Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

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mat-vador
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Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 26 novembre 2019, 21:45

Attention, arrivée de la deuxième partie en approche... :sournois:

Bonjour à tous, très chers et très chères :D !

Alors, une annonce: le synopsis de la seconde partie sera posté mardi, histoire de satisfaire un peu votre appétit et le premier extrait sera posté vendredi prochain :whistle: !

Il vous faudra patienter un peu :transpire: .

Voici un rappel des périodes du Pius Dea que j'ai l'intention de traiter:


-L'ascension du Pius Dea à la tête de la République en 11987 BBY ( Ca c'est fait, voir ici: http://www.starwars-holonet.com/forum/v ... =29&t=2494 )

-Le Premier massacre commis par les fanatiques du Pius Dea contre les non humains sur Coruscant en 11966 BBY (thème abordé dans la deuxième partie ici même!)

-La première croisade du Pius Dea lancée contre les Hutts en 11965 BBY (thème abordé dans la troisième partie à venir!)

Quant aux autres thèmes ci-desous:
-Le Schisme entre l'Ordre Jedi et la République en 11933 BBY
-La Grande Croisade du Nord contre les Zabraks et les Ithoriens
-Le génocide de Zarracine III en 11600 BBY
-La sixième guerre Alsakan réunissant une première coalition visant à renverser le Pius Dea
-L'apparition d'une foi religieuse appelée le Renoncement, visant à contrecarrer la doctrine idéologique du Pius Dea à l'intérieur même de la République.
-La bataille d'Uquine qui vit la chute finale du Pius Dea et l'emprisonnement de Contispex XIX en 10967 BBY durant la septième guerre Alsakan

Ces thèmes là, j'ai l'intention de les aborder dans de très courtes histoires, des sortes de chronique si vous préférez. Exception faite du dernier thème que j'écrirai dans un roman, qui serait une sorte de quatrième partie finale :wink: !

Voilà si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas :cute: !

Allez à bientôt :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 02 décembre 2019, 22:07

Il est temps de vous poster le synopsis de cette deuxième partie! Attention roulement de tambour...

Plus de vingt ans après l’élection de Julius Contispex comme Chancelier Suprême de la République…

Une ère sombre a débuté pour la République Galactique qui cherche à s’étendre. La peur a gagné les cœurs et gangrené les esprits. Derrière le pouvoir de plus en plus despotique de Julius Contispex, se dissimule l’influence d’un culte fanatique qui contrôle peu à peu les instruments de pouvoir. Les adeptes de ce culte connu sous le nom de Pius Dea, semblent bien décidés avec la bénédiction de Contispex, leur Sage Suprême, à éliminer sur Coruscant et dans l’espace républicain, ceux qu’ils considèrent comme impurs selon leur foi.

Leur cible favorite : les communautés non humaines discriminées et parquées dans des ghettos, peu à peu privées de leurs droits.

Face à l’oppression grandissante, des résistants s’organisent pour sauver ce qu’il reste de la République qu’ils idéalisent. Seront-ils assez forts et assez unis pour contrer, voire renverser, le Pius Dea et le Chancelier despotique qui projettent un massacre de grande envergure au cœur même de la capitale ?

Découvrez la suite de l’histoire de la secte Pius Dea et de la dynastie des Contispex !



Voilà, voilà! Pour rappel la deuxième partie traitera l'histoire en 11966 avant la bataille de Yavin IV! Pour terminer en beauté, voici le titre de cette deuxième partie:

La Lune Pourpre

Le premier extrait sera publié bientôt!

En attendant, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos questions!

à bientôt :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 05 décembre 2019, 15:27

Bonjour à tous, le moment tant attendu est arrivé!

Il est temps de vous publier le début de cette nouvelle partie :sournois: !

Découvrez la République sous la poigne du Chancelier Contispex! Bonne lecture!

2Ème Partie : La Lune Pourpre

Coruscant, monde capitale de la République Galactique
11966 ans avant la bataille de Yavin IV


-La Déesse est mère de toutes choses.
En ce début d’après-midi, dans cette partie de la Cité Galactique, le soleil au zénith laissait percer ses rayons ardents à travers les nuages blafards, baignant cette large avenue bondée qui menait à la grande place devant le bâtiment du Sénat Galactique.
Le Chevalier Jedi Bekan Kalad avait choisi de se préserver de cette foule compacte et effrénée qui vaquait à ses occupations. Mais l’humain originaire d’Alsakan qui courait sur sa quarantième année n’était pas dupe de leur attitude.
Les gens se croisaient sans se regarder, la mine fermée. Le rythme de leurs pas suggérait soit que le temps leur manquait, soit qu’ils ne souhaitaient pas s’attarder davantage. À l’ombre d’une des échoppes à laquelle il patientait adossé, les mains enfouies dans les larges manches de sa tunique beige de Jedi, il avait repéré à trente mètres de lui, de l’autre coté du boulevard, ce prédicateur du culte Pius Dea. Une femme chauve et svelte drapée d’une toge pourpre se tenait sur une barge flottante, entourée de cinq autres coreligionnaires – chauves – en toge sombre et à l’expression farouche, peu avenante.
Elle étendait les bras en direction de badauds, humains pour la plupart, qui s’étaient regroupés pour l’écouter. Beaucoup l’avaient choisi de leur plein gré, partageant l’idéologie de la secte obscure, notamment sur la question des non humains. Mais d’autres avaient été interceptés par des dizaines d’adeptes en toge sombre, à l’air bestial, qui menaçaient les plus récalcitrants de leur martinet électrique.
-Notre Sœur vous apporte la parole de la Déesse ! Écoutez-la ! Écoutez la ! S’écriaient-ils.
Ceux ou celles qui avaient pu échapper à cette profession de foi, passèrent de l’autre coté du boulevard, en allongeant la foulée. Les rares non humains, qui étaient la cible des prédications radicales du culte, couraient plus qu’ils ne marchaient.
Ceux-là étaient privilégiés, par rapport à leurs semblables qui avaient été pour la plupart cloîtrés dans des ghettos, sous le coup de lois iniques censés protéger les humains contre le danger présumé ou réel de non humains.
Pour combien de temps ?
-Au commencement était le néant, raconta alors la femme.
Son regard fixe s’égarait de passion, épris d’une conviction absolue en sa foi.
-La Déesse naquit et étendit sa main pour le déchirer. Une grande lumière apparut et notre galaxie fut créée.
Elle ouvrit ses bras davantage vers ceux qui l’écoutaient, bon gré mal gré, avant de les ramener vers elle. Ses mains jointes donnaient l’impression qu’elle se recueillait.
-Tout ce qui appartenait aux ténèbres fut soudainement illuminé par sa bonté. Elle embrassa le néant et donna ainsi naissance à ses quatre Enfants, les quatre Prophètes. Deux pour la lumière divine, deux pour l’obscurité maléfique.
En d’autres contextes moins oppressants, nul doute que n’importe qui dans la foule amassée à ses pieds se serait gaussé en la prenant pour une illuminée. Mais la présence de ces adeptes en toge sombre surveillant le moindre égarement, dissuadait toute audace de ce genre. Bekan Kalad, en quelques années, avait appris que la réputation sinistre de ces Disciples de Hapos – du nom du Prophète de la Violence – n’était pas surfaite.
Sur Coruscant et sur d’autres systèmes de la République, ils avaient essaimé, imposant leur foi aux populations locales par la brutalité. Ils inspiraient la crainte et les forces de sécurité planétaires étaient tenues de leur obéir. Ils orchestraient des arrestations arbitraires et beaucoup de malheureux furent amenés dans leurs temples d’où ils ne ressortaient que brisés avant d’avoir à subir une humiliation publique et un jugement expéditif auprès des tribunaux sous leur influence.
Ils étaient exilés, déchus et leurs biens confisqués.
Les Disciples de Hapos étaient en résumé le bras armé de la secte, donc par extension celui du Chancelier Suprême. Ce dernier le niait publiquement bien sûr mais personne n’était dupe, surtout les Jedi.
Dont Bekan qui passait la main dans sa barbe fournie accroissant l’expression réfléchie de ses traits basanés.
-Frères et Soeurs ! S’exclama la prédicatrice. Buvez le savoir du Prophète Acalas, soyez éclairés par la sagesse de la Prophétesse Kasili ! Qu’ils puissent vous guider sur la voie de la Pureté…
Au milieu de la phrase, le Jedi alsakani tourna un instant la tête pour apercevoir son padawan à deux échoppes de lui, en train d’acheter ce qui restait d’une vieille machine sphérique, remontant à des temps immémoriaux. C’était un alien d’une dizaine d’années, à la peau mauve. Son visage pointait vers l’avant laissant une moitié de dents exposés dehors.
Un jeune draethos, originaire d’une contrée lointaine et découvert par un Jedi posté à l’enclave d’Ossus, doté de capacités télépathiques hors normes pour son jeune âge. Il s’appelait Oriko. La plupart des humains ne faisaient pas attention à lui, même si certains éprouvant des préjugés xénophobes le dardaient de regards hostiles.
Pour ces derniers, la place d’un alien, d’un inférieur, ne pouvait être que dans un des ghettos de la Cité Galactiques. Peu importe qu’il s’agisse d’un enfant.
Pour le moment, les Jedi étaient épargnés par ces mesures coercitives radicales. Le Chancelier Suprême les ménageait dans le souci de ne pas susciter la moindre hostilité de leur part. De son coté, le Haut Conseil ne prenait pas position contre lui.
Une neutralité tacite s’était de facto instaurée entre ces deux factions au sein même de la République. Jusqu’à quand ? De nombreux Jedi ne pouvaient plus supporter en effet de ne pouvoir venir en aide à ceux qui souffraient de cette tyrannie.
-… et qu’ils vous gardent à jamais des tentations d’Amaleth, la Prophétesse de la Débauche, et de Hapos, le Prophète de la Violence ! Au-delà de tout, vous devez craindre et adorer la Grande Déesse, notre bienfaitrice miséricordieuse ! Que sa lumière vous encourage à arpenter le chemin de la Vertu ! Priez-la, faites-lui don de votre dévotion et le salut vous sera promis ! Croyez en elle pour ne jamais désespérer dans les ténèbres ! Croyez en elle pour vous libérer de vos péchés ! Louée soit la Grande Déesse !
Le silence tomba sur la foule lorsqu’elle eut terminé sa harangue et un Disciple de Hapos reprit d’une voix forte :
-Louée soit la Grande Déesse !
À quinze mètres de la prédicatrice, un de ces adeptes agita son martinet électrique pour menacer un coruscanti, un jeune homme frêle qui déglutit avant de hurler d’une voix perçante :
-Lou… louée soit la Grande Déesse !
La clameur fut reprise par le reste de l’assistance muselée.
-Louée soit la Grande Déesse ! Louée soit la Grande Déesse ! Que sa bonté nous rende purs !
Ils scandèrent sans discontinuer, les Disciples de Hapos parcourant les rangs à la recherche du moindre signe de mauvaise volonté. Bekan, grâce à son acuité auditive conférée par la Force, entendit le cri d’une femme fouettée pour ne pas avoir clamé assez distinctement. Il serra les dents, brûlant d’intervenir.
Mais il devait continuer à surveiller la transaction de son padawan avec le ferrailleur. Le jeune draethos exhibait quelques crédits mais continuait de négocier avec le vendeur humain qui semblait se prendre au jeu.
Par affection ? Une attitude dangereuse par les temps qui courent. Au moins il restait quelques îlots de bonté dans cette République.
La prédicatrice lança une dernière fois à la foule.
-Accordez un don aux déshérités et aux orphelins ! Ce que vous donnerez aujourd’hui, la Déesse vous le rendra demain par l’absolution de vos fautes ! Soyez bénis et que la Déesse vous garde sur le chemin de la Pureté !
D’autres adeptes en toge blanche firent leur apparition et traversèrent les rangs des coruscantis, présentant une petite corbeille en osier. Les croyants qui arboraient des expressions candides et juvéniles s’arrêtèrent à leur hauteur pour quérir l’aumône au nom de leur divinité. Sous la pression des Disciples de Hapos zélés, tout le monde accepta de se délester de quelques crédits. Surtout les quelques non humains pris dans la nasse, les rares non humains autorisés à circuler hors de leur ghettos pour aller travailler.
Comme ce couple de chagriens qui se serraient l’un contre l’autre, alors qu’un Disciple de Hapos les foudroyait du regard pendant qu’un des croyants en toge blanche freina devant eux pour leur soutirer aimablement une partie de leur porte-monnaie.
Les non humains glissèrent quelques crédits dans la corbeille mais le Disciple de Hapos – une brute épaisse – semblait considérer que ce n’était guère assez. Il se rangea devant eux, affichant une expression farouche intimidante.
-La Déesse exige un plus grand don de votre part.
Le chagrien indigné ne put s’empêcher de répliquer :
-Et pourquoi cela, monsieur ?
-Parce que vous êtes des aliens, des inférieurs. Vos péchés sont par conséquents bien plus grands et il vous faut donner plus pour que la Déesse soit bienveillante.
-Je vous assure que nous venons de donner tout ce que nous possédons sur nous, intervint la congénère du non humain.
-Ah oui ?
Deux autres Disciples de Hapos fendirent la foule et bloquèrent le couple chagrien, leur coupant toute retraite. La femme se serra contre son amant et les martinets électriques qui crachotaient des arcs de mauvais augure s’élevèrent vers le ciel avant de s’abattre sur eux. Les électrocutions les projetèrent au sol sous le regard de tous les autres témoins pétrifiés et effarés.
Ils furent séparés l’un de l’autre et la chagrienne fut aussitôt relevée sans ménagement par un des Disciples alors que les deux autres s’acharnèrent sur le malheureux qui se mit à hurler de douleur, les lanières électrifiés déchirant ses vêtements puis sa peau.
-Arrêtez ! Les supplia-t-elle.
La main de Bekan glissa par réflexe vers son sabre laser accroché à la ceinture sous sa bure. Il retint son geste, invoquant la Force pour recouvrer son calme. Il devait s’en tenir aux instructions du Haut Conseil.
Il ne devait pas intervenir. Parce qu’il ignorait comment cela tournerait, et qu’il n’était pas sûr de pouvoir garantir la sécurité de son élève.
-Nous vous donnerons ce que vous voulez !
Les bourreaux cessèrent leur traitement à ces mots et elle s’empressa de fouiller dans ses poches pour arracher quelques crédits supplémentaires qu’elle déposa dans la corbeille. L’adepte en toge blanche la remercia :
-Que la Déesse soit miséricordieuse avec vous.
Les Disciples de Hapos s’écartèrent pour les laisser partir et la chagrienne releva son compagnon qui se voûtait, la tête entre ses mains. Ses queues crâniennes cornues portaient de sombres meurtrissures tout comme ses vêtements abîmés.
Ils avaient servi d’exemple et personne ne songea à protester. Au contraire, tous ceux qui y avaient assisté, s’empressèrent de se délester de la majorité voire de la totalité de leurs crédits pour s’assurer qu’ils ne subiraient pas le même sort.
Bekan ne se préoccupait maintenant que d’une seule chose. Que son padawan n’ait pas assisté à cette scène.
-Maître…
Le Chevalier Jedi soupira lorsqu’il entendit la petite voix fluette du draethos qui fixait la foule, juste à ses cotés. Le petit non humain enfouissait à moitié sous sa cape, l’étrange sphère métallique qu’il avait négocié âprement avec son acheteur.
Même s’il avait raté le lynchage, son élève avait du certainement le ressentir grâce à son hypersensibilité télépathique. Face à cela, il ne pouvait pas s’en sortir en lui prétendant seulement que ce n’était rien.
Dans une galaxie aussi dure, il ne pourrait pas le préserver éternellement. Il devait y être confronté s’il devait devenir un jour un grand Jedi. Cette épreuve ne serait pas évidente. Réflexion faite, il préféra éluder ce qui venait de se passer.
-Allons-y, Oriko. Nous ne devrions pas être en retard.
-Oui maître, fit le garçon.
Ils longèrent tous deux les échoppes, s’éloignant du lieu du rassemblement qui était en train de se disperser. Ce genre d’évènements était devenu banal depuis l’accession au pouvoir du Chancelier Suprême Contispex.
Les adeptes du culte dont celui-ci était le leader incontesté, pullulaient pour ainsi dire à tous les coins de rue, assurant une présence visible et étouffante, resserrant peu à peu leur carcan sur tous les aspects de la vie quotidienne des coruscantis et de d’autres citoyens sur les autres mondes de la République.
Ils avaient immiscé le moindre de leurs tentacules dans toutes les institutions, y compris dans la Marine et l’Armée. Chaque jour, des citoyens en étaient écartés voire chassés sous prétexte d’un écart de conduite. La plupart des malchanceux avaient le malheur d’appartenir à une ethnie non humaine.
Bekan et tous ceux qui avaient réalisé la situation, savaient que la doctrine du Pius Dea était teintée d’un humanocentrisme latent. Ceux qui y adhéraient le revendiquaient ouvertement et bénéficiaient de nombreux supporters chez les suprémacistes humains.
Ils arpentèrent la grande avenue rebaptisée sous le nom d’Allée de la Foi. De grandes statues avaient été érigées au fil des années suivant l’élection de Contispex, de part et d’autre de la large chaussée où circulaient les landspeeders.
Ils se tenaient au coeur névralgique de la Cité Galactique et ne furent pas étonnés de voir les couloirs aériens encombrés d’airspeeders.
Mais c’étaient les statues hautes de plusieurs dizaines de mètres qui intriguaient le plus le jeune draethos. C’était sa première sortie hors du Temple Jedi.
-Qu’est-ce qu’elles représentent ? Demanda-t-il.
Ils ralentirent tandis que son mentor alsakani prit le temps de les étudier du regard. Il fixa de l’index le monument le plus proche, juste devant eux à cinq mètres. Représentant ce qui ressemblait à un professeur tenant contre son flanc un ouvrage indéterminé.
-Voici Acalas, le Prophète du Savoir.
Puis il déplaça son index vers la statue érigée de l’autre coté du boulevard. Qui illustrait la silhouette d’une femme dévote, raide comme un piquet, les mains jointes et la tête inclinée vers le ciel.
-Ceci est la Prophétesse de la Sagesse, Kasili.
Ils dépassèrent la statue du Prophète du Savoir pour étudier une troisième statue qui figeait la pose d’une femme en tenue provocatrice, dont les traits semblaient afficher un sourire démoniaque et qui tendait ses griffes, comme un démon tentateur.
-Amaleth, La Prophétesse de la Débauche.
Face à celle-ci, à coté de la représentation de Kasili, une dernière effigie dressée sur son socle montrait un guerrier brandissant une épée antique dans une main et la tête tranchée d’un serpent géant mythologique dans l’autre.
-Et enfin, Hapos, le Prophète de la Violence.
-Je trouve ces statues laides, maître.
Bekan sourit devant ce commentaire innocent. À vrai dire, laid n’était pas le premier qualificatif qui lui venait à l’esprit.
Terrifiant plutôt en ce qui concernaient les statues d’Hapos et d’Amaleth. Mais ce n’était pas le pire. Ils approchaient maintenant de la grande place devant le Sénat, baptisée par les membres du culte, la Place du Pardon.
La fin du grand boulevard était encadrée par deux statues de femmes encore plus gigantesques que celles des Prophètes. Deux statues radicalement différentes l’une de l’autre. Si celle à leur droite laissait paraître l’image d’une jeune femme aux traits épanouis à la tête portant une couronne de marbre dorée, sa sœur à gauche revêtait un aspect hideux et repoussant.
-Maître ? Fit le jeune draethos.
L’alsakani ne prononça pas un seul mot. Ce double maléfique se contorsionnait comme pris de démence furieuse, ses bras et ses jambes étaient décharnés et les extrémités de ses phalanges et de ses orteils nus étaient prolongés par des tentacules grossiers, qui pendaient tels les branches tombantes d’un arbre agonisant.
Quant au visage… il ne possédait plus rien d’un visage. Les lèvres et les pommettes semblaient avoir disparu pour laisser transparaître cette rangée de dents d’un bout à l’autre de la mâchoire. Cela lui donnait l’impression de sourire.
Bekan voulait croire que les croyances du culte se basaient sur des faits imaginaires mais se demandait tout de même ce que cela signifiait cette apparence répugnante. S’agissait-il d’un cauchemar de l’artiste dérangé qui l’avait matérialisée ou cela provenait-il d’une expérience qui avait marqué fortement l’initiateur de cette religion ?
Peut être serait-il intéressant de se pencher sur la question mais en des temps aussi incertains, les Jedi ne possédaient pas ce luxe. Ils avaient d’autres préoccupations comme les tensions qui s’intensifiaient la République et les kadijics de l’Espace Hutt.
-Ne restons pas là, Oriko.
Le professeur jeta un regard méfiant en direction de la place devant le Sénat qui s’ouvrait devant eux deux. Des adepte du culte commençaient à se rassembler par dizaines devant le bâtiment où siégeait l’assemblée, et d’autres arrivaient encore depuis les avenues avoisinantes pour se déployer et encercler les centaines de badauds qui s’y attardaient.
Il le sentait dans les courants de la Force, quelque chose de déplaisant allait se produire ici. Son padawan en avait assez vu aujourd’hui et il voulait lui épargner le spectacle qui allait suivre. Le garçon draethos n’était pas encore prêt pour cela. Ils empruntèrent sans tarder la première avenue sur leur gauche qui s’offrait à eux.

Voilà, j'espère que ce début vous a plu! n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé!

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 11 décembre 2019, 21:56

Bonsoir, chers amis, c'est l'heure de la suite!

Un extrait aux petits opinions sur un prêtre haranguant ses fidèles :sournois: ! Oui, convertissez-vous, mécréants :o !

Je vous laisse découvrir ça!

Peu de temps après le départ des deux Jedi, le culte Pius Dea avait investi la place toute entière devant le Sénat. Preuve éclatante de leur impunité devant le symbole prestigieux d’une République qu’ils pliaient à leur volonté.
Ils étaient devenus le nouveau visage de la République… ils étaient devenus la République. Ils devaient cette puissance à leur leader, le Sage Suprême de leur confrérie qui n’était autre que le Chancelier Suprême en exercice, celui-ci venant d’entamer son cinquième mandat. L’impitoyable et retors Julius Contispex leur avait permis de contrôler cette République en installant leurs membres dans son gouvernement, dans les commissions sénatoriales et au sein même du Sénat, chassant peu à peu ceux qui osaient les défier.
Il n’existait plus de presse indépendante digne de ce nom. Les tribunaux et les cours de justice n’étaient plus qu’une farce visant à se débarrasser des gêneurs sous le couvert de la légalité, votée par un Sénat de plus en plus affaibli.
Les entreprises, les conglomérats, le système éducatif, les universités et les académies militaires étaient elles aussi infiltrées. Certes le contrôle du culte n’était pas encore total mais son emprise se resserrait chaque jour un peu plus. Aujourd’hui encore, ses adeptes fanatisés allaient montrer une nouvelle fois à quel point ils étaient devenus incontournables.
Ceux qui tentèrent de quitter la place furent rejetés en arrière sans ménagement par les Disciples de Hapos à coups de martinets électriques. Quelques uns dans la foule, vêtus d’un sinistre uniforme paramilitaire grisâtre – des suprémacistes humains – saluèrent cependant les adeptes sans restriction, avec force enthousiasme.
Un croyant bénéficiant visiblement d’une position privilégiée au sein du culte, à en juger par la toge couleur soleil qu’il revêtait, traversa la foule de ses coreligionnaires en toge pourpre qui s’inclinèrent à son passage en joignant leurs mains devant la poitrine.
Cet individu humain à l’expression sévère et au port austère grimpa les marches de l’escalier qui menait à l’entrée principale du Sénat, close à cause d’une session en cours. Il s’arrêta au sommet des marches et fit volte face au moment où des hologrammes géants du Sage Suprême Contispex s’élevèrent au-dessus de la communauté spirituelle et de la foule paralysée.
Il leva les mains vers les cieux, pour recueillir la lumière éclatante du soleil qui les baignait tous en cet instant.
Il proclama :
-Citoyens de la République, frères et sœurs, bienvenue. Nous sommes réunis pour éprouver notre foi en montrant le chemin que chacune des créations de la Déesse miséricordieuse doit suivre pour accéder à la Vertu.
D’un geste de la main droite, il montra un échafaudage qui trônait au milieu de la place, évoquant un gibet funeste. Il invita par ce geste les citoyens anonymes à le fixer et l’effroi déforma les traits, car ils avaient compris son usage.
-Frères et Sœurs, la Déesse qui nous a crée voit à travers nous tous. Aucun de nos actes ne peut échapper à sa clairvoyance car elle est omnisciente. Elle connaît nos péchés et nous devons nous élever vers elle, en les extirpant de notre âme pour la rendre pure. Nous devons la prier pour lui demander son pardon car c’est en les expiant que nous pourrons accéder à la Vertu. C’est ainsi que nous pourrons purifier la République et le reste de l’univers des mécréants, des hérétiques et des apostats. Oui, nous la purgerons des criminels, des débauchés et de tous ceux qui cherchent à tirer profit des malheurs du peuple ! Louée soit la Grande Déesse !
Sur cet éclat passionné, le prêtre donna ainsi implicitement l’autorisation à certains adeptes en toge pourpre de circuler dans la petite foule prisonnière, et de distribuer des datapads à chacun d’eux. Évidemment, il aurait été malvenu sous le regard des Disciples de Hapos de refuser ce cadeau généreux.
-Frères et Soeurs ! Reprit le prêtre à nouveau. La Déesse a accordé ses faveurs à notre République en élevant notre Sage Suprême, le premier de ses serviteurs, l’homme le plus pur que cette galaxie ait jamais connu, au rang de Chancelier Suprême. Bénissez Frère Contispex, que la Déesse lui accorde sa protection et qu’il nous sauve tous de la décadence, du vice et du mal ! Qu’il nous préserve à jamais des opinions malheureuses et des pensées déviantes !
Sur un nouveau geste du prêtre, une dizaine d’autres adeptes se rassembla devant le gibet et érigea un bûcher sommaire. Cela fait, ils y jetèrent des livres anciens, des manuscrits en flimsi et des datapads.
-Ces prétendus objets de savoir ne servent qu’à nous corrompre et sont l’œuvre d’Amaleth, l’ignoble Prophétesse de la Débauche ! Nous devons nous en prémunir, pour ne pas dévier du chemin menant à la Vertu !
Des flammes s’élevèrent et commencèrent à lécher les ouvrages qui avaient été frappés d’anathème par le culte. Certains de ces ouvrages possédaient une valeur inestimable historique et la plupart avaient été rédigés par des non humains. S’ils subissaient cette purification par le feu, c’était parce qu’ils étaient considérés comme déviants.
-Kasili, Prophétesse de la Sagesse, nous apporte la vérité ! Lisez notre livre de Foi et cette vérité vous éclairera sur la bonté de la Déesse ! Fiez-vous à notre Sage Suprême, il est son messager et n’écoutez pas les langues de serpents qui prétendent le contraire ! Un jour viendra où tous ces mécréants répondront de leurs crimes et de leur hérésie devant la justice divine ! Un jour viendra où la galaxie sera purgée de leur souillure immonde et où ils finiront noyés dans les flammes de l’enfer qui les consumeront jusqu’au pardon que la Déesse accordera enfin à ces misérables ! Cette République, cette galaxie, l’univers tout entier deviendra le paradis de tous les véritables enfants de la Déesse ! Nous devons la protéger de tous ses ennemis, nos ennemis, les ennemis de la Foi !
Il étendit les bras vers les fidèles qui scandèrent :
-Louée soit la Grande Déesse !
Il les arrêta d’un nouveau geste de la main et adressa une inclinaison du menton discrète en direction d’un groupe de Disciples de Hapos. Ces derniers s’éclipsèrent rapidement.
-C’est pourquoi, mes frères et mes sœurs, il est important que vous répandiez la bonne parole autour de vous ! Vous avez renié autrefois tout ce qui vous liait à votre ancienne existence, vos amis et votre communauté, votre monde natal hors de Coruscant. Retrouvez-les et convertissez-les ! Montrez-leur la force de votre foi et ils vous suivront, car les banthas égarés auront toujours besoin d’un pasteur pour les mener à de verts pâturages !
Il avait adressé ces mots aux adeptes du culte qui se mirent à prier silencieusement. Dans peu de temps, la moitié d’entre eux quitteront le temple pour renouer le contact avec leur famille, leurs amis et pourquoi pas d’anciens collègues de travail. Ils leur parleraient, tenteraient de les persuader de se soumettre à la Volonté de la Déesse ou du moins surveilleraient leurs moindres faits et gestes. Combien de familles avaient été brisées par des frères, des sœurs, des fils, des filles, des cousins ou des cousines tombés sous l’influence du culte ? Combien d’amitiés avaient été trahies ? Les infortunés finissaient par être convoqués dans le Grand Temple érigé en l’honneur de la Déesse, à quelques centaines de mètres du Sénat.
Ils réapparaissaient humiliés et chassés comme Proscrits ou bien comme nouveaux adeptes du culte, après avoir subi tortures et privations.
L’autre moitié qui ne souhaitait pas retourner dans leur ancien cocon choisissait de mener une carrière administrative en tant que simple fonctionnaire, ou militaire dans l’Armée, la Marine et les Forces de Sécurité.
C’est ainsi que le Pius Dea renforçait sa poigne par une mainmise de plus en plus forte. Seul le Sénat n’était pas encore sous leur contrôle, même si les sénateurs subissaient une pression constante et récurrente. Les germes du mal devenaient de plus en plus difficiles à extraire.
Bientôt des Disciples de Hapos se rapprochèrent de l’échafaud, traînant derrière eux quatre prisonniers pieds nus, vêtus d’une tunique grise déchiquetée. Un garçon cathar et sa mère, deux créatures félinoides, suivis d’une jeune et jolie femme twi lek à la peau bleue puis d’un humain âgé à la forte bedaine. La coiffure débrayée grisonnante de celui-ci suggérait toutefois un port luxueux qui témoignait d’une haute stature sociale, celle d’un dignitaire de la République.
Peut-même un sénateur… alors que tout indiquait que les trois non humains provenaient d’un des ghettos de la Cité Galactique.
Les quatre captifs enchaînés aux poignets et aux chevilles portaient sur leur visage, les stigmates de privations et de mauvais traitements, visant certainement à les purifier au nom du panthéon du culte radical.
À leur apparition, le prêtre du culte interrompit impérieusement les prières silencieuses des croyants.
-Mes frères et mes sœurs, des âmes égarées se présentent à vous. Nous devons leur montrer la voie du pardon, la seule qui puisse les amener sur le chemin de la Vertu. Aidez-les par vos prières à retrouver la lumière !
Alors que les badauds bloqués par les Disciples de Hapos ne savaient quoi faire, les adeptes du culte se mirent à déclamer :
-Grande Déesse, pardonne-leur leurs péchés ! Donne-leur la force d’expier, qu’ils puissent être absous pour arpenter le chemin de la Pureté !
-Priez tous pour votre salut et le leur ! Cria le prêtre du culte.
Oui, ils devaient prier tous sans exception. Ceux qui dans la foule ne l’avaient pas compris, furent battus à coups de martinet avant d’obéir.

Allez à la prochaine :hello: !

Pius Dea :diable: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 18 décembre 2019, 20:13

Bonsoir à tous, chers amis!

Voici la suite immédiate de l'extrait précédent! J'espère que cela vous plaira!

Découvrez-le :sournois: !

La Place du Pardon résonnait comme un orchestre sinistre, aussi monocorde qu’un instrument de musique désaccordé et sans âme. Deux Disciples de Hapos détachèrent l’humain pataud du reste du groupe pour le faire grimper sur l’échafaud. Ils durent le soutenir fermement par les bras car il trébuchait à chaque pas.
Ses poignets liés furent suspendus au-dessus de sa tête, avant que les deux Disciples de Hapos ne s’écartèrent, empoignant le manche de leur martinet électrique, prêt à l’usage. L’infortuné tenta de se redresser, les chaînes râpant sur son épiderme flasque.
Personne ne l’entendit murmurer :
- Je… suis… un Sénateur de la République.
Le prêtre du culte abaissa vers lui un index accusateur.
- Frères et sœurs, le Sénateur Vemus d’Anaxès se présente devant vous car ses péchés ont été immenses ! Non content de dénigrer la clairvoyance du Sage Suprême, il n’a cessé depuis son entrée en fonctions de blasphémer contre la Déesse, d’insulter nos croyances et notre piété indéfectible ! Mais le plus grave de ses crimes est de s’être abandonné aux plaisirs de la débauche et de la luxure !
Le dignitaire déchu baissa la tête, apathique et résigné. Nul doute que la dernière accusation était infondée, sans qu’il soit possible de nier qu’il ait pu s’opposer politiquement au Chancelier Suprême. Et que ce dernier ne se serve du culte pour le faire tomber et ostraciser.
Sujet de l’opprobre, Vemus tenta de se redresser mais cet effort lui coûta. Il se laissa pendre mollement par ses chaînes.
Le prêtre ne cessa pas ses invectives pour autant.
- Est-ce ce que l’on attend d’un haut représentant de la République ?
- Non !
- Est-ce digne de la Déesse ?
- Non !
- Est-ce digne de nos croyances !
- Non ! Non !
Bientôt les adeptes du culte se tournèrent vers le paria pour le conspuer. Ce dernier releva la tête et rassembla son énergie pour leur lancer :
- Je suis sénateur de la République ! Je réclame la justice du Sénat !
Ses protestations furent noyés sous les hurlements des fanatiques.
- Silence, impur ! Silence, mécréant !
Le prête calma le tumulte ambiant.
- Cet égaré a avoué comme tous les autres, ses crimes dans la demeure de la Déesse, des crimes qui lui pesaient tant sur la conscience qu’il a exprimé le désir de les expier pour que lui soit accordé le pardon de notre Mère miséricordieuse. Nous devons encourager cette volonté de rachat mais nous devons nous assurer que le mal que Amaleth a implanté en lui, ne souille plus son âme ! Nous devons l’exorciser !
- Oui ! Oui !
- Comment peut-on l’aider à se libérer du péché ?
- Par l’expiation ! Par l’expiation !
Sur un signe de leur supérieur spirituel, les deux Disciples de Hapos qui le gardaient étroitement, agrippèrent sa tunique pour la déchirer verticalement et laisser son dos à découvert.
- Je réclame la justice du Sénat ! C’est mon dr..Aaarghh !!
Sa protestation s’étrangla dans les cris de douleur qu’il laissa échapper lorsque les martinets électriques se mirent à cingler son dos. Les lanières énergétiques laissèrent alors de sombres cicatrices fumantes sur sa peau, lui causant une douleur atroce, au-delà des limites du supportable. Il se mit à hoqueter à chaque coup infligé.
Ses gémissements furent étouffés par les clameurs des croyants :
- Déesse, libère ce pécheur du mal ! Accorde-lui ton absolution !
La mélopée roula comme une vague qui se formait et grossissait jusqu’à s’étendre dans les avenues avoisinantes, ponctuées par les coups de martinet. Le sénateur déchu perdit ses appuis en même temps qu’il perdit connaissance.
Voyant cela, le prêtre prolongea son tourment d’une vingtaine de seconde avant de lever la main, intimant aux bourreaux de s’écarter de leur victime. Il donna ensuite l’ordre de le ranimer. Ce que les deux Disciples de Hapos firent en lui jetant un seau d’eau glacée à la figure. Ils l’agrippèrent par l’épaule pour le forcer à se tenir droit.
Le prêtre descendit alors les escaliers du Sénat pour fendre les rangs des fidèles et la foule paralysée d’effroi. Il grimpa sur l’échafaud et se rangea à hauteur de l’ancien dignitaire. Il se pencha vers lui pour l’appeler :
- Frère Vemus, m’entendez-vous ?
Le souffle de celui-ci lui parvint enfin.
- Je… vous… entends.
- Êtes-vous prêt à faire pénitence ?
-… suis prêt.
- Pardonnez moi d’insister, frère Vemus mais votre réponse n’est pas audible. Je crains que la Déesse elle-même ne puisse saisir distinctement vos paroles.
Le supplicié baissa la tête, pour réprimer une grimace d’impuissance fataliste.
- Je suis prêt à faire pénitence, mon père.
- Criez-le à nos frères et sœurs ! Lui intima le prêtre, le regard brillant d’une fièvre passionnée.
Il tira alors ses chaînes pour se hisser davantage sur ses appuis.
- Je suis prêt à faire pénitence ! Je reconnais tous mes péchés, j’implore le pardon de la Déesse ! J’implore sa miséricorde !
Le prêtre brandit les paumes vers le ciel, accordant sa bénédiction.
- L’avez-vous entendu ? Notre frère égaré reconnaît ses fautes et il a demandé la grâce divine ! Que devons nous répondre à cela ?
- Que le pardon de la Déesse lui soit accordé ! Scandèrent ses partisans. Que notre Mère l’aide à retrouver la voie de la Pureté !
Le prêtre abaissa les bras et se tourna vers le déchu qui se laissait pendre de nouveau à ses chaînes. L’aveu qui lui coûtait sa dignité, l’avait épuisé.
- Les voies de la Déesse sont impénétrables mais sa volonté s’exprime à travers chacun des enfants qui ont foi en elle.
Il se tourna de nouveau vers l’ancien sénateur.
- Frère Vemus, au nom de la Déesse, le pardon vous est accordé ! Remerciez la Déesse !
- Oui… merci… merci.
Constatant que sa réponse ne suffisait pas, il s’empressa d’ajouter :
- Je prierai la Déesse de m’aider à trouver la voie de la Pureté et à y rester à jamais.
- Voilà de sages paroles, frère Vemus, le félicita le supérieur spirituel. Mais vos fautes anciennes exigent de votre part, des gages de bonne volonté. Vous devez prouver votre foi nouvelle en notre Mère généreuse !
Cette fois, le silence tomba. Tous attendaient, y compris les simples citoyens anonymes dans l’expectative, la réponse décisive de l’ancien membre du congrès.
- Pour prouver à la Déesse ma foi renforcée, je renoncerai à la vie politique et aux plaisirs futiles de ce monde pour me consacrer entièrement à elle. Je me retirerai sur mon monde natal d’Anaxès et je donnerai tous mes biens au peuple, aux enfants de la Déesse.
Le prêtre acquiesça en silence.
- Devons nous le considérer comme un des nôtres ? Lança-t-il aux croyants.
- Il est désormais notre frère ! Fut-il répondu avec spontanéité.
D’un geste raide, le prêtre ordonna aux deux Disciples de Hapos de détacher le prisonnier et de l’emmener.
- Ainsi soit la Volonté de la Déesse ! Elle accorde sa miséricorde à frère Vemus pour lui donner l’opportunité de se racheter de ses fautes. Désormais la demeure de notre Mère sur Anaxès l’accueillera en son sein pour qu’il puisse lui consacrer entièrement son dévouement.
Derrière ces mots compatissants, se cachait purement et simplement un exil politique permanent. Le sénateur Vemus issu d’une famille aristocratique influente avait chuté de son piédestal et le Chancelier Suprême s’assurerait qu’il ne lui nuirait plus, faisant de lui un exemple pour les opposants encore en place. Encore en sursis.
Il fallait frapper les esprits, quotidiennement. Inlassablement, jusqu’à ce que tous se résignent à l’idée que les enfants de la Déesse étaient destinés à régir cette République jusqu’à la fin des temps. Le culte sapait peu à peu cette volonté de résistance, tous devaient se plier à leur religion monothéiste. S’incliner devant la Déesse et ses quatre Prophètes, écouter dans les rues les prêtres et les prédicateurs, assister aux condamnations publiques.

Voilà, désolé pour le cliffhanger :transpire: ! J'espère que vous ne m'en voulez pas trop :whistle: !

Un mot pour résumer cet extrait: Martinet!! :x

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 24 décembre 2019, 20:36

Bonjour, c'est l'heure de la suite!

J'ai mis cet extrait en balise spoiler pour ménager les âmes sensibles.
Alors que Vemus était traîné jusqu’au Temple du culte pour y être de nouveau enfermé avant son expulsion de la capitale, le prêtre ordonna que l’on amena la jeune twi lek bleue sur l’échafaud. Celle-ci tout comme l’ancien sénateur, fut peu après suspendue par les poignets et son dos dénudé quand sa tunique fut déchirée par les deux Disciples de Hapos assistant leur supérieur. Des frissons la firent trembler, quand elle devina l’impatience des martinets électriques prêts à s’abattre sur sa chair.
Elle avait tenté de ne pas flancher lorsque Vemus fut châtié mais beaucoup de badauds comprirent à ses yeux embués qu’elle était à la limite de la rupture. L’hostilité des adeptes du culte attachés aux idées xénophobes pesait maintenant de tout son poids sur elle.
- Frères et sœurs, c’est maintenant une pécheresse qui est face à vous ! Ne vous laissez pas abuser par son apparence paisible car la Prophétesse de la Débauche l’a crée à son image, pour corrompre les âmes faibles et naïves, et tenter les plus purs d’entre nous !
Le prêtre passa derrière elle et attrapa brutalement l’un de ses lekkus, la faisant pousser un gémissement aigu. Il l’obligea à relever la tête vers la foule.
- Regardez ceci ! Clamait-il en montrant l’appendice crânien qu’il tenait par l’extrémité. Voyez les instruments que Amaleth lui a conférés pour mettre à l’épreuve notre dévotion et nous pousser à commettre l’infâme péché de la chair ! En vérité, frères et sœurs, cette inférieure non humaine est l’expression même de la fourberie de la Prophétesse de la Débauche !
Cette fois, la jeune twi lek éclata en sanglots.
- Pitié… je ferais tout ce que vous voudrez…
Elle fut giflée par le prêtre qui lui cracha :
- Silence, vile créature !
Les chaînes qui la suspendaient l’empêchèrent de tomber. Il avait lâché son lekku, lui permettant de baisser la tête pour camoufler ses larmes abondantes de terreur.
- Cette pécheresse s’est échappée de son ghetto, là où elle était parquée avec les autres impurs, loin des purs et des élus. Elle s’est échappée de là où elle ne pouvait tenter un seul d’entre nous ! Ses projets sont une hérésie suprême à la bonté que la Déesse cherche à insuffler en chacun de nous ! Allons-nous la laisser impunie ?
Et les fidèles répondirent :
- Non ! Elle doit expier !
Elle s’anima subitement, sachant ce qui l’attendait :
- Ayez pitié… je ferai tout ce que vous voudrez… je veux revoir ma famille ! S’il vous plaît !
- Écoutez-la, mes frères et mes sœurs ! Ne voyez vous pas qu’elle cherche à attendrir vos cœurs pour mieux vous berner ? C’est la preuve qu’elle est de la chair d’Amaleth et qu’à défaut de l’en guérir, nous devons lui réapprendre sa juste place !
- Oui ! Oui !
- Ainsi soit la Volonté de la Déesse ! Qu’elle soit châtiée et que la Déesse lui accorde son pardon ! Priez pour son âme impure !
La non humaine exaltée par le désespoir, cria :
- Non… Pitié !
Les lanières des martinets électriques effleurèrent sa peau des omoplates jusqu’aux hanches. Sans doute à cause de sa nature non humaine, les deux bourreaux mirent plus d’acharnement dans l’accomplissement de leur besogne. Peut-être aussi pour terroriser les deux cathars, le garçon et sa mère, qui attendaient leur tour au bas de l’échafaud.
Terrifié par les glapissements hachés de la malheureuse twi lek, l’enfant se serra contre sa génitrice qui le prit dans ses bras, malgré les chaînes qui paralysaient leurs mouvements..
- Ne regarde pas, lui intima-t-elle.
- Maman, j’aurais mal moi aussi ?
Elle plaqua ses mains contre sa petite tête poilue, pour couvrir ses oreilles équines et l’empêcher d’écouter encore les cris.
Elle lui murmura :
- Tu es fort, Malk. Tu auras juste l’impression de ressentir une petite piqûre.
Elle était consciente de n’avoir rien de mieux à lui offrir que de pieux mensonges. Le petit cathar n’était pas dupe.
- Pourquoi tu mens, maman ?
Elle s’accroupit à sa hauteur.
- Malk, écoute moi. Quoiqu’ils feront, promets moi que tu ne pleureras pas.
- Je te le promets, tu seras fier de moi, maman.
- Je sais que tu seras courageux.
Elle l’enlaça longuement avant qu’une Disciple de Hapos ne les força à se séparer de plusieurs coups de martinets.
Le calvaire de la pauvre twi lek se prolongea et du sang commençait à ruisseler des plaies sombres qui déchiraient son dos. Ses genoux s’étaient dérobés, elle n’était plus soutenue que par ses poignets enchaînés au-dessus d’elle.
Elle ne pleurait plus car elle avait perdu connaissance.
- Que le supplice de la chair lave l’âme de cette impure ! Scandaient les autres fidèles. Que le pardon de la Déesse lui soit accordé !
Pendant ce temps, un des adeptes de la sinistre garde prétorienne du culte avait plongé une tige de duracier dans le bûcher improvisé et sans cesse alimenté par de nouveaux ouvrages et parchemins de flimsi indésirables, qui se tordirent grignotées par le feu.
Il la tint ainsi pendant un long moment, s’assurant que l’extrémité en forme de croix acérée soit chauffée à blanc.
Sur un nouvel ordre du prêtre, les deux tortionnaires s’éloignèrent de leur victime inanimée qui pendait au bout de ses chaînes. Elle revint à elle après plusieurs seaux d’eau jetés à la figure et elle s’appuya sur ses appuis maladroitement.
Le prêtre réclama le silence puis fit face à la jeune non humaine.
- Pécheresse, souhaites-tu faire pénitence ?
- O..u..i
Il se pencha vers elle.
- Crie le à la face de la Déesse, que tous ses enfants dignes d’elle puissent t’entendre !
- Oui ! Je souhaite faire pénitence, mon père ! Je reconnais mes péchés !
- Et quels sont-ils ? La République toute entière doit les connaître, car nous sommes le tribunal du peuple !
Elle fut secouée de nouveaux sanglots, des larmes pleuvant sur ses traits défaits.
- Je… j’ai…
- Plus fort ! Crie tes péchés et la Déesse soulagera ton âme souillée ! Ta conscience connaîtra la paix, si tu te confesses ! L’exhorta-t-il avec virulence.
Elle se redressa et ferma les yeux embués, ses réticences balayées.
- J’ai… j’ai séduit des humains. Des maris sans histoire.
Des murmures désapprobateurs se firent entendre parmi la foule – les suprémacistes humains – qui grandirent rapidement.
- Tu les as donc poussés à trahir leur épouse, leur famille ? Quels vils moyens as-tu employés pour parvenir à tes fins ?
- Je… je leur ai fait des avances et je m’habillais de façon indécente.
- Les as-tu encouragés à commettre le péché de la chair ? As-tu forniqué ?
- Oui…
Il se détourna d’elle, effondrée, afin de prendre la foule à témoin. Il était fort probable que cette twi lek avait été réduite aux dernières extrémités pour survivre dans son ghetto là où régnait la famine, la misère la plus complète, le désespoir, la promiscuité.
Là où régnait la loi du plus fort.
Des femmes non humaines comme elles devaient trouver le moyen d’assurer leurs besoins vitaux et c’est pour cela que certaines n’hésitaient pas à monnayer leur corps contre quelques précieux crédits. Leur précarité était telle qu’elles sortaient de leur ghetto, sans permis de travail temporaire délivré par les autorités coruscantis.
Ce qui les exposait aux risques d’être raflé lors d’une patrouille des Forces de Sécurité. L’influence du culte fut telle que des agents acquis à leur doctrine xénophobe n’eurent aucun scrupule à les livrer à la secte.
- Tout comme la Déesse, vous avez entendu cette inférieure se confesser solennellement à vous ! Quel est votre verdict, mes frères et mes soeurs ?
Les adeptes huèrent la non humaine prostrée et recroquevillée, avant d’entonner distinctement en choeur :
- Que la Déesse la marque de son courroux !
À ses mots, la twi lek reprit vie, gagnée par l’affolement.
- Non, non ! Pas ça !
Elle tira sur ses chaînes pour s’en libérer vainement puis elle fut fermement maintenue par les deux Disciples de Hapos tandis qu’une troisième montait les marches de l’échafaud, tenant dans sa main la tige de duracier qu’elle avait retiré du bûcher.
L’extrémité luisait d’un halo écarlate sinistre fumant, excitant la panique de la jeune femme qui l’aperçut.
- Non ! Je vous en supplie !
Elle se débattit encore mais elle était immobilisée par la poigne de ses deux bourreaux. La femme du culte se plaça face à elle, l’expression impersonnelle. Elle brandit la tige devant sa victime, dont les yeux étaient agrandis par l’effroi.
- Que cette créature d’Amaleth porte à jamais la marque de son infamie ! Clama le prêtre au-dessus de tous.
- NOONN !
La croyante fanatique se fendit en avant, apposant la croix ardente sur le front de la prisonnière qui poussa un long hurlement de chose désincarnée. Le fer fut retiré, laissant la marque sombre fumante qui déformait l’épiderme de la twi lek.
Celle-ci s’évanouit d’un coup, ayant encaissé une douleur trop forte et trop soudaine pour elle.
- La Déesse a exprimé sa Volonté ! S’exclama le prêtre.
- Louée soit-elle ! Répondirent les autres en retour.
- Cette créature diabolique servira les enfants de la Déesse dans la demeure qui lui est consacrée, jusqu’à ce que le pardon lui soit accordé !
La twi lek fut ranimée et comprit qu’elle croupirait dans le temple de ces fanatiques orthodoxes à vie. Elle ne pourrait jamais recevoir la moindre visite amicale ou familiale, voilà ce que signifiait cette sentence.
Elle était condamnée à l’oubli, un sort plus terrible que la mort en définitive.
- Je me repentirai mais laissez moi voir ma famille, c’est pour eux que j’ai fait tout ça, supplia-t-elle dans un souffle.
- Seule la Déesse en décidera, inférieure ! Lui répliqua l’impitoyable dévot.
Il ordonna qu’elle soit ramenée au temple de la Déesse, sa nouvelle résidence permanente. Il attendit qu’elle soit traînée jusqu’en bas de l’échafaud avant de tendre l’index menaçant en direction des deux cathars.
- D’autres créatures d’Amaleth sont présentes pour subir le châtiment de la Déesse ! Amenez-les à la lumière afin qu’elles reçoivent ce qu’elles méritent !
J'espère que cela vous aura plu!

Allez à la prochaine!

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 07 janvier 2020, 22:08

Bonsoir à tous!

Comme pour le précédent extrait, j'ai décidé de publier ce passage en balise spoiler. Histoire d'essayer de ménager les sensibilités.

Je tenais à montrer à quel point le Pius Dea tentait de s'imposer au sein de la République par tous les moyens, y compris par une violence extrême visant à inspirer une terreur absolue à d'éventuels opposants, d'où la mise en scène macabre. Ceci étant dit, il n'y aura pas d'autre extrait de ce genre jusqu'à la fin de ce tome 2 que j'ai prévu aussi long que le tome 1 .

Ces extraits me paraissaient indispensables pour illustrer un contexte très sombre de cette période de l'Ancienne République.

J'espère néanmoins que vous trouverez la lecture de cet extrait tout de même intéressante.

La mère et son fils furent amenés à la même place que la twi lek. Ils se tenaient côte à côte, et elle en profita pour l’encourager.
- Sois courageux, Malk.
Elle le suppliait presque.
- Oui, maman.
Ses oreilles équines étaient couchées vers l’arrière, signe de l’effroi qui tenaillait son estomac. À leurs pieds, l’autodafé était toujours alimenté par de nouveaux combustibles. Des ouvrages de flimsi, des datapads, encore et encore. La fumée sombre continuait de s’élever en un translucide panache vers les cieux dégagés.
La femme du culte dégagea une épée de sa longue manche noire et plongea la lame dans le brasier, ce qui n’échappa aux deux non humains, encore moins rassurés.
- Nous serons toujours ensemble, Malk.
- Silence !
Le prêtre les foudroya du regard et ils baissèrent la tête, craignant de le provoquer encore. Les deux Disciples de Hapos amenèrent la cathar et suspendirent ses mains au-dessus de sa tête, conspuée par les adeptes du culte.
- Engeance de démon ! Criaient les uns.
- Créature satanique ! S’exclamaient d’autres.
Les suprémacistes humains, tentèrent d’entraîner le reste de la foule à leur suite. Ils brandirent le poing.
- Oui, punissez cette racaille et renvoyez-les d’où ils viennent !
Le petit cathar fut conduit à hauteur de sa mère, qui tourna la tête dans sa direction.
- Il faut que tu sois fort pour moi, Malk.
- Maman…
Des larmes coulaient de ses joues velues alors que les martinets électriques s’agitèrent dans les poings des fanatiques derrière elle. Sa tunique fut déchirée dans le dos et ils ne se quittèrent pas des yeux lorsque le châtiment commença.
Les lanières électrifiées déchirèrent son pelage, grillant ses poils et creusant des sillons fumants dans sa chair. Grâce à sa constitution robuste, la cathar serra les dents sans émettre le moindre son. Cependant, chacun possédait des limites à une telle souffrance. Celles de la non humaine furent atteintes deux minutes plus tard.
Elle émit des grondements de plus en plus forts, mais elle eut le mérite de ne laisser souffler aucune plainte. Si elle le faisait, ils s’en prendraient sans doute à son petit. Celui-ci tirait sur ses propres chaînes en balbutiant sans cesser de pleurer :
- Sois… sois forte, maman.
Après un temps indéfini, le prêtre leva la paume pour interrompre son calvaire.
- Frères et Sœurs, sans doute vous demandez-vous ce que ces deux créatures inférieures ont commis comme crimes. Eh bien, je vais vous le révéler. Il y a deux semaines standard, fit-il en désignant l’enfant, cette engeance d’Amaleth à l’air angélique a volé un fruit sur l’étal d’un honnête commerçant humain, qui travaille dur quotidiennement pour subvenir aux besoins de sa famille et remercie fréquemment la Déesse de sa bonté. Les Forces de Sécurité sont intervenues fort à propos, malgré l’intervention de cette autre vile femelle qui s’est opposée à son arrestation. Car le vol est l’un des pires péchés honnis par la Déesse miséricordieuse. Il est inadmissible et intolérable de s’approprier le labeur d’un honnête travailleur, d’un croyant sincère qui arpente durement le Chemin de la Vertu. Et il ne peut être toléré davantage que quelqu’un d’autre œuvre pour qu’un tel péché puisse être commis !
- Qu’ils expient ! Qu’ils expient !
Deux autres Disciples de Hapos fendirent la foule de leurs coreligionnaires, portant à bout de bras un lourd billot de bois. Ils l’amenèrent en haut de l’échafaud juste devant le petit garçon apeuré. Celui-ci n’eut pas le temps de comprendre de quoi il en retournait que le prêtre s’écria de nouveau :
- Il est temps de punir la main qui a péché !
- C’est la Volonté de la Déesse ! Approuvèrent les adeptes du culte.
Sur ces mot, la femme qui patientait en bas de l’échafaud retira l’épée de la fournaise ardente. La moitié de la lame avait rougi, chauffée à ébullition. Elle grimpa les marches, l’expression atone pendant l’un des bourreaux agrippait la main chétive pour la poser sur le billot apporté par ses deux camarades.
Malk paniqua lorsqu’il surprit l’épée fumante entre les mains de la croyante.
- Maman ! Maman ! Appela-t-il fébrilement.
La cathar émergea de sa léthargie et réalisa ce qui se passait. Les intentions du culte à leur égard lui devinrent évidentes lorsque la femme humaine se plaça face à son condisciple, l’épée brandie à deux mains au-dessus du poignet du petit non humain qui pleurait de détresse.
- Non ! s’écria sa mère. Vous ne pouvez pas faire ça ! Prenez-moi à sa place ! Prenez-moi à sa place !
- Que la main du pêcheur soit tranchée ! Clama le prêtre.
- Non, vous n’avez pas le droit !
Certains dans la foule détournèrent les yeux, pour ne pas voir l’horrible et l’inévitable survenir.
- Maman !! Hurla la voix aiguë de Malk qui fixait horrifié la lame immobile au reflet sinistre.
- C’est mon fils, il est innocent ! Laissez-le !
Les clameurs cessèrent subitement puis un sifflement déchira le silence. La lame rougie fendit l’air et les cris de Malk se métamorphosèrent en un long glapissement de douleur, sa main droite détachée de son avant bras. Le petit qui versait encore de chaudes larmes sous le coup de la souffrance incandescente, s’écroula à genoux lorsqu’il fut relâché. Il gémissait en serrant son moignon cautérisé dans son poing gauche alors que sa mère poussa un rugissement bestial.
- Monstres ! Proféra t elle avec haine. Monstres ! Vous l’avez mutilé ! Je vais vous tuer, je vais tous vous tuer !
Un des Disciples de Hapos s’avança pour la frapper du poing et la faire taire. Mais il avait sous estimé sa rage, malgré la gravité de ses lésions. D’une inclinaison brusque de la tête, la non humaine plongea ses crocs dans le cou de l’humain et lui trancha net la carotide d’une simple morsure.
L’adepte recula, tituba en arrière, les yeux révulsés et s’effondra aux pieds du prêtre qui réagit avec véhémence en la désignant de l’index.
- Expédiez cette créature en enfer !
Les deux tortionnaires effleurèrent le manche de leur martinet électrique et les arcs blafards qui crépitaient autour des lanières brillèrent d’une plus grande d’intensité. Le martyr de la cathar reprit de plus belle. Elle eut cependant le temps de hurler entre deux cris de douleur.
- Monstres !
Vingt secondes suffirent pour lui faire perdre connaissance et vingt autres la firent définitivement passer de vie à trépas. Bientôt, son corps pendit inerte au bout des chaînes qui lui retenaient les bras, sous le regard de son fils qui avait oublié temporairement sa blessure grave.
- Maman ! Maman !
Il se redressa sur ses pieds, appelant celle qui ne pouvait plus lui répondre. Tous ceux réunis sur la place l’observèrent en train de se serrer contre le corps de sa mère, en sanglotant. Ceux qui n’appartenaient pas au culte demeuraient atterrés sans pouvoir réagir, hormis les suprémacistes humains qui criaient à gorge déployée :
- Bravo ! Bravo ! Acclamaient-ils.
À l’arrière plan de tout cela, un homme de taille moyenne et à l’allure quelconque, vêtu de robes Jedi, avait observé toute la scène. S’il ne trahissait aucune réaction sous son capuchon, quelqu’un de plus attentif aurait remarqué ses traits crispés.
Ce Chevalier Jedi du même âge que Bekan Kalad, se nommait Kotil Marek. Il avait mordu sa lèvre inférieure après le châtiment du sénateur Vemus devenu Proscrit, enfoncé ses ongles à l’intérieur de ses paumes quand il avait serré les poing devant celui de la twi lek.
Et il avait blêmi, devant l’inqualifiable commis sur ce pauvre petit cathar, amputé d’une main et devenu maintenant orphelin.
La première envie de Kotil Marek avait été de dégainer son sabre laser et de tailler dans le vif pour faire payer cela aux responsables. Mais il était un Jedi et il était censé maîtriser ses émotions. Ce qui ne signifiait pas pour autant qu’il allait rester impassible.
Il tourna brusquement les talons pour rentrer au Temple Jedi. Là, il préviendrait tous ceux qui le croiseraient de ce qui venait de se passer. Il leur raconterait.
Il était temps pour l’Ordre Jedi de s’opposer enfin à cette secte. D’en finir avec la peur et l’horreur que ces actes abjects inspiraient à beaucoup.
Voilà, nous passerons à autre chose!

De la politique par exemple :whistle: ... cela vous permettra de revoir un certain Contispex :sournois: ! Quelqu'un que vous avez eu l'occasion d'apprécier dans le tome 1 :diable: !

à la prochaine pour la suite :hello: !

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 14 janvier 2020, 21:33

Bonsoir à tous!

Comme je l'avais annoncé, après les séances de torture, vous allez avoir droit à de la politique avec un certain monsieur Contispex :diable: ! Hihihihi :diable: !

Place au Sénat et aux sénateurs, que le rideau se lève!

Siège du Sénat Galactique

Enler Mansur rajusta ses lourdes tuniques avant de reprendre sa place en haut des gradins, au milieu de d’autres collègues. Les débats concernant la politique planétaire de Coruscant et de la Cité Galactique avaient été suspendus pour cette journée. Le sénateur humain de Commenor épongea la sueur de son front de quadragénaire vigoureux avant d’accepter le verre d’eau que lui offrit aimablement un droïde.
- Rude matinée, hein ? Lui lança la sénatrice d’Alderaan, Tali Organa, qui se tenait une rangée au-dessus de lui, sur sa droite.
Il rendit le verre au robot avant d’échanger un sourire avec cette femme plus âgée, à l’expression maternelle et digne. Ses traits ridés avec harmonie et ses chignons grisonnants qui encadraient sa tête en disaient long sur sa noblesse d’âme. Drapée dans une toge fine bleue marine qui évoquait le reflets des lacs bordant Aldera, la tension ambiante qui avait électrisé les débats sur les nouvelles lois de sécurité locales visant les non humains, n’avait eu aucune prise sur elle.
- Le plus intéressant arrive, lui confia-t-il.
Elle hocha discrètement la tête, comprenant qu’il faisait allusion aux nombreux sénateurs absents. Le Grand Hall était en effet à moitié vide, mais les retardataires seraient immanquablement présents pour les sujets épineux concernant la politique générale de la République menée par le Chancelier Suprême.
- Nous avons remporté une victoire, se félicita-t-elle.
- Éphémère, sénatrice Organa.
Ils évoquaient ce décret qui restreignait encore davantage les libertés de déplacement des non humains hors de leurs ghettos, qui réduisait notamment la durée de validité des permis de travail et des tickets de rationnement. Soit disant pour lutter contre la criminalité hors des ghettos – baptisées officiellement zone de sécurité – et endiguer divers trafics mais tous deux savaient ce qu’il en était vraiment.
Ils prirent soin d’éviter les regards haineux lancés par les partisans de Contispex, installés sur les gradins en face contre lesquels ils avaient bataillé âprement pour empêcher ce décret de passer. Ils n’oublieraient pas qu’ils avaient perdu cette manche et se montreraient revanchards. Malgré les dissensions qui pouvaient exister entre eux, notamment entre les suprémacistes humains et les adeptes de ce fameux culte Pius Dea.
Tôt ou tard, ce décret serait voté par le Sénat ou promulgué par une ordonnance arbitraire, comme cela était souvent le cas. Trop souvent.
Voilà comment la démocratie s’érodait quotidiennement.
- Cela reste une victoire, sénateur Mansur.
- Si vous le dites, j’espère seulement que je ne finirais pas comme mon père.
Il arborait cette mine sombre lorsqu’il fut hanté par le souvenir de son paternel, qui était passé d’opposant virulent à valet soumis du Chancelier.
- Vous avez une grande force en vous, le réconforta Organa. Vous êtes d’une autre trempe. Sans vous, l’Honorable Fraternité perdrait tout sens.
Le commenorien qui souffrait d’une légère calvitie, caressa ses mèches de cheveux blonds qui saillaient encore du haut de son crâne. Il pensa l’espace d’un instant au nom qui désignait cette faction de sénateurs humains résolument opposés aux idées humanocentristes du Chancelier et aux dévots fanatiques qu’il dirigeait.
- Je pourrais en dire autant de chacun de nous, Tali. Sans vous, l’Honorable Fraternité n’aurait jamais vu le jour.
- Vous les inspirez plus que moi, Enler.
- Contispex ne nous laissera pas continuer éternellement. Aujourd’hui ou demain, l’un d’entre nous pourrait être mis en accusation. Comme ce pauvre Vemus. Ils n’hésiteront pas à exploiter la moindre de nos erreurs ou égarements pour les retourner contre nous.
Elle acquiesça d’une inclinaison du menton.
- Je doute qu’ils osent s’en prendre ouvertement à vous, nuança-t-elle. Cela déclencherait des émeutes sur votre propre monde.
- Comme si cela allait les arrêter.
Il se redressa avant de se contorsionner pour faire face à sa collègue.
- Nos ennemis ne se tiennent pas seulement face à nous, ils complotent aussi dans nos systèmes d’origine pour nous discréditer, ajouta-t-il. J’ai bien peur en ce qui me concerne que mes erreurs finissent par me rattraper.
- Enler, ne vous laissez pas tourmenter par le passé.
- Tali, insista-t-il, je ne peux pas oublier que j’ai été un des leurs. Et ils ne me pardonneront jamais de leur avoir tourné le dos.
-C’est pourquoi le combat que nous menons contre eux n’en est que plus important.
Elle se pencha pour lui agripper le poignet avec sa main frêle et douce. Enler sentit l’abattement qui le paralysait disparaître comme par enchantement. Il se battrait encore et il ne serait pas seul. Face à cette faction de sympathisants de Contispex connus sous le nom de Défenseurs de la Vertu, la résolution l’habitait pleinement.
- Alors nous soutiendrons les doléances que les bothans et les lannik déposeront devant le Chancelier quand il arrivera.
Tali Organa en profita pour se retourner vers la délégation bothane réunie autour de la sénatrice Naite’fya et des secrétaires lanniks – créatures humanoides de petite taille et aux larges oreilles pointues – groupés près du sénateur Iyulk. Ils se tenaient à quelques mètres seulement sur la gauche, sans vouloir se mêler à l’Honorable Fraternité.
- Serions-nous trop humains pour eux ? Souffla Mansur.
- Ne leur en veuillons pas d’être prudents, le rassura-t-elle. À leur place, vous vous fieriez à n’importe qui ?
Les bothans et les lannik n’avaient pas participé aux débats de ce matin, mais ils brûlaient de prendre la parole devant le Sénat.
- Non, c’est vrai.
Sur ces mots, les larges portes qui verrouillaient l’entrée du Grand Hall, s’ouvrirent à l’intention des autres dignitaires du Sénat humains et non humains qui se distinguèrent par des conversations animées avant de se diriger vers leurs places respectives.
Évidemment, la plupart des sénateurs humains rejoignirent leurs collègues de la faction Défenseurs de la Vertu tandis que les non humains – comme les Herglics ou les Duros – et les rares humains démocrates s’installèrent du même coté que l’Honorable Fraternité.
Beaucoup vinrent saluer chaleureusement Tali Organa et Enler Mansur, et pendant ces accolades prolongées, personne ne prêta attention au vieux sénateur humain au teint mat et à l’expression tendue qui prit place de l’autre coté des gradins, juste à coté des Duros. Il était accompagné d’une jeune femme, probablement sa secrétaire.
Tali attira l’attention de son homologue commenorien sur eux.
- Regardez.
Ils fixèrent les deux nouveaux venus avant que le sénateur au teint mat ne croisa leur regard et inclina discrètement le buste en signe de salut.
- Hassan Kalad nous honore donc de sa présence, confia Mansur. C’est plutôt inattendu.
La présence du sénateur d’Alsakan les interpellait car celui-ci se faisait plutôt discret. Il donnait ainsi l’impression de se désintéresser complètement de toutes les questions politiques de la République.
Ce ne pouvait être qu’une simple façade, bien entendu.
Après tout, beaucoup de sénateurs présents dans l’assemblée ne prenaient pas la chose très à cœur, se contentant bêtement de se laisser porter par le mouvement, surtout ceux de la faction opposée. Surtout les suprémacistes humains.
- Ces derniers temps, il s’oppose de plus en plus aux décisions du Premier Régent, confirma la sénatrice alderaanienne.
- Si leurs relations viennent de s’apaiser, cela expliquerait sa présence.
- Je n’ai pas eu vent d’une quelconque amélioration de leurs relations.
- Alors que fait-il ici ?
Il fronça les sourcils, perplexe.
- Nous finirons par le savoir bientôt, répondit-elle. Si vous le voulez, je peux le surveiller pour vous, Enler. Cela vous permettra de vous concentrer sur les prochains débats.
- Je vous en suis reconnaissante, Tali.
Il respira mieux, soulagé en partie de ses doutes. La sénatrice Organa ne disposait peut-être pas de son charisme mais elle se rendait utile de bien d’autres manières. Sa discrétion et son apparence chétive et inoffensive l’autorisaient à approcher des sénateurs de l’autre faction pendant l’entracte et à surprendre leurs conversations à leur insu.
Ce qui leur avait permis maintes fois d’anticiper les intentions de leurs adversaires politiques. Une précaution élémentaire en ces temps difficiles.
Un chambellan au crâne rasé – un adepte du culte – entra dans le hall et réclama le silence. Les conversations baissèrent avant de s’éteindre.
- Honorables membres du congrès galactique, chers frères et sœurs, veuillez accueillir son Excellence, le Chancelier Suprême de la République, notre guide éclairé par la sagesse de Kasili… Frère Contispex ! Que la lumière de la Déesse resplendisse sur les débats à venir !
Et les Défenseurs de la Vertu de répondre :
- Louée soit la Grande Déesse !
Bien entendu, les rangs de sénateurs face à eux répliquèrent par un silence assourdissant. Voilà qui promettait beaucoup pour la suite. Les débats seraient plus que passionnés, ils seraient tranchés. Une image des dissensions qui continuaient de déchirer la République depuis l’accession au pouvoir de Contispex.
Celui-ci fit peu de temps après son apparition devant les pairs du Sénat. Vêtu d’un pantalon fin de lin blanc et d’une tunique de soie aux rubans austères qui entouraient son cou, un grand manteau de cérémonie mauve lui drapait le tronc, des épaules jusqu’aux hanches. Un collier soutenait un grand bijou palpitant contre sa poitrine à chacun de ses pas, symbole de la fonction prestigieuse qu’il occupait. Il se dressait tel un tribun sûr de sa force, le menton relevé vers le haut, et l’expression froide et méprisante qui grimait ses traits en disait long sur le tempérament d’un personnage destiné à s’imposer malgré toutes les oppositions qui hérissaient son chemin.
Deux Disciples de Hapos encapuchonnés l’escortaient jusqu’à la tribune au milieu de l’amphithéâtre, lui permettant de dominer en partie l’assemblée.
En réaction à son irruption, les Défenseurs de la Vertu se levèrent en signe de respect. Contrairement au camp d’en face. Hormis le sénateur d’Alsakan qui prit à contre-pied le reste de ses collègues.
- Vous avez vu ? Glissa la sénatrice d’Alderaan à son collègue commenorien.
Ce dernier fixa sévèrement le dignitaire alsakani, qui se distinguait d’eux tous en se tenant débout.
- Eh bien, nous savons au moins dans quel camp il est. Et j’ai bien peur que ce ne soit pas le nôtre, lâcha-t-il avec fatalisme.
- Ne soyez pas aussi hâtif dans votre jugement. S’il était dans leur camp, il serait parmi eux.
- Je crois que les alsakanis suivent leur propre partition. La première chose qui doit les préoccuper est de conserver coûte que coûte leur statut autonome.
- Tout comme les Herglics qui nous soutiennent pourtant sans réserve.
Peu convaincu, Mansur fit la moue.
Les Défenseurs de la Vertu se rassirent sur un signe discret du chambellan qui donna l’ordre de refermer les portes. Laissant néanmoins entrer une sénatrice Selkath aux vêtements fripés, essoufflée, qui s’empressa de gravir les gradins pour s’installer parmi ses collègues. La non humaine salua au passage Mansur et Organa, qui l’interpella :
- Par les étoiles ! Que vous est-il arrivé, sénatrice B’lsak ?
Les vêtements de cette dernière étaient déchirés et salis.
- J’ai été prise à partie par des suprémacistes humains, répondit-elle vivement.
- Racontez-nous, la pria le commenorien.
- Pas maintenant, pas ici.
Les bajoues de la Selkath étaient agités de frissons, un signe de stress. Les deux sénateurs n’insistèrent pas et la laissèrent s’asseoir deux rangées plus bas. Ils se promirent cependant d’aller la retrouver sitôt la séance achevée.
Ils tenaient à savoir ce qui lui était arrivé.
Le chambellan s’avança au milieu de tous et annonça :
- Je déclare la session ouverte. Les sénateurs sont maintenant libres de commencer les débats sur la politique de la République à l’égard des systèmes membres.

Voilà, j'espère que cette petite mise en bouche vous aura plu :wink: ! J'espère que vous aimez les noms des deux factions opposées dans l'enceinte du Sénat!

Promis, les chose sérieuses débuteront la semaine prochaine! Contispex est là, il est parmi nous :x !

Allez à la prochaine :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 21 janvier 2020, 08:29

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

On reste donc au Sénat et ça va chauffer :diable: !!

Découvrez ça!

Des murmures parcoururent les gradins autour des deux dignitaires opposés à la politique de Contispex.
La sénatrice bothane Naite’fya se leva promptement en même temps que le sénateur lannik Iyulk. Elle leva la main pour attirer l’attention sur elle et se décala pour saisir le micro. Par courtoisie, le sénateur lannik se rassit finalement.
- S’il plaît à son Excellence et aux membres du Sénat, je souhaiterais prendre la parole.
Le chambellan se tourna alors vers le Chancelier Suprême, qui conféra son approbation d’un simple hochement de tête.
- La parole vous est accordée, sénatrice.
- Merci, chambellan.
Mansur et Organa avaient détecté cette once de raideur dans le ton soyeux de la félinoide originaire de Bothawui.
- Vous avez envoyé une partie de la Quatrième Flotte stationner aux lisières de notre espace, pour lutter contre des raids de pirates en provenance des territoires Hutt, il y a plusieurs mois de cela. Le Conseil des Clans s’interroge sur l’efficacité de vos vaisseaux de guerre, car l’activité de ces pirates ne semble pas avoir diminué, loin de là.
Le Chancelier Suprême s’éclaircit la gorge avant de répondre. Il activa à son tour son micro.
- J’étudie régulièrement les rapports d’activité de la Quatrième Flotte, qui laisse entendre une version différente. Selon ces rapports, les abordages et arraisonnements de ces vaisseaux criminels restent fortement élevés.
- Sans vouloir vous offenser, Chancelier Suprême, la plupart de ces vaisseaux criminels que vous vous vantez de faire arraisonner ne sont pour la plupart que de simples cargos de fret inoffensifs qui participent aux échanges commerciaux entre nous et les autres systèmes de la République. Non seulement, vos marins et vos soldats imposent à leurs équipages des contrôles drastiques et humiliants mais ils se permettent de confisquer arbitrairement leur cargaison sans fournir le moindre motif valable.
- Ce qui est autorisé dans l’espace bothan, ne l’est pas forcément dans le reste de la République, sénatrice. Il a été avéré que beaucoup de ces cargaisons étaient des marchandises illicites dont le commerce est depuis prohibé dans l’espace de la République.
- Illicites ? Comment pouvons-nous être certains qu’elles le sont vraiment ? Nous avons tenté de contacter à plusieurs reprises, l’amiral Hisku mais celui-ci a refusé de nous répondre en se réfugiant derrière le secret défense.
Mansur et Organa avaient noté l’expression hautaine et satisfaite de Contispex devant les protestations de la sénatrice bothane. Celle-ci n’était autre que la nièce de feu le Chancelier Suprême Pers’lya, un rival politique de l’actuel Chef d’État. Il ne serait pas étonnant qu’il prenne un malin plaisir à vouloir la rabaisser.
- Quelle requête souhaitez-vous soumettre au sénat ? Demanda le chambellan.
- La requête du Conseil des Clans est simple, martela Naite’fya. Soit la Quatrième Flotte joue le rôle qu’elle est censée accomplir, soit vous la rappelez et nous nous chargerons nous-mêmes d’assurer la sécurité de nos frontières si la République n’en est pas capable.
Les derniers mots déclenchèrent des murmures hostiles de la part des Défenseurs de la Vertu. Quelques sifflets traversèrent le Grand Hall.
- Pour qui elle se prend, cette inférieure ?
- Elle et toute son engeance mériteraient qu’on les remette à leur place !
Le calme revint peu après.
- Votre requête est enregistrée et sera envoyée à l’amiral Hisku, annonça le Chancelier Suprême.
- Votre Excellence, quelles garanties avons-nous…
- Ce sera tout, il est temps de passer au point suivant.
À l’aide d’une télécommande, le chambellan coupa son micro à distance avant qu’elle ne puisse ajouter quoique ce soit d’audible. Furieuse d’avoir été ainsi éconduite, la bothane manqua d’arracher le micro de son socle d’une poigne rageuse.
Elle se résigna à reprendre sa place non sans lâcher des jurons dans son dialecte natal. Ses assistants parvinrent finalement à la calmer. C’est alors que le sénateur lannik se dressa pour réclamer la permission de s’exprimer.
Cette faveur lui fut accordée, non sans qu’elle ne suscita quelques moqueries de la part d’un Défenseur de la Vertu.
- Il ressemble à la croupe d’un rat womp qu’on aurait épilé.
Cela fit esclaffer quelques uns de ses collègues suprémacistes humains. Le petit non humain ne leur prêta aucune attention.
- La parole est au sénateur de Lannik.
- Merci, fit Iyulk au chambellan. Nous avons appris la semaine dernière que les Guildes Marchandes envisageaient de se retirer de notre système et de revendre toutes les actions qu’elles détiennent dans nos entreprises locales. Au prix le plus bas, ce qui provoquerait la ruine complète de notre économie.
Le Chancelier Contispex possédait là aussi l’attitude de quelqu’un qui ne montrait que peu d’intérêt à l’affaire, bien qu’il eut la décence de sauver un peu les apparences.
- Vous souhaitez donc que les Guildes Marchandes continuent de financer votre économie ? Intervint-il avec une pointe de condescendance.
- C’est notre requête, en effet.
- Vous n’êtes pas sans savoir, sénateur Iyulk, que la liberté d’entreprendre est un droit garanti par la Constitution. Les Guildes Marchandes étant une corporation commerciale à financements privés, je crains que cette affaire ne soit pas de notre ressort. Seule la Commission des litiges économiques est compétente en la matière.
- Votre Excellence, la Commission n’a pas répondu à nos sollicitations. Voilà pourquoi nous avons décidé de porter cette affaire devant le Sénat et devant vous, car tout le monde sait que vous êtes le trésorier des Guildes Marchandes.
Beaucoup de dignitaires s’agitèrent lorsque le lannik rappela ainsi un potentiel conflit d’intérêt suite à la position qu’occupait toujours l’actuel Chef d’État au sein de la corporation. Julius Contispex se pencha et son regard vers le lannik contenait du venin.
- Je tiens à vous rappeler que je suis avant tout Chancelier Suprême et que je représente les intérêts de la République toute entière. Je ne souhaite en aucun cas m’ingérer dans votre problème local. Vous devez déposer un nouveau recours devant la Commission. Il est temps de passer au point suivant.
- Votre Excellence…
Tout comme sa camarade bothane, il fut lui aussi censuré par la désactivation du micro. Enler Mansur échangea un regard déterminé avec Tali Organa. La même passion de la justice embrasait ses prunelles sombres.
L’heure de s’interposer était venue. Une nouvelle fois.
Sans hésiter, il se leva.
- S’il plaît à son Excellence, je souhaiterais prendre la parole.
Son intervention suscita subitement une bronca hostile à son encontre, de la part des Défenseurs de la Vertu qui l’invectivèrent avec virulence, les traits déformés par la haine et le poing brandi vers le plafonds.
- Les traîtres n’ont pas le droit à la parole !
- Chassez-le d’ici ! Ne le laissons pas parler !
- Faites-le taire ! Faites-le taire !
Mansur refusa de se laisser intimider, comme d’habitude. Combien de fois avait-il essuyé les accusations d’apostasie de ses anciens coreligionnaires. ? À travers le regard ardent du Chancelier Suprême, il pouvait sentir la haine de toute une confrérie qu’il avait choisi de renier. Il était si facile de plier devant cette tempête de quolibets, de renoncer…
Combien de fois y avait-il songé ?
C’est alors qu’il sentit la main douce de la sénatrice Organa sur son épaule. La doyenne lui souhaita :
- Courage, mon ami.
Ce fut le signal qu’attendait l’Honorable Fraternité pour se dresser à son tour et défendre son meilleur représentant.
- Laissez-le parler ! Vive la démocratie !
- Hérétiques ! Vous subirez le même sort que cet apostat ! S’écrièrent les Défenseurs de la Vertu. Vous êtes indignes de la bonté de la Déesse !
- C’est vous et votre fichue Déesse qui êtes indignes de la République !
Sur ces mots, des Défenseurs de la Vertu – des suprémacistes humains qui n’appartenaient pas à la secte mais soutenaient son idéologie – bondirent de leurs bancs de granit et descendirent des gradins pour venir provoquer leurs adversaires de plus près.
Ni le chambellan, ni le Chancelier Suprême n’intervinrent pour empêcher une poignée d’entre eux de s’approcher des rangs adverses et de les insulter ouvertement.
- Retournez chez vous, bande d’inférieurs et d’impurs !
Ils recherchaient la confrontation, cela ne faisait aucun doute. Tout autant désireux d’en découdre, des dignitaires non humains parmi lesquels des Herglics, humanoïdes à l’apparence de cétacés géants hauts de plus de trois mètres, vinrent se porter à leur rencontre accompagnés de collègues humains de l’Honorable Fraternité.
Lorsqu’ils furent au contact, des bousculades eurent lieu et des coups furent échangés. Un Herglic saisit un Défenseur de la Vertu par le col de sa toge et le projeta rudement au sol deux mètres en arrière.
Un député humain de l’Honorable Fraternité recula en titubant, sa lèvre inférieure fendue par un coup de poing lancé par un Défenseur de la Vertu, une sénatrice petite et courtaude aux cheveux coupés courts.
Contispex décida qu’il en avait assez vu et demanda au chambellan de ramener la paix.
- Gardes ! Gardes ! Clama celui-ci.
Il mit plusieurs secondes à se faire entendre au-dessus des cris et des vociférations échangées entre les deux camps, puis les lourdes portes s’ouvrirent enfin pour laisser passer un peloton de gardes sénatoriaux. Ceux-là parvinrent à s’interposer et à séparer les deux groupes antagonistes. Celui qui les commandait, cria d’une voix autoritaire :
- Du calme ! Retournez immédiatement à vos places !
Le chambellan insista lui aussi :
- Ca suffit, il est temps de reprendre la séance !
Enler Mansur, Tali Organa et les autres sénateurs qui étaient restés à l’écart, avaient observé cette foire d’empoigne sans bouger. Ce n’était pas la première fois qu’ils assistaient à ce genre de scène navrante.
Ce n’était qu’une illustration parfaite des tensions qui menaçaient de scinder la République. De part et d’autre, les passions étaient exacerbés au point que les opinions divergentes devenaient impossibles à concilier. L’avenir de la République se jouait de façon décisive, ces derniers temps, dans un climat de méfiance, de peur et de violence.
Après un flottement de quelques minutes, le chambellan annonça enfin :
- La parole est au sénateur de Commenor.
Les applaudissements encourageants et les sifflets injurieux saluèrent le sénateur Mansur qui saisit le micro installé devant lui.
- Il est de mon devoir de rappeler ceux de cette auguste assemblée et de tous mes collègues. Depuis la création de la République, le Sénat a été instauré non seulement pour débattre des problèmes opposant des systèmes membres à d’autres ou à des corporations politiques ou commerciales, mais aussi pour y apporter des solutions durables qui doivent satisfaire toutes les parties. Or, j’ai le sentiment depuis un certain temps que le Sénat ne remplit plus cette prérogative et préfère laisser l’actuel Chancelier Suprême le soin de régler les problèmes à sa façon. Et regardez où nous en sommes ! Nous avons sur les bras une crise diplomatique avec l’Espace Hutt qui pourrait dégénérer en guerre ouverte au point où vont les choses ! Et nous choisissons d’abandonner ou de discriminer sciemment des membres éloignés du centre de la République, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’intérêt économique ou qu’ils sont majoritairement peuplés de non humains !
- Ne calomniez pas le Chancelier Suprême, espèce de parvenu !
Les derniers mots avaient été lancés par la sénatrice de Kuat, qui cherchait évidemment à l’interrompre pour le déstabiliser mais il n’était pas né de la dernière pluie. Il demeura inébranlable, y compris lorsque d’autres Défenseurs de la Vertu reprirent pour soutenir cette femme fine et l’air austère, le crâne étroit parfaitement rasé pour montrer sa dévotion à sa religion :
- Elle a raison !
Il laissa passer cette averse pour les dominer de sa voix forte :
- La République a-t-elle perdu son chemin ? Avons-nous perdu à ce point le sens des responsabilités ? Poursuivait il avec conviction.
- Comment ose-t-il nous donner des leçons ? Répliqua la kuati.
Quelques Défenseurs de la Vertu voulurent forcer le barrages de gardes pour s’approcher de nouveau de leurs adversaires mais ils furent contenus efficacement.
- Allons, silence ! Tonna le chambellan.
Enler Mansur en profita pour étudier le comportement du Chancelier Suprême. Celui-ci demeurait impavide.
- Le Chancelier Suprême qui nous honore de sa présence, néglige les lannik et les bothans alors qu’ils font partie de la République à part entière. Les lannik sont sur le point de subir une grave crise économique à cause du retrait des investisseurs des Guildes Marchandes et le commerce des bothans est entravé à cause du comportement vexatoire de la Quatrième Flotte qui ignore les raids pirates lancés depuis l’Espace Hutt.
- Eh bien, laissons-les se débrouiller ! Beugla un Défenseur de la Vertu dont l’intervention provoqua des rires gras parmi ses camarades.
- Si le Chancelier Suprême Contispex refuse de se pencher sur ces problématiques, nous devrions changer de présidence et de gouvernance pour que le Sénat remplisse enfin le rôle pour lequel il est dévolu. Je dépose au nom de l’Honorable Fraternité, une motion de censure contre le Chancelier !


Voilà, cliffhanger :x ! Oh oui, je sais que vous détestez ça, venez donc me punir :paf: :lol: ! Plus sérieusement, j'espère que cela vous a plu!

Allez à la prochaine, pour la suite :hello: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 28 janvier 2020, 22:20

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

La politique, toujours la politique :diable: !



Les Défenseurs de la Vertu se dressèrent vent debout contre cette proposition, conspuant Mansur, qui fut soutenu hardiment par ses collègues de l’Honorable Fraternité et bon nombre de délégués non humains.
Pendant de longues minutes, les gardes sénatoriaux s’efforcèrent de retenir les deux factions qui voulaient de nouveau en venir aux mains tout en s’échangeant des noms d’oiseaux ou des remarques pas très flatteuses sur leurs origines.
Personne hormis Organa et Mansur ne remarqua le sénateur d’Alsakan glisser quelques paroles à l’oreille de sa jeune compatriote qui semblait acquiescer quelques secondes après, à ce qu’il venait de lui dire. Le commenorien décida de prendre le temps de jauger les forces en présence. La grimace discrète de sa camarade alderaanienne lui indiqua qu’elle partageait le même constat que lui.
Sur le papier, les Défenseurs de la Vertu étaient moins nombreux que leurs rangs. Mais le passage de la motion de censure à l’encontre de Contispex n’était pas certaine de passer. Certes les non humains le soutiendraient mais Mansur n’était pas aussi affirmatif quant aux membres exclusivement humains de sa propre faction, l’Honorable Fraternité. Certains d’entre eux demeuraient persuadés que Contispex était un garant de la stabilité de la République, malgré la répugnance que leur inspirait la confrérie radicale qu’il dirigeait en sous-main.
La jeune alsakanie traversa alors les gradins pour transmettre des instructions aux autres membres des délégations affiliées historiquement aux alsakanis, comme les sénateurs d’Axum, de Contruum, de Esseles, de Brentaal, de Raithal, de Borleias ou de Tanaab..
Le vote d’Alsakan serait alors décisif, car il ferait pencher la balance de son côté mais les deux sénateurs n’étaient pas sûrs des intentions de Hassan Kalad.
Tali Organa lui serra le bras.
- Nous ne pouvons pas reculer, Enler.
- Alors que la providence soit avec nous, souhaita-t-il.
Le tumulte diminua et chacun des sénateurs rejoignit sa place. Le chambellan et le Chancelier Suprême étaient en train de se concerter à voix basse au sommet de la tribune. Contispex affichait un sourire décontracté, ne paraissant pas redouter quoi que ce soit au sein de l’assemblée. Le chambellan descendit de la tribune et lança à tous les dignitaires :
- Nous allons procéder au vote à main levée, vos excellences. Qui soutient la motion du sénateur Mansur ?
Enler se leva, ayant inspiré un grand coup, imité par Tali Organa. Ils brandirent l’index vers le plafonds, avant que des sénateurs non humains ne se dressèrent à leur tour, comme les bothans, les lannik, les Herglics ou les neimodiens.
Le moment de vérité.
Il serra les dents lorsqu’il constata que le sénateur d’Alsakan et les représentants des autres mondes vassaux ne bougeaient pas d’un cil. Il comprit qu’il n’obtiendrait pas gain de cause et il ne jugea pas nécessaire de compter.
C’était bien là le problème des coalitions hétéroclites, elle étaient fragiles par nature.
- Qui s’oppose à la motion ?
Sans surprise aucune, les Défenseurs de la Vertu se levèrent avec enthousiasme, unis derrière leur leader.
Le chambellan annonça plus tard le résultat avec une jubilation non dissimulée car il appartenait lui aussi au culte.
- La motion est rejetée.
Les Défenseurs de la Vertu ne se privèrent de démontrer leur joie débordante aux rangs adverses, lançant des hourras provocateurs.
- Louée soit la Grande Déesse ! S’écrièrent certains.
Enler Mansur ne put se retenir de croiser les yeux de Contispex qui laissa flotter sur ses lèvres, un sourire suffisant.
Le chambellan réclama de nouveau le calme.
- Le Chancelier Suprême souhaite s’exprimer pour aborder le prochain point. Votre Excellence, fit-il en direction de Julius Contispex.
- Merci, chambellan. Sénateurs, j’aimerais vous faire part d’une annonce importante avant de débattre du thème suivant.
Le sang de Mansur se glaça lorsqu’il sentit le regard du Chef d’État peser sur lui. Il le dévisagea attentivement et crut discerner sur ses traits légèrement ridés, de la satisfaction emplie de cruauté. Ce n’était pas un présage favorable.
- Le Tribunal de la Foi a confirmé la destitution du sénateur Vemus d’Anaxès, appartenant à l’Honorable Fraternité. À l’instant où je vous parle, notre confrère est en train d’expier ses lourds péchés sur la Place du Pardon pour demander la miséricorde de la Déesse, devant le peuple uni de la République. Selon la loi d’Ostracisme, ses biens seront confisqués pour qu’ils puissent bénéficier aux enfants de la Déesse et aux déshérités. Ses proches, sa famille seront frappés d’inéligibilité jusqu’à la troisième génération incluse et ne pourront pas prétendre aux plus hautes fonctions au sein de la République.
La mine sombre de Mansur et de ses partisans de l’Honorable Fraternité traduisaient leur impuissance. Ils ne pouvaient rien faire pour secourir leur infortuné collègue. Tout comme ils n’avaient rien pu faire pour s’opposer à sa destitution votée par le même Sénat dans lequel ils siégeaient.
À cause de l’absence trop régulière du sénateur d’Alsakan et de ceux des autres mondes inféodés. l’alderaanienne surprit Kalad toujours en train de discuter avec la jeune femme alsakanie à ses cotés. Tali Organa doutait qu’il fasse quoi que ce soit pour s’y opposer. Mansur avait suivi le regard de sa meilleure amie.
- Nous ne pourrons pas compter sur lui, fit-il avec amertume.
Le commenorien fulminait devant l’étrange attitude passive de l’alsakani qui ne semblait pas se soucier plus que cela de l’état de la République. Il se demandait pourquoi il avait pris la peine de se déplacer aujourd’hui.
Qu’est-ce que cela cachait ?
Les Défenseurs de la Vertu acclamaient le Chancelier et certains prièrent même en joignant leurs paumes devant la poitrine.
- Louée soit la Déesse !
Julius Contispex laissa cette démonstration se prolonger, pour mieux savourer la déconfiture de ses ennemis.
- Il va de soi que le siège de sénateur d’Anaxès ne peut rester vacant éternellement, expliqua-t-il. Par conséquent, Anaxès nommera un nouveau représentant digne de lui que nous serons ravis d’accepter parmi nous !
Le message était clair pour l’Honorable Fraternité. Vemus serait remplacé par un pantin qui renforcerait les rangs de leurs adversaires, ce qui les affaiblirait eux-mêmes d’autant. Vemus n’était que le dernier en date d’une longue liste de sénateurs frappés d’indignité par le Tribunal de la Foi, à l’origine une commission sénatoriale créée unilatéralement à l’initiative du Chancelier Suprême pour lutter contre la corruption au sein de la République et de ses institutions.
Le Tribunal de la Foi avait pris de plus en plus d’importance au fil des années jusqu’à devenir une autorité pleinement sous contrôle du culte et de son impitoyable leader.
Les applaudissements cessèrent peu à peu jusqu’à ce que le silence fut total.
- Représentants de cette République que j’ai l’honneur de diriger avec humilité, reprit-il, nous avons accompli beaucoup de chemin ensemble. Certains d’entre vous doivent se souvenir de cette période décadente qui a précédé mon élection. Peut-être même que vous vous souvenez de mon prédécesseur, le Chancelier Pers’lya.
À l’évocation de ce nom tombé peu à peu dans l’oubli pour le commun des mortels, des moqueries fusèrent comme des rafales de blasters.
- J’espère qu’il pourrit bien là où il réside !
Les oreilles équines de la sénatrice Naite’fya se couchèrent sous le coup de l’indignation, puisqu’elle n’était autre que la nièce de l’ancien Chef d’État. Il était évident que Contispex la ciblait pour la déstabiliser.
- Pers’lya était l’incarnation de la décadence et de l’incompétence qui souillait la crédibilité de la République. Peut-être avez-vous oublié la Crise Alsakanie qui a mis en évidence les carences de sa gouvernance. Si un autre avait été élu à ma place, où en serait la République, aujourd’hui ?
- Aux mains de ceux qui ne la méritent pas ! Répondit un de ses partisans.
Il fur bruyamment approuvé par ses semblables. L’Honorable Fraternité riposta par des clameurs éloquentes.
- C’est vous que la République ne mérite pas, bande de fanatiques !
Les Défenseurs de la Vertu se redressèrent encore une fois.
- N’interrompez pas le Sage Suprême ! Ses mots sont sacrés !
- Silence ! Intervint le chambellan.
Son vœu fut exaucé et Julius Contispex put poursuivre.
- Oui, beaucoup de chemin a été parcouru mais il reste encore beaucoup à accomplir. J’aimerais tant faire encore pour cette République qui doit inspirer l’exemple pour tous les peuples. Continuer d’arracher les racines du mal, de la corruption encore profondément implantés dans notre société et dans le reste de la galaxie !
Les applaudissements des Défenseurs de la Vertu ponctuèrent sa déclaration.
- C’est pour cela que nous montrerons aux Hutts que leurs crimes et manigances ne resteront pas impunies. Nous savons que les lannik et les bothans résident à la lisière de leurs systèmes, comme tant d’autres peuples ! Et nous n’accepterons pas que ces gangsters infâmes plantent leurs griffes pour y semer les graines de leur hérésie !
Mansur et Organa échangèrent un regard dubitatif. Ils percevaient une intention cachée derrière son discours… mais laquelle ?
- C’est pour cela que je persuaderai l’amiral Hisku de prendre en compte les réclamations des bothans et de consacrer la Quatrième Flotte aux raids lancés par les pirates manipulés par ces ignobles barons du crime ! Et que je convaincrai la Commission des litiges économiques de faire pression sur les Guildes Marchandes afin que les lannik ne soient pas abandonnés face à leurs appétits !
- Oui, oui ! Bravo, bravo ! Loué soit le Sage Suprême !
La sénatrice Naite’fya et le sénateur Iyulk semblaient être partagés devant ces annonces inattendues. S’agissait-il de paroles en l’air ou de véritables déclarations d’intention ? Mansur et Organa avaient le même avis sur la question.
Ils doutaient de la sincérité de Contispex.
- La corruption est un mal profondément ancré au cœur de notre République, à cause de plusieurs décennies de laxisme et de laisser aller. Du travail a été accompli, et notre République devient de plus en plus assainie. Chaque mois, chaque semaine, chaque jour, sur Coruscant et sur d’autres mondes de la République, parmi ceux qui se prétendent être les plus dignes défenseurs des aspirations des peuples et de leurs droits, nombreux sont les menteurs à être démasqués par la lumière de la Grande Déesse et à se prosterner à ses pieds devant les citoyens pour implorer son pardon ! Chaque jour, des citoyens convaincus par notre juste combat nous rejoignent et nous soutiennent ! Ils croient en nous, les véritables défenseurs d’une République juste et sage !
- Loué soit le Sage Suprême ! La Déesse nous absoudra de nos péchés !
- Nous sommes destinés à arpenter le chemin de la Pureté pour accéder à la Vertu et pour cela nous devons montrer l’exemple, inspirer tous les citoyens !
Il interrompit l’élan de d’autres applaudissements.
- Mais tous ici dans cette assemblée, sont loin d’être des représentants vertueux. L’exemple du sénateur Vemus est une démonstration du péché présent parmi nous, nous ne pouvons plus longtemps le tolérer !
- Nous exigeons justement de voir les pièces à conviction qui accablent Vemus, cela appartient aux prérogatives des sénateurs ! Se lança courageusement Mansur.
Le commenorien nourrissait l’espoir de pouvoir faire annuler la condamnation de leur éminent confrère. Avant cela, il lui fallait affronter l’hostilité de ses anciens coreligionnaires toujours autant rancuniers.
- Comment ose-t-il interrompre le Chancelier sans y être autorisé ?
- Que ce chien Akk d’apostat s’étouffe dans son arrogance !
L’Honorable Fraternité répondit.
- Vous ne nous ferez pas taire !
- Nous sommes une démocratie ! Le sénateur Mansur a le droit de prendre la parole et de contester le Chancelier Suprême !
Une énième fois, les visages trahissaient une férocité bestiale presque débridée, traduite par des huées et des sifflets.
Le Chancelier reprit après quelques minutes d’interruption :
- La demande concernant les pièces à conviction accablant l’ex sénateur Vemus doit être soumise au Tribunal de la Foi.
- Et combien d’entre nous seront mis en accusation et traduits devant ce tribunal, avant que cette demande ne soit satisfaite ? Intervint la sénatrice B’lsak de Manaan.
Les traits de Contispex s’empourprèrent sensiblement de rage lorsqu’il reconnut la selkath qui avait tenté de s’opposer à son élection au plus fort de la Crise Alsakanie. Elle avait été désavouée publiquement, accusée même de trahison et elle s’était donc faite discrète, laissant au fil des années de nouveaux opposants émerger.
Elle était devenue l’un des plus grands soutiens non humains de l’Honorable Fraternité.
- Faites taire cette impure ! Cria un des supporters du Chancelier. Qu’on l’expulse !
Contispex leva un bras impérieux.
- La question de la sénatrice de Manaan montre le peu de confiance qu’elle possède dans l’impartialité du Tribunal de la Foi.
- Elle n’est pas la seule ! Renchérit Tali Organa. Comment pouvons-nous nous fier à un tribunal qui condamne arbitrairement sans respecter les droits élémentaires de la défense, et qui ne dépend plus de l’autorité du Sénat ?
Le Chancelier se dota alors de son sourire le plus agréable.
- Tout cela résulte seulement de la volonté des citoyens, sénatrice Organa. Des citoyens qui souhaitent voir leurs représentants répondre de leurs actes quand c’est nécessaire.
- Et c’est cela qui vous permet de promulguer des ordonnances à tout va, sur le fonctionnement de n’importe quelle commission. Pour qui nous prenez-vous ?
Les protestations véhémentes des Défenseurs de la Vertu s’élevèrent pour recouvrir les voix des défenseurs d’une démocratie aux pieds d’argile.
Le chambellan perça de sa voix :
- Sénateurs, laissez parler le Chancelier !
Mansur frissonna quand il le surprit en train de se parer d’une expression cruelle.
- Comme je le disais, tous les sénateurs prétendant défendre les intérêts des citoyens humbles et travailleurs, ne sont pas vertueux. Si la Grande Déesse le veut, nous démasquerons les imposteurs un à un pour qu’ils soient traduits en justice ! C’est pour cela que je propose de soumettre au vote la mise en accusation du sénateur… Enler Mansur de Commenor !
Un silence de mort accueillit cette annonce détonante et tous les regards convergèrent vers l’intéressé pour guetter sa réaction. Le moins que l’on puisse dire, est que celui-ci avait été frappé en plein coeur.
Il mit du temps à se reprendre, se nourrissant de sa propre combativité.
- Pourquoi une mise en accusation, je vous prie ?
Julius Contispex ne répondit que par un mutisme froid et inhumain, se délectant de l’angoisse visible de son plus sérieux rival politique. L’Honorable Fraternité, un instant frappée de stupéfaction, réagit enfin avec virulence.
- C’est de l’abus de pouvoir !
- Le vote ! Nous exigeons le vote ! Destituons enfin cet apostat et faisons-le expier comme les autres sur la Place du Pardon !
Le commenorien, fortement ébranlé, sentit la main douce de sa camarade alderaanienne serrer son épaule.
- Nous ne les laisserons pas faire, lui souffla-t-elle.
Il se doutait qu’elle cherchait à le réconforter, elle n’était sans doute pas en mesure de tenir cette promesse. Le sénateur d’Alsakan s’agita subitement et glissa quelques mots à la jeune femme. Celle-ci alla trouver comme précédemment les autres dignitaires affiliés, leur transmettre les consignes.
À peine était-elle revenue à sa place, que le chambellan lança :
- Qui est pour la destitution et la mise en accusation devant le Tribunal de la Foi, du sénateur Enler Mansur ?
À l’unanimité, les Défenseurs de la Vertu élevèrent la main, tous souriant aux éclats, certains de la chute de leur ancien coreligionnaire.
- Qui est contre ?
L’Honorable Fraternité se dressa pour soutenir son porte parole. Tout comme les sénateurs non humains. Mansur se cacha la figure entre ses mains pour ne rien laisser paraître de son accablement. Il savait que cela ne serait pas suffisant pour le sauver.
De nouveau, la main douce de Organa secoua son épaule.
- Regardez ! Fit-elle vivement.
Son éclat fut accompagné de d’autres exclamations de surprise lorsque Hassan Kalad se dressa dignement pour lever la main. Imité sans restriction par les autres sénateurs des autres mondes alliés à Alsakan.
Le coeur du commenorien devint plus léger, libéré d’un étau oppressant. Le nombres de votes négatifs était supérieur à celui de votes positifs. Des grognements furent émis des rangs d’en face et un Défenseur de la Vertu lança à la volée :
- Peuh ! Cela ne m’étonne pas des alsakanis !
Le regard de Julius Contispex dériva vers le sénateur d’Alsakan qui lui décocha en retour un sourire poli. Le Chancelier Suprême n’allait pas oublier ce camouflet de sitôt, il était même possible qu’il fasse part de son ressentiment à l’égard du Premier Régent Orin Melok.
C’était le cadet des soucis de Mansur qui exprima son soulagement à sa collègue.
- Je devrais aller sans doute le remercier.
- Il ne nous a pas aidé de manière désintéressée, confia-t-elle prudemment.
Le chambellan annonça à regrets :
- La motion est rejetée.
L’Honorable Fraternité acclama à tout rompre, histoire de titiller davantage la susceptibilité des Défenseurs de la Vertu, visiblement pris de court par l’intervention du sénateur d’Alsakan. C’était une victoire, certes provisoire.
Une victoire inattendue contre Contispex, qui la ruminerait pendant un certain temps. Les traits de ce dernier étaient fermés et Mansur pouvait sentir le poids de sa colère. Lui-même savait fort bien que ce n’était que partie remise.
Il n’était pas bon de s’attirer les foudres d’un tel homme. Il leur fallait craindre une riposte, ils devaient rester sur leurs gardes.
Peu de temps après, le chambellan ajourna la séance et les débats furent suspendus jusqu’à demain.
Mansur tenta d’accrocher le regard de Hassan Kalad qui l’évita soigneusement.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me faire part de vos retours, concernant par exemple le nom des deux factions opposées au Sénat :sournois: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 04 février 2020, 20:21

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite!

On continue encore et toujours sur la politique :sournois: !

Héhé... :diable:

Les sénateurs se dispersèrent dans le large corridor qui menait à la sortie, débouchant sur la Place du Pardon. Les Défenseurs de la Vertu ne s’attardèrent pas, pressés de rentrer chez eux ou d’assister à des cérémonies religieuses.
L’Honorable Fraternité et des sénateurs non humains ne ressentaient pas la même hâte, éprouvant un sentiment de sécurité relatif à l’intérieur de l’édifice. Ils occupèrent le couloir, par grappes, engloutis dans de vives discussions à propos de tout ce qui s’était passé.
Bien qu’ils bénéficiaient de l’immunité parlementaire, les chuchotements dans divers dialectes suggéraient qu’ils appréhendaient que les murs eux-mêmes les épient. Mansur et Organa avaient rejoint la sénatrice B’lsak, qui tentait de lisser sa longue tunique trouée et crasse. Les bajoues de la Selkath continuaient d’être agités de tremblements.
Tali Organa confirma au commenorien qu’elle avait activé le brouilleur portatif enroulé discrètement autour de son poignet. Une précaution élémentaire en cette période dangereuse. Mansur encouragea la non humaine à lui raconter ce qui lui était arrivé. Cet appareil filtrerait leurs paroles en une symphonie désaccordée et inaudible au-delà d’un rayon de deux mètres, à moins que les troubles fêtes ne disposent d’appareils pour passer outre le brouillage.
- Ils organisaient encore une de leurs cérémonies sur la Place du Pardon, expliqua-t-elle. Les Disciples de Hapos bloquaient toutes les avenues, il m’a fallu les contourner.
- Et des suprémacistes humains vous sont tombés dessus, devina Organa.
La Selkath tourna la tête vers les autres groupes de sénateurs.
- Mes deux gardes du corps ont réussi à m’exfiltrer jusqu’à l’entrée du Sénat. J’ai bien cru ma dernière heure arrivée. Je n’avais jamais fait face avant à un tel déchaînement de haine contre moi.
- Nous vous ferons appeler un véhicule pour que vous puissiez rentrer en sécurité, lui proposa le commenorien.
Elle s’inclina respectueusement.
- Je vous en suis très reconnaissante mais je crains fort par les temps qui courent, que personne parmi nous ne soit vraiment en sûreté.
Elle faisait bien évidemment allusion à la tentative de destitution avortée dont il avait fait l’objet.
- Oui, je l’ai échappé belle.
- À votre place, beaucoup auraient jeté l’éponge ou démissionné.
Le commenorien secoua la tête.
- Si je m’abaisse à cette extrémité tout comme l’ensemble de l’Honorable Fraternité, quel message enverrions-nous à ceux qui espèrent une alternative à la dictature en cours ?
La Selkath secoua ses bajoues, pour traduire toute son estime.
- Nous avons de la chance de pouvoir compter sur vous, sénateur Mansur, sénatrice Organa. Il n’est pas facile d’être une non humaine.
- Croyez-moi, sénatrice B’lsak, il n’est pas plus évident d’être des humains amis avec des non humains, renchérit l’alderaanienne.
La Selkath retroussa ses lèvres montrant ses rangées de dents de cétacés parfaitement alignées et cristallines, en guise de sourire. La créature aquatique prit finalement congé de ses deux collègues, qui la regardèrent contourner les autres groupes de dignitaires.
- J’espère qu’il ne lui arrivera rien sur le chemin du retour, pria le commenorien.
- L’orage ne frappe jamais deux fois au même endroit.
- Sur Alderaan, peut-être, s’amusa Mansur. Sur Coruscant, j’ai des doutes.
- L’orage est considéré dans certaines cultures comme la manifestation de la colère divine, lança tout à coup une voix derrière eux.
Avant même de daigner pivoter vers le nouveau venu, les deux amis avaient identifié cette tonalité suave empreinte d’une roublardise savamment distillée.
- Chancelier Suprême, vous me pardonnerez volontiers si je ne partage pas votre vision mystique de l’interprétation des éléments naturels.
Julius Contispex escorté des deux Disciples de Hapos, freina face à eux, les mains croisées dans le dos. Il bomba le torse et les darda de son regard d’airain, espérant sans doute les faire fléchir et leur faire détourner les yeux.
Peine perdue, ses deux opposants refusaient de s’incliner.
- Vous l’avez partagée jadis, sénateur Mansur. Peut-être le pourriez-vous à nouveau.
- N’y comptez pas, répliqua l’autre fermement. J’ai compris qui vous étiez et ce que vous représentiez vraiment.
Le Chef d’État abandonna son masque avenant pour arborer une expression glaciale et son regard luit d’une férocité calculatrice.
- Si tel est le cas, vous auriez pris la même décision avisée que votre père qui a eu la sagesse de se retirer au bon moment.
Il tentait de le déstabiliser, c’était manifeste. Mansur avait compris le but de la manœuvre mais il ne put se retenir de serrer les dents lorsqu’il songea à son paternel retiré dans la grande ville familiale, voûté et brisé par un homme impitoyable et avide de pouvoir.
Le même auquel il faisait face.
- Je n’abandonnerai pas aussi facilement que lui.
Contispex accorda un sourire hypocrite à son opposant.
- Soit, sénateur. Vous devriez tout de même envisager cette option avec beaucoup de sérieux, surtout après ce qui vient de se passer. Il aurait été fort dommage que vous subissiez le même sort que Vemus. Saviez-vous à ce propos, que j’ai assisté à son expiation sur la Place du Pardon avant d’arriver ? C’était un spectacle de toute beauté, quel dommage que vous l’ayez raté, vous auriez apprécié.
- Nous ne goûtons pas ce genre de spectacle navrant, répliqua la sénatrice Organa. Vous contribuez à donner une piètre image de la République.
- Vous seriez étonnée, sénatrice Organa, de voir beaucoup de citoyens apprécier que ceux qui les dirigent ne sont pas si intouchables que cela. Nous n’abaissons pas la République, nous la relevons en l’extirpant de la décadence dans laquelle les dirigeants précédents l’ont plongé. C’est ce que les citoyens approuvent et je comprends que cela vous déplaise.
- Vous manipulez ceux qui peuvent être trompés et terrorisez les autres, ce n’est pas cela gouverner avec sagesse, trancha le commenorien.
- Et c’est pour cela que l’Honorable Fraternité continuera de s’opposer à vous, ajouta Organa. Nous montrerons que la République mérite mieux que vous.
Julius Contispex haussa les épaules puis les dépassa sans leur adresser plus d’attention que cela. Au bout d’un mètre, il lança par-dessus son épaule.
- Bien entendu, vous ferez comme vous l’entendrez. Prenez garde cependant à ne pas trébucher, vous pourriez ne pas vous en relever. J’espère pouvoir compter sur votre soutien lors des prochains débats sur les mesures coercitives que nous imposerons aux Clans Hutt suite à leurs incursions indésirables dans l’Espace Bothan.
- Incursions que vous avez sciemment provoquées avec le déploiement de la Quatrième Flotte. Alors pourquoi êtes-vous si convaincu que nous vous soutiendrons ? L’interrogea Mansur.
- Parce que beaucoup au Sénat, y compris vos partisans, pourraient croire que vous entretiendriez des liens de familiarité avec pareille vermine. Cela entamerait durablement votre crédit, vous ne pensez pas ?
Sans qu’il ne se retourna vers eux deux, il laissait poindre une intense satisfaction. Organa d’une pression discrète au niveau du coude, dissuada son collègue de répondre.
- Que la Déesse vous bénisse et vous absout de vos péchés. Cette conversation était plaisante.
Plaisante. Ce n’était certainement pas le sentiment dominant qu’éprouvaient les deux membres de l’Honorable Fraternité à cet instant, tandis que le Chancelier Suprême s’éloignait d’eux, forçant les autres sénateurs à s’écarter de son chemin.
Les regards à la dérobée traduisait leur terreur instinctive devant un individu si nauséabond qui usait et abusait de menaces et de moyens de pression à volonté. Mansur maîtrisa finalement la rage qui le faisait bouillonner après avoir fait l’objet de ses menaces.
- Je donnerais la consigne à l’Honorable Fraternité de voter contre la moindre mesure d’embargo à l’encontre des Hutt, asséna-t-il avec fermeté.
- Je suis d’accord, répondit l’alderaanienne.
Le sénateur d’Alsakan franchit le rayon de brouillage à leur insu puis leur déclara pour attirer leur attention.
- Je pense au contraire que vous devriez suivre son conseil.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :wink: !

Allez à la prochaine pour la suite!

Et ce sera encore de la politique pour un bout de temps :sournois: !

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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 10 février 2020, 21:29

Bonsoir c'est l'heure de la suite!

(Encore) de la politique!!!!! :sournois:

Héhé, il est temps de découvrir ce que le sénateur Kalad a à dire aux deux autres opposants de Contispex!

Tous deux se tournèrent de concert vers Hassan Kalad qui les salua de son sourire le plus amical, malgré ses traits sévères. Il était accompagné comme toujours de la jeune femme alsakanie vêtue de ce qui ressemblait à un uniforme militaire des Forces de Défense de son monde natal. Ses cheveux frisés retombaient en queue de cheval derrière sa nuque, et son sourire éclaira à son tour ses traits finement ciselés pendant qu’elle se tenait fièrement face à eux.
Hassan tendit la main et les deux membres de l’Honorable Fraternité sentirent leurs doigts broyés par une poigne solide. Malgré ses soixante dix ans dépassés, le vieil alsakani manifestait encore une certaine vigueur.
Il invita sa compatriote à s’approcher.
- Sénateur Mansur, sénatrice Organa. Permettez-moi de vous présenter Tina Ap Token, Conseillère de l’Archaiad, détachée auprès de moi comme assistante par le Premier Régent. Elle possède également le privilège d’être l’aide de camp de l’amirale Carmina Delinki.
Tina Ap Token inclina le buste.
- C’est un honneur, fit-elle avec simplicité.
- Ne seriez-vous pas la fille de l’amiral Bilel Ap Token ? Demanda Ogana.
- C’est exact, sénatrice.
La vieille femme se pencha alors pour lui serrer chaleureusement la main, ce que la jeune alsakanie accepta sans réserve.
- J’ai rencontré votre père à un colloque sur Alderaan, des années avant la Crise. Il possédait un sens aigu de l’honneur. J’ai été peinée d’apprendre sa disparition.
- Merci, sénatrice. J’espère pouvoir marcher sur ses traces, c’était un homme dévoué à son peuple.
- Je suis heureuse de vous l’entendre dire, son héritage doit vous tenir très à coeur.
Le sénateur d’Alsakan profita pour rebondir sur cette remarque.
- Tout comme l’avenir de la République importe à l’Honorable Fraternité.
Le commenorien fronça les sourcils, pour masquer sa perplexité.
- Certainement plus à nous qu’à vous, sénateur Kalad.
L’alsakani soutint son regard perçant.
- Je vous demande pardon ?
- Vous n’avez pas soutenu ma motion contre le Chancelier.
Kalad hocha la tête, d’un air désolé.
- C’est vrai, je vous l’accorde. Tout comme il est vrai, que j’ai contribué à faire recaler la motion visant à vous destituer et à vous mettre en accusation devant le Tribunal de la Foi.
Mansur se mordit discrètement la lèvre inférieure.
- Veuillez m’excuser, concéda-t-il de bon coeur.
- Je vous en prie.
- Cependant, pourquoi m’avoir aidé ? Ce n’est pas dans vos habitudes de vous opposer ouvertement au Chancelier Suprême.
La réponse du vieil alsakani soulignait sa force de conviction.
- Parce que vous incarnez mieux que personne, avec Tali Organa, la République. Ce qu’elle a été jadis et ce qu’elle pourrait redevenir, ce qu’elle doit redevenir. Pour le bien de tous.
Le compliment réconforta Enler Mansur, qui se demandait s’il n’avait pas trop vite jugé le représentant d’Alsakan.
- Vous vous rendez compte que le Chancelier Suprême gardera une rancune tenace contre vous ? Fit remarquer l’alderaanienne.
- Eh bien, c’est l’avantage d’être le père d’un Chevalier Jedi. Cela m’octroie certains privilèges, sans parler du fait que notre peuple bénéficie d’une certaine autonomie au sein de la République. Je doute que Contispex soit assez stupide pour lancer de quelconques représailles contre nous.
- Il a des alliés comme le Premier Régent qui est loin d’être votre ami, releva le commenorien.
- Tous sur Alsakan ne soutiennent pas le Premier Régent, le souvenir de l’amiral Ap Token et de la Crise reste présent dans notre mémoire.
Kalad glissa alors la main gauche dans la longue manche de sa tunique flottante vert marécage, avec un coup d’oeil appuyé.
- Je sais que votre brouilleur est activé, sénatrice Organa, lui fit-elle. Me permettrez-vous d’allumer le mien ?
Elle s’inclina pour lui accorder son autorisation.
- Deux précautions valent mieux qu’une, sénateur Kalad.
- Je vous en sais gré.
Mansur et Organa pressentirent que la suite de la conversation allait se révéler plus intéressante encore et que personne dans le quatuor n’avait intérêt à ce qu’un autre tiers douteux ne l’intercepte et en comprenne la moindre bribe. Tina Ap Token se détacha légèrement du groupe et commença à déambuler au hasard dans le grand corridor, entre les amas modestes de sénateurs toujours affairés à échanger leurs points de vue.
Dans une tension palpable, il fallait le reconnaître.
L’intention de la jeune femme n’était pas tant d’écouter leurs paroles que d’espionner ceux ou celles qui manifestaient trop de curiosité envers le trio de sénateurs, alsakani, alderaanien et commenorien. Mansur fut le premier à jeter le morceau de duracier dans la mare.
- Pourquoi êtes-vous venu aujourd’hui, Kalad ? Je doute que ce soit le fruit du hasard.
Son confrère exprima sur ses traits la malice d’un garnement incorrigible.
- Je savais que Contispex allait tenter de vous destituer aujourd’hui ou dans les jours prochains. Je ne pouvais pas laisser faire ça.
- Je ne suis pas si indispensable que ça, se défendit l’intéressé. Je ne suis qu’un défenseur parmi tant d’autres de la démocratie.
- Que vous le vouliez ou non, vous êtes devenu un symbole. Vous avez appartenu au culte Pius Dea et vous avez crée l’Honorable Fraternité, voilà pourquoi vous êtes maintenant une cible à abattre.
- Les symboles sont dangereux par les temps qui courent.
Le regard de Kalad arbora une intensité insistante.
- Pour les citoyens, vous symbolisez l’espoir de temps meilleurs à venir. C’est pour cela que je n’ai pas soutenu votre motion.
- Mais cela aurait permis justement de sauver la République ! S’écria le commenorien, excédé de ne pas avoir compris l’abstention de l’alsakani sur cette question.
Les brouilleurs permettaient de métamorphoser les mots en un chapelet strié de parasites, mais pas d’enfouir les éclats de ce genre. Voilà pourquoi Organa lui agrippa vivement le poignet pour lui intimer de garder son calme.
- Doucement.
Le commenorien reprit le contrôle de ses nerfs.
- Le destituer était la meilleure chose à faire.
- Vraiment ? Ponctua sévèrement son interlocuteur. Savez-vous au moins à qui vous avez affaire ? Pensez-vous que Contispex soit le genre de politicien à se laisser destituer sans broncher ?
Devant son silence, il enfonça le clou.
- Je sais que que vous siégiez tous les deux au Sénat depuis ce matin mais je peux vous affirmer que des centaines d’adeptes se sont rassemblés sur la Place du Pardon pour exécuter leurs sentences en public. Les Disciples de Hapos.
À la mention de ce nom qui désignait le bras armé du culte, le chef de file de l’Honorable Fraternité sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale.
- Vous voulez dire que si la motion contre Contispex avait abouti, celui-ci les aurait appelés à l’aide, commença Organa qui ne souhaitait pas envisager la pire hypothèse.
- Des centaines de fanatiques auraient envahi le Grand Hall et votre motion aurait été noyée dans un bain de sang.
Mansur secoua la tête, réalisant la sincérité des propos de son homologue.
- On aurait du s’attendre à une telle réaction de la part de Contispex, avoua Tali Organa. Vous nous avez donc sauvés deux fois.
- Inutile de me remercier, s’empressa d’ajouter l’alsakani d’un ton affable.
Le commenorien pratiquait cependant la politique depuis bien trop longtemps, pour pressentir que leur nouvel ami gardait certaines de ses pensées pour lui. Dans un milieu comme le Sénat, les secrets étaient une arme à double tranchant.
- Comment étiez-vous certain que Contispex demanderait ma tête au Sénat ? L’interrogea-t-il avec insistance.
- Disons que je possède mes propres sources, en coopération avec une amie commune, la sénatrice Lonleth B’lsak.
Instinctivement, les deux compères de l’Honorable Fraternité se tournèrent un instant vers la direction dans laquelle ils avaient vu disparaître la selkath. Mansur dévisagea de nouveau les traits de Kalad mais le sourire courtois de celui-ci signifiait qu’il ne souhaitait pas s’étaler sur le sujet.
- Ne croyez pas que je ne vous fais pas confiance, tenta-t-il de tempérer.
- Ce n’est rien, Kalad. Nous aurions fait de même à votre place mais j’aimerais comprendre une dernière chose.
- Je vous écoute.
Les sourcils de Mansur s’arquèrent sensiblement, il souhaitait obtenir une réponse satisfaisante.
- Pourquoi agir maintenant ?
Il avait asséné ce dernier mot et Hassan Kalad le perçut aisément. Cette fois, il ne pourrait pas le contenter avec une demi-vérité.
- Quelque de chose de terrible se trame.
- Quoi donc ? S’enquit l’alderaanienne qui vérifia que son brouilleur fonctionnait toujours.
- Nous y travaillons.
- Attendez, vous êtes en train de nous dire que vous avez réussi à infiltrer un agent dans l’entourage proche du Chancelier ?
- Je ne peux pas répondre à cette question.
Les deux sénateurs le comprirent évidemment pour des raisons de sécurité. Kalad en avait déjà trop dit dans un lieu si public et il serait bientôt l’heure de se séparer pour ne pas attirer l’attention plus que cela.
- Nous nous reverrons très prochainement, leur promit-il.
- Devons-nous vous recontacter dans ce cas ? Lui proposa le commenorien.
- C’est moi qui vous recontacterai.
- Par quel moyen ?
Encore une fois l’alsakani se fendit d’un sourire malicieux.
- Comme je vous le disais, il y a des avantages à être le père d’un Jedi. Portez-vous bien jusqu’à notre prochaine discussion.
- Et que devons-nous faire jusque là ?
- Continuez à venir au Sénat comme d’habitude, continuez à dénoncez la politique du Chancelier mais ne vous opposez pas aux mesures qui seront prises contre les Hutts.
- Pourquoi ?
Le sourire de Kalad s’évapora.
- Mon peuple a un dicton. Pour ne pas se faire mordre par l’aigle à deux têtes, il faut endormir sa méfiance.
- Vous nous demandez de le soutenir ? Éructa Mansur.
- Je vous demande seulement de faire preuve de finesse, répliqua Kalad. L’orage approche et nous devons nous y préparer.
À cet instant, Tina Ap Token revint à sa hauteur pour lui signaler à voix basse :
- Rien à signaler.
D’un hochement de tête, les deux alsakanis prirent congé de leurs camarades. Mansur les observa s’éloigner avant de se pencher vers Organa.
- Vous pensez qu’il est digne de confiance ?
- Si ce qu’il prétend est avéré, nous le saurons bien assez vite, affirma-t-elle.

Voilà, j'espère que cela vous aura plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :cute: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

Pius Dea!!!

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mat-vador
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Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Message par mat-vador » 19 février 2020, 20:43

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Et on termine donc par de la politique :sournois: !

Héhéhé, Contispex! :diable:

Tina Ap Token attendit qu’il soient suffisamment éloignés pour poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Il suivra votre conseil ?
Kalad la fixa un bref moment avant de hausser les épaules.
- Avec réticence, se contenta-t-il d’affirmer.
Le regard de la jeune femme embrassa la largeur du corridor au fur et à mesure de leur progression, comme si elle craignait une attaque quelconque. Ils croisèrent sur le chemin des Défenseurs de la Vertu qui s’étaient attardés et qui ne se privèrent pas d’exprimer leur mépris et leur hostilité au vieil homme.
- Traître ! Lança l’un d’eux.
- C’était une erreur de vous avoir intégré dans la République, bande d’ingrats ! Déclara un second. Après tout ce que le Chancelier a fait pour vous !
Kalad les ignora royalement tandis que sa compatriote se plaça derrière lui pour le préserver de toute atteinte à son intégrité physique. Une précaution qui s’avéra heureusement inutile.
- Sénateur…
- Allons, Tina, ils ne nous feront rien, la rassura-t-il. Et ce n’est pas d’eux dont nous devrions le plus nous inquiéter dans l’immédiat.
La Conseillère de l’Archaiad comprit à qui ils faisaient allusion lorsqu’ils débouchèrent de l’entrée principale qui leur permettait de dominer depuis les escaliers, la Place du Pardon. Un échafaud sinistre y trônait toujours, bien que les Disciples de Hapos aient visiblement terminé pour aujourd’hui leur cérémonie. Les adeptes de sinistre réputation commençaient à chasser les badauds de la place à coups de martinets électriques pour les forcer à s’écarter du chemin du Chancelier Suprême.
Entouré de plusieurs dizaines de Défenseurs de la Vertu, le maître impitoyable de la République et pourfendeur de la démocratie reçut les hommages du prêtre du culte, qui avait mené la cérémonie de bout en bout.
Si on pouvait qualifier de cérémonie, cette terrifiante mascarade visant à châtier les soit disant ennemis de la République et de son peuple, pour mieux terroriser ceux ou celles qui songeraient à se rebiffer contre la clairvoyance du Sage Suprême.
Le Chef d’État salua à son tour le prêtre et prit ses mains dans les siennes.
- Encore une fois, la Déesse a éclairé le chemin vers la Vertu aux égarés et aux impurs, Sage Suprême.
- Comme toujours, Prêtre Imesais, votre zèle honore tous nos frères et sœurs. Grâce à vos efforts, nous créerons une société parfaite, délivrée du vice et de l’immoralité.
- C’est notre vœu le plus cher.
Le sénateur et son assistante échangèrent un regard anxieux.
- Nous devrions attendre à l’intérieur, le temps qu’ils se dispersent, lui proposa-t-elle.
Tina Ap Token fut prise au dépourvu lorsqu’il lui répondit.
- Non, allons-y.
- Mais ils vont nous tomber dessus ! Protesta-t-elle.
Il lui serra le coude avec une tendresse paternelle.
- Faites-moi confiance, la pria-t-il.
- Que les Lunes de Cristal soient avec nous, soupira-t-elle finalement.
Elle vérifia un instant que le mini blaster qu’elle dissimulait dans sa manche était prêt à l’emploi avant de confirmer :
- Je suis prête.
Ils descendirent les marches avec circonspection, conscients que sur Coruscant même, ils piétinaient les plates bandes des démons. Ils tentèrent de se frayer un passage à travers la Place du Pardon, dépassant un à un les Disciples de Hapos qui ne leur témoignaient que peu d’intérêt. Il n’était pas évident pour Tina de garder son calme.
Chez le sénateur qu’elle escortait, seule une discrète crispation de la mâchoire au coin des lèvres trahissait sa nervosité.
Les deux alsakani sentaient dans l’atmosphère ce mélange d’effroi silencieux et de haine profonde qui ne demandait qu’à se changer en bestialité aboutie. Leur peau se hérissait à cause de cette tension électrique qui palpitait autour d’eux.
Les vautours multak somnolaient mais un brin d’herbe suffirait à les réveiller. Ils parvinrent néanmoins à atteindre leur landspeeder garé au croisement de deux avenues à gauche de l’édifice du Sénat.
Les deux gardes du corps alsakanis postés devant, parurent soulagés de revoir le dignitaire sain et sauf. La main sur le holster, ils l’encadrèrent aussitôt pour lui permettre de monter dans le véhicule. Ce qu’il s’apprêtait à faire quand une voix suave et terriblement familière coupa son élan.
- Sénateur Kalad, puis-je m’entretenir avec vous ?
l’alsakani se tourna à regrets vers le Chancelier Suprême qui l’avait rattrapé subrepticement, escorté de cinq Disciples de Hapos. Il n’en serait pas inquiété outre mesure si des centaines d’autres adeptes du culte orthodoxe ne traînaient pas encore sur la place devant le siège du Sénat.
- Bien entendu, votre excellence. Je suis au service de la République.
- Ah oui ? s’étonna l’intéressé. Je n’en suis pas si convaincu après que vous vous soyez opposé à la destitution du sénateur Mansur.
- Être au service de la République implique de savoir faire partager des opinions divergentes pour rendre les débats constructifs.
Les yeux du Chef d’État se plissèrent d’une irritation accrue.
- Votre présence au Sénat m’a beaucoup surpris, Kalad, mais vous vous doutez que ce n’est pas ce qui m’a le plus désappointé.
- Vous m’en voyez fort navré.
- Cessez cette hypocrisie et ces platitudes.
Le ton de Contispex devenait bien plus tranchant et le vieil alsakani quitta cette affabilité de façade pour afficher une résolution distante et inébranlable. Il ne prononça pas un seul mot, le laissant poursuivre.
- Vous avez commis une erreur en me défiant, le prévint-il. Vous pouvez être certain que j’en informerai le Premier Régent.
Hassan Kalad arbora une fausse moue.
- Allons, évitons de monter sur nos grands banthas, voulez-vous ? Quel dommage si on n’a plus le droit de s’amuser.
- Je vous demande pardon ? s’exclama son interlocuteur.
L’alsakani savoura son incertitude devant sa déclaration en apparence hors de propos. Il sentit aussi l’étonnement de Tina Ap Token à travers le regard interrogateur qu’elle lui lança.
- Je suis un vieil homme éloigné de son monde natal et même sur Coruscant, je n’ai malheureusement pas beaucoup de distractions. Alors je tue le temps comme je peux, et mes quelques passages au Sénat m’ont convaincu que le sénateur Mansur est un homme qui me distrayait beaucoup.
Comprenant que le vieux sénateur se payait sa tête, Contispex rugit entre ses dents :
- Vous trouvez ça drôle, espèce de vieux fou ? Eh bien, croyez-moi, vous rirez beaucoup moins quand le Premier Régent vous aura rappelé et dépossédé de votre charge. Vous deviendrez ainsi ce que vous étiez destiné à être… un parasite insignifiant ! Et ne croyez pas un seul instant que votre fils Jedi vous sera d’un quelconque secours !
Kalad arqua un sourcil vers le haut, prenant l’expression de quelqu’un de choqué par une telle virulence.
- Voilà un emportement qui n’est pas digne de votre charge, se permit-il avec une once de condescendance. Et pour revenir au sujet que vous venez de soulever, il serait fort intéressant de voir dans les jours qui suivront si le Premier Régent Orin Melok satisfera votre vœu de me voir redevenir un parasite insignifiant.
- Vous apprendrez que j’obtiens toujours ce que je veux, sénateur Kalad. La Déesse vous fera chuter de votre piédestal et ce jour-là, vous vous en repentirez.
- Oh, je vous crois mais je doute que cela arrive aujourd’hui.
Le Chef d’État serra les dents, dépité d’être ainsi contrecarré sans parvenir à prendre le dessus sur son adversaire. Un instant, Tina Ap Token crispa les doigts sur son arme de poing, dissimulée dans sa manche, croyant qu’il allait autoriser ses adeptes à lui tomber dessus.
- Nous n’en avons pas fini, lâcha-t-il finalement avant de se détourner avec ses partisans.
Les quatre alsakanis restèrent sur leurs positions, voulant s’assurer qu’ils ne risqueraient plus rien. Puis ils montèrent dans le landspeeder, qui démarra et s’enfonça dans l’une des grandes avenues de la Cité Galactique.
Kalad ordonna au conducteur.
- Amenez-nous au statioport le plus proche.
- Bien, monsieur.
Tous étaient soulagés de s’éloigner de la Place du Pardon, même si la secte continuait de manifester sa présence oppressante par des rassemblements aléatoires et impromptus en plein milieu de la chaussée, afin de maintenir une pression visible et constante sur la population.
Ils furent obligés de les contourner et de perdre du temps.
- Vous voulez que je rentre sur Alsakan.
Kalad accrocha le regard de la jeune femme qui avait émis cette observation, assise à coté de lui, à l’arrière du véhicule.
- Julius Contispex, pour notre plus grand malheur et celui de la République, appartient à ceux qui pensent ce qu’ils disent et font ce qu’ils disent. En tant que Conseillère de l’Archaiad, j’ai besoin de vous là-bas pour me couvrir. N’hésitez pas à demander l’assistance de l’amirale Delinki si le besoin s’en fait sentir.
Elle n’eut pas besoin d’une explication approfondie, elle avait compris quelle était sa mission. Influencer l’Archaiad suffisamment pour empêcher le vote de la déchéance de Hassan Kalad qui serait inévitablement proposée par le Premier Régent, au conseil aristocratique.
- Et cela vous permettrait de revoir votre mère ainsi que quelques uns de vos amis proches.
Elle esquissa un sourire entendu.
- Merci, sénateur.
- Les amis sont une denrée précieuse en ces temps difficiles. Tout comme la famille.
- Vous êtes devenu ma deuxième famille après la mort de mon père, lui concéda-t-elle avec une reconnaissance appuyée.
- Il doit vous manquer beaucoup, fit-il remarquer.
Une lointaine tristesse embua les prunelles sombres dorées de la jeune alsakanie. Ils ralentirent devant l’entrée du statioport et il se pencha pour lui prodiguer encore quelques consignes alors qu’elle observait des cargos de fret et des transports de voyageurs atterrir sur les quais, et d’autres qui les croisaient en décollant dans les rugissements de propulseurs ioniques.
Pourquoi le soleil resplendissait-il au-dessus du cœur battant d’une République paralysée par la peur et empêtrée dans le carcan d’une secte obscure ?
Ce n’était pas juste, pensait-elle.
- Tina ?
- Sénateur ?
Elle s’aperçut qu’il lui tendait une large cape magenta surmontée d’un capuchon. Elle descendit du landspeeder et s’en revêtit, camouflant son crâne pour plus d’anonymat. Il lui tendit une bourse de crédits à son étonnement.
- Sénateur, je peux emprunter le vaisseau consulaire pour gagner du temps.
- Non, décida-t-il fermement. Il ne servira à rien de gagner du temps si vous atterrissez sur Alsakan en attirant l’attention. Le Premier Régent sera sur ses gardes et déclenchera le vote sans que nous ne puissions faire quoique ce soit pour l’empêcher. Nous vivons une époque dangereuse et la moindre imprudence peut nous coûter cher. Vous devez embarquer sur le premier transport qui décollera.
- Oui, sénateur.
Elle s’apprêta à se détourner avant de se raviser.
- Sénateur ?
- Conseillère ?
- Si je fais tout cela, ce n’est pas seulement pour vous.
Perspicace, il devina sa pensée aux larmes qui s’écoulaient sur ses joues fines. Depuis qu’il l’avait recueilli avec sa mère dans sa maison, il avait appris à la considérer comme sa fille. Mais rien ne pourrait lui faire oublier de son défunt père, le regretté amiral Ap Token.
Jamais.
Il le sut lorsqu’il surprit cette flamme de détermination briller au fonds de son regard. Il sentait brûler en lui, cette braise semblable.
- Votre père était mon ami, nous obtiendrons justice le moment venu, lui promit-il avec ferveur.
- Merci, sénateur.
Elle sécha ses larmes et tourna abruptement les talons pour se diriger vers l’entrée du satioport, se faufilant entre les véhicules personnels, les airspeeders officiels et les taxis qui avançaient au rythme d’un escargot Yilm.
D’un geste de la main, Kalad intima au chauffeur de démarrer. Celui-ci contourna l’embouteillage puis demanda :
- Nous retournons à l’ambassade ?
- Pas encore, allons au Temple Jedi.
Le garde alsakani manifesta une légère surprise.
- Ils ne vous laisseront jamais entrer facilement, monsieur.
L’autre glissa un sourire malicieux.
- Vous découvrirez vite qu’il y a quelques avantages à être le père d’un Jedi. Ils n’oseront pas me refuser de me laisser voir mon fils.
Il se détendit dans son siège, fixant distraitement les quelques nuages sombres qui s’amoncelaient au loin, vers le sanctuaire de l’Ordre Jedi.
Il était temps de convaincre certaines factions en dehors de l’arène du Sénat, d’entrer dans la danse. Car comme il l’avait dit à Enler Mansur et à Tali Organa, l’orage approchait.

Voilà, j'espère que cela vous a plu! Les Jedi vont-ils enfin se décider à agir :whistle: ?

Réponse euh plus tard :transpire: !

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !

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