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MessagePublié: 22 Décembre 2016, 11:59 
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Bonjour à tous! J'espère que vous profitez bien des vacances et de Rogue One!

J'ai commencé il y a un mois un nouveau projet de fan fic qui serait un prélude à Jedi corellien. Plus précisément une histoire sur un ancêtre de Liars Tissan, un certain Oreste.

l'histoire d'un Jedi corellien qui survit à l'Ordre 66 et veut se venger de l'Empire..

Je vous publie le début (j'en suis à 25 pages). Bonne lecture ;) !

Les origines de Jedi corellien: Le Jedi Noir de Dathomir

Partie 1: l'Ordre 66

Prologue: la trahison

Bordure Extérieure, Mygeeto, peu avant la fin de la Guerre des Clones et l'avènement de l'Empire

Oreste Tissan resserra davantage sa bure épaisse verdâtre lorsque la brise glacée se leva et commença à balayer de son souffle les cimes enneigées de la planète Mygeeto qui déchiquetaient l'horizon lointain, obscurci par d'épaisses couches nuageuses qui bloquaient la lumière du soleil.
Le jeune chevalier Jedi humain, originaire de Corellia, en vint même à se demander si la journée commençait ou se terminait.
Si cette journée allait marquer la fin de cette Guerre des Clones qui ravageait la galaxie depuis trois ans.
-Monsieur?
Il pivota vers le soldat clone de la République, protégé par une armure blanche intégrale, qui attirait son attention. Sur ses épaulières s'affichait le grade de capitaine.
Par dessus l'épaule de cet officier au ton atone robotisé, patientaient impassibles d'autres soldats clones qui résistaient au froid grâce à une combinaison réfrigérante prévue à cet effet. Dans la Force, il percevait leur raideur innée et impersonnelle à laquelle il ne s'était pas vraiment adapté. L'ombre d'un quadripode couvrait une bonne partie d'entre eux.
-Oui? Fit le jeune homme grand et maigre qui le questionnait de ses yeux verts et gris.
-Le général Ki Adi Mundi arrive.
-Merci, capitaine Pelo.
Le clone rejoignit son poste alors que le corellien abaissa de nouveau son regard songeur vers les silhouettes urbaines de la capitale muun accrochée à flanc de montagne, qu'ils assiègeaient maintenant depuis plusieurs semaines.
Un immense gouffre profond de plusieurs centaines de mètres les séparaient des entrées de la ville, accessibles seulement par de longues passerelles de duracier. Lourdement protégées par des batteries automatisées et des milliers de droïdes de combat qui grouillaient de plus en plus frénétiquement depuis plusieurs minutes.
Les senseurs avaient du repérer leur progression. Leur attaque contre la ville ne serait plus une attaque surprise. Par conséquent, les pertes seraient lourdes.
Une vieille habitude qui les poursuivait. Qui allait à l'encontre des préceptes de l'Ordre Jedi, visant à préserver la vie.
Oreste ne pouvait rien y faire.
La présence puissante d'un maître Jedi remua ses perceptions sensorielles et il se retourna pour faire face à son mentor céréen. Celui dont il avait été le padawan.
Ki Adi Mundi.
Les céréens étaient des humanoïdes se distinguant par un crâne conique qui pouvait abriter un deuxième cerveau. Leur conférant de plus grandes capacités intellectuelles que la majorité des êtres normalement constitués de la galaxie.
Ce qui expliquait que maître Mundi soit l'un des membres les plus prestigieux du Conseil Jedi. Un prestige qui rejaillisait évidemment sur les anciens élèves dont il avait assuré la formation. Voilà pourquoi Oreste parvint à le saluer d'un maigre sourire las.
-Nous tenterons de limiter autant que possible les pertes civiles, commença le céréen.
-Ce que nous ne sommes pas vraiment parvenus à faire pendant toute cette fichue guerre, maître.
Le non humain posa alors la main sur l'épaule de son ancien protégé, pour atténuer l'amertume qu'il exprimait.
-Je sais que beaucoup de choses pèsent sur ta conscience, Oreste. La mort de Nejaa Halcyon sur Susevfi a été une grande perte pour nous tous.
Oreste se contenta de hocher la tête en silence. Nejaa Halcyon était un Jedi corellien qui l'avait initié à l'usage de la Force avant son départ à Coruscant.
-Je viens de parler avec maître Windu. J'ai de grandes nouvelles à t'annoncer.
Le jeune corellien le fixa avec une nouvelle intensité dans le regard.
-Le général Grievous a été abattu par Obi Wan Kenobi sur Utapau.
Grievous. Oreste connaissait cette impitoyable abomination de réputation. Un commandant séparatiste sanguinaire, bras droit du Comte Dooku et responsable de la mort de bon nombre de Jedi.
Il avait pris la direction des armées séparatistes ou du moins ce qu'il en restait peu après leur débacle récente autour de Coruscant, succédant au Sith Dooku tué par Anakin Skywalker. Depuis il s'était enfui, traqué sans relâche.
-Alors la guerre est finie, lâcha le jeune homme dans un souffle d'espoir.
-Il ne nous reste plus qu'à affronter les derniers soubresauts ici et sur d'autres mondes de la Bordure Extérieure. Terminer la guerre sera difficile et gagner la paix le sera bien plus.
Sur ces mots, une ombre d'inquiètude passa furtivement sur les traits du céréen.
-Maître Windu m'a aussi averti qu'il allait destituer le Chancellier Palpatine de ses fonctions. Avec l'assistance de Kit Fisto, Saese Tin et Agen Kolar.
Oreste ne put se retenir de froncer les sourcils à l'évocation des noms des trois autres membres du Conseil stationnés à la capitale.
-Quatre maîtres pour arrêter un vieillard, n'es-ce pas un peu disproportionné? Fit-il remarquer avec sarcasme.
-Nous pensons que Palpatine est sous l'influence de ce Sith que maïtre Windu a traqué en personne dans le Secteur des Usines. Dans sa sagesse, il a jugé important de ne rien laisser au hasard.
Le céréen laissa à son tour son regard errer au loin.
-Pour l'instant, nous avons une tâche à accomplir et nous devons nous concentrer là-dessus, rappela-t-il à son ancien apprenti.
-Oui, maître, approuva celui-ci le visage fermé.
Oreste Tissan fixa avec appréhension les sommets de la ville qu'ils s'apprêtaient à prendre d'assaut.
-Les séparatistes doivent savoir que leur cause est perdue depuis la bataille de Coruscant. Pourquoi n'ont-ils pas proposé de se rendre, maître?
-Lorsqu'on s'est trop engagé avec passion, il est difficile de faire marche arrière. Le Clan Bancaire Intergalactique s'est impliqué dans cette guerre en misant tous ses moyens.
Le sage et puissant Jedi évoquait l'une de ces factions qui constituait le support de la Confédération des Systèmes Indépendants.
-Et les muuns ne sont pas vraiment empressés de devoir rendre des comptes.
-Alors finissons-en, maître.
L'impatience suintait dans le ton abrupt du jeune corellien.
-Ne te laisse pas emporter par ta passion, Oreste, le sermonna le céréen.
-Pardon, maître.
-Je vais rejoindre le commandant Bacara qui m'attend avec le gros des troupes au niveau de la passerelle 415. Tu passeras à l'attaque à mon signal.
-Quel signal?
-Tu le reconnaitras, que la Force soit avec toi.
-Que la Force soit avec vous, maître Mundi.
Le vénérable céréen accorda un dernier sourire au jeune Chevalier avant de s'éclipser en se frayant un chemin parmi les clones engourdis par le froid. Oreste reporta son attention sur la ville muun, tout en usant de la Force pour chasser cette sensation d'hypothermie.
Puis il glissa par dessus son épaule:
-Capitaine Pelo, tout le monde est prêt?
-Oui, monsieur. Nous sommes parés.
L'officier clone enleva le cran de sûreté de son fusil blaster DC-15, après lui avoir répondu d'un ton bourru. Tout dans ses gestes instinctifs et contrôlés, mesurait le calme d'un vétéran éprouvé par maints combats contre les séparatistes.
Oreste avait entendu dire qu'il avait servi aux cotés du général Kenobi et d'Anakin Skywalker lors du désastre de Jabiim. Et qu'il avait aidé ce dernier à rapatrier les survivants sur New Holstice. Cela méritait le respect.
Il pouvait se fier à lui.
Tout comme il avait appris à se fier à la Force. Il crispa un peu plus la main sur la crosse de son sabre laser, signe de la tension qui commençait à le tenailler. Une tension dont il percevait l'absence chez les soldats clones.
Cela devait s'expliquer par le fait qu'ils ont été conçus sur Kamino uniquement pour la guerre. Rien que pour la guerre. Sauraient-ils s'adapter à la paix?
Tu te poses trop de questions, Oreste.
L'écho d'une explosion lointaine l'arracha de ses pensées. Une canonnière d'assaut TIO/BA était apparue au-dessus de l'une des passerelles et avait ouvert le feu sur la première ligne de défense séparatiste.
Malgré la distance, le Jedi corellien distingua nettement les débris des droïdes de combat dechiquetés par l'impact et l'instant d'après un néon bleuté crépitant brilla brandi par un céréen qui menait ses troupes au combat.
Son ancien maître, Ki Adi Mundi.
La passerelle sur laquelle il s'engageait étincela des milles flammes du chaos qui commençait et envellopait indistinctement clones et droïdes.
Alors Oreste Tissan activa son sabre laser et leva devant sa poitrine cette lame verte émeraude grésillante dont l'éclat se confondit avec la marée rubis grisée de ses prunelles.
-Allons-y, lança-t-il au capitaine Pelo.
-Je vous couvre, monsieur, se contenta de répondre l'autre.
L'un après l'autre, tous bondirent vers le pont qui leur faisait face pour entamer le dernier acte de la bataille de Mygeeto.
Le dernier acte de la Guerre des Clones.

Voilà, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :) ! à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 22 Décembre 2016, 22:28 
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Je te souhaite bon courage Mat !

Je lirais ça lorsque j'aurais fini le tome 3 ;)

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MessagePublié: 23 Décembre 2016, 00:18 
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Okay, à bientôt et passe de joyeuses fêtes ;) !


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MessagePublié: 23 Décembre 2016, 02:50 
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Quoi ? Encore ? Mais tu ne t'arrêtes jamais !
Je lirai quand il y aura plus de matière, mais je suis sûr que je passerai un bon moment.

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Un trône est, si l'on ôte la soie et le velours, un échafaud tout fait.
Victor Hugo


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MessagePublié: 24 Décembre 2016, 00:10 
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Zèd-3 Èt a écrit:
Je lirai quand il y aura plus de matière, mais je suis sûr que je passerai un bon moment.


pas de probleme ;) !


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MessagePublié: 27 Décembre 2016, 20:39 
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Bonsoir à tous! je vous publie la suite du prologue! Bonne lecture 8-) !

Les flocons de neige flottaient pris dans les tourments de la tempête qui ensevellissait le siège des séparatistes retranchés et aux abois. Indifférents à la bestialité et à la souffrance qui s'apprêtaient à submerger ce dernier bastion de la planète.
Les classiques droïdes de combat n'attendirent pas qu'Oreste posa le pied sur la passerelle pour réagir.
Ils pivotèrent leur silhouette chétive comme un fétu de paille pour braquer leur fusil blaster sur le jeune Chevalier qui usa de la Force pour augmenter sa vitesse de course. Sa lame ardente fouetta l'air et deux de ses ennemis tombèrent au sol démembrés.
Les rafales envoyés par les clones qui le couvraient au pas de course, fauchèrent les rangs de ces fantassins de circuits intégrés, comme des moustiques de cavernes.
Les choses se compliquèrent lorsqu'une autre catégorie de robots prit la relève. Des superdroides de combat. Se distinguant par une apparence plus épaisse et ramassée, un blaster lourd était intégré dans leur avant bras droit et un lance missile dans l'autre.
Le Jedi leva la paume en direction du plus proche d'entre eux et se servit de sa puissance psychique pour faire exploser la roquette qu'il s'apprêtait à tirer.
Il se vouta protégé par un bouclier de Force, pour éviter les éclats de schrapnel éparpillés aux quatre vents. Il glissa un coup d'oeil au capitaine Pelo qui se tenait juste derrière lui, pour couvrir sa progression.
Le clone rayonnait d'un calme à toute épreuve. Posément, il épaulait son fusil blaster DC-15, visait les automates hostiles et les abattait un par un comme à l'exercice.
Insensible à ce qui l'entourait, à ses hommes qui tombaient au champ d'honneur. Il était animé d'une mécanique semblable à celle des créations de la CSI qui marchaient vers leur destruction programmée.
Dès le début de la guerre, des Jedi avaient succombé à cette mécanique. Voire pire. Il avait notamment entendu parler d'une ancienne padawan de Mace Windu qui avait perdu la raison sur la planète Haruun Kal.
Il s'était promis de ne pas connaître ce funeste sort.
De grandes roues traversèrent les rangs des droïdes décimés pour freiner brusquement devant les clones et se déplier en scorpions tripode, présentant aux assaillants leurs bras dépliés et l'affut des canons blaster jumelés qui y étaient intégrés.
Des droidekas.
Leur présence récurrente sur les champs de bataille avait occasionné à la Grande Armée de la République de lourdes pertes et même des défaites tactiques cuisantes. Outre leur puissance de feu dévastatrice contre les fantassins, ils étaient dotés d'un bouclier déflecteur qui repoussait des tirs de barrage.
Jusqu'à une certaine limite.
Le capitaine Pelo aboya des ordres à ses hommes qui demeurèrent calmes et disciplinés. Trois d'entre eux lançèrent des détonateurs thermiques, qui explosèrent aux pieds de deux droidekas et dont l'onde de choc surcharga leur écran énergétique.
Celui-ci céda sous la continuité de la riposte, non sans que les droidekas aient haché menu plusieurs clones au passage. Et Oreste Tissan se précipita avec son sabre laser pour parachever le travail.
-Bien joué, capitaine, le félicita le corellien.
-Merci monsieur. Nous sommes très exposés sur cette passerelle, il faut terminer le boulot.
Le jeune Jedi examina la situation et convint que l'officier avait raison. Bien que large, la passerelle ne leur offrait aucune protection viable.
-Faites avancer les RT-TT et les Trident, capitaine.
-Bien monsieur, obtempéra Pelo.
Le clone transmit les instructions à l'aide du comlink intégré dans son casque et bientôt des machines pataudes investirent les premières lignes républicaines.
Le pont trembla lorsqu'un mastodonte difforme parvint à la hauteur du jeune corellien et du capitaine Pelo. Le canon qui surmontait sa tête cracha l'enfer et balaya méthodiquement la passerelle de tout ce qui se tenait sur deux ou trois jambes et maniait un fusil.
Oreste espérait que la destruction ne s'étenderait pas à la capitale, mais il y a bien longtemps qu'il ne croyait plus à cette illusion.
Profitant de cette ouverture, les clones progressèrent. Pour s'exposer peu après à la riposte implacable de l'ennemi.
Un picotement familier traversa la colonne vertébrale du jeune utilisateur de la Force, celui du danger qui s'accentuait de nouveau. De sinistres machines tripodes géantes qui faisaient penser à des bourgeons rampèrent vers eux.
Des Tri-droïde Magna Octupturna.
Imperceptiblement, Oreste sentit l'angoisse s'insinuer dans ses boyaux.
Immédiatement, le RT-TT ouvrit le feu sur le premier d'entre eux, soutenu par les fameux TA-TI, des blindés munis de répulseurs anti gravité et armés de deux canons latéraux et d'un canon central. Leurs tirs furent absorbés par le bouclier de ces machines automatisées et l'ancien élève de Ki Adi Mundi éprouva un mauvais pressemtiment.
-Capitaine, appelez le soutien aérien!
Pelo hocha la tête en signe d'assemtiment et contacta le centre de commande de nouveau à l'aide de son comlink intégré.
La fraction de seconde d'après, les têtes d'épingles qui surplombaient les grandes silhouettes squelettiques flamboyèrent faisant voler des roquettes. L'une d'elles se fracassa de plein fouet contre le RT-TT, qui enfla avant d'être désintégré.
L'onde de choc oblitéra les clones les plus proches et flanqua ceux qui y survécurent au sol, les plongeant dans une totale confusion.
Auquelle Oreste Tissan lui-même n'échappa pas.
Il parvint péniblement à se redresser sur ses appuis et tenta de s'éclaircir les idées, malgré ce bourdonnement monocorde qui martyrisait ses tympans.
Hébété, il surprit une demi douzaine de clones qui le dépassèrent entourant deux TA-TI pour tenter de stopper la contre attaque séparatiste.
Ils disparurent, réduits à l'état de charpie et leur présence se noya dans les courants de la Force, aspiré dans un maëlstrom sans fin.
Quelqu'un l'agrippa énergiquement par le bras et le tira en arrière. Le visa ge d'Oreste se figea à quelques millimètres du casque d'un officier clone, dont l'armure était maintenant tachée de morceaux de schrapnel.
-Monsieur, expliqua Pelo d'un calme toujours égal depuis le début de la bataille. Nous sommes en train de nous faire décimer, il faut nous replier derrière les collines.
Le corellien prit le temps de promener son regard sur les cadavres de clones gisant autour de lui. Même avec un soutien aérien adéquat, le terrain qu'ils concèderaient à l'ennemi retranché se paierait avec de nouvelles pertes.
Difficile à accepter, tout en sachant que s'il s'entêtait, les chances qu'il perde toutes ses unités étaient élevées.
-Monsieur? Insista Pelo qui percevait son hésitation.
-On continue l'attaque, capitaine, trancha le jeune homme.
-Ce n'est pas raisonnable. Même si on s'emparait du pont, nous n'aurons plus assez de troupes pour investir la ville.
Les yeux verts et gris affichèrent une dureté inhabituelle.
-Il est hors de question d'abandonner la passerelle aux séparatistes, commença-t-il à rugir.
-Le général Ki Adi Mundi...
À l'évocation du nom de son mentor, une colère froide saisit le jeune Chevalier. Alors que d'autres TA-TI s'avançaient, il tendit la main vers l'officier clone. Et le souleva comme une brindille, tout en exerçant une pression invisible sur sa gorge.
Il se moquait éperdument de sa souffrance, alors que le natif de Kamino ruait des pieds pour se libérer de cette nasse inconfortable. Mieux que ça, il en jouissait.
-Qui commande ici, capitaine?
Stoïque, Pelo parvint à articuler.
-Vous êtes l'officier supérieur physiquement présent. Vous...avez...la priorité, monsieur.
-Parfait.
Il le relâcha et Pelo empoigna de nouveau son DC-15 comme s'il ne s'était rien passé. En apparence, car le corellien ressentait aisément sa rancoeur impulsive. Il comprit par la même occasion qu'il n'avait pas agi en Jedi en le brutalisant.
Tu penses que la passion est ta force mais c'est en réalité ta plus grande faiblesse, l'avait mis en garde Nejaa Halcyon avant de le confier à son instructeur céréen. Des Jedi bien plus prometteurs que toi y ont succombé.

Voilà j'espère que cela vous plaira, n'hésitez pas à commenter!


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MessagePublié: 01 Janvier 2017, 19:55 
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Bonsoir je vous publie la suite! La bataille de Mygeeto fait toujours rage :twisted:

Nul doute que Ki Adi Mundi aurait vent de ce qui venait de se passer. Et qu'il ne manquerait pas de le sermonner s'il survivait à cette journée.
Pelo harangua ses hommes pour qu'ils tiennent leurs positions, malgré la précarité de leur situation face à ces Tri droïdes qui menaçaient de les submerger. Oreste ressentit un malaise lorsqu'il réalisa qu'il les avait peut-être condamnés à une mort certaine.
Non, il allait rattrapper son erreur.
Il puisa inconsciemment dans cette rage de vivre qui bouillonnait en lui, se souvenant de toutes les occasions manquées de sauvegarder des vies supplémentaires.
Des vies qui en cet instant, étaient fauchées par grappes de dizaines, dissoutes dans les flammes et les éclats brisés de duracier melés à du permabéton.
Il éleva la main et se concentra sur le mécanisme d'explosion d'un des missiles qui s'apprêtait à fuser vers eux. La désintégration du projectile fracassa la tête du Tri droïde qui se mit à tituber avant de se coucher sur le coté.
Oreste se préparait pour une nouvelle tentative lorsque les ombres de canonnières d'assaut le recouvrirent. Les TIO BA survolèrent les Tri Droïdes avant de lâcher contre eux des salves de missiles qui mirent ces derniers à terres un à un.
Les soldats clones de la République dont les effectifs étaient maintenant réduits de moitié, progressèrent ensuite entre les épaves qui achevaient de se consumer. La résistance séparatiste avait nettement faibli, depuis l'apparition des canonnières.
Deux cents mètres devant eux, Oreste et le capitaine Pelo virent se dessiner les immeubles des faubourgs urbains de la capitale dans laquelle ils s'apprêtaient à entrer.
Le corellien échangea un regard avec son second, qui désirait conserver une distance de sécurité entre eux deux.
-Si nous entrons, nous pourrons établir une antenne médicale pour les blessés, suggéra Oreste. Avec le reste des hommes encore en état de se battre, nous attaquerons ensuite le centre de commande séparatiste.
-Monsieur, il serait plus raisonnable que vous attendiez les renforts. Et les hommes ont besoin de se reposer.
-Ils se reposeront quand la bataille sera terminée, capitaine, trancha de nouveau Oreste d'un ton inhumain.
L'officier clone soutint pendant quelques instants sans ciller le regard froid du jeune corellien avant d'incliner le menton.
-Entendu, monsieur.
Une nouvelle fois, Oreste réalisa que son attitude envers lui était incorrecte. Son orgueil venu tout droit de Corellia l'empêcha cependant de le reconnaître ouvertement.
Neeja Halcyon et Ki Adi Mundi l'avaient prévenu que cela lui jouerait des tours.
Ses perceptions entraînées au Temple de Coruscant l'avertirent que quelqu'un les visait avec une arme depuis l'un des bâtiments. Son acuité visuelle lui permit de discerner l'affut d'un fusil de précision dépasser d'une des fenêtres situées au trentième étage.
Un rayon mortel frappa un soldat clone à la tête juste derrière Oreste, et Pelo réagit immédiatement.
-Soldats, cible à onze heures! Tirs de couverture!
Le fusil blaster disparut quand les rafales vomies par les clones l'encadrèrent de près. Puis l'un d'eux monta sur ses épaules un lance missile dont il pointa l'affut sur la cible.
Un trou béant et fumant se matérialisa lorque le sapeur souffla une bonne partie du trentième étage, et la poussière cendrée qui s'en dégagea se confondit avec les flocons de neige. Neutres et innocents dans la guerre.
Oreste prit le temps d'observer le déroulement des combats sur l'autre passerelle, là où se battaient son ancien instructeur et le commandant Bacara. Il discernait les silhouettes des Tri Droïdes qui s'aggloméraient lentement pour assaillir les troupes républicaines.
Il devina que là-bas cela ne se passait pas bien du tout.
Il s'accroupit derrière l'épave d'un tank séparatiste et porta son comlink à ses lèvres.
-Maître, quelle est votre situation?
-Pas brillante, Oreste. L'ennemi est présent en force, nous avons perdu le tiers de nos forces. Nous n'avons pas de soutien aérien et nous nous retranchons comme nous le pouvons. Et toi?
-À peine mieux. La moitié de mes hommes est hors de combat, mais nous allons bientôt atteindre les faubourgs.
-Bien, quand tu y seras, tu consolideras ta position et tu attendras les renforts.
-Non, je vais attaquer l'ennemi à revers pour vous débloquer le passage. Et nous pourrons ensemble attaquer le centre de commande séparatiste.
Le jeune corellien devina son soupir déçu.
-Tes hommes ont beaucoup souffert, tu ne peux leur demander décemment plus. Attends les renforts.
-Les Kaminoens les ont pourtant conçus pour la guerre, non?
-Donc leur vie n'a pas la moindre importance pour toi?
-Je..
Le jeune chevalier prit conscience de la portée de ses mots. Et se rendit compte depuis la bataille de Géonosis, à quel point la guerre l'avait usé.
-Je suis prêt à sacrifier la mienne pour la victoire de la République, pourquoi devraient-ils faire moins?
-Tu le laisses dominer par tes émotions, Oreste. Un Jedi ne doit pas éprouver de haine envers son ennemi, aurais-tu oublié ce que je t'ai enseigné?
-Non, maître.
Le céréen reprit d'un ton plus conciliant.
-Sois patient, je te rejoindrai par mes propres moyens.
-Oui, maître.
-Ki Adi Mundi, terminé.
Oreste sortit de son refuge pour rejoindre le capitaine Pelo qui menait ses hommes vers les faubourgs urbains. Sans rencontrer de grande résistance.
L'officier clone se pencha vers lui lorsqu'il l'aperçut à sa hauteur.
-Combien de temps pour sécuriser cet immeuble, capitaine?
Le corellien montrait du doigt le bâtiment qu'ils venaient d'éventrer pour neutraliser le sniper.
-Tout dépend si vous voulez sécuriser seulement le rez de chaussée ou tous les étages, répondit imperturbablement le clone.
-Le rez de chaussée.
-Pas plus de deux minutes, monsieur.
-Alors ne perdons pas de temps. Nous y installerons une antenne médicale provisoire pour les blessés et avec le reste des unités, nous partirons à la rescousse du général.
-Reçu, monsieur.


Ki Adi Mundi rangea son comlink tout en masquant un air préoccupé. La fin de la guerre n'avait jamais été si proche et pourtant il n'arrivait pas à percevoir l'avenir clairement. Yoda, le Grand Maître de l'Ordre Jedi avait prévenu maint fois que le Coté Obscur était à l'oeuvre depuis des années.
Pourtant le Comte Dooku, le Sith qui dirigeait la CSI depuis la Guerre des Clones, avait été vaincu en orbite de Coruscant par Anakin Skywalker.
Certes, mais il en restait un deuxième dans la nature. Sans doute présent dans l'entourage du chancellier Palpatine.
Pour la première fois depuis mille ans, l'obscurité n'avait jamais autant oppressé la République. Et son ancien padawan corellien, Oreste Tissan. Il le devinait dans le moindre de ses propos, il le sentait dans la Force.
Oreste était sur le point de basculer au-delà des limites qui définissaient l'intégrité d'un Chevalier Jedi. Malgré ses ordres, le jeune humain n'accepterait pas de rester en arrière et semblait déterminé à sacrifier ses hommes jusqu'au dernier, y compris lui-même.
La guerre avait fait ressortir son coté le plus sombre.
Le céréen ne pouvait laisser l'irrémédiable se produire. Il devait aller le retrouver, le ramener derrière les lignes et le faire rapatrier sur Coruscant.
Il se redressa derrière l'épave d'un Trident à moitié éventré et gisant sur le coté, pour guetter une ouverture. Mais seuls des fantassins droïdes, des centaines, emplissaient son champ de vision. Se dressant entre eux et l'entrée principale de la capitale planétaire.
-Commandant Bacara, quand arrivera le soutien aérien?
Il glissa un regard vers l'officier clone, son second, qui affichait une impassibilité à toute épreuve malgré le froid et le danger planant sur eux.
-Estimation inconnue, général, répondit-il enfin. L'ennemi avance, il va falloir prendre une décision très rapidement.
-Je suis d'accord.
Le vétéran céréen activa de nouveau son sabre laser et le crépitement de sa lame ardente bleue azur le berça de nouveau. Une musique agréable et rassurante.
-Si nous contre attaquons maintenant, quelles seraient nos chances de réussite, commandant?
Bacara émit un sarcasme éloquent.
-Je préfère laisser les probabilités aux droïdes, général.
-Et moi, donc.
Ki attarda ses yeux sur les autres soldats clones qui s'étaient raidis en attente des ordres. De ses ordres.
-Laissons dans ce cas la Force guider notre chemin.
-À condition de bouger vite.
Le céréen patienta un bref instant avant de surgir, sabre au clair. Il prit par surprise deux superdroides de combat qu'il faucha avec sa lame crépitante et fondit sans perdre de temps sur d'autres droïdes de combat qui réagirent lentement à cause des automatismes de leur programmation de combat.
Dans son dos, il entendit Bacara crier à ses hommes:
-En avant, soldats! Pour la République!
La contre attaque prit au dépourvu l'armée séparatiste automate dont les lignes furent percées aisément par l'élan des troupes du général Mundi. Celui-ci se frayait un chemin, ouvrant la voie à une possible victoire immnente.
Les Tri droïdes Magna qui les dominaient de leur hauteur convergèrent pour se confronter aux blindés clones. Ceux-ci conscients sans doute de leur faiblesse, se précipitèrent dans la mélée espérant les devancer.
Mais personne n'échappait si facilement à la mort et à la destruction. À la volonté de la Force.
De nouveau les missiles volaient au-dessus de la tête de Ki et des soldats clones, pour heurter dans une nova de flammes furtives les TA-TI et les RT-TT l'un après l'autre.
Le maître Jedi comprit que le temps leur était maintenant compté, s'il voulait sauver son ancien apprenti et ce qu'il restait de ses troupes.
Pas à pas, il guidait les siens à travers la passerelle, serein et repoussant les tirs de barrage des droïdes méthodiquement à l'aide de son épée de lumière.
Il aperçut enfin derrière un gros débris de permabéton aussi haut que lui, les contours des immeubles qui déchiraient la brume persistante. Il marqua un temps d'arrêt, pour encourager les soldats qui continuaient de le suivre de près, Bacara à leur tête.
-En avant! S'écria-t-il, emporté par la frénésie du combat.
Il s'élança à découvert, contre les droïdes, prévoyant en toute confiance que ses hommes le suivraient encore de près comme ils l'avaient toujours fait sans broncher.
Brusquement, les courants de la Force se convulsèrent violemment sous l'effet d'une perturbation. Teintés de déterminations hostiles qui émergèrent dans son dos.
Il se figea, indécis et pivota sur ses talons pour constater incrédule que ses propres hommes le braquaient avec leur fusil blaster DC-15. Le commandant Bacara à qui il s'était fié depuis des mois lors des épreuves de la guerre, ne faisait pas exception.
Aucune explication rationnelle ne lui venait à l'esprit, hormis une seule certitude.
Ils allaient presser la détente.
Mû par un réflexe de survie, Ki ramena son arme crépitante vers le torse et parvint à repousser les deux premiers tirs vers le clone le plus proche qui s'écroula, plié en deux.
Mais il ne put éviter ni le troisième ni le quatrième, ni le cinquième qui lui calcina le coeur.
Quelques instants après, Bacara et quelques uns de ses subalternes s'approchèrent pour réduire son cadavre à l'état de charpie fumante avec leurs fusils.

Voilà, bonne lecture :D !


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MessagePublié: 09 Janvier 2017, 21:06 
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Bonsoir à tous! Je vous publie la fin du prologue en espérant que cela vous donnera envie de lire la suite ;) !

-Monsieur, nous avons fini d'installer les blessés.
-Bravo, capitaine.
Oreste Tissan ne masquait pas sa satisfaction devant la discipline des soldats clones qui obéissaient à ses directives avec une extrême célérité.
Il se trouvait au milieu du rez de chaussée de l'antenne médicale improvisée, là où le capitaine Pelo l'avait rejoint, observant par exemple un clone qui boitait, aidé par deux autres camarades attentifs.
Le Jedi corellien s'écarta ensuite pour laisser passer un clone qui transportait un brancard improvisé pour l'installer dans un coin, prêt à accueillir chaudement un futur mutilé.
Il finit par accorder son attention à l'officier républicain.
-Les droïdes médicaux, les medpack et le bacta arriveront bientôt?
-Incessamment, monsieur.
-Dans ce cas, nous avons assez traîné ici.
À pas vifs, il se dirigea vers la sortie pour rejoindre dans la grande avenue jonchée de débris, les soldats clones qui l'attendaient.
Rapidement, il s'assura en se fiant à ses sens aiguisés par la Force, qu'ils le suivraient jusqu'au bout. Après tout, ils étaient programmés pour cela et il était prêt à les sacrifier pour sauver son ancien mentor.
Que ce dernier approuve ou non.
Il jugea bon de les motiver par quelques mots choisis et réfléchis.
-Soldats, vous avez accompli l'impossible et montré votre loyauté à la République en repoussant les séparatistes et en les acculant dans leur capitale. Aujourd'hui, nous avons une occasion unique de briser leur résistance et d'en finir avec cette guerre.
Quelques clones se redressèrent, galvanisés par ces paroles.
-Le général Mundi est en difficulté sur le front. Nous devons le rallier pour faire la jonction avec ses forces et lancer l'assaut décisif sur le quartier général ennemi. Si nous réussissons, Mygeeto sera entièrement sous notre contrôle et la nouvelle de notre victoire poussera les derniers bastions séparatistes à la reddition.
Les clones se rapprochèrent et il percevait cette étincelle moribonde de leur volonté somnolente s'éveiller d'un coup.
-Êtes-vous avec moi?
-Nous le sommes tous, monsieur, lui répondit le capitaine Pelo.
Celui-ci sembla avoir abandonné son aigreur vis-à-vis du corellien, comme si elle n'était pas passagère mais Oreste n'était pas dupe.
Pour l'instant, cela ne constituait que le cadet de ses soucis.
Il prit leur tête et fonça dans une des rues adjacentes, le sabre laser allumé, projetant autour de lui la conscience de son environnement pour prévenir la moindre embuscade. Sur un ordre du capitaine Pelo, les clones se déployèrent en deux files indiennes qui longeaient les immeubles ravagés par les bombardement intenses de l'armée républicaine.
Le silence qui se dégageait de ces ruines ne pouvait représenter qu'une source d'angoisse pour le commun des mortels qui n'avait pas été initié aux voies de la Force. Oreste ralentit pour s'assurer qu'il n'y avait aucun danger avant de signaler à son second que tout allait bien.
Les clones reprirent une allure plus dynamique sans se départir de leur vigilance, apprise lors des simulations de combat sur Kamino. Puis ils débouchèrent dans l'avenue voisine, espérant ne pas avoir à la traverser sous le feu des droïdes.
Espoir futile.
Le Jedi corellien distingua à une bonne centaine de mètres en direction du centre ville, des barricades imposantes, élaborées patiemment au fur et à mesure que les séparatistes prenaient conscience de leur déroute de plus en plus certaine.
Ces barricades étaient organisées en plusieurs lignes dentelées, constituées autour de canons blaster et d'autre affut d'artillerie lourde visant à les abattre sous des tirs croisés.
Il donna l'ordre de traverser l'avenue au pas de course.
Oreste couvrit autant de clones qu'il pouvait en maniant son sabre laser mais bien qu'étant un Jedi doué, il ne pouvait accomplir des miracles. Devant et derrière le jeune corellien, plusieurs furent dechiquetés par les salves nourries.
Au milieu des droïdes, il crut distinguer plusieurs humanoides à la silhouette étirée et à la peau terne. Des muuns.
Certains autochtones de Mygeeto avaient choisi le camp qui n'était pas le sien. Ils appartenaient sûrement au Clan Bancaire Intergalactique, une de ces maudites corporations qui avait rejeté la République après avoir longtemps abusé de ses faiblesses, pour précipiter la galaxie dans le chaos.
Ils paieraient le moment venu.
Pour le moment, il lui fallait rejoindre son ancien maître céréen.
Il s'engouffra peu de temps après dans la rue suivante, le capitaine Pelo et les clones rescapés à la suite.
L'officier républicain se rangea à sa hauteur.
-Monsieur, je viens de recevoir un message nous signalant l'arrivée de nos renforts à l'antenne médicale provisoire. Nous devrions les attendre.
Encore une fois, Oreste se montra sourd devant ses recommandations.
-Contactez-les et dites-leur de nous rattraper. Et de se méfier des embuscades que les séparatistes pourraient tendre sur leur chemin.
-Affirmatif.
Le corellien inflexible reprit sa marche en avant. Les clones régis par l'obéissance hiérarchique lui emboîtèrent le pas, tout en fouillant d'un oeil attentif les moindres meurtrières creusées par la violences des combats, qui pouvaient offrir un excellent poste de tir à des ennemis embusqués.
Le jeune homme de vingt sept ans ressentit depuis quelques instants dans la Force un malaise de plus en plus persistant. Qui ne provenait pas du danger même du champ de bataille.
Comme si une tempête qui couvait depuis trop longtemps allait se déchaîner de façon anarchique, en causant des répercutions sur des milliards de vie entières à travers la galaxie.
Un grand bouleversement était sur le point de subvenir.
Tout à coup, la présence d'un homme se noya dans les courants de la Force. Une lumière de bonté et de sagesse venait de s'éteindre quelque part sur Mygeeto.
Maître Mundi avait succombé.
Non, hurla-t-il en lui-même, j'ai échoué.
Alors qu'il tentait de soutenir ce choc émotionnel, il entendit le capitaine Pelo beugler tout à coup.
-Soldats, exécution de l'Ordre 66!
Les claquements secs des crans de sûreté que l'on retirait résonnèrent comme des coups de fouet troublant le silence alors que le corellien, décidant de revenir à des préoccupations immédiates, se demanda ce que pouvait signifier cet ordre 66 qu'il n'avait pas pronocé en personne.
Il fit volte face pour réprimander Pelo et quelle ne fut pas sa surprise de constater que celui-ci pointait l'affut de son DC-15 sur sa poitrine.
Imité par les autres soldats comme un seul homme.
Oreste fut lui-même admiratif de sa propre rapidité de réaction, lorsque la lame crépitante de son sabre laser bloqua trois tirs successifs. Il se contorsionna pour esquiver le quatrième qui se perdit dans le décor avant de comprimer la Force en lui, mû par son instinct de survie.
Il la libéra en une vague instantanée qui renversa les soldats républicains. Puis fonça vers la fin de la rue sans demander son reste.
-Abattez-le! Abattez-le!
Les salves de fusils blaster l'encadrèrent étroitement alors qu'il s'était lancé dans une fuite éperdue pour sauver sa vie.
Une brûlure élança son coude lorsqu'un rayon mortel le frola à cet endroit précis. Il fonça vers l'avenue suivante, pensant n'avoir plus rien à perdre. Pour tomber dans un piège encore plus dangeureux.
L'avenue en question était déjà le lieu d'une bataille rangée entre les clones et les droïdes, les premiers ayant finalement décidé de lancer l'offensive décisive contre les séparatistes qui n'avaient plus d'issue favorable à espérer.
À leur tête, Oreste reconnut le commandant Bacara qui ouvrait la marche, sans Ki Adi Mundi à ses cotés. Ce n'est alors qu'il comprit ce qui était arrivé à son maître.
Ses propres soldats s'étaient mutinés et l'avaient assassiné par surprise, sans lui avoir laissé la possibilité de se défendre. Bacara le remarqua alors et le montra à ses hommes d'un index accusateur.
-Là! S'écria-t-il. Abattez ce traître à la République!
Les clones tournèrent l'un après l'autre leur DC-15 vers lui alors que le fugitif désormais traqué comme une proie, courut vers les lignes séparatistes.
Guidés par leur programmation peu élaborée, les droïdes concentrèrent leur tirs sur le jeune Jedi qu'ils considéraient à tort comme la menace principale.
Ce dernier bondit par dessus la première ligne, ouvrant son chemin avec de grands moulinets de sabre laser, qui démenbraient les machines à sa portée. Les quelques rebelles muuns qui s'étaient joints au combat s'écartèrent de lui et préférèrent se concentrer sur l'armée clone qui progressait inexorablement malgré leurs rangs de plus en plus éclaircis.
La sensation d'un danger de plus en plus rapproché fut un avertissement qui le poussa à lorgner par dessus son épaule.
Derrière les clones, se profilaient les silhouettes effilées de deux canonnières TIO BA qui se rapprochaient rapidement de l'épicentre des combats urbains. Bacara avait appelé du renfort, non pas contre les droïdes.
Mais contre lui.
À cette pensée, la colère s'éveilla en lui teintée d'une amertume acide. Il devait comprendre ce qui s'était passé, il devait rendre justice à son ancien maître.
Pour cela il devait survivre à n'importe quel prix.
Arrivées à une altitude qui les mettait hors d'atteinte de l'artillerie des assiégés, les canonnières clones quadrillèrent avec leur puissance de feu dévastatrice les rangs séparatistes les décimant sans aucune distinction.
Autour de Oreste Tissan, le permabéton et les droïdes se dissolvaient en poussière cendrée lorsque les missiles se mirent à pleuvoir sur les positions des sécessionistes. Semant la confusion chez ces derniers, ce qui facilita d'autant plus la progression des clones qui perçèrent leurs lignes peu de temps après.
Le Jedi peu soucieux de l'issue de plus en plus certaine de la bataille sur laquelle il n'avait plus aucune prise, tenta de s'abriter provisoirement derrière un tank droïde qui le dédaignait royalement. Cependant sa manoeuvre ne passa pas inaperçu pour ses poursuivants.
L'une des canonnières se positionna juste devant lui et cibla son précaire refuge d'un missile à bout portant.
Il avait perçu cette intention une fraction de seconde avant l'impact. Il s'écarta d'un Saut de Force au moment où le tank de la CSI se désintégra en mille morceaux de duracier.
L'un d'eux le cogna à la tempe violemment et tout ce qui incarnait pour lui le chaos et l'absurdité d'un champ de bataille s'évanouit d'un coup. L'écho des explosions et des salves de fusils blasters, l'odeur infecte de la chair calcinée des cadavres en putréfaction qui flottait dans l'air, l'empoisonnant et donnant une sensation de nausée à ceux qui pouvaient la respirer.
Tout cela disparut dans un trou noir alors qu'il sombra dans l'inconscience.

FIN DU PROLOGUE

Et voilà, l'Ordre 66 balaie les Jedi de la carte galactique! Tout se passe comme je l'avais prévu :twisted: !


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MessagePublié: 23 Janvier 2017, 08:37 
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Bonjour! j'en suis à 50 pages ;) ! voilà la suite!

Coruscant, Cité Galactique, siège du gouvernement de la République, bureau du chancelier Palpatine

Le Seigneur Noir des Sith Dark Sidious fixa d'un air satisfait, l'hologramme du commandant Bacara qui flottait devant lui, au-dessus de sa table.
-Ainsi les équipes que vous avez envoyés aux sites de stockage ont atteint leurs objectifs?
-Oui, monseigneur, confirma l'officier clone. Les cristaux sont sécurisés et sont prêts à être envoyés dans l'Amas de la Gueule à l'amiral Tarkin.
-Bien, et le général Ki Adi Mundi?
-Il a été exécuté selon vos ordres, monseigneur.
-J'ai entendu dire qu'un de ses anciens padawans l'avait accompagné, un Jedi corellien nommé Oreste Tissan.
-Une de nos canonnières a ouvert le feu sur lui, mais son corps n'a pas été retrouvé. Les recherches sont en cours.
Dark Sidious retint une grimace irritée.
-Ne l'oubliez pas, commandant. Tant qu'un seul Jedi sera encore en vie, nous ne serons pas en sécurité.
-Nous traquerons ce Jedi tout en nettoyant les dernières poches de résistance séparatistes. Commandant Bacara, terminé.
Dark Sidious rabattit un peu plus son capuchon sombre sur la tête, pour masquer davantage les rides profondes qui flétrissaient anormalement ses traits. Et peut-être aussi ses yeux d'un jaune incandescent effrayant.
Il bascula ensuite sur un autre canal de transmission et le buste tridimensionnel d'un autre officier clone se matérialisa, celui du chef en second de la 501ème Légion.
-Commandant Appo?
-Le Temple Jedi est sécurisé, monseigneur. Nous n'avons pas fait de prisonniers.
-Avez-vous laissé des Jedi s'échapper?
-Non, mais il n'est pas à exclure que certains d'entre eux aient pu s'échapper par des passages secrets.
-Envoyez des unités pour les fouiller et les sceller.
-Bien, monseigneur. Le Seigneur Vador m'a demandé de vous prévenir qu'il partait dans le Système Mustaphar s'occuper des leaders séparatistes.
-Exactement tel que je l'ai ordonné. Merci commandant Appo.
Il rompit la communication et se leva de son grand siège pour faire quelques pas en direction de la baie de transparacier qui avaient été fracassée lors de son duel avec le Maître Jedi korunnai Mace Windu.
Là où Anakin Skywalker s'était rallié à lui et accepté de devenir son acolyte sous le nom de Dark Vador.
Ce fut un délice sans nom pour Sidious lorsqu'il se souvint de sa première rencontre avec ce jeune garçon bouillonnant d'émotions qui tourmentaient son âme et en qui la Force rugissait déjà d'une puissance peu commune. C'était ce qui avait inquiété les Jedi, qui avaient hésité à prendre en charge sa formation.
Et s'y étaient résignés lorsqu'ils ont eu vent de son premier exploit retentissant au large de la planète Naboo. Seul Yoda le Grand Maître de leur ordre avait perçu le danger potentiel qu'il pouvait représenter.
Leur arrogance et leur suffisance les avait aveuglés et menés à leur perte.
Le vent qui fouettait les placides tours de duracier de la Cité Galactique plongée dans l'obscurité, s'anima et s'engouffra dans ses vêtements.
Il ne put retenir un rictus triomphant et cruel.
Cette nuit était le crépuscule des Jedi et de cette République en laquelle ils avaient cru et espéré vainement. Lorsque l'aube se lèvera, les simples citoyens ordinaires vivraient sous la domination d'une autocratie ferme qui leur offrirait la paix et la sûreté de leur piètre existence en échange de leur servilité.
Les forts dominaient et les faibles les servaient, telle était la loi des Sith.
Telle serait sa loi.
Il se dirigea vers sa table et activa un canal privé sécurisé à l'aide de la Force.
-Conseiller Amedda? Fit-il en direction du buste d'un grand chagrien trapu qui s'inclina devant lui.
-Excellence, le salua humblement l'autre.
-Convoquez le Sénat aux premières lueurs de l'aube en session extraordinaire. Faites en sorte que cette convocation parvienne à tous les membres.
-Bien, excellence.
Le Seigneur Noir des Sith savait pertinemment que sa position n'était pas raffermie, que son pouvoir n'était pas encore absolu. Il avait pour l'instant besoin du congrès et de ces parlementaires qu'il avait dupés pour gouverner les milliers de systèmes qui appartenaient à la République.
Mais avec le temps, il pourra s'en passer. Il lui suffirait d'être patient.

Coronet, capitale de Corellia, dans le Noyau de la Galaxie
Domicile de la famille Tissan, 15 ans avant la Guerre des Clones

Neeja Halcyon, assis sur un canapé, étudiait d'un air songeur la petite fontaine qui trônait au milieu du salon de l'appartement des Tissan, au dernier étage de l'une plus hautes tours de duracier de la capitale planétaire de Corellia, Coronet.
Son flux régulier et le carillon de l'eau qui s'écoulait le berçait agréablement, évoquant cette harmonie qu'il recherchait en tant que Maître Jedi corellien. L'homme à la chevelure poivre et sel rabattit plus fermement son capuchon vert sur les épaules, avant de secouer les pans de sa bure du même ton pour se donner plus d'aisance.
Il se caressa la barbe qui coulait de ses tempe jusqu'au menton, le faisant paraître plus âgé qu'il ne l'était réellement. Ou peut-être plus sage.
Un droïde protocolaire s'approcha de lui et il accepta le verre de brandy corellien que le majordome lui apportait sur un plateau.
Il prit le temps de savourer le goût sucré qui se dissolvait dans sa gorge avant de le reposer sur la table basse devant lui. Il détecta ensuite la présence de deux personnes qui venaient d'entrer dans la pièce.
Une jeune femme blonde d'une trentaine d'années aux traits ridés par la lourde responsabilité maternelle qui pesait sur ses épaules, accompagnait un garçon brun d'une dizaine d'années qui ne semblait pas ravi de se trouver ici en cet instant. Certainement son fils à en juger par cet air de famille qui les rapprochait.
Ses yeux emplis d'une inhabituelle marée verte et grise se braquèrent aussitôt sur cet homme qu'il considérait ni plus ni moins comme un intrus.
-Oreste, commença la mère, je te présente le Maître Neeja Halcyon, chef des Jedi corelliens. Je l'ai invité ici pour qu'il puisse t'aider.
-Je n'ai pas besoin d'aide, maman, répliqua abruptement son fils qui trahissait l'orgueil d'un véritable corellien. Je sais me défendre tout seul.
Rebecca Tissan adressa un regard désolé en direction du Jedi, qui lui indiqua d'une simple inclinaison du menton qu'il ne se formalisait pas.
-Oreste, reprit-elle avec patience, tes camarades à l'école ont peur de toi et tu sais très bien pourquoi. Et ils ne sont pas les seuls à avoir peur.
À ces dernier mots, le jeune garçon baissa la tête quelques instants, ressentant de la honte pour des actes qu'il avait déjà commis.
-Je sais.
Son ton exprimait maintenant une tristesse et une résignation qui tranchèrent avec sa froideur avec laquelle il avait accueilli Neeja.
Celui-ci surprit en lui un un volcan d'émotions prêt à entrer en éruption. Ce garçon avait évidemment le potentiel pour devenir un chevalier Jedi mais il lui fallait acquérir la discipline, faute de quoi il deviendrait un danger tant pour lui-même que pour les autres.
-J'aimerais lui parler seul à seul, madame, fit-il enfin après une longue pause.
-Très bien, je serai juste à coté en cas de besoin.
Elle s'éclipsa en s'inclinant après qu'il l'ait remerciée d'une révérence respectueuse. Il invita alors Oreste à s'assoire face à lui, ce que le garçon accepta.
-Dis-moi Oreste, connais-tu dans l'histoire de ta famille, un certain Alan Tissan?
-Non, reconnut Oreste.
-Il est l'un de tes aïeux les plus prestigieux.
Neeja ne se trompa pas en devinant qu'il avait suscité sa curiosité.
-Il y a environ trois siècles, l'Ordre Jedi a inauguré un vaisseau inédit, le Chuun'thor. Ce vaisseau avait pour fonction principale d'explorer la galaxie, en recueillant sur sa route des adeptes qui pouvaient être formés aux voies de la Force et de notre philosophie. Une académie ambulante pour résumer.
Neeja Halcyon appela le droïde protocolaire pour reprendre un verre. Ceci fait, il reprit son récit qui fascinait son hôte.
-Un jour, ce vaisseau s'écrasa à la surface d'une planète inhospitalière de la Bordure Extérieure et tout ce qu'il contenait tomba aux mains d'un puissant groupe d'utilisatrices de la Force. Le Haut Conseil Jedi monta une expédition pour récupérer les artefacts et les prisonniers.
-Vous voulez parler du raid contre Les Sorcières de Dathomir? S'anima subitement le jeune corellien, sorti de sa réserve.
-Oui, Alan en faisait partie, confirma Neeja. Mais l'expédition a échoué et il n'y a pas survécu tout comme treize autres frères et soeurs.
Oreste fronça les sourcils, indécis.
-Pardon maître, mais pourquoi me racontez-vous cette histoire?
-Tout comme ton ancêtre, tu as un don, Oreste. Tu es sensible à la Force.
L'enfant écarquilla les yeux, surpris par cette révélation directe et franche. Puis Nejaa le vit reprendre sa contenance, comme s'il comprit ce que cela impliquait.
-Tu sais ce que cela signifie, n'es-ce pas?
-Je n'en suis pas sûr, monsieur, répondit Oreste en hésitant. Cela veut dire que je suis mauvais?
-Qu'es-ce qui te fait penser cela?
Neeja le sentit préoccupé, comme si le garçon souhaitait se trouver ailleurs plutôt que face au jugement hatif de quelqu'un qu'il rencontrait pour la première fois.
-Personne ne saura ce qui se sera dit dans cette pièce. Tu peux avoir confiance en moi, Oreste.
-Oui, monsieur.
Légèrement rassuré par le ton diplomate du Jedi expérimenté, il demeurait néanmoins encore tendu.
-J'ai cassé le bras d'un camarade à l'école hier, sans le toucher.
L'aveu était fluide et spontané, Nejaa n'eut pas besoin de la Force pour savoir qu'il lui disait la vérité.
-Pour quelle raison as-tu fait une telle chose? Lui demanda-t-il.
-Il s'est moqué de moi et je me suis concentré sur son bras. Je voulais que cela se brise, qu'il ait mal, très mal.
Neeja crut voir l'ombre d'une larme naître au coin de l'oeil.
-Et tu regrettes de l'avoir fait?
-Je ne sais pas, avoua Oreste qui semblait de plus en plus désemparé au fur et à mesure que la conversation se déroulait. Mais mon père, mes deux frères et ma soeur cadette m'évitent, ils ne veulent plus me parler. Ils disent que je suis un monstre.
-Seule ta mère encore tient à toi, lui fit remarquer Nejaa.
Le Jedi corellien se caressa pensivement le menton, pour réfléchir à la situation. En tant que membre de la dynastie Halcyon, il disposait de la capacité à retracer le destin d'un tiers dans un avenir plus ou moins lointain.
Il s'immergea profondément dans la Force, pour l'arpenter en faisant abstraction de son environnement immédiat. Il s'attendait à ce que son esprit soit perturbé par une vague de flash intermittents qui lui conféreraient des indices sur la marche à suivre.
Rien.
Il se heurtait à l'inconnu le plus total, le destin d'Oreste était complètement incertain. Serait-ce une bénédiction pour la stabilité de la galaxie ou au contraire un facteur de chaos qui n'engendrerait que du mal aux innocents?
Il lui fallait trancher, sachant qu'il ne pouvait se fier à la Force. Il lui fallait choisir en pensant seulement comme un Jedi.
Il plongea son regard dans cette marée verte et grise qui inondait les pupilles d'Oreste, une marée qui trahissait une attente fièvreuse.
Neeja fut alors certain d'une chose. S'il abandonnait ce garçon, s'il le laissait assumer seul ce lourd fardeau, ce ne serait pas digne d'un Jedi.
En effet, cela ressemblerait plus à de l'égoïsme qu'à de la compassion. Il devait l'aider et lui montrer la voie à suivre.
Patiemment.
-Oreste, tu ne seras jamais un monstre si tu tires les leçons de tes erreurs. Si tu acceptes de suivre la formation des Jedi.
Le jeune corellien se redressa subitement, ragaillardi par cette offre en laquelle il n'osait croire. Il retrouva même une certaine insolence.
-Qui me prouve que vous serez capable de m'apprendre?
Neeja, tout en glissant un sourire en coin, ne pouvait s'empêcher de le trouver surprenant. Il ne demandait qu'à être impressionné, il serait servi..
-Regarde bien cette fontaine, Oreste.
Le jeune garçon lui obéit sans un mot. Il ne quitta pas des yeux cette décoration qui le séparait lui et le maître Jedi et ne vit donc pas celui-ci agiter discrètement les doigts.
Aussitôt, l'eau ne s'écoula plus en de minces filets qui s'écoulait et emplissait le récipient à son socle mais lévitait avant de retomber sur le marbre luxueux. Fasciné, le garçon réagit finalement en se précipitant pour attraper la nappe et se mettre à éponger le sol frénétiquement.
Inutile de préciser que Neeja Halcyon retint un sourire amusé lorsqu'il termina cette démonstration et qu'il laissa Oreste se relever le front perclus de sueur.
-Ce n'était pas drôle du tout, grogna ce dernier. Vous auriez pu vous y prendre autrement.
Neeja garda un flegme à toute épreuve devant son irritation.
-La prochaine fois que vous le refaites, c'est vous qui nettoierez, rajouta hargneusement l'enfant.
-Avec le temps tu apprendras à te fier à la Force, reprit imperturbablement le vétéran corellien. Pas seulement à ce que tes yeux peuvent voir ou à ce que tes oreilles peuvent entendre.
Oreste fronça les soucils, perplexe. Voulant en avoir le coeur net, il examina la nappe roulée en une boule grossière.
Qui ne contenait aucune trace d'humidité. Or s'il avait absorbé la flaque d'eau qui s'étalait sur le sol, cela aurait du être pourtant le cas.
Non, au contraire, sa surface était rêche et sèche comme un parchemin vieilli par le temps. Puis il se baissa pour effleurer le marbre avec ses doigts. De plus en plus saisi par le doute, il s'attendait à ressentir un contact poisseux.
Mais là non plus, il n'en était rien.
Il se redressa pour croiser le regard de Neeja Halcyon, toujours aussi calme.
-Mais que m'avez-vous fait?
Son ton suintait l'indignation alors que sa colère perturbait les flux paisibles de la Force. Le Maître Jedi eut ainsi un bref aperçu des faiblesses potentielles d'Oreste. S'il ne maîtrisait pas ses émotions, cela pourrait causer sa chute.
-J'ai simplement usé de la Force pour incruster dans ton esprit ce que tu as cru voir réellement se produire.
-Vous m'avez manipulé.
Le garçon jeta de dépit la nappe au sol.
-Je dirais plutôt influencé. Quoi qu'il en soit, j'ai estimé qu'il était nécessaire de te montrer qu'il existe plusieurs manières d'appréhender la Force.
La rage d'Oreste s'évanouit presqu'immédiatement suite à ces mots.
-Vous pouvez me l'enseigner? Demanda-t-il presque timidement.
-C'est un pouvoir spécifique qui se transmet dans ma famille depuis des temps immémoriaux. Nous disposons aussi de la capacité à absorber l'énergie et à la renvoyer. Par contre, cela se paie par notre absence de don télékinétique.
Le garçon arqua un sourcil, surpris par cette dernière révélation.
-Vous ne pouvez pas soulever des objets? Parce que moi si.
L'humeur de cet enfant était décidément très volatile. Le voilà maintenant qui montrait une assurance démesurée.
Neeja le vit alors tendre la paume sans hésiter vers la table basse devant lui. Et la soulever sans effort apparent.
Le Maître Jedi corellien continuait d'observer Oreste par dessus l'objet qui flottait au niveau de son visage. Les traits de celui-ci se tordaient sous le coup d'une fierté revancharde.
-Je pense que cela suffira, merci.
La réprobation qu'exprima Neeja le fit sursauter et la table basse retomba un peu brutalement sur le marche, laissant échapper au passage un grincement de bois martyrisé.
-Un Jedi utilise la Force quand cela est nécessaire pour préserver sa vie et celles d'autrui, pas par arrogance ou pour nuire.
Oreste croisa les bras dans son dos pour maîtriser la gêne qu'il exprimait dans les perceptions du visiteur.
-Pardon.
-Tu ne pouvais pas le savoir, tempéra Neeja.
Celui-ci se leva finalement du canapé, secouant sa bure épaisse et rajustant le capuchon sur son crâne.
-Tu as maintenant le choix, Oreste. Tu peux rester avec ta famille et te contenter d'une vie simple et épanouie. Ou bien emprunter un chemin exigeant qui pourrait être tortueux et décourageant.
-Vous me proposez de devenir un Jedi?
-Si tu le désires sincèrement.
Au moment où il lui posait la question, Neeja connaissait la réponse.
-Ma famille n'a plus rien à m'offrir.
-Mais tu aimerais rester avec ta mère, déclara patiemment Halcyon.
Le maître Jedi perçut aisément le conflit qui le déchirait intérieurement et il se félicitait de ne pas être aussi conservateur sur le Code Jedi que Maître Yoda. La plupart des Jedi basés au Temple de Coruscant considéraient que tout lien avec des proches ou leur famille génétique devait être rompu. Les Jedi corelliens avaient assoupli cette règle, ce qui créait des conflits récurrents avec le Haut Conseil.
-Oui, mais je sais qu'elle voudrait que je devienne un Jedi.
-Alors je te propose un compromis. Je reviendrai ici tous les jours dans la mesure du possible t'enseigner les voies de la Force et je ne t'emmenerai avec moi que lorsque tu te sentiras capable de voler de tes propres ailes.
Une joie débordante illumina les traits d'Oreste qui se précipita alors pour prévenir sa mère et lui soumettre la proposition.
Rebecca Tissan réapparut dans le salon. Au comble du bonheur de trouver une échappatoire à l'avenir de son fils, elle le serrait dans ses bras.
-Merci d'accepter de l'aider, maître Halcyon.
-Je vous en prie madame. C'est la moindre des choses que je puisse faire. Nous nous reverrons demain.
Il fixa encore un instant la scène intime figée sous ses yeux avant de se résoudre à diriger ses pas vers la sortie.
Avec la certitude absolue d'avoir pris la meilleure décision.

Voilà j'espère que les retours de Palpatine et du grand père de Corran Horn vous combleront :) ! à la prochaine!


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MessagePublié: 05 Février 2017, 21:25 
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Hello à tous, j'en suis à 60 pages :roll: !

Allez je publie la suite! Bonne lecture!

Mygeeto, deux jours après la proclamation de l'Empire

Oreste Tissan émergea enfin de ce brouillard brumeux qui entravait le cours de ses pensées pendant un temps dont il ne parvenait à estimer la durée.
Il ouvrit les paupières et cligna des yeux pour adapter sa vision à la lumière qui baignait les lieux. Allongé sur un matelas grossier, il discerna un plafond au relief irrégulier arborant d'étranges lueurs scintillantes qui faisaient penser à des luciolles.
Il usa de la Force pour s'éclaircir définitivement les idées et ramena ses bras en arrière pour se redresser sur les coudes.
Avant même qu'il eut achevé ce mouvement, une voix basse se répercuta dans la caverne dans laquelle il se trouvait.
-Le Jedi s'est réveillé! Appelez le conseiller!
Oreste toujours vêtu de ses habits Jedi, croisa le regard défiant d'un muun armé d'un fusil blaster qui fut braqué sans hésiter sur sa tête.
Par acquit de conscience, le corellien vérifia instinctivement que son sabre laser était à portée de main, attaché à sa ceinture.
Son arme avait disparu.
Il sentit quelque chose d'enroulé autour de sa tête. En y posant la paume, il sut que c'était un bandage bacta.
Alors les souvenirs lui revinrent en bloc. Il menait l'assaut à travers les lignes séparatistes pour voler au secours de son maître Ki Adi Mundi. Il avait perçu sa mort dans la Force et peu après les clones qu'il commandait s'étaient inexplicablement retournés contre lui.
Sans se poser davantage de questions l'instant de surprise passé, il s'était enfui pour rejoindre les lignes séparatistes tandis que la bataille atteignait son paroxysme. Se réfugiant derrière un tank droïde avant qu'une canonnière clone ne le prit pour cible.
Ce fut tout.
Il ignorait ce qui s'était passé depuis mais c'était pour l'instant le cadet de ses soucis. Le muun séparatiste qui le tenait en joue le préoccupait davantage.
Sa présence dans cette caverne était sans doute la preuve que la guerre des Clones n'était peut-être pas arrivée à son terme.
Sur le seuil de la prison improvisée, apparurent quatre muuns armés jusqu'aux dents entourant un cinquième congénère, un civil pour lequel ils semblaient éprouver du respect. Au vu de sa posture et de l'intensité de son regard, Oreste jugea à priori que ce personnage devait bénéficier d'une influence non négligeable auprès des siens.
-Méfiez-vous de lui, conseiller Hang.
-Je sais, répondit le muun. Mais nous devons tout de même l'informer d'abord de certaines choses importantes.
De nouveau vif et alerte, Oreste bondit sur ses pieds. Et il agrippa avec sa puissance psychique l'arme du muun qui le gardait sévèrement jusqu'à leur arrivée.
Le fusil sauta dans ses mains et il s'en saisit prestement pour le diriger contre le quatuor non humain. Immédiatement, les quatre muuns se raidirent et le ciblèrent, mais le dénomme Hang leur cria:
-Non ne tirez pas!
-Merci encore pour votre hospitalité, maintenant je vais prendre congé, leur fit le corellien avec sarcasme.
Hang s'avança en première ligne au mépris du danger, faisant abaisser par une pression de ses mains les affuts des armes de ses subalternes.
-Admettons que vous quittiez cette pièce, Jedi. Comment ferez-vous ensuite pour vous guider vers la sortie? Il est aisé de se perdre dans ces tunnels surtout pour ceux qui n'y sont pas familiarisés.
-Je me fierai à la Force.
Hang secoua la tête d'un air peu convaincu. Et Oreste commença à être envahi par le doute.
Pendant tout son repos forcé, les muuns séparatistes avaient disposé d'une occasion en or pour l'achever d'un tir de blaster dans la tête. Mais ils ne l'avaient pas saisi.
Pourquoi?
-Que me voulez-vous? Fit-il toujours aussi distant.
-Discuter, lui répondit son interlocuteur.
Le jeune corellien étudia sa position avec recul. Dos au mur, il avait ses ennemis dans son champ de vision et il pouvait tous les abattre d'une simple rafale. De toute évidence il serait plus rapide qu'eux mais après?
À quels ennemis serait-il confronté dehors? Pourrait-il les affronter alors qu'il sentait sa tête lourde?
-Très bien, je vous écoute, accepta Oreste en baissant son arme à son tour.
-Je suis Castor Hang, ancien membre du conseil d'administration du Clan Bancaire Intergalactique. Je dirige la résistance contre l'oppression impériale sur Mygeeto.
Indécis sur le sens du terme impérial, le rescapé corellien s'écria:
-Alors la guerre est enfin terminée.
-Oui, mais cela ne signifie pas que vous l'avez gagné.
-Que voulez-vous dire?
Insidieusement, la nausée l'envahit quand il repensa aux clones qui l'avaient pris en chasse sans crier gare.
-Combien de temps êtes-vous resté sans connaissance, à votre avis?
-Pas plus d'un jour, avança le Jedi.
-Au moins deux.
Oreste étendit ses perceptions pour s'assurer que le muun ne se moquait pas de lui.
-Vous plaisantez?
-Même si un surplus d'humour soulagerait les difficultés que mon réseau subit, ce n'était pourtant pas le but.
Le visage sans relief du muun trahissait une lassitude résignée. Comme s'il avait perdu l'illusion de faire triompher la cause pour laquelle il se battait.
La situation semblait bien pire que ce que le jeune Chevalier tentait d'imaginer.
-Pour moi, vous êtes l'ennemi, trancha Oreste.
-Depuis peu, ce n'est pourtant plus le cas. Rendez votre arme et laissez-moi vous raconter ce qui s'est passé.
Le conseiller Hang s'avança de nouveau jusqu'à se trouver bloqué par le canon du fusil blaster que le corellien avait tendu de nouveau.
Oreste le sonda avec la Force, sans ne déceler aucune duplicité.
Il accepta alors de lui offrir son arme. Et il fut stupéfait que le muun lui rendit à la place son sabre laser.
-Venez avec moi, fit Hang.

Peu après avoir quitté son chevet, Oreste arpentait maintenant un des tunnels qui courait plusieurs kilomètres sous la capitale de Mygeeto. En compagnie du conseiller muun et de son escorte, il arriva devant une étroite passerelle qui joignait deux sections séparées par un immense gouffre à donner le vertige.
Mygeeto était un monde au relief montagneux qui cachait en ses entrailles des gisements de cristaux dont les plus raffinés servaient à la production d'énergie qui assuraient une quasi autonomie aux cités autochtones.
Tout au long de son parcours, le corellien put admirer par intermittence l'éclat de ces cristaux qui émergeaient de sous la surface ça et là. Mais le spectacle fut terni par les révélations fracassantes du muun qui l'accompagnait.
Celui-ci avait d'abord commencé à lui révéler que ses congénères l'avaient extirpé de sous les débris du tank séparatiste alors que leurs lignes de défense cédaient sous l'assaut dévastateur des clones. Hang qui n'avait rejoint que très récemment le front, avait pris l'initiative de rallier tous les survivants et de se réfugier dans les souterrains avec leur prisonnier pour échapper à la débacle.
-Si nous vous avons épargné, expliquait Hang, c'est parce que nous avions compris que vous étiez la cible de vos propres troupes.
-Dans le cas contraire, vous m'auriez achevé?
Le non humain haussa négligemment les épaules.
-C'est probable.
-C'est pourtant votre camp qui a déclenché la guerre.
-La version officielle soutient que les Jedi en sont responsables au même titre que nous.
-Quelle version officielle?
Au moment où il insistait, ils étaient arrivés à ladite passerelle.
-Nous arrivons au relais holonet et vous aurez toutes les informations que vous voudrez.
Oreste fulminait et ne se priva de le faire savoir.
-Assez de cachotteries.
Hang freina et se tourna pour soutenir le regard furieux du corellien qui avait l'impression qu'on le considérait comme un petit enfant.
-Peu après notre défaite, le Chancelier Palpatine a convoqué sur Coruscant le Sénat en session extraordinaire pour proclamer l'Empire à la place de la République. Avant cela, les Jedi auraient tenté un coup d'Etat contre lui.
-C'est absurde.
-C'est aussi ce que j'ai pensé. J'ai déjà rencontré des Jedi avant la guerre comme maître Yoda ou Qui Gon Jiin et je dois reconnaître que l'honneur et la parole donnée sont des choses que vous ne prenez pas à la légère.
Le groupe arriva devant la salle abritant les relais holonet et Hang s'écarta respectueusement pour le laisser passer.
Le jeune Jedi corellien constata que de nombreux muuns en uniforme étaient postés devant des écrans de contrôle de différents nature. Il remarqua des consoles holograohiques projetant les vidéos tridimensionnelles de patrouilles clones sillonnant les rues de la capitale et menant parfois des rafles inopinées sur la place publique.
Le conseiller Hang se rangea à sa hauteur.
-D'ici, nous pouvons à la fois avoir accés au réseau Holonet par des canaux sécurisés et espionner les moindres faits et gestes de l'ennemi.
-Que font les clones?
-Depuis la fin de la guerre, ils traquent tous ceux soupçonnés de travailler pour nous. Et ils n'y vont pas de main morte.
Sur l'un de ces holovids que les rebelles muuns visionnaient, Hang et Oreste surprirent une escouade clone stopper un couple de muun pour procéder à leur contrôle d'identité.
Puis les choses dérapèrent tragiquement.
Le caporal qui supervisait la procédure, ordonna soudain d'un geste implacable de la main de fouiller au corps l'homme sur qui un blaster ne tarda pas à être trouvé.
Hang dépassa Oreste pour demander:
-Vous pouvez retranscrire le son?
-Tout de suite, Conseiller.
Après une manipulation instantanée, tous purent entendre le sous officier clone beugler comme un animal enragé:
-D'où tiens-tu ça, salopart de rebelle séparatiste?
Complètement appeuré par la situation qui prenait une vilaine tournure pour lui, le muun tenta de se défendre maladroitement.
-Je..ce n'est pas ce que vous croyez.. je l'ai trouvé par terre.
-C'est ça, prends nous pour des stupides gornt.
Oreste sentait que cela allait très mal se finir. Car trois clones avaient épaulé leur fusil blaster sur le malchanceux qui semblait pourtant de bonne foi.
Sa compagne se précipita pour le tirer de ce mauvais pas.
-Attendez, vous n'allez pas l'arrêter pour ça! Il essayait de m'impressionner!
-Toi, te mèle pas de ça!
L'un des clones lui enfonça la crosse de son fusil dans l'abdomen, la faisant s'écrouler sur le sol. Tandis que le sous officier exécuta le muun d'un tir en plein coeur.
Le teint du corellien blémit sous le choc de la mise à mort. Ce n'était pas du à un concours de circonstance ou à une réaction de panique.
Non, c'était un acte délibéré.
-Vous ne vous attendiez pas à ça, n'es-ce pas?
Oreste détourna finalement le regard qui n'exprimait qu'une confusion extrême.
-J'ai commandé ces hommes dans plusieurs batailles. Il doit y avoir un défaut dans le processus de clonage.
-Pour résumer, je dirais plutôt qu'il s'agit du véritable visage de ce nouvel Empire.
Le conseiller Hang donna l'ordre de visionner un nouvel holovid qui montra un homme siègeant dans la chaire du Chancelier de la République déchue.
Un homme encapuchonné aux cotés duquel se dressait un conseiller chagrien, Mas Amedda. Ce dernier reconnaissables aux grandes queues crâniennes qui retombaient sur ses épaules, accompagnait toujours dans ses apparitions Palpatine.
C'était celui-ci qui s'exprimait d'une voix graveleuse inhabituelle.
-La rébellion des Jedi a été matée.
Oui, pas de doute, il s'agissait bien de Palpatine, le chef d'Etat de la République démocratiquement élu lors de la Crise de Naboo. Oreste avait dèjà visionné quelques hologrammes officiels, ceux d'un homme apparamment affable et et sage.
Mais ce capuchon qui recouvrait sa figure lors de son allocution récente, dissimulait un comportement fuyant.
Et même angoissant.
Qu'avait-il bien pu se passer lorsque Maître Windu et trois autres membres du Haut Conseil avaient tenté de l'arrêter peu avant?
Il était certain qu'ils avaient échoué. Mais il ignorait comment.
-Les autres Jedi survivants seront traqués et vaincus!
L'enregistrement trahit le mugissement des applaudissements de la majorité des sénateurs, qui semblaient approuver ses propos.
Involontairement Oreste ne put empêcher l'indignation le saisir. Tous les sacrifices qu'il avait consentis au nom de la République étaient balayés par la lacheté des politiciens qui ne les avaient jamais porté dans leur coeur.
-Cette tentative d'assassinat sur ma personne a laissé des cicatrices sur mon corps et mon âme. Mais soyez assurés que ma détermination n'a jamais été aussi grande.
Les clameurs reprirent de plus belle et Oreste crut discerner un rictus triomphant sur les lèvres du chef d'Etat.
-Pour assurer la sécurité et la continuité dans la stabilité, la République sera réorganisée et deviendra la première puissance galactique impériale. Pour une société basée sur l'ordre et la sauvegarde.
Cette fois, les applaudissements roulèrent de part et d'autre comme si l'ensemble des sénateurs célébrait une renaissance.
Alors qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de la fin de la République et de la démocratie. Pour laquelle tant de Jedi sont morts.
Ces hologrammes insupportables disparurent finalement dans un flash éblouissant laissant place à un silence pesant.
-Je suis désolé de vous avoir montré cela, s'excusa Hang, mais il était nécessaire que vous découvriez la vérité tôt ou tard
Oreste ne montra rien du choc qui le bouleversait de fonds en comble. L'Empire Galactique avait précipité la République dans les limbes de l'histoire sans que le Sénat n'ait protesté. C'est alors qu'il ouvrit les yeux sur une vérité fondamentale.
La République était déjà morte avant.
Bien avant la Guerre des Clones. Peut-être lorsque Palpatine accèda au pouvoir.
Lui comme tous ses autres condisciples s'étaient laissé entraîner dans une guerre qu'ils n'avaient pas su éviter.
Ils s'étaient fait berner par leurs bonnes intentions, qui les avaient aveuglé sur la montée en puissance des Sith.
-Comment cela a-t-il pu arriver? Il est évident que nous nous sommes faits manipuler mais nous avons préféré renoncer à nos convictions pour défendre un idéal qui a disparu depuis longtemps.
Son aveu spontané arracha l'approbation discréte du muun.
-Tous ceux qui sont morts au champ d'honneur ont pensé se battre pour une juste cause, concéda-t-il amèrement. En ce qui me concerne, je suis heureux que les Jedi ne soient pas aux cotés de cet Empire bien plus tyrannique que ne l'était la République.
Oreste parvint à reprendre une certaine contenance, sans que son malaise ne se dissipe cependant. Il lui faudrait encore un peu de temps pour recouvrer de nouvelles certitudes.
-Et je me sens solidaire de quelqu'un qui reconnaît qu'il a commis des erreurs.
-Vous souhaitez que je me rallie à vous? Fit le corellien sans équivoque.
-L'ennemi de mon ennemi est mon ami, non?
Hang ponctua sa réplique d'un sourire malicieux. Partant du principe que le ralliement du jeune humain était d'ores et déjà acquis.
Ce qui dans les faits était bien le cas.

Voilà j'espère que cela vous plaira! à la prochaine ;) !


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MessagePublié: 21 Février 2017, 13:48 
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Bonjour voici la suite de ma préquelle! :mrgreen: Bonne lecture!

Ils quittèrent la station relais pour parcourir de nouveau les tunnels de cristaux qui couraient sous la surface. Cette fois sans l'escorte du conseiller de l'ex Clan Bancaire Galactique. Témoignage certain de la confiance du muun accordée au jeune rescapé de l'Ordre 66.
Il l'emmena dans une grande cathédrale aménagée et éclairée sommairement par des nanoprojecteurs plus ou moins défectueux. Ce hall accueillait principalement des civils qui étaient inquiètés par l'Empire.
Des hommes, des femmes et des enfants. Principalement muuns mais Oreste eut la surprise de découvrir d'autres non humains comme des twi leks, des zabraks. Il percevait leur peur et leur angoisse d'être découverts par les soldats impériaux.
Malgré la présence de quelques rebelles armés qui assuraient leur sécurité et leur distribuait à manger.
-Nous tentons d'aider les nôtres comme nous le pouvons en attaquant les postes impériaux les moins bien défendus pour leur apporter des vivres et du bacta. Mais depuis deux jours, nous avons de plus en plus de difficultés à faire face à l'afflux de réfugiés.
Les traits indéchiffrables du muun masquaient une anxiété dans la Force.
-Nous avions déjà mené des raids sur vos bases arrière lorsque vous meniez vos troupes contre nous. Avec plus ou moins de réussite, mais notre situation a exponentiellement empiré depuis que la Fédération du Commerce a démantelé ses droïdes. Et je ne parle pas de la décision du commandant Bacara de centraliser ses ressources dans des bases mieux défendues.
-Alors on peut dire que je tombe à pic.
-C'est un euphémisme. Tous ici fondent leurs espoirs sur vous et sur ce que vous pourriez accomplir pour nous.
Oreste projeta ses perceptions lorsque la plus grande partie de la foule remarqua sa présence, y compris des rebelles qui patrouillaient.
Il n'eut pas besoin d'écouter leurs murmures pour deviner que sa venue suscitait de folles espérances. Teintées néanmoins de distance et d'un zeste de méfiance, ce qui s'expliquait aisément que la guerre qu'il avait mené avec son ancien maître en avait chassé certains de leurs foyers. Cela ne pouvait être oublié.
Mais il pourrait se racheter de ses erreurs.
Encore lui fallait-il veiller à ne pas les reproduire.
-Je vous comprends, finit-il par accorder.
-Nous avons prévu de lancer de nouvelles attaques demain soir, contre deux bases impériales. Une dans les faubourgs près du statioport et celle située au centre ville. J'avais pensé à votre éventuelle participation.
Hang ajouta d'une voix plus basse.
-Je propose qu'on en discute d'ailleurs dans un endroit plus discret.
-Vous ne filtrez pas vos réfugiés? Lui demanda Oreste.
Le jeune corellien avait compris derrière les mots du muun que celui-ci craignait que son réseau n'ait été infiltré.
-Nous manquons d'effectifs pour cela.
Une ombre passa l'espace d'un instant sur le visage d'Oreste.
-Je vois.


Ils retournèrent tous deux à la station relais qui servait aussi succinctement d'état-major. Où les attendait déjà impatiemment les seconds de Hang, que ce dernier avait appris à connaître et à apprécier au cours de la sanglante bataille qui venait à peine de s'achever.
D'emblée, les quatre lieutenants de l'ancien banquier muun reconverti dans la Résistance contre l'Empire exprimèrent au jeune corellien l'étendue de leur hostilité avec des regards appuyés.
Il ne pouvait pas leur en vouloir, après tout ils avaient été dans des camps opposés deux jours auparavant.
Certaines rancoeurs ne pouvaient être effacées.
Hang et Oreste se joignirent à eux et fixèrent avec une intensité attentive les représentations holographiques des deux bases impériales que le muun avait évoqué devant son tout nouvel allié.
-Notre situation devient critique, rappela Hang, et nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre davantage.
-Attaquer deux bases impériales est trop hasardeux, lui fit remarquer un de ses congénères placé sur sa droite. Nous avons tout juste assez d'effectifs et si nous échouons, nous risquons de tout perdre Conseiller.
L'ancien padawan grand et maigre de Ki Adi Mundi glissa un regard vers l'officier muun qui se distinguait par une longue balafre barrant son oeil droit.
-Si nous n'agissons pas, nous risquons de tout perdre aussi, D'aiken. Tant que nous sommes structurés et capables de penser, nous devons frapper l'Empire. Pas seulement pour nous mais aussi pour notre peuple.
Hang constata que ses mots remotivèrent ses subalternes tandis que Oreste prit la mesure de la précarité de la situation.
-Quelle est la base impériale la mieux défendue?
Un autre muun placé face à lui, lui désigna d'un long index malingre la structure pentagonale qui flottait entre eux deux.
-Celle-ci, à coté du statioport. C'est une véritable forteresse qui dispose d'un demi bataillon au complet, avec un ensemble de blindés et de quadripodes qui leur procure une puissance de feu que nous ne pouvons pas affronter.
-Avec votre permission, je l'attaquerai avec une partie de vos effectifs, leur proposa abruptement le Jedi. Et le conseiller Hang assignera qui il veut à la tête de l'attaque de l'autre base.
Les muuns échangèrent des regards déconcertés.
-D'abord, reprit D'aiken, pensez-vous vraiment être capable de mener cette attaque? Et puis pourquoi vous ferait-on confiance?
L'abcès était enfin crevé. Oreste fut loin d'être pris par surprise.
-Ce sont les circonstances qui nous réunissent, répondit-il tout en maîtrisant l'irritation qui le gagnait. Vous n'avez pas le choix si vous voulez avoir une chance de chasser l'Empire.
Cette fois aucun muun ne releva cette remarque. Hang reprit aussitôt pour dissiper la tension:
-Nous attaquerons donc par surprise les deux bases ennemies. Si la Force est avec nous, nous nous emparerons du maximum de ravitaillement et d'armes avant que les impériaux ne se resaisissent.
-Les entrées de ces bases sont protégés par des écrans déflecteurs alimentés par une station au milieu du statioport, ajouta D'aiken. Cette station alimente aussi leurs tourelles de défense automatique.
-Il faut donc détruire cette station avant de prendre d'assaut les bases.
Tous les regards convergèrent vers le jeune Jedi corellien.
-Qu'en pensez-vous? Lui demanda Hang.
-Le plan se tient, répondit l'ancien aspirant de Nejaa Halcyon. Mais c'est très risqué pour ne pas dire suicidaire. Cependant je n'ai pas de meilleure idée à vous soumettre, je vous promets seulement que j'infligerai autant de dégats que possible aux blindés et aux transports de troupe.
Hang le dévisagea plus attentivement.
-Pourquoi êtes-vous autant soucieux?
Cet ancien conseiller du Clan Bancaire Intergalactique était plus perspicace qu'Oreste ne le croyait.
-Si l'attaque rèussit, il faudra ensuite s'attendre à des représailles de l'Empire contre les civils. Et vous devrez accueillir encore plus de réfugiés.
Sa réponse alourdit une atmosphère qui était déjà suffocante.
-Vous devrez trouver un moyen de les évacuer de Mygeeto si vous voulez les sauver.
-Nous le ferons, lui promit Hang.
Le ton sombre du muun prouvait à Oreste qu'il était conscient de cet enjeu grave. Une leçon durement acquise pendant la Guerre des Clones.
Le Jedi n'avait plus rien ajouter et Hang l'autorisa à se retirer d'une inclinaison du menton.

Le garde muun l'amena à une chambre taillée dans une caverne. Le confort était sommaire mais Oreste l'estima suffisant pour ses besoins personnels.
Beaucoup de choses avaient changé depuis trop peu de temps et il éprouvait le besoin de faire le point intérieurement pour ne pas imploser. Il enleva sa bure et la posa sur le lit avant de pivoter vers le garde.
-J'ai besoin de solitude.
-Bien, monsieur. Appelez-moi si vous avez besoin de quelque chose.
Ce rebelle semblait bien disposé à son égard et le corellien s'en satisfaisait pleinement. Du moins le respectait-il pour ses capacités de Jedi.
Maintenant il se battrait pour leur cause. Cela lui apporta la paix.
-Merci, répondit-il simplement.
Laissé seul, il s'empressa de s'assoire en tailleur et de s'immerger totalement dans les flux de la Force.
Il lui fallait vider son esprit pour discerner un aperçu de l'avenir. Son avenir. Comme Neeja Halcyon le lui avait appris jadis. Son premier mentor l'avait initié à la Méditation avant de le confier sur Coruscant à Ki Adi Mundi.
Tes émotions te tourmentent Oreste, lui avait affirmé le Maître Jedi corellien. Elles t'empêchent de voir au-delà des lendemains.
-Que dois-je faire alors, maître, avait-il demandé.
Et ce dernier lui avait conseillé:
-Imagine toi en train d'affronter un cyclone. Tu dois centrer ton esprit au coeur de cette tornade pour trouver le calme plat qui te permettra de te hisser au-dessus de la mélée.
-Je ne suis pas certain d'y parvenir un jour.
-Un jour tu parviendras à trouver ta voie. Je ne dis pas que ce sera facile, cela ne l'a pas été pour moi. Cela ne l'est pour personne.
Halcyon l'avait saisi par l'épaule pour marteler ses propos.
-Tu dois garder la foi.
Oreste évacua ces souvenirs lointain d'une profonde inspiration et ferma les paupières pour aider à ralentir son rythme respiratoire. Il ouvrit sa conscience et perçut d'un coup le fourmillement de la vie à des kilomètres à la ronde.
À des parsecs à la ronde.
Tout ce qui était lié à la Force débordait de peur et de désespoir. D'incertitude.
Les autochtones de Mygeeto ainsi que ceux des systèmes avoisinants qui subissaient le joug impérial, ne croyaient plus en leur avenir. Ils ne possédaient plus d'espoir, voilà pourquoi Oreste comprit qu'il devait l'incarner.
Comme tous les autres Jedi au cours de ce conflit dévastateur, il s'était mué en chef de guerre et avait causé plus de mal que de bien. Il devait réparer cela, c'était son devoir.
Il se baigna encore plus profondément dans la Force et des images inondèrent ses pensées en un torrent anarchique. Il garda son calme et parvint à les sélectionner une par une pour les analyser.
Devant l'entrée de la base impériale qu'il était chargé de prendre d'assaut, devant ces murs qui se dressaient comme un défi à la soif de liberté, des cadavres parsemaient le permabéton. La neige peu à peu les recouvrait de son linceul de deuil.
Ces cadavres étaient pour la plupart des rebelles muuns. Affichant tantôt des postures foetales, tantôt des positions raides et allongées, certains fixaient le ciel de leur monde d'un regard vide privé d'étincelle de vie.
Les stormtroopers clones patrouillaient et des détonations rudes troublaient le silence sépulcral de la mort lorsqu'ils achevèrent sans pitié les survivants.
Au milieu de cette boucherie, trônait une sombre silhouette encapuchonnée. Elle se tenait immobile, indifférente à la souffrance et à l'agonie des derniers rebelles encore en vie. Elle se contentait de brandir devant elle un sabre laser activé, dans une posture nonchalante empreinte d'arrogance.
Le halo rouge ensanglanté de sa lame crépitante projeta un reflet funeste qui déchirait les ombres de la nuit.
Oreste brûlait de connaître cet individu. La connaissance de l'ennemi est ce qui lui permettrait de le détruire. Pour sauver la rébellion.
Son voeu fut exaucé lorsque l'ennemi arracha sèchement son capuchon pour le rabattre sur ses épaules. Et le corellien sentit un caillou glacé rouler dans ses entrailles. Il connaissait ce visage.
Car c'était tout simplement le sien.
Il avait la désagréable impression de se contempler dans un miroir. Mais un miroir ne ferait que lui renvoyer une image lisse et impersonnelle de lui-même.
Ici ce n'était pas le cas. Ses traits osseux étaient déformés en une grimace haineuse et ses yeux verts et gris brillaient d'un éclat jaune maléfique. Il personnifiait le Coté Obscur, la face la plus sombre de sa personnalité.
Son double déclara comme si Oreste se trouvait à ses cotés:
-L'obscurité est ton avenir.


Oreste se mit à haleter en grognant, se prenant à la tête à deux mains. Il tituba lorsqu'il se redressa péniblement sur ses appuis, aussi maladroitement qu'un vieillard.
Il avait déjà affronté des prémonitions aussi effrayantes, comme la veille de la bataille de Géonosis. Où il avait vu des dizaines de Jedi succomber dans une arène, encerclés par des milliers de droïdes de combat. Comme si c'était réel.
Et cela était arrivé.
Il en avait ressenti une telle culpabilité que dès le début de la Guerre des Clones, il s'était laissé tenter par le Coté Obscur sur tous les champs de bataille qu'il avait pu arpenter. Jusqu'à Mygeeto.
Que signifiait cette vision? Comment devait-il l'interpréter?
-Tout va bien, monsieur? S'enquit le muun qui était revenu sur le seuil.
-Oui, merci.
Il ne put réprimer un début d'agacement devant ce qu'il considérait comme une intrusion à sa vie privée.
Heureusement le muun le comprit aisément.
-Pardon pour le dérangement.
-Pas de quoi.
Il guetta la disparition du rebelle avant de faire les cent pas frébilement. Il usa de la Force pour apaiser sa respiration agitée.
Lorsque Neeja Halcyon avait commencé à le former, il avait eu une vision de son frère aîné baignant dans son sang, incastré dans l'épave d'un landspeeder. Au milieu d'une avenue bondée de Coronet, la capitale planétaire de Corellia.
Deux jours après cette vision, son frère aîné était mort dans un banal accident de circulation.
-On ne peut pas agir, maître?
-Les Visions de Force ne se réalisent pas toujours, Oreste, avait répondu le vétéran corellien. Au fonds de nous, elles expriment le plus souvent nos plus grandes peurs intérieures. Dans celle-ci, cela prouve que tu aimais ton frère, même s'il t'évitait depuis que tes pouvoirs ont été révélés.
-J'aurais du le prévenir de ce qui le menaçait.
-Tout ce que tu aurais entrepris n'aurait rien changé. C'était la Volonté de la Force.
Le visage juvénile d'Oreste s'était convulsé sous l'effet d'une violente colère.
-Alors c'est cela être un Jedi? Laisser les gens mourir alors qu'on peut les sauver?
-Dans certains cas, oui, affirma sans détour Halcyon. Si tu t'y opposes, tu t'opposes à la Volonté de la Force. Dans le meilleur des cas, cela revient à retarder seulement l'inévitable.
Au cours de cette guerre, Oreste avait pu le vérifier. Lorsqu'il avait maintes fois lu dans l'avenir, des clones mourir dans une embuscade imminente, il avait tenté de l'empêcher par tous les moyens. En vain.
Il s'y était finalement résigné tout en conservant une amertume de plus en plus acide au fil des années.
Et voilà maintenant qu'il avait affaire à une vision le concernant directement. Allait-il définitivement passé du Coté Obscur après s'en être approché aussi près?
Tout comme les mensonges, les visions contenaient un fonds de vérité. Même s'il ne basculait pas du Coté Obscur et ne devenait pas un Jedi Noir, la menace était sérieuse.
Quant à l'insurrection muun, elle n'avait aucune chance d'aboutir..
C'était donc cela le message que la Force lui envoyait. Ce combat sur Mygeeto mené seul contre l'Empire était voué à l'échec.
Peut-être que Hang lui-même le savait même s'il n'en a rien laissé paraître.
Il comprit qu'il devait partir de Mygeeto pour rentrer sur Coruscant. Il lui fallait découvrir ce qui s'était passé au Temple, s'il existait d'autres survivants de la purge. Et semer les germes de la révolte contre l'Empire.
Peut-être si la Force le voulait, prendrait-il la tête de cette révolte à une échelle plus grande qu'une planète de la Bordure Extérieure.
Plus il y réfléchissait, plus il était persuadé que c'était la meilleure décision à prendre. Et il pensa sage de n'en pas avertir Hang et les autres rebelles muuns.

Voilà j'espère que cela vous plaira, à la prochaine ;) !


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MessagePublié: 27 Février 2017, 22:47 
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Bonsoir à tous! je vous publie la suite ;) ! En espérant que cela vous plaît, n'hésitez pas à dire si vous avez aimé ou détesté :roll: !

Mygeeto, trois jours après la fin de la Guerre des Clones

Oreste avait insisté auprès de Hang pour emmener avec lui une équipe réduite de deux muuns. Tous trois traversaient les rues et les avenues désertées en pleine nuit glaciale à cause du couvre feu imposé par les stormtroopers.
Le Jedi corellien grand et maigre progressait prudemment, se servant de la Force pour éviter les escouades de clones qui quadrillaient tous les quartiers de la ville, implacablement. Bien qu'il puisse anticiper leurs parcours qui semblait suivre une ronde monotone destinée à ne laisser aucune rue sans surveillance, sa technique n'était pas parfaite.
-Halte! Arrêtez-vous pour contrôle!
La voix sans chaleur du sous officier clone raidi par le froid tonna derrière eux, les forçant à se retourner. Oreste fit un geste discret impérieux de la main, pour dissuader les deux muuns d'utiliser leur fusil blaster dont l'affut dépassait de sous leur manteau rapiécé.
Il pouvait ressentir leur nervosité et il y avait de quoi. Un sabre laser dégainé ou un tir de blaster perdu suffirait à rameuter les autres patrouilles. S'il parvenait hypothétiquement à éliminer celle qui se déployait en demi cercle.
-Présentez vos laissez passer, ordonna sèchement le caporal.
Cétait la seconde fois qu'ils étaient interceptés. Oreste espérait que ce serait la dernière surtout qu'ils n'étaient plus qu'à une centaine de mètres du statioport. Et du générateur de boucliers qu'ils devaient détruire.
-Bien sûr, vous trouverez tout en ordre.
Le jeune chevalier accrocha son regard et agita l'index devant son visage, pour appuyer une suggestion mentale.
-Tout est en ordre, affirma le clone d'un ton plus détendu.
Oreste ne lui avait même pas montré la moindre datacarte.
-Vous voyez, les gars? Fit-il avec un zeste d'insolence corellienne en direction des deux muuns nerveux. Pas de problème.
-Circulez et dégagez le passage, gronda plus durement le stormtrooper.
-Bonne soirée.
La patrouille reprit sa ronde et le trio hata le pas pour arriver devant le statioport dont l'entrée principale était sévèrement gardée par deux soldats impériaux.
Leur armure blanche brillait d'un éclat aussi blafart que la mince couche de neige recouvrant le permabéton urbain.
Sous ses vêtements de marchand intinérant, Oreste ne put se retenir de tater la crosse de son sabre laser. Il démangeait de s'en servir contre ses serviteurs du nouvel ordre galactique à cause de qui il avait beacoup perdu.
Leur faire payer, il voulait le leur faire payer.
Plus tard.
Il avait d'abord une tâche à accomplir.
-Identifiez-vous, leur lança un des gardes qui s'interposa devant eux.
-C'est la troisième fois qu'on est contrôlés, grinça le corellien qui mimait l'impatience contenue. La guerre est pourtant finie, n'es-ce pas?
-C'est la procédure, monsieur. Il y a eu une recrudescence de troubles à l'ordre public, ces derniers temps.
-Ah, d'accord.
Il laissa le clone examiner ses papiers trafiqués par les partisans de Hang avant que le garde ne s'exclame:
-Pardon, mais vos documents sont périmés. Ils ne sont plus valables.
-Impossible, ils viennent de m'être délivrés par le commandant Bacara en personne. Vérifiez encore, intima Oreste.
-C'est ce que je vais faire, restez où vous êtes.
Le second clone sur un signe de son camarade épaula son DC-15 et tint en joue le jeune corellien tandis que le premier inclina la tête sur le coté pour avertir le centre de commande grâce au comlink intégré dans son casque.
Il n'eut jamais le temps d'avertir ses supérieurs car l'un des muuns rebelles s'avança et troua sa poitrine d'un tir de blaster à bout portant.
Le second stromtrooper tourna son arme contre lui mais la lame verte crépitante d'un sabre laser intercepta son avant bras droit avant de le décapiter juste en dessous du casque. Oreste Tissan rangea son épée éteinte avant de crier à mi voix:
-Cachez les corps, vite!
Les deux muuns se penchèrent aussitôt pour agripper les cadavres et les tirer dans l'ombre hors de la la lumière émise par les nanoprojecteurs.
C'était peut-être négligent de sa part, mais tous trois n'avaient pas le luxe de camoufler les corps mieux que ça.
Les autres rebelles avaient pris position pour attaquer simultanément les deux bases malgré le couvre feu et tout retard les ferait immanquablement répérer.
Ils entrèrent vivement dans le statioport et se collèrent immédiatement contre le rempart de duracier qui cloisonnait les quais, lorsqu'ils surprirent des clones qui passaient entre les vaisseaux pour empêcher sûrement des départs non autorisés.
À croire que l'Empire avait placé la planète entière sous quarantaine.
Le générateur d'alimentation se situait au nord est, ce qui signifiait qu'il leur fallait traverser une bonne partie du site pour trouver leur objectif.
Une perspective qui ne les enchantait pas vraiment.
Lentement, tout en évitant les éclats des nanoprojecteurs qui trahiraient leur présence, Oreste et les muuns qui le suivaient longèrent la palissade.
Pour constater que le générateur était gardé par une demi douzaine de snowtroppers. Les sens aiguisés du rescapé de l'Ordre 66 lui permirent de repérer le bipode en attente, qui somnolait dans la nuit glacée.
Il y avait un équipage éveillé à l'intérieur.
Cette fois, des laissez passer trafiqués ne suffiraient plus. Il se fondit dans la Force et tendit son esprit vers ceux des clones.
Des machines de chair uniquement conçues pour la guerre et l'oppression. Ce serait un jeu d'enfant d'utiliser cette technique, l'une des premières que Maître Halcyon lui avaient enseigné sur Corellia.
-La Force permet de manipuler les esprits faibles pour te sortir de certaines situations critiques, lui avait raconté son mentor.
-Et si je l'utilise sur un esprit fort?
-Tu te ferais repérer et tu te mettrais en danger. Sauf si tu lui détruis son système cérébral, mais un Jedi ne doit pas s'abaisser à cela.
Sur la droite, un bruit de duracier froissé siffla à travers le silence. Les clones se tournèrent vers la direction du bruit, indécis.
Oreste fit de nouveau un geste des doigts et le sifflement se répéta plus aîgu.
-Allez voir ce que c'est et ouvrez l'oeil.
-Oui, caporal.
Le sous officier clone demeura avec deux de ses hommes devant le générateur et Oreste retint un sourire narquois. Là cela devenait plus facile..
Il patienta quelques instants avant que sa silhouette malingre ne se détacha du mur, les contours éblouis par les nanoprojecteurs.
En plein dans le champ de vision du caporal, qui commença à s'agiter.
-Qu'es-ce que..
Le clone cligna des yeux et crispa l'index sur la détente de son lourd fusil blaster, ne parvenant pas à croire qu'un Jedi, un ennemi des plus redoutés de l'Empire se dresse devant lui, sorte de nulle part.
Il battit des paupières une fraction de seconde après.
Personne ne se tenait devant lui.. mais où était-il passé?
-Caporal, s'enquit l'un de ses hommes, vous avez vu quelque chose?
-Oui, vérifiez vos scanners.
Le soldat effleura la surface de son casque près de la machoîre et émit des grognements obscènes.
-Mes scanners ne marchent pas, caporal.
-Les miens non plus, affirma le second à sa gauche. Ce doit être le froid.
-C'est bizarre, j'avais pourtant l'impression.. mais ce n'est sans doute rien, reprit le caporal. Fierfek, Vivement la relève.
-Ouais, on n'en peut plus de geler.
Aucun des stormtroopers n'aperçut donc le jeune humain encapuchonné dont les vêtements civils ternes masquaient l'affiliation aux Jedi natifs de Corellia, se faufiler entre eux pour se diriger droit vers les commandes du générateur.
Il saisit la manette principale pour l'abaisser mais ce mouvement ne passa pas inaperçu car un bourdonnement bas l'accompagna.
Oreste se mordit la lèvre de dépit lorsqu'il perçut la surprise du clone le plus proche. Ce dernier avait pivoté et braqué son fusil blaster dans son dos.
-Caporal, un intrus!
Un rayon mortel le frappa à la tempe. Le sous officier aperçut les deux fines et grande silhouettes humanoïdes tapies dans l'ombre. Qui le visaient avec leur fusil.
Des rebelles muuns.
Il lui fallait appeler des renforts.
-Ici le matricule Beta 5525! Intrus armés au statioport, nombre inconnu..
Un étau invisible comprima subitement sa gorge, l'empêchant de terminer son appel au quartier général.
Le second subalterne fut lui aussi promptement abattu d'un tir de blaster, avant que le caporal ne fut soulevé du sol par une force invisible qui le léviter sur lui-même. Le sous officier évita de jeter le moindre regard aux cadavres fumants de ses hommes.
Et n'eut pas d'autre choix que de faire face au Jedi corellien, dont les traits sous son capuchon s'étiraient sous le coup d'une satisfaction carnassière. Celui-ci exhibait dans sa main droite son sabre laser à la lame verte émeraude qu'il s'amusa à faire danser.
-Vous n'alerterez personne, clone. Ni le commandant Bacara ni le capitaine Pelo.
Ces mots hachés lui parvenaient dans un souffle aussi glacial que les éléments.
-Vous avez trahi la République, tué mon ancien maître et tenté de me tuer. Il est temps que l'Empire paie.
Beta 5525 gémit malgré lui lorsque son corps fut compressé comme dans un broyeur à ordures. Il frissonna lorsqu'il devina ce que le Jedi souhaitait lui faire.
Il veut me briser! S'écria-t-il intérieurement.
-Et cela commence maintenant.
Oreste prolongea exprès le calvaire du clone qui ne représentait rien pour lui. Il renforça davantage l'étreinte de Force qui l'avait emprisonné et se délectait de sa souffrance qui imprégnait ses perceptions sensorielles. Cela l'enivrait au plus haut point.
Pendant ce bref instant, il eut le sentiment que son destin lui appartenait vraiment. Qu'il possédait vraiment le pouvoir de réparer les choses, de sauver les gens, d'agir pour le bien commun.. qu'il pouvait écarter les obstacles, les surmonter.
Les détruire.
-Jedi? Lui lança un des muuns. Nous nous sommes assez attardés.
Il croisa son regard et constata que ses deux comparses non humains l'observaient pétrifiés. Et même horrifiés.
Oreste se résigna à abréger le calvaire du clone. Il ferma le poing et un craquement sinistre résonna lorsqu'il lui broya la trachée. Il laissa retomber le corps flasque et privé de ressorts, sans douceur devant le générateur saboté.
Il rejoignit les partisans dans l'obscurité et ils s'éloignèrent aussi vite qu'ils le pouvaient sans attirer l'attention des autres stormtroopers.
Ceux qui avaient été distraits par la ruse du jeune Chevalier revinrent quelques secondes après. Le plus rapide examina les corps puis l'état du générateur.
Avant de beugler, pris de panique:
-Quelqu'un a surchargé le générateur! Éloignez-vous! Éloi..
Une sphère ardente et incandescente enfla à la place du générateur et l'onde de choc déchiqueta tout à vingt mètres à la ronde.
Fort heureusement, Oreste et les rebelles muuns s'étaient mis hors de portée. Le Jedi corellien se hata de saisir son comlink.
-Hang, vous pouvez y aller. Dites ceux à qui m'attendent qu'ils peuvent commencer leur attaque, je les rejoindrais en cours de route.
-Très bien, lui souhaita le leader de la résistance locale. Que la Force soit avec vous.
-Oreste Tissan, terminé.
Il rangea son comlink et ses yeux verts et gris accrochèrent les regards des deux résistants muuns.
-Je ne viens pas avec vous, leur avoua-t-il sans prélude.
Il s'attendait à ce que la stupéfaction et l'indignation les figent sur place. Bien au contraire, ils braquèrent simultanément leur fusil sur le jeune chevalier, qui agrippa de nouveau la crosse de son sabre laser. Remarquant à peine les stormtroopers qui convergeaient vers le lieu de l'explosion.
-Nous ne vous laisserons pas partir, le Conseiller Hang estime que vous êtes essentiel à la résistance, déclara l'un d'eux.
-C'est votre guerre, pas la mienne. Vous ne serez essentiel à personne si vous continuez à vous dresser sur mon chemin.
Il était évident qu'ils ne cèderaient pas. Pour sa part, il n'était pas prêt à le faire.
-Si vous désertez, nous vous abattrons.
-Je prends le risque, répliqua le corellien.
Tout commença et se termina en deux secondes. Le premier muun crispa son index sur la détente et le jeune homme le devança en fouettant l'air de sa lame crépitante. La tête du non humain se détacha du reste de son corps tandis Oreste éventra le second muun qui eut le temps d'envoyer deux rafales successives.
Le corellien n'eut pas le loisir de réfléchir aux conséquences de ce qu'il venait faire car trois stormtroopers le surprirent, attirés par les détonations.
-Là! S'écria l'un d'eux.
Sans hésiter, ils épaulèrent leur fusils et Oreste s'occupa de dévier leurs tirs l'un après l'autre. Puis il franchit d'un Saut de Force, la distance qui les séparait d'eux. D'un grand moulinet de sabre laser, il mit fin à leur existence comme s'il ne s'agissait que de vulgaires insectes.
Il n'en éprouva aucun remords, étrangement. Dire que maître Mundi lui avait sans cesse rappelé que tout Jedi devait éprouver des regrets lorsqu'il ôtait une vie, même en cas de légitime défense.
Oreste n'accorda aucune considération aux trois soldats tronçonnés, des gigots de chair encastrés dans des armures blanches.
Il fonçait tout droit vers un cargo de moyen tonnage qui ne payait pas de mine. Mais il n'avait pas le loisir de choisir le vaisseau qui ferait vraiment son affaire. D'autant plus avec un sabre laser allumé brandi comme un tison ardent.
Des salves de fusil blaster le frolèrent alors qu'il ouvrit l'écoutille grâce à sa puissance télékinétique. Il s'empressa de la refermer immédiatement, s'engouffra dans le couloir d'accès principal et s'installa dans le poste de pilotage.
Il leva le bouclier déflecteur qui absorba les tirs des clones sans difficulté et se demanda si ce rafiot possédait un armement.
Oui, il avait une artillerie!
Il enclencha fébrilement les moteurs, motivé par l'urgence de la situation et commença à s'élever au-dessus des autres vaisseaux. Il accomplit un quart de tour et s'aperçut à travers la verrière de transparacier que le bipode impérial le visait avec ses canons laser jumelés.
Guidé par son instinct, il fit giter le cargo sans douceur et esquiva la première salve. Dont la puissance aurait suffi à surcharger ses écrans de protection. Sans perdre de temps, il mit la main sur les commandes de tir.
Un séisme ébranla le vaisseau lorsqu'il ouvrit le feu. Il parvint à maintenir l'assiette tant bien que mal et se pencha pour observer le résultat de sa riposte. Et il jubila d'une joie intérieure sauvage lorsqu'il remarqua qu'il avait pour ainsi dire arraché la tête du bipode impérial.
Ce qui restait de l'épave tenait piteusement sur ses deux pattes.
Mon cadeau d'adieu, pensa Oreste.
Une partie de lui-même souhaitait s'attarder pour accentuer le massacre, laisser s'exprimer sa soif de vengeance.
Plus tard, peut-être. Il devait sauver sa peau.
Il gagna en quelques instants de l'altitude, se mettant hors de portée de l'artillerie clone que les stormtrooper avaient commencé à installer.
Puis il réalisa ce qui s'était passé.
Il s'était enfui. Il avait abandonné Hang et ses partisans face à l'adversité, ces derniers n'avaient plus maintenant aucune chance de s'emparer des deux bases impériales. Avec un Jedi à leurs cotés, ces chances étaient dans tous les cas quasi nulles.
Mais le raid aurait pu réussir néanmoins. S'il était resté, s'il était battu en première ligne pour des idéaux qui en valaient la peine. La liberté de Mygeeto, la protection des innocents. Quitte à sacrifier sa vie.
Il avait agi comme un égoïste, pas comme un Jedi.
Il avait déserté.
Puis ce remords disparut comme neige au soleil, remplacé par cette certitude qu'il avait adopté la meilleure décision.
Il n'aurait servi à rien de libérer seul Mygeeto. L'Empire aurait appelé des renforts et aurait exercé de terribles répressions. Les victimes que cela aurait engendré auraient relevé de sa responsabilité, sa seule responsabilité.
Pour espérer libérer Mygeeto, il fallait libérer la galaxie en renversant l'Empire. En détruisant les Sith et ceux qui collaboraient enthousiastes avec eux.
Voilà ce qui le motivait à rentrer sur Coruscant et à localiser d'éventuels survivants comme lui de l'Ordre 66.
Il espérait survivre jusque là.
Le danger qui se rapprochait de lui picota sa nuque, une sensation familière désagréable à laquelle il s'était accoutumé au cours de la guerre.
Il consulta ses écrans tactiques qui matérialisaient sous ses yeux verts et gris, emplis d'envie de revanche hargneuse, les silhouettes tridimensionnelles de deux redoutables chasseurs stellaires ARC-170.
Des appareils de combat dont l'efficacité au cours de la guerre n'avait plus été à démontrer face aux Vautours et aux Trifighters des séparatistes.
Ils fondirent sur lui sans aucune sommation, ce qui signifiait qu'ils n'ignoraient pas à quel adversaire ils avaient affaire.
Très bien, entrons dans le vif du sujet, se félicita-t-il férocement.
Il raidit ses doigts sur les manettes du cargo puis entama des manoeuvres d'évasion pour esquiver la première attaque. Les rafales de canons laser frolèrent la coque, affolant les boucliers sans toutefois les égratigner.
Les ARC le dépassèrent à pleine vitesse, tout en veillant à ne pas se placer dans sa ligne de mire.
Vous croyez me connaître, vous allez comprendre votre erreur.
Anticipant leur trajectoire, il fit giter sur la droite ce cargo qui se montrait plus maniable qu'il ne le pensait. Puis il ouvrit le feu non pas là où les chasseurs clones étaient, mais là où ils seraient l'instant d'après.
Deux flash lointains lui indiquèrent qu'il en avait fini avec ces deux là.
Il calcula les coordonnées qui l'amènerait à la Voie Hydienne, la plus proche des principales routes hyperspatiales qui traversait la galaxie de part et d'autre. Et agrippa avec un zeste d'impatience la manette de l'hyperpropulseur, en attendant de sortir du champ gravitationnel de Mygeeto.
C'est alors qu'il vit un mastodonte de duracier étincelant, surgir de derrière une des lunes qui orbitaient autour de la planète. D'après le signal sur ses écrans, il n'eut aucun doute sur les caractéristiques du vaisseau de guerre qui l'aveugla de son reflet imposant.
Un destroyer de classe Venator. Un de ceux qui avait abattu le navire amiral du général Grievous au large de Coruscant, pendant ce raid séparatiste qui avait conduit à l'enlèvement temporaire du Chancelier Palpatine.
Cette fois, Oreste estima qu'il avait assez perdu de temps ici, d'autant plus qu'un autre Venator venait d'apparaître derrière la face cachée de Mygeeto. Il doutait que son armemement soit suffisant pour mener un combat aussi déséquilibré.
Les alarmes hurlèrent lorsqu'un tir de turbolaser érafla la proue de son cargo qui lui paraissait maintenant plus fragile, face à ce Venator qui tentait de s'interposer pour lui couper la route. Un essaim apparut, sous la forme d'une nuée de ARC-170 et V wings.
Il inversa les répulseurs et partit en vrille, esquivant la majorité des salves de canons laser qui se perdirent dans le vide de l'espace.
Dans cet ultime effort pour s'extirper au traquenard, ses instruments de bord lui signalèrent qu'il était libéré de l'attraction de Mygeeto.
Alors que les chasseurs impériaux se regroupaient pour l'abattre sous des tirs croisés, les étoiles s'étirèrent en de longs filaments infinis. Oreste savoura sans caprices, la sécurité que lui offrait l'hyperespace.
Il aurait l'occasion de prendre sa revanche plus tard.

Voilà, si vous voulez commenter, faites-vous plaisir :mrgreen: ! à la prochaine, les amis!

PS: j'en suis à 77 pages!


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MessagePublié: 03 Mars 2017, 23:58 
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Bonsoir, je n'ai pas pu résister à l'envie de vous publier la suite :twisted: !

Castor Hang serra les dents de dépit lorsque le stormtrooper le força à avancer vers le mur à coups de crosse assénés dans les reins.
Il se rangea aux cotés de ses quelques congénères qui avaient survécu comme lui à l'échec cuisant de ce raid. Et échangea un regard entendu avec chacun d'entre eux. Pas un seul ne se faisait d'illusion sur le sort qui leur était réservé.
Ce nouvel Empire ne semblait pas connaître la pitié.
Les casques et les armures des clones ne renvoyaient rien d'autre qu'une absence totale d'empathie ou de considération pour leurs propres sujets.
Lorsque l'ancien conseiller du Clan Bancaire Intergalactique tenta de se redresser, son épaule perforée par un tir de blaster lourd l'élança avec des picotements, qui lui faisaient l'effet sous son uniforme de multiples poignards que l'on remuait dans sa fierté mutilée.
Ce raid qu'il avait mené était un échec et il vint à se demander si le Jedi humain avait eu plus de succès. Dans le cas contraire..
Eh bien, de toute façon, sa situation ne pouvait pas être pire qu'en cet instant.
Son regard se porta sur les cadavres qui jonchaient la cour principale de la base, des résistants muuns pour la plupart.
De temps en temps, le souffle glacial du vent lui rapportait les murmures d'agonie de ceux que le trépas n'avait pas encore emportés. Des rayons d'énergie étincelaient dans la nuit, lorsqu'ils furent achevés par les stormtroopers inflexibles.
Non, ce nouvel Empire ne connaissait pas la pitié.
Une silhouette sombre encapuchonnée se découpa des ombres pour marcher à pas vifs, vers les captifs alignés. Escortée par deux clones.
Hang l'entendit donner des instructions.
-Commandant Bacara, mettez vos hommes en position.
-Bien, inquisitrice.
L'officier aboya des ordres appuyés d'un index impérieux. Et les muuns gelés par le frois et par la certitude d'une mort qui leur tendait les bras, virent les clones se ranger en deux lignes devant eux. Le fusil blaster présenté devant leur armure pectorale, en posture d'attente.
Le nouveau venu enleva le capuchon qui couvrait sa tête, pour montrer à Hang et aux siens la figure d'une jeune humanoïde bleutée aux yeux qui brillaient d'un sinistre éclat rouge ardent. Celle d'une chiss qui s'approcha à moins d'un mètre du chef de la rébellion locale à sa merci.
-Que pensiez-vous vraiment réussir dans cette attaque vaine, Conseiller Hang? Lui lança-t-elle avec l'ombre d'un rictus triomphant.
-Le droit de nous battre demain, répondit-il avec la sérénité de celui qui n'avait rien à espérer. Pardon, je n'ai pas l'honneur de vous connaître.
-Je suis l'inquisitrice Soia Tenn, servante de l'Empire et de l'Ordre Nouveau. L'Empereur m'a chargée de mettre fin aux actions terroristes dans le système.
Hang réagit avec une grimace narquoise.
-Vous pensez avoir remporté une victoire décisive?
-C'est vous qui avez tout perdu, ce soir, lui répliqua l'inquisitrice. Sauf si vous m'aidez à mettre la main sur ce Jedi corellien que vous avez hébergé. Je sais de source sûre que vous l'avez chargé de mener le second raid qui a échoué tout aussi lamentablement.
-Je ne vois pas de qui vous parlez.
Les traits de la chiss se crispèrent sous le coup de la contrariété.
-Mauvaise réponse, Hang.
La crosse d'un sabre laser bondit dans son poing et une lame rouge crépitante se déploya. Faisant sursauter d'effroi la plupart des captifs.
La chiss se plaça devant l'un d'eux et le décapita promptement d'une simple torsion du poignet. La tête d'un muun roula sur le permabéton enneigé, plongeant ses autres congénères dans un silence lourd.
-Je vous repose la question poliment Conseiller, susurra-t-elle. Ce Jedi n'a pas été trouvé parmi les cadavres et les autres prisonniers. Si vous refusez encore de coopérer, vous aurez un autre mort sur la conscience.
-De toute manière, nous sommes déjà tous condamnés. Alors faites ce que vous avez à faire.
Elle plaça sa lame ardente en travers de la gorge, espérant ainsi l'intimider. Sans autre résultat probant.
Le commandant Bacara s'approcha alors d'elle.
-Madame? Un cargo sullustain vient d'échapper à nos patrouilles orbitales et selon les rapports que je reçois du statioport, il s'agirait du Jedi que nous recherchons.
Le visage de Hang s'assombrit lorsque celui de l'inquisitrice s'éclaira, ses pupilles rouges rubis reflétant une lueur carnassière de satisfaction.
-Visiblement ce Jedi que vous avez accueilli a jugé que sa propre vie avait bien plus de prix à ses yeux que la cause que vous défendez. Dites moi Hang, quel effet cela vous fait-il de savoir que votre bonté a été mal récompensée? Que vous avez été trahi par quelqu'un en qui vous aviez confiance?
Le muun se redressa sous le coup de l'orgueil.
-Peu importe ce que vous me dites. Notre cause est juste et elle triomphera quoiqu'il advienne. Vous ne pourrez tuer tous les gens qui aspirent à vivre libres.
La chiss recouvrit un masque d'une glaciale impassibilité.
-Décidément Hang, vous n'apprenez rien. Vous allez servir d'exemple maintenant.
Soia Tenn fit un geste impérieux de la main et des grappes de civils pétris de peur poussés inhumainement par d'autres stormtroopers s'avancèrent devant les rebelles en sursis.
-Qu'allez-vous faire d'eux? Demanda vivement Hang.
La non humaine savoura pendant quelques instants la subite angoisse du prisonnier.
-À eux rien, répondit-elle avec un fin sourire. Ils sont là pour vous regarder mourir et ensuite raconter comment l'Empire traite ceux qui osent se dresser contre l'Ordre Nouveau. Ils propageront la peur à ceux qui songeraient à s'engager comme vous.
Elle s'écarta pour se ranger derrière le commandant Bacara, qui ordonna:
-En joue!
Comme un seul homme, les soldats clones épaulèrent leur DC-15, braqués sur les poitrines des muuns qui n'émirent aucune protestation.
Ils possédaient en cet instant assez de fierté pour ne pas supplier leurs bourreaux. Une bien maigre consolation pour Castor Hang à coté de la certitude d'avoir échoué sur toute la ligne. Car il avait reconnu parmi les civils apeurés, les refugiés qu'il avait protégés et fait nourrir par ses hommes.
Ce qui signifiait qu'en plus de l'échec des deux raids simultanés, sa base d'opérations avait été découverte par les impériaux.
Par conséquent son réseau, le seul qui était en mesure d'inquièter les intérêts de l'Empire sur Mygeeto, était démantelé.
Par dessus les épaule des clones raidis en position de tir, il surprit parmi les civils serrés les uns contre les autres, certains qui lançaient des regards emplis de hargne envers les stormtroopers. Des regard qui n'exprimaient qu'une envie de revanche.
Alors Hang eut la conscience en paix.
Ils n'étaient pas les derniers rebelles, mais les premiers. Ce soir, ils mouuraient sous l'injustice de l'Empire mais d'autres après eux reprendraient le flambeau. Que ce soit sur Mygeeto ou ailleurs.
-Feu!
Castor Hang sentit des brûlures traverser ses entrailles de part et d'autre lorsque les salves de fusil blaster les fauchèrent ensemble lui et ses infortunés compagnons.
Lorsque Soia Tenn s'approcha des corps chauds que l'hiver s'empressait de refroidir, elle s'aperçut que le visage de Hang s'était figé en un masque serein.
Elle grimaça imperceptiblement. L'Empereur l'avait converti au Coté Obscur, elle une Jedi affectée dans la Bordure Extérieure, en lui apprenant à jouir de la peur, de la souffrance et du désespoir de ses victimes.
Même après leur mort.
Ce muun lui avait tenu tête jusqu'à son dernier souffle et ce sourire figé pour l'éternité l'irritait à un point difficilement supportable pour sa patience.
-Madame, lui annonça Bacara, le capitaine de l'Ecorcheur vient de rendre son rapport. Selon le vecteur de fuite calculé par les astronavigateurs, il est probable que le Jedi ait cherché à rejoindre la Voie Hydienne.
-Et de là, rentrer à Coruscant, déduit-elle.
Elle se persuada qu'il lui serait profitable de reporter sa frustration sur ce Jedi corellien qui lui avait glissé entre les doigts. Son maître serait satisfait si elle réussissait à l'attrapper et à l'amener devant lui.
Son instinct lui murmurait que ce Jedi pourrait être utile à l'Empire. Elle ignorait ce qui la poussait à penser cela objectivement. Peut-être parce qu'il avait choisi de déserter plutôt de rester se battre aux cotés des rebelles.
Dans ce cas, il serait une recrue intéressante.
-Prévenez le Centre Impérial, commandant. Je me charge de rendre un rapport directement à l'Empereur en personne.
-Bien, madame. Que souhaitez-vous que l'on fasse d'eux?
Elle jetta aux raflés un regard hautain.
-Sélectionnez-en dix et fusillez les sur le champ. Nous devons être certains que les autres n'auront pas la mémoire courte.
-À vos ordres.
Des clones s'avançèrent et agrippèrent sans autre forme de procés, par leurs haillons quelques pauvres misérables arbitrairement. Les dix malchanceux furent entraînés vers le mur tandis que d'autres soldats firent taire les supplications de leurs proches par plusieurs tirs incapacitants de sommation.
L'inquisitrice impériale s'attarda, le temps de goûter la terreur et le desespoir qui alimentaient encore davantage son lien avec le Coté Obscur de la Force.
Des cris et des pleurs résonnèrent lorsque les stormtroopers en finirent avec les martyrs mis au pilori.
Pour Soia, il était maintenant temps de partir en chasse. En faisant vite, elle aurait peut-être la chance d'arriver à la capitale avant le Jedi fugitif.

Voilà ce sera tout pour ce soit! ciao a presto! ;)


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MessagePublié: 14 Mars 2017, 21:07 
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Bonsoir à tous! je vous publie la suite :twisted: ! Notre ancêtre de Liars Tissan rescapé de l'Ordre 66 se rend sur Coruscant pour trouver des réponses à ses questions mais pas seulement..

Coruscant, Cité Galactique, quatre jours après la fin de la République

Au cours de la guerre, Oreste avait oublié à quel point Coruscant représentait la diversité de la galaxie. Les permissions étaient devenues rares au point d'être exceptionnelles.
Après avoir laissé son cargo sullustain à Westport et s'être soumis à un contrôle douanier qu'il avait assoupli grâce à quelques suggestions mentales bien placées, il avait emprunté un aéro taxi qui l'avait amené à l'une des avenues les plus fréquentées de la planète ville.
Il croisa ainsi des humains et des non humains dont il n'arrivait plus à déterminer le nom des espèces avec précion tellement le front avait phagocyté toute son énergie. Il se fraya un chemin parmi cette foule bigarrée, tout en veillant à ne pas l'attirer l'attention des stormtroopers qui imposaient leur présence intimidante.
Si la Force le voulait, ses vêtements civils banals qu'il portait ne trahisaient pas son identité de Jedi corellien.
Il se dirigeait vers le Temple Jedi, certain qu'il ne s'attarderait pas plus de temps que nécessaire dans le coin. Nul doute que les agents de l'Empire prévoyaient justement que des survivants de l'Ordre Jedi convergeraient vers leur sanctuaire pour les mêmes raisons que lui.
Il entendit tout à coup une petite voix aiguë, celle d'un enfant, s'écrier:
-J'avais oublié qu'il y avait autant de monde à Coruscant.
Oreste, aiguillonné par son instinct, remarqua qu'un garçon aux cheveux sombres portant un lourd sac de voyages marchait aux cotés d'un vieux bothan, richement vêtu contrairement à lui, qui lui répondit:
-C'est par ici, reste à mes cotés.
Selon les apparences, il ne pouvait s'agir que d'un touriste situé en haut de l'échelle sociale et d'un valet, à en juger par la simplicité de la tenue du petit être chétif.
Mais le corellien se souvint à propos des leçons de son premier instructeur à propos de l'observation.
Fie-toi à la Force. Pas à ce que tes yeux voient ou à ce que tes oreilles entendent, lui avait asséné sentencieusement Neeja Halcyon.
Discrètement, il s'immergea dans les courants de la Force et sentit palpiter leur présence dans ses perceptions sensorielles comme les échos de deux caillous lancés avec véhémence dans une mare paisible.
Il se retira tout aussitôt de la Force, certain d'avoir réussi à ne pas attirer leur attention. Et il leur emboîta le pas sans hésiter.
Car il connaissait leur destination, la même que la sienne. Il n'avait plus qu'à se laisser porter par le courant.
Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de leur objectif, Oreste sentit la tension du bothan croître peu à peu. Il y avait de quoi, ils courraient le risque d'être démasqués si des clones gardaient le Temple et se mettaient à les fouiller.
Mais ils devaient savoir, ce qui s'était passé lors de l'émission de l'Ordre 66. Oreste et les deux autres Jedi étaient-ils les seuls survivants?
-Maître! Cria l'enfant.
Ce dernier levait le doigt vers un panache de fumée de sinistre augure qui s'élevait vers l'horizon. Oreste distingua tout comme eux deux, la lointaine silhouette pyramidale tronquée du Temple Jedi qui disparaissait en partie sous cette nuée sombre. Une tache qui salissait la majesté de ce lieu.
-Je sais, Noirah Nah.
Le ton du bothan trahissait l'anxiété de celui qui craignait ce qu'il allait découvrir. Cette angoisse semblable étreignait le coeur du jeune corellien.
Il avait compris que cet enfant était une fille padawan que son mentor bothan, une créature félinoïde aux oreilles équines qui se distinguait par d'élégantes tresses blanchâtres courant en partie sur son pelage facial brun, avait accoutré de cette manière.
Certainement pour échapper aux stormtroopers qui les avaient pourchassés sur un monde lointain de la Bordure Extérieure.
Et qui revenaient tout comme l'ancien apprenti de Ki Adi Mundi à leur foyer.
Lorsqu'ils parvinrent devant les grands escaliers qui menaient à l'entrée principale du Temple, une foule compacte s'y était déjà massée pour observer un spectacle macabre.
Des stormtroopers disposées en sentinelles inflexibles, dissuadaient n'importe quel quidam de s'approcher pour en savoir davantage. Derrière eux, les drones les survolaient transportant entre leurs appendices des cadavres tantôt emmitouflés dans des bures Jedi, tantôt dans des armures blanches.
Les cadavres étaient ensuite largués sans plus de respect dans un gigantesque brasier qui était alimenté en permanence, certainement depuis le début de la Purge, à mi chemin de l'entrée principale.
Un spectacle qui semblait irréel à l'ensemble des badauts, tout comme pour les trois survivants de l'Ordre 66 qui se mélèrent à eux.
Du coin de l'oeil, Oreste continuait de surveiller les réactions du bothan et de sa disciple, particulièrement choqués par la froideur de ces clones qui traitaient les cadavres comme de vulgaires morceaux de viande avariés.
Une femme aux traits secs et entre deux âges, lança tout à coup:
-Les Jedi ont trahi. Moi je dis qu'ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient.
Ces mots qui traduisaient une allégeance sans restriction à l'Ordre Nouveau, réveillèrent la colère du jeune corellien.
Cette idiote avait-elle seulement une idée du prix que les Jedi avaient payé?
Certaines personnes ne restèrent pas sans réaction.
-Je ne peux pas croire que les Jedi aient essayé de renverser le gouvernement! Répondit vivement un vieil homme. Je crois que ce sont eux qui ont été trahis..
Un duro qui se tenait juste derrière lui, l'agrippa par le coude pour l'obliger à se taire.
-Silence mon ami, lui glissa-t-il à l'oreille. En ce moment, ce genre de discours pourrait te valoir la prison.
Tous deux s'éloignèrent peu à peu, remplacés aussitôt par d'autres anonymes qui découvraient effarés la scène funeste.
Oreste estimait qu'il en avait lui aussi assez vu et s'apprêtait à se retirer.
Un homme qui avait approximativement son âge, fendit soudainement la foule. Il était vêtu de la tunique des Chevaliers Jedi et brandissait la poignée d'un sabre laser dans sa main, faisant face à la foule qu'il se mit à haranguer.
-Citoyens de la République, écoutez-moi! Les Jedi étaient vos protecteurs! Comme vous, ils ont été victimes d'un gouvernement corrompu!
Dans son dos, un sous officier stormtrooper s'avança et le montra de l'index au reste de ses hommes, qui se regroupèrent aussitôt en épaulant leur DC-15, descendant les marches pour l'avoir à portée de tir.
-Allez-vous rester les bras ballants pendant qu'on vole vos libertés? Ou vous battrez-vous?
Malgré lui, Oreste serra les doigts sur la crosse de son sabre laser, dissimulé dans la poche de sa veste civile.
La foule l'écoutait sans plus, se distinguant par un manque flagrant de ferveur. Peut-être avaient-ils vu les soldats clones resserrer l'étau autour de cet inconscient. Peut-être n'étaient-ils pas prêts à risquer quoi que ce soit pour une initiative aussi solitaire que suicidaire.
Ce n'était pas en défiant l'Empire ainsi, qu'on parviendrait à le renverser. Un Jedi seul ne suffirait jamais mais une armée peut-être.
-Et mes compagnons Jedi.. je sais qu'il y en a ici même dans cette foule! J'en appelle à votre aide!
Certains badauts se contorsionnèrent le cou, s'attendant à voir d'autres Jedi le rallier. Mais personne d'autre n'esquissa un seul mouvement.
-Réclamons la justice pour nos frères et soeurs Jedi!
Le jeune impétueux activa son sabre qui déploya une lame grésillante bleue azur avant de foncer tête baissée dans la première ligne de stormtroopers.
Le plus proche de ces derniers s'interposa pour lui barrer le chemin avec son fusil blaster qu'il déchargea à bout portant sur son assaillant. Celui-ci repoussa ses tirs l'un après l'autre et l'abattit d'un moulinet de son épée lumineuse.
Puis tout fut terminé.
Le Jedi avait à peine enjambé son cadavre qu'un rayon ionisé le frappa à l'épaule gauche. Il chancella sur ses appuis quand un clone le toucha sérieusement à l'abdomen, le stoppant dans sa progression.
Oreste ferma instinctivement les paupières pour ne pas voir chuter son infortuné condisciple sous les tirs de barrage sans appel des soldats impériaux.
Deux d'entre eux ramassèrent son corps pour l'incinérer dans le brasier toujours actif tandis que les autres se déployèrent en bas des escaliers du Temple pour prévenir toute nouvelle rébellion.
Il n'en y aurait pas d'autre car la foule se dispersa, une masse de tête baissées qui acceptaient de se plier à cette démonstration de force de l'Empire.
Le corellien posa de nouveau son regard sur le bothan et sur la petite fille qui se résignèrent à s'éloigner le coeur lourd.
Au lieu de repartir à Westport, il les suivit une nouvelle fois.
C'est alors qu'il remarqua cet humain bien bâti aux cheveux argentés coiffés en queue de cheval, portant son bras en écharpe qui ne les quittait des yeux. Sa présence brillait dans la Force, sans qu'elle n'émette la moindre menace.
Un autre survivant de l'Ordre 66.
L'ancien aspirant de Ki Adi Mundi se déplaça stratégiquement de façon à conserver dans son champ de vision le bothan et sa padawan ainsi que ce Jedi qui les filait.
Le corellien vit le félinoïde et sa protégée se placer devant un boîtier qui représentait l'entrée d'un broyeur à ordures.
-Il n'y avait pas d'autre Jedi pour aider ce jeune homme, déclara-t-elle. Venir ici était une perte de temps. Nous sommes peut-être les seuls Jedi qui restent.
-Ce garçon n'avait pas besoin d'aide mais d'une cachette. Donne-moi ton sabre laser, Noirah.
Malgré la distance et le vacarme urbain, Oreste surprit la moindre de leurs paroles grâce à son ouïe entraînée par la Force.
-Pourquoi maître?
Le bothan se saisit hativement de son sabre laser et de celui de son élève pour les glisser dans le boîtier.
-Parce que tu n'en auras plus besoin. Et le mien ne me servira pas non plus.
-Mais...
-Le temps des Jedi est révolu. La galaxie que nous cherchions à protéger s'est retournée contre nous. Il nous faut maintenant nous concentrer sur notre survie.
Le ton du bothan ne contenait aucune amertume, seulement de la résignation devant une situation subie à laquelle il fallait s'adapter.
Cela répugna Oreste, se demandant pourquoi le félinoïde baissait les bras et choisissait la voie du pleutre.
-Oublie le Temple. Oublie l'Ordre Jedi. Oublie tout ce que tu as appris sur la Force. Je ne suis plus ton maître et tu n'es plus une Jedi.
Des larmes brillèrent tout à coup au coin de l'oeil de la fillette, qui fut saisie à l'épaule par son mentor. Celui-ci plongeait son regard dans le sien pour la réconforter de l'apreté de ses mots.
-Écoute-moi, Noirah. L'avenir des Jedi, s'ils doivent en avoir un, dépend de nous tous aussi peu nombreux que nous soyons. Mais peut-être y a-t-il de beaucoup de survivants, nulle situation n'est éternelle.
Sensiblement, l'humain aux cheveux argentés qui portait un uniforme de pilote de transport spatial civil se rapprocha, suivant tout comme le corellien cette conversation.
Ni le bothan ni sa padawan ne parurent le remarquer.
-Mais d'abord, poursuivait le premier, nous devons disparaître. Cacher nos aptitudes et nos croyances, en espérant qu'un jour l'Ordre Jedi renaîtra.
Lâche, espèce de lâche! Avait envie de lui rugir en pleine face le jeune homme, qui n'en égarait aucune miette.
-Bien que j'ignore si nous vivrons pour voir ce jour. L'avenir a toujours été difficile à discerner, aujourd'hui plus que jamais.
Le non humain offrit à sa protégée une bourse remplie de crédits.
-Prends ceci, lui fit-il. C'est peu mais cela te permettra de quitter Coruscant. Pars maintenant, Noirah Na. Construis-toi une nouvelle vie. Trouve un but qui te rende heureuse ou bâtis une famille, mais pars.
L'enfant releva ses yeux tristes vers le félinoïde, l'implorant d'un air perdu.
-Mait..Hudorra..
-Oublie ton passé, trancha le bothan, oublie moi. Pars.
Finalement, l'ancienne padawan s'écarta et s'éloigna de son ancien mentor qui la regarda se fondre dans la foule anonyme et indifférente.
Elle n'était plus qu'une orpheline parmi tant d'autres, abandonnée à elle-même. Le jeune corellien ne put se retenir de songer aux muuns qu'il avait lui aussi abandonnés sur Mygeeto. Mais ce n'étaient pas des enfants.
L'homme aux cheveux argentés s'était rangé à coté du bothan, fixant la foule sans chercher personne de particulier. Ne voulant pas être démasqué, Oreste évita son regard et masqua sa sensibilité à la Force.
-Tu as été dur, Kai Hudorra.
Il avait à peine remué les lèvres mais Oreste l'entendait distinctement comme s'il se tenait face à lui.
-C'était nécessaire Dass Jennir, lui répondit le bothan sans sourciller qui fixait obstinément le mur en face de lui.
Le corellien comprenait que ni l'un ni l'autre ne souhaitait que quiconque ne les surprenne en train de s'adresser la parole. Pour le donner le change aux agents impériaux.
-Oui tu es revenu à Coruscant, reprit Jennir. Malgré le signal qui averti les Jedi de rester à l'écart.
-Je ne savais pas. J'avais du me défaire de nos comlinks mais tu es ici.
-Cherchant la voie à suivre tout comme toi.
-Je te conseillerai de te débarraser du sabre laser que tu caches dans ton écharpe.
-Je le ferai peut-être un jour quand je n'en aurai plus besoin.
Le corellien se rapprocha indirectement en contournant les badauts qui les ignoraient.
-Tu n'envisages quand même pas d'attaquer les troupes au temple? S'alarma légèrement le félinoïde.
-Je ne me sacrifierai pas ma vie aussi hâtivement, ni aussi vainement. Mais je ne renonce pas pour autant à lutter pour les principes que défendait la République.
Oreste sentit l'optimisme le gagner. Non il ne serait peut-être pas seul à vouloir tenter de résister à l'Empire.
Dass Jennir, l'humain aux cheveux argentés se tourna pour accrocher le regard de son confrère bothan qui lui tournait toujours le dos.
-Ton aide me serait utile.
-Non, lança sans concession Kai Hudorra qui soutint ses yeux insistants.
Le corellien n'était pas surpris par sa réaction.
-J'en ai fini avec la guerre. Pour l'instant, je vais suivre le conseil que j'ai donné à l'enfant. Si l'Ordre renaît un jour de ses cendres, peut-être alors reprendrai-je mon sabre laser. Entre-temps la galaxie devra se passer de mon épée.
Le bothan passa devant lui pour se perdre dans la foule, et mettre ainsi fin à l'entretien. Discuter plus longtemps les mettait en danger l'un et l'autre.
-Que vas-tu faire? Eut le temps de lui demander Jennir.
Ralentissant à peine, Hudorra lui répondit:
-Maître Giiett a fait un jour remarquer qu'un individu doué dans la Force pouvait entreprendre une carrière confortable dans les jeux d'argent. Que la Force soit avec toi, Dass Jennir.
Le Jedi survivant de la bataille de Néo Plympto l'observer s'éloigner à regret.
-Espérons-le, murmura-t-il d'un voeu pieux.
Jennir serrait les dents de dépit, déçu de n'avoir pu convaincre le bothan de le rejoindre. Peut-être était-ce la volonté de la Force qu'il mène seul ce combat pour la liberté de Néo Plympto et des nosauriens.
Oreste choisit cet instant pour entrer en scène.
Bien entendu, l'autre Jedi sur le qui vive se raidit nettement dans la Force quand il perçut sa présence.
-Dass Jennir, commença le corellien.
-Oreste Tissan. Vous étiez le padawan de maître Ki Adi Mundi, n'es-ce pas?
-Et celui de Neeja Halcyon avant, confirma-t-il.
Jennir releva son écharpe tout en vérifiant que son sabre laser y était bien dissimulé.
-J'ai lu les rapports sur la mort de maître Halcyon. Maître Mundi a eu plus de chance?
-Non, les clones l'ont abattu. Je l'ai senti disparaître dans la Force.
Une lueur de tristesse passa furtivement dans le regard du corellien.
-Sa sagesse nous manquera, appuya Jennir. Pourquoi êtes-vous revenu sur Coruscant? Demanda-t-il plus abruptement.
-Tout comme Hudorra, j'ai perdu mon comlink quand mes clones se sont retournés contre moi. Mais comme vous, j'ai bien réfléchi à ce qu'il convenait de faire.
L'homme aux cheveux argentés le dévisagea plus attentivement.
-Vous voudriez m'accompagner sur Néo Plympto?
-Parlons franchement, Jennir. J'ignore comment vous êtes parvenu à vous échapper des clones mais je déduis que les nosauriens séparatistes ont du vous fournir une aide quelconque. Vous allez les rejoindre et combattre à leurs côtés, pour racheter votre dette.
-Pas seulement pour racheter ma dette.
De la distance était apparue dans la voix de Jennir.
-Mais aussi pour racheter nos erreurs. La République a maltraité les nosauriens, ce qui les a poussés dans le camp séparatiste. Seuls contre l'Empire, ils n'ont aucune chance. Un Jedi se doit de défendre les opprimés.
-Un Jedi vivant, oui. Pas un Jedi mort. Vous ne pouvez pas gagner cette bataille.
Oreste comprit aussitôt en lisant la méfiance dans le regard de Jennir qu'il ne le persuaderait en aucun cas. Mais il persévéra.
-Que proposez-vous, Tissan?
-Il doit certainement exister d'autres survivants sur Coruscant ou dans la Bordure Extérieure. Nous devons les retrouver et les rallier à nous.
-Pour?
-Pour frapper au coeur de l'Empire, détruire les Sith.
-Excellente idée, ironisa Jennir d'un sarcasme qui piqua la susceptibilité du jeune corellien. Vous proposez un suicide collectif au lieu d'un suicide individuel.
Oreste serra les poings pour maîtriser son irritation croissante.
-Un groupe uni de Jedi a plus de chance d'achever l'Empire qu'en solitaire. Nous devons en réunir autant que nous pouvons et attaquer les Sith là où ils se terrent.
-Le Centre Impérial, s'étrangla Jennir. Et pourquoi pas le Temple pendant que vous y êtes?
-Espèce d'imbécile! Lâcha le corellien à courts d'argument.
Dass Jennir vérifia rapidement que son éclat n'avait pas attiré l'attention.
-Je suis peut-être un imbécile et je n'ai certainement pas la moindre chance de libérer les nosauriens de l'Empire. Mais je suis prêt à mourir en restant fidèle à mes idéaux de Jedi. Pouvez-vous en dire autant?
-Nous sommes unis par la même cause.
-Peut-être. Mais pas pour les mêmes raisons.
Le corellien résistait à l'envie féroce d'agripper le col de son camarade pour le débarasser de ses scrupules. L'Empire les avait poignardés dans le dos et la retenue légendaire des Jedi n'avait pas lieu d'être selon lui.
-Ce que vous allez faire sur Néo Plympto est du gachis, cracha-t-il avec mépris.
-Sans doute, mais cela reste mon combat. Un combat digne d'être mené.
-Vous n'êtes qu'un égoïste, Jennir. Je pensais que vous ne posséderiez pas une vision aussi étroite des évènements, vous faites tout ça pour vous donner bonne conscience.
-Et vous, Tissan, vous parlez comme un enfant envieux qui convoite ce qui lui ne revient pas. Vous pensez que vous savez mieux ce qui est bon pour la galaxie. Et vous êtes prêt à tout pour le réaliser. Ce n'est pas ainsi qu'un Jedi raisonne.
La machoîre rentrée, l'ancien padawan de Neeja Halcyon encaissa cette réplique laissant son interlocuteur poursuivre.
-Mais peut-être que vous avez cessé d'être Jedi depuis un certain temps. La guerre a changé irrémédiablement plusieurs d'entre nous dans le mauvais sens.
-Cessez de m'insulter ou je vous montrerais à quel point j'ai cessé d'être un Jedi.
Un éclat malveillant de haine flamboya la marée verte et grise du natif de Corellia. Ce qui poussa Jennir à glisser sa main droite dans l'écharpe qui suspendait son bras gauche, pour saisir le sabre laser qui y était dissimulé.
Celui d'Oreste brillait dans son poing, prêt à l'emploi. Dans la Force, Dass Jennir le sentait déterminé à joindre les actes aux paroles. Ce n'était pas du bluff.
-C'est vraiment ce que vous souhaitez?
Le corellien réalisant qu'il avait commencé à attirer l'attention de quelques curieux, rangea prestement son arme dans la poche de sa veste. Dass Jennir lui rendit la politesse.
-Non, vous avez raison, lâcha Oreste. J'ai mieux à faire que de perdre mon temps avec vous. Que les trous noirs de la galaxie vous emportent.
-Je vais prendre comme cela comme un adieu, répliqua l'autre non sans ironie. Nous nous sommes tout dit.
Son visage devint de nouveau insondable mais Oreste crut dicerner dans ses traits une expression de pitié.
-Que la Force soit avec vous, Oreste Tissan. Prenez garde au Coté Obscur, vous vous en approchez dangeureusement.
Le corellien le vit se détourner sans lui accorder un regard de plus. Il maîtrisa cette rage de frustation qui convulsa ses traits osseux, il aurait bien voulu lui lancer une dernière pique bien sentie.
Dass Jennir avait été absorbé dans cette foule dense et compacte, pendant qu'il y réfléchissait.
-Oreste Tissan?
La voix qui l'interpellait doucement sur le coté provenait d'une femme. Lorsque le jeune corellien se tourna pour lui conférer son attention, il fut d'abord frappé par des yeux brillants d'humidité et ensuite par sa sensibilité à la Force.
Cette membre de l'Ordre Jedi déchu par l'Empire ne se distinguait pas de la populace par sa tunique écarlate brodée de lin. Qui camouflait une combinaison de combat beige. Ses cheveux cuivrés courts étaient coiffés en chignon, leur couleur charbon en harmonie avec son teint bronzé qui accentuait sa dignité blessée.
Tout comme lui, Dass Jennir, Kai Hudorra et certainement d'autres survivants qui s'étaient camouflés à ses sens, elle avait constaté par elle-même le désastre et la profanation de leur sanctuaire par les sbires de l'Empire.
-Maître Shadday? S'exclama-t-il à mi voix.
-J'ai écouté votre discussion avec Dass Jennir et je suis d'accord avec ce que vous venez de dire. L'Empire doit payer pour tous nos morts et doit être frappé au coeur.
-Bien, alors qu'attendons-nous? S'impatienta-t-il.
La femme esquissa un sourire amusé.
-Votre maître ne vous a pas appris à réfléchir avant d'agir?
-Mon maître est mort, martela-t-il sèchement.
Elle palit sous le coup de la gêne.
-Mais je ne voudrais surtout pas vous bousculer, reprit-il doucement. Je dis seulement que nous ne devrions pas le laisser le temps aux Sith de s'installer durablement au pouvoir.
-Je partage votre analyse. Cela ne signifie pas que nous devrions nous précipiter impulsivement à l'assaut du Centre Impérial. Au risque de définitivement tout perdre.
-Vous avez un plan?
Shadday hocha lentement la tête, un masque d'impassibilité recouvrant ses émotions.
-Peut-être bien. L'Empire est nouveau mais il est suffisamment puissant pour résister à toute menace sérieuse frontale et directe. J'ai besoin de temps pour découvrir ses faiblesses et les exploiter à notre avantage.
-Que devrais-je faire? Je n'aurai pas la patience d'attendre.
-Je m'en doute bien. Dorénavant, il devient dangeureux pour deux Jedi ou plus de s'attarder trop de temps au même endroit. Je voyagerai et je prendrai contact avec d'autres survivants. Cela prendra des semaines peut-être des mois avant que nous puissions passer à l'action.
Elle posa une main insistante sur son épaule.
-Jusqu'à ce que je vous recontacte, tâchez de survivre.
-J'ai l'intention de faire mieux que ça.
La voix d'Oreste avait adopté une intonation plus mortelle, signe de la froide détermination qui l'animait désormais contre l'Empire.
À sa demande, il lui transmit la fréquence de son comlink et celui du canal de transmission de son vaisseau sullustain.
-Que la Force soit avec vous, Oreste.
Après s'être salués d'une raide révérence, le corellien la vit se diriger vers un humain barbu à la peau sombre. Ce dernier braqua sur elle sa mine sévère, décorée d'un bouc qui pendait de son menton.
-Koffi Arana, commença Shadday. Vous vous souvenez de moi? Nous nous sommes déjà rencontrés au large d'Oxima Prime.
Malgré le brouhaha ambiant, les sens aïgus du corellien captèrent ses moindres mots. Ainsi que ceux du nouveau venu, encore un autre Jedi survivant.
-Bien sûr, maître Shadday. Vous avez vu au Temple ce qui s'est passé?
-Nous ne sommes pas les seuls à l'avoir vu. Venez allons discuter de cela dans un endroit discret.
Elle l'entraîna par le bras dans les méandres de la foule, échappant peu de temps après au champ de vision de l'ancien padawan de Ki Adi Mundi. Il n'éprouvait aucune envie de les rattraper et de les rejoindre.
Il allait faire ce que Shadday lui avait recommandé.
Survivre. Mais il ne comptait pas rester inactif pour autant.
Un picotement désagréable irrita sa nuque, annonciateur d'un danger qui s'approchait. Par dessus son épaule, il aperçut des stormtroopers qui patrouillaient dans son dos. Le fusil blaster DC-15 croisé de travers devant leur armure blanche.
Même s'ils ne cherchaient personne en particulier, s'attarder davantage risquerait de l'exposer inutilement.
Sans hésiter, il s'élança dans la première ruelle qui se présentait à lui.

Voilà ce sera tout! à la prochaine!


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Quartier général des inquisiteurs

-Maîtresse Tenn, vous êtes déjà de retour? Comment s'est passé votre séjour dans la Bordure Extérieure?
L'inquisitrice chiss jeta un regard dédaigneux au droïde protocolaire qui l'accueillait sur le seuil de l'entrée de ses appartements privés.
-Plus tard, Asciope, lui lança-t-elle d'un ton rude. Je dois faire un rapport à l'Empereur, établis-moi la communication immédiatement.
-Bien, maîtresse.
Avant même qu'il n'ait achevé sa tâche, elle avait posé un genou à terre anticipant les exigences du maître dont elle était devenue l'instrument dévoué. Bientôt le buste imposant de Dark Sidious connu désormais dans la galaxie sous le nom d'Empereur Palpatine se matérialisa au-dessus d'elle, comme pour mieux exprimer sa domination.
Dont la chiss semblait se contenter. Soia Tenn fixa le sol, n'osant pas l'affronter dans les yeux.
-Inquisitrice Tenn, j'étais impatient d'avoir de vos nouvelles.
-Maître, commença -t-elle avec humilité. Je m'attendais à ce que le Seigneur Vador m'accueille à la capitale.
-Le Seigneur Vador est parti sur Teragan 5, mater une mutinerie de clones qui ont refusé d'obéir à l'Ordre 66.
L'aveu choqua presque la non humaine aux teux rouges flamboyants qui releva impulsivement la tête. Tenn ne parvenait pas à croire que des machines vivantes à peine douées de conscience aient eu la force nécessaire pour résister à cette programmation implantée dans leur système cérébral.
Palpatine laissa échapper un rictus léger sous son sombre capuchon, se délectant temporairement de sa confusion.
-Oui, cela semble à peine croyable, n'es-ce pas? Gloussa-t-il doucement. Rassurez-vous, ils sont l'exception qui confirme la règle. Partout ailleurs, l'Ordre 66 a été appliqué sans restriction avec des résultats globalement satisfaisants.
-Ces mutins de Teragan 5 doivent être châtiés.
-Ils le seront. Quelle est la situation sur Mygeeto?
Elle se redressa pour soutenir son regard. Elle ne se fiait pas à ce ton mielleux qui masquait une cruauté infinie.
L'Empereur ne pardonnait pas l'échec et ne balaierait sûrement pas d'un revers de main, un Jedi corellien qu'elle n'avait pu empêcher de s'échapper.
-La rébellion de Castor Hang a été écrasée et son réseau clandestin souterrain demantelé de fonds en comble. Mygeeto est repassée sous le contrôle exclusif et total de l'Empire, monseigneur.
Elle lui avait omis à dessein une partie de la vérité. Elle comprit qu'elle n'était guère parvenue à le duper, d'après la grimace qui déformait ses lèvres ternes.
-Je m'attendais à ce que vous présentiez votre un rapport sous un jour un peu trop favorable. Vous n'avez pas réussi à mettre la main sur ce Jedi.
Ce n'était pas une question et il était inutile de nier.
-C'est vrai, maître. Il nous a échappé pour la simple raison qu'il n'a pas participé physiquement aux deux raids simultanés lancés par Hang.
-Voilà qui est intéressant. Que peut-on déduire de cela?
Ce qui frappa l'inquisitrice chiss était le calme presque effrayant de l'Empereur. Il ne paraissait pas fâché, mais plutôt concentré.
-Le Jedi aurait donc déserté les rebelles muuns. Ce qui n'a absolument aucun sens, murmura-t-elle ensuite pour elle-même.
-Oui, cela paraît absurde. Un Jedi ordinaire n'aurait jamais fait une chose pareille. C'est ce qui rend les choses intéressantes.
Soia Tenn remarqua son expression soucieuse.
-Vous pensez que ce Jedi a une idée précise en tête? Demanda-t-elle pour éveiller son attention de nouveau.
-C'est possible. Suivez cela de près, inquistrice Tenn. Tâchez de le prendre vivant si possible sinon éliminez-le.
-Vous voulez essayer de le convertir? Interrogea-t-elle avec perplexité.
L'Empereur lui glissa un sourire convenu.
-Pourquoi pas? Après tout, il ne sera pas le premier à nous rejoindre.
-Je m'assurerai d'abord qu'il ne représente pas une menace, lui promit l'inquisitrice chiss qui avait saisi l'allusion à son propre passé. Soia Tenn, terminé.
Lorsque le buste de son inflexible mentor disparut dans un flash, elle bondit sur ses appuis puis ordonna à son majordome mécanique docile.
-Asciope, fais-moi un résumé de l'activité des patrouilles. Notamment dans les alentours du Temple Jedi.
-Bien, madame.
Le droïde protocolaire se plaça devant un pupitre mural et commença à pianoter fièvreusement. Elle le regarda faire avant qu'il ne lui confia.
-Dans l'ensemble, la Cité Galactique n'a pas été touchée par des manifestations hostiles envers l'Empire. La majorité des citoyens semble accepter et même se réjouir de l'instauration de l'Ordre Nouveau.
Elle ne retint pas un geste d'impatience.
-Bon et le Temple?
-Dans ce secteur, la situation demeure tendue. Plusieurs incidents ont été signalés par les escouades de stormtroopers. Les soldats assignés à la garde du Temple ont même déclaré avoir été attaqué par un Jedi qui a tué un des leurs avant d'être abattu.
-Connecte toi à l'holonet officiel et montre-moi les enregistrements des holocaméras.
-Oui, maîtresse.
L'éclat des nanoprojecteurs de sa chambre s'amenuisa sensiblement tandis que l'écran mural au-dessus de son domestique s'emplit d'images successives montrant la silhouette du Temple Jedi à moitié masqué par la fumée.
Sur les instructions de l'impitoyable servante de l'Ordre Nouveau, Asciope se concentra sur les images diffusées par les canaux officiels qui constituaient le socle de la propagande de l'Empire. Ainsi la chiss fixa quelques instants le visage austère d'une présentatrice au sourire fade qui tonna d'un timbre martial sans harmonie:
-Aujourd'hui encore, les stormtroopers impériaux garants de la paix et de notre sécurité ont mis hors d'état de nuire un autre terroriste Jedi. Cet événement nous rappelle qu'il ne faut pas relâcher notre vigilance. Nous invitons encore une fois les honorables citoyens de bonne foi à coopérer avec les autorités et à signaler au BSI ou aux inquisiteurs tout comportement..
Soia demanda sèchement à Asciope, n'écoutant plus cette mélopée abrutissante:
-Sélectionne les retransmissions des holocaméras sur la foule à l'entrée du Temple.
Le majordome manifesta encore une fois sa docilité mécanique et redondante de l'affirmation Oui, maîtresse.
La chiss plissa les paupières, ses yeux d'un brasier écarlate ardent examinant avec une minutie silencieuse les visages de cette masse populaire qui se tenait à bonne distance des clones, sentinelles glaciales du foyer des Jedi déchus de leur piédestal.
Elle revit un jeune Chevalier brandissant un sabre laser, gravir les marches seul pour confronter les clones impériaux. Après avoir harangué sans résultat des coruscantis plongés dans une apathie de soumission.
Le fou, mais que croyait-il donc? Ricana-t-elle intérieurement.
N'avait-il pas compris que personne ne lèverait le petit doigt pour une confrérie que le commun des mortels ne considérait au mieux que comme une obscure secte ayant méné à la plus terrible des guerre depuis un millénaire?
Jusqu'au bout, des Jedi persisteraient dans leur aveuglement.
Voilà pourquoi Soia Tenn ne doutait pas de la pérennité de l'Empire. Et de l'extinction à terme des derniers Jedi. Auxquels elle avait appartenu naïvement mais heureusement l'Empereur lui avait ouvert les yeux sur la véritable nature de la Force.
Et de la puissance.
Le jeune imbécile qui avait cru sottement en la solidité de la République était tombé sous les tirs croisés des stormtroopers qui s'empressèrent de ramasser son corps puis de le jeter dans un bûcher improvisé en haut des marches qui menaient à l'entrée du Temple.
Sans que quiconque ne proteste.
S'il y avait des survivants de l'Ordre 66 parmi eux, au moins avaient-ils été assez intelligents pour ne pas se trahir.
En tout cas, ouvertement.
-Sors-moi les avis de recherche de tous les Jedi dont la mort n'a pas été confirmée.
Un projecteur holographique s'activa sur le coté et elle s'accorda le loisir de consulter les visages identifiés par leurs noms inscrits en aurebesh.
Elle reconnut les figures de deux illustres anciens membres du Haut Conseil Jedi, Obi Wan Kenobi et maître Yoda.
Puis elle s'attarda sur d'autres moins prestigieux mais qui avaient influencé le cours de la guerre par leur implication dans certaines victoires décisives remportées contre les séparatistes. Et d'autres encore dans certaines de ses défaites parmi les plus retentissantes.
Roblio Darté, écarté à la demande du Sénat par le Haut Conseil suite à la débacle de Parcellus Minor.
Bultar Swan, impliquée dans la victoire d'Aargonar aux cotés de Ki Adi Mundi et de A'sharrad Hett porté disparu après l'Ordre 66.
Tsui Choi, un aleema reconnu pour sa participation au sauvetage de Kamino au début de la guerre qui avait permis à la République de rester dans la partie.
K'kruhk, whipid originaire de Toola, dont l'action fut décisive sur Saleuçami. Disparu après l'escarmouche de Bogden 3.
D'autres noms défilèrent, sans éveiller en elle un intérêt particulier. Jusqu'à celui d'un certain Oreste Tissan.
Un jeune humain à la stature malingre, originaire de la planète Corellia. Issu d'une des plus riches familles de Coronet, la capitale planétaire. Formé aux voies de la Force par Neeja Halcyon, acteur majeur de la victoire de Praesitlyn et mort au cours d'une mission visant à détruire une enclave de Jedi Noir sur Susevfi. Puis entraîné par Ki Adi Mundi en personne.
Il avait accompagné ce Maître céréen sur Mygeeto et avait été porté disparu peu après le lancemnt de la Purge. Son corps n'avait pas été retrouvé, pas davantage après le massacre des rebelles muuns qu'elle avait elle même ordonné.
Cela ne pouvait pas être une coïncidence.
-Sélectionne cet hologramme, fit-elle en désignant d'un index autoritaire la représentation du corellien. Et lance une correspondance avec les enregistrements des holocaméras.
Elle n'eut pas longtemps à attendre car peu après Asciope l'informa:
-Je signale une correspondance positive à 99%, maîtresse.
-Où ça?
-Le suspect se trouverait aux premières loges devant les marches du Temple.
Le droïde protocolaire sur l'image représentant un jeune homme aux traits fins et osseux, dominant de sa silhouette frêle et élancée la masse silencieuse. En apparence, il ne payait pas de mine mais son regard semblait exprimer une passion haineuse qui ne demandait qu'à être assouvie.
-Actualise les avis de recherche, Asciope. Et mets-le à disposition de tous nos agents du BSI et des autres inquisiteurs. Enlève de cette liste Oreste Tissan.
-Puis-je en connaître la raison?
-Il m'a échappé et j'en fais une affaire personnelle à partir de cet instant.
-Cela ne va-t-il pas à l'encontre des interêts de l'Empire? Demanda-t-il.
La voix de Soia Tenn transpirait d'une froideur irritée.
-L'Empereur m'a donné des ordres et je vais les exécuter. Je te conseille d'en faire autant si tu veux encore me servir à quelque chose.
-Pardon d'avoir douté de votre bonne volonté.
Elle avait rajusté son capuchon sans paraître sensible à ses excuses.
-Vérifie la liste de tous les vaisseaux civils en provenance du système de Mygeeto qui ont atterri à Westport et Eastport depuis ce matin. Et ordonne aux douaniers de les mettre tous sous quarantaine.
-Vous vous attendez à ce que le Jedi s'enfuie?
Elle ne put retenir un rictus de satisfaction.
-Je ne crois pas que ce soit pour l'instant son intention. Mais je préfère anticiper.


-Pardon, jeune humain. Je ne croie pas qu'il soit approprié de vous reservir.
-La ferme, stupide machine et va m'en chercher un autre.
Oreste fusilla d'un regard noir le droïde serveur qui s'en allait valider sa commande alors que le survivant de l'Ordre 66 était attablé sur la terrasse d'une cantina anonyme mais bien située sur la Place de l'Amitié.
Il ignorait quelle quantité d'alcool son organisme avait ingurgité depuis un laps de temps inconnu mais à l'aide de la Force il ne cessait de se purger de cet élixir délicieux qui aurait sans doute plongé dans un profond coma un devaronien, une espèce réputée dans la galaxie pour leur capacité à supporter durablement les effets néfastes de l'ivresse.
Le droïde revint chargé d'un plateau soutenant une bière corellienne brassée.
-Permettez-moi monsieur de vous rappeler une nouvelle fois les fâcheuses conséquences que l'alcoolisme peut engendre sur l'état de votre foie et de vos connexions cétébrales. Je peux vous orienter vers des sites officiels scientifiques qui ont traité cette question avec beaucoup de sérieux.
Le corellien élancé leva les yeux inondés de cette lueur maussade verte et grise vers les cieux de la Cité Galactique. Il avait droit une enième fois à cette insupportable leçon de morale.
-Ça y est, le cours est fini? Tu es censé servir les clients, pas les énerver.
-Certes, cela constitue ma principale fonction, monsieur. Mais un client averti sur certains dangers a de grandes chances de devenir un client fidèle.
-Eh bien, c'est raté. Car je n'ai pas l'intention de repasser.
Il s'empara vivement de la bière brassée qui ne demandait qu'à étancher sa soif. Il la vida d'un trait avant de poser bruyamment la chope sur la table.
-Une autre, aboya-t-il bruyamment.
Et le serveur, assemblage de duracier et de circuits intégrés, s'en retourna. L'ancien apprenti de Neeja Halcyon en profita pour sortir de sous sa veste une pièce d'or ou du moins ce qui s'en rapprochait.
Car ce n'était pas une pièce de monnaie mais un bien qui possédait une énorme valeur symbolique à ses yeux. C'était la traduction d'une de ces différences que les Jedi corelliens aimaient cultiver pour se distinguer de leurs coreligionnaires de Coruscant.
La pièce en question était un médaillon à l'effigie de celui qui avait été le premier maître d'Oreste lors de sa vie de Jedi. Leur relation n'avait pas été toujours facile mais Oreste l'avait toujours tenu en grande estime.
Pour exprimer cette réciprocité, Halcyon avait fait forger cette pièce uniquement pour son élève qu'il avait ensuite confié au Temple de Coruscant. Alors qu'en règle générale, les maîtres Jedi de Corellia en faisaient fabriquer plusieurs qu'ils distribuaient ensuite à leur entourage.
Ce geste de la part de celui qu'il avait considéré comme un père, fut donc apprécié par Oreste comme une faveur inestimable.
C'est pourquoi il comprit d'autant moins la raison qui poussait Halcyon à se séparer de lui. Ce dernier lui avait répondu après qu'il ait posé la question.
-Tu dois parfaire ta formation. Ce n'est pas une punition, c'est au contraire un immense honneur car tu seras sous la responsabilité d'un membre du Haut Conseil.
Se séparer de Corellia, de son mentor et de sa mère qui l'avait toujours soutenu avait ouvert une brèche dans le coeur du jeune homme. Aujourd'hui encore, sous l'oppression de cet Empire, il n'était pas certain que cette blessure ait vraiment cicatrisé.
Il avait cherché à combler ce vide vainement. Plus ou moins consciemment, cela expliquait qu'il ait commencé à dériver sérieusement pendant la guerre.
Ses récentes conversations avec les autres survivants de la purge l'avaient considérablement déprimé. Hormis maître Shadday, aucun ne voulait s'associer à lui pour une seule raison, la même que Dass Jennir n'avait pas hésité à lui mentionner.
Le Coté Obscur le guettait.
Un élan de colère le saisit malgré lui à cette pensée, évaporant l'engourdissement qui embrumait son esprit la faute à cette bière corellienne de trop.
Comment osaient-ils le prendre de haut? N'avaient-ils pas tous commis la même erreur en acceptant de conduire les troupes de la République contre les séparatistes? Ne s'étaient-ils pas tous écartés du chemin des Jedi ce jour-là?
-Eh, quelqu'un peut monter le son? Héla une voix grossière à quelques tables de là.
À l'intérieur de l'établissement, un écran mural retransmettait en effet les reportages de l'Holonet impérial. Les images montraient en boucle des stormtroopers en exécuter d'autres, certainement les mutins de Teragan 5, sur fonds de villages et de plaines incendiées par les bombardements de la flotte impériale.
Le nom de ce monde isolé et insignifiant de la Bordure Extérieure était vomi de la voix de la présentatrice officielle au sourire sans émotion, comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire excrément.
-Le capitaine Zsinj à bord du Poing d'Acier vient de confirmer officiellement la mort des deux insurgés Jedi ainsi que des mutins chargés de leur exécution et qui les ont au contraire ralliés dans leur tentative de destabilisation de l'Empire. Actuellement, nos vaillants soldats sont en train de réduire les dernières poches de résistance pour que triomphe l'Ordre Nouveau.
-Ouais! Bien fait pour eux! Qui aide les traîtres est un traître!
-Bien parlé, Wirg!
Tous les regard convergèrent vers un trio de jeune individus, deux hommes et une femme au verbe haut et moqueur.
-Après les Jedi, il faudra remettre à leur place toute cette vermine non humaine qui a soutenu les séparatistes! S'écria Wirg, un type aux joues bouffies et à la bedaine bien portante.
Le jeune corellien perçut la fureur de ceux appartenant à la catégorie sus nommée. La plupart d'entre eux s'empressèrent même de vider les lieux, payant leur consommation sans attendre que la monnaie ne leur soit rendue.
-Allez, tournée générale!
Les trois partisans zélés de l'Ordre Nouveau vidèrent leur verre et le reste de la clientèle adopta plutôt une attitude maussade. Oreste, le premier.
Tous ne partageait pas le même enthousiasme convaincu, bien au contraire. Le droïde serveur ramassa les crédits laissées sur les tables vides sans oublier de prendre les commandes. Qui se résumèrent pour la plupart à un simple verre d'eau.
Le Jedi fugitif ne quitta pas des yeux un seul instant le groupe qui ne se rendit aucunement compte de l'hostilité silencieuse qui s'amassait autour d'eux.
Ces trois imbéciles se réjouissaient de la purge lancée contre l'Ordre et de la fin de la République. Eh bien, il était temps de doucher leur joie.
Oreste se concentra en particulier sur ce Wirg dont il trouvait les manifestations de dévotion envers l'Empire décidément un peu trop expansives.
Il éleva discrètement à l'insu de tous sa paume vers le ciel et le Wirg en question se mit à haleter tout à coup devant ses compagnons surpris.
Sa main tirait énergétiquement sur le col de sa chemise et ses traits se colorèrent d'une sinistre nuance violacée alors que les deux autres s'alarmèrent.
-Wirg, que t'arrive-t-il?
-Il est en train de s'étouffer! Aidez-le! Aidez-le! Supplia la femme.
Cette fois, la stupeur remplaça l'indignation générale. Tous fixèrent Wirg sans comprendre ce qui lui était en train d'arriver.
Oreste se repaissait de sa terreur à l'idée que la mort lui ouvrait les bras inexorablement sans qu'il puisse l'empêcher. Et il jouissait de même de la panique qui commençait à se propager dans la foule. Peu lui importait.
Après tout, en laissant cet Empire s'installer sans coup férir, cela revenait à faire de tous des complices indirects.
Tout aussi prudemment, il referma peu à peu le poing, écrasant au fur et à mesure sa trachée comprimée. Et augmentant jusqu'au paroxysme l'affolement de sa victime. Il prolongea exprès son calvaire pour jouir encore un peu de ses souffrances.
La voix de la femme adopta une tonalité quasiment hystérique, lorsqu'elle vit ses yeux se révulser de façon quasi irréelle.
-Wirg!!!
L'homme s'effondra d'une pièce face contre terre devant leur regard effaré et ses deux amis se penchèrent auusitôt sur lui pour lui prodiguer les premiers soins. Un coruscanti entre deux âges fendit toute la foule hagarde en criant:
-Laissez-moi passer, je suis médecin!
Il poussa délicatement mais rapidement les deux camarades de l'infortuné et se mit à palper ce dernier, notamment son pouls. Il entreprit un massage cardiaque tandis qu'Oreste remarqua que plusieurs clients réagirent enfin en appelant les secours.
Mais il savait qu'il était trop tard pour le sauver. Et cette vérité le dégrisa complètement lorsqu'il réalisa la portée de son geste.
Suscitant en lui une nausée de honte et de dégoût.
C'est ce qui le poussa à se lever précipatemment de table pour s'éloigner au plus vite de la scène de crime.

Et voilà! j'espère que cela vous a plu! :twisted:


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MessagePublié: 21 Mars 2017, 21:05 
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Bonsoir, voici la suite!

Soia Tenn interrogeait l'un des soldats qui gardaient l'entrée du Temple Jedi tandis que les stormtroopers qui l'escortaient tuaient le temps en bavardant avec d'autres gardes à l'intérieur de l'édifice.
-Donc, reprit-elle avec insistance, quand vous avez abattu le Jedi qui vous a attaqué ce matin, personne n'a levé le petit doigt?
-C'est exact, madame, confirma le soldat d'une voix impersonnelle.
Ce n'était pas le premier qu'elle questionnait avec rudesse car elle voulait être certain que les fantassins de base de l'Empire demeureraient un de ses soutiens infaillibles. Il fallait espérer que la mutinerie de Teragan 5 resterait un incident isolé.
Voilà pourquoi, elle ne souhaitait guère laisser de place au doute. Elle s'aidait de la Force pour guetter le moindre soupçon de frayeur ou d'hésitation dans la réponse du clone. S'assurer qu'il était bien conditionné à obéir aux ordres sans discuter.
Dans le cas contraire où elle n'était pas certaine de sa fiabilité, elle l'exécuterait.
Heureusement pour lui, le stormtrooper n'en montra aucun signe.
-Merci pour votre coopération soldat. Reprenez votre poste.
-Oui, madame.
Le soldat recula sans précipitation alors qu'elle se dirigea pour en interroger un autre. Elle contourna le brasier dans lequel achevaient de se consumer les corps des Jedi exterminés et ceux des clones qu'ils étaient parvenus à emporter dans leur mort.
Elle freina et convoqua d'un geste de la main impérieux, un autre clone qui se rangea devant elle raidement.
-Soldat, j'ai besoin que vous me racontiez..
Elle s'interrompit brusquement lorsque la Force se convulsa dans ses perceptions sensorielles. Quelque part dans la Cité Galactique, un Jedi usait de son pouvoir.
L'écho émis était faible en soi mais il perdura assez longtemps pour qu'elle détecta sa provenance.
Proche de la rotonde du Sénat Galactique.
Elle soupira en contenant son irritation. L'Empereur l'avait chargée de rattraper ce Jedi corellien, pas de maintenir de l'ordre.
Cependant, elle était une inquisitrice garante de l'Ordre Nouveau. Par conséquent si un ennemi se révélait être une potentielle menace grave et imminente à proximité du Coeur de l'Empire, cela modifiait l'ordre de ses priorités.
Sans hésiter une seconde de plus, elle usa de la Force pour renforcer la puissance de sa voix et rameuter les clones placés sous son commandement.
-Rassemblement, vite!


Oreste avait parcouru quatre cents mètres avant de se laisser choir sur la première chaise vacante comme un marathonien ayant franchi la ligne d'arrivée.
Il réalisait à peine qu'il avait mis les pieds dans un établissement moins recommandable que celui qu'il avait quitté moins de dix minutes avant.
Celui où il avait délibérement tué un homme à l'aide de la Force. Et ce n'est pas la première fois que cela se produisait.
Il repensa à ce clone qu'il avait maltraité avec une étreinte de Force avant de l'achever lors de sa fuite sur Mygeeto. Mais là ce n'était pas pareil.
Le sympathisant de l'Empire était sans nul doute un individu médiocre et profondément détestable mais en tant que Jedi cela ne lui donnait pas de droit de vie ou de mort sur lui. Dass Jennir l'avait peut-être mieux cerné qu'il ne l'avait fait lui-même.
Il se pencha les coudes posés sur la table bancale devant lui pour se passer les mains dans les cheveux. Pour tenter de reprendre pleine possession de ses moyens.
Mais que m'est-il arrivé pendant la guerre? Je n'étais pas comme ça avant.
Sa lamentation intérieure fut aussitôt perturbée par ce murmure moqueur qui traversait son subconscient.
Vraiment? Souviens-toi de ce qui s'est passé avant ta rencontre avec Halcyon.
Et il fut convaincu que cette haine qui resurgissait n'était en réalité qu'un volcan mal enfoui qu'il n'a jamais su complètement dompté. Tous ceux à qui il n'avait infligé que de la souffrance, c'était voulu et même recherché.
Ce camarade d'école sur Corellia qui s'était moqué de lui et à qui il avait cassé un bras. Ce condisciple au Temple qu'il avait tabassé à coups de sabres d'entraînements après l'avoir pourtant vaincu à la loyale.
Les clones sous son commandement sur Mygeeto qu'il avait envoyé à une mort certaine sans aucune retenue et sans aucune pitié.
Ce stormtrooper qu'il avait martyrisé peu avant sa fuite de Mygeeto. Et enfin cet homme..
-Ca va aller, mon gars?
Il se redressa subitement alerte et sur le qui vive puis croisa le regard curieux mais respectueux d'un humain qui avait le double de son âge.
L'homme chauve tenait une chope à la main qu'il lui tendait sans attendre de contrepartie. Ses traits ridés par l'âpreté de la vie et cette courbe barbe qui ornait son menton inspirèrent confiance à Oreste qui savait grâce à la Force qu'il n'avait rien à craindre de lui.
Il l'invita donc à s'assoire, le nouveau venu le remercia d'une inclinaison du menton.
-On dirait que t'as vu un revenant, petit. Bois ça, ca va te requinquer.
Le jeune corellien ne se fit pas prier deux fois sans lui exiger le moindre compte et s'empressa de savourer la première gorgée. Qu'il recracha aussitôt au sol.
Il s'épongea les lèvres d'un revers furieux de la main.
-Vous vouliez m'empoisonner? Demanda-t-il avec véhémence.
-Je voulais surtout te remonter le moral, répondit son nouvel ami inattendu. Gelfran, ajouta-t-il pour se présenter.
-Oreste, répondit le Jedi sans hésiter. Pourquoi venez-vous me parler?
L'homme était avenant mais l'ancien protégé de Neeja savait que les temps avaient changé. Il lui fallait se défier de tout le monde maintenant.
-Tu vois, cet établissement était encore respectable, il y a peu. Mais le nouveau propriétaire se laisse un peu aller et la racaille s'est invitée.
Gelfran l'incita d'un simple regard à inspecter les lieux d'un rapide tour d'horizon. La clientèle se distinguait par un choeur rugeux d'obscénités exprimées en basic et dans d'autres dialectes parlés par des personnes fréquentant les syndicats du crime organisé.
Un endroit où pour ces crapules le port du blaster et d'autres armes intimidantes appartenait à leur seconde nature.
Oreste détourna les yeux pour les braquer sur ce Gelfran, à l'instant où un twi leck rudoya un nautolan pour tester sa patience. Celui-ci réagit en se levant de sa chaise pour égorger son antagoniste d'un coup sec de vibrolame bien placé.
-Ton accent n'est pas celui d'un coruscanti, lui fit remarquer Gelfran qui jugea à propos de ne pas s'en méler et préféra changer de sujet. Corellien?
-Comment avez-vous deviné?
Il lui accorda un sourire malicieux.
-J'ai connu quelque gars de Corellia lorsque j'ai servi sous les ordres de Ranulph Tarkin à la bataille du Mont Avos.
-La bataille du Mont Avos? Fit Tissan dubitatif. Cela n'évoque rien pour moi.
Il aurait parié que c'était un ancien soldat, à en juger par sa façon de le fixer droit dans les yeux avec cette nonchalance un peu raide.
-Normal, tu devais être à peine né quand c'est arrivé. Enfin bref, toujours est-il que je m'en suis sorti en un seul morceau en y apprenant pas mal de choses.
Il avala une gorgée et en reposant son verre, son regard brillait d'une intensité particulière presque dérangeante.
-J'ai appris notamment à savoir si un homme a vu la mort d'un peu trop près très récemment.
Oreste se raidit instinctivement avant de se détendre. L'homme ne l'accusait de rien de particulier, même à mots couverts. Non, c'était plutôt une invitation à se confier à lui, aussi étrange que cela paraisse.
-Je viens de voir quelqu'un mourir d'une crise cardiaque. Et je me suis senti impuissant, lui avoua-t-il finalement.
Le jeune corellien avait réfléchi au choix judicieux de ses mots. Le regard de Gelfran se perdit alors dans le vide, presque nostalgique.
-Ah, j'ai connu cela aussi. Plus d'une fois même.
-Que s'est-il passé au Mont Avos?
-Nous avons gagné au prix fort. Tu connais l'histoire de la Guerre Hyperspatiale de Stark?
Oreste secoua la tête en signe de dénégation.
-Bon alors, laisse-moi te raconter.
Et Gelfran lui narra l'histoire d'une époque pas si lointaine mais qui lui semblait pourtant si familière. Une époque où la République et ses institutions vacillaient déjà dangeureusement sur leurs fondations.
Une époque où la cupidité, l'avarice et les intérêts personnels avaient gangrené profondément une démocratie de plus en plus inaudible. Et dans le chaos généralisé, la lumière des Jedi tentait de contenir une crise qui menaçait de balayer ce qu'il en restait.
Mais que pouvait donc la flamme d'une bougie contre la tempête qui se levait?
Un individu ambitieux et retors du nom de Iaco Stark entreprit de former une coalition réunissant pirates et contrebandiers pour faire plier la République à toutes ses exigences. Ce complot fut finalement déjoué à la bataille finale du Mont Avos.
-Avant cette guerre là, je n'avais jamais rencontré de Jedi, déclarait Gelfran qui s'était enfonçé confortablement dans son siège. Comme beaucoup de mes camarades, nous pensions qu'il ne s'agissait qu'une secte obscure qui ne se souciait que de défendre ses propres intérêts. Ce n'était pas le seul préjugé que nous nourrissions à leur égard.
Oreste hocha la tête, conscient que beaucoup de gens alimentaient une crainte respectueuse et aussi haineuse contre les siens. Due certainement à une bonne part d'ignorance.
-J'ai rencontré un certain Plo Koon, un Kel'Dor. Il est devenu un exemple pour nous tous, nous le voyions sans cesse auprès des blessés pour nous redonner espoir alors que nous étions piègés dans les cavernes, assiégés par les troupes de Stark. C'est grâce aux Jedi que nous avons tenu et remporté la victoire.
Le jeune corellien crut voir étinceler dans ses iris ternes une lueur de remords.
-Vous avez démissionné pourtant après cela. Alors que vous étiez vainqueur.
-Stark avait perdu la partie ce jour-là mais nous n'étions pas les vainqueurs. Non, seule la cupidité avait gagné.
Gelfran avala ce qui restait au fonds de son verre, encaissant sans broncher les ultimes assauts acides de la bière jawa qui lui rongeait les tripes. Une acidité qui exprimait une profonde amertume.
-Ranulph Tarkin avait tenté d'en profiter pour assouvir ses propres ambitions. Nous n'étions que des pions remplaçables pour lui. En cela, il n'était pas très différent de son salopart de frangin, Wilhuff.
-Je crois que c'est le neveu en fait.
-Bah, c'est la même engeance après tout, répliqua le vétéran en haussant les épaules. Charismatique mais impitoyable surtout quand il s'agissait de sa peau. Il avait péri au cours de la bataille mais ce qui nous a outré moi et mes camarades était que le Sénat avait choisi de le célèbrer comme un héros.
-Je crois que sa famille a fait pression.
-Ce qui n'excuse en rien cette injustice. Ce jour-là, j'ai décidé que la République et les autres corporations qui la souillaient de l'intérieur n'en valaient plus la peine et je suis allé voir ailleurs.
Le jeune homme examina alors la tenue de son hôte, qui se contentait d'un pantalon élimé et d'une chemise grossière. Le blaster dissimulé dans son holster avait connu visiblement des jours meilleurs lui aussi.
-Vous êtes devenu contrebandier.
-Ouais, je sais. C'est dangeureux et je ne gagne pas lourd mais suffisamment pour conserver un semblant de dignité.
Le jeune corellien éprouva un élan de pitié et lui demanda mû par son instinct.
-Vous n'avez jamais songé à vous engager de nouveau pour une cause juste?
-De quoi tu parles, gamin?
De nouveau, les yeux verts et gris de l'ancien padawan de Neeja Halcyon arborèrent une dureté qui tranchait avec l'atmosphère complice qui s'était établie entre eux.
-Jusqu'à présent, tout le monde se satisfait de cet Empire. Il faut se mobiliser pour secouer les consciences, dire la vérité aux citoyens.
-Tu ne gagneras qu'à te faire tuer. Une guerre civile, cela a déjà suffi, tu ne crois pas? Pour l'instant, ce que les gens veulent, c'est la paix.
Avec cette fureur qui lui montait à la tête, Oreste repensa à ce Jedi abattu dans sa tentative suicidaire de reconquète du Temple.
-Vous dites ça parce que vous vous êtes ramollis. Vous avez perdu l'envie de vous battre.
À son tour, le regard de Gelfran se durcit. Le corellien comprit qu'il avait touché une corde sensible.
-En ce qui me concerne, j'ai surtout perdu l'envie d'enterrer des frères d'armes tombés au combat et d'avoir ensuite à annoncer la bonne nouvelle à leur famille. Si j'étais toi je quitterais Coruscant pour rejoindre la mienne.
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark se leva, s'apprêtant à prendre congé.
-Je ne suis pas votre fils.
-Non mais je suis sûr que tu as un père et une mère. Même les survivants de la Purge en ont.
Oreste contracta ses muscles prêt à se jeter sur l'homme si ce dernier s'avisait de trahir son lourd secret. Gelfran jeta un regard en direction d'une autre rixe qui menaçait d'éclater à quelques mètres d'eux avant de reprendre:
-Par les temps qui courent, ce n'est pas très malin de se balader avec un sabre laser. Essaie de mieux le dissimuler.
-Merci du conseil, le tança Oreste qui comprit tout de même que le vétéran de la Guerre de Stark ne le dénoncerait pas. Mais je sais me débrouiller.
-Je ne sais pas dans quel poodoo tu vas t'embarquer gamin. Mais n'oublie jamais une chose. Quand on croit avoir tout perdu, il reste toujours quelque chose à perdre.
-Vous ne savez rien de moi. Vous ne savez pas ce que j'ai perdu.
-Mais je sais ce qu'il te reste encore, fiston.
Gelfran déposa quelques crédits sur la table.
-Tiens, lui fit-il. Au cas où tu n'aurais pas les moyens de quitter le Noyau.
Le corellien fouilla fébrilement ses poches pour s'apercevoir qu'il avait dépensé tous ses sous dans la cantina précédente. Son orgueil reprit le dessus.
-Je ne suis pas un mendiant.
-Je te l'offre en signe d'amitié. Que la Force soit avec toi, Jedi.
Oreste soupira de soulagement. Les amis devenaient un luxe rare. Leur générosité bien plus encore.
-Merci, Gelfran. Que la Force soit avec vous.
Gelfran croisa une dernière fois son regard et le jeune homme se retrouva seul avec lui-même, perdu au milieu des exclamations et des exclamations grossières. Oreste fit disparaître les crédits dans sa bourse et constata dans ce mouvement que la crosse de son sabre laser dépassa légèrement de sous sa veste.
Il priait intérieurement que personne d'autre que Gelfran l'ait remarqué. Sa situation était déjà suffisamment précaire comme ça.
Pire, son avenir était incertain. Qu'allait-il faire en attendant que maître Shadday le recontacte? Il ne pouvait rester désoeuvré.
Son esprit s'égara lorsqu'il repensa à la chute brutale, si brutale qui l'avait fortement branlé. Pas plus tard que la semaine dernière, il était un commandant de la République menant ses troupes pour gagner la guerre et sauver la République.
Avant d'être trahi et traqué comme un criminel.
Malgré un parcours tumultueux, l'Ordre Jedi était devenu sa seconde famille. Qui n'était plus.
Il avait perdu tous ses répères. S'il ne pouvait demeurer un Jedi, que pouvait-il être? Qui serait-il?
Un pariah.
Un gôut de bile humectait sa gorge quand cette réponse évidente s'imposa comme une fatalité. D'autres Jedi survivants que lui se résigneraient à penser que c'était la volonté de la Force. Lui Oreste Tissan crierait à l'injustice.
Le feu de la passion et sa volonté de revanche refoulèrent peu à peu le chagrin qui l'accablait à nouveau. Quoiqu'en dise Gelfran, une guerre contre l'Empire serait peut-être nécessaire. Il ne mènera peut-être pas une armée.
Mais un sabre laser lui suffirait. Lui permettrait de tailler des croupières à cette tyrannie qui ne possédait pas de rivaux à sa hauteur. Même s'il lui fallait combattre dans l'ombre et en solitaire
Il s'était assez attardé ici, il avait de nouveau les idées claires.
Il se levait de table lorsqu'une voix rauque l'interpella rudement dans son dos:
-Eh toi, le maigrichon!
Il se retourna pour faire face à l'origine de l'apostrophe qui provenait d'une créature n'inspirant pas une sympathie innée.
La figure d'un prédateur reptilien à l'épaisse gueule garnie de crocs acérés qui saillaient de ses lèvres closes emplit son champ de vision. Il portait une armure défoncée en plusieurs endroits et un lourd fusil disrupteur rangé dans le dos.
Un chistori, une espèce qui n'était pas réputée pour son pacifisme et son sens aîgu de la diplomatie. Accompagné de surcroît de deux comparses, un zabrak balafré et un twi leck beige qui avait un lekku sectionné à moitié.
-Oui? Fit Oreste, d'un ton neutre.
Discrètement, il glissa la main dans la poche de sa veste, pour caresser la surface froide mais rassurante de la crosse de son arme.
Au cas où.
-T'es un Jedi, hein?
-Qu'es-ce qui vous fait croire ça? Répliqua-t-il avec calme.
Le twi leck mutilé grimaça un sourire mauvais qui découvrit des dents pointues jaunies par un manque flagrant d'hygiène.
-On t'a endendu dire à l'autre humain: que la Force soit avec vous.
-Et alors? Se défendit Oreste. Cela ne veut rien dire de particulier, c'est une façon de se souhaiter bonne chance.
-Ouais, c'est ça. Prends nous pour de stupides gornts, cracha le zabrak.
Le jeune Jedi tenta de les contourner mais le chistori se décala pour lui bloquer le chemin de la sortie. Ils se retrouvèrent littéralement face contre face et le corellien mourut d'envie de se pincer le nez devant l'haleine fétide qui agressa son odorat.
-Dans votre intérêt, je vous conseille de vous méler de vos affaires, épela-t-il avec une lenteur presque glaciale.
-Eh, z'avez vu comment y nous parle? Grogna le zabrak.
-Faudrait lui apprendre les bonnes manières, renchérit le twi'leck. T'en penses quoi, Brak?
Alors que le chistori semblait esquisser une vague satisfaction carnassière, Oreste remarqua par dessus son épaule que d'autres clients, s'ils méritaient cet euphémisme dans un endroit aussi mal famé, s'étaient levés de table en exhibant des blasters dans sa direction.
-Moi j'en dis que si c'est un Jedi en cavale, l'Empire nous offrira une bonne prime pour son cadavre. Si c'est pas le cas, on va quand même s'amuser un peu, pas vrai les gars?
-C'est un Jedi! J'ai vu son sab'laser! Glapit une devaronienne dans le dos d'Oreste.
Ce dernier démasqué sut alors qu'il n'avait plus qu'une seule option.
Une bête traquée et bloquée au pied du mur se révélait être le plus dangeureux des ennemis. Ces crétins allait le réapprendre à leurs dépens.
Étrangement, Oreste commençait à se sentir à l'aise dans ce rôle. D'une saccade brusque, il dégagea son sabre laser de la poche de sa veste et l'alluma. Le néon vert crépitant se déploya, traversant la poitrine du chistori qui s'effondra en arrière, bousculant ses deux comparses qui reculèrent précipatemment pour ne pas être renversés.
Dans son dos, Oreste Tissan sentit avant que cela ne se concrétise en danger imminent, celui d'un weequay et d'une nautolan qui étaient sur le point de presser la détente. Il pivota à demi et renvoya les tirs vers leurs expéditeurs qui s'affaissèrent, un trou fumant à la place de leur coeur.
Le jeune corellien abandonna immédiatement la défensive pour se porter au contact de l'ensemble de la clientèle.
Tous ceux qui le menaçaient, y compris avec des tessons de bouteille, devenaient des ennemis à éliminer.
Pas de pitié.
Il sema alors indifféramment la mort à renfort de moulinets désaccordés de son épée lumineuse qui traçait des sillons ardents et sectionna sans distinction tables chaises, démenbra pêle mêle droïdes serveurs et tout ce qui était constitué de chair et d'os.
Des hurlements de douleur et des hoquets rauques d'agonie emplirent ses tympans lui procurant une intense joie sauvage, qui lui rappelait les sanglants champs de bataille lorsqu'il se frayait un chemin dans les rangs des machines séparatistes.
Non, pas de pitié pour ses ennemis.
Il n'était plus qu'un ouragan incontrôlable qui ne laissait dans son sillage que des monceaux de cadavres méconnaissables et calcinés. Les chasseurs de primes et autres malfrats qui y survécurent indemnes réalisèrent leur impuissance et firent alors la seule et unique chose qu'ils savaient faire le mieux.
Sauver leur peau.
Ce qui ajouta davantage de chaos au chaos.
Ils se piètinèrent les uns sur les autres pour gagner la sortie au plus vite et plusieurs d'entre eux n'hésitèrent pas à user de leur blaster pour s'ouvrir la voie vers le salut.
Leur panique ne fit qu'exciter la frénésie meurtrière d'Oreste qui n'épargna pas celles ou ceux qui passèrent à proximité de lui à portée de sabre laser.
Non, ils ne méritaient pas la pîtié.
Lorsqu'il trôna finalement seul au milieu du carnage qui était sa propre oeuvre, un vague sentiment de nausée provoqua en lui un irrésistible haut de coeur.
C'est moi qui ai provoqué tout ça?
C'était impossible, ce ne pouvait pas être lui. Mais si c'était le cas, pourquoi était-il tenaillé par cet impitoyable sentiment de culpabilité?
Lorsqu'il tenta de se mouvoir vers l'extérieur, un froid avait glacé ses entrailles, lui donnant l'allure d'un homme ivre ou plutôt de celui qui n'avait pas les idées claires.
Il combattit son hébétude en tentant de se justifier ses actes. Il avait tenté d'éviter la bagarre certes et avait réagi en état de légitime défense.
En tout cas, au début.
Car il avait perdu ensuite toute commune mesure. Perdu toute emprise sur cette obscurité tapie en lui et qui menaçait de le submerger. Il n'avait pas agi en Jedi.
L'air frais mais vicié par les carburants dégagés par les landspeeders circulant dans la rue le dégrisa de ce coma qui avait engourdi ses réflexes et son instinct de survie. De nouveau, l'urgence de la situation l'électrisa.
Ceux qui en avaient réchappé ne tarderaient pas à rameuter les clones. Il était vital pour lui de mettre de la distance le plus rapidement.
Il rajusta le col de sa veste civile dans une médiocre tentative de dissimuler ses traits et d'un pas pressant se hâta de s'éloigner des lieux.

Soia Tenn se pencha pour examiner les iris révulsés de l'homme étendu sur le dos. Ses traits figés par une fin aussi inattendue que frappante exprimaient la terreur de celui qui avait senti la mort le prendre avant de passer l'arme à gauche.
Son teint était violacé, ce qui lui donna un indice déterminant sur l'origine de son trépas.
Asphyxie.
L'inquisitrice chiss se redressa et ce mouvement provoqua un regain d'anxiété parmi la foule qui s'était agglutinée autour de la scène funeste. Elle prêta à peine attention aux sanglots de la femme consolée par un ami qui l'avait pris dans ses bras.
Elle ne cessait de murmurer:
-Wirg..Wirg.
Certainement le nom de la victime. La non humaine ne put se retenir de se repaître de sa douleur émotionnelle avant de se tourner vers le client qui avait tenté de prodiguer les premiers secours au défunt.
-Vous m'avez déclaré que vous étiez bien médecin? Demanda-t-elle avec une insistance intimidante.
-C'est exact, madame.
Il faisait preuve de cran, même si la Force révélait la tension qui l'habitait. Ses yeux rouges incandescents devaient y être pour quelque chose.
-Il ne présente pas de trace de coups, fit-elle remarquer. Comment pourriez-vous expliquer sa mort?
-Logiquement, par ingestion.
-Sauf que tous les témoins affirment, en premier lieu ses amis, qu'il n'aurait rien mangé. Seulement bu des bières.
-Alors pour l'instant, je n'ai pas d'explication valable.
D'autres personnes n'auraient jamais eu le courage d'avouer qu'il ne possédaient aucune réponse satisfaisante à ses questions. Au Centre Impérial, elle avait la moitié du temps affaire soit affaire à des droïdes soit à des crétins seulement préoccupés de ne pas la contredire.
-En effet, approuva-t-elle. Je vois mal comment on pourrait s'étrangler en avalant des bières corelliennes.
Écartant dans son esprit toutes les hypothèses absurdes qui apparaissaient dans ses pensées, elle ne conserva que la vérité. Aussi inconcevable paraissait-elle pour un être lambda normalement constitué.
Cet homme Wirg avait été tué par un Etranglement de la Force. Un acte qu'un Jedi même aux abois n'aurait commis..
Il ne pouvait s'agir que d'un inquisiteur.
À priori.
-Sergent, appelez le quartier général. Demandez leur si un autre inquisiteur patrouille dans le quartier.
Le sous officier clone qui se tenait juste derrière elle activa son comlink interne avant de transmettre la réponse d'un ton laconique.
-Négatif, madame. On vient de m'assurer que vous êtes la seule à des kilomètres à la ronde. La plupart des inquisiteurs ont été affectés à la garde des statioports principaux et des installations stratégiques.
-Merci, sergent.
Elle attrapa sous sa cape sombre, un holodisque qu'elle brandit à la face du médecin qu'elle avait réquisitionné sur place.
-Avez-vous vu cet homme?
Elle guetta avec avidité ses réactions et fut satisfaite de voir un éclair familier traverser ses yeux. Lorsqu'il les releva pour soutenir ses insoutenables rubis écarlates braqués sur lui, elle crut déceler une once d'hésitation.
Il répugnait à collaborer, cela ne la surprena guère.
-Si vous me mentez, je vous arrêterais pour obstruction à l'enquète et outrage à l'Empire, le menaça-t-elle pour le persuader.
-Inutile de m'intimider, grogna-t-il.
Il soupira et elle ne put cacher un rictus satisfait.
-Ravi que nous nous comprenions. Maintenant répondez.
-Il s'est installé ici, il y a une demi heure, obtempéra-t-il.
-Qu'a-t-il fait?
-Rien d'extraordinaire. Il s'est assis et a pris plusieurs verres.
Elle n'obtiendrait rien de concret sur ce point. Il ne lui restait plus qu'a en revenir aux faits.
-La victime s'est trouvée indisposée lorsqu'elle a commenté la mutinerie de Teragan 5, c'est bien ça?
-C'est exact, madame. Avec un certain enthousiasme démonstratif que beaucoup ne partageaient pas, moi compris.
Elle serra les dents et parvint à rester concentrée sur la première raison qui l'avait amené ici. Bien qu'elle admirait qu'il lui tienne tête.
-Je vous suggère vivement de vous contenter de répondre à mes questions. Si vous persistez dans votre insolence, vous aurez le temps de le regretter.
-C'est compris.
Elle glissa un coup d'oeil impérieux à un autre stormtrooper qui inscrit sur un datapad le nom de l'importun.
Cet individu pourrait éventuellement intéresser le Bureau de Sécurité Impériale qui veillerait à ce qu'il ne deviendrait pas un élément perturbateur. En temps normal, elle en aurait fait volontiers un exemple pour la populace.
Mais elle était pressée de mettre la main sur ce Jedi et son instinct lui confirmait qu'elle était sur la bonne piste.
-Et plusieurs clients ont réagi en quittant la cantina pour faire signifier leur désapprobration?
-Tout à fait.
-Et cet homme?
Elle lui projeta de nouveau en pleine face l'hologramme sous le nez.
-Lui, il n'a pas bougé. Je dirais même qu'il était très calme.
Ce qui pour Soia Tenn ne pouvait être qu'une apparence trompeuse. Plus elle en apprenait sur lui, plus elle était certaine de sa responsabilité.
-Et l'avez-vous vu partir?
-Non, répondit avec un soupçon d'impatience larvée. J'étais trop occupé.
Irritée de se heurter à un mur, elle promena vivement son regard sur les autres curieux qui évitèrent soigneusement de le croiser.
Aucun d'eux n'était disposé à faire preuve de bonne volonté. Très bien, elle allait donc les brusquer, sa patience était à bout.
Elle avisa l'un d'entre eux au hasard, une jeune femme quelconque qui ne faisait que passer. Elle la cibla avec sa puissance mentale, et la souleva quelques centimètres au-dessus du permabéton à l'aide d'un Etranglement de Force.
En entendant ses râles étouffés, tout le monde s'écarta de l'inquisitrice gagné par une terreur de plus en plus croissante.
La voix de la chiss s'éleva par delà leurs gémissements, alors que sa victime ruait vainement pour se libérer de cette nasse invisible qui la comprimait.
-L'homme que je recherche est un fugitif Jedi natif de Corellia. Son nom est Oreste Tissan et il aurait assassiné cet homme, un de vos innocents compatriotes dévoué à l'Empire. Je sais que quelqu'un parmi vous détient les informations que je recherche. Qu'il a vu dans quelle direction ce meurtrier s'est enfui.
Elle s'abreuva de la panique qui paralysait leurs réflexes de solidarité envers cette malheureuse qu'elle prenait plaisir à faire souffrir. Insensiblement, elle resserra l'étau.
-S'il ne se montre pas sur le champ, je vous montrerais ce que l'Empire réserve aux traîtres et à ceux qui les aident de quelque façon que ce soit.
-Madame, nous avons du nouveau.
L'inquisitrice inclina la tête vers le clone qui l'appelait.
-Oui? Fit-elle sèchement.
-Des témoins auraient surpris un humain armé d'un sabre laser en train de causer un carnage dans une cantina dans le quartier Zoba.
-Le quartier Zoba?
-C'est à l'ouest à moins de cinq cents mètres de notre position. J'ai déjà fait donner l'ordre de le boucler ainsi que les autres secteurs avoisinants.
-Es-ce bien le Jedi que nous traquons?
-Nous attendons confirmation. Mais les premiers témoignages semblent positifs.
Elle fixa de nouveau la malheureuse qu'elle martyrisait.
-Très bien, allons-y. Dès que j'en aurai fini ici.
La chiss serra brusquement le poing, brisant la nuque de cette fragile créature à l'aide de la Force. Elle laissa retomber le cadavre au sol, qui s'y étendit de manière complètement désarticulé. Puis elle savoura l'horreur que son acte inspirait à ces moins que rien qui n'arrivaient pas à croire que cela ait pu impunément se dérouler devant eux.
Tous s'écartèrent lorsqu'elle fendit la foule pour s'élancer vers le quartier Zoba, les stormtroopers à sa suite.
Le Jedi corellien était maintenant l'objet de toute son attention.

Voilà ce sera tout! à la prochaine ;) !


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MessagePublié: 29 Mars 2017, 18:45 
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Bonsoir, j'ai dépassé les cent pages! allez pour fêter ça, voilà la suite!

Oreste sut que quelque chose clochait lorsque des clones impériaux apparurent à l'improviste par dizaines au bout de la rue pour empêcher toute libre circulation de personnes ou de marchandise. Ils se déployèrent sur deux rangs.
Le premier pour filtrer et contrôler tous ceux qui souhaitaient passer du quartier Zoba aux autres quartiers des niveaux supérieurs de la Cité Galactique. Le second pour s'assurer à l'aide de drones de surveillance que personne n'échapperait à ce contrôle.
Le jeune Jedi retint un juron en vieux corellien devinant aisément que ses ruses mentales ne lui suffiraient pas cette fois à passer ce barrage doublement hermétique.
Il s'empressa aussitôt de faire demi tour sans presser le pas pour éviter le risque d'être réparé. Avant de constater la mort dans l'âme que d'autres clones s'étaient positionnés de l'autre coté pour lui couper toute retraite.
Bon sang, je dois sortir d'ici, rugit-il intérieurement.
Il enrageait à l'idée que lui un Jedi qui avait survécu à la guerre et à la Purge puisse se lancer prendre dans une telle souricière.
Il ne lui restait plus qu'à fuir dans la ruelle qui se présentait à sa droite. Il avait à peine esquissé un pas dans cette direction que d'autres soldats y firent irruption.
Le piège se refermait.
Il aurait du s'y attendre, il avait semé bien trop de cadavres derrière lui. Tout acte avait des conséquences.
Il ne lui restait plus qu'à y échapper. Plus facile à dire qu'à faire. Car des navettes d'assaut survolèrent la zone maintenant, histoire de renforcer un peu plus l'étau sur les consciences des citoyens indécis.
Oreste avait entendu dire depuis les fronts de la Bordure Extérieure que ces opérations de ratissage se limitaient surtout aux Bas Fonds. Une première transgression à la liberté pronée par le Sénat, preuve tangible que la République avait vécu, bien avant l'émission de l'Ordre 66.
Il avait en cet instant l'étrange pressentiment que ce n'était pourtant guère une coïncidence. Surtout lorsqu'il remarqua que certains clones effectuaient des prises de sang avec des appareils, semblables à celui que Ki Adi Mundi avait utilisé pour évaluer son taux de midi chloriens, ces cellules qui étaient la clé de son lien avec la Force.
C'est pas possible, je ne peux pas manquer de chance à ce point-là, se lamenta-t-il silencieusement.
Tant pis, il n'avait plus rien à perdre.
Le coeur lourd mais déterminé, il se fondit dans la file qui venait de se constituer devant le cordon de clones qui procédait à une fouille stricte et minutieuse des marchandises et des personnes. Oreste put observer à loisir qu'ils se montraient particulièrement pointilleux envers les non humains. Ce qui suscita par exemple le mécontentement d'un wronnien, un Proche Humain à la peau bleue ciel.
-Franchement, je trouve ça exagéré, commenta-t-il.
-Ce sont les ordres, répondit le stormtrooper sans émotion.
-Ce n'est pas une façon de traiter les citoyens de la République.
Le clone émit sous son casque un rire cassant.
-La République a été dissoute par le Sénat pour faire place à l'Empire, il va falloir se réveiller un peu, l'ami.
-Les deux humains qui me précédaient possédaient plus de bagages que moi. Et vous les avez à peine contrôlés, il y a une raison particulière à ça? Insista le wronnien piqué au vif par le mépris du soldat.
-Ouais, fit grossièrement ce dernier. C'est parce qu'ils sont humains et pas vous.
-Donc en plus d'être tyranniques, vous êtes discriminatoires. Finalement les séparatistes valaient mieux que vous.
Le jeune corellien sut que cette histoire allait mal se terminer. Le stormtrooper braqua son fusil blaster sur la poitrine du wronnien, en lançant par dessus son épaule:
-Eh, les gars, vous avez entendu ça? Notre pote bleu est un fan des séparatistes!
-Mais je n'ai pas vraiment dit que.. commençait le Proche Humain qui réalisa trop tard qu'il avait commis l'erreur de penser trop haut.
-Ben, ça tombe bien on a aussi reçu des ordres pour ça, fit un sergent clone derrière son subalterne. Tu sais ce qui te reste à faire?
-Oui, sergent, à vos ordres.
Une détonation, un flash éblouissant et un cadavre qui tomba avec un trou fumant dans la poitrine. Pour ceux qui manquaient encore de lucidité un instant auparavant, le message était devenu on ne peut plus explicite.
Le despotisme de l'Empire pesait sur eux tous, sans distinction. Pas une protestation ne s'éleva contre cette exécution sommaire.
Deux stormtroopers sortirent des rangs pour évacuer le corps et le garde fit un geste impatient vers ceux qui suivaient.
-Allez on avance tout le monde! On a pas toute la journée!
L'ordre régnait au prix de la peur. De cette crainte respectueuse qui deviendrait la norme pour longtemps.
Il n'y eut pas d'autre incident mineur ou majeur. Les non humains se soumirent sans broncher mais la rage au coeur aux vexations des stormtroopers qui firent en revanche preuve d'un certain laxisme envers les humains.
Sans doute avaient-ils reçu des instructions en ce sens.
Puis ce fut au tour de Oreste de surmonter la minute de vérité. Le clone lui fit intima sans douceur après avoir vérifié son identicarte:
-Approche ta main.
Le corellien retint un grognement mécontent quand une goutte de son sang fut prélevé pour être examiné.
Il assembla la Force en lui et se concentra sur l'esprit du soldat automate qu'il sentit se raidir lorsque son appareil lui visionna les premiers résultats.
-Dis donc, toi, ton taux de midi chloriens est..
L'ancien protégé de Neeja Halcyon agita les doigts devant son casque, comme s'il chassait un moustique des cavernes.
-Tout à fait normal, enchaîna-t-il. Tout va bien.
D'un ton dénué de personnalité, le clone répéta:
-Oui, tout à fait normal. Tout va bien. Vous n'avez pas d'autres affaires avec vous, monsieur?
-Non, soldat.
-Bon alors, vous pouvez pass..
-Eh, un instant!
Le sergent parvint à leur hauteur, en braquant son fusil blaster DC-15 sur la tempe d'Oreste qui percevait distinctement son aura d'hostilité, éclaboussant ses perceptions sensorielles. En voilà un qu'il ne réussirait guère à influencer.
-Ta passe avec la main, c'était un truc de Jedi?
-Non, je ne vois pas de quoi vous parlez.
-Me prends pas pour un gornt, cracha l'autre. Tu crois qu'on quadrille le quartier pour s'amuser?
Oreste tenta de conserver son flegme en croisant les bras. Il en profita juste avant pour glisser la main dans la poche de sa veste et s'assurer que son sabre laser était prêt à l'usage.
-Je suppose que vous avez une bonne raison de le faire.
-Ouais, tu supposes bien, gringalet. Tout à l'heure, on nous a signalé qu'un terroriste armé d'un sabre laser avait dévasté une cantina à lui tout seul. Ça te parle?
-Pas le moins du monde.
Le sous officier fut secoué d'un éclat de rire gras.
-Dommage. Parce que d'après les premiers rapports, tu lui ressembles drôlement.
-Vous allez m'arrêter sur de simples soupçons? Je n'arrive pas à croire que la République ait changé à ce point là.
-Fierfek, jura le premier soldat au mot République. Ils sont combien à débarquer dans la Cité Galactique sans lire les holonews?
-Pour l'instant, ce n'est pas notre problème. L'inquisitrice Yeux Rouges nous aidera trier tout ce poodo. En attendant, mettez-moi cet artiste sur le coté, on approfondira son interrogatoire plus tard.
Un autre stormtrooper tira sans ménagement le corellien par le col pour le plaquer contre un mur, en compagnie de quatre non humains, deux twi leck, un bothan et un weequay. Comme Oreste, ils s'étaient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment.
Leurs traits trahissaient une appréhension de plus en plus croissante de ce qui pouvait leur être réservé comme traitement.
Le jeune corellien frêle et élancé ne tenait pas non plus à le savoir. Le sous officier clone avait mentionné une inquisitrice, une certaine Yeux Rouges. La Force lui murmurait que cela ne pouvait être qu'un mauvais présage.
Il se souvint lors de sa fuite sur Mygeeto, que ses sens avaient été perturbés par une noirceur diffuse et proche à la fois.
Il n'y avait pas prêté attention mais il la sentait se rapprocher. Quelqu'un le pistait depuis Mygeeto, un adepte du Coté Obscur. Probablement cette fameuse inquisitrice Yeux Rouges.
Il ne devait pas s'attarder ici.
Son expression se ferma lorsque deux stormtroopers se plaçèrent devant lui, certainement dans le but de le dissuader de tenter une quelconque stupidité.
Comme sauver sa peau, par exemple.
-Vous avez l'air nerveux, les gars, fit-il en direction des quatre autres infortunés qui n'en menaient pas large. Vous voulez bavarder?
Un des deux clones s'avança et lui enfonça brutalement la crosse dans le foie, le rejetant de plus belle contre le mur.
-Toi la ferme si tu ne veux qu'on te décolle la machoîre.
-Eh, vas-y mollo, intervint son camarade. Yeux Rouges risque de ne pas apprécier, elle a bien précisé qu'elle ne voulait pas qu'on l'abîme.
-Peuh, je vois pas pourquoi on se gênerait. C'est que de la vermine.
Il s'écarta néanmoins pour laisser le Jedi se redresser et se palper l'abdomen, pour vérifier qu'aucun organe vital n'avait été endommagé.
Oreste serra les dents pour ne pas éructer le moindre gémissement qui satisfererait son bourreau. Ses verts d'un sombre vert et gris étincelèrent d'une haine qu'il se lassait de contenir. Très bien, il ne s'embarasserait plus du moindre scrupule.
Les deux clones s'étaient détournés de lui, se lançant dans un concours de blagues salaces.
Le jeune corellien en profita pour se pencher discrètement à l'oreille du weequay.
-À mon signal, fuyez sans vous poser de questions.
-Bah, on ne gagnera qu'à se faire tuer, répliqua l'autre peu enthousiaste.
Oreste accrocha son regard tout en laissant dépasser intentionnellement de la poche de sa veste, le reflet de son sabre laser.
-Ils vous tueront en fin de compte de toute façon. Et puis ils seront bien plus occupés avec moi qu'avec vous.
Après une brève hésitation, le weequay inclina le menton en guise d'accord. Avant de faire part du plan à son voisin le plus proche. Celui-ci faisant de même et ainsi de suite.
-C'est quand vous voulez, lui indiqua finalement le weequay après s'être assurés de l'unanimité générale.
-Merci.
À vrai dire, l'ancien apprenti de Ki Adi Mundi se moquait pas mal de ce qui pourrait advenir d'eux. Tout ce qui lui importait était seulement la diversion qu'ils allaient lui fournir. Ni plus ni moins.
-Eh vous deux, lança-t-il en direction des deux clones. Vous voulez voir quelque chose d'intéressant?
-On t'avais pas dit de la fermer, toi? Jura en retour le clone qui avait soigné ses boyaux. Fichu murglak!
Il se rapprocha de nouveau pour le remettre à sa place, à la mandalorienne. Mais Oreste ne lui laissa pas le temps de retourner la crosse de son DC-15.
La lame verte crépitante fouilla profondément sa cage thoracique comme un archéologue le ferait pour déterrer un fossile. Son autre camarade réagit aussi vite qu'il le put, en secouant frénétiquement la lanière qui maintenait de travers son arme devant son diaphragme. Mais le Jedi fusa sur lui comme un bolide et le décapita d'un simple revers.
Tous les stormtroopers encore debout se tournèrent par réflexe vers le corellien, qui courut sans hésiter vers la motospeeder la plus proche.
Tandis que les quatre larrons profitèrent de l'aubaine pour s'échapper et disparaître sans demander leur reste. Mais comme le Jedi l'avait prévu, ils ne firent pas long feu.
Aux yeux des clones, leur fuite prouvait leur culpabilité ou du moins leur complicité. Et on n'échappait pas facilement au Nouvel Empire.
Surtout quand on commettait l'imprudence de se placer dans le sillage d'un Jedi fugitif qui devenait la cible de stormtroopers déterminés à l'arrêter coûte que coûte.
Leurs tirs croisés fauchèrent en l'espace d'un instant les quatre non humains qui avaient cru naîvement en leur chance.
Aucune importance. Leur utilité avait cessé pour Oreste, qui était parvenu à enfourcher l'engin et avait orienté les canons blaster vers le sergent qui beuglait des ordres en le montrant de l'index.
-On se fiche des ordres de Yeux Rouges! Tirez pour tuer!
Le corellien les devança en ouvrant le feu et trois clones volèrent en arrière en compagnie de leur charismatique officier, la poitrine crevée d'un cratère fumant, au beau milieu de leur armure blanche naguère immaculée.
Il parvint à en abattre deux autres avant de mettre les gaz, sous leurs salves dispersées alors que la panique et la confusion dispersèrent la foule.


Soia Tenn n'eut nul besoin de bousculer les passants, car ces derniers s'écartèrent sans hésiter en voyant les stormtroopers déployés autour d'elle.
Tous savaient à quoi s'en tenir.
Nul ne risquerait sa vie à la contrarier d'aucune manière que ce soit. Ceux ou celles qu'ils croisèrent pressèrent le pas vivement, espérant que la chiss ne s'interesserait pas à eux.
Du monde s'agglutinait devant une cantina dont l'entrée était sévèrement gardée par une escouade de clones alors que le reste de la compagnie quadrillait la rue.
Les soldats la saluèrent raidement lorsque l'inquisitrice les dépassa en un coup de vent. Elle fit sèchement au lieutenant en uniforme sombre austère qui l'attendait. Un jeune homme aux traits angulaire et stricts, partisan sans faille de l'Ordre Nouveau et du Bureau de Sécurité Impériale.
-Avez-vous touché aux corps, lieutenant Nac?
-Non, conformément à vos instructions, répondit-il sans hésiter. Des unités des Forces de Sécurité sont également présentes avec leurs médecins légistes. Pour l'instant, je les ai empêchées d'entrer.
-Vous avez bien fait, approuva-t-elle en glissant un coup d'oeil vers un groupe de policier locaux qui piaffaient d'impatience devant ce barrage compact d'armures blanches impersonnelles. Renvoyez-les, je ne les veux pas dans mes pattes. Faites leur comprendre que désormais cette affaire concerne exclusivement l'Empereur et qu'il est dans leur intérêt de ne pas interférer.
-Bien, madame. Je le leur expliquerai clairement.
Elle entra dans la cantina et constata d'un rapide tour d'horizon l'étendue du carnage qui s'étalait devant elle.
Et que survolaient indifférents les drones pilotés par des techniciens qui répertoriaient chaque indice susceptible d'être exploité.
La chiss détourna ses yeux rubis sanglants des corps ou plutôt des morceaux de corps qui lui donnaient l'impression qu'un ouragan avait traversé le bar sans épargner le moindre recoin. Elle avisa l'individu le plus proche, un givin.
-Faites-moi votre rapport, intima-t-elle d'un ton qui suggérait une absence de contestation.
Le givin se redressa comme si elle l'avait piqué avec une aiguille.
-Pour résumer, les blessures des victimes présentent des signes de cautérisation instantanée. Comme si elles avaient brûlées à une température très élevée.
-Quel type d'arme a pu causer cela?
-J'en connais très peu dans toute la galaxie, capable d'occasionner de telles lésions.
-Dites toujours, l'encouragea-t-elle impérieusement.
Elle connaissait déjà la réponse à la question mais elle souhaitait l'entendre de quelqu'un qui ne disposait d'aucun don dans la Force.
Par acquit de conscience.
-Il pourrait s'agir d'un sabre laser. Bien sûr ce n'est qu'une hypothèse qui doit être...
-Merci, l'interrompit-elle. Continuez votre travail.
Alors qu'elle regagnait la sortie, ses soupçons confirmés, le lieutenant se présenta de nouveau devant elle.
-Madame, un suspect a été appréhendé lors d'un contrôle inopiné d'un de nos barrages à quelques rues d'ici. Son signalement correspondrait en tout point aux premiers témoignages que nous avons recueillis.
Cette fois, un léger rictus étira ses lèvres. Elle n'avait pas perdu sa journée. L'Empereur serait fière d'elle.
-Excellent, lieutenant. Allons-y.

Lorsqu'elle parvint à ledit barrage, la première chose qui la frappa fut les cadavres de clones regroupés et alignés. Certains soldats s'empressaient de les recouvrir avec des bâches lorsqu'elle arriva à leur hauteur tandis que d'autres conjuraient leur nervosité en repoussant avec de brutaux coups de crosse, les quelques curieux qui tentaient d'approcher.
La chiss eut cependant le temps de remarquer les larges blessures fumantes qui déformaient leurs armures rouillées. Nul besoin d'user de la Force pour deviner qui était le responsable de ce carnage. Le même que celui de la cantina du quartier Zoba.
Décidément, ce Jedi corellien ne faisait guère preuve d'une grande subtilité. En abandonnant les corps de ses victimes comme des miettes de steak de nerf, que même un charognard aveugle ne pouvait manquer.
-Que s'est-il passé? Demanda-t-elle sèchement à un stormtrooper qui portait les insignes de caporal et tentait de coordonner comme il le pouvait les hommes sous ses ordres.
-Le Jedi s'est échappé, madame.
-Comment a-t-il pu le faire alors que vous l'aviez - si je reprends les termes exacts – appréhendé?
Elle sentit le malaise du clone, alors que le lieutenant du BSI qui l'accompagnait demeurait de marbre.
Celui-ci ne resta pas cependant inactif, ordonnant aux troupes qu'il commandait de se déployer dans la zone.
-Euh, c'est un Jedi, madame.
-Et cela justifie qu'il ait réussi à s'enfuir en tuant et en estropiant plusieurs de vos hommes, au passage?
-Il n'avait pas opposé de résistance, lorsque nous l'avons amené à l'écart. Même si son signalement correspondait..
Le clone s'étrangla dans un hoquet surpris lorsqu'elle étendit la main vers lui. Le lieutenant Nac le vit en train de porter les mains à sa gorge, tentant vainement de desserrer l'étau invisible qui écrasait sa gorge.
Le casque masquait les traits du stormtrooper mais le jeune officier du BSI devinait aisément par ses halètements saccadés la souffrance qu'il devait endurer.
Il n'enviait pas son sort.
-Donc, reprit froidement la chiss, je dois tout faire moi-même. Je parie que vous avez été assez stupides pour ne pas le fouiller, n'es-ce pas?
Elle relâcha l'Etranglement pour lui permettre de s'exprimer.
-Nous..allions le faire..dès votre arrivée.
Nac surprit la moue méprisante qui déforma le masque impavide de l'inquisitrice non humaine.
-Quelle négligence impardonnable.
Les autres stormtroopers n'esquissèrent aucun geste pour aider leur camarade. Sans doute savaient-ils pertinemment que la moindre contestation leur vaudrait de subir le même châtiment.
Pour Soia Tenn, il était temps qu'eux aussi apprennent les dures lois de l'Empire.
-Votre incompétence qui a permis à un ennemi de l'Empire de s'échapper est équivalente à de la haute trahison. Pour un tel crime, je me dois d'appliquer la sentence appropriée au nom de l'Empereur.
Un craquement sinistre claqua sèchement lorsqu'elle lui broya la trachée. Lorsqu'elle laissa le corps sans vie, un silence pesant écrasait tout ce qui aurait pousser quiconque à la sédition.
La peur.
Ou plutôt l'instinct de survie. Cet instinct de survie qui conduisait à l'égoïsme et à la protection de ses propres intérêts étaient la force de ce nouvel Ordre, qu'elle comptait installer à l'aide de celui qui lui avait ouvert les yeux sur sa destinée.
La vérité la plus absolue qui soit.
-Dans quelle direction s'est-il enfui?
-Tout droit, répondit un clone plus rapide que les autres. Il nous a volé une motospeeder.
Elle rejoingnit sans tarder le lieutenant Nac.
-Déployez les navettes d'assaut, lieutenant. J'ai l'intention de continuer la chasse.
-Oui, madame.
Tu ne m'échapperas pas Jedi. J'ai l'intention de t'amener devant l'Empereur.

Et voilà j'espère que ca vous a plu! à la prochaine!


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MessagePublié: 09 Avril 2017, 16:13 
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Bonjour! ca faisait longtemps! allez zou, la suite!

Oreste ralentit l'allure et s'engouffra dans une ruelle. Il freina la motospeeder et éteignit les moteurs avant de relever la tête vers les cieux encombrés par les files d'airspeeders drainés par les couloirs de circulation aérienne.
Il épongea ensuite avec la manche de sa veste, la poussière collée sur son front par la sueur qui en dégoulinait.
Il laissa ses pensées dériver peu à peu vers le passé, vers la vie qu'il avait connue avant cette Guerre des Clones.
Après Corellia, la Cité Galactique était devenue un nouveau refuge dans lequel il avait tenté de s'épanouir pour échapper aux exigences de sa formation de padawan auprès de Ki Adi Mundi. Au milieu de l'opulence des niveaux supérieurs.
Et des dangers des Bas Fonds.
Le temps avait passé, des grains multiples s'accumulant inexorablement au fonds d'un sablier mais il se souvenait des frasques auxquelles il avait participé en compagnie de d'autres padawans de son âge, comme si c'était hier.
Le temps de l'insouciance durant lequel il avait tenté d'inhiber ce serpent venimeux qui menaçait de noircir son âme.
Aujourd'hui, même les niveaux supérieurs du monde capital urbanisé n'avaient plus rien de chaleureux. La Cité Galactique lui était devenue étrangère.
Hostile. Comme tout le reste de la galaxie.
Après ce qui venait de se passer, continuer de déambuler avec cette motospeeder allait lui attirer des problèmes. Il en avait bien assez à gérer.
Après mure réflexion, il décida d'abandonner ce véhicule et de continuer à pied. Il lui fallait se fondre dans la masse et fort heureusement le cosmopolitisme de la Cité Galactique ne manquerait de lui faciliter la tâche.
À condition de marcher vite et bien.
Il rejoignit une des avenues principales et l'arpentait d'un pas ni trop lent ni trop hâtif. Dans cette partie de la ville, le soleil à son zénith baignait de ses rayons pénétrants les immeubles de duracier dont les reflets les faisaient apparaître comme des tours d'ivoire. Comme pour célébrer ainsi les premiers pas de cet Empire.
Qu'il haïssait comme la pire épidémie de peste.
Instinctivement, il tata la crosse de son sabre laser qui enflait la poche de sa veste. Pendant un bref instant, il songea à s'en débarrasser.
Pour se protéger et peut-être aussi parce qu'il n'avait pas fait honneur aux enseignements de ses deux professeurs successifs.
Il n'avait pas honoré tout ce que ce sabre laser qu'il avait forgé de ses propres mains représentait. L'humilité, la défense de l'ordre et de la justice, la protection des faibles et des innocents. Il avait mis ces valeurs en sourdine pendant la bataille de Mygeeto. Tous ces réfugiés errant derrière les lignes comme des animaux sauvages, les massacres, les règlements de compte, la misère..
Engendrant la paupérisation, la faim et le froid.
On était déjà bien loin de l'idéal Jedi.
Que dire de ce qui s'était passé à cette cantina?
Il avait usé de son arme non pour défendre quelqu'un mais pour assouvir une passion vengeresse. Sa passion, sa volonté de revanche.
Sa colère, ses pertes de repère.
Quel avenir s'offrait à lui, maintenant?
Il se raidit subitement lorsque la sensation familière du danger picota sa nuque. L'ombre d'une navette d'assaut clone TIO-BA le recouvrit pendant un battement de cils, tandis que le véhicule accomplissait une rotation irrégulière, à une centaine de mètres à peine au-dessus de la foule.
Leurs occupants cherchaient quelqu'un en particulier dans cette avenue.
Oreste ne pouvait pas croire qu'ils soient parvenus à le localiser aussi rapidement. Il avait l'impression qu'on lui avait inséré une balise dans l'organisme.
À moins qu'il ne soit lui-même cette balise.
Aucun doute, quelqu'un le pistait à l'aide de la Force. S'il manquait de chance autant qu'il le pensait lui-même sans concession, une patrouille de stormtroopers avait certainement retrouvé la motospeeder qu'il avait abandonné et avait rabattu les autres sur ses traces.
Décidément, revenir sur Coruscant avait été une grave erreur.
Malgré lui, il ralentit pour observer les silhouettes qui se pressaient entre les portes coulissantes pour promener leur regard et localiser leur proie.
Des soldats clones qui entouraient une sombre silhouette encapuchonnée, en qui la Force battait au rythme d'un tambour.
Une présence teintée de froideur et d'ambition.
À cet instant, alors que la navette se rapprocha du sol, le vent arracha sèchement le capuchon de ce mystérieux adversaire, révélant les traits rigides d'une jeune humanoïde à la peau bleutée et aux yeux rouges sanglants qui brillaient comme des nanophares dans la nuit.
Une chiss.
Une espèce originaire des Régions Inconnues, une zone de la galaxie encore mal cartographiée aujourd'hui. Bien que méconnue, le jeune corellien avait reçu des échos selon lesquels les chiss brillaient pour leur xénophobie envers les étrangers.
Si cette femme travaillait pour l'Empire, il lui fallait craindre le pire.
Par un fortuit concours de circonstance, il croisa involontairement son regard de braise qui lui conféra la nausée de celui qui se sentait psychiquement fouillé de fonds en comble. Il sut alors qu'il avait été repéré lorsqu'il surprit un bref sourire sarcastique courber ses lèvres.
Il serra les doigts sur la crosse de son sabre laser, confirmant finalement un choix aux lourdes conséquences.
Celui de rester un Jedi, quoiqu'il advienne. Pour le moment.
Il allongea la foulée et se mit à bousculer les gens pour se frayer un chemin.

-Là! Nous le tenons!
Soia Tenn montra du doigt un homme jeune grand et fin qui commençait à courir, en écartant les gens sans douceur avec de rugeux coups d'épaule.
Les stormtroopers échangèrent des regards de connivence avant que l'un d'eux n'épaula vers le bas son DC-15.
-Prêt à ouvrir le feu sur votre ordre, madame.
-Non, J'agis au nom de l'Empereur, rappela-t-elle sèchement. Et puis à cette distance, vous ne l'atteindriez même pas.
Sous son casque, le caporal qui se tenait sur sa droite, laissa poindre une certaine incertitude.
-Cela nous ferait courir moins de risque, à moi et à mes hommes. Que vous agissiez pour l'Empereur ou pas.
-Contentez-vous d'avertir les renforts de cerner l'endroit. Si le Jedi s'échappe ou meurt par votre faute, vous en répondrez.
-Bien reçu.
Le caporal se pencha pour activer son comlink intégré et transmettre les instructions de l'inquisitrice au quartier général.
Il releva ensuite la tête pour demander:
-Quel dispositif souhaitez-vous installer pour..
Il n'avait pas achevé sa question que la chiss s'était jetée dans le vide, brandissant le néon rouge sanglant de sa lame crépitante déployée.


-Dis donc, salopard de murglak! T'as de la chance que je sois si occupé sinon y a longtemps que jt'aurais..
Le reste de l'insulte proférée en huttese se perdit derrière Oreste Tissan après que ce dernier ait renversé au sol un nikto, qui l'invectivait avec des gestes explicites alors que le jeune corellien s'enfuyait.
Sans se retourner.
Il n'en avait pas besoin car la Force le prévenait que quelqu'un était sur ses talons. Il avait tourné la tête par dessus l'épaule, pour surprendre la non humaine adepte du Coté Obscur, s'élancer de la canonnière jusqu'en plein milieu de la foule.
Qui s'égailla sans autre forme de procès alors que la chiss se précipita à la poursuite du Jedi. Celui-ci commença à angoisser car il envisagea sérieusement la possibilité de mourir. Et d'emporter dans sa mort le projet d'une rébellion contre l'Empire.
Non, je ne peux pas échouer.
-Écartez-vous! Écartez-vous! S'écria-t-il à cor et à cri.
Voyant que cela ne lui suffisait pas à prendre le large sur sa poursuivante, il alluma alors son sabre laser et l'agita au-dessus de son crâne. Comme par miracle, les citoyens se piètinèrent les uns sur les autres pour éviter une amputation, qui ne les enchanterait pas vraiment.
Son seul espoir était maintenant de mettre la main sur un airspeeder faute de quoi il ne pourrait guère en réchapper.
Fuir, fuir.
Comme il l'avait tenté sur Mygeeto devant les clones qui s'étaient retournés contre lui.
Fuir avant qu'il ne soit trop tard.
Il ne put résister à la tentation de contorsionner le cou et de surprendre l'éclat de la lame sith agitée au-dessus de la tête des badauts par la chiss qui le traquait avec hargne. Elle gagnait peu à peu du terrain sur lui.
Et de plus en plus d'armures blanches commençaient à briller devant lui. Celles de stormtroopers qui convergeaient pour lui couper la retraite.
Non, il ne laisserait pas cela arriver. Car il tenait très humainement à sa peau, au diable les idéaux de Jedi et les leçons de ses maîtres!
Il freina net et pivota à demi pour tendre la main devant lui. Pour s'octroyer un répit tant désiré.
Une bourrasque invisible souleva les passants les plus proches et les propulsa contre la chiss qui fut renversée rudement.
Il perçut sa surprise et sa fureur. Elle s'en voulait de n'avoir pas été assez vigilante pour parer ce coup bas.
Il s'était mis provisoirement à l'abri du danger le plus pressant. Les stormtroopers seraient une formalité.
-Arrêtez-le! S'exclama l'un d'eux en le montrant de l'index. Rayons paralysants!
Oreste Tissan se jeta sur le coté pour esquiver les premiers cercles concentriques qui fusaient vers lui. Il entendit dans son dos le hoquet bref d'un duro qui se trouvait sur la trajectoire des tirs.
Le corellien se redressa accroupi, et lança son sabre laser sur ses assaillants.
Il risquait la vie d'innocents qui ne s'étaient pas rejetés assez loin, de l'arme crépitante qui tournait sur elle-même?
Il s'en moquait éperdument.
Par miracle, il n'y eut aucun dommage collatéral jusqu'à ce que le premier clone tomba sur le permabéton en deux morceaux cautérisés.
Deux autres subirent le même sort, un quatrième se vit allégé d'un bras et un cinquième d'une main avant que leurs camarades ne se baissèrent par instinct de survie.
-À couvert! À couvert!
Le corellien rappela son sabre à l'aide de la Force et il reprit sa course lorsque son arme bondit docilement dans la main.
Profitant de la confusion qu'il avait provoquée, il repéra enfin le joyau qu'il convoitait tant: un airspeeder décapotable que son propriétaire rodien avait imprudemment garé au milieu de l'avenue voulant profiter du spectacle.
Le non humain se figea éberlué lorsqu'il remarqua le corellien foncer droit sur lui. Oreste le saisit avec la Force pour l'expulser hors du véhicule.
Le rodien glapit aussitôt des chapelets d'insultes nasillardes dans son dialecte natal lorsque l'ancien padawan de Halcyon et de Mundi s'installa aux commandes et démarra sur les chapeaux de roues au nez et à la barbe de ses poursuivants qui exprimèrent leur frustation par de courtes et brèves rafales lumineuses décochées sur lui.
Oreste respira mieux après quelques minutes, certain de les avoir semés et se permit même le luxe de ralentir légèrement. Il avait recouvré son sang froid ce qui l'autorisait à analyser sa situation objectivement.
Sa situation était sans issue. Il était traqué et les principaux statioports de la Cité Galactique devaient être sévèrement gardés. Et son vaisseau confisqué.
Il n'avait pas d'autre option que de se cacher dans les Bas Fonds s'il ne voulait pas être capturé ou pire tué.
Bien, son chemin s'éclaircissait un peu.
Le rugissement soudain et rauque de puissants moteurs protoniques au-dessus de lui doucha son optimisme. La navette clone venait de le rattraper pour se positionner pile à la verticale mais il remit les gaz sans leur laisser le temps de se stabiliser.
De nouveau, il s'engouffrait à pleine vitesse dans l'inconnu. Ignorant de ce qui l'atteindrait au bout du chemin tortueux qu'il avait choisi d'emprunter.
Fuir. Et ne pas s'arrêter.


Encore quelques centaines de mètres et il pourrait se perdre dans les canyons abyssaux de la Cité Galactique.
La question était de savoir comment il allait semer cette canonniere emplie de clones. Au milieu desquels il sentait la présence de cette chiss. Une aura froide qui glaçait ses perceptions sensorielles. Une obscurité tapie à l'affut qui le répugnait. Et l'attirait aussi.
Voilà qui ne manquait pas d'être perturbant.
Il s'éleva alors dans les airs au moment où il survolait un gouffre profond de plusieurs centaines de mètres où s'empilaient des rangées denses de véhicules tous aussi bigarés les uns que les autres. Au-dessus de lui, la circulation était au moins aussi encombrée.
Il longea l'une de ces files et multiplia les acrobaties plus risquées les unes que les autres pour faire lâcher prise à ses poursuivants.
Mais il avait sous estimé leur détermination. Et l'extrême manoeuvrablité de ces canonnières clones qui avaient permis de renverser le cours de maints batailles pendant la dernière guerre. Par dessus son épaule, il distingua au loin d'autres silhouettes apparaître pour le rattraper et rejoindre la chasse.
Les acrobaties ne suffisaient pas, il lui fallait rapidement, très rapidement trouver une autre ruse..
Le nez de son airspeeder se souleva sans prévenir lorsque quelque chose atterrit tout à coup sur le coffre arrière.
Cette fois il se tourna vivement pour plonger son regard pétrifié dans cette paire de rubis sanglants qui servaient d'yeux à la non humaine à la peau bleue. Celle-ci se dressait, sourire narquois aux lèvres, en brandissant nonchalamment son sabre laser.
Il n'arrivait pas à croire qu'elle soit parvenue à se réceptionner sur un espace aussi restreint en équilibre précaire. Alors qu'elle aurait pu tout aussi bien disparaître dans une chute aussi vertigineuse que mortelle.
Une excellente maîtrise de la Force alliée à un zeste de culot. Voilà qui en faisait une adversaire plus redoutable qu'il ne le prévoyait.
Sans hésiter, il passa en pilotage automatique et bondit sur ses pieds entre les sièges avants, allumant à son tour son arme.
-Je pense que tu as compris avoir commis une erreur en revenant sur Coruscant, Jedi.
-Moins grave que la vôtre, répliqua-t-il en lui portant un premier coup haut.
Elle le repoussa aisément du fait de sa position plus élevée que la sienne. Mais elle n'en profita pas pour pousser son avantage.
-Tu ferais mieux de te rendre. C'est plutôt risqué de laisser ton vaisseau sans pilote.
-Pas si cela me permet de causer votre perte.
Cette fois il se lança dans le combat avec plus d'abnégation encore, déterminé à emporter cette ennemie dans sa propre chute.
Soia Tenn s'aperçut qu'il se battait avec l'âme de quelqu'un qui n'avait plus rien à espérer de cette galaxie. Ce qui en faisait un adversaire particulièrement dangeureux et imprévisible. Sauf si elle parvenait à l'influencer, à lui ouvrir les yeux.
À l'amener devant l'Empereur.
Errant avec lenteur, l'airspeeder d'Oreste fut isolé puis encerclé par les canonnières clones dont les combattants se contentaient de surveiller le duel, l'arme au pied.
L'inquisitrice laissa le fugitif prendre l'initiative et se borna par conséquent à la défensive. Le corellien se lança dans une série d'attaques vives et sèches destinées à destabiliser sa garde. La chiss resta concentrée, les déviant l'une après l'autre.
Elle reconnut le style de l'Ataru, une forme de combat acrobatique qui ne pouvait pleinement se développer dans un endroit aussi restreint. Rien de plus facile pour elle que de le contenir. Oreste fut convaincu rapidement de l'inutilité de ses efforts.
Sa technique varia subitement et Soia sentit un changement subtil s'opérer en lui. Jusqu'ici le Jedi se battait comme un Jedi. En refoulant ses émotions.
Il s'y plongea et y puisa peu à peu, abandonnant toute retenue. Ses frappes devinrent plus imprévisibles et la non humaine fut persuadée qu'elle pouvait en tirer quelque chose.
-Pas mal, susurra-t-elle. Mais je suis sûr que tu peux faire mieux.
Leurs lames crépitantes furent bloquées l'une contre l'autre.
-Si vous ne voulez pas me tuer, qu'es-ce que vous me voulez? Grinça-t-il entre les dents.
-Je suis Soia Tenn inquisitrice de l'Ordre Nouveau. L'Empereur m'a envoyée t'ouvrir les yeux sur la véritable nature de la Force.
-Pourquoi me rallierais-je à ceux qui ont tenté de me tuer?
-Parce que tu es seul et perdu et que l'Empire peut t'offrir beaucoup, Oreste Tissan.
Les traits du jeune homme grimaçèrent de mépris.
-M'offrir quoi, la servitude par exemple? Je préfère manger des bouses de Nerf.
-Tu as bon appétit.
Il relança l'affrontement, sans être conscient qu'il s'enlisait davantage. Pas seulement dans la défaite mais aussi dans sa colère.
Et la chiss continua de l'interpeller par dessus le choc des bâtons lumineux crépitants.
-J'ai vu ce que tu as fait depuis la fin de la République. Tu as trahi Castor Hang et les rebelles muuns qui te faisaient confiance sur Mygeeto, tu as étranglé cet homme près du Sénat et tu as dévasté cette cantina.
Mais il avait cessé de l'écouter et s'obstinait dans son aveuglement. Dans la certitude de quelqu'un qui ne possédait plus d'espérance.
-Tu as perdu tes repères, tu ne peux plus être un Jedi. Mais l'Empire peut te rendre la foi, Tissan.
-J'ai vu à un contrôle comment vous traitiez les non humains, en tout cas ceux qui ne sont pas chiss. Vous vous croyez meilleure que moi, hein?
Elle enroula sa lame autour de la sienne dans un mouvement tourbillonant et parvint à la lui arracher des mains. Puis elle le flanqua contre le tableau de bord d'un coup de talon en plein torse et lui mit l'arme en travers de la gorge.
La non humaine lui déclara d'un ton froid:
-Maintenant, tu n'as plus le choix. Je vais t'amener devant l'Empereur et il saura quoi faire de toi.
Elle baissa sa garde, certaine que le Jedi ne tenterait rien d'autre mais c'était mal connaître l'entêtement d'Oreste.
L'air se comprima brutalement devant la chiss qui fut renversée sur la banquette arrière et elle se redressa pour croiser son regard. Qui trahissait l'orgueil de quelqu'un enferré dans ses certitudes et son bon droit.
-Pas aujourd'hui, morve de Sith. Je ne vous appartiendrai jamais vivant.
Sous ses yeux stupéfaits, elle l'observa s'élancer pour se jeter dans le vide. Elle se releva d'une saccade et se pencha pour l'observer disparaître dans les sombres profondeurs de la Cité Galactique. Elle décrocha son comlink.
-Madame?
-Lieutenant Nac, déployez les unités et retrouvez-moi ce Jedi.
-Hum, fit le jeune officier du BSI. Il est impossible de survivre à une chute pareille.
La non humaine se détourna du gouffre.
-Je ne reviendrai pas vers l'Empereur les mains vides, siffla-t-elle. Ramenez-moi son cadavre démembré si vous tenez à votre santé.
-Bien reçu, madame.


Cinq jours plus tard, quartier général des inquisiteurs

Soia Tenn jura lorsque Asciope vint interrompre l'étude des différents rapports qu'elle recevait du BSI à propos de la traque d'Oreste Tissan.
Sans résultat probant, pour l'instant.
-J'espère que tu as une bonne raison de me déranger.
-Pardonnez-moi, maîtresse, répondit le droïde protocolaire. Le Seigneur Vador souhaite vous voir sur le champ.
-À quel sujet?
-Oreste Tissan.
Cette fois, elle ne put réprimer un tremblement nerveux. Être convoquée à l'improviste par le bras droit de l'Empereur en personne, ne présageait rien de bon. Elle connaissait d'autres camarades inquisiteurs à qui cela était déjà arrivé.
Dans le meilleur des cas, ils étaient revenus de ces entretiens, sérieusement secoués dans un état à moitié comateux. Dans le pire des cas, ils n'en étaient pas revenus du tout.
Cela ne pouvait signifier qu'une chose, l'Empereur perdait patience. Elle bondit de sa chaise pour attraper son manteau ample.
Ce n'était pas une bonne idée de faire attendre Dark Vador. Autant en finir de suite, quelque soit ce qui l'attendait.
-Continue à collecter toutes les informations que tu trouveras au sujet de ce Jedi.
-Bien, maîtresse. J'espère que vous survivrez à cet entretien.
Elle se pinça les lèvres devant les derniers mots de son majordome qui énonçait cela avec une distance réfléchie. Comme si cela lui paraissait naturel.
Elle sortit dans le couloir pour rejoindre la salle d'opérations, là où étaient regroupées tous les renseignements glanés sur les éventuels survivants à l'Ordre 66 et d'autres menaces toutes aussi dangeureuses à l'établissement de l'Ordre Nouveau.
Elle croisa le chemin de d'autres inquisiteurs et accrocha le regard sarcastique de certains d'entre eux. Ces derniers devaient être au courant de sa convocation par Vador et semblaient se réjouir du pire qui la guettait.
Elle ne s'était pas fait que des amis. Ils la jalousaient pour la préférence que l'Empereur en personne lui avait accordée.
D'une certaine façon, ils savouraient cette revanche. Elle ne pouvait pas les en blamer car elle était la principale responsable du piétinement de l'enquète sur le Jedi. Elle se maudissait de n'avoir pu l'empêcher de s'échapper.
Car elle était persuadée par une tenace intuition, qu'il était bel et bien vivant. Les soldats envoyés par le lieutenant Nac n'avaient retrouvé aucun cadavre.
Les portes de la salle des opérations s'écartèrent devant elle et elle braqua immédiatement son attention vers la puissante signature qui électrisait ses perceptions. Derrière les hologrammes projetés au-dessus d'une grande table, se dessinait une massive silhouette sombre aux contours imprécis.
Le silence qui s'était installé fut tout à coup traversé par une respiration rauque et étouffée. Un souffle mécanique dépourvue de la moindre chaleur.
Les hologrammes disparurent dans un flash et ses yeux rouges incandescents fixèrent alors le masque hideux qui casquait la tête de celui qui n'était autre que le bras droit de l'Empereur Palpatine.
Dark Vador, Seigneur Noir des Sith.
Il contourna la table pour dominer de sa hauteur l'inquisitrice chiss, qui s'empressa de mettre un genou à terre.
-Monseigneur, je suis à vos ordres.
Elle prit soin de garder la tête baissée dans une posture humble. La respiration mécanique accrut d'intensité avant qu'il ne croassa.
-Relevez-vous, Soia Tenn.
Sa voix déraillait comme celle d'un baryton ivre, contenant une froideur dénuée de la moindre pitié envers quiconque.
Sa présence dans la Force dépassait l'entendement de la non humaine originaire des Régions inconnues. Elle qui avait appris à avoir une haute estime d'elle-même, se sentait mal à l'aise devant cette bombe prête à exploser.
Comme devant l'Empereur, elle eut l'impression d'être si peu.
-Je vous ai convoquée pour que vous me fassiez votre rapport sur la traque d'Oreste Tissan, le Jedi corellien. L'Empereur m'a chargé de vous informer qu'il n'était pas très satisfait des derniers évènements.
Elle remarqua lorsqu'il retourna vers la table, les sillons calcinés séchés qui zébraient son armure intégrale. Sans doute les vestiges de la répression de la mutinerie clone de Teragan 5, qu'il avait menée en personne.
-Il est vrai qu'il m'a échappé cinq jours auparavant et je comprends le courroux de l'Empereur qui tenait à mettre la main sur lui, comença-t-elle prudemment. Cependant au vu des indices récoltés sur sa présence dans les Bas Fonds, je ne désespère pas que...
Il leva une main gantée pour l'interrompre.
-Ne tentez pas d'édulcorer quoique ce soit, la prévint-il. Et encore moins de me mentir.
-Je vous assure que ce n'est pas mon intention..
L'air se comprima autour de son corps et une traction invisible la souleva aussi aisément qu'une plume avant qu'elle ne soit catapultée contre le mur.
La douleur élança les omoplates de Soia alors qu'il la laissa se relever avec précaution.
-Dois-je continuer à vous montrer à quel point l'Empereur a perdu patience? Demanda Vador d'une voix étrangement doucereuse.
-Ce n'est pas nécessaire, parvint-elle à répondre la voix hachée.
-Bien, commencez par répondre à ma question. J'ai remarqué hier que vous aviez supprimé le corellien des avis de recherche concernant les survivants de l'Ordre 66. Pourquoi?
-Je pense que c'était la volonté de l'Empereur.
-Que vous a-t-il dit?
Si elle se montrait peu convaincante, il n'hésiterait pas à la broyer en levant seulement le petit doigt.
-De l'amener devant lui, c'est pour cela qu'il m'a paru préférable de me charger de lui en personne. Sans l'aide de d'autres inquisiteurs pour vous prouver ma valeur.
-Et vous vous êtes montrée arrogante et peu prévoyante.
La chiss se pinça la lèvre inférieure, car elle ne pouvait qu'asquiescer à cette vérité limpide sur ses propres actes.
Oui, elle avait été arrogante mais elle allait se rattraper.
-C'est vrai, monseigneur.
-Vous avez été de plus négligente en n'allant pas enquèter sur place, là où vous avez perdu Tissan.
-Je vais retourner sur place, monseigneur.
De nouveau Vador agita nonchalamment l'index et les hologrammes réapparurent au-dessus de la table.
-Ce serait préférable. J'espère que vous vous montrerez à la hauteur de la tâche, cette fois. L'Empereur ne tolère pas l'échec et moi pas davantage. Ne laissez pas l'égoïsme vous détourner des intérêts supérieurs de l'Empire.
Elle s'inclina respectueusement.
-Je ne l'oublierai plus, Seigneur Vador.
-Je vous le souhaite, inquisitrice. Prenez ce Jedi corellien vivant ou ramenez son cadavre, ajouta-t-il avant de la congédier.
Lorsque Soia Tenn tourna les talons, le soulagement lui donnait des ailes. Teinté néanmoins d'une once d'angoisse. Vador lui avait montré une part de ses pouvoirs, plus précisément la partie immergée de l'iceberg.
Elle comprenait maintenant que les siens ne pourraient tenir jamais la comparaison face à celui qui bénéficiait de la confiance de l'Empereur.
Elle n'avait qu'un seul moyen de lui survivre.
Servir.

Voilà ce sera tout! à la prochaine!


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MessagePublié: 15 Avril 2017, 23:07 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite!

Deux jours plus tard, Bas Fonds de la Cité Galactique

Oreste finit par s'affaler plus que se pencher sur la table devant laquelle il était assis devant un temps indéfini. La fatigue et la dépression commençaient à l'user depuis qu'il avait échappé à cette kath de chiss et qu'il avait trouvé refuge dans cette taverne minable et malodorante. Il manqua de renverser sa bière dans ce mouvement.
Il se redressa lorsque les effluves qui suintaient de ses aisselles piquèrent vivement ses narines, suscitant en lui une répulsion instinctive.
Qui s'estompait pourtant peu à peu, signe qu'il avait commencé à s'habituer à sa propre puanteur corporelle.
Il fixait d'un regard indifférent les cinq bâtons de la mort étalés devant son nez, des petites fioles de couleurs vives qui l'appelaient par leur éclat criard. Il venait de les acheter à un petit dealer local, mais ne les avait pas encore absorbées.
En fait il ignorait maintenant pourquoi il s'en était procurées. Envie de connaître d'autres sensations que son lien avec la Force? Ou désir d'oublier ne serait-ce que temporairement la précarité de son existence?
Quitte à sombrer dans une déchéance morale et physique encore plus profonde que celle dans laquelle il était déjà plongé.
Quelques minutes, un homme portant un plateau avec un verre s'arrêta finalement à sa hauteur. D'un ton bourru, il l'appella:
-Eh gamin?
Le jeune corellien redressa la tête, tout en se caressant machinalement le menton. Ses doigts furent piqués par les poils secs et rêches de sa barbe renaissante qu''il n'avait pas rasé depuis.. un nombre incalculable de jours.
-Ouais? Grogna-t-il à mi voix.
-Tu devrais prendre une vapodouche et te changer.
-Pourquoi faire?
Celui qui n'était autre que le propriétaire et le barman de cette cantina anonyme, qui ne payait pas de mine à cause de sa clientèle douteuse, finit par soupirer. Visiblement, il appréciait le jeune homme qui avait la moitié de son âge.
-Je ne sais pas.. peut-être que cela te ferait du bien de te sentir comme neuf, tu ne crois pas?
-À quoi bon? Rétorqua Oreste qui avala une gorgée de bière.
-Je t'apprécie parce que tu me payes rubis sur ongle grâce à tes gains de sabaak pour que je t'héberge. Mais tu n'as pas d'avenir ici.
Le Jedi rescapé de l'Ordre 66 haussa les épaules avant de reposer bruyamment sa chope sur la table, ce qui ne manqua pas d'attirer quelques regards curieux sur lui. Cela importait peu à l'ancien élève de Halcyon qui ruminait son agacement.
Pourquoi diable personne ne comprenait qu'il avait besoin de solitude?
-Peut-être que si justement, finit-il par avouer. Je ne vois pas ce que je pourrai faire ni où je pourrai aller. J'ai tout perdu à cause de la guerre et de l'Empire.
Il crut voir une lueur de compassion briller dans le regard du barman. Ce devait être un brave type malgré la dangeurosité du milieu et de certains clients qu'il servait à boire.
-Je ne sais pas si cela va t'aider mais je connais quelques uns qui ont au moins autant perdu que toi dans cette guerre. Tant bien que mal, ils essaient de reconstruire quelque chose. Tu veux savoir pourquoi ils s'y accrochent tant?
-Je suppose que vous allez me le dire, souffla Oreste de lassitude.
-Parce qu'ils ont gardé la foi.
Oreste regarda au fonds de son verre vide, la petite couche gluante qui absorbait l'humidité des lieux.
Tu dois garder la foi, lui avait asséné Halcyon. Il avait oublié à propos de quoi il lui avait prodigué cette leçon.
Bah cela n'avait plus d'importance, il s'en fichait éperdumment. Tout ce passé lui semblait vide de sens. Il avait compris en atterissant ici qu'il ne pouvait rien réaliser contre cet Empire, il ne voyait même comment le faire vaciller sur ses fondations.
Après son duel infructueux contre l'inquisitrice chiss, il avait réussi à se faire passer pour mort en survivant à cette longue chute interminable. Il était parvenu à s'accrocher à un airspeeder dont il avait menacé le conducteur gran, pour que celui-ci le conduise dans les niveaux inférieurs. Il avait pris soin ensuite de l'éliminer dans une ruelle déserte pour l'empêcher définitivement de parler à quiconque..
Evidemment, une astuce mentale aurait suffi mais il ne voulait pas prendre de risque. Même si cela revenait encore une fois à semer des cadavres derrière lui.
-Apportez-moi un autre verre, se borna-t-il à grogner.
-Je reviens.
Oreste l'observa en train de servir les autres clients qui avaient passé commande. Avant d'appuyer son menton dans le creux de sa main, posé sur un coude.
Le brouhaha des conversations s'accentua lorsque d'autres clients entrèrent et demandèrent à s'installer à une table de sabaak. Le patron les guida à celle qui se situait à dix mètres du corellien, et activa le champ d'interférences.
Avant de leur distribuer le jeu.
Aussitôt la partie commença juste à l'instant où le patron revint vers Oreste avec une nouvelle chope remplie à ras bord qui remplaça celle déjà vide.
Il en profita pour se pencher et le prévenir.
-Évite de gagner trop de manches de sabaak, comme la dernière fois. Compris?
-Compris.
-Ca pourrait en rendre certains nerveux.
À bout de patience devant son insistance, le jeune homme malingre accrocha son regard.
-J'ai dit que j'avais compris.
-J'essaie de t'épargner un coup de blaster ou de vibrolame dans les reins.
-Qu'ils tentent leur chance, je sais me défendre.
Le patron arbora un air sombre.
-Je préfèrerais que tu n'aies pas à le faire, ici.
Il le laissa seul finalement et Oreste put enfin entamer sa bière corellienne et en savourer la douce épice sucrée à laquelle il n'avait pu s'empêcher de prendre goût.
Il fixa la partie de sabaak avec une certaine curiosité. Les cinq joueurs humains et non humains échangeaient des commentaires vifs et animés sur la valeurs des mains qu'ils possédaient. Le jeune corellien grâce à son acuité visuelle développée par son entraînement, remarqua que le trandoshan qui lui tournait le dos contemplait l'étalage de l'Idiot, la meilleure main possible dans ce jeu de hasard basé sur la valeur aléatoire des cartes.
Le féroce alien poussa un cri guttural de joie lorsqu'à la demande des autres joueurs qui l'avaient suivi sans se coucher, il s'empressa de le leur montrer. Il témoigna une nouvelle fois de cet empressement semblable en empochant les gains de la manche.
Malgré cette victoire, Oreste ne le trouvait pas très finaud. Au fonds de lui, il éprouvait l'envie de le remettre à sa place. Il trouva le moyen de se motiver en avalant cul sec sa bière corellienne puis se leva finalement de sa table pour rejoindre la partie.


-Montrez-moi le corps, lieutenant Nac. Et bouclez le périmètre.
-Bien, madame.
Soia Tenn repoussa son capuchon sur ses épaules tandis que ses rubis oculaires ensanglantés se mirent à examiner les deux blessures cautérisées qui trouaient la poitrine du gran étendu sur le dos dans cette ruelle mal éclairée par des nanoprojecteurs défectueux.
L'officier du BSI s'écarta pour la laisser enquèter et donna l'ordre aux soldats clones d'installer des barrages de part et d'autre.
L'inquisitrice chiss étudia ensuite les traits figés et les yeux révulsés de l'alien, dont le cadavre avait commencé à se décomposer depuis un certain temps. Son décès devait remonter à plus d'une semaine. Elle se releva les narines pincées, indisposée par l'odeur qui évoquait le repas vomi d'un charognard.
Le gran semblait avoir été frappé par une mort instantanée. Une mort infligée par un sabre laser..
En cet instant, l'inquisitrice se trouvait à moins d'un kilomètre de la dernière confrontation avec ce Jedi corellien. Cela ne pouvait être une coïncidence.
-Lieutenant, amenez le témoin.
Nac et deux soldats poussèrent devant la chiss un toydarien, une créature volante qui se distinguait par une proéminence nasale en forme de trompe. Elle battait des ailes avec davantage de fébrilité craintive lorsque Soia la toisa.
-Je vous écoute et je vous conseille de ne rien me cacher, lui déclara-t-elle froidement. Qui a tué le gran?
-C'est un Jedi m'dame, jvous le jure! Commença à glapir le todayrien.
-Un Jedi. À quoi ressemblait-il?
Le battement des ailes du témoin s'accentua sensiblement alors qu'elle s'approcha lentement pour l'intimider.
-C'était un humain. Grand et fin, n'aurait dit une asperge.
-Jeune ou vieux?
-Jeunot, il avait pas de poil au menton. Enfin pas de barbe comme vous dites.
La description manquait de précision mais elle se rapprochait de celle de sa proie. Elle masqua un imperceptible rictus.
C'est une bonne chose que tu aies survécu, Jedi. La chasse peut reprendre.
-Où est-il parti?
-Vers le Corridor Ecarlate.
Se fondre dans un secteur connu de la Cité Galactique pour sa criminalité et ses statistiques nécrologiques affolantes était risqué mais cohérent pour un fugitif qui tentait d'échapper à la Purge. Sous la République, lorsqu'elle officiait pour l'Ordre avant la Guerre des Clones, elle avait entendu parler d'endroits dans lesquels les Jedi eux mêmes répugnaient à s'aventurer. Nul doute qu'il se doutait que l'Empire ne gaspillerait pas de ressources dans un secteur contrôlé par les gangs du Soleil Noir, le syndicat mafieux le plus puissant de la galaxie.
Dont le chef, le Prince Xizor s'était associé récemment à l'Empire.
-Madame devons-nous déployer les troupes là-bas?
-Non il le sentirait et nous le perdrions encore. De toute façon, cela ne sera pas indispensable.
Nac vit briller dans ses yeux rouges sang un éclat de cruauté satisfaite.
-Contactez le chef local du Soleil Noir et donnez lui le signalement d'Oreste Tissan. Faites passer le message que l'Empire offre une récompense conséquente cinq fois plus s'il est capturé vivant plutôt que mort.
Le todayrien en profita pour reculer et s'éclipser. La chiss inclina seulement le menton en direction de l'officier du BSI qui dégaina son blaster et abattit froidement le témoin malchanceux.

Voilà j'espère que ça vous plaira! à la prochaine!


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MessagePublié: 22 Avril 2017, 22:25 
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Bonsoir à tous! il est temps de vous publier la suite!

Oreste attira l'attention de tous les joueurs lorsqu'il entra dans leur champ de vision. Ils le jaugèrent tous avec une curiosité méfiante. En particulier le trandoshan qui le fusillait de ses pupilles reptiliennes.
Son nom revint aussitôt dans la mémoire du jeune corellien. Povks.
Il se souvenait l'avoir soulagé de plusieurs centaines de crédits et le natif d'Hsskhor semblait lui en tenir farouchement rigueur, visiblement.
-Tu en as une sacrée paire l'humain de te pointer, ici.
-Une revanche est toujours possible. Intéressé? Fit Oreste avec beaucoup de calme.
Il usa de la Force pour évacuer les vapeurs d'alcool et recouvrer sa concentration. Au cas où le trandoshan n'aurait pas supporté son insolence. Et cèderait à la tentation de l'éviscérer avec ses griffes.
Povks se contenta heureusement de retrousser ses lèvres et découvrir ses crocs en guise de sourire.
-J'ai bien l'intention de récupérer mes crédits. Assieds-toi mais pas d'entourloupes, l'humain. Je t'ai à l'oeil.
Oreste s'intercala entre deux joueurs, un nautolan et un nikto faisant ainsi face au trandoshan qui tentait de l'intimider en le fixant pendant quelques instants.
-T'as de quoi parier? Lui demanda le nikto.
-Bien sûr.
Oreste se pencha vers le droide qui supervisait la partie en brandissant une liasse de crédits. Il posa les jetons devant lui et des cartes lui furent distribuées.
Il réprima une moue lorsqu'il constata leur valeur respective étalée devant ses yeux, à l'insu des autres joueurs. Le premier d'entre eux posa sur la table de sabaac devant lui la mise de départ, c'est-à-dire un jeton.
Tous les autres firent de même et la partie commença lorsque la mise augmenta peu à peu. Les joueurs en profitèrent pour intégrer une de leurs cartes dans le champ d'interférences à tour de rôle et la récupérer aussitôt sa valeur modifiée.
Le corellien ne fit pas exception et en profita pour étudier les réactions des autres participants. Le trandohan émit un sifflement appréciateur preuve qu'il avait sans doute une excellente main. Le corellien se fiant à son intuition jugea prudent de se coucher.
Certains n'adoptèrent pas cette sagesse et en furent pour leurs frais. Ce fut le cas du duro assis à coté du trandoshan et qui s'obstina à le suivre jusqu'à ce que le droïde leur demanda de découvrir leur jeu respectif.
Un total de vingt un points pour Povks et seulement dix sept pour son adversaire.
Une lueur de convoitise rassasiée passa dans les pupilles fendues de la créature reptiloïde alors que le duro jeta ses cartes par dépit. Et se vit dépossédé de la moitié de ses jetons disponibles. Au tour suivant, Oreste décida cette fois de sortir de sa réserve et de se montrer plus audacieux.
-Je suis, annonçait-il pour la troisième fois au trandoshan qui lui adressa un regard venimeux en retour.
Alors que les autres s'étaient couchés.
Le jeune corellien s'assura que son sabre laser était toujours à portée de main, après tout on ne sait jamais. Les trandoshan ne faisaient pas partie des espèces les plus amicales de la galaxie. Le non humain demeura immobile, une attitude censée effrayer le Jedi fugitif qui avait été confronté à des choses bien pires.
Le jeune homme était sûr de son fait car le trandoshan n'avait pas laissé échapper le fameux sifflement d'autosatisfaction. Il n'avait pas une main exceptionnelle, donc.
Certes la carte Endurance qui avait une valeur négative de moins huit points aurait pu le pénaliser mais elle était compensée par un Sept et le valet de Xendor.
-Messieurs, fit le droïde. Veuillez montrer vos cartes je vous prie.
Povks et Oreste les retournèrent face visible et l'ancien padawan de Nejaa Halcyon fut satisfaisait d'afficher sa main de vingt et un points face au trandoshan dont les traits écailleux se tordirent de jalousie.
-E'chutta, jura ce dernier.
-Comme tu dis. On ne peut pas gagner à tous les coups.
Vif comme une vipère kodashi pincée dans son orgueil, Povks se pencha au-dessus de la table pour cracher:
-Continue à faire ton malin, l'humain. Tant que tu le peux encore.
-Pourquoi se priverait-il, Povks?
Oreste se redressa dans son siège lorsqu'un homme en tenue de contrebandier apparut dans le dos du trandoshan, qui jeta un regard arrogant par dessus son épaule.
-Gelfran, toujours à fourrer son museau là où il ne faut pas.
-Tu viens de résumer l'histoire de ma vie.
-Que fiches-tu ici sale gornt?
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark haussa les épaules nonchalamment.
-Je regarde juste la partie, j'espère que vous n'êtes pas pudiques messieurs.
-Tu dois des crédits à Halcal, lui fit remarquer le nikto. Paraît qu'il te fait chercher.
-J'attends d'être en veine pour le rembourser.
Halcal n'était que le lieutenant du vigo qui régnait sur les secteurs du Noyau pour le compte du Soleil Noir. Son quartier général se situait quelque part dans le corridor Ecarlate et il n'était pas connu pour sa mansuétude.
Surtout envers les payeurs ou les débiteurs déficients.
Gelfran affichait une sérénité déconcertante de la part de quelqu'un qui avait l'erreur un ponte mafieux d'envergure.
Au bout de deux tours, le duro aux cotés de Povks se retrouva à sec et décida de quitter la table et la partie. Il passa devant Gelfran qui demanda avec un brin d'ironie:
-Cela ne dérange personne qu'un endetté auprès du Soleil Noir se joigne à vous? Avec un peu de chance, l'un d'entre vous gagnera suffisamment de crédits pour mes obsèques et un orchestre funèbre.
-Si Halcal met la main sur toi, il risque de ne pas rire vraiment, le prévint le nikto.
Personne néanmoins ne s'opposa à ce que le contrebandier intègre la partie en cours. Il accrocha le regard d'Oreste qu'il avait reconnu.
-T'as pas l'air frais, gamin. Je me demande ce que tu fiches dans un endroit pareil.
-Je vous retourne la question, répliqua le corellien.
-Bon vous êtes là pour jouer ou parler? S'impatienta le trandoshan.
Gelfran se tourna pour soutenir ses pupilles fendues.
-Ce n'est pas une mauvaise idée de joindre l'utile à l'agréable. Si certains sont intéressés par les nouvelles de la galaxie, je suis passé par Neimodia, il y a peu.
-Tu as eu des problèmes avec ta cargaison? S'enquit le nautolan qui étira le bras pour mettre une de ses cartes dans le champ d'interférences, signe que la partie avait repris ses droits.
-Pas particulièrement, je l'ai livrée comme prévu ou presque. Malgré les clones qui quadrillent Koto Si comme une meute de chiens Akk en rut.
Gelfran étudia ses cartes et misa le minimum vital avant de reprendre.
-Les limaces viennent de signer un traité avec Coruscant. La Fédération du Commerce est dissoute et tous ses biens sont confisqués par l'Empire. Les neimodiens ont seulement eu le droit de garder leurs fonds de culotte.
-En admettant qu'ils en aient un, lâcha le nikto sarcastique.
Sa saillie suscita des rires bas mais unanimes. Pour beaucoup de criminels, les séparatistes n'étaient pas mieux considérés que la défunte République.
-Ce doit être pareil pour le Techno Syndicat, l'Alliance Intercorporation ou le Clan Bancaire Intergalactique, reprit le nautolan.
-Ils ont été démantelés et leurs avoirs gelés juste après la fin de la guerre. Le Sénat vient juste de voter le décret officiel, indiqua Gelfran.
Ce dernier augmenta sa mise après avoir retiré sa carte du champ d'interférences. Ses traits demeuraient impavides, ne trahissant aucune déception ou triomphe. Un joueur de sabaac chevronné.
Oreste avait pourtant l'étrange sentiment qu'il n'était pas venu pour gagner.
Les parties se succédèrent dans un silence pesant, chacun des joueurs plongés dans une concentration fièvreuse. Les piles de jetons prirent de la hauteur pour Oreste, Gelfran et celle des autres en perdirent.
Le jeune corellien se réjouissait en particulier de la mauvaise fortune du trandoshan Povks qu'il sentait fulminer de rage dans la Force. Il s'en nourrissait avec avidité et prenait plaisir à le titiller par quelques piques verbales subtiles.
Les pupilles fendues du reptiloïde flamboyaient d'une envie de meurtre qu'il avait de plus en plus de mal à réfréner.
Avec des inclinaisons appuyées du menton, Gelfran tentait de dissuader le Jedi de continuer ce jeu dangeureux. En vain.
Un groupe d'individus à la mine peu avenante entra dans le bar. Il devint évident pour Oreste qui les tenait dans son champ de vision que ces trois lascars ne venaient pas pour consommer ou jouer. Non, ils posaient leur main sur le holster contenant leur blaster, en tournant la tête dans toutes les directions.
Ils cherchaient quelqu'un, aucun doute.
-Besoin d'un verre, les gars? Fit le barman qui était devenu livide devant leur apparition.
-Te mets pas sur notre chemin, grogna un zabrak peu aimable qui semblait diriger le trio.
Le Jedi corellien vit briller sur leurs épaulières rouillées, un disque hérissé sur un fond doré. Le symbole même du crime et de l'impunité.
Le Soleil Noir.
-Tes potes viennent d'arriver, Gelfran, glissa le nikto sans humour.
Le contrebandier se tourna à demi et ses traits se tendirent sous le coup de la crispation.
-Quelqu'un a vendu la mèche, souffla le vétéran.
-À qui faire confiance? Lança Oreste.
Le trandoshan les interrompit sans ménagement.
-Je me moque pas mal de tes problèmes, Gelfran. Je suis pour là pour empocher mes crédits et prendre ma revanche sur cet avorton, ajouta Povks à l'adresse du jeune homme.
-Comme je te comprends, fit l'ancien soldat.
Le zabrak et ses deux comparses - un twi leck et une devaronienne - se frayèrent finalement un chemin aléatoire à travers le bar, dévisageant sans amitié la figure de tous les clients attablés. Avant de se déployer autour de la table de sabaak.
Le zabrak se plaça à moins d'un mètre du dos d'Oreste tandis que les deux autres se rangèrent juste derrière Gelfran qui dégrafa le holster pour dégager son blaster. Imité simultanément par Oreste.
-Eh Gelfran! Sale fils de Gornt! S'exclama le zabrak. T'as le bonjour de Halcal.
-Ah ce cher Boiz, commença le contrebandier qui posa ses cartes devant lui avant de soutenir son regard. Dites-lui que je suis sur le point de le rembourser.
-Trop tard, lança la devaronienne. T'aurais dû t'y prendre plus tôt ou quitter les Bas Fonds car tu as abusé de sa patience. Le délai est largement écoulé.
Elle brandit son blaster et planta l'affût entre les omoplates de Gelfran qui tressaillit à peine. Oreste décida d'y ajouter son grain de sel.
-Ce n'est pas correct de déranger une charmante partie de sabaak.
-Toi le morveux, la ferme! Tu sais pas à qui t'as affaire, éructa le twi leck qui braqua son blaster sur la poitrine du corellien.
Celui-ci leva le nez de ses cartes pour considérer d'un air ennuyé le natif de Ryloth, à la mine furieuse.
-Si seulement tu savais à qui tu parles, Tête de Ver..
-Ils sont venus pour moi, fiston. Ne te mêle pas de ça, lui conseilla Gelfran.
Le zabrak du nom de Boiz intervint à son tour.
-Ecoute le vieux, gamin. Pour une fois qu'il ne dis pas de bêtises. Concentre-toi plutôt sur le jeu.
-Ouais, renchérit le trandoshan. Sur les crédits que je vais te prendre.
Oreste reporta alors sa rancune vers Povks. Lorsque le droïde leur demanda de montrer leurs cartes, c'était Gelfran qui disposait de la meilleure main.
Jusqu'à ce qu'Oreste dévoile la sienne. Contenait le deux de flasque, le trois de flasque.. et l'Imbécile. La Suite de l'Imbécile, la meilleure main que l'on puisse avoir au sabaac ce qui suscita des sifflets d'admiration de la part des autres joueurs. Hormis de Povks, qui respira bruyamment, signe que sa patience était dépassée.
D'autant plus que les mises étaient conséquentes.
-Pour l'instant, ce n'est pas moi qui perds l'affreux.
-Vous voyez les gars? Fit Gelfran d'un ton léger aux trois malfrats. Il s'en passe des choses ici.
Le trandoshan abattit son poing sur la table de jeu, fou de rage. Faisant voler ses jetons et renverser ceux des autres.
-Cela empeste le sleemo de tricheur.
-Il a eu seulement une main meilleure que toi Povks, c'est la vie, tenta de tempérer Gelfran.
Povks lui accorda à peine un regard.
-Je t'ai sonné le mort en sursis?
-Debout Gelfran, Halcal t'attend, insista la devaronienne qui pressa davantage le canon du blaster dans le dos du vétéran.
-Je crois que je vais rester ici, répliqua ce dernier. Tout compte fait, mon jeune ami aura besoin de mon soutien.
Oreste dirigea discrètement le canon de son blaster sous la table en direction de la devaronienne.
-Tu lui serviras pas à grand chose, si tu clamses, lui affirma-t-elle.
Il la sentit se raidir, prête à crisper son doigt sur la détente. Un rayon ardent transperça tout à coup la table et se logea en plein milieu de son front. Elle bascula en arrière, les traits à jamais marqués par la surprise.
Le twi leck réagit en voyant s'écrouler son cadavre et dirigea le canon de son blaster lentement vers le corellien qui avait ouvert le feu. Trop lentement.
Un trou fumant se creusa dans sa poitrine puis Oreste entendit le claquement du cran de sûreté que le zabrak avait retiré de son arme qu'il pointait sur sa nuque.
-Sale murglak!
Le blaster de Gelfran jaillit de sous la table et l'affut flamboya une fraction de seconde avant que Boiz ne s'affaissa sans un cri, abattu à bout portant.
Le contrebandier et le jeune homme bondirent sur leurs pieds, repoussant bruyamment leur chaise. Ils s'emparèrent de leurs jetons avant de se figer quand Gelfran fut braqué par Povks.
-Pas si vite, lâcha le trandoshan d'un ton guttural.
Le canon de son blaster lourd boucha le champ de vision du vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark. Qui parvint à conserver son sang froid.
-Si ce sont des crédits que tu veux, Povks, tu en auras autant que..
-J'ai bien l'intention de récupérer ce que ce morveux de tricheur m'a volé, l'interrompit l'alien reptiloïde. Avec un bonus.
-Je n'ai rien volé, tu ne sais pas perdre c'est tout.
-Doucement fiston, laisse-moi gérer ça, lui suggéra le contrebandier. Tu disais que tu voulais un bonus, Povks? Nous n'aurons peut-être pas assez de crédits.
-Je me suis mal exprimé.
Les pupilles fendues du trandoshan traduisaient une joie avide.
-Halcal a du certainement mettre ta tête à prix Gelfran. Je vais donc te livrer à lui et toucher le pécule qui va avec.
-Mauvaise idée, répliqua l'ancien soldat. Tu ne sais pas à qui tu as affaire.
Les traits écailleux de Povks se tordirent de confusion.
-Halcal pourrait avoir besoin de mes services.
-Ce n'est pas d'Halcal dont il parlait mais de moi, lança Oreste.
Le jeune corellien agita les doigts et usa de la télékinésie pour arracher l'arme des mains du mauvais perdant. Les pupilles fendues s'étrécirent d'un coup et un feulement étrange laissa échapper un mot empli de symbole.
Le symbole d'une lumière, d'espérance à jamais éteint dans la galaxie. Un simple mot devenu synonyme de déchéance et d'illusions perdues. Un mot qui signifiait être un ennemi de l'Empire et de bien d'autres.
-Jedi.
Dans la Force, Oreste sentit la stupéfaction de tous hormis de Gelfran qui l'avait percé à jour lors de leur première rencontre, bien entendu.
Un autre claquement sec et abrupt et cette fois ce fut le jeune fugitif qui fut mis en joue par .. le nautolan et le nikto.
-Vous voulez aussi récupérer vos crédits, les gars? Demanda-t-il en soupirant.
-Mieux que ça, répondit le nikto qui affichait une expression désolée. Ce n'est pas personnel, gamin, mais tu dois comprendre que les temps sont un peu durs pour tout le monde. Comme tu es un Jedi, tu vas nous rapporter largement de quoi être à l'abri du besoin pour très longtemps.
-On a entendu dire qu'il y avait cette inquisitrice Yeux Rouges qui cherche à débusquer un poupon maigrichon qui te ressemble, renchérit le nautolan.
La colère embruma la raison d'Oreste qui comprit qu'ils allaient le livrer à l'Empire. Ça et là, d'autres clients s'étaient levé et convergeaient, le blaster bien en évidence. Le barman appartint à ceux qui restèrent en retrait.
Il secoua la tête de tristesse.
Oreste sentit à quel point en cet instant crucial la solitude lui pesait. Très bien il se débrouillerait tout seul. Ou presque. Il croisa le regard de Gelfran.
-Sacré podoo, hein fiston?
-On va s'en sortir, Gelfran. Vous avez un vaisseau?
Le nikto, le nautolan et le trandoshan échangeaient des regards indécis, n'arrivant pas à croire que le jeune homme puisse discuter tranquillement comme s'ils ne représentaient pas une menace. Ce qui n'était en réalité qu'une diversion pour détourner l'attention. Et serrer ses doigts discrètement sur la crosse de son sabre laser
Gelfran joua le jeu, consciemment ou non.
-Oui et un bon. Mais je crains que Halcal ne l'ait confisqué pour éponger mes dettes.
-On ira le lui réclamer.
-Dites vous deux, vous êtes stoopa si vous croyez vraiment..
Le nautolan n'eut pas le loisir d'achever sa pertinente réflexion quand une lame verte crépitante fouilla profondément son abdomen, comme on le ferait d'un flanc de montagne d'Ilum regorgeant de cristaux.
Puis le Jedi envoya son coude dans la face du nikto, qui recula en chancellant. Dans la confusion, il pressa involontairement la détente, touchant mortellement un des clients qui souhaitait se joindre à la fête.
Son espace vital dégagé, Oreste para successivement plusieurs tirs, leurs expéditeurs se distinguant par une hâte frénétique et désordonnée. Gelfran ne resta pas inactif, abattant deux d'entre eux en plus du nikto.
Jusqu'à ce qu'une main écailleuse puissante le saississe à la gorge et ne le soulèva du sol. Privé d'une respiration normale, il haleta tandis que son regard plongea dans les pupilles fendues qui trahissaient une impatience carnassière.
-Le Soleil Noir me récompensera quand je t'étriperai et plus encore quand je me serai occupé de l'autre sleemo de Jedi..
Gelfran sentit sa vision se brouiller sous l'effet de l'asphyxie alors qu'il tentait de se débattre en ruant des pieds.
Oreste aperçut cette scène du coin de l'oeil et fouetta sèchement l'air de sa lame pour renvoyer un tir dans la tête de Povks. L'étau se desserra autour du cou de Gelfran qui se massa la gorge avant de plonger derrière la table à la hauteur du jeune homme qui couvrit son acrobatie, contenant l'avalanche de tirs croisés.
L'escarmouche prit fin quelques instants après, et les deux alliés de circonstance purent ainsi admirer l'étendue des dégats.
Les cadavres fumants des malfrats du Soleil Noir et autres crapules opportunistes se mélaient aux débris des tables et des chaises renversées, et des verres en miettes. Ceux qui n'avaient pas participé à la bagarre se relevèrent prudemment.
-Beau travail, ironisa Gelfran. Comme si tu n'avais pas assez d'ennemis comme ça.
-C'est vous avez amené les ennuis avec vous, répliqua sèchement Oreste.
-Si tu étais malin, tu ne m'aurais pas aidé.
Le jeune corellien rangea son sabre laser après lui avoir jeté un regard acerbe.
-Je commence déjà à le regretter. On peut filer d'ici, maintenant?
-J'allais te le proposer.
Ils gagnèrent la sortie sans prêter attention aux regards méfiants qui les fixaient. L'ancien apprenti d'Halcyon crut déceler de la haine chez l'un d'entre eux.
Quelqu'un allait raconter à d'autres ce qui s'était passé ici. Si c'était le cas, ils avaient intérêt à mettre de la distance entre eux et cet endroit le plus vite possible.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!


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MessagePublié: 25 Avril 2017, 20:17 
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Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

-Halcal, quelqu'un veut te voir.
Celui qui gérait cette partie des Bas Fonds de la Cité Galactique pour le compte du syndicat du crime le plus redouté de toute la galaxie grogna de dépit, avant de chasser sans ménagement la fille de joie twi leck assise sur ses cuisses.
Le visage ridé par les balafres reçues au cours de bagarres et autres activités dangeureuses, pivota vers le garde nikto, peu à l'aise de l'avoir dérangé en si charmante compagnie.
-Qui ça?
-Yeux Rouges.
Halcal cracha par terre dans son propre bureau, marmonnant:
-Chuba! Encore elle?
Magré l'accord que le prince Xizor avait passé avec l'Empire, l'humain chauve habillé de vêtements grossiers ne semblait guère ravi d'avoir affaire à cette Proche Humaine originaire des Régions Inconnues. Dont la sinistre silhouette encapuchonnée se découpait sans tarder dans le cadre de la porte.
Cette paire de rubis sanglants lui donnait toujours l'impression que son esprit était disséqué, neurone par neurone.
Cette rencontre serait tout autant désagréable que la précédente.
Il se força comme précédemment à se montrer courtois et aimable. Des traits caractéristiques qui le faisaient paraître plus ridicule.
-Hum, je peux vous aider?
-Je viens m'assurer que vous faites tous les efforts possibles et imaginables pour m'aider à retrouver Oreste Tissan.
-Ah, votre Jedi corellien?
Il tenta de garder un air décontracté mais sa nervosité le trahissait. Soia Tenn réprima un rictus dédaigneux lorsqu'elle le repéra en train de danser sur un pied puis sur l'autre.
-Ne vous inquiétez pas, mes gars s'en occupent.
-Je n'ai pas l'impression qu'ils ne font pas tout ce qui est nécessaire, au contraire. Depuis que l'avis de recherche a été diffusé la semaine dernière.
La remarque cassante de l'inquisitrice chiss fit sortir le lieutenant du Soleil Noir de ses gonds.
-J'ai tout un secteur de la Cité Galactique à diriger ma petite dame, rappela-t-il d'un ton peu abrupt. Vous croyez que je n'ai que ça à fa..Arg!
Il porta les mains à sa gorge lorsque l'air se comprima tout à coup autour de son cou, l'empêchant d'avaler régulièrement les molécules d'air. Il devint livide lorsqu'il remarqua le bras étendu de l'inquisitrice.
-Je déteste travailler avec des imbéciles. L'accord entre votre organisation et l'Empire a bien spécifié qu'en échange d'une certaine compréhension dans la gestion de vos affaires, nous pouvions vous demander de coopérer à tout moment. Et quelque soit le coût.
Elle desserra légèrement l'étau invisible pour le laisser acquiescer d'un hochement de tête.
-Je vous demande avec beaucoup de courtoisie de vous atteler sérieusement à la tâche. De faire de ce Jedi une priorité par rapport à vos autres affaires en cours. Ou nous trouverons quelqu'un d'autre pour le faire.
Elle le libéra et il se contorsionna en se massant la trachée.
-Comp..ris, haleta-t-il d'une voix hachée.
À cet instant, le garde nikto refit son retour.
-Halcal, on l'a retrouvé! S'écria-t-il. Mais il y a eu un problème.
Le natif de Kuntan s'aperçut tardivement de la présence de l'inquisitrice. Qui le considérait tout aussi froidement qu'un scientifique qui étudiait un cobaye.
-Euh, ça peut attendre bien sûr.
-Non, je vous en prie, susurra Soia d'un ton étrangement suave. Je suis certaine que ce que vous avez dire à votre patron pourrait m'intéresser.
Indécis, le nikto croisa le regard d'Halcal qui n'en menait pas large après.. la petite mise au point.
-On a retrouvé ce murglak de Gelfran peinard dans une cantina. Boiz et deux autres gars ont réussi à le serrer.
-Ils ont réussi à le faire casquer?
-Gelfran a eu leur peau. Un Jedi l'aurait aidé.
En un battement de cils, Soia se plaça raidement devant le nikto qui frissonna de terreur devant cette paire de rubis sanglants qui lui servaient d'yeux.
-À quoi ressemble ce Jedi?
Le second de Halcal ne pouvait soutenir durablement ce regard.
-Une asperge d'après ceux qui sont restés en un seul morceau. C'est un humain comme Gelfran.
La chiss pivota vers le lieutenant du Soleil Noir.
-Ils ont l'intention de fuir ensemble, devina-t-elle. Nous avons confisqué le vaisseau du Jedi sur l'un des principaux statioports donc il faudra intercepter celui de ce Gelfran.
Cette fois, Halcal ne put retenir un sourire satisfait.
-C'est déjà fait.


-Juste une question, Gelfran.
Oreste les sens aux aguets, suivait le contrebandier qui progressait prudemment à travers les ruelles assombries, qui n'avaient jamais vu le soleil.
Le vétéran fit par dessus son épaule.
-Vas-y.
-Combien deviez-vous à Halcal?
Le Jedi l'observa en train de hausser les épaules avec indifférence.
-Oh, seulement autour de cinquante mille crédits. Pourquoi?
Ils se plaquèrent contre le mur lorsqu'un groupe de quatre personnes armées de blaster apparut au bout de la ruelle.
Un sinistre soleil brillait sur leur torse. Fort heureusement, l'obscurité et les techniques mentales du Jedi permirent au duo de ne pas être repérés.
La conversation reprit lorsque les malfrats s'éloignèrent.
-Je trouvais que ratisser un secteur pendant plusieurs jours à la recherche de quelqu'un qui devait seulement cinquante mille crédits était disproportionné. C'était moi qu'ils cherchaient à débusquer, pas vous.
-Bravo, tous les Jedi sont aussi malins que toi?
-La plupart ne sont plus là pour vous le confirmer.
Le flegme de Gelfran se troubla lorsqu'il comprit l'amertume acide de son compagnon.
-Désolé, petit.
-Pas de quoi, ce n'est pas vous qui avez lancé la Purge. J'espère seulement que votre tas de ferraille est aussi performant que vous le prétendez.
Le contrebandier retrouva sa bonne humeur.
-Ne te fais pas de bile pour ça. Il ne nous reste plus qu'à y arriver vivant.
Ils empruntèrent des détours exprès tandis que Oreste recouvrit sa tête d'un capuchon rapiécé qu'il avait récupéré avant de fuir. Ils esquivèrent autant qu'ils le pouvaient les patrouilles du Soleil Noir, sans éviter de temps en temps des confrontations sanglantes.
Ils parvinrent à un statioport secondaire qui était géré par un gang affilié à l'autorité d'Halcal. Ils longèrent lentement les cargos rangés sur les quais, à l'entretien défectueux à en juger par la moisissure qui les rongeait comme un liquide de nettoyage toxique.
Ceux qu'ils croisaient n'étaient que les pilotes itinérants.
-On dirait que la voie est libre, cela me paraît étrange, confia Gelfran d'un ton soupçonneux.
Le corellien qui fermait la marche, projeta ses sens autour de lui. Lui révélant des échos sournois et mal intentionnés.
-Non, la voie n'est pas libre.
-La fameuse intuition des Jedi, je parie.
-Exact.
Gelfran ralentit pour lui montrer la silhouette endormie de son navire aux formes arrondies et aplaties, à l'allure pataude.
Malgré les ombres des deux autres cargos qui le serraient, Oreste reconnut la silhouette d'un vaisseau de fret corellien de classe YT. Marque de fabrique de la Corporation Technique Corellienne, réputée en matière de construction spatiale.
-Voici la Perle du Corsaire.
-Un nom accrocheur, reconnut le jeune homme.
-Cela plaît aux dames.
Comme Oreste l'avait pressenti, des silhouettes émergèrent de derrière le cargo pour leur barrer la route. Les deux fugitifs en comptèrent six, qui se déployèrent autour d'eux en éventail, la main posée sur la crosse de leur blaster.
Les hommes de main étaient menés par un twi leck à l'air sauvage, dont les lekkus avaient été sectionnés de moitié. Il fit face à Gelfran qui le salua.
-Salut Palk.
-Tu aurais du rester terré dans ton trou, Gelfran. Le délai que Halcal t'a laissé est dépassé.
-Je sais que j'en suis le premier responsable. Mais on peut toujours s'arranger, non?
Cette fois le twi leck exprima un rire moqueur.
-C'est un peu tard, pour ça. Sauf si tu as les cinquante mille crédits que Halcal te réclame. T'es plus doué pour le baratin que pour le sabaak.
-Les cinquante mille crédits ne sont pas dans le coin. Mais si tu me laisses récupérer le vaisseau, je pourrais les rendre à ton boss dans moins d'une heure.
Tous les malfrats s'esclaffèrent en choeur.
-Sacré Gelfran! S'exclama l'homme à coté de Palk. Tu nous fais bien marrer!
-C'était pourtant involontaire de ma part.
Le twi leck aux semi lekkus fut le plus rapide à reprendre son sérieux.
-Pour l'instant, cela ne règle pas ton problème. Ton cargo appartient à Halcal mais le boss vient de nous contacter à l'instant. Tu te baladerais avec un Jedi, y paraît.
Instantanément, tous les regards se braquèrent sur le jeune homme qui tentait de dissimuler tant bien que mal avec son capuchon.
-Dont la prime sur la tête serait très conséquente.
-Navré il n'est pas avec moi, tempéra Gelfran.
-Ah ouais? Beugla grossièrement un autre. C'est qui lui, alors? Fit-il en désignant le corellien de l'index.
-Juste un ami.
-Si le Jedi n'est pas avec toi, reprit Palk, dis-nous où il crèche et nous te laisserons partir.
Le contrebandier prit l'expression de quelqu'un qui s'excusait pour une bêtise qu'il avait commise.
-Me laisser partir? Allons je connais suffisamment Halcal pour me souvenir comment il règle toujours ce genre de litige même quand il a eu gain de cause.
Le twi leck dégaina son blaster pour le menacer.
-T'es pas si bête, mon pote. Maintenant à toi de voir si tu veux souffrir avant de mourir.
Le jeune corellien ne pouvait tolérer que le vieil homme se sacrifie davantage pour lui. Il saisit la crosse de son sabre laser et lui glapit:
-Gelfran, écartez-vous!
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark obéit sans discuter et bondit sur le coté, blaster à la main. Le Jedi le remplaça et s'attaqua en priorité au twi leck qui pressa la détente. Il para le tir avant de lui trancher le poignet.
Le non humain tituba en arrière, en beuglant comme un rancor enragé et en serrant son moignon dans sa main gauche. Puis ses souffrances furent abrégées par un revers de sabre.
Gelfran, quant à lui, se trouva face à deux zabraks à qui il ne laissa aucun loisir pour dégainer leur arme. Il les abattit prestement à bout portant avant de seconder le Jedi qui devait affronter les tirs croisés des trois derniers adversaires encore debout.
Cela se révéla être une formalité et quelques instants après, Gelfran redevint de facto le propriétaire de la Perle du Corsaire. Il déverouilla l'écoutille tandis que le corellien demeura dehors pour surveiller et prévenir l'arrivée d'éventuels renforts ennemis.
Le contrebandier revint vers lui quelques secondes après, le visage contrit.
-Il faut d'abord que je fasse le plein de tibanna.
-D'accord mais dépêchez-vous, le pressa fébrilement le corellien.
-T'en fais pas, gamin. Je n'ai pas plus envie que toi de m'attarder dans le coin.
Oreste ne pouvait s'empêcher de trouver la désinvolture de l'ancien soldat de la République assez déroutante.
Il le sentait dans la Force, ils devaient quitter le monde capital. L'écho froid et familier qui ne cessait de palpiter dans ses perceptions sensorielles depuis quelques minutes, ne cessait de se rapprocher sensiblement.
L'inquisitrice chiss, ce ne pouvait être qu'elle, évidemment.
Il activa de nouveau son sabre laser lorsque des silhouettes firent irruption sur le statioport et empruntèrent sans hésiter le couloir qui menait au quai auxquel le vaisseau de Gelfran était amarré. Grâce à son acuité visuelle, il n'eut aucun doute sur leur identité.
Le Soleil Noir était revenu, avec un armement conséquent.
-Gelfran! Appela Oreste.
-Du calme, je commence seulement à remplir le réservoir.
-Nous n'avons plus le temps pour ça! Faites nous décoller tout de suite, par Centerpoint!
Alors que le Jedi fugitif commençait à repousser les salves de fusil blaster, il l'entendit lui répondre avec sarcasme:
-Pourquoi pas? Si tu veux te retrouver en panne sèche..
Non, Oreste ne parvenait guère à comprendre comment Gelfran conservait son flegme malgré la précarité de la situation.
Comme Ki Adi Mundi le lui avait enseigné jadis, un chevalier digne de l'Ordre Jedi était censé ne pas donner à ses émotions dans une telle situation et à se laisser guider par la sérénité de la Force. Mais voilà bien longtemps que son ancien padawan avait écarté cette leçon à cause des combats sanglants de la dernière guerre.
À cause de ce qu'il avait vu. À cause de ce qu'il avait perdu. À cause de ce qu'il avait enduré.
Alors il puisa au fonds de sa peur pour en extirper sa rage de vivre. Une rage bestiale qui lui permettrait de survivre et de fuir.
Les mercenaires du Soleil Noir progressèrent graduellement pour le harceler sous un barrage de tirs croisés. Oreste tenta de les ralentir en usant avec acharnement de Poussée de Force pour repousser les plus proches d'entre eux.
La Force l'avertit que quelqu'un armait un lance missile. Un rodien sur la droite qui se tenait un genou à terre, derrière un container. De la fumée s'échappa de l'affut, tandis que la roquette ionique vint s'écraser dans le dos du jeune corellien, qui avait invoqué un Bouclier de Force pour se prémunir de l'onde de choc.
Il surprit trois autres malfrats installer à une vingtaine de mètres de lui, un canon blaster sur trépied. Une arme suffisamment puissante pour lui arracher son arme incandescente des mains, s'il tentait de bloquer ses tirs.
Il bondit sur le coté pour esquiver et le premier coup s'écrasa sur la coque de la Perle du Corsaire. Qui fut de nouveau sollicitée chaudement par le canon blaster. Oreste réalisa la gravité de la confrontation.
Ils ne faisaient pas exprès de le rater, ils visaient le cargo de Gelfran.
À défaut de pouvoir le détruire directement sous leur feu, ils l'empêcheraient d'abord de s'enfuir. Ils feraient tout pour lui couper la retraite.
Halcal lui-même n'aurait pu donner cette instruction. Il n'aurait jamais accepté de sacrifier un navire de cette valeur pour une proie coriace dont il n'était pas sûr de tirer le moindre bénéfice. Non quelqu'un d'autre était à la manoeuvre.
Certainement cette chiss dont l'écho sombre dans la Force se rapprochait de plus en plus rapidement.
Alors qu'il tenait sa position tant bien que mal, il aperçut Gelfran qui arracha brusquement la pompe à gaz tibanna pour la jeter sur le permabéton et se ruer vers l'écoutille. Le contrebandier qui avait compris le danger, lui lança en passant:
-Nous n'irons pas plus loin que la Bordure Médiane!
Oreste renvoya deux tirs avant de s'exclamer:
-Ça suffira!
Son nouvel ami laissa à son intention la rampe d'accès déployée alors que les moteurs du cargo corellien s'éveillèrent dans un grondement de plus en plus sourd.
Derrière les soldats du Soleil Noir apparut finalement une silhouette humanoîde fine et athlétique qui brandissait un sabre laser Sith. Sous son sombre capuchon, deux rubis sanglants le fixaient avec avidité.
D'un Saut de Foce aussi majestueux que gracieux, l'inquisitrice chiss Soia Tenn survola les mafieux et se réceptionna sous le nez du Jedi corellien, sa proie qu'elle traquait avec l'acharnement d'un dianoga affamé.
Les lames crépitantes s'entrechoquèrent dans une succession de frappes et de parades alors que tous les autres assaillants concentrèrent tous les tirs sur la coque du navire de Gelfran. Ce dernier avait levé à temps les boucliers déflecteurs qui absorbèrent sans mal tous les impacts, y compris ceux des canons blaster.
Il était évident que la Perle du Corsaire ne contiendrait pas ce déchaînement éternellement et par conséquent l'enjeu pour Oreste était de se débarrasser de la non humaine au service de l'Empire. Mais cette dernière n'était guère disposée à lui accorder ne serait-ce qu'un simple répit.
Elle parvint à lancer son pied dans le flanc, le faisant chanceller et le forçant à reculer. Il bondit sur le coté pour l'éloigner du vaisseau. Elle voulut profiter de son avantage mais elle se heurta cette fois à un bouclier défensif érigé par l'épée ardente de l'ancien apprenti de Ki Adi Mundi. Et à sa résolution inébranlable.
-Pas mal, reconnut-elle. Tu t'es amélioré lors de notre dernière rencontre mais je reste meilleure que toi.
Visiblement vexé par les derniers mots, il appuya sa lame contre la sienne pour abaisser sa garde et lui décocha un coup de poing en pleine figure.
Surprise, elle céda du terrain tandis que sa machoîre l'élançait douloureusement.
-Meilleure? La railla-t-il. Prouvez-le.
Elle épongea le sang qui coula de sa lèvre éclatée, l'expression furieuse.
-Rien de plus facile.
Ses frappes vives et précises sollicitèrent de nouveau son ennemi, qui fut réduit encore une fois à une posture défensive. Cependant, elle remarqua qu'il faisait l'effort de s'appliquer et de résister à ses provocations.
Il apprenait de ses erreurs mais pas encore de toutes..
Alors que la Perle du Corsaire commençait à s'élever au-dessus du permabéton, il poussa un grognement de douleur lorsqu'elle parvint à traverser sa garde et à lui entailler sa cuisse. Il rompit l'engagement, les dents serrées.
-Nous savons tous les deux comment cela finira, lui déclara-t-elle. Rends-toi à moi ou je t'obligerai à ramper jusqu'aux pieds de l'Empereur.
-Les mauvaises surprises, ça arrive.
Gelfran stabilisa enfin son navire et ouvrit le feu. Les quads lasers aboyèrent furieusement et balayèrent les rangs du Soleil Noir en quelques instants. Décimés, les gangsters encore en vie refluèrent hors du statioport.
Abandonnant la chiss qui les harangua vainement.
-Vous devriez les imiter, si vous tenez à la vie, lui fit le corellien.
L'inquisitrice poussa un meuglement de rage avant de se précipiter sur lui.
-Peu importe, je suis assez puissante pour vous détruire toi et ce contrebandier.
Cette fois, Oreste éprouva plus de difficultés à contrer ses offensives débridées et il s'employa davantage en puisant lui aussi dans sa colère et sa peine.
Elle l'obligea à reculer en catastrophe et Gelfran demeura en vol stationnaire suivant leur progression de près. Il attendait le moment propice pour canarder la non humaine mais hésitait, craignant de blesser le jeune homme.
Finalement, l'orage passa et ce dernier parvint à reprendre la main, contenant peu à peu ses assauts frénétiques par des parades expertes du Soresu, qui dévièrent la lame écarlate sur les cotés. Il parvint à la catapulter d'une Poussée de Force soudaine et Gelfran accéléra pour les survoler.
Lorsque Soia Tenn se redressa sur les coudes, elle surprit le Jedi en train de se hisser sur la rampe d'accès déployée d'un Saut de Force.
Avant qu'il ne disparaisse dans la soute.
Puis le cargo corellien grimpa en flèche pour foncer droit sur les cieux de la Cité Galactique. Elle agrippa son comlink pour alerter l'un des destroyers Venators qui patrouillaient en orbite du monde capital.
-Chimaera? Ici l'inquisitrice Soia Tenn. Passez-moi le capitaine Pelleaon tout de suite, intima-t-elle sèchement.
Non, ce Jedi ne devait pas lui échapper.

-Bien joué, Gelfran.
-Merci petit, mais nous ne sommes pas encore tirés d'affaire.
Le corellien venait de le rejoindre dans le cockpit et prit place dans le siège de copilote à coté de lui. Il admira à travers la verrière de transparacier, le sommet des tours de duracier qu'ils venaient de dépasser.
Après l'humidité, la misère et la pénombre des Bas fonds, il profita des rayons ardents de ce soleil dont il avait été privé pendant des jours entiers. Il se sentit renaître.
-Tu es avec moi, gamin?
-Hum oui bien sûr.
Oreste soupira de résignation d'être arraché à son moment de félicité.
-Avec un peu de chance, nous échapperons aux patrouilles orbitales avant qu'elles ne soient alertées.
-De la chance? Ce serait une première, ironisa le Jedi.
Le vétéran partageait son avis.
-C'est ce que je me disais aussi.
Lorsqu'ils entrèrent dans la froideur de l'espace, un destroyer impérial de classe Venator errait en orbite de la planète.
-Je mets le cap sur Brentaal IV, proposa Gelfran qui commençait à entrer les coordonnées sur son navi ordinateur de bord.
Oreste ne répondit pas, fixant l'horizon stellaire scintillés d'astres qui symbolisaient des lueurs d'espoir lointaines. Il songeait à sa première conversation avec l'ancien soldat reconverti en contrebandier.
À ce que Gelfran avait tenté de lui marteler, pour l'empêcher de s'enfoncer dans une vendetta qui n'aboutirait à rien. La République n'était plus, l'Ordre Jedi n'était plus. Il devait surmonter ces pertes et les assumer.
Quand on croit avoir tout perdu, il reste toujours quelque chose à perdre.
Il lui restait sa famille sur Corellia. Sa mère qui l'avait toujours soutenu et cru en lui.. Il devait les retrouver, prendre de leurs nouvelles. Prendre un nouveau départ auprès d'eux ou loin d'eux, quitte à subir des désillusions.
-Brentaal IV est au croisement de la Voie Hydienne et de la Route Commerciale Perlemienne, deux voies hyperspatiales importantes. Nous pourrons nous y ravitailler et à partir de là nous perdre dans la Bordure Extérieure.
-Non, trancha finalement le jeune homme. J'ai une autre destination en tête.
Un éclair de compréhension étincela dans les yeux du contrebandier.
-Ah, tu veux revoir ta famille.
Oreste inclina seulement le menton ensigne d'approbation et son ami lui rendit un sourire complice.
-J'ai assez de carburant jusqu'à Corellia. Et puis ça tombe bien, j'ai quelques affaires en suspens là-bas.
Au moment où Gelfran calcula de nouvelles coordonnées, Oreste intercepta un signal proche émis par le Venator. Qui s'était rapproché pour leur couper la route.
-Ici le capitaine Pellaeon du Chimaera. Coupez immédiatement vos moteurs et préparez-vous à être abordés pour contrôle, terminé.
La voix était celle d'un officier affermi par les combats de la Guerre des Clones. Le nom de Pellaeon n'était pas inconnu au jeune Jedi. Ce n'était ni plus ni moins le commandant de la flotte qui avait accompagné l'armée du Maître Jedi Ronhar Kim dans le désastre de Merson.
Il serait inutile de de tenter de le raisonner de quelque manière que ce soit. Sa résolution possédait la force d'un roc.
-Nous serons bientôt pris dans leurs rayons tracteurs si nous tentons de les semer, fit observer le vétéran.
Cette fois les yeux verts et gris du corellien se teintèrent d'une dureté à laquelle Gelfran commençait à être accoutumé.
-Alors attaquons-les.
Le contrebandier soupira tout en relevant les boucliers à leur maximum.
-C'est drôle, moi qui croyais que les Jedi évitaient de se battre quand c'était possible..
-Parfois, l'attaque reste la meilleure des défenses. La fuite étant impossible, il ne nous reste plus qu'à nous défendre.
Gelfran savait que son jeune ami avait raison. S'ils se laissaient capturer par les impériaux, ils n'espéraient pas de traitement de faveur de leur part. Malgré la probité réputée du capitaine Gilad Pellaeon.
-Bon quel est ton plan?
-Vous avez des missiles ioniques?
-Oui en nombre limité, répondit Gelfran. Je préfère éviter de les gaspiller, ça m'a couté cher de me les procurer.
-Mais cela suffirait à mettre hors service un destroyer de cette taille? Insista le corellien.
-Possible, mais je ne te garantis rien.
Oreste réfléchit une fraction de seconde. L'hésitation et l'angoisse de Gelfran étaient tout à fait justifiées, surtout si ce dernier n'avait jamais utilisé ces gadgets de dernier recours.
Les alarmes de proximité de la Perle du Corsaire qui hululèrent subitement les aida à se décider pour de bon. Le Venator envoyait depuis ses ponts d'envols des escadrons d'ARC et de V Wings à la rencontre des fugitifs.
Qui fonçaient droit sur leurs poursuivants.
La Perle du Corsaire traversa leurs rangs et les tirs de barrage croisés des pilotes clones s'émoussèrent sur sa coque de duracier. Le Venator emplissait maintenant le champ de vision des deux fugutifs traqués par l'Empire.
Les autres vaisseaux civils qui attendaient l'autorisation d'atterrir sur le monde capital s'étaient écartés du destroyer impérial et s'étaient réfugiés hors de l'orbite géostationnaire pour laisser passer les renforts qui décollaient de plusieurs bases à la surface de Coruscant.
Anxieux, Gelfran ne cessait de consulter ses senseurs.
-Quoique tu mijotes, il va falloir faire vite.
-Foncez sur la passerelle de commandement, intima calmement Oreste.
Le contrebandier le fixa comme si le corellien venait de lui annoncer qu'il était sa belle mère.
-Tu es fatigué de vivre petit?
-Faites ce que je vous dit, c'est tout.


-Tous les vaisseaux civils et de fret sont maintenant en attente hors de l'orbite de Coruscant, conformément à vos instructions.
-Merci, lieutenant. Tenez-vous prêt à activer les rayons tracteurs.
-Oui, capitaine.
Gilad Pellaeon fixa ensuite depuis le pont principal du Chimaera le cargo corellien YT-1300 qui tentait d'échapper à son destin. Il avait été informé par l'inquisitrice Soia Tenn de l'identité de ses passagers.
Un contrebandier et un Jedi, un survivant de l'Ordre 66. Les rapports qu'ils avaient reçu des fronts de la Bordure Extérieure au moment de la tentative de coup d'état du Haut Conseil Jedi contre Palpatine avaient été plutôt confus.
Il était seulement certain que les clones s'étaient retournés contre eux sans crier gare. Objectivement, cela ressemblait à un traquenard. Comme celui de Merson pendant la dernière guerre.
À l'origine, il s'agissait seulement d'instaurer une base sur la planète à laquelle ils pouvaient se débarrasser des pirates qui infestaient le secteur. Une mission basique où il s'agissait seulement de renforcer la présence de la République.
Ronhar Kim, le maître Jedi qui menait cette armée avec son padawan céréen Tap Nar Pal, n'avait pas prévu qu'ils fouleraient aux pieds un nid de frelons. Une armée séparatiste cinq fois supérieure en nombre les attendait.
Les combats avaient vite tourner court et Pelleaon avait réussi à rapatrier de justesse sa flotte décimée sans avoir pu secourir les trois quarts de leurs troupes et les deux Jedi piégés à la surface. Personne n'avait survécu à la bataille au sol.
Cette issue funeste avait causé longtemps chez lui un sacré cas de conscience. Mais il était convaincu qu'il n'aurait pu agir autrement.
Il n'avait pas parvenu à sauver deux Jedi sur Merson et voilà qu'il s'apprêtait à en neutraliser un autre. Cela ne manquait pas de le perturber.
Il avait donné l'ordre de larguer la moitié de ses escadrons de chasseur quand un autre officier de pont cria à son intention.
-Capitaine, ils se dirigent vers nous!
Surpris Pellaeon s'approcha des consoles tactiques pour évaluer le problème. Les données affichées indiquaient bien que le cargo corellien avait viré subitement droit sur le destroyer.
Cela n'avait aucun sens pour cet officier qui approchait la quarantaine et qui tirait nerveusement sur sa moustache fournie qui lui conférait un air noble presque aristocratique.
Cette manoeuvre se révélait être du suicide, un acte aussi inconscient que désespéré. À moins que..
-Relevez les boucliers au niveau du pont! Clama-t-il subitement.
-Monsieur? Réagit le subalterne indécis.
Pellaeon répéta cet ordre une nouvelle fois avant d'ajouter:
-Ordonnez aux artilleurs d'intensifier leurs tirs! Qu'ils ne laissent pas s'approcher ce cargo!
Malgré son instinct, il fallut du temps que cet ordre fut correctement interprété pour être exécuté efficacement. Car à l'instant où il fut prononcé, la Perle du Corsaire venait de dépasser la poupe du Chimaera.
-Ils ouvrent le feu! Missiles en approche!
-Lancez les contre mesures! Ordonna Pellaron.
Au moment où l'ombre du cargo corellien boucha son champ de vision, le capitaine du Venator manqua d'être déséquilibre lors de l'impact qui ébranla la passerelle.
-Rapport des dégats!
-Tous nos systèmes sont hors service, capitaine. C'étaient des missiles ioniques.
-Nom d'un..
Il étouffa la fin du juron qu'il s'apprêtait à émettre en vieux corellien.
-Combien de temps avant le redémarrage des systèmes?
-Environ trente secondes, capitaine.
-Et pour les rayons senseurs?
L'officier de pont marqua un temps d'hésitation.
-Euh, cela risque de prendre un peu plus longtemps.
-Soyez plus précis, insista son supérieur.
-Deux à trois minutes. Le temps de recalibrer les paramètres.
Pellaeon tourna les talons, les bras croisés dans le dos pour maîtriser son agacement. Par la baie de transparacier, il observa le cargo se cabrer dans toutes les acrobaties possibles pour semer les chasseurs qui l'encadraient de près.
Ce qu'il parvint à faire peu de temps après en disparaissant dans l'hyperespace.
-Informez l'inquisitrice Soia Tenn qu'ils se sont échappés, fit le capitaine.

Coruscant, quartier général des inquisiteurs

Soia Tenn n'avait jamais douté que Dark Vador n'apprécierait pas du tout la mauvaise nouvelle qu'elle venait de lui confier en personne.
C'est ce que lui valut d'être en cet instant particulièrement maltraitée. La chiss fut de nouveau lancée contre le mur et le choc la sonna une enième fois, lui faisant expulser l'air des poumons. Le Seigneur Noir des Sith ne lui laissait pas le moindre répit.
Elle se forçait à ne pas implorer sa pitié alors que l'impitoyable bras droit de l'Empereur la saisissait sans effort pour la projeter au sol, face contre terre. Une douleur subite transperçait sa poitrine, lui faisant l'effet d'un coup de vibrolame.
Une de ses côtes venait de se briser et elle éprouva de grandes difficultés à respirer. Un liquide poisseux envahissait sa gorge, ce qui provoqua en elle un haut le coeur. Et la poussa à cracher du sang, qui constella le permabéton de petites étoiles rouges sombres.
Avant que Vador ne la souleva pour la faire s'écraser sur la table holographique. L'épaule gauche fut déboitée sous l'impact et elle perdit alors toute sensation du haut du bras jusqu'au bout de ses phalanges.
Le Seigneur Noir des Sith décida enfin que la punition avait été suffisante. Il la laissa se redresser sur ses appuis, hébétée par la violence de la démonstration.
Non, elle était vraiment convaincue qu'elle n'était rien face à lui.
-Vos compétences ont été visiblement surestimées, inquisitrice Soia Tenn.
Elle fixa ses bottes, murée dans le mutisme. Elle n'avait rien à dire pour sa défense et même si c'était le cas, ses mots n'auraient guère été audibles à cause de sa respiration sifflante.
-Dorénavant, le BSI se chargera exclusivement du dossier Oreste Tissan. Avec l'aide du Soleil Noir. Ceci n'est plus de votre ressort.
Elle releva cette fois la tête, s'apprêtant à protester. La paire de rubis sanglants exprimait une contrariété melée à de l'indignation. Elle vivait cette décision comme un affront à son amour propre.
-Monseigneur?
Dark Vador poursuivit de sa voix implacable mécanique.
-Vous êtes loyale à l'Empereur, c'est pour cela que nous vous gardons auprès de nous. Vous resterez désormais cantonnée sur Coruscant. Tout séjour hors planète sera soumis à mon approbation explicite et à celle de l'Empereur.
La chiss encaissa cela avec dignité, réfrénant toute la colère et le sentiment d'injustice qu'elle éprouvait.
-Es-ce bien clair, inquisitrice?
-Oui, maître, parvint-elle à croasser.
-Bien. Votre travail consistera à traquer toutes les menaces qui rodent autour du coeur de l'Empire, dans la Cité Galactique.
Il exhiba de sous sa cape un datapad qu'il lui tendit.
-Vous travaillerez désormais avec l'inquisiteur Probus Tesla. Des rumeurs persistantes mentionnent la présence d'un autre Jedi réfugié dans les Bas Fonds sous l'identité d'un détective privé. Vous vérifierez d'abord tous deux leur véracité et si son existence est avérée, vous le traquerez.
Il accorda une pause pour bien signifier à l'inquisitrice qu'ils avaient terminé. Malgré la souffrance que cela lui causa, elle s'agenouilla pour montrer son respect avant de se retirer lorsqu'il la congédia d'un geste dédaigneux de la main.
Elle s'empressa de prendre la direction de l'infirmerie.
Ce que Vador lui avait infligé n'était pas le plus douloureux. Non la perte de prestige et le cantonnement sur le monde capital l'étaient bien plus pour son orgueil.
Si tu restes en vie Oreste Tissan, je te retrouverai et tu me le paieras, jurait-elle en son for intérieur.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!


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Bonsoir c'est l'heure de la suite!

Corellia, capitale Coronet

Oreste et Gelfran avaient nourri quelques appréhensions lorsqu'ils avaient atterri sur le principal statioport de la capitale. Mais elles furent vite dissipées lorsqu'ils furent certains qu'ils n'étaient pas recherchés dans le système.
Les douaniers s'étaient montré bien plus accomodants lorsque l'ancien Jedi avait pris le risque de décliner sa véritable identité. Les Tissan demeuraient une famille respectée parmi leurs compatriotes bien qu'ils aient déménagé du centre ville pour s'installer dans la banlieue. Le chemin d'Oreste s'écarta alors de celui de Gelfran.
Au moment où ils commençaient à créer une certaine complicité mutuelle.
Le jeune homme avait rassemblé ses maigres affaires avant d'échanger quelques derniers mots avec le vétéran.
-Va retrouver ta famille et fais-toi oublier, fiston. Le meilleur moyen d'être heureux est de profiter des simples plaisirs du quotidien.
-Je vais suivre votre conseil, lui affirma. Même si c'est assez plaisant de l'entendre de la part de quelqu'un qui n'a pas hésité à se mettre à dos le Soleil Noir pour m'aider.
-Heureusement pour nous deux, le Soleil Noir n'est pas fortement implanté ici.
-Quoi qu'il en soit, c'est quelque chose que je n'oublierai jamais.
Gelfran l'accompagna jusqu'en bas de la rampe d'accès. Oreste lui serra la main avant de faire quelques pas. Et de se raviser.
-Comment allez-vous occuper vos journées? Demanda-t-il subitement.
-J'ai des affaires à conclure au Secteur Bleu. Sans parler que j'y compte exercer mes talents au sabaak.
-Ca, je ne crois pas ce soit une bonne idée, lança le corellien comme boutade car il ne se rappellait que trop bien comment s'était terminée leur dernière partie sur Coruscant.
Gelfran étouffa un rire ayant compris l'allusion avant de lui souhaiter:
-Bonne chance et bonne vie à toi, Oreste.
-Que la Force soit avec vous, Gelfran.
Le contrebandier lui adressa un dernier signe de main avant de disparaître dans la soute de la Perle du Corsaire.
Oreste ignorait si il le reverrait de sitôt. Il y avait de fortes chances que ce ne soit pas le cas. Il rajusta son sac contre le flanc, accroché par l'épaule alors qu'il admirait les sommets des tours de duracier du centre ville de Coronet.
Tout en apparence, y respirait le calme et l'insouciance. Par miracle, Corellia avait échappé aux ravages de la dernière guerre et il priait intérieurement pour que cela continue ainsi. Si la Force le voulait, peut-être que la paix imposée par un Empire despotique lui permettrait paradoxalement de retrouver le Jedi qu'il devrait être.
Et de méditer sur les erreurs, les fautes qu'il avait commises. Les crimes qu'il avait commis. Il était peut-être temps d'avancer.
En espérant que l'Empire ne le suivait pas à la trace.
Il s'avança vers la sortie du statioport et héla le premier aéro taxi qu'il aperçut. Contre une poignée généreuse de crédits, le chauffeur l'emmena à travers les couloirs de circulation aériens vers la lisière de la capitale.
Tout au long du trajet, il passa devant les musées célèbres à travers la galaxie pour les trésors historiques qu'ils abritaient notamment sur l'épopée de l'expansion de la République et le rôle décisif des corelliens dans la découverte des principales voies hyperspatiales. Il eut l'occasion d'apercevoir l'ampleur de l'affluence des touristes issus de d'autres mondes du Noyau, qui n'avait pas tari pendant la guerre et semblait reprendre de plus belle depuis la fin des hostilités.
Il traversa le carrefour où l'un de ses frères avait péri dans un banal accident de circulation. Qu'il avait prédit mais pas su empêcher.
Plus il s'approchait du nouveau pavillon familial, plus son appréhension croissait sur la nature de l'accueil qui lui serait réservé. Soulagerait-il des angoisses nées à la suite de la Purge lancée par les impériaux ou ne rencontrerait-il qu'une hostilité générale qui le forcerait à repartir?
Il serait bientôt fixé.
Le chauffeur le déposa l'entrée d'un grand portail de duracier qui barrait l'entrée du domaine des Tissan.
Oreste promena ses yeux verts et gris qui s'attardèrent sur une holocaméra accrochée en haut sur sa droite. L'objectif se braqua sur lui et une voix nasillarde lui demanda mécaniquement:
-Veuillez vous identifier.
-Oreste Tissan.
-Identification en cours.
Au bout de quelques instant:
-Identification positive, bienvenue monsieur.
Le portail s'écarta lentement, suffisamment pour le laisser passer avant de se refermer dans un claquement sourd.
Devant lui, s'étalait un jardin brillant de mille teintes colorées qui rappellaient les miracles que la Force pouvait accomplir en créant la vie. Après avoir tant connu les horreurs de la guerre, l'existence d'un tel paradis pouvait sembler surréaliste.
Une allée droite traversait ce manteau de pétales resplendissantes et d'épines acérées de roses provenant d'espèces différentes. Et menait à l'entrée d'une demeure imposante, qui avait l'allure d'une forteresse antique aux tours tronquées.
À mi chemin, une silhouette féminine ressemblant à une brindille fragile était penchée sur l'une des roses qu'elle était en train de tailler. Accompagnée d'un droïde protocolaire qui l'assistait dans cette tâche. Malgré la distance qui l'en séparait et grâce à l'ouïe qu'il avait aiguisée par sa formation de Jedi, Oreste l'entendit distinctement déclarer sous le chapeau de paille qui la coiffait:
-Cet électro sécateur est usé, il faudra penser à le changer.
-Bien maîtresse, répondit docilement le serviteur d'un ton monocorde.
Le jeune homme ne put se retenir de tressaillir de joie lorsqu'il reconnut le timbre de la voix de sa mère. Il aurait du le parier car la botanique avait toujours constitué pour elle un refuge, pour ne pas dire une passion.
Il s'avança à pas posés pour attirer son attention et ne pas l'effrayer.
Elle se tourna rapidement vers lui, preuve que le temps n'avait pas altéré sa vivacité d'esprit. Malgré les rides qui flétrissaient son visage en profondeur. Une étincelle de bonheur incommensurable étincela néanmoins dans ses yeux lorsqu'elle le reconnut.
-Salut maman.
-Oreste? Fit-elle abasourdie.
Figée comme une statue, bouche bée, elle se jeta pour étreindre son fils trop longtemps éloigné d'elle. L'enfant prodigue de retour chez lui, le lui rendit.
-Nous t'avons tous cru mort lorsque l'Empire a été proclamé. Comme tous les autres Jedi.
-Désolé de ne pas vous avoir donné de nouvelles, s'excusa-t-il. Mais j'ai du me montrer discret.
Comme si elle souhaitait se libérer d'un poids, elle enchaîna:
-La CorSec a arrêté tous les Jedi corelliens quelques jours après. Ils ont été ensuite transférés sur Coruscant.
-Que sont-ils devenus?
-Personne n'a plus eu de leurs nouvelles.
Étant au fait de la nature de cet Empire, Oreste savait très bien ce que les derniers mots signifiaient. Malgré leurs relations tumultueuses avec le Haut Conseil de Coruscant, l'Empire n'avait pas oublié que certains Jedi de Corellia avaient participé à l'effort de guerre de la République.
Notamment Nejaa Halcyon à la bataile de Praesetlyn.
Voilà pourquoi ils n'avaient pu bénéficier de la moindre clémence. Dans les révélations apportées par sa mère, un détail avait troublé Oreste.
-Tu dis que la CorSec a livré les Jedi corelliens à l'Empire? S'écria-t-il indigné.
La CorSec n'était autre que les abréviations des forces de sécurité qui n'avaient cessé de collaborer étroitement avec cette branche spéciale de l'Ordre Jedi depuis Keiran Halcyon plusieurs décennies auparavant.
-Ils n'ont fait qu'obéir au Diktat, répondit sobrement Rebecca Tissan d'un air soucieux.
-Le Diktat?
Elle garda le silence, se contentant de l'emmener par le bras jusqu'à l'entrée.
-Plus tard, tempéra-t-elle. Il faut d'abord annoncer la nouvelle de ton retour à tout le monde.
Il traîna alors le pas, gagné par une anxiété de plus en plus croissante.
-Je ne crois pas que je suis le bienvenu, maman.
-Oh si, insista-t-elle. Bien plus que tu ne le crois.
Elle semblait entièrement convaincu de ce qu'elle croyait. Ils montèrent les marches avant de traverser un vestibule où les attendait un autre droïde protocolaire.
-Maître Tissan, quelle joie de vous revoir après tant d'années d'absence.
-Moi je suis heureux de te retrouver, Pégase. Content que tu n'aies pas fini à la casse, ajouta le jeune homme avec un sourire plus élargi
-Merci monsieur.
-Pégase, veux-tu bien prévenir tout le monde?
-Certainement, madame. Tout le monde sera ravi de constater que maître Tissan paraît ne souffrir d'aucun disfonctionnement de mouvement.
Ils gagnèrent alors le salon, qui était reproduit à l'identique de celui de leur somptueux appartement au coeur de Coronet.
Avec cette fontaine au doux clapotement d'eau versé avec parcimonie sur les rebords, devant laquelle une jeune fille blonde était assise, plongée dans la lecture intense d'un datapad. Elle releva la tête lorsque sa mère avec qui elle partageait les mêmes traits l'appela doucement:
-Litia, nous avons de la visite.
La jeune corellienne devint livide lorsqu'elle croisa le regard de son frère. Celui-ci ne souvenait que trop bien de ce jour où ses pouvoirs furent révélés et de l'hostilité distante de sa cadette dont il avait été pourtant proche avant ce jour fatidique.
Elle se leva pour lui faire face. Ses traits n'exprimaient plus cette ancienne hostilité mais du soulagement bien au contraire.
-Oreste, tu as survécu!
Elle se précipita dans les bras d'un Oreste agréablement surpris qui répondit d'une voix enjouée par ces retrouvailles plus chaleureuses qu'il n'avait osé l'espérer.
-Salut frangine, tu as poussé dis donc!
La cadette Tissan atteignait ses dix neufs ans, étant devenue une femme corellienne de belle prestance certainement convoitée par les plus beaux partis du coin.
-Tu en as des choses à raconter, je pense, fit-elle avec insouciance.
Une insouciance qu'Oreste ne partageait plus lorsqu'il se rappella les morts qu'il avait laissés dans son sillage. Il lui faudrait jouer subtilement avec la vérité s'il ne voulait pas susciter le moindre effroi.
-Toi aussi j'espère, parvint-il à rétorquer sans rien laisser paraître.
Il retrouvait ce qu'il avait de plus précieux, une famille, et commençait à culpabiliser de manquer de sincérité.
Quelques instants après, Pégase ramena dans son sillage un homme âgé et à l'embonpoint prononcé. Sans doute plus provoqué par les soucis que par l'hygiène de vie. Des cernes s'étaient creusées sous ses yeux et ses traits ridés semblaient montrer qu'il commençait à accuser le coup des pressions exercées à son encontre, en tant que membre du conseil d'administration de la Corporation Technique Corellienne.
Dalmon Tissan passa une main sur le haut de son crâne dégarni par une calvitie rampante, un tic nerveux qui témoignait de la tension qui l'habitait. Tension qui s'évanouit aussitôt lorsqu'il étudia son fils de la tête aux pieds.
Il lui démontra son affection d'une courte étreinte avant de lui demander sans préambule:
-As-tu été suivi?
Son angoisse troublait les flux de la Force.
-Non pas que je sache, lui affirma Oreste sans hésiter.
Il le sentit se détendre légèrement.
-Que se passe-t-il donc sur Corellia? Fit ensuite le Jedi fugitif.
L'atmosphère s'alourdit davantage.
-Ce qu'il se passe dans le reste de la galaxie, répondit son père.
Une autre présence fut détectée par Oreste. Celle d'un homme plus jeune que lui et qui le considérait avec froideur.
Glev Tissan ressemblait physiquement beaucoup à Oreste, se différenciant cependant par des taches de rousseur qui constellaient ses joues. Il venait d'apparaître derrière son père et traînait des pieds. Visiblement peu ravi de revoir son aîné.
Son hostilité électrisait les perceptions sensorielles de l'ancien apprenti de Nejaa Halcyon.
-Tu ne dis pas bonjour à ton frère, Glev? Interrogea sa mère.
-Pourquoi, je devrais?
-Glev.., tenta sa soeur pour l'apaiser.
Le cadet se rangea à la hauteur de son père, qui secoua la tête d'un air déçu s'attendant à une joute verbale virulente.
Il tendit un index accusateur à Oreste.
-Si tu avais sauvé Baran de son fichu accident de landspeeder, les choses seraient différentes.
-Je n'étais pas sur place quand c'est arrivé, se défendit le Jedi qui comprit tout de suite que la rancoeur de Glev demeurait profondément ancrée.
-Tu savais pourtant que cela lui arriverait. Et tu n'as rien fait.
Oreste se mordit la lèvre de dépit, se souvenant avoir fait part de sa vision à sa mère. Qui avait du le confier immanquablement au reste de sa famille.
-Tu aurais pu utiliser tes pouvoirs de Jedi pour le sauver!
-Ce n'est pas comme ça que ça marche, Glev. Rien de ce que j'aurais pu faire n'aurait changé quoi que ce soit.
-Épargne-moi tes foutaises de podoo!
-Cela suffit Glev, intervint finalement le père.
Dalmon Tissan tombait à point donné, car l'irritation commençait à saper le calme du Jedi qui trouvait injuste la hargne de son cadet à son encontre.
Il ne pouvait être tenu responsable des actes des autres, surtout quand il s'agissait de Baran Tissan.
-Je pense que l'on devrait tous se réjouir du retour d'Oreste, ajouta solennellement Dalmon. Il a du courir des risques incroyables pour rester en vie et nous retrouver.
-Les Jedi sont recherchés par l'Empire, papa, contra Glev.
-Et tu penses à le leur livrer? Répliqua Lidia sèchement en croisant les bras de défi.
Pris de court par cette pique, Glev balbutia.
-Mais non, pas du tout.
Oreste perçut néanmoins que son frère cadet nourrissait quelques arrières pensées à ce propos. Il lui faudrait se méfier de lui à tout hasard..
-Je disais seulement qu'il nous mettait en danger en restant avec nous.
Bien que pourvue de sens, son argument fit bondir sa mère.
-Il est hors de question que tu le chasses de cette maison! Même en étudiant cette option, ce n'est pas à toi qu'il revient d'en décider!
-En effet Rebecca a raison, affirma Dalmon. De toute façon, même s'il nous mettait en danger, Oreste fait partie de la famille. Si sa présence te perturbe tant, tu peux prendre tes affaires et partir d'ici, Glev. Après tout, tu es adulte n'es-ce pas?
Remis à sa place, le cadet serra la machôire. Après cet échange, Oreste commençait à posséder une idée plus précise des relations intrafamiliales. Ces dernières ne semblaient pas au beau fixe entre Glev et le reste du clan Tissan.
Il se doutait bien que sa présence avait des chances de les exacerber. Pour l'instant, il avait l'intention de rester.
Il s'adapterait si la Force le voulait.
-Je vais demander à Pégase de te préparer la chambre dans l'aile ouest, lui proposa sa mère. Et je vais te laisser t'y installer, n'hésite pas à demander à Pégase si tu as besoin de quoique que ce soit.
-Ce sera parfait maman, merci beaucoup.
Avant qu'il n'emboîte le pas au droïde protocolaire, Dalmon ajouta:
-Au dîner, nous t'informerons de tout ce que tu auras besoin de savoir.
-D'accord, à tout à l'heure.


-Même ici, Palpatine n'a cessé d'avoir des sympathisants.
Dans la salle à manger, le silence studieux était troublé par les explications de Dalmon à son fils au milieu des bruits de mastications, de fourchettes et de cuillères qui dépeçaient les mets servis par Pégase.
Le jeune Jedi s'était assis entre sa mère et sa soeur, faisant face à son père et à son cadet. Qui semblait totalement indifférent à ce qui se passait autour de lui.
-Notre système a toujours nourri un sentiment d'autonomie voire d'indépendance vis-à-vis de la République. Et notre position dans la galaxie a une importance stratégique.
-J'en déduis que Palpatine a voulu éviter que nous basculions du coté séparatiste, fit remarquer Oreste qui picorait avec sa fourchette le steak de Nerf tendre et délicat cuit à point.
-Dans ce cas il s'inquiètait pour rien, ajouta Litia. Nous n'avions pas plus confiance dans la Confédération des Systèmes Indépendants que dans la République.
Dalmon termina son verre avant de se faire reservir du brandy corellien.
-Dans l'ensemble, il est vrai que la plupart des gens préféraient la neutralité et ne pas se méler de la guerre en cours.
-Le problème est que la République tout comme les séparatistes ont rallié des partisans à leur cause, déclara sa femme Rebecca.
-Ce qui a provoqué dans Coronet et dans d'autres villes, sur d'autres planètes, des manifestations de soutien, des émeutes et des bagarres de rue. Avec Litia, nous allions faire du shopping mais nous avons cessé de le faire.
-Nous nous sentions en danger.
-Et les autres Jedi corelliens? La CorSec? Personne n'était censé assurer la sécurité?
Ses parents échangèrent des regards désabusés lorsqu'il posa cette question.
-La moitié des Jedi corelliens avaient rejoint la première ligne aux cotés de la République. Comme ton premier maître Nejaa Halcyon, ajouta son père.
-Ceux qui restaient ici étaient malheureusement débordés, fit sa mère qui demandait à Pégase de lui passer le sel.
-La situation est devenue tellement critique que notre gouvernement n'a pas eu d'autre choix que d'appeler la République à l'aide.
Les traits d'Oreste se crispèrent lorsqu'il devina que Palpatine avait profité de l'aubaine pour renforcer son emprise sur le système corellien.
-Je vois, fit-il finalement en reposant son verre devant lui. Je crois que j'ai deviné la suite de l'histoire.
Il promena ses yeux verts et gris, certain qu'il concentrait l'attention de tous. Y compris celle de Glev qui gardait obstinément le silence depuis le début du repas familial.
-Les clones ont donc investi Coronet pour aider la CorSec à rétablir l'ordre public. En veillant à n'arrêter que les agitateurs pro séparatistes, tout en se montrant compréhensifs envers les partisans de la République. Lesquels ont fini par acquérir de plus en plus d'influence avec la discrète bénédiction de Palpatine.
Personne ne releva ses déductions.
-Lorsque l'Empire a été proclamé, un coup d'état pro impérial a renversé le gouvernement en place au profit du Diktat. Lequel a lancé une purge locale contre les opposants potentiels dont les Jedi corelliens avant de négocier un retrait complet des troupes impériales en échange d'une loyauté totale envers l'Empire. Corrigez-moi si je me trompe.
Litia s'éclaircit la gorge devant ce pénible exposé lucide.
-C'est ce qui s'est passé à un détail près. L'Empire ne s'est pas totalement retiré du système.
Dalmon Tissan approuva d'un hochement du menton, tandis qu'il versait dans son assiette le contenu d'un saladier dans lequel baignait un ragout épicé de traladon.
-Oui, ils maintiennent une présence militaire ici même.
-C'est étrange, je n'ai pas vu de troupes en ville, réagit Oreste avec perplexité.
-Ils restent cantonnés dans leur base à la demande du Diktat. Pour ménager la susceptibilité de nos concitoyens.
-Pour l'instant, appuya sa femme.
Inquiet à cause de la remarque de sa mère, le Jedi se pencha pour demander:
-Ont-ils envisagé de prendre le contrôle des entreprises comme la Corporation Technique Corellienne?
-Pas pour le moment. Apparamment, l'Empereur a compris que pousser son avantage risquerait de provoquer des réactions violentes.
Oreste attrapa la carafe d'eau que Pégase lui tendait.
-Bref la situation n'est pas réjouissante mais elle pourrait être pire, résuma-t-il avec une pointe d'amertume.
-C'est que la plupart des gens se disent, confirma Rebecca Tissan. Voilà pourquoi les protestations ne sont pas à l'ordre du jour.
-Personne ne critique le Diktat? S'étonna Oreste.
-Ceux qui ont essayé ont été réduits au silence.
Pendant quelques secondes, plus personne ne songea à poursuivre la conversation sur ce thème. Il n'y avait plus rien d'autre à ajouter là-dessus. Jusqu'à ce que Rebecca demanda à son fils:
-Quels sont tes projets, Oreste?
-Pour l'instant, je n'y ai pas réfléchi. Je veux être d'abord certain que je ne suis pas recherché par la CorSec.
-Je connais un moyen de le savoir, confia son père. Je dispose de pas mal de relations dans la CorSec, je poserai la question discrètement.
-Dans le meilleur des cas, j'aimerai travailler à la Corporation Technique Corellienne.
Glev sortit alors de sa réserve en le raillant:
-Comme concierge?
Oreste se contenta de le fusiller du regard avant de l'ignorer. Tandis que sa mère posa la main sur son avant bras pour lui signifier son soutien.
Dalmon ne tarda pas à la suivre.
-Ce ne sera pas évident mais je ferai tout pour convaincre la direction de t'accepter. Malgré les risques que cela pourrait nous faire courir. L'avantage est que tu pourras travailler avec Glev, en tout cas le voir assez souvent.
-Tu parles d'un avantage, se moqua ouvertement Litia.
L'intéressé ne releva pas d'abord la pique, trop absorbé dans la contemplation du steak de Nerf à moitié englouti dans un fond d'huile melée au ragout épicé.
-J'espères que tu ne me restera pas dans les pattes, grogna-t-il peu après à l'adresse du Jedi.
-Ne t'en fais pas pour ça, répliqua l'ancien rescapé de Mygeeto d'un ton également acerbe. Je saurai m'intégrer, je n'aurais pas besoin de ton aide même si tu me le proposais gentimment.
-Je n'avais pas l'intention de t'aider, même si tu me le demandais gentimment. Comme tu as refusé d'aider Baran quand il avait besoin de toi.
Glev repoussa sa chaise en arrière dans un crissement de plastacier froissé, se levant pour se retirer de table. Mettant fin à la dispute qui venait à peine d'être entamée.
Le dîner se conclut dans un mutisme plus pesant que jamais.

Et voilà, j'espère que cela vous a plu! Bonne lecture et à la prochaine ;) !


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MessagePublié: 04 Mai 2017, 21:38 
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Bonsoir! voilà la suite! ma fan fic fait désormais un peu plus de 130 pages ;) ..

-Glev a décidément bien changé depuis ma dernière venue, ici.
Oreste et sa mère faisaient ensemble les cent pas dans l'allée principale alors que les rayons agonisants du soleil couchant faisaient miroiter les nuances joyeuses des roses qui contrastaient avec l'amertume des préoccupations familiales.
-La mort de Baran a été difficile à vivre pour lui. Pour nous tous, déclara sa mère.
-Glev n'était pas le seul à croire que j'en étais responsable.
-Moi je ne l'ai jamais pensé, insista sa mère.
Elle accentua la pression de ses doigts fins sur son poignet. Il lui adressa un sourire, reconnaissant pour tout le soutien qu'elle lui avait apporté.
-Tu étais la seule.
-Au début, oui. Mais les gens peuvent changer Oreste. Ton père et ta soeur étaient heureux de ton retour.
-C'est vrai, je ne m'y attendais pas du tout. Pour Glev par contre..
Il laissa sa phrase en suspens.
-Il a besoin d'un peu plus de temps, vous étiez inséparables avant que maître Halcyon ne te forme, lui déclara sa mère.
-La mort de Baran a brisé le lien qui nous unissait. Il ne sera pas réparé de sitôt.
Au loin le soleil Corell disparut à l'horizon, les ombres s'étendant au-dessus du magnifique jardin du domaine familial.
-Au fait, Litia fréquente toujours cet imbécile de Mrask? Lança-t-il subitement pour changer de sujet.
Le sourire de Rebecca Tissan rida davantage ses traits usés par le temps.
-Ils se sont disputés récemment, lui confia-t-elle. Tu comptes t'en méler d'une façon ou d'une autre? Je me souviens que tu ne le portais pas vraiment dans ton coeur.
-Non certes. Je te rassure cependant, je ne compte pas m'ingérer dans sa vie privée.
-Très bien, j'irai lui annoncer la bonne nouvelle, plaisantait-elle en riant.
Ils continuèrent à déambuler dans le jardin et Rebecca prit plaisir à montrer à son fils les roses dont elle avait pris soin dans la journée.
Oreste se laissa prendre au jeu sans difficultés tandis qu'il admirait à la lueur des nano projecteurs les divers tons colorés, un régal pour quiconque ne se lasserait jamais des bienfaits de la nature. Des bienfaits de la Force sur le cosmos.
Il prit conscience à quel point la botanique et l'entretien de ce jardin de ses propres mains avait permis à sa mère de ne pas sombre dans l'angoisse d'un hypothétique retour d'Oreste. Devenu incertain après le lancement de la Purge.
Se sentant lasse, Rebecca lui avoua:
-Je vais me coucher même si je ne suis pas sûre de trouver le sommeil. Te revoir m'a tellement bouleversée.
-Je comprends, j'aurai du mal à dormir aussi, ne t'inquiète pas.
Ils se serrèrent encore une fois dans les bras avant qu'elle ne prit congé de lui. Il la regarda s'éloigner avant de fixer d'un air songé le paisible ciel étoilé de son monde natal. Il s'asseya en position de tailleur, pour entamer une médiation légère.
Avait-il pris la bonne décision en revenant parmi les siens? Après tout il n'avait fait qu'honorer l'une des traditions des Jedi corelliens. L'attachement à leur famille, prohibé pourtant par le Haut Conseil depuis des millénaires.
Maître Halcyon, éclairez-moi de votre sagesse, priait-il inétrieurement.
Il avait entendu dire que des anciens padawan arrivaient à percevoir l'esprit de leur instructeur depuis les profondeurs de la Force.
Alors il s'y immergea entièrement et attendit.
Mais la Force ne lui parla pas. Cela l'irrita au plus haut point, car il n'acceptait pas que le lien avec son premier mentor se soit terni avec le temps.
De dépit, il se plongea plus ardemment dans la méditation. L'espace et le temps se convulsèrent dans son esprit et il vit..
Il s'agissait d'une planète perdue de la Bordure Extérieure, isolée des principaux carrefours commerciaux. Sa surface était composée d'une faune et d'une flore sauvage, composée notamment de pins d'une hauteur peu commune.
Un paysage désolé se présenta à lui, un désert rocailleux et accidenté, fragmenté où la vie se développait difficilement. Au milieu se dressait un pic isolé soutenu par des contreforts montagneux imposants.
Sur l'étroit sentier qui menait au sommet, l'entrée d'une caverne se présentait sur la route. Une bouche béante et froide dans laquelle il cherchait à entrer.
Flottant à quelques mètres devant lui, un bâton surmonté d'un pommeau s'interposait sur son chemin, l'empêchant d'aller plus loin.
-Prends-le, l'encouragea une voix dans son dos.
Il pivota sur ses appuis et activa son sabre laser, le halo vert éméraude de sa lame crépitante révélant la sombre silhouette encapuchonné d'un membre de l'Ordre Jedi. À en juger par les nuances marécages de sa bure et de sa tunique, il ne pouvait que s'agir d'un Jedi corellien. Cependant un capuchon ample recouvrait entièrement ses traits.
-Prends-le, lui répéta l'étrange Jedi.
-Pourquoi? Osa l'interroger Oreste.
-Il permettra d'accomplir ta destinée.
Le jeune homme étudia de nouveau l'objet qui praissait n'attendre que l'on s'empare de lui. Il se doutait que cela ne pouvait être une babiole ordinaire.
-Quelle destinée?
Il devina un sourire qui élargissait les lèvres de son interlocuteur.
-L'obscurité est ton avenir, lui répondit-il seulement.
Comme sur Mygeeto, il s'extirpa brutalement de sa transe les yeux écarquillés et affolés. Avant de bondir sur ses appuis, le sabre prêt à l'emploi.
Il se détendit quelques instants plus tard, lorsqu'il comprit qu'il n'avait à craindre aucune menace. Il était toujours dans ce jardin, au domaine de sa famille. Sur Corellia.
Une brise légère s'éleva, comme pour tenter d'apaiser son anxiété qui lui faisait battre les tempes. Que signifiait cette nouvelle Vision de Force? Quel message y était dissimulé?
Il espérait vivre assez longtemps pour connaître la réponse. Avant de se persuader qu'il était préférable au contraire qu'il ne la découvre pas.

Coronet, Secteur Bleu, deux jours plus tard

Gelfran Delen repoussa sa bière loin de lui pour concentrer son attention sur l'homme assis en face de lui. Celui-ci un peu plus jeune que lui, alluma sa pipe qui répandit bientôt autour de sa nuque grisonnante des bouffées de fumée épaisse.
L'individu du nom de Bison'ki toussa rudement avant de lâcher d'une voix rugueuse:
-Impossible.
Gelfran lâcha, visiblement surpris:
-Comment ça, impossible? Nous nous étions pourtant mis d'accord sur le prix.
Le contrebandier s'était toujours senti chez lui dans le Secteur Bleu. Bien qu'ayant une réputation sulfureuse, cet endroit demeurait bien plus chaleureux que les Bas Fonds de la Cité Galactique ou certains mondes périlleux de la Bordure Extérieure comme Nar Shadaa et Tatooine. Des rumeurs prétendaient que les malfrats locaux les plus influents auraient passé des accords avec la CorSec, qui toléraient leurs activités jusqu'à un certain point.
Les gangsters autochtones comme Bison'ki évitaient donc de s'engager dans des activités dégradantes comme l'esclavage, laissé aux cartels hutts et au Soleil Noir. Préférant contrebande et divers trafics.
Dans ce bar cabaret bien plus présentable que les vulgaires taudis des autres systèmes du Noyau de la Galaxie, Gelfran avait le pressentiment qu'il allait devoir négocier le prix de sa cargaison qui patientait dans sa soute.
Comme d'habitude.
-Bon d'accord, soupira-t-il. Je te fais une ristourne, un prix d'ami. Disons 45 000, ca te va?
-10 000, pas un crédit de plus, rétorqua posément le corellien.
Cette fois le contrebandier s'insurgea.
-Tu crois vraiment que tu peux m'arnaquer comme ça?
-Les choses ont changé, Gelfran.
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark surprit l'inquiètude qui luisait dans le regard de son interlocuteur. Même si celui-ci conservait une voix calme et posée.
-J'ai appris ce qui s'est passé à Coruscant, il y a peu. Tu t'es mis à dos le Soleil Noir.
-Et alors, tu m'as affirmé que tu ne craignais pas le Soleil Noir, insista l'ancien milicien de Ranulph Tarkin.
-Tant que la guerre durait. Mais le Prince Xizor et son syndicat ont maintenant les faveurs de l'Empire. As-tu réfléchi au poodoo dans lequel tu t'es fourré en t'associant avec un Jedi corellien?
Gelfran eut le sentiment que la cantina dans laquelle il négociait ses transactions devenait beaucoup moins hospitalière d'un seul coup. C'était bien la première fois que Bison'ki montrait une telle froideur à son égard. Comme s'il était devenu un pestiféré.
Dire qu'il le considérait presque comme un ami.. la déception n'en était que plus amère. Il avait perdu l'envie de finir sa bière.
-Tu as donc décidé de me brader?
-Ta came est devenue trop chaude. C'est le meilleur prix que je puisse te proposer, car je t'aime bien. Personne dans le coin n'accepterait de te rencontrer.
-Quelle générosité! Ironisa Gelran. Tu crois que je vais accepter?
Le corellien hocha la tête de dénégation.
-Je ne l'espérais même pas. Je pensais que tu comprendrais le message.
Frustré, le contrebandier se leva de table sans terminer son verre.
-C'est assez clair, en effet.
Il comprit qu'il ne pourrait plus conclure ici la moindre affaire. Ils ne se reverraient plus, Bison'ki craignait apparamment que l'Empire et le Soleil Noir ne s'intéressent trop à lui. Même dans ce système marqué par un esprit indépendantiste, l'Ordre Nouveau commençait à imprégner les consciences.
-Je ne pensais pas que tu te laisserais effrayer à ce point, Bison'ki. Surtout que le Soleil Noir n'est pas vraiment implanté dans ce système.
-Cela ne tardera peut-être pas à devenir le cas. Prends soin de toi, Gelfran et bonne chance. Enfin pour ce que ça vaut..c'est moi qui t'offre le verre.
Pendant toute sa vie, le contrebandier n'avait jamais recherché la compassion. Mais il ne s'opposa pas à sa proposition.
Alors qu'il s'éloigna, Bison'ki lui lança:
-Quitte Corellia tant que tu le peux encore.
Gelfran lui répliqua par dessus son épaule.
-J'ai un blaster et un bon vaisseau, je n'ai pas grand chose à craindre.
Il n'attendit pas davantage les adieux du corellien et se retrouva dans la rue. Plongée dans la nuit, mal éclairée par des nanoprojecteurs défectueux.
Comme les précédents gouvernements, le Diktat ne paraissait pas tant préoccupé que ça par les conditions de vie des habitants du Secteur Bleu. Même si la CorSec y maintenait une certaine présence.
Gelfran arpentait la rue pour emprunter une ruelle encore plus sombre et humide qui lui permettait de gagner du temps. Non pour retourner au statioport mais pour trouver à qui il pouvait fourguer sa cargaison périssable.
Il songea à l'avertissement de Bison'ki, se demandant s'il devait réellement s'en inquièter. Le receleur corellien avait trahi une certaine angoisse, le Soleil Noir et l'Empire le suivaient-ils vraiment à la trace?
Cela ne faisait que deux jours qu'il avait atterri sur Corellia, ils ne pouvaient pas être aussi rapides que Bison'ki semblait l'escompter.
Trois silhouettes apparurent devant lui, leurs pupilles fendues transperçant les ténèbres épaisses. Des trandoshans. Certainement des amis de Povsk..
-Tu es l'humain qui s'appelle Gelfran?
Leur irruption impromptue aurait pétrifié n'importe qui, mais il avait connu la peur lors de la bataille du Mont Avos. Il posa ostensiblement la main sur son holster, nul doute qu'ils l'avaient remarquée grâce à leur nyctalopie.
-Hum je pense qu'il y a erreur, les gars.
-Ne nous prends pas pour des tétards tombés du nid. Pvoks était notre frère de couvée, insista le trandohan à sa droite.
-Pvoks? J'en ai aucun souvenir, désolé.
-Et Boiz, ca te parle ptet? Lança une voix rauque derrière lui.
Un weequay et quatre autres comparses venaient de s'aligner dans son dos. Deux d'entre eux le tenaient en respect avec leur arme dégainée.
-Salut les gars! Comment va Halcal?
-Beaucoup mieux quand on lui aura ramené tes morceaux, répliqua un natif de Sriluur avec un sourire narquois.
-Eh vous cinq! On était là avant vous! Intervint un trandoshan.
-Ne vous mélez pas des affaires du Soleil Noir.
Mauvaise idée, pensa Gelfran. Les trandoshan étaient réputés dans la galaxie pour leur tenacité de chasseur. Et la première chose qui les rendait enragés donc dangeureux était de se faire piquer leur proie.
Visiblement, ces weequays ne le savaient pas. Ou ils s'en moquaient éperdument.
-On en a rien à carrer de votre Soleil Noir, beugla l'un des reptiloïdes. Nous l'avons trouvé le premier!
-Foutez le camp, les lézards!
-De quoi tu nous as traités?
Gelfran vit alors briller dans le poing d'un des trandoshans la lame d'une vibrodague qui se planta en un battement de cils dans la gorge du weequay qui avait prononcés les paroles fatales. La riposte de ses congénères fut immédiate.
L'ancien vétéran eut la présence d'esprit de se jeter au sol, une fraction avant qu'ils n'ouvrirent le feu impulsivement. Certains tirs se perdirent dans les ténèbres mais pas tous. Un trandoshan fut abattu à bout portant mais ses deux acolytes eurent le temps de faucher avec des vibro épées deux weequays qui ne s'étaient pas écartés à temps.
Avant d'être liquidés à leur tour par les deux autres malfrats du Soleil Noir. Ces derniers tournèrent ensuite leur blaster vers Gelfran qui était la raison de leur venue. Mais l'ancien soldat de la République avait conservé d'étonnants réflexes.
Il s'était relevé prestement et ne leur laissa pas le temps d'ajuster leur cible. Il les acheva de deux tirs de blaster bien placés.
Il considéra la scène du carnage pendant quelques instants, déduisant qu'il avait peu de chances d'être inquiété si la CorSec menait son enquète. Les enquèteurs locaux classeraient l'affaire comme un règlement de comptes.
Non le fait que le Soleil Noir ait retrouvé sa trace, l'inquiètait davantage. Voilà pourquoi il devenait maintenant impatient de fourguer sa cargaison le plus vite possible au premier venu. Et si possible au meilleur prix.

Voilà! ce sera tout, à la prochaine!


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MessagePublié: 08 Mai 2017, 21:46 
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Bonsoir! voilà la suite de ma fan fic dont j'espère qu'elle est plaisante ;) !

Coruscant, quartier général des inquisiteurs impériaux, le lendemain

Dark Vador étudiait silencieusement l'holoimage d'un lannik borgne qui flottait au-dessus de lui dans la salle d'opérations. À ses cotés se tenait l'inquisiteur Probus Tesla qui maintenait son capuchon rabattu sur sa tête.
Les lannik étaient des extraterrestres caractérisés par une petite taille et de grandes oreilles pointues. Celui qu'ils fixaient avec intérêt n'était autre qu'un ancien maître Jedi en fuite, un rescapé de l'Ordre 66.
Son nom était Even Piell.
Lorsqu'il était devenu le padawan d'Obi Wan Kenobi peu après la bataille de Naboo, il se souvint l'avoir vu participer aux cérémonies de la paix en compagnie des plus éminents membres du Haut Conseil tel que maître Yoda.
Cet Even Piell possédait peu avant le lancement de l'Ordre 66 un apprenti du nom de Jax Pavan, dont le corps n'avait pas été retrouvé. Présumé donc vivant lui aussi jusqu'à preuve du contraire.
-Les témoignages que vous avez recueillis sont-ils fiables, inquisiteur Tesla? Demanda le Sith.
Le subalterne s'anima fébrilement. Il connaissait maintenant assez bien le bras droit de l'Empereur pour ne pas oublier qu'il lui fallait répondre franchement.
-Oui monseigneur, lui affirma-t-il avec conviction. Il n'existe pas beaucoup de lannik borgne recherchés par l'Empire.
-L'avez-vous localisé avec certitude?
-Aux alentours du secteur Zerek. C'est une piste que j'ai l'intention de creuser avec votre permission, Seigneur Vador.
Cette permission, Le Sith la lui accorda d'une simple inclinaison du menton. Mais l'inquisiteur humain ne s'était pas encore retiré.
-Vous avez quelque chose d'autre à me confier, Tesla? Lui fit-il remarquer.
-Oui, à propos de l'inquisitrice Soia Tenn. Elle a accompli sa tâche mais sans enthousiasme aucun. Je crains que cela ne ruine..
Vador leva une main impérieuse pour l'interrompre.
-J'en fais mon affaire. Occupez-vous de traquer ce Jedi, Tesla.
-Bien monseigneur. Comme il vous plaira.
L'inquisiteur fit volte face pour retourner au travail. Et tomba nez à nez avec une chiss encapuchonnée qui le scrutait froidement de ses yeux rubis sanglants sur le seuil.
-Inquisitrice Tenn, je vous attendais, l'appella Vador.
Elle s'écarta pour laisser passer Probus Tesla avant de se ranger à la hauteur du Seigneur Noir du Sith qui agita les doigts, faisant disparaître l'hologramme d'Even Piell.
-Vous m'avez demandé, monseigneur?
La respiration rauque du Sith souffla à travers le vocodeur alors qu'il pivotait lentement face à la chiss. Cette dernière s'inclina instinctivement d'une courte révérence.
-En effet, j'ai eu vent de votre manque de motivation concernant le soutien que vous avez apporté à l'inquisiteur Probus Tesla dans le cadre de son travail.
-J'exécute les ordres que vous me donnez monseigneur, au nom de l'Empereur. Mais je persiste à penser que mes talents seraient mieux employés ailleurs.
Dark Vador resta figé comme une statue, visiblement partagé sur ce qu'il comptait faire d'elle.
-Vous semblez en être sincèrement convaincue. Cet Oreste Tissan vous obsède, c'est une chose que l'Empereur ne tolèrerait pas.
Malgré le reproche, Soia Tenn nota la mesure dont il faisait preuve. Un bon signe, selon elle..
-Néanmoins, ce Jedi corellien au même titre que tous les autres survivants constitue une menace à la sûreté de l'Empire.
-Vous avez du nouveau? Fit-elle vivement, mue par une intuition soudaine.
Par cet éclat, elle trahissait l'ambition de régler ce qui constituait pour elle un différent personnel. Sous son masque de terreur, Vador s'en amusait.
-Je savais que cela vous intéresserait. J'ai lu plusieurs rapports des forces de sécurité locales sur les troubles à l'ordre public éventuellement causés par les survivants de la purge. Du Noyau jusqu'à la Bordure Extérieure.
Il remua la main droite avec nonchalance et l'image d'un monde sphérique aux couleurs respirant la vie et l'harmonie se matérialisa devant eux deux.
-Sur Corellia, les cadavres de cinq membres du Soleil Noir ont été retrouvés par la CorSec dans la capitale. Plus précisément dans un secteur parmi les moins réputés de la ville, le Secteur Bleu. Les enquèteurs locaux ont conclu à un règlements de comptes sur fonds de guerre des gangs.
-Corellia est l'une des rares planètes où le Soleil Noir a une influence quasi absente, fit remarquer la non humaine.
-En effet. C'est pourquoi ces cadavres ont suscité mon attention. Je ne suis pas convaincu par la version des corelliens.
-Vous pensez qu'ils nous ont menti?
Le Seigneur Noir des Sith dévisagea attentivement la face avide de l'inquisitrice.
-Improbable, la loyauté de leur gouvernement nous est acquise. S'ils nous ont dissimulé des détails, c'est plus à cause d'une incompétence crasse que d'une mauvaise volonté.
-Pourtant le Soleil Noir n'a pas envoyé ses hommes de main par hasard.
-Non, c'est juste.
Un éclat de convoitise étincela davantage la paire de rubis oculaires sanglants de l'inquisitrice.
-Ils ont retrouvé Oreste Tissan.
-Plutôt le contrebandier qui l'ai aidé à nous échapper, corrigea Vador. Gelfran Delen. J'ai pris le temps d'étudier son dossier.
Il lui tendit un datapad dont elle s'empressa de lire le contenu.
-Un vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark, fit-elle avec une moue méprisante. Plutôt insignifiant.
-Ne le mésestimez pas. Si c'est un ancien soldat, cela signifie qu'il possède plus de ressources qu'on le croit.
-Avec le Soleil Noir à ses trousses, cela m'étonnerait qu'il survive longtemps.
-La source d'informations qu'il représente pourrait se tarir si nous n'intervenons pas rapidement.
Cette fois, Soia Tenn ne masqua pas davantage le sourire qui étirait ses lèvres. Enfin elle avait regagné ses galons...
-Je suis prêt à partir pour Corellia, Seigneur Vador.
-Si Oreste Tissan y a trouvé refuge, votre tâche sera de le retrouver tout en vous assurant de la loyauté du Diktat. Prenez le contrôle de leurs forces de sécurité et ne laissez personne vous mettre en travers de votre chemin. Notre Empire n'est pas encore consolidé, n'hésitez pas à vous montrer impitoyable.
-Vous pouvez me faire confiance, monseigneur.
Vador avait la certitude qu'elle pensait ce qu'elle disait.

Corellia, Coronet, siège de la Corporation Technique Corellienne, trois jours après le retour d'Oreste

-Monsieur le directeur ne va pas tarder à vous recevoir, monsieur Tissan.
Dalmon Tissan remercia la secrétaire mirialan d'un sourire courtois.
-Merci, Tahi.
Elle s'éclipsa et il en profita pour glisser un coup d'oeil de connivence au twi leck beige qui patientait nerveusement à coté de lui en époussetant les plis de sa toge. Ce n'était autre que son fils Oreste Tissan.
-J'étouffe là-dessous, grogna-t-il en secouant ses faux lekkus qui pendaient à l'arrière de son crâne.
-C'est pour ta sécurité.
Le jeune homme ne contredit pas son père sur ce point. Il se calma en admirant le panorama urbain qui s'étendait sous ses yeux verts et gris depuis le dernière étage de la tour abritant les bureaux de la Corporation Technique Corellienne.
-Je sais, concéda-t-il dans un soupir.
Ce déguisement était le résultat d'un plan que lui et son père avaient concocté. Ils avaient mis au point une couverture pour le mettre à l'abri de la curiosité de l'Empire et de ses collaborateurs locaux.
Aux yeux de tous les étrangers à sa famille il serait maintenant Ers Arik, un étudiant ingénieur natif de Ryloth qui venait effectuer son stage à l'entreprise corellienne dans le cadre de son cursus scolaire. Toute une biographie avait été élaborée pour que Oreste puisse entretenir une conversation avec n'importe qui et faire face à n'importe quelle question personnelle.
Pour parfaire cette couverture, un compte avait été ouvert à son nom factice à la Banque Centrale de Corellia dont les données étaient réputées inviolables. Dalmon Tissan lui verserait tous les mois une somme conséquente via d'autres comptes écrans, une pratique courante dans le monde des affaires et lui louerait un appartement qu'il possédait dans le quartier huppé des Cinq Lunes.
Oreste y avait déjà déposé ses affaires.
-J'espère seulement qu'à la CorSec, un enquèteur pro Diktat ne viendra pas fouiner.
Dalmon se rapprocha pour lui poser une main réconfortante sur l'épaule.
-Pas d'inquiétude à ce sujet. Je connais un ami à la CorSec qui nous préviendra en cas d'enquète menée sur toi.
-Comment peux-tu être certain de lui faire confiance?
Dalmon s'assura en tournant la tête que personne n'entendrait sa réponse.
-Tu n'es pas le seul Jedi corellien à avoir survécu à la Purge, confia-t-il mystérieusement.
-Attends une minute, s'exclama vivement Oreste, qu'es-ce que ça veut dire?
-Moins tu en sais, moins tu auras besoin de mentir.
Son fils répliqua effrontément.
-Je saurais mieux mentir que toi, que tu craches le morceau ou pas.
Dalmon vérifia une nouvelle fois qu'ils n'attiraient pas l'attention. Avant de se pencher à son oreille pour lui murmurer d'un ton de conspirateur:
-L'ami dont je te parlais s'appelle Rostek Horn. Il abrite un homme du nom de Valin, sensible à la Force. Le fils de ton premier mentor.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon sentait que son père rechignait à lui dévoiler plus d'information à ce sujet.
-Bon je m'en contenterai pour le moment. J'avais seulement besoin de savoir à quel point ton ami était fiable.
Soulagé que le sujet soit clos, son père se détendit.
-Et j'espère aussi que Glev ne caftera pas, lança Oreste.
Son frère cadet était parti travailler tôt ce matin à l'entreprise dans laquelle il espérait lui-même être recruté. Sans doute pour l'éviter..
Bah, qu'auraient-ils à se dire de toute façon?
-Il ne trahira pas la famille, lui affirma son père.
-N'en sois pas aussi certain. Je suis un Jedi au cas où tu l'aurais oublié et j'ai senti par intermittence qu'il en mourait d'envie.
Une lueur de tristesse passa dans le regard de Dalmon qui partageait ce point de vue.
-Je sais, avoua-t-il dans un souffle résigné. Mais tant que je serai vivant, je lui ai juré pas plus tard que ce matin que je le chasserais de mon toit et qu'il perdrait son boulot s'il s'y abaissait.
Oreste pensa que ce genre de menaces sur une personne emplie de ressentiment ne pouvait être qu'une arme à double tranchant. Mais il n'exprima pas cette pensée à haute voix, préférant la garder pour lui.
L'essentiel était pour lui de prendre un nouveau départ.
Enfin, après une attente interminable, la secrétaire mirialan revint les voir.
-Monsieur le directeur vous attend.
Elle les introduisit dans le bureau du directeur qui les accueillit avec un large sourire affable. Oreste comprit en voyant leur étreinte réciproque la véritable force de l'amitié qui liait son père à son hôte qui avait pour nom Rodav Tam.
Ce dernier qui était aussi âgé que son père se distinguait par une allure plus fine et grande. Des sourcils hauts et épais blanchis par le temps surmontaient une figure sérieuse aux traits aimables.
-Vous tombez à pic, le Diktat me rend la vie impossible.
-Pourquoi que vient-il de se passer? S'enquit le père du rescapé de l'Ordre 66.
Rodav eut un geste d'agacement.
-Trois fois rien. Ils me demandent de présenter de nouveaux contrats à la Marine Impériale, de concevoir de nouveaux modèles de vaisseaux révolutionnaires. Plus facile à dire qu'à faire devant le monopole des chantiers de Kuat ou de Fondor..quelle bande d'imbéciles.
Oreste masqua un sourire, ravi que le directeur ne portait pas le Diktat dans son coeur.
-Enfin, nous aborderons ce sujet à la prochaine séance du conseil d'administration. Je vous en prie, installez-vous confortablement tous les deux. Il me reste du Rhyscate d'hier soir.
-Avec plaisir, Rodav.
La mirialan leur présenta deux fauteuils dans lesquels ils s'enfonçèrent avant de s'éclipser avec la permission de son supérieur.
-Les brouillages sont activés. Nous pouvons parler librement.
Rodav leur tendit à chacun une petite assiette contenant des restes émiettés de ce fameux gâteau corellien, une spécialité locale culinaire.
-Je suis sincèrement heureux que ton fils ait survécu à la Purge, commença le directeur qui fixa intensément le jeune homme droit dans les yeux.
Les poings de celui-ci se crispèrent sous le coup de la surprise alors que son père se contentait de hocher la tête.
-Nous le sommes tous, confia Dalmon.
-Pourquoi le lui as-tu dit, papa?
Sans paraître déconcerté par l'éclat de son fils, il répondit posément.
-Parce que cela ne servirait à rien de lui mentir.
-Ton père pourra te confirmer que j'ai la désagréable habitude de m'intéresser à l'historique de mes employés avant de les accepter. La couverture consistant à se faire pour un étudiant twi leck n'aurait pas tenu longtemps.
-Bon, eh bien puisque les choses sont dites..
Oreste soupira avant de poursuivre:
-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée d'être venu ici.
-Au contraire, rétorqua Rodav qui se servit du brandy corellien. Bien que tu sois un Jedi, tu es avant tout un corellien. Donc un compatriote pour moi. Si tu sais faire preuve de discrétion, je te protégerai du mieux que je pourrais.
Oreste fut convaincu à cet instant qu'il n'était pas si mal loti que ça en fin de compte. Un peu plus confiant dans l'avenir, il croqua à pleine dents dans le Rhyscate.
-Eh bien, merci.
-Pas de quoi, lui répondit Rodav Tam. Ton père m'a aidé à maintenir à flots l'entreprise, je suis heureux de rendre ce service.
-Nous avons décidé de t'affecter au département de comptabilité, l'informa son père. Tu aimais beaucoup les mathématiques quant tu étais petit, non?
-C'est vrai, confirma-t-il.
Rodav reposa son verre sur la table.
-Alors j'espère que tu parviendras à t'intégrer. Bonne chance, jeune homme.
L'ancien fugitif comprit que l'entretien était terminé pour aujourd'hui. Pour une fois, les choses se déroulaient mieux qu'il ne l'espérait.
-Merci, monsieur. À tout à l'heure, papa.
-À plus tard, fils.
Remettant correctement ses faux lekkus derrière la nuque après s'être relevé, Oreste s'inclina respectueusement et gagna la sortie. Pour commencer une nouvelle vie dans la Corporation Technique Corellienne.
Peu après, Rodav se plaça devant la baie de transparacier pour observer l'horizon de Coronet, rejoint bientôt par son ami proche.
-Il faudra que ton fils change de déguisement à l'avenir, Dalmon.
-Pourquoi? S'étonna l'autre. Tu as une dent contre les twi leck, maintenant?
Dalmon Tissan perdit son sourire lorsque le front de Rodav s'assombrit sous le coup des soucis.
-Le Diktat a l'intention de mettre en place une législation restreignant les droits des non humains sur Corellia et dans le reste du système. Ils m'ont..hum comment dire..encouragé à favoriser les humains au sein de l'entreprise.
-Que leur as-tu répondu?
-D'aller voir sur Centerpoint si j'y étais.
Ils échangèrent un rire complice.
-Nous employons beaucoup de non humains, fit remarquer Dalmon en recouvrant son sérieux.
-Dont certains sont plus compétents que les humains. Les givins du département de Statistiques et Conjonctures, par exemple. J'ai tenté de faire comprendre à ces crétins du Diktat qu'ils étaient indispensables.
-Imagines les conséquences si nous virons les dralls et les séloniens.
-Oui, cela plongerait le système dans une quasi guerre civile. Une situation dont profiterait le Diktat pour appeler l'Empire à l'aide, écraser ses ennemis intérieurs et régner sans partage sur les Cinq Mondes.
Dalmon Tissan secoua la tête de dépit.
-J'ai bien peur que nous ne puissions rien faire contre ça. J'ai entendu parler de ce qui se passe sur Coruscant et dans d'autres systèmes contre les aliens. Je n'y croyais pas une seule seconde mais maintenant..
-Maintenant, nous devons nous battre pour que Corellia ne devienne pas comme l'Empire.
-Même si nous risquons de tout perdre, Rodav? Le conseil d'administration pourrait ne pas te suivre.
-Et élire à ma place un autre directeur.
Rodav et Dalmon savaient parfaitement de quoi ils parlaient. Beaucoup de membres de ce conseil partageait l'idéologie pro impériale du Diktat sur les notions d'ordre, de sécurité. Et de suprématie de la race humaine.
-Nous devons montrer l'exemple Dalmon. En espérant que nous ne serons pas seuls dans ce combat. Es-tu avec moi?
Il tendit une main que le père d'Oreste s'empressa de serrer entre ses doigts.
-Tu peux compter sur moi, Rodav.
-Merci, je savais que tu ne me laisserais pas tomber.

Coronet, siège de la CorSec

Le lieutenant des Forces de Sécurité Corellienne Rostek Horn accueillit froidement l'inquisitrice impériale Soia Tenn, venue faire respecter la volonté de l'Empereur sur ce monde connu et craint pour ses tendances autonomistes.
Si la chiss fut honorée avec servilité, elle sentit dès lors qu'elle croisa le regard de Horn qu'elle affrontait une autre paire de manches. Notamment quand il lui demanda poliment mais sèchement:
-Refermez la porte derrière vous, je déteste les courants d'air.
Elle agita négligemment les doigts, exauçant son voeu.
-J'espère que vous ne vous permettrez pas de continuer à me prendre de haut, persifla-t-elle. Ce n'est pas une visite de courtoisie, lieutenant Horn.
-Je ne suis pas stupide. Je sais très bien pourquoi vous êtes venue.
Rostek Horn qui consultait un rapport, posa le stylu sur la table avant de repousser sa chaise en arrière.
-Vous recherchez Oreste Tissan et accessoirement vous souhaitez vous assurer que nous ne nous rebellerons pas contre l'Empire.
-Vous n'êtes pas stupides, c'est vrai. Même si vous n'avez pas encore appris à rester à votre place. Je suis persuadée que vos supérieurs s'en chargeront mieux que moi.
-C'est une menace?
Soia Tenn réprima un rictus de dépit. Elle était consciente du fait qu'elle ne l'intimidait pas, elle avait affaire à un corellien pur jus. Un homme idéaliste qui croyait en ce qu'il faisait et qui osait l'affirmer avec culot quand cela lui chantait.
Quitte à risquer sa vie.
-Non c'est un simple constat, répondit-elle avec une lenteur calculée. Cessons maintenant ces prises de bec et gagnons du temps. Je viens vous voir pour que vous me remettiez votre rapport sur le règlement de compte qui a eu lieu dans le Secteur Bleu.
Horn haussa les épaules d'indifférence.
-Je ne vois pas en quoi ça pourrait vous aider.
En fait, il ne le savait que trop bien. Et Soia le percevait aisément.
-Je pense que vous perdez votre temps.
-Cela ne vous concerne plus, lieutenant. Continuez à servir les interêts de l'Empire.
-Je ne sers que Corellia, la défia-t-il.
Elle appuya avec un sourire mesquin une dernière pique.
-N'es-ce pas la même chose?
Elle quitta la pièce, satisfaite que le corellien n'ait pas tenté de riposter cette fois. Il s'autorisa à murmurer pour lui-même:
-Non, ce n'est pas la même chose. Beaucoup finiront par l'apprendre.
Rostek Horn en était persuadé. Même si l'Empire commençait à étendre sa domination sur l'ensemble de la galaxie, la rébellion couvait..

Voilà ce sera tout! à la prochaine!


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MessagePublié: 13 Mai 2017, 22:59 
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Bonsoir! c'est l'heure de la suite!

Attention, pour vous récompenser de votre fidélité, vous avez droit à une petite scène de vapodouche :twisted: :lol: !

-Tu as déjà encaissé des datachèques?
-Non, ce sera la première fois.
Oreste répondit à la question sans fioritures mais détectait grâce à la Force le dédain qu'il inspirait à son futur collègue du département de comptabilité de la Corporation Technique Corellienne. Il comprit que cela était du à son déguisement de twi leck.
Pas de chance, il était tombé sur un raciste pro humain. Un sympathisant du Diktat donc, voire peut-être un militant impérial.
-Eh bien, j'espère que tu apprendras vite. Je n'ai pas envie de te pouponner.
-Pas d'inquiètude.
La perspective de servir de tuteur ne ravissait pas l'employé, un humain à peine plus âgé que lui. Qui possédait l'air austère d'un quelconque gourou religieux.
-Voilà ton poste de travail. C'est quoi ton nom déjà?
Oreste se retint de lever les yeux au plafonds. Voilà que ce crétin lui posait la question pour la troisième fois. C'en était vraiment vexant mais il décida de prendre sur lui.
-Ers Arik.
-Cela ne paye pas de mine, on dirait presque un nom d'humain. Tu ne l'aurais pas piqué à quelqu'un par hasard?
Cette fois l'ancien padawan de Neeja Halcyon préféra demeurer dans un mutisme éloquent. Et étudia l'environnement dans lequel il allait travailler.
Il s'agissait d'un espace qui occupait la moitié du 63èm étage, contenant une vingtaine de personnes regroupés et divisés en plusieurs open space. D'un geste de la main exagérément péremptoire, le guide lui présenta un ordinateur devant lequel il s'installa.
Il commençait à ranger ses affaires personnelles lorsque son tuteur appella une jeune femme brune d'un ton autoritaire.
-Beliem, tu veux bien lui montrer ce qu'il a à faire?
-D'accord Andars, accepta-t-elle.
Le coeur d'Oreste bondit de joie lorsqu'il reconnut sa compatriote rencontrée il y a bien longtemps sur les bancs de l'école. Et qui avait été la seule en dehors de sa mère à continuer de lui parler.
Ils ne s'étaient plus revus depuis des années, précisément depuis que la Guerre des Clones avait éclaté.
Ses traits joliment sculptés avaient conservé une fraîcheur insouciante, ses cheveux coiffés en queue de cheval tombant légèrement derrière sa nuque.
Elle le fixait avec une intensité particulière de familiarité bienheureuse et non de curiosité distante. Elle l'avait reconnu, ce qui le désempara bien plus plus qu'il ne l'avait prévu. Puis il se rappella la comédie qu'il devait jouer lorsqu'elle lui tendit la main.
-Beliem. Bienvenue au département de comptabilité.
Il lui serra timidement les doigts avec une gaucherie inaccoutumée.
-Merci. Euh.. Ers Arik.
-Bon on ferait mieux de commencer tout de suite. Je n'ai pas envie d'avoir Andars sur le dos. Pour ma part, je supporte cet idiot depuis trois ans.
Oreste vit l'autre collègue hors de portée de voix, en train de rabrouer une mirialan en des termes peu élogieux.
-Ton père m'a apprise hier que tu avais survécu. Tu n'imagines pas à quel point j'ai été heureuse.
Il répondit spontanément.
-Oui, j'ai eu de la chance.
-On se verra ce soir chez toi, d'accord? Ton père m'a donné ta nouvelle adresse.
Avant qu'il puisse l'en empêcher, elle l'embrassa sur la joue et une chaleur empourpra ses joues, heureusement dissimulées par son déguisement couleur beige. Pour ses débuts, il aurait beaucoup de mal à se concentrer sur le travail.
-Euh, d'accord. À partir de quelle heure?
-Vingt heures standart. J'ai mon entraînement d'holoball avant.
Maintenant qu'elle lui en parlait, elle lui semblait être un peu plus athlétique qu'avant la guerre.
-Bon, fit-elle pour changer de sujet. Pour encaisser les datachèques, on se sert d'un progiciel facile à utiliser.
Elle le guida lentement et calmement, lui montrant en détail chaque étape qu'il devait accomplir rigoureusement. Notamment les références inscrites sur ces documents électroniques qui étaient ensuite scannés à la Banque Centrale de Corellia qui débitait les comptes des clients de la Corporation Technique Corellienne.
Après s'être assurée qu'il avait bien assimilé la démarche, elle lui adressa un dernier sourire encourageant.
-N'hésite pas à m'appeler en cas de problème. À toute à l'heure.
-D'accord.
Il aurait voulu discuter plus longtemps avec elle et la regarda s'éloigner à regrets. Mais heureusement ce n'était que partie remise.
Après quelques instants de flottements, il saisit le premier datachèque au-dessus de la pile pour l'encaisser dans le progiciel. Un nouveau départ pour lui.

Sa première journée de travail passa relativement vite et son père vint le retrouver devant le turbo ascenseur en début de soirée.
Ils attendirent de profiter d'une certaine intimité pour parler.
-Ta journée s'est bien passée, papa?
-À merveille.
Le ton de Dalmon Tissan dénotait le contraire. Le jeune homme n'insista cependant pas.
-Et toi, fiston?
-J'ai revu Beliem, je comprends encore mieux pourquoi tu m'as fait affecter au département de comptabilité.
Dalmon esquissa un sourire malicieux et nonchalant.
-Elle devait être heureuse de te revoir, je suppose. Tu ne m'en veux pas de ne pas t'en avoir parlé avant?
-Pourquoi, je devrais? Je dois la retrouver tout à l'heure chez moi, enfin dans l'appartement que tu as fait louer pour moi dans les Cinq Lunes.
Avant de descendre au rez de chaussée, son père lui accorda dans un souffle:
-Je comprends. À demain, Oreste.
-À demain, p'pa.
Ils se séparèrent lorsque les battants du turbo ascenseur s'écartèrent devant eux. Ils ne pouvaient pas échanger un mot de plus, sans risquer d'attirer l'attention.
Gagnant la sortie, le jeune corellien se retrouva dans la frénésie urbaine d'une capitale planétaire où les habitants se dépêchaient de regagner le confort de leur chez soi. Cela évoquait une sorte de ruche qui pourrait pu ébranler voire rendre fou ceux qui n'avaient pas l'habitude de tolérer ce type d'environnement.
Oreste avait grandi dans cette ville puis dans la Cité Galactique. Il préféra rejoindre à pied le Secteur des Cinq Lunes. Tout au long du chemin, il sentit certains regards peser sur lui. Certains de ses compatriotes le considéraient apparamment comm un métèque indésirable.
Cela le choquait et l'attristait.
Au sein du Temple de Coruscant, il avait cotoyé des condisciples provenant de diverses espèces et de cultures. Il avait appris à l'accepter et à l'apprécier, contrairement à certains citoyens ordinaires de la République.
Maintenant que l'Empire avait déchu l'ancien régime démocratique de son piédestal vacillant, leur xénophobie se dévoilait de plus en plus explicitement. Le sort des non humains allait devenir de moins en moins enviable.
Oreste avait nourri le secret espoir que Corellia échapperait à la norme, mais il s'était fourvoyé. Même si les partisans de la doctrine suprématiste n'étaient pas la majorité de ses compatriotes, les heures sombres guettaient le système. L'Empire ne manquerait pas d'exploiter cette incertitude politique pour raffermir son emprise.
En usant du Diktat comme d'un pantin malléable.
Il pénétra enfin dans le Secteur des Cinq Lunes et freina pour répérer l'adresse exacte sur la datacarte du quartier, que son père lui avait prêtée.
Il s'attendait à ne pas passer inaperçu avec ses faux lekku qui alourdissaient son crâne. Sans parler du fait que l'un des appendices dissimulait son sabre laser en cas de problème.
Non, il ne passerait pas inaperçu.
Mais il ne prévoyait certainement pas d'attiser une hostilité latente.
-Fichue Tête de Ver! Comme si les dralls et les séloniens, ça ne suffisait pas!
Il serra les poings de fureur contenue tout en passant son chemin. Sous les insultes d'un adolescent corellien levant le poing dans sa direction.
Il parvint enfin devant un immeuble qui trônait d'une majesté qui n'avait rien à envier à celles des tours de Coruscant. Il se pencha vers le scan rétinien qui lui déverouilla l'entrée et entra dans le turbo ascenseur.
Son appartement se situait au 92ème étage au fonds du couloir. Là aussi, un scan rétinien en barrait l'entrée.
Il franchit le seuil pour étudier ce qui n'était qu'un studio, certes exigu mais confortable. Il disposait de tout ce qu'il possédait à portée de main. Ce soir, Beliem devait venir pour partager le dîner avec lui.
Il ouvrit le haloréfrigérateur et fut soulagé de constater qu'il n'aurait pas à faire les courses. Le garde manger était bien fourni, grâce à son père..
Il se demanda comment il allait tuer le temps jusqu'à l'arrivée de Beliem. Il renonça à consulter les flash d'informations Holonet, certainement inondés par la propagande impériale qui vanterait ses valeurs sectaires d'ordre et de sécurité.
Puis il se décida à se plonger dans une méditation du Vide, comme le lui avait enseigné Neeja Halcyon. Il se débarrassa d'abord de son déguisement de twi leck et respira beaucoup mieux lorsqu'il recouvrit son apparence d'humain, le libérant d'un carcan étouffant. Il dépouilla le faux lekku du sabre laser qu'il dissimulait pour le poser sur la table basse.
Puis il s'assit en tailleur, le buste droit, ses paupières refermées sur ses yeux verts et gris. Espérant bénéficier cette fois de la paix d'un véritable serviteur de la Force.
Après tout, pourquoi n'y aurait-il pas droit? Il avait décidé d'abandonner tout ce qui l'avait lié à sa vie de Jedi, à la guerre et les fureurs des champs de bataille. Du sang innombrable qu'il avait fait déverser.
Il avait décidé de laisser derrière lui les conséquences de ses erreurs, de ses fautes. Des crimes qu'il avait commis, des trahisons qui l'avaient souillé.
Alors, pourquoi n'y aurait-il pas droit? Les dernières méditations ne lui avaient pourtant pas été d'une grande réussite. La Force serait-elle cette fois clémente à l'égard de son âme?
Peut-être..
Plongé dans sa transe, des images immergèrent ses pensées.
Dans cette clairière perdue au milieu des grands pins, il brandissait son sabre laser vert émeraude contre une ombre imposante qui le frappait mécaniquement avec sa lame crépitante au halo ensaglanté.
Il recula devant cette avalanche de coups de massue pour tenter de se désengager.
Mais il perdait ce combat et n'avait aucun espoir de renverser l'issue du duel. Son adversaire le dominait. Pire, il l'écrasait.
-Rejoins l'Empire, Oreste Tissan, l'encouragea celui-ci sûr de sa victoire. Ne méconnais plus cette obscurité qui te ronge.
La voix de son antagoniste troublait le silence de la nuit, un mélopée monocorde et mécanique qui annonçait un destin funeste. Le sien.
Il parvint à repousser une nouvelle attaque mais savait qu'il ne parviendrait pas à repousser la prochaine.
-Jamais, je ne vous rejoindrai. Malgré tout ce que j'ai fait.
-Et tu en as fait bien plus que tu ne le croyais. Tu es allé plus loin qu'aucun autre Jedi n'aurait pu rêver.
L'ombre qui l'assaillait et le tentait ramena son sabre vers son corps. Dévoilant une sombre silhouette sinistre recouverte d'une armure intégrale de la tête aux pieds. Et il l'entendit..
Cette respiration rauque qui perçait à travers ce masque, symbole de la mort qui le guettait en cet instant fatidique.
-Vous dites la vérité, mais ce n'est pas pour autant que je me rallierai.
-Alors l'Ordre Jedi s'éteindra avec toi.
L'ombre s'avança et leva son arme de brasier incandescent pour asséner le coup de grâce. Oreste releva la sienne pour contrer son ennemi.
En vain.

Tout disparut dans le néant.
Il rouvrit les paupières précipatemment. Tandis qu'un nom synonyme de malédiction perpétuelle demeura incrusté dans son esprit.
Dathomir.
Le monde sur lequel son ancêtre Alan Tissan avait péri. Le monde sur lequel son destin serait peut-être scellé.
Non, il ne pouvait pas finir ainsi! Surtout s'il était le dernier des Jedi comme ce mystérieux adversaire le lui suggérait. Il ne laisserait jamais cela s'accomplir! Il devait survivre comme il l'avait réussi à le faire jusque là.
À n'importe quel prix.
Quelqu'un sonna à la porte, le tirant de ses préoccupations immédiates. Il fut surpris de se trouver nez à nez avec Beliem qui affichait un sourire radieux.
-Je ne t'attendais pas de sitôt, avoua-t-il confus.
-Entraînement annulé. Du coup je suis passé faire quelques courses, fit-elle en lui présentant un sac de victuailles.
Il la laissa finalement entrer et elle laissa choir le sac sur la table, déversant son contenu. Oreste étudia les legumes aux formes bigarrées.
-J'ai l'intuition que tu vas nous préparer une recette élaborée, lui lança-t-il avec ironie.
-Si tu crois que cela va t'épargner la corvée, répliqua-t-elle sur le même ton. Sors donc la halosoupière.
L'ancien padawan d'Halcyon gloussa avant d'agiter les doigts. Usant de la Force pour amener à son amie l'ustensible demandé. Elle lui demanda ensuite de couper les légumes en de fines tranches délicates, un exercice qui se révéla ardu pour le jeune corellien.
-Visiblement on ne vous a pas appris à faire la cuisine au Temple de Coruscant.
-En fait, on avait des droïdes pour ça.
Elle le laissa finir puis jeta les morceaux dans la halosoupière remplie d'eau, qu'elle fit bouillir peu après. Tandis qu'elle aspergeait le tout de sel et de poivre, elle lui décocha une nouvelle boutade.
-J'espère que tu sais mieux t'occuper des enfants.
C'était une plaisanterie mais Oreste devint livide. Des souvenirs désagréables remontant à la campagne de Mygeeto où il avait croisé des colonnes de réfugiés qui fuyaient la ville, causaient son trouble.
Les regards de ces enfants muuns et de leurs familles privées de leur foyer continueraient de le hanter par intermittence pendant longtemps.
-Oreste?
La jeune femme s'était approchée pour lui prendre la main, et il reprit sa contennce.
-Je.. ce n'est rien. Je repensais à la guerre, c'est tout.
Un éclat de compréhension et de compassion passa dans le regard de Beliem.
-Je ne peux pas imaginer ou même comprendre ce que tu as pu endurer. Mais si tu as besoin de parler, je serai toujours là.
Au fonds de son coeur, le jeune rescapé de l'Ordre 66 a toujours ressenti de la tendresse pour elle. Mu par le désir, il se pencha vers elle et plongea ses verts et gris dans les siens. Elle n'avait pas reculé d'un millimètre.
Leurs lèvres entrèrent en contact et ils goutèrent cet instant en s'enlaçant délicatement dans les bras l'un de l'autre. Ils s'écartèrent lorsque le sifflement strident de la halosoupière transperça leurs tympans.
-Ah la soupe est prête, fit Beliem qui souleva le couvercle pour vérifier la cuisson avant d'amener le repas rustique sur la table.
Oreste avait disposé les assiettes et les couverts avant qu'ils ne se servent mutuellement. Leurs langues se délièrent de nouveau pour parler de tous les sujets possibles et imaginables qui leur traversaient l'esprit.
À l'exception de la guerre et de la politique locale. Beliem évita d'être intrusive sur le premier thème lui laissant le soin de faire le premier pas. Quant au second sujet..
Grâce à quelques allusions, il finit par comprendre qu'elle n'était pas favorable au Diktat tout en n'omettant pas de préciser que beaucoup de compatriotes partageaient leurs idées, y compris au sein de la Corporation Technique Corellienne.
-Comment ça se passe avec Glev? Lui demanda-t-elle alors qu'ils achevaient leur souper.
-C'est tendu, avoua-t-il.
Elle soupira de résignation.
-Il t'en veut toujours pour la mort de Baran?
Il se contenter de hocher la tête.
-Il me l'a fait comprendre assez vite. Je ne l'ai pas vu de toute la journée, indiqua-t-il avec fatalisme.
-Par Centerpoint! S'écria-t-elle. C'était un accident, pourquoi a-t-il autant de mal à l'accepter? Surtout depuis le temps..
-Il a préféré choisir un coupable. C'est plus commode pour sa conscience.
Ils firent ensuite la vaisselle en silence avant qu'Oreste n'annonça:
-Je vais prendre une vapodouche.
-D'accord, acquiesça Beliem. N'oublie pas de crier si tu glisses par accident.
-Très drôle.
Elle le vit disparaître dans la salle de bains étroite tandis que le jeune homme se déshabilla avant d'entrer la vapo douche.
Il activa le mécanisme et les gouttes chaudes arrosèrent sa peau, lui procurant une sensation de bien être qu'il n'avait pas connu depuis bien longtemps. Lui qui n'avait connu que la sueur crasse des champs de bataille, des ruines fumantes, la putréfaction des cadavres.
Le froid, la faim et la peur. Les doutes permanents, les décisions radicales dont il avait du assumer les conséquences.
Il se frotta vigoureusement l'épiderme lorsqu'il perçut la présence très proche de Beliem qui était censée l'attendre à l'extérieur. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle entra dans la vapodouche, entièrement nue.
-Beliem, mais qu'es-ce..
-Je ne voulais pas que tu te sentes seul, lui répondit-elle simplement.
Elle soutint son regard alors que l'humidité moite commençait à imprégner ses cheveux, les rendant plus luisants.
Il y avait à peine assez de place pour eux deux, et les yeux verts et gris du jeune corellien ne purent se détacher de sa plastique bien proportionnée.
-Quand Halcyon t'a envoyé sur Coruscant, quand tu es parti faire la guerre, je n'ai jamais pu t'oublier, confia-t-elle.
-Moi non plus.
Une sensation étrange le grisa, il ignorait ce que cela signifiait vraiment. Beliem avait raison sur un point. La solitude pendant la guerre face à ses responsabilités lui avait beaucoup pesé. Son retour dans sa famille avait provoqué bien des remous et il souhaitait faire confiance intégralement à une personne extérieure.
Beliem.
Leurs visages se penchèrent l'un vers l'autre avant de fusionner dans un baiser plus ardent que le précédent. Les gouttes chaudes et vaporisées se mélangèrent à leur salive lui donnant une saveur un peu chromée autant qu'acide. Elle l'agrippa par la nuque, les caresses de ses mains huileuses sur son cou enhardissant son compagnon qui l'étreignit par les hanches.
Avec une vigueur inaccoutumée, il la souleva. Ses mains palpèrent ses seins rebondis tandis qu'elle lui massa vigoureusement ses attributs personnels puis leurs gémissements de plaisir se mélèrent aux bruits de cascade de la vapodouche.

La nuit était déjà bien entamée alors qu'Oreste et Beliem poursuivaient leur besogne au lit, les couvertures étroitement serrées autour de leur corps. Un moment, la jeune femme s'accorda un instant pour interrompre la partie de plaisir, au détriment d'Oreste qui en redemandait encore.
-J'aimerais qu'on s'engage ensemble sur la durée.
Sa proposition surprit un peu le jeune corellien, qui se retourna sur le dos pour la fixer.
-Ce dont je suis certain, c'est que je ne veux pas être séparé de toi.
-Bon ce sera suffisant pour le moment.
Elle se cramponna à lui avant de pouffer de rire.
-Au fait..
-Oui? Réagit-il curieux.
-Tu es très mignon avec tes faux lekkus.
Son éclat de rire rejoignit le sien.

Voilà j'espère que cet extrait vous a particulièrement plu :twisted: !


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MessagePublié: 17 Mai 2017, 16:53 
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Bonjour! c'est l'heure de la suite, les amis :twisted: !

Glev Tissan gara son landspeeder le long du trottoir, juste devant l'entrée du siège de la Corporation Technique Corellienne. Il éteignit les moteurs d'un mouvement sec qui trahissait une contrariété latente.
Le cadet d'Oreste prenait depuis peu l'habitude de venir plus tôt le matin au travail histoire de ne pas avoir à croiser trop souvent le chemin de son père. Encore moins celui de son frère.
Il saisit sa valise et s'arracha de son véhicule avant de saluer un collègue, qui n'était autre que Andars du département de comptabilité.
-Salut, Glev.
-Hm, salut, répondit l'autre d'un ton distrait.
-Il y aura un meeting du Diktat sur la Place des Honneurs en début d'après-midi. Tu y seras?
Glev haussa les épaules.
-Ca dépendra de la quantité de travail qui m'attend.
-Bon à tout à l'heure, peut-être.
-C'est ça, à tout à l'heure.
Glev estimait qu'il avait mieux à faire que de participer à ce meeting, même s'il n'était pas hostile au Diktat loin de là. Mais la politique n'était pas son rhyscate favori.
Il emboîta le pas à Andars tout en demeurant distant vis-à-vis de lui. Il se posta devant un turbo ascenseur en compagnie de d'autres employés. Humains comme lui et non humains, ces derniers étant majoritairement des dralls et des séloniens.
Il remarqua parmi eux, une jeune humanoïde à la peau bleue qui le dévisageait avec intérêt de ses yeux rouges braise d'une incandescence aveuglante. En d'autres circonstances, il l'aurait abordée avec véhémence, lui reprochant cette marque d'insolence.
Mais en cet instant, il se sentait intimidé et préféra l'ignorer. Ce que la Proche Humaine ne semblait pas décidée à faire vis-à-vis de lui, au contraire.
Elle se rangea à ses cotés au moment où les battants s'écartèrent.
-Bonjour je cherche Oreste Tissan.
Elle était vêtue d'une élégante tenue civile qui ne payait pas de mine mais Glev remarqua la finesse des coutures, preuve qu'elle ne provenait pas de n'importe quel milieu. Le carillon de sa voix était un doux bercement suave, qui fit rougir le jeune homme malgré lui.
-Il n'est pas ici, parvint-il à répondre d'un ton neutre. C'est inutile de l'attendre.
En niant sa présence, il ne faisait qu'obéir aux ordres de son père. La nouvelle venue laissa un sourire bienveillant élargir ses lèvres.
-Ce n'est pas grave, je peux me rabattre sur vous. Un Tissan en vaut bien un autre, n'es-ce pas?
Sans qu'il puisse l'empêcher, elle enroula son bras autour du sien comme l'aurait une amie très proche. Ce qui attira tout de suite l'attention de tous ceux réunis dans le turbo ascenseur, au grand dam du corellien qui détestait la publicité.
-Si vous le dites, soupira-t-il. Que me voulez-vous?
-Je vous le dirai dans un endroit un peu plus intime.
Le sous entendu était suffisamment dosé pour que les indiscrets entendent ce qu'ils voulaient comprendre.
Le turbo ascenseur déversa au fil de son ascension, les occupants qui se dirigeaient vers leur travail. Jusqu'à ce qu'ils furent laissés seuls.
Subitement, la non humaine appuya sur un bouton qui stoppa net l'engin entre deux étages.
-Mais que faites-vous? Lui cria Glev.
-Il est temps que nous discutions sérieusement. À propos de ton frère, Oreste.
Le jeune homme ne parvint guère à supporter la paire d'yeux rouges rubis sanglants qui paraissaient transpercer son âme.
-Vous travaillez pour le Diktat?
-Pas exactement.
Une lueur inquiète passa dans les yeux de Glev.
-Pour l'Empire, alors.
-Je m'appelle Soia Tenn, servante de l'Empereur et de l'Ordre Nouveau. Ma tâche est de traquer les ennemis de l'Empire dans le système.
La chiss goûta la peur soudaine du corellien, devenu pâle comme s'il faisait face à l'incarnation de la mort. Elle s'en repait quelques instants avant de l'apaiser.
-Nous savons aussi bien récompenser nos amis que châtier nos ennemis. Il suffit de faire un choix judicieux.
-Je ne peux pas vous dire où se trouve mon frère actuellement.
Bien qu'il ne mentait pas, il était clairement sur la défensive.
-Je te crois mais la question est: que feras-tu quand tu le sauras?
-Ce qu'il faudra.
Elle sembla s'en contenter. Elle agita les doigts pour rédemarre le turbo ascenseur qui reprit son ascension. Elle lui effleura le menton du bout des doigts.
-Je n'en doute pas. À toi de déterminer ce qui est prioritaire pour toi: ton frère ou le reste de ta famille.
Elle lui glissa un comlink dans la paume.
-Préviens-moi quand tu auras arrêté ton choix. Le bon choix.
Elle tourna les talons et lui lança d'un ton léger.
-Inutile de me raccompagner, je connais la sortie.
Elle quitta le turbo ascenseur, plantant un Glev Tissan confus qui tenta de recouvrer le cours normal de ses idées. Il n'avait jamais pensé avoir affaire à une inquisitrice et le choc n'en était donc que plus rude.
Fièvreusement il appuya sur un bouton pour redescendre mais sa confusion fut telle qu'il atterrit au rez de chaussée.
-Par Centerpoint! Jura-t-il.
Il voulut refermer les battants mais un twi leck beige accompagné d'une jeune corellienne brune qui le tenait par la main prirent place à ses cotés.
Il avait reconnu Beliem et son frère sous ses faux lekku. Il ne faisait aucun doute qu'ils s'étaient rapprochés, très rapprochés l'un de l'autre. Cela le frustra davantage à l'encontre d'Oreste plus qu'il ne le pensait.
Son père lui avait ordonné de jouer la comédie pour la sécurité de son frère. Son ressentiment fut tel que cela ne lui était pas difficile.
-Alors Beliem, on raffole des Têtes de Ver? Railla-t-il.
Elle lui répondit avec froideur.
-En quoi ça t'intéresse?
-En rien. Je me permets juste de te faire remarquer qu'il est plutôt dangeureux de fréquenter des non humains d'un peu trop près. Alors profite de ton idylle tant que ça dure.
Oreste sortit de sa réserve après que le turbo ascenseur ait commencé de nouveau à s'élever.
-Tu n'as pas l'air de beaucoup aimer les non humains.
-Non, surtout s'ils fricotent avec Beliem.
Sa riposte fit réagir la jeune femme.
-Dis donc, je ne t'appartiens pas!
-Si c'était le cas, cela t'éviterait pas mal d'ennuis. En particulier avec quelqu'un qui laisse mourir ses proches sans que cela lui fasse quoique ce soit.
Le Jedi déguisé serra les poings, encaissant cette accusation récurrente.
-Arrête d'en vouloir à Oreste pour la mort de Baran! Protesta Beliem.
-Mèle toi de ce qui te regarde! Répliqua Glev.
-C'est toi qui as commencé, lui fit observer Oreste.
Glev le fusilla d'un regard noir avant de débouler du turbo ascenseur. Il leur lança par dessus l'épaule:
-Si j'étais vous, je ferais très attention.
Oreste eut le pressentiment que l'avertissement s'adressait plus à lui qu'à sa compagne. Et que ces mots n'étaient pas du bluff. Voilà qui n'était guère rassurant.
-Oublie ce qu'il a dit, lui affirma Beliem.
-Hum, fit-il seulement.
Ils descendirent au département de comptabilité où Andars et la moitié des autres collègues avaient entamé déjà leur travail. Le jeune couple se sépara pour vaquer chacun à leur tâche du jour. Oreste retrouva ainsi les datachèques qu'il n'avait pas eu le temps de tout encaisser hier.
Andars qui l'avait pris en grippe, ne se priva pas de le lui faire remarquer.
-Cela tu aurais déjà du le terminer depuis belle lurette.
-Hm hm, répondit-il seulement.
-Tu as entendu ce que je t'ai dit?
Le corellien déguisé résista à la tentation de lui écraser son poing dans la figure.
-Oui j'ai entendu, merci, appuya-t-il sèchement.
-T'es pas payé pour te tourner les pouces, twi leck.
-Toi visiblement, tu n'es payé que pour balancer des réflexions de poodoo.
Andars préféra finalement voir ailleurs et Oreste se concentra sur ses datachèques. Il jeta un coup d'oeil en direction de Beliem qui se chargeait des holo appels provenant des fournisseurs ou des clients qu'elle transmettait ensuite aux services adéquats.
Le rescapé de l'Ordre 66 s'était jeté à corps perdu dans son progiciel quand il fut interrompu au bout d'une heure par une collègue mirialan.
-Ers? Quelqu'un de la CorSec veut te voir.
-Il est venu seul? Demanda-t-il en se levant de sa chaise.
-Oui.
Par réflexe, il effleura le faux lekku dans lequel il avait dissimulé son sabre laser. Même s'il ne percevait dans la Force aucune menace immédiate.
Derrière la mirialan qui s'éclipsait, il distingua un homme massif à l'expression renfermée qui patientait. Dans l'uniforme des forces de sécurité locales.
-Ers Arik?
-Lui-même.
-Je suis le lieutenant Rostek Horn. Il y a un endroit où l'on pourrait parler discrètement?
Oreste l'emmena par l'épaule dans le couloir principal désert. Un risque calculé puisque tous les employés étaient au travail en ce milieu de matinée.
-Je vous écoute.
-Allons droit au but, jeune homme. Je sais qui vous êtes vraiment sous ce déguisement de twi leck, affirma l'officier de police. Vous féliciterez votre père à propos de ce joli travail.
-Je lui transmettrai le compliment sauf si vous avez l'intention de m'arrêter avant.
-Ce n'est pas mon intention. Je suis simplement venu vous mettre en garde.
-Contre le Diktat?
-Pire.
Rostek Horn avait baissé le ton comme s'il craignait que les murs l'entendent.
-L'Empire vous recherche.
-Qui, précisément?
-Une inquisitrice du nom de Soia Tenn.
Le jeune homme ne retint pas une grimace anxieuse.
-Ce n'est pas une bonne nouvelle, je confirme.
-Elle a pris le contrôle des forces de sécurité et a mis au pas le Diktat. Les forces impériales elles-mêmes ont été mises en alerte.
-Elle est sur mes traces?
-Sur celles de Gelfran Delen, un contrebandier qui serait impliqué dans la mort de cinq hommes du Soleil Noir dans le Secteur Bleu.
-A-t-elle des indices?
-Rien de concret pour l'instant. Je tiendrai votre père au courant des développements de son enquète.
Le lieutenant le gratifia d'un salut militaire.
-Vous devriez retourner au travail.
-Merci de m'avoir prévenu, lieutenant Horn. Que la Force soit avec vous.
-De rien, votre père est un de mes amis.
L'ancien élève de Neeja Halcyon le regarda s'éloigner rapidement. Nul doute que l'officier de la CorSec risquait bien plus que sa carrière en venant avertir un ennemi de l'Empire.
Lorsque Oreste retourna à son poste, sa main tremblait légèrement.
Soia Tenn.
Il avait espéré au plus profonds de lui-même ne plus entendre ce nom funeste être prononcé avant un certain temps. Bon il était évident que l'Empire aurait retrouvé sa trace tôt ou tard mais pas aussi vite.
Après tout les Séparatistes avaient été écrasés, leurs principales factions demantelées et l'Ordre Jedi décimé. Mais les impériaux n'en avaient cure et se distinguaient par un acharnement à éliminer leurs ennemis.
Il tenta de se concentrer sur ses fichus datachèques et cela coûta beaucoup d'efforts.
L'ombre de l'Empire planait sur lui et sur sa famille..

Glev Tissan n'avait cessé de ruminer l'altercation qu'il avait eu avec Beliem et son propre frère. La pause déjeuner approchait et il redoutait les croiser ensemble. Non pas qu'il avait peur d'eux mais parce qu'il brûlait de jalousie.
Lors du départ d'Oreste pour Coruscant, il avait tenté de s'approcher de Beliem. Pour symboliquement détroner son frère, prendre sa revanche sur lui. Se venger de lui.
Mais il avait compris qu'elle ne cessait de penser à son frère. Il s'en était aperçu lorsqu'il avait tenté de discuter avec elle sur des sujets divers comme la politique ou les nouveaux modèles de speeders. Ou même des recettes de cuisine.
Mais elle le considérait avec le regard de quelqu'un dont l'esprit était égaré ailleurs. Dont les pensées se tournaient obstinément vers une idée fixe ou quelqu'un.
Cela avait nourri sa rancoeur et il avait espéré au plus profonds de lui-même que son frère n'ait pas survécu à la Purge. Mais ce voeu pieux n'avait pas été exaucé.
Il agrippa son comlink et l'activa.
-Andars, tu me reçois?
-Oui, Glev?
-Juste une question. Beliem et mon fr.. hum le twi leck qui est avec elle, mangent en dehors du bâtiment à midi, c'est bien ça?
-Oui, au snack sullustain de la rue d'à coté. Pourquoi?
De l'autre main, Glev rassembla ses affaires prestement.
-Oh comme ça. J'accepte de venir au meeting du Diktat avec toi.
-Ah super.
-Mais en échange, j'aurais un service à te demander.
-Je t'écoute.
Glev inspira un grand coup, marqué par une hésitation tenace. Qu'il balaya finalement en se concentrant sur sa rancune.
-J'ai besoin de faire mal, très mal à quelqu'un. Tu connaîtrais pas au Diktat quelques gros bras qui feraient l'affaire? De préférence ceux qui préfèrent tabasser des non humains?
-J'ai ce qu'il te faut.
Glev devinait le sourire de son camarade.

-Tu es soucieux, Oreste.
Le jeune corellien rabattit ses faux lekkus de twi leck derrière la nuque tandis que Beliem le dévisageait avec une attente bienveillante.
-À notre époque, il y aurait de quoi l'être.
-Tu ne l'étais pas ce matin quand nous sommes arrivés au travail. Et même après que nous nous soyons disputés avec ton frère.
Le Jedi vérifia que personne ne l'épiait.
-L'Empire me recherche toujours. Ils m'ont pisté jusqu'ici.
-Savent-ils que tu es déguisé en twi leck?
-Non, sinon les stormtroopers se seraient déjà montrés.
Elle reprit une bouchée de haricots Crochets avec un sourire insolent.
-Dans ce cas tu n'as rien à craindre.
-J'admire ton insouciance, déclara-t-il en finissant son jus de pak'pah. Allez, il va falloir reprendre le travail.
Beliem demanda l'addition avant qu'ils ne quittèrent l'établissement. Ce dernier bien situé dans le centre de Coronet, ne se trouvait qu'à cinquante mètres du siège de l'entreprise.
Sur le seuil, ils s'aperçurent tout deux que des problèmes s'amoncellaient sur leur tête. Six individus, tous humains à l'expression grossière et à la carrure de lutteurs, les attendaient. Un rictus mauvais qui défigurait leurs traits.
Des partisans du Diktat. Et des suprémacistes humains à en croire leurs yeux plissés qui convergeaient vers le faux twi leck.
-Je peux vous aider? Fit Beliem.
-Toi, la traîtresse à ta race, la ferme! Beugla le plus proche d'entre eux, un chauve au nez cassé. On a deux mots à dire à ta Tête de Ver!
-Devant des témoins? Lança Oreste.
Les molosses qui ne brillaient visiblement pas d'une subtilité hors norme, se contorsionnèrent dans toutes les directions.
-Pas de problème, fit Nez Cassé qui exhiba un blaster. On connaît un endroit tranquille où on pourra bavarder. Et n'essayez pas d'appeler à l'aide, personne ne se donnera la peine de venir à votre secours.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon eut la tentation de tester une ruse mentale, mais il courait le risque d'être repéré par un agent impérial. Les gens autour d'eux hâtaient le pas, empressés de ne pas se retrouver au milieu des ennuis.
Résignés, le couple fut emmené sans résistance jusqu'à une ruelle déserte. Deux guetteurs se postèrent de part et d'autre tandis que les quatre autres les entourèrent. Beliem serra très fort la main d'Oreste dont elle ne voulait être séparé sous aucun prétexte.
-Bon commençons, fit Nez Cassé.
-Non attendez, ne lui faites pas de mal! Si c'est de l'argent que vous voulez..
-Toi te mèle pas de ça! Rugit un autre.
Celui-ci la tira sans ménagement en arrière avant de la flanquer par terre d'une violente gifle. Oreste voulut s'interposer.
-Arrêtez, on peut trouver un arrange..
Un coup de poing lancé à toute vitesse dans son flanc l'interrompit, lui coupant le souffle. Il chancella sur ses appuis avant d'être mis au tapis d'un uppercut, qui lui fit claquer les machoîres. Il se redressa sur ses coudes, s'essuyant les lèvres tachées de sang avant qu'une botte obscurcit son champ de vision.
Un pied le cogna à la tempe, l'étourdissant à moitié.
-On va t'apprendre à baiser les corelliennes, sale bâtard d'alien!
-Laissez-le! Glapit la jeune femme qui se débattit fermement tenue par les bras épais du subalterne de Nez cassé.
Une avalanche de coups de talons plut sur le jeune corellien déguisé qui se protégea avec les bras du mieux qu'il put. Pour l'instant, il n'usa pas du tout de la Force. Sa survie, sa sécurité et celles de ses proches en valaient la peine.
Après deux minutes de ce traitement délicat, il fut relevé et Nez Cassé le rapprocha de son visage épais par le col de sa chemise.
-Alors Tête de Ver, t'as compris la leçon?
-Vous cognez comme des danseuses de cabaret..
-Sale murglak!
Oreste Tissan fut jeté au sol d'un crochet au visage et il sentit qu'on l'attrapa par l'un de ses lekkus. Dont l'un des morceaux resta dans la main de son bourreau, qui fut aveuglé par le reflet d'un objet métallique s'en échappant.
-Qu'es-ce que.. c'est un sabre laser! Entendit-il hurler.
Nez Cassé et ses trois acolytes s'écartèrent, les yeux écarquillés d'une terreur superstitieuse. Tandis qu'Oreste bondit sur ses pieds, d'un sourire dépourvu d'humour.
-Je rêvais de vous le dire, vous avez commis une erreur. Une erreur mortelle.
Beliem regarda son homme qui agita les doigts en usant de sa télékinésie. La poignée de l'arme bondit dans sa paume et un crépitement précéda l'apparition d'une lame ardente funeste. D'un mouvement tournoyant et d'un salto arrière, il décapita Nez Cassé et les trois autres.
Un guetteur s'en aperçut et brandit son blaster.
Il obliqua son sabre selon un angle précis, parvenant à renvoyer le tir dans sa poitrine. Le dernier qui restait et s'était approché, renonça à en découdre et voulut s'enfuir.
Le rescapé de la purge le saisit à l'aide de la Force et broya sa trachée. De nouveau, il ressentit ce mélange d'excitation et de gêne qui succéda à cette mise à mort radicale. Ses démons l'avaient de nouveau rattrapés..
Fort heureusement, il n'y avait pas de témoins de la scène.
Beliem se jeta dans ses bras, choquée mais soulagée.
-Oreste..
-Il ne faut pas qu'on reste ici, fit-il en rangeant son sabre éteint dans la manche. On pourrait nous voir, nous poser des questions.
Elle recouvra sa maîtrise d'elle-même et eut la présence d'esprit de ramasser le faux morceau de lekku.
-Il faut recoudre ça discrètement.
-Rentrons chez moi pour que je puisse raconter à mon père ce qui s'est passé. Il faut qu'on prenne un arrêt de travail.
-Comment le justifiera-t-on?
-On dira qu'on a voulu faire une ballade romantique dans le Secteur Bleu et qu'on a été rackettés par des voyous. Tout simplement.
Ils quittèrent la scène dans la direction des Cinq Lunes. Oreste durant tout le trajet, gardait la tête inclinée sur la gauche du coté du lekku déchiqueté qu'il camouflait avec sa manche.

Glev n'avait pas prévu que son père l'appellerait sur son comlink en début d'après midi. Il frissonna pris par le doute, devinant la raison de cet appel.
-Oui, p'pa?
-Oreste et Beliem ne pourront pas venir au travail. Ils ont été aggressés au Secteur Bleu.
Le cadet de la famille tiqua lorsque son père évoqua le nom de ce quartier mal famé de Coronet. Quelque chose ne s'était pas passé comme prévu et d'ailleurs Andars ne lui avait toujours pas confirmé comment la rencontre organisée s'était déroulée.
Pas de nouvelles, mauvaise nouvelle.
-Ferglutz, jura-t-il. Comment vont-ils?
-Beliem est choquée et ton frère a été amoché mais à part ça ils se portent bien. Ils n'ont pas déposé de plainte à la CorSec.
-Ils devraient le faire.
-As-tu oublié que ton frère ne peut pas se permettre d'attirer l'attention sur lui?
Dalmon Tissan avait adopté un ton anormalement rude vis-à-vis de Glev. Comme d'habitude depuis le retour d'Oreste au foyer.
-Désolé, avoua-t-il. On en reparlera ce soir?
-C'est cela, à ce soir.
Il rompit la communication pour basculer sur une autre fréquence.
-Andars.
-Glev?
-Tu peux me raconter comment cela s'est passé avec le twi leck?
Il entendit son camarade s'éclaircir la gorge, rassemblant son courage pour annoncer une mauvaise nouvelle.
-Pas comme prévu.
-Pardon?
-Tu m'as bien entendu, Glev. Apparamment, un Jedi s'en est mélé. Leurs corps ont été retrouvés dans une ruelle, certains en plusieurs morceaux.
Il faillit s'évanouir et lâcher son comlink car il venait de réaliser qu'il s'était laissé aveugler par sa haine envers son frère. Il avait oublié que ce dernier était un Jedi, et de quoi il était capable. Le pire serait qu'Oreste découvre qui était..
Oh non, gémit-il intérieurement. Je me suis mis dans un sacré poodoo.
Il devait rattraper la situation et vite. Il ne voyait qu'un seul moyen.
-C'est bon, Andars. Tu as fait ce que tu as pu. À partir de maintenant, cela me regarde.
-Et si la CorSec m'interroge? Je risque d'avoir des problèmes.
-Cela n'arrivera pas, tu peux me faire confiance.
Il en resta là car il était temps de se résoudre à envoyer un appel. Un appel qui ne le réjouissait pas tant que ça. Il en redoutait les conséquences mais il ne pouvait plus reculer.
Ce qui venait de se passer ne manquerait pas de tomber dans l'oreille de cette inquisitrice qui l'avait approché pas plus tard que ce matin. Elle ferait très vite le rapprochement entre le Jedi Corellien activement recherché et un twi leck beige dont le loyer était financé.. par son propre père.
Tu veux livrer ton propre frère à l'Empire? Lui murmurait une petite voix.
Oui, pour sauver ce qui peut l'être.
Adhérer à l'idéologie de l'Ordre Nouveau, là n'était pas la question. Non il devait mettre sa famille en sécurité, n'importe qui en ferait autant. Quitte à être rejeté et détesté à jamais, prêt à savourer l'ingratitude de ses parents et de sa soeur.
Un jour, ils comprendront que je l'ai fait pour eux.
Il bascula sur une autre fréquence et une voix suave le salua:
-Glev, j'espérais ton appel. Je savais que tu ferais le bon choix.
-Vous voulez mon frère? Fit le corellien agité. Vous l'aurez. Mais il me faut des garanties.
-Bien sûr, susurra la chiss de plus belle. Je suis prête à t'accorder quelques concessions.
-Pour commencer, je ne veux pas de publicité désagréable.
Glev Tissan énuméra la suite de ses revendications, scellant ainsi son pacte de trahison.


Oreste fut le premier surpris quand son frère le contacta. À vrai dire, il ne l'espérait même pas.
Il saisit son comlink alors qu'il observait Beliem en train de recoudre le morceau de lekku au reste de son déguisement qu'il avait oté.
-Glev? S'écria-t-il.
-Oreste, papa m'a appris ce qui vous était arrivé à toi et à Beliem. Vous tenez le coup?
Le Jedi nota le changement dans la voix de son cher cadet qui ne contenait plus aucune trace d'animosité. Beliem avait suspendu son travail pour entendre la conversation.
Oreste passa la main sur sa figure marquée par quelques bleus persistants.
-Beliem va bien et en ce qui me concerne, j'ai connu pire pendant la guerre. Alors ne t'en fais pas.
-Maman est très inquiète, elle voudrait que tu passes la voir pour le dîner. Beliem est aussi invitée.
Le jeune homme croisa le regard de sa compagne qui lui signifia son approbation.
-D'accord, on y sera. À ce soir.
Ils demeuraient dubitatifs avant que l'ancien padawan de Neeja Halcyon ne lâcha:
-Son attitude me paraît étrange.
-Il s'est souvenu peut-être qu'il avait une famille, c'est une bonne chose, lui fit-elle remarquer. Vous pourrez enfin vous réconcilier.
Son ami cacha des sentiments partagés. D'un coté, il était ravi que son frère ait commencé à se rapprocher, en tout cas il montrait des augures encourageants en ce sens. De l'autre, son instinct aiguisé par la Force le mettait en garde contre ce revirement inattendu.
De toute façon, il ne pourrait alimenter que des incertitudes jusqu'à ce soir.

Et voilà! j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!


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MessagePublié: 21 Mai 2017, 16:57 
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Bonjour c'est l'heure de la suite!

Banlieue de Coronet, domicile de la famille Tissan

Rebecca Tissan fut celle qui les accueillit sur le seuil avec une fébrilité qui exprimait une inquiètude légitime.
Elle serra son fils dans ses bras et fit de même avec Beliem. Elle caressa la figure d'Oreste, en considérant avec effarement les symptomes des coups reçus.
-Oreste, tu dois consulter un médecin.
-Oui oui maman, tout ce que tu voudras. L'essentiel est qu'on puisse se retrouver, je n'ai pas besoin de te présenter Beliem.
-Bien sur que non. Nous vous soutiendrons du mieux que nous pourrons.
-Merci, lui fit la jeune femme.
Rebecca les guida alors jusqu'à la salle à manger où les attendait le droïde Pégase, son père, son frère et sa soeur. Dalmon et Litia étreignirent le jeune Jedi, touché par ces marques d'effusion. Il fit ensuite face à Glev.
Qui à son tour le prit dans ses bras, malgré une certaine crispation. Ce qui ne fit que confirmer à Oreste ses soupçons quant à la sincérité de Glev. Celui-ci faisait-il bonne figure parce que son père le lui avait ordonné?
Possible..
-Tu as l'air d'avoir pris une raclée.
Son cadet avait adopté un ton taquin, pas du tout méprisant. L'espace de quelques instants, Oreste se crut revenir aux temps heureux de son enfance, quand il n'avait pas du tout conscience qu'il était différent.
Quand il ignorait ce que signifiait maîtriser la Force.
-Oui, ça faisait longtemps que je n'en avais pas pris une.
-Tu aurais pu te défendre surtout dans un endroit dangeureux comme le Secteur Bleu.
-Pour que tout le monde sache que je suis un Jedi?
-Moi, insista Glev, je ne m'en serais pas privé.
-Crétin, va, souffla Litia.
Cela paraissait n'être qu'une boutade mais Oreste crut deviner une étrange insinuation très subtile. Par intuition, Glev semblait savoir quelque chose qu'il n'était pas censé savoir.
-Monsieur, je suis heureux de constater que vos fonctionalités n'ont pas été altérées, lui lança le majordome mécanique.
-Merci Pégase, lui répondit Oreste qui aida galamment Beliem à s'installer à table, imitée par les autres membres de la famille. Qu'y a-t-il au menu?
Le droïde marqua une hésitation furtive.
-L'entrée est composé d'une purée de Rhyscate ambroisée, assaisonnée au miel d'Hannath. Puis les plats principaux sont répartis en plusieurs choix. Vous aurez droit à des steak tendres de Traladon, des brochettes de Nerf, des filets de Piranha Kaminoen accompagnés de Haricots Crochets ou de patates sautées. Pour le dessert, je vous propose un humble nougat de pak'pah parfumé au vin de Chandrila.
Deux droïdes serveurs entrèrent dans la salle et commençèrent à distribuer les mets. Le tintement des fourchettes, couteaux et cuillères dorées résonna bientôt dans un silence qui ne tarda pas être rompu par le patriarche.
-Alors, vous avez des projets tous les deux?
Oreste remarqua ce qui ne lui avait pas sauté aux yeux au premier abord. Les rides soucieuses qui creusaient le front de son père s'enfonçaient encore davantage sous la peau.
Ce fut Beliem qui répondit à sa place.
-Nous envisageons de nous installer ensemble. Mes parents sont d'accord, il ne nous reste plus qu'à trouver un appartement, plus grand que celui d'Oreste.
-Je peux m'en charger, assura Dalmon.
Il leva son brandy jusqu'au menton avant que Litia ne demanda:
-Alors, ca y est? Vous avez enfin concrétisé tous les deux?
-Litia! Intervint sa mère. Un peu de tenue, voyons.
La jeune fille haussa les épaules d'un air narquois.
-Ben quoi? Cela fait longtemps qu'ils ne se sont pas revus à cause de la guerre. Ils ont du bien fêter leurs retrouvailles.
-Oui c'est vrai, confirma Beliem. Pas plus tard qu'hier sous la vapodouche.
Pris de court par l'aplomb de sa compagne, Oreste manqua de s'étrangler avec le reste de la purée qui se dissolvait dans sa trachée.
-Raconte leur aussi tous les détails pendant que tu y es.
-Pourquoi pas, s'il n'y a pas d'autres sujets de conversation..
-Sous la vapodouche? Tiens cela me rappelle des souvenirs lointains. Pas toi chérie?
-Dalmon, tu ne vas pas t'y mettre aussi! Réagit son épouse.
Une hilarité générale et spontanée les secoua tous, y compris Glev qui parvint à glisser avec malice:
-Eh bien au moins, on sait comment on a été conçus.
Pendant quelques brefs instants, tous oublièrent ainsi les soucis quotidiens et la précarité suscité par l'influence grandissante de l'Empire. Mais cela ne dura pas pour Dalmon Tissan, dont le sourire de bonheur s'effaça le premier.
Oreste décida de crever l'abcès.
-Tout va bien, papa?
Tout le monde entamait les plats principaux étalés sous leurs yeux. Dalmon hocha simplement la tête avec un nouveau sourire, contraint cette fois.
-On en parlera tout à l'heure si tu veux bien.
-D'accord p'pa.
Le Jedi guetta alors le comportement de son frère absorbé par le steak de traladon qu'il mâchait avec lenteur. Les flux de la Force étaient perturbés par une menace insidieuse en ce lieu serein. Et cette perturbation provenait de Glev.
Discrètement il le sonda en étendant sa conscience vers lui. Des émotions contradictoires bouillonnaient en lui: de la colère et beaucoup d'angoisse. En apparence, Glev parvenait à les masquer sous un flegme certain.
Seule une crispation de la machoîre trahissait sa nervosité. La nervosité de quelqu'un qui ne possédait pas la conscience tranquille.
Que manigançait-il donc?
-Au fait, Oreste, fit sa mère. Tu apprécieras sans doute que c'est Glev qui a persuadé ton père et moi de vous inviter tous les deux. Malgré les risques que cela implique pour nous tous.
-Ah vraiment? Voilà une excellente initiative.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon tenta alors d'accrocher le regard de son frère qui évitait soigneusement de le fixer dans les yeux.
Voilà qui était plus que suspect.
-Merci, lui répondit Glev d'une voix sourde.
Oreste fut distrait ensuite par d'autres thèmes divertissants comme les tribulations de sa soeur à l'université, qui contribuèrent à continuer de détendre l'ambiance.
Jusqu'à ce que la politique fut abordée. Tous critiquèrent en choeur les mesures actuelles du Diktat calquée de plus en plus ouvertement sur celle de l'Empire notamment envers les espèces non humaines.
Glev brillait par un mutisme profond qui ne manquait pas d'intriguer son frère aîné, alors que Pégase débarrassait les plats pour servir le dessert.
Soit le cadet se désintéressait complètement du sujet, soit il ne souhaitait pas s'exprimer sur le sujet. Et donc il masquait une partie de lui-même.
Pour l'instant Oreste avait une autre préoccupation plus immédiate. Son père avala rapidement son dessert et il l'imita. D'un discret signe de la main, Dalmon lui demanda de le suivre dans le salon. Ils se levèrent donc tous les deux de table.
Quelques instants après, alors Beliem échangeait des blagues avec la soeur et la mère, aucune ne s'aperçut que Glev s'était éclipsé..

Coronet, Secteur Bleu

Gelfran Delen se savait recherché. Voilà pourquoi le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark avait adopté des haillons de mendiants à la place de sa tenue de contrebandier. Dans cette cantina, personne ne remarquerait la supercherie, à moins de posséder un oeil bien exercé.
Gelfran contempla le fonds de son verre, un peu désoeuvré. Malgré tous ses efforts, il n'était pas parvenu à trouver un acheteur à qui vendre sa marchandise à un prix décent. Il s'était résolu à reprendre contact avec Bison'ki, la mort dans l'âme.
Il avait réussi à rehausser légèrement le prix et à obtenir du malfrat local que celui-ci cache son cargo dans un des hangars désaffectés qui lui appartenaient dans le Secteur Bleu. Il avait atteint le maximum de la générosité de son client.
Et savait qu'il ne pouvait tirer plus sur la corde.
Assis au bar, il disposait d'un point de vue stratégique sur les allées et venues des clients qui défilaient à la cantina. Cela lui permit de répérer un autre groupe de malfrat qui n'avaient pas pris la peine de masquer le soleil macabre qui brillait sur leurs épaulières.
Encore le Soleil Noir. Décidément, Halcal avait la dent dure contre lui.
Gelfran vérifia instinctivement sous son manteau terne que son blaster était prêt à l'emploi, heureusement qu'il s'était permis de l'entretenir au calme, une heure plus tôt. Il dégrafa le holster et ôta le cran de sûreté.
Les quatre gangsters du syndicat du crime galactique s'installèrent au fonds de la pièce, loin du raffut que provoquaient quelques ivrognes et quelques joueurs de sabaak qui voyaient leur mise s'étioler inexorablement.
Preuve que Halcal – ou l'Empire – leur avait donné des instructions très claires, ils repoussèrent les avances d'une prostituée locale qui allait leur proposer ses services. Ils avaient commandé des verres que leur amenait un droïde serveur mais y touchèrent à peine.
La crosse de leur blaster et autres armes blanches brillaient à leur ceinture, bien en évidence. Ils guettaient l'arrivée ou la sortie de quelqu'un.
Gelfran qui éleva son verre à la hauteur de son visage, était persuadé que la prime sur sa tête n'avait pas augmenté mais explosé.
Il reposa sa choppe lorsqu'il reçut sur son comlink, un appel tant attendu. Celui de Bison'ki.
-Oui? Fit le contrebandier.
-Tout est réglé Gelfran. Ton rafiot est garé à deux rues d'ici, avec le plein de gaz tibanna.
-Merci, mon pote.
-De rien, ça faisait partie du marché. Maintenant essaie d'être intelligent, monte à bord et quitte le système. Quitte l'espace impérial avec ton copain Jedi tant tu le peux encore.
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark avait clairement deviné l'urgence dans le ton résigné de son partenaire commercial.
-Tu es au courant de quelque chose, on dirait.
-Comme t'es malin, ricana Bison'ki sans chaleur. Première nouvelle, le Soleil Noir est toujours à ta recherche. Apparamment Halcal n'a pas apprécié que t'aies refroidi cinq de ses gars.
Gelfran releva à peine la tête vers le quatuor toujours à l'affut. L'un d'entre eux, un chistori se leva tout à coup pour patrouiller au milieu des tables.
-Pour info, je n'en ai éliminé que deux mais passons. C'est quoi l'autre nouvelle?
-Les imps vont tomber d'un moment à l'autre sur ton Jedi, quelque part dans la banlieue de Coronet. Je te transmets les coordonnées.
-Tu es certain de ce tuyau?
-La source est sûre, Gelfran. J'ai encore quelques relations dans la CorSec, je te rappelle.
-C'est bon, je te crois. Mais pourquoi je me soucierais d'un Jedi, en fait?
La question de Gelfran était surtout un test pour lui-même.
-Le Soleil Noir ne te lâchera pas facilement Gelfran. Même ici, ils ont le bras long. Sans ton Jedi, tu n'as aucune chance de leur échapper.
-Et sans moi, il n'a aucune chance d'échapper à l'Empire. Allez, transmets moi ces fichues coordonnées.
Quand cela fut fait, Gelfran le remercia. En échange, Bison'ki lui lâcha d'un ton laconique:
-Ne perds pas de temps.
Il rangea son comlink et étudia rapidement la situation. Le chistori, la créature reptiloïde qui déambulait au milieu des tables et des buveurs plus ou moins éméchés, possédait un champ de vision à 360 degrés. Et une vue perçante.
Bref, Gelfran comprit qu'il ne possédait aucune chance de passer inaperçu. Il prit donc la décision de forcer le destin.
Sans hésiter, il bondit de son tabouret pour s'interposer devant le chistori qui se figea de surprise lorsque l'humain repoussa son capuchon en arrière, révélant ses traits las mais déterminés. L'autre alien retroussa ses lèvres en un sourire carnassier.
-Pressé de mourir, humain? T'aurais peut-être du attendre que je te débusque, pour que tu puisses savourer une dernière bière.
-Toute mort est certaine, alors pourquoi chercher à l'éviter? Lui rétorqua l'ancien vétéran.
Le temps semblait s'être arrêté jusqu'à ce que le chistori dégaine son blaster. Mais Gelfran fut le plus rapide, bénéficiant de son expérience de soldat.
Il se baissa pour éviter l'unique rayon mortel décoché par son antagoniste avant de l'achever de deux tirs bien placés à bout portant à la gorge et à la poitrine. La panique gagna l'ensemble de la clientèle qui se rua pour se mettre à l'abri.
Les trois comparses du chistori se levèrent, prêts à en découdre, arme au poing. Ils tirèrent en rafale tous azimuts, peu soucieux de provoquer des dommages collatéraux du moment qu'ils atteignaient leur cible.
Qui les devança pour renverser une table et l'utiliser pour s'abriter de leurs salves. Gelfran patienta accroupi, guettant le moment propice pour riposter. Les cellules d'énergie des criminels finirent par s'épuiser et ils entreprirent de recharger. Oubliant de se mettre à couvert.
Ils ne comprirent jamais leur erreur lorsque leur proie les faucha comme à l'exercice. Le contrebandier ne perdit pas une seule seconde et se dirigea vers la sortie, ignorant le chaos qu'avait suscité le bref affrontement.
Il se retrouva à peine dehors, qu'une détonation claqua une micro seconde avant le permabéton ne fut calciné juste devant ses pieds. Il bondit sur le coté et élimina un rodien qui avait fait irruption sous son nez.
Ca y est, la voie était libre mais il ne respirerait vraiment que lorsqu'il serait aux commandes de la Perle du Corsaire.
Il longea le mur de duracier, pour parer à toute surprise. Et manqua malgré tout de se faire cueillir par un tir venu de nulle part qui fracassa le pan de mur en poussière cendrée, alors qu'il s'apprêtait à entrer dans la rue indiquée par les coordonnées de Bison'ki. Il se rejeta en arrière, le souffle saccadé par la crainte d'échouer si près du but.
Recouvrant sa maîtrise de soi, il se pencha pour jeter un coup d'oeil vers la silhouette tassée de son vaisseau dont il devinait la poupe qui émergeait de l'entrée d'un hangar. De nouveau, le duracier vola en éclats juste au-dessus de son crâne mais cela lui révéla enfin la position de l'embusqué.
Un bothan.
Il s'élança à découvert prenant de court le félinoïde qu'il bombarda de salves sèches et précises, l'empêchant de répliquer. Puis il parvint à sa hauteur et l'éradiqua d'un tir en pleine tête. Il déverouilla l'écoutille de son vaisseau et s'apprêta à grimper dans la soute.
Une main griffue s'abattit tout à coup sur son épaule, lui labourant l'épiderme à travers le manteau. Puis une traction irrésistible le tira en arrière, le catapultant contre le mur. Étourdi par le choc, il chancella sur ses appuis et voulut empoigner son blaster.
Son agresseur qu'il reconnut être un trandoshan, le souleva du sol par la gorge qu'il enserrait de ses doigts inflexibles après l'avoir désarmé avec une facilité risible.
-Tu nous as causé beaucoup d'ennuis, Gelfran Delen. Pvoks mérite vengeance. Cette fois, les murglaks du Soleil Noir ne s'en mèleront pas.
Le contrebandier tenta d'atteindre la face du trandoshan à coups de poings, qui manquèrent de précision et de puissance. Ses vains efforts firent ricaner le reptiloïde.
-Peuh, ces humains sont vraiment pitoyables.
Il entendit Gelfran émettre des sons étouffés. Et le sentit se raidir peu à peu sous l'effet de l'asphyxie galopante.
-Tu voulais dire quelque chose, ptet?
Il relâcha exprès sa pression et le contrebandier parvint à lui souffler entre les dents:
-Ouais.. j'ai ton flingue.. abruti.
Une détonation claqua comme le tonnerre lorsque Gelfran lui carbonisa l'abdomen. Le vétéran haleta pour reprendre son souffle avant de vérifier que le trandoshan avait bien rendu l'âme.
Bon, il s'était assez attardé ici. Il s'engouffra dans la soute et gagna au pas de course le poste de pilotage. Il lança les moteurs et la Perle du Corsaire s'éleva bientôt au milieu des ténèbres profondes dans un rugissement assourdissant.
Ce n'était pas un Jedi fugitif qu'il devait sauver.
C'était avant tout un ami.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!


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