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MessagePublié: 03 Février 2017, 11:06 
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mat-vador a écrit:
urtout ce sympathique bacterio qui pour sauver la vie de ses amis les assomme :lol:
.

Ce doit être ça l'empathie :roll: .



L'introduction de ce droïde sera pour moi l'occasion de développer l'humour dans la FF car tu as sans doute remarqué comme il était spécial, assez mystérieux aussi.


mat-vador a écrit:
On approche enfin des cristaux à grand pas :twisted: !


Détrompe-toi ! Le chemin est encore long ! On en est à la moitié de du tome 1.

Merci pour ton commentaire, tu les fais deplus en plus court ? :shock: :mrgreen:

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MessagePublié: 10 Février 2017, 14:18 
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Chapitre 13
Le projet secret des Jedi Obscurs




Le Conseil Jedi avait confié l’enquête sur le meurtre à Kalin. Ce dernier tentait de percevoir des éléments qui lui auraient échappé au cours d’une méditation.
Cette affaire rejoignait en fait une autre. Kalin n’avait aucun doute sur le lien manifeste entre l’évasion de Kirax et de l’assassinat du milicien. En premier lieu, il avait pratiqué un interrogatoire sur les témoins, le Chevalier Jedi Cunilo, le Padawan assommé, le novice et les deux douaniers. Cunilo ne savait rien et Kalin le croyait honnête, mais il ferait l’objet d’un débriefing approfondi sous les regards scrutateurs du Conseil. Le Nautolan demeurait un suspect potentiel, car il avait la capacité de manipuler un Novice. Du côté des miliciens et du Padawan, Kalin n’avait tiré aucune information digne de ce nom. Toutefois, il était conforté dans sa conviction comme quoi la chasseuse de primes n’aimait pas tuer.
Avec la déposition du petit Han, l’enquête progressait de manière satisfaisante.
Kalin en déduisait qu’un esprit fort avait dominé le corps et les pensées du Novice. Une question demeurait en suspens : qui, parmi les personnes présentes connaissaient le code à six chiffres de la porte donnant accès aux cellules ? Là encore, les soupçons pesaient sur Cunilo, pourtant innocent.
« Quelque chose m’échappe... »

Et si les choses allaient de mal en pis sur Ossus, le pire venait de l’extérieur de la planète. Des Jedi disparaissaient régulièrement, victime d’un kidnapping lors d’embuscades préparées avec minutie. Les coupables désignés n’étaient autres que les Jedi Obscur soutenus par des droïdes bactérios.
Mais comment le Clan pouvait-il être au courant des horaires des missions Jedi ? Kalin subodorait que le Temple abritait un espion et dans ce cas, celui-ci serait un membre du Conseil !
Sa conclusion l’effrayait, mais elle concordait également avec sa propre enquête. Un conseiller perverti serait sans doute apte à manœuvrer en toute discrétion au sein de la prison.
Un mal de tête emplit le crâne de Kalin lorsqu’il réalisa qu’il ne pouvait communiquer les résultats de ses investigations au Conseil, sous peine d’alerter le coupable.
« Calme-toi... aide-toi de la Force. »
S’il existait une personne incorruptible, c’était bien Viridia, le Grand Maître de l’Ordre et son ancien mentor.
Kalin déploya sa haute carcasse et se dirigea vers la sortie de son appartement exiguë. Il devait consulter le petit Jedi au sujet de ses conclusions, mais un Jedi l’attendait.
– Maître Notsun, je suis porteur d’une mauvaise nouvelle. Le conseiller Avada-Jumi nous nous aurait quitté...



******************


Abrité derrière un rocher et quelques fougères, Den crispa sa main directrice sur la crosse du blaster de Twick. Il réalisa alors que sa survie serait liée à la qualité du savoir-faire du Rodien.
La peur bridait son estomac, mais le renégat la considérait bienvenue. Elle l’aidait à prendre conscience de sa vulnérabilité sans la Force et à rester prudent.
Ainsi il demeura sur ses positions pour consolider sa visée sur le Mando le plus proche en contrebas. En accord avec son plan, BP-S1 dévala la pente légère avant de s’arrêter au milieu de la patrouille.
Den esquissa un sourire. Il aurait agi de même s’il avait encore disposé de ses pouvoirs. Toutefois, la machine se contentait d’observer la réaction des Mandos qui braquaient leurs armes sur lui. L’ancien Padawan reconnut l’instant propice et tira. Il abattit deux Mandaloriens dans le dos, s’émerveillant de voir l’efficacité d’un si petit blaster capable de franchir des plaques en beskar.



En parallèle de Den, Vala avait surgi dans la clairière. Sa lame bleutée tournoyait avec grâce et déviait les salves ennemies. Quatre Mandaloriens modifièrent leur tactique en se saisissant de leurs vibrolames. Confiants, ils encerclèrent la Jedi par lents pas latéraux.
Vala nota leurs ricanements satisfaits.
Ainsi que le disaient les rumeurs, les Mandaloriens aimaient se battre et encore plus affronter des ennemis puissants. Vaincre un Jedi représenterait sans doute un gain inestimable de prestige à celui qui y parviendrait.
D’un rapide coup d’œil, le Chevalier Jedi entraperçut les deux Jedi Obscurs, une humaine encagoulée et un Iktotchi, restés en retrait qui se délectaient du spectacle par avance. Elle retint un sourire devant leur arrogance affichée.
« Parfait... je m’occuperai d’eux après m’être débarrassée des soldats. »
– J’ignorais que les Mandaloriens avaient besoin d’une invitation pour attaquer, déclara Vala, provocatrice.

Piqués au vif, ceux-ci se précipitèrent ensemble sur elle, mais Vala se mit hors de portée d’un saut. Dès la réception, la Jedi bondit vers le Mando le plus proche et lui transperça le dos. Le second se retourna assez vite pour voir la lame de plasma lui trancher la tête.
La scène n’avait duré que trois secondes. Les deux derniers guerriers poussèrent un cri de rage dans le dialecte de leur peuple, se concertèrent du regard et s’élancèrent sur elle par les côtés. Ils ignoraient que Vala concentrait la Force dans son corps en vue d’une attaque. Sous forme d’onde circulaire, celle-ci survint à l’instant où les deux vibrolames allaient percer ses hanches. Les guerriers s’envolèrent dans la jungle, mis hors jeu.
Elle accusa le coup un bref instant en percevant l’extinction de leur vie dans la Force.
« Maître, j’ai tué... pardonnez-moi d’avoir enfreint le code Jedi... ».
Profitant d’un court répit, la Jedi s’autorisa un regard en direction de ses alliés.
Den s’était saisi de son sabre et usait avec intelligence des déplacements de l’art martial échani face à trois Mandaloriens. Ses pas, semblables à une danse, gardaient les soldats à distance.
Du côté de BP-S1, sa vélocité de droïde bactério lui permettait d’esquiver la plupart des salves. De nombreux cadavres gisaient dans le champ de mort créé par le synthétique autour de lui. Toutefois, l’étrange visage de la machine exprimait une inquiétude liée à l’apparition d’un blaster à répétition ionique. Vala crut qu’un tir l’avait atteint lorsque ses plaques pectorales se disloquèrent.
- Tu as besoin d’aide BP-S1 ? cria-t-elle.

Mais le vacarme du torrent aquatique qui se déversait du ciel couvrit sa voix. Et aussi invraisemblable que cela paraisse, les plaques métalliques du droïde pivotèrent sur elles-mêmes. Vala réalisa avec stupeur que BP-S1 prenait une forme plus puissante.
Un bruissement dans la Force lui fit détourner la tête en direction des Jedi Obscurs.
– Occupe-toi de ce droïde et ordonne à ces soi-disant guerriers de tuer le Padawan. Quant à moi, je détruirai son Maître... intima une voix féminine.

L’Apprenti Iktotchi acquiesça avec nonchalance :
– Ce sera fait, mon Maître.



Den se débarrassa du dernier Mando’a avec soulagement juste au moment où la Jedi noire donnait ses instructions aux rescapés.
– Que la Force me vienne en aide... invoqua-t-il alors que six guerriers se dirigeaient vers lui.

Deux éclairs rouge et bleu fugitifs l’informèrent que Vala combattait l’un des Jedi Obscur. BP-S1, lui, demeurait invisible au grand dam du renégat qui ne pourrait compter sur l’aide d’aucun de ses compagnons. Seule son habileté dans l’exercice des arts échanis lui permettrait de survivre.
« Ou peut-être une action audacieuse doublée de ruse ? »
Den décrocha une grenade étourdissante de sa ceinture et la lança au milieu des guerriers. Ces derniers ne s’attendaient pas à une telle manœuvre de la part d’un Jedi, réputé pour combattre au corps à corps. Le projectile émit un puissant flash qui aveugla les soldats pour quelques secondes.
« Leur visière les protège en partie ! Je dois agir et vite ! »
Et Den s’élança comme un félin, transperçant ou décapitant près de quatre ennemis sans défense. Le suivant récupéra à temps sa vision pour réaliser que son bourreau traçait une marque carbonisée sur son torse. Au dernier moment, l’ancien Jedi aperçut une vibrolame fuser vers son épaule et esquiva d’une roulade dans la boue. Il entendit le dernier guerrier déblatérer une phrase haineuse à son égard.
- Finissons-en ! hurla Den, le manteau imbibé d’eau.

Une idée lui traversa l’esprit lorsque le Mando voulait en terminer. Il ôta sa bure de Jedi et la lança vers son ennemi. Surpris par cette attaque peu orthodoxe, le guerrier s’emberlificota dans l’habit. Den profita de l’ouverture pour assommer l’adversaire à l’arrière du casque.
Il était toujours avisé de garder un prisonnier pour récolter d’éventuelles informations.



**************

L’étrange droïde ressemblait aux bactérios, mais sa série était inconnue de Rolto. De prime abord, ils ne possédaient pas de canons intégrés et combattaient avec des vibrolames de cortosis. L’Iktotchi savait aussi qu’aucun d’entre eux n’avait la capacité de se transformer.
Pour autant, Rolto jouissait du Côté Obscur, ce qui lui permettait d’aborder ce duel avec confiance.
Le droïde pointa ses canons laser sur lui. En réaction, le Jedi noir leva sa lame à quelques centimètres de l’une de ses deux cornes crâniennes qui lui descendaient en courbe jusqu’aux clavicules. Chaque épaule du synthétique supportait une étrange proéminence, le rendant encore plus menaçant. Rolto acceptait sa peur et s’en gorgeait afin d’alimenter son pouvoir.
– L’unité BP-S1 présente ses plus plates excuses si, à sa vue, la terreur vous paralyse, annonça la machine avec impertinence.

Une colère froide envahit le corps de l’Iktotchi. Ce dernier la canalisa sous forme d’éclairs qui fourchèrent vers le droïde, mais celui-ci se jeta sur le côté. Dès sa réception, BP-S1 inonda le Jedi Obscur de lasers. Rolto se contorsionna sur lui-même et dévia une majorité de tirs tandis que son ennemi s’approchait dans le même temps. Cette manœuvre restait un mystère pour l’Iktotchi.
« Pourquoi un combattant à distance prendrait-il le risque de venir au corps à corps ? »
Rolto ignora cette considération, attendit que le droïde parvienne à portée et abattit sa lame dans l’intention de découper du métal. Le sabre laser ripa sur l’avant-bras mécanique sans lui infliger le moindre dégât. Perplexe, Rolto insista, mais tous ses coups restèrent vains. Au moment où il voulut se retirer pour établir une stratégie, BP-S1 fondit sur lui et dans l’ouverture béante laissée dans la garde de Rolto. La surprise mêlée à la douleur écarquilla les yeux sombres du Jedi Obscur lorsqu’il encaissa un coup de poing en duracier si puissant que sa corne crânienne se fendit. La vélocité de la contre-attaque avait été telle que Rolto ne put que reconnaître sa négligence. Son arme gicla de ses doigts tandis qu’il s’écrasait dans une flaque. Sonné, il voulut l’attirer dans sa main avec la Force qu’un pied métallique impitoyable lui broya.
La vive souffrance provoqua un hurlement.
- Quelle douce mélodie ! commenta le droïde avec cruauté.

– Aucun d’entre vous ne sortira vivant de cette jungle ! Tu verras, abomination inerte ! Proféra Rolto, immobilisé.

BP-S1 colla le canon de son arme sur le front de l’Iktotchi et tira.
Pendant un bref instant, le Jedi Obscur éprouva du bonheur à mourir, car ce destin était préférable à celui que lui réservait son Maître pour le punir de son échec cuisant. Et tout finit lorsque le peu de lumière qui demeurait encore en Rolto s’éteignit à tout jamais.



***************

Dès lors que la femme avait aboyé quelques ordres à son Apprenti, Vala réalisa l’imminence d’un duel. La Force s’agitait de remous comme si elle savait que deux réceptacles de ses faces opposées allaient s’affronter jusqu’à la mort.
Elle focalisa son pouvoir vers la Jedi Obscur et ressentit de la méchanceté, de la corruption et de la perfidie.
- As-tu fini ton analyse ? demanda l’humaine encapuchonnée d’une voix déplaisante.
– Oui... Et je ne suis pas impressionnée. Abandonne le combat et je te garantis la vie sauve, proposa Vala, bras croisés.

Sa confiance affichée avait pour objectif d’instiller le doute dans l’esprit de la Jedi noire. Cette dernière rabattit sa capuche, révélant l’étendue des stigmates engendré par l’usage du Côté Obscur. La teinte de sa peau flasque virait au blanc nacré, les rides déformaient atrocement les traits de son visage et sa crinière grise ressemblait à un entremêlement de fils de fer.
Vala réprima un frisson d’horreur et résolut sa volonté à la vaincre.
– Tes paroles n’ont aucun sens pour moi ! Je suis Reesa, du Clan ! Les Mandaloriens dont tu t’es débarrassé ne représentent rien face à ma maîtrise du Côté Obscur, siffla la femme en activant son arme.

Mais Vala n’esquissa pas un geste, se contentant d’afficher une expression dégoûtée.
« Elle en paraît soixante-dix alors qu’elle doit n’avoir que quarante années standard. »
Le Chevalier Jedi estimait le potentiel de son adversaire largement inférieur au sien. Les stigmates sur son corps révélaient que Reesa supportait mal son pouvoir. Elle allait au-delà de ses limites.
– Dans ce cas, je m’ouvre à toi, Reesa. Sonde-moi !

La Force coula en Vala, laquelle la canalisa avec facilité. Le Côté Lumineux demeurait à ses côtés et la Jedi espérait que Reesa s’apercevrait de l’écart entre eux. Ainsi, elle souhaitait éviter le combat et ramener son ennemie vers le bien.
Le masque d’arrogance de l’adepte noire se mua bientôt en peur.
– Non... c’est impossible ! D’où tiens-tu un tel pouvoir ?

– La lumière est mon alliée alors que tu tentes d’asservir l’indomptable Côté Obscur. Les Jedi sont forts. Ils n’ont pas besoin d’émotions négatives, seulement de la paix et de la Force. Nous usons de celle-ci avec respect et sagesse et elle nous le rend au centuple. Abandonnez le Côté Obscur ! Quittez cette guerre dénuée de sens ! Venez avec nous au Temple ! J’ignore votre passé, mais regardez-vous, que reflète votre visage ?

Vala sentait un conflit s’ébattre dans l’esprit de Reesa. La Jedi noire doutait de ses convictions, elle qui s’était toujours abandonnée aux ténèbres.
– Je... oui peut-être... mais non, que fais-tu ? bégaya l’humaine en réalisant l’influence de la Force. Ta manœuvre a échoué, Jedi. Tes ridicules banalités Jedi ne fonctionneront plus sur moi !

Un rictus de haine se forma sur son visage dépigmenté. Elle leva son sabre au-dessus de la tête avec la ferme intention d’engager l’affrontement.
La Tarisienne soupira.
Sa forme de combat zéro avait échoué, de même que sa tentative de persuasion. Mais un point n’était pas exagéré. Ses pouvoirs de Jedi se situaient à un niveau supérieur à celui de Reesa.
Alliant les déplacements échanis à la Force, Vala évita la charge de son adversaire, alluma son sabre et décapita froidement la Jedi noire.
– Je n’ai pas été la Padawan de Maître Viridia pour rien, murmura-t-elle en raccrochant son arme.

Le corps de Reesa reposait à côté d’elle, à moitié immergé dans une immense flaque. Vala éprouvait de la tristesse car elle n’avait pu la sauver de ses ténèbres. Malgré tout, la Jedi noire avait choisi son destin...
Des clapotis derrière elle la firent pivoter.
– Tous les êtres de chairs en boîte de conserve sont éliminés, femelle Jedi, annonça BP-S1 qui avait retrouvé son aspect normal.

La Jedi fronça les sourcils.
– Veux-tu bien arrêter de m’appeler femelle ?

– Cette unité pourrait accéder à votre requête si elle vous permettait de le reprogrammer.

D’un geste dédaigneux, Vala laissa tomber l’affaire. Den arrivait dans un état encore plus déplorable qu’elle-même. Sa tunique de Jedi reflétait avec fidélité la couleur de la terre, mais il ne semblait pas blessé.
– Les senseurs de BP-S1 repèrent un nombre important de présences mandaloriennes, observa le droïde. Elles nous ont encerclés pendant le combat.

– Parfait ! Je me disais bien que cette journée nous réservait encore de bonnes nouvelles, ironisa le renégat.

Vala réfléchit un instant.
– Les pièges peuvent être à double tranchant. BP-S1, tu n’as pas une idée ?

– Cette unité possède une fonction nécessaire à tout assassin digne de ce nom : un système de furtivité. Par conséquent, l’ossature de BP-S1 sera indétectable à partir du spectre lumineux appartenant aux ondes électromagnétiques, expliqua le loquace droïde.

– En d’autres mots, tu deviens invisible sauf si l’on porte des lunettes infrarouges. C’est bien ça ? demanda Den, impressionné.

– En effet, maître. Utilisez votre sens inné de la stratégie pour concevoir un plan dans les plus brefs délais.
Mais Vala intervint.
– Combattre à nouveau signerait notre arrêt de mort. Je propose que moi et Den nous laissions capturer dans un premier temps. BP-S1 nous surveillera en toute discrétion jusqu’à que le moment d’une évasion soit propice.

– Quoi ? Mais tu es devenue folle ! Les Jedi Obscur nous tortureront et... réagit Den, effaré.

– Préfères-tu la voie du suicide ? Le coupa la Jedi d’un ton acide.

Den se tut devant le regard intense de son amie. Elle avait raison, aucun choix n’était enviable.
– Dans ce cas, concéda-t-il en se tournant vers le droïde. Active ton mode furtif et interroge le Mandalorien assommé là-bas. Il te fournira des informations.



************

Une navette fendit l’atmosphère de Télos en direction de Télosia, sa capitale. Elle poursuivit son trajet, à travers les files ininterrompues de speeders, jusqu’à atteindre un imposant immeuble aux allures de forteresse.
Une fois posée dans un hangar périphérique, deux formes descendirent par sa soute.
L’insigne triangulaire de l’Échange était ostentatoirement affiché, quelle que soit la direction. D’une teinte orangée, le logo signifiait que le bâtiment appartenait au second leader de l’organisation criminelle dans laquelle existaient en tout trois chefs. Chacun supervisait une partie du triumvirat selon leur bon vouloir. Toute la galaxie était au courant du soutien apporté par le second aux Mando’as, mais les deux autres factions demeuraient neutres.
Le duo descendit dans un turboascenseur pendant quelques secondes, s’enfonçant profondément sous terre. À l’ouverture des portes, un Duro à l’aspect replet les accueillit.
– Seigneur Mapassar, Seigneur Janesh... quelle joie de vous revoir, s’enquit Arias Laut en s’inclinant. Que me vaut l’honneur de votre visite ?

Une voix enflammée de colère s’éleva à l’encontre de la platitude d’Arias Laut.
– Savez-vous à quel point votre incompétence notoire va nous coûter cher ?

L’alien tressaillit et se jeta à plat ventre en signe de pardon.
– Les Jedi ont décrypté des données d’après les ordinateurs dont vous aviez soi-disant effacé la mémoire. Tenez-vous donc si ardemment à rejoindre votre chef de la sécurité parmi les pertes collatérales ?

– Quel dommage... il semble que le Leader Orange vous ait dégradé, s’amusa l’autre forme encapuchonnée.

Partagé entre indignation et crainte, Laut se redressa et acquiesça avec raideur :
– J’ai été nommé sous-directeur de ce projet top-secret.

Mapassar émit un rire dédaigneux, mais Josh Janesh poursuivit.
– À cause de vous et vos pitoyables efforts pour préserver votre vie, les Jedi connaissent désormais l’existence d’un laboratoire sous la surface de Télos. Le Leader Orange vous a épargné à la demande du Sénateur Laut, mais sachez que cette punition est, de notre point de vue, insuffisante.

– Insuffisante ? répéta le Duro, ses yeux globuleux étrécis sous l’effet d’une soudaine panique.

– Vous le découvrirez plus tard, indiqua Mapassar. Pour l’heure, il vous faut la totalité de vos facultés pour nous présenter cette installation.

Laut déglutit avec difficulté et leva une main potelée.
– Alors, je vous prie de bien vouloir me suivre. Désirez-vous rencontrer le directeur ?

– Cela peut attendre, vermine. Amenez-nous en premier lieu aux locaux des cobayes.

Le trio franchit l’accueil gardé par plusieurs mercenaires niktos. Préoccupé par son sort, Laut bégaya une question :
– Vous souhaitez voir les bêtes ?

Irrité par le comportement de l’alien, Mapassar fixa ses yeux flamboyants sur ce de dernier avec intensité. Laut porta les mains à sa gorge en gesticulant dans tous les sens.
– Guidez-nous aux cellules des détenus Jedi, siffla-t-il.


**********

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MessagePublié: 11 Février 2017, 23:40 
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Salut Darkliser!

J'attendais la petite baston mando/Jedi avec impatience! Autant j'ai été ravi de voir à l'oeuvre Vala et le bactrio (femelle Jedi cette expression m'a bien fait rigoler :lol: ca m'a rappelé adulte de sexe féminin :D lancé par un HK dans le tome 3 de la BD KOTOR, une BD Excellente l'une des meilleures de L'UE Legends).

Autant j'ai été surpris que Den n'ait pas eu plus de difficultés que ça à se débarrasser des têtes de seau (expression familière désignant les mandies) :o .
Même avec un ptit blaster très efficace.

Mais bon à part ça, j'ai bien aimé l'extrait.

Je me demande:
que mijotent donc ces Jedi Noir :twisted: ?


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MessagePublié: 12 Février 2017, 01:26 
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mat-vador a écrit:
J'attendais la petite baston mando/Jedi avec impatience! Autant j'ai été ravi de voir à l'oeuvre Vala et le bactrio (femelle Jedi cette expression m'a bien fait rigoler :lol: ca m'a rappelé adulte de sexe féminin :D lancé par un HK dans le tome 3 de la BD KOTOR, une BD Excellente l'une des meilleures de L'UE Legends).


Tant mieux si ce combat t'a plu ! Et je vois que tu as compris d'o^vient mon inspiration pour BP-S1. Je connais HK par les jeux vidéos plutôt qu'en BD mais il reste pareil. J'avoue que ce n'est pas facile de s'en inspirer sans plagier :D :D


mat-vador a écrit:
Autant j'ai été surpris que Den n'ait pas eu plus de difficultés que ça à se débarrasser des têtes de seau (expression familière désignant les mandies) :o .
Même avec un ptit blaster très efficace.


Il y a deux raisons à cela : La première est que j'ai utilisé l'intelligence et le sens de l'improvisation de Den pour compenser ses lacunes. La deuxième est un spoil mais je peux te dire ça si tu veux :
Il charge suffisamment par la suite... :twisted: :mrgreen:



mat-vador a écrit:
que mijotent donc ces Jedi Noir :twisted: ?

Ahah, c'est une petite intro pour le tome 2

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MessagePublié: 17 Février 2017, 11:51 
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Chapitre 14
Tentation








Malgré la guerre qui déchirait Bordure Médiane, l’Ordre Jedi demeurait toujours à l’écoute des peuples dans le besoin.
L’assistance de Lyra et son Maître était requise par le gouvernement de Sélonia pour régler un litige politique et économique au sein du Système des Cinq Mondes. Selon les dirigeants de la planète, Corellia abusait de leur position dominante et faisait pression sur Sélonia afin que ces derniers vendent leurs produits à des prix avantageux. Ainsi, les Corelliens pensaient construire des vaisseaux pour la République à coût plus réduit que chez ses concurrents, s’emparant par la même occasion d’une part significative du marché. De facto, les Séloniens cessèrent alors tout commerce avec leur voisin jusqu’à l’ouverture de discussions. Mais des extrémistes estimaient le gouvernement laxiste. Ils considéraient que la mainmise de Corellia sur l’ensemble du système devait totalement s’interrompre et leurs actions se résumaient à du terrorisme via la destruction de vaisseaux corelliens ou l’assassinat de diplomates.
Le binôme Jedi avait assuré la venue d’un dignitaire corellien sur Sélonia en déjouant une embuscade spatiale. Les extrémistes s’étaient ensuite attaqués au conseil sélonien lors des négociations mais avaient une nouvelle fois échoué. Au cours de leurs investigations, Zurth et Lyra avaient finalement débusqué l’instigateur de ses attentats et permis le démantèlement du réseau.
Aux termes des pourparlers, Sélonia jouirait de certains avantages économiques vis-à-vis de leur voisin corellien tout en faisant bénéficier ce dernier de pièces détachées à coût réduit.
Tout le monde était satisfait...
Zurth savait que sa mission avait été officieusement demandée par le chancelier. Celui-ci craignait, à juste titre, un ralentissement de la production de croiseurs nécessaire à l’effort de guerre.

Zurth observa sa Padawan d’un œil inquisiteur lorsqu’ils arrivèrent au Feu Ardent. La jeune Padawan trépignait d’impatience.
– Tu penses encore à ton ami Den, indiqua le Maître d’un ton résigné.

– Pardonnez-moi, s’excusa Lyra, contrite. Maintenant que nous quittons Coronet, j’ai hâte de retourner sur Ossus.

Elle s’installa dans le siège de copilote en allumant avec frénésie les systèmes du vaisseau. Son Maître tenta de trouver une autre réponse que :
« Maîtrise tes pensées, un Jedi cultive un esprit discipliné et vide d’émotion. »
– En ce cas, je demanderai la permission au Conseil de nous rendre sur Ilum. Officiellement, nous devrons ramener Den Liser afin qu’il soit confiné sur Ossus...

– ... mais en réalité, nous l’aiderons dans sa quête ! Vous êtes le meilleur Maître qu’un Padawan puisse espérer, continua Lyra avec gratitude.

Le visage de Zurth s’assombrit en découvrant un voyant de bord clignotant.
– Nous avons reçu un message audio en différé, précisa-t-il.

Une voix féminine perturbée par une urgence s’éleva dans le cockpit.
« Ici Vala Loosu, Chevalier Jedi, en mission sur Ilum, ceci est un appel de détresse. Nous signalons la présence d’une flottille mandalorienne constituée de six croiseurs en formation d’attaque. Nous allons tenter un atterrissage forcé sur la planète contre toutes probabilités. Que la Force vole à notre secours ! »

Un silence assourdi emplit le cockpit lorsque la voix du message s’estompa.
« Den est en vie, je le sens... »
Les deux amis étaient reliés entre eux par ces sentiments mutuels qu’ils éprouvaient et Lyra sentait quand une menace planait au-dessus de la tête de Den.
Si elle était attentive à la Force.
Lyra resta calme et manifesta cet état d’esprit d’un bref murmure :
– Maître... allons-y.

Zurth la jaugea du regard, plongeant dans les yeux émeraude qu’il connaissait si bien.
– Pas encore. Avant tout, nous devons nous rendre sur Ossus et quérir du renfort.

– Sauf votre respect, Den et Vala se trouvent dans une situation délicate en ce moment même. Je le ressens au plus profond de moi et dans les courants de la Force.

Zurth lâcha un soupir. Sa Padawan pouvait se montrer si têtue.
– Suggèrerais-tu que Den aurait besoin de deux Jedi qui se feront capturer dès leur sortie dans le système d’Ilum ? Une flotte de guerre nous attend là-bas.

Après réflexion, la Padawan acquiesça.
– Je comprends la situation, Maître. Mais l’Ordre Jedi ne possède pas de vaisseaux capitaux. Comment comptez-vous vous y prendre ?

– Il est peut-être temps de s’attacher les services de la République, répondit le Maître Jedi en allumant les convertisseurs.

Sur ces paroles, le Feu Ardent s’arracha l’atmosphère de Corellia et passa en hyperespace.



**************


Le Maître Jedi suivait le jeune Twi-Lek qui l’avait prévenu de la mort d’Avada-Jumi, membre du Haut Conseil. Kalin demeurait sceptique sur la véracité de ses déclarations.
Il ignorait pourquoi mais son guide ne lui inspirait pas confiance. Toutefois, son intuition de Jedi l’avait convaincu :
« Trouver des réponses... »
– Pourquoi ne pas alerter le Conseil d’une nouvelle si importante ?

– Les apparences sont parfois trompeuses, Maître Notsun. Vous enquêtez sur le récent meurtre alors je peux avoir confiance en vous, répliqua le Twi-Lek d’une voix dénuée de chaleur.

Kalin avait peur de comprendre les pensées intrinsèques derrière les paroles de l’alien. Ce Jedi savait-il quelque chose sur ses déductions au sujet d’un traître parmi le Conseil ? Il ne tarderait pas à faire la lumière sur cette affaire, aussi demeura-t-il silencieux.
Le duo de Jedi quittait le Temple et évoluait à présent dans un quartier peu habité de la cité. Au détour d’un immeuble, ils parvinrent à une ancienne usine de la Czerka dont les locaux étaient restés vides.
Kalin se souvint y avoir entraîné Den quelques années auparavant.
Afin de mettre en garde son Padawan des dangers du Côté Obscur, le Maître l’avait forcé à céder à ses émotions lors d’un duel au sabre laser. Le potentiel de Den s’était alors révélé dans toute sa puissance.
« Mais il n’est plus mon élève désormais. » Pensa-t-il avec tristesse.

Arrivé à l’entrée de l’usine, le guide se retourna promptement. La Force adressa un message d’avertissement à Kalin avec un temps de latence. Ce dernier leva les mains, se rendant compte de son manque de vigilance, tandis que le Chevalier pointait une lame verte sur sa poitrine. Son visage comme figé n’exprimait toujours aucun sentiment.
– Veuillez entrer, annonça le Twi-Lek en se saisissant du sabre de Kalin.

– Que signifie cette traitrise ? Demanda Kalin d’une voix forte.

L’autre ne répondit pas et força son prisonnier à avancer dans le hall du bâtiment désaffecté. Kalin usa de son pouvoir pour sonder le Jedi.
Mais il n’y avait rien à découvrir. Aucun sentiment, aucun but, aucune volonté... pas même le Côté Obscur. Kalin manqua l’empalement de justesse lorsqu’il stoppa sa marche de stupeur.
« Comment est-ce possible ? »
Tout être vivant doué de conscience avait forcément des pensées propres !
– N’essayez pas de vous enfuir, Kalin Notsun, prévint le Twi-Lek, prenant l’arrêt de son otage comme une tentative d’évasion. Sinon vous me contraindrez à vous amputer d’une jambe.

Kalin conserva les mains en l’air, et progressa jusqu’à une porte verrouillée. Le ravisseur pianota le code, provoquant l’ouverture et la vision d’un spectacle inattendu pour le Maître.
Il débarqua au milieu d’une salle remplie de cages de force et de Jedi. Une silhouette frêle, semblable à celle d’un oiseau, s’avança vers lui d’une démarche gracieuse.
L’ex-mentor de Den ne put cacher sa surprise en reconnaissant Maître Laydus, la Fosh du Conseil.
– Laydus ? Que me vaut l’honneur de votre... convocation ? demanda Kalin en se reprenant.

– Votre curiosité est un vilain défaut, Notsun. Vous deveniez trop gênant, au même titre que ce cher Avada-Jumi ici présent, révéla-t-elle.

D’un geste nonchalant, elle désigna l’une des cages occupée par un vieux Twi-Lek.
– Ne lui accordez pas votre confiance, quoiqu’elle vous dise ! C’est une Jedi noire ! glapit celui-ci.

Le conseiller s’agita et reçut une décharge électrique en retour. Laydus émit un léger gloussement aigu.
– Allons, Maître Laydus. Ce procédé barbare n’est en rien nécessaire si vous vous joignez à moi. Je ressens cette magnifique colère que vous éprouvez envers moi, tout expérimenté que vous soyez. Laissez le Côté Obscur prendre forme en vous. Il s’agit du seul moyen possible pour survivre à ce qui arrivera très bientôt à l’Ordre.

– Alors... c’est vous la responsable de l’assassinat du douanier ? Vous qui avez manipulé le Novice afin qu’il libère la chasseuse de primes ? Et encore vous, qui informez les Jedi Obscur du moindre de nos déplacements ? devina Kalin d’une voix sereine.

La Fosh tourna son regard de rapace vers lui.
– Seule deux de vos déductions sont vraies. J’ai renoué avec la nature profonde de mon peuple en manipulant mon monde à ma guise. Même Taveel et Viridia n’y ont vu que du feu, bien qu’ils aient pressenti l’imminence d’un danger. Je les ai trompés ! Se congratula-t-elle.

Elle fit signe au Twi-Lek d’amener Kalin au centre la pièce. Ce dernier en profita pour examiner avec attention les autres traîtres et se retrouva encore stupéfait.
« Mais ce sont eux aussi des Chevaliers Jedi ! Je les connais ! »
A contrario de Laydus, ceux-ci n’étaient pas sous l’emprise du Côté Obscur. En fait, rien n’émanait de leur esprit. Ils existaient, ni plus ni moins, comme le Twi-Lek qui avait piégé Kalin.
– Vous tous ! C’est impossible ! Que vous est-il arrivé ? Qui vous manipule de la sorte ? cria Kalin sans s’en rendre compte.

La Fosh se gorgeait de son incompréhension mêlée de désespoir. Elle consentit à quelques explications.
– Odénout Mapassar m’a ouvert les yeux. Il m’a montré qu’il existait des êtres plus puissants que le Conseil réuni. Leur connaissance de la Force représente une souce infini de savoir à laquelle je désire ardemment goûter. Vous saisissez ?

Elle se déplaça vers Avada-Jumi qui observait la scène, l’air abattu. Ses quatre doigts terminés en griffe s’élevèrent.
– Comment pouvais-je laisser passer une telle opportunité ? Enfin, si vous nous rejoignez dès à présent, « il » épargnera votre existence. Car sachez-le, l’une de ces magnifiques créatures se trouve sur sur Ossus en ce moment même.

Cette fois-ci, Laydus sombra dans un rire incontrôlé, signe de sa folie et des sombres tréfonds dans lesquels elle avait chuté. Kalin réalisa qu’aucune de ses paroles ne modifierait sa volonté.
– En ce cas, cette personne ne doit pas être très maligne pour oser se montrer ainsi, lâcha-t-il. J’imagine qu’il ne s’agit pas de Mapassar, l’ancien archiviste.

– Votre capacité à déduire les évidences est édifiante, ironisa l’alienne avec une grimace. Le Clan des Jedi Obscur n’aurait jamais pu briser l’esprit de Jedi accomplis, tels que ceux juste ici présents.

Kalin détailla à nouveau les Jedi autour de lui.
« Aucun doute, ils ne sont plus que des sortes de drones contrôlés par une quelconque volonté. Tout se tient. »
Le marionnettiste jouissait d’un pouvoir très puissant de domination télépathique. Celui-ci lui avait permis d’assujettir le Novice et de détourner l’attention du professeur Cunilo afin qu’il ne remarque pas son absence.
« Mais ce qu’ont subi ces Jedi... » s’effraya Kalin.
Seul l’Effondrement Spirituel, une infâme technique, annihilait dans sa totalité l’esprit d’un être vivant. Depuis la guerre contre les Sith, elle avait sombré dans l’oubli. Les victimes de cette capacité demeuraient dans un état comateux, sans possibilité de guérison. Kalin supposait que quelqu’un d’extrêmement doué dans la Force pouvait reprogrammer une autre personnalité dans le corps vide ou bien en prendre le contrôle.
Si le voile sur les plans de l’ennemi se levait peu à peu, une question demeurait en suspens.
– Si vous refusez de vous joindre à nous de votre plein gré, vous subirez le même sort que ces Jedi. Nous profiterons de votre sensibilité à la Force, que vous le vouliez ou non, conclut la Fosh d’une voix chargée de menaces.

– Vous aurez ma réponse, Laydus, dès que vous me révèlerez l’identité de la personne qui a détruit l’esprit de ces Jedi.

L’ancienne conseillère s’éloigna d’Avada-Jumi, l’expression de son visage aviaire durci par la colère. Kalin sentit sa tentative de sonder ses pensées et ses intentions. Elle s’arrêta si près de lui qu’il crut qu’elle allait le harponner avec son bec.
– Vous vouez une fidélité sans borne à la Lumière, comme ce fut mon cas jadis. Je n’ai aucune chance de vous convertir à ma cause, remarqua-t-elle avec indifférence. Mais avant la délectable vision de vous voir lobotomisé, je vous propose un petit jeu. Voici un indice, soyez attentif...

La Fosh s’amusait à ses dépens, Kalin le savait tout comme il était certain que jamais il ne sortirait en vie d’ici.
– Vous avez déjà rencontré cette personne. Trouvez son identité et je vous laisse partir.

Le Maître Jedi réfléchit.
Cet indice n’en était pas vraiment un. Toutefois, Laydus n’avait pas de raison de lui mentir, pas plus que de lui donner une échappatoire.
« Je ne peux découvrir la réponse... » réalisa-t-il.
La Force restait muette, son intuition aussi. Même si les deux étaient liés, il choisit de leur faire confiance. Dans l’avenir, une opportunité se présenterait peut-être de fausser compagnie à ses ravisseurs.
– Vous ne me manipulerez pas à votre guise, Laydus, répliqua t-il avec dignité.

Le plumage bariolé de la Fosh s’affaissa de déception.
– Détrompez-vous ! Bientôt, vous ne serez plus qu’un misérable pantin !

Kalin se sentit partir lorsqu’un coup le frappa à la tête.


***********

Avec l’aide de scientifiques arkaniens, les expériences génétiques menées conjointement par le Clan et l’Échange donnaient des résultats satisfaisants. Cela accélèrerait d’autant plus les ambitieux projets de Mapassar à l’égard de l’Ordre Jedi.
Le Seigneur savait bien ce qui était à l’œuvre sur Ossus en ce moment même. Son allié certifiait qu’un coup dur frapperait les Jedi, et les monstres de l’Échange se chargeraient de les achever, dès leur optimisation. Oui... Taveel, Viridia et tous ses anciens collègues assisteraient au déchaînement d’une expérience maléfique par ceux qu’ils pensaient vaincus depuis des siècles : les Seigneurs Sith.
Un contact avait été établi avec l’un d’eux sur Fondor, au cours de ses pérégrinations avec Josh. Prenant conscience que Mapassar les prenait en filature, les Sith avaient laissé un appareil de communication sur place. Ses suppositions trouvèrent une confirmation.
Cet ancien peuple existait encore et ourdissait un complot visant la République. Ainsi débutèrent les premiers pas d’une collaboration entre deux mouvances qui maîtrisaient les arcanes du Côté Obscur.
Son holocom s’anima. Quelqu’un cherchait à le joindre.
– Qu’y a-t-il ?

Un Mandalorien apparut et répliqua d’une voix intimidée :
– Pardonnez le dérangement, Monseigneur. Je suis porteur de nouvelles au sujet des Jedi sur Ilum. Nous les avons capturés, mais le droïde a jusqu’ici échappé à nos battues.

– Qu’avez-vous appris sur les Jedi, colonel ?

– Il y a une jeune femme qui a vaincu l’adepte Reesa et plusieurs soldats.

Le Zabrak grogna, irrité :
– La plupart des Jedi sont d’excellents bretteurs et Reesa n’a jamais brillé pour sa force ou son intelligence. Poursuivez !

– D’après Maître Sio, le second est un Padawan humain à peine adulte. Il les interroge depuis plusieurs heures. Aucun ne cède aux tortures pour l’instant, expliqua le gradé mando’a. C’est impressionnant...

Cette fois-ci, le sinistre visage du Jedi noir se fendit en un sourire.
« Den Liser... Les compétences de Kirax la chasseuse de primes ne seront pas nécessaire en fin de compte. »
– Avisez Sio qu’il a carte blanche concernant les Jedi. Cependant, j’apprécierais grandement qu’il les convertisse à notre cause.

– À vos ordres, Monseigneur !

La communication cessa, mais Mapassar sentit une perturbation dans la Force. Ses sens ne le trahissaient jamais.
« Lui... »
Son allié désirait s’entretenir le plus tôt possible de vive voix, ce qui n’était jamais arrivé.
Le Jedi Obscur sortit de son bureau du complexe télosien à la recherche de son Apprenti. Il préférait se rendre auprès de ce dernier en personne plutôt que de le convoquer.
« Voyons un peu les talents de Josh en matière de torture. Sa puissance dans la Force et le Côté Obscur croit chaque jour qui passe. Si je manque de vigilance, il pourrait bien me dépasser dans un proche avenir... »
Le Zabrak demeurait confiant. Josh lui était entièrement dévoué et ne le trahirait pas de sitôt.
Au bout du chemin, il s’arrêta devant une porte d’où filtraient quelques gémissements étouffés.
– Venez, Apprenti Janesh. Une affaire importante requiert toute notre attention au Prédator II.

Josh, le visage déformé par une joie sauvage, pivota vers son Maître, laissant respirer la créature replète affalée sur le sol.
– J’en ai terminé avec cette vermine et je crois que la leçon est rentrée dans son crâne obtus.

Derrière lui, Arias Laut se tordait de douleur, le corps agité de spasmes incontrôlables.
Un filet de sang lui coulait à la commissure des lèvres et une de ses paupières avait tellement enflé que son œil globuleux en était occulté. Pour compléter le tableau, ses vêtements en lambeaux fumaient, signe qu’il venait de subir des électrocutions successives.
Le duo abandonna l’alien à sa souffrance.
– Notre... bienfaiteur désire s’entretenir avec nous dans les plus brefs délais.

Josh peina à masquer son anxiété.
– Cette demande n’était pas prévue aussi tôt, Maître.

– Nous devrons faire preuve de prudence. Une seule provocation, même involontaire, nous vaudrait un aller simple pour l’enfer. Veille à ce que de nouvelles consignes soient passées à l’équipage. Quel que soit ce qui survint, aucune riposte ne devra s’engager.



*****************


Retenu en position de croix par un champ électrique, un jeune homme, tête basse, mal en point, se débattait avec ses pensées noires. Son torse nu, presque imberbe, portait des traces de lacérations suintantes, et arborait une teinte comparable à une écorce d’arbre à cause du mélange de sang coagulé et de poussière.
Den releva lentement la tête en entendant un bruit extérieur.
« Il le paiera... je jure de lui faire payer toutes ces tortures ! » pensa-t-il avec hargne.
Entre ses évanouissements et ses sommeils troublés, il avait perdu le compte des journées passées dans cette tente. Sio, le Jedi Obscur, lui avait infligé un traitement à la hauteur de son mutisme, parsemé de quelques insolences. La résistance de Den n’était qu’un prétexte de torture car Sio connaissait déjà les réponses à ses questions. Le renégat en était intimement convaincu.
Alors ce dernier l’avait fouetté jusqu’au sang et martyrisé avec le dispositif situé devant Den. Sio adorait régulièrement varier la puissance des décharges, donnant parfois le maximum. À ces moments, l’ancien Padawan criait si fort qu’il sentait le goût métallique du sang dans sa bouche, puis il sombrait dans l’inconscience.
La haine de Den augmentait davantage lorsque ses rares pensées lucides s’égaraient sur les sévices que le Jedi Obscur réservait à Vala. Depuis leur capture, il n’avait aucune nouvelle du Chevalier Jedi à l’origine de sa reddition.
« Peut-être aurait-il mieux valu que je meure au combat... »
Et la Force ne lui était plus d’aucun secours...
Il ne ressentait plus sa présence bienfaisante, seulement la souffrance dans chaque parcelle de son corps.
Le souvenir du visage angélique de Lyra demeurait l’unique espoir de garder ses convictions et sa volonté intacte. Den donnerait n’importe quoi pour la revoir une dernière fois. Si le Côté Obscur permettait vraiment l’accès à un pouvoir supérieur, il voulait en user dès maintenant.
Deux larmes jaillirent et roulèrent sur ses joues en brunissant au fur et à mesure qu’elles récoltaient la poussière de sa peau souillée.
Épuisé et écœuré, L’ancien Padawan somnola quelques minutes jusqu’à l’arrivée d’un sommeil troublé.

***********

Den rêvait qu’il se trouvait au sein d’une épaisse brume. En face, une silhouette diffuse se dessinait, vêtue de noir.
– Qui êtes-vous ? Ordonna Den en levant le sabre laser qu’il ne possédait que dans ce songe.

Il distingua les contours de l’être qui émergeait du brouillard. De corpulence égale à la sienne, il avait un masque simple sur le visage.
– Cette arme ne sert à rien ici. Oublierais-tu que tu rêves ? En ce moment, tu es prisonnier et la mort t’appelle comme elle appelle les faibles, indiqua l’entité mystérieuse d’une voix sifflante.

- Je ne suis pas faible ! protesta Den.

Il s’élança et coupa en deux l’ombre sans rencontrer de résistance. Cette dernière vacilla un instant avant de se reconstituer tel un fantôme.
– Et si ! Tu ne peux te défendre à l’heure actuelle. Cette réalité devrait te convaincre à elle seule, trancha-t-elle.

Calmé, Den rangea son arme inutile.
Si cette créature lui voulait du mal, elle n’attaquerait pas par la voie physique.
– Serez-vous Celui-Qui-Fut ?

– Je ne connais pas cette entité, car mon savoir est tien et vice-versa, admit l’ombre avec une nonchalance affectée.

– Parlez clairement ! Je ne comprends rien à vos énigmes.

La créature partit sur un rire étouffé devant l’ignorance de Den.
– Je suis celui à qui tu résistes depuis des semaines, ton Côté Obscur !

Cette révélation abasourdit le jeune homme, autant par sa nature que par ses implications. Comment était-il possible de converser avec son Côté Obscur ? Den songea à une manipulation mentale de Sio mais il se souvint que le Jedi noir n’était pas aussi subtil.
L’ombre devina ses pensées.
– Ma naissance fut à la fois simple et complexe. J’ignorais mon existence jusqu’à la destruction du cristal Kiishra. Donc, tu en conviendras certainement, je suis venu au monde grâce à ta faiblesse.

– Alors cette gemme a le pouvoir de... commença Den, un éclair de compréhension brillant dans ses prunelles.

– Si le lien s’efface, le Kiishra scinde l’âme de l’utilisateur en deux parties. C’est depuis cet instant que mon essence vitale n’a cessé de croître. Te rappelles-tu ces nuits troublées par une ombre glaciale dans ta poitrine ? C’était moi qui tentais de te contacter, en vain.

Le Côté Obscur de Den ajouta après une pause :
– Mon but est de t’aider à recouvrer ta sensibilité à la Force. Fie-toi à moi !

– Tu plaisantes ? Jamais je n’accorderai ma confiance à mes ténèbres, répliqua Den, têtu.

Mais l’ombre gloussa d’amusement.
– Tu ne comprends pas la situation. Tes pouvoirs n’ont pas disparu dans le néant. C’est moi, Darkliser, qui me les approprie au fur et à mesure que le temps s’écoule. Fais-moi confiance et je nous sortirais de cette souffrance. Fie-toi à moi et nous pourrons la revoir, répéta Darkliser d’un murmure.

Den comprit l’allusion à Lyra. Cette entité, quelle qu’elle soit, s’exhortait à le manipuler. Elle ne révélait pas ses réelles motivations, l’ancien Padawan en était conscient.
Un risque acceptable étant donné les circonstances désespérées...
– Libérons Vala ensemble et tu gagneras ma confiance pour l’instant.

– Non ! Maintenant où tout soutien de ma part sera entravé par ta méfiance à mon égard, opposa l’ombre, inflexible.

D’un geste souple, elle ôta son masque, lequel disparut en une volute de fumée noire. Bouche bée, Den contempla son propre visage vicié par les stigmates du Côté Obscur. Au contraire de ses yeux flamboyants des flammes de la colère, le teint de sa peau avait le tient cireux de quelqu’un qui ne voyait jamais le soleil.
– Tes désirs et tes envies sont les miens. Moi aussi, j’éprouve de tendres sentiments pour Lyra. Moi aussi, j’aspire ardemment à la revoir. Sa beauté m’envoûte autant qu’à toi. Je ne rêve que de caresser ses cheveux soyeux, de sentir son odeur enivrante et de goûter ses lèvres. Et pourtant, je t’aide à retrouver un cristal capable de m’effacer et de me priver de ce bonheur.

L’expression de Darkliser se ternit de tristesse et des larmes émergèrent de ses yeux. Au fond de lui, Den ne doutait pas de la sincérité de l’entité obscure.
« Du point de vue des sentiments du moins. »
– Que proposes-tu alors ?

– Mets-toi en colère et je surgirais pour un temps. BP-S1 attend le moment propice pour nous épauler. Fais-moi confiance, je lui en offrirai un !

Den se résigna à accepter le plan de Darkliser.
Depuis son arrivée sur Ilum, sa faiblesse ne lui laissait d’autres choix que de se reposer sur les compétences de ses amis. Si le Côté Obscur pouvait sauver Vala et le droïde alors il s’y abandonnerait...



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MessagePublié: 17 Février 2017, 23:35 
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C'est lu! J'ai maintenant compris l'origine de ton pseudo mon cher darki :twisted: ..

Le complot sur Ossus éclate au grand jour sous les yeux de Kalin qui risque de subir un sort très funeste. Quant à Den, le pauvre s'en sort à peine mieux :? ..
Ah décidément, le dédoublement de personalité peut causer des ravages :lol: .

PS: Il peut compter heureusement sur Lyra et sur son daemon (euh pardon son maître Jedi :mrgreen: ).


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MessagePublié: 28 Juillet 2017, 22:15 
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Donc, après mon long retrait dans une grotte sans le moindre poste, je reviens pour poster la suite de ce premier tome jusqu'à la fin.


 
[b]
Chapitre 15
Emergence
[/b]
 





Une éclatante lumière accueillit Kalin à son réveil et le fit cligner des yeux. Une fois habitué, il réalisa que la lueur provenait du champ de force qui le retenait prisonnier. Il se rappela vaguement sa capture par un sbire de Laydus. Son esprit embrumé éprouvait des difficultés à fonctionner normalement.
Plus loin, Avada-Jumi reprenait lui aussi connaissance.
– Comment vous portez-vous, Maître ?

– Le Côté Obscur s’abat sur Ossus tel un voile. Nous devons trouver un moyen d’aviser le Conseil avant que Laydus ne mette ses projets à exécution, marmonna le Twi-Lek âgé. J’ignore la raison, mais elle m’a laissé libre.

Kalin l’avait remarqué aussi. La cellule du conseiller était inactive. S’agissait-il d’un dysfonctionnement ou d’un acte volontaire ?
– Je ne peux entrer en contact avec personne. Le Côté Obscur qui émane de cette usine est trop puissant, ajouta-t-il après un instant.

– Libérez-moi. Nous aurons plus de chance de fuir cet endroit à deux, s’inquiéta Kalin.

Le Twi-Lek acquiesça et esquissa un geste vers la cage de force, mais il se ravisa en tournant la tête vers l’entrée de la salle. Kalin l’avait senti aussi ; une aura obscure se rapprochait d’eux. Au vu de sa noirceur, il ne s’agissait pas de la Fosh. Quel que soit cet être, il était certainement beaucoup plus redoutable, peut-être ce mystérieux utilisateur de la Force décrit par Laydus. Le Jedi en éprouvait une peur délétère mêlée d’une panique inhabituelle chez lui.
« Hors de question que cette chose détruise mon esprit ! »
Rassemblant toute sa puissance, Kalin lança un appel mental dans la Force, mais il se heurta à une barrière infranchissable.
C’est alors que la porte s’ouvrit en silence et révéla la fragile silhouette d’un Novice. Malgré sa retenue Jedi, Avada-Jumi ne put contenir sa surprise devant cette apparition.
Le teint blanc, des cheveux d’un noir de jais, la redoutable créature n’était autre que le garçonnet qu’il avait accueilli sur Ossus en compagnie de Viridia et Owen Mordum. Kalin ne put s’empêcher de trembler comme une feuille devant son aura ténébreuse. Laquelle paraissait engloutir la pièce entière dans sa corruption et sa malfaisance. Troublé, l’ex-mentor de Den définit cette chose comme étant le mal absolu. Aucun Jedi sombre ne pouvait supporter une telle noirceur d’âme.
– Maître ! Ce Novice est arrivé à bord du Nosmos ! C’est lui la pierre angulaire de tout ce qui se passe sur Ossus ! réagit enfin Kalin.

– Ainsi, l’ennemi nous envoie une arme bio-organique sous la forme d’un enfant. Quelle perversité... murmura Avada-Jumi pour lui-même.

Déterminé, le vieux conseiller se campa sur ses deux jambes devant le sombre Novice.
– Tes méfaits prendront fin ici, créature de l’Obscurité.

Les lèvres livides du garçon s’étirèrent en un sourire mauvais. Kalin n'aperçut aucune arme sur lui. Peut-être qu’Avada-Jumi conservait une petite chance de l’emporter après tout.
L’alien vert focalisa la Force en lui avec l’intention de prendre l’initiative.
Un combat sans merci se profilait et Kalin regrettait d’être toujours en cage. Impuissant, il dut se résoudre à observer la suite des évènements.
– Admirez, êtres inférieurs ! Je suis l’incarnation du pouvoir des Sith ! Toute résistance sera vaine, futile... émit le faux novice par voie télépathique.

La voix sifflait désagréablement dans sa tête, comme si de minuscules aiguilles égratignaient son cerveau.
Entre-temps, le membre du Conseil lâcha une immense vague énergétique vers le Sith. La puissance de l’attaque explosa plusieurs seringues et autres objets de torture et fit osciller le bouclier retenant Kalin prisonnier. Le garçon dissipa l’offensive en se protégeant de ses mains. Son sourire arrogant s’affaissa quelque peu lorsque le Twi-Lek disparut de son champ de vision.
La Vague de Force n’avait servi qu’à détourner l’attention du Sith tandis qu’Avada-Jumi se glissait par-derrière, le poing levé. Le faux Novice pivota et un Éclair de Force aveuglant fourcha de sa main vers le Maître. Ce dernier roula sur le sol, son corps parsemé d’arcs électriques.
Avada-Jumi se releva prestement et fit agir la Force sur l’environnement. L’intégralité des objets et débris de la pièce entamèrent une valse effrénée autour du Sith, avant de converger vers lui. Mais les projectiles se figèrent, retenus par une entité encore plus puissante que celle qui les avait manipulés.
Âgé et moins résistant que dans ses jeunes années, le Twi-Lek s’essoufflait déjà. Kalin comprit que le rapport de force entre les deux adversaires était trop déséquilibré pour escompter un dénouement heureux.
La créature Sith leva son petit bras sans se départir de son expression cruelle et projeta une cascade d’éclairs. Happé par la foudre, Avada-Jumi hurla autant de désespoir que de douleur. Un des arcs électriques s’échappa du corps du Twi-Lek et détruisit la console de commande du champ de force retenant Kalin.
« Je n’ai pas la moindre chance de m’en sortir sans sabre laser. Je dois trouver une voie différente de l’affrontement frontal » réfléchit le Jedi.
Mais le temps lui manqua lorsqu’un autre éclair zébra le plafond vétuste. Un craquement menaçant précéda une chute de gravats.
Et Kalin se situait juste en dessous...

***********

La poussière retombait lentement autour de lui. Le mystérieux Sith sonda l’amas de décombres et ne découvrit que le néant. Mort, le puissant Jedi n'était plus d’aucune utilité.
Le faux Novice savait que sa durée de vie touchait à sa fin. Aucun réceptacle vivant ne pouvait supporter longtemps un tel pouvoir obscur, bien que ses créateurs l’aient conçu à cet effet. Ces derniers n’avaient pas jugé nécessaire de lui donner un nom et elle s’en moquait. Seule comptait la mission programmée dans son cerveau.
L'être d’apparence infantile reporta son attention sur le Twi-Lek à peine conscient, s’agenouilla doucement et prit sa tête entre ses mains avec délicatesse.
– Abandonne ton libre arbitre, ennemi des Sith.
Curieux, le Sith se demandait si les défenses mentales d’un conseiller lui opposeraient une résistance digne de ce nom.
Son esprit s'insinua alors dans celui de l’alien sous forme de tentacules de fumée noire. Un mur impénétrable se forma instinctivement dans le but d’empêcher le Sith d’accéder à la volonté du Maître. Les filaments obscurs attaquèrent de toute part et ébréchèrent la barrière comme du cristal. Le Twi-Lek mugit de douleur et parvint à repousser partiellement l’envahisseur. Lequel s’amusa du soubresaut avec un rire qui n’avait rien d’enfantin.
– Imbécile ! Tu es perdu !

La faux Novice plaça sa main sur le front vert d’Avada-Jumi avec une lenteur affectée. Des filets de fumée noire s’en échappèrent et s'introduirent par toutes les muqueuses visibles.
Le résultat fut immédiat.
Les membres du conseiller s’agitèrent de violents tremblements, ses yeux hagards roulèrent dans leurs orbites et sa langue sortit de la bouche pour tourner dans tous les sens. Les effets s’intensifièrent en quelques secondes jusqu’à que l’esprit d’Avada-Jumi ne se soit évanoui.
Son horrible besogne achevée, le Sith se leva, suivi peu après du Twi-Lek.
Ce dernier affichait une expression indifférente, vide de tout sentiment. Il sortit de la pièce en compagnie de son meurtrier, sans se douter que les murs avaient des yeux.
Car Kalin venait d’assister à toute la scène...



*******************

Les journées s’écoulaient depuis la capture de Den et Vala par les Mandaloriens, mais pour l’ancien Padawan, le temps passé prisonnier des chaînes électrifiées s’étirait en mois. D’autant que les Hommes en Armure ne lui donnaient que de l’eau afin de l’affamer et d’affaiblir sa résistance. Si ça ne suffisait pas, ses blessures le faisaient souffrir et son ventre vide le rendait malade.
Les Jedi Obscur caressaient sans doute l’illusion de détruire sa volonté sur le long terme. Et ils y parviendraient, si les choses restaient en l’état. Sans le soutien de la Force, Den atteignait fatalement ses ultimes limites. C’est pourquoi les séduisantes paroles de Darkliser, le Côté Obscur de sa personnalité, résonnaient souvent en lui.
« Je pourrais me sortir de ce guêpier avec son aide... »
Il réalisait à présent la véracité de l’adage : à situation désespérée, mesure désespérée. Car, en fin de compte, seule la survie importait afin de continuer la lutte.
Un visiteur, vêtu d’une bure noire et d'un masque lui recouvrant l'intégralité du visage, pénétra dans la tente.
– Bien le bonjour jeune Jedi. Gardez-vous encore la capacité de me reconnaître ?

Même à l’article de la mort, Den n’oublierait jamais la voix nonchalante et empoisonnée de son tortionnaire et sa haine envers lui.
– Vous... lâcha le renégat dans un murmure. Je vous ferai payer vos tortures sadiques. Tenez-vous-le pour dit.

Sio leva un bras, matérialisant une main invisible autour de la gorge de Den.
– Si ta vie ne t’importe plus, poursuis tes vociférations ! Je t’en prie, fais-moi ce plaisir ! Ta faiblesse est telle que même un Bith pourrait t’envoyer au tapis.

Den rétablit brusquement sa respiration lorsque le Jedi Obscur relâcha prise.
– Qu’avez-vous fait de Maître Loosu ?

Mais Sio répondit d’un coup de poing. L’ancien Padawan sentit son nez craqué sous la violence de l’impact. La souffrance aiguë lui brouilla la vue, mais il parvint à rester conscient.
– Ici, c’est moi qui pose les questions, siffla Sio avant de se tourner vers les Mandos à l’entrée, Gardes ! Amenez cette vermine rampante auprès de l’autre !

« L’autre doit être Vala » songea Den avec espoir.
Enfin, il aurait de ses nouvelles.
Ivre de douleur, le jeune homme s’écroula au sol lorsque les Mandaloriens désactivèrent le champ électrique qui le maintenait prisonnier. Il se sentit traîner à l’extérieur sans ménagement.
– Den ! Alors tu es toujours en vie ! entendit-il.

La voix de Vala résonna agréablement à ses oreilles. Den retrouva un peu de forces en constatant qu’elle était moins meurtrie que lui.
– Plus ou moins... Tu aurais peut-être besoin d’une bonne douche, tu ne crois pas ? plaisanta-t-il sur un ton fatigué.

L’ancien Jedi sourit pour la première fois depuis longtemps. La simple présence amicale de Vala à ses côtés lui permit de retrouver de la lucidité. Sa vue récupéra un peu de clarté, lui autorisant une rapide analyse de la situation autour de lui.
Plusieurs Mando’as armés jusqu’aux dents encerclaient Vala, agenouillée près d’un feu vigoureux. Den n’eut pas besoin de plus de détails pour comprendre les intentions de Sio lorsqu’un des soldats approcha un tisonnier des flammes.
La crainte resserra instinctivement ses entrailles.
– Mes chers invités Jedi, commença Sio avec la voix saupoudrée que Den détestait tant. Vous allez participer à un petit jeu très imaginatif. Je vais interroger le Padawan et selon la qualité de ses réponses, je me verrais contraint d’apposer ce tisonnier chauffé à blanc sur telle ou telle partie du corps de la dame.

Le Mando retira le fer du feu et le donna au Jedi Obscur masqué qui l’admira un instant. Pendant ce temps, le regard de Den croisa celui de Vala. Les deux comprirent par ce simple geste qu’ils ne se trahiraient jamais.
– Je sens que du courage galope encore dans vos esprits, fit remarquer Sio. Je suis de nature curieuse et je souhaiterais savoir si l’allégeance des Jedi à l’Ordre est plus forte que l’amitié Maître-Padawan.

Den bouillonnait de rage devant cet ignoble personnage qui se repaissait de leur souffrance. Ses yeux remplis de haine dérivèrent alors sur une étrange créature en cage. Elle semblait d’origine saurienne et dormait paisiblement.
Sio s’aperçut du manège de l’ex-Padawan.
– J’imagine que ton Maître a déjà perçu les effets de ce lézard sur les utilisateurs de la Force.

– Quels effets ? S’étonna Den qui détaillait la créature d’un air perplexe.

– La Force fuit cette créature sur un rayon de quelques mètres. Concentre-toi, et tu t’en apercevras, répliqua calmement Vala.

Den établit un mince contact avec la Force, mais il ne perçut pas l’aura bienveillante de Vala. En revanche, lui se situait à l’extérieur de la sphère d’influence de animal.
– De toute façon, ton potentiel est trop ténu pour que la présence de l’Ysalamiri soit nécessaire, Padawan. Commençons notre petit jeu maintenant... intervint Sio en dirigeant le tisonnier vers le cou de Vala. Voici ma première question : est-ce que le Maître serait prêt à embrasser notre cause si nous laissions son cher élève en liberté ?

– Attendez s’il vous plaît ! En réalité, je ne suis pas son Padawan, mais son frère. Nous espérions découvrir un cristal suffisamment puissant pour moi afin que l’Ordre m’admette comme Chevalier Jedi, improvisa soudainement Den.

Il cherchait à gagner du temps tout en appelant Darkliser de ses vœux. Il voulait son pouvoir, s’en servir pour réduire cette voix tant abhorrée au silence éternel. Tous ses membres tremblaient sous la force de sa colère contenue dans son corps, mais son Côté Obscur ne se réveillait toujours pas...
– Admettons que tu dises la vérité. Cela rend ma question encore plus intéressante. Cependant, tu n’y as répondu et donc, le châtiment sur... ta sœur sera exemplaire, répliqua le Jedi Obscur d’un ton où transparaissait une jubilation malsaine.

Les intentions de ce dernier étaient aussi claires que l’eau des lacs d’Alderande. Il voulait que Vala chute du Côté Obscur par la torture. En dernier ressort, Den savait que Sio n’hésiterait pas à le tuer pour rendre la femme folle de chagrin et de rage.
Entre-temps, l’extrémité du tisonnier s’approcha du cou recouvert de crasse de Vala, laquelle demeura impassible devant la menace.
– Arrêtez... murmura Den avec un calme glacial.

Mais Sio ne lui prêta aucune attention et pressa le fer chauffé à blanc dans un horrible grésillement.
- Arrêtez ! répéta Den d’une voix perçante.

Vala avait fermé les yeux et la seule information d’intense souffrance qui se dégageait d’elle était son visage crispé. Aucun cri ne surgit de sa bouche, à la grande déception de Sio. Les narines de ce dernier se dilatèrent comme si l’appréciait l’odeur de chair carbonisée.
– Oh... nous avons là une courageuse ! Peut-être devrais-je torturer un endroit plus intime ? S’interrogea le Maître Jedi Obscur d’un air faussement soucieux.

Derrière lui, une intense colère explosa...


*************

L’infâme membre du Clan pivota sur lui-même en entendant un long hurlement et tomba sur le regard rempli de haine du jeune homme auparavant si inoffensif. Un instant, il jubila en sentant la puissance obscure qui pulsait par vagues devant lui. S’il ne parvenait pas à convertir la femme alors le "frère", qui cachait bien son jeu, lui, sombrerait.
Mais ce moment fugitif passa, remplacé par de la peur devant l’aura grandissante du Padawan.
– J’avais juré que vous payeriez pour votre cruauté ! Et je tiens toujours mes promesses ! hurla-t-il, ses yeux se décorant d’une teinte orangée.

– Quoi ? Un tel pouvoir... impossible ! Gardes ! Jetez l’Ysalamiri au plus près de lui, intima Sio avec inquiétude.


Den sentait la Force dans sa plénitude et s’en gorgeait sans réserve. À cet instant, peu lui importait de s’en servir sous l’influence du Côté Obscur. Cette puissance était si enivrante, si jubilatoire, et se nourrissait de la douleur de ses blessures telle des flammes par du bois. Il concentra son pouvoir sur les menottes qui se détachèrent instantanément.
Soudain, le Mandalorien lâcha la créature et porta ses mains à son cou en poussant des gémissements étouffés. Un rictus de plaisir apparut sur le visage de Den lorsqu’il expira une dernière fois, la trachée broyée.
– Emmenez la femme ! Je vais m’occuper de ce misérable Jedi moi-même ! aboya Sio avec colère.

Den se tourna vers lui, une expression féroce déformant ses traits, et déclencha une Poussée de Force juste au moment où Sio dégainait son sabre laser. Pris par surprise, le Jedi Obscur s’envola sur plusieurs mètres, disparaissant derrière une tente.
L’ex-Padawan esquissa un pas dans sa direction, mais une voix affolée l’arrêta.
– Den ! Fuis sans t’occuper ni de lui ni de moi !

Les Mandaloriens emmenaient Vala et s’il n’agissait pas avec promptitude, il perdrait une alliée de qualité.
Car ce faible de Den n’était plus...
Darkliser n’avait que faire de la Jedi, mais il savait que son soutien serait indispensable pour la suite de la quête. Il souhaitait juste s’amuser pour la première fois de sa courte existence avant de reprendre le chemin vers les cristaux Kiishra.
– Allez ! Leurs renforts s’approchent, persista Vala en se débattant.

Des maux de tête cinglèrent le crâne de Darkliser. Ce dernier grogna devant la tentative de Den pour récupérer le contrôle du corps.
– Non ! Laisse-moi encore du temps ! gronda le double obscur.

La lutte entre les deux personnalités n’était l’affaire que de quelques secondes et Darkliser se résigna à retourner dans sa prison neurale. Avant cela, l’entité obscure projeta un caillou sur l’Ysalamiri et le tua sur le coup. Le pouvoir de l’animal s’estompa, au contraire de celui de Vala qui réussit à se libérer de l’étreinte mandalorienne.
Den cligna des yeux lorsqu’il la vit étendre ses geôliers d’une brusque Poussée de Force.
Le jeune homme n’avait que des souvenirs flous des précédentes minutes.
– Merci ! Courons dans la jungle ! cria-t-elle sous le feu ennemi.

Les renforts arrivaient, trop nombreux pour les affronter sans arme. Heureusement, les lourdes armures en beskar des Mandos les ralentissaient. Les deux fugitifs s’enfonçaient dans l’épaisse toison végétale alors qu’eux ne parvenaient qu’à son orée.
- Accélère Den ! cria Vala, essoufflée.

Mais Den haletait et toussait à en vomir ses poumons. Ses efforts précédents et les stigmates des tortures pesaient lourdement sur son corps.
Ils poursuivirent leur progression tant bien que mal jusqu’à que le soleil ait du mal à percer les épaisses branches de la jungle. Den se jeta à terre, les bras en croix, pour récupérer un peu tandis que Vala sondait les alentours.
– J’ai l’impression que quelqu’un nous observe... murmura-t-elle, ses sens aux aguets.

– En effet, femelle Jedi, confirma une voix synthétique.

La silhouette peu rassurante de BP-S1 émergea du feuillage d’une plante volumineuse.
– Cette unité a couvert votre fuite, ajouta-t-il en laissant tomber deux Mandaloriens aux pieds de Den.

Vala contempla les deux corps inanimés un instant et comprit les intentions du droïde.
– Tu veux que nous enfilions ces armures afin de nous faire passer pour des Mandaloriens ?

– Affirmatif. BP-S1 possède quelques informations qui aideront votre infiltration.

Den se releva, le visage rougi par la fatigue.
– Nous n’avons pas le choix. Sinon nous serons sans cesse pourchassés. Je peux à peine tenir debout, alors courir un marathon...

– BP-S1 avait anticipé cet état caractéristique des êtres vivants. Nous, les droïdes, n’éprouvons jamais le besoin de repos, hormis pour recharger nos accumutaleurs. Cela dit, le combat qui a amené votre fuite était très impressionnant. Un vif sentiment de fierté envahit cette unité à la pensée d’être sous les ordres d’un maître aussi habile.

Den enfila l’armure en beskar sans répondre. Il préférait ne pas se rappeler les prouesses réalisées par Darkliser.
– Ouh ! L’odeur est encore plus forte que la nôtre. Pourtant, nous sentons presque comme un bantha, pesta le renégat avec un haut-le-cœur.

– Crois-tu que le moment soit indiqué pour faire ta précieuse ? Le réprimanda Vala.

Den bougonna un juron discret devant son allure de Mandalorien et effectua quelques pas hésitants à cause du poids de l’armure. Une fois harnachés, les deux Humains se tournèrent vers le droïde.
– BP-S1 a observé ces deux soldats durant de longues et ennuyeuses journées d'inactivité forcée. Le matricule de la femelle Jedi est 312-45, 692-87 pour le Maître. Vous êtes Jarga et Rolst, de la section des éclaireurs.

Den acquiesça.
– Bon, va dissimuler les corps maintenant. Les Mandaloriens sont tout proche et nous devrons les convaincre de notre identité. Heureusement qu’ils n’enlèvent pas souvent leurs casques...

BP-S1 s’exécuta, suivi des cadavres qui traînaient dans son sillage. Une vérité affligeante frappa alors Den comme un coup de marteau.
– Vala... rassure-moi, je te prie. Deux Mandaloriens désarmés, c’est crédible ? demanda-t-il d’une voix éteinte.

Stupéfaite, la jeune femme le fixa avec stupeur.
BP-S1 avait omis de leur fournir les armes des éclaireurs.
– Aussi crédible qu’une Besalisk danseuse étoile...

À quelques mètres, les Mandaloriens repoussaient la flore locale, à quelques secondes d’avoir un visuel sur les fugitifs.



*************

Le Seigneur du Clan des Jedi Obscur observait l’arrivée d’une navette depuis la passerelle du Prédator II.
– Monseigneur, tous les canaux de communication du vaisseau inconnu sont fermés. Son design ne correspond à aucun standard de firmes républicaines, analysa un officier de bord.

Mapassar sentait le remous dans la Force provoquée par les occupants de la navette, un en particulier.
« Aucun doute, le Sith est là. »
– Laissez-le se poser à notre bord, répliqua le Zabrak.

Il quitta la passerelle suivi de près par une délégation de ces meilleurs subordonnés. Quels que soient les pouvoirs des Sith, ceux-ci ne devaient pas se croire supérieurs au Clan.
L’idée d'une rencontre lui avait paru bonne sur l’instant, mais au fur et à mesure de leur avancée, son jugement initial se faussait.
L’ancien archiviste répandait pourtant une aura d’assurance qui contrastait avec la terreur grandissante de ses guerriers, lesquels sentaient la puissance obscure dégagée depuis le hangar.
– Ne craignez pas les Sith. Ils sont nos alliés et notre meilleur instrument pour nous débarrasser de l’Ordre Jedi, déclara-t-il d’un ton contrarié.

Ils passèrent les portes du hangar, flanqués de deux sentinelles mando'aes, et s’infiltrèrent à travers les rangées de chasseurs avant de faire face à la navette.
D’aspect lisse et aérodynamique, cette dernière n’avait ni armement, ni d’autres technologies visibles. Ce détail étonna Mapassar, car le petit bâtiment contenait un Seigneur Sith, l’un des personnages les plus importants de leur empire.
La rampe de débarquement se déploya et révéla immédiatement une haute silhouette vêtue d’un assemblage de couleurs sombres et écarlates. Son visage était dissimulé derrière un masque aux motifs spiralés, centrés au niveau de deux interstices par lesquels le Sith observait le Zabrak et sa délégation.
Mapassar sentit son cœur battre la chamade devant l’incroyable quantité d’énergie obscure déployée par cet être. La mine de savoir acquise lors de ses décennies en tant qu’archiviste représentait tellement peu comparé à ce Sith. Tout, dans son apparence, paraissait intimidant et le Jedi Obscur était prêt à parier qu'il n'avait pas encore tout vu.
Comment pourrait-il jamais passer pour un égal devant cette créature ?
UPlusieurs paroles gutturales et désincarnées s’élevèrent dans une langue inconnue, même du Zabrak. Celui-ci reconnut néanmoins le parler des Sith qu’il avait déjà entendus dans les holocrons interdits d’Ossus.
– C2-P3 ! Ordonna Mapassar d’une voix un peu trop tendue à son goût.

Un droïde de protocole, jusque là dissimulé au sein de la délégation s’avança entre les deux hommes.
– Je suis le Seigneur Dark Proyus, membre du Quintumvirat Sith et représentant de l’Empire auprès du Clan des Jedi Obscurs et du peuple mandalorien, traduisit-il avec fidélité.

– Bienvenue sur le Prédator II, Seigneur Proyus, répondit Mapassar en hochant brièvement la tête.

Le Sith désigna l’assemblée autour de lui d’un geste ample.
– Notre entretien aura lieu, seul à seul, Seigneur Mapassar, indiqua C2-P3.

Deux formes surgirent de la navette d’une démarche lourde et se postèrent devant les Jedi Obscur.
– Que signifie ceci ? grogna l’un d’eux en reculant de deux pas.

Vêtus d’armures charbonneuses et épaisses, les nouveaux arrivants dépassaient tous les individus présents aussi bien en taille qu’en largeur. Leurs masques dotés de deux globes noirs dissimulaient leurs yeux et supportaient une sorte de respirateur.
Malgré l’apparence intimidante de ces guerriers, leur absence totale d'existence au sein de la Force les rendait effrayants pour un Jedi.
« Qu’est-ce qu’ils sont ? Tout être vivant laisse forcément une trace dans la Force... »
Encore une fois, les vastes connaissances de Mapassar sur ce sujet et le monde étaient remises en question.

L’un des mystérieux gardes abattit sa main gantée sur la tempe du Jedi Obscur. Projeté sur le sol, ce dernier se releva avec difficulté et alluma son sabre laser en compagnie de deux de ses congénères.
- Déguerpissez, bande d’imbéciles ! ordonna soudainement Mapassar. Vous tous, sauf le droïde !

Les adeptes noirs fixèrent tour à tour les imposants guerriers et leur Seigneur, puis rengainèrent leurs armes. Proyus émit une réflexion lorsqu’ils se furent éloignés.
Quand ils voient des utilisateurs de la Force, mes gardes du corps ont tendance à remplir leur mission avec zèle. Ils auraient pu supprimer vos subalternes jusqu’au dernier sans votre présence d’esprit.

Mapassar crispa les poings sous les manches de sa bure.
Il n’avait senti à aucun moment le coup de ce garde du corps. Lui-même n'était même pas certain de sa capacité à affronter une telle créature. S’allier avec les Sith était peut-être une grossière erreur de sa part.
- Est-ce que les droïdes bactérios fournis par l’Empire vous donnent pleine satisfaction ? demanda Dark Proyus.

– La République est sans défense pour le moment. La guerre se déroule selon nos prédictions. J’imagine qu’il y a une autre raison à votre venue. Ne voulez-vous pas en discuter dans un lieu plus confortable ?

J’ai pris la peine de me déplacer pour une explication de vive voix. Deux Jedi ont forcé votre blocus et ont pénétré sur Ilum. Or Seigneur Mapassar, vous m’aviez certifié l’inviolabilité de cette planète.

La présence oppressante du Sith entoura le Zabrak telle une promesse d’exécution devant l’échec. Mapassar déploya toute sa volonté pour demeurer confiant.
– La garnison mandalorienne a appréhendé les deux Jedi. Ils doivent être morts à l’heure qu’il est, Seigneur Proyus.

L’ombre se retira et permit à Mapassar de respirer normalement.
Je l’espère, dans votre propre intérêt. Les Sith protègent cet endroit depuis deux siècles afin que l’Ordre Jedi ne découvre jamais ses secrets. Je n’ai accepté votre coopération qu’à l’unique raison que l’Empire aura besoin de toute son armada pour envahir la République.

– Mais... je ne comprends pas. Notre accord prévoyait que les Jedi Obscur auraient le contrôle des Mondes du Noyau et de la Bordure Intérieure !

Le Seigneur Sith avança d’un pas vers Mapassar, lequel recula de deux d’instinct.
Vous connaissez maintenant l’étendue du gouffre qui sépare nos compréhensions respectives de la Force. Je m’avoue très déçu d’avoir considéré votre Clan comme un égal alors que vous n’êtes absolument rien comparé la puissance illimité des Sith. Cependant si vous demeurez loyaux envers l’Empire, vous ne le regretterez pas.

Paralysé par la déconvenue, le Zabrak baissa néanmoins la tête en signe de reddition.
Oui, les Sith représentaient indubitablement l’espèce dominante de la Galaxie. Auparavant douteuses, les preuves de ce fait se muaient en certitude. Si un simple garde du corps pouvait venir à bout de lui, le Seigneur des Jedi Obscur, alors de quoi était capable Proyus ?
L'alien s’inclinait devant plus fort que lui.
Telle était sa logique et tel était la finalité du code qui régissait le Clan.
« Non, pas juste le Clan. C’est la loi absolue qui gouverne la Galaxie. »
Les Forts dirigent les Faibles...

J’avais oublié de vous présenter mes gardes. Nous nommons les Massacreurs et je vous déconseille, dans votre propre intérêt, de tenter quoique ce soit contre eux. Ils vous détruiraient en un clin d’œil. 

Proyus fit ensuite revenir son subordonné auprès de sa personne et se tourna vers un Mapassar resté muet. Ce dernier ne voulait pas contrarier son précieux allié malgré l’humiliation subie.
Venez, il faut que nous parlions de l’opération Ossus...

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MessagePublié: 29 Juillet 2017, 22:17 
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Bon retour parmi nous après une longue absence Darkliser :mrgreen: ! Avec un Den Schizophrène et des Jedi Noirs qui ne font pas le poids face aux Sith visiblement :twisted: ..


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MessagePublié: 01 Août 2017, 11:56 
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Je vois que Mat est toujours aussi rapide à la détente. J'espère que tu te rappelles toujours de l'histoire, avec tout ce que tu lis... :D



Chapitre 16
 Le Maître et sa Padawan












Dans l’urgence, Den et Vala avaient décidé de poser la carte du bluff, à la manière de joueurs de Sabacc chevronnés. Étendus sur le sol, ils paraissaient de crédibles victimes des fugitifs.
– Sergent ! Deux de nos éclaireurs sont à terre, entendit Den, en remuant le bras.

- Sont-ils vivants ? demanda une voix déformée par le port du casque.

– Affirmatif ! Ils reprennent connaissance !

Den, imité par Vala, releva le buste en simulant une désorientation suivant un assommement. Reconnaissable à son armure grisâtre, le sergent s’enquit de leur identité et parut satisfait de leurs réponses.
– Avez-vous vu vos agresseurs ?

– Négatif, sergent ! Nous avons été pris par surprise. Nous ne nous attendions pas à une attaque en provenance du camp, répliqua Vala d’une voix raide.

Le soldat gradé soupira et réfléchit un instant tandis que ses subalternes se déployaient aux alentours.
– Prévenez les autres patrouilles que les fugitifs sont à présent armés et considérés comme extrêmement dangereux. Maître Sio a donné l’ordre de leur tirer dessus à vue.

Den se souvenait vaguement de son bref combat face au Jedi Obscur. Cette première manche n’avait sans doute servi qu’à attiser son envie de vengeance envers lui.
– Jarga, Rolst ! Retournez au camp et envoyez-nous l’escouade du sergent Brandon.

- À vos ordres ! répliquèrent en chœur les anciens prisonniers.

La Force était avec eux. Les Mandaloriens s’exprimaient en basic et non en Mando’a, dont Vala et Den ignoraient tout. Celui-ci supposa qu’il s’agissait là d’un des changements effectués sous l’influence des Jedi Obscurs.
Ils rebroussèrent chemin en direction du camp mandalorien.
– Bon, le danger s’éloigne pour l’instant, résuma Vala, soulagée. Sio m’a révélé par inadvertance que la garnison se dirigeait vers une espèce de grotte maudite. J’ai aussi entendu un soldat dire qu’elle se trouvait à une cinquantaine de kilomètres, au nord de notre position. Cette épaisse végétation va ralentir notre progression.

– Pour ma part, j’étais bien trop occupé à résister aux tortures, répliqua Den en détaillant Vala. Sio ne t’a pas trop infligé de sévices à ce que je vois.

Le visage du Chevalier Jedi s’assombrit.
– Il a déployé des trésors de manipulation mentale pour briser ma volonté. Je me rappelle encore toutes les horreurs qu’il a glissées dans mon esprit...

– Pardonne-moi, je ne voulais pas insinuer que tu t’en étais tiré à meilleur compte que moi, s’excusa le renégat en repoussant une branche sur son passage.

– Mais Den, il faudra bien que tu m’expliques un jour ce qu’il s’est passé au camp. J’ai pensé que tu avais sombré du Côté Obscur de la Force. Quand nos regards se sont croisés, j’ai cru un instant que tu désirais tuer tout être vivant sur ton passage.

Den éluda la question, mal à l’aise. Le moment était mal choisi et puis il valait mieux taire son secret sur l’existence de Darkliser.
– Trouvons juste ce sergent Brandon.

Ils déambulèrent dans le camp mando qu’ils venaient tout juste de quitter. Une dizaine de soldats arrivèrent à leur rencontre pour s’informer de l’avancée de la poursuite.
– La présence du sergent Brandon et de son escouade est requise pour organiser une battue, expliqua Vala en reprenant un ton militaire.

– Je suis là... annonça une voix bourrue.

Le dénommé Brandon perça les rangs de ses congénères. Ces derniers s’écartèrent et se turent avec un respect mêlé d’une certaine crainte. D’une taille inférieure à celle de Den, le Mando avait le physique trapu et costaud d’un individu privilégiant la puissance et la brutalité au combat.
– Sio m’en avait donné l’ordre de toute façon. Sa colère est une mauvaise chose pour nous depuis qu’il a pris l’habitude de passer ses nerfs sur nos gars, précisa-t-il avec une note de dégoût dans la voix.

Le sergent ne faisait aucun effort pour dissimuler son hostilité à l’égard du Jedi Obscur. De toute évidence, le Clan ne jouissait pas d’une honorable réputation auprès des Hommes en Armure. Mais ce Brandon était le premier à manifester sa désapprobation de vive voix.
« [i]Peut-être un signe de dissension qui pourrait être profitable dans l’avenir.[/i] » Retint Den avec intérêt.
Sur instruction du sergent rebelle, les deux infiltrés se rendirent à l’armurerie. Remplie à craquer de différents fusils et armes lourdes, elle était parfaite pour déclencher une petite bataille.
– J’imagine que nous ne trouverons pas nos sabres laser ici, ironisa Den en lorgnant des grenades sans enthousiasme. Inutile d’aller demander à ce cher Sio où il les a cachés.

– Mais il y a ton pistolet fétiche, indiqua Vala d’un regard.

Den s’en saisit ainsi que d’un fusil et d’une vibrolame, imité par Vala. Ils retournèrent aussitôt auprès de l’équipe de chasse dans l’obscure jungle dans laquelle Brandon terminait son briefing.
– ... les deux fugitifs se dirigeront en toute probabilité vers le nord. Sio m’a révélé que la mystérieuse grotte les intéressait. Soyez prudent au sujet de leurs pouvoirs mystiques. Un droïde les soutient également. En route !

La traque débuta au grand dam de Den, affaibli par la faim et ses blessures. Il fit de son mieux pour grignoter quelques barres énergétiques lors des rares haltes sans pour autant récupérer beaucoup des forces. Les heures défilèrent, parsemées d’inquiétants grognements dans la jungle.
– Ce sont des animaux carnivores. Leur voracité est perceptible à des dizaines de mètres à la ronde, chuchota Vala.

– Ce n’est pas la mienne que tu sentirais par hasard ? J’ai l’impression continue d’être au bord de l’hypoglycémie à tel point que j’imagine des steaks de gizka devant moi, indiqua Den d’une voix faible.

Vala jaugea la démarche lourde de son ami et hocha la tête. Il était à bout de force...
Situé quelques soldats devant elle, la Jedi leva discrètement la main vers le sergent Brandon. La Force instilla des suggestions de repos et ses sensations de fatigue dans l’esprit du guerrier, mais ce dernier poursuivit sa route. Vala se rappela la mentalité de ce peuple basé sur le courage et l’honneur et comprit que Brandon était un dur à cuire. Par conséquent, elle raffermit son emprise sur la volonté de l’humain jusqu’à lui provoquer des maux de tête, au risque de se faire découvrir.
Il ralentit enfin la cadence.
- Vous allez bien, sergent ? interrogea le soldat qui précédait son supérieur.

– Pas vraiment... nous devrions nous arrêter ici pour la nuit, caporal. Donnez l’ordre d’établir le camp ! répliqua Brandon, troublé.

Ainsi le groupe d’une vingtaine d’individus fit halte au bord d’une rivière et s’attela à monter des tentes. Den les imita avec soulagement.
– Impressionnant, Vala, murmura-t-il.

– Merci. Ce sergent est plus têtu qu’un boma enragé, indiqua Vala. J’ai repéré un endroit à l’abri des regards indiscrets. Nous devrions pouvoir t’y soigner et nous laver en toute quiétude.

Den haussa un sourcil sous le casque.
– Je ne suis pas contre. Mais si les Mandos voient nos corps battus, ils comprendront que nous ne sommes pas des leurs.

– Nous prétexterons une petite ronde de routine. Je te rappelle que nous faisons partie de l’unité des éclaireurs.

Le jeune homme céda devant la réjouissante perspective de se débarrasser de toute sa crasse. Avec l’accord du sergent, Vala le guida jusqu’à une source d’eau qui quittait la rivière principale. Elle fit le guet pendant que Den se glissait nu dans l’étang. Malgré l’omniprésence de la vase, il apprécia tellement cet instant de détente qu’il ne se formalisa pas des choses qui lui frôlaient les mollets. Une fois débarrassé de la poussière et du sang collé à sa peau, il fit signe à Vala.
– Quel plaisir ! J’ai l’impression de renaître de mes cendres, s’extasia l’ancien Padawan en montrant son dos zébré de lacérations.

– Ne remets pas ta chemise de suite, je dois encore te soigner. Mais je m’en abstiendrais si tu oses me reluquer, le prévint Vala en ôtant ses sous-vêtements.

Den haussa les épaules et prit le casque de Rolst.
– En attendant, je jette un coup d’œil aux banques de données. J’y découvrirai peut-être une information utile.

Entre-temps, la Jedi se glissa dans l’eau en provoquant des vagues à sa surface. La Force l’envahit d’un sentiment de méfiance envers cette étendue aquatique en apparence calme.
« Selon l’ami de Kawashi, la faune est dangereuse... » se rappela-t-elle.
La température était agréablement fraîche comparé à l’air ambiant, mais Vala se lava le plus vite possible, mal à l’aise.
C’est alors que son impression se transforma en certitude. Elle tourna la tête vers le centre du point de l’étang et vit l’image fugitive d’un œil unique et protubérant dépassant de la surface. Quelle que soit cette apparition, elle avait momentanément disparu et se déplaçait sous l’eau.
Vala sentit qu’elle était la proie et amorça un geste pour retourner sur la berge.
La créature déploya des tentacules qui s’enroulèrent autour de ses hanches dénudées, avant de l’entraîner au fond en silence.
« Un dianoga... » réalisa Vala sans panique.
La plupart des Jedi savaient manipuler les pensées des êtres intelligents, à fortiori des animaux, et Vala en faisait partie. Elle projeta sa conscience vers l’esprit primitif du Dianoga, lequel éprouvait une joie féroce devant la capture d’une proie aussi imposante. Il changea vite d’avis lorsque la Force le convainquit de l’extrême dangerosité de sa prise. Apeurée, la créature abandonna Vala sans demander son reste.
Concentré sur le casque, Den n’avait rien remarqué de la bataille silencieuse lorsque Vala sortit de l’eau. Elle jugea inutile de l’en aviser et ôta un médipack de son armure.
Den la remercia du regard, mais Vala se dépêcha, car le coriace sergent Brandon ordonnerait bientôt la reprise de la marche...



 
****************





Kalin suffoquait lentement sous les débris, incapable de se libérer. Il devait son salut uniquement à sa spécialité, un Bouclier de Force, qui l’avait protégé du gros de l’avalanche de gravats. Épuisé par sa tentative réussie de masquer sa présence à la créature Sith, il s’était néanmoins donné une chance de s’échapper de l’usine vivant. Malgré tout, une poutre écrasait sa poitrine à petit feu et saccadait sa respiration. Le Maître Jedi essayait de la déplacer millimètre après millimètre, mais ce faisant, une imposante masse de permabéton menaçait de la réduire en bouillie.
Concentrant ses forces, Kalin prit une grande inspiration et libéra son pouvoir en un instant. Il esquiva in extremis le bloc d’une roulade latérale. Bientôt, la poussière retomba, il s’était dégagé.
« [i]La routine... [/i]» pensa-t-il en enlevant la poudre qui blanchissait sa barbe.
Son regard désolé s’attarda un moment sur le corps d’Avada-Jumi.
La présence d’une entité Sith sur Ossus présumait du pire pour l’avenir des Jedi. Ni Viridia, ni Taveel, ni aucune autre personne n’avait vu venir ce tour de force.
Deux Jedi humains ouvrirent la porte, l’air alarmé.
– Maître Notsun ! Le Conseil a ressenti le Côté Obscur en provenance de cet endroit, mais nous ne nous attendions pas à vous retrouver ici, lui apprit l’un d’eux.

– Amenez-moi dans les plus brefs délais auprès de Maître Viridia. Il y va de la vie de tous les habitants de la planète ! Intima Kalin d’un ton autoritaire.

L’ancien mentor de Den nota enfin l’apeurement du tandem de Chevaliers.
- Que s’est-il passé ? demanda-t-il avec un mauvais pressentiment.

– C’est l’anarchie la plus totale à l’extérieur. Plusieurs Jedi nous attaquent et tuent sans distinction les habitants. Le Conseil espérait découvrir des indices ici.

Kalin hocha la tête pour signifier qu’il avait compris la situation. Laydus et le Sith passaient à l’action et l’heure de la réflexion s’achevait avec le début du bain de sang.



***************



Dès leur approche d’Ossus, Lyra et Zurth perçurent des troubles dans la Force.
Quelque chose n’allait pas...
Plusieurs épaisses colonnes s’élevaient de la cité jusqu’aux nuages. Lyra devina qu’une attaque directe contre l’Ordre était en cours.
- Un de ses panaches provient du Temple ! cria Zurth. Mais que se passe-t-il ici ?

Lyra le vit hésiter sur la direction à prendre, car les hangars Jedi étaient en proie à la voracité des flammes. En se rapprochant de la surface, l’adolescente n’en crut pas ses yeux. Des combats au blaster et au sabre laser s’engageaient dans de nombreuses rues.
- Mes sens me trahissent-ils, Maître ? murmura-t-elle, choquée.

– Je crains que la réalité ne nous ait rattrapés. Je ressens la mort de nos frères et sœurs déjà tombés.

Le Feu Ardent intercepta une communication cryptée en provenance du Temple. Un hologramme réduit de Maître Taveel apparut sur le tableau de bord.
– À tous les Jedi qui reçoivent ce message d’urgence, une voie d’atterrissage est dégagée à côté de la Tour de Nomination. Rendez-vous là-bas pour un briefing sur la situation et surtout, ne prenez pas part aux combats ! Que la Force soit avec nous tous !

Le Korun disparut du support holographique miniature à l’instant où Zurth entamait un virage vers le lieu de rassemblement.
– Nous savons quoi faire au moins, mais le mystère s’épaissit, remarqua Zurth avec flegme.

Lyra sortit les trains d’atterrissage sans se départir du regard soupçonneux qu’elle lançait à son Maître.
– Quelles sont vos intentions concernant Den ? La République aura besoin de notre soutien lorsqu’elle attaquera Ilum.

L’expression de l’humain demeura aussi insondable que les profondeurs d’un trou noir.
– Dis-moi une chose, Lyra. Entre ton amitié pour Den Liser et ton serment envers l’Ordre, lequel fait pencher la balance ? demanda-t-il d’une voix neutre.

- Que voulez-vous dire ? s’étonna-t-elle.

– Notre lien Maître-Padawan est puissant. Je ressens le dilemme qui déchire ton cœur, mais tu arrives à la croisée des chemins désormais. Un choix se dessine devant toi. Vas-tu honorer ton devoir de Jedi en portant secours à l’Ordre ? Ou bien préfèreras-tu nous quitter afin de rejoindre ton ami ?

Le Feu Ardent se posa, mais Lyra resta figée et muette. Elle comprenait que son Maître lui lançait un ultimatum. Ce dernier devait bien arriver un jour. Au fond d’elle-même, la jeune femme l’avait toujours su.
La justesse des paroles de Zurth l’apeurait, à cause de l’irréfutable vérité qu’elles recelaient.
« Je dois choisir la voie que j’emprunterai pour le reste de ma vie... »
Si elle demeurait aux côtés de son Maître en abandonnant Den à son sort, elle le regretterait tout le reste de son existence. Le poids de la culpabilité l’accablerait un temps, mais peut-être qu’avec les années, elle l’accepterait et s’adonnerait corps et âme aux préceptes de l’Ordre. Pourtant, cette blessure ne se refermerait jamais totalement.
Deux perles liquides jaillirent de ses yeux émeraude, reflets parfaits de ses sentiments.
Ils étaient si intenses, si réels, qu’elle se demanda si la Force lui transmettait un message d’avertissement.
Le visage soucieux de Zurth s’effilochait devant elle.
Oui... la Force agissait pour lui offrir la meilleure alternative.
Tel un rêve éveillé, des images floues de Den et Vala dans une jungle austère apparurent. C’était la seconde voie.
Confuse et fluctuante, la vision instillait des émotions contrastées dans son cœur.
Bonheur, tristesse, colère, amour... tel était son avenir si elle choisissait de se rendre sur la planète aux cristaux.
Et soudain, la Padawan retourna dans l’urgence du présent. Zurth la fixait toujours avec intensité et attendait sa réponse.
– Ce n’est pas bon d’hésiter sur ses convictions, Lyra.

Surprise, Lyra réalisa que ses yeux étaient secs. Elle n’avait pleuré que dans son rêve et son Maître ignorait tout de sa vision. Sa décision prise, sa voix tremblante lui parut fluette.
– Je me félicite d’avoir eu pour précepteur un Jedi tel que vous et j’ai beaucoup appris à votre contact. Mais je vous reproche de m’avoir toujours considéré comme un simple réceptacle de votre savoir. Vous n’avez jamais perçu les sentiments que je conservais en moi.

Sa voix gagna en assurance.
– J’ai déjà perdu la profonde amitié qui me liait à Josh et je refuse qu’il en soit de même pour Den. Je l’aime ! comprenez-vous ? Et si ce sentiment est incompatible avec mon serment de Jedi alors il ne me reste plus qu’à quitter l’Ordre.

La Padawan s’était levée sans s’en rendre compte. À sa grande surprise, Zurth sourit avec une tendresse qu’elle n’avait jamais vue chez lui et se hissa à son tour hors du siège.
– Tu dis vrai à mon sujet, je ne peux le nier. Pourras-tu un jour me pardonner pour ma négligence ? Un Maître ne doit pas seulement aider son Padawan à devenir Chevalier. Je regrette de n’avoir été qu’un avatar du Code Jedi, Lyra. Une flamme farouche danse au fond de tes yeux et je serais bien incapable de l’éteindre afin de te conserver à mes côtés. Je comprends ta décision...

Le Maître tendit une main ouverte dans sa direction.
– ... Mais puisque tu n’es plus membre de l’Ordre, remets-moi ton sabre laser.

– Quoi ? J’en aurais besoin pour secourir Den et Vala ! bégaya-t-elle, abasourdie.

– Si tu refuses d’obtempérer, je m’en emparerai par la force, insista Zurth d’une voix dure.

Auparavant triste, l’expression de l’homme s’était muée en masque de froideur. Lyra ne comprenait pas les motivations qui régissaient cette approche agressive. C’était comme si elle avait subitement à faire à une personne différente.
– Que vous arrive-t-il, Maitre ? articula Lyra reculant d’un pas vers l’extérieur du cockpit.

Zurth Draal se figea de toute sa hauteur.
– Désormais, je ne suis plus ton Maître !

Son sabre laser se décrocha de sa ceinture et atterrit sans sa main toujours. D’une pression, il l’activa devant une Lyra effrayée.
- Va-t’en et ne reviens jamais devant moi ! hurla-t-il de toute la puissance de sa voix.

Secouée de sanglots et terrifiée, l’adolescente se précipita hors du vaisseau. Les questions sans réponse s’enchaînaient dans son esprit embrouillé. Son ancien Maître sombrait dans la folie...
Elle remarqua à peine les bâtiments endommagés et fumants autour d’elle.



Après la fuite de Lyra, le Maître Jedi accusa une soudaine lassitude et s’effondra dans le siège de pilote.
Chaque parole de sa Padawan l’avait transpercé de part en part telle une nuée d’aiguilles. Pourtant, ce n’était rien comparé à la tristesse qu’il éprouvait après l’avoir forcé à la fuite.
Il se remémora les nombreuses fois où Lyra n’avait reçu que des lignes du Code au lieu d’un simple mot réconfortant, un simple signe humain. Jamais Zurth Draal n’avait été un père pour elle, seulement une espèce de droïde préprogrammé à enseigner l’art Jedi. En somme, il méritait le sort qui l’attendait à l’extérieur...
Par le biais de leur lien étroit, Zurth était persuadé qu’elle et lui avaient entraperçu des futurs possibles.
La Force Unificatrice vénérée par les Jedi prônait la contemplation et la projection vers l’avenir afin de prendre la meilleure voie concevable. Et un choix s’était aussi imposé à Zurth.
Parmi les deux destinées entrevues, il y avait toujours eu un mort et il préférait rejoindre la Force, avec sa conviction que Lyra survivrait par son sacrifice.
Le Jedi se leva en sentant l’approche d’un puissant adepte du Côté Obscur et serra la prise sur la poignée de son sabre.
Il ne fuirait pas devant la difficulté !
Une fois à l’extérieur du Feu Ardent, Zurth réalisa la gravité de la situation.
Des gens s’enfuyaient en tous sens dans le plus complet affolement. Certains tenaient des enfants par la main, d’autres portaient des blessures. Zurth fut frappé par la terreur dans leurs yeux lorsqu’ils l’aperçurent.
La Force ne lui était d’aucun secours pour comprendre la situation, mais l’apparition de deux civils poursuivis par un couple de Jedi Twi-Lek lui confirma la marche à suivre. Zurth barra leur route en lançant un regard apaisant aux deux fuyards.
« Pourquoi attaquent-ils les habitants ? »
Le Maître eut la réponse lorsqu’il croisa les expressions nébuleuses des natifs de Ryloth.
« Je ne ressens rien en eux, aucune émotion, aucune volonté... le néant. »
Un Sullustéen corpulent déambula d’une rue adjacente et se figea en voyant le dos de la Jedi Twi-Lek. Cette dernière pivota sur elle-même avec la grâce d’une danseuse. Sa lame bleue transperça la poitrine de l’alien qui expira dans la seconde suivante.
Zurth activa son propre sabre, convaincu qu’il était impossible de ramener à la raison un être sans esprit. Un mur explosa entre les trois adversaires. Le corps fumant d’un Jedi humain heurta le sol et glissa jusqu’à Zurth qui leva la tête vers son bourreau : Un Kel Dor.
« Ce n’est pas Maître Kom du Conseil... » conclut-il.
– De mieux en mieux...



Malgré sa formation de Jedi, Lyra était en proie à un flot continu d’émotion depuis sa fuite forcée du Feu Ardent.
Une sombre entité ravageait la cité, son foyer, et même le Temple. Plusieurs vaisseaux de corporation et civil s’élevaient dans le ciel rouge sang afin de passer au travers du chaos.
« Twick... sa boutique est à deux pas »
Son ami rodien pourrait peut-être l’informer sur l’origine de cette bataille.
Elle bifurqua vers la Grande Place, en proie à plusieurs échauffourées entre la milice et des Jedi.
De nombreux corps jonchaient le sol défoncé et noirci par des impacts.
« Cela n’a aucun sens ! Pourquoi les douaniers affronteraient-ils les Jedi ? »
Le cœur lourd, Lyra ignora les combats et parvint en vue de la boutique délabrée de Twick. Celui-ci en sortit brusquement sous une rafale de lasers.
– Echuttas ! Vous prendre ça et ça ! jura l’alien en tirant vers l’intérieur.

D’une agile roulade, le Rodien esquiva une salve alors que ses adversaires débarquaient en force. Lyra reconnut des chasseurs de primes à leurs tenues vestimentaires bardées de gadgets et d’armes en tout genre.
– Twick ! C’est Lyra ! Viens te protéger derrière moi !

L’alien tourna sa face d’insecte vers elle l’espace d’un instant que mit à profit un Aqualish pour glisser une grenade à fragmentations. Lyra invoqua la Force pour renvoyer le projectile à son propriétaire. Surpris, celui-ci mourut dans la déflagration en même temps que l’un de ses compères.
– Lyra Mayn arriver à point nommé pour sauver Twick ! glapit le Rodien en tirant en arrière.

Mais le laser s’écrasa sur une robuste armure portée par un Twi-Lek.
– Je croyais qu’un ancien mercenaire tel que toi serait mieux armé, répliqua Lyra avec un sourire. Reste à couvert derrière cette carcasse de speeder. Je m’occupe de ces brutes !

Trop ravie d’avoir un prétexte pour évacuer ses pensées noires, elle se retrouva au milieu du groupe d’agresseurs d’un saut.
Le Twi-Lek aboya un ordre à ses derniers mercenaires, deux Humains, qui la braquèrent de leurs fusils. Lyra intercepta la trajectoire du premier tir et dévia le second vers le ciel avec dextérité. D’une contorsion de son poignet, elle retourna les suivants vers les ennemis, lesquels n’échappèrent pas à leur juste châtiment.
Lassée par toute cette violence, la jeune femme décida de laisser une chance de retraite au Twi-Lek.
– Quitte cette planète et ne revient jamais, siffla-t-elle, sa lame ocre braquée sur la gorge de l’assaillant.

Celui-ci jeta son arme au pied de la Padawan en signe de reddition et se sauva à toute jambe.
– Lyra Mayn devenue forte, observa Twick, impressionné.

– La fillette que tu as connue jadis meurt en même temps que cette planète, répliqua Lyra, le regard vissé sur le panache de fumée s’élevant du Temple.

Twick posa une main compatissante sur son épaule.
– Jedi avoir attaqué autres Jedi avec chasseurs de primes. Twick penser que mercenaires attirer par appât du gain. Nous pas devoir rester ici Lyra Mayn. Nous être en grand danger.

Lyra approuva.
De toute manière, le marchand n’en savait guère plus qu’elle sur ces tueries.
– Rendons-nous à l’ambassade de la République. Nous pourrons peut-être y trouver de l’aide par le biais d’Owen Mordum. Espérons qu’il soit toujours en vie.






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MessagePublié: 06 Août 2017, 16:54 
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Très long cet extrait! Mais que c'est bon :mrgreen: , j'en reveux, j'en reveux!
Ossus sombre le chaos tandis que Den Et Vala apprennent à jouer les ptits mandies :twisted: ..

Sacré dilemne pour Lyra et Et elle a fait un choix: celui de l'aammoouurrr :P !


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MessagePublié: 07 Août 2017, 13:57 
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mat-vador a écrit:
Très long cet extrait! Mais que c'est bon :mrgreen: , j'en reveux, j'en reveux!


Ton voeu est exaucé 8-)


mat-vador a écrit:
elui de l'aammoouurrr :P !

Tiens, ça me rappelle un certain "Happy" :D



Chapitre 17
Tragédie








Même l’ambassade n’avait pas échappé aux combats qui déchiraient la cité d’Ossus. Les cadavres aux couleurs de la République jonchaient le hall d’entrée, la plupart marqués par des démembrements au sabre laser.
Bien que Maître Taveel ait donné l’ordre à tous les Jedi de se rendre à la Tour de Nomination, Lyra doutait que le Temple soit encore sûr, comme tout autre endroit au sein de la cité. Elle devait trouver des renforts qui accepteraient le voyage jusqu'à Ilum.
– Nous devoir s’enfuir d’Ossus Lyra Mayn. Ami Lyra Mayn probablement mort, réagit Twick, peu rassuré.

– Owen Mordum a montré des compétences et une intégrité digne d’un Jedi. Ce n’est pas chose aisée que de gagner la confiance de Maître Notsun, à qui il doit la vie par ailleurs. Je pense qu’il aidera son ancien Padawan à se sortir des griffes mandaloriennes, lui expliqua Lyra avec patience. De plus, l’ambassadeur sera un atout si nous voulons convaincre la République du bien-fondé de notre requête.

Elle intima le silence à son compère et tendit l’oreille. Des bruits de combats semblaient provenir de l’intérieur du bâtiment diplomatique.
– Suis-moi...

Le Rodien marmonna un juron dans sa langue natale, mais consentit à lui emboîter le pas. Ils progressèrent jusqu’à un corps de Jedi.
– Il faisait partie de mon groupe de Novices lorsque Maître Viridia nous enseignait les bases de la Force, révéla-t-elle avec tristesse.

Elle écarta la main du mort et s’empara de son arme quand soudain, une forme indistincte déambula dans le hall en brandissant une vibrolame. C’était un Cathar, une race à l’aspect félin, vêtu d’une bure de Jedi. Du sang tachait le fin duvet de ses mains et son visage inexpressif ressemblait à celui d’un fantôme, à l’image de ceux qui attaquaient les habitants sans distinction.
L’agilité naturelle de l’homme-chat, accrue par la Force, lui permit d’éviter les tirs de Twick. En réponse, Lyra activa conjointement son sabre et celui du mort à ses pieds. Le Cathar s’avança, mais une personne en armure républicaine jaillit d’une pièce sur le côté et enfonça une épée dans sa hanche jusqu’à la garde. L’homme retira sa lame ensanglantée d’un coup sec, achevant son opposant qui émit un râle d’agonie.
Lyra eut un mouvement de recul lorsque l'inconnu redressa ses deux mètres de muscles hypertrophiés.
– Votre tour arrive, sales assassins ! Proféra ce dernier.

Malgré le visage déformé par la haine, Lyra reconnut Owen Mordum à l'ultime moment.
– Owen ! Je suis Lyra Mayn ! Je ne suis pas avec les meurtriers !

L’expression de l’ambassadeur s’adoucit lorsqu’elle désactiva ses sabres laser pour paraître amicale.
– Tu as raison... eux ne parlent pas. Ils se contentent de tout saccager sans le moindre état d’âme. Sais-tu qui est l’instigateur de ce massacre ? Depuis mon retour de Coruscant, il ne s’est passé que des évènements bizarres et inexplicables.

La jeune femme s’apprêta à répondre, mais elle sentit brusquement une présence d’une noirceur insoutenable. Elle tomba à genoux, ses mains crispées sur la tête.
– Je ressens le Côté Obscur mêlé à une force inimaginable de méchanceté, de cruauté et d’envie de sang. C’est très proche ! Je suis si bouleversée... nous devons fuir cet endroit coûte que coûte !

– Paroles de Lyra Mayn gagner en intelligence, approuva Twick qui se tenait à l’écart d’Owen. Cargo du pauvre Twick être bon pour la casse à cause de chasseurs de primes. Où être vaisseau Jedi ?

Lyra combattit la douleur et les enjoint à la suivre à l’extérieur.
La nuit était tombée, mais les affrontements se poursuivaient sur la Grande Place imparfaitement tapissée de cadavres et de diverses traces calcinés. Au centre, deux personnes de taille inégale se défiaient du regard. La source du Côté Obscur émanait de la plus petite des silhouettes qui ressemblaient fortement à celle d’un enfant. Elle se rapprocha du duel et resta bouche bée devant l’identité du second protagoniste.
C’était Zurth Draal, son ancien mentor.
Voûté par la fatigue et les blessures, celui-ci remarqua la présence de Lyra :
– Fuis ! Tu ne peux empêcher l’accomplissement de ma destinée !

Et c’est alors que la vérité frappa Lyra dans toute son ampleur.
Des larmes d’impuissance coulèrent de ses prunelles émeraude lorsqu’elle comprit la raison du comportement étrange de Zurth. En anticipant la rencontre avec cette créature remplie de ténèbres, celui-ci l’avait forcé à la fuite sous prétexte de lui reprendre son sabre laser.
« Il sacrifie sa propre vie pour me sauver ! Il savait pertinemment que je n’aurais pas voulu l'abandonner autrement ! »
Vaincu, Zurth tomba à genoux devant son adversaire sans quitter Lyra des yeux. Il sourit comme un père le ferait à sa fille.
Lyra crispa ses doigts sur la poignée inactive de son sabre. Un geste qui n’échappa pas à Owen.
– Je te comprends plus que tu ne l’imagines, Lyra. Malgré tous mes efforts, ma compagne m’a été arrachée sur Coruscant il y a peu. Tu ne peux le sauver, il est trop tard. Respectes son sacrifice et survie... déclara le Républicain d’un air sombre.

Mais Lyra était incapable d’abandonner son ex-mentor. Trop loin et déjà à la merci de l’ennemi, Zurth Draal était pourtant perdu. Owen la ceintura pour empêcher toute intervention de sa part lorsque le Sith attira Zurth vers lui...


**************

Quelques minutes auparavant...


Zurth éprouvait de grandes difficultés dans son combat.
Malgré leur absence d’esprit, les trois Jedi ennemis conservaient toutes les connaissances et techniques de leur vie antérieure. La douleur et la fatigue ne semblaient pas affecter leurs mouvements, comme s’ils n’étaient que des morts ressuscités.
Ainsi la situation de Zurth serait sans issue s’il n’avait pas découvert leur point faible.
« Vidés de tout esprit créatif, ils ne peuvent ni innover ni s’adapter. »
Même en sachant cela, le Maître ne parvenait pas à prendre l’avantage sur le trio et il se vidait lentement de toute son énergie à force de défendre sa position.
Il décida de troquer le prudent Soresu pour le Djem-So plus agressif et risqué. Une impression de force pure se dégagea de chacun de ses gestes tandis que ses ennemis se déployaient autour de lui.
- Vous allez découvrir la technique qui a vaincu Odénout Mapassar ! prévint-il en empoignant son sabre à deux mains.

Zurth avança vers le Kel Dor devant lui. Son enchaînement de coups surpuissants força l’alien à reculer dans un intense grésillement. L’avantage était du côté de son côté dans ce duel, mais ils n’oubliait pas les deux Twi-Leks. À l’instant où il ouvrit la garde du Kel Dor, la Twi-Lek lança son sabre laser qui virevolta vers sa tête. Vigilant, Zurth se baissa, puis sauta par-dessus son adversaire direct. Déconcentré par l’arme volante de son alliée, ce dernier ne put éviter la lame bleutée de Zurth. Laquelle vibra dans l’air et trancha net son cou.
« Plus que deux... »
Zurth se réceptionna, prêt à en découdre avec le duo de Twi-Lek. Ceux-ci ourdissaient déjà leur riposte, leurs bras levés vers le Maître. Les appuis de ce dernier s’évanouirent lorsque la Force le souleva d’une trentaine de centimètres. Incapable de déjouer cette attaque, Zurth se focalisa sur une technique de son vieil ami, Kalin. Les Twi-Leks le projetèrent sur le sol avec une puissance suffisante pour briser chaque os de leur victime. L’impact zébra les dalles sous Zurth dans un brouillard de poussières.
Heureusement, il avait usé d’un Bouclier de Force pour atténuer le choc et préserver sa vie.
Zurth se releva avec difficulté, mais son bras gauche ensanglanté pendait sur le côté et irradiait une terrible douleur.
« Impossible de recourir au Djem-So avec une telle blessure. »
Le Jedi analysa son environnement à la recherche d’une aide extérieure tandis que le tandem de Twi-Lek progressaient dans sa direction.
Et l’idée lumineuse lui apparut, aussi visible qu’un Hutt au milieu d’une foule.
Rassemblant ses dernières forces, Zurth crispa sa main valide vers un bâtiment éventré et provoqua une Poussée de Force sur l’unique pilier qui le maintenait d'aplomb. L’immeuble s’effondra sur les faux Jedi dans un grand fracas de tôles froissées.
Zurth s’adossa contre un pan de mur encore debout, le souffle court, le corps courbaturé.
Sa capacité à maîtriser la Force s’étiolait aussi, à mesure que baissait sa lucidité.
Il arracha un morceau de sa bure en lambeaux et confectionna un garrot pour sa blessure à l’épaule. Son regard se tourna vers le Temple Jedi, par delà la Grande Place d’Ossus, mais il se figea en remarquant une petite silhouette esseulée.
Elle ressemblait à celle d’un enfant, Zurth entraperçut un visage ridé et décoré par deux yeux rougeoyants. La corruption du Côté Obscur l’entourait telle une bulle malfaisante et sentait la mort.
À bout de force, Zurth comprit que sa vision se concrétisait.
– Ta vie s’achève ici, Jedi, siffla le Sith. Et tu n’as plus besoin de ça.
Il se débarrassa du sabre de Zurth avec la Force lorsque celui-ci tenta de l’activer, et projeta le Jedi au centre de la place d’un geste désinvolte. Zurth grogna de douleur, l’épaule déboitée, mais il se releva en percevant une présence familière.
Il leva les yeux vers Lyra, à l'entrée de l’ambassade républicaine.
– Fuis ! Tu ne peux empêcher l’accomplissement de ma destinée !

Si heureux de revoir sa protégée une dernière fois, Zurth sourit avec tendresse. Ces sept années passées à lui apprendre l’art Jedi furent pour lui les meilleures de sa vie. Maintenant, il pouvait partir en paix. Lyra survivrait, car le Conseil se rapprochait de la Grande Place.
Et même la Force obscure qui l’attira vers le monstre Sith ne suffit pas à dissiper son sourire ; la lame de sabre laser qui transperça son cœur ne lui ôta pas plus son sentiment du devoir accompli...

 


*************



Et Lyra hurla d’horreur lorsque son ancien Maître s’affala par terre pour l’ultime fois.
- Lâche-moi ! cria-t-elle à l’adresse d’Owen.

Mais le Républicain était résolu à la protéger d’elle-même et resserra son étau. Twick tenta à son tour de calmer sa détresse.
– Jedi arriver ! Eux s’occuper du monstre pendant que nous fuir !

Le Rodien avait raison, car Lyra repéra une dizaine de formes obscures sortir du Temple. Suivi de plusieurs membres du Conseil, Taveel se tenait parmi eux, son sabre laser couleur or flamboyant dans la nuit.
- Laissez-moi ! insista-t-elle en se libérant d’un coup de coude.

– Quelle furie... gémit Owen.

Lyra voulut se rendre auprès du corps de Zurth, indifférente au danger, mais quelqu’un apparut par-derrière et la frappa à la tête. Malgré la promiscuité environnante, Owen reconnut Kalin Notsun. Lui aussi semblait blessé avec sa bure déchiquetée à maints endroits et sa tunique tachée de sang.
– Zurth a sacrifié sa vie pour elle. Je ne crois pas que le meilleur moyen de soutenir ce noble geste soit de se jeter dans la gueule du rancor. Cette idiote n’a pensé qu’à sa vengeance... s’expliqua froidement Kalin.

Derrière lui, au centre de la place, un combat titanesque débutait entre les conseillers et le Sith.
– Maintenant, partez au Feu Ardent, contactez la flotte de la République et empruntez la route d’Ilum, reprit Kalin d’une voix forte. Oh et vous aurez besoin de ça !

Il lança un calepin électronique, attrapé en vol par Owen.
– Qu’est-ce que c’est ?

– Montrez-le juste à un officier supérieur de la République. Il saura la marche à suivre. Pour ma part, je reste ici afin de vaincre cette créature endiablée.

Sur ces paroles, le vaillant Jedi se précipita en direction du combat qui gagnait en intensité.
Owen réfléchit un instant, les yeux rivés sur le datapad.
Sans l’appui de plusieurs Chevaliers, la République n’aurait aucune garantie de victoire. Mais Owen avait appris une chose primordiale au contact de Kalin.
« Devant une volonté d’acier, une détermination sans faille et un courage à toute épreuve, le nombre d’ennemis importe peu. »
– Je dois la vie à Kalin alors je me rendrais sur Ilum pour honorer cette dette, déclara-t-il en soulevant le corps inanimé de Lyra.

Twick hésita un instant.
Même pendant sa période en tant que mercenaire, le Rodien n’avait jamais été courageux. Seule son ingéniosité couplée à son talent de confection d’armes demeurait depuis toujours ses qualités. Malgré cela, il se découvrit un honneur qu’il ne pensait pas posséder.
– Twick avoir aussi vieille dette envers Den Liser. Twick avoir envie de se cacher, mais lui refuser toute lâcheté. Rodien venir avec vous !

 *************


Le Conseil dans son ensemble, à l’exception notable de Viridia et du défunt Avada-Jumi, encerclait le Sith. Le visage tendu des membres était déformé par l’aversion profonde qu’ils éprouvaient envers l’abomination responsable de la mort de nombreux Jedi et habitants d’Ossus.
Kalin percevait les échos dans la Force laissés par toute cette violence, tous ces meurtres de sang froid. Il n’en revenait pas de la rapidité avec laquelle la situation s’était dégradée à l’insu de tous.
Mais maintenant, il était grand temps de riposter !
L’ancien Maître de Den prit place au sein du cercle au moment où Taveel amorça la conversation sur un ton glacé :
– Le piège se referme avec l’inéluctabilité de votre défaite, créature de l’ombre !

Jadis pourvu d’une apparence infantile, le petit Sith ressemblait désormais à une monstruosité difforme victime de mutations. Un liquide noirâtre et suppureux perlait de ses yeux rougeoyants et sa peau ridée, aussi blanche que celle d’un cadavre, se craquelait à divers endroits de son visage. Kalin supposait que l’immense puissance du Côté Obscure qui habitait un corps si juvénile le corrompait à vitesse V.
– Je ne suis ici que dans l’unique but de porter un coup fatal à l’Ordre Jedi, émit le Sith par voie télépathique à l’ensemble du cercle Jedi.

Une vague de ténèbres se déploya à partir du petit être et s’immisça en Kalin. Ce dernier chancela, en proie à de violentes nausées, et, d’un coup d’œil fugitif, réalisa qu’il n’était pas la seule victime de cette attaque. Tous les autres membres du cercle souffraient également des mêmes maux.
Et le pire était à venir...
Des voix inintelligibles envahirent l’esprit de Kalin, provoquant une réminiscence du moment le plus difficile de sa vie.

**********


Tel un cauchemar plus vrai que nature, Kalin se apparut face à une version de lui-même rajeunie d’une vingtaine d’années, à l’intérieur d’un appartement. Sa réplique fixait une femme à la chevelure brune et d’une grande beauté que même son ample tunique Jedi ne parvenait à dissimuler.
– Nous nous retrouvons enfin, Asha, annonça le jeune Kalin, la voix chargée d’émotion.

Le doux sourire d’Asha l’accueillit, mais il contrastait avec la tristesse exprimée par ses prunelles. Le Kalin d’aujourd’hui vissait son regard sur elle comme s’il la rencontrait pour la première fois. Il était horrifié, car il se rappelait la tournure tragique que prendrait cette conversation ; il était pourtant au moins aussi heureux que sa jeune réplique de revoir une fois de plus ce visage tant adoré.
La douceur de ses cheveux, la perfection de ses courbes, le goût légèrement fruité de sa bouche... toutes ses sensations demeuraient gravées dans son âme à jamais. Mais rien parmi ses attraits physiques ne constituait les meilleures armes de séduction d'Asha.
Non...
Depuis toujours, c’était son immense bonté et sa compassion désintéressée. Telles des flèches, elles avaient touché le cœur de Kalin et mis à mal son serment de Jedi.
– Kalin... je suis si heureuse de te revoir, mais tu n’aurais pas dû venir à ma rencontre, répondit-elle.

Une étincelle d’incompréhension traversa le regard du jeune Kalin.
– Comment ? Voilà un an standard que tu n’es pas revenu au Temple à cause de cette mission. Et pourtant, mes pensées ont toujours dérivé vers toi et notre amour partagé.

Le Jedi voulut lui prendre la main, mais celle-ci la retira avec brusquerie. Le désarroi de Kalin s’accrut lorsqu’elle détourna la tête, refusant de croiser son regard.
– Que se passe-t-il, Asha ?

– Cette mission traîne en longueur, car je l’ai voulu ainsi. Il s’agit du seul moyen pour rester à l’abri de l’Ordre.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? demanda Kalin, la gorge sèche.

Ce dernier éprouvait un mauvais pressentiment qui n’avait rien à voir avec sa pratique de la Force. En venant la rejoindre sur Fassa, il avait juste désiré plonger dans ses yeux auburns et entendre sa joie et sa surprise devant son apparition à l’improviste.
Mais rien ne se passait selon ses espoirs...
– J’ai... j’ai eu un fils. Je suis restée ici afin que personne ne remarque ma grossesse, surtout pas toi. Pardonne-moi, Kalin, l’implora-t-elle, les larmes aux yeux.

Cette nouvelle foudroya son interlocuteur, lequel sentit une puissante vague d’émotions négatives l’envahir. Comment avait-elle pu le trahir, lui, avec un autre homme ?
Quant au Kalin du présent, il souffrait d’un chagrin qu’il pensait avoir surmonté depuis longtemps.
Quand il suppliait que cette torture cesse, elle gagnait en clarté et en intensité ; quand il voulait fermer les yeux, une étrange force l’en empêchait ; et quand il posait les mains sur ses oreilles, Kalin entendait la conversation plus disctement.
Il était obligé de revivre une nouvelle fois ce qui demeurait encore comme le souvenir le plus terrible de sa mémoire.
Son double parla d’une voix frémissante d’indignation et de colère.
– Mais... je croyais que tes sentiments et les miens ne faisaient qu’un !

Asha pleurait à chaudes larmes. Le jeune Kalin sentait sa profonde détresse à l’idée de la souffrance qu’elle engendrait en lui.
– Pardonne-moi Kalin, insista-t-elle, la voix secouée de sanglots. Mais je ne suis pas certaine de t’avoir jamais aimé...

Cette dernière phrase agit comme un déclic dans l’esprit du jeune Jedi. Toute raison, toute lucidité fut remplacée par une colère noire mêlée à la douleur de perdre un être chéri.
– C’est impossible ! Tu mens ! Dis-moi le nom de ce... type !

D’un geste incontrôlé, il poussa sa dulcinée qui chancela.
Le Kalin du présent vit avec horreur la Jedi tomber en direction de l’angle pointue d’une table.
« Tout, mais pas ça ! »
Il ne voulait pas revoir ça !
Mais au lieu de céder au désespoir, Kalin comprit qu’il devait chercher la paix et la sérénité au sein de la Force.
S’il se perdait dans ses pires souvenirs alors il serait incapable d’aller de l’avant. L’épisode tragique avec la seule femme de sa vie qu’il ait aimée résultait d’un passé où sa passion le guidait.
Et cette époque était révolue à présent.
« Je suis un Jedi... »


********

Libéré de la technique mentale du Sith, Kalin faisait connaissance avec le sol dallé de la place. Cette vision l’ébranlait, mais il se rappela la situation actuelle des Jedi.
Une créature les attaquait, semant mort et chaos sur son passage !
Prés de lui, seuls cinq maîtres tenaient encore debout. Taveel et la Gardienne du Savoir, Yadia, faisaient partie des résistants. Quant aux autres membres du cercle, ils gémissaient et gesticulaient devant leurs démons intérieurs.
Kalin se releva et se joignit au lien mental unissant les conseillers.
– Quelle sera notre prochaine action ? Les pouvoirs de cette créature nous surclassent... demanda-t-il à Yadia, la plus proche de sa position.

– Suivez-nous... murmura-t-elle simplement.



*********

Les dernières heures avaient été sombres pour Viridia pendant lesquelles il s’était évertué à la capture des Chevalier Jedi sous l’emprise du Sith. Il portait à sa charge le poids de tous ses évènements.
« Pour ne pas avoir vu venir cette tragédie aveugle, j’ai été. »
Comment ne pourrait-il jamais se pardonner cette faiblesse, lui, le Grand Maître de l’Ordre ?
Rien ne serait plus comme jadis, pas même lui...
Mais l’heure n’était pas encore aux regrets et aux décisions qui s'imposaient.
Viridia suivait son intuition développée et celle-ci le menait aux niveaux inférieurs du Temple.
Le désir de vengeance justifiait l’attaque des Sith sur Ossus, mais le vieux Jedi sentait autre chose, un objectif plus diffus. Quel que soit le mal engendré par toutes ces victimes, l’Ordre y survivrait malgré tout.
Si lui le savait alors les Sith aussi.
En réalité, il existait bien quelque chose susceptible d’intéresser ces derniers, en dehors de la destruction d’Ossus.
« Les holocrons... très mauvais, c’est... »
Au sein même des fondations du Temple, dans une pièce secrète, reposaient des savoirs interdits. Seuls les actuels et anciens membres du Conseil connaissaient son existence.
Entres autres, les holocrons Sith découverts par Odénout Mapassar y étaient entreposés, à l’abri des regards indiscrets. Mais il y avait également un autre objet, ancestral et plus dangereux que n’importe quoi dans la Galaxie. Lui et son peuple le gardaient depuis des millénaires et nul autre qu’eux ne connaissait sa fonction.
De fait, Viridia rejeta l’idée que les Sith ourdissent un plan le concernant.
Il bifurqua à l’angle du couloir, en direction des escaliers menant aux entrailles du Temple.
– Tiens, tiens, le Grand Maître en personne... murmura une voix sifflante.

Viridia se retourna promptement et fut soulagé de tomber sur Laydus.
– Étrange... senti, je ne vous avais pas, se méfia le petit être multicentenaire.

– Que craignez-vous, Maître Viridia ? Pourquoi empêchez-vous tout accès aux sous-bassements du Temple ? demanda la voix haut-perchée de la Fosh.

C’est alors qu’il comprit la vérité et ses longues oreilles en frémirent de déception.
– Aux mêmes raisons que les vôtres, ma présence en ces lieux est due. Reprendre les holocrons Sith, vous désirez ardemment. En vous la perversion du Côté Obscur, je ressens.

Laydus émit un reniflement dédaigneux.
– Ainsi votre légendaire clairvoyance se manifeste enfin, ironisa-t-elle. Pensiez-vous sincèrement que le Seigneur Mapassar aurait perdu sa position privilégiée au sein de l’Ordre sans y laisser un espion ? C’est grâce à moi si le rejeton Sith s’est infiltré sur Ossus, grâce à moi si tant de drones Jedi nous ont rejoins et grâce à moi que l’Ordre vacille sur son piédestal !

Ses paroles blessaient Viridia autant que la Fosh se l’imaginait.
Un membre du Conseil était corrompu et il n’avait rien vu. Même le Grand Maître avait été incapable de déceler la technique qui dissimulait la nature obscure de Laydus.
– Jusqu’à exécuter les basses besognes des Sith, votre soif d’ambition vous a conduit. Pas très reluisant, tout cela est.

Mais la Fosh demeurait sourde à ses paroles. Elle était animée du désir violent de prouver la supériorité des Sith.
– Le Seigneur Mapassar m’a montré l’étendue des connaissances Sith sur la Force. Nulle personne ne peut s’opposer à un tel pouvoir. Les Jedi qui affrontent le Novice actuellement s’en rendront compte, mais il sera trop tard. Il ne représente que le fruit d’une expérience menée par les Seigneurs Sith et pourtant, considérez les dégâts matériels et humains qu’il a déjà provoqués. Même votre esprit aiguisé ne résisterait pas à une intrusion de sa part.

– Qui vivra verra. Figé, nul avenir n’est. Aucune chance de franchir ses escaliers, je ne vous laisserai, indiqua Viridia avec sérénité.

– En effet, nous verrons... susurra Laydus en esquissant un geste vers son sabre.

L’assurance de la Fosh était aussi suspecte qu’un Neimoidien défendant son honnêteté. Pourtant, Viridia ne captait aucune intention belliqueuse à son égard. Elle demeurait simplement immobile avec un sourire malicieux.
Mais il réalisa ce qu’il se passait lorsqu’il entendit des pas précipités en provenance des escaliers. Il fit volte-face et découvrit deux anciens Chevaliers Jedi tenant chacun un sac bien rempli.
Viridia usa de la Poigne de Force et réduisit le contenu d’une des poches en miettes.
– Que faites-vous ? s’exclama la voix courroucée de Laydus.

Le duo de drones sans esprit s’arma de leurs sabres laser et attaqua le petit Maître en réponse. Ce dernier les bloqua, mais la Fosh se joint au combat. Sa lame viridienne tourbillonna comme une tempête autour de son ennemi qui faisait face aussi au coup des deux anciens Jedi. D’un bond, le Grand Maître parvint à couper la poignée d’un sabre, mais il se retrouva encerclé par ses trois adversaires.
- C’est la fin, Viridia ! jubila Laydus.

– Parfois dans la défaite, la victoire se trouve, répliqua sagement le Jedi.

Sa lame bleue repoussa la Fosh dans un déluge d’étincelles. Viridia en profita pour projeter une Poussée vers la traîtresse. Surprise, elle s’écrasa sur le mur avec violence. Dans la foulée, le Grand Maître désarma le deuxième Jedi en lui tailladant la poitrine.
Mais la Force ne le prévint pas des intentions de l’autre Jedi, car ce dernier ne possédait aucun esprit. Il était simplement une extension dépourvue d’âme de la volonté Sith. Il joignit ses mains et assomma Viridia à l’arrière du crâne.
Dans les échos persistants de sa conscience, le Maître entendit une voix :
– Laissez-le ! Je sens des ennemis tout proches et notre mission est bien plus importante que tout le reste !




***********
 


Les Jedi encore debout résistaient tant bien que mal, mais s’ils avaient repoussé leurs démons intérieurs, ce n’était pas le cas des nausées.
– Nous ne tiendrons plus longtemps à ce rythme. Cette technique ressemble à une puissante variante du Morichro, se plaignit Kalin, courbé vers l’avant sous l’effet de la douleur.
Trop concentrés sur l’ennemi, ses supérieurs demeurèrent aussi silencieux que des tombes.
Kalin ressentait l’intensité du bras de fer entre le Côté Lumineux et le Côté Obscur. Ce dernier semblait le perdre au vu de la dégradation physique que subissait la créature Sith seconde après seconde. Son visage monstrueux se tuméfiait atrocement, ses globes oculaires se liquéfiaient comme de la glace au soleil et ses mains putréfiées abandonnaient des bouts de chairs ensanglantées.
Kalin n’avait encore jamais observé de tels effets sur un corps vivant après une utilisation prolongée de la Force sombre.
L’abomination tendit ses membres vers le ciel et émit un cri aigu empli de rage ressemblant à celui d’un oiseau. Bientôt, des filets de fumée noire émergèrent des extrémités de ses doigts gâtés. Kalin reconnut la technique qui avait annihilé l’esprit d’Avada-Jumi, mais il ne trouva pas le temps pour prévenir les Conseillers. Ces derniers étaient prêts pour la contre-attaque de la lumière.
L’ex-mentor de Den Liser calma son appréhension et s’ouvrit à la Force autant que possible. L’entité régente de la galaxie se déversa dans son corps, accentuant ses perceptions et son pouvoir.
Mais Kalin ne s’en servit pas pour agir sur son environnement contrairement à son habitude. Il dirigea la Force vers son essence intérieure, l’âme. Celle-ci étincelait de mille feux, à l’image des soleils jumeaux de Tatooine. Cette étape ne représentait que la partie facile de la technique préparée par le Conseil. Connecté entre eux, chaque membre du rituel devait ajuster sa force spirituelle de manière à ce qu’elles soient toute égale. Toute erreur d’inattention produirait l’échec de la manœuvre, et la mort de Kalin et des autres par extension...
La fumée noire approchait du Jedi, mais celui-ci n’avait plus conscience de l’environnement matériel. Il baignait dans un courant de Force, renforcé par son essence lumineuse. Ainsi, l’ultime recours du Bien parvenait à terme pour son unique offensive face au Mal.
L’émanation obscure grimpa sur la bure de Kalin et se sépara en appendices intangibles dirigés vers les muqueuses de la tête. Au dernier moment, une lueur aveuglante s’exhala du corps de Jedi et agit tel un bouclier. Le même phénomène se produisit avec Taveel et ses compagnons.
Le Cercle de la Lumière était en place...
Une sensation de paix et de bien-être se répandit autour, libérant les Jedi prostrés aux sols de leurs cauchemars. Le Sith hurla à plein poumon au contact de cette force délétère pour lui. Kalin réprima un frisson au son de cette stridulation inhumaine, mais conserva sa concentration.
La fin approchait.
Malgré tout, le monstre accentua le débit de fumée avec un désespoir perceptible alors que le cercle se resserrait autour de lui. N’ayant nulle part où aller, les émanations tourbillonnèrent aux alentours de leur émetteur dans une tornade néfaste.
Le Sith modifia sa tactique.
Ses bras tendus à l’horizontale diffusèrent soudainement des entrelacs électrifiés, tandis que la brume sombre s’échappait par sa bouche. La Foudre s’écrasa sur le bouclier lumineux et dégagea un vent chaud, vicié d’ozone, sur Kalin. Ce dernier mit un genou à terre, le souffle court, sans briser le lien dont dépendait la victoire.
Il devait tenir !
Et, il le savait, même au prix de sa vie...
Les Jedi précédemment sauvés se joignirent au cercle et diminuèrent la pression exercée par le Sith. Kalin les en remercia en silence.
Un nouveau cri parsemé de gargouillis l’autorisa à ouvrir un œil en direction de l’ennemi.
Un halo ténébreux entourait son corps famélique sur le point d’être désintégré. Ses vêtements de Novice se volatilisèrent, emportés par la puissance du Côté Obscur. La vision horrible d’un bras se détachant de la créature mourante tordit l’estomac de Kalin.
Et pourtant, sa haine des Jedi lui permettait encore d’exister.
Le Cercle de la Lumière progressa à pas coordonnée et s’arrêta à un mètre du centre. L'éclatante lueur désagrégea le brouillard, révélant l’atroce agonie du monstre. Frappé de toute part, ce dernier s’éleva sur quelques centimètres. Il ne pouvait même plus pousser ce cri si désagréable aux oreilles de Kalin puisqu’il n’avait plus de gorge. D’énormes plaques calcinées décomposaient ce qu’il restait du corps infantile dans un maelstrom de rayons lumineux.
Et quelques secondes plus tard, il n’y avait plus rien...
Une voix désincarnée siffla à l’intérieur de la tête de Kalin.
– L’Oracle est immortel, misérables Jedi ! Vous n’avez détruit qu’une simple extension de la volonté Sith !



Maître Taveel estompa le Cercle de la Lumière juste après les ultimes paroles de la créature maléfique.
À la place de cette dernière, il ne restait plus qu’une poignée de cendres que le vent éparpillerait bientôt. L’Ordre Jedi avait triomphé en fin de compte...
« Mais est-ce vraiment une victoire ? »
Taveel interrompit ses pensées lorsque Kalin s’effondra comme une masse devant lui.
- Vous m’entendez ? demanda le Korun en se précipitant à ses côtés.

Mais le Jedi demeurait inerte. Son visage avait la pâleur extrême de celui d’un mort...



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Allez, deuxième chapitre d'affilé !


Chapitre 18
Démasqués







L'obscurité tombait sur la jungle d'Ilum et avec elle, toute possibilité d'avancer. Trop heureux d’avoir enfin une occasion de récupérer, Den et Vala s’étaient jetés avec avidité sur les rations de survie.
L’ancien Padawan pensait profiter d’une longue période de repos pour restaurer ses forces, mais il n’en fut rien. Une fièvre l’assaillit pendant la nuit, forçant Vala à éponger son front brûlant jusqu’au petit matin.
Encore faible, Den fixait leur destination, une montagne solitaire, éclairée par l’aurore. Ils n’avaient parcouru que la moitié du chemin. Au moins, sa maladie n’était plus qu’un mauvais souvenir.
– J’ai entendu une discussion entre deux Mandos. Il paraît qu’un champ disruptif en provenance de la grotte qui abat chaque vaisseau franchissant sa zone d’influence. Voilà la raison pour laquelle nous nous y rendons à pied, lui apprit Vala à travers son casque.

Den émit un grognement.
– J’imagine que les paragraphes corrompus du journal de Betley en faisaient mention. Nous avons eu de la chance de nous poser en catastrophe loin de la grotte.

– La chance n’a rien à voir là-dedans. C’est la Force qui nous guide...

– Qui sait ? répliqua Den en songeant à la voix entendue dans sa tête lors de leur arrivée mouvementée sur Ilum. Je crains que le moment soit venu de fausser compagnie à nos nouveaux amis. Un Mando m’a fixé avec insistance lorsque je ne portais pas le casque.

Inquiète, Vala réfléchit un instant.
– La grotte n’est plus très loin. Nous aurons besoin d’une diversion de BP-S1. Mais pour l'instant, j’aimerais discuter d’un certain sujet. Vois-tu lequel ou ta mémoire l’a-t-elle volontairement occulté ?

Den afficha une expression d’incompréhension. Vala plissa des yeux d’un air mauvais, ce qui était toujours un signal d'alarme venant d’elle. Le renégat finit par céder.
– Bon oui ! J’ai laissé le Côté Obscur prendre le pas en moi.

– Quelle perspicacité ! Se moqua Vala sur un ton dur. Nous nous retrouvons en territoire hostile, rempli d’ennemis et monsieur succombe à sa colère et sa rage. Qu’a bien pu fabriquer Kalin Notsun avec toi ?

Les reproches de Vala étaient déplacés pour Den. Ce dernier estimait mériter davantage de considération de sa part vu qu’il lui avait sauvé la vie. Mais s’il avait appris une chose essentielle sur son amie, c’était qu’elle s’accrochait farouchement aux principes de l’Ordre.
– Je ne voulais pas que tu souffres, Vala. Enfin quoi ! Ce monstre te torturait avec un tisonnier chauffé à blanc ! D'ailleurs, je suis surpris que tu ne te plaignes pas de la brulure. Bref, tout cela est entièrement ma faute depuis notre départ d’Ossus.

– La douleur physique n’a pas d’importance comparée à celle de l’âme. As-tu seulement pensé aux conséquences si tu demeurais du Côté Obscur à tout jamais ? J’aimerais mieux rejoindre la Force plutôt que de vivre en sachant que j’aurais été le déclencheur de ta corruption ! Et pour parfaire le tableau, je sens que tu me caches des informations primordiales, répliqua Vala avec fougue.

Den sentait aussi de la déception dans ses reproches. De toute évidence, elle était persuadée qu’il n’avait pas en confiance en elle.
Elle se trompait.
Ou peut-être avait-elle raison ?
Le renégat éprouvait de la peur à l’idée que Vala le considère comme un fou s’il lui dévoilait l’existence de voix mystérieuses dans sa tête. Pire encore, elle le croirait corrompu si elle apprenait la présence d’une entité obscure au fond de lui.
Il soupira.
– Tu ne me laisses guère le choix. Très bien, je vais tout te révéler, mais avant, garde à l’esprit que je ne ressens plus la Force. Imagines-tu à quel point je maudis cette faiblesse. Chaque seconde est une torture, chaque minute dure pour moi une éternité.

Il s’interrompit et prit son courage à deux mains.
– À notre arrivée sur Ilum, je me suis évanoui à cause d’une mystérieuse entité qui s’est insinuée dans mon esprit. J’ignore ses motivations, mais elle m’a exhorté à continuer la lutte et à poursuivre ma Quête.

Le visage de Vala se tordit en un masque d’inquiétude mêlé de scepticisme. Den s’y attendait, mais il décida d'aller jusqu'au bout de sa confession.
– Ce n’est pas tout. Lors de la captivité dans le camp mando’a, j’ai... j’ai conversé avec ma partie sombre. Elle m’a dit que tout mon pouvoir de jadis avait permis sa naissance et sa maturation en tant qu’esprit indépendant du mien. Nous devons notre vie à son intervention et à personne d’autre... Maintenant, tu es libre de me croire ou pas, mais n’insinue plus que je ne t’accorde pas ma confiance, termina-t-il.

Troublée, Vala mit quelques secondes de retrouver l’usage de la parole. Elle semblait toujours dubitative quant à la véracité de ses affirmations.
– Mais Den, reprit-elle d’une voix anormalement douce, il est impossible de discuté avec son Côté Obscur. Je pense qu’il s’agit simplement de manifestations de ton propre esprit mues par toutes les épreuves difficiles que tu traverses.

La frustration envahit l’ancien Padawan. Elle ne le croyait pas !
– Tu oublies mon incapacité à user de mes pouvoirs de Jedi en temps normal. Mon Côté Obscur, lui, le peut ! J’ai été honnête avec toi afin de te prouver mon absolue confiance en toi, au risque de passer pour un malade mental. Sans ton soutien, je serai complètement perdu. Ma cause est devenue tienne et tu l’as embrassée avec une implication qui dépasse le cadre d’une mission normale. Jusqu’à il y a peu, je n’ai pu exprimer qu’une reconnaissance dénuée de toute action concrète. Comprends-tu ? S’il faut utiliser des moyens réprimés par l’Ordre afin de te sauver au moins une fois, alors ainsi soit-il !

La conviction palpable de Den en sa vérité franchit enfin les a priori de Vala. Émue, cette dernière ne pensait pas qu’il tenait autant à elle. Après tout, son ami était un être à part, l’Élu. Dans toute l’histoire de l’Ordre Jedi, jamais aucun membre de sa famille n’avait perdu son lien au cristal Kiishra auparavant.
– Tu dis la vérité, concéda-t-elle, mais je te conjure de ne plus céder à la tentation du Côté Obscur.

Ce fut comme si un immense poids libérait les épaules de Den. Il était si heureux que la Jedi croit en la sincérité de ses paroles.
– Je ferais des efforts, c’est promis.
Cette réponse évasive ne convenait pas à Vala. Celle-ci s’abstint de poursuivre la conversation, consciente que quelque chose ne tournait pas rond dans le camp Mando. La majorité des soldats discutaient entre eux de sujets divers et n’avaient manifestement pas pour projet immédiat de reprendre la route. D’autres s’entraînaient au combat au corps à corps.
Après avoir mangé un morceau, Den se leva avec la ferme intention de découvrir ce qui clochait. Une clameur s’élevant du centre du campement attisa sa curiosité.
Il repéra deux Mandaloriens en plein affrontement sous les encouragements de leurs pairs.
Reconnaissable à son armure grise, le Sergent Brandon avait retiré son casque et révélait un crâne lisse et luisant de transpiration sous les rayons matinaux. Il échangeait des coups de poing d’une violence inouïe avec son adversaire, lequel grognait de douleur. Survoltés par l’intensité du combat, les observateurs faisaient tout pour échauder davantage l’ambiance et haranguaient sans cesse les deux protagonistes.
Une main gantée se posa sur l’épaule du jeune homme et le fit sursauter.
– Il paraîtrait qu’un rang social élevé se gagne par les défis et les exploits guerriers chez ce peuple, commença Vala, elle aussi attirée par l’agitation.

Den écoutait l’explication d’une oreille discrète, car il admirait le style de Brandon, à la fois efficace et brutal. Bien que d’apparence plus juvénile, son adversaire ployait sous l’avalanche de coups, mais se défendait avec courage.
D’un saut, Brandon lui asséna un crochet du droit qui fit gicler une gerbe de sang par la bouche. Le jeune Mando’a mit un genou à terre pendant une fraction de seconde avant d’amorcer une riposte. Son croche-pied échoua lorsque Brandon se recula vivement. Cet instant de répit lui permit de se relever. Le Sergent revint à la charge et joignit ses mains à celles de son adversaire.
Un duel de force pure se déroulait entre les deux combattants, mais Den ne doutait plus de l’identité du vainqueur.
- Ce cœur, cette volonté de triompher est fascinante ! s’étonna Den, subjugué.

– Ils n’étaient pas aussi hargneux quand nous les avons affrontés, remarqua Vala, moins admirative que son ami.

Entre-temps, le vis-à-vis de Brandon gisait sur le sol, en proie à un épuisement total.
Den entendit une conversation entre ses voisins.
- Pourquoi le grade du Sergent Brandon n’est-il pas plus élevé ? demandait une recrue dans son armure flambant neuve.

– Jadis, il faisait partie de l’élite de la garde personnelle de Mandalore. Les rumeurs disent même qu’une seul homme l’a vaincu au Cercle des Combattants. Mais son honneur fut sali par lui et son clan dans des circonstances que j’ignore. Ainsi, il perdit tous ses privilèges et se retrouva relégué sur cette planète isolée.

Den reporta son attention sur Brandon, lequel adressait un regard glaçant à la foule comme pour lui montrer qui était le champion. Le Sergent haussa la tête à l’approche d’un Mando essoufflé.
– Je suis porteur de nouvelles. Maître Sio nous rejoindra très bientôt...

Voilà pourquoi la garnison ne reprenait pas la route vers la grotte.




*******


Le Feu Ardent dérivait paresseusement à quelques milliers de kilomètres de Coruscant. Non loin, une armada de la République ceinturait la planète-ville dans un rôle de protection.
Lyra luttait sans cesse contre les larmes qui lui venaient depuis la mort de son Maître. Devant elle, Twick s’affairait aux commandes du vaisseau tandis qu’Owen établissait une communication avec l’état-major dans la salle centrale. La jeune Jedi se rendit dans cette dernière juste à l’instant où l’hologramme d’une femme entre deux âges et vêtue d’une tenue d’officier républicain apparaissait.
– Sergent Mordum, ici l’Amiral Aida Drum de la Quatrième flotte. D’après votre message, vous désirez vous entretenir d’une urgence.

– En effet, amiral. J’ai usé d’un code d’accès Jedi afin de discuter avec vous sans passer par des intermédiaires. La planète mère de l’Ordre subit une attaque, expliqua Owen.

Drum fronça les sourcils :
– Nous sommes au courant. Les vaisseaux en provenance d’Ossus affluent dans notre secteur. Mais personne n’a su déterminer la nature exacte de cette attaque.

Owen s’apprêtait à éclaircir le sujet quand Lyra l’interrompit :
– Permets-moi lui parler s’il te plaît. Après tout, un Jedi sera plus à même d’expliquer la situation.

– Tu es sûre ? Tu traverses une épreuve difficile...

Mais l’adolescente ne lui laissa pas le choix et le poussa gentiment.
Grand était son chagrin et même sa formation incomplète de Jedi ne pouvait l’aider à le diminuer. Lyra ne voyait qu’un seul moyen pour cesser de se morfondre : agir !
– Amiral Drum, je suis la Padawan Lyra Mayn. Les auteurs de l’attaque sur Ossus seraient le Clan des Jedi Obscurs. Nous avons subi des pertes immenses alors qu’une alliance entre l’Ordre et la République était en cours. Nous requérons un soutien logistique et humain de votre part.

– Vous l’aurez, Padawan Mayn. La République n’a pas pour habitude d’abandonner ses amis dans la difficulté, répliqua Drum. Néanmoins, vous comprendrez que mes supérieurs auront besoin de l’aval d’un membre de votre Conseil pour mettre à exécution le projet.

– Certes... mais ce n’est pas tout. Si vous le permettez, la situation est tellement critique que je doute que le Conseil souhaite s’engager dans la guerre contre les Mandaloriens. Toutefois, j’ai en ma possession un datapad du Grand Maître Viridia.

Une fois le transfert de données effectué, le visage de l’amiral exprima de la stupéfaction.
– D’après ce calepin, Maître Viridia demande également l’aide de la République pour une mission de secours sur Ilum, une lointaine planète en dehors de notre juridiction. En contrepartie, il nous garantit que des Jedi se joindraient à notre armée. Où avez-vous eu ça Padawan ?

– Je tiens cette information de Maître Notsun qui est resté sur Ossus pour aider l’Ordre à rétablir la paix. Ainsi, il m’a... convaincu d’abandonner les miens pour vous porter ce message, indiqua Lyra, les poings crispés.

– Je ne comprends pas. Si le Conseil refuse leur soutien face aux Mandaloriens alors comment Maître Viridia peut-il garantir l’inverse ? Souleva Drum d’une voix remplie de soupçons.

Voyant que la situation leur échappait, Owen intervint :
– J’ignore de quels renforts parle le Maître Viridia, mais une chose est certaine, amirale. Si je n’ai qu’effleuré la surface de la manière d’être Jedi, ces derniers demeurent avant tout des êtres vivants. Croyez-moi, la plupart verront le danger constitué par les Jedi Obscurs, les auteurs de ce massacre sur Ossus, et les Mando’as. De votre côté, une opportunité de prendre une flottille ennemie par surprise se présente. La laisserez-vous passer ?

L’officier resta silencieux un instant, mais Owen devina qu’il lui avait opposé de bons arguments.
– Au vu de l’urgence de la requête, je vais en référé directement au Chancelier Fartoline sans passer par le Sénat. Patientez un moment...

L’image vacillante de Drum s’éclipsa.
– Twick douter des motivations républicaines. Vous pensez qu’eux accepter deal ? demanda le Rodien qui avait assisté à la fin de la conversation.

Lyra soupira et son expression fatiguée s’éclaira d’un sourire reconnaissant vers Owen.
Le Sergent avait senti son mal-être lorsque la discussion s’était orientée vers les pertes sur Ossus. Son intervention n’aurait pas pu arriver à un meilleur moment...
– Grâce à Owen, ils comprendront où se trouvent leurs intérêts. Des Jedi se joindront à la République, à fortiori si cette dernière prouve sa capacité à sauver les nôtres. Moi-même, je ne peux juguler cette envie de... de vengeance.

Nombre de ses connaissances avaient péri sur Ossus. Elle refusait de perdre aussi Den qui demeurait son seul moyen d’avancer. Mais ni la vengeance ni la peur ne devait devenir sa raison de vivre. Au sein de cette galaxie appelée à subir les affres de la guerre, Lyra choisit de suivre la plus belle émotion que contenait son cœur : l’amour.
Elle ne faisait plus partie de l’Ordre.
Den était un renégat...
Maintenant, il n’y avait plus de dogme Jedi pour l’empêcher de lui avouer ses sentiments.
– De toute façon, j’irai sur Ilum pour secourir les Jedi. Quoiqu’en décide la République et quoiqu’en pensent mes supérieurs, confia Owen, déterminé.

Lyra sourit.
Son intuition concernant le Républicain avait été la bonne. La fidélité et l’honneur passaient avant tout chez lui. Il voulait respecter la dette contractée à l’égard de Kalin, de même pour Twick envers Den. Elle connaissait le Rodien depuis longtemps, assez pour savoir que son apparente lâcheté ne se manifestait pas lors des épreuves difficiles.
C’était suffisant pour elle.
Car la véritable amitié se révélait lors des moments épineux.
Ils y arriveraient. Ils les sauveraient !
Un bip s’éleva dans la salle centrale pour signaler une tentative de communication. Lyra activa l’interface holographique.
– Padawan Mayn, sur instruction du chancelier suprême, la Quatrième flotte se rend sur Ilum avec pour missions de supprimer la menace mandalorienne et de secourir les deux Jedi...




 **********


Plus les heures s’égrenaient, plus Den était convaincu de l’urgence de déserter la garnison manda avant l’arrivée de Sio. Vala montrait son désaccord sur ce point, car selon elle, il fallait attendre l’instant opportun. Sans les capacités prophétiques de la Force, Den se résolut à lui faire confiance.
Un Mando leur fit un signe de la main :
– Vous deux ! Nous devons tous être là lors de l’arrivée de Maître Sio.

Ils se levèrent et suivirent l’Homme en Armure à travers le camp bordé de tentes vides. Plus loin, la troupe mandalorienne attendait, au garde-à-vous.
– Je sens sa présence obscure. Une colère noire en émane jusqu’ici, murmura Vala d’une voix posée.

Aucune peur ne transparaissait dans ces paroles malgré la situation.
« Cette femme a un esprit d’acier avec des émotions parfaitement contrôlées... » réalisa Den avec admiration.
Pour sa part, il était inquiet rien qu’à l’idée de revoir son tortionnaire.
L’ancien Padawan distingua l’armure grisâtre du Sergent Brandon au milieu de ses congénères.
-... À cause de notre manque de résultat dans cette chasse, je crains que le Jedi Obscur nous le fasse payer. Alors, agissez avec tact ! Ne l’offensez pas et ne parlez que s’il vous l’ordonne ! Déclara Brandon d’un ton autoritaire.

Den ne se l’expliquait pas, mais il appréciait le sergent mando. Lui au moins n’avait pas peur de Sio.
- Vous là ! lança une voix dure.

Den se retourna et fit face à un Mandalorien à l’armure fatiguée. C’était lui qui l’avait précédemment observé avec une insistance suspecte.
– Rolst, c’est cela ? Votre visage m’a paru familier tout à l’heure et je suis à peu près certain que vous ne faites pas partie des Mando’as. Depuis combien de temps êtes-vous sur Ilum ?

– Je suis éclaireur ! N’avez-vous pas simplement un problème avec moi ?

– Meg cuyi gar ? demanda-t-il dans le dialecte de son peuple.

Il était piégé. Les Mandaloriens ne parlaient plus le Mando’a depuis que les Jedi Obscur l’avaient interdit. De fait, Den n’en connaissait même pas les rudiments les plus basiques. Seul le bluff pourrait le sortir de ce traquenard.
– Rien ne m’oblige pas à répondre à ta question. En revanche, je pourrais aviser le Sergent Brandon, voir Maître Sio, de ta désobéissance.

– Ils n’entendront pas notre petite conversation. Réponds et je te laisserai en paix, insista-t-il en affermissant sa prise sur son fusil.

Den soupira intérieurement et jeta un coup d’œil à Vala qui observait stoïquement la discussion. Il savait qu’elle hésitait à se servir de ces pouvoirs pour intimider le Mandalorien. Si elle le faisait, Sio la repérerait immédiatement.
– Tu oses douter de moi ? Dans ce cas, je te lance un défi ! Si tu me bats, je répondrais à ta question dans notre langue. À l’inverse, ma victoire me permettra de gagner du prestige !

Surpris, le Mandalorien hésita et finit par accepter. Avant de s’éloigner, il ajouta :
– Notre combat aura lieu après l’arrivée de Maître Sio. Prépare-toi à mordre la poussière, « Rolst ».

Les fils de la toile d’araignée se resserraient autour d’eux. Den ne pouvait se permettre un duel dont il savait à présent qu’il s’effectuerait sans casque. Le Jedi Obscur le reconnaitrait sans l’ombre d’un doute.
« Je préfère mourir plutôt que de revenir dans ses griffes de pervers. »
– Tu as agi au mieux au vu des circonstances. Filons maintenant, murmura Vala.

Au détour du chemin, Sio apparut d’un pas rageur avec une escouade manda. Den sourit en voyant son masque fendu sur la largeur, à cause de lui.






– Bienvenu Maître Sio... commença le Sergent Brandon en s’inclinant légèrement.

– Avez-vous du nouveau au sujet des fuyards ? L’interrompit le Jedi Obscur sur un ton frémissant de colère.

– Nous avons marché toute la journée sans succès. Nous aurions déjà dû les rattraper au vu de leur état de fatigue. Depuis les deux sentinelles assommées, il n’y a plus aucune trace de leur passage.

Sio se figea un instant comme si les paroles du Sergent avaient éveillé un éclair de compréhension en lui.
– Les Mandaloriens... de vaillants guerriers ? Pfff ! Vous êtes tous nés avec l’intelligence d’un gizka ! tonna-t-il à l’assemblée.

Brandon se raidit face à l’insulte. Il demeura néanmoins sur ses positions et attendit que le Jedi Obscur s’explique.
– Les éclaireurs retrouvés ne sont autres que nos deux fugitifs. J’imagine qu’ils ont reçu l’aide de ce droïde qui vous échappe brillamment depuis des jours. Trouvez-les et ramenez-les-moi !

Le Sergent n’avait jamais pensé à cette possibilité. Comment pourrait-il se le reprocher ? Auparavant, tous les Mandaloriens parlaient leur propre dialecte et jamais ils n’avaient eu à faire à des espions. En résumé, c’était la faute des Jedi Obscur qui les exhortaient à ne s’exprimer qu’en basic, mais Brandon se garda de toute remarque.
Quelques minutes plus tard, un soldat annonça que les éclaireurs Jarga et Rolst manquaient à l’appel, de même que plusieurs membres de l’infanterie d’assaut.
Brandon vit les doigts de Sio se serrer sous l’effet de la rage et crut un instant à la dernière heure de ce soldat. Mais le Jedi Obscur contint ses émotions et se tourna vers lui.
– Fouillez les environs du camp ! En cas d’échec, j’exécuterai quelqu’un pour l’exemple. Peut-être même vous, Sergent Brandon !



*************

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MessagePublié: 17 Août 2017, 20:14 
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Lu! Et ben il m'a l'air bien énervé, ce Sio et ce n'est peut-être pas forcément du goût des mandaloriens.

Et la Flotte de la République va intervenir :) !


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MessagePublié: 21 Août 2017, 16:24 
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mat-vador a écrit:
Lu! Et ben il m'a l'air bien énervé, ce Sio et ce n'est peut-être pas forcément du goût des mandaloriens.

Et la Flotte de la République va intervenir :) !


Tu as lu le chapitre d'avant aussi ? tu l'as peut-être loupé :oops:
Il y en surtout un qui est bien énervé :twisted:
ça se décante dans ce chapitre !





Chapitre 19
Des aides inattendues




  
Consécutif à l’arrivée de Sio, le rassemblement mando avait fourni une diversion efficace pour prendre la poudre d’escampette.
Une nouvelle course-poursuite s’engageait à nouveau...
– Je sens un danger proche, annonça Vala en se débarrassant de son casque.

Mais il était trop tard. Une escouade surgit des alentours et les tint en joue dans ce qui s’apparentait à un piège. Dépités, les deux fugitifs jetèrent leurs armes à terre.
– Rolst, Jarga... vous vouliez nous fausser compagnie ? remarqua un Mando à l’armure usé.

Den reconnut l’attirail de l’homme qui le soupçonnait de traitrise. Apparemment, il avait décidé de prendre les devants avec plusieurs soldats et de récolter la gloire de leur capture.
– Je me demandais si des Jedi déjoueraient notre traquenard grâce à leur pouvoir mystique, jubila-t-il. Mansber, informe Maître Sio que nous les tenons !

Vala garda les mains levées sans tenter aucune manœuvre. Il n’y avait rien à faire, car au moindre geste suspect, ce serait la mort assurée de Den. Ce dernier maudit sa faiblesse une fois de plus tandis que les secondes s’égrenaient.
Sio apparut bientôt en compagnie du sergent Brandon et de deux soldats.
– Den Liser et Vala Loosu... Le Seigneur Mapassar a failli ordonner mon exécution lorsque la nouvelle de votre évasion fut portée à sa connaissance. Je reconnais l’ingéniosité de votre stratégie, je ne l’ai comprise que depuis peu de temps. Maintenant, c’est terminé. Vous allez mourir sans autre forme de procès... déclara le Jedi Obscur avec un calme froid.

– Et nous ? Nous leur avons tendu cette embuscade et... commença le guerrier responsable de leur capture.

Celui-ci ne put poursuivre. Une main invisible serrait sa gorge et l’étouffait à petit feu.
– Toi ? Ta fructueuse initiative mérite une récompense, mais tu n’aurais pas du interrompre ton maître. Enregistré ? Menaça Sio, la paume levée.

Sa victime parvint à hocher la tête et inspira par saccades lorsque l’étreinte s’évanouit. Satisfait, le Jedi Obscur se tourna vers le Sergent Brandon.
– Quant à vous, j’ai eu vent de certaines choses et j’aimerais m’assurer de votre pleine et entière loyauté à l’égard du Clan. Aussi, je vous donne l’ordre d’exécuter les Jedi ! Enlevez votre casque afin que leur ultime vision soit celle de leur bourreau !

Brandon obéit et montra sa tête glabre, parsemé de cicatrices qui témoignait de son passé tumultueux de guerrier.
C’était la première fois que Den observait le sergent d’aussi près. Il aperçut une boucle dorée à l’oreille droite de ce dernier dont le regard dur et impénétrable ne laissait place à aucun doute : cet homme était sans pitié. Malgré cela, l’expression de son visage montrait un certain dégoût vis-à-vis de l’exécution de prisonniers sans défense.




Le Mando’a empoigna sa vibrolame d’un geste rodé par des années de pratique intensive.
Tuer était comme un réflexe pour lui.
Il ne savait rien faire de mieux dans la vie.
Alors pourquoi hésitait-il devant la flamme farouche qui brûlait dans les yeux du prisonnier ?
Ce dernier approchait sans doute de ces vingt années standard.
« Un simple gamin... »
 Il n’y avait aucune peur dans ses yeux, pas même de l’appréhension. La mort ne lui inspirait-elle aucun sentiment ? À moins qu’il soit persuadé que Brandon ne lui trancherait pas la tête.
Le sergent s’aperçut que ses doutes venaient d’un dilemme.
Quand son honneur de guerrier lui dictait d’épargner deux êtres sans défense, Brandon cherchait un objectif précis pour justifier leur meurtre de sang-froid. Bien sûr, il avait déjà exécuté des civils, mais uniquement dans un but militaire.
Et quand son serment d’obéissance envers Mandalore le sommait d’accomplir les ordres d’un supérieur, sa conscience lui susurrait que Sio n’appartenait pas au peuple Mando’a.
Une voix grave le tira de ses pensées.
– Aidez-moi...

Brandon retint une exclamation moqueuse en entendant les paroles du prisonnier.
Il s’était peut-être trompé en fin de compte. Ce Jedi craignait tellement la mort que le désespoir lui faisait perdre la tête.
– Serait-ce une supplique ? S’amusa Sio, concentré sur le renégat.
 
Le jeune homme l’ignora et fixa les yeux de son futur bourreau avec intensité.
– Je peux vous aider en retour...

Et à cet instant, le Mando’a comprit avec stupeur.
« Respect, détermination et... honneur. »
Le prisonnier avait le regard franc d’un guerrier tel qu’il n’en avait plus croisé depuis longtemps.
– Tuez-le ! Maintenant ! s’impatienta le Jedi Obscur.

En réaction à l’ordre, Brandon leva sa lame au-dessus de la tête.
Mais il venait de prendre une décision qui signifierait peut-être sa propre exécution. Il fit volte-face vers Sio et gonfla sa poitrine avec une expression de défi.
- Je refuse ! annonça-t-il à la surprise générale.

Le Jedi Obscur demeura silencieux, son masque dissimulant ses intentions.
– Les Jedi Obscurs détruisent toutes les valeurs entretenues par mon peuple depuis des siècles. Vous nous traitez comme de la chair à bantha et sans aucune considération, ni égard. Combien de nos hommes avez-vous supprimé pour des motifs injustes, voire ridicules ? Assassiner deux prisonniers sans raison particulière ne représente pas la voie du Mando’a ! expliqua Brandon avec fierté.

Sio hocha la tête, sans pour autant esquisser de geste vers son sabre laser, et s’approcha du rebelle dans un bruissement d’étoffe. Le regard hautain et méprisant, Brandon n’eut pas le moindre mouvement de recul.
– Si j’ai bien compris, commença le Jedi noir en détachant chaque syllabe, vous contestez l’autorité du Clan et de votre chef suprême, Mandalore.

– Je me révolte contre votre absence d’honneur qui déteint sur tous les Mandaloriens et j’exhorte tous les guerriers dignes de ce nom à me suivre, même si cela signifie la mort, rétorqua Brandon.

Mais personne n’approuva les paroles courageuses du Sergent ou du moins, personne n’osa en présence de Sio. Ce dernier ne put s’empêcher d’éclater d’un rire tonitruant.
– Mes frères ! Si vous refusez d’embrasser la vérité alors vous serez considérés comme mes ennemis, au même titre que cet homme ! Il se croit fort, mais occulte sa faiblesse derrière ses pouvoirs mystiques, poursuivit Brandon d’une voix devenue féroce.

Sio dégaina son arme et l’alluma d’une brusque saccade tandis que son adversaire pointait son épée vers lui.
– Si la mort doit me prendre, ce sera en défendant les idéaux de mon peuple, Jedi Obscur !

– Les Mandaloriens cultivent la force et l’art de guerroyer. Il est temps de rappeler quelle mouvance fera trembler les fondations de la galaxie ! lança Sio d’une voix empreinte de haine.

Les deux combattants se préparèrent à entamer les hostilités, mais des explosions retentirent au loin, en provenance du baraquement.
Seule l’issue de ce duel importait à Brandon et rien ne l’empêcherait de vaincre ce Jedi Obscur.



Plusieurs Mandos détournèrent le regard vers le campement. Cette diversion permit à Den et Vala de surprendre les soldats qui les tenaient en joue.
D’un coup de pied dans l’entrejambe, la jeune femme désarçonna l’un d’eux malgré son armure, usa de sa vivacité de Jedi pour en empoigner un autre par-derrière et s’en servit comme d’un bouclier humain.
Sur le qui-vive, Den avait lancé une grenade pour éliminer les deux gardes sans se préoccuper de Sio et de Brandon. Celui-ci les avait sauvés et il ne voulait pas le blesser.
Malheureusement, le Jedi Obscur s’amusait devant les tentatives du Mando pour déstabiliser sa défense.
La mêlée était confuse, mais Den vit Vala se débarrasser des deux derniers soldats en récoltant au passage un tir de blaster dans le bras.
Pourtant, le renégat se trompait.
Il en manquait encore un...
Den entendit un bruissement dans son dos et s’écarta par pur réflexe. Si ce geste lui sauva la vie, il ne put empêcher la vibrolame de ripper sur sa cuirasse mandalorienne avant de s’enfoncer sous son aisselle. Le jeune homme cria de douleur, du sang s’écoulant de sa blessure, mais il demeura debout pour faire face au Mandalorien. Ce dernier leva sa lame avec rage et l’abattit sur le renégat qui se jeta au sol.
L’adrénaline affluant dans son corps, Den se mit sur le dos le plus promptement possible avec l’intention de se relever.
Trop tard...
La pointe de la vibrolame fusa vers sa tête avant de s’arrêter à un centimètre.
Den ignorait comment, la chance peut-être... il était parvenu à saisir la garde de l’arme blanche juste à temps. Surpris de prime abord, le Mando’a réagit et pesa de tout son corps sur sa vibrolame pour faire céder le renégat.
Affaibli par sa blessure, Den loucha sur la pointe acérée qui se rapprochait fatalement de son front. Il perdait ce duel de force.
Il en serait mort sans l’intervention inopinée de BP-S1. Celui-ci surprit le guerrier par-derrière et libéra Den de sa situation désespérée.
– Quels sont vos dégâts corporels, maître ?

Den s’étala sur le sol, les bras en croix.
- Merci... je suis en vie... haleta-t-il.

Mais il restait encore un Mandalorien et ce dernier fixait le droïde avec une haine mêlée de dégoût. À quelques pas, le cadavre de Sio reposait dans une position tordue.
– Que fait ce bactério ici ? Ils sont du côté des Jedi Obscurs !

– Détendez-vous, Brandon. Il est de notre côté, intervint Vala en mettant ses bras en opposition. Expliquez-moi comment vous avez pu vous débarrasser de Sio.

Le sergent se calma et rengaina sa vibrolame avant de tourner son regard dur vers Vala.
– Obscurs ou pas, tous les Jedi sont arrogants lorsqu’il s’agit d’affronter un non sensible à la Force. J’ai profité de cette faiblesse pour le surprendre... répondit-il vaguement.

Il pivota à nouveau vers le droïde qui le fixait d’un air supérieur.
– Maître, ai-je votre autorisation pour envoyer une nouvelle boîte de conserve à la casse ? demanda BP-S1 avec politesse.

– Non... le sergent Brandon s’est rebellé contre les siens. Il est désormais notre allié, n’est-ce pas ?

Brandon acquiesça avec lenteur.
– Grâce à toi, jeune Jedi, j’ai pris la décision de libérer mon peuple de son oppresseur. Pour cela, je mets à ton service mes compétences de guerrier. Mais ose m’en empêcher et je te garantis que cela sera ta dernière action.

– C’est noté ! Bon, nous n’avons pas le temps pour une discussion entre amis. L’explosion dans le campement ne distraira pas longtemps les Mandaloriens. J’imagine que tu es l’auteur de cette diversion, BP-S1 ? Coupa Vala.

– Affirmatif. Cette unité regrette de vous annoncer son incapacité à user à nouveau de son bouclier d’invisibilité. Ses accus sont presque vides et elle doit économiser son énergie afin de continuer son service auprès du maître.

Den se remit sur pied en se tenant l’aisselle sous l’œil inquiet de Vala, elle-même meurtrie au bras. Le Mandalorien grommela une phrase inintelligible et lui donna un patch de koto. Le renégat sentit une vague de soulagement l’envahir lorsqu’il appliqua la substance curative sur sa blessure.
Vala l’aida à reprendre la marche, suivi par Brandon et BP-S1.
– J’ai la sensation que les renforts arriveront bientôt. Prenons un peu d’avance et soignons-nous correctement, surtout toi Den. La dernière chose dont tu as besoin dans ton état est de perdre du sang.



*************


Depuis son évasion de la prison d’Ossus, la chance avait déserté Kirax sur Nar Shadaa.
Elle essaya d’oublier toutes les péripéties vécues sur Nar Shadaa afin de récupérer la Flèche Filante, son vaisseau de chasseur de primes.
Ce dernier était désormais en vue de son objectif : Ilum.
D’après les affirmations de son mystérieux samaritain, sa proie, Den Liser, se trouvait sur cette planète isolée, mais pas inhabitée. Les senseurs repérèrent un croiseur mandalorien en approche. Le bâtiment émit une tentative de communication que Kirax accepta.
– Ici le Prédator Envahisseur, identifiez-vous ou votre vaisseau sera arraisonné, annonça une voix agressive sans préambule.

– Je suis une chasseuse de primes en mission pour l’Échange Orange. Transmission du code d’identification en cours... annonça-t-elle.

Un silence suivit, mais Kirax n’était pas inquiète, car son employeur et les Mandaloriens travaillaient ensemble.
– Nous vous autorisons à exécuter votre tâche. Il s’agit de retrouver les Jedi égarés sur Ilum ? Bien... nos forces au sol ont quelques difficultés à les capturer et le soutien d’un chasseur de primes ne sera pas un luxe inutile. Je vous transmets les coordonnées où les Jedi se rendent, mais je dois vous prévenir. Un champ disrupteur sévit dans leurs alentours et il est impossible de s’y poser...

Kirax accusa réception des données et son visage fin se renfrogna.
La zone d’influence du champ disruptif s’étalait sur plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre. Au mieux, elle disposerait de plusieurs jours pour atteindre les coordonnées où se rendait Den Liser. D’ici là, les Mando’a mettraient la main sur sa proie et adieu la coquette somme qui lui permettrait de guérir sa mère.
La haine et la frustration l’envahirent tandis qu’elle décidait de rejeter la voie de la prudence.
Même si elle y perdait son vaisseau, elle devait le faire...
– Bien reçu...

Alors que la Flèche Filante s’éloignait de l’Envahisseur, le commandant mando’a siffla de surprise en réalisant que la chasseuse de primes se dirigeait droit vers le champ disrupteur. S’il avait su que Kirax était prête à de tels risques, il l’aurait prévenu du danger représenté par les wrixs dans cette zone. Une horde entière de ces sanguinaires prédateurs l’attendraient, mais il était trop tard pour contacter à nouveau la chasseuse de primes...




****************


BP-S1 ouvrait la marche à travers la jungle d’Ilum tandis que Vala, désireuse d’avoir le Mando en visuel, fermait la petite procession. Jusqu’ici, le trajet s’était effectué dans le silence le plus complet.
– Brandon, je comprends votre décision de nous accompagner, mais tôt ou tard, vous devrez combattre votre propre peuple. Cela ne vous gêne-t-il pas ? demanda Den.

– Les miens demeurent enchaînés au joug des Jedi Obscurs. Ne pas avoir la volonté de s’en libérer signifie qu’il est faible et à ce titre, il ne mérite pas ma pitié, rétorqua froidement l’ex-sergent.

Vala, qui avait entendu la réponse de Brandon, glissa une remarque acerbe.
– Et vous ! J’imagine que vous vous considérez fort alors que vous ne faites que participer à la souffrance de millions de gens. Votre seul désir est de satisfaire votre soif de sang et de violence. Un jour, cela causera votre perte.

Brandon s’arrêta brusquement et fit volte-face vers la Jedi qui le jaugeait d’un œil noir.
– Qu’est-ce qui vous permet de juger mon peuple, Jedi ? Vous ne nous connaissez pas et ignorez tout de notre histoire et de notre culture.

– Ne me provoquez pas ! Ces derniers jours, j’en ai vu assez pour comprendre l’étendue de votre barbarie !

Mais une voix calme intervint au milieu de la dispute.
– Ce n’est pas le moment pour régler vos comptes. Pour l’heure, nous devons passer outre nos différences et nous concentrer sur ce qui nous unit. Dois-je vous rappeler notre situation ?

Vala soutint le regard posé de Den et finit par baisser la tête en signe d’acquiescement, mais le renégat savait son ressentiment toujours bien présent en elle.
La jungle perdait en densité au fur et à mesure qu’ils approchaient de la montagne. Au vu des nombreuses pierres percées de pores qui jonchaient les alentours, Den comprit qu’il s’agissait en fait d’un ancien volcan. Il se tenait sur le qui-vive, car Brandon les avait prévenus de la menace potentielle représentée par les wrixs, une espèce féline et carnivore opérant en meute.
Plus tard, BP-S1 stoppa sa marche et annonça qu’il détectait la présence d’un vaisseau un peu plus loin.
« Les Mandaloriens sont-ils si désespérés qu’ils sont prêts à risquer vies et équipements pour nous appréhender ? » songea Den.
Ils continuèrent en redoublant de vigilance. Ils n’avaient pas le choix, car l’appareil se trouvait sur leur chemin.
Le droïde leur fit à nouveau signe de rester immobiles, mais cette fois-ci, Den en repéra la cause.
Il entendait des détonations de blaster étouffées par la distance.
– Je sens la faim dévorante de nombreux animaux. S’il y a des Mandaloriens dans les alentours, je doute qu’ils soient plus d’une dizaine, prévint Vala en prenant sa vibrolame.

– Allons voir de quoi il en retourne, proposa Den, blaster en main.

Le quatuor progressa d’une vingtaine de mètres jusqu’à apercevoir un combat stupéfiant. Au lieu de Mando’as, une jeune femme à la chevelure écarlate se tenait sur la carlingue d’un vieux vaisseau monoplace et distribuait des lasers à une dizaine de félins enragés. Plusieurs corps de wrix gisaient déjà autour d’elle, mais cela n’empêcha pas l’un d’eux de la désarçonner d’un coup de griffe. La femme chuta de sa position jusqu’à un tapis de mousse qui amortit le choc. Orpheline de sa carabine, elle dégaina une vibrolame à lame recourbée et la fit tournoyer avec habileté autour d’elle. Un wrix s’effondra, la gorge tranchée. Les autres entreprirent de l’encercler lentement.
Quelles que soient les compétences au combat de la jeune femme, elle ne pourrait survivre au prochain assaut des bêtes.
– Aidons-là, décida Den en amorçant un mouvement.

La main puissante de Brandon le retint par l’épaule.
– Doucement ! Un bon guerrier utilise tous les atouts à sa disposition avant de se jeter tête baissée dans un combat. Je suis sûr qu’une grenade sonique effrayerait un peu la meute.

Joignant la parole à l’acte, le Mando lança l’explosif au milieu des wrixs tandis que Den prévenait la courageuse inconnue. Hormis BP-S1, tout le monde couvrit ses oreilles afin d’éviter une surdité temporaire. Les ondes soniques se libérèrent de l’objet et parcoururent les rangs wrix dont plusieurs basculèrent sur le flanc. Même atténuées par la distance, les vibrations atteignirent les tympans de l’ancien Padawan qui se jeta à terre, ses paumes plaquées sur les oreilles.
La femme titubait elle aussi, la tête entre les mains.
Étrangement, elle lui rappelait quelqu’un...
Bien qu’à moitié sourds, deux wrixs s’approchèrent d’elle en se léchant les babines.
Den ne pouvait abandonner l’inconnue à son sort alors il passa outre la souffrance de ses tympans et serpenta au milieu des félins désorientés. Il tira de nombreuses salves en direction des animaux menaçant l’étrangère, jusqu’à l’apparition d’un point rouge sur son blaster.
« Il est surchargé... »
Heureusement, le renégat venait d’abattre les deux wrixs lorsqu’il arriva auprès d’elle. L’inconnue ôta les mains de son visage et Den eut enfin la possibilité de la dévisager.
« Kirax ! » comprit-il, surpris.
Elle voulait probablement se venger de lui, mais ce n’était pas le souci le plus urgent pour le moment.
– Venez ! Nous devons nous éloigner de la meute ! cria Den, inquiet.

Les effets délétères de la grenade se dissipaient déjà et les wrixs récupéraient leurs sens.
Kirax acquiesça, nons sans un regard hostile vers lui, ramassa sa carabine et le suivit au-delà du cercle de prédateurs. Ces derniers réagirent et se lancèrent à leur poursuite dans un concert de feulements agressifs. BP-S1 et Brandon déclenchèrent un tir de barrage tandis que Vala usait de la Force pour faire tomber un arbre derrière les deux fuyards. Vaincus, les wrixs survivants émirent quelques sifflements apeurés et se retirèrent dans la jungle, le ventre vide.
La satisfaction de Den tourna court lorsqu’il sentit un canon martyriser le creux de son dos.
– Je te remercie de m’avoir sauvé, mais tu es désormais mon prisonnier, Jedi, souffla Kirax à son oreille. L’Échange attend toujours avec impatience ta venue.

– Est-ce là le légendaire sens de l’honneur des chasseurs de primes ? ironisa le renégat, mains levées.

Brandon parut amusé de la situation, au contraire de Vala qui fronça les sourcils.
– Relâchez Den. C’est votre seule option...

– Je ne crois pas. Je vais simplement attendre les Mandaloriens et vous livrer à eux en échange de Den Liser. À moins que vous ne préfériez laisser tomber votre ami ? Manœuvra Kirax en serrant sa prise.

Les menaces de la chasseuse de primes n’impressionnèrent pas Vala.
– Votre esprit est fort et entraîné à résister à l’influence de la Force. Je le sens. Mais il est troublé par un sentiment d’urgence et la colère que vous portez envers mon ami. Pensez-vous vraiment que les Jedi Obscurs vous laisseront l’extraire si facilement ? Au vu des risques que vous avez encourus en « atterrissant » aussi près de nous, j’en déduis que votre situation n’est guère plus enviable que la nôtre.

Elle avait touché dans le mille. Kirax hésitait devant la perspicacité des paroles de la Jedi.
– Vala a raison sur ce point. Les Jedi Obscur me veulent mort et ils ne te laisseront pas m’emmener, or tu auras besoin d’eux si tu souhaites quitter cette planète, confirma Den.

– Ne fais pas ton malin ! Je trouverais bien un moyen de te livrer à l’Échange, répliqua-t-elle.

Sa voix manquait cependant de conviction. Pour l’avoir brièvement côtoyé sur Nar Shadaa, Den savait que Kirax n’était pas sans état d’âme. Elle devait surement avoir une excellente raison pour avoir pris autant de risques et ce n’était certainement pas pour une simple prime ou vengeance personnelle. De plus, ses amis ne la laisseraient pas l’emmener.
– Tu n’es pas une mauvaise personne. Ainsi, je t’offre une seconde alternative si tu l’acceptes.

Kirax réfléchit quelques instants.
– Que proposes-tu exactement ?

– À notre arrivée sur Ilum, nous avons envoyé un message de détresse aux Jedi. Je gage que les renforts se porteront bientôt à notre secours. Par la suite, nous règlerons nos comptes sans violence, je t’en fais le serment, promit le renégat, solennel.

Un silence tendu s’installa, car nul ne pouvait prévoir la réaction de la chasseuse de primes. Vala et Brandon tenaient leur main non loin de leurs armes, prêts à se battre si nécessaire.
– Tout ton plan repose sur le vœu pieux d’une intervention des Jedi, mais je n’ai pas le choix. Cela me dégoute d’avoir une dette envers toi après que tu m’aies sauvé. Je la rembourserai en t’aidant. Ne te fais pas d’illusions cela dit ! Tu demeures mon prisonnier quoiqu’il arrive !

Elle relâcha le jeune homme qui se massa le bas du dos. Quant à Brandon, il fit une moue dépréciative, mais ne contesta pas la décision de Den.
– Poupée, je t’abattrais sur place si tu fais le moindre geste suspect. Les chasseurs de prime représentent pour moi la pire engeance de la galaxie, la prévint-il.

– Je n’ai pas l’intention de faire de vagues, Mandalorien. Tout se passera bien, si j’ai satisfaction au bout du compte.

La grotte décrite dans le journal de Bemless était toute proche désormais. Ils reprirent leur route dans le calme.
Den s’interrogeait sur les raisons qui poussaient Kirax à agir ainsi. Il était plus que jamais convaincu que ni l’argent ni la vengeance ne la motivait réellement. Il résoudrait ce mystère plus tard, car un problème plus urgent requérait son entière attention.
Quels nouveaux dangers entraveraient encore son chemin ?



**************



Bondés de blessés, les hôpitaux de la cité d’Ossus faisaient face à un manque de personnel sur un monde qui n’avait jamais connu une telle catastrophe. Les Jedi guérisseurs mettaient leurs compétences au service des habitants avec zèle.
Entre les morts, les portés-disparus, les destructions matérielles, les cris de pleurs mêlés de souffrance, Ossus venait d’apprendre la douleur de la guerre...
Maître Viridia était conscient de cette vérité.
Lui-même récupérait peu à peu du traumatisme crânien induit par l’attaque lâche de Laydus. Il pouvait dès à présent quitter l’infirmerie du Temple et ne garderait de cette mésaventure qu’une bosse. Peu lui importait ses dommages physiques, même si la Force l’avait réclamé pour ne plus qu’un avec elle. Bien qu’il regrettait profondément toutes les pertes humaines des derniers jours, Viridia était satisfait.
« Ni les Sith ni les Jedi Obscur n’ont découvert l’artefact... »
Comme lui, les plus avisés des Maîtres Jedi les sentaient : les ténèbres. La mort de l’abomination Sith avait changé la nature d’Ossus au sein de la Force. Tel un voile sombre, la corruption du Côté Obscur enveloppait la roche, l’atmosphère, les bâtiments et même les êtres vivants.
Et c’était là l’un des objectifs des Sith.
Frapper l’Ordre en plein cœur et les forcer à s’exiler de leur planète mère. Car Viridia ne se faisait aucune illusion, aucun être intelligent ne pourrait demeurer sur Ossus dans un proche avenir.
Les premiers symptômes émergeaient déjà. Une épaisse couche de nuages obscurcissait en permanence le ciel, le temps se rafraichissait, bien que la période soit normalement estivale, et la végétation entamait un cycle de décrépitude.
Chaque habitant, qu’ils soient Jedi ou pas, ressentait ce désir quasi instinctif de quitter cette planète devenu austère, pour leur survie.
Viridia croisa le regard de Masto Zele, le plus puissant des Jedi guérisseur, et se retira de l’infirmerie après s’être vêtu de sa toge Jedi.

Plus tard, il convoqua une réunion du Conseil, la première depuis la mort du Sith.
Les sièges vides des Maîtres Laydus et Avada-Jumi rappelaient aussi bien leurs immenses pertes que leur grande négligence. Néanmoins, les conseillers discutèrent du retour des Sith et de l’abominable rituel qui avait donné naissance à la créature responsable de tant de désolation. Viridia sentit leur peur devant la puissance dont les Sith disposaient. Personne n’osait penser à leur degré de compréhension de la Force pour avoir réussi à mettre au monde une telle arme.
Le sujet principal était l’éventualité du déplacement des effectifs Jedi vers une de ces enclaves secondaires sur Bimmissari. Rien n’était sûr à ce stade, hormis la nécessité d’abandonner le berceau de leur Ordre.

Le Grand Maître retourna à l’infirmerie en compagnie de Broom Kom. Le duo pénétra dans la chambre dont le patient dormait dans son lit.
Le visage de Kalin Notsun semblait en paix, mais en réalité, l’ultime sursaut du monstre Sith avait directement touché son esprit et plongé dans un profond coma. Même Maître Zele n’avait rien pu faire pour lui.
En regardant ainsi son ancien Padawan, une infinie tristesse envahit le cœur du petit alien. Ce dernier se détestait pour avoir échoué à anticiper le plan des Sith et regrettait son incapacité à avoir décelé la corruption de Laydus à temps. Une telle incompétence était indigne d’un Grand Maître.
Qu’avait-il vraiment appris durant ses sept siècles de vie passés à tenter de percer le mystère de la Force ?
– Si moi, je la sens alors vous aussi, annonça le Kel Dor. La défiance des Jedi à notre égard court dans les couloirs du Temple tel un Iriaz dans une prairie.

– De douleur et de chagrin, le cœur des Jedi s’emplit. Par des idées de vengeance à l’égard des Sith et de leurs alliés, ils sont désormais motivés, approfondit Viridia.

Le Grand Maître entendit le respirateur du Kel Dor s’actionner deux fois avant que celui-ci ne poursuive :
– Craignez-vous que quelques Jedi ne se détournent de l’Ordre pour partir en croisade contre les Mando’as ?

– Érodée, leur confiance envers les décisions du Conseil est. Bientôt, notre enseignement et les bases immuables du code, ils remettront en question. Au vu de mon échec en tant que Grand Maître, leur en vouloir, je ne puis.

Le Kel Dor se raidit tandis que Vridia fixait toujours le Jedi dans le coma.
– J’ai peur de comprendre vos allusions, Maître Viridia... lâcha-t-il d’une voix éteinte.

– Ici, sur Ossus, d’éradiquer le Côté Obscur, mon châtiment sera. Mon statut au sein de l’Ordre Jedi, en conséquence je quitte. Irrévocable, cette décision est...


***************

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MessagePublié: 22 Août 2017, 20:03 
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En effet ca se décante :) ! Un mandalorien qui se rallie aux Jedi, serait-ce une allusion à Rohlan Dyre?
Sio n'a eu que ce qu'il méritait :twisted: ! et une chasseuse de primes est de retour :roll: ..

Une remarque: il me semble que le mando'a est la langue des mando'ad :mrgreen: .
Comme toujours l'histoire me passionne et j'aime bien ton style.

Bref la suite!


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MessagePublié: 23 Août 2017, 12:53 
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mat-vador a écrit:
En effet ca se décante :) ! Un mandalorien qui se rallie aux Jedi, serait-ce une allusion à Rohlan Dyre?


Pas directement vu que je ne le connais pas :x. En fait, en écrivant cette scène, je pensais plus à Jack O'Neill qui rallie Tealk dans Stargate SG-1 :mrgreen:


mat-vador a écrit:
Sio n'a eu que ce qu'il méritait :twisted: ! et une chasseuse de primes est de retour :roll: ..


Si ça intéresse, j'ai écrit une nouvelle sur les aventures de Kirax. La qualité d'écriture est moins bonne mais c'est court, je crois l'avoir posté dans un autre topic.


mat-vador a écrit:
Une remarque: il me semble que le mando'a est la langue des mando'ad :mrgreen: .


Ah c'est bien possible ! Pardonne-moi pour cette grossière faute ! :mrgreen:


mat-vador a écrit:
Comme toujours l'histoire me passionne et j'aime bien ton style.


Merci, ça fait plaisir. Au moins, je n'ai pas perdu à mon temps à améliorer mon style. D'ailleurs, j'ai fini de réécrire le tome 1 découpé en 25 chapitres.



Chapitre 20
Discorde





Le groupe hétéroclite parvint au pied de la montagne à l’instant où la jungle laissait place à un terrain dénué de toute végétation. Plus loin, l’entrée vide de la fameuse grotte confirmait qu’ils étaient les premiers à l’atteindre.
Den nota avec inquiétude la présence de squelettes d’animaux aux alentours. Au-delà de cela, il se questionnait sur les raisons de la stérilité du terrain bordant l’antre.
– Détectes-tu quelque chose, BP-S1 ? Je sens un pouvoir obscur émaner de cet endroit, annonça Vala, répondant aux pensées de Den.

– Négatif. Cette unité juge toutefois probable la présence d’un piège. La dégradation avancée de ses ossements démontre que la faune environnante a compris qu’il y avait un danger à se rendre dans cette zone désertique. Par conséquent, BP-S1 préconise une vigilance extrême...

Le front de Vala se plissa pensivement.
– Si je me souviens bien, Kawashi et ses amis ont eu à affronter des créatures à l’intérieur de cette grotte.

– Je me le rappelle aussi, acquiesça Den. Mais nous n’avons pas le choix.

– Une petite seconde ! Tu n’iras nulle part tant que je n’aurais pas de garantie que tu reviennes en un seul morceau. Ou au moins, que je puisse récupérer ton corps sans vie, intervint Kirax en se postant devant le renégat.

Ce dernier esquissa un sourire.
– Charmant... je t’ai déjà dit que je te suivrais dès lors que cette affaire sera réglée. Et je ne mourrais pas avant d’y parvenir. Te rappelles-tu de notre petite conversation ?

Les deux humains avaient eu un échange à l’écart des autres au cours duquel Den avait appris les motivations de la chasseuse de primes. Guérir sa mère était la seule chose qui lui importait, allant même jusqu’à devenir mercenaire pour gagner beaucoup de crédits en peu de temps. Den respectait cette attitude et l’aiderait dans son entreprise.
– Bon... qui a une stratégie valable pour pénétrer dans la grotte ? Coupa Vala d’une voix forte.

Den lisait la désapprobation dans les yeux de son amie, mais elle ne connaissait pas Kirax comme lui. Entretemps, BP-S1 énonça son point de vue :
– Si une chair à canon se dévouait pour traverser seule cette zone, BP-S1 pourrait découvrir la teneur du piège et élaborer une stratégie plus complexe. Les pertes seraient limitées à une.

– Personne ne sera envoyé à l’abattoir, BP-S1, grogna Den en lançant un regard noir.

Brandon s’avança dans un cliquetis d’armure.
– Non... le droïde a raison. Un mort est préférable plutôt que tout le groupe et c’est à moi d’y aller. Je connais mieux que vous tous réunis les dangers recélés par cette planète.
Le Mando’a ne laissa pas aux autres le loisir de la riposte et marcha fièrement, le regard rivé sur la grotte. La détermination lisible sur son visage disparut lorsqu’il enfila son casque.
– Désolé ! Je viens avec toi pour protéger tes arrières. Il est hors de question que je reste les bras croisés pendant que tu risques ta vie, intervint Den.

De fait, BP-S1 suivit son Maître et Kirax emboita le pas de sa proie. Vala n’hésita pas un instant avant d’enjamber le premier squelette. En fin de compte, ils iraient tous ou pas du tout. Brandon lâcha un soupir résigné.
Un homme affaibli, une machine sadique, une Jedi, un traitre mando et une chasseuse de primes... telle étaient l’improbable composition de ce groupe d’aventuriers. Tous se connaissaient depuis peu de temps et pourtant, c’est avec une foi inébranlable dans leurs croyances qu’ils affronteraient l’inconnu.
Bientôt, ils arrivèrent à pas feutrés au centre de la zone stérile. Den fronça les sourcils en apercevant un crâne différent des autres.
– Regardez, murmura-t-il dans l’atmosphère pesante. Un squelette humain...

Brandon s’agenouilla devant lui et plongea la main dans le sable, attiré par un éclat que Den remarqua lui aussi. Les grains glissèrent entre ses doigts en révélant un objet cylindrique. Tous reconnurent un vieux manche de sabre laser. Le Mando le confia à Vala, laquelle le manipula quelques instants avec concentration. Une lame cyan jaillit finalement sous le regard nostalgique de Den.
Ce dernier se détourna de l’arme en entendant plusieurs cris aigus, suivis de frémissements et de cliquetis.
– Liser ! Reste derrière moi ! Je te préviens que si tu meurs, je te tue, glapit Kirax.

Den régla son blaster à la puissance maximale d’un geste pensif. Il était le seul parmi ses alliés à être incapable de se défendre correctement et Kirax semblait déjà l’avoir remarqué.
- Ils arrivent ! s’écria Brandon, armé de son fusil de facture mandalorienne.

Deux dizaines de formes sombres jaillirent de la grotte en sifflant et cliquetant avec agressivité.
Dotées de six pattes hérissées de poils, d’un énorme corps noir et de deux paires d’yeux émergeant de la tête, ces créatures inconnues parachevaient leur horrible apparence avec un duo de mandibules aussi acérées qu’une vibrolame.
« Ces insectes ont de quoi intimider les plus courageux ».
Den eut un frisson d’horreur en réalisant qu’ils mesuraient près d’un mètre de hauteur et réprima un mouvement de recul.
Il avait peur, se sentait totalement démuni sans la Force.
À ses côtés, Brandon ajustait froidement la première cible dans sa ligne de mire. Un muscle de sa mâchoire tressaillit, mais Den doutait qu’il s’agisse là d’un signe de crainte.
« Cet homme ne connaît pas la peur ou bien il sait la cacher, contrairement à moi. »
Le Mando’a pressa la gâchette. Son tir atteignit la tête de sa cible, mais ricocha dessus dans un déluge d’étincelles.
Den ouvrit le feu dans la seconde suivante avec Kirax et BP-S1. Les lasers rebondirent sur les carapaces de la même manière, ralentissant à peine leur course vers leurs proies.
Comprenant l’inutilité de son fusil, Brandon le jeta au sol et mit la main dans le compartiment de stockage de son armure pour en retirer deux grenades.
- Voyons si ces bestioles résisteront à ça ! annonça-t-il en lançant les projectiles vers les créatures.
Les détonateurs s’enclenchèrent au milieu de la horde ennemie dans une explosion mêlée de plaintes stridentes. Un nuage de poussière s’éleva en quelques secondes, mais les insectes en émergèrent sans dommages apparents et plus excités que jamais.
- C’est impossible ! cria Kirax.

Elle rengaina son blaster à la ceinture pour le remplacer par une arme sensiblement plus grande, dissimulée sous sa veste. Les autres combattants se préparèrent au corps à corps. Consciente de l’avantage conféré par son sabre, Vala se posta à l’avant.
Trois insectes géants s’intéressèrent à elle tandis que le gros de la horde la contournait de part et d’autre de sa position. L’arme des Jedi était capable de franchir sans mal des portes blindées de duracier alors de la chitine ne devrait pas poser de problèmes. La Jedi porta un coup sur la carapace dorsale de son premier adversaire, mais la lame de plasma parvint à peine à l’entamer. Surprise, Vala recula maladroitement devant l’assaut conjoint des deux autres insectes puis finit par les repousser d’une Poussée de Force. L’impact renversa les créatures hargneuses sur le dos. Leur carapace semblait plus tendre au niveau de l’abdomen et Vala confirma son observation en enfonçant son sabre dedans. En deux coups secs, elle se débarrassa d’un autre insecte qui émit une plainte stridente d’agonie.
– Retournez-les ! La partie ventrale est leur point faible ! hurla-t-elle vers ses compagnons.

Ayant constaté leur inutilité, BP-S1 avait replié ses canons laser intégrés et distribuait des coups avec ses poings métalliques. Les monstres volaient autour de lui, victime de la puissance de ses servomoteurs. Mais c’était insuffisant pour les empêcher de se relever...

De son côté, Brandon éprouvait des difficultés face à un trio d’ennemis. Ceux-ci faisaient pleuvoir une multitude de coups sur lui grâce à leurs mandibules acérées et leurs pattes pointues. Leur vélocité étonnait le Mando qui, malgré ses deux vibrolames, ne parvenait pas à parer toutes les attaques. Ainsi, il se concentrait uniquement sur celles qui prenaient la direction de ses points vitaux et laissaient les autres riper sur les plaques de son armure. Il ripostait parfois en visant leurs yeux protubérants, mais les créatures les rétractaient dès qu’elles décelaient un danger.

Den et Kirax se trouvaient déjà dans leurs derniers retranchements.
La chasseuse de primes usait de son lance-flamme pour maintenir les insectes à distance, mais elle ne pouvait pas protéger Den sans se mettre à portée ennemie. Le renégat cria d’horreur lorsqu’une créature bondit sur le dos de la Sernpidalienne. Il était trop tard pour réagir. Les mandibules s’enfoncèrent dans la hanche de Kirax, laquelle s’effondra dans un gémissement.
– Vala ! Nous avons besoin d’aide ! rugit Den qui brassait du vent avec sa vibrolame pour repousser les animaux.
La Jedi tourna la tête et aperçut le corps inanimé de Kirax. D’un saut périlleux, elle atterrit entre Den et les insectes. Ces derniers sifflaient de frustration à la vue de l’arme bleu cyan.
- Couvrez vos yeux ! ordonna-t-elle.

Elle concentra son regard sur le sol meuble et usa de ses pouvoirs télékinétiques afin de provoquer une brusque tempête de poussière. La force de la rafale suffit à blesser provisoirement les yeux proéminents des monstres, donnant le temps à Den pour mettre Kirax à l’écart de la bataille derrière un arbre mort. Vala et Brandon profitèrent de leur avantage pour réduire un peu le nombre des opposants.
– BP-S1 ! Est-ce que tes senseurs repèrent d’autres signes de vie à l’intérieur de la grotte ? demanda le renégat.

Le droïde occupait à lui seul près d’une dizaine d’insectes. Ces derniers semblaient incapables de percer son blindage. Quelques étincelles jaillissaient toutefois de l’articulation de son bras droit.
– Cette unité affirme qu’il demeure un, peut-être deux êtres vivants, répondit l’automate d’une voix où la joie pointait.

Un plan aussi ingénieux que téméraire germait dans l’esprit de Den. S’il restait si peu d’ennemis à l’intérieur alors il avait toutes ses chances.
– J’ai une idée ! Pour contourner les insectes, BP-S1 va me « lancer » le plus loin possible au-dessus de ces choses et Vala usera de la Force pour stabiliser ma trajectoire jusqu’à l’atterrissage.

– Tu es cinglé ou quoi ? Que feras-tu si tu survis à ça ? réagit Vala en assenant un coup de pied à un animal.

Den déséquilibra son adversaire direct et parvint à entailler sa chitine ventrale. Un épais liquide verdâtre en sortit. L’insecte remua vainement des pattes avant de s’immobiliser pour de bon.
– Je foncerai vers la grotte, m’emparerai du cristal et nous quitterons cette planète pour toujours.

Tout comme Vala, l’ancien Padawan savait parfaitement que les choses ne se dérouleraient pas aussi facilement qu’il venait de le dire. La Jedi étourdit un insecte en le projetant sur un de ses congénères et soupira :
– Si les estimations de BP-S1 sont correctes, ça devrait aller. Sois prudent, nous te couvrerons !

Den acquiesça d’un signe de tête avant d’être agrippé par le droïde.
– Cette unité évalue à quinze pour cent les probabilités de réussite de votre plan, signala ce dernier. Notez que je ne prends pas en compte les éventuels dangers que mes senseurs ne peuvent détecter.

– Sympathique ta manière de m’encourager ! Bon, fais ça vite ou Brandon et Vala vont être submergés ! grogna le renégat avec une pointe de crainte dans la voix.

Sans plus attendre, le bactério prit son élan en faisant un tour sur lui-même et propulsa Den haut dans le ciel. Le jeune homme eut l’impression de flotter pendant quelques secondes. Bientôt, il sentit une entité intangible se saisir de lui et contrôler sa chute en direction de l’entrée de la grotte. C’était Vala qui concentrait la Force afin d’amortir son vol plané. Alors que le sol se rapprochait, Den eut le temps de voir Brandon empaler un ennemi belliqueux...


Plus Den s’éloignait de Vala, moins la télékinésie de cette dernière retenait sa chute. Apeuré, il se protégea de ses bras lorsqu’il s’écrasa sur le sol. La terre meuble amortit le choc, mais pas la douleur qu’il ressentit à ses articulations.
« Au moins, je peux courir et ce ne sont pas des écorchures qui m’arrêteront ».
Un peu groggy, Den se releva et claudiqua vers la grotte sans un regard à l’arrière. Pour l’instant, il n’entendait aucun son devant lui.
Ce qui n’était pas forcément bon signe...
Quelques secondes seraient nécessaires avant que sa vue ne s’ajuste à la promiscuité qui régnait dans la tanière des insectes.
« J’espère que je ne me ferais pas attaquer dans l’intervalle... » pensa-t-il en sortant sa vibrolame.
Den sentit des vibrations sourdes, comme des pas lents et pesants. Un monstre plus petit que lui ne pouvait avoir une telle démarche.
C’est alors qu’une silhouette aux dimensions gargantuesques émergea de l’ombre de la grotte. Voyant ses pires craintes dépassées, Den recula instinctivement vers l’arrière.
– Rester avec les autres était peut-être plus judicieux en fin de compte...

Au moins cinq fois plus grand que ses congénères, un immense monstre le fixait à quelques mètres de lui. Dire qu’il se sentait tout petit face à un tel être relevait de l’euphémisme. Les mandibules de la créature faisaient paraître sa vibrolame bien dérisoire, mais Den s’accrocha au manche, prêt à se défendre.
– Euh... c’est vous la mère ? bégaya le renégat en fixant l’abondante quantité de salive qui s’écoulait de la bouche de la créature.

Cette dernière répondit d’un cri retentissant suivi d’une haleine fétide.
« La prochaine fois que tu auras une idée aussi géniale, tu demanderas à BP-S1 de t’assommer ! »
Sans la Force, l’ancien Jedi comprit que son salut était dans la fuite. Il rebroussa chemin. Le monstre lui barra le passage en trois immenses pas.
Den était coincé...
Désespéré, il décida de contre-attaquer à l’instar de Brandon, en visant les yeux proéminents de l’ennemi. Il lança sa vibrolame qui tournoya vers la hideuse tête. Son propriétaire bougea au dernier moment et avala l’arme blanche dans un bruit de succion écœurant. Surpris, Den reçut un violent coup de patte qui l’envoya valser plus loin.
La douleur cingla dans le corps de Den et l’amena au bord de l’inconscience. Il entendait déjà la démarche pesante du monstre se rapprochait de lui.
C’est à cet instant qu’une voix agressive tinta dans sa tête :
« – Quelle pathétique prestation, pourtant digne de toi ! Laisse-moi nous débarrasser de cette créature ! »

« – Je ne te fais pas confiance ! » répliqua Den, buté.

« – La liberté d’expression n’est plus une option pour toi désormais. Mes forces sont maintenant assez grandes pour prendre le contrôle de ton corps contre ton gré. »



Persuadée de l’imminence de son prochain repas, l’immonde créature leva à nouveau sa patte pour achever sa proie. Son membre s’abattit... et ne s’enfonça pas dans de la chair. À la place de sa victime, il n’y avait que de la terre.
Darkliser venait de se déplacer en une fraction de seconde et attendait, deux mètres plus loin. Le monstre siffla de colère et cracha un liquide vert dans sa direction, mais sa proie sauta vers l’arrière. La sécrétion atteignit un rocher qu’elle rongea entièrement en quelques secondes.
L’Élu profita de ce moment de répit pour réfléchir à un moyen de détourner l’attention de l’insecte. Ce dernier avait des armes redoutables, lui possédait la Force. Darkliser courut vers la créature et ne ralentit pas lorsqu’elle projeta à nouveau sa patte acérée vers lui. Après s’être baissé d’un geste anticipé, Darkliser agrippa le membre couvert de poils et s’en servit comme d’un balancier pour se propulser dans les airs. Il atterrit sur le dos puissant de l’ennemi et s’y cramponna. Un léger sourire flotta sur son visage tandis que l’exaspération de la créature croissait. Cette rage le stimulait, le rendait plus fort et plus confiant sur la suite des évènements. Il aurait voulu que ce plaisir dure, mais le temps lui était compté et il y avait beaucoup à réaliser encore.
Le monstre secoua son énorme corps dans l’espoir de désarçonner sa proie qui s’accrochait à elle comme un parasite. C’était peine perdue... Profitant d’une accalmie, Darkliser se mit à courir sur le dos chitineux en direction de la tête et se posta au-dessus d’un œil du monstre. Il plaqua sa main dessus en canalisant la Force Obscure et la relâcha sous forme d’éclairs bleutés. La créature frémit un instant avant de hurler de douleur, une épaisse fumée se dégageant de sa muqueuse endommagée. L’énergie électrique s’était propagée dans tous ses yeux et dès lors, sa souffrance devint son unique priorité.
« Elle ne mourra pas pour si peu, il faut que je me dépêche. »

Darkliser pénétrait déjà dans la grotte et il n’avait pas l’intention de laisser sa place à Den. L’intensité du Côté Obscur dans cet endroit l’aiderait en ce sens, mais tôt ou tard, il retournerait dans sa prison...
Pour cette raison, Darkliser savait que seul son pouvoir pourrait déjouer les prochains obstacles qui se mettraient au travers de sa route.



************



Amputée des trois quarts de ses forces initiales par une récente défaite en Bordure Médiane, la Quatrième Flotte de la République ne disposait plus que de quelques croiseurs Hammerhead et d’autres vaisseaux de tonnages inférieurs. Un unique destroyer Centurion, commandé par l’Amiral Drum, la menait.
La Mon Calamari regrettait chaque jour les pertes humaines infligées par les Mandaloriens à sa flotte et se demandait sans cesse si le court de la bataille aurait varié en manœuvrant autrement. Drum songeait même à démissionner de la Marine jusqu’à cet échange avec la Jedi Mayn. Si sauver deux Jedi permettait à la Marine de gagner la confiance de l’Ordre alors elle tenait là l’occasion de redorer le blason de la Quatrième. Si les Jedi s’engageaient dans la guerre, alors les jours des Mandaloriens seraient comptés. Le Chancelier Suprême semblait du même avis puisqu’il avait donné le feu vert pour cette opération de sauvetage. De plus, l’idée d’infliger un revers aux Mandaloriens ne lui déplaisait pas, loin de là.
D’après les informations les plus récentes, sa flotte disposerait d’un avantage numérique bien supérieur à ceux des Hommes en Armure.
- Amiral, nous arrivons au point de sortie de l’hyperespace ! annonça l’officier de navigation avec vigueur.

– Bien... murmura-t-elle, ses mains jointes au niveau des reins. Enseigne Wislow ! Faites en sorte que nos troupes terrestres soient prêtes pour le débarquement !

– À vos ordres !



**********



Le Feu Ardent naviguait entre les vaisseaux peints aux couleurs républicaines. Il était suivi par plusieurs barges et navettes d’assaut, elles-mêmes escortées par des escadrilles de chasseurs.
La bataille spatiale débutait à peine et la disparité des forces mandaloriennes laissait déjà quelques failles exploitables.
– Nous infiltrer sur planète être facile. Comment trouver Den Liser ? demanda Twick.

– Leurs comlinks ne répondent pas... Ajouta Owen, l’air inquiet.

Le visage de Lyra s’éclaira d’un sourire.
– Quand la technologie fait défaut, un Jedi doit s’en remettre à la Force. Je connais Den depuis longtemps et je peux repérer sa trace.

Le Rodien secoua ses antennes.
– Jedi... surprenants !

L’adolescente se laisser guider par la Force. Elle savait qu’elle l’amènerait vers son objectif. Une fois assez prés, ses sens seraient en mesure de définir avec exactitude la position de Den.
– Lyra... je sais que tu veux absolument retrouver Den, mais nous ignorons s’il est encore vivant. L’Amiral pense que les Mandaloriens mijotent quelque chose de louche sur cette planète et notre priorité devrait être de localiser un site approprié pour débarquer nos troupes, lui rappela Owen.

– Si Den n’était plus, je l’aurais senti. Je n’ai aucun doute là-dessus, répondit-elle avec douceur. Les cristaux Kiishra sont probablement la seule raison de la présence mando'æ sur Ilum. N’oubliez pas qu’ils prennent leurs instructions de Mapassar. Par conséquent, là où il y aura des cristaux, nous trouverons Den... et des Mandaloriens.

Owen demeura sceptique.
– Ton raisonnement se tient et tu as ma confiance. Cela dit, tu te laisses trop guider par tes sentiments à mon avis. J’en ai fait l’expérience il n’y a pas si longtemps, et je l’ai amèrement regretté.

Lyra resta silencieuse devant la vérité qui se dégageait des paroles du militaire. Des relents de chagrin s’exhalaient de lui à travers la Force. Owen n’avait jamais avoué ce qu’il s’était passé sur Coruscant, mais Lyra supposait qu’il y avait perdu un être cher.
Elle décida de prendre en compte son conseil et jeta un coup d’œil aux senseurs de l’appareil.
Plusieurs corvettes de la République doublèrent le Feu Ardent pour protéger les transports de troupes d’une nuée de chasseurs mando’as.
Assis au poste de copilote, Owen recueillit une transmission :
– Ici le colonel Spartan. Le Feu Ardent a carte blanche pour amorcer la descente vers la planète. Nous vous suivons...

– Bien reçu, mon colonel, répondit mécaniquement Owen.




********



Distraite par le combat de Den avec l’énorme insecte, Vala s’était épuisée à se défendre plutôt qu’à attaquer. Son armure griffée, entaillée et éraflée de partout sous les offensives des ennemis témoignait de l’âpreté de l’affrontement qu’elle menait. La persévérance des trois compagnons portait finalement leurs fruits, car les effectifs insectoïdes avaient diminué de moitié. Malgré cela, même BP-S1 donnait des signes de lassitude devant cette marée inarrêtable.
Vala poussa un ouf de soulagement lorsqu’elle sentit la présence de Den disparaître dans la grotte. Il avait franchi la créature géante !
L’Humaine mouva son corps courbaturé sur le côté et embrocha le thorax d’un insecte trop téméraire de sa lame cyan. Deux autres approchèrent dans son dos et se jetèrent sur elle d’un saut. Vala parvint à esquiver la charge, mais l’une des créatures bouscula son bras armé, provoquant la perte de son sabre.
Sa fin arrivait à grands pas, elle le savait rien qu’en entendant les crissements de joies des prédateurs qui s’avançaient vers elle. Son corps était trop épuisé pour lui permettre de se relever assez vite et le temps lui manquerait pour attirer son arme jusqu’à elle...
C’est alors qu’un vrombissement traversa le ciel, des rafales de lasers surgirent et plusieurs explosions retentirent mêlées aux cris de détresse des insectes.
Vala leva les yeux vers une douzaine de navettes républicaine. Les rampes de plusieurs d’entre elles étaient déjà entrouvertes pour permettre aux soldats de les soutenir elle et ses compagnons. Elle aperçut une forme jaillir d’un vaisseau en vol stationnaire et atterrir juste devant elle.
C’était Lyra, son arme Jedi crépitant devant les deux insectes qui la menaçaient.
– On dirait que nous arrivons à temps pour te sauver la vie, annonça-t-elle en préambule.

– Je suis ravie de voir que le sens du timing fait partie de tes qualités, souffla Vala en reprenant en main son sabre.

Pendant ce temps, les forces de la République atterrissaient à l’orée de la jungle et débarquaient par dizaines. Blessé au crâne, Brandon profita du recul des créatures pour récupérer son casque puis se replia vers les renforts républicains en compagnie de BP-S1.
Les deux femmes les imitèrent lorsque les ennemis recouvrèrent leurs esprits pour attaquer à nouveau. Leur infériorité numérique ne sembla pas les inciter à davantage de prudence.
Les soldats de la République prirent le relai avec plusieurs armes lourdes, dont des canons mobiles.
Lorsque Vala fut en sécurité, Lyra se tourna vers elle, l’air soucieux.
– Mais où est Den ? Et qu’est-ce que c’est que cette immense chose à l’entrée de la grotte ? Elle doit avoir la taille d’un rancor...

– Tout d’abord, nous avons une blessée là-bas, lui apprit Vala en indiquant le corps de Vala à quelques mètres de la jungle. Ensuite, une garnison mandalorienne est à nos trousses. Elle sera là dans peu de temps.

La Padawan acquiesça.
– Avez-vous entendu, Colonel Spartan ?

– Nous nous occupons de tout. Ne vous en faites pas, répliqua l’homme.

– Concernant Den, il est déjà à l’intérieur de la grotte. Nous comptions y trouver un cristal Kiishra... commença Vala.

Mais Lyra l’interrompit, une expression perplexe déformant son visage gracieux.
– Attends deux secondes, je ne comprends rien à la situation. Pourquoi te bats-tu aux côtés d’un droïde bactério et d’un Mando ? Comment Den a-t-il put vaincre ce monstre sans la Force ? Et encore...

Vala poussa un soupir et entreprit de lui conter toute l’histoire depuis le début. Pendant ce temps, le tir de barrage des soldats massacrait les insectes survivants. Bientôt, un détonateur thermique apparut en sifflant au milieu de ces derniers.
– Fini les ragots de bonne femme ! Tout va sauter ! cria Brandon.

BP-S1 le suivait de près, son plastron plus terne qu’à l’habitude.
– Avec une certaine supériorité jubilatoire due à son statut de synthétique, cette unité suggère aux organiques de se couvrir leurs orifices paraboliques crâ...

- On a saisi ! répliqua Vala en abritant ses oreilles sous ses mains.

Le souffle de l’explosion balaya tous les ennemis dans une tempête de flammes et de poussières. Malgré cette victoire, tous savaient qu’il restait un colosse à abattre. Ce dernier récupérait peu à peu de sa blessure infligée par Den.



************



Morts ou capturés, tous les Jedi fantômes étaient neutralisés, mais le Conseil Jedi savait que le règne du côté Lumineux sur Ossus touchait à sa fin.
Tel un virus incurable, les ténèbres découlant du trépas du Sith s’insinuaient dans l’essence de la planète. Faune, flore, atmosphère et même les êtres pensants étaient influencés par cette gangrène corruptrice qui gagnait en puissance au fil du temps.
Les Jedi et leur entraînement ne jouissaient d’aucun avantage contre ce fléau. Le regard sombre, ils s’entretenaient à l’écart du Conseil, se demandant quelle serait la décision de ce dernier.
Rares étaient les habitants de la cité qui n’avaient pas encore fui. Plusieurs employés d’entreprises se chargeaient de récupérer le maximum d’équipements et de données avant de quitter la planète pour toujours. L’attaque sur Ossus et la destruction des sièges de corporations galactiques avaient eu de graves répercussions sur l’économie de la République déjà affaiblie par la guerre.
À l’approche de la veillée funèbre à la mémoire des morts, l’ambiance au Temple était plus lugubre et morose que jamais au cours des derniers siècles.
Broom Kom prenait conscience à travers la Force que l’Ordre se trouvait à un tournant de son histoire. Il méditait sur les paroles de Viridia, non résolu quant aux raisons qui ont poussé celui-ci à abandonner les siens.
Était-il possible que ce soit par culpabilité ? Peut-être que le vénérable Maître avait des choses à se reprocher ? Rien n’était moins sûr...
Mais le moment était mal choisi pour réfléchir sur le sujet. Lors d’un long débat, le Conseil Jedi avait décidé de l’avenir de l’Ordre, sans leur Grand Maître. L’heure approchait pour Maître Taveel de l’annoncer à tous les Jedi.
Le Kel Dor se leva et se rendit au Grand Hall du Temple. Sur le chemin, il croisa des regards tristes, des airs abattus et même des visages déformés par le chagrin. Kom ressentait tous ces sentiments à la fois, les comprenaient, mais il se répétait les lignes du Code Jedi pour ne pas les laisser envahir son cœur.
Il ignorait quelle serait la réaction de ses pairs à l’annonce de Taveel, mais tout le monde serait d’accord sur ce point : déserter Ossus.
Bondé de bures, le hall paraissait plus petit que d’ordinaire. Broom rejoignit le reste du Conseil à son extrémité, surélevée par quelques marches.
Le regard sombre de Taveel se braqua sur lui.
– Maître Kom, je suis au regret de vous informer que Maître Viridia ne viendra pas.

– Je m’en doutais... sa décision était prise.

– Et nous devons aussi prendre la nôtre pour l’avenir de l’Ordre et de la Force.

Le Kel Dor acquiesça en silence et fixa Taveel en train de faire cesser le brouhaha d’un geste.
– Chers membres de l’Ordre, chers amis... comme vous ne le savez que trop, le Clan des Jedi Obscurs et les Sith ont lancé une offensive destructrice contre le cœur de notre Ordre. Elle a laissé en nous du ressentiment, du chagrin voir même des idées de vengeance. Durant la bataille, certains Padawans ont perdu leur Maître, des Maîtres leur Padawan, mais pour nous tous, ce sont des amis qui nous ont quittés. Nous les pleurerons dans la soirée lors de la veillée funèbre. Quelle que soit la douleur qui nous accable, nous devons nous recentrer sur les idéaux de notre ordre éternel, demeurer soudés et repousser la haine et la colère. Le Côté Obscur est plus présent que jamais, déposé tel un voile maléfique au-dessus de nos têtes par nos ennemis. Lui céder reviendrait à jouer leur jeu...

Le brouhaha reprit quelques secondes, mais Taveel, imperturbable, poursuivit son discours.
-... Et ce qu’il adviendra si nous demeurons sur Ossus. La destruction du Sith corrompt la planète et tout ce qui s’y trouve. Ainsi le Conseil a décidé de quitter cette planète tant qu’elle fera le terreau du mal.

La majorité des Jedi l’approuvèrent, d’autres restèrent renfermés. Kom eut un mauvais pressentiment en décelant en eux une pointe de défi.
Un vieux Jedi à l’impressionnante barbe blanche prit la parole. Le Kel Dor reconnut Ernest Baoth, un ancien membre du Conseil.
– Je voudrais signifier mon accord avec votre discours, Maître Taveel. Toutefois, vous avez pris soin de ne pas mentionner le rôle futur de l’Ordre concernant la guerre entre la République et les Mandaloriens.

– La raison est simple. Nous devons prendre du recul et ne pas nous laisser gouverner par nos émotions. Cette catastrophe remet en cause notre accord d’assistance dans la guerre. Le temps et la patience demeurent notre seule option pour l’instant, répliqua Taveel d’une voix ferme.

Baoth hocha la tête comme s’il se rendait au point de vue de son supérieur. Pour Broom, cela sonnait faux et la suite lui donna raison.
– Si nous attendons davantage, il sera trop tard pour repousser l’invasion. La lâcheté n’a jamais permis le triomphe de la Lumière sur l’Obscurité. Par le passé, l’Ordre Jedi est entré en guerre afin de chasser les Sith et nous avons remporté la victoire. Pourquoi choisissez-vous d’ignorer la vérité telle qu’elle est ? Le peuple Mando’a, les Jedi Obscurs et les Sith attaquent conjointement la République et l’Ordre ! Nous, les soi-disant protecteurs de la Galaxie ne nous terreront pas dans un coin pendant que les victimes innocentes s’amoncellent sur l’autel du Code Jedi.

Des murmures d’approbation traversèrent le Grand Hall, forçant Taveel à élever la voix.
– En l’état actuel de la situation, mêler les Jedi à la guerre serait une garantie de plus à la victoire de nos ennemis ! Maître Baoth, ne voyez-vous pas que les agents du mal souhaitent que nous participions activement aux combats dans le seul but d’entraîner notre corruption ?

– Vous parliez de préserver les idéaux de l’Ordre alors je vais vous rappeler certaines de nos maximes primaires. Faire triompher la Lumière, protéger les innocents et surtout défendre la paix. Ainsi en nous exhortant à l’inaction, l’Obscurité tisse sa toile entre les étoiles, les innocents meurent par millions et la paix s’éloigne de plus en plus.

Taveel essaya de se faire entendre par les clameurs qui s’élevaient avec de plus en plus de force. Les paroles de Baoth sonnaient plus justes que celles du conseiller pour un grand nombre de Jedi. Broom, lui-même, admettait qu’il y avait contradiction dans la ligne de conduite décidée par le Conseil. Mais à chaud, il était difficile de faire comprendre à ces Jedi que la guerre pourrait engendrer un mal encore plus grand.
– Sous la houlette des membres les plus sages et avisés de l’Ordre, les Jedi ont su préserver la Galaxie ! Ayez confiance en notre jugement ! hurla Maître Taveel.

Le bruit ambiant ne diminua que lorsque Baoth reprit une dernière fois la parole :
– Il est évident que nos points de vue divergent trop pour se concilier. Par conséquent, je n’ai d’autres choix que de quitter l’Ordre Jedi. J’enjoins tous ceux qui le désirent à me suivre au combat !

Le vieillard lança un regard triste au Conseil, avant de tourner les talons vers la sortie du Grand Hall. Les conseillers contemplèrent stoïquement les nombreux Jedi qui lui emboitèrent le pas. Ils assistaient là à ce que l’Histoire nommerait comme le Second Schisme de l’Ordre Jedi. Ce n’est pas une dizaine ou une centaine de membres qui partirent ce jour-là, mais un millier.
À l’abri des regards indiscrets, un petit être ne manqua pas de tirer les conclusion de cette scène. Viridia, lui-même, ne pouvait déterminer celui qui détenait la vérité.
Il n’avait qu’une certitude.
Le conflit actuel n’était qu’un prélude, rien de plus...



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Le schisme guette les Jedi sur Ossus :o ! Les renforts sont arrivés sur ilum et Den est livré à lui même et à sa propre obscurité :? ..

Bref la suite :P !


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Chapitre 21
Les épreuves





Darkliser progressait avec prudence dans la grotte, une odeur nauséabonde de chair en putréfaction lui tenait compagnie. Le sol était jonché de nombreux cadavres d’insectes.
Il n’y avait pas de traces de lasers et Darkliser comprit vite la raison de leur mort.
Certains corps semblaient à moitié dévorés, ce qui tendait à prouver que les monstres étaient cannibales.
« À moins qu’ils n’aient pas eu le choix... »

Si comme lui et ses compagnons le suspectaient, la faune d’Ilum avait compris le danger à s’approcher de cette grotte alors les insectes s’étaient attaqués entre eux pour se nourrir.
« Quelque choses retient ici ! »

Quoi qu’il en soit, ils devaient être beaucoup plus nombreux à l’origine.
Son chemin le conduisit jusqu’à une intersection. N’ayant aucune indication quant auquel des deux passages prendre, Darkliser suivit son intuition et opta pour celui de droite qui dégageait une odeur plus soutenable. Il remarqua que les parois de la grotte projetaient une légère lueur fluorescente, empêchant le lieu de sombrer dans les ténèbres.
Pourtant, plus il progressait et plus le Côté Obscur de la Force était palpable.
Darkliser appréciait tout ce qu’il se passait, que ce soit en bien ou en mal. Il jouissait enfin de la liberté de mouvement qu’il désirait avec ardeur depuis sa naissance à l’intérieur du corps de Den. Il se rappela sa joie lors du combat favec le monstrueux insecte, ce pic d’adrénaline face au danger, la caresse du vent sur sa peau et même les battements de son propre cœur. Pour une fois, il ne vivait pas tout cela en simple spectateur, mais en acteur de sa destinée.
Et la Force... quel pouvoir incroyable ! Ce dernier ne grandissait plus depuis qu’il avait entièrement absorbé celui de Den, mais c’était sans importance. Les moyens de devenir plus fort viendraient avec le temps...
« Pour l’heure, je dois garder en vie ce gamin. »

La face cachée de Den Liser déboucha sur une sorte d’arche. En la touchant, il constata qu’elle était trop lisse pour être d’origine naturelle. Sa déduction trouva confirmation lorsqu’il arriva ensuite devant deux portes massives aussi noires que l’ébène.
« Elles sont scellées et je n’ai aucune chance de les enfoncer par la force. Surtout sans sabre laser... »

Une inscription en dialecte inconnue gravée dans la roche entre les deux portes attira son attention. Il était totalement incapable de la traduire, ni même de la reconnaître.
En revanche, il remarqua un interstice près de l’ouverture de gauche. Ce n’était pas une serrure, mais sa taille correspondait à un bloc de données.
« Et si... »

Darkliser fouilla dans son armure d’éclaireur mandalorien et trouva un datapad qu’il inséra dans le trou. Il entendit une sorte de ronronnement comme si une technologie agissait sur le document électronique. L’inscription brilla quelques instants et forma plusieurs mots en Mando’a.
– Toi, qui ose convoiter le trésor des Anciens ; par ta maîtrise du fluide qui régit la galaxie, ta force, ton sang-froid, ton courage et ta sagesse seront mis à l’épreuve, traduisit le jeune homme.

Perplexe, Darkliser réalisa que le journal du contrebandier ne faisait pas mention de ce genre de challenge. La porte s’escamota par le haut et révéla la première des tâches.
Une vaste salle s’étalait devant lui, ainsi qu’un gigantesque gouffre apparemment sans fond. En son centre, une minuscule parcelle de roches s’élevait avec une évidence suspecte. Sauter dessus déclencherait bien entendu un piège, mais Darkliser savait qu’il n’avait pas le choix. La sortie se trouvait de l’autre côté du gouffre et il était impossible de bondir aussi loin. Il enleva son armure afin d’être plus libre de ses mouvements, puis sauta. Une seconde après son atterrissage, une volée de pics l’accueillit. Sur ses gardes, il réalisa un Bouclier de Force, la technique favorite de Kalin. Ce dernier l’avait enseigné à Den et Darkliser possédait toutes les connaissances de son double.
Les projectiles rebondirent sur sa défense, provoquant un sourire sur la face de l’Humain. Si les créateurs de cet endroit pensaient l’entraver ses plans avec de tels pièges, ils se trompaient. Mais la nuée de pics ne s’arrêtait pas, pire encore, il en venait de toutes les directions. Darkliser réfléchit un instant, car il était incapable de sauter de l’autre côté tout en maintenant son bouclier.
La solution était là !
Il projeta une vague de Force autour de lui qui détruisit les pics et bondit vers la sortie. L’attaque cessa immédiatement après sa réception. Il avait réussi la première épreuve.
Le gouffre franchi, il distingua un étroit couloir vierge de tout dispositif ou piège devant lui. Ses yeux luirent d’une lueur malveillante due à son impatience. Il perdait un temps précieux et compté, car Den ne tarderait pas à reprendre le dessus sur lui.
Darkliser s’engagea néanmoins avec prudence. Vêtu de ses vieilles frusques de Jedi déchirées, il ne faisait aucun bruit et guettait le moindre danger dans la Force. Son regard fut attiré par deux cadavres squelettiques. Le premier avait le crâne brisé alors que l’autre reposait avec un bras en moins, lequel gisait quelques mètres plus loin.
Les pièges de cette épreuve s’annonçaient violents, aucune erreur ne lui serait permise.
Un déclic perça le silence et précéda son plongeon vers l’avant. Il sentit un courant d’air raser ses jambes alors qu’il se remettait sur ses appuis. C’était un balancier à lame aiguisé qui avait manqué de le découper en deux.
La Force le prévint d’une menace directe. Face à lui, deux autres foncèrent sur lui en simultané. Il pivota sur lui-même pour offrir le moins de surface possible et observa l’une des lames passer à quelques centimètres de ses yeux. D’un bond, Darkliser se mit à l’abri du retour des balanciers et soupira en constatant qu’aucun autre traquenard ne se déclenchait.
Plus il progressait, plus les pièges devenaient fatals.
Une vive douleur lui transperça la tête, signe que Den luttait pour reprendre le contrôle de son corps. Darkliser grogna de colère et de souffrance.
« Cet idiot ne sait pas où nous sommes ! Je dois absolument résister où c’est la fin ! »

Il détestait cela, mais il usa d’une technique d’apaisement Jedi afin de discipliner davantage son esprit et repoussa provisoirement Den. Quelques minutes... c’est tout ce qu’il avait pour en finir avec les épreuves.


***********************


Surpris par la puissance des armes de la République, tous les insectes gisaient à même le sol excepté la « reine ». Vala mit de côté ses différends avec Lyra et vint la remercier pour son sauvetage.
– C’est normal, tu ne méritais pas une mort aussi atroce, répondit Lyra sur un ton légèrement sarcastique.

– Me voilà rassurer. Et comment va la chasseuse de primes ? demanda Vala.

Owen les rejoignit en compagnie du colonel Spartan, de BP-S1 et de Brandon.
– Nous nous en occupons. Apparemment, le poison dont elle est victime n’entraîne qu’une paralysie temporaire. D’ailleurs, moi et le colonel sommes très surpris par vos fréquentations...

– C’est une longue histoire, commença Vala en s’appliquant un médipack sur la hanche. En résumé, ce sont des alliés de circonstances tout à fait dignes de confiance.

Brandon leva les yeux vers Owen avec un air de défi.
– J’ai une dette envers Den Liser et je ferais ce qui est nécessaire pour l’effacer. Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus sur moi, Républicain.

– Et la mission de BP-S1 consiste à protéger Den Liser, son Maître. Toutefois, cette unité ne refusera pas une autre bagarre face aux boîtes de conserve.

Spartan fronça les sourcils sous son casque.
– Je suis sceptique, Jedi, mais le moment est mal choisi pour en débattre, confia-t-il avant de se tourner vers Brandon. Une troupe mandalorienne conséquente s’approche de notre position. Si vraiment vous avez changé d’allégeance alors, suivez-moi au centre des opérations.

Le Mandalorien acquiesça d’un bref signe de tête et emboita le pas de l’officier. Les autres écoutèrent patiemment l’histoire de Vala, laquelle détailla les moments où le droïde et Brandon les avaient aidés. Quelques minutes plus tard, Spartan revint vers eux, l’air inquiet.
– La créature devant la grotte est endormie pour l’instant. Nous devons mettre un plan d’attaque au point avant l’arrivée des Mandaloriens. Je compte sur le soutien des Jedi.

- Vous n’avez aucune arme qui puisse la surclasser ? demanda Vala.

– Écoutez, nous avons vaincu ces monstres uniquement grâce à un tir de barrage, mais je doute qu’une telle tactique soit efficace face à une créature de cette taille. Elle est probablement dotée d’une carapace aussi épaisse que résistante. C’est trop risqué de la réveiller sans une stratégie pertinente.

Vala comprit que le colonel s’inquiétait pour ses hommes et n’en éprouva qu’un respect plus grand pour l’officier.
– J’ai saisi, colonel. Occupez-vous de renforcer notre position. Nous nous chargerons de la reine...

– Merci pour votre compréhension. En attendant, la section d’artillerie la tient en joue au cas où elle se réveillerait.


**********


Le Bothan Narik appartenait à la vingtième section d’artillerie de l’Armée. Les doigts crispés sur son lance-missile, le soldat était chargé avec cinq autres collègues de la surveillance de la créature endormie.
Cette dernière lui donnait sans cesse des sueurs froides. L’alien d’âge mûr n’avait jamais fait preuve d’un grand courage, raison pour laquelle il n’était qu’un simple troufion.
Narik accusa un spasme lorsque l’insecte remua dans son sommeil. Sa peur pouvait à tout moment se muer en panique tellement il doutait de la capacité de son arme à repousser cette chose. Il lança un regard tendu aux autres soldats qui demeuraient maîtres de leurs émotions.
Comme eux, il s’était engagé pour protéger les peuples de la galaxie, mais pas au prix de sa vie.
Il regrettait son choix, son salaire ne valait pas tant de risques. Jamais il n’aurait pensé qu’une guerre aussi meurtrière déferlerait sur la République de son vivant...
– Caporal, je suggère que nous engagions le combat avant qu’elle ne se réveille. Cela nous laisserait une chance de la prendre par surprise, murmura-t-il à son supérieur.

– Les ordres sont de la tenir en joue. En attendant, les têtes pensantes élaborent un plan qui nous permettra de la tuer avec un minimum de risques. Conservez votre position et restez concentré, soldat Narik.

Le Bothan lui lança un regard de chien battu, déglutit et assura sa prise sur son lance-missile. Il prit alors conscience de la tension extrême qui provoquait des tremblements dans tout son corps. Ses nerfs commençaient à le trahir, ignorant ses efforts pour retrouver un semblant de sérénité. Une goutte de sueur perla le long de son menton poilu et tomba lorsque le corps de la créature vrombit sous l’effet d’un soupir. Mais pour l’esprit de Narik ravagé par la peur, elle se réveillait pour les dévorer.
Il appuya sur la gâchette sans même y penser. Un missile fusa dans l’air et percuta le flanc du monstre. Un léger sourire éclaira le visage du Bothan convaincu de l’avoir touché de plein fouet. La poussière l’empêchait de voir l’agonie de l’animal, mais Narik entendait ses piaillements de douleurs. Même s’il savait que sa désobéissance entraînerait son renvoi, il conserverait le plus important, sa propre vie.
Sa satisfaction se transforma en surprise lorsqu’une masse sombre se jeta sur lui à travers le nuage de particules. Puis la panique lui souleva l’estomac à la vue d’une immense rangée de dents parsemées de filets de bave méphitiques.
Alors que les instruments de mort du prédateur s’enfonçaient dans sa chair, Narik vivait ses derniers instants. Il s’était déjà éteint lorsque la créature se cabra pour l’engloutir en elle.


 

************

La reine semait chaos et désolation sur son chemin. Toute machine ou être vivant qui s’opposaient à elle finissaient en lambeaux ou avalés. Même les vaisseaux spatiaux n’étaient pas à l’abri de ses crachats d’acide.
Lyra et Vala se précipitaient vers elle en passant devant une navette éventrée par un trou, lequel continuait de s’agrandir sous l’effet de la corrosion. Un soldat reçut une giclée en pleine poitrine et se retrouva dissous en quelques secondes.
– Comment pouvons-nous vaincre ce truc ? Elle est même insensible aux sabres laser ! Se désola Vala.

– Den doit savoir ! C’est lui qui l’a endormi, d’après ce que tu m’as dit, répondit Lyra, sa lame ocre activée.

Vala se remémora ce qu’elle avait vu du combat entre le jeune homme et l’invincible reine.
– Je crois qu’il a usé du côté Obscur afin d’endommager son cerveau, par le biais de ses yeux. Sinon, je suis incapable de produire des Éclairs de Force.

Le duo de Jedi rejoignit Spartan et d’Owen qui organisaient leurs troupes en vue d’une contre-attaque. Les soldats se battaient courageusement, mais la reine sentait à peine leurs tirs de blaster. Elle se prépara à les charger et rien ne pourrait l’arrêter hormis une diversion. Lyra fit léviter un débris métallique dans sa direction. Son intervention ne causa aucun mal au monstre qui tourna cependant ses multiples yeux vers les deux Jedi. La reine s’élança vers elles en lançant un cri aigu et abattit son immense patte. Les deux femmes esquivèrent d’une roulade sur le côté. Lyra se releva prestement en position de défense tandis que l’offensive de la reine fusait dans sa direction. En concentrant la Force dans ses bras, elle parvint à bloquer le membre velu avec son sabre, mais ses pieds s’enfoncèrent dans le sol sous la puissance dégagée.
La Padawan tint bon jusqu’à la riposte de Vala qui mit tout son cœur pour refouler la patte de la créature. Celle-ci se replia en émettant un grognement de colère.
- Poussez-vous ! intervint Owen.

Les soldats avaient profité de la diversion pour assembler une arme lourde sur trépied. Le canon mobile tressauta et cracha une tempête de lasers sur la reine, laquelle recula encore sous la puissance cinétique du blaster géant. Malheureusement, son corps de chitine subissait trop peu de dégâts pour espérer la blesser. De nombreuses étincelles provoquaient une fumée d’ozone pestilentielle et la masquaient en partie.
C’est alors qu’Owen s’avança dans sa direction.
Le sergent tenait un objet sphérique dans sa main, mais que Lyra identifia comme étant un détonateur thermique. Les tirs de CLM stoppèrent, les volutes d’ozone se dispersèrent et révélèrent la reine, folle de rage. Tandis qu’elle crissait son mécontentement, bouche grande ouverte, Owen enclencha sa grenade et la lança. Elle percuta l’un des crocs et glissa finalement dans le gosier. Quelques secondes plus tard, la bombe explosa et liquéfia la plupart des organes internes de la reine. Celle-ci se figea puis s’effondra en provoquant une légère secousse tellurique.
Souriant, Owen se retourna vers les spectateurs aussi stupéfaits qu’admiratifs devant le culot dont il avait fait preuve. Son regard s’attarda sur Vala, mais bifurqua vite vers le colonel Spartan.
- Pour votre acte de courage, je vous garantis que vous ne resterez pas longtemps un simple sergent ! déclara-t-il solennellement.

Surpris, le coruscanti bégaya :
– C’est... un honneur pour moi. Je n’ai fait que mon devoir, mon colonel.

– Maintenant que ce problème est réglé, je vous attends tous à l’orée de la jungle. Mes éclaireurs me signalent que les Mandos sont très nombreux et deux sabres laser ne seront pas de trop.

- Vous pouvez compter sur nous ! acquiesça Vala.

Le courage et la témérité de cet Owen Mordum l’avaient impressionné. Accomplir un tel exploit à un moment aussi crucial n’était pas donné à tout le monde. Elle réalisa qu’elle n’avait peut-être pas accordé assez d’attention aux non-utilisateurs de la Force.
– C’était incroyable, sergent. Félicitations ! Avez-vous des nouvelles de la bataille spatiale ?

– Notre supériorité numérique nous garantit un gros avantage, mais la flotte mandalorienne entreprend des manœuvres suicidaires. Venant d’eux, c’est plutôt... inhabituel, répondit Owen.

– Les Jedi Obscurs se fichent des dommages infligés aux Mandaloriens tant que ça leur permet de tuer le plus monde possible. Pour eux, toute fin justifie les moyens. Vous devrez vous adapter à ce genre de stratégie maintenant...

Les principes d’honneur du peuple mando commençaient déjà à disparaître au profit de la doctrine imposée par Odénout Mapassar et les siens. Ainsi, Vala admit que l’entreprise de Brandon ne manquait pas de noblesse d’esprit et de vérité.



******************


Les pièges se succédaient les uns aux autres, mais Darkliser les déjouait tous avec exaspération. Il venait juste d’esquiver une immense boule de pierre chargée de l’écraser.
« Étrange... la traduction de mon datapad dénote une technologie très avancée et pourtant, ces épreuves sont d’une brutalité triviale. »

Cela n’enlevait pas le danger qu’elles représentaient pour la plupart des utilisateurs de la Force.
Le jeune homme déboucha sur un énième couloir, mais cette fois-ci, il était éclairé par des lumières artificielles. Il espéra qu’il s’agissait d’un signe précurseur de la fin des épreuves.
À peine eut-il remarqué qu’une partie de la galerie n’avait pas de sol qu’une porte se ferma, lui bouchant toute retraite. Les murs frémirent et se rapprochèrent l’un de l’autre.
Darkliser comprit de suite la nature du piège.
Il devait sauter le plus loin possible au-dessus du trou et atteindre l’autre bout. La peur saisit son esprit lorsqu’il réalisa la distance qui le séparait. Il pouvait la franchir, mais le plafond du couloir s’élevait seulement à quatre mètres.
Il n’avait pas le choix, le temps lui était compté.
Darkliser commença un sprint, la Force augmentant sa vitesse de telle façon que ses jambes en devinrent floues. Une fois devant le trou, il concentra tout son pouvoir, prit appui sur le rebord et se propulsa vers l’avant.
Il refusait de mourir comme l’une de ces pitoyables victimes anonymes. Ce n’était pas son destin, il en avait l’intime conviction.
Malgré ses précautions, le sommet de son crâne racla le plafond et diminua un peu sa vélocité. Le bord s’approchait, mais Darkliser retombait bien trop tôt en direction de l’abîme. Désespéré, il leva son bras. Sa main trouva une prise et ne lâcha pas, même sous la violence de la réception. Son épaule protesta douloureusement, mais Darkliser s’estimait heureux qu’elle ne se soit pas déboitée.
Entretemps, les murs ne se situaient plus qu’à quelques centimètres de part et d’autre de son corps. Il s’aida de la Force pour remonter d’un coup sec et progressa difficilement entre les parois jusqu’à atteindre la sortie. Hors d’haleine, le jeune homme trébucha juste avant d’entendre un grondement sourd.
« Ouf... c’était moins une ! » réalisa-t-il avec un regard en arrière.

Les murs s’étaient joints entre eux à seulement plusieurs millimètres de son pied.
Heureux de vivre, Darkliser fut secoué d’un rire incontrôlable qui contrasta avec la douleur lancinante à la tête...





Den peinait à se relever tellement la succession de tâches l’avait épuisé. Affaibli par la dernière, l’esprit de Darkliser avait été submergé par le sien et Den goûtait enfin à la joie de contrôler son propre corps.
L’ancien Padawan reconnut que, sans son côté Obscur, il serait déjà mort. Que cela lui plaise ou non, il avait une dette envers Darkliser.
Lorsqu’il eut suffisamment récupéré, Den se remit debout avec l’espoir d’apercevoir un cristal Kiishra. Il ne trouva qu’une nouvelle arche et une autre porte semblable à celle qui marquait le début du test. Den repéra des inscriptions dans un dialecte ancien ainsi qu’une interface pour bloc de données. Procédant de la même manière que son double obscur, il déchiffra l’écriture antique.
« Toi, qui as démontré ta maîtrise du Fluide, prouves désormais ta sagesse en subissant les tortures de l’esprit. »

La porte massive s’ouvrit et révéla une pièce exiguë. Une petite pyramide surmontait d’un socle y trônait en son centre. Derrière, il y avait...
« Toujours et encore des portes et des épreuves, » bougonna intérieurement le renégat.
Den s’approcha néanmoins de l’objet en tendant son bras avec lenteur. Son instinct lui murmurait de la toucher, comme attiré par un aimant. Alors Den l’effleura du bout des doigts.
Tout devint immaculé...



*************


Une étrange blancheur dominait sol et ciel, quelle que soit la direction. Tout paraissait désespérément sans fin à l’image de l’univers.
Den était dérouté à la pensée que cet environnement puisse être réel. Il se pinça et ressentit la douleur à son bras.
« De la téléportation ? »

Il en doutait, ce n’était que de la science-fiction...
Son regard se figea lorsqu’il aperçut une forme sombre à quelques centaines de mètres. En s’approchant, il distingua une table et plusieurs rondins en pierre. Un alien dégingandé semblait attendre sa venue et le fixait de ses yeux espacés d’une dizaine de centimètres de part et d’autre de sa tête. Sa tunique simple suggérait que la créature était primitive.
Pourtant, elle l’accueillit en lui récitant l’inscription de l’arche avec une intonation mécanique semblable à celle des droïdes.
– Je suis prêt à passer l’épreuve, répliqua Den avec force.

– Je vous poserai trois énigmes pour mesurer l’étendue de votre sagesse. Si vous donnez les bonnes réponses, vous accèderez au trésor des Anciens. Échouez et vous resterez à jamais prisonnier de ce lieu. Acceptez-vous ces termes ?

– Que se passera-t-il si je refuse ? Voulut savoir le renégat.

La créature lui adressa un sourire énigmatique :
– Vous pourrez repartir là d’où vous venez.

Mais Den était prêt à prendre le risque. Il n’avait pas souffert tout ce temps pour reculer si près du but.
– Bien, j’accepte vos conditions alors.

– Voici la première :
Si tu trouves le passage, alors je t’apparais.
Tu pourras me garder ou bien me partager.
Mais si tu me partages, alors je disparais.
Qui suis-je ?

Den n’excellait pas dans ce domaine. Ces qualités se trouvaient plutôt dans l’action, mais la logique de l’énigme était simple à comprendre. Les deux dernières phrases n’avaient de sens que si la réponse était...
– Le secret...

– Réponse correcte, confirma l’alien d’une voix monocorde. Voici l’énoncé de la seconde :
Il dévore toutes choses,
Réduit les dures pierres en poudre,
Met à mort les rois, détruit les villes,
Et aplatit les plus hautes montagnes.
Qui suis-je ?

L’ancien Padawan eut à peine le temps de manifester sa joie d’avoir donné la bonne réponse à la première que ses yeux s’agrandissaient déjà sous l’effet de la surprise.
– Euh...

Celle-ci ne lui disait rien du tout. De prime à bord, il pensa à un ouragan ou une intempérie du même acabit, mais il n’existait pas de rapport avec les rois.
« Et aucune tempête n’aplatit les montagnes... » se désespéra Den.

Il n’y avait que l’érosion qui agissait de la sorte. Et encore, il fallait des millénaires, donc beaucoup de temps.
Le temps !
La réponse avait jailli de sa bouche à la seconde où il y avait pensé. Le verdict tomba après un moment de silence :
– Correct... Mais l’ultime énigme vous donnera plus de fil à retordre.
Parfois je suis fort,
Parfois je suis faible.
Je parle toutes les langues
Sans jamais les avoir apprises.

Le renégat se répéta les phrases mentalement, l’air perplexe. Il fit les cent pas, claqua des doigts pour s’offrir de l’inspiration et cogita pendant plusieurs minutes.
Son cerveau demeurait toujours sans idée tandis que le sourire du donneur d’énigmes s’accentuait :
– Ne vous pressez pas. Vous avez une éternité de réflexion si nécessaire.

– J’en doute... je ne suis pas immortel et je ne vois rien ici qui puisse me nourrir, répliqua Den avec mauvaise humeur.

– Seuls les esprits intelligents peuvent voyager dans la blancheur. Votre personne physique demeure toujours aux côtés de la pyramide. Cependant, les sensations de votre corps sont si bien ancrées en vous que vous pouvez les ressentir ici même sous la forme d’un esprit. Ce dernier peut indéfiniment subsister dans ce sanctuaire.

– Et je suppose que c’était censé me rassurer ? ironisa Den.

Il pensait aussi à la vie de ses compagnons laissés en mauvaise posture avec les insectes. Den avait beau cogiter sur l’énigme, rien ne lui venait. Le désespoir l’assaillit en songeant aux conséquences de son ignorance.
Des images fugitives, dans lesquelles il se voyait annoncer sa défaite aux autres, défilèrent devant ses yeux.
Le visage désapprobateur de Vala qui l’avait soutenu au mépris de toute probabilité... Une réplique cinglante de BP-S1 du genre : Quel est cet étrange sentiment qui emplit le centre comportemental de cette unité ? C’est la honte devant la faiblesse de son maître...
Quant à Brandon, lui qui avait trahi son peuple pour le suivre, lui qui le pensait capable de briser la mainmise des Jedi Obscurs sur les Mandos, il le quitterait sans un regard en arrière.
La vague de désespoir surgit de Den sous la forme d’un hurlement. Cela ne pouvait pas se passer de cette manière ! Son cri perça l’environnement irréel et continua à s’entendre bien après qu’il se soit arrêté.
C’est ça !
L’ancien Jedi se retourna brusquement vers l’alien, une lueur d’espoir enflammant son regard.
– C’est l’écho ! La réponse est l’écho !

Une chance qu’il ait crié à cet instant sinon... il préférait ne pas y penser.
– Bien joué. Vous avez franchi toutes les épreuves et êtes dignes de prétendre au trésor des Anciens.

Soulagé, Den soupira. Il était passé si près de la catastrophe.
– Je dois procéder à une analyse avant votre départ, lui apprit le donneur d’énigmes.

– Pourquoi ?

– Information indisponible. Veuillez obtempérer, signala celui qui semblait n’être qu’un programme.

La blancheur disparut et Den fut content de revenir à la réalité. Un hologramme émis par le sommet de la pyramide l’attendait déjà...


************


Les forces républicaines attendaient la venue des Mandaloriens qui, selon les éclaireurs, apparaîtraient bientôt. Le Colonel admettait avec difficulté l’éventualité de se battre pour un seul homme. Il ne pensait pas que l’arrivée de quelques Jedi au sein de l’Armée constituait une raison suffisante pour cela.
Vala comprenait sa position et ferait de son mieux pour démontrer les multiples talents d’un Jedi. Tandis que les autres resteraient pour la bataille terrestre, elle prendrait un chasseur pour soutenir les pilotes républicains.
Lyra s’approcha d’elle d’un pas hésitant :
– Tu nous quittes ?

- Eh oui... confirma-t-elle en s’arrêtant à l’entrée d’une navette Ministry. Je veux prouver l’utilité des Jedi dans une bataille spatiale, mais tuer des êtres vivants ne m’enchante guère. Il y a quelque chose d’étrange dans ce marché passé avec la République. Comment le Conseil a-t-il pu le proposer ? Il n’a jamais été question d’une participation active de l’Ordre.

Le visage de Lyra s’assombrit.
– En fait, c’est justement de ça que je voulais te parler. Ossus a subi une attaque meurtrière de la part d’une... entité obscure. Beaucoup des nôtres ont perdu la vie.

Les joues de Vala se creusèrent sous l’effet de l’inquiétude.
– J’avais senti une lointaine perturbation dans la Force, mais j’en ignorais l’extrême gravité. Je commence à comprendre...

– Quand j’ai quitté Ossus en pleine bataille, il y avait une chance de convaincre les Jedi, voir le Conseil. J’ai reçu une communication avant d’atterrir. Des centaines de Jedi ont renié l’Ordre pour se joindre à la République, les autres ne feront rien.

Le regard de Vala se durcit.
– Tu te dis Jedi, mais tu as abandonné tes pairs en pleine bataille pour ton intérêt personnel. Tu devrais t’interroger sur tes réelles motivations, Lyra. Qu’est-ce qui est le plus important pour toi ? Den ou ton serment de Jedi ? Réfléchis vite, car la voie que tu prends est celle du côté Obscur.

Et elle tourna les talons pour monter dans le vaisseau, laissant Lyra furieuse.
Elle s’était enfuie par obligation, non par choix. À aucun moment, elle n’avait pensé à son intérêt personnel. Lyra voulait sauver Zurth d’un horrible destin, mais elle avait échoué. De quel droit cette femme la jugeait ainsi ?



*************


Depuis son plus jeune âge, Brandon le guerrier s’était toujours battu pour son peuple et selon ses principes. Ses indéniables qualités à la guerre lui avaient permis de côtoyer les sommets et de recevoir les plus hautes distinctions possible. Jusqu’à qu’il ne tombe au fond du gouffre en étant injustement dégradé et affecté sur cette planète perdue.
Même maintenant, sa déchéance se poursuivait puisqu’il n’était plus que le traître pour ses frères et sœurs. Ces derniers devenaient ses ennemis, aveuglés par les promesses de pouvoirs des Jedi Obscurs. C’était Den Liser qui lui avait ouvert les yeux sur la condition de son peuple. Le jeune homme était doté d’une impressionnante force de caractère pour son âge et possédait des amis compétents. En bref, Brandon pensait qu’à terme, Den lui offrirait une opportunité pour détruire les Jedi Obscurs et illuminer le cœur de son peuple par la vérité. Peut-être même parviendrait-il à faire de lui un robuste conquérant.
Brandon suivait juste son intuition, elle lui avait si rarement fait défaut par le passé...
Désormais certain de ses convictions, il se releva en levant ses deux vibrolames aux manches ouvragés d’inscriptions mando’as. Il les lécha selon le rituel de son clan afin de ne plus faire qu’un avec elles, comme toujours avant un combat.
Elles étaient si bien entretenues qu’elles lui permettaient de traverser n’importe quel équipement de protection. Nulle faille ne pouvait lui échapper et il connaissait toutes les faiblesses des armures mandaloriennes. En ajoutant ses talents de bretteur ambidextre, Brandon représentait un défi de poids pour n’importe quel adversaire.
Le danger serait aussi présent parmi son allié du moment, la République. Les soldats se méfiaient de lui, certains avaient du mal à le considérer comme un des leurs, au même titre que BP-S1.
Il était prêt pour la bataille, mais devrait garder un œil sur ses arrières.


************
 

De retour de mission sur Coruscant, Josh avait reçu les félicitations de son Maître pour son succès. Celui-ci aiderait grandement la cause du Clan et contribuerait à l’affaiblissement de la République. En ajoutant la défaite des Jedi sur Ossus, Josh pouvait affirmer avec ironie l’une de leurs phrases fétiches : la Force est avec nous.
Il avait aussi survécu à une tentative d’assassinat de la part de Mapassar. Celui-ci avait payé un commando de mercenaires afin de lui rendre les choses plus difficiles sur Coruscant. Josh n’éprouvait nulle envie de vengeance à son égard, c’était la manière de faire des Jedi Obscurs.
À présent, le jeune homme se rendait sur Télos afin de superviser des recherches sur une nouvelle arme biologique. Cette dernière devrait jouer le rôle de Grande Faucheuse pour quiconque maîtrisait la Force et l’Apprenti savait que l’Ordre Jedi venait de subir un schisme d’ampleur. En cela, le plan de son Maître se déroulait à merveille.
Poussés par la vengeance, les Jedi entraient en guerre et se détournaient de la voie de la Lumière !
Limno Veshran dirigeait le projet télosien de manière propre et efficace à l’inverse d’Arias Laut. La discrétion de l’arkanien faisait des miracles, juste sous le nez du leader de l’Échange Orange. Josh regrettait que ce dernier refuse tout acte de guerre à l’encontre de l’Ordre Jedi, mais le Clan devrait faire avec.
L’apprenti pénétra dans le vaste bureau du directeur.
– Seigneur Janesh, c’est un honneur de vous recevoir !

– Hé bien je ne serais pas aussi ravi à votre place. Ma mission consiste à vous aider à mettre au point notre nouvelle arme biologique. À quel stade en sont les recherches ?

Veshran le fixa de ses yeux sans pupille, toujours de bonne humeur. Ce qui ne manqua pas d’exaspérer le jeune homme.
– Nous ne pourrons pas passer à l’étape finale tant que les sujets seront aussi violents. Malgré tout le génie de mon peuple et le matériel high-tech de l’Échange, nous n’arrivons pas à supprimer l’instabilité génétique de leurs chromosomes. Les sujets ont une tendance néfaste à s’acharner sur les cadavres des cobayes et ignorent ceux encore en vie. De plus, vos Jedi Obscurs éprouvent les pires difficultés à subjuguer leur esprit.

Le visage de l’Arkanien s’assombrit.
– Pas moins de cinq de mes meilleurs scientifiques sont morts dévorés lors du mois dernier.

Josh fronça les sourcils devant ses nouvelles peu encourageantes. Le Clan avait absolument besoin des bêtes pour contrer les Jedi sur un champ de bataille.
– Avez-vous des solutions pour régler ces deux problèmes ?

– En effet. Nous avons mis au point un cocktail d’hormones censé calmer leurs ardeurs, mais il y a un revers de médaille. Leur réceptivité aux ordres donnés s’en trouverait diminué.

– Ils pourraient s’en prendre à leurs maîtres, termina Josh, pensif.

Le directeur Veshran joignit ses mains avec élégance sans se départir de son agaçant sourire.
– Je crains que ce problème ne soit pas du ressort de la science, Seigneur Janesh. Je suggère un conditionnement plus poussé de la part des Jedi Obscurs.

– Si c’est tout ce qu’il vous faut, le Clan vous fournira davantage d’adeptes de la Force. Leur obéissance et leur fidélité sont deux facteurs cruciaux ! grogna l’Apprenti. Autre chose ?

– Mes services de sécurité ont attrapé un nouveau cobaye il y a quelques heures alors qu’il tentait d’infiltrer le comple...

La colère de Josh explosa brusquement.
– Quoi ? Et quand comptiez-vous m’en parler ?

– Ce Jedi n’a pas eu le temps de découvrir quoique se soit d’important alors...

– Taisez-vous ! ordonna le jeune homme. J’exige de voir immédiatement le prisonnier pour interrogatoire !

Veshran accéda à sa demande d’un signe de tête et l’enjoignit à le suivre. Ils déambulèrent quelques instants dans une succession de couloirs immaculés et régulièrement désinfectés. Au niveau des cellules, Josh éprouva un plaisir sauvage à la vue des Jedi prostrés sur le sol, en proie à diverses souffrances. Un sourire des plus démoniaque éclaira même son visage lorsqu’il reconnut l’identité de l’Humain acculé contre la paroi de sa prison.
« Tiens, tiens... un ami de mes anciens amis... »


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Deuxième chapitre d'affilée, la fin est proche !




Chapitre 22
Histoire









Den observait une lumière bleutée s’échapper de la pyramide. Elle l’analysait de la tête aux pieds sous le regard vigilant de l’hologramme.
– Sujet humain... âge approximatif depuis conception : dix-neuf années selon les standards de l’organisme République Galactique... taux de midichloriens dans le sang : quatre milles... conclusion : faible aptitude à ressentir le Fluide.

La projection demeura silencieuse quelques secondes. Den sentait cependant qu’elle n’en avait pas fini avec son auscultation. Il était impatient de connaître la signification de tout cela.
– Appartenance du sujet à la lignée des Élus vérifiée... déblocage de la mémoire d’Abys.

Den ignorait quel genre de technologie pouvait en découvrir autant sur lui en si peu de temps, mais le plus étonnant était à venir. L’hologramme cligna des yeux et le fixa directement pour la première fois.
– Mon nom est Abys. Je suis le dernier des Anciens Rakatas. Bienvenue dans mon sanctuaire, Elu, se présenta l’alien avec déférence.

– Enchanté... je suis Den Liser, ex Jedi. Bien que la découverte de civilisation antique soit excitante, le temps presse. J’ai passé avec succès les épreuves afin de récupérer un cristal Kiishra.

– En effet, les enregistrements dans l’ordinateur sont on ne peut plus clairs. Les tâches que tu as réalisées ne t’étaient pas destinées.

Un sentiment, mêlant l’incompréhension et la colère, envahit Den.
– Hé bien vous avez gagné ! Je suis totalement perdu.

– Alors, prends le temps d’écouter mes explications, répliqua le Rakata, inflexible. Ces épreuves existent en tant que première sélection pour les Élus. Le dispositif à l’entrée aurait dû te reconnaître et te permettre l’accès jusqu’à moi. Il y a dix kiots ou deux cents de vos années, le précédent Elu n’a pas eu besoin de passer des épreuves.

– Vous devriez envisager une petite révision alors. Nulle technologie ne résiste aux effets du temps, vous savez ?

La voix de Den frémissait d’indignation. Il avait risqué sa vie pour rien et l’hologramme émettait un son étrange entre le rire et le toussotement.
– Non... les réalisations des Rakatas sont autorégénérantes et fonctionneront pour l’éternité à leurs niveaux optimaux. Seules leurs destructions totales les empêcheraient d’accomplir leurs fonctions. À titre d’illustration, cet ordinateur perdure depuis trente mille années standard.

Den demeura bouche bée devant la véracité de cette affirmation. Quelle que soit cette espèce, elle disposait apparemment d’un savoir dont les plus brillants ingénieurs de la République ne pouvaient que rêver.
– Il est possible que, lors du scanner de reconnaissance, ta personnalité ait été altérée. Si tel est le cas, dis-le-moi, reprit Abys avec intensité.

– C’est vrai, en quelque sorte... puis-je avoir un cristal s’il vous plaît ? Mes amis ont besoin d’aide dehors ! s’impatienta le jeune homme.

L’hologramme cessa de fixer Den quelques instants, en proie à une réflexion soutenue.
– Mes senseurs indiquent qu’une bataille spatiale a lieu en orbite autour de cette planète. Une autre est en préparation devant cette grotte, probablement sous l’impulsion de tes amis. J’ai une question. Que sais-tu de la prophétie ?

Le renégat soupira de soulagement. Il ne voyait pas pourquoi cette créature lui mentirait et elle abordait enfin le sujet qui l’intéressait. En outre, elle pourrait lui apprendre beaucoup de choses sur sa destinée.
– Le Voyageur né de l’Obscurité et la Lumière voyagera à travers la Force pour la sauver. La suite a été oubliée depuis longtemps.

– C’est normal, les Anciens l’avaient prévu. Voici un autre fragment qui devrait éclairer les doutes de ton esprit :
L’Elu perdra la source de son pouvoir,
Ainsi il deviendra le siège d’une lutte permanente entre le Bien et le Mal.


« Alors l’apparition de Darkliser ferait partie de la prophétie ? » réalisa Den en hochant la tête.

– Il est vrai que j’ai perdu tous mes pouvoirs et que mon côté Obscur les a récupérés. C’est lui qui a passé la plupart des épreuves. Votre scanner s’est fait duper par sa présence au moment clé. Mais cela n’arrivera plus, je combattrai le mal qui me ronge !

Abys acquiesça sobrement.
– Te lier à un autre Kiishra te permettra de ressentir à nouveau le Fluide, mais ne supprimera pas ceux que ta face sombre t’a déjà volés. Cependant, elle aura plus de difficultés à influencer tes décisions. Au cours de tous ces millénaires, tu es le seul membre des Élus à correspondre à ces deux parties de la prophétie. Connais-tu l’identité de tes concepteurs ?

Den lui révéla tout ce que les Jedi lui avaient dit sur ses origines. Sa mère, Asha Wannah, aurait été une Jedi. Quant à son père, le mystère qui l’entourait demeurait entier.
– C’est bien toi l’Élu, l’aboutissement de la quête multimillénaire des Anciens Rakatas, celui qui sauvera la Force de la destruction, murmura l’alien.

Le flegme dont il faisait preuve jusqu’à maintenant venait de disparaître, laissant place à un étrange enthousiasme.
– J’espérais que vous pourriez me révéler la totalité de la prophétie, demanda Den, le cœur battant la chamade.

Le visage du Rakata se ferma.
– Impossible... les consignes de mon peuple sont extrêmement précises. Tu dois tout découvrir par tes propres moyens. Ma vocation n’est pas de t’aider dans ta quête, mais de te guider.

– Vous plaisantez ? Ne me dites pas que des ordres âgés aussi anciens sont plus importants que mon futur rôle ! Et j’imagine que vous ne m’expliquerez pas non plus les origines de la prophétie, ni pourquoi elle me concerne, moi ! s’énerva le jeune homme.

Sa colère légitime fit réfléchir Abys.
– Je comprends ta position. Il est nécessaire pour ton instruction que tu en apprennes plus alors je vais te raconter l’histoire de mon peuple. Installe-toi confortablement. Cela risque d’être long.




*************************


– Le peuple Rakata vit le jour sur Lehon, une planète aquatique, des dizaines de milliers d’années avant maintenant. Il n’était que l’une des nombreuses espèces sous-marines de l’océan, mais jouissait déjà d’une intelligence supérieure. Ce trait de caractère compensa les faibles attributs de prédateur octroyé par la nature. Au fil du temps, nous évoluâmes et fîmes nos premiers pas sur la terre ferme. Nous étions malins, bien plus que les autres êtres vivants. Cela nous permit d’accéder au sommet de la chaîne alimentaire, mais nous laissions déjà nos sentiments les plus bestiaux tels que la violence ou la soif de pouvoir prendre le dessus. Parmi les clans formés, il y eut de nombreuses guerres pour le contrôle des rares archipels de Lehon. Le gagnant émergea au terme de plusieurs siècles d’affrontements. À ce moment, les Rakatas jouirent d’une longue période de paix pendant laquelle notre technologie évolua au point d’envisager l’exploration spatiale. Une autre planète, nommée Sateda, de notre système solaire était habitée par un peuple plus primitif que le nôtre. Évidemment, nous arrivâmes en vaisseaux et réduisîmes les autochtones en esclavage sans la moindre pitié. Il existait néanmoins une faction de Rakata qui refusait cette barbarie : les Anciens, dont je fais partie. Notre défiance à l’égard des autres déboucha sur une nouvelle guerre qui détruisit Sateda. Au bord de l’extermination, nous parvînmes à élaborer la première hyperdrive viable. C’est ainsi que quelques Anciens fuirent notre planète originelle en compagnie de leurs nobles idéaux de paix et de civilisation et trouvèrent un lieu accueillant, perdu au milieu des étoiles. Débarrassés des derniers opposants assez puissants pour leur résister, les Rakatas de Lehon mirent sur pied une armada toutefois incapable de se mouvoir en hyperespace. Leur but était clair : ils désiraient plus que tout asservir la Galaxie à plus ou moins longue échéance. À vitesse voisine de celle de la lumière, ils découvrirent plusieurs systèmes proches de Lehon et vierges de tout être pensant. Les Lehoniens se demandèrent alors si Lehon et Sateda n’étaient pas deux exceptions au sein de la Galaxie ; si en fin de compte, ils n’étaient que l’erreur qui confirmait la règle. Plus tard, ils mirent au point une hyperdrive à leur tour et poussèrent plus loin leur exploration. Leurs pertes en hommes et vaisseaux furent immenses pendant cette période. Leur technologie de l’hyperespace demeurait peu efficace et il arrivait fréquemment que des éclaireurs rencontrent des étoiles, des astéroïdes ou autres astres.
Entre-temps, les siècles passèrent durant lesquels les Anciens prospérèrent sur leur nouvelle planète, à l’abri de la menace léhonienne. Cette dernière s’accentuait à mesure que leur maîtrise du vol spatial se perfectionnait. Tout changea lorsque les Léhoniens découvrirent une race très avancée et pacifique : les Gree. Ceux-ci avaient construit un petit réseau de Portes Stellaires, reliant leurs mondes de quelques secondes. Intéressés, les Rakatas élaborèrent un plan pour manipuler les Gree et s’approprier tout leur savoir et leurs secrets, mais ils échouèrent. La vérité était terrible à entendre pour les Rakatas. Le peuple gree avait entamé une phase de déclin et oublié depuis longtemps le moyen de construire des Portes Stellaires et d’autres technologies. Fous de rage, les Lehoniens dépêchèrent une pléthore de croiseurs autorégénérants contre leurs ennemis, mais ceux-ci restaient puissants malgré leur décadence. Vaincus, les Rakatas stoppèrent leur conquête de la galaxie et retournèrent sur Lehon pour ainsi dire la queue entre les jambes. Si cet échec mit un frein à leurs ambitions démesurées, il accrut leur haine des autres peuples.
Les Anciens, eux, entreprirent d’explorer leur secteur et découvrirent un monde accueillant habité par les Yadiens, petits indigènes verts aux longues oreilles. De nature bienveillante, ils acceptèrent notre proposition d’échange culturel : notre technologie contre leurs connaissances sur le Fluide.

– Excusez-moi, intervint Den, passionné par le récit. Votre Fluide ne serait-il pas ce que nous nommons la Force ?

– Précisément, convint Abys avant de reprendre son histoire. Un autre siècle s’écoula avant que les Lehoniens ne se sentent assez forts pour faire face aux Gree. Curieusement, ils avaient préféré concentrer leurs recherches sur le Fluide plutôt que sur la technologie. Nous découvrîmes bientôt la raison. Le Fluide est une force qui agit sur tout être vivant, tu ne l’ignores pas. Il permet d’avoir accès à divers tours de passe-passe, nous fait ressentir l’environnement d’une autre manière, voir plus s’il est utilisé en groupe. Mais les Gree apprirent à leurs dépens que les Léhoniens avaient découverts une autre application aussi dangereuse que terrifiante. Cette dernière permettait au Fluide de fusionner avec la technologie, donnant un pouvoir de destruction incomparable aux vaisseaux de guerre lehoniens. Les pacifiques gree se retrouvèrent écrasés tels des insectes devant cette puissance. Mais malgré cette avancée, les Rakatas ne parvinrent jamais à s’approprier le savoir des Gree.
Les Léhoniens possédaient désormais des hyperdrives à la hauteur de leurs ambitions et commencèrent une nouvelle ère : celle de l’avènement de l’Empire Infini.
Les uns après les autres, les systèmes et les peuples moins évolués qui les habitaient tombèrent sous leur joug. Rien ne pouvait résister à leur puissance. Les Léhoniens se retrouvèrent bientôt à la tête d’un Empire regroupant cinq-cents planètes dont dix milliards de Rakatas et mille milliards d’esclaves, lesquels alimentaient sans cesse leurs besoins croissants de ressources. En quête perpétuelle de moyens toujours plus efficaces d’asseoir leur domination, ils élaborèrent de nombreuses armes de destructions massives, parfois des merveilles de technologie. Certaines nous demeurèrent à jamais inconnues.
Nous gardâmes cependant l’espoir de vaincre un jour nos ennemis, car ils avaient un défaut exploitable : l’arrogance. Celle-ci les mena à oublier jusqu’à l’existence des Anciens au fil du temps et à ignorer notre complot. Depuis un millénaire, nous perfectionnons nos connaissances et notre maîtrise du Fluide avec l’aide éclairée des Yadiens. À l’apogée de l’Empire Infini, nos recherches conjointes débouchèrent sur l’élaboration d’un virus d’une redoutable efficacité. Oui... il s’attaquerait uniquement aux êtres vivants très puissants dans la Force et particulièrement dans ce que tu nommes le Côté Obscur. À cette époque, il n’y avait que nous, les Rakatas, qui correspondions à cette description. Nos principes et idéaux pacifiques furent mis à rude épreuve, mais nous n’avions pas le choix. Les Léhoniens venaient d’achever la construction d’une station spatiale capable de bâtir des vaisseaux capitaux à la chaîne et en quantité infinie. Ils l’appelaient : la Forge Stellaire, l’ultime outil, celui qui assoirait à jamais leur domination sur la galaxie. Alors nous propagèrent le virus, ce qui entraîna le début du déclin de notre race. En quelques années seulement, les Léhoniens périrent, les esclaves se rebellèrent contre leurs maîtres. L’Empire Infini sombrait dans le chaos et nous saurèrent sur l’occasion pour lancer une opération visant à détruire la Forge Stellaire, trop dangereuse pour être laissé intacte. Je fis partie du commando, lequel remplit sa mission avec brio. Vaincus et désespérés, quelques Rakatas se mirent en stase afin de se donner le temps de combattre le virus, mais en vain puisque nous les traquèrent dans tous leurs sanctuaires. C’est durant cette chasse que notre meilleure arme se retourna contre nous... elle s’était adaptée et infectait aussi les autres utilisateurs du Fluide, dont les Yadiens. Nous comprîmes alors que nous étions destinés à subir les conséquences des actes de nos frères. Même le remède créé par les Yadiens ne put sauver les Anciens, il était trop tard. Des rumeurs circulèrent parmi les derniers Léhoniens selon lesquelles, dans leur plus obscure des folies, ils avaient conçu quelque chose de bien plus destructeur que leurs superarmes. Sans plus d’informations, nous attendîmes, mais les ultimes survivants s’éteignirent et les Anciens ne tardèrent pas à les suivre dans la longue liste des civilisations mortes.
Ainsi se termina l’histoire sanglante de l’Empire Infini...
Durant nos dernières années, nous ne retrouvèrent jamais le fameux héritage des Léhoniens. Le système de Lehon était devenu impénétrable à cause des perturbations dans le Fluide provoquées par les nombreuses batailles, celle de la Forge Stellaire entre autres. Je suppose que tout a été oblitéré là-bas. Sauvés du virus, mais non immunisés, les Yadiens nous quittèrent sur une étrange révélation. Le plus sage d’entre eux nous confia une prophétie au sujet d’un Élu destiné à sauver la Force de l’annihilation. Avec notre niveau de compréhension du Fluide, nous réussîmes à lever un pan du voile derrière cette prédiction et déterminèrent que la menace venait de l’ultime création des Rakatas, entre autres faits. Aussi, nous consacrâmes nos derniers instants à la recherche de la lignée de l’Élu. D’après votre République, la planète où elle vivait jadis, s’appelle aujourd’hui Coruscant. Cette planète abritait deux clans primitifs d’Humains : Les Zhells et les Taungs. Un seul Zhell avait la capacité de maîtriser le Fluide, c’était le premier des Élus. D’un naturel curieux, il accepta d’écouter notre histoire et les raisons de notre venue. Nous lui enseignâmes le contenu de la prédiction yadienne, quelques rudiments sur le Fluide et le plus important, le moyen de se connecter aux cristaux Kiishra. Nous eûmes alors la confirmation que la prophétie disait vrai : la pierre le rendait plus puissant.
Par mesure de précaution, les Anciens aménagèrent cette grotte afin que seuls les Élus ou les cœurs valeureux puissent récupérer des cristaux. Et je me portai volontaire pour quitter mon enveloppe corporelle et servir de gardien. Désormais, je suis l’ultime vestige des Anciens.
Au cours des millénaires passés, nombreux furent les Élus à s’approprier des cristaux, mais aucun ne correspondait entièrement à la prophétie. Même, Danton Liser, le dernier de tes ancêtres à s’être présenté devant moi, n’était pas le vrai Élu. Je ressentis pourtant une incroyable volonté d’esprit et une grande maîtrise de la Force chez lui. Quelques heures plus tard, un être aussi maléfique que les Léhoniens franchit avec facilité toutes les épreuves et me questionna. Mon silence le rendit agressif, mais sa puissance ne fit pas le poids face la technologie de défense de la grotte. Avant sa fuite, j’appris qu’il se nommait Dark Proyus et qu’il recherchait un antique artefact.

- Pensez-vous que cet homme est un lien avec la prophétie ? demanda Den.

Abys baissa la tête en signe d’assentiment.
– Je crains que cet artefact soit la chose censée détruire la Force. Voilà toute l’histoire... tu connais maintenant tout l’enjeu derrière la prédiction des Yadiens.
 
– Certes... cela dit, j’ignore toujours comment prendre connaissance du reste de la prophétie.
 
– Les Anciens ont laissé des indices sur plusieurs planètes de la galaxie. Tu dois rencontrer mon agent, il te mettra sur la voie. Ne t’inquiète pas, il saura te contacter dès qu’il apprendra ta présence sur Ilium.

La tension retomba dans les muscles de Den. Le Rakata avait beaucoup parlé, mais les questions se bousculaient toujours dans sa tête.
– En effet, je comprends mieux. Vous n’avez pas l’intention de me révéler tout votre savoir.

– Tu n’es pas encore prêt. Continue de développer tes dons, apprends à te connaître, fais preuve de patience et la voie s’ouvrira devant toi, répliqua le Rakata.

Den s’attendait à ce genre de réponses et sut que rien ne déciderait l’Ancien à lui parler davantage.
– Et vous ? Vous êtes prisonnier depuis si longtemps...

– En effet... je demeurerai ici tant que ta destinée ne sera pas accomplie. N’aie pas pitié de ma condition. Le temps est une notion relative dans ce petit dispositif, confia Abys en désignant la pyramide. Il est maintenant l’heure que tu récupères ton dû.

Le renégat n’aimait pas l’idée d’avoir un destin tout tracé. C’était comme s’il avançait sur un seul chemin, sans liberté de choisir une autre route. Mais l’inquiétude le quitta lorsque la porte derrière Abys s’ouvrit et révéla des cristaux Kiishra encastrés dans la roche volcanique.
Bientôt, Den ressentirait à nouveau à la Force.




Maintenant qu’il les voyait aussi proches de lui, Den éprouvait ce désir irrépressible, presque hypnotique, d’en saisir un. Un instant, il se crut revenu au Temple à dix ans face à son premier Kiishra. Il tendit la main vers la salle étincelante de joyaux et usa de la Traction de Force, exactement comme jadis. Le cristal pourpre rayonna de mille feux lorsqu’il entra en contact sa paume, mais cela n’empêcha pas Den de refermer sa main dessus.
Et là il se sentit juste bien...
Parce que les pouvoirs du Kiishra dopaient ses rares midichloriens.
Parce que ses perceptions s’étendaient à nouveau, grâce à la Force.
Surtout parce qu’il était redevenu fort et capable de protéger ses amis.
Serein, Den ouvrit les yeux tandis qu’Abys lui montrait un autre objet en forme de pyramide.
– Ceci est un holocron rakata, notre moyen de sauvegarder des informations. Tu reviendras ici pour en découvrir les secrets le jour où tu seras prêt.

- Vous me pensez incapable de m’approprier son contenu ? demanda Den, intéressé par le défi.

Ce dernier tenta de forcer l’artefact avec la Force puis avec les mains, sans succès.
– Non seulement tu n’en as pas la capacité physique, mais de plus, ton état d’esprit est inadéquat, expliqua Abys, amusé par les vains efforts de l’Élu.

– Je m’entrainerai dur dans le but de devenir quelqu’un sur qui on peut compter en toute circonstance. Je ne veux pas être l’esclave d’une prophétie encore plus ancienne que la République et les Jedi, murmura le renégat, le cristal serré dans son poing.

Abys inclina la tête avec perplexité.
– Mais ton destin est déjà écrit. Tu ne peux y échapper, même si tu refuses la vérité.

– Les prophéties sont susceptibles d’avoir des défauts d’interprétation. Personne ne peut savoir ce que signifie le fait de sauver la Force. Peut-être devrais-je l’anéantir afin d’éviter son asservissement par une quelconque entité. Peut-être même que j’empêcherai quiconque de se servir d’elle dans l’avenir. Je ne veux pas être mêlé à cela. Vous comprenez ?

L’ancien resta silencieux comme s’il pesait les paroles de Den. Celui-ci refusait de croire qu’une espèce aussi avancée n’ait jamais envisagé de tels cas de figure.
– Je me suis fourvoyé. Tu es plus sage que je ne le pensais au premier abord. Tes remarques sont justes, mais le temps nous manque pour en débattre, éluda Abys sur un ton pressé. J’ai observé les armes que vous autres Jedi aimaient utiliser.

Un flash aveuglant parcourut la salle juste avant l’apparition de plusieurs pièces de sabre laser.
– C’est incroyable ! Que s’est-il passé ? glapit le jeune homme, éberlué.

– La technologie de la République Galactique est primitive comparée à la nôtre. Ne l’as-tu pas encore compris ? Il te suffit de penser à quelque chose de matériel et il apparaîtra aussitôt devant toi. Je t’autorise à user de ce procédé une seule fois, mais ton sabre laser devra être conçu de tes mains.

Den, dont c’était justement l’intention, se demanda si le Rakata pouvait lire dans ses pensées. Il réfléchit à un autre objet en fixant les loques qui lui servaient d’habits. Dans la perspective du combat à venir, il lui fallait une nouvelle tenue capable de lui offrir une protection légère sans diminuer sa dextérité.
– Je veux un ensemble falanassi, annonça-t-il en se représentant mentalement le costume et ses constituants.

Ses vieilles frusques laissèrent place à une tunique de la couleur de Tatooine échancrée au niveau des hanches. Plus résistante que celle utilisée par les Jedi, elle était dotée de mailles très fines à hauteur du torse.
Aussi satisfait qu’impressionné, Den s’immergea dans la Force et s’attela à la construction de son sabre laser sous l’œil inquisiteur du dernier Ancien.




***************


Une fois la lentille de focalisation encastrée dans le manche, Den disposa avec minutie le cristal Kiishra dans l’interstice correspondant. C’était l’étape la plus délicate du processus de fabrication d’une arme Jedi. Seul un puissant adepte de la Force pouvait réussir à placer la pierre précieuse avec une précision extrême. Toute erreur entraînait, dans le pire des cas, l’explosion du sabre.
Mais Den avait désormais l’habitude de se reconstruire une arme. Après un quart d’heure d’assemblage, il était prêt à activer la lame.
– Tu as démontré une grande dextérité pour concevoir ton outil en si peu de temps. Montre-moi s’il est viable, murmura Abys.

Confiant, le renégat poussa le bouton et un faisceau de plasma violacé s’éleva du cylindre. Le bourdonnement caractéristique enthousiasma Den.
– J’ai réussi ! Quelle sensation bienfaisante ! C’est comme si je sentais la vie s’insuffler en moi.

– Ta perception du Fluide revient à la normale. Et même davantage, semble-t-il... remarqua l’hologramme.

Un éclair bleuté traversa la pourpre, mais Den en ignorait la signification. Il se tourna vers l’Ancien, l’air interrogateur.
– Ta seconde liaison à un cristal Kiishra a augmenté ta réceptivité à lui. Tu peux désormais tirer plus d’énergie du Fluide.

« Incroyable » s’émerveilla Den. « Mes pouvoirs ne sont pas totalement revenus, mais le temps y aidera. »

– Je ne gaspillerai pas cette seconde chance, promit-il en fixant le Rakata.

Ce dernier lui lança un sourire énigmatique.
– Seul l’avenir le dira... pour l’instant, tes paroles sonnent creux. Ton cœur est rempli de sentiments et d’émotions fortes. Tu dois t’en débarrasser si tu souhaites devenir assez puissant pour accomplir la prophétie.

- Que voulez-vous dire par là ? s’étonna Den en rangeant sa nouvelle arme.

– Cette question prouve un certain manque de sagesse et de maturité de ton esprit. Ta quête est primordiale pour le futur de la galaxie et bien que tu en sois conscient, je sens qu’il ne s’agit pas de ta priorité absolue. Que choisirais-tu entre mettre un terme à la guerre en sacrifiant tes amis ou les garder en vie en provoquant la mort de milliers d’innocents ?

Pris au dépourvu, Den ne sut quoi répondre. Il ne voulait ni perdre ses proches ni des innocents.
– Tu hésites, n’est-ce pas ? C’est normal pour quelqu’un d’aussi jeune que toi. Mais que feras-tu si tu fais un choix irrationnel qui entraîne la destruction de la Force ? Rien... je te conseille juste d’exercer ton esprit à ériger une barrière entre toi et tes proches, lui recommanda Abys.

Ces paroles lui firent l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. Ce sermon ressemblait trop à celui qu’aurait pu formuler un Maître Jedi en accord avec le Code. Den avait toujours eu du mal à accepter cette partie. En son for intérieur, il était convaincu que les Jedi ne devaient pas être de simples réceptacles de la volonté de la Force, comme des machines autoguidées. Non... il interprétait la voie des Jedi comme un moyen de protéger les innocents, de combattre le côté Obscur et de sauvegarder les êtres chers. C’est grâce à ces pensées qu’il avait trouvé la détermination nécessaire pour surmonter les obstacles jusqu’ici.
– Jamais, déclara le renégat avec fermeté. Jamais je ne deviendrais comme ça. Je façonnerai mon destin à ma manière et si un jour je dois sauver la galaxie, ce sera à ma manière.

À sa surprise, Abys ne s’offensa pas de ses paroles, bien au contraire.
– À ta guise, Elu. Tu as la bénédiction d’Abys, aussi surnommé Celui-Qui-Fut.

Le jeune homme réalisa qu’Abys était la mystérieuse entité qui lui avait parlé dans son subconscient à son arrivée sur Ilum. C’était ce que le Rakata voulait.
La seconde porte s’ouvrit et Den l’emprunta après avoir remercié le Rakata d’un signe de tête. Maintenant, il espérait juste qu’il resterait quelque chose à sauver lorsqu’il émergerait de la grotte...



****************

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MessagePublié: 19 Septembre 2017, 21:58 
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j'ai beaucoup aimé ce dernier extrait grâce à ces révélations 8-) !

bref la Suite!


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MessagePublié: 02 Octobre 2017, 20:02 
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Bon j'ai laisser suffisamment de temps pour digérer ce gros chapitre rempli d'histoire :)



Chapitre 23
Les Fantômes Noirs











Le colonel Spartan n’appréciait pas Brandon, mais ce dernier ne lui en tenait aucune rigueur. Après tout, le Mando était un allié depuis peu et l’officier ne l’avait jamais vu à l’œuvre. Après un long débriefing, Spartan comprenait mieux sa situation et lui permit de revêtir une armure républicaine.
Le soleil bas projetait ses rayons orangés en face de la position républicaine. Les Mandaloriens disposeraient d’une meilleure vue que leurs homologues républicains, privés de casques à visière sombre.
– Salutations, homme dépourvu de pilosité crânienne. BP-S1 a observé chez vous des qualités de guerriers remarquables pour une créature faite de chair et de sang.

Brandon dévisagea le synthétique d’un œil acéré.
– Si tu ne te mets pas dans mes pattes, alors aucun de ces traîtres à leur peuple n’en réchappera vivant.

Faire confiance à des Jedi était une chose, mais à un droïde d’origine inconnue différait. Son apparition pour sauver Den et Vala paraissait trop commode aux yeux de l’ex-sergent. Qui sait quels secrets détenait le bactério ? Jamais Brandon ne lui tournerait le dos...
– Cette unité détecte l’odeur rance de l’hostilité. Elle se...

- Tu parles trop ! intervint Brandon.

À partir de cet instant, la situation s’enflamma comme pour signaler la fin définitive de la période que l’on nommait le calme avant la tempête. Les Hommes en Armure émergèrent en force de la jungle. Ils ne tardèrent pas à mettre à rude épreuve les premières barricades en permabéton recouvertes d’une fine couche de duracier des soldats sang et or.
Les lasers pleuvaient par rafales successives et noircissaient les défenses à chaque impact. Les Républicains ripostèrent, mais leurs armes, moins puissantes, ne pouvaient rivaliser avec celles des Mandaloriens. Les hommes en armures perdirent cependant une vingtaine de combattants en quelques secondes. Brandon exulta, il était enfin dans son élément : la guerre !
En représailles aux premières victimes républicaines, un soldat cria de rage et s’exposa à la vue des Hommes en Armure surgissant de la jungle par centaines à une trentaine de mètres des barricades. Le militaire fit feu sans direction précise et toucha trois Mandaloriens avant de se baisser.
Brandon pensa qu’il avait eu beaucoup de chance de ne pas avoir été criblé de tirs. Dans une bataille, il était crucial de ne pas se laisser submerger par ses sentiments afin de ne pas agir inconsidérément. À côté de lui, BP-S1 se transforma pour augmenter sa puissance de feu. Ses canons lasers crachèrent une impressionnante quantité de salves à une cadence égalait par aucune autre arme sur le champ de bataille. Le Bactério avait bien fait de recharger ses accumulateurs d’énergie avant l’affrontement. Il provoqua une véritable boucherie parmi les rangs ennemis. Le sable vola autour des deux combattants à cause des impacts de tirs mandaloriens, masquant prématurément les derniers rayons du soleil. 
L’ancien sergent se leva pour décocher une rafale de son fusil et se remit à l’abri en seulement deux secondes. Il n’eut pas besoin de regarder pour être sûr qu’il en avait abattu au moins deux. Néanmoins, les Mando’as s’approchaient, le corps à corps paraissait inévitable...



*********



Postée en hauteur en compagnie d’Owen et de Spartan, Lyra observait le champ de bataille d’un air triste. Cela lui rappelait trop les évènements d’Ossus. Cette fois-ci, il lui faudrait participer et c’est pourquoi elle devrait apprendre à ignorer tous les sentiments délétères relatifs à un affrontement de cette envergure.
– Ils envoient le gros de leurs troupes attaquer nos défenses sur toute leur largeur, mais deux bataillons distincts concentrent leurs efforts sur nos points faibles.

Owen, lui, ne tenait pas en place. La vibrolame avec laquelle il avait abattu un Jedi fantôme sur Ossus scintillait à la lueur des projecteurs.
– Je demande l’autorisation de me joindre au combat.

Lyra sentait son besoin de venger tous les morts engendrés par la bataille de Hoth. Elle l’enviait en quelque sorte, car lui ne risquait pas de tomber du Côté Obscur et d’utiliser la Force pour ses propres desseins. Cette guerre représentait à merveille les contradictions du Code Jedi. Comment protéger les innocents sans devenir une tueuse ? Comment garantir la paix sans sauver les plus démunis ? Quelle ligne pouvait-elle franchir ?
Lyra comprenait mieux les nombreuses maximes des Maîtres au sujet de la perversité du mal. Dans sa situation, elle préféra respecter son engagement le plus puissant : celui de combattre pour la paix et la sauvegarde des libertés. Ses talents au sabre laser l’aideraient en ce sens...
En réponse à Owen, le colonel Spartan jaugea les deux Humains d’un regard scrutateur et les assigna à la protection de la zone centrale. Lyra capta l’une des pensées de l’officier.
Il voulait voir un Jedi à l’action.



**********



L’heure des combats au corps à corps était arrivée. Brandon dégaina ses deux vibrolames face à ses ennemis. À voir leur fougue innocente, pleine d’enthousiasme et d’envie, il reconnut de jeunes recrues à peine sorties des jupons de leur clan respectif. C’était la guerre et aucune pitié ne ferait trembler son bras, même s’il s’agissait de ses frères et sœurs.
Brandon détourna la charge du premier qui se jeta sur lui et lui planta son arme droite dans le dos. Celle de gauche repoussa le coup d’un autre Mando, lequel recula avec surprise. L’ex-sergent profita de sa faiblesse en touchant son genou à la jointure des plaques d’armure. D’instinct, il sauta à plat ventre pour éviter un corps qui s’écrasa sur la recrue.
– Fais attention, saleté de droïde ! s’insurgea-t-il à l’encontre de BP-S1.

Indifférent à la remarque, le synthétique souleva un autre ennemi, la visière en forme de T de ce dernier se craquelant sous la pression exercée par la main de métal. Mais Brandon n’eut pas le temps de houspiller davantage le droïde, car un hurlement empli de rage provint de son dos. Trop vif pour son adversaire, il porta un violent accoup vers l’arrière et sentit ses lames s’enfoncer dans la chair. C’est alors qu’il aperçut une armure grise devant lui. Son propriétaire lui lança un poignard qui tournoya droit en direction de sa poitrine. Avec un sang-froid conféré par son expérience, Brandon forma une croix avec ses vibrolames juste à temps pour stopper le projectile.
- Tu es bien digne de ta légende, même pour un traître ! hurla le Mandalorien.

Les affrontements se déplaçaient vers le centre, offrant à Brandon un répit pour reprendre son souffle. Il n’apercevait plus BP-S1 qui avait probablement suivi le mouvement.
Brandon reconnut l’identité de son agresseur. C’était Rargi, l’un de ses collègues sergent, quelqu’un qu’il considérait jadis comme digne de son respect.
– Tant que mes idéaux seront justes, mes capacités de guerriers demeureront intactes. Libère-toi des chaînes du Clan ! Rejoins-moi et ensemble nous redorerons le blason de notre peuple ! répliqua l’homme au crâne imberbe avec force.

– Je n’aurais aucune pitié pour un traître tel que toi. Mandalore sait que nous avons besoin des Jedi Obscurs pour vaincre la République et ses alliés.

Les yeux de Brandon s’étrécirent.
– Alors tu penses que la fin justifie les moyens au détriment de nos traditions les plus importantes. Sio a été défait par ma lame parce qu’il était aussi faible de corps que d’esprit. Les pouvoirs de la Force n’auraient jamais dû impressionner notre peuple ! Ne vois-tu pas que le Clan se sert de nous pour parvenir à ses fins ?
Pour toute réponse, Rargi leva sa vibrolame en signe de défi.
– Je ne t’écoute pas. Finissons-en ici et maintenant !



*************



Distinguer la ligne de front de la bataille devenait aussi difficile que de voler un os à un chien Kath. Les troupes républicaines se défendaient bien, infligeant de lourds dégâts aux ennemis, mais ceux-ci les surpassaient en nombre et s’engouffraient dans une brèche. Seules les tourelles maintenaient les Mandaloriens à l’écart, jusqu’à maintenant.
Conscient de cela, Spartan dépêcha des renforts secondés par Lyra afin de protéger le générateur d’énergie des tours. La Padawan repéra vite une vingtaine de Mando’a s’attaquant avec sauvagerie à quelques soldats. Elle retint un juron lorsqu’elle réalisa leur objectif : abattre la tête pensante, c’est-à-dire le colonel Spartan dans la tour d’observation. Profitant de l’effet de surprise, Lyra bondit et transperça le dos d’un ennemi. Les renforts engagèrent eux aussi le combat dans des bruits d’entrechoquement. Elle élimina deux autres Mandos en quelques katas bien placés avant de ressentir une légère manifestation dans la Force. Plusieurs adversaires en armure sombre l’observaient.
« Ce doit être une perturbation due à la bataille ou bien encore mon imagination », songea-t-elle.

Quoiqu’il en fut, ces soldats constituaient surement une sorte d’unité spéciale. Elle leva son sabre dans l’intention de prendre l’initiative, mais un éclair de danger traversa ses sens de Force. Une silhouette s’apprêtait à la frapper par-derrière ! Elle agrippa par réflexe le bras armé de son agresseur et le fit basculer au-dessus d’elle avant de lui planter son sabre dans le cœur.
Déconcertée par les violences auxquelles elle était contrainte par la bataille, l’adolescente sentit sa respiration s’accélérer et ses bras trembler. Elle venait d’ôter plusieurs vies et c’était seulement maintenant que la peur et l’indécision la tenaillaient. Pourtant, ce n’était pas le moment pour les regrets et les crises de conscience, car les Mandos en armure noire pointaient leurs blasters sur elle. Ils étaient une dizaine, mais certains s’occupaient de repousser des soldats de la République. À leur manière de se battre, Lyra comprit ce que signifiait cette perturbation de Force et aussi la raison pour laquelle ils avaient réussi une percée si profonde. Ces Mandaloriens se démarquaient tous par leur sensibilité à la Force...
La Jedi soupira pour évacuer ses doutes, visualisa les armes ennemies et leva brusquement une main. Ces dernières s’envolèrent vers elle suite à son geste vers l’arrière, l’étrange commando n’esquissa pas le moindre mouvement pour contrer la manœuvre.
En revanche, l’homme situé le plus en avant retira l’un de ses gants puis dirigea sa main vers Lyra.
« Non... »

L’intuition lui dicta de placer son sabre devant la figure afin de parer l’énergie du Côté Obscur. Cette dernière crépita un instant le long de lame ocre avant de se dissiper.
– Vous n’êtes pas comme les autres. Je sens l’influence maléfique des Jedi Obscurs en vous, commença la Padawan avec fermeté.

– Aucun Jedi ne peut échapper à la section des Fantômes Noirs grâce à l’entraînement des Maîtres du Clan, lui apprit celui qui avait lancé l’éclair.

Il fit un signe de tête à ses subordonnées. La seconde d’après, la visière de son casque refléta une multitude de faisceaux électriques dirigée droit sur Lyra. Elle les esquiva d’une roulade sur le côté puis se releva promptement, mais déjà d’autres filets de foudre menaçaient sa position. Elle parvint à nouveau à éviter l’attaque d’un saut et pensa à un moyen de rompre la concentration de ses ennemis. Malheureusement, les Fantômes Noirs ne comptaient pas lui laisser la moindre ouverture, ni répit. Les Éclairs précédemment esquivés convergèrent en un seul point et formèrent une sphère d’énergie d’où se dégagea un son strident d’oiseau. La Jedi ignorait la teneur de cette technique, mais si elle n’atterrissait pas vite, il lui serait impossible d’éviter une attaque.
« Je suis piégée... »

Plusieurs arcs électriques s’échappèrent au-dessus de la sphère, droit sur Lyra qui brandit son sabre par réflexe. Puis il y eut un flash blanc à peine précédé par une terrible douleur dans tout son corps. Désorientée, elle lâcha son arme lorsqu’elle s’écrasa sur le sol à côté de la sphère.
– Voici le premier Jedi sur notre tableau de chasse. Maintenant, occupons-nous de la tête de leur colonel ! Intima le chef des Fantomes Noirs.

Des volutes de fumée s’échappaient de la tunique de Lyra, laquelle restait immobile.
« Je peux bouger... Quelle que soit cette attaque, elle n’a pas duré longtemps »

C’était heureux, car elle avait failli tourner de l’œil. Ce répit forcé lui donna le temps nécessaire pour comprendre la stratégie des Fantômes Noirs. En premier lieu, ils usaient de tactiques de diversion en se laissant désarmer puis surprenaient l’adversaire avec la Foudre. D’autres se chargeaient de créer la sphère dans le même temps pour l’attaque finale.
Mais un fait demeurait inconnu. Lyra devait survivre pour en apprendre plus.
La rescapée de la tragédie d’Ossus se releva avec difficulté, un rideau de cheveux blonds entremêlés dissimulant son visage. Elle attira son sabre laser juste avant qu’un Fantôme Noir ne s’en saisisse et déclara :
– Le combat n’est pas fini ! Je suis loin d’avoir montré toute l’étendue des capacités d’un Jedi !



***************




Il ne restait plus que trois Prédators au large d’Ilum. Plusieurs épaves éventrées flottaient à leurs côtés et témoignaient de la situation désespérée dans laquelle se trouvaient les Hommes en Armure. La flottille républicaine les dominait par le nombre et l’issue de la bataille ne faisait aucun doute. Toute la question était de savoir quel serait le prix de la victoire.
Les vaisseaux capitaux Mandos tenaient une position éloignée, laissant leurs puissants chasseurs harceler les Hammerheads. Malgré leur infériorité numérique, ils provoquaient des dégâts et n’hésitaient pas à employer des manœuvres suicidaires.
Plusieurs croiseurs de la République avaient déjà explosé à cause de cette tactique et Vala devait trouver une solution à ce problème.
La Jedi contacta le chef de l’escadron auquel elle s’était jointe.
– Leader Rouge, ici Vala Loosu ! Je vous propose une stratégie pour détruire un de leurs destroyers. Intéressé ?

Vala vira brusquement sur la droite pour éviter le tir d’un Davaab. Ce dernier la prit en chasse, menaçant de la toucher à chaque salve. Heureusement, un Aurek surgit devant elle et oblitéra l’ennemi.
- Donc... vous disiez ? demanda le Leader Rouge qui venait de la sortir d’un mauvais pas.

– Merci ! Combien reste-t-il de torpilles à protons au sein de l’escadron ?

Les autres membres l’informèrent de l’état de leurs munitions. Elle compta douze missiles en ajoutant les siennes, ce qui suffirait pour la mise en application de sa stratégie. Une fois celle-ci exposée, l’escadron s’ouvrit un passage parmi les chasseurs ennemis. Vala ferma les yeux de dépit lorsque son ailier explosa, mais lui et les autres avaient rempli leur mission. Elle progressa désormais dans le vide séparant les deux flottes. Bientôt, plusieurs appareils se déversèrent des hangars des Prédators pour les stopper.
- Tirez dans le tas tout en respectant la formation ! ordonna le Leader.

- Bien reçu ! s’exclama une voix féminine.

– Ils n’auront aucune chance, Leader Rouge !

Les onze Aureks déclenchèrent un tir de barrage face à la nuée qui fonçait en face. Beaucoup furent réduits en poussières dans un tourbillon de lasers. Par miracle, ils passèrent la vague de Davaabs sans subir de perte, mais le plus dur restait à faire. Les pilotes mando’as firent demi-tour, arrivèrent à portée des derniers Aureks et en détruisirent deux.
- Dérivez l’énergie des déflecteurs vers les propulseurs ! hurla le Leader Rouge.

Vala obéit et déclencha une poussée supplémentaire sur son appareil. Surpris par la manœuvre, les chasseurs ennemis perdirent provisoirement du terrain. S’ils conservaient leur avance, ils auraient une chance de réussir leur plan. Mais le danger était aussi présent devant eux. Les canons laser du Prédator le plus proche luirent et projetèrent plusieurs salves. La Jedi effectua plusieurs zigzags entre celles-ci, encaissant un léger coup au passage.
« Un seul tir bien placé et c’en ait fini de moi... » songea-t-elle, le regard fixé sur son aile roussie.
Leur cible prenait déjà la moitié du hublot et grossissait à vue d’œil. Sa liaison comm l’informa de la destruction d’un autre Aurek. Vala s’immergea plus profondément dans la Force pour y trouver la confiance, car, à chaque perte de l’escadron, les probabilités de réussite de la mission descendaient.
- Enclenchez votre ordinateur de visée ! intima le Leader Rouge.

Une fois activé, le logiciel indiqua un point orange sur le flanc du Prédator. Il s’agissait d’un bouclier affaibli par des frappes précédentes républicaines, avant que Vala ne les rejoigne. Si les pilotes survivants libéraient leurs torpilles avec une synchronisation parfaite alors ce serait à son tour de jouer.
Elle anticipa un tir de canon qui frôla la carlingue de son vaisseau. L’un de ses alliés eut moins de réussite et disparut dans une gerbe éphémère de flammes.
– Objectif à portée ! s’exclama la voix tendue du Leader Rouge. Faites feu à trois...

À la fin du décompte, les huit chasseurs survivants tirèrent chacun une torpille vers le même point. Vala retint un juron.
« Seulement huit... »

Elle n’avait pas le droit à l’erreur. Dans le cas contraire, le bouclier résisterait et les chasseurs à leurs trousses les détruiraient. Ainsi Vala ferma les yeux, étendit ses perceptions et sentit les missiles. Les autres Aureks la couvrirent pendant qu’elle s’efforçait de maintenir la course des torpilles. L’espace entre ces derniers ne devait pas excéder le mètre au risque de provoquer l’explosion de toutes les ogives. La Force lui indiquait comment conserver les bonnes trajectoires, mais cela lui demandait un usage intensif de son énergie.
Les torpilles n’étaient plus qu’à une dizaine de kilomètres. Vala crut réussir, lorsque son ailier gauche vola en éclat...





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Nous en sommes maintenant à l'avant-dernier chapitre. Enjoy !





Chapitre 24
Dénouement









Un frisson parcourut l’échine d’Odénout Mapassar. Il craignait la réaction de Dark Proyus lorsqu’il annoncerait les mauvaises nouvelles dont on venait de le mettre au courant. Il était apeuré par son immense pouvoir en même temps qu’il le convoitait. Le Zabrak se rappelait les motivations aveugles qui l’avaient poussé à une alliance avec les Sith : porter un coup dur à l’Ordre Jedi, conquérir la galaxie d’égal à égal avec Proyus, en apprendre plus sur le Côté Obscur. Aussi séduisantes qu’aient pu être ces perspectives à l’époque, Mapassar savait désormais que le Clan vacillait au sommet d’une pente glissante.
Certes, l’annihilation d’Ossus était un progrès remarquable dans ses projets d’anéantissement des Jedi. Mais il ignorait trop de choses sur les Sith et n’avait aucun moyen pour forcer Dark Proyus à lui dire quoi que se soit. En revanche, il connaissait le Côté Obscur : les puissants gouvernaient les faibles. Et le rapport de force avec le Clan tournait à son désavantage. Lui-même, Seigneur habile et respecté parmi les siens, transpirait sous sa bure à la pensée de se retrouver face à Proyus, membre d’un Quintumvirat. Si tel était le bon vouloir du Sith, celui-ci pourrait facilement prendre sa place ou bien s’emparer du contrôle du vaisseau. Bref, Mapassar se sentait tel un subordonné sur le point de faire un rapport délicat à son supérieur.
C’était intolérable !
Le Jedi Obscur ouvrit la porte menant aux quartiers de Proyus. Ce dernier méditait, faisant converger une quantité incroyable de Force vers lui.
– Seigneur Proyus, je viens de recevoir un communiqué d’Ilum. Elle subit une attaque de la part de la République.

Le Sith masqué se leva face à lui, mais demeura muet. Mapassar comprit qu’il attendait davantage de précisions.
– Au vu de leur supériorité numérique, la défaite est inévitable.

L’Empire Sith avait conquis cette planète des lustres auparavant et s’était arrangé pour que l’Ordre Jedi la croie maudite. Mapassar en ignorait les raisons puisqu’Ilum ne représentait aucun intérêt stratégique ou économique. Il n’y avait que les cristaux nécessaires pour la construction de sabre laser, mais les Sith ne se servaient pas de telles armes. Une zone d’Ilum bénéficiait de la protection d’un champ disrupteur d’origine inconnue. Le Zabrak s’était proposé pour contrôler la planète à la place des Sith, y voyant une occasion de capturer des Jedi pour les besoins de ses expériences. Proyus avait accepté à la condition qu’aucune personne ne pénètre la fameuse zone.
La Force tourbillonna autour du Sith en entendant ces nouvelles. Était-ce un signe avant-coureur de colère ?
- Comment expliquez-vous cela ? demanda Proyus en Sith.

– Nous soupçonnons la complicité de Jedi. Nous en avons capturé deux là-bas, mais... ils se sont libérés en assassinant l’un de mes subalternes, révéla Mapassar, mal à l’aise. Par ailleurs, un schisme de grande ampleur secoue actuellement l’Ordre. Des Jedi se joindront bientôt à l’armée République pour nous combattre, tel que nous l’espérions.

Pour toute réponse, Dark Proyus avança jusqu’au Zabrak dans un bruissement d’étoffes. Deux massacreurs surgirent du fond de la salle sans que Mapassar n’ait senti leur présence et se postèrent sur ses flancs.
– La Force m’a révélé que les Mandaloriens n’étaient pas un peuple digne de confiance. Vous faites une erreur si vous pensez pouvoir les assujettir, Seigneur Mapassar, lui reprocha le Sith.

– Sauf votre respect, vous vous trompez. Une rencontre au sommet avec le Mandalore est prévue pour bientôt et cette opportunité me permettra d’asseoir totalement ma domination.

Le Zabrak risqua un sourire crispé, mais il ne faisait que montrer l’angoisse et la crainte qui pesait sur ses épaules.
– Vous avez bien travaillé. La prise d’Ilum par la République ne durera pas, car le temps est venu pour l’Empire Sith de se révéler aux yeux de la galaxie, déclara Dark Proyus, avant de retourner en méditation.




**********




Le duel s’éternisait entre les deux guerriers mando’as, aucun des deux ne montrait la moindre faiblesse jusqu’à que Rargi ne recule de quelques pas. Le sergent se baissa pour ramasser une vibrolame double, difficile à manier.
– Je prendrai plaisir à supprimer le dernier homme du Clan Karnak, affirma celui-ci. L’ultime membre d’une famille de lâches...

Le visage de Brandon se durcit davantage à l’évocation de ce nom.
– Cela ne signifie plus rien pour moi ! C’est le passé ! Mais tu m’as mis dans une colère noire et tu vas le regretter.

Rargi insultait son honneur de guerrier en le traitant ainsi et peu d’affronts étaient pires que celui-ci. Les deux combattants excellaient dans le corps à corps, mais Brandon allait lui montrer sa supériorité dans tous les domaines.
Ils se jetèrent l’un sur l’autre et portèrent un coup semblable au même moment, provoquant un choc terrible entre les armes blanches. Brandon prit l’avantage dans le duel de force et força son adversaire à fléchir.
– Tu n’as aucune chance de me vaincre, Rargi.

Le sergent riposta d’une attaque tranchante que Brandon para avec sa lame gauche. Il enchaîna en faisant tournoyer sa vibrolame au-dessus de sa tête avant de l’abattre avec violence. Surpris, Brandon la stoppa avec difficulté, mais il réalisa trop tard la finalité de la manœuvre. Rargi lui faucha les jambes et voulut profiter de son avantage pour porter un coup fatal. C’était sans compter sur l’habileté du traître qui, une fois au sol, roula sur le côté. La seconde suivante, la lame de l’adversaire se planta pile à l’endroit où il se trouvait. Brandon asséna un coup de pied dans le bras armé de son ancien compère. Celui-ci s’exclama de douleur, mais le traître était à nouveau debout, prêt à en découdre.
Les duellistes enchaînèrent une série de coups et de parades sans qu’aucun ne prenne un avantage décisif. Malgré l’omniprésence de la violence, le combat sortait de l’ordinaire par sa beauté. Il n’y avait pourtant qu’une personne qui donnait le meilleur d’elle-même... L’une s’essoufflait tandis que l’autre rangeait sereinement sa seconde vibrolame dans son fourreau.
Brandon repartit à l’assaut avec l’intention de clore les débats. Son élan lui permit d’entamer un semblant d’attaque, mais il se baissa au dernier moment et effectua une glissade. Son bras libre prit appui sur le sol et Brandon s’en servit pour propulser son pied en hauteur, droit sur la poitrine de son ennemi. Pris au dépourvu, Rargi fut incapable de se protéger et se retrouva projeté dans les airs.
Brandon, lui, était déjà placé sous sa future victime.
- Voici ta fin ! cria-t-il.

Il leva brusquement le pommeau de son arme vers le corps qui redescendait et lui fracassa le dos. Le sergent beugla de douleur, une gerbe de sang s’échappant de sa bouche. La colonne vertébrale brisée, Rargi ne pouvait plus poursuivre le duel. Brandon abrégea ses souffrances en lui transperçant le cœur.
Ainsi il était satisfait, son honneur insulté demeurait intact.
– Je suis vaincu... Brandon du clan Karnak... haleta le mourant, la gorge gargouillant de sang.

D’un signe crispé, Rargi lui demanda d’approcher. C’était ses ultimes paroles.
– Celui qui t’a battu... dans le Cercle... tu dois savoir... il... il est au service... de l’Échange...

Son murmure se termina dans le silence éternel, laissant à Brandon le soin de comprendre. Ce dernier ignorait d’où Rargi détenait de telles informations, mais le traître avait enfin une piste sur l’homme responsable de son déclin, le seul Mando qui l’avait vaincu dans le Cercle des Combattants.






**********





Lyra concentrait la Force, elle devenait son point focal afin de préparer sa technique la plus puissante.
Les Mandaloriens étaient trop nombreux pour qu’elle puisse s’en débarrasser au corps à corps, et ils avaient une bonne maîtrise de la Force. Les soldats républicains du détachement mourraient, à mesure que le temps passait. Plus haut, Lyra voyait le colonel Spartan se défendre comme un beau diable, mais cela ne durerait pas. Elle devait trouver un moyen de mettre les ennemis hors d’état de nuire. A contrario, les lignes du Code lui revenaient sans cesse et brouillaient sa concentration. Un Jedi ne tuait pas ses opposants, sauf s’il n’existait aucune autre alternative. Mais là, de nombreuses vies étaient en jeu qu’elle supprimerait tel un adepte du côté Obscur.
– Rendez-vous ! Vous ne pourrez éviter cette technique !

Le chef des Fantômes Noirs se contenta d’éclater d’un rire moqueur.
– Nous avons hâte de savoir de quoi est capable une petite Padawan.

Lyra soupira, elle n’avait pas le choix. User d’un pouvoir dépassant ses connaissances était risqué et la viderait de toutes ses forces.
« Tant pis... »

Les mains pointées vers le sol, l’adolescente passa à l’action. Un vent tourbillonnant entoura les Fantômes Noirs en soulevant quelques grains de poussière.
– C’est tout ce que tu peux faire ? Une simple petite brise... ironisa le chef d’une voix déçue. Nous allons donc en finir immédiatement.

Les Fantômes Noirs recommencèrent à créer une boule d’énergie obscure, chargée d’électricité. Lyra ouvrit les mains vers le ciel et transforma la brise en une puissante tornade. La violence des vents força les Mandos à abandonner leur offensive. Perceptible à travers la Force, la soudaine inquiétude du chef encouragea la Padawan. Tous s’envolèrent au sein du tourbillon et voltigèrent en même temps que plusieurs corps morts et leurs armes. S’ils montaient assez haut, la chute les tuerait sur le coup. Bientôt, le mugissement des vents couvrit les cris des Fantômes.
« Ce n’est pas assez... », s’inquiéta-t-elle.

Elle se mit à genoux lorsqu’une immense fatigue emplit tout son corps, mais ses bras demeurèrent tendus vers le ciel. Les Fantômes au sommet de la tornade atteignaient la même hauteur que la tour d’observation, de laquelle Spartan considérait la scène avec des yeux ronds.
À bout de force, Lyra relâcha la pression et s’effondra à terre, les jambes flageolantes. Ses prunelles se fermèrent, de peur de voir toutes ses victimes s’écraser. Elle entendit néanmoins les bruits sourds qui martelèrent le sol. La tempête s’évanouit en quelques secondes, permettant à Lyra de se hisser sur une caisse de matériel.
Devant elle, l’environnement dévasté sur plusieurs mètres était jonché des membres de la section spéciale.
Lyra échoua à repérer la vie en eux, la technique l’avait essoufflé et rendu incapable d’user de ses sens de Force. Quelques corps remuèrent en repoussant la terre qui les ensevelissait à moitié.
« Certains vivent encore ! »

Elle activa son sabre laser, consciente des chances réduites de survivre à la suite. La lassitude l’empêchait de se mouvoir normalement et les rescapés de son attaque l’encerclèrent lentement. D’évidence, elle avait manqué de volonté pour aller jusqu’au bout.
« Mes scrupules à détruire la vie seront ma dernière erreur... »

– Votre impressionnante technique ne tenait pas compte de nos armures, Jedi. C’est pourquoi vous avez échoué, confirma le chef des Fantômes Noirs.

D’un geste bref, il ordonna aux survivants de la mettre en joug. Cette fois-ci, Lyra ne voyait vraiment pas comment elle échappait à la mort...




************





« Encore quelques secondes ! »

C’était le temps restant avant que les torpilles ne touchent les boucliers du Prédator. Mais ce temps coûtait cher aux membres de l’escadron Rouge qui partait en fumée les uns après les autres.
– Dégagez-vous à mon signal ! Intima Vala aux six rescapés.

La Force lui confirmait que les trajectoires des missiles étaient alignées à la perfection, plus rien ne pourrait empêcher la réussite de l’opération.
– On décroche ! Hurla-t-elle dans la liaison comm.

Seulement quatre Aureks suivirent son mouvement de repli. Les autres périrent sous les coups de boutoir mandaloriens. Vala sentit quelque chose d’énorme exploser, mais le danger ne s’effaça pas pour si peu. Malgré son changement violent de trajectoire, plusieurs Davaabs Mandos avaient anticipé son action et la bombardaient de lasers. Plusieurs d’entre eux passèrent au-dessus de son cockpit, manquant de peu les propulseurs. La Force lui permettait de ressentir les intentions ennemies, ce qui l’immunisait pour le moment. En revanche, un cri étranglé l’informa de la mort du Leader Rouge.
La flotte républicaine était encore trop éloignée pour qu’elle puisse la discerner à l’œil nu et un trio de chasseurs la forçait à plusieurs esquives agrémentées de vrilles et d’accélérations. Un brusque choc secoua son Aurek lorsqu’un trait atteignit l’une de ses ailes. Des signaux d’alarme clignotèrent en cascade, les avaries se multiplièrent tel un groupe de gizkas.
– Ici Vala Loosu ! J’ai perdu mes déflecteurs arrière !

La jeune femme s’exhorta à garder son calme, mais, toute Jedi qu’elle fut, ne plus faire qu’un avec la Force l’effrayait. Un Davaab se présenta derrière elle, l’obligeant à virer sur la gauche... ou du moins, c’est ce qu’elle crut. Le visage blême, la Jedi réalisa que les commandes de l’appareil ne répondaient plus. La partie était finie et à moins d’un miracle, le pilote ennemi s’apprêtait à la détruire.

Pourtant, c’est ce dernier qui mourut lorsque son chasseur explosa dans une éphémère gerbe d’étincelles.
- Qui est-ce ? demanda Vala, retrouvant de l’espoir.

Elle repéra l’appareil mystérieux sur ses senseurs en train de supprimer la seconde menace. Paniqué, celui-ci abandonna la poursuite et rebroussa chemin vers les deux Prédators restants. Vala observa la dextérité de son sauveur qui traqua l’ultime chasseur. Elle soupira de soulagement lorsque le point ennemi disparut de l’écran. C’est aussi à ce moment qu’elle comprit qu’aucun autre membre de l’escadron Rouge n’avait survécu.
L’appareil allié fit demi-tour et régla sa trajectoire sur celle de Vala.
– Merci pour ce sauvetage in extremis ! Quel est votre non, pilote ? s’enquit Vala en regardant à droite.

– Sergent Owen Mordum, pour vous servir. Je vous escorte jusqu’au vaisseau de commandement.




*************




Lyra rampait sur le sol comme un ver, le visage crispé par le désespoir. Ses muscles endoloris par l’épuisement et les courbatures refusaient de la porter tandis que les Fantômes Noirs se pressaient derrière elle. Son sabre désactivé reposait plus loin, aussi inutile qu’elle-même.
– Achevez-là ! Nous avons un officier de la République à supprimer !

Obéissant à son chef, un Fantôme Noir ricana et leva sa vibrolame dans le ciel. Lyra se retourna d’un soubresaut pour faire face à son bourreau, mais il arrêta son geste. Ou plutôt, Lyra distingua une silhouette floue qui empêcha le Mandalorien d’abattre son bras.
– Navré. Ce n’est pas elle qui trépassera aujourd’hui, murmura l’homme en repoussant le Fantôme vers ses congénères.

– Qui es-tu ? Comment es-tu apparu aussi vite ? demanda le chef de la section, étonné par ce retournement de situation.

Il recula d’un pas lorsque le regard sombre de Den Liser se posa sur lui.
– Aucune importance. Si vous n’avez pas senti mon approche alors vous êtes perdus.

Cette dernière phrase sonnait tellement comme une évidence que le chef frissonna de peur. Den la ressentait, même au milieu de la bataille.
– Tu es aussi un Jedi, n’est-ce pas ? Comprit le Mandalorien en reprenant contenance. Je suis sûr que tu seras un meilleur challenge que ton amie. Tuez-le !

Les quatre Fantômes se jetèrent de concert sur leur nouvel ennemi qui disparut, ne laissant qu’un voile d’un poussière sur son passage. Même Lyra s’était éclipsée de leur vision. Déstabilisés, ils cherchèrent le renégat aux alentours.
– Il semble que vous soyez capable d’user de certains pouvoirs de la Force. Cela ne signifie pas que vous la maîtrisiez aussi bien qu’un Jedi.

Ils firent volte-face pour découvrir le jeune homme en train de déposer Lyra au pied de la tour d’observation. Remontés par les moqueries, les Fantômes Noirs encerclèrent leur ennemi qui se déplaça, loin de la Padawan inconsciente. Den activa son arme d’une seule main et la leva vers les Mando’as en signe de défi. En réponse, deux le chargèrent comme des bomas ainsi qu’il l’avait prévu. Incurvé comme une virgule, le manche argenté de son sabre avait maintenant une forme différente qui permettait de nouveaux mouvements à son utilisateur. Le Jedi courut vers eux à une vitesse faramineuse. En poussant sur les jambes, Den se propulsa à l’horizontale entre les deux Fantômes et tournoya sur lui-même. La précision de son Makashi fit mouche. Lorsqu’il se réceptionna, les têtes des ennemis roulaient sur le sol avant d’être rejointes par le reste des corps.
– Ce n’est que le début, les gars. Bien d’autres Jedi connaissent les secrets de la Force. Alors ? Vous voulez toujours nous affronter ? demanda Den, moqueur.

– Tu n’es qu’un gamin ! Je vais m’occuper de toi ! hurla le chef en décrochant une grenade de sa ceinture.

Mais son mouvement se figea, son regard se perdit au loin et une lame de sabre laser traversa son torse. Une voix féminine lui révéla l’identité de son meurtrier.
– Désolé... ta garde était baissée.

Lyra avait retrouvé quelques forces pour se relever et se glisser derrière l’ennemi. Maintenant, elle observait le corps du Fantôme s’affaisser avec un regard déterminé. Les deux derniers s’enfuirent vers la ligne de front en aval de la tour, mais l’un d’eux fut cueilli par le colonel Spartan. Celui-ci leur adressa un signe de tête appréciateur, puis leva son fusil sniper dans une autre direction.
Pour Den, il semblait qu’une éternité s’était écoulée depuis la dernière fois où son regard avait croisé celui de Lyra. Il voulait lui avouer tellement de choses sur l’instant qu’il en demeura muet. L’expression de son amie passa de la joie à la réprobation, mais Den retrouva l’usage de la parole.
– Nous parlerons plus tard. Pour l’instant, la République a besoin de moi. Toi, trouve un endroit pour te reposer. Je m’occupe du reste.

Il lui sourit avec tendresse puis partit en direction de la ligne de front qui se rapprochait dangereusement des navettes. Les sentiments de Lyra étaient partagés entre la colère contre sa propre faiblesse et le soulagement à la vision de Den. Malgré son désir de montrer sa valeur, elle admit que le jeune homme avait raison. Son épuisement harassait encore ses membres. Lyra décida donc d’utiliser ses dernières forces à la protection du colonel Spartan, lequel dévalait la tour d’observation. Un cri précédé de bruits spongieux attira son attention. C’était BP-S1, un casque de Fantôme Noir entre ses doigts d’acier. Éraflé de tous les côtés et cabossé à quelques endroits, le droïde avait connu des jours meilleurs.
– Cette unité vient d’abattre ce lâche qui s’est attaqué à la compagne du maître.

– Comment ça, sa compagne ? Se révolta la jeune femme.
 
BP-S1 inclina la tête sur le côté avec perplexité.
– Ne serait-ce pas l’appellation correcte pour désigner une femelle humaine en relation sexuelle avec un mâle ?

Lyra reconnut le bactério qui avait sauvé Den et Vala du crash. Elle le trouva très étrange, mais le moment était mal choisi pour chercher à comprendre sa mentalité.
BP-S1 s’approcha d’elle et lui plaça le casque sanglant dans les mains.
– Voici un petit trophée pour illustrer toute la sympathie que cette unité vous porte !

Dégoûté, Lyra le lâcha lorsqu’elle réalisa que la tête se trouvait toujours à l’intérieur.
– On discutera de tes manières plus tard. Si tu veux te rendre utile, viens avec moi !




************




Les défenses républicaines étaient débordées depuis longtemps, même les tourelles ne parvenaient plus à équilibrer les forces. Quelques dizaines de soldats entamaient des manœuvres de repli quand Den arriva à la ligne de front. En face d’eux, les Mandaloriens progressaient avec l’assurance du vainqueur et envahissaient le camp en détruisant tout sur leur passage.
– BP-S1, à votre service maître. J’ajoute que mes protocoles d’attaque sont à votre entière disposition.

Den se tourna vers le droïde.
– Tu n’étais pas avec Lyra ?

– Votre femelle organise notre fuite alors cette unité a pensé qu’elle serait plus utile avec vous.

– Il faut sauver ces hommes. C’est bien la moindre des choses vu qu’ils sont ici pour moi. Je ne m’explique toujours pas comment Lyra et les autres ont convaincu la République de lancer une telle opération.

Les plaques métalliques du droïde pivotèrent sur elles-mêmes, révélant de multiples canons jusque là dissimulés.
– La bataille a vidé les accumulateurs de BP-S1, mais il lui reste assez d’énergie pour retenir les boîtes de conserve quelques instants.

Den comprit les intentions du synthétique et acquiesça en lui donnant une tape amicale. Le duo chargea en direction des Mandaloriens qui ne tardèrent pas à tourner leurs armes vers eux. Le bactério soutint son maître tandis que celui-ci détourna les lasers dans tous les sens, parfois vers leur tireur. De cette manière, ils se débarrassèrent de plusieurs ennemis avant d’arriver à hauteur des derniers soldats républicains. Le plus dur restait à faire.
Den les informa du mieux qu’il put malgré le vacarme assourdissant de la bataille. Les photorécepteurs rougeoyant d’intensité, BP-S1 semait la discorde avec une facilité déconcertante. Sa forme de combat lui permettait de tirer, quel que soit l’angle ou sa position. Il faisait mouche à chaque fois, sa cuirasse semblant insensible aux armes mandaloriennes. Mais ce n’était pas le cas. Bientôt, un de ses canons tomba sur le sol, coupé net par une vibrolame, et un trou noirci remplaça l’un de ses photorécepteurs.
Les soldats couraient maintenant vers les navettes de débarquement où Spartan et Lyra tentaient de mettre de l’ordre. Malgré tout, il fallait trouver un moyen de gagner plus de temps.
- ça suffit, BP-S1 ! cria-t-il.

Le droïde recula peu à peu vers Den, sa jambe droite claudiquant sous l’effet des dommages reçus. Le renégat posa la main sur le sol et y relâcha brusquement la Force. Une colonne de poussière s’éleva entre eux et les Mando’as avec la puissance d’une explosion. Stupéfaits, ces derniers vacillèrent sous le léger tremblement de terre provoquée par la technique.
C’était l’unique but.
Den et BP-S1 profitèrent de la diversion pour un retrait forcé. Des détonations de grenades retentirent derrière l’épais nuage de particules. Les responsables n’étaient autres que Brandon et Twick.
– Vite Den Liser ! Nous atteindre le Feu Ardent ! glapit le marchand en calant son pas de course sur celui du Jedi.

– Tu parles autant que je m’y attendais de la part d’un Rodien, commenta Brandon.

Il tira un laser par-dessus son épaule tandis que plusieurs sifflements traversèrent l’air au-dessus de leurs têtes. Den sentit les grenades avant de les voir et put les dévier juste à temps avec l’aide de la Force.
- Vous leur avez donné une mauvaise idée ! grogna le jeune homme.

Ils arrivèrent à la navette au moment où trois s’élevaient. Apparemment, ils étaient les derniers.
– J’espère que le vaisseau est prêt à décoller. Je préfèrerais mourir au combat plutôt que dans une carlingue de la République, ironisa Brandon.

Twick s’arrêta en sautillant devant la rampe d’accès fermé de la navette. La peur se lisait dans le moindre de ses gestes.
– Twick détester ce Mandalorien ! Lui jouer avec nerfs de Twick !

Den fit volte-face et protégea ses amis de plusieurs salves. Toute l’armée mando’a émergeait du nuage et fonçait vers eux. Si la rampe ne se déployait pas, ils étaient perdus.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda Den, inquiet. Je ne tiendrais pas jusqu’à demain.

Twick examina le mécanisme d’ouverture et lança un juron dans sa langue natale.
– Très mauvais ça ! Système endommagé par composé acide !

– C’est cette saleté de monstre qui s’en prenait aux navettes tout à l’heure, pesta Brandon.

– Couvrez-moi ! Je vais l’ouvrir ! intervint Den en dirigeant sa main vers le vaisseau.

Le renégat força le dispositif avec la Force tandis que les tirs de blaster pleuvaient autour d’eux. Enfin, la rampe s’ouvrit et ils rejoignirent le colonel Spartan et Lyra dans le cockpit. L’adolescente avait un filet de sang qui lui coulait le long de l’arcade sourcilière, mais ses jours n’étaient pas en danger. La navette prit rapidement de l’altitude, protégée des ultimes tirs mandaloriens...



**********



Le coup porté à la flotte mandalorienne par l’escadron Rouge avait précipité l’offensive finale de la République pendant ce temps, deux chasseurs se posaient dans le hangar du Démocrate, vaisseau amiral de la Quatrième.
Vala se demandait comment Owen s’était retrouvé au bon moment au bon endroit. Le sergent prétextait un ordre de son supérieur, mais elle ne le croyait pas. Il y avait autre chose.
Silencieuse, la Jedi marchait avec Owen à la rencontre de l’amiral Drum.
– Sergent ? Je doute qu’un quelconque officier vous ait autorisé à nous soutenir, surtout seul, fit-elle remarquer d’un ton soupçonneux.

Mal à l’aise, Owen bégayait comme cela lui arrivait rarement.
– Pourquoi ne pas simplement... accepté que je vous aie sauvé ? Peu importe la raison qui m’a motivé.

– Alors vous admettez avoir agi de votre propre chef. Je le savais.

– Excusez-moi ! Je m’attendais à davantage de reconnaissance de votre part, répliqua Owen, vexé.

Il était décontenancé par la froideur qui émanait de la jeune femme.
– Vous les hommes, pas un pour racheter l’autre. Si vous pensiez que j’allais jouer un rôle de demoiselle en détresse, alors c’est que vous n’êtes qu’un grand naïf.

Puis elle distança Owen de quelques pas, le laissant avec ses sombres pensées. Le militaire ressentait plus que jamais le chagrin depuis la perte de sa moitié sur Coruscant. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher un coup d’œil furtif à la silhouette de la Jedi mise en valeur par sa combinaison de pilote. Son caractère lui rappelait la Zeltronne.
En fait, elle lui plaisait...
Vala se retourna brusquement, la mine neutre dissimulant peut-être une colère contenue. Owen s’arrêta et craint un instant que la Jedi ait senti son regard déplacé.
– Pour votre gouverne, les Jedi sont au-dessus de ce genre de sentiments. Souvenez-vous-en à l’avenir, révéla-t-elle avant de reprendre la marche.

Owen acquiesça d’un air penaud sans dire un mot.
Il perdait ses moyens face à cette femme à l’apparence sévère, mais les retrouva bien vite lorsqu’il aperçut le sourire moqueur d’un soldat. Son regard menaçant le dispensa de toute remarque déplaisante à son égard.
Une fois sur la passerelle, Owen entendit des cris de joie provenant des membres de l’équipage. Les ultimes vaisseaux mando’as venaient d’être détruits sans grosse perte.
En revanche, le visage de Drum demeurait figer comme dans le marbre.
– Bienvenue sur le Démocrate, chevalier Jedi Loosu, « Major » Mordum. Au vu des termes dithyrambiques avec lesquels le colonel Spartan a décrit vos exploits, cette promotion est amplement méritée.

Owen se mit au garde-à-vous. Quant à Vala, elle attendait des nouvelles de ses compagnons à la surface.
– Sachez que la Marine considère l’escadron Rouge comme mort en héros. Grâce à vos actions, Chevalier Vala, la flotte a conquis cet espace sans trop de pertes et nous vous en sommes reconnaissants. Quant à la bataille terrestre, la plupart des soldats ont péri, mais leur mémoire sera vengée. Aucun Mandalorien n’en réchappera vu que nous bombardons actuellement toutes les zones où une activité a été détectée.

Malgré la victoire, l’amiral Drum était amer. Vala aussi ne niait pas que tous ces morts la mettaient mal à l’aise.
– Vos amis sont tous sains et saufs, je vous rassure. Ce n’est pas tout. Un bouclier s’est érigé autour de l’endroit que nous avons défendu, termina la Mon Calamari.

– Étrange... commenta Vala. Les Mandaloriens ?

– Peu probable. Ils ne possèdent pas d’installation capable de générer un tel champ de force. Enfin, le débriefing se tiendra à l’arrivée de vos compagnons. Mon escorte va vous conduire à vos quartiers provisoires. Quant au major Mordum, j’ai deux mots à lui dire concernant sa promotion...

Vala quitta la passerelle de commandement en compagnie d’un soldat. La Force la prévenait d’un danger diffus. Elle était incapable de déterminer quand, mais elle espérait mal interpréter.



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MessagePublié: 21 Octobre 2017, 14:03 
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Et voici le dernier chapitre, il ne manquera plus que l'épilogue ;).
J'espère avoir procuré du plaisir :P


Chapitre 25
Un nouvel ennemi




Tous les conviés patientaient autour de la spacieuse table de débriefing. Hormis les Jedi et certains gradés, Brandon et Twick partageaient le droit d’être ici.
Personne ne disait mot, mais tous les militaires étudiaient le traître mando des yeux comme s’il pouvait retourner sa veste à tout moment. Indifférent à cette atmosphère hostile, Brandon conservait une attitude hautaine. Les Jedi, eux, paraissaient perdus dans leurs pensées, sauf Lyra. Cette dernière jetait des regards à Den et brûlait de l’envie de savoir ce qu’il s’était passé dans la grotte.
Une voix grave trancha dans le silence.
– Auriez-vous un problème avec moi ?

C’était Brandon. Le Mando’a ne pouvait manifestement pas ignorer les signes de défi lancé par Owen. Son honneur le lui interdisait. Le Républicain, lui, sourit devant la réaction de Brandon, mais ses yeux projetaient des éclairs de haine.
– Je réfléchissais à un moyen de faire payer à un Mandalorien les crimes de son peuple. Vous pourriez faire l’affaire aussi bien qu’un autre.

Impassible, le guerrier au crâne rasé répliqua avec lenteur.
– Est-ce un trop-plein de gonflette qui vous monte à la tête, armoire à glace ? Comme si un vulgaire troufion comme vous pouvait rivaliser avec un ancien soldat d’élite de Mandalore.

Le visage cramoisi, Owen repoussa violemment sa chaise.
– Major ! Je comprends ce que vous ressentez, mais ne faites rien d’irréfléchi ! Coupa Spartan, outré par son comportement.

Mais Brandon joignit ses mains gantées et poursuivit :
– Que sais-tu du meurtre de sang-froid, petit ? Ce n’est pas comparable avec l’acte de tuer pour se défendre. Tout guerrier digne de ce nom peut lire dans n’importe qui et déterminer s’il est un assassin. Moi, j’ai perdu mon humanité depuis longtemps. Chaque personne dans mon cas connaît très bien le fardeau avec lequel nous sommes appelés à vivre après un tel acte. Alors, rassois-toi et ne salis pas ton âme.

– Belle tirade ! J’ignorais que les Mandaloriens entretenaient l’art du discours. S’il faut « salir mon âme » pour mettre fin à la vie d’un monstre comme toi, je n’hésiterais pas.

Den sourit discrètement.
Il ressentait la haine d’Owen pour les Mandaloriens, mais elle n’était pas vraiment dirigée sur Brandon. Le major possédait une grande volonté et ses convictions étaient pures. Pourtant intimidant, le Mando’a ne lui faisait pas peur, il lui tenait tête même. Den n’oubliait pas non plus ces nombreuses qualités qui avaient impressionné Kalin, son ancien Maître. Après tout, le Républicain faisait preuve d’habileté pour survivre aux pires situations. Ne pas exploiter ce don serait du gâchis. Pour couronner le tout, il l’aimait bien.
– Nous devons la vie à Brandon grâce à sa rébellion contre le Jedi Obscur Sio. Je suis persuadé qu’il ne représente aucun danger pour nous, intervint Vala, irrité par la puérilité de la conversation.

À l’inverse du visage d’Owen rougi par la colère, les jointures de ses mains blêmirent sous la crispation.
– Je vois que vous manifestez toujours votre reconnaissance d’une manière fort agréable. Moi aussi, j’ai sauvé votre vie, vous rappelez vous ? Ce Mandalorien en a peut-être fait autant que moi, mais cela ne lui donne pas le droit d’assister à ce débriefing ! C’est comme si nous ignorions tous ses crimes passés ! Ce n’est qu’un assassin...

– Major, vous allez trop loin ! Je vous ordonne sur-le-champ de vous taire ! intima Spartan.

Owen se rassit lentement en lançant des regards noirs, sa rancune intacte. Heureusement, l’amiral Drum choisit cet instant pour entrer dans la pièce en compagnie de son second, un homme droit avec des cheveux grisonnants et un visage sévère. Elle fixa tour à tour les personnes autour de la table.
– J’ai cru entendre des voix depuis la coursive. Que s’est-il passé ?

– Absolument rien d’important, Madame, répondit Spartan avec calme.

– Bien... alors, commençons. Vous remarquerez que plusieurs personnes inhabituelles y participent.

Den acquiesça en silence. Il savait que l’amiral désirait obtenir des renseignements sur la mission des Jedi. Vala prit la parole en tant que plus haut gradé parmi les siens.
– Nous avons une dette envers la République, mais comprenez que cette mission secrète était très importante pour le Grand Maître Viridia. Je vous certifie que vos hommes ne sont pas morts en vain.

– Mais avez-vous des informations sur cet étrange bouclier ?

Den intervint puisqu’il était le seul à connaître l’identité de celui qui avait activé la technologie. Il n’avait pas encore eu le temps de mettre au courant qui que ce soit.
– Un artefact Jedi repose là-bas, c’est pourquoi les Jedi Obscurs le faisaient garder par les Mandaloriens. Il n’y a pas de menace, amirale.

– Tant mieux. Cette victoire, bien que stratégiquement inutile, porte néanmoins un coup à nos ennemis communs. C’est l’occasion pour moi de vous révéler que, comme convenu, plusieurs Jedi se joindront à nous pour mener la guerre, informa Drum en guettant la réaction des membres de l’Ordre présents.

Cette nouvelle surprit Den au plus haut point. Quand il avait fui Ossus, le Conseil était résolument contre une telle directive.
- Les Maîtres ont changé d’avis ? demanda Lyra, aussi déconcertée que le renégat.

– Pas exactement. D’après un communiqué de Coruscant, l’attaque d’Ossus a provoqué un schisme au sein de l’Ordre. Il semble que de nombreux Jedi ait refusé la décision du Conseil de ne pas prendre part à la guerre. De plus, ils ont appris, par nos actions sur Ilum, que la République était digne de confiance. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de retourner au plus vite sur Ossus avant que la planète ne soit désertée.

- Comment ? s’étonna Vala. Je croyais que seule une partie de l’Ordre la quittait.

Mal à l’aise, l’amiral hésitait sur la manière d’annoncer la nouvelle aux Jedi. Den avait un mauvais pressentiment.
– Je ne suis peut-être pas la mieux placée pour répondre à cette question. Il semblerait qu’à la suite de l’offensive, la planète ait été... contaminée et qu’elle soit devenue inhabitable. Votre Conseil a donc décidé de déménager dans plusieurs autres enclaves.

Abasourdi, Den considérait Ossus comme sa maison depuis toujours et y retourner le mettrait face à la réalité. Plus important, quelle était l’origine de la créature responsable de ce chaos ? Il avait hâte de s’entretenir avec Maître Viridia. Le petit alien l’aiderait sûrement à y voir plus clair.
– Si vous le permettez, j’ai une requête à formuler, demanda-t-il poliment.

La Mon Calamari la lui accorda d’un signe de tête.
– Ceci ne représentait que le début de ma quête et j’ai conscience de mes lacunes actuelles. Je vais avoir besoin de compagnons sur qui compter. Le major Mordum est un soldat exceptionnel dont les compétences m’aideraient beaucoup si je pouvais le recruter dans mon équipe.

L’amiral considéra sa requête un instant.
– J’appartiens à la Marine alors décider de l’affectation de Mordum n’est pas de mon ressort. Toutefois, j’en parlerais avec le général auquel il dépend. Vous êtes d’accord ?

– Absolument, répondit sobrement Owen.

– Bien, mais je tiens à vous prévenir d’une chose. L’accord passé entre Maître Viridia et le chancelier suprême est maintenant clos. Ainsi la République n’interviendra plus dans vos affaires, est-ce bien clair ?

Den et les autres confirmèrent. Vala remercia l’amirale de vive voix pour son aide précieuse.
– Vous pouvez disposer à présent. Je ne crois pas que le détail des pertes humaines et matérielles vous intéresse particulièrement... signifia Drum en allumant son datapad.

– Ce n’est pas ça. Nous devons juste nous hâter d’atteindre Ossus comme suggéré, répliqua Den.

– Emmenez l’ambassadeur Mordum. Sa mission auprès de l’Ordre est toujours de vigueur.

Den et ses compagnons se levèrent dans un bruit de sièges et quittèrent la salle de débriefing. Une voix féminine courroucée parvint à leurs oreilles dans la coursive. Un soldat à l’air hagard se traînait derrière elle.
– Ah je t’ai retrouvé, Jedi ! Tu n’iras nullement part sans moi ! Je te rappelle que tu as une promesse à tenir !

Impossible de se tromper, Kirax était trés en colère. Den resta silencieux, mais il était satisfait de voir la chasseuse de primes remise de ses blessures.
– Twick content de voir Kirax en bonne santé, apprécia le Rodien qui n’avait cessé de veiller sur elle durant la bataille.

Lyra expliqua que le poison l’avait juste paralysé temporairement. Il n’était pas destiné à tuer les proies.
– En effet, elle est en pleine forme, confirma Den. Vous pouvez la laisser, soldat. Elle vient avec nous.

En voyant Owen signifier son accord, le militaire s’éloigna, visiblement soulagé.
– Rien n’a changé. J’irai sur Sernpidal avec toi et je déterminerai ce qu’il est possible de faire pour ta mère. Les Jedi ne sont pas riches, mais nous trouverons un moyen, conclut le renégat, les yeux rivés sur ceux de la chasseuse de primes.

Kirax se calma, s’autorisant même un sourire enjôleur. Mais avant Sernpidal, ils se rendraient sur Ossus. Den espérait y rencontrer quelqu’un censé détenir quelques réponses aux nombreuses questions soulevées lors de son entretien avec l’entité rakata. La sagesse et la clairvoyance de Maître Viridia lui seront utiles.




*************



– Les shizors ne seront opérationnels qu’à la condition d’allouer davantage de Jedi Obscurs à leur conditionnement. J’ai vu ces bêtes à l’œuvre, elles représentent notre salut face à l’Ordre et les Sith. Nous pourrions déjà infester n’importe quelle planète ennemie si nous le désirions.

Mapassar écoutait avec attention l’hologramme de son Apprenti en train d’énoncer son rapport sur l’expérience. Et il n’était pas satisfait. Le Clan avait besoin de ces redoutables créatures s’il voulait rivaliser avec Dark Proyus et ses acolytes. De toute façon, il serait bientôt fixé quant aux véritables intentions du Seigneur Sith...
Le vieux Zabrak savait faire preuve de prudence et de patience si nécessaire, mais la situation devenait urgente. Deux autres problèmes se posaient en parallèle. Un Jedi s’était introduit dans le complexe avant se faire capturer. Avec le récent chaos survenu au sein de l’Ordre, il y avait une chance que cette disparition soit passée inaperçu. Mapassar ne pouvait toutefois rien laisser au hasard.
– Ton jugement est digne de confiance, mon Apprenti. Je te donne les coudées franches sur tout le complexe télosien, y compris sur le directeur Veshran.

– J’en suis honoré. Mais quelle est la voie à adopter concernant l’arrivée du Leader de l’Échange sur Télos ? Il mettra peu de chance à découvrir la nature des expériences menées dans le laboratoire.

Le Seigneur du Clan partageait les inquiétudes de Josh. Si le Leader s’apercevait de la duperie, l’alliance entre les deux organisations deviendrait instable, voire annulée. Or les Jedi Obscurs dépendaient en grande partie de l’aide financière du syndicat criminel.
– Je t’envoie quelques hommes prédisposés à la domination mentale. Finis ta tâche au plus vite et commence le transfert des spécimens dès que possible.

– Oui Maître !

– Une audience m’a été accordée auprès du Mandalore. Il semble impressionné par notre maîtrise de la Force et désire me rencontrer en personne sur la planète mère mandalorienne, informa Mapassar en esquissant un sourire.

Josh le lui rendit.
– Excellente nouvelle !

– Quand je reviendrai de Mandalore, je te garantis que nous aurons une armée plus fidèle que n’importe quelle autre...

L’ancien Jedi éclata d’un horrible rire qui retentit encore longtemps après qu’il se soit arrêté.



**********



Qui-Gon Drakus ouvrit les yeux avec la soudaineté de l’homme qui se rappelait instantanément sa capture. Il tâta sa ceinture à la recherche de son sabre, mais ne rencontra que du vide.
Le pic d’adrénaline passé, le Chevalier Jedi prit conscience de la lenteur de ses réflexes et de la maladresse de ses mouvements.
« J’ai été drogué... » réalisa-t-il en observant l’environnement.

Assez spacieuse, la pièce close où il se trouvait était déserte et ne débouchait que sur une porte. Derrière lui trônait un immense miroir, semblable à celui utilisé par les forces de sécurité lors d’interrogatoire. Sa capacité à ressentir la Force était faible, mais il n’en avait pas besoin pour comprendre que ses ravisseurs l’observaient derrière la verrière teintée.
Au prix d’un effort de concentration, Qui-Gon se rappela le moment de sa capture. Son enquête sur les Jedi disparus l’avait mené au sein d’un complexe enfoui sous la surface de Télos. D’après ses découvertes, les Jedi Obscurs le dirigeaient avec le soutien de l’Échange et une équipe de généticiens arkaniens. Qui-Gon regrettait maintenant sa décision de ne pas prévenir l’Ordre. La furtivité et la discrétion représentaient la meilleure arme lorsqu’on avait à faire à l’Échange, généralement efficace pour se volatiliser si nécessaire. Leur argent sale achetait bien des consciences et il n’hésitait jamais à employer l’intimidation et le chantage pour parvenir à ses fins. Pour preuve, l’Ordre n’avait jamais été capable d’appréhender l’un des trois Leaders.
Qui-Gon ignorait toujours la vraie nature des recherches de ce laboratoire et la raison pour laquelle des Jedi étaient retenus ici. Il supposait que les Jedi Obscurs développaient une arme biologique.
Un gémissement à côté de lui le tira de ses pensées. Un Nautolan reprenait conscience à côté de lui, l’air aussi déboussolé que lui.
- Mais... où suis-je ? bégaya-t-il en clignant ses yeux d’un noir profond.

– Tu fais partie des Jedi disparus si je ne me trompe ? Nous avons été drogués et amenés ici.

Les deux se relevèrent avec difficulté, le sédatif parcourant toujours leurs veines.
– Oui... j’effectuais une mission sur Corulag avec ma Padawan puis c’est le vide total. Je me rappelle juste les quelques heures passées dans une cellule. J’ai vu ma disciple emmenée par deux Jedi Obscurs...

Le Nautolan peinait à rester cohérent dans ses explications, mais Qui-Gon rassembla plusieurs pièces du puzzle.
– De toute évidence, nous servons de cobayes pour les expériences morbides du Clan. Il nous faut trouver un moyen de sortir d’ici.

– Et comment ? Cette drogue brouille nos perceptions. Nous n’avons pas plus d’espoir que ma pauvre Padawan...

L’alien baissa la tête d’un air résigné.
– Rien n’est perdu ! Un agent de la République sait où je me rendais. Il en déduira bientôt que je me suis fait capturer et demandera de l’aide.

Qui-Gon se raccrochait à cet infime espoir, mais il comprenait que les services secrets ne pouvaient agir aussi facilement. Et même si son contact prévenait les Jedi, ils mettraient plusieurs jours pour monter une opération de sauvetage.
« Ce sera trop tard... »
Il en avait le mauvais pressentiment. Ce dernier se transforma en angoisse lorsqu’il sentit plusieurs présences bestiales. Jamais il n’avait ressenti quelque chose d’aussi affreux et avide de sang. Ce ne pouvait être de simples animaux.
Ces sensations le rendirent nauséeux et le forcèrent à fermer son esprit à la Force. Le Nautolan se cachait la tête derrière ses mains verdâtres, l’air désespéré.
Qui-Gon se crut en plein cauchemar quand la porte s’escamota devant une créature quadrupède. Mais le Jedi ne put rien faire ni rien discerner de celle-ci lorsqu’elle se précipita sur lui. Abasourdi et sonné par la drogue, il remarqua à peine qu’il ne sentait plus la Force quand le souffle brûlant de l’animal précéda une morsure au cou...



 
*******************************




Les équipages de la Quatrième Flotte préparaient leur départ d’Ilum et se permettaient un peu de relâchement après la victoire.
L’amiral Drum constatait que le moral des siens était excellent depuis l’entrée en guerre officielle des Jedi.
En raison ses pouvoirs mystiques et de son statut à part au sein de la République, l’Ordre Jedi s’était peu à peu entouré d’une aura mystérieuse qui alimentait diverses rumeurs à son sujet.
Drum faisait partie de ceux qui voyaient les Jedi comme d’étranges reclus uniquement préoccupés par leurs intérêts. Certes, leur idéal de paix et de justice inspirait la confiance et leur prétendu altruisme leur attirait la bienveillance de la République. Mais voilà, comme tout être vivant, ils n’étaient pas à l’abri de la déchéance. Autant l’Ordre résolvait divers problèmes dans la galaxie, autant certains de leurs membres corrompus, nommés Jedi Obscurs, en causaient. Drum ne voyait que peu de différence entre les deux factions, comme beaucoup d’habitants de l’organisation galactique. La seule chose certaine, c’est que cette « Force » leur attribuait un pouvoir trop grand et trop tentateur. Heureusement, la menace des Jedi Obscurs n’avait jamais assez cru pour provoquer une guerre.
« Jusqu’à maintenant... »

Bien que point d’origine de la fondation du Clan, l’Ordre Jedi avait refusé toute idée de partir au combat. Il s’attirait les foudres populaires et surtout de l’armée républicaine. Mais c’était avant qu’un schisme n’apparaisse et ne libère des centaines de Jedi qui, eux, n’acceptaient pas de rester les bras croisés. Eux savaient ce qu’il adviendrait de la galaxie si les Mandaloriens et le Clan s’emparaient de la République.
La guerre prendrait une autre tournure maintenant. Il y aurait des utilisateurs de la Force des deux côtés...

– Amirale ! Je détecte deux vaisseaux en sortie d’hyperespace, signala l’officier de navigation, la tirant de ses pensées.

Drum se détendit, car d’hypothétiques renforts mandaloriens ne seraient pas venus en si petit nombre.
– S’ils ne sont que deux, il s’agit peut-être d’alliés. À l’attention de la passerelle, préparez-vous au combat !

Elle ne perdait rien à se montrer trop prudente tant que les vaisseaux ne se seront pas identifiés.
– L’ordinateur ne reconnaît pas la conception de ces appareils. Et ils ont émergé d’un point de saut inconnu, précisa l’officier d’une voix inquiète.

L’amirale de la Quatrième fixa l’écran, l’air décontenancé. Effectivement, elle n’avait jamais vu ça durant sa longue carrière. Même les Chiss ne possédaient pas de vaisseaux aussi étranges. Elle s’avança devant le hublot principal de la passerelle et guetta leur approche. Quelques secondes plus tard, elle les discerna à l’œil nu, mais leur couleur sombre les rendait difficilement repérables dans l’espace. D’après l’ordinateur, leur tonnage rivalisait avec lui d’un croiseur Hammerhead. Cependant, les infrastructures de surface demeuraient invisibles sur les parois polies. Le plus intrigant était les trois bras vissés sur les flancs, hormis l’un d’eux qui apparaissaient depuis l’arrière du vaisseau. La première pensée irréfléchie en détaillant ces appareils fut qu’ils ressemblaient à des scorpions de Tatooine.
Plus inquiétants, ils avaient une vocation offensive et leurs canons, situés au bout des trois tiges courbées dans la direction du Démocrate.
- Trainspor ! ont-ils répondu à nos tentatives de communication ?

– Négatif amiral ! J’ai diffusé un message sur tous les canaux possibles, répliqua ce dernier.

« Alors ils viennent se battre », conclut Drum.
Pour confirmer ses déductions, la femme entre deux âges aperçut l’extrémité des « dards » se charger en énergie. Le second vaisseau répétait la même manœuvre et visait le Démocrate.
– A toutela flotte, feu ! Détruisez-les !

Six longues salves teintées d’or filèrent depuis les canons inconnus et croisèrent la riposte de la République. Les lasers couplés d’une dizaine d’hammerheads s’écrasa sur les champs de force ennemis, sans causer le moindre dommage visible. En revanche, les trois premiers tirs touchèrent le centurion de Drum et secouèrent violemment le vaisseau. Des alarmes s’allumèrent tandis que plusieurs systèmes surchargeaient. Projeté à terre, Drum parvint à crier.
– État du bouclier ? Que s’est-il passé ?

– Je n’y comprends rien, Madame ! L’offensive de leur croiseur a drainé soixante pour cent du champ de force ! L’intensité de l’attaque a failli le faire lâcher et une petite partie de l’énergie résiduelle nous a touchés ! répliqua son second, le visage en sueur sous sa casquette.

Désemparé, Drum se releva et donna un ordre à l’artilleur. Celui-ci activa les puissants canons du Démocrate qui tirèrent à foison sur le vaisseau ennemi le plus proche. D’une classe pourtant inférieure à un destroyer centurion, ce dernier résista, mais ses boucliers vacillèrent un instant. La Mon Calamari aurait peut-être pu en finir si le second croiseur n’avait pas lui aussi visé le Démocrate.
Et pendant que les salves mortelles franchissaient l’espace vers eux. Drum ne pouvait expliquer ce qui se passait. Ces vaisseaux usaient d’une technologie qui surpassait de loin celle de la République et des Mandaloriens réunis.
Qui était à l’intérieur ? Pourquoi attaquaient-ils ?
Autant de questions dont l’amirale n’aurait jamais les réponses puisqu’une salve franchit le bouclier et la désintégra instantanément...




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Epilogue





Dark Proyus parcourait les coursives, teintées d’une ambiance dorée, de son vaisseau personnel avec l’élégance due à son rang. Sa bure sombre et rayée de bandes rouges voletait dans son sillage tandis qu’il se rendait en réunion auprès des chefs de l’Empire Sith. Mis à part dans quelques moments d’intimité, le Seigneur n’ôtait jamais son masque aux motifs spiralés et ce n’était pas un simple rassemblement qui changerait cet état de fait.
Il y avait bien longtemps qu’un tel événement n’avait pas eu lieu, mais la situation l’exigeait depuis la disparition d’un assassin.
Proyus parvint devant l’entrée de la salle holographique où lui seul était autorisé à pénétrer. Du même ton aurifère que le reste du vaisseau, la porte arborait plusieurs figures ouvragées et des gravures Sith. Il n’y avait ni interrupteur, ni serrure, ni cadran chiffré pour l’ouvrir. Son essence maléfique activerait le mécanisme, rien d’autre.
Alors il posa sa main sur un galet fixé sur le mur et y transféra une infime partie de son énergie.
« C’est l’heure... »
La porte se scella suite à son passage et coïncida avec l’apparition d’une lumière tamisée qui éclaira la salle.
Huit récepteurs holographiques étaient disposés en cercle complété par l’émetteur. Lorsque le Sith monta sur ce dernier, les autres appareils s’activèrent et diverses silhouettes bleutées survinrent. Proyus ne pouvait les reconnaître, car elles étaient toutes camouflées de sorte que seuls les contours et quelques traits soient visibles.
Les Sith vivaient comme cela depuis longtemps. Ils baignaient dans la méfiance, la duplicité et le secret.
Cependant, chacun d’entre eux connaissait leurs identités respectives. Cette mesure n’empêchait désormais plus qu’un éventuel espionnage.
L’une des neuf places était vide, un événement sans précédent depuis deux siècles. Il s’agissait de l’une des raisons de cette réunion.
Avant de commencer les débats, les cinq membres du Quintumvirat devaient se présenter.
– Dark Viénos, Seigneur du Secteur de Ziost.

– Dark Eman, Seigneur du Secteur de Bothala

– Dark Herso, Seigneur du Secteur de Dromund Kaas.

– Dark Cognus, Dame du Secteur de Sith'alia

– Dark Proyus, Seigneur du Secteur de Korriban, grogna le commandant des forces armées de l’Empire.

Les assassins de l’Usumacita demeurèrent agenouillés en signe de respect à leurs supérieurs. Ils se relevèrent avec déférence lorsque vint leur tour.
– Thanatos, le Quatrième de l’Usumacita.

– Ixtab, la Troisième de l’Usumacita.

– Tlaloc, le Premier de l’Usumacita.

Les discussions purent enfin débuter.
– Ce rassemblement est visiblement incomplet. Pourquoi un membre de l’Usumacita manque-t-il à l’appel ? demanda Dark Herso sur un ton impérieux.

– L’émetteur implanté dans l’Objet de Pouvoir de Huracan ne transmet plus aucun signal. J’en déduis deux causes. La première est que sa mission a échoué et qu’il a... péri, annonça Proyus, surnommé le Manipulateur.

Les Seigneurs Sith s’agitèrent à cette incroyable nouvelle. Plusieurs parurent en colère alors que d’autres manifestaient leur surprise et leur curiosité. Les membres de l’Usumacita ne représentaient pas que de simples subordonnés. Ils étaient difficilement remplaçables à cause de leurs compétences et leurs pouvoirs hors normes.
– Impossible ! tempêta Dark Viénos. Rien dans la République n’aurait pu venir à bout d’Huracan. C’est lui qui possède la plus grande capacité à user de la Force de tout l’Empire grâce à son artefact !

Plus mesuré, Eman, le Seigneur de la Corruption, prit la parole.
– Seigneur Proyus, veuillez nous rappeler la mission du Deuxième de l’Usumacita.

– Huracan jouait le rôle d’espion au sein de la République en tant que Leader de l’Échange Orange, une puissante organisation criminelle. D’après mes informations, l’émetteur a cessé de fonctionner il y a trois jours. Je l’ai bien formé et même si sa mort est une hypothèse valable, il demeure possible que cette technologie ait eu un dysfonctionnement.

– Est-ce seulement imaginable ? Je croyais que ces implants étaient liés à la force vitale de leur possesseur, contra Eman.

Le Sith avait raison sur ce point. Les probabilités d’un tel dysfonctionnement avoisinaient le zéro selon Proyus.
– Vous parliez précédemment d’une seconde hypothèse. Ce débat avancerait peut-être si vous nous en faisiez part, lança la voix mielleuse de Dark Cognus, l’unique Dame du Quintumvirat.

Dark Proyus avait participé à la formation de Huracan au savoir Sith. Ainsi, il hésitait à formuler cette possibilité qui, si elle s’avérait vraie, ferait de lui le premier responsable de cette situation.
– Je n’exclus pas la trahison de Huracan. Il est suffisamment puissant dans la Force pour détruire soit l’émetteur, soit l’artefact en entier.

Viénos poussa un son méprisant, laissant sa colère parler pour lui.
– Cette explication détient davantage de logique. Seigneur Proyus ! Je vous avais jadis prévenu des risques que vous encouriez à former un ancien Jedi !

– Et malgré nos pouvoirs, il reste impossible de modifier le passé alors il ne sert à rien d’accuser sans preuve. L’aboutissement de nos projets est trop proche pour que nous laissions un quelconque hasard s’en mêler. Il nous faut envoyer quelqu’un de confiance sur le lieu de sa dernière destination connue. Tirer cette affaire au clair et récupérer l’Objet de Pouvoir avec discrétion doivent être les deux priorités absolues, murmura Dark Cognus. Je pense que Tlaloc présente le choix le plus judicieux pour une telle mission.

Les Objets de Pouvoir étaient des créations Sith d’une grande puissance. Ils augmentaient certaines capacités de leurs possesseurs et les rendaient pratiquement invincibles. Proyus se rappelait les nombreux efforts qu’il avait déployés afin d’en concevoir un pour Huracan. Cognus n’avait pas tort, quelque chose de si dangereux ne devait pas tomber entre les mains de l’Ordre Jedi ou de la République.
Il balaya la pléthore d’hologrammes du regard qui s’arrêta sur les membres de l’Usumacita, toujours silencieux.
– Je prépare immédiatement mon départ pour Télos, Dame Cognus, annonça la haute silhouette de Tlaloc.

- Refusé ! répondit Proyus, abrupt. Ta mission actuelle est importante dans notre dessein. Thanatos ?

– Seigneur ?

– Tu enquêteras sur cette disparition et récupèreras l’Objet de Pouvoir. Si Huracan s’avère en vie, tu le sommeras de revenir sur Korriban. S’il décline cette ordre, dis-lui que Tlaloc s’occupera de son cas.

– Bien... confirma la forme massive répondant au nom de Thanatos.

Les autres Sith donnèrent leur assentiment à cette solution. Le sujet clos, Proyus décida de passer au suivant.
– Comme vous le savez tous, la guerre a débuté sur Ilum. Deux de nos vaisseaux éclaireurs ont mis en pièce une flottille républicaine et volontairement laissé quelques survivants s’échapper. Ces derniers feront trembler la République de peur par leurs révélations.

- Pourquoi tergiversez-vous ? demanda Viénos. Notre technologie avancée nous garantira une victoire d’autant plus absolue que la République est déjà affaiblie par leur guerre face aux Mandaloriens et à ces Jedi Obscurs. Quant aux Jedi, j’espère qu’ils ont apprécié notre petite surprise...

Le Seigneur de Ziost éclata d’un rire cruel, mais Proyus nota une nouvelle fois son manque de subtilité. Heureusement qu’il n’était pas le chef de l’armée Sith...
– Il est certain que nous aurons l’avantage au début, mais nous sommes tous au courant que ces derniers siècles ont épuisé les ressources de notre Empire. La République, elle, compte des milliers de systèmes... Non, je savais qu’il nous faudrait frapper fort et au bon moment avec le soutien des Jedi Obscurs et de leurs laquais. Ce temps là est arrivé, enfin...

Dark Herso intervint de sa voix grave. Sa grande sagesse faisait de lui le membre du Quintumvirat que Proyus appréciait le plus.
– Je ne partage pas votre optimisme. Vous oubliez l’Ordre. Certes, il a subi un rude coup, mais les Jedi sont des milliers. Un jour, ils combattront tous contre nous et feront durer le conflit jusqu’à la nuit des temps.

– Vous avez raison, mais d’ici là, nous aurons mis la main sur l’Arme. Nous sommes très proches de déchiffrer sa localisation et lorsque ce sera le cas, plus rien dans cette galaxie ne résistera à notre domination. La guerre est maintenant déclarée !
 
Les Seigneurs Sith semblaient satisfaits de la situation. Ils avaient attendu l’heure de la revanche, tapis dans l’ombre, pendant des siècles. Proyus profita de l’occasion pour mettre fin aux débats :
– Gloire à l’Empire Sith !

- Gloire à l’Empire Sith ! répliquèrent les autres en chœur.


************

FIN


Merci à tous ceux qui m'ont lu. Je vous invite à poursuivre l'aventure avec le tome 2 que je ne tarderai pas à poster :)

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MessagePublié: 29 Octobre 2017, 19:26 
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Et donc voilà la fin de ce tome 1! ma foi, la lecture était plutôt agréable

Dégustons le tome 2 :P !


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MessagePublié: 30 Octobre 2017, 11:46 
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mat-vador a écrit:
Et donc voilà la fin de ce tome 1! ma foi, la lecture était plutôt agréable


Hé bien, un grand merci pour avoir lu jusqu'au bout 8-)

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