Star Wars 9 : La critique Star Wars HoloNet

News postée par Night Alchemist le 18/12/2019 à 12h35 (lue 17 716 fois)

Note : La critique (avec et sans spoilers) de notre webmestre Exar Kun est à retrouver par ici.

Vous pouvez aussi retrouver les critiques de nos administrateurs : celle de Kir Kanos est par ici et celle de Dark Sekot est par là.

Notre pigiste actu Mitth'raw'nuruodo a aussi livré une critique que vous pouvez trouver par ici. Enfin, la critique de Jek Vengelis, rédacteur encylopédique, est à découvrir à cette adresse.


Star Wars : L'Ascension de Skywalker, aussi connu par son officieux sobriquet de Star Wars Episode IX, sort aujourd'hui dans nos salles hexagonales. Point final d'une déferlante de films (et d'autres produits) Star Wars initiée depuis le rachat de Lucasfilm par Disney, en 2012, le film (titré The Rise of Skywalker, en version originale) porte sur ses épaules deux tâches ingrates : clore la nouvelle trilogie débutée en 2015 par Le Réveil de la Force, et achever en même temps la triple trilogie commencée en 1977 par George Lucas.

Pour mener à bien ce projet, c'est initialement à Colin Trevorrow (Safety Not Guaranteed, Jurassic World) qu'échut, en 2015, la réalisation de ce qui allait devenir l'Episode IX, avant que de fâcheux « différents créatifs » avec Lucasfilm ne l'amènent, deux ans plus tard, à être remercié puis remplacé au pied levé par J.J. Abrams (Super 8, Star Trek Into Darkness) ; ce sera ni le premier ni le dernier réalisateur à se faire brûler les ailes sur Star Wars.

Au-delà de sa genèse mouvementée, L'Ascension de Skywalker s'inscrit aussi, naturellement, dans la suite des deux opus qui le précédent, à savoir l'orthodoxe et rassurant cocon nostalgique du Réveil de la Force - déjà réalisé par J.J. Abrams - puis le contre-pied iconoclaste et clivant des Derniers Jedi, réalisé par Rian Johnson. Or, comment livrer une suite et une conclusion cohérente à deux films aussi différents l'un de l'autre ? Et comment opérer - en même temps - une conclusion à une pareille saga cinématographique ?

Disons le d'emblée : la plus grosse difficulté de cet Episode IX était tout simplement de faire suite convenable aux Derniers Jedi, Rian Jonhson ayant pris le risque (bon ou mauvais, on vous laisse juger) d'apporter beaucoup plus de réponses que prévues dans son Star Wars, et d'y dynamiter - de manière très surprenante, on en convient - le mystérieux Snoke qui faisait jusqu'alors office d'antagoniste principal de cette nouvelle trilogie.

Faute d'une menace solide, d'enjeux galactique et d'un tyrannique méchant à renverser, L'Ascension de Skywalker se retrouve donc contraint à nous en sortir un nouveau de son chapeau, ou plutôt - devrait-on dire - à nous en ressortir un ancien de sa tombe, puisque l'on se retrouve très vite - dès les premiers mots du texte déroulant - face à l'évident retour de l'Empereur Palpatine (teasé partout depuis avril), qui fait office d'élément déclencheur du film. Si sa réapparition soudaine n'est pas expliquée - bien qu'il soit aisé de soupçonner quelques actes de sorcellerie Sith -, sa présence dans le film est objectivement fort pratique dans la mesure où elle résout bien des problèmes que Rian Johnson avait laissés à J.J. Abrams.

Reste que toute l'entame du film s'échine péniblement à faire partir la trilogie sur de nouvelles bases. Car oui, L'Ascension de Skywalker ressemble parfois à une tentative de faire amende honorable et de répondre aux nombreux points laissés en suspens après Les Derniers Jedi. Si l'objectif est louable, il en résulte plusieurs séquences poussives et laborieuses, et ce d'autant plus que Palpatine ne revient pas seul, mais avec une immense armada Sith dont l'origine restera aussi nébuleuse que celle de la survie de l'Empereur.

L'ensemble de cette menace est introduite avec de très gros sabots pendant tout le début du film, ce qui n'est certainement pas à l'avantage de l'aventure dans laquelle L'Ascension de Skywalker essaye de nous embarquer. Celle-ci se déroule environ un an après la fin des Derniers Jedi et met en scène les héros de la Résistance - Rey, Poe, Finn, et Chewbacca - dans leur quête pour libérer la galaxie de l'oppression du Premier Ordre et de l'Empereur. Derrière l'extrême simplicité du conflit qui lui sert de toile de fond, le film nous invite plus intimement à suivre la suite et la fin du récit de Rey, la jeune héroïne de Jakku qui, devenue pupille de Leia, se trouve encore bouleversée par les événements et les révélations du film précédent.

On aura du mal à ne nier : le film est généreux dans tout ce qu'il propose, mais cette générosité semble mal calibrée, presque obèse. En d'autres mots, L'Ascension de Skywalker part dans tous les sens. Ce trop-plein se manifeste par exemple par tout un pan de l'histoire tournant autour de l'enfance de Rey et d'un personnage à retrouver qui sent le palimpseste à plein nez. De manière générale, tout ce qui tourne autour des deux brefs flashbacks du film paraissent fort mal amenés (l'un d'eux présentant en plus de très vilains effets visuels). On ne sait pas non plus quoi penser de l'étrange et (un peu) malaisant triangle amoureux qui semble avoir éclos au sein des héros entre l'Episode VIII et l'Episode IX.

À sa décharge, J.J. Abrams réussit en revanche l'exploit de donner au spectateur l'impression d'être - une fois passé l'amorce du film - continuellement propulsé en vitesse lumière ; L'Ascension de Skywalker est, de fait, bien mieux rythmé que son prédécesseur, ne serait-ce parce qu'on évite une nouvelle digression à la Canto Bight qui avait empâté Les Derniers Jedi. Non pas que le film soit pour autant exempt de facilités ou d'incohérences, on a juste pas le temps de s'y attarder sur le moment, tant les choses s'enchaînent. On voit d'autant moins le temps passer que L'Ascension de Skywalker propose par ailleurs une brochette assez variée de planètes à découvrir (ou à redécouvrir), même si - une fois encore - Lucasfilm a tendance à surexposer les plus banales d'entre elles, à l'instar de l'aride Pasaaana et de la planète-jungle où la Résistance s'est retranchée.

Ces différentes planètes servent de décors et de paysages à quelques beaux moments d'action, comme la course-poursuite sur Pasaanna ou le duel entre Kylo et Rey sur Kef Bir, la lune océanique d'Endor. Ce duel, en particulier, marque un retrait de la musique pendant peut-être un gros tiers voire la moitié du combat, l'affrontement se déroulant alors avec le seul bruissement des vagues en fond sonore. C'est assez intéressant car, pour parler un moment de la musique, il faut bien reconnaître que John Williams semble avoir décidément fait le tour de Star Wars, si bien qu'il nous a semblé passer la moitié du film à réentendre d'anciens morceaux de trilogie ou de la saga, et que les très rares moments sonnant vraiment neufs sont relégués à la toute fin du film.

Parmi les genres de morceaux que l'on entendra dans le film, le thème des différents personnages interviendra bien entendu plusieurs fois pour souligner les moments les plus forts ou intenses de cet Episode IX. Deux d'entre eux - Rey et Kylo Ren, magistralement incarnés par Daisy Ridley et Adam Driver, - sont tout particulièrement au coeur du dernier film de la saga, et il faut bien avouer que J.J. Abrams a pris le parti osé de les faire évoluer chacun d'une manière qui risque d'être sérieusement au centre des discussions à venir concernant le film.

Un peu moins mis en avant, le reste du casting principal de la trilogie, Poe, Finn et Chewbacca, est plutôt bien géré et bien amené par le film, quoique non sans quelques malaises (le fameux triangle amoureux) ou quelque frayeurs auxquels personne de sensé n'acceptera de bien vouloir croire. Même C-3PO, incarné par l'indéboulonnable Anthony Daniels (unique acteur à être apparu dans tous les films Star Wars) gagne du poil de la bête et participe activement à la quête des héros au lieu d'être une fois de plus cantonné à un rôle d'arrière-plan (que BB-8 et R2-D2 continuent d'occuper, cependant). On notera au passage que l'humour du film est bien mieux dosé cette fois, et reprend plutôt la formule du Réveil de la Force que les déroutants modernismes à la Marvel des Derniers Jedi.

Décédée en décembre 2016, Carrie Fisher se trouve elle-aussi à l'affiche de L'Ascension de Skywalker, des images de Leia datant du tournage du Réveil de la Force ayant été remployées pour l'Episode IX. Bien que qu'elle ne soit pas beaucoup présente dans le film, et bien que ce remploi reste assez visible, il s'agit sans doute encore de la manière la plus respectueuse de rendre hommage et de clore l'histoire de la Princesse d'Alderaan. Son rôle - aussi mince soit-il - est de toute façon suffisamment important dans L'Ascension de Skywalker pour justifier a posteriori tout ce qu'a traversé le personnage dans Les Derniers Jedi. Autre vétéran de la saga, Billy Dee Williams est lui aussi de retour dans le rôle du suave Lando Calrissian ; comme pour Leia, on ne voit pas tant que ça le personnage finalement, si bien que son rôle eût facilement pu être celui d'un tout autre personnage qu'on n'y aurait vu que du feu.

Du côté des nouveaux personnages secondaires, on en retrouve surtout trois à l'écran de l'Episode IX : Zorii Bliss, une chef de gang opérant sur Kijimi (interprétée par Keri Russel), Jannah la meneuse d'une petite troupe d'anciens Stormtroopers réfugiée sur Kef Bir (interprétée par Naomi Ackie), ainsi que le Général Pryde du Premier Ordre (interprété par Richard E. Grant). De ce groupe, c'est sans doute Jannah qu'on oubliera le plus vite, le personnage donnant essentiellement l'impression d'être une Finn-bis ; quant à Zorii et Pryde, ils donnent lieu à de savoureuses et cocasses situations, notamment en agissant avec les personnages qui leur sont associés, respectivement Poe et Hux.

Annoncé de longue date au casting, Dominic Monaghan campe pour sa part un personnage très mineur du film qui se contente d'avoir deux ou trois répliques, à l'instar de Rose et de Connix (jouée par Billie Lourd, la fille de Carrie Fisher). Lupita Nyong'o est aussi de retour dans le rôle Maz Kanata, avec cette fois des interventions plus intéressantes et dignes que son caméo un peu ridicule des Derniers Jedi. Enfin, en parlant de caméos - et sans rien en divulguer - on se contentera de dire qu'il y en aura définitivement pour tout le monde et pour chaque type de fan.

Si aucun faux pas majeur n'est donc à signaler du côté du casting (contrairement, par exemple, à quelques-uns des intervenants de The Mandalorian), on ressort pour l'essentiel de L'Ascension de Skywalker avec la bonne performance des têtes d'affiche en tête et finalement assez peu de chose en dehors. Aucune révélation ne viendra crever l'écran à la manière du jeune et flamboyant Lando campé par Donald Glover dans Solo : A Star Wars Story, ce qui n'est pas forcément un mal puisqu'on s'en retrouve - de fait - d'autant plus investi dans l'histoire de Rey et la quête de Kylo Ren.

Enfin, malgré son début assez poussif et les quelques exubérances manifestées par le film en cours de route, il nous faut indéniablement reconnaître que la conclusion du film est assez belle, à sa manière. Même si - fatalement - tout le monde ne sera pas d'accord avec les choix scénaristiques opérés par J.J. Abrams, la fin du de l'Episode IX porte en elle cette sensation d'accomplissement qu'on ne retrouve qu'au terme des longs voyages. Ce final est lui-même porté par un troisième acte assez fort et ponctué de quelques surprise (dont une très grosse révélation en milieu de film) et débordant d'effets de miroirs narratifs avec le reste de la saga qui sont autant de rimes à l'ensemble des opus précédents et de mises en abymes du caractère cyclique de Star Wars.

Un final émouvant et doux-amer, donc - comment pourrait-il en être autrement ? - mais qui ne dissipe pas pour autant l'impression tenace et bien désagréable que cette trilogie semble avoir été à moitié improvisée sur le fil entre chaque film. C'est un constat que l'on pouvait déjà faire à la fin des Derniers Jedi et que L'Ascension de Skywalker ne fait malheureusement que confirmer : cette nouvelle trilogie manque clairement de cohérence, de vision d'ensemble. Que l'on ait eu des réalisateurs différents n'est pas si grave - c'était après tout déjà le cas de la Trilogie Originale - m'enfin les six opus précédents avaient au moins le mérite d'être liés par une vision commune, celle de George Lucas en l'occurrence.

Cette trilogie-ci ressemble donc au bout du compte à un luxueux cadavre exquis, un bariolement cinématographique haut de gamme, bizarrement assemblé en dessous d'une surface bien léchée. En ce sens, on ne peut que déplorer la planification désastreuse et la cadence effrénée de production soutenue par Disney qui, à mesure d'un nouvel épisode tous les deux ans, semble avoir autant entamé l'aura de la saga que le talent de ses maîtres d'oeuvre et l'engouement des fans.

Voilà donc ce que l'on peut tirer de L'Ascension de Skywalker : lent et pénible au démarrage, et malgré ses inévitables défauts et des choix forcément discutables, l'Episode IX clôt en grande pompe - et du mieux qu'il peut - une trilogie assez disparate et une saga historique.

Le second Star Wars de J.J. Abrams ne manquera pas pour autant de faire grincer beaucoup de dents pour sa grosse révélation et son dénouement, mais il faut aussi savoir en reconnaître la poésie manifeste et concéder - en soupirant un peu quand-même - qu'aucune fin n'aurait pu être consensuelle.

N'hésitez pas, bien entendu, à nous faire part de vos propres impressions et retours sur le film dans les commentaires. :)

Vous pouvez retrouver par ici l'intégralité de nos actualités sur l'Episode IX.



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A propos de l'auteur : Night Alchemist

Né en 1991, rédacteur actu depuis début 2013 et apôtre des musiques Hard rock sur le site depuis toujours, je suis de la génération ayant grandi avec la Prélogie Star Wars, la trilogie du Seigneur des Anneaux et Harry Potter.

Doté d'un sens de l'humour aussi légendaire que douteux, passionné d'art, d'histoire ancienne, de SF et de fantasie, j'officie sur l'Holonet en qualité de newseur généraliste. J'aime aussi beaucoup les pandas et la couleur jaune ^_^ ...




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Cette actualité fait partie du minisite Star Wars Episode IX : Toutes les dernières infos sur Star Wars Episode IX : scénario, photos, vidéos, tournage, histoire, casting, fiches encyclopédiques.

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