Star Wars 9 : La critique de Dark Sekot

News postée par Dark Sekot le 22/12/2019 à 18h46 (lue 32 089 fois)
Message d'avertissement : cette actualité contient des spoilers.

Un spoiler est une information qui dévoile tout ou partie de l'intrigue, et qui pourrait vous gâcher le plaisir de la découverte.

Il y a un petit film qui est sorti cette semaine, vous en avez entendu parler ? Un certain Episode IX, intitulé L'Ascension de Skywalker. L'ayant visionné, je cède à la tradition des fansites en vous livrant ma critique, sans spoiler pour commencer.

 

En quelques mots.

Pour celles et ceux qui ne souhaitent pas s'infliger ma prose pendant un temps trop long (mais que faites-vous sur HoloNet ??), voici la version courte. À mes yeux, aucun Star Wars n'est ce que je pourrais qualifier de grand film. De grands divertissements ? Oui, indéniablement. Compréhensible par tous ? Naturellement, c'était l'intention initiale de Lucas. Des films à la réalisation novatrice ? Non, clairement pas : structure classique, manichéisme prononcé, dialogues standards, faible variation dans les plans… Des films bien joués ? Assez peu, certains acteurs surnagent de façon évidente dans des castings déséquilibrés. Mais ils se connectent de façon éclatante à un univers suggéré comme immense, et là est leur qualité.

À cet égard, l'Episode IX est un vrai Star Wars : on en prend plein les yeux, les liens avec les autres films et des événements inconnus sont innombrables, le méchant est très méchant, certains acteurs sont excellents quand d'autres sont bien plus discutables, et la complexité de l'intrigue ne vole pas très haut. En fait, J.J. Abrams a été généreux, beaucoup trop. Et il en met tellement que c'en est indigeste. Pour la deuxième fois, j'ai été soulagé qu'un film estampillé Star Wars s'achève. Mais là où j'étais content d'arrêter le naufrage de Solo, j'ai plutôt ressenti le soulagement d'une respiration profonde après une course. « Enfin, de la tranquillité ». Car il y en a trop, on est surchargé, submergé. Pourtant, je suis persuadé qu'en faire deux films, ou simplement ajouter 30 minutes, en aurait fait un très bon Star Wars et un très bon film.

L'image que j'ai en tête, c'est qu'Abrams a voulu à tout prix exprimer son attachement à la saga (je n'ai à aucun moment senti une tentative de rattraper l'épisode précédent, que j'ai d'ailleurs bien aimé) mais au point de gâcher ses propres efforts. C'est l'amoureux maladroit qui se précipite pour plaire à son amour (qui l'ignore encore) et finit par lui renverser le café sur les genoux.

Passons aux détails.

 

La réalisation

En termes de réalisation, le film tranche avec le style assez standard de Lucas, avec le côté plus intimiste des Derniers Jedi, on retrouve la fameuse « patte à J.J. » (si vous avez la référence, bravo, sinon, je vous encourage à la chercher). L'action reste fluide, lisible, sans shaky cam excessive, et il s'est même calmé sur les lens flare, ce qui rend l'image sympathique.

Par contre, je n'ai relevé aucun plan particulièrement beau ou impressionnant, comme pouvait l'être la manoeuvre de Holdo, l'introduction de la Revanche des Sith ou l'ombre de l'Executor qui éclipse les déjà énormes destroyers stellaires. Peut-être à cause du rythme (voir plus loin), peut-être parce qu'Abrams cherche avant tout à faire avancer une histoire plutôt qu'à la raconter. En fin de compte, les scènes les plus belles sont toutes dans les bandes-annonces. Dommage, mais c'est une constante chez ce réalisateur : aussi bons soient-ils, ses Star Trek ou Super 8 ne sont pas réputés pour leur beauté.

 

Le jeu d'acteur

Fidèle au reste de la saga : il est inégal. Comme dans le film précédent, Daisy Ridley et Adam Driver sont excellents, ils portent d'ailleurs le film. Leurs émotions, leurs doutes et leur résolution sont bien interprétés, c'est un plaisir car l'intrigue se centre vraiment sur ces personnages, suivant en cela l'évolution amorcée par Les Derniers Jedi. L'interprète (« Interprète ! Cuillère ! » du général Pryde est épatant, au point de regretter de le découvrir ici pour la première fois.

John Boyega fait des progrès, mais il souffre de la comparaison avec Daisy Ridley et, bien plus encore, d'Oscar Isaac qui est toujours aussi bon, film après film. Ian McDarmid semble cabotin, mais j'attribue ce défaut à l'écriture du personnage. Anthony Daniels livre peut-être sa meilleure prestation (avec Le Retour du Jedi). Billy Dee Williams n'est pas convaincant, et Carrie Fisher ayant eu droit à des recyclages de scènes, je ne sais pas trop à quoi attribuer la médiocrité (à mes yeux) de ses scènes. Enfin, Domhall Gleeson se débrouille comme il peut dans un rôle décidément mauvais.

 

Le rythme

LE défaut du film, même si le scénario n'est pas en reste. Comme je le disais plus tôt, il y en a bien trop en trop peu de temps. On ne souffle jamais, il n'y a pas de temps mort… et c'est bien le problème. Tout va tellement vite que les enjeux ne prennent pas, l'émotion ne fonctionne pas et rien n'est impressionnant puisqu'il n'y a quasiment aucun plan qui semble durer plus de deux secondes. Pour la même raison, on ne peut s'attacher aux personnages et seule leur ancienneté dans la saga (bravo une ancienneté minime) le permet. De la même façon, la nostalgie des séquences hommages ne marche pas car on enchaîne immédiatement sur quelque chose d'autre.

En conséquence, on doit poser le cerveau et on obtient le Star Wars le plus abêtissant de la saga. Non en raison d'une histoire simpliste (encore que…), simplement parce c'est impossible de s'y impliquer. D'ailleurs, à ce propos, parlons…

 

… du scénario

En évitant les spoilers, il faut dire que l'histoire est très fournie. Cohérente ? Pas forcément, et c'est bien dommage. Simpliste ? Pas vraiment, mais la volonté d'inclure certains éléments à tout prix donne une forte impression de deus ex machina à répétition (exemple : l'élément déclencheur du film, dès le texte d'introduction). Les romans autour des films vont, pour une fois, être indispensables car L'Ascension de Skywalker pose ses bases dans un contexte très différent de la fin des Derniers Jedi, sans même que les personnages fassent référence à ce temps passé, et certaines actions sont si accélérées qu'il en manque de grosses parties. Impossible d'en dire davantage sans spoiler, mais vous devez avoir saisi l'idée.

Un gros « peut mieux faire ».

À partir d'ici, j'aborderai des éléments de l'intrigue, clés ou non, pour en critiquer la pertinence, on entre donc dans la section Spoiler. Vous êtes donc prévenus et vous exposez à la suite à vos risques et périls. Prêt(e)s ?

C'est parti !

Il est temps de passer en revue les points du film, au niveau de l'interprétation comme du script, pour relever les points forts et les points faibles du film, qui ont conduit à mon avis final. Attention, je ne suis pas l'ordre chronologique mais celui de mes idées.

 

Ce qui est bien vu

  • La douleur de Chewbacca. Enfin, notre Wookie préféré a droit à son instant d'émotion, et l'exprime vocalement et physiquement. Voilà qui change de ses colères, et on le voit souffrir de la perte du dernier membre de sa famille d'adoption en apprenant le décès de Leia. D'ailleurs, je serais curieux de savoir ce qu'il est advenu de sa véritable famille. On voit également une relation saine entre lui, Poe et Finn qui se « moquent » de son âge pour excuser leurs défaites à répétition au dejarik. Dommage que ce soit cantonné à une unique scène, de la même manière que sa fureur à la mort de Han n'avait duré que quelques minutes.
  • La relation de Poe et Zorii Bliss. On sent bien qu'il ne reste qu'une amitié teintée de jeu, et que les bravades séductrices de Poe ne sont que cela, des bravades, car il sait lui-même où ils en sont. Je trouve qu'une amitié sans romance est bienvenue, et le soulagement de Poe en apprenant sa survie (grâce au pouvoir du script, il faut l'avouer) est bien interprété.
  • La quasi-destruction de la Résistance. Au bord du gouffre à la fin des Derniers Jedi, il n'est pas étonnant qu'elle soit parvenue à se reconstituer (voir plus loin), son baroud d'honneur sous l'impulsion de Poe manque de virer à la catastrophe, pire encore qu'à Endor dans Le Retour du Jedi. Voilà qui rend l'arrivée de la cavalerie plus impactante, et en plus l'enjeu repose entièrement sur les épaules d'Oscar Isaac qui incarne parfaitement la désillusion face à un ennemi trop fort, là où les Rebelles d'Endor gardaient espoir.
  • L'espoir et le désespoir. Je n'honore pas ici la manière dont c'est fait (excessif dans les deux cas), mais l'idée. Confier un ascenseur émotionnel à une faction entière, c'est osé, et j'apprécie de voir comme leur espoir peut les galvaniser et les pousser dans une situation de désespoir (jusqu'à l'irruption des renforts, bien sûr).
  • Pryde et Hux. Le duo fonctionne à merveille. Même si on ignore d'où sort Pryde quand Hux était censé être à la tête des forces armées du Premier Ordre (oui, c'est dans Resistance Reborn apparemment, mais je me pose en spectateur uniquement). Chacun des personnages a sa mentalité propre, ses motivations. Le retournement de Hux, s'il est peu crédible, est parfaitement compréhensible, et la compétence et la dureté de Pryde rayonnent quand il le lui fait payer sans avertissement. Tous deux connaissent d'ailleurs leur fin sur la passerelle, encore que le vétéran a, lui, le droit de passer à travers la verrière dans un remake adroit de la destruction de l'Executor.
  • La sensibilité à la Force de Finn. Le message des Derniers Jedi était, entre autres, la Force peut être partout. Et il est évident que Finn y est sensible, en atteste sa réaction aux problèmes de Rey, ce qui justifie a postériori leur lien. Il est d'ailleurs fort possible que ce soit ce qu'il tente de lui dire. Accessoirement, c'est peut-être un pied de nez à ceux qui se plaignaient que Finn utilise un sabre laser dans Le Réveil de la Force sans être un Jedi en puissance.
  • L'évolution de Poe. Elle est passée sous silence mais visible. Toujours tête brulée mais conscient de ses limites et de ses responsabilités, on sent qu'il a pris du plomb dans la tête depuis ses erreurs à D'Qar et à bord du Raddus. Il est même prêt à endosser la responsabilité du commandement malgré son côté impulsif et ses expériences passées, qu'il ne refuse pas. C'est également le principal vecteur d'un humour bien dosé, là où il amenait un humour lourd dans le précédent opus.
  • La réinterprétation forcée de la prophétie de l'Élu. Ce n'est dit nulle part, mais la mort de Palpatine ayant été reportée, Anakin n'a pas réellement détruit les Sith lui-même. Est-ce sa lignée qui était l'Élue ? Est-ce lui, en tant que fondateur de cette lignée ? Je parie sur de longues discussions, parfois peu courtoise, sur Internet.
  • Rose. Si vous avez lu ma critique des Derniers Jedi, vous serez surpris. Et pourtant. Rose a bien évolué, et elle a été reléguée à l'arrière-plan. Certains le prendront comme une preuve que ce personnage ne servait à rien (si, mais seulement à un moment donné), ou qu'Abrams ne voulait pas s'encombrer des restes de Johnson (faux, énormément de choses découlent de l'opus précédent), pour moi c'est simplement qu'elle reprend sa place initiale. Tous les personnages n'ont pas vocation à attirer la lumière. Et, surtout, sa romance mièvre avec Finn a disparu, alléluia !

 

Ce qui est bien utilisé

  • La dyade de Force. Ce concept introduit dans Les Derniers Jedi montre ici tout son potentiel. On sentait déjà qu'ils pouvaient se toucher, sans voir les alentours, que la pluie du côté de Rey avait mouillé Kylo Ren… leur puissance se renforçant, leur lien aussi, même s'il est surprenant qu'ils aient ces échanges après un an. Leurs discussions, leur duel, les échanges d'objets, la puissance de leur lien, tout ceci monte progressivement en puissance pour servir l'histoire et l'action. Le passage de sabre laser, c'est brillant, la scène qui m'a le plus enthousiasmé du film. L'utilisation de ce lien par Palpatine est relativement habile. Une seule question : est-ce Snoke (ou Palpatine) qui les a mis en relation ou la Force ?
  • La mort de Snoke. La présence de clones sur Exegol montre bien qu'il s'agit d'une marionnette pour le plus puissant des Sith, et il semble que Leia savait qui se cachait derrière Snoke (mais alors pourquoi faire enquêter sur la survie de Palpatine ?). Mais, malgré cette incohérence, Abrams utilise correctement ce twist de Johnson qui a déstabilisé une grande partie des fans ainsi que, probablement, ses propres projets.
  • La manoeuvre Holdo. Ce n'est qu'une référence orale de Beaumont, et une utilisation visible en orbite de la lune forestière d'Endor dans les scènes de fête finales, mais Abrams intègre là cet événement choquant (pour les fans comme pour les personnages) en lui donnant un côté légendaire et confirmant son côté exceptionnel (comme pour contrer les critiques à son encontre).

 

Ce qui mal exploité

  • Le retour de Lando. Fan-service numéro 1 et rien d'autre. Primo, lui ou un autre, ça ne changerait rien. Secundo, désolé mais c'est mal joué. Tous les acteurs ne sont pas égaux avec la vieillesse, n'est pas Tom Hanks qui veut.
  • L'expédition de Lando et Chewbacca pour réunir une flotte. Une bonne idée, avec un résultat impressionnant, mais qui aurait pu ajouter tellement de tension et d'émotion à ce film. En supprimant certains plans sans intérêt de la bataille d'Exegol, il aurait été possible de montrer leurs efforts pour convaincre des interlocuteurs réticents, accentuant le désespoir ambiant, puis un changement d'attitude après Kijimi et plus rien jusqu'à l'irruption de la flotte. Soit-dit en passant, cette flotte (qui inclut le Ghost) a très peu de chance d'être intacte et de ne pas s'auto-télescoper à l'arrivée avec une telle densité.
  • La fausse mort de Chewbacca. La faute au rythme, on est surpris mais sans avoir le temps d'intégrer le choc puisque les personnages repassent immédiatement à l'action et le premier temps de répit nous montre le Wookie en pleine forme.
  • Le sacrifice de C-3PO. Moment émouvant (du moins, il le serait si le film n'était aussi précipité), il est complètement saboté par la sauvegarde que possède R2. Quel est l'intérêt d'un sacrifice s'il ne coûte rien, si ce n'est quelques jours de mémoire ?
  • Les Sith. On voit une force immense, des milliers d'adeptes, des troupes et des équipages pour des centaines voire des milliers de destroyers. Et ? Bah rien. Rien du tout. La mort de Palpatine les balaye. Les destroyers tombent comme des mouches. Ils ne servent à rien. Un ressort puissant mais inutilisé.
  • Les spectres de Force. L'influence par la sagesse était bien suffisante, pourquoi les faire interagir physiquement avec le monde matériel ? Je trouve ça dommage, comme si les scénaristes n'avaient pas trouvé le bon moyen de s'en servir simplement et avaient choisi de s'en servir facilement.
  • Le retour de Han. Une bonne idée de refaire surgir le fantôme du père assassiné, mais il aurait été agréable que Harrison Ford ait l'air impliqué et convaincu. Heureusement qu'Adam Driver joue bien. On est quand même loin de la qualité de leur interaction dans Le Réveil de la Force.
  • Les scènes de Carrie Fisher. Primo, je trouve qu'elle fait (faisait) partie de ceux qui jouent mal dans cette trilogie. Je n'y crois à aucun moment. Alors, réutiliser des scènes tournées dans une autre optique, ça ne fait qu'accentuer l'impression de décalage. Et l'insistance sur son linceul, c'est un hommage mais un hommage maladroit, étouffant au lieu d'être subtil. Son sacrifice est presque inutile, et la disparition de Ben m'a bien plus touché.

 

Ce qu'on peut déplorer

  • La filiation de Rey. Tant de monde voulait qu'elle descende d'un personnage connu. Pourquoi fallait-il absolument briser le message selon lequel la Force pouvait être partout ? D'autant que, pour rappel, Anakin n'est le fils d'aucun personnage célèbre in-universe. Elle pouvait simplement être la cible de Palpatine sans que cela change quoi que ce soit à l'intrigue, aux enjeux, au dénouement. Sa confusion aurait pu alors venir du fait que les Sith se soient intéressés à elle, tandis que les Jedi l'ont ignorée.
  • Le bisou. Meilleur moment du film pour les fans de Reylo, j'ai trouvé qu'il ne servait à rien. Le soulagement de leurs retrouvailles était intensément exprimé dans leur étreinte. Pur fan-service sans intérêt puisque Rey n'a ensuite aucun mot à son égard, quelle preuve d'amour !
  • L'histoire du sabre de Leia. Elle est dépeinte comme une véritable machine de guerre (en quelques jours seulement, si on s'en réfère aux romans et au guide visuel) qui abandonne totalement la Force (au point de savoir à peine l'utiliser dans Liens du Sang). Et pourquoi Luke aurait-il emporté ce sabre ? Tous les sabres laser de cette trilogie ont-ils vocation à connaître des périples incohérents et inexplicables ?
  • Les cordes scénaristiques. Kylo Ren indemne après l'explosion de son chasseur (qu'il aura utilisé comme un imbécile), la stratégie du Dernier Ordre, la survie de Zorii Bliss, la chance inouïe de tomber dans les bons sables mouvants… ce ne sont pas des ficelles à ce niveau-là.
  • Le design de Palpatine. Pourquoi le Palpatine de 1983 est-il le plus réussi de tous ? C'est incroyable, il est aussi moche que celui de La Revanche des Sith, on le croirait en plastique.
  • La flotte innombrable. C'était déjà bancal dans Le Retour du Jedi, mais on comprenait que Palpatine voulait bloquer les Rebelles pour les anéantir avec son Étoile de la Mort, alors ça passait. Et ce n'étaient que deux douzaines de destroyers (environ). Ici, Palpatine se moque éperdument de piéger ses adversaires, alors pourquoi ne pas tirer à volonté ? Pourquoi tout faire reposer sur une seule antenne ? Ils n'apprennent jamais rien dans cette galaxie ? D'accord, la puissance de Palpatine en action, qui anéantit la Résistance (provisoirement) est impressionnante mais à un tel point qu'on dirait une exagération de jeu vidéo… Rien ne va dans cette flotte. Comment croire une seconde qu'il l'offrirait à quelqu'un quand il s'est débrouillé pour manipuler la galaxie pendant 30 ans et qu'il possède une flotte plus grande que celle du maître actuel de la dite galaxie ?
  • Le rôle de Suprême Leader. Tout le monde a oublié ce titre ? À l'exception d'une seule et unique scène, Kylo Ren est seul, sans véritable support, avec un seul vaisseau qui préfère obéir à Palpatine. Les forces de l'opus précédent représentaient l'intégralité du Premier Ordre ?
  • Les duels en ctrl+C / ctrl+V. Certes, ils sont bien chorégraphiés… mais ils sont tous identiques ou peu s'en faut. À bord du Steadfast, sur la lune océanique ou sur Exegol, on dirait des reprises.
  • La reconstruction de la Résistance. Le dernier film s'est conclu sur un « nous sommes seuls », et on découvre une Résistance plutôt en forme. D'accord, certains étaient alors à distance, comme Temmin Wexley, mais pas autant ! Il est logique qu'ils se soient reconstruits, sauf quand Poe rappelle que personne n'a répondu à leur message d'espoir. Où ont-ils donc recruté ?
  • L'introduction. Je parle du texte défilant. Ça sort de nulle part, sans le moindre indice dans les films précédents, Kylo Ren oublie lui-même qu'il est Suprême Leader, et on dit que Leia fait enquêter sur les rumeurs quand il est dit plus tard, dans le film, qu'elle savait déjà pour Palpatine. C'était pour occuper ses amis ?
  • Le ricochet supraluminique. Bon, là, c'est un désaccord de principe sur l'utilisation de l'hyperespace par Abrams. Toutes les sources précisent qu'il est impossible de sauter à proximité d'une planète mais là, pas de problème. C'est juste du fan-service pour montrer des mondes familiers, rien de plus. Et c'est un type de poursuite totalement improbable (comment peuvent-ils le suivre vu l'intrigue du film précédent ?).
  • Le cadre temporel. 16h pour faire tout ça ? Sérieusement ?
  • L'espoir inexploité du précédent film. Les Derniers Jedi s'achevait sur l'omniprésence de la Force, et un enfant qui rêvait aux étoiles. Rien de tout cela ici, pas même dans la conclusion. J'ai le sentiment que cette scène aurait bien mieux conclut la saga.
  • La énième scène cantina. Trop, c'est trop. Tous les films, et même The Mandalorian, y ont droit. C'est un ras-le-bol.

Dernier point, la fin. La mort de Ben, je n'y croyais pas mais elle est bien faite, bien plus émouvante que celle de Leia en réalité. Je pensais vraiment qu'ils allaient repartir à deux, surtout après avoir survécu à Palpatine. Les célébrations sont en revanche bien trop longues (plus de sobriété dans Le Retour du Jedi), et le retour sur Tatooine fait, lui, référence à la fin de la Revanche des Sith ainsi qu'au commencement de l'aventure en 1977.

J'ai vu beaucoup de monde dire que ça conclut la saga, mais je n'ai pas eu cette sensation. Je l'ai ressenti à la fin du Seigneur des Anneaux (et ça me bouleverse toujours que cette trilogie ne fasse que trois films). Je l'ai ressenti à la fin de la Revanche des Sith. Mais ici ? Rien, néant. Aucune impression de conclusion, que les personnages ont accompli leur devoir. Au contraire, il semble que tout est possible, pour eux comme pour la galaxie, et ceci n'est pas une conclusion. À moins que ce soit précisément ça, le tour de force : mettre un terme aux Skywalker sans boucler la saga elle-même.

Voilà qui conclut mon analyse de ce film, plein de promesses et de bonnes idées, de défauts également, mais emplis de trop de maladresses pour s'inscrire parmi les meilleurs Star Wars dès le premier visionnage. Peut-être que les répétitions lui feront du bien.

Ah, et celui qui voit le lien avec The Mandalorian, qu'il me le dise !



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A propos de l'auteur : Dark Sekot

Né en 1989, émerveillé par Star Wars avant la sortie de l'épisode I, je n'ai plongé dans l'Univers Etendu que bien plus tard, avec les romans X-Wing et la V5 d'Holonet. La profondeur de cet UE insoupçonné et les LEGO associés ont eu un effet de fascination immédiat.

En 2007, un esprit suicidaire et l'envie de ne pas voir quelqu'un d'autre traiter les sujets qui me passionnent m'ont conduit à devenir Chasseur de Primes Holonet (rédacteur). Aujourd'hui, je partage mon temps libre entre le sport, les fiches (sur la Force, les guerres ou à rallonge) et le suivi des nouveaux rédacteurs.




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