HoloNet : Critique des 15 premiers romans du nouveau canon

News postée par Dark Sekot le 15/10/2019 à 19h16 (lue 2 341 fois)

« La critique est facile, l'art est difficile. »

Ce n'est pas faute de le savoir, c'est pourquoi nous tâchons sur HoloNet de critiquer de façon constructive. Aujourd'hui, c'est mon tour, et je vous propose une revue massive des premiers romans Canon parus en France et que j'ai pu lire. S'il m'en manque encore quelques-uns, nous allons tout de même passer en revue 15 romans, chacun brièvement, pour revenir sur ce qui, à mes yeux, constitue leurs forces et leurs faiblesses. Le tout en essayant d'éviter au maximum les spoilers.

Et puisqu'il faut garder le meilleur pour la fin, je vais les commenter par ordre croissant de préférence, et ça va piquer pour ceux qui ne plaisent pas. Naturellement, cet ordre est totalement subjectif et le fait que je n'ai pas apprécié un livre ne signifie pas qu'il soit mauvais (ni que mon approbation garantisse qu'il vous plaira).

Resituons le contexte : j'adore Star Wars pour ses romans avant tout. La saga des X-wings, la saga Republic Commando, Étoile Noire et Vol vers l'Infini figurent parmi mes romans favoris. J'aime tout particulièrement les histoires qui explorent la mentalité d'un personnage (Moi, Jedi, ou Le Traître sont fantastiques à cet égard), et celles qui impliquent un univers bien plus grand.

Republic Commando, ou les romans Legends de Timothy Zahn sont particulièrement réussis à cet égard car ils se basent sur des éléments extérieurs au récit (pas d'explication de la présence de la Nouvelle République sur Coruscant ou sur l'origine des Mandaloriens, tout cela fait partie de l'histoire des personnages et est exploré par sous-entendu lors de leurs échanges et pensées). Enfin, le trio Luke-Han-Leia me sort par les yeux (le parangon de vertu, l'insolent qui évolue au fil des années vers l'idiot chanceux, et la super diplomate qui opte systématiquement pour la solution agressive).

Partant de là, commençons.

 

15. Tarkin

Pour démarrer brutalement, j'ai trouvé ce roman épouvantable, il m'est littéralement tombé des mains à plusieurs reprises. Le roman ne présente que deux sortes de liens avec autre chose que son présent : un passé de chasseur / machine de guerre qui ne colle absolument par au Tarkin des films ou de Rebels, et un tsunami d'auto-référence de James Luceno.

La personnalité du héros, malgré la bonne idée de faire d'un « méchant » peu ambigu un personnage central, ne se nourrit de rien d'autre qu'une vie digne de Rahan (et peu crédible). D'autre part, Luceno s'amuse à multiplier les références à son précédent roman Dark Plagueis (que j'ai adoré), ce qui n'a aucun sens vu qu'il s'agit d'une autre continuité. En bref, c'est inutile. Le roman ne s'inscrit pas dans un ensemble plus grand et repose sur une interaction entre le présent et un passé absurde.

Pour enfoncer le clou, un élément que je vais reprocher à bien d'autres romans : le manque d'enjeu et la façon de le présenter. Que l'enjeu soit faible n'est pas un problème selon moi, mais ça le devient quand les personnages eux-mêmes essaient de lui donner du poids en insistant sur la gravité du problème. Un personnage qui répète sans cesse que « c'est crucial, la survie de l'Empire en dépend », ça donne l'impression d'une tentative d'auto-persuasion.

C'est maladroit, et ça donne le sentiment que l'auteur accorde plus d'importance à l'action (qui doit donc être impressionnante) plutôt qu'à ses personnages (qui ne sont qu'un outil au service de l'histoire). En bref, on s'ennuie et les héros eux-mêmes n'ont pas l'air d'y croire.

 

14. Riposte

Second plus grand échec du classement, ce roman introduit une trilogie qui se veut l'explication de la chute de l'Empire… et rate sa cible.

Déjà, parce que j'ai beaucoup de mal avec la narration au présent car elle brise le phénomène d'accélération de l'action permis par l'alternance imparfait/passé simple. Résultat, c'est lent, c'est mou. Les références au reste de l'univers se limitent aux films, ce qui ne montre aucune profondeur.

Les personnages oscillent entre l'agaçant (Norra, M. Os…) et l'inutile (Sloane). Le droïde censé servir de ressort comique est tout bonnement énervant, et la crédibilité d'un droïde B1 en machine à tuer, avec des années de The Clone Wars… c'est assez proche du néant. Pas d'enjeu, ce qui est assez bien géré, mais on tombe dans un autre défaut : les personnages sont systématiquement à côté de leurs motivations et leurs descriptions. Norra, qui veut être une bonne mère, ne cesse de « trahir » son fils. Sloane, « brillante militaire », se fait facilement duper ou manipuler. Et ainsi de suite.

Personnellement, j'appelle ça le syndrome Daala, probablement le personnage de la continuité Légende affichant le plus grand décalage entre le génie qu'on lui attribue et la stupidité de ses décisions lors de ses apparitions.

 

13. Phasma

Une autre origin story après Tarkin, qui là encore présente une machine à tuer. Dommage, ladite machine à tuer se fait humilier lors de ses deux apparitions au cinéma. Raté, crédibilité zéro.

Pas d'enjeu autre que la survie, ce qui est intéressant, mais il faudrait garder à l'esprit que ça ne fonctionne pas sur un personnage dont on sait qu'il survivra. Résultat, tous les twists scénaristiques, censés redoubler la tension, tombent à plat parce qu'on sait forcément que Phasma survivra et qu'elle quittera sa planète.

La partie « présent » n'est pas plus intéressante : l'interrogatoire est mal mené, le prisonnier délivre directement son récit. Et, sachant que ce récit est l'histoire principale du livre, on n'a aucun doute sur le fait qu'on en connaîtra l'intégralité. On retrouve également un gros défaut de l'Episode VII : les Stormtroopers du Premier Ordre, conditionnés depuis des années par un programme de formation soi-disant sans faille, changent beaucoup trop facilement d'allégeance.

Seule bonne surprise, l'ultime twist.

 

12. Les Seigneurs Sith

Excellent exemple d'un cumul de tous les points ratés précédents. L'enjeu est nul (on parle des deux Sith les plus puissants de l'histoire) mais l'auteur insiste lourdement sur la gravité de la situation.

Les Twi'leks ne sont pas crédibles dans leur désespoir (on sait que Cham Syndulla doit survivre pour apparaître dans Rebels, un peu plus tard). Les connexions à d'autres oeuvres sont inexistantes, et l'interaction entre les Sith est d'une platitude absolue.

On s'ennuie toutefois un peu moins que dans les précédents, mais c'est la seule véritable qualité du livre.

 

11. Thrawn : Alliances

Habituellement, j'adore les romans de Timothy Zahn mais là, c'est un échec violent à mes yeux.

Il commence par commettre l'erreur de pousser ses personnages à souligner sans cesse l'enjeu (mineur). Anakin Skywalker passe pour un… un bourrin, faute de meilleur terme, et Dark Vador pour une brute qui cherche davantage à punir qu'à comprendre.

La double narration, bien exécutée certes, apporte une redondance à l'histoire qui ne fait que l'alourdir, et la partie Guerre des Clones est plus plate encore que le reste, avec un complot improbable sans lien avec la partie Empire et surtout pas exploitée. Padmé, la brillante Sénatrice, est atteinte du syndrome Leia (réputation d'excellente politicienne qui ne sait en fait que foncer dans le tas, se mettre en danger et engager des ressources militaires qu'elle ne maîtrise absolument pas).

Thrawn est toujours brillant mais bien plus difficile à suivre que de coutume. Mon sentiment était que Zahn maîtrisait parfaitement le Grand Amiral mais ne savait pas du tout comment gérer Dark Vador, ce qui m'a fait intensément regretter Dark Lord : L'Ascension de Dark Vador.

Pour tout dire, ce genre de livre avec deux histoires parallèles (passé et présent) m'agace car l'auteur exploite généralement cette relation et néglige de lancer des ponts avec d'autres oeuvres ou, mieux encore, avec des éléments encore non écrits.

 

10. Riposte : Dette de vie

Pour le résumer simplement, ce sont tous les défauts du précédent, légèrement atténués par des interludes de grande qualité. Malheureusement, ces interludes constituent la seule véritable incursion dans un univers plus grand.

La libération de Kashyyyk est improbable, Han passe pour un bouffon (ce qui est cohérent avec Le Réveil de la Force et Solo), Mon Mothma n'écoute pas Leia le moins du monde, alors que celle-ci la décrit comme forte et empathique dans Liens du Sang… et, je suis navré, mais si 24 destroyers stellaires constituent le quart des forces impériales, c'était un Empire Galactique pathétique. Peut-être que les 25 000 de Légende étaient trop, mais il y a un juste milieu.

L'histoire souffre également d'un problème de temporalité qui laisse une impression d'incohérence. Je m'explique : d'un côté, des choses jusqu'à alors très rapides dans l'univers Star Wars prennent un temps monstrueux (le rétablissement de Wedge… auraient-ils perdu l'usage du bacta ?), tandis que d'un autre les événements s'enchaînent trop vite. En royalement six mois, 60% de la flotte impériale est disparue ou détruite (incroyablement rapide pour un pouvoir galactique) et la Nouvelle République en est au stade de décrépitude et d'immobilisme obtenu après plus de 10 ans dans Légendes (ce qui était déjà assez rapide quand on considère le fonctionnement post-guerre mondiale des principales démocraties). Bref, quelque chose ne tourne pas rond.

Que dire d'autre ? Norra est assez détestable du fait de la dichotomie entre ses actions et ses pensées. Infliger une torture à un personnage très secondaire (Jom Barell) n'a aucun effet vu qu'il faut quand même pouvoir s'y attacher un minimum. Et Leia qui est incapable de garder son sang-froid, alors qu'elle justement toujours présentée ainsi… à croire que les auteurs récents ne retiennent que son passage à l'action dans Le Retour du Jedi et oublient sa perspicacité, sa capacité à prendre les bonnes décisions et à se sacrifier (base Echo) des films précédents, ne gardant que sa répartie. Enfin, Sloane qui se méfie mais accepte tous les plans sans jamais argumenter, sans vraiment essayer de reprendre le contrôle ou même sans deviner le moindre début de plan de Rax, c'est du pur syndrome Daala.

Bref, à lire pour ses interludes qui, eux, constituent de véritables fenêtres sur une galaxie plus grande avec des bribes d'informations sur les conséquences d'Endor sur les autres théâtres d'opération.

 

9. L'Héritier des Jedi

Un peu de fraîcheur, on arrive sur les romans qui m'ont fait sourire. L'Héritier des Jedi n'a aucune prétention et c'est tant mieux car l'histoire est mignonnette mais certainement pas épique.

Sans grande qualité, je ne lui ai pas trouvé de véritable défaut. L'une des premières aventures amoureuses de Luke est bien narrée, même si je regrette l'accent porté sur sa maladresse, et les personnages sont attachants.

Mieux, les caps franchis dans l'appréhension de la Force par le biais d'usage triviaux, voire anecdotiques, donnent une impression bienvenue de premiers pas d'un tout petit dans un grand monde. On sait que Luke est censé être un grand Jedi, ses balbutiements sont amusants et bien maniés, c'est globalement un bon moment de lecture.

Si vous recherchez du Zahn en revanche, vous vous ennuierez, et les connexions au reste de l'univers sont minimes.

 

8. Riposte : La Chute de l'Empire

Une immense déception que ce roman. Peu emballé par les deux premiers volumes de la trilogie, j'attendais que celui-ci rehausse le niveau - comme promis par ceux qui l'avaient lu avant moi.

À mes yeux, c'est un échec qui n'est relativisé que par les progrès marqués sur les personnages de Sinjir Rath Velus, Mon Mothma et Rae Sloane. Temmin reste aussi creux, le sort de Jom Barell est encore une fois anecdotique, Jas Emari oscille entre le bon et le plat, Gallius Rax n'a pas une description à la hauteur de la perception qu'en ont ses interlocuteurs…

Et la cohérence continue de me perturber. Nous avons des soldats impériaux, endoctrinés, qui deviennent des fous furieux en seulement quelques mois sur une planète désertique (bravo la qualité de l'endoctrinement). Une ex-grande amirale prisonnière qui reprend les rênes de sa faction sans problème. Un droïde B1 qui "survit" à d'innombrables tirs de blaster. Une bataille face à l'essentiel de la flotte impériale qui doit regrouper quelques dizaines de destroyers, soit une envergure équivalente à la Bataille d'Endor, ce qui est risible. Une machination politique qui n'a aucun sens après moins d'un an d'existence de la Nouvelle République. Une grossesse de 18 mois. Un homme qui, un an avant la fin de la Guerre des Clones, travaillait déjà pour l'Empereur (arborant ses stigmates dues au combat contre Mace Windu) depuis 10 ans.

Seuls bons points : le combat final de Sloane (qui n'apporte aucune réponse) et le point de bascule de la Bataille de Jakku.

 

7. Liens du Sang

Le livre de l'ascenseur émotionnel à mes yeux (dans cette liste).

Tout d'abord peu intéressé par les enjeux du roman (un trafic criminel pour lequel une Sénatrice va elle-même enquêter voire se battre, on est sur un niveau de réalisme assez absurde), j'ai été séduit par les perspectives politiques et les machinations associées, puis dépité par les conséquences de ces « liens du sang ». L'opposition entre deux partis irréconciliables vient indéniablement des États-Unis, tout autre pays aurait voulu caser davantage de couleurs politiques, mais les réactions partisanes et calculatrices restent crédibles.

Dommage peut-être de montrer les Centristes comme des méchants en puissance, même si cela est dû au prisme de Leia. C'est d'ailleurs elle le problème : on voit à quel point elle refuse en bloc des arguments si sa première impression n'est pas favorable, le manichéisme qui l'habite, la simplicité de ses analyses… Sa vengeance finale est en revanche excellente.

Donner uniquement des bribes d'informations sur Han, Ben, Luke constitue une bonne idée, qui montre qu'il se passe beaucoup en dehors de la seule histoire de Leia. Le personnage de Ransolm Casterfo est fascinant, l'un des meilleurs créés jusqu'à présent, et beaucoup des autres personnages secondaires sont bien élaborés.

Cela aboutit à un récit prenant, malgré un fil rouge assez inintéressant, avec quelques twists surprenants. Reste à m'expliquer pourquoi Leia devient détestée quand l'identité de son père est révélée. Peut-être est-ce moi, mais cette réaction me semble complètement insensée.

 

6. Catalyseur

Une période intéressante, un enjeu final d'ampleur galactique mais exploré par le prisme personnel de deux personnes et limité par leurs ambitions respectives, et un complément adéquat pour Rogue One (que j'ai adoré). La recette est gagnante.

J'ai apprécié cette façon de découvrir la technologie de l'Étoile de la Mort, bien que j'ai quelques regrets à constater que, encore une fois, un Empire GALACTIQUE repose un seul et unique génie pour créer sa superarme. Au moins, Galen Erso provoque bien plus d'empathie que Qwi Xux (qui n'était qu'un personnage secondaire).

En réalité, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce roman, si ce n'est que je ne lui ai trouvé aucun défaut particulier, mais aucun trait de génie non plus, la faute à un contexte trop contraint (on doit se confiner au cadre défini par Rogue One).

 

5. Sombre Apprenti

L'un des livres dont je me méfiais le plus… et une bonne surprise, qui tient essentiellement à Ventress.

En effet, Quinlan Vos est relativement similaire à celui de l'univers Legends, ce qui réjouit nombre de fans mais me laisse avec un sentiment étrange, et le récit est assez classique, avec peut-être un excès de retournements de situation. Mais Ventress livre sa psychologie, ce qui n'était pas tellement fait jusqu'à présent, avec de nombreuses différences par rapport à sa version Legends mais aucunement aberrantes.

On y découvre deux personnes en découverte d'eux-mêmes, de l'autre, et en reconstruction après des expériences traumatisantes qui ne sont pas pour autant rabâchées sans cesse. L'auteur fait preuve de finesse (globalement) et les scènes d'action sont plutôt lisibles, c'est agréable à la lecture.

 

4. Nouvelle Aube

Autre bonne surprise. Si les personnages sont connus, on les découvre des années avant leur engagement en faveur des démunis, à une époque où Hera cherche à utiliser son idéalisme et où Kanan semble égaré face à la perte de sens de sa vie, contraint à la protéger plutôt qu'à l'employer au profit d'autres.

Le récit introduit au passage d'autres personnages, alors assez anecdotiques, qui seront amenés à jouer des rôles de premier plan plus tard, dans d'autres histoires, ou à conserver une forte influence (Sloane, le comte Vidian).

L'enjeu, très local, joue très bien (à mes yeux) sur deux ressorts : la philosophie purement utilitariste de l'Empire (une ressource doit être utilisée) et le profil amoral qui peut parfaitement s'épanouir dans un tel contexte.

Et, face à tout ça, un duo en devenir qui trouve son fonctionnement et jette les bases d'une équipe plus grande. On retrouve suffisamment de Hera et Kanan pour les reconnaître, mais ils restent assez différents pour qu'on puisse voir leur gain de maturité dans Rebels. L'alchimie entre les personnages fonctionne bien, l'histoire ne connaît pas réellement de temps mort, c'est une lecture que je conseille.

 

3. Battlefront : Twilight Company

Un autre roman qui semble faire l'unanimité, mais contre lui, et cette fois-ci, j'apprécie. Nous entrons dans mon trio de tête, ceux que je relirai avec plaisir.

L'enjeu est purement local, limité à l'horizon d'une compagnie perdue dans une guerre et des stratégies qui la dépassent, avec des soldats de tous horizons, aux motivations variées qui ne partagent finalement qu'un seul objectif : survivre. La trajectoire des personnages, qui les fait croiser quelques éléments fameux des films, ne fait que confirmer qu'ils participent à un jeu trop complexe pour eux, et que les grands décideurs sont finalement bien loin d'eux. Un passage avec Dark Vador et le traumatisme qu'il laisse le souligne à merveille : sa victime est choquée de ne pas être sa cible, de ne pas être suffisamment importante pour cela.

On se prend à croire en leur combat, à défaut de leur cause, à penser que leur plan insensé va fonctionner. La narration étant attachée à un soldat désabusé, sa méfiance devient celle du lecteur, et notre compréhension est limitée par ses propres connaissances, ce qui donne un grand impact à des retournements de situation pourtant simples. Les pertes sont poignantes, pour la même raison. Les références sont légion à des événements antérieurs à l'histoire, parfois explicitées, parfois cantonnées à une mention de quelques mots, inscrivant l'action du livre dans un contexte plus vaste.

En résumé, c'est là pour moi toute la force de ce roman : il parvient à donner une importance à une note de bas de page de l'histoire galactique tout en rappelant avec un mélange de subtilité et de brutalité que ce n'est qu'une note de bas de page.

 

2. Thrawn

L'un de mes personnages favoris, un des auteurs Star Wars les plus brillants, et une histoire qui déroule une carrière presque complète : trois ingrédients d'un roman passionnant.

Thrawn est plus proche de son incarnation de Vol vers l'Infini que de la Croisade Noire du Jedi Fou, et ça me va parfaitement, j'adore ce roman. La nouveauté consistant à présenter ses pensées apporte une façon de le comprendre qui est fascinante et ne le simplifie à aucun moment, ce qui était clairement un risque en apportant un éclairage autre que celui de ses acolytes pour décrypter ses stratégies.

Pour la première fois, on découvre aussi des faiblesses à Thrawn, un besoin d'alliés, et des secrets qui prédisent des situations complexes dans le tome 3. Le personnage d'Arinda Pryce, essentiel, est fascinant et l'on découvre progressivement les événements qui la conduisent à passer de la jeune fille du début de récit à la gouverneure impitoyable de Rebels.

Pas d'enjeu galactique mais un entêtement de Thrawn qui permet de tisser un fil rouge à la conclusion surprenante mais cohérente, une énigme dont on finit par douter de sa capacité à la résoudre. En bref, une histoire subtile et longue qui permet de découvrir en profondeur l'ascension de deux personnages qui provoqueront le climax de Rebels.

 

1. Étoiles Perdues

Le meilleur roman de tous, la surprise absolue. L'histoire de deux destins qui se croisent sans cesse, suivant leurs idéaux et leurs (dés)illusions. Il y a évidemment une forte marque romantique (pas au sens littéraire du terme), aussi est-il nécessaire d'y être réceptif pour profiter pleinement de cette lecture. On s'attache à deux personnages mineurs qui m'évoquent deux feuilles dans le vent : ils ne sont jamais vraiment maître de leur propre histoire et ne représentent au final rien dans la Guerre Civile Galactique.

Et pourtant, la narration intime fait qu'on s'attache fortement à eux. C'est une histoire pleinement empathique, centré sur un duo écrasé, dépassé par la galaxie, mais sans tomber non plus sur un Roméo et Juliette de l'espace.

Et si les événements qui ponctuent le récit sont toujours évoqués comme étant plus vastes, ce qui donne envie d'en savoir davantage, la narration est assez habile pour ne pas laisser la désagréable impression de manquer d'information car chacun de ces événements est décrit avec précision du point de vue du personnage ce qui les rend… entiers.

Bref, un très agréable voyage dans une galaxie très lointaine.

En espérant que ce débriefing vous aura plu, à la prochaine fois pour une autre revue littéraire !

N'hésitez pas à aller voir le bilan de Raventorn publié l'an passé sur les romans et les comics, que vous pouvez retrouver à cette adresse.

Enfin, vous pouvez retrouver par ici le reste de nos actualités sur la littérature Star Wars.



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A propos de l'auteur : Dark Sekot

Né en 1989, émerveillé par Star Wars avant la sortie de l'épisode I, je n'ai plongé dans l'Univers Etendu que bien plus tard, avec les romans X-Wing et la V5 d'Holonet. La profondeur de cet UE insoupçonné et les LEGO associés ont eu un effet de fascination immédiat.

En 2007, un esprit suicidaire et l'envie de ne pas voir quelqu'un d'autre traiter les sujets qui me passionnent m'ont conduit à devenir Chasseur de Primes Holonet (rédacteur). Aujourd'hui, je partage mon temps libre entre le sport, les fiches (sur la Force, les guerres ou à rallonge) et le suivi des nouveaux rédacteurs.










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