Pius Dea: les chroniques des tyrans

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mat-vador
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Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 03 septembre 2018, 21:02

Bonsoir,

je souhaiterais vous présenter un nouveau projet de fan fic basé sur une période sombre et méconnue de l'Ancienne République, inspirée du Legends.

Voilà un petit synopsis

Il était une fois dans une galaxie très lointaine, 11000 ans environ avant l'émergence de l'Empire Galactique

Plus de quatorze mille ans après sa création, la République Galactique en plein essor s'apprête à vivre les heures les plus sombres de son histoire. Son expansion bloquée par les conflits et les tensions incessantes avec les Alsakani, sa crédibilité grangrenée par des scandales de corruption, un individu à l'influence croissante se faisant passer pour un homme providentiel est sur le point de prendre le pouvoir.

Son nom sera le synonyme de crimes infâmes et de génocides commis à des échelles jamais atteintes auparavant au nom d'une croyance sectaire orthodoxe. Cet homme est Julius Contispex.

Découvrez l'histoire de la secte Pius Dea et de la dynastie des Contispex!

Voilà si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez surtout pas! Je commencerais à publier un petit extrait bientôt :cute: !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 05 septembre 2018, 07:31

Bonjour, je vous publie le début des chroniques du Pius Dea!

Pour rappel, voici les principales périodes qui seront traitées pour cette dictature qui s'étale sur près de mille ans (sacrée longévité! :D ):

-L'ascension du Pius Dea à la tête de la République en 11987 BBY
-Le Premier massacre commis par les fanatiques du Pius Dea contre les non humains sur Coruscant en 11966 BBY
-La première croisade du Pius Dea lancée contre les Hutts en 11965 BBY
-Le Schisme entre l'Ordre Jedi et la République en 11933 BBY
-La Grande Croisade du Nord contre les Zabraks et les Ithoriens
-Le génocide de Zarracine III en 11600 BBY
-La sixième guerre Alsakan réunissant une première coalition visant à renverser le Pius Dea
-L'apparition d'une foi religieuse appelée le Renoncement, visant à contrecarrer la doctrine idéologique du Pius Dea à l'intérieur même de la République.
-La bataille d'Uquine qui vit la chute finale du Pius Dea et l'emprisonnement de Contispex XIX en 10967 BBY durant la septième guerre Alsakan

cette liste est bien entendu non exhaustive. Si vous avez des suggestions concernant d'autres moments importants de la période Pius Dea que vous souhaitez que je traite, n'hésitez pas à m'en faire part.

Sur ce, bonne lecture!

1 ère partie: l'ascension de Contispex

Coruscant, monde capitale de la République Galactique
11 987 ans avant la bataille de Yavin IV

-Nous devons retourner à la pureté originelle.
Des clameurs désordonnées accueillirent la harangue de l'homme chauve et fin exalté revêtu d'une longue toge pourpre qui courait des épaules jusqu'aux chevilles. Le prédicateur releva les mains comme pour recueillir les encouragements de la foule, qui l'entourait en un demi cercle improvisé aux pieds des marches d'un large escalier qui menait à l'entrée principale d'un bâtiment imposant à l'architecture austère.
L'homme chauve se tenait sur une estrade permettant de les dépasser d'une bonne vingtaine de centimètres afin que tous ceux qui l'écoutaient n'en perdent pas la moindre miette.
-Depuis la création de la République, nous avons perdu notre chemin mes frères et mes sœurs. Nous avons laissé la luxure, le confort et la richesse nous aveugler. L'avidité et l’égoïsme ont remplacé le sens commun et l'esprit de solidarité.
À une vingtaine de mètres derrière le dernier rang des auditeurs, trois statues de marbre représentant des scribes encapuchonnés trônaient pour les recouvrer de leur ombre, à l'abri du soleil qui dominait les cieux de Coruscant.
S'appuyant sur la statue du milieu, un jeune homme encapuchonné ayant atteint à peine la vingtaine d'années regardait toute cette scène les bras croisés. De taille moyenne et d'un physique maigre, il passa la main au-dessus de son visage fin et imberbe pour retirer son capuchon du crâne. Des cheveux sombres nuit coupés courts en parsemaient le sommet, complété par une tresse qui pendait sur sa clavicule.
Cette coiffe et ses vêtements trahissaient son statut de padawan Jedi. Pour le moment, la foule ne s'apercevait pas de sa présence.
Mais les éclats de l'orateur continuaient d'attirer du monde et cela commençait à rendre Bekan Kalad bien plus nerveux. L'amas ne cessait de grossir et dans peu de temps, il ne tarderait pas à engloutir le jeune humain originaire d'Alsakan si celui-ci restait en position.
L'orateur était un adepte du Pius Dea, une secte méconnue et discrète qui prônait la vertu pour tous les citoyens de la République quelque soit leur rang social. Sa présence devant le bâtiment du Sénat n'était pas anodine, loin de là.
Elle était même récurrente depuis plusieurs mois. Ses paroles prosélytes échauffaient les esprits qui y étaient réceptifs. Bekan jugea bon de conserver un certain anonymat en remontant le capuchon brun sur sa tête.
-Nous devons faire entendre la voix de ceux et celles que la République a oubliés. Nous sommes les déshérités et nous devons raisonner ceux qui à nous inspirons l'indifférence. Nous devons les convaincre que leurs privilèges sont révolus.
Bekan se doutait à quoi ce genre de discours pouvait amener. Cela ne lui plaisait pas même s'il comprenait que certaines personnes puissent y adhérer. Les temps actuels devenaient plus que troublés.
Les tensions avec les Alsakani ne faiblissaient pas à cause de contentieux territoriaux issus de plusieurs siècles de guerre ponctués de trêves éphémères. Et les récents scandales de corruption qui éclaboussaient l'entourage du Chancelier Suprême Pers'lya ne contribuaient pas à apaiser l'ambiance.
Au contraire, Bekan et d'autres condisciples Jedi le percevaient. Quelque chose allait changer au sein de la République, un bouleversement si important que la Force en serait perturbée. À en juger par cette agitation, Bekan doutait que cela soit positif.
Devant l'entrée principale, des gardes républicains qui brandissaient des lances électriques commençaient à se regrouper craignant des débordements.
-Oui, frères et sœurs. Nous devons purifier la République, la rendre vertueuse et moraliser les politiciens qui vous ont volé!
Cette fois des cris d'approbation saluèrent l'orateur.
-Dehors les voleurs! Dehors Pers'lya! Démission! Démission!
D'autres gardes républicains prirent position sur les marches, protégés par des casques, des armures et des jambières, derrière des boucliers portatifs énergétiques. Des matraques électriques pendaient à leur ceinture, prête à l'emploi.
-Sacré spectacle, n'es-ce pas? Fit une voix soyeuse à l'oreille de l'apprenti Alsakani.
Bekan soupira, pas vraiment ravi d'avoir été surpris par son professeur, une Jedi twi lek à la peau verte d'une quarantaine d'années dont il n'avait pas perçu la présence. Ce n'était pas la première fois qu'elle testait sa réactivité.
Il croisa son regard malicieux et accorda un sourire désabusé.
-On peut dire ça, maître.
Maître Ri'ila Terka se rangea à ses cotés contre la statue et un observateur aurait pu les considérer comme un couple quelconque. Après tout, la non humaine semblait aussi jeune que son padawan qui la trouvait physiquement séduisante.
Bien entendu, il avait appris à rester concentré contrairement à d'autres qui se laissaient tromper par ces apparences. Sous son capuchon, les deux lekkus – des tentacules crâniens - pendaient sur ses épaules tandis qu'elle imitait son apprenti en croisant les bras aussi.
Bekan s'en aperçut rapidement, peu surpris. Elle aimait le taquiner.
-Comment s'est passé l'entretien avec l'ambassadeur d'Alsakan? Demanda-t-il.
Elle haussa les épaules.
-Aussi bien qu'on pouvait s'y attendre avec quelqu'un qui parle plus de guerre que de paix.
-Le Chancelier Suprême a pourtant retiré ses troupes du système d'Ambria en signe de bonne foi. Que leur faut-il de plus?
-Prendre l'avantage.
-Si j'ai bien compris, la flotte Alsakani continue donc de bloquer la Route Commerciale Perlemienne.
-J'en ai bien peur, padawan.
-Je sais où sera mon devoir en cas de pépin.
La twi lek posa une main sur son épaule avant de resserrer sa bure Jedi autour de son corps mince et athlétique. Elle se doutait malgré l'assurance qu'il affichait que ses origines alsakani pouvaient gêner sa bonne volonté.
-Tu n'as pas besoin de le dire.
-Peut-être aviez-vous besoin de l'entendre, maître.
Ri'ila fixa alors l'orateur qui excitaient de plus belle les badauds.
-Je sais que tu tiens à ta famille et que ce n'est pas évident pour toi d'être tiraillé entre tes origines et ta loyauté envers l'Ordre, la République. Tant que tes choix resteront guidés par la bonté, je te soutiendrais.
Bekan s'inclina devant son maître, qui l'avait prise sous son aile à Alsakan même à l'âge de treize ans.
-Merci maître, c'est ce que j'avais besoin d'entendre.
Elle l'entraîna par les épaules loin de la foule qui se densifiait peu à peu jusqu'à déborder sur l'avenue principale, gênant progressivement la circulation des véhicules.
-Il est temps d'aller retrouver le Chancelier Suprême pour l'escorter jusqu'au Sénat, indiqua la twi lek.
Bekan fit la moue en jetant un dernier coup d’œil vers le siège du Sénat.
-J'ai l'impression que cela ne sera pas une partie de plaisir, confia-t-il à voix basse.

Voilà j'espère que cela vous a plu! On va dire que c'est une petite mise en bouche! Si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas!

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 10 septembre 2018, 06:21

Salut,
j'aurais juste une petite remarque sur le style, car pour l'histoire j’attends de lire la suite.
Tes dialogues sont maitrisés, pas de problèmes. En revanche pour ce qui est de la narration, je te conseille d'user davantage de ponctuations. j'ai trouvé certaines phrases trop longues et trop riches en infos.
N'ait pas peur de scinder tes phrases, cela pourrait te permettre de transformer une simple mention en un bref développement d'ambiance, de le rapporter à l'humeur ou aux pensées de tes persos, ou une autre allégorie de ton choix.
Le rythme de ton texte est trop rapide, ce qui m'a incité à parfois lire en diagonale, ce qui est regrettable. Mon conseil serait de te poser, et de prendre le temps de raconter ton histoire. Si tu prends le train, je le prendrai avec toi.
Néanmoins je t'encourage, ce n'est jamais facile de produire un texte. Il y a tant de façon de raconter ce qui nous trotte dans la tête...
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 10 septembre 2018, 17:32

Salut Ephasten, merci de ton retour!

Pour la ponctuation, j'essaierai de faire attention
Ephasten a écrit :
10 septembre 2018, 06:21
Le rythme de ton texte est trop rapide,
Trop rapide? Tu veux dire que certaines phrases sont trop courtes?

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 11 septembre 2018, 15:29

Heu, justement non. Je m'explique: mes critiques concernent surtout le passage narratif entre les 2 premières répliques
Des clameurs désordonnées accueillirent la harangue de l'homme chauve et fin exalté revêtu d'une longue toge pourpre qui courait des épaules jusqu'aux chevilles. Le prédicateur releva les mains comme pour recueillir les encouragements de la foule, qui l'entourait en un demi cercle improvisé aux pieds des marches d'un large escalier qui menait à l'entrée principale d'un bâtiment imposant à l'architecture austère.
L'homme chauve se tenait sur une estrade permettant de les dépasser d'une bonne vingtaine de centimètres afin que tous ceux qui l'écoutaient n'en perdent pas la moindre miette.
Plusieurs choses à signaler.
Si quelqu'un veut lire ton texte à voix haute, sans aller jusqu'à faire de lecture à la Fabrice Luchini, il va vite se retrouver à bout de souffle. OK on lit dans sa tête, mais la ponctuation tempère la petite voix mentale (oui j’entends des voix dans ma tête, et alors!)qui me parle quand je lis. Sans ce frein, mes yeux parcourent la ligne en vitesse, et passe trop vite des infos qui méritent qu'on s'y attarde davantage. J'ai l'impression que tu as écris vite, donc je lis vite. Et si tu n'as pas pris le temps de mettre en valeur une info, c'est qu'elle n'en vaut pas la peine.
Or, en bon écrivain que tu es, je suis persuadé du contraire. Je suis sûr que tu as pris du temps pour imaginer la scène, et plus encore pour chercher à l'écrire correctement. C'est là toute la difficulté du métier.
Mon conseil, qui vaut ce qu'il vaut, est de te poser tranquillement et déjà de voir qu'elle sont les infos importantes à faire passer à ton lecteur. Pour les plus significatives, accordent leur une phrase ; les autres ne sont que des détails qui ajoutent de l'ambiance, du ressenti, de la description...
De plus ce passage est au début de ton texte. C'est là que généralement on se fait une idée de la qualité de ce qu'on lit, et que le décor et l'intrigue sont posés. Personnellement je relis toujours ce que j'écris à voix haute (ou alors la petite voix dans ma tête le lis à voix haute) j'imagine un conteur qui me la raconte.
Après on lit du Star Wars, le genre ne se prête pas trop à la plume d'un Victor Hugo. Ne t'en fait pas. Tu écris de bons dialogues, penses tes passages narratifs comme tel, et je penses que ça ira.
Tu as le principal: une très bonne imagination. Après ce n'est que de la pratique.
Voilà, je te dis tout cela en tant que confrère écrivain amateur, je ne détiens pas la vérité(autrement je vendrai plein de livres)mais je t'encourage dans la voie de l'écriture, tu verras, si ce n'est pas déjà le cas, tu découvriras plein de choses sur l'âme humaine en écrivant. Car de quoi écrivons-nous au fond, si ce n'est pas de ça?
Que la Force guide ta plume!
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par darinze » 11 septembre 2018, 15:55

Ephasten est extrêmement pertinent dans ce qu'il vient d'écrire, je le plussoie.
daRinze, ClownTrooper de 1er ordre.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 11 septembre 2018, 17:12

Ok merci ^^ ! Je vais réecrire ce passage, enfin surtout mettre des ponctuations là où il faut que j'en mette.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par darinze » 12 septembre 2018, 13:35

Après on lit du Star Wars, le genre ne se prête pas trop à la plume d'un Victor Hugo.
Mais quand même.
Si je compare l'insipide novélisation de l'épisode II par R. Salvatore et la sublime novélisation de l'Episode III par M. Stover, il faut comême reconnaître que le style d'un roman c'est comme la graisse de la chaîne du vélo: certes cela ne fait pas tout, mais bon sang qu'est-ce que ça fluidifie le mouvement!!!
daRinze, ClownTrooper de 1er ordre.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 12 septembre 2018, 20:27

Il est vrai que la novélisation de l'épisode III par Matthew Stover est de haute qualité!

Allez sur ce, je vous publie la suite!

Plusieurs millénaires après la création de la République, Coruscant s'était métamorphosée en une gigantesque oecuménopole. La jungle avait laissé la place peu à peu à des habitations de duracier et au permabéton de routes et d'avenues.
La faune primitive qui brillait de mille étincelles de vie avait été remplacée par les milles lumière d'une Cité Galactique qui ne dormirait plus jamais. Déjà quelques tours de plusieurs centaines de mètres pointaient vers le ciel, comme pour chercher à atteindre le sommet. Les citoyens avaient-ils conscience que l'apogée n'avait pas encore été atteinte?
Sans doute pensaient-ils que c'était déjà le cas. Ou sans doute les plus sceptiques devant le contexte actuel pensaient que cela n'arriverait jamais, ou que leur âge d'or avait été atteint bien avant. Ces derniers n'avaient pas peut-être tort. Plusieurs crises avaient en effet ponctué l'existence du régime politique.
Peu de temps après la naissance de la République, l'Ordre Jedi avait du affronter un premier schisme déclenché par un de ses renégats, un Jedi Noir du nom de Xendor qui avait exploré la voie du Coté Obscur. Ce n'était que le premier d'une série d'accrocs qui avaient manqué de mettre en péril l'existence de la République.
À chacune de ses épreuves, elle n'en ressortait que grandie.
Le Chancelier Suprême Pers'lya espérait qu'il ressortirait grandi de l'épreuve qui l'attendait au Sénat. Sa position était en jeu et il contempla par la grande baie de son bureau ce qu'il risquait de perdre à jamais. Cette magnifique vue urbaine de petites habitations qui s'étalait à l'infini lui manquerait si la session se passait mal.
Le bothan, une créature félinoïde originaire de Bothawui, soupira discrètement lorsqu'il entendit son secrétaire, un jeune duro, renverser plusieurs classeurs.
-Soth, ce ne sont pas de vulgaires conteneurs.
-Pardon monsieur, répondit le duro.
Le chef d'Etat de la République, lissa de sa main griffue la longue tunique blanche tâchée d'or qui recouvrait son pelage noir. La cape magenta qui pendait dans son dos, flotta lorsqu'il se tourna vers le duro penché, occupé à attraper les feuilles de flimsi éparpillés sur le marbre.
-Ce ne sont pas les dossiers auxquels je pense, j'espère?
-Non monsieur. Les dossiers que vous avez demandés tout à l'heure sont sur votre table.
Le duro indiqua une pile de trois classeurs superposés les uns sur les autres à un coin de table. Le bothan s'approcha et commença à feuilleter le contenu.
-Quand je partirai pour le Sénat, vous pourrez prendre votre après midi.
-Merci, monsieur.
-Après que vous ayez nettoyé un peu ce désordre.
-Euh oui, monsieur. Souhaitez-vous prendre du thé avant?
Le bothan retroussa les babines en guise de sourire.
-Ce n'est pas de refus. Voyez en passant s'il ne reste pas un morceau de rhyscake.
Le duro s'éclipsa et Pers'lya se détendit en admirant de nouveau le panorama urbain. Au loin, la silhouette de multiples cargos stellaires appontant ou décollant de la surface de Coruscant, obscurcit par intermittence les rayons du soleil.
Même si la galaxie n'avait pas été entièrement explorée et cartographiée, voilà un indice qui montrait que Coruscant demeurerait le centre de tout et pas seulement la capitale de la République. Même les Alsakani et les fiers corelliens ne pouvaient s'enorgueillir d'un tel prestige. Si les relations avec Corellia restaient cordiales, ce n'était pas le cas d'Alsakan.
Pers'lya ignorait quand le premier conflit avait éclaté mais la paix n'était jamais véritablement revenue entre les deux camps. Au contraire, les millénaires n'avaient fait que creuser un fossé de plus en plus large, les Alsakani s'estimant menacés par l'expansion d'une République à laquelle ils n'avaient pas adhéré.
Le dernier conflit avait pris fin plusieurs siècles auparavant, précédant un statu quo tendu qui prévalait jusqu'à maintenant. Une seule étincelle et la guerre pouvait éclater à nouveau. S'estimant menacés par de prétendues incursions de la République, les Alsakani avaient déployé leur flotte le long de la Route Commerciale Perlemienne, une voie hyperspatiale qui reliait Coruscant aux confins de l'Espace Sauvage et qui transitait par.. Alsakan.
Une démonstration de force destinée à impressionner la République et à rendre ses dirigeants plus réceptifs à leurs réclamations. Pers'lya désireux d'éviter une escalade avait alors engagé un retrait des forces militaires du système d'Ambria, sans en référer au Sénat.
Il avait envoyé le Maître Jedi twi'lek Ri'ila Terka, une amie de confiance, en informer l'ambassadeur d'Alsakan.
Elle devait revenir lui faire part de la réponse. Le mieux qu'il puisse en espérer était que les Alsakani ne s'enhardissent pas et entendent raison.
Le duro revint une dizaine de secondes après son départ, le souffle haché.
-Monsieur.. deux Jedi.. demandent.. à être reçus.
-D'abord, reprenez votre respiration Soth.
Le duro se redressa et laissa passer une minute avant de répéter une nouvelle fois.
-Faites les entrer, ordonna le bothan.
Une Jedi twi'lek au teint vert émeraude pénétra dans la pièce, précédé d'un jeune humain plus petit. Le bothan étendit les bras, ravi de la visite.
-Ri'ila, quelle joie de vous voir.
-C'est réciproque, Excellence.
Bekan Kalad les vit échanger une accolade chaleureuse avant que le bothan ne les invita à prendre place sur un large fauteuil.
-Dites moi, jeune homme, comment se passe votre formation? S'enquit le chef d’État auprès de l'Alsakani.
-Bien, répondit-il succinctement.
Bekan ne semblait pas disposé à en dire plus. Pers'lya jugea bon d'aborder un sujet plus préoccupant.
-Quelle a été la réponse de l'ambassadeur d'Alsakan?
Ri'ila Terka émit une grimace contrite, ses lekkus vibrant légèrement.
-Pas aussi satisfaisante que nous l'espérions. L'ambassadeur a répondu que le retrait des forces républicaines du système d'Ambria était destinée tout au plus à noyer le poisson et à endormir la vigilance des Alsakani.
-Ses exigences?
-Alsakan réclame le retrait de toutes les forces terrestres et spatiales de la République de Commenor, Belasco et Uquine.
Les oreilles équines de Pers'lya se couchèrent en arrière sous le coup de l'incrédulité.
-Je n'accepterai jamais cela!
-Hum, je n'ai pas terminé, signala la twi'lek. En outre, Alsakan réclame des dommages et intérêts pour le siège que la République a imposé à Cyrillia et demande que les Guilde Marchandes de Coruscant cèdent leurs biens sur l'ensemble de leur territoire.
Le regard de Pers'lya trahissait un abattement effaré. Et il y avait de quoi être effaré. Les noms des mondes mentionnés par la non humaine revêtaient une importance militaire stratégique majeure pour la République.
Ainsi Belasco se situait au confluent de quatre voie hyperspatiales qui menaient au cœur de l'espace républicain ou à la frontière de l'espace Alsakan. Accepter de retirer ses troupes d'un tel monde majeur aurait été un terrible aveu de faiblesse.
-Je dois en informer le Sénat, fit-il après un silence pesant.
-Il faudra s'attendre à des débats houleux, prévint Bekan, surtout si vous n'avez pas estimé nécessaire d'informer les sénateurs du retrait d'Ambria.
-Jeune homme, je pratique la politique bien plus longtemps que vous ne pratiquez la Force.
Ri'ila surprit son apprenti de se mordre la lèvre inférieure, sèchement remis à sa place.
-Bekan s’inquiétait à juste titre de la tournure que pourraient prendre les choses pour vous, Excellence.
-Nous avons aperçu une foule qui se rassemblait devant le Sénat, ajouta l'Alsakani, menée par un adepte du Pius Dea. On ne peut pas dire qu'ils soient fans de vous.
-Mais nous vous protègerons du mieux que nous pourrons, promit Ri'ila.
-Espérons que votre présence suffira à les dissuader de se porter à de nuisibles extrémités, maître Terka.
Le bothan se leva de son siège imités par ses hôtes. Il lança à son secrétaire qui n'avait pas bougé pendant tout l'entretien:
-Soth, ne vous occupez pas du thé. Nous partons tout de suite au Sénat.
-Bien monsieur.
-Vous avez quartier libre pour le reste de la journée.
-Merci monsieur, à demain.
Le duro rassemblait ses affaires tandis que Pers'lya quittait son bureau avec les deux Jedi. L'expression du bothan dissimulée par son pelage laissait poindre une once d'appréhension, celle d'un politicien qui allait se jeter dans une arène remplie de dianogas affamés. Sa journée ne pouvait pas commencer plus mal.

Et voilà, j'espère que cela vous aura intéressé! à la semaine prochaine, pour la suite!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 17 septembre 2018, 06:45

Salut,
on lit du Star Wars, le genre ne se prête pas trop à la plume d'un Victor Hugo.
Je tenais juste à modérer mes propos en ne plaçant pas la barre trop haut. Toutefois les deux seuls livres Star Wars que j'ai lu ("Complots" de Paul S. Kemp et "Revan" de Drew Karpyshyn) ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable côté style, à mon grand regret. Je veux bien admettre que d'autres auteurs en sont davantage capables. Je ne demande pas mieux en tant que lecteur. Mais bon, c'est un vaste sujet.

Sinon bravo Mat-vador
la narration de ce passage et beaucoup plus fluide et agréable. J'attends donc la suite :D
Si je puis me permettre une remarque tout de même :oops:
À chacune de ses épreuves, elle n'en ressortait que grandie.
Le Chancelier Suprême Pers'lya espérait qu'il ressortirait grandi de l'épreuve qui l'attendait au Sénat.
Tu as voulu faire une analogie entre la résilience de la république et celle du chancelier (super, très bonne idée)mais n'emploie pas les mêmes mots. Le mieux je pense, est de trouver des synonymes très proches, ou bien d'exprimer une situation, une idée similaire. Ou alors c'est un parti pris de ta part, totalement voulu et assumé, ton style quoi; et là "himotep" je n'ai aucun conseil à te donner, juste j'aime ou j'aime pas. En l'occurrence, j'ai tiqué dessus. Mais ce n'est là que l'expression de mes goût personnels et ce ne sera pas le cas de tout le monde.
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 18 septembre 2018, 19:20

Ephasten a écrit :
17 septembre 2018, 06:45
Sinon bravo Mat-vador
la narration de ce passage et beaucoup plus fluide et agréable. J'attends donc la suite :D
Si je puis me permettre une remarque tout de même :oops:
À chacune de ses épreuves, elle n'en ressortait que grandie.
Le Chancelier Suprême Pers'lya espérait qu'il ressortirait grandi de l'épreuve qui l'attendait au Sénat.
Tu as voulu faire une analogie entre la résilience de la république et celle du chancelier (super, très bonne idée)mais n'emploie pas les mêmes mots. Le mieux je pense, est de trouver des synonymes très proches, ou bien d'exprimer une situation, une idée similaire. Ou alors c'est un parti pris de ta part, totalement voulu et assumé, ton style quoi; et là "himotep" je n'ai aucun conseil à te donner, juste j'aime ou j'aime pas. En l'occurrence, j'ai tiqué dessus. Mais ce n'est là que l'expression de mes goût personnels et ce ne sera pas le cas de tout le monde.
Je reconnais que c'est un peu mon style :roll: ! J'aime aller à l'essentiel, sans fioritures.. j'aime raconter beaucoup d'histoires en particulier celles liées au Legends et pas forcément connues du grand public, comme Legacy ou la période pré Kotor! Je suis plus dans l'action et les dialogues que dans les descriptions.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 19 septembre 2018, 14:58

Comme j'essayais de le dire, je ne cherche absolument pas à changer ton style, et encore moins à te faire adopter le mien. On écrit tous d'une façon différente, que ce soit à la main(graphiquement) ou dans la façon de raconter. Il serait totalement stupide et présomptueux de ma part que de vouloir te changer.
Je n'ai pas beaucoup l'occasion de parler "écriture", alors je t'ai peut-être sauter dessus, mais n'y voit aucune mauvaise intention, au contraire, juste l'envie d'échanger sur la technique pure.
Sincèrement je suis admirateur de ta vitesse de production, moi je suis trop perfectionniste et je met des mois à sortir une histoire.
De plus, je trouve que l'univers SW se prête davantage aux films, animations, comics... qu'aux livres. ce n'est donc absolument pas un non-sens que tu sois
plus dans l'action et les dialogues que dans les descriptions.
au contraire. Un lecteur SW est là pour rêver, pas pour lire une dissertation de français, du moment que le style est correct, et c'est le cas pour toi.
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 19 septembre 2018, 20:15

Ephasten a écrit :
19 septembre 2018, 14:58
alors je t'ai peut-être sauter dessus,.
C'est un peu le sentiment que j'ai eu :lol: ! Mais sinon, il n'y a pas de problème à débattre ;) ..

En tout cas, j'espère au moins que le fonds de l'histoire continuera à t'intéresser! N'hésite pas à me dire ce que tu en penses 8-) !

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 20 septembre 2018, 07:34

Bonjour, je vous publie la suite! Bonne lecture!

L'appréhension de Bekan s'accrut davantage lorsqu'il distingua la fourmilière rassemblée devant l'entrée du Sénat. Tout comme son maître, il percevait la nervosité des gardes républicains qui contenait une foule de plus en plus excitée par les diatribes de l'orateur du Pius Dea.
Il étendit ses sens et surprit les cris de celui-ci, repris en chœur par la foule.
-Qu'ils rendent le pouvoir au peuple! À bas les impurs, dehors les voleurs!
Le padawan Alsakani espérait qu'ils parviendraient à rejoindre la sécurité avant qu'ils n'attirent l'attention. Assis avec maître Terka à l'arrière du landspeeder conduit par Pers'lya lui-même, il échangea un regard avec elle.
Elle se contenta de lui sourire sereinement.
Le bothan gara son véhicule personnel à une vingtaine de mètres des plus proches manifestants mais ils furent remarqués lorsqu'ils mirent pied à terre.
-Regardez! C'est Pers'lya! S'écria l'un d'eux.
Un à un, les visages se tournèrent le trio qui s'avançait prudemment et un silence pesant remplaça le concert de vociférations. Certains ressentirent une crainte instinctive lorsqu'ils dévisagèrent les deux Jedi encapuchonnés mais une hostilité unanime électrisa les courants de la Force lorsqu'ils foudroyèrent de colère et de mépris le chef d’État qui s'efforça de regarder droit devant lui. Sur un signe discret de son mentor, Bekan se plaça à la tête du groupe pour fendre la foule.
Des gardes républicains vinrent à leur rencontre, écartant les manifestants à l'aide de leurs lances électriques.
-Faites place au Chancelier Suprême!
Ils parvinrent à ouvrir un corridor et le trio s'empressa de s'y engouffrer. Le padawan Alsakani tenta de se détendre un peu.
Tout à coup, quelqu'un lança par dessus la foule:
-Voleur bothan!
Et ce fut le coup d'envoi d'une salve ininterrompue de sifflets, de quolibets et d'insultes plus ou moins fleuries pleuvant sur le Chancelier Suprême. Celui-ci conserva une impassibilité de marbre mais cela ne dupa guère les utilisateurs de la Force qui le sentaient beaucoup plus nerveux. Avec un soupçon d'indignation.
Bekan n'ignorait pas que Pers'lya se retrouvait empêtré dans de sombres affaires de corruption et de conflits d'intérêts à laquelle il n'était pourtant pas directement mêlé. Mais il suffisait que les médias républicains mentionnent qu'un membre de son entourage faisait l'objet d'une inculpation de la part d'un tribunal pour que son nom et sa réputation se retrouvent traînés dans la fange.
À cause de d'actes commis par des gens proches de lui. Le padawan Alsakani ne connaissait pas tous les détails mais il ne put se retenir d'éprouver de la pitié pour lui.
Le bothan se détendit lorsqu'il s'engouffra dans le bâtiment du Sénat. Ils traversèrent un long corridor, là aussi rempli de gardes plaqués contre le mur au garde à vous. Derrière le trio, la cohue de la foule déchaînée s'estompa pour ne devenir plus qu'une sorte de bourdonnement imperceptible.
Ils débouchèrent finalement dans un amphithéâtre gigantesque haut de plus cent mètres et large de plus de cinq cents mètres.
Les gradins de part et d'autre de la salle étaient garnis de sénateurs élus provenant de tous les systèmes appartenant actuellement à la République. La plupart étaient humains mais Bekan remarqua d'un prompt coup d’œil des non humains comme les Duros, les Bothan et les Lannik.
Lorsque Pers'lya s'avança pour aller serrer la main du président de l'assemblée, le brouhaha des conversations diminua tout à coup d'intensité.
Ri'ila Terka et son padawan se postèrent stratégiquement à l'entrée de la salle, de part et d'autre, de façon à pouvoir intercepter tout indésirable et de surveiller sur deux angles les faits et gestes des sénateurs.
Pers'lya rejoignit ses ministres et les autres secrétaires d’État de son gouvernement à une table circulaire située au milieu de l'arène. Bekan avait l'impression qu'il devenait une cible de tous ceux qui le fusillaient du regard.
La cible qu'il fallait abattre.
L'alsakani eut alors le sombre pressentiment que la séance allait mal se passer. Il accrocha le regard de sa supérieure twi lek.
-Maître?
-Oui Bekan, je l'ai senti aussi, lui confirma-t-elle.
Guidé par son instinct, le jeune homme braqua ses yeux noisette sur un autre humain d'allure placide et à la silhouette quelconque, assis au dernier rang, bien au-dessus de la meute de ses confrères aux aguets.
Vêtu d'une longue toge jaune aux manches amples, l'homme brun dans la force de l'âge fixait obstinément quelqu'un. Le Chancelier Suprême Pers'lya. Il existait dans ce regard une lueur de convoitise avide, teintée d'une braise de haine. Ce sénateur inconnu se distinguait par son attitude figée dans du marbre, une froideur qui le distinguait des autres dignitaires lancées dans des murmures mondains sans intérêt.
Un droïde greffier se rangea à la hauteur du président de l'assemblée qui frappa d'un petit marteau de duracier le coin de sa table, plaquée au fonds de la grande salle derrière le chef d’État de la République.
Immédiatement, le silence revint.
-La parole est au Chancelier Suprême, annonça le chef de l'assemblée.
Le bothan se leva, arbora un air digne après avoir allumé son micro et attendit qu'une holocaméra vienne flotter près de son visage.
-Sénateurs et estimés collègues, je me tiens devant vous pour vous informer des derniers développements de la crise avec Alsakan. Comme vous le savez, nous préparons depuis ces dernières semaines des préparatifs d'expéditions destinées à explorer des territoires inconnus et à ouvrir de nouvelles voies hyperspatiales commerciales. Malheureusement, les mouvements de nos troupes ont attiré l'attention sur des territoires qu'Alsakan nous dispute depuis des siècles. Sans doute effrayés par le manque de clarté de nos intentions précises, les Alsakani ont stationné leur flotte le long de la Route Commerciale Perlemienne, bloquant tout échange avec certains de nos systèmes les plus éloignés et menaçant l'espace de la République d'une crise économique durable, y compris ici même sur Coruscant.
Le non humain se permit une pause pour s'assurer qu'il bénéficiait d'une attention unanime de la part de l'ensemble du congrès.
-Pour éviter une escalade incontrôlable qui conduirait à une nouvelle guerre entre nos deux gouvernements, Alsakan a fait part de ses exigences la semaine dernière à notre ambassadeur. Les alsakani s'engagent à mettre fin au blocus de la Route Commerciale Perlemienne en échange du retrait de nos forces de certains systèmes sensibles.
Discrètement, Bekan serra et desserra le poing pour réprimer une nervosité naissante. Il était prêt à parier que les prochains instants seraient importants.
-Pour préserver la paix, la République devait faire le premier pas. J'ai examiné longuement les revendications d'Alsakan et en signe de bonne foi dans l'attente d'un dialogue fructueux, j'ai pris l'initiative de retirer nos troupes du système d'Ambria.
Cette annonce suscita la surprise chez les sénateurs qui s'échangèrent des regards fébriles. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux s'exclame après avoir activé son micro.
-Pourquoi n'en avez-vous pas référé au Sénat? C'est anti constitutionnel!
Un coup de marteau mit fin à sa réclamation.
-Sénatrice Cosim, le congrès ne vous a pas accordé la parole, affirma le président de l'assemblée. Poursuivez, votre Excellence.
Le bothan soutint le regard de la sénatrice kuati qui l'avait interrompu.
-Merci, monsieur le président. Je vais néanmoins répondre à la question de la sénatrice, si vous le voulez bien. Si j'avais soumis cette question au Sénat, combien de temps aurions-nous perdu en de longs débats à décider d’accéder ou non aux revendications d'Alsakan? C’est une situation de crise, un cas de figure qui a été prévu dans la constitution, que vous avez justement invoqué sénatrice Cosim.
La kuati voulut aboyer quelque chose d'acerbe mais se ravisa finalement. Satisfait de l'avoir retoqué, Pers'lya continua sur sa lancée.
-Par l'intermédiaire des Jedi, l'ambassadeur d'Alsakan m'a fait connaître la réponse de son gouvernement et je crains fort qu'elle ne soit guère encourageante.
Une main se leva haut et le président de l'assemblée annonça:
-La parole est au sénateur de Commenor.
Un humain à l'embonpoint proéminent se dressa au milieu de ses collègues.
-Pensez-vous que les alsakani cherchent à nous déclarer la guerre, Chancelier Suprême?
-Les étoiles soient louées, nous n'en sommes pas encore là, sénateur Mansur. Ils réclament tout simplement plus d'efforts de notre part.
Et il leur énuméra l'ensemble des conditions posées par Alsakan. Ce qui suscita une levée de boucliers d'une bonne partie du congrès. De nouveau, des cris indignés volèrent d'un bout à l'autre de la salle.
-Pour qui se prennent-il?
-Il faut leur donner une bonne leçon!
-S'ils veulent la guerre, ils l'auront!
À grands renforts de coups de marteau, le président de l'assemblée tenta de ramener la concorde.
-Allons silence! Un peu de tenue!
Au bout de quelques dizaines de secondes le calme revint finalement et Pers'lya put reprendre.
-Une guerre est la dernière chose dont nous avons besoin, appuya-t-il. Et les alsakani doivent en déduire la même chose. Nous devons donc continuer à privilégier le dialogue.
-Le dialogue? S'esclaffa depuis le haut des gradins quelqu'un avec dédain. Alors que les alsakani braquent leurs armes sur nous?
Bekan sut instantanément d'où provenait cette voix. Celle de cet homme qui avait attiré son attention dès le début. Cet homme qui n'avait cessé d'écraser et de mitrailler Pers'lya d'un regard ambitieux et envieux.
Le regard d'un homme résolu à s'emparer de sa place. Un homme qui avait voué sa vie à un but ultime, conquérir la première place.
Il leva la main pour demander la parole, défiant ainsi le président de l'assemblée qui s'apprêtait à le rappeler à l'ordre. Ce dernier y renonça car il comprit qu'il pourrait difficilement faire taire un homme vers qui tous les yeux convergeaient.
-La parole est au représentant des Guildes Marchandes et Sénateur de Coruscant, Julius Contispex.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce qui vous a gêné sinon!

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 21 septembre 2018, 21:52

Salut,
l'histoire suit son cours. Cela me rappelle assez l'épisode 1, mais c'est normal car il s'agit d'intrigues politiciennes au sénat, donc parfaitement justifié. D'autant plus qu'avec les images du film en tête, je visualise très bien le décor.(bien joué ;) )
Quant au style, tout va bien :)
A l'occasion, ne te gêne pas pour faire une critique acerbe de ma fanfiction ("une autre forme de combat") ça me fera plaisir.
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 21 septembre 2018, 22:41

Merci pour le retour, Ephasten!

J'irai faire un tour sur ta fan fic!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 25 septembre 2018, 18:46

Bonsoir, voici la suite de cette première partie! il est temps de faire connaissance avec un certain Contispex :diable: !

Des murmures étouffés parcoururent les gradins jusqu'à la table du Chancelier Suprême. Bekan à l'aide de la Force sentit subitement la nervosité galoper en lui.
Il redoutait cet homme. Voire il le craignait.
Cette même peur imprégnait l'essence de certains sénateurs qui lui jetaient des regards craintifs à la dérobée.
-Merci, monsieur le président.
Le ton du sénateur Julius Contispex était cassant, signe qu'il avait l'intention de porter des coups.
-Avec tout le respect que je vous dois, Suprême Chancelier, vous êtes d'une naïveté affligeante. À la moindre concession que vous accorderez sans contrepartie aux alsakani, ils vous exigeront toujours plus.
La crainte diffuse qu'il inspirait s'effaça un instant pour laisser place à une vague approbation. Le pelage facial de Pers'lya se hérissa sous le coup de l'irritation.
-Avec tout le respect que je vous dois, Sénateur Contispex, la diplomatie demande de prendre certains risques. La paix a un prix.
-Vous êtes donc prêt à brader notre influence et notre puissance pour sauvegarder la paix. Es-ce là ce que l'on attend d'un chef d'Etat de la République?
Un silence pesant glaça les spectateurs de cet échange tendu. Maintenant tous guettaient la réaction du bothan.
-Mon objectif a toujours été de préserver les intérêts de la République et il en sera ainsi jusqu'à la fin de mon mandat, Sénateur.
-Me voilà rassuré, Chancelier Suprême, ironisa le coruscanti. C'est très honorable de votre part et j'espère que vous avez toujours pris soin de ces intérêts au moins autant que ceux de vos amis et ceux de vos cousins, qui ont très largement profité de votre influence pour accroître leur train de vie sur le dos des citoyens les plus pauvres et les plus honnêtes.
Cette fois, Bekan Kalad et Ri'ila Terka perçurent nettement le raidissement du félinoïde. Des murmures étouffés laissèrent exprimer la surprise de certains membres du congrès de comprendre que Contispex tentait de déterrer de récentes affaires peu prestigieuses pour déstabiliser son adversaire politique.
Dans l’arène, tous les coups semblaient permis.
-J'ai déjà répondu de ces accusations de complicités de corruption et de conflits d'intérêts devant la commission d’enquête sénatoriale, il y a deux semaines standard. Cette même commission m'a blanchi de ces accusations absurdes.
-Grâce à la présence de quelques amis qui siègeaient dans cette commission, fit remarquer le coruscanti tenace.
-Ils étaient en minorité.
-Cela a été suffisant pourtant pour vous permettre de vous disculper.
Le président de l'assemblée intervint pour mettre à cet échange qu'il jugeait stérile.
-Sénateur Contispex, nous nous éloignons du sujet.
-Au contraire, monsieur le président, répliqua l'intéressé dont les yeux brillaient d'une ferveur presque inquiétante. Nous sommes en plein coeur du sujet, mais je ne suis pas sûr que tout le monde comprenne de quoi nous parlons.
Bekan lança alors un regard déconcerté vers son professeur qui garda une impavidité impressionnante.
-Mais à quoi joue-t-il? S'exclama-t-il à voix basse.
C'était la question que beaucoup de sénateurs se posaient à cet instant. Les lekkus de la twi lek se convulsèrent de nouveau, ce fut la seule réaction qu'elle laissa transparaître. Le jeune alsakani détectait une intense concentration.
Malgré son apparent détachement, elle ne perdait rien de la session.
Le président de l'assemblée commença à perdre patience.
-Venez en donc au fait, sénateur.
Contispex se permit alors un rictus satisfait.
-Chers collègues, nous constatons à quel point c'était une erreur d'avoir élu une colombe pour en faire notre chef. Le Chancelier Suprême n'est pas clairement l'individu le plus à même de défendre hardiment nos intérêts. La République a besoin d'un homme fort et doué de vision, qui sache faire entendre raison à ceux qui souhaiteraient rabaisser les valeurs que nous défendons.
-Faites-vous allusion aux valeurs de la République ou à celles du Pius Dea? Répliqua Pers'lya. Permettez-moi de vous faire remarquer qu'il existe une différence importante.
Des huées roulèrent tout à coup de haut en bas, vomies par des sénateurs humains les plus proches de Contispex qui conspuèrent le bothan.
-Silence, le corrompu! Silence!
Le président de l'assemblée ramena de nouveau le calme, à coups de marteau. Permettant au coruscanti de poursuivre ses diatribes.
-Les valeurs et les convictions que je défends depuis toujours au Sénat sont les mêmes, déclara Contispex. Et elles demeureront plus pures que vous ne le serez jamais, Pers'lya.
-Avez-vous terminé, sénateur?
-Pas encore, monsieur le président.
Cette fois, Bekan frissonna lorsqu'il surprit un sourire radieux déformer la figure du coruscanti.
-Devant le danger représenté par les provocations de Alsakan et par la faiblesse d'un Chancelier fantoche dont la moralité laisse à désirer, je demande la mise aux voix d'une motion de censure à l'encontre du Chancelier Pers'lya, selon l'alinéa 2 de l'article 6 de notre constitution. Afin de permettre l'émergence d'un nouveau chef d'Etat digne de notre République et de nos concitoyens. Un chef d'Etat à l'image de tous les citoyens vertueux et anonymes.
Des murmures choqués se propagèrent d'un gradin à l'autre. Visiblement le dépôt de cette motion de censure représentait un coup de sabacc inattendu. Même les quelques sénateurs qui partageaient ouvertement les positions de Contispex semblaient pris de court.
Les deux Jedi se concertèrent d'un regard perplexe.
-C'est audacieux, reconnut Bekan à la twi lek.
-Il sait ce qu'il fait et c'est ce qui m'inquiète.
Maître Terka affichait des traits rembrunis et l'alsakani se fia alors à son instinct. Si la manœuvre de Contispex l'angoissait, ce n'était pas sans raison.
Le padawan songea aux manifestants qui faisaient le siège du bâtiment et dont il percevait l'hostilité récurrente. Une foule aux bas instincts manipulée par le Pius Dea, l'estocade portée par Contispex en personne et dont les liens avec l'obscure secte ne faisaient de doute pour personne..
Tout cela commençait à ressembler à un traquenard visant spécifiquement Pers'lya.
Le président de l'assemblée étudia longuement celui-ci.
-Chancelier Suprême, souhaitez-vous retarder le vote de la motion de censure?
-Je ne vois aucune raison valable de le retarder ne serait-ce que d'une seconde, affirma le bothan avec une vigueur renouvelée. Je me plierai à la décision du Sénat, quelle que soit l'issue.
Aussitôt le président de l'assemblée s'approcha du droïde greffier tandis que d'autres droïdes entrèrent dans la salle, des piles de datapads entassés sur leurs bras. Ils se faufilèrent dans les rangs des sénateurs pour les distribuer tandis que le droïde greffier fut programmé pour être prêt à enregistrer les résultats du vote.
Bientôt, dans un silence de cathédrale, chaque sénateur procéda au vote en pianotant sur leur datapad. Puis un à un ils rendirent les datapads qui les emmenèrent. Quelques minutes plus tard, le nombre de oui et de non fut comptabilisé et le résultat transmis au président de l'assemblée par un des assesseurs qui lui tendit une feuille de flimsi.
Bekan observa tout cela avec une impatience croissante et le résultat fut annoncé.
-La motion de censure contre le Chancelier en poste Pers'lya est acceptée. De nouvelles élections se tiendront donc dans dix jours standard, pour permettre au Chef D’État et à son gouvernement d'expédier les affaires courantes sans interruption.
Des applaudissements grondèrent en haut des gradins, provenant des sénateurs favorables à Contispex. Le reste de l'assemblée se murait dans un mutisme complice, y compris ceux qui soutenaient le bothan.
-Chancelier, acceptez-vous le résultat du vote?
-Je l'accepte.
L'alsakani nota que sa voix manquait cette fois de conviction. Il accusait le coup, comme frappé par la foudre. Il se tenait cependant droit comme une pique et défiait du regard son adversaire politique qui le toisait avec suffisance.
L'expression de Contispex affichait le triomphe de celui qui avait atteint ses objectifs du jour. Pers'lya reprit contenance et Bekan le vit échanger quelques mots avec ses ministres, certainement pour les convaincre de rester et de défendre leurs projets de loi respectifs devant le Sénat.
-La parole est au ministre de l'agriculture et du commerce, annonça le président de l'assemblée.
Pers'lya n'attendit pas que son ministre lannik prit la parole, pour quitter la salle. Il passa devant les deux Jedi en lançant:
-J'ai besoin d'un remontant, pas vous?
Son ton léger dissimula le choc du rude coup qui venait de lui être asséné. Ri'ila Terka et son padawan qui n'étaient pas dupes lui emboîtèrent le pas.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! l'ascension ne fait que commencer :sournois: !

à la prochaine!!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 28 septembre 2018, 17:40

Salut,
La situation initiale est bien posée, j'imagine que l'énoncé de la mission va suivre. (roulement de tambour)
En tout cas le méchant paraît méchant à souhait :)
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 30 septembre 2018, 16:14

Merci pour le retour ;)

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 01 octobre 2018, 19:19

Bonsoir, c'est l'heure de vous publier la suite!

Dans cet extrait, le pauvre Pers'lya n'est pas au bout de ses peines car après avoir été destitué par le Sénat suite aux manœuvres de Contispex, le voilà obligé d'affronter une foule hostile! S'en sortira-t-il indemne?

Pers'lya et son escorte s'arrêtèrent en haut des marches sur le seuil de l'entrée lorsqu'ils constatèrent que la marée de manifestants hostiles continuait d'affluer. Le jeune alsakani constata non sans crainte que la grande avenue grouillait de monde jusqu'à ses extrémités.
Des poings levés furent brandis haut dans le ciel lorsque le bothan fut repéré.
-Dehors le voleur! Dehors l'impur!
Des individus, hommes et femmes, chauves aux longues toges pourpres étaient présents dans leurs rangs. Ils étaient les plus vindicatifs et l'un de ceux les plus proches se tourna pour crier à la foule captivée par son aura.
-Citoyens de la République, allez-vous accepter que cet immoral puisse fuir ses crimes sans les expier?
-Non! Non!
Les plus proches s'approchèrent pour se porter au contact de leur cible, mais ils furent bloqués au bas de l'escalier par les cordons de gardes républicains qui les tenaient à distance à l'aide de leurs lances électriques.
Leur capitaine s'approcha du Chancelier, la mine crispée.
-Excellence, je ne suis pas certain de pouvoir garantir votre sécurité. Vous devriez rester à l'intérieur, le temps qu'ils se dispersent.
Le bothan étudia longuement les poings levés dans sa direction prêts à s'abattre sur sa personne. Puis il croisa le regard de la Jedi twi lek qui appuya:
-Je pense que vous devriez l'écouter, conseilla-t-elle. Dans tous les cas, quelque soit votre décision, nous veillerons sur vous.
-Merci, maître Terka.
Le non humain considéra le capitaine avec un mélange de résignation et de détermination.
-Capitaine, ces excités fanatiques du Pius Dea ont peut-être assez d'influence pour monter la foule contre moi et permettre ma destitution mais ils n'auront jamais le pouvoir de m'empêcher de rentrer chez moi. Je suis conscient que si vous prenez les mesures nécessaires, je mets aussi vos hommes en danger et je m'en excuse d'avance.
L'officier soupira. Bekan crut cependant lire dans son regard une marque de respect à l'égard du bothan.
-Comme vous voudrez, Excellence. Bonne chance.
Le padawan l'observa ordonner brièvement à quatre hommes de renforcer l'escorte. Puis il se pencha vers son mentor.
-Maître, cela ne me dit rien qui vaille.
-Aie confiance en la Force, padawan. Cette fois, c'est moi qui prend les devants, ajouta-t-elle avec un sourire confiant.
Le groupe commença à descendre les marches, Ri'ila Terka ouvrant la marche avec deux gardes et son padawan couvrit étroitement le Chancelier, soutenu par les deux derniers soldats. Les vociférations et quolibets s'accentuèrent lorsqu'ils parvinrent au bas de l'escalier et que les gardes repoussèrent les premiers rangs hostiles pour ouvrir un passage. Autant fendre une mer démontée qui menaçait de se refermer pour mieux les submerger.
Bekan fit appel à la Force pour contenir la peur croissante qui galopait à l'intérieur de lui, à la vitesse d'un nexu. La position qu'il occupait stratégiquement derrière Pers'lya était certainement la plus risquée.
Le bothan était exposé à un coup de couteau dans le dos, la Force le lui murmurait. La malveillance des fanatiques du Pius Dea infiltrés dans la foule empoisonnait ses courants. Les perceptions de Bekan en étaient saturées, ce qui ne fit qu'augmenter son malaise.
À l'aide de leurs boucliers portatifs énergétiques, les gardes du Sénat rompirent la foule en deux ouvrant un corridor étroit de quatre mètres, à peine assez large pour permettre à l'escorte de se déployer.
Les protestations et les clameurs s'interrompirent lorsque Pers'lya et ses compagnons s'éloignèrent du bâtiment sénatorial, s'aventurant en terrain miné. Le calme trompeur qui précédait une tempête, selon Bekan.
Le padawan croisa tous les regards rivés sur le bothan, des regards emplis d'une haine abyssale qui imprégnait ses sens. Au point qu'il en frissonnait de dégout, cette expérience était désagréable. Nul doute que son maître devait être éprouvée aussi, même si elle n'en montrait rien.
Ils étaient parvenus à mi parcours de l'avenue lorsque quelqu'un cria, masqué par cette marée calme et inquiétante.
-À mort l'impur! À mort!
Le jeune alsakani le sentit une fraction de seconde avant de le voir apparaître dans son champ de vision. Un morceau de pavé gros comme le poing, flotta irréel au-dessus de la masse avant de fuser vers le Chancelier.
Ses réflexes prirent le dessus et il leva la paume pour saisir à l'aide de la Force. Il se fondit dans cette énergie spirituelle, source de vie qui les reliait tous les êtres doués de conscience et tout ce qui avait été crée en un tout unique depuis le commencement de l'univers.
Il vit ainsi la pierre aussi clairement que si elle faisait partie de lui-même, et il se sentit noyé dans ce torrent de haine qui émanait des adeptes du Pius Dea, de la rancœur qui jaillissait de la population. Cette omniscience aurait pu faire tituber celui qui utilisait la Force pour la première fois, Bekan en était conscient.
C'était cela le pouvoir de la Force. C'était ce que les gens ne comprendraient jamais, le Pius Dea encore moins.
Le projectile s'immobilisa arrêté par une force invisible avant de rebondir mollement à ses pieds sur le permabéton. Cela aurait pu rester un incident isolé mais ce fut contraire le signal du début du chaos.
Le début de l'attaque..
La première pierre fut suivie par deux autres puis encore par trois. Il se fondit encore plus dans les courants de la Force, et sous le coup de l'urgence les renvoya directement vers la foule. Il ne pouvait pas se payer le luxe de se soucier qui serait touché par la riposte car une seule chose lui importait.
Sa mission. Protéger le Chancelier, au prix de sa vie s'il le fallait.
Son maître avait suivi le même raisonnement et il la vit agiter les deux bras pour contenir le déluge. Les quatre gardes républicains se préparèrent en levant leurs boucliers au-dessus de leur tête avant que Ri'ila Terka ne leur intima:
-Protégez le Chancelier!
Ils se blottirent contre le bothan pour faire rempart de leurs corps et ainsi joints, évoquèrent une sorte de crustacé géant.
Les autres gardes qui bloquaient les mouvements de la foule de plus en plus pressante s'arcboutèrent davantage sur leur lance énergétique pour résister à la compression exercée par les militants les plus véhéments.
D'un coup d’œil, Bekan jugea avec inquiètude comment ce mince cordon pouvait continuer à résister. Le corridor artificiel ne semblait plus être un passage sûr.
Plus ils progressaient, plus il sentait qu'ils s'isolaient d'éventuels renforts restés stationnés devant le Sénat. Par-dessus son épaule, il aperçut le capitaine de la sécurité hésiter entre continuer à protéger le bâtiment sénatorial et se porter au secours du dignitaire bothan et de son escorte à la position de plus en plus précaire.
Ils n'étaient plus qu'à vingt pas du landspeeder personnel de Pers'lya quand le picotement du danger électrisa sa nuque. Il fit volte face vers la menace qu'il avait perçue et surprit cinq individus en train de renverser un garde républicain et de l'enjamber.
Trois hommes et deux femmes au crâne rasé qui portaient la longue toge pourpre du Pius Dea. Dans leurs yeux intenses, étincelaient les braises d'une détermination fanatique. Le plus proche, une femme à la peau mate, brandit tout à coup une vibrolame.
-À mort l'impur! Pour le Sage Suprême et la vertu!
Elle se jeta pour poignarder le bothan dans le dos mais Bekan s'interposa sans hésiter. Il tendit le bras et l'air se comprima brusquement autour de la femme qui fut tractée en arrière, renversant ses quatre autres camarades.
Bientôt le mince cordon tenu à bout de lances par les gardes craqua une nouvelle fois, sur sa gauche. Un adepte du Pius Dea avait enfoncé son arme blanche dans le défaut de l'armure d'un garde qui tituba avant de s'écrouler. Il s'engouffra dans la nouvelle brèche suivi par deux autres coreligionnaires, brandissant aussi des vibrolames.
-À mort, le bothan! À mort l'impur!
Ils étaient trop proches pour qu'il ait le temps d'invoquer la Force. Il lui fallait donc user d'une arme de dernier recours.
Il glissa la main sous sa bure et agrippa la crosse métallique et circulaire qui pendait à sa ceinture contre le bassin. Cette garde était reliée par un fil à une batterie plate qui était accrochée contre sa hanche.
Le crépitement électrique précéda le déploiement d'une lame couleur soleil ardente qu'il leva devant sa poitrine pour dissuader ses antagonistes qui s'arrêtèrent nets, emplis de stupéfaction. Des cris dans la foule résonnèrent aussitôt, témoignage d'une crainte mystique qui entourait l'arme phare des Chevaliers Jedi.
Le sabre laser.
L'instant de flottement passé, les trois adeptes se déployèrent autour du jeune alsakani pour le prendre en tenaille tandis que ceux qu'il avait mis à terre se relevaient.
-Je ne vous le répèterai pas! Reculez! Intima-t-il.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Pauvre Pers'lya quand même..

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par darinze » 02 octobre 2018, 10:42

(entre "persilia" et "constipex", y a commême de drôles d'écueils dans ta nouvelle....)
daRinze, ClownTrooper de 1er ordre.

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Ephasten
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 04 octobre 2018, 07:32

Salut,
il y a de la tension tout au long du récit, on ne s'ennuie pas. J'ai cependant quelques remarques.
J'ai tiqué sur "l'un de ceux les plus proches" au début de ton texte. Cette formulation me semble bizarre, elle est peut-être juste, mais je la trouve lourde alors qu'en ajoutant simplement "parmi" au milieu par exemple, la visualisation me semble plus aisée. (désolé si je recommence à faire mon lourd, mais je voulais être honnête et sincère).

Ensuite Bekan possède, si j'ai bien compris, un sabre laser relié par un fil à une batterie qu'il porte à sa ceinture. :?:
Est-ce que c'est une invention de ta part? Je n'ai pas souvenir d'avoir eu connaissance d'un tel dispositif. l'idée offre certaines possibilités, c'est sûr... mais il va falloir que tu fasses un rappel pour expliquer pourquoi on en voit si peut dans l'univers SW (si c'est moi qui ne suis pas à jour)ou bien que tu expliques cela si c'est une de tes inventions.

Enfin en ce qui concerne les noms: Pers'lya et Contispex. Tout d'abord, éclaire ma lanterne. Est-ce que ce sont des noms de ton invention, ou un anglophone les avait déjà créé? Dans la dernière hypothèse, on peut l'absoudre de tout sous entendu ou inspiration mal dissimulé. S'ils sont de ton cru, sois prudent.
Pour le premier, je n'avais pas été trop choqué, même si on devine persill et persillade , ça passe. (prédiction de jedi en manque de sommeil: tu avais mis du persil sur tes tomates et tu te demandais comment nommer ce perso ; ou alors ton chat s'appelle Persil?)
En revanche pour Contispex, si je me risque à chercher ce qui t'a inspiré ce nom, la Force me montre des images évoquant un bouchon et un flacon avec de la peinture blanche dedans. Au delà du sourire que cela peut inspirer, il faut faire attention car cela peut être dommageable pour ton perso: son nom évoque un sobriquet et du coup son charisme prend un malus. pour l'exemple je me souviens avoir vu, il y a longtemps, le film "donjons et dragons" au cinéma. Lors du prologue, une voix off nomme le méchant, un mage: Profion. Tu imagines bien que dans une salle blindée de rollistes à peine majeur, on a bien rigolé, et surtout qu'on n'a pas prit ce méchant au sérieux, bien au contraire.
Cependant je compatis, trouver des noms est toujours un casse-tête quand on écrit de la SFF.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 04 octobre 2018, 18:29

Ephasten a écrit :
04 octobre 2018, 07:32
J'ai tiqué sur "l'un de ceux les plus proches" au début de ton texte. Cette formulation me semble bizarre, elle est peut-être juste, mais je la trouve lourde alors qu'en ajoutant simplement "parmi" au milieu par exemple, la visualisation me semble plus aisée..
Je vais me pencher là-dessus
Ephasten a écrit :
04 octobre 2018, 07:32
Ensuite Bekan possède, si j'ai bien compris, un sabre laser relié par un fil à une batterie qu'il porte à sa ceinture. :?:
Est-ce que c'est une invention de ta part? Je n'ai pas souvenir d'avoir eu connaissance d'un tel dispositif. l'idée offre certaines possibilités, c'est sûr... mais il va falloir que tu fasses un rappel pour expliquer pourquoi on en voit si peut dans l'univers SW (si c'est moi qui ne suis pas à jour)ou bien que tu expliques cela si c'est une de tes inventions.
L'histoire des sabres laser est mentionnée dans la fiche encyclopédique ci contre: http://www.starwars-holonet.com/encyclo ... laser.html

Les sabres laser alimentés par une batterie apparaissent dans les deux premiers tomes Delcourt Tales of The Jedi.
Ephasten a écrit :
04 octobre 2018, 07:32
Enfin en ce qui concerne les noms: Pers'lya et Contispex. Tout d'abord, éclaire ma lanterne. Est-ce que ce sont des noms de ton invention, ou un anglophone les avait déjà créé? Dans la dernière hypothèse, on peut l'absoudre de tout sous entendu ou inspiration mal dissimulé. S'ils sont de ton cru, sois prudent.
Pour le premier, je n'avais pas été trop choqué, même si on devine persill et persillade , ça passe. (prédiction de jedi en manque de sommeil: tu avais mis du persil sur tes tomates et tu te demandais comment nommer ce perso ; ou alors ton chat s'appelle Persil?)
En revanche pour Contispex, si je me risque à chercher ce qui t'a inspiré ce nom, la Force me montre des images évoquant un bouchon et un flacon avec de la peinture blanche dedans. Au delà du sourire que cela peut inspirer, il faut faire attention car cela peut être dommageable pour ton perso: son nom évoque un sobriquet et du coup son charisme prend un malus. pour l'exemple je me souviens avoir vu, il y a longtemps, le film "donjons et dragons" au cinéma. Lors du prologue, une voix off nomme le méchant, un mage: Profion. Tu imagines bien que dans une salle blindée de rollistes à peine majeur, on a bien rigolé, et surtout qu'on n'a pas prit ce méchant au sérieux, bien au contraire.
Cependant je compatis, trouver des noms est toujours un casse-tête quand on écrit de la SFF.
Là aussi, permets moi de t'orienter vers le(s) lien(s) suivant(s): http://www.starwars-holonet.com/encyclo ... ispex.html

https://www.starwars-universe.com/chron ... s-dea.html

En résumé, je n'ai donc rien inventé.

Voici les sources mentionnées par Star wars Holonet: The New Essential Chronology
The New Essential Guide to Droids

Voilà, je pense avoir répondu à tes interrogations!

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 05 octobre 2018, 05:45

Ok mea culpa :oops:
En ce qui concerne "l'un de ceux les plus proches", j'ai fais lire ce passage à un ami, et il n'a pas été choqué. Ce qui montre bien que ce que je te disais dessus est une affirmation toute personnelle.

Pour les sabres lasers sur batterie, l'info m'avait échappé, merci du rappel. J'ai hâte de voir si tu vas l'utiliser et comment.

En ce qui concerne les noms, j'étais totalement ignorant de cette période, et après avoir consulté les liens, je dois dire que oui, tu as matière à raconter.

En somme je me suis couché hier soir un peu moins bête :)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 05 octobre 2018, 21:36

Pas de problème ;) !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 07 octobre 2018, 21:20

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Dans cet extrait, Deux Jedi tentent de sauver un Chancelier déchu de la fureur de fanatiques de la secte Pius Dea :diable: !

Bonne lecture!

Il espérait les intimider mais il comprit que ce fut peine perdue. Les fanatiques ne reculeraient jamais.
Et Bekan n'était pas disposé à leur céder le terrain. Celui à sa droite tenta de le frapper à la gorge, il se pencha et la lame de son épée passa sous son poignet avant qu'il ne le releva d'une brusque saccade. L'homme hurla lorsqu'il fut privé de l'usage de sa main, chancelant en arrière en se tenant le moignon cautérisé. Ses deux autres condisciples le relayèrent.
Bekan transperça la rotule du deuxième avant de cogner la tempe du troisième d'un coup de coude qui sonna ce dernier. D'un regard par dessus son épaule, il surprit Ri'ila Terka en train de manier elle aussi son sabre laser à lame verte contre cinq ennemis de la secte obscure qui venaient de surgir devant elle après avoir disloqué le cordon de sécurité.
L'alsakani dut de nouveau porter son attention sur le groupe qu'il avait seulement neutralisé pour un temps. Le danger perturba les flots de la Force lorsque l'un des trois hommes dégaina une arme de poing.
L'affût s'illumina une fraction de seconde avant que le padawan ne se contorsionna avec souplesse pour obliquer sa lame vers le bas. Le premier trait lumineux s'émoussa sur son épée puis il renvoya deux autres vers les cieux de Coruscant.
Tout autour, la panique s'empara du reste de la population, manipulée à ses dépens par le Pius Dea. Les manifestants commencèrent à s'égailler dans une frénésie incontrôlable, se bousculant voire se piétinant les uns les autres. Leurs beuglements recouvrirent toute la place centrale devant le Sénat, leur effroi agita la Force en un maelstrom torturé.
Bekan au milieu de cette tempête, sut ce qu'il devait être. Il devait être l’œil du cyclone, pour équilibrer la balance. Il se rappela le premier précepte du Code Jedi que maître Terka lui avait enseigné.
Il n'y a pas de passion, il n'y a que la sérénité.
Guidé par la Force, le sabre laser de Bekan traçait des sillons lumineux élégants et gracieux dans l'air qui protégeaient son détenteur. Toute nuance de peur, toute once d'animosité et de passion revancharde s'évapora pour laisser place à la paix.
Il n'y a pas de passion, il n'y a que la sérénité.
L'esprit apaisé, il estropia d'un coup d'estoc le premier assaillant qui hurla de douleur, le genou transpercé. Le deuxième le rejoignit au sol, une profonde entaille calcinée lui labourant la poitrine de travers. La blessure était sérieuse mais il survivrait.
Ce ne serait pas le cas de la femme à la peau mate qui avait tenté de poignarder Pers'lya au début de l'attaque. Il l'éventra au foie et il croisa son regard haineux qui exprimait la douleur. Dans ses yeux, brillait cette compréhension de ceux qui se savaient condamnés.
Il n'eut pas le temps de soulager son agonie car les deux derniers membres du groupe l'assaillirent de concert sur les flancs. D'une savate il rejeta la femme blonde en arrière puis se catapulta d'un Saut de Force acrobatique par dessus son camarade, un homme trapu qui faisait le double de sa taille.
Avant même d'atterrir sur ses appuis, il fouetta l'air de sa lame. Le découpant au niveau du bassin.. l'adepte du Pius Dea tomba en deux tronçons séparés nets alors que Bekan se tourna pour s'enquérir de l'état de son maître.
La twi lek se défendait avec acharnement, sa vivacité et son expérience compensant son isolement face à une vingtaine d'ennemis. Déjà six d'entre eux gisaient au sol, hors de combat. Cependant d'autres étaient arrivés pour la contourner et s'en prendre directement au Chancelier Suprême.
Cinq des nouveaux venus se jetèrent sur les boucliers énergétiques des gardes républicains pour le leur arracher. Deux autres arrivèrent en renfort et s'acharnèrent sur le garde à gauche de Pers'lya, parvenant à lui saisir son bouclier.
Le garde délesté saisit alors sa matraque électrique et la leva pour frapper ses deux assaillants. Il en toucha un à la tête, l'assommant sur le coup mais le second esquiva et se fendit pour le poignarder sous l'aisselle avec sa vibro lame. Le garde s'effondra en gémissant et l'adepte du Pius Dea eut alors le champ libre pour achever sa proie véritable.
Le bothan écarquilla les yeux devant la mort qui s'apprêtait à s'abattre sur lui. Bloqué contre les trois autres gardes républicains qui résistaient comme ils pouvaient, il était au pied du mur. Le fanatique du Pius Dea, un homme de taille moyenne et élancé, leva son arme blanche pour le frapper à la poitrine.
Pers'lya le bloqua avec ses puissants avant bras de félinoïde mais son bourreau se dégagea vivement en lui entaillant le poignet au passage.
Avec un sourire sinistre, il s'apprêtait à porter le coup de grâce au natif de Bothawui lorsque Bekan Kalad intervint à propos. L'alsakani le propulsa avec sa jambe tendue loin en arrière.
-Baissez-vous, Chancelier! Hurla le padawan. Restez à couvert!
Pers'lya s'accroupit, ne se faisant pas prier deux fois. Le jeune homme se chargea de combler la brèche tandis que le capitaine de la sécurité se décida finalement à intervenir. Avec la moitié de ses hommes, il descendit l'escalier au pas de course pour rallier les deux Jedi. La question était de savoir s'il arriverait à temps.
Certains adeptes du Pius Dea occupés contre Ri'ila Terka se retournèrent contre son élève, le pensant plus vulnérable. Ils comprirent qu'ils avaient commis une sacrée erreur de jugement, lorsque Bekan les obligea à garder leurs distances avec son sabre laser.
La Force l'avertit subitement que l'un d'eux le braquait avec un blaster sur sa gauche. Il fit adopter un angle tordu à sa lame ardente pour absorber le tir. Mais cet effort le détourna des autres menaces un bref instant.
Un instant de trop.
Le trait de lumière aussitôt repoussé, l'alsakani dut reporter son attention contre cette femme courtaude qui tenta de l'éventrer. Il esquiva en faisant un pas de coté, évitant la lame qui.. intercepta le fil qui reliait la crosse de son arme à sa batterie. Le jeune homme se retrouva désarmé lorsque sa lame de feu se replia, privée d'énergie.
Jamais il n'avait eu à affronter une situation aussi critique. Un Jedi privé de sabre laser était acculé à une même posture que celle d'une Panthère des Sables de Corellia privée de griffes. À la défensive.
Bekan, souviens-toi qu'un Jedi même sans sabre laser n'est jamais désarmé.
La leçon que maître Terka lui avait enseignée lorsqu'elle l'avait battu à plate couture lors d'un entraînement. Il tenait une lame de duracier et elle avait gagné à mains nues.
Une leçon aussi précieuse qu'un cristal d'Ilum.
Un Jedi n'est jamais désarmé.
Je ne le suis pas.
La douce voix de la twi lek Ri'ila Terka s'introduisit dans ses pensées.
Nous ne le sommes pas.
Bekan cueillit la femme du Pius Dea au menton, s'aidant de la crosse de son arme hors d'usage en guise de poing d'acier. Au craquement d'os brisé, il comprit qu'il lui avait fracturé la mâchoire. Il la laissa s'effondrer à genoux pour s'occuper d'un autre ennemi.
Il agrippa le poignet de celui-ci et lança son poing à la jonction de l'épaule et de la clavicule. L'homme beugla comme un bantha, son bras droit pendant mollement le long de son corps. Mais preuve de son fanatisme, il accrocha subitement la tunique de l'alsakani pour gêner ses mouvements.
Bekan eut le temps d'apercevoir un reflet métallique briller près de son visage avant qu'une brûlure ne chauffa sa joue. Des gouttelettes de sang giclèrent sur la toge pourpre du troisième adepte qui avait traversé sa garde.
Alors le padawan concentra la Force en lui. Il la bloqua à l'intérieur de son corps, à l'intérieur de chacun de ses cellules. Puis il libéra la Force en une vague protectrice, destinée à calmer les ardeurs meurtrières de ceux qui semaient le chaos autour de lui.
Tous ses assaillants furent renversés plusieurs mètres en arrière et cet instant marqua brusquement la fin de l'embuscade. Un hululement passa au-dessus de leur tête et immédiatement les adeptes du Pius Dea refluèrent de la place en emmenant leurs blessés avec eux. Bekan ne put s'empêcher de les trouver calmes et disciplinés.
Il n'y avait de toute façon pas assez de gardes républicains pour les arrêter tous. Il n'y avait pas d'intérêt à les poursuivre, sinon à vouloir risquer d'autres pertes en vie humaines. L'alsakani entendit le capitaine de la sécurité s'écrier:
-Protégez le Chancelier! Établissez un périmètre!
Ce qui fut fait dans les instants qui suivirent tandis que les deux Jedi allèrent s'enquérir de l'état de Pers'lya.
-Tout va bien? Lui demanda la twi lek.
Le bothan continuait de tenir la manche déchirée de sa tunique autour de son poignet. Du sang filtrait entre ses doigts velus.
-Je vais bien.
Le félinoïde considéra Bekan avec une étincelle de reconnaissance.
-Vous m'avez sauvé la vie, je ne l'oublierai pas.
-Je n'ai fait que mon devoir, répondit simplement l'alsakani. Comme Maître Terka.
La twi lek posa une main sur son épaule lorsqu'il prononça son nom.
-Vous devriez être escorté jusqu'au centre médical principal, Pers'lya.
-Ri'ila, les gardes du Sénat suffiront à ma protection. Vous en avez assez fait pour moi. D'autres devoirs doivent sûrement requérir votre attention.
-Le premier devoir qui requiert mon attention et celle de mon padawan est votre sécurité.
Sa voix douce était teintée de détermination, devant laquelle le bothan s'inclina finalement.
-Je vous en sais gré.
-Bekan, tu vas l'accompagner.
L'alsakani approuva d'une inclinaison du menton.
-Bien, maître Terka.
-Tu le protègeras et tu te feras soigner, fit-elle en lui montrait l'entaille qui défigurait sa joue.
-Maître, il n'est pas nécessaire que je me fasse exami...
-J'insiste padawan, trancha-t-elle fermement. Ne m'oblige pas à te donner un ordre.
Le soupir de Bekan fut éloquent.
-Oui, maître.
Le centre médical le plus proche se situait à une centaine de mètres du Sénat. Des gardes entourèrent le Chancelier et le jeune alsakani, qui s'apprêtaient à partir lorsque la Jedi rappela son apprenti.
-Bekan?
Elle le sentit se crisper, prévoyant une nouvelle remontrance.
-Maître?
-Je suis fière de toi, lui confia-t-elle. Tu as fait preuve de courage et de sang froid, la Force était avec toi.
Elle lui posa les mains sur ses épaules et il soutint son regard franc, avec beaucoup de confusion. Il ne s'attendait pas à un tel compliment.
-C'est parce que vous êtes un excellent professeur, parvint-il à répondre finalement. Le meilleur de l'Ordre.
-Je ne t'ai pas souvent ménagé mais je suis sûre que tu deviendras un grand Jedi, bien plus que je ne le serais jamais.
Bekan Kalad se détendit.
-Pour moi, vous resterez toujours mon maître quoique je devienne.
Elle retira ses mains et il s'inclina pour lui rendre hommage. Depuis qu'elle l'avait emmené d'Alsakan jusqu'au Temple de Coruscant, ils en étaient venus à s'estimer l'un et l'autre, et à s'apprécier.
Ils avaient appris à se connaître pour pallier leurs imperfections, explorant l'harmonie de la Force. Atténuant leurs doutes et renforçant leurs certitudes.
Elle lui pinça le menton dans un élan d'affection.
-Allez file, ton excès d'humilité commence à me porter sur les nerfs.
Il répliqua avec un sourire malicieux.
-Merci de me rappeler mes défauts les plus irritants.
-Retrouve moi au Temple lorsque tu auras raccompagné le Chancelier chez lui.
Il acquiesça d'un air entendu avant de se détourner. Elle l'observa s'éloigner avec Pers'lya et les gardes républicains déployés autour d'eux avant de reporter son regard sur la scène de chaos qui s'était figée devant elle.
Sur les instructions du capitaine, certains gardes relevèrent plusieurs camarades qui avaient été sérieusement blessés durant la confrontation. Ils soutenaient par les épaules particulièrement ceux dont la figure dégoulinait de sang, après avoir été renversés sur le sol et piétinés par une foule en furie puis en panique.
Ri'ila se proposa d'apaiser leurs lésions à l'aide de la Force, ce dont ils lui furent reconnaissants. La twi lek ne put s'empêcher de penser à la folie qui s'était abattue devant le cœur de la République. Les responsables reviendraient à la charge.
Le Pius Dea ne renoncerait pas tant que Pers'lya resterait leur cible.
La tempête n'avait pas disparu, elle s'était seulement éloignée. Pour l'instant.
Ri'ila Terka en était persuadée.

Voilà j'espère que cela vous a plu! n'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou de vos questions :cute: !

à la prochaine pour la suite de cette première chronique!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 08 octobre 2018, 22:03

Salut,
cette lecture m'a bien plu. On a vu des jedi au combat,( ce dont je ne me lasserais jamais personnellement) et tu t'es très bien débrouiller pour cela.
Sur le plan technique tu as bien décris les combats, aucune difficulté à imaginer les mouvements exécutés. Juste une petite question: dans la phrase où Bekan se fait couper le fil de son sabre laser, il y a deux points entre "qui" et "intercepta"
Il esquiva en faisant un pas de coté, évitant la lame qui.. intercepta le fil qui reliait la crosse de son arme à sa batterie
est-ce que c'est volontaire? Je te pose la question car déjà il y en a 2 et non pas 3, et ça ressemble à une pause que prendrait un narrateur pour créer un effet de suspense, surtout placé à ce moment précis. Ça peut être un choix narratif, mais je me suis posé la question.
Sinon tu as très bien montré que ce sont deux jedi (un jedi et son padawan)qui se battent et non deux épéistes armés de sabre laser. Je veux dire que leur style et la philosophie sont conformes.
Tu as aussi très bien géré le deuxième niveau de lecture, et pour cela tu as mes félicitations. Tu as su opposé la furie/folie/passion des adeptes de la secte au sang froid/maîtrise/sérénité des jedi. Une parfaite illustration scénarisée du credo jedi, ce n'était pas juste de l'action pour l'action, et j'apprécie cela.
Et oui tu as utilisé l'élément du fil de batterie et de façon remarquable puisqu'il te permet de mettre en valeur que la puissance d'un jedi ne repose pas uniquement sur son sabre laser, chose que beaucoup oublient.
La relation entre la jedi et son padawan sonne juste.
Bref, j'attends la suite :)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 10 octobre 2018, 10:20

Salut Ephasten, merci pour le retour ;) !
Ephasten a écrit :
08 octobre 2018, 22:03
Juste une petite question: dans la phrase où Bekan se fait couper le fil de son sabre laser, il y a deux points entre "qui" et "intercepta"
Il esquiva en faisant un pas de coté, évitant la lame qui.. intercepta le fil qui reliait la crosse de son arme à sa batterie
est-ce que c'est volontaire? Je te pose la question car déjà il y en a 2 et non pas 3, et ça ressemble à une pause que prendrait un narrateur pour créer un effet de suspense, surtout placé à ce moment précis. Ça peut être un choix narratif, mais je me suis posé la question.
J'aurais peut-être du mettre trois points pour que ce soit plus clair!

à la prochaine pour la suite!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 14 octobre 2018, 16:14

Bonjour, je vous publie la suite!

Dans cet extrait, vous allez faire plus ample connaissance avec monsieur Julius Contispex, un homme que vous trouverez des plus sympathiques :diable: !

Bonne lecture!

Appartements de Julius Contispex

-Grand Sage?
Le sénateur Contispex releva la tête de sa table de travail lorsqu'une jeune femme brune à la séduisante silhouette, portant une tunique blanche et confortable, apparut sur le seuil en joignant les mains en signe de déférence.
Bien qu'adhérant au Pius Dea, elle ne portait pas la toge caractéristique des adeptes et avait conservé ses cheveux, coiffés en de fines tresses.
-Oui, Soeur Malen?
-L'envoyé de l'ambassade d'Alsakan demande à être reçu.
Le coruscanti interrompit le mouvement de son stylu qui parcourait la feuille de flimsi posée devant lui. Les traits indéchiffrables, il paraissait considérer quelques instants, la question.
-Faites-le entrer, accepta-t-il finalement.
Peu après, un homme à l'âge indéterminé entra encapuchonné, soucieux visiblement de camoufler son identité. La femme dénommée Malen se rangea discrètement à quelques mètres derrière le visiteur, près d'une grande armoire vitrée contenant des rangées de manuels anciens.
-Les brouilleurs sont activés, signala Contispex.
Après une brève hésitation, le visiteur ôta son capuchon, révélant la figure humaine d'un asalkani visiblement sur ses gardes.
-J'espère que c'est le cas, sénateur Contispex.
-Nous avons tous deux intérêt à ce que rien ne sorte de cette pièce. Votre manque de confiance me vexe.
Un éclair de défiance passa dans le regard de son hôte.
-Nos intérêts convergent, sénateur. Ce qui ne fait pas pour autant de vous, l'ami d'Alsakan.
Ne supportant guère la froideur de l'envoyé, le coruscanti répliqua.
-Je vous reçois chez moi, monsieur Skan Het. J'espérais que l'ambassadeur Orin Melok me traiterait avec plus de respect. N'oubliez pas que je ne suis pas seul.
-Nous savons très bien qui vous êtes et ce que vous représentez. L'ambassadeur souhaite seulement s'assurer que vous n'avez pas oublié notre accord. En échange du déploiement de notre flotte pour menacer les intérêts de la République le long de la Route Commerciale Perlemienne et affaiblir Pers'lya, vous deviez le faire tomber et permettre l'émergence de quelqu'un qui se montrera ouvert à la légitimité de nos revendications.
-Je n'ai pas oublié, trancha le coruscanti. Je suis d'ailleurs honoré de pouvoir écarter pour le bien de la galaxie, un individu qui fait honte à la République et à la paix. Et bien plus honoré encore de pouvoir prendre sa place.
-Ne soyez pas si sûr de vous, le prévint l'alsakani. Vous n'avez pas les faveurs de la majorité du Sénat.
-Le Sénat ne sera pas un obstacle. Même après ce qui vient de se passer tout à l'heure.
-Vos adeptes tentent d’assassiner Pers'lya après que vous ayez provoqué sa destitution, difficile à faire avaler qu'il s'agit d'une coïncidence.
Contispex se leva de table et chassa machinalement le stylu de la feuille de flimsi avant de se décaler devant la grande baie. Il laissa son regard errer vers l'horizon urbain.
-Aussitôt élu, j'accèderai à certaines de vos revendications. Votre gouvernement sera ainsi satisfait.
-Certaines revendications? S'offusqua l'alsakani mécontent. Ce n'est pas ce que nous avons décidé!
Le coruscanti fit volte face et la dureté lissa ses traits distants.
-Ne me provoquez pas, martela-t-il. Vous vous croyez réellement en position de force?
L'alsakani s'empourpra, sous le coup de la gêne et de l'indignation. Mais la crainte d'un homme ne reculant devant rien le poussa à garder le silence.
-Une guerre vous ferait plus de tort qu'à nous, le prévint le coruscanti. Je vous prierais de modérer vos prochains propos si vous ne souhaitez pas que cette conversation prenne une tournure désagréable.
-Faites-moi part de vos conditions, que je les transmette à l'ambassadeur. Qu'on en finisse.
Satisfait que son interlocuteur soit revenu à de meilleures dispositions, Contispex se retint de sourire.
-Faisons de nouveau le point sur vos conditions, reprit-il en s'asseyant de nouveau à sa table. Vous aviez réclamé le retrait des forces de la République de Commenor, Belasco et Uquine. En outre, vous avez exigé le dédommagement des dégâts subis par votre bastion de Cyrillia lors de la dernière guerre Alsakan, ainsi que le retrait des Guildes Marchandes de Coruscant de vos territoires et la cession de tous leurs biens.
Le sénateur ne put s'empêcher de rajouter avec ironie.
-Je suis étonné que vous n’ayez pas réclamé au passage la dissolution de la République. Vous n'auriez pas été plus ridicules.
-Lors de toutes les guerres que mon peuple a menées contre vous, nous vous avons tenu tête, se vanta l'alsakani. Le siège de Cyrillia en est la preuve. C'est loin d'être ridicule, ne croyez-vous pas?
Le coruscanti ne le contredit pas.
-Assurément, c'est tout à fait digne de louanges. Voilà pourquoi je suis prêt à accorder à Alsakan le dédommagement demandé. Dans la limite du raisonnable, bien entendu. En ce qui concerne le retrait de nos troupes des secteurs demandés, je n'accepterai de le faire qu'après la levée de votre blocus le long de la Route Commerciale Perlemienne.
Cette fois, Skan Het lâcha un rire sarcastique.
-Et qu'es-ce qui nous assure que vous tiendrez parole?
Le rire fut coupé net par le ton sec de Contispex, aussi chaleureux qu'un cercueil.
-Vous avez enfin exigé le retrait des Guildes Marchandes de Coruscant de votre espace. Les Guildes Marchandes de Coruscant ne partiront pas et maintiendront leurs activités.
-Vous espérez vraiment que nous accepterons ça?
Cette fois, le sénateur contourna la table pour se placer sous le nez de l'alsakani qui ne put soutenir son regard d'airain.
-Oui vous l'accepterez. Car lorsque vous avez émis cette condition, vous n'avez pas réfléchi à ses implications. Vous n'ignorez pas que les Guildes Marchandes sont fortement implantées et sont essentielles à la bonne tenue de votre économie. Ce sont les Guildes Marchandes qui fournissent les liquidités nécessaires au financement de vos entreprises, à la place des banquiers Muuns. Je vous laisse imaginer si vous n'êtes pas trop stupides, les conséquences d'un retrait.
L'envoyé de l'ambassadeur d'Alsakan affichait maintenant une grande incertitude. Il avait perdu irrémédiablement cette assurance vaniteuse qu'il avait affiché au début de leur conversation.
-Je l'imagine très bien, sénateur, finit-il par concéder. Je vais faire part de vos conditions à l'ambassadeur qui en informera le gouvernement d'Alsakan. Si elles sont acceptées, le traité de paix sera renouvelé. Si vous êtes élu.
-Quand je serai élu.
Par cette réponse, le coruscanti signifia à son hôte que l'entretien était clos. L'alsakani releva son capuchon et se détourna, évitant de croiser son regard. Il passa devant la jeune femme sans plus la considérer.
Celle-ci attendit qu'il soit hors de portée de voix pour demander:
-Grand Sage, puis-je vous poser une question?
-Je vous en prie, Soeur Malen.
Malgré la permission de son supérieur dans la hiérarchie du Pius Dea, elle semblait hésiter à se lancer avant de franchir le pas.
-Comment pensez-vous que le Conseil des Sages va réagir à ce qui s'est passé aujourd'hui devant le Sénat? Vous ne craignez pas leur désapprobation?
Il esquissa un sourire malicieux tandis que ses yeux brillaient de cette résolution froide et calculée qui le caractérisait tant. Julius Contispex n'était pas homme à redouter quoique ce soit, y compris de l'ordre religieux dont il avait gravi les échelons.
-Je ne les crains pas. Ce sont eux qui devraient me craindre.
Son expression devint lisse, rendant plus angoissante cette voix dépourvue de scrupules. Avant qu'il ne se radoucit.
-Vous pouvez disposer, Soeur Malen.
-Merci Grand Sage. Soyez absous de vos péchés et que la Vertu vous guide, ajouta-t-elle en joignant les paumes devant sa poitrine.
Il lui rendit ce salut, reconnaissable entre adeptes de leur confrérie.
-Soyez absoute de vos péchés et puisse la Foi vous garder sur le chemin de la Pureté.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire savoir si ce n'est pas le cas!

à la prochaine pour la suite 8-) !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 15 octobre 2018, 17:41

Salut,
je n'ai aucune critique à émettre sur ce passage. Il s'agit essentiellement d'un dialogue, ce que tu maitrises bien. Contispex parait machiavélique à souhait. Quand tu mentionnes son "regard d'airain", est-ce que ça veut dire qu'il a les yeux couleur airain (un peu comme les sith) ou c'est en rapport avec l'inflexibilité et l'intensité de son regard?
Sinon l'intrigue se développe bien. J'attend la suite.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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