Pius Dea: les chroniques des tyrans

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 15 octobre 2018, 20:23

Salut, merci pour le retour ;) !
Ephasten a écrit :
15 octobre 2018, 17:41
Quand tu mentionnes son "regard d'airain", est-ce que ça veut dire qu'il a les yeux couleur airain (un peu comme les sith) ou c'est en rapport avec l'inflexibilité et l'intensité de son regard?
C'était une figure de style en rapport avec l'intensité de son regard.

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 21 octobre 2018, 16:20

Bonjour, je vous publie la suite!

Découvrez dans ce passage la famille Contispex déterminée à prendre le contrôle de la République :diable: !

Bonne lecture!

Peu après son départ, une jeune humaine du même âge que lui et à l'allure dynamique entra dans son bureau, accompagné d'un garçon blond qui arborait les mêmes traits que le sénateur. Cette fois la froideur de Julius Contispex fut balayé par une illumination de chaleur et de bonté qu'il ne montrait qu'en présence de sa famille proche.
Pour sa femme Linza et son fils Ethan, il n'était pas un Grand Sage du Pius Dea, ni même un sénateur retors de la République. En leur présence, il serait comme toujours et avant toute chose, le père de famille idéal.
Il excellait dans ce rôle, car il pouvait se permettre de se comporter en être humain à l'abri des regards. Un luxe qu'il ne pourrait plus se promettre lorsque tous les projecteurs se braqueraient sur lui. Le jour où il prendrait la place de Pers'lya.
Ce jour approchait.. le moment où il appliquerait enfin sa vision de l'ordre et de la moralité à cette République infectée par la corruption et le vice. Une République dans laquelle tous ceux qui comptaient pour lui, tous ceux qui partageaient sa vision pourraient s'épanouir.
Oui, ce jour approchait. Son objectif était enfin à portée de main.
Pour le moment, il pouvait s'accorder le droit de ne pas y penser.
Son fils Ethan Contispex se jeta dans ses bras qu'il avait ouvert à son intention. Il parvint à le soulever sans mal bien que le garçon avait atteint ses dix ans. Il embrassa tendrement sa femme qui demanda.
-Tu as terminé ta journée?
-Oui, je me suis arrangé que nous ne soyons plus dérangés pour aujourd'hui.
Tous se rangèrent devant la baie de transparacier, juchée à deux cents mètres au-dessus du sol. De leur regard, ils dominaient la surface de Coruscant, mer plate de duracier et d'autres matériaux composites.
La Cité Galactique s'étalait devant eux, insouciante mais prête à se soumettre à la volonté d'un homme ambitieux. Prête à se soumettre, comme l'ensemble de la République.
Le soleil déclinait peu à peu et ses rayons ardents se réverbéraient vers leurs figures. L'astre suprême qui dictait le quotidien de ses innombrables habitants, semblait lui aussi être sur le point de s'incliner devant la majesté du prochain Chef D’État de la République. Dans les prochains jours, le disque doré resplendissant de vie se lèverait sur le triomphe de Contispex.
-Nous nous approchons de notre but, commenta Linza.
Julius croisa son regard, pas seulement empli de tendresse à son égard. Les yeux de sa compagne brûlaient de la même flamme intérieure qui sommeillait dans son âme. Voilà pourquoi ils s'étaient unis l'un à l'autre.
-Oui, mon amour. Nous répandrons la Vertu à travers la République.
-À travers la galaxie, renchérit-elle.
Il glissa ses doigts entre les siens et les serra. Elle partageait sa vision et était devenue son plus grand soutien.
-Après ce qui s'est passé aujourd'hui devant le Sénat, le Conseil des Sages ne tolèrera pas davantage ton indépendance, lui confia-t-elle. Dommage que nos adeptes n'aient pas réussi à éliminer le bothan, cet impur corrompu.
Le front de Julius se plissa sous le coup de la contrariété.
-Si Pers'lya n'est pas stupide, il aura quitté Coruscant avant demain.
-Lorsqu'un bothan goûte au pouvoir, il n'y renonce pas facilement, fit-elle remarquer.
La voix de son mari ne devint plus qu'un souffle inhumain.
-Alors je le détruirai, car je suis allé trop loin pour renoncer.
-Nous nous sommes engagés trop profondément pour reculer. Le Conseil des Sages te convoquera pour que tu répondes de ce qui s'est passé. Tu risques l'excommunication.
-Ces imbéciles n'ont pas remarqué que le vent avait tourné en notre faveur. Notre détermination est la force de notre Foi et nos adeptes sont plus nombreux que les leurs. Nous aurons les faveurs de la Déesse et son fils Hapos, le Prophète de la Violence, sera notre bras armé.
Elle agrippa son fils, obnubilé par le paysage de la Cité Galactique. Julius posa la paume sur le crâne de Ethan.
-J'ai prévu ce qui arrivera. Je noierai dans leur sang, les autres Grands Sages et le Sage Suprême. Je les purgerai de leur médiocrité.
Il plongea son regard intense dans les yeux glacés de sa femme.
-Je serai le Pius Dea et je serai la République.
Puis il s'accroupit à hauteur de son fils, pour entourer ses épaules avec ses bras.
-As-tu une idée des autres candidats qui vont se présenter au poste de Chancelier? Interrogea sa femme.
-Aucun d'eux ne s'est manifesté pour l'instant.
-Avec l'aide de nos partisans infiltrés dans les commissions sénatoriales, je vais suivre cela de près, proposa-t-elle.
-Si Mansur de Commenor se présente, il sera le favori.
Linza acquiesça avec un sourire complice.
-Tout le monde a un point faible, Julius. Il suffit de trouver lequel et de l'utiliser à notre avantage. Mansur doit bien posséder un secret inavouable.
Julius se redressa, fronçant les sourcils.
-Tu as bien creusé la question, Linza.
-Je ne te serais utile à rien si ce n'était pas le cas.
-Et moi? Fit-il abruptement.
Elle le fixa déconcertée.
-Comment cela, toi?
-Ai-je un point faible? Insista-t-il.
De l'index, elle lui effleura les pommettes avant de l'embrasser sur les lèvres. Elle s'écarta peu après.
-Non, répondit-elle finalement. Car tu n'as aucun secret pour moi. Tu es un homme parfait, Julius. Tu as les faveurs de la Déesse. Tu es un homme pur.
Le sénateur étreignit son épouse avant de s'intéresser à son fils, son visage innocent collé contre la vitre de transparacier.
-Alors, tu apprécies le spectacle, Ethan?
L'enfant croisa le regard affectueux de son géniteur.
-J'ai une question, papa. Le soleil.. es-ce la Déesse?
Ce fut Linza qui commença à répondre. Elle posa sa paume derrière sa nuque.
-La Déesse est plus que le soleil, Ethan. Sa lumière est plus douce, bienveillante. Sa bonté est perpétuelle.
-Alors que les rayons du soleil peuvent être mortels si on n'y prend pas garde, ajouta son père. Contrairement à la bonté de la Déesse, le soleil est contraint de céder face à la nuit avant de reprendre le dessus.
-La lumière de la Déesse ne recule devant aucune ténèbre. Tant que ses serviteurs répandront leur foi en elle, autour d'eux.
-C'est pour ça que papa est devenu sénateur?
Ses parents lui sourirent, visiblement fiers de leur progéniture.
-Oui Ethan, répondit Julius. Car cela me permet de servir la Déesse au mieux.
-Devrai-je faire de même pour la servir?
-Si ce que c'est ce que souhaite la Déesse, appuya sa mère. Et si ce que c'est ce que tu souhaites, toi.
Le garçon fronça les sourcils.
-Et si je souhaite autre chose que ce que désire la Déesse? Je veux dire.. si je découvre un autre moyen de la servir?
-Ethan, tu es destiné à devenir un être pur, tout comme nous. Ta lumière finira par s'accorder à celle de la Déesse et ton chemin s'éclaircira alors. La vérité se révèlera à toi.
Julius l'observa accepter les propos de son épouse sans être totalement convaincu. Il décida de prendre l'initiative d'agripper les épaules de son fils pour le garder braqué vers l'horizon dégagé et éblouissant des derniers feux d'un crépuscule prochain.
-Regarde ce qu'a crée la Déesse, Ethan. Et ce que beaucoup ont crée à travers elle.
Alors Ethan Contispex regarda. Il se concentra sur les nuages qui croisaient dans les cieux de la capitale planétaire, masquant les rayons de l'astre royal. Il étudia fiévreusement les vaisseaux qui décollaient des statioports, les reflets de leur coque scintillants d’éclats blafards, transportant des marchandises ou des personnes du Noyau jusqu'aux mondes périphériques de la République. Voire au delà, jusqu'aux confins de la galaxie.
Il entendit la voix de son père lui parvenir d'un timbre passionné et fervent.
-La Déesse est à l'origine de toute chose. Elle a façonné l'univers, cette galaxie pour nous héberger, nous qui sommes ses enfants. Elle a crée les étoiles pour nous rappeler qu'elle veille sur nos actions, aussi lointaine qu'elle se trouve. Elle nous a modelè à son image, nous les humains.
-Et les non humains? Interrogea le garçon.
-Ils sont une imperfection qui doit être corrigée. C'est à nous de les guider sur le chemin de la pureté pour les aider à s'élever. C'est la volonté de la Déesse.
-Mais les professeurs à l'école disent qu'ils sont nos égaux en droits et en devoirs.
Julius ne se démonta pas.
-Tu es encore jeune, mon fils. Mais en grandissant, tu découvriras que certaines vérités que tu pensais incontestables sont à nuancer.
-Tant que ton cœur restera pur, la Déesse te montrera la voie, appuya de nouveau sa mère.
De nouveau, Ethan laissa son regard de jeune garçon curieux vers l'horizon, vers cette frontière lointaine mais nette entre les lumières du jour déclinant et les reflets artificiels de la Cité Galactique.
-La Déesse a crée la République.
C'était plus une affirmation qu'une question.
-Comme toute chose, Ethan. Mais certains de ses fils ont trahi son idéal et c'est à nous qu'il importe de réparer les injustices et d'améliorer le sort de tous ceux qui aspirent à la Vertu. C'est mon devoir et si la Déesse le souhaite, ce sera aussi le tien quand tu te sentiras prêt.
-Je veux être comme toi, papa.
Une lueur de joie passa dans les yeux du sénateur.
-Alors je t'aiderai à t'y préparer. N'oublie pas que la République ne se limite pas à Coruscant.
-Elle gouverne des milliers de mondes, insista Linza. Ce sera une tâche difficile mais la Foi en la Déesse permet de renverser des montagnes et de rendre possible ce qui semble impossible.
Tous trois ne se lassèrent pas de ce spectacle qui comblait temporairement leurs rêves les plus grandioses. L'avidité luisait dans leurs iris, baignés dans les derniers assauts ardents du soleil disparaissant au loin.
Mais le soleil ne se coucherait plus sur tout ce qu'ils posséderaient bientôt. La République était un fruit mûr et il ne restait plus qu'à Julius qu'à la cueillir pour la modeler.
La rendre parfaite, pure.
Ce serait sa mission puis celle de son fils, puis des enfants de son fils. Si la Déesse le veut.
-Tout ceci t'appartiendra, expliqua Julius à son enfant. Ceci sera l'héritage que je te lèguerai.
Il le força à se retourner pour plonger son regard dans le sien, lui faire prendre de son destin qui semblait écrit dans le marbre de la certitude.
-Car tu régneras, lorsque la Déesse me rappellera à elle.
-Oui, papa.
Cette fois la petite voix fluette d'Ethan traduisait une plus grande conviction. Un embryon de l'ambition qui croitrait en lui au fur et à mesure. Julius et Linza y virent un augure favorable, Ethan était leur fils.
Et ils le chériraient jusqu'à ce que son avenir soit assuré.
-Je suis fier de toi, Ethan.
-Nous le sommes tous les deux, appuya l'épouse du sénateur.

Voilà j'espère que cela vous aura plu! N'hésitez pas à hurler si ce n'est pas le cas :siffle: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 28 octobre 2018, 15:44

Salut!
Ce passage est très bien aussi. :) Tu as bien développé l'idéologie Pius Dea au travers des dialogues., Les comparaisons avec le panorama de Coruscant sont bien trouvées. Contispex est humanisé grâce à la visite de sa famille, toute aussi machiavélique et dérangé que lui d'ailleurs.
Très bon passage.
à plus.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 28 octobre 2018, 18:36

Merci pour le retour ;) !

voilà la suite!

Dans cet extrait, nous retrouvons nos deux Jedi :sournois: !

Coruscant, le lendemain

Ri'ila Terka remercia poliment le serveur gotal qui lui servit une limonade pétillante avant que son regard ne dériva vers les passants et les véhicules qui arpentaient l'avenue. Au milieu de la journée, elle parvenait à passer inaperçue sur la terrasse malgré sa tenue de Jedi qui lui valait des coups d’œil appuyés, trop curieux.
Elle agitait les doigts, usant de la Force pour endormir leur esprit et les pousser à se désintéresser d'elle. Elle renvoya poliment le droïde serveur qui s'apprêtait à lui fournir la liste des menus proposés par le restaurant.
Elle s'enfonça dans son siège et ses lekkus se tortillèrent sur ses épaules, sous l'effet de la concentration. Elle ne cessait de songer aux évènements émaillés d'incidents graves qui avaient tourné à la confusion puis à la tragédie. Selon son opinion, Pers'lya s'était montré imprudent en tentant de traverser la foule infiltrée par des adeptes d'une secte à la doctrine très orthodoxe axée sur la pureté et la vertu.
Des concepts abstraits qui autorisaient le Pius Dea de se livrer à de sombres extrémités, par le biais d'un prosélytisme actif.
Ri'ila Terka le sentait dans la Force. La peur gagnait du terrain, même si cela ne se voyait pas au premier abord. Le pas des gens était pressé car ils craignaient de s'attarder. Une brusque montée d'angoisse traversa l'avenue lorsqu'un groupe de cinq adeptes du Pius Dea arpentèrent dans leur longue toge couleur sang, le centre du boulevard. Armés d'un sentiment d'impunité, ils forcèrent les landspeeder à ralentir pour les contourner.
La twi lek remarqua qu'aucun conducteur ne protesta. L'incident devant le Sénat et la tentative d'assassinat du Chancelier bothan, encore en fonction pour un peu de temps, resterait gravé dans les mémoires pendant un moment. Nul doute que toute la Cité Galactique en avait eu vent. Le Pius Dea s'était dévoilé.
Les piétons décochaient des regards méfiants dans leur direction. Ri'ila nota cependant que beaucoup de citoyens les fixaient avec une fascination respectueuse. Visiblement les idées du Pius Dea bénéficiaient d'une caisse de résonance favorable grâce à leur discours plus politique que religieux, pour l'instant. Ses partisans semblaient une alternative acceptable à la corruption qui pourrissait les institutions de la République.
La Jedi se raidit instinctivement lorsqu'elle perçut leur haine concentrée dans les tréfonds de leur âme. La façon dont ils scrutaient la foule qui les entourait était pour ainsi dire effrayante, cela expliquait que les gens ne veuillent pas les approcher.
Les adeptes religieux guettaient tout ce qui pouvait constituer à leurs yeux, une hérésie de près ou de loin. Ils marchaient lentement, les mains croisées et enfouies dans les manches larges de leur unique vêtement.
Ils avaient à peine dépassé la twi lek qu'ils se mirent à scander d'une vois monocorde.
-Empruntez le chemin de la Vertu! La pureté vous allègera de vos péchés!
Ils disparurent, absorbés par la foule tandis que Bekan Kalad apparut dans son champ de vision, visiblement essoufflé.
Le jeune alsakani prit place face à elle, découvrant son capuchon et commanda à son tour une boisson fraîche après avoir salué son instructrice. Celle-ci sirota sa limonade avant de déclarer.
-L'important est d'arriver à point, Bekan. Pas de courir.
-Désolé de mon retard, s'excusa-t-il.
Elle jeta un coup d'oeil aux alentours.
-Tu n'es pas le seul à l'être, fit-elle remarquer.
-Les politiciens ne sont pas réputés pour leur ponctualité.
Terka toujours impavide, fixa son padawan avec un début de sévérité.
-C'est sans doute pour cela que tu n'as pas jugé bon de soigner ta ponctualité, Bekan?
-Je..
L'alsakani choisit de détourner le regard, gêné.
-Tu voulais dire quelque chose? Insista-t-elle avec un ton cette fois plus léger.
-Eh bien, je n'arrête pas de penser à ce qui s'est passé hier.
-Ta tentative de noyer le wampa était bien vue, apprenti. Pour le moment je n'ai pas encore décidé de t'affecter aux corvées de cuisine mais je le ferais sans doute à moins que tu n'avoues la raison de ton retard.
Elle adopta une pose plus détendue, jamais aussi ravie de taquiner le jeune humain. Ce dernier s'efforça de soutenir son regard perçant.
-J'ai aidé une autre apprentie.
Il crut bon d'ajouter:
-Une amie.
-Es-ce que c'est quelqu'un que je connais?
Bekan se mordit la lèvre, regrettant peut-être d'en avoir trop dit. Mais il était ferré.
-C'est l'apprentie de maître Wadu.
Sa curiosité piquée, Ri'ila s'appuya sur ses coudes. À l'affut de la moindre émotion que trahirait son élève.
-Ah tu veux parler de la lorrdienne? J'ai oublié son nom.
-Zeri, avoua Bekan.
L'alsakani se força à fixer un point lointain quelque part, derrière son mentor. Le regard intense de cette dernière devint peu à peu insoutenable.
-Bon qu'avez-vous fait, exactement?
-Je lui ai montré quelques techniques au maniement du sabre laser, déclara-t-il d'une voix posée.
-Et ensuite? Insista-t-elle avec une voix suave.
Le jeune homme tenta de maîtriser les tics nerveux qui agitaient ses doigts.
-Hum, nous sommes allés dans la bibliothèque. Pour étudier quelques manuscrits.
-Laisse-moi deviner. Elle t'a emmené dans un coin discret et vous en avez profité pour vous embrasser.
Cette fois Bekan laissa échapper un soupir d'aveu. Avant d'enfin croiser le regard de son maître et de laisser transparaître son courroux.
-Qu'es-ce.. vous avez lu dans mes pensées?
-Je n'en ai pas eu besoin, souligna-t-elle avec un sourire espiègle. Je suis allé au culot et j'ai étudié ta réaction. Ma foi, je n'ai pas été déçue.
-Je passe vraiment pour un bébé nexu, grogna-t-il.
La twi lek reprit son sérieux.
-Bekan, je ne veux pas t'interdire de ressentir le moindre sentiment pour qui que ce soit, bien au contraire. J'ignore comment ta relation avec Zeri va évoluer mais je vous souhaite tout le bien possible à vous deux, même si certains de nos camarades au sein de l'Ordre désapprouvent ce genre de comportement.
-Maître, vous êtes en train de me dire..
-Oui, je ne vois pas d'inconvénient à ce que tu développes une relation intime. À la condition que tu veilles à ne pas te laisser aveugler par l'attachement que tu lui portes, au moment où tu auras le plus besoin d'être en phase avec la Force. À condition que tu apprennes à maîtriser tes émotions pour servir au mieux la Force.
L'alsakani hocha la tête, digérant ce que son maître lui expliquait.
-Bon, je ne suis pas prêt d'être fait Chevalier.
-Bekan, regarde-moi.
Elle posa sa main sur son avant bras.
-Tu es prêt, affirma-t-elle avec conviction. Bien plus que tu ne le crois. Et je ne dis pas ça pour te faire plaisir.
Ému, le padawan balbutia.
-Je.. merci, maître.
Le serveur amena le verre qu'il avait commandé et il le saisit promptement, ragaillardi par les compliments de sa rigoureuse instructrice.
Des cris alertèrent subitement leur attention. Les deux Jedi tournèrent la tête en direction d'un couple de nautolan, qui se retrouva encerclé par les cinq adeptes du Pius Dea, aperçus par Ri'ila Terka quelques minutes auparavant. Ceux-ci étaient revenus sur leurs pas et avaient intercepté les deux aliens humanoides reconnaissables à leurs chevelure de tentacule crâniens. Leurs yeux sombres sans facettes cherchaient de l'aide mais les passants humains ou non demeuraient pétrifiés ou bien passaient leur chemin.
Une patrouille des Forces de Sécurité s'arrêta à dix mètres de la scène et Bekan vit alors le sous officier saisir un comlink.
Tandis que son homme fut projeté à terre à coups de martinets aux lanières électrifiées, sa compagne retenue par les bras de deux fanatiques se mit à hurler dans leur direction.
-S'il vous plait, aidez-nous!
Les agents attendirent que leur chef raccrocha son comlink. Au grand dam des Jedi, de la foule et surtout des deux victimes nautolan, la patrouille reprit sa ronde, dépassant les nautolan et leurs bourreaux comme si il ne s'agissait de rien.
Choqué puis indigné par cette impunité, Bekan repoussa sa chaise en arrière en posant la main sur la crosse de son sabre laser. Maître Terka fut bien plus réactive lorsqu'elle l'agrippa par le poignet pour le forcer à se rassoir alors qu'il était à moitié levé.
Déconcerté, l'alsakani croisa son regard.
-Maître, nous devons..
-Non, Bekan.
Les adeptes du Pius Dea n'avaient pas cessé leur besogne malgré l'irruption des forces de sécurité. Ils fouettèrent de plus belle le pauvre nautolan sur des cris scandés.
-Impur! Impur! Ton apparence est une insulte à la Déesse!
Bekan demanda à la twi lek qui le sentait prêt à bondir comme un fauve furieux, prêt à se jeter dans la mêlée:
-Pourquoi n'intervenons-nous pas?
-Ce sont les ordres du Haut Conseil, padawan.
Elle le relâcha après qu'elle fut certaine qu'il demeurerait tranquille.
-Nous sommes des Jedi, nous devons aider les citoyens! Insista-t-il.
Les lekkus de Ri'ila s'agitèrent brièvement au moment où elle invoqua la Force pour conférer à son élève une sérénité semblable à la sienne.
-Seulement si nous déclenchons une guerre que nous ne sommes pas prêts à mener.
-Je ne comprends pas.
Avec une infinie patience qui témoignait de son expérience, elle se pencha vers lui en arborant une expression soucieuse.
-Bekan, que crois-tu qu'il se passera si nous intervenons?
-Il y aura une bagarre, je suppose.
-Juste une bagarre?
Une étincelle de compréhension passa dans les yeux du jeune humain.
-Le Pius Dea nous considérera ouvertement comme ses ennemis.
-Tout à fait, enchaîna-t-elle. Pour certains d'entre eux, ils nous haïssent déjà rien que pour avoir sauvé Pers'lya hier.
-Mais nous sommes prêts à nous défendre.
-As-tu pensé aux enfants au Temple qui reçoivent les enseignements des maîtres et qui n'ont pas encore été choisis comme padawan? Que pense-tu qu'il leur arrivera si le Pius Dea nous déclare la guerre et qu'ils mettent le pied hors du Temple?
L'alsakani poussa un soupir de résignation.
-Cela ne me plait pas plus qu'à toi, Bekan, lui assura-t-elle. Mais nous devons nous fier à la sagesse du Haut Conseil.
-Je veux que vous sachiez que je continue de désapprouver. Mais je comprends les raisons du Haut Conseil.
La twi lek laissa transparaître un bref soulagement.
-Merci, Bekan.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me le dire sinon!

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 04 novembre 2018, 08:09

Salut,
bon passage au niveau du scénario :) , juste quelques petites réserves quant au style de la première dizaine de ligne.
avant que son regard ne dériva
il me semble que tu voulais employer le subjonctif imparfait et non le passé simple, auquel cas c'est plutôt "dérivât". Le subjonctif imparfait est super lourd à employer (ex: que nous dérivassions), je préfère souvent le remplacer par du subjonctif présent, même si ce n'est pas très correct ça passe mieux. La juste concordance des temps est souvent un casse-tête, j'en sais quelque chose :(
Ensuite j'ai l'impression que tu te contredis un peu. Tu dis que Ri'ila passe inaperçue, mais que sa tenue de jedi lui vaut tout de même "des coups d'oeil appuyés, trop curieux" Tu fournis ensuite l'explication en précisant que c'est grâce à l'emploi de la Force qu'elle parvient à distraire les gens; Cependant je pense qu'il manque un ou deux connecteurs logique pour faire passer ça de façon plus fluide et plus rationnel.
De même tu emploies de façon répété le pronom "elle" en peu de ligne. Ça fait saccadé. Tu aurait gagné à en enlever un je pense, ou le noyer dans une phrase plus longue(avec les virgules nécessaires ;) )

Pour revenir sur le scénario, il est très bien pensé. :)
tu introduit le thème des dilemmes moraux, ce qui est un piège parfait pour les jedi, car on les attend au détour. dilemme tant au niveau de la protection du peuple, que de celui très sensible de l'attachement personnel et du sentiment amoureux. On a vu ce que cela avait donné avec Anakin .
La relation maître/ padawan sonne juste, pas de soucis.

J'attend la suite, ça promet du bon :)
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 05 novembre 2018, 21:58

Ephasten a écrit :
04 novembre 2018, 08:09
avant que son regard ne dériva
il me semble que tu voulais employer le subjonctif imparfait et non le passé simple, auquel cas c'est plutôt "dérivât". Le subjonctif imparfait est super lourd à employer (ex: que nous dérivassions), je préfère souvent le remplacer par du subjonctif présent, même si ce n'est pas très correct ça passe mieux. La juste concordance des temps est souvent un casse-tête, j'en sais quelque chose :(
Ensuite j'ai l'impression que tu te contredis un peu. Tu dis que Ri'ila passe inaperçue, mais que sa tenue de jedi lui vaut tout de même "des coups d'oeil appuyés, trop curieux" Tu fournis ensuite l'explication en précisant que c'est grâce à l'emploi de la Force qu'elle parvient à distraire les gens; Cependant je pense qu'il manque un ou deux connecteurs logique pour faire passer ça de façon plus fluide et plus rationnel.
De même tu emploies de façon répété le pronom "elle" en peu de ligne. Ça fait saccadé. Tu aurait gagné à en enlever un je pense, ou le noyer dans une phrase plus longue(avec les virgules nécessaires ;) )
Ok, je vais étudier ça, merci pour le retour 8-) !

En attendant, voilà la suite!

Dans cet extrait, vous allez en découvrir plus sur le Pius Dea :sournois: !

Bonne lecture!

Les adeptes du Pius Dea s'écartèrent finalement de leur victime, qu'ils laissèrent être relevé par sa compagne. Celle-ci le soutenait par les épaules tandis qu'il palpait son visage meurtri par de multiples contusions.
-Retrouvez le chemin de la pureté! Clamèrent les fanatiques tout en s'éloignant.
Le couple nautolan qui ne fut pas soulagé par le moindre signe de miséricorde depuis la foule, s'éloigna à son tour.
L'alsakani ne put se retenir d'éprouver de la pitié et de la colère. Il reprit néanmoins possession de ses moyens tout en interrogeant son maître:
-Ils les ont agressés car ils étaient non humains. Pourquoi?
-C'est la base de leur croyance, expliqua la twi lek.
-Cela-a-t-il été toujours le cas?
Il écarta le verre, bien décidé à obtenir la réponse avant d'avaler quoique ce soit.
-À vrai dire, nous ne savons que peu de choses sur les origines du Pius Dea. Cette secte œuvrait déjà dans la clandestinité bien avant ta naissance, peut-être même avant la mienne. Coruscant est depuis l'établissement de la République, le phare de la galaxie. La plupart de ceux qui ont aidé à sa création étaient humains.
Bekan commençait à comprendre où son maître voulait en venir.
-Continuez.
-Pendant son expansion, la République a intégré de nombreux systèmes plus ou moins pacifiquement. De nombreuses espèces non humaines se sont installées dans l'espace républicain et ici même sur Coruscant.
-Ce que beaucoup d'humains n'ont pas forcément accepté, devina l'apprenti.
La twi lek inclina le menton en signe d'approbation.
-La coexistence n'a pas été évidente et cela le reste encore aujourd'hui.
Sur ces mots, elle parvint à lui faire comprendre à son intonation qu'elle-même n'avait pas été considérée comme la bienvenue dans ce monde capital pourtant cosmopolite depuis des millénaires.
-La République a traversé beaucoup d'épreuves, notre Ordre lui-même a été déchiré par le schisme de Xendor et des Légions de Lettow. Aujourd'hui, nous vivons de nouveau des heures difficiles, et pas seulement à cause des tensions avec Alsakan.
-La corruption, ajouta Bekan.
De nouveau, elle marqua discrètement son accord.
-C'est l'origine même de tous nos problèmes actuels, padawan. Et cela ne date pas d'hier. À ton avis, qu'arrive-t-il lorsque les peuples perdent foi en leur gouvernement?
-Ils se résignent ou ils réagissent.
-Exact. Certains agissent pour changer le cours des choses que ce soit pour des raisons morales ou autres. Il y a plusieurs décennies de cela, des membres idéalistes des Guildes Marchandes se sont réunis pour créer une société secrète. Une confrérie basée sur la croyance en une divinité incarnant la perfection et la pureté. Voilà pourquoi ses adeptes prêchent souvent que tous se doivent de suivre son exemple, en se purgeant de tout vice.
-Le Pius Dea.
-Cela partait au début d'une bonne intention, pour encourager les dirigeants de la République de se pencher de nouveau sur les préoccupations des citoyens. Malheureusement, l'enfer est souvent pavé de bonnes intentions.
-Vous voulez dire que le Pius Dea a sombré de plus en plus vers l'extrémisme?
-Ceux qui sont victimes d'injustices et sont dédaignés par les élites, sont le plus souvent séduits par des discours tranchés et sans ambiguïtés. Cela engendre des violences comme celles dont nous avons été témoins aujourd'hui et hier.
-Ils n'arriveront à rien en semant la peur.
-L'avenir de la République n'est pas clairement écrit, padawan. Nous en saurons certainement plus à l'élection du prochain Chancelier dans les jours qui suivent.
-Ce sénateur Contispex serait un sérieux candidat, vous pensez?
L'expression de la non humaine ne trahissait aucune émotion.
-Il existe d'autres candidats plus en vogue au Sénat. Le sénateur Mansur de Commenor, par exemple. Comparé à Contispex, il serait un moindre mal.
-Je perçois votre inquiétude.
-Tu es perspicace, padawan.
Elle lui décocha un sourire chaleureux maternel.
-Merci, maître.
-J'ai le pressentiment désagréable que Contispex ne restera inactif, il fera tout pour accéder au pouvoir.
Bekan blêmit lorsqu'il songea que la destitution de Pers'lya par le Sénat avait été suivie ensuite de cette tentative de meurtre sur sa personne.
-Attendez, vous pensez que Contispex aurait manigancé cette émeute d'hier?
-C'est ce que me dit mon instinct. C'est un homme dangereux, bien plus que ne le laisse présumer son apparence quelconque.
L'alsakani ne pouvait être qu'en accord avec la remarque de son professeur. La Force avait résonné au Sénat de cette peur qui avait saisi la majorité des membres du Congrès lorsque Contispex avait vilipendé le Chancelier.
-Je vous crois sur parole, que sait-on de lui?
-D'après les médias, son père faisait déjà partie des membres haut placés à la fois au sein des Guildes Marchandes de Coruscant et du Pius Dea. Après sa mort, Julius Contispex en a évidemment hérité. Concernant ses liens étroits avec le Pius Dea, ce n'est une surprise pour personne puisqu'il ne s'en est jamais caché.
-Au sein du Pius Dea, est-il très influent?
-Nous n'avons pas la moindre idée de l'ampleur de son influence. Ce que nous savons seulement est que certains adeptes du Pius Dea lui obéissent directement, alors qu'il n'est pas le chef de sa confrérie.
-Je suppose qu'il ne prône pas le pacifisme.
-Il a la réputation d'être, comment dire, très exigeant sur sa définition d'individu honnête et vertueux. Si exigeant au point qu'on peut estimer qu'il n'est guère tolérant avec tous ceux qui ne correspondent pas à cette définition à la virgule près.
-Très orthodoxe, donc.
-C'est un euphémisme. Selon son point de vue, seuls les humains incarnent l'honnêteté la plus parfaite qui existe.
-Pas un bon signe pour les autres espèces, grogna le jeune homme lorsque son regard s'attarda sur un groupe de rodiens qui passait à coté de lui.
-Il n'y a donc plus qu'à prier pour qu'il n'accède jamais au pouvoir.
Bekan accompagna le vœu de son maître en levant son verre à hauteur de son visage.
-Prions la Force que cela n'arrive pas, ponctua-t-il.
L'alsakani étudia les traits de la non humaine qui laissait errer ses magnifiques yeux verts émeraudes en direction de la foule. Elle donnait l'impression de guetter l'arrivée de quelqu'un. Il posa la question qui lui brûlait les lèvres.
-Quel politicien attendons-nous, maître?
-Devine, padawan.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Mais quel politicien pourrait avoir rendez vous avec nos deux Jedi en cette magnifique journée? Vous le verrez dans le prochain extrait!
à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par mat-vador » 13 novembre 2018, 20:46

Bonsoir, je vous publie la suite!

Dans cet extrait, nos deux Jedi ont donc rendez avec un politicien, un chancelier en sursis très revanchard :sournois: !

Bonne lecture!

Le jeune homme n'eut pas longtemps à attendre et à deviner. La matinée était bien avancée et l'avenue réchauffée par les caresses d'un soleil généreux ne désemplissait pas, malgré la scène choquante qui s'y était déroulée tout à l'heure.
Il avait terminé son verre et en commandait un autre lorsqu'une créature félinoïde massive revêtue d'un manteau fendit la foule pour se diriger vers leur table. Bekan posa instinctivement la main sur la garde de son sabre laser à la ceinture avant de se détendre lorsqu'il reconnut Pers'lya.
L'alsakani l'identifia avec certitude lorsqu'il surprit le bandage entourant son poignet, qui dépassait de la manche.
Le bothan s'installa entre eux deux et Bekan remarqua alors d'autres congénères discrètement habillés en civil mais dont les regards ne cessaient de scruter la foule, avec une suspicion qui frisait la paranoïa.
Des gardes du corps, provenant certainement du même clan d'origine que le Chancelier. Celui-ci serra la main des deux Jedi avec une crispation inhabituelle. Il n'était pas certainement pas prêt d'oublier la tentative de meurtre à son encontre, bien plus traumatisante que sa destitution par le Sénat.
-Vous avez pris des précautions, lui fit remarquer Ri'ila Terka.
Le bothan garda une mine fermée.
-À cause de ma destitution, je n'ai plus droit à la protection des gardes sénatoriaux. Et je tiens encore à la vie. Enfin du moins, un peu.
-Sur Bothawui, vous seriez à l'abri du Pius Dea, rappela Bekan.
-Je partirais pour mon monde natal quand je jugerais le moment venu.
Les deux Jedi perçurent l'inflexibilité de sa voix. Bekan crut déchiffrer de la perplexité dans le regard de son maître.
-Quoique que vous ayez décidé, Pers'lya, ce n'est pas une bonne idée.
La tristesse imprégna le ton du félinoïde lorsqu'il répondit à la non humaine.
-J'ai commis des erreurs, je n'ai pas servi la République aussi bien que j'aurais du le faire pendant mes deux mandats. Mais je veux me racheter avant qu'il ne soit trop tard.
Il se pencha plus en avant.
-Je veux sauver la République du monstre qu'elle a elle-même fait naître.
-Le Pius Dea vous a dans le collimateur. Vous avez déjà oublié ce qu'ils ont tenté de vous faire devant le Sénat, hier? S'écria l'alsakani.
-Bekan a raison. Si vous connaissez un moyen d'arrêter le Pius Dea, vous ne devriez pas vous impliquer personnellement, approuva-t-elle.
Le bothan repoussa les sollicitudes des serveurs tout en s'efforçant de conserver l'anonymat le plus strict possible. Il resserra son capuchon autour du crâne alors que ses congénères se rapprochèrent sensiblement sans cesser d'être aux aguets.
-Je ne peux plus reculer. Contispex et le Pius Dea ont juré ma perte et celle de tous ceux ou celles qui auraient le courage de s'opposer à eux. Que nous l'acceptions ou non, je suis déjà impliqué personnellement.
Les Jedi ne purent qu'afficher une mine sombre devant sa détermination.
-À cause de ma destitution votée par le Sénat, ma carrière politique est terminée. Les affaires de corruption dans lesquelles mon proche entourage est trempé a irrémédiablement écorné mon image publique. Plus aucun sénateur n'acceptera de soutenir ma candidature sans se voir lui aussi traîné dans la boue et la calomnie.
Un étrange sourire retroussa les lèvres du félinoïde, dévoilant ses crocs.
-Il ne me reste plus qu'une chose à faire.
-Laquelle? S'enquit le padawan.
-Entraîner Julius Contispex dans ma chute. Et tout le Pius Dea avec lui.
Le jeune homme croisa le regard de son maître dont les lekkus s'agitèrent sous le coup de l'incrédulité.
-Vous n'êtes pas sérieux, lâcha-t-elle.
-Je ne suis pas d'humeur à plaisanter malheureusement, répliqua-t-il un peu sèchement. Je suis certain qu'il a orchestré ma chute en réunissant les preuves contre tous ceux de ma famille qui avaient quelque chose à se reprocher. Des preuves véritables qui n'ont pas été fabriquées, bien entendu.
-Dans ce cas, je ne vois pas ce que vous pourriez faire contre lui, fit observer Bekan.
-Personne n'est intouchable. Si un Chancelier peut tomber, un sénateur le peut aussi.
-Comment comptez-vous y prendre? Interrogea la twi lek.
Le bothan tourna la tête dans toutes les directions pour s'assurer que personne ne l'épiait.
-Regardez bien ce qui se passe en ce moment. La République vit sa plus grave crise avec Alsakan depuis des siècles, je me retrouve discrédité à cause de ces accusations de corruption et de conflits d'intérêts et enfin le Sénat me destitue en convoquant de nouvelles élections. Coïncidence?
Les Jedi échangèrent un bref regard entendu.
-Vous insinuez qu'il existe un lien entre ces évènements, déclara Ri'ila Terka.
-Je n'insinue rien, je l'affirme. Tous ces évènements tournent autour de Contispex.
-Certains de vos ennemis prétendraient que vous êtes paranoïaque, fit l'alsakani.
-Jeune homme, vous apprendrez que la paranoïa est une qualité essentielle si on veut se précipiter dans l’arène politique et y survivre.
Le jeune humain n'apprécia pas le ton condescendant du bothan.
-Pour tout le bien que cela vous a fait, railla-t-il.
-Bekan, le rappela à l'ordre sa supérieure.
-Pardon, maître.
Pers'lya fixa la twi lek.
-Je vais rassembler des preuves et les utiliser à bon escient, avant que mon successeur ne soit désigné.
-Ca ne vous laisse pas beaucoup de temps, observa Bekan.
-C'est pourquoi j'aurais besoin de votre aide.
Bekan était tenté par l'idée mais le regard de son maître exprimait une conviction contraire et irrémédiable. Pers'lya soutint son regard et ses oreilles équines se couchèrent sous son capuchon, anticipant la déception prévisible.
-Je suis désolée mais les Jedi ne doivent pas prendre parti.
-Vous êtes pourtant au service de la République, vous avez prêté serment devant le Sénat.
-Nous avons juré de servir la Force et les citoyens de la République, pas d'intervenir dans un règlement de comptes personnel.
L'expression du félinoïde traduisait sa frustration.
-Vous pourriez sauver la République.
-Pas de cette manière, trancha Ri'ila.
-Je vous considérais comme une amie.
Elle posa doucement la main sur son poignet bandé.
-C'est toujours le cas. Suivez donc le conseil d'une amie. Vous venger du mal que vous a fait Contispex ne vous mènera à rien. Surtout que vous êtes encore au poste de Chancelier.
-Je veux seulement réparer les choses.
Le bothan poussa un soupir rauque et se leva de table. Il promena ses yeux de l'une à l'autre, les Jedi conservant le silence.
-Bonne journée, leur souhaita-t-il.
-Que la Force soit avec vous, lui accorda la twi lek.
Les utilisateurs de la Force l'étudièrent en train de fendre la foule, ses gardes du corps l'entourant de nouveau pour le préserver de la moindre atteinte à sa personne. Ri'ila patienta quelques secondes avant d'ordonner:
-Suis-le.
Bekan obtempéra sans discuter, sans omettre de plaquer son capuchon sur la tête. Ses traits juvéniles étaient marqués cette fois par une concentration crispée. Il passa devant son maître qui l'arrêta momentanément par le coude pour préciser ses instructions.
-Contente toi de le surveiller, ne prends pas de risques inutiles.
-Je ferais attention, maître.
Certaine de son sérieux, elle lui accorda une affection maternelle.
-Bien, padawan. Tu retourneras au Temple lorsque Pers'lya sera rentré chez lui.
Le jeune alsakani se fondit à son tour dans la masse des badauds, emboîtant discrètement le pas à Pers'lya et à son escorte.
Laissée seule, son mentor acheva son verre. Bekan était un padawan expérimenté et volontaire, il obéirait à ses ordres, même s'il n'était jamais à l'abri d'une erreur de jeunesse. Cette mission en apparence simple était une marque de confiance en ses capacités.
De ses missions précédentes, il avait tiré les enseignements de ses erreurs. De ses excès de confiance hasardeux.
Ri'ila Terka paya l'addition et quitta le modeste bar. Il était temps de rejoindre le Temple et de faire son rapport aux membres du Haut Conseil.

Bekan Kalad avait rattrapé en quelques foulées le groupe de bothans qui s'était resserré autour de leur prestigieux et controversé congénère. Les non humains de Bothawui conservaient la main posée sur le holster de leur blaster, prêts à en faire usage si les circonstances l'exigeaient. La foule se scinda d'elle-même à leur intention.
Pers'lya appela l'officier chargé de sa protection.
-Avec autant de discrétion, fit-il avec sévérité, le Pius Dea pourrait me tomber dessus.
-Bien excellence.
L'officier intima à ses hommes de se déployer. Les autres bothans s'exécutèrent sans broncher, se rendant plus invisibles dans la foule. Ils traversèrent ainsi plusieurs quartiers sans histoire, des rues fréquentées par des humains et des myriades d'espèces non humaines provenant des quatre coins de la République et même au-delà. Une telle diversité n'avait pas les faveurs de certains humains comme ceux qui avaient intégré le Pius Dea.
Sur leur chemin, des groupes d'adeptes en toge pourpre croisèrent leur chemin sans leur causer le moindre ennui. Même s'ils ne cessaient guère leurs activités prosélytes.
-Accèdez à la Pureté et la Déesse vous bénira! Répétaient-ils.
Inutile de rappeler que le public sensé préféra garder vis-à-vis d'eux une distance très raisonnable. Bekan les ignora, restant concentré sur le dos du Chancelier encore en exercice. Celui-ci continuait à s'enfoncer dans le dédale de rues rempli d'échoppes aussi bigarrées les une que les autres. Les commerçants hurlaient les mérites de leurs produits aux potentiels clients, un démarchage bruyant qui fortifiait l'ambiance locale.
La population de ce quartier là est composée principalement de non humains, comme les Herglic à l'apparence de cétacés, des Duros reconnaissables à leurs traits sans reliefs ou des twi lek natifs de Ryloth comme Maître Terka. Il existait une telle diversité d'espèce que l'alsakani crut que la galaxie avait été transposée en un seul endroit.
Ce n'était pas un hasard si Coruscant possédait un tel pouvoir d'attraction.
L'officier bothan courut tout à coup vers le Chancelier et se rangea à sa hauteur. Bekan usa de la Force pour accentuer ses sens et en particulier l'ouïe. À travers les cris et les interpellations en dialectes divers, il entendit Pers'lya marmonner:
-Pourquoi êtes-vous si agité, capitaine?
-Nous avons un souci, excellence.
Tout à coup et sans prévention, les bothans échangèrent rapidement dans leur langue natale à la place du basic, ce qui expliqua que l'alsakani n'en saisit un traître mot. Néanmoins, il perçut la surprise du Chancelier.
-Allons, reprit ce dernier en basic. Je ne crois pas qu'il représente un danger pour moi.
-Vous avez donné cependant l'ordre de ne pas être dérangé lors de votre rencontre avec cette adepte.
-Merci de le rappeler, capitaine, fit le dignitaire de nouveau dans son dialecte natal. Mais veillez à ne lui faire aucun mal.
-Je ferais le nécessaire, promit l'autre dans le même langage.
Bekan Kalad s'agita depuis qu'il avait entendu le mot adepte. Tout en se demandant ce que signifiait le il, mentionné par le bothan. Il ressentit un frisson désagréable courir le long de sa nuque pour descendre jusqu'au bas de sa colonne vertébrale.
Le padawan s'assura que son sabre laser demeurait accroché à la ceinture alors que le capitaine s'éloignait de nouveau de quelques mètres pour reprendre position derrière son congénère. Il ne perçut pas de menace le visant spécifiquement mais la Force l'avertissait tout de même que quelque chose était à l’œuvre.
Peu de temps après, ils quittèrent la frénésie de ce quartier marchand pour pénétrer dans un sanctuaire moins hospitalier. Bekan se demandait décidément ce qui pouvait amener le Chef d'Etat de la République dans un endroit pareil. Les rues devenaient plus étroites et moins entretenues, des êtres chétifs non humains – des enfants – étaient allongés sur le permabéton moisi tendant la main à l'aveugle vers ceux.
Bekan rasa les murs pour éviter de se heurter à un groupe peu avenant mené par un aqualish, une espèce réputée agressive. Concentré sur Pers'lya, il ne vit pas l'officier bothan l'arrêter en chemin et discuter vivement avec l'aqualish en lui tendant un sac de crédits.
Les trois autres gardes du corps bothans encerclèrent plus étroitement Pers'lya lorsque ce dernier se glissa dans un corridor à moitié sombre qui se terminait par un cul de sac au bout de trente mètres. Une silhouette féminine encapuchonnée patientait devant, le scrutant impassiblement. D'un geste impérieux de sa main griffue, Pers'lya ordonna à ses congénères de s'arrêter au milieu du chemin.
Bekan Kalad épia la scène depuis l'angle du mur où il se terrait tout en gardant l'usage de la Force pour ne rien perdre de ce qui allait se dire.
Il entendit la femme commencer:
-Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer, Pers'lya.
-Je me doute des risques que vous courrez en ayant accepté de travailler avec moi, Sœur Malen.
Sœur Malen, pensa Bekan. Mais que fait Pers'lya avec une adepte du Pius Dea?

Voilà, j'espère que cela vous a beaucoup plu! N'hésitez pas à me faire de vos remarques et/ou de vos questions!

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Re: Pius Dea: les chroniques des tyrans

Message par Ephasten » 14 novembre 2018, 08:18

Salut,
tu as écrit deux très bons passages. J'ai pris plaisir à les lire. Tu as l'air d'avoir construit une intrigue intéressante.
Juste deux petites remarques dans le dernier passage
Des gardes du corps, provenant certainement du même clan d'origine que le Chancelier.
Je pense que tu n'aurais peut-être pas dû aller à la ligne pour cette phrase car elle est rattachée à celle du dessus. En allant à la ligne on peut croire qu'il s'agit d'autres personnages non liés à ce qu'il s'est passé avant.
. De ses excès de confiance hasardeux.
Je trouve cette phrase incomplète, ou alors mal liée à ce qui précédait. Quoiqu'il en soit je l'ai mal comprise.

Voilà, sinon je trouve que ton style s'est amélioré. Bravo!
J'attends la suite :)
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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