Connexion | Inscription | www.starwars-holonet.com


Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]


Nous sommes actuellement le 20 Août 2017, 02:26




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 43 messages ]  Aller à la page Précédent  1, 2
Auteur Message
MessagePublié: 03 Février 2017, 11:06 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
mat-vador a écrit:
urtout ce sympathique bacterio qui pour sauver la vie de ses amis les assomme :lol:
.

Ce doit être ça l'empathie :roll: .



L'introduction de ce droïde sera pour moi l'occasion de développer l'humour dans la FF car tu as sans doute remarqué comme il était spécial, assez mystérieux aussi.


mat-vador a écrit:
On approche enfin des cristaux à grand pas :twisted: !


Détrompe-toi ! Le chemin est encore long ! On en est à la moitié de du tome 1.

Merci pour ton commentaire, tu les fais deplus en plus court ? :shock: :mrgreen:

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 10 Février 2017, 14:18 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
Chapitre 13
Le projet secret des Jedi Obscurs




Le Conseil Jedi avait confié l’enquête sur le meurtre à Kalin. Ce dernier tentait de percevoir des éléments qui lui auraient échappé au cours d’une méditation.
Cette affaire rejoignait en fait une autre. Kalin n’avait aucun doute sur le lien manifeste entre l’évasion de Kirax et de l’assassinat du milicien. En premier lieu, il avait pratiqué un interrogatoire sur les témoins, le Chevalier Jedi Cunilo, le Padawan assommé, le novice et les deux douaniers. Cunilo ne savait rien et Kalin le croyait honnête, mais il ferait l’objet d’un débriefing approfondi sous les regards scrutateurs du Conseil. Le Nautolan demeurait un suspect potentiel, car il avait la capacité de manipuler un Novice. Du côté des miliciens et du Padawan, Kalin n’avait tiré aucune information digne de ce nom. Toutefois, il était conforté dans sa conviction comme quoi la chasseuse de primes n’aimait pas tuer.
Avec la déposition du petit Han, l’enquête progressait de manière satisfaisante.
Kalin en déduisait qu’un esprit fort avait dominé le corps et les pensées du Novice. Une question demeurait en suspens : qui, parmi les personnes présentes connaissaient le code à six chiffres de la porte donnant accès aux cellules ? Là encore, les soupçons pesaient sur Cunilo, pourtant innocent.
« Quelque chose m’échappe... »

Et si les choses allaient de mal en pis sur Ossus, le pire venait de l’extérieur de la planète. Des Jedi disparaissaient régulièrement, victime d’un kidnapping lors d’embuscades préparées avec minutie. Les coupables désignés n’étaient autres que les Jedi Obscur soutenus par des droïdes bactérios.
Mais comment le Clan pouvait-il être au courant des horaires des missions Jedi ? Kalin subodorait que le Temple abritait un espion et dans ce cas, celui-ci serait un membre du Conseil !
Sa conclusion l’effrayait, mais elle concordait également avec sa propre enquête. Un conseiller perverti serait sans doute apte à manœuvrer en toute discrétion au sein de la prison.
Un mal de tête emplit le crâne de Kalin lorsqu’il réalisa qu’il ne pouvait communiquer les résultats de ses investigations au Conseil, sous peine d’alerter le coupable.
« Calme-toi... aide-toi de la Force. »
S’il existait une personne incorruptible, c’était bien Viridia, le Grand Maître de l’Ordre et son ancien mentor.
Kalin déploya sa haute carcasse et se dirigea vers la sortie de son appartement exiguë. Il devait consulter le petit Jedi au sujet de ses conclusions, mais un Jedi l’attendait.
– Maître Notsun, je suis porteur d’une mauvaise nouvelle. Le conseiller Avada-Jumi nous nous aurait quitté...



******************


Abrité derrière un rocher et quelques fougères, Den crispa sa main directrice sur la crosse du blaster de Twick. Il réalisa alors que sa survie serait liée à la qualité du savoir-faire du Rodien.
La peur bridait son estomac, mais le renégat la considérait bienvenue. Elle l’aidait à prendre conscience de sa vulnérabilité sans la Force et à rester prudent.
Ainsi il demeura sur ses positions pour consolider sa visée sur le Mando le plus proche en contrebas. En accord avec son plan, BP-S1 dévala la pente légère avant de s’arrêter au milieu de la patrouille.
Den esquissa un sourire. Il aurait agi de même s’il avait encore disposé de ses pouvoirs. Toutefois, la machine se contentait d’observer la réaction des Mandos qui braquaient leurs armes sur lui. L’ancien Padawan reconnut l’instant propice et tira. Il abattit deux Mandaloriens dans le dos, s’émerveillant de voir l’efficacité d’un si petit blaster capable de franchir des plaques en beskar.



En parallèle de Den, Vala avait surgi dans la clairière. Sa lame bleutée tournoyait avec grâce et déviait les salves ennemies. Quatre Mandaloriens modifièrent leur tactique en se saisissant de leurs vibrolames. Confiants, ils encerclèrent la Jedi par lents pas latéraux.
Vala nota leurs ricanements satisfaits.
Ainsi que le disaient les rumeurs, les Mandaloriens aimaient se battre et encore plus affronter des ennemis puissants. Vaincre un Jedi représenterait sans doute un gain inestimable de prestige à celui qui y parviendrait.
D’un rapide coup d’œil, le Chevalier Jedi entraperçut les deux Jedi Obscurs, une humaine encagoulée et un Iktotchi, restés en retrait qui se délectaient du spectacle par avance. Elle retint un sourire devant leur arrogance affichée.
« Parfait... je m’occuperai d’eux après m’être débarrassée des soldats. »
– J’ignorais que les Mandaloriens avaient besoin d’une invitation pour attaquer, déclara Vala, provocatrice.

Piqués au vif, ceux-ci se précipitèrent ensemble sur elle, mais Vala se mit hors de portée d’un saut. Dès la réception, la Jedi bondit vers le Mando le plus proche et lui transperça le dos. Le second se retourna assez vite pour voir la lame de plasma lui trancher la tête.
La scène n’avait duré que trois secondes. Les deux derniers guerriers poussèrent un cri de rage dans le dialecte de leur peuple, se concertèrent du regard et s’élancèrent sur elle par les côtés. Ils ignoraient que Vala concentrait la Force dans son corps en vue d’une attaque. Sous forme d’onde circulaire, celle-ci survint à l’instant où les deux vibrolames allaient percer ses hanches. Les guerriers s’envolèrent dans la jungle, mis hors jeu.
Elle accusa le coup un bref instant en percevant l’extinction de leur vie dans la Force.
« Maître, j’ai tué... pardonnez-moi d’avoir enfreint le code Jedi... ».
Profitant d’un court répit, la Jedi s’autorisa un regard en direction de ses alliés.
Den s’était saisi de son sabre et usait avec intelligence des déplacements de l’art martial échani face à trois Mandaloriens. Ses pas, semblables à une danse, gardaient les soldats à distance.
Du côté de BP-S1, sa vélocité de droïde bactério lui permettait d’esquiver la plupart des salves. De nombreux cadavres gisaient dans le champ de mort créé par le synthétique autour de lui. Toutefois, l’étrange visage de la machine exprimait une inquiétude liée à l’apparition d’un blaster à répétition ionique. Vala crut qu’un tir l’avait atteint lorsque ses plaques pectorales se disloquèrent.
- Tu as besoin d’aide BP-S1 ? cria-t-elle.

Mais le vacarme du torrent aquatique qui se déversait du ciel couvrit sa voix. Et aussi invraisemblable que cela paraisse, les plaques métalliques du droïde pivotèrent sur elles-mêmes. Vala réalisa avec stupeur que BP-S1 prenait une forme plus puissante.
Un bruissement dans la Force lui fit détourner la tête en direction des Jedi Obscurs.
– Occupe-toi de ce droïde et ordonne à ces soi-disant guerriers de tuer le Padawan. Quant à moi, je détruirai son Maître... intima une voix féminine.

L’Apprenti Iktotchi acquiesça avec nonchalance :
– Ce sera fait, mon Maître.



Den se débarrassa du dernier Mando’a avec soulagement juste au moment où la Jedi noire donnait ses instructions aux rescapés.
– Que la Force me vienne en aide... invoqua-t-il alors que six guerriers se dirigeaient vers lui.

Deux éclairs rouge et bleu fugitifs l’informèrent que Vala combattait l’un des Jedi Obscur. BP-S1, lui, demeurait invisible au grand dam du renégat qui ne pourrait compter sur l’aide d’aucun de ses compagnons. Seule son habileté dans l’exercice des arts échanis lui permettrait de survivre.
« Ou peut-être une action audacieuse doublée de ruse ? »
Den décrocha une grenade étourdissante de sa ceinture et la lança au milieu des guerriers. Ces derniers ne s’attendaient pas à une telle manœuvre de la part d’un Jedi, réputé pour combattre au corps à corps. Le projectile émit un puissant flash qui aveugla les soldats pour quelques secondes.
« Leur visière les protège en partie ! Je dois agir et vite ! »
Et Den s’élança comme un félin, transperçant ou décapitant près de quatre ennemis sans défense. Le suivant récupéra à temps sa vision pour réaliser que son bourreau traçait une marque carbonisée sur son torse. Au dernier moment, l’ancien Jedi aperçut une vibrolame fuser vers son épaule et esquiva d’une roulade dans la boue. Il entendit le dernier guerrier déblatérer une phrase haineuse à son égard.
- Finissons-en ! hurla Den, le manteau imbibé d’eau.

Une idée lui traversa l’esprit lorsque le Mando voulait en terminer. Il ôta sa bure de Jedi et la lança vers son ennemi. Surpris par cette attaque peu orthodoxe, le guerrier s’emberlificota dans l’habit. Den profita de l’ouverture pour assommer l’adversaire à l’arrière du casque.
Il était toujours avisé de garder un prisonnier pour récolter d’éventuelles informations.



**************

L’étrange droïde ressemblait aux bactérios, mais sa série était inconnue de Rolto. De prime abord, ils ne possédaient pas de canons intégrés et combattaient avec des vibrolames de cortosis. L’Iktotchi savait aussi qu’aucun d’entre eux n’avait la capacité de se transformer.
Pour autant, Rolto jouissait du Côté Obscur, ce qui lui permettait d’aborder ce duel avec confiance.
Le droïde pointa ses canons laser sur lui. En réaction, le Jedi noir leva sa lame à quelques centimètres de l’une de ses deux cornes crâniennes qui lui descendaient en courbe jusqu’aux clavicules. Chaque épaule du synthétique supportait une étrange proéminence, le rendant encore plus menaçant. Rolto acceptait sa peur et s’en gorgeait afin d’alimenter son pouvoir.
– L’unité BP-S1 présente ses plus plates excuses si, à sa vue, la terreur vous paralyse, annonça la machine avec impertinence.

Une colère froide envahit le corps de l’Iktotchi. Ce dernier la canalisa sous forme d’éclairs qui fourchèrent vers le droïde, mais celui-ci se jeta sur le côté. Dès sa réception, BP-S1 inonda le Jedi Obscur de lasers. Rolto se contorsionna sur lui-même et dévia une majorité de tirs tandis que son ennemi s’approchait dans le même temps. Cette manœuvre restait un mystère pour l’Iktotchi.
« Pourquoi un combattant à distance prendrait-il le risque de venir au corps à corps ? »
Rolto ignora cette considération, attendit que le droïde parvienne à portée et abattit sa lame dans l’intention de découper du métal. Le sabre laser ripa sur l’avant-bras mécanique sans lui infliger le moindre dégât. Perplexe, Rolto insista, mais tous ses coups restèrent vains. Au moment où il voulut se retirer pour établir une stratégie, BP-S1 fondit sur lui et dans l’ouverture béante laissée dans la garde de Rolto. La surprise mêlée à la douleur écarquilla les yeux sombres du Jedi Obscur lorsqu’il encaissa un coup de poing en duracier si puissant que sa corne crânienne se fendit. La vélocité de la contre-attaque avait été telle que Rolto ne put que reconnaître sa négligence. Son arme gicla de ses doigts tandis qu’il s’écrasait dans une flaque. Sonné, il voulut l’attirer dans sa main avec la Force qu’un pied métallique impitoyable lui broya.
La vive souffrance provoqua un hurlement.
- Quelle douce mélodie ! commenta le droïde avec cruauté.

– Aucun d’entre vous ne sortira vivant de cette jungle ! Tu verras, abomination inerte ! Proféra Rolto, immobilisé.

BP-S1 colla le canon de son arme sur le front de l’Iktotchi et tira.
Pendant un bref instant, le Jedi Obscur éprouva du bonheur à mourir, car ce destin était préférable à celui que lui réservait son Maître pour le punir de son échec cuisant. Et tout finit lorsque le peu de lumière qui demeurait encore en Rolto s’éteignit à tout jamais.



***************

Dès lors que la femme avait aboyé quelques ordres à son Apprenti, Vala réalisa l’imminence d’un duel. La Force s’agitait de remous comme si elle savait que deux réceptacles de ses faces opposées allaient s’affronter jusqu’à la mort.
Elle focalisa son pouvoir vers la Jedi Obscur et ressentit de la méchanceté, de la corruption et de la perfidie.
- As-tu fini ton analyse ? demanda l’humaine encapuchonnée d’une voix déplaisante.
– Oui... Et je ne suis pas impressionnée. Abandonne le combat et je te garantis la vie sauve, proposa Vala, bras croisés.

Sa confiance affichée avait pour objectif d’instiller le doute dans l’esprit de la Jedi noire. Cette dernière rabattit sa capuche, révélant l’étendue des stigmates engendré par l’usage du Côté Obscur. La teinte de sa peau flasque virait au blanc nacré, les rides déformaient atrocement les traits de son visage et sa crinière grise ressemblait à un entremêlement de fils de fer.
Vala réprima un frisson d’horreur et résolut sa volonté à la vaincre.
– Tes paroles n’ont aucun sens pour moi ! Je suis Reesa, du Clan ! Les Mandaloriens dont tu t’es débarrassé ne représentent rien face à ma maîtrise du Côté Obscur, siffla la femme en activant son arme.

Mais Vala n’esquissa pas un geste, se contentant d’afficher une expression dégoûtée.
« Elle en paraît soixante-dix alors qu’elle doit n’avoir que quarante années standard. »
Le Chevalier Jedi estimait le potentiel de son adversaire largement inférieur au sien. Les stigmates sur son corps révélaient que Reesa supportait mal son pouvoir. Elle allait au-delà de ses limites.
– Dans ce cas, je m’ouvre à toi, Reesa. Sonde-moi !

La Force coula en Vala, laquelle la canalisa avec facilité. Le Côté Lumineux demeurait à ses côtés et la Jedi espérait que Reesa s’apercevrait de l’écart entre eux. Ainsi, elle souhaitait éviter le combat et ramener son ennemie vers le bien.
Le masque d’arrogance de l’adepte noire se mua bientôt en peur.
– Non... c’est impossible ! D’où tiens-tu un tel pouvoir ?

– La lumière est mon alliée alors que tu tentes d’asservir l’indomptable Côté Obscur. Les Jedi sont forts. Ils n’ont pas besoin d’émotions négatives, seulement de la paix et de la Force. Nous usons de celle-ci avec respect et sagesse et elle nous le rend au centuple. Abandonnez le Côté Obscur ! Quittez cette guerre dénuée de sens ! Venez avec nous au Temple ! J’ignore votre passé, mais regardez-vous, que reflète votre visage ?

Vala sentait un conflit s’ébattre dans l’esprit de Reesa. La Jedi noire doutait de ses convictions, elle qui s’était toujours abandonnée aux ténèbres.
– Je... oui peut-être... mais non, que fais-tu ? bégaya l’humaine en réalisant l’influence de la Force. Ta manœuvre a échoué, Jedi. Tes ridicules banalités Jedi ne fonctionneront plus sur moi !

Un rictus de haine se forma sur son visage dépigmenté. Elle leva son sabre au-dessus de la tête avec la ferme intention d’engager l’affrontement.
La Tarisienne soupira.
Sa forme de combat zéro avait échoué, de même que sa tentative de persuasion. Mais un point n’était pas exagéré. Ses pouvoirs de Jedi se situaient à un niveau supérieur à celui de Reesa.
Alliant les déplacements échanis à la Force, Vala évita la charge de son adversaire, alluma son sabre et décapita froidement la Jedi noire.
– Je n’ai pas été la Padawan de Maître Viridia pour rien, murmura-t-elle en raccrochant son arme.

Le corps de Reesa reposait à côté d’elle, à moitié immergé dans une immense flaque. Vala éprouvait de la tristesse car elle n’avait pu la sauver de ses ténèbres. Malgré tout, la Jedi noire avait choisi son destin...
Des clapotis derrière elle la firent pivoter.
– Tous les êtres de chairs en boîte de conserve sont éliminés, femelle Jedi, annonça BP-S1 qui avait retrouvé son aspect normal.

La Jedi fronça les sourcils.
– Veux-tu bien arrêter de m’appeler femelle ?

– Cette unité pourrait accéder à votre requête si elle vous permettait de le reprogrammer.

D’un geste dédaigneux, Vala laissa tomber l’affaire. Den arrivait dans un état encore plus déplorable qu’elle-même. Sa tunique de Jedi reflétait avec fidélité la couleur de la terre, mais il ne semblait pas blessé.
– Les senseurs de BP-S1 repèrent un nombre important de présences mandaloriennes, observa le droïde. Elles nous ont encerclés pendant le combat.

– Parfait ! Je me disais bien que cette journée nous réservait encore de bonnes nouvelles, ironisa le renégat.

Vala réfléchit un instant.
– Les pièges peuvent être à double tranchant. BP-S1, tu n’as pas une idée ?

– Cette unité possède une fonction nécessaire à tout assassin digne de ce nom : un système de furtivité. Par conséquent, l’ossature de BP-S1 sera indétectable à partir du spectre lumineux appartenant aux ondes électromagnétiques, expliqua le loquace droïde.

– En d’autres mots, tu deviens invisible sauf si l’on porte des lunettes infrarouges. C’est bien ça ? demanda Den, impressionné.

– En effet, maître. Utilisez votre sens inné de la stratégie pour concevoir un plan dans les plus brefs délais.
Mais Vala intervint.
– Combattre à nouveau signerait notre arrêt de mort. Je propose que moi et Den nous laissions capturer dans un premier temps. BP-S1 nous surveillera en toute discrétion jusqu’à que le moment d’une évasion soit propice.

– Quoi ? Mais tu es devenue folle ! Les Jedi Obscur nous tortureront et... réagit Den, effaré.

– Préfères-tu la voie du suicide ? Le coupa la Jedi d’un ton acide.

Den se tut devant le regard intense de son amie. Elle avait raison, aucun choix n’était enviable.
– Dans ce cas, concéda-t-il en se tournant vers le droïde. Active ton mode furtif et interroge le Mandalorien assommé là-bas. Il te fournira des informations.



************

Une navette fendit l’atmosphère de Télos en direction de Télosia, sa capitale. Elle poursuivit son trajet, à travers les files ininterrompues de speeders, jusqu’à atteindre un imposant immeuble aux allures de forteresse.
Une fois posée dans un hangar périphérique, deux formes descendirent par sa soute.
L’insigne triangulaire de l’Échange était ostentatoirement affiché, quelle que soit la direction. D’une teinte orangée, le logo signifiait que le bâtiment appartenait au second leader de l’organisation criminelle dans laquelle existaient en tout trois chefs. Chacun supervisait une partie du triumvirat selon leur bon vouloir. Toute la galaxie était au courant du soutien apporté par le second aux Mando’as, mais les deux autres factions demeuraient neutres.
Le duo descendit dans un turboascenseur pendant quelques secondes, s’enfonçant profondément sous terre. À l’ouverture des portes, un Duro à l’aspect replet les accueillit.
– Seigneur Mapassar, Seigneur Janesh... quelle joie de vous revoir, s’enquit Arias Laut en s’inclinant. Que me vaut l’honneur de votre visite ?

Une voix enflammée de colère s’éleva à l’encontre de la platitude d’Arias Laut.
– Savez-vous à quel point votre incompétence notoire va nous coûter cher ?

L’alien tressaillit et se jeta à plat ventre en signe de pardon.
– Les Jedi ont décrypté des données d’après les ordinateurs dont vous aviez soi-disant effacé la mémoire. Tenez-vous donc si ardemment à rejoindre votre chef de la sécurité parmi les pertes collatérales ?

– Quel dommage... il semble que le Leader Orange vous ait dégradé, s’amusa l’autre forme encapuchonnée.

Partagé entre indignation et crainte, Laut se redressa et acquiesça avec raideur :
– J’ai été nommé sous-directeur de ce projet top-secret.

Mapassar émit un rire dédaigneux, mais Josh Janesh poursuivit.
– À cause de vous et vos pitoyables efforts pour préserver votre vie, les Jedi connaissent désormais l’existence d’un laboratoire sous la surface de Télos. Le Leader Orange vous a épargné à la demande du Sénateur Laut, mais sachez que cette punition est, de notre point de vue, insuffisante.

– Insuffisante ? répéta le Duro, ses yeux globuleux étrécis sous l’effet d’une soudaine panique.

– Vous le découvrirez plus tard, indiqua Mapassar. Pour l’heure, il vous faut la totalité de vos facultés pour nous présenter cette installation.

Laut déglutit avec difficulté et leva une main potelée.
– Alors, je vous prie de bien vouloir me suivre. Désirez-vous rencontrer le directeur ?

– Cela peut attendre, vermine. Amenez-nous en premier lieu aux locaux des cobayes.

Le trio franchit l’accueil gardé par plusieurs mercenaires niktos. Préoccupé par son sort, Laut bégaya une question :
– Vous souhaitez voir les bêtes ?

Irrité par le comportement de l’alien, Mapassar fixa ses yeux flamboyants sur ce de dernier avec intensité. Laut porta les mains à sa gorge en gesticulant dans tous les sens.
– Guidez-nous aux cellules des détenus Jedi, siffla-t-il.


**********

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 11 Février 2017, 23:40 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 17 Mars 2012, 13:10
Messages: 580
Sexe: Masculin
Espèce: Humain
Planète natale: Corellia
Affiliation: Jedi Noir
Salut Darkliser!

J'attendais la petite baston mando/Jedi avec impatience! Autant j'ai été ravi de voir à l'oeuvre Vala et le bactrio (femelle Jedi cette expression m'a bien fait rigoler :lol: ca m'a rappelé adulte de sexe féminin :D lancé par un HK dans le tome 3 de la BD KOTOR, une BD Excellente l'une des meilleures de L'UE Legends).

Autant j'ai été surpris que Den n'ait pas eu plus de difficultés que ça à se débarrasser des têtes de seau (expression familière désignant les mandies) :o .
Même avec un ptit blaster très efficace.

Mais bon à part ça, j'ai bien aimé l'extrait.

Je me demande:
que mijotent donc ces Jedi Noir :twisted: ?


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 12 Février 2017, 01:26 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
mat-vador a écrit:
J'attendais la petite baston mando/Jedi avec impatience! Autant j'ai été ravi de voir à l'oeuvre Vala et le bactrio (femelle Jedi cette expression m'a bien fait rigoler :lol: ca m'a rappelé adulte de sexe féminin :D lancé par un HK dans le tome 3 de la BD KOTOR, une BD Excellente l'une des meilleures de L'UE Legends).


Tant mieux si ce combat t'a plu ! Et je vois que tu as compris d'o^vient mon inspiration pour BP-S1. Je connais HK par les jeux vidéos plutôt qu'en BD mais il reste pareil. J'avoue que ce n'est pas facile de s'en inspirer sans plagier :D :D


mat-vador a écrit:
Autant j'ai été surpris que Den n'ait pas eu plus de difficultés que ça à se débarrasser des têtes de seau (expression familière désignant les mandies) :o .
Même avec un ptit blaster très efficace.


Il y a deux raisons à cela : La première est que j'ai utilisé l'intelligence et le sens de l'improvisation de Den pour compenser ses lacunes. La deuxième est un spoil mais je peux te dire ça si tu veux :
Il charge suffisamment par la suite... :twisted: :mrgreen:



mat-vador a écrit:
que mijotent donc ces Jedi Noir :twisted: ?

Ahah, c'est une petite intro pour le tome 2

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 17 Février 2017, 11:51 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
Chapitre 14
Tentation








Malgré la guerre qui déchirait Bordure Médiane, l’Ordre Jedi demeurait toujours à l’écoute des peuples dans le besoin.
L’assistance de Lyra et son Maître était requise par le gouvernement de Sélonia pour régler un litige politique et économique au sein du Système des Cinq Mondes. Selon les dirigeants de la planète, Corellia abusait de leur position dominante et faisait pression sur Sélonia afin que ces derniers vendent leurs produits à des prix avantageux. Ainsi, les Corelliens pensaient construire des vaisseaux pour la République à coût plus réduit que chez ses concurrents, s’emparant par la même occasion d’une part significative du marché. De facto, les Séloniens cessèrent alors tout commerce avec leur voisin jusqu’à l’ouverture de discussions. Mais des extrémistes estimaient le gouvernement laxiste. Ils considéraient que la mainmise de Corellia sur l’ensemble du système devait totalement s’interrompre et leurs actions se résumaient à du terrorisme via la destruction de vaisseaux corelliens ou l’assassinat de diplomates.
Le binôme Jedi avait assuré la venue d’un dignitaire corellien sur Sélonia en déjouant une embuscade spatiale. Les extrémistes s’étaient ensuite attaqués au conseil sélonien lors des négociations mais avaient une nouvelle fois échoué. Au cours de leurs investigations, Zurth et Lyra avaient finalement débusqué l’instigateur de ses attentats et permis le démantèlement du réseau.
Aux termes des pourparlers, Sélonia jouirait de certains avantages économiques vis-à-vis de leur voisin corellien tout en faisant bénéficier ce dernier de pièces détachées à coût réduit.
Tout le monde était satisfait...
Zurth savait que sa mission avait été officieusement demandée par le chancelier. Celui-ci craignait, à juste titre, un ralentissement de la production de croiseurs nécessaire à l’effort de guerre.

Zurth observa sa Padawan d’un œil inquisiteur lorsqu’ils arrivèrent au Feu Ardent. La jeune Padawan trépignait d’impatience.
– Tu penses encore à ton ami Den, indiqua le Maître d’un ton résigné.

– Pardonnez-moi, s’excusa Lyra, contrite. Maintenant que nous quittons Coronet, j’ai hâte de retourner sur Ossus.

Elle s’installa dans le siège de copilote en allumant avec frénésie les systèmes du vaisseau. Son Maître tenta de trouver une autre réponse que :
« Maîtrise tes pensées, un Jedi cultive un esprit discipliné et vide d’émotion. »
– En ce cas, je demanderai la permission au Conseil de nous rendre sur Ilum. Officiellement, nous devrons ramener Den Liser afin qu’il soit confiné sur Ossus...

– ... mais en réalité, nous l’aiderons dans sa quête ! Vous êtes le meilleur Maître qu’un Padawan puisse espérer, continua Lyra avec gratitude.

Le visage de Zurth s’assombrit en découvrant un voyant de bord clignotant.
– Nous avons reçu un message audio en différé, précisa-t-il.

Une voix féminine perturbée par une urgence s’éleva dans le cockpit.
« Ici Vala Loosu, Chevalier Jedi, en mission sur Ilum, ceci est un appel de détresse. Nous signalons la présence d’une flottille mandalorienne constituée de six croiseurs en formation d’attaque. Nous allons tenter un atterrissage forcé sur la planète contre toutes probabilités. Que la Force vole à notre secours ! »

Un silence assourdi emplit le cockpit lorsque la voix du message s’estompa.
« Den est en vie, je le sens... »
Les deux amis étaient reliés entre eux par ces sentiments mutuels qu’ils éprouvaient et Lyra sentait quand une menace planait au-dessus de la tête de Den.
Si elle était attentive à la Force.
Lyra resta calme et manifesta cet état d’esprit d’un bref murmure :
– Maître... allons-y.

Zurth la jaugea du regard, plongeant dans les yeux émeraude qu’il connaissait si bien.
– Pas encore. Avant tout, nous devons nous rendre sur Ossus et quérir du renfort.

– Sauf votre respect, Den et Vala se trouvent dans une situation délicate en ce moment même. Je le ressens au plus profond de moi et dans les courants de la Force.

Zurth lâcha un soupir. Sa Padawan pouvait se montrer si têtue.
– Suggèrerais-tu que Den aurait besoin de deux Jedi qui se feront capturer dès leur sortie dans le système d’Ilum ? Une flotte de guerre nous attend là-bas.

Après réflexion, la Padawan acquiesça.
– Je comprends la situation, Maître. Mais l’Ordre Jedi ne possède pas de vaisseaux capitaux. Comment comptez-vous vous y prendre ?

– Il est peut-être temps de s’attacher les services de la République, répondit le Maître Jedi en allumant les convertisseurs.

Sur ces paroles, le Feu Ardent s’arracha l’atmosphère de Corellia et passa en hyperespace.



**************


Le Maître Jedi suivait le jeune Twi-Lek qui l’avait prévenu de la mort d’Avada-Jumi, membre du Haut Conseil. Kalin demeurait sceptique sur la véracité de ses déclarations.
Il ignorait pourquoi mais son guide ne lui inspirait pas confiance. Toutefois, son intuition de Jedi l’avait convaincu :
« Trouver des réponses... »
– Pourquoi ne pas alerter le Conseil d’une nouvelle si importante ?

– Les apparences sont parfois trompeuses, Maître Notsun. Vous enquêtez sur le récent meurtre alors je peux avoir confiance en vous, répliqua le Twi-Lek d’une voix dénuée de chaleur.

Kalin avait peur de comprendre les pensées intrinsèques derrière les paroles de l’alien. Ce Jedi savait-il quelque chose sur ses déductions au sujet d’un traître parmi le Conseil ? Il ne tarderait pas à faire la lumière sur cette affaire, aussi demeura-t-il silencieux.
Le duo de Jedi quittait le Temple et évoluait à présent dans un quartier peu habité de la cité. Au détour d’un immeuble, ils parvinrent à une ancienne usine de la Czerka dont les locaux étaient restés vides.
Kalin se souvint y avoir entraîné Den quelques années auparavant.
Afin de mettre en garde son Padawan des dangers du Côté Obscur, le Maître l’avait forcé à céder à ses émotions lors d’un duel au sabre laser. Le potentiel de Den s’était alors révélé dans toute sa puissance.
« Mais il n’est plus mon élève désormais. » Pensa-t-il avec tristesse.

Arrivé à l’entrée de l’usine, le guide se retourna promptement. La Force adressa un message d’avertissement à Kalin avec un temps de latence. Ce dernier leva les mains, se rendant compte de son manque de vigilance, tandis que le Chevalier pointait une lame verte sur sa poitrine. Son visage comme figé n’exprimait toujours aucun sentiment.
– Veuillez entrer, annonça le Twi-Lek en se saisissant du sabre de Kalin.

– Que signifie cette traitrise ? Demanda Kalin d’une voix forte.

L’autre ne répondit pas et força son prisonnier à avancer dans le hall du bâtiment désaffecté. Kalin usa de son pouvoir pour sonder le Jedi.
Mais il n’y avait rien à découvrir. Aucun sentiment, aucun but, aucune volonté... pas même le Côté Obscur. Kalin manqua l’empalement de justesse lorsqu’il stoppa sa marche de stupeur.
« Comment est-ce possible ? »
Tout être vivant doué de conscience avait forcément des pensées propres !
– N’essayez pas de vous enfuir, Kalin Notsun, prévint le Twi-Lek, prenant l’arrêt de son otage comme une tentative d’évasion. Sinon vous me contraindrez à vous amputer d’une jambe.

Kalin conserva les mains en l’air, et progressa jusqu’à une porte verrouillée. Le ravisseur pianota le code, provoquant l’ouverture et la vision d’un spectacle inattendu pour le Maître.
Il débarqua au milieu d’une salle remplie de cages de force et de Jedi. Une silhouette frêle, semblable à celle d’un oiseau, s’avança vers lui d’une démarche gracieuse.
L’ex-mentor de Den ne put cacher sa surprise en reconnaissant Maître Laydus, la Fosh du Conseil.
– Laydus ? Que me vaut l’honneur de votre... convocation ? demanda Kalin en se reprenant.

– Votre curiosité est un vilain défaut, Notsun. Vous deveniez trop gênant, au même titre que ce cher Avada-Jumi ici présent, révéla-t-elle.

D’un geste nonchalant, elle désigna l’une des cages occupée par un vieux Twi-Lek.
– Ne lui accordez pas votre confiance, quoiqu’elle vous dise ! C’est une Jedi noire ! glapit celui-ci.

Le conseiller s’agita et reçut une décharge électrique en retour. Laydus émit un léger gloussement aigu.
– Allons, Maître Laydus. Ce procédé barbare n’est en rien nécessaire si vous vous joignez à moi. Je ressens cette magnifique colère que vous éprouvez envers moi, tout expérimenté que vous soyez. Laissez le Côté Obscur prendre forme en vous. Il s’agit du seul moyen possible pour survivre à ce qui arrivera très bientôt à l’Ordre.

– Alors... c’est vous la responsable de l’assassinat du douanier ? Vous qui avez manipulé le Novice afin qu’il libère la chasseuse de primes ? Et encore vous, qui informez les Jedi Obscur du moindre de nos déplacements ? devina Kalin d’une voix sereine.

La Fosh tourna son regard de rapace vers lui.
– Seule deux de vos déductions sont vraies. J’ai renoué avec la nature profonde de mon peuple en manipulant mon monde à ma guise. Même Taveel et Viridia n’y ont vu que du feu, bien qu’ils aient pressenti l’imminence d’un danger. Je les ai trompés ! Se congratula-t-elle.

Elle fit signe au Twi-Lek d’amener Kalin au centre la pièce. Ce dernier en profita pour examiner avec attention les autres traîtres et se retrouva encore stupéfait.
« Mais ce sont eux aussi des Chevaliers Jedi ! Je les connais ! »
A contrario de Laydus, ceux-ci n’étaient pas sous l’emprise du Côté Obscur. En fait, rien n’émanait de leur esprit. Ils existaient, ni plus ni moins, comme le Twi-Lek qui avait piégé Kalin.
– Vous tous ! C’est impossible ! Que vous est-il arrivé ? Qui vous manipule de la sorte ? cria Kalin sans s’en rendre compte.

La Fosh se gorgeait de son incompréhension mêlée de désespoir. Elle consentit à quelques explications.
– Odénout Mapassar m’a ouvert les yeux. Il m’a montré qu’il existait des êtres plus puissants que le Conseil réuni. Leur connaissance de la Force représente une souce infini de savoir à laquelle je désire ardemment goûter. Vous saisissez ?

Elle se déplaça vers Avada-Jumi qui observait la scène, l’air abattu. Ses quatre doigts terminés en griffe s’élevèrent.
– Comment pouvais-je laisser passer une telle opportunité ? Enfin, si vous nous rejoignez dès à présent, « il » épargnera votre existence. Car sachez-le, l’une de ces magnifiques créatures se trouve sur sur Ossus en ce moment même.

Cette fois-ci, Laydus sombra dans un rire incontrôlé, signe de sa folie et des sombres tréfonds dans lesquels elle avait chuté. Kalin réalisa qu’aucune de ses paroles ne modifierait sa volonté.
– En ce cas, cette personne ne doit pas être très maligne pour oser se montrer ainsi, lâcha-t-il. J’imagine qu’il ne s’agit pas de Mapassar, l’ancien archiviste.

– Votre capacité à déduire les évidences est édifiante, ironisa l’alienne avec une grimace. Le Clan des Jedi Obscur n’aurait jamais pu briser l’esprit de Jedi accomplis, tels que ceux juste ici présents.

Kalin détailla à nouveau les Jedi autour de lui.
« Aucun doute, ils ne sont plus que des sortes de drones contrôlés par une quelconque volonté. Tout se tient. »
Le marionnettiste jouissait d’un pouvoir très puissant de domination télépathique. Celui-ci lui avait permis d’assujettir le Novice et de détourner l’attention du professeur Cunilo afin qu’il ne remarque pas son absence.
« Mais ce qu’ont subi ces Jedi... » s’effraya Kalin.
Seul l’Effondrement Spirituel, une infâme technique, annihilait dans sa totalité l’esprit d’un être vivant. Depuis la guerre contre les Sith, elle avait sombré dans l’oubli. Les victimes de cette capacité demeuraient dans un état comateux, sans possibilité de guérison. Kalin supposait que quelqu’un d’extrêmement doué dans la Force pouvait reprogrammer une autre personnalité dans le corps vide ou bien en prendre le contrôle.
Si le voile sur les plans de l’ennemi se levait peu à peu, une question demeurait en suspens.
– Si vous refusez de vous joindre à nous de votre plein gré, vous subirez le même sort que ces Jedi. Nous profiterons de votre sensibilité à la Force, que vous le vouliez ou non, conclut la Fosh d’une voix chargée de menaces.

– Vous aurez ma réponse, Laydus, dès que vous me révèlerez l’identité de la personne qui a détruit l’esprit de ces Jedi.

L’ancienne conseillère s’éloigna d’Avada-Jumi, l’expression de son visage aviaire durci par la colère. Kalin sentit sa tentative de sonder ses pensées et ses intentions. Elle s’arrêta si près de lui qu’il crut qu’elle allait le harponner avec son bec.
– Vous vouez une fidélité sans borne à la Lumière, comme ce fut mon cas jadis. Je n’ai aucune chance de vous convertir à ma cause, remarqua-t-elle avec indifférence. Mais avant la délectable vision de vous voir lobotomisé, je vous propose un petit jeu. Voici un indice, soyez attentif...

La Fosh s’amusait à ses dépens, Kalin le savait tout comme il était certain que jamais il ne sortirait en vie d’ici.
– Vous avez déjà rencontré cette personne. Trouvez son identité et je vous laisse partir.

Le Maître Jedi réfléchit.
Cet indice n’en était pas vraiment un. Toutefois, Laydus n’avait pas de raison de lui mentir, pas plus que de lui donner une échappatoire.
« Je ne peux découvrir la réponse... » réalisa-t-il.
La Force restait muette, son intuition aussi. Même si les deux étaient liés, il choisit de leur faire confiance. Dans l’avenir, une opportunité se présenterait peut-être de fausser compagnie à ses ravisseurs.
– Vous ne me manipulerez pas à votre guise, Laydus, répliqua t-il avec dignité.

Le plumage bariolé de la Fosh s’affaissa de déception.
– Détrompez-vous ! Bientôt, vous ne serez plus qu’un misérable pantin !

Kalin se sentit partir lorsqu’un coup le frappa à la tête.


***********

Avec l’aide de scientifiques arkaniens, les expériences génétiques menées conjointement par le Clan et l’Échange donnaient des résultats satisfaisants. Cela accélèrerait d’autant plus les ambitieux projets de Mapassar à l’égard de l’Ordre Jedi.
Le Seigneur savait bien ce qui était à l’œuvre sur Ossus en ce moment même. Son allié certifiait qu’un coup dur frapperait les Jedi, et les monstres de l’Échange se chargeraient de les achever, dès leur optimisation. Oui... Taveel, Viridia et tous ses anciens collègues assisteraient au déchaînement d’une expérience maléfique par ceux qu’ils pensaient vaincus depuis des siècles : les Seigneurs Sith.
Un contact avait été établi avec l’un d’eux sur Fondor, au cours de ses pérégrinations avec Josh. Prenant conscience que Mapassar les prenait en filature, les Sith avaient laissé un appareil de communication sur place. Ses suppositions trouvèrent une confirmation.
Cet ancien peuple existait encore et ourdissait un complot visant la République. Ainsi débutèrent les premiers pas d’une collaboration entre deux mouvances qui maîtrisaient les arcanes du Côté Obscur.
Son holocom s’anima. Quelqu’un cherchait à le joindre.
– Qu’y a-t-il ?

Un Mandalorien apparut et répliqua d’une voix intimidée :
– Pardonnez le dérangement, Monseigneur. Je suis porteur de nouvelles au sujet des Jedi sur Ilum. Nous les avons capturés, mais le droïde a jusqu’ici échappé à nos battues.

– Qu’avez-vous appris sur les Jedi, colonel ?

– Il y a une jeune femme qui a vaincu l’adepte Reesa et plusieurs soldats.

Le Zabrak grogna, irrité :
– La plupart des Jedi sont d’excellents bretteurs et Reesa n’a jamais brillé pour sa force ou son intelligence. Poursuivez !

– D’après Maître Sio, le second est un Padawan humain à peine adulte. Il les interroge depuis plusieurs heures. Aucun ne cède aux tortures pour l’instant, expliqua le gradé mando’a. C’est impressionnant...

Cette fois-ci, le sinistre visage du Jedi noir se fendit en un sourire.
« Den Liser... Les compétences de Kirax la chasseuse de primes ne seront pas nécessaire en fin de compte. »
– Avisez Sio qu’il a carte blanche concernant les Jedi. Cependant, j’apprécierais grandement qu’il les convertisse à notre cause.

– À vos ordres, Monseigneur !

La communication cessa, mais Mapassar sentit une perturbation dans la Force. Ses sens ne le trahissaient jamais.
« Lui... »
Son allié désirait s’entretenir le plus tôt possible de vive voix, ce qui n’était jamais arrivé.
Le Jedi Obscur sortit de son bureau du complexe télosien à la recherche de son Apprenti. Il préférait se rendre auprès de ce dernier en personne plutôt que de le convoquer.
« Voyons un peu les talents de Josh en matière de torture. Sa puissance dans la Force et le Côté Obscur croit chaque jour qui passe. Si je manque de vigilance, il pourrait bien me dépasser dans un proche avenir... »
Le Zabrak demeurait confiant. Josh lui était entièrement dévoué et ne le trahirait pas de sitôt.
Au bout du chemin, il s’arrêta devant une porte d’où filtraient quelques gémissements étouffés.
– Venez, Apprenti Janesh. Une affaire importante requiert toute notre attention au Prédator II.

Josh, le visage déformé par une joie sauvage, pivota vers son Maître, laissant respirer la créature replète affalée sur le sol.
– J’en ai terminé avec cette vermine et je crois que la leçon est rentrée dans son crâne obtus.

Derrière lui, Arias Laut se tordait de douleur, le corps agité de spasmes incontrôlables.
Un filet de sang lui coulait à la commissure des lèvres et une de ses paupières avait tellement enflé que son œil globuleux en était occulté. Pour compléter le tableau, ses vêtements en lambeaux fumaient, signe qu’il venait de subir des électrocutions successives.
Le duo abandonna l’alien à sa souffrance.
– Notre... bienfaiteur désire s’entretenir avec nous dans les plus brefs délais.

Josh peina à masquer son anxiété.
– Cette demande n’était pas prévue aussi tôt, Maître.

– Nous devrons faire preuve de prudence. Une seule provocation, même involontaire, nous vaudrait un aller simple pour l’enfer. Veille à ce que de nouvelles consignes soient passées à l’équipage. Quel que soit ce qui survint, aucune riposte ne devra s’engager.



*****************


Retenu en position de croix par un champ électrique, un jeune homme, tête basse, mal en point, se débattait avec ses pensées noires. Son torse nu, presque imberbe, portait des traces de lacérations suintantes, et arborait une teinte comparable à une écorce d’arbre à cause du mélange de sang coagulé et de poussière.
Den releva lentement la tête en entendant un bruit extérieur.
« Il le paiera... je jure de lui faire payer toutes ces tortures ! » pensa-t-il avec hargne.
Entre ses évanouissements et ses sommeils troublés, il avait perdu le compte des journées passées dans cette tente. Sio, le Jedi Obscur, lui avait infligé un traitement à la hauteur de son mutisme, parsemé de quelques insolences. La résistance de Den n’était qu’un prétexte de torture car Sio connaissait déjà les réponses à ses questions. Le renégat en était intimement convaincu.
Alors ce dernier l’avait fouetté jusqu’au sang et martyrisé avec le dispositif situé devant Den. Sio adorait régulièrement varier la puissance des décharges, donnant parfois le maximum. À ces moments, l’ancien Padawan criait si fort qu’il sentait le goût métallique du sang dans sa bouche, puis il sombrait dans l’inconscience.
La haine de Den augmentait davantage lorsque ses rares pensées lucides s’égaraient sur les sévices que le Jedi Obscur réservait à Vala. Depuis leur capture, il n’avait aucune nouvelle du Chevalier Jedi à l’origine de sa reddition.
« Peut-être aurait-il mieux valu que je meure au combat... »
Et la Force ne lui était plus d’aucun secours...
Il ne ressentait plus sa présence bienfaisante, seulement la souffrance dans chaque parcelle de son corps.
Le souvenir du visage angélique de Lyra demeurait l’unique espoir de garder ses convictions et sa volonté intacte. Den donnerait n’importe quoi pour la revoir une dernière fois. Si le Côté Obscur permettait vraiment l’accès à un pouvoir supérieur, il voulait en user dès maintenant.
Deux larmes jaillirent et roulèrent sur ses joues en brunissant au fur et à mesure qu’elles récoltaient la poussière de sa peau souillée.
Épuisé et écœuré, L’ancien Padawan somnola quelques minutes jusqu’à l’arrivée d’un sommeil troublé.

***********

Den rêvait qu’il se trouvait au sein d’une épaisse brume. En face, une silhouette diffuse se dessinait, vêtue de noir.
– Qui êtes-vous ? Ordonna Den en levant le sabre laser qu’il ne possédait que dans ce songe.

Il distingua les contours de l’être qui émergeait du brouillard. De corpulence égale à la sienne, il avait un masque simple sur le visage.
– Cette arme ne sert à rien ici. Oublierais-tu que tu rêves ? En ce moment, tu es prisonnier et la mort t’appelle comme elle appelle les faibles, indiqua l’entité mystérieuse d’une voix sifflante.

- Je ne suis pas faible ! protesta Den.

Il s’élança et coupa en deux l’ombre sans rencontrer de résistance. Cette dernière vacilla un instant avant de se reconstituer tel un fantôme.
– Et si ! Tu ne peux te défendre à l’heure actuelle. Cette réalité devrait te convaincre à elle seule, trancha-t-elle.

Calmé, Den rangea son arme inutile.
Si cette créature lui voulait du mal, elle n’attaquerait pas par la voie physique.
– Serez-vous Celui-Qui-Fut ?

– Je ne connais pas cette entité, car mon savoir est tien et vice-versa, admit l’ombre avec une nonchalance affectée.

– Parlez clairement ! Je ne comprends rien à vos énigmes.

La créature partit sur un rire étouffé devant l’ignorance de Den.
– Je suis celui à qui tu résistes depuis des semaines, ton Côté Obscur !

Cette révélation abasourdit le jeune homme, autant par sa nature que par ses implications. Comment était-il possible de converser avec son Côté Obscur ? Den songea à une manipulation mentale de Sio mais il se souvint que le Jedi noir n’était pas aussi subtil.
L’ombre devina ses pensées.
– Ma naissance fut à la fois simple et complexe. J’ignorais mon existence jusqu’à la destruction du cristal Kiishra. Donc, tu en conviendras certainement, je suis venu au monde grâce à ta faiblesse.

– Alors cette gemme a le pouvoir de... commença Den, un éclair de compréhension brillant dans ses prunelles.

– Si le lien s’efface, le Kiishra scinde l’âme de l’utilisateur en deux parties. C’est depuis cet instant que mon essence vitale n’a cessé de croître. Te rappelles-tu ces nuits troublées par une ombre glaciale dans ta poitrine ? C’était moi qui tentais de te contacter, en vain.

Le Côté Obscur de Den ajouta après une pause :
– Mon but est de t’aider à recouvrer ta sensibilité à la Force. Fie-toi à moi !

– Tu plaisantes ? Jamais je n’accorderai ma confiance à mes ténèbres, répliqua Den, têtu.

Mais l’ombre gloussa d’amusement.
– Tu ne comprends pas la situation. Tes pouvoirs n’ont pas disparu dans le néant. C’est moi, Darkliser, qui me les approprie au fur et à mesure que le temps s’écoule. Fais-moi confiance et je nous sortirais de cette souffrance. Fie-toi à moi et nous pourrons la revoir, répéta Darkliser d’un murmure.

Den comprit l’allusion à Lyra. Cette entité, quelle qu’elle soit, s’exhortait à le manipuler. Elle ne révélait pas ses réelles motivations, l’ancien Padawan en était conscient.
Un risque acceptable étant donné les circonstances désespérées...
– Libérons Vala ensemble et tu gagneras ma confiance pour l’instant.

– Non ! Maintenant où tout soutien de ma part sera entravé par ta méfiance à mon égard, opposa l’ombre, inflexible.

D’un geste souple, elle ôta son masque, lequel disparut en une volute de fumée noire. Bouche bée, Den contempla son propre visage vicié par les stigmates du Côté Obscur. Au contraire de ses yeux flamboyants des flammes de la colère, le teint de sa peau avait le tient cireux de quelqu’un qui ne voyait jamais le soleil.
– Tes désirs et tes envies sont les miens. Moi aussi, j’éprouve de tendres sentiments pour Lyra. Moi aussi, j’aspire ardemment à la revoir. Sa beauté m’envoûte autant qu’à toi. Je ne rêve que de caresser ses cheveux soyeux, de sentir son odeur enivrante et de goûter ses lèvres. Et pourtant, je t’aide à retrouver un cristal capable de m’effacer et de me priver de ce bonheur.

L’expression de Darkliser se ternit de tristesse et des larmes émergèrent de ses yeux. Au fond de lui, Den ne doutait pas de la sincérité de l’entité obscure.
« Du point de vue des sentiments du moins. »
– Que proposes-tu alors ?

– Mets-toi en colère et je surgirais pour un temps. BP-S1 attend le moment propice pour nous épauler. Fais-moi confiance, je lui en offrirai un !

Den se résigna à accepter le plan de Darkliser.
Depuis son arrivée sur Ilum, sa faiblesse ne lui laissait d’autres choix que de se reposer sur les compétences de ses amis. Si le Côté Obscur pouvait sauver Vala et le droïde alors il s’y abandonnerait...



**************

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 17 Février 2017, 23:35 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 17 Mars 2012, 13:10
Messages: 580
Sexe: Masculin
Espèce: Humain
Planète natale: Corellia
Affiliation: Jedi Noir
C'est lu! J'ai maintenant compris l'origine de ton pseudo mon cher darki :twisted: ..

Le complot sur Ossus éclate au grand jour sous les yeux de Kalin qui risque de subir un sort très funeste. Quant à Den, le pauvre s'en sort à peine mieux :? ..
Ah décidément, le dédoublement de personalité peut causer des ravages :lol: .

PS: Il peut compter heureusement sur Lyra et sur son daemon (euh pardon son maître Jedi :mrgreen: ).


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 28 Juillet 2017, 22:15 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
Donc, après mon long retrait dans une grotte sans le moindre poste, je reviens pour poster la suite de ce premier tome jusqu'à la fin.


 
[b]
Chapitre 15
Emergence
[/b]
 





Une éclatante lumière accueillit Kalin à son réveil et le fit cligner des yeux. Une fois habitué, il réalisa que la lueur provenait du champ de force qui le retenait prisonnier. Il se rappela vaguement sa capture par un sbire de Laydus. Son esprit embrumé éprouvait des difficultés à fonctionner normalement.
Plus loin, Avada-Jumi reprenait lui aussi connaissance.
– Comment vous portez-vous, Maître ?

– Le Côté Obscur s’abat sur Ossus tel un voile. Nous devons trouver un moyen d’aviser le Conseil avant que Laydus ne mette ses projets à exécution, marmonna le Twi-Lek âgé. J’ignore la raison, mais elle m’a laissé libre.

Kalin l’avait remarqué aussi. La cellule du conseiller était inactive. S’agissait-il d’un dysfonctionnement ou d’un acte volontaire ?
– Je ne peux entrer en contact avec personne. Le Côté Obscur qui émane de cette usine est trop puissant, ajouta-t-il après un instant.

– Libérez-moi. Nous aurons plus de chance de fuir cet endroit à deux, s’inquiéta Kalin.

Le Twi-Lek acquiesça et esquissa un geste vers la cage de force, mais il se ravisa en tournant la tête vers l’entrée de la salle. Kalin l’avait senti aussi ; une aura obscure se rapprochait d’eux. Au vu de sa noirceur, il ne s’agissait pas de la Fosh. Quel que soit cet être, il était certainement beaucoup plus redoutable, peut-être ce mystérieux utilisateur de la Force décrit par Laydus. Le Jedi en éprouvait une peur délétère mêlée d’une panique inhabituelle chez lui.
« Hors de question que cette chose détruise mon esprit ! »
Rassemblant toute sa puissance, Kalin lança un appel mental dans la Force, mais il se heurta à une barrière infranchissable.
C’est alors que la porte s’ouvrit en silence et révéla la fragile silhouette d’un Novice. Malgré sa retenue Jedi, Avada-Jumi ne put contenir sa surprise devant cette apparition.
Le teint blanc, des cheveux d’un noir de jais, la redoutable créature n’était autre que le garçonnet qu’il avait accueilli sur Ossus en compagnie de Viridia et Owen Mordum. Kalin ne put s’empêcher de trembler comme une feuille devant son aura ténébreuse. Laquelle paraissait engloutir la pièce entière dans sa corruption et sa malfaisance. Troublé, l’ex-mentor de Den définit cette chose comme étant le mal absolu. Aucun Jedi sombre ne pouvait supporter une telle noirceur d’âme.
– Maître ! Ce Novice est arrivé à bord du Nosmos ! C’est lui la pierre angulaire de tout ce qui se passe sur Ossus ! réagit enfin Kalin.

– Ainsi, l’ennemi nous envoie une arme bio-organique sous la forme d’un enfant. Quelle perversité... murmura Avada-Jumi pour lui-même.

Déterminé, le vieux conseiller se campa sur ses deux jambes devant le sombre Novice.
– Tes méfaits prendront fin ici, créature de l’Obscurité.

Les lèvres livides du garçon s’étirèrent en un sourire mauvais. Kalin n'aperçut aucune arme sur lui. Peut-être qu’Avada-Jumi conservait une petite chance de l’emporter après tout.
L’alien vert focalisa la Force en lui avec l’intention de prendre l’initiative.
Un combat sans merci se profilait et Kalin regrettait d’être toujours en cage. Impuissant, il dut se résoudre à observer la suite des évènements.
– Admirez, êtres inférieurs ! Je suis l’incarnation du pouvoir des Sith ! Toute résistance sera vaine, futile... émit le faux novice par voie télépathique.

La voix sifflait désagréablement dans sa tête, comme si de minuscules aiguilles égratignaient son cerveau.
Entre-temps, le membre du Conseil lâcha une immense vague énergétique vers le Sith. La puissance de l’attaque explosa plusieurs seringues et autres objets de torture et fit osciller le bouclier retenant Kalin prisonnier. Le garçon dissipa l’offensive en se protégeant de ses mains. Son sourire arrogant s’affaissa quelque peu lorsque le Twi-Lek disparut de son champ de vision.
La Vague de Force n’avait servi qu’à détourner l’attention du Sith tandis qu’Avada-Jumi se glissait par-derrière, le poing levé. Le faux Novice pivota et un Éclair de Force aveuglant fourcha de sa main vers le Maître. Ce dernier roula sur le sol, son corps parsemé d’arcs électriques.
Avada-Jumi se releva prestement et fit agir la Force sur l’environnement. L’intégralité des objets et débris de la pièce entamèrent une valse effrénée autour du Sith, avant de converger vers lui. Mais les projectiles se figèrent, retenus par une entité encore plus puissante que celle qui les avait manipulés.
Âgé et moins résistant que dans ses jeunes années, le Twi-Lek s’essoufflait déjà. Kalin comprit que le rapport de force entre les deux adversaires était trop déséquilibré pour escompter un dénouement heureux.
La créature Sith leva son petit bras sans se départir de son expression cruelle et projeta une cascade d’éclairs. Happé par la foudre, Avada-Jumi hurla autant de désespoir que de douleur. Un des arcs électriques s’échappa du corps du Twi-Lek et détruisit la console de commande du champ de force retenant Kalin.
« Je n’ai pas la moindre chance de m’en sortir sans sabre laser. Je dois trouver une voie différente de l’affrontement frontal » réfléchit le Jedi.
Mais le temps lui manqua lorsqu’un autre éclair zébra le plafond vétuste. Un craquement menaçant précéda une chute de gravats.
Et Kalin se situait juste en dessous...

***********

La poussière retombait lentement autour de lui. Le mystérieux Sith sonda l’amas de décombres et ne découvrit que le néant. Mort, le puissant Jedi n'était plus d’aucune utilité.
Le faux Novice savait que sa durée de vie touchait à sa fin. Aucun réceptacle vivant ne pouvait supporter longtemps un tel pouvoir obscur, bien que ses créateurs l’aient conçu à cet effet. Ces derniers n’avaient pas jugé nécessaire de lui donner un nom et elle s’en moquait. Seule comptait la mission programmée dans son cerveau.
L'être d’apparence infantile reporta son attention sur le Twi-Lek à peine conscient, s’agenouilla doucement et prit sa tête entre ses mains avec délicatesse.
– Abandonne ton libre arbitre, ennemi des Sith.
Curieux, le Sith se demandait si les défenses mentales d’un conseiller lui opposeraient une résistance digne de ce nom.
Son esprit s'insinua alors dans celui de l’alien sous forme de tentacules de fumée noire. Un mur impénétrable se forma instinctivement dans le but d’empêcher le Sith d’accéder à la volonté du Maître. Les filaments obscurs attaquèrent de toute part et ébréchèrent la barrière comme du cristal. Le Twi-Lek mugit de douleur et parvint à repousser partiellement l’envahisseur. Lequel s’amusa du soubresaut avec un rire qui n’avait rien d’enfantin.
– Imbécile ! Tu es perdu !

La faux Novice plaça sa main sur le front vert d’Avada-Jumi avec une lenteur affectée. Des filets de fumée noire s’en échappèrent et s'introduirent par toutes les muqueuses visibles.
Le résultat fut immédiat.
Les membres du conseiller s’agitèrent de violents tremblements, ses yeux hagards roulèrent dans leurs orbites et sa langue sortit de la bouche pour tourner dans tous les sens. Les effets s’intensifièrent en quelques secondes jusqu’à que l’esprit d’Avada-Jumi ne se soit évanoui.
Son horrible besogne achevée, le Sith se leva, suivi peu après du Twi-Lek.
Ce dernier affichait une expression indifférente, vide de tout sentiment. Il sortit de la pièce en compagnie de son meurtrier, sans se douter que les murs avaient des yeux.
Car Kalin venait d’assister à toute la scène...



*******************

Les journées s’écoulaient depuis la capture de Den et Vala par les Mandaloriens, mais pour l’ancien Padawan, le temps passé prisonnier des chaînes électrifiées s’étirait en mois. D’autant que les Hommes en Armure ne lui donnaient que de l’eau afin de l’affamer et d’affaiblir sa résistance. Si ça ne suffisait pas, ses blessures le faisaient souffrir et son ventre vide le rendait malade.
Les Jedi Obscur caressaient sans doute l’illusion de détruire sa volonté sur le long terme. Et ils y parviendraient, si les choses restaient en l’état. Sans le soutien de la Force, Den atteignait fatalement ses ultimes limites. C’est pourquoi les séduisantes paroles de Darkliser, le Côté Obscur de sa personnalité, résonnaient souvent en lui.
« Je pourrais me sortir de ce guêpier avec son aide... »
Il réalisait à présent la véracité de l’adage : à situation désespérée, mesure désespérée. Car, en fin de compte, seule la survie importait afin de continuer la lutte.
Un visiteur, vêtu d’une bure noire et d'un masque lui recouvrant l'intégralité du visage, pénétra dans la tente.
– Bien le bonjour jeune Jedi. Gardez-vous encore la capacité de me reconnaître ?

Même à l’article de la mort, Den n’oublierait jamais la voix nonchalante et empoisonnée de son tortionnaire et sa haine envers lui.
– Vous... lâcha le renégat dans un murmure. Je vous ferai payer vos tortures sadiques. Tenez-vous-le pour dit.

Sio leva un bras, matérialisant une main invisible autour de la gorge de Den.
– Si ta vie ne t’importe plus, poursuis tes vociférations ! Je t’en prie, fais-moi ce plaisir ! Ta faiblesse est telle que même un Bith pourrait t’envoyer au tapis.

Den rétablit brusquement sa respiration lorsque le Jedi Obscur relâcha prise.
– Qu’avez-vous fait de Maître Loosu ?

Mais Sio répondit d’un coup de poing. L’ancien Padawan sentit son nez craqué sous la violence de l’impact. La souffrance aiguë lui brouilla la vue, mais il parvint à rester conscient.
– Ici, c’est moi qui pose les questions, siffla Sio avant de se tourner vers les Mandos à l’entrée, Gardes ! Amenez cette vermine rampante auprès de l’autre !

« L’autre doit être Vala » songea Den avec espoir.
Enfin, il aurait de ses nouvelles.
Ivre de douleur, le jeune homme s’écroula au sol lorsque les Mandaloriens désactivèrent le champ électrique qui le maintenait prisonnier. Il se sentit traîner à l’extérieur sans ménagement.
– Den ! Alors tu es toujours en vie ! entendit-il.

La voix de Vala résonna agréablement à ses oreilles. Den retrouva un peu de forces en constatant qu’elle était moins meurtrie que lui.
– Plus ou moins... Tu aurais peut-être besoin d’une bonne douche, tu ne crois pas ? plaisanta-t-il sur un ton fatigué.

L’ancien Jedi sourit pour la première fois depuis longtemps. La simple présence amicale de Vala à ses côtés lui permit de retrouver de la lucidité. Sa vue récupéra un peu de clarté, lui autorisant une rapide analyse de la situation autour de lui.
Plusieurs Mando’as armés jusqu’aux dents encerclaient Vala, agenouillée près d’un feu vigoureux. Den n’eut pas besoin de plus de détails pour comprendre les intentions de Sio lorsqu’un des soldats approcha un tisonnier des flammes.
La crainte resserra instinctivement ses entrailles.
– Mes chers invités Jedi, commença Sio avec la voix saupoudrée que Den détestait tant. Vous allez participer à un petit jeu très imaginatif. Je vais interroger le Padawan et selon la qualité de ses réponses, je me verrais contraint d’apposer ce tisonnier chauffé à blanc sur telle ou telle partie du corps de la dame.

Le Mando retira le fer du feu et le donna au Jedi Obscur masqué qui l’admira un instant. Pendant ce temps, le regard de Den croisa celui de Vala. Les deux comprirent par ce simple geste qu’ils ne se trahiraient jamais.
– Je sens que du courage galope encore dans vos esprits, fit remarquer Sio. Je suis de nature curieuse et je souhaiterais savoir si l’allégeance des Jedi à l’Ordre est plus forte que l’amitié Maître-Padawan.

Den bouillonnait de rage devant cet ignoble personnage qui se repaissait de leur souffrance. Ses yeux remplis de haine dérivèrent alors sur une étrange créature en cage. Elle semblait d’origine saurienne et dormait paisiblement.
Sio s’aperçut du manège de l’ex-Padawan.
– J’imagine que ton Maître a déjà perçu les effets de ce lézard sur les utilisateurs de la Force.

– Quels effets ? S’étonna Den qui détaillait la créature d’un air perplexe.

– La Force fuit cette créature sur un rayon de quelques mètres. Concentre-toi, et tu t’en apercevras, répliqua calmement Vala.

Den établit un mince contact avec la Force, mais il ne perçut pas l’aura bienveillante de Vala. En revanche, lui se situait à l’extérieur de la sphère d’influence de animal.
– De toute façon, ton potentiel est trop ténu pour que la présence de l’Ysalamiri soit nécessaire, Padawan. Commençons notre petit jeu maintenant... intervint Sio en dirigeant le tisonnier vers le cou de Vala. Voici ma première question : est-ce que le Maître serait prêt à embrasser notre cause si nous laissions son cher élève en liberté ?

– Attendez s’il vous plaît ! En réalité, je ne suis pas son Padawan, mais son frère. Nous espérions découvrir un cristal suffisamment puissant pour moi afin que l’Ordre m’admette comme Chevalier Jedi, improvisa soudainement Den.

Il cherchait à gagner du temps tout en appelant Darkliser de ses vœux. Il voulait son pouvoir, s’en servir pour réduire cette voix tant abhorrée au silence éternel. Tous ses membres tremblaient sous la force de sa colère contenue dans son corps, mais son Côté Obscur ne se réveillait toujours pas...
– Admettons que tu dises la vérité. Cela rend ma question encore plus intéressante. Cependant, tu n’y as répondu et donc, le châtiment sur... ta sœur sera exemplaire, répliqua le Jedi Obscur d’un ton où transparaissait une jubilation malsaine.

Les intentions de ce dernier étaient aussi claires que l’eau des lacs d’Alderande. Il voulait que Vala chute du Côté Obscur par la torture. En dernier ressort, Den savait que Sio n’hésiterait pas à le tuer pour rendre la femme folle de chagrin et de rage.
Entre-temps, l’extrémité du tisonnier s’approcha du cou recouvert de crasse de Vala, laquelle demeura impassible devant la menace.
– Arrêtez... murmura Den avec un calme glacial.

Mais Sio ne lui prêta aucune attention et pressa le fer chauffé à blanc dans un horrible grésillement.
- Arrêtez ! répéta Den d’une voix perçante.

Vala avait fermé les yeux et la seule information d’intense souffrance qui se dégageait d’elle était son visage crispé. Aucun cri ne surgit de sa bouche, à la grande déception de Sio. Les narines de ce dernier se dilatèrent comme si l’appréciait l’odeur de chair carbonisée.
– Oh... nous avons là une courageuse ! Peut-être devrais-je torturer un endroit plus intime ? S’interrogea le Maître Jedi Obscur d’un air faussement soucieux.

Derrière lui, une intense colère explosa...


*************

L’infâme membre du Clan pivota sur lui-même en entendant un long hurlement et tomba sur le regard rempli de haine du jeune homme auparavant si inoffensif. Un instant, il jubila en sentant la puissance obscure qui pulsait par vagues devant lui. S’il ne parvenait pas à convertir la femme alors le "frère", qui cachait bien son jeu, lui, sombrerait.
Mais ce moment fugitif passa, remplacé par de la peur devant l’aura grandissante du Padawan.
– J’avais juré que vous payeriez pour votre cruauté ! Et je tiens toujours mes promesses ! hurla-t-il, ses yeux se décorant d’une teinte orangée.

– Quoi ? Un tel pouvoir... impossible ! Gardes ! Jetez l’Ysalamiri au plus près de lui, intima Sio avec inquiétude.


Den sentait la Force dans sa plénitude et s’en gorgeait sans réserve. À cet instant, peu lui importait de s’en servir sous l’influence du Côté Obscur. Cette puissance était si enivrante, si jubilatoire, et se nourrissait de la douleur de ses blessures telle des flammes par du bois. Il concentra son pouvoir sur les menottes qui se détachèrent instantanément.
Soudain, le Mandalorien lâcha la créature et porta ses mains à son cou en poussant des gémissements étouffés. Un rictus de plaisir apparut sur le visage de Den lorsqu’il expira une dernière fois, la trachée broyée.
– Emmenez la femme ! Je vais m’occuper de ce misérable Jedi moi-même ! aboya Sio avec colère.

Den se tourna vers lui, une expression féroce déformant ses traits, et déclencha une Poussée de Force juste au moment où Sio dégainait son sabre laser. Pris par surprise, le Jedi Obscur s’envola sur plusieurs mètres, disparaissant derrière une tente.
L’ex-Padawan esquissa un pas dans sa direction, mais une voix affolée l’arrêta.
– Den ! Fuis sans t’occuper ni de lui ni de moi !

Les Mandaloriens emmenaient Vala et s’il n’agissait pas avec promptitude, il perdrait une alliée de qualité.
Car ce faible de Den n’était plus...
Darkliser n’avait que faire de la Jedi, mais il savait que son soutien serait indispensable pour la suite de la quête. Il souhaitait juste s’amuser pour la première fois de sa courte existence avant de reprendre le chemin vers les cristaux Kiishra.
– Allez ! Leurs renforts s’approchent, persista Vala en se débattant.

Des maux de tête cinglèrent le crâne de Darkliser. Ce dernier grogna devant la tentative de Den pour récupérer le contrôle du corps.
– Non ! Laisse-moi encore du temps ! gronda le double obscur.

La lutte entre les deux personnalités n’était l’affaire que de quelques secondes et Darkliser se résigna à retourner dans sa prison neurale. Avant cela, l’entité obscure projeta un caillou sur l’Ysalamiri et le tua sur le coup. Le pouvoir de l’animal s’estompa, au contraire de celui de Vala qui réussit à se libérer de l’étreinte mandalorienne.
Den cligna des yeux lorsqu’il la vit étendre ses geôliers d’une brusque Poussée de Force.
Le jeune homme n’avait que des souvenirs flous des précédentes minutes.
– Merci ! Courons dans la jungle ! cria-t-elle sous le feu ennemi.

Les renforts arrivaient, trop nombreux pour les affronter sans arme. Heureusement, les lourdes armures en beskar des Mandos les ralentissaient. Les deux fugitifs s’enfonçaient dans l’épaisse toison végétale alors qu’eux ne parvenaient qu’à son orée.
- Accélère Den ! cria Vala, essoufflée.

Mais Den haletait et toussait à en vomir ses poumons. Ses efforts précédents et les stigmates des tortures pesaient lourdement sur son corps.
Ils poursuivirent leur progression tant bien que mal jusqu’à que le soleil ait du mal à percer les épaisses branches de la jungle. Den se jeta à terre, les bras en croix, pour récupérer un peu tandis que Vala sondait les alentours.
– J’ai l’impression que quelqu’un nous observe... murmura-t-elle, ses sens aux aguets.

– En effet, femelle Jedi, confirma une voix synthétique.

La silhouette peu rassurante de BP-S1 émergea du feuillage d’une plante volumineuse.
– Cette unité a couvert votre fuite, ajouta-t-il en laissant tomber deux Mandaloriens aux pieds de Den.

Vala contempla les deux corps inanimés un instant et comprit les intentions du droïde.
– Tu veux que nous enfilions ces armures afin de nous faire passer pour des Mandaloriens ?

– Affirmatif. BP-S1 possède quelques informations qui aideront votre infiltration.

Den se releva, le visage rougi par la fatigue.
– Nous n’avons pas le choix. Sinon nous serons sans cesse pourchassés. Je peux à peine tenir debout, alors courir un marathon...

– BP-S1 avait anticipé cet état caractéristique des êtres vivants. Nous, les droïdes, n’éprouvons jamais le besoin de repos, hormis pour recharger nos accumutaleurs. Cela dit, le combat qui a amené votre fuite était très impressionnant. Un vif sentiment de fierté envahit cette unité à la pensée d’être sous les ordres d’un maître aussi habile.

Den enfila l’armure en beskar sans répondre. Il préférait ne pas se rappeler les prouesses réalisées par Darkliser.
– Ouh ! L’odeur est encore plus forte que la nôtre. Pourtant, nous sentons presque comme un bantha, pesta le renégat avec un haut-le-cœur.

– Crois-tu que le moment soit indiqué pour faire ta précieuse ? Le réprimanda Vala.

Den bougonna un juron discret devant son allure de Mandalorien et effectua quelques pas hésitants à cause du poids de l’armure. Une fois harnachés, les deux Humains se tournèrent vers le droïde.
– BP-S1 a observé ces deux soldats durant de longues et ennuyeuses journées d'inactivité forcée. Le matricule de la femelle Jedi est 312-45, 692-87 pour le Maître. Vous êtes Jarga et Rolst, de la section des éclaireurs.

Den acquiesça.
– Bon, va dissimuler les corps maintenant. Les Mandaloriens sont tout proche et nous devrons les convaincre de notre identité. Heureusement qu’ils n’enlèvent pas souvent leurs casques...

BP-S1 s’exécuta, suivi des cadavres qui traînaient dans son sillage. Une vérité affligeante frappa alors Den comme un coup de marteau.
– Vala... rassure-moi, je te prie. Deux Mandaloriens désarmés, c’est crédible ? demanda-t-il d’une voix éteinte.

Stupéfaite, la jeune femme le fixa avec stupeur.
BP-S1 avait omis de leur fournir les armes des éclaireurs.
– Aussi crédible qu’une Besalisk danseuse étoile...

À quelques mètres, les Mandaloriens repoussaient la flore locale, à quelques secondes d’avoir un visuel sur les fugitifs.



*************

Le Seigneur du Clan des Jedi Obscur observait l’arrivée d’une navette depuis la passerelle du Prédator II.
– Monseigneur, tous les canaux de communication du vaisseau inconnu sont fermés. Son design ne correspond à aucun standard de firmes républicaines, analysa un officier de bord.

Mapassar sentait le remous dans la Force provoquée par les occupants de la navette, un en particulier.
« Aucun doute, le Sith est là. »
– Laissez-le se poser à notre bord, répliqua le Zabrak.

Il quitta la passerelle suivi de près par une délégation de ces meilleurs subordonnés. Quels que soient les pouvoirs des Sith, ceux-ci ne devaient pas se croire supérieurs au Clan.
L’idée d'une rencontre lui avait paru bonne sur l’instant, mais au fur et à mesure de leur avancée, son jugement initial se faussait.
L’ancien archiviste répandait pourtant une aura d’assurance qui contrastait avec la terreur grandissante de ses guerriers, lesquels sentaient la puissance obscure dégagée depuis le hangar.
– Ne craignez pas les Sith. Ils sont nos alliés et notre meilleur instrument pour nous débarrasser de l’Ordre Jedi, déclara-t-il d’un ton contrarié.

Ils passèrent les portes du hangar, flanqués de deux sentinelles mando'aes, et s’infiltrèrent à travers les rangées de chasseurs avant de faire face à la navette.
D’aspect lisse et aérodynamique, cette dernière n’avait ni armement, ni d’autres technologies visibles. Ce détail étonna Mapassar, car le petit bâtiment contenait un Seigneur Sith, l’un des personnages les plus importants de leur empire.
La rampe de débarquement se déploya et révéla immédiatement une haute silhouette vêtue d’un assemblage de couleurs sombres et écarlates. Son visage était dissimulé derrière un masque aux motifs spiralés, centrés au niveau de deux interstices par lesquels le Sith observait le Zabrak et sa délégation.
Mapassar sentit son cœur battre la chamade devant l’incroyable quantité d’énergie obscure déployée par cet être. La mine de savoir acquise lors de ses décennies en tant qu’archiviste représentait tellement peu comparé à ce Sith. Tout, dans son apparence, paraissait intimidant et le Jedi Obscur était prêt à parier qu'il n'avait pas encore tout vu.
Comment pourrait-il jamais passer pour un égal devant cette créature ?
UPlusieurs paroles gutturales et désincarnées s’élevèrent dans une langue inconnue, même du Zabrak. Celui-ci reconnut néanmoins le parler des Sith qu’il avait déjà entendus dans les holocrons interdits d’Ossus.
– C2-P3 ! Ordonna Mapassar d’une voix un peu trop tendue à son goût.

Un droïde de protocole, jusque là dissimulé au sein de la délégation s’avança entre les deux hommes.
– Je suis le Seigneur Dark Proyus, membre du Quintumvirat Sith et représentant de l’Empire auprès du Clan des Jedi Obscurs et du peuple mandalorien, traduisit-il avec fidélité.

– Bienvenue sur le Prédator II, Seigneur Proyus, répondit Mapassar en hochant brièvement la tête.

Le Sith désigna l’assemblée autour de lui d’un geste ample.
– Notre entretien aura lieu, seul à seul, Seigneur Mapassar, indiqua C2-P3.

Deux formes surgirent de la navette d’une démarche lourde et se postèrent devant les Jedi Obscur.
– Que signifie ceci ? grogna l’un d’eux en reculant de deux pas.

Vêtus d’armures charbonneuses et épaisses, les nouveaux arrivants dépassaient tous les individus présents aussi bien en taille qu’en largeur. Leurs masques dotés de deux globes noirs dissimulaient leurs yeux et supportaient une sorte de respirateur.
Malgré l’apparence intimidante de ces guerriers, leur absence totale d'existence au sein de la Force les rendait effrayants pour un Jedi.
« Qu’est-ce qu’ils sont ? Tout être vivant laisse forcément une trace dans la Force... »
Encore une fois, les vastes connaissances de Mapassar sur ce sujet et le monde étaient remises en question.

L’un des mystérieux gardes abattit sa main gantée sur la tempe du Jedi Obscur. Projeté sur le sol, ce dernier se releva avec difficulté et alluma son sabre laser en compagnie de deux de ses congénères.
- Déguerpissez, bande d’imbéciles ! ordonna soudainement Mapassar. Vous tous, sauf le droïde !

Les adeptes noirs fixèrent tour à tour les imposants guerriers et leur Seigneur, puis rengainèrent leurs armes. Proyus émit une réflexion lorsqu’ils se furent éloignés.
Quand ils voient des utilisateurs de la Force, mes gardes du corps ont tendance à remplir leur mission avec zèle. Ils auraient pu supprimer vos subalternes jusqu’au dernier sans votre présence d’esprit.

Mapassar crispa les poings sous les manches de sa bure.
Il n’avait senti à aucun moment le coup de ce garde du corps. Lui-même n'était même pas certain de sa capacité à affronter une telle créature. S’allier avec les Sith était peut-être une grossière erreur de sa part.
- Est-ce que les droïdes bactérios fournis par l’Empire vous donnent pleine satisfaction ? demanda Dark Proyus.

– La République est sans défense pour le moment. La guerre se déroule selon nos prédictions. J’imagine qu’il y a une autre raison à votre venue. Ne voulez-vous pas en discuter dans un lieu plus confortable ?

J’ai pris la peine de me déplacer pour une explication de vive voix. Deux Jedi ont forcé votre blocus et ont pénétré sur Ilum. Or Seigneur Mapassar, vous m’aviez certifié l’inviolabilité de cette planète.

La présence oppressante du Sith entoura le Zabrak telle une promesse d’exécution devant l’échec. Mapassar déploya toute sa volonté pour demeurer confiant.
– La garnison mandalorienne a appréhendé les deux Jedi. Ils doivent être morts à l’heure qu’il est, Seigneur Proyus.

L’ombre se retira et permit à Mapassar de respirer normalement.
Je l’espère, dans votre propre intérêt. Les Sith protègent cet endroit depuis deux siècles afin que l’Ordre Jedi ne découvre jamais ses secrets. Je n’ai accepté votre coopération qu’à l’unique raison que l’Empire aura besoin de toute son armada pour envahir la République.

– Mais... je ne comprends pas. Notre accord prévoyait que les Jedi Obscur auraient le contrôle des Mondes du Noyau et de la Bordure Intérieure !

Le Seigneur Sith avança d’un pas vers Mapassar, lequel recula de deux d’instinct.
Vous connaissez maintenant l’étendue du gouffre qui sépare nos compréhensions respectives de la Force. Je m’avoue très déçu d’avoir considéré votre Clan comme un égal alors que vous n’êtes absolument rien comparé la puissance illimité des Sith. Cependant si vous demeurez loyaux envers l’Empire, vous ne le regretterez pas.

Paralysé par la déconvenue, le Zabrak baissa néanmoins la tête en signe de reddition.
Oui, les Sith représentaient indubitablement l’espèce dominante de la Galaxie. Auparavant douteuses, les preuves de ce fait se muaient en certitude. Si un simple garde du corps pouvait venir à bout de lui, le Seigneur des Jedi Obscur, alors de quoi était capable Proyus ?
L'alien s’inclinait devant plus fort que lui.
Telle était sa logique et tel était la finalité du code qui régissait le Clan.
« Non, pas juste le Clan. C’est la loi absolue qui gouverne la Galaxie. »
Les Forts dirigent les Faibles...

J’avais oublié de vous présenter mes gardes. Nous nommons les Massacreurs et je vous déconseille, dans votre propre intérêt, de tenter quoique ce soit contre eux. Ils vous détruiraient en un clin d’œil. 

Proyus fit ensuite revenir son subordonné auprès de sa personne et se tourna vers un Mapassar resté muet. Ce dernier ne voulait pas contrarier son précieux allié malgré l’humiliation subie.
Venez, il faut que nous parlions de l’opération Ossus...

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 29 Juillet 2017, 22:17 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 17 Mars 2012, 13:10
Messages: 580
Sexe: Masculin
Espèce: Humain
Planète natale: Corellia
Affiliation: Jedi Noir
Bon retour parmi nous après une longue absence Darkliser :mrgreen: ! Avec un Den Schizophrène et des Jedi Noirs qui ne font pas le poids face aux Sith visiblement :twisted: ..


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 01 Août 2017, 11:56 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
Je vois que Mat est toujours aussi rapide à la détente. J'espère que tu te rappelles toujours de l'histoire, avec tout ce que tu lis... :D



Chapitre 16
 Le Maître et sa Padawan












Dans l’urgence, Den et Vala avaient décidé de poser la carte du bluff, à la manière de joueurs de Sabacc chevronnés. Étendus sur le sol, ils paraissaient de crédibles victimes des fugitifs.
– Sergent ! Deux de nos éclaireurs sont à terre, entendit Den, en remuant le bras.

- Sont-ils vivants ? demanda une voix déformée par le port du casque.

– Affirmatif ! Ils reprennent connaissance !

Den, imité par Vala, releva le buste en simulant une désorientation suivant un assommement. Reconnaissable à son armure grisâtre, le sergent s’enquit de leur identité et parut satisfait de leurs réponses.
– Avez-vous vu vos agresseurs ?

– Négatif, sergent ! Nous avons été pris par surprise. Nous ne nous attendions pas à une attaque en provenance du camp, répliqua Vala d’une voix raide.

Le soldat gradé soupira et réfléchit un instant tandis que ses subalternes se déployaient aux alentours.
– Prévenez les autres patrouilles que les fugitifs sont à présent armés et considérés comme extrêmement dangereux. Maître Sio a donné l’ordre de leur tirer dessus à vue.

Den se souvenait vaguement de son bref combat face au Jedi Obscur. Cette première manche n’avait sans doute servi qu’à attiser son envie de vengeance envers lui.
– Jarga, Rolst ! Retournez au camp et envoyez-nous l’escouade du sergent Brandon.

- À vos ordres ! répliquèrent en chœur les anciens prisonniers.

La Force était avec eux. Les Mandaloriens s’exprimaient en basic et non en Mando’a, dont Vala et Den ignoraient tout. Celui-ci supposa qu’il s’agissait là d’un des changements effectués sous l’influence des Jedi Obscurs.
Ils rebroussèrent chemin en direction du camp mandalorien.
– Bon, le danger s’éloigne pour l’instant, résuma Vala, soulagée. Sio m’a révélé par inadvertance que la garnison se dirigeait vers une espèce de grotte maudite. J’ai aussi entendu un soldat dire qu’elle se trouvait à une cinquantaine de kilomètres, au nord de notre position. Cette épaisse végétation va ralentir notre progression.

– Pour ma part, j’étais bien trop occupé à résister aux tortures, répliqua Den en détaillant Vala. Sio ne t’a pas trop infligé de sévices à ce que je vois.

Le visage du Chevalier Jedi s’assombrit.
– Il a déployé des trésors de manipulation mentale pour briser ma volonté. Je me rappelle encore toutes les horreurs qu’il a glissées dans mon esprit...

– Pardonne-moi, je ne voulais pas insinuer que tu t’en étais tiré à meilleur compte que moi, s’excusa le renégat en repoussant une branche sur son passage.

– Mais Den, il faudra bien que tu m’expliques un jour ce qu’il s’est passé au camp. J’ai pensé que tu avais sombré du Côté Obscur de la Force. Quand nos regards se sont croisés, j’ai cru un instant que tu désirais tuer tout être vivant sur ton passage.

Den éluda la question, mal à l’aise. Le moment était mal choisi et puis il valait mieux taire son secret sur l’existence de Darkliser.
– Trouvons juste ce sergent Brandon.

Ils déambulèrent dans le camp mando qu’ils venaient tout juste de quitter. Une dizaine de soldats arrivèrent à leur rencontre pour s’informer de l’avancée de la poursuite.
– La présence du sergent Brandon et de son escouade est requise pour organiser une battue, expliqua Vala en reprenant un ton militaire.

– Je suis là... annonça une voix bourrue.

Le dénommé Brandon perça les rangs de ses congénères. Ces derniers s’écartèrent et se turent avec un respect mêlé d’une certaine crainte. D’une taille inférieure à celle de Den, le Mando avait le physique trapu et costaud d’un individu privilégiant la puissance et la brutalité au combat.
– Sio m’en avait donné l’ordre de toute façon. Sa colère est une mauvaise chose pour nous depuis qu’il a pris l’habitude de passer ses nerfs sur nos gars, précisa-t-il avec une note de dégoût dans la voix.

Le sergent ne faisait aucun effort pour dissimuler son hostilité à l’égard du Jedi Obscur. De toute évidence, le Clan ne jouissait pas d’une honorable réputation auprès des Hommes en Armure. Mais ce Brandon était le premier à manifester sa désapprobation de vive voix.
« [i]Peut-être un signe de dissension qui pourrait être profitable dans l’avenir.[/i] » Retint Den avec intérêt.
Sur instruction du sergent rebelle, les deux infiltrés se rendirent à l’armurerie. Remplie à craquer de différents fusils et armes lourdes, elle était parfaite pour déclencher une petite bataille.
– J’imagine que nous ne trouverons pas nos sabres laser ici, ironisa Den en lorgnant des grenades sans enthousiasme. Inutile d’aller demander à ce cher Sio où il les a cachés.

– Mais il y a ton pistolet fétiche, indiqua Vala d’un regard.

Den s’en saisit ainsi que d’un fusil et d’une vibrolame, imité par Vala. Ils retournèrent aussitôt auprès de l’équipe de chasse dans l’obscure jungle dans laquelle Brandon terminait son briefing.
– ... les deux fugitifs se dirigeront en toute probabilité vers le nord. Sio m’a révélé que la mystérieuse grotte les intéressait. Soyez prudent au sujet de leurs pouvoirs mystiques. Un droïde les soutient également. En route !

La traque débuta au grand dam de Den, affaibli par la faim et ses blessures. Il fit de son mieux pour grignoter quelques barres énergétiques lors des rares haltes sans pour autant récupérer beaucoup des forces. Les heures défilèrent, parsemées d’inquiétants grognements dans la jungle.
– Ce sont des animaux carnivores. Leur voracité est perceptible à des dizaines de mètres à la ronde, chuchota Vala.

– Ce n’est pas la mienne que tu sentirais par hasard ? J’ai l’impression continue d’être au bord de l’hypoglycémie à tel point que j’imagine des steaks de gizka devant moi, indiqua Den d’une voix faible.

Vala jaugea la démarche lourde de son ami et hocha la tête. Il était à bout de force...
Situé quelques soldats devant elle, la Jedi leva discrètement la main vers le sergent Brandon. La Force instilla des suggestions de repos et ses sensations de fatigue dans l’esprit du guerrier, mais ce dernier poursuivit sa route. Vala se rappela la mentalité de ce peuple basé sur le courage et l’honneur et comprit que Brandon était un dur à cuire. Par conséquent, elle raffermit son emprise sur la volonté de l’humain jusqu’à lui provoquer des maux de tête, au risque de se faire découvrir.
Il ralentit enfin la cadence.
- Vous allez bien, sergent ? interrogea le soldat qui précédait son supérieur.

– Pas vraiment... nous devrions nous arrêter ici pour la nuit, caporal. Donnez l’ordre d’établir le camp ! répliqua Brandon, troublé.

Ainsi le groupe d’une vingtaine d’individus fit halte au bord d’une rivière et s’attela à monter des tentes. Den les imita avec soulagement.
– Impressionnant, Vala, murmura-t-il.

– Merci. Ce sergent est plus têtu qu’un boma enragé, indiqua Vala. J’ai repéré un endroit à l’abri des regards indiscrets. Nous devrions pouvoir t’y soigner et nous laver en toute quiétude.

Den haussa un sourcil sous le casque.
– Je ne suis pas contre. Mais si les Mandos voient nos corps battus, ils comprendront que nous ne sommes pas des leurs.

– Nous prétexterons une petite ronde de routine. Je te rappelle que nous faisons partie de l’unité des éclaireurs.

Le jeune homme céda devant la réjouissante perspective de se débarrasser de toute sa crasse. Avec l’accord du sergent, Vala le guida jusqu’à une source d’eau qui quittait la rivière principale. Elle fit le guet pendant que Den se glissait nu dans l’étang. Malgré l’omniprésence de la vase, il apprécia tellement cet instant de détente qu’il ne se formalisa pas des choses qui lui frôlaient les mollets. Une fois débarrassé de la poussière et du sang collé à sa peau, il fit signe à Vala.
– Quel plaisir ! J’ai l’impression de renaître de mes cendres, s’extasia l’ancien Padawan en montrant son dos zébré de lacérations.

– Ne remets pas ta chemise de suite, je dois encore te soigner. Mais je m’en abstiendrais si tu oses me reluquer, le prévint Vala en ôtant ses sous-vêtements.

Den haussa les épaules et prit le casque de Rolst.
– En attendant, je jette un coup d’œil aux banques de données. J’y découvrirai peut-être une information utile.

Entre-temps, la Jedi se glissa dans l’eau en provoquant des vagues à sa surface. La Force l’envahit d’un sentiment de méfiance envers cette étendue aquatique en apparence calme.
« Selon l’ami de Kawashi, la faune est dangereuse... » se rappela-t-elle.
La température était agréablement fraîche comparé à l’air ambiant, mais Vala se lava le plus vite possible, mal à l’aise.
C’est alors que son impression se transforma en certitude. Elle tourna la tête vers le centre du point de l’étang et vit l’image fugitive d’un œil unique et protubérant dépassant de la surface. Quelle que soit cette apparition, elle avait momentanément disparu et se déplaçait sous l’eau.
Vala sentit qu’elle était la proie et amorça un geste pour retourner sur la berge.
La créature déploya des tentacules qui s’enroulèrent autour de ses hanches dénudées, avant de l’entraîner au fond en silence.
« Un dianoga... » réalisa Vala sans panique.
La plupart des Jedi savaient manipuler les pensées des êtres intelligents, à fortiori des animaux, et Vala en faisait partie. Elle projeta sa conscience vers l’esprit primitif du Dianoga, lequel éprouvait une joie féroce devant la capture d’une proie aussi imposante. Il changea vite d’avis lorsque la Force le convainquit de l’extrême dangerosité de sa prise. Apeurée, la créature abandonna Vala sans demander son reste.
Concentré sur le casque, Den n’avait rien remarqué de la bataille silencieuse lorsque Vala sortit de l’eau. Elle jugea inutile de l’en aviser et ôta un médipack de son armure.
Den la remercia du regard, mais Vala se dépêcha, car le coriace sergent Brandon ordonnerait bientôt la reprise de la marche...



 
****************





Kalin suffoquait lentement sous les débris, incapable de se libérer. Il devait son salut uniquement à sa spécialité, un Bouclier de Force, qui l’avait protégé du gros de l’avalanche de gravats. Épuisé par sa tentative réussie de masquer sa présence à la créature Sith, il s’était néanmoins donné une chance de s’échapper de l’usine vivant. Malgré tout, une poutre écrasait sa poitrine à petit feu et saccadait sa respiration. Le Maître Jedi essayait de la déplacer millimètre après millimètre, mais ce faisant, une imposante masse de permabéton menaçait de la réduire en bouillie.
Concentrant ses forces, Kalin prit une grande inspiration et libéra son pouvoir en un instant. Il esquiva in extremis le bloc d’une roulade latérale. Bientôt, la poussière retomba, il s’était dégagé.
« [i]La routine... [/i]» pensa-t-il en enlevant la poudre qui blanchissait sa barbe.
Son regard désolé s’attarda un moment sur le corps d’Avada-Jumi.
La présence d’une entité Sith sur Ossus présumait du pire pour l’avenir des Jedi. Ni Viridia, ni Taveel, ni aucune autre personne n’avait vu venir ce tour de force.
Deux Jedi humains ouvrirent la porte, l’air alarmé.
– Maître Notsun ! Le Conseil a ressenti le Côté Obscur en provenance de cet endroit, mais nous ne nous attendions pas à vous retrouver ici, lui apprit l’un d’eux.

– Amenez-moi dans les plus brefs délais auprès de Maître Viridia. Il y va de la vie de tous les habitants de la planète ! Intima Kalin d’un ton autoritaire.

L’ancien mentor de Den nota enfin l’apeurement du tandem de Chevaliers.
- Que s’est-il passé ? demanda-t-il avec un mauvais pressentiment.

– C’est l’anarchie la plus totale à l’extérieur. Plusieurs Jedi nous attaquent et tuent sans distinction les habitants. Le Conseil espérait découvrir des indices ici.

Kalin hocha la tête pour signifier qu’il avait compris la situation. Laydus et le Sith passaient à l’action et l’heure de la réflexion s’achevait avec le début du bain de sang.



***************



Dès leur approche d’Ossus, Lyra et Zurth perçurent des troubles dans la Force.
Quelque chose n’allait pas...
Plusieurs épaisses colonnes s’élevaient de la cité jusqu’aux nuages. Lyra devina qu’une attaque directe contre l’Ordre était en cours.
- Un de ses panaches provient du Temple ! cria Zurth. Mais que se passe-t-il ici ?

Lyra le vit hésiter sur la direction à prendre, car les hangars Jedi étaient en proie à la voracité des flammes. En se rapprochant de la surface, l’adolescente n’en crut pas ses yeux. Des combats au blaster et au sabre laser s’engageaient dans de nombreuses rues.
- Mes sens me trahissent-ils, Maître ? murmura-t-elle, choquée.

– Je crains que la réalité ne nous ait rattrapés. Je ressens la mort de nos frères et sœurs déjà tombés.

Le Feu Ardent intercepta une communication cryptée en provenance du Temple. Un hologramme réduit de Maître Taveel apparut sur le tableau de bord.
– À tous les Jedi qui reçoivent ce message d’urgence, une voie d’atterrissage est dégagée à côté de la Tour de Nomination. Rendez-vous là-bas pour un briefing sur la situation et surtout, ne prenez pas part aux combats ! Que la Force soit avec nous tous !

Le Korun disparut du support holographique miniature à l’instant où Zurth entamait un virage vers le lieu de rassemblement.
– Nous savons quoi faire au moins, mais le mystère s’épaissit, remarqua Zurth avec flegme.

Lyra sortit les trains d’atterrissage sans se départir du regard soupçonneux qu’elle lançait à son Maître.
– Quelles sont vos intentions concernant Den ? La République aura besoin de notre soutien lorsqu’elle attaquera Ilum.

L’expression de l’humain demeura aussi insondable que les profondeurs d’un trou noir.
– Dis-moi une chose, Lyra. Entre ton amitié pour Den Liser et ton serment envers l’Ordre, lequel fait pencher la balance ? demanda-t-il d’une voix neutre.

- Que voulez-vous dire ? s’étonna-t-elle.

– Notre lien Maître-Padawan est puissant. Je ressens le dilemme qui déchire ton cœur, mais tu arrives à la croisée des chemins désormais. Un choix se dessine devant toi. Vas-tu honorer ton devoir de Jedi en portant secours à l’Ordre ? Ou bien préfèreras-tu nous quitter afin de rejoindre ton ami ?

Le Feu Ardent se posa, mais Lyra resta figée et muette. Elle comprenait que son Maître lui lançait un ultimatum. Ce dernier devait bien arriver un jour. Au fond d’elle-même, la jeune femme l’avait toujours su.
La justesse des paroles de Zurth l’apeurait, à cause de l’irréfutable vérité qu’elles recelaient.
« Je dois choisir la voie que j’emprunterai pour le reste de ma vie... »
Si elle demeurait aux côtés de son Maître en abandonnant Den à son sort, elle le regretterait tout le reste de son existence. Le poids de la culpabilité l’accablerait un temps, mais peut-être qu’avec les années, elle l’accepterait et s’adonnerait corps et âme aux préceptes de l’Ordre. Pourtant, cette blessure ne se refermerait jamais totalement.
Deux perles liquides jaillirent de ses yeux émeraude, reflets parfaits de ses sentiments.
Ils étaient si intenses, si réels, qu’elle se demanda si la Force lui transmettait un message d’avertissement.
Le visage soucieux de Zurth s’effilochait devant elle.
Oui... la Force agissait pour lui offrir la meilleure alternative.
Tel un rêve éveillé, des images floues de Den et Vala dans une jungle austère apparurent. C’était la seconde voie.
Confuse et fluctuante, la vision instillait des émotions contrastées dans son cœur.
Bonheur, tristesse, colère, amour... tel était son avenir si elle choisissait de se rendre sur la planète aux cristaux.
Et soudain, la Padawan retourna dans l’urgence du présent. Zurth la fixait toujours avec intensité et attendait sa réponse.
– Ce n’est pas bon d’hésiter sur ses convictions, Lyra.

Surprise, Lyra réalisa que ses yeux étaient secs. Elle n’avait pleuré que dans son rêve et son Maître ignorait tout de sa vision. Sa décision prise, sa voix tremblante lui parut fluette.
– Je me félicite d’avoir eu pour précepteur un Jedi tel que vous et j’ai beaucoup appris à votre contact. Mais je vous reproche de m’avoir toujours considéré comme un simple réceptacle de votre savoir. Vous n’avez jamais perçu les sentiments que je conservais en moi.

Sa voix gagna en assurance.
– J’ai déjà perdu la profonde amitié qui me liait à Josh et je refuse qu’il en soit de même pour Den. Je l’aime ! comprenez-vous ? Et si ce sentiment est incompatible avec mon serment de Jedi alors il ne me reste plus qu’à quitter l’Ordre.

La Padawan s’était levée sans s’en rendre compte. À sa grande surprise, Zurth sourit avec une tendresse qu’elle n’avait jamais vue chez lui et se hissa à son tour hors du siège.
– Tu dis vrai à mon sujet, je ne peux le nier. Pourras-tu un jour me pardonner pour ma négligence ? Un Maître ne doit pas seulement aider son Padawan à devenir Chevalier. Je regrette de n’avoir été qu’un avatar du Code Jedi, Lyra. Une flamme farouche danse au fond de tes yeux et je serais bien incapable de l’éteindre afin de te conserver à mes côtés. Je comprends ta décision...

Le Maître tendit une main ouverte dans sa direction.
– ... Mais puisque tu n’es plus membre de l’Ordre, remets-moi ton sabre laser.

– Quoi ? J’en aurais besoin pour secourir Den et Vala ! bégaya-t-elle, abasourdie.

– Si tu refuses d’obtempérer, je m’en emparerai par la force, insista Zurth d’une voix dure.

Auparavant triste, l’expression de l’homme s’était muée en masque de froideur. Lyra ne comprenait pas les motivations qui régissaient cette approche agressive. C’était comme si elle avait subitement à faire à une personne différente.
– Que vous arrive-t-il, Maitre ? articula Lyra reculant d’un pas vers l’extérieur du cockpit.

Zurth Draal se figea de toute sa hauteur.
– Désormais, je ne suis plus ton Maître !

Son sabre laser se décrocha de sa ceinture et atterrit sans sa main toujours. D’une pression, il l’activa devant une Lyra effrayée.
- Va-t’en et ne reviens jamais devant moi ! hurla-t-il de toute la puissance de sa voix.

Secouée de sanglots et terrifiée, l’adolescente se précipita hors du vaisseau. Les questions sans réponse s’enchaînaient dans son esprit embrouillé. Son ancien Maître sombrait dans la folie...
Elle remarqua à peine les bâtiments endommagés et fumants autour d’elle.



Après la fuite de Lyra, le Maître Jedi accusa une soudaine lassitude et s’effondra dans le siège de pilote.
Chaque parole de sa Padawan l’avait transpercé de part en part telle une nuée d’aiguilles. Pourtant, ce n’était rien comparé à la tristesse qu’il éprouvait après l’avoir forcé à la fuite.
Il se remémora les nombreuses fois où Lyra n’avait reçu que des lignes du Code au lieu d’un simple mot réconfortant, un simple signe humain. Jamais Zurth Draal n’avait été un père pour elle, seulement une espèce de droïde préprogrammé à enseigner l’art Jedi. En somme, il méritait le sort qui l’attendait à l’extérieur...
Par le biais de leur lien étroit, Zurth était persuadé qu’elle et lui avaient entraperçu des futurs possibles.
La Force Unificatrice vénérée par les Jedi prônait la contemplation et la projection vers l’avenir afin de prendre la meilleure voie concevable. Et un choix s’était aussi imposé à Zurth.
Parmi les deux destinées entrevues, il y avait toujours eu un mort et il préférait rejoindre la Force, avec sa conviction que Lyra survivrait par son sacrifice.
Le Jedi se leva en sentant l’approche d’un puissant adepte du Côté Obscur et serra la prise sur la poignée de son sabre.
Il ne fuirait pas devant la difficulté !
Une fois à l’extérieur du Feu Ardent, Zurth réalisa la gravité de la situation.
Des gens s’enfuyaient en tous sens dans le plus complet affolement. Certains tenaient des enfants par la main, d’autres portaient des blessures. Zurth fut frappé par la terreur dans leurs yeux lorsqu’ils l’aperçurent.
La Force ne lui était d’aucun secours pour comprendre la situation, mais l’apparition de deux civils poursuivis par un couple de Jedi Twi-Lek lui confirma la marche à suivre. Zurth barra leur route en lançant un regard apaisant aux deux fuyards.
« Pourquoi attaquent-ils les habitants ? »
Le Maître eut la réponse lorsqu’il croisa les expressions nébuleuses des natifs de Ryloth.
« Je ne ressens rien en eux, aucune émotion, aucune volonté... le néant. »
Un Sullustéen corpulent déambula d’une rue adjacente et se figea en voyant le dos de la Jedi Twi-Lek. Cette dernière pivota sur elle-même avec la grâce d’une danseuse. Sa lame bleue transperça la poitrine de l’alien qui expira dans la seconde suivante.
Zurth activa son propre sabre, convaincu qu’il était impossible de ramener à la raison un être sans esprit. Un mur explosa entre les trois adversaires. Le corps fumant d’un Jedi humain heurta le sol et glissa jusqu’à Zurth qui leva la tête vers son bourreau : Un Kel Dor.
« Ce n’est pas Maître Kom du Conseil... » conclut-il.
– De mieux en mieux...



Malgré sa formation de Jedi, Lyra était en proie à un flot continu d’émotion depuis sa fuite forcée du Feu Ardent.
Une sombre entité ravageait la cité, son foyer, et même le Temple. Plusieurs vaisseaux de corporation et civil s’élevaient dans le ciel rouge sang afin de passer au travers du chaos.
« Twick... sa boutique est à deux pas »
Son ami rodien pourrait peut-être l’informer sur l’origine de cette bataille.
Elle bifurqua vers la Grande Place, en proie à plusieurs échauffourées entre la milice et des Jedi.
De nombreux corps jonchaient le sol défoncé et noirci par des impacts.
« Cela n’a aucun sens ! Pourquoi les douaniers affronteraient-ils les Jedi ? »
Le cœur lourd, Lyra ignora les combats et parvint en vue de la boutique délabrée de Twick. Celui-ci en sortit brusquement sous une rafale de lasers.
– Echuttas ! Vous prendre ça et ça ! jura l’alien en tirant vers l’intérieur.

D’une agile roulade, le Rodien esquiva une salve alors que ses adversaires débarquaient en force. Lyra reconnut des chasseurs de primes à leurs tenues vestimentaires bardées de gadgets et d’armes en tout genre.
– Twick ! C’est Lyra ! Viens te protéger derrière moi !

L’alien tourna sa face d’insecte vers elle l’espace d’un instant que mit à profit un Aqualish pour glisser une grenade à fragmentations. Lyra invoqua la Force pour renvoyer le projectile à son propriétaire. Surpris, celui-ci mourut dans la déflagration en même temps que l’un de ses compères.
– Lyra Mayn arriver à point nommé pour sauver Twick ! glapit le Rodien en tirant en arrière.

Mais le laser s’écrasa sur une robuste armure portée par un Twi-Lek.
– Je croyais qu’un ancien mercenaire tel que toi serait mieux armé, répliqua Lyra avec un sourire. Reste à couvert derrière cette carcasse de speeder. Je m’occupe de ces brutes !

Trop ravie d’avoir un prétexte pour évacuer ses pensées noires, elle se retrouva au milieu du groupe d’agresseurs d’un saut.
Le Twi-Lek aboya un ordre à ses derniers mercenaires, deux Humains, qui la braquèrent de leurs fusils. Lyra intercepta la trajectoire du premier tir et dévia le second vers le ciel avec dextérité. D’une contorsion de son poignet, elle retourna les suivants vers les ennemis, lesquels n’échappèrent pas à leur juste châtiment.
Lassée par toute cette violence, la jeune femme décida de laisser une chance de retraite au Twi-Lek.
– Quitte cette planète et ne revient jamais, siffla-t-elle, sa lame ocre braquée sur la gorge de l’assaillant.

Celui-ci jeta son arme au pied de la Padawan en signe de reddition et se sauva à toute jambe.
– Lyra Mayn devenue forte, observa Twick, impressionné.

– La fillette que tu as connue jadis meurt en même temps que cette planète, répliqua Lyra, le regard vissé sur le panache de fumée s’élevant du Temple.

Twick posa une main compatissante sur son épaule.
– Jedi avoir attaqué autres Jedi avec chasseurs de primes. Twick penser que mercenaires attirer par appât du gain. Nous pas devoir rester ici Lyra Mayn. Nous être en grand danger.

Lyra approuva.
De toute manière, le marchand n’en savait guère plus qu’elle sur ces tueries.
– Rendons-nous à l’ambassade de la République. Nous pourrons peut-être y trouver de l’aide par le biais d’Owen Mordum. Espérons qu’il soit toujours en vie.






************

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 06 Août 2017, 16:54 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 17 Mars 2012, 13:10
Messages: 580
Sexe: Masculin
Espèce: Humain
Planète natale: Corellia
Affiliation: Jedi Noir
Très long cet extrait! Mais que c'est bon :mrgreen: , j'en reveux, j'en reveux!
Ossus sombre le chaos tandis que Den Et Vala apprennent à jouer les ptits mandies :twisted: ..

Sacré dilemne pour Lyra et Et elle a fait un choix: celui de l'aammoouurrr :P !


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 07 Août 2017, 13:57 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
mat-vador a écrit:
Très long cet extrait! Mais que c'est bon :mrgreen: , j'en reveux, j'en reveux!


Ton voeu est exaucé 8-)


mat-vador a écrit:
elui de l'aammoouurrr :P !

Tiens, ça me rappelle un certain "Happy" :D



Chapitre 17
Tragédie








Même l’ambassade n’avait pas échappé aux combats qui déchiraient la cité d’Ossus. Les cadavres aux couleurs de la République jonchaient le hall d’entrée, la plupart marqués par des démembrements au sabre laser.
Bien que Maître Taveel ait donné l’ordre à tous les Jedi de se rendre à la Tour de Nomination, Lyra doutait que le Temple soit encore sûr, comme tout autre endroit au sein de la cité. Elle devait trouver des renforts qui accepteraient le voyage jusqu'à Ilum.
– Nous devoir s’enfuir d’Ossus Lyra Mayn. Ami Lyra Mayn probablement mort, réagit Twick, peu rassuré.

– Owen Mordum a montré des compétences et une intégrité digne d’un Jedi. Ce n’est pas chose aisée que de gagner la confiance de Maître Notsun, à qui il doit la vie par ailleurs. Je pense qu’il aidera son ancien Padawan à se sortir des griffes mandaloriennes, lui expliqua Lyra avec patience. De plus, l’ambassadeur sera un atout si nous voulons convaincre la République du bien-fondé de notre requête.

Elle intima le silence à son compère et tendit l’oreille. Des bruits de combats semblaient provenir de l’intérieur du bâtiment diplomatique.
– Suis-moi...

Le Rodien marmonna un juron dans sa langue natale, mais consentit à lui emboîter le pas. Ils progressèrent jusqu’à un corps de Jedi.
– Il faisait partie de mon groupe de Novices lorsque Maître Viridia nous enseignait les bases de la Force, révéla-t-elle avec tristesse.

Elle écarta la main du mort et s’empara de son arme quand soudain, une forme indistincte déambula dans le hall en brandissant une vibrolame. C’était un Cathar, une race à l’aspect félin, vêtu d’une bure de Jedi. Du sang tachait le fin duvet de ses mains et son visage inexpressif ressemblait à celui d’un fantôme, à l’image de ceux qui attaquaient les habitants sans distinction.
L’agilité naturelle de l’homme-chat, accrue par la Force, lui permit d’éviter les tirs de Twick. En réponse, Lyra activa conjointement son sabre et celui du mort à ses pieds. Le Cathar s’avança, mais une personne en armure républicaine jaillit d’une pièce sur le côté et enfonça une épée dans sa hanche jusqu’à la garde. L’homme retira sa lame ensanglantée d’un coup sec, achevant son opposant qui émit un râle d’agonie.
Lyra eut un mouvement de recul lorsque l'inconnu redressa ses deux mètres de muscles hypertrophiés.
– Votre tour arrive, sales assassins ! Proféra ce dernier.

Malgré le visage déformé par la haine, Lyra reconnut Owen Mordum à l'ultime moment.
– Owen ! Je suis Lyra Mayn ! Je ne suis pas avec les meurtriers !

L’expression de l’ambassadeur s’adoucit lorsqu’elle désactiva ses sabres laser pour paraître amicale.
– Tu as raison... eux ne parlent pas. Ils se contentent de tout saccager sans le moindre état d’âme. Sais-tu qui est l’instigateur de ce massacre ? Depuis mon retour de Coruscant, il ne s’est passé que des évènements bizarres et inexplicables.

La jeune femme s’apprêta à répondre, mais elle sentit brusquement une présence d’une noirceur insoutenable. Elle tomba à genoux, ses mains crispées sur la tête.
– Je ressens le Côté Obscur mêlé à une force inimaginable de méchanceté, de cruauté et d’envie de sang. C’est très proche ! Je suis si bouleversée... nous devons fuir cet endroit coûte que coûte !

– Paroles de Lyra Mayn gagner en intelligence, approuva Twick qui se tenait à l’écart d’Owen. Cargo du pauvre Twick être bon pour la casse à cause de chasseurs de primes. Où être vaisseau Jedi ?

Lyra combattit la douleur et les enjoint à la suivre à l’extérieur.
La nuit était tombée, mais les affrontements se poursuivaient sur la Grande Place imparfaitement tapissée de cadavres et de diverses traces calcinés. Au centre, deux personnes de taille inégale se défiaient du regard. La source du Côté Obscur émanait de la plus petite des silhouettes qui ressemblaient fortement à celle d’un enfant. Elle se rapprocha du duel et resta bouche bée devant l’identité du second protagoniste.
C’était Zurth Draal, son ancien mentor.
Voûté par la fatigue et les blessures, celui-ci remarqua la présence de Lyra :
– Fuis ! Tu ne peux empêcher l’accomplissement de ma destinée !

Et c’est alors que la vérité frappa Lyra dans toute son ampleur.
Des larmes d’impuissance coulèrent de ses prunelles émeraude lorsqu’elle comprit la raison du comportement étrange de Zurth. En anticipant la rencontre avec cette créature remplie de ténèbres, celui-ci l’avait forcé à la fuite sous prétexte de lui reprendre son sabre laser.
« Il sacrifie sa propre vie pour me sauver ! Il savait pertinemment que je n’aurais pas voulu l'abandonner autrement ! »
Vaincu, Zurth tomba à genoux devant son adversaire sans quitter Lyra des yeux. Il sourit comme un père le ferait à sa fille.
Lyra crispa ses doigts sur la poignée inactive de son sabre. Un geste qui n’échappa pas à Owen.
– Je te comprends plus que tu ne l’imagines, Lyra. Malgré tous mes efforts, ma compagne m’a été arrachée sur Coruscant il y a peu. Tu ne peux le sauver, il est trop tard. Respectes son sacrifice et survie... déclara le Républicain d’un air sombre.

Mais Lyra était incapable d’abandonner son ex-mentor. Trop loin et déjà à la merci de l’ennemi, Zurth Draal était pourtant perdu. Owen la ceintura pour empêcher toute intervention de sa part lorsque le Sith attira Zurth vers lui...


**************

Quelques minutes auparavant...


Zurth éprouvait de grandes difficultés dans son combat.
Malgré leur absence d’esprit, les trois Jedi ennemis conservaient toutes les connaissances et techniques de leur vie antérieure. La douleur et la fatigue ne semblaient pas affecter leurs mouvements, comme s’ils n’étaient que des morts ressuscités.
Ainsi la situation de Zurth serait sans issue s’il n’avait pas découvert leur point faible.
« Vidés de tout esprit créatif, ils ne peuvent ni innover ni s’adapter. »
Même en sachant cela, le Maître ne parvenait pas à prendre l’avantage sur le trio et il se vidait lentement de toute son énergie à force de défendre sa position.
Il décida de troquer le prudent Soresu pour le Djem-So plus agressif et risqué. Une impression de force pure se dégagea de chacun de ses gestes tandis que ses ennemis se déployaient autour de lui.
- Vous allez découvrir la technique qui a vaincu Odénout Mapassar ! prévint-il en empoignant son sabre à deux mains.

Zurth avança vers le Kel Dor devant lui. Son enchaînement de coups surpuissants força l’alien à reculer dans un intense grésillement. L’avantage était du côté de son côté dans ce duel, mais ils n’oubliait pas les deux Twi-Leks. À l’instant où il ouvrit la garde du Kel Dor, la Twi-Lek lança son sabre laser qui virevolta vers sa tête. Vigilant, Zurth se baissa, puis sauta par-dessus son adversaire direct. Déconcentré par l’arme volante de son alliée, ce dernier ne put éviter la lame bleutée de Zurth. Laquelle vibra dans l’air et trancha net son cou.
« Plus que deux... »
Zurth se réceptionna, prêt à en découdre avec le duo de Twi-Lek. Ceux-ci ourdissaient déjà leur riposte, leurs bras levés vers le Maître. Les appuis de ce dernier s’évanouirent lorsque la Force le souleva d’une trentaine de centimètres. Incapable de déjouer cette attaque, Zurth se focalisa sur une technique de son vieil ami, Kalin. Les Twi-Leks le projetèrent sur le sol avec une puissance suffisante pour briser chaque os de leur victime. L’impact zébra les dalles sous Zurth dans un brouillard de poussières.
Heureusement, il avait usé d’un Bouclier de Force pour atténuer le choc et préserver sa vie.
Zurth se releva avec difficulté, mais son bras gauche ensanglanté pendait sur le côté et irradiait une terrible douleur.
« Impossible de recourir au Djem-So avec une telle blessure. »
Le Jedi analysa son environnement à la recherche d’une aide extérieure tandis que le tandem de Twi-Lek progressaient dans sa direction.
Et l’idée lumineuse lui apparut, aussi visible qu’un Hutt au milieu d’une foule.
Rassemblant ses dernières forces, Zurth crispa sa main valide vers un bâtiment éventré et provoqua une Poussée de Force sur l’unique pilier qui le maintenait d'aplomb. L’immeuble s’effondra sur les faux Jedi dans un grand fracas de tôles froissées.
Zurth s’adossa contre un pan de mur encore debout, le souffle court, le corps courbaturé.
Sa capacité à maîtriser la Force s’étiolait aussi, à mesure que baissait sa lucidité.
Il arracha un morceau de sa bure en lambeaux et confectionna un garrot pour sa blessure à l’épaule. Son regard se tourna vers le Temple Jedi, par delà la Grande Place d’Ossus, mais il se figea en remarquant une petite silhouette esseulée.
Elle ressemblait à celle d’un enfant, Zurth entraperçut un visage ridé et décoré par deux yeux rougeoyants. La corruption du Côté Obscur l’entourait telle une bulle malfaisante et sentait la mort.
À bout de force, Zurth comprit que sa vision se concrétisait.
– Ta vie s’achève ici, Jedi, siffla le Sith. Et tu n’as plus besoin de ça.
Il se débarrassa du sabre de Zurth avec la Force lorsque celui-ci tenta de l’activer, et projeta le Jedi au centre de la place d’un geste désinvolte. Zurth grogna de douleur, l’épaule déboitée, mais il se releva en percevant une présence familière.
Il leva les yeux vers Lyra, à l'entrée de l’ambassade républicaine.
– Fuis ! Tu ne peux empêcher l’accomplissement de ma destinée !

Si heureux de revoir sa protégée une dernière fois, Zurth sourit avec tendresse. Ces sept années passées à lui apprendre l’art Jedi furent pour lui les meilleures de sa vie. Maintenant, il pouvait partir en paix. Lyra survivrait, car le Conseil se rapprochait de la Grande Place.
Et même la Force obscure qui l’attira vers le monstre Sith ne suffit pas à dissiper son sourire ; la lame de sabre laser qui transperça son cœur ne lui ôta pas plus son sentiment du devoir accompli...

 


*************



Et Lyra hurla d’horreur lorsque son ancien Maître s’affala par terre pour l’ultime fois.
- Lâche-moi ! cria-t-elle à l’adresse d’Owen.

Mais le Républicain était résolu à la protéger d’elle-même et resserra son étau. Twick tenta à son tour de calmer sa détresse.
– Jedi arriver ! Eux s’occuper du monstre pendant que nous fuir !

Le Rodien avait raison, car Lyra repéra une dizaine de formes obscures sortir du Temple. Suivi de plusieurs membres du Conseil, Taveel se tenait parmi eux, son sabre laser couleur or flamboyant dans la nuit.
- Laissez-moi ! insista-t-elle en se libérant d’un coup de coude.

– Quelle furie... gémit Owen.

Lyra voulut se rendre auprès du corps de Zurth, indifférente au danger, mais quelqu’un apparut par-derrière et la frappa à la tête. Malgré la promiscuité environnante, Owen reconnut Kalin Notsun. Lui aussi semblait blessé avec sa bure déchiquetée à maints endroits et sa tunique tachée de sang.
– Zurth a sacrifié sa vie pour elle. Je ne crois pas que le meilleur moyen de soutenir ce noble geste soit de se jeter dans la gueule du rancor. Cette idiote n’a pensé qu’à sa vengeance... s’expliqua froidement Kalin.

Derrière lui, au centre de la place, un combat titanesque débutait entre les conseillers et le Sith.
– Maintenant, partez au Feu Ardent, contactez la flotte de la République et empruntez la route d’Ilum, reprit Kalin d’une voix forte. Oh et vous aurez besoin de ça !

Il lança un calepin électronique, attrapé en vol par Owen.
– Qu’est-ce que c’est ?

– Montrez-le juste à un officier supérieur de la République. Il saura la marche à suivre. Pour ma part, je reste ici afin de vaincre cette créature endiablée.

Sur ces paroles, le vaillant Jedi se précipita en direction du combat qui gagnait en intensité.
Owen réfléchit un instant, les yeux rivés sur le datapad.
Sans l’appui de plusieurs Chevaliers, la République n’aurait aucune garantie de victoire. Mais Owen avait appris une chose primordiale au contact de Kalin.
« Devant une volonté d’acier, une détermination sans faille et un courage à toute épreuve, le nombre d’ennemis importe peu. »
– Je dois la vie à Kalin alors je me rendrais sur Ilum pour honorer cette dette, déclara-t-il en soulevant le corps inanimé de Lyra.

Twick hésita un instant.
Même pendant sa période en tant que mercenaire, le Rodien n’avait jamais été courageux. Seule son ingéniosité couplée à son talent de confection d’armes demeurait depuis toujours ses qualités. Malgré cela, il se découvrit un honneur qu’il ne pensait pas posséder.
– Twick avoir aussi vieille dette envers Den Liser. Twick avoir envie de se cacher, mais lui refuser toute lâcheté. Rodien venir avec vous !

 *************


Le Conseil dans son ensemble, à l’exception notable de Viridia et du défunt Avada-Jumi, encerclait le Sith. Le visage tendu des membres était déformé par l’aversion profonde qu’ils éprouvaient envers l’abomination responsable de la mort de nombreux Jedi et habitants d’Ossus.
Kalin percevait les échos dans la Force laissés par toute cette violence, tous ces meurtres de sang froid. Il n’en revenait pas de la rapidité avec laquelle la situation s’était dégradée à l’insu de tous.
Mais maintenant, il était grand temps de riposter !
L’ancien Maître de Den prit place au sein du cercle au moment où Taveel amorça la conversation sur un ton glacé :
– Le piège se referme avec l’inéluctabilité de votre défaite, créature de l’ombre !

Jadis pourvu d’une apparence infantile, le petit Sith ressemblait désormais à une monstruosité difforme victime de mutations. Un liquide noirâtre et suppureux perlait de ses yeux rougeoyants et sa peau ridée, aussi blanche que celle d’un cadavre, se craquelait à divers endroits de son visage. Kalin supposait que l’immense puissance du Côté Obscure qui habitait un corps si juvénile le corrompait à vitesse V.
– Je ne suis ici que dans l’unique but de porter un coup fatal à l’Ordre Jedi, émit le Sith par voie télépathique à l’ensemble du cercle Jedi.

Une vague de ténèbres se déploya à partir du petit être et s’immisça en Kalin. Ce dernier chancela, en proie à de violentes nausées, et, d’un coup d’œil fugitif, réalisa qu’il n’était pas la seule victime de cette attaque. Tous les autres membres du cercle souffraient également des mêmes maux.
Et le pire était à venir...
Des voix inintelligibles envahirent l’esprit de Kalin, provoquant une réminiscence du moment le plus difficile de sa vie.

**********


Tel un cauchemar plus vrai que nature, Kalin se apparut face à une version de lui-même rajeunie d’une vingtaine d’années, à l’intérieur d’un appartement. Sa réplique fixait une femme à la chevelure brune et d’une grande beauté que même son ample tunique Jedi ne parvenait à dissimuler.
– Nous nous retrouvons enfin, Asha, annonça le jeune Kalin, la voix chargée d’émotion.

Le doux sourire d’Asha l’accueillit, mais il contrastait avec la tristesse exprimée par ses prunelles. Le Kalin d’aujourd’hui vissait son regard sur elle comme s’il la rencontrait pour la première fois. Il était horrifié, car il se rappelait la tournure tragique que prendrait cette conversation ; il était pourtant au moins aussi heureux que sa jeune réplique de revoir une fois de plus ce visage tant adoré.
La douceur de ses cheveux, la perfection de ses courbes, le goût légèrement fruité de sa bouche... toutes ses sensations demeuraient gravées dans son âme à jamais. Mais rien parmi ses attraits physiques ne constituait les meilleures armes de séduction d'Asha.
Non...
Depuis toujours, c’était son immense bonté et sa compassion désintéressée. Telles des flèches, elles avaient touché le cœur de Kalin et mis à mal son serment de Jedi.
– Kalin... je suis si heureuse de te revoir, mais tu n’aurais pas dû venir à ma rencontre, répondit-elle.

Une étincelle d’incompréhension traversa le regard du jeune Kalin.
– Comment ? Voilà un an standard que tu n’es pas revenu au Temple à cause de cette mission. Et pourtant, mes pensées ont toujours dérivé vers toi et notre amour partagé.

Le Jedi voulut lui prendre la main, mais celle-ci la retira avec brusquerie. Le désarroi de Kalin s’accrut lorsqu’elle détourna la tête, refusant de croiser son regard.
– Que se passe-t-il, Asha ?

– Cette mission traîne en longueur, car je l’ai voulu ainsi. Il s’agit du seul moyen pour rester à l’abri de l’Ordre.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? demanda Kalin, la gorge sèche.

Ce dernier éprouvait un mauvais pressentiment qui n’avait rien à voir avec sa pratique de la Force. En venant la rejoindre sur Fassa, il avait juste désiré plonger dans ses yeux auburns et entendre sa joie et sa surprise devant son apparition à l’improviste.
Mais rien ne se passait selon ses espoirs...
– J’ai... j’ai eu un fils. Je suis restée ici afin que personne ne remarque ma grossesse, surtout pas toi. Pardonne-moi, Kalin, l’implora-t-elle, les larmes aux yeux.

Cette nouvelle foudroya son interlocuteur, lequel sentit une puissante vague d’émotions négatives l’envahir. Comment avait-elle pu le trahir, lui, avec un autre homme ?
Quant au Kalin du présent, il souffrait d’un chagrin qu’il pensait avoir surmonté depuis longtemps.
Quand il suppliait que cette torture cesse, elle gagnait en clarté et en intensité ; quand il voulait fermer les yeux, une étrange force l’en empêchait ; et quand il posait les mains sur ses oreilles, Kalin entendait la conversation plus disctement.
Il était obligé de revivre une nouvelle fois ce qui demeurait encore comme le souvenir le plus terrible de sa mémoire.
Son double parla d’une voix frémissante d’indignation et de colère.
– Mais... je croyais que tes sentiments et les miens ne faisaient qu’un !

Asha pleurait à chaudes larmes. Le jeune Kalin sentait sa profonde détresse à l’idée de la souffrance qu’elle engendrait en lui.
– Pardonne-moi Kalin, insista-t-elle, la voix secouée de sanglots. Mais je ne suis pas certaine de t’avoir jamais aimé...

Cette dernière phrase agit comme un déclic dans l’esprit du jeune Jedi. Toute raison, toute lucidité fut remplacée par une colère noire mêlée à la douleur de perdre un être chéri.
– C’est impossible ! Tu mens ! Dis-moi le nom de ce... type !

D’un geste incontrôlé, il poussa sa dulcinée qui chancela.
Le Kalin du présent vit avec horreur la Jedi tomber en direction de l’angle pointue d’une table.
« Tout, mais pas ça ! »
Il ne voulait pas revoir ça !
Mais au lieu de céder au désespoir, Kalin comprit qu’il devait chercher la paix et la sérénité au sein de la Force.
S’il se perdait dans ses pires souvenirs alors il serait incapable d’aller de l’avant. L’épisode tragique avec la seule femme de sa vie qu’il ait aimée résultait d’un passé où sa passion le guidait.
Et cette époque était révolue à présent.
« Je suis un Jedi... »


********

Libéré de la technique mentale du Sith, Kalin faisait connaissance avec le sol dallé de la place. Cette vision l’ébranlait, mais il se rappela la situation actuelle des Jedi.
Une créature les attaquait, semant mort et chaos sur son passage !
Prés de lui, seuls cinq maîtres tenaient encore debout. Taveel et la Gardienne du Savoir, Yadia, faisaient partie des résistants. Quant aux autres membres du cercle, ils gémissaient et gesticulaient devant leurs démons intérieurs.
Kalin se releva et se joignit au lien mental unissant les conseillers.
– Quelle sera notre prochaine action ? Les pouvoirs de cette créature nous surclassent... demanda-t-il à Yadia, la plus proche de sa position.

– Suivez-nous... murmura-t-elle simplement.



*********

Les dernières heures avaient été sombres pour Viridia pendant lesquelles il s’était évertué à la capture des Chevalier Jedi sous l’emprise du Sith. Il portait à sa charge le poids de tous ses évènements.
« Pour ne pas avoir vu venir cette tragédie aveugle, j’ai été. »
Comment ne pourrait-il jamais se pardonner cette faiblesse, lui, le Grand Maître de l’Ordre ?
Rien ne serait plus comme jadis, pas même lui...
Mais l’heure n’était pas encore aux regrets et aux décisions qui s'imposaient.
Viridia suivait son intuition développée et celle-ci le menait aux niveaux inférieurs du Temple.
Le désir de vengeance justifiait l’attaque des Sith sur Ossus, mais le vieux Jedi sentait autre chose, un objectif plus diffus. Quel que soit le mal engendré par toutes ces victimes, l’Ordre y survivrait malgré tout.
Si lui le savait alors les Sith aussi.
En réalité, il existait bien quelque chose susceptible d’intéresser ces derniers, en dehors de la destruction d’Ossus.
« Les holocrons... très mauvais, c’est... »
Au sein même des fondations du Temple, dans une pièce secrète, reposaient des savoirs interdits. Seuls les actuels et anciens membres du Conseil connaissaient son existence.
Entres autres, les holocrons Sith découverts par Odénout Mapassar y étaient entreposés, à l’abri des regards indiscrets. Mais il y avait également un autre objet, ancestral et plus dangereux que n’importe quoi dans la Galaxie. Lui et son peuple le gardaient depuis des millénaires et nul autre qu’eux ne connaissait sa fonction.
De fait, Viridia rejeta l’idée que les Sith ourdissent un plan le concernant.
Il bifurqua à l’angle du couloir, en direction des escaliers menant aux entrailles du Temple.
– Tiens, tiens, le Grand Maître en personne... murmura une voix sifflante.

Viridia se retourna promptement et fut soulagé de tomber sur Laydus.
– Étrange... senti, je ne vous avais pas, se méfia le petit être multicentenaire.

– Que craignez-vous, Maître Viridia ? Pourquoi empêchez-vous tout accès aux sous-bassements du Temple ? demanda la voix haut-perchée de la Fosh.

C’est alors qu’il comprit la vérité et ses longues oreilles en frémirent de déception.
– Aux mêmes raisons que les vôtres, ma présence en ces lieux est due. Reprendre les holocrons Sith, vous désirez ardemment. En vous la perversion du Côté Obscur, je ressens.

Laydus émit un reniflement dédaigneux.
– Ainsi votre légendaire clairvoyance se manifeste enfin, ironisa-t-elle. Pensiez-vous sincèrement que le Seigneur Mapassar aurait perdu sa position privilégiée au sein de l’Ordre sans y laisser un espion ? C’est grâce à moi si le rejeton Sith s’est infiltré sur Ossus, grâce à moi si tant de drones Jedi nous ont rejoins et grâce à moi que l’Ordre vacille sur son piédestal !

Ses paroles blessaient Viridia autant que la Fosh se l’imaginait.
Un membre du Conseil était corrompu et il n’avait rien vu. Même le Grand Maître avait été incapable de déceler la technique qui dissimulait la nature obscure de Laydus.
– Jusqu’à exécuter les basses besognes des Sith, votre soif d’ambition vous a conduit. Pas très reluisant, tout cela est.

Mais la Fosh demeurait sourde à ses paroles. Elle était animée du désir violent de prouver la supériorité des Sith.
– Le Seigneur Mapassar m’a montré l’étendue des connaissances Sith sur la Force. Nulle personne ne peut s’opposer à un tel pouvoir. Les Jedi qui affrontent le Novice actuellement s’en rendront compte, mais il sera trop tard. Il ne représente que le fruit d’une expérience menée par les Seigneurs Sith et pourtant, considérez les dégâts matériels et humains qu’il a déjà provoqués. Même votre esprit aiguisé ne résisterait pas à une intrusion de sa part.

– Qui vivra verra. Figé, nul avenir n’est. Aucune chance de franchir ses escaliers, je ne vous laisserai, indiqua Viridia avec sérénité.

– En effet, nous verrons... susurra Laydus en esquissant un geste vers son sabre.

L’assurance de la Fosh était aussi suspecte qu’un Neimoidien défendant son honnêteté. Pourtant, Viridia ne captait aucune intention belliqueuse à son égard. Elle demeurait simplement immobile avec un sourire malicieux.
Mais il réalisa ce qu’il se passait lorsqu’il entendit des pas précipités en provenance des escaliers. Il fit volte-face et découvrit deux anciens Chevaliers Jedi tenant chacun un sac bien rempli.
Viridia usa de la Poigne de Force et réduisit le contenu d’une des poches en miettes.
– Que faites-vous ? s’exclama la voix courroucée de Laydus.

Le duo de drones sans esprit s’arma de leurs sabres laser et attaqua le petit Maître en réponse. Ce dernier les bloqua, mais la Fosh se joint au combat. Sa lame viridienne tourbillonna comme une tempête autour de son ennemi qui faisait face aussi au coup des deux anciens Jedi. D’un bond, le Grand Maître parvint à couper la poignée d’un sabre, mais il se retrouva encerclé par ses trois adversaires.
- C’est la fin, Viridia ! jubila Laydus.

– Parfois dans la défaite, la victoire se trouve, répliqua sagement le Jedi.

Sa lame bleue repoussa la Fosh dans un déluge d’étincelles. Viridia en profita pour projeter une Poussée vers la traîtresse. Surprise, elle s’écrasa sur le mur avec violence. Dans la foulée, le Grand Maître désarma le deuxième Jedi en lui tailladant la poitrine.
Mais la Force ne le prévint pas des intentions de l’autre Jedi, car ce dernier ne possédait aucun esprit. Il était simplement une extension dépourvue d’âme de la volonté Sith. Il joignit ses mains et assomma Viridia à l’arrière du crâne.
Dans les échos persistants de sa conscience, le Maître entendit une voix :
– Laissez-le ! Je sens des ennemis tout proches et notre mission est bien plus importante que tout le reste !




***********
 


Les Jedi encore debout résistaient tant bien que mal, mais s’ils avaient repoussé leurs démons intérieurs, ce n’était pas le cas des nausées.
– Nous ne tiendrons plus longtemps à ce rythme. Cette technique ressemble à une puissante variante du Morichro, se plaignit Kalin, courbé vers l’avant sous l’effet de la douleur.
Trop concentrés sur l’ennemi, ses supérieurs demeurèrent aussi silencieux que des tombes.
Kalin ressentait l’intensité du bras de fer entre le Côté Lumineux et le Côté Obscur. Ce dernier semblait le perdre au vu de la dégradation physique que subissait la créature Sith seconde après seconde. Son visage monstrueux se tuméfiait atrocement, ses globes oculaires se liquéfiaient comme de la glace au soleil et ses mains putréfiées abandonnaient des bouts de chairs ensanglantées.
Kalin n’avait encore jamais observé de tels effets sur un corps vivant après une utilisation prolongée de la Force sombre.
L’abomination tendit ses membres vers le ciel et émit un cri aigu empli de rage ressemblant à celui d’un oiseau. Bientôt, des filets de fumée noire émergèrent des extrémités de ses doigts gâtés. Kalin reconnut la technique qui avait annihilé l’esprit d’Avada-Jumi, mais il ne trouva pas le temps pour prévenir les Conseillers. Ces derniers étaient prêts pour la contre-attaque de la lumière.
L’ex-mentor de Den Liser calma son appréhension et s’ouvrit à la Force autant que possible. L’entité régente de la galaxie se déversa dans son corps, accentuant ses perceptions et son pouvoir.
Mais Kalin ne s’en servit pas pour agir sur son environnement contrairement à son habitude. Il dirigea la Force vers son essence intérieure, l’âme. Celle-ci étincelait de mille feux, à l’image des soleils jumeaux de Tatooine. Cette étape ne représentait que la partie facile de la technique préparée par le Conseil. Connecté entre eux, chaque membre du rituel devait ajuster sa force spirituelle de manière à ce qu’elles soient toute égale. Toute erreur d’inattention produirait l’échec de la manœuvre, et la mort de Kalin et des autres par extension...
La fumée noire approchait du Jedi, mais celui-ci n’avait plus conscience de l’environnement matériel. Il baignait dans un courant de Force, renforcé par son essence lumineuse. Ainsi, l’ultime recours du Bien parvenait à terme pour son unique offensive face au Mal.
L’émanation obscure grimpa sur la bure de Kalin et se sépara en appendices intangibles dirigés vers les muqueuses de la tête. Au dernier moment, une lueur aveuglante s’exhala du corps de Jedi et agit tel un bouclier. Le même phénomène se produisit avec Taveel et ses compagnons.
Le Cercle de la Lumière était en place...
Une sensation de paix et de bien-être se répandit autour, libérant les Jedi prostrés aux sols de leurs cauchemars. Le Sith hurla à plein poumon au contact de cette force délétère pour lui. Kalin réprima un frisson au son de cette stridulation inhumaine, mais conserva sa concentration.
La fin approchait.
Malgré tout, le monstre accentua le débit de fumée avec un désespoir perceptible alors que le cercle se resserrait autour de lui. N’ayant nulle part où aller, les émanations tourbillonnèrent aux alentours de leur émetteur dans une tornade néfaste.
Le Sith modifia sa tactique.
Ses bras tendus à l’horizontale diffusèrent soudainement des entrelacs électrifiés, tandis que la brume sombre s’échappait par sa bouche. La Foudre s’écrasa sur le bouclier lumineux et dégagea un vent chaud, vicié d’ozone, sur Kalin. Ce dernier mit un genou à terre, le souffle court, sans briser le lien dont dépendait la victoire.
Il devait tenir !
Et, il le savait, même au prix de sa vie...
Les Jedi précédemment sauvés se joignirent au cercle et diminuèrent la pression exercée par le Sith. Kalin les en remercia en silence.
Un nouveau cri parsemé de gargouillis l’autorisa à ouvrir un œil en direction de l’ennemi.
Un halo ténébreux entourait son corps famélique sur le point d’être désintégré. Ses vêtements de Novice se volatilisèrent, emportés par la puissance du Côté Obscur. La vision horrible d’un bras se détachant de la créature mourante tordit l’estomac de Kalin.
Et pourtant, sa haine des Jedi lui permettait encore d’exister.
Le Cercle de la Lumière progressa à pas coordonnée et s’arrêta à un mètre du centre. L'éclatante lueur désagrégea le brouillard, révélant l’atroce agonie du monstre. Frappé de toute part, ce dernier s’éleva sur quelques centimètres. Il ne pouvait même plus pousser ce cri si désagréable aux oreilles de Kalin puisqu’il n’avait plus de gorge. D’énormes plaques calcinées décomposaient ce qu’il restait du corps infantile dans un maelstrom de rayons lumineux.
Et quelques secondes plus tard, il n’y avait plus rien...
Une voix désincarnée siffla à l’intérieur de la tête de Kalin.
– L’Oracle est immortel, misérables Jedi ! Vous n’avez détruit qu’une simple extension de la volonté Sith !



Maître Taveel estompa le Cercle de la Lumière juste après les ultimes paroles de la créature maléfique.
À la place de cette dernière, il ne restait plus qu’une poignée de cendres que le vent éparpillerait bientôt. L’Ordre Jedi avait triomphé en fin de compte...
« Mais est-ce vraiment une victoire ? »
Taveel interrompit ses pensées lorsque Kalin s’effondra comme une masse devant lui.
- Vous m’entendez ? demanda le Korun en se précipitant à ses côtés.

Mais le Jedi demeurait inerte. Son visage avait la pâleur extrême de celui d’un mort...



**********

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 15 Août 2017, 11:32 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 03 Décembre 2016, 01:13
Messages: 46
Sexe: Masculin
Espèce: Colicoïde
Planète natale: Mandalore
Affiliation: Mandalorien
Allez, deuxième chapitre d'affilé !


Chapitre 18
Démasqués







L'obscurité tombait sur la jungle d'Ilum et avec elle, toute possibilité d'avancer. Trop heureux d’avoir enfin une occasion de récupérer, Den et Vala s’étaient jetés avec avidité sur les rations de survie.
L’ancien Padawan pensait profiter d’une longue période de repos pour restaurer ses forces, mais il n’en fut rien. Une fièvre l’assaillit pendant la nuit, forçant Vala à éponger son front brûlant jusqu’au petit matin.
Encore faible, Den fixait leur destination, une montagne solitaire, éclairée par l’aurore. Ils n’avaient parcouru que la moitié du chemin. Au moins, sa maladie n’était plus qu’un mauvais souvenir.
– J’ai entendu une discussion entre deux Mandos. Il paraît qu’un champ disruptif en provenance de la grotte qui abat chaque vaisseau franchissant sa zone d’influence. Voilà la raison pour laquelle nous nous y rendons à pied, lui apprit Vala à travers son casque.

Den émit un grognement.
– J’imagine que les paragraphes corrompus du journal de Betley en faisaient mention. Nous avons eu de la chance de nous poser en catastrophe loin de la grotte.

– La chance n’a rien à voir là-dedans. C’est la Force qui nous guide...

– Qui sait ? répliqua Den en songeant à la voix entendue dans sa tête lors de leur arrivée mouvementée sur Ilum. Je crains que le moment soit venu de fausser compagnie à nos nouveaux amis. Un Mando m’a fixé avec insistance lorsque je ne portais pas le casque.

Inquiète, Vala réfléchit un instant.
– La grotte n’est plus très loin. Nous aurons besoin d’une diversion de BP-S1. Mais pour l'instant, j’aimerais discuter d’un certain sujet. Vois-tu lequel ou ta mémoire l’a-t-elle volontairement occulté ?

Den afficha une expression d’incompréhension. Vala plissa des yeux d’un air mauvais, ce qui était toujours un signal d'alarme venant d’elle. Le renégat finit par céder.
– Bon oui ! J’ai laissé le Côté Obscur prendre le pas en moi.

– Quelle perspicacité ! Se moqua Vala sur un ton dur. Nous nous retrouvons en territoire hostile, rempli d’ennemis et monsieur succombe à sa colère et sa rage. Qu’a bien pu fabriquer Kalin Notsun avec toi ?

Les reproches de Vala étaient déplacés pour Den. Ce dernier estimait mériter davantage de considération de sa part vu qu’il lui avait sauvé la vie. Mais s’il avait appris une chose essentielle sur son amie, c’était qu’elle s’accrochait farouchement aux principes de l’Ordre.
– Je ne voulais pas que tu souffres, Vala. Enfin quoi ! Ce monstre te torturait avec un tisonnier chauffé à blanc ! D'ailleurs, je suis surpris que tu ne te plaignes pas de la brulure. Bref, tout cela est entièrement ma faute depuis notre départ d’Ossus.

– La douleur physique n’a pas d’importance comparée à celle de l’âme. As-tu seulement pensé aux conséquences si tu demeurais du Côté Obscur à tout jamais ? J’aimerais mieux rejoindre la Force plutôt que de vivre en sachant que j’aurais été le déclencheur de ta corruption ! Et pour parfaire le tableau, je sens que tu me caches des informations primordiales, répliqua Vala avec fougue.

Den sentait aussi de la déception dans ses reproches. De toute évidence, elle était persuadée qu’il n’avait pas en confiance en elle.
Elle se trompait.
Ou peut-être avait-elle raison ?
Le renégat éprouvait de la peur à l’idée que Vala le considère comme un fou s’il lui dévoilait l’existence de voix mystérieuses dans sa tête. Pire encore, elle le croirait corrompu si elle apprenait la présence d’une entité obscure au fond de lui.
Il soupira.
– Tu ne me laisses guère le choix. Très bien, je vais tout te révéler, mais avant, garde à l’esprit que je ne ressens plus la Force. Imagines-tu à quel point je maudis cette faiblesse. Chaque seconde est une torture, chaque minute dure pour moi une éternité.

Il s’interrompit et prit son courage à deux mains.
– À notre arrivée sur Ilum, je me suis évanoui à cause d’une mystérieuse entité qui s’est insinuée dans mon esprit. J’ignore ses motivations, mais elle m’a exhorté à continuer la lutte et à poursuivre ma Quête.

Le visage de Vala se tordit en un masque d’inquiétude mêlé de scepticisme. Den s’y attendait, mais il décida d'aller jusqu'au bout de sa confession.
– Ce n’est pas tout. Lors de la captivité dans le camp mando’a, j’ai... j’ai conversé avec ma partie sombre. Elle m’a dit que tout mon pouvoir de jadis avait permis sa naissance et sa maturation en tant qu’esprit indépendant du mien. Nous devons notre vie à son intervention et à personne d’autre... Maintenant, tu es libre de me croire ou pas, mais n’insinue plus que je ne t’accorde pas ma confiance, termina-t-il.

Troublée, Vala mit quelques secondes de retrouver l’usage de la parole. Elle semblait toujours dubitative quant à la véracité de ses affirmations.
– Mais Den, reprit-elle d’une voix anormalement douce, il est impossible de discuté avec son Côté Obscur. Je pense qu’il s’agit simplement de manifestations de ton propre esprit mues par toutes les épreuves difficiles que tu traverses.

La frustration envahit l’ancien Padawan. Elle ne le croyait pas !
– Tu oublies mon incapacité à user de mes pouvoirs de Jedi en temps normal. Mon Côté Obscur, lui, le peut ! J’ai été honnête avec toi afin de te prouver mon absolue confiance en toi, au risque de passer pour un malade mental. Sans ton soutien, je serai complètement perdu. Ma cause est devenue tienne et tu l’as embrassée avec une implication qui dépasse le cadre d’une mission normale. Jusqu’à il y a peu, je n’ai pu exprimer qu’une reconnaissance dénuée de toute action concrète. Comprends-tu ? S’il faut utiliser des moyens réprimés par l’Ordre afin de te sauver au moins une fois, alors ainsi soit-il !

La conviction palpable de Den en sa vérité franchit enfin les a priori de Vala. Émue, cette dernière ne pensait pas qu’il tenait autant à elle. Après tout, son ami était un être à part, l’Élu. Dans toute l’histoire de l’Ordre Jedi, jamais aucun membre de sa famille n’avait perdu son lien au cristal Kiishra auparavant.
– Tu dis la vérité, concéda-t-elle, mais je te conjure de ne plus céder à la tentation du Côté Obscur.

Ce fut comme si un immense poids libérait les épaules de Den. Il était si heureux que la Jedi croit en la sincérité de ses paroles.
– Je ferais des efforts, c’est promis.
Cette réponse évasive ne convenait pas à Vala. Celle-ci s’abstint de poursuivre la conversation, consciente que quelque chose ne tournait pas rond dans le camp Mando. La majorité des soldats discutaient entre eux de sujets divers et n’avaient manifestement pas pour projet immédiat de reprendre la route. D’autres s’entraînaient au combat au corps à corps.
Après avoir mangé un morceau, Den se leva avec la ferme intention de découvrir ce qui clochait. Une clameur s’élevant du centre du campement attisa sa curiosité.
Il repéra deux Mandaloriens en plein affrontement sous les encouragements de leurs pairs.
Reconnaissable à son armure grise, le Sergent Brandon avait retiré son casque et révélait un crâne lisse et luisant de transpiration sous les rayons matinaux. Il échangeait des coups de poing d’une violence inouïe avec son adversaire, lequel grognait de douleur. Survoltés par l’intensité du combat, les observateurs faisaient tout pour échauder davantage l’ambiance et haranguaient sans cesse les deux protagonistes.
Une main gantée se posa sur l’épaule du jeune homme et le fit sursauter.
– Il paraîtrait qu’un rang social élevé se gagne par les défis et les exploits guerriers chez ce peuple, commença Vala, elle aussi attirée par l’agitation.

Den écoutait l’explication d’une oreille discrète, car il admirait le style de Brandon, à la fois efficace et brutal. Bien que d’apparence plus juvénile, son adversaire ployait sous l’avalanche de coups, mais se défendait avec courage.
D’un saut, Brandon lui asséna un crochet du droit qui fit gicler une gerbe de sang par la bouche. Le jeune Mando’a mit un genou à terre pendant une fraction de seconde avant d’amorcer une riposte. Son croche-pied échoua lorsque Brandon se recula vivement. Cet instant de répit lui permit de se relever. Le Sergent revint à la charge et joignit ses mains à celles de son adversaire.
Un duel de force pure se déroulait entre les deux combattants, mais Den ne doutait plus de l’identité du vainqueur.
- Ce cœur, cette volonté de triompher est fascinante ! s’étonna Den, subjugué.

– Ils n’étaient pas aussi hargneux quand nous les avons affrontés, remarqua Vala, moins admirative que son ami.

Entre-temps, le vis-à-vis de Brandon gisait sur le sol, en proie à un épuisement total.
Den entendit une conversation entre ses voisins.
- Pourquoi le grade du Sergent Brandon n’est-il pas plus élevé ? demandait une recrue dans son armure flambant neuve.

– Jadis, il faisait partie de l’élite de la garde personnelle de Mandalore. Les rumeurs disent même qu’une seul homme l’a vaincu au Cercle des Combattants. Mais son honneur fut sali par lui et son clan dans des circonstances que j’ignore. Ainsi, il perdit tous ses privilèges et se retrouva relégué sur cette planète isolée.

Den reporta son attention sur Brandon, lequel adressait un regard glaçant à la foule comme pour lui montrer qui était le champion. Le Sergent haussa la tête à l’approche d’un Mando essoufflé.
– Je suis porteur de nouvelles. Maître Sio nous rejoindra très bientôt...

Voilà pourquoi la garnison ne reprenait pas la route vers la grotte.




*******


Le Feu Ardent dérivait paresseusement à quelques milliers de kilomètres de Coruscant. Non loin, une armada de la République ceinturait la planète-ville dans un rôle de protection.
Lyra luttait sans cesse contre les larmes qui lui venaient depuis la mort de son Maître. Devant elle, Twick s’affairait aux commandes du vaisseau tandis qu’Owen établissait une communication avec l’état-major dans la salle centrale. La jeune Jedi se rendit dans cette dernière juste à l’instant où l’hologramme d’une femme entre deux âges et vêtue d’une tenue d’officier républicain apparaissait.
– Sergent Mordum, ici l’Amiral Aida Drum de la Quatrième flotte. D’après votre message, vous désirez vous entretenir d’une urgence.

– En effet, amiral. J’ai usé d’un code d’accès Jedi afin de discuter avec vous sans passer par des intermédiaires. La planète mère de l’Ordre subit une attaque, expliqua Owen.

Drum fronça les sourcils :
– Nous sommes au courant. Les vaisseaux en provenance d’Ossus affluent dans notre secteur. Mais personne n’a su déterminer la nature exacte de cette attaque.

Owen s’apprêtait à éclaircir le sujet quand Lyra l’interrompit :
– Permets-moi lui parler s’il te plaît. Après tout, un Jedi sera plus à même d’expliquer la situation.

– Tu es sûre ? Tu traverses une épreuve difficile...

Mais l’adolescente ne lui laissa pas le choix et le poussa gentiment.
Grand était son chagrin et même sa formation incomplète de Jedi ne pouvait l’aider à le diminuer. Lyra ne voyait qu’un seul moyen pour cesser de se morfondre : agir !
– Amiral Drum, je suis la Padawan Lyra Mayn. Les auteurs de l’attaque sur Ossus seraient le Clan des Jedi Obscurs. Nous avons subi des pertes immenses alors qu’une alliance entre l’Ordre et la République était en cours. Nous requérons un soutien logistique et humain de votre part.

– Vous l’aurez, Padawan Mayn. La République n’a pas pour habitude d’abandonner ses amis dans la difficulté, répliqua Drum. Néanmoins, vous comprendrez que mes supérieurs auront besoin de l’aval d’un membre de votre Conseil pour mettre à exécution le projet.

– Certes... mais ce n’est pas tout. Si vous le permettez, la situation est tellement critique que je doute que le Conseil souhaite s’engager dans la guerre contre les Mandaloriens. Toutefois, j’ai en ma possession un datapad du Grand Maître Viridia.

Une fois le transfert de données effectué, le visage de l’amiral exprima de la stupéfaction.
– D’après ce calepin, Maître Viridia demande également l’aide de la République pour une mission de secours sur Ilum, une lointaine planète en dehors de notre juridiction. En contrepartie, il nous garantit que des Jedi se joindraient à notre armée. Où avez-vous eu ça Padawan ?

– Je tiens cette information de Maître Notsun qui est resté sur Ossus pour aider l’Ordre à rétablir la paix. Ainsi, il m’a... convaincu d’abandonner les miens pour vous porter ce message, indiqua Lyra, les poings crispés.

– Je ne comprends pas. Si le Conseil refuse leur soutien face aux Mandaloriens alors comment Maître Viridia peut-il garantir l’inverse ? Souleva Drum d’une voix remplie de soupçons.

Voyant que la situation leur échappait, Owen intervint :
– J’ignore de quels renforts parle le Maître Viridia, mais une chose est certaine, amirale. Si je n’ai qu’effleuré la surface de la manière d’être Jedi, ces derniers demeurent avant tout des êtres vivants. Croyez-moi, la plupart verront le danger constitué par les Jedi Obscurs, les auteurs de ce massacre sur Ossus, et les Mando’as. De votre côté, une opportunité de prendre une flottille ennemie par surprise se présente. La laisserez-vous passer ?

L’officier resta silencieux un instant, mais Owen devina qu’il lui avait opposé de bons arguments.
– Au vu de l’urgence de la requête, je vais en référé directement au Chancelier Fartoline sans passer par le Sénat. Patientez un moment...

L’image vacillante de Drum s’éclipsa.
– Twick douter des motivations républicaines. Vous pensez qu’eux accepter deal ? demanda le Rodien qui avait assisté à la fin de la conversation.

Lyra soupira et son expression fatiguée s’éclaira d’un sourire reconnaissant vers Owen.
Le Sergent avait senti son mal-être lorsque la discussion s’était orientée vers les pertes sur Ossus. Son intervention n’aurait pas pu arriver à un meilleur moment...
– Grâce à Owen, ils comprendront où se trouvent leurs intérêts. Des Jedi se joindront à la République, à fortiori si cette dernière prouve sa capacité à sauver les nôtres. Moi-même, je ne peux juguler cette envie de... de vengeance.

Nombre de ses connaissances avaient péri sur Ossus. Elle refusait de perdre aussi Den qui demeurait son seul moyen d’avancer. Mais ni la vengeance ni la peur ne devait devenir sa raison de vivre. Au sein de cette galaxie appelée à subir les affres de la guerre, Lyra choisit de suivre la plus belle émotion que contenait son cœur : l’amour.
Elle ne faisait plus partie de l’Ordre.
Den était un renégat...
Maintenant, il n’y avait plus de dogme Jedi pour l’empêcher de lui avouer ses sentiments.
– De toute façon, j’irai sur Ilum pour secourir les Jedi. Quoiqu’en décide la République et quoiqu’en pensent mes supérieurs, confia Owen, déterminé.

Lyra sourit.
Son intuition concernant le Républicain avait été la bonne. La fidélité et l’honneur passaient avant tout chez lui. Il voulait respecter la dette contractée à l’égard de Kalin, de même pour Twick envers Den. Elle connaissait le Rodien depuis longtemps, assez pour savoir que son apparente lâcheté ne se manifestait pas lors des épreuves difficiles.
C’était suffisant pour elle.
Car la véritable amitié se révélait lors des moments épineux.
Ils y arriveraient. Ils les sauveraient !
Un bip s’éleva dans la salle centrale pour signaler une tentative de communication. Lyra activa l’interface holographique.
– Padawan Mayn, sur instruction du chancelier suprême, la Quatrième flotte se rend sur Ilum avec pour missions de supprimer la menace mandalorienne et de secourir les deux Jedi...




 **********


Plus les heures s’égrenaient, plus Den était convaincu de l’urgence de déserter la garnison manda avant l’arrivée de Sio. Vala montrait son désaccord sur ce point, car selon elle, il fallait attendre l’instant opportun. Sans les capacités prophétiques de la Force, Den se résolut à lui faire confiance.
Un Mando leur fit un signe de la main :
– Vous deux ! Nous devons tous être là lors de l’arrivée de Maître Sio.

Ils se levèrent et suivirent l’Homme en Armure à travers le camp bordé de tentes vides. Plus loin, la troupe mandalorienne attendait, au garde-à-vous.
– Je sens sa présence obscure. Une colère noire en émane jusqu’ici, murmura Vala d’une voix posée.

Aucune peur ne transparaissait dans ces paroles malgré la situation.
« Cette femme a un esprit d’acier avec des émotions parfaitement contrôlées... » réalisa Den avec admiration.
Pour sa part, il était inquiet rien qu’à l’idée de revoir son tortionnaire.
L’ancien Padawan distingua l’armure grisâtre du Sergent Brandon au milieu de ses congénères.
-... À cause de notre manque de résultat dans cette chasse, je crains que le Jedi Obscur nous le fasse payer. Alors, agissez avec tact ! Ne l’offensez pas et ne parlez que s’il vous l’ordonne ! Déclara Brandon d’un ton autoritaire.

Den ne se l’expliquait pas, mais il appréciait le sergent mando. Lui au moins n’avait pas peur de Sio.
- Vous là ! lança une voix dure.

Den se retourna et fit face à un Mandalorien à l’armure fatiguée. C’était lui qui l’avait précédemment observé avec une insistance suspecte.
– Rolst, c’est cela ? Votre visage m’a paru familier tout à l’heure et je suis à peu près certain que vous ne faites pas partie des Mando’as. Depuis combien de temps êtes-vous sur Ilum ?

– Je suis éclaireur ! N’avez-vous pas simplement un problème avec moi ?

– Meg cuyi gar ? demanda-t-il dans le dialecte de son peuple.

Il était piégé. Les Mandaloriens ne parlaient plus le Mando’a depuis que les Jedi Obscur l’avaient interdit. De fait, Den n’en connaissait même pas les rudiments les plus basiques. Seul le bluff pourrait le sortir de ce traquenard.
– Rien ne m’oblige pas à répondre à ta question. En revanche, je pourrais aviser le Sergent Brandon, voir Maître Sio, de ta désobéissance.

– Ils n’entendront pas notre petite conversation. Réponds et je te laisserai en paix, insista-t-il en affermissant sa prise sur son fusil.

Den soupira intérieurement et jeta un coup d’œil à Vala qui observait stoïquement la discussion. Il savait qu’elle hésitait à se servir de ces pouvoirs pour intimider le Mandalorien. Si elle le faisait, Sio la repérerait immédiatement.
– Tu oses douter de moi ? Dans ce cas, je te lance un défi ! Si tu me bats, je répondrais à ta question dans notre langue. À l’inverse, ma victoire me permettra de gagner du prestige !

Surpris, le Mandalorien hésita et finit par accepter. Avant de s’éloigner, il ajouta :
– Notre combat aura lieu après l’arrivée de Maître Sio. Prépare-toi à mordre la poussière, « Rolst ».

Les fils de la toile d’araignée se resserraient autour d’eux. Den ne pouvait se permettre un duel dont il savait à présent qu’il s’effectuerait sans casque. Le Jedi Obscur le reconnaitrait sans l’ombre d’un doute.
« Je préfère mourir plutôt que de revenir dans ses griffes de pervers. »
– Tu as agi au mieux au vu des circonstances. Filons maintenant, murmura Vala.

Au détour du chemin, Sio apparut d’un pas rageur avec une escouade manda. Den sourit en voyant son masque fendu sur la largeur, à cause de lui.






– Bienvenu Maître Sio... commença le Sergent Brandon en s’inclinant légèrement.

– Avez-vous du nouveau au sujet des fuyards ? L’interrompit le Jedi Obscur sur un ton frémissant de colère.

– Nous avons marché toute la journée sans succès. Nous aurions déjà dû les rattraper au vu de leur état de fatigue. Depuis les deux sentinelles assommées, il n’y a plus aucune trace de leur passage.

Sio se figea un instant comme si les paroles du Sergent avaient éveillé un éclair de compréhension en lui.
– Les Mandaloriens... de vaillants guerriers ? Pfff ! Vous êtes tous nés avec l’intelligence d’un gizka ! tonna-t-il à l’assemblée.

Brandon se raidit face à l’insulte. Il demeura néanmoins sur ses positions et attendit que le Jedi Obscur s’explique.
– Les éclaireurs retrouvés ne sont autres que nos deux fugitifs. J’imagine qu’ils ont reçu l’aide de ce droïde qui vous échappe brillamment depuis des jours. Trouvez-les et ramenez-les-moi !

Le Sergent n’avait jamais pensé à cette possibilité. Comment pourrait-il se le reprocher ? Auparavant, tous les Mandaloriens parlaient leur propre dialecte et jamais ils n’avaient eu à faire à des espions. En résumé, c’était la faute des Jedi Obscur qui les exhortaient à ne s’exprimer qu’en basic, mais Brandon se garda de toute remarque.
Quelques minutes plus tard, un soldat annonça que les éclaireurs Jarga et Rolst manquaient à l’appel, de même que plusieurs membres de l’infanterie d’assaut.
Brandon vit les doigts de Sio se serrer sous l’effet de la rage et crut un instant à la dernière heure de ce soldat. Mais le Jedi Obscur contint ses émotions et se tourna vers lui.
– Fouillez les environs du camp ! En cas d’échec, j’exécuterai quelqu’un pour l’exemple. Peut-être même vous, Sergent Brandon !



*************

_________________
vous désirez lire du Star Wars de mon cru ?
https://www.wattpad.com/user/RmiVergs


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
MessagePublié: 17 Août 2017, 20:14 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 17 Mars 2012, 13:10
Messages: 580
Sexe: Masculin
Espèce: Humain
Planète natale: Corellia
Affiliation: Jedi Noir
Lu! Et ben il m'a l'air bien énervé, ce Sio et ce n'est peut-être pas forcément du goût des mandaloriens.

Et la Flotte de la République va intervenir :) !


Haut
 Hors-ligne Profil  
 
Afficher les messages publiés depuis:  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 43 messages ]  Aller à la page Précédent  1, 2

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Rechercher pour:
Aller vers:  

cron