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MessagePublié: 11 Juin 2017, 22:22 
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Bonsoir les amis! je vous présente la suite 8-) !

Espace Hutt, Nar Shaddaa

Nar Shaddaa ressemblait à première vue à la Cité Galactique. La Lune des Contrebandiers comme elle était couramment appelée n'offrait cependant pas la même dimension de prestige que la plupart des mondes du Noyau, bien plus influents au temps de la République.
Le satellite appartenait au cartel des Hutt basée sur la planète mère Nal Hutta autour de laquelle il tournait en orbite.
Gelfran pour décrire cette cité urbaine, avait insisté sur le fait qu'elle ne manquait pas de charme. Oreste avait vite compris que ce n'était que de l'ironie. Hormis quelques espaces spécialement aménagés pour la gent prestigieuse et compromise dans leur relation d'affaire avec les Hutt, les rues constituaient un véritable cloaque dans lequel il n'était pas bon de s'attarder.
Même dans les niveaux supérieurs, il était aisé d'encaisser un malheureux coup de vibrolame sur un simple malentendu.
Ils passèrent devant un établissement aux moeurs douteuses, promettant avec moult hologrammes représentant des silhouettes féminines aux courbes avantageuses des menus plaisirs tarifés, lorsque le Jedi corellien jugea bon de poser la question qui lui brûlait les lèvres.
-Bon, assez de mystères. À qui va-t-on parler?
-Mirol Shogun, fit le contrebandier. C'est un intermédiaire qui travaille pour le Kadijac Besadii, il contrôle pour eux le Secteur Rouge.
Oreste resserra un peu plus son capuchon sur le crâne. Sur les conseils de son ami, il avait pris soin de revêtir la tenue standart de quelqu'un qui ne roulait pas sur les crédits et qui survivait en pratiquant des activités commerciales illégales.
-Il va nous aider contre l'Empire, vous êtes sûr?
-Pas lui, personnellement, lui avoua l'ancien soldat. Mais il connaît ceux qui pourraient nous être utiles.
Malgré son allure détendue, il était soucieux. Oreste le perçut aisément.
-J'imagine que ce ne sera pas gratuit.
-Oui, c'est un problème, avoua Gelfran. Mais je garde toujours un atout dans la manche.
Ils empruntèrent une ruelle qui raccourcissait le trajet les menant à la forteresse du lieutenant du clan Hutt. Ils se pincèrent les narines lorsque des effluves nauséabondes agressèrent leur odorat.
-On peut savoir lequel?
-Le culot, glissa le contrebandier avec malice.
-Parfait, nous voilà sauvés.
Ils débouchèrent sur une place correctement aménagée, dominée par un bâtiment massif qui dépassait d'une large tête la plupart des tours sombres et anonymes de la lune. Ils comprirent d'après le dispositif de sécurité déployé qu'ils n'allaient pas entrer chez n'importe qui.
Un homme grand et massif s'interposa en les apostrophant rudement:
-On passe pas.
Oreste masqua un sourire goguenard, réalisant que le garde malgré son uniforme rutilant trahissait des origines peu flatteuses dans le milieu criminel. Le genre d'individu peu recommandable qui ne s'embarrasait pas d'explications complexes.
Gelfran freina en levant ses mains en signe d'apaisement.
-On se détend, je viens discuter affaires avec Mirol.
-Il reçoit personne aujourd'hui, vieux débris. Débarasse le plancher ou j'arrangerai tes rhumatismes.
Le contrebandier soupira, en levant les yeux au ciel.
-Ah, pourquoi compliquer les choses?
-Besoin d'aide? Lui proposa alors Oreste qui empoignait discrètement son blaster.
-Pas la peine, je te remercie.
L'ancien vétéran s'efforça de sourire aimablement au cerbère indélicat.
-Bon voilà, je m'appelle Gelfran Delen. Le jeune nouveau qui m'accompagne se nomme Oreste et il débute dans le métier dont je lui apprends les rudiments essentiels. Mirol me connaît, je lui ai déjà rendu service par le passé.
-Et alors?
-Je détiens quelque chose qui lui appartient.
Le Jedi l'observa en train d'accrocher sans sourcilleux les yeux de chien Akk.
-Et tel que je le connais, il ne sera pas content s'il apprend que quelqu'un, un de ses employés par exemple, l'a empêché de le récupérer.
Le garde le dévisagea avec soupçon avant de s'éloigner dans un grognement énervé.
-Bougez pas, leur intima-t-il avant de saisir un comlink.
Il revint vers eux quelques instants après, tandis que des droïdes de sécurité commençaient à converger vers le duo pour les tenir en respect avec leurs armes intégrées dans les bras et dans le torse.
-Vous pouvez entre mais sans vos armes.
Le Jedi marqua une brève hésitation à se délester de son blaster avant que son ami ne l'y encouragea d'un hochement du menton.
-Vous les récupèrerez avant de sortir, leur assura le garde. Mirol vous recevra dans son bureau, dernier étage.
-Merci, fit Gelfran.
Tous deux passèrent devant lui et empruntèrent le turbo ascenseur qui les amena aux appartements du chef de gang local. Inutile de préciser qu'ils étaient étroitement escortés par une meute de gardiens à la mine farouche qui n'inspirait pas la franche rigolade.
Oreste en profita pour glisser au contrebandier:
-Dites vous avez confiance en ce Mirol?
-Je n'irais pas jusque-là, concéda Gelfran. C'est quelqu'un de dangeureux qu'il vaut mieux éviter d'arnaquer. Mais il ne nous causera pas de tort si nous ne lui donnons pas de raison de le faire, ajouta-t-il pour le rassurer.
Le couloir dans lequel ils débarquèrent brillait d'un luxe raffiné, que l'on ne retrouvait que rarement dans des mondes aussi reculés de la Bordure Extérieure. Ce Mirol Shogun qui rendait nerveux le contrebandier semblait bénéficier grâce aux Hutt d'une certaine influence sur la Lune des Contrebandiers.
Un homme assez intelligent et impitoyable pour savoir monnayer cette influence à bon escient. Le chef de la sécurité, un weequay, les guida jusqu'à la porte.
Il leur grogna dans son dialecte de Sriluur d'entrer et les deux humains furent introduits dans le domicile du baron local de la pègre.
Le salon rivalisait d'un style et d'une classe qui résumait la position sociale de l'homme de taille moyenne qui se présenta devant eux, entourant dans ses bras deux courtisanes twi leck, légèrement vêtues.
-J'espère que nous ne dérangeons pas, s'excusa Gelfran qui s'avança pour lui tendre la main.
Mirol Shogun ricana d'un air léger tandis qu'il laissa les twi leck aux atouts avantageux, se rhabiller un peu plus décemment. Les traits de leur hôte barbu aux cheveux longs grisonnants semblaient aimables et ses manières affables.
Il possédait néanmoins un regard perçant intimidant, une diversion qui lui permit de rajuster sa chemise quelque peu défaite avant de se recouvrir d'une élégante robe de chambre.
-Au contraire, nous venons de terminer de nous amuser. N'es-ce pas, mesdames?
Celles-ci répondirent d'un gloussement aîgu avant de quitter les lieux d'un pas léger avant que le propriétaire n'invita ses visiteurs à s'approcher et à s'installer à un divan face à lui. Mirol prit place dans un fauteuil avant de leur servir du brandy chandrilien.
-Quand cet idiot de Mlok m'a appris que tu détiendrais quelque chose qui m'appartenait, j'ai su que tu tenais beaucoup à me voir.
-Je savais bien que tu ne croirais pas un iota de ce poodoo, lui confia le contrebandier.
Son interlocuteur glissa un regard curieux vers Oreste qui gardait un masque impavide.
-En effet, je connais très bien tes petits tours, vieux mynock futé. D'où ma question, quelle est la raison de votre présence sur Nar Shaddaa?
Le Jedi sentit dans la Force qu'il serait inutile d'essayer de le tromper. On ne survivait pas dans un milieu aussi dangeureux sans une bonne dose de paranoïa et d'intuition aiguisée par l'instinct de conservation.
-Nous allons régler nos comptes avec l'Empire.
Mirol Shogun retint un rire moqueur.
-C'est plutôt direct, je dois le reconnaître. J'ai toujours admiré ton talent de mettre les pieds dans le plat au mauvais moment. Sans que tu ne mesures les conséquences d'ailleurs.
-Je sais que tu connais les personnes adéquates que nous pourrions employer.
-Si tu penses pouvoir leur transmettre ton idéalisme, bonne chance à toi. L'idéalisme de toute façon, cela n'a jamais été bon pour les affaires. Je pensais que tu l'avais compris depuis longtemps.
Mirol leva son verre à hauteur de menton, pour admirer avec un regard vague les reflets bruns mousseux de la liqueur alcoolisée.
-Je me suis souvenu qu'il existait des choses pour lesquelles cela vaut la peine de se battre. Sans que cela ne soit une question de crédits.
-Et je parie que ton jeune ami – que tu n'as pris la peine de me présenter en passant – y est pour quelque chose.
Oreste demeura impassible lorsque Mirol l'interrogea du regard.
-Il n'a pas eu besoin de me convaincre. Alors tu as l'intention de nous aider, oui ou non? Reprit Gelfran avec un zeste d'impatience.
-Je suis quelqu'un de pragmatique, tu ne m'auras pas par les sentiments.
-Salopart de banquier muun désséché, jura l'ami du Jedi. Ne t'inquiète pas pour le paiement, je couvrirai largement tes frais.
Mirol étira alors ses lèvres en un léger rictus énigmatique.
-Gelfran, je crains que nous n'ayons un petit souci. Je suis au courant de tes déboires avec le Soleil Noir, tu leur dois un paquet de creds.
-Et alors? S'agaça l'intéressé. Qu'es-ce que cela peut te faire, si tu es payé pour le service que tu peux me rendre?
-Parce que l'argent auquel tu fais allusion n'est plus en ta possession.
Mirol posa alors son verre sur la table basse, à coté d'un petit coffret dont il ouvrit le couvercle. Au creux de sa paume déployée, brillait l'éclat scintillant d'un joyau translucide aussi brillant que les feux d'une étoile en pleine vie et aussi gros qu'un caillou.
Gelfran bondit sur ses pieds, les poings serrés. Le jeune corellien surpris par sa réaction, observa que ses traits devinrent livides alors que dans ses perceptions, il sentit sa colère s'exprimer en un torrent débridé.
C'était la première fois qu'Oreste le vit dans un tel état de fureur.
-Sale voleur, cracha-t-il entre ses dents.
-Allons, je t'en prie. As-tu le moindre titre de propriété qui prouverait que tu en es l'unique et légitime propriétaire? Je me doute que non.
La colère de Gelfran retomba d'un seul coup, lorsqu'il réalisa dans quelle galaxie il vivait. Une galaxie où chacun suivait ses propres règles, Mirol Shogun compris.
-Ces perles Shaferen, tu aurais du en garder seul le secret. Un secret n'est plus un secret si plus d'une personne est au courant.
-Ne commence pas à me faire la leçon, martela Gelfran.
-Je n'insisterais pas étant donné le mal que tu éprouves à en retenir certaines. Pour en revenir à notre affaire actuelle, je crains de ne pas pouvoir t'aider davantage.
-Contente-toi de me dire où ils se trouvent pour que je puisse les contacter moi-même.
-Le Soleil Noir cherche à étendre son emprise partout dans la galaxie avec la bénédiction de l'Empire, y compris ici. Les Hutt se préparent à la guerre et mobilisent toutes leurs ressources disponibles. Personne ne vous aidera.
Les deux visiteurs fulminaient intérieurement d'être venus pour rien. Pour une fois, ce n'était pas Oreste le plus en colère. Il s'étonna lui-même de poser une main apaisante sur l'épaule de Gelfran pour l'empêcher de sauter à la gorge de Mirol.
Le contrebandier se détendit un peu avant qu'ils ne se détournèrent pour gagner la sortie.
-Attendez, leur fit le baron local du crime.
Le Jedi corellien remarqua l'ombre du remords assombrir les traits de Shogun.
-Gelfran, je sais que nos chemins ont divergé depuis que nous avons combattu côte à côte pour la République contre le cartel de Stark.
-Divergé? Sans blague. Quant à la bataille de Troïken, Je m'en souviens très bien encore comme si c'était hier, répliqua le contrebandier avec amertume. Si j'avais su ce que tu deviendrais, je n'aurais pas pris la peine de te sauver la vie, salopart de murglak.
Mirol demeura impassible devant cette pique.
-Je ne l'ai pas oublié et c'est pourquoi je t'offre une information fraîche qui vient de me parvenir depuis peu.
-Tu viens de me prouver que tu n'es pas digne de confiance.
-La confiance est un mot qui n'existe plus pour moi. C'est le meilleur moyen de se faire poignarder dans le dos. Sur ce point, les Hutt se sont montrés d'excellents professeurs.
-Ouais, l'élève a même dépassé le maître.
Mirol ignora le fiel de Gelfran et fixa ensuite le jeune corellien par dessus l'épaule de son ancien camarade d'armes. Oreste eut le sentiment qu'il avait deviné sa véritable nature.
Perspicace..
-Si tu veux bien, gagnons du temps. À l'instant où je vous parle, des Jedi qui ont échappé à la Purge vont bientôt se réunir sur Kessel.
-Tu as une idée de leurs projets?
-Aucune, à vrai dire.
Il fut bientôt évident pour Gelfran que Mirol ne s'adressait plus à lui mais à son jeune ami. Comme s'il savait qui il était.
-Mais je ne pense pas qu'ils y sont seulement pour discuter.
-À qui d'autre l'as-tu dit? Le pressa le contrebandier.
-Personne. Mais si j'étais vous, je n'attendrai pas que l'Empire les surprenne et n'abrège leurs retrouvailles.
Gelfran et Oreste échangèrent un regard dubitatif qui trahissait leur perplexité. La générosité de leur hôte ne leur semblait pas du tout naturelle sur le coup. Le corellien étendit donc ses perceptions sensorielles pour le sonder.
Sans percevoir la moindre once de duplicité.
-Merci, concéda le contrebandier.
Prononcer ce mot lui coûtait bien plus qu'il ne pensait, Mirol Shogun ne fut pas dupe.
-De rien, lui répondit-il seulement.
Il ne se leva même pas pour les raccompagner, cela aurait été superflu.


Lorsque la Perle du Corsaire quitta l'orbite de la Lune des Contrebandiers, Oreste affichait une mine crispée sur son siège de copilote. Gelfran qui s'occupait des manoeuvres pour le saut en hyperespace, finit par s'en apercevoir.
-Qu'es-ce qui te tracasse, gamin?
-J'ai seulement un mauvais pressentiment.
Les étoiles s'étirèrent à l'infini avant que le vétéran ne pivota son siège dans sa direction.
-Mirol ne nous trahira pas.
-Pourquoi en êtes-vous si certain?
-Je lui ai sauvé la vie, il me sera toujours redevable. Cela fait partie des choses qu'il n'a pas encore oubliées. S'il voulait nous livrer à l'Empire, il aurait tout fait pour nous retenir. Nous ne pouvons en dire autant de son entourage.
-Il savait que j'étais un Jedi.
-C'est un homme très intelligent, cela ne m'étonne pas de lui. Beaucoup au sein de la milice de Ranulph Tarkin le haïssaient pour ça.
Le voyage vers le système de Sleheyron, une escale qui précédait leur arrivée à Kessel, dura une demi heure standart. Lorsqu'ils réintégèrent l'espace normal, Oreste prévint son ami:
-Ne programmez pas le saut, je vais bientôt recevoir un appel.
-Comment le sais-tu?
-Une intuition.
À l'instant où il lui répondait en souriant avec nonchalance, la Perle du Corsaire réceptionna sur le canal principal ledit appel. Qui fut initialisé par Gelfran.
L'hologramme d'une femme au port digne et droit se matérialisa devant les deux hommes curieux. Le Jedi corellien avait reconnu immédiatement la femme qui l'avait persuadé sur Coruscant de patienter avant d'entrer en action contre l'Empire.
Visiblement pour elle, le moment était enfin venu.
-Maître Shadday, j'ai bien cru que vous m'aviez oublié depuis le temps.
-Je n'oublie jamais un frère. J'ai appris ce qui vous est arrivé sur Corellia et je tenais à vous faire part de mes condoléances pour la perte de votre famille.
Oreste les accepta d'un simple hochement du menton.
-Je veux leur rendre maintenant justice.
-Dans ce cas, vous serez le bienvenue parmi nous sur Kessel. Moi et ceux qui m'ont rejoint sommes prêts à frapper l'Empire.
-Qu'avez-vous décidé?
-Nous allons bientôt en discuter, ne soyez pas en retard. Fin de transmission.
Son hologramme disparut dans un flash. Puis Gelfran s'empressa d'entrer dans le navo ordinateur les coordonnées de Kessel.
-Bon je ne suis pas fâché de quitter l'Espace Hutt, confia-t-il au jeune homme.
-Et moi donc.
Il abaissa subitement son capuchon, se raidissant brusquement lorsqu'une perturbation agita rudement les courants de la Force.
-Vous avez gardé les boucliers levés, Gelfran?
-Non, pourquoi? Il n'y a pas d'âme qui vive aux alentours et ce n'est pas conseillé de laisser les écrans déflecteurs activés pendant l'hyperespace.
-Relevez-les, maintenant.
Éveillé par le ton tranchant de son camarade, le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark ne put se retenir de froncer les sourcils.
-Eh, une minute! Qu'es-ce qui te pre..
Les alarmes de proximité hululèrent sans crier garde, un clairon funeste qui annonçait l'immnence d'un danger.
Dans un flash, un vaisseau de guerre apparut à deux kilomètres droit devant eux. Malgré la distance, il ne ressemblait pas en apparence à un quelconque navire impérial. Les consoles tactiques permirent d'identifier un étendart que tous deux connaissaient à connaître intimement.
Celui du Soleil Noir.
Leur irruption à proximité même de l'Espace Hutt montrait que le Prince Xizor n'avait pas peur de provoquer les kadijics. Et qu'il était déterminé à leur mettre la main dessus.
Et leur présence ici ne pouvait être fortuite.
-Une personne de trop a parlé, on dirait, grogna Oreste en fusillant le contrebandier d'un regard noir.
Gelfran examina l'antique frégate de classe Foray, qui se rapprochait à marche forcée, en larguant des chasseurs stellaires du hangar principal. Qu'il reconnut comme étant des intercepteurs A 6, des chasseurs que la République avait utilisé contre le cartel de Stark.
D'une puissance de feu loin d'être négligeable.
-Je te l'ai dit, on ne peut pas faire confiance à l'entourage de Mirol.
-Vous pourriez arrêter de prendre sa défense.
Gelfran releva les boucliers à pleine puissance et la Perle du Corsaire encaissa sans broncher les premières salves décochées.
-Si cela ne te dérange pas, nous reprendrons cette discussion plus tard.
Il cilla à peine devant l'hostilité d'Oreste, qui se depêcha finalement de rejoindre la batterie arrière.

Voilà ce sera tout pour ce soir! à la prochaine!


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MessagePublié: 17 Juin 2017, 22:42 
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Bonsoir à tous! L'extrait que je vous publie est la retranscription d'une partie du tome 10 de Clone Wars intitulé la Purge§ Si vous le lisez, je suis certain que cela vous dira quelque chose.. :twisted:

Kessel

Shadday se tourna vers ses cinq autres camarades Jedi qui patientaient assis sur des caisses ou debout dans l'une des mines d'épices abandonnées de Kessel. Dans laquelle on extrayait avant la dernière guerre, le glitterstim en abondance, le péché mignon des trafiquants et contrebandiers de tous bords.
Elle sentait la présence de deux autres Jedi derrière la porte et entendit quelqu'un crier son nom. Elle se leva pour les accueillir.
Son visage s'éclaira lorsqu'elle reconnut une jeune femme aux cheveux sombres et au visage basané accompagné d'un aleema, un petit non humain qui se caractérisait par une grande protubérance crânienne qui prolongeait l'arrière de sa tête.
Tous deux portaient un respirateur aux lèvres pour survivre dans un environnement peu adapté aux êtres organiques.
-Bultar Swan! S'écria-t-elle. Et vous avez retrouvé Maître Choi! Dépêchez-vous d'entrer! L'air est respirable dans la chambre.
Les deux visiteurs ne se firent pas davantage prier. Shadday les guida vers le groupe qui les regardait s'approcher.
-Cette mine-ci est abandonnée, expliquait-elle. Les épices sont épuisées. Je crois que même les araignées n'y viennent plus. Nous ferions quand même mieux de ne pas nous éterniser.
Bultar Swan et Tsui Choi prirent le temps de promener leur regard sur les machines gangrenées par la rouille et la poussière, inertes devant les parois qu'elles avaient grignoté.
-Pardonnez-moi, mais je ne suis pas sûre que tout le monde se connaisse. Je vous présente Bultar Swan et Tsui Choi.
Shadday s'écarta pour dégager le champ de vision de ses deux hôtes qui s'inclinèrent devant leurs confrères. Successivement elle nomma ces derniers.
-Roblio Darté...
Un homme massif à la barbe et à la chevelure blonde fournie coiffées en tresses les considérait de son unique oeil valide. Une balafre calcinée barrait son oeil gauche, la relique d'une grave blessure récoltée lors de la débacle de Parcellus Minor.
Ses traits étaient ceux d'un guerrier qui avaient gouté d'un peu trop près les horreurs de la guerre.
-...Sia-Lan Wezz...
Une Chevalier Jedi d'environ une trentaine d'années les accueillit avec un sourire plus chaleureux que son précédent ami. Ses cheveux aubruns noués en queue, retombaient légèrement sur son épaule.
-...Ma'kis' Shaalas...
Le suivant était un nikto à l'air placide. Il les salua avec une brève révérence courtoise.
-...Koffi Arana...
L'homme à la peau sombre semblait tendu, comme prêt à bondir sur le premier venu. La tension qui l'habitait électrisait la Force, perturbant la sérénité de tous. Notamment celle d'un grand et massif humanoîde à la peau bleue, dont la ceinture laissait pendre ostensiblement la poignée d'un double sabre laser.
-...Jastur Farr nous ont déjà rejoints. Nous en attendons encore un mais je crois que nous pouvons commencer.
-Alors peut-être devrions-nous commencer par la raison de notre présence, suggèra le Jedi aleema.
-Nous sommes ici pour sauver la République!
Tsui Choi soutint le regard hargneux de son collègue borgne, avec le flegme caractéristique des Jedi.
-Il n'y a plus de République, Maître Darté. Vous oubliez que le Sénat a choisi de devenir un Empire?
-Ils se sont fait manipuler, lui répondit Koffi Arana.
La voix de celui-ci était acérée comme du duracier aiguisé.
-Tout comme nous, les Jedi, nous sommes fait manipuler dans la Guerre des Clones. Palpatine et Dooku étaient de mèche, c'est maintenant évident.
La haine embrasait ses yeux, des flammes qui inquiètaient Tsui Choi et Bultar Swan.
-Deux Sith, rien que deux. Et voilà tout l'Ordre Jedi réduit à néant. À quoi nous ont servi les enseignements Jedi?
Il se pencha en avant.
-Tuons les Sith. Tuons les Sith et leur Empire tombera! Cracha-t-il dans un souffle rauque.
Le nikto reprit d'un ton plus posé:
-Pour le moins difficile à mettre en oeuvre. Ce nouvel Empereur est très bien gardé. Es-ce faisable? Je l'ignore. Es-ce à tenter? Oui!
Arana ne masqua pas un rictus confiant approuvant à sa juste valeur le soutien que lui accordait Shaalas. Cela obligea Tsui Choi à réagir à ce qu'il jugeait contraire à ses principes.
-C'est la vengeance que vous cherchez, Maître Arana. Ce qui ne peut conduire qu'au Coté Obscur!
-Peut-être, répliqua l'autre sèchement. Et peut-être faut-il embrasser le Coté Obscur pour détruire les Sith!
Shadday et Wezz éprouvaient des émotions opposées. Si les traits de Sia-Lan, la jeune Chevalier aux cheveux bruns se convulsaient sous le coup d'une répulsion instinctive devant les propos radicaux de Arana, ce n'était pas le cas de sa compagne qui semblait séduite par la passion qui s'en dégageait.
-Après tout, le Coté Obscur n'a-t-il pas prouvé sa supériorité? Poursuivait Arana. N'oserons-nous user d'aucune arme pour sauver la galaxie des mains des Sith?
Jastus Farr crut opportun de tempérer le débat.
-Peut-on emprunter le chemin obscur pour accomplir le bien? Interrogea-t-il en pleine verve philosophique. Ou le Coté Obscur doit-il inévitablement corrompre le bien qu'on espère accomplir? C'est ce qu'ont toujours dit les Grands Maîtres. À chemin obscur, fin obscure. Telle est la sagesse populaire. Mais es-ce la vérité? Je me le demande.
Bultar Swan échangea un regard désemparé avec Tsui Choi qui secoua doucement la tête presque fataliste. Même Jastus Farr qu'elle connaissait de réputation et qu'elle tenait en haute estime n'avait pas rejeté frontalement sur le fonds l'idée de Koffi Arana.
La perspective que tous à l'exception d'elle et de l'aleema se rangent inéluctablement à cette opinion, l'horrifiait au plus haut point.
Elle s'accrocha à l'épaule de Roblio Darté, pour tenter de ramener au moins l'un d'eux à la raison.
-Nous parlons de vengeance, Roblio! Ce n'est pas la voie des Jedi! Après avoir tant perdu, devrons-nous aussi renoncer à cela?
Mais le vétéran borgne de Parcellus Minor demeura inflexible.
-Ne nous sommes-nous pas éloignés de la voie des Jedi en devenant des généraux? Lui fit-il remarquer. Je ne cherche pas la vengeance, je cherche à réparer les choses!
-Les choses sont ce qu'elles sont, Roblio Darté. La situation a changé, lui rappela Tsui Choi, et elle changera de nouveau. Cet Empire va apprendre à gémir sous la botte des Sith. Alors il nous incombera à nous et à d'autres de reprendre le combat. Mais l'heure n'a pas encore sonné.
À mots couverts, l'aleema tentait de les convaincre de bien réfléchir avant de se lancer dans des actes aussi désespérés. Mais lorsqu'il croisa le regard de Shadday, il était désarmé par le calme qui en émanait.
Le calme de celle qui avait déjà pris sa décision avant même que les débats ne commencent. Jastus Farr semblait l'avoir perçu aussi.
Celui-ci demanda:
-Quel but poursuiviez-vous en nous convoquant, Maître Shadday?
Un sourire fin illumina son expression indéchiffrable.
-Je m'attendais à ce que nous, les Jedi, fassions ce que nous avons toujours fait. Nous rassembler et étudier les possibilités, y réfléchir, méditer peut-être, et en discuter.
Choi et Swan frissonnèrent lorsqu'ils l'entendirent à mots couverts proposer elle aussi de mettre les pratiques d'un ordre révolu de coté.
-Et il n'en serait rien sorti. Ou alors trop tard pour être efficace. C'est pourquoi j'ai lancé ma dernière invitation.
Tous les autres se raidirent instinctivement lorsque son sourire s'élargit de plus belle.
-Maître Shadday, qu'avez-vous fait? S'exclama Tsui Choi, effaré.
Ceux qui étaient assis avaient bondi sur leurs pieds, le sabre laser au poing. Deux lames bleues azur crépitantes déchirèrent la pénombre, celles de Roblio Darté et de Koffi Arana dont l'intention était fixée sur la porte.
Dans la Force, une tempête approchait. Une ombre s'avançait..
-Étendez votre perception, Maître Choi, lui souffla Shadday. Les tunnels masquent les approches, mais ne le sentez-vous pas venir? La mort en marche, le poing de fer de Palpatine. Le successeur de Dooku, l'héritier de Maul. Le nouveau Sith, Dark Vador.
Le Jedi aleema le ressentait évidemment comme tous ses autres confrères. Une ombre s'avançait, un cncentré de haine pure, une bombe prête à exploser, un volcan sur le point d'entrer en éruption.
-J'ai appris par mes contacts que Vador cherchait à localiser Maître Obi Wan Kenobi. J'ai laissé courir le bruit de sa présence ici. J'ignore la raison de la raison de la haine qu'éprouve Vador pour Maître Kenobi. Mais je sais qu'elle l'attire ici seul.
Shadday parlait avec un sang froid alors que la bête, l'incarnation même du cauchemar se trouvait presque à leur porte. Sia Lan Wezz et Ma'kis Shaalas activèrent à leur tour leur sabre laser.
-Aussi puissant soit-il, Vador est seul et nous sommes nombreux. Finis les débats, finie la réflexion. Pas besoin de planifier, notre proie vient à nous. Sa mort mutilera l'Empereur et l'exposera à la peur. Et la galaxie apprendra que les Jedi vivent encore.
Alors qu'elle achevait ces mots, une déflagration arracha la porte de ses gonds, suite à la violente Poussée de Force que venait d'exercer le Seigneur Sith. Celui-ci apparut sur le seuil, annonciateur de la mort qu'il allait déverser. Agitant sa lame crépitante au halo plus funeste que le sang, il hurla à travers son vocodeur avec un timbre rauque:
-Où est Obi Wan Kenobi?
Shadday empoigna sous sa cape, ce qui ressemblait à une longue dague.
-Pas ici, Sith, répondit-elle avec une intonation glaciale. Son nom nous a servi d'appât.
Pendant quelques instants, le silence ne fut perturbé que la respiration de l'ancien Jedi déchu. Vador étudia ses adversaires. Certains trahissaient leur peur à travers les flux de la Force mais tous affichaient une résolution inébranlable.
-Le premier qui me dit où le trouver vivra, déclara-t-il sans concession. Les autres mourront.
-C'est vous qui allez mourir!
Une jeune chevalier Jedi rousse surgit des rangs, le sabre laser couleur chlorophyle brandi au-dessus de sa tête.
Arrivée à portée, elle s'apprêtait à l'abattre sur ce masque hideux mais le Sith fut bien plus prompt qu'elle. Il s'avança d'un pas et plongea son arme ardente droit dans le coeur.
-Non! S'écria Roblio Darté lorsqu'il la sentit s'éteindre dans ses perceptions.
Avant même de la laisser s'affaisser sur le sol et pour faire bonne mesure, Dark Vador trancha la main de la défunte ce qui poussa le vétéran de Parcellus Minor à entrer dans la danse. Aussitôt rejoint par ses camarades, Koffi Arana et Ma'kis Shaalas.
Avec une facilité déconcertante, l'intrus parvint à contenir leurs premières attaques conjuguées. Ainsi alors qu'il contrait la lame du Jedi nikto, il repoussa Koffi Arana contre la paroi de la mine désaffectée.
Le choc fut rude et l'homme retomba sur ses appuis, sonné. Le combat s'annonçait indécis. Bultar Swan et Tsui Choi échangèrent finalement un regard résigné avant d'activer à leur tour leur arme.
-Maître Choi?
-Nous n'avons plus le choix, Maître Swan, lâcha-t-il d'une voix étrangement lasse. Quelque soit notre sort, affrontons-le en Jedi..

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Vous l'avez deviné, je n'ai fait que reprendre les dialogues :mrgreen: ! à la prochaine!


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MessagePublié: 25 Juin 2017, 21:32 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite :) ! Dans cet extrait Oreste notre héros Jedi en quète de revanche (ou de vengeance? :roll: ) va découvrir un secret sur l'Histoire de sa famille qui pourrait influer sur son destin de façon décisive..

Lorsque la Perle du Corsaire émergea de l'hyperespace pour se placer en orbite de Kessel, ses occupants furent soulagés de constater l'absence de vaisseau impérial dans le secteur. Bien plus soulagés après avoir la force d'attaque du Soleil Noir qui leur avait tendu cette embuscade avant leur arrivée dans le système.
Kessel était un monde en marge des autres systèmes du coin, qui n'intéressait les exploitants locaux honnêtes ou non que par la présence de ses nombreuses mines de glytterstim, l'épice la plus convoitée de toute la galaxie. Surtout en contrebande.
Ainsi il n'était guère surprenant de se trouver en présence de nombreux cargos de toutes origines parmi lesquels ils s'incrustèrent.
-Bon, tes amis Jedi, tu les as répérés? Finit par demander Gelfran à Oreste.
Celui-ci s'immergea prudemment dans la Force pour répérer le moindre écho qui lui signalerait la présence d'un puissant sensitif. Mais rien ne troublait ses perception sensorielles.
-Je ne perçois pas leur présence. Peut-être qu'ils se camouflent.
Le contrebandier grogna.
-Donc ce ne sera pas facile pour toi de les trouver.
-Difficile mais pas impossible. Déposez-moi quelque part sur la surface et je me débrouillerai pour aller les trouver.
L'ancien vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark s'apprêtait à lui déclarer qu'il trouvait cette démarche un peu hasardeuse mais il se ravisa lorsqu'il comprit qu'il ne pourrait pas le faire changer d'avis.
-D'accord, Oreste. Mais évite de traîner trop longtemps surtout après ce qui s'est passé à Sleheyron. L'Empire n'est pas notre seul ennemi.
-Compris.
Le jeune corellien qui avait revêtu ses habits verts de Jedi vérifia l'état de son sabre laser accroché à la ceinture. Puis il quitta le cockpit pour se diriger vers l'écoutille qu'il déverouilla lorsque leur vaisseau entra dans les couches atmosphériques pour s'approcher au ras du sol.
La rampe d'accès se déploya et Oreste Tissan fut secoué par un courait d'air sec et frais qui lui balaya rudement son visage fin.
Un vent chargé de pollution melé à de l'épice traité avec des produits industriels qui rendait l'air toxique. C'est ce qui le poussa à se saisir de son respirateur et à le coller aux lèvres.
Il observa le panorama autour de lui et découvrit un paysage aride creusé par l'érosion et par l'exploitation frénétique et carnassière de ceux qui avaient fait de l'épice leur principal fonds de commerce au détriment de l'écosystème.
Des pics et des cratères qui défiguraient un paysage naguère luxuriant aux premiers temps de la République.
Ça et là, loin de ces éphémères cités qui offraient un refuge précaire contre les éléments, des infrastructures enserraient la base de certains contreforts montagneux. Qui marquaient l'emplacement de mines exploitées actuellement ou abandonnées.
C'était dans l'une d'elles qu'il devait commencer les recherches.
Où vous trouvez-vous, Maître Shadday?
Il descendit la pente pour s'engager dans les étroites vallées sinueuses artificielles après que la Perle du Corsaire ait disparu à l'horizon.

La principale difficulté qui s'imposa rapidement à lui était qu'il ne percevait pas la moindre signature d'un de ses camarades. Ce qui lui aurait permis évidemment de gagner du temps. La perspective de s'éterniser dans chacune de ces mines lui semblait particulièrement décourageant.
Il s'ouvrit davantage à la Force alors qu'il se trouvait devant l'entrée de la première mine devant laquelle il avait freiné.
Seul un silence inexplicable lui répondit en retour. Ses camarades Jedi se cachaient-ils donc de lui ou d'autre chose? Ou bien avaient-ils quitté le système?
Indécis pendant de longues secondes, il se résigna à contacter son ami.
-Gelfran, Je ne les détecte pas dans la Force.
-Plutôt bizarre, non?
-J'ai l'impression que nous perdons notre temps, ici.
À travers le rugissement parasite des moteurs du cargo que le contrebandier pilotait, Oreste l'entendit finalement proposer.
-Je vais atterrir et garer mon vaisseau à l'un de ces statioports. Et je vais demander si quelqu'un a croisé Maître Shadday.
Le Jedi corellien acquiesça d'un air sombre. C'était dangeureux mais ses options étaient limitées.
-Bon soyez prudent alors. Oreste terminé.
Le jeune homme rabattit alors son capuchon sur la tête et se cala contre la paroi rocheuse, croisant les bras sans se départir de sa mine lugubre. Il le pressentait, quelque chose n'allait pas. Pris d'une subite inspiration, il décrocha son comlink pour composer la fréquence de la Jedi.
Quitte à être intercepté par un agent impérial sur place. Peu importe, le risque en valait la peine. Mais il n'obtint aucune réponse, ce qui ne fit qu'accroître son malaise. Un sentiment rendu encore plus aïgu par la solitude qui l'entourait.
Seule la méditation pourrait le calmer mais compte tenu de ces efforts infructueux et des visions qu'ils avaient déclenché, l'idée était loin d'être alléchante.
Il pesa le pour et le contre car il ne voulait pas rester désoeuvré. Après une longue minute d'hésitation, il s'assit finalement en tailleur et fusionna son esprit avec les courants de la Force. Et de nouveau, les mêmes promesses d'un funeste destin surgirent de l'oubli..

Il l'avait fait! Il le tenait entre ses mains, cet artefact dont il avait perçu la puissante signature lorsqu'il avait posé le pied sur cette planète inhospitalière en compagnie de Maître Yoda et des dizaines de frères et soeurs Jedi, chargés de récupérer ce que contenait l'épave du Chuun'thor. Mais les Sorcières de Dathomir les attendaient de pied ferme.
La bataille s'était engagée et il en avait profité pour s'éclipser. Pour trouver le Bâton Obscur et s'en emparer.
Il avait d'abord nourri des remords d'avoir déserté le champ de bataille mais ces nobles sentiments s'étaient estompés lorsqu'il réalisa le pouvoir qu'il tenait entre ses mains. Un savoir ancien et inconnu.
Un savoir dangeureux selon le Haut Conseil Jedi.
Mais il était convaincu que ce savoir pouvait être utilisé à bon escient pour sauver des millions de vies, des milliards de vie en changeant le cours des choses. En influant le temps, le cours des ères, l'époque des Empires.
Bien que natif de Corellia, il était un Jedi. N'était-ce pas son devoir de sauver des vies présentes, passées et de celles à venir? Il lui suffisait de remonter le temps et de se téléporter en un lieu choisi.
Il ignorait comment le manier précisément mais il était persuadé que si Maître Yoda pouvait comprendre ses motivations..
Alors tout deviendrait possible. L'obscurité qui se tapissait au coeur de la République menaçait de s'étendre dans la galaxie. La République et l'Ordre Jedi s'effondreraient tôt ou tard. Mais il pouvait changer le cours des choses.
Lorsqu'il était parti étudier la maîtrise de la Force sur Coruscant sur l'invitation de Maître Vulatan, un des concepteurs du projet Chuun'thor, il avait parcouru les archives sur la biographie de Dark Rivan, un zélosien comtemporain des Nouvelles Guerres Sith.
L'Histoire racontait que les Jedi investirent en force sa forteresse d'Almas pour le mettre hors d'état de nuire. Pour en réchapper, ce Sith zélosien utilisa le Bâton Obscur pour se téléporter dans le temps et l'espace. Dans sa hâte, il avait mésestimé la puissance de cet instrument et atterrit en plein champ de bataille de Ruusan plus de deux siècles après son époque.
Épuisé par la puissance de l'artefact, il fut abattu par un Jedi de l'Armée de la Lumière et le Bâton Obscur tomba entre les mains de la Confrérie des Ténèbres du Sith Kaan. Celui-ci lucide sur le danger de ce vestige, l'expédia à l'académie Sith de Dathomir.
Où il sombra dans l'oubli, tout comme les Sith, exterminés intégralement sur Ruusan. Mais le Coté Obscur cessait-il d'être une menace pour autant?
Alan Tissan était persuadé du contraire.
Il avait traversé les Plaines de l'Infini arides et rocailleuses pour gravir les pentes de ce pic qui les surplombaient. Trouver cette caverne sombre et anonyme, pour répondre à cet appel qui le harcelait dans la Force.
Il ne pouvait plus reculer. Si lui n'avait pas récupéré le Bâton Obscur, quelqu'un d'autre de moins bien intentionné l'aurait fait. Il n'avait pas de prise sur les combats en cours qui se déroulaient près de l'épave du Chuun'thor entre ses camarades et les magiciennes autochtones, voilà pourquoi il devait se mettre en sécurité.
En temps voulu, il ferait entendre raison à Yoda et aux autres membres du Haut Conseil.
Les ombres sous lesquels il s'était abrité s'allongèrent peu à peu. Il faudrait songer à trouver un meilleur refuge plus confortable. Mais il sut bientôt qu'il n'aurait jamais ce luxe.
On le traquait.
Des échos remuaient ses perceptions, qui résonnaient à diverses intensités. Des Sorcières de Dathomir et des Jedi qui s'approchaient. Melés les uns aux autres.
Il fronça les sourcils, indécis. Lorsqu'il avait déserté ses pairs, ils s'étripaient férocement sans aucune retenue.
Et maintenant ils semblaient agir de concert, concentrés sur un et même objectif. Lui.
-Par les neufs enfers de Corellia, jura-t-il dans sa barbe.
Une puissante présence juste dans son dos le força à pivoter d'une pièce. Un gnome vert aux oreilles pointues le fixa avec une lueur de tristesse dans le regard.
-Perdu vous semblez être, Maître Tissan.
-J'ai fait ce qui devait être nécessaire, Maître Yoda. Pour le bien de la galaxie.
L'intransigeance du corellien paraissait contrarier le petit non humain.
-Abandonné en pleine adversité vos camarades vous avez, indigne d'un Jedi cela est.
-Je ne suis plus l'un de vos étudiants, rétorqua Alan. J'ai agi comme le ferait un Jedi, le Bâton Obscur ne pouvait rester entre les mains du premier profane venu.
-Avec les Sorcières de Dathomir, un accord conclu j'ai. De l'honorer je vous le demande humblement.
Une grimace de dépit déforma les traits du Jedi corellien.
-Vous me demandé d'honorer une trève dont je ne connais pas les termes. Et pourquoi avez-vous négocié avec ces mégères? Ce sont elles qui nous ont attaqué les premières!
-Récupérer nos morts et nos prisonniers elles nous permettent. En échange, obtenu la garde du Chuun'thor et de ce qu'il contient elles ont. Y compris ce que vous tenez à la main, mon ami.
Alan Tissan étudia sa situation et comprit qu'il ne posséderait pas un rapport de force favorable. Mais il s'obstina.
-Non.
Yoda s'inquièta de voir une étrange flamme de haine briller dans ses prunelles, signe de la certitude absolue qui l'habitait.
-Maître Tissan, mon devoir ne m'obligez pas à accomplir.
-Vous ignorez ce que je tiens entre les mains. Je vous défie d'essayer de me le prendre. Ne comprenez-vous pas que le Bâton Obscur peut sauver la République du retour des Sith? Ne sentez-vous pas que la Force perd peu à peu de sa vitalité lumineuse?
-Peut-être vrai cela pourrait. Mais souillé par Dark Rivan cet artefact est. Ne pas s'abaisser à de telles extrémités un Jedi devrait. Revenir à la raison je vous supplie. Combattez cette peur qui vous a submergé.
-C'est ce que je n'ai jamais cessé de faire jusqu'ici. Mais vous sur Coruscant, vous avez peur de vous salir les mains et vous vous croyez ensuite le mieux placé pour donner des leçons? Les Jedi méritent mieux.
-Alors vous contraindre à obéir je dois.
Une courte lame crépitante verte naquit dans la pénombre et Alan Tissan se raidit à son tour, allumant son sabre laser. Tout en empoignant plus fermement le Bâton Obscur.
-Ce bâton contient plus de pouvoir que vous ne l'imaginez, Maître Yoda. Le pouvoir de distordre le temps, l'espace et la Force. Dark Rivan l'a appris à ses dépens et vous allez l'apprendre aussi.
Le corellien passa à l'attaque et frappa le Grand Maître de l'Ordre Jedi en titre de haut en bas, usant de son sabre laser et du Bâton Obscur comme des massues. Yoda esquiva toutes ces attaques brutales avant de se lancer dans des acrobaties compliquées, étonnantes pour quelqu'un d'aussi âgé que lui.
Alan fut forcé à battre précipatemment en retraite, et fut heureux que le Bâton Obscur soit résistant aux coups de sabre laser. Sinon le combat se serait achevé bien plus tôt. Néanmoins il n'était pas possible de prendre le dessus par des moyens conventionnels.
Il était temps de tester d'autres options. Il s'écarta d'un Saut de Force de l'antagoniste qui n'appuya pas son avantage.
Yoda voulait le ménager.
-Rendez-vous, Alan.
-Je suis allé trop loin pour rebrousser chemin. Il est trop tard pour moi.
-Ne m'obligez pas..
Une détermination froide noya la lumière verte et grise qui inondait les iris du natif de Corellia.
-Je vais remonter le temps jusqu'à la bataille de Ruusan. Peu après le moment où la bombe psychique a été déclenchée par Kaan, et je veillerai à ce qu'aucun Sith n'en ait réchappé.
Yoda secoua la tête, témoignage de sa lassitude.
-Même si fondées vos raisons sont, les conséquences de cet acte vous ne mesurez pas. En prétendant vouloir faire le bien, le mal vous engendrerez.
-Quel mal y a-t-il à vouloir arranger le cours de l'histoire? Si nous ne faisons rien pour contrer la survie des Sith, les conséquences seront bien pires encore!
-Alan, le sort de milliards d'innocents risquer vous allez..
-Nous savons tous les deux qu'il n'y a qu'un seul moyen de m'arrêter, Yoda.
Cette fois une étrange sérénité apaisa les traits crispés du corellien. Ce qui ne rendit que plus amère la décision que Yoda accepta tout juste de prendre.
-Ne faites pas ça, tenta-t-il de le prier une dernière fois.
Alan connecta son esprit avec l'artefact et la Force se convulsa violemment sous l'effet d'une tempête qui s'ammoncellait au-dessus de leur tête. Autour d'eux, les pins tremblèrent de la tête aux pieds, fouettés par un tourbillon d'air incontrôlable.
Et le pommeau du Bâton Obscur se mit à briller d'un éclat peu rassurant. Yoda savait qu'il ne pouvait tarder davantage à agir.
Il connaissait très bien l'histoire de Dark Rivan et de sa fin lorsque sa forteresse d'Almas était tombée pendant les Nouvelles Guerres Sith.
Il avait lu l'histoire des souffrances de ses victimes, infligées à l'aide du Bâton Obscur qui avait drainé leur essence vitale. Voilà pourquoi Alan Tissan devait être arrêté. À n'importe quel prix. Le Grand Maître savait ce que couterait ce sacrifice.
Alors Yoda s'élança sur le corellien et bondit par dessus lui, avant de retomber sur ses appuis avec souplesse. Il rangea son sabre laser alors que le Jedi corellien tituba quelques instants, avant de s'écrouler au sol.
Pour ne plus jamais se relever.
La tristesse étreignit le coeur de Yoda lorsqu'il perçut sa présence se noyer dans la Force, empreinte de colère et de confusion.
Mais il n'eut pas l'occasion de s'appesantir sur son chagrin. Un rugissement rauque précéda l'irruption d'un monstre massif tassé sur lui-même dont le poids suffit à déraciner deux sapins sur son passage dans un gémissement de bois brisé.
Le Jedi savait qu'il n'avait rien à craindre du rancor qui le dominait de sa hauteur, car sa bestialité était contrôlée par une femme blonde athlétique qui était assise à califourchon sur sa nuque épaisse. Elle fixait la scène de son regard farouche et défiant avant d'abaisser sa lance.
Elle sauta au bas de sa monture et s'inclina respectueusement devant le Grand Maître de l'Ordre Jedi.
-Je suis navrée que vous ayez du en venir à de telles extrémités.
-Merci Soeur Lokia Djo. Une grande perte pour nous la mort d'Alan Tissan est.
-Soyez sans crainte. Malgré ce qui vient de se passer, notre accord tient.
À l'aide de sa télékinésie, Yoda souleva le Bâton Obscur au niveau de son visage.
-La garde de cet artefact vous revient de plein droit.
-Nous nous assurerons que personne d'autre ne le trouve, lui assura la Sorcière de Dathomir. Qu'avez-vous ensuite l'intention de faire?
-Pleurer nos morts nous allons. Et nous assurer que les Tissan à jamais préservés de l'obscurité soient..


Oreste s'appuya contre la paroi bosselée pour ne pas perdre son équilibre. Un tourbillon d'émotions diverses tourmentait son âme, devant la nouvelle vérité que la Force lui avait révélé. Lorsque Neeja Halcyon l'avait trouvé pour le guider, il pensait que son lointain aïeul était un illustre héros. Une légende que la croyance populaire sur Corellia avait contribué à faire perdurer.
Oreste réalisa que tout cela n'était plus qu'un nuage de fumée. Les exploits et la réputation de sa famille reposaient sur un mensonge.
Après l'échec du raid pour récupérer les restes du Chuun'thor, Yoda avait certainement imposé aux Jedi corelliens le silence sur cette tragique affaire. Sûrement pour éviter qu'un autre Tissan ne suive le même chemin et pour épargner la fierté des corelliens.
Neeja Halcyon avait caché la vérité à son propre apprenti. Pire, Oreste pensait qu'il lui avait délibérement menti.
On l'avait trahi. Très bien, puisqu'il en était ainsi..
Il ne devait plus rien à personne, pas même aux Jedi qui n'avaient pas cessé d'entretenir ces illusions. Il ne devait plus rien à Neeja Halcyon, ni à Ki Adi Mundi. Pour lui, l'Ordre Jedi était bel et bien mort.
Mais il lui restait une famille à venger. Et le souvenir de Beliem continuait de le hanter.. Puisqu'il n'avait plus d'honneur, il s'efforcerait de lui rendre justice et peu lui importait la manière.
Son comlink réceptionna un appel et il le décrocha de sa ceinture.
-Oreste, j'ai du nouveau, l'informa son ami Gelfran.
-J'écoute, répondit-il avec espoir.
-Ce ne sont pas franchement de bonnes nouvelles.
Le contrebandier s'exprimait avec une certaine raideur qui trahissait son anxiété.
-Apparamment, tes Jedi ne sont pas les seuls à avoir atterri sur Kessel.
-Les Impériaux?
-Deux cannonnières clones seraient arrivées il y a deux heures standart et reparties une demi heure après.
La présence de soldats clones ne pouvait être fortuite. Cela représentait même un mauvais présage.
-Je te passe les coordonnées, fiston.
-Merci, Gelfran.
Le jeune corellien examina les données sur son datapad et émit un grognement peu flatteur. Il y avait une sacrée trotte à faire.
La longueur du trajet ne ferait qu'accentuer le danger d'être exposé ou d'être attaqué. Mais il devait en avoir le coeur net.
-Je vous contacte quand je les aurai trouvés. Oreste terminé.
-Fais attention à toi.
Le Jedi esquissa un sourire mauvais. Il ne s'inquiètait pas pour lui mais ses ennemis devraient s'inquièter pour eux, surtout s'ils osaient se dresser contre lui.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! à la prochaine :twisted: !


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MessagePublié: 29 Juin 2017, 20:02 
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Bonsoir! c'est l'heure de la suite :) !

Après trois heures d'une marche interminable sur un terrain qui ne se prétait guère à ce genre de loisirs, il approchait enfin de l'endroit indiqué par le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark.
Il leva ses yeux verts et gris vers l'entrée d'une mine qui se situait à mi hauteur d'un pic artificiel au pied desquels gisaient des véhicules anti grav rouillés et renversés.
Il les évita pour entrer et sortit tout de suite un respirateur lorsque ses narines furent agressées par des effluves acides provenant de restes d'épices en décomposition et de produits de traitement qui s'y étaient mélangés.
Il se pinça le nez et respira par la bouche, tandis qu'il traversait le corridor consolidé par les mineurs qu'il éclairait avec la lumière ardente verte émeraude de son sabre laser. Au fur et à mesure, une sourde appréhension le gagnait.
Il commençait à redouter ce qu'il trouverait au bout du chemin. Alors il allongea le pas et étendit prudemment sa conscience aux alentours. Sans détecter la moindre signature d'un utilisateur de la Force.
Si des Jedi s'étaient camouflés dans la Force, il l'aurait tout de même perçu d'une façon ou d'une autre. Or il n'en était rien.
Malgré lui il pensa: soit ils sont partis avant l'arrivée des impériaux soit ils sont...
Il stoppa net et se raidit instinctivement lorsque il vit la lourde porte blindée qui devait barrer l'entrée d'une chambre désaffectée et qui gisait en deux morceaux déchirés par une force invisible. Il se baissa pour étudier les moindres brûlures qui témoignageraient de l'usages d'explosifs.
Devant leur absence, une conclusion s'imposait.
Quelqu'un avait usé de la Force pour forcer le passage. Au vu des dégats, ce ne pouvait être un novice.
Lorsqu'il franchit le seuil, prêt à faire usage de son arme, un spectable triste s'offrit à ses yeux verts et gris. Des cadavres jonchaient le sol, vêtus soit de vêtements Jedi soit comme un citoyen ordinaire.
Il se pencha sur le cadavre le plus proche, celui d'une jeune femme aux cheveux tirant sur le roux coiffés en une natte inerte, dont les yeux privés de l'éclat de la vie fixaient le plafonds. Sa main droite tranchée net qui gisait à quelques centimètres de son visage si bien dessiné, enserrait encore la crosse de son sabre laser.
La mort avait refroidi sa peau.
Fébrilement, il se releva et ses derniers espoirs s'envolèrent lorsqu'il reconnut Maître Shadday. Elle était allongée sur le flanc en position foetale et il se précipita pour l'agripper par l'épaule et la retourner sur le dos.
Malgré lui, il versa quelques larmes. Il ne la connaissait pas vraiment intimement mais elle semblait tout autant résolue que lui à s'élever contre l'Empire. Maintenant qu'elle n'était plus, il se retrouvait seul pour mener ce combat.
Néanmoins il ne partirait pas avant de comprendre ce qui s'était passé. Avant d'élucider les circonstances de ce carnage, déterminé à faire payer celui qui en était la cause.
Il retourna étudier le cadavre de la première Jedi sur laquelle il était tombé. Un cratère sombre trouait sa poitrine, preuve qu'elle avait été transpercée par un sabre laser. Il retourna ensuite auprès de Shadday.
Celle-ci contrairement à la précédente victime ne portait pas de blessure cautérisée mais il remarqua que son cou gracieux se tordait dans un angle peu naturel. Sa nuque avait été brisée, à mains nues si on en jugeait d'après les traces laissées sur sa peau.
Il s'attarda ensuite sur les autres corps qui présentait des lésions mortelles diverses. Si certaines provenaient sans aucun doute de coups portés par un sabre laser, d'autres signaient la marque de tirs de blaster voire même d'armes blanches.
Les tirs de blaster accréditaient la présence récente de troupes impériales, tout comme les brûlures de sabre laser confirmaient celle d'un adepte puissant dans l'usage du Coté Obscur. Parmi les huit cadavres de Jedi, il remarqua celui d'un homme à la peau sombre étendu sur le dos, une vibrolame fichée dans la poitrine.
Et empoignée par ce qui restait d'un avant bras. Cette découverte étrange revigora l'attention d'Oreste car il avait la certitude de détenir un indice précieux dans la découverte d'un coupable sérieux.
Lorsqu'il arracha le membre du corps, il constata qu'il s'agissait d'une prothèse mécanique. Des fils fondus se mélaient à du duracier carbonisé, le tout formant une mélasse solide compacte.
Il trouverait à qui appartenait ce bras et lui ferait payer.
-Gelfran, vous me recevez?
Oreste perçut le soulagement du contrebandier de l'entendre.
-Alors, tu les as trouvés?
-Ce qu'il en reste. L'Empire les a assassinés.
Le jeune corellien fixa longuement la prothèse cybernétique qu'il brandissait dans sa main avant de reprendre:
-Venez me récupérer au plus vite. Il n'y a plus rien à faire ici.
Il enjamba les cadavres pour gagner la sortie.

Gelfran Delen positionna la Perle du Corsaire en orbite géostationnaire de Kessel avant d'accueillir le Jedi corellien qui s'assit à coté de lui, la mine fermée. Évidemment le regard du contrebandier fut attiré par la prothèse cybernétique qu'Oreste laissait choir sur le tableau de bord. Il ne tarda pas à la saisir pour l'étudier scrupuleusement.
-Je n'ai plus vu ce genre de prothèses de près depuis ma guerre contre le cartel de Stark, finit-il par avouer.
-C'est une prothèse de soldat?
-Je ne crois pas. Cela me semble très élaboré, presque un modèle unique.
-Ce qui signifie que l'homme à qui appartient cette prothèse est placé très haut dans la hiérarchie de l'Empire. Cela pourrait être même un proche de l'Empereur en personne.
Le jeune rescapé de la Purge se prit le menton dans la main, soumis à une réflexion intense.
-Cela pourrait être pour nous une cible de choix si nous parvenons à l'identifier.
L'ancien soldat de la République hocha lentement la tête.
-Le problème est que même si nous l'identifions, il ne sera pas aisé pour autant de le tuer. Combien de macchabées Jedi as-tu trouvés?
-Huit, répondit Oreste à contre coeur.
Gelfran exprima une grimace assez explicite sur la difficulté de leur nouvel objectif. Mais le contrebandier n'était pas prêt à reculer car il avait engagé sa parole auprès de son nouvel ami. Qui déclara avec conviction:
-Mais ils ont défendu chèrement leur peau et sont parvenus à le blesser. Si on peut le blesser, on peut le tuer.
-Attendons de voir d'abord à qui on pourrait avoir affaire avant de se laisser aller à l'optimiste.
-Vous ne pensez pas qu'on pourrait réussir? Insista Oreste.
-Seulement si on est disposés à payer le prix fort. Il sera très important de ne pas commettre la moindre erreur.
Oreste partageait cette opinion. Cela signifiait que leur réussite dépendrait de leur mobilité et de leur prévoyance.
D'abord il fallait identifier cet individu mystérieux. Gelfran eut alors la présence d'esprit de proposer de se connecter à l'holonet impérial.
-Après ce qui vient de se passer sur Kessel, les impériaux ont de quoi alimenter leur propagande anti Jedi pendant un certain temps.
Le jeune corellien se doutait donc qu'il allait passer un moment désagréable pour son orgueil, de voir l'ennemi se réjouir de la mort de ses camarades. Et cela ne rata pas lorsque l'hologramme d'une journaliste impériale se matérialisa devant leur visage.
-Aujourd'hui, devant le Sénat réuni en session quotidienne, sa Majesté l'Empereur Palpatine a annoncé la destruction d'un repaire de cinquante traîtres Jedi sur la planète minière Kessel. Selon ses dires, c'est le Seigneur Vador lui-même qui les aurait éliminés de sa propre main, un à un.
Son hologramme fut alors remplacé par le buste d'un inconnu revêtu d'une armure intégrale et coiffé d'un masque de mort imposant.
Oreste se pencha pour le fusiller du regard. Le coupable de la tuerie n'était plus un inconnu. Il s'agissait de Dark Vador, celui qui avait écrasé dans le sang la mutinerie de Teragan 5. Celui qui avait massacré dans le Temple les Chevaliers Jedi, maîtres et novices confondus. Le complice de celui qui avait lancé à travers la galaxie l'Ordre 66.
Dark Vador était l'ennemi à abattre..
-Eteignez ça, j'en ai assez entendu, grogna le corellien.
Le contrebandier s'éxécuta sans plus tarder.
-Alors quel est le plan? Lui demanda le vétéran.
-Tuer Vador.
-Et tu comptes t'y prendre comment, gamin? En allant frapper à sa porte?
Le corellien ne releva pas l'ironie de Gelfran. Ce qu'il s'apprêtait à faire était proscrit par les enseignements Jedi comme tout ce qu'il avait fait depuis la fin de la guerre jusqu'ici. Il était trop tard pour reculer.
-Nous allons d'abord attirer son attention, décida-t-il finalement. En commençant par nous rendre dans le système impérial le plus proche..

Environ plus d'un mois après la proclamation de l'Empire
Système de Murkhana, Bordure Extérieure

Dark Vador retrouva le pont principal du destroyer Venator qui croisait au large de l'ancien bastion séparatiste Murkhana. Un mois auparavant, ce monde était assiégé et investi par les troupes clones du Maître Jedi Roan Shryne. Un Jedi dont la mort n'avait pas été confirmée depuis le lancement de l'Ordre 66.
Comme celle de plusieurs autres Jedi qui l'accompagnaient. Cela avait fini par attirer l'attention de son supérieur qui avait découvert que des clones n'avaient pas exécuté cet ordre. Ce qui après la grande mutinerie de Teragan 5 n'avait pas manqué de provoquer des remous chez la majorité des clones qui se demandaient pourquoi leurs lointains frères d'armes génétiques avaient refusé d'y obéir.
C'était pour y mettre un terme que l'Empereur avait envoyé son apprenti pour punir les responsables de ce qui pouvait être considéré comme un acte de haute trahison. Et rappeler aux autres où se situait leur allégeance.
Sa mission avait été accomplie même si tout ne s'était pas exactement déroulé comme prévu. Les quatre clones qu'il avait convoqués, menés par un certain Climber, étaient sur le point d'être impitoyablement châtiés quand une Jedi avait surgi de nulle part, plus exactement de la colonne de réfugiés qui tentait de quitter leur planète.
Il l'avait éliminée sans difficulté mais deux mutins avaient profité pour s'échapper. Le reste des soldats s'était lancé à leur pourssuite et le Seigneur des Noir des Sith était retourné à bord pour y attendre un rapport de la situation.
Qu'il venait de recevoir à l'instant. C'est ce qui le motiva à contacter le Centre Impérial pour informer son maître.
L'hologramme de ce dernier flotta au milieu de la passerelle, ses traits profondément creusés et abîmés par l'usage du Coté Obscur s'étirant en un vague sourire généreux.
-Je suppose que vous allez m'annoncer la réussite de votre entreprise, Seigneur Vador.
-En effet, maître. Deux mutins ont été éliminés et les deux autres qui ont tenté de s'échapper viennent d'être repris. J'ai donné l'ordre d'en exécuter un sur le champ.
-Vous en avez épargné un.
Le regard intense de l'Empereur semblait exprimer un mélange de désapprobation furibonde et de surprise.
-Je pensais qu'il serait approprié de faire de ce Climber un exemple public pour tous les citoyens impériaux. Leur apprendre qu'il ne suffit pas d'exprimer une simple adhésion à l'Ordre Nouveau pour être à l'abri de représailles en cas de défaillance.
-Très bien, Seigneur Vador.
Le nouvel apprenti laissa transparaître un certain soulagement, heureux que l'Empereur l'approuve malgré une certaine réserve.
-Il sera envoyé à Agon 9 en prévoyance de l'application de sa condamnation. Qui sera donc une exécution publique.
-Avez-vous trouvé les Jedi?
-Seulement une qui a tenté de me tuer par surprise. Je me suis débarrassé d'elle sans mal, maître.
-Je n'en attendais pas moins.
-J'ai cependant le sentiment qu'elle a agi pour faire diversion et permettre à ses compagnons de s'enfuir. À moins que cela ne soit déjà le cas.
-Dans ce cas, ils sauront bien assez vite ce qui s'est passé sur Kessel. Et notre version des faits devrait les inciter à rester cachés.
-Alors c'est une excellente nouvelle pour la stabilité de notre Empire.
-Et c'est qui m'amène aux mauvaises nouvelles, mon ami.
Vador se tourna vers le capitaine qui se tenait à ses côtés pour l'intimer silencieusement de retourner à ses tâches. L'officier impérial ne se fit pas prier deux fois.
-Je vous écoute, maître.
-Le gouverneur de Bakura a été assassiné.
Le silence qui succèda à l'évocation de grave nouvelle fut seulement troublé par la respiration émise à travers le vocodeur du jeune Sith.
-Qui l'a tué? Fit celui-ci avec vivacité.
-D'après le rapport de la police locale, ce serait ce Jedi corellien que l'inquisitrice Soia Tenn aurait tenté en vain d'amener devant nous.
-Oreste Tissan. Il faudra trouver un remplaçant. En attendant, j'ai une suggestion quant à celui qui devrait assurer la régence, maître.
-Qui donc, Seigneur Vador?
-Le capitaine Pter Thanas. C'est un excellent officier d'une trentaine d'années, respecté de ses hommes. Il s'est distingué pendant la dernière guerre en coordonnant l'évacuation de Jabiim.
-Une évacuation à laquelle vous avez vous-même participé, mon ami, n'es-ce pas?
Dark Vador reconnut sous ce ton doucereux une réticence certaine quant à sa suggestion.
-Je pense, maître, qu'il aura la poigne suffisante pour assurer une transition paisible jusqu'à la nomination d'un nouveau gouverneur, crut-il bon d'insister.
-Je pense que vous accordez beaucoup de trop de qualités à cet officier brillant.
-Maître? Fit l'apprenti Sith indécis.
-Je consulte toutes les semaines les rapports du BSI sur ..comment dire.. l'état d'esprit des officiers issus de l'Ancienne République concernant l'application des préceptes de l'Ordre Nouveau. Et il semblerait que Pter Thanas se distingue par un manque certain d'enthousiasme à ce sujet.
-Monseigneur, tenta son bras droit. Bakura bien qu'étant un système lointain, demeure un monde important qui protège des menaces provenant des Régions Inconnues. Nous avons plus besoin d'un officier compétent que d'un officier loyal.
-Les officiers loyaux serviront plus efficacement l'Empire que des officiers compétents. Ne commettez jamais l'erreur de croire le contraire, Seigneur Vador.
Le jeune Seigneur Sith serra le poing d'avoir été ainsi remis sèchement à sa place.
-Vous donnerez l'ordre à l'inquisiteur Probus Tesla de suspendre sa mission actuelle et de partir pour Bakura sur le champ. Il s'assurera de la fidélité de la garnison locale et des élites bakuranes, il veillera à ce que la transition ne subisse aucune interférence de qui que ce soit.
-Oui, maître. Et pour le Jedi corellien?
-Nous nous occuperons de lui en temps voulu. Transmission terminée.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 02 Juillet 2017, 16:57 
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Bonjour, c'est l'heure de la suite!

Bakura, capitale Salis d'Aar, deux semaines après le massacre du conclave Jedi de Kessel

Oreste était excédé d'en être réduit à ruminer la promiscuité dans laquelle il vivait depuis Gelfran lui avait demandé de rester le plus longtemps possible à bord de la Perle du Corsaire. Il était heureux déjà que le contrebandier ait pu réussir à garer le cargo en fournissant de faux codes d'authentification.
Il sortait de temps en temps la nuit pour prendre l'air et ne plus inhaler les vapeurs des marchandises de contrebande melées aux émanations de gaz tibanna. Il n'en nourrissait que plus de rancoeur à l'égard de l'Empire et de ses suppôts, les premiers responsables de sa précarité. Curieusement, il n'en voulait pas plus que ça à Gelfran.
Sans doute parce que ce dernier avait déjà risqué sa peau plusieurs fois en lui prêtant assistance. Il fut soulagé lorsque son ami rentra finalement à la Perle du Corsaire, en lui rapportant de quoi manger.
Oreste le remercia d'un sourire reconnaissant avant de lui arracher le sac qui contenait des jambons de traladon emmaillotés dans des tartines sèches, le tout accompagné de frites et de jus de pak'pah. Quand il eut terminé, il demanda:
-Eh bien, quelles sont les nouvelles? Vous avez mis plus de temps que prévu.
-Le marchandage a été plus serré que je ne m'y attendais. Et sur le chemin du retour, j'ai du contourner plusieurs barrages de stormtroopers.
Le corellien esquissa une grimace gênée devant les derniers mots de Gelfran. Depuis qu'il avait tué ce gouverneur à la solde de l'Empire, la sécurité avait été renforcée et les enquèteurs menaient leurs investigations sans parler des clones qui quadrillaient les installations stratégiques veillant farouchement sur les intérêts de l'Empire.
Pour y circuler il fallait montrer patte blanche de wampa. Si on réussissait à éviter d'abord les contrôles aléatoires inopinés dans les lieux publics.
Évidemment, sitôt le crime commis, les deux fugitifs voulaient quitter la planète sans s'attarder plus que nécessaire. Ce fut sans compter la rapidité de réaction des bakurans qui mirent le système en quarantaine et bloquèrent le trafic intrastellaire. Oreste et Gelfran se retrouvaient coincés au statioport principal jusqu'à ce qu'ils obtiennent un laissez passer.
Ce qu'ils ne pouvaient se permettre sans se trahir.
-Je suis passé voir mes amis pour me tenir informé de l'actualité locale.
-Et? Le pressa vivement le corellien.
-Tu as été vraiment stupide de trucider le gouverneur Alax.
Gelfran ne masquait plus cette colère qui le travaillait depuis une semaine. Oreste soutint son regard noir avant de hausser les épaules.
-Il fallait attirer l'attention, c'était cela le plan. Vous ne vous y êtes pas opposés que je sache, lui rappela-t-il.
-Eh bien, j'aurais du. Plus le temps passe, plus j'ai le sentiment que notre espérance de vie sera courte.
-Qu'es-ce qui vous tracasse vraiment, Gelfran?
Le contrebandier manipula désoeuvré le tableau de bord et vérifia les paramètres qui contrôlaient la maniabilité de la Perle du Corsaire.
-Un inquisiteur a atterri sur Bakura il y a trois heures. D'après les bruits qui courent, ce n'est pas un comique. C'est quelqu'un qui est spécialisé dans la traque des Jedi.
-Comment s'appelle-t-il?
-Probus Tesla.
À son tour, Oreste arbora une expression soucieuse, se renversant dans son siège de copilote.
-J'ai déjà entendu ce nom quand je m'étais réfugié dans les Bas Fonds de Coruscant, confia le jeune homme. Il aurait tué des Jedi et retourné quelques uns au profit de l'Empire.
-Je pense qu'il est venu pour toi, fils. Si nous quittons Bakura maintenant, nous serons vite répérés. Notre seul espoir est de récupérer soit un laissez passer soit de laisser la Perle du Corsaire derrière nous et d'embarquer clandestinement sur un cargo qui en posséde un.
-Hors de question. Je vais tuer cet inquisiteur, trancha Oreste d'un ton sans équivoque. Et cela dès ce soir.
Il se levait de son siège pour se retirer dans sa chambre lorsque Gelfran bondit pour l'arrêter d'une main ferme sur l'épaule.
-Je t'ai laissé tuer le gouverneur car je pensais que cela améliorerait à terme le sort de plusieurs milliards de gens. Mais je viens de comprendre que Alax est loin d'être le pire impérial qui existe.
-Voilà pourquoi je vais y remédier.
-Abats Tesla et c'est l'Empereur lui-même qui débarquera. N'empire pas les choses.
Oreste écarta fermement la main de Gelfran, sa détermination demeurant inflexible.
-Les gens ne veulent jamais empirer les choses. Et par conséquent ils n'agissent pas quand c'est nécessaire.
Avant de regagner sa chambre, il invectiva encore une fois son ami.
-Je vais tuer Tesla et n'essayez pas de m'en empêcher.
-Je ne suis pas assez stupide pour ça, répliqua tristement le contrebandier.


Depuis l'assassinat du gouverneur Alax de la main même d'Oreste, un couvre feu permanent pesait sur la capitale bakurane lorsque la nuit tombait. Les stormtroopers clones assistés par la police locale quadrillaient farouchement les avenues de Salis d'Aar et c'était encore plus vrai aux alentours du palais du gouverneur.
Mais il en faudrait plus pour arrêter un Jedi corellien, motivé dans une quète de revanche. En soi, le gouverneur Alax représentait plutôt une perte insignifiante. Bien que loyal à l'Empire, il ne possédait pas de grande envergure.
Cependant ce serait une autre histoire si il s'agissait d'un inquisiteur spécialisé dans la traque des Jedi. Même s'il n'était pas certain que c'était là le véritable objectif de ce Probus Tesla.
Peu importe. S'il l'éliminait, le message envoyé à l'Empereur aurait une portée différente. Il s'agirait d'un véritable camouflet et cela entamerait sa crédibilité en tant que garant de l'Ordre Nouveau.
Il longea les murs, usant à son profit des moindres zones d'ombres qui n'étaient pas éclairées par les nano lampadaires. Il croisa ainsi plusieurs patrouilles sans qu'il ne soit repéré.
La Force était avec lui, alors qu'il s'apprêtait à nouveau à commettre un acte proscrit des enseignements Jedi.
Peu après, il arriva devant l'entrée du bâtiment, de l'autre coté de la rue. Et eut une certaine idée de ce qui l'attendait à l'intérieur, lorsqu'il étudia le comité d'accueil qui barrait l'accès à tout indésirable qui n'était pas invité.
Une vingtaine de stormtroopers étaient alignés, appuyés par deux bipodes qui repassaient de long en large derrière eux. Oreste abandonna tout de suite l'idée de passer en force, car un seul de ces clones suffirait à rameuter les patrouilles qui arpentaient les rues dans les environs. Il n'était pas encore désespéré au point d'arriver à un geste aussi suicidaire.
Réfléchis Oreste, même une guèpe des marais peut infiltrer la plus inacessible des forteresses.
Il se concentra alors sur les deux bipodes qui somnolaient derrière les soldats impériaux. Et retint un sourire narquois sous son capuchon.
Il avait trouvé sa diversion.
Il élargit sa conscience vers le palais bakuran et sentit un écho froid provenant d'un esprit méticuleux et calculateur. Probus Tesla.
Bien, sa cible était présente et il n'aurait pas besoin de lui courir après.
Il étendit la paume devant lui en direction d'un des bipodes. Quelques instants après, celui-ci s'affala sur le fanc inexplicablement, ébréchant au passage l'autre véhicule et piègeant deux soldats clones qui ne s'étaient pas écartés assez vite.
Au cri qu'émit l'un d'entre eux, Oreste comprit qu'il devait être sérieusement amoché. Aussitôt tous les soldats rompirent les rangs pour le secourir et dégager aussi les équipages des bipodes couchés.
Immédiatement, le jeune Jedi rabattit un peu plus son capuchon sur le crâne avant de traverser la rue à découvert.
Il se faufila parmi les gardes qui ne le remarquèrent pas et ne l'arrêtèrent pas. Il franchit le seuil et s'engouffra dans le hall.
Là aussi rempli de soldats clones qui commençèrent à s'agiter lorsqu'ils furent mis au courant de l'incident.
Trois d'entre eux braquèrent néanmoins leur fusil blaster sur le jeune homme grand et maigre qui venait d'entrer dans leur champ de vision.
-Eh vous là! Qu'es-ce..
Le Jedi corellien passa la main devant le casque du plus proche, pour appuyer une suggestion mentale.
-L'inquisiteur Probus Tesla m'a convoqué. Un incident a eu lieu devant l'entrée, allez donc sécuriser le périmètre.
Le clone qu'il influençait discrètement, répéta lentement:
-L'inquisiteur vous a convoqué. Un incident s'est produit devant l'entrée et nous devons sécuriser le périmètre. Allez les gars, on se remue le shebs!
Oreste ne fut pas davantage inquièté lorsqu'il accèda au turbo ascenseur. Les battants se refermèrent et il descendit à l'étage supérieur. Il percevait la présence de ce Probus Tesla dans ses perceptions sensorielles.
Il n'avait pas besoin de planifier, la Force le guidait dans ses pas. Ces derniers l'amenèrent à tomber nez à nez avec un stormtrooper isolé.
-Halte! Vous n'avez pas le droit d'être..
-Ceux qui n'aspirent qu'à la justice ont tous les droits, soldat.
Il leva la main en forme d'étau et broya la trachée du clone qui s'écroula d'une pièce. Il n'en éprouva aucun remords. Et ne prit pas le temps de s'auto apitoyer.
Il agrippa sa victime par les aisselles et la traîna jusqu'à un cagibi proche à l'abri des regards. Quelques minutes plus tard, le jeune corellien en ressortit intégralement revêtu de son armure de la tête aux pieds.
Il vérifia l'état du fusil blaster DC-15 et poursuivit sa progression jusqu'au bout du couloir principal. Où patientaient deux autres clones qui gardaient une porte large.
-Salut les gars, quelles nouvelles? Fit Oreste.
Celui de gauche pivota légèrement vers lui.
-Rien de nouveau, on attend l'inquisiteur.
-L'a pas l'air pressé celui-là, ajouta son autre comparse.
-Tiens à propos de l'inquisiteur, je viens de le croiser, déclara le jeune corellien. Il m'a demandé de vous relever pour que vous alliez renforcer le périmètre devant l'entrée. Les bipodes se sont écrasés sur plusieurs de nos camarades.
-Fierfek! Jura le premier. Y a des blessés?
-Un de nos gars a une jambe cassée. Ou la cage thoracique je ne sais plus.
-Très bien, allons-y.
Les deux clones abandonnèrent leur poste laissant le jeune homme les remplacer. Oreste eut le sentiment qu'il n'aurait pas longtemps à attendre.
Une sombre silhouette encapuchonnée apparut au loin et se dirigea à grand pas vers lui. L'ancien apprenti de Neeja Halcyon se recroquevilla dans la Force pour ne pas être repéré. Il se rappela la Guerre des Clones et des manières des soldats sous son commandement.
Impassibles et rigides devant la mort et les privations qui les frappaient indistinctement.
Il se força à se redresser et releva le fusil blaster devant sa poitrine en posture d'attente. Comme un vrai garde en faction. Lorsque Probus Tesla passa devant lui sans lui accorder la moindre attention, il surprit sous le capuchon couleur charbon, des traits atones masquant la cruauté indicible d'un adepte du Coté Obscur.
Ses yeux ternes étaient vides de toute compassion mais seulement emplis de froideur. À première vue, l'homme était grand et mince, des mensurations quelconques. Il semblait à priori aussi jeune que lui.
-Vous êtes seul, soldat? Demanda-t-il à Oreste dont il n'avait pas visiblement pas détecté la sensibilité à la Force.
Le rescapé de la purge comprit que la moindre hésitation lui attirerait des problèmes imminents.
-Oui, monsieur. À cause de ce qui vient de se passer.
-Je suis au courant. Plutôt étrange cette histoire.
L'inquisiteur haussa finalement les épaules d'indifférence. Il possédait un accent familier à Oreste, sans doute un corellien.
-Enfin, je vais bientôt recevoir le nouveau gouverneur. D'ici là faites bonne garde.
-Entendu, monsieur.
Probus Tesla entra dans ses appartements et le Jedi corellien soupira de soulagement sous son casque. Il ne s'attendait pas à ce que la supercherie passe inaperçue. Maintenant il n'avait plus qu'attendre l'arrivée de la nouvelle marionette de l'Empire.
Le bakuran en question, un petit homme à l'embonpoint consistant surgit le corellien qui remarqua son expression soucieuse. Visiblement le nouveau venu ne semblait guère ravi de sa promotion, sans doute que cela lui avait été imposé sans demander son avis.
-Je viens voir l'inquisiteur.
-Je vais vous faire entrer, accepta le Jedi.
Discrètement, Oreste s'épargna une corvée en écartant les battants discrètement avec l'aide de la Force.
Probus Tesla observait le panorama de Salis d'Aar plongée dans l'obscurité. Tournant ainsi le dos à un ennemi juré dont il ne soupçonnait apparamment pas la présence. Avant même que le bakuran ait pu ou voulu se présenter l'inquisiteur, Oreste l'agrippa brutalement par le col de son uniforme et l'éjecta de sa ligne de mire.
Il pressa la détente mais son tir ne fit que fracasser le mur car Tesla avait senti venir l'attaque juste avant qu'elle ne se produise. Au deuxième essai, l'inquisiteur bloqua la salve avec son sabre laser à lame écarlate. Puis l'impérial lui arracha l'arme des mains à l'aide de sa télékinésie.
Tesla ricana lorsque le fugitif activa à son tour son épée ardente.
-Je ne suis pas venu à Bakura pour toi, Oreste Tissan. Tu aurais mieux fait de rester terré.
-Je suis venu pour vous faire payer la mort de tous ceux qui comptaient pour moi.
-Alors nous ne sommes pas si différents, finalement. Tu pourrais être un atout pour l'Empire, j'ai examiné le corps d'Alax. Pas de blessure de sabre laser, mais la nuque brisée.
-Vous n'aurez peut-être pas une mort aussi rapide.
Aucun des deux ne prêta attention au bakuran qui s'était relevé puis s'était enfui. Le Jedi passa à l'offensive et se jeta sur l'inquisiteur d'un Saut de Force acrobatique. Leurs lames crépitantes s'entrechoquèrent lorsque Tesla contra son attaque haute frontalement avant de le rejeter d'un coup de pied dans l'abdomen.
Oreste qui ne ressentit pas grand chose grâce à l'armure, relança la pression et évita la contre parade fulgurante qui manqua de lui trouer la cuisse.
-Tu verras assez vite que je ne suis pas Soia Tenn, Jedi.
-Tant mieux, je vous vaincrais peut-être plus facilement.
Tesla concentra un instant la Force en lui avant de relâcher l'énergie en un éclair fourché qui visait la poitrine de son antagoniste.
Oreste s'écarta d'un bond et dut reculer de deux pas lorsque Tesla voulut profiter de son avantage.
-C'est Vador en personne qui m'a formé, se vanta ce dernier.
-Dans ce cas, c'est une perte de temps.
Tissan appuya sa lame contre la sienne puis se fendit en avant lorsqu'il fut certain d'avoir trouvé une faille dans la garde. Il fut satisfait lorsqu'il entendit un beuglement furieux et surpris. Mais déçu de constater que le coup porté n'avait pas été fatal.
Et même superficiel puisque seule la cape avait souffert.
-Pas mal, reconnut l'inquisiteur, mais tu as laissé passer ta chance. Tu ne pourras pas me tuer ce soir.
Le fugitif sentit des échos approcher en masse. Les renforts arrivaient.
-Alors ce sera pour une autre fois.
-Tu poursuis une quète vaine alors que tu pourrais devenir tellement plus.
-Je voulais d'abord vous montrer que je pouvais vous atteindre partout où l'Empire exerce sa mainmise.
-Je ne te laisserai pas t'échapper si tu es décidé à nous combattre.
-Essayez toujours.
Oreste courut alors vers la fenêtre de transparacier qu'il fracassa à l'aide de sa puissance mentale. Il contra avec son sabre un dernier éclair de l'inquisiteur corellien avant de sauter dans le vide. Au moment même où des stormtroopers surgissaient en nombre, brandissant leur fusil blaster.
Probus Tesla leur aboya:
-Un Jedi vient de tenter de m'assassiner! Poursuivez-le!

L'angoisse de Gelfran Delen s'accrut d'un nouveau cran lorsque des hauts parleurs résonnèrent sur tout le statioport, pour propager une annonce de mauvais augure.
-Par mesure de sécurité, tout étranger extérieur au système est confiné sur son vaisseau pour les prochaines vingt quatre heures. Tout individu circulant sans autorisation à travers le statioport sera appréhendé par les forces de sécurité locales et remises aux autorités impériales pour interrogatoire.
L'instinct de conservation du contrebandier reclus dans le cockpit de la Perle du Corsaire le prévenait qu'un événement sérieux avait du se produire contre les intérêts de l'Empire. Il en devinait l'origine.
Oreste Tissan..
Ce ne pouvait être que ce jeune fou qui lui avait parlé tout à l'heure d'assassiner l'inquisiteur impérial fraîchement débarqué de Coruscant.
Une alarme se déclencha lorsque quelqu'un força l'écoutille sans avoir entré le code convenu. Gelfran bondit hors du poste du pilotage, blaster au poing réglé sur paralysant. Il traversa le couloir principal prudemment et tomba à mi chemin nez à nez avec un soldat clone.
Sans se poser plus de question, il pressa la détente projetant l'indésirable au sol. L'armure de celui-ci avait encaissé le tir et un gémissement s'en échappa.
-Par les neufs enfers de Corellia! Entendit jurer Gelfran.
-Oreste?!
Le jeune Jedi arracha le casque qui l'étouffait pour fusiller du regard son ami contrebandier qui l'aida à se relever en lui attrapant fermement le poignet.
-C'est toi, la cause de ce remue ménage? Le rabroua durement le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark qui faisait allusion aux nouvelles et drastiques mesures de sécurité qui venaient de tomber sur les occupants de ce statioport.
Oreste secoua la tête, dépité par son récent échec.
-J'ai été maladroit.
-Sans blague. Quelqu'un t'a vu entrer?
-Personne ne fait de différences entre l'armure un clone et celle d'un autre. Ils ne nous trouveront pas de sitôt, mais il vaudrait mieux ne pas attendre la confirmation.
-J'ai peur de ne pas comprendre. Ou plutôt j'ai peur d'avoir compris.
-Faites-nous décoller, sans perdre de temps. L'inquisiteur n'est pas stupide, il finira bien par découvrir que le code d'identification du cargo est un faux.
Gelfran rangea le blaster dans le holster en levant les yeux au plafonds tandis que le Jedi se débarrassa des pièces de l'armure clone une à une.
-Tu as oublié qu'il faut un laissez passer – presque impossible à obtenir – pour quitter cet endroit? Si nous tentons de décoller maintenant, nous n'aurons même pas le temps de crier bantha.
-Ne me dites pas que deux croiseurs Venator, c'est au-dessus de vos capacités.
-Bien sûr que non.
Le contrebandier abandonna finalement cette discussion et reprit sa place au poste de pilote. Il démarrait les moteurs de la Perle du Corsaire lorsqu'une voix sèche perça à travers le canal de transmission principal.
-Taupe d'Anaxès, ici le contrôle de Salis d'Aar. Votre départ n'a pas été autorisé.
Taupe d'Anaxès était le faux nom sous lequel Gelfran avait enregistré le cargo auprès des douaniers bakurans. Le contrebandier se lança dans un baratin hasardeux pour gagner du temps.
-Rassurez-vous, ce n'est rien du tout. Nous changeons seulement de quai.
-De quoi parlez-vous? Nous n'en avons pas été informés. Stoppez vos moteurs sur le champ pour contrôle.
Gelfran ferma finalement le canal en grognant entre ses dents.
-Manque de conversation, celui-là.
Oreste ne tarda pas à s'installer à son poste de copilote alors que la Perle du Corsaire fila droit vers le ciel de Bakura. L'horizon stellaire était obscurci par les deux croiseurs Venator qui s'interposaient devant leur unique échappatoire.
Les rides de son ami se creusèrent sous le coup d'une grimace de mauvais augure.
-Là, on ne pourra pas les esquiver.
-Essayez quand même, l'encouragea le corellien.
La Perle du Corsaire vira de bord pour contourner les deux destroyers impériaux et tous deux nourrirent l'espoir qu'ils en réchapperaient sans mal comme lors de leur fuite de Coruscant. Un espoir brisé net lorsque le duracier se mit à gémir, des craquements sinistres qui résonnèrent autour d'eux avant que la Perle du Corsaire ne décéléra brusquement.
Avant d'être tiré en arrière par une force invisible.
-Nous sommes pris dans un rayon tracteur, annonça Gelfran d'un ton mortellement calm alors qu'il matraquait du regard son camarade corellien.
Celui-ci jura:
-Blast!
-Là, je pense que c'est la fin de la route pour nous.
Le contrebandier savait en effet que s'il tentait de se dégager du faisceau tracteur en poussant ses moteurs, cela détruirait leur vaisseau. Alors qu'il s'enfonça dans son siège sous le poids du découragement, Oreste le remua par le bras.
-Ce n'est pas fini.
-Tu comptes détruire un Venator à toi tout seul, gamin?
-Pas loin.
Gelfran croisa son regard déterminé.
-Bon au point où nous en sommes.. vas-y épates-moi.
-On peut toujours désactiver un rayon tracteur?
-Oui à condition de trouver la source d'énergie. Mais à l'instant où l'on se posera à l'un de leurs hangars, ils ne nous laisseront pas nous infiltrer.
Le Jedi corellien laissa filer un rictus confiant alors qu'une voix atone succèda aux explications du contrebandier.
-Taupe d'Anaxès, vous êtes arraisonné pour un contrôle approfondi au hangar principal 4, déclarait le contrôle du destroyer impérial. Tentez de vous échapper et vous serez détruit. Tout refus de coopérer vous exposera à des représailles. Terminé.
Gelfran ferma le canal secondaire laissé ouvert alors que le Jedi reprit:
-Si un bantha fou semait des dégats dans le hangar principal, cela les obligerait à couper le rayon tracteur, non?
-Possible, mais je ne parierais pas là-dessus. Je n'ai pas une très bonne connaissance des Venator et de leur conception. Je préfère miser sur des cartes avec lesquelles j'ai le moins de chance de perdre.
-Il faudra se contenter de celles dont on dispose, répliqua Oreste qui empoigna son sabre laser.
Bientôt leur horizon fut bouché par la surface ventrale terne du Venator qui les aspirait sous son abdomen. Ils purent ainsi étudier à loisir la structure large de plusieurs dizaines de mètres de cotés, et la baie encombrée de chasseurs ARC-170, V Wings et autres navettes d'assaut en pleine maintenance.
Des pilotes clones discutaient avec des mécaniciens organiques ou cybernétiques au moment où les deux compagnons réunis par les circonstances surprirent des escouade de stormtroopers qui convergeaient pour les contrôler.
-Cela fait beaucoup de clones pour un simple contrôle, observa le Jedi.
-Je pense qu'ils sont venus pour te demander un autographe.
-Dans ce cas, je serai ravi de le leur signer en personne.
Gelfran se pencha sur le tableau de bord, paré à réactiver les boucliers et à ouvrir le feu. Le corellien quitta le poste de pilotage pour se poster devant l'écoutille puis activa son comlink.
-Essayez de ne pas vous écraser.
-Et toi, essaie de rester en vie. Que la Force soit avec toi.
Le contrebandier n'attendit pas que les clones impériaux se déployèrent autour de son cargo pour déchaîner l'enfer avec ses canons avant. Les geysers de duracier brûlé enveloppèrent ceux qui n'avaient pas été déchiquetés par les premières salves.
À travers le transparacier, il surprit un encapuchonné brandissant un sabre laser vert crépitant qui éclaircissait leurs rangs.
Gelfran décida que les clones en soi ne l'intéressaient plus. S'ils réussissaient à s'enfuir, autant empêcher de futures traques à court terme. Il éleva le cargo d'un mètre au-dessus du sol et cibla les chasseurs stellaires assoupis les plus proches..

Voilà ce sera tout, j'espère que les tribulations de cet ancêtre de Liars Tissan vous plaisent :twisted: ! à la prochaine!


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MessagePublié: 06 Juillet 2017, 18:11 
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Bonsoir! pour info, j'ai dépassé les 180 pages! la deuxième partie est en cours d'écriture.

Voilà la suite!

Ce fut sans le moindre état d'âme qu'Oreste Tissan sema la mort dans son sillage. Il commençait même à en éprouver du plaisir. Une tentation à laquelle un Jedi ne devrait pas céder.
Mais tous ces soldats en armure blanche anonyme ne représentaient rien pour lui. Ils ne possédaient pas de conscience pour lui, pas de personnalité propre. Rien qui puisse susciter la moindre once d'émotion positive en lui.
Ils n'étaient que des machines à tuer. Au même titre que les droïdes séparatistes qu'il avait réduit en pièces sur Mygeeto et dans bien d'autres campagnes. Il les avait vus tenter de l'abattre lors du début de la Purge, molester des innocents, imposer la peur et la tyrannie de l'Empire partout où ils pouvaient l'appliquer.
Ils avaient assassiné sa famille sur Corellia. Et Beliem..
C'était pour elle qu'il accomplissait tout ça. Pour elle qu'il tranchait des membres, éviscérait et décapitait sans retenue. Chaque coup qu'il infligeait vengeait le mal qui lui avait été infligé et honorait sa mémoire.
Oreste, arrête cette folie!
Il se figea net lorsque ce souffle provenant des profondeurs de la Force résonna dans son crâne. Neeja Halcyon.
-Maître?
Un tir de fusil blaster le toucha au flanc mais sans gravité. Le clone qui l'avait ciblé surgit devant lui, DC-15 épaulé avec détermination.
Il s'écroula lorsque le Jedi corellien lui renvoya la salve suivante en pleine tête.
-Vous m'avez menti sur mon ancêtre, sur la gloire de ma famille.
Cette fois, la colère du jeune homme n'était plus dirigée contre l'Empire.
Tu n'étais pas prêt à connaître cette vérité. C'est Maître Yoda lui-même qui nous a imposé le silence.
-Vous auriez du vous insurger. Comment avez-vous osé continuer à me faire croire qu'Alan Tissan était un héros?
Je t'ai seulement révélé qu'il était mort sur Dathomir. Sans te préciser les circonstances.
-Il avait droit à un procès équitable. Yoda aurait pu le désarmer sans le tuer.
Il n'y avait pas d'autre choix possible. La Force elle-même te l'a montré, ne te laisse pas aveugler par la colère.
Autour du Jedi corellien, Gelfran parachevait l'oeuvre de destruction qui avait été entamée. Un peu partout, les engins au sol disparurent dans les flammes. Oreste les regarda danser tandis que la Perle du Corsaire continuait de survoler la baie d'appontage, forçant les clones survivants à se réfugier ou à battre en retraite.
-Que voulez-vous de moi, maître?
Que tu ne suives pas le même chemin qu'Alan. Il s'est égaré en croyant faire le bien.
-Vous êtes mort, Halcyon. Les vivants n'ont pas de leçons à recevoir des morts. Adieu.
Il rejeta sans aucun sentiment l'esprit de son ancien mentor hors du sien. Devant lui, deux stormtroopers qui avaient échappé par miracle aux ravages des tirs du contrebandier, s'étaient relevés sur les genoux et rampaient pour s'éloigner de l'adepte de la Force.
Objectivement ils n'étaient plus une menace pour lui. Mais il les rattrapa aisément en quelques foulées et l'un des deux se retourna sur le dos, les mains tendues vers lui.
Pour le supplier.
-Attendez, je me rends..
Oreste fixa pendant de longues secondes ce casque froid de la mort faucheuse, qu'il avait tant cotoyé pendant des années sur les champs de bataille de la dernière guerre. Celui des soldats qu'il avait mené au combat.
À la victoire et à leur mort.
Sur Mygeeto, ils avaient révélé leur véritable allégeance. Ils avaient détruit sa confrérie, sa famille qu'il avait retrouvé sur Corellia. Beliem..
À cette pensée, son coeur se ferma. Plus rien ne serait comme avant.
Alors il enfonça sa lame verte crépitante dans la poitrine du clone et fit de même avec le second qui ne connut donc pas un sort plus clément.
-Oreste, tu me reçois? L'appela alors Gelfran sur son comlink.
-Oui.
-La voie est libre, on doit partir.
La Perle du Corsaire se stabilisa au-dessus, la rampe d'accès toujours déployée. L'attention du corellien fut accaparée par la colonne de renfort ennemi qui se fit entendre par des ordres secs ponctués, au milieu des crépitements du brasier en cours.
Le jeune homme n'insista pas et verrouilla l'écoutille derrière lui. Les rafales des clones s'écrasèrent sur les boucliers du cargo qui s'extirpait du hangar dévasté et défiguré.
Devant eux, les étoiles. Reflet blafard et lointains de l'espérance qui les appelaient à s'échapper des griffes de l'Empire. Une fois de plus.
-Le rayon tracteur a été coupé? Demanda Oreste qui avait rejoint Gelfran aux commandes.
-On le saura vite, lui répondit seulement ce dernier.
Les tirs de turbolaser les encadrèrent aussitôt lorsqu'ils dépassèrent la proue du Venator, secondé par l'autre destroyer qui largua plusieurs escadrons de chasseurs à leur poursuite. Le contrebandier entra fébrilement des coordonnées dans l'ordinateur de navigation.
Sa nervosité parasitait les perception sensorielles du jeune corellien, qui le comprenait. S'ils ne fuyaient pas hors du système, l'Empire ne leur laisserait pas la moindre chance. Deux V Wings les dépassèrent, après avoir saturé avec leurs canons laser la coque imperméable de leur vaisseau.
Derrière eux, les chasseurs stellaires impariaux se regroupaient pour en finir.
Gelfran rabattit alors la poignée de l'hyperpropulseur vers lui tout en croisant le regard de son camarade.
L'instant de vérité.. cet instant fut certainement le plus long de leur vie. La pression cessa de les étouffer d'un seul coup lorsque les étoiles s'allongèrent et se tordirent en de longs faisceaux infinis. De nouveau, ils plongèrent dans l'inconnu..

Trois mois après la proclamation de l'Empire
Bordure Extérieure, Zeltros

Gelfran Delen sirotait le nectar au fonds de sa coupe qu'il aspirait avec sa paille lorsqu'il fut aspergé par les éclaboussements provoqués par plusieurs baigneurs, ayant chuté abruptement dans la piscine juste derrière lui.
Fort heureusement, il n'était vêtu que d'un peignoir qu'il secoua vivement pour évacuer l'eau qui l'imprégnait. Il s'éloigna des trois fêtards qui barbotaient – deux zeltronnes et un cathar – pour retourner au bar.
Dans cet établissement comme parmi tant d'autres sur Zeltros, le contrebandier baignait dans les phéromones secrétés par les autochtones qui lui faisaient oublier qu'à peine deux mois auparavant, lui et Oreste étaient des parias pourchassé par l'Empire. Bien sûr, les impériaux possédaient des installations ici mais leur présence était au plus symbolique.
Pour la simple et bonne raison que les Zeltrons n'ont jamais cherché à s'impliquer dans quelque conflit que ce soit. Ce peuple pacifique passait son temps à organiser multitudes de festivités pour tout et rien.
Laissant libre cours à leurs tendances hédonistes.
Voilà pourquoi en ces temps sombres où l'Empire renforçait sa mainmise oppressante sur la galaxie, Zeltros pouvait être qualifié de paradis.
Gelfran se tourna pour observer à l'autre bout de la pièce, son jeune ami corellien en galante compagnie. En maillot de bain, celui-ci était entouré de six nymphes qui soit l'étreignaient par le cou soit riaient avec lui.
Oreste semblait aux anges mais ce n'était qu'une façade. Quelque chose tapi au fonds de lui de sombre et de complexe le pousserait à reprendre sa lutte solitaire et perpétuelle. Les plaisirs de Zeltros ne le lui feraient pas oublier.
Malgré son air béat, l'amertume continuait de traverser ses pupilles vertes et grises comme des éclairs furtifs.
-Un massage, Gelfran?
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark se retourna vers une zeltronne aussi âgée que lui et qui n'était qu'une vieille connaissance.
-Pourquoi pas Aamei? Répondit-il avec un fin sourire.
Gelfran l'avait rencontré peu après sa démission de la milice de feu Ranulph Tarkin, alors qu'il venait de trouver une nouvelle voie à suivre, la contrebande. Bien que le temps ait passé, sa figure avenante n'avait pas pris une ride, encadrée par de longs cheveux soyeux grisonnants. Et sa silhouette avait conservé une fraîcheur athlétique, sous cette fine tunique ample magenta.
Elle n'était ni plus ni moins que la patronne de cet établissement et de tous ceux qu'elle employait. D'un geste gracieux de la main, elle l'invita sur un podium au milieu de la salle à s'installer sur une table de massage où il s'allongea sur le ventre après s'être débarrassé de son peignoir.
De là, il continuait de surveiller le corellien.
Aamei se pencha au-dessus de lui et ses mains palpèrent ses omoplates avec un mélange de vivacité et de délicatesse qui engourdit progressivement les zestes de tension qui ne s'étaient pas encore évaporés.
-Tu ne pourras pas garder ton ami ici éternellement, tu sais?
-Je sais, soupira Gelfran.
Celui-ci se souvenait de la dispute l'ayant opposé au jeune corellien qui lui reprochait de le détourner de son but.
Il avait réussi à le calmer en prétendant qu'il leur fallait se cacher de l'Empire et du Soleil Noir pendant quelque temps pour leur propre survie. Oreste s'en était contenté jusque là. Pour le moment, la charmante compagnie parvenait à le distraire de ses principales préoccupations.
Mais pour combien de temps encore?
-Je l'ai amené ici pour le protéger, avoua Gelfran à sa vieille amie. Mais j'ignore si c'est la bonne chose à faire.
-Tu veux le protéger de l'Empire?
-Pas seulement, protéger aussi certaines personnes de lui. Ce gamin a la haine profondément ancrée dans les tripes et il s'est mis en tête de faire la guerre à l'Empire.
Les mains d'Aamei descendirent des omplates pour descendre le long de sa colonne vertébrale, lui procurant une sensation de bien être
-Tu penses donc que c'est mieux qu'il reste ici, reprit la zeltronne.
-Tant qu'il reste ici, il ne provoquera pas de dommage collatéral. Mais tu as raison, je ne pourrai pas le retenir contre son gré.
-S'il décide de partir de Zeltros pour affronter l'Empire, que feras-tu?
Elle avait cessé de le masser et il s'appuya sur le flanc en veillant à ce que la serviette qui lui couvrait le bassin ne révèle rien d'indécent.
-Je l'aiderai, répondit-il simplement.
-Un tel altruisme de ta part me surprend.
Il finit par s'asseoir sur le rebord de la table pour la fixer dans les yeux. Un sourire nostalgique sur les lèvres.
-Plus le temps passe, plus je prends le temps de réfléchir à ce que je fais. Je ne suis plus aussi jeune et je me rends compte que j'aurai aimé fonder une famille avec toi.
Elle lui caressa les pommettes avant que leurs visages ne fusionnèrent avant de s'écarter
-Tu sais bien que nous ne pouvons pas enfanter tous les deux.
-Je l'ai accepté depuis longtemps.
-Tu veux aider ton ami parce qu'il est le fils que tu aurais aimé avoir.
-Exact, même s'il est loin d'être parfait. Je veux l'aider car il a perdu toute sa famille sur Corellia et qu'il n'aura peut-être plus jamais l'occasion d'en construire une.
Aamei lui serrait le coude au moment où quatre clients à l'aspect louche surgirent dans l'établissement, blasters et vibrodagues attachés à la hanche. Elle sentit Gelfran se raidir instinctivement lorsqu'il reconnut le sinistre soleil funeste qui brillait sur leurs épaulières. Elle s'empressa de le rassurer d'un sourire complice.
-Tu n'as rien à craindre d'eux, lui affirma-t-elle.
Elle claqua dans ses mains et deux jeunes filles vinrent accueillir sans crainte les malfrats du Soleil Noir. Les phéromones qu'elle sécrétèrent remplirent aussitôt leur office et des expressions béates remplaçèrent les mines farouches des nouveaux venus.
Ils se laissèrent délester de leurs armes sans protester.
Gelfran se détendit sans se départir de son expression sombre.
-Merci.
-Tu seras toujours le bienvenu ici. Mais tu ne peux pas rester, ajouta-t-elle.
Il soupira en hochant la tête. Et Oreste ne tarda pas à aller le retrouver.
-Vous les avez vus, Gelfran? Lui demanda le corellien.
-Oui, ils ont retrouvé nos traces.
Quelqu'un eut alors l'excellente idée de se brancher sur l'holonet impérial. Le visage d'un journaliste officiel se matérialisa au-dessus de tous.
-Afin de montrer à tous que l'Empire ne tolère pas le désordre et la désobéissance, notre Empereur a décidé d'ordonner une exécution publique sur la planète Agon 9. Celle d'un mutin qui a refusé d'appliquer l'Ordre 66 sur Murkhana. L'exécution aura lieu dans les prochains jours et sera bien entendu retransmise dans tout l'espace impérial. Tous les citoyens sont invités à ne rien perdre de cet événement fondateur pour les consciences.
Le contrebandier ne fut pas surpris lorsque le corellien lui asséna d'un ton qui ne souffrait pas la contestation:
-Nous partons. Je vais m'habiller et récupérer mes affaires.
-Je vais préparer la Perle du Corsaire. Il ne reste plus qu'à espérer que le Soleil Noir ne nous remarque pas.
-Le Soleil Noir, j'en fais mon affaire.
La crosse d'un sabre laser étincelait dans son poing alors qu'il fusillait de ses yeux verts et gris les quatre bandits qui prenaient du bon temps.
-Hum, tu sais gamin, on pourrait peut-être filer en douceur, suggéra Gelfran.
-Je ne me sens pas d'humeur pour la subtilité. Rendez-vous au statioport.
Il se détourna pour disparaître dans le vestiaire sous les regards perplexes d'Aamei et de son compagnon.
-Jusqu'à quel point es-tu prêt à l'aider? Insista la zeltronne lorsqu'elle fut certaine que le corellien serait hors de portée de voix.
-Jusqu'au bout, répondit-il sans hésiter.
-Tu te rends compte de ce que ça veut dire? S'il commets des crime et que tu acceptes d'en être complice..
-Je ne le laisserai pas faire.
Aamei hocha la tête, convaincue que Gelfran ferait ce qui serait juste. Et elle lui faisait suffisamment confiance pour qu'il demeure lucide sur les conséquences de ses actes et ceux de son ami.
-Es-ce que je te reverrais?
Gelfran bondit sur ses pieds tout en rajustant sa serviette sur ses hanches. Il éprouvait l'étrange sentiment qu'il mettait les pieds ici pour la dernière fois.
-Je ne crois pas, non. Pas avant un certain temps.
Prise par une subite émotion, la zeltronne lui agrippa la nuque et l'embrassa fièvreusement. Lorsqu'elle s'écarta de lui, une larme coulait sur sa joue.
-Bonne chance, lui souhaita-t-elle.
-À toi aussi, ma douce.
À pas lourds, le contrebandier rejoignit le vestiaire.

L'ancien milicien de Ranulph Tarkin reconnut soulagé la paisible silhouette de la Perle du Corsaire, assoupie sagement au milieu des ombres de la nuit. Il grimpa la rampe d'accès et ouvrit l'écoutille. Gagnant le poste de pilotage, il commença à faire ronronner les moteurs et activa les boucliers par précaution.
Et ne put rien faire d'autre que de ronger son frein. Il rumina sa dernière conversation avec Aamei et s'interrogeait de nouveau sur ses propres motivations à aider Oreste. Bison'ki l'avait persuadé sur Corellia que leur survie réciproque les obligeait à s'allier.
Ce détail restait vrai.
Ce qui le préoccupait davantage en cet instant était la réponse impulsive qu'il avait lancée à la question fatidique. Était-il vraiment prêt à l'aider jusqu'au bout?
Lors de la victoire remportée sur Troïken contre le cartel de Stark, des Jedi leur avaient permis de tenir face à un ennemi supérieur en nombre et en armes. Il n'avait jamais oublié leur tenacité ni leur compassion à l'égards des soldats de la République et de leurs adversaires.
Ils inspiraient l'exemple à tous.
Le moins que l'on puisse dire d'Oreste était qu'il ne correspondait pas à cette image. Il ne reculerait devant rien pour se venger de l'Empire. Y compris l'assassinat, une méthode qui ne correspondait pas à leurs préceptes.
Après un laps de temps indéterminé, le jeune corellien le rejoignit au poste de pilotage. Sa tunique verte de Jedi était tachée de sang séché.
-Tu as une destination en tête?
Oreste semblait soulagé que son ami ne lui ait pas posé une question gênante.
-Oui, nous mettons le cap sur Agon 9.
Gelfran enclencha les procédures de décollage avant que la Perle du Corsaire ne s'éleva dans un grondement sourd.
-Tu veux libérer ce clone, c'est ça?
-J'ai l'intention de gâcher la fête, reconnut le jeune corellien. Nous infiltrons la prison, nous libérons le clone au nez et à la barbe des impériaux et le tour est joué. En nous payant une bonne publicité au passage.
Le contrebandier fixa les lointaines étoiles avant d'entrer les coordonnées de la planète carcérale. En lâchant un rire jaune au passage.
-Si après ce joli coup, l'Empire n'augmente pas les primes sur nos têtes, je veux bien me travestir en danseuse twi leck.
-Vous feriez fuir vos clients, Gelfran.

Voilà, j'espère que cela vous plaît! à la prochaine :twisted: !


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MessagePublié: 08 Juillet 2017, 12:11 
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Mat-Vador toujours et encore en train d'écrire, ça fait plaisr à voir ! Je passais par là pour te faire un petit coucou.
Je reprendrais aussi la lecture dès que l'envie de lire des histoires reviendra 8-)

En attendant, bon courage !

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MessagePublié: 08 Juillet 2017, 22:01 
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darkliser a écrit:
Mat-Vador toujours et encore en train d'écrire, ça fait plaisr à voir ! Je passais par là pour te faire un petit coucou.
Je reprendrais aussi la lecture dès que l'envie de lire des histoires reviendra 8-)

En attendant, bon courage !


Salut Darkliser, ca faisait longtemps dis donc :mrgreen: ! Ca me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles.

Merci pour le coucou et à plus 8-) !


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MessagePublié: 09 Juillet 2017, 19:49 
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Planète natale: Corellia
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Bonsoir, voilà la suite :twisted: !

Agon 9, pénitencier impérial

Il s'appelait Climber.
Il avait été crée par les cloneurs kaminoens pour être une machine de guerre au service exclusif de l'Ancienne République sous le matricule AD-2054. Une machine ayant un caractère assez autonome proche de son modèle d'origine, le mandalorien Jango Fett.
Ce qui lui permettait de prendre des initiatives cruciales sur les champs de bataille et de combler le vide qui séparait les Jedi des soldats clones de base.
Au sein de la 22ème armée, il avait rempli son rôle auprès du Maître Jedi Roan Shryne. Au coeur de multiples campagnes, une amitié solide s'était forgé entre eux. Sur Deko Neimodia, Boz Pity et Murkhana.
Murkhana, là où les circonstances les avaient séparés à jamais. Lui et son escouade Ion avaient tenu tête au command Salvo pour empêcher ce dernier de mettre à exécution la directive lancée par Palpatine en personne.
L'amitié s'était montrée plus coriace qu'un ordre qu'il avait jugé absurde. Et son opinion demeurait intangible sur ce point.
Il s'appelait Climber et aujourd'hui il possédait la certitude que l'Empire lui ferait bientôt payer le prix de sa mutinerie, non plutôt de sa loyauté envers un ami. Comme tous ses malheureux frères de Teragan 5 brûlés dans un immense bûcher expiatoire.
Avec lui, l'escouade Ion de la 22ème armée n'existerait plus.
Il savait que c'était pour aujourd'hui, ou peut-être pour demain. Son instinct de soldat éprouvé par l'usure des combats et du sang versé lui avait appris à reconnaître les signes qui ne trompaient pas.
Des visites du gouverneur plus fréquentes, des repas de meilleure qualité ces derniers jours...
Ces traitements de faveur n'étaient pas gratuits et ne servaient qu'un objectif. Le rendre présentable pour l'exhiber dans une mise en scène, typique de la propagande impériale.
Dans cette cellule exigüe au confort spartiate, protégée par un champ énergétique, le silence était devenu son compagnon, une éloquence muette qui berçait ses pensées. Les kaminoens l'avaient préparé à affronter la guerre et ses inévitables fardeaux.
Voilà pourquoi il ne craignait pas la mort.
Bon s'ils le voulaient le rendre présentable pour une sentence publique, il restait quelques détails à régler. Comme cette longue barbe hirsute qu'il caressait machinalement avec ses épaisses mains calleuses.
Il se redressa vivement lorsqu'un officier apparut derrière le champ déflecteur accompagné de deux soldats clones impassibles.
Le lieutenant impérial abaissa le bouclier et s'avança en grognant:
-C'est l'heure, traître.
Climber masqua un sourire narqois devant cette insulte qu'il trouvait amusante. Il se leva pour tendre ses poignets sur lesquels des menottes paralysantes se refermèrent d'un claquement impitoyable.
-Vous avez pris votre temps, lança-t-il d'un ton de défi.
-Tu ne pensais pas qu'on t'oublierait?
Le sourire de Climber s'élargit davantage encore.
-J'espérais que non.
-Si jamais tu tentes quoi que ce soit de stupide..
-Je ne tenterais rien et de toute façon le gouverneur vous a certainement donné des instructions pour ne pas m'abîmer.
-Tu feras moins le malin quand on te collera au mur.
Le clone mutin renifla bruyamment, finalement agaçé par l'agressivité de l'officier, un jeune homme fraîchement sorti de l'académie et acquis aux idées de l'Ordre Nouveau. Il approcha son visage impavide près du sien, pour l'intimider.
-Tu n'as pas encore fait la guerre comme moi petit mais ne t'inquiètes pas, cela finira par t'arriver, lui murmura-t-il.
Le geolier blemit et le clone lui sourit à nouveau, satisfait de son petit effet. Il passa devant lui et freina devant les deux clones qui braquèrent nerveusement leur DC-15 sur sa poitrine.
-Bon on y va? Leur lança-t-il avec un mélange d'amusement et d'impatience. Je n'ai pas toute la journée.

Agon City s'était éveillée depuis plusieurs heures déjà que le soleil dardait de ses rayons lumineux la terne silhouette d'un édifice hexagonal qui dominait le centre urbain de sa structure pataude.
Les gardes clones de faction devant la grande entrée de la prison impériale d'Agon 9 s'apprêtaient à terminer une nouvelle matinée sans histoire lorsque l'arrivée impromptue de deux étrangers rompit leur monotonie qui engourdissait leur vigilance.
Ces deux étrangers n'étaient autres qu'un soldat clone escortant un prisonnier entre deux âges à l'allure débraillée de contrebandier. Celui-ci avaient joint ses mains derrière la nuque tandis que le soldat le poussait dans le dos avec l'affût de son fusil blaster.
Les gardes au nombre d'une demi douzaine échangèrent des regards perplexes avant que l'un d'eux ne se décida à réagir en s'interposant devant les deux nouveaux venus.
-Eh, qu'es-ce que c'est que ça?
-Transfert de prisonnier, répondit le clone sous son casque.
Celui-ci força son captif, un homme chauve et barbu à s'arrêter. Un homme qui n'était autre que Gelfran Delen.
-C'est quoi ce poodoo? On nous a pas informés.
Le clone qui gardait Gelfran se plaça devant son homologue et agita sa main à hauteur de son visage.
-Le gouverneur est personnellement informé de ce transfert. Inutile de le déranger pour si peu.
Le garde répéta comme hypnotisé:
-Inutile de déranger le gouverneur pour si peu. C'est bon les gars, laissez-les passer.
Après un bref instant de flottement, les autres stormtroopers s'écartèrent pour leur permettre d'entrer. Parcourant quelques dizaines de pas, alors qu'ils traversaient un grand hall rempli de d'autres clones et d'officiers, le contrebandier tourna finalement la tête par dessus l'épaule.
-Dis donc, Oreste, tes trucs mentaux marchent du tonnerre.
-La ferme sale vermine!
Gelfran avait immédiatement attiré un peu trop l'attention sur sa tenue qui ne correspondait pas évidemment pas à l'uniforme d'un prisonnier standart. Et le jeune corellien qui avait revêtu l'armure d'un soldat clone avait choisi d'assurer son rôle jusqu'à ce qu'il soit certain que personne ne serait à portée de voix.
Ils franchirent une porte puis une autre et encore une autre avant de ralentir alors qu'ils arpentaient un couloir désert. Mais qui n'était pas privé d'holocam pour autant.
-Désolé pour tout à l'heure, s'excusa le corellien auprès du vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark.
-Tu prends ton rôle un peu trop au sérieux.
Gelfran n'avait pu s'empêcher de pester mais il reprit rapidement son flegme car il savait que le moindre mouvement de son expression faciale serait filmé.
-Bon à défaut de délicatesse, as-tu au moins le sens de l'orientation? Persifla-t-il.
-Oui je sais où aller grâce à la Force.
De la crosse de son fusil blaster, il guida son ami vers le couloir de droite au bout duquel se trouvait un turbo ascenseur.
-Par ici.
-Tu es au moins sûr que c'est la bonne direction? Lança Gelfran pour le taquiner
-Ayez confiance en moi pour une fois, d'accord? S'impatienta Oreste qui n'apprécia pas la plaisanterie.
-Tu es nerveux?
-Non, concentré.
Ils progressèrent rapidement et respirèrent seulement lorsque le turbo ascenseur commença à s'élever. Grâce à l'absence d'holocaméra, Oreste en profita pour retirer son casque de clone.
-Qu'es-ce que j'étouffe là-dessous. Et les scanners ne sont même pas paramétrés correctement.
-Je croyais que la Force te suffisait.
-S'il y a un inquisiteur dans le coin, j'aimerais ne pas me faire remarquer.
Le jeune corellien remit son couvre chef en place avant qu'ils ne sortent du turbo ascenseur. Deux clones gardaient l'entrée des appartements du gouverneur et les intrus doutaient qu'ils puissent y accéder aussi facilement.
Discrètement Oreste ôta le cran du DC-15 tandis que Gelfran l'avertit d'un simple murmure:
-Holocam.
En effet un engin de surveillance placé au-dessus des gardes filmait leur progression et ils ne souhaitaient pas donner l'alerte. Du moins, le plus tard possible.
-Quand je vous le dirais, jetez-vous au sol, proposa le Jedi.
-Ne me tire pas dans le dos avant.
Le corellien serra les dents devant la boutade car ce qu'il avait tenté de faire avec cet inquisiteur sur Bakura.
Au moment où ils étaient sur le point de passer à l'acte, un officier impérial quittait les appartements du gouverneur certainement après y avoir convoqué par ce dernier. Il se figea subitement après avoir franchi quelques mètres et fronça les sourcils, fixant d'un air soupçonneux le clone et son apparent prisonnier.
-Dites donc, où l'emmenez-vous comme ça?
-Le gouverneur désire lui parler, monsieur, répondit l'ancien apprenti de Neeja Halcyon..
Oreste poussa Gelfran la crosse enfoncée dans le flanc pour que celui-ci se trouve à portée de bras de l'impérial.
-Pour quelle raison?
-Je l'ignore, éluda habilement le corellien. Je ne fais qu'obéir aux ordres, monsieur.
-Je veux quand même vérifier ça.
L'officier saisit son comlink en faisant signe aux deux autres soldats d'approcher. Oreste fut le premier à réagir. Levant son DC-15 vers le plafonds, il ajusta l'holocam et la désintégra d'un seul tir bien placé.
La seconde d'après, Gelfran envoya au tapis d'un puissant crochet du droit l'impérial qui laissa tomber son comlink pour saisir son blaster. Le contrebandier se jeta impulsivement sur lui, pour lui agripper le poignet et tenter de le désarmer.
Le Jedi avait retourné son arme vers les deux clones qui le braquaient. L'échange de tir fut bref. Au coup par coup, il parvint à les abattre non sans qu'ils aient eu le temps de le toucher. Deux impacts noircis parsemaient l'armure blanche à l'épaule et à la cuisse.
Fort heureusement, ils n'étaient pas parvenus à la transpercer. Quant à Gelfran, il était parvenu à retourner le canon du blaster contre la poitrine de son antagoniste à presser la détente. L'ancien milicien de Ranulph Tarkin se releva en fixant le corps de l'impérial qui fixait le plafonds d'un regard privé de vie.
-Mais que se passe-t-il ici?
Alerté par les détonations, un homme au physique malingre et à la figure étroite était sorti furibond sur le seuil. Le gouverneur de la prison en personne, Amun Yak.
Ce dernier écarquilla les yeux de terreur lorsqu'il réalisa en une poignée de secondes ce qui venait de se passer. Il recula alors précipatemment pour refermer la porte mais le corellien le devança en se propulsant à l'intérieur de ses appartements à l'aide de la Force. Le culbutant au passage.
Il le baillonna en lui plaquant la main sur la bouche, l'empêchant de crier au secours. De l'autre main, il lui colla l'affût du canon de son fusil sur le front.
-Gelfran, verrouillez tout.
Le contrebandier ne se fit pas prier deux fois. Ramassant le blaster de l'officier qu'il avait abattu, il s'engouffra à la suite du jeune homme puis barricada l'entrée. Il abaissa ensuite les volets de duracier pour sécuriser les fenêtres tandis qu'Oreste força le gouverneur pétrifié à se relever et à s'assoire à son bureau.
-Si vous voulez rester en vie, ne parlez que si l'on vous y autorise, compris?
Le corellien enleva alors son casque et le posa sur la table alors que Yak continuait de le fixer, les traits livides. Il avait reconnu le fugitif.
-Mais vous êtes..
Il fut giflé viollement d'un revers de la main.
-Qu'es-ce que je viens de vous dire? Fit Oreste sèchement.
-Pardon..
Gelfran se rangea derrière l'impérial, pour veiller à ce qu'il ne commette pas de gestes stupides.
-Connaissez-vous un clone du nom de Climber? Demanda-t-il.
-Non, je ne vois pas de qui vous..
Le corellien l'interrompit sans ménagement d'une nouvelle claque.
-Nous savons que vous avez prévu de l'exécuter bientôt. Où l'avez-vous enfermé?
-Je viens de donner l'ordre de l'amener dans la cour principale. Et de le rendre présentable avant.
-Dans cette cour, vous avez des vaisseaux?
Paralysé par la peur, AmunYak ne put détacher son regard de celui du Jedi corellien.
-Il y a des navettes.
-Merci de votre coopération, conclut Oreste qui braqua ensuite le DC-15 sur la tête du gouverneur.
-Eh gamin! S'exclama Gelfran.
Le contrebandier se précipita pour relever le canon vers le plafonds.
-Qu'es-ce que vous faites? Réagit abruptement le jeune homme irrité par cette intrusion.
-Je t'interdis de le faire.
-Pourquoi, puisqu'il n'a plus aucune utilité? Je ne le laisserai pas donner l'alarme.
-Moi non plus, mais nous ne sommes pas obligés de le tuer de sang froid.
Le corellien le dévisagea sévèrement.
-Ecartez-vous, Gelfran.
-Non je ne m'écarterais pas car j'ai fait une promesse à une vieille amie. T'empêcher autant que possible d'en arriver à ce genre d'extrémités.
Ils se jaugèrent du regard avant que le corellien ne s'inclina finalement, en abaissant son arme.
-Je vous laisse vous charger de lui. Dépêchez-vous avant que je ne change d'avis.
-Merci.
Le contrebandier assomma le gouverneur d'un coup de blaster sur la nuque avant de le traîner sur le canapé près de la fenêtre.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon remit le casque clone sur son crâne alors que son ami déchira des couvertures pour s'en servir comme liens improvisés. Il retourna à l'entrée pour surveiller à l'aide de ses perceptions la moindre approche suspecte.
Le gouverneur ficelé comme un paquet surprise, ils revinrent tous deux vers le turbo ascenseur où Gelfran en profita pour dépouiller le corps de l'officier impérial qui traînait dans le couloir. Il en revêtit l'uniforme et le corellien ne put s'empêcher de le trouver élégant.
C'était oublier que Gelfran avait été soldat de la République il y a des décennies.
-Allez, fils. On est attendus.

voilà ce sera tout! à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 13 Juillet 2017, 22:19 
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Bonsoir! c'est l'heure de la suite :mrgreen: !

Dans la cour principale de la prison, la moitié de la garnison avait été rassemblée et alignée comme pour la parade. Oreste et Gelfran repérèrent immédiatement deux navettes d'assaut qui patientaient sur le coté comme si elles n'attendaient qu'eux deux.
Des holocams lévitaient par dizaines plusieurs mètres au-dessus de tous. Pour retransmettre via l'holonet l'exécution d'un traître à l'Empire.
Les deux humains repérèrent un groupe de notables locaux d'espèces hétéroclites dans lequel ils se fondirent pour ne pas attirer l'attention. Gelfran se pencha vers le jeune corellien qui tentait une enième fois de recalibrer ses scanners, en pure perte.
-Blast, ne cessait-il de jurer à l'intérieur de son casque.
-Laisse tomber ça, tu n'en auras pas besoin.
Oreste se calma, se rangeant à l'opinion du contrebandier.
-Je pense qu'il faudrait que vous m'attendiez à bord de l'une de ces navettes.
Le contrebandier approuva d'une inclinaison du menton. Il fendit la foule des notables et passa devant les autres clones alignés au garde à vous. Personne ne l'arrêta ni ne lui posa de questions. Oreste se prit à espérer que la Force était avec eux.
Il vit un stormtrooper s'interposer devant son ami qui ralentit sans ne montrer aucune panique. Leur échange ne dura qu'un bref instant mais les flux de la Force ne furent aucunement troublés par l'imminence d'un danger.
Gelfran disparut dans la soute et le corellien concentra alors son attention sur ce qui allait se passer.
Le prisonnier qui était la vedette du jour fit peu après son apparition. Le corellien éprouva des sentiments contradictoires en étudiant sa figure rasée de près. Qu'il avait revu des centaines et des centaines de fois pendant la dernière guerre.
Des figures qui avaient été celles de ses soldats puis de ses bourreaux. Qui avaient commis un génocide sans précédent dans l'Ordre Jedi et détruit sa famille. L'horreur et la répugnance se mélaient à de la curiosité.
Pourquoi ce clone menotté et portant en cet instant des vêtements cicils avait-il refusé de se plier à l'Ordre 66?
Cette question mériait qu'Oreste fasse tout pour le délivrer. Car il tenait à connaître la réponse. Il manoeuvra de façon à se placer aux premières loges. Il quitta les notables pour longer la première ligne des soldats impassibles, suivant à distance respectueuse le condamné escorté sous bonne garde.
Au moment où les deux gardes plaçèrent Climber dos au mur, le corellien obliqua pour se retrouver à l'ombre des deux navettes d'assaut. Il entendit les moteurs de l'une d'elle, celle à sa gauche ronronner lentement. Celle dans laquelle Gelfran se tenait prêt à prendre les commandes. À l'insu de tous, la crosse d'un sabre laser brilla dans son poing avant qu'il ne l'accrocha à la ceinture.
Les holocaméras se regroupèrent au-dessus du clone mutin, qui ne daigna pas observer leur objectif braqué droit sur lui.
Tandis qu'un haut gradé de l'Empire sortit des rangs pour interpeller la foule des notables ainsi que les soldats clones immobiles.
-Citoyens de l'Empire, commença-t-il. Nous sommes ici pour rappeler les valeurs fondamentales de la société que nous tentons de reconstruire après les ravages de la dernière guerre. Sous la République, la corruption et l'anarchie étaient tolérées par les Jedi et les corporations commerciales et même encouragées. L'Empereur y a mis fin et nous efforçons de faire en sorte que les erreurs commises ne soient plus reproduites.
L'officier pivota ensuite vers le clone qui le défiait avec un silence digne.
-C'est pourquoi l'Empereur attend de chacun de nous une obéissance et une soumission inconditionnelles à l'Ordre Nouveau. Toute tentative de défendre les crimes d'Etat des Jedi ou les tentations sécessionnistes seront châtiées par les lois de l'Empire. Que ceci soit une leçon que vous n'oublierez pas.
Le haut gradé tira sa révérence, laissant sa place à un officier subalterne, un lieutenant. Celui-ci fit face au condamné qui demeurait calme.
-Soldats, en position!
Dix stormtroopers sortirent des rangs avec un synchronisme parfait pour s'aligner devant Climber qui se mit à sourire d'un air détaché, serein devant sa fin.
Oreste retira le cran de sûreté et son index se crispa sur la gâchette lorsqu'il verrouilla dans sa ligne de mire l'officier qui commandait le peloton.
-Épaulez!
L'ordre d'ouvrir le feu était attendu mais ne vint jamais. Car un trait de lumière mortel frappa le lieutenant à la tempe. L'instant de flottement passé, les soldats firent volte face vers un des leurs qui se mit à brandir subitement un néon crépitant vert émeraude.
Leur réaction immédiate fut devancée par le Jedi corellien qui s'était élancé au milieu d'eux d'un Saut de Force audacieux. À grands coups de faux, il fit le vide dans leurs rangs mais il savait de même que des renforts ne tarderaient pas.
Trois mois après la Purge, l'Ordre 66 demeurait toujours en application. Le temps leur était compté et Climber semblait l'avoir compris.
Ce dernier s'était accroupi guettant une occasion qu'il pourrait saisir. Cette occasion se présenta lorsque la navette d'assaut contrôlée par Gelfran s'éleva et ouvrit le feu avec ses canons laser pour neutraliser les tourelles automatiques qui surplombaient les enceintes.
Cela ne fit qu'accroître la confusion, ce dont le mutin de Murkhana ne manqua pas de profiter lorsque le Jedi s'ouvrit un chemin jusqu'à lui.
-J'ai besoin d'une arme! Lui cria-t-il.
Oreste embrocha deux clones avant de lui répliquer:
-Servez-vous.
D'un revers de sabre, il lui trancha les menottes par le milieu et Climber se précipita pour ramasser un fusil blaster sur l'un des cadavres clones. Il se figea pour fixer son casque et son armure.
Aux derniers jours de la bataille de Murkhana contre les séparatistes, il se sentait fier de porter cette armure. Un symbole de l'honneur et du devoir, de ce que la République incarnait pour lui. Depuis il avait eu le loisir de remettre en question ce point de vue.
Il n'était plus une machine dévouée et décrébrée mais un homme qui allait se battre pour sa liberté. Peu lui importaient les motivations de ce Jedi qui l'aidait.
Il cibla un de ses anciens frères d'armes qui visait la nuque de ce dernier sans que cela ne le gênait en quoi que ce soit. Presser la détente et regarder l'autre soldat s'affaisser d'une pièce lui parut naturel. Au cours de la guerre, il avait appris à s'y faire sur les champs de bataille.
Certaines choses ne changeraient pas.
Le vaisseau piloté par Gelfran se rapprocha du sol, tandis que les deux autres coururent sous les tirs de barrage des clones qui s'étaient ressaisis. Oreste bondit le premier sur la rampe d'accès avant de saisir la main du clone et de le hisser vers lui.
L'écoutille fut verrouillée et Climber posa la première question qui lui brûlait les lèvres.
-Pourquoi m'avoir sauvé?
-Vos concepteurs de Kamino ne vous ont pas appris à dire merci.
Oreste retira son casque avant de soutenir son regard distant. Un regard où se lisait l'endurcissement intérieur forgé par les combats.
-Ils m'ont appris ce qu'il fallait. Vous n'avez pas répondu à ma question.
-Ceux que j'ai commandés sur Mygeeto étaient plus chaleureux.
-Contrairement à eux, je n'ai pas encore essayé de vous tuer. Pour l'instant, cracha le clone avec insolence.
Oreste éteignit son sabre et le rangea à la ceinture.
-Pour l'instant, aidez-nous à quitter ce fichu système.
Le clone hocha la tête et suivit le corellien jusqu'au poste de pilotage. Le contrebandier le salua d'un joyeux:
-Bienvenue au club!
-Vous allez enfin m'expliquer ce que je fais ici?
Le calme du mutin de Murkhana laissait transparaître un zeste d'irritation impatiente.
-Pour embêter l'Empire et les ridiculiser, répondit Gelfran.
-Vous croyez que je vais me contenter de ça?
La navette d'assaut prit de l'altitude, se réfugiant dans l'immensité de l'espace. Ce qui signifiait qu'ils n'étaient pas encore à l'abri.
-Pour l'instant, vous devrez vous en contentez, insista Oreste. Quel est le programme, Gelfran? Ajouta-t-il en s'installant au siège de copilote.
-Oh, trois fois rien. Trois escadrons ARC-170 aux shebs et un Venator qui vient nous faire coucou derrière la lune où ils se planquait, répondit le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark avec une douce ironie.
-Faites-nous passer en hyperespace, vite.
-Eh, protesta Gelfran, je pousse déjà au maximum mais ce coucou là n'est pas aussi rapide que la Perle du Corsaire. Que nous n'avons pas le temps de récupérer.
-Ca y est, c'est de ma faute maintenant, soupira le Jedi qui avait deviné le reproche déguisé. Si vous n'étiez pas d'accord avec cette partie du plan, il suffisait de le dire.
-Vous semblez former une fine équipe tous les deux, railla le clone, c'est bon à savoir.
-La fine équipe vous a sorti d'un mauvais pas, l'homme éprouvette, lui rappela le contrebandier à bon escient. Alors un peu de reconnaissance..
L'impact d'un missile ionique qui s'écrasa sur la coque coupa court à la querelle naissante. Oreste et Climber s'installèrent tandis que Gelfran lutta pour empêcher la navette de partir en vrille. Le clone prit l'initiative d'étudier les paramètres du vaisseau.
-Boucliers latéraux hors service.
-Je vais déporter l'énergie pour les réactiver, répondit Gelfran.
-Non, trancha le Jedi. Gardez les boucliers principaux ouverts.
-Eh gamin, au prochain tir de ces chasseurs, on aura une depressurisation. Tu as besoin que je te fasse un hologramme?
-Non merci, je visualise très bien ce que vous voulez me dire. Gardez les boucliers principaux ouverts.
-J'ai piloté la Perle du Corsaire pendant des années et je sais très bien comment..
-Gardez les boucliers principaux ouverts, répéta Oreste avec une lenteur effrayante. Et faites-nous passer en hyperespace. Tout de suite.
Les chasseurs impériaux les dépassèrent en déversant l'intégralité de leur puissance pour faire tomber leurs écrans déflecteurs.
-Je m'occupe des coordonnées, se dévoua Climber qui entra les données dans l'ordinateur de navigation.
-Dites donc, l'homme éprouvette, j'espère que vous n'allez pas nous envoyer dans un trou noir.
-J'aimerais beaucoup. Le bouclier arrière est tombé à vingt pour pourcent.
L'ancien ami du Jedi Roan Shryne égrena ces mots avec une nonchalance presque mécanique. Le Venator qui tentait de leur couper la retraite entra à son tour dans la danse lorsque ses turbolasers flamboyèrent.
Un de ses tirs fit mouche, ciblant l'avant du vaisseau. Les alarmes hurlèrent d'un concert strident tandis que les instruments s'affolèrent, transmettant des données erronées.
-Nous n'avons plus de boucliers. Voilà la question réglée, commenta laconiquement le contrebandier.
-Faites le saut, maintenant! Le pressa le corellien.
-Je n'ai pas fini les calculs!
-J'ai dit: maintenant!!
Oreste bondit pour attraper l'hyperpropulseur et tirer la manette vers lui. La soudaine accélération le rejeta sur son siège tandis que les étoiles s'allongèrent en de longs faisceaux infinis.


-Monsieur, il est ici.
Le gouverneur Amun Yak se redressa comme piqua par une vipère kodashi. Depuis son pupitre devant lequel il était assis, il fronça les sourcils devant les traits livides de l'officier subalterne.
-Qui ça il?
Une silhouette massive, non une ombre, venait d'apparaître dans le dos de son interlocuteur. À son tour le visage de Amun Yak perdit toute couleur lorsqu'il entendit cette horrible et lente respiration rauque qui perçait à travers ce masque froid.
-Oh, Seigneur Vador. Je n'attendais pas votre visite..
-Gouverneur Yak, je viens de la part de l'Empereur.
La voix semblait calme et basse, ce qui ne fit qu'effrayer davantage l'intéressé. La tempête ne tarderait pas à survenir, il tenta de l'anticiper.
-Monseigneur, concernant l'évasion du clone. Je tenais plus que tout à vous dire que j'étais..
-Désolé?
Malgré lui, le gouverneur malchanceux se sentait écrasé par la fureur qui émanait du Seigneur Noir des Sith.
-Monseigneur, je vous assure que je n'ai pas prévu que ce Jedi corellien et ce contrebandier..
-Mon Maître et moi tenions beaucoup à ce que ce clone soit un exemple pour tous. Votre incompétence a jeté le ridicule sur l'Empire et nous ne le tolèrerons plus.
-Je vous demande pardon, je ne faillirai plus, je vous jure!!!
Amun haleta subitement quand un étau invisible comprima sa gorge. Les molécules d'oxygène s'en échappèrent sans qu'il put l'empêcher et la pression s'accentua lentement et inexorablement.
-C'est exact, Yak. Vous ne faillirez plus, l'Empereur vous accorde son pardon.
Le monde autour de Yak se brouilla alors qu'il tentait de se rattraper en s'accrochant à la table mais la mort l'avait prise dans ses bras.
Ses yeux vitreux fixaient pour l'éternité le plafonds alors que le Seigneur Noir des Sith s'était éclipsé sans s'attarder..

FIN de la 1ère Partie

Voilà la première partie a été publiée intégralement! J'espère que cela vous a plu, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques dans le cas contraire ;) ! à la prochaine pour le début de la seconde partie!


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MessagePublié: 17 Juillet 2017, 19:41 
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Bonsoir à tous! c'est l'heure de commencer à publier la deuxième partie (j'en suis à 192 pages pour ma fan fic :roll: !).



2ème Partie: La Guerre des Sorcières


Quelque part, dans un secteur isolé de la Bordure Extérieure

-Bon, quelqu'un a une idée de l'endroit où on se trouve?
Gelfran venait de rompre le silence aussi pesant que l'immensité de l'espace avec son ironie à laquelle Oreste avait fini par s'accoutumer.
-Nous nous trouvons dans le Secteur de Quelii, répondit Climber qui consultait la carte de navigation.
-Rapport des dégats? Demanda Gelfran.
Le clone se détourna pour consulter les paramètres du vaisseau. Avec une grimace assez explicite.
-Hum, ce n'est pas très brillant. Par quoi je commence, les très mauvaises nouvelles ou la bonne nouvelle?
L'ancien milicien de Ranulph Tarkin chassa l'air d'un geste énervé de la main tandis que le Jedi laissait divaguer ses pensées vers l'horizon stellaire lointain.
-La bonne nouvelle, l'homme éprouvette. On a bien besoin d'être réconfortés.
De nouveau la raillerie de Gelfran s'émoussa sur le visage impavide de natif de Kamino qui déclara:
-On pourra atteindre la planète la plus proche de nous mais en manuel. Et c'est tout ce qu'on pourra faire.
Cette fois, les deux autres se tournèrent vers lui et le Jedi corellien perçut l'inquiètude du clone et de Gelfran troubler les courants de la Force.
-Les boucliers sont hors service, la coque a été sérieusement endommagée et les moteurs ne tarderont pas à lâcher. Et je ne parle pas de l'hyperdrive. Bref sitôt qu'on aura atteint cette planète..
-Nous ne pourrons plus en repartir, acheva l'ancien apprenti de Neeja Halcyon.
-Sauf si on trouve de quoi réparer les avaries ce qui n'est pas garanti.
-J'ai le sentiment que vous êtes déjà passé dans le coin.
Climber soutint le regard du jeune homme, visiblement sans être surpris par sa perspicacité.
-Ce n'était pas une promenade de santé.
-Cet endroit charmant a un nom?
De nouveau Climber examina la carte et prononça le nom qu'Oreste n'aurait jamais souhaité entendre.
-Dathomir.
Le Jedi corellien en tant qu'adepte de la Force avait appris à masquer ses réactions. Seule une furtive crispation du poignet trahissait son appréhension. Il allait s'échouer sur un monde que les Jedi eux-même préféraient éviter depuis l'échec du raid lancé pour récupérer l'épave du Chu'unthor. Un monde où quatorze d'entre eux sous les ordres de Yoda avaient péri. Dont un de ses propres ancêtes qui avait cédé au Coté Obscur.
Ce monde était devenu le tombeau d'Alan Tissan, le refuge d'un mensonge qui perdurait depuis des siècles.
Et Oreste savait que c'était le plus grand danger qu'il devrait affronter. Ses propres démons, ceux du passé de sa famille.
-Eh bien, va pour Dathomir, adjugea Gelfran. Faute de mieux.

Coruscant, palais impérial, salle du trône

-L'inquisiteur Probus Tesla m'a affirmé que ce ne serait plus qu'une question de temps avant que le Jedi Even Piell ne soit neutralisé, maître.
-Bien. Vous féliciterez Tesla de ma part, Seigneur Vador.
Celui qui fut autrefois Anakin Skywalker se releva de toute sa taille après avoir gardé un long instant un genou à terre devant l'Empereur.
-Je n'y manquerai pas, maître.
Le vieillard de qui dépendait maintenant le destin de centaines de milliards de milliards de personnes, arqua un sourire. Plissant davantage les crevasses ridées qui creusaient des reliefs sur sa figure.
-Il est temps de parler de ce qui s'est passé sur Agon 9, commença Palpatine. Cette évasion est regrettable et pourrait encourager nos opposants.
-S'ils se dressent contre nous, maître, nous les écraserons.
-Nous pouvons éviter ces complications. Mettez tout en oeuvre pour retrouver la trace de ce Jedi corellien, du contrebandier et du clone.
Vador soutint sans faillir la braise maléfique qui enflammait les iris prondément enfoncées dans leur orbite.
-Depuis Agon 9, nous avons calculé leur trajectoire possible. Qui les amènerait en plein dans le Secteur de Quelii.
-N'es-ce pas là que le capitaine Zsinj a stationné son croiseur de commandement?
-Tout à fait, le Poing d'Acier a amené récemment des prisonniers politiques et de droit commun sur Dathomir.
L'Empereur eut un sourire songeur.
-Dathomir.. n'es-ce pas la prison où nous avons affecté l'inquisitrice Soia Tenn?
-Oui, maître. Après son échec sur Corellia, avoua son valet.
Palpatine se leva de son trône pour rejoindre son apprenti. Celui-ci savait plus que tout, bien plus que les prétendants flagorneurs qui l'entouraient à quel point l'apparente fragilité de son maître masquait une puissance peu commune dans la Force.
Une puissance que Dark Vador convoitait. Un fruit défendu dont il pourrait enfin se nourrir pour ne pas rester un éternel second.
Il ne l'avait pas raconté à l'Empereur mais il était parti sur une lune abandonnée dans la Zone d'Expansion récupérer un artefact redoutable qui lui permettrait d'atteindre son but. Il avait échoué à l'acquérir et espérait que son maître n'en saurait rien.
-Voilà qui promet d'être intéressant. Si la Force est avec nous, Seigneur Vador, nous n'aurons pas besoin autant de ressources.
-Mais maître, protesta l'ancien Jedi. Ce Jedi corellien..
-Est une nuisance plus qu'agaçante, le coupa sèchement l'autre. Tenn a une revanche à prendre sur lui et elle ne manquera d'user de tous les moyens pour satisfaire ses objectifs.
-Et si elle échoue encore?
Un gloussement discret s'échappa de la gorge de l'Empereur.
-Dathomir est une planète emplie de danger. Ce n'est pas sans raison si les Jedi l'évitent depuis l'échec lamentable d'une expédition commandée par Yoda en personne. Oreste Tissan est seul. Si Tenn échoue, Dathomir même accomplira ce travail pour nous.
-Et s'il y survit? Insista Vador, tenace.
-Eh bien, il pourrait se révéler être d'une utilité appréciable pour l'Empire. Le Coté Obscur fait partie de l'histoire de sa famille, bien plus que lui-même ne le croit. S'il ne l'a pas encore découvert..
L'apprenti Sith s'émerveillait de la certitude qui animait les dires de Palpatine.
-Je me fie à votre jugement.
-Comme toujours, Seigneur Vador.
Un sourire sinistre appuya sa réponse.

J'espère que cela vous donnera envie de lire la suite! à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 20 Juillet 2017, 21:19 
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Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Bordure Extérieure, Secteur de Quelii, Dathomir

Oreste secoua et repoussa les fils électriques qui pendaient du plafonds. Une étincelle de court circuit lui piqua le dos de la main et il éructa un paquelet de jurons en vieux corellien. Ce qui suscita une réponse sarcastique dans son dos.
-Tu as l'air en forme.
Le Jedi corellien pivota dans son siège pour observer le contrebandier penché au-dessus de Climber en train de s'enquérir de l'état du troisième larron. Une entaille légère zébrait le front du clone qui avait du se cogner la tête lors du rude atterissage.
Gelfran Delen indemne tout comme le jeune homme saisit un patch bacta pour le plaquer contre le front du clone qui lui fit remarquer:
-On dirait que vous avez l'habitude.
-J'ai été soldat quand j'étais plus jeune. Quand la République avait un sens pour moi, lui expliqua le vétéran.
Climber hocha la tête avant de se lever avec précaution. Il plia le genou droit car la navette s'était écrasée, renversée sur sa gauche avec un angle assez aïgu.
-Moi aussi je l'ai cru. Vous n'êtes pas le seul à avoir perdu vos illusions.
-C'est touchant tout ça. Vous comptez rester dans cette épave jusqu'à ce qu'un rancor nous tombe dessus et nous réduise en purée?
Gelfran ne retint pas un rire nerveux.
-Détends-toi, fils. Je n'ai pas vu d'impériaux dans le coin.
Une ombre traversa l'expression du corellien.
-Ce ne sont pas les impériaux que je crains le plus.
-Il n'a pas tort, confirma le mutin de Murkhana.
Cette fois le contrebandier ne retint pas un geste irrité de la main.
-Dites vous deux, on s'en sort plutôt pas mal. Je voudrais un peu d'optimisme dans l'équipe, si ce n'est pas trop demander.
-Très bien faisons la fête alors, se moqua le corellien.
Climber se tâta le front pour vérifier que le pansement bacta tenait bien en place.
-J'ai une meilleure idée, leur affirma-t-il.
À son ton, il semblait les prendre pour des amateurs.
-On rassemble les armes et les vivres qu'on pourra emmener, on abandonne cette fichue navette qui nous rend aussi voyant qu'un steak de gizka saignant, on marche jusqu'à un endroit suffisamment haut et inaccessible pour nous répérer. Et on trouvera un moyen de quitter cette planète.
Ses deux compagnons échangèrent des regards perplexes avant d'éclater de rire.
-Je vais finir par croire que la tête pensante n'est peut-être pas vous, Gelfran.
-Ouais, l'homme éprouvette a peut-être eu un bon instructeur.
-Cessez de m'appeler comme ça.
Climber ne s'était pas départi de son ton calme et posé. Mais cette fois une pincée de froideur s'y était introduit, signe que le sobriquet dont Gelfran l'avait affublé commençait à user sa patience. Oreste se leva instinctivement prêt à s'interposer.
Heureusement le contrebandier comprit qu'il n'avait pas d'intérêt à froisser davantage un ancien soldat d'élite.
-Toutes mes excuses.
Climber s'en contenta et s'éloigna pour dénicher l'armurerie. De leur coté, les deux autres humains visitèrent l'infirmerie et la soute et récupérèrent deux sacs qu'ils emplirent de vivres protéinées et de bacta.
Cela fait, tous trois se retrouvèrent dehors. Climber posa les armes et l'artillerie au sol, réfléchissant longuement à ce qui mériterait d'être délaissé ou d'être emporté. Il mit de coté ce qu'il jugeait encombrant et distribua le reste à Gelfran, le répartissant à part égales entre eux deux. Oreste ne garda pour sa part qu'un blaster et son sabre laser.
Il n'avait besoin de rien d'autre, c'était évident. Néanmoins pour compenser, il se chargea de porter la nourriture et les médicaments.
Ils avaient échoué sur un terre plein rocailleux irrégulier qui longeait une impénétrable forêt de pins géants. La dimension de ces arbres surprirent les trois naufragés qui en comprirent la cause lorsqu'ils firent deux pas, se sentant flotter presque au-dessus du sol.
La gravité de la planète était plus légère que la moyenne. Mais le jeune corellien sut que ce n'était pas cela qui lui procurait cette sensation d'enivrement. Depuis leur arrivée ici, tous ses sens paraissaient démultipliés. La vie qui émanait des alentours fourmillait, étincelait de mille éclats flamboyants.
La Force imprégnait Dathomir même, jusqu'au moindre grain de sable. Il y avait de quoi faire tourner la tête au premier adepte de la Force qui y posait le pied pour la première fois. Le corellien s'obligea à se concentrer pour ne pas vaciller sur ses appuis.
-Eh gamin, ça va? S'enquit Gelfran attentif.
-Vous n'avez pas idée.
Il s'esclaffa subitement suscitant chez les deux non sensitifs une grande perplexité.
-Qu'es-ce qui lui prend? Lança le clone dubitatif.
-Qu'es-ce que j'en sais, l'homme éprouvette? Répliqua le contrebandier. Je ne suis pas Jedi.
-La Force est très présente sur Dathomir, expliqua Oreste qui avait repris sa contenance. Ce me fait un drôle d'effet.
-Espérons que cela ne te fasse pas perdre la boule.
-Cela n'arrivera pas, il suffit seulement que je m'habitues.
Alan Tissan, son ancêtre au passif encombrant, s'y était-il habitué? Qu'es-ce qui sur Dathomir l'avait changé en autre chose qu'un Jedi?
Oreste chassa ces doutes pernissifs de ses pensées, il avait besoin de se concentrer. Pour sa survie et celle des autres.
-Climber, vous avez répéré une colline d'où l'on pourrait étudier les environs?
-Affirmatif, lui répondit l'ancien ami de Roan Shryne. À cinq kilomètres standart au nord de notre position actuelle.
-Parfait, ne perdons pas de temps.
Le clone bascula devant sa poitrine le fusil blaster DC-15 qu'il avait chargé et armé. Avec les gestes huilés d'un soldat entraîné.
Puis tous trois franchirent la lisière de la forêt inconnue pour s'enfoncer à l'ombre des pins, espérant trouver le salut.

Dathomir, prison impériale

-Madame?
L'inquisitrice Soia Tenn se tourna vers le clone qui venait la déranger sans masquer à son encontre une froide colère. Elle se promenait le long de l'enceinte fortifiée de la prison dont elle avait la garde.
Pour apparamment inspecter les défenses, mais elle n'avait pas vraiment la tête à ça. Non, elle ruminait plutôt son échec de Corellia qui lui avaient valu un exil punitif suite à la colère de ses maîtres. Un bannissement qui entretenait sa rancoeur et dont elle faisait payer le prix aux prisonniers.
Elle se distrayait comme elle le pouvait.
-Oui? Fit-elle d'un ton cassant.
-Nos scans ont répéré une navette qui s'est écrasée à cinquante kilomètres standart d'ici.
-Une navette. Des contrebandiers?
-Négatif, lui assura le stormtrooper. La navette est un transport militaire impérial.
-Ils ont émis un signal de détresse?
-Négatif, ils ont probablement subi de graves avaries.
La non humaine braqua ses yeux d'un rubis rouge écarlate vers l'horizon lointain. Elle étendit ses perceptions sensorielles loin autour d'elle.
-Il y a des survivants, affirma-t-elle quelques instants après. Avertissez le lieutenant Gareth qu'une patrouille doit être constituée.
-Hum, le colonel Samon nous a répété qu'il valait mieux éviter. À cause de l'hostilité des autochtones.
Avec un rictus entendu, la chiss caressa la crosse de son sabre laser qui pendait à la ceinture.
-Ce ne sera pas un problème pour moi.

Ils marchaient tous les trois en silence. Climber ouvrait la marche, une main posée sur la crosse de son DC-15, l'autre tenant l'hologramme carthographiée qui visualisait leur progression. Gelfran se tenait dans sa roue, jetant des regards méfiants par intermittence comme s'il craignait de voir débouler entre les tronc des pins géants un mastodonte cauchemardesque.
La machoîre serrée, sa main gauche qui se balançait pas très loin de l'affût du fusil de précision qu'il se tenait en travers de sa poitrine. Voilà qui témoignait de façon convaincante l'attitude d'un homme aux aguets.
Oreste se distinguait par un contraste frappant d'une sérénité inébranlable. Même si ce n'était qu'une futile apparence, destinée à rassurer le groupe restreint. Fermant la marche, le jeune corellien sentait à travers les flux de la Force, des échos résonner au loin. Mais il ne parvenait pas à les identifier clairement.
Tout ce qu'il savait, était qu'ils ne représentaient pas une menace immédiate. Même s'il préférait ne pas s'attarder.
Climber brisa finalement la glace, ralentissant le pas pour rester à leur hauteur.
-Pourquoi m'avoir aidé sur Agon 9?
Il guetta alternativement la réponse de Gelfran puis de celle d'Oreste. Ce fut le contrebandier qui vendit la mèche.
-C'est le gamin qui en a eu l'idée.
Le Jedi sentit le regard du clone peser sur lui.
-Je l'ai fait car je pensais que vous pourriez nous être utile contre l'Empire, avoua -t-il. Et aussi pour vous poser une question.
Dans la Force, il perçut l'intérêt du clone croître d'un cran.
-Pourquoi avez-vous refusé d'exécuter l'Ordre 66?
Climber plongea son regard franc dans la marée verte et grise des pupilles du corellien qui tenait à avoir sa réponse.
-Parce que Roan Shryne était mon ami.
Les mots étaient secs, nets et précis. Comme des tirs de blaster.
-Eh bien, quelle révélation, gloussa Gelfran dans sa barbe.
-Vous n'êtes pas le seul clone à avoir noué des liens avec des Jedi, insista Oreste qui ignora la pique de son ami contrebandier. Pourquoi avez-vous réagi différemment?
-J'ai fait ce qui me semblait être la meilleure chose à faire. C'est tout.
Le mutin de Murkhana se mura de nouveau dans le mutisme. La coquille s'était refermée et n'était pas prête à se rouvrir de sitôt.
Il ne semblait pas disposer à en révéler davantage.
Cela marqua de nouveau un silence passager que Gelfran rompit.
-Je ne suis jamais venu dans ce secteur de la galaxie mais je pense que notre ami a déjà exploré le coin, n'es-ce pas?
Climber comprit sans mal l'allusion tandis qu'Oreste étudiait la moindre trace d'émotion sur son visage balafré.
-Nous n'avons pas vraiment exploré ce secteur, au sens où vous l'entendez, finit-il par répondre.
-Mais quelle était votre mission? Insista le Jedi corellien.
Le clone accrocha son regard un peu suspicieux.
-Intercepter et détruire un convoi séparatiste, concéda-t-il d'un ton un peu cassant.
-Comment cela a tourné? Demanda alors le contrebandier.
-La mission a été un succès.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon surprit l'absence de conviction, qui aurait traduit la satisfaction d'un soldat ayant accompli son devoir même dans le mauvais camp.
-Mais? Fit-il avec impatience.
-Ce n'était pas seulement des transports militaires convoyant des troupes ou des armes mais aussi des transports de réfugiés.
Cette fois, l'atmosphère s'alourdit d'un cran.
-Vous les avez tués?
-Les séparatistes transportaient à bord d'un de leurs vaisseaux, une arme défoliante, leur expliqua le soldat mutin. Les renseignements nous avaient informés que leur cible était Naboo. Nous sommes parvenus à leur couper la route dans le secteur de Quelii au moment où ils programmaient un nouveau saut dans l'hyperespace qui les aurait rapprochés de leur objectif.
Gelfran se pinça les lèvres, redoutant de connaître la vérité funeste sur l'issue de cette mission.
-Les séparatistes ont organisé leurs défenses, plaçant les transports les plus fragiles comme couvertures. Ce sont ces vaisseaux qui contenaient les réfugiés. Pour neutraliser le convoi, nous devions les donc les détruire sans savoir ce qu'ils transportaient.
-Ils les ont utilisés comme boucliers humains, souffla le contrebandier qui semblait réellement horrifié.
-Qui a commandé cette attaque? S'enquit le corellien. Roan Shryne?
-Affirmatif. Cela a été l'une des décisions les plus difficiles qu'il ait prises.
-On peut s'en douter, grogna le contrebandier qui paraissait avoir perdu momentanément son sens de la répartie. Vous avez détruit finalement ce défoliant?
-Nous avons abattu le croiseur qui le transportait au-dessus d'Honoghr. Au prix fort, ajouta l'évadé d'Agon 9.
Les deux auditeurs de cette histoire difficile jugèrent adéquat de ne pas demander plus de précisions. Cela revenait à empièter l'intimité du clone et à le juger pour un acte que les circonstances lui avaient contraint d'accomplir.
Oreste doutait qu'il aurait agi différemment pour sauver une planète entière. Lui aussi avait du trancher entre des options aussi difficiles les unes que les autres. Sur Mygeeto, il se rappela avoir délibérément sacrifié des colonnes de réfugiés, pour protéger ses troupes contre des ripostes séparatistes.
Choix radical que Ki Adi Mundi lui avait reproché plus d'une fois et qui avait creusé un gouffre dans la confiance mutuelle qu'ils avaient tenté d'entretenir l'un envers l'autre.
-Je pense qu'il y avait moyen de négocier la vie des otages, déclara le contrebandier.
-Le général Roan Shryne devait prendre une décision rapide, plaida alors le mutin de Murkhana. Le sort de centaines d'autres milliers de gens dépendaient de nous.
-Tout comme celui des réfugiés. Vous auriez du contacter le commandant ennemi pour le convaincre de parvenir à un accord.
-Allons Gelfran. Il n'y avait pas d'autre moyen.
Le vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark s'entêta et prit alors à partie son jeune camarade corellien.
-Toi, je suis certain que tu aurais fait mieux que Shryne.
Il fut désarçonné par la réponse cinglante d'Oreste. Les yeux verts et gris de ce dernier s'emplirent d'une tristesse lointaine déshumanisée.
-Non, j'aurais fait bien pire.
Cet aveu sec mit un terme à la conversation. Ils reprirent leur marche, après avoir étalé leurs divergences sur une guerre qui appartenait au passé. De nouveau, leurs pas foulèrent le sol spongieux jonché d'épines qui dégageait une forte odeur d'épice boisée.
Ils observèrent les troncs se raréfier avant de déboucher à découvert sur un terrain accidenté. Autour d'eux, les pins les cernaient telle une muraille infranchissable. Droit devant eux à une cinquantaine de mètres, un vaisseau plat mais aux proportions respectables équivalentes à celle d'une corvette s'enfonçait en partie dans la roche brisée et fracturée non seulement par l'usure de l'érosion mais aussi de l'impact du crash.
Ils s'avançèrent lentement et tous trois surprirent des traces brunes défigurer la coque de duracier qui émergeait vers le ciel. La rouille avançait dans sa besogne patiente, achevant de décomposer le vaisseau inconnu.
-Qu'es-ce que c'est que ce rafiot? Grinça Gelfran circonspect.
Ne décelant aucun danger immédiat, le jeune corellien se montra plus téméraire en se rapprochant davantage. Grâce à son acuité visuelle, il décela des inscriptions en aurebesh partiellement effacées qui s'étalaient sur la coque.
Que tenta de déchiffrer non sans mal Climber.
-Chu.., commençait-il à lire. Mais le reste est illisible.
-C'est le Chu'unthor, lui révéla Oreste.
Son expression s'était rembrunie à l'évocation d'un nom porteur de malédiction.
-Et donc qu'es-ce que c'est? Insista le contrebandier.
-La cause de la mort de beaucoup de Jedi et de la chute de mon ancêtre dans le Coté Obscur.
Son amertume prit de court ses deux compagnons. Si le clone témoignait d'une impassibilité presque égale, ce ne fut pas le cas de Gelfran.
-Eh c'est quoi ce poodoo? Je croyais que ton aïeul était un héros sur Corellia.
-Je le croyais aussi, jusqu'à Kessel.
Alors Oreste leur raconta sa vision du passé qui lui avait dévoilée la mort peu glorieuse d'Alan Tissan. Lorsqu'il eut terminé, Gelfran tenta de le réconforter en lui posant la main sur l'épaule.
-Je pense qu'ils ont voulu te protéger.
-Me protéger? Rugit Oreste entre ses dents. Mes maîtres auraient du me l'avouer, l'histoire de ma famille ne leur appartenait pas!
-Et quelles auraient été les conséquences si la vérité avait éclaté? Les tiens n'auraient plus fait confiance aux Jedi corelliens.
-Qu'importe! J'avais le droit de savoir!
Une lueur de mauvais augure étincela dans le regard du jeune homme qui se sentait dupé.
-Oreste, pense à ce que tu as perdu à cause de l'Empire. Tes parents sont morts pour te protéger, cela rachète un peu les erreurs du passé, non? Essaie d'aller de l'avant.
Tout à coup l'air se comprima autour du vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark, qui fut brutalement projeté à terre. Lorsqu'il se redressa sur ses coudes, le jeune corellien était penché au-dessus de lui, le sabre laser activé dans le poing.
Climber réagit immédiatement en le mettant en joue. Gelfran lui demanda de ne pas tenter quoi que ce soit d'un geste ferme de la main tandis que le Jedi s'écria:
-Je sais ce que j'ai perdu! Et personne n'a à me dire ce que je dois faire! Je ne suis plus un Jedi!
-Et qu'es-ce que tu veux être alors? L'interrogea alors calmement Gelfran.
-Celui qui mettra à bas l'Empire, d'une façon ou d'une autre.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon reprit un peu de sang froid et rangea finalement son sabre au grand soulagement des deux autres.
-Vous voulez mettre l'Empire à bas? Lui demanda Climber. Cela me va très bien.
Gelfran demeura muet. Il avait été d'accord pour suivre Oreste mais il n'était plus aussi sûr de ce choix. Avant de comprendre qu'il ne pouvait plus vraiment revenir en arrière. Il était trop tard maintenant pour renoncer.
-Récupérons là-dessus tout ce qui pourrait avoir de la valeur, suggéra le clone. Surtout ce qui pourrait permettre de réparer notre vaisseau.
-Bonne idée, approuva le contrebandier. Je vais inspecter les environs.
-Soyez prudent, l'avertit cependant le Jedi. Nous ne sommes pas seuls.
Semblant vouloir oublier l'incident tout frais, Gelfran ricana avec une arrogance inhabituelle.
-Eh, tu parles à un vieux briscard. Si quelque chose se pointe, je le verrais arriver de loin, ne t'en fais pas.
-Ne soyez pas trop sûr de vous, ça fait très longtemps que votre guerre est finie, lui décocha le clone.
Après avoir haussé les épaules avec nonchalance, Gelfran Delen s'éloigna de quelques pas avant de longer la carcasse du Chu'unthor. Il se retourna un bref instant vers ses deux compagnons, qui cherchaient comment entrer dans l'épave antique.
Il prêta une attention distraite au crépitement du sabre laser qu'Oreste utilisait pour découper la coque épaisse. Le Jedi et Climber s'engouffrèrent par la brèche et le contrebandier se retrouva seul. Au bout de quelques instants, il regretta tant de s'être dévoué que de s'être vanté.
Comme lors de la bataille de Troiken contre le cartel de Stark, il n'aimait pas ce calme trompeur et le silence assommant qui précédait presque toujours un événement inattendu. Sur leur chemin, ils n'avaient pas croisé âme qui vive.
Mais Oreste avait raison, ils n'étaient pas seuls. Une impression désagréable le démangeait, celle d'être observé.
Gelfran Delen.
Il chancela lorsqu'une voix résonna dans sa tête, avant de se tourner fébrilement dans toutes les directions, le fusil blaster pointé devant lui. Lorsqu'il réalisa qu'il s'était alarmé pour rien, il épongea sèchement son front du revers de la main.
-Schutta, je débloque complètement.
Gelfran, viens à moi.
À la lisière de la forêt, il crut distinguer une silhouette floue. Il colla la crosse de son arme contre l'épaule et aligna son oeil droit dans le viseur.
L'étranger ressemblait à une femme. Son corps renvoyait les reflets aveuglants du soleil, comme si elle était incarnait l'astre elle-même. Le contrebandier ferma les yeux une fraction de seconde puis les rouvrit.
Elle avait disparu.
Le contrebandier éructa des jurons en huttese avant de haleter, pris d'une panique qu'il n'avait plus connue depuis la boue, la rocaille et les cavernes du mont Avos, lors de sa guerre pour la République.
Sauf que pendant cette guerre, il savait à qui il avait affaire. Pas aujourd'hui.
Son instinct d'ancien militaire lui commandait de ne pas laisser cette menace en suspens. Il ne pouvait pas attendre qu'Oreste et Climber ressortent de l'épave pour qu'ils y passent tous les trois. S'il s'absentait et qu'il ne revenait pas, ils se tiendraient sur le qui vive et augmenteraient leurs chances de survie.
C'était toujours mieux que rien.
De nouveau résolu, il ôta le cran de sûreté de son fusil et s'avança prudemment des pins à découvert. Il entendit les battements de tambour de son coeur qui 'étaient accélérés jusqu'à ce qu'il atteignit les premiers arbres.
Bien. À partir de là, il pourrait se mettre à couvert. Il jeta un coup d'oeil rapide vers le Chu'unthor, Oreste et Climber y demeuraient encore. Ils n'avaient pas terminé leur besogne.
Gelfran jugea prudent de garder le vaisseau naufragé dans son champ de vision. Ainsi il pourrait les prévenir en cas de souci.
Il contourna le pin derrière lequel il s'était protégé lorsqu'une brindille craqua sur sa gauche. Il braqua sans hésiter son arme sur une jeune femme humaine, grande de taille. La tunique écailleuse et la cape de même matière qui recouvrait son corps musclé et athlétique, reflétait la lumière du jour comme un miroir mouvant.
Ses vêtements locaux étaient constitués de peaux de reptile, qui épousaient ses courbes rudes étroitement. Ses cheveux blonds remarquablements soyeux tombaient sur ses épaules, recouverts d'un capuchon ample, et encadraient ses traits farouches mais finement dessinés.
Il lui donnait à peine plus d'une vingtaine d'années.
-Gelfran, baisse ton arme. Je ne suis pas ton ennemie.
Il était étonné à juste titre que cette autochtone le connaisse. Du moins son nom.
Avant qu'il ne puisse répondre, elle étendit sa main droite vers lui et psalmodia ou plutôt chanta d'un timbre mélodieux une phrase en dialecte local.
Une énergie inconnue l'entoura alors, hérissant les poils de tout son corps alors qu'elle reprit.
-Viens à moi, pose ton arme. Tu n'as rien à craindre.
Et Gelfran se sentit tout à coup grisé, plus précisément engourdi. Comme si sa tête avait été plongée dans un liquide cotonneux, sans être capable de penser clairement. Elle semblait accueillante, il voulait baisser sa garde, lui faire confiance.
Lui obéir.
C'est à ce moment-là qu'il comprit qu'elle usait d'une sorte de sortilège pour lui imposer sa volonté. Il secoua la tête et resserra sa poigne sur la crosse du fusil sans oublier de règler la puissance sur paralysant.
-Joli tour, ma petite dame. Maintenant, levez les mains bien en évidence.
Elle semblait déçue de son attitude. Une lance était apparue dans son poing.
-J'espérais que tu te rendrais sans opposer de résistance. Je vais devoir me montrer moins amicale.
Elle psalmodia de nouveau et une force invisible arracha le fusil des mains du contrebandier. Ce dernier voulut réagir en dégainant son blaster.
Elle le devança en le frappant avec le manche de sa lance au poignet, le désarmant aisément en lui faisant voler au loin son dernier recours. Il voulut reculer mais fut trop lent, beaucoup trop lent. Son champ de vision fut obscurci par une botte qui le percuta à la tempe.
Il se sentit tomber dans un gouffre insondable.

Voilà, ce sera tout! j'espère que la suite vous plaira ;) !


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MessagePublié: 24 Juillet 2017, 19:36 
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Bonsoir à tous! c'est l'heure de la suite :mrgreen: !

Les couloirs d'accès étaient plus humides qu'Oreste et Climber ne l'avaient escompté. La moisissure mélangée aux émanations de gaz tibanna vieilli irritait leurs narines et ils se retinrent d'éternuer bruyamment pour ne pas risquer d'éveiller un prédateur qui nicherait quelque part dans les tréfonds de l'immense vaisseau en ruines.
Ils en fouillèrent les moindres recoins et s'aperçurent que l'épave contenait une douzaine de grandes salles dédiées à la fois, à la comtemplation, à l'observation mais aussi à l'apprentissage du combat. Preuve en étaient les sphères d'entraînement qui gisaient au sol complètement hors d'usage et rouillées.
Elles ressemblaient presque à celles qu'Oreste avait utilisé lors de sa formation sur Corellia et sur Coruscant. Ces observations ne faisaient que lui confirmer ce que Neeja Halcyon lui avait déjà raconté à ce propos.
Le Chu'unthor était bel et bien une académie Jedi ambulante, chargée de répertorier les planètes non explorées, de les étudier et de recruter d'éventuels sensitifs à la Force. Un projet ambitieux qui visait à étendre la compréhension de l'Ordre au-delà de leur sanctuaire de Coruscant. C'est ce qu'il révéla finalement à Climber.
-Il n'y a pas eu de traces récentes de pillage, monsieur, affirma le clone. On peut s'estimer heureux que les séparatistes n'en aient jamais entendu parler.
-Je suis d'accord.
-Allons voir dans la salle des moteurs.
Oreste acquiesça en silence et se plaça dans le sillage du clone qui avait réglé le viseur de son fusil DC-15 en mode thermique. La lumière du jour éclairait leur chemin à travers les fissures qui déchiraient la coque en plusieurs endroits.
Ils descendirent rapidement les escaliers et entrèrent dans la salle des machines. Où ils ne dénichèrent rien qui puisse être identifié clairement. Les tableaux de commande, les paramètres de l'état des propulseurs, tout avait été noyé sous une couche de suie cendrée et de rouille crasse. Rien d'exploitable ne pouvait être récupéré.
Le clone émit un grognement qui résumait leur déception commune.
-J'ai bien peur que nous ne soyons pas prêts de repartir, monsieur.
-En effet, venir ici a été une perte de temps. Allons retrouver Gelfran dehors.
Oreste exprima la flambée de frustation qui le tenaillait furieusement en arrachant à l'aide de sa puissance psychique le transparacier qui les séparait de l'extérieur. Ils s'empressèrent de s'extraire de ce sarcophage en lambeaux avant d'en faire le tour pour retrouver leur ami contrebandier censé les attendre devant l'épave.
Sauf que ce dernier semblait avoir inexplicablement disparu. Ils se séparèrent pour couvrir le plus de champ possible dans un rayon d'action limité à quelques dizaines de mètres autour du Chu'unthor sans plus de succès.
Lorsqu'ils se rejoignirent, le jeune corellien s'exclama entre ses dents:
-Par les neufs enfers de Corellia, où est-il passé?
-Je pensais que vous pouviez le détecter avec vos pouvoirs, tenta de tempérer le clone plus posé.
-En théorie, c'est possible. Mais la Force est tellemet présente sur Dathomir que cela revient à chercher une aiguille en plein brouillard.
-Pas très pratique, alors.
L'ancien soldat d'élite élevé par les kaminoens vérifia machinalement que le cran de sûreté de son fusil avait bien été enlevé.
-Un soldat n'aurait jamais quitté son poste, confia-t-il. Ou il nous aurait contactés s'il envisageait de le faire pour une très bonne raison.
Il semblait tenir le contrebandier en si peu d'estime.
-Cela fait longtemps qu'il n'est plus un soldat, Climber.
-C'est ce que j'ai cru comprendre.
Le dédain manifeste du clone à l'encontre de son ami exacerba l'irritation du jeune homme qui lâcha d'un ton sec:
-Bon il serait temps de se montrer constructif. Puisque vous semblez être si malin, où devrions-nous commencer les recherches?
-Là où nous nous sommes crashés.
Climber lui avait répondu avec un détachement presque blasé, une attitude qu'Oreste trouvait infantilisante. Bon sur le fonds, sa proposition tenait la route. Il était probable bien qu'incertain que Gelfran ait pu rentrer au vaisseau qu'ils avaient abandonné derrière eux.
Mais ils n'avaient rien de mieux pour commencer.
-Bon, rentrons, soupira-t-il.
Ils s'éloignèrent du Chu'unthor pour regagner le couvert des arbres. Pendant ce laps de temps, Climber ne put se retenir de demander:
-Vous savez ce qui s'est passé ici?
-Oui, confirma le corellien.
Ce dernier lui raconta alors succinctement l'épopée de ce vaisseau censé représenter l'étendart de l'Ordre Jedi, un emblème de l'exploration et de la connaissance que les tenants du Coté Lumineux recherchaient et tenaient à faire partager.
Et lui fit part de l'accord conclu entre les Jedi et les Sorcières de Dathomir qui avaient empêché les premiers de récupérer ce qui leur appartenait après le naufrage.
-Donc en échange de leur départ, reprit le clone, les Jedi ont été forcés d'abandonner le vaisseau et tout ce qu'il contenait.
-C'est exact.
-Dans ce cas, j'ai une question si vous me le permettez.
-Faites comme chez vous.
-Si les Sorcières sont censés garder les artefacts du Chu'unthor, comment se fait-il que nous n'en ayons aperçu aucune?
-Eh bien je..
Il s'interrompit lorsqu'il découvrit coincé contre une souche de pin incliné dans un angle prononcé, un fusil blaster abandonné. Il le ramassa et le montra à Climber. Tous deux reconnurent l'arme que Gelfran maniait la dernière fois qu'ils l'avaient vu.
Ils échangaient un regard dubitatif lorsqu'un mugissement lointain fendit l'air et se répercuta aux alentours en de longs échos peu rassurants.
Oreste projeta ses perceptions autour de lui et un picotement familier courut le long de sa nuque.
-Ca, fit le mutin de Murkhana, je ne sais pas ce que c'était mais ce n'est pas bon signe.
-On doit retrouver Gelfran, insista avec hargne le Jedi qui se sentait responsable de cette disparition inquiètante.
-Il a du finir dans l'estomac de la bestiole qu'on a entendue. Pour le moment, je ne tiens pas à l'y rejoindre. Nous devons retourner au vaisseau et nous y retrancher.
Le jeune corellien accrocha son regard après l'avoir dépassé et s'être mis en travers de son chemin.
-Nous allons retrouver Gelfran. Ensemble, ajouta-t-il en martelant ce mot. Un soldat n'abandonne pas ses camarades.
Le clone soutint ses yeux verts et gris avant de se raviser.
-Comme vous voudrez, mais je maintiens que c'est une mauvaise idée. Un soldat s'attend toujours à ne plus revoir ses frères d'armes en vie.
Oreste étendit ses perceptions de nouveau et tenta de repérer la signature de leur ami contrebandier. Il la sentit quelque part, faible mais présente. Il était vivant.
-Par ici, fit-il avec résolution.
Il entraîna le clone dans son sillage et celui-ci ne masqua pas dans la Force une sérieux manque d'enthousiasme devant le risque de se précipiter dans un piège sans être certain qu'ils reverraient le vétéran de la Guerre Hyperespatiale de Stark.
En d'autres occasions, le jeune homme ne se serait pas lancé dans une quète aussi vaine. Après tout, pendant la dernière guerre, il n'avait jamais pris la peine d'envoyer des patrouilles pour rechercher des soldats portés disparus, au risque d'encaisser plus de pertes. Quitte à sacrifier les portés disparus sciemment.
Alors pourquoi prenait-il la peine de rompre cette dure habitude?
Parce qu'après avoir perdu sa famille sur Corellia, avoir perdu Beliem.. il ne pouvait supporter de perdre un ami qui lui avait tendu la main et proposé de l'aider, en assumant tous les risques que ce choix impliquait.
Gelfran avait choisi de s'investir à ses cotés. Et rien que cela méritait qu'Oreste risque tout pour retrouver sa piste.
Quoi qu'en pense Climber..
Celui-ci l'interpella pour lui proposer:
-On se relaie. Je passe devant vous, indiquez-moi seulement où je dois aller.
-Continuez tout..
Il s'interrompit car le picotement du danger s'accentua, un éclair qui irrita son épiderme de manière plus prononcée.
Sans réfléchir, il empoigna son sabre laser et l'activa. Le néon vert crépitant éclaira une vague silhouette qui venait de surgir devant eux. Climber l'alignait avec son fusil lorsque leur ennemi, une femme coiffée d'un casque et vêtue d'une tunique en peau de lézard, émit une série de mots incompréhensibles pour eux deux.
L'instant d'après, le soldat mutin s'écroula d'une pièce avec un gémissement étouffé. Une pierre l'avait cogné à la nuque et le Jedi corellien comprit que cette inconnue avait usé de la Force lorsque ses perceptions avait été troublées temporairement par un sursaut d'énergie proche.
Dans son poing, une épée électrique brillait d'un halo blafard avant qu'elle ne se jetta sur lui pour en découdre.
Oreste recula et bondit sur le coté, se préparant à amorcer des attaques mais il fut pris par surprise lorsqu'elle lui lança son talon dans la cage thoracique. Il ne put l'éviter et l'air fut expulsé de ses poumons avant qu'il ne parvienne à reprendre son équilibre.
L'assaillante tenta de le déborder avec une hargne fougueuse, le forçant à se replier. Du moins au début.
Grâce aux parades du Soresu, il parvint à canaliser ses offensives puis à équilibrer le duel en sa faveur. Même si son adversaire gardait l'initiative. Lorsque celle-ci comprit qu'elle avait affaire à un combattant plus coriace, elle décida d'user d'une tactique pour le moins peu orthodoxe.
Elle le repoussa d'une nouvelle savate et chanta de nouveau un sort. Une fois de plus, les flux de la Force se convulsèrent autour de lui et il se raidit instinctivement, s'attendant à encaisser une Poussée de Force qu'il était prêt à contenir.
Au lieu de cela, le sol se déforma juste devant ses pieds et des mottes de terre emiettées lui volèrent en pleine figure, l'aveuglant temporairement. Elle profita alors de sa confusion pour abréger la passe d'armes et le désarmer sans le blesser.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le Jedi parvint à parer successivement trois de ses bottes avant de bondir par dessus par elle pour atterrir à deux mètres dans son dos. Le corellien se frotta frénétiquement les yeux, recouvrant assez prestement son acuité visuelle.
Heureusement pour lui, elle n'était pas repassée à l'attaque. Il remarqua qu'elle l'étudiait avec beaucoup plus d'attention tandis que lui faisait de même pour elle.
Il faisait face à une jeune femme brune à la silhouette sculptée par d'éprouvants exercices physiques qui lui conféraient force et agilitée. Ses cheveux dépassaient de sous son casque cornu tandis que des yeux bleus distants le considéraient avec une méfiance teintée de respect. Force lui était d'admettre qu'elle était loin d'être désagréable à regarder.
Il ne put s'empêcher de manier à son encontre l'ironie corellienne, tout en se débarassant des traces de poussière terreuse qui grattaient ses joues.
-Je ne vous connais pas mais ce n'était quand même pas très loyal, ça.
Visiblement peu impressionnée par sa pique, elle lui répliqua dans un basic correct et harmonieux.
-J'utilise l'environnement à mon avantage. Peut-être que tu devrais en faire autant.
-Merci du conseil, j'y penserais la prochaine fois. Puisque nous nous comprenons si bien, vous allez me dire ce que vous avez fait de notre ami.
Elle ne répondit à sa question que par une autre.
-Es-tu un mâle sorcier venu des étoiles?
-Je suis un Jedi.
Elle le dévisagea encore plus attentivement et demeura immobile de longs instants. Son regard pénétrant se perdit au loin jusqu'à ce qu'elle prononça des mots dans ce langage inconnu auquel il n'était guère familiarisé.
Des craquements de bois fracturé par une tempête soudaine le firent lever les yeux vers le ciel. Son champ de vision fut envahi par les branches épinieuse qui s'abattirent en cascade sur son crâne. Il éructa seulement un début de juron lorsqu'il fut enseveli à moitié.
-Par les neufs enfers de..
Avec des gestes rageurs, il s'extirpa de ce traquenard évitable à l'aide de son sabre laser. Il s'apprêtait à reprendre le combat lorsqu'un pied lui fit sauter l'arme des mains. Il se figea lorsque la la lame froide d'une épée ébréchée se glissa sous son menton.
-Tu te bats bien, le complimenta-t-elle.
Il plongea ses yeux verts et gris dans ce lac paisible azur qui habitait ses pupilles. Il pensa alors en cet instant qu'il avait définitivement échoué dans sa quète de vengeance. Dathomir avait provoqué la mort d'un Tissan et il lui semblait certain qu'il subirait le même sort qu'Alan.
-Je n'ai pas peur de la mort, finissons-en.
La rage et la frustation s'étaient mélés dans ce ton résigné. La pression de l'épée contre sa peau diminua alors subtilement.
Lorsqu'il croisa de nouveau son regard, elle paraissait surprise de son attitude, voire même choquée.
-Pourquoi désires-tu mourir? Il n'y a pas de honte à avoir perdu contre une Fille d'Allya. Surtout si tu es un mâle.
-Alors que veux-tu de moi?
-Que tu te rendes.
-Et si je refuses? Insista-t-il avec bravache.
Elle jeta un simple regard par dessus l'épaule en direction de Climber toujours inconscient.
-J'abandonnerais vos cadavres aux charognards.
Il était surpris de la dureté de sa réponse. Il se demanda un bref instant si elle ne bluffait pas. Mais il n'était pas prêt à parier sa vie et encore moins celle de Climber sur cette éventualité.
Alors il hocha la tête à contre coeur et leva les mains en signe de reddition.

Voilà j'espère que cela vous plaît! à la prochaine :P !


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MessagePublié: 29 Juillet 2017, 22:20 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite :D !

Soia Tenn ne cessait de fixer le sommet des pins qui s'étalaient devant elle alors que les clones stormtroopers établissaient un périmètre de sécurité autour de l'épave fumante qu'ils avaient retrouvé.
Le trajet jusque là s'était déroulé sans incident mais l'inquisitrice chiss avait perçu la nervosité des officiers. Avant son affectation ou plutôt son bannissement sur ce monde perdu, la garnison impériale avait essuyé plusieurs attaques. Menées par des femmes autochtones montées sur des monstres hideux qui leur inspiraient une grande terreur.
D'après leurs dires, elles posséderaient même une grande maîtrise de la Force.
Depuis son arrivée au pénitencier, aucun raid n'avait été lancé cependant comme si les Sorcières de Dathomir avaient perçu à l'avance la menace que la chiss adepte du Coté Obscur pouvait représenter pour eux.
Voilà pourquoi peut-être aussi elles n'avaient rien tenté contre les impériaux alors maintes occasions de le faire s'étaient présentées. Les soldats semblaient être surpris de s'aventurer aussi loin de leurs bases sans avoir été inquiétés.
Peu à peu, la non humaine au service de l'Ordre Nouveau avait senti que leur respect à son égard avait sensiblement cru. Tant mieux, ils n'en seraient que plus obéissants et plus productifs. Plusieurs d'entre eux s'étaient engouffrés dans la navette impériale pour collecter les précieux indices qui leur permettrait de mettre la main sur les rescapés.
Ces derniers n'avaient pas attendu les secours sagement ce qui signifiait qu'ils avaient été poussés à fuir ou qu'ils ne tenaient pas à être découverts.
Peut-être s'agissait-il de contrebandiers ou de pirates. Cette idée la faisait enrager intérieurement, voilà à quoi elle en était réduite maintenant à cause de ce Jedi corellien sur laquelle elle n'avait pu mettre la main.
Il y a peu, elle bénéficiait d'une position enviée parmi l'inquisitorius et aujourd'hui elle était aussi insignifiante qu'un gravier sur ce monde oublié.
-Madame? L'appella un officier, un jeune major malingre à l'uniforme trempé de sueur.
Ce dernier croisait nerveusement les mains derrière son dos. Soia éprouva du mal à déterminer si elle en était elle-même la cause ou si cétait le fait de s'être aventuré en terrain inconnu qui l'angoissait à ce point.
-Eh bien? S'impatienta-t-elle lorsqu'elle daigna se tourner vers lui.
-Nous avons étudié les cartes de navigations récentes de ce vaisseau. Ce dernier a été volé sur Agon 9 lors de l'évasion du mutin de Murkhana.
Les yeux rubis sanglants de la chiss luirent tout à coup d'une étincelle de curiosité croissante.
-Le mutin de Murkhana? Que signifie cette histoire?
-Vous n'avez pas lu les rapports à ce sujet?
-Résumez-moi ça.
Le major s'éclaircit la gorge un bref instant.
-Sur Agon 9, l'Empereur avait ordonné l'exécution d'un de ceux qui avait refusé d'obéir à l'Ordre 66. La sentence devait être diffusée sur tout l'holonet impérial.
Soia apprécia ce qui pouvait constituer la première bonne nouvelle de la journée. Elle entrevoyait enfin une occasion sérieuse de regagner du crédit auprès de l'Empereur et du Seigneur Vador.
-Qui l'a aidé à s'évader?
-Il s'agirait de deux hors la loi. Un Jedi corellien du nom d'Oreste Tissan et le contrebandier Gelfran Delen.
Cette fois l'inquisitrice jubilait silencieusement. Les choses commencaient enfin à devenir intéressantes.
-Abandonnez les fouilles et sonnez le rassemblement, major. Je veux que nos troupes se déploient dans cette forêt. Les blindés ouvriront la marche.
Le moins que l'on puisse dire était que cette perspective n'enchantait pas vraiment le jeune officier. Celui-ci blémit davantage.
-Hum, nous ne connaissons pas vraiment le terrain. Il serait plus judicieux de rentrer et de faire un rapport..
Les traits de l'inquisitrice se tordirent en une grimace et elle éleva la main en forme d'étau. L'empêchant de continuer de parler.
-La Force me révèlera le chemin. Déployez vos troupes maintenant, c'est un ordre.
Son inflexiblité ne souffrait d'aucune contestation. Le major ne se le fit pas répéter une nouvelle fois et donna les instructions. Les clones se regroupèrent derrière les sous officiers tandis que des bipodes plus adaptés au relief rocailleux que des patauds quadripodes verrouillaient leurs flancs pour leur assurer la couverture nécessaire à leur progression.
Soia Tenn ouvrit la marche, sabre laser à la main. Le halo ensanglanté de son arme crépitante se confondit avec le reflet de ses yeux couleur rubis. Qui lui conférait une apparence sinistre et intimidante.
Elle dépassa la première, les premiers pins, suivis de près par les stormtroopers disposés en colonnes qui commençèrent à s'étirer tout en restant en visuel les uns avec les autres. Ils couvrirent ainsi le plus de terrain possible.
Cependant les pins se multipliaient sur leur passage et cela les contraignit à se resserrer et à ralentir. Les équipages des bipodes éprouvèrent eux-mêmes des difficultés à faire avancer leurs machines qui glissaient sur les souches robustes et l'un d'eux versa sur le coté quelques minutes plus tard.
Les soldats durent se résoudre à une halte forcée, le temps d'en extraire les hommes. La non humaine sentit son agacement croître jusqu'à ce que le major lui indiqua qu'ils pouvaient reprendre la marche.
Ayant estimé avoir perdu assez de temps, elle choisit d'accélérer la cadence pour rattraper le retard emmagasiné. Car elle percevait un lointain écho familier, celui de ce Jedi corellien.
C'est cela, Tissan. Continue de fuir, Dathomir n'est pas assez grande pour que tu puisses te cacher de moi.
Obsédée à l'idée de le capturer, elle ne prit pas vraiment garde que le danger n'était jamais vraiment loin. Ne voulant pas semer ses hommes pour autant, certains d'entre eux s'étaient rangés à sa hauteur. Un sifflement perça tout à coup l'air et un clone se plia en deux, le thorax transpercé par une lance grossière qui venait de se ficher dans le corps.
Immédiatement les autres soldats brandirent leur DC-15 tentant de déterminer l'origine du tir. Tandis que le major beugla frénétiquement:
-Contact! Contact!
-Silence imbécile! Le rabroua sèchement la chiss.
Un picotement désagréable chatouilla sa nuque, une fraction de seconde avant qu'elle repéra une lance qui la visait elle spécialement. Elle se cabra vivement sur le coté et parvint à trancher l'arme ennemie en deux avec son sabre laser.
Pris de panique, des clones pressèrent la détente sans aucune coordination ce qui sema encore plus de désordre dans les rangs. Les salves imprécises et désordonnées se perdirent dans les branches.
-Cessez le feu! Cessez le feu! Ordonna le major qui tentait de réinstaurer la discipline.
Au milieu des détonations, d'autres stormtroopers exposés en première ligne s'effrondrèrent touchés par d'autres projectiles.
Les perceptions sensorielles de la chiss ressentaient une électricité surnaturelle. Les lances qui tuaient ou blessaient ses hommes étaient propulsées avec une précision chirurgicale. Comme si elles étaient guidées avec l'aide de la Force par leurs expéditeurs.
Ces derniers semblaient connaître exactement la position de chacune de leurs victimes. Ce qui était déroutant et effrayant, surtout qu'aucun d'eux ne se montrait.
Chaque instant qui passait ne faisait qu'accentuer la précarité de la situation. Et un sous officier clone qui venait de l'arrière l'agrippa subitement par le bras pour lui crier.
-Nous sommes attaqués sur les flancs! Quels sont vos...
Une lance passa sous son casque et lui troua la gorge, le faisant taire définitivement. Elle écarta brusquement son cadavre et d'une voix portée par son usage de la Force s'exclama par dessus le vacarme des ripostes et des cris:
-Repliez-vous! Protégez les bipodes!
Elle recula jusqu'au major miraculeusement indemne qui lui demanda;
-Et les blessés?
-Abandonnez ceux qui ne sont pas transportables. Ils serviront de distraction aux charognards.
L'impérial écarquilla les yeux, choqué visiblement par un ordre qu'il estimait inhumain. Mais son hésitation ne dura pas tout comme celle des clones qui se retirèrent tout en essayant de garder un semblant de cohésion.
Ils pensaient se mettre à l'abri provisoirement. Mais ils comprirent qu'ils n'avaient échappé à ce danger que pour affronter un autre bien pire encore.
La panique et le chaos régnaient parmi les autres clones de l'arrière garde qui tiraient tout azimut sur une créature qui avaient renversé des pins comme s'il ne s'agissait que de fétus de paille. Un monstre reptilien trapu et massif, haut de plusieurs mètres, à la gueule carrée ornée de crocs, aplatissait avec ses poings armés de griffes aussi aiguisées que des faux, la carcasse d'un bipode renversé.
Avec l'équipage emprisonné à l'intérieur et réduit en compote.
La patrouille avait perdu là son dernier blindé et tandis que Soia Tenn tenta avec le major de maintenir un semblant d'ordre, trois clones eurent le malheur de passer un peu trop près devant la bête.
Qui n'était autre qu'un rancor.
Celui-ci se redressa avec un mugissement bas de mauvais augure et il les balaya d'un simple geste de la main. Les stormtroopers furent éjectés et retombèrent lourdement au sol sans se relever dans des positions peu naturelles, les os brisés.
Sur sa carapace écailleuse, les tirs de blasters rebondissaient comme sur un bouclier déflecteur. Cependant la chiss pensait qu'un sabre laser aurait de meilleurs résultats. Sans hésiter, elle s'élança d'un Saut de Force pour atterir sur sa nuque. Le rancor tentait de l'en déloger mais elle esquiva ses griffes avec adresse avant de retourner la poignée du sabre dans ses mains.
Le néon crépitant s'enfonça dans sa peau rugueuse et impénétrable de la nuque jusqu'à la gorge. Le rancor vacilla sur ses pattes en émettant un râle d'agonie avant de basculer sur le ventre. Une accalmie semblait enfin se dessiner.
Mais elle ne dura pas.
D'autres rugissements lointains résonnèrent en effet au loin, suscitant de nouveau une terreur diffuse chez les soldats qui avaient cru échappé au pire. La chiss eut le pressentiment que cette fois, ils n'étaient pas prêts à survivre à la prochaine attaque.
Elle ne pouvait pas se permettre de perdre encore des troupes. Oreste Tissan ne perdait rien pour attendre.
-Evacuez, lança-t-elle.
Elle perçut leur soulagement latent. Les blessés légers furent soutenus par les épaules par d'autres camarades tandis que le reste des soldats les encadraient. Le major coordonna la retraite alors que la chiss les couvrait avec son sabre laser.
Lorsqu'ils émergèrent de la forêt, ils établirent un périmètre de sécurité pour prendre un repos nécessaire. Les sous officiers inspectèrent l'état de chacun de leurs hommes, ordonnant d'appliquer des patch bacta là où il fallait en appliquer.
L'inquisitrice rejoignit le major.
-Rapport des pertes?
-Cinquante cinq disparus que nous devrions tous présumer morts, répondit amèrement le jeune officier. Trente deux blessés légers, et tous nos blindés sont perdus.
Les sentinelles signalèrent une intrusion, ce qui suscita une nouvelle alerte. Tout le monde agrippa son fusil blaster pour le braquer sur une silhouette qui venait de surgir à la lisière de la jungle. Une Sorcière de Dathomir qui les toisait fièrement du regard.
Elle ne les craignait pas, cela allait sans dire. Et pour illustrer au mieux ce comportement, elle brandit haut sa lance en lâchant des exclamations dans son dialecte local.
L'inquisitrice surprit le major en train de secouer la tête.
-Vous comprenez ce qu'elle dit? L'interrogea-t-elle.
Il acquiesça d'une inclinaison du menton.
-Elle nous demande de ne plus entrer sur leur territoire. Sous peine d'être tué ou d'être réduit à l'esclavage. En échange, nous ne serons plus inquiètés.
Son ultimatum terminé, l'autochtone disparut sous le couvert des pins. Tendus, les clones hésitèrent à baisser leurs armes.
-Nous rentrons à la base, annonça finalement la chiss qui serrait les poings de rage.
Elle avait subi un camouflet et elle n'était pas prête de l'oublier. Comme tous ceux qui s'en étaient sortis vivants.

Voilà j'espère que cela vous a plu! à la prochaine!


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MessagePublié: 04 Août 2017, 22:51 
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Bonsoir, c'est l'heure de la suite 8-) !

Oreste tira une nouvelle fois sur les liens qui enserraient fermement ses poignets. Il ne gagna comme résultat qu'à meurtrir davantage sa peau. Et il ne pouvait user de la Force sans que sa geolière le remarque.
La Sorcière de Dathomir qui les avait capturés lui et Climber, les avait reliés à la selle de sa monture – un rancor - par une longue corde grossière. Les deux hommes se tenaient côte à côte et le clone esquissa un sourire narquois devant les efforts irrités du jeune corellien.
-Je crois que notre meilleure option est de la suivre, monsieur.
-J'en avais une autre en tête.
-Nous devons retrouver Gelfran.
À cet instant la jeune femme tourna la tête par dessus son épaule, le regard plongeant vers ses deux prisonniers depuis la nuque du rancor sur laquelle elle était juchée.
-Vous retrouverez bientôt votre ami, leur assura-t-elle. Vivant.
-En voilà une bonne nouvelle, grinça le Jedi.
Ce dernier tira de plus belle sur ses entraves tout en lorgnant sur le sabre laser qui pendait comme un trophée à la ceinture de la femme.
-Je suis Tzipah, se présenta-t-elle subitement. Fille d'Allya et Soeur des Chutes Brumeuses. Et vous comment vous appelez-vous?
À vrai dire, les deux hommes ne tenaient pas plus que cela à faciliter une entente cordiale. N'appréciant sans doute pas de jouer le rôle du toutou Akk promené en laisse, ils se murèrent dans un mutisme profond en guise de défi.
Comprenant la raison de leur manque de coopération, elle intima en réaction un ordre sec à sa monture dans sa langue maternelle et le rancor allongea alors la foulée sans crier gare.
Entraînés vers l'avant, ils manquèrent de trébucher et de s'affaler sur le ventre dans une position peu honorable. Au bout de quelques instants, avec la maîtrise de quelqu'un habitué à cotoyer des créatures peu fréquentables et excessivement dangeureuses, la Sorcière Tzipah calma immédiatement son rancor qui reprit un pas paisible.
-Eh bien, comment vous appelez-vous? Répéta-t-elle d'une voix égale.
Le clone fut le premier à répondre.
-Climber.
Elle pivota à demi pour le considérer d'un rapide coup d'oeil.
-Cela ressemble à un surnom, commenta-t-elle.
-Si mon vrai nom vous intéresse, ajouta-t-il avec une ironie aigre douce, le voici. Matricule AD-2054, 22ème armée sectorielle, 3ème bataillon, 1ère compagnie, escouade Ion. Sous les ordres du général Roan Shryne.
Elle demeura impavide devant cet étalage d'insolence.
-Je crois que je préfère Climber. C'est plus facile à retenir.
Oreste sentit ensuite son attention peser sur lui. Il continua de serrer les dents et de l'ignorer royalement avec un air maussade.
-Ton ami est muet tout à coup, fit-elle remarquer au clone.
-Il a un bon fonds. Mais il déteste perdre, c'est tout.
Le corellien leva enfin ses yeux verts et gris vers Tzipah, qui lui accorda un sourire conciliant.
-Oreste Tissan, lâcha-t-il finalement.
-Tu sembles avoir beaucoup d'orgueil, Oreste Tissan.
-C'est un reproche? Se braqua-t-il d'un ton cassant.
-Disons que cela te rend particulier.
Le jeune homme s'agaçait de ne pas pouvoir la cerner précisément. En tout cas, il était certain qu'elle ne leur voulait pas le moindre mal. C'est alors que Climber posa la question qui lui brûlait les lèvres.
-Que comptez-vous faire de nous?
Elle s'accorda un temps de réflexion avant de lui répondre.
-Je vais prendre pour époux ton ami le mâle sorcier, pour qu'il me donne des filles habiles dans l'usage de la Magie d'Allya.
-Eh, une minute! Protesta le corellien. Enfanter n'a jamais fait partie de mes projets.
Elle l'ignora avec un haussements d'épaules. Visiblement, Oreste n'avait pas voix au chapitre sur un thème aussi crucial.
-Quant à toi, reprit-elle, je n'ai pas encore décidé. Je pourrais te vendre à l'une de mes Soeurs, qui seront intéressés par ton gabarit.
-Charmante perspective, railla le corellien. Cela fait énormément plaisir, vraiment, d'être si bien considérés.
La jeune Sorcière ne saisit absolument pas son sens de l'humour.
-Heureuse que cela te réjouisse.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon soupira, l'expression rembrunie. Tandis que le clone se pencha à son oreille.
-Nous pourrions lui parler de l'Empire, lui suggéra-t-il à voix basse.
-À quoi bon? Pour l'instant, ce n'est pas ce qu'elle a en tête.
-Cela nous permettrait de savoir si les Sorcières sont favorables à la présence d'une base impériale sur leur monde.
Oreste se raidit subitement à cette menace qui pesait sur leur tête. L'Empire, ils avaient bien failli oublier son existence.
Le rancor s'arrêta sur l'ordre de sa maîtresse au beau milieu d'une clairière. Le corellien mit à profit cette pause, pour tenter de repérer la présence de d'autres autilisatrices de la Force. L'une d'elles brillait d'un écho particulièrement proche.
Un mugissement grave précéda l'arrivée d'un autre rancor, lui aussi piloté par une Sorcière de Dathomir. Une consoeur blonde aussi jeune que Tzipah. Les traits de la nouvelle venue masquaient une arrogance distante surtout lorsqu'elle croisa le regard de Tzipah qui lui fit remarquer:
-Tu es en retard, Orcheron.
Celle-ci répliqua d'un ton sec en patois rugueux, ce qui fit perdre le fil de la conversation aux deux hommes qui n'en comprenaient pas un traître mot. Le Jedi perçut la tension dans l'échange bref et cassant qui dura à peine plus d'une minute.
Les deux dathomiriennes se connaissaient bien et devaient sans doute appartenir au même clan matriarcal, les Chutes Brumeuses.
Cela ne signifiait pas qu'elles étaient pour autant amies. Loin de là.
C'est alors qu'ils remarquèrent tous deux le prisonnier attaché derrière le rancor d'Orcheron et traîné par la selle. Qui ne manqua pas de leur envoyer un sourire goguenard familier, tout en s'approchant d'eux autant que ses liens le lui permettaient.
-Tiens, le jeunot Jedi et l'homme éprouvette. Heureux de vous revoir en vie tous les deux.
-Plaisir partagé, Gelfran, accorda Oreste.
-Mouais, grogna Climber. Si vous étiez resté sagement à votre poste, nous ne serions pas autant dans le poodoo.
Le contrebandier le fixa d'un air pincé.
-Eh bien j'en connais un qui montera la garde la prochaine fois.
-C'était justement ça l'idée.
-Nous reprendrons cette conversation lorsque nous aurons les mains libres, proposa le Jedi. Et que nous serons en sécurité.
À cet instant les deux Sorcières achevèrent leur discussion houleuse et Tzipah se tourna vers eux trois.
-Pour répondre à la question que vous vous posez, nous avons repoussé une incursion de ceux que vous nommez impériaux. Ils étaient menés par une sorcière hors monde à la peau bleue et aux yeux de braise.
Le sang d'Oreste se glaça à cette description troublante qui lui rappelait quelqu'un de terriblement familier. Il tenta de se rassurer en se persuadant que cette description demeurait trop imprécise, qu'il pouvait s'agir d'une autre personne.
Il ne parvenait cependant pas à se défaire de cet étrange sentiment de malaise.
-Quand les autres soeurs nous rejoindront-elles? Demanda Tzipah à sa consoeur.
-Bientôt, répondit l'autre. Les nôtres sont sur nos talons et celles des Collines Rouges vont se retirer dans leur fief.
-Alors rentrons.
Le signal du départ ainsi donné, le groupe renforcé se remit en marche. Les deux rancors et leurs cavalières prirent les devants côte à côte à une allure vive sur laquelle durent se calquer les trois étrangers qui ne tenaient pas à être traînés sur l'abdomen.
Ils purent échanger néanmoins à loisir, puisque Gelfran se retrouva à hauteur du Jedi fugitif et du mutin de Murkhana.
-Elle vous a dit aussi ce qu'elle comptait faire de vous? S'enquit le contrebandier.
-Elle veut me garder pour m'épouser, avoua Oreste d'un ton pas vraiment enchanté.
-Félicitations, gamin. Tous mes voeux de bonheur, se moqua le vétéran de la milice de Ranulph Tarkin. Et pour notre ami né dans un tube à essai?
Le clone se contenta de le fusiller du regard.
-Elle compte le vendre à une de ses camarades de classe, reprit le corellien.
-Bon, il n'est pas le plus à plaindre.
L'ancien padawan de Neeja Halcyon surprit l'air ennuyé de son ami.
-Qu'es-ce qui ne va pas, Gelfran?
-Oh nous sommes seulement dans le même poodoo toi et moi. Je suis promis moi aussi aux joies d'une vie conjuguale trépidante. Sans avoir mon mot à dire, je le crains.
Gelfran fixa le dos de la Sorcière de Dathomir blonde qui avait jeté son dévolu sur lui à ses propres dépens.
-Je ne suis pas fait pour mener une vie de bon père de famille.
-Et moi donc, se confia le jeune humain.
Le contrebandier lui jeta un regard où s'exprimait un étonnement déconcerté.
-Vraiment? Je pensais le contraire.
Lorsqu'Oreste le dévisagea, Gelfran s'aperçut que ses yeux verts et gris exprimaient la lassitude de quelqu'un qui avait perdu beaucoup d'illusions et avait cessé d'alimenter le moindre espoir sur beaucoup de thèmes.
Sur son propre destin.
-J'ai perdu ma famille et toutes les occasions d'en fonder une sur Corellia, vous l'avez déjà oublié?
-Ce serait une bonne chose de prendre un nouveau départ. Elle maîtrise la Force comme toi, tu sais. Vous pourriez avoir des affinités l'un pour l'autre.
Il lui montra le dos de Tzipah, ce qui ne fit qu'agacer de plus belle le corellien.
-C'est hors de question, trancha-t-il glacial. Je ne veux pas créer quelque chose pour finalement tout perdre. Je ne le supporterais pas et elle pas plus que moi.
Gelfran eut le sentiment d'avoir fait vibrer une corde sensible.
-Tu comptes le lui expliquer?
-Je ne m'en priverais pas.
Cette phrase était censée mettre un terme à cette conversation mais Gelfran persista à ajouter:
-Il y a un début à tout.
De guerre lasse, Oreste lui exhiba sous le nez ses mains liées croisées devant sa poitrine.
-Vous appelez ça vraiment un bon début? Lui fit-il sèchement.
Le contrebandier demeura silencieux cette fois.
La marche se poursuivit sans un mot et le groupe atteignit une rivière qui s'écoulait silencieusement, un long serpent liquide reflétant milles nuances d'harmonie, séparant les pins qui plongeaient leurs racines profondes sous ce lit façonné par la nature.
Les deux Sorcières de Dathomir en profitèrent pour décréter une courte halte et faire abreuver leurs montures. D'un grognement satisfait, les rancors plongèrent avidemment leur gueule à moitié dans l'eau paisible et Tzipah invita les prisonniers à faire de même.
-Cette eau est pure, allez-y.
Les trois hommes échangèrent un bref regard hésitant avant d'accepter l'offre. Sans manquer de remarquer en passant que l'autre autochtone Orcheron les ignorait superbement. Signe que celle-ci les considérait bien moins qu'une simple bête de somme.
-Ce ne sont que des mâles, tu n'as pas à les chouchouter.
-Tu n'as pas de leçons à me donner, lui répliqua Tzipah.
Ils se passèrent de l'eau sur la figure et savourèrent malgré leur situation ce moment de détente. Oreste se figea subitement lorsque les flux de la Force se troublèrent sous l'effet d'échos proches. Teintés d'hostilité froide.
Orcheron et Tzipah le perçurent également et elles obligèrent leur rancors à se redresser pour faire face à une dizaine de silhouettes menaçantes qui apparurent de part et d'autre de la rivière pour les encercler.
Certaines chevauchant un rancor étaient armées de lances primitives ou de blaster démodés. D'autres non, ce qui signifiait que celles-ci en particulier se reposaient sur leur usage exclusif de la Force.
Elles se distinguaient par d'étranges stigmates qui défiguraient leurs traits décharnés et inhumains. Des vaisseaux éclatés qui saillaient sous leur peau et leur conféraient une apparence intimidante. L'obscurité rugissait en elle.
Oreste sentit la nervosité de Tzipah et d'Orcheron qui échangèrent un regard inquiet avant de se tenir prêtes à déchaîner leur pouvoir. L'obscurité qui émanaient des autres sorcières avait de quoi leur glacer le sang.
Le Jedi corellien sentit l'angoisse le gagner lui aussi. Et lança d'un ton pressant à sa gardienne:
-Donne-moi mon sabre laser, vite!
Elle soutint son regard insistant et se demanda si elle pouvait faire confiance à ce sorcier venu des étoiles. Quelqu'un lui avait prédit qu'un étranger influencerait son destin de façon décisive. Se pourrait-il qu'Oreste Tissan soit cet homme?
L'obscurité qu'elle percevait en lui était semblable à celle qui provenait des Soeurs de la Nuit qui les entouraient. Pouvait-elle lui faire confiance?
Vu la précarité de leur position, ses options demeuraient limitées. Même si leurs ennemies n'avaient pas encore attaqué.
-Pas encore, lui répondit-elle finalement.
Orcheron avisa finalement une sombre magicienne qui semblait mener le groupe antagoniste.
-Baritha, laisse-nous passer. Dans ton intérêt.
La Soeur de la Nuit émit un gloussement sarcastique.
-Vous entendez mes Soeurs? Nous avons intérêt à les laisser passer.
Des rires ici et là se firent entendre dans leurs rangs.
-Que voulez-vous? Leur demanda Tzipah. Vous n'êtes pas sur votre territoire.
-Nous en aurons bientôt un. Mais pour le moment, nous nous contenterons de vos rancors et de vos mâles.
-Les nôtres ne sont pas loin.
Baritha effaça le rictus qui étirait ses lèvres. Un éclair passa dans ses yeux injectés de sang.
-Cela nous laisse assez de temps pour vous tuer.
La Force se convulsa, signe que la confrontation n'allait guère tarder. Oreste surprit une sorcière sombre faisant face à Tzipah à hauteur de rancor en train de tendre une main vers elle.
Elle avait à peine entamé un sort que le Jedi invoqua une Poussée de Force qui la fit chuter lourdement du haut de sa monture. Elle poussa un glapissement aïgu lorsqu'elle se fractura le bras lors de l'impact.
Les Soeurs de la Nuit connurent un long instant de flottement devant la rapide mise hors de combat de l'une des leurs. Un répit qu'Oreste mit à profit pour lever ses mains attachées vers le sabre laser accroché à la taille de Tzipah.
L'arme atterit spontanément dans ses mains et un néon vert crépitant se déploya à la surprise de toutes, calcinant ses liens.
-Capturez ce sorcier! Ordonna la Soeur de la Nuit du nom de Baritha.
Le corellien pivota instantanément vers celle qui était plus proche de lui et braquait sa lance vers sa poitrine. Il trancha l'arme en deux avant de passer sous sa garde et de la transpercer à l'abdomen. Tzipah et Orcheron - du moins leurs rancors - passèrent à leur tour à l'action. Celui de la sorcière brune frappa à la gueule du rancor privée de sa cavalière.
Le monstre surpris et défiguré par les coups de griffes, tituba en arrière, piètinant sous ses pattes une sorcière sombre qui n'eut pas le temps de se mettre à couvert. Le rancor d'Orcheron faucha avec ses mains géantes comme une brindille deux autres magiciennes qui disparurent entre les pins.
Un rancor monté par une Soeur de la Nuit s'interposa devant le corellien pour tenter de l'isoler. Celle-ci l'interpella sans douceur;
-Rends-toi, mâle sorcier!
-Demandez-le moi plus gentimment.
Elle faillit le prendre par surprise lorsque des éclairs d'énergie fourchèrent de ses doigts en cascade. Elle n'avait pas chanté de sort et c'est une erreur qui manqua de lui être fatal. Mais comme sur Mygeeto lorsque l'Ordre 66 fut lancé, ses réflexes le sauvèrent.
Il bondit sur le coté, esquivant de justesse l'attaque qui calcina le sol en dégageant une odeur d'ozone. Puis il s'éleva dans les airs à l'aide d'un Saut de Force qui le fit atterrir en souplesse sur la nuque du rancor dans le dos de l'autochtone qui tenta de se tourner.
Trop tard, car sa tête se détacha du cou et son corps décapité tomba comme un pantin désarticulé de la selle.
Privé de contrôle psychique, le rancor devint comme prévu incontrôlable et sema le chaos dans les rangs des Soeurs de la Nuit qui sortaient de leur cachette pour s'engager dans la melée. Baritha décida d'en finir.
L'électricité imprégna l'air et Oreste l'observe concentrer des éclairs entre ses mains en une vague destructrice qu'elle allait déchaîner sur Tzipah. Sans réfléchir, le Jedi fugitif se jeta au devant de ce danger et bloqua non sans mal les éclairs qui s'émoussèrent sur sa lame.
Il avait cependant sous estimé la puissance de l'assaut et son sabre laser lui fut arraché des mains malgré lui. Les arcs d'énergie traversèrent son corps grand et maigre, le projetant au sol à moitié sonné.
-Tu te bats bien, mais les pouvoirs des Filles d'Allya sont bien supérieurs aux tiens.
Il se redressa sur ses genoux et la vit s'approcher lentement de lui. Ce fut Tzipah qui le sauva en faisant barrage avec son rancor qui poussa un long mugissement féroce.
-Ne t'approche pas de lui! Hurlait-elle.
Indécise, Baritha hésita à se tourner contre elle. Puis elle lança tout à coup à l'encontre de ses consoeurs, un ordre sec.
Aussitôt, les Soeurs de la Nuit encore indemnes ramassèrent les blessées et se replièrent en vitesse dans les bois.
Gelfran et Climber qui avaient gardé la tête baissée en demeurant accroupis, se redressèrent et osèrent respirer peu après la fin subite de l'escarmouche.
Tzipah et Orcheron descendirent aux pieds de leur monture pour les inspecter scrupuleusement. Cela fait, la sorcière blonde qui accorda à peine un coup d'oeil au contrebandier remonta en selle. Contrairement à Tzipah qui dévisageait attentivement Oreste, ce dernier ayant rangé son sabre laser à la ceinture.
Le corellien crut un instant qu'elle allait le lui prendre à nouveau mais elle semblait hésiter. Avant de finalement abandonner l'idée.
-Tu peux garder ton arme, lui permit-elle.
C'était un précieux gage de confiance et le Jedi comprit qu'il n'avait en aucun cas intérêt à le gaspiller.
-Merci de m'avoir sauvé la vie.
-Tu en as fait de même, lui répliqua-t-elle avec un sourire franc. Tu as gagné ta liberté.

Voilà ce sera tout! à la prochaine!


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MessagePublié: 06 Août 2017, 16:36 
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J'ai lu le début, jusqu'à l'exécution de l'Ordre 66. Je constate avec plaisir que tu as bien progressé dans l'écriture. Il n'y a plus de redondance au niveau des descriptions, ce qui fait que la lecture est plus fluide.

Concernant l'histoire, elle s'intègre parfaitement dans les quelques séquences que l'on peut voir de l'épisode 3 sur Mygeeto. Pour le moment, Oreste ressemble à un copié-coller de Tissan dans le sens où tu ne caches pas que le côté obscur l'attire. Mais y cèdera t-il ? Là est la question et peut-être la différence entre Tissan et son ancêtre.

_________________
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MessagePublié: 06 Août 2017, 16:56 
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darkliser a écrit:
Pour le moment, Oreste ressemble à un copié-coller de Tissan dans le sens où tu ne caches pas que le côté obscur l'attire. Mais y cèdera t-il ? Là est la question et peut-être la différence entre Tissan et son ancêtre.


Ohoh la petite intuition..Je crois que tu es sensible à la Force :twisted: et je suis disposé à te prendre comme apprenti pour t'enseigner la voie des Sith :twisted: :twisted: !


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MessagePublié: 08 Août 2017, 21:14 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite! Pour info, j'en suis à 211 pages :mrgreen: !

Il crut deviner dans son ton une pointe de déception résignée. Elle semblait néanmoins prête à vouloir le traiter d'égal à égal et non plus en futur reproducteur ordinaire.
Il se dirigea vers Gelfran pour détacher ses liens. Il en fut empêché par la propriétaire légitime qui sauta au bas de son rancor et le bloqua avec la pointe de sa lance.
-Tu as gagné ta liberté mais pas celle de tes compagnons, lui rappela sèchement Orcheron.
Le visage de l'ancien élève de Neeja Halcyon s'empourpra d'indignation et il posa la main sur la crosse de son sabre, paré à l'usage.
Tzipah apparut dans son champ de vision et l'en dissuada d'une simple inclinaison du menton. Il recula alors de quelques pas avant de répondre:
-Je ne l'oublierai pas.
Satisfaite, la sorcière blonde grimpa de nouveau sur la nuque de son rancor et lui commanda d'avancer. Le contrebandier croisa le regard de son jeune ami qui regrettait de ne pouvoir faire davantage pour l'aider.
Le groupe reprit sa progression le long du ruisseau.
-En continuant à suivre le cours d'eau, expliqua Tzipah, nous arriverons au village de mon clan avant la tombée de la nuit.
La jeune sorcière avait affirmé qu'ils ne tarderaient pas à retrouver ses consoeurs et c'est ce qui arriva après seulement une centaine de mètres. Tzipah et Orcheron les saluèrent vivement tandis qu'Oreste demeura prudemment en retrait avec ses amis.
Les nouvelles venues étaient à peine plus d'une vingtaine, quelques unes possédaient un rancor mais les autres non. Tout comme les Soeurs de la Nuit qui leur avaient tendu une embuscade, elle brandissaient des armes basiques.
Deux d'entre elles s'approchèrent alors pour examiner le trio plus attentivement. La plus âgée, une femme dont les rides commençaient le front en sillons réguliers, dévisageait plus particulièrement Oreste Tissan tandis que sa camarade avait porté son attention sur Gelfran et Climber. Le corellien surprit cette dernière en train de palper la poitrine et les bras des deux hommes restés prisonniers.
Il sentit peser l'attention de l'autre guerrière dont il affronta le regard suspicieux.
-Pourquoi celui-ci est-il libre de ses mouvements? S'écria-t-elle, étonnée.
-Parce que je l'ai décidé Sira, lui répondit Tzipah. C'est un sorcier des étoiles.
La dénommée Sira écarquilla les yeux, presque choquée par cette révélation. Par dessus elle, Oreste remarqua la curiosité de d'autres sorcières qui s'avancèrent prudemment.
-Un homme qui maîtrise la magie d'Allya? Renchérit l'une d'elles. Ce ne peut être qu'un sacrilège ou pire une tromperie.
-C'est pourtant vrai, je l'ai vu à l'oeuvre, affirma de nouveau Tzipah. Il nous a aidé à vaincre les Soeurs de la Nuit. Orcheron peut confirmer mon témoignage et les deux autres mâles aussi.
Cette fois, des murmures d'admiration parcourèrent les rangs. Dans leur dialecte local, un vif débat commençait même à s'engager.
La compagne de Tzipah se mordit la lèvre avant d'appuyer ses propos.
-Tzipah dit vrai, cet homme a même défié Baritha.
Un silence de cathédrale succèda à cet aveu et Oreste décela maintenant de la défiance dans leurs yeux. Visiblement, avoir défié la Soeur de la Nuit Baritha n'était pas un mince exploit à leurs yeux. Cela augmentait sa valeur. Et aussi son potentiel de dangeurosité.
Il comprit alors la manoeuvre subtile d'Orcheron qui avait éveillé la méfiance des siennes à son égard et même de l'hostilité.
-S'il est aussi puissant que ça, il pourrait pousser nos hommes à la révolte, osa prononcer une magicienne au milieu d'elles. Nous ferions mieux même de le tuer.
Sa proposition cinglante déclencha des réactions diverses et opposées. Certaines hochèrent la tête favorables à l'idée mais d'autres s'exclamèrent:
-Non, nous ne pouvons pas le tuer! Souvenez-vous de la Prophétie!
Tzipah exerça de nouveau sa mainmise psychique sur son rancor qui força toutes les autres à s'écarter de son chemin. Elle se rangea ainsi devant le jeune corellien, qui s'était raidi prêt à allumer son sabre laser.
Les traits de la jeune dathomirienne trahissaient une dureté inflexible.
-Je tuerai la première d'entre vous qui osera le toucher ainsi que ses amis! Il n'appartient à aucune d'entre nous de décider de son sort, mais seulement à notre Mère de clan.
Ses propos allégèrent la tension et le calme revint immédiatement. L'idée de soumettre le destin d'Oreste entre les mains de la matriarche de leur clan dissipèrent leurs inquiètudes les plus criantes. La Sorcière du nom de Sira appuya sentencieusement.
-Tzipah a raison, laissons notre Mère de clan trancher cette question.
Les Sorcières les plus proches et les plus menaçantes à l'encontre du Jedi corellien s'écartèrent alors de lui, paraissant s'en désintéresser.
Elles s'organisèrent en colonne, les rancors et leurs cavalières se plaçant stratégiquement en avant garde et en arrière garde pour prévenir toute surprise. Orcheron et Tzipah furent partie de celles qui ouvrirent la voie, accompagnées de leurs récents prisonniers.
Gelfran et Climber furent un peu plus ménagés grâce au pas lent des montures, pour s'assurer que la cohorte ne serait pas disloquée. Oreste en profita pour en savoir davantage sur ce monde qur lequel ils avaient échoué.
Il marchait à coté du rancor de Tzipah et lui demanda;
-Pourquoi les tiennes détestent-elles autant les Jedi?
Tout en surveillant les alentours à l'aide de ses perceptions, la dathomirienne le considéra depuis sa selle.
-Depuis que vous avez tenté de reprendre le Wuffa de métal.
Il comprit qu'elle faisait allusion à l'expédition Jedi qui avait tenté de récupérer l'épave du Chu'unthor.
-Et qui étaient celles qui ont tenté de nous attaquer tout à l'heure?
-Les Soeurs de la Nuit. Elles pratiquent des usages interdits de la Magie d'Allya. Une sorcellerie maudite.
Le rescapé de l'Ordre 66 crut détecter dans sa voix beaucoup d'amertume emplie de colère.
-Tu ne les portes pas dans ton coeur, lui fit-il remarquer.
-Pas moins que n'importe quelle autre de mes Soeurs. Ces derniers temps, elles se montrent plus audacieuses.
-Plus dangeureuses, tu veux dire?
Elle approuva d'un hochement de tête, les traits tout à coup sinistres.
-Plusieurs clans y compris le nôtre ont subi des défections. Nous évitons depuis peu d'envoyer des patrouilles isolées.
La jeune autochtone plongea ses yeux bleus azur dans la mer verte et grise qui habitait de cet étranger qui l'écoutait avec patience.
-Elles tendent des embuscades et tuent celles qui leur résistent. Les autres se rallient à leur cause.
-Vous avez tenté de réagir?
-Oui, mais elles sont rusées. Elles sacrifient les plus faibles d'entre elles pour nous donner l'illusion que nos expéditions sont efficaces.
Il digéra cette information avant de changer de sujet.
-Pourquoi avoir pris ma défense?
Tzipah marqua une brève hésitation.
-Une prophétie qui remonte à des dizaines et des dizaines de primtemps prétend qu'un sorcier venu des étoiles nous délivrera de l'obscurité et défaira les Soeurs de la Nuit.
-Tu penses que c'est moi?
-Peu importe ce que je pense. Ce n'est pas à moi de découvrir si tu es celui dont parle la prophétie.
Oreste comprit qu'il n'en saurait pas plus pour le moment. Il remarqua avant qu'ils n'atteignirent les premiers contreforts montagneux que les Sorcières maintenaient une distance de sécurité avec lui, comme si elles craignaient qu'il les morde.
La rivière léchait les pieds des montagnes en s'élargissant, alimentée par des ruisseaux qui glissaient le long des pentes, la transformant peu à peu en un torrent tumutueux.
Les trois hommes comprirent qu'ils étaient enfin véritablement entrés sur le domaine des Chutes Brumeuses lorsque des sentinelles vigilantes croisèrent leur chemin, surveillant jalousement les points d'accès les plus évidents.
Ils empruntèrent un sentier qui naquit aux pieds même des montagnes sans s'élever ni perdre de l'altitude. Et ils aboutirent à un lac, d'une étendue peu impressionnante autour duquel des hommes dathomiriens s'affairaient.
Penchés au-dessus de la surface, ils tiraient des filets de pêche à eux et levèrent à peine la tête vers les nouveaux venus, trop absorbés par leur tâche. Oreste, Gelfran et Climber remarquèrent les Sorcières qui leur donnaient des instructions impérieuses.
Ils échangèrent un regard circonspect, comprenant qu'ils devraient s'adapter tant que mal aux coutumes locales. Parmi lesquelles, la gent masculine ne possédait pas la meilleure part. Une forte cascade se précipitait dans la retenue naturelle depuis les vallons encaissés et semblait barrer l'entrée d'une grande caverne. Ça et là, les naufragés remarquèrent des ouvertures creusées à même la roche. Ils en déduisirent que la demeure des Chutes Brumeuses était une grande batisse troglodyte.
Le sentier les conduisit juste sous les cascades dont la chute formait des vapeurs condensées, une sorte de brouillard cotonneux, d'où provenait certainement le nom du clan de Tzipah. L'entrée de la caverne était assez haute pour qu'un rancor et sa cavalière puisse pénétrer à l'intérieur de cette forteresse forgée par les éléments.
Ils parvinrent à une sorte de grand hall qui constituait la place du village sillonnée de d'autres Sorcières en armes, d'hommes portant des charges et d'enfants qui accoururent vers la patrouille en poussant des cris de joie.
Les trois larrons notèrent que la plupart étaient des filles, les garçons se distinguant par leur quasi absence. De nouveau, ils partagèrent un regard dubitatif.
-Cela m'a l'air d'être un petit paradis, grinça le contrebandier. C'est à se demander qui a l'idée de nous faire échouer ici.
-C'est quelque chose que nous avons décidé ensemble, rétorqua le clone qui s'était senti visé.
Tzipah, Orchron et d'autres descendirent de leur rancor. Immédiatement, les trois hommes suscitèrent la curiosité.
Surtout Oreste qui était le seul parmi ces compagnons à avoir gardé les mains libres. Des enfants s'approchèrent de lui craintifs. Orcheron lança une exclamation qu'ils reprirent en choeur/
-Sorcier! Sorcier!
-Ca y est, tu es déjà célèbre, se moqua Gelfran Delen à l'adresse du jeune Jedi.
Celui-ci grogna:
-Pour ce que ca me fait.
Tzipah appela quelques consoeurs pour leur raconter tout ce qui s'était passé. À son ton animé, il était évident qu'elle demandait une audience à quelqu'un d'important.
Certainement la matriarche du clan.
Oreste la vit revenir vers eux tandis que Gelfran et Climber furent détachés, de nouveau maîtres de leur mouvements sous étroite surveillance, cependant. Ils se massaient les poignets lorsque les gardes revinrent escortant, une femme d'un âge avancé mais qui inspirait un grand respect. Les Sorcières elles-mêmes s'écartèrent de son passage avec moult inclinaisons.
La vénérable matriarche aux traits parcheminés portant une longue toge ample magenta et coiffée d'une tiare dentelée en os, fixa de ses yeux le Jedi. Ce dernier la sentit le sonder à l'aide de la Force sans user de quelque sort que ce soit.
Ce qui témoignait chez elle d'une grande maîtrise de ses pouvoirs.
C'est d'elle dont dépendait en cet instant son destin, sa liberté et sa vie. Ainsi que celles de Gelfran et de Climber. Une bonne dose de tact serait nécessaire. Il crut utile de faire une révérence basique afin d'attirer ses bonnes grâces.
La matriarche freina à moins de trente centimètres de lui et il soutint son regard perçant.
-Je suis Remora A'alta. Bienvenue aux Chutes Brumeuses, Jedi.
-Vous savez donc ce que je suis? Ne put-il s'empêcher de demander, étonné.
-Nous connaissons les histoires à propos des vôtres depuis qu'un oiseau de métal en flammes s'est écrasé il y a bien longtemps sur notre monde. Mes aieules avaient livré bataille pour s'en emparer, du moins de ce qu'il en restait.
Oreste sentit la pression de l'attroupement qui se formait autor d'eux trois.
-Mais le passé importe peu. Nous savons ce que vous les Jedi êtes capables de faire et nous vous respectons pour cela.
Le jeune corellien grimaça, ayant parfaitement saisi le sous entendu.
-J'ai compris ce que vous insinuez, lâcha-t-il d'une voix lasse. Vous pensez que nous représentons un danger pour vous. Je vous assure que vous vous trompez.
-Vraiment? Fit la matriarche sceptique. Il y a de l'obscurité en vous.
Il comprenait maintenant la défiance générale qui l'entourait. Tzipah elle-même gardait ses distances bien qu'elle paraissait le considérer mieux que ses consoeurs.
-Les temps ont changé. Il ne reste plus que très peu d'entre nous, avoua-t-il.
-Nous avons senti au-delà des étoiles une grande lumière s'éteindre subitement. Nos prêtresses affirment que les ténèbres nous guettent.
La chef de clan étudia l'expression fermée du jeune homme.
-Que s'est-il donc passé?
-L'Empire a remplacé la République puis a lancé une purge contre nous, résuma-t-il succinctement.
Remora étendit ses perceptions et perçut ainsi les flux d'émotions que laissait échapper le jeune étranger.
De la colère melée à de la tristesse. Cela devait expliquer qu'il attirait les ombres.
-Nous avons entendu parler de cet Empire qui s'est établi sur notre monde.
-Et vous les laissez faire?
Oreste avait conservé une voix posée qui suintait néanmoins une profonde indignation.
-Nous ne répliquons seulement que quand ils capturent les nôtres ou lorsqu'ils entrent sur notre territoire.
-Vous pourriez les anéantir, insista-t-il.
-Nous devons faire face aux Soeurs de la Nuit, elles représentent une menace plus importante.
Le jeune corellien prit un air pensif. La situation offrait maintenant pour lui une tournure intéressante.
-Si je vous aide contre les Soeurs de la Nuit, m'aiderez-vous contre l'Empire? Proposa-t-il de but en blanc.
Des murmures parcourèrent la foule jusqu'à ce qu'une voix s'élève avec mépris.
-Nous n'avons pas besoin de l'aide d'un mâle sorcier pour nous défendre.
Ce n'était autre que Orcheron qui avait prononcé ces mots. Sa réplique cinglante suscita l'approbation de certaines Sorcières mais pas de toutes. La matriarche quant à elle demeura impassibe avant de lever la main pour apaiser une ambiance agitée.
-Si vous nous aidez contre les Soeurs de la Nuit, vous pourrez rester parmi nous, décida-t-elle finalement.
Remora A'alta appuya son jugement avec un regard appuyé en direction d'Orcheron qui s'apprêtait à protester.
-Et c'est une décision sur laquelle je ne reviendrai pas. Tzipah, tu hébergeras ce Jedi et ses amis chez toi.
La jeune guerrière brune s'inclina devant la doyenne.
-Comme vous voudrez, Mère.
-Non, intervint Orcheron. J'ai capturé cet homme, j'exige qu'il devienne mon époux de droit, ajouta-t-elle en montrant Gelfran de sa lance.
Le contrebandier implora du regard Oreste et Gelfran, qui s'avançèrent alors d'un pas. Immédiatement sur un geste discret de la matriarche, cinq Sorcières s'interposèrent pour leur bloquer le passage.
-Selon nos coutumes, cet homme t'appartient, approuva la chef de clan.
-Attendez, vous ne pouvez pas.. commençait le jeune corellien.
Remora croisa son regard.
-Je suis désolé mais nos lois sont claires.
Elle s'écarta pour vaquer à d'autres occupations et Tzipah agrippa fermement et doucement l'épaule frêle du jeune Jedi fugitif.
-Notre Mère de clan a parlé, Oreste. Ne t'entêtes pas.
Le Jedi plongea ses yeux verts et gris dans cette eau pure qui réflétait la couleur d'un ciel paisible au fonds de ses prunelles. Dans lesquelles se lisait une patience inébranlable, qui incitait à se fier à elle. Il ne put qu'observer avec impuissance, Gelfran rejoindre son inflexible maîtresse.
Mais avant ils eurent le luxe d'échanger quelques mots.
-Gelfran..
-Ca ira, gamin. Ne t'inquiètes pas pour moi.
Le ton du contrebandier se voulait rassurant.
-J'ai survécu à Ranulph Tarkin et à Troiken, je survivrai bien à ça.
Il se montrait goguenard comme à son habitude mais Oreste savait qu'il tentait de masquer une certaine appréhension vis-à-vis de la façon dont Orcheron le traiterait.
-Venez avec moi, les invita Tzipah, lui et le clone.
Ils lui emboîtèrent le pas, la mine sombre. Ils ne pouvaient rien faire pour Gelfran et cela les taraudait.
Des escaliers avaient été taillés à même la roche friable et s'enfonçaient ou s'élevaient ainsi dans les entrailles de la montagne. La jeune Sorcière emmena ses hôtes, grimpant jusqu'à sa demeure. L'entrée était seulement couverte par un drap vétuste et les étrangers étudièrent rapidement les lieux qui témoignaient de la modestie du rang de Tzipah au sein de son clan.
Perspicace, elle confirma ce qu'ils en pensaient.
-Je ne suis pas la mieux lotie parmi mes Soeurs.
-Cela n'a pas d'importance, reprit Oreste avec un sourire courtois. J'ai dormi dans des endroits bien pires. Ca me conviendra.
-À moi aussi, appuya Climber.
La lumière du jour commençait à décliner par l'unique fenêtre ouverte sur un magnifique panorama naturel.
Tzipah s'écria tout à coup:
-Topaze?
Un droïde protocolaire à la carapace rouillée, se redressa plaqué contre le mur. La lueur d'un de ses photorécepteurs cligna anormalement, preuve que son entretien n'était pas effectué régulièrement. Vacillant sur ses jambes, l'automate s'approcha avec une voix nasillarde:
-Maîtresse Tzipah?
-Va nous chercher à manger.
Oreste et Climber le virent disparaître en soulevant le tissu rapiècé qui faisait office de porte d'entrée avant que le jeune corellien ne demanda à la jeune femme:
-Que peut-on faire pour Gelfran?
-Pas grand chose, reconnut-elle. Le seul moyen de sortir votre ami de là serait qu'Orcheron lui rende sa liberté.
-J'ai l'impression qu'elle n'est pas très généreuse.
Tzipah acquiesça d'une inclinaison du menton.
-Disons qu'elle est très soucieuse de protéger nos traditions.
-Sans blague, lâcha Climber, cela m'étonnerait pas qu'elle le traite comme un droïde protocolaire dans le meilleur des cas.
-La connaissant, cela serait le sommet de sa générosité.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon soupira en levant la tête au plafonds.
-Tu es vraiment certaine qu'il n'y a pas d'autre moyen?
Elle hésita un bref instant.
-Je peux demander à une de mes Soeurs de le racheter.
-Et toi tu ne peux pas?
Elle soutint le regard de duracier du jeune homme grand et mince. Puis balaya la main autour d'elle avec un sourire forcé.
-J'en ai les moyens, d'après toi?
Topaze revint à ce moment-là avec trois assiettes qu'il distribua. Le dîner, enfin si ce terme pouvait être employé à bon escient.
Oreste et Climber se penchèrent sur le contenu avant de redresser la nuque, leurs traits exprimant une répulsion certaine devant ce qui ressemblait à une vulgaire pâte boueuse. L'expression de Tzipah demeura stoïque alors qu'elle remuait le fonds de l'écuelle avec la cuillère de bois.
-Vous ne mangez pas ça d'où vous venez? Demanda-t-elle en ayant deviné leur manque d'enthousiasme.
-Je me demande où sont passées les barres protéinées que nous avons emmené avec nous, s'interrogea le clone.
-Tout ce que vous possédiez ou presque a été confisqué, lui répondit-elle. Après si vous tenez à mourir de faim..
Ils se forcèrent à avaler sans parvenir à réprimer des grimaces éloquentes.
-Bon, on trouvera une solution pour Gelfran, déclara Oreste.
-Espérons qu'il pourra patienter d'ici là, persifla le mutin de Murkhana.
Le droïde protocolaire reprit les couverts.
-Souhaitez-vous autre chose, maîtresse?
-Ce sera tout, tu pourras te désactiver.
Oreste constata qu'elle vérifiait l'état de sa vibro épée avant d'enlever le casque qui coiffait sa tête. Ses cheveux tressés tombèrent sur ses épaules alors qu'il admirait ses traits traduisant un caractère forgé depuis l'enfance.
Sa figure sans relief cachait une droiture insoupçonnée et une grandeur d'âme. En apparence, elle semblait ne ressentir aucune émotion. En apparence.
Tzipah remit son casque en place.
-C'est mon tour de garde, cette nuit. Restez ici et dormez.
La jeune Sorcière regretta furtivement d'avoir l'air de leur donner un ordre. Mais les deux hommes ne s'en formalisèrent pas du tout. Pas même ce mâle sorcier venu des étoiles qui le frappait par sa maigreur et ses pommettes creuses.
Il était jeune même si elle ne connaissait pas son âge précis mais ses yeux d'un étrange vert et gris mélancolique trahissait une tristesse et une grande lassitude qui le faisaient paraître bien moins candide que ce qu'elle ne pensait au début.
Elle les observa s'allonger avant de les quitter pour rejoindre son poste de garde.
-Bonne nuit, fit alors Climber à Oreste.
Celui-ci répondit avec un grognement inaudible alors que l'ancien soldat d'élite s'allongea sur la paillasse étendue au sol. Étant habitué à vivre à la dure sur les champs de bataille de la dernière guerre, il ne tarda pas à sombrer dans un profond sommeil.
Le Jedi corellien se contenta de rester assis en tailleur, contemplant la nuit étoilée dégagée qui perçait à travers l'ouverture béante dans le flanc de la montagne. Pour contrer la fraîcheur nocture, il étendit la paume vers les flammèches d'un foyer endormi qui ronronnaient doucement dans un coin de la pièce. Elle s'élèvèrent de nouveau alors qu'il laissait ses pensées dériver.
Sur son passé, son enfance et le début de sa formation Jedi sous l'aile de Neeja Halcyon. Le chaos de la Guerre des Clones et les bourbiers dans lesquels il avait été empêtré jusqu'à la campagne de Mygeeto.
Le début de la Purge et tout ce qu'il avait fait pour y survivre. Tout ce qu'il avait perdu pour avoir tenté de reprendre une vie moins tumultueuse. La vengeance qui l'avait guidé pour faire payer à l'Empire le prix de son chagrin.
Le chemin obscur qu'il commençait à arpenter et qui l'écartait peu à peu de la voie des Jedi. Es-ce que cette quète connaîtrait un jour une fin? Voilà qu'il commençait à se poser la question.
Il soupira avant d'étirer les jambes et de s'étendre sur le dos. Il fixa un long moment le plafonds rocailleux avant que ses paupières ne se fermèrent.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :) !


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MessagePublié: 17 Août 2017, 21:29 
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Bonsoir à tous! c'est l'heure de la suite!

Il s'en approchait.
Il entendait son appel, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne parvienne à mettre la main dessus. Dans sa tête, ce murmure berçait incessamment le cours de ses pensées et l'obsédait au point de lui faire perdre la notion de prudence.
Oreste Tissan.
Il savait pourtant que c'était un vestige dangeureux, son ancêtre Alan lui-même en était mort. Mais cela le ralentissait à peine.
Il grimpait le long de ce pic perdu au milieu de ces plaines arides et stériles privées de la moindre touffe de végétation, sur ce sentier étroit poussiéreux. Il sut qu'il était arrivé au terme de cette ascension sans fin lorsque l'entrée d'une caverne s'offrait à lui.
Entre, l'invita la voix.
Et il répondit à cette invitation, le sabre laser brandi devant sa figure. Il avait à peine parcouru quelques mètres qu'il s'arrêta net face à une silhouette encapuchonnée qui l'empêchait d'aller plus loin.
-Je t'attendais.
La voix de l'inconnu semblait provenir d'outre tombe alors qu'une paire d'yeux d'un vert chlorophyle lointain et curieux sous son capuchon fixait le corellien sur la défensive.
-Ce n'est pas pour vous que je suis venu mais pour le Bâton Obscur, réagit celui-ci. Je vous conseille de vous écarter tout de suite.
-Je sais.
Son interlocuteur ne semblait pas inquiet le moins du monde que le Jedi puisse mettre sa menace à exécution.
-La question est: es-tu digne d'un tel savoir, d'un tel pouvoir?
-Qui êtes-vous? S'impatienta le jeune homme.
Un rire discret succèda à cette question.
-Tu connais la réponse.
Oreste frissonna malgré lui lorsqu'il surprit une braise maléfique au fonds de cette jungle chlorophyle qui habitait les iris de l'inquiètant spectre.
-Vous êtes Dark Rivan.
-C'est un bon début, ricana alors le Sith zélosien. Maintenant es-tu capable de faire ce qui est nécessaire?
-Je ne suis pas ici pour me rallier à vous.
Un froid soudain engourdit tout à coup les perceptions sensorielles du Jedi. Un froid qui le pénétrait jusque dans ses propres entrailles.
-C'est moi qui ai crée le Bâton Obscur, rappela Rivan d'une voix glaciale. Si tu veux apprendre à l'utiliser, tu auras besoin de mon aide et de mes conseils.
-Jamais.
-Tiens-tu vraiment à subir le même sort que ton pitoyable aïeul, Alan Tissan? Insista l'adepte du Coté Obscur non humain. Lui a aussi refusé cette offre généreuse.
-C'est une menace? Se braqua le corellien. Parce que si c'est le cas, je ne suis pas plus disposé que lui à accepter.
-Jeune imbécile. Pouvoir s'emparer du Bâton Obscur sans chercher à comprendre le pouvoir qu'il détient, ne te sera d'aucune utilité.
-Je sais ce qui vous est arrivé lorsque vous l'avez utilisé pour tenter d'échapper aux Jedi qui vous traquaient. Ne vous croyez pas plus malin que moi.
-J'ai commis des erreurs et c'est pour cela que tu as besoin de moi, Tissan. Pour ne pas les répéter.
Le fantôme du Sith disparu tendit alors une main décharnée dans sa direction.
-Tu convoites le Bâton Obscur pour te venger de tes ennemis. Si tu refuses mon aide pour maîtriser sa puissance, laisse-moi te montrer un aperçu de ce qui arrivera.
La Force se convulsa tout à coup autour du jeune corellien qui poussa ensuite un hurlement de douleur non contrôlé lorsqu'une dague psychique transperça son esprit. Et Dark Rivan lui fit entrevoir l'avenir.
Le pire des avenirs.
Il se vit flotter à pluieurs centaines de mètres au-dessus d'une mer de cadavres qui jonchaient le sol. Tout autour, la forêt de pins disparaissait sous les flammes qui dansaient et s'élevaient vers les cieux encombrés de vaisseaux de guerre à la silhouette triangulaire.
Des Venators qui pillonnaient sans discontinuer la surface de Dathomir.
Il perdit de l'altitude, se rapprochant de ces corps inertes et innombrables. Il se figea lorsqu'il commença à reconnaître les visages de certains d'entre eux. Les traits à jamais marqués par ce masque de la mort qui les immoblisait dans une raideur peu naturelle.
Il reconnut Gelfran, son ami contrebandier. Son sourire narquois, à jamais tordu pour l'éternité par la souffrance de son agonie. Il reconnut Climber, le clone qui avait refusé de participer à la Purge de l'Empire contre les Jedi, les yeux inexpressifs et ternes privés pour toujours de cette nonchalance et de cette sérénité qui caractérisait ceux qui n'avaient cessé d'être confrontés en première ligne à l'horreur de la guerre.
Le corellien ressentit un pincement de coeur bien plus douloureux encore lorsqu'une jeune guerrière brune familière gisait à leur cotés, son épée électrique brisée en deux dans sa main. Son visage livide, ayant perdu toute couleur.
Non pas elle. Pas Tzipah, gémit-il intérieurement.
-Si tu refuses d'accepter pleinement ce pouvoir, tu perdras tout ce qui tu aimes, renchérit Rivan. Comme cela est déjà arrivé.
-Non, vous me manipulez, s'écria de rage Oreste. Vous ne me montrez que ce que vous voulez que je voie.
-Je ressens ta peur. Accepte mon enseignement et tu ne craindras plus rien ni personne.
-Je n'ai pas besoin de vous. Je me débrouillerai pour ne laisser mourir aucun de ceux qui comptent pour moi.
Une voix féminine s'éleva alors derrière lui.
-Tu m'as pourtant laissé mourir.
Il pivota d'une pièce et son expression se décomposa lorsqu'il croisa le regard de celle qu'il avait vu expirer sous ses yeux devant sa maison familiale.
-Beliem?
La jeune défunte affichait une amertume presque furieuse et Oreste ne put détacher ses yeux verts et gris de sa silhouette translucide.
-Je suis désolé, balbutia-t-il frappé par cette apparition imprévue.
-Tu as laissé cette inquisitrice me tuer.
Elle assénait cette phrase d'un ton distant. Une dureté inexplicable qui le prenait au dépourvu.
-Je ne savais pas.. je ne pensais pas qu'elle le ferait..
-Tu as laissé toute ta famille mourir. Tu n'es qu'un faible qui ne m'a jamais vraiment aimé.
-Quoi? Comment peux-tu dire une chose pareille?
Cette fois, le jeune corellien avait repris de l'assurance sous le coup de l'indignation qui l'avait envahi.
-Parce que si tu m'avais vraiment aimé, si tu avais aimé ceux qui ont compté pour toi, tu ne les aurais jamais laissé mourir.
-Mais Beliem, je ne pouvais..
-Tu aurais du, trancha le fantôme de sa bien aimée de jadis. Fais en sorte que cela n'arrive plus.
La confusion d'Oreste demeurait importante. L'apparition de Beliem lui avait causé un tel choc émotionnel qu'il n'arrivait pas à penser clairement.
-Beliem, écoute..
-Fais ce qui doit être fait. Ou Dathomir sera détruite et l'Ordre Jedi aussi.
Elle recula ensuite pour s'éloigner mais il se précipita pour la rattraper.
-Non, attends!
Sa main agrippa le bras de la jeune femme, du moins le croyait-il. Car il n'avait saisi que le vide et la défunte s'évanouit tout à coup pour disparaître sans lui dire au revoir.
-Beliem? Beliem! Appela-t-il, presque désespéré.
Il s'effondra à genoux, sanglotant dans un silence aussi profond que celui d'un tombeau.
-Ne me laisse pas, geignait-il dans sa barbe. Je ne veux pas être seul.
-Et pourtant tu l'es.
Cette fois, cette voix méprisante ne provenait pas de Dark Rivan. Mais d'un vocodeur qui l'avait modelé en un chant mécanique, une respiration rauque qui naissait de tripes congestionnées. Lorsqu'il se releva pour faire face, il écarquilla les yeux d'une crainte instinctive devant cette silhouette au masque de mort qui avait déjà hanté une de ses visions.
Une vision dans laquelle il s'était vu mourir.
-Vador, lâcha d'un souffle angoissé.
-Tu es seul et tu mourras seul, lui asséna le Seigneur Noir des Sith. Et cela en sera fini des Jedi.
Un néon crépitant sanglant naquit dans son poing et il s'avança en le brandissant au-dessus de son casque.
Oreste Tissan tenta de le contrer en s'abritant derrière sa lame mais il n'avait pas anticipé assez vite. Il vit seulement l'arme du Sith s'abattre sur sa tête, et il hurla malgré lui..

Voilà ce sera tout! à la prochaine ;) !


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MessagePublié: 22 Août 2017, 20:09 
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Bonsoir je vous publie la suite! 223 pages au fait.. :roll:

Lorsque le Jedi corellien s'extirpa de ce cauchemar, il aperçut en ouvrant les paupières les visages familiers de deux personnes qui le considéraient avec inquiètude.
Climber et Tzipah reculèrent pour lui laisser un répit appréciable. Puis le jeune homme qui s'était redressé sur les coudes, finit par trouver leur attitude quelque peu intrusive.
-Eh bien quoi? S'écria-t-il vivement. Vous n'avez jamais eu de cauchemars peut-être?
-Vous avez hurlé alors je suis allé la chercher, lui expliqua le clone posément, ignorant sa véhémence impulsive.
Le corellien vit alors que le jour s'était levé. Les rayons du soleil baignaient la pièce d'un éclat lumineux. Ils reflétèrent ainsi les cheveux bruns de la jeune Sorcière de Dathomir qui avait retiré son casque et l'étudiait de ses yeux bleus.
-Fais-tu souvent des mauvais rêves? Lui demanda-t-elle.
-Pas plus que la plupart des gens, pourquoi?
-Je veux être certaine que mes tours de garde ne seront pas interrompus chaque fois que cela t'arrive, répondit-elle.
-Si ça te dérange tant que ça, je peux déménager.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Elle paraissait subitement quelque peu embarrassée.
-Nous avons des prêtresses qui s'occupent de ce genre de choses.
-Je n'ai pas besoin d'aide, reprit-il sèchement.
-Il n'y aura pas de honte à en demander.
Le corellien resserra son manteau autour de son corps malingre et étiré avec une brusquerie qui témoignait de sa contrariété.
-Merci pour ton offre.
Elle soutint son regard sans ciller.
-Je n'ai pas de tâche particulière à vous assigner, vous pouvez vous promener où bon vous semble. À condition de ne pas tenter de sortir. Les environs ne sont pas sûrs.
-Nous serons attentifs, promit Climber.
Elle passa devant eux et ils la suivirent jusqu'à la sortie de la caverne. Là, ils constatèrent que plusieurs Sorcières se préparaient à partir en patrouille.
Il reconnut la sorcière blonde qui les menait depuis son rancor. Orcheron, qui jeta un regard dédaigneux sur le Jedi et le clone.
Les deux hommes aperçurent alors leur compagnon Gelfran qui faisait grise mine à quelques mètres de l'attroupement. Le contrebandier sourit à peine quand ils entrèrent dans son champ de vision. La patrouille constituée s'éloigna lentement.
Climber glissa malicieusement à Gelfran, certainement dans le noble but de le dérider.
-La nuit n'a pas été trop terrible?
-Tu aurais trouvé ça moins drôle, l'homme éprouvette si tu étais à ma place.
Le corellien se plaça entre les deux hommes par sécurité.
-Vous tenez le coup? Les femmes ici peuvent être très impérieuses.
-Impérieuse? Joli euphémisme, grinça l'ancien milicien de Ranulph Tarkin.
Gelfran se pencha tout à coup à son oreille.
-Elle n'arrête pas de me donner des ordres, de dire ce que je dois faire. Je ne vaux pas mieux qu'un larbin. Sors-moi de là! Le pressait-il.
-Je vais faire de mon mieux.
Le contrebandier plongea son regard dans les yeux verts et gris pour s'assurer que son jeune ami ne tentait pas de le consoler hypocritement ou de se défiler.
-J'ai ta parole?
-Je ne vous garantis rien mais je ferai tout pour, persista Oreste.
Gelfran s'écarta finalement, d'un air plus sinistre que jamais. Climber attendit qu'il soit hors de portée de voix.
-Vous pensez que c'est aussi terrible que ça? Demanda-t-il au Jedi.
-Ce sont leurs traditions, Climber. Nous devons nous y adapter.
-Dois-je comprendre que vous ne l'aiderez pas?
-Bien sûr que si.
Devant la désapprobation implicite qui émanait des propos du clone, il ne put réfréner un agacement soudain. Il eut le sentiment d'une très grande attente autour de lui et cela lui courait sur les nerfs. Une grande attente qui ne provenait pas seulement de ses deux compagnons. Mais aussi des Sorcières qui espéraient son aide contre les Soeurs de la Nuit comme il l'avait proposé à la matriarche du clan.
Mais aussi des hommes dathomiriens qui lui jetèrent quelques regards à la dérobée. Il y surprit furtivement l'espoir de se voir améliorer leur condition, voire d'en être émancipé.
La Force lui murmurait qu'il jouerait sur Dathomir un rôle déterminant. Son irritation s'adoucit lorsqu'il se demanda si cela arriverait pour le meilleur ou le pire.
-Jedi?
Il se tourna vers la Sorcière de Dathomir, qu'il reconnut comme étant Sira, l'une des guerrières qu'il avait retrouvées avec Tzipah et Orecheron. Son front ridé se creusait sous le poids du souci. Les perceptions de l'ancien padawan de Neeja Halcyon lui révélèrent qu'elle s'inquiètait pour quelqu'un qui lui était proche.
-Je peux vous aider? Fit le jeune homme.
-Ma fille est souffrante, les prêtresses sont impuissantes.
Elle semblait le supplier du regard.
-Je vais l'examiner mais je ne suis pas un guérisseur spécialisé.
Elle opina du chef, paraissant se satisfaire qu'il accepte de lui prêter assistance. Il la suivit, rentrant à l'intérieur de la forteresse naturelle, flanqué de près par l'ancien mutin de Murkhana.
La demeure de Sira était parmi les plus élévées des Chutes Brumeuses et bénéficiait d'un plus grand confort spacieux que celle de Tzipah.
Au milieu de ce qui pourrait être le salon, était étendu sur des peaux écailleuses une petite fille dathomirienne aux yeux mi clos, le visage perclus de sueur. Autour d'elle s'affairaient une demi douzaine de magiciennes en toge magenta agenouillées qui psalmodiaient des incantations à voix basse, à peine plus audibles que le souffle du vent.
Oreste avec la permission de la propriétaire des lieux se glissa entre elles avant de s'accroupir et de la sonder à l'aide de la Force. Il ne perçut aucune signature particulière preuve que sa maladie était naturelle.
Il posa la paume sur le front de la petite malade et le retira presque aussitôt lorsque cela s'avéra aussi brûlant que du duracier en fusion. Elle souffrait d'une forte fièvre qui l'avait cloué littéralement au sol. À cet instant, l'une des prêtresses releva la tête et lui adressa d'un ton hautain:
-Nous n'avons pas besoin de mâle sorcier. La bénédiction d'Allya suffira à la guérir.
-Eh bien visiblement, vous ne vous y prenez pas du tout comme il le faudrait, martela-t-il sans concession. Je me permets de vous offrir mon aide humblement.
Elles s'interrompirent les unes après les autres, comme choquées par son initiative. Celle qui était leur supérieure reprocha vivement à Sira.
-Comment peux-tu lui faire confiance?
-Je fais confiance à tous ceux ou celles qui peuvent aider ma fille de quelque manière que ce soit. Y compris à un mâle sorcier censé être moins compétent que vous.
Dans une posture de défi, Sira croisa les bras devant ses consoeurs. Celles-ci se résignèrent donc à accepter l'aide du jeune homme.
Qui se releva peu après, secouant le menton l'air navré.
-J'ai réussi à faire tomber sa fièvre temporairement mais il lui faudrait des médicaments.
-Tu ne peux pas réussir à la guérir? Insista-t-elle.
-Je pourrais éradiquer la maladie en usant de la Force de manière radicale mais elle subirait des séquelles irréversibles. Avez-vous des médicaments ou des plantes médicinales?
Les Prêtresses se rappelèrent à son bon souvenir d'un ton vindicatif.
-Ce serait indigne des Filles d'Allya de recourir à tels tours de charlatan.
-La santé de cette petite est en jeu, intervint Climber resté à l'écart. Si vous n'êtes pas capables de faire autre chose que de parler, laissez-le faire son boulot.
Scandalisées, les prêtresses échangèrent des regards furieux.
-Nous ne resterons pas dans ce lieu infesté d'hérésie.
-C'est ça, bon vent, leur souhaita ironiquement Oreste.
Sira ne les empêcha pas de partir et considéra sa fille toujours prostrée mais qui semblait mieux respirer depuis quelques instants.
-Seule la Dame du Pardon peut l'aider, expliqua la dathomirienne.
-La Dame du Pardon? S'écria le Jedi corellien intrigué.
-C'est une sorcière hors monde, qui s'est installée quelque part au milieu de la forêt.
-Autant dire qu'elle pourrait être installée n'importe où, grogna le clone. On risque de perdre du temps à la trouver.
Oreste Tissan vérifia l'état de son sabre laser, les traits empreints d'une détermination solide.
-Je pars seul la chercher. Climber, restez avec la gamine et veillez à ce qu'elle ne se déshydrate pas.
-D'accord, répondit le clone.
-Sois prudent, prends garde aux Soeurs de la Nuit, le prévint Sira.
Il acquiesça silencieusement, pour lui montrer qu'il prenait son avertissement au sérieux. Il sortit de la pièce pour se retrouver nez à nez avec Tzipah.
-Que fais-tu ici?
-Je sais pour la maladie de Neami, la fille de Sira. Et j'ai entendu que tu voulais trouver la Dame du Pardon.
-Tu as l'habitude d'espionner aux portes?
-La matriarche m'a demandé de veiller sur toi.
Ses yeux bleus l'étudiaient avec une assurance naturelle qui ne cessait de fasciner le jeune homme depuis leur rencontre.
-Tu veux m'empêcher d'y aller? Lui demanda-t-il.
-Non, je t'accompagne.
-Je ne t'ai rien demandé.
Avec un sourire nonchalant, elle lui rétorqua:
-Et je ne te demande pas la permission.

Voilà ce sera tout! à la prochaine 8-) !


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MessagePublié: 27 Août 2017, 20:14 
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Bonsoir, voilà la suite 8-) !

À peine avaient-ils commencé à s'aventurer en terrain inconnu qu'ils sollicitèrent la totalité de leurs perceptions sensorielles pour détecter toute menace immédiate. Oreste entendit sa nouvelle amie chanter un sort dans sa langue exotique et de nouveau la Force se convulsa en un sursaut d'électricité qui vivifia ses sens.
Par dessus son épaule, la Sorcière de Dathomir coiffée de son casque accrocha son regard pour le rassurer.
-Nous avons de la chance, il n'y a pas de Soeurs de la Nuit à proximité de nous.
Elle avait cependant posé par une prudence naturelle, la paume contre la garde de son épée électrique. Le corellien suivit son exemple, décrochant le sabre laser de sa ceinture.
-Vous avez déjà eu affaire à cette Dame du Pardon?
-Plusieurs fois depuis qu'elle a atterri des étoiles.
-Ton clan et les autres sont en bons termes avec elle?
Elle ralentit légèrement pour le laisser revenir à sa hauteur.
-Nous la respectons pour ce qu'elle est capable de faire mais elle reste à l'écart de nous.
-Pourquoi ne veut-elle pas s'intégrer dans un des clans?
Tzipah ne lui répondit pas tout de suite, occupée à prévenir toute intrusion derrière l'ombre des pins qui couvrait leur progression. Au loin, des mugissements bas perturbèrent le silence de la forêt ce qui fit raidir Oreste.
Pressentant sa crispation, elle s'empressa de l'apaiser:
-C'est sûrement la patrouille d'Orcheron.
Il se détendit un peu. Et la jeune autochtone lui accorda ensuite la réponse qu'il attendait.
-La Dame du Pardon ne partage pas vraiment nos croyances concernant l'usage de la Magie d'Allya. Elle pense que nous ne devrions pas en abuser et réfléchir à d'autres moyens d'atteindre les objectifs que nous nous fixons. Que par exemple nous ne devrions pas l'utiliser pour réduire les hommes en esclavage mais les considérer comme des égaux et même leur apprendre à maîtriser la magie.
Le Jedi corellien l'écoutait attentivement, de plus en plus intrigué par cette femme, cette mystérieuse Dame du Pardon dont la philosophie semblait proche de la doctrine de l'Ordre Jedi récemment démantelé.
-Pourquoi l'appelez-vous la Dame du Pardon?
-Plusieurs de nos soeurs comme Orcheron l'ont combattu. Elles ont toutes été vaincues sans être blessées, et laissées libres avec leurs armes.
-Avec leurs armes? Et les Soeurs de la Nuit?
-Elle les a tout autant épargnées. Cela reste une erreur selon moi et pas la seule.
La curiosité de l'ancien padawan de Neeja Halcyon était maintenant à son paroxysme. La perspective de rencontrer une éventuelle survivante à l'Ordre 66 le réjouissait particulièrement. Enthousiasme modérèrement partagé par sa compagne.
-Tu la respectes mais tu sembles peu l'apprécier, devina-t-il.
-Elle n'a choisi de ne prendre aucun époux, pour ne pas heurter nos croyances. Les hommes sont des êtres inférieurs qui ont besoin qu'on leur donne des ordres, ils ne sont bons qu'à ça. Si on les laissait faire ce qu'ils voulaient, cela ne provoquerait que des guerres.
Elle dictait ces derniers mots, signe d'une croyance particulièrement ancrée en son âme depuis son enfance. Oreste n'en fut guère surpris, d'après ce qu'il en avait vu parmi les Soeurs des Chutes Brumeuses.
-Je supposes que tu m'inclus dans cette catégorie, railla-t-il.
-Je te trouve différent, reconnut-elle se souciant qu'il ne le prenne pas pour lui. Tout comme tes deux compagnons.
-Ca fait plaisir à entendre.
-Ne te fais pas d'illusions, beaucoup de mes Soeurs se méfient de vous.
-Pourquoi serions-nous une menace pour vous?
Il ressentit un malaise, conscient qu'un gouffre venait de se creuser subitement entre lui et celle qu'il considérait comme une amie.
-Une menace pour nos traditions, reprit-elle après un silence pénible.
-C'est donc pour cela que vous avez attaqué la Dame du Pardon. Et pas qu'une fois.
Tzipah se mordit la lèvre inférieure, nerveusement.
-Oui, au début.
L'aveu rendit l'atmosphère plus pesante encore. Ils ne cessaient de se fixer avec une étrange intensité comme s'ils tenaient tout de même à s'accorder l'un avec l'autre. Malgré des opinions très opposées.
-Bon dépêchons-nous de la trouver, on n'a pas toute la journée, grogna le jeune homme.
-Par ici, je connais le chemin.
La Sorcière de Dathomir prit les devants en allongeant la foulée, le corellien sur ses talons. Tous deux s'étaient rappelés au moment opportun qu'ils étaient venus pour rétablir la santé d'une jeune malade.
De nouveau, cet objectif les unissait instinctivement. La présence d'un puissant utilisateur de la Force électrisait de plus en plus intensément leurs sens, signe qu'ils s'en approchaient sensiblement et qu'ils ne tarderaient pas à faire sa connaissance.
Guidés par leurs instinct, ils aboutirent devant une hutte sommaire constituée de branchages entrelacées et recouverte en partie de peau écailleuse au reflet terne. Devant l'entrée, un foyer achevait de s'éteindre.
Toujours sur leurs gardes, ils étudièrent tous deux les environs avant de se concerter.
-C'est ici que la Dame du Pardon habite?
-Je ne l'ai jamais recontrée mais j'en suis presque certaine. Après il est possible que cela soit une exilée.
-Une exilée?
-Il arrive malheureusement que certaines de nos Soeurs soient tentés par l'usage sombre des arts d'Allya. Elles commettent des crimes et nous les bannissons jusqu'à ce qu'elles expient leurs fautes.
-Et ça marche?
Elle secoua la tête d'un air peu encourageant.
-Il est très difficile pour une Soeur de survivre seule, concéda-t-elle. La plupart finissent par rejoindre les Soeurs de la Nuit.
-Vous auriez pu les emprisonner pour s'assurer qu'elles ne le fassent pas.
-Cela aurait mobilisé une bonne partie de nos ressources. Nous ne pouvons pas nous le permettre.
-Vous n'avez jamais envisagé d'autres méthodes?
Les yeux bleus acérés de Tzipah se plissèrent devant cette interrogation qui comportait un sous entendu évident.
-Condamner à mort et exécuter de nos propres mains n'appartiennent pas à nos usages, Oreste. La matriarche nous a convaincues que la pitié était ce qui nous permettait de nous différencier des Soeurs de la Nuit.
-La pitié est une faiblesse que vous ne pouvez pas vous permettre, trancha-t-il. Les Soeurs de la Nuit l'ont bien compris et c'est pour cela qu'elles se renforcent.
-Tu parles comme l'une d'entre elles.
Elle s'apprêtait à ajouter quelque chose lorsqu'elle se figea, les sens en alerte. Imitée par le Jedi corellien qui ressentait une présence certaine proche d'eux. Une présence puissante en laquelle la Force était concentrée.
Un craquement de branche rompue au-dessus de leur tête perça jusqu'à leurs tympans. Une fraction de seconde avant qu'une fine silhouette encapuchonnée n'atterrisse sur ses appuis dans leur dos. Ils pivotèrent d'une pièce pour faire face à la nouvelle venue. Celle-ci étendit les mains les repoussant loin l'un de l'autre à l'aide d'une Poussée de Force.
Ils se remirent instantanément debout et dégainèrent leurs armes. La mystérieuse inconnue demeura calme et immobile, les étudiant sous son capuchon.
-Que faites-vous ici? Demanda une voix cristalline et distante.
Tzipah se contenta de s'approcher d'elle prudemment, l'épée électrique protégeant son corps tout en jetant un regard de connivence au Jedi. Ce qui le poussa à se ruer sur l'inconnue, le sabre laser brandi haut.
Un néon rouge sang prit vie dans un crépitement flamboyant sans prévenir et bloqua l'attaque violente du rescapé de l'Ordre 66. La Sorcière de Dathomir se jeta à son tour dans la melée pour lui prêter main forte. Elle n'eut pas plus de succès, sa lame électrique interceptée par un deuxième sabre laser à lame couleur écarlate que mania leur ennemie.
Celle-ci les écarta tous deux en s'appuyant vigoureusement sur ses armes avant qu'ils ne relancèrent l'offensive. Reculant pied à pied, l'énigmatique combattante les tint en respect évitant habilement de s'exposer à chacun de leurs coups.
Preuve qu'elle avait été instruite jadis par des experts au combat au sabre laser.
Elle expulsa ensuite la jeune guerrière d'un coup de talon dans l'abdomen, cette dernière reculant en titubant pour reprendre sa respiration. Laissé seul, le jeune corellien eut alors fort à faire car les deux sabres lasers que leur antagoniste utilisait, décrivait des sillons aux trajectoires imprévisibles.
Un mélange approfondi de Jar'Kai et de Vaapad qui l'obligea à reculer. Inconsciemment, le fugitif puisa dans sa propre colère pour reprendre le duel en main.
Sans succès.
Elle possédait une maîtrise largement supérieure à la sienne. Bien supérieure à celle de l'inquisitrice chiss qui le traquait. Dans son dos, la dathomirienne des Chutes Brumeuses étendit la main en chantant un sort.
Le tronc d'un pin se plia dans un hurlement d'agonie avant d'aplatir le sol, exactement là où se trouvait quelques instants auparavant la combattante mystérieuse. Qui s'était élevée dans les airs d'un gracieux Saut de Force avant de se réceptionner juste aux cotés de Tzipah surprise par sa rapidité de réaction.
La Sorcière tenta de lui porter un coup au flanc mais elle fut prise de court lorsque l'autre pivota sur son pied d'appui pour la désarmer avec son talon. Tzipah fut mise à terre lorsqu'elle lui balaya les chevilles.
Elle ne tenta plus de bouger lorsqu'une lame sanglante grésillante fut placée en travers de sa gorge. Voyant cela, Oreste hésita avant de baisser son sabre laser sans pour autant l'éteindre.
-Attendez, on peut discuter, tenta-t-il.
-Êtes-vous venus pour me tuer?
Le timbre sec de sa voix laissait entendre qu'ils n'avaient aucun intérêt à la faire patienter plus longtemps que nécessaire.
-Nous sommes venus pour chercher de l'aide auprès de la Dame du Pardon, répondit Tzipah qui s'était redressée sur ses coudes.
-Vous êtes venus chercher de l'aide? Reprit l'autre femme d'un ton sceptique. En me menaçant avec vos armes?
-Eh, c'est vous qui nous avez attaqués! Protesta Oreste avec véhémence.
Ainsi apostrophée, l'inconnue tourna alors vers lui son visage camouflé sous le capuchon et un de ses yeux semblait étinceler d'un éclat anormal, presque artificiel.
Ce qui lui conférait une apparence peu accueillante.
-Je déteste seulement qu'on vienne me déranger pour rien, se justifia-t-elle.
-Une de mes Soeurs est gravement malade. Une petite fille.
Ces derniers mots firent alors disparaître comme par enchantement toute animosité envers les deux visiteurs indésirables. L'éclat même de son oeil artificiel semblait briller d'une lueur moins hostile alors qu'elle enfouit ses sabres lasers sous sa bure sombre et ample. Oreste remarqua que la crosse de ses armes était courbée, un détail qui ne manqua pas de l'intriguer.
Elle s'écarta de Tzipah pour la laisser se relever et lui demander:
-Son état est grave?
Elle s'exprimait maintenant de façon posée presque bienveillante. Ce qui contrastait étonnament avec sa raideur instinctive. Ce qui encouragea Oreste à ranger son arme.
-C'est assez sérieux. Où pouvons-nous trouver la Dame du Pardon? Interrogea la Sorcière qui récupéra son épée pour la ranger à la ceinture.
-Elle se tient devant toi.
Elle rejeta alors son capuchon en arrière et ils étudièrent son visage au teint pâle et gris, dépourvu de cheveux. D'étranges stigmates peut-être des tatouages effilés sombres parsemaient ses joues et les contours de sa boîte crânienne.
Son oeil droit était remplacé par une prothèse cybernétique et le jeune Jedi sut que cette femme ou plutôt cette Proche Humaine lui était familière. Il avait plusieurs fois visionné ce visage sur les holo affiches de propagande de la République où elle représentait l'ennemi à abattre pour les Jedi. Une redoutable guerrière qui avait gagné la confiance de Dooku et était devenu l'incarnation du mal au même titre que le maître à penser des séparatistes.
Une calamité sur les champs de bataille que tout le monde croyait morte.
-Asajj Ventress, souffla-t-il incrédule.

Voilà j'espère que cela vous aura plu, surtout avec la petite surprise de la dernière ligne :twisted: !


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MessagePublié: 03 Septembre 2017, 23:02 
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Bonsoir, voilà la suite ;) !

-On ne m'a plus appelée ainsi depuis longtemps, commenta l'intéressée avec nonchalance.
Impulsivement, le corellien avait remis la main sur son sabre laser. Sans l'activer.
-Après tout ce que vous fait, comment avez-vous pu devenir la Dame du Pardon?
-Vous avez fait tout ce chemin pour me poser cette question ou pour sauver la vie d'une petite fille? Répliqua Asajj avec sang froid.
Tzipah d'une main impérieuse indiqua au Jedi de ne rien causer d'irrémédiable. Celui-ci surmonta sa méfiance instinctive envers une ex ennemie.
-Vous avez tué beaucoup de Jedi.
-Grievous en a tué plus que moi et de toute façon la guerre est finie. Tu veux remettre le couvert une nouvelle fois, Jedi?
-Non.
Satisfaite, celle que les autochtones nommaient la Dame du Pardon recouvrit son crâne chauve de son grand capuchon sombre.
-Bien, nous avons assez perdu de temps. Je dois ramasser quelques ingrédients, attendez-moi ici.
Elle passa devant eux deux pour s'engouffrer à l'intérieur de la hutte et récupérer une besace taillée dans de la peau de reptile.
-Je veux vous accompagner, se proposa Tzipah.
Surprise, Asajj Ventress la dévisagea de son oeil valide perçant.
-Pour me protéger? Je n'ai besoin d'aucun de vous deux pour ça.
-Non pour apprendre en vous observant. Je m'appelle Tzipah.
Oreste et la Sorcière des Chutes Brumeuses s'attendaient à ce qu'elle refuse mais elle acquiesça finalement d'une inclinaison du menton.
-Très bien, Tzipah. Reste à savoir si ton ami Jedi est intéressé.
-Il s'appelle Oreste Tissan.
Elle coula un regard défiant envers le jeune corellien qui s'avança aussi.
-Je viens aussi pour ne pas laisser Tzipah seule avec vous. Je n'ai pas confiance en vous.
-Et moi pas plus qu'en toi, lui asséna la rattataki d'un ton égal. Je perçois de l'obscurité en toi, Oreste Tissan.
-Il peut venir, je me porte garante de lui, assura la dathomirienne pour calmer le jeu.
Cette intervention permit d'abréger cet échange houleux. Ventress se détourna du corellien pour s'enfoncer plus loin entre les pins. Les deux autres sur ses talons.
Le trio improbable parvint au bout d'une vingtaine de mètres, dans une étroite clairière dont le sol était parsemé de couleurs variées qui s'accordaient harmonieusement, formant un arc en ciel de pétales de toutes tailles et de formes. Asajj Ventress arpenta ce jardin en prenant garde de ne fouler aucune de ces fleurs.
-Décris-moi les symptomes, demanda-t-elle à Tzipah.
-Elle a une forte fièvre. Elle est couchée et est incapable de se lever.
-Porte-t-elle des traces de morsures?
-Je l'ignore, nous ne l'avons pas examinée.
L'ancienne aspirante du Comte Dooku s'accroupit penchée sur un lot hétéroclite qu'elle dépouilla avec une grâce et une patience inattendues. Ses geste de la main étaient calculés alors qu'elle retirait avec une précision empreinte de délicatesse quelques plants qu'elle estimait indispensable.
Tout dans son comportement trahissait l'attitude de quelqu'un qui montrait un profond respect pour la nature. Un profond respect pour la vie présente dans ces petites fleurs fragiles d'apparence insignifiante.
Un profond respect pour la Force.
Elle revint finalement vers eux deux, ayant rangé ses ingrédients dans son bagage qu'elle portait en travers de la poitrine.
-Ramène-nous à ton clan, Tzipah.
La Sorcière de Dathomir ne broncha pas du tout, sans doute encore impressionnée par la fraîche démonstration de la Rattataki. Qui croisa le regard du jeune corellien, toujours en proie à la méfiance, cela allait de soi.
-Après vous, l'invita-t-il avec aigreur.
-Comme tu veux. De toute façon, je n'ai rien à craindre de toi car les Jedi n'ont pas l'habitude de tuer leurs ennemis dans le dos, n'es-ce pas?
Inutile de souligner que la pique cinglante déplut à l'ancien padawan de Neeja Halcyon.
-Vous ne me connaissez pas. Vous ignorez tout ce que j'ai fait pour survivre.
Il s'était penché à son oreille pour lui déclarer cette confession sans que Tzipah ne l'entende. Asajj Ventress se tourna à peine vers lui.
-Je serai curieuse d'entendre ton histoire dans les moindres détails. Ca promet d'être passionnant.
Il avait espéré avoir eu le dernier mot mais il ne parvenait pas à l'impressionner, c'était évident. Il renonça à poursuivre la passe d'armes. Il rabattit à son tour le capuchon vert marécage de sa tunique de Jedi corellien sur la tête pour masquer son expression renfermée et maussade.
Ils marchaient d'un bon pas et étaient arrivés à mi chemin du fief des Chutes Brumeuses lorsque la jeune Sorcière stoppa net en levant le poing en l'air pour indiquer aux deux autres de s'arrêter net. À dix mètres devant elle, une silhouette sombre aux yeux injectés de sang venait de surgir derrière un pin pour s'interposer.
Oreste reconnut sans mal la Soeur de la Nuit qui les avait attaqués pas plus tard hier peu après sa capture.
-La leçon d'hier ne t'a pas suffi, Baritha? Persifla Tzipah qui avait posé la main sur la crosse de sa vibroépée.
-Tu as eu beaucoup de chance, c'est tout, répliqua l'autre sorcière sombre. Tu n'en auras pas autant et cela vaut aussi pour la Dame du Pardon.
L'ancienne Jedi Noire dépassa la jeune autochtone pour faire face à la Soeur de la Nuit.
-Je dois aller aux Chutes Brumeuses soigner quelqu'un. Écarte-toi.
La dénommée Baritha émit un sifflement bref. D'autres Soeurs de la Nuit apparurent autour du trio comme par magie, brandissant des lances d'un air menaçant. Une vingtaine dont trois montées sur des rancors.
-Livrez-nous le mâle sorcier et nous vous laisserons passer.
-Pourquoi vous intéresse-t-il autant? S'enquit Asajj Ventress.
-Il nous servira de monnaie d'échange pour libérer certaines de nos Soeurs emprisonnées dans la prison impériale.
Son sourire découvrit davantage ses dents jaunies.
-S'il est docile, nous lui permettrons même avant de s'accoupler avec nous.
Les traits de Tzipah se convulsèrent, livides.
-Je préfère le tuer de mes propres mains plutôt que de vous laisser lui faire du mal.
Baritha et et certaines de ses consoeurs gloussèrent, sarcastiques.
-Eh bien quelle passion, se moqua la chef des sombres magiciennes. Ce mâle est-il ton esclave?
-Il appartient à mon clan.
-Dommage, il faudra te faire une raison. Désormais, il nous appartient.
-Je pense avoir le droit d'exprimer mon opinion sur ce point, intervint alors à propos l'ex apprentie du Comte Dooku.
Elle avait conservé les bras le long du corps dans une posture d'attente tranquille mais ce n'était qu'une duperie. Dans la Force, Oreste la sentait prête à dégainer ses deux sabres lasers.
-Même si nous vous le livrions, rien ne garantit que vous ne nous attaquerez pas.
Baritha esquissa un sourire mauvais et l'électricité perturba de nouveau les flux de la Force.
-C'est tout à fait juste, accorda la Soeur de la Nuit. Tuez-les toutes les deux et emparez-vous de celui-ci, ordonna-t-elle soudainement.
Le trio se resserra, sabres lasers et vibro épée prêts à l'emploi. Baritha s'écarta pour laisser ses congénères agir, elle n'avait pas l'intention de s'impliquer dans le combat. Du moins pour l'instant.
Asajj Ventress se jeta impétueusement dans la melée, brandissant ses deux sabres épées ardentes à crosse courbée qu'elle agita simultanément dans des angles complexes mais maîtrisés.
Du coin de l'oeil, Oreste observa la rattataki semer la confusion chez les Soeurs de la Nuit qui l'encerclèrent et tentèrent de l'atteindre avec leur lance sans être touchées. Avant qu'il ne soit forcé de se concentrer sur ses propres problèmes.
Sur sa droite, une Soeur de la Nuit l'attaqua en maniant deux dagues. Vive comme une vipère kodashi, elle se fendit en avant et il se contorsiona, brisant les lames avec sa lame verte crépitante avant de s'en servir pour la transpercer au coeur.
Il manqua d'être surpris par le contact de quelqu'un qui s'appuyait sur ses omoplates mais ce n'était heureusement que Tzipah qui se collait dos à dos avec lui, pour couvrir tous les angles d'attaques possibles tout en prémunissant des coups de poignards par derrière.
La jeune Sorcière de Dathomir chanta un sort de télékinésie qui propulsa en arrière deux Soeurs de la Nuit avant de contrer avec sa vibro épée une attaque d'estoc sur son flanc gauche.
Cependant le danger le plus immédiat pour eux trois n'étaient pas forcément ces guerrières qui les combattaient pied à terre mais les rancors qui les accompagnaient. Les cavalières les firent avancer grâce à leur puissance télépathique au centre du combat.
L'ombre du plus proche des monstres recouvrit Oreste et Tzipah qui le virent élever sa main droite gigantesque comme pour les saisir. Ils durent s'écarter en vitesse et les doigts griffus s'enfonçèrent dans la terre meuble avant de se retirer en soulevant des mottes humides en un geyser compact.
Le jeune corellien séparé fortuitement de Tzipah se retrouva presque à nez à nez avec une Soeur de la Nuit qui tenta de le frapper à la tempe avec le manche de sa lance.
Il esquiva de justesse en se jetant en arrière avant de la décapiter d'un revers de sabre laser. C'est alors qu'il entendit Tzipah crier son nom.
-Oreste!
Il leva la tête et vit alors la main du rancor s'abattre sur lui. Il n'eut pas le temps cette fois de l'éviter et la bête le prit dans sa main, l'enserrant par la taille et immobilisant ses bras qu'il ne put agiter pour se libérer.
Il se sentit comme broyé par cette poigne surhumaine lorsque la jeune guerrière vint à son secours. Elle s'éleva dans les airs après psalmodié un sort et le Jedi la regarda flotter en appesanteur l'épée brandie à deux mains.
Qui frappa la peau écailleuse de l'animal au niveau du poignet. Elle parvint à l'entailler suffisamment profondément pour l'obliger à lâcher prise. La pression exercée sur la cage thoracique de l'ancien apprenti de Neeja Halcyon s'évapora tout à coup, lui permettant plus aisément tandis qu'il retomba sur ses appuis.
Le rancor blessé se retourna contre Tzipah et leva cette fois le poing comme pour l'écrabouiller. Il invoqua alors une Poussée de Force qui bouscula le monstre, qui venait d'être rejoint par ses deux autres comparses.
Lui et elle échangèrent un regard inquiet. Même à deux, ils pourraient difficilement faire face à trois rancors et aux cavalières qui les montaient, celles-ci s'apprêtant à déchaîner les pouvoirs du Coté Obscur de la Force sur eux.
Déjà l'une d'entre elles matérialisait des éclairs qui dansait au bout de ses phalanges squelettiques et leur éclat se réflétait sur ses vaisseaux sanguins éclatés qui saillaient sous sa peau faciale. Une silhouette brandissant deux néons sanglants flamboyants atterrit tout à coup dans son dos et la troua de part en part.
Les deux autres adeptes sombres n'eurent pas le temps de faire face à la Dame du Pardon qui s'en prit à l'une puis à l'autre. Les éliminant rapidement et sans fioritures. Les rancors privés de tout contrôle mental laissèrent alors s'exprimer leur bestialité primaire et commençèrent à s'en prendre aux Soeurs de la Nuit qui se retrouvèrent complètement désorganisées.
C'est alors que Baritha s'avança pour s'occuper d'Oreste et de Tzipah qui se tenaient toujours dos à dos. Le Jedi fut le premier à l'apercevoir alors qu'elle étendait ses mains dans leurs directions. Il contourna sa jeune amie pour l'affronter au moment même où des éclairs d'énergie violacés fourchèrent vers eux d'eux en une cascade meurtrière.
Le corellien parvint à les absorber sans dommage du moins au début. Car la Soeur de la Nuit disposait d'une puissance peu commune dans la Force et elle accrut sensiblement la puissance de son attaque. Oreste sentit qu'il ne pourrait pas la contenir éternellement et Tzipah le seconda sans hésiter une seule seconde, en chantant de nouveau un sort magique.
Un bouclier invisible enveloppa le Jedi qui fut ainsi préservé de l'offensive de Baritha. Cette dernière tenta évidemment de forcer les défenses érigées par la jeune magicienne des Chutes Brumeuses mais en pure parte.
La confrontation s'enlisa indécise pendant de longs instants interminables jusqu'à ce qu'Asajj Ventress y mette un terme. L'ancienne Jedi Noire catapulta sa botte dans la tempe de la Soeur de la Nuit qui s'étala sur le flanc à moitié assommée et ne fit plus un geste lorsqu'elle fut maintenue en respect par ses deux sabres lasers.
Oreste et Tzipah se rapprochèrent de la Dame du Pardon pour la couvrir.
-Tu m'a épargnée la dernière fois, fit alors la Soeur de la Nuit à celle qui fut autrefois l'élève de Ky Narec sur Rattatak.
-Et je t'épargne encore cette fois, répondit Asajj qui désactiva ses deux sabres. Une Jedi n'achève pas ses ennemis désarmés. Je pourrais te faire prisonnière et te ramerner à ton clan d'origine la Montagne Qui Chante mais ce serait une perte de temps.
Elle la laissa se relever, la Soeur de la Nuit étant surprise de s'en tirer à si bon compte.
-Alors pourquoi?
-Aussi longtemps que tu vivras et que tu commanderas aux Soeurs de la Nuit en lieu et place de Getzherion, la situation demeurera sous contrôle. Aucune des tiennes n'ira se disperser pour se rallier aux impériaux.
Barukka plissa les yeux, suspicieuse.
-Tu as encore gagné mais ce n'est pas terminé, Dame du Pardon. Nous nous reverrons.
-Si c'est le cas, ce sera avec plaisir.
La Soeur de la Nuit se détourna, crispée de fureur. Elle ordonna sèchement à ses compagnes plus ou moins mal en point de ramasser les mortes et les armes.
Tzipah observa alors la grimace du jeune corellien qui désapprouvait le choix d'Asajj. Il attendit que les Soeurs de la Nuit se soient eclipsées pour leur faire partager son point de vue.
-Là votre générosité était plutôt mal placée, grogna-t-il.
-Pourquoi? L'interrogea la rattataki.
-Quand on a l'occasion d'éliminer un ennemi, on ne laisse pas passer une telle opportunité. Vous savez très bien qu'elle cherchera à se venger.
-J'aurai donc du l'achever, c'est cela que tu essaies de me dire?
Ils avaient repris le chemin du retour vers les Chutes Brumeuses, de nouveau guidée par la jeune Sorcière.
-Exactement, insista sèchement l'ancien apprenti de Halcyon.
-Tu parais de moins en moins Jedi à chaque instant qui passe.
-J'apprends à m'adapter, c'est tout. Après tout, vous en avez fait autant sur votre planète natale et pendant la dernière guerre.
-Je n'en suis pas fière et depuis mon arrivée ici, je tente d'en tirer les leçons. Sur ce que le comte Dooku a fait de moi.
-Ce n'est pas comme ça qu'on aide efficacement les gens.
La jeune Proche Humaine fit volte face alors pour lui bloquer le passage.
-Et que crois-tu que je suis en train de faire, Oreste Tissan?
Le jeune corellien se mordit la lèvre inférieure discrètement, se rendant compte qu'il avait été un peu trop loin.
-Vous pourriez être plus utile aux gens si vous vous décidez à faire ce qui est nécessaire.
-C'est-à-dire?
-Entrer en guerre contre l'Empire.
-Ah nous y voilà.
Tzipah qui avait pris les devants, revenait lentement sur ses pas, curieuse que ses deux compagnons aient cessé de la suivre. Si elle s'approchait jusqu'à portée de voix, elle ne tarderait pas à connaître le véritable sujet de leur conversation.
Oreste n'y tenait pas vraiment.
-Dame du Pardon?
-Nous venons Tzipah.
À l'adresse du Jedi, Ventress ajouta à mi voix.
-Nous en reparlerons lorsque j'en aurai terminé aux Chutes Brumeuses.
Il soutint son regard froid devinant que la suite de leur conversation serait assez tendue.

Voilà ce sera tout, à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 07 Septembre 2017, 22:50 
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Bonsoir, je vous publie la suite!

Leur retour ne manqua pas de provoquer des murmures sur leur passage lorsque la matriarche en personne vint les accueillir dans le hall de la forteresse troglodyte du clan.
Remora A'alta escortée de plusieurs gardes salua l'ancienne Jedi Noire.
-Bienvenue Dame du Pardon.
-Merci, vous savez pourquoi je suis ici?
Asajj Ventress ignorait superbement les regards noirs que lui décochèrent quelques Sorcières, pas vraiment ravies qu'elle les honore de sa présence. Parmi elles, Orcheron, revenue de patrouille.
-Oui, mais il était inutile de faire tout ce chemin. Nos prêtresses sont tout à fait compétentes pour soigner la maladie de Neami.
-Pardon, Mère de clan, s'excusa Ventress. Si c'était le cas, Tzipah et le Jedi n'auraient pas pris autant de risques pour venir jusqu'à moi.
Les clameurs s'élevèrent tout autour, provenant de certaines magiciennes qui semblaient outrée de l'audace de celle qu'ils considéraient à peine qu'une paria. Jusqu'à ce qu'une membre des Chutes Brumeuses n'émergea de leurs rangs.
-Mère de clan, c'est moi qui ai requis la présence de la Dame du Pardon.
Toute l'attention de tous convergea vers Sira.
-En faisant cela, tu insultes notre clan! L'invectiva Orcheron. N'as-tu donc pas foi en la Magie d'Allya?
-Autant que n'importe laquelle de toutes mes Soeurs. Mais je ne me sacrifierais pas ma fille à la foi aveugle de certaines.
Remora A'alta éleva une main impérieuse pour calmer la tension croissante.
-Ce qu'a fait Sira, n'importe qui parmi nous l'aurait fait. Elle ne sera pas sanctionnée car cela ne constitue pas une violation flagrante de nos lois.
-Mais Mère de Clan, protestait Orcheron, le Livre de la Loi..
La chef de clan l'interrompit d'un simple regard. Oreste estimait être très impressionné par l'impact du moindre de ses faits et gestes.
-As-tu vraiment lu le Livre de la Loi, Orcheron? En as-tu saisi les diverses interprétations qui découlent de ce que Allya nous a léguées?
-Allya spécifie clairement que chacune d'entre nous doit respecter ce qui a été crée. Que la mort et la vie font partie d'un seul et même cycle. Et que nous n'avons pas à interférer en aucun cas avec ce cycle.
-Je ne laisserai pas mourir ma fille!
Sira semblait scandalisée par le détachement dont faisait preuve Orcheron qui appuyait son argument sur des interpratétions personnelles de l'usage de la Force. La matriarche comprit cela aisément et mit fin à ce débat stérile.
-Dame du Pardon, Neami a besoin de ta science.
-Oui, Mère de clan.
Asajj Ventress fendit la foule, guidée par Tzipah et Sira, suivie par Oreste Tissan qui surprit un dernier regard noir lancé par Orcheron dans leur dos.
Lorsqu'ils retrouvèrent la jeune fille toujours allongée sur le sol, son état était demeuré stationnaire en leur absence. Climber la veillait, assisté de Gelfran qui avait réussi semble-t-il à se libérer de ses obligations.
Le clone et le contrebandier relevèrent la tête à leur irruption. Sans perdre de temps, Asajj Ventress s'accroupit parmi eux et fouilla vivement sa besace pour en exhiber les plantes qu'elle avait cueillis. Oreste, Tzipah et Sira restaient à l'écart, l'observant retirer la couverture pour examiner les chevilles nues de la malade.
-Une morsure de vipéreau Kodashi, annonça peu après la rattataki borgne.
Tous s'approchèrent pour étudier les traces minuscules de crocs qui trouaient l'épiderme juste au-dessus du talon. La mère de la jeune patiente palit lorsqu'elle comprit ce que cela impliquait.
-Peux-tu la sauver, Dame du Pardon?
Sa voix n'était plus qu'un souffle implorant.
-Le venin des vipéreau n'est pas mortel même s'il est suffisamment puissant pour créer un état d'extrême faiblesse, expliqua calmement l'ancienne apprentie de Dooku. Elle est chanceuse de ne pas avoir été piquée par une vipére adulte.
Sira sembla beaucoup mieux respirer. À cet instant, la jeune fille rouvrit les paupières et émit un hoquet de stupeur lorsqu'elle fixa un oeil artificiel qui étincelait sous un sombre capuchon. Ventress s'empressa d'apaiser sa méfiance instinctive.
-Neami, c'est bien cela?
-Oui, croassa-t-elle. Vous êtes la Dame du Pardon?
-Si l'on veut. Ta mère m'a demandé de te soigner.
-Mais les prêtresses m'ont promise..
-Fais-lui confiance, fit alors sa mère qui lui donnait presque un ordre.
Neami hocha la tête et Oreste la sentit se détendre légèrement, bien qu'elle continuait à éprouver de l'appréhension. Après tout, il y avait de quoi.
Il ne fallait pas oublier que peu avant la fin de la Guerre des Clones, Asajj Ventress avait acquis une réputation de boucher sans retenue. Maintenant, elle n'était plus l'ennemie même si Oreste n'était pas vraiment certain de remettre sa vie entre ses mains.
-Je vais cautériser ta plaie, indiqua-t-elle à la jeune dathomirienne. Serre les dents.
La poignée crochue d'un de ses sabres apparut dans son poing et l'activation de l'arme fit sursauter tout le monde. Asajj Ventress agit si rapidement, glissant la pointe de la lame crépitante sur la peau que Neami n'eut pas le temps d'émettre le moindre glapissement.
Tout juste grogna-t-elle dans sa barbe lorsqu'une sensation de chaleur engourdit sa cheville avant de se dissiper.
La guérisseuse ordonna ensuite à Climber de lui passer une écuelle pour la remplir d'eau. Elle y trempa et broya quelques pétales.
Cela terminé, elle approcha la coupe des lèvres de Neami qui fut secondée par Gelfran qui la soutint par les épaules. La patiente but tout jusqu'à la dernière goutte avant que l'ex Jedi Sombre ne se releva en reprenant sa besace.
Elle s'approcha de Sira pour lui laisser quelques recommandations.
-Je lui ai donné un sérum. Pendant quatre jours, continue à lui faire manger ces plantes pour diminuer sa fièvre.
Elle lui présenta une poignée de fleurs violettes que la Sorcière s'empressa de ranger sur une table.
-Comment puis-je te remercier, Dame du Pardon?
-Je ne fais que rendre service, Sira.
-Laisse moi t'offrir un de mes hommes comme esclave. Je tiens à payer ma dette envers toi.
-Ce n'est pas nécessaire.
Oreste s'en méla alors.
-Si vous voulez payer votre dette à la Dame du Pardon, proposa-t-il, rachetez Gelfran Delen à Orcheron et rendez-lui sa liberté.
Sira soutint ses yeux verts et gris acérés, qui appuyaient fermement sa suggestion. Avant d'interroger silencieusement Ventress qui hocha la tête en guise d'approbation. La propriétaire des lieux se rangea à cette option.
-Très bien, je le ferai.
Asajj qui avait accompli ce qu'elle devait faire, contourna Sira et s'éclipsa, suivis de tous ceux qui étaient étrangers à sa demeure. Ils retrouvèrent au bas des escaliers la matriarche du clan qui lança à Ventress:
-Eh bien?
-C'est fait, Mère de clan. Neami se rétablira bientôt.
-La Dame du Pardon sera toujours la bienvenue aux Chutes Brumeuses et je demanderai aux autres clans de te réserver un bon accueil.
En guise de reconnaissance, Ventress inclina la tête rapidement. Tout le monde s'écarta devant elle tandis que Tzipah et Oreste l'escortèrent jusqu'à la sortie. Lorsqu'ils parvinrent jusqu'à la lisière de la forêt, la guérisseuse demanda à la jeune Sorcière:
-Laisse nous Tzipah. Le Jedi et moi devons reprendre notre conversation là où nous l'avons laissé, ajouta-t-elle en direction du jeune corellien.
La dathomirienne surprit l'air lugubre qui assombrissait les traits de celui-ci. Il passa devant elle tout en tentant de conserver une contenance pour sauver les apparences.
-Ca ira, lui fit Oreste.
Après une brève hésitation, elle se détourna pour prendre du champ tout en continuant de les observer.
Asajj Ventress entra sans prendre de gants dans le vif du sujet.
-Ta vengeance contre l'Empire n'apportera rien de bon à qui que ce soit. La vie est assez dure comme cela, comme tu as pu le remarquer.
-Vous vivez peut-être libre, mais ca ne durera pas. J'ai vu cet Empire d'assez près pour comprendre qu'ils ne s'imposeront aucune limite tant que personne n'aura le courage de leur résister.
-Tu penses que tu en as appris suffisamment pour prendre tes responsabilités? Personne ne te suivra dans une guerre que tu n'as aucune chance de remporter. J'ai servi le Comte Dooku et j'ai vu ce qui se passait lorsqu'on se dressait contre lui.
Une lueur de tristesse passa sur le front de l'ancienne ennemie de la République.
-Je le sais mieux que quiconque car il m'a chargée lui-même plus d'une fois de détruire ses opposants. De les briser comme des brindilles.
-Je ne renoncerai jamais et je peux très bien me passer de vous. Sans devenir comme vous, celle que vous avez été pendant la guerre.
Le ton de l'ancien apprenti de Neeja Halcyon devint sans équivoque. Celui de quelqu'un déterminé à s'engager dans une quète sans retour en arrière possible.
-Tu cours alors à ta perte, lâcha-t-elle dans un souffle où pointait la pitié. Pourquoi?
-L'Empire a détruit ceux que j'aimais, sous mes yeux. Je me suis juré de leur rendre le mal qu'ils m'ont infligé. À n'importe quel prix.
-La vengeance ne te mènera à rien, ce n'est pas une voie que tu devrais suivre. Tes maîtres te le diraient.
Le corellien approcha alors son visage à quelques centimètres du sien. La rattataki sentit la rage sourde qui transpirait dans chacune de ses cellules. En chacun de ses mots.
-Que savez-vous de la voie des Jedi? Vous n'en avez jamais été une!
-Non, reconnut-elle. Mais je m'efforce d'en redevenir une, en essayant de trouver la paix.
-Parce que votre premier maître Ky Narec vous l'a dit?
Le mépris d'Oreste s'émoussa sur son teint pâle et gris.
-Non parce qu'un homme de bien m'a révélé la vérité sur ce que je pouvais être, alors que j'étais au seuil de la mort.
-Comment avez-vous survécu? Les rapports sur la bataille de Boz Pity mentionnent que la navette médicale dans laquelle vous avez été soignée a disparu sans laisser de traces.
Le regard de Ventress s'égara au loin lorsqu'elle se souvint des derniers instants fatiques des combats intenses et acharnés qui avaient déchiré cette planète où elle avait été soignée dans un centre médical séparatiste.
Une bataille dont elle avait été elle-même l'enjeu principal.
-Après être grièvement blessée, j'ai été transférée dans une navette médicale. Malgré la gravité de mes blessures, les techniques de méditation Sith m'ont permis de me rétablir temporairement et j'ai donc demandé aux pilotes de changer de cap.
-Vous voulez dire que vous les avez forcés avant de les tuer.
-Ils ne sont pas morts de mon fait.
Sa spontanéité ne fit aucunement douter de sa sincérité au jeune homme.
-Une patrouille séparatiste nous a interceptés en bordure du secteur et nous nous sommes écrasés à la surface de Dathomir. Ils n'ont pas survécu au crash.
-Vous les avez au moins enterrés?
Elle percevait le sarcasme qui suintait dans sa question mais demeura stoïque.
-Oui, à mains nues.
Oreste comprit qu'elle pensait ce qu'elle disait et ravala la pique qu'il s'apprêtait à lui lancer. Et enchaîna à la place une autre question.
-Vous dites que les séparatistes vous ont attaqué. Vous les fuyiez?
-Je fuyais la guerre, je voulais m'en éloigner le plus possible.
Il grimaça de scepticisme.
-Fuire la guerre? Je m'attendais à ce que vous tentiez de rejoindre Dooku.
-Je ne l'ai pas fait car il m'a trahie.
Une fêlure perçait dans son souffle, signe d'un traumatisme qui l'avait marqué durablement.
-Il a tenté de m'abattre alors que je courrais pour le rejoindre. C'est à cet instant que j'ai appris beaucoup de choses ou du moins que j'en ai redécouvertes certaines. Sur Dathomir, j'ai de nouveau appris ce qu'était la Force.
Elle exhiba de sous ca cape, une bure trouée qui avait appartenu à un Chevalier Jedi. Elle le considérait avec un détachement empreint de nostalgie.
Avant de redresser la tête pour croiser son regard curieux.
-C'est pourquoi je te demande encore une fois de ne pas te lancer dans une guerre qui nous précipiterait dans les ténèbres.
-C'est peut-être déjà le cas. Vous ne sentez pas que les Soeurs de la Nuit grignotent peu à peu de l'influence?
-C'est vrai.
-Une guerre contre l'Empire permettrait d'y rémédier. Une pierre, deux coups.
La rattataki secoua la tête d'un air peu convaincu tant qu'elle rangea ce qui ressemblait à un chiffon abîmé sous sa bure.
-Tu présumes trop de tes chances, lui confia-t-elle.
-Sauf si nous pouvons étendre notre mouvement au reste de la galaxie.
Il ne parvint pas à emporter son adhésion.
-L'Empire écrasera ta rébellion dans l'oeuf avant qu'elle ne gagne de l'importance.
-Si nous restons inactifs, les Soeurs de la Nuit pourraient chercher du soutien chez les impériaux pour soumettre tous les clans de Sorcières.
-L'équilibre sur Dathomir est précaire, affirma l'ancienne apprentie du Comte Dooku. Mais il existe bel et bien.
-Cela ne durera pas éternellement.
-Tout ce que tu entreprendras de faire ne ferait que le briser. C'est pourquoi je ne te soutiendrai pas, conclut-elle.
Le corellien encaissa le coup sans broncher. À vrai dire, il n'en était aucunement surpris.
-Vous vous opposerez à moi?
-Ce ne sera pas à moi de le faire. Je laisserai la Force en décider.
Elle rabattit le grand capuchon sur son crâne chauve tatoué avant de tourner les talons pour regagner son modeste foyer.
Elle s'était à peine éloigné de quelques pas en direction de sa modeste demeure lorsqu'Oreste l'interpella une nouvelle fois.
-Vous m'avez parlé d'un homme qui vous avait ouvert les yeux sur ce que vous pouviez redevenir. Qui était-ce?
Elle freina un instant pour pivoter à moitié vers lui.
-Il s'appelait Obi Wan Kenobi.
L'ombre des pins géants enveloppa ensuite sa silhouette musclée et athlétique tandis que le corellien rumina sa frustration d'avoir certainement échoué à gagner à sa cause, une alliée très précieuse.

Voilà j'espère que cela vous a plu, à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 13 Septembre 2017, 14:51 
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Bonjour, je vous publie la suite ;) !

Dathomir, prison impériale

-Je ne m'attendais pas de sitôt à votre visite, inquisitrice.
La chiss non humaine plissa les paupière, ses yeux rubis ensanglantés dardant une irritation instantanée sur ce prisonnier humain, ce déchet vêtu de haillonts crasseux aux mains enchaînés qui suspendaient son corps amaigri, debout en équilibre forcé sur ses appuis.
Dans ce cachot creusé dans le sol rocailleux de Dathomir où ne perçait nulle lumière, ses traits tirés témoignaient des privations et des brimades à laquelles il avait été soumis. Mais cet homme quiquagénaire avait résisté.
-Je suis venu vous annoncer, Vandrack, qu'un autre de vos hommes vient de payer le prix de votre entêtement.
-Nous sommes des soldats au service de Chelloa, Soia Tenn. La mort fait partie des sacrifices que nous avons consenti pendant la dernière guerre.
L'humain qui arborait une barbe longue grisonnante releva la tête en guise de défi éloquent et tenta de se redresser. Malgré sa relative faiblesse physique, il ne semblait guère avoir perdu sa vivacité d'esprit.
-Vous êtes un ennemi de l'Empire, fit-elle en le saisissant férocement par le col pour approcher son visage du sien. Je vous briserai en venant vous annoncer chaque jour, la mort d'un de vos hommes. En vous laissant dépérir à petit feu.
Morgan Vandrack demeura cette fois muet, car il n'avait rien à répondre. Elle le lâcha, le laissant se balancer au bout de ses chaînes
-Je ne regrette aucun de mes choix, sauf peut-être de m'être laissé capturer avec mes hommes en vous croyant sur parole.
-Et vous les laissez payer à votre place le prix de votre bêtise et de votre aveuglement idéaliste en faveur des séparatistes. Vous les laissez souffrir et agoniser à votre place, ne trouvez-vous pas cela injuste pour eux et leurs familles?
Le natif de Chelloa et ancien ennemi acharné de la République continuait de soutenir son regard. Il avait parfaitement compris la manoeuvre de la chiss qui visait à laisser s'insinuer la culpabilité qui l'affaiblirait à terme. Qui rongerait sa résistance psychologique.
-Vous n'avez que quelques mots à dire, Morgan. Seulement quelques mots et je vous laisserai rentrer chez vous avec tous vos hommes encore en état de penser. Manqueriez-vous à ce point de compassion?
-C'est drôle, j'allais vous poser la même question. Rappelez-moi ce que je suis censé dire pour faire cesser tout votre cirque.
-Que vous me suppliez, que vous acceptiez de ramper à mes pieds comme un cloporte.
Le chelloan soupira, étouffant un rire qui élançait ses bras endoloris.
-Vous vous ennuyez à ce point là? Désolé madame, mais ce n'est pas le genre de la maison.
À peine avait-il répondu qu'il se cabra de douleur sous les éclairs qui fourchèrent autour de sa poitrine.
-Vous allez me supplier, Vandrack. Ou je vous forcerais à assister aux derniers instants de vos soldats.
-J'en ai pris l'habitude sur les champs de bataille. Et même aussi celle où je devais annoncer la bonne nouvelle à leur famille, ajouta-t-il avec une sombre ironie. Je les vois encore s'effondrer devant moi, ceux ou celles dont le chagrin leur était insupportable. Une veuve s'est même arraché les yeux devant ses propres enfants.
Le capitaine chelloan racontait tout cela d'un ton impersonnel. Son regard las en disait long sur les horreurs de la dernière guerre qui avaient frappé son monde natal. Il avait été aux premières loges, ce n'était rien de le reconnaître.
-Tout ca pour vous dire que vous ne m'impressionnez pas. À cet instant, j'ai même pitié de vous, vous savez.
Soia Tenn ne put s'empêcher de le fixer, complètement désarçonnée par son calme. Elle avait pris l'habitude de se repaître du désespoir des prisonniers comme d'une drogue addictive contre laquelle elle ne pouvait se sevrer.
Mais cet officier venu d'un endroit insignifiant, réduit à un désert stérile brisé par les exactions de la guerre, lui tenait tête. Comme s'il était au-dessus de tout. Il ne craignait plus rien.
-Je crois savoir pourquoi vous dirigez une telle prison. Pas parce que vous l'avez choisie. Entre nous, si vous aviez le choix, nous n'aurions pas cette conversation.
Il arborait un sourire presque condescendant.
-En fait, vous êtes ici parce que les maîtres qui vous emploient estiment que vous n'êtes pas assez compétente pour mériter une position plus élevée que celle-ci. Finalement nous faisons partie du même lot, vous et moi.
C'en était trop pour l'inquisitrice chiss qui concentra la Force en elle.
-Nous ne sommes pas égaux misérable insecte, cracha-t-elle avec dégout.
Elle tendit de nouveau la main, et le détenu politique tressauta lorsqu'un éclair de Force frappa sa poitrine. Il se balançait au bout de ses chaînes à moitié évanoui lorsque l'adepte du Coté Obscur perçut la présence d'un clone qui venait d'entrer dans la cellule.
-Madame, nous avons de la visite.
-De la visite?
Le soldat fixa à peine à le corps du prisonnier qui reprenait peu à peu tous ses esprits.
-Je pense que vous feriez d'aller venir voir.
-Très bien, de toute façon j'en ai terminé ici, affirma la non humaine. Pour l'instant.
Elle resserra le capuchon sur la tête avant de contourner le clone qui la suivit sans discuter.
Lorsqu'elle parvint à l'enceinte, une tension palpable électrisait ses perceptions. Des soldats clones couraient fébrilement pour rejoindre leur poste, fusil blaster au poing tandis que d'autres s'engouffraient dans des bipodes.
Ailleurs des sentinelles se regroupaient autour de batteries construites au sommet de tours qui dominaient la silhouette de la prison impériale. La chiss s'avança vers le champ de protection, le poing serré autour de la crosse de son sabre laser.
Elle découvrit de l'autre coté, une dizaine de silhouettes sinistres féminines athlétiques qui la surveillaient. La non humaine fronça les sourcils, perplexe. Les magiciennes autochtones qui troublaient la tranquilité de leur base, s'exposaient délibérément à leur puissance de feu. Visiblement seules.
Ce qui n'était pas le cas. Elle percevait plusieurs échos autour de la prison qui devaient guetter leurs moindres faits et gestes. Le moindre écart donnerait une raison visible à leurs visiteuses d'agir contre eux.
-Qui êtes-vous et que voulez-vous?
Une dathomirienne aux traits défigurés par les stigmates de vaisseaux sanguins éclatés s'approcha à moins d'un mètre du bouclier énergétique. Elle paraissait diriger le groupe et son regard plongea dans ses iris rouges ensanglantés.
-Nous sommes les véritables Filles d'Allya.
Soia Tenn étudia avec méfiance sa tenue en peaux d'écailles qui renvoyaient des éclats sombres, aspirant la lumière du jour.
-Et nous souhaitons coopérer avec votre Empire.
-Vraiment? Qu'avons-nous à y gagner l'une et l'autre?
Un imperceptible sourire flotta sur les lèvres de la Soeur de la Nuit Baritha.
-Nous sommes pour vous de vulgaires parias mais nous savons beaucoup de choses grâce à quelques évadés et soldats égarés qui sont tombés entre nos mains. Nous savons ce que vous cherchez et nous sommes en mesure de vous l'offrir.
-Je cherche un Jedi.
La Soeur de la Nuit élargit son rictus.
-En échange du sorcier des étoiles, nous exigeons immédiatement la libération de nos Soeurs que vous détenez. Y compris celle de mon amie Getzherion Djo.
-Qui me garantit que vous tiendrez parole?
L'autochtone demeura imperturbable, ignorant froidement l'objection de la chiss qui n'était pas disposée à lui accorder la moindre confiance.
-En outre, nous exigeons que vous nous aidiez à faire reconnaître notre légitimité à nos autre Soeurs égarées.
À juste titre, la non humaine impériale jugea ces exigences inacceptables.
-Vous ne manquez pas d'audace, pesta-t-elle. Vous croyez être en mesure de me dicter vos conditions?
Elle fit un geste de la main et les soldats clones raffermirent leur index sur la détente, prêts à ouvrir le feu. Baritha leva la tête et considéra la situation sans paraître le moins du monde effrayée.
-Vous êtes sans doute très bien à l'abri là où vous êtes, fit remarquer la Soeur de la Nuit. Mais en dehors, votre Empire ne représente rien pour les autres clans. Si vous voulez vous imposer durablement, vous aurez besoin de nous.
-J'ai besoin d'y réfléchir, temporisa l'inquisitrice.
Cette dernière avait pris conscience que ses menaces n'auraient pas le moindre effet. Elle ne pouvait pas les mettre à éxécution sans en subir les conséquences.
-Très bien, consentit la Soeur de la Nuit. Mais ne réfléchissez pas trop longtemps, notre patience n'est pas illimitée. Et celle des autres clans non plus.
Il n'y avait plus rien d'autre à ajouter. La chiss dut reconnaître intérieurement qu'elle n'avait pas été à son avantage dans cette discussion. Surtout que le désastre de la veille avait été implicitement mentionné.
Baritha rejoignit les siennes et les Soeurs de la Nuit retrouvèrent la protection de la forêt de pins sans être aucunement inquiètées.
-Madame?
Elle se tourna pour observer le commandant de la garnison, le colonel Samon. Un homme plutôt âgé à l'embonpoint prononcé qui suait malgré lui sous son uniforme dont les coutures craquaient sous les effets d'un engraissement progressif.
-Vous avez l'intention d'accepter? Lui demanda-t-il.
-Non pas pour l'instant.
Il arbora un air plus rassuré.
-Tant mieux, car j'ai entendu de drôles d'histoires sur ces femmes là. Celles qui se font appeler les Soeurs de la Nuit. Nous avons recueilli des esclaves, des hommes qui nous ont décrit les tortures qu'elles leur feraient subir.
-Il est possible qu'ils mentent.
Le visage bouffi de Samon s'assombrit légèrement.
-Au début, je le pensais. J'ai fait examiner les blessures de certains d'entre eux par les médecins de la prison et ils m'ont affirmé qu'elles étaient tout sauf naturelles. Ne leur accordez pas la moindre confiance.
-Je sais très bien ce que j'ai à faire, trancha-t-elle sèchement.
-Si elles sont venues négocier, c'est parce que nous sommes en position de faiblesse à cause des pertes que nous avons essuyé lors de votre dernière escapade.
Samon malgré ses airs d'aristocrate reposant sur ses lauriers superficiels, ne retenait guère un sacré tempérament.
-Alors nous allons anticiper leur retour. Nous ne pouvons pas permettre qu'un Jedi erre à sa guise sur Dathomir.
-Pour l'instant, nous n'avons pas les moyens de lancer une nouvelle expédition.
-Nous les aurons de nouveau, affirma-t-elle avec conviction. Je sais que Le Poing d'Acier est stationné quelque part dans le système. Contactez le capitaine Zsinj et demadez-lui de nous envoyer des renforts.

Voilà, j'espère que ça vous plaira! à la prochaine :) !


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MessagePublié: 19 Septembre 2017, 22:24 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite!

Trois jours, après l'arrivée d'Oreste Tissan sur Dathomir

Oreste se réveilla tout à coup et se redressa sur ses coudes, tel un ressort détendu. Il épongea son front perclus de sueur d'un revers de la main et ne remarqua que plus tard la jeune Sorcière brune qui l'observait d'un air inquiet sous son casque.
-Encore un cauchemar? Lui demanda Tzipah.
Le jeune corellien se leva sur ses appuis, se drapant dans sa bure verte marécage avant de soutenir son regard perçant. Le jour semblait s'être levé depuis longtemps et la lumière du soleil envahissait la demeure de la dathomirienne.
-Oui, répondit-il la mine fermée.
-Qui est Beliem?
La question le prit de court et il détourna le regard.
-C'est le nom que tu n'arrêtais pas de murmurer pendant que tu dormais.
Tzipah comprit à l'attitude fuyante du jeune hors monde qu'elle avait remué une corde sensible. Et cela se confirma lorsqu'il lui lança avec raideur.
-Tu poses trop de questions. Où sont Gelfran et Climber? Demanda-t-il pour changer de sujet.
-Ils sont au travail.
-Comment ça, au travail?
Le rescapé de l'Ordre 66 avait le sentiment d'éprouver un réveil très difficile ce matin.
-Tu les as obligés? Demanda-t-il d'un ton furibond.
-Climber s'est porté volontaire pour enseigner à certaines de nos Soeurs le maniement des blasters. Quand à Gelfran, il appartient toujours à Orcheron.
-Tu n'as pas demandé à Sira de le racheter? Depuis le temps..
-Orcheron ne cèdera pas ton ami facilement. Elle l'a capturé de ses propres mains et la matriarche lui accordé la permission d'en faire le père de ses enfants, lui rappelait-elle.
-J'ai très compris qu'elle respectait les traditions à la lettre. Ca ne veut pas dire pour autant que je vais continuer à accepter cela éternellement.
-Sira prépare le rachat avec beaucoup de soin. Laisse lui un peu de temps.
Le jeune corellien émit un grognement bas lorsqu'il rajusta sa ceinture autour de la taille avant d'y accrocher son sabre laser.
-J'ai été assez patient comme ça.
Il passait devant elle, l'air farouchement déterminé à améliorer le sort du contrebandier lorsque Tzipah l'arrêta d'une main ferme sur l'épaule. Sa poigne de duracier vigoureuse surprit le Jedi qui croisa son regard.
-Ne fais rien d'irréparable, lui intima-t-elle.
-Pourquoi?
-Parce que tu n'es que toléré pour le moment. Tu n'as pas gagné la confiance de toutes mes Soeurs, lui expliqua-t-elle.
L'intensité de l'éclat de ses yeux bleus azur fit hésiter le jeune homme, qui crut voir y briller au fonds une lueur de douceur et de supplication.
-Et toi?
-Je veux seulement t'aider, Oreste.
Sa hargne avait alors disparu lorsqu'il lui pria:
-Prouve le moi.
Elle enleva sa main de l'épaule et le suivit de près, la paume posée en évidence sur la garde de son épée électrique de manière nonchalante. Lorsqu'ils descendirent jusqu'au hall, ils croisèrent et saluèrent les quelques Sorcières qui en assuraient la garde.
Il surprit leur regard où continuaient de se méler la curiosité et la méfiance. Tzipah avait donc raison sur un point. Sa présence ici n'était que tolérée, le moindre dérapage de sa part pourrait avoir des conséquences sérieuses.
Il se félicitait en cet instant d'avoir Tzipah à ses cotés. Sa présence constituait pour lui une sauvegarde qui lui assurait de pouvoir se promener partout où il le souhaitait. Il était certainement le seul homme à pouvoir jouir d'une telle liberté de mouvement dans une société aussi matriarcale. Ils longèrent le lac avant d'apercevoir de l'autre coté un homme qui paraissait superviser des exercices de tir au blaster.
Oreste escortée de son amie décida de s'en approcher pour entendre Climber donner des conseils aux quelques Sorcières qui avaient récupéré des armes de poings antiques mais toujours en état de marche.
-N'oubliez pas, répétait-il, ce sont vos yeux qui font l'essentiel du travail. Vos mains ne servent qu'à bloquer votre fusil contre l'épaule et à presser la détente.
Le clone conscient qu'il était face à des femmes qui avaient acquis l'habitude de dire à leurs hommes ce qu'ils devaient faire, choisissait prudemment les mots qu'il employait de manière à ne pas paraître trop impérieux.
Il leur demanda de s'aligner face aux cibles.
L'ancien soldat mutin de Murkhana apercevant la présence du Jedi et de la Sorcière leur accorda un bref regard avant de se concentrer sur la formation. Tous deux s'éloignèrent pour le laisser exercer son art d'instructeur improvisé et retourner vers les contreforts montagneux.
Ils croisèrent en chemin un groupe d'hommes qui tiraient derrière eux un tronc de pin élagué. Parmi eux ils reconnurent Gelfran Delen qui serrait les dents, sous le coup de l'effort qu'il devait fournir. Il n'était plus tout jeune et les autres dathomiriens étaient avantagés par un physique bien plus massif et sculpté.
Ils progressèrent quelques mètres avant de lâcher les cordes qu'ils avaient enroulés autour de leurs mains pour s'accorder une pause. Une jeune Sorcière blonde qui les commandait alla droit au contrebandier.
Oreste devina malgré la distance qu'elle le fustigeait pour son manque de performance. Il perçut que Gelfran fulminait intérieurement, se retenant d'exprimer son point de vue avec véhémence. Le corellien décida alors que c'en était assez.
-Cette fois, la comédie a assez duré.
De nouveau Tzipah le retint d'une main coriace sur l'épaule.
-Non attends, lui fit-elle.
Alors qu'il s'apprêtait à l'apostropher, elle lui montrait d'une inclinaison raide du menton la Sorcière Sira qui s'approchait du contrebandier et d'Orcheron. Avec dans son sillage deux hommes trapus à l'air absent.
Sira aborda sa consoeur et les tractations pour le rachat de Gelfran des mains de sa matrone débutèrent sans préambule. La négociation fut âpre car comme l'avait prévu Tzipah, Orcheron était motivée à le garder.
Jusqu'à ce que Neami, la fille de Sira qui s'était remise grâce à la médecine de Asajj Ventress, vint à leur hauteur avec des vêtements en peau d'écailles finement travaillées. Elle les présenta à Orcheron qui les examina avec minutie. Elle était visiblemet satisfaite et c'est ce qui aida à conclure l'affaire.
Sira se dirigea avec sa fille vers Oreste et Tzipah, en emmenant Gelfran par la main. Elle le lâcha avant de proclamer solennellement:
-Gelfran Delen, tu es libre.
Le visage du contrebandier s'éclaira de reconnaissance.
-Merci, répondit-il.
-Ne me remercie pas. J'avais une dette, je la paies.
Elle se détourna après avoir croisé le regard de sa consoeur de clan et celui du Jedi qui se tenait à ses cotés. Celui-ci accueillit le contrebandier d'un sourire malicieux.
-Bienvenue parmi les vivants.
-Tu en as mis du temps, grogna Gelfran avec une grimace dubitative.
-J'ai tenu ma promesse de vous tirer de là, non? Rétorqua Oreste, un peu déçu de son attitude.
-Oui, c'est l'essentiel.
Les yeux du vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark trahissaient les intentions de celui qui avait un projet en tête.
-Bon puisque je suis un désoeuvré, je vais essayer de trouver de quoi réparer la navette ici et dans les environs.
-Il n'est pas conseillé pour les hommes de se promener seul aux frontières de notre territoire, fit remarquer la jeune Sorcière.
Gelfran quéta le soutien d'Oreste d'un simple coup d'oeil de connivence.
-Eh, on se détend. Il y aura un Jedi avec moi ou comme vous dites avec tant d'élégance un sorcier tombé des étoiles.
Il avait prononcé ces mots en imitant les sonorités locales en basic. Ce qui ne fit pas rire Tzipah.
-Pas vrai, gamin?
-Je ne sais pas, éluda le corellien. C'est quoi votre idée, au juste?
-Repartir d'ici, bien sûr. Pour un coin un peu plus idyllique, ce n'est ce que tu veux aussi? Rien ne nous retient ici, tous les trois.
Au moment de leur naufrage sur Dathomir, la proposition aurait suscité un intérêt non négligeable pour Oreste et aussi pour Climber. Mais en cet instant, le corellien ne sentait guère motivé à l'idée de quitter ce monde perdu et ignoré du reste de la galaxie.
Car il plongea ses yeux verts et gris dans la mer bleue paisible des prunelles de Tzipah qui semblait attendre beaucoup de lui. Et quelque chose au fonds de lui le poussait à ne pas décevoir ses attentes, quitte à subir la malédiction de sa famille.
-Je n'en serais pas si sûr à votre place, Gelfran.
Le contrebandier parut surpris un bref instant avant que le corellien ne lui ajouta:
-Elles ont besoin de mon aide contre les Soeurs de la Nuit.
-De ton aide? Tu es certain que c'est cela qui te motive vraiment à rester?
-Je n'ai pas à me justifier.
Gelfran fronça les sourcils.
-Je commence à très bien te connaître.
Il passa devant le jeune homme sur cette phrase emplie de sous entendus. Ce qui fit demander à Tzipah decontenancée:
-Qu'a-t-il voulu dire?
-Rien, il s'inquiète pour moi. C'est tout.
La réponse contenta la jeune femme qui ne chercha pas à en savoir plus. Il priait intérieurement que sa curiosité ne soit pas éveillée par de nouveaux paramètres. Qu'elle ne découvre jamais ce qui le motivait vraiment à rester sur Dathomir.
Mettre la main sur le Bâton Obscur. Il avait de nouveau vu en rêve cet artefact et son créateur Dark Rivan qui n'avait cessé d'essayer de le convaincre de s'emparer et de l'utiliser. Gelfran lui aurait proposé encore hier de tout tenter pour partir de ce monde primitif où l'Empire maintenait une présence minimale mais réelle.
Aujourd'hui, il savait pourquoi il avait décliné l'offre de son ami contrebandier. Parce qu'il en avait tout simplement assez de fuir. Il voulait combattre ses propres démons, ceux de son ancêtre déchu Alan Tissan.
Combattre ces démons et les détruire. Détruire l'Empire.
Oui, c'était ce qui le motivait à rester aux Chutes Brumeuses. Pour tenter de convaincre les Sorcières de Dathomir de ce clan puis celles des autres de le rallier. Il attendait seulement une occasion propice.
-Tu sembles songeur, commenta Tzipah qui ressentait son bouillonement intérieur. Cela t'arrives souvent?
-Je ruminais seulement la décision que je viens de prendre. Et ses implications.
Les yeux verts et gris du corellien scrutaient son visage interrogateur. Le visage d'une femme qui malgré ses préjugés tenaces sur les hommes, l'avait traité comme un ami. Et cela l'avait touché bien plus qu'il ne le croyait car rien ne l'obligeait à l'héberger, pas une seule loi de son clan ne le lui imposait.
Alors pourquoi le faisait-elle?
De l'autre coté du lac, des clameurs retentirent lorsque deux Sorcières de Dathomir qui patrouillaient revinrent précipatemment pour prévenir dans leur dialecte local de l'arrivée d'une colonne potentiellement hostile.
Plusieurs guerrières des Chutes Brumeuses se regroupèrent rapidement en s'emparant de leurs armes. Dans la Force, la tension électrisait les sens d'Oreste qui échangea un bref regard indécis avec son amie.
Tous deux décidèrent alors de rejoindre l'entrée de l'immense caverne qui permettait d'accéder à la forteresse troglodyte du clan. Sur le seuil, la matriarche Remora A'alta les attendait en conservant un calme inébranlable.
-Que se passe-t-il? Lui demanda le jeune corellien.
-Nos sentinelles ont repéré un mouvement de troupes impériales qui se dirigent droit sur nous.
-Vous allez donc les attaquer?
À son appréhension se mélait un enthousiasme non négligeable. Enfin il allait combattre et pouvoir montrer aux Sorcières le danger que l'Empire représentait pour elle et leur mode de vie. Et les convaincre de soutenir sa cause.
-Les impériaux ont envoyé quelques uns des leurs pour des pourparlers.
-Vous n'avez pas conscience du danger qu'ils représentent, insista le jeune homme. Vous devriez les attaquer avant qu'ils ne soient prêts à le faire contre vous. Cette entrevue est un piège.
Une intensité plus aiguisée brilla dans les yeux de la chef de clan.
-Les méthodes des Jedi sont assez surprenantes.
-Je connais l'Empire et je me suis adapté à cette réalité. Je vous conseille de faire de même si vous ne voulez pas tout perdre.
Remora soutint son regard, sans masquer sa perplexité.
-Merci de votre conseil. Quoi qu'il en soit, j'agirais toujours pour le bien de mon clan. Même si je voulais les attaquer, cela irait à l'encontre de nos traditions.
-Pourquoi?
-Parce qu'ils portent la lance blanche.
Oreste fronça les sourcils avant de se tourner vers Tzipah. Au même moment Gelfran et Climber firent leur apparition, armés chacun d'un fusil blaster.
-La lance blanche, expliqua la jeune autochtone au Jedi, protège les plénipotentiaires de toute violation. Même les Soeurs de la Nuit évitent de s'en prendre aux porteurs, elle n'auraient aucun intérêt à le faire.
Le corellien se contenta alors de cette réponse même s'il commençait à ressentir de la nervosité. Bientôt, un groupe de cinq impériaux fut amené devant eux dans un silence pesant. Au milieu de quatre stormtroopers clones dont l'un d'eux brandissait en évidence la fameuse lance blanche, marchait une humanoïde à la peau bleue encapuchonnée. Et aux yeux d'un feu écarlate ensanglanté qu'il ne souhaitait pas revoir.
L'inquisitrice chiss Soia Tenn ne semblait pas s'inquièter pas outre mesure des regards défiants des Sorcières des Chutes Brumeuses qui ressentaient évidemment sa sensiblité à la Force. La non humaine au service de l'Ordre Nouveau se rangea devant la matriarche des Chutes Brumeuses qui la dévisageait attentivement.
-Qui êtes-vous? Demanda celle-ci. Et quelles sont vos intentions?
Soia Tenn exposa un sourire anormalement amical qui inquièta non sans raison le jeune corellien. Il la soupçonnait de manigancer quelque chose.
-Nos intentions sont pacifiques, Mère de clan, je puis vous l'assurer.
-Pacifiques? S'exclama la matriarche. Votre dernière incursion sur notre territoire n'avait rien de pacifique et nous n'oublions pas facilement ce genre de choses.
Une ombre passa furtivement sur le front de la chiss et Oreste fut satisfait lorsqu'il surprit ses lèvres se tordre en un rictus irrité.
-Je suis venue justement dissiper ce malentendu. Notre expédition n'était pas dirigée contre votre clan, elle a même été menée dans le but de le préserver.
Remora A'alta arqua un sourcil en signe d'incrédulité.
-Nous avons réussi à nous préserver nous-mêmes sans l'aide de personne, Allya soit louée. Quoiqu'il en soit, comment comptiez-vous nous préserver?
De but en blanc, l'inquisitrice dévoila enfin l'objet de sa visite sans relever l'ironie de la chef de clan.
-Vous abritez un Jedi, un ennemi dangeureux de l'Empire. Cet homme a commis des crimes dont vous ignorez l'ampleur. Nous exigeons qu'il nous soit livré, ainsi que ses deux complices. Si vous acceptez, l'Empire saura vous exprimer sa reconnaissance.
-Vous avez parlé de mes crimes, parlons plutôt des votres, répliqua le corellien piqué au vif. Vous avez massacré toute ma famille!
-Nous n'avons fait que répondre à la menace que tu faisais peser sur les citoyens de l'Empire. As-tu oublié le carnage de cette cantina sur Coruscant, ton plus grand faits d'armes?
Tzipah sentit le Jedi se raidir, en posture défensive.
-C'était de la légitime défense.
Gelfran prit alors son parti.
-Je l'ai rencontré dans cette cantina avant que les choses ne dérapent. Je n'étais pas présent lorsque le massacre a eu lieu mais ce n'était pas un paradis. La plupart d'entre eux étaient des raclures qui méritaient la prison ou la mort.
-La parole d'un contrebandier possédant des liens avec le Soleil Noir ne peut pas être crédible, fit observer la non humaine. Surtout lorsqu'il prend la défense d'un assassin et d'un lâche.
-Nous n'avons aucune raison de vous le livrer.
Par cette phrase, la matriarche des Chutes Brumeuses choississait de couper court à cet échange tendu.
-Les Soeurs vont vous reconduire en sécurité là où elles vous ont trouvé, ajouta-t-elle à l'adresse de l'inquisitrice.
Les yeux de braise ensanglantés de la native des Régions Inconnues étincelèrent de fureur contenue. Elle recula s'apprêtant à rebrousser chemin.
-Dommage, vous aurez l'occasion de le regretter à notre prochaine rencontre. À moins qu'Oreste Tissan ne vous trahisse d'abord comme il l'a fait avec les résistants muuns sur Mygeeto.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon devina la moitié des regards qui pesaient sur lui. Des regards suspicieux qui guettaient sa réaction. Il s'efforça de demeurer calme et impassible.
Finalement des guerrières du clan encerclèrent la chiss et les quatres clones qui l'entouraient pour les raccompagner hors du territoire du clan.
Quelques instants après, alors que tout le monde se dispersa pour retourner à ses occupations, Oreste glissa à la doyenne:
-Vous n'auriez pas du les laisser repartir vivants, ils vous ont menacée.
-Ce n'étaient que des mots.
Elle se détourna de lui avant que Tzipah n'agrippa le Jedi par le coude pour l'emmener avec elle. Ils rejoignirent Gelfran et Climber qui le considéraient avec distance. Ce fut le clone mutin de Murkhana qui mit les pieds dans le plat.
-Que s'est-il passé sur Mygeeto après l'Ordre 66?
-Les résistants muuns m'ont accueilli parmi eux, commença-t-il à avouer.
Il hésita avant de leur raconter la bataille finale au moment où la Purge fut lancée. La confusion et le chaos qui avaient précipité la chute du bastion séparatiste. Sa capture par les hommes de Castor Hang qui l'avait persuadé de se battre à leurs cotés.
Puis il leur avoua enfin à contre coeur l'inavouable. Sa désertion et sa fuite, qui avaient certainement causé la destruction de la rébellion locale. Il perçut aisément leur désapprobation, même s'il avait insisté sur les visions qu'il avait entraperçues peu avant cette décision fatidique.
-Mouais, grogna le contrebandier. Il n'y a pas de quoi être fier, en fait.
-J'ai choisi ce qui me paraissait être la meilleure alternative, se défendit le jeune homme grand et maigre.
-Vous vous êtes trompé sur toute la ligne, renchérit Climber. Roan Shryne ne nous a jamais abandonné même dans les pires moments. Vous avez pris un engagement et vous l'avez rompu.
-La Force m'a montré qu'ils allaient se faire massacrer et c'est ce qui est arrivé.
-Tu aurais pu l'empêcher, insista Gelfran.
-Non, je n'aurais pas pu.
-Tu aurais du au moins essayer.
La jeune Sorcière écoutait l'échange tout en demeurant discrète. Son mutisme attira finalement l'attention du trio.
-Et vous, quel est votre avis? L'interpella Climber.
-Je ne vous connais pas assez bien pour vous juger tous les trois. Tout dépendra de ce que vous ferez ensuite.
Elle les jaugea l'un après l'autre.
-Je vais prendre mon tour de garde. Nous reparlerons ce soir, ajouta-t-elle.
Elle s'éloigna avant que le clone ne s'éclaircit la gorge.
-J'ai des choses à faire moi aussi, à plus tard.
-C'est ça, l'homme éprouvette. À plus tard, lança avec sarcasme l'ancien milicien de Ranulph Tarkin.
Le clone lui lança avant de s'éclipser un regard assassin, n'appréciant vraiment pas ce surnom peu flatteur.
-Je suppose que vous avez d'autres nexu à fouetter, Gelfran, fit remarquer le corellien.
-Avant ça, j'ai un dernier conseil à te donner.
Le contrebandier ramena le fusil blaster qu'il tenait à la main le long de son flanc, en arborant un air grave.
-Notre naufrage sur Dathomir est peut-être le fruit du hasard mais je crois savoir ce qui te motive à rester ici. Et j'espère me tromper.
Il s'avança d'un pas pour dépouiller le mystère dans les yeux vert et gris d'un Jedi devenu paria dans toute la galaxie.
-Tu veux te venger de l'Empire en te servant des Sorcières de Dathomir.
-Je fais ce que je crois être juste.
-Ne fais pas la guerre, je te le demande encore une fois. Tout le monde sait quand cela commence mais personne ne sait comment cela finit. Ni quel est le prix à payer.
Oreste répondit d'un ton résolu.
-Si vous voulez partir ou vous cacher dans un trou, je ne vous retiens pas.
-Ne détourne pas le sujet. Je te demande de renoncer, pour elle. J'ai remarqué comment tu la regardais et comment elle te regardait.
Malgré lui, le Jedi ne put se retenir de jeter un oeil dans la direction où Tzipah s'était éloignée.
-Tu as peut-être tout perdu sur Corellia mais tiens-tu vraiment à la faire souffrir? À risquer sa vie et tout ce qu'elle connaît dans une guerre que tu ne gagneras pas?
-Les intentions de Soia Tenn m'ont parues assez claires. Nous devons nous préparer à y faire face.
-Elle te tend un piège et elle espère que tu tomberas dedans. Elle veut te pousser à faire un faux pas.
Les yeux verts et gris du corellien affichèrent une dureté inflexible.
-Si c'est un piège qu'elle me tend, je suis prêt à m'y précipiter. Pour la prendre au dépourvu.
Gelfran secoua la tête, dépité.
-Il n'y a donc que la vengeance qui compte pour toi?
-Oui. Et tout ce que j'ai pu faire jusqu'ici, je le referais.
Le contrebandier se détourna peu après, comprenant que le jeune homme était trop borné pour pouvoir l'influencer. Ce dernier l'observa disparaître sans regrets car il était certain de faire le bon choix.
Il connaissait suffisamment la chiss pour réaliser qu'elle le tenait responsable de son exil. Sa présence sur Dathomir, un endroit aussi isolé dans la galaxie, n'était pas un hasard. L'Empire voulait la punir de son échec sur Corellia, évidemment.
Elle voulait sa revanche et lui, la faire payer la perte de sa famille. De Beliem.. les Chutes Brumeuses voulaient éviter une confrontation inévitable.
Oreste jugea alors qu'il était temps de commencer une nouvelle conversation.

Voilà ce sera tout! à la prochaine!


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MessagePublié: 25 Septembre 2017, 19:42 
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Bonsoir à tous, voici la suite ;) !

Remora A'alta arpentait lentement les défenses que son clan mettait en place ou renforcait lorsqu'elle perçut la présence du sorcier hors monde. Il concentrait en lui toute la magie d'Allya comme une bombe prête à exploser.
Il s'avançait droit sur elle et la garde rapprochée de la matriarche se déploya aussitôt, prête à le repousser avec ses lances.
-Il faut qu'on parle, déclara Oreste.
D'une inclinaison du menton, la doyenne l'autorisa à s'approcher.
-Je ne reviendrai pas sur ma décision de ne pas entrer en guerre contre l'Empire, le prévint-elle d'avance.
-Je souhaitais simplement savoir si vous avez pris des dispositions au cas où.
-Nous vivons dans un état de guerre permanent. À cause des Soeurs de la Nuit. Nous avons toujours pris des dispositions.
-Ca suffira peut-être contre les Soeurs de la Nuit mais pas contre l'Empire. Ne sous estimez pas le danger qu'ils représentent.
-Je fais installer des défenses pour cela.
-La meilleure défense est souvent l'attaque.
Devant l'opiniatrité du Jedi corellien, la matriarche des Chutes Brumeuses fronça les sourcils. Un signe que l'agacement commençait à la gagner.
-C'est la première chose que les Jedi apprennent? Fit-elle.
-C'est une leçon que j'ai apprise par moi-même sur le tard. Frapper l'ennemi avant qu'il ne vous attaque.
-Cela ne fait pas partie de nos coutumes. Surtout si l'ennemi n'est pas clairement identifié comme étant une menace. Pour le moment, les Soeurs de la Nuit sont la menace.
-Vous n'avez jamais envisagé justement qu'elles puissent s'allier à l'Empire?
-Jusqu'à maintenant elles ne l'ont pas fait. Elles se méfient de l'Empire autant que nous.
-Cela pourrait ne pas durer.
-Merci pour cette conversation.
Une des gardes agrippa le jeune homme pour le forcer à reculer. Mais il ne bougea pas d'un iota.
-Parlez-moi de la prophétie.
De nouveau la matriarche lui permit de se tenir à ses cotés.
-J'ai cru comprendre que vous m'aviez accepté grâce à cela. D'après ce que m'a raconté Tzipah, vous attenderiez la venue d'un Jedi qui vous délivrerait des ténèbres.
-Oui, c'est en effet ce que Rell nous a annoncé.
-Qui est Rell?
-Une Soeur d'un autre clan, extrêmement âgée. Elle protège le savoir de la Montagne qui Chante et de tout ce qui est lié à l'utilisation de la Magie d'Allya. Que ce soit la magie provenant de notre monde ou d'ailleurs.
-J'ai besoin de la rencontrer, affirma Oreste.
-Je peux arranger cela mais je préfère vous prévenir que le temps a usé son esprit. Il se pourrait même que sa prophétie soit le produit de ses divagations.
-Vous ne semblez pas y croire de toute façon, fit-il remarquer.
-Les prophéties peuvent être mal interprétées.
-Mais même mal interprétées, elles peuvent contenir un fonds de vérité. Tout comme les mensonges. C'est pour cela que je dois m'en assurer.
À combien de mensonges ai-je crus? Se demandait-il. Suis-je prêt à mentir et combien de fois le ferai-je?
-J'enverrai une de nos Soeurs demander l'autorisation à la Mère de la Montagne Qui Chante, Augwyne Djo.
Le corellien comprit qu'il n'en obtiendrait pas davantage de sa part. Une des gardes l'invita à reculer d'un geste explicite du bras tandis que la chef de clan s'éloigna pour saluer les sentinelles qui surveillaient les hommes dathomiriens en train de consolider des remparts bricolés avec un mélange de bois et de duracier.
Ce dialogue n'avait fait que confirmer que les Sorcières n'entreraient pas en guerre contre l'Empire. Sauf s'il parvenait à leur prouver qu'il existait une alliance entre eux et les Soeurs de la Nuit. Ou s'il s'arrangeait pour qu'elles le croient.
Il frissonna à ce que cette idée pouvait signifier. Devait-il vraiment s'abaisser à ça pour les convaincre de combattre contre ses ennemis? Ce n'était pas la voie d'un Jedi, la manipulation, la duperie.
Mais les Sith avaient usé de ces armes pour faire chuter un ordre prestigieux plurimillénaire aussi aisément qu'un château de cartes. Pour métamorphoser une République agonisante en un Empire qui étreignait la galaxie à la gorge.
Et les Jedi avaient menti à Oreste sur son passé familial. Ce souvenir proche et amer le persuada de balayer ses derniers scrupules. Asajj Ventress l'avait mis en garde contre les dangers d'arpenter une telle voie douteuse mais il s'était trop engagé.
J'irai jusqu'au bout.
Cette pensée ne le choquait plus en aucune façon. Il ne lui restait plus qu'à trouver le moyen d'arriver à ses fins.
Déclencher sa guerre contre l'Empire.


Le soir venu, Tzipah fut la première à la rejoindre alors qu'il méditait sur le sol chez elle. Assis en tailleur, il rouvrit les paupières lorsque le bruit d'une vibro épée posée rudement sur le sol résonna jusqu'à ses tympans.
La jeune Sorcière s'excusa, s'apercevant qu'elle l'avait dérangé.
-Désolée.
-Pas de quoi, répondit-il en souriant.
-Sur quoi les Jedi méditent?
Oreste tourna vers elle ses yeux verts et gris et elle crut y déceler de l'hésitation.
-Nous méditons pour trouver la paix et des réponses à nos questions. Sur l'avenir, le passé, le présent.
-Tu essaies de t'éclaircir les idées?
-J'essaies mais ce n'est pas toujours facile. L'avenir n'est pas facile à discerner pour moi.
Elle s'assit à ses cotés avant d'enlever son casque. Elle secoua ses cheveux bruns qui tombaient en cascade sur ses épaules. La noblesse de son regard lui rappelait la compassion dont n'avait cessé de faire preuve Beliem à son égard.
-Pourquoi n'es-ce pas facile à discerner?
-À cause des choses que j'ai vues.
Il faillit ajouter; à cause des choses que j'ai faites. Mais il ne voulait pas se confier à Tzipah sur cet aspect. Elle devait en savoir le moins possible sur lui, même si l'inquisitrice en avait dévoilé trop. Et pourquoi tenait-il à garder certains secrets?
Parce qu'il tenait à elle.
-À cause de Beliem? Ajouta-t-elle.
Il revit malgré lui cette image insoutenable de la jeune corellienne, périr transpercée par le sabre laser de la non humaine.
-Elle a été tuée sous mes yeux, avec le reste de ma famille. Je n'ai rien pu faire pour la sauver.
-Et tu t'en veux?
-Oui je me sens coupable. J'aurais du être plus rapide, plus fort.
Si j'avais eu le Bâton de Rivan, j'aurais été en mesure de l'empêcher. Alan avait peut-être eu raison de tout faire pour empêcher le retour des Sith.
Alors que cette pensée traversait son esprit, elle posa la main sur son épaule. Pour le réconforter.
-Cela n'aurait peut-être pas suffi.
-Peut-être, mais je ne veux plus que cela m'arrive.
-Il faut prendre ce que Allya accepte de nous laisser, Oreste.
L'expression du jeune homme afficha une intransigeance sans concession.
-Jamais. Il est très important que tu le comprennes.
Juste à cet instant, Climber fit son apparition. Il posa son fusil à terre avant de s'allonger sur la paillasse.
-Où est Gelfran? Demanda le corellien qui avait remarqué l'absence du contrebandier.
-Sira a proposé de l'héberger.
Le jeune homme et la jeune femme échangèrent un regard dubitatif. Ce qui n'échappa pas à l'ancien soldat de la République.
-Elle le considère seulement comme un ami. Ne vous faites pas des idées non plus, s'empressa d'ajouter le clone.
-Jamais je ne me le permettrai, répliqua le Jedi sarcastique.
Il parvint à arracher un maigre sourire au mutin de Murkhana, qui empoigna son fusil pour le démonter pièce par pièce. Les deux jeunes gens l'observaient silencieusement en train de nettoyer l'arrme morceaux par morceaux avec beaucoup de soin.
-Nous devons retourner à l'épave du Chu'unthor, proposa tout à coup Oreste.
Déconcerté, le clone releva la tête.
-Pourquoi?
Le corellien comprit à son ton que l'idée ne l'emballait pas plus que ça.
-Je veux être absolument sûr que ce qu'il reste dedans ne tombera pas entre de mauvaises mains, expliqua-t-il.
-Nous n'avons rien trouvé d'intéressant, fit remarquer Climber.
-Parce que nous n'avons pas pris le temps de tout bien fouiller, justement. S'il reste des holocrons là-dedans, nous devons les récupérer.
Tzipah se pencha à son tour vers lui.
-Le grand Wuffa de métal a déjà été exploré de fonds en comble par nos Soeurs de la Montagne qui Chante. Tu ne trouveras rien d'autre qui..
-Je dois en être sûr, l'interrompit-il brusquement.
Il se mordit les lèvres lorsqu'il réalisa son manque de tact.
-C'est important pour notre sécurité à tous, reprit-il plus doucement.
Les yeux bleus de la jeune Sorcière l'étudièrent longuement et il la sentit user de la Force pour sonder ses intentions.
Elle inclina finalement le menton en signe d'assentiment.
-Alors je t'accompagnerai. Après avoir demandé la permission à notre Mère de Clan.
-Moi aussi, renchérit le clone.
Celui-ci avait commencé à remonter son arme, assemblant minutieusement les pièces comme un orfèvre aguerri.
-Il est temps de dormir, ajouta la jeune femme.
Aucun des deux hommes ne protesta et chacun s'allongea sur la paillase qui lui était attribuée. Le confort était certes sommaire mais Oreste avait commencé à s'y habituer.
De toute façon, ce n'était pas ça qui l'empêchait de dormir.
Il attendit plusieurs minutes que Climber et Tzipah se soient profondément assoupis pour se relever lentement sans faire de bruit. Debout sur ses appuis, il s'approcha de la fenêtre creusée dans la roche épaisse et appuya ses coudes sur le rebord pour humer le parfum boisé de la nuit éclairée par les reflets des quatre lunes qui orbitaient autour de la planète.
Il abaissa le regard vers les groupes de guerrières qui patrouillaient tout en bas, silhouettes qui se fondaient dans l'obscurité, trahies seulement par le halo blafard des torches. Puis il redressa ses yeux verts et gris en direction de l'horizon.
Il ne pouvait rien distinguer au milieu de cette mer sombre de verdure plongée dans un sommeil paisible. Il projeta ses perceptions autour de lui.
Il ressentit un écho assez proche, une présence apaisée qui brillait comme un phare lointain dans les courants de la Force. Emplie de sérénité et de compassion.
Asajj Ventress, qui portait très bien son nom de Dame du Pardon. Une personne devenue différente de la grande faucheuse qui avait semé le chaos sur les champs de bataille de la dernière guerre. Une aurore étincelante qui éclipsait par son éclat les minuscules échos d'obscurité qui parsemaient la forêt au loin.
Les Soeurs de la Nuit rodaient, une ombre persistante sur la paix de Dathomir. Et plus loin encore, l'inquisitrice Soia Tenn peaufinait sans doute un plan pour lui mettre la main dessus. Il ne pouvait se permettre de la laisser agir à sa guise.
Il devait la devancer et il commençait à avoir une idée sur le moyen d'unir les clans de Sorcières autour de lui. Un moyen qui aurait provoqué l'indignation de l'Ordre Jedi en entier.
Il se tourna alors vers Tzipah qui dormait d'un sommeil profond. Il enviait son absence apparente d'anxiété et cela le mettait mal à l'aise de manigancer ses propres plans sans l'en avertir, alors que le destin de son propre clan était en jeu.
Son entraînement de Jedi, les valeurs que ses deux maîtres avaient tenté de lui inculper avec force patience, lui commandaient de lui dire la vérité. Mais son coeur le lui interdisait, il ne voulait pas que Tzipah le sache, qu'elle le rejette.
Qu'elle le déteste.
Pour l'instant, elle ne devait rien savoir. Il respira mieux lorsqu'il fixa les étoiles de nouveau pendant de longues minutes. Oui, il était convaincu que c'était la bonne chose à faire. Avec le temps, il pourrait peut-être lui avouer les raisons qui l'y avaient poussé.
Pour l'instant, il devait garder le secret.
-Tout va bien?
Il sursauta malgré lui lorsque le murmure de la voix de la jeune Sorcière troubla son conflit intérieur.
-Hum, j'étais juste en train de réfléchir.
-Qu'es-ce qui t'empêches de dormir?
Il réflechissait à une réponse sensée mais ne trouva rien d'autre à dire que:
-La peur.
Elle s'approcha de lui à moins de dix centimètres de lui. Ses yeux bleus d'une pureté sublimée par le reflet des étoiles le scrutaient intensément alors que le parfum qui émanait d'elle le grisait.
-De quoi as-tu peur?
-De ne pas être à la hauteur.
Il déglutit les mots qui lui donnaient d'arracher l'impression ses propres tripes.
-J'ai peur d'être un lâche. C'est d'ailleurs ce que tu penses de moi, non?
-Non, tu te trompes.
Elle le prit de court lorsqu'elle lui agrippa les mains, tout en plongeant ses yeux dans les siens, pour le tenter de le persuader du contraire.
-Tu m'as montré que tu savais te battre, tu est plus courageux que tu ne le penses.
-J'ai abandonné des gens à leur sort sur Mygeeto. J'ai abandonné ma propre famille à la mort, affirma-t-il.
-Ce n'est pas ta faute, cesse de te laisser consumer par la culpabilité.
Il voulut lui répondre mais il ne le fit pas. Il la regarda et lut en elle. Son expression masquait sous ce masque de solidité une douleur secrète.
-Tu n'es pas le seul à avoir tout perdu.
Il continuait de l'interroger en silence alors qu'elle finit par lui avouer;
-Mes parents sont morts quand j'étais petite.
-Je suis désolé, lui accorda-t-il gêné.
Leurs figures étaient plus proches au moment de cet aveu qui pesait sur la conscience de la jeune femme. Ils savourèrent ce silence qu'ils s'offraient l'un et l'autre pour être certains de leurs sentiments réciproques.
Et la dathomirienne plaqua subitement ses lèvres sur les siennes au moment où il s'y attendait le moins. Son premier réflexe fut de la saisir pour la repousser, à cause de ce souvenir cuisant de Beliem mourant devant lui.
Puis il se laissa aller avant que Tzipah ne s'écarta de lui quelques secondes après. Sans dire un mot de plus, elle regagna sa couchette. Elle s'allongea de nouveau pour se laisser de nouveau aller au sommeil. Oreste la regarda avec regrets, se concentrant sur son visage qui semblait beaucoup moins crispé.
Alors que lui, le rescapé de la Purge, se sentait plus tourmenté que jamais. Bien qu'il ait choisi depuis longtemps.
Je suis désolé Tzipah, mais j'espère qu'un jour tu me comprendras. L'Empire doit payer pour ce qu'il m'a fait. Et pour ce qu'il menace de te faire.

Voilà j'espère que cela vous plaît! à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 29 Septembre 2017, 22:44 
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Bonsoir, c'est l'heure de la suite :mrgreen: !

Le jour s'était à peine levé qu'Oreste s'aperçut que la jeune Sorcière était parée pour l'expédition dont ils avaient parlé la veille. Tout comme Climber qui vérifiait l'état de ses cellules énergétiques avant de les ranger dans les poches prévues à cet effet. Le clone était parvenu à se procurer une tenue militaire dépareillée munie d'un holster qui contenait un blaster léger.
Sa poitrine était protégée par une armure de duracier rouillée tout comme ses tibias et ses avant bras qui soutenaient son fusil blaster.
Prestement le Jedi corellien bondit sur ses pieds avant de vérifier l'état de son sabre laser. Il estimait que cette arme fidèle lui suffirait amplement.
-Je vais aller voir la matriarche, confia Tzipah. Attendez-moi en bas.
-D'accord, acquiesça Oreste.
Il descendit en compagnie du clone jusque dans le hall où ils retrouvèrent Gelfran Delen armé lui aussi d'un fusil blaster aux cotés desquels patientait la Sorcière Sira. Oreste ne put s'empêcher de lui lancer goguenard:
-Vous avez passé une bonne nuit tous les deux?
Sira demeura impavide contrairement au contrebandier qui ne put retenir un rire léger.
-Attention, gamin, le prévint-il. Ne te mèle de nos affaires de ménage.
-Dois-je comprendre qu'elle vous a mené la vie dure?
-Je t'aurais prévenu, répondit l'autre en faisant semblant de le menacer avec le canon de son fusil blaster.
Du coin de l'oeil, le jeune homme remarqua que la Sorcière qui l'avait hébergé n'était pas venue les mains vides. Elle serrait dans son poing le manche d'une lance.
-Qu'es-ce qui vous amène ici?
-La même chose que toi, fils. Le Chu'unthor.
-Qui vous en a parlé?
Pour toute réponse, Gelfran esquissa un mouvement du menton assez explicite en direction de Tzipah qui descendait les marches, précédant la chef de clan Remora A'alta. La jeune femme les rejoignit avant que la matriarche ne prit place au milieu d'eux.
-Je vous autorise à fouiller le Grand Wuffa de métal bien que cela me semble totalement inutile.
-C'est une simple précaution, lui assura Oreste.
La doyenne des Chutes Brumeuses le fixa avec raideur.
-J'ai de sérieux doutes quant à vos véritables motivations, lui affirma-t-elle. Mais Tzipah m'a convaincu de vous faire confiance et je me fierai donc à elle.
-Merci, Mère de Clan.
Sitôt l'autorisation accordée donc officiellement, le groupe émergea à l'air libre pour se diriger vers l'enclos des rancors de l'autre coté du lac. Sira et Tzipah réquisitionnèrent leur monture contrairement aux trois hommes qui n'insistèrent pas lorsque les gardes leur firent comprendre qu'ils ne pouvaient pas prétendre aux mêmes privilèges parce qu'ils étaient des hommes justement. Gelfran et Climber considéraient cela avec indifférence au contraire d'Oreste qui serrait les dents pour se contenir.
Le groupe bigarré emprunta le sentier longeant le flanc des conteforts montagneux qui surplombaient la forêt de pins. Lorsque l'ombre des arbres les recouvrit, leur vigilance ne fit que s'accroître.
Malgré le quadrillage des sentinelles des Chutes Brumeuses, une attaque subite des Soeurs de la Nuit demeurait toujours possible. Le jeune corellien projeta alors ses perceptions autour de lui tout comme Tzipah et Sira qui psalmodiaient à voix basse.
Heureusement ils ne furent pas vraiment inquiétés jusqu'à ce qu'ils parvinrent à l'épave antique du Chu'unthor. Tous s'arrêtèrent pour étudier de loin la carcasse du gigantesque vaisseau d'exploration et d'entraînement, à moitié enfoncée dans le sol.
Oreste échangea un bref regard de connivence avec ses deux compagnons.
-Allons-y.
Les deux Sorcières s'engagèrent à camper sur leurs positions pour surveiller leurs arrières avant que le trio ne se déploya, les sens aux aguets. Ils se regroupèrent finalement devant l'entrée que le jeune corellien avait aménagé la dernière fois avec l'aide de son sabre laser.
Il entra le premier dans les entrailles du vaisseau, suivis de près par les deux hommes qui allumèrent des bâtons lumineux pour s'éclairer. Les reflets lumineux renvoyaient l'éclat de la rouille et de la végétation qui occupait le sol et les parois éventrées du couloir d'accès principal.
-On se sépare, proposa le Jedi. Gelfran prenez l'avant, Climber l'arrière. Moi, je m'occupe de fouiller de fonds en comble le reste de l'épave.
-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, contra le clone.
-Je n'ai pas senti de menace, lui affirma-t-il. Nous n'avons rien à craindre. Nous nous retrouvons ici dans vingt minutes.
Il avait égréné ses instructions d'un ton qui ne souffrirait pas la moindre contestation. Gelfran et Climber le dévisagèrent un instant comme s'ils avaient en face d'eux un parfait étranger. Ils s'écartèrent de part et d'autre pour aller explorer les parties de l'épave qui leur avaient été attribuées. Oreste les observa disparaître sans bouger d'un millimètre.
Car il savait très bien que l'épave du Chu'unthor ne contenait plus rien d'intéressant. Son objectif n'avait jamais été de récupérer quoi que ce soit. Ce n'était qu'un prétexte pour se retrouver seul.
Il s'ouvrit peu à peu à la Force se doutant bien que Tzipah, Sira et Asajj Ventress ressentiraient sa présence.
Mais pas elles seulement.
Il comptait évidemment sur l'attention des Soeurs de la Nuit qu'il ne manquerait pas d'attirer sur lui. Il perçut des échos sombres éparpillés qui manifestèrent de la surprise puis de l'avidité. Et enfin de la convoitise..
Bien, c'est cela. Venez donc à moi.
Il se retira de leurs perceptions et attendit patiemment le retour de ses deux compagnons. Climber fut le premier à se présenter au rapport.
-Rien à signaler, lâcha-t-il d'un ton laconique.
-Je n'ai pas eu plus de succès, mentit le Jedi.
Le contrebandier les rejoignit peu de temps après. Il tenait dans sa main gauche deux cylindres à l'éclat mécanique terni par le temps.
-Apparamment, tout n'a pas été emporté.
Il tendit les deux sabres lasers à Oreste qui les prit et examina leur état avec minutie. Ils semblaient intacts.
Il tenta de les activer sans succès. Lorsqu'il ouvrit le couvercle protégeant l'alimentation de l'arme énergétique, il s'aperçut qu'il y manquait le cristal.
Il les laissa tomber au sol, en commentant sèchement:
-Sans cristal, ils ne nous seront d'aucune utilité.
-Donc nous rentrons les mains vides, lui répliqua Gelfran sur le même ton.
Le jeune utilisateur de la Force soutint son regard noir.
-J'en suis désolé, cracha-t-il.
-Tu n'en as pas l'air.
Climber jugea à propos de calmer l'atmosphère.
-Il est temps de rentrer. Ce n'est pas le meilleur endroit pour se disputer.
-Je suis d'accord avec l'homme éprouvette, pour une fois.
Oreste, la mine sombre, hocha la tête en signe d'assentiment. Il passa devant les deux hommes pour retrouver l'air libre.
Tzipah qui guettait patiemment leur retour en compagnie de Sira, leur demanda du haut de son rancor:
-Eh bien?
Les trois hommes se murèrent dans un profond mutisme. Seule l'expression maussade du jeune corellien constitua la réponse à sa question. Les deux Sorcières se concertèrent d'un regard indécis, Sira exprimant son indifférence d'un haussement d'épaules.
Sans ajouter un mot de plus, elles tournèrent bride, les trois hommes dans leur sillage. À l'ombre des pins, le Jedi sentait dans la Force qu'ils ne tarderaient pas à être attaqués. Une énergie familière électrisait ses sens.
Percevant cette perturbation, les deux Sorcières arrêtèrent net leur gigantesque monture peu avant que le Jedi n'activa son sabre laser. À quelques mètres devant eux, un pin s'affala déraciné par une force surnaturelle, leur barrant le passage.
Sa chute effaroucha pendant quelques instants les deux rancors que leur cavalière mit du temps à calmer à l'aide de leur puissance psychique. Oreste n'eut pas le loisir de s'en soucier car une lance projetée à l'aide de la Force visait Gelfran.
Le contrebandier surprit le Jedi s'interposer devant lui avec son sabre laser, brisant l'arme primitive en deux. Il tira en direction d'une sombre magicienne qui venait de surgir de derrière un pin pour attaquer Climber par derrière.
Elle étendit une main dans sa direction après avoir esquivé sa salve et chanta un sort à mi voix. L'air se comprima autour de l'ancien vétéran de la Bataille de Troiken, qui fut projeté en arrière. À cet instant, le clone se retourna vers elle.
Il épaula son fusil mais n'eut pas le temps de presser la détente car une force invisible lui arracha l'arme des mains. La Soeur de la Nuit s'approcha de lui avec un sourire mauvais alors qu'il agrippa désespérement le blaster léger accroché dans son holster.
La situation devenait critique car plusieurs autres Soeurs de la Nuit avaient encerclé Tzipah et Sira, parvenant à les isoler des trois hommes. Trois d'entre elles montaient des rancors qui s'en prirent à la jeune Sorcière tandis que les sombres guerrières restantes cherchèrent à effrayer la monture de Sira pour la désarçonner.
Tzipah dégaina sa vibro épée et baissa la tête à temps, évitant un éclair de Force qui la frola, hérissant son épiderme. Elle répliqua en invoquant un sort télékinétique à l'aide de la Force qui jeta rudement une de ses ennemies au sol.
Les deux autres changèrent alors de tactique; celle de gauche ordonna à son rancor de bousculer celui de la jeune femme pour la déséquilibrer tandis que sa comparse tentait d'atteindre au corps à corps avec sa lance la guerrière des Chutes Brumeuses. Sira parvint à contenir les fantassins ennemies en gardant le contrôle de sa bête, qui piètina et déchiqueta quatres imprudentes qui ne s'étaient pas assez écartées.
Oreste eut fort à faire lorsque deux autres Soeurs de la Nuit surgirent sur ses flancs pour l'embrocher avec leur lance grossière. D'un pas chassé, il bondit pour éviter la première charge de la plus proche qui s'était fendue en avant.
Il parvint à abattre son sabre laser sur sa nuque, parvenant à la décapiter avant d'éventrer mortellement la seconde.
Il réalisa ensuite le péril mortel et immédiat auquel était exposé le soldat mutin de Murkhana. Ce dernier brandissait un blaster sorti de son holster vers une sombre Sorcière de Dathomir qui le désarma en lui frappant le poignet avec le bout de sa lance.
Il dégaina une vibrolame et se raidit, vouté comme un lutteur. Avant de se faire sauver la mise par une combattante encapuchonnée maniant deux sabres laser à la poignée crochue. Climber vit la face défigurée de la Soeur de la Nuit se tordre en un masque confus de douleur lorsqu'un néon sanglant poussa en travers de sa poitrine.
Asajj Ventress.
Il croisa le regard de la rattaki, se détendant légèrement en comprenant qu'elle était de leur coté même s'il la rencontrait pour la première fois.
-Où est Tissan? Lui demanda-t-elle vivement.
Gelfran attira son attention en lui montrant le Jedi corellien qui se précipitait au secours de Tzipah et de Sira. Mais l'intervention de celui-ci se révélait être tout à fait inutile car l'apparition impromptue de la Dame du Pardon avait semé la panique des Soeurs de la Nuit. Sans demander leur reste, elles se dispersèrent.
C'est alors qu'Oreste activa l'étape suivante de son propre plan.
Asajj, Climber, Gelfran rejoignirent les deux Sorcières des Chutes Brumeuses avant que Tzipah ne tourna fébrilement la tête dans toutes les directions après s'être enquis de la santé de chacun.
Bientôt en l'espace de quelques secondes, tous s'aperçurent de sa disparition. Le contrebandier fut le premier à grogner entre ses dents:
-Mais où est-il passé?

voilà ce sera tout, à la prochaine ;) !


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Bonsoir, voici la suite! j'en suis à 279 pages ;) ..

Il n'était pas difficile pour Oreste de pister la Soeur de la Nuit qu'il avait choisie de poursuivre. Magré son agilité et son usage du Coté Obscur, l'autochtone laissait derrière elle une signature récente de son passage.
L'énergie de la Force imprégnait chacun de ses pas, constituant une balise pour le jeune corellien qui n'en demandait pas tant. Il la rattrapait peu à peu, il le savait. Grâce à son acuité auditive entraînée par les enseignements de ses maîtres respectifs, il l'entendait ralentir malgré la distance qui les séparait.
Il se fondit dans la Force, pour lui masquer sa présence tout en conservant un rythme de croisière. Il remarqua au loin la silhouette de profil d'une jeune dathomirienne aux traits tirés par l'épuisement qui s'appuyait sur une souche penchée. Le corellien ne put retenir un rictus satisfait. S'il engageait le combat contre elle, la résistance de celle-ci ne serait que symbolique.
Même sans bénéficier de l'effet de surprise.
Il surgit du pin derrière lequel il s'était caché et invoqua un Saut de Force. Ce qui éveilla l'attention de la Soeur de la Nuit qui se redressa et brandit sa lance devant elle. Elle leva alors la tête pour avoir seulement le temps d'apercevoir une botte qui bouchait son champ de vision.
L'impact la projeta brutalement sur le dos, sonnée. Un talon écrasa ensuite son poignant, la forçant à lâcher son arme avant que la lame verte émeraude crépitante d'un sabre laser pointée sur sa gorge ne la convainquit de s'immobiliser.
Elle soutint avec dédain les yeux verts et gris de ce mâle sorcier, qui fixait les traits séduisants d'une jeune femme athlétique qui paraissait aussi jeune que Tzipah et ne portait pas encore les stigmates faciales caractéristiques de ses consoeurs. À la différence près que son regard brillait d'une malveillance acquise par la maîtrise du Coté Obscur.
-Tu vas me tuer? Lui demanda-t-elle.
-Ca dépend de toi.
-Les Filles d'Allya ne se rendent pas aux mâles, même aux sorciers.
Le corellien rapprocha sensiblement la pointe de son épée ardente de son épiderme.
-Tu tiens à mourir à ce point là? Insista-t-il.
-Pas tant que ça, concéda-t-elle.
-Sais-tu pourquoi vous nous avez attaqués?
Elle répondit spontanément:
-Nous avons senti ta présence perturber la Magie d'Allya.
-Seulement parce que je l'ai voulu.
Elle plissa les yeux, suspicieuse.
-J'ai une proposition à te faire, ajouta-t-il en reculant son sabre pour la laisser se redresser sur ses coudes.
-Pourquoi je prendrais la peine de t'écouter?
Elle ne s'était pas départie de son mépris particulier, même si elle ne cachait plus son intérêt.
-Parce que c'est toi qui est du mauvais coté de l'arme, répondit-il d'un ton cinglant.
Elle opina seulement du chef.
-Je t'écoute.
-En tant que Soeur de la Nuit, tu convoites le pouvoir, n'es-ce pas?
-Oh quelle perspicacité, mâle sorcier, le railla-t-elle.
Il demeura imperturbable devant son insolence.
-Je peux te donner ce pouvoir, avoua-t-il.
-En échange de quoi? Et de quel pouvoir parles-tu exactement?
-Je partagerai avec toi les secrets du Bâton Obscur.
Elle émit un ricanement bas.
-Sais-tu au moins de quoi il s'agit, mâle sorcier des étoiles? Le Bâton Obscur est maudit, toutes celles ou ceux qui ont tenté de s'en emparer ont perdu soit la vie, soit la raison.
Mon ancêtre Alan a perdu les deux mais je ne serais pas aussi faible que lui, se jura-t-il intérieurement.
-Moi je pourrai m'en emparer, appuya Oreste plein de certitude. Je réussirai là où les tiennes ont échoué. Et je serai en mesure de t'enseigner ses secrets. Mais j'ignore où le trouver.
-Il y a une grotte au sommet du Pic Sombre, dans les Plaines de l'Infini, sur le territoire de la Montagne Qui Chante lui confia-t-elle. Je t'y emmènerai même si cela ne sera pas facile.
-Très bien, approuva-t-il.
Il ne la menaçait plus avec son sabre laser, qui restait cependant allumé.
-Qu'attends-tu de moi? Demanda-t-elle vivement.
-Que tu te rendes à moi et que tu avoues aux Chutes Brumeuses que vous vous êtes alliées avec l'Empire, en particulier avec cette inquisitrice.
Elle laissa un sourire sinistre s'épanouir sur ses lèvres.
-Nous sommes entrés en contact avec elle, mais rien de concluant pour le moment.
-Ta parole suffira, affirma le Jedi.
Il projeta sa conscience et perçut un puissant écho qui se rapprochait très rapidement d'eux. La Soeur de la Nuit braqua sa tête dans la même direction que lui.
-Nous n'avons pas beaucoup de temps, la pressa le corellien qui avait deviné de qui il s'agissait. Qu'as-tu décidé?
Elle marquait une hésitation certaine. Un mélange de répulsion et de méfiance à son égard, il ne saurait le dire précisement.
-Je peux encore te tuer maintenant, lâcha-t-il pour l'obliger à se décider.
-J'accepte ton offre, acquiesça-t-elle avec une inclinaison du menton.
Il laissa se relever et mettre les mains derrière la nuque en signe de reddition, peu avant qu'Asajj Ventress ne se montre avec ses deux sabres lasers sith. Elle jaugea le jeune homme puis la Soeur de la Nuit avant qu'Oreste ne s'empressa de la rassurer.
-J'ai la situation en main.
-Il semblerait que oui. Mais les Soeurs de la Nuit ne se rendent qu'aux Sorcières, pas aux hommes.
Elle avait rangé ses armes sous sa cape, tout en continuant à afficher un scepticisme empreint de défiance.
-Elle a demandé la vie sauve en échange d'informations.
La rattataki plissa les yeux.
-J'ose espérer que cela en vaut la peine, grogna-t-elle.
-Comment vont les autres? S'enquit le corellien qui comprenait qu'elle restait sur ses gardes.
-Pas de graves blessures à déplorer, c'est déjà ça. Mais c'était imprudent de ta part de t'être lancé à sa poursuite.
-J'avais une bonne raison de le faire.
L'oeil artificiel de Ventress étincela de suspicion accrue.
-Dois-je comprendre que tu as vraiment l'intention d'aller jusqu'au bout?
-Vous espériez que j'avais changé d'avis depuis notre dernier entretien? Je ne suis franchement pas d'humeur à renoncer.
-Ca semble très clair.
La Soeur de la Nuit qui n'avait pas compris la signification de cet échange glacial concentra ensuite leur attention. Elle fut dévisagée par l'ancienne servante du Comte Dooku.
-Tu disais donc que tu avais des informations.
La jeune dathomirienne sombre ne baissa pas ni ne détourna les yeux. Elle se força à ne pas quérir le soutien du jeune corellien de quelques manière que ce soit.
-C'est exact mais je ne les confierai qu'à la matriarche des Chutes Brumeuses. Je ne prendrais pas le risque que vous vous débarrassiez de moi.
-Rassure-toi, nous n'exécutons pas les prisonniers, lui martela la Proche Humaine.
La jeune prisonnière lui décocha un sourire narquois.
-C'est bon à savoir.

Le retour au clan des Chutes Brumeuses du groupe complété par la Dame du Pardon et d'une prisonnière inattendue constitua évidemment un événement pour ne pas dire l'attraction du jour sur un monde si reculé.
Un attroupement se forma autour d'eux, constitué de Sorcières mais aussi d'hommes. Oreste et les autres progressèrent jusqu'au hall où les attendait Remora A'alta. Tzipah et Sira sortirent des rangs pour la saluer d'une révérence respectueuse.
-Quel a été le résultat de votre expédition?
-Le grand Wuffa de métal a été fouillé, Mère de Clan, commença Tzipah. Mais il ne contenait plus rien d'exploitable.
Sira expliqua ensuite à son tour qu'ils avaient été attaqués sur le chemin du retour, attaque qu'ils avaient réussi à repousser sans pertes.
-La Dame du Pardon et le Jedi ont réussi à capturer une Soeur de la Nuit.
Asajj Ventress s'avança à son tour.
-Tout le mérite en revient à Oreste Tissan.
Des murmures parcoururent de nouveau la foule, synonyme de l'admiration dont le corellien bénéficiait.
-Elle a accepté de se rendre en échange de renseignements qui ne manqueront pas de vous intéresser, annonça-t-il.
Comme il l'avait prévu, l'étonnement lissa la figure lointaine de la chef de Clan.
-Elle a accepté de se rendre à un homme? C'est surprenant.
Il fut offensé par le doute qui émanait de ses mots. Mais il ne releva pas le sous entendu et poussa par l'épaule la Soeur de la Nuit devant la doyenne. La posture de la prisonnière qui avait les poignets liés par devant, ne trahissait aucune crainte. Elle semblait respirer de l'assurance voire l'arrogance.
Par prudence, elle jugea bon de demander:
-Comment serai-je traitée?
-Selon les lois d'Allya, répondit sobrement A'alta. Tu ne seras ni exécutée ni maltraitée d'aucune façon que ce soit. Si les informations que tu détiens sont importantes pour le clan, les Chutes Brumeuses et les autres clans t'accorderont une nouvelle chance de t'amender.
-Qui me garantit que les Chutes Brumeuses tiendront parole? Et que les autres clans feront de même?
-Tu as ma parole. Tous ceux présents ici en seront témoins.
La jeune Soeur de la Nuit tourna la tête par dessus l'épaule promenant son regard autour d'elle.
-De quel clan venais-tu avant de rejoindre Baritha? Demanda A'alta.
-J'ai vu le jour sous la bannière des Collines Rouges.
-Comment ta mère t'a appelé?
-Mialyn.
La doyenne du clan avait adopté un ton presque familier pour ne pas dire maternel avec la jeune paria. Cela ne semblait surprendre personne hormis Oreste bien entendu. Se fiant à son intuition, le jeune corellien était prêt à parier qu'il existait un quelconque lien de parenté entre eux deux.
Tzipah qui avait perçu sa perplexité, lui confirma à l'oreille:
-C'est sa petite nièce.
-Elles ne sont pourtant pas du même clan, fit-il remarquer à voix basse.
-Les liens entre les clans sont plus importants que tu ne le crois.
Pendant ce bref échange, la matriarche interrogea la prisonnière.
-Parle sans crainte, quelles sont ces informations que tu détiens?
-Mes Soeurs et moi avons contacté l'Empire pour contracter une alliance avec eux. Et ils ont accepté.
De nouveaux murmures s'élevèrent au sein de l'assistance où l'inquiètude se mélait à l'incrédulité. La perspective d'une union de deux ennemis contre les Chutes Brumeuses et les autres clans de Sorcières n'enchantait personne puis vint le moment où Orcheron ne réclama la parole.
-Mère de Clan, les Soeurs de la Nuit ont trahi le livre de la Loi. Leur parole n'a aucune valeur, nous devrions la bannir tout de suite hors de notre territoire même si votre sang coule dans ses veines.
-Je connais les Soeurs de la Nuit bien plus longtemps que toi, Orcheron. Merci de m'avoir rappelé que Mialyn fait partie de ma famille.
Ce n'était ni plus ni moins qu'une invitation à la jeune Sorcière blonde à garder le silence. Oreste surprit ses lèvres se tordre de dépit. Cependant parmi les dathomiriennes, beaucoup partageaient le point de vue d'Orcheron.
Tzipah et Sira demeuraient impavides, se remettant entièrement aux décisions de leur supérieure. Celle-ci imposa le silence sans mal.
-Ont-ils prévu de nous attaquer tout de suite?
-Pas encore, mais cela ne saurait tarder. À moins que vous ne leur offriez votre soumission, Mère de Clan.
Comme sûre de son fait, la jeune Soeur de la Nuit se mit à sourire exagérement. Une provocation destinée à les narguer. Ce qui suscita la désapprobation silencieuse du public. Remora A'alta secoua la tête, les traits assombris par une amère déception.
Cela importait peu à Oreste qui avait atteint son objectif. Il se doutait que les Chutes Brumeuses ne se soumettraient ni à l'Empire ni aux Soeurs de la Nuit. Il ne lui restait plus qu'à s'arranger pour mettre la main sur le Bâton Obscur.
Mialyn l'y conduirait.
Elle te trahira, pauvre inconscient.
Une voix venait de s'insinuer dans ses pensées. Il se sentit être sondé mentalement par un intrus qui avait pénétré le cours de son esprit.
Elle n'acceptera jamais de partager mes secrets avec toi.
Oreste se retint de grogner pour ne pas attirer l'attention de Tzipah ou d'Asajj Ventress et il rejetta au loin l'irruption hors de sa pensée des murmures pernicieux de Dark Rivan. Avant de fixer de nouveau la Soeur de la Nuit qui jouissait de l'angoisse diffuse qu'elle venait de propager au sein des Chutes Brumeuses.
Ses traits affichaient une détermination et une roublardise, celle de quelqu'un qui ne reculerait rien pour obtenir ce qu'elle voulait. Tout comme Oreste prêt à tout pour se venger de l'Empire. Il se figea lorsqu'il comprit que Rivan ne mentait pas sur un point.
C'était une adepte du Coté Obscur, elle n'hésiterait jamais à le poignarder dans le dos sans le moindre sentinent.
Il refusait de prendre ce risque et dans ce cas il ne lui restait plus qu'une chose à faire. C'était la seule option envisageable.
Il le faisait pour ceux qu'il avait aimés. Pour la mémoire de Beliem..
Pour offrir un avenir meilleur à Tzipah.
-Gardes, emmenez-la, ordonna la martriarche. Je déciderai de son sort plus tard.
Deux Sorcières qui composaient sa garde rapprochée s'avançèrent sans hésiter pour encadrer la prisonnière de part et d'autre. Mais le corellien les devança en se plaçant juste derrière son dos.
Le crépitement d'un sabre laser activé l'instant suivant précéda un gémissement étouffé de Mialyn. Celle-ci écarquilla les yeux de stupeur avant de contempler incrédule le néon vert ardent qui venait de pousser de sa poitrine.
Oreste retira l'arme de son corps d'une brusque saccade, la laissant s'affaisser à ses pieds dans un silence aussi assourdissant que dans un cimetière. La matriarche fut la première à surmonter le choc de cette exécution sommaire.
-Les Jedi ont l'habitude d'exécuter leurs prisonniers? Fit-elle d'une voix où transpercait l'indignation.
-Oui, quand ils n'ont pas le choix.
-Ce n'est pas notre façon de faire.
-Il serait peut-être temps d'en changer.
Il avait répliqué sèchement alors qu'il sentit les regards de ses amis peser sur lui. Et il n'était pas décidé à se défiler.
-Elle n'était pas une menace.
-Elle aurait fini par en devenir une si vous l'aviez laissé en vie, persista-t-il. Emprisonnée, elle aurait fini par s'échapper.
-Même si vous avez raison, la décision ne vous revenait pas. Je lui avais donné ma parole qu'elle ne serait pas inquiétée et vous m'y avez fait manquer.
-Je sais qu'elle était de votre famille mais cela ne justifie pas de fuir vos responsabilités. Vous devez laisser de coté votre pitié ou vous ne servirez plus à rien ni à personne.
-Tout comme vous?
Malgré lui, Oreste revit le dernier regard que lui avait lancé Beliem avant de mourir.
-J'ai tué mon propre frère car il avait causé la mort de ma famille en voulant me livrer à l'Empire. Et j'ai réussi à leur survivre pour continuer à leur rendre justice. Je ne renierai pas ce que j'ai fait. Et je ne continuerai plus à me justifier pour ce que je viens de faire.
Il fit volte face pour prendre à témoin la foule, élevant la voix à l'aide de la Force.
-Je connais cet Empire qui s'est allié aux Soeurs de la Nuit. C'est un ennemi implacable et sans pitié qui n'hésitera pas à vous écraser si vous bronchez. Je le sais, car je les ai vus à l'oeuvre. Votre seule chance est de rallier les autres clans pour les combattre.
-Assez, trancha la matriarche pour l'interrompre.
Sa voix avait coupé net son élan.
-Il est temps pour tout le monde de retourner à ses occupations. Je vais réfléchir aux conséquences de ce qui vient de se passer ici. Je vous suggère d'en faire autant, ajouta-t-elle à l'adresse du jeune corellien.

Voilà c'est tout pour aujourd'hui! à la prochaine 8-) !


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MessagePublié: 09 Octobre 2017, 21:29 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite, les amis :D !

Remora A'alta se détourna pour retourner à ses quartiers, lourdement escortée. La plupart des Sorcières et des hommes dathomiriens firent de même, sans émettre le moindre commentaire sur cet événement.
Deux dathomiriens évacuèrent le corps déjà froid de la jeune Soeur de la Nuit alors que le corellien retourna rejoindre ses proches amis. Qui le dévisageaient avec un zeste d'effroi.
-Tu sais gamin, commençait Gelfran, je voulais tenter ma chance. Te tirer dans le dos.
Oreste comprit aisément qu'il pensait ce qu'il disait.
-Qu'es-ce qui vous en a empêché?
-Après ce que tu viens de faire, je me suis dis que cela ne changerait plus rien. Nous revoilà en pleine guerre grâce à toi. Si j'avais su qu'on en arriverait là, je t'aurais laissé sur Corellia.
Le contrebandier n'affichait plus que de la tristesse.
-Vous savez très bien pourquoi je l'ai fait.
-Oh ça j'en doute pas, cracha Gelfran avec amertume. Bon si vous me le permettez, je vais voir ailleurs si Ranulph Tarkin y est.
Il s'eloigna sur cet éclat avant que Oreste ne croisa le regard du clone, qui demeurait impassible. Mais son regard distant en disait long sur son opinion.
-Quelque chose à dire, Climber?
-Peu m'importe ce que vous faites et pourquoi vous le faites. J'espère seulement avoir l'occasion de régler mes comptes avec l'Empire. Après puisque vous me demandez mon avis..
Le mutin de Murkhana rabattit sans douceur le fusil DC-15 contre le flanc.
-Roan Shryne ne se serait jamais rabaissé à ces extrémités. Il n'aurait jamais assassiné quelqu'un dans le dos, quelque soit la raison.
Il prit congé à son tour, après un raide salut militaire. Remplaçé par Asajj Ventress qui le foudroyait de désapprobation.
-Épargnez-moi vos leçons de morale, la prévint-il.
-Je ne vais pas me priver de le faire, lui affirma la rattataki. Tu viens de me montrer ton vrai visage. Tu prétends savoir pourquoi tu le fais. Mais le fait d'avoir perdu ceux que tu aimais ne peux pas justifier tout.
-Vous avez bien vengé vos parents sur Rattatak, lui fit-il remarquer.
-Et je regrette de m'être laissé dévorer par la haine. Je regrette d'avoir laissé un individu malfaisant me manipuler et exploiter à sa guise cette haine. Renonce à ce chemin pendant qu'il en est encore temps.
-Je dois aller jusqu'au bout, insista Oreste.
-Alors tu finiras par devenir ce que j'ai été autrefois. Le veux-tu vraiment? Si tes parents étaient encore de ce monde, si celle que tu aimais se tenait à tes cotés, que te diraient-il?
Pour tenter de l'atteindre, elle martela:
-Que te dirait-elle?
Il repensa à la vision qu'il avait reçu de la défunte lors de cette fameuse nuit où le Bâton Obscur lui était apparu.
Fais ce qui doit être fait. Ou Dathomir sera détruite et l'Ordre Jedi aussi.
-Elle me dirait d'accomplir mon devoir, répondit-il sans concession.
La rattataki comprit le message dissimulé dans cette réponse évasive. Son teint pâle s'assombrit sous le coup de la tristesse qui la submergea furtivement. Rien de ce qu'elle pourrait dire ne le dévierait de cette voie sans issue qu'il choississait d'arpenter.
-J'espère que la Force nous évitera le pire, conclut-elle pour elle-même.
Elle resserra son capuchon sur son crâne chauve avant de retourner à sa vie d'ermite errant qu'elle s'était imposée.
Oreste l'observa s'éloigner tout en évitant les iris bleus de Tzipah, qui serrait les dents pour ne pas partager pour l'instant tout sa pensée.
-Pas de commentaires, lui fit le Jedi corellien.
-Tout a déjà été dit, ponctua la Sorcière. Je veux être seulement certaine que tu vas mener le bon combat.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon se résolut à l'affronter dans les yeux.
-Nous menons le même combat, lui assura-t-il.
-Je ne demande qu'à te croire mais ce n'est pas évident pour tout le monde.
Il savait désormais que chaque mot serait important.
-La Soeur de la Nuit et moi avions conclu un accord. Elle se proposait de m'aider à retrouver un artefact Sith en échange de sa liberté.
-Et tu as accepté?
-Je suis entré dans son jeu. Mais je ne l'ai fait pas à la légère.
-De quel artefact s'agit-il?
-Du Bâton Obscur.
Les traits de la jeune femme devinrent livides.
-J'ai entendu des rumeurs à ce sujet. Une malédiction pèse dessus, quiconque le touche meurt ou devient fou.
-Sauf si quelqu'un arrive à comprendre son pouvoir et à s'en servir. Imagine que les Soeurs de la Nuit parviennent à s'en emparer et à l'exploiter, quelles auraient été les conséquences?
Elle hocha la tête et le corellien fut soulagé de constater que le fossé entre eux deux était de nouveau comblé.
-Tu l'as tuée pour l'empêcher de le voler.
-Je regrette de n'avoir pu t'en parler avant de le faire. Je n'aime pas garder ce genre de secrets mais je sais que je peux te faire confiance, lui avoua-t-il.
Il parvint à lui sourire et elle se rapprocha de lui, de nouveau convaincue de sa sincérité même si elle continuait de percevoir l'obscurité qui émanait de lui par vagues.
-Je te fais confiance aussi, j'espère que tu ne nous abandonneras pas.
Il se figea lorsqu'il se souvint de sa désertion de la rebellion muun qu'il avait trahie, en pensant le faire de bonnes raisons.
-Non, affirma-t-il. Je ne vous abandonnerai pas.
Du moins, il priait pour ne jamais avoir à le faire. Que la Force le lui épargnerait.
-Merci, lui souffla-t-elle en lui prenant la main. Nous nous reparlerons tout à l'heure, je vais vérifier l'état de nos défenses.
-D'accord. Qu'allez-vous faire du corps de Mialyn?
-Nous allons le rendre à son clan d'origine, c'est la moindre des choses. Tôt ou tard, les Soeurs de la Nuit apprendront ce qui s'est passé.
Il soupira lorsqu'elle s'éloigna pour remplir sa mission. Il remarqua alors qu'il était seul dans le hall de la forteresse naturelle, mis à part les Sorcières qui patrouillaient de long en large. Il décrocha la crosse de son sabre laser de sa ceinture et inspecta rapidement son état.
Il l'activa et admira le halo crépitant vert émeraude qui l'éblouissait avant de répéter des mouvements qu'il avait appris auprès de Halcyon puis de Ki Adi Mundi au Temple Jedi de Coruscant. Il commença par se fondre dans le style défensif du Soresu, s'imaginant repousser des tirs de blaster.
La lame ardente de son épée décrivit des courbes brèves et amples dont il s'efforçait à chaque instant de modifier l'angle pour couvrir le plus de surface possible le long de son corps.
Penses-tu pouvoir trouver la paix ainsi?
Il interrompit son exercice lorsque la silhouette translucide d'un Jedi céréen apparut à un mètre devant lui. Au sourire lointain presque irréel.
-Maître Mundi? S'exclama Oreste incrédule. Que me voulez-vous?
-Ton premier mentor Neeja Halcyon n'a pas réussi à te convaincre mais peut-être que tu m'écouteras moi.
Le jeune corellien baissa son sabre vers le sol.
-Et pourquoi je vous écouterais? Surtout si c'est pour vous entendre ressasser la même chose à propos du Code Jedi.
-Je veux seulement te parler de ce que tu as l'intention de faire. À propos du Bâton Obscur.
-Je veux le mettre en sécurité, c'est tout. Je ne vois pas où est le problème.
Le sourire du défunt céréen disparut.
-C'est un mensonge dont tu tentes toi-même de t'en persuader. Tout comme ton ancêtre Alan, tu veux seulement pouvoir le récupérer à ton profit.
-Non, pour aider les Sorcières à s'en préserver, protesta le jeune homme avec véhémence.
-Tes émotions brouillent ton jugement sur beaucoup de choses, Oreste. Y compris sur toi-même et l'histoire de ta famille.
-Pourquoi Yoda a-t-il tué Alan? Il aurait pu le vaincre sans le tuer!
Le céréen le considéra avec ce qui semblait être de la pitié.
-Neeja t'a déjà expliqué ce que la Force t'avait déjà montré. Alan représentait un grave danger non seulement pour lui-même mais aussi pour la galaxie.
-Je ne deviendrai pas comme lui, lui affirma son ancien padawan. Je ne commettrais pas les mêmes erreurs.
-Mais tu marches déjà sur ses traces. Tu es seulement trop aveugle pour le voir.
-Au contraire, je ne me suis jamais senti aussi clairvoyant. Sur beaucoup de choses et pas seulement sur la Force.
Le spectre l'implorait en silence.
-J'ai compris ce que l'Ordre Jedi était en réalité. Une bande de menteurs et de naïfs qui n'a pas voulu voir la corruption du Sénat et celle des corporations qui lui sautait pourtant aux yeux.
-Cette bande de menteurs et de naïfs, reprit le non humain, est parvenu à défendre les valeurs de la République pendant plus de vingt cinq milles ans. C'est pour ces valeurs que tant des nôtres ont rejoint la Force. C'est pour cela que tu t'es battu pendant la dernière guerre. Tu ne peux pas mépriser cela et encore moins tourner le dos à cela.
-Si je le peux.
La hargne d'Oreste vibrait à travers chacun de ses mots.
-Et même je le dois. Il est temps que je me consacre à des choses plus importantes.
-Comme quoi?
-La justice pour les miens.
Ki Adi Mundi fronça les sourcils, son esprit ayant deviné depuis les méandres de la Force les véritables intentions de son ancien apprenti.
-Tu parles de vengeance.
-C'est parfois la même chose, revendiqua le jeune corellien.
Le céréen agita sa tête conique en affichant une tristesse qui ridait ses traits emplis de sagesse bienveillante.
-Non ce n'est pas la même chose. Et j'espère qu'il ne sera pas trop tard lorsque tu t'en apercevras. J'espère que tu retrouveras la voie des Jedi.
Oreste ne releva pas cette dernière phrase car la silhouette de son ancien professeur au Temple de Coruscant s'effilochait rapidement. L'auréole qui nimbait ses contours ne devint plus qu'un éclat blafard.
Ki Adi Mundi rejoignit les profondeurs de la Force au moment où une voix résonnait dans sa tête.
Souviens-toi que nous sommes des êtres de lumière, que nous baignons au coeur de la Force. Un jour, tu t'en rappeleras. Tu te souviendras d'où tu viens.
-Jedi?
Comme émergeant d'un rêve prenant, le Jedi sursauta avant de faire face à une Sorcière de Dathomir qui le dévisageait avec une curiosité insistante.
-À qui parlais-tu? Lui demanda-t-elle.
Il mit quelques secondes à reprendre sa contenance.
-À personne.
Il parvint même à ajouter avec un aplomb qui frisait l'insolence.
-Il n'est pas conseillé de déranger un Jedi qui interroge la Force.
Elle soutint son regard, sourcillant à peine sous la menace avant de s'éloigner finalement.

Prison Impériale, Dathomir

-Madame, elles sont revenues.
Le colonel Samon se mit au garde-à-vous devant l'inquisitrice Soia Tenn, qui le fixait intensément de ses yeux rubis sanglant à l'éclat acéré. À ses pieds, se tortillait un prisonnier duro pris de convulsions peu naturelles, suite à la volée d'éclairs de Force qu'elle venait de lui infliger, en plein milieu de la cour principale devant les autres détenus sagement alignés comme des automates soumis.
Elle ne daigna pas accorder au duro qui tentait finalement de se redresser sur ses genoux, complètement groggy par le traitement de choc dont il venait bénéficier.
-Très bien, allons voir ce qu'elles veulent.
Sans hésiter, elle secoua les pans de sa longue cape sombre qu'elle laissait flotter derrière elle avant de se diriger à grands pas vers l'entrée prinicipale.
Farouchement surveillée par les stormtroopers clones impériaux, Baritha la surveilla en train de s'avancer. Soia Tenn étudia l'expression de la Soeur de la Nuit à travers le bouclier énergétique tout en posant la main sur la crosse de son sabre laser.
-Que voulez-vous? Fit la chiss qui se tenait prête à réagir au moindre signe de traîtrise.
-Nous vous avons laissé assez de temps pour réfléchir et il est temps que nous vous fassiez part de votre réponse.
La non humaine n'apprécia pas que la sombre dathomirienne tente de la mettre dos au mur, pour lui donner l'impression que sa marge de manoeuvre était réduite. Derrière Baritha, d'autres Soeurs de la Nuit piaffaient d'impatience.
-Effectivement, j'ai pris le temps d'y réfléchir. Je rejette votre offre tant que vous ne m'aurez pas amené ce Jedi corellien.
Étrangement la Soeur de la Nuit ne semblait pas offensée par ce refus. Elle se permit même de lui sourire avec nonchalance.
-Vous ne nous faites pas confiance et je le comprends, concéda l'autochtone. Cependant vous n'aurez plus de raison de l'être lorsque nous vous amènerons ce que vous souhaitez. Et même bien plus.
-Bien plus? C'est-à-dire?
Un sourire énigmatique étira de nouveau les lèvres de Baritha avant qu'elle ne tourna les talons pour rejoindre les siennes. Les adeptes locales du Coté Obscur se réfugièrent sous le couvert de la forêt sous les yeux d'une Soia Tenn decontenancée.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :mrgreen: !


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MessagePublié: 13 Octobre 2017, 23:00 
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Bonsoir c'est l'heure de la suite!

Forteresse des Chutes Brumeuses

Oreste remarqua les cernes discrètes qui saillaient sous les yeux de la matriarche Remora A'alta. Preuve que celle-ci avait pris toute la nuit pour murir une décision importante dont l'impact possible et imprévisible l'avait empêché de trouver la paix dans son sommeil.
-J'ai réfléchi à ce qui s'est passé hier, commença-t-elle d'un ton solennel.
Elle promena son regard de Oreste à Tzipah.
-Tôt ou tard, les Soeurs de la Nuit apprendront ce qui est arrivé à Mialyn. Elles ne resteront pas sans réaction.
-Si elles nous attaquent, Mère de Clan, nous saurons les recevoir.
La doyenne des Chutes Brumeuses fusilla du regard la Sorcière Orcheron qui avait été convoquée aussi.
-Les Soeurs de la Nuit ont déjà testé nos défenses sans parvenir à déceler la moindre faille, lui rappela-t-elle. Si elles ne sont pas devenues les alliées de cet Empire, elles ne tarderont pas à l'être. Grâce à vous, lança-t-elle en direction du jeune corellien.
Celui-ci se mordit discrètement la lèvre encaissant cette pique imprévue.
-Mais vous avez raison sur un point, lui accorda-t-elle. Si nous voulons mettre toutes les chances de notre coté, nous devons rallier les autres clans. Je suis d'ores et déjà persuadée que les Collines Rouges se mobiliseront. Mais l'union totale ne sera possible que si nous convainquons la Montagne Qui Chante.
-C'est pour cela que vous avez demandé à me voir?
De la part d'Oreste, cette apparente question n'était qu'une simple déduction. Que la vieille femme confirma d'un hochement de tête.
-Une de nos Soeurs vient de rentrer il y a peu de leur village. La Mère de Clan Augwynne Djo accepte de vous rencontrer. Mais vous n'irez pas seul.
Le Jedi glissa un coup d'oeil vers Tzipah qui lui accordait un bref sourire puis vers Orcheron qui l'ignorait par contre royalement.
-Très bien, accepta-t-il finalement. Puis-je emmener mes deux amis avec moi?
-Vos amis se sont portés volontaires pour rester ici et enseigner à nos Soeurs le maniement des blasters.
Tzipah sentit grâce à la Force son jeune compagnon étranger accuser le coup de cet aveu. Qui révélait ni plus ni moins l'état des tensions entre le sorcier et les deux autres hors mondes.
-C'est tout à leur honneur, concéda-t-il dans un souffle neutre.
Il ne parvenait pas à masquer son amertume avant que la matriarche ne leur souhaita pour mettre fin à la discussion:
-Que la Bénédiction d'Allya vous accompagne.


Le voyage qu'ils entreprirent jusqu'à la capitale de la Montagne Qui Chante leur couta une demi journée de marche. Ils avaient du franchir des dizaines de cols harassants traversant la chaîne de montagnes pour descendre en direction d'une plaine rocailleuse et aride, baptisée les Plaines de l'Infini.
Lorsqu'ils parvinrent aux pieds des montagnes, Oreste et les deux autres Sorcières qui l'accompagnaient prirent le temps d'observer le panorama terne qui s'étendait à perte de vue. Au loin, bouchant l'horizon, se dressait une montagne solitaire.
Le Pic Sombre. Celui que Mialyn lui avait mentionné, celui qui dissimulait au sommet de ses entrailles le Bâton Obscur de Dark Rivan. Il frémissait intérieurement à la fois d'impatience et d'angoisse. Les pouvoirs de cet artefact continuaient de susciter son intérêt mais la crainte de finir comme son ancêtre le gagna de nouveau.
Non, je ne faillirai pas.
-Regardez, fit Orcheron.
Elle montra de sa lance une patrouille qui venait à leur rencontre. Constituée de six sorcières montées sur des rancors. Lorsqu'elles s'approchèrent du trio, le corellien remarqua que leur tenue écailleuse semblait plus élégante que celle de Tzipah et même d'Orcheron. Preuve que la Montagne Qui Chante bénéficiait de bien plus de prestige que les Chutes Brumeuses.
Oreste commença à réaliser pleinement que la mission de diplomatie qui lui avait été confiée rêvetait une importance particulière.
Il ne s'agissait pas de rallier un clan comme un autre. Il lui fallait rallier le clan qui ferait basculer les autres dans son camp, comme Remora A'alta avait tenté de le lui faire comprendre. Les nouvelles venues exhibaient leurs armes bien en évidence, tout comme Tzipah et Orcheron. Oreste devait faire de même.
Il fit coulisser la crosse de son sabre laser devant lui, et le reflet de son arme brilla alors d'un éclat plus ferme à la lumière du soleil. Tzipah était satisfaite qu'il jouait le jeu.
Le Jedi ne masqua pas sa surprise lorsqu'il observa que celle qui commandait le groupe était une zabrak. Dathomir étant isolée du reste de la galaxie, il était très rare de croiser des non humains qui en passant ne bénéficiaient pas d'un meilleur statut que les hommex dathomiriens.
Cette femme semblait être l'exception. Mis à part les petites cornes qui ornaient le devant de son crâne, elle arborait l'attitude d'une guerrière autochtone digne de ce nom.
Elle leva la main pour stopper les siennes à distance respectueuse avant de se laisser tomber souplement aux pieds de sa monture.
-Je suis Magash, se présenta-t-elle. Au nom de notre Mère de Clan, je souhaite la bienvenue à nos Soeurs des Chutes Brumeuses et au sorcier venu des étoiles.
Tzipah et Orcheron se présentèrent également, imitées par le jeune corellien qui fut dévisagé par la zabrak.
-Vous êtes attendus, ajouta cette dernière à son égard.
La zabrak grimpa de nouveau sur la nuque de son rancor et donna le signal du retour. Vers le Pic Sombre. Aux pieds duquel était bâti le repaire de la Montagne Qui Chante. Ce dernier était un village appuyé sur un plateau qui surplombait le sol à plusieurs centaine de mètres d'altitude.
Empruntant un sentier raide, le groupe traversa les rangs de sentinelles qui ne jetèrent qu'un bref coup d'oeil en direction des hôtes.
Lorsqu'ils se retrouvèrent derrière les murs, le raffinement des constructions tranchait nettement avec la rusticité de la forteresse troglodyte du clan de Tzipah et d'Orcheron. Les deux jeunes Sorcières furent elles-mêmes émerveillées par le reflet de certains bâtiments qui renvoyaient les étincelles du soleil dans les yeux.
Leur arrivée suscita une effervescence de la part de certains habitants qui se penchèrent par la fenêtre ou qui s'approchèrent pour jauger les étrangers. Surtout le Jedi qui entendit à la volée des commentaires à son propos:
-Vous avez vu? Un homme!
Ces mots avaient été lancés par une Sorcière qui gardait une partie de la cité avec deux autres consoeurs.
-Il ne ressemble pas à un esclave.
Oreste ne croisa sur le trajet que peu d'hommes qui semblaient reclus comme d'habitude à des tâches ingrates. La tête basse, ils filaient à leurs occupations.
Magash les amena finalement à un palais dont les lourdes portes s'ouvrirent à leurs intentions peu après qu'elle soit descendue de son rancor. Elle ordonna aux autres cavalières de retourner à leur poste avant de guider le Jedi et les deux autres Sorcières des Chutes Brumeuses à l'intérieur de l'édifice.
Après avoir traversé le hall austère, ils empruntèrent un escalier raide qui les amena à l'étage d'au-dessus puis s'enfonçèrent dans un long couloir qui menait à l'entrée de l'appartement d'une personne importante.
Les deux gardes furent approchées par Magash qui échangea quelques mots en dialecte local avec elles. Finalement elles s'écartèrent pour les laisser entrer. La matriarche de la Montagne Qui Chante les attendait dans une grande pièce aux murs en pierre rougeâtre.
Assise dans un large fauteuil forgé dans cette même pierre, Augwynne Djo fixait d'un air songeur les flammes qui dévoraient avec avidité les brindilles qui se tordaient dans l'âtre d'une cheminée cerntrale. Une ample toge blanche la recouvrait avant qu'elle ne tourna son visage sans relief vers le trio conduit par la guerrière zabrak.
Oreste ne lui donnait en apparence qu'à peine cinquante ans mais elle était peut-être plus âgée. Une tiare coiffait sa chevelure couleur claire de lune.
-Mère de Clan, commença Magash. Voici Soeur Tzipah et Soeur Orcheron des Chutes Brumeuses. Elles escortent cet homme..
-Oreste Tissan, se présenta le corellien.
La zabrak le fusilla furibonde qu'elle l'ait interrompu. Augwynne Djo l'apaisa d'un ton bienveillant.
-Tout va bien, Magash. Cet homme ne voulait pas te manquer de respect.
-Pardon, Mère.
La zabrak s'inclina avant de se retirer. La matriarche fit alors un geste gracieux de la main en direction de ses hôtes.
-Je vous en prie, asseyez-vous.
-Vous connaissez la raison de notre venue? Lui demanda le Jedi.
Elle les observa s'installer avant de répondre.
-Un incident grave s'est produit, qui pourrait déclencher une guerre entre les Chutes Brumeuses et les Soeurs de la Nuit. Et Remora A'alta, une vieille amie, m'a confirmé par le biais d'une de ses émissaires que j'ai reçu, qu'elle craignait une alliance opportune entre Baritha et l'Empire.
-Même le soutien des Soeurs des Collines Rouges ne pourrait pas suffire selon notre Mère de Clan. Le Jedi connaît bien cet Empire, plaida Tzipah.
La vieille femme étudia avec beaucoup d'insistance les traits fins et creux du jeune corellien qui la sentait le sonder à l'aide de la Force.
-Jusqu'à quel point connaissez-vous cet Empire?
-Bien assez pour vous assurer qu'il représente une menace que vous devez prendre au sérieux. Vous devez être consciente que même s'ils vous ignorent pour le moment, ils ne tarderont pas à tenter de vous écraser ou de vous soumettre à n'importe quel prix. Je les ai vus à l'oeuvre de mes propres yeux, infliger le mal aux innocents. En particulier aux gens qui comptaient pour moi.
-Vous avez perdu des proches? Lui demanda Augwynne Djo.
Il surprit le voile de tristesse qui recouvrit son front. La tristesse de quelqu'un qui avait du éprouver aussi des pertes personnelles.
-Ma propre famille et une amie qui comptait pour moi.
-Vous souhaitez les venger?
La question directe le surprit.
-Non, je souhaite seulement réparer les choses.
-Il y a de l'obscurité qui émane de vous, lui fit-elle remarquer.
-Nous vivons des heures sombres, lui rappela-t-il. L'Empire a lancé une campagne de purge contre nous.
-Nous avons senti une grande lumière disparaître, concéda la matriarche. Reste-t-il d'autres survivants?
Oreste sentit son coeur se glacer lorsqu'il se rappela les cadavres de ses condisciples qui jonchaient le sol dans cette mine d'épices de Kessel.
-Je l'ignore, je..
Je suis peut-être le dernier Jedi qui est encore en vie. Cette terrible pensée le glaça, le poids d'une lourde responsabilité lui pesait lourdement sur la conscience. S'il échouait, s'il mourait, il n'y aurait peut-être plus d'espoir.
Plus de Jedi, plus de République. Plus de souvenir, tout ce qui avait pu évoquer l'Ordre Jedi tomberait dans l'oubli. Un sort pire que la mort en définitive, bien plus implacable. L'image de cette machine de mort déshumanisée qui traquait les Jedi au nom de l'Ordre Nouveau troubla ses pensées. N'ayant jamais cessé de hanter ses cauchemars.
Vador.
Celui qui avait exterminé huit des siens sur Kessel. Celui qui écrasait toute forme de résistance à l'oppression.
Il devait tuer Dark Vador.
-Je l'ignore, répéta-t-il une nouvelle fois.
-Je comprends le désarroi que vous pouvez ressentir. Il n'est pas facile de garder la foi en la lumière après avoir perdu les repères auxquels on se fiait. Mais vous devez continuer à espérer, à lutter contre cette obscurité.
-Vous êtes l'espoir des Chutes Brumeuses en ce moment, insista le Jedi. Cet espoir, je ne peux l'incarner seul.
Augwynne Djo se leva alors de son siège. Et s'approcha du feu qu'elle raviva en usant d'un sortilège qu'elle murmura.
-Je veux vous aider, affirma-t-elle. Mais je ne souhaite pas m'engager dans un engrenage à la légère. Surtout que j'ai d'autres problèmes à résoudre.
-Comme le Bâton Obscur?
Augwynne Djo ne semblait pas surprise qu'elle soit au courant de son existence.
-Le clan a toujours veillé à interdire l'accès au sommet du Pic Sombre à quiconque. Même si certaines de nos Soeurs ou certains hommes n'ont pu résister à l'appel du Bâton Obscur. Je ne peux dégarnir mes forces sans laisser s'exposer n'importe qui à cette malédiction.
Le Jedi comprit qu'il avait une sérieuse occasion à saisir.
-Sauf si quelqu'un vous en débarrasse.
-Comme votre ancêtre a tenté de le faire?
Si le ton demeurait affable, Oreste demeurait suffisamment perspicace pour déceler la subtilité de l'ironie qui perçait.
-Je sais ce qui est arrivé à mon ancêtre.
-Dans ce cas, vous ne devriez pas vous engager sur la même voie que lui. Vous pourriez basculer définitivement.
Mes maîtres me disaient que ma passion étaient ma plus grande faiblesse. Peut-être avaient-ils raison. Car ils avaient peur de ce que je pouvais devenir.. Ils n'auraient jamais du me cacher les secrets de ma propre famille. Comme ils ne sont plus là pour payer le prix de leurs erreurs, c'est l'Empire qui paiera.
-Je ne suis pas mon ancêtre, trancha-t-il froidement. Et je n'ai pas l'intention de finir comme lui. Je ne commettrais pas les mêmes erreurs.
-On subit souvent ce qu'on essaie d'éviter.
Tzipah accrocha le regard d'Oreste pour lui intimer de garder son calme.
-Si vous nous aidez, je vous aiderai.
-Vous pensez être capable de l'affronter?
-J'ai survécu à bien pire, assura-t-il.
Il pensait chacun de ses mots. Oui, il avait survécu à bien pire. Il avait réchappé à la guerre, à la trahison des clones sur Mygeeto. À la traque de l'Empire, à la mort de ses proches sur Corellia. De Beliem..
Il ne craindrait pas une saleté de malédiction à laquelle avait succombé son aïeul. Il avait fait son choix, un choix qui l'écartait durablement de la voie des Jedi.
-Je suis prêt à l'affronter. Seul.
-Non, nous devons t'accompagner, protesta Tzipah qui se pencha pour lui saisir le bras. C'est trop dangeureux.
Orcheron contrairement à sa consoeur semblait se désinteresser de ce qui pouvait advenir du Jedi. Gagnée par l'ennui, elle n'avait qu'une hâte: rentrer aux Chutes Brumeuses.
-Non, martela-t-il. Je ne veux que personne d'autre ne soit exposé.
-Votre attitude vous honore, salua la matriarche. Cependant j'insiste pour que deux Soeurs vous accompagnent. En tant qu'hôte, vous êtes sous la responsabilité de mon clan et c'est pour nous une question d'honneur.
-Je comprends, concéda-t-il. S'il m'arrivait quelque chose, le crédit de votre clan en serait écorné.
Tout le monde paraissait s'accorder sur les termes de l'alliance.
-Bien, avant que vous ne débutiez votre excursion, je voudrais que vous voyiez quelqu'un.
La demande formulée par la matriarche contenait une intonation impérieuse. Elle y tenait, Oreste en était certain.
-C'est important pour vous?
-Pour vous, répliqua-t-elle seulement. Suivez-moi.
Tous trois se levèrent de leur siège pour lui emboîter le pas. D'un pas vif, elle les amena à l'étage supérieur et les fit entrer dans un appartement semblable au sien. Dans un fauteuil au centre, une forme tassée sur elle-même était éclairée par un feu agonisant.
La matriarche chanta à voix basse et les flammes naquirent à nouveau.
-Rell? Appela-t-elle.
La créature recroquevillée s'anima. Cachée sous des capes ternes et défraîchis, son âge marquait les rides avec une telle profondeur qu'on pourrait penser à des canyons forgés par l'érosion. Ses mains tremblantes s'élevèrent vers les nouveaux venus.
Plus précisement vers le jeune corellien.
-Jedi..
Les yeux de Rell pétillaient de vivacité alors qu'un objet cubique brillait à ses pieds. Un holocron.
-Tu es venu.. Yoda avait raison.. tu t'appelles Luke, n'es-ce pas?
-Quoi? Fit Oreste.
-Luke? Tu ne t'appelles pas Luke?
-Je ne connais pas de Luke, vous devez confondre avec quelqu'un d'autre.
L'ancien apprenti de Neeja Halcyon commençait à s'agacer de gaspiller du temps. Cette personne avait peut-être connu Yoda qui avait du lui confier la mission de veiller sur les artefacts extraits du Chu'unthor.
Mais sa raison semblait dérailler comme Remora A'alta le lui avait signifié. Le déni de Oreste troublait la vénérable gardienne des savoirs Jedi. Il suffisait d'observer son regard hébété qui se perdait au loin, comme si son esprit était parti dans une autre galaxie.
-Tu es pourtant un Jedi.. celui que Yoda m'avait annoncé, balbutiait-elle. Celui qui devait nous délivrer des ténèbres et à qui je devais remettre le savoir.
Maladroitement, elle se baissa pour saisir l'holocron et le lui tendre.
-Je suis Oreste Tissan, lui avoua-t-il.
Il s'attendait à de l'indifférence, ou quelque chose qui y ressemblerait. Mais ce fut seulement l'intérêt qu'elle lui portait qui grandit.
-Tu portes le nom de ton ancêtre Alan.
-Je viens réparer ses torts. En faisant ce qui est nécessaire.
Rell posa alors l'holocron à terre.
-Mon pauvre petit, tu as posé un pied dans les ténèbres. Tu es encore jeune, et tu es si rempli de haine.
-Parce que j'ai tout perdu, tout ce à ce quoi je tenais.
-Non, tu n'as pas tout perdu. Ton coeur n'est pas encore corrompu par l'obscurité, détourne-t-en ou elle t'engloutira.
Il s'approcha et s'accroupit à sa hauteur pour lui murmurer en vieux corellien:
-C'est déjà fait, je ne peux plus reculer.
Évidemment personne ne comprit ce qu'il venait de dire. Hormis Rell qui lui effleura la pommette de sa main flétrie.
-C'est ce que Alan avait dit autrefois. J'espère que tu sauras pardonner à tes ennemis et à toi-même.
-Il en est hors de question.
-Alors le destin d'Alan sera aussi le tien.
Le jeune corellien se releva, ses yeux verts et gris dardant de dédain cette mise en garde qu'il choisit de négliger.
-Cela aussi, il en est hors de question.
Rell baissa la tête, visiblement peinée par ce qu'il avait proféré. Il se détourna d'elle et croisa le regard de la matriarche.
-Plus tôt je mettrai la main sur le Bâton Obscur, mieux cela vaudra pour tout le monde.
Augwynne Djo hocha la tête en guise de neutralité. Il passa devant elle et quitta la pièce sans autre forme de cérémonie. La matriarche de la Montagne Qui Chante patienta quelques instants avant de faire face à la gardienne ancestrale.
-Eh bien, Rell? Es-ce le Jedi que tu attendais?
La vieille femme garda le silence avant de murmurer dans un souffle las:
-Non, ce n'est pas lui.. ce n'est pas le Jedi que j'attendais..
La chef de clan sut que son chemin venait de s'éclaircir. Sa décision n'en serait que plus difficile à trancher.

Voilà ce sera tout! à la prochaine :twisted: !


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