Star Wars 9 : La presse francophone plutôt divisée

News écrite par le 23/12/2019 à 16h39 (lue 28 443 fois)

Sorti en France mercredi dernier, L'Ascension de Skywalker provoque encore de nombreux débats et discussions plus ou moins animées entre fans, cinéphiles et autres spectateurs moins investis dans la saga.

Afin de rajouter un peu de grain à moudre à tout cela, nous vous proposons de découvrir ci-dessous une petite sélection - sans spoilers - des différents avis et des critiques de la presse française, en complément à nos propres ressentis sur l'Episode IX.

Tout comme notre revue de presse sur Solo, l'an passé, nous commencerons par les avis les plus enthousiastes pour passer ensuite aux critiques les plus ... désappointées. :)

Comme promis, faisant d'abord le tour des critiques positives :

Le pari paraissait presque impossible. J.J. Abrams l'a gagné : « l'Ascension de Skywalker », neuvième et ultime épisode de « Star Wars », ne déçoit pas et en met plein les yeux.

(...) le film a l'intelligence de ne jamais lâcher un fil conducteur amorcé dès l'épisode VII : l'opposition singulière, en forme d'amour-haine, entre Rey et Kylo Ren. On vibre à chacun de leurs combats, à chaque tentative de rapprochement, magnifiés par les interprétations éblouissantes de Daisy Ridley et Adam Driver qui maîtrisent mieux que jamais leurs personnages au bout de trois films.

Surtout, J.J. Abrams a eu des idées épatantes pour multiplier les surprises : « l'Ascension de Skywalker » est un film qui fait mourir les vivants et revivre les morts. Des résurrections qui ne concernent pas seulement certains personnages, mais aussi leurs droïdes, leurs sabres laser, leurs combats et alliances passées. Quelle émotion !

Le neuvième épisode de « La guerre des étoiles » est à la hauteur des attentes. « L'Ascension de Skywalker » conclut la plus passionnante des sagas de cinéma, dans un déluge d'action et de grands sentiments.

La tension ne retombe jamais, l'action ne faiblit pas, les rebondissements abondent. Ce Space Opera se déploie dans l'espace étoilé de galaxies lointaines, sur des planètes étranges, hostiles ou familières, et au coeur de grottes mystiques au centre de la terre. Mention spéciale à une phénoménale aventure en mer face à d'immenses vagues déchaînées.

C'est cette dimension spirituelle qui donne son souffle à une saga pétrie de valeurs morales qui ose les grands sentiments. Star Wars pose, de façon souvent simpliste, mais avec pertinence, d'éternelles questions. Celles de la filiation et de l'amour familial, du pouvoir et de la droiture, de la loyauté et du sacrifice. Symboliquement, si les batailles se livrent sur des terrains élevés, dans le ciel intergalactique, ce sont dans des espaces fermés et souterrains, cavernes ou grottes, que la vérité de chacun se révèle.

L'intrigue de Star Wars IX est concentrée dans un compte à rebours de 16 heures, toujours dans la galaxie très très lointaine. Elle possède peu de temps morts, mais surtout des rebondissements, des moments d'émotions et des surprises. Sans en dire plus, J.J. Abrams fait plusieurs épisodes Star Wars dans un seul film.

C'est un récit sombre, dramatique, mais aussi magnifique et plein d'espoir que signe ici J.J. Abrams. (...) C'est un voyage dans le passé de la saga, qui mise sur l'émotion et le caractère épique. Vous aurez souvent les larmes aux yeux, car il y a peu de moments comiques. Les personnages drôles ont en effet disparus.

Le réalisateur des Derniers Jedi, Rian Johnson, avait été copieusement (et injustement) critiqué après avoir voulu se différencier par ses choix. J.J. Abrams signe lui une conclusion satisfaisante, spectaculaire et respectueuse des 9 épisodes. Un film surprenant par ses révélations et touchant par l'émotion qu'il transmet.

Dès les premières secondes, pas de doute, on est bien devant un Star Wars. Un divertissement haut de gamme qui nous prend aux tripes dès les premières notes de l'épique musique de John Williams - qui n'a pas pris une ride - jusqu'au final en apothéose. Sans rien divulgacher, sachez que ce final est certainement l'un des meilleurs tout épisode confondu, si ce n'est le meilleur.

Le film opte pour un ton résolument différent de l'épisode 8. Sous la direction de J.J. Abrams, c'est une avalanche de scènes d'action, d'effets spéciaux et de lumière dans tous les sens qui nous attendent, le tout servi avec des transitions aux petits oignons.

(...) cet ultime volet rétablit l'équilibre dans la trilogie, et même sur l'ensemble de la saga. Star Wars : L'Ascension de Skywalker est bourré de révélations, de clins d'oeil et nous gratifie d'une conclusion parfaite à la saga. Quelques ombres viennent à peine noircir ce tableau, à commencer par de l'action à n'en plus finir. (...) En bref, un divertissement haut de gamme pour petits et grands, geek ou non, et surtout, la fin d'une saga qui aura marqué 42 ans d'histoire cinématographique. Un des épisodes majeurs de Star Wars.

Retour aux fondamentaux avec cette Ascension de Skywalker moins opératique, moins déstabilisante, plus canonique et plus sombre sans que ça ne l'empêche d'être trépidante.

Narration fluide, savoureux bestiaire, séquence finale épique, quelques révélations (dont une qui concurrence le fameux « Je suis ton père »)… Bref, du grand spectacle.

J. J. Abrams n'ouvre pas de nouveaux horizons. Il referme la saga en préservant notre âme d'enfant. Il sait sans doute que la frustration, justifiée ou non, laissera forcément place à l'émotion. La nostalgie est à son comble dans les derniers plans (...). La boucle est bouclée. Vive Skywalker !

Voici un aperçu des avis plutôt nuancés ou en demi-teinte :

La troisième trilogie Star Wars s'achève sur un épisode roboratif quelque peu indigeste, mais ponctué de vrais moments de grâce.

Abrams opère un retour aux sources raccord avec son imagier spielbergien, soucieux qu'il est de ménager les héros de son enfance (et de ménager l'enfance tout court, de 7 à 77 ans). Un retour aux sources raccord, surtout, avec les caprices des fans. Un recadrage, en somme, forcément régressif.

Quelque peu embarrassé par la nécessité de laisser le moins de questions en suspens, final oblige, le réalisateur ne retrouve jamais tout à fait la fluidité du septième volet, même si les voyages interstellaires offrent quelques grands moments d'abstraction (...). Si certains lancers échouent inévitablement loin dans les confins de l'espace, d'autres nous atteignent en plein coeur, instant classics d'un monde avec lequel il faudra bien en finir un jour.

Le scénario de L'Ascension de Skywalker (dû à J.J. Abrams et Chris Terrio, auteur du script d'Argo, de Ben Affleck) ressemble du coup à une liste de cadeaux de Noël qu'un fan de Star Wars aurait envoyée à la maison Disney.

Outre les poursuites dans les couloirs d'un fer à repasser de l'espace déjà évoquées, presque tous les mèmes de la série reprennent du service : la cantina peuplée de créatures exotiques, la course frénétique des vaisseaux lancés dans des labyrinthes géométriques, les conciliabules entre rebelles à la mine préoccupée… L'énumération prendrait plusieurs minutes du fameux déroulant qui précède chaque épisode.

À la fin de ce neuvième épisode, il ne subsistera aucun doute sur la provenance de chacun des personnages. Mais l'entropie guette, et aucune révélation ne peut aujourd'hui avoir l'impact qu'eut naguère la reconnaissance en paternité de Dark Vador.

Brouillon, précipité, enchaînant les scènes à marche forcée sans prendre le temps de poser une atmosphère ou nous laisser le temps d'investir émotionnellement le récit, L'Ascension de Skywalker court trop vite vers un sommet qu'il n'atteindra en fait jamais.

À plusieurs reprises, dans le film, des idées audacieuses sont reniées quelques minutes plus tard au gré d'un scénario qui semble avoir été pratiquement écrit au doigt levé. Il en résulte un ressenti de bricolage, de rafistolage, de rustines placées ici et là pour cacher les trous béants (...).

(...) heureusement, dans cette étrange entreprise qu'on aimerait pourtant tellement défendre bec et ongles, parce qu'elle clôt le destin de héros qui ont « fait » notre enfance, le réalisateur ne rate pas quelques moments et adieux clés. (...) Notre lassitude a gagné et nous devrons nous contenter de cette conclusion ni honteuse ni glorieuse en guise d'épitaphe.

Avec L'Ascension de Skywalker, J. J. Abrams signe un épilogue aux airs de grand buffet bourratif qui manque d'incisivité et de transcendance.

Ainsi on attendait un épilogue impeccablement fuselé, une ultime valse aux pas soigneux et inattendus, peut-être même une aspiration céleste, une espèce de transfiguration du mythe ; et au lieu de cela on a eu une fête, une masse agglutinée de personnages, de sabres et de vaisseaux, dansant confusément.

J.J. Abrams certes donne le change : le programme n'a sans doute jamais été aussi copieux, varié en tons, en goûts, en émotions. Mais il loupe donc son rendez-vous avec la transcendance. Harangués par un tel titre ascensionnel et christique, on est en droit de s'en plaindre.

Dès son carton introductif, Star Wars : l'Ascension de Skywalker établit de tout nouveaux enjeux et bazarde l'héritage de Rian Johnson. (...) Ce choix radical a des conséquences profondes sur le récit que doivent dérouler J.J. Abrams et son scénariste Chris Terrio. En l'état, l'intrigue s'articule autour de trois axes successifs, qui évoquent non seulement la trilogie originale, mais pourraient tout à fait soutenir un développement en trois longs-métrages (...).

Face à ce cahier des charges aussi kamikaze que sinistre, il faut néanmoins souligner l'impressionnante application de J.J. Abrams, ainsi que l'énergie herculéenne qu'on le sent déployer pour sortir son bousin spatial de l'ornière où le studio a décidé de le crasher.

Reboot inavoué et cynique d'une trilogie désormais fondamentalement incohérente, L'Ascension de Skywalker n'a pour lui que l'énergie déployée par J.J. Abrams et la fantastique direction artistique dont Lucasfilm a le secret, tant cet épisode d'une platitude extrême préfère se complaire en facilités et reprises confortables plutôt que de raconter quelque chose.

Enfin, voilà un florilège de critiques plutôt amères ou/et négatives à l'Episode IX :

Dans sa volonté de renouer les fils du récit, et surtout de réconcilier tous les publics, après un épisode VIII qui a divisé la communauté des fans, le scénario n'évite pas certaines facilités, cumulant raccourcis et ellipses. Surtout, il évacue les pistes de réflexions amorcées par l'épisode précédent.

Cet épisode IX, pour épique qu'il soit, n'est pas le grand final attendu. Le récit ne cesse en effet de ressasser les mêmes twists et révélations, qui finissent par faire sourire tellement ils sont attendus.

« L'Ascension de Skywalker » trouvera son public sans trop d'efforts. Mais reste une production au ton bien plus policé qu'il n'y paraît, à la morale en accord avec celle de la première trilogie, mais aussi et surtout à celle de son nouveau propriétaire, la maison Disney. Laquelle, en tentant de faire de la franchise sa nouvelle poule aux oeufs d'or, en a abîmé l'image, laissant « Avengers », une autre de ses licences, la remplacer dans le coeur de toute une génération.

Tout va vite, trop vite. Comme pour nous éviter de penser, de juger, de jauger. Pour mieux nous faire avaler le déluge de dilemmes cornéliens, résolus en une fraction de seconde, la surabondance de twists, sitôt révélés, sitôt digérés, les deus ex machina dantesques, passant comme des lettres à la poste. (...) Chaque rencontre, chaque péripétie passe pour une formalité, qu'elle remplisse le cahier des charges narratif ou celui des clins d'oeil aux fans.

Au fond, J.J. Abrams reprend le programme du « Réveil de la force », sans la fraîcheur ni le panache, trop attaché à rattraper les dommages du précédent épisode (« les Derniers Jedi ») et à raccrocher l'aventure aux rails de la trilogie originelle dans le temps qui lui est imparti. D'où cet air persistant de déjà-vu (...), cette continuelle sensation d'assister à un remake déguisé (...) et l'impression qu'Abrams, faute de donner du souffle à son histoire, cherche à nous tenir en haleine coûte que coûte en agitant son savoir-faire dans le vide.

De la poudre aux yeux, surtout. La force d'y croire, perdu, on a.

Presque malfaisant dans sa volonté de faire revenir tout le monde, vieilles carnes et morts compris, et de nous ramener sur les mêmes lieux - en ruines - de ces films «du bon vieux temps» qu'il est supposé conclure et ramasser dans un même mouvement, l'Ascension de Skywalker conclut moins la saga qu'il nous enjoint à retourner illico à son canon, dont il sait - il nous le raconterait presque - qu'il ne fera jamais partie, faute de la nécessaire étincelle d'une idée neuve.

(...) l'intrigue du film, bricolée tant bien que mal à partir de très vieilles histoires en carafe pour cause du sabotage du film précédent, porte-t-elle les germes de sa propre inanité.

Il en faut en effet pour supporter une héroïne qui n'a plus aucune marge de manoeuvre, confite en néo-Jeanne d'Arc menée par des voix et enkystée dans une lutte qui au fond la saoule. Elle le dit d'ailleurs, dès le début du film : «Je suis fatiguée.» Épuisée, mais toujours pas crevée. L'espoir n'est semble-t-il pas permis puisque (...) des monceaux de Star Wars, sans compter la série The Mandalorian en cours de diffusion aux Etats-Unis sur la plateforme Disney +, nous attendraient d'ores et déjà d'ici trois ans. Conclusion, âge retraite pivot ou pas, avec ou sans clause de pénibilité : on mourra avant eux !

Le problème de ce troisième volet ne tient (...) pas fondamentalement dans les circonvolutions opérées pour renouer avec les péripéties du passé - dont l'exemple le plus aberrant serait ce retour aussi injustifié que paresseux de la figure de l'Empereur Palpatine -, mais bien plutôt dans la manière dont il se cantonne à ce seul programme, et fait du mythe moins le squelette que la chair du film.

(...) difficile de voir la trace de l'implication de J.J. Abrams, tant le film ressemble à un produit de studio standarisé destiné aux adeptes de la première heure.

L'Ascension de Skywalker aura donc au moins fait quelque part son travail de troisième volet, en cela qu'il compile et met en lumière les travers des deux précédents films, pour un résultat dont quasiment rien ne peut être sauvé.

L'Ascension de Skywalker est une gifle envers le film de Johnson, et un cadeau pour tous les abrutis ayant signés la fameuse pétition appelant à un remake des Derniers Jedi.

En fait, on peine même à savoir de quoi parle L'Ascension de Skywalker. (...) Abrams tente malgré tout de raconter quelques, non pas histoires, mais anecdotes sur nos héros. (...) C'est si peu.

Si l'ambition était de nous voir rejuger à la hausse L'Attaque des Clones, c'est réussi. Abrams se prend les pieds dans le tapis, ne parvient jamais à créer la moindre tension, le moindre enjeu réellement palpable.

En plus de ces différentes critiques de la presse hexagonale, nous vous invitons aussi à jeter un coup d'oeil aux différents avis de l'équipe Star Wars HoloNet :

N'hésitez pas non plus à nous faire part dans les commentaires de votre propre avis sur le film !

Star Wars : L'Ascension de Skywalker, actuellement en salle, est réalisé par J.J. Abrams (Star Trek, Le Réveil de la Force).

Vous pouvez retrouver par ici l'intégralité de nos actualités sur l'Episode IX.



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A propos de l'auteur : Night Alchemist

Né en 1991, rédacteur actu depuis début 2013 et apôtre des musiques Hard rock sur le site depuis toujours, je suis de la génération ayant grandi avec la Prélogie Star Wars, la trilogie du Seigneur des Anneaux et Harry Potter.

Doté d'un sens de l'humour aussi légendaire que douteux, passionné d'art, d'histoire ancienne, de SF et de fantasie, j'officie sur l'Holonet en qualité de newseur généraliste. J'aime aussi beaucoup les pandas et la couleur jaune ^_^ ...










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