bleu devait ce poste élevé à son père, Tanos Laut, le puissant sénateur de Duro. Ce dernier passait pour l'un des clients les plus généreux de l’Échange. C'est pourquoi l’Échange avait engagé son fils sur Nar Shaddaa.
Arias se frotta les mains d'un air avantageux en songeant aux événements récents.
La rencontre avec les Mandaloriens avait été satisfaisante et avait débouché sur une fructueuse alliance. De son avis, ceux-ci l’emporteraient sur la faible République mais il nourrissait des soupçons sur la capacité des guerriers à gouverner la Galaxie.
« Mon père se fera un plaisir de mettre à leur service son savoir politique... moyennant une promotion à un poste clé dans le nouveau gouvernement, bien entendu ! »
L'appât du gain était puissant et la victoire mando'a permettrait aux activités illégales de l’Échange de fleurir. Il gagnerait de ce fait sur deux tableaux : au niveau local, les Hutts seraient exterminés par l’armada mandalorienne située actuellement aux abords du système ; et d'un point de vue galactique, la défaite républicaine rendrait l’Échange plus libre de ses mouvements.
Arias Laut abandonna sa contemplation, s'assit dans un fauteuil et vida d'un trait une bière tarisienne posée sur le bureau. Nul n'ignorait sa haute teneur en alcool, sauf le Duro. Le liquide manqua de l’étouffer et une violente toux injecta ses yeux de sang.
Il s’affaissa sur la table, le souffle court, et réfléchit à un moyen cruel de se venger de son majordome.
« Il aurait dû me prévenir ! Je lui ferais payer ! Mais plus tard... »
Ses yeux écarlates et globuleux s’arrêtèrent sur un comlink posé sur le bureau. Le haut-fonctionnaire de l’Échange pouvait déclencher l'apocalypse sur Nal Hutta à sa convenance, d'un simple appel aux Mandaloriens. La République n’aurait d’autre choix que de se tourner vers l’Ordre Jedi lorsqu'elle prendrait conscience de la proximité des redoutables guerriers.
Les Jedi Obscurs l’avaient prévu ainsi. L’Ordre se trouverait face à un dilemme cornélien : soit il se terrerait dans son Temple d’Ossus, soit il partirait en guerre, au risque de voir nombre de Jedi sombrer du Côté Obscur de la Force. Mais avant qu'il n'intime une intervention mandalorienne, Prev Domban devait s’occuper des gêneurs présents sur la lune.
La fureur d'Arias éclata et il écrasa son poing épais sur le bureau.
Le chasseur de primes avait perdu le contrôle des événements ! Son idiote de partenaire était aux mains des Jedi et lui, avait rompu le contrat dans la foulée de son échec !
« Ce lâche a eu peur ! Je vais le dénoncer à la guilde ! »
– Toi ! Va réveiller tous les gardes disponibles, nous allons recevoir de la visite ! ordonna-t-il à un Gamorréen, race porcine à pigmentation verte, chargé de la garde.

Celui-ci cligna des yeux d’un air ahuri. Arias sortit un blaster et laissa libre court à sa rage :
– Crève, espèce d’abruti ! glapit-il en criblant le Gamoréen de projectiles.

Il quitta ses quartiers et grimaça devant l’odeur de chair brûlée du cadavre.
Le Duro s’en voulait de son emportement vis-à-vis d’un stupide Gamorréen car celui-ci ne comprenait pas le basic. Recouvrant ses esprits, le Duro relativisa la situation :
– Les Jedi Obscurs du complexe s’occuperont des éventuels ennemis.


*******************



Lorsque le Crystal Obscur (Den et les autres l’avaient nommé ainsi à cause de sa couleur sombre) se posa sur le quai d’appontage, un comité d’accueil armé jusqu'aux dents attendait les Jedi. Le chef de la sécurité était revêtu d'une armure mandalorienne et entouré d’une dizaine d’aliens armés jusqu’aux dents.
– Je suis le commandant des forces de sécurité ! se présenta-t-il froidement. Déclinez vos identités et les motifs de votre venue.

– Nous sommes des Jedi en mission diplomatique, mandatée par le Sénat de la République. Nous sollicitons une entrevue avec un dénommé Arias Laut, répondit Kalin d’une voix professionnelle et coutumière des ambassadeurs.

La présence du Côté Obscur était évidente et exhalait l'influence des Jedi Obscur. Des remous familiers agitèrent la Force. Si ses suppositions s'avéraient exactes, la personne dont ils étaient l'origine n’attenterait pas immédiatement à sa vie.
– Et depuis quand les Jedi ont-ils le droit de se rendre en territoire hutt ? Qu’est-ce que les « défenseurs » de la galaxie peuvent bien avoir à faire avec une organisation criminelle ?

– Nos informations signalent la présence de Jedi Obscurs dans ce système, d’où notre intervention, expliqua Kalin en écartant les mains d’un air innocent.

– Je vais vous conduire à votre interlocuteur. Quant à vos pairs, ils resteront ici sous bonne garde, concéda le Mandalorien.

Mais Den protesta avec véhémence.
– Je viens avec vous !

– Ne bouge plus, sinon mes hommes se feront un plaisir d'aérer ton corps de jolis de trous carbonisés!

Kalin imposa le silence à son Padawan d'un regard. Lyra chuchota quelque chose à son oreille qui sembla l’apaiser. Dans le même temps, le Maître suivit le Mando. Ce dernier le guida à travers un dédale interminable de couloirs. Le Côté Obscur y devenait plus puissant, au fur et à mesure qu’il approchait de sa source. Kalin contacta par télépathie les autres Jedi, afin de leur faire part de ses inquiétantes découvertes par télépathie.
Parvenu à destination, son guide annonça sans se retourner :
– Votre rendez-vous attend derrière cette porte, Jedi.

Maître Notsun lui répondit par un bref sourire sous sa capuche et pénétra dans la salle.


***************


La tension augmentait entre les gardes et les Jedi, mais Zurth affichait une sérénité à toute épreuve. Den, lui, s’efforçait de contenir son inquiétude grandissante. Est-ce que son Maître s’en sortirait sans dommage ?
La réception d’un message par l'un des mercenaires rompit ses noires pensées. Ces derniers levèrent leurs blasters avec des intentions aussi claires que l’eau cristalline des lacs d’Alderande. Les Jedi dégainèrent promptement leur sabre laser.
Den se confia à la Force et dévia les salves avec des gestes vifs et précis. Il sauta au milieu de quatre gardes pris au dépourvu. Sa lame vibra dans l’air et trancha la main d'un Twi-Lek à l'air patibulaire. Den s'interposa habilement entre deux mercenaires qui tirèrent sur lui sans réfléchir. D'un pas sur le côté, Il esquiva laissant les deux hommes s’entre-tuer et fit face au dernier. Le Padawan leva la main et le projeta contre le mur avant de se retourner vers les autres. Mais le reste des forces de sécurité gisaient déjà à même le sol, victime de leur inexpérience des Jedi.
Ses pensées tournées vers son Maître, Den s’élança discrètement dans le complexe de l’Échange à l'insu de ses compagnons.



***********



Kalin se dirigeait la tête la première dans un piège, c’était son plan et Den l’avait désapprouvé du début à la fin. Il n’écoutait plus que son courage et sa témérité désormais. Cette dernière l’avait souvent amené aux pires ennuis mais il l’avait rarement regretté par la suite.
Le Padawan progressa en maîtrisant ses émotions et se concentra sur la Force qui lui révélait la présence d’êtres vivants. Il se retrouva face à face avec des gardes gamorréens et leur arracha leurs armes d'une Traction de Force avant de les laisser fuir, préférant se concentrer sur leur chef, un humain.

- Où est ton patron ? demanda Den en passant la main devant le visage de l'homme.

– Mon employeur possède un bureau à l’étage supérieur, répondit ce dernier, le regard vide.

– Y a-t-il des Jedi Obscurs dans le complexe ?

Le garde hocha la tête, le visage déformé par une expression de terreur. Cette nouvelle confirmait les soupçons de Kalin. Pire encore, elle soulevait l’hypothèse d’une entente entre l’Échange, les Mandaloriens et le Clan.
– Tu vas dormir maintenant.

– Bien... obéit l’homme, les paupières lourdes.

Den se détourna doucement et sentit une entité obscure derrière lui.
– Tu apprendras, jeune Jedi, à rester à ta place, siffla le Mando qui avait servi de guide à Kalin.

Celui-ci déclencha une volée de tirs sans sommation. Le sabre de Den les dévia tous avec désinvolture.
– Inutile...

Au grand étonnement du Padawan, le Mandalorien se rendit en jetant le fusil à ses pieds.
- Si l’ancienne méthode ne fonctionne pas, parions sur la nouvelle ! s’écria celui-ci.

Il projeta une onde de Force qui frappa de plein fouet le Padawan, et l'expulsa sur plusieurs mètres. Un Mandalorien maîtrisant la Force ! Il s’agissait d’une première dans la galaxie. Encore sous le choc, Den se releva tant bien que mal.
– Comment se fait-il que...

Le grésillement familier de l’activation d’un sabre laser l’interrompit, suivi de l'apparition d’une lame rouge sang. L’homme se jeta sur lui avec un cri de rage et enchaîna une multitude d’attaques. Den les para en s’exhortant au calme et analysa le style de combat de son adversaire. Aussi rudimentaire que celui d’un Novice du Temple. Il réalisa que le Mando suivait encore une formation. Un néophyte comme lui n’avait aucune chance...
Le Padawan contre-attaqua d’un revers circulaire, ouvrant la garde du Mando, et le projeta à l’extrémité du couloir d’une Poussée de Force. Protégé par son armure, le chef de la sécurité se releva et prit la fuite par une porte latérale.
Den entama la poursuite, avant de se rappeler la raison de sa présence.
« Kalin... »

- Den ! entendit-il.

C’était Qui-Gon, l’air agacé.
– Pourquoi es-tu parti si vite ? Tu nous mets tous en danger avec tes actions inconsidérées...

– Excuse-moi, mais je ne peux pas abandonner Kalin alors que des Jedi Obscurs rôdent dans les environs.

Le Chevalier fit la moue.
– Kalin est un Maître Jedi et il sait ce qu’il fait. Par ailleurs, ne t’imagine pas que nous ne nous soucions pas de lui.

– Je n’ai pas besoin de sermons, Qui-Gon. Il y a un Mandalorien utilisateur de la Force par là-bas, indiqua Den d’un geste. Nous pourrions l’interroger si tu parvenais à le capturer. Dans l’intervalle, j’irai aider mon Maître, acheva le jeune homme sur un ton convaincant.

Qui-Gon opina du chef après quelques secondes de réflexion. Les deux Jedi se raidirent brusquement.
– Moi aussi, je l’ai senti. Kalin est en danger !



************






Chapitre 5
Les vieilles connaissances






La porte se verrouilla à la suite de Kalin. Les ténèbres émanaient d’un bureau dont le siège, tourné vers une véranda, l’empêchait de voir son utilisateur. Le Maître Jedi s’approcha à pas feutrés mais son absence de réaction persista.
- Est-ce que le trafic de Nar Shaddaa vous passionne au point de m’ignorer ? demanda Kalin d’un ton léger. Il n’est pas sage de proposer une alliance avec une organisation aussi vile que l’Échange, Jedi Obscur.

Le fauteuil pivota et provoqua une grimace quasi imperceptible sur le visage de Kalin. Il reconnut le sourire arrogant de l’homme adossé comme un conquérant sur son trône. Hormis ses yeux luisants de la flamme du Côté Obscur, l’ancien archiviste de l’Ordre Jedi n’avait pas changé d’un iota. Le Zabrak, Odénout Mapassar, arborait toujours des cornes crâniennes et détenait la même barbe immaculée, décorée de tresses, synonyme de son âge avancé.
Jadis, il était un Maître sage et respecté parmi les siens, jusqu’à son étude d’artefacts Sith. Corrompu par l’enseignement des holocrons, vestiges de l’ultime passage des antagonistes des Jedi dans la galaxie, Odénout Mapassar renia l’Ordre en obligeant son nouvel Apprenti à commettre l’irréparable. Ce dernier, Josh Janesh, tua son Maître et attenta à la vie de son ami le plus cher afin de prouver son allégeance au Côté Obscur. Cet ami demeurait son propre Padawan, Den Liser.
– Maître Notsun, quelle joie de vous revoir après tout ce temps, annonça le Jedi noir avec satisfaction.

– Odénout Mapassar... et moi qui craignait une rencontre déplaisante. Laissez-moi vous servir de guide jusqu’à une confortable cellule d’Ossus, proféra sarcastiquement le Maître Jedi.

Mapassar ricana sous sa capuche aussi sombre que le reste de sa bure.
– Oui... je crains d’avoir manqué de politesse lors de mon départ d’Ossus. Comment se porte mon vieil ami Viridia ?

– Les manigances du Clan des Jedi Obscur l’inquiètent, et moi aussi. Qu’espérez-vous réellement en déclenchant une guerre entre la République et les Mandaloriens ?

– Votre franchise vous honore. Mais n’est-ce pas évident ? En tant que fondateur du Clan, je veux amener les Jedi Obscur à diriger la République. Les artefacts m'ont apporté d'inestimables connaissances sur les Sith. Votre Conseil ne soupçonne aucunement leurs agissements dans l'ombre et lorsqu'ils ouvriront les yeux, il sera trop tard.

Le visage de Kalin se tordit en une grimace de dégoût.
– Vous n’avez pas besoin d'élucubrer sur les Sith pour justifier votre soif de pouvoir. Vous avez chuté du Côté Obscur et seule la domination de tous les êtres vivants de la galaxie vous intéresse.

– Votre naïveté fait autant pitié à voir que votre ignorance. Les Sith vont et viennent discrètement, ils avancent leurs pions et ourdissent leur retour pendant que les Jedi s’occupent de litiges commerciaux ou de stabilisation politique d'une quelconque planète.

Mapassar abandonna son air doucereux, sa voix durcit.
– Un jour, ils arriveront en force et personne ne pourra les arrêter hormis moi.

– Je n’en crois pas un mot. Ainsi que je vous l’ai énoncé, peut-être avec trop de subtilité, votre trahison envers l’Ordre me contraint à vous déclarer prisonnier des Jedi. Le Conseil statuera sur votre sort, rétorqua Kalin, cassant.

Le Zabrak mima la surprise, ses yeux s’ouvrant comme des billes.
– Oh ! Vous omettez le préchi-précha des Jedi sur la rédemption ? Vous avez peut-être compris sa totale futilité. Laissez-moi dialoguer avec vous, en nobles gens civilisés que nous sommes, des attraits symbolisés par le Côté Obscur tant craint par le Conseil. Il accroît la puissance de ma volonté, me dote de la force d’aller au bout de mes convictions quel qu’en soit le prix et me fournit un accès à des pouvoirs au-delà de l’imagination de votre esprit corrompu par le dogme Jedi. Acceptez-le et vous entreverrez enfin la réalité sur la République. Un Jedi tel que vous... vous auriez une place à part à mes côtés et seriez un atout considérable dans mon plan pour contrer la menace.

Agacé, Kalin sentait le pouvoir de Mapassar s’insinuer en lui dans le dessein de le convertir à sa cause. Il ignorait au juste la nature des découvertes du Jedi Obscur. Peut-être énonçait-il la vérité ? Peut-être pas. Mais il savait qu’il n’accorderait jamais sa confiance à un ennemi déclaré.
– Les promesses de pouvoir ne m’intéressent pas, pas plus que votre soi-disant plan d’ensemble. Par définition, le Côté Obscur répand la corruption et la destruction et là où le mal perdure, vous trouverez la lumière en opposition.

Kalin attira la poignée de son sabre dans sa main avant de conclure :
– Vous personnifiez le mal absolu, et je suis la lumière purificatrice !

La patience de Mapassar venait de se consumer, tel un brasier mourant, avec sa dernière provocation. La Force parut crépiter de colère, enveloppant Kalin comme un cocon nocif. A contrario, le Maître Jedi canalisait son pouvoir dans son moi intérieur et affichait une expression indifférente, dénuée de tout sentiment.
– Le sang des Jedi coulera aujourd’hui, siffla le Jedi Noir, une lame aussi rouge qu’un œil de Laïgrek émergeant devant lui.
Kalin l’imita et empoigna son sabre à deux mains, jambes écartées, dans le plus pur style Djem-So.

– Ce sabre m’évoque de bien beaux souvenirs. Il s’agit de l’arme avec laquelle mon Apprenti a failli éliminer le vôtre. Enfin... il n'a pas raté le fameux cristal kiishra. Ce qui signifie que Den Liser va souffrir à mesure que le temps s'écoulera, railla Mapassar dans l'espoir de troubler le Maître Jedi.

Le vieux Zabrak effectua un double saut périlleux par-dessus le bureau et se retrouva devant son adversaire. Parée instantanément par la lame bleue, son attaque verticale fit reculer Kalin d’un pas. Mapassar déversa toute sa rage dans une série d’estocs perçants, caractéristique du Juyo, une forme de combat réputée pour sa considérable agressivité. Pris au dépourvu, Kalin déplora son manque de mobilité mais gaina les muscles de ses bras pour dévier le sabre du Jedi Obscur d’une brusque saccade. Le temps de la riposte s’approchait.
Kalin administra une frappe sur le flanc et avança de deux enjambées. Il rassembla sa puissance physique et fit remonter son arme vers celle de l’ennemi, provoquant un tremblement dans les bras du Zabrak. Ce dernier réalisa son incapacité à résister face à la force destructrice du Maître Jedi puisqu’il se retira sur le secrétaire. Il esquissa un mouvement aisé vers des fauteuils qui entamèrent aussitôt une valse tourbillonnante, avant d’être projetés en direction du Jedi. Kalin refoula le premier en le sectionnant en deux mais le second percuta son épaule. Un sourire blafard s’étala sur le visage vicié du Jedi Obscur à la vue de la grimace de douleur adverse. Poussant son avantage, le Zabrak abattit son sabre laser en riant comme un dément et provoqua un blocage. Les lames de plasma surchauffé avancèrent lentement vers les yeux de Kalin et s'immobilisèrent à quelques millimètres des traits crispés du Maître. Quelques poils de sa barbe se consumèrent, exhalant une odeur désagréable de brûlé. Mapassar invoqua une nouvelle bouffée du Côté Obscur pour pousser les deux lames entrecroisées, mais elles ne bougèrent pas. Kalin serrait les dents aussi et usait de la Force pour ramener le blocage à une distance plus raisonnable de lui. En difficulté, le Jedi noir grogna et mit fin à l’épreuve physique d’un bref saut en arrière. L’occasion attendue par Kalin se présenta avec la lame rouge levée en l’air qui laissait le torse de Mapassar sans protection. Il le chahuta avec la Force et l’expédia derrière le bureau, preuve éclatante de sa victoire aussi bien physique que psychologique.
- Est-ce là les limites de vos ténèbres ? demanda sereinement Kalin.

Le Zabrak se releva, les yeux rougeoyants de haine, et le toisa avec mépris. Il ricana une nouvelle fois avant d’expulser le secrétaire vers Kalin, forcé de se mettre à plat ventre. Et c’était la réaction prévue par Mapassar. Le Maître aperçut un dispositif dans la main du Zabrak un temps trop tard.
– Vous avez perdu Maître Notsun !

L’une des phalanges de l’alien se crispa, coïncidant avec l’ouverture d’une trappe sous Kalin. Piégé, le Jedi disparut dans le gouffre béant...



*******

Den accéléra davantage sa course, déversant sa frustration dans la vitesse de Force. Chaque seconde passée à se débarrasser des mercenaires qui entravaient sa route semblait durer une éternité. Le temps avait inexorablement défilé jusqu’à la disparition de l’aura de Kalin. Mais Den ne ressentait pas pour autant sa mort, ce qui le rassurait quelque peu. En revanche, le Côté Obscur se renforçait à mesure de sa progression dans l’installation. Le Mandalorien ? Un autre Jedi Obscur ? Le Padawan ne doutait plus de la présence de plusieurs disciples du mal à l’intérieur du complexe de l’Échange.
Tout devint clair.
Le Conseil avait redouté l’existence de membres du Clan sur Nar Shaddaa et dépêché plusieurs Jedi pour une mission qui, en temps normal, ne nécessitait qu’un binôme. Pourquoi n’avaient-ils pas été prévenus ?
Den secoua la tête. Le moment était mal choisi pour élucider ce mystère.
Le Jedi Obscur errait dans les environs, peut-être prêt à le prendre en traître tout comme il avait renié l’Ordre. Car la plupart des affiliés du Clan appartenaient jadis au Côté Lumineux. Den redoutait souvent d’affronter d’anciennes connaissances bien qu’il ne se soit jamais retrouvé dans une telle situation.
Au cours du dernier millénaire, des centaines de Jedi s'étaient détournés de la voie du bien pour suivre leur propre dessein. Et jusqu’à une date récente, aucun meneur n’avait été en mesure de les unifier sous une seule bannière. Le danger, qu’ils représentaient, n’avait cessé de croître depuis lors. L’identité de leur chef demeurait un mystère aux yeux du Conseil mais ses intentions se dévoilaient avec les prémices inquiétantes d’une guerre républico-mandalorienne.
Le Padawan se recentra sur l’instant présent et localisa l’essence du Jedi Obscur à l’intérieur d’une salle circulaire dédiée à la méditation. D’un mouvement anticipé, il esquiva de peu une lame enflammée de sabre laser, par le biais d’un salto arrière. Une ancienne colère surgit de son cœur en découvrant Josh Janesh, son ex-ami.
- Toi ! glapit Den d’une voix éraillée.

Il dévisagea avec dégoût celui qui avait attenté à sa vie, par deux fois. La figure blafarde, les cheveux raides et d'un noir de jais, l’expression arrogante accentuée par un sourire cruel, Josh se tenait là. Ce dernier, aîné de Den d’une année standard, différait de celui de jadis.
– Oui, moi qui suis responsable du déclin de l’Élu, moi qui ait été assez fort pour briser les chaînes de l’Ordre. Je suis tout cela et bien plus encore, insista Josh, hautain.

– Tu t’écoutes trop parler, mon ami. As-tu fait quelque chose à Kalin ?

– Mon Maître s’occupe de lui, ne t’inquiète pas. Je sens ta colère mêlée de confusion, car tu ignores toujours les raisons qui m’ont poussé à embrasser la voie du Côté Obscur.

Den menaça le Jedi déchu de son sabre laser bleu.
– Explique-moi, lâcha-t-il d’une voix tremblante.

Tout son désespoir et son incompréhension dégoulinèrent de ces deux mots, accentuant le sourire de Josh.
– J’ai toujours aimé satisfaire les ultimes volontés d’un futur macchabée.



***********


Après sa rencontre avec le Mando, Qui-Gon constata la véracité des paroles de Den. Mais user de la Force ne signifiait pas un contrôle parfait de cette dernière. Le Chevalier percevait l’inexpérience de son adversaire. Celui-ci tentait de la compenser par ses talents de guerrier. La situation s’était toutefois compliquée à la suite de son entrée dans un baraquement rempli de truands.
Il agita son sabre laser à lame viridienne, parant difficilement le torrent de traits lumineux qui se déversait sur lui. La rapidité et la précision de ses mouvements présumaient beaucoup de ses forces, mais elles lui donnèrent le temps de la réflexion. Le Jedi devait trouver un moyen de rompre l’organisation des acolytes du Mando.
L’humain à la coiffure nouée en catogan étudia son environnement d’un coup d’œil circulaire.
Les couchettes derrière ses adversaires ne représentaient aucune utilité à ses yeux mais sur sa gauche, une table supportait quelques bouteilles de bière à bas prix et des restes de nourriture. Plutôt que de gaspiller son énergie en générant une énorme impulsion de Force, Qui-Gon se contenta de faire flotter trois assiettes et les expédia vers deux gardes aliens qui durent stopper leurs tirs dans leur esquive. Le Jedi aperçut aussi leurs compères se déconcentrer pendant une fraction de seconde, en conformité avec son objectif.
La pression exercée sur sa défense s’amoindrit et il trouva le temps de décrocher une grenade étourdissante de sa ceinture, avant de la faire rouler sur le sol. Lents à la détente, les gardes encaissèrent le puissant flash de lumière pure qui les abrutit. Qui-Gon sauta sur la paroi du mur et se donna un peu d’air par rapport aux salves du Mandalorien, protéger des effets débilitants de la grenade par sa visière sombre. Le Jedi en profita pour déclencher un tourbillon de Force et assommer les gardes incapacités à l’aide de leurs bouteilles de bière.
Le casque high-tech du Mando demeurait l’objectif final du Chevalier Jedi.
Il permettait aux guerriers de récolter des informations sur leur environnement, d’accéder à l’holonet et, plus important, de supporter des données. Ce fier peuple considérait leur armure dans sa globalité comme une seconde peau protégeant leur âme de combattant. S’emparer de son casque ne serait pas chose facile...
Conscient de cela, le Jedi s’élança vers le seul ennemi encore debout, à peine surpris de voir celui-ci sortir un sabre laser. Le Mando chargea tel un Boma, dans le vide, ratant la lame viridienne de Qui-Gon. Ce dernier sourit. Grâce à sa feinte, il se retrouva derrière son adversaire emporté par l’élan de son attaque. La position était inadéquate pour une agression dorsale au sabre alors il concentra la Force sur les jointures entre le casque et l’armure.
« J’ai trouvé le point faible... »
Un déclic s’enclencha autour du cou du Mando'a, le casque glissa et atterrit dans la main tendue du Jedi. L’Homme en Armure se retourna, les traits déformés par la rage.
– Qu’espères-tu découvrir dans cet accessoire ?

En spécialiste d’interface informatique, Qui-Gon pourrait pirater l’objet, mais il ne négligerait pas pour autant la capture du Mando. Ce dernier sentit ses intentions et sortit trois grenades d’un compartiment de son armure.
– Je ne me laisserai pas faire prisonnier, Jedi. Essaye de protéger le casque, si tu le peux, ricana-t-il en lançant les explosifs dans trois recoins du baraquement.

Pris dans le traquenard, le Chevalier réalisa la distance qui le séparait de la sortie avec effroi. Le temps pour s’échapper lui manquerait alors il improvisa une solution. Il accéléra ses bras et propulsa un peu de Force pour dévier la course de la plus proche grenade. Sa main libre attira la table métallique dans la fraction de seconde suivante, espérant qu’elle offrirait un rempart efficace à la déflagration.


*********


C'est tout pour aujourd'hui, à la semaine prochaine 8-)

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Echange intéressant entre Kalin et le Jedi Noir zabrak! Faut-il des Dark Jedi pour contre la menace des Sith, that's the question!

Continue à publier, j'ai me bien découvrir ta fan fic petit à peit.

Pas: J'ai bien reçu ton Mp ;) ! J'espère que le tome 3 te plaira.


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L'heure du chapitre 6 il est ! De bonnes et joyeuses fêtes je vous souhaite :D


Chapitre 6
Révélations








« Tout a commencé le jour où Maître Mapassar m’a convoqué en tête à tête. Il avait eu vent de mes doutes quant à l’enseignement des Jedi. Cela faisait presqu'une année qu’il me proposait de franchir l’écran de fumée érigé autour de moi par les Jedi. Je désirais plus pour prouver ma valeur depuis trop longtemps, mais malgré mes efforts assidus, je demeurais toujours dans l’ombre du célèbre Den Liser, mon ami le plus cher. Lorsque Mapassar croisait ma route dans le Temple, il ne ratait jamais une occasion de faire des allusions sur mon extraordinaire potentiel inexploité. Ainsi j’ai fini par accepter un entretien... »


Josh Janesh pénétra dans l’antre de l’archiviste Odénout Mapassar. L'air paisible, le Maître méditait sur un siège sans dossier.
– Prends place, proposa Mapassar, yeux clos.

Le jeune homme obéit silencieusement en maintenant sa récente colère en lui. La dispute avec Den n’était que l’une parmi tant d’autres, mais celle-ci l'avait davantage marqué. Leur amitié en pâtissait à tel point que Josh se demandait si rompre les liens de manière définitive ne constituait pas la seule solution.
– La justesse de mes paroles ont-elles enfin atteint ta raison, Josh ? Au vu de ta présence, j’en déduis que oui.

– Maître, je me rends compte de ma faiblesse. J’ai exercé ma volonté à oublier mes sentiments pour... quelqu’un, mais j’ai échoué. J’ai voulu devenir meilleur Jedi que Den, mon ami, afin que cette personne remarque enfin mon existence, sans plus de succès. Lors de nos missions communes, il a toujours été là pour débloquer les situations, pour s’attirer les louanges des autres et même pour sauver la vie de l’être que j’aime. Pire, Den m’a évité la mort sur Corellia. Ma compréhension de la Force n’est pas comparable à la sienne. Des rumeurs circulent au Temple sur sa possible nomination au rang de Chevalier Jedi mais le Conseil le trouve trop imprévisible, trop immature. Cependant, je redoute qu’il ne s’agisse que d’une question de temps avant que son avis ne change, confessa Josh, mal à l’aise.

Le Zabrak resta silencieux un long moment. Il ouvrit les yeux cette fois.
– Tu es encore jeune et inexpérimenté, Josh. La Force est puissante en toi mais tu refoules tes émotions. Je sens tes doutes, ils affaiblissent ta volonté et tes perceptions. Ces difficultés n'ont sans doute pas échappé à ton Maître.

– Il ignore tout de mes sentiments. Selon lui, il s’agit d’une mauvaise passe et tous les Jedi subissent dans cette période, un jour ou l’autre. Ses conseils m’incitent à me tourner vers la sagesse du Code Jedi, mais c’est inutile. Je le sais à présent.

– Le Code met la recherche du savoir sur un piédestal, et pourtant les Jedi se renient eux même en écartant volontairement une importante facette de la Force.

Mapassar dévisagea le Padawan, lequel se sentit scruter jusqu’au tréfonds de son âme. La nature de la Force canalisée par l’archiviste ne respirait pas la bienveillance, pas plus qu’une quelconque intention malsaine. Josh était toutefois fasciné par son harmonie et l’équilibre intérieur qu’elle apportait à son cœur.
Une impression le submergea.
Le Zabrak montrait un pouvoir différent de celui des Jedi. Un pouvoir qui, il en était certain, l’aiderait à trouver sa place parmi les siens.
– Avant de t’exposer ma vision de la Force, je dois savoir jusqu’où tu es prêt aller dans l’optique d’acquérir une plus grande puissance.


Gêné comme s’il venait d’être surpris dans une situation embarrassante, Josh passa la main sur ses cheveux d’un geste convulsif. Le doute et l’incertitude subsistaient toujours.
– Vous m’inquiétez Maître. Pourquoi tant de mystères entourent vos connaissances ? Pourquoi ne m’a-t-on jamais parlé d’un tel enseignement ? Éclaircissez-moi l’esprit, donnez-moi un moyen d’atteindre mes objectifs. Je ne supporte plus cette situation. Elle me détruit à petit feu !

– Les Jedi considèrent la Force comme une entité supérieure, à laquelle ils seraient soumis. En poursuivant sur cette voie, je peux même aller jusqu’à affirmer qu’ils la déifient. C’est la volonté de cette dernière qui dirige leurs actes mais tu sais déjà tout cela. Moi, je te propose au contraire de l’utiliser selon tes souhaits et tes désirs les plus profonds. Sers-toi de ta rancœur et de ta jalousie envers Den Liser. Ces sentiments te permettront d’accéder au véritable pouvoir et alors, le regard de l’être que tu chéris évoluera.

Toutes les années passées à apprendre la manière Jedi forcèrent Josh à se relever avec brusquerie.
– Je suis peut-être désorienté mais pas aveugle ! Votre enseignement comporte des similitudes troublantes avec... le Côté Obscur, réagit Josh, ébranlé.

- Non ! cria Mapassar d’une voix terrifiante. Défais-toi de la camisole dans laquelle l’Ordre t’a emprisonné ! Prouve ta force, pas seulement à moi, mais aussi à toi ! Servons-nous ensemble de la Force pour faire de la République un lieu où règne la paix. Devenons plus efficaces que les Jedi et stoppons la menace qui plane au-dessus de nos têtes.


La Force se troubla un bref instant et Josh entrevit la véritable nature du Zabrak. Comment cet homme pouvait-il se tenir au centre du Temple en tant que Jedi ? Il réalisa la portée conséquente de leur aveuglement. La Lumière ne représentait qu’une infime fraction de la Force. L’esquisse du Côté Obscur entrevue par le Padawan était une promesse de pouvoir, la seule voie pour conquérir le cœur de Lyra. Et si Mapassar avait la faculté de cacher son moi intérieur, alors Josh l’acquerrait.
– Vos objectifs deviendront les miens, votre savoir deviendra mien, mon Maître. Enseignez-moi la Force telle que vous la concevez, annonça Josh d’une voix lucide.

– Très bien, jubila Mapassar en montrant les dents. Quelles sont tes intentions à présent ?

La réponse devint évidente aux yeux de Josh, elle l’avait toujours été.
– Je vais m’approprier l’objet de mes convoitises, mon Maître. Puis je quitterai l’Ordre Jedi à jamais.

– Tu devras agir avec une prudence extrême, sinon tu ne trouveras que l’échec au bout de cette voie.

– Je le sais... mais si je puis me permettre, quelle est cette menace que vous avez évoquée à l’instant ? demanda l’Apprenti.

Mapassar sonda à nouveau le cœur de Josh. Cette fois-ci, ce dernier resta calme car nul secret ne le troublait désormais.
– Ta détermination est déjà devenue plus forte...

L’archiviste quitta son siège et se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur la cité d’Ossus. Josh le fixa avec l’absolue certitude qu’il lui révélerait tout.
– Une guerre se trame entre la République et les Mandaloriens. Mais les apparences ne sont pas ce qu’elles paraissent. La vraie bataille va se dérouler au sein de la Force entre la Lumière et les Ténèbres. Peut-être arrivera-t-elle dans une semaine ? Un an ? Dix ans ? Cette terrible menace œuvre déjà parmi nous, nous devons nous y préparer. Entraîner la chute de la République grâce aux Mandaloriens sera le moyen de parvenir à cette fin. Tu n’as pas besoin d’en savoir plus pour l’instant...


Le temps passa, les leçons de Maître Vadisha m’ennuyaient. Seules m’intéressaient les connaissances de Mapassar. J’attendais avec impatience mes retours sur Ossus car il n’y avait que là-bas que je progressais dans ma compréhension de la Force. Évidemment, j’appris à cacher mes sentiments et à dissimuler ma transformation. Je n’étais toujours que l’ébauche de l’homme que je voulais devenir lorsque Mapassar me convoqua une seconde fois. Il me jugeait prêt...



L’appartement de son véritable Maître n’avait plus aucun secret pour Josh tellement ce dernier s’y était rendu de fois.
– Vadisha est impressionnée par mes progrès. Elle trouve que je suis plus à l’écoute d’autrui que jamais. Grâce à vous, elle ne soupçonne pas ma duperie, énonça Josh en prenant place sur le siège de méditation.

L’Apprenti soupira longuement avant de poursuivre :
– Sa mièvrerie m’instille une profonde envie de sang. Vos affaires sur Ossus arriveront-elles bientôt à terme ?

– Le moment tant attendu approche. Il est temps de quitter officiellement l’Ordre et d’accélérer nos plans, lui apprit Mapassar.

- Mais que pourrons-nous faire seuls contre tous ? s’enquit Josh, sceptique.

Le Zabrak émit un son rauque à mi-chemin entre le rire et la toux.
– Nous ne serons pas seuls, mon Apprenti. Cela fait plusieurs décennies que je rassemble en secret des adeptes mais nous avons besoin d’un atout maître en la personne de l’Élu. Ses étonnantes dispositions nous seraient d’une grande aide si nous parvenions à le convertir à notre cause. Cette tâche t’est dévolue.

– Avec plaisir, mon Maître. Je sais comment m’y prendre.

Si tout se déroulait selon ses plans, Den connaîtrait l’horreur du désespoir et le feu ardent de la vengeance.




« Quelques semaines plus tard, ton refus obstiné de nous rejoindre fut le catalyseur de notre combat à l’académie Jedi. J’admets ma défaite à cet instant malgré l’enseignement de Maître Mapassar. C’est là qu’il est entré dans une rage folle et a détruit ton sabre laser ainsi que le cristal Kiishra. »

Inconscient, Den gisait non loin de deux obscures silhouettes. L’une d’elles haletait sous la colère, soulevant ses épaules à un rythme saccadé.
– Vous êtes pardonné dans votre échec de la conversion de Den Liser. Le Côté Obscur n’a pas assez grandi en vous, toute tentative de faire chuter le Padawan Mayn échouera aussi lamentablement. Vous me décevez...

– J’apprends encore, mon Maître. Le Conseil ne va pas tarder à apparaître, si je puis me permettre, répondit Josh, un genou au sol, tête baissée en signe de pénitence.

– Après ma défection, l’Ordre Jedi sentira l’ombre malfaisante du doute s’insinuer en son sein. Nous devons fuir, cependant il vous reste un acte à accomplir : achever l’Élu. La mort de votre ami scellera à jamais votre destin en tant que Jedi noir du Clan.

Le regard du Zabrak tomba tour à tour sur le corps inanimé de Den, puis sur celui d’une Jedi transpercée au niveau de la poitrine.
– Sauf votre respect, l’Élu est à notre merci. Emmenons-le et faisons-lui connaître une souffrance au-delà de toute imagination. Nous briserons sa volonté et il adhérera à nos idéaux, protesta Josh.

Le ton de Mapassar monta d’un cran :
– Ma volonté est force de loi, la tienne n’est que soumission et obéissance. Tu as pu tuer ton Maître, ici présent, mais tu dois comprendre que Den Liser ne représente plus un atout indispensable à notre cause. Détruis ton ami et ton pouvoir grandira, te rendra digne de me succéder un jour.

Josh soupira, mais décrocha lentement son sabre laser de Padawan.
– Alors votre volonté sera exécutée, mon Maître...

« À cet instant, nous sentîmes l’arrivée des Jedi. Ils projetaient le verrouillage des hangars pour empêcher notre fuite et nous n’eûmes d’autres choix que de te laisser là, en vie... Tu ne dois ta survie qu’à ma maudite hésitation. Une erreur que je ne compte pas réitérer. »

******



Aussi bouleversé que déçu par l’histoire de Josh, Den s’efforça de garder sa concentration. Il désirait néanmoins en apprendre davantage.
– Je ressentais un changement en toi, une sorte de détermination nouvelle et farouche, mais je voyais cela comme une bonne chose. Je n’aurais jamais imaginé que tu chutais peu à peu du Côté Obscur. As-tu au moins conscience de t’être fait manipuler de bout en bout par Mapassar ?

– La sournoiserie et la traîtrise sont dans notre nature. Oh oui, je me suis aperçu des manœuvres de Mapassar et plus encore. Ma haine envers lui n’en est devenue que plus puissante, tout comme celle que j’éprouve pour toi, répliqua Josh, les yeux scintillants de malveillance.

Den approcha son sabre laser à quelques centimètres de la gorge ouverte de son ancien ami et tenta de lui faire entendre raison.
– La République représente la civilisation et la Constitution en est le pilier central. Je n’ose imaginer tous les sombres changements qu’amènerait un Jedi Obscur au sommet de la hiérarchie galactique. Ce pouvoir que nous Jedi avons refusé, il y a des millénaires, lorsque le Sénat a proposé la construction d’un Temple Jedi sur Coruscant. L’Ordre désirait garder son indépendance et sa liberté de choix sans se retrouver influencé par la proximité d’un si grand pouvoir.

– Merci pour la leçon d’histoire. Tu n’as fait que renforcer la légitimité des ambitions du Clan. Peut-être que vous autres Jedi êtes satisfaits de vos missions mandatées par le Sénat ou peut-être croyez-vous en un miracle pour stopper la grande menace, mais ce n’est pas mon cas.

– Une poignée de disciples du Côté Obscur, une armée mandalorienne... vous voulez une guerre de front face à la République et l’Ordre ? Ce n’est pas crédible, tu me caches autre chose, fit remarquer le Padawan en renforçant ses propos avec un peu de persuasion.

Josh sourit et réactiva son sabre laser pour dévier la lame de Den sur le côté.
– Ce ne sera pas nécessaire. J’ai accédé à ton désir de réponse mais maintenant c’est la fin pour toi, mon ami.

Le ton définitif du Jedi noir convainquit Den de l’imminence du combat. Il n’éprouvait plus que de la tristesse à cette pensée, mêlée à la peur de ne pas être en mesure de vaincre Josh sans épargner sa vie.
Soudain, le grondement d’une explosion au-dessus d’eux parvint à leurs oreilles. Den réalisa la précarité de sa position face aux gravats qui s’apprêtaient à l’ensevelir vivant. La fuite paraissait impossible alors le jeune homme opta instinctivement pour une technique enseignée par son Maître. Il s’ouvrit entièrement à la Force, se réjouissant de l’intensité de son énergie, et la concentra autour de son épiderme. Son bouclier ne possédait pas autant de résistance que ceux qu’il avait déjà façonnés par le passé mais il espérait tenir assez longtemps pour survivre.
De son côté, Josh esquiva quelques projectiles d’une roulade et en pulvérisa d’autres avec son sabre laser. Il sauta en arrière d’une aisance dédaigneuse pour se mettre à l’abri, ses prunelles viciées fixées sur Den dans l’espoir de le voir écrasé. Ce dernier se tenait encore debout, entouré d’une aura bleue lumineuse. Ses forces se tarissaient rapidement, chacun de ses muscles se tétanisait et ses cellules s’asphyxiaient sous l’intensité de l’effort.
À bout, Den rompit sa technique et accepta l’inéluctabilité de la mort. Ses sens de Force l’informèrent d’une présence familière derrière lui, juste avant de sentir une préhension l’attirer. Désorienté et affalé sur le sol, le Padawan récupéra pendant une vingtaine de secondes et comprit que quelqu’un lui avait évité un sort funeste.
– L’Échange n’embauche vraiment que des idiots, adeptes du suicide à la grenade. Heureusement que ma chute m’a permis de te sauver de la bêtise d’Arias Laut, annonça une voix féminine et familière.

« Lyra ! » saisit enfin Den en tentant de se remettre sur pied d’un effort surhumain.
Sa vue troublée à cause de la fatigue ne lui permettait pas de voir clairement son environnement. Il entendit toutefois la voix traînante de Josh.
– Encore une vieille connaissance... décidément, le jour est propice aux retrouvailles. Ta beauté s’est étoffée depuis la dernière fois, Lyra.

Des grommellements parsemés d’injures surgirent d'un amoncellement de poussières. Den crut distinguer un Duro à la limite de l’obésité.
– Cette sorcière a voulu m’achever ! Jedi Obscur, je vous ordonne de la tuer sur-le-champ !

Son interlocuteur lui jeta un regard glacial qui le rendit soudainement muet.
– Sachez que je n’obéis qu’à mon Maître et certainement pas à un détritus de votre espèce. Votre vie ne tient qu’au bon déroulement des relations entre nos organisations. Trouvez un endroit dans notre navette et terrez-vous dedans, je m’occupe de ces gêneurs.

Trop stupide pour comprendre la précarité de sa situation, le Duro l’ignora et dégaina un blaster.
– Je vais obtenir vengeance moi-même ! cria Arias en tirant plusieurs salves vers Lyra.

Cette dernière usa de quelques gestes du Soresu pour dévier les lasers. Elle en retourna un. Josh sauva le Duro à contrecœur d’une petite poussée de Force qui le força à tomber au sol.
- Espèce d’avorton de bureaucrate ! s’exclama l’Apprenti de Mapassar, excédé par tant d’incompétence.

Un sourire cruel s’étala sur sa face lorsqu’il leva la main pour étouffer Arias Laut. Sa jubilation s’accrut devant les efforts vains de la victime pour ôter la gaine invisible de sa gorge. Den profita de ses quelques secondes pour récupérer un peu et reprendre son sabre laser. Entre temps, le membre de l’Échange avait sombré dans l’inconscience par manque d’air.
– Je le préfère dans cet état, et vous ? demanda-t-il en posant le regard sur le visage horrifié de Lyra.

Cette dernière parut sur le point d’exprimer son aversion pour l’ancien Padawan, mais Den la prévint d’un danger imminent en la tiraillant par le bras. Des poutrelles de duracier se levèrent sous l’action de la Force, vacillèrent un instant puis furent propulsées vers le couple de Jedi. Lyra parvint à les découper tout en protégeant son ami affaibli. Mais l’attaque n’était qu’une diversion pour permettre à Josh de filer en douce avec le Duro évanoui.
– Et moi qui songeais avec espoir qu’il ne détecterait pas l’arrivée de Qui-Gon, regretta Den avec une touche d’ironie.

Il avait raison. Qui-Gon accourut au bout de quelques secondes avec un casque mandalorien sous l’aisselle.
– Hum... j’ai raté un épisode, semble-t-il. Désolé de ne pas être venu plus tôt mais j’ai eu mes propres problèmes à gérer.

– Non, la fuite de Josh Janesh est due à ton arrivée, expliqua Lyra en soutenant le flanc de Den.

Les trois Jedi sortirent de la salle de méditation en ruines sans avoir une idée précise de la marche des opérations à suivre.
En résumé, la situation n’était pas brillante : Den récupérait peu à peu et les deux Maîtres demeuraient injoignables.
– Voyons le bon côté des choses, tout le monde est encore en vie. Si l’un des Maîtres avait succombé, nous l’aurions ressenti, assura Qui-Gon en tentant un sourire rassurant.

– A votre place, je me demanderais plutôt quel mauvais côté me tombe dessus, lâcha une voix hargneuse dans leur dos.

Surpris, le trio se retourna pour faire face à Odénout Mapassar. Le Zabrak déchu semblait dans un état déplorable avec sa bure déchirée à maints endroits et un filet de sang coulant le long de sa barbe.
– Je n’imaginais pas que l’Ordre Jedi avait eu assez de clairvoyance pour dépêcher autant de Jedi sur Nar Shaddaa. Vous allez payer pour ce que m’a infligé Zurth Draal.

Il s’immobilisa en apercevant Den, épaulé par Lyra.
– Notsun est mort, Élu, et les disciples suivent toujours leur Maître, dit-on. C’est la dernière fois que tu t’opposes à moi !

– Vos complots représentent un danger pour la galaxie. Rendez-vous ! l’exhorta Qui-Gon en levant sa lame pour appuyer sa déclaration.

Auparavant inexistant, le Côté Obscur enfla comme une tumeur dans le corps du Zabrak. Den comprit que le Jedi Obscur avait utilisé une technique pour dissimuler sa présence. Ses deux amis se postèrent devant lui dans le but de le protéger mais ils ignoraient à quel point le sentiment d’inutilité du jeune homme le faisait souffrir. Il savait qu’avec l’aide de son lien au Kiishra, son aptitude à manier la Force serait déjà revenue. Mais cette connexion n’existait plus et il devrait s’y habituer, quitte à retourner au sein de l’entité supérieure. Ainsi, il ne put que proférer de vaines paroles :
– Kalin vit toujours, je le sais !

Sa décision prise, Den pressa le bouton de la poignée du sabre et rassembla ses maigres forces dans l’espoir de surprendre l’alien. L’environnement se flouta lorsqu’il attaqua Mapassar avec toute la vélocité dont il était capable. Malgré cela, l’ennemi para le coup d’un seul bras et créa une poussée de Force avec l'autre. Le Padawan trouva assez de ressources en lui pour neutraliser une partie de l’offensive. L’impact l’expulsa sur la paroi du couloir dont il se servit comme d’un tremplin pour amorcer une contre-attaque. Le natif d’Iridonia hocha de la tête vers l’arrière à temps pour sentir le bourdonnement agressif du sabre laser bleu découper le sommet de sa capuche et érafler ses cornes de Zabrak. Le Padawan se réceptionna plus loin en jurant silencieusement devant son échec. Des éclairs violacés jaillirent des ongles griffus du Jedi Obscur et entourèrent le corps de Den telle une nasse mortelle. Une douleur intense alluma la totalité de ses nerfs et lui fit perdre conscience.
Débarrassé de l’Élu, Mapassar rangea son sabre laser à la ceinture et tourna ses mains vers Lyra et Qui-Gon restés interdits devant la rapidité de la passe. Les deux Jedi adoptèrent derechef une posture défensive alors que le Zabrak prenait un regard fuyant, signe manifeste d’un trouble.
– Je vous concède cette manche mais nous nous reverrons, asséna-t-il d’une voix remplie de venin.

Le Jedi Obscur détruisit une console de contrôle des portes blindées et fila par le même trajet que son Apprenti, quelques instants plus tôt. La sortie se verrouilla suite à son passage, empêchant toute forme de poursuite.
- Ce sont les Maîtres ! clama Lyra. Je les sens à nouveau !

– Cette journée commence enfin à s’améliorer, marmonna Qui-Gon avec cynisme. Mapassar s’est enfui par peur de devoir les affronter.

L’opération sur Nar Shaddaa avait pris fin et malgré le décès de Siosk, elle se révéla un succès grâce aux hypothétiques informations contenues dans le casque mando. Effacées par Laut, les banques de données demeurèrent inaccessibles. C’est pourquoi les Jedi n’apprirent jamais que leurs actions avaient empêché l’extermination des Hutts de Nal Hutta.

Irrité, Mapassar regrettait que l’Ordre Jedi soit désormais au courant des liens unissant le Clan au syndicat du crime et au peuple mandalorien. Il ordonna le retrait immédiat de la flottille aux abords du système, jugeant inadéquat de montrer aux Jedi que l’heure était plus avancée qu’ils ne le croyaient.




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MessagePublié: 25 Décembre 2016, 20:19 
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L'histoire est vraiment bien :) , je l'aime beaucoup! C'est bien un infinities, ta fan fic, je veux dire une histoire parallèle à la Guerre des Mandaloriens?


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MessagePublié: 26 Décembre 2016, 17:37 
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Citer:
L'histoire est vraiment bien :) , je l'aime beaucoup!


Je te remercie ;) ... j'ai du faire pas mal d'efforts pour rendre ces premiers chapitres crédibles. Quand j'ai débuté, j'avais du mal et les incohérences étaient nombreuses.
Cela dit, la véritable histoire commence au chapitre suivant 8-)

Citer:
C'est bien un infinities, ta fan fic, je veux dire une histoire parallèle à la Guerre des Mandaloriens?


Tu as deviné oui ! Et ce fait n'est pas du au hasard ;)

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MessagePublié: 30 Décembre 2016, 14:58 
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C'est un chapitre que j'ai adoré écrire, plus que les autres. :mrgreen:



Chapitre 7
Radiation
 

 




Le Crystal Obscur filait à une vitesse supraluminique au sein du tunnel hyperspatial. Caractéristique des cargos d’origine corellienne, ses arêtes prenaient une forme arrondie non loin de trois propulseurs de taille inégale. Seul le moteur central disposait d’un diamètre plus important que les deux auxiliaires, nécessaire pour les accélérations violentes autant que pour une allure subluminique stable et capable de tenir la dragée haute à des chasseurs. C’est probablement l’un des attributs qui incita Jeth Gran, l’ancien propriétaire et truand, à acquérir le cargo auprès de la Corporation Technique Corellienne. Aux extrémités latérales, deux canons trilasers à visée manuelle permettait de détruire d’éventuels vaisseaux de faible tonnage. Le cockpit trônait à la proue du Crystal Obscur, semblable à une visière de casque, et assurait en outre une vision périphérique élevée au pilote.
C’est dans ce bâtiment que Den Liser se réveilla, couché dans le lit de la cabine médicale. Des médipacks usagés reposaient sur une table de chevet à sa gauche non loin de ses vêtements de Jedi, pliés avec soin. Il aperçut son sabre laser devant l’entrée et comprit qu’il avait chuté du mobilier pour une quelconque raison, avant de rouler sur le sol. Peut-être était-ce dû au cauchemar qui avait hanté son sommeil ? À la vue des couvertures inégalement disposées face à lui, Den réalisa qu’il s’était beaucoup agité.
Le visage grimaçant de Mapassar apparut dans ses souvenirs, parsemés d’éclairs.
La souffrance ressentie lui arracha une mimique...
Il avait risqué sa vie avec une inconscience suicidaire dans le but de protéger ses deux amis du redoutable Seigneur des Jedi Obscur.
« Je voulais me sacrifier honorablement plutôt que de vivre sans la Force, » comprit-il avec du recul.

Ses sens s’étendirent à tous le vaisseau et repérèrent les présences de quatre personnes sensibles.
« Ils sont en vie... »
Soulagé, Den sut que sa tentative avait au moins fait gagner de temps à ses amis, suffisamment pour leur permettre de survivre. Cette constatation le rassénéra dans la justesse de son choix.
Malgré tout, les Jedi déploraient la perte de Siosk. Il ne connaissait pas personnellement le Quarren, ce qui n’empêcha pas l’émergence d'une grande tristesse dans son cœur. L’Ordre prônait la paix intérieure, la sérénité et le détachement vis-à-vis des émotions fortes. Selon le Code, il devrait plutôt se réjouir de voir quelqu’un retourner à la Force, à l’inverse de ses convictions les plus profondes. Qu’il soit simple citoyen, Jedi ou même bandit, Den n’éprouverait jamais de la joie devant ce sort funeste que représentait la mort. Il irait à la veillée funèbre du Chevalier et l’honorerait comme un être cher disparu.

Remuant ses muscles avec précaution, Den constata qu’il ne portait aucune blessure. Une méditation lui permettrait de s’assurer de son intégrité physique. Il perçut les cellules sanguines en circulation et ses organes s’exciter de son réveil en déversant des hormones. Nulle trace d’infection ou de maladie ne venait gripper la mécanique biologique de son corps.
Satisfait, le Padawan se leva et se laissa tomber, mains en avant, pour réaliser une centaine de pompes. Il n’était pas ce que le commun des mortels appelait un athlète car malgré sa grande taille, sa silhouette mince démontrait sa difficulté à s’épaissir. Pourtant, l’importance primordiale de la condition physique prônée par Kalin l’avait doté au cours de son adolescence d’une dense musculature.
« Même la meilleure technique peut être déjouée sans une endurance digne de ce nom... n’oublie pas, le physique du Jedi influe sur ses pouvoirs et inversement. Trouve l’équilibre parfait et ta maîtrise de la Force évoluera... »

La porte de l’infirmerie s’escamota, l’interrompant au milieu de son exercice, et laissa apparaître le visage enjoué de Lyra. Lequel se mua instantanément en grimace gênée à la vue du Padawan en petite tenue.
– Euh... oups ? émit ce dernier, mal à l’aise.

Lyra rougit et détourna son regard du torse nu de son ami.
– Pardonne-moi, j’ignorais que tu étais réveillé. Nous parlerons plus tard, une fois que tu seras vêtu.

Puis elle disparut aussi vite sans laisser le temps au Jedi de répondre.
- Que pouvais-je dire de toute façon ? marmonna-t-il pour lui-même.

Il entreprit de suivre le conseil de la jeune femme et agrippa sa chemisette d’un geste lent. Son imagination le poussa à fantasmer sur les sentiments qu’il aurait éprouvés si leurs places avaient été inversées. S’il s’était retrouvé devant Lyra en sous-vêtement, il aurait probablement bégayé des excuses d’un air ahuri à l’opposé de la dignité et du tact dont avait fait preuve Lyra.
Il en esquissa un sourire ironique.
Une fois paré de sa tunique blanche, Den se surprit à apprécier le trouble manifeste de la Padawan à son égard.

Lors que le jeune Jedi pénétra dans le cockpit, la totalité des regards se tourna vers lui. Lyra fut la seule à lui offrir un timide sourire d’encouragement, qui n’augurait rien de bon pour la suite des évènements.
Les Maîtres Kalin et Zurth se tenaient devant les postes de pilotage, une expression grave sur le visage. Sans les dizaines de bruitages stridents du cockpit, un silence pesant aurait accueilli le Padawan.
– Heureux de te revoir sur pied, Den, déclara Kalin, l’air impassible.

– C’est mutuel. J’ai senti votre écho faiblir à un moment et Mapassar m’a révélé votre assassinat. Comment vous en êtes-vous sorti ?

– J’ai survécu à son piège, non sans dommages, lui apprit le Maître en montrant un épais bandage sur son avant-bras droit. Zurth est venu me secourir et a forcé Mapassar à s’enfuir de la lune.

Den acquiesça et embrassa du regard tout à tour les autres personnes présentes.
– J’espère que personne n’a subi les conséquences de ma... stupidité. Excusez-moi de vous avoir mis en danger, je n’ai agi qu’en suivant mon instinct sans me préoccuper de votre sort.

– Les circonstances atténuantes dont tu bénéficies ne t’immunisent pas contre les suites de tes désobéissances à répétition. Ton indiscipline ne me laisse pas le choix, je suis forcé d’en référer aux hautes instances de l’Ordre. Qui-Gon et Lyra ont clairement ressenti ton envie de mourir et en ont déduit que tu représentais un danger sérieux aussi bien pour toi-même que pour autrui, expliqua Kalin d’un ton où apparaissait une profonde déception.

Mais son Maître aurait pu lui asséner un coup sur le crâne avec une masse, l’effet sur Den n’aurait pas été différent. Abasourdi, le Padawan resta silencieux et se contenta de baisser la tête, en proie à une honte sans fond. Les paroles subtiles de Kalin cachaient une possible radiation pure et simple de l’Ordre Jedi.
Den en prenait conscience en même temps qu’il commençait l’accepter. Pouvait-il vraiment conserver le titre de Padawan dans son état actuel ?
« Non... » s’avoua-t-il en totale franchise.
Kalin détourna les yeux en direction de Zurth et Qui-Gon.
– Nous pourrions peut-être récupérer des informations dans le casque mando, voire de l’ordinateur de Laut. Est-ce que notre spécialiste en informatique se sent prêt pour cette tâche ? Gageons aussi sur une hypothétique coopération de la chasseuse de primes Kirax.

– Mais elle va finir par négocier sa liberté à ce rythme-là, Maître, opposa Qui-Gon avec véhémence. Confiez-moi le hackage du casque et je vous garantis un résultat.

– Qu’il en soit ainsi alors...

Kalin poursuivit ses explications en leur exposant les révélations de Mapassar concernant une certaine menace diffuse. Reprenant un peu de contenance, Den confirma son récit d’une voix timide.
– Et Josh m’a tout confié sur les circonstances de sa chute. Tout ça est la faute du Conseil, ils ne se sont même pas aperçus que leur archiviste étudiait les artefacts Sith en secret.

– Tu ferais mieux d’éviter d’accuser le Conseil alors qu’il va te juger, le rabroua Zurth Draal avec sévérité. Il est possible que les Maîtres aient chargé Odénout de découvrir les mystères de ces holocrons afin d’acquérir une meilleure connaissance d’eux.

Kalin approuva en passant la main sur sa barbe fournie, au contraire de Lyra.
– Comment pouvez-vous les défendre ? J’ai vu Josh aujourd’hui et il est devenu un vrai monstre dénué de toute compassion. Den a raison, tout est parti du goût du Conseil pour le secret. Ajoutons à cela leur mutisme en ce qui concerne cette mission et vous ne pourrez plus nier l’évidence !

– Tes sentiments te trahissent, maîtrise-les, reprocha Zurth, ses épais sourcils froncés formant une ligne ininterrompue.

Ce dernier, à peine plus âgé que Kalin, poursuivit en ramenant sa bure sur lui :
– J’admets ne pas comprendre le silence de Maître Laydus au sujet des Jedi Obscurs. Peut-être craignait-il que nous nous fassions repérer s’il nous mettait dans la confidence.

– Je veillerai à éclaircir ce mystère dès notre retour sur Ossus, Zurth. Nous ne devrions pas tarder à être en vue de celle-ci d’ailleurs.

Den écoutait à peine la discussion des deux Maîtres. Lyra paraissait troublée, mais sa honte, encore bien présente, le dissuada d’ouvrir la bouche.
– Excusez-moi... j’ai besoin d’être seule un moment, pour méditer, murmura-t-elle.

L’adolescente quitta avec hâte le cockpit du Crystal Obscur, sa robe de Jedi virevoltant dans son sillage. Den voulut la suivre avant de se raviser devant l’expression impérieuse de Zurth.
– Laisse-la en paix. La vision de Josh corrompu par le Côté Obscur l’a bouleversé et il est hors de question que tu la troubles davantage.

Den se retint à grande peine de lui lancer un regard noir.
Son amie n’avait besoin que de quelques paroles chaleureuses et réconfortantes. Il doutait que le Maître de celle-ci soit capable de lui en procurer. Au mieux, il lui prêcherait des lignes du Code Jedi.
Dégoûté par les derniers évènements, le jeune homme annonça lui aussi son souhait de solitude.
– Je connaissais Josh et j’espère qu’il retrouvera le chemin vers la Lumière, déclara Qui-Gon sur un ton doux.

– Profite de ces quelques instants pour méditer sur tes actions, Den. Je passerai dans ta cabine tout à l’heure, ajouta Kalin en fixant le dos de son Padawan.

Celui-ci esquissa un geste de la tête vers son précepteur.
– Si vous vous intéressiez un tant soit peu à mon sort, vous sauriez que j’en suis désormais incapable. Nul besoin de vous rappeler la raison...

Le défi transparaissait dans sa voix mais cela importait peu à Den lorsqu’il abandonna le trio de Jedi.


**********



L’œil brillant, Den Liser ratait rarement une occasion d’admirer le spectacle qui s’étalait à travers un hublot du Crystal Obscur.
Ossus, le berceau de la civilisation Jedi, exhibait depuis l’espace sa couleur dominante, le vert, mêlé de marron et de blanc et bénéficiait d’un climat tempéré. En se rapprochant de la surface, Den éprouva une grande tristesse à la vue des premières tours de la cité.
« C’est peut-être la dernière fois que je les contemple... »
L’unique ville de la planète ne s’étalait que sur une trentaine de kilomètres, jusqu’aux collines verdoyantes et arborées parsemées de champs agricoles et de rivières en provenance du Mont Doré. Au centre, le Temple Jedi d’une hauteur démesurée déployait ses cinq tours avec vanité. Au sommet de celle juchée au milieu, la pointe ne comportait qu’une salle circulaire où les membres du Conseil avaient l’habitude de débattre sur la volonté de la Force et les problèmes de la Galaxie. Les quatre autres cimes secondaires se destinaient chacune à une fonction bien précise dans l’apprentissage des Jedi et abritaient des groupements de Consulaires, de Sentinelles et de Gardiens. Quant à la base centrale, elle abritait l’une des plus complètes bibliothèques de la galaxie.
Le Crystal Obscur navigua entre les bâtiments, pour la plupart détenue par des corporations, des syndicats ou des firmes désirant bénéficier du statut privilégié dont jouissait la planète. Car Ossus ne faisait pas explicitement partie de la République. En échange du rôle de protection de l’Ordre, elle avait été exonérée de tout impôt, formant un très prisé paradis fiscal. Les Jedi autorisaient certaines entreprises à s’installer sous couvert de droiture morale et de services rendus. En exemple, Rendili Stardrive fournissait des navettes aux utilisateurs du Côté Lumineux et Coruscant Security Technologies se chargeait de rendre le Temple aussi impénétrable qu’une forteresse. A contrario, les malversations de la Czerka leur avaient valu un bannissement à vie.
Toutes ces conditions réunies permettaient à l’Ordre de garder son libre arbitre sans pour autant négliger ses responsabilités vis-à-vis de la République.
À la périphérie de la Cité d’Ossus, Den aperçut fugitivement l’académie Jedi qui fut son unique foyer jusqu’à ses dix ans, date à laquelle il devint Padawan. C’est ici qu’il fit la connaissance de Josh et Lyra en tant que Novice, sous la sage tutelle de Maître Viridia.

Le cargo corellien termina son long voyage et se posa dans une alcôve des docks d’Ossus, situés sur le pourtour du Temple. Kalin et Zurth congédièrent leurs Padawans tandis qu’ils se dirigeaient vers le turboascenseur menant à la salle du Conseil.
– Je dois également vous quitter, annonça Qui-Gon Drakus. Après le débriefing, le Conseil n’aura d’autres choix que de me confier le hachage des données du casque mandalorien. Autant que je m’attèle à cette tâche sans attendre. Que la Force soit avec vous !

Les jeunes gens répétèrent l’expression propre aux Jedi sans enthousiasme et s’éloignèrent des docks en silence.
- Est-ce que ça va ? s’enquit Den au bout d’un moment.

– Ce serait plutôt à moi de te poser la question, mais je n’y arrive pas, marmonna sombrement l’adolescente.

– Allons sur la place, j’en ai assez des espaces confinés.

Les Padawans descendirent jusqu’au hall d’entrée du Temple, lequel était soutenu par une douzaine d’épaisses colonnes. La Force fourmillait d’êtres lumineux. La paix et la sérénité propre à ce lieu diminuèrent le poids qui enserrait la poitrine de Den comme un étau. Ce dernier avait hâte de se confier.
– Josh s’est perdu et nous n’avons pas été assez présents pour lui.

– Et nous payons l’addition désormais. Toi, ton lien avec la Force s’étiole tel une étoile mourante à cause de ce cristal. Et moi, je devrais apprendre à poursuivre mon chemin sans vous deux, marmonna-t-elle avec émotion.

À la vue de ses traits fins déformée par le malheur et le chagrin, Den éprouva une irrésistible envie de la serrer dans ses bras. À travers cet enlacement, il lui transmettrait tout le réconfort et tout l’amour qu’elle lui inspirait. Mais il s’abstint alors que leurs pas les conduisaient sur la Grande Place de la cité.
– Rien n’est irrémédiable, Lyra. Je m’efforcerais de convaincre le Conseil de ne pas me bannir. Qui sait ? Peut-être que ma connexion restera assez puissante pour que l’on m’assigne au Temple ou à l’académie. Ainsi, nous nous verrions toujours.

Le Jedi fixa la silhouette montagneuse du Mont Doré au loin, nom donné à celui-ci à cause de son éternelle robe neigeuse qui prenait une teinte aurifère lors des couchés du soleil.
– Dire que je me pensais prêt à surmonter les Épreuves pour accéder au rang de Chevalier. En fin de compte, je me retrouve sur la sellette. Quelle ironie pour le célèbre Élu... cracha-t-il.

– Mais que feras-tu si d’aventure le Conseil te destitue de ton rang de Padawan ?

– Je l’ignore...

Devant les yeux émeraude embués de tristesse, Den crut bon d’ajouter :
– Enfin, je songe déjà à me reconvertir dans une association caritative envers les plus démunis. Penses-tu qu’ils engageraient un ex-Jedi ?

Le visage de Lyra s’éclaira d’un demi-sourire.
– Possible... si ses adhérents parviennent à supporter tes sauts d’humeur intempestifs.

– Suis-je donc aussi invivable qu’un Neimoidien sans serviteurs ?

Lyra grimaça avec un air faussement partagé et provoqua un éclat de rire salutaire de la part de Den. Le jeune homme reprit son sérieux lorsqu’il réalisa l’heure avancée. Les ombres des bâtiments grandissaient et projetaient déjà leur noirceur sur la place encore bondée de monde.
– La séance avec le Conseil doit arriver à son terme et Kalin va surement me communiquer l’heure de ma convocation demain. Bonne nuit !

– Bonne nuit Den. Reste confiant...


************




Le lendemain, Den se leva tôt avec l’impression de ne pas avoir dormi. Des cauchemars avaient encore parsemé ses songes mais cette fois-ci, il se rappelait de certains détails.
Un masque cachait son visage et la vision périphérique d’une bataille. Face à lui, plusieurs formes sombres déblatéraient un dialecte inconnu d’une voix gutturale. Den levait devant ses yeux une lame rosée, vaguement semblable à celle qu’il arborait autrefois. Le Côté Obscur était omniprésent, que ce soit autour ou à l’intérieur de son propre corps. Les silhouettes nappées de ténèbres sortaient des épées physiques avec des intentions agressives. Den cédait à ses pulsions et se jetait sur elles...

Les cernes violacés du Padawan se crispèrent sous l’effort pour se souvenir du début puis de la finalité du rêve, mais il n’y parvenait jamais. Quoiqu’il en fut, il refusait d’assimiler ce cauchemar à une vision de l’avenir.
L’heure fatidique approchait.
Den quitta son appartement sommaire du Temple pour rejoindre la salle du Conseil. Un mauvais pressentiment planait au-dessus de sa convocation auprès des douze plus sages et plus puissants Maîtres de l’Ordre. Celui-ci se confirma lorsqu’il croisa Kalin à l’entrée de la pièce circulaire.
– Den... ils t’attendent au grand complet, souffla ce dernier, tendu.

– Que leur avez-vous dit, Maître ? émit Den d’une voix étrange.

Son sens de l’empathie repéra l’état de désolation total de Kalin, même si un mince écho le reliait encore à la Force
– Je leur ai révélé toute la vérité, le bon comme le mauvais côté. Ils ont toutes les cartes en main pour te juger avec l’équité que tu mérites.

– Je vous remercie, répondit le Padawan sur un ton acide.

Le Maître Jedi faillit ajouter quelque chose mais ses mots restèrent dans la gorge. Il se contenta de murmurer des paroles qui parurent ironiques aux oreilles de Den :
– Que la Force soit avec toi...

Le jeune homme se détourna de lui et pénétra dans la salle des conseillers. Ceux-ci l’observaient avec une circonspection insistante qui le mit encore plus mal à l’aise.
Les traits ridés de Viridia illustraient sa façade d’éternelle sérénité, contrairement à Maître Taveel qui affichait une froideur digne des glaces de Rhen Var. L’expression du Kel Dor, Broom Kom, était indéchiffrable à cause de son masque respirateur lui permettant de vivre dans les mondes à oxygène. Quant à Maître Laydus, l’unique Fosh de l’Ordre, les vives couleurs de son plumage d’oiseau contrastaient avec la pâleur extrême du visage de Den.
Ce dernier s’immobilisa au milieu du cercle de Jedi et s’inclina avec respect.
– Mes Maîtres...

– Padawan Den Liser, tu comparais devant nous sur instruction de ce Conseil. Nies-tu les raisons de ta convocation ? demanda Broom Kom.

– Je ne les réfute pas, mais je souhaite vous exposer ma vision des faits.

La voix dure de Taveel trancha telle une vibrolame :
– Donc, tu contestes les déclarations de ton Maître.

– Sauf votre respect, Maître Kalin vous a relaté la vérité de son propre point de vue. En retour, j’estime que le droit de m’exprimer sur ce sujet me revient. Il n’était pas en permanence à mes côtés, comme vous le savez, protesta calmement Den en soutenant le regard de l’homme d’Haruun Kal.

Le Padawan sentait une hostilité à peine contenue émaner de Taveel. Ce dernier ne l’avait jamais porté dans son cœur à cause de la prophétie dont Den faisait l’objet.
– En effet, mais nous avons également recueilli avec attention les témoignages de Maître Draal et du Chevalier Drakus. Ils sont formels et révélateurs du danger que tu représentes. Ta désobéissance lors de l’épisode de Nar Shaddaa a mis tout le monde en danger, ainsi que le bon déroulement de la mission.

La colère et l’indignation montaient en Den comme le magma sur le point de s’échapper d’un volcan mustafarien. Il ne concevait pas que le Conseil lui reproche d’avoir voulu sauvegarder la vie de son mentor.
– Qu’aurais-je du faire selon vous ? Je ne pouvais pas laisser Kalin se jeter seul dans la gueule du rancor. Il représente beaucoup pour moi, comme un père à dire vrai. Ma conception de la voie du Jedi ne me permet pas d’abandonner quelqu’un.

– Un Jedi n’a pas d’attache, jeune Liser. Maître Notsun avait mis au point une approche de la base de l’Échange en acceptant les risques encourus. Ta vision des responsabilités incombées à un membre de notre Ordre me paraît trop personnelle, déclara Laydus en mimant un geste d’apaisement vers Taveel.

Maître Viridia intervint de sa voix haut perchée de vieillard.
– Néanmoins, t’écouter nous allons.

– Merci Maître, je n’en demande pas moins, gratifia Den. Des Jedi tels que vous n’allez pas sans savoir la période difficile que je traverse depuis la destruction du cristal Kiishra. Cette connexion fut la principale source de mon pouvoir et mon seul moyen pour exister en tant que Padawan. À présent, je sens ma capacité à ressentir la Force s’effriter, sa volonté s’opacifier. Mais l’une des qualités majeures d’un Jedi n’est pas sa puissance mais sa compassion envers autrui. Or je veux prouver à ce Conseil que c’est celle-ci qui motive mes actes, non mon ambition personnelle. Si j’ai mis en jeu ma vie contre Jeth Gran, c’était pour rendre justice à la serveuse qu’il martyrisait. Si j’ai désobéi à Maître Draal, c’était pour apporter de l’aide à Kalin. Et si j’ai voulu arrêter le Jedi Obscur Mapassar en faisant fi de ma propre vie, ce n’était que dans le but de protéger mes amis et par extension, pour donner le temps aux Maîtres de revenir et capturer ce traître.

Suite à son discours, Den fixa tour à tour les Jedi et s’attarda sur Taveel dont l’expression demeurait impassible. Le Padawan sentit que ses arguments avaient porté sur certains d’entre eux et s’enveloppa dans sa bure en attendant une réaction.
– Justes sont tes explications, jeune Liser, et de circonstances atténuantes tu bénéficies. Un important trouble du flux de la Force je ressens en toi, énonça Viridia dans son parlé spécial.

– Bien... je crois que tout a été dit, déclara Broom Kom. Ceux qui sont pour l’abandon des charges, vis-à-vis de la désobéissance du Padawan Den Liser, levez-la main...

Les prunelles de l’accusé s’illuminèrent d’espoir lorsque des bras surgirent, un grand nombre. Une majorité. Il nota que l’homme à la peau sombre avait gardé les mains à plat sur ses cuisses. À la vue des résultats du vote, ce dernier secoua la tête de dépit et annonça :
– Tu es acquitté...

La joie explosa dans la poitrine de Den qui se retint à grande peine de sourire. Il resterait Jedi ! Il préféra conserver sa position immobile et attendre un éventuel congédiement de la plus haute instance de l’Ordre.
– ... mais une autre affaire liée à celle-ci requiert notre pleine attention.

- Comment cela ? s’étonna Den.

Maître Wooryuh ulula quelque chose en Shyriiwook difficile à comprendre, mais Den en saisit l’essentiel.
– Vous voulez me juger sur mon affinité à la Force ? Qu’est-ce que cela signifie ?

– Pas seulement... nous sentons tous une grande peur en toi. Tu crains de perdre ton pouvoir et tes amis. Tes idéaux sont louables d’un certain point de vue mais pas de celui du Code Jedi. L’attachement mène à la jalousie, cette dernière à la colère et ainsi de suite jusqu’au Côté Obscur, argumenta la Fosh d’une voix flutée.

Taveel émit un raclement de gorge et interrompit le Padawan qui se préparait à défendre sa cause. L’homme d’Haruun Kal s’avança sur son siège, s’accouda sur les cuisses et posta ses mains jointes devant sa bouche. Den le sentit laisser volontairement la pression de l’attente monter en lui mais il jugula la haine qu’il lui inspirait.
– Et si ces faits ne suffisaient pas, nous te rejoignons sur tes paroles précédentes, celles qui concernent la déliquescence de ta sensibilité à la Force. Le Conseil exige de leurs émissaires qu’ils soient capables de mettre en pratique certaines bases. En temps normal, elles sont acquises lors de l’entraînement des Novices à l’académie mais tu représentes un cas très particulier.

Une chaleur brûlante, en provenance de l’intérieur de Den, lui monta aux joues en entendant avec quelle légèreté les Maîtres se permettaient de décider de sa vie. D’une suggestion à peine voilée, Taveel sous-entendait l’éprouver avec de simples exercices de Novice. Cette convocation n’était en réalité rien d’autre qu’une farce. Et la colère accumulée par Den depuis des semaines explosa telle une supernova.
– Comment osez-vous m’humilier de la sorte ? Je suis l’Élu, celui qui est destiné à sauver la Force, et vos insinuations dégradantes ne sont que le signe visible de l’hostilité que vous me manifestez depuis mon enfance, Maître Taveel !

– Tais-toi, jeune Liser, trancha ce dernier, les sourcils froncés. Prête-toi à ce test ! Si tu refuses ou échoues, tu ne pourras demeurer un Jedi.

Mis à part Viridia, les autres Maîtres semblaient outrés par la conduite de Den. Les plumes de Laydus se hérissèrent sur sa tête, Wooryuh laissa entrevoir une impressionnante rangée de crocs et Maître Tima plissa tellement les yeux qu’elle doubla le volume de ses rides.
– Veuillez me pardonner mon comportement. J’accepte de subir tous les tests que vous jugerez nécessaires.

– Mmmmmh... attirer dans ta main mon bâton tu vas, proposa Viridia sur un ton posé.

Den serra les dents. Il ne parvenait pas évacuer sa colère sans l’aide de la Force. Malgré tout, cette dernière coula en lui, mais comme l’eau serpentant avec hésitation dans les fissures d’une terre craquelée. Le Padawan leva la main vers le bâton grimer du petit être vert. Son visage se crispa devant les piteux résultats de ses efforts qui ne parvenaient qu’à faire trembler l’objet. Le souffle court, Den ajouta cette fois-ci son autre bras pour donner plus d’efficacité à la technique. La canne de Viridia s’échappa de ses doigts noueux et flotta quelques instants vers le Jedi, avant de chuter d’un bruit mât sur le sol. Mais le son du bâton tinta longuement dans l’esprit de Den.
« Tout est fini... »

Et ce sont les mots qui résonnent en vous lorsque, comme Den Liser, votre monde s’écroule.
Votre ouïe se met soudain à dérailler ; votre perception de l’environnement s’affaiblit tel un rêve ; votre langue s’alourdit et devient pâteuse ;
Vous avez l’impression que le corps habité par votre esprit est celui d’un autre et vous prenez seulement conscience du bruit diffus qui remonte, quelque part des tréfonds de votre être.
– Padawan Den Liser, en vertu des pouvoirs conférés à ce Conseil, tu n’es plus un Jedi. Cependant, tu seras assigné ici pour quelque temps, jusqu’à la stabilisation ou la disparition de ton lien avec la Force, entendez-vous d’une voix d’outre-tombe.

Vous restez là, les bras ballants, en proie à une consternation indescriptible. Vous réalisez enfin votre incapacité à exécuter une action tellement habituelle, qu’elle s’accomplissait inconsciemment, autrefois. Dans une vie précédente...
Vous étiez un garant de la paix et de la justice galactique. Mais vous savez que vous n’êtes plus qu’un simple humain. Jadis, vous possédiez un sixième sens exceptionnel mais vous venez de le perdre et vous auriez cent fois préféré abandonner la vue ou le toucher à la place.
Vous fixez les Maîtres discuter, d’un œil hagard, égaré. Ils évitent votre regard comme si vous étiez pestiféré. Et en fait, vous sentez leur peur de ce que vous êtes devenu ; ils se représentent en vous une abomination monstrueuse.
Car ils savent que vous symbolisez leur plus secrète crainte, le pire cauchemar de tout être détenant un grand pouvoir. Ils redoutent plus que tout de voir s’envoler ce qui fait d’eux des êtres au-dessus du commun des mortels.
Vous êtes leur némésis...
Ils vous congédient d’un geste négligent. Vous ignorez quoi dire alors vous vous inclinez, mais le corps qui vous obéit n’est pas le vôtre.
À cet instant précis, quand vous êtes comme Den Liser et que vous croisez le regard bienveillant et empli de compassion de la petite créature verte, vous enviez sa sérénité...
Il cherche à vous consoler, sans comprendre l’immensité de votre détresse.
Vous vous retournez vers la sortie, mais vous ne reconnaissez pas les jambes qui marchent.
Vous quittez la salle du Conseil comme de nombreuses fois par le passé.
Comme si rien n’avait changé...
Seulement tout est différent.
Vous espérez assidûment que cette réalité ne constitue qu’un rêve. Vous pensez que vous êtes toujours allongé dans votre lit et que le cauchemar approche de sa finalité.
Mais la douleur est telle que vous constatez qu’en fin de compte, les deux se confondent.
Vous apercevez Kalin, votre Maître, votre substitut de père, et il vous adresse la parole :
- Den, comment ça s’est passé ? demande-t-il inutilement.

Vous ne savez pas comment mais vous arrivez à émettre des sons. Des mots étrangers sortent de votre bouche maladroite :
– Je... je... suis effondré, Kalin.

Vous n’osez pas révéler la vérité à un proche alors vous la sous-entendez. Kalin vous fixe d’un regard signifiant qu’il a compris pourquoi vous ne l’avez pas appelé par son grade. Il pense appréhender la gravité de votre état mais ses paroles passent à travers vous, car vous n’êtes plus qu’un fantôme, une ébauche de l’ancien vous.
– Quoi qu’ait décidé le Conseil, je demeurerai un soutien pour toi. Il est hors de question que je t’abandonne. Je veux t’aider à surmonter cette épreuve...

Vous baissez la tête, vaincu, et vous avouez même l’inavouable parce que vous êtes désormais un homme libéré de la contrainte du Code Jedi.
– C’est... inutile. J’ai perdu tout ce à quoi je tenais, ma vie de Jedi, mes amis, vous... et même mon seul et unique amour.

La souffrance déforme les traits de votre visage, l’envie de pleurer vous saisit, mais les larmes ne viennent pas. Votre chagrin est au-delà.
– Je suis vraiment désolé, je dois te quitter. Le Conseil m’a confié une mission très urgente mais je promets de revenir au plus tôt. Attends-moi, par la Force, entendez-vous sans en croire vos oreilles.

Celui que vous avez toujours considéré comme un père ; celui qui vous a tout appris depuis votre adolescence prépubère ; celui qui a invariablement agi en bouclier face aux multiples dangers de la galaxie. Cet être-là s’en va déjà, à l'instant précis où vous avez le plus besoin de lui...
Toute votre existence s’est écroulée et vous comprenez enfin que vous n’êtes plus qu’un jeune homme détruit.

Voilà ce que vous ressentez lorsque vous êtes comme Den Liser, à ce moment fatidique...


************



Deux semaine après la décision du Conseil, Den n’avait toujours pas humé l’air extérieur d’Ossus. L’ancien Padawan peinait encore à remonter la pente et se cadenassait chez lui ne l’aidait pas. Ses pensées se tournaient constamment vers Lyra mais il n’osait pas essayer de s’entretenir avec elle.
Que pourrait-il lui dire ?
Pourtant, le temps où une nouvelle mission lui serait assignée approchait.
Den passait ses journées à consulter l’holonet, vêtu d’un pantalon et d’une simple chemisette beige. Sa tunique et sa bure de Jedi reposaient à l’angle de son minuscule appartement depuis le jour de sa radiation de l’Ordre.
Néanmoins, il se tenait au courant de l’actualité dans la galaxie.
Les forces mandaloriennes se rapprochaient dangereusement de l’espace contrôlé par la République. Forcé d’admettre l’imminence de la guerre, l’Ordre Jedi avait accepté d’apporter un soutien indirect, mais le Sénat ne l’avait pas encore officiellement promulgué. Il ne s’agissait que de rumeurs colportées et exploitées par des firmes journalistes en manque de scoops.
Certaines d’entre elles allaient plus loin et supputaient la rentrée de l’Ordre dans les rouages intimes de la République. Cette information avait été démentie avec vigueur par les Chevaliers Sénatoriaux, faction d’utilisateurs de la Force chargée de la protection du bureau du Chancelier et du Sénat.
L’ex-Padawan aurait sans doute pu se démener pour démêler le vrai du faux, mais le courage lui manquait.
Une sonnerie aiguë le tira de ses songes. D’après les calmes vibrations qu’il ressentait, l’être derrière la porte était Maître Viridia. Il alla accueillir l’invité même si un conseiller était la dernière personne qu’il désirait voir.
– Bonjour Maitre Viridia, salua-t-il machinalement.

– Salutations, jeune Liser. Puis-je entrer ? M’entretenir avec toi je souhaiterai.

– C’est à dire que... hésita Den en se retournant.

Son lieu de vie n’était pas dans un état satisfaisant pour recevoir de la visite. La poussière s’amassait sur le mobilier, certains de ses repas à peine entamés commençaient à moisir et pour couronner le tableau, des vêtements traînaient ci et là.
Mais le vieux Maître ne lui laissa pas le loisir du choix et claudiqua dans la pièce en jetant un air contemplatif au désordre. De manière comique, il s’intéressa aux restes d’un repas corellien :
– Mmmmh ? Des expériences fongiques et bactériologiques, tu mènes ? Par les saucisses de bantha, les moisissures semblent être captivées...

– Euh... en effet Maître. Vous avez deviné mes intentions de me reconvertir dans la science du vivant, ironisa le jeune homme.

– Passionnant, passionnant...

Viridia avait toujours été l’un des Maîtres qui le soutenait en permanence, en particulier lors de son difficile apprentissage en tant que Novice. En ce temps-là, Den n’était pas encore lié au cristal Kiishra et sa faible connexion à la Force lui avait tout juste permis de suivre les cours de l’académie. Le vieil alien avait fait don d’une impressionnante patience à son égard, s’attirant une éternelle reconnaissance de la part de Den.
– Je m’interroge sur la raison de votre présence, Maître, avoua Den sur ton abrupt.

– Oui, oui ! Que tu n’as pas vu Kalin depuis des jours, je sais. T’apporter des nouvelles de lui je suis venu. Que ça te ferait plaisir je pensais.

Le jeune homme était partagé entre la rancune persistante pour son ancien Maître et sa puissante amitié. Viridia interpréta son silence comme une invitation à parler :
– De démontrer l’étendue de ses pouvoirs Kalin est chargé. L’état major de la Marine républicaine il doit convaincre et de sa technique de Méditation Guerrière, il usera face aux Mandaloriens.

– En temps normal, ma place aurait été à ses côtés mais désormais je n’ai plus d’utilité. Savez-vous à quelle date les Jedi me laisseront libre de mes mouvements ? J’imagine que le Conseil ne m’autorisera pas à conserver mon sabre laser.

Le vénérable Jedi demeura silencieux et invita Den d’un hochement de tête à s’installer avec lui sur un siège de méditation. Le jeune homme s’exécuta mais c’est après quelques minutes que Viridia daigna répondre.
– Impénétrable est la volonté de la Force, jeune Liser. Avec moi ressens-là.

– Mais... commença l’ex-Padawan, agacé.

– Pas de mais qui tient ! Fais-le ou à jamais ignore les desseins de la Force pour toi ! réagit le vieux Jedi en élevant la voix.

Den souffla son exaspération. Où le Maître voulait-il en venir en remuant ainsi la vibrolame dans la chair ?
« Je n’ai plus rien à perdre après tout », concéda-t-il avec un haussement d’épaules mental. Le fil était ténu mais il entra partiellement en contact avec la Force. Il ressentit aussi l’incroyable bienveillance émanant du pouvoir de Viridia, ce qui l’apaisa et l’aida. La cascade lumineuse en provenance du conseiller envahit ses sens et lui donna l’impression d’avoir retrouvé toutes ses capacités d’antan. Ainsi, Den médita pour la première fois depuis l’épisode de Nar Shaddaa.
« Être retrouvée toute chose peut. Te laisser guider par la Force tu dois si entendre sa volonté tu souhaites. Oui... c’est bien, jeune Liser... calme, sérénité, paix intérieure... t’abandonner dans les courants tu dois. »
Den se sentait relaxé, totalement détendu et maître de ses émotions. La voix de Viridia le dirigeait comme un phare illuminé au milieu de l’océan sombre de ses incertitudes sur son avenir.
« Ici sur Ossus très puissante demeure la Lumière. Ressens-là, embrasse-là... et ce que tu cherches tu finiras par trouver... »
Le jeune homme laissa les sages conseils de Viridia le guider à travers la brume. La lueur au bout du chemin diminuait parfois d’intensité mais Den poursuivait sa progression en faisant confiance à son instinct, à la Force. Et il découvrit le soleil miniature qui émettait ces rayons.
Den tendit la main dans sa direction, hypnotisé par sa beauté, et referma son poing sur l’astre irréel. Le Côté Lumineux envahit son être, revitalisa son esprit, le parant d’une lucidité bienvenue.
Et là, il entrevit la première pierre à poser pour établir les fondations de l’édifice de sa destinée....
L’ancien Jedi ouvrit les yeux, le visage usé de Viridia se matérialisa devant lui. Ce dernier irradiait la joie à la vue de son sourire évocateur.
– Maître ! J’ai senti la Force ! J’ai trouvé le chemin que je dois prendre !

– Bien, bien. M’en aller je vais dans ce cas. De se charger subitement ton emploi du temps vient je suis sûr, annonça Viridia en sautant du siège avec une vigueur surprenante.

Les yeux écarquillés par la renaissance de l’espoir en lui, Den se confondit en remerciements maladroits, jusqu’à la disparition du Maître Jedi. Mais lorsqu’il referma la porte de son appartement, une lueur déterminée s’alluma dans son regard.
« À compter de ce jour, je vais travailler à résoudre une ancienne énigme : localiser la planète d’origine des cristaux Kiishra. C’est le seul moyen possible pour reforger un jour mon lien à la Force... »

Et l’unique mine d’informations qui pourrait l’aider dans son entreprise demeurait à quelques pas. La Grande Bibliothèque de l’Ordre Jedi recelait avec certitude les renseignements nécessaires au lancement de sa quête.

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MessagePublié: 01 Janvier 2017, 19:05 
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Salut Darkliser! pour ce récent extrait, tu sembles en effet avoir pris ton pied!
C'est dramatique à souhait avec une chute un peu plus optimiste pour la fin.

J'ai cru un moment que
Den allait prendre son sabre laser et se faire hara kiri :? . Je pense qu'à sa place, j'aurais été aussi dégouté par la décision du conseil.

En tout cas, il me fait un tout petit peu penser à mon Jedi corellien. comme lui il se fait convoquer engueuler puis virer ( à ceci près Liars préfère se casser de lui-même et n'hésite pas à défier les maîtres en conservant son sabre laser).

Et il a droit à un procès par dessus le marché :lol: !


Je trouve que la dernière partie de ton extrait est très bien écrite quand tu décris son état d'esprit après la décision des maîtres!


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MessagePublié: 06 Janvier 2017, 15:37 
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Chapitre 8:
Déclaration de guerre




Owen Mordum pianotait sur son ordinateur avec vitesse et dextérité à son poste de canonnier, sur la passerelle du croiseur républicain Libérateur.
Né à Coruscant il y a vingt-cinq années standard, l’humain aux cheveux roux connaissait par cœur depuis longtemps les notions élémentaires de la République, de la démocratie et de la liberté. Ses classes à l’académie militaire de Carida avaient révélé des aptitudes innées pour comprendre et utiliser divers systèmes offensifs, d’où sa présence au sein du croiseur Hammerhead. Pourtant, Owen se considérait davantage comme un homme de terrain et son imposante carcasse en attestait avec brio. L’absence de parents, disparus depuis son enfance dans un accident de speeder, avait largement contribué à endurcir son caractère et à forger ses valeurs. C’est durant cette période, où il apprit à se débrouiller seul à l’académie, qu’il fit la connaissance d’Elora, une Zeltronne de Coruscant. Cette dernière lui parla de son travail de conceptrice de robes sénatoriales, de sa passion pour la République et de son faible pour les militaires. Ils nouèrent tout naturellement des liens d’amitié au grès des visites éparses d’Owen lors de ses permissions. L’élégance raffinée et la beauté de la Zeltronne transformèrent les sentiments d’Owen en amour, lesquels se concrétisèrent par une prise d’appartement en commun quelques mois auparavant.
Le coruscanti secoua la tête et revint à sa mission.
Seule une année standard s’était écoulée depuis la fin de ses classes à l’académie et une guerre, telle que la galaxie n’en avait connu depuis des siècles, couvait déjà.
Une voix forte et âpre le tira de ses réflexions.
– Soldats ! Dans l’urgence, le chancelier a autorisé cette mission sans l’aval du Sénat et personne ne vous a encore briefé. Cette tâche me revient !
Le capitaine Prost, aussi raide qu’une planche, s’accorda une pause.
– Les Mandaloriens ont lancé une offensive contre Hoth. Je lis dans vos yeux de la crainte, de la peur et une absence sans équivoque de surprise. La Marine s’attendait à devoir intervenir tôt ou tard depuis les incursions audacieuses des Mandos dans notre espace. Sachez que la réputation des Hommes en Armure demeure très exagérée. Leur courage et leur honneur légendaire au combat ne représentent rien comparé à la légitimité de nos propres valeurs. Protéger les familles de chaque monde la République, faire valoir la justice chez les barbares et apporter la démocratie aux despotes, tels sont nos principes.

Owen observa ses congénères et nota la tension qui les animait. Des jointures de doigts blêmes, des positions rigides et peu naturelles, certains membres du personnel trahissaient leur état d’esprit face à cette évidence : la République entrait en guerre, ici et maintenant.
Prost marqua un nouveau temps d’arrêt en fixant tour à tour son équipage.
– À la suite des prises de mondes de la Bordure Extérieure tels que Tatooine ou Géonosis, le Mandalore a décrété dans un communiqué son intention de conquérir notre patrie. Son but n’est ni la soif de pouvoir ni la domination de tout être vivant ; il veut prouver que le peuple mando’a reste le plus puissant de la galaxie. D’après l’appel à l’aide du monarque d’Hoth, la flotte ennemie est constituée de destroyers de classe Prédator. Ils croient marquer les esprits en anéantissant cette planète récemment admise dans la République, mais nous ne les laisserons pas agir à leur grès. Il vous reste deux heures avant la sortie en espace conventionnel, utilisez ce temps pour étudier les caractéristiques de leurs bâtiments.


************
L’armada républicaine émergea de l’hyperespace tel un nid de frelons enragés. Composé d’une douzaine de croiseurs en forme de marteau, de trente corvettes Foray et d’une multitude de chasseurs Aurek, elle donnerait du fil à retordre aux Mando’a. Les senseurs du Libération repérèrent un nombre anormalement élevé de bâtiments ennemis, provoquant un grognement dépité du capitaine Prost.
– Les informations communiquées par Hoth sont erronées. La flotte mandalorienne dispose d’une force plus importante que prévu.

– Ne vous inquiétez pas, capitaine. J’avais envisagé cette hypothèse et elle prouvera d’autant mieux au Sénat les avantages d’une alliance avec l’Ordre Jedi, confia un homme encagoulé à ses côtés.

– Auriez-vous une stratégie inconnue à nous faire part ? demanda Prost en levant un sourcil sceptique.

En quelques pas, le Jedi se retrouva face à la vitre en transparacier. Il ressentait la panique suintant de la population hothienne, même à travers le dangereux champ d’astéroïdes, et il mettrait tout son savoir sur la Force pour les en délester.
– Dirigez vos forces comme à l’accoutumée et laissez-moi le reste. Vous ne tarderez pas à comprendre, capitaine...

– L’état major m’a placé sous vos ordres et je compte suivre les instructions à la lettre. Néanmoins, je vous avoue en toute sincérité que je n’aime pas les surprises, rétorqua Prost en levant la tête face au Jedi qui le dominait de sa taille.

Ce dernier se détourna du vide intersidéral et découvrit une partie de son visage.
– Vous doutez de mes compétences et je comprends cela. L’amiral Shake m’a promu commandant de cette flotte alors que peu d’officiers ont une réelle idée des pouvoirs de la Force. Faites-moi part de vos réserves, pour garantir notre confiance mutuelle.

– Je sais seulement que votre groupe use d’une sorte de magie afin d’assurer la justice et la paix galactique. Cependant, j’ignore son utilité lors d’un combat spatial, avoua le capitaine Prost.

– La Force est omniprésente et peut agir sur bon nombre d’objets ou de situations, si l’on possède l’aptitude à la manier. Je vous garantis d’or et déjà un avantage considérable sur les Mandaloriens. Maintenant, je vais me rendre à mes quartiers, signala Kalin Notsun sur un ton définitif.

De surcroît, les bâtiments ennemis s’éloignaient de l’orbite de Hoth pour faire face aux Républicains. Les boucliers des hangars mandos se levaient déjà pour déverser les nuées de chasseurs. Kalin sentit l’attention du capitaine humain se tourner entièrement dans leur direction.
– Enseigne Darvis, communiquez les instructions suivantes : à tous les vaisseaux, activez les champs de force et préparez les turbolasers. Prévenez également l’état-major que nous engageons les hostilités contre une flottille en supériorité numérique.

Kalin quitta la passerelle et sa frénésie ambiante dans un soupir contrôlé. Il ne lui restait plus qu’à exercer son unique habileté naturelle dans sa salle de méditation improvisée.



***************



Au nombre d’une demi-douzaine, les formes effilées et pointues des bâtiments de guerre ennemis parvenaient à portée de tir alors que la bataille entre chasseurs rageait déjà.
Owen fit chauffer le système d’armement du Libération et verrouilla le Prédator le plus proche, jusqu’à que tous les vaisseaux crachent leurs salves d’énergies par vagues successives. Véritables monstres de duracier hérissés à l’excès d’armes en tout genre, les Prédators provoquèrent des ravages en surchargeant les boucliers de plusieurs corvettes Foray au bout de quelques secondes. D’un tonnage supérieur aux croiseurs Hammerhead, Owen regretta l’absence de destroyers Centurion dont la puissance de feu aurait été bien utile, mais l’urgence de la mission n’avait pas laissé de place aux choix. Les corvettes se désagrégèrent dans un déluge éphémère de flammes orange teintées de vert et donnèrent au vide spatial une étrange beauté. Les tirs républicains se consumèrent sur les champs de force mandalorien sans provoquer de dégâts apparents. Les Hommes en Armure prenaient l’avantage et détruisirent un croiseur, au grand dam d’Owen.
Soudain, le coruscanti sentit un regain de courage l’envahir jusqu’au plus profond de son être. Il se vit prendre conscience du travail de ses équipiers, pianoter à une vitesse incroyable et transmettre ses instructions aux coordinateurs de tirs sans aucun délai. Jamais il ne laisserait les Mando’a exterminer les nombreuses familles innocentes d’Hoth. La crainte de l’échec, la peur du néant de l’après-mort, le désespoir devant la supériorité évidente des ennemis, tous ces sentiments s’évanouirent en laissant place à une concentration optimale.
D’un simple coup d’œil, il remarqua l’absence d’appréhension sur le visage de ses collègues. Leur motivation fiévreuse transparaissait dans tous leurs gestes de la même façon que pour Owen. Quoi qu’il se passât, le phénomène touchait tout les membres de l’équipage, voire même la flotte entière.

Dans une coordination impeccable, un escadron d’Aurek largua des torpilles à protons au sillage bleuté qui s’enfoncèrent dans la coque d’un destroyer mando. Le système d’énergie du vaisseau capital oscilla quelques instants, mais resta actif. D’après les senseurs du Libérateur, ce dernier venait de perdre ses boucliers déflecteurs. Trois croiseurs républicains le ciblèrent de concert et ignorèrent sa vaine tentative d’esquive. Les lasers verdâtres traversèrent la passerelle de commandement, immobilisant le Prédator.
Menées avec une perfection inhumaine, les stratégies de l’armada de la République portaient leurs fruits au contraire de l’indescriptible fiasco qui caractérisait les tactiques adverses. Les destroyers ennemis visaient des cibles incohérentes et détruisaient parfois leurs propres chasseurs. L’issue de la bataille tournait...




***************


Indifférent aux nombreuses secousses qui agitaient le vaisseau, Kalin concentrait le flux de Force s’écoulant à travers lui et exerçait son pouvoir de Méditation de Combat. Ses capacités étaient étendues au maximum, mais cela ne suffirait pas à garantir la victoire. Plus l'affrontement s’éternisait, plus l’efficacité de sa technique décroissait. La totalité des courants de Force redirigée depuis sa personne transmettait des messages psychiques de discipline, d’ingéniosité et de courage aux soldats de la flotte. Malgré cela, l’homme assis en tailleur sentit le Conquérant et ses vies disparaître sous une rafale de tirs mandos.
« La partie sera serrée » songea-t-il, les mâchoires crispées par l’intensité de l’effort.
Le capitaine Prost lui faisait confiance, ou tout du moins assez pour travailler de concert.
« Si seulement les informations des dirigeants de Hoth sur l’importance des forces invasives s’étaient révélées exactes... »
Mais Kalin rejeta ces pensées défaitistes. Un Jedi ne laissait pas le passé interférer avec le présent.
« Il n’y a pas d’émotion, il y a la paix... »

La porte de sa salle de méditation se fendit en deux et le visage anxieux d’un soldat bothan apparut. Le poil hérissé, les mains blanches et moites serrées sur son fusil, il paraissait sur le point de céder à la panique.
– Qu’y a-t-il, soldat ? S’agaça Kalin en refermant les yeux.

– Maître Jedi, le Libérateur subit un abordage ! Aidez-nous, je vous en prie ! Nous nous faisons exterminer par des êtres non identifiés !

L’humain grommela dans sa barbe.
Sa Méditation de Combat montrait déjà ses limites, ce Bothan constituait une preuve flagrante.
– C’est étrange que je ne l’aie pas senti... ces ennemis sont-ils de simples Mandaloriens ?

– Des bribes de transmission signalent la présence de créatures invincibles au niveau des sas de décontamination. L’équipage de la passerelle se prépare en ce moment mê... aaaargh !

Le cri de l’alien précéda de peu l’apparition luisante de sang d’une lame au niveau du plexus solaire. Figé dans un masque de douleur, le soldat s’effondra sur le sol en révélant l’apparence de son bourreau.
Ce dernier était un droïde de morphologie humaine paraissant sortis tout droit de l’imagination d’un scientifique fou. Son visage inexpressif surmonté d’une tignasse de longs cheveux sombres et synthétiques cachait partiellement d’effrayants photorécepteurs rouges. Une double-lame de conception inconnue passa devant les deux lampes démoniaques, rivées sur le Maître Jedi.
« Mais... quelle est cette chose ? »

Le synthétique humanoïde glissa vers lui avec une incroyable vélocité, si bien que le Jedi trouva à peine le temps de dégainer son sabre laser pour contrer une attaque perçante. Il repoussa la lame ennemie dans un grésillement décoré d’une gerbe d’étincelles. Dans le même temps, sa Méditation de Combat cessa de faire effet.
« Cette attaque était destinée à mon cœur... un droïde assassin ? »
Enveloppé dans un tissu sombre qui revêtait une partie de son torse, le mystérieux droïde fit tournoyer la double-lame au-dessus de sa tête dans un sifflement d’air aigu et l’abattit sur Kalin. Ce dernier usa du Soresu afin de parer l’attaque, le temps de déterminer les aptitudes du synthétique. Les électrodrivers grinçaient alors que l’imperturbable droïde déclenchait une avalanche de charges, visant le plus souvent les points vitaux de l’humain. Kalin recula sereinement et amena le combat dans la coursive du Libérateur.
Deux troublantes vérités lui apparurent lorsque l’adversaire tenta une feinte pour le surprendre. Si le Maître n’avait pas joué de ses réflexes, il n’aurait pas pu esquiver la deuxième lame du synthétique sournoisement destinée à sa hanche.
D’une part, rien n’émanait du droïde, pas même un petit watt, comme si sa cuirasse métallique voilait les yeux de la Force. Et d’autre part, il apprenait de son affrontement avec Kalin et s’habituait au Soresu de ce dernier. Alors...
Un éclair bleuté trancha la tête de l’assassin dans un mouvement spectaculaire de la forme IV. Le reste du corps synthétique s’affaissa, mais Kalin courait déjà en direction de la passerelle. L’équipage combattait et mourait...



Lorsque Kalin pénétra sur le pont de commandement, arme au clair, il réalisa qu’il avait sous-estimé la gravité de la situation de l’équipage.
Les soldats républicains tombaient en masse sous les coups de vibrolames des droïdes. Au nombre de sept, ceux-ci acculaient les survivants contre la vitre de transparacier avec une assurance mortelle. La Force s’agita de remous à l’extérieur du Libérateur. Son regard coula en direction de la bataille spatiale et Kalin aperçut un croiseur Hammerhead se détruire sur un astéroïde à la lisière du champ. Dévié de sa trajectoire, l’astre fonça vers l’armada mandalorienne qui reprenait le dessus depuis l’arrêt de la Méditation de Combat. Kalin ne pouvait déterminer s’il s’agissait d’un hasard ou d’une manœuvre désespérée des Républicains mais dans tous les cas, les destroyers ennemis devraient rompre leur formation pour garder une chance d’éviter une collision fatale.
Le Jedi maudit son instant d’inattention lorsqu’un soldat mourut non loin de sa position. Un autre commit l’erreur d’annoncer sa venue au milieu des bruits mouillés de lames transperçant avec avidité des chairs. Les droïdes cessèrent leur danse macabre et tournèrent de concert leurs photorécepteurs vers le membre de l’Ordre. L’un d’eux s’avança et s’exprima en basic :
– Suivez cette unité !

Il s’immobilisa devant le Maître, la double-lame prête à en découdre. Sa voix synthétique paraissait provenir d’outre-tombe et sifflait dans l’air comme une menace à peine déguisée.
Les soldats survivants se réunirent autour du capitaine Prost dont le sang-froid admirable devant la situation était mis à rude épreuve par son indignation.
– Mordum ! Envoyez un message aux autres vaisseaux ! Nous devons savoir pourquoi un croiseur s’est sacrifié ! Le temps va nous manquer... ajouta-t-il en croisant le regard de Kalin entre deux droïdes assassins.

Un soldat, bâti comme un colosse, glissa vers la console de communication tandis qu’un autre s’étonnait :
– Regardez capitaine ! Les bâtiments mandos ne manœuvrent pas assez vite, l’astéroïde va les percuter !

Kalin nota cela, mais il ne pouvait détourner son attention de la troupe de droïdes.
– Qu’êtes-vous ?

– Cette escouade d’unités appartient aux guerriers bactérios ! Les protocoles de ce matricule indiquent que tout Jedi rencontré est considéré comme prisonnier de guerre. Refusez d’obtempérer et cette unité terminera vos fonctions.

Le Maître Jedi comprit l’étrange langage du chef des droïdes et décida de gagner du temps.
– Si je me rends, me révèlerez-vous l’identité de vos concepteurs ?

– Dernier avertissement ! Constituez-vous prisonniers ou ces unités déclencheront leur protocole d’attaques.

« Leur mission les obnibule... » songea le Jedi.
Une fraction de seconde avant l’apparition d’un flash aveuglant, Kalin sentit l’astéroïde traverser de part en part un Prédator. L’onde de choc suivit aussitôt et provoqua de violentes secousses sur le pont du Libération. Kalin profita de l’occasion pour puiser dans la Force afin d’accroître sa vélocité. Celle-ci dépassa la compréhension des automates lorsque le Jedi fusa au-dessus d’eux. Surpris, Prost et les survivants écarquillèrent les yeux en voyant Kalin apparaître comme par magie.
– Capitaine, veillez à ce que vos hommes concentrent le tir sur un seul droïde. Je m’occupe du reste...

– Euh... bien ! Je crains que nous n’ayons pas le luxe d’envisager une approche différente.

Les bactérios tournaient déjà vers eux leurs photorécepteurs rouge sang, semblables aux lames laser des Jedi Obscur. Kalin attendit l’arrivée de trois d’entre eux avant de déclencher une vague de Force... qui s’étiola à leur contact.
« Comment est-ce possible ? Le matériau, dont ils sont constitués, les immuniserait-il ? »

Pendant ce temps, un droïde s’effondra telle une poupée désarticulée, cinq impacts rougissants son abdomen. Les soldats recommencèrent une nouvelle fois et se débarrassèrent d’un autre assassin. La proximité des machines les força à dégainer conjointement leur vibrolame. Pris de panique, l’enseigne responsable des systèmes défensifs tenta de s’enfuir, mais un bactério se mit en travers de son chemin, avant de lui transpercer les entrailles. Le capitaine Prost subit le même sort, de même que deux de ses subalternes. Kalin ne pouvait pas les soutenir et se concentra sur l’imprévisibilité de ses mouvements. Prendre par surprise les droïdes restait le seul moyen efficace pour se débarrasser d’eux en un laps de temps réduit. Il détourna la lame de son assaillant, traça un sillon fumant sur sa poitrine et se baissa pour esquiver le geste transversal d’un second. D’un bond caractéristique d’Ataru, le Jedi trancha verticalement la tête de l’ennemi. Le sang coulait d’une profonde estafilade à sa cuisse gauche mais il n’en tint pas compte.
Un son électrique en provenance de la position défendue par les soldats détourna son attention. Le Républicain à forte ossature venait d’abattre l'ultime droïde en le perforant sous la poitrine. Mais Kalin n’en fut pas pour autant rassuré. Si son calcul s’avérait exact, il manquait un synthétique.
Au dernier moment, la Force l’avertir de l’imminence d’un danger et l’enjoint à se plaquer au sol. Bien lui en prit, car une lame apparut au-dessus de lui.
– De gré ou de force, mort ou vif, cette unité ramènera votre corps ! Surgit une voix synthétique, celle du chef du commando.
Ce dernier empoigna Kalin à la gorge de son bras libre et resserra progressivement ses doigts agiles. Piégé, le Jedi lâcha son sabre qui s’éteignit en tintant à ses pieds, lesquels perdirent toute adhérence avec le sol. Le droïde écrasa son pied sur le cylindre, mais avec une force insuffisante pour le détruire. La poigne de fer du bactério privait Kalin d’oxygène comme en témoignait la brume neigeuse et diffuse devant ses yeux. La Force commanda son bras et attira un corps inanimé d’un droïde, détournant l’attention de l’agresseur. Kalin en profita pour répéter la manœuvre avec son sabre à l’aide de son autre main. La lame bleue naquit dans le torse mécanique à l’instant où le projectile le frappa, éraflant le visage du Maître au passage. Le choc le projeta violemment en arrière dans un fracas de tôles froissées.
Le Jedi grogna de douleur et accusa le coup en restant étendu de tout son long.
– C’était très juste, remarqua une voix rauque et profonde derrière lui.

– En effet... convint Kalin, le souffle court.

Il se releva avec difficulté, une main posée sur sa gorge. Les séquelles de l’étau glacé du dernier bactério le faisaient souffrir dès lors qu’il émettait le moindre son. Au-dehors de la passerelle, la flottille républicaine mettait à mal les ultimes Prédators mandaloriens. Des débris de matières parsemaient la carcasse éventrée d’un destroyer, signalant que l’astéroïde s’était désintégré sur un second bâtiment. Seul deux d’entre eux se repliaient, en mauvais état, vers un point de saut.
– La victoire est notre ! déduisit le dénommé Mordum, son visage constellé de taches de rousseur s’éclairant à cette vision.

Le Maître de Den resta silencieux.
« Ce n’est pas une victoire, juste un coup de semonce pour tester la réaction de la République. »
Derrière lui, Owen Mordum rendait hommage à ses collègues tombés au champ d’honneur. Kalin sentit la profondeur de son émotion malgré l’absence de larmes dans ses yeux marron -clair. Le trouble du jeune soldat l’empêcha de détourner le regard du cadavre du capitaine Prost. Il se baissa religieusement vers lui et ferma ses prunelles dénuées de toute vie.
– Vous êtes le capitaine le plus méritant que je n’ai jamais connu, murmura-t-il. Je promets de vous faire honneur ainsi qu’à l’équipage décédé.

La console de communication émit une série de bips aigus. Kalin laissa le Républicain à son hommage et prit la transmission.
- Ici le Maître Jedi Kalin Notsun du Libérateur ! lâcha-t-il d’une grimace douloureuse.

Le capitaine du Déferlant lui apprit qu’un abordage similaire à celui dont il avait fait face s’était aussi produit dans un autre croiseur. Désespéré, l’homologue de Prost du vaisseau a préféré le sacrifier plutôt que d’en perdre le contrôle.
– Et cette action nous a permis de mettre en déroute les Mandaloriens et de sauver Hoth de leurs griffes, conclut le Jedi.

– Certes... nous envoyons du personnel qualifié pour remplacer celui qui manque sur le Libérateur. L’état-major souhaite un débriefing détaillé de votre part.

– Je me rends immédiatement à Coruscant, puis je retournerai sur Ossus faire mon rapport au Conseil, déclara-t-il.

– Bien reçu ! Terminé !

Kalin avait hâte de retrouver celui qu’il considérait toujours comme son Padawan. Le lien qui s’était établi entre eux demeurait fort malgré la connexion ténue de Den avec la Force. C’est pourquoi le Maître Jedi éprouva un mauvais pressentiment...


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MessagePublié: 07 Janvier 2017, 23:10 
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C'est étrange mais les droïdes qui s'en prennent à Kalin m'ont fait vaguement penser aux Gladus Annihilators :roll: !


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MessagePublié: 07 Janvier 2017, 23:22 
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Vraiment ?

Alors je te rassure, je ne te pompe pas car le tome 1 a été écris il y a presque 10 ans sur SWU. Je ne fais que le mettre à jour, l'améliorer et le rendre plus cohérent vis à vis des tomes suivants.

Dans ma tête, les droïdes sont plus inspirés des Gardes Magna de Grievous. :)
Cela dit, tes Gladius sont des droïdes bardés d'armes, ce que ne sont pas les bactérios qui ont simplement des vibrolames doubles (du moins ce groupe ci).

Sinon, qu'as-tu pensé de ce chapitre ?

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MessagePublié: 08 Janvier 2017, 17:04 
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En y réfléchissant, j'ignore pourquoi j'ai pensé aux gladus. Peut-être parce que je réfléchis à un tome 4 ;) .. oups j'en ai trop dit :lol: !

Tes bacterios se sont battent effectivement comme les sympathiques mignons de Grievous! juste une question: pourquoi des vibrolames et pourquoi pas des variantes de bâtons électriques :twisted: ?
une électrocution par ci, par là.. Pauvre Kalin.
Bref tes jouets sont de sacrées bactéries! Les Jedi devraient trouver un antibiotique efficace!

L'extrait se lit toujours aussi agréablement. Un bon point pour la méditation de combat que tu décris bien tout comme la baston spatiale dans son ensemble.
cela m'a fait penser au premier tome de la trilogie Dark Bane quand Kaan utilise la méditation lors de la première bataille de Ruusan.

Au passage, je repense à l'éviction de Den et je me dis que le Conseil Jedi ont été durs voire inhumains. Expérience personnelle vécue directement ou indirectement? :?:


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MessagePublié: 09 Janvier 2017, 20:38 
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Wooooah tu écris les origines de jedi corellien et tu penses déjà au tome 4 ? 👏


Alors pour le nom "bacterio" ca vient de "juste dredd" 😁. Et pour les vibrolames, je voulais les différencier plus des magna.

j ai aussi lu bane et c est vrai que kaan use de la MdC. Dans kotor aussi 😉

En mon sens, tout jedi qui ne maitrise pas la force ne peut plus en être un. Et l'indépendance de den vis a vis des ordres n a pas aide. Enfin quelle radiation est agréable hein ? J ai vécu un truc semblable au boulot mais beaucoup mois terrible.

Merici pour ton comm !

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MessagePublié: 15 Janvier 2017, 14:29 
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Bonjour à tous, j'ai un peu de retard dans ma publication.





Chapitre 9 :
La Quête de l’Élu





Une longue matinée s’était écoulée depuis la décision de Den au sujet des cristaux Kiishra.
Le Padawan s’enfonça dans son fauteuil en chintz et étira ses membres raidis par cinq heures de recherches assidues dans les archives du Temple. Son estomac criait famine, l’enjoignant à prendre une pause. De toute manière, il se rendrait bientôt au réfectoire pour restaurer ses forces.
Den contempla d’un air vaguement intéressé l’architecture étonnante du plafond de la bibliothèque. Situé à une trentaine de mètres au-dessus de lui, il discernait pourtant avec aisance la bande chronologique de l’Ordre Jedi parsemé de ses réalisations et de ses exploits sous forme de peintures. Les évènements majeurs survenus au sein de la République y étaient aussi référencés depuis des millénaires.
« Et à présent, la guerre contre les Mandaloriens... » soupira le jeune homme.
Il abaissa son regard vers l’allée centrale, bondée de Jedi d’espèces hétéroclites, et le souvenir cuisant de son passage devant le Conseil lui revint en mémoire. D’un geste souple, la Padawan se redressa sur sa console en ignorant les gargouillis de son ventre.
Il n’avait pas de temps à perdre en réflexion inutile.
De prime abord enthousiaste à l’idée de localiser la planète perdue, Den se retrouva vite rattrapé par la réalité. Toutes les pistes menaient à des impasses et sa déception se muait progressivement en désespoir.
« … deux Jedi sont parvenus à rapporter des cristaux Kiishra sur Ossus au cours du millénaire. Le premier se nommait Blush Bemless et vécut il y a huit-cents ans, mais ce fut lors du siècle suivant qu’une flotte marchande découvrit par hasard son vaisseau errant dans le vide spatial. Le Jedi semblait mort bien avant la décompression de son esquif et aucune hypothèse crédible ne pouvait expliquer la cause de son décès prématuré, relut Den en cherchant un détail qui lui aurait échappé.
Des notes parsemaient la fin du document. Trop endommagé, l’ordinateur de bord du bâtiment ne contenait aucune information récupérable sur l’historique de navigation. Den persévéra avec le second rapport d’enquête, plus intéressant et plus récent :
« Du nom de Duncan Kawashi, le deuxième Jedi encourut le même destin funeste que son collègue. Le vaisseau du Chevalier a pénétré à vitesse V l’atmosphère d’Ossus et s’y est à moitié désintégré. L’épave fut ralentie dans sa chute par le Maître Jedi Viridia et quelques autres membres du Conseil à l’an... »
Interrompu dans sa tâche, Den releva la tête avec l’impression étrange d’être épié. Mais la Force restait inaudible à ce sujet, il s’attela alors à reprendre le cours du récit :
« Les Jedi découvrirent le corps calciné de Kawashi, toujours vivant. Il usait d’une technique pour ralentir la dégénérescence de ses fonctions biologiques. Même le pouvoir combiné des Maîtres du Conseil ne suffit pas à guérir le chevalier de ses blessures fatales. Il ne put qu’articuler les mots “ligne droite” avant d’expirer. »

Le Padawan passa pensivement une main sur sa courte barbe juvénile et se cala sur son siège pour être plus à son aise. La mort de Kawashi était survenue il y a environ cent ans standard.
« Ligne droite... cela peut signifier une direction... un peu simple à mon goût, mais ce pauvre Kawashi n’aura pas eu le temps de s’expliciter davantage. »
Une fois de plus, Den se sentit espionné et épia les alentours avec méfiance.
Personne... ou presque.
– Te proposer mon aide, je puis, jeune Liser ? Surprise par la durée de ta présence en ce lieu, je suis.

Il baissa les yeux jusqu’à une créature verte d’une taille comparable à celle de Maître Viridia. Den reconnut sans mal l’archiviste Yadia qui succéda à Odénout Mapassar.
D’un âge moindre que le vénérable Viridia, elle arborait néanmoins des rides et sans nul doute une puissante connexion dans la Force qu’elle savait camoufler si nécessaire. Den voulait garder ses investigations secrètes ainsi que son plan car ils incluaient une partie illégale. Il décida de procéder comme tout Jedi qui se respectait : parler en demi-vérité.
– J’effectue quelques recherches personnelles sur les cristaux de sabre laser, en rapport avec ma perte de lien. Je souhaiterais ardemment rendre ma condition moins pénible avec une méditation ou autre. Mon assignation à Ossus me donne beaucoup de temps libre... enfin, jusqu’à qu’il soit décidé de mon sort d’ex-Jedi.

Soupçonneuse, la femelle de la même espèce que Viridia plissa ses petites prunelles grises. Den ne représentait sûrement pas le premier à tenter de la duper au cours de son interminable existence et s’appliqua à effacer toute trace de culpabilité en lui. Il cilla juste au moment où la Jedi minuscule détournait le regard.
– Bien, jeune Liser. Trouver le savoir je te souhaite, concéda-t-elle en s’éloignant d’un pas hésitant.

Soulagé, Den expira lentement. Il avait entremêlé ses pensées d'un besoin irrépressible de méditer et de trouver la paix. Yadia n’avait pas senti de tromperie en lui mais elle reviendrait à la charge si Den s’éternisait davantage aux archives.
Le Padawan se raidit à la vision d’une femme prenant place juste à côté, il avait cru au retour d’Yadia. L’inconnue le fixa avec une insistance intrusive et cette attitude l’exaspéra au bout d’une minute. Soutenant son regard impassible, il détailla l’humaine avec attention.
Dotée d’une chevelure aussi sombre que ses yeux, elle était revêtue d’une bure à la teinte semblable. Si son apparence ressemblait à celle d’un Jedi Obscur, sa présence dans la Force émettait une lumière aveuglante. Laquelle était puissante en elle et pourtant elle semblait être l’aînée de Den que de quelques années tout au plus.
– Votre impolitesse n’est guère représentative de notre Ordre voire même du sens commun. Quand on dévisage quelqu’un de cette manière, on lui adresse au moins la parole, souleva le Padawan en rompant la glace.

Cette remarque peu flatteuse ne laissa aucune marque émotionnelle sur le visage flegmatique de la mystérieuse femme.
– Voilà une allusion plutôt ironique venant d’un homme à ce point indiscipliné. Ta radiation de l’Ordre ainsi que ses raisons sont connues de tous.

L'ex-Padawan lui lança un regard noir :
– Toi comme les autres ignorez tout de moi. Laisse-moi tranquille. Un énième sermon est la dernière chose dont j’ai besoin.

– Den Liser l’Élu devrait plutôt s’appeler l’Incompris. Mais aussi étrange que cela puisse te paraître, j’en sais énormément sur ton sujet. Citons par exemple, ta perte de connexion avec la Force...

L’agacement de Den laissa place à la curiosité devant cette Jedi qui semblait effectivement en savoir long sur lui. Mais ses manières arrogantes ne lui plaisaient pas.
– Qui es-tu ? Je commence en avoir assez de ses interruptions intempestives alors que je ne demande qu’un peu de solitude.

– Je suis le Chevalier Vala Loosu, et pour ta gouverne, sache que je ne tente pas d’entamer une discussion pour l’ambiance, ce serait une cause perdue, répliqua la jeune femme, cassante.

La bouche de Den se fendit en un sourire moqueur.
– Enchanté ! Si mon caractère te déplaît, je te conseille de te rendre à Aldérande. Les hommes y sont bien éduqués et je ne doute pas que l’un d’eux parviendra à supporter tes sifflements de vipères, rétorqua-t-il d’une voix douce.

Une lueur d’indignation fugitive apparut dans les prunelles de Vala, mais celle-ci ne rentra pas dans le jeu puéril de Den, au grand dam de ce dernier. Le Padawan avait besoin de passer sa frustration sur quelqu’un depuis la perte de son statut Jedi.
– Si je ne me trompe pas, tu as senti quelqu’un t’espionner il y a quelques minutes. C’était moi, parce que je souhaite t’aider dans ta quête aux cristaux Kiishra.

*************

Deux mois s’étaient écoulés depuis le départ de Kalin au sein de la flotte républicaine. L’ex-Padawan savait qu’il avait participé à la bataille de Hoth mais il n’était pas revenu sur Ossus. Le Maître demeurait à Coruscant où il remplissait une mission diplomatique auprès du Sénat avec l’aide de plusieurs Consulaires. Selon Vala, l’Ordre négociait les termes de l’alliance entre les Jedi et la République, lesquels se heurtaient à la lenteur récurrente des procédures sénatoriales. Les politiciens ne se montraient pas aussi enthousiastes que les militaires à l’idée de céder davantage de pouvoirs aux Jedi. Den ne comprenait pas ce mode de pensées. Pour lui, les choses brillaient par leur simplicité : toutes les bonnes volontés devaient se réunir sous une unique bannière lorsque cela s’avérait nécessaire.
Depuis leur défaite sur Hoth, les Mandaloriens avaient conquis deux mondes mineurs de la République sans croiser d’opposition consistante. Ses évènements mêlés à des rumeurs de massacres colportés par des médias incitaient les Jedi les plus impétueux à se rendre en première ligne sans l’aval du Conseil. Ainsi, l’atmosphère au Temple devenait tendue.

Le cerveau ratatiné par les nombreuses heures passées dans la bibliothèque, le jeune homme avait sombré dans un sommeil relatif.
Car il cauchemardait encore...
Ses battements de cœur atteignaient un rythme effréné, sa transpiration humidifiait sa couchette et ses couvertures étaient tombées par terre à cause de ses mouvements saccadés et incessants.
Puis Den se réveilla en sursaut tout ruisselant de sueur. Le souffle court, le Padawan entra en transe, mais cette dernière différait totalement de celle enseignée par les Jedi. Il cherchait juste à calmer sa peur sans la Force dont le lien s’était encore tari. L’ancien Padawan ne put poursuivre lorsqu’il sentit un glaçon apparaître dans sa poitrine.
– Raaaah ! Suffoqua-t-il en tombant sur le sol gelé.

Den tenta de prendre appui sur son lit.
– Mais que m’arrive-t-il ?

Un mince filet de Force se déversa en lui et lui permit de sonder son corps, à la recherche du lieu où émergeait cette froideur. Il découvrit une ombre glacée repliée qui le faisait souffrir à mesure qu’il tentait de la chasser avec le Côté Lumineux. Mais la sombre forme était aussi faible que lui et Den la repoussa avec une facilité surprenante, pour l’instant.


*************

Vala Loosu sentait qu’elle et Den se rapprochaient de la résolution de l’énigme. Un journal de bord contrebandier contenait en détail l’aventure épique d’un certain Fut Gambit. Ce dernier avait consigné une description développée de la planète où il s’était posé. Remplie de Jungles, dotées d’une faune variée et agressive, la surface paraissait peu hospitalière. Fut ne s’en était pas seulement tiré vivant mais il avait aussi décri l’apparence d’une pierre précieuse, ressemblant à un Kiishra et trouvée aux abords d’une grotte.
Den et Lyra comprirent avec désappointement que le contrebandier n’avait atterri ici que par le fruit du hasard. Grincheux, Den avait fait remarquer l’inutilité de ses données sans des coordonnées en bonne et due forme.
Le Chevalier Jedi marchait d’un pas allègre en direction de la chambre de méditation de son ancien Maître, laissant à Den le soin de réfléchir sur le « ligne droite » de Kawashi. Elle rencontra une de ses connaissances sur le chemin.
– Vala, je te cherchais justement. Es-tu au courant des dernières données récupérées sur le canal de l’Échange piraté ? demanda d’emblée un Twi-Lek à l’air soucieux.

Directeur des Services de Renseignements de l’Ordre, Gaza Pisoul avait en outre la charge d’espionner les communications des ennemis.
– Qu’y a-t-il, Maître Pisoul ?

– La chaîne privée de l’Échange vient de diffuser ses nouveaux avis de recherche. Tous les Jedi ayant pris part à la mission de Nar Shaddaa ont leur tête mise à prix à hauteur de quinze mille crédits. Vingt-mille pour la Padawan Lyra Mayn... ajouta le Twi-Lek vert.

– J’imagine que le Clan et l’Échange veulent se venger de l’affront subi. C’est peu rassurant.

– Je vais mettre au courant Zurth et sa Padawan. Sur Ossus, ils ne craignent rien des chasseurs de primes mais le Conseil m’a informé qu’ils comptaient les envoyer dans le système corellien. Je contacterai Kalin Notsun sur Coruscant par la suite.

Vala opina du chef.
– Quant à moi, je sais où trouver Den Liser. Que la Force soit avec vous, Maître Pisoul.

– Bien, que la Force soit avec toi !

La Jedi fit volte-face avant d’entendre la voix du natif de Ryloth.
– Oh Vala ! Profites-en pour mettre le jeune Liser au courant des intentions du Conseil. Ce dernier lui donne l’ordre de demeurer sur Ossus et de rendre son sabre laser. Maître Taveel est déjà en chemin.

Vala s’efforça de conserver son calme et répondit d’un bref sourire. Cette nouvelle n’allait pas du tout dans le sens des plans de son Maître. Cependant, elle était surprise que celui-ci ne l’ait pas contacté des souhaits du Conseil. Mais les intentions de son ancien précepteur concernant Den Liser demeuraient un mystère pour elle. Sa mission consistait juste à aider l’Élu dans sa quête, rien de moins, rien de plus...



****************


Assise sur la couchette de sa cellule, la splendide chasseuse de primes réfléchissait à un moyen de s’évader. Peu de distractions s’offraient à elle hormis les heures durant lesquelles elle s’entraînait seule au combat à mains nues. Les tribunaux d’Ossus l’avaient jugé coupable d’entrave à une mission de Jedi, mais sa coopération avait réduit sa peine à une année ferme.
« Inacceptable... »
La native de Sernpidal, un monde républicain, fixa un point entre ses deux pieds en signe de désespoir. Elle se concentra pour chasser ce sentiment inutile et le remplacer par la haine qu’elle éprouvait pour Den Liser. À cause du Padawan, elle ne serait pas en mesure de sauver sa mère de la maladie qui la gangrénait. Cette dernière n’avait désormais plus que quelques mois à vivre et sans un traitement onéreux, sa mort était inéluctable. C’était la raison qui l’avait poussé à s’allier à Prev Domban, au terme des négociations d’un contrat juteux.
La chasseuse de primes à la chevelure magenta se leva avec une lenteur exagérée, la colère et l’impuissance lui donner envie de hurler à la mort.
– Den Liser ! Tu souffriras lorsque je sortirai de ce lieu damné !




***************



La place marchande de la cité d’Ossus était bondée de monde à cause des prix avantageux pratiqués par les commerçants en provenance de toute la République. Les chasseurs de primes, les mercenaires en tout genre ou les contrebandiers étaient interdits de séjour sur la planète Jedi. Les douanes de la cité faisaient preuve d’une vigilance extrême sur l’identité des voyageurs admis et seuls les vaisseaux en difficulté avaient le droit d’une unique escale pour réparation.
Den se faufilait à travers la foule, le torse bombé par l’espoir.
« Enfin, j’ai résolu l’énigme laissée par Kawashi ! »
Pressé de quitter Ossus, le jeune homme se rendait tout d’abord à une boutique tenue par un ami. Il mettrait ensuite Vala au courant de sa découverte et trouverait bien un moyen de tromper la vigilance des douaniers.
Un sourire franc s’étala sur son visage lorsqu’il aperçut un Rodien en train d’interpeller de potentiels clients à la cantonade.
– Den Liser ! Twick avoir plaisir à revoir toi !

– Moi aussi mon ami, moi aussi, répondit l’humain en tendant sa main.

Twick la saisit après un instant d’hésitation :
– Moi jamais habituer aux manières humaines pour saluer vieilles connaissances.

– Préfèrerais-tu l’approche Jedi ? Désolé mais je ne le suis plus...

Le Rodien ne sembla pas comprendre sa dernière phrase. Après tout, Den arborait toujours sa bure de Jedi et son sabre laser, attaché à la ceinture, étincelait sous le soleil.
– Pas vraiment, avoua Twick. Mais moi penser. Den Liser désirer peut-être jeter coup d’œil au stock de Twick ?

– Quel empressement... les affaires marchent donc si mal que ça ?

– Jedi perspicace. Travail difficile et concurrence rude, soupira le Rodien en secouant ses antennes.

Den tourna la tête et distingua d’autres commerçants d’armes d’autodéfense. Ses pensées dérivèrent à l’époque où il parcourait cette même place en compagnie de Lyra et Josh. Son cœur se serra...
– Montre-moi ton inventaire, mon cher Twick, annonça-t-il, mains posées sur le comptoir de l’alien bleu.

– Twick posséder grenades flash, ceintures d’équipement, comlinks, implants de vélocité...

L’ancien Jedi lorgna les explosifs étourdissants. Son périple débutait seulement et de nombreux dangers se dresseraient devant lui. Dans une optique de survie, Den devait s’équiper comme un non sensible à la Force.
– Donne-moi cinq grenades flash.

– Toi être seul Jedi à acheter ça sinon ventes de Twick augmenter.

Mais Den n’entendit pas, son attention retenue par un petit objet au fond de la boutique.
– Ce blaster a l’air de bonne qualité, remarqua ce dernier, intéressé.

L’humanoïde se pencha vers lui et murmura comme un conspirateur :
– Blaster être prototype conçu par Twick. Lui constitué par matériau très léger. Maniabilité considérable et cadence de tir trois fois supérieure à blaster standard. Arme fonctionner avec nouveau système de refroidissement de cellules à énergie. Den Liser apprécier taille réduite.

– Tu m’as convaincu. Combien pour le tout ?

– Vingt-cinq crédits pour grenades mais blaster gratuit. Twick vouloir impression de Den Liser sur prototype après utilisation.

– J’ai toujours senti en toi une grande sensibilité à la Force. Ton don pour le bricolage vient de là sans aucun doute. Si tu prenais quelques leçons auprès d’un Jedi, je suis certain que tes créations te permettraient de t’en sortir financièrement parlant, expliqua Den pour la énième fois.

Et la réponse demeura la même :
– Twick toujours pas vouloir être Jedi ! Bonne journée Den Liser.

L’ex-Padawan se harnacha de son équipement sous la bure, allongea les billets sur le comptoir et s’éloigna de la boutique après avoir salué le Rodien. Son comlink émit une plainte stridente.
– Den, j’écoute.

La voix courroucée de Vala s’éleva à travers ce dernier de la même intonation condescendante que celle de Kalin.
– Où es-tu ? Maître Taveel te cherche pour te retirer ton sabre et t’assigner sur Ossus. Si nous devons partir, c’est maintenant ou jamais !

À ces nouvelles, un effluve d’adrénaline afflua dans son corps. La partie se jouerait serrée.
– Rejoins-moi aux docks, hangar d’appontage B-56, répondit-il simplement.

– Bien reçu. Je vais tâcher d’éloigner les douaniers au cas où il serait informé de ton assignation.

Den courut aussi vite que ses jambes pouvaient le porter en direction du Temple. Une petite voix lui intimait de se dépêcher mais il ignorait sa provenance.
« Moi ou la Force ? Peu importe... si la moitié des rumeurs sur Taveel sont vrais, je n’ai pas un instant à perdre. »
Le Maître Jedi n’avait pas été désigné membre permanent du Conseil pour rien. Seul Viridia surpassait ses capacités de perceptions et d’anticipation. Si ce n’était pas déjà le cas, Taveel pressentirait bientôt l’imminence de sa fuite.
Den pénétra dans les docks au bout de cinq minutes, craignant de tomber sur le conseiller. À la place, il rencontra Vala en pleine discussion avec Lyra.

– Pourquoi passes-tu autant de temps à la bibliothèque en compagnie de Den ? Que cherchez-vous à cacher ? interrogea Lyra d’une voix forte.

– Nos histoires ne te regardent pas, répliqua Vala, hautaine.

Den vit le visage de sa dulcinée s’empourprer d’exaspération et décida d’intervenir :
– Vala a raison. Je ne veux pas que tu sois mêlé à ma quête. Si le Conseil pense que tu es en cheville avec nous, il te le reprochera.

– Den ! Est-il exact que tu souhaites quitter Ossus ? demanda Lyra d’une voix radoucie.

– Je te connais bien, Lyra, et tu ne me laisseras pas partir sans des explications convaincantes. Le Conseil a décidé de me retenir sur Ossus or ce n’est pas ici que je reforgerai mon lien à la Force. Vala et moi sommes sur une piste censée nous mener tout droit aux cristaux Kiishra.

Les yeux émeraude de la jeune Padawan se plissèrent de mécontentement.
– Et pourquoi veux-tu t’enticher de cette femme ? Ne suis-je pas à la hauteur pour te venir en aide ?

Elle était prête à le suivre malgré son serment de Jedi, mais Den refusait de la laisser gâcher sa vie comme lui.
– Vala est un chevalier Jedi et crois-le ou non, elle connaît les risques encourus. Son expérience me sera utile pour affronter les dangers qui se mettront en travers de notre route. Je reviendrais, je te le promets !

– J’ignorais qu’en plus de ton indiscipline, tu avais oublié que nous autres Jedi sommes censés éviter ce genre de sentiments, Den, intervint Vala d’un ton aigre.

Lyra se tourna vers la Jedi et lui jeta un regard glacial.
– Et que comptes-tu faire ? Nous dénoncer ?

Sentant la situation lui échapper, Den attrapa la Padawan par l’épaule et la força à le fixer dans les yeux. Son visage angélique se décrispa devant l’expression emplie de tendresse de son ami.
– Garde-toi de toute inquiétude. Par la Force, je fais le serment de revenir sur Ossus dès l’achèvement de ma quête. Attends-moi, je t’en prie.

– L’émouvante scène des adieux doit cesser ! Je sens une puissante présence et elle se rapproche rapidement, prévint Vala, soudainement troublée.

Lyra sursauta comme si elle avait reçu une décharge électrique et murmura d’une voix apaisée :
– Pars...

Après un dernier échange de regards, le désormais renégat se détourna et suivit Vala en direction de la rampe d’accès du Crystal Obscur. Le duo se rua dans les sièges de pilotage pour amorcer le départ. Le cargo corellien s’éleva en effectuant un tour sur lui-même mais Den sentit une étrange secousse. Il jeta un coup d’œil à la caméra arrière et éprouva une sorte d’effroi :
– Taveel est là ! Il retient le Crystal Obscur avec la Force !

- Si c’était le seul souci... les douaniers ont enclenché la fermeture des portes blindées du hangar ! répliqua Vala. Je pousse la propulsion subluminique au maximum !

Le cargo progressa lentement en direction de la sortie. Den voyait le natif d’Haruun Kal grincer des dents et sans aucun doute mettre toutes ses forces dans le bras de fer. Le renégat Jedi ignorait ce qui pouvait susciter tant de détermination chez Taveel.
« Qu’ai-je pu faire pour le contrarier à ce point ? »
Situé entre l’extérieur et le hangar, le vaisseau allait se faire broyer comme un os dans la gueule d’un rancor si les deux portes continuaient leur inexorable fermeture. Mais quelles que fussent les raisons qui poussèrent Taveel à agir avec tant d’acharnement, elles ne suffirent pas à englober sa lucidité et son serment de Jedi. Den apercevait le dilemme qui se dessinait sur sa face sombre. S’il persistait dans son effort, les fuyards périraient dans la destruction du cargo.
L’entité qui retenait le bâtiment cessa brusquement son entrave. Les bords de ce dernier frôlèrent les mâchoires, arrachant une plainte métallique, mais Den et Vala étaient libres.
Quelques secondes plus tard, ils passaient en hyperespace...



********

Le Seigneur des Jedi Obscur, Odénout Mapassar, ouvrit la porte du local d’entraînement des Mandaloriens. Des chocs de lames, des grognements hargneux et des détonations de blaster parvinrent à ses oreilles. Mais cette spacieuse salle du vaisseau amiral du Zabrak, le Prédator I, était prévue pour une initiation intensive à la Force.
Un Jedi Obscur, vêtu d’une bure sombre coutumière des membres du Clan, vint à sa rencontre :
– Fais-moi un rapport de leurs progrès, signala Mapassar.

– Monseigneur, nous les entraînons selon vos instructions. Cette sélection donne de meilleurs résultats que la précédente. Seule la moitié n’a pas survécu mais l’autre a vu ses pouvoirs décupler de manière satisfaisante. Toutefois, je persiste à dire qu’avec un peu plus de temps, il y aurait eu un plus grand nombre de survivants, répondit le dénommé Jetho, un Faleen.

Mais le Zabrak le toisa avec mépris.
– Les faibles ont péri, c’est l’ordre naturel des choses qui régit le Clan. Je préfère largement des survivants endurcis plutôt que des adeptes entraînés comme des gizkas. Ne pensez-vous pas, Maître Jetho ?

– Oui, oui bien sûr. Je ne voulais...

– Taisez-vous, lança Mapassar sans cesser d’observer le groupe de Mando’as. Ceux-ci deviendront les instructeurs du Côté Obscur auprès de leur peuple. Ils corrompront ces valeurs dépassées telles que l’honneur et ensuite, ils nous mangeront tous dans la main. La République et les Jedi seront complètement distancés. Comprenez-vous le but ultime de cette manœuvre ?

Jetho se reprit et s’empressa d’aller dans le sens de son Seigneur.
– Et de fait, nous nous prémunirons contre un éventuel retournement de veste de leur part lorsque la République sera annihilée.

– Certes, mais ce n’est pas tout. Toute stratégie a besoin d’un plan de secours en cas de graves complications.

Le Jedi Obscur parut décontenancé par les dernières paroles de Mapassar. Celui-ci ricana en montrant les dents.
– Seuls moi et quelques élus sommes au fait de cette seconde stratégie. Elle pourrait même rejoindre la première, si besoin est.

– Dans ce cas, quelle est la raison de notre entente avec notre... euh contact ? osa Jetho.

Les yeux du Zabrak flamboyèrent sous sa capuche. Ce Maître Jedi Obscur se montrait trop curieux à son goût mais il valait mieux le mettre au courant pour dissiper ses soupçons.
– Notre contact nous a confié une arme redoutable. Je discutais encore de ses effets avec lui, il y a peu, et je vous assure qu’ils sont inimaginables. Ossus et l’Ordre Jedi le découvriront sous peu. Si cette opération se déroule comme prévu, ils seront écrasés comme de vulgaires insectes.

– Anéantir des milliers de Jedi ? Mais Seigneur, comment peut-on concevoir un tel prodige ? s’effara Jetho en écarquillant les yeux.

– Les connaissances de notre contact sur le Côté Obscur m’échappent, révéla Mapassar, bras croisé. Mais je sais que les Jedi doivent mourir de la manière la plus simple qu’il soit. Une fois la République dans la paume de notre main, des décennies seraient nécessaires avant de juguler la totalité de l’Ordre.

– Vous êtes un visionnaire, Monseigneur. Vos pions s’avancent déjà pour tuer dans l’œuf une éventuelle guerre civile.

Le regard du Seigneur vira sur lui.
– Certes mais se projeter dans l’avenir ne doit pas primer sur l’instant présent.

Le Faleen saisit l’allusion, s’inclina et demanda la permission de retourner à l’entraînement des Mandaloriens. Il lui accorda et se félicita de la présence d’esprit de son subalterne. Ce dernier avait fait preuve d’habileté pour soutirer ces informations sans énerver Mapassar. Jetho appartenait à la catégorie des pions non sacrifiables sur son échiquier personnel. L’alien dirigeait une importante mouvance au sein du Clan et ordonner son élimination aurait été malavisé. Son autorité sur les Jedi Obscur demeurait ferme mais certains commençaient à s’agiter en vue de le déchoir du trône.
« Jetho réfléchira sur mes révélations... »
Le Seigneur reporta son attention sur les disciples mando’as.
Deux Jedi Obscurs masqués enseignaient l’art d’user des Éclairs de Force, d’autres montraient comment abaisser les défenses mentales d’un être vivant par la terreur et Jetho s’occupait de professer la télékinésie.
Depuis sa désertion d’Ossus, Mapassar n’avait pas cessé de mettre ses plans en place. Les Jedi Obscurs n’étaient que des chiens errants avant le début de sa quête entamée vingt années auparavant. Parfois par groupe, souvent esseulés, ils s’étaient tous rassemblés sur Khêmius, la base principale du Clan. Le Zabrak leur avait transmis tout son savoir sur la Dissimulation de Force, dans le but de les infiltrer à différents postes clés au sein des institutions de la République. L’ossature du Clan ainsi formée, Mapassar avait joui du titre suprême et exterminé plusieurs dissidents de ses mains et celles de ses fidèles. Depuis, il n’avait eu que trop rarement l’occasion de déchaîner ses instincts primaires.
Le Jedi déchu quitta la pièce en sentant une envie de sang lui montait à la tête. Le Côté Obscur réclamait son tribut et seule une petite séance de torture le satisferait.

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Eh bien, eh bien? on dirait que Den s'est résolu à couper les ponts mais c'est pour la bonne cause :mrgreen: ! Ce maître Jedi qui a tenté de l'empêcher de s'enfuir semble très remonté contre lui.
Un peu comme Kensha contre Liars (pas pour les mêmes raisons évidemment :lol: )
.

Et pendant ce temps, les Jedi Noirs peaufinent leur plan. Et je m'impatiente de voir quel est est le lien avec la quète de Den :twisted: .

C'est pour quand la suite :P ?


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MessagePublié: 17 Janvier 2017, 17:24 
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Eh bien, eh bien? on dirait que Den s'est résolu à couper les ponts mais c'est pour la bonne cause :mrgreen: ! Ce maître Jedi qui a tenté de l'empêcher de s'enfuir semble très remonté contre lui.


Bonne analyse. Ce Maître Jedi, Taveel, est le même que celui qui a été "trés méchant" avec Den dans le chap 7. Tu auras davantage d'explications dans le chapitre suivant ;)


Citer:
Et pendant ce temps, les Jedi Noirs peaufinent leur plan. Et je m'impatiente de voir quel est est le lien avec la quète de Den :twisted: .


ahah mais tout est lié dans cette FF. Grosso modo, tu auras deux trames dans le tome 1.

Merci pour ton comm d'autant que tu es le seul ici :mrgreen:

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MessagePublié: 17 Janvier 2017, 21:01 
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En général, il n'y a pas de beaucoup de retours pour les fan fics sauf si tu offres une tournée générale à la cantina :lol: .

Ah encore une question, le nom de la petite amie de Den: Lyra! Y a t il un rapport avec la Croisée des Mondes 8-) ? (je parle de la trilogie en livre pas du navet hollywodien).


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MessagePublié: 19 Janvier 2017, 11:36 
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mat-vador a écrit:
En général, il n'y a pas de beaucoup de retours pour les fan fics sauf si tu offres une tournée générale à la cantina :lol: .


Je peux te dire qu'il y en avait beaucoup plus dans les années 2000. Genre j'en avais 3 ou 4, certains me corrigeait sans que je leur demande, c'était pas gagné en plus vu que je débutais...


mat-vador a écrit:
Ah encore une question, le nom de la petite amie de Den: Lyra! Y a t il un rapport avec la Croisée des Mondes 8-) ? (je parle de la trilogie en livre pas du navet hollywodien).


J'ai lu cette trilogie, même relu ;). Je te rejoint sur le film qui était si mauvais qu'il n'y a même pas eu de suite. Sinon, je pense que "Lyra" m'est venu à l'idée à la lecture de ce roman oui (Les deux sont blondes en plus :mrgreen: )

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MessagePublié: 20 Janvier 2017, 12:05 
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C'est Vendredi alors voilà la suite 8-)




Chapitre 10
Alliance





Seuls cinq sur les douze conseillers se réunissaient dans l’imposante pièce circulaire, synonyme de l’égalité de ses membres, qui était surmontée d’une coupole soutenue par d’élégants piliers disposés entre les fenêtres. La configuration des sièges reflétait l’une des croyances primordiales des Jedi : l’interconnexion entre toutes choses. Ainsi, dans le monde des Jedi et du Côté Lumineux, l’équilibre de la vie, à l’intérieur du mystérieux fluide, devenait le chemin de la compréhension et surtout de la paix.
Le sujet de cette assemblée concernait cette fois-ci la fuite de l’Élu.
Au centre du cercle se tenaient Lyra Mayn et son Maître, Zurth Draal. Tendue, l’adolescente n’avait pas l’habitude de se retrouver sous les regards inquisiteurs de l’ensemble des conseillers et éprouvait une étrange sensation.
Comme si elle se situait dans l’œil d’un cyclone d’énergie lumineuse, à cause de la puissance et de la sagesse des illustres Jedi autour d’elle.
Broom Kom énonça les éléments à sa disposition :
– D’après Maître Taveel, présent sur les lieux, Den Liser aurait fui Ossus envers et contre nos instructions. Lyra, nous nous interrogeons sur les raisons de ta présence aux docks au moment des faits.

– Sur ce point, il existe une explication simple. Moi et ma Padawan organisions notre départ pour Corellia en conformité avec la mission assignée, répondit Zurth à la place de Lyra.

Viridia leva calmement sa main noueuse :
– À Lyra posées sont ces questions. Qu’en tant qu’observateur et Maître de cette dernière ta présence n’est requise.

– Pardonnez-moi, mes Maîtres, s’excusa Zurth en reculant de deux pas.

La gêne de Lyra augmenta lorsqu’elle se retrouva orpheline de son Maître, à la merci des conseillers. Leur cacher la vérité rendrait les choses encore plus difficiles.
– Maître Taveel nous a confié son impression que Den Liser n’avait pas agi seul. Sais-tu quelque chose sur son mystérieux acolyte ? demanda Kom, comme s’il avait lu dans les pensées de la Padawan.

– Je l’ignore. Il avait déjà embarqué à bord du Crystal Obscur lorsque je suis arrivé aux hangars. Je vous assure que j’ai fait mon possible pour empêcher cette fuite, avoua Lyra en soutenant le regard sombre du Kel Dor.

– La vérité que tu nous exposes est parsemée de bribes mensongères. Nous représentons la plus haute instance de l’Ordre, Padawan. Tu ne dois rien nous cacher, intervint Taveel avec sa froideur habituelle.

Lyra cilla devant l’intensité des yeux noirs du Korun. Elle n’avait plus le choix et de toute façon, quelles que soient ses déclarations, rien ne modifierait l’avis du Conseil.
– Den m’a confié ses intentions de se rendre sur la planète aux cristaux Kiishra. J’ai cru comprendre qu’ils tenaient une piste sérieuse...

L’effet de cette nouvelle fut immédiat. L’air inquiet, les Maîtres se concertèrent du regard comme s’ils possédaient un secret que Lyra et Zurth ne devaient pas entendre. Taveel choisit cet instant pour dévoiler ses craintes concernant la prophétie.
– Les coordonnées de cette planète ont été perdues parce qu’il en a été décidé ainsi par le Conseil. Une force sombre réside en ce lieu et l’Élu s’y dirige droit dessus. Si cela n’avait tenu qu’à mon bon vouloir, Den Liser ne se serait jamais approprié ce cristal. J’ai toujours considéré une prophétie incomplète comme une menace pour nous, à cause du risque d’une mauvaise interprétation. Que signifie vraiment ce fragment « sauver la Force » sans le reste ? Suis-je le seul à appréhender le danger encouru ? Si Den Liser se révélait réellement en tant qu’Élu, qui parmi vous pourrait me certifier que son pouvoir ne deviendrait pas une menace pour l’Ordre ?

Lyra connaissait cette histoire de la bouche de son Maître. À l’époque, Viridia et quelques conseillers, favorables à l'initiation de Den en tant que Padawan, avaient constitué une majorité pour contrer le groupe de Taveel. C’était grâce à eux si en fin de compte elle avait rencontré l’ancien Padawan.

– Nous avons déjà eu une telle conversation autrefois et ma mémoire m’est toujours fidèle, Maître Taveel, celle des autres membres aussi. Nous connaissons tous les tenants de vos manœuvres pour empêcher le jeune Liser de devenir un Jedi. Vos paroles insinuent que la menace voilée, prophétisée par Maître Viridia, serait Den Liser, fit remarquer Laydus.

L’homme d’Haruun Kal se renfrogna.
– Il s’agit d’une possibilité que nous ne devons pas ignorer.

– Quand une session complète du Conseil se déroulera, sur ce sujet nous reviendrons, intervint Maître Viridia.

– En effet, il nous reste à déterminer l’identité de l’acolyte de Den Liser. Nous t’écoutons, Lyra. J’ai la sensation que tu as un nom à nous révéler, reprit Taveel sur un ton radouci.

Mais Maître Viridia ne lui laissa pas l’occasion de faire ses aveux. Le regard tranchant du Korun se tourna vers son égal.
– À ma demande s’est porté volontaire le Chevalier Vala Loosu. De martyriser cette Padawan nécessaire il n’est plus.

– Avec tout le respect que je vous dois, vous outrepassez vos droits. La décision du sort du jeune Liser appartenait au Conseil, pas à vous. Pourquoi avoir manigancé une telle chose ? réagit la Fosh, agacée.

Viridia jouissait d’un statut à part au sein de l’Ordre puisqu’il en demeurait depuis des siècles au poste honorifique de Grand Maître Jedi. L’excentricité du vieil alien avait toujours été tolérée grâce à la justesse de ses intuitions et à son éminente sagacité.
– En Den Liser, j’ai confiance tout comme en mon interprétation de la prophétie. Décidé d’entreprendre une quête il a et nécessaire était de l’aide.

Les traits aviaires de Laydus s’adoucirent.
– Vous semblez convaincu du statut de véritable Elu de Den Liser. Pour ce que nous savons, il pourrait n'être qu'un membre qui perpétue la lignée.

Son supérieur hocha la tête d'un air compréhensif.
- La suite de vos pensées je devine. Selon vous, certain de ce que j'avance impossible il est car de la prophétie tous les éléments je ne possède pas. Votre confiance simplement je souhaite avoir.

– Autrefois, vous avez été mon précepteur, Maître Viridia. Je suis parfaitement au fait de l’étendue de vos pouvoirs. Alors je n’enverrais pas de mission pour les ramener sur Ossus, concéda Taveel. J’espère seulement qu’ils reviendront en vie de ce lieu.

– Le résultat de mes méditations cet acte est. De Den Liser et de sa quête sur la planète perdue plusieurs futurs dépendent. Les probabilités d’un dénouement souhaitable pour nous tous, la présence de Vala Loosu maximise.

Les Maîtres se concertèrent du regard, puis Broom Kom annonça :
– Alors tel est l’avenir que nous devrons accepter. Zurth, Lyra, rendez-vous sur Corellia comme prévu.

Les deux Jedi s’inclinèrent et quittèrent la chambre du Haut-Conseil en direction des hangars. Les pensées de Lyra étaient tournées vers la prophétie.
« Alors Den serait vraiment l’Élu... »
Elle n’y avait jamais vraiment cru. Après tout, des millénaires s’écoulaient depuis son apparition. Comment Viridia pouvait-il être si sûr de lui alors que plusieurs pièces du puzzle de cette dernière manquaient ?
– Ah... je sens l’arrivée future de Kalin. Tu m’excuseras si nous retardons encore un peu notre départ, Lyra ?

– Bien sûr ! J’ai comme l’intuition que vous voulez lui annoncer la fuite de Den. Il ne va pas être très content.

Zurth lui adressa un sourire en coin :
– J’adorerai me faire houspiller, mais je réserve ce privilège au pauvre membre du Conseil qui viendra à sa rencontre.


********************



Les lumières de la cité atténuaient la noirceur de la nuit fraîche, tombée depuis deux heures. Une assemblée patientait sur la place devant le Temple afin d’accueillir une navette républicaine en approche. Les tuniques coûteuses et bariolées des riches habitants se mêlaient aux humbles bures des Chevaliers Jedi.
Les Maîtres Viridia, Kom et Taveel demeuraient au premier rang lorsque le vaisseau arriva et Kalin se dirigea vers eux dès l’atterrissage.
Signe des bonnes nouvelles dont il était porteur, l’humain affichait une expression satisfaite. Cette dernière s’atténua quelque peu lorsqu’il remarqua l’absence de Den.
– Terrible a du être cette escarmouche avec les Mandaloriens.Te revoir en bonne santé apporte le réconfort à mon cœur, annonça Viridia d’une voix audible malgré plusieurs ovations.

Kalin s’inclina et se tourna vers Maître Taveel.
– Je constate que votre mission sur Coruscant est aussi arrivée à terme, ajouta ce dernier.

Le mentor de Den se retourna vers le gros de la foule impatiente.
– Habitants d’Ossus ! Jusqu’ici, les négociations se sont distinguées par leur lenteur. Le Sénat a enfin tranché en faveur d’une alliance entre l’Ordre et la République. La menace mandalorienne doit être contrée avec le moins d’effusions de sang possible et avant qu’elle ne prenne davantage d’ampleur. C’est pourquoi les termes de cette alliance privilégieront l’acquisition d’informations afin de découvrir les points faibles ennemis et, le cas échéant, la localisation de Mandalore. En conformité avec les souhaits de l’Ordre, quelques Maîtres triés sur le volet serviront de conseiller à l’état-major de la Marine et des amiraux des flottes. Le chancelier Joran Fartoline a remercié publiquement les Jedi pour notre dévouement envers la galaxie au cours des siècles passés et a assuré son plus profond respect à l’égard de l’indépendance d’Ossus.

De forts applaudissements accueillirent l’allocution de Kalin. Pour de nombreuses firmes de la cité, la guerre sous les conditions des Jedi offrait des perspectives intéressantes. Toutefois, leurs bénéfices seraient amoindris par une clause particulière : l’arrêté 500 - C. Ce dernier stipulait qu’en cas de besoin, l’Ordre s’allouerait une part significative des ressources de ces entreprises. Bien que cette clause ait été rarement appliquée, Kalin était convaincu que tous les PDG l’avaient en mémoire.
– Cependant, je ne me présente pas à vous seul. Veuillez accueillir le sergent Owen Mordum en sa qualité d’ambassadeur provisoire de la République. Tous ont salué l’héroïsme de ses actes lors de la bataille d’Hoth.
Le jeune soldat sortit de la navette vêtu d’une armure rutilante frappée aux couleurs sang et or de la République. Son accoutrement, déplacé pour un ambassadeur, symbolisait la dureté de l’épreuve récente subie par le coruscanti. Les médias avaient diffusé la nouvelle sur l’holonet sur instruction du Sénat afin d’accroître le nombre de recrues au sein de l’armée.
– Merci pour votre accueil chaleureux, salua Owen d’une voix claire.


Les acclamations redoublèrent d’intensité. Alors que Taveel invitait Owen à le suivre, un Kel-Dor s’approcha de Kalin :
– Votre ancien Padawan a quitté Ossus dans le courant de la journée. Il est parti dans son vaisseau avec Vala Loosu sur les traces de la planète aux cristaux Kiishra.

Une lueur d’inquiétude assombrit les yeux de Kalin et confirma son mauvais pressentiment.
– Il est incroyable qu’il ne puisse s’empêcher de faire des siennes dès lors que je tourne le dos.

– Si je puis me permettre, votre présence n’a que rarement changé ce trait de caractère, releva Broom Kom. Aucune poursuite ne sera engagée contre lui, dans l’immédiat.

Kalin soupira de lassitude. Il comprenait que Den soit prêt à de telles extrémités pour retrouver sa connexion avec la Force. Le Code Jedi l’enjoignait à refuser tout attachement, mais Kalin détestait l’idée de laisser Den seul. Ses réflexions mêlées à plusieurs méditations l’avaient convaincu d’apporter un soutien inconditionnel à Den dès son retour sur Ossus. Il l’aurait suivi dans sa quête, à n’en point douter.
– Vala Loosu n’est pas une femme tendre. Je gage qu’il ne s’amusera pas tous les jours avec elle, ce qui m’évitera de le rosser à son retour.

Au souvenir de la Jedi, Kalin ajouta :
– Maître Kom, dites-moi. Viridia aurait-il quelque chose à avoir dans cette histoire ?

– Votre intuition est exacte, j’allais justement en faire mention. Lors de sa confession au Conseil, il a avoué soutenir la démarche de Den. Je vais tout vous expliquer... répondit Kom en entraînant son interlocuteur en direction d’un lieu moins fréquenté.

**********


Plus Den réfléchissait à cette quête et plus apparaissait la certitude qu’elle lui apporterait des informations sur l’énigmatique prophétie. Ce n’était qu’une intuition et aucun élément physique ne l’étayait.
« Mon destin est-il vraiment écrit à l’avance par la Force ? »
Si tel était le cas, quelle que soit la portée de ses actions, rien ne changerait. Et si chaque décision, chaque pas, chaque battement de cœur dans le passé n’avait pour but que d’accomplir la prophétie ? Lui aurait été il possible d’ignorer le cristal Kiishra il y a huit années de cela ?
Un flot de souvenirs accapara alors l’esprit de Den.





Un jeune garçon se promenait dans une salle remplie de cristaux, de lentille de focalisation et diverses composantes de sabre laser. Le visage fermé, le Novice restait souvent seul depuis aussi longtemps que remontent ses souvenirs. Les autres enfants le rejetaient à cause de sa faible sensibilité à la Force et se moquaient de lui. Lucide sur ses aptitudes, Den ne pouvait leur donner tort. Ses pouvoirs télépathiques ne lui permettaient de soulever que des petits cailloux quand les meilleurs élèves parvenaient à faire léviter plusieurs manuscrits à la fois. Malgré tout, le Novice avait passé avec succès l'épreuve lui donnant le droit de choisir un cristal.
L’Apprenti tirait la certitude qu’aucun Maître ne le prendrait comme Padawan.
Il fixa une fille de son âge, à la chevelure dorée. Celle-ci rassemblait ses pièces pour forger son premier sabre laser, comme lui. Sauf que Den l’avait déjà observé à plusieurs reprises par le passé. Il avait l’intime conviction qu’elle serait vite repérée par quelqu’un pour ses dons incroyables à ses yeux.
« J’aimerais tellement être ami avec elle, mais à quoi bon... »
Sa destinée le mènerait en toute probabilité à un poste aux douanes ou dans l’agriculture sur Ossus, quelque part où son petit don aurait une utilité. La fillette aux yeux émeraude, Lyra, était plus douée que lui, leurs mondes respectifs ne seraient pas le même.
Den soupira de désespoir, avant d’entendre la voix de son unique ami :
– Viens Den ! Il y a un cristal très puissant là-bas. J’aimerais tellement l’avoir !

Le garçon se retourna lentement et suivit Josh avec un moral à zéro. Les deux compères se mêlèrent à une petite troupe de jeunes aspirants.
– Tiens, tiens... mais c’est Den Liser, la honte suprême de tout l’Ordre Jedi. Qui parie qu’il ne serait pas capable de soulever une carafe même avec ce cristal ? ironisa l’un d’eux, un Besalisk qui dépassait tous les membres de la troupe d'au moins deux têtes.

Comme à son habitude, Josh prit sa défense en faisant face sans la moindre peur.
– Laissez-le, Derak ! Quel piètre Padawan tu feras si tu te moques de ceux que tu crois plus faibles que toi.

Piqué au vif, ce dernier haussa le menton :
– Et tu te prends pour qui au juste ? Je ne dis que la vérité !

– Den est plus assidu que toi à la tâche. Sa persévérance devrait au moins inspirer un certain respect de votre part à tous. Pour la peine, je serais ravi que ce cristal si puissant se révèle à Den. Je suis sûr que cela rabattrait votre caquet une bonne fois pour toutes, répliqua Josh en protégeant son ami des bras.

Mais celui-ci se dégagea d’un geste de mauvaise humeur.
– Merci, Josh, mais tu n’as pas besoin de me couver en permanence.

– On dirait que ton ami est frustré. Pour ta gouverne, sache qu’un Chevalier m’a raconté la légende de ce cristal. Il serait lié à une prophétie et ne s’accorderait qu’avec les membres de la famille de l’Élu. Et je crains qu’il n’y ait plus de descendants après la mort du dernier, des lustres auparavant.


Mais Den n’écoutait plus l’altercation. Le regard hypnotisé par le fameux cristal violacé, il éprouvait un besoin viscéral de s’en saisir et sentait jusqu’aux tréfonds de son être qu’il l’appelait.
Une intensité impalpable le traversa comme un éclair et se connecta au Kiishra devenu brillant. Den invoqua la Force pour que la pierre précieuse vienne se nicher dans la paume de sa main.
« Je ressens la Force avec facilité pour la première fois ! »
Leur attention détournée par Josh, les autres élèves ignoraient tout de l’exploit de Den.
– Janesh ! Pourquoi le défends-tu à ce point ? Regarde ce qu’il vaut...

Le Besalisk agressif enlaça Den par-derrière de ses quatres bras et le fit chuter avec un croc-en-jambe.
– Lavette... tu ne deviendras jamais un Jedi !

Abandonnant toute retenue, Josh voulut le faire payer mais une main ferme le maintint en place, celle de Den. Celui-ci se releva, ses prunelles brillant d’une détermination nouvelle.
– C’est mon problème. Laisse-moi m’en occuper !

Cette déclaration entraîna un rire franc de Dérak.
– Je suis curieux de voir comment tu comptes t’y prendre.

Toute la colère et la rancune accumulée par des années de moqueries palpitaient dans chaque veine du jeune Élu. Il désirait lui faire mal, se venger et mieux encore, voir de l’effroi dans ses yeux. À cet instant, plus rien d’autre ne comptait pour Den, pas même les leçons de Maîtres Viridia sur la compassion et le respect d'autrui.
Sa main se leva et une force invisible agrippa la gorge de Dérak, dont le sourire fondit comme neige au soleil. Quant à Den, son nouveau pouvoir le galvanisait et il se retint d’éclater de rire en voyant son ennemi chercher à tâtons la main invisible qui l’étouffait.
Josh comme les autres étaient pétrifiés devant cette prouesse. Dans un éclair de lucidité, Den remarqua le regard de son ami s’attarder sur son poing fermé. Josh ne tarda pas à lever le voile sur cette affaire et s’avisa de la disparition du cristal.
- Cesse cela, Novice ! trancha une voix ferme.

L’ordre provenait d’un chevalier Jedi de grande taille. Den laissa le corps de Dérak s’affaler sur le sol et supporta le regard impassible de l’homme pendant quelques instants.
– Suis-moi...

Il s’exécuta et abandonna l’assistance silencieuse, ponctuée par les halètements saccadés de Dérak. Leurs pas les menèrent jusqu’à une chambre de méditation où demeurait le Grand Maître Jedi. Viridia ouvrit les yeux et semblait s’attendre à leur arrivée.
– Maître, cet Apprenti s’est lié au cristal Kiishra et a usé de son pouvoir sur un des novices.

– Alors de lui apprendre à se prémunir contre la colère votre tâche sera. De résister à ses impulsions si jeune difficile il est et beaucoup souffert Den Liser a.

– Mais il...

– En effet, membre de la famille des Élus il est. Quelle troublante énigme cette constatation est. À méditer là-dessus, je vais m’employer.

Les désormais Padawan et Maître se regardèrent avec un œil nouveau. Den en éprouva un bonheur si grand qu’il se dissimula le visage derrière ses mains afin de sécher quelques larmes. Kalin, lui-même, eut les yeux brillants et s’inclina devant le sage Jedi.
– Je vous remercie de votre confiance. Il est tout naturel que je forme l’enfant que j’ai moi-même amené au Temple.


**********



Aussi indélébile que les tatouages faciaux des Iridoniens de Dathomir, ce souvenir était ancré à l’intérieur de Den.
Le jeune homme décrocha son sabre laser de la ceinture et le fixa avec intensité. Il lui paraissait tellement étranger, sans lien particulier. Il le détestait presque, car il ne représentait qu’un pâle substitut de son ancien. La lame bleutée apparut et Den s’immergea dans la Force. Le renégat enchaîna des katas à une vitesse telle que ses membres devinrent flous. Bientôt, la fatigue le ralentit et lui coupa le souffle comme s’il venait de courir pendant des heures. Den s’accouda sur la paroi de la soute du Crystal Obscur, le visage rougi par l’effort.
« Deux heures de méditation intensive pour une trentaine de secondes de combat... »
– Tu as l’air harassé. Pose-toi un moment, proposa une jeune femme à l’entrée.

– Et que crois-tu que je fasse en cet instant ? Que je baye aux corneilles ? grinça Den d’une voix frustrée.

Il se détourna d’elle pour s’essuyer son cou d’où abondait une impressionnante quantité de transpiration.
– Je lis dans tes yeux un brin de pitié assaisonné d’une pincée de commisération. Si tel est la raison de ta venue, tu connais le chemin de la sortie.

Vala poursuivit la joute verbale.
– Que d’autoapitoiement... où est donc passée ta volonté ? Elle nous est nécessaire pour avancer. Et crois-moi, il m’en faut pour supporter ton humeur aussi maussade que l’expression faciale standard des Gamorréens. Mon rôle est d’assurer ta survie en attendant que tu récupères ton lien à la Force. Mais si tu penses que c’est de la pitié, je repars...

Vala fit volte-face entendit la voix contrite du jeune homme.
– Non, reste, je te prie. Je ne voulais pas t’offenser ; c’est juste que tout ceci est difficile à supporter pour moi.

– Excuses acceptées ! Maintenant, il est l’heure de me montrer tes capacités aux arts martiaux Jedi, intima le Chevalier en se débarrassant de sa bure.

Cette dernière portait une combinaison sombre et moulante au lieu de l’ample tunique des Jedi. C’était un signe qui ne trompait pas. Vala avait l’habitude de pratiquer des mouvements au corps à corps.
– Il me vient comme un mauvais pressentiment...

Sa remarque arracha un petit sourire à Vala.
– Je vois que tes capacités de déductions sont acérées. Bien, cela ne pourra que faciliter ta progression. En premier lieu, reconnais-tu cette démarche ?

La femme se déplaça avec légèreté, à la manière d’une danseuse étoile, et enchaîna avec quelques acrobaties savamment exécutées.
– Tu connais les arts échanis ?

– Aaaah... en effet. Couplée à la Force, il n’y a pas de meilleure technique de combat à mains nues, hormis le Téras Käsi. Elle exige de ses utilisateurs une combinaison parfaite entre le corps, l’esprit et l’âme. S’ils laissaient de côté leur arrogance, beaucoup de Gardiens deviendraient invincibles au corps à corps. Mais comme tous les Jedi, ils ne pensent qu’à leur maniement du sabre laser ou se reposent trop sur les pouvoirs de la Force. Je regrette que le Conseil ait classifié cet art martial dans la catégorie des « techniques de guerriers inconvenantes à l’application du Code Jedi ». Tout dépend pourtant des intentions de l’utilisateur.

– Tu insinues que les Jedi feraient des cibles faciles sans la Force ou leurs sabres laser, en déduisit Den en fronçant les sourcils.

– Et bien en tout cas, tu es la preuve vivante de ce que j’avance. Alors, prêt à m’affronter ? Je te promets de ne pas user de la Force.

Den hésita quelques instants, convaincu que la suite n’allait pas être une partie de plaisir.
– Est-ce le bon moment pour répéter que j’ai vraiment un mauvais pressentiment ?

Il plia néanmoins ses jambes et mit ses poings en avant. En face de lui, Vala était à l’inverse droite comme un i, un bras perpendiculaire à son corps et le revers de la main levée vers le haut. Den esquissa un mouvement mais la Jedi le devança. Celle-ci faisait preuve d’une grâce et d’une légèreté déconcertante, à tel point que Den se demandait si ses pieds touchaient le sol. Surpris, il agrippa quand même son crochet du droit dans la paume de sa main. La seconde attaque de Vala subit le même sort et les deux humains se retrouvèrent bientôt à quelques millimètres l’un de l’autre dans un défi de force physique.
– On dirait que tu m’as un peu sous-estimé, non ? souleva Den avec un sourire satisfait.

– Ce n’est qu’un prélude, mon cher, rétorqua Vala en le déséquilibrant avec son pied. Ton excès de confiance t’aidera à mourir sans aucun doute...

Den stoppa sa chute en prenant appui sur le sol d’une main et contre-attaqua d’un puissant coup de pied dans le ventre. Mais sa vis-à-vis n’était pas née de la dernière pluie et esquiva vivement sur le côté. Elle se saisit avec fermeté de la jambe tendue et mit le jeune homme à terre.
– Et un point pour la demoiselle, lui lança Vala avec amabilité.

– Je vais faire attention à contrôler ma galanterie, maugréa Den avec un zeste de mauvaise foi.

Le renégat repartit à l’assaut en réalisant une feinte de corps, mais Vala se baissa et tenta à nouveau d’attaquer ses appuis au sol. Den se tenait prêt et bondit en arrière pour se mettre hors de portée. C’était sans compter sur le sens de l’observation et de l’anticipation de Vala. La jeune femme effectua un micro saut périlleux à la suite de Den et atterrit à ses côtés. Toujours en l’air, l’ex-Padawan manqua de réflexe pour contrer le plat de la main qui frappa son plexus solaire.
Le souffle coupé par la douleur, Den mit de côté sa fierté masculine.
– Tu me... domines largement, tu... es meilleure, haleta-t-il en se tenant le torse.

– Si j’avais été une ennemie, tu serais déjà vaincu et retourné à la Force, révéla Vala sur un ton sévère. Et pour cause, ta prestation au combat brille par sa médiocrité.

Den encaissa la critique sans broncher car Vala n’énonçait que la stricte vérité, dans toute son ampleur.
– Et donc, tu es détentrice d’une technique interdite par le Conseil ?

– Ce n’est pas tout à fait exact. En fait, il ne tolère pas son instruction dans le Temple mais, pour mon cas, je l’ai acquise lors d’une longue mission sur Echania. Il existe trois niveaux de maîtrise dans cet art martial. Le dernier est réservé aux maîtres échanis lesquels ont interdit son enseignement aux étrangers. J’ai atteins le second échelon et depuis j’essaye de progresser seule, lui expliqua Vala en tendant une bouteille d’eau.

Den la prit et en but une gorgée.
– J’ai entendu des rumeurs au sujet des maîtres échanis. Ils pourraient fusionner leur esprit avec leur corps et atteindre un temps de réaction proche de zéro.

Son intérêt pour les arts martiaux échanis croissait à mesure que la conversation avançait. Seul un parfait idiot se rendrait dans un lieu dangereux sans y être préparé un minimum. Ainsi Den entrevit la marche à suivre afin de survivre.
– Peux-tu m’enseigner la pratique des techniques échanis ? Je t’en serais infiniment reconnaissant, demanda-t-il d’un ton doux.

Pour la première fois depuis qu’il la connaissait, le visage de Vala s’éclaira d’un sourire heureux.
– Ta motivation fait plaisir à voir et j’accepte volontiers de t’entraîner. Je ne tiens pas à te ramener sur Ossus en petits morceaux. En premier lieu, je te montrerais la première forme de combat à mains nues, puis nous passerons au maniement des armes de mêlée. Ma seule condition sera ta pleine et entière obéissance, quelles que soient les circonstances.

– C’est noté. Tu adores commander, non ? N’aurais-tu pas été aristocrate dans une autre vie ? plaisanta Den.

À sa surprise, le visage de la jeune femme s’assombrit.
– Les Jedi m’avaient admis à l’académie sur le tard et j’étais déjà membre de la noblesse tarisienne depuis quelques années. Leur tyrannie à l’égard des plus démunis est connue à travers l’ensemble de la galaxie. D’autres questions stupides ?

– Ne t’en prends pas à moi ! J’ignorais tout de ton passé ! S’insurgea Den.

– Alors, observe-moi bien et imite ma position de garde.

Elle adopta ladite position mais Den savait comment se dérouler l’entraînement de la première forme.
– Je croyais que nous devions évoluer en habits très légers pour pratiquer les arts échanis, dans le but de ne pas limiter nos mouvements.

– Très drôle, Den. Je vois que je n’ai rien à enseigner à ton sens de l’humour. Il est exact que les Echanis s’entraînent souvent en petite tenue, entre eux, mais ma combinaison ne réduira aucunement la qualité de mes enchaînements. Désolé mais tu as plus de chances de croiser un Wookie rasé des pieds à la tête plutôt que de me voir sans vêtements, répliqua Vala en partant sur un petit gloussement. Cela dit, je ne t’empêche pas de le faire...

– Tant que tu ne m’en donnes pas l’ordre, ça me va. Je suis juste satisfait de te voir rire un peu, répondit gentiment Den.

Vala le fixa d’un air surpris, comme si elle ignorait par quel bout le prendre.
– Hé bien merci... maintenant, redevenons sérieux sinon nous sortirons de l’hyperespace avant que je n’aie pu t’apprendre quoi que ce soit.

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MessagePublié: 22 Janvier 2017, 17:56 
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Je ne connaissais pas grand chose aux arts echanis, je vais voir s'il n'y a pas une fiche encyclopédique.
Je m'avancerais à deviner qu'il y a peut-être une référence à cette Jedi echani tuée dans le tome 2 de Dark Bane, non :roll: ?
Ce Jedi korun Taveel est entre nous
un sacré enfoiré :lol:
.

J'ai apprécié cet extrait comme les précédents, j'ai juste tiqué quand j'ai vu: Aussi indélébile que les tatouages faciaux des Iridoniens de Dathomir..
Argh Aaaallerteee rouge! intrusion de l'UE officiel :evil: .

Bon c'est un détail et puis pour ma part, j'ai intégré ces zabraks dans mon JC 2 mais c'était pour mieux les faire mourir par Abeloth :twisted: . Cela a été ma petite vengeance vis-à-vis des manigances de Lucas et company qui a privilégié le profit pour mieux dénaturer notre univers préféré.


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MessagePublié: 24 Janvier 2017, 11:58 
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mat-vador a écrit:
Je ne connaissais pas grand chose aux arts echanis, je vais voir s'il n'y a pas une fiche encyclopédique.
Je m'avancerais à deviner qu'il y a peut-être une référence à cette Jedi echani tuée dans le tome 2 de Dark Bane, non :roll: ?


Non, je reste fidèle à la période KOTOR sur ce coup là. Cette FF en est le parallèle je te rappelle 8-)


mat-vador a écrit:
'ai apprécié cet extrait comme les précédents, j'ai juste tiqué quand j'ai vu: Aussi indélébile que les tatouages faciaux des Iridoniens de Dathomir..
Argh Aaaallerteee rouge! intrusion de l'UE officiel :evil: .

Bon c'est un détail et puis pour ma part, j'ai intégré ces zabraks dans mon JC 2 mais c'était pour mieux les faire mourir par Abeloth :twisted: . Cela a été ma petite vengeance vis-à-vis des manigances de Lucas et company qui a privilégié le profit pour mieux dénaturer notre univers préféré.


Moui aux temps pour moi, je suis perdu entre ce qui n'est pas de l'UE et ce qu'il l'est. Mais la pire dénaturation reste pour moi Disney s'occupant de SW et l'épisode VII.

J'ai fini le tome 3 de Jedi Corellien. Je te ferais bientôt ma critique ;).

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MessagePublié: 26 Janvier 2017, 19:48 
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Chapitre 11 : Le Survivant






A l'intérieur de sa suite, Owen ressentait de l’inconfort, voire de l’embarras. Il n’y avait vraiment que les politiciens pour voir une utilité à sa nomination en tant qu’ambassadeur.
Il soupira, las, tandis que ses doigts parcouraient la console de commande du projecteur holographique. Une image tridimensionnelle de la galaxie émergea dans la pièce sombre.
La représentation n’était cependant pas parfaite car n’apparaissaient que les étoiles, les systèmes, les planètes et d’autres lieux clés répertoriés dans la base de données de la République.
Owen analysa les informations qu’il venait de communiquer à l’Ordre Jedi.
Les Mandaloriens détenaient une portion importante de la Bordure Extérieure. Jusque-là, ils avaient écrasé toute résistance de la part de flottes planétaires ou pirates et réduit chaque peuple en esclavage.
« Belsoruis, Clak Dor VII et d’autres planètes qui dépendent peu ou pas de la République sont tombés... »
Owen admettait sans réserve l’erreur de ses supérieurs, lesquels avaient laissé le champ libre aux Hommes en Armures sur Bespin.
La technologie spatiale mandalorienne, déjà supérieure à celle de la Marine républicaine, bénéficierait à présent de plusieurs raffineries de gaz Tibanna. En expert en armement, le Républicain savait que cette ressource servait avant tout à la production de canon laser pour vaisseaux.
Son regard bifurqua sur la carte.
Aux environs de la Bordure Médiane, Bestine, Yag'Dhul, Malastare et Atzerri constituèrent les premières défaites dans l’espace contrôlé par la République. Le chancelier Fartoline et le Sénat marquaient leur préférence pour les mondes du Noyau et de la Bordure Intérieure au détriment des autres. Après des siècles de paix durable, les politiciens semblaient incapables de mener correctement une guerre...
« Néanmoins, il est bon de savoir ma compagne sur Coruscant, la planète la mieux défendue du Noyau. » songea-t-il, les mains jointes derrière le dos.
De la vive frégate Praetorian aux redoutables destroyers Centurion, des centaines de vaisseaux protégeaient le système. Mais Owen rejeta ces pensées égoïstes qu’il assimilait à celles qui gouvernaient le Sénat. Toutes les familles de la galaxie avaient le droit de jouir de la sécurité, de même que chaque enfant de jouer et de s’épanouir dans la paix. Cette vision des choses demeurait pourtant irréaliste et résultait d’un idéalisme dépassé dans la situation actuelle. C’était ses valeurs...
Son poing se serra de fureur lorsque ses yeux se posèrent une nouvelle fois sur les planètes tombées.
« Mais qu’est-ce que je fais là ? Je devrais être au front ! »
Il ne possédait pas les compétences diplomatiques d’ambassadeur et jouait le rôle du héros ne l’intéressait pas. Les Mandaloriens n’auraient qu’à bien se tenir lorsqu’il retournerait au combat.
« Combien de civils innocents ont-ils tués ? Et pour quoi ? Pour leur honneur... toutes ces souffrances et ces effusions de sang rien que pour l’honneur... » rageait le soldat, le visage empourpré.
Une sonnerie retentit. Quelqu’un se tenait au pas de son appartement.
Il éteignit le projecteur et se rendit à l’entrée pour faire face à Kalin Notsun. Ce dernier lui proposa d’accueillir avec lui une navette de Novices. Owen accepta en sa qualité d’ambassadeur et songea qu’il en apprendrait plus sur les Jedi.



*************




Les deux humains patientaient dans un hangar des docks d’Ossus. Le Nosmos, en provenance d’une enclave Jedi de Bimmissari, venait de pénétrer dans le système avec une vingtaine de Novices. Mandaté par le Conseil, Kalin avait la charge d’expliquer aux futurs Jedi la prochaine étape de leur formation, en compagnie d’Owen.
Au fil du temps passés ensemble sur Coruscant, les deux hommes avaient tissé un solide lien d’amitié.
Le Maître Jedi était en outre impressionné par les prouesses du soldat et celui-ci ne vivait que pour servir et protéger les faibles, d’une manière similaire aux Jedi.
– Nous avons fait connaissance il y a peu et dans des circonstances guère enviables, ambassadeur. Un temps suffisant pour discerner l’homme d’exception en vous, annonça Kalin.

– Je vous remercie pour vos paroles aimables, mais j’honore juste mon devoir et mon engagement, répliqua Owen d’un sourire.

Kalin ne complimentait jamais à la légère et il pressentait quelque chose de diffus au sujet du Républicain.
– Votre destinée se révèlera... intéressante.

– Les Jedi sont décidément une mouvance à part. Est-ce l’avenir que vous avez vu avec votre euh... Force ?

Le Maître Jedi rit avec douceur devant sa naïveté.
– Il n’appartient qu’à vous de prendre la voie qui vous sied le mieux. Je n’ai entrevu qu’un fragment des multiples futurs possibles.

Owen médita sur ces paroles, comprenant que l’avenir n’était pas écrit. Le Républicain dissimulait mal ses pensées et quelqu’un comme Kalin les déchiffrait avec facilité.
– Il est inutile de se sentir redevable envers moi, ambassadeur. Vous avez survécu seul dans ce croiseur, grâce à vos aptitudes. Pour ma part, ces droïdes ont bien failli m’accrocher à leur tableau de chasse, reprit le Jedi, moqueur.

– Si vous le dites... mais je reste sur mes positions. La République sera incapable de gagner cette guerre sans l’assistance éclairée de l’Ordre. Je vous l’exprime sans détour. Des siècles de paix ont produit des soldats en manque de repères et d’expérience, ainsi que des vaisseaux technologiquement dépassés.

Owen planta son regard franc dans celui du Maître.
– De quelle manière les Jedi comptent-ils se battre contre les Mandaloriens ?

– Malgré votre insistance, j’ignore toujours la réponse. Le sujet est très controversé parmi les miens. Pour rester concis, une majorité craint que nous engager en première ligne ne provoque notre déchéance, et ce malgré la louabilité de nos intentions initiales. Comprenez-vous ? Les affres de la guerre pourraient nous rendre aussi mauvais que les Jedi Obscurs.

– Je sais déjà tout cela. Vous l’avez relaté avec éloquence devant le chancelier et les sénateurs, répliqua Owen, déçu.

– Allons, allons, Maître Kalin. Peur ne faites pas trop à l’ambassadeur, intervint une voix de vieillard.

Viridia les avait rejoints, installé dans un fauteuil lévitant pour compenser sa démarche lente.
– D’accueillir nos futurs protecteurs de la galaxie l’heure est venue.

En écho aux paroles du Grand Maître, le Nosmos apparut dans le ciel puis se posa quelques instants plus tard devant eux. Un Nautolan et un Zabrak descendirent la rampe, suivis par une fournée d’enfants à l’air impressionné.
– Bienvenue sur Ossus, jeunes Novices, salua Kalin avec un sourire paternel. Jedi Cunilo, j’espère que le voyage a été sans ennui. Vous êtes en retard par rapport à l’horaire prévu.

Le Nautolan s’inclina devant Viridia et en expliqua la raison.
– Nous devons cette arrivée tardive à Maître Laydus. Elle a amené sur Bimmissari une perle rare, un jeune garçon humain pour être précis. Son affinité avec la Force est incroyable alors j’ai pensé que le Conseil désirerez l’éprouver.

– Si tel est le cas, montrez-nous-le. Maître Viridia jugera de son potentiel à recevoir la formation des Jedi.

Cunilo s’exécuta et fendit le groupe d’aspirants âgés d’environ dix ans. Ces derniers avaient l’air dépaysés, tout comme Kalin lors de son passage au grade de Padawan. L’ex-Maître de Den espéra que Laydus n’avait pas arraché le jeune garçon à sa famille. Tout Jedi qu’il soit, Kalin avait un avis bien tranché sur la question.
« Voilà l’aspect de la formation Jedi que je déteste... »
N’importe qui dans l’Ordre lui répondrait que cette action était nécessaire pour le plus grand bien. Certes, mais des décisions prises dans cette optique avaient provoqué bien des catastrophes. Il y a bien longtemps, l’Ordre Jedi fut victime d’un schisme entre ces membres apprenant du Côté Lumieux et ceux vénérant le Côté Obscur. Le Grand Maître de l’époque ordonna l’exil immédiat de ces derniers et prétexta le bien de la galaxie comme unique raison. Et il ne faisait déjà plus qu’un avec la Force lorsque ces Jedi refirent surface, affublés du nom de Sith, pour prendre par la contrainte le contrôle de la vie de tout être vivant.
Kalin cessa ses divagations et observa le jeune prodige, lequel possédait un teint cireux et un corps squelettique. Ses yeux profonds et ses cheveux noirs en bataille lui donnaient un air sauvage et intimidant.
– Bonjour mon garçon, je suis Maître Kalin. Comment t’appeles-tu ? Se présenta le Jedi sur un ton bienveillant.

Mais l’attention de l’enfant était détournée par Viridia qu’il fixait comme une bête curieuse. Kalin crut voir un éclair de haine passer dans ses yeux l’espace d’une fraction de seconde.
« Ce doit être mon imagination... »
– Selon Maître Laydus, il a vécu l’enfer sur sa planète d’origine, d’où sa nature quelque peu sauvage. Elle m’a confié qu’il n’a jamais connu ses parents, il a survécu seul en trouvant ci et là sa subsistance pendant des années. Je ne pense pas qu’il puisse parler pour l’instant mais Laydus lui a enseigné quelques rudiments, ajouta Cunilo devant le regard interrogateur de Kalin.

– Hé bien jeune homme, de la Force que sais-tu ? Demanda Viridia, enjoué.

Le petit prodige sourit avec une étonnante maturité, tendit la main vers Kalin et décrocha le sabre laser de ce dernier avec l’aide de la Force. Les oreilles se Viridia se relevèrent à la vue de cet exploit d’apparence anodine.
Le manche effectua une sorte de ballet aérien mais Kalin n’esquissa aucun geste pour l’empêcher avant la fin de la démonstration.
– Impressionnant... murmura Kalin alors que son arme réalisait plusieurs rotations au-dessus de la paume ouverte de l’enfant.

Il n’aimait pas l’expression de défi du garçon. Sans esquisser le moindre geste, le Maître fit revenir le sabre à sa ceinture.
– Tu sais canaliser la Force pour influer sur l’environnement extérieur. Mais ce n’est pas cette aptitude qui est exceptionnelle en soi, c’est ta maîtrise avancée.

– Convaincu ce garçon m’a. Au Conseil je l’amènerai, convint Viridia, l’air à soucieux comme à son habitude.

La troupe de Novices s’éloigna avec les deux Maîtres en tête. Kalin jeta un coup d’œil furtif à Owen avant de s’adresser au conseiller.
– La Force est anormalement distordue en cet enfant.

– Dévoilé toutes ses aptitudes il n’a pas. En lui l’innocence de l’âge je ne vois pas et réussir à lire ses pensées je n’ai pas.

L’inquiétude du Grand Maître troubla Kalin, même lorsqu’il esquissa un sourire rassurant.
– Trouvé un jeune garçon sur Ord Mantell j’ai un jour. Tout aussi impressionnant à sa manière il était. Devenu un Maître Jedi accompli il est à présent.

Kalin comprit que le vieil alien faisait référence à lui.
– J’ai échoué en tant que mentor pourtant. Den fait désormais partie des renégats et mon cœur est écartelé entre la satisfaction de le savoir hors de la juridiction injuste du Conseil et la crainte du danger qui se mettra en travers de sa route.

– Pas le choix je n’avais. La véritable volonté de la Force moi seul ai suivi. Sur Ilum sa destinée il découvrira, répondit Viridia sur un ton qui ne souffrait d’aucun reproche.

– Mais Maître, il ne fait plus partie de l’Ordre. S’il retrouve ses pouvoirs, Den ne sera pas tenu d’appliquer le Code Jedi. Je crains qu’il ne bascule du Côté Obscur en vérité.

Viridia ne l’entendait pas de cette oreille et fit claquer son bâton grimer sur le sol.
– Tous il nous tente un jour ou l’autre. Pour devenir Chevalier Jedi d’y résister représente l’étape finale.





*****************



Le Crystal Obscur pénétra dans l’espace conventionnel à l’approche d’une étoile.
Sceptique quant à l’intuition de Den, Vala se tourna vers son copilote.
– Nous y sommes... le système d’où provenait le vaisseau de Kawashi, avant qu’il ne s’écrase sur Ossus.

– Ce système est répertorié dans la base de données du Temple. Il ne possède aucune planète en orbite, seulement des chaînes d’astéroïdes constitués de roches et de glace. Mais je ne doute pas du chemin à emprunter, expliqua Den en observant les senseurs.

Vala fit la moue d’une manière qui sous-entendait la perte de temps de ce voyage.
– Qu’espères-tu découvrir ? Certes, il est possible que Kawashi soit venu ici d’après son ultime trajectoire mais quand bien même.

– Pour quelqu’un qui possède la Force, je trouve ton manque de foi consternant, remarqua-t-il. Si Kawashi a murmuré « ligne droite » avant d’expirer, ce n’était pas pour avouer un amour pervers de la géométrie. Je suis certain qu’il a laissé un indice quelque part...

Dans le même temps, le cargo d’origine corellienne ne détectait qu’une géante rouge et quelques corps stellaires de taille variable. Si planètes il y avait eu, l’étoile vieillissante les avait engloutis depuis longtemps.
Vala lâcha un soupir et mit de côté ses réserves.
– Dans ce cas, nous devrions vérifier cette chaîne d’astéroïdes. Sélectionnons en premier lieu les plus imposants.

– Oui, et les recherches risquent de s’éterniser. Espérons que la Force sera avec nous... conclut le renégat, fatigué, en s’affalant sur le dossier de son fauteuil.

Un cauchemar avait à nouveau troublé son repos cette nuit, suivi par la même crise étrange qui l’avait assailli sur Ossus.
« Ce froid si intense... »
En y repensant, sa poitrine se souleva d’un haut-le-cœur.
Une graine du Côté Obscur tentait de grandir en lui, depuis la perte du cristal. Il ignorait sa signification mais il s’estimait heureux que Vala ne soit pas au courant.
La Jedi ne devait pas savoir...
Sinon elle en tirerait des conséquences sur les mobiles de Den pour ce voyage et le croirait corrompu par le Côté Obscur.

Vala enclencha la mise en marche des propulseurs en direction des astéroïdes les plus proches. Les deux compères ne repérèrent pas le moindre signal ou indice durant la première heure de recherche. Den s’arma de patience tandis que la jeune femme effectuait des opérations de maintenance dans la salle des machines.
Le temps s’égrenait avec une lenteur accrue par la morosité du paysage. Den avait renoncé à compter les heures, jusqu’à l’apparition de quelque chose d’intéressant.
Un duo d’astéroïdes de plusieurs kilomètres de diamètre pivotait l’un autour de l’autre par le jeu de la gravité.
Le Crystal Obscur effectua le tour des astres.
- Regarde ! s’exclama Den en pointant du doigt un éclat sur la surface. Je doute que ce soit d’origine naturelle.

– Cela ressemble à un chasseur Jedi, observa Vala, surprise.

– Posons-nous !

Une fois l’atterrissage réalisé, Vala étala ses connaissances historiques. Selon elle, l’appareil datait de plusieurs décennies.
– De l’époque de Duncan Kawashi autrement dit. L’article de la bibliothèque ne portait nulle mention de la présence d’autres Jedi, déduisit Den avec excitation.

Le renégat de l’Ordre croisa le regard de Vala et sourit.
– J’endosse la combinaison et je sors pour enquêter. Tu n’y vois aucun inconvénient ?

– Non, du moment que tu restes prudent et réfléchi... j’ai un mauvais pressentiment au sujet de ce caillou perdu. Qui sait quels dangers il pourrait receler ?

– Ton sermon sent l’inquiétude à plein nez. C’est surprenant étant donné la compassion dont tu fais preuve pendant mon entraînement à l’art échani, glissa Den avec malice.

La présence d’un bleu sur le visage de Den témoignait de la véracité de ses paroles. Vala ignora la remarque tandis que son ami sortait par le sas de dépressurisation.
– Fais-en sorte de ne pas me tenter de t’abandonner ici, répondit-elle sur un ton faussement sérieux.

– Et avoir ma mort sur ta conscience ? Ta cruauté est édifiante, à l’image de celle des Jedi Obscur.

– Aussi édifiante que ton arrogance et ta faible capacité à encaisser quelques coups !

Den sourit. Si Vala avait de la répartie, il ignorait tout de son sens de l’humour.
« Au moins, elle en a... »
– Très drôle ! J’aurais adoré t’y voir à ma place.

Ils redevinrent sérieux tandis que Den contourna un énorme trou le séparant des restes du chasseur. Une fois devant, il examina le vaisseau en détail, mais échoua à ouvrir le cockpit.
– L’alimentation ne fonctionne plus depuis longtemps. Je vais le forcer manuellement. Den, terminé ! indiqua-t-il.

L’ex-Padawan sortit un cutter laser de son trousseau à outils et découpa une entrée. Un cadavre gelé en combinaison de pilote l’accueillit. Lorsqu’il fit part de sa découverte à Vala, cette dernière lui conseilla de chercher un éventuel datapad.
– Il en a un, confirma Den après avoir fouillé les poches

– Attends avant de te réjouir. Je sens une forme de vie qui se rapproche ! Le prévint brusquement la tarisienne.

– Reçu cinq sur cinq !

Ses chances de se défendre dans un milieu à gravité zéro avoisinaient le néant alors Den se dépêcha. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa que ses semelles magnétisées l’empêchaient de hâter le pas. Il invoqua la Force autant que possible afin d’accroître ses capacités physiques.
Sans grand succès...
« Nom d’un Hutt, cet astéroïde doit contenir beaucoup de fer et de nickel. J’ai du mal à décoller de ce fichu sol. »
Le jeune homme parvint néanmoins à bondir au-dessus du trou béant avant de s’apercevoir de son erreur. Un lointain écho l’avertit d’un danger imminent qui se précipitait vers lui. Son cœur rata un battement lorsqu’il vit une rangée de dents apparaître des tréfonds de l’ouverture. Il reconnut de suite la créature semblable à un lombric de taille disproportionné.
« Un ver de l’espace ! »
Le gosier de la bête allait le gober sans difficulté s’il ne trouvait pas une solution. Et Vala qui ne répondait pas à ses appels à l’aide frénétiques !
Den se calma, se remémorant l’enseignement Jedi.
« Il n’y a pas de peur, il y a la sérénité. »
Une idée germa alors dans esprit. Il se prépara à démagnétiser ses semelles en ayant conscience que s’il échappait au ver, ce serait le vide spatial qui le prendrait.
Mais une violente rafale de trilaser interrompit son action et percuta de plein fouet le flanc de la créature cosmique. Celle-ci se tordit de douleur, les salves ayant percé sa peau, et s’enfonça dans sa tanière quelques instants plus tard.
Sauvé par la tourelle du Crystal Obscur, Den se réceptionna de l’autre côté du gouffre.
– Évitons les remerciements surtout ! La Force a voulu que je penche pour toi plutôt que le monstre, lâcha Vala, mettant fin à son silence radio.

– Je te préférais sans humour en fin de compte. Cela dit, je t’en dois une, concéda Den.

« Il ne reste plus qu’à lire ce datapad. J’espère qu’il vaut la peine pour tous ces efforts... »



**********


En compagnie des autres Novices, le Jedi nautolan montrait les innombrables fonctions du Temple à Han et Raya. Ils avaient tous hâte d’aller se reposer avant le grand jour : le passage des épreuves afin de devenir Padawan. Durant celles-ci, ils devraient prouver leur maîtrise de la Force et des valeurs de l’Ordre pour mériter un cristal, nécessaire à la fabrication de leur premier sabre laser.
Inséparables depuis leur rencontre à l’académie de Bimmissari, les deux enfants de dix ans ne parvenaient pas à repousser leur anxiété. La fillette Raya buvait néanmoins les paroles de Cunilo et comptait parmi les élèves les plus douées de sa génération.
Comme le fit remarquer Han à son oreille, la partie carcérale du Temple inspirait la peur. S’imaginer les têtes effrayantes des détenus n’aidait pas à atténuer ce sentiment.
Déconcentrée par la crainte de Han, elle jeta un coup d’œil nerveux par la fenêtre qui donnait sur les cellules en contrebas.
- Quel genre de prisonnier y a-t-il à ton avis ? demanda-t-elle en réprimant un frisson.

– Je ne sais pas, couina Han, peu rassuré. Ils sont sûrement très méchants...

Sa voix haut perchée parvint jusqu’au professeur Jedi. Ce dernier leur lança un regard de reproche.
– Arrêtez de discuter s’il vous plaît.

Il ne fut pas le seul à fixer ses yeux sur eux. Le Sans-Nom, le Prodige ou le Muet, comme l’appelaient les Novices, était encore plus étrange que ce lieu. Plusieurs d’entre eux avaient déjà rapporté ses manières effrayantes à Han et Raya. Entre autres, le surdoué prenait un malin plaisir à écarteler des rats-womps ou à couper les ailes d’insectes, mais il restait correct et neutre en présence d’un Jedi.
Quittant ses sombres pensées, Raya eut soudain l’envie de proposer un défi à son compère.
– Je suis sûre que tu n’es pas capable de demander à un des prisonniers la raison de sa captivité.

Han la regarda avec des yeux ronds, alors que Cunilo se perdait dans un long discours sur la manière Jedi d’appréhender un criminel.
– Ce serait bête et effrayant, Raya. Bien sûr que je ne vais pas le faire.

La fillette se moqua de lui d’un rire bien éloigné de celui des enfants de son âge.
– Je m’en doutais... tu n’as pas le courage des Jedi.

– Bon, cela dépendra de ce que tu me donneras en échange, répliqua le garçonnet, boudeur.

Raya réfléchit un instant à la proposition.
– Tu gagneras mon estime pleine et entière, et peut-être bien un bisou.

Le Novice trouvait son amie bizarre. Il n’avait jamais pensé auparavant que Raya le considère aussi lâche et couard. Toutefois, il éprouvait des sentiments pour elle, la seule fille qu’il connaissait bien.
– C’est d’accord !

Trop absorbé par son cours, le Nautolan ne vit pas le petit Han se faufiler tel un félin dans les escaliers menant aux cellules. Il ignora tout de l’arrivée du garçonnet devant la porte blindée conduisant à l’unique couloir et ne sut pas que Han tapa le code à six chiffres, comme s’il connaissait la combinaison.
Le Novice se promenait, comme dans un rêve, le regard vide, nulle peur ni surprise ne le troublait alors qu’il déambulait librement dans le couloir au milieu des cellules. Il avança d’un pas mécanique et s’arrêta devant le seul détenu qui ne riait pas sur son passage. À travers le champ de force violacé, il discerna une jeune femme d’une beauté éblouissante.
Han voyait ses actions mais il ne comprenait pas comment son corps s’animait sans ordre de sa part. En revanche, il perçut la Force lorsqu’il leva sa main vers le panneau de contrôle de la cellule.
« Ce n’est pas moi qui commande... qui ? »
« Moi, petit humain ! » gronda une voix d’outre-tombe.




Kirax resta interloquée un instant.
Le champ de force qui la retenait prisonnière venait de s’estomper. Consciente de sa chance inespérée, la chasseuse de primes se reprit et empoigna le garçon responsable de sa délivrance. Un tumulte assourdissant monta autour d’eux, provoqué par les détenus furieux de voir une évasion. La petite voix désincarnée de son sauveur s’éleva distinctement.
– Votre libération ne tient qu’à une unique raison. Vous avez été choisi pour trouver Den Liser et le tuer. Vengez-vous et sauvez votre mère avec l’aide des quinze mille crédits offert par l’Échange pour sa tête. Prenez ce calepin avec les coordonnés de sa destination.

Après coup, les traits potelés du garçon se détendirent et ses prunelles clignèrent deux fois. Kirax ne comprenait pas la situation mais elle se saisit du datapad.
« Qui a bien pu envoûter ce petit ? »
La réponse à cette troublante question attendrait. Cette occasion de prendre la poudre d’escampette était trop belle et les Jedi se lanceraient bientôt à sa recherche. L’enfant lui servirait d’otage en cas de coup dur.
Une fois à l’extérieur de la prison, Kirax se dissimula dans un coin sombre pour rassembler ses esprits et mettre au point une tactique. Le Novice lui procurerait un bon mobile, si elle parvenait à s’emparer d’une robe Jedi ou un uniforme de technicien du Temple.
– Tu t’es perdu, mon petit ? Cet endroit n’est pas indiqué pour une promenade, sais-tu ? Suis-moi, je vais te ramener...

Aucune alarme ne s’était déclenchée.
« Encore un mystère ? Il n’y a donc personne à la vidéosurveillance ? »
Soit sa chance dépassait l’entendement, soit son évasion avait été minutieusement préparée. La chasseuse de primes haussa les épaules et pénétra dans un autre secteur du Temple avec prudence.

En hauteur, une minuscule silhouette souriait de satisfaction. Ceci n’était qu’un prélude...


*************


Den et Vala mirent peu de temps à décrypter le mot de passe de l’ancien datapad. Le Chevalier Jedi connecta ce dernier à l’appareil holographique du Crystal Obscur.
– Voyons voir le contenu de ce document !

Des lignes écrites en basiques défilèrent, parsemées de caractères corrompus.
– À première vue, c’est plus un journal intime qu’un simple calepin. Il appartenait à Cris Bentley, un contrebandier corellien et ami de longue date avec Kawashi, révéla Den en soupirant de soulagement.

Il y avait donc un rapport avec le Jedi défunt.
Vala acquiesça d’un lent hochement de tête et fit défiler le contenu de plus en plus vite, en mesure qu’elle estimait que le Corellien racontait sa vie depuis ses vingt années standard. Vers la fin du document, ils découvrirent enfin des informations dignes d’intérêt.
« Nous connaissons désormais les coordonnées de la planète Ilum… et il ne fallait pas nous inquiéter, les Maîtres de Kawashi et de Vish n’y ont vu que du feu. Pour ma part, je participerai au voyage même si j’ignore les pouvoirs de la Force car je pourrais tirer un très bon prix des cristaux que je trouverais éventuellement là-bas. Kawashi a stipulé que l’aide d’un non-utilisateur de la Force aurait ses avantages pour déjouer les pièges que nous rencontrerons. Nous serons donc quatre à partir à l’aube. Il y aura moi, Kawashi, Skyros et un autre Jedi dont j’ignore le nom. Enfin, je crois me rappeler de son prénom : Danton. Ayant une affinité particulière avec ces cristaux, Kawashi a insisté pour qu’il vienne mais moi, j’y étais formellement opposé. Ce Jedi ne m’inspire pas la moindre confiance… »

Endommagés par le froid et le temps, les deux chapitres suivants s’avérèrent illisibles. Den pria la Force pour que les coordonnées n’aient pas été mentionnées dans cette partie.
« Nous avons eu chaud mais nous avons finalement repoussé ces horribles bestioles. Leur carapace était si résistante que même les sabres laser Jedi peinaient à les entailler. Toutefois, le temps pour d’éventuelles congratulations manque et la jauge de mon pistolet blaster est au trois quarts vide. Les Jedi ne se montrent guère plus rassurants. Ils ne cessent de maugréer leur mauvais pressentiment et l’oppressante présence du Côté Obscur dans cette grotte. Encore un truc de Jedi que je ne comprends pas, Danton Liser dit que nous nous rapprochons du but, mais je vois bien la peur derrière sa démarche assurée. »

Une autre partie endommagée.
« Skyros est mort... tué par des êtres en armures étincelantes qui nous ont tendu une embuscade. Quelle est cette armée ? Je ne pense plus aux cristaux que j’ai lâchés. Je m’accroche seulement à l’espoir d’atteindre mon vaisseau en vie. Il faut que je me tire de ce guêpier en vitesse. Je souhaite que Kawashi et Liser s’en soient sortis. »

La suite du journal se révéla indéchiffrable jusqu’aux ultimes mots de Betley
« Ils m’ont poursuivi et détruit les réacteurs du chasseur de Skyros que j’ai récupéré. Je suis perdu sur un astéroïde, avec assez d’oxygène pour tenir deux heures. J’ai vu Kawashi passer en Hyperespace in extremis mais les propulseurs de sa navette étaient endommagés. Mes dernières prières iront donc à lui en espérant que la mort le refusera. Moi je suis condamné sur ce fichu roc et je ne tarderais pas à ne plus faire qu’un avec la Force, comme le disent si souvent les Jedi. Si quelqu’un lit ce journal, c’est qu’un miracle n’est pas survenu pour me sauver de mon funeste destin. Je lègue les coordonnées de la planète, dans le vain espoir que quelqu’un découvre l’identité de mes meurtriers et me venge. »



– Les caractères des coordonnées ne sont pas endommagés, c’est une bonne nouvelle. Mais il existe des risques qu’Ilum soit sous le contrôle d’un peuple agressif, résuma Vala d’un air qui signifiait que la partie était loin d’être gagnée.

Plongé dans ses pensées, Den l’entendit sans l’écouter. La mention de son nom de famille le laissait perplexe, car le Jedi Danton Liser représentait le dernier membre connu de sa généalogie. Les circonstances de sa disparition demeuraient indéterminées, jusqu’à maintenant. L’Ordre l’avait cru mort et pourtant, il avait perpétué la lignée. La présence de Den en attestait indubitablement. Sa mère, Asha Wannah, n’avait jamais révélé l’identité du père.
Den avait entretenu l’espoir futile de rencontrer un jour son paternel sur Ossus.
Mais rien...
Pas même un message.
Ainsi l’ex-Padawan s’était fait à l’idée qu’il ne connaîtrait jamais son père.
– Le nom de ton ancêtre ne m’a pas échappé, tu sais ? C’est cela qui te tracasse, n’est-ce pas ? devina Vala qui observait son ami avec attention.

– Oui, confirma le renégat, cette nouvelle fait ressurgir en moi des sentiments que je pensais enfouis au plus profond de moi.

– Ce n’est pas le moment de te repaître du passé. Tu n’es plus Jedi mais je suis convaincu que le Conseil t’acceptera à nouveau lorsque tu récupèreras ton affinité à la Force. Dois-je une nouvelle fois te rappeler le Code ? Il n’y a pas d’émotion...

- Il y a la paix, je sais ! termina Den sur un ton agressif.

La Tarisienne fronça les sourcils, l’air outré.
– Pardonne mon emportement, Vala, s’excusa le jeune homme. J’ai juste besoin de temps pour encaisser ceci. Rentre les coordonnées et partons pour Ilum, s’il te plaît.

Le visage de la Jedi s’adoucit de compréhension.
– Ne t’inquiète pas. Mais nous devrons manœuvrer avec prudence. Les agresseurs en armure de Kawashi et Betley se trouvent peut-être toujours là-bas.

– Des Mandaloriens ? Si c’est le cas, je me demande la raison de leur présence aussi loin de leur espace, supposa Den. Quoi qu’il en soit, je refuse de rebrousser chemin.
Il fixa Vala avec détermination. Cette dernière se rappela un détail qu’elle avait omis de préciser à cause de la brutalité de leur fuite.
– Avant notre fuite, Maître Pisoul m’a prévenu que l’Échange avait mis ta tête à prix, ainsi que celle de tes compagnons présents sur Nar Shaddaa. Les chasseurs de primes ne peuvent pas se poser sur Ossus mais il est possible que nous soyons suivis.

– Je m’inquiète davantage pour Lyra et Qui-Gon que pour moi-même. Notre départ précipité n’aura sans doute pas laissé le temps à un de ces mercenaires pour nous baliser.

L’ancien Jedi quitta la salle centrale du Crystal Obscur en direction du cockpit. Vala le laissa, conscient de son besoin de solitude. Elle retira l’interface du datapad et pianota sur la console du système de communication. Son Maître devait méditer dans son appartement puisque sa demande fut satisfaite en quelques secondes.
L’image vacillante d’un petit être vert apparut.
– Maître, vous me recevez ? L’éloignement du relai hyperspatial le plus proche rend la connexion saccadée.

– En effet... soyons concis... acquiesça la voix de Viridia parsemée d’interférences.

Vala grimaça et décida d’en venir au principal.
– Nous sommes en possession des coordonnées d’Ilum, mais Kawashi ne l’a pas atteinte seul. Danton Liser et deux autres l’accompagnaient dans son périple.

– Surprenant... Méditer là-dessus... vais. Des dangers... sens... Ilum. S’y rendre... Jedi n’osent.

– Je vous entends très mal ! Suggérez-vous que l’Ordre était au courant de la localisation d’Ilum ?

L’hologramme se stabilisa un moment.
– Connue des... du Conseil permanent elle est. Un grand mystère... planète représente. Nombreux furent les Jedi... n’en revinrent ja... au cours... l’histoire. Va, maintenant.

– Oui, Maître, obéit Vala en s’inclinant.

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MessagePublié: 26 Janvier 2017, 21:15 
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Peu à peu les morceaux du puzzle se mettent en place. Voilà qui rend cette fan fic très efficace.

La confrontation finale entre Den et ses démons semble encore lointaine mais on sent qu'on s'en approche petit à petit ;) .


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MessagePublié: 02 Février 2017, 13:24 
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Chapitre 12 :
Rendez-vous sur Ilum






Un groupe de personnes disparates marchaient d’un pas précipité en direction de la salle de contrôle de la prison. Plusieurs bures virevoltantes de membres du Conseil émergeaient au milieu des combinaisons sombres des miliciens, aussi nommé douaniers.
Chargés de la sécurité des docks d’Ossus et du Temple, ces derniers représentaient une autorité à peine moins importante que les Jedi sur leur planète. Corruption, fraudes diverses, rien ne leur échappait d’ordinaire. Pourtant, Kalin venait d’être informé de la découverte d’un corps dans l’enceinte même du Temple. La rareté d’un tel crime justifiait la présence de conseillers. Le dernier meurtre en date était l’œuvre tristement vivace du Jedi Obscur, Josh Janesh, lorsqu’il ôta la vie de Maître Vadisha. En exceptant ce fait, aucun assassinat n’avait été recensé depuis plusieurs siècles.
« Un homicide dans le Temple signifie que quelqu'un nous a infiltré. Mais qui ? Et pourquoi ? »
Dans les secondes suivantes, Kalin aperçut Laydus, la Maître Jedi Fosh, à l’entrée de la salle de contrôle.
- Est-ce vous qui avez donné l’alerte ? demanda Taveel, en première ligne du groupe.

– En effet, mais je suis arrivé trop tard pour sauver notre homme. Et ce n’est pas tout ! Une prisonnière a profité de la confusion pour s’évader de sa cellule, expliqua-t-elle.

Kalin jugeait la Fosh troublée par une extrême nervosité, un comportement qui ne lui était pas coutumier. L’auditoire se pressa derrière Taveel, dont une escouade de médecins.
– Le nom ?

– Il s’agit d’une nouvelle venue : Kirax, la chasseuse de primes. Nous l’avions interrogée il y a peu, répondit Laydus, plus calme.

Maître Taveel passa une main devant sa face comme pour chasser un insecte.
– Ma mémoire m’est toujours fidèle. Avez-vous des soupçons sur quelqu’un en particulier ?

– Je n’ai vu ni senti personne lors de ma découverte. D’après le dossier de Kirax, elle fut la partenaire du célèbre Prev Domban. Peut-être est-ce lui l’instigateur de ce meurtre...

– Peu probable, Maître Laydus. Je doute qu’une opération de ce genre ait été mise sur pied pour libérer une chasseuse de primes de moindre importance. À moins que quelqu’un d’extrêmement puissant ne s’intéresse à elle pour une raison inconnue. Tromper la vigilance des douaniers et des Jedi n’est pas une action à la portée du premier venu, répliqua Taveel en embrassant l’assemblée du regard.

Ces suppositions ne menaient à rien pour Kalin.
- Avons-nous des témoins de l’évasion ? demanda-t-il d’une voix sereine.

– Maître Cunilo donnait un cours à plusieurs novices lorsque ces malheureux évènements se sont produits, mais il affirme n’avoir rien vu de suspect. Il déplore cependant l’absence d’un de ses protégés, un garçon humain, révéla la Fosh avec indifférence.

Mais les yeux vifs de Taveel s’étrécirent en entendant les dernières paroles de Laydus. Il se tourna vers le chef des douaniers, un homme au visage franc et coiffé d’une casquette noire.
– Capitaine Lars ! Veillez à informer le personnel de l’évasion d’une jeune femme à la chevelure écarlate. Communiquez également qu’elle est en toute probabilité en compagnie d’un Novice humain. Et envoyez un détachement aux docks d’Ossus. J’ai le pressentiment que ce sera la prochaine destination de notre amie !

Les Jedi se rendirent auprès du corps d’un Twi-Lek, couché à plat ventre à côté des moniteurs de surveillance. Taveel et Wooryuh procédèrent à un examen visuel mais se relevèrent au bout de quelques secondes, à la surprise de Kalin. L’expression de l’ex-mentor de Den se mua en inquiétude lorsqu’il croisa le regard grave du Korun.
Kalin considéra le cadavre et passa machinalement sa main sur sa barbe, comme à chaque fois qu’il était soucieux. Un trou carbonisé moins large que celui d’un tir de blaster perçait le haut de la colonne vertébrale. Le Maître reconnut cette marque...
L’arme avec laquelle l’assassinat avait été commis confirmait le pressentiment d’une majorité de Jedi.
L’avenir... les amorces d’un avenir sombre.
Où peut-être était-ce bien plus ? La chute du Côté Obscur d’Odénout Mapassar constituait-il les véritables prémices ? Et ceci représentait peut-être le passage à l’action de l’ennemi.
« Depuis quand sommes-nous aveuglés par notre arrogance et notre trop grande confiance en nous ? »
Kalin n’était en possession d’aucune réponse à ses épineuses questions. Tout se résumait dans cette simple phrase : le Twi-Lek avait trépassé par la lame d’un sabre laser dans le Temple Jedi.
L’esprit aiguisé de Kalin entrevoyait deux pistes.
La première suggérait l’infiltration de l’Ordre par un Jedi noir et la deuxième, guère moins enviable, un espion perverti par le Côté Obscur. Le Maître émit une hypothèse, plus échevelée, que les précédentes. Et si l’un des douaniers avait subtilisé un sabre laser dans le but de faire accuser un Jedi ?
Quoi qu’il en soit, à défaut d’avoir des ennemis redoutables à l’extérieur, les Jedi devraient aussi en affronter un à l’intérieur...


***********

Sur le chemin des hangars du Temple, Kirax avait croisé un Padawan Mon Calamari peu expérimenté. Son embuscade avait fonctionné à la perfection et elle déambulait à présent dans les couloirs, vêtue comme une Jedi. L’alien inconscient, lui, reposait derrière une colonne en compagnie du jeune Novice bâillonné et saucissonné de cordes. Le petit Han lui avait servi de prétexte pour le traquenard mais désormais il nuirait à sa discrétion.
Cachée aux abords des docks, Kirax écouta la conversation de deux Jedi qui venaient de quitter un hangar. Ils se concertaient sur les signes d’agitation récents.
« Ils sont peut-être au courant... »
La chasseuse de primes rabattit sa capuche pour dissimuler ses cheveux rouges, son caractère physique le plus distinctif. Elle passa devant le Maître Jedi humain qui conversait avec un Padawan chiss.
– … mais Maître Boda-Dama ! Pensez-vous qu’il soit judicieux de nous opposer aux directives du Conseil ?

– Jeune Syurk, tu dois comprendre une chose. Les Jedi protègent la galaxie et la guerre...

Les voix s’effacèrent lorsque les deux membres de l’Ordre bifurquèrent à l’angle du couloir. Malgré tout, les docks n’étaient pas vides. Deux douaniers gardaient l’entrée de chaque hangar mais Kirax conservait un avantage. Elle connaissait désormais l’identité des deux derniers arrivants, information qu’ignorerait un prisonnier en fuite. La chasseuse de primes s’approcha du vaisseau par lequel était descendue la paire de Jedi.
– Le capitaine Lars vient de me contacter au sujet d’une nouvelle gravissime. Un des nôtres aurait été assassiné, indiquait un milicien d’une quarantaine d’années à son collègue, plus jeune.

Ce dernier arrondit ses yeux de stupéfaction.
– Dans l’enceinte du Temple ? Mais c’est impossible !

– Ce n’est pas tout, Alex. Une prisonnière se serait aussi évadée, nous devons faire preuve d’une vigilance accrue. Il ne faut pas exclure qu’elle soit la meurtrière. Le Conseil dépêche en ce moment même plusieurs escouades de douaniers vers les docks.

Kirax en avait déjà assez entendu et le temps jouait contre elle. Elle se montra à la vue des douaniers, avec la ferme intention de passer pour un Jedi jusqu’au bout.
– Bien le bonjour, douaniers. Le Conseil requiert mon assistance pour la nouvelle mission assignée au Maître Boda-Dama et son Padawan Syurk. Je vais attendre leur retour à l’intérieur du vaisseau si vous le permettez...

Soupçonneux, le plus vieux des miliciens fit un geste avec sa main. Kirax remarqua la proximité de son autre membre avec la crosse de son pistolet.
– Un instant ! Je suis ici depuis vingt ans et je ne crois pas vous avoir déjà vu. Prouvez-moi que vous êtes une Jedi.

– J’ai un sabre laser à ma ceinture.

– Cela montre que vous êtes au mieux une voleuse, mademoiselle, souligna-t-il d’un air sceptique.

Mais Kirax sourit et prit sa voix sensuelle la plus enjôleuse.
– Il existe des milliers de Jedi dans la Galaxie. Oseriez-vous prétendre tous les connaître ?

Le visage du douanier s’empourpra mais il conserva fidèlement ses positions. Sa main s’éloigna un peu du blaster cependant. Quant au dénommé Alex, il était si jeune que son enrôlement datait d’une année au maximum.
– Sauf votre respect, je n’aurais pas oublié le visage d’une Jedi... telle que vous.

– Vos sous-entendus sont aussi flatteurs que déplacés.

Kirax lança un sourire aguicheur au moins âgé des douaniers qui rougit.
- Puis-je me permettre de vous convaincre autrement ? ronronna-t-elle en se rapprochant des deux hommes.

Quelque peu désarçonnés par l’attitude de cet étrange Jedi, les humains baissèrent leur garde. Ainsi que l’avait prévu la chasseuse de primes.
Elle passa à l’attaque avec une promptitude fulgurante, s’occupant en premier lieu du douanier méfiant avec un coup de pied au menton, et saisit son blaster l’instant d’après. Sa volte-face tourna court lorsqu’elle constata son degré de panique. Le jeune homme n’arrivait même pas à dégainer son arme, coincée dans l’holster.
– V.. Vous êtes en état d’arrestation ! cria ce dernier d’une voix tremblante.

– Trop tard, signifia Kirax en faisant tourner le blaster du collègue d’Alex entre ses doigts. Mais tu es si mignon que je ne vais pas te faire trop mal.

Elle activa la fonction paralysante de son arme et le pointa sur le douanier au moment même où celui-ci sortait enfin le sien. Le petit sourire de la Sernpidalienne fut la dernière vision d’Alex avant de s’effondrer sur le sol.



**********************




Lorsque Den retournait en espace conventionnel après un voyage dans l’hyperespace, il avait l’habitude de voir apparaître une planète et ses étoiles environnantes. Mais cette fois-ci, deux vaisseaux s’ajoutèrent en face de lui.
– Des croiseurs mandaloriens ! Ils gardent le point de saut ! Comment est-ce possible ? glapit Vala en activant les boucliers par réflexe.

– Je l’ignore... seuls les Maîtres connaissent notre objectif et aucun d’eux n’était au courant de la localisation d’Ilum. Je ne comprends rien ! Paniqua le renégat.

Même dans l’hypothèse où un conseiller aurait dissimulé les coordonnées, pourquoi prévenir les Mandaloriens ? Tout cela n’avait aucun sens pour Den et le moment n’était pas approprié pour pousser la réflexion. Une escadrille de chasseurs Davaab s’exhalait déjà des hangars pour les intercepter.
La surprise passée, Den se calma.
– Nous n’avons tout au plus qu’une minute avant leur arrivée. Si tes talents de pilotes rivalisent avec ceux de ton enseignement de l’art échani, je crains que nous ne fassions pas long feu...

– Ravie de voir que la perspective de finir en poussière stellaire ne déteint pas sur ton sens de l’humour, réagit Vala avec une grimace. Je n’entrevois qu’une solution et elle va te plaire : foncer tête baissée comme un Rancor et souhaiter que nous parviendrons à la surface d’Ilum en un seul morceau.

Den considération la proposition téméraire de sa copilote. Elle avait plus de chance d’aboutir qu’une tentative de passage en hyperespace.
– C’est de la folie mais à situation désespérée, mesure désespérée ! C’est l’occasion ou jamais de voir ce que le Crystal Obscur cache dans ses entrailles ! Je vais à la tourelle.

Il quitta le cockpit tandis que Vala envoyait un signal de détresse à Ossus.
« Sait-on jamais... »
Dans le meilleur des cas, le message atteindrait un Jedi en mission sur une planète plus proche et le relaierait avec plus d'efficacité. La manœuvre prendrait néanmoins des heures et la bataille finirait dans quelques minutes tout au plus.
Vala préféra miser sur la rapidité et dériva l’énergie du bouclier en ce sens. Le vaisseau vibra légèrement, accroissant sa vitesse en direction d’Ilum. Et comme à chaque fois où une situation se corsait, la Jedi fit confiance en son allié de tous les instants : la Force. Cette dernière coula en elle telle une rivière calme et augmenta ses perceptions sensorielles.
Il était grand temps car les chasseurs arrivèrent en biais dans un tourbillon de lasers. Dans une manœuvre prémonitoire, Vala entraîna le cargo dans une vrille et évita presque toutes les salves. Ses lèvres se pincèrent lorsqu’un laser s’écrasa sur le bouclier bâbord.
« Concentre-toi Vala sinon c’est la fin. »
Point positif, les chasseurs se trouvaient maintenant derrière et mettraient quelques secondes pour revenir à portée de tir. Elle ressentit l’extinction d’une vie, sûrement grâce à une salve bien placée de Den.
Un rapide coup d’œil aux senseurs l’informa qu’un croiseur mando avait anticipé leur trajectoire et se rapprochait par le flanc du Crystal. Une seule décharge de turbolaser à un endroit stratégique suffirait à les stopper, voir à les vaporiser. Si Vala avait conscience des faibles probabilités de survivre, elle savait aussi que tout était possible avec la Force.
– Den ! J’ai besoin de toi ! cria Vala.

Sa voix s’évanouit dans les coursives du cargo.
« Aucune réponse, étrange... »
Mais le silence ne perdurerait pas. Les chasseurs revenaient sur eux et le croiseur parvenait à portée de tir. Vala distinguait déjà une lueur rouge augurer une salve au canon. Elle vira de bord juste à temps pour éviter le trait lumineux qui frôla la carlingue. Mais le second heurta la partie tribord et alluma plusieurs voyants d’avarie. Les boucliers étaient hors d’usage.
– Qu’est-ce que tu fabriques, Den ? Nous allons y passer !

L’humain ne répondait pas. Si la tourelle avait été endommagée, l'ex-Padawan agonisait peut-être.
Une nouvelle secousse provoqua un tremblement sourd dans le cockpit.
- Par le bagne des étoiles ! jura-t-elle avec frustration.

Les chasseurs semblaient décidés à terminer le travail entrepris par le croiseur. Vala ne pourrait pas esquiver éternellement leurs attaques et chacune de ses dérobades ralentissait le Crystal Obscur. Et soudain, la Jedi sentit un courant d’air sur sa nuque, puis plus rien...


**************

Le réveil de Den ne se passa pas sous les meilleurs auspices. Sa bouche était remplie terre et une bosse le lançait à l’arrière de son crâne.
La mémoire lui revint en accéléré de la même façon que sur un holovid.
La localisation d’Ilum, l’attaque des Mandaloriens, la tourelle du Crystal Obscur puis une douleur sourde sur la tête.
« Mais qui m’a assommé ? »
Une petite clairière bordée d’une épaisse jungle constituait l’environnement immédiat. Ils avaient donc atterri sur Ilum mais à en juger par l’état pitoyable du Crystal Obscur, situé à quelques mètres, ce ne fut pas sans mal.
Un gémissement féminin à ses côtés lui indiqua que Vala se réveillait elle aussi. Den la secoua avec délicatesse.
– Tu vas bien, Vala ?

Pour toute réponse, la lame de la Jedi apparut juste devant sa gorge en une seconde. Son visage exprimait une rage que Den n’avait encore jamais observée en elle. Les deux se fixèrent avec intensité et après un court instant, Vala rangea son sabre à la ceinture.
– Quelqu’un m’a étourdi ! Qui ?

– Non... ne prends pas la peine de t’excuser, ce serait trop demander. Tu étais seulement à deux doigts de séparer ma tête de ses épaules... réagit Den avec mauvaise humeur.

Le Chevalier Jedi ignora sa réflexion et se releva en voyant une silhouette s’approcher d’eux.
– Salutations jeune maître ! Le centre de comportement de l’unité BP-S1 éprouve une certaine fierté en vous révélant qu’elle est entièrement à votre service.

Vifs comme les éclairs de Kamino, les deux humains braquèrent leurs sabres laser bleus vers le droïde. Sa ressemblance avec les bactérios utilisés par les Mandaloriens et les Jedi Obscur était frappante. Toutefois, le design de son plastron différait comparés aux modèles connus et sa tête évoquait davantage un crâne humain.
Prêt à se défendre mais curieux, Den demanda d’une voix puissante :
– Que nous veux-tu ? Est-ce toi qui nous as assommés ?

À l’image de ses congénères, le droïde possédait des lèvres et une langue en matières synthétiques élastiques à la place d’un vocabulateur. Une technologie encore jamais vue dans la Galaxie qui leur permettait de passer plus facilement inaperçus.
– Avec votre aval, BP-S1 souhaiterait vivement dissiper ce petit malentendu en vous contant l’histoire depuis son commencement.

Den donna son autorisation mais garda sa lame levée.
– Cette unité se prénomme BP-S1, acronyme de Bactério Prototype Série 001, et est par conséquent le premier droïde de ce type conçu. L’identité du créateur reste toutefois indisponible, volontairement ou non, impossible à déterminer. En ce qui concerne les aptitudes de cette unité, elle bénéficie d’une puissance de feu considérable intégrée dans son corps ainsi que d’un châssis de combat renforcé par un alliage de titanium et de cortosis. Relié à l’ordinateur de bord du cargo, le protocole de sécurité de BP-S1 était programmé pour réactiver cette unité au moment propice.

– Quand nous serions en vue du système d’Ilum ? Tenta Vala.

Le droïde tourna sa tête intimidante vers elle.
– Précisément, Jedi femelle. BP-S1 a ensuite ouvert le compartiment secret dans lequel il reposait depuis des années et a jugé la situation du vaisseau de « mal engagé ». Afin d’éviter une confrontation aussi déplaisante que suicidaire, cette unité a assommé le maître et la femelle dans le but d’activer les propulseurs de secours. Et c’est ainsi que le cargo s’est échappé des griffes de ses assaillants, grâce à BP-S1. Lequel a ensuite posé le vaisseau du Maître sous cet imposant végétal, à l’abri des regards indiscrets.

Le synthétique avait fini son histoire, mais ses réponses amenaient plus de questions. Den restait perplexe et d’un coup d’œil, il constata qu’il en était de même pour Vala.
– Ne me fais pas rire ! Comment pourrais-je être ton maître alors qu’il est évident que quelqu’un t’a placé sur le Crystal Obscur bien avant que j’en prenne possession.

– Cette unité s’aperçoit que le maître n’est pas aussi borné qu’un Gamorréen. BP-S1 regrette mais cette information est indisponible, pour l’instant.
– Et ces propulseurs de secours ? D’où connais-tu leur existence ? demanda Den en pointant son sabre avec insistance.

Le droïde lui lança un sourire froid et empoigna la lame bleue sans subir aucun dégât.
– Les banques de données de BP-S1 sont verrouillées pour ce type de questions. Il se permet de préciser que sa directive principale est d’assurer la survie de Den Liser. Ainsi, vous êtes mon maître, maître.

Ils baissèrent leurs armes. Vala remercia le droïde avec chaleur.
– Tu nous as sauvé, merci BP-S1.

– Ouais, bougonna Den en se massant le crâne. Je comprends pourquoi tu nous as assommés, mais quand même...

La machine effectua une brusque volte-face.
– Les capteurs de cette unité indiquent l’approche de plusieurs signes de vie, probablement des créatures douées de conscience. BP-S1 suggère l’abandon du vaisseau qui, malgré son état déplorable, représente la seule échappatoire à long terme.

– Des zones d’ombre demeurent, en ce qui te concerne, mais nous t’adoptons, convint Vala avant de s’adresser à Den. Je sens des esprits forts près de notre position, tu ne les as pas repérés ?

Den réfléchit la dernière phrase de son amie avec une inquiétude grandissante et se rendit compte qu’il avait même perdu son sens de l’empathie. En un mot comme en un cent, la Force n’était plus qu’un lointain souvenir depuis son réveil.
« Ma compagne de tous les instants... envolée... disparue... »
– La régression de mon pouvoir est terminée et même au-delà. C’est... horrible ! Je ne suis plus digne d’être un Jedi, balbutia-t-il en tombant à genoux, le regard vide.

Vala lisait l’abattement et le désespoir dans le visage inexpressif de son ami. Un éclair de compassion et de pitié transparut fugitivement dans ses prunelles. Et sans prévenir, elle le gifla assez violemment pour le faire basculer dans l’humus de la jungle.
– Comment oses-tu faire une telle déclaration ?

– Nom de... jura-t-il. ça te prend souvent d’agresser les gens sans raison ?

Pour la première fois depuis leur rencontre, la Jedi semblait vraiment en colère. Peu importe la manière, elle devait redresser la volonté de Den et l’exhorter à poursuivre sa quête. L’ancien Padawan n’était pas facile à vivre mais elle croyait en lui. Et si sa rigoureuse formation sous l’égide de Viridia n’avait eu pour but que de la préparer à devenir un compagnon de l’Élu ? Et si, en fin de compte, cette mission représentait beaucoup plus à ses yeux ?
– Tu restes un Jedi par le corps et l’esprit ! N’oublies jamais que ce qui fait de nous des êtres de lumière est le contenu de nos actes, pas notre capacité à manier la Force ! Tu ne peux abandonner alors que tu es si près des cristaux Kiishra, si près de la ressentir à nouveau. Je refuse de te voir tel un junkie en manque d’injection ! Et toi ?

Den demeura immobile, son expression insondable.
– Le choix t’appartient, poursuivit Vala sur un ton véhément. Soit tu abandonnes et notre destin sera peut-être pire que la mort, soit tu te relèves et nous mettons au point une stratégie pour éviter la découverte du cargo par les Mandaloriens. Prouve-moi que j’ai raison de croire en toi !

Les paroles de Vala réchauffaient le cœur de Den, mais elles ne suffisaient pas à écarter ses pensées noires.
« Même si je décide de poursuivre l’aventure, nous mourrons tous. Elle essayera de me protéger et donnera sa vie pour cette cause alors que je suis déjà condamné. Si je me livre aux Mandos, ils cesseront leur recherche et Vala vivra. Oui... c’est l’unique solution. »
Den était désespéré du manque qu’il ressentait à cause de l’absence de la Force, et fatigué de combattre ce désespoir depuis sa radiation de l’Ordre. La mort lui apparaissait comme un destin convenable, en prenant en compte qu’il retournerait à la Force pour l’éternité.
Tel était l’état d’esprit de Den Liser lorsqu’une voix désincarnée s’éleva quelque part en lui...



**********




– Den Liser…

L’humain se posait des questions sur la santé de sa psyché. Voilà qu’une voix étrange susurrait son nom. Quelque chose ne tournait pas rond chez lui...
– Tu ne dois pas abandonner... insista cette dernière avec douceur

- Mais qui parle ? demanda mentalement Den.

– Je suis Celui-Qui-Fut, un ami. Ta destinée ne s’achèvera pas ici, Den Liser. Apprends que l’importance de tes actions dépasse tout ce que le simple esprit humain peut concevoir.

– Mais qui t’a dit mon nom ? Et comment connais-tu mon avenir ? continua le renégat, terrifié.

Quelques secondes défilèrent avant que la voix ne reprenne sur un ton nonchalant.
– Si tu veux accéder au bonheur, acceptes la vérité telle quelle est. Tu devras souffrir mais ne fais pas inutilement de mal à tes amis. C'est grâce à eux que tu avanceras la tête haute. À ton avis, qu’éprouveront-ils lorsqu’ils apprendront la manière dont tu seras mort ? Un grand chagrin... et celle que tu chéris sera détruite et rongée par cette tristesse. Revoir les êtres proches... est-ce que cela ne vaut pas toutes les souffrances du monde à tes yeux ? Est-ce par cet acte d’abandon qu’ils aimeraient que tu les honores ? Fais le bon choix, Den, et rejoins-moi...

– Non ! J’ai encore des questions !

Mais Celui-Qui-Fut resta muet, laissant Den seul avec son dilemme.




*******



Den se réveilla une nouvelle fois la tête la première dans l’humus de la jungle ilienne. Désorienté par cette étrange conversation, il se demandait si la perte de son lien entraînée son esprit dans la folie. Une conviction émergeait toutefois. S’il souhaitait retrouver sa connexion à la Force et Lyra, il devrait avancer.
« Mais cette entité... Celui-Qui-Fut. »
Était-ce une manifestation de sa conscience ou autre chose ?
Il sentit des mains vigoureuses le secouer.
– Den ! Que t’est-il arrivé ? demanda une voix féminine agitée.

– Je… je ne sais pas, avoua le renégat en toute franchise. Mais j’ai passé en revue mes priorités et tu as raison. Je ne me bercerai plus dans la voie du désespoir et de l’abandon.

L’ancien Padawan se remit sur pied avec une détermination palpable. Vala la sentit et sourit de toutes ses dents en donnant une tape amicale sur l’épaule.
– Je suis ravie de ta décision !

Elle admira sincèrement la volonté hors-norme de son ami
Dans les archives de l’Ordre, Vala avait étudié le sort réservé aux Jedi coupés de la Force avant d’entreprendre son voyage avec Den. Le terrible résultat provoquait souvent une perte de raison. Dans le meilleur des cas, des années étaient nécessaires pour reprendre une vie normale après un tel traumatisme. Elle en avait déduit que les utilisateurs de la Force devenaient dépendants d’elle, un peu comme des toxicomanes drogués au glitterstim ou aux bâtons de la mort.
Plus Vala y réfléchissait et plus elle comprenait à quel point elle se sentirait seule et démunie sans sa compagne de tous les instants. Elle ignorait ce qu’il s’était passé durant les secondes d’inconscience de Den mais son moral s’accroissait.
Entre temps, BP-S1 manifestait sa joie.
– Cette unité se réjouit de la décision du maître. Après cette interminable période d’inactivité, elle a grand besoin de dérouiller ses protocoles d’attaque !

Den jeta un coup d’œil complice au droïde.
– Bonne nouvelle car tu auras une place privilégiée dans ma stratégie. Tu joueras un rôle de diversion afin d’éloigner les Mandaloriens du Crystal Obscur et les attireras dans un lieu d’où nous déclencherons une embuscade. Un tel lieu sera facile à trouver ici.

– Les senseurs de BP-S1 repèrent une vingtaine d’ennemis en approche. L’élément de surprise représentera un point clé dans la réussite de votre plan, maître.

L’ancien Padawan pivota vers Vala, pensive.
– Ta stratégie ne prend pas en compte une éventuelle présence de Jedi Obscur...

– Tu as mon entière confiance pour t’occuper de leurs cas, glissa Den avec un sourire en coin. Quant à moi, j’appliquerai tes leçons à la lettre.

« Et je testerai le cadeau d’un certain ami. » Conclut l’ancien Padawan pour lui-même.



**************

Les derniers rayons avant la nuit fendaient encore l’épaisse couche de nuages sombres au-dessus de la tête de BP-S1.
D’après son logiciel de simulation, le droïde évaluait à quatre sur cinq les chances qu’une pluie diluvienne se déclenche dans la prochaine demi-heure. Ses processeurs de traitement euristique extrapolaient déjà sur d’éventuelles adaptations de ses servomoteurs et de ses électrodrivers, afin de compenser les faiblesses occasionnées.
« Vérification des paramètres en cas de sol amolli... Pesanteur égale à 9,92 G... ajustement en cours... »
En parallèle, le droïde observait la patrouille mandalorienne située en contrebas de sa position. Ils fouillaient les environs à la recherche du maître. Ce que BP-S1 ne pouvait tolérer d’après la directive numéro deux de son programme. Il remarqua l’apparition de deux sombres silhouettes, une femelle humaine et un mâle Iktotchi, que sa banque de données identifia comme étant des Jedi noirs. BP-S1 eut confirmation lorsque l’ultime rayon de soleil provoqua un bref éclat argenté sur le sabre laser de la femelle.
Les premiers éclaireurs mando se rapprochèrent de la position du synthétique.
« Lancement du protocole d’attaque ! Probabilité de réussite de la diversion : cent pour cent »
Le droïde bactério usa de ses canons laser intégrés aux avant-bras vers les ennemis. Pris par surprise, deux s’effondrèrent sur le sol tandis que les autres repéraient l’origine des tirs. Mais BP-S1 faisait déjà volte-face dans un repli défensif conforme à la stratégie du maître.
Comme prévu, tous les éclaireurs cessèrent leurs recherches et se précipitèrent à la poursuite du droïde.
– Pourchassez-le ! Si vous échouez, vous connaissez tous la sentence réservée aux incompétents ! entendit BP-S1 avant de s’enfoncer dans l’épaisse végétation.

Ponctués des crissements de ses servomoteurs, ses puissantes enjambées résonnaient d’un bruit mât. Sa nature de droïde assassin le poussait à s’arrêter pour éliminer avec méthode les amas de chair en boîte de conserve qui le suivaient de loin. Mais BP-S1 pensait en premier lieu à assurer la survie de Den Liser. De plus, il était curieux de voir les résultats de l’audacieuse stratégie de ce dernier car elle reposait sur la faible probabilité que trois guerriers puissent vaincre un contingent de féroces Mando’as. Le centre comportemental du droïde appréciait ce genre de défi.
Il arriva dans une clairière surplombée de rochers et d’immenses arbres.
– Bien, BP-S1 ! Mets-toi à couvert en face de moi et attends le signal, siffla la voix du maître.

Il obéit et patienta quelques secondes avant de voir les Mandaloriens débarquer sur le lieu de l’embuscade. Le duo de Jedi Obscurs les talonnait.
– Déployez-vous ! Je sens la présence de Jedi ! s’exclama la femelle humaine.

Et tel le Grand Concepteur donnant son accord pour commencer le carnage, un éclair zébra le ciel d’Ilum, précédé du tonnerre et des premières gouttes de pluie.
Le bactério appréciait autant le spectacle que sa signification.



***************


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MessagePublié: 02 Février 2017, 21:25 
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Très!
surtout ce sympathique bacterio qui pour sauver la vie de ses amis les assomme :lol:
.

Ce doit être ça l'empathie :roll: .

On approche enfin des cristaux à grand pas :twisted: !


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