Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 27 janvier 2019, 21:42

Bonsoir, voilà la suite de cette fan fic!

Dans cet extrait, un Chancelier bothan destitué découvre la nuit d'horreur perpétré par le Pius Dea! Et cela ne va pas le laisser sans réaction :sournois: ...

Bonne lecture!

Il se posta derrière le chef d'Etat encore en fonction qui s'était assis devant son ordinateur personnel. Il ne leur fallut que peu de temps pour se connecter sur la fréquence d'un holojournal modeste mais indépendant.
Sur l'écran, le visage d'une journaliste nautolan apparut, ses nombreux tentacules crâniens autour de sa tête d'amphibien. Par dessus son épaule, alors qu'elle se penchait sur son micro, les deux bothans distinguaient ce qui semblait être les prémices du chaos. Des citoyens anonymes sortant dans les rues, les gestes fébriles et les traits livides.
Les appendices crâniens de la journaliste paraissaient secoués d'une vive nervosité.
-Bonsoir, nous sommes en direct du quartier Zerek, commença-t-elle. Des habitants nous ont appelés pour nous avertir d'évènements graves qui viennent de se dérouler. Comme vous pouvez le constater avec moi...
L'holocam qui la filmait, se tourna vers une devaronnienne aux traits tirés et à la chevelure défaite, vêtue d'un peignoir. La journaliste entra de nouveau dans le champ de l'holoprojecteur, dans l'intention évidente de l'interroger.
-..., plusieurs personnes sont sorties de leur habitations. Madame, pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé?
La devaronnienne tenait par la main une petite fille de la même espèce qu'elle, qui se blottit contre sa mère, apeurée.
-Eh bien, ma fille est venue me réveiller car elle entendait des cris dans la rue. Je me suis levée pour regarder par la fenêtre et j'ai vu...
La devaronnienne fut secouée d'un haut le cœur, comme prise d'une envie de vomir. Avant de sangloter, serrant plus fort la main de sa fille.
-Qu'avez-vous vu? Insista la nautolan après un silence gêné.
-J'ai vu un homme... un humain traîné dans la rue puis poignardé à mort sans pouvoir se défendre.
-Sous les yeux de votre fille?
La mère de famille désemparée pleura de nouveau, sous l'effet du traumatisme. L'holocam pivota de nouveau vers une forme inerte recouverte d'un drap, cachant hâtivement le corps d'une victime au milieu de la chaussée.
-S'agissait-il de cet homme? Demanda la journaliste en la montrant de l'index.
La devaronnienne glissa un regard hésitant par dessus son épaule et acquiesça d'une inclinaison du menton.
-Le connaissiez-vous?
-Non, c'était plutôt quelqu'un de discret.
-Avez-vous reconnu le ou les assassins?
-C'étaient des humains au crâne rasé et en toge rouge.
-Madame, ce que vous êtes en train de nous dire, est sans aucun doute très important pour nos holospectateurs. Pouvez-vous nous certifier avec exactitude que ces humains étaient des croyants de la secte Pius Dea?
Les bothan surprirent un frémissement dans l'expression de la devaronnienne.
-Oui, je peux le certifier, finit-elle par répondre.
La nautolan s'écarta d'elle après l'avoir remercié puis fit face à l'holocaméra, toujours le micro aux lèvres.
-D'après cette témoin, le Pius Dea serait donc impliqué. Si les évènements sont aussi graves qu'on peut le craindre, l'absence des Forces de Sécurité ou de la moindre autorité peut laisser songeur. Nous allons tenter d'en savoir plus.
Sans hésiter, la non humaine contourna les deux devaronniennes pour aller à la rencontre d'un couple de chagriens.
-Bonsoir, leur fit-elle. Avez-vous assisté à la scène?
-Pas du tout, nous avons seulement découvert ce qui s'est passé et ma femme est allée chercher un drap pour recouvrir le corps, expliqua le non humain. J'en ai profité pour appeler les Forces de Sécurité.
-Ils ne sont pas arrivés encore, fit remarquer la journaliste.
-En fait, ils ne viendront pas, martela le chagrien avec amertume. En tout cas, pas avant l'aube. Ils nous ont demandé de nous barricader chez nous et d'attendre que ça passe.
-Ils sont censés nous protéger, c'est incompréhensible! S'écria sa femme, indignée.
La journaliste inclina le menton, l'expression assombrie. Elle se tourna vers l'holocaméra, cherchant de nouveau atteindre l'esprit et le cœur de ceux qui l'écoutaient à une heure aussi tardive. Les deux bothans échangèrent un regard empli de malaise.
Pers'lya se sentit encore plus abattu qu'il ne l'était.
Tout est de ma faute.
-Des gens sont tués en pleine rue et les Forces de Sécurité n'interviennent pas, déclara la nautolan d'un ton maîtrisé malgré la tragédie. Voilà qui en dit long sur l'état de notre société, de notre République. Les institutions continueront-elles à laisser ce genre de crimes se reproduire?
Le dignitaire bothan ne put soutenir longtemps le regard de la journaliste qui semblait le fusiller à bout portant à travers l'holocam.
Il préféra fixer l'arrière plan, la rue bondée de résidents qui semblaient indécis sur la conduite à tenir.
La nautolan reprit:
-Nous allons tenter de discuter avec des habitants humains du quartier.
Avec résolution, elle se dirigea vers un jeune homme qui se tenait en retrait, deux mètres derrière elle.
-Bonsoir, monsieur. Ici le Quotidien Galactique, pouvons-nous vous poser quelques questions sur les récents évènements?
L'homme eut tout à coup un mouvement de recul, la crainte se lisant dans ses yeux.
-Non! Cria-t-il. Je ne peux pas parler aux journalistes!
-Pourquoi? Insista la nautolan.
-Je ne veux pas d'ennuis!
À travers l'holocam, les bothans l'aperçurent en train de faire volte face, comme pour fuir la peste. Gre'lku marmonna à demi-voix.
-De quoi a-t-il peur?
-Des représailles tout simplement, lui répondit Pers'lya. Certains humains pensent qu'ils se feront attaquer si le Pius Dea les surprend en train de nous parler.
Les oreilles équines de Gre'lku couchèrent sur le coup de la perplexité.
-Et la liberté d'expression?
-Vous ne connaissez pas bien Coruscant, n'es-ce pas, capitaine? Répondit son congénère avec un sourire mince.
-Je n'ai pas eu le loisir de la visiter.
Ils concentrèrent de nouveau leur attention sur la journaliste qui continuait d'arpenter la rue en ébullition. L'holocam qui la suivait continuait de retransmettre des visages exprimant de l'attente, de la curiosité et … de la peur.
La peur d'un avenir incertain les tenaillait tous.
Tout à coup, un cri lointain capté par le micro se mit à enfler en quelques secondes.
-Ils reviennent! Ils reviennent!
La journaliste freina brusquement et l'holocam pivota avec frénésie, capturant une scène figée de citoyens surpris et immobiles. Un silence lourd succéda aux exclamations d'un humain âgé barbu qui traversa la foule en courant, tout en ne cessant de hurler: ils reviennent.
Ils reviennent.
Des cris de panique furent renvoyés en écho d'un bout à l'autre de la rue et les gens se bousculèrent, cherchant à s'échapper pour rentrer chez eux. L'holocam capta les images d'une ruche gagnée par une terreur digne d'un troupeau de Nerfs affolés par la présence pas encore visible de prédateurs impitoyables.
Derrière la nautolan, les bothan revirent pendant une fraction de seconde, la mère de famille devaronnienne portant sa fille sur ses épaules et battre en retraite précipitamment, comme tous les gens sensés et tenant à leur peau.
Bientôt la rue se vida en quelques instants, les portes et les fenêtres claquèrent lors de leur fermeture. Derrière la nautolan, quelqu'un lui lança:
-Ne restez pas là! Ils vous tueront s'ils vous trouvent!
L'holocam filmait maintenant une rue déserte et la nautolan reprit avec une fièvre passionnée:
-Chers holospectateurs, si vous nous rejoignez seulement maintenant, sachez que la rue que vous découvrez en cet instant, vient de se vider suite à une rumeur annonçant l'arrivée de fanatiques du Pius Dea.
L'holocam s'attarda suite aux instructions de la nautolan, sur le corps abandonné au milieu de la rue, dans un silence sépulcral seulement rompu par ses déclarations.
-Si cette rumeur se confirme, quelles seront les intentions de ces adeptes? Perpétuer de nouveaux crimes ou bien effacer les preuves? Je ne doute pas que nous serons fixés d'un moment à l'autre.
Les bothan n'eurent pas longtemps à attendre. La nautolan vérifiait que ses écouteurs demeuraient en place sur ses appendices auditifs alors que l'holocam visionna tout à coup un groupe d'humains chauves ayant revêtu un long vêtement ample couleur sang sombre. Leurs traits impassibles trahissaient une inhumanité effrayante.
La haine brillait dans leurs regards.
-Les voilà, fit à mi voix la nautolan qui s'était derrière un nano réverbère. Ils ne m'ont pas vue, je vais essayer de m'approcher. Ils sont quatre... non attendez, cinq.
Si elle sut faire preuve de discrétion, ce ne fut pas le cas de l'holocaméra. Son objectif braqué sur les croyants finit par alerter l'un d'eux qui tendit un index hostile. Le son de sa voix fut capté clairement:
-Là-bas! Une impure!
-Ferglutz! Jura la nautolan.
Elle passa précipitamment devant l'instrument qui filma l'approche des fanatiques, dont l'un d'eux exhiba tout à coup un blaster.
-Chers holospectateurs, nous devons rendre l'antenne immédiatement! La diffusion de notre média reprendra le plus vite possible lorsque la situation se sera hum calmée.
L'holocam trembla lorsqu'elle l'attrapa, alors que des détonations claquèrent, brisant le silence de la nuit.
Un écran noir emplissait maintenant le champ de vision des bothans pétrifiés.
-C'est donc ce qu'est devenue la République, Excellence? Demanda Gre'lku.
-Cela en prend le chemin, capitaine. Visiblement, les rues ne sont pas sûres comme vous le craigniez mais nous devons tout de même agir.
-Si le Pius Dea se répand dans les quartiers de la Cité Galactique, je ne pourrais pas assurer votre sécurité même en réquisitionnant tous les hommes.
-Je sais, capitaine.
Le Chancelier encore en exercice repoussa son siège et se remit à faire les cent pas. Il évita soigneusement le regard vide du buste de son oncle qui le dominait de son piédestal. Il sentait ce regard peser comme s'il était encore de ce monde.
Finalement Pers'lya leva la tête vers le buste.
Ne te jette pas dans la gueule du rancor de façon inconsidérée. Assure-toi que les risques s'avèreront utiles et proportionnés aux objectifs que tu t'es fixé.
Il revint alors vers le capitaine, en attente de ses instructions.
-Nous partirons au parc Zohen aux premières lueurs de l'aube.
Gre'lku marqua un soulagement discret.
-Bien, Excellence. Mais ce serait mieux encore si vous faisiez appel aux Jedi.
-Les Jedi ne feront rien, les Forces de Sécurité pas davantage. Personne d'autre ne s'élèvera contre le Pius Dea.
Les traits de Pers'lya étaient empreints d'une profonde amertume.
-Nous sommes seuls, capitaine Grel'ku.
Pers'lya fixa de nouveau le buste de son oncle défunt. Il était temps d'agir.
Je suis le seul qui puisse arrêter Contispex avant qu'il ne soit trop tard.


[… Je me souviens de cette nuit où je fus réveillé par une perturbation de la Force. Cette nuit, nous avons été nombreux à le sentir. Alors que j'arrive au crépuscule de ma vie, j'ai pris conscience de ce qui avait pu se passer.
Je me souviens cette nuit, d'avoir bondi de mon lit et de errer dans les couloirs du Temple de Coruscant, au milieu de d'autres condisciples dont mon amie Zeri. J'ai croisé son regard et celui de beaucoup d'autres, perdu au milieu des murmures et des questions que cet événement insolite avait soulevées.
J'ai lu l'incertitude dans leurs yeux, et dans ceux de mon maître Ri'ila Terka. Nous avons entendu résonner dans les flux de la Force, des cris. Des hurlements de gens précipités en enfer en une fraction de seconde, en un battement de cils imperceptible.
Ce fut tellement soudain que la Force elle-même perdit de sa substance. Certains d'entre nous parmi les plus réceptifs à son énergie, eurent des visions de ce qui s'était véritablement passé. Je fus de ceux-là.
La Force m'a montré des visages flous tordus par la terreur et l'agonie de victimes s'écroulant sur elles-mêmes. Tendant les bras vers moi comme pour tenter de s'accrocher désespérément à la vie. J'ai aperçu d'autres visages aux traits grimaçant de haine, dépourvus de compassion, de bourreaux les frappant à mort avec des armes blanches.
Quelque part dans Coruscant, il s'était produit un événement terrible. À ma grande honte, je reconnais que le Haut Conseil ne prit pas au sérieux mes visions, au contraire de maître Terka qui avait pris le risque de défier ses pairs. Elle m'avait cependant prié de ne pas faire davantage de vagues car mon adoubement devait avoir bientôt lieu.
Je lui ai obéi.
La seule décision que prit le Haut Conseil fut d'envoyer des groupes de Jedi expérimentés patrouiller aux alentours du Temple, dans les quartiers avoisinants. Des faits troublants furent alors rapportés, comme ces quelques cadavres retrouvés dans les rues. Des témoins qui refusèrent de s'exprimer pour la plupart, hormis quelques téméraires qui mentionnèrent l'implication du Pius Dea.
Les Forces de Sécurité brillèrent par leur absence, nul doute qu'un homme redoutable à l'influence tentaculaire les avait muselés. Le pouvoir central plongé dans la confusion suite à la destitution de Pers'lya et malmené par les pressions des alsakanis, se fit remarquer par sa discrétion. La plupart des médias ne mentionnèrent même pas ces évènements. Aucune enquête ne fut lancée.
Le silence était le maître de la République à cet instant. Jusqu'à ce qu'un autre maître, bien plus redoutable encore, n'émerge.
La Force nous avait envoyé un signe, mais nous n'avons pas su l'interpréter. Ou plutôt, nous n'avons pas voulu l'interpréter.
Combien d'innocents ont payé le prix de notre égarement, combien d'autres le paieront?...
]

Extrait de l'holocron de Bekan Kalad, Maître Jedi et membre du Haut Conseil




Voilà, j'espère que cet extrait vous a plu et en particulier la confession d'un chevalier Jedi qui raconte sa vie dans un holocron!

Une course contre la montre va donc s'engager entre Pers'lya et Contispex!

à la prochaine pour la suite de cette première partie !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 10 février 2019, 20:20

Bonsoir, c'est l'heure de publier la suite de la première partie :sournois: !

Dans cet extrait, nous retrouvons un bothan que vous adorez!

Bonne lecture!

Le lendemain, au Parc Zohen, non loin du siège du Sénat

-Excellence, nous devons sécuriser la zone.
Pers'lya rabattit son capuchon sur son crâne, croisant le regard de Grel'ku, tandis que d'autres gardes bothans commençaient à se déployer autour de l'enceinte pour installer un périmètre de sécurité. Le dignitaire déchu et son second se tenaient devant l'entrée du parc Zohen, plongé dans un silence étonnant.
Certes, depuis l'émergence du Pius Dea, les badauds se faisaient rares mais tout de même... le non humain était intrigué. Pas d'âme qui vive.
Bon au moins, ils ne seraient pas dérangés.
Gre'lku brandissait un scanner et et ses yeux de félinoide méfiant fixaient l'allée déserte encadrée par des haies parfaitement entretenues.
-Le signal provient de l'intérieur du parc, souligna-t-il.
-Alors, allons-y.
Gre'lku aboya des instructions et aussitôt une trentaine de congénères armés de blasters et de vibro épées bien en évidence se répartirent en deux files indiennes. Leur commandant et Pers'lya s'intercalèrent et tout ce beau monde pénétra dans le sanctuaire du Pius Dea.
Gre'lku tourna la tête dans toutes les directions, tentant de repérer l'ombre d'une menace derrière le moindre tronc d'arbre, la moindre fougère. Le silence n'était troublé que par quelques cris d'oiseaux innocents.
L'absence de menace résonnait pourtant comme une menace potentielle et bientôt la nervosité gagna lentement les rangs des non humains. Plusieurs d'entre eux brandirent et activèrent des scanners thermiques portatifs, mais cela ne suffit pas à rétablir une certaine sérénité.
Les premiers d'entre eux avaient atteint une arche lorsqu'un cri parvint jusqu'aux oreilles équines de Pers'lya:
-Là, regardez!
Un nouvel ordre de Gre'lku fut lançé et bientôt les protecteurs de Pers'lya manœuvrèrent pour former trois lignes curvilignes autour du dignitaire venu rejoindre son congénère qui avait arrêté l'escorte.
Ce dernier montrait de l'index un sillon sombre qui défigurait le chemin. Gre'lku se pencha et en effleura la surface. Il sentit un contact poisseux.
-Qu'es que c'est? S'enquit Pers'lya.
-Du sang séché, répondit l'autre.
Le capitaine bothan étudia l'épaisseur du sillon et la direction dans laquelle il disparaissait. Sa trace se perdait visiblement au milieu de la végétation sur leur droite.
-Quelqu'un a été tué ici même, votre excellence.
-Et son corps a été traîné à l'abri des regards, déduisit Pers'lya.
Le dignitaire empoigna la poignée de son blaster sous son épais manteau à capuchon.
-Souhaitez-vous envoyer des hommes suivre cet indice, Excellence? Cela nous permettrait d'en savoir plus sur ce qui s'est passé.
-Non, capitaine. Nous ne sommes pas là pour enquêter, évitons de nous disperser sur un territoire qui appartient au Pius Dea.
Le capitaine opina du chef, ravi de partager le même avis. En terrain hostile, il était judicieux de ne pas diviser ses forces. D'un geste de la main, il ordonna de continuer. Le reste du chemin se déroula sans incident majeur, mais personne ne pouvait se départir de ce sentiment de malaise qui les maintenait tous sur le qui vive.
Pers'lya se demanda s'il ne pouvait pas interrompre les recherches et demander l'envoi de renforts depuis son clan de Bothawui. Mais il se persuada qu'il ne pouvait pas renoncer maintenant, il devait aller jusqu'au bout. Il n'aurait pas d'autre occasion.
Il devait retrouver Soeur Malen, du moins ce qu'elle avait pu lui léguer. Il n'espérait pas la trouver vivante, Contispex était un homme impitoyable.
Vous l'avez sous estimé, Malen. Comment avez-vous pu commettre une telle erreur? Vous auriez du vous douter qu'une simple excommunication n'aurait pas suffi à le faire renoncer.
Ils parvinrent devant l'entrée d'une caverne et plusieurs gardes allumèrent des bâtons lumineux pour explorer les parois d'un tunnel qui semblait s'enfoncer sous terre. Ils ne progressèrent pas plus loin cependant, répugnant instinctivement à s'aventurer davantage. Pers'lya ne leur en tenait pas rigueur.
Il se rappela des dernières paroles de Malen.
La vérité cachée dans l'antre du démon doit être révélée.
Elle avait donc dissimulée des preuves compromettantes, en tentant de s'enfuir. Peut-être même juste avant de mourir. Dans ce cas, elle n'avait pas eu beaucoup de temps. Il était raisonnable de penser que ses preuves étaient cachées non loin d'elle. Enfin de son cadavre...
Il se tourna vers Gre'lku.
-L'origine du signal?
-À l'Est de notre position actuelle, cinq cent mètres standard.
Pers'lya regarda l'écran et sentit la tension croître en lui. Il ne pouvait s'éterniser plus que nécessaire mais il devait tout faire pour empêcher Contispex d’accéder au pouvoir suprême. Le Parc Zohen devait être ratissé le plus rapidement et le plus efficacement possible.
Il n'avait plus vraiment le choix, il lui fallait prendre des risques.
Je dois sauver ce qui reste de la République, de la démocratie.
-Capitaine, des équipes doivent explorer ces souterrains.
Le pelage facial de Gre'lku se hérissa sous le coup d'une appréhension croissante. Mais il ne protesta pas.
-Bien, Excellence.
Bientôt il ne tarda pas à désigner une quinzaine de congénères pour cette tâche. Les autres resteraient affectés à la protection du Chef d'Etat déchu et au quadrillage des environs de la zone à fouiller à l'Est du parc. Gre'lku rappela certaines consignes qu'il jugeait essentielles.
-Gardez votre comlink ouvert et faites un rapport de situation toutes les cinq minutes. En cas de problème, repliez-vous et regroupez-vous autour de son Excellence. Inutile d'essuyer des pertes dans un combat que nous ne pourrons peut-être gagner.
Il laissa ensuite les quinze non humains disparaître dans les passages souterrains, la main posée sur la crosse de leur blaster.
Puis Pers'lya et ses compagnons se dirigèrent vers l'origine du signal. Une angoisse s'insinua peu à peu dans leurs tripes alors qu'ils progressaient lentement vers leur objectif. Aucun bothan n'osa respirer fort, de peur d'éveiller un prédateur tapi quelque part.
Même absent, le Pius Dea inspirait la crainte. Une preuve flagrante du pouvoir et de l'influence qu'ls avaient acquis et consolidé. Leur aura maléfique, celle de Contispex, imprégnait la moindre feuille, la moindre branche.
Le moindre talus, le moindre brin d'herbe semblait leur hurler qu'ils n'étaient pas les bienvenus, qu'ils n'étaient que de vils profanateurs.
Un bip fit sursauter tout le monde. Certains gardes bothans dégainèrent même leur blaster hors de leur holster, un symbole de la nervosité ambiante qui régnait dans le groupe. Gre'lku fit mine de ne s'apercevoir de rien avant de porter à ses lèvres le comlink responsable du bruit.
-J'écoute.
-Capitaine, nous avons passé les souterrains au peigne fin. Rien à signaler à part des...
L'officier insista devant l'hésitation de son congénère.
-Vous disiez?
-Des traces de lutte, monsieur et beaucoup de sang.
-Continuez les fouilles, retournez chaque pierre s'il le faut.
-Bien, capitaine.
Pers'lya croisa son regard puis se pencha sur l'écran de Gre'lku qui lui affirma:
-Nous sommes à moins de cent mètres de l'objectif.
Il se tourna et appela ses subalternes à proximité.
-Déployez-vous par trinômes, intervalle de sécurité quinze mètres. Gardez vos comlink ouverts et faites un rapport toutes les cinq minutes. Tirez à vue sur tout ce qui vous paraît suspect, pas de sommations.
Les bothan s'étirèrent latéralement, les blasters et vibrolames prêtes à l'emploi. Leurs traits de félinoïdes trahissaient à la fois de la crainte mais aussi de la résolution. Dans les derniers mètres, ils abordèrent un terrain plus délicat. La végétation s'épaissit rapidement, les branches épineuses s'abaissèrent à leur niveau, griffant leur combinaison et leur pelage facial. Les mouvements de Pers'lya se trouvèrent gênés, son large manteau accroché tous les centimètres.
L'origine du signal émis par la balise de Malen se trouvait à la limite du parc. Et ils trouvèrent enfin son corps. Pers'lya, au mépris des règles de prudence, se précipita pour s'enquérir de son état. En pure perte.
Il n'était pas un spécialiste de l'anatomie humaine, mais il savait reconnaître un cadavre quand il en voyait un. Elle était étendue sur le dos, les yeux écarquillés, fixant les cieux illuminés par le soleil levant. Sa toge blanche était tachée de sang, une immense flaque sombre ayant coagulé à ses pieds. Ses iris vitreux n'exprimaient plus rien et ses traits lisses marquaient une résignation. Une coupure béante déformait sa gorge, sans doute causée par un coup fatal de vibrolame. Pers'lya ramassa la balise tombée dans l'herbe et la montra à son second.
Gre'lku secoua seulement la tête pour lui confirmer que le signal avait bien été émis de cet appareil.
-Que devons-nous chercher, Excellence?
Le dignitaire rangea la balise de Malen sous son manteau alors que les autres gardes bothan s'étaient regroupés autour de lui, attendant ses instructions.
-C'est ici qu'elle est morte. Ce qu'elle a du laissé à notre intention ne doit pas être loin.
Des bothans sortirent de nouveau des scanners pour détecter des sources de chaleur émis par des objets mécaniques.
Certains se séparèrent pour suivre les traces de sang laissées dans le sillage de Malen. Les autres longèrent le mur d'enceinte, fouillant chaque brin d'herbe, chaque buisson, chaque souche. Retournant chaque pierre.
S'éloignant graduellement du cadavre, tout en ne trouvant rien. Cela agaça Pers'lya qui était persuadé que cela ne pouvait pas être si compliqué. Malen n'avait pas eu le temps de chercher une cachette durable, elle agonisait lorsqu'elle était parvenue jusqu'à l'enceinte.
Il se souvint de la dernière partie de son testament.
La vérité cachée dans l'antre du démon, doit être révélée.
Il étudia la distance qui séparait le mur du corps de Malen. À peine trente centimètres.
La vérité cachée dans l'antre du démon, doit être révélée.
Pris d'une inspiration subite, il promena subitement son regard sur les minuscules interstices entre les briques qui avaient subi la lente érosion du temps. Il identifia les plus proches de Malen et introduisit ses doigts à l'intérieur de celles-ci.
Au bout de quelques secondes, il sentit un objet en plastacier à travers l'humidité qui collait ses phalanges qu'il retira prestement.
Avec un rictus de triomphe, il exhiba devant ses yeux, la datapuce de Malen.
Ceci serait peut-être la clé pour le salut de la République. Il appela Gre'lku et celui-ci le rejoignit quelques instants après, scrutant la datapuce.
-C'est ce que vous cherchiez?
-Oui, répondit Pers'lya. Inutile de s'attarder plus longtemps que nécessaire.
-Je rappelle tous nos hommes.
Gre'lku saisit son comlink et aboya à ses subalternes d'abandonner les fouilles et de se regrouper sous l'arche. Le soulagement se lisait dans son regard mais il demeurait tendu, s'attendant toujours à un imprévu désagréable.
Pers'lya ne lâchait pas la crosse de son blaster jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'arche. Eux et les autres bothans attendirent sous son ombre, le retour de leurs camarades partis explorer les souterrains. Ceux-ci réapparurent, sans qu'aucun ne manque à l'appel.
Un sergent résuma à Gre'lku tout ce qu'ils avaient pu y dénicher. Tous devinèrent que quelque chose de terrible s'y était produit mais aucun cadavre, sans parler de celui de Malen, n'était là pour l'attester. Comme si les responsables avaient tenté d'effacer les traces de leurs crimes.
Gre'lku donna finalement le signal du départ et le dignitaire respira plus librement, sa tension évaporée lorsqu'ils rallièrent leurs congénères à l'entrée du parc.
-Rien à signaler? S'enquit le capitaine.
Un bothan se contenta de lui montrer alors de l'index, un individu encapuchonné qui les observait à une vingtaine de mètres d'eux. Pers'lya frissonna lorsqu'il dévisagea le masque mortuaire intimidant qui recouvrait sa figure.
Le doute ne fut plus permis lorsqu'il reconnut sur son torse le cercle doré entourant un poignard oblique, peignant sa tunique sombre.
-Excellence? Finit par demander son second lorsqu'il suivit son regard.
-Un Assassin Malkite, souffla le non humain d'une voix enrouée.
-Contispex l'a envoyé.
Le politicien reprit son sang froid, bien qu'il demeurait choqué par cette apparition de mauvais augure.
-Ce ne peut être que le hasard, Contispex ne pouvait pas savoir que nous allions venir, fit-il remarquer.
-Nous pouvons toujours le lui demander.
Des bothans dégainèrent leur blaster et Gre'lku donna l'ordre de régler leurs armes sur le mode paralysant. Mais avant même qu'ils puissent faire un pas dans sa direction, l'Assassin disparut tout à coup derrière l'angle du mur, s'éclipsant dans la ruelle.
-Par les étoiles! Jura l'officier bothan. Rattrapez-le, vite!
Les gardes s’élancèrent vers leur cible pour l'appréhender. Pers'lya espérait qu'ils réussiraient sans dommage pour eux, même s'il craignait la réputation qui entourait le mystère opaque de cette confrérie redoutée dont Contispex se serait attaché les services. La moitié de sa garde rapprochée demeura avec lui tandis que Gre'lku gardait son comlink allumé dans l'attente des rapports.
Bientôt, il entendit:
-Nous l'avons perdu, capitaine. Il a réussi à nous semer.
-Tant pis, revenez.
Il fallut quelques minutes pour que tout le monde se regroupe à nouveau. Pers'lya entendit ses congénères grommeler sur l'échec de la poursuite.
-Contispex saura que nous sommes venus, regretta Gre'lku.
Le dignitaire déchu tourna une dernière fois son regard vers l'allée qui s'enfonçait au cœur du parc Zohen. Là où s'était produit un carnage dans le sanctuaire même du Pius Dea. Là où reposait désormais Sœur Malen.
Elle et lui avaient eu tellement peu en commun, mais les circonstances les avaient réunies pour unir leurs forces contre le pire fléau qu'ait engendré la République. Les volatiles gazouillèrent en chœur, baignés par le soleil qui les éclairait de sa chaleur.
Une paix illusoire en ces temps sombres.
-Il doit le savoir déjà, capitaine, soupira-t-il finalement. Mais ça n'a pas d'importance, nous avons ce qu'il nous faut.
Votre sacrifice ne sera pas oublié, Malen.
-Rentrons.

Voilà, j'espère que cela vous a plu!

Pers'lya a donc trouvé des preuves laissées par Malen! Comment va réagir notre cher Contispex?

Vous le saurez plus tard!

à la prochaine pour la suite :hello:

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 19 février 2019, 23:51

Bonsoir, allez il est temps de vous publier la suite!

Et ca tombe bien à propos de Bekan car vous allez le revoir :sournois: !



Temple Jedi, Coruscant, quatre jours après la purge du Pius Dea

Bekan Kalad ignorait combien de temps il était resté assis en tailleur dans l'une des salles de méditation qui lui avait été affecté alors que le moment de son adoubement approchait. Il s'était tellement immergé dans les flux de la Force qu'il en avait égaré la notion du temps.
Le jeune alsakani reprit lentement conscience de l'environnement qui l'entourait, soucieux de conserver la sérénité dont il aurait besoin face à l'ensemble du Haut Conseil. Autant essayer de bloquer la rotation de Coruscant autour de son soleil.
Une menace guettait une République défaillante et il ne parvenait pas à se débarrasser de cette sensation oppressante qui lui tenait les boyaux. Il demeurait perturbé par ces visions qui avaient traversé ses rêves.
Les cris de gens qui mourraient, leur présence disparaissant dans leur force, leur peur et leur surprise mêlées aux flux de la Force, engloutis à jamais. Cela l'avait réveillé en pleine nuit, tout comme la majorité de ses condisciples et des maîtres, dont Ri'ila Terka. Il avait perçu leur angoisse de l'incertitude.
Lui et quelques uns savaient plus précisément ce qui s'était produit. Des adeptes du Pius Dea avaient assassiné des innocents, sans qu'il ne soit certain de l'ampleur et du lieu exact, encore moins de l'identité des victimes. Il avait insisté auprès de la Jedi twi lek pour être reçu au Haut Conseil et leur raconter sa vision.
Ils l'avaient écouté sans manifester de réaction visible et il comprit qu'ils ne le prenaient pas au sérieux. Devant ce qu'il considérait comme une négligence, Bekan avait protesté mais maître Terka présente à ses cotés l'avait calmé, en lui rappelant ses priorités.
Se préparer à sa nouvelle vie de Chevalier.
Une chose après l'autre, il devait se consacrer pleinement à ses devoirs présents de padawan et bientôt à de nouvelles responsabilités plus pesantes encore. Il laissa la Force le traverser sans effort et il perçut la présence familière de son maître.
Il croisa le regard de la twi lek qui détenait à la main le sabre laser de son padawan, détaché de sa batterie.
-Bekan, c'est l'heure. Les Maîtres t'attendent dans le Hall de la Chevalerie.
Il inspira un grand coup puis se mit debout.
Sur cette partie de la Cité Galactique, l'après midi était bien avancé et le jeune homme n'avait rien avalé de toute la journée. Un jeune qu'il s'était lui-même imposé, comme pour se purifier l'esprit et le corps.
La sensation de nausée mit quelques instants à passer.
-Je suis prêt, affirma-t-il.
Ils sortirent tous deux de la salle de méditation et empruntèrent le grand corridor qui menait au hall principal. De là, ils s’enfoncèrent dans le couloir qui menait dans le hall de la Chevalerie. Ils ralentirent devant les grandes portes de duracier qui barraient l'entrée.
-Ne sois pas si tendu, le rassura son instructrice.
-Je ne le suis pas, contra l'alsakani.
-Tu transpires.
Il soupira avant de reconnaître:
-C'est le moment le plus important de ma vie.
-Tu as déjà accompli le plus difficile, déclara-t-elle.
-J'espère seulement que les Maîtres ne vont pas me tenir rigueur de mon dernier emportement.
-Bekan, déclara Ri'ila avec patience, celle-ci comprenant qu'il faisait allusion à la dernière séance houleuse du Haut Conseil, durant lequel il s'était montré vindicatif. Les Maîtres t'ont déjà jugé sur l'ensemble de ton parcours et de tes actes et ils ne reviendront pas sur leur décision, à moins d'un cas de force majeure.
Elle lui sourit et cela lui permit de se détendre.
-Laisse la Force couler en toi et respire profondément.
Il suivit ses conseils et la sérénité apaisa les battements de son coeur. Peu après, la twi lek agita les doigts, invoquant la Force.
Dans un claquement, les portes s'écartèrent l'une de l'autre. Bekan hésita quelques instants avant de franchir le seuil. Le Hall de la Chevalerie était plongé dans une totale obscurité mais il pouvait percevoir des présences irradiant dans la Force.
Il se retint de sursauter lorsqu'une dizaine de sabres lasers prirent vie, dans un chœur de bourdonnements bas crépitants. Leur halo éclaira la silhouette de leurs détenteurs encapuchonnés, immobiles comme des statues.
Ils se tenaient en demi-cercle et un Maître rompit les rangs pour s'approcher du jeune alsakani encore indécis. Qui se souvint tout de même qu'il devait manifester sa déférence. Il se laissa tomber sur les genoux tout en gardant le dos raide, regardant droit devant lui.
-Padawan Bekan Kalad, lança la voix rauque d'un houk, celle de Maître Treski. La Force est l'énergie de la vie, qui relie toute chose et tout être doué de conscience. La Force parle à travers nous, nos actes et nos pensées.
Derrière l'alsakani, la twi lek se tenait immobile goûtant les paroles du non humain.
-Aujourd'hui, au nom de la Force, nous célébrons cet instant où nous t'estimons digne d’accéder à un statut te conférant de bien plus grandes responsabilités. Tu as passé avec succès les Épreuves permettant d’accéder au grade de Chevalier.
Alors Bekan put apaiser la tension qui l'habitait.
-Tu as démontré toutes les qualités d'un véritable Jedi. Le courage face à un danger mortel, la sérénité, le respect envers les créations de la Force et envers tes pairs et aussi la patience. Même si sur ce dernier point, il te reste encore du chemin à faire.
Les derniers mots avaient été prononcés avec légèreté et Bekan devina le sourire de sa propre instructrice. Malgré son tempérament fougueux, les maîtres lui témoignaient de la bienveillance. Il inclina la tête avec humilité avant de croiser le regard du houk.
-Par la décision du Haut Conseil, par la Volonté de la Force, nous te nommons Chevalier de la République.
La lame ardente couleur verte émeraude s'abaissa vers la clavicule de Bekan qui tressaillit à peine lorsque la lame ardente réchauffa son épiderme. D'un mouvement vif, précis et gracieux, le houk releva son arme vers le haut.
Tranchant au passage la tresse de padawan du jeune homme. Celui-ci la vit tomber, sans manifester son soulagement.
-Tu es entré ici en tant que padawan, maintenant relèves-toi en tant que Chevalier Jedi. Que la Force soit avec toi, Bekan Kalad.
Il comprit qu'il était autorisé à se relever. Sa voix prendrait plus de poids désormais devant un membre du Haut Conseil. Entre autres changements. Il accomplit une révérence devant le houk qui le salua en retour avec son arme.
Maître Treski reprit de sa voix rocailleuse:
-Jedi Terka, veuillez approcher.
La twi lek se rangea à hauteur de son ancien élève.
-Maître Yulko nous a annoncé vouloir prendre sa retraite et se retirer au sanctuaire d'Ossus. Un siège au Haut Conseil est donc à pourvoir. Mes pairs et moi souhaitions que vous le preniez, Maître Terka.
Le titre conféré à son instructrice n'avait pas échappé à l'alsakani. Il perçut la surprise de la non humaine.
-Maître Treski? Fit-elle avec étonnement.
-La réussite de votre apprenti est aussi la vôtre, Ri'ila. Vous n'avez pas à en rougir.
-Alors j'accepte cette charge avec humilité et je prie que la Force me guide dans les jugements auxquels je participerai.
-Bienvenue au Haut Conseil, Maître Terka.
Le houk recula et rejoignit ses collègues, le sabre laser toujours activé. La twi lek se plaça devant son ancien élève. Leurs regards se croisèrent et aucun ne prononça la moindre parole pendant des instants aussi longs que l'éternité.
-La Force nous a permis de nous trouver l'un et l'autre sur Alsakan. J'ai senti ton potentiel et tu as choisi de m'accompagner jusqu'au Temple de Coruscant, malgré l'amour qu tu portais à ta famille et à tes amis, déclara-t-elle. Notre rencontre n'est pas le fruit du hasard, c'est la Force qui nous a permis de nous choisir l'un l'autre.
Elle lui tendit le sabre laser qu'elle avait gardé pour lui rendre. Un symbole de la reconnaissance qu'elle lui portait.
-Ce fut tout naturellement que je te pris comme padawan. Tu as accompli les Épreuves et cette arme que tu as forgé de tes propres mains en est la preuve, Bekan. Fais bon usage de cette lame au service de la paix et de la justice.
Le jeune alsakani récupéra alors son sabre laser, rebrancha le fil qui pendait de la crosse à la batterie harnachée à ses hanches avant de l'accrocher à la ceinture.
-N'oublies pas ceci, Bekan, insista-t-elle alors. Je suis ton professeure, ce que tu es reflète ce que je suis. Tes erreurs deviendront mes erreurs. Je te prie d'honorer ce que je t'ai enseigné.
-Je le ferai, maître.
Son regard ne cilla pas lorsqu'il ajouta avec une nette émotion.
-Que la Force me vienne en aide si je faillis à ce serment.
Elle hocha la tête et tous les sabres lasers s'éteignirent à l'unisson, plongeant de nouveau la salle dans l'obscurité. Les maîtres quittèrent le hall, un à un, suivis par Bekan et Ri'ila. La twi lek et son ancien protégé demeurèrent devant le seuil.
Le jeune homme surmonta peu à peu la joie qui l'avait submergé.
-Bon, c'était moins terrible que ce que je pensais.
Elle lui accorda un sourire.
-Espérons que la mission que le Haut Conseil t'a confiée le sera encore moins.
L'expression de Bekan recouvrit son sérieux.
-Maître Wadu s'est entretenu avec le Quartier Général de la Flotte, il y a trois heures, expliqua-t-elle. Alsakan a intensifié les mouvements de ses troupes ces deux derniers jours.
-Ils préparent quelque chose?
-Oui, mais les services de renseignements ne savent quoi penser de ces manœuvres le long de la Route Commerciale Perlemienne. Ils ne sont pas certains qu'une attaque sera lancée contre plusieurs de nos secteurs.
-À moins qu'il ne s'agisse que d'une diversion pour cacher une attaque plus importante. Ce ne serait pas un hasard alors que les élections pour élire le nouveau Chancelier auront lieu prochainement.
-Ta mission sera précisément de t'en assurer. De t'assurer que les alsakani ne font que bluffer ou s'ils ont l'intention de faire aboutir leurs revendications de façon moins diplomatique.
La nervosité du tout nouveau Chevalier devint palpable.
-J'espère que mes origines...
-Cela ne posera pas de problèmes, lui assura la non humaine. L'amirale Ekia Helder qui commande la Flotte du Noyau dans le système même de Coruscant, a la réputation d'être flexible. Nous lui avons garanti ta loyauté.
-Je suis prêt à partir sur le champ, maître Terka. Mais avant, j'aimerais vous offrir ceci.
Il tendit vers elle sa paume ouverte, contenant sa tresse de padawan. Il tenait à honorer une vieille coutume comme tout bon Chevalier Jedi. À sa surprise, la twi lek refusa avec un sourire radieux.
-Je te propose de l'offrir à la personne qui t'est le plus cher.
-Maître Terka, vous êtes sûre de...
-Oui, je suis sûre. Parce que c'est ce que tu veux au fonds de toi.
Il ressentit alors une présence familière et il vit par dessus son épaule une jeune apprentie lorrdienne qu'il connaissait très bien.
-Merci, maître.
Elle lui accorda une accolade avant de saluer Zeri.
-Bien, mes nouveaux devoirs m'appellent. Padawan Zeri, nous parlerons tout à l'heure.
La jeune femme s'inclina avec respect et attendit le départ de la twi lek pour sauter au cou de Bekan, pris au dépourvu.
-Alors, ça y est, c'est fait! S'écria-t-elle. Je suis si heureuse pour toi.
-Euh, merci.
Zeri étudia les traits crispés de son ami.
-Eh, ça va?
-Tu l'as sans doute entendu, je dois partir rejoindre la Flotte de l'amirale Helder le plus vite possible.
-Tu es inquiet à l'idée d'affronter tes compatriotes?
Il secoua la tête de dénégation alors qu'ils se tenaient toujours dans les bras l'un de l'autre.
-Ce n'est pas vraiment ça. J'ai seulement le pressentiment que les alsakani ne sont pas la menace principale malgré la pression qu'ils exercent.
-Tu veux parler de tes visions?
-Quelque chose se prépare contre la République et j'ai peur de deviner quoi.
Elle ne répondit pas mais son regard anxieux parlait pour elle.
-Je vais peut-être avoir une mission sur Coruscant, je penserai à toi.
-C'est moi qui penserai le plus à toi, tu seras sans doute plus en danger que moi, affirma-t-il. C'est pourquoi je veux te laisser un porte bonheur. Avant la cérémonie, maître Terka m'a dit que tes Épreuves auront lieu le jour des élections même.
Il lui montra sa tresse de padawan et elle accepta l'offrande. Ses yeux brillaient d'une étincelle de malice lorsqu'elle se pencha vers lui.
-Moi aussi, j'ai un porte bonheur à t'offrir.
Elle l'embrassa tendrement sur les lèvres avant de s'écarter.
-Que la Force soit avec toi, et ne t'écrase pas sur une comète.
-Ah, très drôle, grinça-t-il.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Visiblement, d'après la nouvelle mission de Bekan, il semblerait que le Pius Dea ne soit pas le seul péril que la République devra affronter :sournois: !

à moins que les asalkani/ Pius Dea ne soient les deux faces d'une même pièce :sournois: !

Vous le saurez plus tard!

à la prochaine pour la suite :hello: !

Je vous promets que l'on reverra Bekan Kalad en action :sournois: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 26 février 2019, 20:31

Allez zou, c'est l'heure de publier la suite! Dans cet extrait, une rencontre décisive entre deux politiciens ennemis est en train de se préparer :sournois: !

Le lendemain

Julius Contispex repassa une énième fois devant la baie de transparacier, profitant à peine des rayons de soleil qui inondaient son bureau. Il ne savoura même pas la vue splendide qui lui permettait de dominer la Cité Galactique qui s'étalait sous ses pieds. À cet instant, le doute le tourmentait.
Il était le maître incontesté du Pius Dea, débarrassé de ses frères ennemis qui rechignaient à le suivre aveuglément. Une épine demeurait néanmoins plantée dans son pied, un individu qu'il ne pensait pas qu'il pourrait constituer un obstacle sérieux.
Pers'lya.
Linza avait raison sur un point. Lorsqu'un bothan goutait au pouvoir, il n'y renonçait pas facilement. Un des Assassins Malkites avait surpris son adversaire politique et ses gardes du corps en train de roder dans le parc Zohen, certainement à la recherche de Sœur Malen qui avait du envoyer un appel au secours avant de succomber.
Depuis, le Chancelier en disgrâce s'était enfermé dans sa forteresse inexpugnable dans un des quartiers huppés de la capitale. Le sénateur coruscanti ambitieux avait projeté un temps d'ordonner un assaut massif.
Mais il ne pouvait pas réaliser ce projet impunément. D'abord, cela lui couterait beaucoup d'adeptes, les bothans vendraient chèrement leur peau, Pers'lya le premier. Ensuite les Assassins Malkites avaient signalé la présence d'un Jedi qui épiait les faits et gestes des bothans. Contispex ne pouvait pas risquer de se mettre les Jedi à dos.
Linza entra dans son bureau et ses traits lui montraient qu'elle partageait les mêmes inquiétudes que lui.
-Alors? Lui fit-il en se retournant vers elle.
-J'ai ramené Ethan à l'école.
-Je ne parlais pas de ça.
Elle se permit un sourire décontracté.
-Je sais.
Elle se rangea aux cotés de son époux pour laisser son regard se perdre au loin à travers le transparacier.
-J'ai fouillé le parc et le cadavre de Malen, je n'ai rien trouvé de compromettant, commença-t-elle.
-Pourtant Pers'lya n'y est pas allé pour le simple plaisir de se promener, insista-t-il.
-Il n'a peut-être pas trouvé ce qu'il cherchait.
Il croisa son regard.
-J'ai le sentiment que si. Et ça m'inquiète.
-Admettons, accepta-t-elle. Qu'attend-t-il pour sortir de son terrier?
Julius se détacha de la baie et passa la main sur son visage, pour contenir ce doute qui le tenaillait.
-Il attend le bon moment pour se manifester.
-Les élections au Sénat se rapprochent, lui rappela-t-elle.
-Nous commençons à manquer de temps. Pour éliminer Pers'lya, il faudrait...
Une sonnerie impromptue retentit dans la pièce, et ils échangèrent un regard perplexe. Le bruit provenait du pupitre de travail même du sénateur qui s'installa à sa place et pressa un bouton discret.
-Contispex, j'écoute.
-Bonjour, Julius, fit la voix chatoyante d'un bothan.
-Pers'lya, comment avez-vous obtenu cette fréquence?
-Un cadeau de Sœur Malen.
Julius ne cacha pas tout le mépris qu'il ressentait.
-Ne prononcez plus jamais le nom de cette traîtresse devant moi.
-Serait-ce une insulte à votre honneur? Ironisa le non humain. Étonnant que vous en ayez, qui l'eut cru?
-Vous n'êtes plus rien, Pers'lya. Et vous n'avez plus rien.
-Grâce à vos savantes manœuvres, Julius, je ne le sais que trop bien.
La froideur avait empreint le ton du bothan.
-Et je n'aurais aucun scrupule à vous infliger la même chose.
-Pourquoi avons-nous cette conversation? Que voulez-vous?
Le sénateur surprit le regard de sa femme apparemment impavide mais qui trépignait d'une irritation croissante.
-Discuter, répondit Pers'lya.
-C'est ce que nous sommes en train de faire.
-Je préfèrerais continuer cette conversation en tête à tête dans un endroit discret où nous ne serons dérangés par personne. Le Parc Zohen, un endroit qui vous est familier.
-J'admire votre audace, Pers'lya. Je vous ai sous estimé.
-Nous faisons tous des erreurs. Je suis prêt à vous offrir une porte de sortie honorable, sans scandale.
-Quelle générosité.
-Acceptez-vous de me rencontrer? Insista le bothan.
-Très bien. Quand?
-Dans deux heures standard, j'ai quelques affaires à régler d'abord. Pers'lya, terminé.
Le silence revint lorsque la transmission fut interrompue. Un silence qui ne dura qu'une poignée de secondes le temps que Contispex concentre sa colère en une bombe qui ne tarda pas à exploser. Il frappa du poing sur la table avant de repousser sa chaise en arrière.
-Cet escroc de bothan, cet impur infâme s'imagine qu'il peut me faire danser comme une marionnette! Qu'il peut me voler mon rêve d'une galaxie où Ethan peut grandir heureux! Je vais le détruire!
-Oui, tu vas le tuer.
Linza avait conservé son calme mais la haine brûlait aussi dans son regard. Elle étreignit le coude de son mari.
-Deux heures, c'est plus qu'il nous n'en faut. Nous pouvons réunir bien plus de forces que lui, il a commis une erreur.
-Il a échappé au châtiment de la Déesse une fois, reconnut Julius. Je vais rassembler autant d'Assassins Malkites que possible.
-Cela coutera cher.
-Ce n'est pas un problème. C'est un avantage d'être le trésorier des Guildes Marchandes.
Elle acquiesça, satisfaite.
-Je vais réunir tous nos fidèles, proposa-t-elle. Nous allons en finir avec cet impur.

Pers'lya se rejeta en arrière dans son siège, passant la main sur son pelage facial. Il accrocha le regard de Gre'lku qui ne cacha pas sa perplexité.
-Vous êtes certain de vouloir faire ça? Demanda le chef de la sécurité.
-Combien d'hommes avons-nous pu réunir?
L'autre soupira.
-Environ cent soixante.
-J'espère que ce sera suffisant.
Gre'lku hocha la tête.
-Je le souhaite aussi, votre excellence.
-J'ai besoin de parler à ma nièce sur Bothawui, déclara-t-il. Pouvez-vous m'établir une connexion sécurisée le plus vite possible?
Le capitaine bothan s'inclina.
-Je m'en occupe, votre excellence.
Laissé seul dans son bureau, le dignitaire fixa alors le buste de son défunt oncle, s'interrogeant sur les motivations de cette rencontre avec un ennemi juré. Il se demandait s'il n'allait pas tomber dans un piège.
Il avait dirigé la République durant deux mandats, sur Coruscant même. Il s'était senti chez lui, loin, si loin de sa planète natale, de son clan, de sa famille proche. Mais il avait fermé les yeux sur bon nombre de problèmes.
Il n'avait pas deviné l'hostilité qui se dégageait de la foule lors de ses sorties publiques, la célébrations d'évènements, l'inauguration de nouveaux bâtiments. Il avait joué au politicien, sans daigner prendre du recul.
Lorsque ces fanatiques du Pius Dea avaient tenté d'attenter à sa vie, il avait compris que Coruscant ne pouvait plus être son foyer alors qu'il avait sacrifié ses propres principes pour conquérir le pouvoir. Il n'était plus le bienvenu, il récoltait ce qu'il avait semé.
-Connexion établie et sécurisée, votre excellence.
-Merci, capitaine.
Pers'lya se pencha sur l'hologramme d'une jeune bothan de son clan qui venait de se matérialiser devant son visage.
-Mon oncle?
-Bonjour, Naite. Navré de te déranger à une heure aussi inhabituelle, mais cela ne pouvait pas attendre.
-Il s'est encore passé quelque chose de grave?
Le dignitaire déduisait aisément qu'à cause de la lenteur du réseau interplanétaire si peu performant, elle ne devait pas être au fait des derniers évènements tragiques. Même si elle avait bien entendu parler de sa destitution et de la tentative d'assassinat dont il avait été victime.
-Peut-être bien, éluda-t-il.
-As-tu besoin d'aide?
-J'ai tout ce qu'il me faut. Si je t'appelle, c'est pour seulement m'assurer que tu seras prête à prendre la relève s'il m'arrivait quelque chose.
L'expression de sa nièce Naite'fya demeura impavide mais ses oreilles équines se couchèrent sous le coup de l'incrédulité.
-Mon oncle?
-Tu prendras en main les affaires de notre clan, si ça se passe mal.
Elle s'apprêtait à protester mais la détermination de son aîné la retint.
-Très bien, mon oncle. Je te le promets.
-Merci Naite. Porte-toi bien.
Pers'lya respira beaucoup mieux lorsqu'il mit fin à la connexion. Il lui restait encore à organiser d'autres affaires avant la rencontre fatidique. Il appela son secrétaire et lui ordonna seulement ceci:
-Si je ne suis pas revenu avant la fin de la journée, allez au statioport le plus proche et quittez Coruscant.
-Excellence?
-Faites-le si vous tenez à la vie, Soth. Dans le pire des cas, votre sécurité ne sera pas garantie dans cet endroit.
Le duro qui s'était dévoué tant d'années à son service, ne laissait rien paraître de ses émotions sur son visage sans relief. Le bothan était assez perplexe pour deviner qu'il était bouleversé.
-Monsieur, je voulais dire...
-Je sais, Soth. Ce fut un plaisir partagé. Prenez ceci avec vous, fit-il en lui tendant une datapuce, une copie de ce que contenait celle de Malen. Vous saurez quoi en faire le moment venu.
Ils se serrèrent la main avec émotion et le Chancelier déchu fixa son aide qui s'en allait en traînant le pas, la tête baissée. Pers'lya observa de nouveau le buste de son oncle, pour trouver la force de continuer.
Je n'ai pas eu le temps de te dire adieu.
Je sais, mon neveu.
Peut-être que c'est le bon moment, alors.
Peut-être, oui.

Gre'lku entra de nouveau dans son bureau, l'air grave.
-Nous sommes prêts à y aller quand vous le souhaitez.
Le dignitaire tira alors un tiroir vers lui et agrippa la crosse de son blaster qui y était rangé. Il se vêtit de son manteau ample à capuchon et considéra une dernière fois la datapuce qu'il emmènerait avec lui.
-Ne faisons pas attendre le diable, capitaine. Il frappera bien assez tôt à notre porte.
-Il nous reste tout de même un problème à résoudre, excellence.
-Lequel?
-La Jedi qui surveille nos entrées et nos sorties.
Pers'lya grogna entre ses dents.
-Vous pensez pouvoir la neutraliser?
-En nous y mettant à plusieurs, oui.
-Alors, faites-le. Sans la blesser ni la tuer, nous avons déjà fort à faire avec un seul ennemi. Nous n'avons pas besoin de nous mettre à dos l'Ordre Jedi.
-Je comprends, je vais faire le nécessaire.
-Merci capitaine.

La padawan Zeri Baltwo commençait à trouver le temps long, elle découvrait seulement que l'espionnage était décidément une activité très frustrante. Calée contre le mur qui faisait face à la résidence de Pers'lya, elle résistait à la tentation de laisser divaguer son esprit vers le trafic qui encombrait l'avenue.
Le quartier regroupait une partie de la haute société coruscantie et elle attirait évidemment l'attention avec sa tenue de Jedi. En tout cas, au début. Le capuchon rabattu sur sa tête permettant de l'identifier avec peine, assurait maintenant sa discrétion.
Telle que les sentinelles bothan l'ignoraient complètement à cet instant. Elle percevait tout de même leur nervosité et ce n'était pas de son fait. Elle remarqua qu'ils scrutaient surtout les humains, qui les contournaient comme la plupart des non humains d'ailleurs.
Craignaient-ils une attaque ou un attentat du Pius Dea?
La jeune lorrdienne comprenait pourquoi le Haut Conseil lui avait assigné cette mission par le biais de maître Terka. Peut-être qu'il s'agissait bien plus que d'une simple mission de surveillance.
Ses perceptions lui permirent de détecter l'irruption d'un officier de sécurité bothan, qui s'avança droit sur elle d'un pas résolu.
Instinctivement, la padawan de maître Wadu posa la main sur la crosse de son sabre laser, la Force lui murmurant un vague danger peu précis.
-Madame, je suis le capitaine Gre'lku. Son Excellence souhaite s'entretenir avec vous.
-À quel sujet?
-Il vous le dira lui-même. Suivez-moi, je vous prie.
Elle lui emboîta le pas, sur ses gardes. Elle ne percevait pas de malveillance particulière mais elle doutait de la sincérité de son hôte. Les bothans étaient réputés dans toute la galaxie comme d'habiles politiciens à la roublardise légendaire.
Elle les pensait suffisamment intelligents cependant pour ne pas tenter de lui nuire. Son guide et elle traversèrent un vestibule puis arrivèrent dans un hall luxueux où s'affairaient d'autres bothans en train de vérifier leurs armes.
Une expédition était en préparation. Elle ne détectait plus du tout cette sensation de danger imminent. Elle se détendit légèrement, étudiant un peu les murs aux ornements somptueux, les bacs de fleurs élégantes et les fontaines qui occupaient les quatre coins de la pièce.
-Son Excellence souhaite que vous l'attendiez ici.
Quelque chose sonnait faux dans ses mots même si elle ne sentait aucune menace contre elle. Mais le raidissement des autres bothans ne lui échappa pas.
-Très bien, j'espère que Son Excellence ne tardera pas, répondit la padawan.
Tout à coup, des claquements secs de crans de sûreté que l'on ôtait la firent sursauter et la forcèrent à faire volte face, sabre laser allumé. La dizaine de bothans l'entourait, blasters braqués droit sur elle.
-Je suppose que le Chancelier n'a pas l'intention de me recevoir, glissa-t-elle vers Gre'lku.
-Baissez votre arme, nous ne vous voulons aucun mal.
-Ça me paraît difficile à croire.
Elle sentait cette fois sa sincérité alors qu'elle lui tournait le dos. Voilà pourquoi elle ne se méfia pas de lui alors qu'il avait exhibé en silence son arme de poing. Le rayon paralysant la frappa en plein milieu de la moelle épinière.
Elle tenta vainement de résister à l'absence de réponse de son système nerveux, alors qu'elle s'écroulait d'une pièce. Gre'lku guetta le corps inerte de la padawan avant que Pers'lya ne le rejoignit. Le regard de celui-ci s'attarda empli de regrets sur la jeune femme inconsciente.
-Souhaitez-vous que nous la gardions ici? Demanda le capitaine.
-Non, désignez quelqu'un pour la ramener au Temple. Avec un message pour Maître Ri'ila Terka.
-Lequel?
-Toutes mes excuses. Elle comprendra.
Gre'lku scruta la tenue de son employeur, qui camouflait une armure de duracier sous ses longs vêtements élégants ainsi qu'une vibrolame accrochée à sa ceinture en compagnie de son blaster. Deux de leurs congénères saisirent doucement la Jedi évanouie par les aisselles pour la traîner à l'écart.
-Allons y maintenant. Si la providence est avec nous, nous devancerons Contispex... pour une fois, lâcha Pers'lya.
Espérons que cela me confèrera un avantage décisif.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à pas me dire ce que vous en pensez!

Comment cela va-t-il se passer?

Vous le saurez plus tard!

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 05 mars 2019, 20:47

Bonsoir à tous!

Contispex et Pers'lya sont maintenant face à face :diable: !

Lorsqu'ils parvinrent au Parc Zohen, rien ne trahissait la présence d'un quelconque adepte du Pius Dea ou d'un séide travaillant pour le sénateur coruscanti. Tout semblait paisible, aussi paisible que lors de leur dernière visite, alors que la mort avait marqué son passage d'un sceau indélébile.
Des dizaines de bothan étaient rassemblées devant l'entrée et Gre'lku leur ordonna sèchement de se déployer dans l'allée principale, pour ne pas attirer l'attention plus que nécessaire. Le capitaine exhiba un hologramme détaillant la configuration des lieux sous les yeux de Pers'lya.
-Nous posterons des gardes à l'entrée du parc, pour qu'ils nous préviennent de la moindre intrusion. Puis d'autres seront alignés en trois rangs dans l'allée principale. Les derniers garderont l'entrée du sanctuaire, des cavernes juste ici sous l'arche.
De son index, Gre'lku montra successivement les positions occupées. Le dignitaire masqua un certain scepticisme.
-Ce dispositif suffira-t-il?
-J'aurais pu me procurer des armes lourdes comme des canons blasters, mais cela aurait trop attiré l'attention des autorités et des Jedi. Mais je peux avancer que cette démonstration de force dissuadera Contispex d'entreprendre quoi que ce soit de fâcheux.
Pers'lya inclina le menton d'approbation, l'esprit toujours travaillé par l'angoisse. Julius Contispex avait prouvé qu'il pouvait renverser n'importe quelle situation en sa faveur et que cela ne le dérangeait guère de semer quelques morts dans son sillage.
Il espérait l'avoir pris au dépourvu pour l'empêcher de lui nuire. Mais pouvait-on museler un démon?
Il le saurait assez vite.
Il traversa les rangs de ses congénères et désigna trois volontaires pour l'accompagner dans les souterrains. Il laissa l'un d'entre eux le précéder avec un bâton lumineux et ils parvinrent alors dans le Hall de l'Illumination. Les trois gardes bothans posèrent leurs doigts griffus sur leur holster, dévisageant le sol et les murs avec une suspicion accrue. Des frissons désagréables secouèrent Pers'lya lorsqu'il remarqua les tâches sombres qui souillaient le sol et les murs.
Après un silence lourd, l'un des gardes se tourna vers lui.
-Excellence, nous devrions retourner à l'air libre...
-Non. Continuons.
Le dignitaire reprit ses esprits et leur ordonna d'emprunter un passage qui conduisait droit à la salle du Conseil des Sages. Là aussi, des sillons sinistres parsemaient les dalles.
-Cet endroit conviendra, décida-t-il.
Les gardes du corps échangèrent des regards désarçonnés, mal à l'aise dans un endroit qui suintait le carnage frais.
Nous finissons par reposer tous dans un lieu sombre, seul. Les plus méritants d'entre nous ont peut-être une chance d'accéder dans une prairie illuminée. Nous connaissons la paix lorsque nous estimons que nous avons accompli tout ce qu'on a pu pour ce qui compte le plus pour nous, lui avait dit son oncle dans ses derniers instants.
Quelqu'un posa un siège déplié pour lui.
-Votre Excellence.
-Merci.
Il s'assit pour attendre son invité. Allait-il finir dans un lieu sombre, loin de ce qu'il aimait? Il avait invité le démon dans l'antre des démons, là où le démon avait perpétré ses crimes contre d'autres démons.
Il était temps de révéler au démon lui-même, sa véritable nature qui se terrait sous ses airs de bon père de famille. Si le démon refusait d'entendre raison, il clamerait la vérité à la face de la République toute entière, de la galaxie. Ou alors il le tuerait.
Soeur Malen l'avait dit.
La vérité cachée dans l'antre du démon doit être révélée.
Pers'lya eut le sentiment que c'était la chose à faire. Pour la première fois, il éprouva la fierté de se battre pour une cause juste.
Pour la première fois, il se sentait en paix.
-Rallumez les torches, nous aurons besoin d'un peu de lumière, ordonna-t-il.

Au bras de son épouse Linza, Julius Contispex arriva à son tour au parc Zohen, accompagné d'une vingtaine d'adeptes. Ils furent arrêtés par les dix gardes bothan, dont l'un d'eux prévint le capitaine Gre'lku par comlink.
Celui-ci autorisa leur passage, hormis leurs partisans.
Les Contispex s'engagèrent dans l'allée principale, maîtrisant leur répulsion instinctive envers les gardes bothan qui patrouillaient.
-Il y a beaucoup de vermines, glissa Linza à l'oreille de son mari.
-Nous purifierons cet endroit de ces impurs.
-Nous sommes tous prêts.
Un officier les arrêta sous l'arche.
-Son Excellence vous attend, veuillez me suivre, leur fit Gre'lku.
-Je pense qu'il aurait du nous accueillir lui-même, au lieu de rester terré comme un rat womp, grinça le sénateur.
Le non humain grogna, peu impressionné par sa verve.
-Son Excellence pourra vous l'expliquer en personne.
Le couple ne montra aucune réaction lorsqu'ils s’enfoncèrent sous terre, traversant le Hall de l'Illumination pour rejoindre le Chancelier encore en poste. Celui-ci remercia le capitaine qui retourna auprès de ses hommes à la surface.
Les Contispex observèrent les quatre bothan présents dans la salle du Conseil des Sages. Pers'lya les défiait assis du regard et désignait deux sièges dépliés face à lui. Les trois congénères se déployèrent autour de leur employeur et chef de clan.
-C'est aimable à vous, Pers'lya.
-Il n'y a aucune raison de ne pas se montrer civilisé l'un envers l'autre, sénateur. Et je vous remercie d'avance de ne pas oublier que jusqu'à la tenue des nouvelles élections qui se tiendront dans deux jours, je reste le Chancelier Suprême de la République.
-Cessons ce petit jeu, nous ne sommes ni au Sénat ni devant les holocams.
-Comme vous voudrez, Julius.
Pers'lya exhiba de sous sa manche la datapuce qu'il avait récupéré sur le corps de Malen. Cela n'échappa pas au nouveau chef du Pius Dea.
-Même morte, cette traîtresse a continué de vous servir.
-Malen était une personne très dévouée et loyale, reconnut le bothan. Elle m'a offert un cadeau inestimable.
-Dites-moi ce que vous voulez, Pers'lya.
À l'insu des bothans, il effleura le collier attaché à son poignet, sous la manche de sa tunique. Sa femme se leva ensuite et s'éloigna de quelques pas, prétextant vouloir prendre de l'air. Aucun des bothan ne fit attention à elle, y compris lorsqu'elle se plaça dans leur dos.
-Pas si vite, je pense qu'il est important que vous sachiez quelles sont les preuves que Malen a rassemblées contre vous.
-Pas si important, si je récupère ces preuves. Après que nous ayons trouvé un accord, bien entendu.
Contispex ne semblait pas en colère. Comme s'il se moquait que son ennemi détienne des preuves ou comme s'il l'avait prévu. Le doute étreignait plus fermement Pers'lya mais il ne pouvait plus reculer.
-Laissez-moi ce plaisir. Une juste revanche pour avoir savouré ma destitution en public, ponctua le bothan d'un sourire qui découvrit ses crocs.
-Très bien, si vous y tenez tant.
Le démon cachait bien son jeu. La nervosité gagnait du terrain sur la sérénité de Pers'lya.
-Revenons à des évènements plus récents. Je voudrais d'abord vous féliciter de votre promotion à la tête de votre confrérie, malgré vos méthodes radicales. Je me demande néanmoins si c'était nécessaire d'aller répandre la terreur jusque dans les rues.
Le sénateur demeura silencieux.
-Ensuite la crise avec Alsakan. Grâce à votre position de trésorier des Guildes Marchandes, vous avez acheté des politiciens et des militaires haut placés pour les encourager à exercer des pressions sur la République. Comme provoquer le blocus de la Route Commerciale Perlemienne, par exemple. Dans le but de me mettre en difficulté et d'éclairer au Sénat mes supposées faiblesses de dirigeant. Je ne parlerais pas évidemment de ces accusations de corruption que vous avez savamment relayées et colportées sur mon compte.
Le bothan ne cacha pas son hostilité envers son interlocuteur qui demeurait d'un calme surprenant.
-Maintenant, passons à ce que j'ai découvert. Mon frère avait des participations dans certaines sociétés détenues actuellement par les Guildes Marchandes et refusait de les céder. J'ai ici la preuve, fit-il en brandissant la datapuce, que vous avez commandité son assassinat, déguisé par la suite en accident de landspeeder.
-C'est donc personnel, j'ignorais qu'un bothan pouvait donc être rancunier.
-Si je voulais venger la mort de mon frère, je vous aurais tué sur le champ.
-Pourquoi vous êtes-vous retenu?
-Je ne tiens pas à vous ressembler.
-Voilà une attitude honorable.
Pers'lya ne parvint pas à déceler la moindre once d'ironie dans les mots de son hôte. Il préféra ne pas relever et continua sur sa lancée.
-J'ai enfin découvert que vous avez fait empoisonner votre propre père. Vous avez déguisé sa disparition en mort naturelle causée par arrêt cardiaque, si j'en crois les rapports officiels. Vous avez ainsi hérité de ses titres de trésorier des Guildes Marchandes et de Grand Sage. Une chance qu'il existe des transmissions héréditaires. À moins que vous n'ayez suggéré cette idée quand vous étiez en âge de penser et de comploter?
Contispex se permit un léger sourire entendu.
-Vous êtes très bien informé.
-Soeur Malen avait découvert votre secret le plus intime, malgré toutes vos précautions, Julius.
Sans aucun émotion, le sénateur reconnut:
-J'ai commis une erreur en lui faisant confiance. Nous en commettons tous. Reste à savoir où tout cela nous amène, Pers'lya. C'est la bien raison principale de cette rencontre, n'es-ce pas?
Le bothan était de moins en moins rassuré au fil des minutes. Ce démon manigançait quelque chose, ses entrailles le lui criaient.
Mais il devait continuer, ne rien laisser paraître de ses pensées.
-Oui, il est temps d'y venir, Julius, fit le bothan en se penchant en avant et en crispant ses doigts sur la crosse de son blaster.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire part de vos remarques :cute: !

à la prochaine pour la suite! Il faudra patienter :P ... enfin vous avez l'habitude :wink: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 10 mars 2019, 17:00

Salut,
j'ai manqué de temps pour commenter tes messages. Je te donne donc un petit avis sur chacun, ils m'ont tous bien plus.

message du 20/01:
très bon texte, bien rédigé, avec une bonne introspection de Pers'lya, le suspense est maitrisé.

message du 27/01:
beaucoup de tension. Le passage avec la journaliste est très bien, il apporte beaucoup de réalisme tandis que la confession de Bekan renforce le tragique.

message du 10/02:
Bien écrit. du fait que tu termine le passage précédent avec la confession d'un Bekan vieux, j'ai cru que la datapuce resterait caché plus longtemps.

message du 19/02:
Une petite pause bienvenue avec la cérémonie d'adoubement. J'aime toujours quand on parle des jedi.

message du 26/02:
Bon passage, à part une petite maladresse je trouve au début
un individu qu'il ne pensait pas qu'il pourrait constituer un obstacle sérieux
je trouve que ça sonne mal, trop de "qu'". Sinon bien joué pour la présence de Zéri. C'est une bonne chose que de la mêler à tout ça; de quoi ébranler l'alignement de Bekan peut-être... quoiqu'il en soit tu donne de l'ampleur au perso, c'est toujours bon.

message du 05/03:
Le suspense est à son comble.

Ta série prend une très bonne tournure, félicitation. J'attends la suite.
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 10 mars 2019, 22:03

Merci pour le retour, Ephasten ;) ! Ca faisait longtemps dis donc 8-) .

Allez déjà je vous publie la suite!

Dans cet extrait, les choses se précipitent :diable: ! Comment tout cela va-t-il finir?

Découvrez-le maintenant :diable: !

Le petit mendiant humain boitait, traînant sa jambe gauche raide derrière lui, tel un morceau de granit pétrifié. Sous ses haillons difformes qui dissimulaient son corps malingre, marqué par la famine, il plaquait contre son flanc un petit coffret élégant.
Il longea l'enceinte du parc Zohen avant d'apparaître dans le champ de vision des dix gardes bothan qui barraient l'entrée.
Une dame très gentille et très belle lui avait promis que la Déesse prendrait soin de lui s'il livrait ce paquet à ces messieurs très poilus. Le petit garçon s'était senti revivre lorsqu'elle lui avait promis que ses souffrances prendraient fin.
Elle lui avait déclaré: la Déesse est miséricordieuse et te baignera de sa lumière.
Il lui avait demandé s'il continuerait à souffrir de son affliction. Elle lui avait répondu que la Déesse mettrait fin à sa souffrance, qu'il n'aurait plus à supporter les regards chargés de mépris ou embués de pitié pour une créature brisée telle que lui.
Elle lui avait répondu qu'il serait libéré.
Libéré de ses tourments, libéré de son fardeau d'individu fragile dans ce monde cruel d'inégalités sociales. Libéré de sa solitude, depuis la mort de ses parents qui avaient succombé à cause de la misère.
Pour être libre, il devait leur livrer ce colis.
La Déesse le récompenserait. C'est ce que la dame très gentille et très belle lui avait assuré.
-Eh toi là! L'apostropha l'un des félinoïdes. Que veux-tu?
L'estropié freina devant lui. Le bothan le considérait avec une défiance mêlée à de la pitié.
-On m'a dit de vous donner ceci.
-Qui ça, on? Insista le garde qui saisit néanmoins le coffret alors que ses congénères approchaient intrigués.
-Une dame très gentille qui veut vous offrir des sucreries.
Les non humains échangèrent des regards dubitatifs puis certains d'entre eux haussèrent les épaules d'indifférence. Un caporal fendit les rangs.
-Qu'es-ce que c'est?
-Un coffret, monsieur, répondit le garde.
-Avec des sucreries, dedans! Renchérit le petit garçon estropié.
Ses yeux brillaient d'une grande attente.
-Des sucreries? De la part de qui? Demanda le caporal.
-Une dame très gentille!
-Elle ne t'a pas dit un nom?
-Non mais elle est très gentille!
Le caporal dévisagea le mendiant avec méfiance avant de se détendre. Le petit enfant humain difforme attendait une récompense et lui paraissait inoffensif..
Le bothan fouilla dans sa poche pour en retirer quelques crédits.
-Voilà pour toi, petit.
-Merci, monsieur.
À la surprise des bothan, le garçon ne partait pas. Il ne cessait de fixer fiévreusement le coffret. Le caporal se demandait s'il souhaitait d'autres crédits mais il jugea bon d'ouvrir d'abord le coffret avant d'augmenter éventuellement la récompense.
Au fonds de la boîte, brillait des objets sphériques métalliques entassés les uns sur les autres et émettant une sinistre lueur écarlate. Le caporal entendit un clic surprenant avant de réaliser la nature du cadeau.
Il tenta de beugler, les yeux écarquillés de terreur.
-Reculez!
Le petit garçon se rappela ce que la dame très gentille lui avait raconté.
Ne t'inquiète pas si les messieurs poilus commencent à paniquer, c'est normal.
Alors il ne s’inquiéta pas lorsqu'une boule de feu aveuglante les enveloppa, lui et les bothan, avant de les consumer, de calciner le moindre pore de leur peau, la moindre parcelle de pelage. La moindre conscience de leur existence.
La Déesse les baignait tous en cet instant de sa lumière.
La Dame très gentille avait eu raison, ses souffrances prirent fin instantanément. Il était délivré de sa condition misérable.

L'écho de l'explosion se répandit dans les quartiers alentours et troubla la quiétude du Parc Zohen. Si aucun résident n'osa appeler les Forces de Sécurité du fait de la présence de dizaines d'adeptes du Pius Dea qui grouillaient dans leurs rues, les gardes bothans dégainèrent leur blaster et se raidirent en attente des ordres.
La fumée et les cendres brouillaient la vision des félinoïdes les plus proches positionnés au milieu de l'allée principale mais leur sang se glaça lorsqu'ils entendirent moins d'une minute après des clameurs gronder telle une vague déchaînée.
-Pour la Déesse!
Des Assassins Malkites groupés avec des humains chauves en toge pourpre, surgirent de la brume en un cauchemar irréel et foncèrent vers eux armés d'armes de poing et d'armes blanches. Les bothans ouvrirent le feu, fauchant une partie de leurs assaillants, pour la plupart des fanatiques du Pius Dea.
Mais la surprise jouait en faveur de ces derniers. En quelques instants, ils parvinrent au corps à corps et submergèrent la vingtaine de bothans pris de court. Ceux-ci furent renversés, piétinés et poignardés avec une rage frénétique par les croyants extrémistes qui hurlaient.
-Mort aux profanateurs! Mort aux impurs!
L'une des bothans dans la mêlée avait eu cependant le temps d'attraper son comlink et de répondre aux appels du capitaine Gre'lku.
-Que se passe-t-il? Rapport de situation!
-Nous sommes attaqués, capitaine!
Ce furent ses dernières paroles car un adepte se jeta sur elle pour la transpercer de sa vibrolame à plusieurs reprises. Dans un dernier spasme, son index pressa la détente du blaster lorsqu'elle fut renversée à terre.
Laissant une plaie béante noircie sur l'abdomen du croyant qui s'écroula sur son cadavre et rendit son dernier soupir juste après elle. Autour d'eux, tout n'était que cris et chaos alors que des corps majoritairement bothan jonchèrent le sol.
Trois de leurs congénères eurent la chance de s'en extirper tout en déchargeant leur arme énergétique. Ils gagnèrent au plus vite, trente mètres derrière eux, la seconde ligne de défense parfaitement alignée et plus compacte, commandée par Gre'lku en personne.
L'officier avait accouru aussitôt qu'il avait entendu l'explosion, pressentant le pire.
-Feu! Ordonna-t-il.
Les salves de blaster coordonnées firent tomber les adeptes les plus exposés mais les Malkites se dérobèrent, beaucoup plus réactifs, se réfugiant dans les fourrés. Depuis leurs abris improvisés, ils lancèrent promptement des projectiles cylindriques qui roulèrent jusqu'aux pieds des non humains pétrifiés.
Ils s'arrêtèrent de respirer jusqu'au moment où de la fumée compacte s'échappa en sifflant et en se densifiant devant leurs visages.
-Des fumigènes! Avertit une bothane à la fourrure dorée à la droite de Gre'lku.
-Tenez vos positions! Réagit celui-ci.
Ils obéirent mais la végétation continuait de leur masquer les faits et gestes des Assassins recrutés par Contispex. Les tueurs professionnels qui couvraient les flancs des partisans du sénateur, attrapèrent des fusils blaster de précision de sous leur manteau sombre et les chargèrent en un battement de cils.
Leurs viseurs thermiques intégrés dans leur masque mortuaire leur offraient un avantage clé sur leurs ennemis bothan qui ne possédaient que des armes basiques de gardes du corps.
Quant aux adeptes du Pius Dea, la plupart ramassèrent les blasters des bothans morts et tirèrent au jugé à travers les fumigènes. Leurs tirs imprécis touchèrent néanmoins plusieurs félinoides, qui gardaient dans l'ensemble une cohésion remarquable malgré la précarité de leur situation. Cela s'expliquait par le fait que la majorité d'entre eux étaient d'anciens membres des forces de sécurité bothanes ayant servi dans les mêmes unités.
Cependant, les fumigènes diminuaient l'efficacité de leurs tirs autant qu'ils altéraient celle des fanatiques de la secte.
Bientôt des salves lumineuses mortelles frappèrent un à un les congénères de Gre'lku groupés autour de lui. L'officier de la sécurité remarqua rapidement l'efficacité de ces tirs croisés qui les mettait tous en danger.
Cette fois, leur position devenait intenable.
-Repliez-vous vers l'arche!
Il dut répéter cette instruction par dessus les détonations, perdant ainsi de précieuses secondes ainsi que de nombreux hommes.
Des cinquante bothan qui constituaient cette ligne de défense, trente y étaient restés au moment où ils décrochèrent enfin.
-Gardez les rangs, gardez les rangs!
Tout en courant à reculons, les bothans continuaient leurs tirs de barrage tandis que leurs rangs devenaient plus clairsemés. Et des clameurs retentirent de nouveau depuis ceux de leurs ennemis.
-Pour la Déesse et la Vertu! À mort les impurs, à mort!
Ce chœur poussé par des centaines de poitrines terrifia les bothan et même Gre'lku qui en avait pourtant vu d'autre. Les fumigènes se dissipèrent et montrèrent aux rescapés l'étendue du péril qui se dressait vers eux.
Une marée de toges pourpres et de crânes chauves d'humains, aux regards intenses de haine presque démente. Une horde incontrôlée brandissant des blasters et des vibrolames et qui continuait de grossir, comme alimenté par une source intarissable.
Nous sommes tombés dans un traquenard! Pensa-t-il.
-Capitaine, il faut fuir!
La panique se lisait dans les yeux de la bothane à la fourrure dorée et dans ceux de ses congénères. Furieux, Gre'lku l'attrapa par le col de son uniforme.
-Repliez-vous vers l'arche! C'est un ordre! Nous n'abandonnerons pas son Excellence!
L'expression de la subalterne se figea, les paupières agrandies sous le coup de la douleur et de la mort au moment où un tir précis de fusil blaster lui perfora la boîte crânienne. Le capitaine lâcha son cadavre avant de répliquer contre trois croyants du Pius Dea qui fonçaient vers lui pour tenter de le surprendre.
Empli d'une rage teintée de désespoir, il les abattit avant de rallier ses congénères postés sous la grande arche. Il remarqua que certains d'entre eux avaient descellé et bougé en hâte quelques rochers pour ériger une fortification éphémère.
Les rescapés de la première ligne se réfugièrent derrière les grands piliers qui soutenaient la structure antique. Leurs camarades frissonnèrent lorsque les hurlements des fanatiques leur parvinrent.
-Mort aux impurs!
Les partisans de Contispex s'élançaient à découvert frontalement et les salves nourries des non humains stoppèrent pendant un instant leur progression.
-Alertez Son Excellence et dites-lui que c'est un piège! S'exclama Gre'lku.
Quelques instants plus tard, l'un de ses congénères lui lança:
-Capitaine, son comlink ne répond pas!

Voilà j'espère que cela vous a plu! Désolé de vous laisser en plein suspens :transpire: mais j'aime tellement vous torturer, j'espère que vous me comprenez!

Bref à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 14 mars 2019, 09:12

Salut,
bon petit passage.
Par contre je crois qu'avec la mort de l'enfant, tu perds tes chances d'obtenir un label tout public :lol:
à bientôt.
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 15 mars 2019, 08:29

Salut 8-) ! Merci pour le retour!
Ephasten a écrit :
14 mars 2019, 09:12
Par contre je crois qu'avec la mort de l'enfant, tu perds tes chances d'obtenir un label tout public :lol:
Oui, c'est mort :mrgreen: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 17 mars 2019, 17:41

Allez, c'est l'heure de la suite et de la confrontation Contispex/Pers'lya!!

Qui va l'emporter? Et de quelle manière? :diable:

Découvrez-le maintenant!

Linza Contispex attendait le bon moment pour agir. Elle suivait distraitement la conversation entre son mari et cet impur bothan encore officiellement Chancelier de la République. Aucun des gardes bothan ne faisait attention à elle alors qu'elle rodait dans leur dos.
Elle attendait la volonté de la Déesse et espérait que Hapos, le Prophète de la Violence, lui donnerait la force nécessaire d'accomplir son devoir.
Elle vit Pers'lya se pencher en avant vers son mari, et les plis de son manteau remuer contre son flanc gauche. Le bothan devait cacher un blaster...
Que la Déesse soit avec nous, souhaita-t-elle intérieurement.
-Oui, il est temps d'y venir, Julius.
Le non humain se comportait comme s'il avait l'avantage. Si seulement il savait ce qui s'apprêtait à lui tomber dessus.
-Comme je vous l'ai dit lors de notre précédente conversation, je suis disposé à votre offrir une porte de sortie honorable qui ménagera votre dignité.
-C'est beaucoup d'honneur que vous m'accordez.
Excédé cette fois par son ironie explicite, le bothan martela plus sèchement.
-Sachez que rien ne m'oblige à le faire, hormis le fait que je tiens à rester différent de vous, Julius.
-Si nous sommes ici, c'est que vous souhaitez passer un marché avec moi.
-C'est exact.
Un des gardes de Pers'lya lui tendit une feuille de flimsi vierge, qu'il accepta finalement de prendre.
-Que signifie ceci, Pers'lya?
-Voici le marché.
Il est temps de montrer ton vrai visage, démon, pensa le bothan.
-Vous allez rédiger une confession où vous reconnaissez certains de vos crimes, confession que vous me remettrez ensuite en mains propres, ici même. Je considérerais cela comme une garantie, au cas où vous seriez tenté de m'éliminer et de récupérer les preuves de Malen sur mon cadavre. Après, je vous laisserai rentrer chez vous et vous ferez une annonce à la presse où vous déclarerez renoncer non seulement à vous présenter au poste de Chancelier Suprême mais aussi démissionner de vos fonctions actuelles de Sénateur, de trésorier des Guildes Marchandes et de Sage Suprême de votre confrérie.
-Vous ne manquez pas de toupet.
Pers'lya rentra de nouveau la main sous son manteau et exhiba un stylu et... un blaster qu'il s'empressa de pointer sur son interlocuteur.
-Vous avez mis fin à ma carrière politique et je mettrai fin à la votre, d'une manière ou d'une autre. À vous de choisir comment tout cela doit se terminer, Julius.
-Vous n'êtes pas un tueur.
Un claquement sec indiqua que le bothan avait retiré le cran de sûreté.
-Je préfèrerais éviter d'en arriver là mais ne croyez pas que j'hésiterais un seul instant.
Il posa le stylu sur la feuille de flimsi que tenait le sénateur.
-Si je dois tout confesser, cela risque de prendre du temps.
-Contentez-vous d'avouer alors le parricide et votre implication fort généreuse dans la crise avec Alsakan. Cela sera amplement suffisant.
À peine eut-il prononcé ces mots que le sénateur se mit à ricaner. Le bothan plissa les yeux, empreins de méfiance et d'irritation.
-Pardon, qu'y a-t-il de si drôle?
-Votre naïveté, Pers'lya. Vous pensez avoir préparé cette entrevue dans les moindres détails, vous pensez me connaître assez bien pour déceler mes faiblesses mais vous vous trompez sur toute la ligne.
-Je peux vous éliminer tout de suite et dévoiler toutes les preuves de votre fourberie au grand public. Qui sait, je deviendrais peut-être un héros en débarrassant la République d'un être aussi nuisible que vous.
-Un héros? N'y pensez même pas. Vous vous êtes tellement empêtré dans la politique politicarde que vous ignorez à quel point la corruption a souillé la République. À quel point les citoyens ont perdu confiance en elle et en vous, les politiciens et corrompus qui passez votre temps à caqueter pour une loi, un décret ou un simple alinéa. Les Jedi eux-mêmes se posent la question, ces protecteurs en qui vous n'avez pas assez confiance pour leur demander de veiller sur vous. Si même l'Ordre Jedi refuse de se mobiliser pour une République qui n'en vaut plus la peine, que croyez-vous que cela signifie?
Le sénateur laissa alors la feuille de flimsi et le stylu au sol.
-Les Jedi ont prêté serment de protéger la République et ils tiendront parole.
-Ils ne le feront pas pour vous, bothan.
Une lueur d'hésitation passa dans le regard du félinoïde, avant qu'il ne crispa ses griffes sur la poignée de votre blaster.
-Alors je vais en finir tout de suite, et je laisserai votre cadavre pourrir là où vous avez perpétré vos crimes contre les vôtres.
-Vous êtes tellement aveugle que vous n'avez pas envisagé une dernière option.
-Laquelle?
Cette fois, Contispex laissa transparaître un large sourire de mauvais augure. Sourire repris par sa femme, caché derrière les gardes bothans.
-Celle de votre mort imminente, bien sûr.
À cet instant, une partie du mur sur la gauche de Contispex s'évapora laissant vomir dans la salle du Conseil des Sages, une dizaine d'intrus portant de sinistres masques mortuaires et encapuchonnés. Leur apparition figea les quatre bothans pendant quelques instants de trop. L'un des gardes laissa échapper un faible gémissement lorsque la vibrolame de Linza s'enfonça entre ses omoplates.
Les deux autres dégrafèrent leur holster pour saisir leur arme mais deux Assassins Malkites les abattirent rapidement.
Quant à Pers'lya, il tenta d'éliminer à bout portant son féroce rival mais celui-ci avait profité de sa confusion pour dégainer un stylet qu'il planta dans son avant bras droit. Sous le coup de la douleur, le dignitaire laissa tomber son blaster que Julius ramassa ensuite.
Pers'lya, les traits livides, devant l'apparition funeste des tueurs recrutés, considéra les cadavres de ses gardes du corps puis soutint dignement le regard triomphant de son ennemi juré.
-Tuez-moi donc, mais la République ne vous appartiendra pas!
-Encore une fois, vous vous trompez.
Le sénateur lui montra le stylet.
-Je vous ai déjà tué, la lame était induite de poison.
Le chef incontesté du Pius Dea se tourna vers l'un des Assassins Malkites juste derrière son épaule.
-En comment de temps cela agit-il?
-Sur les humains, moins de deux minutes. Sur les non humains, tout dépend de la constitution de la victime. Mais la mort est certaine.
-Merci, c'est ce que j'avais besoin de savoir.
Linza rejoignit son compagnon et ils s'agrippèrent par la taille, fixant tous deux le bothan condamné. Celui-ci affichait l'attitude de quelqu'un qui avait accepté son sort avec une relative sérénité.
Cela ne satisfaisait pas évidemment les Contispex qui allaient prendre plaisir à troubler ses derniers instants.
-Vous pensez avoir prévu le pire, Pers'lya? Lança l'épouse d'un ton mielleux. Nous avons prévu que vous prendriez des dispositions.
-Je suis prêt à parier en effet que vous avez certainement confié à une personne de confiance une copie des preuves me compromettant. Votre secrétaire, je présume? Ajouta Julius avec un sourire cruel.
L’inquiétude assombrit les traits félins de la victime.
-Votre secrétaire ne repartira jamais vivant de Coruscant, lui assura Linza. Et tous ceux qui vous ont accompagné ne quitteront jamais le parc.
-Vous allez me payer ça!
Le bothan s'élança pour étrangler de ses mains griffues le sénateur, mais ses genoux se dérobèrent tout à coup, signe que le poison commençait à agir sur son organisme. Il s'effondra malgré lui aux pieds du sénateur narquois.
Des Assassins Malkites le forcèrent à se relever en le soulevant par les épaules.
-Maintenant, je suis prêt à me confesser devant vous, Pers'lya, annonça le sénateur goguenard. Oui, j'ai éliminé mon père et votre frère et j'avoue y avoir pris un certain plaisir. Quant aux alsakani, je les ai poussés contre la République et je continuerai de le faire jusqu'à ce que j'obtienne ce qui nous revient de droit.
Il attrapa le bothan par le col.
-La République nous appartiendra et nous la rendrons parfaite, harmonieuse.
-Vous... êtes pire qu'une... calamité.
-Peut-être, concéda Julius étrangement songeur. Ou peut-être ne suis-je que le fruit de la perte de considération, d'estime des citoyens pour des incapables tels que vous. Le rejeton d'une décadence dans laquelle nous sommes enlisés.
Il relâcha Pers'lya et le laissa de nouveau s'affaisser sans ménagement.
-Vous avez provoqué cette calamité, vous et vos prédécesseurs. Et vous m'avez fait naître, je vous remercie pour cela.
Il sentit Linza serrer plus fermement sa main.
-Nous ne pouvons pas le faire disparaître, suggéra-t-elle.
-Et pourquoi pas?
-Son corps doit être retrouvé, sinon cela suscitera l'intérêt de beaucoup trop de gens. Les Jedi pourraient cette fois s'en mêler.
Il hocha la tête.
-Très bien, que doit-on faire de lui?
-L'abandonner dans une rue, n'importe laquelle. En laissant le poison faire son œuvre et en nous arrangeant pour que des agents des Forces de Sécurité le trouvent les premiers.
-Et nous offrirons à qui voudra l'entendre la version officielle qui nous conviendra. Tu es géniale, ma chérie. Comme lorsque tu as proposé d'envoyer un petit vagabond offrir un cadeau surprise.
Il l'embrassa avec chaleur.
-Tu ne veux pas rester pour t'assurer de la fin de ces impurs?
-Ce n'est pas nécessaire, mon chéri. Je suis sûr que tes Assassins Malkites sauront terminer le travail sans nous. Tu dois préparer ta présentation officielle de candidature.
Il sourit. Les mercenaires obéirent en silence et les contournèrent pour traverser le Hall de l'Illumination et prendre à revers les bothan qui subissaient l'assaut là haut, en surface tandis que d'autres traînèrent un Pers'lya moribond par le tunnel secret. Lorsque tous deux reprirent main dans la main ce passage dérobé menant à une sortie discrète des souterrains puis du parc, ils ne purent s'empêcher de se réjouir de la surprise qui allait frapper ces profanateurs de leur sanctuaire.
À travers Hapos, la Déesse allait faire s'abattre sa fureur sur ces impurs, cette vermine non humaine.
Si ce n'était déjà fait...

Voilà, j'espère que vous avez pensé à sortir vos mouchoirs pour essuyer vos larmes! Pauvre Pers'lya :cry: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 20 mars 2019, 15:12

Salut,
bon passage. Pers'Lya va mourir mais que fera-t-il avant? là est la question.
Et puis de toutes façons: il n'y a pas de mort, il y a la Force. :lol:
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 21 mars 2019, 13:44

Merci pour le retour ;)!

c'est promis, on reverra Pers'lya... one last time ;(

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 24 mars 2019, 18:15

Bonsoir à tous, il est l'heure de vous publier la suite!

Pers'lya étant neutralisé, sa petite armée bothane assaillie par les fanatiques du Pius Dea va-t-elle connaître un meilleur sort :sournois: ?

Découvrez-le dans cet extrait qui sera plus long que les autres!

-Capitaine, nous n'avons pas de réponse!
Un tir de blaster s'écrasa près de l'oreille équine de Gre'lku qui avait néanmoins entendu son subalterne accroupi comme lui derrière l'un des piliers qui soutenaient l'arche. L'officier s'efforçait de rester calme malgré la précarité de leur situation.
-Essayez encore!
Il avait du répéter au moins cinq fois cette phrase. L'autre bothan lui lança un regard à moitié courroucé.
-Je viens de le faire!
Gre'lku résista à la tentation de le gifler. Il y avait plus urgent... il passa la tête pour surveiller la progression lente mais inexorable des fanatiques du Pius Dea bien plus nombreux qui avançaient en rangs compacts.
Il était horrifié de constater à quel point ils se moquaient de leurs pertes. Les plus proches armés seulement de vibrolames venaient se jeter sur les tirs de barrage tandis d'autres coreligionnaires derrière eux visaient les positions bothanes avec leur blaster. Bien que manquant d'expérience, ils commençaient à viser de plus en plus juste, d'autant plus qu'ils étaient soutenus par le feu continu des Assassins Malkites, invisibles mais efficaces.
Le non humain jeta un regard sur les siens, morts ou blessés. Le nombre de ceux-ci grandissait dangereusement de minute en minute.
Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne soient submergés.
Je dois sauver mes hommes, les tirer de ce guêpier! Ou nous allons tous y passer!
Ce furent les cris en cascade qui le décidèrent.
-J'ai besoin d'une cellule énergétique! Lança un sergent.
-Nous serons bientôt à court de munitions! Hurla un autre bothan.
Gre'lku prit une profonde inspiration avant d'étudier son environnement. L'arche qui était leur seule ligne en contact direct avec l'ennemi, surplombait donc l'allée, un chemin sablonneux qui menait à l'entrée des souterrains.
Ce chemin large de plusieurs mètres était cerné jusqu'à l'entrée de la caverne, de plusieurs arbres grands mais fins qui évoquaient des brindilles géantes chevelues, avec à leurs pieds plusieurs arbustes serrées les uns contre les autres.
Ces arbustes masquaient l'approche de d'autres ennemis, Gre'lku en était certain. Il entendait à droite et à gauche, ces hurlement de fous furieux qui glaçaient le sang de ses congénères. Ceux encore en état de se battre se mirent à le fixer de plus en plus frénétiquement, attendant un ordre qui les aiderait.
Un ordre qui les sauverait de l'anéantissement.
-Qui a des détonateurs thermiques? S'écria-t-il subitement.
Bientôt quelques bras se levèrent, quatorze au total. Il les répartit équitablement de chaque coté de l'allée et leur donna l'ordre d'attendre son signal. Au passage, Gr'elku se servit de deux engins explosifs qu'il conserva au cas où.
Peu de temps après, des clameurs retentirent de tous les cotés. Les adeptes de Contispex cherchaient à les envelopper pour les encercler puis les écraser sous le nombre.
Au milieu des cris, des interpellations et des détonations d'armes énergétiques, le capitaine tenta d'évaluer la distance à laquelle se tenaient leurs ennemis invisibles. Lorsqu'il les jugea assez proches à l'ouïe, il inspira un grand coup pour être certain que sa voix porterait malgré le vacarme.
-Lancez! Ordonna-t-il.
Les bothans reculèrent de quelques pas pour prendre de l'élan. Leurs traits exprimaient de la résolution, preuve qu'ils gardaient confiance en leur chef. Ils mirent toute leur rage de vivre dans leurs bras et leur poignets.
Les détonateurs thermiques montèrent puis descendirent en courbe pour disparaître au beau milieu du feuillage.
Les non humains se recroquevillèrent et bientôt les explosions retentirent autour d'eux, suivie d'une onde de choc qui fouetta leur pelage et balaya les imprudents croyants fanatiques de la secte autant que les arbres fins. Ceux-ci se couchèrent dans un concert de gémissements qui évoquaient les lamentations d'oiseaux de proie en chute libre. De la fumée mêlée à cette odeur de chlorophylle brûlée s'éleva dans les cieux.
Les arbres s'intercalèrent les uns sur les autres, formant des remparts perpendiculaires à l'arche, des remparts presque parfaits. Les non humains se retrouvèrent dans un rectangle dont la longueur joignait l'arche à l'entrée de la caverne et dont la largeur dépassait celle de l'allée, jusqu'aux arbres déracinés et étendus en travers.
Sur une nouvelle instruction de Gre'lku, les bothans qui avaient projeté les détonateurs se hissèrent sur les troncs, brandissant leur blaster. La fumée se dissipa rapidement et les adeptes du Pius Dea relancèrent massivement leurs attaques de flanc, vociférant de plus belle.
-À mort, les impurs! À mort!
Les tirs disciplinés des bothans plurent sur eux mais ils n'étaient hélas pas assez nombreux pour endiguer cette marée grouillante et nuisible qui allait les engloutir. Peu de temps après, Gre'lku vit impuissant un, deux puis trois congénères saisis et jetés du haut des remparts. De derrière les tronc, il entendit leurs hurlements d'agonie qui le firent frémir.
Es-ce le sort qui les attendait tous?
-Reculez! Regroupez-vous!
Tous quittèrent ces fortification dérisoires, laissant les premiers adeptes fanatiques de Contispex les enjamber en redoublant leurs clameurs. C'était une vision effrayante que de voir ces paires d'yeux emplis de haine meurtrière qui méprisait la vie à ce point au nom d'une foi orthodoxe et étriquée.
Mais les bothans gardaient malgré tout leur cohésion.
Ils resserrèrent les rangs en prévision du choc qui les percuterait de plein fouet, comme un roc perdu au milieu d'une mer déchaînée.
Les traits de lumière ionisée fusèrent, faisant mouche à chaque coup. Malheureusement, pour un qui s'effondrait, trois autres le remplaçaient.
Et les cellules énergétiques commençaient déjà à manquer...
-Vibro épées! S'exclama Gre'lku.
À cet ordre, le soleil fit briller les reflets des armes blanches des félinoides, quelques secondes avant que leurs ennemis ne se portèrent à leur contact. Bientôt le chemin entre l'arche et l'entrée de la caverne devint le théâtre d'une mêlée sanglante et confuse où les bothans prirent d'abord le dessus grâce à leur puissance physique naturelle et à leur expérience acquise dans les forces de sécurité de leur monde natal.
Gre'lku lui-même montra l'exemple en se jetant sur l'adepte du Pius Dea le plus proche. Celui-ci tenta de se fendre en avant. Une manœuvre classique de débutant qui ne connaissait strictement rien au corps au corps...
Il le laissa passer devant lui, emporté par son élan avant de le saisir à la nuque et de lui porter deux coups fatals à la gorge. Il croisa son regard surpris et fut pris d'un sentiment de fatalisme en étudiant ses traits juvéniles et fins.
Il en était à se demander si cet humain avait vraiment atteint l'âge adulte. Il écarta ses scrupules et se replongea dans l'anarchie du combat. Il infligea le même sort à un deuxième adepte puis un troisième.
Toute sa concentration ne lui permit pas de voir le déroulement de la mêlée. Les bothans semblaient atteints d'une frénésie désespérée qui décuplait leur volonté. Ainsi une bothane à deux mètres de lui enfonça sa vibro épée dans la poitrine d'un fanatique avant d'asséner un coup de coude mortel dans la fosse nasale d'un de ceux qui tentait de l'abattre par le flanc. Elle fut finalement poignardée aux hanches puis jetée au sol par quatre ennemis chauves qui l'étripèrent sans retenue.
Un autre congénère sectionna de son arme l'artère fémorale d'un de ses antagonistes mais une vibrolame s'enfonça sous son aisselle et il succomba à son tour sous le nombre. Ces scènes se répétèrent.
Les bothans vendaient chèrement leur peau mais ils tombaient un à un, inexorablement.
Gre'lku prit conscience de ce grave péril lorsqu'il lui fut lui-même entaillé à l'avant bras par un coup d'estoc. Il repoussa violemment en arrière le fanatique qui l'avait atteint puis se figea en observant que les rangs des siens s'éclaircissaient de plus belle.
Nous étions cent soixante à accompagner Pers'lya et il ne reste plus que quarante d'entre nous!
Des silhouettes encapuchonnées portant un masque mortuaire enjambèrent à leur tour les troncs d'arbre renversés avant d'épauler leur fusil blaster pour viser les derniers non humains encore debout.
Les Assassins Malkites venaient participer à la curée.
Un blessé bothan qui boîtait, sa vibro épée pendant le long de son corps fut achevé d'un tir dans la colonne vertébrale après avoir résisté vaillamment à l'assaut conjugué de cinq adeptes du Pius Dea. Sous les yeux de son supérieur impuissant.
-Vers les souterrains! Vers les souterrains! S'écria-t-il.
Il laissa tomber sa vibro épée et dégaina de nouveau son blaster dont le voyant tirait sur le rouge désespérement.
Il abattit d'un tir précis un Assassin qui l'avait ciblé avant que son arme déchargée n'émit un clic ridicule. Il roula sur l'allée esquivant deux traits mortels ardents avant d'agripper le blaster d'un de ses hommes morts.
Dans son poing gauche brillaient deux détonateurs thermiques.
-Vers les souterrains!
Les bothans décrochèrent pour le rejoindre, sauf ceux que des adeptes du Pius Dea avaient attrapé à plusieurs par leur uniforme. Les malchanceux tentèrent de s'arracher de leur étreinte avant d'appeler.
-Capitaine! Capitaine!
Gre'lku tendit le bras et décocha plusieurs salves assistés par quelques congénères. Tandis que ceux-ci retenaient à distance leurs assaillants les plus proches, il visait à la tête les partisans de Contispex qui les avaient piégé.
Ses efforts se révélaient aussi futiles que des piqures de moustiques sur la peau d'un reek.
-Tenez bon!
-À l'aide! À...
Les poignards se levèrent et s’enfoncèrent dans la peau des natifs de Bothawui, dont les appels au secours de secours furent soudainement étouffés. Il ne pouvait plus rien faire pour eux car ils avaient disparu, engloutis par ces crânes chauves, ces toges pourpres qui faisaient penser à des sables mouvants couleur sang.
-En arrière tout le monde!
Tout le monde se rallia enfin à son appel, il obligea son cœur à s'endurcir devant la mort de d'autres camarades tués dans le dos par les tirs précis des Assassins. Maintenant ils n'étaient plus qu'une vingtaine...
De rage, Gre'lku arma un des deux détonateurs thermiques et le lança après avoir laissé ses congénères le dépasser. L'explosif roula aux pieds de ceux qui les talonnaient de près, tandis qu'il courut aussi vite qu'il put.
L'onde de choc oblitéra un amas entier de fanatiques en toge pourpre, leur permettant de bénéficier des miséricordes de cette Déesse en laquelle ils croyaient tant. Les autres furent jetés au sol par le souffle.
Cela procura enfin un répit inespéré aux bothan pourchassés. Ceux-ci se groupèrent derrière le chef qui se tenait sur le seuil. Il lâcha quelques salves en direction des adeptes désorientés et en profita pour armer le dernier détonateur en sa possession.
Ses subalternes en profitèrent pour vider leur cellule énergétique sur leurs ennemis, tout en reculant pied à pied.
Gre'lku leur cria:
-Mettez-vous à l'abri!
Par la force de son bras, il projeta le dernier détonateur thermique à un mètre de la sortie de la caverne et s'aplatit au sol à l'intérieur du corridor.
-À terre! À terre!
Un souffle incandescent hérissa son pelage quand l'engin éclata, causant de nouvelles pertes chez les adeptes extrémistes et provoquant l'effondrement d'une partie du plafonds entre eux et leurs proies.
Les blocs de rochers s'agglutinèrent et étouffèrent les tumultes de l'extérieur et la lumière du jour. Tout ce qui avait incarné dehors le chaos, la bestialité, la haine et le mépris de la vie s'évapora pour laisser place à l'obscurité et à un silence de tombeau.
Un silence qui ne tarda pas à être rompu par les huées poussées depuis l'extérieur par les adeptes de Contispex bloqués par l'éboulis.
-Nous vous enterrerons tous, bande d'impurs! Sale vermine d'alien! Entendirent les rescapés.
Le mutisme des bothan plongés dans le noir total et insondable fut entrecoupé de quelques éternuements causés par la poussière, dégagée par la chute des blocs agglomérés les uns les autres. Ceux-ci formaient une muraille infranchissable qui les préservait mais qui leur avait bloqué cette issue vers l'air libre.
Gre'lku sentit l'accablement l'envahir et l'engourdir, menaçant de submerger ce qui lui restait de détermination. Avait-il fait tout ça pour les condamner tous alors qu'il tenait à en sauver le plus possible?
Chaque fois qu'il avait trouvé une échappatoire depuis le début de l'assaut, ils se retrouvaient dans un traquenard bien pire encore que celui auquel ils avaient échappé peu avant.
Y aurait-il le moindre survivant?
L'éclat d'un bâton lumineux qui déchira la nuit souterraine fut un baume au cœur des bothan qui purent se compter et se réconforter les uns les autres. Dans leurs yeux, se lisait néanmoins l'effroi d'une mort à laquelle ils avaient réchappé de justesse.
À travers l’éboulis, les vociférations des adeptes du Pius Dea continuaient de fuser et Gre'lku jugea bon de se manifester, pour maintenir le moral du groupe.
-Statut des armes et des munitions.
Ces mots eurent l'effet magique de mobiliser toutes les volontés défaillantes et les bothans se concertèrent en chuchotant sur ce qu'il restait de médicaments, des munitions et de l'état des blessés. Cela fait, une de ses congénères au poignet brûlé par un tir de blaster lui fit son rapport.
-Nous n'avons presque plus de munitions et nous avons à peine assez de médicaments pour soigner nos blessés les plus sérieux.
Elle parlait à voix basse, sans doute pour ne pas décourager davantage la majorité qui tentaient d'émerger de leur abattement, après la terrible épreuve qu'ils venaient de traverser. Elle resta devant son supérieur qui finit par lui demander:
-Vous vouliez ajouter quelque chose, caporal?
-Oui, monsieur, répondit-elle d'un ton neutre. Cela ne vous a pas échappé que nous ne possédons ni eau ni nourriture à part des rations de combat.
Cette fois Gre'lku grogna sèchement:
-Non, cela ne m'a pas échappé caporal.
De nouveau le regard de ses hommes pesa sur le capitaine. Tous les rescapés comptaient sur leur commandant en chef. Et celui-ci n'avait pas l'intention de perdre du temps à les consoler.
-Écoutez-moi tous, lança-t-il. Nous allons retrouver son Excellence, trouver un moyen de sortir d'ici et de quitter Coruscant dans les plus bref délais.
Il avait été concis mais tous ses congénères encore en vie se redressèrent. Ils avaient de nouveau un objectif à accomplir, et pouvaient se concentrer dessus plutôt que de ruminer la perspective oppressante d'une mort qui rodait encore d'eux.
Certains d'entre eux brandirent leur blaster et les autres leurs vibro épées. La caporale resta à hauteur du capitaine.
-Monsieur, nous n'avons pas vu Contispex repasser devant nous. Il y a de fortes probabilités que nous tombions sur lui et sur une escorte plus conséquente que la nôtre.
-Que suggérez-vous, caporale? Que nous restions terrés dans notre coin comme des rats womps effrayés et que nous nous laissions mourir de faim et de soif?
-Non, monsieur, ce n'est pas ce que je voulais dire.
Elle n'avait pas baissé les yeux et Gre'lku comprit qu'il n'aurait pas du garder ce ton irrité.
-Je voulais seulement être certaine que vous avez bien mesuré l’éventualité d'une confrontation.
-Oui, caporale. Mais nos options sont limitées, je préfère que nous nous ouvrions le chemin nous-mêmes plutôt que d'attendre un miracle.
-Je suis d'accord avec vous, monsieur.
À la lueur d'un bâton lumineux, il la vit arracher un morceau de son propre uniforme pour le nouer autour de son poignet ensanglanté.
-Votre blessure, ça ira? S'enquit-il.
Il crut deviner un sourire sur son visage.
-J'ai connu pire, monsieur. Je suis en vie, c'est ce qui importe le plus.
Elle avait dit cela avec une intonation banale, presque blasée. Mais ses derniers mots frappèrent l'esprit de Gre'lku qui remarqua à quel point leur situation demeurait fragile. Certains de ses congénères se traînaient plus qu'ils ne marchaient.
Soit parce qu'ils étaient blessés, soit parce qu'ils avaient été trop éprouvés par la dureté des combats, par la morts de leurs camarades les plus proches. Cette vision l'affligea plus qu'il ne le craignait.
Oui, ils étaient encore en vie mais avaient-ils conservé leur combativité? Il l'espérait de tout cœur car il leur faudrait sans doute se battre à nouveau pour sortir d'ici, dans un lieu où l'ennemi était chez lui.
Au fur et à mesure qu'ils avançaient, Gre'lku redoutait de plus en plus de se précipiter dans un piège. De nouveau l'angoisse le gagna et il intima à ses hommes dans un murmure rauque.
-Attaquez tout ce qui vous paraître suspect.
Ils grognèrent une approbation discrète et continuèrent leur progression dans un mutisme complet. Ils marchaient courbés, prêts à faire usage de leurs armes sur tout ce qui surgirait devant eux depuis les ombres.
Gre'lku ouvrait la marche alors qu'ils étaient sur le point d'atteindre le Hall de l'Illumination. D'emblée, il observa un détail qui le mit sur ses gardes.
Les torches qui éclairaient l'intérieur du hall étaient éteintes, alors qu'il avait pris soin de les rallumer juste après avoir quitté Pers'lya. Il ne pouvait croire qu'un souffle de vent ait étouffé les flammes.
Il leva un poing en l'air et déplia les doigts pour ordonner à ceux qui le suivaient de près, de redoubler d'attention. Un bref regard par dessus sa corpulente épaule lui indiqua que les autres bothans s'étaient instinctivement raidis, leurs yeux fixant intensément ce qui se tenait droit devant eux.
Pas un seul ne prononça un mot, seules leurs bottes qui râpaient le sol irrégulier troublaient la quiétude terrifiante de ces lieux. Gre'lku eut subitement la désagréable impression d'être observé de près. Et même de trop près.
Il avança un pas après l'autre jusqu'au milieu du Hall de l'Illumination, laissant ses congénères se déployer en éventail derrière lui. Cette impression d'être épié s'intensifia brusquement et la fourrure de Gre'lku se hérissa de plus belle sous le coup d'une terreur qu'il ne parvenait qu'à grand peine à contrôler.
Il se pencha en avant tentant de distinguer les contours du corridor qui s'enfonçait jusqu'à la salle du Conseil des Sages là où se trouvait Pers'lya. Aucune lumière ne filtrait de là-bas, ce qui ne fit qu'accroître le sentiment d'alerte en lui.
Tout à coup, il crut discerner à l'entrée du corridor, une silhouette qui se détachait des ombres. L'adrénaline le poussa alors à lever son blaster et à crisper le doigt sur la détente.
Attaquer tout ce qui paraissait suspect.
Le bruit d'un disque minuscule de duracier aussi gros que sa paume qui glissait jusqu'à ses bottes, détourna son attention. Il se figea pétrifié lorsqu'il surprit une lueur rouge clignoter de plus en plus rapidement.
Il eut seulement le temps de beugler.
-À couvert!
Une détonation claqua comme la foudre mais ce n'était pas l'explosion d'un détonateur thermique quelconque. À la place d'une nova incandescente qui les aurait calcinés vifs sur place, un flash éclatant les éblouit, brouillant leur acuité visuelle.
Une grenade aveuglante.
Tous titubèrent sur leurs appuis comme des ivrognes avant que des salves compactes de fusil blaster ne les fauchèrent l'un après l'autre. Les détonations assourdissantes et renvoyées par l'écho couvraient leurs cris de douleur et leurs râles d'agonie.
Touché à la rotule, Gre'lku s'effondra, son genou gauche refusant de le soutenir. Pris de panique, il se mit à canarder en désordre le corridor et le plafonds en hurlant:
-Montrez-vous! Montrez...
Un tir le toucha à la gorge, le faisant taire définitivement. La caporale bothan à ses cotés eut la poitrine criblée d'impacts incandescents, ce qui lui fit lâcher son blaster. Les Assassins Malkites à travers la vision nocturne intégrée à leur casque mortuaire furent surpris de la voir dégainer sa vibro épée alors que son corps était déchiqueté par les traits ardents.
Elle s'avança de deux pas puis s'écroula d'une pièce face contre terre, pour ne plus jamais se relever. Les tirs précis firent le ménage en une trentaine de secondes avant que les supplications des cinq derniers survivants ne furent aboyées.
-Ne tirez plus! Nous nous rendons!
Les malheureux ignoraient à qui ils avaient affaire. On ne pouvait supplier des machines privées d'âmes, dénuées de pitié.
Dépourvues de la moindre compassion.
Ils furent achevés de manière chirurgicale, froidement. Bientôt le silence revint tandis que les tueurs s'assurèrent que le travail avait été accompli.
Nous finissons tous par reposer dans un lieu sombre, avait dit l'oncle de Pers'lya à son neveu.
Un lieu sombre dans lequel Gre'lku et ses derniers hommes reposaient maintenant et reposeraient à jamais.

Voilà j'espère que cela vous a plu! Et j'espère que cela aura définitivement brisé vos espoirs... :diable:

N'hésitez pas à me demander des kleenex, c'est gratuit :sournois: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 29 mars 2019, 07:47

Salut,
c'est un très bon passage. Bien écrire une scène de bataille n'est jamais facile. Là, tu as très bien réussi. Bravo.
De plus j'ai l'impression que ta plume s'est améliorée.
Beau baroud d'honneur.
ils reviennent quand les jedi?
à bientôt.
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 29 mars 2019, 14:04

Salut, merci pour le retour ;) !
Ephasten a écrit :
29 mars 2019, 07:47
ils reviennent quand les jedi?
Dans le prochain extrait :twisted: !

Un tel carnage en plein coeur de Coruscant ne peut pas passer inaperçu :D !

à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 31 mars 2019, 16:28

Allez c'est l'heure de publier la suite :) !

Nous retrouvons donc dans cet extrait deux Jedi, une twi lek et une jeune padawan qui n'est autre qu'une connaissance d'un certain Bekan :sournois: !

Bonne lecture!

La padawan Zeri Baltwo allongea la foulée pour ne pas se retrouver distancée par la Maître Jedi twi lek qui la précédait à travers les quartiers de la Cité Galactique. Il leur fallait jouer des coudes en ce milieu d'après midi pour parvenir à se frayer un chemin jusqu'à la résidence de Pers'lya.
Lorsque la jeune femme s'était réveillée dans le dortoir du Temple, Ri'ila Terka était penchée au-dessus d'elle et ne lui avait proféré aucun reproche.
Elle s'était même excusée auprès de l'apprentie de maître Wadu de lui avoir fait courir de tels risques. Avant de l'inviter peu après à la suivre pour retrouver le Chancelier et lui demander des comptes à propos de ce qui s'était passé. Même si aucun mal n'avait été fait contre la jeune Jedi, l'Ordre ne tolérait pas que l'on s'en prenne à l'un des leurs.
Et il leur fallait aussi s'assurer que le dignitaire ne commettrait rien d'irrémédiable...
Sur leur chemin, ils s'attendaient à trouver les habituelles processions des adeptes du Pius Dea, visant à intimider les non humains ou à haranguer la foule par un prosélytisme actif et virulent. Mais ils brillaient cette fois par leur absence.
Pourtant, pas plus tard que ce matin, Zeri Baltwo les avait croisé sur son chemin lorsqu'elle était venue relever un de ses camarades Jedi devant la résidence même de Pers'lya.
-Maître Terka? Appela-t-elle.
-Oui, padawan?
-Il y a quelque chose d'étrange.
La sentant déconcertée, la twi lek se tourna finalement vers l'élève.
-Quoi donc?
-Ils ne sont plus là, maître.
Ri'ila sut évidemment à qui elle faisait allusion.
-Peut-être sont-ils occupés ailleurs.
-Ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle.
Le front de la twi lek se rida subitement sur cette remarque de la padawan qui était pertinente. Certains citoyens eux-mêmes semblaient s'étonner de cette disparition des fanatiques. Terka projeta ses perceptions au-delà de la rue.
Elle ne vacilla pas devant le fourmillement de ces milliards d'êtres qui peuplaient la planète capitale. Des gens aux préoccupations banales, malgré l'ambiance rendue pesante par l'influence grandissante de la secte.
Elle tenta de se concentrer sur quelque chose qui jurait avec ce tableau d'insouciance. Elle détecta bientôt quelque part sur Coruscant, une source d'attente, de détermination et de colère enfouie. Pour le moment, elle ne parvenait pas à la localiser précisément.
-Allons trouver Pers'lya. Le temps nous est compté.
Ils parvinrent à se rendre sans encombre à la résidence du dignitaire bothan. Les gardes en faction se décalèrent pour les arrêter mais y renoncèrent lorsque la twi lek posa la main sur la crosse de son sabre laser.
Suivie par Zeri, elle entra jusque dans le hall d'accueil où des malles et diverses valises étaient entreposées, chargées à bloc. Un duro supervisait ce qui ressemblait à un déménagement, donnant de brèves instructions à d'autres gardes bothan qui les transportaient.
Ri'ila reconnut le duro, comme étant Soth, le secrétaire de Pers'lya.
-Vous partez quelque part? Fit-elle pour attirer son attention.
Il sursauta tout comme certains félinoides qui dégrafèrent leur holster, pris au dépourvu.
-Ne tirez pas! Leur intima le duro.
Les deux Jedi restèrent immobiles pour ne pas les effrayer davantage. Finalement, les bothans se détendirent un peu tout en les observant avec méfiance.
-Que se passe-t-il ici? S'enquit la lorrdienne à son tour.
-Son Excellence m'a donné congé, avoua le duro.
-Où est le Chancelier Suprême? Reprit l'ancienne instructrice de Bekan Kalad. Nous devons nous entretenir avec lui.
Le duro crispa ses mains l'une dans l'autre, trahissant sa nervosité qui s'étalait sur sa figure sans relief.
-Il n'est plus ici et il ne m'a pas dit où il se rendait.
La twi lek le sonda dans la Force mais elle ne perçut aucun écho de duplicité. Le duro crut bon d'ajouter:
-Il m'a seulement demandé de quitter la capitale s'il ne revenait pas.
Les Jedi échangèrent un regard inquiet et remercièrent le duro avant de quitter les lieux. À peine avaient-ils regagné la rue qu'une perturbation agita leurs sens.
Une déflagration basse se propagea tout à coup dans l'atmosphère, quelque part depuis un quartier lointain de la Cité Galactique et cette onde de choc fut suivie d'un panache de fumée sombre qui s'éleva dans les cieux de Coruscant.
Quelques badauds s'en aperçurent et poussèrent des cris de surprise et d'effroi.
-Maître?
La twi lek étendit de nouveau sa conscience et elle perçut cette fois de la bestialité mêlée à de la haine et à de la terreur. Elle eut le pressentiment qu'elle trouverait Pers'lya là où venait de se déclencher l'explosion.
-Vite, padawan! Nous devons réquisitionner un véhicule!

Ils mirent plus d'une heure standard à arriver à l'épicentre des récents évènements et ils furent frappés par la présence de centaines d'habitants qui s'étaient groupés devant l'entrée du Parc Zohen. Les Jedi garèrent le landspeeder qu'ils avaient emprunté, loin de cet amas compact et en descendirent prestement, aiguillés par l'urgence. Pendant tout le trajet, ils avaient senti la Force se distordre, s’assécher lorsque des présences se mettaient à disparaître.
Les deux sensitives fendirent la foule en usant de la Force pour suggérer aux gens de s'écarter d'eux sans protester. Leur hâte traduisait leur crainte que le pire ne soit arrivé.
Lorsqu'ils atteignirent les premiers rangs, ils découvrirent le macabre spectacle. Des dizaines de corps de bothan étaient alignés, certains recouverts partiellement d'un drap, d'autres non. Les agents des forces de Sécurité de Coruscant circulaient entre les corps et repoussaient ceux ou celles qui montraient une curiosité trop envahissante.
-Reculez, s'il vous plait! Répétaient-ils régulièrement.
Les deux Jedi échangèrent un regard effaré et avisèrent une femme qui arborait le grade de sergent sur son épaulette.
-Excusez-moi, pouvez-nous dire ce qui s'est passé? Intervint la twi lek.
-Un règlement de compte entre gangs, lui répondit l'humaine coruscantie avec une froideur distante.
Zeri ne masqua pas sa perplexité car elle avait reconnu l'uniforme des gardes de sécurité qui accompagnaient Pers'lya.
Tout comme son maître, elle mettait en doute la bonne foi de l'agent.
Ri'ila Terka s'accroupit auprès d'un des cadavres frais qui fixait les cieux de la Cité Galactique d'un regard vide. Malgré les protestations de la sergent qui tentait de l'en dissuader.
-Vous ne pouvez pas rester ici, nous avons des enquêteurs sur place.
-Tant mieux pour vous, rétorqua sèchement la twi lek quadragénaire. Je vous suggère de nous laisser tranquillement tirer nos propres conclusions de ce qui s'est passé ici.
Zeri fut satisfaite de constater que la sous officier préféra s'éloigner tout en se mordant la lèvre de dépit. Elle la vit décrocher un comlink pour avertir son supérieur ou peut-être même un personnage haut placé.
Aucune des Jedi ne s'en préoccupa pour le moment.
La padawan s'abaissa à hauteur de sa supérieure. Cette dernière examinait l'état du bothan qui portait des traces de lésion sanglantes ou noircies.
-Qu'en penses-tu, padawan?
-Vu le nombre de ses blessures, il n'avait aucune chance d'en réchapper.
L'expression de maître Terka lui fit comprendre que ce n'était ce qu'elle souhaitait entendre.
-Mais encore?
-Plutôt étrange cette histoire de racailles d'un gang portant le même uniforme que les hommes de Pers'lya.
-Donc la question est: où est Pers'lya?
-Certainement dans le parc.
La twi lek se cala pour prolonger son regard droit vers l'allée principale, encombrée d'allées et venues d'agents et de médecins transportant d'autres corps de bothan pour les répertorier. Derrière elle, elle entendit une journaliste d'un média officiel – donc sous influence – déclamer d'un ton soporifique devant son micro et une holocam.
-D'après la première version confiée par les Forces de Sécurité, un règlement de compte aurait éclaté entre bande bothanes, certainement pour contrôler le trafic de glitterstim dont les saisies enregistrent une forte hausse depuis deux ans standard.
Elle désigna les marques de brûlure sur le sol, vestiges d'une explosion récente.
-Comme vous pouvez le constater, les combats ont été d'une extrême violence. Tout ceci pose évidemment la question de la grande tolérance des autorités à l'égard de certaines communautés non humaines attirées par l'appât du gain et la sauvagerie..
Le rôle de cette journaliste de pacotille était bien évidemment d'endormir le paisible citoyen sous des informations banales de faits divers sans intérêt teintées de remarques douteuses xénophobes. Mais les deux Jedi n'étaient pas dupes, la liberté de la presse était devenue depuis trop longtemps une illusion au service des influents, comme ceux des des Guildes Marchandes.
-Entrons dans le parc.
Les deux femmes s'engagèrent à l'intérieur du périmètre de sécurité déployé par les agents des forces de sécurité qui protestèrent en tentant de les arrêter. Ils avaient visiblement reçu des instructions très claires.
Aucun d'eux cependant ne se risqua à les freiner, par peur d'être privés d'une partie de leur anatomie. Ri'ila et la padawan dans son sillage croisèrent des cortèges macabres de cadavres transportés à bout de bras comme des conteneurs moisis.
Ils ignorèrent les regards surpris des policiers avant d'affronter l'hostilité muette de plusieurs hommes et femmes au crâne chauve, recouverts d'une toge pourpre ample, qui s'étaient rassemblés sous une grande arche.
Leurs murmures avaient cessé lorsqu'elles étaient apparues dans leur champ de vision. L'un d'eux se décala pour leur barrer le passage.
-Ce sanctuaire de la Déesse est interdit aux impurs!
Lentement, plusieurs adeptes du Pius Dea se déplacèrent pour envelopper les utilisatrices de la Force et les encercler.
-Nous sommes là pour enquêter avec l'autorisation des Forces de Sécurité. Veuillez vous écarter, demanda doucement mais fermement la twi lek.
La sensation de danger crut subitement dans la Force et Zeri devint nerveuse en observant que les adeptes avaient enfoui leur avant bras dans leurs manches larges. Certainement prêts à dégainer des vibrolames ou des blasters.
Le croyant auquel faisait face la maître Jedi saisit un comlink pour demander confirmation aux Forces de Sécurité postées à l'entrée du parc. Zeri sentit la tension électriser ses entrailles lorsqu'elle devina que le mensonge de maître Terka volerait en éclat avec ou sans suggestions mentales. L'adepte ne serait pas trompé durablement.
Les traits méfiants de celui-ci se convulsèrent subitement avant qu'il ne rangea vivement son appareil.
-Ces impures ont menti! S'écria-t-il d'une voix rocailleuse. Elles sont ici pour profaner le sanctuaire de la Déesse!
Il les désignait d'un index accusateur puis les vibrolames virent le jour, avant que les partisans de Contispex ne resserrèrent leur étau.
Instantanément les Jedi activèrent immédiatement leur sabre laser et se raidirent en position de défense.
-Maître? Fit Zeri.
-Dos à dos avec moi, padawan! Vite!
La jeune femme obéit et elle tenta de maîtriser sa peur devant les postures des adeptes fanatiques qui n'attendaient qu'une occasion de libérer la violence contenue en eux. Elle commençait à deviner ce qui avait pu advenir des bothan retrouvés morts dans le parc.
Ri'ila projeta des ondes de sérénité vers elle, parvenant à l'apaiser pour qu'elle puisse se concentrer sur le combat à venir.
Un adepte leva le bras pour porter un coup à Zeri lorsqu'une voix tonna au-dessus de leurs têtes:
-Arrêtez!
Une membre de la secte à la peau mate et aux traits insondables fendit les rangs de ses condisciples qui se mirent à protester:
-Ce sont des impures, Soeur Hyem! Nous devons les...
-Silence! Coupa-t-elle sèchement. Le Sage Suprême a donné des ordres très clairs concernant les Jedi. Y compris pour ceux qui ne sont pas humains.
Soeur Hyem paraissait bénéficier d'une influence non négligeable sur ses pairs qui se murèrent dans un mutisme respectueux.
-Que voulez-vous? Demanda-t-elle ensuite abruptement aux Jedi qui avaient baissé leur épée incandescente.
-Nous cherchons le Chancelier Suprême.
Elle n'arborait aucune surprise devant la question.
-Vous pouvez fouiller le parc à la recherche de cet impur, assura-t-il. Mais je peux vous certifier qu'il n'est pas ici.
Les deux utilisatrices de la Force échangèrent un regard dubitatif car elles ne détectaient aucune duplicité de sa part.
Ri'ila hocha finalement la tête.
-Je vous crois, concéda-t-elle finalement.
-Alors je vous prierais de quitter cet endroit sacré au plus vite.
Le ton était courtois mais non équivoque. Les indésirables ne souhaitaient pas mettre sa patience à l'épreuve, voilà pourquoi elles éteignirent et rangèrent leur arme. Hyem aboya de nouveau:
-Laissez-les passer!
Tous s'écartèrent devant elles sans cesser de les darder de regards haineux, pareil à des tirs de blaster. Les deux Jedi s'efforçèrent de les ignorer avec dignité, Zeri s'apercevant néanmoins que son maître concentrait l'intégralité de leur hostilité à cause de ses origines twi lek.
Elle respira beaucoup mieux après s'être extirpés de cette nasse étouffante et demanda peu après:
-Que faisait le Pius Dea, ici?
-C'est leur sanctuaire, padawan. Ils ont tout à fait le droit d'être chez eux, en quelque sorte.
-Certes mais j'ai l'impression qu'ils étaient ici pour empêcher les témoins d'approcher plus des cavernes. Pas vous?
La twi lek échangea finalement un sourire entendu avec elle.
-Je partage ton opinion, padawan. Toujours est-il que je suis certaine que Pers'lya n'est pas ici, ou du moins n'est plus ici.
-Comment en êtes-vous certaine?
-La Force, Zeri.
La lorrdienne ne put retenir un soupir alors qu'elles sortaient du parc.
-Ah bien sûr.
-Ne sois pas sarcastique, padawan.
-Pardon, maître.
Elles longeaient l'enceinte lorsqu'elles furent interpellées par une voix aiguë, celle d'une journaliste nautolan qui joua des coudes pour bousculer tous les spectateurs qui protestèrent en lui criant de faire attention.
-Attendez!
Les Jedi la laissèrent s'approcher puis l'holocam de la journaliste vint se placer au-dessus de sa tête, se tenant prêt à enregistrer.
-Bonjour, Helem Siki du Quotidien Galactique. Puis-je vous poser quelques questions?
À en juger par son initiative, elle n'appartenait pas aux grands médias officiels et paraissait travailler en toute indépendance. Une denrée rare en cette période troublée.
-Le temps nous est précieux, alors faites vite, l'autorisa maître Terka.
-Merci. Tout d'abord, êtes-vous venues ici pour enquêter?
-Nous n'avons pas été mandatées pour le faire, lui répondit sincèrement la twi lek. Nous avons seulement entendu une explosion depuis un autre quartier et nous avons accouru aussi vite que nous pouvions, pour offrir notre aide à ceux qui en auraient besoin.
-Avez-vous pu entrer dans le parc?
-Nous n'y avons rien découvert rien d'intéressant, avoua-t-elle.
-Avez-vous néanmoins une idée de ce qui a pu se passer?
-La version officielle qui attend confirmation, soutient la thèse d'un règlement de compte entre gang bothans.
La nautolan insista.
-Soutenez-vous cette version?
-Nous n'avons pas assez d'éléments concrets en notre possession pour en juger.
La journaliste semblait ne pas vouloir lâcher prise aussi facilement. D'un certain point de vue, Zeri appréciait sa ténacité.
-Les Jedi ont la réputation de posséder un sixième sens, fit remarquer la reporter.
La twi lek décida d'abréger l'interview.
-Nous ne ferons pas d'autres commentaires, merci de votre venue.
Ri'ila Terka s'écarta de la nautolan qui lui lança dans le dos:
-Les gens s'interrogent sur le silence des Jedi concernant les récents évènements tragiques. Doivent-ils en déduire que vous soutenez le Pius Dea?
La question était provocante et Zeri céda de façon prévisible, outrée.
-Comment osez-vous...
-Silence, padawan.
La jeune femme se mura sur le ton autoritaire de son aînée qui lui fit signe de se ranger à sa hauteur, avant de répondre.
-Quelque soient les évènements et les conclusions à en tirer, l'Ordre Jedi restera assujetti aux décisions du Haut Conseil.
-Et quelle est donc la position du Haut Conseil Jedi? Interrogea la nautolan.
Zeri admirait le calme de sa supérieure.
-Le Haut Conseil désavoue la doctrine du Pius Dea, contraire aux principes démocratiques sur lesquels ont été fondées les institutions de la République. Mais il est bien plus préoccupé par la crise politique avec Alsakan.
-Pourquoi les Jedi semblent aussi fébriles sur cette question? Selon les témoignages de plusieurs habitants et malgré l'inaction des forces de sécurité et des autorités politiques, il est pourtant avéré que la secte a une responsabilité directe sur les troubles récents, notamment sur la récente tentative d'assassinat du Chancelier Pers'lya devant le siège du Sénat. Vous ne pensez pas qu'ils sont une menace?
-Nous ne ferons pas d'autre commentaires. Bonne journée, lui souhaita Ri'ila qui emmena Zeri par l'épaule loin du Parc.
La nautolan voulut leur emboîter le pas, bien décidée à obtenir une réponse moins équivoque. La lorrdienne se retourna et leva alors la paume dans sa direction. Un mur invisible flanqua tout à coup la journaliste au sol, ce qui permit aux Jedi de s'engager dans une ruelle discrète. Elles ralentirent ensuite, certaines de ne pas être suivies.
-Où allons-nous, maître? Demanda l'apprentie.
Sans répondre, la twi lek ouvrit de nouveau sa conscience autour d'elle. Elle ignora les milliards d'étincelles de vie qui resplendissaient dans la Force, les flux d'émotions qui tourbillonnaient en un maelstrom incontrôlable, les miasmes glacés et froids des automates, des machines et des vaisseaux qui emplissaient le ciel de la capitale et ses couloirs de circulation.
Elle ignora tout cela pour se concentrer sur la signature de Pers'lya quand elle avait appris à discerner au plus fort de l'amitié lorsqu'il avait débarqué de Bothawui pour s'investir dans la plus grande arène politique galactique.
Elle s'immergea plus profondément dans la Force, pour saisir ce fil invisible et ténu. Ténu, comme s'il était sur le point de s'effacer. Avec son esprit, elle s'en empara fermement pour ne pas le laisser glisser entre les mailles du filet.
Et la Force lui montra ce qui arrivait à quelques pâtés de maison de leur position.
Deux individus encapuchonnés arborant un sinistre masque mortuaire traînaient par les aisselles un bothan vêtu d'un manteau large, qui n'était plus capable de se tenir sur ses appuis. Le félinoide semblait somnoler, réagissant à peine à la façon dont il était traité. Sans ménagement, ses bourreaux le placèrent au milieu de la chaussée, devant des dizaines de piétons et de conducteurs de landspeeder qui assistaient à la scène, choqués.
Tous virent le bothan jeté à même le permabéton, demeurant étendu sans pouvoir se relever. Les deux individus masqués s'éloignèrent en marchant vite, bénéficiant d'une impunité certaine. Ils ne craignaient pas que quelqu'un puisse s'en prendre à eux.
Zeri qui ne cessait de guetter les traits de son aînée, vit subitement son teint se décolorer sous le coup de l'émotion.
-Maître?
Ri'ila accrocha son regard.
-Suis-moi, vite!
Ils se mirent à courir, empruntant d'abord la première rue sur leur droite puis celle à leur gauche. En quelques minutes, ils arpentèrent le quartier de long en large, jusqu'à trouver ce qu'ils cherchaient. Ce qui les frappa fut le cordon de sécurité déployé par des agents locaux. Ceux-ci tentaient de chasser les résidents humains et non humains qui voulaient s'approcher, poussés par la curiosité.
-Allons, ne restez pas là! Circulez!
Les deux Jedi distinguaient le corps inerte d'un bothan derrière leurs silhouettes. Ri'ila perçut le souffle de vie qui en émanait encore.
Sans hésiter, la twi lek se dirigea vers le champ de force déployé par les policiers dont l'un d'eux tenta de s'interposer.
-Madame, veuillez reculer!
-Je suis une Jedi et cette affaire me concerne, répondit-elle.
Le jeune humain athlétique blond voulut la repousser doucement mais elle agita les doigts et l'air se comprima autour de lui, le projetant loin en arrière à quelques mètres d'elle. Immédiatement, ses coéquipiers portèrent la main à leur holster, prêts à dégainer.
Le sifflement redoutable d'une lame de pure énergie déployée par Zeri les en dissuada. La jeune lorrdienne les défiait d'un air farouche, pour leur faire comprendre qu'ils n'avaient aucun intérêt à gêner deux Jedi, quelque soit leur allégeance.
Ils échangèrent des regards hésitants après qu'elle leur ait asséné:
-Restez tranquilles et il n'y aura pas d'amputation.
Certaine que la padawan de Maître Wadu avait la situation bien en main, la membre du Haut Conseil s'approcha et se pencha au-dessus du bothan dont la poitrine continuait de se soulever à un rythme de moins en moins saccadé.
Le félinoide n'en avait plus pour longtemps. Celui-ci ouvrit les yeux et accorda un pâle sourire à sa vieille confidente dont il avait été distant ces derniers temps.
-Ah, Ri'ila.
Sa voix douce presque mélodieuse pour un condamné qui ne tarderait pas à sombrer dans les bras de la mort, arracha une larme de tristesse à la twi lek.
-J'aurais préféré que notre entrevue se déroule autrement, Pers'lya.
-Moi aussi, tendre amie.
Elle lui serra la main et frissonna lorsqu'elle sentit la mollesse de son étreinte. Elle invoqua la Force pour établir un diagnostic de son état. Elle avait remarqué sa blessure ensanglantée au poignet mais savait que ce n'était pas ce qui était en train de le tuer.
-Vous avez été empoisonné, finit-elle par déduire.
Il hocha imperceptiblement la tête.
-Qui vous a fait ça?
Il parvint à lui souffler dans un râle d'agonie.
-Vous... connaissez... la réponse.
Sa respiration devenait sifflante et elle l'observa en train de rassembler ses dernières forces.
-J'ai commis... trop d'erreurs...
-Vous êtes pardonné, Chancelier.
Le rire qui l'agita lui redonna un gain d'énergie.
-Ah vous êtes bien la seule à pouvoir me pardonner, Ri'ila. Tout est... de ma faute.
Elle posa la main sur sa poitrine et transmit les flux de la Force pour soutenir son rythme cardiaque. Un effort qu'elle savait insuffisant.
-Allez en paix, lui confia-t-elle.
Les doigts griffus du bothan s’enfoncèrent dans le poignet de la twi lek qui croisa son regard. Là où brillait l'intensité de quelqu'un déterminé à voir un voeu exaucé.
-Sauvez... la République... des démons.
Sa main retomba sur le sol et la vitalité de la vie s'éteignit dans ses prunelles. Les yeux de Ri'ila se levèrent vers les cieux insouciants de Coruscant. Cherchait-elle un signe favorable?
-Nous le ferons quand la Force jugera le moment venu.
Elle savait pourtant qu'il ne pouvait plus l'entendre. Elle avait tout de même émis cette réponse comme procurer la paix à sa propre conscience.
Sa jeune compagne se rapprocha d'elle.
-Maître Terka, que faisons-nous?
La twi lek continuait de fixer les traits rigides du bothan qui avait présidé la destinée de la République et l'avait mené au bord du précipice politique. Un être enferrée dans la politique et qui n'avait réalisé que trop tard le démon qu'il avait engendré.
Elle se remit sur ses appuis et étudia sa padawan.
-Nous allons ramener son corps à l'ambassade de Bothawui, ordonna-t-elle, pour qu'il soit rendu à son clan. C'est la moindre des choses qu'on puisse faire pour lui.
L'officier qui commandait la section des forces de sécurité s'aventura de quelque pas lorsqu'il la surprit soulevant le corps de sa télékinésie.
-Madame, nous ne pouvons pas vous le laisser l'emporter.
Les deux Jedi le considérèrent avec une dureté effrayante.
-Nous savons très bien qui vous servez réellement, capitaine, et ce n'est ni la République ni les citoyens. Je vous recommande vivement de ne pas mettre notre patience à l'épreuve. Ou il vous en coutera bien plus qu'une amputation de votre anatomie.
Ri'ila Terka s'était assuré que ses mots avaient porté jusqu'à la foule spectatrice. Personne ne se mit en travers de leur chemin lorsqu'elles soulevèrent le corps du bothan pour l'escorter hors du quartier.

Voilà j'espère que cela vous a plu! le rideau tombe sur notre pauvre bothan :cry: ! Tenez je vous offre des kleenex pour l'occasion :transpire: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 02 avril 2019, 23:11

Salut,
c'est un très bon passage. J'ai été ravi de retrouver des jedi, qui savent en imposer qui plus est. Que la Force soit avec Pers'Lya. :cry:
Tes deux phrases
Elle s'était même excusée auprès de l'apprentie de maître Wadu de lui avoir fait courir de tels risques. Avant de l'inviter peu après à la suivre pour retrouver le Chancelier et lui demander des comptes à propos de ce qui s'était passé.
m'ont fait m'interroger sur la place du "avant"et du ".".
Je m'explique:
en fait c'est le point précédent le "Avant" qui m'interpelle. en te lisant je comprend logiquement que Ri'ila s'est excusée auprès de Zeri puis l'a invité à la suivre pour retrouver le chancelier.
Mais si je ne me fie qu'à la seule ponctuation, en l’occurrence ce fameux point, je pense lire à la fin de la 2° phrase une autre action de Ri'ila initiée avant qu'elle invite Zeri à la suivre , car tu commence une phrase avec un "Avant".
Voilà c'est tout, je ne sais pas si tu as bien compris ce que je voulais dire. Je reconnais que je pinaille. Ce que tu as écris est juste, mais je n'ai pas l'habitude de le voir, aussi je te demande ton point de vue.
Rien à dire sur tout le reste, c'est bien écrit et c'est une bonne histoire :D
J'attend la suite. ;)
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 03 avril 2019, 13:08

Salut, merci pour le retour ;) !

Alors pour ce Avant..., disons que j'aurais pu mettre une virgule à la place du point effectivement. Mais j'ai préféré scinder en deux phrases pour garder un rythme soutenu.

Voilà :roll: !

Allez à la prochaine pour la suite!

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 07 avril 2019, 16:15

Bonjour, je vous publie la suite ;) !

Helem Siki rongeait son frein au pied de l'immeuble qui abritait la résidence des Contispex. Elle se pencha alors vers son holocam pour la bricoler et s'assurer que son outil de retransmission serait parfaitement opérationnel.
Elle sortit ensuite une télécommande et pianota dessus fébrilement. L'holocam s'anima, lévita au-dessus de sa propriétaire nautolan puis bondit à droite, à gauche, prit de l'altitude et s'abaissa au niveau du visage de la journaliste.
Concentrée sur ses manœuvres, elle ne se laissait pas distraire par les conversations de ses autres confrères pour la plupart humains qui appartenaient aux grands médias coruscantis traditionnels, propriété des Guildes Marchandes.
Corporation commerciale à laquelle appartenait un certain sénateur de Coruscant. Elle brandit le micro devant elle et vérifia que le son portait. Son matériel était sommaire mais suffisant. Aucun de ses autres confrères locaux ne prenait soin de la considérer, ils étaient trop occupés d'exhiber de bien plus plus grandes caméras standard et des perches à micro maniées par des binômes voire des trinômes.
Helem Siki ne bénéficiait pas d'autant de moyens que ses honorables collègues mais cela la motivait d'autant plus de continuer à faire son travail. Cela lui permettait de montrer à ceux qui la suivaient son authenticité.
Elle déplia une feuille de flimsi qu'elle avait reçu de la direction, l'informant que le Sénateur Julius Contispex souhaitait faire une déclaration importante à la presse, suite au décès brutal du Chancelier Pers'lya.
Cette annonce avait appâté l'ensemble de la presse comme une meute de chiens Akk affamés. Cette meute s'était groupée, étalée sur le trottoir de l'autre coté de la chaussée, face au cordon de sécurité déployé par des membres des Forces de Sécurité. Helem se doutait que le sénateur ne voulait la présence d'aucun adepte de la secte auquel lui-même appartenait pourtant.
Pour l'occasion, il se devait sans doute de présenter une image lisse et sans tache à l'ensemble de ses concitoyens, pour acquérir le plus large soutien possible de la population. Une tactique classique de politicien.
Alors qu'elle sentait monter l'impatience de ses confrères, alors que le soleil commençait à décliner et à disparaître derrière les nuages bas et les silhouettes des hautes tours de ce quartier huppé, la nautolan repéra à quelques mètres de là un groupe de non humains au nombre d'une douzaine, composé de de cathars, de nosauriens, de herglics, entre autres.
La dizaine de tentacules crâniens s'agita sur ses épaules lorsqu'elle pressentit que cet attroupement n'était pas une coïncidence. Voilà qui promettait d'être intéressant.
Ses autres confrères ne paraissaient pas les avoir remarqués. Helem se tourna vers son holocam et lâcha:
-Connexion.
Son engin sphérique s'anima tout à coup, flottant au-dessus de sa tête, le photorécepteur se réveillant et pivotant dans tous les angles possibles. Elle vérifia l'état de son micro une dernière fois et le brandit devant son menton.
-Activation traduction.
Sans hésiter, elle se détacha de l'espace réservé à la presse pour se porter à la rencontre des non humains. Elle ne se laissa pas déconcerter par leurs traits fermés et distants lorsqu'elle attira leur attention.
-Bonsoir, leur lança-t-elle. Helem Siki, du Quotidien Galactique. Puis-je vous poser quelques questions?
À sa présentation, un jeune cathar réagit favorablement et vint à sa rencontre pour lui serrer la main. La poigne du félinoide trapu et de taille moyenne, vêtu d'un pantalon en cuir, d'une chemise de bonne facture et de bottes de même qualité, était à la fois ferme et souple.
Son pelage roux resplendissait et contribuait sans doute à la puissance de son charisme qui rejaillissait sur ses camarades.
-Je connais votre journal et j'apprécie beaucoup les reportages que vous faites. Notamment celui que vous avez mené dans le secteur Zerek, il y a quelques jours.
-Ravi de savoir que mon travail est apprécié.
Surtout qu'on a échappé de justesse en pleine nuit à des fanatiques xénophobes qui ne vous considèrent pas mieux que de la vermine, pensa-t-elle.
-Êtes-vous venus écouter le discours du sénateur?
-Pas vraiment, trancha le cathar. Nous sommes ici pour faire entendre nos droits.
-Vous auriez pu vous rendre devant le domicile d'un autre sénateur.
Le cathar émit un rire cassant.
-Nous sommes ici car le sénateur Contispex s'est montré le plus virulent à l'encontre des communautés non humaines, nous accusant d'être responsables de tous les maux de la République ou presque.
Un herglic s'avança à la hauteur du cathar et beugla.
-Nous sommes ici pour défendre la démocratie et notre dignité contre le fascisme et le racisme!
Un wookie rugit dans son dialecte natal, effrayant la nautolan sans le faire exprès. Elle eut assez de maîtrise pour rester professionnelle et impavide. Le natif de Kashyyk exprimait son indignation sur des faits graves s'étant déroulé devant l'université dans laquelle tous ces jeunes non humains bigarrés étudiaient.
-Racontez-moi ce qui s'est passé, leur demanda-t-elle.
Tous s'écartèrent à l'intention d'un couple de nosauriens, un mâle soutenant sa compagne par les épaules. Celle-ci laissait pendre son bras gauche entouré d'une attelle de duracier.
Les nosauriens étaient des reptiloides trapus ne dépassant pas un mètre quarante, originaires d'un monde isolé du Noyau, appelé Neo Plympto. Leur peau arborait une teinte plutôt sombre brune et leur crâne large se distinguait par des excroissances crâniennes déployés en collerette de la tempe jusqu'à la nuque.
La nautolane remarqua les traces sombres qui parsemaient ses joues. Elle semblait avoir subi un passage à tabac. Elle orienta alors l'holocam au-dessus de la nosaurienne.
-Cela s'est passé avant hier soir, après le dernier cours magistral de la journée, expliqua son congénère. Nos amis étaient sortis plus tôt et nous avions prévu de les rejoindre pour boire un verre tout près du Sénat.
-Ils nous ont attaqué alors que nous étions presque arrivés, poursuivit son amie d'une voix tremblante, visiblement encore sous le choc.
-Cela a commencé par des insultes. Vermine non humaine, sales impurs, bande de dégénérés... puis les choses ont très vite mal tourné.
Il la serra un peu plus contre lui lorsqu'elle se mit à sangloter.
-Ils l'ont ciblé surtout elle, j'ai fait ce que j'ai pu pour la protéger. Heureusement que nos amis ont été alertés par nos cris et ont pu intervenir pour les disperser.
-Les disperser... Vous avez identifié les agresseurs?
Le nosaurien jeta un regard méfiant par dessus l'épaule de la nautolan.
-C'étaient cinq humains chauves, habillés en toge rouge, avoua-t-il après une longue hésitation.
-Le Pius Dea, déclara le cathar.
Cette fois, ses traits amicaux exprimaient clairement du ressentiment. Son regard trahissait l'impatience de quelqu'un qui avait vu trop d'injustices se produire sous son nez sans réagir. Trop d'injustices...
-Ce qui s'est passé et tout ce qui se passe contre les non humains ou les humains qui nous défendent, ne peut plus être toléré. C'est pour cela que nous sommes ici.
-Qu'avez-vous exactement l'intention de faire?
-Nous allons nous faire entendre.
Voilà une réponse qui se révélait être à la fois claire et ambiguë. Ce jeune cathar semblait être quelqu'un de calme, mais cela ne pouvait être qu'une apparence. Elle en saurait plus bientôt, elle en était certaine.
Les nanoréverbères de part et d'autre de la chaussée, s'illuminèrent tout à coup pour éclairer la rue plongée dans la nuit. Puis des cris résonnèrent:
-Le voilà! Le voilà!
La meute des journalistes s'ébranla tout à coup pour traverser la rue, n'hésitant pas à bloquer brutalement le trafic des landspeeders dont les chauffeurs vindicatifs se mirent à klaxonner. L'objet de toute leur attention venait apparaître sur le trottoir.
Julius Contispex, sa femme Linza et leur fils Ethan furent bientôt encerclés, le cordon des Forces de sécurité se resserrant pour prévenir tout débordement. Le garçon s'accrocha au poignet de sa mère, effrayé par ces excités qui hurlaient:
-Sénateur! Par ici!
-Sénateur, une image s'il vous plait!
Ces gens hystériques se comportaient comme des charognards affamés, brandissant caméras et micros et s'invectivant à outrance:
-Eh, poussez-vous! Je ne vois rien!
-Vous m'avez marché sur le pied!
-Attention à votre perche, j'ai failli la prendre dans l’œil, espèce d'idiot!
Linza glissa quelques mots à son fils intimidé, qui cligna des paupières sous l'effet des flash et des lumières dansantes, pareilles à des lucioles enfiévrées.
-Ne t'inquiète pas, ils ne vont pas te mordre.
-Oui, maman.
Helem Siki considéra ce spectacle qu'elle jugeait navrant. Ses confrères avides de se prosterner aux pieds de Contispex lui inspiraient la pitié autant que le mépris. Ce n'était pas sa vision du journalisme, cela ne le deviendrait jamais.
Elle croisa le regard du cathar qui éprouvait le même sentiment.
-Quel est votre nom? Lui demanda-t-elle.
-Thrag.
-Bonne chance, lui souhaita-t-elle avec un sourire amical. Faites attention à vous.
-Vous aussi, Helem.
Elle s'éloigna pour rejoindre la meute tandis que le cathar se tourna vers ses compagnons pour leur donner des instructions.
Lorsque les autres journalistes s'assagirent un peu, l'un d'eux en profita pour se lancer:
-Sénateur, comment réagissez-vous à l'annonce officielle du décès du Chef d'Etat Pers'lya par les Forces de Sécurité?
L'intéressé arbora tout à coup une expression grave.
-C'est une fin malheureuse pour quelqu'un qui occupait la plus haute fonction au sommet de notre République chère à nos cœurs. Nous souhaitons adresser nos condoléances les plus sincères à ses proches.
La nautolan reconnaissait qu'il jouait très bien la comédie et sa femme n'était pas en reste d'ailleurs. Du coin de l’œil, elle vit le cathar et les autres non humains se rapprocher. Leurs traits suintaient un mélange de tension et de détermination.
Julius tenait à la main un morceau de flimsi dont il consultait par intermittence le contenu.
-Mais en ces temps difficiles, nous nous devons de préparer l'avenir de la République et de tirer des leçons des erreurs commises par nos prédécesseurs. J'estime être prêt à assumer cette lourde charge et c'est pourquoi je déposerai demain ma candidature au poste de Chancelier Suprême à la chambre d'enregistrement du Sénat.
Helem frissonna lorsqu'elle fut persuadée d'avoir bien entendu ce qu'elle venait d'écouter. Elle eut le pressentiment d'un lien de cause à effet entre la mort de Pers'lya et l'annonce de la candidature de Contispex à son poste.
Ses appendices crâniens s'agitèrent de plus belle.
-Si vous êtes élu Chancelier de la République, Sénateur, quel sera votre programme?
La nautolan devina le sourire du coruscanti qui se trouvait en terrain familier.
-Mon premier acte fort sera de résoudre cette grave crise avec Alsakan, qui menace de paralyser nos échanges commerciaux internes et notre économie.
-Poursuivrez-vous les négociations entamées par le défunt Chef d'Etat?
-Nous continuerons de privilégier le dialogue sans faire preuve de faiblesse coupable qui nous mettrait dans une position plus précaire.
La critique sous entendue de la politique extérieure de Pers'lya n'échappa à personne, du moins aux esprits les plus vifs comme Helem.
-Après la résolution de cette crise, nous redonnerons confiance aux citoyens de la République en la fiabilité de notre système. Je m'engage à mettre fin à la corruption généralisée au sein du Sénat et dans les autres administrations afin que tous puissent accéder à un meilleur statut qu'ils ne possèdent actuellement.
Des résidents, tous humains, sortirent de leur domicile poussés par la curiosité devant ce rassemblement impromptu. Si certains restaient à l'écart, gênés par la présence d'un politicien dont ils ne partageaient pas les idées surtout concernant les non humains, d'autres s'enhardirent en applaudissant des deux mains.
-Vive Contispex, vive l'ami des peuples!
-Vive Contispex, à bas les corrompus! À bas Pers'lya! Pas de non humains chez nous!
Helem étudia de nouveau le groupe mené par Thrag qui décida d'ignorer royalement les clameurs de ces sympathisants humanocentristes.
Quelques caméras se tournèrent dans leur direction mais la plupart demeuraient braquées sur le candidat toujours impavide.
-Nous ferons de la République un paradis où chacun trouvera sa place, à partir du moment où chacun se montrera ouvert aux valeurs de probité que nous nous efforcerons d'inculper à tous.
-Imposteur!


Le mot tomba comme la foudre et interrompit net le discours du Sénateur qui coula un regard stupéfait vers le cathar et ses amis qui brandissaient un poing de protestation. Visiblement Contispex était un homme habitué à être craint et non habitué à être défié ainsi publiquement par le premier venu.
Helem était curieuse de voir comment il allait réagir.
-Vous ne tromperez personne avec vos faux discours et vos soit disant mains tendues. Ne faites pas comme si vous n'aviez jamais tenu de discours ciblant les non humains indistinctement! S'écria Thrag avec passion.
Ses camarades laissèrent passer le couple de nosauriens, dont celle qui avait été l'objet d'une violente agression. Le cathar montra alors le bras entouré de l'attelle.
-Voilà le résultat de vos vindictes contre nos communautés! Le mépris, les insultes, la haine et la violence! Ce n'est pas la République dans laquelle nous voulons vivre!
Le cathar s'interrompit pour laisser une occasion à Contispex de se défendre, sans doute par courtoisie. L'instant de surprise passé, le sénateur et sa femme avaient gardé une contenance digne. Seul leur fils Ethan semblait troublé, presque effrayé.
Quelques objectifs de caméra se rapprochèrent de son visage enfantin. Ces images serviront sans doute d'appui à la campagne de son père.
Thrag était courageux mais il avait oublié que la politique se jouait sur l'interprétation des actes et non sur les actes eux-mêmes. Contispex trouverait le moyen de se faire passer pour la victime quelque soit l'issue de cette confrontation.
Quelques agents des Forces de Sécurité avaient saisi leur comlink pour demander des renforts supplémentaires et éviter que la situation ne dégénère.
-Jeune homme, commença à répondre calmement Julius, le moment n'est guère approprié. Mais je suis prêt à en débattre très bientôt si vous voulez bien prendre rendez-vous...
-Non, vous n'allez pas vous en tirer comme ça! Nous sommes ici pour vous rappeler que toute la République ne vous soutient pas!
Quelques huées furent lancées depuis les balcons, par les mêmes qui applaudissaient le sénateur peu de temps avant.
-Dehors la racaille! On ne veut pas d'aliens chez nous!
-Hors d'ici la vermine!
-Contispex nous débarrassera de vous et vous mettra au pas!
Inutile de préciser que ces aimables interpellations provenaient exclusivement des humains et furent bientôt reprises par d'autres humains sorti dans les rues. Ceux-ci se groupaient de l'autre coté du cordon de sécurité des Forces de Sécurité et cherchaient à s'infiltrer dans les rangs des journalistes pour atteindre leurs antagonistes.
La situation allait dégénérer et le sénateur en tirerait profit.
N'y tenant plus, Thrag riposta devant les clameurs hostiles.
-Nous avons autant de place dans la République depuis sa création que les humains. Nous en faisons partie, que vous l'acceptiez ou non!
Il leva le poing haut dans le ciel, aussitôt imité par ses autres camarades.
-Le fascisme et le racisme ne passeront pas! Nous avons les mêmes droits que les humains, nous sommes des citoyens de la République! Vive la fraternité entre les peuples!
Et bientôt ses camarades reprirent en chœur:
-Le fascisme ne passera pas! À bas Contispex!
Les huées redoublèrent pour recouvrir leurs cris.
-Dehors la vermine!
-Retournez dans vos marécages puants qui vous servent de bidonvilles!
-Vive Contispex! Contispex Chancelier, Contispex Chancelier!
Le herglic fendit les rangs et adressa des gestes injurieux pour provoquer les humanocentristes. Dans les poings de ceux-ci apparurent subitement des projectiles. Sans perdre de temps, Helem porta de nouveau son micro aux lèvres.
-Ici, Helem Siki du Quotidien Galactique. Le discours de candidature du Sénateur Contispex au poste de Chancelier Suprême vient d'être interrompu par des activistes venus défendre la cause des communautés non humaines de Coruscant. La situation dans le quartier est en train de se tendre car des résidents humains considèrent leur venue comme une intrusion inadmissible. Parmi eux, des partisans des idées du sénateur Contispex se font entendre.
Il lui fallait rester impartiale dans la mesure du possible tandis que l'holocam qui la filmait s'éleva tout à coup pour survoler le groupe d'humains à l'hostilité palpable. Ceux-ci se massaient vers les non humains et l'angoisse des journalistes qui s'intercalaient entre les deux groupes augmentait sensiblement.
Helem partageait ce sentiment, la crainte d'être bientôt prise entre deux feux.
-La tension et les différents sont tels que la situation est sur le point de dégénérer...
-Prenez ça, raclure d'alien!
Un jeune humain brun aux traits tordus par la haine xénophobe se cabra en arrière et projeta un morceau de permabéton vers les non humains qui s'arc boutèrent pour éviter d'être touchés. Bientôt une pluie de gravats plut aussitôt dans leur direction et certains des débris atterrirent parmi les journalistes. Dont Helem qui continuait de décrire ce qui se passait.
-Des projectiles sont lancés contre les manifestants non humains, qui tentent de les éviter comme ils peuvent! Il n'y a plus qu'à prier pour que les Forces de Sécurité interviennent efficacement.
Les journalistes dont Helem refluèrent rapidement vers l'immeuble de Contispex tandis que les policiers continuaient d'appeler des renforts.
La scène sur la chaussée tourna alors à la bataille rangée. Le herglic et le wookie s’avancèrent et ils subirent alors la plupart des assauts. La nautolan vit les chauffeurs de landspeeder tenter de faire demi tour pour fuir cette échauffourée au plus vite.
Un rugissement puissant traversa alors l'air et le wookie s'abaissa pour arracher un banc en bois de son socle. Le natif de Kashyyk ne supportait plus d'être pris pour cible et il tenait à rendre la pareille. Voyant cela, Thrag voulut l'arrêter alors que lui-même tentait de renvoyer les projectiles vers leurs expéditeurs.
-Livbacca, non!
Son cri se perdit et l'attaque des humanocentristes cessa un instant, ces derniers bondissant pour se mettre hors de portée de la fureur du wookie. L'un d'eux ne fut cependant pas assez rapide, une femme trapue dont les yeux s'agrandirent d'effarement.
Elle se décala trop lentement et glapit de douleur lorsque le banc tordu fracassa en miettes sa jambe gauche. Deux autres l'extirpèrent rapidement tandis que Thrag bondissait devant son camarade wookie pour l'agripper et le retenir au risque de subir une commotion cérébrale.
Son groupe comptait de nombreux blessés, lui-même arborait des entailles au visage alors que ses vêtements affichaient un état déplorable.
À cet instant, des agents vêtus de protections anti émeutes surgirent en trombe des deux cotés de la rue, contournèrent les deux groupes et les encerclèrent pour les contenir. Les non humains menés par Thrag les laissèrent les évacuer tandis que les autres extrémistes humains ne se montrèrent pas aussi coopératifs.
Ils tentèrent de forcer le barrage compact pour continuer d'en découdre mais ils furent repoussés à coups de vibro matraques et de gaz lacrymogène. L'un d'eux protesta alors:
-Pourquoi êtes-vous complices de la racaille?
Les agents demeuraient placides, se contentant de leur répéter de rester en arrière.
-Une compagnie entière anti émeute a pris position dans la rue, poursuivit Helem. La situation est sous contrôle et les non humains sont maintenant escortés en sécurité jusqu'aux limites de ce quartier. Nous allons maintenant tenter d'interviewer le sénateur Contispex, pour en savoir plus sur l'avenir de la République.
Toujours accompagnée de son holocam, Helem se fraya un chemin pour arriver aux premières loges. Les autres journalistes continuaient de filmer la rue et le déploiement des agents des Forces de Sécurité, ce qui lui offrait un avantage.
-Sénateur Contispex! Héla-t-elle. Helem Siki du Quotidien Galactique, pouvons-nous vous poser quelques questions?
Immédiatement elle concentra l'attention de tous ses confrères et du principal intéressé qui lui accorda un sourire courtois.
-Allez-y, madame.
-Merci, Sénateur. Tout d'abord, avant d'être interrompu, vous avez déclaré vouloir faire de la République un paradis où chacun pourra trouver sa juste place, à partir du moment où chacun se montrera ouvert aux valeurs de probité que vous vous efforceriez d'inculper à tous. Cela signifie que vous n'hésiterez pas à prendre des mesures coercitives et arbitraires contre les individus ou les communautés qui ne se conformeraient pas à vos valeurs de probité?
Cette fois, le sourire du coruscanti et candidat officiel à la chancellerie s'évapora pour laisser place à un masque distant. Certainement surpris par cette question osée.
-Si je suis élu Chancelier très prochainement, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour tirer les leçons des erreurs passées. Si la République est tombée aussi bas aujourd'hui, c'est à cause de ce laxisme dont les représentants du peuple ont fait preuve depuis trop longtemps. Nous devons retrouver le sens de l'intérêt général et ceux qui volent les honnêtes citoyens doivent s'en aller.
Il avait parlé de plus en plus fort jusqu' à être acclamé par ses soutiens qui crièrent.
-Il a raison! Il a raison! Vive Contispex! Vive Contispex! Dehors les voleurs, dehors les escrocs! À bas la vermine!
-Sénateur Contispex, dans nombre de vos discours prononcés dans la Chambre du Sénat, vous avez insisté sur la dangerosité de certains non humains. Confirmez-vous vos positions encore une fois ce soir? Interrogea la nautolan.
Cette fois l'intéressé lui darda un regard étrangement intense, comme s'il prenait conscience que c'était une non humaine à qui il s'adressait. Une inquiétante lueur venimeuse brillait dans ses iris, dévoilant en partie de l'homme qu'il était réellement.
-Je ne ferais pas d'autres commentaires, éluda-t-il.
-Et sur ce qui s'est passé au Parc Zohen? Cela a-t-il un rapport avec la mort de Pers'lya, qui vous profite?
-Sans commentaire.
Il se détourna pour rentrer avec sa femme et son fils dans l'immeuble, ignorant les suppliques des autres journalistes.
-Sénateur, attendez! Un commentaire sur ce qui vient de se passer? Quelle est votre réaction devant les accusations des activistes non humains?
-Encore une question, Sénateur!
Helem les vit disparaître par la grande porte et les autres journalistes qui espéraient arracher les ultimes images de la famille controversée poussèrent des grognements déçus. Elle rendit l'antenne tout comme eux et rangea son holocam dans l'étui à sa ceinture.
Elle ne nourrissait aucune illusion sur ce qui venait de se passer. Tous les autres médias couperaient certaines images au montage, et ne montreraient que celles qui arrangeraient l'image de Contispex. Le média pour lequel elle travaillait ne s'abaisserait jamais à une telle extrémité, évidemment. Mais cela ne suffirait jamais à contrecarrer les ambitions d'un homme.
Elle s'était assez attardée longtemps ici.
-Par ici, madame.
Des agents l'entourèrent pour la protéger des activistes humanocentristes encore présents dans la rue et l'escorter hors du quartier en toute sécurité.

Voilà, désolé pour cet extrait un peu long! J'espère que cela vous aura plu et je vous remercie encore de votre fidélité :jap: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par Ephasten » 08 avril 2019, 17:36

Salut,
merci pour ta réponse précédente, je comprend mieux.
Ce dernier passage est très bien. La conjonction des thèmes journalisme, racisme, fascisme, rend le texte très actuel. Petite réflexion sociétale en somme.
Rien à dire sur le style: impec ;)
Mais qui arrêtera donc ce méchant maléfique manipulateur :?:
"Tu apprendras que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue." Obi Wan Kenobi.

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 09 avril 2019, 13:02

Merci pour le retour ;) !
Ephasten a écrit :
08 avril 2019, 17:36
merci pour ta réponse précédente, je comprend mieux
De rien 8-) .
Ephasten a écrit :
08 avril 2019, 17:36

Ce dernier passage est très bien. La conjonction des thèmes journalisme, racisme, fascisme, rend le texte très actuel. Petite réflexion sociétale en somme.
je m'inspire pas mal de l'actualité et de certaines périodes du XXème siècle, je l'avoue!
Ephasten a écrit :
08 avril 2019, 17:36
Mais qui arrêtera donc ce méchant maléfique manipulateur :?:
Les Sages du Pius Dea et l'ex chancelier Pers'lya étaient ses opposants les plus sérieux. Reste à voir quelle sera la position des Jedi dans un contexte de crise politique et militaire avec Alsakan :twisted: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 14 avril 2019, 22:30

Bonsoir, voilà la suite! Vous l'avez mérité!

Soyez heureux, ca va encore parler des Contispex :diable: ! Héhé!

Aussitôt dans le hall, devant le turbo ascenseur, Julius lâcha à sa femme:
-Tu connais cette journaliste nautolan?
-Non, mais je vais me renseigner sur son compte, lui assura-t-elle.
Il approuva d'une inclinaison du menton.
-Bien, nous sommes proches du but, déclara-t-il alors que les battants s'écartaient et que le turbo ascenseur s'élevait. Il est hors de question qu'elle nous mette des bâtons dans les roues.
-Nous y veillerons.
Ils conservèrent le silence jusqu'à ce qu'ils sortent pour retrouver deux adeptes du Pius Dea qui gardaient l'entrée de leur appartement.
-Il vous attend, Sage Suprême, lui signala l'un d'eux.
-Merci, Frère. Raccompagne directement Ethan à sa chambre, ajouta-t-il à voix basse vers l'oreille de Linza.
Celle-ci acquiesça en serrant plus fermement la main de son fils, alors que les croyants s'écartèrent à leur intention.
-Tu as fait tous tes devoirs, Ethan?
-Oui, maman.
-Bon, on va vérifier ça.
Sitôt le seuil passé, ils bifurquèrent vers la chambre du garçon tandis que le sénateur entra dans son bureau. Les lumières tamisées s'activèrent automatiquement à son approche, dévoilant la sombre silhouette d'un homme massif encapuchonné portant un sinistre masque mortuaire.
Celui-ci patientait devant la baie vitrée.
-Eh bien? Fit Julius pour attirer son attention.
L'Assassin Malkite contourna la table pour le laisser s’asseoir.
-C'est fait, sénateur.
-Montrez-moi.
Le mercenaire obtempéra et exhiba un sac de sous son manteau, qu'il posa rudement sur le pupitre du sénateur. Ce dernier y enfouit la main et écarta le tissu soyeux trempé de sang frais. L'ayant aplati raidement, il contempla ensuite la tête du duro dont les yeux sans facette semblaient exprimer un effroi figé par la mort brutale.
Le secrétaire de Pers'lya avait rejoint son maître.
Dans une mise en scène macabre, une datapuce brillait coincée entre ses dents. Julius s'en saisit, se permettant même de sourire. Toutes les preuves compromettantes avaient été maintenant rassemblées entre ses mains.
-Nous l'avons intercepté au moment où il allait embarquer sur un transport privé, expliqua l'assassin.
-Des témoins?
-Nous nous sommes assurés de leur silence.
-Et son escorte bothane?
-Liquidée. Nous avons laissé les corps là où ils étaient, à la disposition de vos amis des Forces de Sécurité.
Julius se renfonça dans son siège, soulagé.
-Excellent, vos amis sont en place sur Alsakan?
-Prêts à favoriser la transition aux plus hautes sphères politiques et militaires. Ils n'attendent plus que votre signal pour passer à l'action.
-Le signal sera le début de l'attaque lancée par la flotte alsakani contre la Flotte du Noyau de l'amirale Ekia Helder, confia le sénateur.
-Je les informerai.
Contispex ouvrit un tiroir et en retira un sac de crédits deux fois plus gros que son poing. Il le tendit à l'Assassin qui le remercia d'un hochement de tête avant de se retirer sans prononcer une seule autre parole.
Il fut rejoint moins d'une minute après par sa femme, qui le surprit en train de contempler le paysage nocturne de la Cité Galactique. Elle se rangea à sa hauteur et colla sa tête sur l'épaule de son époux qui l'étreignit par la taille.
-Ethan dort, lui confia-t-elle.
-Bien.
Ils échangèrent un regard furtif.
-Le duro de Pers'lya a été éliminé?
-Admire un peu cette œuvre, répondit-il avec un rictus narquois en se tournant vers son bureau.
Elle fixa sans la moindre émotion la tête tranchée du non humain.
-Nous avons donc accompli une étape de plus.
-Il en reste encore d'autres, lui rappela-t-il doucement. Les élections auront lieu dans deux jours et nous devons mettre toutes les chances de notre coté.
-Nous ne laisserons rien au hasard. Je me suis d'abord assurée que les positions des sondes espions déployées par la Marine Républicaine le long de la Route Commerciale Perlemienne et sur les principales frontières avec Alsakan tombent accidentellement aux mains de l'ennemi.
Julius laissa son regard se perdre au loin vers l'horizon nocturne nuageux qui lui dissimulait les étoiles lointaines.
-Ainsi la flotte alsakani pourra tomber sur la Flotte du Noyau par surprise, devina-t-il. Sait-on qui va diriger cette attaque?
-L'amiral Bilel Ap Token.
Julius ne masqua pas cette fois une certaine contrariété.
-J'aurais préféré un autre amiral moins compétent. J'ai entendu dire que Ap Token avait la réputation d'être un fervent patriote en plus d'être un brillant tacticien. Le genre d'officier que l'on ne peut ni corrompre ni manipuler.
-C'est pourquoi son utilité sera d'autant plus appréciable, assura-t-elle avec conviction. Personne ne soupçonnera un coup monté ou un complot lorsqu'il lancera son attaque.
-Les besoins de la vraisemblance. Es-ce un franc tireur?
-Non, il est respectueux de la hiérarchie. Orin Melok qui sera élu nouveau Premier Régent n'aura aucun mal à lui faire entendre raison.
-Et dans le cas contraire, les Assassins Malkites présents sur Alsakan nous débarrasseront de lui.
-Tout à fait, mon chéri. À cet instant, il aura déjà cessé de nous être utile de toute façon.
Les Contispex eurent une expression carnassière qui en disait long sur leur ambition partagée. Et sur leur absence totale de scrupules. Ils étaient si près du but ultime.
-Pendant que les alsakani œuvreront bien malgré eux à nos intérêts, je serai aux première loges au Sénat même, déclara Julius.
-Tandis que je te transmettrai grâce à nos partisans présents dans la Flotte du Noyau, les images de la bataille en cours pour montrer le danger qui menace les portes mêmes de Coruscant.
-Je les utiliserai pour convaincre les sénateurs de se rallier à l'homme fort capable de résister à l'agression de Alsakan contre notre capitale et d'instaurer une paix durable.
-Ils t'éliront lorsqu'ils te considèreront comme étant l'homme de la situation.
Elle lui prit la main avec ferveur, bercée de cet espoir. Il plongea son regard dans le sien, ils étaient prêts pour ce moment décisif.
-La République sera à nous, lui murmura-t-elle.
-La République puis la galaxie. Nous la lèguerons à Ethan lorsqu'il sera prêt.
Leurs lèvres fusionnèrent avant qu'il ne s'écarta, épris d'un doute.
-Es-tu certaine que cet amiral Ap Token est aussi doué que cela?
-Je me suis procuré son plan de bataille, en faisant jouer les cordes sensibles. Chez certaines personnes, la cupidité n'a pas de limites.
Elle brandit devant son époux un disque holographique, qu'elle posa sur la table juste à coté de la tête du duro.
Bientôt un schéma en trois dimensions se matérialisa devant le couple et Julius mit du temps à identifier les points lumineux qui clignotaient le long du tracé d'une route hyperspatiale majeure qui transitait de Coruscant jusqu'à la Bordure Extérieure en passant par... Alsakan.
La Route Commerciale Perlemienne.
Et les points étincelants qui constellaient les alentours de cette route de manière chaotique, n'était autre que la position actuelle des groupes de combat alsakani alignés face aux principaux bastions de la République tels que Brentaal, Centares, Kuat ou Sy Myrth.
Linza se pencha sur le disque et l'effleura de nouveau. Aussitôt les étoiles se mouvèrent de façon désordonnée... du moins en apparence. Julius arqua un sourcil de surprise lorsqu'il remarqua que ces points se groupèrent rapidement dans le Noyau.
Et pas à n'importe quel endroit.
-Ils se préparent bien à attaquer Coruscant en force, le jour même des élections.
-Tout à fait, souffla-t-elle avec un sourire resplendissant. Comme nous l'avons prévu.
Il ne partageait pas son optimisme.
-Comme nous l'avons prévu, en effet. J'ai cependant du mal à croire qu'ils dégarnissent tous les autres fronts pour tout miser sur une attaque, confia-t-il. Cela me paraît bancal.
De l'index, elle lui montra les derniers points lumineux qui demeuraient immobiles à leur position initiale.
-Plusieurs vaisseaux seront maintenus en arrière pour faire diversion.
-La Flotte du Noyau est la plus puissante et la mieux armée des flottes de la République, actuellement déployées. Il faudrait plus qu'une seule illusion pour que le danger soit crédible aux yeux des autres sénateurs.
Elle manipula de nouveau le disque et la carte tactique de la Route Commerciale Perlemienne disparut pour laisser place au schéma d'un ovale à l'éclat aveuglant, laissant des traînées filamenteuses dans son sillage.
-Qu'es-ce donc? Demanda-t-il perplexe.
-Le schéma d'une comète qui sillonne actuellement le Noyau. Elle a été filmée par un satellite scientifique et baptisée par les astronomes Grapta-T-56.
Il attendit patiemment la suite de l'explication.
-Dans deux jours exactement, au moment où les alsakani lanceront leur offensive, cette comète passera au large de Coruscant, à plusieurs années lumière de la capitale. Sa trajectoire la mènera assez près de la Flotte du Noyau et perturbera temporairement les senseurs les plus puissants dont dispose l'amirale Helder.
-L'aveuglant sur l'arrivée de la flotte?
Elle hocha la tête et cela aurait du le rassurer mais il avait conscience qu'une donnée avait été oubliée dans l'équation.
-Même en attaquant par surprise, les alsakani subiront de lourdes pertes.
-Précisément. C'est pourquoi l'amiral Ap Token a constitué une deuxième force d'attaque, en embuscade, masquée par la comète. Elle est déjà en route pour prendre position. La Flotte du Noyau sera prise en tenaille.
Cette fois, Julius laissa un large sourire triomphant illuminer sa figure.
-Espérons que ce Ap Token sera à la hauteur de sa réputation.
-Il le sera, tu peux y compter, appuya-t-elle.
Ils fixèrent avec avidité cette comète figée qui devenait la clé de leur réussite imminente. Un augure favorable qui témoignait des bonnes grâces de la Déesse à leur égard.
-Il ne reste plus qu'à nous assurer que les sénateurs ne seront pas un obstacle.
-Je m'en charge, se dévoua-t-elle avec un sourire fourbe. Je saurais convaincre les plus influents d'entre eux de ne pas interférer en échange de la sauvegarde de leurs secrets les moins avouables.
Il la prit dans ses bras.
-Tu as décidément un esprit génial, ma chérie. Tu es prête à leur rendre visite?
-Oui, répliqua-t-elle en lui rendant son étreinte. Mais cela peut attendre encore un peu.
Elle fusionna ses lèvres avec les siennes et leurs effusions devinrent alors passionnées.

Voilà, j'espère que cela vous a plu :cute: ! Ils sont vraiment machiavéliques, hein :sournois: ?

à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 21 avril 2019, 22:12

Bonsoir :mrgreen: !

Allez c'est l'heure de vous publier la suite!

Cet extrait se concentre sur les hum méthodes de Linza Contispex, la tendre moitié de Julius :sournois: !

Bonne lecture!

Le sénateur Mansur de Commenor visionnait les derniers reportages du soir sur les incidents récents qui émaillaient le quotidien des citoyens de Coruscant. Lorsqu'il eut terminé, il se leva de son fauteuil pour appeler son majordome mécanique.
Le droïde domestique s'approcha d'un pas claudicant.
-Sénateur?
-Sers-moi un cognac d'Alantir, TX.
-Très bien, monsieur. Souhaitez-vous des glaçons?
-Oui, s'il en reste.
Oui, il avait bien besoin d'un remontant. Contispex venait d'annoncer en direct sa candidature, après la confirmation officielle par les autorités de la mort de Pers'lya, l'actuel Chancelier en disgrâce. En plusieurs jours, beaucoup d'évènements funestes s'étaient succédé.
La disparition de Pers'lya n'était que le dernier épisode funeste. Et les circonstances n'étaient pas vraiment claires. Son cadavre avait été retrouvé par des Jedi à quelques rues du Parc Zohen, là où des dizaines de corps de bothan appartenant à son clan avaient été ramassés.
Là où des témoins avaient signalé à quelques journalistes issus de médias indépendants, la présence de plusieurs adeptes de la secte Pius Dea. Secte à laquelle dont ferait partie un certain Julius Contispex.
En politique, les coïncidences apparentes n'étaient pas le fruit du hasard. Mansur ne pouvait pas rester sans réagir. Certes il avait des choses à reprocher à Pers'lya mais il existait des dangers bien pires qu'un bothan soupçonné de corruption.
Il devait réagir et déposer à son tour sa candidature. Les élections au Sénat avaient lieu dans deux jours, le temps était compté.
Il pouvait compter sur le soutien de beaucoup de sénateurs qui craignaient Contispex, y compris certains sénateurs humains comme lui.
Oui, c'était décidé. Il convoquerait la presse et annoncerait sa candidature. Ensuite il lui faudrait évidemment préparer un discours qu'il présenterait devant ses confrères pour remporter le plus grand nombre de suffrages possible.
Un discours dans lequel il dénoncerait le sénateur Contispex comme une menace pour la démocratie en rappelant ses allégations contre les non humains. Cela sera-t-il suffisant? Ses secrétaires lui assuraient une victoire possible contre son rival.
Une victoire possible et même confortable, selon plusieurs sondages réalisés au sein de l'auguste assemblée.
Le salon dans lequel il se trouvait, comportait un mobilier luxueux garni de tapisseries soyeuses parsemant le sol. Il était orgueilleux d'avoir pu aménager un appartement aussi vaste en plein cœur de la Cité Galactique. Maintenant il craignait que cela ne se retourne contre lui.
Contispex était un homme retors qui se tentait de se faire passer pour un homme du peuple, un incorruptible prêt à tout pour assouvir son ambition suprême.
La veille de l'élection, il irait trouver certains de ses collègues pour rallier leur soutien en échange évidemment de postes clés au sein du nouveau gouvernement qu'il formerait s'il était élu. Cela ne lui poserait pas de grandes difficultés.
Beaucoup en effet ne se bousculeraient pas pour rechercher les faveurs d'un rival obtus sur les valeurs de probité et de moralité, qu'il tentait d'imposer par tous les moyens. Il avait compris cela le jour où Pers'lya fut destitué par le Sénat.
Il espérait ne pas subir le même sort, la chute pouvait se révéler être plus fulgurante et plus brutale qu'une ascension. Pers'lya en était l'exemple le plus flagrant.
Mansur se rappela tout à coup qu'il avait demandé un cognac. Un peu agacé par le retard imprévu de son majordome mécanique, le sénateur commenorien à l’embonpoint prononcé et à la calvitie galopante, lança en direction de la cuisine:
-Eh bien, TX, qu'es-ce qui te prend tout ce temps?
Il s'approcha et se figea net lorsque trois silhouettes encapuchonnées surgirent devant lui pour lui barrer le passage.
-Bonsoir sénateur Mansur, répondit plutôt une voix cristalline et suave.
Il tenta de surmonter la terreur qui venait de le saisir.
-Que... qui êtes-vous? Et que voulez-vous?
La femme qui l'avait salué s'avança d'un pas et rejeta son capuchon, dévoilant le visage séduisant d'une humaine à l'expression indéchiffrable et au regard sournois.
-Linza Contispex? S'écria le commenorien. Que me vaut le plaisir de votre visite?
-Je crains que cela ne soit pas une visite de courtoisie malgré toute la sympathie que vous m'inspirez, sénateur.
La voix était agréable mais l'intonation glaciale. Il frissonna lorsqu'il guetta par dessus l'épaule de son interlocutrice, les deux croyants du Pius Dea qui demeuraient immobiles comme des statues.
-Vous allez les laisser me tuer?
-Allons, il n'est pas question d'en venir jusque là. Je suis sûr que vous êtes assez intelligent pour ne pas me forcer la main.
Elle commença à déambuler dans le salon, laissant ses yeux s'attarder sur les symboles visibles de l'opulence du propriétaire des lieux.
-Vous êtes un homme de goût, sénateur, lui fit-elle remarquer comme s'ils étaient de vieux amis.
-Merci. Bon, si vous m'éclairiez maintenant sur les raisons de votre visite, aussi sympathique soit-elle?
Cette fois elle lui accorda un sourire cordial, mais Mansur n'était pas dupe.
-Je suppose que vous êtes informé de la disparition du Chancelier Suprême, commença-t-elle.
-Bien sûr, et cela rend d'autant plus importants les prochains débats au Sénat qui vont suivre. La République ne peut se permettre de rester sans dirigeant, surtout lors de cette crise avec Alsakan.
-Nous sommes d'accord, la République a besoin d'un nouveau guide.
-Je pense être le mieux placé pour défendre au mieux les intérêts de la République. J'ai l'intention de me présenter comme candidat.
Elle ne se départit pas de son sourire.
-Permettez-moi de ne pas être d'accord avec vous.
-Vous en avez le droit, nous sommes en démocratie après tout. Je peux comprendre que vous ne partagiez pas mes opinions, ma chère amie.
Le sourire de l'épouse Contispex disparut.
-En fait, vous ne m'avez pas bien comprise, mon cher ami. Nous ne sommes pas d'accord que vous vous présentiez à cette élection.
-Je vous demande pardon?
Mansur comprit qu'elle ne plaisantait pas.
-Cela ne servirait pas les intérêts de la République.
-Vous voulez dire que ce serait plutôt contre vos intérêts, madame Contispex. Personne n'ignore ce qui se tapit derrière votre mari.
Il n'avait pas l'intention de se laisser impressionner.
-Puisque vous êtes si intelligent et que vous savez ce que nous représentons, vous devriez savoir que vous n'avez aucun intérêt à nous barrer le chemin, sénateur. N'oubliez pas ce qui vient d'arriver à Pers'lya.
Ces derniers mots firent glacer le sang du dignitaire. Ces fichus fanatiques ne reculeraient décidément rien pour obtenir ce qu'ils convoitaient.
-Je ne doute pas qu'un cadavre de plus ne vous empêchera pas de dormir. Mais les gens commencent à se poser des questions.
-Nous éclairerons tous les citoyens de la lumière de la Déesse et ils suivront la voie de la Vertu. La seule voie qui les sauvera de la décadence, du vice. Tous seront élevés vers la Pureté absolue. Ceux qui refuseront de suivre cette voie seront écartés.
-Je ne cèderai pas.
Mansur se raidit instinctivement, s'attendant à subir des atteintes à son intégrité physique particulièrement désagréables de la part des deux séides qui continuaient de patienter. Le sourire de Linza étira de nouveau ses lèvres.
-Intéressant, vous êtes moins impressionnable que la plupart de vos collègues à qui nous avons déjà rendu visite. Vous pourriez même nous être d'une certaine utilité.
-Vous pensez vraiment que j'accepterai de travailler pour vous? Éructa Mansur. Je préfère manger des larves de Nek.
-J'apprécie votre franchise mais ne veuillez pas compliquer les choses.
-C'est pourtant mon intention.
Elle le contourna lentement pour se placer derrière lui et il déglutit lorsque les deux adeptes s’avancèrent vers lui.
-Vous allez travailler pour nous, sénateur. Qui sait? Peut-être que vous apprécierez de le faire avec le temps.
Il ne répondit pas alors qu'elle revint dans son champ de vision.
-Tout comme vous apprécierez le cadeau que je vais vous offrir maintenant.
Le sénateur se sentait de plus en plus glacé par une insidieuse angoisse. Elle brandit un disque holographique.
-Nous avons tous un jardin secret, sénateur. Vous auriez du dissimuler le vôtre, tout comme certains de vos confrères.
Elle activa l'engin et l'image tridimensionnelle d'un sénateur Mansur nu comme un ver et attaché en croix, bras et jambes écartées sur un lit. Il était allongé sur le dos, surveillé par une hôtesse en tenue très suggestive, une twi lek aux courbes harmonieuses qui tenait un vibro fouet dont la lanière était enroulée autour de son avant bras.
-Que... comment avez-vous eu ça? S'écria-t-il, la voix chevrotante.
-Chut, laissez-moi profiter de ce spectacle, susurra Linza.
Les traits du commenorien avaient blêmi alors que tous entendirent la twi lek demander d'une voix suave:
-Alors, sénateur, a-t-on été vilain aujourd'hui?
-Oh oui, maîtresse, très vilain.
-Voilà qui mérite une punition exemplaire.

La twi lek déroula la lanière de son fouet et commença à l'agiter, tout en tournant autour du lit.
-Éteignez ça! Supplia-t-il.
Linza Contispex ne l'écouta pas. Des claquements résonnèrent mêlés à des gémissements de plaisir alors que tous regardaient le dignitaire se faire flageller. Ces images peu flatteuses du sénateur disparurent enfin dans un flash après deux minutes de visionnage.
-Vous semblez aimer ça, sénateur Mansur.
Celui-ci chancela sur ses appuis, sonné et désemparé. Il avait compris qu'une publicité de cet holo serait désastreuse pour sa carrière et souillerait sa réputation et son entourage proche. Sa femme, ses enfants et ses petits enfants.
-Que... que voulez-vous de moi?
-Je vous l'ai déjà dit, répondit-elle. Plus précisément, non seulement vous renoncez à être candidat mais vous soutiendrez mon mari publiquement et devant le Sénat.
-Mais les gens me demanderont pourquoi!
-Je suis sûre que vous serez motivé à l'idée que cet enregistrement ne sera pas rendu public. Si vous faites ce qu'il faut, votre vilain petit secret sera bien gardé.
Elle s'approcha plus près lui et il sentit sa main s'attarder sur ses fesses.
-Dans le cas contraire, poursuivit-elle, les fessées que vous aimez recevoir vous paraîtront comme une bénédiction par rapport à ce qui vous tombera dessus si cet enregistrement venait à être ébruité.
Elle lui prit le poignet puis enfouit le disque dans sa paume tremblante.
-Puisque vous appréciez tant la douleur, les Enfants de la Déesse pourraient vous faire expérimenter un nouveau type de souffrance pour vous faire accéder à notre Foi. Mais rien ne presse, évidemment.
Elle sourit de nouveau et lui tourna le dos.
-Nous en reparlerons un autre jour. En attendant, je vous laisse cette copie pour que vous vous rappeliez de ce que vous avez à perdre. J'ai été ravie de cette conversation. Que la Déesse vous absout de vos péchés.
Elle dépassa les deux adeptes du Pius Dea à qui elle ordonna:
-Libérez le droïde, enfin ce qu'il en reste.
L'un des deux, celui de gauche, dégrafa sa toge par le milieu pour en saisir une tête de robot tranchée. Il la lança vers un Mansur sans réaction qui observa la tête rouler sur elle-même jusqu'à ses pieds.
Le commenorien se laissa ensuite tomber sur un sofa, peu après le départ de l'épouse Contispex. Il se prit la tête dans les mains, désespéré.
Le démon avait frappé à sa porte et l'avait soumis à sa volonté. Il priait néanmoins pour que l'un de ses éminents collègues ait le courage de défier Julius Contispex et le culte qu'il dirigeait. Qui aurait ce courage?
Pas lui, en tout cas. Pas après ce qui venait de se passer.

Voilà j'espère que cela vous a plu! Vous avez vu que certains sénateurs aiment se livrer à hum certaines activités :transpire: . Et cela profite aux Contispex!

Allez à la prochaine pour la suite :diable: ! héhéhéhé... :D

PS: 100 pages sont donc postées maintenant et ce n'est que la première partie qui certes est bien avancée mais n'est pas encore finie :sournois: ! héhé

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