Solo : La presse française, entre curiosité et désenchantement

News postée par le 19/05/2018 à 18h35 (lue 6 941 fois)

Dévoilé en avant-première au Festival de Cannes, mardi dernier, Solo : A Star Wars Story a vite eu droit à ses premières critiques et retours francophones, publiés tout le long de la semaine.

Une fois n'est pas coutume, et plutôt que de nous être extasiés sur les réactions à chaud fusant sur Twitter dès la sortie de salle, nous vous proposons de faire une petite revue de presse - sans spoilers - des premières critiques françaises au sujet du nouveau spin-off.

Pour ce faire, nous allons procéder en deux temps, en vous présentant d'abord les retours positifs, puis les retours négatifs.

C'est parti pour les retours positifs ou plutôt positifs !

Pas complètement réussi, car manquant parfois d’originalité, le film réalisé par Ron Howard offre toutefois quelques séquences réjouissantes.

(...) le film semble contenir plusieurs œuvres différentes. Certaines sont très décevantes (...), d’autres, au contraire, débordent d’inventions visuelles et narratives (...).

(...) des tréfonds d’un drôle de tripot au braquage d’une planète minière, on reconnaît chez ce « jeune » Solo les gènes de ses prédécesseurs, ce mélange unique d’humour et d’épopée qui a propulsé la saga dans les étoiles.​

Le film est emballé efficacement, mais se perçoit très clairement comme un pur produit dérivé (...).

(...) Solo : A Star Wars Story n'est pas un événement. C'est un bon film d'aventures, une bonne BD, un bon divertissement. Ce n'est pas Les Derniers Jedi.

Même si Solo n'est pas à la hauteur des autres Star Wars, il suffira au spectateur de ressentir cette connexion avec Howard pour que le film se colore d'une jolie teinte nostalgique et complètement funèbre (...).

Le démarrage est difficile, ça parlemente beaucoup mais il y a aussi de très bonnes choses et c’est distrayant.

Il faut quand même un moment pour oublier Harrison Ford, le Han Solo de Star Wars. Et puis, on met un moment à retrouver ses petits dans des scènes d'action échevelées qui démarrent sans préavis.

Sachez quand même qu’il y a les clins d’œil qu’il faut pour les encyclopédistes de Star Wars. Que les femmes sont fortes, présentes, actives. Qu’on peut même voir dans ce nouveau film une dimension anticolonialiste naissante. Bref, même si trop de scènes sont consacrées à des négociations sans fin, ce Solo est très distrayant.

Sans posséder la magie des meilleures épisodes de la saga intergalactique, «Solo, A Star Wars Story» de Ron Howard est un western galactique fun et hautement divertissement.

(...) «Solo» est un vrai western galactique, avec ses duels dans le désert et ses «outlaws» qui jouent aux cartes au fond d'un saloon mal fréquenté.

(...) si Alden Ehrenreich n'a pas le charisme de Harrison Ford (mais qui l'a ?), ce sont les seconds rôles que l'on retiendra, dans un épisode où les femmes tiennent la dragée haute aux hommes. Dommage que le super-carburant manque un peu dans le dernier tiers mais on a hâte de découvrir la suite. La magie reste intacte.

Si le film a moins d’ampleur que le premier film dérivé de la saga, « Rogue One », sorti en 2016, il compense par un traitement « à l’ancienne » qui devrait combler les accros de Star Wars.

Mieux, Ron Howard multiplie les messages durant le film, qui défend les minorités sociales et ethniques (...).

Humour, émotions, belles prestations des comédiens complètent le tableau : ce « Solo » a tout bon.

(...) la saga revoit ses ambitions à la baisse mais retrouve l'efficacité d'un Georges Lucas années 2000. Le résultat ? Un western spatial très divertissant qui fait la part belle aux couples.

La dernière partie (...) a des accents de film d'action nanardesque, aux twists incessants ponctués par des répliques signées Chuck Norris. (...) Et pourtant, on embarque avec un plaisir régressif à bord du Faucon Millenium et de ses entrailles (...). Ça ne plaira pas à tout le monde, mais en abandonnant les prétentions philosophico-esthétisantes des Derniers Jedi, ce deuxième spin-off reconquière une partie des fans de la saga largués par la nouvelle trilogie.

Le scénario très brouillon et des personnages en surjeu (...) font de ce Solo un nanar dans le bon sens du terme. (...) C'est l'antithèse du très sombre Rogue One. Solo est un bon film, pas un grand.

La débauche d’action et d’effet visuels n’a peut-être jamais atteint ce niveau dans un film. (...) Mais ce n’est pas forcément un reproche, tant "Solo" est de ce point de vue presque un manifeste, sous la forme d’un film poursuite de bout en bout. Le choix est d’autant plus probant qu’Alden Ehrenreich (...) est assez insipide, pour incarner Han Solo.

Howard parvient tout de même à insuffler un peu d’émotion dans la relation Solo-Qi’ra, surtout sur la fin, quand les enjeux se troublent et mériteraient d’être creusés dans une suite.

"Solo" confirme cette orientation prometteuse de développements futurs, tant le film de Ron Howard détient un fort potentiel, pour sortir des redites dans lesquelles s’enfonce la saga "officielle".

(...) Solo : A Star Wars Story n’est pas un mauvais film. C’est un honnête divertissement qui remplit consciencieusement son cahier des charges, mais sans vraiment chercher à aller plus loin. (...) Pour autant, ce n’est pas toujours suffisant et Solo souffre des quelques séquences mi-gênantes, mi-pénibles qu’on ne pensait plus revoir après la seconde trilogie.

Les clins d’oeils sont nombreux et pas trop appuyés et on sent vraiment que Ron Howard, en bon amoureux de la saga, a bien bossé le lore de la série.

Solo : A Star Wars Story n’a pas l’emphase d’un Star Wars VII ou VIII ni autant d’enjeux que Rogue One. On voit le film avec plaisir, mais on en ressort avec la sensation d’avoir assisté à un événement mineur. C’est quand même dommage pour une saga qui s’est toujours voulu épique.

L’introduction de Solo est aussi molle et faible que le générique qui n’a aucune idée, ne reprenant ni l’esthétique des introductions canon, ni le côté in medias res violent qui donnait à Rogue One son ton dès le premier accord de l’orchestre.

Le film change de ton lors de la rencontre entre Solo et Lando et, heureusement, les personnages secondaires apportent de la matière au film. (...) C’est toute l’histoire de Han Solo qui est contenue dans la dernière heure du film : un brillant pilote, imposteur au grand cœur, qui se fait avoir plus souvent que son porte-monnaie le lui permettrait.

(...) ce Solo partait très mal : on s'attendait à un navet, raté industriel au milieu des merveilles, mais la maison Mickey parvient à sauver un film moyen pour en faire un bon divertissement.

Les critiques positives ou plutôt positives étant passées, entrons maintenant du côté obscur des réactions, là où les avis négatifs voire franchement hostiles !

Alden Ehrenreich dans le rôle de Harrison Ford et Ron Howard dans celui de George Lucas mènent au crash intersidéral ce spin-off de la saga. (...) Le résultat a un délicieux goût d’eau de vaisselle.

Le choix d’Alden Ehrenreich (...) s’avère peu concluant, l’acteur paraissant n’avoir pas la moindre idée d’où il pourrait tirer la séduction massive que requiert sa place.

Solo n’est qu’un western-SF dévitalisé qui ne sert à rien sinon à dénuder si nécessaire le genre de ­cynisme mercantile de ceux qui en commanditent l’existence exténuée, d’autant plus absurde qu’on est censé assister à l’aube frémissante d’une mythologie et non au remix gâteux d’un vieux tube seventies.

Criblé de fautes de goût visuelles et d'écriture, plombé par un ensemble d'acteurs en sous-régime total (sauf Donald Glover en Lando Calrissian qui, lui, du coup, surjoue jusqu'au ridicule du sourire en coin et du chéri de ces dames), le film se laisse regarder à condition d'affronter un ennui intersidéral durant ses deux heures quinze rarement inspirées.

Le produit final, malgré quelques rares sursauts, reste très, très loin du panache et du souffle dont la franchise a su faire preuve dans le passé. (...) Pas UN plan iconique à retenir de tout le film, il fallait le faire.

Ehrenreich et la pâleur extrême de sa prestation soporifique ne sont pas les seuls responsables de ce résultat qui laisse une grande impression de tiédeur : sans doute fallait-il laisser Solo tranquille.

(...) la production calamiteuse du film - avec le limogeage des deux réalisateurs originaux, Christopher Miller et Phil Lord, puis l'arrivée de Ron Howard pour trois semaines de reshoots - accouche d'un film correct, mais à de nombreux égards assez bancal.

Au bout de 2h15, on constate que Ron Howard a fait un bon boulot de pompier au sein d'une production chamboulée. Mais malgré toute la bonne volonté du réalisateur, rien ne peut véritablement sauver l'interprétation bancale d'Alden Ehrenreich, ni l'histoire décousue et sans véritable impact sur le reste de la saga.

Rogue One avait au moins les enjeux de son récit, Solo ne dispose quant à lui que d'un univers visuel aux petits oignons pour réussir à se démarquer, et c'est bien tout ce que l'on retiendra de lui.

Solo : A Star Wars Story est d'une laideur peu commune. Pas de cette mocheté sympa, qui transforme les nanars d'hier en pochardises cultes ou les petits enfants laids en chanteurs de variété syphilitiques. Non, (...) un néant esthétique auquel même les Marvel les plus indigents ne nous avaient pas habitués.

Alden Ehrenreich ignore à l'évidence qu'il incarne Han Solo, et se croit dans un remake du Huitième jour. Ce n'est pas Donald Glover qui pourra l'aider, trop occupé à transformer Lando Calrissian en rescapé d'Austin Powers.

(...) si Solo : A Star Wars Story est moins tragiquement nul que Star Wars Épisode II : L'Attaque des clones, il est encore moins mémorable, à force d'accumuler les non-choix et les crachats à la face de l'héritage Lucasien.

(...) Solo se loupe. C’est sans doute le premier film de la licence à le faire aussi indubitablement.

Alden Eireneich (...) diffuse moins une aura de winner qu’un mauvais fumet de douchebag, si ce n’est de raté dont les prétentions à devenir le "meilleur pilote de la galaxie" frisent le pathétique.

Star Wars assure le service d’une logique de saga dont l’obsession pour la familiarité (une scène de cantina, un clin d’œil toutes les cinq minutes...) fait ici l’effet d’une mauvaise opération d’entretien de l’existant, cachant un bien cruel manque d’inspi. Si l’intrigue a un peu de prenant (...), c’est de relief dont elle est à peu près dépourvue.

(...) nous trouvons un récit standard du type « c’est le désordre », de la pénurie partout, des trafics dans tous les sens, la loi de la jungle dans tous les coins. Sur ce fond se dégage la figure du jeune Han (...).

(...) trop d’action numérique hors sol, pas assez de vrais personnages. L’enjeu consiste essentiellement à faire plaisir aux fans et à renouer les fils du personnage (...).

Léger problème : tout le monde semble ailleurs, à commencer par l’avenant Alden Ehrenreich qui fait hélas un Solo désespérément insipide. Encore heureux que celui-ci soit mort avant de se voir ainsi ressuscité.

Voilà pour notre revue de presse ; on espère qu'elle vous permettra d'un peu mieux cerner ce nouveau spin-off, et d'au final décider s'il vaut quand-même le coup d'aller se déplacer en salle ou non !

Outre la presse traditionnelle, nous vous invitons aussi, au passage, à jeter un coup d'oeil à nos propres avis sans spoilers, rédigés du point de vue de fans de Star Wars :

Comme d'habitude, n'hésitez pas à partager votre réaction dans les commentaires ou sur le forum !

Solo : A Star Wars Story, réalisé par Ron Howard (Apollo 13, Da Vinci Code), est prévu pour sortir le 23 mai 2018.

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A propos de l'auteur : Night Alchemist

Né en 1991, rédacteur actu depuis début 2013 et apôtre des musiques Hard rock sur le site depuis toujours, je suis de la génération ayant grandi avec la Prélogie Star Wars, la trilogie du Seigneur des Anneaux et Harry Potter.

Doté d'un sens de l'humour aussi légendaire que douteux, passionné d'art, d'histoire ancienne, de SF et de fantasie, j'officie sur l'Holonet en qualité de newseur généraliste. J'aime aussi beaucoup les pandas et la couleur jaune ^_^ ...




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par Ismaren le 28 mai 2018, 12:25

Argumentation plus que pertinente Night. Tu m'as presque convaincu et je rejoins presque ton point de vue. En revanche, je persiste à dire que l'effet d'annonce autour du personnage d'Enfys Nest est un rebondissement scénaristique qui ne suit pas une continuité logique et nuit au film. Pour Solo, l'effet reste le même, il passe davantage pour le gentil que pour le vaurien, mais ce ne sont que ses tout débuts, il est vrai. Il ne peut pas gagner à tous les coups #IndianaJones
Le prochain film nous racontera comment il a eu son petit veston noir ^^

Sinon le film se fait pas mal basher et le trouvant bien mieux que les épisodes VII et VIII qui ont trouvé des accueils bien plus chaleureux, même s'ils ont divisé il est vrai, ça me fait un peu de peine (pas trop non plus, parce que je m'en moque quand même un peu). Le pauvre Solo divise à peine, tout le monde semble s'accorder sur le fait que c'est un mauvais, voire très mauvais pour certain, film. Je suis assez d'accord sur le fait que c'est un film dont on aurait pu croire qu'il aurait pu sortir directement en DVD, mais c'est alors un très bon film DVD.

PS: Coaxium!! Eurêka! Merci, j'avais complètement oublié comment ça s'appelait :roll:


Ismaren


par Raventorn le 28 mai 2018, 14:32

Très bon argumentation Night, très convaincant.
J'étais déjà d'accord au début ^^, je suis content de voir qu'on est plusieurs sur la même longueur d'onde. J'ajouterais toutefois que Han, à la fin du film, fait quand même preuve d'un certain côté badass, je pense que vous voyez de quoi je parle.

Ça va dans le sens de la complexité du personnage : il rêve de liberté, et devant Enfys c'est le destin qui s'impose à lui, il n'a pas vraiment le choix. Ça ne fait pas de lui un héros, mais quelqu'un qui a bon fond. Et même s'il a bon fond et qu'il ne veut pas s'engager dans quelque chose qui le dépasse et qu'il ne comprend pas encore, il est prêt à faire certaines choses pour garder sa liberté. :)


Petit commentaire sur la musique. Je suis un grand fan de Powell pour ses musiques de dingue sur de nombreux dessins-animés que j'adore. Je trouve que sa composition pour Solo, même si elle manque d'un thème fort, est très rafraîchissante et va parfaitement avec le rythme effréné du film. Sur toutes les pistes, il n'y en a qu'une de Williams, et on la reconnaît tout de suite ^^, ne serait-ce que parce que le choix des instruments à vent est différent. Mais je suis vraiment content de cette bande-son :) C'est un point positif à souligner, on a tendance à toujours trop s'attarder sur le négatif ou le moins bon.


Raventorn


par Lod Dorz le 31 mai 2018, 10:36

Comme bien d'autres ici je suis allé voir ce fameux 2nd spin-off. Contrairement aux autres productions Star Wars, cette fois je ne me suis pas précipité à la 1ère séance. Non, j'ai même attendu une petite semaine avant d'aller le voir. Sans doute une conséquence de la déception liée à l'épisode 8 associée à la surcharge médiatique Starwarsienne de ces dernières années... Bref j'ai vu Solo: A Star Wars Story, et je suis ressorti diverti, d'un sympathique film d'action qui n'a rien révolutionné. En tant que fan de SW, je reste quand même sur ma faim.

Le scénario :

La particularité de ce flm est qu'on connaissait pratiquement l'histoire avant d'aller voir le film : rencontre avec Chewie, rencontre avec Lando, raid de Kessel en 12 parsecs, acquisition du Faucon. CQFD.
Étant donné ce constat, je croisais les doigts pour qu'un twist final vienne ajouter une vraie surprise. En vain.
La chère et tendre qui trahi Han ? C'était visible à 10 km et ça ne pouvait pas être autrement. Il fallait une trahison, on le comprend dès les premières répliques de Beckett.
Et ne venez pas me parler de ce vieux Zabrak... je me serai bien passé de ce fichu caméo qui n'amène rien de plus que de la confusion pour les novices en Star Wars.

J'ai donc trouvé l'histoire très (trop) simple comme bon nombre d'entre vous, pourtant le tout est assez efficace.


Les personnages :
Han Solo: difficile de marcher dans les pas de Ford, pourtant Alden Ehrenreich fait de son mieux. Dans l'ensemble, il a su incarner le côté encore "tout frais" de Han, qui découvre la vie et se fait pigeonner, avec ce sourire encore naïf. J'ai été plutôt convaincu.

Lando :Glover est impeccable dans le rôle mais j'attendais plus de punch-lines de sa part.

Qi'ra :Personnage trop prévisible, actrice tout juste correcte. Rien à ajouter.

Beckett : j'ai beaucoup aimé le personnage du mentor. C'est assez classique mais Harrelson l'incarne très bien.

Chewabacca :convainquant, féroce, impeccable. Un point c'est tout.

Drydens Vos : un méchant un peu insipide mais qui a l'avantage de ne ressembler à aucun autre.

Enfys Nest :bien qu'on pouvait voir le coup arriver, je trouve le personnage et son identité plutôt bien choisi. Le personnage permet de faire un lien entre les idéaux des rebelles et ceux de Han, lequel est (toujours) partagé entre son for intérieur d'homme qui se revendique libre et solitaire et son besoin profond de contribuer au bien des autres. Enfys est un révélateur du caractère de Solo, au même titre que Qi'ra.

Et un dernier pour la fin : L3-3T
Les commentaires de Rancor Malade et d'Ismaren quant au personnage de L3-3T m'ont bien fait sourire.
Lucasfilm/Disney reproduit ici le même schéma qu'avec ces scènes dans l'épisode 8 qui suggère une prise de conscience quant au traitement des animaux et la consommation de viande. J'avais d'ailleurs posté le même genre de propos à ce sujet.
On constate donc que Disney se permet des discours moralisateurs déguisés sous des traits humoristiques, souvent stupides et incohérents.
J'ai apprécié le caractère émancipateur et militant de L3-3T (tout comme j'ai aimé les porgs du 8), mais elle s'est retrouvé vecteur de pensées qui n'ont rien à faire dans un Star Wars. Aucune finesse sur ce point.
Bien que j'estime ces causes comme très importantes, elle n'ont rien à faire dans un film de divertissement pour enfant, et encore moins quand cela devient incohérent avec l'univers : des droïde qui se rebellent c'est aussi stupide qu'un wookie qui ne mange pas de viande.


La musique :
Pas grand chose à dire hormis les reprises des thèmes originaux. Pour ma part, la vraie bonne nouveauté c'est le thème d'Enfys Nest.


Les scènes d'action :
S'il y a un point fort pour ce film c'est bien celui de l'action ! La scène sur le train est vraiment propre, efficace et violente (je l'aimais bien Val...). Pareil pour le raid de Kessel qui a vraiment son identité visuelle, c'est réussi.
Il y a également cette scène dans le hall d'embarquement du spatioport. Oppressante et diablement efficace !
Il n'y a que celle de la course poursuite en speeder sur Corellia que j'ai trouvé... molle... Faut bien trouver quelque chose à redire quand même ;)


Pour moi, le tout contribue à faire un film d'action franchement sympa, qui se regarde avec plaisir.
Quelques clichés faciles et surtout un étrange constat : pour un opus vendu comme un film d'action humoristique, j'ai trouvé l'humour bien discret... pas vous ?


Lod Dorz


par Ismaren le 31 mai 2018, 11:05

"Lod :
Quelques clichés faciles et surtout un étrange constat : pour un opus vendu comme un film d'action humoristique, j'ai trouvé l'humour bien discret... pas vous ?


Et ce n'est pas plus mal. Un humour comme dans le VIII, ou pire encore à la Marvel où chaque réplique est désormais une vanne, où la punchline débile est devenue le seul moyen de communication et de (dé)construction des personnages et de l'intrigue, non merci. Cet humour discret et assez bien dosé est pour moi, pour un film estampillé Disney de 2018, une bonne surprise et un point fort du film. Faire rire c'est bien, mais on ne peut pas faire du Men In Black avec du Star Wars (cf. Finn qui se balade totalement abasourdi dans les couloirs d'un vaisseau avec une combinaison rempli d'un liquide qui déborde sans que personne ne n'en inquiète autour de lui).


Ismaren


par Lod Dorz le 31 mai 2018, 11:28

@ Ismaren :
Au sujet de l'humour, je ne fais qu'un simple constat. Le duo Lord & Miller avait initialement été embauché pour faire un film comique, comme ils sont connus pour en faire. Ron Howard devait prendre le flambeau et rester dans la même veine si je ne m'abuse. Donc on est en droit de s'attendre à un film bon enfant et bien marrant.
Pour tout dire, les épisodes de la T.O me font bien plus rire alors qu'ils n'ont pas été vendus comme films comiques.

Pourtant c'est certain que si l'humour Marvel est devenu la norme du drôle chez Disney, je préfère ne pas avoir trop de blagues.


Lod Dorz


par Night Alchemist le 05 juin 2018, 12:26

Quasiment deux semaines après la sortie du film, le bilan des courses est assez amer pour Disney et Lucasfilm puisque Solo est un flop commercial. Le nouveau spin-off a si peu intéressé le grand public que Disney pourrait même ne pas rentabiliser le film et perdre au moins 50 millions.


Night Alchemist


par darinze le 05 juin 2018, 14:17

Vont-ils se poser les bonnes questions après cela, d'abord, et vont-ils y répondre, ensuite?
Rien n'est moins sûr.


darinze


par Rancor Malade le 05 juin 2018, 16:59

Boarf, succès, pas succès du film, pour ma part c'est pas vraiment pertinent. De très bons films sont sortis sans prétention qu'être de bons divertissement et n'ont pas fait un tabac au box-office, ça n'empêche pas qu'on peut les trouver excellents. Quelques exemples pour ma part: Scott Pilgrim, Pacific Rim, Warcraft...

Bref, juste un petit retour sur la BO de John Powell, histoire que Raventorn se sente moins seul. Ecoutez cette BO, ça vaut la peine. C'est pas "la" musique de film de ouf avec des thèmes hyper prenants, mais purée ça déménage. On dirait que John Powell est entré dans le studio d'enregistrement, il est allé faire causette avec John Williams et il lui aurait "Ecoute, John. C'est bien joli cette musique que tu fais, mais maintenant, il faut des percussions. Et pas qu'un peu. Un monstre pack de percussions!" Et BAM! C'est parti! Ajoutez quelques ch?urs aigus dans les passages où apparaissent Enfys Nest et toute sa bande, qui ne sont pas sans rappeler certains morceaux de TCW par Kevin Kiener, et emballez, c'est pesé! On se sent comme dans un croisement entre Hans Zimmer et John Williams, particulièrement dans le morceau "Reminiscence Therapy" (le raid de Kessel dans le film), qui regroupe à lui seul le plus grand nombre de thèmes de John Williams pour Star Wars en une seule piste (génériques de fins exceptés, of course), au rythme effréné de Powell. Là où Giacchino restait vraiment dans la ligne de J. Williams pour Rogue One, en y ajoutant l'émotion qu'il maitrise mieux et s'essayant au passage à une petite mais excellente marche (le morceau "Rogue One"), John Powell décide de nous exploser tout ça, et passe à la vitesse lumière pour donner au film une cadence à 12 parsecs par secondes. Par contre, contrairement à Raventorn, j'ai dû regarder sur la pochette de l'album pour voir que c'était la première piste qu'avait composée et dirigée John Williams, donc pour le coup, je trouve que la BO a une bonne continuité.

Pour revenir une dernière fois sur le personnage de LG-37:

Mettons d'abord de côté le fait que c'est un droïde.
Premier constat: Le problème vient du fait qu'elle est, de sa première apparition jusqu'à sa mort, une militante. C'est ça qui est malhabile, car on est, dès lors, obligés de lui flanquer un antagoniste, et par conséquent lui donner du poids. Ça serait bien plus pertinent de nous mettre d'entrée un personnage issus de la communauté LGBT (de préférence une lesbienne, parce que jusqu'à preuve du contraire, le public de Star Wars est majoritairement masculin, si on veut que ça passe encore auprès du public c'est ce qu'il y a de plus sûr... "Docteur Aphra," dites-vous? ;) ).
Second constat: C'est un droïde. Un machine. Elle a été construite par quelqu'un, ce dernier l'a donc programmé... Bon, je m'arrête là, on sait tous ce qu'est un droïde. C'est donc le pire choix pour représenter la communauté LG-BT, limite on les insulte en leur disant qu'ils dysfonctionnent.


Rancor Malade


par Raventorn le 07 juin 2018, 08:02

Ahah merci Rancor de rebondir sur la musique, on pourrait en parler des heures ^^

Je suis à 100% d'accord avec toi : Powell apporte une certaine fraîcheur et un style propre, qui se démarque davantage de WIlliams que ce qu'avait proposé Giacchino (néanmoins, ce dernier n'avait que très peu de temps pour composer à la place de Desplat pour rappel). Et dans son style propre, en effet, les percussions ! Quand je dis qu'on reconnaît la piste de Williams facilement de celles de Powell, c'est surtout grâce aux instruments qui sont assez différents.

J'écoute énormément de musique de film, et j'en suis venu à reconnaître Williams quasi-instantanément, à quelques exceptions près. C'est beaucoup plus dur pour d'autres comme Zimmer par exemple. Je lui reproche des fois de pas trop se creuser la tête d'un film à l'autre, mais il sait changer de style (cf ses musiques de film VS celles de dessins-animés, c'est assez incroyable ce qu'il pond pour ces derniers :) )

Powell et Giachinno ont tous les deux composé des musiques de dessins-animés (pas que pour Disney), et Powell a un style beaucoup plus marqué que Giachinno. Typiquement, les passages tribaux avec Enfys Nest me rappellent énormément ce qu'il a proposé pour Dragons 1 et 2. Quant aux percussions importantes, ça rejoint pas mal les goûts de Zimmer, et les deux compositeurs ont d'ailleurs travaillé ensemble sur Kung Fu Panda (le 2 ou 3, je ne sais plus...)

Tout ça pour dire que même s'il n'y a pas de nouveaux thèmes marquants pour Solo (car le thème de Solo est assez sobre finalement je trouve), il y a un emballage vraiment intéressant des thèmes connus de Star Wars, et surtout une musique trépidante au rythme très soutenu qui colle parfaitement au film :)


Raventorn


par Rancor Malade le 18 juin 2018, 08:42

Raventorn :Quand je dis qu'on reconnaît la piste de Williams facilement de celles de Powell, c'est surtout grâce aux instruments qui sont assez différents.


J'ai constaté que j'avais écouté la playlist classée par artiste et que je n'écoutais que les morceaux de Powell? Boulet que je suis! Du coup j'ai écouté celui de John Williams (et d'autres noms dans le champ "compositeurs" :?: ), c'est vrai qu'on reconnait le style d'entrée! A coté des autres, elle a comme un petit coup de vieux, mais sympa, un peu nostalgique.


Rancor Malade