Le kendô de maître Obi-Wan

News postée par le 30/11/2017 à 22h45 (lue 12 454 fois)

On a tendance à parler beaucoup des romans de science-fiction qui parle de Star Wars, et pourtant, il y a de nombreux livres qui parle de notre saga, plus ou moins sérieusement, et avec des sujets divers et variés. 

C'est d'ailleurs sur un livre hors roman que je vais m'attarder un petit peu ce soir. Le kendô de maître Obi-Wan, écrit par Rémy Valat, est une étude qui revient sur l'influence de la culture asiatique dans la galaxie Star Wars. Nul n'est besoin de vous rappeler que Georges Lucas n'a pas tout créé de lui-même, il c'est inspiré de diverses cultures pour compléter son univers. C'est ainsi que les samouraïs par exemple ont pu inspirer les Jedi.

Historien, amoureux des arts martiaux, Rémy Valat nous propose de nous plonger dans l'univers Star Wars tout en gardant un pied sur Terre. Pas de galaxie très lointaine, cette fois-ci nous découvrons que les Jedi ne sont pas si spéciaux que ça.

Le Kendô de maître Obi-Wan sortira dans les librairies à partir du 14 Décembre pour 29€. Je vous laisse avec la couverture et la présentation juste en dessous. Hésitez pas à y jeter un coup d'oeil même si ce n'est pas ce que nous lisons d'habitude. 

Voici la présentation :

Jedi. Un nom magique et indissociable de l’univers créé par Georges Lucas, il y a 40 ans. Le livre de Rémy Valat est une exploration des raisons (autres que commerciales et de communication) du succès de la mythologie Star Wars au travers de la figure de proue du jedi. Selon l’auteur, résident français au Japon qui est également historien, essayiste et artiste martial, l’orientalisme et les médiévalismes européens et japonais sont des ingrédients fondamentaux de la filmographie. Personnage central de la saga, le jedi est une figure composite, un amalgame de la représentation romantique du samouraï et du chevalier, deux types de héros qui partagent en apparence un certain nombre de traits communs : une âme généreuse, un attrait pour les formes nobles et civilisées de combats, le rejet de la violence, considérée comme un ultime recours, la courtoisie et le contrôle de soi. Le jedi est également un personnage attirant pour son exotisme. Le japonisme est un élément important de l’univers Star Wars, à tel point que, comme le rappelle Rémy Valat, George Lucas souhaita un temps faire interpréter le film en japonais (avec sous-titrages en anglais) pour accentuer l’étrangeté de cet univers extra-terrestre et de ses habitants.... Au début des années 1970, lorsque George Lucas entame l’écriture du scénario de l’épisode IV, les avancées de l’historiographie sur le Japon et l’engouement populaire en Occident pour les cultures asiatiques et les arts martiaux ne permettaient pas de se faire une idée exacte des samouraïs tels qu’ils furent réellement, et on avait (et on a encore) tendance à les idéaliser. Or, la représentation du samouraï de George Lucas est celle des films nippons de l’après-guerre, à savoir une réappropriation récente de l’image du guerrier japonais, épurée des aspects militaristes et répondant aux attentes d’un pays vaincu, empreint de la nostalgie de l’époque d’Edo (période de stabilité, de paix et d’harmonie entre Japonais et d’effacement du pouvoir impérial, interrompue brutalement par l’immixtion des puissances occidentales) et en quête d’un modèle de héros viril et respectable. Cette idéalisation, très proche de celle à l’endroit des chevaliers courtois et autres paladins, est le pendant japonais du médiévalisme occidental.

En outre, le concept de « Force » comme énergie universelle et immanente flirtait à l’époque avec les pratiques (toujours) à la mode du yoga indien ou des arts martiaux sino-japonais. Or, en Occident, les arts martiaux et les spiritualités asiatiques sont le résultat d’un mouvement de transfert culturel plus ancien, fait pour partie de rejet des valeurs du christianisme, remontant aux premiers pas de la colonisation des Européens en Asie. Les mouvements intellectuels indianiste et orientaliste sont progressivement sortis du cadre étroit et élitiste des milieux universitaires pour se populariser par le truchement des mouvements ésotériques, puis massivement au XXe siècle, par le médium des moyens modernes de télécommunications et l’intensification des échanges économiques et culturels de par le monde.

Pour George Lucas, les jedis sont un savant mélange d’archaïsme et de modernité : ils sont l’élite morale de la lointaine galaxie à mi-parcours entre le chevalier courtois médiéval et le casque bleu contemporain. Le sabre-laser, par exemple, est un autre trait de cet archéo-modernisme. Cette arme est le symbole et le marqueur social de leur état de chevalier, mais elle est aussi un objet archétypal : dans l’imaginaire collectif le sabre ou l’épée est l’attribut du courage (lequel sous-tend de hautes valeurs morales). Surtout, le sabre reste fondamentalement une arme de guerre. Depuis l’apparition de la métallurgie, le sabre ou l’épée étaient aussi réputés pour leur aura de magie, leur charge d’énergie, leur force spirituelle ou leur dimension religieuse ou sacrée. Source de supériorité sur le champ de bataille, l’armement en fer est le produit de savantes et secrètes techniques de fabrication. En un mot, l’alchimique transformation de la matière et de celui qui la travaille (par un parcours initiatique élevant spirituellement l’individu, ce qui correspond à notre représentation idéale du chevalier). Pour toutes ces raisons, le sabre-laser, tout droit sorti de l’imagination des créateurs de Star Wars, frappe l’inconscient du spectateur et projette en lui des clichés parlants : magie, mystère, chevalerie...

Dans la filmographie les combats au sabre-laser sont finement chorégraphiés, esthétiquement soignés et spectaculaires se situant à des années-lumières des affrontements sanglants du Japon féodal : ce sont des duels du monde du divertissement, hérités des films de capes et d’épées occidentaux et japonais (chanbara) et de l’escrime de cinéma (ou tate, qui se prononce « taté »). Au Japon, le déclin et la disparition soudaine de la classe des samouraïs a ouvert la voie à une sportivisation jusqu’alors rampante et à la spectacularisation des arts guerriers, et sans ce processus, les arts martiaux modernes n’auraient certainement pas pu voir le jour. Le « lightsaber-tate », comme le qualifie l’auteur en référence à l’escrime japonaise de spectacle, se situe dans la continuité de cette évolution. Des passerelles ont toujours existé entre divertissement et techniques (supposées) réelles de combat. À telle enseigne que le chanbara a glissé du divertissement filmique vers un sport de type martial éponyme, créé au Japon en 1971, sans oublier les écoles d’escrime cinématographique. Même si les duels de sabre-laser s’apparentent plus sur la forme à ces catégories de sports de combat ou récréatifs, George Lucas aime à dire que l’escrime des jedis prend principalement pour modèle le kendô, un art martial moderne dérivé du kenjutsu, l’escrime traditionnelle de la période des samouraïs. Il est vrai que le second duel opposant Dark Vador à Obi-Wan Kenobi à l’épisode IV (d’où le titre de l’ouvrage), auquel Rémy Valat consacre un chapitre, revêt (si on le compare aux autres face-à-face de la filmographie) une dimension autre que cinématographique. Le combat frontal, quasi privé de fluidité et d’une sobriété esthétique (armure ou amplitude des vêtements et formes épurées des sabres) s’inspire nettement du kendô. Le kendô est une forme régulée des arts martiaux, centrée sur l’essence et l’interprétation moderne de l’esprit des samouraïs. Tel qu’il fût pratiqué par les anciens maîtres, cet art ne laissait aucune place à la superfluité et se concentrait sur la maîtrise du « ki » (cette énergie qui a en partie inspiré la célèbre « Force » des jedis) . Ce duel de maître à maître est probablement de toute la saga le plus respectueux de l’esprit du budô.

Le livre de Rémy Valat survole le panel d’influences constitutives de la figure du jedi, nous plonge dans l’histoire et la culture des samouraïs (en particulier le kenjutsu) et donne une interprétation sur les origines et la fonction du « ki » dans la pratique des arts martiaux.

Source(s) : Rémy Valat

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A propos de l'auteur : Ewan

Arrivée sur cette planète que nous appelons Terre en 1991, j'ai été initiée très jeune aux arts Jedi. Sûrement trop jeune à l'époque, il aura fallu attendre quelques années après l'Episode I pour que je me plonge réellement dans cette saga.

Passionnée très vite, impressionnée aussi par la quantité de romans à lire, je me suis tournée vers le web pour combler mon manque de culture. Aujourd'hui, c'est avec joie que je maltraite quelques pauvres newseurs pour le site SW:HoloNet et, qui sait, peut-être qu'un jour j'aurai la joie de te compter parmi nous !










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