Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 16 juin 2019, 20:56

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Suite de la féroce bataille spatiale entre Républicains et Alsakan toujours du point de vue des Nimbus!

Allez je vous laisse découvrir cela :sournois: ! Bonne lecture!

Il leur emboîta le pas et bientôt la silhouette du croiseur Atgeir emplit la verrière de transparacier. Il continuait de braquer sa proue vers la frégate désemparée.
-Relevez vos boucliers et armez vos torpilles! Lança Riyan. Nous devons trouver un moyen de l'empêcher de tirer!
Ils foncèrent droit sur le croiseur alsakani et décidèrent de le tester en ouvrant le feu à bout portant à l'aide de leurs canons lasers. Riyan scanna l'état des boucliers à l'aide de ses capteurs thermiques et ne constata aucune évolution majeure.
-Leader Nimbus, ici Nimbus 9, fit l'iktotchi. Je ne sais pas si nos torpilles suffiront à abaisser ces boucliers.
-Oui ca m'a l'air d'être du solide mais on doit essayer.
Ils effectuèrent un nouveau passage avant que Riyan ne donna des instructions.
-Nimbus 3 et 6 avec moi. Les autres, couvrez-nous.
Les batteries légères du croiseur ripostèrent et les trois pilotes cabrèrent leur appareil pour esquiver. Riyan manipula son écran et sélectionna la première torpille et l'ordinateur lui confirma: torpille 1 amorcée.
Feu.
Le Typhon vibra lorsque la torpille fut larguée et il suivit sa trajectoire en ligne droite à l'aide de la traînée ionisée qui s'effaçait dans son sillage. Il releva le nez de son appareil au moment où Zeya lui indiqua:
-Objectif atteint, leader.
-Nimbus 3 et 6, visez au même point que moi!
-Reçu leader!
À leur tour, les deux Nimbus passèrent à l'attaque et deux torpilles supplémentaires s'écrasèrent sur la coque du Souvenir de Rucapar. Sans résultat.
-Statut? Demanda Riyan.
-Négatif, leader, répondit Coxon le herglic. Les boucliers sont remontés, on l'a à peine égratigné.
Riyan jura en silence, indécis sur la conduite à suivre. Si les torpilles étaient inefficaces, comment pouvaient-ils espérer l'arrêter?
-J'ai peut-être une suggestion, leader, proposa Bekan sur le canal de l'escadron.
-Allez-y, Jedi. Au point où nous en sommes.
-Si nous ne pouvons pas pénétrer les boucliers, nous pouvons toujours neutraliser le canon. C'est notre seule chance.
Riyan se rangea à son argument.
-Très bien, c'est ce qu'on va faire.
-Yata en approche! Beugla Nimbus 7, le givin.
Des chasseurs en forme de delta apparurent brusquement de l'autre coté du croiseur Atgeir pour survoler les Nimbus.
Trois Yatagans terminèrent un passage avant de fondre sur eux tandis que les autres demeuraient en attente.
-Trouvez un moyen de neutraliser ce canon, demanda Bekan. Je m'occupe d'eux.
-Une minute, Jedi Kalad. Laissez un de mes gars vous aider, le pria Riyan.
-Ca ira pour moi, sergent major. Terminé.
Les Nimbus virent le Typhon du Jedi s'écarter de leur groupe et se porter à la rencontre de l'ennemi. Riyan entendit Nimbus 3 commenter:
-Je me demande si tous les Jedi sont aussi cinglés.
Malgré eux, les Nimbus restèrent inactifs pour observer comment leur nouveau camarade se débrouillait. En l'espace de quelques secondes, trois boules de feu éphémères avaient remplacé les trois chasseurs alsakani.
Ce qui suscita un sifflement d'admiration de la part de Nimbus 5 alors que les autre Yatagans se précipitèrent sur le Jedi esseulé.
-Ce pourrait être un sacré équipier!
Ils continuaient d'esquiver les tirs des canons lasers du Souvenir de Rucapar qui tentait de les chasser loin d'eux.
-Tu te lasses déjà de moi, le bleu?
-Hein? Euh non, Drya! Bien sûr que non!
-Allez on se concentre, les Nimbus! On a un boulot à faire!
Ils cessèrent le round d'observation et accélérèrent pour rattraper le croiseur Atgeir qui continuait de se rapprocher de la frégate Aiglon de Corusca. Les navettes d'évacuation avaient commencé leur ballet de va et vient avec les autres vaisseaux qui stationnaient dans les environs.
Les deux flottes commençaient à s'imbriquer l'une dans l'autre et les lignes se mélangèrent, certains vaisseaux n'hésitant à survoler ou à s'abaisser sous d'autres pour prendre leurs antagonistes sous des tirs croisés.
Bientôt des épaves commencèrent à encombrer l'horizon stellaire.
Les Nimbus dépassèrent le Souvenir de Rucapar et Riyan ne quitta pas des yeux le canon immobile qui commençait à briller d'une lueur funeste.
-Pic thermique en cours d'ascension, leader, affirma Nimbus 7. Ils sont en train de recharger.
-Merci, 7.
Cela signifiait que le temps commençait à leur manquer. La puissance des boucliers du croiseur ennemi suggérait à Riyan qu'il devait dénicher une idée et vite. Il réfléchit aux conséquences de ses premiers assauts et la réponse lui apparut clairement.
Le halo qui entourait l'affût du canon indiquait la présence d'un champ de protection. Pour l'abaisser, il suffirait... mais oui, c’était évident.
-Tous les Nimbus, ici leader. Lancez vos torpilles sur la coque de ce croiseur, couvrez le plus de surface possible. Ne tirez en même temps que sur mon ordre. Zeya tu restes avec moi, et tu lanceras tes torpilles après moi.
-Compris, leader.
Les Typhon se déployèrent par binômes et prirent de la distance avant de foncer sur le croiseur en coordination. Zeya et Riyan s'éloignèrent et virent que leurs camarades étaient passés à l'attaque. Au loin, le Jedi distrayait les Yatagans et de nouvelles explosions montrèrent qu'il continuait d'éclaircir leurs rangs.
Riyan lança son engin vers la proue, les tirs de répression l'encadrant de près. Les artilleurs alsakani ne parvenaient pas à le verrouiller lorsqu'il se mit à louvoyer et à rouler son Typhon dans des tonneaux acrobatiques.
Il arma ses deux torpilles suivantes, imité par la zeltronne. Les projectiles filèrent à l'instant où il arriva à portée de tir. Il surveilla sur ses écrans les données qui indiquaient l'état des boucliers sur toute la coque du croiseur.
Les torpilles lâchées par ses camarades percutèrent les champs déflecteurs à pleine vitesse et les paramètres indiquaient qu'ils avaient subitement baissé à des degrés divers. Pour les remonter, les alsakani devaient dévier l'énergie disponible ailleurs.
C'était ce qu'espérait Riyan. Le bouclier autour du canon de proue s'abaissa sensiblement une fraction de seconde avant que ses deux torpilles ne percutèrent l'objectif. Le bouclier devint hors service.
-Zeya, maintenant!
Il agrippa le manche et le tira vers lui férocement à l'instant où la non humaine décocha ses roquettes. À l'impact, des flammes illuminèrent cette fois l'avant du croiseur de bataille avant qu'elles ne disparurent, éteintes par le vide spatial.
Riyan consulta ses instruments et poussa un soupir de soulagement.
-Canon neutralisé. Bien joué, les Nimbus!
Les vivats et les félicitations résonnèrent dans le casque de leur leader. L'Aiglon de Corusca avait obtenu un sursis appréciable, voilà une mission menée à bien, sans aucune perte pour l'escadron. Vu l'intensité des combats en cours, ce ne devait pas être le cas de tous.
-On retourne vers l'Aiglon de Corusca, d'autres vaisseaux alsakani s'approchent. Jedi?
-J'arrive leader, ils ont décidé de laisser tomber de toute façon.
Bekan Kalad faisait référence aux trois derniers Yatagan qui amorcèrent leur repli. Un Typhon se détacha du groupe des Nimbus réunis autour de Riyan pour les poursuivre. Son équipier, le herglic Coxon, s'en aperçut et le signala.
-Mais que fiche Grevas?
Riyan vérifia ses écrans tactiques et vit le point représentant Nimbus 11 s'éloigner à grande vitesse d'eux. Il ouvrit un canal privé.
-Nimbus 11, qu'es-ce que tu manigances encore?
-Je ne manigance rien, je poursuis l'ennemi, répliqua l'autre froidement.
De nouveau, il mettait sa patience à rude épreuve avec son ton suffisant.
-On doit couvrir l'évacuation de l'Aiglon de Corusca, tu as oublié ce que je viens de dire?
-Non leader, c'est justement ce que je suis en train de faire.
-Ca suffit, tes conneries. Regagne ta place immédiatement!
-Désolé, je vous reçois mal, leader.
Riyan jura lorsqu'il rompit la communication. Avant d'aboyer d'un coup à tous ses équipiers:
-Demi-tour, on va ramener ce fils de bantha à la raison de gré ou de force!
-Il n'y a qu'à le laisser se faire descendre, s'il y tient, fit remarquer Ilmi Kliss la zabrak. On va quand même pas risquer notre peau au milieu des alsakani!
-On n'abandonne pas un membre de l'escadron même si c'est le pire des rejetons de sleemo, compris Nimbus 1?
-Compris leader, s'inclina-t-elle.
-Leader Nimbus, je couvre l'évacuation, proposa le Jedi. Ramenez votre équipier.
-Merci Jedi Kalad. Tous les autres avec moi!
Les douze Typhon s'écartèrent du Souvenir de Rucapar qui avait stoppé son avance et avait reculé derrière l'autre croiseur Atgeir toujours aux prises avec un cuirassé Gilagimar républicain. Les boucliers étaient tombés et des morceaux de coques commençaient à s'échapper de la coque du cuirassé répondant au nom de Scimitar Vaillant.
Le croiseur alsakani qui était dans un état aussi pire finit par se retirer non sans cesser d'échanger des bordées avec son homologue jusqu'à ce qu'il soit à l'abri derrière des frégates Hirken.
-Ici le Scimitar Vaillant, nous avons subi de sévères dommages et nous déplorons plusieurs dizaines de morts et de blessés graves. Les batteries principales 1 et 2 sont hors service.
-Bien reçu, Scimitar Vaillant, répondit le contrôle du Défenseur. Retirez-vous pour commencer les réparations, des frégates vont vous relayer.
Les échanges n'échappèrent pas à Riyan surtout quand l'ordre fut donné à tous les escadrons disponibles d'aider le cuirassé en difficulté. Il n'hésita pas longtemps.
-Ècoutez-moi, les Nimbus. Zeya et moi, nous nous chargeons de Grevas. Allez couvrir le Scimitar Vaillant.
-Bien reçu, leader.
Riyan tourna la tête pour guetter les appareils qui virèrent de bord pour foncer en direction du cuirassé républicain qui se retrouva assailli par une vingtaine de Yatagan. Droit devant lui, Grevas ouvrit le feu de ses canons et toucha l'une des ailes du Yatagan qui n'avait pas esquivé assez vite. Le pilote alsakani s'éjecta dans sa combinaison pressurisée, alors que son chasseur partit en plusieurs morceaux.
-Yata abattu, annonça Grevas. J'élimine le pilote.
-Quoi? S'écrièrent choqués, Riyan et Zeya.
Ils virent tous deux le Typhon de Grevas virer de bord, ignorant royalement les deux derniers Yatagan qui filaient sans demander leur reste. Le pilote alsakani lévitait au milieu de nulle part, ne prenant pas conscience de la mort qui allait s'abattre sur lui.
-Attends, s'indigna Riyan. Tu n'es pas sérieux?
-J'ai l'air de plaisanter? Répliqua l'autre froidement.
Le chef d'escadron ne doutait pas que son ancien ami pensait ce qu'il disait. Il ne le reconnaissait plus du tout.
Zeya intervint à son tour, tout aussi vainement.
-Il est hors de combat, tu n'as pas besoin de faire ça!
-Ce n'est pas une impure qui va me dire ce qui est juste de faire ou non!
-Comment oses-tu m'insulter, espèce de...
-Zeya, plus un mot! Intima son supérieur. Grevas, stoppe ta manœuvre et rejoins l'escadron! Nous avons des navires endommagés qui ont besoin d'être protégés!
Seul le silence lui répondit et Riyan continua.
-Si tu fais ce que tu as en tête, les alsakani tueront tous nos pilotes qui s'éjecteront! C'est cela que tu veux vraiment?
-Eh oui, c'est moche la guerre, sergent major. Content que vous le réalisiez enfin.
Le cynisme de Grevas manqua de lui faire perdre tout contrôle. Le croyant zélé du Pius Dea avait terminé sa manœuvre et fonçait droit sur le pilote alsakani immobile dans la nuit sidérale.
-Grevas, ne fais pas ça! Hurla encore Riyan.
Malgré lui, il ne pouvait détacher ses yeux de la scène d'horreur qui défilait au ralenti. Les extrémités des ailes du Typhon flamboyèrent et les traits ardents frappèrent la victime au niveau de l'abdomen.
La seconde d'après, l'appareil de Grevas dépassa les deux morceaux du corps de l'alsakani qui s'écartaient inertes.
-Non! Glapit Zeya.
Riyan sentit tout à coup une infinie tristesse l'envahir et embuer ses yeux. Il comprit que c'étaient les émotions de la zeltronne qui influençaient les siennes à cause des phéromones qu'elle secrétait.
-J'ai fini ce que j'avais à faire, je pense que les alsakani ont compris que nous sommes déterminés à ne pas les laisser passer.
Il déclarait d'un ton affable comme s'il ne s'était rien passé. Comme si quelqu'un ne venait pas d'être tué de la plus lâche des façons. La colère animait Riyan, tout comme Zeya qui réagit en voyant Grevas les croiser pour les saluer d'un air narquois.
-Je vais lui mettre un tir là où je le...
-Non Zeya, laisse-moi charger de lui.
Riyan se surprit à répondre d'un ton maîtrisé surtout après ce qu'il venait de voir.
-Tu es sûr?
-Oui, c'est personnel.
-Alors descends-le tout de suite, ce murglak!
-Pas comme ça, je vais avoir une discussion avec lui, sans doute la dernière.
Des alarmes lui signalèrent que des Yatagan s'approchaient. Nul doute que les alsakani savaient ce qui s'était produit, ils n'en deviendraient que plus féroces au combat.
Il n'y aurait probablement pas de quartier...
Oui, il se promettait d'avoir une sérieuse discussion d'homme à homme avec Grevas. S'il avait la chance de survivre à ça.
-Je suis le chef de cet escadron, nous ferons cela à ma manière.
-Reçu, leader, s'inclina la zeltronne. Si tu as besoin d'un blaster au cas où, n'hésite pas à demander.
Ils rebroussaient chemin à la suite de Grevas. Riyan fixa avec une dureté inflexible l'arrière de son engin, et les traînées de ses propulseurs ioniques.
-Je n'en aurais pas besoin, assura-t-il d'un ton glacial.

Voilà j'espère que cela vous a plu! vous l'aimez ou pas, ce fanatique du Pius Dea, hein? :sournois: ... c'est promis, nous passerons à d'autres points de vue au cours de cette bataille!

Et plus tard encore, vous reverrez monsieur Contispex :diable: !

Allez à la prochaine!

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 23 juin 2019, 21:36

Bonsoir, voici la suite que vous désirez tant!

À bord de son vaisseau amiral le Cristal Brûlant, Bilel Ap Token observait fiévreusement le déroulement de la bataille. Comme il l'avait prévu, l'amirale Helder avait engagé la quasi intégralité de la Flotte du Noyau contre sa formation deux fois inférieure en nombre.
Les républicains mettaient maintenant à profit leur supériorité numérique pour amorcer un mouvement en tenaille dans le but d'envelopper la flotte alsakanie et de l'écraser lentement sous la puissance de leurs turbolasers.
Il avait ordonné au capitaine Delinki de faire replier les vaisseaux flanquant sa formation, de manière à étirer peu à peu les lignes républicaines pour affaiblir tactiquement le dispositif adverse. Les républicains mordirent à l'hameçon et accentuèrent la pression sur les croiseurs de bataille qui se rapprochaient les uns les autres pour se soutenir mutuellement alors que les unités ennemies s'isolaient les unes des autres en poursuivant leur assaut.
-Quel est le statut du Souvenir de Rucapar? Demanda-t-il subitement à la jeune femme qui venait de le rejoindre.
-Ils sont toujours opérationnels et ont mis hors de combat une frégate Sarbakan, répondit Carmina Delinki qui consultait un datapad. Leur canon avant a été cependant neutralisé par un escadron de Typhon.
-Faites-moi voir les images, je veux savoir comment ils ont réussi.
Il se détourna de la baie, délaissant temporairement les combats en cours. Il se dirigea vers un pupitre et son bras droit appuya sur quelques touches. L'image holographique du croiseur Atgeir se matérialisa au-dessus de lui et il put visionner l'attaque menée par l'escadron Nimbus. Il commenta peu après d'un sourire appréciateur.
-Voilà une tactique intéressante, veillez à en garder un enregistrement. J'étudierais cela plus en détail plus tard.
-Bien, monsieur.
Ils retournèrent vers la baie.
-Rapports des pertes? Interrogea-t-il.
Elle étudia les données sur le datapad avant de relever les yeux, une grimace crispant les traits de son visage.
-Six frégates Hirken ont été mises hors de combat ainsi que trois croiseurs Atgeir. Nous avons perdu une centaine de Yatagan mais la moitié des pilotes ont pu être récupérés. Les pertes ennemies sont dans l'ensemble plus élevées que les nôtres.
-Vous ne semblez pas satisfaite pour autant, capitaine.
Elle accrocha son regard perplexe.
-Nos pertes sont plus élevées que prévu à mon avis.
-Les pertes demeurent acceptables, capitaine, affirma-t-il calmement.
-Si vous le dites, monsieur.
Bilel décida de ne pas relever ces derniers mots car il y avait suffisamment de tension sur le pont principal. Lorsque la seconde flotte qu'il avait placé en embuscade dans l'ombre de la comète Grapta-T-56 surgirait sur le champ de bataille, les républicains réaliseraient enfin le réel objectif de leurs ennemis.
Coruscant.
Le temps commencerait à manquer et ils devraient impérativement mettre hors d'état de nuire la Flotte du Noyau avant l'arrivée des autres flottes de la République dispersées sur les différents fronts. Voilà pourquoi il y avait placé d'autres vaisseaux pour lancer des actions visant à les ralentir.
-Temps d'arrivée du groupe du capitaine Yakub?
-Temps estimé, H moins deux minutes, amiral. Dans les délais prévus.
-Merci capitaine. Continuez à me tenir informé.
Elle s'éloigna et il se plongea dans le spectacle fascinant des combats. Il se mordit la lèvre lorsqu'il surprit au loin une frégate Hirken touchée dans ses œuvres vives et se plier en accordéon, la carcasses déformée par les explosions qui vomissaient débris calcinés et des dizaines de cadavres. Un croiseur Atgeir se précipita pour stopper l'avance des deux frégates Sarbakan qui voulaient se ruer pour profiter de leur avantage. Il les obligea à battre en retraite avec de sévères avaries malgré l'appui d'un cuirassé Gilagimar.
Trop tard cependant pour sauver l'équipage qui sombra avec son navire.
La flotte alsakanie conservait sa cohésion mais la République accentuait la pression. Les secondes qui s'écoulèrent lui paraissaient interminables.
-Amiral, vous devriez voir cela.
Immédiatement il se rangea à la hauteur du capitaine Delinki qui l'avait appelée. La table hographique montrait de nouveau la silhouette d'un croiseur Atgeir.
-Le Souvenir de Rucapar vient de nous transmettre ces nouvelles images. Je viens de les visionner et je pense que c'est important.
Elle zooma et des hologrammes d'un chasseur Typhon poursuivant trois Yatagan défila devant eux. Un de ceux-ci fut touché et le pilote s'éjecta, puis ils virent le Typhon qui l'avait abattu revenir vers le pilote sans défense.
Des flash illuminèrent leurs yeux et ils virent le corps du pilote infortuné errer en deux parties. L'indignation s'empara de l'amiral. Puisque les républicains s'abaissaient à cela, très bien. Il n'y aurait plus de compromis.
-Transmettez ces images à tous les capitaines de vaisseau. Ils en tireront eux-mêmes les conclusions qui s'imposent.
-Bien monsieur.
Il retourna vers la baie de transparacier, s'efforçant de contenir la colère qui manquait de l'aveugler. Il devait rester calme et rationnel, ne pas perdre la face.
Tout à coup des vivats et des cris de joie se répercutèrent sur tout le pont principal et quelqu'un s'écria au milieu des clameurs.
-Le Ksarel Kebir est en position. Ils sont arrivés!
Ap Token sourit lorsque des dizaines de flash clignotèrent au-delà des vaisseaux des deux camps engagés dans la bataille.
La Destruction de Rucapar serait enfin lavée. Il était temps de rendre la pareille à la République.
-Capitaine Delinki, nous commencerons la contre attaque dès que le capitaine Yakub aura lancé contre le flanc de l'ennemi les cargos drones. Assurez-vous que tous les commandants de vaisseau connaissent leurs ordres respectifs.
-Je m'en occupe, monsieur.
Elle affichait cette fois le même sourire carnassier. Ils n'auraient pas d'autre occasion de mettre la République à genoux.


Bekan Kalad refit un énième passage le long de l'Aiglon de Corusca toujours en pleine évacuation. Le transfert de l'équipage se poursuivait à un rythme soutenu, bien que la menace du Souvenir de Rucapar ne se soit pas complètement écartée.
Le croiseur alsakani continuait de ferrailler avec les deux frégates Sarbakan qui voulaient le forcer à reculer mais il tenait la comparaison malgré la perte de son canon avant.
Le jeune Jedi était en compagnie de l'escadron Reek alors que l'escadron Nimbus était parti couvrir le Scimitar Vaillant, un cuirassé de classe Gilagimar alors que d'autres frégates républicaines se préparaient à relayer le vaisseau capital.
Il ralentit la vitesse de son chasseur et se mit à planer pour étudier la bataille dans son ensemble. La Flotte du Noyau s'étirait en éventail, ses deux extrémités prêtes à se refermer pour encercler la flotte alsakanie et lui couper la retraite.
L'amirale Ekia Helder paraissait avoir pris un avantage décisif dans l'attaque totale qu'elle avait lancé. Bekan ne parvenait pas à croire cependant que l'amiral Ap Token ait pu risquer tous ses vaisseaux ici présents dans une offensive frontale peu subtile. Cela ne collait pas à sa réputation flatteuse de tacticien réfléchi.
À moins que...
Il décida de se plonger dans la Force après avoir éloigné son chasseur de l'Aiglon de Corusca et l'avoir placé en pilotage automatique. Il prit une profonde inspiration et ferma les paupières. Il fit abstraction des échos qui résonnaient autour de lui, épris de sentiments comme la peur, la colère et l'espoir de survivre.
Il fit abstraction de d'autres échos qui se noyaient aspirés au fonds de l'abîme du néant et qui irradiaient de désespoir devant la certitude d'une mort instantanée.
Il devait voir la bataille dans son ensemble et anticiper son issue. Il sentit alors des milliers de balises emplies de détermination tapies quelque part dans le système et qui se rapprochaient à très grande vitesse.
Une seconde flotte allait leur tomber dessus, cela lui apparut comme une évidence irrévocable.
Fébrilement, il contacta le Défenseur.
-Ici le Jedi Kalad, vous me recevez, Défenseur?
-Nous vous recevons Jedi, répondit le capitaine Skyrim.
-Les alsakanis nous ont tendu un piège.
Il perçut le choc du capitaine duro qui s'était pourtant vite repris.
-Vous êtes sûr de ce que vous prétendez?
-La Force ne ment pas. Une seconde flotte va apparaître d'un instant à l'autre, au moins aussi importante que celle que nous affrontons en ce moment.
Un court silence suspendit l'échange.
-Je vais en informer l'amirale et nous allons prendre des dispositions.
-Merci, capitaine, lança un Bekan soulagé d'avoir été pris au sérieux.
Il reprit le contrôle manuel de son chasseur et les évènements se précipitèrent d'un coup. Tout commença par cet appel qu'il intercepta.
-Ici, l'Aiglon de Corusca, l'ennemi tire sur les navettes! Je répète, l'ennemi tire sur les navettes d'évacuation!
Le Souvenir de Rucapar avait manœuvré pour présenter son flanc tribord qui s'illumina lorsque ses batteries concentrèrent leur puissance de feu contre les navires de transports légers qui assuraient la liaison entre la frégate endommagée et les autres vaisseaux républicains.
Horrifié, le jeune alsakani assista impuissant à la désintégration des navettes les unes après les autres. Il percevait les dizaines de bougies de vie s'éteindre les unes après les autres. Surmontant les nausées que cela suscitait en lui, il empoigna le manche, propulsant son chasseur droit sur le croiseur alsakani.
Comment le peuple dont il est issu, pouvait-il s'abaisser à ces extrémités? La haine que Alsakan ressentait vis à vis de la République était-elle donc aussi forte?
Dans son sillage, suivirent d'autres Typhon, déterminés tout autant que lui à stopper cette boucherie. L'escadron Reek.
-Ici le capitaine Duvini de l'Aiglon de Corusca, nous continuons de couvrir l'évacuation en appuyant votre attaque.
-Négatif, répondit Reek leader, vous êtes trop endommagés! Laissez d'autres s'en charger pour vous!
-Il s'agit de mon équipage, Reek leader et je ne les laisserais pas sans défense. Aiglon de Corusca, terminé.
Utilisant ses propulseurs auxiliaires encore en fonctionnement, la frégate Sarbakan pivota pour présenter son flanc le moins abîmé au Souvenir de Rucapar et ouvrit le feu de ses batteries. Les tirs nourris se joignirent à ceux des deux autres frégates Sarbakan toujours engagées depuis le début contre ce croiseur.
Les salves martelaient les boucliers de celui-ci alors que quatre frégates Hirken se groupaient pour le soutenir. Dans l'autre camp, un cuirassé Gilagimar se rangea à hauteur de l'Aiglon de Corusca pour soulager ses efforts.
La frégate naufragée devenait l'épicentre de la bataille en cours alors que les ailes alsakanies continuaient de se replier vers le Cristal Brûlant, donnant l'impression que la flotte se contractait pour préparer un nouvel élan.
Bientôt, des messages d'alertes tombèrent sur tous les canaux.
-Ici le Défenseur, une seconde flotte alsakanie vient d'entrer en espace réel! Groupe de combat tribord, abandonnez l'attaque en cours et engagez l'ennemi!

Après avoir coupé la communication avec Bekan Kalad, le capitaine Skyrim se dépêcha de rejoindre l'amirale Helder au milieu du pont principal du Défenseur. Des images holographiques des combats en cours dansaient devant ses traits rongés par une angoisse de plus en plus croissante. Même si pour le moment, tout se déroulait plutôt bien.
Trop bien, même.
Le duro remarqua qu'elle s'intéressait notamment à ce qui se passait autour de l'Aiglon de Corusca. Il s'éclaircit la gorge et elle se tourna vers lui pour lui faire partager ses impressions.
-Je connais Bilel Ap Token et sa réputation, martela-t-elle nerveusement. Pourquoi risquerait-il la destruction de sa flotte dans une attaque aussi frontale? Cela ne lui ressemble pas.
-Je viens de parler avec le Jedi Kalad, lui confia-t-il. Il pense que nous sommes tombés dans un piège.
-Bien sûr que c'est un piège! Trancha-t-elle sèchement. Es-ce que Kalad sait au moins de quel piège il s'agit?
Le non humain déglutit.
-Une autre flotte alsakanie va nous attaquer, amirale.
Ses yeux s'agrandirent d'incompréhension.
-Impossible, vous avez fait scanner le système cinq minutes avant, lui rappela-t-elle.
-C'est exact, madame. Et je vous ai fait remarquer que des anomalies nous avaient empêché de cartographier les systèmes les plus proches.
-Vous voulez parler de cette comète qui est passée à plusieurs années lumière de nous.
-Oui, ce genre d'anomalies.
La corellienne blêmit sous le coup de cette révélation.
-Donc une autre flotte ennemie se dirige droit sur nous et nous ne serions même pas au courant?
-Nous devrions envisager en effet cette hypothèse.
De nouveau la résolution habita la commandante de la Flotte du Noyau.
-Confirmez-moi que la comète a quitté le système et lancez un nouveau scan.
-Madame, la bataille a déjà commencé, nous ne devrions pas nous disperser...
-Je ne veux pas céder à la panique, nous devons savoir si cette flotte est bien réelle. Lancez un scan dès que ce sera possible.
Elle avait adopté un ton intransigeant.
-Comme vous voudrez, madame.
-Lyram, écoutez-moi, fit-elle comme pour s'excuser. Je ne veux pas que vous pensiez...
Elle fut interrompue par le hurlement de d'autres sirènes et le lieutenant ho'din qui se tenait près d'eux, lança à leur intention:
-Des vaisseaux viennent d'émerger de l'hyperespace sur le flanc tribord de notre flotte, dans le quadrant Z 47-9.
-Identification et estimation des forces en présence, ordonna l'amirale.
-Évaluation en cours.
Immédiatement, la cartographie changea d'échelle et les représentations holographiques des vaisseaux de guerre s'évaporèrent, remplacés par des constellations dont chaque point indiquait la présence de chaque vaisseau, ennemi ou ami.
Les nouveaux venus étaient illustrés en un amas compact qui se mouvait vers la Flotte du Noyau.
-Evaluation terminée, madame, lui signala le lieutenant ho'din. Nous avons donc en résumé une flotte alsakanie au moins aussi importante que celle regroupée autour du Cristal Brûlant de l'amiral Ap Token. Nous avons identifié le transpondeur du croiseur Atgeir commandé par le capitaine Yakub, le Ksarel Kebir.
Il releva la tête, ses tentacules serpentins se balançant derrière sa nuque.
-Le groupe de combat tribord attend vos instructions, madame. Les alsakanis seront à portée de tir dans deux minutes.
-Qu'ils engagent l'ennemi.
Immédiatement le lieutenant ho'din envoya:
-Défenseur à Leskan, vous avez la permission d'engager l'ennemi. Bonne chance.
Le cuirassé immatriculé Leskan accusa réception avant que l'amirale Helder ne donna une autre instruction.
-Faites décoller tous les escadrons de Typhon que nous avons gardé en réserve. Nous devons empêcher les deux flottes de faire leur jonction.
Sur les écrans tactiques, le capitaine Skyrim observa le tiers de leur Flotte se détacher de la formation principale pour confronter les nouveaux arrivants. Il ne fallut pas longtemps avant que les premières bordées ne soient échangées.
-Ils ont seulement dépêché une autre flotte, je ne vois pas où est le piège, confia perplexe le duro.
-Moi non plus, capitaine.
La corellienne serrait la mâchoire, de moins en moins rassurée.


Voilà j'espère que cela vous a plu! Une nouvelle étape de la bataille vient de s'engager, quel est le piège qui a été réservé aux républicains?

Vous le saurez dans le prochain extrait :sournois: héhé!

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 30 juin 2019, 16:09

Bonsoir, voilà la suite :wink: !

Il est temps de découvrir le piège tendu à la flotte républicaine :sournois: ! Et ca va faire mal :diable: mouhahaha!

Allez savourez-moi ca :D !

Le capitaine sakiyan Thulo, un humanoide chauve de taille moyenne à la peau noire cuivrée, fixa silencieusement depuis le pont principal du Leskan la seconde flotte alsakanie qui s'étendait face à lui.
-Capitaine Thulo, le Défenseur vient de donner le feu vert pour attaquer l'ennemi.
Il remercia l'enseigne qui l'avait prévenu d'un simple hochement de tête.
-Alors allons y. Faites décoller tous nos Typhons laissés en réserve.
-À vos ordre, capitaine.
Les chasseurs stellaires républicains dépassèrent le cuirassé Gilagimar et filèrent par binômes vers la formation adverse. Malgré la distance importante qui se mesurait en kilomètres, le sakiyan parvenait à distinguer les croiseurs Atgeir des simples frégates Hirken qui les entouraient tel un cocon protecteur.
-Préparez les batteries principales, donnez des solutions de tir sur leur vaisseau amiral, le Ksarel Kebir.
-Vaisseau amiral identifié, capitaine. Nous envoyons ses coordonnées à nos artilleurs, nous serons à portée de tir dans une minute standard, indiqua son lieutenant, une snivvienne à l'apparence de rongeur.
Le capitaine Thulo secoua la tête puis fit preuve de patience, prévoyant qu'on lui signalerait l'arrivée des chasseurs ennemis Yatagan sur la zone. Pour le moment, l'irruption de cette nouvelle flotte ne constituait pas un basculement définitif de la bataille, même si les forces en présence étaient maintenant parfaitement équilibrées de part et d'autre.
Cela ne suffirait pas à l'amiral alsakani de remporter une victoire si c'était cela qu'il avait à l'esprit. Peut-être que la réputation de ce Ap Token avait été surestimée. Dans le pire des cas, l'amirale Helder demanderait un appui de la Deuxième Flotte pour l'aider à refouler les intrus.
Il lui faudrait juste contenir cette nouvelle flotte antagoniste et les bloquer là où ils étaient, sans prendre de risques inutiles.
Les Typhons s'éloignèrent et les premiers flash lointains éclairèrent la nuit stellaire lorsque les chasseurs républicain parvenus à portée de tir se mirent à harceler les vaisseaux alsakani les plus exposés.
-Des Yatagans? S'interrogea tout à coup le sakiyan.
La moitié des Typhons demeurait en attente à mi chemin pour couvrir leurs camarades qui s'attaquaient aux boucliers déflecteurs des croiseurs Atgeir dont ceux du Ksarel Kebir.
-Négatif, monsieur, aucun Yatagan n'a décollé, lui répondit l'enseigne.
-Quoi?
Le sakiyan ne put se retenir d'être déconcerté devant son propre équipage. Comment les alsakanis pouvaient-ils laisser leurs navires capitaux et les navires de soutien sans protection rapprochée contre les Typhons?
Cela apparaissait comme un non sens tactique, voire un suicide.
-C'est absurde.
-Si vous le dites monsieur, commenta l'enseigne.
Celui-ci consulta son ordinateur et s'écria de nouveau.
-Capitaine, des cargos viennent de décoller de leurs hangars! Nous en dénombrons une soixantaine!
À cet instant, Thulo se détourna de l'horizon illuminé par la disparition de deux frégates Hirken. Il accourut pour se pencher au-dessus de l'écran. Les schémas de vaisseaux en forme de losange arrondis pivotèrent devant ses yeux anxieux.
Il retourna vers la baie de transparacier avant de lancer à l'enseigne.
-Quelle est leur trajectoire?
Les Typhons concentrés sur l'attaque des croiseurs et des frégates alsakanies ne leur prêtèrent aucune attention. Peut-être les pilotes pensaient-ils à des navettes d'évacuation. Sauf que celles-ci ne fuyaient pas le champ de bataille.
-Ils se dirigent vers nous, capitaine.
-Scannez-les.
D'autres membres d'équipage reçurent la consigne et s'affairèrent fébrilement. Le lieutenant se présenta ensuite d'un pas pressé face à lui.
-Monsieur, nous ne détectons aucune forme de vie organique. En revanche nous avons repéré une importante signature thermique et énergétique très concentrée dans chacun des esquifs.
Le sakiyan de plus en plus perplexe plissa les yeux. Avant de réaliser ce que cela pouvait impliquer.
Des vaisseaux piégés.
-Capitaine, les premiers cargos alsakanis seront bientôt à portée de tir de nos Typhons en couverture.
-Merci lieutenant, fit-il d'un ton un peu cassant. Stoppez nos vaisseaux capitaux sur le champ, qu'ils restent en attente.
-Bien reçu.
Le sakiyan essaya de prendre une longue inspiration, une phase interrompue par l'enseigne qui l'interrogea en se levant de son siège pour le héler.
-Les chefs d'escadron attendent vos ordres, les cargos se rapprochent.
-Donnez leur l'ordre d'ouvrir le feu! Appuya-t-il tout à coup.
Les navires alsakanis avaient accéléré et trois d'entre eux s'étaient détachés du groupe compact, ayant pris de l'avance sur les autres. Les appareils républicains les plus proches achevèrent un dernier passage et fusèrent droit sur les trois cargos d'apparence inoffensive.
Les canons lasers transpercèrent les boucliers et les torpilles à guidage laser achevèrent le travail. Les trois cargos se désintégrèrent mais il se produisit un événement que le sakiyan n'avait pas prévu.
S'il s'agissait de charges de détonite standard, trois novas d'un éclat aveuglant auraient du étinceler comme de nouveaux astres éphémères. Mais ce ne fut pas le cas.
Non, à l'épicentre des explosions miniatures vite éteintes par le froid sidéral, jaillirent tout à coup des nuées d'éclairs tordus qui étendirent leurs bras décharnés multiples pour frapper les Typhons qui les avaient attaqués.
La seconde suivante, ces engins flottèrent dans l'espace privés de propulsion et tous leurs systèmes électriques courts circuités, les batteries vidées de leur énergie
-Capitaine, ce sont des bombes ioniques! Hurla tout à coup le lieutenant.
Le teint sombre cuivré du capitaine Thulo se décolora sous le coup de la panique qui l'étreignait de plus en plus.
Des bombes ioniques... une arme à double tranchant qui pouvait se retourner contre celui qui en usait. Mais d'une efficacité redoutable si elle était bien employée. On pouvait même avancer que son efficacité pouvait être plus dévastatrice que de simples explosifs.
-Les Typhons qui attaquaient les croiseurs et les frégates ennemies demandent du soutien! S'écria l'enseigne. Quels sont les ordres?
En effet, les Yatagan surgissaient maintenant en essaims pour harceler et décimer les chasseurs républicains qui se retrouvaient isolés des autres chasseurs occupés par les autres navettes. Thulo assistait à tout cela, paralysé.
-Monsieur, ils se font décimer!
-Eh bien rappelez-les, espèce d'idiot! S'emporta le sakiyan. Et empêchez ces navettes de s'approcher de nous!
L'ordre arrivait cependant trop tard et aucun des Typhons qui avaient engagé la formation alsakanie autour du Ksarel Kebir n'en réchappa. Les Yatagan qui avaient procédé à cette élimination avec une mécanique implacable se regroupaient par dizaines avant de s'élancer à vitesse modérée vers le groupe de combat tribord républicain.
Ils gardaient avec les cargos piégés une distance de sécurité.
Les Typhons qui restaient en couverture du Leskan et des autres navires s'agitèrent comme un essaim affolé et attaquèrent le reste des cargos qui arrivaient. Ceux-ci se déployèrent loin des uns des autres avant de subir la riposte.
Qui se retourna contre les pilotes républicains, ceux-ci se retrouvant enfermés dans des épaves privés de moteurs et d'armes qui dérivèrent impuissants. Moins d'une minute plus tard, tous les chasseurs stellaires sous le commandement de Thulo avaient été mis hors de combat. Le sakiyan n'avait plus de protection rapprochée pour couvrir ses navires.
-Capitaine, le reste des cargos alsakanis fonce droit sur nous!
Bientôt tous les membres d'équipage fixèrent avec une fébrilité paniquée leur commandant qui restait pétrifié, attéré de se retrouver en position précaire en l'espace de quelques minutes. Comment avait-il pu perdre ainsi le contrôle de la situation?
-Que le reste des chasseurs couvre le Leskan et les autres unités en première ligne!
-Capitaine, vous les aviez déjà déployés! Lui fit remarquer alors le lieutenant en montrant l'horizon constellé des formes menaçantes de vaisseaux alsakanis.
-Ils sont à portée de tir! Beugla l'enseigne.
Alors le sakiyan brailla:
-Feu à volonté! Et alertez le Défenseur de ce qui se passe ici!
L'ordre avait été lancé précipitamment sans réflexion et ce fut une nouvelle erreur de la part du sakiyan.
-Le Ksarel Kebir et le reste de la flotte ennemie font mouvement vers nous!
En effet, le vaisseau de commandement de Yasip Yakub s'ébranlait déjà vers la flotte de Thulo, suivis des autres vaisseaux capitaux. Le piège de Bilel Ap Token se refermait sur lui et sur la Flotte du Noyau.
Les salves de turbolaser déchirèrent l'obscurité de l'espace en direction des cargos qui avaient accéléré de plus belle pour être au contact au plus vite. Au lieu de retarder le péril imminent, les artilleurs ne firent que l'amplifier.
Les vaisseaux piégés se désintégrèrent l'un après l'autre et les décharges ioniques frappèrent de plein fouet les coques des navires républicains dont le Leskan. Bientôt l'enseigne hurla:
-Nous sommes touchés! Les boucliers sont en surcharge!
Les données sur son ordinateur s'affolèrent et indiquèrent des mesures complètement erronées. Avant de s'éteindre dans un flash comme tous les autres instruments de navigation.
-Nous avons perdu nos systèmes! Plus rien ne répond! Nous avons perdu le contact avec les autres vaisseaux!
Le capitaine Thulo resta immobile et silencieux alors que tout le monde s'agitait autour des instruments pour tenter de les démarrer à nouveau, sans succès. D'autres sinistres nouvelles s'accumulèrent par les canaux secondaires.
-Les moteurs, les boucliers et les batteries principales ne fonctionnent plus! Nous ne parvenons pas à communiquer avec les autres vaisseaux!
-Capitaine, quels sont vos ordres? S'écria le lieutenant.
Thulo s'extirpa de son apathie.
-Faites redémarrer les systèmes!
-Les Yatagan sont sur nous! Fit l'enseigne.
La silhouette triangulaire des chasseurs alsakanis emplit la baie de transparacier avant qu'ils ne virèrent sèchement à quatre vingt dix degrés, larguant dans leur sillage plusieurs missiles à bout portant.
Quelqu'un à proximité de Thulo eut seulement le temps de crier impact avant que les flammes ne ravagèrent le pont principal. Avant d'être consumé entièrement, le sakiyan se demandait encore comment il avait pu se tromper si lourdement.
En plein bûcher, il comprit qu'il avait commis une grave erreur. Il n'avait pas surestimé les alsakanis. Non au contraire, il les avait sous estimé.
Ils les avaient tous sous estimés.
Peu après, la flotte du commandant Yakub cibla la flotte désemparée de Thulo et les tirs massifs de turbolaser trouèrent la nuit sidérale pour dépecer les cuirassés Gilagimar, les frégates Sarbakan et les réduire à l'état de poussière insignifiante.
Le cours de la bataille venait de basculer en faveur de Alsakan.

Malgré l'irruption de la seconde flotte alsakanie et le détachement du groupe tribord commandé par Thulo pour les contrer, l'amirale Helder avait confirmé l'ordre de continuer l'assaut sur les forces de Ap Token.
Il leur fallait maintenir la pression coûte que coûte pour forcer Alsakan à renoncer bien que leurs ennemis avaient restauré l'équilibre des forces à leur avantage. L'issue de la confrontation devenait beaucoup moins certaine.
La corellienne penchée sur les hologrammes tactiques avisa son second.
-Vous avez alerté la Deuxième Flotte, capitaine Skyrim?
-Nous ne parvenons pas à déjouer le brouillage des alsakanis, leurs contre signaux sont très efficaces.
-Continuez d'essayer et si cela ne marche pas, vous demanderez au Jedi Kalad de quitter les lieux pour aller les avertir.
-Amirale, vous pensez que nous pouvons vraiment nous passer de lui?
La corellienne n'ignorait qu'il faisait référence aux hauts faits accomplis par le jeune Chevalier d'origine alsakanie à bord de son Typhon.
-J'adapterai ma décision en fonction des circonstances, concéda-t-elle.
Il hocha la tête pour marquer son assentiment et ils suivirent de nouveau les aléas du front. Les vaisseaux de Ap Token continuaient de se regrouper autour du Cristal Brûlant, assaillis de loin par leurs homologues républicains qui ne parvenaient pas à les accrocher d'assez près pour leur porter des coups de boutoir plus cinglants.
Helder admirait la discipline et le sang froid des équipages adverses. Elle admirait bien plus encore l'habilité de Ap Token qui parvenait à déjouer et à esquiver l'ennemi. Il faisait honneur pour l'instant à sa réputation.
Elle avait cependant le funeste pressentiment que ce n'était que le début.
Quel piège nous avez-vous préparé, Bilel? Une autre flotte ne sera pas suffisante pour vous permettre d'emporter la décision, pensait-elle en son for intérieur.
-Amirale, le Leskan nous a transféré un signal de détresse! La prévint le lieutenant ho'din.
Son instinct éveillé, la corellienne lança par dessus son épaule.
-Envoyez les images du groupe de combat de Thulo!
Avec une grande frénésie, elle et son second examinèrent les flux holographiques qu'ils firent défiler d'un simple contact tactile sur la console devant eux. En quelques instants, ils observaient les vaisseaux du commandant Yakub face à ceux de Thulo.
-D'où provenait le signal de détresse?
-D'un Typhon d'un des chefs d'escadron engagé contre les alsakanis, madame, répondit le ho'din.
Ils agrandirent les hologrammes des croiseurs Atgeir et des frégates Hirken et virent des chasseurs républicains tournoyer autour d'eux pour les harceler et abattre leurs boucliers. Au milieu des explosions confuses, ils apercevaient les Yatagan surgir des hangars et les prendre à partie. Ils assistèrent impuissants à la destruction méthodique et impitoyable des Typhons isolés des vaisseaux capitaux républicains.
-Ils ont envoyé des cargos!
Le cri du capitaine duro attira son intention des vaisseaux étranges en forme de losange arrondi.
-Armement? Interrogea le non humain.
-Rien à signaler, répondit le ho'din.
Le visage sans relief de Skyrim masquait sa perplexité alors que les hologrammes montraient les Typhons restés en couverture de leurs camarades maintenant disparus, virer pour attaquer les cargos.
-Mais cela n'a pas de sens! Pourquoi enverraient-ils contre nous des vaisseaux désarmés?
Ekia Helder, quant à elle, gardait le silence. Puis elle cessa de respirer lorsqu'elle vit les conséquences des attaques des chasseurs républicains. Depuis l'épicentre de la destruction de plusieurs cargos ennemis, elle vit des chaines d'éclairs traverser les chasseurs de part en part. Sous ses yeux hébétés, ils se mirent à errer sans but.
-Des bombes ioniques! S'exclama Skyrim.
-Ils se dirigent vers le Leskan et les autres vaisseaux! Avertit le ho'din.
-Contactez le capitaine Thulo et donnez lui l'ordre de se replier vers le groupe de combat central! Intervint l'amirale.
Le commandant sakiyan ne put jamais y répondre. Les éclairs chargés d'ions frappèrent sa flotte, immobilisant ses vaisseaux capitaux en l'espace d'une minute. Le groupe de combat tribord fut ainsi neutralisé, à la merci de la formation alsakanie menée par Yakub.
Les Yatagan se jetèrent à la curée et plusieurs de ces appareils bombardèrent la coque du Leskan, qui fut enveloppé par des halos flamboyants mêlant débris de duracier et cadavres. Les autres vaisseaux subirent le même sort lorsque le Ksarel Kebir s'approcha à portée de tir. Les tirs de turbolasers et de missiles strièrent l'horizon, des astres morts nés illuminèrent la position des navires républicains, les transformant au mieux en épaves déformées, au pire en débris insignifiants.
-Envoyez des frégates couvrir leur évacuation! Intima Helder horrifiée.
-C'est trop tard, madame, souffla Skyrim.
La destruction éclair de la flotte de Thulo laissa l'équipage du pont principal du Défenseur sans voix. Avant que le lieutenant ho'din n'enfonça des portes ouvertes en confirmant:
-Nous... nous avons perdu le groupe de combat du capitaine Thulo.
-Des rescapés? Insista Skyrim.
L'amirale Helder décida de laisser son second gérer cela et de se préoccuper de nouveau de l'ensemble de la situation. Elle avait recouvré son sang froid malgré l'angoisse qui la tenaillait. Avec les pertes qu'elle avait subi, elle était maintenant en nette infériorité numérique.
Le duro se rapprocha du ho'din alors que la corellienne contournait les hologrammes tactiques pour lancer le rappel de tous les autres vaisseaux de la Flotte du Noyau engagés dans des combats à distance avec ceux de Ap Token.
-Six frégates Sarbakan ont répondu, capitaine.
Le duro examina les frêles silhouettes des navires de soutien qui avaient miraculeusement échappé au désastre. Les rescapés s'extirpèrent des débris de la force commandée par le défunt Thulo mais l'ennemi était bien décidé à ne pas les laisser en paix.
Des escadrons de Yatagans les poursuivaient, car les épaves empêchaient les croiseurs Atgeir de les viser.
-Envoyez l'escadron Nimbus!
-Oui, monsieur.
De son coté, Ekia Helder suivait fiévreusement les mouvements des forces de Ap Token qui jouaient jusqu'ici l'usure.
Elle constata avec inquiétude qu'en voulant presser son avantage, elle avait exagérément fait étirer ses lignes. Ce qui allait l'exposer dangereusement à une virulente contre offensive, qui n'avait pas encore été lancée.
Elle s'était montrée imprudente.
-Que toutes les unités se regroupent autour du Défenseur! Faites accélérer le mouvement, nom d'un bantha!
Les cuirassés Gilagimar et les frégates Sarbakan avaient annulé leur attaque et reculaient vers le vaisseau amiral de la Flotte du Noyau.
Helder espérait qu'il n'était pas trop tard et qu'elle ne serait pas prise de court.

Et voilà, j'espère que cela vous a plu! En particulier le petit piège concocté par notre cher amiral Bilel :sournois: ! à votre avis, qu'en penserait Thrawn :sournois: lui-même?

Les républicains prennent cher et ce n'est que le début :diable: !

pour l'anecdote, les bombes ioniques sont une tactique employée par Gar Stazi dans Legacy contre une flotte Sith impériale... oh merde j'ai spoilé peut-être ceux qui n'ont pas lu la série encore :paf: !

Euh allez à la prochaine :hello: :transpire: !

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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 07 juillet 2019, 17:18

Bonsoir!

La suite!

Les doutes de Carmina Delinki furent levés lorsqu'elle suivit du début à la fin l'attaque éclair de Yakub contre le groupe de combat tribord républicain.
De nouvelles étoiles constellèrent l'horizon lointain avant de s'éteindre puis elle pivota vers l'amiral qui affichait une sérénité plus affirmée.
-Toutes mes félicitations, monsieur.
Bilel Ap Token esquissa un rictus malicieux.
-Attendez que cela soit fini pour me féliciter, capitaine Delinki.
-Je tenais à vous assurer que c'est un honneur de servir avec vous. Vous faites la fierté d'Alsakan, notre fierté à tous.
L'amiral alsakani croisa le regard de ses compatriotes qui affichait le respect et la certitude absolue en une victoire glorieuse historique.
-Merci à tous, leur lança-t-il. Aujourd'hui, nous laverons la destruction de Rucapar dans l'humiliation de la République. Nous allons détruire la Flotte du Noyau et partirons assiéger l'arrogante Coruscant. Nous imposerons la paix sur le marbre de la Grande Salle du Sénat, nous leur dicterons les conditions d'une paix durable à notre avantage. L'heure d'Alsakan est venue, que l'Histoire nous contemple à jamais!
Les vivats, les clameurs et les applaudissements retentirent sur le pont principal en un choeur irrésistible où son nom fut scandé.
-Ap Token! Ap Token! Gloire à Alsakan! Que les Lunes de Cristal nous bénissent!
D'un geste impérieux, Bilel mit un terme à cette démonstration de dévotion. Immédiatement, les autres s'affairèrent à leur poste, dans une ambiance empreinte de détermination et d'un moral au plus haut.
-Monsieur, les républicains ont cessé leur attaque et se replient, lui signala Delinki.
-Trop tard pour eux, trancha Bilel d'un ton implacable. Ils ont commis l'erreur d'étirer leurs lignes, fit-il en montrant de l'index à l'horizon le reste de la Flotte du Noyau en deux amas distincts, le premier plus petit que celui assemblé autour du Défenseur. Lancez la contre attaque, donner l'ordre au Minotaure d'isoler le groupe de combat bâbord ennemi et de le détruire intégralement.
-Cela les poussera à battre en retraite.
-Ce qu'ils ne feront pas, assura-t-il.
À travers la baie de transparacier, les deux officiers remarquèrent le croiseur Minotaure suivi de plusieurs équivalents Atgeir et de frégates Hirken les dépasser pour s'élancer dans la brèche et isoler irrémédiablement le groupe de combat bâbord républicain.
Pris de vitesse, leurs ennemis ripostèrent pour tenter de s'extirper de la souricière. Cela ne suffirait pas à les sauver.
-Parce qu'ils savent très bien qu'ils sont les seuls entre nous et Coruscant, dit-elle.
-N'importe qui en ferait autant.
-Ils appelleront des renforts, monsieur.
L'alsakani sourit en pensant au brouillage qui empêchait toute communication de la Flotte du Noyau à l'extérieur.
-Je ne doute pas qu'ils essaieront. S'ils y parvenaient, leurs renforts arriveraient trop tard de toute façon. Je m'en suis assuré.
Carmina Delinki savait qu'il faisait allusion aux vaisseaux qui menaient des actions de retardement contre les autres flottes républicaines dispersées sur les autres fronts chauds. Y compris pour la Deuxième Flotte, la plus proche d'être en mesure d'aider l'amirale Helder.
-C'est brillant, monsieur.
Un cuirassé Gilagimar se fractura en deux par le milieu sous les salves puissantes du Minotaure, qui avait désorganisé la flottille républicaine prise au piège, loin de ce qui restait de la Flotte du Noyau. Sur le front principal, les alsakani avaient relancé l'attaque sur le centre républicain qui tenait bon pour le moment.
-Vous proposerez à Helder de se rendre? Demanda-t-elle.
-Les républicains ont-ils proposé aux habitants de Rucapar de se rendre avant de les anéantir? Répliqua-t-il.
Elle garda le silence.
-Le temps de la diplomatie est passé, capitaine.
-Je comprends, monsieur.


L'Aiglon de Corusca s'était finalement retiré à l'abri des attaques du Souvenir de Rucapar, derrière le cuirassé Gilagimar soutenu par les deux frégates Sarbakan qui tenaient leur position. À son tour le croiseur alsakani se replia, relayé par les frégates Hirken qu'il continuait cependant de couvrir de sa longue silhouette cylindrique.
Les échanges d'artillerie diminuèrent sensiblement d'intensité et Bekan profita de cette accalmie pour évaluer la situation sur l'ensemble du front. L'escadron Nimbus s'était porté au secours du Scimitar Vaillant qui avait battu en retraite pour panser ses plaies à un kilomètre de là. Les pilotes gardaient leurs fréquences ouvertes tout en faisant le tour du cuirassé endommagé pour le protéger d'éventuelles incursions de Yatagans.
Le jeune Jedi entendit le bleu, Nimbus 5, commenter.
-On dirait qu'ils se sont calmés, ils doivent commencer à en avoir marre.
-Connaissant la réputation de Ap Token, n'y compte pas, rétorqua la voix de la twi lek Drya. Tu as oublié la deuxième flotte qui vient d'apparaître sur le flanc tribord?
-Ca pourrait représenter un problème? Intervint 8.
-Plus pour eux que pour nous, releva le givin, Nimbus 7.
-7 a raison, appuya le herglic Coxon, Nimbus 4. Nous avons l'avantage, nous ne sommes pas les assaillants. Il va leur falloir plus de vaisseaux s'ils veulent assiéger Coruscant.
-Vous avez de la bave de mynock dans le cerveau, leur lança la zabak Ilmi Kliss. Vous avez oublié que c'est Ap Token aux commandes?
-Nous allons suivre la situation et rester en attente des ordres, tempéra leur chef Riyan Lix d'une voix posée. Compris, les Nimbus?
-Reçu, leader, s'écrièrent-ils tous.
Bekan ferma tous les canaux et effectua un virage tout en étudiant sur ses écrans la position d'une formation dépêchée par l'amirale Helder pour bloquer la formation antagoniste. Il contacta la frégate qu'il escortait.
-Aiglon de Corusca, vous avez besoin que je reste avec vous?
-Ce n'est plus la peine, Jedi Kalad, répondit le capitaine Duvini.
-Très bien, je retourne vers le Défenseur. Prévenez-moi si vous avez besoin de quelque chose.
Par précaution, le capitaine Duvini était resté à bord en compagnie de d'autres officiers et du personnel indispensable au fonctionnement du navire qui avait entamé des réparations de fortune en attendant de pouvoir bénéficier d'un quai des Chantiers Orbitaux de Kuat.
-C'est noté, bonne chance Jedi Kalad.
Le jeune alsakani poussa les moteurs pour regagner le centre de la Flotte du Noyau, saluant au passage l'escadron Reek qui avait essuyé des pertes. Il se dirigea vers le vaisseau amiral avant de se signaler au Contrôle.
-Défenseur, ici le Jedi Kalad. Pouvez-vous me mettre en contact avec l'amirale Helder ou du moins le capitaine Skyrim? J'aimerais savoir s'ils ont d'autres corvées pour moi.
-Un instant, répondit la voix d'une soldate affectée aux communications.
Il fut mis en attente avant qu'elle ne répondit.
-Jedi Kalad, je suis désolée mais ni l'amirale ni le capitaine Skyrim ne sont disponibles pour le moment. Vous souhaitez leur laisser un message?
-Non merci, laissez tomber. Je les rappellerai.
Il contourna l'imposante silhouette du cuirassé Gilagimar pour se déplacer aléatoirement parmi les autres vaisseaux.
Il remarqua notamment ceux qui constituaient le flanc tribord de la Flotte du Noyau se déployer en ordre de bataille face à leurs antagonistes alsakanis qui venaient de faire irruption et les imitèrent.
-Identification et position du vaisseau amiral du deuxième groupe ennemi, demanda-t-il à son ordinateur de bord.
La réponse ne tarda pas à s'afficher devant sa figure concentrée.
Identification du croiseur Atgeir alsakani aux coordonnées 75-12-37, dont le transpondeur correspond à celui du Ksarel Kebir. Commandant: capitaine Yasip Yakub.
-Merci.
Il décida de se plonger dans une transe légère, histoire d'anticiper l'avenir proche murmuré ou suggéré par les courants de la Force. Il trembla, ressentant les amas d'émotions contradictoires qui subjuguaient le champ de bataille.
De la tension, de la détermination. De la colère et de la peur. De ceux qui couvraient leurs camarades exposés au danger, des officiers qui adressaient leurs ordres d'attaque ou de repli tactique. Dans les deux camps, tout cela formait un maelstrom impossible à démêler, à trier. Un miasme parmi lequel il devait trouver le calme.
C'était son épreuve.
Tout à coup, la Force s'agita, laissant affluer un nouveau torrent d'émotions négatives. La panique et la terreur s'emparaient tout à coup de plusieurs équipages. Les paupières de Bekan s'ouvrirent en un battement de cils et il reporta sa conscience vers le groupe de combat tribord républicain.
Des explosions entrecoupées de jaillissements d'éclairs étranges se propageaient parmi ses lignes et il fallut du temps au jeune alsakani pour comprendre ce qui arrivait alors qu'il ouvrit un canal général pour surprendre les conversations.
-Des bombes ioniques! À couvert, repliez-vous! Hurla un pilote avant que les parasites ne remplacèrent ses paroles.
À cause d'une arme inédite, les vaisseaux qui couvraient le flanc tribord de la Flotte du Noyau se faisaient étriller sans pouvoir se défendre. Leurs systèmes complètement hors service, leurs coquilles flottantes se firent ensuite fragmenter par les salves des navires alsakanis à l'offensive, menés par Yakub.
Sur le canal général, la voix d'un Nimbus tonna:
-Qu'es-ce qu'on attend pour intervenir? Ils sont en train de se faire démolir!
-Silence, Nimbus 9! Trancha Riyan Lix. Nous n'avons pas reçu d'ordres!
À la voix du leader, Bekan sentit néanmoins la tension qui l'habitait, cette envie réfrénée de voler au secours de ses camarades en train de mourir au loin.
Il décida d'appeler à nouveau le vaisseau amiral de la Flotte du Noyau.
-Ici le Jedi Kalad! Défenseur, vous me recevez? C'est urgent!
Celle qui avait reçu son précédent appel, lui répondit:
-Jedi, je suis désolée...
-Non, ne me mettez pas en attente! La situation est grave! Les alsakani viennent de faire une percée! Je dois connaître les ordres de l'amirale Helder!
La soldate hésita.
-Je transfère votre appel au pont principal.
-Merci, madame.
Il vira de bord pour longer de nouveau le cuirassé personnel de la commandante corellienne, immobile comme si la coquille de duracier éprouvait lui-même la peur et le doute qui rongeaient la Flotte du Noyau.
Sitôt le groupe de combat tribord détruit, un nouvel ordre tomba comme un couperet.
-Lyram Skyrim à toute la Flotte du Noyau! Ordre à tous les vaisseaux d'annuler l'attaque et de se regrouper autour du Défenseur en attente d'instructions! Claironna le capitaine duro.
La situation se dégradait, les alsakani étaient maintenant en position de force et ne manqueraient de mettre à profit leur supériorité numérique.
L'amirale Helder lui répondit enfin, après une attente interminable.
-Que voulez-vous, Jedi Kalad?
-Simplement savoir si je pouvais vous être d'une quelconque utilité, madame.
-Peut-être bien, concéda-t-elle avec moins de raideur. Six frégates sont toujours opérationnelles mais sont poursuivies par l'ennemi, dépourvues de couverture. Vous veillerez avec l'escadron Nimbus à ce qu'elles nous rallient en un seul morceau.
-C'est dans mes cordes, madame.
-Bonne chance alors, Jedi Kalad. Et merci.

Ekia Helder revint à ses préoccupations immédiates après sa conversation avec le jeune Chevalier Jedi.
-Les Nimbus sont en route, amirale, lui confirma le major gotal.
-Espérons que cela pourra aider, lâcha d'un ton las, le capitaine Skyrim sur les talons de la corellienne.
Le lieutenant ho'din les alerta depuis le centre du pont principal.
-Amirale, le groupe de combat bâbord est isolé par l'ennemi. Ils réclament du soutien!
Elle se jeta sur les écrans tactiques pour consulter les reflets tridimensionnels de cinq cuirassés Gilagimar et d'une dizaine de frégates Sarbakan, coupés de tout support possible provenant de la Flotte et qui avait tenté de déborder les vaisseaux de Ap Token à droite.
Lors de l'ordre de repli, les lignes républicaines avaient été si étirées par l'attaque générale qu'une brèche béante s'était creusée dans le dispositif tactique. Les alsakanis n'avaient pas perdu de temps pour en tirer profit et avaient injecté dans la brèche une dizaine de bâtiments lourds escortés d'autant de frégates Hirken.
Le Minotaure menait la tête de la nouvelle percée et faisait feu de tout bord contre leurs proies piégées et les vaisseaux républicains qui tentaient de leur porter secours.
-Les alsakani lancent la contre attaque au centre! Ils ciblent le Scimitar Vaillant! Annonça de nouveau le gotal.
Les évènements se précipitaient et la sueur perla du front de la corellienne, qui eut aussi l'impression que le col de son uniforme l'étouffait. Elle n'avait pas prévu que cela tournerait de cette façon.
Elle connaissait pourtant la réputation de Ap Token, elle était censée rester sur ses gardes. Mais face à Ap Token, cela demeurait insuffisant. Il le lui prouvait en cet instant, incontestablement.
Ce sont mes équipages, je ne peux pas en laisser d'autres mourir!
-Amirale? Vos ordres?
-Lancez tous nos vaisseaux opérationnels à la rescousse du groupe bâbord!
Skyrim s'interposa en lui agrippant le coude.
-Amirale, attendez! Vous ne pouvez pas faire ça!
-Mais ce sont les nôtres! Nous ne pouvons pas...
-Je sais, l'interrompit-il à regrets. Mais c'est justement ce que Ap Token espère que vous fassiez! Nous ne pouvons plus rien pour eux!
Elle cligna des yeux et recouvrit sa lucidité. L'amiral adverse anticipait ses actions et bénéficiait d'un coup d'avance depuis le début des engagements.
Si elle envoyait le reste de la Flotte du Noyau au secours du groupe de combat bâbord qui subissait un feu ennemi soutenu et supérieur, elle n'aurait pas les moyens de résister à l'attaque centrale qui l'aurait prise de flanc.
Ce qui aurait condamné sa flotte à un anéantissement total express.
-Que les vaisseaux qui ont pu se grouper autour du Défenseur, tiennent leurs positions! Intima-t-elle fermement.
Les traits sans relief de son second laissèrent transparaître un immense soulagement. Il hocha la tête pour lui signifier son approbation puis il prit le relais.
-Que le Scimitar Vaillant se range à notre hauteur et commence à faire évacuer le personnel non indispensable. Le Défenseur les accueillera.
Malgré elle, elle ne put se retenir de jeter un regard vers ses navires pris sous les salves croisées des Atgeir qui les assaillaient de près. Tout comme pour l'aile tribord commandée par Thulo, l'aile bâbord connut un sort tout autant tragique.
Seuls quelques dizaines de chasseurs Typhons parvinrent à les rallier sains et saufs, alors que les épaves lévitaient inertes et brisées.
-Lyram, je connaissais ces hommes.
-Moi aussi, Ekia.
Leur regard et leurs mots trahissaient leur émotion devant tant de pertes. Tant de connaissances, d'amis, de camarades, de frères et soeurs d'armes perdus à jamais dans le tombeau de l'espace. Un mausolée à jamais éternel.
Au bout de quelques instants, elle demanda au lieutenant ho'din:
-Estimation de l'équilibre des forces.
Le non humain consulta son ordinateur où s'affichaient la liste des vaisseaux perdus et de ceux encore en état de se battre.
-L'ennemi dispose maintenant d'une supériorité écrasante, environ deux contre un.
-Merci lieutenant.
-Madame, fit le duro, nous devrions battre en retraite vers Coruscant. Nous n'avons plus assez de vaisseaux pour retenir l'ennemi loin de la planète.
La corellienne prit le temps de réfléchir à la suggestion de son second. Tactiquement, cela se tenait... le repli en orbite de la planète capitale leur assurerait l'appui des défenses planétaires.
Mais l'issue d'une bataille décisive et donc d'une guerre ne dépendait pas que des simples forces en présence sur un champ de bataille.
L'issue de la Crise avec Alsakan et ses alliés dépendrait de la volonté des politiciens à continuer de se battre. Et Ekia doutait sérieusement que les sénateurs qui se déchiraient pour choisir le nouveau Chancelier suprême possèdent la capacité de continuer les hostilités.
Elle imaginait sans mal leur panique devant l'irruption d'une flotte alsakanie dans le ciel de la Cité Galactique, et la terreur de centaines de milliards d'habitants qui pousserait les politiciens décadents à négocier une paix désavantageuse sous la menace des missiles et des turbo lasers.
Certes un retrait sauverait dans l'immédiat ce qui restait de la Flotte du Noyau mais il restait trop d'inconnus à résoudre. Elle ne pouvait pas espérer un quelconque courage des politiciens d'une République qui avait sombré dans la décadence et irrémédiablement gangrenée par la corruption.
Elle refusait d'assumer ce risque.
Et les flottes républicaines, dispersées sur les fronts lointains, arriveraient-elles à temps?
-Capitaine, si les habitants de la capitale voient une flotte alsakanie au-dessus de leur tête, comment réagiront-ils?
Le non humain se figea, ses yeux sans facettes errant dans le vide.
-Ils paniqueront, amirale.
-Et les sénateurs qui n'ont peut-être pas encore choisi leur Chancelier Suprême, bien plus encore à mon avis, avança-t-elle.
Il ne la contredit pas.
-Alors nous devons tenir notre position, affirma-t-il.
-Tenir jusqu'à l'arrivée des renforts, appuya-t-elle.
Le duro et le reste de l'équipage sur le pont prinicipal virent de nouveau une commandante prête à assumer ses responsabilités. Jusqu'au bout.
-Les alsakanis continuent de brouiller nos communications, madame. Nous sommes toujours coupés de l'extérieur.
-Amirale! Appella le major gotal. Ils se rapprochent, ils entament les manœuvres d'encerclement!
En effet, les ailes des forces de Yakub et de Ap Token se refermaient telles des pinces géantes sur le grand amas de bâtiments républicains resserrés autour du Défenseur. Ekia était consciente de ne plus avoir assez de forces pour contrer ce mouvement.
La dernière et importante phase de la bataille allait commencer. Ce serait le jour le plus long de son existence si elle avait la chance d'en voir la fin.
-Capitaine Skyrim, détachez une frégate et envoyez la alerter la Deuxième Flotte et le Quartier Général de Coruscant.
-Mais nous allons avoir besoin de tous nos vaisseaux...
-Faites-le maintenant, Lyram. Ou nous n'aurons plus jamais l'occasion de le faire.
Le ton de l'amirale Helder était teinté d'une inflexibilité nouvelle. Une attitude plus que jamais inébranlable qui poussait le duro à se fier à elle. Pour résister et sauver ce qu'ils pouvaient.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! J'espère que cette bataille dans l'espace continue de vous fasciner, j'essaie de soigner tout ça :oui: !

Les Alsakani ont-ils abattu toutes leurs cartes? La République va-t-elle subir un magistral Trafalgar :shock: ?

Vous le saurez la semaine prochaine, chers amis! Allez à la prochaine et soyez sages :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Message par mat-vador » 14 juillet 2019, 16:33

Bonsoir, voici la suite!

C'est toujours la grande bataille spatiale :diable: ! Hihihi!

Allez bonne lecture!

-Jedi Kalad, vous me recevez? Fit la voix de Riyan.
-Je vous reçois, leader. Je rejoindrai les Sarbakan au point 65-12 A-27.
Le jeune Jedi valida les coordonnées sur son ordinateur de bord tout en se concentrant sur son environnement proche qui ne tarderait pas à devenir chaotique.
-Temps d'arrivée sur zone estimé à quinze secondes, ajouta-t-il.
-Bien reçu, répondit Nimbus leader.
Peu après, il s'extirpa du gros de la Flotte du Noyau pour se glisser dans le sillage des douze pilotes de l'escadron qui accéléraient pour assister ce qui restait du groupe de combat tribord. Il signala sa présence sur leur canal.
-Je suis derrière vous, en queue de formation à six heures. Je vous couvre.
-Entendu, approuva Riyan.
Celui-ci intima à ses équipiers de rester en binômes avant de rejoindre les six frégates harcelées par l'ennemi. Derrière les fugitifs, la flotte du commandant Yakub les poursuivait se frayant un chemin à travers les débris des autres vaisseaux républicains, à coups de turbolasers.
Des chasseurs Yatagan sollicitaient leurs boucliers tandis que les Sarbakan se défendaient avec leurs batteries légères pour les tenir en respect.
Plusieurs des chasseurs alsakanis repérèrent alors les Typhons et se détournèrent des frégates pour se porter à leur rencontre.
Bekan tenta de mettre de coté son appréhension concernant la position de la Flotte du Noyau pour ne pas se laisser distraire. Il serra le manche, plongé dans la Force qui guida ses mains et son esprit de combat.
Les Nimbus plongèrent dans la mélée et le jeune Jedi esquiva à l'aide d'acrobaties audacieuses deux missiles décochés par le Yatagan qui fonçait droit sur lui. Il l'abattit dans une vrille, dépassa ses débris et mitrailla deux autres appareils qui s'en allèrent rejoindre le néant.
Leur action offrit un répit inespéré aux six frégates qui bénéficièrent bientôt de l'appui immédiat de deux cuirassés Gilagimar. Les pilotes alsakanis après avoir perdu huit des leurs s'empressèrent de se mettre hors de portée.
Le sursis ne durerait que quelques battement de cils, Bekan ne l'ignorait pas. Les bâtiments alsakanis traversaient le champ de débris et fondraient sur eux, une nouvelle tempête allait s'abattre.
Le jeune homme doutait qu'ils puissent y résister durablement.
Le salut de Coruscant ne dépendait plus que d'eux et de la Volonté de la Force. Bekan se réfugia derrière un Gilagimar qui ne cessait de bombarder les chasseurs ennemis de ses lourdes batteries et s'immergea dans les flux de la Force.
Il toucha l'esprit de son instructrice twi lek, affectée à la Deuxième Flotte de l'amiral Jehun. Il perçut le calme de ses pensées, l'apaisement d'un ruisseau qui trouvait son chemin malgré les obstacles.
Il instilla toute l'urgence qu'il pouvait enfouir dans cet appel psychique.
Maître Terka, notre position devient critique. Nous avons besoin d'aide.
Il frémit de soulagement lorsqu'une voix maternelle résonna dans sa tête.
Nous arrivons le plus vite possible Bekan. Garde confiance.
Il lui adressa en retour toute la reconnaissance qu'il éprouvait. Un appel se diffusa sur tous les canaux.
-Nous avons perdu le groupe de combat bâbord, annonça la voix du capitaine Skyrim. Que tous les vaisseaux maintiennent leurs positions autour du Défenseur! Nous devons arrêter les alsakani ici même! Battez vous pour vos vies et pour sauver vos familles, ce que vous avez de plus cher! Battez-vous!
Bekan sut que la détermination vacillante des républicains venait de se raffermir d'un coup. Il crispa alors davantage ses mains sur le manche de son Typhon.
Oui, il devait se battre.
Ils devaient tous se battre. Que la Force le leur permette.

Bilel Ap Token ne se délecta pas du spectacle de la destruction semée par le Minotaure et les autres croiseurs de sa flotte qui avaient isolé le groupe de combat bâbord républicain. Il ne ressentait que de la satisfaction minimale.
Son regard aussi ardent qu'un cristal d'une des Lunes d'Alsakan porté à ébullition restait obstinément braqué sur l'un des cuirassés Gilagimar, le Défenseur de son homologue Ekia Helder.
Je suis navré que nous ne soyons pas dans le même camp, Ekia. Mais la destruction de Rucapar doit être lavée. Si seulement vous pouviez le comprendre...
-Amiral, le Minotaure a rempli sa mission, annonça Carmina Delinki.
-Combien de cargos drones possèdent-ils?
Son second examina son datapad.
-Quatre, monsieur.
Bilel hocha la tête tout en guettant une réaction des républicains. Au lieu de se lancer éperdument au secours de leurs camarades, ils étaient restés sur leurs positions. Ils battaient même en retraite vers le Défenseur.
La noix serait plus dure à casser que prévu. Il avait escompté qu'une contre attaque précipitée de Helder lui permettrait de désorganiser ce qu'il restait de la Flotte du Noyau. Mais elle n'avait pas cédé à la panique.
Restait à savoir s'il aurait assez de temps pour mener à terme l'offensive sur Coruscant.
-Monsieur, une frégate tente de s'échapper. Devons-nous la poursuivre?
Il retourna vers les écrans tactiques, l'hologramme d'une frégate républicaine illuminant ses traits impassibles.
-Non, laissez la.
-Amiral, s'ils s'échappent, ils préviendront les renforts. Et Coruscant...
-Les défenses de leur capitale sont déjà actives depuis le début de notre opération, capitaine. Et leurs renforts n'arriveront pas à temps.
-C'est un gros risque.
Avec un calme désarmant, il répondit.
-Toute guerre comporte des risques. Mais je peux vous assurer que la victoire ne nous échappera pas même si cela doit nous couter davantage de vaisseaux que prévu. Les renforts que la République enverra contre nous ne seront que des flottilles hâtivement lancées. Cela nous ralentira peut-être mais cela ne nous arrêtera pas.
Les combats avaient repris avec une nouvelle intensité au niveau du Souvenir de Rucapar. Le croiseur alsakani menait la contre attaque au centre, ses boucliers absorbant vaillamment les ripostes républicaines.
Le Ksarel Kebir et le Minotaure faisaient de même, assaillant les flancs de la formation d'Helder et resserrant leur étau inexorable, leur coupant définitivement toute retraite.
-Que le Minotaure se tienne prêt à larguer ses cargos drones. Lancez l'attaque générale, capitaine.
-Avec joie, amiral.
Des centaines de Yatagan dépassèrent le Cristal Brûlant pour fondre sur la masse des vaisseaux ennemis acculés et recroquevillés autour du Défenseur.
-Tous les systèmes sont opérationnels, signala un enseigne au capitaine Delinki.
Elle transmit l'information à Ap Token qui acquiesça d'un hochement de tête.
-Amenez le Cristal Brûlant près du vaisseau amiral de la République. Le Poignard d'Archais et le Souvenir de Rucapar nous soutiendront. Préparez le canon de proue.
-Chargez le canon de proue! Aboya la jeune officier.
Bilel s'était trop engagé dans ce combat, il était trop tard pour éprouver le moindre scrupule. Trop tard pour reculer.
Il se persuada que Helder en aurait fait autant à sa place.
Il était temps d'en finir.

-Ici, Etoile de Cendres, nous ne pouvons maintenir notre position!
L'escadron Nimbus et Bekan reçurent l'appel de l'une des six frégates qu'ils étaient parvenus à escorter. Mais l'ennemi les avait rattrapés.
La frégate Sarbakan qui fermait la marche se retrouva tout à coup enveloppée par les Yatagan alors que trois croiseurs Atgeir dont le Ksarel Kebir se rapprochaient rapidement. Bekan frissonna en voyant leur canon de proue commencer à briller.
-Etoile de Cendres, ici le Jedi Kalad! Boostez vos boucliers!
Des parasites hachèrent la réponse du contrôle.
-Jed... Alad... veuill...répéter...
La proue du Ksarel Kebir luit tout à coup d'un halo aveuglant alors qu'un rayon plasma ricocha dans la seconde suivante contre la coque de la frégate. Des flammes sinistres se mirent à lécher l'épiderme et des débris commencèrent à se détacher pour flotter dans l'espace, sous les canons des Yatagan.
-Nous avons perdu nos boucliers! Fuite d'atmosphère et fracture de la coque dans la salle des moteurs, dépressurisation dans les hangars secondaires! Envoyez-nous du soutien!
Le soutien tant demandé n'arriva jamais à temps. Un deuxième croiseur Atgeir ouvrit le feu à son tour et la frégate en perdition fut sectionnée en deux, dévorée par les incendies. La Force perdit encore un peu de sa vitalité.
Les deux cuirassés Gilagimar chargés de couvrir les Sarbakan furent alors sous le feu de quatre frégates Hirken et après un intense duel d'artillerie, deux des assaillants se retirèrent après avoir encaissé de sévères avaries.
Les Yatagan contournèrent les vaisseaux républicains exposés face à ceux de Yakub, et les survolèrent en rase mottes, déversant dans leur sillage les missiles qui devaient faire tomber les boucliers déflecteurs.
Ceux de deux frégates lâchèrent avant que des appels au secours ne furent émis. L'escadron Nimbus y répondit. Bekan les suivit.
Riyan Lix vérifia sur son écran les munitions qui lui restaient. Il était bientôt à court de torpilles, ce devait être le cas de tous ses équipiers. Dans son champ de vision, trois Yatagan furent mis en pièces par les répliques d'une des frégates en difficulté.
-Couvrez l'évacuation!
-Reçu leader, répondirent tous les autres.
Nimbus 5 rajouta:
-Il y aura des renforts?
-N'y compte pas le bleu, trancha la voix de la twi lek Drya. Vu notre situation, ils sont pas prêts de venir.
Riyan accéléra et frappa de ses canons l'aile droite d'un appareil alsakani croisant son chemin, qui exécuta plusieurs tonneaux avant de se désagréger. Un autre Yatagan le prit en chasse, il évita ses tirs avant que Zeya ne l'acheva.
-C'est dégagé, Riyan.
-Merci, Zeya.
Il cibla trois Yatagans qui entamaient un virage avant de raser l'épiderme dentelé de l'une des frégates. Il les intercepta alors qu'ils s'apprêtaient à larguer leurs projectiles mortels. Ils n'eurent jamais le temps de les lancer.
-Ici, Nimbus 4! J'ai besoin d'aide!
Le herglic Coxon était poursuivi en effet par quatre alsakanis. Ceux-ci parvenaient à le garder dans leur ligne de mire.
-À Sept heures, Riyan, lui signala sa coéquipière zeltronne.
-Je l'ai en visuel.
Coxon entraînait ses ennemis derrière lui, comptant sur la maniabilité de son Typhon pour les semer ou les décourager. En vain. C'est alors que Riyan remarqua un détail qui l'intriguait depuis qu'il s'était déporté pour suivre les quatre pilotes alsakanis.
-Où est Grevas? Où est Nimbus 11?
-On doit aider Coxon d'abord. Grevas attendra, le persuada Zeya.
Ce fichu fils de kath était le coéquipier de Coxon. Il était censé le couvrir et ne le pas laisser seul face aux ennemis. De la part d'un pilote de la trempe de Grevas, c'était plus qu'une faute professionnelle, c'était une trahison.
En temps de guerre, cela pouvait être considéré même comme un crime.
Grevas attendra cependant.
-Ils sont sur moi! Ils sont sur moi!
-Tiens bon, Coxon! Glapit Nimbus 8.
L'humaine originaire d'Anaxès rejoignit Zeya et Riyan tandis que le reste de l'escadron tenait les autres Yatagan en respect. Riyan crispa ses doigts sur le manche et le Yatagan qu'il avait démembré se mit à dériver, son monoréacteur en flammes.
Zeya fracassa l'aile gauche du deuxième et la dernière pilote républicaine regarda le troisième Yatagan éclater en plusieurs morceaux.
Quant au quatrième, il eut assez de latitude pour verrouiller le herglic et décocher un missile. Celui-ci rattrapa le Typhon et explosa sous son aile droite. L'onde de choc emporta toute l'aile et l'appareil naufragé roula puis coula dans une vrille mortelle.
L'alsakani paracheva son œuvre par deux tirs de canons laser qui détruisirent le Typhon désemparé sans que Coxon n'ait pu s'éjecter. Sa disparition laissa coi Riyan et Zeya, Nimbus 8 abattit de rage le pilote ennemi.
-Nous... nous avons perdu Nimbus 4, déclara Zeya d'un ton cassé par l'émotion.
Elle ressentait de la tristesse. Riyan était dévoré par la colère.
Tu vas me payer ça, Grevas.
-Es-ce que Nimbus 11 est encore opérationnel? Gronda-t-il d'un ton féroce.
-Attends, lui fit la zeltronne.
Quelques instants plus tard:
-Son transpondeur émet toujours.
Oh oui, Grevas. Tu vas me le payer.

Vous vous appelez Grevas Eyl.
À l'insu de tous, vous avez abandonné l'escadron Nimbus et regagné le centre de ce qui restait de la Flotte du Noyau.
Vous avez abandonné vos camarades, vos équipiers. Vous avez déserté votre poste pour une cause qui en valait bien plus la peine.
Vous louvoyez avec votre Typhon entre les vaisseaux républicains encerclés et assaillis par des ennemis déterminés et supérieurs en nombre. Vous admirez le spectacle de la mort qui dansait, qui avalait dans sa grande gorge sombre et glacée, les illusions et les espoirs de ceux qui espéraient s'en tirer vivants.
Illusions et espoirs, vous êtes bien au-dessus de tout cela car vous êtes un Enfant de la Déesse. Vous serviez sa Volonté, c'était tout ce importait à vos yeux.
Vous ne vous lassez pas de ces langues enflammées qui calcinaient, déchiquetaient, mâchaient et déformaient en des amas indistincts de duracier et de chair, les navires de guerre de Helder soumis à un pilonnage incessant.
Autour de vous, les chasseurs Typhon virevoltaient pour tenter d'échapper aux Yatagan qui paraissaient être partout à la fois. Leurs utilisateurs luttaient pour rester en vie. Mais pourquoi donc?
Pourquoi cherchaient-ils à se dérober à l'inéluctable?
La vie était un don de la Déesse. Tout comme la mort ou plutôt l'accès à un meilleur monde délivré de toute impureté, de toute peur.
La Déesse offrait la délivrance à chacun de ceux et de celles qu'elle avait crée. Elle les emmenait vers la Vertu, un paradis délivré du péché originel. Étaient-ils si ingrats au point de ne pas accepter cette faveur?
La nuit sidérale engloutissait dans son estomac profond, tous leurs péchés. La médiocrité de leur condition.
C'était magnifique, tellement pur.
Vous écarquillez les yeux, émerveillé comme un enfant lorsque vous surprenez au loin cette frégate Sarbakan transformée en torche énorme qui percuta coup sur coup deux frégates Hirken et les entraîna dans sa destruction.
Une nova enfla comme une bulle avant de se rétracter. Toutes ces victimes républicaines et alsakanies furent baignées de la miséricorde de la Déesse.
C'était magnifique.
Les martyrs qui jonchaient le champ de bataille, cadavres figés flottant dans l'obscurité dans des positions incongrues servaient les desseins de la Déesse. Hapos, le Prophète de la Violence, devait être rassasié.
Vous vous appelez Grevas Eyl.
Vous apercevez à une vingtaine de mètres un pilote républicain qui vient de s'éjecter de son Typhon démantelé. Surgissant depuis le néant, un Yatagan fonçait droit sur lui. Les salves de canon laser le déchiquetèrent en plusieurs morceaux.
Vous auriez pu virer de bord et le secourir mais vous n'en faites rien. Vous pourriez le venger en poursuivant l'alsakani qui l'avait achevé mais vous n'en faites rien. Vous vous rappelez mot pour mot l'avertissement de Riyan.
Si tu fais ce que tu as en tête, les alsakani tueront tous nos pilotes qui s'éjecteront! C'est cela que tu veux vraiment?
Vous haussez les épaules, peu sensible à ce qu'il vous avait dit et à ce qui venait de se passer. La prédiction de Riyan s'était révélée juste mais c'était la Volonté de la Déesse.
Vous émergez du cours monotone de vos pensées et vérifiez que les holocaméras fixées sous vos ailes fonctionnaient discrètement. Vous émettez un signal crypté convenu en direction de Coruscant.
Vous ne tardez pas à recevoir une réponse positive.
Vous pouviez transmettre les images du désastre en cours. La peur étreindrait le coeur de la République. La peur amènerait les sénateurs à choisir le Sage Suprême Contispex, le premier serviteur de la Déesse.
Le seul en mesure de les sauver et de les guider sur la Voie.
D'abord, ils devaient être tourmentés par le désespoir.
Un cadeau de la Déesse.

Voilà j'espère que cela vous a plu comme d'hab :cute: ! N'hésitez pas à laisser un commentaire si le coeur vous en dit!

Allez à la prochaine et le prochain extrait sera Contispex :love: :love: :love: :love: !

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